Emile retrace lâaffaire Matthew Hardy, dont les faux profils sĂšment des soupçons dâinfidĂ©litĂ© et des conflits dans lâentourage de ses victimes. Seb raconte lâaffaire James Florence, qui diffuse des images sexuelles truquĂ©es et crĂ©e des chatbots Ă lâimage dâune professeure. Ces doubles peuvent mĂȘme donner sa vĂ©ritable adresse Ă des inconnus. On suit aussi le travail des victimes pour conserver les preuves et les traces numĂ©riques qui permettent aux enquĂȘteurs de remonter jusquâaux harceleurs.

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đïž Nos pires histoires de stalkers
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En janvier 2022, Matthew Hardy, un Britannique de 30 ans, est condamné à 9 ans de prison pour avoir harcelé plusieurs femmes à l'aide de faux comptes en ligne.
Dans une autre affaire, une professeure découvre qu'un double d'aile, créé par intelligence artificielle, dévoile son adresse à des inconnus et les invite chez elle.
Quand quelqu'un vole des piÚces de votre vie partout sur les réseaux sociaux, comment fait-on pour lui échapper?
Aujourd'hui, on s'intéresse aux stalkers à l'Úre numérique. Bienvenue à Distorsion.
Sébastien Lévesque, comment vas-tu ce soir?
Ăa va trĂšs bien, Mel Gauthier, et toi?
Ăa va trĂšs bien aussi parce qu'on a gardĂ© notre dĂ©cor d'Halloween, pourquoi pas Ă©tirer un petit peu la fĂȘte?
Le plaisir!
Ben oui, on s'est dit, bon, on est dĂ©but novembre, tout ça, mais malgrĂ© tout, on va quand mĂȘme garder ces belles piĂšces d'Ă©quipement, ce squelette, entre autres, avec qui j'ai dĂ©veloppĂ© une amitiĂ©.
Ouais, on sent la bro man, ça.
Oui, exactement, j'ai l'impression qu'on va peut-ĂȘtre le garder toute la saison, je sais pas trop.
Mais oui, en guise de continuitĂ© un peu, on est un peu dans la thĂ©matique de la spooky season, on vient de terminer notre spĂ©cial dans Halloween oĂč on a parlĂ© un peu d'histoires aussi de stalking.
Et on s'est dit, bien, pourquoi pas faire un spécial là -dessus, présenter des histoires de stalking.
On le sait, c'est le cas de... c'est trĂšs actuel comme phĂ©nomĂšne, peut-ĂȘtre que vous le vivez vous-mĂȘme.
On l'a tous un peu vécu à différentes échelles, des fois c'est trÚs soft le stalking, des fois ça peut aller trÚs loin.
Dans le camp de distorsion, on a parlé d'histoires vraiment qui vont trÚs loin avec ça.
Exact. Donc aujourd'hui, on voulait vous présenter chacun une histoire, on est un peu dans cette thématique-là .
C'est en si Seb prĂ©sente une histoire, moi j'en prĂ©sente une autre et lĂ , pour rendre les choses dynamiques, on en a choisi deux histoires de stalking qui vont quand mĂȘme assez loin.
Moi, j'ai une histoire britannique à vous proposer et toi Seb, ça t'invite à quoi?
Oui, j'ai une histoire d'une professeure justement, je pense qu'elle est juste un petit blanc de mémoire, mais bref, elle s'est rendu compte qu'il y a des gens qui, par intelligence artificielle, qui l'ont comme doxé, qui ont comme créé un double d'ailes.
Qui se mettait à inviter des inconnus chez elle et à dévoiler son adresse, donc c'est quelque chose de pas rassurant et le temps qu'elle arrive à cette conclusion, elle a vécu beaucoup de moments d'angoisse.
Ah oui, tout à fait, et puis en after show pour les membres Patreon, on poursuit encore sur la thématique, mais on est allé chercher des histoires réelles tirées de Reddit.
