#141 - L’homme qui s’est effacé : le mystère Peter Bergmann

Épisode

#141 - L’homme qui s’est effacé : le mystère Peter Bergmann

Épisode
141
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1 h 04 min
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Audio

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En 2009, sur une plage rocailleuse d’Irlande, un père et son fils qui s’entraînent pour un triathlon aperçoivent le corps d’un homme rejeté par la mer. On pourrait croire à une noyade, mais les indices racontent tout autre chose : aucune pièce d’identité, toutes les étiquettes soigneusement découpées de ses vêtements, et l’autopsie confirme qu’il n’est pas mort par immersion. Cette découverte déclenche une enquête de plusieurs mois… et un mystère qui, plus d’une décennie plus tard, continue de fasciner Internet. Qui était cet homme ? Comment a-t-il fini, anonyme, sur ce rivage ? Dans cet épisode, nous remontons les ultimes jours de celui que l’on appelle “Peter Bergmann”, à travers témoignages et traces numériques.

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:24]

En 2009, sur une plage en Irlande, le corps d'un homme est aperçu échouer sur la plage rocheuse par un père et son fils qui s'entraîne pour un triathlon.

[01:03]

Alors qu'il semblerait que l'homme se soit tristement noyé, les indices qu'il a laissés vont plutôt raconter une tout autre histoire remplie de mystère.

[01:13]

Non seulement, l'homme n'est pas mort noyé, mais n'a aucune identification sur sa personne.

[01:18]

Les étiquettes de ses vêtements ont tout été minutieusement et délibérément retirés.

[01:23]

Cela déclenche une enquête qui va durer plusieurs mois, mais qui perdurera durant plus d'une décennie sur le web.

[01:30]

Qui était cet homme et comment s'est-il retrouvé échoué sur une plage dans l'anonymat total?

[01:36]

Dans cet épisode, on va explorer les derniers jours intrigants de Peter Bergman, en revenant sur les témoignages et les preuves numériques.

[01:49]

Sébastien Lévesque, comment ça va ce soir?

[01:51]

Ça va bien et toi, Emile Gauthier?

[01:53]

Ça va très bien. On est en hors-saison toujours.

[01:57]

On en profite pour aborder des cas qui parfois sont un peu différents.

[02:01]

Certains qu'on va mettre dans notre boîte à chaussures pour réouvrir un petit peu plus tard.

[02:07]

C'est le cas de Peter Bergman, qui est une histoire qu'on suit à quelque sorte depuis longtemps, mais qu'on ne sait pas trop où placer dans nos saisons.

[02:22]

C'est important, cette saison-ci, on était beaucoup dans le trafic sexuel, ce genre de dossier-là.

[02:29]

Peter Bergman, ou du moins l'homme qui prétendait être Peter Bergman, c'est une histoire remplie de mystères.

[02:36]

Un homme âgé qu'on a vu sur des caméras de surveillance en Irlande, qu'on ne sait pas ce qu'il faisait.

[02:43]

Il allait déposer des paquets dans un sac mauve, un petit peu partout dans la ville, sans qu'on ait aucune idée qu'est-ce qu'il allait déposer.

[02:54]

Et puis justement, un corps mystérieux qui se retrouve sur une plage, retrouvé au petit matin.

[03:00]

On a tous les ingrédients d'un mystère passionnant.

[03:03]

Alors c'est assez étrange, c'est pas des sacs. Au début, je me disais, c'est peut-être des sacs pour son animal, son chien, mais il n'y a pas d'animal.

[03:12]

Donc ça n'a pas de lien en tant que tel, donc c'est encore plus mystérieux.

[03:15]

Oui, on va faire le tour de tout ça. C'est quand même, c'est trippant comme cas, même si il y a un petit côté quand même un petit peu triste ou tragique dans tout ça.

[03:23]

Mais vous allez voir, c'est tout un mystère. Si vous ne connaissiez pas cette histoire-là, c'est passionnant et c'est intrigant.

[03:30]

Il y a très peu de réponses encore à l'heure actuelle.

[03:33]

Exact, exact. On reste toujours un peu dans le mystère.

[03:36]

Puis toujours dans les drôles de disparition et de corps retrouvés en after-show.

[03:41]

Seb, tu vas nous parler d'un cas quand même célèbre, celui de l'homme de Somerton.

[03:45]

Donc c'est un after-show qui va quand même avoir beaucoup de contenu pour nos abonnés Patreon.

[03:50]

Oui, beaucoup de substance et c'est un cas qui est tellement fascinant.

[03:54]

Quand je l'étudiais, j'avais beaucoup de what the fuck à chaque fois que je lisais de l'avancement dans l'enquête.

[03:59]

Et c'est un cas qui date des années 40.

[04:03]

Oui, exact, près numérique.

[04:04]

Et que le numérique a d'une certaine façon peut-être été aidé à résoudre ce cas-là.

[04:10]

Mais il y a tellement, vous allez voir, il y a tellement de similitudes dans le cas de Peter Bergman.

[04:14]

On dirait que les hommes qui tentent de disparaître utilisent un peu la même recette, si je peux vous dire.

[04:20]

Donc ça va être intéressant.

[04:21]

Ou peut-être que c'était des espions.

[04:22]

Oui, c'est jamais.

[04:23]

Oui, donc un doublé pour nos abonnés Patreon.

[04:27]

On, justement, vous présente l'homme de Somerton qui a beaucoup de liens avec Peter Bergman.

[04:32]

Et puis, bien sinon, écoute, qu'est-ce qu'on boit ce soir pour cet épisode en prens de mystère?

[04:39]

Oui, ben on boit en fait, on fait un gros shout-out à Justine et Christine de Crème Glacée

[04:43]

qui nous ont offert les filles des bonnes bières de la brasserie Ile-de-Garde à Montréal qui est située sur Beaubien.

[04:51]

Et actuellement, on boit leur Session IPA, une excellente petite bière, un IPA qui est moins alcoolisé,

[04:58]

mais il n'y a pas trop de compromis sur les arômes oublonnés.

[05:01]

4,5 % d'alcool, elle est vraiment rafraîchissante.

[05:04]

Note de poivre citronné, d'agrumes et de fruits tropicaux.

[05:07]

Elle est excellente.

[05:08]

Donc, merci les filles de Crème Glacée.

[05:10]

Je la boirais bien en slosh, sa bière.

[05:12]

Oh, tu dis!

[05:13]

Oh oui.

[05:15]

Aussi, on a un shout-out, une review 5 étoiles sur Apple Podcasts qui nous vient de Fanny, numéro 84.

[05:23]

Je me mélange.

[05:24]

Elle nous dit toujours plus.

[05:26]

Salut les boys, j'ai écouté votre podcast en continu tous les jours de la semaine pendant un mois et demi.

[05:31]

La semaine recommence et je m'ennuie de vous dans les oreilles.

[05:34]

J'ai hâte au prochain. Lâchez pas, vous faites une belle job.

[05:37]

Shout-out à toi, Fanny. Merci beaucoup.

[05:40]

Merci Fanny.

[05:41]

Encore une fois, on vous rappelle que si vous voulez obtenir nos épisodes en avance, nos after-shows,

[05:47]

aussi que l'épisode secret qu'on sort une fois par année, ça se passe bientôt sur Patreon.

[05:53]

Donc, garochez-vous, allez vous abonner.

[05:55]

Il y a tellement de contenus bonus parce qu'on en a fait plein.

[05:58]

Nos réactions de clubs de cinéma lorsqu'on analyse des documentaires sont toutes sur Patreon.

[06:03]

Des fois, il y en a un qu'on fait sortir sur les plateformes grand public,

[06:06]

mais sur Patreon, c'est là que ça se passe pour avoir tout de distorsion.

[06:10]

Évidemment, pas de pub, tout en avance.

[06:13]

Des concours aussi. Souvent, quand on fait des shows, on a toujours des concours.

[06:16]

De la nouvelle merch, même chose.

[06:18]

On sait qu'il y a de la nouvelle merch qui s'en vient aussi éventuellement.

[06:22]

Donc, merci à vous, chers membres Patreon.

[06:25]

Et bien, sinon, sans plus tarder, Seb,

[06:27]

est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'histoire mystérieuse de Peter Bergman?

[06:32]

Oui, mais, Emile, tu sais que dans une histoire comme celle de Peter Bergman,

[06:38]

ce qui me frappe, c'est à quel point les détails comptent.

[06:41]

Un petit truc qu'on oublie, une info floue, et puis soudain, tout le portrait change.

[06:45]

Oui, puis quand t'as pas les bons outils pour suivre le fil,

[06:48]

ça devient presque impossible de recoller les morceaux ensemble.

[06:52]

Eh bien, c'est pareil dans la vraie vie.

[06:54]

Quand t'as pas les bons outils pour gérer ton quotidien numérique,

[06:57]

ça devient vite mélangeant.

[06:59]

C'est là que Fizz change la donne.

[07:01]

Un seul endroit pour ton mobile, ton Internet et puis même ta télé.

[07:05]

Tout est simple, gérable en ligne, sans contrat et surtout sans bullshit.

[07:10]

La bullshit à distorsion, on n'aime pas ça.

[07:12]

Et c'est le genre de set-up qu'on aime avec Fizz.

[07:15]

Pas besoin de fouiller dans 40 menus pour changer ton forfait ou comprendre ta facture.

[07:20]

Puis en plus, en activant ton premier forfait avec le code PODZZ,

[07:26]

eh bien, tu obtiens 25 $ de rabais, 10 GB de données mobiles gratuites

[07:30]

et un mois d'Internet gratuit.

[07:32]

Ça, c'est un forfait bien ficelé, comme les intrigues dans distorsion.

[07:37]

Pour en savoir plus et profiter de l'offre,

[07:40]

va sur Fizz.ca et utilise le code PODZZ.

[07:45]

Fizz, c'est tout ce qu'il faut, sans ce qu'il ne te faut pas.

[07:49]

Donc Seb, est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'épisode de Peter Bergman ?

[07:54]

Oui ma'am !

[07:56]

Allons-y !

[07:59]

On est le 16 juin 2009 à Rossus Pointe,

[08:04]

une plage dans le comté de Sligo, en Irlande.

