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Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter DISTORTION, un podcast sur...
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Des complots complĂštement distordus.
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En 2003, le philosophe Nick Bostrom publie un texte de choc.
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Et si notre monde n'était pas celui qu'on croyait ?
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Depuis, l'hypothÚse se répand.
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Est-ce possible que nous vivions dans une simulation créée par les ĂȘtres au-dessus de nous ?
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De Platon jusqu'à Elon Musk, cette théorie a fait son chemin dans la culture populaire
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et plusieurs internautes partagent des glitchs dans la Matrice ou encore des effets Mandela.
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Au cĆur de cet Ă©pisode, on met l'hypothĂšse Ă Ă©preuve et on tentera d'aller au bout de la thĂ©orie de la vie dans une simulation.
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Sébastien Lévesque, comment vas-tu aujourd'hui ?
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Ăa va bien. Toi, Emile Gauthier ?
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Ăa va trĂšs bien. On aborde un sujet d'Ă©pisode aujourd'hui que j'avais trĂšs hĂąte qu'on aborde.
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On l'a déjà fait en parallÚle parfois dans d'autres épisodes, entre autres l'effet Mandela,
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dont on a parlĂ© dĂ©jĂ dans notre deuxiĂšme saison en 2017. Ăa fait dĂ©jĂ un bout de temps.
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On va en reparler un petit peu aujourd'hui d'ailleurs l'effet Mandela parce que c'est un peu une composante de cette théorie de la vie dans une simulation.
[01:53]
Mais ça risque d'ĂȘtre intĂ©ressant parce que, je ne le sais pas toi, mais moi la premiĂšre fois oĂč j'Ă©tais un peu en contact avec cette idĂ©e de vivre dans un monde programmĂ© par d'autres gens,
[02:03]
c'est avec le film Le Truman Show.
[02:04]
Ah oui, effectivement.
[02:06]
Avec Jim Carrey.
[02:07]
Oui, oui.
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Donc il y avait cette idée un peu que lui vivait dans un monde virtuel de quelque sorte avec un dÎme au-dessus de lui qui représentait un peu le firmament.
[02:18]
Oui, oui.
[02:19]
Et tout ça n'était que fausté dans le fond.
[02:22]
C'est le spectacle.
[02:22]
Oui, exact. Donc c'est un des premiers films qui, trÚs jeune, m'a mis en contact avec cette théorie-là .
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C'est vrai. On dirait que je ne l'avais pas vu comme ça à l'époque quand je l'avais vu par rapport à la simulation qu'on vivait dans un autre monde.
[02:35]
En fait, de mon cĂŽtĂ©, c'est plus la matrice qui me fait bien comprendre un peu le fait qu'on Ă©tait peut-ĂȘtre contrĂŽlĂ© par des ordinateurs ou dans un autre univers.
[02:47]
On dirait que Le Truman Show, je comprenais le parallÚle, mais ça m'avait plutÎt démontré que justement, la réalité qui nous entoure est celle que l'on croit.
[02:59]
Moi, ma réflexion par rapport à ça, c'est un excellent film.
[03:03]
Je pense qu'il n'y a personne qui n'a pas vu ce film-lĂ . Si vous ne l'avez pas vu pour vrai, regardez ça. C'est un excellent film, mĂȘme encore aujourd'hui.
[03:09]
Oui, la plupart des détordus, j'ose croire, ont vu La Matrice.
[03:13]
Oui, oui.
[03:14]
C'est typiquement dans notre ligne éditoriale.
[03:17]
Et Le Truman Show aussi qui est Ă voir, je vous dirais.
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Oui, exact. Il y a eu plusieurs études scientifiques aussi là -dessus.
[03:23]
Ben, études scientifiques. Il y a plusieurs scientifiques qui se sont prononcés sur le sujet, je dirais.
[03:27]
Et je suis quand mĂȘme surpris de voir qu'il y a quand mĂȘme une petite ouverture dans le sens que c'est dur Ă prouver si on est vĂ©ritablement dans une simulation ou autre.
[03:36]
Mais il y a toujours ce doute qui plane sur l'origine de l'humanité qu'on tente d'expliquer de plein de façons.
[03:42]
Et on dirait que cette théorie-là nous offre un autre chemin un peu plus à l'Úre actuelle sur l'origine du monde.
[03:49]
Bref, on va explorer un petit peu tout ça, débunker évidemment le vrai du faux.
[03:54]
Oui, oui, oui.
[03:54]
Ăa risque d'ĂȘtre super intĂ©ressant.
[03:56]
D'ailleurs, j'espÚre que vous avez apprécié notre premier épisode sur les mystÚres de la planÚte Mars, pardon.
[04:02]
Je voulais faire un petit hératome. Parfois, on sort de nos notes et tout ça.
[04:07]
Puis on parle live, on fait des réactions à chaud.
[04:11]
Et puis moi, de mon cÎté, j'ai dit dans le dernier épisode que ça prenait plusieurs années de se rendre à la planÚte Mars.
[04:16]
Ce qui est faux, l'éditeur Dieu, vous m'avez, comment dire, écrit pour me corriger.
[04:22]
Ben non, c'est ça, ça prend de six à neuf mois environ se rendre à la planÚte Mars en fonction de sa position par rapport à la Terre.
[04:30]
C'est quelque chose que, comment dire, que je savais, mais que dans la réaction live, des fois en gérant la technique,
[04:36]
parce que je suis Ă la console en mĂȘme temps, dans ma tĂȘte, je suis lĂ , c'est-tu six mois ou six ans?
[04:41]
LĂ , j'ai dit six ans, mais effectivement, on sortait un peu de nos notes Ă ce moment-lĂ .
[04:46]
Donc, merci de nous avoir corrigé, l'éditeur Dieu, et je voulais prendre du temps pour faire un petit hératome là -dessus.
[04:54]
On vous invite aussi à venir voir nos deux cabarets des curiosités live qu'on va faire cet hiver.
[05:01]
On en fait deux principalement. Un, le 26 mars au Lyon d'or à Montréal.
[05:05]
Vous allez voir, ça va ĂȘtre incroyable. Dans cette belle salle-lĂ , on va avoir vraiment du fun.
[05:09]
Donc, 26 mars au Lyon d'or, c'est un jeudi. Faites vite, achetez vos billets, grouillez-vous.
[05:14]
On veut remplir la place, et deux jours plus tard, le 28 mars, c'est à Trois-RiviÚres au Musée Pop.
[05:20]
C'est cool, le Musée Pop, ils ont un beau concept parce que non seulement vous achetez vos billets,
[05:23]
vous pouvez venir voir l'enregistrement de distorsion, mais en plus, vous pouvez aller visiter la prison.
[05:28]
Ăa, c'est fou lĂ .
[05:30]
Ah oui. Donc, nous, de notre cÎté, on va essayer de se mettre un petit peu en contexte
[05:34]
et peut-ĂȘtre de parler d'histoire en lien avec des prisons et autres.
[05:39]
Donc, c'est nos deux rendez-vous de cet hiver. Manquez pas ça.
[05:42]
Les billets sont en vente au distorsionpodcast.com. Vous pouvez aller dans la section
[05:46]
Cabaret des curiositĂ©s du web, et lĂ , vous allez ĂȘtre redirigĂ©s vers les sites de vente de billets.
[05:51]
Mais on a bien hĂąte de vous voir. Ăa fait longtemps qu'on n'a pas fait de show,
[05:53]
puis ça fait longtemps qu'on ne vous a pas vus en réel.
[05:55]
Exact, exact. Au mois de mars, ça va faire un an qu'on n'a pas fait de spectacle.
[05:59]
C'est vrai. Puis avant, je pensais à ça, cette semaine, avant la pandémie, tout ça, on faisait des meet-up.
[06:04]
Oui, trĂšs souvent, oui. Bien oui.
[06:05]
TrĂšs souvent, quand mĂȘme, de temps en temps.
[06:06]
Quelques fois par année.
[06:07]
Oui, oui.
[06:08]
Puis c'est drÎle, c'est comme une tradition qui s'est perdue, ça.
[06:10]
Oui, je trouve ça triste. Il faudrait juste la réactiver, j'ai l'impression, pour que ça fonctionne.
[06:15]
Mais on dirait que post-pandémie, c'est moins populaire un peu, je pense.
[06:19]
Oui, peut-ĂȘtre. Il faudrait l'essayer.
[06:21]
Dites-nous, les distorsionpodcast.com, si ça vous tenterait de refaire des meet-up.
[06:23]
Les shows, les cabaret des curiosités ont un peu remplacé les meet-up.
[06:27]
Effectivement.
[06:27]
Mais en mĂȘme temps, on est conscient que ce n'est pas le mĂȘme niveau d'intimitĂ©.
[06:32]
C'est-Ă -dire que quand on faisait des meet-up, souvent, on se rejoignait dans un bar, une micro-brancerie.
[06:37]
Puis c'était vraiment le fun, mais il n'y avait rien de prévu, c'était juste on discute d'histoires.
[06:42]
Oui, oui, c'était un meet-and-greet un peu.
[06:43]
Exact. On prend un petit verre et tout ça.
[06:47]
Donc, dites-nous si jamais ça vous intéresse de refaire des meet-up sans prétention, comme ça, dans une micro, dans différentes régions ou autres.
[06:55]
On ne sait jamais, ramenons le sujet en tendance.
[06:58]
Oui, absolument.
[07:00]
Qu'est-ce qu'on boit, Seb, pour lancer cet épisode sur la simulation?
[07:03]
Oui, on a une super tournée de biÚre de la part de François Touzignan, qui est venu nous porter un shitload de biÚre.
[07:12]
Et de la marque d'une micro-brancerie Simple Malt, simple malt, qu'on adore.
[07:17]
Et j'en ai choisi une pour aujourd'hui.
[07:19]
Emile, c'est la Tropic, qui est une aĂŻpillĂ©e blanche aux ananas et pĂȘches.
[07:24]
Elle est excellente, 6,4% d'alcool généreux et fruité.
[07:29]
Elle se termine sur une note de pĂȘche avec une petite amertume en trame de fond.
[07:34]
Donc, merci beaucoup, François, pour ça.
[07:36]
TrÚs, trÚs apprécié.
[07:38]
En fait, toutes les autres biÚres vont dans le fridge aussi, donc on va avoir des réserves.
[07:42]
Oui, parce qu'on en a vraiment beaucoup.
[07:44]
Donc, on va boire du Simple Malt pour un petit bout.
[07:47]
Merci à toi, François.
[07:49]
Aussi, évidemment, on a un shout-out à Donné à Cumanims, qui nous donne une review 5 étoiles sur Apple Podcast.
[07:55]
Et il ou elle nous dit, les sujets sont toujours intéressants, vraiment excellents.
[08:00]
Oui, monsieur.
[08:02]
Oui, monsieur.
[08:02]
Donc, shout-out Ă toi, Cumanims.
[08:04]
Merci Ă toi.
[08:05]
Vous pouvez toujours nous donner des tournées de biÚres, si ça vous chante, via notre site web, distorsionpodcast.com.
[08:10]
Il y a un bouton.
[08:11]
C'est une façon de nous encourager, parmi tant d'autres.
[08:13]
En after-show aussi, Seb, on n'a toute qu'une histoire qui est un peu en lien avec la simulation.
[08:19]
Mais, non, celle de Bielefeld, une ville en Allemagne qui apparemment n'existerait pas, ou c'est pas clair, du moins.
[08:25]
Oui, exact.
[08:26]
Ăa va ĂȘtre vraiment intĂ©ressant.
[08:28]
Parce que, on va se le dire, la ville existe, mais il y a tellement de...
[08:33]
Oh, j'ai été tué.
[08:34]
J'ai spoilé.
[08:35]
J'ai spoilé.
[08:36]
Mais ce qui est vraiment intéressant, c'est, si vous rendez à l'after-show, je vais parler un petit peu en allemand.
[08:42]
Donc, c'est fou que cette histoire-là , qui date de ce complot-là , je peux dire, date des années 90,
[08:48]
puis qui vit encore d'une certaine façon aujourd'hui, de façon humoristique.
[08:53]
MĂȘme la ville l'utilise dans ses promotions, donc c'est Ă ne pas manquer.
[08:58]
Oui, c'est intéressant de voir ce genre de faux souvenirs-là , ou de fausses croyances.
[09:03]
Cette ville-lĂ , bref, pendant...
[09:05]
Il y a plusieurs personnes, pendant un bon bout de temps, qui ont cru que c'était une fausse ville, en fait,
[09:10]
qui n'existe tout simplement pas sur la Terre.
[09:12]
Donc, vous voyez le genre de conversation qu'on va avoir aujourd'hui.
[09:15]
Donc, j'espĂšre que vous ĂȘtes prĂȘts, que, encore une fois, vous avez pris une bonne puff pour nous suivre jusqu'Ă la fin.
[09:21]
Oui, oui. Il y a certains sujets, aujourd'hui, vous allez voir, quand on tombe dans le site,
[09:25]
quand mĂȘme assez scientifique, physique, mĂȘme...
[09:27]
Philosophique.
[09:28]
Oui, oui, puis mĂȘme quantique.
[09:30]
On a tenté le plus possible de vulgariser, mais des fois, il faut prendre une bonne puff.
[09:35]
Oui, exactement.
[09:36]
Yes, je pense qu'on en a assez dit, Seb.
[09:38]
Est-ce qu'on est prĂȘts Ă se plonger dans la grande simulation?
[09:43]
Oui, monsieur!
[09:45]
Allons-y!
[09:46]
Maintenant!
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Nous sommes en 2003 à l'Université d'Oxford.
[09:51]
Le philosophe Nick Bostrom termine un article sans vraiment se douter de l'effet qu'il va provoquer.
[09:58]
à ce moment-là , la technologie s'accélÚre, Internet prend de plus en plus de place
[10:02]
et l'idée que le numérique puisse transformer notre rapport au monde devient impossible à ignorer.
[10:07]
Et c'est dans ce contexte qu'il pose une question franchement dérangeante.
[10:12]
Et si la réalité n'était pas réelle?
[10:16]
Son texte n'a rien d'un délire de science-fiction, c'est un raisonnement trÚs carré, presque froid.
[10:21]
Et il mĂšne Ă une conclusion qui fait mal au cerveau.
[10:24]
Si des civilisations avancĂ©es peuvent crĂ©er des simulations peuplĂ©es d'ĂȘtre conscients,
[10:29]
alors il devient plus probable que nous vivions dans l'une d'elles, que dans la réalité d'origine.
