#100 - Hunter Moore : Ruineur de vie professionnel

Épisode

#100 - Hunter Moore : Ruineur de vie professionnel

Épisode
100
Durée
1 h 18 min
Format
Audio

Audio

Écouter l’épisode

Comment vous sentiriez-vous si du jour au lendemain, des photos intimes de vous, étaient diffusées sur internet à votre insu? En 2010, IsAnyoneUp.com, un site internet dont la mission est de violer l’intimité des gens, est mis en ligne par un certain Hunter Moore. Il connaît automatiquement un vif succès. Cependant, des parents de victimes humiliées sur le site vont livrer un combat intense afin de leur rendre justice! Mais ce ne sera pas facile…Un ancien Marine américain, ainsi que le groupe Anonymous vont se mettre de la partie afin de faire taire l’homme le plus détesté d’Internet!

Transcription de l’épisode

Lire la transcription

Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:01]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur...

[00:23]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:55]

Comment vous sentiriez-vous si du jour au lendemain, des photos intimes de vous

[01:00]

étaient diffusées sur Internet à votre insu? En 2010, isanyoneup.com, un site

[01:07]

Internet dont la mission est de violer l'intimité des gens, est mis en ligne

[01:11]

par un certain Hunter Moore. Le site connaît automatiquement un vif

[01:16]

succès. Cependant, des parents de victimes

[01:19]

humiliés sur le site vont livrer un combat intense afin de leur rendre

[01:23]

justice. Mais ce ne sera pas facile. Un ancien marine américain ainsi que le

[01:28]

groupe Anonymous vont se mettre de la partie afin de faire taire l'homme le

[01:33]

plus détesté d'Internet. Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?

[01:42]

Ça va très bien, et toi, Emile Gauthier? Ça va extrêmement bien parce qu'on

[01:47]

célèbre deux choses aujourd'hui. Tout d'abord, c'est notre 100e épisode.

[01:52]

Oui, c'est fou. Ah oui, on pensait jamais se rendre jusque-là. Je me

[01:56]

rappelle, dans les débuts de Distortion, on était des gros fans de

[02:00]

Generation Y, mais on est encore des fans. On voyait qu'eux cumulaient plus

[02:05]

de 100 épisodes. Je me rappelle, on s'était dit qu'on ne se rendra jamais.

[02:09]

Il n'y a pas question qu'on fasse 100 épisodes de Distortion. Ce n'est pas

[02:12]

vrai. On n'aura jamais assez de sujets. On n'aura jamais non plus la

[02:16]

tenacité de se rendre jusque-là. Au final, ça fait plus de 100

[02:20]

épisodes qu'on fait déjà. On a déjà passé le cap

[02:24]

du 100 épisodes avec nos bonus, nos mini-titos et tout ça.

[02:28]

Presque 120, 130. Exactement. Donc, techniquement, on l'a déjà passé

[02:32]

depuis un bout, mais ce n'est pas grave. C'est officiellement le numéro 100 depuis

[02:36]

le début, donc depuis cinq ans. Donc, merci aux Distordus qui sont encore

[02:40]

avec nous depuis 100 épisodes. Et puis, je serais curieux de savoir, est-ce

[02:43]

qu'il y en a qui ont écouté les 100 épisodes au complet? Ah oui, c'est vrai.

[02:47]

Sans doute que oui, mais vraiment au complet, au complet, je n'aurais pas

[02:52]

curieux de voir ça. Puis, la deuxième raison pour laquelle on s'élève

[02:56]

aujourd'hui, Seb, c'est qu'on est dans notre nouveau studio. C'est le premier

[03:00]

épisode qu'on enregistre dans un nouveau studio. Donc, il n'y a pas encore

[03:03]

beaucoup de meubles. Ça se peut que ce soit encore un petit peu écho, mais on

[03:07]

s'est trouvé un magnifique petit studio à Montréal, près de chez

[03:12]

nous, en fait, près d'où on habite, que maintenant, comment dire, on

[03:16]

s'occupe à temps plein. Donc, c'est vraiment fantastique.

[03:20]

Oui, on est vraiment contents. C'est un milestone à distorsion d'avoir le

[03:25]

studio. Puis, je trouve que les astres sont bien alignés ou du moins, je

[03:28]

trouve ça beau que notre 100e épisode s'enregistre dans le nouveau

[03:33]

local. Exactement. Ça, je trouve ça bien. C'est vraiment trippant. Donc,

[03:36]

peut-être nos futurs invités auront la chance de venir faire un tour.

[03:40]

Nos futurs collaborateurs, d'autres podcasters, bien sûr, ça va nous

[03:43]

faire plaisir de les inviter ici. Mais en attendant, pour l'instant, il n'y a

[03:47]

à peu près rien, à part notre belle nouvelle table fraîchement déballée,

[03:51]

mais il n'y a pas grand chose d'autre. Fait qu'on va la meubler un peu, puis on

[03:55]

vous fera une visite guidée, éventuellement. Et pourquoi pas

[03:58]

inviter des auditeurs aussi, à un moment donné, à venir assister à un enregistrement.

[04:01]

Oui, why not? Ça pourrait être cool. Yes! Et aujourd'hui, on boit pas

[04:06]

quelque chose d'ordinaire, mon cher Seb. On boit du champagne pour célébrer

[04:10]

notre centième épisode. On boit un Bollinger spécial QV Brut, qui est de la

[04:16]

région de Champagne, bien sûr, donc qui n'est pas un petit champagne cheap, là.

[04:20]

On a bien hâte de goûter à ça. Et c'est une graciosité de Olivia Roy et

[04:25]

de son conjoint François. En fait, eux sont des distordus, même membres

[04:29]

Patreon depuis très longtemps. Ils nous écoutent et ça fait longtemps

[04:33]

qu'Olivia me dit, il faut que tu me dises quand tu enregistres ton

[04:36]

centième épisode, parce qu'on veut t'envoyer du champagne.

[04:39]

Donc là, c'est aujourd'hui que ça se passe et Olivia et François sont vraiment

[04:44]

cool. Eux, ils nous écoutent. Ils vont faire de la moto sur la côte

[04:48]

est américaine. Ils écoutent Distortion sur la moto. Olivia m'envoie des petites

[04:52]

vidéos, tout ça, donc c'est très cool. Et elle nous a même écrit un

[04:56]

petit texte, Seb, que je vais nous lire live. Olivia nous dit, à la fin de la

[05:03]

saison 1, vous souleviez l'idée de revenir pour une deuxième saison.

[05:06]

Nous revoici près de six ans plus tard à célébrer votre centième épisode et,

[05:12]

plus précisément, 100 épisodes, cinq épisodes bilan, neuf épisodes bonus,

[05:17]

cinq spéciales Halloween, 16 mini disto, 20 disto news sur TikTok, deux

[05:24]

épisodes secrets sur Patreon et 24 after-shows.

[05:28]

Ça fait beaucoup quand même, elle a tout comptabilisé, elle a fait vraiment des statistiques

[05:32]

Elle nous dit, l'internet déborde d'histoires étranges et nous continuerons à être des

[05:38]

milliers à vous écouter, nous les raconter. Vos voix bercent nos balades en

[05:42]

voiture, nos randonnées pédestres, nos rides de moto, nos tâches

[05:46]

ménagères, nos nuits d'insomnie, nos soirées de travaux scolaires et

[05:50]

nos quarts de travail trop longs. Aujourd'hui, c'est à notre tour de

[05:54]

vous lever notre verre, en notre nom et au nom de tous les

[05:57]

distordus à travers le monde. Merci pour tout et bon centième de

[06:01]

Olivier et François. C'est touchant. C'est vraiment touchant. Je suis vraiment ému.

[06:06]

Donc on va boire ça à l'instant. Je vais l'ouvrir parce qu'Olivia m'a dit

[06:09]

qu'elle voulait entendre le pop du champagne dans l'épisode.

[06:14]

Donc on va essayer de ne pas faire blower ça sur la console.

[06:19]

On ne l'a pas shaké avant comme dans les courses de F1. Attention.

[06:25]

J'espère que vous avez bien entendu. On va vous mettre un peu de ASMR de

[06:30]

champagne porn ici en le versant. Bon, j'en ai un peu renversé sur moi mais

[06:38]

c'est pas grave. Tiens mon cher Seb, je t'en sers aussi. Toujours un petit peu

[06:44]

précaire au-dessus de la console comme ça. Merci. Yeah. On aime vivre

[06:49]

dangereusement. Eh oui et cheers mon cher. Cheers. Oh yeah. Yes. Et ben aussi on a un

[06:55]

shout out. Pourquoi pas Seb pour ce centième. Ben oui, on a un shout out.

[06:58]

Une review 5 étoiles sur Apple Podcast qui nous vient de Onyx Royale de France.

[07:06]

Ah mon dieu que c'est bon ce champagne là. Oh attends, je goûte avant de poursuivre.

[07:09]

Moi à partir de maintenant, je suis comme The Ant Ward, je bois juste du champagne.

[07:12]

Hum, on peut ça le permettre. Oh c'est vraiment bon.

[07:17]

Bref, je poursuis. Onyx Royale nous dit c'est le turbo fun.

[07:22]

J'aimais beaucoup le titre de la review. Oui. Merci Emil et Seb pour ces épisodes

[07:27]

captivants ou que l'on soit. C'est toujours un plaisir pour les oreilles.

[07:31]

Continuez comme ça. Merci à toi Onyx Royale. Oh oui, merci beaucoup.

[07:36]

On vous rappelle que si vous voulez obtenir nos épisodes en avance et nos

[07:39]

after-shows, ça se passe sur Patreon. On a deux forfaits disponibles, un à

[07:43]

trois dollars par mois et un à huit dollars qui donnent accès justement

[07:48]

au contenu exclusif et aussi qu'on a un after-show quand même assez

[07:52]

chargé aujourd'hui. De quoi on va parler Seb? Oui, aujourd'hui on va

[07:55]

parler, étant donné que le sujet va parler de la revenge porn, aujourd'hui

[07:59]

l'épisode. Donc l'after-show, on va discuter, Emil et moi, un peu du

[08:04]

partage de contenus intimes quand on est en relation. On a déjà eu

[08:07]

cette discussion-là et je voulais nous challenger un peu si elle a

[08:11]

évolué notre réflexion par rapport à ça. J'ai même lu que des

[08:15]

spécialistes recommandaient dans le monde d'aujourd'hui de ne pas

[08:18]

s'empêcher de déchanger des contenus intimes entre partenaires.

[08:21]

Bref, on va discuter de ça puis on va aussi discuter du premier cas type aux

[08:26]

États-Unis qui a été condamné officiellement pour la

[08:29]

revenge porn, Kevin Ballhart, pour le site You Got Posted qui a créé à fin

[08:36]

2012. Donc voilà, ça va être les sujets pour notre after-show.

[08:40]

Yes, on a bien hâte. Donc je crois qu'on en a assez dit mon cher Seb,

[08:45]

est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire troublante de

[08:49]

Hunter Moore, le ruineur de vie professionnelle?

[08:52]

Oui, c'est parti.

[08:59]

Avant de se lancer dans notre histoire, Emile, je voulais faire un petit

[09:02]

rappel sur ce qui est la revenge porn. Pour être sûr qu'on parle tous sur la

[09:06]

même définition. En fait, la revenge porn ou la vengeance porno, j'ai même

[09:10]

lu la porno, la porno vengeur aussi en français, c'est le fait en fait de

[09:16]

partager des photos ou des vidéos sexualisées d'une personne sans son

[09:20]

consentement. Généralement, ça se produit après une rupture. Pour certains,

[09:26]

cela représente même une forme de viol électronique, ça peut aller

[09:29]

jusque-là. Une pratique qui est assez inexcusable, qui est désormais punie

[09:33]

par la loi dans plusieurs pays. L'histoire d'aujourd'hui a été un

[09:37]

catalyseur au niveau de la loi à ce propos, on y reviendra.

[09:41]

Oui, parce que ça a pris quand même plusieurs années avant que ce soit

[09:44]

considéré comme un crime.

[09:45]

Oui, exact. Encore une fois, comme il y a eu le cas d'Amendata, qui était une forme

[09:52]

de sex-torsion, qui est un dérivé de la revenge porn, puis

[09:58]

encore là, c'est que les lois, ça prend du temps à changer, les

[10:01]

lois étaient basées sur des vieux dogmes, donc ça

[10:06]

permettait pas de punir. Les sites profitaient d'un trou dans la

[10:11]

loi. En fait, c'est que les sites internet aux Etats-Unis ne sont pas

[10:15]

responsables du contenu qui est propulsé par l'utilisateur, ce qui fait

[10:19]

en sorte que Facebook ou tout ça n'est pas imputable si toi tu mets une

[10:24]

vidéo, disons, qui n'est pas conventionnelle. C'est toi qui

[10:27]

vas être imputable. Donc, toutes les sites s'en sortaient avec ça.

[10:30]

Il n'y avait pas de clause de loi, mais ça l'a changé heureusement depuis

[10:34]

presque dix ans.

[10:36]

Parce que même entre moi, vous allez voir, on va retourner au début

[10:39]

des années 2010. Donc, à cette époque-là, on parle de cette époque-là,

[10:43]

ça fait juste 12 ans, ça ne fait pas si longtemps, mais déjà, les lois

[10:46]

autour des crimes, des cybercrimes n'étaient pas aussi élaborées que

[10:50]

maintenant.

[10:51]

Exact, exact. 2010, c'est Amanda Todd. C'est dans les mêmes

[10:55]

années. Elle aussi a subi le fait qu'il n'y avait

[11:01]

aucune loi qui encadrait tout ça. Malheureusement, sans grande surprise,

[11:07]

les femmes représentent la majorité des personnes qui sont touchées par la

[11:10]

Revenge Porn avec un ratio de 90%. Mais il faut rappeler que ça peut

[11:15]

toucher tout le monde, peu importe votre âge ou votre sexe, votre

[11:18]

orientation sexuelle ou tout autre facteur de diversification.

[11:23]

Quant à la sextorsion dont on a souvent parlé à distorsion, c'est

[11:26]

une variante de la Revenge Porn. La pratique consiste pour des

[11:30]

cybercriminels à faire du chantage grâce à du contenu photo ou vidéo

[11:34]

à caractère sexuel récupéré chez la victime, généralement pour

[11:39]

obtenir de l'argent ou souvent des clichés encore plus osés.

[11:44]

Et dans ce cas-ci, la plupart des victimes sont mineurs en sextorsion.

[11:48]

Pour vous donner un ordre de grandeur sur le phénomène, le National Center

[11:52]

of Missing and Exploited Children, en fait le Centre national des enfants

[11:58]

disparus et exploités, qui est une organisation recueillant les

[12:02]

signalements d'abus envers les enfants en ligne aux États-Unis, a

[12:06]

collecté seulement en 2021, il coûte 5 000, plus de 23,9 millions de

[12:11]

signalements et dans les réseaux sociaux qui y sont impliqués,

[12:15]

Facebook y représente l'écrasante majorité avec 22,1 millions de

[12:19]

rapports contre seulement, seulement en guillemets, 500 000 pour

[12:24]

Snapchat ou 150 000 sur TikTok.

[12:27]

Oui, Snapchat étant un haut lieu d'échange, de photosé.

[12:31]

Oui, exact. Et TikTok, on dirait qu'il s'y prête moins, j'ai

[12:34]

l'impression, étant que ce n'est pas un vrai réseau social d'une

[12:39]

certaine façon.

[12:41]

Facebook est bien au courant du phénomène et tente de faire des

[12:43]

efforts à ce propos depuis bien longtemps.

[12:46]

Rappelons-nous comment ils ont aidé justement les autorités à

[12:49]

trouver le coupable dans l'affaire d'Amanda Todd dans les années 2010.