Ăvidemment, on ne sait pas toujours si c'est vraiment rĂ©el, mais on est allĂ© sur des pages qui invitent les gens Ă se confier sur des histoires de stalking, donc on va en avoir, moi j'en ai deux histoires Ă vous lire tirĂ©es de Reddit qui sont quand mĂȘme assez troublantes aussi, ça risque d'ĂȘtre trĂšs intĂ©ressant.
Puis on voulait aussi vous lancer la question un peu à vous, chers distordus, est-ce qu'il y a des histoires que vous avez vécues en lien avec le stalking numérique, que vous aimeriez qu'on en parle, est-ce que vous aimeriez nous raconter vos histoires pour qu'on en parle à part la suite?
Ăvidemment, le but c'est pas d'exposer votre vie privĂ©e et tout ça, c'est d'en faire la prĂ©vention et de voir comment on peut s'en sortir de ces histoires-lĂ .
On comprend évidemment si vous préférez garder ça pour vous, mais d'une maniÚre anonyme, si ça vous intéresserait de partager votre histoire et que vous accepteriez qu'on en parle avec les autres distordus, et bien nous ça nous ferait plaisir de faire un épisode sur le sujet.
Oui, oui, absolument, parce qu'on aime ça avoir des cas de la communauté.
Ben oui, exact.
Oui, pas que ça manque un peu, mais des fois c'est ça, j'ai le goût qu'on creuse encore plus ça, qu'on fasse participer encore plus à la communauté.
Vous avez des choses Ă dire, vous avez vĂ©cu des choses aussi qu'on traite Ă distorsion, et les stalkers, on dirait que, pas un peu comme les agressions sexuelles, mais la prĂ©valence, le ratio de gens qui ont subi ça, vĂ©cu ça est quand mĂȘme assez Ă©levĂ©.
On dirait à l'air d'aujourd'hui, avec tous les outils numériques, ce qui facilite beaucoup la vie des harceleurs aujourd'hui, le numérique, autant par le téléphone, les SMS que les réseaux sociaux et tout ça, toutes les traces qu'on laisse en ligne.
Il y a plein de gens, ou mĂȘme des vedettes, ou des mini vedettes, maintenant qui doivent ĂȘtre trĂšs, doivent faire extrĂȘmement attention prĂ©cocieuse, je vais dire, je pense que c'est un anglicisme,
mais quand ils publient, quand ils sont Ă l'extĂ©rieur ou des choses comme ça, de ne pas dĂ©voiler oĂč elles sont, ils vont publier leurs stories aprĂšs coup pour pas qu'il y ait justement des harceleurs qui se prĂ©sentent sur place dans des restaurants ou des choses comme ça.
Ben oui, des maniÚres de se protéger pour éviter que ça arrive.
C'est devenu un peu comme ça fait partie de leur routine, certaines personnes qui ont déjà vécu les stalkers, donc c'est vraiment quelque chose d'inquiétant.
Je trouve que nos histoires de ce soir ne vont pas plus nous rassurer.
Non, malheureusement. Sinon Seb, on va voir notre cher public bientĂŽt, quelles sont nos prochaines dates de spectacle en vente?
Oui, 19 novembre à Lévis, à l'Anglican Salle de Prestige, qu'on aime bien dire, à 17h45 le spectacle.
Donc vous allez pouvoir souper avec nous, si je peux le dire.
C'est presque du day drinking, 17h45.
Ah ben c'est le fun, ça ajoute un élément de plus, j'aime ça moi, le day drinking.
Et sinon le lendemain, toujours à Québec, à la bibliothÚque Gabriel-Roy, on fait notre conférence dans les coulisses de distorsion à 19h,
et vous pouvez vous inscrire, c'est gratuit, allez sur notre site web dans la section spectacle,
vous allez pouvoir suivre le parcours du combattant pour aller remplir le formulaire Ă la bibliothĂšque.
Là il y a les coulisses de distorsion, un peu des milécebs dans la vraie vie, les behind the scene.
On va vous raconter un peu comment on procÚde avec les recherches, les livres, les projets télé.
Entre autres, et là -dessus, on vous invite évidemment à vous procurer notre nouveau livre, les complots distordus,
qui doit ĂȘtre en vente maintenant, au moment oĂč on se parle.