[10:34]
En clair, tout ce qu'on vit, nous inclus, pourrait ĂȘtre du code qui tourne quelque part
[10:40]
dans une machine qui nous dépasse complÚtement.
[10:43]
Ben oui, un peu à la maniÚre d'un engin de jeu vidéo par exemple.
[10:46]
Oui, exact.
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L'idée ne reste pas longtemps enfermée à l'université.
[10:50]
Elle sort, elle circule et elle se répand.
[10:53]
On en parle dans les conférences, dans les laboratoires, sur Internet, dans la Silicon Valley.
[10:58]
Il y a des figures de la technologie qui affirment publiquement
[11:00]
Que les chances que notre monde soit vrai sont infimes.
[11:05]
Des scientifiques se demandent comment tester ça.
[11:07]
Des philosophes s'interrogent sur ce que ça change à nos choix, à notre morale.
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Et du cÎté du public, eh bien le doute s'installe.
[11:15]
Des déjà vus, des petits bugs du quotidien.
[11:18]
C'est un moment oĂč quelque chose cloche sans qu'on sache exactement pourquoi.
[11:22]
Exact, oui, on en a sans doute tous vécu des petits moments comme ça
[11:27]
oĂč on se dit, voyons, est-ce que j'ai dĂ©jĂ rĂȘvĂ© ça?
[11:30]
Ou est-ce que je me suis dĂ©jĂ retrouvĂ© dans cette mĂȘme situation-lĂ ?
[11:33]
Des impressions de déjà vu, tout ça.
[11:35]
Mais bref, il y a quand mĂȘme des explications scientifiques lĂ -dessus.
[11:38]
On y reviendra.
[11:39]
Oui, oui, absolument.
[11:39]
Moi, le déjà vu, ça me trouble encore quand ça m'arrive, cette sensation-là .
[11:44]
Mais si cette idée nous accroche autant aujourd'hui,
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ce n'est pas juste Ă cause des ordinateurs.
[11:49]
La question est bien plus vieille que ça.
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Depuis toujours, l'humanité se demande si ce qu'elle perçoit est vraiment réel
[11:56]
ou seulement une illusion bien ficelée.
[12:00]
Et lĂ , on va retourner 23 siĂšcles avant que Nick Bostrom formule son hypothĂšse de simulation
[12:05]
dans la Chine du quatriĂšme siĂšcle, mais avant notre heure.
[12:09]
Il y a un philosophe taoïste nommé Zhuangzi
[12:12]
qui raconte une parabole qui deviendra l'une des plus célÚbres méditations sur la nature de la réalité.
[12:19]
Il rĂȘve qu'il est un papillon voltant joyeusement de fleur en fleur,
[12:23]
totalement inconscient d'ĂȘtre Zhuangzi.
[12:26]
Au réveil, une question le tourmente.
[12:29]
Est-il Zhuangzi qui a rĂȘvĂ© d'ĂȘtre un papillon
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ou est-il un papillon qui rĂȘve maintenant d'ĂȘtre Zhuangzi?
[12:36]
Oh!
[12:36]
Comment peut-il distinguer avec certitude quel état est réel et lequel est illusoire?
[12:43]
Cette interrogation fondamentale sur l'impossibilité de prouver la réalité de notre existence
[12:47]
va traverser les siĂšcles et les cultures.
[12:49]
Dans l'Inde ancienne, les philosophies hindou et bouddhistes
[12:53]
développent le concept de Maya, l'illusion cosmique,
[12:57]
l'idée que le monde matériel que nous percevons
[12:59]
n'est qu'un voile trompeur cachant la vraie nature de la réalité.
[13:03]
Et le monde avec ses couleurs, ses formes, ses émotions,
[13:06]
eh bien, ça serait qu'une projection, une construction mentale
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aussi irrĂ©elle qu'un rĂȘve ou mĂȘme qu'un mirage dans le dĂ©sert
[13:13]
qui fait croire aux voyageurs assoiffés qu'un oasis se trouve devant lui.
[13:17]
En GrÚce antique, Platon propose dans sa célÚbre Allégorie de la caverne,
[13:22]
exposée dans la République vers 380 avant notre Úre,
[13:25]
une vision qui résonne étrangement avec notre théorie moderne de la simulation.
[13:30]
Il imagine des prisonniers enchaßnés depuis leur naissance
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dans une caverne souterraine face Ă un mur.
[13:36]
DerriÚre eux, brûle un feu, et entre le feu et les prisonniers,
[13:40]
des objets sont manipulés, projetant leurs ombres sur le mur.
[13:44]
Les prisonniers, n'ayant jamais vu autre chose,
[13:46]
prennent ces ombres pour la rĂ©alitĂ© elle-mĂȘme.
[13:49]
Si l'un d'eux était libéré et conduit vers la lumiÚre du soleil,
[13:53]
ils découvriraient que tout ce qu'ils croyaient réel
[13:55]
n'était qu'une copie dégradée d'une réalité plus fondamentale
[14:00]
qu'ils ne pouvaient mĂȘme pas concevoir.
[14:02]
Oui, quand on étudie en philosophie dans nos cours de philo,
[14:06]
au cégep, il me semble, eh bien, évidemment,
[14:09]
l'Allégorie de la caverne est un texte qui est important,
[14:12]
je pense, dans toutes les cours de philo.
[14:14]
J'avais pas fait ce lien-là , moi, avec la simulation à l'époque,
[14:18]
mais c'est vrai qu'en y repensant maintenant,
[14:20]
l'exemple de Platon est sans doute le premier, en fait,
[14:24]
qui est trÚs éloquent à ce niveau-là .
[14:26]
C'est sûr que Platon, lui, je pense pas qu'à cette époque,
[14:28]
pensait, il traitait de l'illusion, puis de comment un peu vivre,
[14:35]
comment avec des images projetées, on peut s'imaginer un ombre
[14:38]
si on sort jamais de notre petit univers,
[14:41]
on était pas dans le codage d'une réalité simulée,
[14:44]
mais c'est vrai que ça s'applique à la théorie de la simulation,
[14:47]
en quelque sorte.
[14:47]
Oui, bien oui, est-ce que ce qu'on voit est vraiment réel?
[14:51]
Donc, cette métaphore qui servait à Platon
[14:53]
pour illustrer sa théorie des formes,
[14:55]
cette idée que les objets physiques ne sont que des copies
[14:58]
imparfaites d'idées parfaites existant dans un royaume métaphysique,
[15:02]
devient étrangement prophétique à l'Úre numérique.
[15:06]
Remplacer la caverne par un casque de réalité virtuelle,
[15:09]
les ombres par par des pixels projetés sur un écran,
[15:12]
et vous obtenez une description presque parfaite
[15:14]
de ce que nous appelons aujourd'hui une simulation.
[15:17]
Mais c'est au 17e siÚcle cÚble qu'un philosophe français
[15:21]
va formuler le doute le plus radical jamais exprimé
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sur la nature de la réalité.
[15:26]
Un doute si profond qu'il deviendra la pierre angulaire
[15:29]
de toute la philosophie moderne.
[15:31]
On parle de René Descartes.
[15:33]
Assis devant son feu dans sa chambre en Hollande
[15:36]
pendant l'hiver 1640,
[15:38]
il entreprend ce qu'il appelle une méditation systématique
[15:42]
visant Ă trouver un fondement absolument certain Ă la connaissance.
[15:46]
Et pour cela il va douter de tout ce qui peut ĂȘtre mis en doute.
[15:51]
J'aurais bien aimé passer cette journée ou cette soirée avec lui
[15:55]
Ă douter de tout en buvant un petit scotch.
[16:01]
Peut-il faire confiance Ă ses sens premiĂšrement?
[16:04]
Non, parce qu'ils l'ont déjà trompé.
[16:07]
Ces tours au loin qui semblent rondes sont carrés
[16:10]
de prĂšs des tours de la ville.
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Cette canne plongée dans l'eau semble brisée
[16:15]
parce qu'il y a un angle qui se dessine
[16:17]
lorsqu'on met un objet droit dans un bassin d'eau par exemple.
[16:21]
Comment savoir que ses sens ne le trompent pas constamment?
[16:25]
Peut-il au moins ĂȘtre certain qu'il ne rĂȘve pas en ce moment mĂȘme?
[16:28]
Ben non, parce qu'il y a dĂ©jĂ eu des rĂȘves tellement vivaces
[16:32]
qu'il les a pris pour la réalité.
[16:33]
Il n'existe aucun autre critĂšre infaillible
[16:36]
pour distinguer le rĂȘve de l'Ă©veil Ă quelque part.
[16:40]
Mais Descartes va encore plus loin.
[16:43]
Il imagine l'hypothÚse du malin génie,
[16:45]
un démon trompeur infiniment puissant et rusé
[16:48]
qui emploierait toute son industrie Ă le tromper,
[16:52]
créant l'illusion parfaite d'un monde extérieur,
[16:54]
d'un corps, d'autres esprits,
[16:56]
alors que rien de tout cela n'existerait vraiment.
[17:00]
Cette hypothÚse du malin génie de Descartes
[17:02]
est fondamentalement une version de l'hypothĂšse de la simulation.
[17:06]
Le démon trompeur, c'est un peu le programmeur du code,
[17:10]
l'illusion parfaite qu'il crée,
[17:11]
ben c'est un peu ça la simulation oĂč le jeu vidĂ©o
[17:14]
ou les Sims, je ne sais pas comment le décrire.
[17:17]
Et la question que pose Descartes résonne à travers les siÚcles.
[17:20]
Comment pouvons-nous prouver que nous ne sommes pas dans cette situation-lĂ ?
[17:24]
Descartes croyait avoir trouvé une réponse
[17:26]
dans son fameux cogito ergossome,
[17:29]
je pense donc je suis, son fameux slogan d'une certaine façon.
[17:35]
MĂȘme si tout est illusion,
[17:37]
le fait mĂȘme que je doute prouve que j'existe
[17:40]
en tant qu'ĂȘtre pensant.
[17:42]
Mais cela ne prouve pas que le monde extérieur existe
[17:44]
ni qu'il existe tel que nous le percevons.
[17:47]
C'est vrai parce que si c'est difficile de prouver
[17:49]
qu'on vit dans une simulation,
[17:51]
c'est trĂšs difficile de prouver qu'on ne vit pas dans une simulation.
[17:54]
Exact, exact.
[17:55]
Donc on est fourré.
[17:57]
Oui, on est fourré,
[17:58]
puis vous allez voir un peu plus tard les scientifiques qui croient,
[18:00]
mais c'est souvent ça leur argument,
[18:02]
on n'est pas capable de prouver le contraire.
[18:04]
Ben oui.
[18:04]
Donc c'est lĂ qu'on est capable.
[18:06]
Je pense que Neil de Gracie Tyson,
[18:09]
il est presque, ou peut-ĂȘtre que je me trompe,
[18:10]
on verra plus tard, mais il semble que il est 50-50.
[18:13]
Oui, Ă peu prĂšs.
[18:14]
Quelque chose comme ça, ou du moins d'autres scientifiques
[18:16]
sont Ă 50% convaincus, 50% non convaincus.
[18:21]
J'imagine que c'est une zone safe pour eux.
[18:23]
Pour un scientifique.
[18:24]
Puis on n'aura probablement pas réponse à vous aujourd'hui,
[18:27]
les distordus avec nos petits cerveaux de podcasters.
[18:31]
On va juste faire réfléchir.
[18:33]
Exact.
[18:34]
Pendant des siĂšcles,
[18:35]
les questions de Descartes sont restées
[18:37]
du domaine de la pure spéculation philosophique.
[18:39]
Des expériences de pensée intéressantes,
[18:41]
mais sans conséquences pratiques.
[18:44]
Puis au 20e siÚcle, quelque chose de fondamental a changé.
[18:48]
Nous avons commencé à créer nos propres réalités simulées.
[18:51]
Les ordinateurs, inventés initialement pour faire des calculs,
[18:54]
pendant la Seconde Guerre mondiale,
[18:56]
sont devenus de plus en plus puissants,
[18:58]
suivant la fameuse loi de Moore,
[19:00]
qui prédit que la puissance de calcul
[19:02]
double environ tous les deux ans.
[19:04]
Donc, dans les années 70 et 80,
[19:06]
les premiers jeux vidéo vont apparaßtre,
[19:08]
dont Pong, les Space Invaders, Pac-Man,
[19:11]
des univers qui sont simples, qui sont pixelisés,
[19:14]
mais en mĂȘme temps, c'est des rĂ©alitĂ©s alternatives
[19:16]
créées par des humains, créées par du code.
[19:19]
Donc, imaginez ce que des civilisations plus avancées
[19:22]
pourraient créer avec leur technologie maintenant.
[19:26]
Puis, dans les années 90 et 2000,
[19:28]
les graphismes deviennent photoréalistes.
[19:31]
MĂȘme les engins de jeu deviennent vraiment puissants.
[19:34]
Les mondes virtuels deviennent vastes et complexes.
[19:37]
Et aussi, au tournant de ces années-là ,
[19:39]
oĂč on va avoir des vrais jeux de simulation, entre guillemets.
[19:42]
Les fameux Sims, World of Warcraft, Second Life,
[19:47]
je n'en nomme que quelques-uns.
[19:49]
Mais c'est tous des mondes virtuels, Ă quelque part,
[19:52]
oĂč les gens ont des vies alternatives,
[19:54]
des identités différentes, des relations sociales,
[19:57]
qui sont entiĂšres, mais qui n'existent que dans le jeu,
[20:00]
d'une certaine façon.
[20:01]
Et on va avoir aussi des films de science-fiction
[20:03]
qui vont explorer cette thématique-là .
[20:05]
Il y a Dark City, en 1998.
[20:07]
Je ne sais pas si tu t'en rappelles.
[20:09]
Ă l'Ă©poque, c'Ă©tait quand mĂȘme trĂšs avant-gardiste.
[20:13]
Un film qui montre une réalité constamment reconfigurée.
[20:17]
Et l'année suivante, c'est The 13th Floor,
[20:20]
qui explore l'idée des simulations emboßtées.
[20:22]
Je me rappelle aussi The Existence de David Cronenberg,
[20:26]
qui lui aussi met en lien un peu la fausse réalité
[20:30]
avec la vraie.
[20:32]
Et évidemment The Matrix, aussi au début des années 2000,
[20:35]
qui popularise massivement l'idée que notre réalité
[20:38]
pourrait ĂȘtre une illusion gĂ©nĂ©rĂ©e par ordinateur.
