Comment vous sentiriez-vous si du jour au lendemain, des photos intimes de vous, étaient diffusées sur internet à votre insu? En 2010, IsAnyoneUp.com, un site internet dont la mission est de violer l’intimité des gens, est mis en ligne par un certain Hunter Moore. Il connaît automatiquement un vif succès. Cependant, des parents de victimes humiliées sur le site vont livrer un combat intense afin de leur rendre justice! Mais ce ne sera pas facile…Un ancien Marine américain, ainsi que le groupe Anonymous vont se mettre de la partie afin de faire taire l’homme le plus détesté d’Internet!

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#100 - Hunter Moore : Ruineur de vie professionnel
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
Comment vous sentiriez-vous si du jour au lendemain, des photos intimes de vous
étaient diffusées sur Internet à votre insu? En 2010, isanyoneup.com, un site
Internet dont la mission est de violer l'intimité des gens, est mis en ligne
par un certain Hunter Moore. Le site connaît automatiquement un vif
succès. Cependant, des parents de victimes
humiliés sur le site vont livrer un combat intense afin de leur rendre
justice. Mais ce ne sera pas facile. Un ancien marine américain ainsi que le
groupe Anonymous vont se mettre de la partie afin de faire taire l'homme le
plus détesté d'Internet. Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?
Ça va très bien, et toi, Emile Gauthier? Ça va extrêmement bien parce qu'on
célèbre deux choses aujourd'hui. Tout d'abord, c'est notre 100e épisode.
Oui, c'est fou. Ah oui, on pensait jamais se rendre jusque-là. Je me
rappelle, dans les débuts de Distortion, on était des gros fans de
Generation Y, mais on est encore des fans. On voyait qu'eux cumulaient plus
de 100 épisodes. Je me rappelle, on s'était dit qu'on ne se rendra jamais.
Il n'y a pas question qu'on fasse 100 épisodes de Distortion. Ce n'est pas
vrai. On n'aura jamais assez de sujets. On n'aura jamais non plus la
tenacité de se rendre jusque-là. Au final, ça fait plus de 100
épisodes qu'on fait déjà. On a déjà passé le cap
du 100 épisodes avec nos bonus, nos mini-titos et tout ça.
Presque 120, 130. Exactement. Donc, techniquement, on l'a déjà passé
depuis un bout, mais ce n'est pas grave. C'est officiellement le numéro 100 depuis
le début, donc depuis cinq ans. Donc, merci aux Distordus qui sont encore
avec nous depuis 100 épisodes. Et puis, je serais curieux de savoir, est-ce
qu'il y en a qui ont écouté les 100 épisodes au complet? Ah oui, c'est vrai.
Sans doute que oui, mais vraiment au complet, au complet, je n'aurais pas
curieux de voir ça. Puis, la deuxième raison pour laquelle on s'élève
aujourd'hui, Seb, c'est qu'on est dans notre nouveau studio. C'est le premier
épisode qu'on enregistre dans un nouveau studio. Donc, il n'y a pas encore
beaucoup de meubles. Ça se peut que ce soit encore un petit peu écho, mais on
s'est trouvé un magnifique petit studio à Montréal, près de chez
nous, en fait, près d'où on habite, que maintenant, comment dire, on
s'occupe à temps plein. Donc, c'est vraiment fantastique.
Oui, on est vraiment contents. C'est un milestone à distorsion d'avoir le
studio. Puis, je trouve que les astres sont bien alignés ou du moins, je
trouve ça beau que notre 100e épisode s'enregistre dans le nouveau
local. Exactement. Ça, je trouve ça bien. C'est vraiment trippant. Donc,
peut-être nos futurs invités auront la chance de venir faire un tour.
Nos futurs collaborateurs, d'autres podcasters, bien sûr, ça va nous
faire plaisir de les inviter ici. Mais en attendant, pour l'instant, il n'y a
à peu près rien, à part notre belle nouvelle table fraîchement déballée,
mais il n'y a pas grand chose d'autre. Fait qu'on va la meubler un peu, puis on
vous fera une visite guidée, éventuellement. Et pourquoi pas
inviter des auditeurs aussi, à un moment donné, à venir assister à un enregistrement.
Oui, why not? Ça pourrait être cool. Yes! Et aujourd'hui, on boit pas
quelque chose d'ordinaire, mon cher Seb. On boit du champagne pour célébrer
notre centième épisode. On boit un Bollinger spécial QV Brut, qui est de la
région de Champagne, bien sûr, donc qui n'est pas un petit champagne cheap, là.
On a bien hâte de goûter à ça. Et c'est une graciosité de Olivia Roy et
de son conjoint François. En fait, eux sont des distordus, même membres
Patreon depuis très longtemps. Ils nous écoutent et ça fait longtemps
qu'Olivia me dit, il faut que tu me dises quand tu enregistres ton
centième épisode, parce qu'on veut t'envoyer du champagne.
Donc là, c'est aujourd'hui que ça se passe et Olivia et François sont vraiment
cool. Eux, ils nous écoutent. Ils vont faire de la moto sur la côte
est américaine. Ils écoutent Distortion sur la moto. Olivia m'envoie des petites
vidéos, tout ça, donc c'est très cool. Et elle nous a même écrit un
petit texte, Seb, que je vais nous lire live. Olivia nous dit, à la fin de la
saison 1, vous souleviez l'idée de revenir pour une deuxième saison.
Nous revoici près de six ans plus tard à célébrer votre centième épisode et,
plus précisément, 100 épisodes, cinq épisodes bilan, neuf épisodes bonus,
cinq spéciales Halloween, 16 mini disto, 20 disto news sur TikTok, deux
épisodes secrets sur Patreon et 24 after-shows.
Ça fait beaucoup quand même, elle a tout comptabilisé, elle a fait vraiment des statistiques
Elle nous dit, l'internet déborde d'histoires étranges et nous continuerons à être des
milliers à vous écouter, nous les raconter. Vos voix bercent nos balades en
voiture, nos randonnées pédestres, nos rides de moto, nos tâches
ménagères, nos nuits d'insomnie, nos soirées de travaux scolaires et
nos quarts de travail trop longs. Aujourd'hui, c'est à notre tour de
vous lever notre verre, en notre nom et au nom de tous les
distordus à travers le monde. Merci pour tout et bon centième de
Olivier et François. C'est touchant. C'est vraiment touchant. Je suis vraiment ému.
Donc on va boire ça à l'instant. Je vais l'ouvrir parce qu'Olivia m'a dit
qu'elle voulait entendre le pop du champagne dans l'épisode.
Donc on va essayer de ne pas faire blower ça sur la console.
On ne l'a pas shaké avant comme dans les courses de F1. Attention.
J'espère que vous avez bien entendu. On va vous mettre un peu de ASMR de
champagne porn ici en le versant. Bon, j'en ai un peu renversé sur moi mais
c'est pas grave. Tiens mon cher Seb, je t'en sers aussi. Toujours un petit peu
précaire au-dessus de la console comme ça. Merci. Yeah. On aime vivre
dangereusement. Eh oui et cheers mon cher. Cheers. Oh yeah. Yes. Et ben aussi on a un
shout out. Pourquoi pas Seb pour ce centième. Ben oui, on a un shout out.
Une review 5 étoiles sur Apple Podcast qui nous vient de Onyx Royale de France.
Ah mon dieu que c'est bon ce champagne là. Oh attends, je goûte avant de poursuivre.
Moi à partir de maintenant, je suis comme The Ant Ward, je bois juste du champagne.
Hum, on peut ça le permettre. Oh c'est vraiment bon.
Bref, je poursuis. Onyx Royale nous dit c'est le turbo fun.
J'aimais beaucoup le titre de la review. Oui. Merci Emil et Seb pour ces épisodes
captivants ou que l'on soit. C'est toujours un plaisir pour les oreilles.
Continuez comme ça. Merci à toi Onyx Royale. Oh oui, merci beaucoup.
On vous rappelle que si vous voulez obtenir nos épisodes en avance et nos
after-shows, ça se passe sur Patreon. On a deux forfaits disponibles, un à
trois dollars par mois et un à huit dollars qui donnent accès justement
au contenu exclusif et aussi qu'on a un after-show quand même assez
chargé aujourd'hui. De quoi on va parler Seb? Oui, aujourd'hui on va
parler, étant donné que le sujet va parler de la revenge porn, aujourd'hui
l'épisode. Donc l'after-show, on va discuter, Emil et moi, un peu du
partage de contenus intimes quand on est en relation. On a déjà eu
cette discussion-là et je voulais nous challenger un peu si elle a
évolué notre réflexion par rapport à ça. J'ai même lu que des
spécialistes recommandaient dans le monde d'aujourd'hui de ne pas
s'empêcher de déchanger des contenus intimes entre partenaires.
Bref, on va discuter de ça puis on va aussi discuter du premier cas type aux
États-Unis qui a été condamné officiellement pour la
revenge porn, Kevin Ballhart, pour le site You Got Posted qui a créé à fin
2012. Donc voilà, ça va être les sujets pour notre after-show.
Yes, on a bien hâte. Donc je crois qu'on en a assez dit mon cher Seb,
est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire troublante de
Hunter Moore, le ruineur de vie professionnelle?
Oui, c'est parti.
Avant de se lancer dans notre histoire, Emile, je voulais faire un petit
rappel sur ce qui est la revenge porn. Pour être sûr qu'on parle tous sur la
même définition. En fait, la revenge porn ou la vengeance porno, j'ai même
lu la porno, la porno vengeur aussi en français, c'est le fait en fait de
partager des photos ou des vidéos sexualisées d'une personne sans son
consentement. Généralement, ça se produit après une rupture. Pour certains,
cela représente même une forme de viol électronique, ça peut aller
jusque-là. Une pratique qui est assez inexcusable, qui est désormais punie
par la loi dans plusieurs pays. L'histoire d'aujourd'hui a été un
catalyseur au niveau de la loi à ce propos, on y reviendra.
Oui, parce que ça a pris quand même plusieurs années avant que ce soit
considéré comme un crime.
