Novembre 2022, Ă Moscow en Idaho : quatre Ă©tudiants sont retrouvĂ©s assassinĂ©s dans leur maison hors campus. En quelques semaines, un doctorant en criminologie, Brian Koberger, est arrĂȘtĂ© et inculpĂ©. Depuis, lâaffaire a enchaĂźnĂ© les rebondissements : dĂ©cisions de cour, batailles procĂ©durales, piĂšces techniques contestĂ©es et Ă©lĂ©ments nouveaux qui Ă©clairent autrement la nuit du drame. Dans cette mise Ă jour 2025, on remet le dossier en ordre et on suit lâĂ©volution jusquâaux dĂ©cisions rĂ©centes qui vont orienter la suite.

Ăpisode
đïžBryan Kohberger - Mise Ă jour 2025 (Les meurtres de lâIdaho)
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Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter une mini-disto tirĂ©e du journal d'enquĂȘte
d'Emile et Sébastien. Salutation Sébastien Lévesque! Salut Emile Gauthier!
Ăa va bien? Oui et toi? Yes, ben oui, on prend un petit peu de temps pour
faire un épisode bonus sur le cas de Brian Koberger, l'assassin des
des Ă©tudiants de l'Aidao dont on a parlĂ© en 2023 d'ailleurs. Ăa fait
dĂ©jĂ un petit bout qu'on en a parlĂ©. Seb, t'as travaillĂ© sur cet Ă©pisode-lĂ
bonus, t'as suivi d'ailleurs la saga de Brian Koberger, donc on trouvait
important de faire un épisode mis à jour à quelque part sur cette
histoire-là . Cette histoire tragique qui s'est d'une certaine façon conclue, on
peut jamais dire de maniĂšre positive, mais au moins qui s'est conclue, je dirais
qui a donné, qui a rendu aux victimes un peu justice. Oui, à quelque part,
il n'y a plus de mystĂšre, il y en a autant eu entre autres sur ses
motivations, entre autres Ă savoir est-ce que c'est bel et bien lui qui a fait
ce crime-lĂ . Ă un moment donnĂ©, c'Ă©tait mĂȘme lui qui jouait beaucoup sur cette
carte-lĂ , mais lĂ en fait on peut dire que l'enquĂȘte est
bouclée, que justement il y a un terme à cette histoire-là . Mais tout
d'abord, on va recommencer, je crois, oĂč on s'est laissĂ© la
derniÚre fois à la fin de notre dernier épisode qui est sorti
justement en 2023, mais est-ce que tu te rappelles par cĆur la date? Oui, je pense
c'est le 28 avril, c'est quelque chose comme ça, c'était l'épisode 107 de la
saison 8, je pense que c'était notre dernier ou avant-derniÚre épisode de la
saison. à cette époque-là , on terminait la saison parce que ça venait, je pense
qu'ils venaient de l'arrĂȘter ou quelque chose comme ça, donc c'est
vraiment à partir de là , donc il y a plus de deux ans que ça
s'est écoulé depuis ce temps-là . Absolument, c'est un drame qui a
On parle de quatre étudiants qui ont perdu la vie dans ce drame-là en novembre 2022 dans une
maison d'étudiants à l'université là -bas dans la région de Moscow. Et on va y revenir, tiens
Seb, je te laisse nous partir ça oĂč on s'est laissĂ© la derniĂšre fois. Oui, puis juste avant,
je fais un petit micro-recap de l'histoire. Bien sûr. Un froid matin de novembre 2022,
quatre étudiants, Stacy Chapin, Kaylee Goncalves, Xana Kernodal et Madison Morgan de l'Université
de L'Aide-à -Haut, sont retrouvés poignardés à mort dans leur maison hors campus à Moscow.
Le crime secoue l'AmĂ©rique et pendant prĂšs de sept semaines, l'enquĂȘte piĂ©tine. L'inquiĂ©tude
grandit dans cette petite ville universitaire habituellement paisible. Puis, en décembre 2022,
l'arrestation d'un suspect provoque un véritable coup de tonnerre. Brian Kauberger, 28 ans,
un doctorat en criminologie de l'université voisine, est inculpé de quatre meurtres et
d'un cambriolage. L'affaire Kauberger fascine et horrifie le public. Un étudiant
en criminologie accusé d'un quadruple homicide brutal et fait immédiatement l'objet d'un
traitement médiatique intense. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'un ordre de
2023 interdit aux avocats et aux enquĂȘteurs de parler publiquement du dossier afin de
préserver l'intégrité de la procédure. C'est à ce moment-là , fin avril 2023,
que l'histoire s'arrĂȘte dans notre cas. Ils venaient d'ĂȘtre extradĂ©s dans L'Aide-Ă -Haut
et une audience préliminaire était fixée pour l'été 2023, depuis de nombreux
rebondissements ont eu lieu. Donc, préparez-vous à replonger dans cette affaire pour découvrir
les développements majeurs qui sont survenus depuis avril 2023.
C'est clair que ça avait⊠je comprends pourquoi ça avait été un énorme branle-bas
mĂ©diatique parce qu'on dirait qu'il y avait tous les ingrĂ©dients dans cette histoire-lĂ
pour autant au niveau de la personne. Justement, c'est un étudiant en criminologie. Le meurtre,
évidemment, est sordide et tout ça. Il y avait aussi une part de mystÚre autour de ça.
Donc, vraiment, toute l'Amérique était liée à son siÚge pour voir tous les rebondissements
qui allaient avoir lieu. Oui, exact. Etant donné, la non-diffulcation
des faits, ça amenait à beaucoup de⊠on dirait que le cercle médiatique n'était
que des rumeurs, dans le sens qu'étant donné qu'il ne pouvait jamais s'appuyer sur des
vrais faits ou vraies preuves par rapport à ce qui était connu, ça devenait⊠je trouve
qu'il y avait beaucoup de peltage. On dirait qu'il essayait de créer de la nouvelle un peu avec ça.
Nous sommes en mai 2023, maintenant, au tribunal du comté de Lata. Les bancs de la salle
d'audience sont pleins à craquer. Les familles des victimes, dignes mais éprouvées, attendent
en silence. Brian Koberger, lui, apparaßt impassible derriÚre la vitre de sécurité
du boxe des accusés. Alors que tout le monde s'attend à une audience préliminaire
autour de fin juin, oĂč les preuves de l'accusation devaient ĂȘtre testĂ©es
publiquement, eh bien un développement inattendu bouleverse le calendrier.