[12:54]

Cependant, à cette époque, il n'existait pas vraiment d'outils

[12:57]

adaptés sur la plateforme pour dénoncer et endiguer ce genre de

[13:00]

pratique, même qu'elle était un peu responsable de son effet

[13:05]

catalyzaire.

[13:05]

Justement, durant la période de 2010 à 2011, Facebook combattait

[13:10]

chaque jour de plus en plus un certain site web de type

[13:13]

Revenge Porn, qui devenait beaucoup trop populaire et

[13:17]

dommageable autant sur le web que sur le réseau social en tant que

[13:21]

tel.

[13:21]

Petite note, à cette époque, l'expression Revenge Porn n'existe

[13:25]

pas vraiment encore ou du moins n'est pas très, très répandue.

[13:29]

J'avais même checké dans Google Trends l'outil de Google pour

[13:34]

voir les tendances de recherche, puis c'est justement vraiment

[13:37]

vers 2012, 2013, 2014, puis en 2022 avec le documentaire, mais

[13:45]

sinon, comment dire, avant ces années-là, il n'y avait

[13:49]

pratiquement pas de recherche sur le sujet.

[13:53]

C'est ainsi que le 6 décembre 2011, le site Is Anyone Up,

[13:58]

qui est en ligne depuis 2010, vient d'être banni de

[14:02]

c'est-à-dire que tout lien vers le nom de domaine IsAnyoneUp.com

[14:07]

est bloqué et également, la page officielle a été supprimée

[14:11]

de sa base de données, en plus de menacer de le poursuivre

[14:14]

en justice.

[14:15]

La raison principale donnée par Facebook est que le

[14:18]

propriétaire du site, un certain Hunter Moore, a

[14:21]

publié des captures d'écran issues du réseau social sur

[14:24]

le site Is Anyone Up.

[14:27]

Pour répondre à son bannissement, Hunter Moore a répliqué

[14:30]

avec grande délicatesse en envoyant un e-mail aux avocats

[14:33]

de Facebook contenant une jolie photo de son pénis.

[14:36]

Ça vous donne une idée du personnage.

[14:38]

On y reviendra.

[14:40]

Oui, en effet, c'est tout qu'un personnage, ce Hunter Moore.

[14:44]

Avec les statistiques de 2021 qu'on a parlé tout à l'heure,

[14:49]

qui donnent froid dans le dos, on comprend pourquoi

[14:51]

Facebook a mis récemment en place de nouveaux outils

[14:54]

pour améliorer la sécurité des enfants et pour

[14:57]

faciliter le signalement des comptes suspicieux.

[14:59]

Avec pour objectif d'empêcher au maximum les interactions

[15:03]

avec des inconnus.

[15:05]

Par exemple, maintenant, il est impossible pour les adultes

[15:08]

d'envoyer des messages aux adolescents auxquels ils ne

[15:11]

sont pas connectés ou même de voir des adolescents dans

[15:14]

les recommandations.

[15:16]

Personne que vous pourriez connaître, vous savez,

[15:18]

ce type de recommandation-là.

[15:20]

Donc, même les ados ne se retrouvent pas là-dedans.

[15:22]

Donc, c'est étonnant que cette fonctionnalité n'ait

[15:25]

pas été mise en place plus tôt.

[15:27]

De plus, une nouvelle technologie qui est capable de

[15:29]

détecter des vidéos et des images comportant des

[15:32]

scènes de nudité qui sont partagées sans l'autorisation

[15:34]

de la personne concernée a aussi été mise en place.

[15:38]

Également, en collaboration avec l'organisme Revenge Porn

[15:41]

Helpline, les autres grands joueurs technologiques

[15:44]

contribuent à nourrir une banque de données

[15:46]

centralisée de tous les contenus signalés de Revenge

[15:49]

Porn et de Sexe Torsion dans le but d'en empêcher

[15:52]

la diffusion future sur les autres réseaux sociaux

[15:55]

et sur le Web, car chaque contenu possède sa propre

[15:58]

signature unique, un peu comme la gestion des droits

[16:01]

d'auteur d'une chanson sur les réseaux sociaux.

[16:04]

Selon Meta, la compagnie qui gère Facebook et Instagram,

[16:07]

bonne nouvelle, ces changements sont déjà efficaces

[16:10]

puisque les signalements envoyés par des mineurs

[16:12]

au premier trimestre 2022 ont augmenté de 70 %

[16:16]

par rapport au précédent.

[16:18]

Donc, les gens utilisent vraiment la fonction.

[16:20]

Mais je voyais ça à double tranchant dans le sens

[16:23]

que oui, sûrement, elle est mieux intégrée.

[16:25]

Donc, ça facilite le signalement.

[16:31]

Mais d'un autre côté, je lisais que la hausse

[16:35]

des signalements, je me demande aussi,

[16:37]

c'est pas parce qu'il y a une hausse aussi,

[16:39]

également des cas, point final,

[16:41]

parce que je lisais qu'au Canada,

[16:42]

c'est assez fulgurant.

[16:44]

Depuis 2020, avec la pandémie,

[16:47]

ça a encore plus explosé et bon,

[16:51]

j'ai l'impression que oui, l'outil aide,

[16:53]

mais je me demande si c'est pas aussi

[16:54]

une augmentation des cas en nombre absolu.

[16:59]

Retournons à l'année 2010

[17:00]

où le site is anyone up a été fondé.

[17:04]

Hunter Moore, âgé de 24 ans,

[17:06]

est de retour chez ses parents

[17:07]

après un long voyage de trois ans

[17:10]

et désire fonder un réseau social

[17:12]

centré sur les sorties et les festivités nocturnes

[17:15]

où les membres peuvent échanger entre eux

[17:17]

sur leur soirée festive à San Francisco.

[17:21]

Donc, Hunter Moore, c'est un gars de party.

[17:25]

Il anime des parties, il est DJ aussi,

[17:28]

donc il fait des soirées,

[17:29]

il est très impliqué dans le nightlife

[17:31]

de San Francisco.

[17:32]

C'est même un peu une personnalité publique

[17:35]

du nightlife.

[17:36]

Donc, il est très connu déjà.

[17:38]

C'est pas une vedette, une grande vedette,

[17:40]

mais c'est quand même une moyenne vedette,

[17:42]

si on veut.

[17:43]

Et lui, en fait, il est très proche

[17:45]

à l'époque 2010-2011,

[17:48]

c'est la scène Imo qui est très,

[17:50]

en fait, qui est sur la fin tranquillement.

[17:52]

Oui, c'est vrai.

[17:53]

Et puis, donc vous vous rappelez,

[17:55]

les cheveux très très proéminents,

[17:56]

les skinny jeans, les camsoles et les tattoos,

[18:00]

dont plusieurs doivent regretter d'avoir fait.

[18:04]

Certains doivent se rappeler le groupe Hymn.

[18:06]

Je sais pas si vous vous rappelez de ça.

[18:07]

Hymn? Non, mon Dieu.

[18:09]

Le symbole, c'était un pentagramme

[18:11]

en forme de cœur.

[18:12]

Il y en a plusieurs.

[18:13]

Il doit y avoir des auditeurs de distorsion

[18:15]

qui regrettent de s'être fait tatouer

[18:16]

ce logo-là parce qu'il y en avait beaucoup.

[18:19]

Hunter Moore devait en avoir un,

[18:20]

c'est son genre aussi.

[18:21]

Oui, oui, oui.

[18:22]

Et donc, il était très proche de cette scène-là.

[18:25]

Puis, en fait, c'est ainsi que son site

[18:28]

Is Anyone Up,

[18:30]

ce qui est encore quelqu'un debout

[18:31]

en français, est né.

[18:33]

Donc, il publiait des photos

[18:34]

qui tiraient un peu de la scène du Nightlife

[18:37]

et de la scène Imo de San Francisco

[18:39]

et même un petit peu ailleurs en Californie.

[18:42]

Le site commence à avoir un peu de traction

[18:44]

et Hunter passe ses journées

[18:46]

à s'en occuper et à le nourrir en contenu.

[18:48]

Mais c'est le hasard qui va faire basculer

[18:51]

la mission première du site

[18:52]

vers un type de site le beaucoup plus dérangeant.

[18:56]

Un soir, Hunter partage une photo nue

[18:59]

de sa petite amie sur le site.

[19:01]

Il n'en fallait pas plus

[19:02]

pour que chacun sur enchérie

[19:04]

avec une photo de sa copine ou de son ex.

[19:07]

Avec ce nouveau type de contenu,

[19:09]

le site attire une nouvelle clientèle,

[19:11]

même s'il reste dédié

[19:13]

aux soirées festives de SF.

[19:16]

Une semaine plus tard,

[19:17]

14 000 vues s'affichent au compteur.

[19:20]

À chaque jour, de plus en plus

[19:22]

de photos nues amateurs sont publiées.

[19:25]

Des photos très crues, très intimes.

[19:28]

Beaucoup de selfies aussi

[19:29]

de photos prises dans les toilettes.

[19:32]

Tout ça, on ne parle pas

[19:33]

de pornographies professionnelles.

[19:35]

C'est des photos vraiment candides

[19:37]

que les gens prennent eux-mêmes

[19:39]

ou que les gens prennent à l'insu des autres.

[19:42]

Bref, c'est à partir de ces photos-là

[19:44]

que le site s'est tourné un peu plus

[19:46]

vers la Revenge Porn.

[19:49]

Il se rend rapidement compte

[19:50]

que l'attraction est là.

[19:52]

Les statistiques le prouvent.

[19:54]

Le site est passé de 50 visites par jour

[19:57]

à plusieurs centaines de milliers.

[19:59]

Il contacte alors Hunter Moore

[20:01]

et il contacte son avocat

[20:02]

pour fonder une entreprise

[20:04]

et change la mission du site

[20:06]

et le dédie uniquement à la Revenge Porn.

[20:10]

Ça prend vraiment une autre tournure.

[20:13]

En même temps, il y a toujours une fascination.

[20:15]

Les années 2010, sur Internet,

[20:18]

ce n'était pas très régulé.

[20:19]

On se rappelle de certains sites

[20:21]

même de films d'horreur,

[20:24]

d'images d'horreur,

[20:25]

de trucs comme ça

[20:27]

qui verraient moins le jour aujourd'hui.

[20:29]

À cette époque-là,

[20:30]

on ne pouvait plus facilement

[20:31]

publier des choses

[20:32]

en se disant que c'est l'Internet.

[20:34]

Sur Internet, tout le monde s'en fout.

[20:37]

Le Far West est un peu mieux contrôlé.

[20:39]

Oui, exactement.

[20:41]

Nous sommes maintenant à la fin 2010.

[20:43]

Hunter Moore invite officiellement

[20:45]

les internautes à télécharger sur le site

[20:47]

des images de femmes nues et d'hommes

[20:49]

aussi à l'heure insu.

[20:51]

Et les internautes peuvent voter,

[20:53]

un peu comme sur Reddit,

[20:55]

sur s'ils apprécient ou non ces photos-là.

[20:58]

On se rappelle à l'époque

[20:59]

« Do you look good ? »

[21:00]

Les gens pouvaient voter,

[21:02]

s'il y a des gens qui se rappellent de ça.

[21:05]

Plusieurs de nos auditeurs-d'us

[21:06]

devaient être trop jeunes.

[21:07]

Les soumissions au site

[21:09]

suivent généralement la même formule.

[21:11]

Donc, avec plusieurs images

[21:12]

de la personne en question,

[21:14]

généralement, ils vont même mettre

[21:15]

le nom de la personne

[21:17]

avant de révéler des images

[21:19]

de ses parties intimes

[21:20]

et souvent se livrant même

[21:22]

à des actes sexuels comme la masturbation.

[21:24]

Il va y avoir des vidéos aussi parfois.

[21:26]

Ensuite, on assiste à du doxing,

[21:29]

car ceux qui envoient les photos

[21:31]

ne se contentent pas de ça,

[21:32]

mais ajoutent aussi souvent

[21:33]

l'adresse personnelle,

[21:35]

les comptes des réseaux sociaux,

[21:37]

le lieu de travail,

[21:38]

même parfois le numéro de téléphone

[21:40]

de la victime.

[21:41]

Donc, quand on parle de doxing,

[21:44]

on se rappelle un peu c'est quoi,

[21:45]

c'est tenter de retrouver

[21:47]

l'adresse physique de quelqu'un

[21:48]

dans un but de harcèlement.

[21:50]

Oui, exactement.

[21:51]

Et eux, c'est un peu tout inclus

[21:55]

de la « revenge porn »,

[21:56]

c'est-à-dire que tu voyais

[21:57]

les photos intimes et tout ça

[21:59]

de la personne et après,

[22:00]

tu avais son visage public,

[22:02]

en fait, tu avais vraiment

[22:04]

son compte Facebook.

[22:05]

Donc, tu pouvais aller voir

[22:06]

des photos de la personne

[22:07]

dans sa vie de famille, bref,

[22:09]

et sur le site « Is anyone up? »,

[22:11]

tu voyais des photos intimes.

[22:13]

Donc, pour les pervers d'entre nous,

[22:17]

c'était un tout inclus.

[22:18]

Ah oui, c'est l'enfant.

[22:19]

Puis même souvent,

[22:20]

quand les comptes Facebook

[22:21]

étaient protégés,

[22:23]

il y avait si moindrement

[22:24]

quelqu'un qui était ami

[22:25]

avec la personne,

[22:26]

la personne allait prendre

[22:27]

des captures d'écran,

[22:28]

allait les rajouter

[22:30]

au site Web,

[22:31]

ça se nourrissait comme ça

[22:32]

dans les commentaires.

[22:34]

Ah non, c'est incroyable

[22:35]

pour les gens

[22:36]

qui se retrouvaient là-dessus.

[22:37]

Ah oui, jamais personne

[22:38]

avait poussé plus loin,

[22:40]

en fait, le concept.

[22:41]

Non, exactement.

[22:42]

Comme dans les victimes

[22:43]

de la saga Pornhub,

[22:44]

dont on a déjà parlé

[22:46]

à Distortion,

[22:47]

ça fait un petit peu

[22:48]

penser à ça aussi.

[22:49]

Oui, quand ils retracillaient,

[22:51]

puis ils reprenaient

[22:53]

des captures d'écran,

[22:54]

c'était le même même concept

[22:55]

qui était repris dans le fond.

[22:57]

Exact.

[22:58]

Mais plusieurs années plus tôt.

[22:59]

Imaginez les conséquences

[23:01]

sur la vie de ces gens-là

[23:02]

pour qui, la plupart du temps,

[23:04]

leurs photos étaient

[23:05]

destinées seulement à eux-mêmes

[23:07]

ou à leurs partenaires intimes,

[23:10]

parfois,

[23:10]

et que finalement,

[23:11]

ça se retrouve sur le Web

[23:12]

et que des milliers de personnes

[23:14]

t'insultent

[23:15]

ou sont même vulgaires

[23:16]

et méchants avec toi.

[23:18]

Donc, ça doit être

[23:19]

très difficile à endurer.

[23:21]

C'est clairement une forme

[23:22]

de viol virtuelle,

[23:23]

une forme de torture virtuelle.

[23:25]

Et en plus, les gens

[23:26]

voient ton profil,

[23:29]

comment dire,

[23:31]

tel que tu l'exposes,

[23:32]

je veux pas dire

[23:32]

profil public,

[23:33]

mais en quelque sorte.

[23:34]

Donc, c'est très insidieux.

[23:37]

Oui, il y a eu des gens

[23:37]

qui n'arrivaient plus

[23:38]

à se trouver du travail

[23:39]

à cause de ça.

[23:40]

Il y a eu des suicides.

[23:43]

Il y a eu vraiment des drames.