Oui, exact. Encore une fois, comme il y a eu le cas d'Amendata, qui était une forme
de sex-torsion, qui est un dérivé de la revenge porn, puis
encore là, c'est que les lois, ça prend du temps à changer, les
lois étaient basées sur des vieux dogmes, donc ça
permettait pas de punir. Les sites profitaient d'un trou dans la
loi. En fait, c'est que les sites internet aux Etats-Unis ne sont pas
responsables du contenu qui est propulsé par l'utilisateur, ce qui fait
en sorte que Facebook ou tout ça n'est pas imputable si toi tu mets une
vidéo, disons, qui n'est pas conventionnelle. C'est toi qui
vas être imputable. Donc, toutes les sites s'en sortaient avec ça.
Il n'y avait pas de clause de loi, mais ça l'a changé heureusement depuis
presque dix ans.
Parce que même entre moi, vous allez voir, on va retourner au début
des années 2010. Donc, à cette époque-là, on parle de cette époque-là,
ça fait juste 12 ans, ça ne fait pas si longtemps, mais déjà, les lois
autour des crimes, des cybercrimes n'étaient pas aussi élaborées que
maintenant.
Exact, exact. 2010, c'est Amanda Todd. C'est dans les mêmes
années. Elle aussi a subi le fait qu'il n'y avait
aucune loi qui encadrait tout ça. Malheureusement, sans grande surprise,
les femmes représentent la majorité des personnes qui sont touchées par la
Revenge Porn avec un ratio de 90%. Mais il faut rappeler que ça peut
toucher tout le monde, peu importe votre âge ou votre sexe, votre
orientation sexuelle ou tout autre facteur de diversification.
Quant à la sextorsion dont on a souvent parlé à distorsion, c'est
une variante de la Revenge Porn. La pratique consiste pour des
cybercriminels à faire du chantage grâce à du contenu photo ou vidéo
à caractère sexuel récupéré chez la victime, généralement pour
obtenir de l'argent ou souvent des clichés encore plus osés.
Et dans ce cas-ci, la plupart des victimes sont mineurs en sextorsion.
Pour vous donner un ordre de grandeur sur le phénomène, le National Center
of Missing and Exploited Children, en fait le Centre national des enfants
disparus et exploités, qui est une organisation recueillant les
signalements d'abus envers les enfants en ligne aux États-Unis, a
collecté seulement en 2021, il coûte 5 000, plus de 23,9 millions de
signalements et dans les réseaux sociaux qui y sont impliqués,
Facebook y représente l'écrasante majorité avec 22,1 millions de
rapports contre seulement, seulement en guillemets, 500 000 pour
Snapchat ou 150 000 sur TikTok.
Oui, Snapchat étant un haut lieu d'échange, de photosé.
Oui, exact. Et TikTok, on dirait qu'il s'y prête moins, j'ai
l'impression, étant que ce n'est pas un vrai réseau social d'une
certaine façon.
Facebook est bien au courant du phénomène et tente de faire des
efforts à ce propos depuis bien longtemps.
Rappelons-nous comment ils ont aidé justement les autorités à
trouver le coupable dans l'affaire d'Amanda Todd dans les années 2010.
Cependant, à cette époque, il n'existait pas vraiment d'outils
adaptés sur la plateforme pour dénoncer et endiguer ce genre de
pratique, même qu'elle était un peu responsable de son effet
catalyzaire.
Justement, durant la période de 2010 à 2011, Facebook combattait
chaque jour de plus en plus un certain site web de type
Revenge Porn, qui devenait beaucoup trop populaire et
dommageable autant sur le web que sur le réseau social en tant que
tel.
Petite note, à cette époque, l'expression Revenge Porn n'existe
pas vraiment encore ou du moins n'est pas très, très répandue.
J'avais même checké dans Google Trends l'outil de Google pour
voir les tendances de recherche, puis c'est justement vraiment
vers 2012, 2013, 2014, puis en 2022 avec le documentaire, mais
sinon, comment dire, avant ces années-là, il n'y avait
pratiquement pas de recherche sur le sujet.
C'est ainsi que le 6 décembre 2011, le site Is Anyone Up,
qui est en ligne depuis 2010, vient d'être banni de
c'est-à-dire que tout lien vers le nom de domaine IsAnyoneUp.com
est bloqué et également, la page officielle a été supprimée
de sa base de données, en plus de menacer de le poursuivre
en justice.
La raison principale donnée par Facebook est que le
propriétaire du site, un certain Hunter Moore, a
publié des captures d'écran issues du réseau social sur
le site Is Anyone Up.
Pour répondre à son bannissement, Hunter Moore a répliqué
avec grande délicatesse en envoyant un e-mail aux avocats
de Facebook contenant une jolie photo de son pénis.
Ça vous donne une idée du personnage.
On y reviendra.
Oui, en effet, c'est tout qu'un personnage, ce Hunter Moore.
Avec les statistiques de 2021 qu'on a parlé tout à l'heure,
qui donnent froid dans le dos, on comprend pourquoi
Facebook a mis récemment en place de nouveaux outils
pour améliorer la sécurité des enfants et pour
faciliter le signalement des comptes suspicieux.
Avec pour objectif d'empêcher au maximum les interactions
avec des inconnus.
Par exemple, maintenant, il est impossible pour les adultes
d'envoyer des messages aux adolescents auxquels ils ne
sont pas connectés ou même de voir des adolescents dans
les recommandations.
Personne que vous pourriez connaître, vous savez,
ce type de recommandation-là.
Donc, même les ados ne se retrouvent pas là-dedans.
Donc, c'est étonnant que cette fonctionnalité n'ait
pas été mise en place plus tôt.
De plus, une nouvelle technologie qui est capable de
détecter des vidéos et des images comportant des
scènes de nudité qui sont partagées sans l'autorisation
de la personne concernée a aussi été mise en place.
Également, en collaboration avec l'organisme Revenge Porn
Helpline, les autres grands joueurs technologiques
contribuent à nourrir une banque de données
centralisée de tous les contenus signalés de Revenge
Porn et de Sexe Torsion dans le but d'en empêcher
la diffusion future sur les autres réseaux sociaux
et sur le Web, car chaque contenu possède sa propre
signature unique, un peu comme la gestion des droits
d'auteur d'une chanson sur les réseaux sociaux.
Selon Meta, la compagnie qui gère Facebook et Instagram,
bonne nouvelle, ces changements sont déjà efficaces
puisque les signalements envoyés par des mineurs
au premier trimestre 2022 ont augmenté de 70 %
par rapport au précédent.
Donc, les gens utilisent vraiment la fonction.
Mais je voyais ça à double tranchant dans le sens
que oui, sûrement, elle est mieux intégrée.
Donc, ça facilite le signalement.
Mais d'un autre côté, je lisais que la hausse
des signalements, je me demande aussi,
c'est pas parce qu'il y a une hausse aussi,
également des cas, point final,
parce que je lisais qu'au Canada,
c'est assez fulgurant.
Depuis 2020, avec la pandémie,
ça a encore plus explosé et bon,
j'ai l'impression que oui, l'outil aide,
mais je me demande si c'est pas aussi
une augmentation des cas en nombre absolu.
Retournons à l'année 2010
où le site is anyone up a été fondé.
Hunter Moore, âgé de 24 ans,
est de retour chez ses parents
après un long voyage de trois ans
et désire fonder un réseau social
centré sur les sorties et les festivités nocturnes
où les membres peuvent échanger entre eux
sur leur soirée festive à San Francisco.
Donc, Hunter Moore, c'est un gars de party.
Il anime des parties, il est DJ aussi,
donc il fait des soirées,
il est très impliqué dans le nightlife
de San Francisco.
C'est même un peu une personnalité publique
du nightlife.
Donc, il est très connu déjà.
C'est pas une vedette, une grande vedette,
mais c'est quand même une moyenne vedette,
si on veut.
Et lui, en fait, il est très proche
à l'époque 2010-2011,
c'est la scène Imo qui est très,
en fait, qui est sur la fin tranquillement.
Oui, c'est vrai.
Et puis, donc vous vous rappelez,
les cheveux très très proéminents,
les skinny jeans, les camsoles et les tattoos,
dont plusieurs doivent regretter d'avoir fait.
Certains doivent se rappeler le groupe Hymn.
Je sais pas si vous vous rappelez de ça.
Hymn? Non, mon Dieu.
Le symbole, c'était un pentagramme
en forme de cœur.
Il y en a plusieurs.
Il doit y avoir des auditeurs de distorsion
qui regrettent de s'être fait tatouer
ce logo-là parce qu'il y en avait beaucoup.
Hunter Moore devait en avoir un,
c'est son genre aussi.
Oui, oui, oui.
Et donc, il était très proche de cette scène-là.
Puis, en fait, c'est ainsi que son site
Is Anyone Up,
ce qui est encore quelqu'un debout
en français, est né.
Donc, il publiait des photos
qui tiraient un peu de la scène du Nightlife
et de la scène Imo de San Francisco
et même un petit peu ailleurs en Californie.
Le site commence à avoir un peu de traction
et Hunter passe ses journées
à s'en occuper et à le nourrir en contenu.
Mais c'est le hasard qui va faire basculer
la mission première du site
vers un type de site le beaucoup plus dérangeant.
Un soir, Hunter partage une photo nue
de sa petite amie sur le site.
Il n'en fallait pas plus
pour que chacun sur enchérie
avec une photo de sa copine ou de son ex.
Avec ce nouveau type de contenu,
le site attire une nouvelle clientèle,
même s'il reste dédié
aux soirées festives de SF.
Une semaine plus tard,
14 000 vues s'affichent au compteur.
À chaque jour, de plus en plus
de photos nues amateurs sont publiées.
Des photos très crues, très intimes.
Beaucoup de selfies aussi
de photos prises dans les toilettes.
Tout ça, on ne parle pas
de pornographies professionnelles.
C'est des photos vraiment candides
que les gens prennent eux-mêmes
ou que les gens prennent à l'insu des autres.
Bref, c'est à partir de ces photos-là
que le site s'est tourné un peu plus
vers la Revenge Porn.
Il se rend rapidement compte
que l'attraction est là.
Les statistiques le prouvent.
Le site est passé de 50 visites par jour
à plusieurs centaines de milliers.
Il contacte alors Hunter Moore
et il contacte son avocat
pour fonder une entreprise
et change la mission du site
et le dédie uniquement à la Revenge Porn.