Le 17 mai 2023, un grand jury inculpe formellement Brian, et cette mise en
accusation par grand jury, eh bien, ça permet aux procureurs d'éviter l'audience
préliminaire qui était initialement prévue le 26 juin. En d'autres termes, un panel de
jurés citoyens a estimé à huit clos qu'il existait suffisamment de preuves pour traduire
Brian Koberger en justice sans passer par l'audience publique oĂč les deux colocateurs
rescapĂ©s auraient pu ĂȘtre appelĂ©s Ă tĂ©moigner et subir un contre-interrogatoire.
L'annonce de cette inculpation est un choc pour la défense qui, elle, perd là une occasion
de jauger les preuves de l'accusation. Oui, je comprends, cette manĆuvre-lĂ peut
empĂȘcher certaines informations de sortir de ce que je comprends. Oui, oui, exact,
puis d'ajuster ta dĂ©fense. Ătant donnĂ© qu'il va y avoir moins de contre-interrogatoire.
Oui, exact. Quelques jours plus tard, le 22 mai 2023, Brian Koberger comparait pour son audience de
mise en accusation. Dans la salle d'audience, l'ambiance est électrique. Au moment d'énoncer
son plaidoyer, Koberger crée la surprise. Il garde le silence, refusant de répondre
coupable ou non coupable. On voit un peu le personnage. Oui, exact. Un silence lourd s'installe
et le juge John Judge - et oui, ironiquement, c'est bien son nom - intervient alors et enregistre
pour lui un plaidoyer de non-coupable sur chacun des chefs d'accusation. Cette stratégie
inhabituelle qui s'appelle le standing silence, donc rester debout silencieux,
est une maniÚre pour l'accuser de ne pas reconnaßtre l'autorité du tribunal sur la
Koberger, visage fermé, est informé qu'il risque la peine de mort s'il est reconnu coupable
des meurtres. En effet, le procureur du comté a dÚs le départ qualifié l'affaire en crime
capital, ouvrant la voie Ă une possible sentence capitale. L'Ătat de l'AĂŻdaou est connu pour
appliquer la peine de mort au point que, quelques semaines auparavant, ses législateurs
ont réautorisé le peloton d'exécution comme méthode d'exécution en cas de
disponibilité des injections létales, qui est une mesure publiquement soutenue par le pÚre d'une
des victimes, Kylie Guncalves, qui est d'accord avec ça. Mais Emile, qu'est-ce que c'est
concrÚtement un peloton d'exécution et pourquoi on est en arrivée là ?
Oui, c'est drĂŽle. Moi, j'ignorais cette information, mais savais-tu, Seb,
qu'il y a une pénurie de produits pour faire l'injection létale?
Non, non, c'est ça, je ne savais pas. C'est crazy ça. Donc, cinq Ătats amĂ©ricains autorisent
désormais le peloton d'exécution étant donné qu'il manque de ce produit-là qu'on utilise pour
tuer les gens. Donc, l'Aïdaou, entre autres, ou une loi en 2025, en fera la méthode par
dĂ©faut dĂšs juillet 2026. C'est complĂštement fou. Je ne savais mĂȘme pas que ça se faisait
encore en Amérique, ce genre d'exécution-là . Il y a aussi le Utah et la Caroline du Sud qui
utilisent ça, ainsi que le Mississippi et l'Oklahoma qui ont le peloton d'exécution
aussi dans leur méthode de peine de mort. Et là , pour en parler un petit peu plus,
en espérant que vous n'écoutez pas de distorsion comme ça dans un lieu public,
oĂč il y a d'autres gens. Mais concrĂštement, le condamnĂ© est attachĂ© Ă une chaise et trois Ă
cinq tireurs volontaires postés à quatre, sept mÚtres environ visent un disque sur le
coeur et la mort est prononcée en une à deux minutes. Donc, ils tirent carrément sur le
condamné. Il n'y a pas de romance ici. AprÚs quinze ans de pause, deux exécutions ont eu lieu
en Caroline du Sud en 2025, Brad Sigmund le 7 mars 2025, puis Michal Maddy, le Hans Anvril,
ça fait pas longtemps. Et ce dernier cas montre qu'un tire mal placé peut prolonger l'agonie,
entre autres, parce qu'effectivement, il n'a pas été touché tout de suite sur le disque.
Il y a l'état du Utah aussi qui prévoit l'exécution de Ralph Menzies le 5 septembre
2025. Et là , il y a une guerre entre partisans et détracteurs qui s'affrontent. Les premiers
louent la simplicité, le faible coût et la rapidité, c'est sûr, si tu vois ça d'un point
de vue business. Et les secondes Ă©noncent la violence visuelle, le traumatisme, mĂȘme pour
les exécutants. Elle est à la job du bourreau, on n'est plus à l'époque médiévale.
