#63 - L’univers obscur des INCELS

Épisode

#63 - L’univers obscur des INCELS

Saison
5
Épisode
63
Durée
1 h 24 min
Format
Audio

Audio

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Le 23 avril 2018, Alek Minassian, au volant d’une van blanche, fonce sur des piétons au centre-ville de Toronto dans le but de tuer de plus de gens possible. Il fera au total 10 morts et 16 blessés. Il revendique cet acte d’extrême violence au nom des INCELS, une contre-culture Internet d’hommes célibataires involontaires affublés d’une haine envers les femmes. Des membres de cette communauté, radicale et imprévisible, ont causé plus de 45 morts au cours des dernières années et le phénomène est grandissant. Emile et Seb s’enfouissent au sein de la “Manosphère”, analysent leur idéologie et leur language, et refond la chronologie des évènements qui ont amené ce groupe a devenir l’un des plus radicaux du Web.

Transcription de l’épisode

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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur...

[00:26]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:58]

En avril 2018 à Toronto, Alec Minassian fonce à toute allure sur des piétons au centre-ville, causant 10 morts et 16 blessés.

[01:07]

En fouillant sa vie en ligne, on découvre qu'Alec était un membre des INCEL, une communauté internet radicale d'hommes incapables d'avoir des relations avec les femmes.

[01:17]

En plus de véhiculer des messages haineux envers les femmes, les INCEL sont responsables d'au moins 45 morts causés lors de tueries de masse.

[01:23]

Plongé avec nous au cœur d'une des contre-cultures les plus dangereuses et les plus imprévisibles de l'internet.

[01:33]

Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?

[01:35]

Ça va bien, et toi Emile Gauthier?

[01:36]

Ça va très bien. Aujourd'hui, on aborde encore une fois un sujet dur, notre saison 5. Elle est très intense, on se plonge dans des nouveaux types de sujets.

[01:45]

On va parler aujourd'hui des INCEL, donc cette communauté d'hommes célibataires involontaires sur Internet qui, depuis le début des années 2000, se regroupe sur des forums, sur des blogs et depuis l'arrivée des réseaux sociaux, évidemment, sur Facebook, YouTube et autres.

[02:02]

Au départ, ça ne faisait pas vraiment de vagues, mais au cours des dernières années, ce regroupement-là s'est vraiment radicalisé.

[02:08]

Ils en sont venus à commettre des crimes vraiment odieux. C'est des crimes très, très récents. Il y en a qui remontent il y a quelques mois seulement.

[02:18]

C'est vraiment dangereux. C'est un groupe qui semble être plus imprévisible que jamais. De mon côté, faire des recherches là-dessus, ça a été, je pense, un des épisodes les plus difficiles.

[02:29]

La même chose pour moi, j'ai trouvé ça très, très dur. C'est au niveau psychologique, ça fait mal à l'homme, dans le sens parce que, vous allez voir, cette portion-là d'hommes, elle est difficile à comprendre, en fait.

[02:45]

Tu entends un peu le désespoir vers où ça peut les mener, toute la haine envers les femmes, c'est vraiment difficile parce que ça contrevenait toujours contre mes valeurs.

[02:55]

J'avais vraiment beaucoup de difficultés à lire ou à écouter des reportages là-dessus ou des témoignages.

[03:00]

Oui, carrément. Moi aussi, même expérience, ça a été très difficile parce qu'il y a un peu deux volets à ça.

[03:06]

On comprend que des hommes célibataires peuvent se regrouper sur Internet pour discuter de leurs problèmes amoureux, de leur vie amoureuse.

[03:15]

On n'a pas tous pogné au secondaire, on se rappelle. Il y a certaines années que c'était difficile.

[03:20]

Oui, on était désespérés et tout ça, mais il y a tout un volet de ces gens-là qui vraiment se radicalisent, qui utilisent un langage qui leur est propre.

[03:28]

Vous allez voir, on va faire le tour du jargon des incelles, puis aussi des sous-catégories des incelles.

[03:34]

J'avais l'impression presque de faire une recherche sur des nazis, à quel point parfois ça devient extrême.

[03:42]

Je les catégorisais. Aujourd'hui, justement, je me disais que c'est la même chose que les nazis.

[03:46]

C'est une radicalisation complète. D'avoir une haine envers certaines personnes de la société comme ça, moi, ça me bouleverse.

[03:54]

C'est vrai que c'est la même chose que les nazis. Tu ne peux pas classifier les gens de la même manière qu'ils le font.

[04:02]

Vous allez voir, ce n'est pas toujours évident à entendre. Mais là, on ne parle pas de torture ou de choses comme ça,

[04:07]

mais c'est vraiment juste dans le vocabulaire et dans les valeurs que ces gens-là prônent et transmettent que c'est difficile.

[04:13]

Et vous allez voir, c'est allé très loin aussi. Il y a eu des tueries de masse. Ils sont responsables de plus de 45 morts.

[04:20]

En fait, je ne veux pas mettre tout le monde dans le même panier.

[04:23]

Aujourd'hui, on va tenter de bien peser nos mots aussi, parce que ce n'est pas tous les incelles qui sont des meurtriers, soyons clairs.

[04:31]

Ce n'est pas tous les incelles qui sont aussi extrêmes que d'autres.

[04:35]

Mais aujourd'hui, on va essayer de couvrir le spectre d'une manière le plus large possible.

[04:40]

On va aussi évidemment parler du cas de Elliot Rogers, qui est justement un meurtrier en série, issu de cette communauté-là,

[04:48]

et d'Alec Minassian, comme on en a parlé dans l'intro, qui lui, en 2018, a foncé dans sa vanne blanche au centre-ville de Toronto et a créé tout un carnage.

[04:58]

Donc, c'est allé assez loin. Il y a eu aussi des événements qui sont arrivés en 2019 entourant cette communauté-là.

[05:04]

Donc, on va faire un peu le tour, et vous allez voir, c'est quand même assez troublant, mais ça vaut la peine de s'informer et d'en savoir un peu plus sur cette contre-culture-là.

[05:13]

Oui, c'est important d'en parler encore une fois. Je trouve que même si c'est des sujets durs, il faut les amener dans l'actualité.

[05:21]

Ça l'est quand même actuellement dans l'actualité. On le sait, c'est quand même un sujet chaud.

[05:25]

Mais on tenait à en parler pour vous, parce que je suis convaincu qu'il y a des gens qui ne connaissent pas vraiment le phénomène en tant que tel.

[05:30]

Pour passer encore une fois à travers un épisode comme ça, mon cher Emile, qu'est-ce qu'on boit ce soir?

[05:36]

Aujourd'hui, on boit l'impérial Gros Tigre, j'adore le nom de cette bière-là, de la micro brasserie Les Grands Bois de Saint-Casimir au Québec.

[05:45]

C'est une cession IPA feline qu'ils décrivent, eux, à 4 % d'alcool, donc on ne vire pas fou avec ça, on demeure très raisonnable, avec un doux arôme de blé.

[05:55]

Et elle est très rafraîchissante, pardon, cette bière-là. Moi, j'ai bien aimé. Et la canette aussi, le visuel est vraiment magnifique.

[06:03]

Cette bière-là nous est offerte par Roxanne, qui l'a fait via notre onglet Tourner de bière sur le DistortionPodcast.com.

[06:10]

Donc si vous voulez encourager le show, c'est là que ça se passe et vous pouvez en même temps nous suggérer les idées de bière qu'on va boire.

[06:17]

Oh oui! On voulait aussi faire un shout-out spécial à Marie-Pierre et Charles de La Boucabane, qui nous ont envoyé une tournée de jerky.

[06:25]

Oh oui, en plus, on aime ça, du jerky, nous.

[06:26]

Oui, on adore ça, on a hâte d'y goûter, on vous remercie énormément. Ils ont un site web, ça vous intéresse, laboucabane.com. Merci à vous, Marie-Pierre et Charles.

[06:34]

Et évidemment, on a un shout-out, une review 5 étoiles sur Apple Podcasts, qui nous vient cette fois-ci de Lowlamb9.

[06:42]

Et elle nous dit juste merci d'être comme vous êtes. Votre podcast nous a permis de nous évader pendant 6 mois de travail en ferme dans le fin fond de l'Australie.

[06:51]

Wow, c'est loin!

[06:51]

Ben oui, écoute, shout-out à vous, merci de nous écouter des quatre coins du monde.

[06:57]

Je pense qu'on a tout dit, mon cher. Là-dessus, Emile, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans le monde des Incelles?

[07:04]

Oui, monsieur. Allons-y.

[07:08]

Le 23 avril 2018, au centre-ville de Toronto, au Canada, un jeune homme de 25 ans conduit une vanne blanche qu'il a loué auparavant dans la journée.

[07:17]

Il est environ 13 heures. Nous sommes un lundi et la rue Yonge Street s'active de gens qui font des courses ou vont travailler.

[07:25]

Ce quartier de Toronto est particulièrement bondé de gens un lundi de semaine en après-midi.

[07:31]

Soudainement, Alec dirige sa vanne Chevrolet sur le trottoir et percute violemment une série de piétons qui s'y trouvent.

[07:38]

Il roule pendant un bon moment sur le trottoir et, à un certain moment, il reprend la route sur Park Home Avenue pour retourner une fois de plus sur le trottoir, toujours à pleine vitesse, pour percuter encore d'autres piétons.

[07:51]

Il n'est pas clair à ce moment si le conducteur est intentionnel ou s'il s'agit d'une perte de contrôle ou encore d'un accident.

[07:58]

À 13 h 25, un piéton contacte les secours et les ambulances sont envoyées sur le champ, ainsi que les autorités.

[08:05]

Le constable Ken Lam, qui était assigné à la circulation ce jour-là, intercepte la vanne blanche avec son autopatrouille.

[08:13]

Il s'arrête, sort de la voiture et pointe son arme en direction de la porte du conducteur.

[08:19]

Le jeune homme sort de la vanne les mains dans les airs tout en remettant souvent sa main dans sa poche arrière en saisissant un objet noir foncé qu'il pointe vers l'agent Lam.

[08:29]

Le jeune homme crie au policier « Tire-moi dans la tête ».

[08:33]

Alors qu'il avance vers le suspect, Ken Lam remarque que l'objet en question n'est qu'un portefeuille noir et non une arme à feu.

[08:41]

Il va donc remettre sa propre arme dans son étui et saisir son bâton pour arrêter le suspect formellement qui ne se débattra pas.

[08:49]

Là-dessus, je voulais quand même saluer le travail du policier parce qu'il aurait pu quand même conserver son arme.

[08:53]

Il n'a pas tiré et souvent on a tendance quand même à voir dans les médias que la police peut être rapide sur le « gun » parce qu'ils ont peur dans des situations comme ça.

[09:02]

Mais dans ce cas-ci, dès qu'il a remarqué que ce n'était pas une arme, il a pris son bâton. Je trouve que c'est admirable comme geste.

[09:08]

Exactement, il a rangé le sien pour ne pas créer de conflits et ne pas énerver le suspect.

[09:13]

Exactement.

[09:13]

Au risque de se manger un coup sur la gueule.

[09:16]

Oui, absolument. Veux, veux pas une arme, ça fait plus peur et ça peut un peu plus te défendre de bâton.

[09:21]

Le centre-ville de Toronto est maintenant en état de siège. Il y a du sang à tous les coins de rue ainsi que divers membres humains étalés un peu partout sur la rue.

[09:31]

Les rues sont barrées, les piétons ne savent plus où donner de la tête tellement ils sont sous le choc.

[09:37]

La vanne va avoir traversé une quinzaine de rues avant d'être stoppé. C'est très long quand on voit ça sur la carte.

[09:43]

Oui, c'est fou.

[09:44]

D'autres témoins filment des vidéos avec leur téléphone. On ignore encore l'ampleur de la tragédie.

[09:50]

Un témoin affirme que le conducteur regardait les piétons droit dans les yeux lorsqu'il les percutait.

[09:55]

Mon Dieu.

[09:56]

Il n'avait pas l'air du tout d'être dans une situation accidentelle ou encore en, je sais pas moi, il n'avait pas fait une crise d'épilepsie au volant.

[10:04]

Oui, oui, parce que souvent dans des cas comme ça, ça arrive, souvent quand il y a des types d'accidents de ce genre.

[10:09]

On apprend que l'homme en question est un développeur logiciel âgé de 25 ans nommé Alec Minacian.

[10:15]

Il s'identifie comme un incel. Les incels, c'est une contre-culture masculine radicale sur Internet qui regroupe des célibataires involontaires,

[10:25]

incapables d'entretenir des relations amoureuses ou sexuelles avec les femmes.

[10:29]

On apprendra que c'est en l'honneur de ce groupe qu'Alec prendra la route ce jour-là dans le but de faire le plus de victimes possibles.

[10:37]

Il fera au total 10 morts et 14 blessés.

[10:40]

Mais comment un jeune homme intelligent comme lui a pu se radicaliser autant jusqu'à en devenir un meurtrier?

[10:47]

Ça vous allez voir, on va faire le tour de tout ça.

[10:50]

C'est un événement quand même assez récent. Généralement à Distorsion, on attend un peu quelque temps avant de traiter d'un événement,

[10:56]

mais celui-là, étant donné qu'il s'inscrit vraiment dans une lignée de crimes commis par ce groupe-là,

[11:01]

on croit que c'est important d'en parler. Vous allez voir, on va y revenir un peu plus tard.

[11:06]

Tu te rappelles quand c'était arrivé, Seb, c'était incroyable pour nous au Canada.

[11:10]

On n'est pas habitué d'avoir des tragédies comme ça.

[11:12]

Non, on a très peu de tueries de masse. Je m'en souviens presque comme c'était hier.

[11:16]

Ça fait pas si longtemps que ça. On dirait que quand tu regardes ça, tu trouves ça inimaginable.

[11:22]

Que des gens peuvent se foncer sur d'autres personnes pour les tuer volontairement.

[11:27]

Moi, ça me dépassait.

[11:29]

Avant qu'il soit identifié comme un incel, ça n'a pas été tout de suite.