[23:45]

C'est incroyable.

[23:47]

Les victimes étaient lynchées

[23:49]

virtuellement.

[23:50]

Donc, les gens

[23:51]

pouvaient même commenter.

[23:52]

Donc, c'était un peu

[23:53]

comme un forum de discussion.

[23:54]

Tu pouvais aller voir,

[23:55]

mettons, Katia

[23:56]

et tu pouvais

[23:58]

lui dire la traité

[23:59]

de tous les noms, en fait.

[24:00]

C'était effectivement

[24:02]

ce qui arrivait.

[24:03]

Les gens étaient

[24:03]

souvent anonymes

[24:04]

sur le site.

[24:05]

Donc, c'était vraiment

[24:08]

pour avoir vu

[24:09]

plusieurs commentaires,

[24:10]

c'était très, très dur,

[24:11]

des commentaires vraiment

[24:12]

de body-shaming,

[24:15]

des commentaires vraiment

[24:16]

comme quoi les gens,

[24:18]

les personnes sont

[24:19]

vraiment des objets sexuels

[24:20]

et très rabaissants.

[24:22]

Oui, oui, oui.

[24:22]

Vraiment, le côté sombre

[24:24]

des hommes,

[24:25]

parce qu'en grande partie,

[24:26]

c'était seuls publics.

[24:27]

C'était des jeunes hommes aussi.

[24:28]

Oui, oui, beaucoup d'ados.

[24:30]

Très collégial,

[24:31]

universitaires comme publics.

[24:33]

Donc, sans oublier

[24:35]

que des photos,

[24:36]

une fois sur un site,

[24:37]

elles peuvent se télécharger

[24:38]

à l'infini ailleurs

[24:40]

puis à être ré-uploadées.

[24:42]

Donc, il y a vraiment,

[24:43]

c'est très difficile

[24:44]

de faire disparaître

[24:45]

ces photos-là ultimement.

[24:46]

Oui, exact.

[24:47]

Même avec le système

[24:47]

qu'on vous a parlé tout à l'heure,

[24:49]

tu peux prendre

[24:49]

une capture d'écran de la photo,

[24:51]

ça redevient

[24:51]

une nouvelle photo.

[24:53]

Oui.

[24:54]

Et je ne sais pas

[24:55]

si le système est capable

[24:56]

de, comment dire,

[24:59]

d'observer

[25:00]

les copies de photos.

[25:02]

Mais bref,

[25:03]

quand t'es là-dessus,

[25:04]

on dirait que c'est

[25:06]

une course,

[25:07]

une course sans fin,

[25:09]

on dirait.

[25:09]

Souvent, j'ai l'impression.

[25:11]

Exact.

[25:12]

Justement,

[25:12]

quand quelqu'un demandait

[25:14]

de retirer une photo de lui

[25:15]

sur le site,

[25:17]

Hunter Moore avait plutôt

[25:18]

tendance à ridiculiser

[25:19]

la personne.

[25:21]

C'est ainsi qu'est née

[25:22]

une autre catégorie

[25:23]

sur le site appelée Daily Eight.

[25:26]

Donc, je vais dire,

[25:27]

la haine quotidienne.

[25:29]

Et elle présente

[25:30]

des captures d'écran,

[25:31]

des réactions de colère

[25:32]

des personnes dont les photos

[25:34]

avaient été publiées

[25:35]

sans leur consentement

[25:36]

sur le site.

[25:37]

À l'intérieur de cette section,

[25:40]

Hunter choisissait une victime

[25:41]

qu'il mettait de l'avant

[25:42]

et incitait les internautes

[25:44]

à la ridiculiser.

[25:45]

Comme par exemple,

[25:46]

il y avait la moche du jour.

[25:49]

Sa communauté,

[25:50]

c'est pas relouisant.

[25:52]

Sa communauté de plus en plus

[25:54]

grandissante,

[25:55]

baptisée de Family,

[25:57]

le suivait de plus en plus

[25:58]

dans ses dérapages.

[25:59]

Il lançait des défis

[26:00]

ridicules et vulgaires

[26:02]

juste pour voir

[26:03]

jusqu'où les gens étaient

[26:04]

prêts à aller.

[26:05]

C'était assez débile.

[26:06]

Il y avait des défis

[26:07]

avec du caca.

[26:09]

Les gens, il fallait qu'ils

[26:09]

écrivent, qu'ils fassent

[26:10]

la pire chose avec ça.

[26:12]

Puis, ils écrivaient

[26:13]

« As in a one up »

[26:14]

avec leur...

[26:14]

Oh non, mais il y avait

[26:17]

compris comment atteindre.

[26:20]

Il y avait du charisme

[26:22]

pour attirer ces gens-là.

[26:24]

Puis, il est devenu

[26:24]

comme un symbole.

[26:26]

Outre le site,

[26:27]

on dirait qu'il nourrissait ça.

[26:30]

Justement, en donnant des

[26:32]

« challenges » à sa communauté

[26:34]

de jeunes, tu sais,

[26:36]

« jackasses » de l'époque,

[26:38]

même si même en 2010,

[26:39]

« jackasses » était

[26:40]

hors-d'état.

[26:41]

Donc, il y avait...

[26:44]

Il a goûté à ça

[26:46]

puis voyait que ça marchait.

[26:47]

Il nourrissait tout le temps ça.

[26:49]

Je reviens à ce que je disais

[26:50]

quand les gens écrivaient

[26:52]

pour faire retirer des photos.

[26:53]

Souvent, ils répondaient « lol »

[26:55]

ou des choses comme ça.

[26:56]

Puis, il y a même

[26:58]

un oncle d'une des victimes

[27:01]

du site qui s'est suicidé,

[27:03]

qui lui a écrit.

[27:04]

Puis, il lui a comme répondu

[27:05]

que ce n'était pas son problème,

[27:07]

qu'il n'était pas

[27:07]

responsable de ça.

[27:10]

Imagine qu'il a pris

[27:10]

la capture d'écran du courriel

[27:12]

puis justement, il l'a mis

[27:14]

dans la section d'Eliate

[27:15]

pour rire de l'oncle

[27:17]

qui lui-même s'a catégorisé

[27:19]

d'oncle enragé

[27:20]

parce qu'il a perdu

[27:21]

sa nièce qui s'est suicidé

[27:23]

parce qu'elle s'est retrouvée

[27:24]

sur ce site-là.

[27:25]

Toute sa, comment dire,

[27:28]

son manque d'empathie,

[27:29]

c'est un sociopathe,

[27:30]

c'est incroyable par rapport à ça.

[27:33]

Le site devenait tellement populaire

[27:35]

qu'il travaillait, selon lui,

[27:36]

19 heures par jour pour le gérer

[27:39]

et il avait une équipe

[27:40]

de six personnes travaillant pour lui,

[27:42]

dont deux spécialistes

[27:43]

de la vérification de l'âge

[27:45]

pour s'assurer que

[27:46]

toutes les personnes présentes

[27:48]

avaient au moins 18 ans.

[27:50]

Cependant, je dois vous dire

[27:51]

que le site débordait

[27:52]

de photos de mineurs.

[27:54]

Donc, sur ce point,

[27:56]

il n'arrivait pas à tout modérer.

[27:58]

Puis je me demande vraiment

[27:59]

s'il le voulait.

[28:01]

Puis avec les revenus qu'il a fait,

[28:03]

tu sais, je ne pense pas

[28:04]

qu'il y avait six personnes

[28:05]

en plein et tout ça.

[28:06]

Ce n'était pas un si gros,

[28:08]

si gros business,

[28:09]

mais on dirait qu'il aimait ça.

[28:11]

Plugger ça,

[28:11]

mais ça fonctionnait quand même bien.

[28:12]

À un moment donné,

[28:13]

il y avait des millions de vues par mois.

[28:16]

Mais comment un tel site

[28:18]

peut vivre sans inquiétude

[28:21]

de la part des autorités?

[28:22]

En fait,

[28:23]

il profite de la loi américaine

[28:25]

sur les règles d'essence en ligne,

[28:28]

qui fait en sorte

[28:28]

que le propriétaire d'un site

[28:30]

n'est pas tenu responsable

[28:32]

du contenu téléchargé

[28:33]

par les utilisateurs,

[28:34]

comme on vous avait expliqué

[28:35]

un peu plus tôt.

[28:36]

Donc, en tant que relais,

[28:38]

il est inattaquable.

[28:39]

C'est comme Facebook ou Twitter.

[28:41]

C'est l'internom

[28:42]

qui est tenu responsable

[28:44]

en fait de la tonneur

[28:45]

du contenu qu'il publie.

[28:47]

Le réseau social, lui,

[28:48]

le modère selon ses propres

[28:50]

règles internes.

[28:51]

Par exemple,

[28:51]

il y a beaucoup de

[28:52]

pornographies sur Twitter

[28:55]

légitimes.

[28:56]

Ce n'est pas modéré,

[28:57]

ce que l'on ne retrouve pas

[28:58]

vraiment ou très, très peu

[29:00]

sur Instagram ou Facebook.

[29:01]

C'est un choix éditorial

[29:02]

de la plateforme.

[29:05]

Cependant,

[29:06]

les plaintes contre le site

[29:07]

commencent à s'accumuler.

[29:09]

Les victimes désespérées

[29:11]

répètent les tentatives

[29:12]

pour retirer leurs photos du site.

[29:14]

Son avocat lui recommande

[29:15]

de le faire pour éviter

[29:17]

les poursuites.

[29:18]

Mais Hunter n'en fait

[29:19]

qu'à sa tête.

[29:20]

Sa boutique de marchandises

[29:22]

et la vente de publicité

[29:23]

sur son site fonctionnent bien.

[29:25]

Sa chaîne YouTube également.

[29:27]

Il ne veut pas arrêter ça.

[29:29]

Un soir d'août 2011,

[29:32]

Moore est agressé

[29:33]

devant chez lui,

[29:34]

une victime du site

[29:35]

Le Poignard avec un stylo

[29:36]

dans l'épaule.

[29:38]

Dès le lendemain,

[29:39]

il publie une photo

[29:40]

de sa blessure avec les points

[29:41]

de souture sur son site

[29:43]

et les réseaux sociaux.

[29:45]

L'anecdote fait le taux du web

[29:47]

et fait doubler son trafic

[29:48]

en quelques jours.

[29:49]

Et c'est à partir de ce moment

[29:51]

que les médias commencent

[29:52]

à s'intéresser à lui

[29:53]

et à son site

[29:54]

et qu'il obtient le surnom

[29:55]

de l'homme le plus détesté

[29:56]

d'Internet.

[29:58]

Il faut savoir cependant

[30:00]

qu'il a avoué un peu plus tard

[30:01]

que tout ça était un canulaire

[30:04]

pour attirer l'attention

[30:05]

des médias sur lui.

[30:07]

Ah ben.

[30:07]

Eh oui.

[30:08]

Puis en plus, c'est les photos.

[30:09]

Ça a l'air vrai.

[30:10]

Je me demande si c'est pas

[30:11]

auto-blessé lui-même

[30:13]

pour faire ça.

[30:14]

Bref, on peut dire

[30:15]

que la tactique a fonctionné.

[30:17]

Donc, Emile,

[30:18]

parle-nous un peu plus

[30:19]

de qui est derrière

[30:21]

l'homme le plus détesté

[30:22]

d'Internet.

[30:23]

Avec plaisir.

[30:26]

Revenons maintenant

[30:27]

au début des années 2000

[30:28]

à Sacramento,

[30:30]

dans le nord de la Californie

[30:31]

aux États-Unis.

[30:32]

Hunter Moore, adolescent,

[30:34]

aime le skateboard

[30:35]

et le heavy metal,

[30:37]

mais pense la majorité

[30:38]

de son temps libre

[30:39]

sur Internet,

[30:40]

sur les chat rooms

[30:41]

et les forums en ligne.

[30:43]

En 2003, à 16 ans,

[30:46]

il crée sa page MySpace,

[30:48]

qui était le réseau

[30:49]

social de l'époque.

[30:50]

Ah oui, on se rappelle

[30:51]

les bonnes années de MySpace.

[30:53]

En dehors du web,

[30:55]

il a peu d'intérêt

[30:56]

pour tout le reste.

[30:57]

Il ne terminera pas

[30:58]

ses études secondaires

[30:59]

non plus.

[31:00]

Cependant, en 2005,

[31:02]

il obtient son diplôme

[31:03]

d'une école de coiffure,

[31:05]

mais sa carrière

[31:05]

n'ira pas très loin.

[31:07]

Il n'aime pas beaucoup

[31:08]

les responsabilités

[31:09]

et les tâches connexes

[31:10]

reliées au métier.

[31:12]

Après quelques contrats

[31:13]

comme coiffard

[31:14]

dans le milieu des tournages

[31:15]

à contenu pornographique,

[31:17]

il abandonna le métier.

[31:18]

Autour de 2006,

[31:20]

il aurait été victime

[31:22]

de harcèlement sexuel

[31:23]

au travail

[31:23]

et aurait poursuivi

[31:25]

l'entreprise

[31:25]

et aurait même reçu

[31:27]

un dédommagement monétaire

[31:28]

tout de même important

[31:29]

qui n'a jamais été dévoilé.

[31:32]

Il décide donc, en 2007,

[31:34]

de partir à l'aventure.

[31:36]

Pendant près de trois ans,

[31:37]

il voyage en Australie

[31:39]

et au Japon.

[31:40]

Il est toujours resté discret

[31:41]

sur cette période de sa vie,

[31:43]

mais si on regarde

[31:44]

ses quelques archives

[31:45]

sur MySpace,

[31:47]

c'est plus des paysages

[31:48]

de bar que de nature,

[31:49]

mettons-le,

[31:50]

ou d'artéfacts historiques

[31:52]

qu'on y voit.

[31:53]

Oui, exact.

[31:54]

À son retour en seul américain,

[31:56]

il se sent transformé

[31:58]

et ses intérêts ne tournent

[31:59]

qu'autour de la fête

[32:00]

et des bars.

[32:02]

Il parcourt le pays

[32:03]

comme manager

[32:04]

pour un groupe de rock

[32:05]

californien.

[32:06]

Il rencontre et fréquente

[32:07]

une fille proche du groupe

[32:09]

et fonde le site

[32:10]

Is Anyone Up?

[32:12]

C'est cette fille

[32:12]

qui a été la première

[32:13]

victime du site d'ailleurs.

[32:16]

Revenons à notre histoire.

[32:17]

Nous sommes maintenant

[32:19]

en octobre 2011

[32:20]

en banlieue de Los Angeles

[32:21]

en Californie,

[32:23]

la capitale du nightlife américain.

[32:26]

Oui.

[32:26]

L'actrice en herbe

[32:27]

Kayla Laws,

[32:28]

âgée de 24 ans,

[32:30]

prend quelques photos intimes

[32:31]

d'elle-même

[32:32]

devant le miroir de sa chambre

[32:34]

juste pour le plaisir

[32:35]

et se les envoie ensuite

[32:36]

par e-mail

[32:37]

pour les garder en lieu sûr.

[32:39]

Donc elle,

[32:40]

la jeune femme,

[32:41]

les avait en fait

[32:42]

transmis à cet endroit

[32:43]

pensant que son compte

[32:45]

serait le meilleur endroit

[32:46]

le plus sécure

[32:47]

parce qu'elle n'avait pas envie

[32:48]

de les supprimer,

[32:49]

même si son téléphone

[32:50]

n'avait pas assez d'espace

[32:51]

de stockage disponible.

[32:53]

Cependant, elle ne savait pas

[32:54]

qu'elle serait bientôt piratée

[32:56]

et que ses images

[32:58]

ainsi que des liens

[32:59]

vers ses profils

[32:59]

de réseaux sociaux publics

[33:01]

se retrouveraient

[33:02]

sur Is Anyone Up?