Ben non, c'est ça, ça fait tellement médiéval. Puis là , il y a plein de dérapages
possibles. Mais bon, est-ce que vraiment, ça demande la cruautĂ© mĂȘme par injection
létale aussi. C'est drÎle qu'on en revienne là . Déjà , la peine de mort, c'est un sujet
déjà assez controversé. Donc, il risque le peloton d'exécution Koberger. Et pourquoi
maintenant il y a une pénurie? On va en parler un petit peu plus de ce médicament. C'est
le seul fabricant américain du sodium thiopental, l'anesthésique clé du cocktail à trois
drogues qui a quitté le marché sous la pression des abolitionnistes et par crainte
pour son image. Parce que oui, quand t'es une compagnie pharmaceutique et que tu
fabriques quelque chose qui est utilisé, tu risques un peu parfois des chaleurs
de relations publiques. Exact, sans vouloir utiliser l'expression « tu te tires dans
pied ». Exactement. Puis dans les mois qui ont suivi leur retrait à Ospera, il y a d'autres
géants comme Lundbeck, Pfizer, Fresenius, Kaby, d'autres géants médicaux ont imposé des clauses
contractuelles interdisant toute revente à des services pénitentiaires. Donc,
il y aurait potentiellement un marché noir de ce médicament. Je ne sais pas,
je devrais appeler ça un mĂ©dicament, mais de ce cocktail. Certains ont mĂȘme poursuivi
les Ătats qui ont obtenu leurs produits par des filiĂšres parallĂšles. Donc, il y a des
directeurs de prison qui ont, comment dire, qui se sont mis à « smuggler » des substances,
de superstitions. C'est complÚtement creusé. Puis il y a des gouverneurs et des juges qui
ont suspendu les exécutions aussi, la faute de drogues fiables. C'est vraiment,
j'ignorais, je ne connaissais pas ce « rabbit on » d'exécutions létales. Sur le plan
international, maintenant, l'Union Européenne a verrouillé l'exportation de ces anesthésiques
dĂšs dĂ©cembre 2011 via son rĂšglement anti-torture. Donc, les Ătats membres doivent refuser toute
licence si un produit risque d'ĂȘtre utilisĂ© pour la peine de mort. Et Bruxelles, encore,
durcit le dispositif en mai 2025. Donc, conjuguer au « boycott » ces rÚgles-là qui sont
quasiment impossibles, rendent vraiment difficile l'importation de panteaux barbitales ou
de tios pantales vers les Ătats-Unis, mĂȘme via des circuits de courtage. Et lĂ , si
on retourne à notre histoire, il y a une lenteur des procédures aussi, puis certaines
manoeuvres de la défense qui s'opÚrent pendant le procÚs. à l'été 2023,
la procédure avance, mais n'a pas mesuré, ce qui génÚre des frustrations et de l'angoisse
chez les proches des victimes. Le procÚs, qui est d'abord fixé au 2 octobre 2023,
est reporté lorsque, le 23 août 2023, Kauberger renonce à son droit à un procÚs
rapide. Dans le systÚme américain, renoncer à un procÚs dans les six mois est courant
dans les affaires complexes. Ăa donne plus de temps Ă la dĂ©fense pour prĂ©parer son dossier.
Pour les familles des étudiants qui ont été tués, l'idée de devoir attendre de longs mois
supplémentaires avant d'obtenir justice est éprouvante. En plus, quand il y a un battage
mĂ©diatique au dos, ça a dĂ» ĂȘtre difficile pour ces familles-lĂ de garder quand mĂȘme une vie
privĂ©e pendant les mois et annĂ©es qui ont suivi, et mĂȘme aujourd'hui encore. Parce qu'il y a eu
des documentaires là -dessus, c'est arrivé rapidement. TrÚs rapidement, il y a eu plein
de podcasts dont nous. Et justement, cette histoire-lĂ fait vraiment un boule de neige.
Dans le tribunal ce jour-là , certains parents ne cachent pas leur déception en apprenant que
l'accusé a signé ce deal, repoussant indéfiniment la date du procÚs. La date
deviendra un sujet de tractation, entre autres. Les procureurs souhaitaient initialement l'été
2024 tandis que la défense de Kauberger militait pour mars 2025 ou l'été 2025.
Donc, il y avait encore beaucoup d'incertitudes au sujet de la date et du moment du procĂšs.
Oui, exact. ParallÚlement à ça, la défense commence à dévoiler sa stratégie. Fin août
2023, dans un document déposé devant la Cour, les avocats de Kauberger avancent enfin
un alibi. Selon eux, leur client a pour habitude d'airer en voiture seule pendant la nuit et il
aurait effectué l'un de ses trajets nocturnes précisément la nuit du 12 au 13 novembre 2022,
au moment du crime. Tu parles d'un hasard. Bien oui. Je cite «Monsieur Kauberger a depuis
longtemps l'habitude de faire des tours en voiture tout seul. Il en a fait un tard le
12 novembre et dans les premiÚres heures du 13 novembre, écrive-t-il, tout en admettant
qu'aucun tĂ©moin ne peut confirmer prĂ©cisĂ©ment oĂč il se trouvait Ă chaque instant de ce laps
de temps». Donc, t'sais, l'alibi n'est pas solide. Oui. Ăa peut mĂȘme jouer contre lui.
Bien oui, c'est ça. Je trouve ça un peu⊠Bien oui, parce qu'il était là .
Monsieur, votre client a l'habitude de faire des drĂŽles de voyage seul la nuit, de ville en
ville. Ăa ne joue pas de ton bord. Non, c'est dĂ©jĂ louche. «Autrement dit,
l'accusé ne fournit pas d'alibi concret avec un témoin ou une preuve à la pluie. Il se
contente d'affirmer qu'il se baladait en voiture aux alentours seul au moment oĂč les
quatre étudiants étaient assassinés. Cette ligne de défense qui évite de donner un lieu précis
pourrait servir à soulever un doute dans l'esprit des jurés, ou du moins expliquer
pourquoi son tĂ©lĂ©phone portable a pu ĂȘtre dĂ©tectĂ© en mouvement cette nuit-lĂ sans
pour autant l'associer directement à la scÚne de crime». Oui.
«DÚs ses premiÚres manoeuvres, on entrevoit la tactique des avocats.
Attaquer les éléments de preuve et semer l'incertitude. Au printemps 2023,
il avait déjà tenté d'obtenir le témoignage d'un des colocataires escapés. La défense
affirmait que Bethany Fonk pourrait détenir des éléments de preuve susceptibles d'innocenté
partiellement ou mĂȘme totalement Brian, ou du moins de semer un doute sĂ©rieux sur
sa culpabilité. Cependant, cette démarche a finalement avorté aprÚs l'inculpation par
de grands jurés qui rendaient cette audition inutile. Mais bien la défense multiplie également
les requĂȘtes pour obtenir davantage de dĂ©tails techniques, notamment sur l'analyse d'ADN
généalogique qui a conduit à la mise en cause de Kauberger. Sur Internet, certains évoquent
la possibilité de traces d'ADN non identifiées sur les lieux. En mars 2025, on apprendra
d'ailleurs qu'un expert de la défense a signalé la présence d'ADN d'au moins trois
individus sous les angles d'une des victimes. Ce qui, selon la défense, rendrait les comparaisons
avec l'ADN de Kauberger non concluantes. Mais ces détails ne feront qu'ajouter aux
spéculations qui sont déjà nombreuses. C'est sûr que c'est une résidence d'étudiants,
donc moi je ne suis pas surpris de voir d'autres traces d'ADN. Il doit y avoir beaucoup
de monde qui sont sûrs là -dedans. Oui, tu as raison. Je comprends qu'ils
Pendant ce temps, le procÚs médiatique de Kauberger bat son plein en arriÚre-plan.