Ça prend vraiment une autre tournure.
En même temps, il y a toujours une fascination.
Les années 2010, sur Internet,
ce n'était pas très régulé.
On se rappelle de certains sites
même de films d'horreur,
d'images d'horreur,
de trucs comme ça
qui verraient moins le jour aujourd'hui.
À cette époque-là,
on ne pouvait plus facilement
publier des choses
en se disant que c'est l'Internet.
Sur Internet, tout le monde s'en fout.
Le Far West est un peu mieux contrôlé.
Oui, exactement.
Nous sommes maintenant à la fin 2010.
Hunter Moore invite officiellement
les internautes à télécharger sur le site
des images de femmes nues et d'hommes
aussi à l'heure insu.
Et les internautes peuvent voter,
un peu comme sur Reddit,
sur s'ils apprécient ou non ces photos-là.
On se rappelle à l'époque
« Do you look good ? »
Les gens pouvaient voter,
s'il y a des gens qui se rappellent de ça.
Plusieurs de nos auditeurs-d'us
devaient être trop jeunes.
Les soumissions au site
suivent généralement la même formule.
Donc, avec plusieurs images
de la personne en question,
généralement, ils vont même mettre
le nom de la personne
avant de révéler des images
de ses parties intimes
et souvent se livrant même
à des actes sexuels comme la masturbation.
Il va y avoir des vidéos aussi parfois.
Ensuite, on assiste à du doxing,
car ceux qui envoient les photos
ne se contentent pas de ça,
mais ajoutent aussi souvent
l'adresse personnelle,
les comptes des réseaux sociaux,
le lieu de travail,
même parfois le numéro de téléphone
de la victime.
Donc, quand on parle de doxing,
on se rappelle un peu c'est quoi,
c'est tenter de retrouver
l'adresse physique de quelqu'un
dans un but de harcèlement.
Oui, exactement.
Et eux, c'est un peu tout inclus
de la « revenge porn »,
c'est-à-dire que tu voyais
les photos intimes et tout ça
de la personne et après,
tu avais son visage public,
en fait, tu avais vraiment
son compte Facebook.
Donc, tu pouvais aller voir
des photos de la personne
dans sa vie de famille, bref,
et sur le site « Is anyone up? »,
tu voyais des photos intimes.
Donc, pour les pervers d'entre nous,
c'était un tout inclus.
Ah oui, c'est l'enfant.
Puis même souvent,
quand les comptes Facebook
étaient protégés,
il y avait si moindrement
quelqu'un qui était ami
avec la personne,
la personne allait prendre
des captures d'écran,
allait les rajouter
au site Web,
ça se nourrissait comme ça
dans les commentaires.
Ah non, c'est incroyable
pour les gens
qui se retrouvaient là-dessus.
Ah oui, jamais personne
avait poussé plus loin,
en fait, le concept.
Non, exactement.
Comme dans les victimes
de la saga Pornhub,
dont on a déjà parlé
à Distortion,
ça fait un petit peu
penser à ça aussi.
Oui, quand ils retracillaient,
puis ils reprenaient
des captures d'écran,
c'était le même même concept
qui était repris dans le fond.
Exact.
Mais plusieurs années plus tôt.
Imaginez les conséquences
sur la vie de ces gens-là
pour qui, la plupart du temps,
leurs photos étaient
destinées seulement à eux-mêmes
ou à leurs partenaires intimes,
parfois,
et que finalement,
ça se retrouve sur le Web
et que des milliers de personnes
t'insultent
ou sont même vulgaires
et méchants avec toi.
Donc, ça doit être
très difficile à endurer.
C'est clairement une forme
de viol virtuelle,
une forme de torture virtuelle.
Et en plus, les gens
voient ton profil,
comment dire,
tel que tu l'exposes,
je veux pas dire
profil public,
mais en quelque sorte.
Donc, c'est très insidieux.
Oui, il y a eu des gens
qui n'arrivaient plus
à se trouver du travail
à cause de ça.
Il y a eu des suicides.
Il y a eu vraiment des drames.
C'est incroyable.
Les victimes étaient lynchées
virtuellement.
Donc, les gens
pouvaient même commenter.
Donc, c'était un peu
comme un forum de discussion.
Tu pouvais aller voir,
mettons, Katia
et tu pouvais
lui dire la traité
de tous les noms, en fait.
C'était effectivement
ce qui arrivait.
Les gens étaient
souvent anonymes
sur le site.
Donc, c'était vraiment
pour avoir vu
plusieurs commentaires,
c'était très, très dur,
des commentaires vraiment
de body-shaming,
des commentaires vraiment
comme quoi les gens,
les personnes sont
vraiment des objets sexuels
et très rabaissants.
Oui, oui, oui.
Vraiment, le côté sombre
des hommes,
parce qu'en grande partie,
c'était seuls publics.
C'était des jeunes hommes aussi.
Oui, oui, beaucoup d'ados.
Très collégial,
universitaires comme publics.
Donc, sans oublier
que des photos,
une fois sur un site,
elles peuvent se télécharger
à l'infini ailleurs
puis à être ré-uploadées.
Donc, il y a vraiment,
c'est très difficile
de faire disparaître
ces photos-là ultimement.
Oui, exact.
Même avec le système
qu'on vous a parlé tout à l'heure,
tu peux prendre
une capture d'écran de la photo,
ça redevient
une nouvelle photo.
Oui.
Et je ne sais pas
si le système est capable
de, comment dire,
d'observer
les copies de photos.
Mais bref,
quand t'es là-dessus,
on dirait que c'est
une course,
une course sans fin,
on dirait.
Souvent, j'ai l'impression.
Exact.
Justement,
quand quelqu'un demandait
de retirer une photo de lui
sur le site,
Hunter Moore avait plutôt
tendance à ridiculiser
la personne.
C'est ainsi qu'est née
une autre catégorie
sur le site appelée Daily Eight.
Donc, je vais dire,
la haine quotidienne.
Et elle présente
des captures d'écran,
des réactions de colère
des personnes dont les photos
avaient été publiées
sans leur consentement
sur le site.
À l'intérieur de cette section,
Hunter choisissait une victime
qu'il mettait de l'avant
et incitait les internautes
à la ridiculiser.
Comme par exemple,
il y avait la moche du jour.
Sa communauté,
c'est pas relouisant.
Sa communauté de plus en plus
grandissante,
baptisée de Family,
le suivait de plus en plus
dans ses dérapages.
Il lançait des défis
ridicules et vulgaires
juste pour voir
jusqu'où les gens étaient
prêts à aller.
C'était assez débile.
Il y avait des défis
avec du caca.
Les gens, il fallait qu'ils
écrivent, qu'ils fassent
la pire chose avec ça.
Puis, ils écrivaient
« As in a one up »
avec leur...
Oh non, mais il y avait
compris comment atteindre.
Il y avait du charisme
pour attirer ces gens-là.
Puis, il est devenu
comme un symbole.
Outre le site,
on dirait qu'il nourrissait ça.
Justement, en donnant des
« challenges » à sa communauté
de jeunes, tu sais,
« jackasses » de l'époque,
même si même en 2010,
« jackasses » était
hors-d'état.
Donc, il y avait...
Il a goûté à ça
puis voyait que ça marchait.
Il nourrissait tout le temps ça.
Je reviens à ce que je disais
quand les gens écrivaient
pour faire retirer des photos.
Souvent, ils répondaient « lol »
ou des choses comme ça.
Puis, il y a même
un oncle d'une des victimes
du site qui s'est suicidé,
qui lui a écrit.
Puis, il lui a comme répondu
que ce n'était pas son problème,
qu'il n'était pas
responsable de ça.
Imagine qu'il a pris
la capture d'écran du courriel
puis justement, il l'a mis
dans la section d'Eliate
pour rire de l'oncle
qui lui-même s'a catégorisé
d'oncle enragé
parce qu'il a perdu
sa nièce qui s'est suicidé
parce qu'elle s'est retrouvée
sur ce site-là.
Toute sa, comment dire,
son manque d'empathie,
c'est un sociopathe,
c'est incroyable par rapport à ça.
Le site devenait tellement populaire
qu'il travaillait, selon lui,
19 heures par jour pour le gérer
et il avait une équipe
de six personnes travaillant pour lui,
dont deux spécialistes
de la vérification de l'âge
pour s'assurer que
toutes les personnes présentes
avaient au moins 18 ans.
Cependant, je dois vous dire
que le site débordait
de photos de mineurs.
Donc, sur ce point,
il n'arrivait pas à tout modérer.
Puis je me demande vraiment
s'il le voulait.
Puis avec les revenus qu'il a fait,
tu sais, je ne pense pas
qu'il y avait six personnes
en plein et tout ça.
Ce n'était pas un si gros,
si gros business,
mais on dirait qu'il aimait ça.
Plugger ça,
mais ça fonctionnait quand même bien.
À un moment donné,
il y avait des millions de vues par mois.
Mais comment un tel site
peut vivre sans inquiétude
de la part des autorités?
En fait,
il profite de la loi américaine
sur les règles d'essence en ligne,
qui fait en sorte
que le propriétaire d'un site
n'est pas tenu responsable
du contenu téléchargé
par les utilisateurs,
comme on vous avait expliqué
un peu plus tôt.
Donc, en tant que relais,
il est inattaquable.
C'est comme Facebook ou Twitter.
C'est l'internom
qui est tenu responsable
en fait de la tonneur
du contenu qu'il publie.
Le réseau social, lui,
le modère selon ses propres
règles internes.
Par exemple,
il y a beaucoup de
pornographies sur Twitter
légitimes.
Ce n'est pas modéré,
ce que l'on ne retrouve pas
vraiment ou très, très peu
sur Instagram ou Facebook.
C'est un choix éditorial
de la plateforme.
Cependant,
les plaintes contre le site
commencent à s'accumuler.
Les victimes désespérées
répètent les tentatives
pour retirer leurs photos du site.
Son avocat lui recommande
de le faire pour éviter
les poursuites.
Mais Hunter n'en fait
qu'à sa tête.
Sa boutique de marchandises
et la vente de publicité
sur son site fonctionnent bien.
Sa chaîne YouTube également.
Il ne veut pas arrêter ça.