[33:04]

en janvier 2012.

[33:06]

Donc, c'est des photos

[33:06]

qu'elle a prises

[33:07]

même pas pour quelqu'un d'autre,

[33:09]

même pas pour son amoureux

[33:11]

ou son amant,

[33:12]

c'est juste pour elle en fait.

[33:14]

Exactement.

[33:15]

Chose qu'elle a totalement

[33:16]

le droit de faire.

[33:17]

Ben oui.

[33:18]

Comme elle disait,

[33:18]

c'était juste parce qu'elle

[33:19]

se trouvait jolie

[33:20]

puis elle voulait comme plein

[33:22]

plein de gens en fond.

[33:23]

Donc, elle imaginez,

[33:25]

elle ne comprend rien

[33:26]

de ce qui se passe.

[33:27]

En janvier 2012,

[33:29]

Kayla est à son travail

[33:31]

comme serveuse dans un bar

[33:32]

lorsqu'elle apprend

[33:33]

qu'elle avait été publiée

[33:34]

sur le site.

[33:36]

Il y avait une photo

[33:37]

d'elle sainte nu

[33:38]

au milieu de quelques autres

[33:39]

photos habillées.

[33:41]

Vous pouvez vous imaginer

[33:42]

que cela a bouleversé

[33:43]

tout son petit monde.

[33:45]

Elle a immédiatement appelé

[33:47]

Charlotte Laws,

[33:48]

qui est sa meilleure amie

[33:49]

et sa mère évidemment.

[33:51]

Qui, à son tour,

[33:52]

n'a pas perdu de temps

[33:53]

pour tenter de faire retirer

[33:55]

les photos du site.

[33:56]

Donc, à ce moment-là,

[33:58]

il y a énormément de messages

[34:00]

qui fusent de partout

[34:01]

sur son téléphone.

[34:03]

Énormément de gens

[34:04]

qui, en fait,

[34:05]

qui fréquentent le site,

[34:07]

qui la connaissent.

[34:08]

Elle, elle ne connaissait

[34:08]

même pas ce site-là.

[34:09]

Non, pas du tout.

[34:11]

Mais tous les gens

[34:12]

qui fréquentent ce site-là,

[34:13]

les membres du Nightlife

[34:14]

et tout ça,

[34:15]

voient sa photo,

[34:17]

puis ils la reconnaissent.

[34:18]

Et là, à ce moment-là,

[34:19]

tout le monde lui écrit

[34:20]

et la nouvelle, là,

[34:21]

se répare comme un,

[34:23]

comme comment dire,

[34:24]

un feu de paille.

[34:26]

Cependant,

[34:27]

leurs demandes de suppression

[34:28]

ont été ignorées

[34:30]

même après avoir fourni

[34:31]

la preuve du piratage.

[34:33]

Portez attention à ce détail.

[34:35]

On va y revenir.

[34:37]

Et elle a revendiqué

[34:39]

le droit d'auteur de la photo.

[34:40]

Et à ce moment-là,

[34:41]

des inconnus avaient commencé

[34:43]

à contacter Kyla en ligne,

[34:45]

ce qui l'a encore plus traumatisée.

[34:47]

Parce que là, vous allez voir,

[34:49]

il y a évidemment le,

[34:51]

comment dire,

[34:52]

le droit d'auteur,

[34:53]

parce que c'est une...

[34:54]

qui entre en compte là-dedans.

[34:55]

On va en parler

[34:56]

un petit peu plus tard.

[34:57]

Par contre, c'est quand

[34:58]

la jeune fille a désactivé

[35:00]

tous ses comptes.

[35:02]

Elle a tout fermé elle-même

[35:04]

et, honnêtement,

[35:05]

elle a perdu un peu d'espoir.

[35:06]

Jusqu'à ce que son beau-père,

[35:08]

Charles Parcell,

[35:10]

un avocat californien

[35:11]

bien connu,

[35:12]

est réussi,

[35:13]

enfin, à faire retirer

[35:14]

les photos du site.

[35:16]

Il a donné à Moore

[35:17]

un sévère ultimatum

[35:19]

par l'intermédiaire

[35:20]

de Reza Sina, son avocat,

[35:22]

et la photo de Kyla

[35:23]

a été retirée.

[35:25]

Mais ça n'a pas été facile.

[35:26]

Je présume qu'on va y revenir.

[35:28]

Cependant, l'affaire

[35:29]

était loin d'être terminée,

[35:31]

car Charlotte,

[35:32]

la mère de Kyla,

[35:33]

avait commencé à parler

[35:34]

à d'autres victimes

[35:35]

et elles avaient réalisé

[35:36]

que justice était

[35:37]

désespérément nécessaire

[35:39]

et que ce site devait être

[35:40]

fermé à tout prix.

[35:41]

Le duo mère-fille

[35:43]

a d'abord parlé

[35:44]

aux autorités locales.

[35:46]

Cependant, ceux-ci blâmaient

[35:47]

Kyla d'avoir pris

[35:48]

des photos d'elle

[35:49]

avec son cellulaire

[35:51]

et non le site.

[35:52]

Ben oui, pendant longtemps,

[35:54]

on se disait

[35:54]

« t'avais juste à peu prendre

[35:55]

de photos ».

[35:56]

Oui, exact.

[35:56]

Ben oui, comme si ça,

[35:58]

comment dire,

[35:59]

ça blanchissait

[35:59]

le crime causé par la suite.

[36:01]

On oublie que les victimes

[36:01]

sont des victimes.

[36:02]

Ben oui, puis je veux dire,

[36:03]

elle n'a pas pris ces photos-là

[36:04]

pour les envoyer en termes

[36:05]

ou à lancer.

[36:07]

Bref.

[36:07]

Les deux femmes se sont alors

[36:09]

tournées vers le FBI

[36:10]

avec un dossier

[36:11]

assez étoffé de preuves

[36:13]

et de témoignages.

[36:14]

C'est à ce moment

[36:15]

qu'une enquête officielle

[36:16]

des autorités débute.

[37:54]

Étant impressionnés

[37:55]

par le dossier de Charlotte,

[37:56]

le FBI commence l'enquête.

[37:59]

Il faut noter cependant

[38:00]

qu'au premier abord,

[38:01]

ils ont eu la même réaction

[38:02]

que les autorités locales.

[38:04]

Mais Charlotte les a convaincus

[38:06]

de l'importance de la chose.

[38:08]

Même son argument,

[38:10]

son argument béton,

[38:11]

c'était…

[38:13]

Je ne me souviens plus

[38:13]

quelle actrice

[38:14]

qu'elle a nommée,

[38:14]

mais il y avait une actrice

[38:15]

qui avait été piratée

[38:17]

par son cellulaire et tout ça

[38:19]

puis elle l'a nommée par exemple

[38:21]

à Scarlett Johansson.

[38:22]

Elle a dit bon,

[38:22]

vous vous occupez

[38:23]

de Scarlett Johansson,

[38:24]

mais vous ne vous occupez

[38:25]

pas du monde ordinaire.

[38:26]

C'est quand qu'elle a dit ça

[38:28]

que la personne

[38:28]

qui lui a répondu,

[38:29]

je ne sais pas l'agent,

[38:30]

a dit OK, d'abord,

[38:31]

on va s'occuper de votre dossier.

[38:32]

C'est comme là

[38:33]

qu'elle a pu lui présenter

[38:35]

toutes ses preuves et tout ça.

[38:36]

Mais tu vois qu'en

[38:37]

même encore au premier abord,

[38:39]

on ne la prenait pas au sérieux.

[38:41]

C'est encore une fois.

[38:43]

Il a fallu qu'elle

[38:44]

Oui, exact.

[38:45]

Puis cette femme-là,

[38:46]

c'est une femme qui a du gut,

[38:47]

tu sais, qui en a vraiment.

[38:49]

Fait qu'imagine pour des gens

[38:51]

disons plus ordinaires

[38:53]

qui ont moins ça.

[38:55]

Fait que souvent,

[38:55]

les dossiers restent clos.

[38:57]

Puis il n'y a rien qui se passe.

[38:59]

Comme vous le savez,

[39:00]

les sites ne peuvent pas

[39:01]

être tenus responsables

[39:02]

du contenu publié

[39:03]

par les utilisateurs.

[39:05]

Cependant, ici,

[39:06]

dans le cas de Kyla,

[39:08]

c'est qu'elle n'avait jamais

[39:09]

envoyé ses photos à personne.

[39:11]

Donc, comment avait-elle pu

[39:13]

se retrouver sur le site

[39:14]

de Is Anyone Up en janvier 2012?

[39:17]

Charlotte est convaincue

[39:18]

que quelqu'un a piraté

[39:19]

son ordinateur, son téléphone

[39:21]

et ou son compte Gmail.

[39:24]

Drôle de hasard également,

[39:25]

une amie de Kyla

[39:27]

était aussi apparue sur le site.

[39:29]

Cette amie s'est également

[39:31]

rendu compte

[39:31]

qu'elle avait été piratée

[39:33]

quand son mot de passe Gmail

[39:34]

avait changé

[39:36]

sans qu'elle fasse quoi que ce soit.

[39:38]

Donc pendant des semaines,

[39:40]

Charlotte rassemble

[39:41]

une liste de victimes du site

[39:43]

et les contacte pour comprendre

[39:45]

comment elles se sont retrouvées là.

[39:47]

Et selon son sondage maison,

[39:50]

40 % avaient été hackés

[39:52]

et 12 % photoshopés.

[39:54]

Donc, je pense qu'il y en avait

[39:55]

une vingtaine ou une trentaine,

[39:57]

c'est pas plus,

[39:57]

mais quand même.

[39:59]

Donc, 40 % de ces gens-là,

[40:00]

donc presque la moitié,

[40:02]

leurs photos,

[40:03]

en fait, ils ont été hackés.

[40:06]

Donc, ce n'est pas des photos

[40:07]

qui ont envoyé aux gens.

[40:08]

Donc, c'est là que ça lui a

[40:09]

donné un argument béton.

[40:12]

C'est là qu'elle a dit,

[40:13]

ben, ce n'est pas juste des gens

[40:14]

qui envoient des photos,

[40:15]

il y a une corrélation à faire.

[40:17]

Ici, donc, elle tient la faille

[40:19]

pour le faire tomber,

[40:20]

car le hacking est un crime

[40:22]

fédéral aux États-Unis.

[40:23]

Il faut comprendre

[40:24]

que malgré que beaucoup de photos

[40:27]

sur le site sont soumises

[40:28]

par les internautes,

[40:29]

Untermore voulait toujours

[40:31]

de plus en plus de photos.

[40:33]

Il a donc demandé au hacker

[40:36]

prénommé Gary Jones

[40:37]

de pirater des comptes

[40:39]

de messagerie Google de filles

[40:41]

en échange d'argent.

[40:43]

More a ensuite publié

[40:44]

les photos obtenues illégalement

[40:46]

sur son site sans le consentement

[40:47]

des victimes.

[40:49]

C'était des...

[40:50]

Je pense qu'il y en avait

[40:51]

une cinquantaine de personnes

[40:54]

qui ont été hackées

[40:56]

pour le site.

[40:58]

Pour mettre encore plus

[40:59]

de pression sur Untermore,

[41:01]

Charlotte avise les médias

[41:02]

qu'une enquête est en cours

[41:04]

par le FBI,

[41:05]

car un grand nombre d'images

[41:06]

précédemment hébergés

[41:07]

sur le site

[41:08]

auraient été obtenues illégalement

[41:09]

par un pirate informatique.

[41:11]

Parce que, pendant qu'elle

[41:12]

a fait ses démarches,

[41:14]

le site continue.

[41:15]

Puis malgré tout ça,

[41:17]

puis même Untermore

[41:19]

la harcèle.

[41:20]

Souvent, ils ont utilisé

[41:22]

The Family aussi,

[41:25]

sa gang pour justement

[41:26]

les harceler aussi

[41:27]

parce qu'ils savaient que,

[41:29]

comment dire,

[41:30]

elle était un peu contre eux.

[41:33]

Mais elle était quand même

[41:34]

wise.

[41:35]

J'ai trouvé wise

[41:36]

d'aller voir les médias

[41:37]

pour mettre de la pression

[41:38]

parce que sinon,

[41:39]

il n'y a rien qui s'est passé.

[41:41]

Ben oui, pas le choix

[41:42]

de faire ça.

[41:42]

Des fois, on le voit,

[41:43]

on l'a vu beaucoup dans le,

[41:45]

comment dire, le dossier MeToo.

[41:47]

Oui, exact.

[41:49]

Également, depuis quelque temps,

[41:51]

plus aucun commanditaire

[41:52]

ne voulait s'afficher

[41:53]

sur le site avec toute

[41:54]

la mauvaise presse

[41:55]

qui s'en découlait.

[41:56]

Ayant également été

[41:57]

avisé de l'enquête

[41:58]

par le FBI,

[41:59]

avant même que les médias

[42:00]

en parlent,

[42:02]

le 19 avril 2012,

[42:04]

Untermore décide

[42:05]

de vendre son site

[42:06]

pour 12 000 $ américains

[42:09]

à un certain James McGibney,

[42:11]

un ancien marine

[42:12]

et homme d'affaires.

[42:15]

Cependant,

[42:16]

Unter ignoreait

[42:16]

les véritables intentions

[42:18]

de James en rachetant le site.

[42:20]

En fait, Unter aurait dû faire

[42:21]

quelques recherches

[42:22]

avant de lui vendre,

[42:23]

car dès l'instant que James

[42:25]

est devenu propriétaire

[42:26]

de IsAnyoneUp.com,

[42:29]

il a automatiquement

[42:30]

redirigé le nom de domaine

[42:32]

vers BullyVille.com,

[42:35]

site qui est dirigé

[42:36]

par James et ce site

[42:38]

permet à des personnes

[42:39]

anonymes de partager

[42:41]

leur témoignage sur des personnes

[42:43]

qui les ont intimidées

[42:44]

ou harcelées.

[42:45]

En fait, c'est un centre

[42:46]

de ressources

[42:46]

pour les gens

[42:47]

qui se font intimider.

[42:48]

Donc, ce qui est totalement

[42:49]

le contraire de la Revenge Porn.

[42:51]

Puis c'est drôle

[42:52]

parce que c'est un peu subtil.

[42:54]

James avait James

[42:55]

avait cette tactique-là

[42:56]

parce qu'il se questionnait

[42:57]

à savoir comment je peux

[42:59]

le mettre à terre ce gars-là.

[43:01]

Oui, oui.

[43:01]

Puis il se questionnait.

[43:03]

Il dit ce gars-là,

[43:03]

il aime la coke,

[43:04]

il aime les femmes

[43:05]

puis il aime l'argent.

[43:06]

Il dit, je peux pas y fournir

[43:07]

des femmes, je peux pas

[43:08]

y fournir de la coke.

[43:09]

Fait qu'il dit,

[43:09]

je vais y fournir de l'argent.

[43:10]

Puis il savait,

[43:11]

il est allé voir là

[43:12]

puis justement, il est allé voir

[43:13]

qu'il y avait plus de commanditaires.

[43:16]

Il a offert 12 000 $,

[43:18]

12 000 $, c'est rien.

[43:19]

C'est rien pour ça.

[43:20]

Puis il commençait un peu

[43:21]

à négocier avec Hunter pour.

[43:24]

Parce que Hunter commençait

[43:25]

supposément à démontrer

[43:27]

un peu d'empathie

[43:28]

puis il commençait

[43:29]

à regretter son site

[43:31]

puis tout ça.

[43:31]

Puis il disait qu'il allait,

[43:33]

s'il se faisait racheter,

[43:34]

qu'il allait plus prôner,

[43:36]

comment dire,

[43:37]

de ne pas faire ça et tout ça.