[11:33]

Les gens se questionnaient parce qu'au départ, on croyait que c'était un acte terroriste.

[11:38]

Je pense que c'est quand même considéré comme un acte terroriste,

[11:41]

mais peut-être pas au sens que nous, on le voit souvent qu'il peut être lié à la religion.

[11:46]

Nous devons reculer de quelques décennies afin de faire l'historique des incels jusqu'en 1997.

[11:51]

Alana, une étudiante à la maîtrise en statistique à l'Université d'Ottawa,

[11:55]

travaillait dans un petit bureau que l'Université lui prêtait pour réaliser ses devoirs de maths.

[11:59]

Un soir où elle s'affaira à ses devoirs, un homme passe par son bureau,

[12:03]

cogne à sa porte et lui dit sans même se présenter

[12:06]

« J'ai 27 ans et je n'ai eu aucune date », un rendez-vous galant.

[12:10]

Tout d'abord, Alana est un peu secouée de cette rencontre,

[12:12]

mais elle décide de discuter un peu plus avec lui pour tenter de comprendre ce qui lui vaut cette interruption.

[12:17]

Ils vont discuter toute la soirée.

[12:19]

L'étudiante lui explique à quel point il se sent seul,

[12:22]

à quel point les femmes ne veulent rien savoir de lui, et que tout seul déprime.

[12:26]

Alana sentait qu'il avait besoin de se confier,

[12:29]

et cette soirée-là, c'est elle qui lui a prêté l'oreille dont il l'avait besoin.

[12:33]

Cette discussion a germé dans la tête d'Alana, et elle a réalisé une chose elle aussi.

[12:37]

À presque le même âge, elle non plus n'a jamais vraiment eu de rendez-vous ou de date.

[12:41]

Elle aussi n'a jamais été vraiment en relation.

[12:43]

Allant dans la vingtaine, Alana se cherche aussi un peu.

[12:47]

Elle croit être homosexuelle, ou du moins « queer »,

[12:50]

mais elle n'a jamais fait de comignante et n'a jamais été dans une relation homosexuelle non plus.

[12:54]

Dans son cas à elle, surtout en 1997, l'homosexualité n'était pas encore autant acceptée qu'aujourd'hui.

[13:01]

Il y avait très peu d'endroits sur le Web pour discuter du sujet.

[13:04]

Il y avait même très peu de Web.

[13:05]

Oui, exactement. En 1997, c'est vrai, c'était dans le temps d'Alta Vista, c'était une autre époque.

[13:12]

Il n'y avait pas de réseaux sociaux ou d'applications pour discuter avec des gens qui vivent les mêmes situations que soi.

[13:17]

Il y avait quand même quelques blogs et surtout des chaînes de courriel.

[13:20]

Oui, les chaînes de courriel, c'était un peu là que ça se passait.

[13:23]

Quand tu étais intégré dans une bonne chaîne, ça remplaçait un peu les fils de blogs d'aujourd'hui.

[13:30]

Oui, oui, exactement. Même les groupes de discussion d'une certaine manière.

[13:34]

Même les gens discutaient via certains groupes dans les « newsgroups » qui s'appelaient.

[13:39]

Il y avait des échanges et ça fonctionnait un peu par courriel.

[13:42]

Alana va décider de créer son propre site Web afin de détailler ses états d'âme amoureux

[13:46]

et d'ouvrir une discussion avec d'autres gens qui ont la difficulté à avoir des relations sexuelles

[13:50]

et amoureuses.

[13:51]

Elle cherche d'ailleurs un thème pour ce type de gens.

[13:53]

Car c'est vrai, il n'existe pas vraiment de mots précis pour les décrire.

[13:57]

Il y a le mot « célibataire » qui vient à l'esprit, mais ces gens-là ne souhaitent pas l'être,

[14:01]

donc ça complique les choses.

[14:03]

Elle va donc choisir le mot « involontaire » pour compléter l'expression.

[14:06]

« Célibataire involontaire » ou encore « involuntarily celibate » en anglais.

[14:11]

Lorsqu'on le diminue à sa plus simple forme, on a l'acronyme « in vessel »

[14:17]

avec un « V » qui disparaîtra plus tard pour devenir simplement « incel » ou « incel ».

[14:22]

Donc c'est de là que ça vient, ce fameux terme-là.

[14:24]

C'est « involontarily celibate ».

[14:27]

À la base, il y avait un « V » du moins dans le projet de Alana.

[14:31]

Oui, puis moi, ça m'a quand même surpris que c'est une femme qui a démarré ça.

[14:34]

Oui, c'est ce qui est le plus surprenant.

[14:36]

Oui, puis c'est des hommes qui ont complètement repris le message et l'ont transformé.

[14:41]

Elle, elle est encore vivante, cette dame-là.

[14:44]

Ça doit un peu la traumatiser, je suis convaincu.

[14:46]

Oui, on va y revenir plus tard.

[14:48]

Alana lance donc son blog intitulé « Alana's involuntary celibacy project ».

[14:53]

Elle va aussi mettre en place une liste d'envois où les gens peuvent s'abonner

[14:57]

et recevoir les plus récents billets et les plus récentes mises à jour.

[15:00]

Elle va connaître beaucoup de succès et une très grande communauté va se rassembler régulièrement.

[15:05]

Certains vont y écrire de la poésie, d'autres vont composer des chansons

[15:07]

et d'autres vont simplement se confier sur leur état d'esprit.

[15:10]

Bien que le moral est souvent plutôt bas sur le blog,

[15:12]

Alana a quand même l'impression d'aider cette communauté à extérioriser leur émotion

[15:16]

en leur offrant un lieu de partage et en les conseillant beaucoup elle-même.

[15:20]

Elle va passer beaucoup de temps à simplement discuter avec d'autres abonnés pendant de longues heures.

[15:24]

Donc c'est là qu'on voit qu'à la base, les idées derrière ce blog-là

[15:28]

et derrière ce mot-là étaient plutôt nobles.

[15:30]

Bien oui, absolument. Avoir une communauté d'entraide,

[15:34]

pour des gens qui se sentent seuls, il n'y a rien de mieux que ça.

[15:38]

Puis oui, puis c'est vrai à quelque part que c'est important de se confier.

[15:41]

Puis à cette époque-là, il n'y avait même pas MySpace,

[15:44]

parce que MySpace va arriver un petit peu plus tard,

[15:46]

ça va devenir d'ailleurs un endroit clé pour les incels.

[15:50]

Il n'y avait pas Facebook non plus pour trouver des gens en ligne qui nous ressemblent.

[15:54]

Il y avait MIRC, mais c'était quand même un peu plus marginal.

[15:57]

Puis ce n'est pas évident tout le temps de trouver un groupe précis de gens.

[16:01]

Donc le blog d'Alana, en plus avec sa mailing list,

[16:05]

contribuait justement à créer une discussion entre ces célibataires involontaires.

[16:09]

Avec le temps, Alana tombe amoureuse et rencontre quelqu'un, une autre femme,

[16:14]

et sa relation est de plus en plus épanouissant.

[16:16]

Elle va peu à peu se distancer de son blog vers le début des années 2000 environ.

[16:20]

Elle était loin de se douter que son blog créé à la base

[16:23]

pour permettre à des gens souffrant de solitude de se rassembler,

[16:26]

allait devenir une des sous-cultures les plus extrêmes d'Internet.

[16:30]

Au fil du temps, Internet se développe et MySpace apparaît.

[16:34]

Les blogs commencent à se multiplier aussi le vieil des plateformes

[16:37]

comme Blogger, qui a été lancé en 1999.

[16:40]

Les 100 abonnés de l'époque d'Alana se sont multipliés

[16:43]

et ils se regroupent un peu partout sur Internet en utilisant le terme Incel.

[16:48]

Plusieurs d'entre eux vont lancer leur propre blog, plus radicaux,

[16:51]

et vont devenir des genres d'influenceurs au sein de la communauté.

[16:55]

Alors qu'au départ, les Incel ne devaient pas blâmer les autres pour leur malheur,

[16:59]

ils devaient travailler sur eux-mêmes.

[17:01]

Il en est tout autre maintenant, comme on peut voir avec les événements d'actualité.

[17:05]

Ces différents groupes et individus vont être regroupés

[17:07]

dans un genre de mot fédérateur, la manosphère.

[17:11]

Nous allons parler un peu plus tard de tous les sous-groupes que cette manosphère comprend.

[17:16]

Mais oui, c'était l'époque du, comment dire, de l'avènement des blogs.

[17:21]

Oui, bien oui, et puis c'était une belle époque, je trouve.

[17:23]

Moi, je l'ai vécu aussi, puis j'aimais ça.

[17:26]

Il y avait une effervescence, en fait, qu'on pouvait avoir des outils

[17:29]

accessibles aux gens pour publier toutes sortes de contenus,

[17:32]

des états d'âme, des passions, c'était loin.

[17:36]

Et puis d'une certaine manière, l'époque pré-réseau sociaux,

[17:41]

ça a un peu démocratisé le contenu en ligne, je trouve.

[17:44]

Et les blogs aussi servaient de communauté.

[17:47]

À l'époque, je ne sais pas si tu te souviens, mais on commentait beaucoup sous les blogs.

[17:51]

Oui, exact.

[17:52]

Et on était connectés souvent sous un profil avec ou sans notre vraie identité,

[17:58]

mais il y avait énormément de discussions qui se passaient sous les blogs.

[18:00]

Facebook a un petit peu tué ce momentum-là,

[18:04]

mais quand même, c'était là que ça se passait.

[18:06]

Oui, puis ça a un peu démocratisé l'individu en tant que média.

[18:11]

Oui, exact.

[18:12]

Maintenant, tout le monde est devenu un média aussi,

[18:15]

avec Facebook, Instagram, tout ça.

[18:16]

Mais à l'époque, ce n'était pas si facile que ça,

[18:19]

puis les blogs ont vraiment amené ce concept de citoyen vigilant

[18:26]

ou même justement l'individu en tant que média.

[18:29]

Des sous-catégories d'incels vont maintenant se définir

[18:32]

et plusieurs sous-communautés vont émerger et s'organiser sur le web.

[18:36]

Là, on va faire un peu le tour de tout ça.

[18:38]

Il y a évidemment les incels de base, donc les célibataires involontaires.

[18:42]

Donc eux, ils n'ont pas choisi d'être célibataires.

[18:45]

Ils aimeraient être en couple ou du moins avoir des relations sexuelles avec des femmes.

[18:50]

Il y a aussi les vol-cells, qui eux, c'est des volontaires.

[18:53]

Donc eux, c'est des gens qui choisissent de vivre sans les femmes.

[18:57]

Donc ils ont un mépris profond envers les femmes,

[19:00]

puis c'est des célibataires volontaires carrément.

[19:03]

Puis précise-moi, est-ce qu'ils sont ouverts à avoir des relations sexuelles avec une femme

[19:08]

ou même cet aspect-là est complètement éclipsé?

[19:11]

Je pense que cet aspect-là est éclipsé.

[19:13]

Complètement, OK.

[19:15]

Mais il faudrait fouiller sur les vol-cells un petit peu plus.

[19:18]

Mais tu vas voir, en fait, le concept est très flexible,

[19:20]

c'est-à-dire que tu peux ajouter celles à n'importe quoi.

[19:24]

Et là-dessus, on voit, on a les gym-cells,

[19:27]

qui sont ceux qui vont canaliser leur énergie négative dans le gym.

[19:31]

Donc des in-cells qui vont aller au gym, beaucoup,

[19:34]

qui, on sait, pour être un mal alpha,

[19:36]

il faut avoir un corps bâti et musclé.

[19:39]

Donc eux vont tenter d'atteindre ce but-là en allant au gym.

[19:43]

Mais il y a aussi les mental-cells,

[19:45]

qui eux, c'est des in-cells qui souffrent de maladies mentales.

[19:48]

Donc des gens qui ne peuvent pas justement rencontrer de femmes

[19:52]

ou d'avoir des relations sexuelles

[19:53]

en raison de ces maladies mentales-là.

[19:57]

Il y a aussi les rice.

[20:00]

Pardonnez-moi, c'est un peu raciste,

[20:02]

mais on n'a pas le choix d'en parler.

[20:03]

Il y a les rice-cells.

[20:05]

Donc eux, c'est les asiatiques et les curicelles,

[20:08]

qui, eux, sont les Indiens.

[20:10]

Et vous allez voir, il y a quand même une certaine...

[20:12]

Il y a un concept de race aussi dans la manosphère.

[20:16]

On va y revenir plus tard.

[20:17]

On frôle le racisme,

[20:19]

et parfois, on ne fait pas juste le frôler dans leur idéologie.

[20:24]

Il y a aussi les fake-cells.

[20:26]

Donc ceux, c'est des in-cells qui ne le sont pas vraiment.

[20:29]

Donc je ne sais pas ce qu'ils recherchent.

[20:30]

C'est drôle.

[20:31]

C'est des gens qui ne sont pas in-cells,

[20:32]

mais qui aiment la communauté.

[20:35]

Donc ils se fondent là-dedans,

[20:36]

ou je ne sais pas s'ils vont par divertissement.

[20:40]

Peut-être. C'est une drôle de catégorie.

[20:42]

Il y a aussi quelqu'un qui, lui,

[20:44]

on l'appelle le Black Ops 2-cell,

[20:47]

qui est un peu la mascotte des in-cells.

[20:49]

Il est un peu sacré au nom de saint.

[20:51]

En fait, c'est un homme qui a pris une photo de lui un moment donné

[20:55]

sur 4chan, dans la section in-cell.

[20:58]

C'est un peu celui qui définit l'archétype de l'in-cell.

[21:02]

Et on l'appelle Black Ops 2

[21:04]

parce qu'il y a un T-shirt de Call of Duty Black Ops 2.

[21:07]

Donc c'est vraiment...

[21:09]

Mais tu sais, la difficulté à la décrire,

[21:11]

c'est un jeune homme mince,

[21:14]

les cheveux un petit peu frisés.

[21:18]

Il a l'air un peu geek, je ne sais pas quoi dire d'autre,

[21:20]

mais il ressemble comme un des mortels.