Un soir d'août 2011,
Moore est agressé
devant chez lui,
une victime du site
Le Poignard avec un stylo
dans l'épaule.
Dès le lendemain,
il publie une photo
de sa blessure avec les points
de souture sur son site
et les réseaux sociaux.
L'anecdote fait le taux du web
et fait doubler son trafic
en quelques jours.
Et c'est à partir de ce moment
que les médias commencent
à s'intéresser à lui
et à son site
et qu'il obtient le surnom
de l'homme le plus détesté
d'Internet.
Il faut savoir cependant
qu'il a avoué un peu plus tard
que tout ça était un canulaire
pour attirer l'attention
des médias sur lui.
Ah ben.
Eh oui.
Puis en plus, c'est les photos.
Ça a l'air vrai.
Je me demande si c'est pas
auto-blessé lui-même
pour faire ça.
Bref, on peut dire
que la tactique a fonctionné.
Donc, Emile,
parle-nous un peu plus
de qui est derrière
l'homme le plus détesté
d'Internet.
Avec plaisir.
Revenons maintenant
au début des années 2000
à Sacramento,
dans le nord de la Californie
aux États-Unis.
Hunter Moore, adolescent,
aime le skateboard
et le heavy metal,
mais pense la majorité
de son temps libre
sur Internet,
sur les chat rooms
et les forums en ligne.
En 2003, à 16 ans,
il crée sa page MySpace,
qui était le réseau
social de l'époque.
Ah oui, on se rappelle
les bonnes années de MySpace.
En dehors du web,
il a peu d'intérêt
pour tout le reste.
Il ne terminera pas
ses études secondaires
non plus.
Cependant, en 2005,
il obtient son diplôme
d'une école de coiffure,
mais sa carrière
n'ira pas très loin.
Il n'aime pas beaucoup
les responsabilités
et les tâches connexes
reliées au métier.
Après quelques contrats
comme coiffard
dans le milieu des tournages
à contenu pornographique,
il abandonna le métier.
Autour de 2006,
il aurait été victime
de harcèlement sexuel
au travail
et aurait poursuivi
l'entreprise
et aurait même reçu
un dédommagement monétaire
tout de même important
qui n'a jamais été dévoilé.
Il décide donc, en 2007,
de partir à l'aventure.
Pendant près de trois ans,
il voyage en Australie
et au Japon.
Il est toujours resté discret
sur cette période de sa vie,
mais si on regarde
ses quelques archives
sur MySpace,
c'est plus des paysages
de bar que de nature,
mettons-le,
ou d'artéfacts historiques
qu'on y voit.
Oui, exact.
À son retour en seul américain,
il se sent transformé
et ses intérêts ne tournent
qu'autour de la fête
et des bars.
Il parcourt le pays
comme manager
pour un groupe de rock
californien.
Il rencontre et fréquente
une fille proche du groupe
et fonde le site
Is Anyone Up?
C'est cette fille
qui a été la première
victime du site d'ailleurs.
Revenons à notre histoire.
Nous sommes maintenant
en octobre 2011
en banlieue de Los Angeles
en Californie,
la capitale du nightlife américain.
Oui.
L'actrice en herbe
Kayla Laws,
âgée de 24 ans,
prend quelques photos intimes
d'elle-même
devant le miroir de sa chambre
juste pour le plaisir
et se les envoie ensuite
par e-mail
pour les garder en lieu sûr.
Donc elle,
la jeune femme,
les avait en fait
transmis à cet endroit
pensant que son compte
serait le meilleur endroit
le plus sécure
parce qu'elle n'avait pas envie
de les supprimer,
même si son téléphone
n'avait pas assez d'espace
de stockage disponible.
Cependant, elle ne savait pas
qu'elle serait bientôt piratée
et que ses images
ainsi que des liens
vers ses profils
de réseaux sociaux publics
se retrouveraient
sur Is Anyone Up?
en janvier 2012.
Donc, c'est des photos
qu'elle a prises
même pas pour quelqu'un d'autre,
même pas pour son amoureux
ou son amant,
c'est juste pour elle en fait.
Exactement.
Chose qu'elle a totalement
le droit de faire.
Ben oui.
Comme elle disait,
c'était juste parce qu'elle
se trouvait jolie
puis elle voulait comme plein
plein de gens en fond.
Donc, elle imaginez,
elle ne comprend rien
de ce qui se passe.
En janvier 2012,
Kayla est à son travail
comme serveuse dans un bar
lorsqu'elle apprend
qu'elle avait été publiée
sur le site.
Il y avait une photo
d'elle sainte nu
au milieu de quelques autres
photos habillées.
Vous pouvez vous imaginer
que cela a bouleversé
tout son petit monde.
Elle a immédiatement appelé
Charlotte Laws,
qui est sa meilleure amie
et sa mère évidemment.
Qui, à son tour,
n'a pas perdu de temps
pour tenter de faire retirer
les photos du site.
Donc, à ce moment-là,
il y a énormément de messages
qui fusent de partout
sur son téléphone.
Énormément de gens
qui, en fait,
qui fréquentent le site,
qui la connaissent.
Elle, elle ne connaissait
même pas ce site-là.
Non, pas du tout.
Mais tous les gens
qui fréquentent ce site-là,
les membres du Nightlife
et tout ça,
voient sa photo,
puis ils la reconnaissent.
Et là, à ce moment-là,
tout le monde lui écrit
et la nouvelle, là,
se répare comme un,
comme comment dire,
un feu de paille.
Cependant,
leurs demandes de suppression
ont été ignorées
même après avoir fourni
la preuve du piratage.
Portez attention à ce détail.
On va y revenir.
Et elle a revendiqué
le droit d'auteur de la photo.
Et à ce moment-là,
des inconnus avaient commencé
à contacter Kyla en ligne,
ce qui l'a encore plus traumatisée.
Parce que là, vous allez voir,
il y a évidemment le,
comment dire,
le droit d'auteur,
parce que c'est une...
qui entre en compte là-dedans.
On va en parler
un petit peu plus tard.
Par contre, c'est quand
la jeune fille a désactivé
tous ses comptes.
Elle a tout fermé elle-même
et, honnêtement,
elle a perdu un peu d'espoir.
Jusqu'à ce que son beau-père,
Charles Parcell,
un avocat californien
bien connu,
est réussi,
enfin, à faire retirer
les photos du site.
Il a donné à Moore
un sévère ultimatum
par l'intermédiaire
de Reza Sina, son avocat,
et la photo de Kyla
a été retirée.
Mais ça n'a pas été facile.
Je présume qu'on va y revenir.
Cependant, l'affaire
était loin d'être terminée,
car Charlotte,
la mère de Kyla,
avait commencé à parler
à d'autres victimes
et elles avaient réalisé
que justice était
désespérément nécessaire
et que ce site devait être
fermé à tout prix.
Le duo mère-fille
a d'abord parlé
aux autorités locales.
Cependant, ceux-ci blâmaient
Kyla d'avoir pris
des photos d'elle
avec son cellulaire
et non le site.
Ben oui, pendant longtemps,
on se disait
« t'avais juste à peu prendre
de photos ».
Oui, exact.
Ben oui, comme si ça,
comment dire,
ça blanchissait
le crime causé par la suite.
On oublie que les victimes
sont des victimes.
Ben oui, puis je veux dire,
elle n'a pas pris ces photos-là
pour les envoyer en termes
ou à lancer.
Bref.
Les deux femmes se sont alors
tournées vers le FBI
avec un dossier
assez étoffé de preuves
et de témoignages.
C'est à ce moment
qu'une enquête officielle
des autorités débute.
Étant impressionnés
par le dossier de Charlotte,
le FBI commence l'enquête.
Il faut noter cependant
qu'au premier abord,
ils ont eu la même réaction
que les autorités locales.
Mais Charlotte les a convaincus
de l'importance de la chose.
Même son argument,
son argument béton,
c'était…
Je ne me souviens plus
quelle actrice
qu'elle a nommée,
mais il y avait une actrice
qui avait été piratée
par son cellulaire et tout ça
puis elle l'a nommée par exemple
à Scarlett Johansson.
Elle a dit bon,
vous vous occupez
de Scarlett Johansson,
mais vous ne vous occupez
pas du monde ordinaire.
C'est quand qu'elle a dit ça
que la personne
qui lui a répondu,
je ne sais pas l'agent,
a dit OK, d'abord,
on va s'occuper de votre dossier.
C'est comme là
qu'elle a pu lui présenter
toutes ses preuves et tout ça.
Mais tu vois qu'en
même encore au premier abord,
on ne la prenait pas au sérieux.
C'est encore une fois.
Il a fallu qu'elle
Oui, exact.
Puis cette femme-là,
c'est une femme qui a du gut,
tu sais, qui en a vraiment.
Fait qu'imagine pour des gens
disons plus ordinaires
qui ont moins ça.
Fait que souvent,
les dossiers restent clos.
Puis il n'y a rien qui se passe.
Comme vous le savez,
les sites ne peuvent pas
être tenus responsables
du contenu publié
par les utilisateurs.
Cependant, ici,
dans le cas de Kyla,
c'est qu'elle n'avait jamais
envoyé ses photos à personne.
Donc, comment avait-elle pu
se retrouver sur le site
de Is Anyone Up en janvier 2012?
Charlotte est convaincue
que quelqu'un a piraté
son ordinateur, son téléphone
et ou son compte Gmail.
Drôle de hasard également,
une amie de Kyla
était aussi apparue sur le site.
Cette amie s'est également
rendu compte
qu'elle avait été piratée
quand son mot de passe Gmail
avait changé
sans qu'elle fasse quoi que ce soit.
Donc pendant des semaines,
Charlotte rassemble
une liste de victimes du site
et les contacte pour comprendre
comment elles se sont retrouvées là.
Et selon son sondage maison,
40 % avaient été hackés
et 12 % photoshopés.
Donc, je pense qu'il y en avait
une vingtaine ou une trentaine,
c'est pas plus,
mais quand même.
Donc, 40 % de ces gens-là,
donc presque la moitié,
leurs photos,
en fait, ils ont été hackés.
Donc, ce n'est pas des photos
qui ont envoyé aux gens.
Donc, c'est là que ça lui a
donné un argument béton.