[43:38]

Mais finalement,

[43:39]

c'est pas vraiment

[43:40]

ce qui est arrivé malgré tout.

[43:41]

Et à cause de ça,

[43:43]

mais James n'a jamais dit à Hunter

[43:44]

qu'il allait rediriger

[43:45]

puis complètement tout enlever le site.

[43:47]

C'était pas,

[43:48]

c'était pas exactement ça

[43:49]

l'objectif en arrière.

[43:51]

Donc pour lui,

[43:52]

ça a été une excellente tactique,

[43:54]

selon moi, pour arrêter.

[43:55]

Ça a été en fait la meilleure tactique

[43:57]

pour le stopper.

[43:59]

Ben oui, c'est tellement

[44:00]

une bonne idée de rediriger

[44:01]

vers un Bouliville,

[44:03]

parce que faut pas oublier

[44:04]

qu'il y a des victimes aussi

[44:05]

qu'il y a énormément de victimes

[44:07]

qui allaient sur le site,

[44:08]

non pas pour regarder le contenu,

[44:09]

mais pour vérifier si leur photo

[44:11]

à elles ou à eux,

[44:12]

parce qu'il y avait des gars

[44:13]

à la fin, il y avait encore,

[44:14]

il y avait plein de gars aussi.

[44:16]

C'était vraiment le plus,

[44:16]

c'était d'humilier des gens.

[44:17]

C'était plus de la porn.

[44:21]

Donc il y a énormément

[44:22]

de victimes qui retournaient voir,

[44:23]

retournaient voir

[44:24]

si leur photo était toujours là.

[44:26]

Et donc là,

[44:27]

ils atterrissaient sur un site

[44:30]

où il y a des ressources.

[44:31]

Oui, exact, exactement.

[44:33]

À l'époque,

[44:33]

la fermeture du site semblait

[44:35]

un revirement soudain et dramatique.

[44:38]

C'est alors que la guerre éclate

[44:39]

entre lui et James.

[44:42]

Hunter utilise son compte Twitter,

[44:44]

qui à l'époque comptait

[44:45]

près de 150 000 abonnés quand même,

[44:48]

pour prétendre à tort

[44:49]

que James McGimney

[44:51]

était un pédophile

[44:53]

qui possédait de la pornographie

[44:54]

juvénile et pour faire

[44:56]

plusieurs commentaires

[44:57]

désobligant à son propos.

[44:59]

Sans parler des menaces

[45:01]

qu'il a fait à sa femme

[45:02]

et ses enfants

[45:03]

d'une façon assez grossière.

[45:05]

Et c'est ainsi que le 21 août 2012,

[45:08]

donc quelques mois après son rachat,

[45:10]

le fondateur de Bouléville,

[45:12]

James, publie une lettre

[45:14]

ouverte à Hunter Moore

[45:15]

sur la page principale

[45:17]

de isanyoneup.com,

[45:20]

annonçant un recours collectif

[45:22]

et encourageant les gens

[45:23]

à s'y joindre.

[45:25]

Finalement, il a gagné en cours.

[45:28]

Il a été condamné.

[45:30]

Hunter Moore a payé

[45:31]

250 000 $ de dommages et intérêts

[45:33]

pour diffamation.

[45:35]

James a toujours dit

[45:36]

que cet argent servira

[45:37]

au refuge des femmes battues

[45:39]

à travers les États-Unis.

[45:40]

Cependant, Hunter

[45:41]

n'a jamais encore rien payé.

[45:44]

Puis même si tu vas

[45:44]

sur le site encore aujourd'hui,

[45:46]

même il dit que le montant

[45:48]

de 250 000,

[45:49]

je l'ai pris d'une nouvelle,

[45:50]

mais sur le site

[45:51]

maintenant de James,

[45:53]

lui, il dit que c'est

[45:53]

le montant qu'il doit

[45:54]

maintenant, c'est 385 000.

[45:56]

OK, je ne sais pas

[45:57]

s'il y a eu des intérêts

[45:58]

ou d'autres choses

[45:59]

qui se sont ajoutées

[46:01]

au fil du temps,

[46:02]

mais lui-même, il lui dit,

[46:04]

honnêtement, si ça vous intéresse,

[46:06]

allez voir, tapez

[46:07]

As You Want Up,

[46:07]

puis James, vous allez tomber dessus.

[46:10]

C'est un message

[46:11]

assez récent.

[46:12]

Puis il est quand même

[46:13]

assez direct envers lui.

[46:15]

Puis ça fait du bien.

[46:16]

Puis il lui dit, tu sais,

[46:17]

quand est-ce que tu vas me payer?

[46:18]

Puis ça a l'air que même,

[46:19]

selon ses dires,

[46:20]

il aurait agressé une femme

[46:21]

aussi à New York

[46:22]

qui était arrêtée.

[46:23]

Il a donné un coup de tête

[46:24]

à une femme.

[46:25]

En tout cas, c'est

[46:26]

c'est un drôle de personnage.

[46:27]

Mais il a toujours pas payé.

[46:29]

Tu sais, aussi, c'est étrange.

[46:31]

Tu es condamné,

[46:32]

puis je me suis toujours demandé

[46:34]

s'il peut, tu sais,

[46:36]

des poursuites aussi belles

[46:36]

ont dit que tu peux pas

[46:38]

comme te faire saisir ton salaire

[46:40]

ou quoi que ce soit.

[46:41]

Je sais pas si il y a un internaute,

[46:43]

pas un internaute, pardon,

[46:44]

un éditor du qui aurait

[46:45]

peut-être la réponse là-dessus,

[46:47]

mais je me questionnais

[46:48]

dans un jugement de cours

[46:49]

comme ça qui doit payer.

[46:51]

Pourquoi il n'est pas

[46:52]

dans une obligation, disons?

[46:54]

Peut sûrement déclarer faillite.

[46:55]

Ouais, peut-être quelque chose

[46:56]

comme ça, mais en tout cas, bref,

[46:58]

par rapport à ça.

[46:59]

Mais il a réussi, encore une fois,

[47:00]

c'est un autre combat que

[47:01]

James Shaw a réussi à gagner

[47:03]

contre lui, en fait,

[47:06]

parce que c'était

[47:07]

de la vraie diffamation.

[47:08]

C'était assez incroyable.

[47:10]

Oui, ça sera pas facile

[47:11]

de le faire payer, ce Hunter Moore.

[47:13]

Non, on se retrouve

[47:15]

quelques mois plus tard

[47:16]

après la fermeture du site

[47:17]

en décembre 2012.

[47:19]

Et c'est à ce moment

[47:20]

que le collectif d'activistes

[47:22]

Anonymous s'en mêle.

[47:24]

Malgré que le site

[47:25]

Is anyone up ne lui appartient plus,

[47:27]

Hunter Moore menace sans arrêt

[47:30]

depuis la vente du site à Bouliville

[47:32]

de créer un nouveau site similaire

[47:34]

et y prévoit même de répertorier

[47:36]

les adresses physiques

[47:37]

à côté des photos des victimes,

[47:39]

ainsi qu'une carte,

[47:40]

une map de leur maison

[47:42]

pour faciliter l'espionnage.

[47:44]

Donc il compte encore aller plus loin

[47:46]

dans ces dans ces tactiques.

[47:49]

C'est ainsi qu'au début

[47:50]

de décembre 2012,

[47:52]

Anonymous lance l'opération

[47:53]

Opie Hunter

[47:54]

pour avoir Hunter Moore

[47:56]

à son propre jeu

[47:57]

et divulguer des informations

[47:59]

sur sa vie au grand public.

[48:01]

Il diffuse son numéro

[48:02]

d'assurance sociale,

[48:04]

sa date de naissance,

[48:05]

son adresse personnelle,

[48:07]

son numéro de téléphone,

[48:08]

ses identifiants de réseaux sociaux,

[48:11]

les noms de ses parents,

[48:12]

même ses adresses IP

[48:13]

de ses ordinateurs et autres,

[48:16]

son profil OKCupid,

[48:17]

on se rappelle le site de rencontre

[48:19]

et une liste de poursuites

[48:21]

judiciaires en cours contre lui.

[48:23]

Ils ont restreint aussi

[48:24]

l'accès à ses comptes bancaires

[48:26]

et ils produisent même

[48:27]

un certificat d'essai en Californie.

[48:30]

Ça, j'ai trouvé très bon.

[48:31]

Donc pendant un certain temps,

[48:33]

Hunter Moore est déclaré mort

[48:34]

dans le système américain.

[48:36]

Ça, c'est bon.

[48:37]

Donc c'est quand même

[48:37]

des drôles de tactique

[48:38]

qu'Anonymous ont utilisé.

[48:41]

Sans oublier qu'ils ont même envoyé

[48:43]

des masses de jouets sexuels

[48:45]

à son domicile.

[48:46]

Ils ont mis en ligne

[48:47]

une vidéo sur Vimeo

[48:48]

qui montrait des photos

[48:50]

d'Amanda Todd

[48:50]

pour aider à illustrer

[48:52]

à quel point les actions de Moore

[48:54]

pourraient être nocives.

[48:56]

Ils terminent la vidéo avec,

[48:57]

évidemment, leur phrase habituelle

[49:00]

« Nous sommes Anonymous,

[49:01]

nous sommes légion,

[49:02]

nous ne pardonnons pas

[49:03]

et nous n'oublions pas.

[49:05]

Hunter Moore, attendez-nous. »

[49:07]

Donc une petite variation

[49:09]

de leur phrase habituelle.

[49:10]

Il faut savoir qu'un peu plus tôt

[49:12]

dans l'année,

[49:13]

Naked Security a rapporté

[49:15]

qu'une déclaration publiée

[49:17]

sur Pastebin appelait

[49:18]

et encouragait les membres

[49:19]

d'Anonymous du monde entier

[49:21]

à prendre des mesures

[49:22]

contre Hunter Moore

[49:23]

au nom de, entre guillemets,

[49:26]

faire une réelle différence

[49:27]

dans la vie de centaines

[49:28]

d'adolescents victimes

[49:29]

d'intimidation

[49:30]

et de les protéger

[49:32]

contre des préjudices réels

[49:33]

tels que le viol

[49:34]

ou le harcèlement.

[49:36]

En fin de compte,

[49:37]

Anonymous considérait

[49:38]

le site de Hunter Moore

[49:39]

comme une forme d'intimidation

[49:41]

et la publication

[49:42]

d'informations personnelles

[49:43]

sur les victimes sur le site

[49:44]

encourage de nouvelles

[49:47]

intimidations

[49:48]

qui pouvaient dégénérer

[49:49]

en harcèlement

[49:50]

ou même en violence physique,

[49:51]

même en sexe-torsion,

[49:53]

en chantage et tout ça.

[49:55]

C'était comme un,

[49:56]

comment dire,

[49:57]

une balle de neige

[49:58]

qui ne s'arrêtait jamais,

[49:59]

qui ne faisait que grossir

[50:01]

avec aucun recours

[50:02]

pour les victimes.

[50:04]

Donc, c'est quand même bien

[50:06]

qu'Anonymous se soit

[50:08]

lancé en grand robin des bois

[50:10]

contre Hunter Moore.

[50:11]

Ah oui, ils sont allés fort.

[50:13]

Ils avaient même lancé

[50:14]

un communiqué de presse.

[50:16]

Quand je disais ça,

[50:17]

j'étais comme,

[50:17]

c'est quand même une organisation

[50:19]

structurée

[50:19]

malgré leur décentralisation.

[50:23]

Ils ont une forme de structure

[50:24]

à l'interne.

[50:25]

Ça, je trouvais ça

[50:27]

quand même intéressant,

[50:28]

mais j'aimais ça

[50:29]

qu'ils lui servent ça.

[50:31]

Puis je pense

[50:32]

ça n'a pas eu tant d'impact

[50:33]

sur sa vie.

[50:34]

Il a eu quand même

[50:36]

du harcèlement.

[50:37]

Lui-même s'est fait harceler.

[50:38]

C'est sûr.

[50:39]

Je pense qu'il était

[50:40]

très stressé au quotidien,

[50:41]

malgré l'image du gars,

[50:44]

comment dire,

[50:45]

invincible, qui projetait.

[50:48]

Ah oui, non,

[50:48]

t'as 100 % raison.

[50:51]

On retourne à notre histoire.

[50:53]

Finalement,

[50:54]

ayant amassé suffisamment

[50:55]

de preuves en janvier 2014,

[50:58]

Hunter Moore et son hacker

[51:00]

présumé finalement

[51:01]

qui se nomme Charles Evans

[51:03]

sont perquisitionnés

[51:05]

et arrêtés par le FBI

[51:07]

et inculpés par un tribunal

[51:09]

de district fédéral

[51:10]

de Californie pour complot,

[51:12]

accès non autorisé

[51:13]

à un ordinateur protégé

[51:15]

et vol d'identité aggravé.

[51:17]

L'élément de preuve principale

[51:19]

traite d'un incident

[51:20]

spécifique à la fin de 2011

[51:21]

lorsque Moore a envoyé

[51:24]

un e-mail à Evans

[51:26]

indiquant qu'il aimerait

[51:27]

autant de photos nues que possible

[51:29]

provenant de comptes

[51:30]

de messagerie piratées.

[51:32]

En réponse,

[51:34]

Charles a accédé

[51:34]

au compte de messagerie

[51:35]

d'une victime sans autorisation

[51:37]

et a obtenu des photos.

[51:39]

Evans a fourni les photos à Moore

[51:41]

et il l'a payé

[51:42]

145 $ et 70, précisément,

[51:45]

en utilisant Paypal.

[51:47]

Et cette photo-là

[51:49]

a été publiée sur le site

[51:50]

le 29 décembre 2011.

[51:52]

Donc, c'est à partir

[51:52]

de cette première accusation-là

[51:55]

qui ont pu avoir la condamnation.

[51:57]

Mais je lisais le document de cour

[51:59]

puis c'est ça,

[52:00]

il y avait une cinquantaine

[52:02]

de piratages à peu près

[52:04]

là qui ont fait

[52:04]

à différentes personnes.

[52:06]

Tu sais, c'est...

[52:07]

Je me mettais à penser individuellement.

[52:09]

Tiens, là, on parle beaucoup de Kyla

[52:11]

parce que c'est le cas

[52:11]

qui a été médiatisé,

[52:13]

c'est lui qui est dans

[52:13]

le documentaire Netflix.

[52:14]

C'est normal,

[52:15]

c'est sa mère qui a pris un peu tout ça.

[52:18]

Mais tout le stress qu'elle a vécu,

[52:20]

il faut le multiplier

[52:21]

par le nombre de victimes.

[52:23]

Tu sais, c'est fou, là,

[52:24]

tu sais, dans le sens

[52:25]

que tous ces gens-là

[52:26]

ont subi eux aussi ce stress-là.

[52:30]

C'est assez fou.

[52:32]

Donc, le 2 juillet 2015,

[52:34]

Charles Evans, 26 ans,

[52:36]

a plaidé coupable

[52:37]

à des accusations

[52:38]

de piratage informatique

[52:39]

et d'usurpation d'identité

[52:41]

avant avoir volé

[52:43]

des centaines d'images

[52:44]

de comptes de messagerie de femmes

[52:46]

et les avoir vendus à Moore.

[52:48]

Le juge de district américain

[52:50]

Darley M.G. a condamné,

[52:52]

l'a condamné en fait

[52:53]

à plus de deux ans de prison

[52:55]

et à une amende de 2000 dollars.