Ou le lendemain, quelque chose comme ça, oui c'est le lendemain.
Ok, on va surveiller ça, parce que nous on est des mois en avance maintenant.
Exact, on est comme dans le retour vers le futur.
Et sinon, le 8 décembre, une autre conférence à la bibliothÚque de Mascouche Bernard Patnaud,
toujours Ă 19h, inscription gratuite, le mĂȘme procĂ©dĂ© que la derniĂšre fois,
donc je viens de vous expliquer, et on plonge en 2027 pour les 10 ans de distorsion,
le 20 mars Ă Sainte Eustache Ă la Petite Ăglise, les billets sont dĂ©jĂ en vente,
et le 9 avril 2027, au fameux Cabaret du Lion d'or, qu'on adore.
Oh oui, ça va ĂȘtre la fĂȘte.
Oh oui, pour nos 10 ans, donc dĂ©pĂȘchez-vous maintenant.
Oh yes, je pense qu'on en a assez dit Seb,
est-ce qu'on est prĂȘt Ă se lancer dans nos histoires de Stalker Ă l'Ăšre numĂ©rique?
Oh oui monsieur, allons-y!
Je me lance Seb pour ma premiĂšre histoire,
je voulais parler de celle de Matthew Hardy, qui est un Stalker en série britannique,
qui a fait plusieurs victimes et qui est allé assez loin je dirais,
vraiment quelqu'un qui a fait le tour des réseaux sociaux,
qui a fait un peu d'ingénierie sociale si on veut,
pour essayer d'attaquer ses victimes Ă quelque part,
de les gazlighter, de les manipuler et de manipuler leurs proches aussi.
Vous allez voir une histoire qui va quand mĂȘme assez loin,
qui est quand mĂȘme rĂ©cente aussi.
Je me lance Ă l'instant.
Nous sommes en 2019.
Leah Mary Embly vit dans le Kent, dans le sud-est de l'Angleterre.
Elle a travaillé comme assistante juridique,
un emploi qui lui a appris Ă rassembler des documents,
Ă conserver des preuves et Ă organiser des dossiers.
Cette expérience va bientÎt lui servir à constituer un dossier sur l'inconnu qui la harcÚle.
Leah utilise les réseaux sociaux pour communiquer avec ses proches.
C'est par ces plateformes que quelqu'un commence Ă s'introduire
dans son quotidien subtilement jour aprĂšs jour.
Les messages arrivent, puis les appellent.
Ă mesure qu'elle tente de couper le contact,
les communications se multiplient.
Elle bloque un compte, mais un autre apparaĂźt.
Elle cesse de répondre, mais l'inconnu insiste davantage.
C'est un peu modus operandi typique d'un harceleur.
Ils sont bien durs à décoller, telle ou une mouche autour d'un tonne de merde.
Comme on dit, ils sont durs à décroter.
BientĂŽt, il ne s'adresse plus seulement Ă elle.
Il contacte ses amis, ses connaissances, sa famille,
les partenaires de certaines de ces personnes.
Il crée des faux comptes, notamment au nom de Leah.
Des hommes reçoivent des messages de flirt ou des propositions sexuelles
qu'ils croient ĂȘtre envoyĂ©s par Leah.
Ăa crĂ©e vraiment un malaise auprĂšs de ses proches.
C'est drĂŽle parce qu'elle s'appelle Leah.
J'ai toujours l'impression que tu parles de l'intelligence.
Non, c'est L-I-A, c'est son prénom.
Parmi eux se trouvent des amis de son pÚre qui reçoivent des messages de flirt.
Des voisins sont invités à venir prendre le thé chez elles,
alors qu'elle n'a jamais lancé ces invitations-là .
Ăa a vraiment de vrais impacts dans sa vie.
Quelqu'un est en train de fabriquer une autre Leah.
Cette version d'elle parle Ă des hommes qu'elle connaĂźt,
entretient des conversations qu'elle n'a jamais eues
et fait des avances auxquelles elle n'a jamais pensé.
