#135 - Otto Warmbier : Quand un voyage tourne au cauchemar

Épisode

#135 - Otto Warmbier : Quand un voyage tourne au cauchemar

Saison
10
Épisode
135
Durée
1 h 17 min
Format
Audio

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Décembre 2015. Otto Warmbier, un jeune Américain de 21 ans, entreprend un voyage rare et insolite : une visite touristique en Corée du Nord, un pays largement coupé du reste du monde. Mais après une simple erreur de jeunesse, une gaffe ou un malheureux faux pas, il est arrêté par les autorités nord-coréennes. Un geste qui va sceller son destin. Ce qui suit est une série de mystères, de doutes et de souffrances humaines, soulevant une question troublante : que s’est-il réellement passé durant les 17 mois de détention d’Otto Warmbier en Corée du Nord ? Dans cet épisode, nous allons plonger au cœur de cette affaire énigmatique, en explorant les circonstances de son arrestation et l’impact dévastateur de son calvaire, aussi bien pour sa famille que pour les relations internationales. Préparez vous pour un récit aussi poignant que révoltant.

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[00:01]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...

[00:26]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:59]

Décembre 2015, Otto Warmbier est un jeune Américain de 21 ans qui visite la Corée du Nord dans le cadre d'un très rare séjour touristique dans ce pays normalement fermé sur le reste du monde.

[01:13]

Mais soudainement, après avoir commis une gaffe ou encore une erreur de jeunesse, Otto va se faire arrêter par les autorités nord-coréennes, un potentiel geste qui va céder son sort.

[01:25]

Ce qui s'ensuit est une série de mystères, de doutes envers l'État et de souffrances humaines qui soulèvent une question essentielle.

[01:34]

Qu'est-il réellement arrivé à Otto pendant ses 17 mois de détention en Corée du Nord?

[01:41]

Dans cet épisode, on va explorer les événements mystérieux de son arrestation et l'impact dévastateur de cette affaire sur sa famille et sur les relations internationales.

[01:51]

Préparez-vous pour un récit aussi poignant que révoltant.

[02:01]

Sébastien Lévesque, comment ça va ce soir?

[02:03]

Ça va bien et toi Emil Gauthier?

[02:05]

Ça va très bien. On parle d'un cas aujourd'hui qui est assez fascinant. On va parler de la Corée du Nord, cet endroit lointain qui est un peu isolé du monde, une solitude à quelque part.

[02:17]

Oui, c'est bien dit.

[02:18]

C'est un peu un pays en ermite et on va parler un peu de cette histoire étrange de Otto Warmbier qui a visité la Corée du Nord et qui est revenu avec une étrange maladie qui s'est dégénérée.

[02:33]

Vraiment, c'est une histoire très mystérieuse qui nous fait plonger un peu dans comment ça fonctionne les choses là-bas, le peu de ressources qu'on a lorsqu'on a un proche qui est détenu là-bas,

[02:45]

puis aussi toutes les techniques qu'eux font. Ce n'est pas un endroit où les droits humains sont très très respectés.

[02:52]

Donc, on va essayer de faire la lumière sur ce qui est arrivé à Otto Warmbier et sur quelle est la gaffe, quelle est l'erreur qu'il a commis pour qu'il en arrive là.

[03:02]

Donc, c'est assez fascinant. J'ai l'impression qu'en Corée du Nord, je n'ai pas besoin de faire grand-chose pour me retrouver en prison.

[03:09]

Ah non, tellement pas. C'est tellement un état qui contrôle tout. On l'avait vu un peu dans le cabaret des curiosités.

[03:16]

Oui, tu avais présenté un cas d'une vidéo un peu touristique, si je peux le dire, par une Nord coréenne, mais qui semblait être élevée dans un monde britannique, si je peux le dire.

[03:31]

C'est assez incroyable. Tout est contrôlé. Vous allez voir, il y a des règles que j'ignorais. Je ne pensais même pas que ça pouvait aller aussi loin dans cette place-là.

[03:42]

Vous allez voir, c'est un cas qui était le fun à creuser parce que, un peu comme tu l'as dit, c'est une solitude de la Corée du Nord, mais on en sait très peu aussi de comment ça fonctionne là-bas.

[03:53]

Ce qu'on en sait, est-ce que c'est la vérité en fait? On sait qu'ils ont fait des campagnes avec des influenceurs, mais tout ça est testé.

[04:03]

Non, c'est très mystérieux ce qui entoure la Corée du Nord. Encore une fois, nos super-recherchistes ont fait un super boulot.

[04:10]

Ils nous font travailler parce que, je vous dis, d'habitude, un document de recherche de l'épisode de Distortion, ça peut faire entre 14 à 17 pages à peu près.

[04:23]

Des fois, on fait plus d'analyse qui est non scriptée, des choses comme ça, mais là, depuis quelque temps, nos documents, celui d'aujourd'hui fait 29 pages.

[04:31]

Puis, on a un épisode qui s'en vient. Je crois qu'on est à 42 pages. C'est genre, OK, on va faire des documentaires là, guys.

[04:39]

Ça se peut que certains épisodes, notamment le prochain, mais là, ça reste à confirmer, mais peut-être qu'on va le faire en deux parties.

[04:47]

Parce que, je sais pas si on va faire un épisode de deux heures, mais je sais que vous aimez ça dans ce, je sais que vous aimez ça les Distordus quand il y a beaucoup d'infos.

[04:57]

C'est ce qui fait qu'on est encore là après huit ans. Vous aimez la recherche, vous aimez lorsqu'il y a une bonne densité.

[05:05]

Et bien, shout out à nos recherchistes pour nous produire ces bons documents-là qui font en sorte que, mon Dieu, on est gâtés, mais en même temps, on a beaucoup de travail.

[05:15]

Ça fait des plus longs enregistrements.

[05:16]

Oui, exactement.

[05:17]

Et en after-show pour nos membres Patreon, ces chers actionnaires de distorsion, on va vous présenter en after-show un peu un mini-épisode sur des disparitions suspectes qui ont eu lieu en Corée du Nord.

[05:30]

Il y a eu des vagues de disparition à partir des années 70, jusque dans les années même 80-90.

[05:38]

Et il y a vraiment eu des enlèvements même perpétrés par le gouvernement.

[05:43]

Un dossier très intéressant. Ils ont tenté de former des espions en les brainwashing.

[05:48]

Donc, c'est assez mystérieux. On va revenir sur cette vague de disparition et d'enlèvements qui ont eu lieu en Corée du Nord en after-show.

[05:56]

Donc, suivez-nous jusque-là.

[05:58]

Sinon, qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui, Seb?

[06:01]

Aujourd'hui, on boit du Dose, notre nouveau partenaire.

[06:07]

Et on boit du Dose. En fait, c'est un concentré de vitamines, si on veut.

[06:13]

Celui qu'on boit, c'est gingembre et curcuma.

[06:16]

Et c'est pour vous donner de l'énergie naturelle sans caféine. Donc, il y a moins de crache.

[06:20]

C'est le fameux crache qu'on a après avoir pris du sucre, de la caféine, qui nous donne une énergie mais temporaire.

[06:26]

Donc, on boit la bonne dose de gingembre et curcuma.

[06:30]

Oh oui. Mais ça, c'est dit.

[06:32]

Aussi, shout-out à DoseJuice qui font leur entrée dans le monde du podcast.

[06:35]

Merci de commanditer les créateurs de contenu comme nous.

[06:39]

C'est un produit de Saint-Yacinthe aussi au Québec. Shout-out à vous.

[06:42]

Mais inquiétez-vous pas, c'est pas une plug.

[06:44]

C'est parce qu'on enregistre un petit peu tôt.

[06:47]

On n'avait pas envie de commencer sur la bière tout de suite.

[06:51]

On est sur semaine, on est en plein jour.

[06:53]

On s'est dit, on va boire un petit DoseJuice à la place.

[06:56]

Mais inquiétez-vous pas, on va revenir avec les suggestions de bière soupeux.

[07:00]

Vous en faites pas avec ça.

[07:01]

Aussi, théoriquement, on est en février, donc c'est le mois de la sobriété.

[07:05]

Ah bon, mais ça marche.

[07:07]

Exactement.

[07:08]

Et tiens, un petit shout-out de 5 étoiles avant de se lancer

[07:11]

qui nous vient de Angel FX qui nous dit du plaisir pour les oreilles.

[07:16]

À écouter en allant travailler à l'aéroport et en voyage

[07:19]

sur le bord de la Piscine de la République.

[07:21]

J'adore. Merci de régaler mes oreilles en tout temps.

[07:25]

Ça fait plaisir.

[07:26]

Oh oui. Je pense qu'on en a assez dit, Seb.

[07:28]

Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire très mystérieuse de Otto Warmbier ?

[07:35]

Oui, mais, Emile, est-ce que t'as déjà eu un matin

[07:39]

où ton cerveau refusait de démarrer peu importe combien de fois

[07:43]

tu snoozais ton radio-réveil ?

[07:45]

Oh oui, Seb.

[07:46]

Il y a des fois, j'ai l'impression d'être un ordinateur

[07:48]

sous Windows 98 qui fait des mises à jour.

[07:51]

Donc, ça me prend du temps avant de fonctionner à pleine capacité.

[07:55]

J'ai la solution parfaite pour toi.

[07:59]

Les shots pressés à froid Dose Juice, un concentré 100 % naturel

[08:03]

avec du gingembre, du curcuma, du citron, du poivre noir

[08:07]

et ça, sans caféine, mais ultra efficace.

[08:11]

Ça, c'est ce que j'appelle un vrai reboot, Seb.

[08:14]

Pas de sucre ajouté, pas d'ingrédients douteux,

[08:17]

juste de l'énergie brute pour démarrer la journée en force.

[08:22]

Exactement. Et en plus, c'est super accessible.

[08:25]

IGA, Metro, Walmart, Super C, Maxi, Avril, Costco

[08:29]

et bien sûr en ligne sur DoseJuice.com.

[08:32]

C'est une compagnie du Québec, donc en ces temps de guerre commerciale,

[08:37]

ça vaut la peine de les encourager.

[08:39]

Ils sont aussi disponibles dans vos épiceries de quartier.

[08:42]

Et pour nos auditeurs, on a un petit cadeau.

[08:44]

Profitez de 20 % de rabais sur votre première commande en ligne

[08:48]

avec le code DISTORTION20 sur DoseJuice.com.

[08:53]

Dose, un petit shot, un grand impact.

[08:56]

Bon Seb, maintenant qu'on est bien réveillé,

[08:59]

est-ce qu'on se lance dans notre épisode sur Otto Warmbier?

[09:03]

Oui, monsieur!

[09:05]

C'est parti! Yeah!

[09:09]

Je vais commencer, Seb, par nous parler un petit peu de la vie de Otto Warmbier,

[09:14]

qui est cet étudiant américain de 21 ans.

[09:17]

C'est quelqu'un qui a grandi dans une petite banlieue calme de Saint-Sinati en Ohio aux États-Unis

[09:24]

avec ses parents Fred et Cindy ainsi que son frère Austin et sa sœur Greta.

[09:30]

C'est assez typique de ce genre d'histoire.

[09:33]

Otto, c'est un peu un All-American Boy.

[09:36]

Il a été le roi du bal des finissants,

[09:39]

un beau bonhomme athlétique en santé qui est populaire.

[09:42]

Il est aussi très bon à l'école, il est deuxième de sa classe

[09:46]

et obtient une bourse pour étudier en commerce et en économie à la prestigieuse Université de la Virginie.

[09:54]

Et à l'université, son succès se poursuit.

[09:56]

Ses études vont bien et il est impliqué dans des associations.

[10:01]

Il fait même partie d'une fraternité, la Teta Chi.

[10:05]

Je ne sais pas si je dois dire qui, en fait.

[10:08]

Oui, je me pose la même question.

[10:09]

Si vous êtes des frat boys, éduquez-moi!

[10:13]

C'est une fraternité américaine qui a été fondée dans les années 1850.

[10:19]

C'est la tradition des fraternités dans les universités.

[10:23]

Elle est présente sur de nombreux campus aux États-Unis.

[10:26]

Il y a même des petits chapitres au Canada.

