đŸ–„ïžVivons-nous dans une simulation? | Complots distordus Ep. 2

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đŸ–„ïžVivons-nous dans une simulation? | Complots distordus Ep. 2

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1 h 15 min
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Pour le deuxiĂšme Ă©pisode de notre mini-sĂ©rie sur les thĂ©ories du complot, on plonge dans une question qui fait dĂ©railler pas mal de monde : et si notre rĂ©alitĂ© n’était pas la rĂ©alitĂ© d’origine, mais une copie? L’idĂ©e semble sortir d’un film, mais elle est aussi discutĂ©e sĂ©rieusement en philosophie, et parfois mĂȘme en physique, surtout depuis le fameux raisonnement de Nick Bostrom et son trilemme dĂ©rangeant.

On remonte aux origines : de Platon et ses illusions jusqu’aux mondes virtuels d’aujourd’hui, en passant par l’effet Mandela, la double fente, et cette impression troublante que le rĂ©el se “prĂ©cise” seulement au moment oĂč on l’observe. On examine aussi les limites du cosmos, le paradoxe de Fermi, et les arguments de “rendu Ă  la demande” qui transforment une hypothĂšse de science-fiction en scĂ©nario au moins pris au sĂ©rieux, mĂȘme si rien ne la prouve.

Suivez-nous dans cet Ă©pisode : on regarde pourquoi l’hypothĂšse est aussi accrocheuse, puis on fait le tri entre ce qui est solide, ce qui est spĂ©culatif, et ce qui relĂšve surtout d’une bonne histoire. Et Ă  la fin, on vous donne notre verdict, le plus honnĂȘte possible avec ce qu’on sait aujourd’hui.

En After show : Bielefeld, la ville qui n’existe pas
 du moins, selon Internet. Une blague nĂ©e sur Usenet en 1994, trois questions impossibles Ă  gagner, et une “conspiration” tellement tenace que la ville finit par embarquer, jusqu’à offrir un million d’euros Ă  quiconque pourrait prouver qu’elle n’existe pas. Une histoire absurde, drĂŽle, et Ă©tonnamment rĂ©vĂ©latrice.


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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent ĂȘtre inexacts.

[00:00]

Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter DISTORTION, un podcast sur...

[00:24]

Des complots complĂštement distordus.

[00:27]

En 2003, le philosophe Nick Bostrom publie un texte de choc.

[00:53]

Et si notre monde n'était pas celui qu'on croyait ?

[00:56]

Depuis, l'hypothÚse se répand.

[00:58]

Est-ce possible que nous vivions dans une simulation créée par les ĂȘtres au-dessus de nous ?

[01:04]

De Platon jusqu'à Elon Musk, cette théorie a fait son chemin dans la culture populaire

[01:09]

et plusieurs internautes partagent des glitchs dans la Matrice ou encore des effets Mandela.

[01:15]

Au cƓur de cet Ă©pisode, on met l'hypothĂšse Ă  Ă©preuve et on tentera d'aller au bout de la thĂ©orie de la vie dans une simulation.

[01:26]

Sébastien Lévesque, comment vas-tu aujourd'hui ?

[01:27]

Ça va bien. Toi, Emile Gauthier ?

[01:29]

Ça va trĂšs bien. On aborde un sujet d'Ă©pisode aujourd'hui que j'avais trĂšs hĂąte qu'on aborde.

[01:34]

On l'a déjà fait en parallÚle parfois dans d'autres épisodes, entre autres l'effet Mandela,

[01:40]

dont on a parlĂ© dĂ©jĂ  dans notre deuxiĂšme saison en 2017. Ça fait dĂ©jĂ  un bout de temps.

[01:45]

On va en reparler un petit peu aujourd'hui d'ailleurs l'effet Mandela parce que c'est un peu une composante de cette théorie de la vie dans une simulation.

[01:53]

Mais ça risque d'ĂȘtre intĂ©ressant parce que, je ne le sais pas toi, mais moi la premiĂšre fois oĂč j'Ă©tais un peu en contact avec cette idĂ©e de vivre dans un monde programmĂ© par d'autres gens,

[02:03]

c'est avec le film Le Truman Show.

[02:04]

Ah oui, effectivement.

[02:06]

Avec Jim Carrey.

[02:07]

Oui, oui.

[02:08]

Donc il y avait cette idée un peu que lui vivait dans un monde virtuel de quelque sorte avec un dÎme au-dessus de lui qui représentait un peu le firmament.

[02:18]

Oui, oui.

[02:19]

Et tout ça n'était que fausté dans le fond.

[02:22]

C'est le spectacle.

[02:22]

Oui, exact. Donc c'est un des premiers films qui, trÚs jeune, m'a mis en contact avec cette théorie-là.

[02:27]

C'est vrai. On dirait que je ne l'avais pas vu comme ça à l'époque quand je l'avais vu par rapport à la simulation qu'on vivait dans un autre monde.

[02:35]

En fait, de mon cĂŽtĂ©, c'est plus la matrice qui me fait bien comprendre un peu le fait qu'on Ă©tait peut-ĂȘtre contrĂŽlĂ© par des ordinateurs ou dans un autre univers.

[02:47]

On dirait que Le Truman Show, je comprenais le parallÚle, mais ça m'avait plutÎt démontré que justement, la réalité qui nous entoure est celle que l'on croit.

[02:59]

Moi, ma réflexion par rapport à ça, c'est un excellent film.

[03:03]

Je pense qu'il n'y a personne qui n'a pas vu ce film-lĂ . Si vous ne l'avez pas vu pour vrai, regardez ça. C'est un excellent film, mĂȘme encore aujourd'hui.

[03:09]

Oui, la plupart des détordus, j'ose croire, ont vu La Matrice.

[03:13]

Oui, oui.

[03:14]

C'est typiquement dans notre ligne éditoriale.

[03:17]

Et Le Truman Show aussi qui est Ă  voir, je vous dirais.

[03:19]

Oui, exact. Il y a eu plusieurs études scientifiques aussi là-dessus.

[03:23]

Ben, études scientifiques. Il y a plusieurs scientifiques qui se sont prononcés sur le sujet, je dirais.

[03:27]

Et je suis quand mĂȘme surpris de voir qu'il y a quand mĂȘme une petite ouverture dans le sens que c'est dur Ă  prouver si on est vĂ©ritablement dans une simulation ou autre.

[03:36]

Mais il y a toujours ce doute qui plane sur l'origine de l'humanité qu'on tente d'expliquer de plein de façons.

[03:42]

Et on dirait que cette théorie-là nous offre un autre chemin un peu plus à l'Úre actuelle sur l'origine du monde.

[03:49]

Bref, on va explorer un petit peu tout ça, débunker évidemment le vrai du faux.

[03:54]

Oui, oui, oui.

[03:54]

Ça risque d'ĂȘtre super intĂ©ressant.

[03:56]

D'ailleurs, j'espÚre que vous avez apprécié notre premier épisode sur les mystÚres de la planÚte Mars, pardon.

[04:02]

Je voulais faire un petit hératome. Parfois, on sort de nos notes et tout ça.

[04:07]

Puis on parle live, on fait des réactions à chaud.

[04:11]

Et puis moi, de mon cÎté, j'ai dit dans le dernier épisode que ça prenait plusieurs années de se rendre à la planÚte Mars.

[04:16]

Ce qui est faux, l'éditeur Dieu, vous m'avez, comment dire, écrit pour me corriger.

[04:22]

Ben non, c'est ça, ça prend de six à neuf mois environ se rendre à la planÚte Mars en fonction de sa position par rapport à la Terre.

[04:30]

C'est quelque chose que, comment dire, que je savais, mais que dans la réaction live, des fois en gérant la technique,

[04:36]

parce que je suis Ă  la console en mĂȘme temps, dans ma tĂȘte, je suis lĂ , c'est-tu six mois ou six ans?

[04:41]

LĂ , j'ai dit six ans, mais effectivement, on sortait un peu de nos notes Ă  ce moment-lĂ .

[04:46]

Donc, merci de nous avoir corrigé, l'éditeur Dieu, et je voulais prendre du temps pour faire un petit hératome là-dessus.

[04:54]

On vous invite aussi à venir voir nos deux cabarets des curiosités live qu'on va faire cet hiver.

[05:01]

On en fait deux principalement. Un, le 26 mars au Lyon d'or à Montréal.

[05:05]

Vous allez voir, ça va ĂȘtre incroyable. Dans cette belle salle-lĂ , on va avoir vraiment du fun.

[05:09]

Donc, 26 mars au Lyon d'or, c'est un jeudi. Faites vite, achetez vos billets, grouillez-vous.

[05:14]

On veut remplir la place, et deux jours plus tard, le 28 mars, c'est à Trois-RiviÚres au Musée Pop.

[05:20]

C'est cool, le Musée Pop, ils ont un beau concept parce que non seulement vous achetez vos billets,

[05:23]

vous pouvez venir voir l'enregistrement de distorsion, mais en plus, vous pouvez aller visiter la prison.

[05:28]

Ça, c'est fou là.

[05:30]

Ah oui. Donc, nous, de notre cÎté, on va essayer de se mettre un petit peu en contexte

[05:34]

et peut-ĂȘtre de parler d'histoire en lien avec des prisons et autres.

[05:39]

Donc, c'est nos deux rendez-vous de cet hiver. Manquez pas ça.

[05:42]

Les billets sont en vente au distorsionpodcast.com. Vous pouvez aller dans la section

[05:46]

Cabaret des curiositĂ©s du web, et lĂ , vous allez ĂȘtre redirigĂ©s vers les sites de vente de billets.

[05:51]

Mais on a bien hñte de vous voir. Ça fait longtemps qu'on n'a pas fait de show,

[05:53]

puis ça fait longtemps qu'on ne vous a pas vus en réel.

[05:55]

Exact, exact. Au mois de mars, ça va faire un an qu'on n'a pas fait de spectacle.

[05:59]

C'est vrai. Puis avant, je pensais à ça, cette semaine, avant la pandémie, tout ça, on faisait des meet-up.

[06:04]

Oui, trĂšs souvent, oui. Bien oui.

[06:05]

TrĂšs souvent, quand mĂȘme, de temps en temps.

[06:06]

Quelques fois par année.

[06:07]

Oui, oui.

[06:08]

Puis c'est drÎle, c'est comme une tradition qui s'est perdue, ça.

[06:10]

Oui, je trouve ça triste. Il faudrait juste la réactiver, j'ai l'impression, pour que ça fonctionne.

[06:15]

Mais on dirait que post-pandémie, c'est moins populaire un peu, je pense.

[06:19]

Oui, peut-ĂȘtre. Il faudrait l'essayer.

[06:21]

Dites-nous, les distorsionpodcast.com, si ça vous tenterait de refaire des meet-up.

[06:23]

Les shows, les cabaret des curiosités ont un peu remplacé les meet-up.

[06:27]

Effectivement.

[06:27]

Mais en mĂȘme temps, on est conscient que ce n'est pas le mĂȘme niveau d'intimitĂ©.

[06:32]

C'est-Ă -dire que quand on faisait des meet-up, souvent, on se rejoignait dans un bar, une micro-brancerie.

[06:37]

Puis c'était vraiment le fun, mais il n'y avait rien de prévu, c'était juste on discute d'histoires.

[06:42]

Oui, oui, c'était un meet-and-greet un peu.

[06:43]

Exact. On prend un petit verre et tout ça.

[06:47]

Donc, dites-nous si jamais ça vous intéresse de refaire des meet-up sans prétention, comme ça, dans une micro, dans différentes régions ou autres.

[06:55]

On ne sait jamais, ramenons le sujet en tendance.

[06:58]

Oui, absolument.

[07:00]

Qu'est-ce qu'on boit, Seb, pour lancer cet épisode sur la simulation?

[07:03]

Oui, on a une super tournée de biÚre de la part de François Touzignan, qui est venu nous porter un shitload de biÚre.

[07:12]

Et de la marque d'une micro-brancerie Simple Malt, simple malt, qu'on adore.

[07:17]

Et j'en ai choisi une pour aujourd'hui.

[07:19]

Emile, c'est la Tropic, qui est une aĂŻpillĂ©e blanche aux ananas et pĂȘches.

[07:24]

Elle est excellente, 6,4% d'alcool généreux et fruité.

[07:29]

Elle se termine sur une note de pĂȘche avec une petite amertume en trame de fond.

[07:34]

Donc, merci beaucoup, François, pour ça.

[07:36]

TrÚs, trÚs apprécié.

[07:38]

En fait, toutes les autres biÚres vont dans le fridge aussi, donc on va avoir des réserves.

[07:42]

Oui, parce qu'on en a vraiment beaucoup.

[07:44]

Donc, on va boire du Simple Malt pour un petit bout.

[07:47]

Merci à toi, François.

[07:49]

Aussi, évidemment, on a un shout-out à Donné à Cumanims, qui nous donne une review 5 étoiles sur Apple Podcast.

[07:55]

Et il ou elle nous dit, les sujets sont toujours intéressants, vraiment excellents.

[08:00]

Oui, monsieur.

[08:02]

Oui, monsieur.

[08:02]

Donc, shout-out Ă  toi, Cumanims.

[08:04]

Merci Ă  toi.

[08:05]

Vous pouvez toujours nous donner des tournées de biÚres, si ça vous chante, via notre site web, distorsionpodcast.com.

[08:10]

Il y a un bouton.

[08:11]

C'est une façon de nous encourager, parmi tant d'autres.

[08:13]

En after-show aussi, Seb, on n'a toute qu'une histoire qui est un peu en lien avec la simulation.

[08:19]

Mais, non, celle de Bielefeld, une ville en Allemagne qui apparemment n'existerait pas, ou c'est pas clair, du moins.

[08:25]

Oui, exact.

[08:26]

Ça va ĂȘtre vraiment intĂ©ressant.

[08:28]

Parce que, on va se le dire, la ville existe, mais il y a tellement de...

[08:33]

Oh, j'ai été tué.

[08:34]

J'ai spoilé.

[08:35]

J'ai spoilé.

[08:36]

Mais ce qui est vraiment intéressant, c'est, si vous rendez à l'after-show, je vais parler un petit peu en allemand.

[08:42]

Donc, c'est fou que cette histoire-là, qui date de ce complot-là, je peux dire, date des années 90,

[08:48]

puis qui vit encore d'une certaine façon aujourd'hui, de façon humoristique.

[08:53]

MĂȘme la ville l'utilise dans ses promotions, donc c'est Ă  ne pas manquer.

[08:58]

Oui, c'est intéressant de voir ce genre de faux souvenirs-là, ou de fausses croyances.

[09:03]

Cette ville-lĂ , bref, pendant...

[09:05]

Il y a plusieurs personnes, pendant un bon bout de temps, qui ont cru que c'était une fausse ville, en fait,

[09:10]

qui n'existe tout simplement pas sur la Terre.