[08:07]

Le corps d'un homme dans la cinquantaine, peut-être début soixantaine,

[08:11]

est aperçu échouer sur la plage rocheuse par un père et son fils

[08:15]

qui s'entraînent pour un triathlon.

[08:18]

Alors qu'il semblerait que l'homme se soit tristement noyé,

[08:22]

les indices qu'il a laissés vont plutôt raconter une tout autre histoire.

[08:27]

Non seulement l'homme n'est pas mort noyé,

[08:29]

mais il n'y a aucune identification sur sa personne, ni sur la plage.

[08:33]

Les étiquettes de ses vêtements ont tout été minutieusement retirés,

[08:37]

et l'identité Peter Bergman, qui sera éventuellement lié à lui,

[08:42]

n'existe pas à ce moment-là.

[08:44]

Très mystérieux.

[08:46]

Cette découverte de corps va déclencher une enquête

[08:50]

qui va durer plusieurs mois dans la ville de Sligo,

[08:53]

mais qui va perdurer près d'une décennie sur le web.

[08:56]

On se demande qui était cet homme,

[08:58]

puis comment est-ce qu'il s'est retrouvé dans cette ville-là, échoué sur la plage.

[09:02]

Donc, on va explorer les derniers jours de Peter Bergman

[09:05]

à l'aide de témoignages, mais aussi de vidéos de surveillance

[09:08]

qui captivent les fans de True Crime depuis des années.

[09:12]

Parce qu'étrangement, pas étrangement, mais dans cette ville-là,

[09:15]

même en 2009, dans le coin de Sligo,

[09:18]

il y avait énormément de caméras de surveillance.

[09:21]

C'était un peu quand même dans les débuts 2009, on s'entend,

[09:24]

les villes n'étaient pas encore certaines villes,

[09:27]

oui certaines grandes villes,

[09:28]

mais là on parle plus d'une petite ville en Irlande,

[09:32]

donc c'est une bonne chose quand même dans ce cas-ci

[09:34]

qu'il y avait autant de caméras, et j'ai été surpris même

[09:37]

par le nombre de caméras qu'on retrouvait dans cette petite municipalité-là.

[09:42]

Ah oui, effectivement, mais c'est vrai que c'était un peu début 2005-2007,

[09:45]

on dirait qu'il y avait une recrue d'essence,

[09:47]

on dirait que les entreprises de caméras mettaient beaucoup de forces de vente,

[09:53]

parce que même à cette époque-là,

[09:57]

la qualité n'était pas toujours top,

[09:59]

même dans les années 2000.

[10:01]

Des fois, ça ne donnait pas grand-chose les caméras de surveillance,

[10:04]

puis on sait ce que c'est, la plupart des gens,

[10:06]

on va voir des caméras partout,

[10:08]

on part avec la prémisse qu'elles sont toutes fonctionnelles,

[10:11]

mais on se rend compte qu'il y a des batteries à changer,

[10:15]

des fois il y a le disque dur qui est plein,

[10:19]

souvent dans les cas de crime,

[10:22]

on dirait qu'il y a toujours en plus une bad luck

[10:24]

qui fait en sorte que les caméras étaient désactivées ce jour-là.

[10:27]

Ah oui, non, c'est vrai, mais c'est ça,

[10:29]

ça n'a jamais l'esprit suasif, mais ça aide tout de même

[10:33]

à résoudre des crimes.

[10:35]

Et là, on va se plonger dans la chronologie.

[10:37]

Normalement, c'est ici qu'on ferait un retour en arrière

[10:40]

sur la vie de Peter Bergman pour voir d'où il vient

[10:42]

et ce qu'il a fait de sa vie avant d'aboutir sur la plage de Sligo.

[10:46]

Mais on ne peut pas faire ce survol locebe

[10:49]

parce que Peter Bergman n'existe pas.

[10:52]

C'est-à-dire que le corps d'un homme a réellement été retrouvé

[10:55]

et échoué sur la plage, mais Peter Bergman

[10:58]

n'était pas son vrai nom, du moins c'est ce qu'on croit à ce stade-ci.

[11:02]

On va continuer de l'appeler comme ça pour simplifier l'épisode,

[11:05]

mais on va aussi vous expliquer dans quelles circonstances étranges

[11:08]

ce nom a été lié à lui.

[11:11]

Parce que s'il y a bien une chose certaine dans toute cette affaire,

[11:13]

c'est que Peter Bergman ne voulait pas être identifié.

[11:18]

Quand on se fie à ses comportements

[11:20]

et à ses gestes dans les derniers jours,

[11:22]

on constate que l'homme a tout fait soigneusement

[11:24]

pour s'assurer de laisser le moins de traces possibles.

[11:28]

C'est assez fascinant, vous allez voir.

[11:31]

Mais grâce à des caméras de surveillance et quelques témoignages,

[11:34]

le cas de Peter Bergman a eu l'effet contraire.

[11:37]

Donc on en a parlé plus, sans doute plus que lui en aurait voulu.

[11:40]

Même si son identité demeure inconnue,

[11:43]

son histoire a captivé l'attention et a attiré beaucoup de regards.

[11:47]

En essayant de tomber dans l'oubli,

[11:49]

Bergman est plutôt devenu une sensation,

[11:52]

voire une vedette du True Crime.

[11:55]

Commençons avec ce mardi 16 juin 2009,

[11:59]

la découverte du cas sur la plage.

[12:01]

On va revenir par la suite en arrière

[12:03]

pour tenter d'expliquer ce qu'il a amené là.

[12:07]

Vers 6h30 du matin, le mardi 16 juin 2009,

[12:12]

Arthur Kinsella quitte sa maison à Cartron Bay

[12:15]

pour se rendre à Rosses Point Beach

[12:17]

avec son fils Brian pour l'accompagner

[12:20]

dans son entraînement pour le triathlon,

[12:22]

comme on vous a dit en intro.

[12:24]

C'était un matin calme, un peu brumeux.

[12:27]

Brian pratique sa nage pendant qu'Arthur

[12:30]

garde un œil sur lui à partir de la plage.

[12:33]

La marée est très basse ce matin-là.

[12:36]

Vers 6h40, 10 minutes plus tard,

[12:40]

Arthur remarque quelque chose d'anormal

[12:42]

sur le sable. Il croit apercevoir

[12:44]

un genre de mannequin, tu sais Seb,

[12:47]

comme un peu on retrouve dans des boutiques

[12:48]

de vêtements pour mettre des vêtements dessus.

[12:53]

Ça semble être un mannequin allongé

[12:55]

face première dans le sable.

[12:59]

Stupéfait, il s'approche et réalise

[13:01]

qu'il s'agit du corps d'un homme.

[13:04]

L'homme est allongé sur le sable

[13:05]

tout près des rochers, un bras devant l'autre,

[13:08]

comme s'il avait été figé en pleine nage

[13:11]

ou en genre de position d'étirement.

[13:13]

C'est pas naturel comme position.

[13:17]

L'homme porte un t-shirt foncé,

[13:20]

des caleçons ainsi qu'un maillot de bain

[13:25]

Selon Arthur, il a l'air d'avoir peut-être

[13:28]

soixante ans. Il a les cheveux courts

[13:31]

et bien entretenus. Et il est mince.

[13:35]

Il ne remarque aucune blessure sur le corps

[13:37]

de l'homme à ce moment-là.

[13:39]

Au moment de la découverte macabre,

[13:42]

Arthur et Brian n'ont pas de téléphone

[13:44]

cellulaire pour appeler les autorités.

[13:46]

Arthur court vers l'hôtel Yeats County

[13:49]

situé à quelques pas de la Seine

[13:51]

et appelle immédiatement les secours.

[13:55]

La police va se précipiter sur la Seine.

[13:58]

En observant les lieux, les enquêteurs vont trouver

[14:00]

une pile de vêtements placés minutieusement

[14:03]

sur une roche près de lui qui ont été

[14:06]

attentivement pliés. C'est là qu'ils vont constater

[14:09]

que l'homme a lui-même découpé les étiquettes

[14:12]

de chaque morceau de vêtement.

[14:13]

Il n'y a pas de portefeuille ni de pièce

[14:16]

d'identité non plus. Je sais pas si c'est l'habitude

[14:19]

de découper les étiquettes de tes vêtements.

[14:21]

Jamais. Sauf si l'étiquette me gosse,

[14:25]

comme on dit le coup. Mais sinon, non,

[14:28]

je n'ai jamais besoin. Je n'identifie pas mon linge non plus.

[14:31]

C'est quelque chose qu'on faisait à l'école

[14:33]

ou des choses comme ça, mais je n'identifie pas mon linge.

[14:36]

Non, pas du tout. Mais j'essaie de comprendre

[14:39]

pourquoi quelqu'un fait ça. J'imagine, comme tu dis,

[14:42]

quelqu'un qui a l'étiquette, quelqu'un qui est, je ne sais pas,

[14:45]

très sensible au niveau de la peau,

[14:48]

t'as tête que ça l'énerve et il veut le couper

[14:50]

ou sinon, on y reviendra plus tard. Mais effectivement,

[14:54]

quelqu'un qui veut laisser le moins d'empreintes possibles

[14:57]

dans un cas où il ne veut pas être retrouvé,

[15:00]

c'est sûr que couper les étiquettes, ça permet peut-être

[15:03]

d'éliminer des endroits où les vêtements

[15:04]

auraient été achetés. Oui, exactement.

[15:08]

Mais en tout cas, je trouve ça drôle quand même,

[15:10]

ces étiquettes coupées à moins qu'il portait des vêtements,

[15:14]

je ne sais pas, usagés ou...

[15:16]

Oui, effectivement. Bonne question. Mais c'est quand même

[15:19]

un détail que c'est important de retenir.

[15:22]

Donc, il n'y a pas de portefeuille ni de pièce d'identité

[15:25]

sur lui non plus. Donc, il est vraiment

[15:31]

anonyme comme personne décédée.

[15:33]

C'est quand même étrange, en plus dans une position

[15:36]

qui n'est vraiment pas naturelle. Il y a quelques trucs

[15:39]

dans ses poches. Il y a un peu d'argent, des mouchoirs,

[15:43]

des pansements adhésifs, de l'aspirine.