[20:41]
Je pense que La Matrice, c'est un peu...
[20:43]
C'est presque...
[20:44]
C'est un film carrément là -dessus.
[20:46]
Oui, en fait, oui.
[20:48]
Ăa pourrait ĂȘtre la Bible de la vie dans une simulation
[20:52]
parce qu'on te l'explique avec plusieurs métaphores,
[20:56]
les fameuses pilules et tout ça.
[20:58]
Et mĂȘme La Matrice, c'est tout ça.
[21:00]
La Red Pill, Blue Pill est devenu un élément central
[21:03]
mĂȘme au niveau des complotistes.
[21:04]
Oui, des masculinistes.
[21:05]
Oui, en général.
[21:06]
Oui, je ne voulais pas forcément entrer là -dedans.
[21:08]
Mais oui, on retrouve ça chez les masculinistes,
[21:11]
mais aussi chez ceux qui vont croire autant
[21:14]
aux Illuminati, aux reptiliens, tout ça,
[21:17]
au Nouvelle Ordre Mondial.
[21:19]
C'est un peu, est-ce que tu es un mouton
[21:21]
qui suit tout le monde ou si t'es éveillé quelque part.
[21:24]
Donc La Matrice, c'Ă©tait peut-ĂȘtre pas ça
[21:26]
leur but initial de se retrouver autant
[21:28]
dans l'Ćil du scandale.
[21:32]
Mais bref, ça a inspiré,
[21:33]
puis on en parle encore aujourd'hui
[21:34]
de ce film-lĂ comme une grande inspiration
[21:37]
pour cette théorie.
[21:38]
Oui, vraiment, c'était visionnaire.
[21:39]
Oui, exactement.
[21:41]
Donc c'est un peu dans ce contexte culturel-lĂ
[21:43]
qui est technologique, puis Nick Bostrom, Seb,
[21:46]
il formule son argument dont il nous a parlé en intro.
[21:50]
Et contrairement aux philosophes antiques,
[21:52]
eux, ils pouvaient juste spéculer,
[21:53]
ils n'avaient pas la technologie,
[21:54]
Bostrom, lui, dispose d'un outil conceptuel puissant
[21:58]
qui est la probabilité mathématique.
[22:00]
Puis il dispose aussi de technologies puissantes
[22:03]
qui lui permettent de voir l'évolution du monde.
[22:07]
Oui, oui, exact.
[22:08]
Puis son argument est d'une élégance assez trompeuse.
[22:11]
Il ne prétend pas prouver que nous vivons dans une simulation.
[22:15]
Il propose plutĂŽt un raisonnement conditionnel plus subtil
[22:18]
et franchement plus dérangeant.
[22:20]
Si une civilisation assez avancée peut un jour
[22:23]
simuler des vies comme la nĂŽtre,
[22:25]
avec des ĂȘtres conscients,
[22:26]
ici elle peut en produire un grand nombre,
[22:29]
alors on se retrouve logiquement devant un choix forcé.
[22:32]
Pour que ce raisonnement tienne,
[22:34]
il faut accepter quelques prémisses.
[22:36]
D'abord, qu'une civilisation peut atteindre un stade post-humain
[22:40]
avec une puissance de calcul immense.
[22:43]
Ensuite, que cette puissance permettrait de créer
[22:45]
des simulations suffisamment détaillées
[22:47]
pour générer des expériences indiscernables de la nÎtre.
[22:51]
Et ça suppose aussi une idée philosophique importante,
[22:54]
qu'une conscience pourrait exister sur un support non biologique,
[22:58]
donc qu'une conscience simulée compterait réellement comme une personne.
[23:02]
Oui, mais c'est des questions qu'on se pose actuellement
[23:05]
avec l'intelligence artificielle.
[23:06]
Oui, oui, exact.
[23:07]
Est-ce que tu as besoin d'avoir un cĆur du sang qui coule dans tes veines
[23:11]
pour ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un ĂȘtre vivant?
[23:13]
Oui, oui, qui réfléchit.
[23:15]
Est-ce que le fait qu'on soit organique nous distingue tant que ça,
[23:19]
de la vie artificielle?
[23:21]
Oui, oui, effectivement.
[23:22]
C'est à partir de là que Bostrom résonne en termes de proportions.
[23:26]
Il n'y a qu'une seule réalité d'origine, non simulée,
[23:30]
mais cette réalité pourrait produire un trÚs grand nombre de simulations,
[23:34]
chacune en fait remplie de conscience.
[23:36]
Ici, c'est le cas, il pourrait y avoir beaucoup plus de nous
[23:39]
dans des mondes simulés que dans la réalité d'origine,
[23:42]
et c'est lĂ que son trilemme apparaĂźt.
[23:45]
Il dit qu'au moins une des trois propositions suivantes doit ĂȘtre vraie.
[23:50]
La proposition 1, c'est la proportion de civilisations
[23:53]
qui atteignent le stade post-humain est trĂšs faible.
[23:57]
Autrement dit, l'humanité ou des civilisations comparables
[23:59]
s'éteignent ou s'effondrent avant de développer une technologie
[24:02]
capable de simuler des univers peuplés de conscience indiscernable des nÎtres.
[24:08]
Oui, je comprends.
[24:09]
La proposition 2, c'est mĂȘme si certaines civilisations
[24:12]
atteignent ce stade post-humain,
[24:14]
la proportion de celles qui lancent des simulations d'ancĂȘtres
[24:18]
est trÚs faible pour des raisons éthiques, philosophiques, juridiques,
[24:22]
ou simplement parce que ce n'est pas un projet jugé pertinent.
[24:25]
Parce que c'est vrai, si nous, on est dans une simulation actuellement,
[24:28]
on est carrĂ©ment des ĂȘtres infĂ©rieurs Ă ceux qui ont créé la simulation.
[24:33]
Effectivement.
[24:34]
C'est pour cette raison-lĂ que tu parles de simulation d'ancĂȘtres.
[24:38]
Oui, c'est ça.
[24:39]
C'est comme si tu jouaisâŠ
[24:41]
C'est un peu ça, quand tu joues aux Sims,
[24:44]
tu es plus intelligent qu'eux.
[24:45]
Eux vivent leur petite vie dans leur maison,
[24:48]
ils font leurs petites actions, ils n'ont pas trop de pensées
[24:51]
ou ils n'ont pas trop de quoi qu'ils en ont un petit peu des fois.
[24:54]
Mais tu sais, c'est assez basic comme train de vie.
[24:56]
C'est un peu comme des petits animaux, comme un hamster Ă quelque part.
[25:02]
Donc, c'est ça.
[25:04]
Si eux sont nettement plus avancés que nous,
[25:07]
nous, on est un peu des primates Ă leurs yeux.
[25:10]
Oui, oui, exact.
[25:11]
Et la troisiĂšme proposition et la derniĂšre, en fait, du trilemme,
[25:14]
c'est si la proposition 1 est fausse,
[25:16]
donc si des civilisations survivent et deviennent post-humaines,
[25:20]
et si la proposition 2 est fausse,
[25:22]
donc si ces civilisations lancent réellement ce type de simulation,
[25:26]
alors statistiquement, la plupart des consciences comme la nĂŽtre
[25:30]
existeraient dans les réalités simulées
[25:32]
plutÎt que dans les réalités d'origine non simulées.
[25:36]
Autrement dit, on est coincé avec trois portes.
[25:39]
Deux sont sombres, mais plausibles,
[25:41]
on s'éteint avant ou on s'abstient aprÚs.
[25:44]
La troisiÚme est dérangeante.
[25:45]
Si les simulations existent en grand nombre,
[25:48]
alors la probabilité penche vers l'idée qu'on serait à l'intérieur
[25:51]
plutÎt que dans la réalité d'origine.
[25:54]
Et le cĆur du raisonnement est lĂ , il est statistique.
[25:57]
Par définition, il n'existe qu'une seule réalité d'origine,
[26:01]
mais une civilisation trÚs avancée pourrait en principe produire
[26:04]
un trĂšs grand nombre de simulations d'ancĂȘtres.
[26:07]
Si ça se produit à grande échelle,
[26:08]
eh bien le nombre total d'observateurs comme nous
[26:11]
dans des mondes simulés pourrait dépasser ceux de la réalité d'origine.
[26:15]
Dans ce contexte, la question devient moins
[26:17]
Est-ce vrai que, qu'est-ce qui est le plus probable
[26:20]
si on accepte les prémisses?
[26:22]
Donc Bostrom, lui, précise qu'il ne défend pas une porte en particulier.
[26:26]
Son point, c'est qu'au moins une des trois propositions
[26:28]
doit ĂȘtre vraie.
[26:30]
Et c'est ce qui rend l'affaire vertigineuse.
[26:32]
Soit trĂšs peu de civilisations se rendent aux stades post-humains,
[26:35]
soit celles qui s'y rendent s'abstiennent de simuler,
[26:38]
soit on a de bonnes chances d'ĂȘtre dans une simulation.
[26:41]
Donc c'est ça les⊠j'avoue que ça lĂ , ça m'aâŠ
[26:45]
bien l'intégrer puis réfléchir, puis c'est vrai que t'es comme,
[26:48]
c'est vrai dans les choix, dans le trilemme.
[26:51]
Oui, puis c'est pas faux l'idée que c'est sûr
[26:54]
que si on est dans une simulation,
[26:57]
je peux pas croire qu'il y a juste nous dans cette simulation.
[27:00]
Non, non, exact.
[27:01]
Qu'il y ait juste nous comme simulation.
[27:02]
Il doit y en avoir plusieurs autres.
[27:05]
Nous, on est comme⊠on a comme été,
[27:08]
Ă©videmment si je me mets dansâŠ
[27:10]
Si je fais l'exercice de me projeter dans cette simulation,
[27:12]
on a été créé en tant qu'humain
[27:16]
sur cette petite planĂšte qui gravite autour du soleil
[27:20]
oĂč on semble ĂȘtre seul dans cette galaxie, tu sais,
[27:25]
mais on sait pas c'est quoi notre objectif,
[27:27]
on sait pas c'est quoi notre but sur Terre et autres,
[27:29]
puis on sait pas si un jour on va atteindre ce stade
[27:32]
que notre créateur a rejoint lui.
[27:36]
Oui, oui, exact.
[27:36]
C'est sĂ»r que c'estâŠ
[27:38]
au niveau du cerveau, ça pousse loin un peu.
[27:41]
Oui, oui, ça mine-fuck un peu, tout ça.
[27:44]
Si on est dans une simulation, Ă quoi bon?
[27:47]
Tout faire ça.
[27:48]
Des fois, j'avais ce raisonnement-lĂ
[27:50]
quand je réfléchissais à l'épisode.
[27:53]
Pourquoi toutes les problĂšmes de bord?
[27:55]
Pourquoi on fait des podcasts de nous,
[27:58]
dans notre simulation, parler de la simulation?
[28:00]
Oui, c'est ça, exact. C'est assez méta.
[28:02]
Oui.
[28:03]
Ăvidemment, ce genre d'idĂ©es,
[28:05]
Seb a sauté hors du monde philosophique.
[28:10]
Ăa nous amĂšne en 2016 avec Elon Musk, finalement,
[28:17]
qui a relancé l'hypothÚse publiquement
[28:19]
lors d'une entrevue en disant que, selon lui,
[28:22]
il y avait une chance sur des milliards
[28:24]
qu'on soit dans la réalité d'origine,
[28:26]
en s'appuyant sur l'évolution fulgurante
[28:28]
des univers virtuels de poing
[28:31]
jusqu'aux environnements 3D de plus en plus réalistes.
[28:34]
Donc lui, c'est ça, il croit, il semble dire
[28:37]
que selon lui, il y a plus de probabilités
[28:38]
qu'on vive dans une simulation que l'inverse.
[28:42]
La mĂȘme annĂ©e, le 5 avril 2016,
[28:46]
au 17e Isaac Asimov Memorial Debate
[28:50]
de l'American Museum of Natural History Ă New York,
[28:54]
animé par Neil de Gracie Tyson,
[28:57]
un panel de spécialistes et de scientifiques
[28:59]
a débattu sur la question
[29:00]
est-ce que l'univers est une simulation?
[29:02]
C'était ça la question de base.
[29:04]
On y retrouvait notamment Zoraida Voudy,
[29:06]
qui est une physicienne des particules,
[29:09]
Max Tergmark, qui est un cosmologiste
[29:11]
et chercheur en intelligence artificielle,
[29:14]
James Gate, qui est physicien,
[29:16]
Lisa Randall, qui est physicienne elle aussi,
[29:18]
et le philosophe David Chalmers,
[29:21]
connu pour ses travaux sur la conscience.
[29:23]
C'est un gros panel.
[29:24]
Oui, oui.
[29:25]
Et quand Tyson leur a demandé en fin de discussion
[29:27]
de donner une estimation chiffrée,
[29:29]
on a vu à quel point c'était flou.
[29:31]
Davoudi, de son cÎté, a refusé de donner un pourcentage.
[29:35]
Tergmark a dit 17 %,
[29:37]
Gates, 1 %,
[29:39]
et Randall, pratiquement zéro.
[29:42]
Et Chalmers, de son cÎté,
[29:43]
42 % d'estimation qu'on vivrait dans une simulation.
[29:47]
Ce n'est pas des résultats scientifiques,
[29:49]
évidemment.
[29:50]
C'est un baromĂštre un peu
[29:52]
sur ce que pensent ces scientifiques.
[29:54]
Oui, exact.
[29:54]
C'est apprendre avec des pincettes,
[29:56]
et eux ne seraient pas alarmistes en disant
[29:58]
il y a 100 % des chances,
[30:00]
comme ça, dans un panel scientifique,
[30:01]
parce que ça frÎle.
[30:03]
Est-ce que c'est vraiment scientifique comme analyse?
[30:05]
Plus ou moins.
[30:06]
Non, bien non.
[30:07]
Tu n'as pas le choix de calculer certains éléments
[30:09]
de toute leur spécialité à eux,
[30:11]
la physique et tout ça.
[30:13]
Mais en mĂȘme temps,
[30:14]
ça reste des estimations.
[30:17]
Oui, oui.
[30:18]
Ce n'est que des pourcentages estimés comme ça.
[30:21]
Il n'y a pas de preuve à l'appui dans que ça.
[30:24]
Donc, malgré tout,
[30:25]
le point qui ressortait surtout,
[30:26]
c'est qu'on n'a toujours pas de test clair et concluant
[30:29]
pour trancher sur la question.