[09:12]

Donc, vous voyez le genre de conversation qu'on va avoir aujourd'hui.

[09:15]

Donc, j'espĂšre que vous ĂȘtes prĂȘts, que, encore une fois, vous avez pris une bonne puff pour nous suivre jusqu'Ă  la fin.

[09:21]

Oui, oui. Il y a certains sujets, aujourd'hui, vous allez voir, quand on tombe dans le site,

[09:25]

quand mĂȘme assez scientifique, physique, mĂȘme...

[09:27]

Philosophique.

[09:28]

Oui, oui, puis mĂȘme quantique.

[09:30]

On a tenté le plus possible de vulgariser, mais des fois, il faut prendre une bonne puff.

[09:35]

Oui, exactement.

[09:36]

Yes, je pense qu'on en a assez dit, Seb.

[09:38]

Est-ce qu'on est prĂȘts Ă  se plonger dans la grande simulation?

[09:43]

Oui, monsieur!

[09:45]

Allons-y!

[09:46]

Maintenant!

[09:48]

Nous sommes en 2003 à l'Université d'Oxford.

[09:51]

Le philosophe Nick Bostrom termine un article sans vraiment se douter de l'effet qu'il va provoquer.

[09:58]

À ce moment-lĂ , la technologie s'accĂ©lĂšre, Internet prend de plus en plus de place

[10:02]

et l'idée que le numérique puisse transformer notre rapport au monde devient impossible à ignorer.

[10:07]

Et c'est dans ce contexte qu'il pose une question franchement dérangeante.

[10:12]

Et si la réalité n'était pas réelle?

[10:16]

Son texte n'a rien d'un délire de science-fiction, c'est un raisonnement trÚs carré, presque froid.

[10:21]

Et il mĂšne Ă  une conclusion qui fait mal au cerveau.

[10:24]

Si des civilisations avancĂ©es peuvent crĂ©er des simulations peuplĂ©es d'ĂȘtre conscients,

[10:29]

alors il devient plus probable que nous vivions dans l'une d'elles, que dans la réalité d'origine.

[10:34]

En clair, tout ce qu'on vit, nous inclus, pourrait ĂȘtre du code qui tourne quelque part

[10:40]

dans une machine qui nous dépasse complÚtement.

[10:43]

Ben oui, un peu à la maniÚre d'un engin de jeu vidéo par exemple.

[10:46]

Oui, exact.

[10:48]

L'idée ne reste pas longtemps enfermée à l'université.

[10:50]

Elle sort, elle circule et elle se répand.

[10:53]

On en parle dans les conférences, dans les laboratoires, sur Internet, dans la Silicon Valley.

[10:58]

Il y a des figures de la technologie qui affirment publiquement

[11:00]

Que les chances que notre monde soit vrai sont infimes.

[11:05]

Des scientifiques se demandent comment tester ça.

[11:07]

Des philosophes s'interrogent sur ce que ça change à nos choix, à notre morale.

[11:12]

Et du cÎté du public, eh bien le doute s'installe.

[11:15]

Des déjà vus, des petits bugs du quotidien.

[11:18]

C'est un moment oĂč quelque chose cloche sans qu'on sache exactement pourquoi.

[11:22]

Exact, oui, on en a sans doute tous vécu des petits moments comme ça

[11:27]

oĂč on se dit, voyons, est-ce que j'ai dĂ©jĂ  rĂȘvĂ© ça?

[11:30]

Ou est-ce que je me suis dĂ©jĂ  retrouvĂ© dans cette mĂȘme situation-lĂ ?

[11:33]

Des impressions de déjà vu, tout ça.

[11:35]

Mais bref, il y a quand mĂȘme des explications scientifiques lĂ -dessus.

[11:38]

On y reviendra.

[11:39]

Oui, oui, absolument.

[11:39]

Moi, le déjà vu, ça me trouble encore quand ça m'arrive, cette sensation-là.

[11:44]

Mais si cette idée nous accroche autant aujourd'hui,

[11:47]

ce n'est pas juste Ă  cause des ordinateurs.

[11:49]

La question est bien plus vieille que ça.

[11:52]

Depuis toujours, l'humanité se demande si ce qu'elle perçoit est vraiment réel

[11:56]

ou seulement une illusion bien ficelée.

[12:00]

Et lĂ , on va retourner 23 siĂšcles avant que Nick Bostrom formule son hypothĂšse de simulation

[12:05]

dans la Chine du quatriĂšme siĂšcle, mais avant notre heure.

[12:09]

Il y a un philosophe taoïste nommé Zhuangzi

[12:12]

qui raconte une parabole qui deviendra l'une des plus célÚbres méditations sur la nature de la réalité.

[12:19]

Il rĂȘve qu'il est un papillon voltant joyeusement de fleur en fleur,

[12:23]

totalement inconscient d'ĂȘtre Zhuangzi.

[12:26]

Au réveil, une question le tourmente.

[12:29]

Est-il Zhuangzi qui a rĂȘvĂ© d'ĂȘtre un papillon

[12:32]

ou est-il un papillon qui rĂȘve maintenant d'ĂȘtre Zhuangzi?

[12:36]

Oh!

[12:36]

Comment peut-il distinguer avec certitude quel état est réel et lequel est illusoire?

[12:43]

Cette interrogation fondamentale sur l'impossibilité de prouver la réalité de notre existence

[12:47]

va traverser les siĂšcles et les cultures.

[12:49]

Dans l'Inde ancienne, les philosophies hindou et bouddhistes

[12:53]

développent le concept de Maya, l'illusion cosmique,

[12:57]

l'idée que le monde matériel que nous percevons

[12:59]

n'est qu'un voile trompeur cachant la vraie nature de la réalité.

[13:03]

Et le monde avec ses couleurs, ses formes, ses émotions,

[13:06]

eh bien, ça serait qu'une projection, une construction mentale

[13:09]

aussi irrĂ©elle qu'un rĂȘve ou mĂȘme qu'un mirage dans le dĂ©sert

[13:13]

qui fait croire aux voyageurs assoiffés qu'un oasis se trouve devant lui.

[13:17]

En GrÚce antique, Platon propose dans sa célÚbre Allégorie de la caverne,

[13:22]

exposée dans la République vers 380 avant notre Úre,

[13:25]

une vision qui résonne étrangement avec notre théorie moderne de la simulation.

[13:30]

Il imagine des prisonniers enchaßnés depuis leur naissance

[13:33]

dans une caverne souterraine face Ă  un mur.

[13:36]

DerriÚre eux, brûle un feu, et entre le feu et les prisonniers,

[13:40]

des objets sont manipulés, projetant leurs ombres sur le mur.

[13:44]

Les prisonniers, n'ayant jamais vu autre chose,

[13:46]

prennent ces ombres pour la rĂ©alitĂ© elle-mĂȘme.

[13:49]

Si l'un d'eux était libéré et conduit vers la lumiÚre du soleil,

[13:53]

ils découvriraient que tout ce qu'ils croyaient réel

[13:55]

n'était qu'une copie dégradée d'une réalité plus fondamentale

[14:00]

qu'ils ne pouvaient mĂȘme pas concevoir.

[14:02]

Oui, quand on étudie en philosophie dans nos cours de philo,

[14:06]

au cégep, il me semble, eh bien, évidemment,

[14:09]

l'Allégorie de la caverne est un texte qui est important,

[14:12]

je pense, dans toutes les cours de philo.

[14:14]

J'avais pas fait ce lien-là, moi, avec la simulation à l'époque,

[14:18]

mais c'est vrai qu'en y repensant maintenant,

[14:20]

l'exemple de Platon est sans doute le premier, en fait,

[14:24]

qui est trÚs éloquent à ce niveau-là.

[14:26]

C'est sûr que Platon, lui, je pense pas qu'à cette époque,

[14:28]

pensait, il traitait de l'illusion, puis de comment un peu vivre,

[14:35]

comment avec des images projetées, on peut s'imaginer un ombre

[14:38]

si on sort jamais de notre petit univers,

[14:41]

on était pas dans le codage d'une réalité simulée,

[14:44]

mais c'est vrai que ça s'applique à la théorie de la simulation,

[14:47]

en quelque sorte.

[14:47]

Oui, bien oui, est-ce que ce qu'on voit est vraiment réel?

[14:51]

Donc, cette métaphore qui servait à Platon

[14:53]

pour illustrer sa théorie des formes,

[14:55]

cette idée que les objets physiques ne sont que des copies

[14:58]

imparfaites d'idées parfaites existant dans un royaume métaphysique,

[15:02]

devient étrangement prophétique à l'Úre numérique.

[15:06]

Remplacer la caverne par un casque de réalité virtuelle,

[15:09]

les ombres par par des pixels projetés sur un écran,

[15:12]

et vous obtenez une description presque parfaite

[15:14]

de ce que nous appelons aujourd'hui une simulation.

[15:17]

Mais c'est au 17e siÚcle cÚble qu'un philosophe français

[15:21]

va formuler le doute le plus radical jamais exprimé

[15:24]

sur la nature de la réalité.

[15:26]

Un doute si profond qu'il deviendra la pierre angulaire

[15:29]

de toute la philosophie moderne.

[15:31]

On parle de René Descartes.

[15:33]

Assis devant son feu dans sa chambre en Hollande

[15:36]

pendant l'hiver 1640,

[15:38]

il entreprend ce qu'il appelle une méditation systématique

[15:42]

visant Ă  trouver un fondement absolument certain Ă  la connaissance.

[15:46]

Et pour cela il va douter de tout ce qui peut ĂȘtre mis en doute.

[15:51]

J'aurais bien aimé passer cette journée ou cette soirée avec lui

[15:55]

Ă  douter de tout en buvant un petit scotch.

[16:01]

Peut-il faire confiance Ă  ses sens premiĂšrement?

[16:04]

Non, parce qu'ils l'ont déjà trompé.

[16:07]

Ces tours au loin qui semblent rondes sont carrés

[16:10]

de prĂšs des tours de la ville.

[16:13]

Cette canne plongée dans l'eau semble brisée

[16:15]

parce qu'il y a un angle qui se dessine

[16:17]

lorsqu'on met un objet droit dans un bassin d'eau par exemple.

[16:21]

Comment savoir que ses sens ne le trompent pas constamment?

[16:25]

Peut-il au moins ĂȘtre certain qu'il ne rĂȘve pas en ce moment mĂȘme?

[16:28]

Ben non, parce qu'il y a dĂ©jĂ  eu des rĂȘves tellement vivaces

[16:32]

qu'il les a pris pour la réalité.

[16:33]

Il n'existe aucun autre critĂšre infaillible

[16:36]

pour distinguer le rĂȘve de l'Ă©veil Ă  quelque part.

[16:40]

Mais Descartes va encore plus loin.

[16:43]

Il imagine l'hypothÚse du malin génie,

[16:45]

un démon trompeur infiniment puissant et rusé

[16:48]

qui emploierait toute son industrie Ă  le tromper,

[16:52]

créant l'illusion parfaite d'un monde extérieur,

[16:54]

d'un corps, d'autres esprits,

[16:56]

alors que rien de tout cela n'existerait vraiment.

[17:00]

Cette hypothÚse du malin génie de Descartes

[17:02]

est fondamentalement une version de l'hypothĂšse de la simulation.

[17:06]

Le démon trompeur, c'est un peu le programmeur du code,

[17:10]

l'illusion parfaite qu'il crée,

[17:11]

ben c'est un peu ça la simulation oĂč le jeu vidĂ©o

[17:14]

ou les Sims, je ne sais pas comment le décrire.

[17:17]

Et la question que pose Descartes résonne à travers les siÚcles.

[17:20]

Comment pouvons-nous prouver que nous ne sommes pas dans cette situation-lĂ ?

[17:24]

Descartes croyait avoir trouvé une réponse

[17:26]

dans son fameux cogito ergossome,

[17:29]

je pense donc je suis, son fameux slogan d'une certaine façon.

[17:35]

MĂȘme si tout est illusion,

[17:37]

le fait mĂȘme que je doute prouve que j'existe

[17:40]

en tant qu'ĂȘtre pensant.

[17:42]

Mais cela ne prouve pas que le monde extérieur existe

[17:44]

ni qu'il existe tel que nous le percevons.

[17:47]

C'est vrai parce que si c'est difficile de prouver

[17:49]

qu'on vit dans une simulation,

[17:51]

c'est trĂšs difficile de prouver qu'on ne vit pas dans une simulation.

[17:54]

Exact, exact.

[17:55]

Donc on est fourré.

[17:57]

Oui, on est fourré,

[17:58]

puis vous allez voir un peu plus tard les scientifiques qui croient,

[18:00]

mais c'est souvent ça leur argument,

[18:02]

on n'est pas capable de prouver le contraire.

[18:04]

Ben oui.

[18:04]

Donc c'est lĂ  qu'on est capable.

[18:06]

Je pense que Neil de Gracie Tyson,

[18:09]

il est presque, ou peut-ĂȘtre que je me trompe,

[18:10]

on verra plus tard, mais il semble que il est 50-50.

[18:13]

Oui, Ă  peu prĂšs.

[18:14]

Quelque chose comme ça, ou du moins d'autres scientifiques

[18:16]

sont Ă  50% convaincus, 50% non convaincus.

[18:21]

J'imagine que c'est une zone safe pour eux.

[18:23]

Pour un scientifique.

[18:24]

Puis on n'aura probablement pas réponse à vous aujourd'hui,

[18:27]

les distordus avec nos petits cerveaux de podcasters.

[18:31]

On va juste faire réfléchir.

[18:33]

Exact.

[18:34]

Pendant des siĂšcles,

[18:35]

les questions de Descartes sont restées

[18:37]

du domaine de la pure spéculation philosophique.

[18:39]

Des expériences de pensée intéressantes,

[18:41]

mais sans conséquences pratiques.

[18:44]

Puis au 20e siÚcle, quelque chose de fondamental a changé.

[18:48]

Nous avons commencé à créer nos propres réalités simulées.

[18:51]

Les ordinateurs, inventés initialement pour faire des calculs,

[18:54]

pendant la Seconde Guerre mondiale,

[18:56]

sont devenus de plus en plus puissants,

[18:58]

suivant la fameuse loi de Moore,

[19:00]

qui prédit que la puissance de calcul

[19:02]

double environ tous les deux ans.

[19:04]

Donc, dans les années 70 et 80,

[19:06]

les premiers jeux vidéo vont apparaßtre,

[19:08]

dont Pong, les Space Invaders, Pac-Man,

[19:11]

des univers qui sont simples, qui sont pixelisés,

[19:14]

mais en mĂȘme temps, c'est des rĂ©alitĂ©s alternatives

[19:16]

créées par des humains, créées par du code.