Malgré le silence imposé aux acteurs judiciaires, l'affaire alimente d'innombrables débats
sur les médias sociaux et dans la presse. Des documentaires, des podcasts spéciaux
lui sont consacrés, disséquant la personnalité du suspect, étudiant en criminologie
apparemment sans histoire et en s'attardant sur le profil des victimes quatre jeunes
promis à un brillant avenir. L'engouement est tel qu'une série documentaire
en quatre épisodes, on va avoir un nouveau ciné-club. Mon cher Emile, c'est One Night in Haidao,
The College Murders, qui a été produit pour la plateforme Prime Video et annoncé pour l'été 2025.
Et bien je suis allé vérifier ce matin au Canada, il est bien là .
Est-ce que tu crois qu'ils ont intégré vraiment les derniÚres mises à jour et tout ça,
parce que c'est sorti vite. Peut-ĂȘtre qu'ils attendaient les derniĂšres updates,
puis que presque le montage était à 99% terminé.
Ăa se pourrait effectivement, j'ai hĂąte de voir, c'est un bon point, j'ai hĂąte de le voir.
Je sais que ce matin, il était comme dans le top 10 canadien,
donc je sais qu'il est trÚs trÚs récent, mais sûrement,
parce qu'ils ont peut-ĂȘtre vraiment attendu ça parce qu'on le savait un peu tous les dĂ©lais,
malgré qu'il y a, on va en parler un peu plus loin,
mais il nous a pris de court un peu, mĂȘme plus court.
Donc c'est une bonne question ce que t'amĂšnes.
Ils ont peut-ĂȘtre juste mis, souvent ils font ça Ă la fin,
un fond noir avec juste la mise Ă jour.
Oui, non, j'espĂšre que ça va plus loin que ça quand mĂȘme.
Exact, exact, mais on va vous en parler assurément de ce documentaire-là .
La médiatisation est si intense que la sélection d'un jury impartial
dans la petite communauté de Muscat, eh bien, paraßt de plus en plus compromise.
Oui, ça doit ĂȘtre trĂšs difficile de choisir un jury dans ce cas-ci.
Si c'Ă©tait difficile pour Luigi, ça ne devait pas ĂȘtre Ă©vident pour Brian ici.
AprÚs de longs mois d'attente, le juge Megan Marshall, en charge des premiÚres étapes,
cÚde le relais pour les étapes préliminaires au juge du district, le juge Judge.
Fin janvier 2024, Brian revient devant le tribunal pour une série d'audiences préliminaires déterminantes.
Lors d'une premiÚre session à Huitclots, la Défense tente d'obtenir l'annulation de l'acte d'accusation
en arguant que le grand jury aurait été biaisé et que les preuves réunies sont insuffisantes, entre autres motifs.
Ces requĂȘtes sont examinĂ©es sans public ni mĂ©dia, signe de la sensibilitĂ© des sujets abordĂ©s.
Puis, une seconde audience, publique celle-ci, est retransmise en direct, se tient en fin janvier.
Le juge John Judge rejette fermement la demande de la Défense d'invalider l'inculpation,
ainsi que leurs requĂȘtes exceptionnelles visant Ă saisir directement la Cour suprĂȘme de L'Aidao.
Ben oui.
Le juge estime que les charges sont fondées pour aller au procÚs.
En revanche, aucune date ferme de procÚs n'est encore fixée.
Le ministÚre public plaide pour un procÚs à l'été 2024,
alors que la Défense insiste pour avoir plus de temps, proposant mars 2025 au plus tÎt.
Conscient de l'attente éprouvante pour les proches des victimes,
le juge prĂ©sente mĂȘme des excuses aux familles prĂ©sentes pour ces dĂ©lais qui semblent interminables.
Dans la salle, les parents hochent la tĂȘte,
partagés entre le soulagement de voir les tentatives de la Défense rejetée
et la déception de ne toujours pas connaßtre la fameuse date du jugement final.
Ah oui, ça va ĂȘtre l'enfin.
C'est clair.
Quelques mois plus tard, un tournant majeur survient quant au lieu du futur procĂšs.
La Défense, encore une fois qui est déterminée à avoir un procÚs équitable,
est impossible à Moscow, la petite ville saturée par la couverture médiatique de l'affaire.
Ăa demande le dĂ©paysement de la procĂ©dure vers une autre juridiction.
Et le 6 septembre 2024, le juge Judge rend sa décision.
Il accĂšde Ă la requĂȘte et ordonne le dĂ©placement du procĂšs hors du comtĂ© de l'ATA.
La Cour reconnaßt que l'énorme couverture médiatique,
conjuguée à la faible population locale,
risquerait de biaiser irrémédiablement le jury.
Mais lĂ , ils vont aller oĂč?
Parce que, Joseph, il faut que t'ailles en Antarctique si tu veux éviter ça.
C'est une victoire pour la Défense qui avait souligné l'omniprésence du dossier dans les esprits locaux.
Dans son ordonnance écrite,
le juge note qu'il existe une probabilité raisonnable
que la couverture médiatique préjudiciable
compromette un procÚs équitable, selon la citation du juge.
La Cour suprĂȘme de l'Ătat a validĂ© le transfert du procĂšs au Haida County,
ici mĂȘme Ă Boise, la capitale.
Un nouveau juge, Stephen Hippler, a été désigné pour présider les débats.
En effet, l'affaire quitte la petite salle d'audience de Moscow pour la grande ville,
celle de Boise, métropole de Lidao,
qui offrira un vivier de jurés potentiels plus vastes et moins imprégnés par l'émotion locale.
Mais encore!
Mais c'est vrai un peu quand mĂȘme,
parce que, vĆu vĆu pas, Ă©tant donnĂ© toute la non-divulgation de la preuve,
tout ce qui se discutait dans les médias, ça n'était que des « oui » de dire et tout ça,
puis c'est vrai que localement, dans des petites villes comme ça, les gens devaient se parler entre eux,
et c'est certain qu'ils devaient avoir de l'information
qui n'a pas été dévoilée dans les médias, qui a circulé localement.
Allez, c'est sûr que tu évites un peu plus les ragots locaux.
Non, c'est sûr. Je comprends, puis c'est sûr que ça ne sera jamais à 100 % opacle,
mais en mĂȘme temps, je crois que ça a Ă©tĂ© la bonne dĂ©cision.
Oui, oui. Ah, c'est clair.
Pour les familles des victimes, ce changement de décor est accueilli avec une prudente approbation,
comme un peu un vent d'air frais.