[10:29]

Ils se distinguent par des activités de services communautaires et de leadership.

[10:35]

Il est membre des Teta Chi.

[10:40]

Il s'enligne vers une vie adulte assez typique d'un gars qui vise le Wall Street comme carrière.

[10:46]

On dirait que c'est là où la vie l'amène.

[10:49]

Mais avant de se lancer dans ses projets de vie, il tient à profiter d'une certaine liberté.

[10:54]

Il adore voyager et toutes les excuses pour partir à l'aventure sont bonnes pour lui.

[11:00]

Malgré son profil d'un gars qui a étudié pour devenir banquier,

[11:04]

c'est un jeune homme plutôt décontracté.

[11:06]

Il porte des chemises en Royenne, ses vêtements viennent souvent de friperie par exemple,

[11:11]

puis il est très relax comme personne.

[11:15]

Il prend ses études et son futur très au sérieux,

[11:18]

mais il aime aussi profiter de la vie, ce qui l'a amené à voyager en Europe et en Équateur.

[11:22]

Il a même voyagé à Cuba, ce qui est plutôt compliqué pour un Américain.

[11:26]

Ce n'est donc pas une très grande surprise pour ses proches lorsqu'il leur annonce en 2015

[11:31]

qu'il compte faire un petit détour en Corée du Nord

[11:35]

avant d'entamer un programme d'étude en Chine au début 2016.

[11:40]

C'est audacieux ça aussi.

[11:42]

Oui, carrément, mais quelqu'un qui est en finance,

[11:44]

je pense que la Chine est une bonne destination pour aller étudier ce qui se fait là-bas.

[11:52]

Il décide de faire affaire avec une petite agence de voyage en Chine

[11:56]

qui s'appelle Young Pioneer Tours

[11:59]

pour un séjour qui va durer seulement cinq jours en Corée du Nord.

[12:03]

Il faut le souligner, à cette époque, le Travel Advisory américain,

[12:08]

un peu le site de review de destination vacances,

[12:14]

il affiche un avertissement très sérieux sur son site,

[12:17]

comme quoi il est extrêmement dangereux pour les citoyens américains de visiter la Corée du Nord.

[12:23]

Les règles sont encore plus sévères aujourd'hui,

[12:26]

puisque tous les passeports américains sont invalides

[12:29]

pour les visites à n'importe quel endroit en Corée du Nord,

[12:32]

à moins qu'il ne soit spécialement validé pour de tels voyages

[12:36]

sous l'autorité du secrétaire d'État.

[12:39]

Donc très compliqué. Je ne sais pas si c'est à cause de ce que vice ont fait dans le temps.

[12:42]

Oui, c'est vrai. Je me suis posé la question pourquoi.

[12:45]

C'est drôle, Trump ne parle pas de faire débloquer ça.

[12:48]

Non, pas vraiment.

[12:50]

Mais en 2015, malgré les avertissements du gouvernement,

[12:53]

ce n'était pas impossible de visiter cet État qu'on surnomme souvent le Royaume Hermite,

[12:59]

contrairement à la croyance populaire.

[13:01]

Plusieurs journalistes ont visité la Corée du Nord depuis des décennies,

[13:05]

dont la BBC et même My Vice, que j'ai nommé tout à l'heure.

[13:09]

Il y a même des YouTubeurs qui ont fait des vlogs en Corée du Nord.

[13:13]

Certains d'entre eux sont plutôt douteux.

[13:15]

On en a déjà parlé dans nos cabarets des curiosités.

[13:18]

D'autres sont carrément stageés.

[13:22]

Donc il faut se méfier des vlogs qui viennent de Corée du Nord.

[13:25]

La difficulté de s'y rendre, c'est justement d'accéder au pays,

[13:31]

puisqu'un individu ne peut pas tout simplement se bouquer un vol vers Pyongyang,

[13:36]

qui est la capitale, par lui-même.

[13:38]

Il faut passer par une agence qui a été approuvée par le régime nord-coréen,

[13:42]

souvent en Chine, pour une visite guidée très précise, orchestrée par le gouvernement.

[13:48]

Et tout au long de cette visite, des représentants du gouvernement accompagnent le groupe de touristes.

[13:53]

Ces touristes n'ont d'ailleurs aucun contrôle sur leur propre horaire,

[13:57]

et ont une itinéraire ainsi que des règles qu'ils doivent suivre à la lettre.

[14:02]

Et c'est peut-être plus populaire que vous pensiez.

[14:04]

Avant la COVID, il est estimé qu'entre 100 000 et 200 000 touristes

[14:08]

visitaient la Corée du Nord tous les ans.

[14:11]

Les touristes étaient en grande majorité des Chinois,

[14:13]

et il est estimé qu'environ 1000 à 2000 visiteurs venaient d'ailleurs dans le monde.

[14:18]

C'est impressionnant sur papier comme ça, mais ce n'est pas tant en réel.

[14:26]

On dit que c'est entre 100 et 200 000 touristes par année.

[14:35]

Le seul chiffre qui me vient en tête, c'est Expo 67.

[14:38]

Je pense qu'il y a eu 15 millions de visiteurs en un été sur une petite île de Montréal.

[14:45]

C'est sûr que c'était un événement international.

[14:47]

Donc 100 000 et 200 000 touristes, ce n'est pas tant en fait.

[14:51]

Ça doit ressembler à la Gaspésie en termes de visiteurs par année.

[14:54]

Oui, ça c'est sûr, mais ça m'a quand même surpris un aussi haut chiffre pour la Corée du Nord,

[15:02]

en fait qui est très fermée.

[15:04]

Mais c'est une destination... Tu te rappelles la série Dark Tourist?

[15:11]

Oui, ah bien oui.

[15:13]

Il y a des destinations comme ça.

[15:16]

Moi, j'irais en Corée du Nord.

[15:17]

On dirait que ça m'appelle plus que bien d'autres affaires.

[15:19]

Juste pour voir ce monde-là qui est isolé du reste de la planète.

[15:24]

C'est un peu pour ça que tu as envie d'aller dans des endroits weird, pas très familiers.

[15:32]

Ah bien oui, de voir comment il est.

[15:33]

Visiter des endroits bizarres.

[15:35]

Pour moi, c'est un peu un McCamé Manor.

[15:37]

Oui, je suis content.

[15:39]

C'est tellement weird que tu as envie d'y aller.

[15:41]

C'est quasiment ça, et tu ne sais même pas si tu vas en sortir vivant.

[15:44]

Bien oui.

[15:45]

Donc, quand même, entre 100 et 200 000 touristes par année en Corée du Nord.

[15:51]

Mais pour un Canadien, Seb, est-ce que c'est difficile d'aller passer des vacances en Corée du Nord?

[15:57]

Ça dépend pas mal, Emile, de ta définition de vacances.

[16:00]

Oui, ça c'est sûr.

[16:01]

Parce que selon le gouvernement canadien, voici ce qu'on peut en lire par rapport à ça.

[16:06]

Puis au niveau du niveau de risque lorsqu'on veut voyager en Corée du Nord.

[16:11]

Et là, ça nous dit, Corée du Nord, évitez tout voyage.

[16:15]

En rouge.

[16:15]

En rouge, oui, exact.

[16:17]

Donc, déjà là, je pourrais m'arrêter là.

[16:19]

Mais sinon, si ça vous le tente encore,

[16:21]

évitez tout voyage en Corée du Nord en raison de la situation incertaine en matière de sécurité

[16:26]

due au programme nord-coréen de développement d'armes nucléaires

[16:29]

et au caractère extrêmement répressif du régime.

[16:33]

Oui, parce qu'ils font encore des tests nucléaires, eux autres.

[16:35]

C'est ça, des fois, j'avais l'impression que c'était un argumentaire un peu pour nous décourager.

[16:41]

Mais non, c'est vrai.

[16:43]

Le gouvernement canadien n'a pas de bureaux en Corée du Nord.

[16:47]

La capacité des représentants du Canada à fournir des services consulaires est extrêmement limitée.

[16:52]

Donc, pour un Canadien qui souhaite visiter la Corée du Nord,

[16:56]

les procédures sont strictes et complexes.

[16:58]

Il faut un visa obligatoire pour y rentrer.

[17:01]

Puis comme on vous disait, il doit être obtenu auprès d'une mission nord-coréenne dans un pays tiers

[17:06]

après approbation du gouvernement à Pyongyang.

[17:10]

Le processus peut être long et ardu.

[17:12]

Il vous faut un passeport valide, au moins six mois.

[17:15]

Six mois au-delà de la date prévue, du départ.

[17:17]

Ça, c'est à peu près dans toutes les destinations, je vous dirais.

[17:20]

Il y a aussi des points d'entrée limités.

[17:22]

L'entrée en Corée du Nord n'est possible que par avion ou par train.

[17:26]

En fait, il mène ce qui est impossible d'entrer en Corée du Nord

[17:28]

depuis la Corée du Sud ou vice versa.

[17:31]

Oui, c'est ça. Eux, ils ne se parlent pas bien.

[17:34]

Non, non, mon Dieu.

[17:36]

Ils ne sont pas limités à proximité, je veux dire.

[17:41]

C'est ce que je pensais, on dirait, mais c'est dû à mon ignorance.

[17:45]

Je me disais que la meilleure façon d'aller en Corée du Nord,

[17:49]

ça doit être par la Corée du Sud.

[17:51]

Il doit y avoir une certaine forme de traité

[17:53]

ou une certaine forme de diplomatie qui autorise les touristes à y aller.

[17:57]

Mais non, au contraire, il faut passer par la Chine, idéalement.

[18:00]

Je ne me rappelle plus, mais j'avais vu un documentaire

[18:03]

qui a filmé la frontière, mais du côté de la Corée du Sud.

[18:06]

C'est extrêmement surveillé.

[18:08]

Je pense qu'il n'y a pas de risque à prendre.

[18:11]

Sinon, ça, ça m'avait surpris.

[18:13]

Pour les journalistes, il faut une autorisation spéciale.

[18:16]

Et même si vous y allez pour faire du tourisme,

[18:19]

il faut absolument que vous le disiez

[18:20]

si vous êtes journaliste professionnel.

[18:23]

Ça, c'est assez particulier, il faut un visa particulier.

[18:26]

L'assistance consulaire est limitée.

[18:28]

Ce qu'il faut savoir, c'est que l'assistance à des Canadiens

[18:32]

est fournée par l'ambassade de Suède à Pyongyang.

[18:35]

J'ai cherché un peu pourquoi,

[18:37]

c'est que la Suède a été un des premiers pays neutres

[18:40]

quand il y a eu toutes les guerres.

[18:42]

Puis ils ont, je ne sais pas de quelle façon,

[18:44]

mais ils ont négocié un traité avec la Corée du Nord.

[18:48]

Ils sont plus amis avec eux.

[18:50]

Tout le monde est ami avec les Suédois.

[18:51]

Oui, c'est vrai.

[18:53]

Et le dernier risque à considérer,

[18:55]

c'est que même en respectant toutes les exigences,

[18:58]

toutes les règles, il existe un risque d'arrestation

[19:01]

et de détention arbitraire au point d'entrée.

[19:04]

Donc, c'est pour ça qu'il ne faut pas y aller.

[19:06]

Il peut être long et difficile pour les autorités canadiennes

[19:09]

et même suédoises d'obtenir un accès consulaire

[19:12]

aux citoyens canadiens détenus en Corée du Nord,

[19:14]

surtout à l'extérieur de Pyongyang.

[19:17]

La décision d'accorder ou non l'accès consulaire

[19:20]

est à l'entière discrétion du gouvernement nord-coréen.

[19:23]

Et on dispose de peu d'informations

[19:25]

sur les systèmes policiers et judiciaires de là-bas,

[19:29]

ce qui peut restreindre davantage la capacité de nos représentants

[19:32]

de venir nous aider s'il y a un problème.

[19:34]

L'infrastructure touristique est très limitée.

[19:37]

On ne peut guère se fier aux services de télécommunication.

[19:41]

Seules quelques agences de voyage reconnues par le gouvernement

[19:44]

sont autorisées à organiser des séjours individuels dans le pays.