[30:30]
On vous en parlait, il y a d'autres tests intéressants
[30:32]
qui ont été faits au niveau des atomes et autres.
[30:36]
Et justement, si on n'a pas de test,
[30:38]
mais on revient un peu Ă la question centrale,
[30:40]
pourquoi une civilisation avancée ferait ça?
[30:43]
Et Bostrom, lui,
[30:44]
parle notamment de la simulation d'ancĂȘtres
[30:46]
pour comprendre son histoire,
[30:48]
explorer les scénarios alternatifs
[30:50]
ou étudier des trajectoires
[30:52]
sociales et technologiques.
[30:54]
Ils ne font peut-ĂȘtre pas ça pour s'amuser,
[30:55]
finalement.
[30:55]
C'est pour de l'observation.
[30:57]
Et c'est là que l'hypothÚse devient un peu auto-alimentée,
[31:00]
c'est-Ă -dire plus on s'imagine
[31:02]
capable un jour de créer des mondes
[31:04]
comme ça, qui sont
[31:05]
indiscernables du réel,
[31:07]
plus le raisonnement revient nous hanté.
[31:10]
Plus on y pense, plus on y pense
[31:11]
Ă quelque part.
[31:13]
Dans le fond, c'est exactement la conclusion des trois propositions.
[31:16]
Soit on n'atteint presque
[31:17]
jamais le stade post-humain,
[31:19]
soit on l'atteint, mais on s'abstient
[31:21]
de crĂ©er des simulations d'ancĂȘtres,
[31:23]
ou soit ces simulations existent en trĂšs grand nombre,
[31:25]
on a plus de chances d'ĂȘtre
[31:27]
dans une réalité simulée que dans la réalité
[31:29]
d'origine. Ăa revient Ă tes trois points.
[31:31]
Exact, exact.
[31:32]
Et lĂ , on va basculer vers les constantes
[31:34]
universelles, parce que certains voient
[31:36]
dans les mathématiques qui gouvernent l'univers
[31:38]
des indices qu'on est dans une réalité
[31:41]
programmée. L'idée est simple et mille.
[31:43]
DĂšs les tout premiers instants,
[31:45]
aprĂšs le Big Bang, il y a eu des
[31:47]
rĂšgles qui s'appliquent partout, tout le temps.
[31:49]
Comme si l'univers tournait autour,
[31:51]
tournait en fait avec des paramĂštres
[31:52]
de départ. On prend la vitesse
[31:55]
de la lumiÚre. Elle est fixée
[31:57]
Ă 299 792
[32:00]
458
[32:01]
mĂštres par seconde.
[32:02]
Bravo pour avoir lu selon chiffre, Seb, sans
[32:05]
le tromper. Oui.
[32:06]
C'est un plafond pour la transmission
[32:08]
d'informations et la causalité,
[32:10]
pas un mur posé, comme dans un jeu
[32:12]
vidéo. Et détail important,
[32:15]
ce chiffre est exact aussi parce qu'on a
[32:16]
défini nos unités modernes, dont
[32:18]
le mĂštre, Ă partir de cette valeur.
[32:21]
Autre chiffre souvent cité,
[32:23]
la constante de Planck,
[32:25]
nommée d'aprÚs Max Planck,
[32:27]
qui est l'un des pairs de la physique
[32:28]
quantique. Sans entrer dans les équations,
[32:31]
cette constante sert surtout
[32:33]
Ă fixer l'Ă©chelle, oĂč la
[32:34]
physique quantique devient incontournable.
[32:37]
Elle nous dit, en gros,
[32:39]
en dessous de certaines échelles,
[32:40]
notre intuition classique ne suffit plus.
[32:43]
Il faut décrire le monde
[32:44]
autrement. Et c'est lĂ que
[32:46]
certaines personnes parlent du pixel
[32:48]
de l'univers. L'image est simple.
[32:51]
Dans une photo numérique,
[32:52]
si tu zooms assez, eh bien tu finis par
[32:54]
voir des pixels, donc une résolution
[32:57]
minimale. Certains se demandent
[32:59]
si l'espace pourrait avoir lui aussi
[33:00]
une limite du mĂȘme genre,
[33:02]
une plus petite brique possible.
[33:05]
On associe souvent cette idée
[33:06]
Ă ce qu'on appelle la longueur de Planck,
[33:09]
une distance thĂ©orique extrĂȘmement
[33:10]
petite. Ce n'est pas une preuve
[33:12]
que l'univers est fait de pixels,
[33:14]
c'est plutĂŽt un repĂšre qui indique
[33:16]
qu'à cette échelle, nos
[33:18]
thĂ©ories actuelles cessent d'ĂȘtre
[33:20]
fiables et qu'il nous manque une théorie
[33:22]
plus complĂšte. L'argument
[33:24]
populaire, c'est celui du réglage fin.
[33:27]
Certaines constantes semblent
[33:28]
se situer dans une zone compatible
[33:30]
avec l'existence des galaxies,
[33:32]
d'étoiles et de chimie complexes.
[33:34]
Si on modifiait fortement la gravité
[33:36]
ou la force électromagnétique
[33:38]
ou encore des rapports comme la masse
[33:40]
du proton sur celle de l'électron,
[33:41]
l'univers ne se ressemblerait plus
[33:43]
du tout Ă celui qu'on connaĂźt.
[33:45]
L'astronome Martin Rees
[33:47]
a popularisé cette intuition en
[33:49]
parlant de quelques nombres clés
[33:51]
dont la valeur semble juste assez
[33:53]
pour permettre un univers
[33:55]
structuré. Il faut distinguer
[33:57]
l'observation de l'interprétation.
[34:00]
Que l'univers ait des constantes
[34:02]
stables et des paramÚtres précis,
[34:04]
ça ne dit pas automatiquement
[34:05]
qu'il y a eu un programmeur.
[34:07]
Ăa ouvre surtout deux lectures
[34:09]
sur les paramĂštres possibles.
[34:10]
Soit c'est un fait brut de la nature
[34:12]
qu'on décrit sans encore savoir
[34:14]
pourquoi ces valeurs n'est pas d'autres,
[34:17]
soit c'est une porte philosophique
[34:19]
oĂč certains se demandent si ces paramĂštres
[34:21]
ressemblent plutĂŽt Ă des choix.
[36:21]
Parler, Seb, un peu de l'effet Mandela
[36:24]
ici, parce que c'est...
[36:25]
On en arrive lĂ .
[36:27]
Ăa fait partie, je ne sais pas si c'est une consĂ©quence
[36:29]
de cette théorie de la simulation,
[36:31]
mais c'est fortement lié du moins.
[36:33]
Si on vivait dans une simulation,
[36:34]
on s'attendrait Ă voir de temps en temps
[36:37]
des accros, des petits bugs,
[36:39]
des détails qui semblent déraper,
[36:41]
des souvenirs qui ne collent pas,
[36:43]
comme si la réalité avait été retouchée un peu.
[36:45]
C'est exactement ce que plusieurs
[36:47]
associent à un phénomÚne trÚs
[36:48]
répandu qui est l'effet Mandela.
[36:51]
Donc, le terme l'effet Mandela,
[36:52]
Seb, ça a été inventé par
[36:55]
Fiona Broom, qui est une auteur
[36:57]
et une figure du milieu paranormal.
[36:59]
Elle raconte qu'Ă la suite
[37:00]
d'une discussion, elle a réalisé
[37:02]
qu'elle n'était pas la seule à se souvenir
[37:04]
que Mandela, Nelson Mandela,
[37:07]
était mort en prison.
[37:09]
Or, ce n'est pas ça qui est arrivé,
[37:10]
il n'est pas mort en prison dans les années 80.
[37:12]
Il a été libéré en 1990,
[37:15]
il est devenu président en 1994,
[37:17]
puis il est décédé
[37:18]
en 2013. Donc, ça, c'est des
[37:20]
vrais éléments historiques.
[37:23]
Donc, Broom, qui était intrigué,
[37:24]
elle a mis en ligne, sur un espace,
[37:28]
son idée,
[37:29]
ses blogs, pour recueillir
[37:30]
d'autres souvenirs du genre.
[37:32]
Et puis, l'idée s'est répandue, puis ça a fait
[37:34]
véritablement boule de neige.
[37:36]
Et lĂ , Ă partir de lĂ , des milliers
[37:38]
de témoignages s'accumulent.
[37:40]
Entre autres, le logo de Fruit of the Loom,
[37:43]
est-ce qu'il y a un panier
[37:44]
en dessous, ou il n'y en a pas, ou il y a juste des fruits?
[37:47]
Bonne question.
[37:48]
Dites-nous, qu'est-ce que vous en pensez?
[37:49]
Le personnage de Monopoly, est-ce
[37:52]
qu'il a un monocle ou pas?
[37:54]
Encore, est-ce que les oursons
[37:56]
dans les livres pour enfants sont les Berenstain
[37:58]
ou les oursons Berenstain?
[38:00]
Et c'est tous des cas
[38:02]
oĂč on n'est pas sĂ»rs.
[38:04]
Est-ce que Blanche-Neige, par exemple,
[38:06]
elle va dire, miroir, mon beau miroir,
[38:08]
dis-moi qui est la plus belle?
[38:10]
Ou encore, miroir magique
[38:12]
au mur, qui a beauté
[38:14]
parfaite et pure?
[38:16]
Bonne question.
[38:17]
Ce serait des preuves que deux simulations
[38:20]
se percutent et se confondent
[38:22]
Ă quelque part. Parce que ce que
[38:24]
je viens de vous nommer, effectivement,
[38:25]
c'est qu'il y a des gens qui se rappellent
[38:28]
que le logo de Fruit of the Loom, par exemple,
[38:30]
il y a un panier ou un genre de cornet
[38:31]
derriĂšre les fruits. Des gens qui sont
[38:33]
sûrs à 100% que c'est ça. Mais la réalité
[38:36]
c'est que non, il n'y en a pas de cornet.
[38:38]
Le personnage de Monopoly,
[38:40]
il n'y en a pas de monocle. Mais moi, j'avoue
[38:42]
que j'ai toujours pensé qu'il y en avait un.
[38:44]
Et puis les oursons, mĂȘme chose,
[38:46]
bien des gens pensent que c'est
[38:47]
les Berenstain Bears, mais c'est les
[38:50]
Berenstain. Et lĂ , vous allez voir,
[38:51]
on va en nommer un petit peu plus. MĂȘme chose pour Blanche-Neige.
[38:54]
Il y en a plusieurs des Effets Mandela comme ça.
[38:57]
Ce qui montre un peu que
[38:58]
peut-ĂȘtre qu'il y aurait eu un glitch
[38:59]
entre deux simulations. Parce que
[39:02]
en mĂȘme temps, on dirait que ce qui n'a pas aidĂ©
[39:05]
Ă ce que cette thĂ©orie-lĂ
[39:06]
d'Effets Mandela
[39:08]
se propulse, c'est que
[39:10]
il y a eu des véritables erreurs d'impression
[39:12]
sur des lits, sur des disques.
[39:14]
Moi, ma cousine m'a carrément
[39:16]
déjà montré un genre de
[39:18]
vinyle 45 tours,
[39:20]
oĂč c'Ă©tait les Berenstain Bears.
[39:21]
C'est fou. Il y a des illustrations
[39:24]
qui existent avec le personnage
[39:26]
de Monopoly, oĂč il y a un
[39:28]
Monocle. Donc il y a eu véritablement
[39:30]
des genres d'erreurs comme ça
[39:32]
qui ont contribué à faire,
[39:34]
à créer des faux souvenirs.
[39:36]
On parle de logos, de répliques
[39:38]
de films, de détails culturels
[39:40]
évidents aussi, que beaucoup
[39:42]
de gens jurent avoir vu autrement.
[39:44]
Pour les partisans de l'hypothĂšse de la
[39:45]
simulation, ben c'est pas un simple
[39:47]
trou de mémoire, c'est un peu une piste,
[39:49]
c'est un peu un indice. Donc, comment
[39:51]
autant de personnes peuvent-elles se
[39:53]
tromper de la mĂȘme façon sur un
[39:55]
détail historique comme ça?
[39:57]
L'explication la plus sobre, celle
[39:59]
des psychologues, part d'un principe
[40:01]
moins spectaculaire, mais trĂšs humain.
[40:03]
La mémoire n'est pas un enregistrement
[40:05]
vidéo. Elle reconstruit des choses.
[40:07]
On comble des trous. On confond
[40:09]
parfois la source de l'information.
[40:12]
On retient une version entendue
[40:13]
mille fois, plutĂŽt que la version
[40:15]
originale. En plus, une idée
[40:17]
circule, ben plus elle peut
[40:19]
solidifier Ă quelque part grĂące Ă la
[40:21]
rĂ©pĂ©tition, mĂȘme quand elle est fausse.
[40:23]
On a mĂȘme observĂ© des erreurs
[40:25]
partagées sur certaines icÎnes
[40:27]
visuelles, comme si notre cerveau
[40:29]
corrigait spontanément une image
[40:31]
vers ce qui semble plus logique
[40:32]
ou le plus familier avec ce qu'il pense.
[40:35]
Et c'est un point important.
[40:37]
Ăa ne dit rien sur l'intelligence
[40:38]
des gens. Ăa l'Ă©crit simplement comment
[40:40]
la mémoire fonctionne et comment
[40:42]
un souvenir peut ĂȘtre trĂšs
[40:44]
convaincant, mĂȘme quand il ne correspond
[40:47]
pas aux faits et à la réalité.
[40:50]
Cela dit, l'effet Mandela
[40:51]
touche une corde sensible
[40:52]
parce qu'il donne une impression trĂšs
[40:54]
particuliÚre, celle que le réel est
[40:56]
légÚrement décalé.
[40:58]
C'est d'ailleurs une intuition qu'on retrouve
[41:00]
chez Philipp K. Dick, l'écrivain de
[41:02]
science-fiction, dans une conférence
[41:04]
donnée en 1977 à Metz.
[41:06]
Il suggÚre en gros que le déjà -vu,
[41:08]
l'effet de déjà -vu, pourrait
[41:10]
ressembler Ă une espĂšce de variable
[41:12]
modifiée dans notre réalité, comme si
[41:14]
quelque chose avait été reprogrammé aprÚs
[41:16]
l'effet. C'est pas une preuve,
[41:19]
c'est une image, mais elle explique
[41:20]
pourquoi l'idée fascine autant.
[41:23]
AprĂšs, pourquoi les
[41:24]
postes humains auraient pris
[41:26]
autant de temps Ă enlever le panier
[41:28]
sur le logo de Float of the Loons?