C'est là qu'elle a dit,
ben, ce n'est pas juste des gens
qui envoient des photos,
il y a une corrélation à faire.
Ici, donc, elle tient la faille
pour le faire tomber,
car le hacking est un crime
fédéral aux États-Unis.
Il faut comprendre
que malgré que beaucoup de photos
sur le site sont soumises
par les internautes,
Untermore voulait toujours
de plus en plus de photos.
Il a donc demandé au hacker
prénommé Gary Jones
de pirater des comptes
de messagerie Google de filles
en échange d'argent.
More a ensuite publié
les photos obtenues illégalement
sur son site sans le consentement
des victimes.
C'était des...
Je pense qu'il y en avait
une cinquantaine de personnes
qui ont été hackées
pour le site.
Pour mettre encore plus
de pression sur Untermore,
Charlotte avise les médias
qu'une enquête est en cours
par le FBI,
car un grand nombre d'images
précédemment hébergés
sur le site
auraient été obtenues illégalement
par un pirate informatique.
Parce que, pendant qu'elle
a fait ses démarches,
le site continue.
Puis malgré tout ça,
puis même Untermore
la harcèle.
Souvent, ils ont utilisé
The Family aussi,
sa gang pour justement
les harceler aussi
parce qu'ils savaient que,
comment dire,
elle était un peu contre eux.
Mais elle était quand même
wise.
J'ai trouvé wise
d'aller voir les médias
pour mettre de la pression
parce que sinon,
il n'y a rien qui s'est passé.
Ben oui, pas le choix
de faire ça.
Des fois, on le voit,
on l'a vu beaucoup dans le,
comment dire, le dossier MeToo.
Oui, exact.
Également, depuis quelque temps,
plus aucun commanditaire
ne voulait s'afficher
sur le site avec toute
la mauvaise presse
qui s'en découlait.
Ayant également été
avisé de l'enquête
par le FBI,
avant même que les médias
en parlent,
le 19 avril 2012,
Untermore décide
de vendre son site
pour 12 000 $ américains
à un certain James McGibney,
un ancien marine
et homme d'affaires.
Cependant,
Unter ignoreait
les véritables intentions
de James en rachetant le site.
En fait, Unter aurait dû faire
quelques recherches
avant de lui vendre,
car dès l'instant que James
est devenu propriétaire
de IsAnyoneUp.com,
il a automatiquement
redirigé le nom de domaine
vers BullyVille.com,
site qui est dirigé
par James et ce site
permet à des personnes
anonymes de partager
leur témoignage sur des personnes
qui les ont intimidées
ou harcelées.
En fait, c'est un centre
de ressources
pour les gens
qui se font intimider.
Donc, ce qui est totalement
le contraire de la Revenge Porn.
Puis c'est drôle
parce que c'est un peu subtil.
James avait James
avait cette tactique-là
parce qu'il se questionnait
à savoir comment je peux
le mettre à terre ce gars-là.
Oui, oui.
Puis il se questionnait.
Il dit ce gars-là,
il aime la coke,
il aime les femmes
puis il aime l'argent.
Il dit, je peux pas y fournir
des femmes, je peux pas
y fournir de la coke.
Fait qu'il dit,
je vais y fournir de l'argent.
Puis il savait,
il est allé voir là
puis justement, il est allé voir
qu'il y avait plus de commanditaires.
Il a offert 12 000 $,
12 000 $, c'est rien.
C'est rien pour ça.
Puis il commençait un peu
à négocier avec Hunter pour.
Parce que Hunter commençait
supposément à démontrer
un peu d'empathie
puis il commençait
à regretter son site
puis tout ça.
Puis il disait qu'il allait,
s'il se faisait racheter,
qu'il allait plus prôner,
comment dire,
de ne pas faire ça et tout ça.
Mais finalement,
c'est pas vraiment
ce qui est arrivé malgré tout.
Et à cause de ça,
mais James n'a jamais dit à Hunter
qu'il allait rediriger
puis complètement tout enlever le site.
C'était pas,
c'était pas exactement ça
l'objectif en arrière.
Donc pour lui,
ça a été une excellente tactique,
selon moi, pour arrêter.
Ça a été en fait la meilleure tactique
pour le stopper.
Ben oui, c'est tellement
une bonne idée de rediriger
vers un Bouliville,
parce que faut pas oublier
qu'il y a des victimes aussi
qu'il y a énormément de victimes
qui allaient sur le site,
non pas pour regarder le contenu,
mais pour vérifier si leur photo
à elles ou à eux,
parce qu'il y avait des gars
à la fin, il y avait encore,
il y avait plein de gars aussi.
C'était vraiment le plus,
c'était d'humilier des gens.
C'était plus de la porn.
Donc il y a énormément
de victimes qui retournaient voir,
retournaient voir
si leur photo était toujours là.
Et donc là,
ils atterrissaient sur un site
où il y a des ressources.
Oui, exact, exactement.
À l'époque,
la fermeture du site semblait
un revirement soudain et dramatique.
C'est alors que la guerre éclate
entre lui et James.
Hunter utilise son compte Twitter,
qui à l'époque comptait
près de 150 000 abonnés quand même,
pour prétendre à tort
que James McGimney
était un pédophile
qui possédait de la pornographie
juvénile et pour faire
plusieurs commentaires
désobligant à son propos.
Sans parler des menaces
qu'il a fait à sa femme
et ses enfants
d'une façon assez grossière.
Et c'est ainsi que le 21 août 2012,
donc quelques mois après son rachat,
le fondateur de Bouléville,
James, publie une lettre
ouverte à Hunter Moore
sur la page principale
de isanyoneup.com,
annonçant un recours collectif
et encourageant les gens
à s'y joindre.
Finalement, il a gagné en cours.
Il a été condamné.
Hunter Moore a payé
250 000 $ de dommages et intérêts
pour diffamation.
James a toujours dit
que cet argent servira
au refuge des femmes battues
à travers les États-Unis.
Cependant, Hunter
n'a jamais encore rien payé.
Puis même si tu vas
sur le site encore aujourd'hui,
même il dit que le montant
de 250 000,
je l'ai pris d'une nouvelle,
mais sur le site
maintenant de James,
lui, il dit que c'est
le montant qu'il doit
maintenant, c'est 385 000.
OK, je ne sais pas
s'il y a eu des intérêts
ou d'autres choses
qui se sont ajoutées
au fil du temps,
mais lui-même, il lui dit,
honnêtement, si ça vous intéresse,
allez voir, tapez
As You Want Up,
puis James, vous allez tomber dessus.
C'est un message
assez récent.
Puis il est quand même
assez direct envers lui.
Puis ça fait du bien.
Puis il lui dit, tu sais,
quand est-ce que tu vas me payer?
Puis ça a l'air que même,
selon ses dires,
il aurait agressé une femme
aussi à New York
qui était arrêtée.
Il a donné un coup de tête
à une femme.
En tout cas, c'est
c'est un drôle de personnage.
Mais il a toujours pas payé.
Tu sais, aussi, c'est étrange.
Tu es condamné,
puis je me suis toujours demandé
s'il peut, tu sais,
des poursuites aussi belles
ont dit que tu peux pas
comme te faire saisir ton salaire
ou quoi que ce soit.
Je sais pas si il y a un internaute,
pas un internaute, pardon,
un éditor du qui aurait
peut-être la réponse là-dessus,
mais je me questionnais
dans un jugement de cours
comme ça qui doit payer.
Pourquoi il n'est pas
dans une obligation, disons?
Peut sûrement déclarer faillite.
Ouais, peut-être quelque chose
comme ça, mais en tout cas, bref,
par rapport à ça.
Mais il a réussi, encore une fois,
c'est un autre combat que
James Shaw a réussi à gagner
contre lui, en fait,
parce que c'était
de la vraie diffamation.
C'était assez incroyable.
Oui, ça sera pas facile
de le faire payer, ce Hunter Moore.
Non, on se retrouve
quelques mois plus tard
après la fermeture du site
en décembre 2012.
Et c'est à ce moment
que le collectif d'activistes
Anonymous s'en mêle.
Malgré que le site
Is anyone up ne lui appartient plus,
Hunter Moore menace sans arrêt
depuis la vente du site à Bouliville
de créer un nouveau site similaire
et y prévoit même de répertorier
les adresses physiques
à côté des photos des victimes,
ainsi qu'une carte,
une map de leur maison
pour faciliter l'espionnage.
Donc il compte encore aller plus loin
dans ces dans ces tactiques.
C'est ainsi qu'au début
de décembre 2012,
Anonymous lance l'opération
Opie Hunter
pour avoir Hunter Moore
à son propre jeu
et divulguer des informations
sur sa vie au grand public.
Il diffuse son numéro
d'assurance sociale,
sa date de naissance,
son adresse personnelle,
son numéro de téléphone,
ses identifiants de réseaux sociaux,
les noms de ses parents,
même ses adresses IP
de ses ordinateurs et autres,
son profil OKCupid,
on se rappelle le site de rencontre
et une liste de poursuites
judiciaires en cours contre lui.
Ils ont restreint aussi
l'accès à ses comptes bancaires
et ils produisent même
un certificat d'essai en Californie.
Ça, j'ai trouvé très bon.
Donc pendant un certain temps,
Hunter Moore est déclaré mort
dans le système américain.
Ça, c'est bon.
Donc c'est quand même
des drôles de tactique
qu'Anonymous ont utilisé.
Sans oublier qu'ils ont même envoyé
des masses de jouets sexuels
à son domicile.
Ils ont mis en ligne
une vidéo sur Vimeo
qui montrait des photos
d'Amanda Todd
pour aider à illustrer
à quel point les actions de Moore
pourraient être nocives.
Ils terminent la vidéo avec,
évidemment, leur phrase habituelle
« Nous sommes Anonymous,
nous sommes légion,
nous ne pardonnons pas
et nous n'oublions pas.
Hunter Moore, attendez-nous. »
Donc une petite variation
de leur phrase habituelle.
Il faut savoir qu'un peu plus tôt
dans l'année,
Naked Security a rapporté
qu'une déclaration publiée
sur Pastebin appelait
et encouragait les membres
d'Anonymous du monde entier
à prendre des mesures
contre Hunter Moore
au nom de, entre guillemets,
faire une réelle différence
dans la vie de centaines
d'adolescents victimes
d'intimidation
et de les protéger
contre des préjudices réels
tels que le viol
ou le harcèlement.