[19:48]

Un voyage doit être autorisé au préalable par le gouvernement.

[19:52]

Et les voyageurs sont extrêmement surveillés,

[19:55]

de même que les lieux d'hébergement et toutes les télécommunications.

[19:58]

Ça, on va vous en reparler un peu plus tard.

[20:00]

Et le pays est pris, il faut se rappeler,

[20:03]

malgré tout ce qu'ils font, il y a toujours des pénuries

[20:06]

de nourriture, d'électricité et d'eau potable.

[20:09]

Ils sont en famine depuis les années 90, la Corée du Nord.

[20:12]

Ils ont des pannes électriques.

[20:15]

Je pense qu'il y a un grand pourcentage,

[20:18]

je ne veux pas dire de Corée, je ne le dirai pas,

[20:20]

mais il y a un grand pourcentage des habitants de la Corée du Nord

[20:23]

qui n'ont pas accès à l'électricité.

[20:26]

Il y a souvent des pannes, parce que justement,

[20:31]

ils ont des grosses difficultés à cheminer l'électricité

[20:33]

un petit peu partout.

[20:35]

Même si on voit souvent des images un peu glorieuses

[20:38]

de Kim Jong-un et tous ces gens-là,

[20:42]

ça demeure un pays où il y a encore

[20:45]

des impressions de tiers-monde.

[20:47]

Oui, oui, vraiment.

[20:51]

C'est tellement triste.

[20:54]

Chaque fois qu'on parle de ça,

[20:56]

ça me rend vraiment triste.

[20:58]

Je continue. Il n'y a aucune protection de la vie privée.

[21:01]

Vos déplacements et vos communications peuvent être surveillés à tout moment.

[21:04]

Même vos effets personnels peuvent être fouillés

[21:06]

sans que vous ayez d'autres choses à vous faire le contredire.

[21:11]

Les autorités peuvent examiner vos données

[21:13]

qui contiennent vos appareils électroniques.

[21:16]

Si malgré tout ça, vous avez encore envie de vous y rendre,

[21:21]

inscrivez-vous en amont auprès de l'ambassade du Canada,

[21:24]

en Corée du Sud, à Séoul,

[21:26]

et auprès de l'ambassade de la Suède à Pyongyang.

[21:28]

C'est la recommandation du gouvernement canadien.

[21:31]

Donc, pour votre prochain voyage, vous êtes à viser.

[21:37]

Comme on vous a dit plus tôt,

[21:38]

je reviens à notre histoire,

[21:39]

Otto a booké avec l'agence Young Pioneer Tours en Chine,

[21:44]

spécialisé dans les visites guidées un peu atypiques,

[21:47]

souvent pour les touristes qui sont intéressés par l'histoire et la politique.

[21:51]

Par exemple, il est possible de visiter le Congo,

[21:54]

le Cameroun, le Yémen,

[21:55]

le Turkmenistan et le Soudan du Sud.

[21:58]

L'agence a été fondée principalement par des expatriés britanniques

[22:01]

basés en Chine en 2008.

[22:04]

Eux, ils ont même deux slogans.

[22:07]

Les destinations dont ta mère préférerait que tu restes éloigné,

[22:11]

et visites de groupe pour ceux qui détestent les visites de groupe.

[22:15]

Ça, j'aime bien, c'est un peu mon genre.

[22:17]

Ils offrent plusieurs forfaits,

[22:18]

qui sont généralement pour des budgets plus restreints.

[22:20]

Alors, c'est très alléchant pour les Dark Tourists, justement,

[22:24]

ceux qui aiment explorer des endroits un peu inédits

[22:27]

et parfois politiquement instables.

[22:29]

C'est exactement ce qu'a fait Otto.

[22:31]

Il a choisi, lui, le forfait New Year's Party Tour.

[22:36]

Oui, vous avez bien entendu,

[22:37]

pour passer le Nouvel An en Corée du Nord.

[22:41]

Toi, tu as choisi Times Square, Seb,

[22:44]

mais il y en a qui choisissent la Corée du Nord.

[22:46]

C'est une petite visite de quatre jours et cinq nuits,

[22:50]

et il sera de retour à temps en Chine

[22:52]

pour commencer son programme d'études à l'étranger.

[22:55]

Et voici comment l'agence Young Pioneer Tours

[22:58]

présente le forfait.

[23:00]

Rejoignez la fête et venez en Corée du Nord avec nous

[23:03]

pour célébrer et accueillir le Nouvel An à la manière de Pyongyang.

[23:07]

Nous avons prévu un somptueux banquet

[23:09]

avant de rejoindre les habitants sur la place Kim Il-Sung

[23:14]

pour le compte à rebours vers 2025.

[23:18]

Au programme,

[23:19]

un spectaculaire feu d'artifice,

[23:21]

une performance live du célèbre groupe pop militaire

[23:26]

entièrement féminin, le Morangbong Band,

[23:29]

et une immense compétition de sculptures sur glace.

[23:34]

Pendant votre séjour à Pyongyang,

[23:36]

vous découvrirez tous les sites incontournables de la capitale,

[23:39]

notamment le mausolée où reposent

[23:41]

Kim Il-Sung et Kim Jong-Il,

[23:44]

et explorer le mystérieux métro de Pyongyang

[23:47]

en parcourant six stations de la ligne 1.

[23:50]

Vous aurez également l'opportunité de visiter

[23:52]

le Musée de la guerre de Corée,

[23:54]

officiellement appelé Musée de la guerre de libération

[23:57]

de la patrie victorieuse,

[23:58]

qui s'aligne parfaitement avec les événements de cette journée.

[24:02]

Flâner sur la place Kim Il-Sung,

[24:05]

monter au sommet de la Tour du Juche,

[24:07]

explorer un supermarché nord-coréen et bien plus encore.

[24:12]

Ils vont aussi se rendre dans la DMZ,

[24:14]

la zone démilitarisée de la Corée du Nord.

[24:18]

Ça, c'est un endroit que j'aimerais bien aller.

[24:23]

C'est l'énorme frontière entre les deux pays.

[24:26]

C'est 4 km de large.

[24:28]

C'est très large.

[24:30]

Puis, il y a une petite station

[24:34]

au milieu de ces 4 km.

[24:36]

Je pense que c'est 4 km de large par 250 km de long.

[24:40]

Et il y a une petite station pour les négociations,

[24:43]

un petit gazebo au milieu pour des négociations

[24:46]

entre les deux pays. Ils se rejoignent à mi-chemin.

[24:49]

C'est assez intéressant comme truc quand même.

[24:53]

Donc, le 29 décembre 2015,

[24:57]

Otto s'envole vers la Corée du Nord

[24:58]

avec son groupe de Young Pioneers

[25:00]

à partir de Beijing en Chine.

[25:03]

Il rencontre alors un certain Danny Grattan,

[25:06]

un Britannique qui fait partie du groupe,

[25:08]

avec qui il va rapidement se lier d'amitié.

[25:10]

Ils vont même partager une chambre

[25:13]

au fameux Yanggakdo International Hotel

[25:16]

qui a été bouqué par l'agence pour leur séjour.

[25:19]

Parlons un peu de cet hôtel-là.

[25:21]

Il s'agit du plus gros hôtel en opération en Corée du Nord

[25:24]

et il est principalement conçu pour recevoir des touristes

[25:27]

ainsi que des politiciens qui visitent le pays.

[25:30]

L'hôtel est très luxueux en comparaison avec ce qui l'entoure.

[25:33]

Il a un restaurant tournant au 47e étage

[25:36]

qui permet de voir toute la ville,

[25:38]

quatre autres restaurants qui servent des plats chinois,

[25:41]

japonais et coréens, une piste de bowling,

[25:44]

des bars, une boutique avec des collations et des souvenirs,

[25:47]

un club de massage, une piscine chauffée,

[25:49]

sauna, casino et même un salon de coiffure.

[25:52]

Il n'y a même pas de karaoke.

[25:54]

C'est vrai, c'est surprenant, ils ont dû l'oublier.

[25:57]

Tous des trucs auxquels la population générale

[26:04]

Mais il y a un truc de déjà connu à propos de l'hôtel

[26:07]

Yang Gakdo, même à l'international,

[26:10]

c'est son fameux 5e étage et son accès

[26:13]

qui est totalement interdit, sauf pour les employés.

[26:16]

Et ça, ça fascine les internautes depuis longtemps.

[26:20]

Le chiffre 5 n'apparaît même pas

[26:22]

dans la liste des boutons de l'ascenseur, Seb.

[26:25]

Et ceux-ci le vont dépasser l'étage sans jamais s'y arrêter.

[26:29]

Évidemment, ça attire beaucoup de curieux.

[26:32]

Déjà, les gens qui visitent la Corée du Nord

[26:34]

sont peut-être un peu plus curieux que la moyenne.

[26:37]

Alors, un étage interdit, dans un pays généralement interdit,

[26:40]

ça peut être alléchant.

[26:43]

Certaines personnes ont déjà réussi à explorer le 5e étage

[26:46]

puisque celui-ci est accessible par un escalier.

[26:49]

Sur YouTube, on peut voir des gens visiter le 5e étage

[26:52]

et c'est plutôt un étage administratif,

[26:55]

c'est pas des salles de torture avec des red rooms.

[26:57]

On peut toutefois voir sur les murs

[26:59]

de gigantesques affiches de propagande nord-coréenne

[27:03]

et même des toiles peintes à la main.

[27:06]

Certains internautes avancent qu'il s'agit d'un étage

[27:08]

de surveillance par le régime.

[27:10]

Mais ça, c'est l'hôtel au complet aussi.

[27:13]

La surveillance, elle est partout.

[27:15]

C'est pas rare, selon les touristes,

[27:17]

que les chambres soient même équipées de micros,

[27:20]

que les chambres soient buggées.

[27:22]

Il faut s'y attendre quand on visite la Corée du Nord,

[27:24]

chacun de nos gestes peut être épié.

[27:27]

Les posters de propagande ne sont pas cachés,

[27:30]

ils sont affichés partout au 5e étage.

[27:32]

On peut même en acheter en souvenir au gift shop de l'hôtel.

[27:37]

Commentaire de notre recherchiste qui nous dit

[27:39]

« Il semble avoir beaucoup de clickbait et d'exagération

[27:42]

concernant le fameux 5e étage qui ressemble

[27:45]

à beaucoup d'endroits partout en Corée du Nord.

[27:47]

C'est juste qu'il n'est pas ouvert aux touristes,

[27:49]

alors il détonne un peu avec le reste de l'hôtel,

[27:51]

mais il semble pas avoir rien de « freakant » selon ce qu'elle a vu.

[27:55]

Ok, ok. Bon, c'est rassurant un peu.

[27:58]

Otto arrive donc le 29 décembre avec son groupe

[28:01]

et rencontre les guides coréens et se rend à l'hôtel.

[28:05]

Le premier arrêt après l'hôtel est une visite

[28:07]

au gigantesque statut de bronze de Kim Jong-il

[28:10]

et de Kim Jong-un sous la neige.

[28:14]

Il y a même une photo d'Otto devant les statues

[28:16]

avec trois autres personnes qui font partie du voyage.

[28:20]

Fait intéressant, des touristes qui ont déjà visité

[28:23]

la Corée du Nord ont souligné qu'il est défendu

[28:25]

de ne pas bien cadrer les statues des leaders

[28:28]

et anciens leaders du pays lorsque l'on les prend en photo.

[28:32]

Donc, par exemple, il faut jamais couper la tête

[28:35]

d'une statue, même si elle sent très grande.

[28:38]

La tête doit complètement apparaître dans l'image.

[28:41]

Je ne suis pas contre contrôler les photos des gens.

[28:44]

Forcez-vous, prenez des photos bien cadrées.

[28:48]

Devant la statue de Guy Lafleur,

[28:50]

ne coupez-y pas un bras.

[28:54]

C'est pour ça que le Canadien perd.

[28:58]

Mais c'est débile,

[29:00]

juste cette règle-là, je trouve ça complètement débile.