[21:24]

Oui, exactement.

[21:25]

Un passionné de jeux vidéo,

[21:27]

mais lui, c'est un peu l'archétype du...

[21:29]

Je ne sais pas comment dire,

[21:31]

du célibataire involontaire.

[21:32]

C'est comme s'il avait tous l'air de ça,

[21:35]

mais je suis sûr que ce n'est pas le cas.

[21:36]

Non, vraiment pas.

[21:38]

Donc il y en a plusieurs d'autres catégories d'in-cell.

[21:41]

On peut vraiment, nous, on pourrait être des podcasts cell, Seb,

[21:45]

si on était dans... des pods cell,

[21:47]

si on était dans cette communauté-là.

[21:49]

Nous, on ne croit qu'aux podcasts.

[21:51]

Exactement.

[21:52]

En fait, chacun s'identifie selon la raison pour laquelle

[21:55]

il n'a pas de relations amoureuses ou sexuelles avec des femmes.

[21:59]

Encore une fois, à la base,

[22:00]

tous ces regroupements n'ont pas d'agenda malicieux.

[22:03]

Ils n'en ont toujours pas aujourd'hui,

[22:05]

mais ce sont certains petits groupes et certains individus

[22:08]

à l'intérieur de ces sous-groupes-là

[22:10]

qui vont tranquillement se radicaliser

[22:12]

et tenir des propos extrêmes

[22:14]

et même des comportements inquiétants envers les femmes.

[22:18]

Depuis le début des années 2010,

[22:20]

les réseaux sociaux tels que Reddit et YouTube

[22:22]

deviennent des endroits centraux pour ces regroupements.

[22:25]

Et le mouvement va monter drastiquement en popularité.

[22:29]

Et là, on le sait, dès qu'il y a un public et une demande,

[22:32]

il y a des gens qui tentent immédiatement d'en profiter.

[22:35]

Et les premiers qui vont tenter de profiter des in-cells

[22:38]

ou des célibataires involontaires,

[22:40]

ce sera les pick-up artists

[22:42]

qui, eux, vont émerger au début des années 2000

[22:44]

pour tenter d'expliquer aux célibataires involontaires

[22:47]

comment attirer les femmes.

[22:49]

Parce qu'eux, évidemment, ils ont la solution,

[22:51]

ils ont le secret de la recette de la science.

[22:54]

Et certains pick-up artists,

[22:56]

on va les appeler les PUA,

[22:59]

auront des techniques vraiment extrêmes

[23:01]

en utilisant la violence et la manipulation.

[23:03]

Et là, Seb, je te laisse le soin de nous expliquer

[23:08]

qui sont les pick-up artists.

[23:10]

Bien que le terme soit populaire depuis les années 2000,

[23:13]

l'art et la science, en guillemets,

[23:15]

de la séduction existe depuis longtemps.

[23:18]

Un des premiers pick-up artists à avoir marqué l'imaginaire

[23:21]

est Eric Weber,

[23:22]

qui a écrit How to Pick up Girls dans les années 70.

[23:25]

C'est de là que vient le terme, d'ailleurs,

[23:27]

le pick-up artist.

[23:29]

C'est lui, dans le fond, c'est lui qui a créé ça.

[23:31]

Essentiellement, il s'agit d'un livre sur comment séduire les femmes,

[23:34]

datant bien sûr de cette époque-là.

[23:36]

Vers la fin des années 80,

[23:37]

les techniques vont se diversifier,

[23:38]

notamment avec la montée de la PNL.

[23:41]

Je ne sais pas si vous savez,

[23:41]

c'est de la programmation neuro-linguistique.

[23:44]

C'est beaucoup utilisé en psychologie,

[23:46]

même en général, dans l'ordre des traitements.

[23:48]

Le professeur Russ Jeffries et ses élèves

[23:50]

vont développer des techniques basées

[23:52]

sur le nom verbal

[23:53]

afin de créer la speed seduction.

[23:56]

Il va d'ailleurs publier aussi un livre intitulé

[23:58]

How to get the women you desire into bed.

[24:02]

Je suis convaincu que ça devait tellement vendre ces livres-là.

[24:05]

Oui, ça devait vendre auprès des gars qui ne pangent pas,

[24:07]

mais mon Dieu que je serais curieux de lire ça aujourd'hui.

[24:10]

Oui, moi aussi.

[24:11]

À notre époque, il doit y avoir beaucoup de choses

[24:14]

qui ne doivent même plus être publiables.

[24:17]

How to get the women you desire into bed, déjà.

[24:20]

C'est un titre audacieux pour l'époque.

[24:22]

Oui, quand même.

[24:23]

Aujourd'hui, c'est ça.

[24:24]

Je me demande si un éditeur accepterait quasiment

[24:27]

de publier ça.

[24:29]

Oui, pas n'importe quel.

[24:30]

Non, exact.

[24:31]

Plusieurs autres coaches de la séduction

[24:32]

vont émerger au fil du temps.

[24:34]

Notons le controversé Rouge V,

[24:36]

auteur de plus de 14 ouvrages

[24:38]

sur comment séduire des filles,

[24:39]

qui a mis en place son forum

[24:40]

et qui est devenu extrêmement populaire.

[24:42]

Oui, dans les années plus modernes,

[24:44]

Rouge V est un genre de gourou de...

[24:47]

Je ne veux pas dire séduction,

[24:49]

parce que ce n'est plus de la séduction rendue dans...

[24:51]

Non, non.

[24:51]

On va y venir, mais c'est de l'espèce de technique

[24:55]

de manipulation de femmes.

[24:58]

C'est de la chasse, on dirait,

[24:59]

si on veut réduire le terme.

[25:01]

Vous vous rappelez, Alexandre Kaz,

[25:03]

lui, c'était un membre du forum de Rouge V.

[25:06]

Julien Blanc, un Suisse qui a encouragé

[25:08]

de poser des gestes disgracieux auprès des femmes,

[25:11]

même d'encourager l'abus et la violence.

[25:13]

Il est d'ailleurs banni de l'Australie,

[25:15]

du Royaume-Uni et de Singapour.

[25:16]

Il devait donner un séminaire à Montréal

[25:18]

il y a quelques années,

[25:19]

et heureusement, il a été arrêté

[25:20]

en raison des protestations.

[25:22]

Oui, lui, Julien Blanc, c'est un grand douche-bag,

[25:26]

si on veut.

[25:27]

C'est assez intense, les techniques

[25:29]

qu'il montrait dans ses séminaires.

[25:31]

Ce n'est pas pour rien qu'il est banni de certains pays.

[25:35]

À certains moments, vraiment, il pouvait aller...

[25:38]

Moi, je me rappelle d'une vidéo qu'il avait fait scandale

[25:40]

où il était à Tokyo,

[25:41]

puis il faisait juste gueuler dans la rue

[25:43]

des mots japonais, tamagotchi ou des choses comme ça.

[25:47]

Puis il attrapait vraiment les filles par la tête,

[25:49]

puis il les embrassait, il les frénchait de force.

[25:53]

Puis les filles étaient un peu mal à l'aise.

[25:55]

Il y en a qui riaient nerveusement,

[25:57]

mais lui, il prenait ça presque pour du consentement.

[25:59]

Oui, c'est douche, comme tu dis.

[26:03]

Leurs méthodes sont spéciales, pour le moins dire.

[26:05]

Ils analysent vraiment le comportement féminin

[26:07]

comme si c'était une science à deux piaces.

[26:09]

Ils conçoivent les femmes comme des commodités superficielles

[26:12]

et les hommes peuvent user de leurs faiblesses

[26:14]

afin de les séduire et les amener dans leur lit.

[26:17]

Il n'y a pas de but romantique, si.

[26:18]

Le but est strictement sexuel.

[26:20]

Et ça se mesure en nombre d'heures

[26:22]

entre la rencontre et l'acte sexuel.

[26:24]

Oui, ils vont calculer, mettons,

[26:26]

avec cette technique-là, ça devrait être quatre heures.

[26:30]

Ou au-delà de six heures ou au-delà d'un tel nombre d'heures,

[26:33]

il faut que tu arrêtes, il faut que tu penses à autre chose.

[26:35]

Mon Dieu.

[26:37]

On dirait qu'ils ont amené un système statistique.

[26:39]

Oui, c'est des métriques.

[26:41]

Oui, ça ne tient pas compte du...

[26:45]

Si il y a un match entre les deux personnes,

[26:46]

ça ne tient pas compte des sentiments réciproques.

[26:49]

On est loin de là. C'est vraiment de la...

[26:51]

Comme tu dis, de la chasse.

[26:52]

Oui, vraiment.

[26:54]

Il ne s'évalue que sur la réussite d'avoir une relation sexuelle.

[26:58]

Oui, exact.

[26:59]

Puis après, le but, c'est d'en avoir une deuxième.

[27:01]

Exact.

[27:02]

Les femmes sont toutes notées de 1 à 10.

[27:05]

Et évidemment, il faut toujours miser vers le top de la liste.

[27:08]

Certaines villes dans le monde ont des hauts pourcentages de 6,

[27:11]

alors que d'autres comme Montréal ont des hauts taux de 8.

[27:14]

Oui, ça, c'est selon l'une des vidéos de Rouge V que j'avais vue, justement.

[27:18]

Il était venu à Montréal, puis lui disait que Montréal est une grosse ville de 8,

[27:23]

puis que c'était facile de trouver des 8,

[27:25]

même dans les bars les plus crasses de la ville.

[27:28]

Mon Dieu.

[27:29]

On est vraiment dans le jugement corporel et dans la manipulation ici.

[27:32]

Pour avoir une 8 dans ton lit, tu peux mentir tant que tu veux.

[27:36]

Et surtout, ne pas lui dire que tu es un pick-up artiste ou un incel.

[27:40]

Non, évidemment.

[27:41]

La séduction est un jeu selon eux.

[27:43]

Une game mentale qu'il faut maîtriser afin d'embobiner des filles

[27:47]

et de les amener dans nos lits.

[27:48]

C'est drôle parce qu'on dirait qu'on ne voit jamais de femmes qui font ça.

[27:53]

C'est vrai.

[27:53]

De femmes qui donnent des… parce que eux, ces pick-up artists-là,

[27:56]

ils donnent des séminaires, ils écrivent des livres,

[27:58]

ils font des conférences, ils font des meet-ups dans des bars.

[28:02]

Ils font même des sessions live où ils sortent dans la rue,

[28:05]

ils vont faire un peu comme un vlog, puis live,

[28:07]

ils vont tenter d'attraper des filles,

[28:09]

puis vous allez voir, ce n'est pas du tout gracieux.

[28:11]

Mais on ne voit pas de filles faire ça.

[28:15]

On dirait qu'il y a juste les gars qui sont assez cons pour faire…

[28:18]

pour analyser la séduction comme si c'était un match d'hockey.

[28:21]

C'est ça, ils ne voient pas…

[28:23]

Les hommes et les femmes, à la base, ne voient pas les relations de la même manière,

[28:26]

mais ça, c'est extrême.

[28:28]

C'est vrai qu'on ne voit pas de femmes faire ça.

[28:31]

C'est vraiment un comportement, pas une généralité,

[28:33]

mais c'est typiquement masculin dans cette approche-là.

[28:37]

Il y a d'autres techniques qui ont été employées.

[28:39]

Emile nous parlait tout à l'heure du lexique.

[28:42]

Il y a une autre partie du lexique que les pick-up artists utilisent.

[28:46]

Vous allez voir, il faut garder l'esprit ouvert.

[28:49]

Il y a le negging.

[28:50]

Le negging, c'est complimenter une fille tout en remettant en doute son authenticité

[28:54]

ou en l'insultant légèrement pour la rendre plus vulnérable à la séduction.

[28:59]

Exemple, tu es vraiment belle pour une rousse.

[29:01]

Oui, un genre de compliment avec une petite insulte cachée.

[29:05]

Comme ça, la fille va être un petit peu mélangée,

[29:09]

puis elle va presque t'ouvrir une porte avec cette technique-là.

[29:15]

Le posing, c'est complimenter une fille

[29:18]

dans le but d'avoir une relation sexuelle avec elle.

[29:20]

C'est vraiment l'inverse, c'est-à-dire que negging,

[29:23]

c'est un genre de compliment avec une petite insulte.

[29:26]

Le posing, je ne sais même pas si je le prononce comme du monde,

[29:28]

c'est P-O-Z-Z-I-N-G selon le lexique.

[29:31]

Podding, je ne sais pas trop.

[29:33]

Mais ça, c'est d'over-complimenter,

[29:36]

de noyer le poisson dans les compliments.

[29:39]

Aussi, mémoriser une liste de brise-glaces.

[29:42]

Oui, ça, ils font tout ça, des pick-up lines.

[29:44]

Ils vont les mémoriser puis ils vont les essayer une après l'autre.

[29:49]

Habitez-vous encore chez vos parents.

[29:52]

Il faudrait que tu mettes à jour les tiennes.

[29:54]

Oui, c'est ça, je suis encore dans mes vieilles années.

[29:56]

Il y a le going caveman, donc l'homme des cavernes

[30:00]

ou être un homme des cavernes.

[30:01]

La technique de l'homme des cavernes, c'est diminuer la conversation

[30:05]

pour transitionner vers une approche plus physique.

[30:08]

Dans leur processus de séduction,

[30:10]

mettons que t'es à la chasse, t'es rouge-vie,

[30:12]

puis t'es dans un bar, t'as max deux heures

[30:15]

pour t'attraper une huite, c'est ça.

[30:18]

C'est qu'à un moment donné, il faut que tu cesses,

[30:20]

il faut que tu arrêtes de parler.

[30:21]

Il faut que tu commences tranquillement à devenir physique.

[30:25]

Plus tu vas la toucher, tu vas l'agripper à des endroits

[30:28]

qu'elle aimera pas trop pour tenter de voir si ça marche.

[30:32]

Si ça marche pas, tu passes à une autre.

[30:35]

C'est aussi simple que ça.

[30:38]

Il y a la méthode mystère.