[41:31]
Ou pourquoi,
[41:32]
je veux dire, il y aurait eu un glitch avec
[41:34]
le personnage de Monopoly?
[41:36]
Il me semble qu'il y a des glitchs beaucoup plus évidents
[41:38]
qui pourraient arriver avec plusieurs
[41:40]
des impacts beaucoup plus importants
[41:42]
sur nos vies.
[41:43]
Peut-ĂȘtre que dans leur bug list, justement, c'Ă©tait pas important.
[41:46]
Ah, mais qu'ils l'ont mis Ă la fin!
[41:47]
J'aime ça, j'aime ça.
[41:49]
Au final, l'effet Mandela
[41:51]
n'établit pas qu'on vit dans une simulation.
[41:54]
Il montre surtout Ă quel point notre esprit
[41:55]
peut fabriquer du solide Ă partir d'indices
[41:58]
plutĂŽt fragiles.
[41:59]
C'est précisément là que le sujet devient
[42:01]
intéressant, parce que ça nous force
[42:03]
à distinguer deux choses. L'expérience
[42:06]
vĂ©cue, qui peut ĂȘtre trĂšs rĂ©elle,
[42:08]
mais aussi l'explication qu'on choisit
[42:10]
pour l'interpréter.
[42:12]
Je me demande, Emile, est-ce qu'il existe
[42:15]
des interprétations de Mandela
[42:16]
au QuĂ©bec ou mĂȘme au Canada?
[42:18]
Bonne question, j'en ai trouvé
[42:20]
sur Reddit, Seb, et tu me diras
[42:22]
qu'est-ce que t'en penses.
[42:23]
Est-ce que toi, tu te rappelles d'ĂȘtre allĂ©
[42:25]
au Dolorama ou au Dolarama?
[42:28]
Oui, c'est vrai, parce qu'on le prononce
[42:30]
toujours un peu de façon
[42:32]
étrange, mais moi, je vais toujours au Dolorama.
[42:34]
Oui, oui, oui. Mais je sais que ça s'écrit pas
[42:36]
comme ça. Non, c'est Dolorama qu'on dit.
[42:39]
Autre chose, il y a plusieurs
[42:40]
personnes sur Reddit, j'ai trouvé ça
[42:41]
fascinant, qui affirment que lorsqu'ils
[42:44]
regardent des cartes du Canada,
[42:46]
c'est vraiment une discussion sur Reddit
[42:47]
qui est trĂšs populaire. Les vieilles cartes
[42:49]
des années 80-90, puis les cartes d'aujourd'hui
[42:51]
comme Google Maps, la baie du Tucson
[42:53]
était beaucoup plus petite dans le temps.
[42:56]
Et lĂ maintenant,
[42:58]
elle semble vraiment diviser le Canada.
[42:59]
Donc, il y a toute cette discussion
[43:01]
d'effets Mandela autour de la taille
[43:04]
en gros des cours d'eau au Canada.
[43:06]
C'est assez fascinant. Et aussi,
[43:09]
il y a un autre effet Mandela
[43:10]
qui tombe un peu dans les fausses nouvelles
[43:12]
aussi. Est-ce que tu te rappelles
[43:14]
ce que Jacques Parisot a dit
[43:16]
lors de son discours à la défaite du
[43:18]
OUI en 95? Pourquoi
[43:20]
est-ce qu'il aurait perdu le vote? Est-ce que tu t'en rappelles?
[43:22]
Ben, il me semble que oui, c'était à cause
[43:24]
de l'argent et les votes ethniques.
[43:26]
Oui, mais pas tout Ă fait, Seb.
[43:28]
La vraie phrase, tu vas voir,
[43:30]
là , vous me direz, l'éditeur Dieu, si vous trouvez que c'est un effet
[43:32]
Mandela ou pas, il dit, au fond,
[43:34]
qu'est-ce qui nous a fait perdre?
[43:36]
Et lĂ , il rĂ©pond lui-mĂȘme, l'argent
[43:38]
puis des votes ethniques.
[43:40]
Donc, ça change quand mĂȘme un petit peu
[43:42]
le sens de sa phrase, malgré que oui,
[43:44]
ça peut causer la controverse et autres.
[43:46]
Mais ce qui se passe, c'est que Parisot
[43:47]
a été mal cité par à peu prÚs tous
[43:50]
les journaux québécois.
[43:53]
Et aussi, au chapitre des
[43:54]
fausses souvenirs, Seb, il y a un
[43:56]
épisode d'un vieux passe-partout
[43:58]
oĂč on voit un petit garçon, tu sais,
[43:59]
qui dit, j'ai un oiseau dans ma main.
[44:01]
Est-ce que tu te rappelles de ça?
[44:02]
Ben, plusieurs personnes sont convaincues que c'est Jean
[44:05]
Le Loup, le petit garçon.
[44:06]
Ah oui, j'avais déjà entendu parler de ça.
[44:09]
Vous irez voir, vous me direz ce que vous en pensez,
[44:11]
c'est Jean Le Loup qu'on retrouve dans les vieux
[44:13]
passe-partout.
[44:15]
Mais est-ce que c'est un effet Mandela ou un faux souvenir?
[44:18]
Oui, c'est une bonne question.
[44:20]
Exact.
[44:21]
On va parler aussi, Seb, maintenant,
[44:23]
d'une expérimentation qui a été faite
[44:25]
en lien avec la théorie de la simulation,
[44:27]
qui est l'expérience de la double
[44:29]
fente. Je vais vous en parler, c'est trĂšs
[44:31]
intéressant, vous allez voir. La double
[44:33]
fente, c'est une expérience simple,
[44:34]
mais qui donne un résultat vraiment
[44:36]
contre-intuitif. Imaginez une
[44:39]
plaque devant vous avec deux petites
[44:41]
ouvertures trÚs étroites, deux
[44:43]
fentes. On envoie des particules
[44:45]
vers cette plaque, mettons des protons,
[44:47]
puis on met un écran derriÚre
[44:49]
pour voir oĂč elles arrivent.
[44:51]
Si les particules étaient juste des petites
[44:52]
billes, par exemple, ou de la farine, ou quelque chose
[44:55]
comme ça, on s'attendrait à voir
[44:57]
deux amas de points sur l'écran,
[45:00]
un derriĂšre chaque fente,
[45:01]
un petit peu plus dispersé,
[45:03]
évidemment, moins mince, mais
[45:05]
quand mĂȘme, ce serait logique. Sauf que
[45:07]
c'est pas ça qu'on obtient lorsqu'on envoie,
[45:09]
par exemple, des protons sur
[45:10]
les deux fentes. Exact.
[45:12]
On voit plutĂŽt un motif en bande,
[45:15]
ou des zones oĂč il y a eu
[45:17]
beaucoup d'impact, puis des zones
[45:18]
oĂč il n'y en a presque pas, un peu comme
[45:20]
des ébrûres. C'est complÚtement différent
[45:22]
de ce Ă quoi on s'attend.
[45:24]
Et ça, c'est typique un peu des
[45:26]
vagues. Quand deux vagues de la
[45:28]
mer se superposent,
[45:31]
parfois, elles s'additionnent, puis
[45:32]
ça fait une zone plus forte.
[45:34]
C'est quand mĂȘme quelque chose en soi,
[45:36]
l'analyse des courants marins.
[45:38]
Des fois, on a une impression, mais c'est
[45:40]
trĂšs complexe, en fait.
[45:42]
Puis, parfois,
[45:44]
elles se neutralisent presque complĂštement,
[45:46]
ce qui crée une zone de vide.
[45:48]
Donc, c'est exactement ce qui dessine
[45:50]
les bandes claires et sombres.
[45:52]
Le bout le plus bizarre, c'est que le motif
[45:54]
apparaĂźt mĂȘme si on envoie les
[45:56]
particules une par une.
[45:58]
Donc, chaque particule fait un point,
[46:00]
mais Ă force d'en accumuler, le dessin
[46:02]
final ressemble Ă un comportement
[46:03]
de vague, comme si chaque particule
[46:06]
tenait compte des deux fentes
[46:08]
d'une certaine façon.
[46:10]
La mécanique quantique décrit
[46:12]
ça en disant qu'avant de mesurer,
[46:14]
la particule n'a pas une trajectoire
[46:16]
claire. Elle existe plutĂŽt comme un
[46:18]
ensemble de possibilités.
[46:19]
Donc, tant qu'on ne force pas l'information,
[46:22]
ces possibilités peuvent interférer
[46:23]
et ça crée des hébrures.
[46:25]
Et ensuite, on change un seul élément.
[46:27]
On installe un détecteur prÚs des fentes
[46:30]
pour savoir par laquelle
[46:31]
la particule est passée.
[46:33]
Et dĂšs qu'on obtient cette information,
[46:35]
les hébrures disparaissent.
[46:37]
On revient Ă deux amas de points
[46:39]
comme prĂ©vu. C'est fourrant quand mĂȘme,
[46:41]
et c'est important.
[46:43]
Ce n'est pas un humain qui regarde,
[46:45]
qui change la réalité. C'est le fait que
[46:47]
mesurer, donc, d'interagir avec
[46:49]
la particule. Mesurer laisse une
[46:51]
trace, et cette trace suffit Ă faire
[46:53]
disparaßtre l'interférence.
[46:55]
C'est foubracant ça.
[46:57]
Oui, c'est comme si dans le fond,
[47:00]
mettons qu'on revient Ă notre
[47:00]
histoire de simulation, c'est comme si les
[47:02]
particules, un peu comme dans un jeu vidéo,
[47:06]
ce qu'il y a derriĂšre le mur
[47:07]
n'est pas forcément créé.
[47:09]
Non, exact.
[47:10]
On va pour sauver de l'espace et tout ça.
[47:12]
Si on voit juste un bĂątiment d'un certain
[47:14]
angle, on n'a pas besoin de faire
[47:16]
les deux murs de l'autre cÎté.
[47:18]
On n'a pas besoin de faire des piÚces à l'intérieur
[47:19]
du bùtiment si on n'entre jamais à l'intérieur.
[47:22]
C'est un peu ça. C'est comme si les particules,
[47:24]
elles, il y avait un mur,
[47:26]
mais de l'autre cÎté du mur,
[47:27]
il continue Ă ĂȘtre gĂ©nĂ©rĂ©, comme
[47:29]
des particules dans un jeu vidéo qui sont générées,
[47:31]
qui n'ont pas vu l'objet devant.
[47:35]
Ăa donne une impression
[47:36]
de bug un peu dans la matrice.
[47:37]
Oui, vraiment. Souvent, il y avait
[47:39]
pas une fausse rumeur, mais on disait
[47:42]
souvent, quand on la regarde,
[47:44]
quand on regarde le rayon, les
[47:45]
particules, mais ce n'est pas que l'humain regarde,
[47:47]
c'est vraiment quand il y a des tests qui sont faits,
[47:49]
qui sont mesurés, parce qu'il y a vraiment
[47:51]
une légende urbaine là -dessus,
[47:53]
mais ce n'est pas nos yeux qui font changer
[47:55]
la trajectoire des particules
[47:58]
en physique quantique. C'est le fait
[47:59]
de les mesurer. C'est ça, la nuance.
[48:01]
C'est pour ça que je voulais le repréciser.
[48:03]
Oui, c'est ça, en ce qui est détectable,
[48:05]
ce que nous, on perçoit quelque part.
[48:07]
Donc, c'est exactement ce que vient
[48:09]
tester, comme tu dis, l'effaceur quantique.
[48:13]
Jusqu'ici,
[48:13]
on a dit, dĂšs que l'information
[48:15]
passe par quelle fente
[48:17]
est disponible dans le systĂšme,
[48:19]
les ébrûles disparaissent.
[48:21]
L'effaceur pose donc la question,
[48:23]
est-ce que ce qui compte, c'est qu'on est
[48:25]
regardé ou simplement que cette information
[48:27]
existe quelque part. On montre l'expérience
[48:30]
pour qu'en principe, on puisse
[48:31]
connaßtre le trajet, donc l'interférence
[48:33]
disparaĂźt Ă ce moment-lĂ .
[48:35]
Puis, on fait une mesure différente qui rend
[48:37]
cette information impossible à récupérer,
[48:39]
comme si on avait mélangé les indices
[48:41]
un peu. Et là , l'interférence
[48:43]
revient, mais avec une nuance
[48:44]
essentielle, elle ne réapparaßt pas
[48:47]
comme une grande image magique sur un
[48:49]
écran principal. Elle apparaßt seulement
[48:51]
aprĂšs coup, quand on trie les impacts
[48:53]
selon un deuxiÚme signal enregistré
[48:55]
par les détecteurs, ce qui fait
[48:56]
ressortir le motif dans certains
[48:58]
sous-groupes, mĂȘme s'il reste invisible
[49:00]
dans le total. Oui, ça, j'ai pris une bonne
[49:03]
pop-off pour, tu sais, je l'irai plus souvent
[49:04]
pour bien comprendre. Ben oui.
[49:08]
Donc, c'est un petit peu ça,
[49:09]
tu sais, il y a aussi
[49:10]
le choix retardé de Wheeler
[49:13]
qui pousse la mĂȘme idĂ©e encore plus loin.
[49:15]
On choisit trĂšs tard quel type
[49:17]
de mesure on va faire, et
[49:19]
parfois, aprĂšs que la particule a dĂ©jĂ
[49:21]
traversé une partie du dispositif,
[49:23]
ça donne l'impression que la
[49:24]
particule décide aprÚs coup
[49:26]
si elle s'est comportée comme une vague
[49:28]
ou comme une particule. Oui. La version
[49:31]
prudente de l'expérience, c'est plutÎt
[49:33]
ceci, c'est-Ă -dire avant la mesure,
[49:35]
la mécanique quantique ne fournit
[49:37]
pas une trajectoire unique définie
[49:39]
comme dans le monde classique. Elle
[49:40]
décrit les possibilités. Et selon la façon
[49:43]
dont on mesure Ă la fin, on ne
[49:45]
rĂ©cupĂšre pas le mĂȘme type d'informations
[49:47]
sur ce qui s'est passé.
[49:48]
Mais vous irez voir si en audio, c'est pas
[49:50]
évident à comprendre comme ça ce
[49:52]
que je vous parle avec l'expérience de la double
[49:54]
fente. Vous allez voir, il y a des vidéos là -dessus
[49:56]
sur YouTube que vous pouvez consulter.