[29:03]

Il y a aussi une vidéo qui a été filmée

[29:04]

où on voit Otto et son groupe tous

[29:07]

lancer une balle de neige vers la caméra

[29:09]

avec des enfants nord-coréens,

[29:11]

mais toutes ces interactions-là avec le public sont contrôlées

[29:14]

et plusieurs personnes qui ont visité la Corée du Nord

[29:17]

disent que ces moments-là sont carrément stageés

[29:20]

par les représentants du gouvernement.

[29:23]

Le voyage se déroule bien et le groupe fait

[29:25]

tous les stops sur l'itinéraire.

[29:27]

Mais Otto ne se sent pas vraiment à sa place.

[29:31]

Des personnes qui faisaient partie de son groupe

[29:33]

vont plus tard confier qu'Otto est un peu mal à l'aise,

[29:36]

qu'il n'aimait pas vraiment la bouffe.

[29:38]

Bref, ce n'était pas vraiment un voyage de rêve pour lui.

[29:42]

Parce que je ne suis pas sûr que...

[29:43]

Moi, j'adore les Korean barbecue de Montréal,

[29:46]

mais je ne suis pas sûr que c'est ça qu'on mange en Corée du Nord.

[29:48]

Non, effectivement, je serais curieux de goûter

[29:51]

la bouffe authentique de là-bas.

[29:53]

Otto va toutefois avoir beaucoup de fun à la veille du Nouvel An,

[29:56]

le 31 décembre, alors que toute la gang se regroupe dans un bar

[30:00]

juste avant d'aller voir les feux d'artifice

[30:02]

au Kim Il-Song Square, la place centrale à Pyongyang.

[30:07]

Ils font la fête,

[30:08]

mais ils sont tous très conscients qu'ils sont dans un pays

[30:11]

où un regard de travers peut avoir de graves conséquences.

[30:16]

Alors, ils restent tous un peu quand même sur leur carte.

[30:18]

Après les célébrations, le groupe retourne à l'hôtel

[30:22]

et se sépare en deux.

[30:24]

Quelques-uns décident d'aller dans un bar, au bord de l'hôtel en fait,

[30:27]

tandis que d'autres vont plutôt s'amuser dans la salle de bowling.

[30:32]

Étrangement, Otto ne rejoint aucun des deux groupes

[30:35]

et ce n'est qu'à 4 heures du matin,

[30:37]

4 heures 30 du matin, quand Danny Gratton,

[30:40]

son coloc de chambre, ira se coucher

[30:42]

qu'il revoit Otto.

[30:43]

Ce dernier est dans son lit bien endormi.

[30:47]

Le lendemain, le 1er janvier 2016,

[30:50]

les activités touristiques reprennent pour le groupe

[30:52]

puisqu'ils doivent tous quitter le lendemain.

[30:55]

La journée sera bien chargée et le groupe visitera

[30:57]

de nombreux monuments historiques pour la Corée du Nord,

[31:00]

dont le Palais du Soleil de Kumusan,

[31:02]

où reposent les corps de Kim Il-Song et Kim Jong-il,

[31:07]

grand-père et père de Kim Jong-un,

[31:10]

le dirigeant suprême de la Corée du Nord.

[31:13]

Et le 2 janvier, c'est le moment pour le groupe

[31:16]

de quitter la Corée du Nord.

[31:18]

Le groupe arrive à l'aéroport international de Pyongyang

[31:21]

et tout semble initialement normal. Otto est là aussi.

[31:25]

C'est toutefois lorsque la paperasse du groupe sera

[31:28]

observée par les employés de l'aéroport

[31:30]

que quelque chose va clocher.

[31:32]

Danny Gratton, l'ami de Otto, s'en rappelle bien.

[31:35]

C'était très long et les employés semblaient

[31:38]

vraiment étudier leurs billets et leurs infos personnelles.

[31:42]

C'est à ce moment-là que deux agents vont taper

[31:44]

sur l'épaule d'Otto Warmbier et lui faire signe de les suivre.

[31:48]

À ce moment-là, Otto demeure très calme.

[31:51]

Danny, quant à lui, s'exclame

[31:53]

« Je pense que c'est la dernière fois qu'on va te voir »,

[31:56]

en prononçant un ton de blague.

[32:01]

Et Otto lui renvoie un sourire,

[32:03]

toujours pas trop stressé par la situation.

[32:06]

Mais le tout s'est passé extrêmement rapidement

[32:08]

et personne du groupe n'a vraiment eu le temps de réagir.

[32:12]

Mais le temps file et l'avion doit bientôt décoller vers la Chine.

[32:15]

Le groupe s'inquiète énormément pour Otto

[32:17]

qui n'est toujours pas revenu avec les agents.

[32:21]

Selon Danny, un agent est ensuite arrivé

[32:24]

et a fait une drôle d'annonce.

[32:26]

Otto Warmbier n'allait pas prendre l'avion

[32:30]

et devait se rendre à l'hôpital.

[32:33]

Avant que le groupe puisse poser des questions,

[32:36]

l'agent quitte rapidement et l'avion décolle.

[32:39]

La blague que Danny a délancée

[32:41]

allait tragiquement devenir héritée

[32:44]

et il n'allait jamais revoir son ami.

[34:53]

Otto Warmbier vient de manquer son avion

[34:56]

pour retourner en Chine et est désormais sans repère

[34:59]

dans un pays étranger avec lequel

[35:01]

les États-Unis ont eu une relation extrêmement volatile.

[35:05]

Il n'y a pas d'ambassade ni de consulat américain

[35:07]

en Corée du Nord.

[35:09]

Les informations deviennent ici très conflictuelles

[35:12]

en raison de plusieurs facteurs.

[35:14]

L'agent de voyage Young Pioneer Tours

[35:17]

s'est fait extrêmement discrète et comme à l'habitude,

[35:20]

il n'y a pas beaucoup d'informations qui sortent de la Corée du Nord.

[35:23]

Où est Otto? Pourquoi a-t-il été emporté par des agents?

[35:28]

Pourquoi ils ont dit qu'il était soudainement tombé malade

[35:31]

à l'aéroport?

[35:33]

Ça ne fait pas de sens.

[35:35]

Certaines sources disent qu'un des guides de Young Pioneer Tours

[35:38]

est resté derrière à Pyongyang pour essayer d'intervenir

[35:42]

ou d'au moins en savoir plus,

[35:44]

tandis que d'autres disent que les membres de l'agent

[35:47]

sont retournés en Chine sans avertir la famille,

[35:50]

un Warmbier que Otto venait de se faire ramasser

[35:53]

par des agents nord-coréens.

[35:55]

Quoi qu'il en soit, la confirmation que Otto

[35:58]

avait désormais de très gros ennuis est arrivée

[36:00]

des semaines plus tard, à la toute fin du mois de janvier.

[36:05]

Les parents d'Otto, Fred et Cindy,

[36:08]

seront avisés par l'intermédiaire du gouvernement américain

[36:11]

que leur fils a été arrêté par le gouvernement nord-coréen

[36:14]

pour avoir commis un acte hostile contre l'État.

[36:19]

Les semaines qui suivent sont douloureuses

[36:21]

pour la famille. Ils n'ont pas de nouvelles d'Otto,

[36:24]

c'est le silence radio de la part de la Corée du Nord,

[36:26]

tandis que le département d'État américain et la Suède

[36:31]

tentent de suivre la situation.

[36:34]

C'est le pire scénario possible

[36:35]

pour tous touristes qui s'aventurent en Corée du Nord.

[36:38]

Mais qu'est-ce que Otto a-t-il fait?

[36:41]

Pourquoi a-t-il été arrêté et c'est quoi un acte hostile

[36:44]

envers l'État?

[36:46]

Premièrement, est-ce que c'est mal cadré une photo?

[36:48]

Oui, non, exact. La famille sera sans réponse

[36:52]

jusqu'au 29 février 2016,

[36:55]

alors qu'une conférence de presse tenue à Pyongyang

[36:58]

est orchestrée par le régime nord-coréen

[37:01]

et elle sera diffusée pour dévoiler les circonstances

[37:04]

de l'arrestation du jeune homme.

[37:05]

Ça va être bizarre, ça.

[37:08]

Lors de la conférence, Otto est visiblement très ébranlé.

[37:12]

Il a l'air complètement apeuré,

[37:14]

les yeux ronds, la tête baissée.

[37:17]

Devant les médias, il est escorté par plusieurs agents.

[37:21]

Otto fait la déclaration suivante.

[37:23]

Tôt le matin du 1er janvier 2016,

[37:26]

j'ai commis mon crime de décrocher un slogan politique

[37:30]

important à l'étage réservé aux employés

[37:33]

de l'hôtel Yakakdo,

[37:36]

le fameux 5e étage en fait,

[37:38]

afin de nuire à la motivation

[37:40]

et à l'éthique de travail du peuple coréen.

[37:44]

Je comprends la gravité de mon crime

[37:45]

et je n'ai aucune idée de la sanction que je pourrais encourir.

[37:49]

Mais je supplie le peuple et le gouvernement coréen

[37:52]

de me pardonner.

[37:53]

Je prie le ciel pour pouvoir retourner chez moi

[37:56]

auprès de ma famille.

[37:58]

J'ai été très impressionné par le traitement humanitaire

[38:01]

du gouvernement coréen envers les criminels graves comme moi.

[38:05]

Excusez mon rire, c'est que

[38:07]

on se doute très bien du traitement

[38:10]

que les prisonniers peuvent avoir.

[38:11]

Oui, on se doute très bien qu'il s'est fait mettre des mots dans la bouche.

[38:15]

Otto se lève debout et continue son discours,

[38:19]

mais cette fois-ci en pleure.

[38:21]

Je supplie entièrement le peuple et le gouvernement

[38:24]

de la République populaire démocratique de Corée de me pardonner.

[38:27]

S'il vous plaît, j'ai fait la pire erreur de ma vie.

[38:31]

Puis, levant les yeux vers le ciel, il ajoute

[38:34]

Si tu es là, s'il te plaît,

[38:36]

sauve ce pauvre bouc émissaire innocent.

[38:40]

Il est difficile de trouver le discours

[38:42]

complet sans coupure, mais on a constaté

[38:45]

lors de nos recherches que certaines parties du discours

[38:47]

sont souvent coupées ou omises au montage.

[38:51]

Quel hasard! Cette partie-là, c'est où ce qu'il avoue

[38:54]

qu'il a voulu avoir planifié son crime

[38:56]

et qu'il était impliqué dans une mission orchestrée

[38:59]

sous l'influence de deux entités,

[39:01]

l'Église Methodiste, de sa ville natale

[39:05]

et la Z Society, qui est une société secrète

[39:08]

de l'Université de Virginie.

[39:11]

Selon son discours, ces groupes étaient liés à la CIA

[39:14]

et étaient impliqués dans un complot

[39:17]

pour nuire au gouvernement nord-coréen.

[39:20]

Ça n'a aucun sens.

[39:21]

C'est lui qui dit ça, voir que l'Église Methodiste

[39:26]

de sa ville natale est impliquée dans un complot

[39:30]

gouvernemental en Corée du Nord.

[39:32]

Ça n'a pas rapport. Une société secrète aussi,

[39:35]

en tout cas.

[39:37]

Il a expliqué qu'il avait été incité à voler

[39:40]

la fiche de propagande comme un acte de sabotage politique.

[39:44]

Ces allégations qui ont totalement été rejetées

[39:46]

par l'Église Methodiste et la Z Society

[39:49]

ont été considérées comme des affirmations

[39:52]

sous pression, typiques des confessions obtenues

[39:55]

par la coercition. De plus, Otto ne fait même

[39:58]

pas partie de l'Église Methodiste, il est juif.

[40:02]

Des experts ont souligné que ces accusations

[40:04]

étaient vraisemblablement créées par les autorités

[40:07]

nord-coréennes pour renforcer leur propagande

[40:09]

contre l'influence étrangère.

[40:12]

Est-ce que voler un poster au cinquième étage

[40:15]

réservé d'un hôtel où il y a juste les employés

[40:18]

qui iront peut être du sabotage politique?

[40:21]

C'est un peu exagéré.

[40:23]

Comme si tous les employés qui voient ça

[40:25]

vont voir ça comme un geste de rébellion,

[40:27]

et ils vont pouvoir se rebeller contre l'État.