[19:19]

Donc, imaginez ce que des civilisations plus avancées

[19:22]

pourraient créer avec leur technologie maintenant.

[19:26]

Puis, dans les années 90 et 2000,

[19:28]

les graphismes deviennent photoréalistes.

[19:31]

MĂȘme les engins de jeu deviennent vraiment puissants.

[19:34]

Les mondes virtuels deviennent vastes et complexes.

[19:37]

Et aussi, au tournant de ces années-là,

[19:39]

oĂč on va avoir des vrais jeux de simulation, entre guillemets.

[19:42]

Les fameux Sims, World of Warcraft, Second Life,

[19:47]

je n'en nomme que quelques-uns.

[19:49]

Mais c'est tous des mondes virtuels, Ă  quelque part,

[19:52]

oĂč les gens ont des vies alternatives,

[19:54]

des identités différentes, des relations sociales,

[19:57]

qui sont entiĂšres, mais qui n'existent que dans le jeu,

[20:00]

d'une certaine façon.

[20:01]

Et on va avoir aussi des films de science-fiction

[20:03]

qui vont explorer cette thématique-là.

[20:05]

Il y a Dark City, en 1998.

[20:07]

Je ne sais pas si tu t'en rappelles.

[20:09]

À l'Ă©poque, c'Ă©tait quand mĂȘme trĂšs avant-gardiste.

[20:13]

Un film qui montre une réalité constamment reconfigurée.

[20:17]

Et l'année suivante, c'est The 13th Floor,

[20:20]

qui explore l'idée des simulations emboßtées.

[20:22]

Je me rappelle aussi The Existence de David Cronenberg,

[20:26]

qui lui aussi met en lien un peu la fausse réalité

[20:30]

avec la vraie.

[20:32]

Et évidemment The Matrix, aussi au début des années 2000,

[20:35]

qui popularise massivement l'idée que notre réalité

[20:38]

pourrait ĂȘtre une illusion gĂ©nĂ©rĂ©e par ordinateur.

[20:41]

Je pense que La Matrice, c'est un peu...

[20:43]

C'est presque...

[20:44]

C'est un film carrément là-dessus.

[20:46]

Oui, en fait, oui.

[20:48]

Ça pourrait ĂȘtre la Bible de la vie dans une simulation

[20:52]

parce qu'on te l'explique avec plusieurs métaphores,

[20:56]

les fameuses pilules et tout ça.

[20:58]

Et mĂȘme La Matrice, c'est tout ça.

[21:00]

La Red Pill, Blue Pill est devenu un élément central

[21:03]

mĂȘme au niveau des complotistes.

[21:04]

Oui, des masculinistes.

[21:05]

Oui, en général.

[21:06]

Oui, je ne voulais pas forcément entrer là-dedans.

[21:08]

Mais oui, on retrouve ça chez les masculinistes,

[21:11]

mais aussi chez ceux qui vont croire autant

[21:14]

aux Illuminati, aux reptiliens, tout ça,

[21:17]

au Nouvelle Ordre Mondial.

[21:19]

C'est un peu, est-ce que tu es un mouton

[21:21]

qui suit tout le monde ou si t'es éveillé quelque part.

[21:24]

Donc La Matrice, c'Ă©tait peut-ĂȘtre pas ça

[21:26]

leur but initial de se retrouver autant

[21:28]

dans l'Ɠil du scandale.

[21:32]

Mais bref, ça a inspiré,

[21:33]

puis on en parle encore aujourd'hui

[21:34]

de ce film-lĂ  comme une grande inspiration

[21:37]

pour cette théorie.

[21:38]

Oui, vraiment, c'était visionnaire.

[21:39]

Oui, exactement.

[21:41]

Donc c'est un peu dans ce contexte culturel-lĂ 

[21:43]

qui est technologique, puis Nick Bostrom, Seb,

[21:46]

il formule son argument dont il nous a parlé en intro.

[21:50]

Et contrairement aux philosophes antiques,

[21:52]

eux, ils pouvaient juste spéculer,

[21:53]

ils n'avaient pas la technologie,

[21:54]

Bostrom, lui, dispose d'un outil conceptuel puissant

[21:58]

qui est la probabilité mathématique.

[22:00]

Puis il dispose aussi de technologies puissantes

[22:03]

qui lui permettent de voir l'évolution du monde.

[22:07]

Oui, oui, exact.

[22:08]

Puis son argument est d'une élégance assez trompeuse.

[22:11]

Il ne prétend pas prouver que nous vivons dans une simulation.

[22:15]

Il propose plutĂŽt un raisonnement conditionnel plus subtil

[22:18]

et franchement plus dérangeant.

[22:20]

Si une civilisation assez avancée peut un jour

[22:23]

simuler des vies comme la nĂŽtre,

[22:25]

avec des ĂȘtres conscients,

[22:26]

ici elle peut en produire un grand nombre,

[22:29]

alors on se retrouve logiquement devant un choix forcé.

[22:32]

Pour que ce raisonnement tienne,

[22:34]

il faut accepter quelques prémisses.

[22:36]

D'abord, qu'une civilisation peut atteindre un stade post-humain

[22:40]

avec une puissance de calcul immense.

[22:43]

Ensuite, que cette puissance permettrait de créer

[22:45]

des simulations suffisamment détaillées

[22:47]

pour générer des expériences indiscernables de la nÎtre.

[22:51]

Et ça suppose aussi une idée philosophique importante,

[22:54]

qu'une conscience pourrait exister sur un support non biologique,

[22:58]

donc qu'une conscience simulée compterait réellement comme une personne.

[23:02]

Oui, mais c'est des questions qu'on se pose actuellement

[23:05]

avec l'intelligence artificielle.

[23:06]

Oui, oui, exact.

[23:07]

Est-ce que tu as besoin d'avoir un cƓur du sang qui coule dans tes veines

[23:11]

pour ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un ĂȘtre vivant?

[23:13]

Oui, oui, qui réfléchit.

[23:15]

Est-ce que le fait qu'on soit organique nous distingue tant que ça,

[23:19]

de la vie artificielle?

[23:21]

Oui, oui, effectivement.

[23:22]

C'est à partir de là que Bostrom résonne en termes de proportions.

[23:26]

Il n'y a qu'une seule réalité d'origine, non simulée,

[23:30]

mais cette réalité pourrait produire un trÚs grand nombre de simulations,

[23:34]

chacune en fait remplie de conscience.

[23:36]

Ici, c'est le cas, il pourrait y avoir beaucoup plus de nous

[23:39]

dans des mondes simulés que dans la réalité d'origine,

[23:42]

et c'est lĂ  que son trilemme apparaĂźt.

[23:45]

Il dit qu'au moins une des trois propositions suivantes doit ĂȘtre vraie.

[23:50]

La proposition 1, c'est la proportion de civilisations

[23:53]

qui atteignent le stade post-humain est trĂšs faible.

[23:57]

Autrement dit, l'humanité ou des civilisations comparables

[23:59]

s'éteignent ou s'effondrent avant de développer une technologie

[24:02]

capable de simuler des univers peuplés de conscience indiscernable des nÎtres.

[24:08]

Oui, je comprends.

[24:09]

La proposition 2, c'est mĂȘme si certaines civilisations

[24:12]

atteignent ce stade post-humain,

[24:14]

la proportion de celles qui lancent des simulations d'ancĂȘtres

[24:18]

est trÚs faible pour des raisons éthiques, philosophiques, juridiques,

[24:22]

ou simplement parce que ce n'est pas un projet jugé pertinent.

[24:25]

Parce que c'est vrai, si nous, on est dans une simulation actuellement,

[24:28]

on est carrĂ©ment des ĂȘtres infĂ©rieurs Ă  ceux qui ont créé la simulation.

[24:33]

Effectivement.

[24:34]

C'est pour cette raison-lĂ  que tu parles de simulation d'ancĂȘtres.

[24:38]

Oui, c'est ça.

[24:39]

C'est comme si tu jouais


[24:41]

C'est un peu ça, quand tu joues aux Sims,

[24:44]

tu es plus intelligent qu'eux.

[24:45]

Eux vivent leur petite vie dans leur maison,

[24:48]

ils font leurs petites actions, ils n'ont pas trop de pensées

[24:51]

ou ils n'ont pas trop de quoi qu'ils en ont un petit peu des fois.

[24:54]

Mais tu sais, c'est assez basic comme train de vie.

[24:56]

C'est un peu comme des petits animaux, comme un hamster Ă  quelque part.

[25:02]

Donc, c'est ça.

[25:04]

Si eux sont nettement plus avancés que nous,

[25:07]

nous, on est un peu des primates Ă  leurs yeux.

[25:10]

Oui, oui, exact.

[25:11]

Et la troisiĂšme proposition et la derniĂšre, en fait, du trilemme,

[25:14]

c'est si la proposition 1 est fausse,

[25:16]

donc si des civilisations survivent et deviennent post-humaines,

[25:20]

et si la proposition 2 est fausse,

[25:22]

donc si ces civilisations lancent réellement ce type de simulation,

[25:26]

alors statistiquement, la plupart des consciences comme la nĂŽtre

[25:30]

existeraient dans les réalités simulées

[25:32]

plutÎt que dans les réalités d'origine non simulées.

[25:36]

Autrement dit, on est coincé avec trois portes.

[25:39]

Deux sont sombres, mais plausibles,

[25:41]

on s'éteint avant ou on s'abstient aprÚs.

[25:44]

La troisiÚme est dérangeante.

[25:45]

Si les simulations existent en grand nombre,

[25:48]

alors la probabilité penche vers l'idée qu'on serait à l'intérieur

[25:51]

plutÎt que dans la réalité d'origine.

[25:54]

Et le cƓur du raisonnement est là, il est statistique.

[25:57]

Par définition, il n'existe qu'une seule réalité d'origine,

[26:01]

mais une civilisation trÚs avancée pourrait en principe produire

[26:04]

un trĂšs grand nombre de simulations d'ancĂȘtres.

[26:07]

Si ça se produit à grande échelle,

[26:08]

eh bien le nombre total d'observateurs comme nous

[26:11]

dans des mondes simulés pourrait dépasser ceux de la réalité d'origine.

[26:15]

Dans ce contexte, la question devient moins

[26:17]

Est-ce vrai que, qu'est-ce qui est le plus probable

[26:20]

si on accepte les prémisses?

[26:22]

Donc Bostrom, lui, précise qu'il ne défend pas une porte en particulier.

[26:26]

Son point, c'est qu'au moins une des trois propositions

[26:28]

doit ĂȘtre vraie.

[26:30]

Et c'est ce qui rend l'affaire vertigineuse.

[26:32]

Soit trĂšs peu de civilisations se rendent aux stades post-humains,

[26:35]

soit celles qui s'y rendent s'abstiennent de simuler,

[26:38]

soit on a de bonnes chances d'ĂȘtre dans une simulation.

[26:41]

Donc c'est ça les
 j'avoue que ça là, ça m'a


[26:45]

bien l'intégrer puis réfléchir, puis c'est vrai que t'es comme,

[26:48]

c'est vrai dans les choix, dans le trilemme.

[26:51]

Oui, puis c'est pas faux l'idée que c'est sûr

[26:54]

que si on est dans une simulation,

[26:57]

je peux pas croire qu'il y a juste nous dans cette simulation.

[27:00]

Non, non, exact.

[27:01]

Qu'il y ait juste nous comme simulation.

[27:02]

Il doit y en avoir plusieurs autres.

[27:05]

Nous, on est comme
 on a comme été,

[27:08]

évidemment si je me mets dans


[27:10]

Si je fais l'exercice de me projeter dans cette simulation,

[27:12]

on a été créé en tant qu'humain

[27:16]

sur cette petite planĂšte qui gravite autour du soleil

[27:20]

oĂč on semble ĂȘtre seul dans cette galaxie, tu sais,

[27:25]

mais on sait pas c'est quoi notre objectif,

[27:27]

on sait pas c'est quoi notre but sur Terre et autres,

[27:29]

puis on sait pas si un jour on va atteindre ce stade

[27:32]

que notre créateur a rejoint lui.

[27:36]

Oui, oui, exact.

[27:36]

C'est sûr que c'est


[27:38]

au niveau du cerveau, ça pousse loin un peu.

[27:41]

Oui, oui, ça mine-fuck un peu, tout ça.

[27:44]

Si on est dans une simulation, Ă  quoi bon?

[27:47]

Tout faire ça.

[27:48]

Des fois, j'avais ce raisonnement-lĂ 

[27:50]

quand je réfléchissais à l'épisode.

[27:53]

Pourquoi toutes les problĂšmes de bord?

[27:55]

Pourquoi on fait des podcasts de nous,

[27:58]

dans notre simulation, parler de la simulation?

[28:00]

Oui, c'est ça, exact. C'est assez méta.

[28:02]

Oui.

[28:03]

Évidemment, ce genre d'idĂ©es,

[28:05]

Seb a sauté hors du monde philosophique.

[28:10]

Ça nous amùne en 2016 avec Elon Musk, finalement,

[28:17]

qui a relancé l'hypothÚse publiquement

[28:19]

lors d'une entrevue en disant que, selon lui,

[28:22]

il y avait une chance sur des milliards

[28:24]

qu'on soit dans la réalité d'origine,

[28:26]

en s'appuyant sur l'évolution fulgurante

[28:28]

des univers virtuels de poing

[28:31]

jusqu'aux environnements 3D de plus en plus réalistes.

[28:34]

Donc lui, c'est ça, il croit, il semble dire

[28:37]

que selon lui, il y a plus de probabilités

[28:38]

qu'on vive dans une simulation que l'inverse.

[28:42]

La mĂȘme annĂ©e, le 5 avril 2016,

[28:46]

au 17e Isaac Asimov Memorial Debate

[28:50]

de l'American Museum of Natural History Ă  New York,

[28:54]

animé par Neil de Gracie Tyson,

[28:57]

un panel de spécialistes et de scientifiques

[28:59]

a débattu sur la question

[29:00]

est-ce que l'univers est une simulation?

[29:02]

C'était ça la question de base.

[29:04]

On y retrouvait notamment Zoraida Voudy,

[29:06]

qui est une physicienne des particules,

[29:09]

Max Tergmark, qui est un cosmologiste

[29:11]

et chercheur en intelligence artificielle,

[29:14]

James Gate, qui est physicien,

[29:16]

Lisa Randall, qui est physicienne elle aussi,

[29:18]

et le philosophe David Chalmers,

[29:21]

connu pour ses travaux sur la conscience.

[29:23]

C'est un gros panel.

[29:24]

Oui, oui.

[29:25]

Et quand Tyson leur a demandé en fin de discussion

[29:27]

de donner une estimation chiffrée,

[29:29]

on a vu à quel point c'était flou.

[29:31]

Davoudi, de son cÎté, a refusé de donner un pourcentage.