[30:40]

Ça consiste à engager la conversation avec un groupe d'étrangers

[30:43]

et parler à tout le monde sauf à la fille qui nous intéresse

[30:46]

jusqu'à ce que l'attraction soit établie.

[30:49]

C'est comme si on jouait sur une faiblesse.

[30:54]

Les femmes recherchent l'attention.

[30:56]

C'est ce qu'elles veulent.

[30:59]

Prenez tout ce que je dis avec du sarcasme.

[31:02]

Blastez-nous pas sur YouTube.

[31:06]

Les femmes recherchent l'attention.

[31:08]

On part avec cette prémisse.

[31:10]

Quand t'arrives devant un groupe d'étrangers

[31:11]

et qu'il y a une fille qui t'intéresse,

[31:13]

tu parles à tout le monde sauf à elle.

[31:14]

Elle va se sentir mise à part.

[31:20]

C'est à ce moment-là que tu peux engager la conversation

[31:24]

avec elle et elle devrait être plus vulnérable.

[31:26]

Elle va vouloir l'attention de toi.

[31:31]

Exactement.

[31:32]

Ensuite, il y a le panning.

[31:35]

C'est la technique d'utiliser une fille plus moche

[31:37]

que ce soit comme faire-valoir.

[31:39]

Par la suite, on peut l'échanger contre une autre plus belle.

[31:42]

Exactement. C'est la technique du faire-valoir.

[31:46]

Panning comme un pan de choc.

[31:49]

On l'utilise un bout de temps.

[31:51]

À la fin de la soirée, quand on a eu quelqu'un d'autre,

[31:54]

on ne l'utilise plus.

[31:56]

Il y a plein d'autres techniques comme celle-là qui existent.

[31:59]

Les incels sont un bon public pour les pick-up artists

[32:02]

parce qu'ils peuvent les aider à se sortir

[32:04]

de leur célibat involontaire.

[32:06]

Ils n'hésiteront pas à assister à des séminaires sur le sujet

[32:09]

et à acheter des nombreux livres de ces pick-up artists.

[32:13]

Ça doit être une grosse business.

[32:16]

Je suis convaincu que c'est une business

[32:17]

de plusieurs millions de dollars.

[32:19]

C'est de moins en moins accepté.

[32:24]

YouTube va faire des strikes contre ces channels-là.

[32:28]

Je suis certain qu'il y a des libraires

[32:29]

qui ne veulent rien savoir des livres de Julien Blanc

[32:32]

ou de Rouge Vie, mais c'est toujours possible

[32:36]

de s'en procurer.

[32:38]

Ça doit vendre à un certain point.

[32:43]

Le voile a été levé.

[32:45]

Il y a eu des formes de protestations en ligne contre ces gens-là.

[32:48]

Mais oui, ils remplissent quand même encore des salles.

[32:52]

Même des gens comme Julien Blanc

[32:53]

sont employés par des entreprises.

[32:56]

Il y a des entreprises qui sont nées de cette clientèle-là.

[33:01]

Il y a des groupes qui vont créer,

[33:03]

je ne me rappelle plus du nom exactement,

[33:06]

mais ils vont employer des pick-up artists

[33:08]

et ils vont se monter une genre de banque,

[33:10]

de formateurs pour organiser des rencontres.

[33:13]

Évidemment, eux, ils appelleront jamais ça pick-up artists.

[33:16]

C'est la science de la sociologie.

[33:19]

Même séduction ne se retrouvera pas dans leurs mots.

[33:23]

Il y en a même à Montréal des pick-up artists.

[33:26]

Il y en a quelques-uns.

[33:28]

Encore une fois, il ne faut pas mélanger

[33:31]

coach en séduction et pick-up artist.

[33:35]

Il y a quand même des gens qui sont bien intentionnés

[33:38]

qui peuvent donner des trucs à des gens

[33:41]

plus antisociaux à s'extérioriser

[33:43]

et aller plus vers l'autre.

[33:47]

On se rappelle au Québec qu'on avait Marc Boilard

[33:50]

pendant un bout de temps.

[33:51]

Je ne le décrirais pas comme un pick-up artist,

[33:53]

même si certaines méthodes sont peut-être un peu contestables.

[33:59]

Mais ces gens-là, les pick-up artists,

[34:00]

sont vraiment plus extrêmes.

[34:02]

Il y a une idéologie derrière.

[34:04]

On considère la femme comme une commodité.

[34:07]

Elle sert presque uniquement à amener des relations sexuelles

[34:11]

avec l'homme. Le but, c'est d'y aller vers la quantité.

[34:15]

Je ne sais pas si vous vous souvenez du film

[34:17]

Hitch avec Will Smith.

[34:20]

C'est un coach de séduction.

[34:22]

Son objectif, c'était d'aider l'autre

[34:26]

à se déjeuner, à aller voir les filles.

[34:28]

C'est vrai qu'il faut faire ça si tu veux avoir une blonde.

[34:31]

Même Tom Cruise dans Magnolia était aussi

[34:34]

une forme de coach de séduction ou de pick-up artist.

[34:38]

C'est ce qui a amené un peu le phénomène

[34:40]

à un plus grand public, c'est des films comme ça.

[34:44]

Quand c'est amené comme ça, on dirait que je trouve

[34:46]

le but noble de déjeuner des gars,

[34:50]

de leur montrer les bonnes techniques.

[34:51]

C'est vrai que ce n'est pas donné à tout le monde

[34:53]

d'avoir des social skills pour aller aborder une fille.

[34:58]

Ce n'est pas évident pour un gars

[34:59]

d'aller aborder une fille à la base.

[35:01]

J'ai toujours trouvé ça noble, mais encore là,

[35:04]

les pick-up artist ont récupéré ça et ont viré ça

[35:07]

sous un autre angle.

[35:10]

Avant de tomber dans les sous-cultures parce qu'il y en a d'autres,

[35:13]

revenons aussi un peu dans l'idéologie des incels

[35:15]

parce que c'est important d'en faire le tour.

[35:18]

De nos jours, beaucoup plus tard, après qu'Alana ait créé son blog,

[35:22]

la ligne de pensée a beaucoup changé.

[35:24]

Les femmes ne sont généralement plus admises

[35:26]

sur les groupes et forums incels parce que c'est possible

[35:29]

à une femme d'être célibataire involontaire.

[35:32]

Ce n'est pas juste les hommes.

[35:35]

Il n'y a pas juste des hommes qui ont de la misère

[35:36]

à être en couple.

[35:39]

Au début, il y en avait quelques-unes,

[35:41]

mais ce regroupement est devenu très masculinisé

[35:45]

au point de même refuser les femmes,

[35:47]

même que ceux-ci ne les respectent plus trop.

[35:50]

Il croit en fait que biologiquement,

[35:52]

les femmes sont attirées que par l'attrait physique des hommes

[35:55]

ou soit par leur statut social, entre autres leur fortune

[35:58]

ou leur prestance.

[36:00]

Il croit en la règle du 80-20, comme quoi 80 % des femmes

[36:04]

dettent ou vont courtiser 20 % des hommes,

[36:08]

donc les plus beaux, les plus riches,

[36:10]

ceux qui sont vraiment des hommes alpha.

[36:12]

Ça m'a traumatisé, cette statistique-là,

[36:15]

qui est une fausse statistique.

[36:17]

80 % des femmes ne sont pas en relation à 20 % des hommes.

[36:21]

Premièrement, on aura un déséquilibre démographique

[36:24]

au bout du compte, mais ça ne fait pas de sens.

[36:27]

C'est d'appliquer la loi un peu générale du 80-20

[36:31]

et de l'appliquer à leur frustration.

[36:33]

Oui, ou de l'appliquer au type de femme

[36:36]

qu'eux détestent à leur cible à eux.

[36:41]

Il croit que les hommes

[36:42]

ont un droit acquis au sexe et que les femmes

[36:45]

sont une forme de commodité.

[36:47]

Pour les conquérir, on peut les manipuler, leur mentir,

[36:51]

les quatre fichiers, parce que oui, c'est une technique

[36:53]

qui est employée beaucoup par eux, et aller même jusqu'aux viols,

[36:56]

comme ont commenté certains incels sur les forums.

[37:00]

Par contre, la plupart des incels ne sont pas tous

[37:03]

dans la manipulation et la violence.

[37:05]

La plupart, la majorité,

[37:07]

tiennent surtout les discours de découragement

[37:10]

face à leur sort. Ils vont s'épitoyer sur eux-mêmes

[37:13]

ou encore, ils vont exprimer leur frustration vis-à-vis des femmes.

[37:16]

Je reviens aux viols. Même Rocheville,

[37:19]

si je ne me trompe pas, il voulait que les villes

[37:22]

autorisent le viol dans les maisons privées.

[37:25]

Il légalise le viol dans les maisons privées.

[37:28]

C'était fou comme vision des choses.

[37:31]

Pour lui, c'était comme normal. Si c'était dans une maison,

[37:34]

il n'y avait pas de problème.

[37:35]

Le consentement n'existe plus si c'est chez toi.

[37:39]

Ils croient à une certaine forme de sélection naturelle

[37:42]

à la Darwin, comme quoi les incels ne font pas partie

[37:46]

de l'équation de la reproduction humaine.

[37:48]

Ça va loin. Il y a vraiment une base idéologique.

[37:51]

Ils sont exclus par les règles à nature

[37:53]

en raison de situations qu'ils ne contrôlent pas,

[37:56]

comme leur apparence physique, leur santé mentale et physique,

[37:58]

leur nationalité ou encore la taille de leur sexe.

[38:02]

Ils sont donc condamnés à être seuls pour toujours.

[38:06]

Ils sont très fatalistes, ces gens-là.

[38:09]

En fait, ceux qui sont les plus fatalistes

[38:12]

sont décrits comme ceux qui ont consommé

[38:14]

ce qu'on appelle la pilule noire,

[38:16]

car les incels reprennent le concept de pilule

[38:19]

illustré dans le film La Matrice.

[38:21]

D'ailleurs, c'est drôle parce que la plupart des groupes

[38:25]

ou des théories du complot utilisent cette métaphore

[38:28]

de La Matrice, la pilule bleue, la pilule rouge.

[38:31]

On va vous expliquer un peu ce que ça veut dire,

[38:33]

mais c'est du jargon que l'on a entendu

[38:35]

lors d'autres recherches pour d'autres podcasts.

[38:39]

Évidemment, la pilule bleue, on se rappelle dans La Matrice

[38:42]

quand il se fait offrir les deux pilules.

[38:46]

La pilule bleue, c'est celle qui te permet

[38:48]

de rester dans ta vie d'illusion.

[38:51]

Tu vis dans un monde d'illusion.

[38:54]

En fait, tout est beau, tout se passe comme prévu.

[38:59]

La vie mène son chemin.

[39:02]

Il n'y a personne qui tire les ficelles derrière.

[39:05]

Ceux qui ont pris la pilule bleue dans le monde des incels

[39:07]

vont être considérés comme les gens normaux.

[39:10]

C'est ça, les gens qui n'ont pas compris.

[39:11]

Exactement. La pilule rouge,

[39:13]

on va les appeler les Red Pillars,

[39:15]

c'est choisir d'accepter la vérité.

[39:20]

Le monde n'est pas comme on le croit.

[39:23]

Les femmes dominent les hommes

[39:25]

grâce à leur vertu et à leur pouvoir sexuel,

[39:28]

mais aussi en raison de la montée du féminisme.

[39:31]

Elles sont très agacées par la montée du féminisme

[39:34]

depuis les années 60-70.

[39:36]

Il y a un nouveau féminisme depuis les années 2000-2010.

[39:40]

Elles sont très agacées par cette montée-là.

[39:42]

J'ai entendu des pilules rouges dire

[39:46]

qu'on trouve que les femmes ont acquis

[39:48]

jusqu'aux droits de vote,

[39:51]

mais qu'après ça, le féminisme acquis était de trop.

[39:55]

Ça m'a jeté à terre,

[39:57]

comme si les femmes avaient déjà acquis l'égalité

[39:59]

et que maintenant, elles sont au-dessus, au-delà des hommes

[40:03]

par les droits supplémentaires qu'on leur donne.

[40:06]

Pourtant, elles se battent encore pour tellement de droits qu'elles n'ont pas.

[40:09]

C'est incroyable comme idéologie.

[40:14]

Dans le monde des conspirationnistes,

[40:15]

la red pill, la pilule rouge,

[40:17]

c'est vraiment celle qui va te permettre de voir

[40:19]

que le monde est contrôlé par les Illuminati.

[40:23]

Il y a vraiment une élite mondiale qui contrôle les gens,

[40:26]

peut-être même des reptiliens mêlés à ça.

[40:29]

Au niveau conspirationniste, la pilule rouge,

[40:32]

c'est un peu cette vision-là.

[40:37]

Je ne veux pas dire fataliste,

[40:38]

mais c'est une vision inquiétante, un peu paranoïaque de la vie.

[40:43]

Oui, exactement.

[40:45]

Et finalement, la pilule noire, les Black Pillars,

[40:48]

c'est ceux qui, ceux qui prennent cette pilule-là,

[40:50]

considèrent qu'il n'y a aucun espoir pour les hommes célibataires.

[40:53]

Comme on le disait tout à l'heure, un peu à la Darwin,

[40:56]

ils sont condamnés à être seuls pour le restant de leur vie.

[40:59]

Ceux qui commettent des tueries de masse en l'honneur des Insells

[41:02]

sont souvent considérés comme des Black Pillars.

[41:05]

Par exemple, Marc Lepine, responsable de la tuerie

[41:08]

de l'École Polytechnique de Montréal, près de chez nous,

[41:10]

est souvent considéré un peu comme un héros des Black Pillars.

[41:14]

Même s'il n'a jamais lui-même connu les communautés d'Insells.

[41:18]

Ça n'existait pas.

[41:19]

Non, il est un peu vu comme un genre de héros Black Pillars

[41:23]

dans la communauté Insell.

[41:25]

Parce que lui, on se rappelle, c'est un peu pour ça aussi

[41:28]

que Marc Lepine, c'est à cause d'une frustration

[41:31]

envers les femmes qui avaient fait la tuerie de la Polytechnique

[41:34]

ce jour-là.