[40:30]

Est-ce que ça changerait quelque chose

[40:31]

qui se rebelle contre l'État?

[40:32]

Non, absolument pas, effectivement.

[40:36]

Il y a d'ailleurs eu des détenus américains,

[40:38]

qui ont été relâchés par la Corée du Nord.

[40:40]

C'est déjà arrivé, qui ont confié aux médias

[40:43]

avoir fait de fausses confessions sous pressions

[40:45]

extrêmes de la part du gouvernement nord-coréen.

[40:48]

Un certain Merrill Newman a été arrêté

[40:51]

lors d'une visite en Corée du Nord à l'âge de 85 ans,

[40:55]

puis relâché 42 jours plus tard.

[40:57]

Il a par la suite confié qu'il avait dû faire

[40:59]

une fausse confession. À l'heure de celle-ci,

[41:02]

il a mis l'emphase sur les fautes de grammaire

[41:05]

de son propre discours pour démontrer subtilement

[41:08]

qu'il n'avait pas écrit ces mots. C'est quand même wise!

[41:12]

Et on reconnaît un peu ce pattern étrange

[41:14]

dans le discours en anglais d'Otto Warmbier.

[41:17]

La grammaire est imparfaite

[41:19]

pour quelqu'un d'éduqué comme lui.

[41:21]

On l'a traduit en français,

[41:24]

mais il n'y a pas nécessairement de faute,

[41:26]

mais la façon dont les phrases sont ficelées

[41:28]

est un peu inhabituelle. C'est une déclaration

[41:31]

très étrange venant de lui,

[41:34]

lorsqu'il parle de nuire à la motivation

[41:36]

et à l'éthique de travail du peuple coréen.

[41:39]

Ce n'est pas un gars particulièrement impliqué

[41:43]

politiquement non plus, alors ça détonne

[41:45]

de son comportement habituel de se retrouver

[41:47]

dans une situation comme ça.

[41:49]

On n'a toutefois rien sur la période entre

[41:52]

l'arrestation d'Otto en janvier et sa confession

[41:55]

à la fin février. Les experts en Corée du Nord

[41:58]

estiment qu'il aurait pu être interrogé

[42:00]

parfois 15 heures par jour pour l'affaiblir

[42:03]

et lui faire signer une confession.

[42:06]

D'autres avancent qu'il aurait pu être torturé,

[42:08]

que ce soit physiquement ou psychologiquement.

[42:11]

Mais au juste de qui c'est quoi les allégations contre lui,

[42:14]

on va parler un peu du crime d'Otto

[42:16]

et cette fameuse affiche. Selon les autorités,

[42:20]

Otto aurait pendant la nuit du 1er janvier

[42:23]

vers 1h57 du matin visité le 5e étage

[42:27]

interdit de l'hôtel Yangkakdo,

[42:30]

puis tenté de voler une affiche

[42:32]

qui représentait Kim Jong-il avec un slogan patriote.

[42:36]

Une telle affiche est considérée comme un objet sacré

[42:39]

dans le pays et tout dommage où vol de ce type

[42:42]

est sévèrement puni. Quelles sont les preuves

[42:45]

des autorités? Il semblerait qu'une vidéo

[42:47]

très pixelisée où on voit la silhouette indistincte

[42:50]

d'une personne qui tente de décrocher la fiche du mur,

[42:54]

mais en regardant la vidéo, on ne peut pas clairement

[42:56]

identifier Otto puisque la qualité est très mauvaise.

[43:00]

Où était Otto en fait durant la tentative

[43:02]

de vol de l'affiche? Les informations sont encore

[43:05]

une fois conflictuelles car une personne de son groupe,

[43:09]

une Canadienne prénommée Sarah, affirme

[43:11]

qu'ils ne sont pas retournés à l'hôtel au Nouvel An

[43:14]

avant au moins 3h du mat, plus d'1h après le crime.

[43:18]

Toutefois, d'autres informations affirment que la gang

[43:20]

était effectivement de retour à l'hôtel et qu'au lieu

[43:23]

d'aller au bar ou jouer au bowling avec ses amis,

[43:26]

Otto est plutôt allé se coucher. Et dans cette version,

[43:29]

il y a donc environ 2h où personne ne vu Otto.

[43:33]

Ce n'est qu'à 4h30 du matin quand Danny Grattan

[43:36]

est venu se coucher qu'il a revu son coloc de chambre

[43:38]

endormi comme on a mentionné plus tôt.

[43:41]

Et peu importe si Otto a tenté de voler l'affiche ou pas,

[43:45]

la confession a été faite puis une course pour son

[43:47]

sauvetage s'est entamée. Aux États-Unis,

[43:50]

l'arrestation du jeune Américain fait la une de tous les médias

[43:53]

qui diffusent sa confession déchirante en boucle.

[43:56]

Durant cette période, la famille Warmbier n'a aucun recours.

[44:01]

Selon ses parents, Fred et Cindy, l'administration

[44:04]

Obama à l'époque aurait suggéré de ne pas trop faire

[44:07]

de bruit afin de ne pas mettre en péril la sécurité

[44:09]

de leur fils. Ils sont totalement désemparés

[44:12]

et malgré le soutien qu'ils reçoivent de la part

[44:14]

de quelques diplomates et négociateurs américains,

[44:17]

ils n'ont aucune nouvelle de leur fils. L'administration

[44:21]

Obama va répéter à la famille Warmbier que ce genre

[44:24]

de situation est plutôt un marathon qu'une course

[44:26]

et que ça peut être très long avant que quelque chose

[44:29]

se débloque. C'est incroyable, je me mets encore une fois,

[44:32]

on le répète souvent, mais on se met dans la peau des parents.

[44:37]

Mon Dieu, tu dois encore une fois

[44:39]

te sentir tellement impuissant,

[44:43]

invalide. Oui, c'est loin et tu ne peux pas embarquer

[44:45]

dans un vol pour aller le sauver. Mais non, c'est ça.

[44:49]

Allez pas en Corée du Nord.

[44:51]

C'est ça mon conseil.

[44:54]

C'est le 16 mars 2016

[44:56]

que Otto va recevoir finalement sa sentence

[44:59]

dans ce que plusieurs experts décrivent

[45:02]

comme un procès stagé qui a duré seulement une heure.

[45:07]

Otto reçoit une sentence de

[45:09]

15 ans de travaux forcés, du hard labor.

[45:13]

15 ans pour avoir arraché une affiche ici,

[45:16]

il y a des agressions sexuelles que tu fais à peine 6 mois.

[45:19]

La sentence sera diffusée

[45:21]

et on va encore voir Otto complètement désemparé.

[45:25]

Il n'est pas en forme et les agents sont

[45:27]

physiquement brusques avec lui lorsqu'il le dirige vers la cour.

[45:31]

Pourtant, il respecte les doigts humanitaires.

[45:34]

Faut pas oublier qu'il y a un agent

[45:36]

à l'aéroport qui a dit à ses confrères du voyage

[45:39]

qu'il était tombé malade. Oui, c'est vrai, tu as raison.

[45:42]

Donc il leur a menti carrément. Effectivement.

[45:45]

Là, il faut parler de la relation entre les États-Unis et la Corée du Nord

[45:48]

à cette époque, car de nombreux experts soulignent que

[45:51]

Otto a probablement été arrêté afin

[45:54]

d'être utilisé comme une monnaie d'échange,

[45:57]

puisque des élections américaines arrivaient à grands pas.

[46:00]

Son arrestation a exacerbé les tensions entre les deux pays

[46:03]

et durant l'année 2016, la Corée du Nord

[46:06]

a multiplié les essais de missiles balistiques.

[46:10]

Et cette tension s'est amplifiée avec

[46:12]

l'arrivée de Donald Trump au pouvoir,

[46:14]

qui n'avait pas souvent de belles choses à dire sur la Corée du Nord

[46:18]

au début de son mandat.

[46:20]

Plusieurs experts estiment que Otto a carrément été arrêté

[46:23]

de façon orchestrée afin de forcer les États-Unis

[46:26]

à se présenter à une table de négociation à des fins politiques.

[46:31]

Les parents vont demeurer sans nouvelles

[46:33]

durant très longtemps, plus d'un an.

[46:36]

Ils ont gardé le silence longtemps en suivant les conseils

[46:39]

de l'administration Obama, mais ils vont changer leur stratégie

[46:42]

avec l'arrivée de l'administration Trump,

[46:45]

en multipliant leur présence médiatique.

[46:48]

Ils vont faire la tournée des médias pour supplier

[46:50]

d'avoir de l'aide et espérer que leur message

[46:53]

soit entendu par Trump, par la Corée du Nord

[46:56]

et peut-être même par leur fils Otto.

[47:00]

En mai 2017, ils vont avoir une petite lueur d'espoir

[47:03]

lorsque Donald Trump va exprimer

[47:06]

qu'il est prêt à rencontrer Kim Jong-un en personne

[47:09]

afin de discuter de la relation entre les deux pays.

[47:12]

Les parents d'Otto vont garder espoir que Trump

[47:14]

pourra négocier avec la Corée du Nord afin de rapatrier

[47:17]

tous les détenus Américains, parce qu'il faut se le dire,

[47:21]

Otto n'est pas le seul qui est détenu là-bas,

[47:23]

lors de cette potentielle rencontre.

[47:26]

Mais sinon, les parents demeurent dans l'attente.

[47:29]

Ils ne savent même pas si Otto est encore en vie.

[47:31]

Et il y a quand même beaucoup de gens impliqués,

[47:34]

des diplomates qui vont tout essayer pour obtenir au moins

[47:37]

des nouvelles de lui, mais en vain.

[47:41]

C'est là que l'envoyé spécial adjoint pour la Corée du Nord,

[47:44]

Joseph Yusang Yun, entre en jeu.

[47:48]

Il était déjà dans ce poste pour l'administration Obama

[47:51]

où il gérait les relations avec la Corée du Nord

[47:53]

et avait déjà tenté d'entamer des négociations

[47:56]

avec le pays depuis l'élection de Trump, mais sans nouvelles.

[47:59]

Mais Yun sera une personne clé dans toute cette histoire

[48:03]

plus que puisque c'est lui qui va recevoir une nouvelle

[48:06]

troublante de la part de la Corée du Nord.

[48:10]

On se transporte maintenant en juin 2017.

[48:14]

Yun reçoit enfin des nouvelles

[48:17]

sur l'état d'Otto.

[48:19]

Ça fait plus d'un an que la famille a eu des informations

[48:22]

sur leur fils, mais les nouvelles sont dévastatrices.

[48:26]

La Corée du Nord déclare qu'Otto est dans un état

[48:29]

comateux. Cependant, les autorités n'offrent aucun

[48:33]

détail sur sa santé et les communications

[48:36]

restent très vagues. C'est à ce moment

[48:38]

où les États-Unis décident qu'il faut mener carrément

[48:41]

une mission diplomatique de sauvetage.

[48:44]

Les négociations sont enfin entamées et Yun est désigné

[48:47]

pour se rendre rapidement en Corée du Nord avec une petite équipe

[48:50]

médicale afin d'organiser le rapatriement

[48:53]

d'Otto Warmbier. On ne connaît pas les détails

[48:56]

des négociations, mais la Corée du Nord a accepté la visite

[48:59]

de Yun assez rapidement après lui avoir annoncé

[49:02]

l'état d'Otto. Yun ne sait toutefois pas encore

[49:05]

si le pays va vouloir relâcher Otto.

[49:09]

Les discussions ont eu lieu dans un contexte

[49:11]

diplomatique extrêmement tendu entre les États-Unis

[49:14]

et la Corée du Nord, mais Yun a joué un rôle

[49:17]

central dans ses négo pour assurer le retour

[49:19]

de l'Américain. Une fois à Pyongyang, Yun

[49:22]

avait deux missions, non seulement récupérer

[49:25]

Otto, mais obtenir des informations, des circonstances

[49:29]

médicales sur son coma qu'on ne comprend pas trop.

[49:34]

La Corée du Nord a été réticente

[49:36]

au départ à coopérer, mais la situation

[49:38]

critique d'Otto a fait pression sur les négo.