[29:35]

Tergmark a dit 17 %,

[29:37]

Gates, 1 %,

[29:39]

et Randall, pratiquement zéro.

[29:42]

Et Chalmers, de son cÎté,

[29:43]

42 % d'estimation qu'on vivrait dans une simulation.

[29:47]

Ce n'est pas des résultats scientifiques,

[29:49]

évidemment.

[29:50]

C'est un baromĂštre un peu

[29:52]

sur ce que pensent ces scientifiques.

[29:54]

Oui, exact.

[29:54]

C'est apprendre avec des pincettes,

[29:56]

et eux ne seraient pas alarmistes en disant

[29:58]

il y a 100 % des chances,

[30:00]

comme ça, dans un panel scientifique,

[30:01]

parce que ça frÎle.

[30:03]

Est-ce que c'est vraiment scientifique comme analyse?

[30:05]

Plus ou moins.

[30:06]

Non, bien non.

[30:07]

Tu n'as pas le choix de calculer certains éléments

[30:09]

de toute leur spécialité à eux,

[30:11]

la physique et tout ça.

[30:13]

Mais en mĂȘme temps,

[30:14]

ça reste des estimations.

[30:17]

Oui, oui.

[30:18]

Ce n'est que des pourcentages estimés comme ça.

[30:21]

Il n'y a pas de preuve à l'appui dans que ça.

[30:24]

Donc, malgré tout,

[30:25]

le point qui ressortait surtout,

[30:26]

c'est qu'on n'a toujours pas de test clair et concluant

[30:29]

pour trancher sur la question.

[30:30]

On vous en parlait, il y a d'autres tests intéressants

[30:32]

qui ont été faits au niveau des atomes et autres.

[30:36]

Et justement, si on n'a pas de test,

[30:38]

mais on revient un peu Ă  la question centrale,

[30:40]

pourquoi une civilisation avancée ferait ça?

[30:43]

Et Bostrom, lui,

[30:44]

parle notamment de la simulation d'ancĂȘtres

[30:46]

pour comprendre son histoire,

[30:48]

explorer les scénarios alternatifs

[30:50]

ou étudier des trajectoires

[30:52]

sociales et technologiques.

[30:54]

Ils ne font peut-ĂȘtre pas ça pour s'amuser,

[30:55]

finalement.

[30:55]

C'est pour de l'observation.

[30:57]

Et c'est là que l'hypothÚse devient un peu auto-alimentée,

[31:00]

c'est-Ă -dire plus on s'imagine

[31:02]

capable un jour de créer des mondes

[31:04]

comme ça, qui sont

[31:05]

indiscernables du réel,

[31:07]

plus le raisonnement revient nous hanté.

[31:10]

Plus on y pense, plus on y pense

[31:11]

Ă  quelque part.

[31:13]

Dans le fond, c'est exactement la conclusion des trois propositions.

[31:16]

Soit on n'atteint presque

[31:17]

jamais le stade post-humain,

[31:19]

soit on l'atteint, mais on s'abstient

[31:21]

de crĂ©er des simulations d'ancĂȘtres,

[31:23]

ou soit ces simulations existent en trĂšs grand nombre,

[31:25]

on a plus de chances d'ĂȘtre

[31:27]

dans une réalité simulée que dans la réalité

[31:29]

d'origine. Ça revient à tes trois points.

[31:31]

Exact, exact.

[31:32]

Et lĂ , on va basculer vers les constantes

[31:34]

universelles, parce que certains voient

[31:36]

dans les mathématiques qui gouvernent l'univers

[31:38]

des indices qu'on est dans une réalité

[31:41]

programmée. L'idée est simple et mille.

[31:43]

DĂšs les tout premiers instants,

[31:45]

aprĂšs le Big Bang, il y a eu des

[31:47]

rĂšgles qui s'appliquent partout, tout le temps.

[31:49]

Comme si l'univers tournait autour,

[31:51]

tournait en fait avec des paramĂštres

[31:52]

de départ. On prend la vitesse

[31:55]

de la lumiÚre. Elle est fixée

[31:57]

Ă  299 792

[32:00]

458

[32:01]

mĂštres par seconde.

[32:02]

Bravo pour avoir lu selon chiffre, Seb, sans

[32:05]

le tromper. Oui.

[32:06]

C'est un plafond pour la transmission

[32:08]

d'informations et la causalité,

[32:10]

pas un mur posé, comme dans un jeu

[32:12]

vidéo. Et détail important,

[32:15]

ce chiffre est exact aussi parce qu'on a

[32:16]

défini nos unités modernes, dont

[32:18]

le mĂštre, Ă  partir de cette valeur.

[32:21]

Autre chiffre souvent cité,

[32:23]

la constante de Planck,

[32:25]

nommée d'aprÚs Max Planck,

[32:27]

qui est l'un des pairs de la physique

[32:28]

quantique. Sans entrer dans les équations,

[32:31]

cette constante sert surtout

[32:33]

Ă  fixer l'Ă©chelle, oĂč la

[32:34]

physique quantique devient incontournable.

[32:37]

Elle nous dit, en gros,

[32:39]

en dessous de certaines échelles,

[32:40]

notre intuition classique ne suffit plus.

[32:43]

Il faut décrire le monde

[32:44]

autrement. Et c'est lĂ  que

[32:46]

certaines personnes parlent du pixel

[32:48]

de l'univers. L'image est simple.

[32:51]

Dans une photo numérique,

[32:52]

si tu zooms assez, eh bien tu finis par

[32:54]

voir des pixels, donc une résolution

[32:57]

minimale. Certains se demandent

[32:59]

si l'espace pourrait avoir lui aussi

[33:00]

une limite du mĂȘme genre,

[33:02]

une plus petite brique possible.

[33:05]

On associe souvent cette idée

[33:06]

Ă  ce qu'on appelle la longueur de Planck,

[33:09]

une distance thĂ©orique extrĂȘmement

[33:10]

petite. Ce n'est pas une preuve

[33:12]

que l'univers est fait de pixels,

[33:14]

c'est plutĂŽt un repĂšre qui indique

[33:16]

qu'à cette échelle, nos

[33:18]

thĂ©ories actuelles cessent d'ĂȘtre

[33:20]

fiables et qu'il nous manque une théorie

[33:22]

plus complĂšte. L'argument

[33:24]

populaire, c'est celui du réglage fin.

[33:27]

Certaines constantes semblent

[33:28]

se situer dans une zone compatible

[33:30]

avec l'existence des galaxies,

[33:32]

d'étoiles et de chimie complexes.

[33:34]

Si on modifiait fortement la gravité

[33:36]

ou la force électromagnétique

[33:38]

ou encore des rapports comme la masse

[33:40]

du proton sur celle de l'électron,

[33:41]

l'univers ne se ressemblerait plus

[33:43]

du tout Ă  celui qu'on connaĂźt.

[33:45]

L'astronome Martin Rees

[33:47]

a popularisé cette intuition en

[33:49]

parlant de quelques nombres clés

[33:51]

dont la valeur semble juste assez

[33:53]

pour permettre un univers

[33:55]

structuré. Il faut distinguer

[33:57]

l'observation de l'interprétation.

[34:00]

Que l'univers ait des constantes

[34:02]

stables et des paramÚtres précis,

[34:04]

ça ne dit pas automatiquement

[34:05]

qu'il y a eu un programmeur.

[34:07]

Ça ouvre surtout deux lectures

[34:09]

sur les paramĂštres possibles.

[34:10]

Soit c'est un fait brut de la nature

[34:12]

qu'on décrit sans encore savoir

[34:14]

pourquoi ces valeurs n'est pas d'autres,

[34:17]

soit c'est une porte philosophique

[34:19]

oĂč certains se demandent si ces paramĂštres

[34:21]

ressemblent plutĂŽt Ă  des choix.

[36:21]

Parler, Seb, un peu de l'effet Mandela

[36:24]

ici, parce que c'est...

[36:25]

On en arrive lĂ .

[36:27]

Ça fait partie, je ne sais pas si c'est une consĂ©quence

[36:29]

de cette théorie de la simulation,

[36:31]

mais c'est fortement lié du moins.

[36:33]

Si on vivait dans une simulation,

[36:34]

on s'attendrait Ă  voir de temps en temps

[36:37]

des accros, des petits bugs,

[36:39]

des détails qui semblent déraper,

[36:41]

des souvenirs qui ne collent pas,

[36:43]

comme si la réalité avait été retouchée un peu.

[36:45]

C'est exactement ce que plusieurs

[36:47]

associent à un phénomÚne trÚs

[36:48]

répandu qui est l'effet Mandela.

[36:51]

Donc, le terme l'effet Mandela,

[36:52]

Seb, ça a été inventé par

[36:55]

Fiona Broom, qui est une auteur

[36:57]

et une figure du milieu paranormal.

[36:59]

Elle raconte qu'Ă  la suite

[37:00]

d'une discussion, elle a réalisé

[37:02]

qu'elle n'était pas la seule à se souvenir

[37:04]

que Mandela, Nelson Mandela,

[37:07]

était mort en prison.

[37:09]

Or, ce n'est pas ça qui est arrivé,

[37:10]

il n'est pas mort en prison dans les années 80.

[37:12]

Il a été libéré en 1990,

[37:15]

il est devenu président en 1994,

[37:17]

puis il est décédé

[37:18]

en 2013. Donc, ça, c'est des

[37:20]

vrais éléments historiques.

[37:23]

Donc, Broom, qui était intrigué,

[37:24]

elle a mis en ligne, sur un espace,

[37:28]

son idée,

[37:29]

ses blogs, pour recueillir

[37:30]

d'autres souvenirs du genre.

[37:32]

Et puis, l'idée s'est répandue, puis ça a fait

[37:34]

véritablement boule de neige.

[37:36]

Et lĂ , Ă  partir de lĂ , des milliers

[37:38]

de témoignages s'accumulent.

[37:40]

Entre autres, le logo de Fruit of the Loom,

[37:43]

est-ce qu'il y a un panier

[37:44]

en dessous, ou il n'y en a pas, ou il y a juste des fruits?

[37:47]

Bonne question.

[37:48]

Dites-nous, qu'est-ce que vous en pensez?

[37:49]

Le personnage de Monopoly, est-ce

[37:52]

qu'il a un monocle ou pas?

[37:54]

Encore, est-ce que les oursons

[37:56]

dans les livres pour enfants sont les Berenstain

[37:58]

ou les oursons Berenstain?

[38:00]

Et c'est tous des cas

[38:02]

oĂč on n'est pas sĂ»rs.

[38:04]

Est-ce que Blanche-Neige, par exemple,

[38:06]

elle va dire, miroir, mon beau miroir,

[38:08]

dis-moi qui est la plus belle?

[38:10]

Ou encore, miroir magique

[38:12]

au mur, qui a beauté

[38:14]

parfaite et pure?

[38:16]

Bonne question.

[38:17]

Ce serait des preuves que deux simulations

[38:20]

se percutent et se confondent

[38:22]

Ă  quelque part. Parce que ce que

[38:24]

je viens de vous nommer, effectivement,

[38:25]

c'est qu'il y a des gens qui se rappellent

[38:28]

que le logo de Fruit of the Loom, par exemple,

[38:30]

il y a un panier ou un genre de cornet

[38:31]

derriĂšre les fruits. Des gens qui sont

[38:33]

sûrs à 100% que c'est ça. Mais la réalité

[38:36]

c'est que non, il n'y en a pas de cornet.

[38:38]

Le personnage de Monopoly,

[38:40]

il n'y en a pas de monocle. Mais moi, j'avoue

[38:42]

que j'ai toujours pensé qu'il y en avait un.

[38:44]

Et puis les oursons, mĂȘme chose,

[38:46]

bien des gens pensent que c'est

[38:47]

les Berenstain Bears, mais c'est les

[38:50]

Berenstain. Et lĂ , vous allez voir,

[38:51]

on va en nommer un petit peu plus. MĂȘme chose pour Blanche-Neige.

[38:54]

Il y en a plusieurs des Effets Mandela comme ça.

[38:57]

Ce qui montre un peu que

[38:58]

peut-ĂȘtre qu'il y aurait eu un glitch

[38:59]

entre deux simulations. Parce que

[39:02]

en mĂȘme temps, on dirait que ce qui n'a pas aidĂ©

[39:05]

à ce que cette théorie-là

[39:06]

d'Effets Mandela

[39:08]

se propulse, c'est que

[39:10]

il y a eu des véritables erreurs d'impression

[39:12]

sur des lits, sur des disques.

[39:14]

Moi, ma cousine m'a carrément

[39:16]

déjà montré un genre de

[39:18]

vinyle 45 tours,

[39:20]

oĂč c'Ă©tait les Berenstain Bears.

[39:21]

C'est fou. Il y a des illustrations

[39:24]

qui existent avec le personnage

[39:26]

de Monopoly, oĂč il y a un

[39:28]

Monocle. Donc il y a eu véritablement

[39:30]

des genres d'erreurs comme ça

[39:32]

qui ont contribué à faire,

[39:34]

à créer des faux souvenirs.

[39:36]

On parle de logos, de répliques

[39:38]

de films, de détails culturels

[39:40]

évidents aussi, que beaucoup

[39:42]

de gens jurent avoir vu autrement.

[39:44]

Pour les partisans de l'hypothĂšse de la

[39:45]

simulation, ben c'est pas un simple

[39:47]

trou de mémoire, c'est un peu une piste,

[39:49]

c'est un peu un indice. Donc, comment

[39:51]

autant de personnes peuvent-elles se

[39:53]

tromper de la mĂȘme façon sur un

[39:55]

détail historique comme ça?

[39:57]

L'explication la plus sobre, celle

[39:59]

des psychologues, part d'un principe

[40:01]

moins spectaculaire, mais trĂšs humain.

[40:03]

La mémoire n'est pas un enregistrement

[40:05]

vidéo. Elle reconstruit des choses.

[40:07]

On comble des trous. On confond

[40:09]

parfois la source de l'information.

[40:12]

On retient une version entendue

[40:13]

mille fois, plutĂŽt que la version

[40:15]

originale. En plus, une idée

[40:17]

circule, ben plus elle peut

[40:19]

solidifier Ă  quelque part grĂące Ă  la

[40:21]

rĂ©pĂ©tition, mĂȘme quand elle est fausse.

[40:23]

On a mĂȘme observĂ© des erreurs

[40:25]

partagées sur certaines icÎnes

[40:27]

visuelles, comme si notre cerveau

[40:29]

corrigait spontanément une image

[40:31]

vers ce qui semble plus logique

[40:32]

ou le plus familier avec ce qu'il pense.

[40:35]

Et c'est un point important.