[52:58]

En février 2015,

[52:59]

c'est Hunter Moore

[53:00]

qui avait 29 ans au moment des faits,

[53:02]

qui a plaidé coupable

[53:03]

à un chef d'accusation d'accès

[53:05]

non autorisé à un ordinateur protégé

[53:06]

pour obtenir des informations

[53:08]

à des fins de gains financiers privés

[53:11]

et un chef d'accusation

[53:12]

de vol d'identité aggravé.

[53:14]

Il l'a condamné

[53:15]

à deux ans et demi de prison fédérale

[53:17]

pour avoir engagé un autre homme

[53:19]

pour pirater des comptes

[53:20]

de messagerie électronique

[53:21]

afin de voler des photos nues

[53:23]

et qui ont été ensuite

[53:25]

publiées sur son site.

[53:26]

Il a trois ans de surveillance

[53:27]

après sa libération.

[53:29]

Il a dû subir une évaluation

[53:30]

de sa santé mentale.

[53:31]

J'aurais été curieux

[53:32]

de voir le diagnostic de ça

[53:33]

et a dû payer une amende

[53:35]

de 2000 dollars.

[53:37]

Le site a vécu

[53:39]

16 mois et mille,

[53:40]

mais on s'entend-tu

[53:41]

que c'est 16 mois de trop?

[53:42]

Oui, en fait,

[53:44]

ce n'est pas long 16 mois

[53:45]

dans la vie d'un site,

[53:47]

mais pour les victimes,

[53:49]

ça devait tellement être long.

[53:50]

C'est fou.

[53:51]

Et quand tu regardes

[53:52]

tout ce qu'il a fait,

[53:54]

tu te rends compte

[53:54]

qu'effectivement,

[53:55]

il s'en est passé

[53:55]

des choses pendant 16 mois.

[53:57]

Oui, oui, exact.

[53:58]

Puis on n'a pas beaucoup

[53:59]

effloré tout le côté

[54:00]

Nightlife,

[54:01]

parce qu'à un moment donné,

[54:02]

en 2011, quand le site,

[54:03]

il y avait une petite baisse,

[54:05]

il faisait des soirées

[54:07]

As Is Anyone Up

[54:08]

à New York, comme tu disais.

[54:10]

Oui, il a même fait

[54:11]

une tournée de la Côte d'Ivoire.

[54:12]

Oui, exact, c'est ça.

[54:14]

Puis j'écoutais un documentaire

[54:16]

et son ami de l'époque

[54:18]

disait qu'il y a tellement

[54:19]

changé après ça.

[54:20]

Il était tellement rendu dans

[54:22]

il prenait encore plus de coke,

[54:24]

plus d'alcool,

[54:25]

puis il était devenu

[54:26]

complètement une autre personne.

[54:29]

Bref, comme on disait,

[54:31]

16 mois, c'est pas beaucoup,

[54:32]

mais ça a eu un impact

[54:33]

sur la culture populaire.

[54:34]

Puis j'ai ressorti un peu

[54:37]

de la musique

[54:38]

ou ce que l'entremont

[54:40]

est arrivé dans les paroles.

[54:41]

Le groupe de metalcore

[54:44]

allemand, électrique,

[54:45]

Call Boy.

[54:46]

Je sais pas si tu connais,

[54:47]

toi qui connais quand même

[54:48]

un peu le métal.

[54:49]

Non, je connais pas ce band-là.

[54:51]

Justement, il y a un single

[54:52]

qui s'appelle Is Everyone Up,

[54:55]

qui décrit l'idée générale

[54:56]

puis les attributs du site.

[54:59]

Il y a le groupe électronique

[55:00]

Blood on the Dance Floor

[55:02]

que je connais pas non plus,

[55:03]

qui ont sorti l'album

[55:04]

Evolution en 2012,

[55:05]

qui contenait la chanson

[55:06]

Revenge Porn,

[55:08]

qui faisait référence

[55:09]

au site et à Hunter Moore

[55:11]

dans les paroles.

[55:12]

Il y a le groupe

[55:12]

Electro Pop Millionaires,

[55:15]

qui a sorti un remix

[55:16]

de la chanson de Ludacris,

[55:18]

de Ludacris, le rappeur

[55:20]

qui s'appelait My Chick Bad,

[55:22]

donc qui était My Chick Bad Remix,

[55:24]

qui contenait aussi

[55:25]

des paroles discutant

[55:26]

de la publication d'images

[55:27]

sur Is Anyone Up.

[55:30]

Un autre groupe de métal

[55:31]

qui est basé en Floride,

[55:33]

A Day to Remember,

[55:34]

peut-être que...

[55:34]

Oui, eux on les connaît,

[55:35]

ils sont connus.

[55:36]

Oui, c'est ça, même moi,

[55:37]

je les connaissais de nom.

[55:38]

Ils ont fait une chanson

[55:40]

qui s'appelle Life Lesson Learned

[55:42]

That the Hard Way,

[55:44]

qui décrit justement

[55:45]

une attaque contre Moore

[55:47]

qui était planifiée,

[55:48]

mais qui s'est jamais réalisée.

[55:50]

Puis la chanson aborde

[55:51]

également le sujet

[55:52]

d'un suicide qui s'est produit

[55:53]

parce que les photos nues

[55:54]

de la personne ont été publiées

[55:55]

sur le site

[55:56]

puis diffusées sur Internet.

[55:58]

Puis ça, j'ai fouillé sur Reddit.

[55:59]

Puis ils parlent d'Amanda Todd

[56:01]

dans cette chanson-là.

[56:02]

Le sous-texte, c'est

[56:04]

Amanda Todd qui est cité

[56:06]

dans cette chanson-là.

[56:07]

Donc, je voulais

[56:08]

faire un petit tour

[56:10]

quand même de l'impact

[56:11]

que ça a eu

[56:11]

de la culture populaire.

[56:13]

Bien, c'est intéressant

[56:14]

que tu en parles

[56:14]

parce que c'est un peu aussi

[56:15]

une revanche de la part

[56:16]

des groupes punk,

[56:18]

emo et metal

[56:19]

parce qu'on n'en a pas parlé

[56:21]

jusqu'à présent,

[56:22]

mais dans les débuts

[56:23]

de Is Anyone Up,

[56:24]

ils mettaient des photos

[56:26]

de des bandes.

[56:27]

En fait, ils exposaient

[56:28]

des photos humiliantes.

[56:30]

Ce n'était pas toujours

[56:30]

des photos nues,

[56:32]

mais c'était des photos

[56:33]

des fois qui, comment dire,

[56:35]

prises dans des parties

[56:36]

où ça dégénérait.

[56:38]

Puis oui, il y en avait

[56:39]

plein de photos nues

[56:41]

de chanteurs de bandes,

[56:42]

de membres du groupe.

[56:44]

Donc, rapidement,

[56:45]

les bandes de la scène

[56:47]

que lui aimait beaucoup,

[56:48]

la scène emo,

[56:49]

Californienne, tout ça,

[56:51]

étaient enragés contre lui.

[56:53]

Donc là, après coup,

[56:55]

parce qu'il y avait, eux,

[56:56]

c'était un peu des vedettes

[56:57]

d'une certaine façon

[56:58]

dans cette scène-là.

[56:59]

Puis là,

[57:00]

ils se retrouvaient justement

[57:02]

avec leur intimité violée

[57:04]

sur le site Web

[57:05]

parce que même

[57:07]

le hacker de Hunter Moore,

[57:09]

parfois, il lui disait

[57:10]

de hacker des femmes.

[57:11]

Parfois, c'était de hacker

[57:12]

des bandes aussi.

[57:14]

Oui, oui, oui.

[57:14]

Puis bon, on sait que parfois,

[57:16]

ça peut être,

[57:16]

you know, sex,

[57:18]

drug and rock and roll.

[57:19]

Donc, il y en avait,

[57:20]

ces gens-là avaient plein

[57:21]

de photos compromettantes

[57:22]

un peu partout sur leur courriel

[57:24]

et sur leur téléphone.

[57:25]

Et puis c'était aussi

[57:26]

les téléphones,

[57:27]

on se rappelle, là, c'était...

[57:28]

C'était quoi, les téléphones,

[57:29]

Seb, qui ouvraient, là,

[57:30]

qui avaient un clavier

[57:31]

à l'intérieur?

[57:32]

Ce n'est pas les Palms, là.

[57:33]

Un peu.

[57:33]

Oui, ce n'est pas les...

[57:35]

Ce n'est pas Motorola.

[57:36]

Les Shift, les Swift,

[57:38]

les...

[57:38]

Ah, je m'en crie.

[57:40]

Ça ressemble un peu

[57:41]

à une manette de jeu vidéo.

[57:42]

Oui, oui, oui.

[57:42]

Ils se déployaient,

[57:43]

puis à l'intérieur,

[57:44]

il y avait un clavier.

[57:45]

Donc, ça allait super vite

[57:46]

pour prendre une photo.

[57:47]

Mais ce n'était pas Motorola

[57:47]

qui avait ça.

[57:48]

En tout cas...

[57:48]

Je ne suis pas sûr.

[57:49]

Bref, anyway...

[57:50]

Dites-nous, les distanciers,

[57:51]

je suis sûr que vous savez

[57:52]

de quoi on parle.

[57:53]

Mais bref, c'était intéressant

[57:54]

de voir que, là,

[57:55]

il goûtait un peu

[57:55]

à sa médecine,

[57:56]

quand c'est les bandes

[57:58]

qui le blastent dans les chansons.

[58:00]

Oui, exact, tu as raison.

[58:02]

On va parler un petit peu,

[58:03]

pour terminer de la loi

[58:05]

sur le Revenge Porn,

[58:07]

parce que c'est complexe,

[58:09]

suite au cas de Hunter Moore.

[58:11]

Et même s'il n'a pas été condamné

[58:12]

pour ce qu'il a fait véritablement,

[58:14]

ils ont été condamnés de hacking,

[58:16]

cela a fait en sorte

[58:17]

de faire changer les lois

[58:19]

un peu partout dans le monde

[58:21]

au sujet de la Revenge Porn

[58:22]

et de la sextorsion.

[58:24]

Par exemple, aux États-Unis,

[58:25]

le gouverneur de la Californie

[58:26]

a signé en 2013

[58:28]

une loi pour interdire

[58:30]

et permettre de lutter

[58:31]

contre la Revenge Porn.

[58:33]

La loi est implantée

[58:34]

dans 48 États,

[58:36]

mais il n'y a pas encore

[58:37]

une loi fédérale à partir de ça.

[58:40]

Mais c'est quand même

[58:41]

punissable maintenant.

[58:43]

Oui.

[58:43]

Au Canada,

[58:44]

le Revenge Porn

[58:45]

est un crime depuis 2015,

[58:47]

touchant principalement

[58:48]

les femmes,

[58:48]

mais aussi les hommes,

[58:49]

bien évidemment.

[58:50]

Au Québec,

[58:51]

ceci dit,

[58:52]

environ un ou une

[58:54]

citoyen ou citoyenne

[58:55]

est accusé

[58:56]

de Revenge Porn

[58:57]

chaque semaine.

[58:58]

Semaine!

[58:58]

Hey, moi,

[58:59]

ça m'a fait capoter!

[59:00]

Ah oui!

[59:01]

C'est beaucoup!

[59:01]

On avait déjà parlé

[59:02]

dans le cadre

[59:03]

de notre émission de télé

[59:04]

à un sexologue

[59:06]

qui nous disait

[59:07]

que lui,

[59:08]

il pourrait être

[59:09]

tant plein attitré

[59:10]

aux jeunes garçons

[59:11]

de 10 ans

[59:13]

qui font du chantage

[59:14]

avec justement

[59:16]

qui font de la sextorsion

[59:17]

à l'âge de 10 ans.

[59:19]

Donc,

[59:20]

il y a des cas.

[59:21]

Il y a des cas

[59:21]

au Québec.

[59:22]

On le voit,

[59:23]

ça semble être quelque chose

[59:23]

très à la mode.

[59:25]

Donc,

[59:26]

chaque semaine,

[59:28]

les peines se comptent

[59:29]

en mois de prison.

[59:30]

La peine la plus lourde

[59:31]

qu'il y a eu

[59:32]

jusqu'à présent,

[59:32]

c'est 273 jours.

[59:35]

En dommages et intérêts,

[59:36]

c'est 100 000 dollars

[59:37]

pour un ontarien

[59:38]

en 2016.

[59:40]

Et bien sûr,

[59:41]

en création

[59:41]

de casiers judiciaires,

[59:42]

ça y en a beaucoup,

[59:43]

ce qui limite

[59:44]

les possibilités d'emploi

[59:45]

et de déplacement.

[59:46]

Mais bon,

[59:46]

c'est encore des peines

[59:48]

relativement soft.

[59:49]

En France,

[59:50]

le Revenge Porn

[59:51]

est un délit

[59:52]

puni par la loi.

[59:53]

Les auteurs

[59:54]

ainsi que tous ceux

[59:55]

qui relaient

[59:55]

les contenus,

[59:56]

les images,

[59:57]

les vidéos

[59:57]

ou les propos

[59:58]

à caractère sexuel

[59:59]

risquent deux ans

[01:00:00]

d'emprisonnement

[01:00:01]

et 60 000 euros

[01:00:02]

d'amende.

[01:00:03]

Ils sont plus sévères.

[01:00:04]

Les Français

[01:00:05]

sont les plus sévères

[01:00:06]

là-dessus.

[01:00:07]

À retenir,

[01:00:08]

la loi punit

[01:00:09]

l'infraction

[01:00:09]

de Revenge Porn

[01:00:10]

même si la personne

[01:00:12]

a donné son consentement

[01:00:13]

à l'enregistrement

[01:00:14]

initial de la vidéo

[01:00:15]

ou des images.

[01:00:16]

Bien sûr,

[01:00:18]

le seul fait

[01:00:18]

que la diffusion

[01:00:19]

notamment sur Internet

[01:00:20]

et les réseaux sociaux

[01:00:21]

ait lieu

[01:00:21]

sans le consentement

[01:00:23]

de la personne

[01:00:24]

suffit.

[01:00:25]

Parce que oui,

[01:00:25]

c'est normal.

[01:00:27]

C'est pas un crime

[01:00:28]

de filmer

[01:00:28]

des images

[01:00:29]

d'un toit intime.

[01:00:30]

Ils l'ont mis dans la loi

[01:00:32]

comme vraiment

[01:00:33]

pour le clarifier.

[01:00:35]

Je trouvais ça bien.

[01:00:36]

Mais non,

[01:00:37]

parce que 60 000,

[01:00:38]

c'est beaucoup.

[01:00:38]

Même aux États-Unis,

[01:00:39]

c'est sûr

[01:00:40]

que ce n'était pas

[01:00:40]

le même cas.

[01:00:41]

Entre eux,

[01:00:41]

c'était 2 000 l'amende

[01:00:43]

et deux ans d'emprisonnement,

[01:00:45]

c'est la même peine

[01:00:45]

qu'il a fait

[01:00:46]

pour hacking.

[01:00:47]

C'est pas tant que ça.

[01:00:49]

Malgré que ça doit être

[01:00:50]

les peines de base

[01:00:51]

de quelqu'un

[01:00:52]

qui fait ça

[01:00:53]

contre son ex,

[01:00:54]

mais quelqu'un

[01:00:54]

que j'imagine

[01:00:55]

qui héberge un site

[01:00:55]

parce qu'en France,

[01:00:57]

puis je ne suis pas sûr

[01:00:57]

que c'est la même loi ailleurs.

[01:00:59]

Je n'ai pas vu ce détail-là,

[01:01:00]

mais qu'eux punissent

[01:01:01]

le relayeur aussi.

[01:01:03]

Ça, je trouve

[01:01:04]

que ça fait

[01:01:04]

une différence.

[01:01:05]

Donc, j'ai l'impression

[01:01:06]

que là,

[01:01:06]

le site peut être imputable

[01:01:08]

parce qu'il devient

[01:01:09]

le relayeur.