[15:46]

Il y a une montre dans sa poche et, étrangement,

[15:49]

une petite barre de savon d'hôtel.

[15:51]

Mais pas d'un hôtel proche ni même d'aucun hôtel

[15:55]

en Irlande ou en Irlande du Nord.

[15:58]

On va apprendre plus tard que l'homme

[16:00]

porterait normalement des lunettes aussi,

[16:02]

mais qui n'ont pas été retrouvées sur la scène.

[16:05]

Peut-être qu'il voulait se laver dans l'eau.

[16:08]

Peut-être, c'est possible.

[16:11]

Le corps sera ramené par les autorités afin d'être analysé.

[16:15]

La police va faire un lien entre cet homme

[16:17]

et le City Sligo Hotel situé à environ

[16:21]

15 minutes de voiture de la plage.

[16:23]

En vérifiant les registres, il semble avoir passé

[16:26]

quelques jours à cet hôtel sous le nom de Peter Bergman.

[16:31]

Donc, c'est là que ça vient.

[16:32]

Il se serait enregistré à l'hôtel sous ce nom-là.

[16:35]

L'hôtel d'où vient la barre de savon.

[16:38]

La police commence donc son enquête à cet hôtel

[16:41]

pour retracer chaque instant des derniers jours

[16:43]

de Bergman dans la ville de Sligo.

[16:47]

C'est quand même une mise en bouche intrigante.

[16:49]

C'est digne d'un film.

[16:51]

Vraiment, il y a tellement d'éléments.

[16:54]

C'est assez incroyable.

[16:55]

Et là, on va retourner un petit peu dans le temps.

[16:57]

À l'aide des caméras de surveillance, les caméras CCTV,

[17:01]

les autorités sont en mesure de trouver Peter Bergman

[17:04]

pour une première fois le vendredi 12 juin 2009,

[17:08]

vers 14h30, à Derry, ou Deray,

[17:11]

en Irlande du Nord, au terminal d'autobus Ulster Bus.

[17:16]

Malheureusement, on ne sait pas d'où il vient

[17:18]

ni comment il est arrivé là.

[17:20]

Et c'est à environ deux heures de route de Sligo.

[17:24]

Donc la police est incapable d'établir

[17:26]

si Derry est vraiment le point de départ pour Bergman

[17:29]

ou si il est arrivé là en autobus ou même en avion.

[17:34]

Il est soupçonné que l'homme n'a probablement

[17:36]

pas été à Derry très longtemps,

[17:38]

puisqu'il a seulement été observé sur des caméras

[17:41]

de surveillance le vendredi. Il n'y a eu aucun témoin

[17:44]

de sa présence avant cette journée-là.

[17:48]

Personne du nom de Peter Bergman

[17:50]

a été sur un vol récent dans les trois aéroports

[17:52]

des environs. City of Derry Airport,

[17:55]

le Belfast International Airport et le George Bell

[17:59]

Best Belfast City Airport.

[18:02]

Mais en 2009, se rendre à Derry en Irlande du Nord,

[18:05]

à partir de l'Irlande ou même de l'Angleterre

[18:08]

en traversée, eh bien c'était pas trop compliqué,

[18:10]

sans passeport ni papiers. Alors il a peut-être pris

[18:13]

un bateau, puis un taxi ou un autobus.

[18:16]

Eh bien là, j'allais dire, c'est l'époque post-2001,

[18:19]

mais non 2009, mais c'est pour aux États-Unis,

[18:21]

parce que c'est vrai que globalement dans le monde,

[18:23]

les règles s'étaient resserrées au niveau du transport,

[18:26]

mais dans ce cas-ci, pas nécessairement,

[18:28]

puis c'est vrai que ça aurait pu aider

[18:29]

d'avoir plus de traces sur ces déplacements.

[18:31]

Oui, mais on comprend que pour se rendre là,

[18:35]

il faut prendre quand même une combinaison de transports

[18:37]

en commun, c'est pas un vol direct ou autre.

[18:40]

Non, non, non, exacte raison. Sur les caméras

[18:43]

à la station d'autobus, on observe que l'homme

[18:45]

est bien habillé avec une petite valise style

[18:49]

sac-ordinateur en main et un sac en toile style

[18:52]

taux de bague sur l'épaule. On a en avant sur notre boutique

[18:55]

des sacs taux de bague pour faire des commissions.

[18:57]

Ils sont maves aussi, c'est drôle. Oui, tout est dans tout.

[19:01]

Il a une apparence bien propre,

[19:03]

pas totalement formelle, mais quand même un peu business,

[19:06]

comme s'il était habillé pour aller travailler dans un bureau.

[19:09]

Il ne flash pas. Il est habillé avec une chemise pâle,

[19:13]

un veston foncé, peut-être même une veste de cuir propre,

[19:16]

pas celle qui est un peu punk,

[19:19]

des pantalons foncés, des souliers propres,

[19:21]

en fait, rien pour attirer vraiment l'attention.

[19:24]

Ça a l'air d'un monsieur bien habillé,

[19:27]

il fait un monsieur de son âge un peu.

[19:31]

Oui, exactement. Il prend l'autobus

[19:33]

vers Sligo à 16 heures et arrive

[19:36]

vers 18h30. C'est là qu'on peut commencer

[19:39]

à analyser un peu ses comportements.

[19:42]

Bergman ne semble pas connaître la ville de Sligo,

[19:44]

puisqu'il embarque dans un taxi à partir de la station d'autobus

[19:48]

afin de trouver un hôtel. Un drôle de geste,

[19:51]

puisque tous les hôtels majeurs sont au coin de la rue

[19:55]

de la station ou même à quelques minutes de marche.

[19:58]

C'est comme si vous voulez aller un petit peu plus loin.

[20:01]

Il y avait peut-être un quartier en tête.

[20:03]

Effectivement, je n'avais pas pensé.

[20:05]

Il demande au chauffeur de taxi de l'amener à n'importe quel hôtel,

[20:09]

pas cher, puisqu'il n'a pas fait de réservation.

[20:12]

Le chauffeur de taxi a noté que le premier hôtel

[20:15]

où il a amené Bergman était supposément plein.

[20:18]

Mais on commence déjà ici avec une petite théorie.

[20:22]

Bergman a peut-être été reviré de bord par la réception

[20:25]

parce qu'il tentait d'utiliser une fausse identité

[20:28]

ou même n'avait peut-être pas de carte d'identité sur lui.

[20:31]

Mais du moins qu'il voulait montrer.

[20:33]

Certains hôtels demandent absolument une forme d'identification,

[20:37]

que ce soit via la carte de crédit

[20:39]

ou toute autre façon si c'est payé comptant.

[20:42]

Eh bien, c'est toutefois aussi un vendredi soir

[20:44]

en plein juin près d'une plage.

[20:47]

Alors, les touristes sont au rendez-vous.

[20:49]

Peut-être que c'était réellement plein, l'hôtel.

[20:52]

Oui, parce qu'il ne semble pas... Non, c'est ça, ça se peut.

[20:56]

Peut-être que justement, vous allez voir,

[20:58]

c'est quelqu'un de très minutieux, Peter Bergman.

[21:02]

Peut-être que justement son but, c'était de trouver

[21:04]

une hôtel qui n'allait pas poser trop de questions.

[21:08]

Moi, les fois, on me demande toujours une carte de crédit, au moins.

[21:12]

Mais une pièce d'identité, de mon côté,

[21:15]

à moi, c'est quand même rare que ça m'est arrivé

[21:17]

de me faire demander les pièces d'identité à l'hôtel.

[21:20]

Une fois que la carte de crédit est donnée, on dirait que

[21:22]

bon, on peut se payer, on s'en foutait qui.

[21:24]

Moi, j'ai remarqué quand même depuis un an et demi, deux ans,

[21:27]

en tout cas dans mon cas, ils me demandaient tout le temps les deux.

[21:30]

Je demande que je montre mon permis de conduire

[21:33]

en plus de ma carte de crédit, parce que j'ai l'impression

[21:36]

qu'il y a plus de fraude qu'avant aussi par rapport à ça.

[21:38]

Ils ont dû resserrer un petit peu les règles là-dessus,

[21:43]

mais ça doit aussi dépendre de la politique interne

[21:45]

de chaque hôtel, j'imagine.

[21:47]

J'ai hâte de voir s'il va laisser une carte de crédit

[21:52]

au vrai hôtel où il va.

[21:54]

Effectivement. On y arrive.

[21:57]

Il va donc revenir tout près de la station d'autobus de Sligo

[22:00]

en taxi pour aboutir au Sligo City Hotel,

[22:04]

qu'aujourd'hui s'appelle The Address Sligo.

[22:07]

Il va donner le nom de Peter Bergman

[22:09]

à la réception avec deux N à la fin,

[22:13]

signant les formuleurs de réservation avec la main droite.

[22:17]

Comme on vous a indiqué plus tôt, il s'agit

[22:19]

d'une fausse identité, selon les autorités.

[22:22]

Il paye alors 65 € par nuit à l'avance

[22:25]

pour trois nuits.

[22:27]

C'est drôle parce que Bergman avec deux N, on dirait

[22:30]

que c'est un peu plus une connotation

[22:34]

européenne. Il y a un petit côté un peu

[22:37]

allemand à ça, je trouve.

[22:39]

Oui, ça doit être encore plus pour ajouter une confusion,

[22:42]

pour mélanger.

[22:45]

Parlons justement un peu du nom de famille de Bergman.

[22:49]

C'est un nom d'origine germanique

[22:51]

qui est assez commun en Allemagne et en Autriche,

[22:54]

comme je vous disais d'instinct en fait,

[22:56]

qui signifie « homme de la montagne ».

[22:58]

Mais dans son usage moderne en Allemand,

[23:01]

Bergman désigne surtout un mineur,

[23:04]

donc quelqu'un qui travaille sous terre dans une mine

[23:06]

ou dans l'obscurité.