Mais pendant ce temps, la vraie Leah ignore l'étendue des échanges
qui circulent sous son ombre.
Le jour du mariage d'une de ses voisines,
le harceleur affirme à la future mariée
que Leah entretient une liaison avec l'homme qu'elle s'apprĂȘte Ă Ă©pouser.
Imagine-toi donc!
Ăa fout le bordel quand mĂȘme dans tout son entourage.
C'est clair!
Elle se retrouve Ă devoir nier des conversations
dont elle découvre parfois l'existence aprÚs-coup.
Des fois tu te doutes mĂȘme de toi-mĂȘme.
Est-ce que j'ai vraiment dit ça? Parce que je suis fou!
Elle ne sait pas qui a été contacté, ce qui a été dit,
ni ce que les destinataires ont cru.
MĂȘme lorsqu'elle ne reçoit aucun message,
elle ne peut pas ĂȘtre certaine que le harcĂšlement s'est arrĂȘtĂ©.
Il peut simplement avoir changé de cible.
Les appels se comptent par centaines, selon son témoignage.
Le harceleur semble posséder suffisamment de renseignements personnels
pour lui donner l'impression qu'il connaßt tous ses déplacements.
Leah commence à se demander s'il l'observe réellement
ou est-ce que tout ça c'est du bluff.
Lors d'une sortie, elle explique la situation à un agent de sécurité
qui lui conseille de ne pas aller seul aux toilettes.
Elle racontera plus tard que l'homme était à des centaines de kilomÚtres
derriÚre son écran, mais qu'il lui faisait croire
qu'il pouvait la surveiller et qu'il était tout prÚs d'elle.
Ă ce moment-lĂ , elle ne dispose pas de cette certitude-lĂ , malheureusement.
Le doute s'installe jusque dans ses rencontres ordinaires.
Une personne lui pose une question et elle se demande
si elle pourrait ĂȘtre celle qui l'harcĂšle.
La précision des attaques lui donne parfois l'impression
que l'auteur appartient Ă son entourage.
Elle ne sait plus Ă qui faire confiance.
Leah demande de l'aide Ă la police.
Et selon le récit qu'elle fera ensuite,
on lui conseille de quitter les réseaux sociaux
et de réduire ses sorties.
Elle comprend que les autorités envisageraient davantage
d'intervenir si quelque chose lui arrivait physiquement.
C'est souvent ça.
On dirait que tant qu'il n'y arrive rien de physique,
ce n'est pas si dangereux que ça.
Et lĂ , les policiers, bien, pas qu'ils blĂąment la victime,
mais c'est toujours Ă la victime
Ă adapter sa vie puis Ă adapter ses comportements.
LĂ , elle arrĂȘte d'aller sur les rĂ©seaux sociaux.
Elle arrĂȘte de sortir de chez toi.
Oui, mais lĂ , qu'est-ce qu'il faut que j'arrĂȘte de faire?
Est-ce que vous pouvez l'arrĂȘter, lui, quelque part?
Oui, oui, exact.
Je vais faire une comparative poitueuse,
mais c'est quasiment comme dire Ă une fille,
porte pas ce linge-lĂ si tu ne veux pas te faire agresser.
C'est ça que je pensais un peu.
Ăa ne fait pas sens.
Oui, on comprend aprÚs que ce n'est pas évident
à retrouver un stalker vite aprÚs ça.
Non, non, exact.
Mais quand mĂȘme, je trouve ça triste
que ce soit elle qui ait adapté sa vie
alors que l'autre ne change absolument rien.
Oui, exact.
On dirait que pour que les poignées soient plus...
L'harcĂšlement dure depuis vraiment longtemps,
que tu amĂšnes des preuves.
On dirait que les policiers manquent des fois
de poignées juridiques, j'ai l'impression.
C'est ça.
Il faut qu'il y ait quelque chose de physique,
une agression physique.
Mais quitter les plateformes,
ça ne résoudrait pas le problÚme.
Elle peut fermer son propre compte,
pas ceux que l'inconnu crie avec ses photos,
mais l'autre peut toujours la retrouver.