[01:01:10]

Ce que les autres pays

[01:01:11]

n'ont pas l'air de faire.

[01:01:13]

Mais bon,

[01:01:14]

je ne suis pas

[01:01:14]

un spécialiste,

[01:01:15]

mais je trouve

[01:01:16]

ça intéressant là-dessus.

[01:01:17]

Les Européens

[01:01:18]

sont toujours plus sévères

[01:01:19]

et je trouve ça bien.

[01:01:21]

Le Sénat

[01:01:21]

a définitivement

[01:01:22]

adopté la loi

[01:01:23]

pour une république numérique

[01:01:25]

qui contient

[01:01:25]

un amendement

[01:01:26]

concernant la pénalisation

[01:01:28]

du Revenge Porn.

[01:01:29]

Jusqu'alors,

[01:01:30]

cette pratique

[01:01:30]

était punie

[01:01:31]

au même titre

[01:01:32]

que tout atteinte

[01:01:33]

à l'intimité

[01:01:33]

de la vie privée d'autrui

[01:01:34]

d'un an de prison

[01:01:35]

et 45 000 € d'amende.

[01:01:37]

Toujours dans le cas

[01:01:38]

de la France.

[01:01:39]

Désormais,

[01:01:40]

si ce délit

[01:01:41]

porte sur des paroles

[01:01:42]

ou des images

[01:01:42]

présentant un caractère

[01:01:43]

sexuel prise

[01:01:44]

dans un lieu public

[01:01:45]

ou privé,

[01:01:46]

je vous lis la phrase

[01:01:46]

de la loi,

[01:01:47]

la peine encourue

[01:01:48]

sera portée

[01:01:49]

à deux ans d'emprisonnement

[01:01:50]

et le 60 000 € d'amende

[01:01:52]

dont on parlait tout à l'heure.

[01:01:55]

Mais qu'est-ce qu'on fait

[01:01:56]

si on est victime

[01:01:57]

de Revenge Porn, Seb?

[01:01:58]

Parce qu'il y en a peut-être

[01:01:59]

parmi nos auditeurs

[01:02:00]

qui l'ont déjà été

[01:02:01]

ou qui le sont actuellement.

[01:02:02]

Oui, je suis convaincu,

[01:02:03]

en fait.

[01:02:05]

Quand on regarde

[01:02:05]

les statistiques,

[01:02:06]

c'est presque sûr.

[01:02:07]

La première chose, en fait,

[01:02:08]

c'est de ne pas céder

[01:02:09]

au chantage et à la menace.

[01:02:11]

C'est assez simple à dire

[01:02:14]

et ce n'est pas toujours

[01:02:15]

évident lorsque ça arrive,

[01:02:17]

mais c'est un peu

[01:02:18]

comme les rançons de Bitcoin.

[01:02:20]

Souvent, on ne recommande pas

[01:02:21]

de payer la rançon

[01:02:23]

pour ne pas encourager ça.

[01:02:25]

Généralement, il ne faut pas

[01:02:27]

céder au chantage

[01:02:28]

parce que vous allez encourager

[01:02:29]

nourrir la bête, si on veut.

[01:02:32]

Que vous soyez mineurs ou adultes,

[01:02:33]

il ne faut pas rester seul

[01:02:34]

face à ça.

[01:02:35]

Il ne faut pas avoir honte.

[01:02:37]

Il faut en parler

[01:02:37]

à une personne de confiance,

[01:02:38]

à un ami, vos propres parents.

[01:02:41]

Vos propres parents,

[01:02:42]

ils ne peuvent pas vous juger.

[01:02:43]

Je ne pense pas

[01:02:44]

qu'ils vous jugent.

[01:02:46]

Il faut aller voir

[01:02:47]

si c'est une tente

[01:02:48]

que vous êtes proche.

[01:02:49]

Bref, la chose à faire,

[01:02:50]

c'est vraiment d'aller voir

[01:02:51]

quelqu'un même parce que

[01:02:54]

ça arrive aussi à l'âge adulte.

[01:02:58]

Il faut en parler.

[01:02:59]

C'est la chose à faire.

[01:03:01]

Il faut signaler les contenus

[01:03:02]

aux sites sur lesquels

[01:03:03]

ils sont diffusés,

[01:03:04]

autant les réseaux sociaux

[01:03:05]

que les point-up de ce monde.

[01:03:07]

Ils ont tous des formulaires.

[01:03:09]

Je l'ai même trouvé

[01:03:09]

sur Internet.

[01:03:10]

Ça se trouve maintenant facilement.

[01:03:12]

Il y a Cyber Aid.

[01:03:13]

Il y a plein de sites par pays

[01:03:16]

qui listent toutes les ressources

[01:03:19]

et les choses à faire.

[01:03:21]

Mais si vous voyez votre contenu

[01:03:23]

sur un site,

[01:03:25]

de tout de suite le déclarer.

[01:03:29]

De tout de suite aussi,

[01:03:30]

contactez un avocat ou un huissier

[01:03:32]

avec les preuves que vous avez

[01:03:36]

pour commencer à construire un dossier.

[01:03:38]

C'est plate,

[01:03:38]

mais il faut vraiment faire

[01:03:40]

cette étape-là.

[01:03:41]

Bloquez la personne sur les sites

[01:03:44]

et gardez les preuves.

[01:03:45]

Comme je vous le disais,

[01:03:46]

faites des captures d'écran.

[01:03:48]

Une fois que vous avez ramassé

[01:03:50]

un peu toutes les preuves,

[01:03:50]

allez tout de suite au poste de police.

[01:03:53]

Même si on dit que souvent,

[01:03:55]

ils ne prennent pas ça au sérieux.

[01:03:56]

Maintenant, on est dans une autre époque.

[01:03:58]

Ils prennent ça au sérieux.

[01:04:00]

Allez au commissariat de police

[01:04:02]

le plus proche de chez vous

[01:04:03]

et déposez une plainte.

[01:04:04]

Comme on le dit,

[01:04:05]

c'est puni par la loi.

[01:04:06]

Ils sont obligés de recevoir la plainte.

[01:04:10]

Il faut faire attention

[01:04:13]

à l'effet Streisand.

[01:04:15]

Je vous rappelle l'effet Streisand.

[01:04:17]

C'est un phénomène internet

[01:04:18]

qui se manifeste par la surdiffusion

[01:04:20]

d'une information,

[01:04:22]

faisant l'objet d'une tentative

[01:04:23]

de retrait ou de censure

[01:04:24]

par une entreprise ou une personne.

[01:04:26]

Je vous explique de où ça vient.

[01:04:28]

Barbara Streisand,

[01:04:29]

à une certaine époque,

[01:04:30]

voulait faire enlever une photo

[01:04:32]

de Google Maps ou un magazine

[01:04:35]

ou quoi que ce soit.

[01:04:36]

Ça a eu l'effet inverse.

[01:04:37]

Tout le monde s'est mis

[01:04:38]

à copier la photo

[01:04:39]

et la mettre partout sur Internet.

[01:04:41]

L'effet Streisand,

[01:04:42]

c'est ça.

[01:04:42]

Quand on en parle trop.

[01:04:43]

C'est ça,

[01:04:44]

de faire attention à ça,

[01:04:46]

de ne pas nécessairement

[01:04:47]

trop...

[01:04:47]

Il faut en parler,

[01:04:48]

mais de ne pas l'ébruiter

[01:04:49]

ou quoi que ce soit

[01:04:50]

à votre entourage

[01:04:51]

ou sur vos propres réseaux

[01:04:53]

souvent pour éviter...

[01:04:54]

L'effet inverse.

[01:04:55]

Exact.

[01:04:56]

Signalé contenu,

[01:04:57]

on vous a dit,

[01:04:58]

en France,

[01:04:58]

au Canada,

[01:04:59]

je n'ai pas vu de numéro,

[01:04:59]

mais en France,

[01:05:00]

j'ai trouvé qu'on pouvait

[01:05:01]

composer le 3018,

[01:05:03]

le 3018,

[01:05:04]

qui est un numéro national

[01:05:05]

contre les violences numériques

[01:05:07]

qui peuvent vous accompagner.

[01:05:08]

Il y a le site Web aussi,

[01:05:11]

3018.fr,

[01:05:12]

si vous êtes victime

[01:05:13]

de Revenge Porn.

[01:05:15]

Et aussi,

[01:05:16]

sachez que vous pouvez

[01:05:17]

entamer des poursuites

[01:05:18]

civiles,

[01:05:19]

mais c'est un processus

[01:05:20]

qui est difficile,

[01:05:21]

coûteux

[01:05:22]

et que plusieurs victimes

[01:05:23]

n'ont pas envie

[01:05:24]

de se subir.

[01:05:26]

il faut le savoir

[01:05:27]

si on veut aller vers là.

[01:05:29]

C'est quelque chose

[01:05:29]

qui n'est pas simple,

[01:05:31]

mais il faut dénoncer

[01:05:32]

pour arrêter ça

[01:05:33]

pour que les gens

[01:05:34]

quand même

[01:05:35]

soient arrêtés.

[01:05:36]

Là,

[01:05:36]

je parle de poursuites

[01:05:37]

civiles,

[01:05:37]

ce n'est pas comme

[01:05:38]

au criminel,

[01:05:38]

mais les deux,

[01:05:39]

les deux options

[01:05:41]

peuvent être faites.

[01:05:42]

Donc bref,

[01:05:42]

parlez-en,

[01:05:43]

vous êtes la victime.

[01:05:45]

ce n'est pas de votre faute

[01:05:46]

s'il y a une photo

[01:05:46]

qui s'est retrouvée.

[01:05:48]

Là, le coupable

[01:05:48]

est celui qui partage

[01:05:49]

le contenu.

[01:05:50]

Ce n'est pas vous,

[01:05:52]

donc n'hésitez pas

[01:05:53]

à en partager.

[01:05:54]

Mais ceci dit,

[01:05:55]

Hunter Moore,

[01:05:56]

pour revenir sur le personnage

[01:05:57]

un peu,

[01:05:58]

lui, il avait,

[01:06:00]

publiquement,

[01:06:01]

il n'avait pas honte

[01:06:01]

en fait de dire

[01:06:02]

ce qu'il faisait

[01:06:03]

et de même braguer,

[01:06:04]

de se vanter

[01:06:05]

de ce qu'il faisait.

[01:06:06]

Il allait dans des gros

[01:06:08]

shows américains,

[01:06:08]

des morning shows,

[01:06:10]

il est allé à

[01:06:10]

Anderson Cooper,

[01:06:12]

justement en 2011,

[01:06:13]

où il en parlait,

[01:06:14]

en fait,

[01:06:15]

ouvertement,

[01:06:15]

comme si de rien était.

[01:06:16]

Ah oui,

[01:06:17]

puis en plus,

[01:06:17]

sur le plateau

[01:06:18]

d'Anderson Cooper,

[01:06:19]

il était confronté

[01:06:20]

à deux femmes

[01:06:21]

qui avaient été,

[01:06:22]

elles, exposées

[01:06:23]

sur le site

[01:06:24]

isanyoneup.

[01:06:25]

Il était assis

[01:06:25]

à côté d'elles,

[01:06:27]

puis lorsqu'une des deux femmes,

[01:06:29]

elle lui a dit

[01:06:30]

qu'elle lui reprochait

[01:06:32]

d'avoir aidé,

[01:06:33]

en fait,

[01:06:33]

des personnes

[01:06:34]

à diffuser,

[01:06:35]

de l'avoir aidé

[01:06:37]

à diffuser des photos

[01:06:38]

comme ça,

[01:06:39]

il a répondu,

[01:06:40]

personne ne t'a pointé

[01:06:41]

une arme sur la temple,

[01:06:43]

il ne t'a fait prendre

[01:06:44]

ces photos,

[01:06:45]

nous sommes en 2011,

[01:06:46]

tout est sur Internet.

[01:06:47]

C'est comme lui,

[01:06:48]

encore une fois,

[01:06:48]

il a remis

[01:06:49]

la responsabilité

[01:06:50]

sur la personne,

[01:06:52]

sur le fait que

[01:06:53]

ces photos-là existaient,

[01:06:54]

puis étant donné

[01:06:55]

que les photos existent,

[01:06:56]

c'est normal,

[01:06:57]

ça peut se retrouver

[01:06:58]

sur Internet.

[01:06:59]

Mais c'est l'attitude

[01:07:00]

qu'il y avait,

[01:07:00]

vous pouvez la trouver

[01:07:01]

sur YouTube.

[01:07:02]

Ah oui, c'est troublant.

[01:07:03]

C'est incroyable,

[01:07:04]

je ne sais pas,

[01:07:05]

c'est un vrai sociopathe,

[01:07:06]

je ne comprends pas

[01:07:07]

comment il ne peut pas,

[01:07:08]

moi je serais tellement gêné.

[01:07:10]

Mais même à cette époque-là,

[01:07:11]

on voyait,

[01:07:12]

il y a d'autres

[01:07:13]

interviews de lui

[01:07:14]

qui sont disponibles

[01:07:15]

sur YouTube,

[01:07:16]

puis il y a même

[01:07:17]

des panélistes

[01:07:18]

dans des shows de télé

[01:07:18]

qui discutent du cas,

[01:07:20]

puis souvent,

[01:07:21]

c'est souvent ça

[01:07:22]

qui revient, en fait.

[01:07:23]

Il y a peu d'empathie

[01:07:24]

envers les victimes.

[01:07:26]

C'est vraiment le même,

[01:07:27]

comment dire,

[01:07:28]

les journalistes disent,

[01:07:30]

ah mais,

[01:07:31]

ces personnes-là

[01:07:31]

veulent juste

[01:07:31]

ne pas prendre de photos,

[01:07:32]

ça revient toujours comme ça.

[01:07:33]

On voit que l'époque,

[01:07:35]

à cette époque-là,

[01:07:36]

on dirait que

[01:07:37]

il y a différentes

[01:07:37]

les perceptions à propos de ça.

[01:07:39]

Mais on commençait,

[01:07:40]

si tu reviens dans le temps,

[01:07:42]

c'est 2007,

[01:07:43]

le fragment numérique des cellulaires

[01:07:45]

qui a un peu,

[01:07:46]

comment dire,

[01:07:47]

numérisé un peu tout le monde.

[01:07:49]

Je pense que c'est

[01:07:50]

juste de l'éducation,

[01:07:51]

ça faisait juste trois ans

[01:07:52]

qu'on était habitué

[01:07:53]

à vivre dans un monde numérique,

[01:07:54]

qu'on pouvait prendre autant

[01:07:55]

de selfies avec nos...

[01:07:56]

On ne prenait pas autant de selfies

[01:07:58]

avec nos Kodak numériques

[01:08:00]

et tout ça,

[01:08:01]

puis des photos tout nues,

[01:08:02]

nous,

[01:08:03]

quand il fallait que

[01:08:04]

tu ailles faire développer

[01:08:04]

le film à pharmacie,

[01:08:06]

je ne suis pas sûr

[01:08:07]

que beaucoup de gens

[01:08:07]

prenaient des photos nues

[01:08:08]

d'eux-mêmes,

[01:08:09]

parce qu'ils savaient

[01:08:09]

que quelqu'un allait le développer

[01:08:12]

versus aujourd'hui.

[01:08:14]

Donc j'ai l'impression

[01:08:14]

qu'il y a cette forme

[01:08:15]

d'éducation-là

[01:08:17]

qui fait en sorte

[01:08:18]

qu'on n'a pas

[01:08:19]

la même perception,

[01:08:20]

je pense,

[01:08:20]

sur le numérique

[01:08:21]

et les photos qu'on prend.

[01:08:23]

Mais que fait-il maintenant

[01:08:24]

notre cher Hunter Moore?