[49:41]

Yun a insisté sur le fait que les États-Unis,

[49:44]

après avoir pris connaissance de l'état de santé dégradé

[49:46]

d'Otto, n'avaient d'autres choix que d'intervenir.

[49:49]

Ce n'est qu'après plusieurs jours de négociation

[49:52]

que les autorités nord-coréennes ont accepté

[49:54]

de libérer Otto. Le jeune homme se trouvait

[49:57]

à l'hôpital Pyongyang Friendship Hospital.

[50:00]

Un juge se rend sur place pour commuer la peine

[50:03]

d'Otto et offrir sa libération pour des raisons

[50:07]

humanitaires, et Yun est maintenant libre

[50:09]

de le ramener aux États-Unis enfin.

[50:13]

Le médecin qui accompagne Yun,

[50:15]

Michael Fluckiger, observe d'abord

[50:18]

qu'Otto n'est pas réellement dans un coma.

[50:21]

Il est plutôt dans un état d'éveil non réactif.

[50:25]

Un état d'éveil non réactif, c'est quoi au fait?

[50:28]

C'est lorsqu'un patient est éveillé, mais ne montre

[50:30]

aucune réaction au stimuli extérieur.

[50:33]

C'est un terme souvent utilisé dans le cadre

[50:35]

de syndromes post-chromatiques comme un état

[50:39]

végétatif chronique où la personne peut ouvrir

[50:41]

les yeux et bouger, mais ne présente pas de conscience

[50:44]

de soi ou de son environnement.

[50:46]

Sur place, Yun met aussi la main sur des scans

[50:49]

du cerveau d'Otto qui avait été effectué très tôt

[50:51]

après son emprisonnement. Peut-être seulement

[50:54]

quelques jours plus tard où il est clair

[50:56]

qu'il a subi des lésions cérébrales extrêmement graves

[50:59]

et leur cause est inconnue. Et surtout,

[51:02]

ça prouve qu'Otto est dans cet état depuis plusieurs mois.

[51:05]

C'est incroyable.

[51:09]

L'explication donnée par les autorités nord-coréennes

[51:12]

était qu'Otto avait contracté le boutulisme.

[51:16]

Et qu'est-ce que c'est, ça? En fait, c'est qu'il avait pris

[51:19]

un somnifère auquel il avait eu une très mauvaise

[51:22]

réaction allergique. Et le boutulisme,

[51:24]

c'est une intoxication grave qui est causée

[51:27]

par une toxine produite par la bactérie

[51:31]

Clostridium boutulinum. Et cette toxine

[51:34]

affecte le système nerveux en bloquant les signaux

[51:37]

entre les nerfs et les muscles, ce qui peut entraîner

[51:40]

une paralysie. Si ce n'est pas traité rapidement,

[51:43]

l'intoxication peut être fatale, notamment

[51:46]

à cause de l'incapacité à respirer, ce qui est assez

[51:49]

essentiel pour survivre. Le boutulisme peut être

[51:52]

contracté par ingestion de nourriture contaminée,

[51:56]

de plaies infectées ou dans des corps rares

[51:58]

par des injections.

[52:01]

En observant le corps d'Otto,

[52:04]

Dr. Fluckiger n'a pas vu de

[52:06]

blessures physiques. Il avait été bien nourri

[52:09]

via un tube, et à la grande surprise du docteur,

[52:13]

Otto n'avait pas développé des

[52:16]

corps, des bed sores, des plaies de lits.

[52:19]

Pour quelqu'un qui est halité

[52:21]

depuis plus d'un an, c'est très surprenant.

[52:25]

Bizarre. Ses cheveux avaient été

[52:27]

entretenus et même ses ongles étaient coupés.

[52:30]

Ces derniers trucs ont peut-être été préparés

[52:33]

juste pour la visée des Américains, mais l'absence

[52:36]

de blessures physiques soulève plusieurs questions

[52:39]

comme qu'est-ce qui a causé autant de lésions

[52:41]

cérébrales? La thèse du traumatisme

[52:44]

crânien est écartée, du moins pour le Dr.

[52:47]

Fluckiger, puisqu'il n'a visiblement pas de

[52:50]

blessures. Les scans indiquent aussi les

[52:54]

lésions cérébrales sont symétriques, voulant dire

[52:57]

que c'est le cerveau complet qui a été affecté

[53:00]

au même moment et non un endroit précis sur la

[53:03]

tête qui a été touché, comme ce serait le cas

[53:05]

s'il avait subi un traumatisme crânien par exemple.

[53:08]

Sa seule blessure visible est une cicatrice

[53:11]

au pied, déjà guérie, d'origine inconnue.

[53:14]

C'est ça, il a peut-être fait ça dans son voyage

[53:16]

justement, sans plus. On va revenir à

[53:19]

l'examen physique d'Otto un peu plus tard, puisque

[53:22]

l'urgence est de le transporter vers les États-Unis

[53:25]

pour qu'il puisse être réuni avec sa famille.

[53:30]

Toute une situation quand même, c'était ni

[53:32]

rien comprendre. Le 13 juin 2017,

[53:36]

l'avion de Youn, Fluckiger et Otto

[53:39]

atterrit enfin au sol américain.

[53:42]

Ils arrivent à l'aéroport de Saint-Sidati

[53:44]

où Cindy, Fred, Austin et Greta,

[53:47]

ses frères et sœurs, attendent avec impatience.

[53:51]

Les médias se sont déplacés pour assister à

[53:53]

la réunion, mais le tout s'est déroulé en privé

[53:56]

dans un hangar loin des caméras.

[53:59]

Toutefois, ce fut un choc extrême pour la famille.

[54:02]

Quand Cindy et sa fille Greta ont monté les escaliers

[54:05]

de l'appareil et vu Otto, elles sont rapidement

[54:08]

sorties en panique, complètement bouleversées

[54:11]

par son état. La mère dit que ça lui a tout pris

[54:14]

pour ne pas s'évanouir. Fred et Austin

[54:17]

ont également constaté l'état d'Otto

[54:19]

et sont restés à ses côtés à tenter de lui faire un calin

[54:23]

en lui disant qu'il l'aimait. Otto hurlait,

[54:26]

toutefois, un son qui semble avoir hanté son pauvre

[54:29]

père. Il a décrit son hurlement comme celui

[54:32]

d'un animal, comme si Otto n'était plus là.

[54:35]

Il bouge et secoue violemment, même s'il

[54:38]

est attaché à une civière. Il a la tête rasée

[54:41]

et son père soupçonne qu'il était même aveuglé

[54:43]

et devenu malentendant. Il a également

[54:46]

une sonde d'alimentation nasogastrique.

[54:50]

Le père observe aussi que les dents de son fils

[54:52]

semblent avoir été twistés avec des pinces.

[54:56]

C'est bizarre, ça, oui. Voir leur fils

[54:59]

auparavant avec toute sa vie devant lui,

[55:02]

dans un tel état, a profondément bouleversé les parents.

[55:05]

Une triste image a été captée par les médias

[55:07]

sur place où on voit Otto se faire transporter

[55:10]

de l'avion jusqu'à l'ambulance.

[55:13]

C'est vrai, il est pris par les bras,

[55:17]

il ne peut pas se transporter lui-même.

[55:20]

Ça fait pitié quand même, sa situation à Otto.

[55:22]

Non, non, c'est comme s'il était évanoui un peu.

[55:25]

Il a immédiatement été pris en charge par une équipe

[55:27]

médicale de l'hôpital universitaire de Saint-Sinathie

[55:30]

aux soins intensifs. À son admission, sa fièvre

[55:33]

a grimpé à 104 Fahrenheit, selon son père.

[55:37]

C'est à ce moment où les médecins ont confirmé

[55:39]

que les lésions cérébrales d'Otto étaient dues à un manque

[55:42]

d'oxygénation prolongé, ce qui explique son état.

[55:46]

Sauf qu'ils ne savent pas c'est quoi exactement

[55:48]

qui a causé ce manque d'oxygène.

[55:51]

L'état d'Otto est tristement irréversible,

[55:55]

malheureusement. L'hypothèse de torture

[55:57]

est évoquée partout dans les médias.

[55:59]

Le père d'Otto va faire une conférence de presse

[56:02]

le 15 juin en portant le même veston qu'Otto

[56:05]

a porté lorsqu'il a fait sa confession à partir

[56:08]

de la Corée du Nord. On sent la colère contre

[56:11]

le gouvernement nord-coréen, et bien qu'il n'évoque pas

[56:13]

lui-même directement que son fils a été torturé,

[56:16]

il dit très clairement que la famille ne croit pas du tout

[56:19]

l'explication du botulisme et du fameux somnifère.

[56:23]

Il fait attention avec ces mots, mais on peut lire

[56:26]

entre les lignes qu'il blâme complètement le gouvernement

[56:29]

nord-coréen pour l'état de son fils,

[56:32]

qui est un peu… qui est pathétique en fait.

[56:36]

Oui, oui, qui critique.

[56:38]

La famille prend la décision déchirante

[56:40]

de débrancher Otto et le laisser partir.

[56:44]

Ça doit être tellement…

[56:46]

Il est décédé à 14h20 le 19 juin 2017

[56:49]

à l'âge de 22 ans.

[56:51]

Tellement triste.

[56:53]

La famille s'est faite discrète dans les jours

[56:55]

qui ont suivi, mais ont tout de même diffusé un communiqué

[56:58]

pour exprimer leur tristesse profonde et remercier

[57:00]

le personnel de l'hôpital. Donald Trump,

[57:04]

alors président, a aussi fait un commentaire

[57:06]

sur le décès d'Otto.

[57:08]

« Il n'y a rien de plus tragique pour un parent

[57:10]

que de perdre un enfant dans la fleur de l'âge.

[57:13]

Nos pensées et prières accompagnent la famille

[57:15]

et les amis d'Otto, ainsi que fous ceux

[57:18]

qui l'ont aimé. » Il a ajouté « Les États-Unis

[57:21]

condamnent une fois de plus la brutalité du régime

[57:24]

nord-coréen alors que nous pleurons sa dernière victime ».

[57:28]

La Corée du Nord a également réagi

[57:30]

au décès d'Otto, affirmant que c'est

[57:34]

la Corée du Nord qui a été la plus grande

[57:38]

victime de la mort de Warmbier

[57:40]

en raison d'une campagne de diffamation,

[57:43]

soulignant que son traitement avait été

[57:45]

humanitaire envers Otto.

[57:49]

« Bien que nous n'ayons aucune raison de faire

[57:53]

preuve de clémence envers un criminel d'un état

[57:55]

ennemi, nous lui avons prodigué des soins

[57:58]

médicaux avec la plus grande sincérité

[58:00]

sur une base humanitaire jusqu'à son retour

[58:03]

aux États-Unis compte tenu de l'aggravation

[58:06]

de son état de santé ».

[58:10]

Le 23 juin, un porte-parole de celle-ci

[58:13]

lui va même lancer une flèche à l'équipe

[58:15]

médicale américaine qui s'est occupée d'Otto

[58:17]

à son retour. Le fait que Warmbier soit

[58:20]

décédé soudainement en moins d'une semaine

[58:23]

après son retour aux États-Unis dans un état

[58:25]

de santé normal est également un mystère

[58:27]

pour nous, a déclaré le porte-parole du

[58:29]

ministère. Les funéraires et de Otto

[58:32]

ont eu lieu le 22 juin 2017

[58:35]

au Wyoming High School, en présence

[58:38]

de plus de 2500 personnes.

[58:41]

Il a été enterré au cimetière de Oak Hill

[58:44]

à Glendale dans l'Ohio. Durant cette

[58:46]

période, la folie médiatique autour de son

[58:49]

décès ne va que s'amplifier. Son histoire

[58:53]

fait la une de tous les grands médias, mais la

[58:55]

famille va prendre une petite pause pour se réunir

[58:57]

et vivre son deuil loin des projecteurs.

[59:00]

Ça va laisser place à beaucoup de théories

[59:03]

et le sujet de la torture va revenir très

[59:06]

souvent. En juillet 2017, le gouvernement

[59:09]

des États-Unis annonce qu'il interdirait aux

[59:11]

touristes américains de se rendre en Corée du

[59:13]

Nord à partir du 1er septembre 2017.