[41:37]

Le problème ne remonte pas aux années 2000.

[41:40]

Non, l'Internet s'est simplement amplifié,

[41:43]

mais il existait déjà et le discours était identique.

[41:46]

Et amplifié pas à peu près.

[41:48]

En plus de ça, les Insells ont leur système de codification des gens.

[41:52]

Et là, écoutez bien ça.

[41:53]

Est-ce que tu étais au courant de tout ça?

[41:55]

Avant de faire la recherche, absolument pas.

[41:58]

Je savais un petit peu pour les pills,

[42:00]

mais au niveau de la codification des gens, pas du tout.

[42:04]

Tout d'abord, on a Stacy.

[43:41]

Stacy, c'est un peu la fille typique superficielle.

[43:44]

Elle est généralement belle, elle a un corps parfait,

[43:47]

les cheveux longs, souvent c'est une blonde.

[43:50]

Elle a du sexe avec plusieurs hommes,

[43:53]

mais elle n'est pas très intelligente.

[43:55]

C'est un peu les filles dont les Insells se moquent,

[43:58]

mais en même temps, ils aimeraient bien, eux, coucher avec elles.

[44:01]

C'est un peu l'idéal physique d'un Insell,

[44:04]

puis c'est un peu elle qui est la cause de leur frustration.

[44:07]

Parce que Stacy, elle, elle veut juste coucher avec Chad.

[44:11]

Et Chad, justement, qui est un autre terme

[44:14]

utilisé par les Insells, c'est l'équivalent masculin de Stacy.

[44:17]

Donc lui, Chad, c'est un homme alpha bien bâti

[44:20]

qui va au gym, qui est très bruyant en public.

[44:23]

C'est quelqu'un de loud qui s'exprime avec conviction.

[44:26]

Et lui, il va se mettre en scène souvent afin d'attirer l'attention.

[44:30]

Et lui, il réussit à avoir du sexe avec Stacy.

[44:34]

Donc c'est pour ça que les Insells sont aussi

[44:36]

énormément frustrés contre Chad.

[44:39]

Donc ils représentent un peu, je ne sais pas,

[44:41]

le frat boy universitaire, le jeune...

[44:44]

L'équipe de football. Oui, le footballeur universitaire, tout ça.

[44:47]

Stacy, c'est un peu la cheerleader. Oui, c'est ça.

[44:50]

Et les Insells, c'est souvent leur cible, Stacy et Chad.

[44:53]

Mais c'est pas tout, il y a aussi Tyrone.

[44:56]

Tyrone, lui, c'est l'équivalent noir des Chad.

[44:59]

Donc c'est un bel homme, noir, bien musclé,

[45:03]

physiquement avantagé. Et par contre,

[45:05]

puisque le monde des Insells n'est pas égalitaire

[45:08]

et que Tyrone est noir, bien, il risque de perdre

[45:11]

au jeu contre un Chad, car les Blancs sont génétiquement

[45:14]

avantagés au niveau de la sélection naturelle.

[45:16]

N'importe quoi. Donc souvent, dans ce que j'ai lu

[45:20]

du moins dans des forums d'Insells, puis là,

[45:22]

ça devient assez troublant, bien Tyrone, lui,

[45:25]

c'est souvent celui avec qui Stacy va tromper Chad.

[45:29]

Stacy va tromper son mari ou son chum

[45:32]

avec Tyrone, avec le beau noir.

[45:35]

Mais par la suite, il va revenir avec Chad,

[45:38]

parce que... Les Blancs. Exactement, c'est ça.

[45:40]

Parce que lui est génétiquement avantagé, selon lui.

[45:44]

Donc c'est pour ça que parfois, quand je les comparais

[45:46]

aux nazis, c'est là, justement,

[45:49]

dans ces archétypes de personnages-là

[45:52]

qu'on retrouve un peu cette philosophie

[45:54]

d'avantages génétiques. Bien oui, même eux,

[45:57]

ils se disqualifient génétiquement en disant

[46:00]

que justement, c'est une sous-race

[46:03]

de l'être humain et les Insells.

[46:06]

Donc c'est quand même assez particulier.

[46:09]

Et finalement, bon, celle-là, c'est un peu...

[46:12]

C'est vraiment dégueulasse. C'est la Roastie.

[46:15]

Et Roastie, elle, c'est une Stacy

[46:17]

qui a eu tellement de sexe avec beaucoup d'hommes

[46:21]

que ses parties génitales ressemblent

[46:24]

à un Roast Beef. Honnêtement...

[46:28]

Donc c'est un peu... Je sais pas comment dire.

[46:30]

C'est un peu la Slut chez les Insells.

[46:32]

Ils vont dire à cette fille-là, c'est une Roastie.

[46:35]

Donc c'est un peu quand ils sont vraiment fâchés,

[46:37]

ils vont décrire des filles comme ça.

[46:40]

Et en fait, c'est toutes des filles avec qui

[46:41]

ils voudraient coucher encore une fois.

[46:42]

Bien oui, évidemment, ils en sont un peu jaloux.

[46:46]

Vous voyez que tout cela va très très loin.

[46:48]

On se rapproche peu à peu d'une secte même

[46:51]

quand on voit tous ces termes et les fondements

[46:53]

philosophiques derrière leurs mouvements.

[46:55]

Puis, comme je l'ai dit tout à l'heure,

[46:58]

on dirait une forme de nazisme d'une certaine façon.

[47:01]

Mais vous allez voir, il y a encore d'autres

[47:03]

sous-groupes dans cette manosphère.

[47:06]

On trouve aussi un autre sous-groupes appelé

[47:07]

les Mechtal, les Men Going Their Own Way,

[47:11]

ou encore les hommes qui tracent leur propre chemin.

[47:14]

C'est poétique. Oui, c'est beau.

[47:16]

Il s'agit d'un groupe d'antiféministes

[47:18]

qui souhaitent se séparer de la compagnie des femmes.

[47:20]

Les Mechtal sont lucides. Eux, ils ont pris la pilule rouge.

[47:23]

Ils sont éveillés et croient que le mariage

[47:26]

est une arnaque pour les hommes et que la société

[47:28]

a été corrompue par les femmes en raison du féminisme

[47:31]

et des doubles standards qui existent entre les sexes.

[47:34]

Je ne connaissais pas ça, moi, les Mechtal,

[47:36]

quand j'ai commencé à rechercher là-dessus.

[47:37]

Je ne connaissais pas les Stacey et les Chad,

[47:41]

mais les Mechtal, c'est nouveau pour moi.

[47:43]

Moi non plus. C'est quasiment eux qui m'ont traumatisé le plus.

[47:47]

Oui, les Incelles, ça va loin, mais les Mechtal,

[47:50]

dans leur vision de la femme et de leur présence

[47:53]

sur Terre, tout ça m'a clairement traumatisé.

[47:56]

Selon eux, les femmes sont manipulatrices

[47:58]

et la seule façon de rétablir l'ordre dans la société

[48:01]

est de lutter contre elles et de faire en sorte

[48:03]

qu'il y ait de moins en moins de mariage.

[48:05]

Ils croient en l'hypergamy, comme quoi les femmes

[48:08]

sont attirées, comme on vous le disait tout à l'heure,

[48:10]

par le 20 % d'hommes d'une classe supérieure.

[48:13]

Les femmes méritent donc punition et revanche.

[48:16]

Leur vision partage beaucoup d'influence des suprémacistes

[48:18]

mâles de la droite alternative qui partage aussi

[48:21]

parfois cette vision des femmes.

[48:23]

Et moi, je suis même allé visiter des pages Facebook

[48:26]

de groupes de Mechtal, puis c'est vraiment agressif

[48:30]

comme mentalité. On se croirait vraiment

[48:33]

sur des groupes un peu de alt-right.

[48:36]

On y partage des memes. C'est beaucoup une culture

[48:38]

de memes. Même les incels, c'est des memes.

[48:41]

On va photoshopper des images avec des espèces

[48:44]

de citations misogynes là-dessus,

[48:47]

sous le couvert de l'humour évidemment.

[48:49]

Mais eux vraiment, c'est hyper anti-féministe,

[48:53]

même anti-féminin.

[48:55]

J'ai vu des casquettes sur un groupe même

[48:58]

de Mechtal au Québec, je crois, ou au Canada,

[49:02]

où ils se sont fait une casquette

[49:04]

Make a bitch pay again.

[49:06]

Un peu à la casquette de Trump, la fameuse casquette rouge.

[49:09]

C'est des genres de memes comme ça

[49:12]

ou des trucs comme ça qui véhiculent.

[49:15]

C'est un peu con comme exemple,

[49:18]

mais parfois, ça peut aller plus loin que ça.

[49:20]

Heureusement, j'ai pas remarqué que j'avais d'amis communs

[49:23]

avec nous dans ces groupes-là.

[49:26]

Mais oui, ça peut aller. Ils se regroupent entre eux.

[49:29]

Très actifs sur YouTube aussi.

[49:31]

Les Mechtal, on sent qu'ils sont moins recroquevillis

[49:34]

sur eux-mêmes que les incels. Ils vont parler plus.

[49:38]

Ils vont vraiment évangéliser l'anti-mariage.

[49:41]

Et eux, ils peuvent avoir du sexe.

[49:43]

Ils ne sont pas célibataires involontaires.

[49:45]

Eux, ils vont pouvoir coucher avec des femmes.

[49:49]

Par contre, ils ne seront jamais en relation permanente avec elles.

[49:52]

Ils sont vraiment anti-mariage.

[49:54]

Oui, ils ont mis de côté l'amour.

[49:56]

Après avoir lu plusieurs trucs,

[49:59]

souvent, c'est des déceptions amoureuses qu'ils ont vécues,

[50:02]

qu'ils les ont amenées vers ça. Ils ne se catégorisent pas

[50:04]

nécessairement dans la même tranche que les incels.

[50:08]

Eux, ils ne se sentent pas une tranche à part de la société,

[50:11]

mais ils sont plus frustrés par les femmes, point,

[50:14]

par les relations qu'ils ont eues avec les femmes.

[50:17]

Les Mechtal, c'est une branche de la manosphère qui peut être quand même extrême,

[50:21]

mais le pire sous-groupe demeure celui des incels

[50:23]

qui ont pris la pilule noire, les Black Pillars, comme on vous disait.

[50:27]

Oui. Et toi, pourquoi tu disais que ça t'a vraiment marqué

[50:30]

de faire de la recherche sur les Mechtal?

[50:31]

Les Mechtal, c'est dans leur vision de la femme.

[50:35]

Souvent, leur témoignage, c'est qu'ils disaient,

[50:37]

moi, j'ai été marié ou moi, j'en ai eu une famille

[50:41]

ou j'ai eu une femme et je lui ai tout donné.

[50:43]

Je lui donnais de l'amour, de l'argent, etc.

[50:46]

Et elle m'a jeté là. Souvent, ce que je me rendais compte,

[50:49]

c'est un discours de gens déçus de la vie.

[50:52]

Mais ça arrive des fois dans la vie qu'on a des relations

[50:54]

qui ne tournent pas bien et qu'on rencontre des gens

[50:57]

qui sont peut-être un peu moins honnêtes ou moins...

[51:00]

Oui, ils vont peut-être moins bien le traiter lors d'une rupture,

[51:03]

mais je trouve que de catégoriser toutes les femmes

[51:06]

dans le même bateau et que c'est nous...

[51:09]

Aussi, ce qui me traumatise, c'est leur vision du mariage

[51:11]

et du couple. Pour eux, ça ne fonctionne pas.

[51:16]

C'est pas comme ça qu'on devrait fonctionner.

[51:19]

Ils sont encore à l'ancienne.

[51:21]

C'est encore l'homme pourvoyeur.

[51:24]

La femme veut juste voler ta carte de crédit

[51:26]

pour s'acheter des choses.

[51:28]

On ne se croirait pas du tout dans les années 2010.

[51:31]

C'est vraiment étrange. Je trouve que leur vision de la société,

[51:35]

si tout le monde voyait ça comme ça,

[51:37]

disons tous les hommes, ça ne fonctionnerait pas.

[51:40]

Ça serait l'instinction de la race.

[51:42]

De toute façon, je ne trouve pas...

[51:45]

On a le droit d'envie de désirer d'être célibataire,

[51:47]

mais la plupart des gens aiment être en couple.

[51:49]

Ils sont heureux en couple. Ils veulent fonder une famille.

[51:52]

C'est pas parce qu'on est dicté par le don de la société.

[51:56]

C'est juste que l'humain a ce besoin-là.

[51:58]

Ce qui m'a vraiment traumatisé, c'est comment

[52:00]

ils catégorisaient les femmes. C'était vraiment ça.

[52:03]

Ils éclipsaient totalement de l'équation

[52:05]

comme si elles servaient à rien, que juste pour du sexe.

[52:09]

Il y a un témoignage que je voyais.

[52:12]

Lui disait, j'en côtoie des femmes dans la vie.

[52:14]

C'est d'autres êtres humains, je n'ai rien contre elles.

[52:16]

Sauf que dans sa propre vie personnelle,

[52:18]

il ne veut pas en intégrer au niveau amoureux.

[52:20]

Il ne veut pas tomber amoureux de femmes.

[52:22]

Pour lui, c'est se faire avoir.

[52:24]

Les femmes ne sont que des manipulatrices.

[52:28]

Donc, il est un peu contre l'amour.

[52:29]

Oui, mais au bout du compte, je me rends compte

[52:32]

que c'est juste des gens déçus.

[52:34]

J'en connais plein, des gens qui ont été déçus

[52:36]

par l'amour dans leur vie.

[52:37]

Il y a des gens qui ont des mauvais karmas,

[52:38]

mais ce n'est pas tout viré des mectals

[52:41]

qui changent complètement leur fusil d'épaule.

[52:45]

J'avais quasiment plus de misère que les incelles

[52:48]

à lire leur valeur.

[52:50]

On a fait un peu le tour des éléments

[52:51]

et des sous-groupes qui composent la manosphère.