[23:10]

On peut se questionner un peu, est-ce que,

[23:12]

vu que c'est un faux nom, est-ce qu'il y aurait

[23:15]

un sous-entendu derrière ou un deuxième degré

[23:18]

à ce nom-là qui est emprunté?

[23:21]

Certains internautes voient peut-être un indice

[23:23]

sur ses origines. Est-ce que c'est un nom

[23:26]

qui est significatif pour lui? Est-ce qu'il a choisi

[23:29]

ce nom pour expliquer ses gestes?

[23:33]

Ou encore, est-ce que c'est un nom tellement commun

[23:35]

comme John Smith, qu'il a choisi d'utiliser pour

[23:38]

passer un peu inaperçu ou même envoyer des fausses pistes?

[23:42]

Bonne question. Je me demande s'il y a un sens

[23:44]

à donner avec ce faux nom qu'il a donné à l'hôtel.

[23:48]

Bergman parle d'ailleurs d'un anglais

[23:50]

presque parfait, avec un accent que plusieurs

[23:53]

ont décrit comme peut-être allemand ou autrichien.

[23:56]

Le choix d'un nom comme Bergman pourrait donc

[23:58]

indiquer une origine autrichienne ou allemande

[24:00]

ou du moins vouloir en donner l'impression.

[24:03]

Il donne aussi une adresse,

[24:08]

Einstein's 154472 à Vienne en Autriche.

[24:12]

Donc, ça confirme un peu son lieu d'origine.

[24:15]

Par contre, quand on se met à analyser

[24:18]

cette adresse-là, elle mène nulle part.

[24:22]

Donc, c'est une adresse qui n'existe

[24:24]

tout simplement pas.

[24:26]

Peut-être qu'elle a déjà existé, mais à ce moment-ci,

[24:29]

au moment des faits, c'est une adresse qui mène nulle part.

[24:33]

Et là, le 4472, le 4472,

[24:36]

c'est peut-être aussi un code postal.

[24:38]

Dans ce cas-ci, ça mènerait plutôt à une adresse

[24:40]

dans un tout autre état de l'Autriche que Vienne,

[24:44]

où le code postal aurait commencé par un 1.

[24:47]

Donc, encore une fois, ça brouille les pistes.

[24:49]

De plus, l'adresse à Einstein's 15

[24:52]

n'existe pas, comme si c'était le nom de la rue

[24:56]

ou de l'arrondissement, ni à Vienne

[24:59]

ni ailleurs en Autriche.

[25:01]

C'est probablement une adresse inventée ou volontairement

[25:04]

mal orthographiée pour être impossible à retracer.

[25:07]

Très bizarre. Le nom pourrait vaguement rappeler

[25:11]

Einstein's ou Einstein's, qui sont des villes qui existent,

[25:14]

mais rien de précis ne correspond

[25:16]

dans les registres autrichiens.

[25:18]

Bizarre encore une fois. On ne sait pas si c'est la réception

[25:22]

qui lui a pas demandé d'autres informations d'identification,

[25:25]

justement comme une carte de crédit, ou s'il a refusé de le faire.

[25:29]

Mais peu importe, Bergman réussit à réserver

[25:31]

la chambre 705 sans trop de difficultés

[25:34]

et paye en avance, malgré qu'il ait laissé des informations

[25:39]

quand même sommaires, mais suffisant.

[25:41]

L'hôtel n'a pas vérifié si l'adresse existait.

[25:44]

Non, je ne pense pas.

[25:45]

Si l'adresse existait vraiment.

[25:48]

Comme on disait, on est un peu dans un rush,

[25:51]

il y a beaucoup de clients à ce moment-là,

[25:53]

donc ils ne prennent pas le temps, je pense,

[25:55]

de rechercher toutes les adresses.

[25:59]

Côté personnalité, de ce qu'on en sait,

[26:01]

il décrit Peter Bergman par les gens de l'hôtel

[26:04]

et les témoins comme une personne polie, mais plutôt timide.

[26:08]

Il n'est pas froid, il est juste courtois.

[26:11]

Il ne se lance pas dans des discussions avec les gens autour de lui.

[26:13]

Il ne fait pas de small-talk.

[26:15]

On sent un peu qu'il est dans un but précis,

[26:19]

mais il est courtois. Apparemment, la réceptionniste de l'hôtel

[26:23]

disait qu'à chaque fois qu'il entrait,

[26:24]

il y avait un high-contact, une salutation, quelque chose.

[26:27]

Il n'évite pas les gens non plus.

[26:31]

Mais à quelque part, il ne va pas vers eux

[26:33]

et il ne lance pas de petites discussions.

[26:36]

Il n'y a aucun membre du personnel de l'hôtel

[26:38]

qui réussit à en savoir plus sur lui.

[26:40]

Des fois, les gens discutent beaucoup.

[26:43]

Je suis ici, je viens voir ma mère, je ne sais pas trop quoi.

[26:46]

Mais aucune info dans ce cas-ci.

[26:49]

C'est à partir du lendemain, le samedi 13 juin 2009,

[26:53]

que les comportements de Bergman

[26:55]

seront observés à l'hôtel et ses alentours.

[26:58]

Il n'éveille pas les soupçons.

[27:01]

Il a l'air d'un monsieur qui est en vacances pour quelques jours.

[27:04]

Vers 10h30 ce matin-là, il quitte l'hôtel

[27:07]

pour se rendre au bureau de poste afin d'y acheter 8 timbres

[27:11]

et des autocollants par avion

[27:13]

qu'on met sur une enveloppe à poster.

[27:16]

Et malheureusement, il est impossible d'établir

[27:19]

si les timbres ont réellement été utilisés pour envoyer des lettres.

[27:22]

S'il a utilisé les timbres, ça indique peut-être

[27:25]

que Bergman avait encore de la famille et des proches quelque part.

[27:29]

Ça aussi, c'est assez étrange.

[27:32]

Les lettres en fait.

[27:33]

On n'aura toujours pas de piste là-dessus.

[27:36]

Encore une fois, je me demande s'il n'y avait pas une intention.

[27:41]

C'est plate qu'on ne puisse pas les tracer.

[27:43]

Parce que j'aurais été curieux de voir leur contenu,

[27:46]

s'il y en a eu des lettres.

[27:48]

Mais c'est tellement précis comme achat de nombre de timbres

[27:51]

plus acheter des autocollants par avion.

[27:55]

Ça a l'air d'être un genre d'au revoir aussi

[27:58]

si on fait une extrapolation.

[28:00]

Oui, où il voulait envoyer quelque chose à des gens

[28:02]

peut-être pendant son séjour ou des cartes postales

[28:06]

quand il est en voyage.

[28:09]

Dimanche après-midi, par la suite,

[28:11]

Bergman a quitté l'hôtel pour prendre un taxi

[28:14]

et demande au chauffeur de l'amener à une plage tranquille

[28:18]

où il pourrait nager.

[28:19]

Le chauffeur propose Ross's Point,

[28:22]

qui se situe à environ 15-20 minutes de là.

[28:25]

Selon son témoignage, Bergman aurait carrément déclaré

[28:28]

au chauffeur qu'il venait d'Autriche,

[28:30]

avec le même accent décrit par les gens de l'hôtel.

[28:34]

Les détails varient ici selon les sources,

[28:36]

mais voici ce qu'on sait.

[28:38]

Le chauffeur s'est rendu à Ross's Point

[28:41]

et Bergman a bien aimé ce qu'il a vu.

[28:44]

Certaines sources disent qu'il est sorti de la voiture

[28:46]

pour regarder autour de lui,

[28:48]

d'autres disent qu'il est resté dans la voiture

[28:50]

et a regardé dehors quelques instants.

[28:53]

Il a demandé au chauffeur si c'était possible

[28:55]

de s'y rendre en autobus,

[28:56]

puis a demandé de retourner près de l'hôtel

[28:59]

à la station d'autobus.

[29:01]

Il est probable que Bergman voulait vérifier

[29:03]

l'horaire de l'autobus pour ne pas se tromper,

[29:07]

puisque les autobus passaient seulement aux deux heures

[29:10]

dans cette région-là.

[29:14]

L'un des trucs qui a le plus fasciné

[29:15]

les internautes dans toute cette affaire,

[29:18]

c'est le fameux sac mauve de Peter Bergman

[29:21]

qu'il traîne un peu partout.

[29:23]

Durant tout le week-end, l'homme a fait plusieurs voyages

[29:26]

et promenade à pied, et chaque fois qu'il quittait l'hôtel,

[29:30]

il avait avec lui un sac en plastique mauve.

[29:33]

Puis quand il revenait à l'hôtel,

[29:35]

il n'y avait plus de sac, Seb, selon les caméras de surveillance.

[29:39]

Et on le voit sur les caméras, le sac est mauve.

[29:41]

Oui, on le voit clairement.

[29:44]

Je ne sais pas si c'est une diversion,

[29:47]

parce que tu ne regardes que ça,

[29:49]

et quand il revient, il n'y a jamais de sac mauve.

[29:52]

Parce que si j'y ai pensé, je me suis demandé le choix de la couleur.

[29:54]

C'est peut-être juste un hasard, mais il y avait ça aussi,

[29:57]

le fait de créer une sorte de diversion, comme tu dis.

[30:00]

On dirait que ça focalise là-dessus.

[30:04]

On ne sait pas s'il y avait seulement un sac

[30:07]

qui utilisait seulement le même,

[30:08]

il était dissimulé quand il revenait,

[30:11]

ou c'était un nouveau sac à chaque fois,

[30:14]

il y avait peut-être huit sacs, je ne sais pas.

[30:16]

Mais la théorie populaire est qu'il revenait à l'hôtel

[30:19]

tout simplement avec le même sac,

[30:21]

mais plié dans sa poche ou dans sa veste.

[30:24]

Au total, il aurait fait treize voyages, Seb,

[30:28]

chaque fois avec un sac mauve rempli de trucs,

[30:31]

on ne sait pas ce que c'est, puis il revenait les mains vides à l'hôtel.

[30:34]

On dirait qu'il se débarrassait d'effets personnels,

[30:38]

mais en plusieurs étapes, à différents endroits.

[30:41]

Et encore plus intéressant, aucune caméra de surveillance

[30:45]

n'a capté Bergman en train de se débarrasser

[30:48]

de ce qu'il y a dans le sac.