[40:37]

Ça ne dit rien sur l'intelligence

[40:38]

des gens. Ça l'Ă©crit simplement comment

[40:40]

la mémoire fonctionne et comment

[40:42]

un souvenir peut ĂȘtre trĂšs

[40:44]

convaincant, mĂȘme quand il ne correspond

[40:47]

pas aux faits et à la réalité.

[40:50]

Cela dit, l'effet Mandela

[40:51]

touche une corde sensible

[40:52]

parce qu'il donne une impression trĂšs

[40:54]

particuliÚre, celle que le réel est

[40:56]

légÚrement décalé.

[40:58]

C'est d'ailleurs une intuition qu'on retrouve

[41:00]

chez Philipp K. Dick, l'écrivain de

[41:02]

science-fiction, dans une conférence

[41:04]

donnée en 1977 à Metz.

[41:06]

Il suggÚre en gros que le déjà-vu,

[41:08]

l'effet de déjà-vu, pourrait

[41:10]

ressembler Ă  une espĂšce de variable

[41:12]

modifiée dans notre réalité, comme si

[41:14]

quelque chose avait été reprogrammé aprÚs

[41:16]

l'effet. C'est pas une preuve,

[41:19]

c'est une image, mais elle explique

[41:20]

pourquoi l'idée fascine autant.

[41:23]

AprĂšs, pourquoi les

[41:24]

postes humains auraient pris

[41:26]

autant de temps Ă  enlever le panier

[41:28]

sur le logo de Float of the Loons?

[41:31]

Ou pourquoi,

[41:32]

je veux dire, il y aurait eu un glitch avec

[41:34]

le personnage de Monopoly?

[41:36]

Il me semble qu'il y a des glitchs beaucoup plus évidents

[41:38]

qui pourraient arriver avec plusieurs

[41:40]

des impacts beaucoup plus importants

[41:42]

sur nos vies.

[41:43]

Peut-ĂȘtre que dans leur bug list, justement, c'Ă©tait pas important.

[41:46]

Ah, mais qu'ils l'ont mis Ă  la fin!

[41:47]

J'aime ça, j'aime ça.

[41:49]

Au final, l'effet Mandela

[41:51]

n'établit pas qu'on vit dans une simulation.

[41:54]

Il montre surtout Ă  quel point notre esprit

[41:55]

peut fabriquer du solide Ă  partir d'indices

[41:58]

plutĂŽt fragiles.

[41:59]

C'est précisément là que le sujet devient

[42:01]

intéressant, parce que ça nous force

[42:03]

à distinguer deux choses. L'expérience

[42:06]

vĂ©cue, qui peut ĂȘtre trĂšs rĂ©elle,

[42:08]

mais aussi l'explication qu'on choisit

[42:10]

pour l'interpréter.

[42:12]

Je me demande, Emile, est-ce qu'il existe

[42:15]

des interprétations de Mandela

[42:16]

au QuĂ©bec ou mĂȘme au Canada?

[42:18]

Bonne question, j'en ai trouvé

[42:20]

sur Reddit, Seb, et tu me diras

[42:22]

qu'est-ce que t'en penses.

[42:23]

Est-ce que toi, tu te rappelles d'ĂȘtre allĂ©

[42:25]

au Dolorama ou au Dolarama?

[42:28]

Oui, c'est vrai, parce qu'on le prononce

[42:30]

toujours un peu de façon

[42:32]

étrange, mais moi, je vais toujours au Dolorama.

[42:34]

Oui, oui, oui. Mais je sais que ça s'écrit pas

[42:36]

comme ça. Non, c'est Dolorama qu'on dit.

[42:39]

Autre chose, il y a plusieurs

[42:40]

personnes sur Reddit, j'ai trouvé ça

[42:41]

fascinant, qui affirment que lorsqu'ils

[42:44]

regardent des cartes du Canada,

[42:46]

c'est vraiment une discussion sur Reddit

[42:47]

qui est trĂšs populaire. Les vieilles cartes

[42:49]

des années 80-90, puis les cartes d'aujourd'hui

[42:51]

comme Google Maps, la baie du Tucson

[42:53]

était beaucoup plus petite dans le temps.

[42:56]

Et lĂ  maintenant,

[42:58]

elle semble vraiment diviser le Canada.

[42:59]

Donc, il y a toute cette discussion

[43:01]

d'effets Mandela autour de la taille

[43:04]

en gros des cours d'eau au Canada.

[43:06]

C'est assez fascinant. Et aussi,

[43:09]

il y a un autre effet Mandela

[43:10]

qui tombe un peu dans les fausses nouvelles

[43:12]

aussi. Est-ce que tu te rappelles

[43:14]

ce que Jacques Parisot a dit

[43:16]

lors de son discours à la défaite du

[43:18]

OUI en 95? Pourquoi

[43:20]

est-ce qu'il aurait perdu le vote? Est-ce que tu t'en rappelles?

[43:22]

Ben, il me semble que oui, c'était à cause

[43:24]

de l'argent et les votes ethniques.

[43:26]

Oui, mais pas tout Ă  fait, Seb.

[43:28]

La vraie phrase, tu vas voir,

[43:30]

là, vous me direz, l'éditeur Dieu, si vous trouvez que c'est un effet

[43:32]

Mandela ou pas, il dit, au fond,

[43:34]

qu'est-ce qui nous a fait perdre?

[43:36]

Et lĂ , il rĂ©pond lui-mĂȘme, l'argent

[43:38]

puis des votes ethniques.

[43:40]

Donc, ça change quand mĂȘme un petit peu

[43:42]

le sens de sa phrase, malgré que oui,

[43:44]

ça peut causer la controverse et autres.

[43:46]

Mais ce qui se passe, c'est que Parisot

[43:47]

a été mal cité par à peu prÚs tous

[43:50]

les journaux québécois.

[43:53]

Et aussi, au chapitre des

[43:54]

fausses souvenirs, Seb, il y a un

[43:56]

épisode d'un vieux passe-partout

[43:58]

oĂč on voit un petit garçon, tu sais,

[43:59]

qui dit, j'ai un oiseau dans ma main.

[44:01]

Est-ce que tu te rappelles de ça?

[44:02]

Ben, plusieurs personnes sont convaincues que c'est Jean

[44:05]

Le Loup, le petit garçon.

[44:06]

Ah oui, j'avais déjà entendu parler de ça.

[44:09]

Vous irez voir, vous me direz ce que vous en pensez,

[44:11]

c'est Jean Le Loup qu'on retrouve dans les vieux

[44:13]

passe-partout.

[44:15]

Mais est-ce que c'est un effet Mandela ou un faux souvenir?

[44:18]

Oui, c'est une bonne question.

[44:20]

Exact.

[44:21]

On va parler aussi, Seb, maintenant,

[44:23]

d'une expérimentation qui a été faite

[44:25]

en lien avec la théorie de la simulation,

[44:27]

qui est l'expérience de la double

[44:29]

fente. Je vais vous en parler, c'est trĂšs

[44:31]

intéressant, vous allez voir. La double

[44:33]

fente, c'est une expérience simple,

[44:34]

mais qui donne un résultat vraiment

[44:36]

contre-intuitif. Imaginez une

[44:39]

plaque devant vous avec deux petites

[44:41]

ouvertures trÚs étroites, deux

[44:43]

fentes. On envoie des particules

[44:45]

vers cette plaque, mettons des protons,

[44:47]

puis on met un écran derriÚre

[44:49]

pour voir oĂč elles arrivent.

[44:51]

Si les particules étaient juste des petites

[44:52]

billes, par exemple, ou de la farine, ou quelque chose

[44:55]

comme ça, on s'attendrait à voir

[44:57]

deux amas de points sur l'écran,

[45:00]

un derriĂšre chaque fente,

[45:01]

un petit peu plus dispersé,

[45:03]

évidemment, moins mince, mais

[45:05]

quand mĂȘme, ce serait logique. Sauf que

[45:07]

c'est pas ça qu'on obtient lorsqu'on envoie,

[45:09]

par exemple, des protons sur

[45:10]

les deux fentes. Exact.

[45:12]

On voit plutĂŽt un motif en bande,

[45:15]

ou des zones oĂč il y a eu

[45:17]

beaucoup d'impact, puis des zones

[45:18]

oĂč il n'y en a presque pas, un peu comme

[45:20]

des ébrûres. C'est complÚtement différent

[45:22]

de ce Ă  quoi on s'attend.

[45:24]

Et ça, c'est typique un peu des

[45:26]

vagues. Quand deux vagues de la

[45:28]

mer se superposent,

[45:31]

parfois, elles s'additionnent, puis

[45:32]

ça fait une zone plus forte.

[45:34]

C'est quand mĂȘme quelque chose en soi,

[45:36]

l'analyse des courants marins.

[45:38]

Des fois, on a une impression, mais c'est

[45:40]

trĂšs complexe, en fait.

[45:42]

Puis, parfois,

[45:44]

elles se neutralisent presque complĂštement,

[45:46]

ce qui crée une zone de vide.

[45:48]

Donc, c'est exactement ce qui dessine

[45:50]

les bandes claires et sombres.

[45:52]

Le bout le plus bizarre, c'est que le motif

[45:54]

apparaĂźt mĂȘme si on envoie les

[45:56]

particules une par une.

[45:58]

Donc, chaque particule fait un point,

[46:00]

mais Ă  force d'en accumuler, le dessin

[46:02]

final ressemble Ă  un comportement

[46:03]

de vague, comme si chaque particule

[46:06]

tenait compte des deux fentes

[46:08]

d'une certaine façon.

[46:10]

La mécanique quantique décrit

[46:12]

ça en disant qu'avant de mesurer,

[46:14]

la particule n'a pas une trajectoire

[46:16]

claire. Elle existe plutĂŽt comme un

[46:18]

ensemble de possibilités.

[46:19]

Donc, tant qu'on ne force pas l'information,

[46:22]

ces possibilités peuvent interférer

[46:23]

et ça crée des hébrures.

[46:25]

Et ensuite, on change un seul élément.

[46:27]

On installe un détecteur prÚs des fentes

[46:30]

pour savoir par laquelle

[46:31]

la particule est passée.

[46:33]

Et dĂšs qu'on obtient cette information,

[46:35]

les hébrures disparaissent.

[46:37]

On revient Ă  deux amas de points

[46:39]

comme prĂ©vu. C'est fourrant quand mĂȘme,

[46:41]

et c'est important.

[46:43]

Ce n'est pas un humain qui regarde,

[46:45]

qui change la réalité. C'est le fait que

[46:47]

mesurer, donc, d'interagir avec

[46:49]

la particule. Mesurer laisse une

[46:51]

trace, et cette trace suffit Ă  faire

[46:53]

disparaßtre l'interférence.

[46:55]

C'est foubracant ça.

[46:57]

Oui, c'est comme si dans le fond,

[47:00]

mettons qu'on revient Ă  notre

[47:00]

histoire de simulation, c'est comme si les

[47:02]

particules, un peu comme dans un jeu vidéo,

[47:06]

ce qu'il y a derriĂšre le mur

[47:07]

n'est pas forcément créé.

[47:09]

Non, exact.

[47:10]

On va pour sauver de l'espace et tout ça.

[47:12]

Si on voit juste un bĂątiment d'un certain

[47:14]

angle, on n'a pas besoin de faire

[47:16]

les deux murs de l'autre cÎté.

[47:18]

On n'a pas besoin de faire des piÚces à l'intérieur

[47:19]

du bùtiment si on n'entre jamais à l'intérieur.

[47:22]

C'est un peu ça. C'est comme si les particules,

[47:24]

elles, il y avait un mur,

[47:26]

mais de l'autre cÎté du mur,

[47:27]

il continue Ă  ĂȘtre gĂ©nĂ©rĂ©, comme

[47:29]

des particules dans un jeu vidéo qui sont générées,

[47:31]

qui n'ont pas vu l'objet devant.

[47:35]

Ça donne une impression

[47:36]

de bug un peu dans la matrice.

[47:37]

Oui, vraiment. Souvent, il y avait

[47:39]

pas une fausse rumeur, mais on disait

[47:42]

souvent, quand on la regarde,

[47:44]

quand on regarde le rayon, les

[47:45]

particules, mais ce n'est pas que l'humain regarde,

[47:47]

c'est vraiment quand il y a des tests qui sont faits,

[47:49]

qui sont mesurés, parce qu'il y a vraiment

[47:51]

une légende urbaine là-dessus,

[47:53]

mais ce n'est pas nos yeux qui font changer

[47:55]

la trajectoire des particules

[47:58]

en physique quantique. C'est le fait

[47:59]

de les mesurer. C'est ça, la nuance.

[48:01]

C'est pour ça que je voulais le repréciser.

[48:03]

Oui, c'est ça, en ce qui est détectable,

[48:05]

ce que nous, on perçoit quelque part.

[48:07]

Donc, c'est exactement ce que vient

[48:09]

tester, comme tu dis, l'effaceur quantique.

[48:13]

Jusqu'ici,

[48:13]

on a dit, dĂšs que l'information

[48:15]

passe par quelle fente

[48:17]

est disponible dans le systĂšme,

[48:19]

les ébrûles disparaissent.

[48:21]

L'effaceur pose donc la question,

[48:23]

est-ce que ce qui compte, c'est qu'on est

[48:25]

regardé ou simplement que cette information

[48:27]

existe quelque part. On montre l'expérience

[48:30]

pour qu'en principe, on puisse

[48:31]

connaßtre le trajet, donc l'interférence

[48:33]

disparaĂźt Ă  ce moment-lĂ .

[48:35]

Puis, on fait une mesure différente qui rend

[48:37]

cette information impossible à récupérer,

[48:39]

comme si on avait mélangé les indices

[48:41]

un peu. Et là, l'interférence

[48:43]

revient, mais avec une nuance

[48:44]

essentielle, elle ne réapparaßt pas

[48:47]

comme une grande image magique sur un

[48:49]

écran principal. Elle apparaßt seulement

[48:51]

aprĂšs coup, quand on trie les impacts

[48:53]

selon un deuxiÚme signal enregistré

[48:55]

par les détecteurs, ce qui fait

[48:56]

ressortir le motif dans certains

[48:58]

sous-groupes, mĂȘme s'il reste invisible

[49:00]

dans le total. Oui, ça, j'ai pris une bonne

[49:03]

pop-off pour, tu sais, je l'irai plus souvent

[49:04]

pour bien comprendre. Ben oui.

[49:08]

Donc, c'est un petit peu ça,

[49:09]

tu sais, il y a aussi

[49:10]

le choix retardé de Wheeler

[49:13]

qui pousse la mĂȘme idĂ©e encore plus loin.