La famille Goncalves, en septembre 2024,
a été soulagée de voir enfin une décision prise rapidement pour avancer vers le procÚs.
Et là , je les cite, ils disent, ils disaient à l'époque,
nous restons convaincus qu'un procÚs équitable était possible à l'atta,
mais peu importe le lieu, l'issue ne changera pas, nous voulons la justice.
Et on les comprend.
Absolument.
L'année 2025 s'ouvre sur une phase de préparation intensive
en vue du procÚs désormais programmé à Boise.
Selon le calendrier établi, la sélection du jury devrait débuter,
en fait doit débuter en août 2025,
pour des plaidoyers d'ouverture le 18 août.
Caubergaire en court toujours la peine de mort,
les procureurs ayant confirmé leur intention de la requérir le cas échéant.
La tension monte graduellement à l'approche de l'échéance,
d'autant qu'une audience pré-procÚs fin avril 2025
va révéler des détails glaçants sur la nuit du quadruple meurtre.
En effet, le 28 avril,
le nouveau juge autorise en grande partie l'utilisation des textos
échangés par les deux locataires,
un co-locateur par dons survivant durant la nuit du drame.
Et ces messages, contenus dans une requĂȘte des procureurs,
permettent de reconstituer minute par minute
les heures d'angoisse qui ont précédé la découverte des cas.
Ben oui, Ă ce moment-lĂ , c'est quand mĂȘme les preuves numĂ©riques
ont joué un énorme rÎle dans cette histoire.
Oui, beaucoup.
Et c'est ça, la Défense ne voulait jamais
que cette discussion-lĂ soit mise dans le dossier.
Ben oui.
Mais c'est vrai que ça a donné une timeline.
Je vous les cite les textos.
Vers 4 heures du matin, le 13 novembre 2022,
Dylan envoie un texto affolé à Bethany.
Bethany Funk.
Elle vient d'entendre des bruits étranges, des pleurs,
puis a aperçu une silhouette masquée,
entiĂšrement vĂȘtu de noir, qui traversait furtivement la maison.
Et elle dit « Il y a quelqu'un, un homme avec une cagoule.
» N'obtenant pas de réponse de leur co-locataire du haut,
Dylan et Bethany échangent à plusieurs reprises.
Personne ne répond.
Je suis vraiment confuse.
Puis les deux sont dans la mĂȘme maison alors qu'ils se textent.
C'est ça, chacun dans leur chambre.
Elle écrit « Personne ne répond.
Je suis vraiment confuse.
à 4 heures 22 du matin. »
Térifié, Bethany lui répond « Viens dans ma chambre.
Vite, descends ici. »
Dylan descend alors rejoindre Bethany.
Elle est en chemin et découvre dans l'ombre
le corps inanimé de Xana Karnadol étendu sur le sol.
Mais sur le moment, sous le choc,
elle croit que son amie est simplement évanouie d'ivresse.
Ăa, ça va toujours un peu me perturber,
cette réaction-là qu'ils ont eu par rapport à un corps inertataire.
Ben tu sais, au départ, tu t'imagines pas
qu'il y a quelqu'un en train de massacrer ta maison.
Non, non, c'est sûr.
Je pense que l'hypothĂšse la plus probable Ă ce moment-lĂ ,
c'est mĂȘme si ça peut sembler surrĂ©aliste de voir ton amie par terre,
tu penses pas tout de suite à un tueur en série.
Non, non, c'est ça, un meurtre.
Ouais, non, t'as raison, puis je peux pas les blĂąmer.
Ce sont des victimes.
C'est juste que je trouvais ça Ă©trange quand mĂȘme,
comme choc, mais peut-ĂȘtre que je rĂ©agirais de la mĂȘme façon.
Paniqué, les deux survivants s'enferment dans la chambre de Bethany.
Elles vont passer 8 heures à tenter frénétiquement
de contacter leur colocataire via message et appel
sans jamais obtenir de réponse.
à 4h32 du matin, Délone supplie « S'il vous plaßt, répondez ! »
et encore Ă 10h23 le matin « Est-ce que vous ĂȘtes debout ? »
Ce n'est finalement qu'Ă midi moins deux, ce 13 novembre 2022,
qu'un appel affolé au 911 alerte la police
aprÚs que l'une des jeunes filles rescapées
a finalement osé sortir et découvrir l'horreur.
Leurs quatre amies étaient morts.
Ces révélations issues des témoignages et textos des survivantes
dressent un tableau poignant de la tragédie
et promettent de tenir une place importante dans le procĂšs Ă venir.
Je me rappelle que ça, c'était un peu la « timeline »
qui faisait un peu grincer les gens des dents,
c'est-à -dire l'appel au 911 a été fait seulement à midi moins deux.
Oui, ça c'est bizarre.
C'est sûr que c'était une critique faite aux deux personnes.
On n'a vraiment jamais connu le fond de l'histoire lĂ -dessus,
sur le pourquoi c'était si tard.
Est-ce que vraiment ils ont dormi, c'est sûr, ils se sont couchés tard,
mais est-ce que tu dors bien dans un contexte comme ça?
Est-ce qu'ils ont ronflé jusqu'à midi?
Je ne pense pas.
Parce que déjà , Délane textait le matin vers 10h23.
Est-ce que c'était vraiment un choc post-traumatique un peu de la nuit?
Encore une fois, c'est dur de les blĂąmer pour quoi que ce soit,
mais c'était un élément de la « timeline »
qui créait de la confusion du moins de mon cÎté.
Oui, effectivement.
J'ai l'impression que si la Défense avait eu l'autorisation des contre-interrogés,
ça aurait pu peut-ĂȘtre mettre des doutes.
Oui, dans l'esprit des gens, à cause de leur façon d'agir, j'ai l'impression.
La Défense avait tenté de faire exclure ces éléments en les qualifiant de « oui dire »,
mais le juge a estimé que les messages
« attestent du calendrier des faits et du comportement des témoins ».
Seuls certains détails jugés trop spéculatifs seront écartés des débats.
Pour le grand public, la diffusion de ces détails fin avril 2025 est un choc supplémentaire.
On réalise la terreur qu'ont vécu ces deux jeunes survivants,
barricadés dans leur angoisse,
et l'on imagine ce qu'auraient été leurs témoignages
si elles avaient dĂ» revivre ces moments Ă la barre.
Puis ça aussi, je le comprends, ces pauvres personnes-lĂ doivent tellementâŠ
Je ne sais pas si elles s'en veulent, mais elles ne doivent pas bien vivre avec ça.