[30:49]

C'est-à-dire qu'on le voit dans la ville,

[30:51]

on le voit sortir de l'hôtel, on le voit marcher,

[30:54]

même prendre un café, à un certain moment donné,

[30:56]

il est assis à une chaise sur une terrasse,

[30:58]

le sac est à ses pieds, et quand il rentre à l'hôtel,

[31:02]

il n'y a plus de sac. Mais on ne voit jamais

[31:04]

déposer le sac définitivement, on ne sait pas si il va le mettre

[31:07]

dans une boîte à ordures ou si il va l'apporter à quelqu'un

[31:10]

à une adresse précise, ça, on le voit jamais.

[31:14]

Vraiment mystérieux.

[31:15]

C'est comme s'il était conscient qu'il était filmé

[31:19]

presque tout le long de sa journée, mais que,

[31:22]

avec minutie, il savait exactement là où il fallait qu'il aille

[31:25]

pour ne pas se faire voir par les caméras de surveillance.

[31:27]

C'est fou, comme s'il avait pris des chemins vraiment précis

[31:31]

pour éviter de se faire suivre.

[31:34]

C'est particulier, donc il a fait 13 voyages avec ce sac-là.

[31:38]

Sinon, il a été vu sur les caméras de l'hôtel

[31:41]

et dans les environs, parfois en train de fumer,

[31:44]

mais toujours seul.

[31:46]

Il a aussi été aperçu en train de lire attentivement

[31:49]

dans un petit cahier de notes, qui va revenir plus tard

[31:52]

dans cette histoire.

[33:29]

Et là, on se dirige le lundi matin, 15 juin 2009.

[33:33]

Peter va se rendre à la réception et demander un late checkout.

[33:37]

Souvent, vous le savez, les hôtels ont des heures précises

[33:40]

auxquelles il faut quitter la chambre, mais on peut demander

[33:42]

à repousser légèrement son départ au début de l'après-midi.

[33:46]

C'est ce qu'il a fait.

[33:48]

Berman fait un dernier voyage d'une durée indéterminée

[33:51]

avec un sac mauve plein.

[33:53]

Il revient vers 13 heures au lobby de l'hôtel,

[33:57]

redonne sa clé, une carte,

[33:58]

et quitte avec son sac mauve, son tote bag

[34:01]

et un sac style messenger.

[34:05]

Ce n'est pas clair sur les caméras de surveillance

[34:07]

s'il s'agit d'un sac d'ordi avec lequel il est arrivé

[34:10]

ou si c'est un tout autre sac

[34:13]

qui n'a jamais été aperçu auparavant sur les caméras.

[34:16]

Il y a plusieurs débats sur Reddit concernant

[34:19]

ce potentiel nouveau sac, comme quoi il est différent

[34:22]

du sac d'ordi avec lequel il est arrivé.

[34:25]

En observant les images, la qualité est trop mauvaise,

[34:29]

alors c'est difficile à déterminer.

[34:31]

Il va se rendre à pied à la station d'autobus Sligo.

[34:35]

On a fait l'exercice sur Google Maps

[34:37]

et ça prend environ une marche entre 8 et 10 minutes

[34:39]

pour s'y rendre, mais Berman a pris plus de 25 minutes

[34:43]

pour s'y rendre, donc qu'est-ce qu'il a fait?

[34:45]

C'est presque trois fois le temps.

[34:48]

Lorsqu'il a été observé sur les caméras à la station d'autobus,

[34:52]

il n'avait plus son sac tote bag.

[34:54]

Il ne lui restait donc que le sac mauve

[34:56]

et le sac d'ordi style messenger.

[34:59]

Si on pense qu'il a pris une route plutôt directe

[35:02]

pour se rendre à la station d'autobus,

[35:04]

il aurait croisé plusieurs endroits pour se débarrasser

[35:07]

de son tote bag, dont plusieurs poubelles et ruelles

[35:11]

avec des poubelles de commerce par exemple.

[35:13]

Il aurait aussi à cette heure-ci croisé quand même

[35:16]

beaucoup de piétons en plein été.

[35:19]

Mais son chemin exact n'a pas été retracé

[35:22]

puisqu'il n'avait pas de caméras partout.

[35:24]

Il a toutefois été aperçu, figé, devant un commerce

[35:28]

comme s'il était en pleine réflexion.

[35:31]

Ah oui, c'est spécial.

[35:33]

Il se demandait s'il devait rentrer dans le commerce ou pas.

[35:37]

Une fois à la station d'autobus,

[35:40]

Bergman va se rendre au café

[35:41]

et commander un cappuccino et un sandwich

[35:44]

et s'installer à une table où un autre homme est déjà installé.

[35:48]

Les places ont l'air limitées dans le petit café.

[35:51]

L'autre homme ne s'occupe pas de Bergman

[35:53]

et continue tout bonnement à lire son journal.

[35:56]

Sur les caméras, on voit Peter sortir

[35:59]

son petit carnet de notes,

[36:01]

le même qu'il avait utilisé durant le week-end,

[36:04]

déchirer une page de celui-ci et la jeter aux poubelles.

[36:08]

Malheureusement, cette page n'a jamais été

[36:10]

retrouvée malgré les efforts des autorités.

[36:13]

Est-ce qu'il avait fait une tout doux liste

[36:16]

à une liste de trucs à faire?

[36:17]

Avaient-ils terminé sa liste?

[36:19]

Il y a plein de questions sur cette petite liste-là,

[36:21]

un peu mystérieuse.

[36:23]

C'est très mystérieux.

[36:25]

Tout ça a été filmé et il était juste devant la caméra de surveillance.

[36:29]

Il était vraiment en gros plan, on voyait les deux hommes.

[36:32]

Tout le long, je me demandais s'il passait son sac mauve

[36:35]

à l'homme en face de lui.

[36:36]

Est-ce qu'on va assister à une transaction douteuse?

[36:39]

Mais non, il sent son petit cahier de notes.

[36:42]

Car s'il savait ce qu'il faisait,

[36:44]

je me demande si c'est pas encore pour...

[36:47]

Parce que c'est rare qu'on analyse quelqu'un dans ses moindres mouvements.

[36:50]

On pourrait trouver toutes sortes de théories sur à peu près tout le monde.

[36:53]

J'ai l'impression qu'on se mettait à suivre un peu.

[36:54]

Si quelqu'un me suit dans le quartier, il va peut-être se trouver que je fais des choses louche.

[36:57]

C'est ça, tous nos gestes hors contexte peuvent avoir l'air étranges.

[37:00]

Des fois, tu oublies quelque chose à la maison, donc tu repars.

[37:03]

Mais là, tu passes par une ruelle louche pour aller plus vite.

[37:06]

Pourquoi la personne sort, retourne chez elle, mais par un autre chemin?

[37:11]

C'est ça, c'est quand même étrange.

[37:14]

Bergman a ensuite acheté un billet d'autobus

[37:16]

qui quittait à 14h40 pour Roses Point,

[37:20]

mais seulement un billet.

[37:22]

Pas de billet de retour, seulement un aller en fait.

[37:24]

C'est à ce moment-là où on a le plus de témoignages

[37:28]

de la présence de Peter.

[37:30]

Au total, 16 témoins ont vu Bergman à Roses Point.

[37:34]

Beach, lundi après-midi et le soir.

[37:37]

Ils ont tous été interrogés par les autorités.

[37:40]

Selon les témoins, il avait ses deux sacs.

[37:43]

Il était habillé propre, peut-être même trop pour la plage,

[37:47]

parce que c'est pas trop confortable.

[37:49]

Oui, il était habillé vraiment un peu comme chemise,

[37:53]

veston, pantalon propre.

[37:56]

Peter Bergman me semble que je l'avais vu

[37:59]

porter un chapeau un certain moment donné.

[38:02]

Il a l'air un peu d'un marchand d'art,

[38:07]

ou un peu d'un comptable vieille école.

[38:10]

Il n'a pas l'air d'un bohémien

[38:12]

qui s'en va sur la plage nager.

[38:17]

Lorsqu'il était sur la plage, malgré son habillement trop propre,

[38:20]

il avait l'air de bonne humeur.

[38:21]

Il se promenait vraiment partout sur la plage,

[38:23]

pas juste sur le sable, mais il allait parfois près des roches

[38:27]

ou s'asseoir sur un banc.

[38:29]

Il marchait parfois les pieds nus dans l'eau.

[38:31]

Selon ses témoins, il n'avait pas du tout l'air de se cacher

[38:34]

ou même d'éviter le regard des gens. Il était même souriant.

[38:38]

Il a été aperçu à 22h30,

[38:41]

encore sur la plage, par Kevin Dufusseye

[38:45]

et sa copine,

[38:47]

soit huit heures après son arrivée.

[38:49]

Kevin a décrit Bergman comme ceci,

[38:52]

environ 5 pieds 10, cheveux gris courts entretenus,

[38:56]

vests en cuir propre, vêtements foncés

[38:59]

et des lunettes aux bordures noires,

[39:01]

les fameuses lunettes qu'on n'a jamais retrouvées.

[39:03]

Il se rappelle même avoir salué l'homme

[39:06]

qui lui a répondu d'un hauchement de tête poli.

[39:09]

On ne peut pas confirmer que Kevin et sa copine

[39:11]

ont été les dernières personnes à voir Peter Bergman vivant,

[39:15]

mais leur témoignage est certainement l'un des plus rapprochés de sa mort.

[39:20]

Le lendemain, le corps a été retrouvé,

[39:23]

échoué sur la plage,

[39:24]

mais ses sacs n'ont jamais été retrouvés eux.

[39:27]

Ça, c'est spécial.

[39:29]

C'est comme si cette dernière journée-là,

[39:31]

ça ne lui dérangeait pas d'entrer en contact avec les gens,

[39:35]

d'être vu par plusieurs témoins.

[39:38]

On dirait qu'il y avait complètement une autre attitude sur cette plage-là.

[39:41]

Pas un laisser-aller, mais une sorte de lâcher-prise

[39:44]

que j'avais l'impression.