[59:17]

La détention de Warmbier était l'une des

[59:20]

raisons invoquées. Ça a provoqué ce

[59:23]

changement-là quand même. Je le comprends

[59:26]

qu'il n'y a pas de gouvernement de l'interdire.

[59:28]

C'est bien trop dangereux pour vrai.

[59:29]

C'est clair et ça marque l'imaginaire une

[59:31]

situation comme ça. C'est pas évident.

[59:36]

Le manque de transparence est vraiment

[59:39]

alarmant dans ce dossier-là.

[59:41]

C'est sûr qu'il a été torturé. Les

[59:43]

dents mal arrachées, les dents arrachées,

[59:45]

souvent c'est ça. Ça ressemble à des

[59:56]

démonstrations qu'une autopsie du corps

[59:57]

Dotto soit faite. Il y a toutefois eu un

[01:00:00]

examen post-mortem effectué par une

[01:00:02]

coronère, une certaine Lakshmi Samarko.

[01:00:06]

En septembre 2017, les parents vont

[01:00:09]

recommencer les apparitions médiatiques

[01:00:10]

pour parler du décès de leur fils.

[01:00:13]

Ça va aussi être en réaction aux

[01:00:15]

commentaires du gouvernement nord-coréen

[01:00:17]

comme quoi leur pays était la plus grande

[01:00:19]

victime dans toute cette histoire.

[01:00:22]

Le ton de Fred, son père, va beaucoup

[01:00:24]

changer. Alors qu'il évitait de donner

[01:00:27]

trop de détails auparavant, il va

[01:00:29]

désormais clairement dire que son fils

[01:00:30]

a été torturé en mentionnant l'exemple

[01:00:34]

des dents qui semblaient avoir été

[01:00:35]

tordu par des pinces. C'est durant

[01:00:47]

l'atterrissage de son avion.

[01:00:49]

Après l'apparition de la famille Warmbier

[01:00:51]

à Fox News, Donald Trump va tweeter ceci.

[01:01:07]

Donc Trump va y aller lui d'une accusation

[01:01:11]

directe. La coronère va également

[01:01:14]

faire une sortie pour donner des détails

[01:01:16]

sur l'état du corps d'Otto lors de son

[01:01:18]

examen post-mortem. Mais ces informations

[01:01:21]

semblent démentir quelques trucs dits

[01:01:23]

par les parents d'Otto. Elle n'avait

[01:01:25]

rien dit initialement pour respecter

[01:01:27]

la famille, mais elle s'est sentie

[01:01:28]

forcée de faire une sortie en raison

[01:01:31]

de la désinformation qui circulait.

[01:01:33]

Elle va confirmer que les lésions cérébrales

[01:01:35]

sont symétriques et qu'un manque d'oxygène

[01:01:38]

au cerveau est la cause des lésions uniformes.

[01:01:41]

Cela dément des théories qui circulaient

[01:01:43]

sur le web comme quoi il aurait pu être

[01:01:44]

frappé au niveau de la tête. Elle dit

[01:01:47]

que le cerveau complet a manqué d'oxygène

[01:01:49]

pour une période importante, mais indéterminée.

[01:01:53]

Qu'est-ce qui peut causer un manque

[01:01:54]

d'oxygène? Selon la coroner, il y a plein

[01:01:57]

de raisons qui peuvent être en cause et les

[01:01:59]

thèses d'une tentative de suicide, des chocs

[01:02:02]

électriques et même du waterboarding

[01:02:04]

sont toutes plausible lorsqu'on tente de

[01:02:07]

noyer quelqu'un en lui versant de l'eau

[01:02:10]

dans la bouche avec un tissu. Mais elle

[01:02:13]

souligne que l'explication nord-coréenne

[01:02:15]

du somnifère est également plausible

[01:02:21]

Si les autorités nord-coréennes lui ont

[01:02:23]

donné quelque chose pour le cédaté qui

[01:02:25]

l'a fait arrêter de respirer pendant une

[01:02:26]

période suffisamment longue, c'est plausible.

[01:02:31]

Vous pensez probablement à la cicatrice

[01:02:32]

sur son pied qui n'a pas été expliquée,

[01:02:34]

mais les observations du coroner et ses

[01:02:36]

collègues n'ont pas été concluantes là-dessus.

[01:02:39]

La coroner dit que la théorie comme quoi

[01:02:40]

la cicatrice aurait pu être causée par

[01:02:42]

des électrodes dans un contexte de torture

[01:02:44]

est plausible, mais quelque chose d'autre

[01:02:47]

aurait aussi bien pu toucher sa peau et

[01:02:49]

causer une infection qui a cicatrisé.

[01:02:52]

Il n'y a rien de précis concernant la

[01:02:54]

cicatrice à ce propos, on ne peut pas

[01:02:57]

rien confirmer. La coroner va également

[01:03:00]

démentir fermement les déclarations

[01:03:02]

concernant les dents au bas de la bouche

[01:03:04]

d'Otto, qu'elles avaient été tordues par

[01:03:06]

des pinces, et en regardant de près la

[01:03:08]

vidéo de la confession d'Otto en Corée du

[01:03:10]

Nord, on voit que les dents du bas sont

[01:03:12]

légèrement croches et pointent un peu plus

[01:03:15]

vers l'intérieur de la bouche qu'elles

[01:03:19]

sont droites. Elle déclare que les

[01:03:21]

dents ont été observées par un

[01:03:27]

orthodontologiste, qui sont les dentistes

[01:03:28]

judiciaires, my bad, puis que ce dernier

[01:03:32]

indique qu'il n'y a eu aucune blessure au

[01:03:34]

niveau des racines des dents et que c'est

[01:03:36]

carrément impossible que celles-ci aient

[01:03:38]

été bougées sans qu'il y ait de traces

[01:03:42]

de traumatisme, donc bizarre un peu.

[01:03:45]

Samarco, la coroner, dit également

[01:03:47]

que si elle avait observé les traces

[01:03:49]

claires de violence ou d'acte criminel, elle

[01:03:51]

le dirait sans hésitation. Elle ne nie pas

[01:03:53]

la possibilité qu'Otto a pu être torturé,

[01:03:56]

elle souligne plutôt l'absence de preuves

[01:03:58]

et que les observations physiques ne

[01:04:00]

permettent tout simplement pas de

[01:04:01]

confirmer précisément ce qui s'est

[01:04:02]

passé. Elle dit qu'il y a toutefois

[01:04:05]

plusieurs trucs horribles qu'on peut

[01:04:17]

voir dans la théorie qu'elle aurait

[01:04:19]

contractée. Kim Dong-chul, qui est un

[01:04:22]

homme d'affaires américano-coréen détenu

[01:04:25]

en Corée du Nord, en même temps qu'Otto

[01:04:27]

est relâché en 2018, va quant à lui

[01:04:30]

déclarer qu'Otto a dû subir du waterboarding.

[01:04:33]

Il dit avoir vu un jeune homme américain,

[01:04:35]

probablement Otto selon lui, presque

[01:04:37]

évanoui, traîné à travers un couloir

[01:04:40]

par des enquêteurs, la tête et le visage

[01:04:43]

trempé d'eau. Il dit avoir lui-même

[01:04:45]

subi cette forme de torture. Il y a

[01:04:48]

aussi eu une entrevue intéressante sur

[01:04:51]

la chaîne YouTube de Asian Boss avec

[01:04:54]

un ancien haut placé du gouvernement

[01:04:56]

nord-coréen qui a fait défection en

[01:04:58]

Corée du Sud, qui était là quand

[01:05:00]

Otto a été emprisonné. Et selon lui,

[01:05:02]

le waterboarding n'est même pas considéré

[01:05:04]

comme de la torture en Corée du Nord et

[01:05:07]

que Warmbier en a assurément subi. Donc

[01:05:10]

pour eux, c'est presque un examen de

[01:05:11]

routine. Il n'a pas croisé le jeune

[01:05:13]

américain, mais aimait la théorie que

[01:05:15]

celui-ci a probablement plutôt été

[01:05:18]

empoisonné, ce qui est une autre

[01:05:19]

théorie qu'on n'avait pas vue jusqu'à présent.

[01:05:22]

Et en novembre 2017, le Département

[01:05:26]

d'État américain va réinscrire à sa

[01:05:28]

liste de « State Sponsor of Terrorism »,

[01:05:32]

donc les États soutenant le terrorisme,

[01:05:35]

la Corée du Nord. Le pays avait été

[01:05:37]

retiré de cette liste en 2008 à la

[01:05:39]

suite d'un accord lié aux négociations

[01:05:41]

avec le désarmement nucléaire sous

[01:05:43]

l'administration Bush. La décision de

[01:05:47]

remettre la Corée du Nord sur la

[01:05:49]

liste d'États soutenant le

[01:05:50]

terrorisme est intervenue après des

[01:05:53]

actions provocatrices du régime,

[01:05:56]

y compris les tests nucléaires.

[01:06:00]

Et la Maison-Blanche a souligné que

[01:06:01]

l'histoire d'Otto faisait également

[01:06:03]

partie des justifications. Son ajout à

[01:06:07]

la liste est pertinent ici puisqu'il

[01:06:09]

permet aux parents d'Otto de

[01:06:11]

carrément poursuivre la Corée du

[01:06:13]

Nord au Tribunal fédéral des États-

[01:06:15]

Unis en avril 2018, l'accusant de

[01:06:18]

torture et meurtre. Un citoyen privé

[01:06:21]

ne peuvent pas normalement poursuivre un

[01:06:23]

pays, mais il y a des indemnités qui

[01:06:25]

peuvent être versées aux victimes de

[01:06:27]

pays désignés comme des États

[01:06:29]

soutenant le terrorisme.

[01:06:31]

Les parents ont basé leurs actions en

[01:06:33]

justice sur la loi américaine

[01:06:35]

intitulée The Torture Victim

[01:06:37]

Protection Act et le State Sponsor of

[01:06:40]

Terrorism Restitution Act.

[01:06:43]

En décembre 2018, un juge américain

[01:06:47]

qui va statuer en faveur des parents

[01:06:49]

d'Otto. Le tribunal a jugé que la

[01:06:52]

Corée du Nord était responsable de

[01:06:54]

la torture et du meurtre de Warmbier

[01:06:56]

et a ordonné à celle-ci de payer

[01:06:58]

des dommages et intérêts d'un montant

[01:07:00]

de 501 millions de dollars.

[01:07:04]

La Corée du Nord a qualifié la

[01:07:06]

poursuite de campagnes de

[01:07:07]

diffamations suggérant que Warmbier

[01:07:09]

était un criminel et qu'il

[01:07:11]

avait reçu et qu'il avait reçu

[01:07:14]

et a été humanitaire comme

[01:07:16]

traitement. Le pays n'a pas

[01:07:17]

directement payé les indemnités,

[01:07:19]

mais la famille a réussi à obtenir

[01:07:21]

une compensation partielle grâce à

[01:07:24]

une saisie de biens nord-coréens.

[01:07:26]

Bizarre ça.

[01:07:27]

Mais oui, j'aurais jamais pensé

[01:07:28]

qu'il y avait ces pouvoirs-là.

[01:07:30]

Bien que la Corée du Nord ait

[01:07:31]

rejeté la responsabilité, il n'est

[01:07:32]

pas directement payé les indemnités.

[01:07:36]

La famille a effectivement réussi

[01:07:37]

à obtenir une compensation

[01:07:38]

partielle grâce à des saisies

[01:07:40]

de biens nord-coréens.

[01:07:42]

La saisie a eu lieu après que le

[01:07:43]

tribunal américain ait accordé à

[01:07:45]

la famille la possibilité de

[01:07:46]

récupérer des indemnités à travers

[01:07:49]

des actifs nord-coréens situés

[01:07:51]

à l'extérieur du pays, notamment

[01:07:53]

des fonds gelés ou des biens liés

[01:07:57]

à des entreprises nord-coréennes.

[01:07:59]

Voyons ces villes-là où il y

[01:08:00]

avait un peu de juridiction,

[01:08:01]

je pense.