[01:08:27]

En fait,

[01:08:27]

il fait plutôt profil bas

[01:08:29]

de nos jours

[01:08:29]

après sa sortie de prison

[01:08:31]

en 2017.

[01:08:32]

Il est toujours banni

[01:08:33]

de Facebook.

[01:08:34]

Ah, intéressant,

[01:08:34]

c'est bien

[01:08:34]

qu'il l'ait gardé blacklisté,

[01:08:36]

mais jusqu'à la sortie

[01:08:37]

du documentaire

[01:08:38]

sur Netflix,

[01:08:39]

The Most Hated Man

[01:08:40]

on the Internet,

[01:08:41]

qui est sorti en 2022,

[01:08:42]

il était toujours

[01:08:43]

actif sur Twitter

[01:08:44]

avec le pseudo

[01:08:45]

I am Hunter Moore,

[01:08:47]

et il y publiait encore

[01:08:49]

régulièrement des selfies

[01:08:50]

aux gymnases

[01:08:51]

et des photos de son chien.

[01:08:53]

Cependant,

[01:08:53]

suite à la pression populaire

[01:08:55]

qui questionnait Twitter

[01:08:56]

à savoir pourquoi

[01:08:57]

il avait encore le droit

[01:08:58]

d'avoir un compte

[01:08:59]

et qu'il voyait aussi

[01:09:00]

augmenter encore plus

[01:09:01]

sa notoriété

[01:09:02]

suite à la diffusion

[01:09:03]

du documentaire,

[01:09:04]

Twitter a finalement

[01:09:06]

suspendu son compte

[01:09:07]

depuis ce temps.

[01:09:08]

Maintenant,

[01:09:08]

on va voir ce que

[01:09:09]

Elon Musk va faire

[01:09:10]

tant donné qu'il réactive

[01:09:12]

des comptes suspendus.

[01:09:14]

En 2017,

[01:09:16]

Substream Magazine

[01:09:17]

a révélé que Hunter

[01:09:18]

prévoyait de créer

[01:09:19]

des morceaux de musique

[01:09:20]

EDM à sa sortie de prison,

[01:09:23]

et il en a publié une

[01:09:24]

intitulée

[01:09:25]

Make the Internet Great Again,

[01:09:27]

donc en référence

[01:09:28]

aux slogans de Trump.

[01:09:30]

J'ai pas eu la chance,

[01:09:32]

je sais même pas

[01:09:32]

c'est indisponible,

[01:09:33]

mais j'ai pas eu la chance

[01:09:34]

de l'écouter.

[01:09:35]

Je sais pas si ça sonne

[01:09:36]

comme en 2010.

[01:09:38]

Il a également écrit un livre

[01:09:39]

très controversé

[01:09:40]

intitulé

[01:09:41]

Is Anyone Up?

[01:09:42]

qui a été publié en 2018.

[01:09:44]

Il prévoit aussi

[01:09:45]

un nouveau site

[01:09:45]

qui, selon lui,

[01:09:47]

se demandera

[01:09:48]

si vous voudrez

[01:09:48]

un jour

[01:09:49]

avoir des enfants.

[01:09:51]

Qu'est-ce qu'il veut dire

[01:09:51]

par là?

[01:09:52]

Ben,

[01:09:53]

Do you want to be pregnant?

[01:09:55]

Souvent,

[01:09:56]

les gars,

[01:09:56]

ils veulent choisir

[01:09:57]

des femmes

[01:09:58]

qui veulent pas avoir

[01:09:58]

d'enfants

[01:09:59]

ou quelque chose comme ça.

[01:10:00]

Un autre site misogyne.

[01:10:02]

Bincelle un peu encore.

[01:10:05]

Bon,

[01:10:06]

ça fait un peu le tour

[01:10:07]

de la chronologie, Seb,

[01:10:09]

et de cette histoire

[01:10:09]

de Hunter Moore.

[01:10:11]

Si vous avez

[01:10:12]

du contenu à consommer

[01:10:13]

autour de ça,

[01:10:14]

il y a le documentaire

[01:10:15]

de Netflix,

[01:10:16]

l'homme le plus détesté

[01:10:17]

d'Internet

[01:10:17]

qu'on vous suggère,

[01:10:19]

documentaire en trois parties.

[01:10:20]

Il y a aussi Vice,

[01:10:22]

on couvert le sujet

[01:10:23]

à de nombreuses fois

[01:10:24]

via des vidéos.

[01:10:26]

Il y en a une intéressante

[01:10:27]

avec Charles,

[01:10:28]

l'ex Marine.

[01:10:30]

James,

[01:10:30]

James, pardon.

[01:10:32]

Charles Hecker.

[01:10:32]

Exact,

[01:10:32]

Charles Hecker.

[01:10:34]

Donc, il y en a quand même

[01:10:35]

des intéressantes.

[01:10:36]

Il y a des papilles aussi

[01:10:36]

qui ont été faits

[01:10:37]

sur le site de Motherboard,

[01:10:39]

entre autres.

[01:10:40]

Vice aussi,

[01:10:40]

si j'imagine,

[01:10:41]

on est parlé,

[01:10:42]

mais Wired,

[01:10:43]

en fait,

[01:10:43]

en ont parlé aussi.

[01:10:44]

Donc, énormément de stocks

[01:10:46]

si vous êtes intéressés

[01:10:47]

par cette histoire-là.

[01:10:49]

Puis Seb,

[01:10:50]

peut-être pour terminer,

[01:10:51]

toi,

[01:10:51]

tu avais quelques stats

[01:10:52]

à propos du site,

[01:10:54]

justement.

[01:10:55]

Oui,

[01:10:55]

je voulais vous en parler

[01:10:55]

un peu.

[01:10:56]

On en a pas trop parlé

[01:10:57]

pendant l'histoire,

[01:10:58]

mais je voulais juste

[01:10:59]

un peu revenir sur ces revenus

[01:11:01]

qui, à la fin,

[01:11:02]

faisaient moins d'argent.

[01:11:03]

Mais quand même,

[01:11:04]

par exemple,

[01:11:05]

en novembre 2011,

[01:11:07]

selon lui,

[01:11:07]

il gagnait 13 000 par mois.

[01:11:10]

Mais il disait que

[01:11:10]

ses frais de serveur

[01:11:11]

étaient de 8 000.

[01:11:12]

Ça, c'est drôle parce que

[01:11:14]

aujourd'hui,

[01:11:15]

je veux dire,

[01:11:15]

juste notre serveur

[01:11:16]

de distorsion,

[01:11:17]

il y a je sais pas

[01:11:18]

combien de tera par mois,

[01:11:19]

puis ça coûte

[01:11:21]

presque rien.

[01:11:23]

Versus ça,

[01:11:24]

je trouve ça particulier.

[01:11:25]

C'est peut-être

[01:11:26]

aussi une autre époque.

[01:11:28]

Puis il disait

[01:11:28]

que les pages vues

[01:11:29]

dépassaient 30 millions

[01:11:31]

de pages vues

[01:11:31]

par mois.

[01:11:33]

Ça, ça me surprendrait pas.

[01:11:34]

Un an après son lancement,

[01:11:36]

il disait qu'il recevait

[01:11:37]

300 000 visites par jour,

[01:11:39]

puis qu'il faisait

[01:11:40]

20 000 par mois

[01:11:42]

en revenus publicitaires.

[01:11:44]

Donc, tu sais,

[01:11:45]

ça a toffé,

[01:11:45]

comme on dit,

[01:11:46]

16 mois.

[01:11:46]

Ce n'était pas

[01:11:47]

les premiers mois.

[01:11:48]

Il n'a pas fait,

[01:11:49]

au final,

[01:11:50]

il n'a pas fait

[01:11:51]

tant d'argent que ça.

[01:11:52]

Oui, ça n'a pas été

[01:11:53]

un grand coup.

[01:11:53]

Bien non,

[01:11:54]

ça a été un grand coup,

[01:11:55]

comment dire,

[01:11:57]

de succès.

[01:11:57]

J'aime pas dire

[01:11:58]

succès pour ce site-là,

[01:11:59]

mais ça a été populaire,

[01:12:01]

mais c'est dur à monétiser,

[01:12:03]

le vœu veut pas.

[01:12:03]

Le monde, à un moment donné,

[01:12:04]

s'en sont rendu compte assez rapidement.

[01:12:05]

Tu vis sur du temps emprunté,

[01:12:07]

puis c'est un gars

[01:12:07]

qui avait des gros frais

[01:12:08]

d'avocats aussi.

[01:12:09]

Oui, bien oui, exact.

[01:12:10]

Quand les poursuites

[01:12:12]

s'accumulent,

[01:12:12]

même son avocat,

[01:12:13]

on n'en a pas beaucoup parlé,

[01:12:15]

mais il l'a lâché

[01:12:15]

en cours de route, en fait.

[01:12:17]

Son avocat est avec lui

[01:12:18]

depuis le début du site

[01:12:21]

qui était, comment dire,

[01:12:23]

plus axé sur les soirées

[01:12:25]

et tout ça.

[01:12:25]

Mais quand le site a pris

[01:12:26]

vraiment une tangente,

[01:12:27]

son avocat est parti.

[01:12:28]

Mais il restait quand même

[01:12:29]

conseillé pour lui.

[01:12:30]

Puis il lui disait,

[01:12:31]

il lui disait,

[01:12:32]

tu devrais juste les retirer,

[01:12:33]

les photos qui sont là

[01:12:34]

pour éviter les poursuites,

[01:12:36]

puis il l'a jamais fait.

[01:12:37]

Parce que imagine

[01:12:37]

s'il l'avait fait tout de suite

[01:12:40]

avec Kyla,

[01:12:41]

peut-être qu'elle n'aurait jamais été

[01:12:43]

dans toute sa croise.

[01:12:45]

Bref, je voulais un peu vous parler

[01:12:48]

de ça.

[01:12:48]

Dernière petite chose,

[01:12:50]

essayez pas d'aller

[01:12:50]

sur la Wayback Machine

[01:12:53]

pour aller voir

[01:12:54]

les archives de Is anyone up?

[01:12:56]

C'est bien écrit

[01:12:56]

qu'elles sont exclues

[01:12:58]

de la Wayback Machine.

[01:13:00]

Donc voilà,

[01:13:01]

il faut faire plus de recherches

[01:13:02]

pour trouver ça,

[01:13:03]

mais ça vaut pas la peine.

[01:13:05]

Yes.

[01:13:05]

Et vous, cher distendu,

[01:13:06]

qu'est-ce que vous en pensez

[01:13:07]

de cette histoire de Hunter Moore?

[01:13:09]

Est-ce que vous avez déjà

[01:13:10]

été victime de cette extorsion?

[01:13:11]

Est-ce que vous avez quelque chose

[01:13:12]

à dire sur le sujet?

[01:13:14]

Dites-nous-le,

[01:13:15]

vous pouvez nous le dire partout.

[01:13:16]

On est sur les réseaux sociaux,

[01:13:17]

sur Instagram,

[01:13:18]

sur Facebook,

[01:13:19]

sur YouTube,

[01:13:20]

sur Twitter aussi, justement,

[01:13:21]

et sur TikTok.

[01:13:23]

Donc n'hésitez pas

[01:13:24]

à vous exprimer sur le sujet.

[01:13:26]

Et on a un after-show,

[01:13:29]

encore une fois,

[01:13:30]

où on va vous parler encore

[01:13:32]

d'une histoire en lien

[01:13:32]

avec la Revenge Porn.

[01:13:34]

L'histoire de Kevin Ballard

[01:13:36]

qui, lui,

[01:13:37]

a lancé un autre site Web,

[01:13:39]

YouGotPosted.com,

[01:13:40]

qui est le premier condamné,

[01:13:41]

en fait,

[01:13:42]

de la loi américaine

[01:13:43]

sur la Revenge Porn.

[01:13:44]

Donc on vous en parle

[01:13:45]

tout de suite après

[01:13:46]

cet épisode-ci

[01:13:48]

pour nos abonnés

[01:13:49]

Patreon,

[01:13:50]

ou fort fait Oui Monsieur.

[01:13:51]

Donc encore une fois,

[01:13:52]

patreon.com slash distortion,

[01:13:54]

si vous voulez vous abonner.

[01:13:55]

Oui.

[01:13:55]

Et justement,

[01:13:57]

afin de bien terminer

[01:13:57]

ce 100e épisode, Seb,

[01:13:59]

on n'a pas le choix

[01:14:00]

de donner des gros shout-out

[01:14:01]

à nos abonnés Patreon.

[01:14:04]

Je donne beaucoup d'amour

[01:14:05]

à David Ka,

[01:14:07]

Nathalie J,

[01:14:09]

Cassandre,

[01:14:10]

le mystérieux Maxime

[01:14:12]

et Spade.

[01:14:14]

Aussi,

[01:14:15]

une belle poignée de main

[01:14:16]

à Raphaël D,

[01:14:17]

à Yassira D,

[01:14:19]

à Ariane C,

[01:14:21]

à Geek Zig

[01:14:22]

et à Renée F.

[01:14:24]

Je poursuis avec

[01:14:24]

un high-five

[01:14:25]

à Marc-Antoine DM,

[01:14:29]

Rémi G,

[01:14:30]

Arnaud F,

[01:14:32]

Sophie D

[01:14:33]

et je conclue

[01:14:34]

avec Justine B.

[01:14:36]

Ce show ne pourrait pas

[01:14:37]

exister sans la contribution

[01:14:38]

de Catherine C,

[01:14:40]

de Marie-Eve D,

[01:14:41]

de Neon Gold,

[01:14:43]

de Charles Q

[01:14:44]

et de Aurore P.

[01:14:46]

Et je donne de l'amour

[01:14:47]

à Tyler D,

[01:14:48]

Jasmine L,

[01:14:50]

Annabelle C,

[01:14:51]

Ace Val

[01:14:52]

et Alexandra Pépé.

[01:14:55]

Un gros câlin à Si Ma,

[01:14:58]

à Isabelle B,

[01:14:59]

à Kevin L,

[01:15:01]

à Jade et à Sébastien.

[01:15:03]

Je sais pas si c'est toi Seb.

[01:15:04]

Oui, je suis.

[01:15:05]

Je donne en sacré.

[01:15:07]

Et je poursuis avec

[01:15:09]

Grin,

[01:15:10]

Matt,

[01:15:11]

Le Bordelois,

[01:15:13]

Guillaume C

[01:15:14]

et Catherine G.

[01:15:16]

Un gros shout-out à Vicky,

[01:15:18]

à Fabio Lust,

[01:15:19]

à Coralie B,

[01:15:21]

à Justine G,

[01:15:22]

et à Karine F.

[01:15:24]

Encore de l'amour à

[01:15:25]

Charles-René P,

[01:15:27]

à Cynthia R,

[01:15:29]

Edith B,

[01:15:30]

Catherine C

[01:15:32]

et Marc-André L.

[01:15:34]

Et pour terminer,

[01:15:35]

un gros câlin à

[01:15:37]

Jemily T,

[01:15:38]

à Kat S,

[01:15:40]

à Lise,

[01:15:40]

à Isabelle M

[01:15:42]

et à Marie-Pierre H.

[01:15:44]

Merci à vous.

[01:15:46]

Oh oui, merci beaucoup.

[01:15:54]

Et pour terminer Seb,

[01:15:56]

aurais-tu un mot de la fin

[01:15:57]

pour nous assourir?

[01:16:00]

Chers vices tordus,

[01:16:01]

on compte sur vous pour nous suivre

[01:16:02]

jusqu'en 2027,

[01:16:05]

dans 5 ans,

[01:16:06]

pour notre 200e épisode.

[01:16:08]

On se rendra jamais à 200.

Revenir au début de la transcription