En fin de compte,
Anonymous considérait
le site de Hunter Moore
comme une forme d'intimidation
et la publication
d'informations personnelles
sur les victimes sur le site
encourage de nouvelles
intimidations
qui pouvaient dégénérer
en harcèlement
ou même en violence physique,
même en sexe-torsion,
en chantage et tout ça.
C'était comme un,
comment dire,
une balle de neige
qui ne s'arrêtait jamais,
qui ne faisait que grossir
avec aucun recours
pour les victimes.
Donc, c'est quand même bien
qu'Anonymous se soit
lancé en grand robin des bois
contre Hunter Moore.
Ah oui, ils sont allés fort.
Ils avaient même lancé
un communiqué de presse.
Quand je disais ça,
j'étais comme,
c'est quand même une organisation
structurée
malgré leur décentralisation.
Ils ont une forme de structure
à l'interne.
Ça, je trouvais ça
quand même intéressant,
mais j'aimais ça
qu'ils lui servent ça.
Puis je pense
ça n'a pas eu tant d'impact
sur sa vie.
Il a eu quand même
du harcèlement.
Lui-même s'est fait harceler.
C'est sûr.
Je pense qu'il était
très stressé au quotidien,
malgré l'image du gars,
comment dire,
invincible, qui projetait.
Ah oui, non,
t'as 100 % raison.
On retourne à notre histoire.
Finalement,
ayant amassé suffisamment
de preuves en janvier 2014,
Hunter Moore et son hacker
présumé finalement
qui se nomme Charles Evans
sont perquisitionnés
et arrêtés par le FBI
et inculpés par un tribunal
de district fédéral
de Californie pour complot,
accès non autorisé
à un ordinateur protégé
et vol d'identité aggravé.
L'élément de preuve principale
traite d'un incident
spécifique à la fin de 2011
lorsque Moore a envoyé
un e-mail à Evans
indiquant qu'il aimerait
autant de photos nues que possible
provenant de comptes
de messagerie piratées.
En réponse,
Charles a accédé
au compte de messagerie
d'une victime sans autorisation
et a obtenu des photos.
Evans a fourni les photos à Moore
et il l'a payé
145 $ et 70, précisément,
en utilisant Paypal.
Et cette photo-là
a été publiée sur le site
le 29 décembre 2011.
Donc, c'est à partir
de cette première accusation-là
qui ont pu avoir la condamnation.
Mais je lisais le document de cour
puis c'est ça,
il y avait une cinquantaine
de piratages à peu près
là qui ont fait
à différentes personnes.
Tu sais, c'est...
Je me mettais à penser individuellement.
Tiens, là, on parle beaucoup de Kyla
parce que c'est le cas
qui a été médiatisé,
c'est lui qui est dans
le documentaire Netflix.
C'est normal,
c'est sa mère qui a pris un peu tout ça.
Mais tout le stress qu'elle a vécu,
il faut le multiplier
par le nombre de victimes.
Tu sais, c'est fou, là,
tu sais, dans le sens
que tous ces gens-là
ont subi eux aussi ce stress-là.
C'est assez fou.
Donc, le 2 juillet 2015,
Charles Evans, 26 ans,
a plaidé coupable
à des accusations
de piratage informatique
et d'usurpation d'identité
avant avoir volé
des centaines d'images
de comptes de messagerie de femmes
et les avoir vendus à Moore.
Le juge de district américain
Darley M.G. a condamné,
l'a condamné en fait
à plus de deux ans de prison
et à une amende de 2000 dollars.
En février 2015,
c'est Hunter Moore
qui avait 29 ans au moment des faits,
qui a plaidé coupable
à un chef d'accusation d'accès
non autorisé à un ordinateur protégé
pour obtenir des informations
à des fins de gains financiers privés
et un chef d'accusation
de vol d'identité aggravé.
Il l'a condamné
à deux ans et demi de prison fédérale
pour avoir engagé un autre homme
pour pirater des comptes
de messagerie électronique
afin de voler des photos nues
et qui ont été ensuite
publiées sur son site.
Il a trois ans de surveillance
après sa libération.
Il a dû subir une évaluation
de sa santé mentale.
J'aurais été curieux
de voir le diagnostic de ça
et a dû payer une amende
de 2000 dollars.
Le site a vécu
16 mois et mille,
mais on s'entend-tu
que c'est 16 mois de trop?
Oui, en fait,
ce n'est pas long 16 mois
dans la vie d'un site,
mais pour les victimes,
ça devait tellement être long.
C'est fou.
Et quand tu regardes
tout ce qu'il a fait,
tu te rends compte
qu'effectivement,
il s'en est passé
des choses pendant 16 mois.
Oui, oui, exact.
Puis on n'a pas beaucoup
effloré tout le côté
Nightlife,
parce qu'à un moment donné,
en 2011, quand le site,
il y avait une petite baisse,
il faisait des soirées
As Is Anyone Up
à New York, comme tu disais.
Oui, il a même fait
une tournée de la Côte d'Ivoire.
Oui, exact, c'est ça.
Puis j'écoutais un documentaire
et son ami de l'époque
disait qu'il y a tellement
changé après ça.
Il était tellement rendu dans
il prenait encore plus de coke,
plus d'alcool,
puis il était devenu
complètement une autre personne.
Bref, comme on disait,
16 mois, c'est pas beaucoup,
mais ça a eu un impact
sur la culture populaire.
Puis j'ai ressorti un peu
de la musique
ou ce que l'entremont
est arrivé dans les paroles.
Le groupe de metalcore
allemand, électrique,
Call Boy.
Je sais pas si tu connais,
toi qui connais quand même
un peu le métal.
Non, je connais pas ce band-là.
Justement, il y a un single
qui s'appelle Is Everyone Up,
qui décrit l'idée générale
puis les attributs du site.
Il y a le groupe électronique
Blood on the Dance Floor
que je connais pas non plus,
qui ont sorti l'album
Evolution en 2012,
qui contenait la chanson
Revenge Porn,
qui faisait référence
au site et à Hunter Moore
dans les paroles.
Il y a le groupe
Electro Pop Millionaires,
qui a sorti un remix
de la chanson de Ludacris,
de Ludacris, le rappeur
qui s'appelait My Chick Bad,
donc qui était My Chick Bad Remix,
qui contenait aussi
des paroles discutant
de la publication d'images
sur Is Anyone Up.
Un autre groupe de métal
qui est basé en Floride,
A Day to Remember,
peut-être que...
Oui, eux on les connaît,
ils sont connus.
Oui, c'est ça, même moi,
je les connaissais de nom.
Ils ont fait une chanson
qui s'appelle Life Lesson Learned
That the Hard Way,
qui décrit justement
une attaque contre Moore
qui était planifiée,
mais qui s'est jamais réalisée.
Puis la chanson aborde
également le sujet
d'un suicide qui s'est produit
parce que les photos nues
de la personne ont été publiées
sur le site
puis diffusées sur Internet.
Puis ça, j'ai fouillé sur Reddit.
Puis ils parlent d'Amanda Todd
dans cette chanson-là.
Le sous-texte, c'est
Amanda Todd qui est cité
dans cette chanson-là.
Donc, je voulais
faire un petit tour
quand même de l'impact
que ça a eu
de la culture populaire.
Bien, c'est intéressant
que tu en parles
parce que c'est un peu aussi
une revanche de la part
des groupes punk,
emo et metal
parce qu'on n'en a pas parlé
jusqu'à présent,
mais dans les débuts
de Is Anyone Up,
ils mettaient des photos
de des bandes.
En fait, ils exposaient
des photos humiliantes.
Ce n'était pas toujours
des photos nues,
mais c'était des photos
des fois qui, comment dire,
prises dans des parties
où ça dégénérait.
Puis oui, il y en avait
plein de photos nues
de chanteurs de bandes,
de membres du groupe.
Donc, rapidement,
les bandes de la scène
que lui aimait beaucoup,
la scène emo,
Californienne, tout ça,
étaient enragés contre lui.
Donc là, après coup,
parce qu'il y avait, eux,
c'était un peu des vedettes
d'une certaine façon
dans cette scène-là.
Puis là,
ils se retrouvaient justement
avec leur intimité violée
sur le site Web
parce que même
le hacker de Hunter Moore,
parfois, il lui disait
de hacker des femmes.
Parfois, c'était de hacker
des bandes aussi.
Oui, oui, oui.
Puis bon, on sait que parfois,
ça peut être,
you know, sex,
drug and rock and roll.
Donc, il y en avait,
ces gens-là avaient plein
de photos compromettantes
un peu partout sur leur courriel
et sur leur téléphone.
Et puis c'était aussi
les téléphones,
on se rappelle, là, c'était...
C'était quoi, les téléphones,
Seb, qui ouvraient, là,
qui avaient un clavier
à l'intérieur?
Ce n'est pas les Palms, là.
Un peu.
Oui, ce n'est pas les...
Ce n'est pas Motorola.
Les Shift, les Swift,
les...
Ah, je m'en crie.
Ça ressemble un peu
à une manette de jeu vidéo.
Oui, oui, oui.
Ils se déployaient,
puis à l'intérieur,
il y avait un clavier.
Donc, ça allait super vite
pour prendre une photo.
Mais ce n'était pas Motorola
qui avait ça.
En tout cas...
Je ne suis pas sûr.
Bref, anyway...
Dites-nous, les distanciers,
je suis sûr que vous savez
de quoi on parle.
Mais bref, c'était intéressant
de voir que, là,
il goûtait un peu
à sa médecine,
quand c'est les bandes
qui le blastent dans les chansons.
Oui, exact, tu as raison.
On va parler un petit peu,
pour terminer de la loi
sur le Revenge Porn,
parce que c'est complexe,
suite au cas de Hunter Moore.
Et même s'il n'a pas été condamné
pour ce qu'il a fait véritablement,
ils ont été condamnés de hacking,
cela a fait en sorte
de faire changer les lois
un peu partout dans le monde
au sujet de la Revenge Porn
et de la sextorsion.
Par exemple, aux États-Unis,
le gouverneur de la Californie
a signé en 2013
une loi pour interdire
et permettre de lutter
contre la Revenge Porn.