Elle peut refuser de répondre,
mais pas empĂȘcher les autres de recevoir des messages
prétendument envoyés par elle,
parce que c'est ça qui arrive aussi.
Lui, il contaminent les gens de son entourage.
Alors, elle commence tranquillement
Ă rassembler puis Ă conserver les preuves.
Son ancienne expérience d'assistante juridique
lui revient.
Elle rassemble les captures d'écran,
les échanges et les comptes utilisés.
Elle organise les piĂšces
pour montrer que ce qu'elle subit
n'est pas une série de messages isolés,
mais une campagne persistante
de la part d'un individu.
Elle se présentera au poste avec son dossier,
en pleurs, en demandant
désespérément qu'on l'aide.
Au cours de cette période,
elle apprend qu'un numéro utilisé
par son harceleur a déjà fait l'objet
de nombreuses recherches
et ce renseignement ouvre une possibilité
peut-ĂȘtre qu'elle n'est pas seule
dans sa condition.
Ailleurs en Angleterre, Seb,
d'autres femmes vivent
des expériences similaires.
Dans le Lincoln Shear,
Zoe Jade Allam
travaille comme mannequin.
Une personne la contacte en se présentant
comme un photographe intéressé à collaborer
avec elle. Mais cette approche
professionnelle laisse place Ă un tout autre
comportement. De faux comptes
utilisent ses photographies
et envoient des messages nuisibles.
L'usurpation déborde bientÎt
sa propre identité.
Un compte imite le pĂšre de son
partenaire, imagine-toi-dons,
qui est médecin, et engage
des conversations inappropriées avec
des jeunes filles.
Oui, ça va vraiment loin, rendu lĂ
l'harcelement. Le harceleur
connaßt le gymnase qu'elle fréquente
et l'heure de son cours. Zoe
finit par craindre de s'y rendre.
Elle ne sait pas si l'homme restera
derriĂšre un ordinateur ou si
il pourrait un jour l'attendre Ă la sortie.
Une autre femme,
Abby Furness, est artiste de
scÚne et son petit ami reçoit
des messages affirmant qu'elle lui a
été infidÚle. Mais ce sont des mensonges,
mais elle contribue, selon
son témoignage, à détruire leur relation.
Exact. Et des photographies
intimes d'Abby sont également envoyées
Ă son employeur, imagine-toi-dons.
Ceux qui font ça, je trouve ça tellement
dégueulasse. Ah oui, qu'ils se rendent jusque-là .
C'est tellement bas.
C'est tellement humiliant. AprÚs ça, t'sais, imagine
rentrer au travail.
Des collĂšgues t'ont vu.
Tout le non-dit, on dirait que mĂȘme si
t'es sûrement capable
de convaincre ton boss que t'as eu de la fraude,
maintenant, c'est connu quand mĂȘme.
Mais mĂȘme à ça, il y a toujours
un petit doute qui persiste.
Les gens vont toujours dire
sur quel site tu vas
pour te faire voler ton identité.
Donc,
ça s'efface jamais complÚtement,
on dirait, les doutes que ça laisse.
Les vies de ces
femmes sont bien différentes, mais la
méthode se ressemble. Une fausse
identité permet de prendre contact.
Les renseignements personnels
rendent les messages crédibles, puis
les attaques se déplacent vers les amis,
la famille, le couple ou le travail.
Dans plusieurs cas, l'approche
commence par une phrase qui promet une
confidence. Il commençait toujours
comme ça, en disant
« puis je te confie un secret ».
J'avoue que c'est quand mĂȘme une
bonne accroche, t'sais, pour quelqu'un
qui
connait pas la personne,
puis qui a tendance Ă ĂȘtre intriguĂ©
par certaines choses. Ben, on dirait que par
défaut, l'humain est comme « oh, un secret! »
Je veux savoir, ben oui.
La question semble invité à une conversation
privée, elle devient plutÎt la porte
d'entrée d'un harcÚlement qui envahit
tout un entourage.
En décembre 2019, dans le
Chess Cheer, le policier Kevin
Anderson commence Ă travailler sur une
plainte pour harcĂšlement.