[52:54]

Maintenant, on va avancer dans le temps

[52:56]

pour parler des éléments qui ont fait

[52:59]

escalader la vague de violence qu'on a vue

[53:01]

au cours des dernières années jusqu'à ce qu'Alec Minassian

[53:04]

prenne le volant de sa fameuse vanne blanche en avril 2018.

[53:08]

On va faire un petit bond jusqu'à mai 2014

[53:10]

et on va parler d'un certain Elliot Rogers,

[53:14]

qui lui aussi est assez spécial comme être humain.

[53:17]

Elliot Rogers est un jeune homme de 22 ans

[53:19]

qui habite Los Angeles. Sa famille vient de Londres.

[53:22]

Son père travaille dans l'industrie du cinéma.

[53:24]

Il habite donc dans une bonne famille.

[53:27]

Elliot souffre d'extrême solitude,

[53:29]

ayant été sévèrement intimidé à l'école

[53:31]

pendant presque toutes ses années scolaires.

[53:33]

Il pense le plus clair de son temps à jouer à World of Warcraft

[53:36]

et à fréquenter des forums d'incelles

[53:39]

afin d'exprimer sa haine envers les femmes.

[53:42]

Il a d'ailleurs lui-même son propre blog

[53:44]

et sa chaîne YouTube. Elliot en a marre

[53:47]

que sa vie soit sous le contrôle des femmes.

[53:49]

Il est toujours vierge à 22 ans et n'a jamais embrassé une fille

[53:53]

jusqu'à maintenant. Les femmes le dégoûtent

[53:56]

et les hommes qui ont du succès avec elles le dégoûtent encore plus.

[53:59]

Il déteste aussi les couples,

[54:01]

car évidemment il les envie. Elliot réfléchit

[54:05]

depuis longtemps à son jour de rétribution

[54:07]

où finalement les femmes paieront pour la tristesse

[54:11]

qu'elles causent chez les hommes comme chez lui.

[54:14]

Dès 2012, il fait l'achat d'un Glock 34

[54:17]

et commence à s'entraîner au chant de tir.

[54:20]

Dans l'année suivante, il achète deux autres pistolets,

[54:23]

deux Sig Sauer P226

[54:26]

qu'il a achetés en sauvant 5000 $

[54:29]

au cours des années précédentes.

[54:31]

Le jour de la rétribution sera donc fixé

[54:33]

au 23 mai 2014 à Isla Vista, en Californie.

[54:38]

En ce jour du 23 mai, en début de soirée,

[54:41]

Rogers attaque un à un ses deux colocataires

[54:44]

dans son appartement alors qu'il rentre

[54:46]

l'un après l'autre à leur tour dans l'appartement.

[54:51]

Un troisième homme, un ami des colocataires,

[54:54]

est aussi assassiné en rentrant plus tard chez lui.

[54:58]

Il va les poignarder les trois

[54:59]

à l'aide de deux couteaux qu'il a soigneusement préparés

[55:02]

avant de poser son geste.

[55:04]

Par la suite, il se rend dans un Starbucks

[55:07]

pour prendre un café, mais aussi pour publier

[55:09]

une vidéo sur sa chaîne YouTube

[55:11]

à propos de ce jour de la rétribution.

[55:14]

Et dans cette vidéo, il détaille son plan comme suit.

[55:18]

Voici donc ma dernière vidéo,

[55:20]

car c'est là où nous en sommes.

[55:22]

Demain sera le jour de la rétribution,

[55:24]

le jour où j'exercerai ma revanche contre l'humanité,

[55:27]

contre vous tous. Je ne comprends pas

[55:30]

pourquoi vous, les filles, n'êtes pas attirés envers moi.

[55:33]

Peu importe, je vous punirai pour ça.

[55:36]

C'est une injustice, un crime même,

[55:39]

parce que je ne comprends pas ce que vous ne voyez pas en moi.

[55:42]

Je suis un homme parfait, et malgré cela,

[55:44]

vous vous jetez dans les bras d'homme odieux

[55:46]

au lieu de venir vers moi, le gentleman suprême.

[55:50]

Et ce terme-là, ce que lui décrit comme

[55:53]

le suprême gentleman, ça va devenir un hashtag

[55:56]

sur Twitter, ça va devenir un mot couramment

[55:59]

utilisé par les incels.

[56:03]

Il va aussi envoyer à 34 personnes de son entourage

[56:06]

un manifeste de 137 pages

[56:09]

détaillant son état d'esprit,

[56:11]

mais aussi toute son histoire d'intimidation à l'école

[56:14]

au fil des ans. C'est assez troublant à lire.

[56:16]

J'en ai lu quelques extraits, mais ça va trop loin,

[56:19]

parce que ça remonte dans le temps à son enfance,

[56:21]

c'est extrêmement lourd, c'est très détaillé.

[56:25]

C'est très « dark », ça montre justement comment il se sent,

[56:29]

comment il n'a jamais eu de succès avec les femmes,

[56:31]

comment il a été intimidé à l'école.

[56:34]

C'est choquant un peu d'empathie pour lui quand même,

[56:37]

parce que c'est très triste, mais oui,

[56:40]

c'est évocateur d'un plus grand problème,

[56:43]

et on y arrive. Par la suite,

[56:45]

au volant de sa BMW 328i,

[56:48]

il se rend à la résidence Alpha Phi,

[56:50]

près de l'Université de Santa Barbara, une résidence d'étudiante.

[56:54]

Il frappe à la porte pendant plusieurs minutes

[56:56]

sans que personne ne réponde.

[56:58]

Il va alors sortir une arme à feu et tirer trois étudiantes

[57:02]

qui passaient par là près de la résidence,

[57:04]

tuant sur le coup deux d'entre elles.

[57:07]

Par la suite, Rogers court à sa voiture

[57:10]

et démarre en direction de l'Est.

[57:12]

Il tire un coup de feu dans un café

[57:14]

qui était inoccupé à ce moment-là.

[57:17]

Il va se diriger vers le Daily Mart

[57:19]

et tire plusieurs coups de feu à l'intérieur.

[57:22]

Il va faire une victime. Rogers s'enfuit alors

[57:25]

des auto-patrouilles qui arrivent,

[57:27]

parce que là on se rend compte qu'il y a quelqu'un

[57:29]

de pas tout à fait sain qui fait un méchant bordel en ville,

[57:32]

et roule en sens inverse de la route.

[57:34]

Il va frapper un piéton sur une route avec sa voiture

[57:37]

et tirer des coups de feu vers deux autres.

[57:40]

Il va ensuite tirer sur un couple sortant d'une pizzeria

[57:43]

ainsi que sur une fille à vélo.

[57:45]

Très intense comme...

[57:47]

Par la suite, Rogers, toujours à bord de sa BMW,

[57:52]

tire sur un agent de police sur la rue

[57:54]

frappant deux piétons en chemin.

[57:56]

Il va tirer sur trois autres piétons par la suite

[57:59]

et frapper deux skateboarders avec sa voiture sur la route.

[58:03]

Il va poursuivre sa course folle

[58:05]

en faisant feu sur deux agents de police.

[58:07]

Il sera lui-même atteint à la hanche.

[58:10]

Il va frapper une autre cycliste en chemin

[58:13]

pour terminer sa course en crashant sa voiture sur le trottoir.

[58:17]

Les policiers l'interceptent finalement

[58:19]

et le sortent de force de sa voiture

[58:22]

pour constater que Rogers a déjà mis fin à ses jours

[58:25]

en se tirant une balle à la tête.

[58:27]

Il aura fait au total 6 morts et 14 blessés ce jour-là.

[58:31]

Parler de jour de rétribution, c'est toute une tragédie.

[58:34]

C'est fou le nombre de dommages collatéraux,

[58:37]

les témoins qui ont vu ça, les familles.

[58:40]

C'est incroyable.

[58:42]

C'est une chose que j'ai peur dans la vie,

[58:45]

c'est d'être vraiment à la mauvaise place au mauvais moment.

[58:47]

Il y a plein de mauvaises victimes.

[58:49]

Il y a plein de personnes qui sont innocentes.

[58:53]

En fait, elles sont toutes innocentes, ces personnes-là.

[58:55]

Elles faisaient juste vivre la pizzeria dans un café,

[58:59]

dans la rue, du skate dans la rue.

[59:01]

On n'est pas à l'abri de tomber sur quelqu'un comme ça.

[59:04]

Moi, ça me fait peur.

[59:05]

C'est ce qui est le plus troublant avec ce groupe-là.

[59:09]

On ne sait pas quand est-ce que ça va se passer

[59:11]

et on ne sait pas ce qu'ils vont faire.

[59:13]

C'est vraiment random.

[59:14]

Dans le cas de Elliot Rogers,

[59:16]

je pense qu'il voulait tuer des femmes à la balle.

[59:18]

C'était sa frustration.

[59:19]

Il s'est dirigé dans une résidence d'étudiante.

[59:22]

On n'imagine pas ce qui serait arrivé

[59:23]

si quelqu'un avait ouvert cette porte-là.

[59:27]

En fait, déjà, ce qui est arrivé est assez intense.

[59:30]

J'imagine pas s'il était entré dans une résidence d'étudiante en plus.

[59:34]

Il aurait pu faire tout un carnage.

[59:36]

Mais on se rend compte qu'il a fait plein d'hommes victimes aussi.

[59:40]

Il a tué ses deux colocataires. C'est quoi le rapport?

[59:42]

Est-ce que c'est parce que ces colocataires

[59:44]

réussissaient à avoir des relations avec les femmes?

[59:48]

L'ami des colocataires, rien à voir là-dedans.

[59:52]

Tirer dans un café...

[59:54]

C'est en psychose.

[59:56]

On se rend compte qu'il y avait...

[59:59]

Je sais pas s'il y avait vraiment un but ou quelque chose,

[01:00:01]

mais ça devenait complètement n'importe quoi, sa tuerie.

[01:00:05]

Il se jetait sur n'importe quel victime potentiel.

[01:00:08]

Sa frustration, c'était sur n'importe qui.

[01:00:11]

On dirait actuellement de ce que je vois,

[01:00:12]

c'est que c'est n'importe qui qui était sur son passage.

[01:00:16]

Ou peut-être qu'il était frustré de ne pas avoir réussi

[01:00:19]

à rentrer dans la résidence Alpha Phi.

[01:00:21]

Il a perdu la carte et il a décidé de tuer tout le monde.

[01:00:25]

Cette histoire fait scandale partout sur la planète.

[01:00:28]

En raison de la vidéo publiée par Rogers avant la tuerie,

[01:00:31]

l'histoire mettra aussi le monde des incels

[01:00:33]

sous le regard de la presse mondiale.

[01:00:36]

La population est secouée parce qu'elle apprend à propos

[01:00:38]

des groupes misogynes radicaux qui se rassemblent sur le web.

[01:00:41]

Alana, qui a créé le premier blog incel dans les années 90,

[01:00:45]

qui a même inventé le mot à une autre époque,

[01:00:47]

est choquée de voir l'histoire d'Elliott Rogers

[01:00:50]

alors qu'elle lit un magazine féministe dans une librairie.

[01:00:53]

J'imagine.

[01:00:55]

Surtout que c'est elle qui a créé cette communauté-là.

[01:00:58]

Oui, avec du bon vouloir au départ.

[01:01:01]

Elle n'aurait jamais cru que son groupe de soutien

[01:01:03]

aux célibataires aurait de telles répercussions plusieurs années plus tard.

[01:01:07]

Ce qui est le plus choquant dans l'histoire de Rogers,

[01:01:09]

c'est qu'il avait fait l'objet d'une vérification de la part des autorités

[01:01:12]

en raison des publications qu'il faisait sur le web quelques mois plus tôt.

[01:01:16]

Il avait jugé qu'il ne représentait pas un danger pour la société.

[01:01:19]

Il avait donc été laissé chez lui sans aucune autre forme de vérification.

[01:01:23]

Parce que même avant de faire sa tuerie,

[01:01:25]

il postait sur sa page Facebook des memes d'Incel

[01:01:30]

et sur sa page YouTube aussi,

[01:01:32]

donc il y avait déjà un quelque drapeau de levée.

[01:01:34]

Ça ne doit pas toujours être évident, par contre,

[01:01:36]

pour les autorités ou les services sociaux d'intervenir

[01:01:39]

dans le sens de vraiment juger si quelqu'un va être prêt

[01:01:43]

à passer à l'acte ou non. Je ne veux pas les défendre,

[01:01:45]

mais souvent, je me mets à leur place.

[01:01:47]

Ça ne doit pas toujours être évident à bien évaluer ce type de personne-là.

[01:01:52]

Aussi, malgré qu'il souffrait de schizophrénie

[01:01:54]

et d'autres troubles de santé mentale,

[01:01:56]

il refusait toujours de prendre ses médicaments.

[01:01:59]

On a la vague impression que cette tragédie aurait pu être évité.

[01:02:02]

C'est clair, hein? C'est malheureusement souvent

[01:02:05]

des gens qui souffrent de maladies mentales.

[01:02:08]

Si ils sont ostracisés, j'imagine que ça amplifie

[01:02:11]

l'effet de frustration et de manque d'empathie aussi,

[01:02:16]

parce que pour faire des carnages comme ça,

[01:02:18]

ton empathie doit être à off.

[01:02:20]

Oui, c'est là que tu te recueilles dans des chambres à écho,

[01:02:24]

un peu comme la communauté des Incel.

[01:02:26]

Exact. Pour les plus extrêmes Incel de type pilule noire,

[01:02:30]

Rogers est devenu une sorte de martyre.

[01:02:32]

Il en a malheureusement inspiré beaucoup d'autres.

[01:02:35]

12 ans, je vous raconte quelques autres cas.

[01:02:37]

Le 1er octobre 2015, Chris Harper Mercer

[01:02:41]

se rend sur un campus universitaire à Roseburg en Norégon

[01:02:44]

et tuera neuf personnes en plus dans blessés huit.

[01:02:47]

Il va s'enlever la vie sur la scène du crime

[01:02:49]

en laissant sur place un manifeste, tout comme Rogers,

[01:02:52]

en affirmant avoir été influencé par la tuerie organisée par ce dernier.