[01:08:01]

Oui, c'est à peu près le seul

[01:08:03]

endroit. Donald Trump, qui avait

[01:08:06]

fermement dénoncé la Corée du

[01:08:08]

Nord dans le cas de Otto et

[01:08:10]

accusé le pays de torture, a

[01:08:11]

toutefois changé d'avis en

[01:08:13]

février 2019 lorsqu'il a

[01:08:15]

rencontré Kim Jong-un dans le

[01:08:17]

cadre du très médiatisé Sommet

[01:08:19]

de Hanoi et leur deuxième

[01:08:23]

rencontre, car la première

[01:08:24]

était à Singapour.

[01:08:26]

Trump a déclaré qu'il croyait

[01:08:28]

que Kim Jong-un n'était pas

[01:08:29]

au courant du traitement de Otto

[01:08:31]

pendant sa détention et a

[01:08:33]

affirmé « il m'a dit qu'il

[01:08:35]

n'était pas au courant et je

[01:08:36]

vais le croire sur parole ».

[01:08:38]

Il a ajouté « Je ne crois pas

[01:08:40]

qu'il aurait permis que cela

[01:08:41]

se produise. Cela n'était tout

[01:08:44]

simplement pas dans son intérêt

[01:08:45]

de permettre cela. »

[01:08:49]

Oui, après, est-ce que

[01:08:51]

Kim Jong-un est au courant de

[01:08:52]

tout ce qui se passe dans son

[01:08:54]

pays? C'est sûr que d'une

[01:08:55]

manière diplomatique, il ne va

[01:08:56]

pas faire des confessions à

[01:08:58]

Donald Trump.

[01:08:59]

Non, exact, mais ça se peut

[01:09:00]

que ce cas-là, étant donné

[01:09:01]

qu'il y a eu quand même un

[01:09:03]

vol international, ça se peut

[01:09:04]

que ça soit venu à son

[01:09:05]

oreille.

[01:09:08]

Il y a eu des guerres

[01:09:09]

déclenchées pour moins que ça.

[01:09:12]

Donc, selon moi, Kim Jong-un

[01:09:14]

a tout intérêt à dire « Je

[01:09:16]

ne le savais pas, moi ».

[01:09:16]

Oui, effectivement, tu as

[01:09:17]

raison.

[01:09:19]

C'est l'histoire d'Otto,

[01:09:20]

elle se termine pour une sorte

[01:09:22]

de forme de justice partielle,

[01:09:24]

si on peut dire, Emile, même

[01:09:25]

si tout ça est bien tragique.

[01:09:27]

Ils ont eu, d'une certaine

[01:09:28]

façon, une forme de réparation

[01:09:31]

financière, mais ça ne pourra

[01:09:32]

jamais compenser pour la perte

[01:09:35]

de leur fils.

[01:09:37]

L'émotion a suscité vraiment

[01:09:39]

beaucoup. En fait, l'affaire

[01:09:41]

a suscité beaucoup d'émotions

[01:09:42]

aux États-Unis, autant qu'à

[01:09:43]

l'international. Encore une

[01:09:45]

fois, je vous le redis, la

[01:09:47]

mise en garde importante sur

[01:09:48]

les voyages potentiellement

[01:09:49]

dangereux. Faites attention,

[01:09:51]

surtout à l'ère numérique,

[01:09:52]

où il y a de nombreux

[01:09:53]

youtubeurs, qui ne sont pas

[01:09:55]

américains, qui visitent la

[01:09:56]

Corée du Nord pour faire une

[01:09:58]

prochaine vidéo virale. Faites

[01:10:00]

attention à ça pour revenir

[01:10:02]

en vie.

[01:10:04]

Alors, c'est dur de se faire

[01:10:05]

une tête là-dessus, parce

[01:10:07]

qu'on dirait qu'il y a

[01:10:07]

tellement d'opacité dans toute

[01:10:10]

l'année qu'il a passé en

[01:10:11]

Corée du Nord, on dirait

[01:10:12]

que personne n'a rien dit.

[01:10:15]

Il n'y a pas eu de dossier

[01:10:21]

de ce qui s'est passé.

[01:10:23]

C'est comme s'il était

[01:10:25]

en détention, puis personne

[01:10:27]

ne sait ce qui est arrivé

[01:10:29]

pendant ce temps-là. C'est

[01:10:30]

dur d'avoir une hypothèse

[01:10:33]

qui se tient autour de ça.

[01:10:35]

Moi, je peux croire que

[01:10:37]

ça se peut très bien qu'il

[01:10:38]

ait fait la gaffe, qu'il ait

[01:10:39]

tenté de ramener un poster,

[01:10:41]

même si ce n'est pas clair,

[01:10:42]

il était peut-être dans sa

[01:10:43]

chambre, il n'était pas dans

[01:10:44]

sa chambre. Ça, ça se peut qu'il

[01:10:46]

ait fait l'erreur de faire ça,

[01:10:48]

puis on dirait que s'il l'a fait

[01:10:50]

vraiment, j'ai tendance à croire

[01:10:52]

en la théorie qui a été détenue

[01:10:53]

en tant que presque un terrorisme

[01:10:55]

et qui a sans doute été torturé.

[01:10:57]

Moi, je suis convaincu aussi.

[01:10:59]

Ce qui l'a amené dans cet état-là.

[01:11:00]

On dirait que j'ai de la misère

[01:11:01]

à croire le botulisme, puis

[01:11:05]

tout ça.

[01:11:07]

C'est pareil pour moi, je suis

[01:11:09]

convaincu qu'il ait un peu comme

[01:11:12]

un outil politique.

[01:11:14]

J'ai l'impression parce que...

[01:11:17]

Oui, parce que j'ai l'impression

[01:11:19]

qu'il a dû la prendre, l'affiche

[01:11:20]

parce que je me semble que j'avais lu

[01:11:21]

en ligne, j'avais lu qu'il disait

[01:11:24]

que c'était pour un ami,

[01:11:26]

c'était pour faire une blague

[01:11:27]

ou à un ami, c'était pour ramener

[01:11:29]

à un de ses amis ce poster-là.

[01:11:32]

Mais c'est encore là, est-ce que

[01:11:33]

c'est une confession forcée?

[01:11:37]

Je veux dire, ça mérite

[01:11:38]

pas tout ça.

[01:11:40]

Je comprends peut-être que dans

[01:11:41]

certains pays, il y a des choses

[01:11:43]

au niveau culturel qu'on ne peut

[01:11:45]

pas faire sur les moeurs,

[01:11:47]

mais c'est complètement exagéré.

[01:11:50]

Comme tu dis, moi je pense

[01:11:51]

qu'il l'a volé, l'affiche,

[01:11:54]

mais c'est sûr

[01:11:55]

qu'il ne s'attendait pas à ces

[01:11:56]

conséquences-là sur une chambre

[01:11:58]

d'hôtel, qu'il y a juste du staff.

[01:12:00]

Tu ne dois pas te douter, même

[01:12:03]

je ne sais pas s'il avait été

[01:12:04]

avisé que c'était autant surveillé.

[01:12:07]

Sûrement qu'il devait

[01:12:09]

tout savoir,

[01:12:10]

mais une veille de nouvel an

[01:12:13]

à une heure du mat,

[01:12:14]

c'est autour d'une heure cinquante

[01:12:16]

du matin, je pense une heure quarante-cinq.

[01:12:18]

Donc c'est sûr que tu as envie

[01:12:21]

de, comment dire,

[01:12:22]

tu peux faire des niaiseries,

[01:12:23]

tu peux prendre des défis, des challenges,

[01:12:26]

tu peux tenter de

[01:12:28]

y aller pour

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te challenger toi-même un peu.

[01:12:31]

Je vais y aller à l'étage barré.

[01:12:34]

Mais c'est sûr que les répercussions

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qu'il y a eu autour de ça,

[01:12:37]

c'est à dire rien comprendre, c'est surtout

[01:12:38]

qu'il n'y a pas eu de procès juste et équitable

[01:12:41]

parce que c'est mince,

[01:12:43]

autant c'est mince en termes de preuves

[01:12:45]

pour condamner Otto du vol

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du fameux poster, autant c'est mince

[01:12:49]

en termes de preuves pour condamner

[01:12:51]

la Corée du Nord de torture.

[01:12:53]

Oui, c'est vrai.

[01:12:55]

On dirait qu'il y a toute cette

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année de mystère, on n'en sait rien

[01:12:59]

finalement, à moins que quelqu'un

[01:13:00]

un jour s'ouvre puis en parle.

[01:13:03]

Oui, effectivement.

[01:13:04]

Justement un co-détenu

[01:13:06]

qui aurait vu des choses.

[01:13:10]

Moi qui étais témoin

[01:13:11]

effectivement.

[01:13:12]

Ce qui est drôle, j'ai lu aussi

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que Pyongyang ont utilisé des bottes

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sur les réseaux sociaux pour faire de la propagande

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pendant toute cette histoire-là

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pour, dans le fond, eux pour eux,

[01:13:23]

Otto serait mort à cause de sanctions

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américaines et non de la torture.

[01:13:27]

Un peu comme les Russes font

[01:13:28]

ou la Chine pour influencer

[01:13:30]

soit les élections américaines ou l'opinion

[01:13:32]

publique, la Corée du Nord

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aurait fait la même chose à cette époque-là

[01:13:37]

en bombardant sur les réseaux sociaux

[01:13:38]

de nouvelles plus à leur avantage

[01:13:41]

que l'inverse.

[01:13:43]

Ah, quelle histoire!

[01:13:44]

Mon Dieu!

[01:13:46]

Oui, toute une histoire.

[01:13:48]

Maintenant, qu'est-ce que vous en avez pensé, vous les distordieux?

[01:13:50]

Est-ce que vous connaissiez cette histoire?

[01:13:52]

Dites-nous ce que vous en pensez, on est très curieux

[01:13:54]

de vous entendre là-dessus. Pour nos membres

[01:13:56]

de Patreon, on se revoit tout de suite en After Show.

[01:13:59]

On va parler d'une vague

[01:14:00]

de disparitions suspectes et d'enlèvements

[01:14:03]

qui ont eu lieu en Corée du Nord

[01:14:04]

justement dans les années 70 et 80

[01:14:06]

qui a eu des répercussions jusqu'à maintenant.

[01:14:09]

Donc, ça risque d'être très intéressant, une histoire

[01:14:10]

que j'avais peu entendu parler.

[01:14:13]

On va revenir là-dessus.

[01:14:14]

Et pour terminer, on doit remercier

[01:14:16]

nos chers membres Patreon, un à un.

[01:14:19]

On va en venir à bout un jour.

[01:14:20]

Vous allez tous avoir votre shout-out.

[01:14:22]

Gardez la foi. Seb, je te laisse

[01:14:24]

commencer.

[01:14:26]

À notre actionnaire, merci

[01:14:28]

Frédéric D, Marie C,

[01:14:31]

Cathy B, Guillaume R

[01:14:33]

et la mystérieuse Alissa.

[01:14:35]

Une bonne poignée de main

[01:14:37]

à Cathy, à Pamela B,

[01:14:39]

à Abigail,

[01:14:40]

à Mélanie V et à Lauren.

[01:14:43]

Je poursuis l'amour

[01:14:44]

à Kathleen D, Alexandra,

[01:14:47]

Alex P,

[01:14:48]

Cathy BM et Laurie L.

[01:14:51]

Un gros câlin

[01:14:52]

à Patrick A. D,

[01:14:54]

à Amélie R, à

[01:14:56]

Jessica H, à André Anger

[01:14:59]

et à Frédéric R.

[01:15:01]

Et je conclue

[01:15:02]

un gros high-five à Joannie,

[01:15:05]

à Geneviève,

[01:15:06]

à Rose S. D. L,

[01:15:09]

à Denis B

[01:15:10]

et à Isabelle D.

[01:15:12]

Un gros merci à vous.

[01:15:15]

Oui, merci.

[01:15:19]

Alors Emile, est-ce que tu aurais un mot de la fin pour nous?

[01:15:23]

Si vous cherchez

[01:15:24]

des destinations vacances,

[01:15:26]

tenez-vous loin des pays

[01:15:27]

où on ne peut pas écouter distorsion.

[01:15:30]

Oh non!

[01:15:32]

Allez-y jamais!

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