C'est clair que non.
Il va y avoir un coup de terreur anti-SÚbes à l'été 2025.
Contre toute attente, un rebondissement majeur va précipiter la fin de l'affaire,
avant mĂȘme la tenue du procĂšs.
à l'approche de l'été 2025, tous les protagonistes se préparaient à un procÚs fleuve en nous.
Les familles des victimes se disaient prĂȘtes Ă affronter l'accusĂ© au tribunal,
déterminées à faire jaillir toute la vérité sur cette nuit de cauchemar.
Brian Koberger, de son cÎté,
continuait de clamer son innocence par la voix de ses avocats,
ceux-ci allant jusqu'Ă soutenir qu'ils s'attendent Ă ĂȘtre exonĂ©rĂ©s lors du procĂšs.
D'aprÚs un échange rapporté par un ancien défenseur public.
Puis là , évidemment, personne ne s'attend donc à ce qui va suivre,
Fin juin 2025, tout rĂ©cemment, au moment oĂč on enregistre cet Ă©pisode,
à peine quelques semaines avant la sélection du jury,
l'accusation et la défense annoncent qu'un accord de plaidoyer a été trouvé.
Et là , ça soit aprÚs tous les déplacements dans un autre comté et tout ça.
Le 30 juin 2025, un courrier officiel du procureur est envoyé aux familles des victimes
pour les informer que Brian Koberger a accepté un accord par lequel
il va plaider coupable de tous les chefs d'inculpation.
En échange, le procureur renonce à requérir la peine de mort,
ce qui signifie que Koberger sera automatiquement condamné à la prison à perpétuité sans
possibilitĂ© de libĂ©ration. Quatre condamnations Ă vie consĂ©cutive pour les meurtres jusqu'Ă
dix ans de prison pour le cambriolage. L'accord prévoit également que Koberger renonce
dĂ©finitivement Ă tout recours en appel, empĂȘchant ainsi d'interminables procĂ©dures
post-sentence. Autrement dit, c'est la certitude qu'il finira ses jours derriĂšre les barreaux.
Ce coup de théùtre Ă©pargne Ă l'Ătat un procĂšs long et douloureux et Ă©vite aux
jurés ainsi qu'aux familles d'endurer la révélation publique de détails atroces.
Mais comment en sommes-nous arrivés là , Seb ?
D'aprÚs le procureur Bill Thompson, c'est la défense de Koberger qui, à la fin juin,
a approché le ministÚre public pour négocier un arrangement. Les discussions se sont accélérées
en quelques jours. Le bureau du procureur a consulté autant que possible les proches des
victimes, évalué les options, puis soumis formellement son offre à Koberger. L'objectif
affiché par les autorités dans la lettre aux familles est clair, nous ne pouvons imaginer
le fardeau que ce procÚs ferait peser sur vous. Cette résolution est notre tentative
sincÚre de rendre justice à vos familles. Cet accord garantit que le prévenu sera condamné,
qu'il passera le reste de sa vie en prison et qu'il ne pourra pas vous imposer,
à vous et aux autres familles, l'incertitude de décennies d'appels aprÚs-coup.
En somme, le ministÚre public justifie l'accord par la volonté de préserver les familles d'un
pénible procÚs et de leur assurer une forme de justice immédiate et définitive.
D'aprĂšs moi, c'est ça qui a dĂ» faire pencher le plus la balance dans sa tĂȘte, j'ai l'impression.
J'ai l'impression d'aprÚs moi, ces avocats ont dû dire qu'il était cuit et que c'était
peut-ĂȘtre la meilleure option avec ce qu'il avait. Oui, je pense qu'il faisait un petit
peu plus acte, je ne veux pas dire bonne fois, mais en agissant comme ça, en plaidant coupable,
je pense qu'il l'admet aussi que c'est tard, donc ça soulage, ça enlÚve un poids
émotionnel aussi et un gros poids administratif et financier du cÎté de⊠bref, je pense que
c'était plus intéressant pour ces avocats de le faire tourner vers cette décision-là .
Non, tu as raison.
Pour certaines, c'est l'incompréhension et la colÚre qui dominent. Elles voulaient
un procÚs pour que toutes les preuves soient exposées au grand jour et espéraient
voir Kauberger face Ă ses actes sous peine capitale. La famille de Kaylee Gunn-Calves,
trÚs combative depuis le début, se dit anéantie par l'accord. Apprenant la nouvelle presque
en mĂȘme temps que le grand public via un simple courriel du procureur, eh bien le
pÚre de Kaylee fulmine. Il accuse le bureau du procureur du comté de l'atta de
les avoir tenus à l'écart et d'avoir bradé la justice. Sur Facebook, les
Gunn-Calves écrivent leur rage « l'état de Lideau nous a trahis, ils ont échoué
» que peut-on lire dans leur message du 30 juin. La sĆur de Kaylee, Alivea, dĂ©clara
aux mĂ©dias que le systĂšme a failli Ă protĂ©ger les victimes, mĂȘme Ă Mertzum, du cĂŽtĂ©
de la famille de Xana Kernodal. Sa tante confie Ă la presse que les procureurs
n'ont pas cherché à les ménager, eux. Ils n'ont pas fait ça pour nous
épargner, quoi que ce soit, protestent-elles, estimant qu'ils auraient voulu aller
au procÚs. Ses proches endeuillés avaient milité publiquement pour que la peine
de mort soit envisagée, acceptant l'idée d'un long combat judiciaire pour obtenir
justice. Eh bien, pour eux, savoir que Brian échappera à l'exécution représente
une forme d'injustice. Et ça, c'est particulier. Je sais pas toi comment tu
réagirais si ça t'arrivait, parce que là , je vois que la famille n'est pas du
tout d'accord, dans le sens que pour eux ou pour quelques victimes, ils ne sont pas
d'accord avec le jugement. La finalitĂ© est presque la mĂȘme que s'il y avait
eu un procÚs qui avait été déclaré coupable. Ils n'ont pas été consultés, mais je
pense pas que tu consultes les familles dans une décision comme ça. Mais aussi,
on dirait que pour eux, c'est la vengeance ultime oĂč l'Ćil pourrait ĂȘtre
dent pour dent de le tuer. C'était ça qu'il fallait.
C'est peut-ĂȘtre ça que les familles croyaient que ça allait amoindrir leur
deuil ou les aider à passer plus facilement par-dessus cette épreuve-là .