[49:15]

On choisit trĂšs tard quel type

[49:17]

de mesure on va faire, et

[49:19]

parfois, aprÚs que la particule a déjà

[49:21]

traversé une partie du dispositif,

[49:23]

ça donne l'impression que la

[49:24]

particule décide aprÚs coup

[49:26]

si elle s'est comportée comme une vague

[49:28]

ou comme une particule. Oui. La version

[49:31]

prudente de l'expérience, c'est plutÎt

[49:33]

ceci, c'est-Ă -dire avant la mesure,

[49:35]

la mécanique quantique ne fournit

[49:37]

pas une trajectoire unique définie

[49:39]

comme dans le monde classique. Elle

[49:40]

décrit les possibilités. Et selon la façon

[49:43]

dont on mesure Ă  la fin, on ne

[49:45]

rĂ©cupĂšre pas le mĂȘme type d'informations

[49:47]

sur ce qui s'est passé.

[49:48]

Mais vous irez voir si en audio, c'est pas

[49:50]

évident à comprendre comme ça ce

[49:52]

que je vous parle avec l'expérience de la double

[49:54]

fente. Vous allez voir, il y a des vidéos là-dessus

[49:56]

sur YouTube que vous pouvez consulter.

[49:59]

Puis, visuellement, vous allez peut-ĂȘtre

[50:01]

comprendre un petit peu plus.

[50:03]

Puis, pourquoi les partisans de la

[50:05]

simulation aiment cette expérience-là?

[50:06]

C'est un peu ce que je disais tantĂŽt.

[50:08]

Ça ressemble Ă  une rĂ©alitĂ© qui se prĂ©cise

[50:10]

au moment oĂč on la mesure, un peu comme

[50:12]

un jeu vidéo qui va calculer les détails

[50:14]

seulement quand tu y arrives et quand

[50:16]

tu regardes. T'sais, l'engin

[50:19]

graphique du jeu vidéo va

[50:21]

commencer Ă  rendre, par exemple,

[50:22]

Ă  faire des rendus de la forĂȘt une fois

[50:24]

que tu t'y rapproches. Oui, exactement.

[50:26]

Donc, c'est un petit peu plus Ă  la derniĂšre

[50:28]

minute que si tout était prévu.

[50:30]

Donc, c'est un peu ceux qui croient à la théorie

[50:32]

de la simulation. Bien, avec l'expérience

[50:34]

de la double fente et l'expérience

[50:36]

de Wheeler, du choix

[50:38]

retardé, bien, ça va un peu

[50:40]

dans cette direction-lĂ . Oui, exact.

[50:41]

Comme si la particule attendait de voir oĂč est-ce qu'on est rendu

[50:44]

Ă  observer avant de choisir sa

[50:45]

direction. Donc, je sais pas si vous avez

[50:47]

tout suivi de cette partie-lĂ , mais moi, c'est ce que

[50:49]

j'en conclus. Oui, oui, oui, c'est vraiment ça.

[50:52]

Ça donne une impression de jeu vidĂ©o

[50:53]

qui me parle. Oui, oui, vraiment.

[50:56]

Et lĂ , je vais vous parler, justement,

[50:58]

on retourne encore dans les jeux vidéo

[51:00]

pour parler des limites du réel,

[51:01]

parce que mĂȘme dans les jeux vidĂ©o,

[51:04]

les mondes ont l'air infinis, finissent par

[51:06]

avoir une limite. Je bondis

[51:08]

un peu sur ce que tu dis.

[51:09]

Grand Theft Auto, The Witcher, Zelda,

[51:12]

Skyrim, toutes les open world qu'on appelle.

[51:14]

Oui. Peu importe l'échelle,

[51:15]

il y a toujours une frontiĂšre, une zone

[51:17]

oĂč tu ne peux plus aller. Certains partisans

[51:20]

de la simulation se demandent si l'univers

[51:21]

n'a pas, lui aussi, un bord de carte,

[51:24]

pas forcément visible, mais réel

[51:26]

dans ses effets. Oui, puis ça nous

[51:27]

fait penser à la théorie de la Terre

[51:29]

plate aussi. Oui, exactement.

[51:31]

Ça nous revient un peu au show

[51:33]

Truman, oĂč lui vĂ©ritablement

[51:35]

sa Terre est plate parce qu'il y a un

[51:37]

dĂŽme au-dessus de lui. Ben oui, c'est vrai.

[51:39]

Donc, est-ce que tu peux te rendre

[51:40]

au bout de la Terre, puis qu'est-ce qui arrive

[51:42]

quand tu arrives Ă  la bordure? Est-ce que tu tombes

[51:44]

dans le vide ou il y a une clĂŽture

[51:46]

avec des gens qui tirent dessus? Oui, oui,

[51:51]

il existe effectivement une limite trĂšs concrĂšte,

[51:53]

l'univers observable.

[51:55]

Son rayon est d'environ 46

[51:57]

milliards d'années-lumiÚre.

[51:59]

Au-delĂ , ce n'est pas qu'il n'y a rien,

[52:01]

c'est qu'on ne peut pas recevoir d'informations

[52:03]

de ces régions. La raison

[52:05]

est simple, l'univers a un Ăąge fini,

[52:08]

la lumiĂšre a une vitesse

[52:09]

finie et l'espace s'est dilaté pendant

[52:11]

que cette lumiĂšre voyageait.

[52:13]

Et avec l'expansion accélérée,

[52:15]

certaines zones pourraient rester

[52:17]

hors de portée pour toujours.

[52:19]

Autre limite majeure,

[52:21]

la vitesse de la lumiĂšre.

[52:23]

Rien, selon notre physique actuelle,

[52:25]

ne transporte de l'information plus vite

[52:26]

que ça. Ça impose un univers

[52:28]

immense et lent. MĂȘme Ă  la vitesse

[52:31]

de la lumiÚre, l'étoile la plus proche

[52:33]

du Soleil, Proxima Centauri,

[52:35]

est Ă  environ 4.2

[52:36]

années-lumiÚre. Traverser notre

[52:38]

galaxie prendrait autour de 100 000

[52:40]

ans. Donc AndromĂšde,

[52:43]

notre galaxie voisine la plus proche,

[52:45]

est Ă  environ 2.5 millions

[52:47]

d'annĂ©es-lumiĂšre. Donc, mĂȘme Ă  la vitesse

[52:49]

de la lumiĂšre, on parle de

[52:51]

2.5 millions d'années de voyage.

[52:53]

Donc, pour les partisans de la simulation,

[52:56]

cette limite ressemble Ă  un

[52:57]

garde-fou, une façon de freiner

[52:59]

l'exploration et de garder les civilizations

[53:01]

confinées à leur coin de l'univers.

[53:03]

Ben oui, se rendre dans une autre galaxie,

[53:05]

c'est un peu comme traverser le désert

[53:07]

dans King's Quest, un vieux jeu

[53:09]

PC des années 90

[53:11]

oĂč

[53:12]

ils voulaient pas que tu ailles dans le désert.

[53:15]

Donc, c'est tellement long que tu

[53:17]

te penses des jours Ă  juste marcher de gauche

[53:19]

Ă  droite. Et puis,

[53:21]

évidemment, il y a quelque chose à l'autre bout du désert,

[53:23]

éventuellement. Mais c'est tellement long

[53:24]

que ça décourage tout le monde.

[53:27]

Et puis, il y a les grandes inconnues.

[53:29]

La matiÚre noire et l'énergie sombre

[53:31]

qui représenteraient ensemble la

[53:32]

majorité du contenu d'univers.

[53:34]

La matiÚre noire est évoquée parce que la gravité

[53:37]

observée ne s'explique pas avec

[53:39]

la matiĂšre visible seule.

[53:40]

L'énergie sombre, elle, est associée à

[53:43]

l'expansion accélérée,

[53:44]

observée à la fin des années 90.

[53:47]

On voit leur effet, mais on ne sait

[53:48]

pas encore exactement ce que c'est.

[53:51]

Dans la lecture

[53:52]

Simulation, eh bien, ces éléments

[53:54]

ressemblent Ă  des paramĂštres d'arriĂšre-scĂšne,

[53:56]

des réglages nécessaires pour que

[53:58]

l'univers tienne et se comporte comme

[54:00]

il faut. Mais il faut distinguer ce qu'on

[54:03]

observe de ce

[54:05]

qu'on en conclut, en fait.

[54:07]

Oui, il y a des limites, une vitesse

[54:08]

maximale et des grandes ondes inconnues.

[54:11]

Dire que, donc, c'est programmé,

[54:13]

c'est ajouter une étape de plus, un saut

[54:15]

d'interprétation. Et la science,

[54:17]

elle, elle décrit trÚs bien ce qu'on peut mesurer

[54:19]

et elle reconnaĂźt aussi clairement

[54:21]

ce qu'elle ne comprend pas encore.

[54:24]

Et lĂ , on va basculer

[54:25]

justement au paradoxe

[54:27]

de Fermi. Ah oui, je suis content

[54:29]

que tu parles de ça parce que c'est au centre

[54:31]

de plein de théories aussi, ce qui

[54:33]

touche aux extraterrestres,

[54:35]

entre autres. Ah, ok, ah, intéressant.

[54:37]

En 1950, au laboratoire

[54:39]

de Los Alamos, le physicien

[54:41]

Enrico Fermi

[54:43]

discute d'extraterrestres avec des collĂšgues.

[54:46]

Et Ă  un moment, il

[54:47]

résume le malaise en une phrase qui est devenue

[54:49]

cĂ©lĂšbre. Mais oĂč sont-ils?

[54:52]

Si l'univers est si vaste,

[54:53]

oĂč sont les autres?

[54:55]

Et c'est drÎle parce que c'était justement,

[54:57]

il travaillait à l'époque

[54:59]

lui aussi sur la bombe atomique avec

[55:01]

Oppenheimer, peut-ĂȘtre plus

[55:04]

en 1950,

[55:05]

mais c'était pour ça qu'il était à Los Alamos.

[55:07]

Donc, pendant une petite pause avec

[55:09]

toutes ces légendes, physicien

[55:11]

qui étaient réunies là

[55:13]

pour fabriquer la bombe,

[55:15]

Fermi s'est mis Ă  discuter d'extraterrestres.

[55:18]

Ah oui, wow!

[55:19]

L'idée derriÚre, le paradoxe est assez simple.

[55:22]

La voie lactée contient des centaines

[55:24]

de milliards d'étoiles. Et on sait

[55:25]

que les planĂštes sont trĂšs communes.

[55:27]

La galaxie a plus de 13 milliards

[55:29]

d'années, notre systÚme solaire

[55:31]

Ă  environ 4,6. Donc, mĂȘme

[55:33]

en restant prudent, on pourrait s'attendre

[55:35]

Ă  avoir des traces quelque part,

[55:37]

des signaux, des sondes, des artefacts

[55:39]

ou au moins des projets énergétiques

[55:41]

énormes. Pourtant,

[55:43]

à ce jour, rien n'est confirmé.

[55:45]

Le ciel reste largement silencieux.

[55:48]

C'est ça le paradoxe de Fermi.

[55:50]

Le décalage entre

[55:51]

ce que l'Univers semble permettre

[55:53]

est l'absence d'indices clairs

[55:55]

de d'autres civilisations.

[55:57]

Les explications possibles sont nombreuses.

[56:00]

Vies intelligentes trĂšs rares,

[56:02]

grands filtres, civilisations

[56:03]

qui s'éteignent ou qui restent discrÚtes

[56:05]

ou qui utilisent des moyens de communication,

[56:07]

mais qu'on ne sait pas encore détecter.

[56:10]

C'est vrai, ça aussi.

[56:11]

Oui, il y a toujours aussi une autre hypothĂšse

[56:13]

que Fermi avait élaborée

[56:15]

qui est peut-ĂȘtre

[56:17]

qu'ils n'ont juste pas envie de venir nous voir.

[56:19]

Peut-ĂȘtre qu'ils n'ont rien Ă  faire ici.

[56:21]

Peut-ĂȘtre qu'ils ne voient pas l'avantage de venir nous voir.

[56:23]

Effectivement, j'avoue. Parce qu'Ă  un moment

[56:25]

donné, j'écoutais un truc qui disait que

[56:27]

détecter le langage, à part

[56:29]

notre propre langage, on n'est mĂȘme pas capable

[56:31]

de... On n'est jamais devenu assez bon

[56:33]

l'humain pour détecter le langage de toutes les

[56:35]

autres formes vivantes,

[56:37]

avec nous. Des fois, on a l'impression

[56:39]

de comprendre notre chien, notre chat.

[56:41]

Il y a certaines petites avancées, mais

[56:43]

on n'est pas capable encore de communiquer,

[56:45]

mĂȘme avec des animaux, qu'on imagine avec une autre

[56:47]

population. Un autre type

[56:49]

de vie, je devrais dire.

[56:50]

Oui, puis tout est fréquence.

[56:52]

C'est possible qu'on soit

[56:54]

pas capable de les voir.

[56:56]

Pas capable de les percevoir, de les toucher.

[56:58]

Tout ça, parce que nous,

[57:00]

on voit selon un spectre

[57:02]

visuel qui correspond à des fréquences,

[57:05]

et on a la mĂȘme chose lorsqu'on l'entend.

[57:06]

Donc, c'est possible que...

[57:08]

Ça aussi, ça revient souvent dans les thĂ©ories

[57:10]

de la simulation, comme quoi on n'est pas tous

[57:12]

sur la mĂȘme frĂ©quence,

[57:14]

un peu comme une radio. Oui, oui, oui.

[57:16]

Exactement. C'est intéressant.

[57:17]

Et c'est ici que certains partisans d'hypothĂšses

[57:19]

de la simulation proposent une lecture différente.

[57:22]

Si on ne voit personne, c'est peut-ĂȘtre

[57:24]

parce que la simulation n'a pas besoin de simuler

[57:26]

tout le monde. L'univers serait immense

[57:29]

en apparence, mais le calcul

[57:30]

serait concentré là

[57:32]

oĂč se dĂ©roule l'histoire. Par exemple,

[57:35]

autour de la Terre.

[57:36]

Le reste serait surtout un décor cohérent.

[57:39]

Il compare ça à des jeux

[57:40]

en mode ouvert comme Grand Theft Auto,

[57:43]

The Witcher ou Skyrim,

[57:44]

qu'on vous nomme souvent. Le monde est

[57:46]

immense quand tu te promĂšnes, mais tout

[57:48]

n'est pas dĂ©taillĂ© au mĂȘme niveau.

[57:50]

Comme tu nous expliquais un peu tout Ă  l'heure.

[57:51]

Certaines zones sont travaillées à fond, d'autres

[57:53]

sont surtout lĂ  pour donner l'illusion d'un monde

[57:55]

complet. Transposées au cosmos,

[57:58]

eh bien l'idée devient la suivante.

[58:00]

Les exoplanĂštes, c'est-Ă -dire

[58:02]

les planĂštes qui tournent autour

[58:03]

de d'autres étoiles que le soleil,

[58:06]

pourraient ĂȘtre cohĂ©rentes quand

[58:07]

on les observe de loin, assez

[58:09]

crédibles pour que la simulation tienne.