[49:59]
Puis, visuellement, vous allez peut-ĂȘtre
[50:01]
comprendre un petit peu plus.
[50:03]
Puis, pourquoi les partisans de la
[50:05]
simulation aiment cette expérience-là ?
[50:06]
C'est un peu ce que je disais tantĂŽt.
[50:08]
Ăa ressemble Ă une rĂ©alitĂ© qui se prĂ©cise
[50:10]
au moment oĂč on la mesure, un peu comme
[50:12]
un jeu vidéo qui va calculer les détails
[50:14]
seulement quand tu y arrives et quand
[50:16]
tu regardes. T'sais, l'engin
[50:19]
graphique du jeu vidéo va
[50:21]
commencer Ă rendre, par exemple,
[50:22]
Ă faire des rendus de la forĂȘt une fois
[50:24]
que tu t'y rapproches. Oui, exactement.
[50:26]
Donc, c'est un petit peu plus Ă la derniĂšre
[50:28]
minute que si tout était prévu.
[50:30]
Donc, c'est un peu ceux qui croient à la théorie
[50:32]
de la simulation. Bien, avec l'expérience
[50:34]
de la double fente et l'expérience
[50:36]
de Wheeler, du choix
[50:38]
retardé, bien, ça va un peu
[50:40]
dans cette direction-lĂ . Oui, exact.
[50:41]
Comme si la particule attendait de voir oĂč est-ce qu'on est rendu
[50:44]
Ă observer avant de choisir sa
[50:45]
direction. Donc, je sais pas si vous avez
[50:47]
tout suivi de cette partie-lĂ , mais moi, c'est ce que
[50:49]
j'en conclus. Oui, oui, oui, c'est vraiment ça.
[50:52]
Ăa donne une impression de jeu vidĂ©o
[50:53]
qui me parle. Oui, oui, vraiment.
[50:56]
Et lĂ , je vais vous parler, justement,
[50:58]
on retourne encore dans les jeux vidéo
[51:00]
pour parler des limites du réel,
[51:01]
parce que mĂȘme dans les jeux vidĂ©o,
[51:04]
les mondes ont l'air infinis, finissent par
[51:06]
avoir une limite. Je bondis
[51:08]
un peu sur ce que tu dis.
[51:09]
Grand Theft Auto, The Witcher, Zelda,
[51:12]
Skyrim, toutes les open world qu'on appelle.
[51:14]
Oui. Peu importe l'échelle,
[51:15]
il y a toujours une frontiĂšre, une zone
[51:17]
oĂč tu ne peux plus aller. Certains partisans
[51:20]
de la simulation se demandent si l'univers
[51:21]
n'a pas, lui aussi, un bord de carte,
[51:24]
pas forcément visible, mais réel
[51:26]
dans ses effets. Oui, puis ça nous
[51:27]
fait penser à la théorie de la Terre
[51:29]
plate aussi. Oui, exactement.
[51:31]
Ăa nous revient un peu au show
[51:33]
Truman, oĂč lui vĂ©ritablement
[51:35]
sa Terre est plate parce qu'il y a un
[51:37]
dĂŽme au-dessus de lui. Ben oui, c'est vrai.
[51:39]
Donc, est-ce que tu peux te rendre
[51:40]
au bout de la Terre, puis qu'est-ce qui arrive
[51:42]
quand tu arrives Ă la bordure? Est-ce que tu tombes
[51:44]
dans le vide ou il y a une clĂŽture
[51:46]
avec des gens qui tirent dessus? Oui, oui,
[51:51]
il existe effectivement une limite trĂšs concrĂšte,
[51:53]
l'univers observable.
[51:55]
Son rayon est d'environ 46
[51:57]
milliards d'années-lumiÚre.
[51:59]
Au-delĂ , ce n'est pas qu'il n'y a rien,
[52:01]
c'est qu'on ne peut pas recevoir d'informations
[52:03]
de ces régions. La raison
[52:05]
est simple, l'univers a un Ăąge fini,
[52:08]
la lumiĂšre a une vitesse
[52:09]
finie et l'espace s'est dilaté pendant
[52:11]
que cette lumiĂšre voyageait.
[52:13]
Et avec l'expansion accélérée,
[52:15]
certaines zones pourraient rester
[52:17]
hors de portée pour toujours.
[52:19]
Autre limite majeure,
[52:21]
la vitesse de la lumiĂšre.
[52:23]
Rien, selon notre physique actuelle,
[52:25]
ne transporte de l'information plus vite
[52:26]
que ça. Ăa impose un univers
[52:28]
immense et lent. MĂȘme Ă la vitesse
[52:31]
de la lumiÚre, l'étoile la plus proche
[52:33]
du Soleil, Proxima Centauri,
[52:35]
est Ă environ 4.2
[52:36]
années-lumiÚre. Traverser notre
[52:38]
galaxie prendrait autour de 100 000
[52:40]
ans. Donc AndromĂšde,
[52:43]
notre galaxie voisine la plus proche,
[52:45]
est Ă environ 2.5 millions
[52:47]
d'annĂ©es-lumiĂšre. Donc, mĂȘme Ă la vitesse
[52:49]
de la lumiĂšre, on parle de
[52:51]
2.5 millions d'années de voyage.
[52:53]
Donc, pour les partisans de la simulation,
[52:56]
cette limite ressemble Ă un
[52:57]
garde-fou, une façon de freiner
[52:59]
l'exploration et de garder les civilizations
[53:01]
confinées à leur coin de l'univers.
[53:03]
Ben oui, se rendre dans une autre galaxie,
[53:05]
c'est un peu comme traverser le désert
[53:07]
dans King's Quest, un vieux jeu
[53:09]
PC des années 90
[53:11]
oĂč
[53:12]
ils voulaient pas que tu ailles dans le désert.
[53:15]
Donc, c'est tellement long que tu
[53:17]
te penses des jours Ă juste marcher de gauche
[53:19]
Ă droite. Et puis,
[53:21]
évidemment, il y a quelque chose à l'autre bout du désert,
[53:23]
éventuellement. Mais c'est tellement long
[53:24]
que ça décourage tout le monde.
[53:27]
Et puis, il y a les grandes inconnues.
[53:29]
La matiÚre noire et l'énergie sombre
[53:31]
qui représenteraient ensemble la
[53:32]
majorité du contenu d'univers.
[53:34]
La matiÚre noire est évoquée parce que la gravité
[53:37]
observée ne s'explique pas avec
[53:39]
la matiĂšre visible seule.
[53:40]
L'Ă©nergie sombre, elle, est associĂ©e Ă
[53:43]
l'expansion accélérée,
[53:44]
observée à la fin des années 90.
[53:47]
On voit leur effet, mais on ne sait
[53:48]
pas encore exactement ce que c'est.
[53:51]
Dans la lecture
[53:52]
Simulation, eh bien, ces éléments
[53:54]
ressemblent Ă des paramĂštres d'arriĂšre-scĂšne,
[53:56]
des réglages nécessaires pour que
[53:58]
l'univers tienne et se comporte comme
[54:00]
il faut. Mais il faut distinguer ce qu'on
[54:03]
observe de ce
[54:05]
qu'on en conclut, en fait.
[54:07]
Oui, il y a des limites, une vitesse
[54:08]
maximale et des grandes ondes inconnues.
[54:11]
Dire que, donc, c'est programmé,
[54:13]
c'est ajouter une étape de plus, un saut
[54:15]
d'interprétation. Et la science,
[54:17]
elle, elle décrit trÚs bien ce qu'on peut mesurer
[54:19]
et elle reconnaĂźt aussi clairement
[54:21]
ce qu'elle ne comprend pas encore.
[54:24]
Et lĂ , on va basculer
[54:25]
justement au paradoxe
[54:27]
de Fermi. Ah oui, je suis content
[54:29]
que tu parles de ça parce que c'est au centre
[54:31]
de plein de théories aussi, ce qui
[54:33]
touche aux extraterrestres,
[54:35]
entre autres. Ah, ok, ah, intéressant.
[54:37]
En 1950, au laboratoire
[54:39]
de Los Alamos, le physicien
[54:41]
Enrico Fermi
[54:43]
discute d'extraterrestres avec des collĂšgues.
[54:46]
Et Ă un moment, il
[54:47]
résume le malaise en une phrase qui est devenue
[54:49]
cĂ©lĂšbre. Mais oĂč sont-ils?
[54:52]
Si l'univers est si vaste,
[54:53]
oĂč sont les autres?
[54:55]
Et c'est drÎle parce que c'était justement,
[54:57]
il travaillait à l'époque
[54:59]
lui aussi sur la bombe atomique avec
[55:01]
Oppenheimer, peut-ĂȘtre plus
[55:04]
en 1950,
[55:05]
mais c'était pour ça qu'il était à Los Alamos.
[55:07]
Donc, pendant une petite pause avec
[55:09]
toutes ces légendes, physicien
[55:11]
qui Ă©taient rĂ©unies lĂ
[55:13]
pour fabriquer la bombe,
[55:15]
Fermi s'est mis Ă discuter d'extraterrestres.
[55:18]
Ah oui, wow!
[55:19]
L'idée derriÚre, le paradoxe est assez simple.
[55:22]
La voie lactée contient des centaines
[55:24]
de milliards d'étoiles. Et on sait
[55:25]
que les planĂštes sont trĂšs communes.
[55:27]
La galaxie a plus de 13 milliards
[55:29]
d'années, notre systÚme solaire
[55:31]
Ă environ 4,6. Donc, mĂȘme
[55:33]
en restant prudent, on pourrait s'attendre
[55:35]
Ă avoir des traces quelque part,
[55:37]
des signaux, des sondes, des artefacts
[55:39]
ou au moins des projets énergétiques
[55:41]
énormes. Pourtant,
[55:43]
à ce jour, rien n'est confirmé.
[55:45]
Le ciel reste largement silencieux.
[55:48]
C'est ça le paradoxe de Fermi.
[55:50]
Le décalage entre
[55:51]
ce que l'Univers semble permettre
[55:53]
est l'absence d'indices clairs
[55:55]
de d'autres civilisations.
[55:57]
Les explications possibles sont nombreuses.
[56:00]
Vies intelligentes trĂšs rares,
[56:02]
grands filtres, civilisations
[56:03]
qui s'éteignent ou qui restent discrÚtes
[56:05]
ou qui utilisent des moyens de communication,
[56:07]
mais qu'on ne sait pas encore détecter.
[56:10]
C'est vrai, ça aussi.
[56:11]
Oui, il y a toujours aussi une autre hypothĂšse
[56:13]
que Fermi avait élaborée
[56:15]
qui est peut-ĂȘtre
[56:17]
qu'ils n'ont juste pas envie de venir nous voir.
[56:19]
Peut-ĂȘtre qu'ils n'ont rien Ă faire ici.
[56:21]
Peut-ĂȘtre qu'ils ne voient pas l'avantage de venir nous voir.
[56:23]
Effectivement, j'avoue. Parce qu'Ă un moment
[56:25]
donné, j'écoutais un truc qui disait que
[56:27]
détecter le langage, à part
[56:29]
notre propre langage, on n'est mĂȘme pas capable
[56:31]
de... On n'est jamais devenu assez bon
[56:33]
l'humain pour détecter le langage de toutes les
[56:35]
autres formes vivantes,
[56:37]
avec nous. Des fois, on a l'impression
[56:39]
de comprendre notre chien, notre chat.
[56:41]
Il y a certaines petites avancées, mais
[56:43]
on n'est pas capable encore de communiquer,
[56:45]
mĂȘme avec des animaux, qu'on imagine avec une autre
[56:47]
population. Un autre type
[56:49]
de vie, je devrais dire.
[56:50]
Oui, puis tout est fréquence.
[56:52]
C'est possible qu'on soit
[56:54]
pas capable de les voir.
[56:56]
Pas capable de les percevoir, de les toucher.
[56:58]
Tout ça, parce que nous,
[57:00]
on voit selon un spectre
[57:02]
visuel qui correspond à des fréquences,
[57:05]
et on a la mĂȘme chose lorsqu'on l'entend.
[57:06]
Donc, c'est possible que...
[57:08]
Ăa aussi, ça revient souvent dans les thĂ©ories
[57:10]
de la simulation, comme quoi on n'est pas tous
[57:12]
sur la mĂȘme frĂ©quence,
[57:14]
un peu comme une radio. Oui, oui, oui.
[57:16]
Exactement. C'est intéressant.
[57:17]
Et c'est ici que certains partisans d'hypothĂšses
[57:19]
de la simulation proposent une lecture différente.
[57:22]
Si on ne voit personne, c'est peut-ĂȘtre
[57:24]
parce que la simulation n'a pas besoin de simuler
[57:26]
tout le monde. L'univers serait immense
[57:29]
en apparence, mais le calcul
[57:30]
serait concentrĂ© lĂ
[57:32]
oĂč se dĂ©roule l'histoire. Par exemple,
[57:35]
autour de la Terre.
[57:36]
Le reste serait surtout un décor cohérent.
[57:39]
Il compare ça à des jeux
[57:40]
en mode ouvert comme Grand Theft Auto,
[57:43]
The Witcher ou Skyrim,
[57:44]
qu'on vous nomme souvent. Le monde est
[57:46]
immense quand tu te promĂšnes, mais tout
[57:48]
n'est pas dĂ©taillĂ© au mĂȘme niveau.
[57:50]
Comme tu nous expliquais un peu tout Ă l'heure.
[57:51]
Certaines zones sont travaillées à fond, d'autres
[57:53]
sont surtout lĂ pour donner l'illusion d'un monde
[57:55]
complet. Transposées au cosmos,
[57:58]
eh bien l'idée devient la suivante.
[58:00]
Les exoplanĂštes, c'est-Ă -dire
[58:02]
les planĂštes qui tournent autour
[58:03]
de d'autres étoiles que le soleil,
[58:06]
pourraient ĂȘtre cohĂ©rentes quand
[58:07]
on les observe de loin, assez
[58:09]
crédibles pour que la simulation tienne.
[58:12]
Mais elles n'auraient
[58:13]
pas besoin d'ĂȘtre simulĂ©es en dĂ©tail
[58:15]
avec une vraie complexité,
[58:18]
tant qu'aucun observateur n'interagit
[58:19]
vraiment avec elles. C'est une
[58:21]
hypothÚse qui fonctionne bien comme récit,
[58:24]
parce qu'elle donne une explication aux grands silences.