La confrontation, Ă©ventuellement peut-ĂȘtre la peine de mort, tout ça
peut-ĂȘtre que eux, ça les satisfaisait. Mais je me demande aussi si ils n'ont pas
un peu une amertume face au systĂšme de justice aprĂšs tout ce qu'ils ont
vécu. Nous, on n'était pas, on regarde ça avec beaucoup d'extérieurs,
mais eux, ça avait l'air Ă ĂȘtre laborieux aussi. Toutes les procĂ©dures
judiciaires, le déplacement dans l'autre comté, tous ces trucs-là .
Peut-ĂȘtre un peu de manque de transparence, on sentait aussi du cĂŽtĂ© des
procureurs et autres. Donc, j'ai l'impression que c'est peut-ĂȘtre avec
un peu plus de contexte qu'on pourrait comprendre la réaction des
goncalvaïs. Moi, de mon cÎté, je dirais tant mieux, c'est moins pire.
Je n'ai pas envie de passer au travers d'un procĂšs, mais on n'a pas
passĂ© par toutes les mĂȘmes Ă©tapes qu'eux.
Non, eux, c'est leur quotidien, 7 jours sur 7 de pour que leur enfant
a Ă©tĂ© tuĂ©. C'est ça, peut-ĂȘtre que vous le savez, vous les
dites tordus, mais il y en a peut-ĂȘtre qui ont perdu leur emploi, il y en a peut-
ĂȘtre qui ont dĂ» abandonner certains projets pour se consacrer à ça, pour
réhypotéquer leur maison. Les conséquences sur les familles
sont dures Ă imaginer. Ils ont peut-ĂȘtre engagĂ© eux-mĂȘmes des
dĂ©tectives privĂ©s, des avocats privĂ©s. Oui, je pense que oui, mĂȘme, Ă un moment
donnĂ©. Ăa perturbe une vie. Tu dis, Ă vie, en fait, mĂȘme.
Oui, un procĂšs aussi simple soit-il, je ne parle mĂȘme pas de meurtre.
Non, non, exactement. Ăa perturbe une vie quand mĂȘme.
Oui, oui, absolument. Mais il y a souvent la morale qui fait, puis on a eu beaucoup de
films, de livres lĂ -dessus, que quand on venge notre bourreau ou le
bourreau de quelqu'un ou d'autre, souvent on n'arrive pas Ă avoir la
paix intérieure qu'on souhaitait. Oui. AprÚs l'avoir exécuté, ça
souvent, on a un peu ce parallĂšle-lĂ , un peu morale. Mais il y a d'autres
familles qui semblent accueillir la nouvelle avec plus de résignation, voire
mĂȘme un soulagement teintĂ© de tristesse. Les parents de Ethan Chapin ou de
Madison Morgan, eux, ils ont été moins présents dans les médias, n'ont pas fait
de déclarations fracassantes. Et on devine chez certains, un
sentiment mitigé. L'accord garantit que l'assassin présumé
perotte sa vie derriÚre les barreaux et le révite de revivre le
cauchemar lors d'un procÚs hyper médiatisé. En privé, certains proches
reconnaissent qu'ils n'auraient peut-ĂȘtre pas supportĂ© d'entendre Ă
nouveau les détails sordides, et j'espÚre, ni d'attendre des années de
procédures et d'appels en cas de condamnation à mort. Un élu de
l'aide à eau, reprenant ses arguments, a salué un accord qui évite de
prolonger l'agonie des familles sur des dĂ©cennies, quand bien mĂȘme le
sentiment d'une justice incomplÚte divise les familles concernées.
En effet, la peine capitale a un fort pouvoir symbolique pour beaucoup.
Quatre jeunes vies ont été volées, le minimum était que le coupable Paye du
Cien affirme ceux qui souhaitaient voir Kaubergar dans le couloir de la mort, et
à l'opposé, et bien d'autres font valoir que le couloir de la mort aurait
ouvert une longue séquence de recours et d'incertitude, comme on vous disait
en aide à eau, les exécutions sont rares et les condamnés peuvent passer
des décennies à attendre. Ben oui. Le débat sociétal sur la peine de mort
ravivé par cette affaire dépasse d'ailleurs le seul cadre de ce dossier-là .
L'aide à eau, qui est un état conservateur, a clairement affiché son
attachement Ă la peine capitale en adoptant des lois pour contrer la
pénurie de substances létales. Oui, oui, c'est vraiment des fervents
partisans de la peine de mort. Ah oui, exactement, l'Ćil pour l'Ćil,
dent pour dent, c'est sûr. Cependant, de nombreuses voies, y compris
parmi les familles des victimes de Moscow, estiment que la vraie
perpétuité est pire encore pour le coupable. Finir ses jours anonymes dans
une cellule, oublié de tous, c'est une punition suffisante, a déclaré un ami
de la famille Chapin. Puis aussi, il va vivre dans la peur, pas mal, le reste
de sa vie, parce que je ne suis pas sĂ»r qu'il va ĂȘtre bien accueilli,
Brian Koberger, en prison, avec le type de condamné avec qui il va se
des crimes horribles, il est pas mal dans le top des genres de criminels,
lui, avec ce qu'il a fait. Moi, je pense qu'il risque de
souffrir plus, pour vrai, en taule, que s'il était parti via la peine de mort,
malgré le peloton d'exécution, vous allez me dire. Ah oui, mais ça, ça dure,
c'est pas long. Mais parce qu'il va vivre dans la crainte, Ă chaque fois qu'il va sortir de sa cellule,
il y en a en taule, que ça va les affecter. Il a tuĂ© quand mĂȘme
des étudiants, des jeunes filles, des jeunes garçons de familles, eux,
ils en ont peut-ĂȘtre des ados, des jeunes adultes Ă la maison qui aimeraient
revoir un gars comme lui les assassinés. Donc, je pense qu'il n'y aura pas tant que ça
du me time en prison. Non, non, puis mĂȘme, je me demandais s'il n'allait pas ĂȘtre sous
surveillance. Sans doute un bout de temps. Oui, sûrement, le temps que la poussiÚre
retombe un petit peu. Mais c'est tellement bizarre. Il y a un bout que j'aurais aimé,
c'est de comprendre sa psyché, tu sais, pourquoi il a fait ça. C'est ça aussi qui dérange. Son
silence est gossant. Puis je me demande si en prison, à un moment donné, il ne va pas le
faire. Genre écrire une autobiographie? Oui, ou une déclaration comme ça. On dirait qu'il y a
un cĂŽtĂ© de moi, peut-ĂȘtre un peu voyeur, mais qui aimerait mieux comprendre le personnage
enfin. Ăa se peut qu'on en sache plus en prison un jour, mais c'est vrai, c'est peut-ĂȘtre la
derniÚre partie du mystÚre qui reste justement. Comprendre, comprendre sa psyché, comprendre ses
motivations profondes Ă faire un tel crime. Je pense que c'est peut-ĂȘtre sans doute la seule
partie du mystÚre qui reste à résoudre. Oui, oui, exact. Et à l'Université de
L'Aidao, il y a un mémorial discret qui rappelle désormais le souvenir de Hayton,
Xana, Madison et Kiley, tandis que les discussions sur l'issue judiciaire
osseillent entre soulagement pragmatique et soif de chĂątiment exemplaire.