[01:02:56]

Le 31 juillet 2016,

[01:02:58]

Sheldon Bentley dérobe un homme sur la rue et l'assassine,

[01:03:03]

frustré d'être célibataire involontaire depuis quatre ans.

[01:03:06]

Ça, c'est triste, c'est une pauvre victime encore.

[01:03:09]

Le 7 décembre 2017,

[01:03:11]

William Atchison se rend à l'école secondaire

[01:03:14]

d'Aztèque, au Nouveau-Mexique,

[01:03:15]

où il tue deux personnes avant de s'enlever la vie.

[01:03:18]

Son pseudonyme en ligne était Elliot Rogers.

[01:03:22]

Donc lui aussi adorait Elliot Rogers jusqu'à utiliser son nom sur Internet.

[01:03:26]

Le 14 février 2018, jour de la Saint-Valentin,

[01:03:30]

Nicholas Cruz se rend à l'école secondaire

[01:03:32]

Stoneham Douglas, en Floride, où il tue

[01:03:35]

17 personnes en plus dans blessés, 17 autres,

[01:03:38]

avant de se faire arrêter. Juste avant la tuerie,

[01:03:41]

il publiera en ligne « Elliot Rogers ne sera jamais oublié ».

[01:03:45]

Fait mal, hein, de lire tout ça?

[01:03:47]

Surtout qu'il a fait énormément de dommages collatéraux

[01:03:50]

sur certains Elliot Rogers.

[01:03:51]

On revient tranquillement vers Alec Minacian.

[01:03:55]

En 2013, Alec se retrouve dans une fête d'Halloween,

[01:03:59]

parce que là c'est intéressant de voir comment lui aussi

[01:04:01]

a vécu sa progression vers la radicalisation.

[01:04:05]

À cette fête d'Halloween,

[01:04:07]

il tentait tant bien que mal d'attirer l'attention des filles,

[01:04:10]

mais sans succès. Selon lui,

[01:04:13]

les filles riaient de lui et tombaient dans les bras

[01:04:15]

de gars musclés superficiels.

[01:04:17]

Il fut extrêmement frustré de cette expérience

[01:04:20]

et il commença à s'identifier en ligne avec les incels,

[01:04:23]

et plus particulièrement les incels plus extrêmes,

[01:04:26]

prêts à tout pour faire tomber la domination des Chad

[01:04:29]

auprès des filles, les Stacy's.

[01:04:31]

Son lieu de prédilection est 4chan,

[01:04:34]

où plusieurs incels anonymes se rassemblent.

[01:04:36]

Ouais, 4chan a la ligne éditoriale assez souple.

[01:04:39]

Oui. De janvier 2014 à mai 2014,

[01:04:43]

il va même discuter avec Elliot Rogers

[01:04:46]

jusqu'à trois jours précédent la tuerie qu'il va organiser.

[01:04:50]

Donc il avait vraiment eu des contacts avec lui.

[01:04:52]

Il va se reconnaître en Elliot et il va le trouver

[01:04:55]

très inspirant. Lorsque la tuerie orchestrée

[01:04:58]

par Elliot Rogers arrive, Minassian

[01:05:01]

a toute une révélation, il y a une genre d'épiphanie.

[01:05:04]

Il s'agit pour lui du meilleur moyen de faire passer sa frustration

[01:05:07]

et d'envoyer un signal clair à la population.

[01:05:10]

Il cogite à cette idée sans arrêt.

[01:05:12]

Il discute même avec Chris Harper Mercer qui commettra plus tard

[01:05:16]

la tuerie de Roseburg, comme te décrit Seb.

[01:05:19]

Entre temps, Alec fera un petit tour dans les forces armées canadiennes

[01:05:22]

donc il va s'enrôler le temps de quelques mois

[01:05:24]

dans une unité d'infanterie.

[01:05:27]

Puisqu'il est toujours vierge et qu'il n'a jamais eu de petit ami,

[01:05:30]

il se dit que l'armée peut le remodeler physiquement et mentalement

[01:05:33]

et qu'il aura plus de chance avec les filles après son service.

[01:05:37]

Hélas, ce ne sera pas le cas.

[01:05:39]

Il commence à planifier sa tuerie environ un mois avant le crime.

[01:05:43]

Il ne souhaitait pas trop planifier la chose,

[01:05:45]

selon ses interrogatoires avec la police de Toronto.

[01:05:48]

Il préférait y aller d'instinct.

[01:05:50]

Il va donc réserver la vanne blanche un mois avant la tuerie.

[01:05:54]

Il voulait toutefois compléter ses examens en développement informatique

[01:05:57]

avant de commettre le crime, comme ça ce serait plus symbolique.

[01:06:01]

Je ne comprends pas trop cette idée-là.

[01:06:03]

Il voulait avoir un diplôme avant de commettre tout ça.

[01:06:07]

Ou avant de mourir.

[01:06:08]

Je ne sais pas si lui avait planifié de se tuer.

[01:06:12]

Après, ce n'est pas très clair.

[01:06:14]

Quand le jour arrive, Alec est bouillant de rage et d'excitation.

[01:06:19]

Il se dit qu'il s'agit du jour J,

[01:06:21]

le jour de la rétribution, comme le disait Elliot Rogers.

[01:06:25]

Avant de prendre la route,

[01:06:26]

il publie un message très inquiétant sur Facebook.

[01:06:29]

Et là, je vais vous le traduire.

[01:06:32]

Dans son message, il utilise beaucoup de jargon militaire aussi.

[01:06:36]

Il nous dit

[01:06:36]

« Soldats Minassianne, unité d'infanterie 0010,

[01:06:41]

souhaitent parler au sergent Farchan, s'il vous plaît.

[01:06:44]

La rébellion incelle est déjà commencée.

[01:06:47]

Nous allons conquérir tous les Chad et les Stacey's.

[01:06:50]

Nous devons tous vénérer le Supreme Gentleman Elliot Rogers. »

[01:06:56]

Donc lui aussi fait référence

[01:06:58]

au Supreme Gentleman.

[01:07:00]

Par la suite, il prend la route et exécute son plan,

[01:07:03]

causant 10 morts et 16 blessés au centre-ville de Toronto,

[01:07:07]

comme on l'a décrit en introduction.

[01:07:09]

Donc toute une journée de carnage qui va condamner la ville.

[01:07:13]

Tous les transports en commun vont être stoppés.

[01:07:16]

Les commerces autour vont être évacués.

[01:07:18]

Les gens ne sauront pas trop comment agir.

[01:07:21]

Parce que sur le coup,

[01:07:22]

c'est quelques temps après

[01:07:25]

qu'on s'est rendu compte qu'il le faisait

[01:07:29]

sous l'influence des incels.

[01:07:31]

Mais on ne savait pas à ce moment-là, est-ce que c'est un groupe terroriste?

[01:07:33]

Est-ce qu'il va en avoir d'autres?

[01:07:34]

Est-ce qu'il y a un avion qui va se cacher ailleurs?

[01:07:38]

Il sera accusé de 10 meurtres au premier degré

[01:07:41]

et de 16 tentatives de meurtre.

[01:07:44]

Alec ne présente aucun remords.

[01:07:46]

Il explique qu'il sent que sa mission a été accomplie

[01:07:49]

lors d'interrogatoires avec les policiers.

[01:07:51]

Il y en a qui sont disponibles en ligne.

[01:07:54]

Les policiers ont sorti ça et c'est très troublant.

[01:07:58]

Dans son interrogatoire,

[01:08:00]

il explique que si un café ne s'était pas renversé

[01:08:03]

sur le pare-brise de la vanne lorsqu'il a percuté un piéton,

[01:08:06]

il aurait continué à rouler et à tuer d'autres gens.

[01:08:09]

En gros, il ne regrette rien.

[01:08:12]

Toutefois, l'homme plaide non coupable

[01:08:14]

et son procès sera tenu en février 2020.

[01:08:17]

C'est long, hein?

[01:08:18]

Oui, c'est tellement long les procédures judiciaires.

[01:08:22]

Mais comment peut-il plaider non coupable, en fait?

[01:08:25]

On sait que c'est bien lui qui conduisait la vanne.

[01:08:28]

On sait que c'était planifié.

[01:08:30]

On sait qu'il ne s'agit pas de légitime défense.

[01:08:33]

Il l'a publié sur Facebook.

[01:08:36]

Une seule option persiste,

[01:08:38]

c'est de plaider la maladie mentale comme cause du crime.

[01:08:41]

C'est ce que nous allons voir en février

[01:08:43]

dans ce qui sera sans doute un des plus importants procès canadiens

[01:08:47]

des dernières années.

[01:08:48]

Absolument, on va suivre ça avec attention.

[01:08:51]

Autre la maladie mentale, est-ce qu'il pourrait s'appuyer

[01:08:55]

sur, pas les homicides involontaires,

[01:08:58]

mais dans le sens qu'il a fait ça par un traumatisme de jeunesse

[01:09:02]

ou je ne sais pas s'il peut utiliser cette défense-là

[01:09:07]

pour, outre la maladie mentale,

[01:09:08]

pour disons aménuiser la peine.

[01:09:11]

Parce que je sais que souvent c'est pour ça qu'ils font ça.

[01:09:14]

Mais généralement quand tu plaides coupable,

[01:09:16]

ils vont diminuer ta peine parce que ça évite un procès.

[01:09:20]

En tout cas, j'ai hâte de voir

[01:09:23]

la conclusion de ça.

[01:09:25]

En fait, j'ai hâte de voir sa défense qui m'intrigue beaucoup

[01:09:28]

parce que me semble qu'on n'a rien vu.

[01:09:30]

Dis-moi qu'il n'y a rien qui est sorti par rapport à une quelconque maladie mentale.

[01:09:33]

Me trompes-tu en disant ça?

[01:09:35]

Non, je ne pense pas qu'il y ait rien qui est sorti.

[01:09:37]

C'est là qu'on va le voir.

[01:09:38]

J'imagine qu'ils vont tenter de le prouver en cours.

[01:09:42]

Mais il n'y a rien eu sorti là-dessus, pas de schizophrénie ou quoi que ce soit.

[01:09:46]

Pas que je sache jusqu'à présent.

[01:09:48]

C'est ce qui conclut la chronologie des événements.

[01:09:50]

Hélas, ça ne s'arrêtera pas là pour les tueries en lien avec les incels.

[01:09:54]

Je vous en nomme quelques autres.

[01:09:55]

Ils sont survenus à même après ce que Alec Minassian a fait.

[01:09:59]

Ça n'arrête pas.

[01:10:02]

Le 2 novembre 2018, Scott Burleigh,

[01:10:05]

un misogyne reconnu, se dirige dans un cours

[01:10:07]

de hot yoga de la ville de Tallahassee en Floride.

[01:10:11]

Il va tuer deux femmes ayant blessé quatre autres

[01:10:13]

avant de s'enlever la vie.

[01:10:17]

En janvier 2019, Christopher Cleary,

[01:10:20]

un incel avoué, est arrêté après avoir posté

[01:10:23]

une publication troublante sur Facebook

[01:10:25]

en expliquant qu'il prévoit une tuerie de masse

[01:10:27]

dans un endroit public sous peu,

[01:10:29]

dans le but de tuer autant de femmes qu'il le peut.

[01:10:32]

Donc, lui, ils ont réussi à l'attraper avant qu'il passe à l'acte.

[01:10:35]

Oui, un peu comme la tuerie d'Alifax.

[01:10:39]

Imaginez s'il ne l'avait jamais publié.

[01:10:42]

Il aurait peut-être passé à l'acte.

[01:10:44]

C'est ça qui est drôlant.

[01:10:46]

Quand ils publient leurs futurs actes,

[01:10:51]

ils s'autocandandent d'une certaine manière

[01:10:53]

ou du moins ils annoncent ce qu'ils font.

[01:10:56]

C'est vrai que d'une certaine manière,

[01:10:57]

ça peut empêcher ça.

[01:10:59]

On dirait que la pulsion de l'annoncer est plus forte

[01:11:03]

que le risque de se faire prendre.

[01:11:05]

Je ne sais pas si tu comprends ce que je veux dire.

[01:11:06]

Oui, je pense que c'est de clammer le lien de ce crime-là

[01:11:10]

avec la communauté. Je pense que c'est ça qu'ils veulent faire.

[01:11:13]

Je pense que la plupart souhaitent mourir aussi là-dedans.

[01:11:16]

Alec Minassian, on l'a vu lorsqu'il demandait

[01:11:19]

au policier Lam, à l'agent Lam, de le tirer dans la tête.

[01:11:22]

C'est parce qu'il voulait mourir par suicide by cop

[01:11:25]

s'il voulait se faire tuer par la police.

[01:11:28]

Ces gens-là ont l'impression qu'ils ne se feront pas attraper

[01:11:30]

ou que s'ils se font attraper, ils vont se faire tirer par la police

[01:11:33]

ou ils vont avoir le temps de se suicider avant,

[01:11:35]

mais ce n'est pas toujours ce qui arrive.

[01:11:39]

Le 17 juin 2019, Brian Clyde,

[01:11:42]

un autre incel assez extrême, ancien soldat

[01:11:45]

qui publiait des memes nazies ou encore transphobiques

[01:11:47]

sur sa page Facebook, a tenté une tuerie au palais de justice

[01:11:51]

de Dallas, au Texas, alors qu'il se fera intercepter

[01:11:54]

par les officiers de police.

[01:11:55]

Donc encore là, ils vont agir à temps,

[01:11:58]

ils vont l'intercepter avant qu'ils commettent son crime.

[01:12:03]

Oui, encore une fois parce qu'il a publié

[01:12:05]

sur sa page Facebook.

[01:12:07]

Donc cette tendance ne semble pas près de s'arrêter.

[01:12:09]

Jusqu'à présent, les incels ont commis 45 meurtres

[01:12:12]

en Amérique du Nord.

[01:12:14]

C'est fou, ça s'accélère vraiment.

[01:12:17]

Je ne serais pas surpris qu'on en voie d'autres,

[01:12:20]

même bientôt, parce que c'est en hausse

[01:12:23]

depuis 3-4 ans ce phénomène-là.