La loi est implantée
dans 48 États,
mais il n'y a pas encore
une loi fédérale à partir de ça.
Mais c'est quand même
punissable maintenant.
Oui.
Au Canada,
le Revenge Porn
est un crime depuis 2015,
touchant principalement
les femmes,
mais aussi les hommes,
bien évidemment.
Au Québec,
ceci dit,
environ un ou une
citoyen ou citoyenne
est accusé
de Revenge Porn
chaque semaine.
Semaine!
Hey, moi,
ça m'a fait capoter!
Ah oui!
C'est beaucoup!
On avait déjà parlé
dans le cadre
de notre émission de télé
à un sexologue
qui nous disait
que lui,
il pourrait être
tant plein attitré
aux jeunes garçons
de 10 ans
qui font du chantage
avec justement
qui font de la sextorsion
à l'âge de 10 ans.
Donc,
il y a des cas.
Il y a des cas
au Québec.
On le voit,
ça semble être quelque chose
très à la mode.
Donc,
chaque semaine,
les peines se comptent
en mois de prison.
La peine la plus lourde
qu'il y a eu
jusqu'à présent,
c'est 273 jours.
En dommages et intérêts,
c'est 100 000 dollars
pour un ontarien
en 2016.
Et bien sûr,
en création
de casiers judiciaires,
ça y en a beaucoup,
ce qui limite
les possibilités d'emploi
et de déplacement.
Mais bon,
c'est encore des peines
relativement soft.
En France,
le Revenge Porn
est un délit
puni par la loi.
Les auteurs
ainsi que tous ceux
qui relaient
les contenus,
les images,
les vidéos
ou les propos
à caractère sexuel
risquent deux ans
d'emprisonnement
et 60 000 euros
d'amende.
Ils sont plus sévères.
Les Français
sont les plus sévères
là-dessus.
À retenir,
la loi punit
l'infraction
de Revenge Porn
même si la personne
a donné son consentement
à l'enregistrement
initial de la vidéo
ou des images.
Bien sûr,
le seul fait
que la diffusion
notamment sur Internet
et les réseaux sociaux
ait lieu
sans le consentement
de la personne
suffit.
Parce que oui,
c'est normal.
C'est pas un crime
de filmer
des images
d'un toit intime.
Ils l'ont mis dans la loi
comme vraiment
pour le clarifier.
Je trouvais ça bien.
Mais non,
parce que 60 000,
c'est beaucoup.
Même aux États-Unis,
c'est sûr
que ce n'était pas
le même cas.
Entre eux,
c'était 2 000 l'amende
et deux ans d'emprisonnement,
c'est la même peine
qu'il a fait
pour hacking.
C'est pas tant que ça.
Malgré que ça doit être
les peines de base
de quelqu'un
qui fait ça
contre son ex,
mais quelqu'un
que j'imagine
qui héberge un site
parce qu'en France,
puis je ne suis pas sûr
que c'est la même loi ailleurs.
Je n'ai pas vu ce détail-là,
mais qu'eux punissent
le relayeur aussi.
Ça, je trouve
que ça fait
une différence.
Donc, j'ai l'impression
que là,
le site peut être imputable
parce qu'il devient
le relayeur.
Ce que les autres pays
n'ont pas l'air de faire.
Mais bon,
je ne suis pas
un spécialiste,
mais je trouve
ça intéressant là-dessus.
Les Européens
sont toujours plus sévères
et je trouve ça bien.
Le Sénat
a définitivement
adopté la loi
pour une république numérique
qui contient
un amendement
concernant la pénalisation
du Revenge Porn.
Jusqu'alors,
cette pratique
était punie
au même titre
que tout atteinte
à l'intimité
de la vie privée d'autrui
d'un an de prison
et 45 000 € d'amende.
Toujours dans le cas
de la France.
Désormais,
si ce délit
porte sur des paroles
ou des images
présentant un caractère
sexuel prise
dans un lieu public
ou privé,
je vous lis la phrase
de la loi,
la peine encourue
sera portée
à deux ans d'emprisonnement
et le 60 000 € d'amende
dont on parlait tout à l'heure.
Mais qu'est-ce qu'on fait
si on est victime
de Revenge Porn, Seb?
Parce qu'il y en a peut-être
parmi nos auditeurs
qui l'ont déjà été
ou qui le sont actuellement.
Oui, je suis convaincu,
en fait.
Quand on regarde
les statistiques,
c'est presque sûr.
La première chose, en fait,
c'est de ne pas céder
au chantage et à la menace.
C'est assez simple à dire
et ce n'est pas toujours
évident lorsque ça arrive,
mais c'est un peu
comme les rançons de Bitcoin.
Souvent, on ne recommande pas
de payer la rançon
pour ne pas encourager ça.
Généralement, il ne faut pas
céder au chantage
parce que vous allez encourager
nourrir la bête, si on veut.
Que vous soyez mineurs ou adultes,
il ne faut pas rester seul
face à ça.
Il ne faut pas avoir honte.
Il faut en parler
à une personne de confiance,
à un ami, vos propres parents.
Vos propres parents,
ils ne peuvent pas vous juger.
Je ne pense pas
qu'ils vous jugent.
Il faut aller voir
si c'est une tente
que vous êtes proche.
Bref, la chose à faire,
c'est vraiment d'aller voir
quelqu'un même parce que
ça arrive aussi à l'âge adulte.
Il faut en parler.
C'est la chose à faire.
Il faut signaler les contenus
aux sites sur lesquels
ils sont diffusés,
autant les réseaux sociaux
que les point-up de ce monde.
Ils ont tous des formulaires.
Je l'ai même trouvé
sur Internet.
Ça se trouve maintenant facilement.
Il y a Cyber Aid.
Il y a plein de sites par pays
qui listent toutes les ressources
et les choses à faire.
Mais si vous voyez votre contenu
sur un site,
de tout de suite le déclarer.
De tout de suite aussi,
contactez un avocat ou un huissier
avec les preuves que vous avez
pour commencer à construire un dossier.
C'est plate,
mais il faut vraiment faire
cette étape-là.
Bloquez la personne sur les sites
et gardez les preuves.
Comme je vous le disais,
faites des captures d'écran.
Une fois que vous avez ramassé
un peu toutes les preuves,
allez tout de suite au poste de police.
Même si on dit que souvent,
ils ne prennent pas ça au sérieux.
Maintenant, on est dans une autre époque.
Ils prennent ça au sérieux.
Allez au commissariat de police
le plus proche de chez vous
et déposez une plainte.
Comme on le dit,
c'est puni par la loi.
Ils sont obligés de recevoir la plainte.
Il faut faire attention
à l'effet Streisand.
Je vous rappelle l'effet Streisand.
C'est un phénomène internet
qui se manifeste par la surdiffusion
d'une information,
faisant l'objet d'une tentative
de retrait ou de censure
par une entreprise ou une personne.
Je vous explique de où ça vient.
Barbara Streisand,
à une certaine époque,
voulait faire enlever une photo
de Google Maps ou un magazine
ou quoi que ce soit.
Ça a eu l'effet inverse.
Tout le monde s'est mis
à copier la photo
et la mettre partout sur Internet.
L'effet Streisand,
c'est ça.
Quand on en parle trop.
C'est ça,
de faire attention à ça,
de ne pas nécessairement
trop...
Il faut en parler,
mais de ne pas l'ébruiter
ou quoi que ce soit
à votre entourage
ou sur vos propres réseaux
souvent pour éviter...
L'effet inverse.
Exact.
Signalé contenu,
on vous a dit,
en France,
au Canada,
je n'ai pas vu de numéro,
mais en France,
j'ai trouvé qu'on pouvait
composer le 3018,
le 3018,
qui est un numéro national
contre les violences numériques
qui peuvent vous accompagner.
Il y a le site Web aussi,
3018.fr,
si vous êtes victime
de Revenge Porn.
Et aussi,
sachez que vous pouvez
entamer des poursuites
civiles,
mais c'est un processus
qui est difficile,
coûteux
et que plusieurs victimes
n'ont pas envie
de se subir.
il faut le savoir
si on veut aller vers là.
C'est quelque chose
qui n'est pas simple,
mais il faut dénoncer
pour arrêter ça
pour que les gens
quand même
soient arrêtés.
Là,
je parle de poursuites
civiles,
ce n'est pas comme
au criminel,
mais les deux,
les deux options
peuvent être faites.
Donc bref,
parlez-en,
vous êtes la victime.
ce n'est pas de votre faute
s'il y a une photo
qui s'est retrouvée.
Là, le coupable
est celui qui partage
le contenu.
Ce n'est pas vous,
donc n'hésitez pas
à en partager.
Mais ceci dit,
Hunter Moore,
pour revenir sur le personnage
un peu,
lui, il avait,
publiquement,
il n'avait pas honte
en fait de dire
ce qu'il faisait
et de même braguer,
de se vanter
de ce qu'il faisait.
Il allait dans des gros
shows américains,
des morning shows,
il est allé à
Anderson Cooper,
justement en 2011,
où il en parlait,
en fait,
ouvertement,
comme si de rien était.
Ah oui,
puis en plus,
sur le plateau
d'Anderson Cooper,
il était confronté
à deux femmes
qui avaient été,
elles, exposées
sur le site
isanyoneup.
Il était assis
à côté d'elles,
puis lorsqu'une des deux femmes,
elle lui a dit
qu'elle lui reprochait
d'avoir aidé,
en fait,
des personnes
à diffuser,
de l'avoir aidé
à diffuser des photos
comme ça,
il a répondu,
personne ne t'a pointé
une arme sur la temple,
il ne t'a fait prendre
ces photos,
nous sommes en 2011,
tout est sur Internet.
C'est comme lui,
encore une fois,
il a remis
la responsabilité
sur la personne,
sur le fait que
ces photos-là existaient,
puis étant donné
que les photos existent,
c'est normal,
ça peut se retrouver
sur Internet.
Mais c'est l'attitude
qu'il y avait,
vous pouvez la trouver
sur YouTube.
Ah oui, c'est troublant.
C'est incroyable,
je ne sais pas,
c'est un vrai sociopathe,
je ne comprends pas
comment il ne peut pas,
moi je serais tellement gêné.