Oui. Et le 2 juillet 2025, tout récemment, au palais de justice de Leda County à Boise,
en Lidao, Brian Kobergaard se lÚve dans une salle d'audience archi-comblée. Le visage
amigri, il répond d'une voix calme aux cinq chefs d'accusation en disant simplement
« Coupable ». Ce plaidoyer négocié lui épargne la peine de mort, mais le lie
irrévocablement aux meurtres de Kiley Goncalves, Madison Morgan, Xana Kernoldle et Hayton Chapin.
Le juge enterrine l'accord. Quatre condamnations à perpétuité sans possibilité
de libération conditionnelle seront prononcées lors de l'audience de détermination de peine.
Kobergaard murmure de brĂšves excuses, trop tardives, estiment les familles,
avant d'ĂȘtre raccompagnĂ©es en cellules. Trois semaines plus tard, le 23 juillet 2025,
la mĂȘme salle retient son souffle pour la sentence. Tour Ă tour, plus d'une douzaine de proches
livrent des témoignages poignants. Christie Goncalves hurle sa douleur en lui disant « va
en enfer ». Alivea, la sĆur de Kiley, fustige le meurtrier en lui disant « pathĂ©tique,
es-tu seulement capable de ressentir quoi que ce soit ? » Steve Goncalves, les yeux dans ceux
de Kobergaard, assure que le monde se souviendra des victimes, pas de leurs assassins.
Le beau-pÚre de Madison décrit une blessure émotionnelle qui ne guérira jamais,
tandis que Jasmine Kernoldle promet que la lumiÚre de Xana ne s'éteindra pas. Seule
une tente de Xana offre un pardon, suppliant des réponses qui ne viendront jamais,
parce que Kobergaard reste impassible et muet, comme Ă l'habitude.
Le juge Stephen Hepler conclut dans un réquisitoire cinglant et l'étend de
mettre fin aux 15 minutes de célébrité de M. Kobergaard. Il affirme quatre peines
de prison à vie consécutive et dix ans supplémentaires pour cambriolage sans
aucune remise de peine possible. Kobergaard passera donc le reste de ses jours dans
l'ombre d'une cellule condamnée à l'oubli. Et sur le campus de Moscow, l'heure est au recueillement.
Une bourse d'études porte désormais le nom des quatre étudiants et un jardin du souvenir est
en projet. Aucune issue ne remplacera ce que nous avons perdu, rappelle la présidente de
l'UniversitĂ© de Lidao. Pour les familles, la justice humaine a fait son Ćuvre, la quĂȘte
de paix intérieure, elle, ne fait que commencer. Oui, c'est bien dit, on attendait effectivement
cette sentence-lĂ depuis longtemps. Je me demandais s'il avait pu avoir un suspens Ă la
fin encore une fois, parce qu'on se doutait que ça allait ĂȘtre les prisons Ă vie, mais est-ce
que ça serait plus que le juge a dit ben moi j'y vais avec la peine de m'en. Oui, c'est vrai.
Un truc comme ça, je ne sais pas si ça aurait pu, sans doute que non, parce qu'il y aurait
un peu con ce que je dis, parce qu'il y aurait un peu saboté le pli-deal. Oui, exact, oui c'est ça,
il n'y avait pas le choix d'une certaine façon, mais quelle histoire! C'est quand mĂȘme fou,
quelqu'un comme ça, c'est ça encore. De ce qu'on sait, c'est qu'ils espionnaient
quand mĂȘme, les semaines avant et tout ça, ils se promenaient autour, mais pourquoi eux?
MĂȘme dans l'Ă©pisode, on n'a pas de rĂ©ponse à ça. Oui, je me demande s'il n'y a pas des
choses que l'eût dans ses cours de criminologie ou autre, ou une inspiration qu'il a eue d'un
autre stalker, tueur, moi ça me fait penser un peu à Ted Bundy qui avait fait un massacre
un peu similaire, un peu random lors de sa premiÚre ou de sa deuxiÚme évasion. Je pense
sa premiÚre évasion, il était parti en auto et il était allé dans une résidence étudiante,
massacré avec 4-5 étudiants si ma mémoire est bonne, puis il s'était fait attraper un
ça me faisait penser à ça, sauf que Ted Bundy, lui, n'avait pas stalké ses victimes, ne serait-ce
que trÚs rapidement. Non, non, c'est ça, exactement. Lui, ça faisait des semaines et tout ça,
je me demande s'il n'y avait pas une inspiration provenant de Bundy ou d'autres. Je ne sais pas
vous, les Dix-Tordues, ce que vous en pensez, si vous connaissez d'autres, peut-ĂȘtre tueurs
en série qui auraient pu inspirer Cobergard dans cette histoire-là , mais oui, c'est un
peu la partie du mystĂšre encore une fois qui demeure, ces motivations, pourquoi eux? Oui,
c'est ça, exactement, c'est tellement triste, quelle histoire. Bref, on voulait vous faire une
mise à jour de tout ça, on attendait le verdict, parce que comme on vous racontait au début,
c'était à se poser, elle était au mois d'août, puis finalement, tout a été coupé court,
donc ça nous a permis de faire une petite mise à jour. Yes, merci beaucoup pour ça Seb,
merci beaucoup à vous tous, les Dix-Tordues, merci à nos membres Patreon aussi qui reçoivent
cet épisode en avance sur tout le monde, et on se reparle trÚs bientÎt, guys. Oh yeah, bye!
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