[58:26]
Mais il faut ĂȘtre clair,
[58:27]
ce n'est pas une conclusion scientifique, c'est une
[58:29]
interprétation. Le paradoxe de Fermi
[58:32]
au fond décrit un manque
[58:33]
de preuves, pas un manque de
[58:36]
preuves, pas une preuve en soi plutĂŽt.
[58:38]
Et c'est précisément ce qui rend
[58:39]
le sujet intéressant. On peut trouver le silence
[58:41]
du cosmos troublant tout en restant
[58:43]
trĂšs prudent sur ce qu'il signifie.
[58:46]
Ăa j'ai adorĂ©. Tu vois que
[58:47]
toutes les théories des physiciens,
[58:49]
des cosmologues, des spécialistes,
[58:51]
s'emboĂźtent un peu tous un peu de la mĂȘme
[58:53]
façon. Oui, oui, oui. Je trouve
[58:55]
qu'ils reviennent un peu à la théorie
[58:58]
que ce n'est pas parce qu'on
[58:59]
ne le voit pas, que ça n'existe pas,
[59:01]
il y a un peu tout ça qui s'emboßt.
[59:04]
Isaac Azima va parler aussi dans ses livres,
[59:06]
mĂȘme si lui c'est plus un auteur de fiction,
[59:08]
mais c'est ça, on voit que mĂȘme entre
[59:10]
1950 par exemple avec
[59:11]
Fermi et sa gang de scientifiques,
[59:14]
et mĂȘme 2016 avec
[59:15]
Bostrom, il y a
[59:18]
souvent, c'est les mĂȘmes idĂ©es
[59:19]
qui reviennent, donc la
[59:22]
réflexion, on voit que
[59:24]
comme tu dis, ça se complÚte un peu
[59:25]
de l'un Ă l'autre.
[59:27]
On va parler d'une théorie intéressante
[59:29]
et si Seb aussi, ah oui,
[59:31]
les NPC, les non-playable
[59:34]
characters, les personnages
[59:36]
non-joueurs, si on
[59:38]
prend au sérieux, ne serait-ce qu'un instant,
[59:40]
l'hypothĂšse qu'on vit dans une simulation
[59:42]
puis qu'on se plonge dedans, Seb,
[59:43]
est-ce que tout le monde est réel
[59:45]
au mĂȘme sens? Oui, c'est ça.
[59:47]
Ăa c'est phĂ©nomĂ©nal, quand je prends les transports
[59:49]
en commun, puis qu'on est dans des métros
[59:51]
bondés, je me dis, voyons,
[59:53]
il y a plein de NPC
[59:55]
ici, il y a plein de gens, je suis sûr
[59:57]
qui ne sont pas réels.
[59:59]
Je me dis souvent la mĂȘme chose, honnĂȘtement.
[01:00:02]
Oui, oui, exact.
[01:00:03]
Donc, dans un jeu vidéo, il y a
[01:00:05]
les personnages contrÎlés par les joueurs
[01:00:07]
et les NPC, donc les personnages
[01:00:09]
non-joueurs qui bougent, qui parlent,
[01:00:11]
qui réagissent, mais qui au fond
[01:00:13]
sont un peu, font partie du décor
[01:00:15]
à quelque part, sont codés.
[01:00:18]
Donc, transposé à l'hypothÚse
[01:00:19]
de la simulation, certains se demandent
[01:00:21]
si des ĂȘtres pourraient exister ici
[01:00:23]
en se comportant comme nous,
[01:00:25]
donc sans avoir de vie intérieure.
[01:00:28]
En philosophie de l'esprit,
[01:00:29]
on appelle ça un peu des zombies philosophiques,
[01:00:31]
donc pas des monstres, mais des
[01:00:33]
ĂȘtres qui auraient l'air conscients,
[01:00:35]
mais sans rien ressentir. Oui.
[01:00:37]
Le problÚme, c'est qu'on ne peut pas vérifier
[01:00:38]
la conscience chez les autres,
[01:00:40]
on l'infÚre à partir de notre expérience.
[01:00:43]
Oui.
[01:00:44]
On suppose que les autres vivent quelque chose
[01:00:46]
parce qu'ils nous ressemblent et qu'ils
[01:00:47]
parlent comme nous, mais on a jamais accĂšs
[01:00:49]
directement à leur expérience.
[01:00:51]
Et si on pousse l'idĂ©e Ă l'extrĂȘme,
[01:00:54]
on tombe sur le solipsisme.
[01:00:56]
Donc, la seule conscience dont on est certain,
[01:00:59]
c'est la nĂŽtre.
[01:01:00]
Et tout le reste pourrait ĂȘtre du dĂ©cor.
[01:01:03]
On est rendu loin. Oui, quand mĂȘme.
[01:01:05]
C'est là que l'éthique
[01:01:06]
devient centrale. Comme on a aucun
[01:01:08]
moyen fiable de distinguer ce qui serait
[01:01:10]
conscient et ce qui ne le serait pas,
[01:01:12]
la seule position responsable,
[01:01:14]
c'est de traiter tout le monde comme
[01:01:16]
pleinement réel. Au fond, ce raisonnement
[01:01:18]
ne prouve rien sur la simulation.
[01:01:20]
Il nous ramĂšne surtout Ă une question trĂšs
[01:01:22]
concrĂšte et pas si simple.
[01:01:25]
C'est-à -dire, qu'est-ce que ça veut dire
[01:01:26]
au juste ĂȘtre conscient? Oui.
[01:01:28]
Donc, je pense qu'Ă partir de maintenant,
[01:01:30]
je vais aller voir tous les gens dans l'autobus
[01:01:32]
et dans le métro que je pense qu'ils ne sont pas réels,
[01:01:34]
puis je vais les toucher, je vais les poker
[01:01:35]
comme ça pour voir s'ils réagissent
[01:01:38]
ou s'ils font toujours le mĂȘme mouvement.
[01:01:41]
Bon, je vais aller te voir en prison.
[01:01:42]
Oui.
[01:01:44]
Non, mais c'est vrai,
[01:01:45]
moi, Ă chaque fois, souvent,
[01:01:48]
en plus quand on travaille, Ă chaque fois
[01:01:49]
qu'on travaille sur des épisodes qui touchent
[01:01:51]
la simulation, ça fait repartir mon hamster.
[01:01:54]
Justement, mĂȘme hier, j'Ă©tais dans un transport en commun.
[01:01:56]
Je regardais les gens,
[01:01:58]
sont-ils vraiment réels?
[01:01:59]
Sont-ils juste là pour accompagner mon propre décor?
[01:02:02]
Oui, c'est ça. Non, je trouve
[01:02:03]
ça vraiment fascinant. Et là , on va parler,
[01:02:06]
on va se rapprocher un peu
[01:02:08]
de Dieu d'une certaine façon.
[01:02:10]
L'hypothĂšse de la simulation
[01:02:11]
crée un rapprochement intéressant entre un vieux
[01:02:13]
réflexe religieux et une idée trÚs moderne.
[01:02:16]
Si notre réalité est
[01:02:17]
une simulation, ça implique qu'il existe
[01:02:19]
une intelligence à l'extérieur de notre univers
[01:02:22]
qui est capable de créer notre monde,
[01:02:24]
d'en connaĂźtre les rĂšgles
[01:02:25]
et possiblement d'y intervenir.
[01:02:28]
Dit comme ça, c'est difficile de
[01:02:29]
pas entendre un écho de ce qu'on appelle depuis
[01:02:31]
des millénaires Dieu.
[01:02:33]
Exact. Et que l'on parle d'un Dieu
[01:02:35]
ou d'un programmeur, la structure
[01:02:37]
se ressemble. Un créateur
[01:02:39]
qui existe dans un niveau de réalité supérieur
[01:02:41]
avec un accÚs privilégié aux paramÚtres
[01:02:44]
du monde. Certains
[01:02:45]
vulgarisateurs, dont Neil
[01:02:47]
de Gracie Tyson,
[01:02:49]
ont dĂ©jĂ fait remarquer que pour des ĂȘtres
[01:02:51]
comme nous, un créateur de simulation
[01:02:53]
aurait, par définition, des attributs
[01:02:55]
qui ressembleraient à ceux d'une divinité,
[01:02:58]
au moins d'un point de vue
[01:02:59]
de créature simulée.
[01:03:01]
Ă partir de lĂ , les analogies
[01:03:03]
se multiplient. Dans certains récits
[01:03:05]
religieux, le monde est créé par la parole.
[01:03:07]
Dans une lecture simulation,
[01:03:09]
le monde serait plutÎt créé par
[01:03:11]
une forme de langage aussi,
[01:03:13]
du code, des rĂšgles, des instructions.
[01:03:16]
Les miracles dans ce cadre
[01:03:17]
pourraient ĂȘtre interprĂ©tĂ©s comme des
[01:03:19]
exceptions temporaires aux rĂšgles,
[01:03:21]
des modifications locales
[01:03:23]
du systÚme. J'aime ça comme
[01:03:25]
et mĂȘme certaines expĂ©riences mystiques
[01:03:27]
pourraient ĂȘtre racontĂ©es par les
[01:03:29]
partisans de la simulation, comme des moments
[01:03:31]
oĂč quelqu'un aurait l'impression de percevoir
[01:03:33]
une couche sous-jacente du réel,
[01:03:35]
comme le Ouija.
[01:03:37]
Mais ce rapprochement soulĂšve aussi
[01:03:39]
les mĂȘmes questions qu'en thĂ©ologie
[01:03:41]
classique. Si notre monde a un créateur,
[01:03:44]
mais d'oĂč vient ce crĂ©ateur?
[01:03:45]
Est-ce qu'il y a une chaĂźne de niveau?
[01:03:48]
Un créateur du créateur
[01:03:49]
et ainsi de suite. Et si ce
[01:03:51]
créateur est puissant,
[01:03:53]
pourquoi notre réalité contient-elle autant
[01:03:55]
de souffrance, d'injustice,
[01:03:57]
d'azur brutale? Autrement dit,
[01:04:00]
mĂȘme en replaçant
[01:04:01]
Dieu par programmeur, les vieilles
[01:04:03]
énigmes ne disparaissent pas.
[01:04:05]
Elles changent seulement de vocabulaire.
[01:04:07]
Et c'est probablement l'un des points les plus
[01:04:09]
révélateurs de toute cette hypothÚse.
[01:04:11]
Au fond, elle ne fait pas que parler
[01:04:13]
de technologie. Elle remet sur la table
[01:04:15]
des questions trĂšs anciennes sur l'origine,
[01:04:17]
le sens et la place qu'on
[01:04:19]
occupe tous ensemble, dans l'ensemble.
[01:04:21]
Ben oui, puis c'est drĂŽle que tu parles
[01:04:24]
du programmeur
[01:04:25]
en tant que Dieu et autres.
[01:04:27]
Ăa me fait penser Ă une phrase de
[01:04:29]
J.F. Posé, en fait, des cowboys
[01:04:31]
fringants sur son dernier album.
[01:04:33]
Shout out Ă J.F. et Ă Julie aussi,
[01:04:35]
on sait qu'elle nous écoute de temps en temps.
[01:04:37]
Et ben, il fait référence,
[01:04:39]
c'est dans La Route du Nord, sa chanson,
[01:04:41]
Ă la mort de Cal.
[01:04:42]
Puis il dit justement, je ne sais pas
[01:04:45]
ce qu'il dit avant, mais il dit, j'ai perdu un ami
[01:04:46]
et le grand programmeur en a
[01:04:49]
décidé ainsi.
[01:04:50]
Donc, il fait référence aussi,
[01:04:53]
je trouvais ça drÎle que
[01:04:54]
J.F. Posé faisait un petit
[01:04:59]
référence
[01:04:59]
sur le monde de la simulation
[01:05:01]
ici. Je ne sais pas si c'est
[01:05:02]
quelque chose auquel il croit réellement,
[01:05:04]
je suis curieux d'y demander, mais
[01:05:06]
effectivement, c'est quelque chose qu'on
[01:05:08]
retrouve beaucoup aussi pour décrire Dieu,
[01:05:10]
un peu comme un maĂźtre programmeur.
[01:05:13]
Et lĂ ,
[01:05:14]
on va parler un peu de l'hypothĂšse.
[01:05:16]
Est-ce qu'on peut la tester, cette simulation-lĂ , Seb?
[01:05:18]
Faut ĂȘtre honnĂȘte, on ne peut pas brancher
[01:05:20]
un appareil, puis lire
[01:05:23]
simulation activée,
[01:05:24]
oui ou non, aussi simplement que ça.
[01:05:26]
Par contre, on peut tester des versions
[01:05:28]
plus précises de l'idée en cherchant
[01:05:30]
si l'univers montre des limites
[01:05:32]
ou des traces d'une structure cachée.
[01:05:34]
Donc, en gros, est-ce qu'il y a des coutures
[01:05:37]
qu'on peut défaire autour
[01:05:38]
du monde réel?
[01:05:40]
Une piste connue vient d'un physicien
[01:05:42]
Silas Bean en 2012.
[01:05:45]
Son idée ressemble à une
[01:05:46]
analogie d'image numérique.
[01:05:48]
Si l'univers était calculé sur une sorte
[01:05:50]
de grille, comme une maille,
[01:05:52]
un maillage, par exemple, alors
[01:05:54]
à trÚs haute énergie, cette grille
[01:05:56]
pourrait laisser un petit billet,
[01:05:58]
un effet statistique. L'espace
[01:06:00]
ne serait pas parfaitement identique
[01:06:02]
dans toutes les directions, comme si certaines
[01:06:04]
directions collaient mieux Ă la grille.
[01:06:06]
Et là , on a besoin de données
[01:06:08]
pour tester ça. Donc, pas d'un
[01:06:10]
laboratoire dans un sous-sol,
[01:06:11]
mais du ciel lui-mĂȘme.
[01:06:13]
Puis c'est ici qu'entre en jeu
[01:06:15]
Pierre Auger.
[01:06:16]
Et Pierre Auger, c'est pas
[01:06:19]
qu'une personne dans
[01:06:21]
cette histoire, c'est un gigantesque
[01:06:23]
observatoire en Argentine.
[01:06:25]
Son boulot, c'est d'étudier des rayons
[01:06:27]
cosmiques ultra énergétiques,
[01:06:29]
des particules qui frappent l'atmosphĂšre.