[01:12:26]

J'imagine que les autorités doivent être

[01:12:29]

un peu plus à l'affût de ça, parce qu'ils surveillaient

[01:12:31]

déjà beaucoup les actes terroristes ou tout ça.

[01:12:34]

Mais là, j'ai l'impression qu'ils doivent avoir

[01:12:38]

une équipe dédiée, mais ça doit faire partie

[01:12:40]

de leur processus de surveillance, de surveiller

[01:12:42]

tous les groupes comme ça, parce qu'ils passent à l'acte.

[01:12:45]

C'est pas juste dans les mots.

[01:12:48]

Ils tuent des vraies personnes.

[01:12:50]

Donc c'est très triste. Moi, je ne pensais pas

[01:12:52]

que ça allait aussi loin que ça, ce groupe-là.

[01:12:55]

J'avais entendu parler évidemment de l'histoire

[01:12:57]

de Alec Minassian, mais je ne savais pas qu'il y avait eu

[01:12:59]

tant d'autres crimes qui avaient été tentés,

[01:13:02]

qui avaient été commis, mais en plus qui avaient été planifiés.

[01:13:05]

Mais c'est fou quand même comment ça devient

[01:13:08]

un réel problème, puis comment les gens

[01:13:10]

font l'idolation des tueurs de masse.

[01:13:13]

On l'a vu un peu dans l'épisode où on a parlé des columnbiners,

[01:13:16]

l'épisode avec Lindsay Souvanarath.

[01:13:19]

Et puis là, on retrouve le même type de chambre à écho,

[01:13:23]

le même type de communauté toxique, puis le même type

[01:13:26]

de radicalisation qui pousse vraiment à commettre

[01:13:28]

des actes terribles.

[01:13:30]

C'est exactement la même chose, c'est juste un autre thème.

[01:13:33]

Dans le fond, ils sont juste regroupés sous un autre thème.

[01:13:36]

C'est un équivalent d'un secte un peu comme on le disait.

[01:13:40]

Tu suis un dung précis, puis tu y crois,

[01:13:43]

puis tu vas aller jusqu'au bout.

[01:13:46]

Pour en quoi tu crois, là.

[01:13:48]

Mais toute une histoire, en tout cas, on va vous garder

[01:13:51]

au courant, cher distordu, du développement

[01:13:54]

de toutes ces histoires-là, puis du procès de Alec Minassian

[01:13:57]

qui va arriver en février. Toi, Seb,

[01:13:59]

quelle est ton opinion là-dessus?

[01:14:02]

Moi, ma grosse conclusion, une fois que j'ai fait

[01:14:06]

toute la recherche, j'ai écouté plein de documentaires,

[01:14:08]

c'est que c'est des hommes aigris

[01:14:10]

qui ont vécu beaucoup de déceptions.

[01:14:14]

Ils agirent pas bien, puis on dirait qu'ils se bâtissent

[01:14:17]

leur personnalité ou leur estime d'eux-mêmes.

[01:14:20]

Ils abattissent que si une femme s'intéresse à eux.

[01:14:25]

Mais, tu sais, avant, on le sait, là,

[01:14:29]

il faut être bien avec soi-même.

[01:14:31]

J'ai l'impression que le problème, il part de là,

[01:14:33]

mais ça devient un problème de société parce qu'il y a

[01:14:37]

des incels qui passent à lac, mais combien ne passent pas

[01:14:39]

à lac et qui souffrent et qui sont malheureux.

[01:14:43]

Et la société, il faut que la société

[01:14:46]

diminue le nombre de gens malheureux, mais on dirait

[01:14:49]

que, je suis pas sociologue, j'arrive pas à comprendre

[01:14:52]

de un qu'est-ce qui crée ces...

[01:14:54]

Je comprends que ça vient de frustration, mais qu'est-ce

[01:14:56]

qui fait que tu deviens comme ça?

[01:15:00]

Qu'est-ce qui amène? Je sais pas quel élément

[01:15:03]

qu'il faudrait modifier dans la société ou dans l'approche

[01:15:05]

ou dans l'éducation pour éviter ce genre de choses-là.

[01:15:09]

Je suis un peu dans le néant. Je sais pas si, toi,

[01:15:12]

t'as réfléchi un peu à ça ou comment tu vois ça.

[01:15:15]

Ben oui, ben c'est clair, mais c'est un peu comme

[01:15:18]

tu dis, je suis d'accord avec toi dans le sens que

[01:15:20]

on dirait que leur problème va au-delà des femmes.

[01:15:24]

Oui, c'est ça. Eux, ils blâment les femmes pour leur

[01:15:26]

problème, mais j'ai l'impression que c'est pas du tout les femmes

[01:15:28]

leur problème. J'ai l'impression qu'ils ont un problème

[01:15:31]

d'estime d'eux-mêmes à la base, puis pour en venir là,

[01:15:35]

il faut qu'il y ait quelque chose qui

[01:15:38]

se nappe à quelque part dans la tête pour

[01:15:41]

passer de déprimé à un tueur en série.

[01:15:44]

C'est assez intense. Je m'attendais pas

[01:15:47]

que ça pouvait aller aussi loin, et surtout pas que

[01:15:50]

ces gens-là allaient clamer leur

[01:15:53]

revendication en lien avec ces

[01:15:56]

groupes-là. Donc, il semble avoir une fierté

[01:15:59]

à commettre des crimes envers les incels, mais il y a

[01:16:02]

pas un dieu des incels, il y a pas une autorité des incels.

[01:16:05]

Même quand t'envoies parfois des interviews avec des

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incels beaucoup plus modérés, puis eux, ils disent, ben non, nous,

[01:16:10]

on condamne pas du tout les actes

[01:16:13]

de barbarie comme ça. Nous, on est juste des

[01:16:17]

célibataires involontaires qui discutent entre eux, mais

[01:16:19]

il y a toujours une petite minorité à l'intérieur

[01:16:22]

de ces groupes-là qui est vraiment, qui est prête à

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penser à Lac, puis prête à, qui a complètement d'autres

[01:16:28]

convictions. Donc, je trouvais qu'à la base,

[01:16:32]

le blog d'Alana était intéressant, même si

[01:16:34]

c'était dépressif et tout ça, mais de voir comment

[01:16:37]

tout ça a escaladé en quelques années,

[01:16:41]

sérieusement, je suis, j'en reviens pas, je suis

[01:16:44]

jeté à terre par cette histoire-là.

[01:16:47]

Mais comment on peut prévenir ces actes-là?

[01:16:50]

Puis aussi, quelle est la responsabilité des réseaux sociaux

[01:16:52]

derrière tout ça? Parce que c'est là qu'ils se concentrent.

[01:16:55]

Je sais que Reddit a banni le sous-groupe incel,

[01:16:58]

ainsi que plusieurs autres là en septembre 2019, donc tout

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récemment. Ils ont banni des groupes, mais ça fait

[01:17:04]

juste tasser le problème. Si tu fermes un crack house,

[01:17:07]

il y en a un autre qui va ouvrir à deux rues plus loin.

[01:17:10]

Donc, je pense pas que ça élimine le truc. Puis parfois, je me

[01:17:12]

demande, qu'est-ce qui peut faire de plus ces compagnies-là

[01:17:14]

que de bannir des sections?

[01:17:18]

C'est pas évident. Est-ce qu'il y a une façon

[01:17:22]

à quelque part où on pourrait plus facilement détecter

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ces cris d'alarme-là? Parce que oui,

[01:17:28]

Elliot Rogers, on aurait pu prévenir son crime

[01:17:32]

des mois à l'avance. Donc, c'est très troublant

[01:17:34]

de voir ça. Il y a aussi YouTube qui a retiré plusieurs

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vidéos de pick-up artists cette année et de vidéos

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de haine envers les femmes et tout ça. Donc, c'est

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rendu très surveillé sur YouTube. Mais encore une fois,

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si YouTube les retire, ils vont trouver un autre endroit

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pour partager leur contenu.

[01:17:50]

Ben oui, le web, c'est une des belles qualités du web,

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mais en même temps, c'est son défaut. C'est qu'on

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peut pas contrôler son contenu. Oui, sur les

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sites, comme tu dis, on a le pouvoir de modérer

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le contenu, mais n'importe qui peut s'acheter un autre

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domaine. IHateWomen.com puis se partir un site web

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ou même un réseau social là-dessus et qui va

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se nourrir. Il n'y a pas d'autorité qui peut

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fermer ça, ces sites-là. J'ai même l'impression

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qu'il n'y a pas de loi. C'est un discours de haine,

[01:18:21]

mais j'ai jamais vu, en tout cas, du moins,

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les autorités ou une entité qui a voulu poursuivre

[01:18:27]

et fermer un site sur Internet.

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Ça ne se fait pas. Moi, en fait, ma conclusion,

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c'est que je suis un peu dans le désespoir,

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dans le sens qu'il n'y a comme rien à faire,

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à part si quelqu'un voit des commentaires

[01:18:43]

ou des statuts, les dénoncer, par exemple,

[01:18:45]

sur Facebook. On peut reporter des contenus

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qu'on trouve scandaleux ou qui n'ont pas

[01:18:51]

leur place, mais outre ça, qu'est-ce qu'on peut

[01:18:53]

faire? Il n'y a rien à faire, on dirait.

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C'est l'éducation, je pense. C'est d'éduquer

[01:19:00]

les hommes, d'éduquer nos jeunes garçons.

[01:19:03]

Il y en a peut-être une gang qui sont trop vieux

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pour être éduqués actuellement, mais c'est

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de tenter de prévenir et d'essayer de créer

[01:19:10]

le moins en moins d'incelles dans le futur.

[01:19:14]

Mais non, c'est très dur à prévoir ce type

[01:19:17]

de comportement-là venant des chambres à écho

[01:19:20]

comme ça. Ça fait un peu le tour, Seb,

[01:19:23]

de cette chronologie-là. J'espère que ça vous a plu,

[01:19:26]

cher Distordu, parce qu'on a mélangé quelques histoires

[01:19:29]

ensemble. On voulait traiter d'une histoire,

[01:19:31]

l'histoire d'Alex Minassian, mais aussi de traiter du

[01:19:34]

phénomène de la manosphère à un sens plus large.

[01:19:36]

Donc on a mélangé l'histoire d'Elliott Rogers là-dedans

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parce que c'était un point pivot dans toute cette histoire-là.

[01:19:43]

J'espère que ça vous a plu. On est très curieux

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de savoir ce que vous vous en pensez, donc n'hésitez pas

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dans les commentaires à nous dire ce que vous pensez

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de ce groupe-là, ce que vous avez pensé de l'épisode

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et ce que vous pensez des incelles et de toutes

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ces autres sous-catégories-là qui naissent un peu partout

[01:20:00]

sur Internet. On a des suggestions pour vous

[01:20:02]

si vous voulez vous plonger un peu plus dans le coeur du sujet.

[01:20:05]

Reply All, le podcast, on fait un excellent résumé

[01:20:09]

et une interview avec Alana. Donc,

[01:20:12]

il est toujours excellent. Reply All, on vous conseille

[01:20:14]

en podcast d'aller regarder ça. Canada Land, un autre podcast,

[01:20:17]

eux, ont bien résumé la tuerie de Toronto lorsque c'est arrivé.

[01:20:20]

Ils font un peu le tour de la manosphère. Je vous suggère

[01:20:23]

aussi vraiment beaucoup le podcast Embrace de Void

[01:20:26]

qui, eux, ont fait deux épisodes, un beau portrait

[01:20:29]

philosophique du phénomène. Donc, il aborde des sujets

[01:20:32]

que Reply All n'a pas abordé ni Canada Land,

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donc très intéressant. Télé Québec aussi,

[01:20:37]

ils ont coproduit le documentaire québécois Bitch,

[01:20:40]

une incursion dans la manosphère qui vaut la peine

[01:20:42]

d'être vue. Donc, ça doit être disponible.

[01:20:46]

Les gens en France, essayez-vous. Je pense que Télé Québec,

[01:20:49]

ils doivent rendre leur contenu disponible.

[01:20:52]

Je ne sais pas. Sinon, avec un VPN, par exemple,

[01:20:55]

j'ai l'impression que ça peut être quand même pas si compliqué

[01:20:57]

parce qu'il est accessible en ligne sur le site de Télé Québec.

[01:21:01]

Donc, à voir. Mais à voir, c'est le géobloc.

[01:21:04]

Je le sais pas, t'as raison. Allez voir ça, puis tenez-nous

[01:21:06]

au courant. Vox aussi, le Média américain,

[01:21:09]

a réalisé un super dossier à l'écrit, donc allez voir ça

[01:21:12]

sur leur site web. Et si vous voulez un peu vous moquer

[01:21:15]

de la manosphère, on vous conseille le blog

[01:21:18]

We Haunted the Mammoth qui, eux, c'est comme un

[01:21:21]

incel watch. Donc, eux, ils vont surveiller tout ce

[01:21:25]

qui se dit dans la manosphère, puis ils vont faire

[01:21:26]

ressortir ça, souvent avec une petite pointe d'humour

[01:21:29]

pour se moquer de ces gens-là. Donc, des fois, après

[01:21:33]

en avoir parlé, puis après ça être pompé les nerfs,

[01:21:36]

bien, ça vaut la peine d'aller en rire un peu.

[01:21:38]

Sinon, vous savez où nous trouver, chers Distordus,

[01:21:41]

on est partout sur les médias sociaux. Instagram,

[01:21:44]

Facebook, Distorsion Podcasts, YouTube aussi, on est

[01:21:47]

Distorsion Podcasts. Sur Twitter, on est Distorsion Pods.

[01:21:50]

Et sur Untapped, on est Distorsion Podcasts aussi.

[01:21:54]

Donc Seb, aurais-tu un mot de la fin pour nous

[01:21:56]

aujourd'hui? Si vous voulez rencontrer des gens intéressants,

[01:22:00]

ouverts, respectueux et sans jugement,

[01:22:02]

évitez les chambres à écho et venez au Meetup

[01:22:05]

de Distorsion. Bonne idée!

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