[39:46]

Je vais parler un peu de l'autopsie, Seb,

[39:48]

parce qu'on se demande tous quelle est la cause de la mort de Peter Bergman.

[39:52]

Comment il s'est retrouvé échoué sur cette plage-là?

[39:56]

Elle a été pratiquée tout de même assez tôt après la découverte,

[39:59]

donc le 17 juin 2009,

[40:01]

à l'hôpital universitaire de Sligo,

[40:04]

par le pathologiste Clive Kilgallen.

[40:07]

Les résultats sont étranges.

[40:09]

Le corps ne présente aucun signe de noyade,

[40:12]

de violence ou de traumatisme externe,

[40:15]

ce qui exclut l'hypothèse d'un crime

[40:17]

ou même d'un accident physique,

[40:20]

comme par exemple se noyer ou se cogner la tête.

[40:23]

Oui, c'est ça, tu peux faire une mauvaise chute.

[40:25]

Exactement. Donc, ce ne serait pas ça selon l'autopsie.

[40:28]

Pourtant, à l'intérieur, le diagnostic est tac en blanc.

[40:32]

L'homme souffrait d'un cancer avancé de la prostate

[40:35]

avec des métastases osseuses et pulmonaires

[40:39]

ainsi que de pathologies cardiaques antérieures.

[40:42]

Il avait aussi, selon l'examen,

[40:44]

perdu beaucoup de poids récemment.

[40:47]

Selon les estimations, l'homme aurait eu peut-être

[40:49]

encore quelques semaines à vivre seulement.

[40:52]

Ça aussi, c'est fou, mais ce n'est pas surprenant

[40:54]

quand les métastases sont partout dans les os,

[40:56]

les poumons, c'est le signe de la faim,

[40:59]

mais c'est incroyable.

[41:01]

Cette conclusion-là, dans le fond,

[41:04]

on ne comprend pas, en fait.

[41:07]

D'après moi, il savait qu'il allait mourir.

[41:10]

C'est comme un genre d'au revoir, mais je trouve

[41:12]

que ça ajoute un autre élément de plus sur l'aspect...

[41:16]

Je trouve ça une histoire un peu mélancolique.

[41:18]

Mais ce n'est pas fini encore.

[41:20]

Selon certaines sources, il lui manquait aussi un rein,

[41:23]

mais les détails sont un peu conflictuels de ce côté-là.

[41:26]

L'homme avait eu plusieurs interventions dentaires

[41:29]

au courant de sa vie, dont deux dents en or.

[41:31]

C'est pertinent, car on sait que les dossiers dentaires

[41:34]

sont souvent utilisés pour identifier les personnes.

[41:37]

Mais encore une fois, malgré la dent en or,

[41:40]

ce qui est quand même spécial,

[41:45]

ça réduit les options de recherche,

[41:48]

mais ça n'a mené à rien.

[41:50]

On n'a pas retrouvé de dentiste en lien avec ça,

[41:54]

le dossier dentaire n'a pas été reconnu

[41:58]

avec ce qu'il y avait dans les banques de données.

[41:59]

C'est vraiment spécial.

[42:02]

Ce qui choque aussi les enquêteurs,

[42:04]

c'est l'absence totale de médicaments dans son système.

[42:08]

Étant donné son état critique,

[42:09]

on pourrait retrouver des antidouleurs,

[42:13]

des médicaments pour son traitement et autres.

[42:16]

C'est bizarre.

[42:18]

C'est comme s'il n'y avait absolument rien dans son sang.

[42:23]

Il avait peut-être abandonné sa chimiothérapie.

[42:25]

Si il y avait une chimiothérapie,

[42:27]

c'est un peu ma théorie par rapport à ça.

[42:30]

Des fois, quand tu sais que c'est la fin,

[42:33]

tu laisses ton corps se perdre.

[42:36]

Je reviens sur un truc que tu as dit,

[42:38]

il manquait un rein.

[42:39]

Ça ne semble pas clair s'il manquait un rein.

[42:44]

Peut-être qu'il en aurait fait un don.

[42:46]

Il y a des traces généralement

[42:48]

qu'il y a des dons d'organes,

[42:49]

à moins que ce soit fait légalement.

[42:52]

C'est étrange.

[42:57]

Certains internautes vont aussi souligner

[42:59]

qu'en observant l'homme se promener sur les caméras,

[43:03]

certains vont estimer qu'il n'a pas l'air de souffrir.

[43:06]

En tout cas, il ne laisse pas paraître du tout

[43:09]

qu'il souffre.

[43:10]

Il ne s'arrête pas pour tousser pendant plusieurs minutes.

[43:13]

Il ne reprend pas son souffle à chaque quatre pas.

[43:16]

Il ne marche pas d'une manière particulière

[43:20]

ou il serait blessé quelque part.

[43:23]

Selon sa démarche,

[43:25]

il ne lève pas de drapeau rouge sur son état de santé.

[43:29]

Ces vêtements aussi ont été analysés.

[43:32]

Malgré l'absence d'étiquettes,

[43:34]

il a été déterminé que la plupart venaient de la marque CNE.

[43:38]

Il s'agit d'une chaîne internationale

[43:40]

de prêt-à-porter fondée au Pays-Bas

[43:42]

avec des sièges sociaux en Belgique et en Allemagne.

[43:46]

L'entreprise possède un vaste réseau

[43:48]

de 1575 magasins répartis dans 21 pays européens

[43:53]

ainsi qu'une présence en Asie et en Amérique,

[43:56]

notamment au Brésil et au Mexique.

[43:58]

C'est donc beaucoup trop vaste comme réseau de distribution

[44:00]

pour réussir à croiser des données

[44:02]

avec Peter Bergman par exemple.

[44:05]

Je salue l'effort parce qu'il y a des cas

[44:07]

où les victimes ou les suspects ont des vêtements

[44:11]

provenant de plus petites marques aux boutiques.

[44:13]

Parfois, c'est possible d'arriver à retracer

[44:15]

même la transaction de cette vente

[44:18]

d'un manteau bleu de taille XL ou autre.

[44:24]

Des fois, ça va même nous amener

[44:25]

à des images de surveillance de la boutique ou des environs.

[44:28]

Ça peut être super pertinent

[44:30]

de regarder les marques de vêtements,

[44:32]

mais dans ce cas-ci, c'est trop vaste

[44:34]

pour pouvoir croiser des données

[44:38]

avec cette marque distribuée dans 1500 boutiques.

[44:42]

L'autopsie va également révéler

[44:44]

la cause du décès de l'homme, c'est-à-dire un arrêt cardiaque.

[44:48]

Donc, aucune trace de noyade.

[44:52]

C'est spécial.

[44:53]

Oui, un arrêt cardiaque peut être causé par le cancer,

[44:56]

mais généralement, les gens qui ont le cancer

[45:00]

ne vont pas mourir.

[45:02]

Ça dépend, c'est du cas par cas.

[45:05]

Mais souvent, il y a une certaine forme

[45:08]

de dégénération.

[45:12]

Lui, il semblait quand même en forme la veille.

[45:15]

Donc, l'arrêt cardiaque fait sens

[45:17]

dans le sens que c'est subi comme ça,

[45:20]

une mort un peu subite, je présume.

[45:22]

Mais c'est ça, ça semble, c'est pas clair si c'est en lien

[45:25]

avec le cancer puis les trois boutiques.

[45:27]

Non, c'est ça, exact. Est-ce qu'il voulait vraiment mourir?

[45:30]

Il y a ça aussi, vu que c'est un arrêt cardiaque

[45:32]

qui est comme soudain. Exact.

[45:36]

Tout ça va évidemment lancer une enquête policière.

[45:39]

Mais on vous avertit tout de suite, vous avez déjà

[45:41]

pas mal tout entendu les détails de celle-ci.

[45:44]

L'enquête policière a révélé les déplacements de l'homme

[45:47]

et la cause de son décès, mais ça s'arrête pas mal là,

[45:51]

malgré des mois d'enquête.

[45:53]

L'homme en question n'est pas considéré comme quelqu'un

[45:56]

disparu, puisque sa disparition, elle n'a jamais été

[45:59]

signalée par un proche. Exact.

[46:01]

Donc, la police a commencé avec ce qu'elle avait sous la main,

[46:04]

le nom de Peter Bergman, mais a rapidement constaté

[46:07]

que c'était un nom fictif, même chose avec l'adresse fictive.

[46:11]

Il est absent des bases de données nationales

[46:13]

et internationales. Aucun dossier dentaire n'a été trouvé.

[46:17]

Il ne correspond à aucun passeport, aucune pièce d'identité.

[46:20]

Et même sa description générale ne correspond pas

[46:23]

à une personne disparue. C'est fou, hein?

[46:26]

Ouais. La police va tenter d'obtenir de l'aide

[46:28]

d'Interpol, mais Interpol ne va pas pouvoir émettre un avis

[46:32]

à propos de l'homme retrouvé, puisqu'il n'est pas concis...

[46:35]

Excusez. Non, ça va, je vais recommencer.

[46:37]

Je vais recommencer la phrase, André.

[46:39]

Mais Interpol ne va pas pouvoir émettre un avis

[46:42]

à propos de l'homme retrouvé, puisqu'il n'est pas considéré

[46:45]

comme disparu ou même recherché.

[46:48]

Il faut toutefois souligner quelque chose

[46:50]

d'un peu décevant dans l'enquête policière.

[46:52]

Selon le journal Le Monde, les autorités autrichiennes

[46:56]

n'auraient jamais été contactées par la police irlandaise

[46:59]

à propos de cette mystérieuse personne sans identité.

[47:03]

Ça, j'avoue que c'est ordinaire, honnêtement.

[47:05]

Pourtant, ils ont mis quand même des efforts.

[47:07]

Ça n'aurait pas été si long.

[47:09]

Les enquêteurs se sont tournés vers les vidéos de surveillance.

[47:13]

Ils arrivent à reconstruire certains déplacements,

[47:15]

notamment ses sorties répétées avec son sac mauve,

[47:18]

toujours plein et ses retours les mains vides,

[47:21]

mais ça s'arrête pas mal là.