Mais même à cette époque-là,
on voyait,
il y a d'autres
interviews de lui
qui sont disponibles
sur YouTube,
puis il y a même
des panélistes
dans des shows de télé
qui discutent du cas,
puis souvent,
c'est souvent ça
qui revient, en fait.
Il y a peu d'empathie
envers les victimes.
C'est vraiment le même,
comment dire,
les journalistes disent,
ah mais,
ces personnes-là
veulent juste
ne pas prendre de photos,
ça revient toujours comme ça.
On voit que l'époque,
à cette époque-là,
on dirait que
il y a différentes
les perceptions à propos de ça.
Mais on commençait,
si tu reviens dans le temps,
c'est 2007,
le fragment numérique des cellulaires
qui a un peu,
comment dire,
numérisé un peu tout le monde.
Je pense que c'est
juste de l'éducation,
ça faisait juste trois ans
qu'on était habitué
à vivre dans un monde numérique,
qu'on pouvait prendre autant
de selfies avec nos...
On ne prenait pas autant de selfies
avec nos Kodak numériques
et tout ça,
puis des photos tout nues,
nous,
quand il fallait que
tu ailles faire développer
le film à pharmacie,
je ne suis pas sûr
que beaucoup de gens
prenaient des photos nues
d'eux-mêmes,
parce qu'ils savaient
que quelqu'un allait le développer
versus aujourd'hui.
Donc j'ai l'impression
qu'il y a cette forme
d'éducation-là
qui fait en sorte
qu'on n'a pas
la même perception,
je pense,
sur le numérique
et les photos qu'on prend.
Mais que fait-il maintenant
notre cher Hunter Moore?
En fait,
il fait plutôt profil bas
de nos jours
après sa sortie de prison
en 2017.
Il est toujours banni
de Facebook.
Ah, intéressant,
c'est bien
qu'il l'ait gardé blacklisté,
mais jusqu'à la sortie
du documentaire
sur Netflix,
The Most Hated Man
on the Internet,
qui est sorti en 2022,
il était toujours
actif sur Twitter
avec le pseudo
I am Hunter Moore,
et il y publiait encore
régulièrement des selfies
aux gymnases
et des photos de son chien.
Cependant,
suite à la pression populaire
qui questionnait Twitter
à savoir pourquoi
il avait encore le droit
d'avoir un compte
et qu'il voyait aussi
augmenter encore plus
sa notoriété
suite à la diffusion
du documentaire,
Twitter a finalement
suspendu son compte
depuis ce temps.
Maintenant,
on va voir ce que
Elon Musk va faire
tant donné qu'il réactive
des comptes suspendus.
En 2017,
Substream Magazine
a révélé que Hunter
prévoyait de créer
des morceaux de musique
EDM à sa sortie de prison,
et il en a publié une
intitulée
Make the Internet Great Again,
donc en référence
aux slogans de Trump.
J'ai pas eu la chance,
je sais même pas
c'est indisponible,
mais j'ai pas eu la chance
de l'écouter.
Je sais pas si ça sonne
comme en 2010.
Il a également écrit un livre
très controversé
intitulé
Is Anyone Up?
qui a été publié en 2018.
Il prévoit aussi
un nouveau site
qui, selon lui,
se demandera
si vous voudrez
un jour
avoir des enfants.
Qu'est-ce qu'il veut dire
par là?
Ben,
Do you want to be pregnant?
Souvent,
les gars,
ils veulent choisir
des femmes
qui veulent pas avoir
d'enfants
ou quelque chose comme ça.
Un autre site misogyne.
Bincelle un peu encore.
Bon,
ça fait un peu le tour
de la chronologie, Seb,
et de cette histoire
de Hunter Moore.
Si vous avez
du contenu à consommer
autour de ça,
il y a le documentaire
de Netflix,
l'homme le plus détesté
d'Internet
qu'on vous suggère,
documentaire en trois parties.
Il y a aussi Vice,
on couvert le sujet
à de nombreuses fois
via des vidéos.
Il y en a une intéressante
avec Charles,
l'ex Marine.
James,
James, pardon.
Charles Hecker.
Exact,
Charles Hecker.
Donc, il y en a quand même
des intéressantes.
Il y a des papilles aussi
qui ont été faits
sur le site de Motherboard,
entre autres.
Vice aussi,
si j'imagine,
on est parlé,
mais Wired,
en fait,
en ont parlé aussi.
Donc, énormément de stocks
si vous êtes intéressés
par cette histoire-là.
Puis Seb,
peut-être pour terminer,
toi,
tu avais quelques stats
à propos du site,
justement.
Oui,
je voulais vous en parler
un peu.
On en a pas trop parlé
pendant l'histoire,
mais je voulais juste
un peu revenir sur ces revenus
qui, à la fin,
faisaient moins d'argent.
Mais quand même,
par exemple,
en novembre 2011,
selon lui,
il gagnait 13 000 par mois.
Mais il disait que
ses frais de serveur
étaient de 8 000.
Ça, c'est drôle parce que
aujourd'hui,
je veux dire,
juste notre serveur
de distorsion,
il y a je sais pas
combien de tera par mois,
puis ça coûte
presque rien.
Versus ça,
je trouve ça particulier.
C'est peut-être
aussi une autre époque.
Puis il disait
que les pages vues
dépassaient 30 millions
de pages vues
par mois.
Ça, ça me surprendrait pas.
Un an après son lancement,
il disait qu'il recevait
300 000 visites par jour,
puis qu'il faisait
20 000 par mois
en revenus publicitaires.
Donc, tu sais,
ça a toffé,
comme on dit,
16 mois.
Ce n'était pas
les premiers mois.
Il n'a pas fait,
au final,
il n'a pas fait
tant d'argent que ça.
Oui, ça n'a pas été
un grand coup.
Bien non,
ça a été un grand coup,
comment dire,
de succès.
J'aime pas dire
succès pour ce site-là,
mais ça a été populaire,
mais c'est dur à monétiser,
le vœu veut pas.
Le monde, à un moment donné,
s'en sont rendu compte assez rapidement.
Tu vis sur du temps emprunté,
puis c'est un gars
qui avait des gros frais
d'avocats aussi.
Oui, bien oui, exact.
Quand les poursuites
s'accumulent,
même son avocat,
on n'en a pas beaucoup parlé,
mais il l'a lâché
en cours de route, en fait.
Son avocat est avec lui
depuis le début du site
qui était, comment dire,
plus axé sur les soirées
et tout ça.
Mais quand le site a pris
vraiment une tangente,
son avocat est parti.
Mais il restait quand même
conseillé pour lui.
Puis il lui disait,
il lui disait,
tu devrais juste les retirer,
les photos qui sont là
pour éviter les poursuites,
puis il l'a jamais fait.
Parce que imagine
s'il l'avait fait tout de suite
avec Kyla,
peut-être qu'elle n'aurait jamais été
dans toute sa croise.
Bref, je voulais un peu vous parler
de ça.
Dernière petite chose,
essayez pas d'aller
sur la Wayback Machine
pour aller voir
les archives de Is anyone up?
C'est bien écrit
qu'elles sont exclues
de la Wayback Machine.
Donc voilà,
il faut faire plus de recherches
pour trouver ça,
mais ça vaut pas la peine.
Yes.
Et vous, cher distendu,
qu'est-ce que vous en pensez
de cette histoire de Hunter Moore?
Est-ce que vous avez déjà
été victime de cette extorsion?
Est-ce que vous avez quelque chose
à dire sur le sujet?
Dites-nous-le,
vous pouvez nous le dire partout.
On est sur les réseaux sociaux,
sur Instagram,
sur Facebook,
sur YouTube,
sur Twitter aussi, justement,
et sur TikTok.
Donc n'hésitez pas
à vous exprimer sur le sujet.
Et on a un after-show,
encore une fois,
où on va vous parler encore
d'une histoire en lien
avec la Revenge Porn.
L'histoire de Kevin Ballard
qui, lui,
a lancé un autre site Web,
YouGotPosted.com,
qui est le premier condamné,
en fait,
de la loi américaine
sur la Revenge Porn.
Donc on vous en parle
tout de suite après
cet épisode-ci
pour nos abonnés
Patreon,
ou fort fait Oui Monsieur.
Donc encore une fois,
patreon.com slash distortion,
si vous voulez vous abonner.
Oui.
Et justement,
afin de bien terminer
ce 100e épisode, Seb,
on n'a pas le choix
de donner des gros shout-out
à nos abonnés Patreon.
Je donne beaucoup d'amour
à David Ka,
Nathalie J,
Cassandre,
le mystérieux Maxime
et Spade.
Aussi,
une belle poignée de main
à Raphaël D,
à Yassira D,
à Ariane C,
à Geek Zig
et à Renée F.
Je poursuis avec
un high-five
à Marc-Antoine DM,
Rémi G,
Arnaud F,
Sophie D
et je conclue
avec Justine B.
Ce show ne pourrait pas
exister sans la contribution
de Catherine C,
de Marie-Eve D,
de Neon Gold,
de Charles Q
et de Aurore P.
Et je donne de l'amour
à Tyler D,
Jasmine L,
Annabelle C,
Ace Val
et Alexandra Pépé.
Un gros câlin à Si Ma,
à Isabelle B,
à Kevin L,
à Jade et à Sébastien.
Je sais pas si c'est toi Seb.
Oui, je suis.
Je donne en sacré.
Et je poursuis avec
Grin,
Matt,
Le Bordelois,
Guillaume C
et Catherine G.
Un gros shout-out à Vicky,
à Fabio Lust,
à Coralie B,
à Justine G,
et à Karine F.
Encore de l'amour à
Charles-René P,
à Cynthia R,
Edith B,
Catherine C
et Marc-André L.
Et pour terminer,
un gros câlin à
Jemily T,
à Kat S,
à Lise,
à Isabelle M
et à Marie-Pierre H.
Merci à vous.
Oh oui, merci beaucoup.
Et pour terminer Seb,
aurais-tu un mot de la fin
pour nous assourir?
Chers vices tordus,
on compte sur vous pour nous suivre
jusqu'en 2027,
dans 5 ans,
pour notre 200e épisode.
On se rendra jamais à 200.
Écouter Distorsion
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