[58:12]

Mais elles n'auraient

[58:13]

pas besoin d'ĂȘtre simulĂ©es en dĂ©tail

[58:15]

avec une vraie complexité,

[58:18]

tant qu'aucun observateur n'interagit

[58:19]

vraiment avec elles. C'est une

[58:21]

hypothÚse qui fonctionne bien comme récit,

[58:24]

parce qu'elle donne une explication aux grands silences.

[58:26]

Mais il faut ĂȘtre clair,

[58:27]

ce n'est pas une conclusion scientifique, c'est une

[58:29]

interprétation. Le paradoxe de Fermi

[58:32]

au fond décrit un manque

[58:33]

de preuves, pas un manque de

[58:36]

preuves, pas une preuve en soi plutĂŽt.

[58:38]

Et c'est précisément ce qui rend

[58:39]

le sujet intéressant. On peut trouver le silence

[58:41]

du cosmos troublant tout en restant

[58:43]

trĂšs prudent sur ce qu'il signifie.

[58:46]

Ça j'ai adorĂ©. Tu vois que

[58:47]

toutes les théories des physiciens,

[58:49]

des cosmologues, des spécialistes,

[58:51]

s'emboĂźtent un peu tous un peu de la mĂȘme

[58:53]

façon. Oui, oui, oui. Je trouve

[58:55]

qu'ils reviennent un peu à la théorie

[58:58]

que ce n'est pas parce qu'on

[58:59]

ne le voit pas, que ça n'existe pas,

[59:01]

il y a un peu tout ça qui s'emboßt.

[59:04]

Isaac Azima va parler aussi dans ses livres,

[59:06]

mĂȘme si lui c'est plus un auteur de fiction,

[59:08]

mais c'est ça, on voit que mĂȘme entre

[59:10]

1950 par exemple avec

[59:11]

Fermi et sa gang de scientifiques,

[59:14]

et mĂȘme 2016 avec

[59:15]

Bostrom, il y a

[59:18]

souvent, c'est les mĂȘmes idĂ©es

[59:19]

qui reviennent, donc la

[59:22]

réflexion, on voit que

[59:24]

comme tu dis, ça se complÚte un peu

[59:25]

de l'un Ă  l'autre.

[59:27]

On va parler d'une théorie intéressante

[59:29]

et si Seb aussi, ah oui,

[59:31]

les NPC, les non-playable

[59:34]

characters, les personnages

[59:36]

non-joueurs, si on

[59:38]

prend au sérieux, ne serait-ce qu'un instant,

[59:40]

l'hypothĂšse qu'on vit dans une simulation

[59:42]

puis qu'on se plonge dedans, Seb,

[59:43]

est-ce que tout le monde est réel

[59:45]

au mĂȘme sens? Oui, c'est ça.

[59:47]

Ça c'est phĂ©nomĂ©nal, quand je prends les transports

[59:49]

en commun, puis qu'on est dans des métros

[59:51]

bondés, je me dis, voyons,

[59:53]

il y a plein de NPC

[59:55]

ici, il y a plein de gens, je suis sûr

[59:57]

qui ne sont pas réels.

[59:59]

Je me dis souvent la mĂȘme chose, honnĂȘtement.

[01:00:02]

Oui, oui, exact.

[01:00:03]

Donc, dans un jeu vidéo, il y a

[01:00:05]

les personnages contrÎlés par les joueurs

[01:00:07]

et les NPC, donc les personnages

[01:00:09]

non-joueurs qui bougent, qui parlent,

[01:00:11]

qui réagissent, mais qui au fond

[01:00:13]

sont un peu, font partie du décor

[01:00:15]

à quelque part, sont codés.

[01:00:18]

Donc, transposé à l'hypothÚse

[01:00:19]

de la simulation, certains se demandent

[01:00:21]

si des ĂȘtres pourraient exister ici

[01:00:23]

en se comportant comme nous,

[01:00:25]

donc sans avoir de vie intérieure.

[01:00:28]

En philosophie de l'esprit,

[01:00:29]

on appelle ça un peu des zombies philosophiques,

[01:00:31]

donc pas des monstres, mais des

[01:00:33]

ĂȘtres qui auraient l'air conscients,

[01:00:35]

mais sans rien ressentir. Oui.

[01:00:37]

Le problÚme, c'est qu'on ne peut pas vérifier

[01:00:38]

la conscience chez les autres,

[01:00:40]

on l'infÚre à partir de notre expérience.

[01:00:43]

Oui.

[01:00:44]

On suppose que les autres vivent quelque chose

[01:00:46]

parce qu'ils nous ressemblent et qu'ils

[01:00:47]

parlent comme nous, mais on a jamais accĂšs

[01:00:49]

directement à leur expérience.

[01:00:51]

Et si on pousse l'idĂ©e Ă  l'extrĂȘme,

[01:00:54]

on tombe sur le solipsisme.

[01:00:56]

Donc, la seule conscience dont on est certain,

[01:00:59]

c'est la nĂŽtre.

[01:01:00]

Et tout le reste pourrait ĂȘtre du dĂ©cor.

[01:01:03]

On est rendu loin. Oui, quand mĂȘme.

[01:01:05]

C'est là que l'éthique

[01:01:06]

devient centrale. Comme on a aucun

[01:01:08]

moyen fiable de distinguer ce qui serait

[01:01:10]

conscient et ce qui ne le serait pas,

[01:01:12]

la seule position responsable,

[01:01:14]

c'est de traiter tout le monde comme

[01:01:16]

pleinement réel. Au fond, ce raisonnement

[01:01:18]

ne prouve rien sur la simulation.

[01:01:20]

Il nous ramĂšne surtout Ă  une question trĂšs

[01:01:22]

concrĂšte et pas si simple.

[01:01:25]

C'est-à-dire, qu'est-ce que ça veut dire

[01:01:26]

au juste ĂȘtre conscient? Oui.

[01:01:28]

Donc, je pense qu'Ă  partir de maintenant,

[01:01:30]

je vais aller voir tous les gens dans l'autobus

[01:01:32]

et dans le métro que je pense qu'ils ne sont pas réels,

[01:01:34]

puis je vais les toucher, je vais les poker

[01:01:35]

comme ça pour voir s'ils réagissent

[01:01:38]

ou s'ils font toujours le mĂȘme mouvement.

[01:01:41]

Bon, je vais aller te voir en prison.

[01:01:42]

Oui.

[01:01:44]

Non, mais c'est vrai,

[01:01:45]

moi, Ă  chaque fois, souvent,

[01:01:48]

en plus quand on travaille, Ă  chaque fois

[01:01:49]

qu'on travaille sur des épisodes qui touchent

[01:01:51]

la simulation, ça fait repartir mon hamster.

[01:01:54]

Justement, mĂȘme hier, j'Ă©tais dans un transport en commun.

[01:01:56]

Je regardais les gens,

[01:01:58]

sont-ils vraiment réels?

[01:01:59]

Sont-ils juste là pour accompagner mon propre décor?

[01:02:02]

Oui, c'est ça. Non, je trouve

[01:02:03]

ça vraiment fascinant. Et là, on va parler,

[01:02:06]

on va se rapprocher un peu

[01:02:08]

de Dieu d'une certaine façon.

[01:02:10]

L'hypothĂšse de la simulation

[01:02:11]

crée un rapprochement intéressant entre un vieux

[01:02:13]

réflexe religieux et une idée trÚs moderne.

[01:02:16]

Si notre réalité est

[01:02:17]

une simulation, ça implique qu'il existe

[01:02:19]

une intelligence à l'extérieur de notre univers

[01:02:22]

qui est capable de créer notre monde,

[01:02:24]

d'en connaĂźtre les rĂšgles

[01:02:25]

et possiblement d'y intervenir.

[01:02:28]

Dit comme ça, c'est difficile de

[01:02:29]

pas entendre un écho de ce qu'on appelle depuis

[01:02:31]

des millénaires Dieu.

[01:02:33]

Exact. Et que l'on parle d'un Dieu

[01:02:35]

ou d'un programmeur, la structure

[01:02:37]

se ressemble. Un créateur

[01:02:39]

qui existe dans un niveau de réalité supérieur

[01:02:41]

avec un accÚs privilégié aux paramÚtres

[01:02:44]

du monde. Certains

[01:02:45]

vulgarisateurs, dont Neil

[01:02:47]

de Gracie Tyson,

[01:02:49]

ont dĂ©jĂ  fait remarquer que pour des ĂȘtres

[01:02:51]

comme nous, un créateur de simulation

[01:02:53]

aurait, par définition, des attributs

[01:02:55]

qui ressembleraient à ceux d'une divinité,

[01:02:58]

au moins d'un point de vue

[01:02:59]

de créature simulée.

[01:03:01]

À partir de là, les analogies

[01:03:03]

se multiplient. Dans certains récits

[01:03:05]

religieux, le monde est créé par la parole.

[01:03:07]

Dans une lecture simulation,

[01:03:09]

le monde serait plutÎt créé par

[01:03:11]

une forme de langage aussi,

[01:03:13]

du code, des rĂšgles, des instructions.

[01:03:16]

Les miracles dans ce cadre

[01:03:17]

pourraient ĂȘtre interprĂ©tĂ©s comme des

[01:03:19]

exceptions temporaires aux rĂšgles,

[01:03:21]

des modifications locales

[01:03:23]

du systÚme. J'aime ça comme

[01:03:25]

et mĂȘme certaines expĂ©riences mystiques

[01:03:27]

pourraient ĂȘtre racontĂ©es par les

[01:03:29]

partisans de la simulation, comme des moments

[01:03:31]

oĂč quelqu'un aurait l'impression de percevoir

[01:03:33]

une couche sous-jacente du réel,

[01:03:35]

comme le Ouija.

[01:03:37]

Mais ce rapprochement soulĂšve aussi

[01:03:39]

les mĂȘmes questions qu'en thĂ©ologie

[01:03:41]

classique. Si notre monde a un créateur,

[01:03:44]

mais d'oĂč vient ce crĂ©ateur?

[01:03:45]

Est-ce qu'il y a une chaĂźne de niveau?

[01:03:48]

Un créateur du créateur

[01:03:49]

et ainsi de suite. Et si ce

[01:03:51]

créateur est puissant,

[01:03:53]

pourquoi notre réalité contient-elle autant

[01:03:55]

de souffrance, d'injustice,

[01:03:57]

d'azur brutale? Autrement dit,

[01:04:00]

mĂȘme en replaçant

[01:04:01]

Dieu par programmeur, les vieilles

[01:04:03]

énigmes ne disparaissent pas.

[01:04:05]

Elles changent seulement de vocabulaire.

[01:04:07]

Et c'est probablement l'un des points les plus

[01:04:09]

révélateurs de toute cette hypothÚse.

[01:04:11]

Au fond, elle ne fait pas que parler

[01:04:13]

de technologie. Elle remet sur la table

[01:04:15]

des questions trĂšs anciennes sur l'origine,

[01:04:17]

le sens et la place qu'on

[01:04:19]

occupe tous ensemble, dans l'ensemble.

[01:04:21]

Ben oui, puis c'est drĂŽle que tu parles

[01:04:24]

du programmeur

[01:04:25]

en tant que Dieu et autres.

[01:04:27]

Ça me fait penser à une phrase de

[01:04:29]

J.F. Posé, en fait, des cowboys

[01:04:31]

fringants sur son dernier album.

[01:04:33]

Shout out Ă  J.F. et Ă  Julie aussi,

[01:04:35]

on sait qu'elle nous écoute de temps en temps.

[01:04:37]

Et ben, il fait référence,

[01:04:39]

c'est dans La Route du Nord, sa chanson,

[01:04:41]

Ă  la mort de Cal.

[01:04:42]

Puis il dit justement, je ne sais pas

[01:04:45]

ce qu'il dit avant, mais il dit, j'ai perdu un ami

[01:04:46]

et le grand programmeur en a

[01:04:49]

décidé ainsi.

[01:04:50]

Donc, il fait référence aussi,

[01:04:53]

je trouvais ça drÎle que

[01:04:54]

J.F. Posé faisait un petit

[01:04:59]

référence

[01:04:59]

sur le monde de la simulation

[01:05:01]

ici. Je ne sais pas si c'est

[01:05:02]

quelque chose auquel il croit réellement,

[01:05:04]

je suis curieux d'y demander, mais

[01:05:06]

effectivement, c'est quelque chose qu'on

[01:05:08]

retrouve beaucoup aussi pour décrire Dieu,

[01:05:10]

un peu comme un maĂźtre programmeur.

[01:05:13]

Et lĂ ,

[01:05:14]

on va parler un peu de l'hypothĂšse.

[01:05:16]

Est-ce qu'on peut la tester, cette simulation-lĂ , Seb?

[01:05:18]

Faut ĂȘtre honnĂȘte, on ne peut pas brancher

[01:05:20]

un appareil, puis lire

[01:05:23]

simulation activée,

[01:05:24]

oui ou non, aussi simplement que ça.

[01:05:26]

Par contre, on peut tester des versions

[01:05:28]

plus précises de l'idée en cherchant

[01:05:30]

si l'univers montre des limites

[01:05:32]

ou des traces d'une structure cachée.

[01:05:34]

Donc, en gros, est-ce qu'il y a des coutures

[01:05:37]

qu'on peut défaire autour

[01:05:38]

du monde réel?

[01:05:40]

Une piste connue vient d'un physicien

[01:05:42]

Silas Bean en 2012.

[01:05:45]

Son idée ressemble à une

[01:05:46]

analogie d'image numérique.

[01:05:48]

Si l'univers était calculé sur une sorte

[01:05:50]

de grille, comme une maille,

[01:05:52]

un maillage, par exemple, alors

[01:05:54]

à trÚs haute énergie, cette grille

[01:05:56]

pourrait laisser un petit billet,

[01:05:58]

un effet statistique. L'espace

[01:06:00]

ne serait pas parfaitement identique

[01:06:02]

dans toutes les directions, comme si certaines

[01:06:04]

directions collaient mieux Ă  la grille.

[01:06:06]

Et là, on a besoin de données

[01:06:08]

pour tester ça. Donc, pas d'un

[01:06:10]

laboratoire dans un sous-sol,

[01:06:11]

mais du ciel lui-mĂȘme.

[01:06:13]

Puis c'est ici qu'entre en jeu

[01:06:15]

Pierre Auger.

[01:06:16]

Et Pierre Auger, c'est pas

[01:06:19]

qu'une personne dans

[01:06:21]

cette histoire, c'est un gigantesque

[01:06:23]

observatoire en Argentine.

[01:06:25]

Son boulot, c'est d'étudier des rayons

[01:06:27]

cosmiques ultra énergétiques,

[01:06:29]

des particules qui frappent l'atmosphĂšre.