[47:23]

Les vidéos permettent d'établir une certaine chronologie,

[47:26]

mais elles n'expliquent pas les raisons ni les intentions

[47:29]

de Bergman. Malgré la coopération du public

[47:32]

et la médiatisation de l'affaire, aucune piste

[47:35]

ne permet de mettre un nom réel sur l'homme.

[47:38]

En 2013, la police irlandaise publie même

[47:42]

des images de reconstitution dans l'espoir

[47:44]

que quelqu'un, quelque part, le reconnaisse.

[47:47]

Mais personne ne se manifeste.

[47:49]

Oui, c'est rare, ça, pourtant.

[47:51]

D'habitude, il y a tout le temps quelqu'un

[47:53]

qui est tellement étrange. Juste par sa personnalité,

[47:57]

je n'ai pas l'impression que c'était quelqu'un

[47:58]

qui était tant solitaire que ça dans la vie malgré tout,

[48:01]

mais on ne sait jamais, il n'y a peut-être plus de famille.

[48:04]

À ce jour, aucun membre de sa famille ou proche de l'homme

[48:07]

ne s'est manifesté. Peter Bergman a été enterré

[48:11]

dans le cimetière de Sligo en septembre 2009,

[48:15]

avec une tombe anonyme.

[48:18]

Oui, ça, c'est hallucinant parce que,

[48:19]

c'est clair qu'il connaissait des gens.

[48:23]

Il a acheté des timbres potentiellement pour envoyer des cartes.

[48:27]

Il a disposé de plusieurs sacs

[48:30]

ou de plusieurs effets personnels pendant son séjour à Sligo.

[48:33]

Est-ce qu'il allait détruire ces choses-là?

[48:36]

Est-ce qu'il allait les jeter ou il allait les porter à des gens?

[48:38]

J'ai l'impression qu'il allait peut-être le porter à des gens.

[48:41]

Sinon, pourquoi se rendre dans cette ville-là spécifiquement

[48:44]

si c'est pour te débarrasser de certains trucs?

[48:47]

C'est clair. Où aller les poster par avion?

[48:49]

On dirait que c'est là que j'ai cliqué qu'il y avait des petits trucs par avion.

[48:53]

Je me suis demandé, est-ce qu'il amenait des choses,

[48:55]

il allait dans un bureau de poste, il chipait à quelqu'un,

[48:58]

quelque part par avion.

[49:01]

Il y a ça aussi que je viens d'allumer.

[49:03]

Mais dans les bureaux de poste, c'est des caméras en même temps.

[49:05]

Tu as raison. Il aurait fouillé.

[49:07]

On dirait que c'est clair que des gens à Sligo,

[49:10]

qui savent c'est qui.

[49:12]

C'est clair qu'il y avait des proches là,

[49:15]

des gens qui ont reçu des effets personnels.

[49:18]

J'ai de la misère à croire.

[49:20]

Il semblerait avoir un filet de secrets autour de lui.

[49:25]

Parce que ça a dû vraiment ébranler.

[49:27]

Si nous, on en parle du fin fond du Québec.

[49:30]

C'est sûr que dans le village,

[49:32]

ça devait se parler beaucoup quand ils ont retrouvé l'homme.

[49:34]

Selon moi, en un claquement de doigt,

[49:37]

on pourrait retrouver c'est qui.

[49:40]

Il n'a pas forcément contacté des gens,

[49:43]

mais il était là pour faire des choses précises.

[49:46]

Il avait un objectif dans son voyage.

[49:49]

Oui, ça avait l'air. Même les sacs moches,

[49:51]

je suis surpris que personne dans la ville,

[49:53]

malgré la médiatisation, j'ose croire qu'ils en ont parlé,

[49:55]

personne en a vu ou croisé.

[49:57]

Dans les poubelles ou quoi que ce soit,

[49:59]

il aurait pu avoir ça aussi, quelqu'un qui tombe dessus.

[50:02]

Mais non, rien.

[50:03]

Ils ont fouillé, les policiers ont le moins mentionné.

[50:06]

Mais ils ont fouillé toutes les poubelles de la ville.

[50:10]

Ils sont même allés à la décharge pour fouiller

[50:13]

s'ils ne trouvaient pas des sacs moches

[50:15]

ou des vêtements qui pourraient appartenir.

[50:19]

Ils n'ont rien trouvé.

[50:20]

Ils ont quand même fait un bon boulot de terrain.

[50:24]

Je suis surpris qu'ils n'aient pas contacté des gens

[50:26]

en Autriche, par contre, parce que j'ai l'impression

[50:28]

que la solution est peut-être là.

[50:30]

Quoi qu'encore une fois, peut-être qu'il a complètement

[50:33]

envoyé un faux signal de ce côté-là aussi.

[50:38]

Ça amène plusieurs théories, Seb.

[50:41]

Peter Bergman, il fascine les internautes depuis longtemps.

[50:45]

Les amateurs de True Crime, c'est une histoire

[50:47]

qui est quand même reconnue dans le milieu.

[50:49]

Il n'a pas son propre sous-reddit comme d'autres cas

[50:52]

un peu plus médiatisés, mais on le retrouve souvent

[50:55]

par exemple en Unresolved Mysteries

[50:57]

ou True Crime Discussion, où c'est toujours un cas

[51:00]

qui fascine beaucoup les gens.

[51:02]

La théorie la plus populaire autour de son décès,

[51:05]

c'est celle du suicide ou du moins

[51:11]

de quelqu'un qui veut un peu

[51:14]

terminer sa vie sous ses propres termes.

[51:17]

C'est plus ça que suicide.

[51:20]

Selon cette hypothèse, Bergman aurait minutieusement

[51:23]

orchestré tous ses derniers jours, planifié sa mort

[51:26]

pour quitter en paix, sachant que justement

[51:29]

il y avait le cancer. Il aurait également tout fait

[51:32]

pour cacher toute trace de son identité

[51:34]

en se débarrassant de ses effets personnels,

[51:37]

en coupant les étiquettes de ses vêtements

[51:41]

Mais pourquoi cacher son identité

[51:45]

jusqu'à la mort ?

[51:47]

Comment serait-il mort d'un arrêt cardiaque

[51:49]

si le décès était souhaité ?

[51:51]

Il y a des théories sur ça aussi.

[51:53]

Peut-être qu'il aurait espéré Bergman être emporté

[51:56]

par le courant ce soir-là et se noyer,

[51:59]

mais ça se peut qu'il y aurait subi un choc

[52:01]

en raison de la température de l'eau,

[52:03]

en raison d'avoir marché sur une surface

[52:07]

qui a des équilibres ou autre.

[52:10]

Pour rappel, il a été aperçu tard le soir,

[52:13]

juste avant minuit. L'eau était possiblement

[52:16]

froide à ce moment-là,

[52:17]

et son corps possiblement affaibli aussi.

[52:19]

C'est ça, il est quand même fragile.

[52:22]

Il y a une autre théorie populaire

[52:24]

qui suggère que Bergman n'aurait peut-être

[52:27]

pas fui sa propre vie, mais peut-être fui des gens.

[52:31]

Des internautes pensent qu'il aurait peut-être

[52:33]

été lié de près ou de loin à une organisation

[52:36]

criminelle et que son étrange voyage à Sligo

[52:39]

était en fait une tentative de se cacher

[52:41]

ou de fuir certaines représailles.

[52:44]

D'autres pensent qu'il était peut-être un hitman

[52:47]

ou un criminel qui travaillait seul, un mercenaire.

[52:51]

Encore une fois, son faux nom,

[52:53]

la fausse adresse en Autriche, les effets personnels

[52:56]

disparus. Il savait qu'on pouvait le traquer,

[52:59]

et dans cette version, sa mort n'était pas nécessairement

[53:02]

planifiée, mais forcée d'une certaine façon.

[53:05]

Puis une autre théorie que moi j'aime bien,

[53:08]

parce que ce film-là, en fait cette histoire-là

[53:11]

m'a tout l'air d'un film.

[53:14]

On se croit quelque part dans un film

[53:18]

justement d'espion ou autre,

[53:20]

mais c'est un peu ça la théorie peut-être

[53:22]

qu'aurait été un ancien agent secret.

[53:25]

Parce qu'évidemment, il y a plusieurs éléments là-dedans

[53:27]

qui nous rappellent un film d'espionnage,

[53:29]

un homme seul qui utilise un faux nom.

[53:32]

Il y a un peu un look aussi d'anciens espions

[53:34]

à quelque part. Il donne une fausse adresse,

[53:37]

voyage sans laisser de traces, se débarrasse

[53:40]

méthodiquement de ses effets personnels,

[53:42]

un mort sans que personne ne puisse l'identifier.

[53:46]

C'est une mort aussi l'orchestré lui-même

[53:51]

qui a bien créé son mystère.

[53:53]

Ah oui, j'ai étudié, mon Dieu.

[53:54]

On voit qu'il y avait des techniques.

[53:56]

Est-ce qu'il y a quelqu'un qui ne souhaite pas être retrouvé

[53:59]

ou qui a quelque chose à se cacher?

[54:01]

On parle d'un criminel ou d'un espion.

[54:04]

Est-ce qu'il se donnerait autant de mal?

[54:07]

C'est ça que je n'arrive pas à...

[54:09]

J'ai l'impression que non.

[54:11]

Parce que ce n'est pas un crime en soi jusqu'à date.

[54:13]

Il n'est pas coupable de rien de ce qu'on a vu.

[54:16]

Qu'est-ce que ça aurait fait si on l'aurait vu disposer

[54:18]

de son sac mauve derrière un commerce

[54:21]

ou cogner une porte et le donner?

[54:23]

Est-ce que ça aurait révélé une conspiration?

[54:27]

On dirait que je ne déteste pas cette théorie-là.

[54:31]

C'est rare que je croie aux théories des espions.

[54:33]

Mais dans ce cas-ci, je trouve qu'il y a tellement d'efforts

[54:36]

mis à camoufler les mouvements, les objets, les origines,

[54:41]

que j'ai l'impression que ça se pourrait.

[54:44]

Il y en a eu des espions dans l'histoire de l'humanité.

[54:47]

Oui, mais je repense à ça aussi.