[01:06:31]
Ils mesurent deux choses simples,
[01:06:33]
leur énergie et la direction
[01:06:35]
d'oĂč elles semblent venir. Et normalement,
[01:06:37]
c'est fait pour comprendre des phénomÚnes
[01:06:38]
astrophysiques. Mais ces mĂȘmes mesures
[01:06:41]
peuvent aussi servir à vérifier s'il
[01:06:43]
existe une préférence directionnelle
[01:06:45]
étrange. Comme
[01:06:47]
on s'y attendrait en gros
[01:06:49]
si un maillage cosmique laissait
[01:06:51]
une trace. Jusqu'ici,
[01:06:53]
on voit des petites irrégularités
[01:06:55]
dans le ciel, mais rien qui ressemble
[01:06:57]
Ă une signature claire, comme une
[01:06:59]
grille, comme une
[01:07:01]
matrice. Il y a d'autres
[01:07:03]
tests dans le mĂȘme genre, mais avec
[01:07:05]
la lumiĂšre. Par exemple,
[01:07:07]
si on observe des explosions trĂšs
[01:07:09]
pointaines, comme des explosions
[01:07:11]
des sourceaux gamma, par exemple, dans l'espace,
[01:07:13]
si l'espace-temps avait une
[01:07:15]
structure ultra-fine, certains
[01:07:17]
modÚles prédisent que des photons
[01:07:19]
trÚs énergétiques pourraient arriver
[01:07:22]
un tout petit peu
[01:07:23]
plus tĂŽt ou plus tard que les
[01:07:25]
autres. On a cherché ce genre
[01:07:27]
de décalage et on ne l'a pas trouvé de façon
[01:07:29]
convaincante. Donc, le résultat,
[01:07:31]
c'est que ça ne prouve pas qu'on n'est
[01:07:33]
pas dans une simulation, mais ça
[01:07:35]
élimine certains scénarios précis.
[01:07:37]
MĂȘme chose avec la polarisation
[01:07:39]
de la lumiÚre. C'est une propriété
[01:07:41]
de la lumiĂšre qu'on peut mesurer, un peu
[01:07:43]
comme l'orientation des vibrations.
[01:07:45]
Certains effets minuscules,
[01:07:47]
s'il existait, devraient la perturber
[01:07:49]
sur des distances gigantesques.
[01:07:51]
Et lĂ encore, quand on ne voit
[01:07:53]
pas la perturbation attendue,
[01:07:54]
on resserre l'espace des possibilités.
[01:07:57]
Et puis, il existe aussi
[01:07:58]
des approches en laboratoire. Certains
[01:08:01]
projets ont essayé de détecter un
[01:08:03]
bruit trĂšs particulier, une sorte
[01:08:04]
de minuscule tremblement dans l'espace-temps,
[01:08:07]
comme si le tissu du réel
[01:08:09]
avait un grain quelque part.
[01:08:11]
LĂ aussi, l'idĂ©e est la mĂȘme.
[01:08:13]
Si le signal attendu est absent,
[01:08:14]
on ne démontre pas la simulation,
[01:08:16]
mais on écarte un certain modÚle.
[01:08:19]
Il y a enfin des pistes
[01:08:21]
plus spéculatives. Par exemple,
[01:08:23]
le physicien James Gates
[01:08:24]
a remarqué des liens mathématiques
[01:08:26]
entre certaines structures en symétrie
[01:08:29]
avec des codes correcteurs
[01:08:30]
d'erreurs. Ăa fait rĂȘver parce que
[01:08:32]
le mot code sonne informatique,
[01:08:35]
mais ici, on parle d'une correspondance
[01:08:36]
mathématique et non d'une preuve
[01:08:38]
qu'on a trouvée encore une fois le code source
[01:08:40]
de l'univers. Et ça nous ramÚne
[01:08:42]
au point le plus important, c'est-Ă -dire
[01:08:44]
qu'une hypothĂšse scientifique doit accepter
[01:08:46]
le risque de se faire contredire.
[01:08:48]
Donc si une idée peut expliquer tout et son contraire,
[01:08:50]
elle devient surtout philosophique.
[01:08:52]
Donc oui, on peut imaginer des tests,
[01:08:54]
mais seulement si on transforme la grande idée
[01:08:56]
de simulation en version précise,
[01:08:59]
mesurable, falsifiable.
[01:09:00]
Et c'est souvent lĂ que le sujet devient
[01:09:02]
vraiment intéressant, parce qu'on passe
[01:09:04]
du récit, en se disant toujours
[01:09:07]
ici, ça arrivait ici,
[01:09:09]
à une vraie question de méthode.
[01:09:10]
Qu'est-ce qu'on pourrait mesurer concrĂštement
[01:09:12]
pour prouver ou déprouver
[01:09:15]
qu'on vit dans une simulation?
[01:09:17]
Et là , c'est ça, on tente de mesurer
[01:09:19]
des trucs avec la lumiĂšre, avec
[01:09:21]
l'expérience des deux fans et tout ça.
[01:09:24]
Parfois, ça nous fait remettre
[01:09:25]
en question notre perception de la réalité,
[01:09:27]
mais ça prouve ou déprouve rien
[01:09:28]
jusqu'à présent. Non, non, exact.
[01:09:31]
On va conclure l'épisode Emile en se posant
[01:09:33]
la question, comment on fait
[01:09:34]
pour vivre avec cette incertitude?
[01:09:36]
Parce qu'au-delà des arguments, des expériences,
[01:09:39]
l'hypothĂšse de la simulation a un effet
[01:09:41]
bien réel sur certaines personnes,
[01:09:43]
pas parce qu'elle est prouvée
[01:09:44]
ou qu'elle serait prouvée,
[01:09:46]
mais parce qu'elle touche Ă des choses
[01:09:49]
sensibles, le sens, la stabilité
[01:09:51]
du monde, la place qu'on occupe dans l'univers.
[01:09:53]
Pour certains, ça peut déclencher
[01:09:54]
un vrai vertige, mĂȘme des
[01:09:56]
sensations de déréalisation
[01:09:58]
ou de dépersonnalisation,
[01:10:00]
comme si le réel devenait moins solide.
[01:10:03]
Et la question qui suit est brutale.
[01:10:05]
Si tout pouvait ĂȘtre artificiel,
[01:10:07]
à quoi bon aimer, créer,
[01:10:08]
s'investir? Je vais t'avouer
[01:10:10]
que je me pose souvent cette question-lĂ
[01:10:12]
quand je rĂ©ponds qu'on est peut-ĂȘtre dans une simulation.
[01:10:14]
Il y a plusieurs philosophes qui répondent
[01:10:16]
que ce rĂ©flexe, mĂȘme comprĂ©hensible,
[01:10:18]
rate une distinction importante.
[01:10:20]
MĂȘme si notre monde Ă©tait simulĂ©,
[01:10:22]
notre expérience resterait vécue.
[01:10:24]
La douleur, la joie, la peur, l'attachement,
[01:10:27]
ce sont des phénomÚnes réels pour
[01:10:29]
celui qui les ressent ici,
[01:10:31]
maintenant. Dans cette logique
[01:10:32]
simulée ne veut pas dire faux.
[01:10:35]
David Chalmers
[01:10:36]
résume ça simplement. Si une table
[01:10:38]
se comporte comme une table dans notre monde,
[01:10:41]
alors c'est une table. Ce qui
[01:10:42]
compte n'est pas seulement le matériau en dessous,
[01:10:45]
atom ou des bits,
[01:10:47]
c'est la structure, les conséquences
[01:10:48]
et la réalité dans laquelle on vit.
[01:10:51]
Sur le plan moral,
[01:10:52]
l'hypothĂšse ne donne pas un passe-droit.
[01:10:54]
MĂȘme dans une simulation, les actions
[01:10:56]
ont des effets. Faire du
[01:10:58]
tort, fait du tort. Et puisqu'on
[01:11:00]
a aucun moyen fiable de distinguer
[01:11:02]
qui serait réel et qui ne le
[01:11:04]
serait pas, eh bien la seule position
[01:11:06]
responsable, c'est de traiter tout le monde
[01:11:08]
comme pleinement réel, comme on vous disait.
[01:11:10]
Ă l'inverse, certaines personnes
[01:11:12]
trouvent cette hypothÚse réconfortante,
[01:11:14]
parce qu'elle suggĂšre une intention derriĂšre
[01:11:16]
l'existence. Ce n'est pas une preuve,
[01:11:18]
mais ça explique pourquoi l'idée fascine autant.
[01:11:20]
Alors, est-ce qu'on vit dans une
[01:11:22]
simulation? La réponse la plus
[01:11:24]
honnĂȘte, Emile, c'est qu'on n'en sait rien.
[01:11:27]
On peut tester certaines
[01:11:28]
versions précises de l'idée, mais on
[01:11:30]
n'a pas aujourd'hui des tests clairs
[01:11:31]
qui tranchent. Ce que l'hypothÚse révÚle
[01:11:34]
surtout, c'est nos limites et
[01:11:36]
la qualité des questions qu'on se pose.
[01:11:38]
Oui, parce que c'est fascinant de ne pas pouvoir
[01:11:40]
répondre à cette question. Oui, exact, c'est vrai.
[01:11:42]
Alors qu'on peut faire tellement d'autres choses.
[01:11:43]
Oui, effectivement. Donc,
[01:11:46]
qu'est-ce qui serait une vraie preuve?
[01:11:47]
Dans un sens ou dans l'autre, comme tu disais,
[01:11:49]
qu'est-ce qui relĂšve de la science?
[01:11:51]
Qu'est-ce qui relÚve de l'interprétation?
[01:11:53]
Mais au bout du compte, il reste un fait
[01:11:55]
concret. Ici et maintenant, on vit
[01:11:57]
quelque chose. Nos choix comptent,
[01:11:59]
nos relations comptent, les distors
[01:12:01]
du compte. Mais peut-ĂȘtre que
[01:12:03]
la question la plus utile n'est pas seulement
[01:12:05]
de quoi la réalité est faite, mais
[01:12:07]
qu'est-ce qu'on en fait pendant qu'on est
[01:12:09]
dedans? Oh, c'est beau, ça, Sam,
[01:12:11]
cette belle réflexion qui nous ramÚne
[01:12:14]
un peu Ă l'essence de la
[01:12:15]
humaine, qu'elle a le sens de la vie.
[01:12:18]
Qu'en pensez-vous, les distors du?
[01:12:20]
Est-ce que vous pensez qu'on vit dans une
[01:12:21]
simulation? Ăcoute, moi, Sam, personnellement,
[01:12:23]
je suis 50-50. Moi aussi,
[01:12:25]
honnĂȘtement. Dans le sens que j'ai pas ce qu'il faut
[01:12:27]
pour prouver ou déprouver quoi que ce soit.
[01:12:30]
Et dans tous les cas, je vais l'accepter
[01:12:31]
avec les bras ouverts. MĂȘme si
[01:12:33]
j'apprends qu'on est dans une simulation un jour,
[01:12:36]
ça me fait plaisir de
[01:12:38]
poursuivre dans ce monde et
[01:12:39]
let's get wild, si ça compte.
[01:12:41]
Si ça compte un petit peu moins que ce qu'on pense.
[01:12:43]
Non, effectivement. Moi aussi, je suis assez
[01:12:46]
partagé. Un peu comme toi,
[01:12:47]
j'ai pas les outils pour
[01:12:49]
dire oui ou non, mais je me laisse
[01:12:51]
quand mĂȘme une porte ouverte Ă cette thĂ©orie-lĂ .
[01:12:53]
Puis si on est dans une simulation,
[01:12:56]
vaut mieux qu'on le sache pas.
[01:12:57]
Parce que si on le savait, j'ai l'impression
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qu'on ferait un paquet de conneries.
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On penserait pas aux générations
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d'aprĂšs. On penserait
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pas Ă sauvegarder la planĂšte. On penserait
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pas à éduquer nos enfants
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parce qu'on sait que tout cela
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n'a pas de sens ou est temporaire
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ou sert au divertissement ou
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sert Ă autre chose. Donc, j'ai l'impression
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que pour le bien-ĂȘtre de nous
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tous, de l'humanité, si on vit
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dans une simulation, vaut mieux rester dans l'ignorance.
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Oui, effectivement. C'est beau, ça.
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LĂ -dessus,
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ladies tordues, on vous dit Ă trĂšs bientĂŽt.
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On veut remercier André Beaupré
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pour le montage. On veut remercier
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aussi notre cher recherchiste
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qui souhaite toujours garder l'anonymat, mais un jour
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peut-ĂȘtre qu'il y aura un coming out.
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On fera des T-shirts. Oui.
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Et éventuellement,
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en after-show sur Patreon pour nos abonnés,
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oui monsieur, on va parler de la ville
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qui n'existe pas, celle de Bielefeld,
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une ville en Allemagne
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oĂč les habitants sont pas sĂ»rs
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s'il a déjà existé, s'il existe encore
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et autres. Ăa va ĂȘtre trĂšs intĂ©ressant.
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On vous dit Ă la prochaine,
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chers amis, et on a quelques shout-out
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Patreon Ă donner encore aujourd'hui.
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Je te laisse commencer, Seb.
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Oui, une grosse poignée d'amour à Coco
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Sabi-T, Sonia-D,
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Amphi-Tritina
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et François-O.
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Aussi, un bon high-five Ă Matisse-B,
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Ă Marie-Cherie,
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Ă Lu, Ă Vicky et Ă
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Myriam-D. Et je donne une poignée
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d'amour aux actionnaires Zwinator,
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Jacinthe-T, Penélope, Nick
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et Julie-B. Un gros calin
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Ă Marina-DC, Ă
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Marlise, Ă Mark-L,
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Ă Dali et Ă Maya-C.
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Et je poursuis l'amour Ă
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Alex-V, Lenny, Jerry-P,
[01:14:38]
Audrey et Maud.
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Respect infini Ă
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Sarah-L, Ă Audrey-B-L,
[01:14:44]
Ă Mimi-Pit-Pit,
[01:14:46]
Ă Amandine-M
[01:14:47]
et Ă Annie-L.
[01:14:49]
Je conclue les remerciements Ă
[01:14:50]
Vanessa-S, Karine-R,
[01:14:53]
Isabelle-G, Tristan-R
[01:14:55]
et Annie-H-G. Merci!
[01:14:57]
Merci Ă vous tous.
[01:14:59]
Et pour terminer, Seb, aurais-tu
[01:15:00]
un mot de la fin pour nous ce soir?
[01:15:02]
Si on vit vraiment dans une simulation,
[01:15:05]
j'espÚre au moins que quelqu'un a pensé
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Ă faire une sauvegarde avant 2020.
[01:15:09]
Ou avant 2025.
[01:15:11]
J'espĂšre. Ă bientĂŽt.