[01:06:31]

Ils mesurent deux choses simples,

[01:06:33]

leur énergie et la direction

[01:06:35]

d'oĂč elles semblent venir. Et normalement,

[01:06:37]

c'est fait pour comprendre des phénomÚnes

[01:06:38]

astrophysiques. Mais ces mĂȘmes mesures

[01:06:41]

peuvent aussi servir à vérifier s'il

[01:06:43]

existe une préférence directionnelle

[01:06:45]

étrange. Comme

[01:06:47]

on s'y attendrait en gros

[01:06:49]

si un maillage cosmique laissait

[01:06:51]

une trace. Jusqu'ici,

[01:06:53]

on voit des petites irrégularités

[01:06:55]

dans le ciel, mais rien qui ressemble

[01:06:57]

Ă  une signature claire, comme une

[01:06:59]

grille, comme une

[01:07:01]

matrice. Il y a d'autres

[01:07:03]

tests dans le mĂȘme genre, mais avec

[01:07:05]

la lumiĂšre. Par exemple,

[01:07:07]

si on observe des explosions trĂšs

[01:07:09]

pointaines, comme des explosions

[01:07:11]

des sourceaux gamma, par exemple, dans l'espace,

[01:07:13]

si l'espace-temps avait une

[01:07:15]

structure ultra-fine, certains

[01:07:17]

modÚles prédisent que des photons

[01:07:19]

trÚs énergétiques pourraient arriver

[01:07:22]

un tout petit peu

[01:07:23]

plus tĂŽt ou plus tard que les

[01:07:25]

autres. On a cherché ce genre

[01:07:27]

de décalage et on ne l'a pas trouvé de façon

[01:07:29]

convaincante. Donc, le résultat,

[01:07:31]

c'est que ça ne prouve pas qu'on n'est

[01:07:33]

pas dans une simulation, mais ça

[01:07:35]

élimine certains scénarios précis.

[01:07:37]

MĂȘme chose avec la polarisation

[01:07:39]

de la lumiÚre. C'est une propriété

[01:07:41]

de la lumiĂšre qu'on peut mesurer, un peu

[01:07:43]

comme l'orientation des vibrations.

[01:07:45]

Certains effets minuscules,

[01:07:47]

s'il existait, devraient la perturber

[01:07:49]

sur des distances gigantesques.

[01:07:51]

Et lĂ  encore, quand on ne voit

[01:07:53]

pas la perturbation attendue,

[01:07:54]

on resserre l'espace des possibilités.

[01:07:57]

Et puis, il existe aussi

[01:07:58]

des approches en laboratoire. Certains

[01:08:01]

projets ont essayé de détecter un

[01:08:03]

bruit trĂšs particulier, une sorte

[01:08:04]

de minuscule tremblement dans l'espace-temps,

[01:08:07]

comme si le tissu du réel

[01:08:09]

avait un grain quelque part.

[01:08:11]

LĂ  aussi, l'idĂ©e est la mĂȘme.

[01:08:13]

Si le signal attendu est absent,

[01:08:14]

on ne démontre pas la simulation,

[01:08:16]

mais on écarte un certain modÚle.

[01:08:19]

Il y a enfin des pistes

[01:08:21]

plus spéculatives. Par exemple,

[01:08:23]

le physicien James Gates

[01:08:24]

a remarqué des liens mathématiques

[01:08:26]

entre certaines structures en symétrie

[01:08:29]

avec des codes correcteurs

[01:08:30]

d'erreurs. Ça fait rĂȘver parce que

[01:08:32]

le mot code sonne informatique,

[01:08:35]

mais ici, on parle d'une correspondance

[01:08:36]

mathématique et non d'une preuve

[01:08:38]

qu'on a trouvée encore une fois le code source

[01:08:40]

de l'univers. Et ça nous ramÚne

[01:08:42]

au point le plus important, c'est-Ă -dire

[01:08:44]

qu'une hypothĂšse scientifique doit accepter

[01:08:46]

le risque de se faire contredire.

[01:08:48]

Donc si une idée peut expliquer tout et son contraire,

[01:08:50]

elle devient surtout philosophique.

[01:08:52]

Donc oui, on peut imaginer des tests,

[01:08:54]

mais seulement si on transforme la grande idée

[01:08:56]

de simulation en version précise,

[01:08:59]

mesurable, falsifiable.

[01:09:00]

Et c'est souvent lĂ  que le sujet devient

[01:09:02]

vraiment intéressant, parce qu'on passe

[01:09:04]

du récit, en se disant toujours

[01:09:07]

ici, ça arrivait ici,

[01:09:09]

à une vraie question de méthode.

[01:09:10]

Qu'est-ce qu'on pourrait mesurer concrĂštement

[01:09:12]

pour prouver ou déprouver

[01:09:15]

qu'on vit dans une simulation?

[01:09:17]

Et là, c'est ça, on tente de mesurer

[01:09:19]

des trucs avec la lumiĂšre, avec

[01:09:21]

l'expérience des deux fans et tout ça.

[01:09:24]

Parfois, ça nous fait remettre

[01:09:25]

en question notre perception de la réalité,

[01:09:27]

mais ça prouve ou déprouve rien

[01:09:28]

jusqu'à présent. Non, non, exact.

[01:09:31]

On va conclure l'épisode Emile en se posant

[01:09:33]

la question, comment on fait

[01:09:34]

pour vivre avec cette incertitude?

[01:09:36]

Parce qu'au-delà des arguments, des expériences,

[01:09:39]

l'hypothĂšse de la simulation a un effet

[01:09:41]

bien réel sur certaines personnes,

[01:09:43]

pas parce qu'elle est prouvée

[01:09:44]

ou qu'elle serait prouvée,

[01:09:46]

mais parce qu'elle touche Ă  des choses

[01:09:49]

sensibles, le sens, la stabilité

[01:09:51]

du monde, la place qu'on occupe dans l'univers.

[01:09:53]

Pour certains, ça peut déclencher

[01:09:54]

un vrai vertige, mĂȘme des

[01:09:56]

sensations de déréalisation

[01:09:58]

ou de dépersonnalisation,

[01:10:00]

comme si le réel devenait moins solide.

[01:10:03]

Et la question qui suit est brutale.

[01:10:05]

Si tout pouvait ĂȘtre artificiel,

[01:10:07]

à quoi bon aimer, créer,

[01:10:08]

s'investir? Je vais t'avouer

[01:10:10]

que je me pose souvent cette question-lĂ 

[01:10:12]

quand je rĂ©ponds qu'on est peut-ĂȘtre dans une simulation.

[01:10:14]

Il y a plusieurs philosophes qui répondent

[01:10:16]

que ce rĂ©flexe, mĂȘme comprĂ©hensible,

[01:10:18]

rate une distinction importante.

[01:10:20]

MĂȘme si notre monde Ă©tait simulĂ©,

[01:10:22]

notre expérience resterait vécue.

[01:10:24]

La douleur, la joie, la peur, l'attachement,

[01:10:27]

ce sont des phénomÚnes réels pour

[01:10:29]

celui qui les ressent ici,

[01:10:31]

maintenant. Dans cette logique

[01:10:32]

simulée ne veut pas dire faux.

[01:10:35]

David Chalmers

[01:10:36]

résume ça simplement. Si une table

[01:10:38]

se comporte comme une table dans notre monde,

[01:10:41]

alors c'est une table. Ce qui

[01:10:42]

compte n'est pas seulement le matériau en dessous,

[01:10:45]

atom ou des bits,

[01:10:47]

c'est la structure, les conséquences

[01:10:48]

et la réalité dans laquelle on vit.

[01:10:51]

Sur le plan moral,

[01:10:52]

l'hypothĂšse ne donne pas un passe-droit.

[01:10:54]

MĂȘme dans une simulation, les actions

[01:10:56]

ont des effets. Faire du

[01:10:58]

tort, fait du tort. Et puisqu'on

[01:11:00]

a aucun moyen fiable de distinguer

[01:11:02]

qui serait réel et qui ne le

[01:11:04]

serait pas, eh bien la seule position

[01:11:06]

responsable, c'est de traiter tout le monde

[01:11:08]

comme pleinement réel, comme on vous disait.

[01:11:10]

À l'inverse, certaines personnes

[01:11:12]

trouvent cette hypothÚse réconfortante,

[01:11:14]

parce qu'elle suggĂšre une intention derriĂšre

[01:11:16]

l'existence. Ce n'est pas une preuve,

[01:11:18]

mais ça explique pourquoi l'idée fascine autant.

[01:11:20]

Alors, est-ce qu'on vit dans une

[01:11:22]

simulation? La réponse la plus

[01:11:24]

honnĂȘte, Emile, c'est qu'on n'en sait rien.

[01:11:27]

On peut tester certaines

[01:11:28]

versions précises de l'idée, mais on

[01:11:30]

n'a pas aujourd'hui des tests clairs

[01:11:31]

qui tranchent. Ce que l'hypothÚse révÚle

[01:11:34]

surtout, c'est nos limites et

[01:11:36]

la qualité des questions qu'on se pose.

[01:11:38]

Oui, parce que c'est fascinant de ne pas pouvoir

[01:11:40]

répondre à cette question. Oui, exact, c'est vrai.

[01:11:42]

Alors qu'on peut faire tellement d'autres choses.

[01:11:43]

Oui, effectivement. Donc,

[01:11:46]

qu'est-ce qui serait une vraie preuve?

[01:11:47]

Dans un sens ou dans l'autre, comme tu disais,

[01:11:49]

qu'est-ce qui relĂšve de la science?

[01:11:51]

Qu'est-ce qui relÚve de l'interprétation?

[01:11:53]

Mais au bout du compte, il reste un fait

[01:11:55]

concret. Ici et maintenant, on vit

[01:11:57]

quelque chose. Nos choix comptent,

[01:11:59]

nos relations comptent, les distors

[01:12:01]

du compte. Mais peut-ĂȘtre que

[01:12:03]

la question la plus utile n'est pas seulement

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de quoi la réalité est faite, mais

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qu'est-ce qu'on en fait pendant qu'on est

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dedans? Oh, c'est beau, ça, Sam,

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cette belle réflexion qui nous ramÚne

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un peu Ă  l'essence de la

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humaine, qu'elle a le sens de la vie.

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Qu'en pensez-vous, les distors du?

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Est-ce que vous pensez qu'on vit dans une

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simulation? Écoute, moi, Sam, personnellement,

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je suis 50-50. Moi aussi,

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honnĂȘtement. Dans le sens que j'ai pas ce qu'il faut

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pour prouver ou déprouver quoi que ce soit.

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Et dans tous les cas, je vais l'accepter

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avec les bras ouverts. MĂȘme si

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j'apprends qu'on est dans une simulation un jour,

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ça me fait plaisir de

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poursuivre dans ce monde et

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let's get wild, si ça compte.

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Si ça compte un petit peu moins que ce qu'on pense.

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Non, effectivement. Moi aussi, je suis assez

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partagé. Un peu comme toi,

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j'ai pas les outils pour

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dire oui ou non, mais je me laisse

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quand mĂȘme une porte ouverte Ă  cette thĂ©orie-lĂ .

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Puis si on est dans une simulation,

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vaut mieux qu'on le sache pas.

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Parce que si on le savait, j'ai l'impression

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qu'on ferait un paquet de conneries.

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On penserait pas aux générations

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d'aprĂšs. On penserait

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pas Ă  sauvegarder la planĂšte. On penserait

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pas à éduquer nos enfants

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parce qu'on sait que tout cela

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n'a pas de sens ou est temporaire

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ou sert au divertissement ou

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sert Ă  autre chose. Donc, j'ai l'impression

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que pour le bien-ĂȘtre de nous

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tous, de l'humanité, si on vit

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dans une simulation, vaut mieux rester dans l'ignorance.

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Oui, effectivement. C'est beau, ça.

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LĂ -dessus,

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ladies tordues, on vous dit Ă  trĂšs bientĂŽt.

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On veut remercier André Beaupré

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pour le montage. On veut remercier

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aussi notre cher recherchiste

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qui souhaite toujours garder l'anonymat, mais un jour

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peut-ĂȘtre qu'il y aura un coming out.

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On fera des T-shirts. Oui.

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Et éventuellement,

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en after-show sur Patreon pour nos abonnés,

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oui monsieur, on va parler de la ville

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qui n'existe pas, celle de Bielefeld,

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une ville en Allemagne

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oĂč les habitants sont pas sĂ»rs

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s'il a déjà existé, s'il existe encore

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et autres. Ça va ĂȘtre trĂšs intĂ©ressant.

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On vous dit Ă  la prochaine,

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chers amis, et on a quelques shout-out

[01:14:01]

Patreon Ă  donner encore aujourd'hui.

[01:14:03]

Je te laisse commencer, Seb.

[01:14:04]

Oui, une grosse poignée d'amour à Coco

[01:14:07]

Sabi-T, Sonia-D,

[01:14:10]

Amphi-Tritina

[01:14:11]

et François-O.

[01:14:13]

Aussi, un bon high-five Ă  Matisse-B,

[01:14:16]

Ă  Marie-Cherie,

[01:14:17]

Ă  Lu, Ă  Vicky et Ă 

[01:14:19]

Myriam-D. Et je donne une poignée

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d'amour aux actionnaires Zwinator,

[01:14:23]

Jacinthe-T, Penélope, Nick

[01:14:25]

et Julie-B. Un gros calin

[01:14:27]

Ă  Marina-DC, Ă 

[01:14:29]

Marlise, Ă  Mark-L,

[01:14:31]

Ă  Dali et Ă  Maya-C.

[01:14:33]

Et je poursuis l'amour Ă 

[01:14:35]

Alex-V, Lenny, Jerry-P,

[01:14:38]

Audrey et Maud.

[01:14:40]

Respect infini Ă 

[01:14:41]

Sarah-L, Ă  Audrey-B-L,

[01:14:44]

Ă  Mimi-Pit-Pit,

[01:14:46]

Ă  Amandine-M

[01:14:47]

et Ă  Annie-L.

[01:14:49]

Je conclue les remerciements Ă 

[01:14:50]

Vanessa-S, Karine-R,

[01:14:53]

Isabelle-G, Tristan-R

[01:14:55]

et Annie-H-G. Merci!

[01:14:57]

Merci Ă  vous tous.

[01:14:59]

Et pour terminer, Seb, aurais-tu

[01:15:00]

un mot de la fin pour nous ce soir?

[01:15:02]

Si on vit vraiment dans une simulation,

[01:15:05]

j'espÚre au moins que quelqu'un a pensé

[01:15:06]

Ă  faire une sauvegarde avant 2020.

[01:15:09]

Ou avant 2025.

[01:15:11]

J'espùre. À bientît.

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