[54:51]

Il n'y avait pas tant de bagages avec lui au total.

[54:54]

Dans les 13 voyages...

[54:56]

Qu'est-ce qu'il y avait dans les...

[54:59]

On se le questionne, mais c'est le fait que ces bagages

[55:01]

n'étaient pas énormes. Il n'a pas transporté toute sa vie

[55:05]

peut-être aussi là, mais il y a ça aussi

[55:07]

qui m'intriguait.

[55:10]

Pourquoi avoir choisi cette ville-là aussi?

[55:13]

C'est vraiment étrange, mais espions, tu peux.

[55:17]

J'ai l'impression vraiment qu'il dort des gens qui...

[55:20]

Comme tu dis, qu'est-ce qui fait que tu veux vraiment disparaître

[55:23]

à moins d'être en conflit?

[55:25]

Parce que ça me fait penser un peu aux évaporés.

[55:27]

Oui, c'est un peu un évaporé.

[55:28]

C'est ça, les gens qui choisissent de quitter tout

[55:31]

et d'aller mourir seul ou de changer de vie complètement.

[55:36]

Oui, il y en a qui prétendent

[55:39]

que peut-être que s'il était un agent secret,

[55:42]

il aurait tenté de quitter sa vie dans le secret aussi

[55:45]

d'une certaine façon.

[55:48]

Chose certaine, c'est que c'est quelqu'un

[55:50]

qui voulait pas être retracé.

[55:52]

Certains croient qu'il est important d'identifier

[55:53]

pour avertir les membres de sa famille qui est mort,

[55:57]

mais d'autres croient qu'au contraire,

[55:58]

si on veut réellement respecter ses dernières volontés,

[56:01]

on doit garder son identité anonyme.

[56:06]

C'est une question à quelque part qui fait réfléchir

[56:08]

à beaucoup d'internautes, tant sur Reddit que YouTube

[56:11]

et même chez nous à distorsion.

[56:14]

C'est vraiment fascinant.

[56:16]

Peut-être que Bergman veut juste avoir la paix.

[56:19]

Encore plusieurs années après, on en parle encore.

[56:22]

C'est pas réussi.

[56:24]

Au bout du compte, Seb, on ne sait pas

[56:26]

qui était vraiment Peter Bergman,

[56:28]

ni ce qui a voulu fuir ou encore effacer.

[56:32]

Chaque hypothèse a ses points forts,

[56:33]

mais aucune ne semble réellement tout expliquer.

[56:36]

On ne sait pas si un jour l'identité de l'homme sera connue,

[56:40]

mais c'est donc jamais grâce à l'ADN,

[56:41]

grâce à parfois des gens de la famille qui brisent le silence,

[56:45]

une correspondance génétique ou autre.

[56:48]

On l'a vu, on est un peu l'année où certains cold cases

[56:52]

se font résoudre.

[56:55]

D'ailleurs, en after-show,

[56:57]

tu vas nous parler du cas de l'homme de Somerton

[57:00]

qui, lui, a été résolu plusieurs années plus tard.

[57:03]

C'est une histoire des années 40 résolue dans les années 2020,

[57:06]

assez fascinante grâce à la technologie.

[57:08]

Mais pour revenir à Bergman,

[57:10]

j'aime bien l'hypothèse de l'espion.

[57:13]

Seb, est-ce que tu as une hypothèse ou une théorie

[57:17]

sur sa mort?

[57:19]

Je suis tellement mitigé.

[57:22]

La théorie de l'espion me parle aussi

[57:24]

à cause de ses comportements et tout ça.

[57:27]

Mais d'un autre côté, je me demande aussi

[57:29]

s'il a fait une connerie dans sa famille

[57:33]

et qu'il est quelque chose qui ne se pardonne pas

[57:35]

et qu'il voulait complètement quitter ces gens-là.

[57:40]

Ce qui me fait moins pencher vers ça,

[57:42]

c'est que j'avais l'impression vraiment

[57:43]

que c'était quelqu'un qui n'avait pas beaucoup de famille

[57:44]

à cause qu'il n'y ait personne sur la Terre

[57:46]

qui a réclamé ou quoi que ce soit de son absence.

[57:49]

C'est là aussi que je suis.

[57:52]

Mais qui était-il pour ça?

[57:56]

J'ai de la misère à aller sur une théorie telle qu'elle.

[58:00]

Une chose est sûre, c'est que je pense

[58:01]

qu'il voulait mourir, même si c'est peut-être pas

[58:04]

à cause de son cancer avancé. Je ne peux pas croire

[58:06]

qu'il n'était pas au courant de ça,

[58:08]

généralement, quand t'es malade comme ça.

[58:10]

Il a voulu peut-être bien fermer les dossiers aussi.

[58:13]

C'était ça, mon autre théorie, c'était un espion.

[58:15]

Vraiment, tout fermer ses dossiers comme il faut avant de quitter.

[58:20]

J'allais dire même ses employeurs,

[58:22]

mais c'est sûr que si c'était un agent secret pour un pays

[58:24]

ou quoi que ce soit, ils ne brûteront pas ça.

[58:27]

Je suis vraiment mitigé. Je pense que tu penches

[58:30]

beaucoup vers l'espion. Sinon, t'as-tu d'autres...

[58:31]

On dirait parce que un qui d'âme, mettons,

[58:34]

qui aurait voulu aller porter des effets personnels

[58:40]

de Sligo au moment donné, qui aurait dit,

[58:41]

oui, le monsieur que vous avez trouvé mort,

[58:44]

arrêtez de chercher, c'est mon oncle Antoine.

[58:48]

Il avait le cancer, il est venu nous porter

[58:50]

des effets personnels en souvenir, mais arrêtez de chercher.

[58:54]

C'est mon oncle et c'est lui, il est mort.

[58:56]

Mais là, on dirait qu'il y a forcément d'autres gens

[58:59]

qui gardent le silence dans la ville de Sligo.

[59:01]

Ça, c'est sûr que oui, parce que c'est ça,

[59:03]

je peux appeler ça une transaction.

[59:05]

La transaction des sacs mauves, c'est à moi vraiment

[59:08]

qu'il y a ejeté ça quelque part de plus difficile à trouver.

[59:11]

C'est sûr, comme tu dis, qu'il y a quelqu'un

[59:13]

qui peut-être était le récipiendaire de tout ça.

[59:18]

C'est drôle quand même de finir tes jours,

[59:22]

de vouloir finir tes jours dans le cas

[59:23]

d'un suicide dans une ville où tu n'es jamais allé.

[59:28]

Moi, j'aurais tendance à soit revenir à un endroit

[59:31]

qui signifie quelque chose pour moi

[59:35]

ou d'aller dans un endroit où j'ai toujours voulu aller.

[59:37]

Par exemple, tu as envie de finir sur une plage,

[59:42]

tu peux aller à plein plein plein d'endroits.

[59:44]

Tandis que lui, c'est un village en Irlande

[59:46]

où il n'était jamais allé, puis il demande au chauffeur

[59:48]

de taxi, mettons qu'il voulait vraiment mourir

[59:52]

sur la plage, est-ce que c'est le genre d'info

[59:54]

que tu demandes au chauffeur de taxi le jour-même?

[59:58]

Il y a tellement planifié de trucs

[01:00:00]

que j'imagine qu'il aurait planifié ça aussi.

[01:00:03]

Je ne sais pas, je suis complètement mélangé

[01:00:05]

par cette histoire-là.

[01:00:06]

C'est difficile d'avoir une théorie, je ne sais pas

[01:00:08]

ce que vous les Distordieux en pensez,

[01:00:10]

si vous connaissez ce cas-là, mais c'est fascinant.

[01:00:13]

Dites-nous ce que vous en pensez, les amis.

[01:00:15]

On vous rappelle qu'on est toujours en hors saison,

[01:00:17]

mais on a encore plein de contenu qui s'en vient.

[01:00:18]

Vous savez où nous trouver?

[01:00:20]

On est sur Instagram, Facebook, YouTube, sur TikTok

[01:00:23]

ou d'autres ailleurs, sur toutes les plateformes

[01:00:25]

de podcasts, au distortion.com d'ailleurs.

[01:00:29]

Et surtout sur Patreon.

[01:00:31]

On vous invite évidemment à rentrer dans le club

[01:00:34]

pour avoir accès à tous nos épisodes en avance

[01:00:37]

sans pub, accès au bonus, accès à l'épisode secret

[01:00:40]

qui est aussi juste pour vous, qui est peut-être

[01:00:42]

déjà même sorti au moment où je vous parle.

[01:00:44]

Peut-être pas, mais sur le point, chose certaine,

[01:00:46]

il est déjà enregistré.

[01:00:48]

Et d'ailleurs, pour terminer, on donne des bons shout-outs

[01:00:51]

à nos membres Patreon juste avant le mot de la fin.

[01:00:54]

Seb, je te laisse commencer.

[01:00:56]

Oh yes, beaucoup d'amour à Kat DL, à Nicolas,

[01:01:01]

Lauriane D, Christophe W et le mystérieux Ray.

[01:01:05]

Shout-out à SJ Lab,

[01:01:08]

à Charlotte BM, à Mireille G,

[01:01:12]

Annie B et à Roxanne M.

[01:01:14]

Un gros hi-five à Sophie DB, Emma,

[01:01:19]

Maude, Molly et Chloé S.

[01:01:22]

Un gros câlin à Émilie G,

[01:01:25]

à Dunkel, à Le Isère-Marie,

[01:01:28]

à Kamé P, à Geneviève D.

[01:01:31]

Et je poursuis et conclue

[01:01:33]

avec beaucoup d'amour à DOOM,

[01:01:36]

Stéphanie HC, Julie T,

[01:01:40]

Ariane PR et Mom 64.

[01:01:44]

Merci à vous.

[01:01:49]

Et pour terminer, Seb, aurais-tu un mot de la fin

[01:01:51]

pour nous ce soir?

[01:01:53]

Si un jour, vous apercevez un vieil homme marcher

[01:01:55]

sur une plage avec un sac mauve à la main,

[01:01:58]

il s'agit peut-être de Peter Bergman

[01:02:01]

qui a faussé sa propre mort.

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