En examinant les antécédents du suspect,
il découvre que le dossier
dépasse largement les événements qui lui
arrivent font apparaĂźtre plus de 100
signalements au rapport.
62 victimes recensées
et 10 arrestations
sur la période examinée.
Et ces chiffres ne représentent pas nécessairement
toutes les personnes touchées, mais il suffise
à révéler l'ampleur du phénomÚne.
Pourtant, les communications
continuent. Anderson
retrouve des événements remontant à 2010.
Il reconnaĂźt le mĂȘme
schéma d'une affaire à l'autre.
Une succession d'attaque destinée à désorganiser
la vie de quelqu'un Ă la rendre
méfiante et à détorier ses relations.
Il décrira ce comportement comme
une forme de guerre psychologique que
l'arceleur mĂšne avec ses victimes.
Mais c'est vrai que c'est ça, ça désorganise
ta vie carrément.
Tu sais, comme on disait...
Tu peux tu perdre ta job,
tu réussis à convaincre tout le monde
que tout ça c'est un scam.
Oui, oui, exact, puis juste comme on disait, tu sais, faut que tu changes
certaines habitudes, tu te dis que tu as peur,
on te dit de pas sortir, de pas...
Je veux dire, dans la vie, on a pas le choix
de sortir un peu.
C'est une emprise sur toi.
Il va contacter les femmes
dans d'autres régions aussi, dont
Leah et Zoé. Leurs témoignages
ne sont plus considérés séparément.
Les comptes, les messages, les procédés
peuvent maintenant ĂȘtre comparĂ©s Ă ceux d'autres dossiers
puis on les englobe tous ensemble.
Pour Zoé,
cette intervention est différente des précédentes.
Elle a le sentiment que le policier
s'intéresse réellement à ce qui lui arrive
au lieu de lui donner uniquement des conseils de sécurité.
Ce qui était arrivé auparavant.
Oui, oui, oui.
Les enquĂȘteurs se rendent Ă l'appartement du suspect
Ă Northwich.
Anderson s'attend à découvrir des traces
visibles de son activité, comme des notes,
des documents, peut-ĂȘtre un systĂšme
organisé lui permettant de suivre
ses victimes.
Mais l'appartement est super clean,
c'est propre, c'est rangé.
Il trouve pas de cahiers ou de notes affichées
correspondant au chaos que l'homme
a eu dans la vie des autres.
Lors d'un interrogatoire initial,
le suspect nie les accusations
et répond pas de commentaires
Ă presque toutes les questions.
Ă ce stade de l'enquĂȘte, les Ă©lĂ©ments soumis
ne débouchent pas sur des poursuites
par le CPS,
le Crown Prosecution Service.
Identifier un suspect ne suffit pas,
il faut démontrer ses actes avec des preuves
tangibles. Et ce suspect
s'appelle Matthew Hardy.
Et la police retrouve sa piste
grùce à une victime qui a enregistré
sa voix pendant un appel téléphonique
oĂč justement il tentait de l'amenacer.
Les enquĂȘteurs
relient aussi certains de ses faux comptes
sur les réseaux sociaux aux réseaux
wifi de son domicile.
Et Hardy, imagine-toi donc,
montre aussi accidentellement
son visage lors d'une diffusion
en direct qu'il fait depuis un faux
compte qu'il a créé. Donc il va
laisser passer le genre
Ă un petit coin oĂč on voit un bout
de son visage.
De son comté, l'IA, elle
a rassemblé plusieurs dossiers,
elle a monté tout un
doc à partir de ça.
Elle remet Ă Kevin Anderson plus de 700
pages de preuves qu'elle a recueillies.
Les messages qu'elle a conservés
montent la répétition et l'étendue
du harcĂšlement. Ils rejoignent donc
les piĂšces fournies par d'autres femmes
et une arrestation intervient
en 2020. Hardy est mise
en accusation en mars 2021.
Mais qui il est, lui?
Je vais vous en parler un petit peu de
cet homme.
Hardy, lui, vit Ă Northwich,
dans le Cheshire. Il a 30 ans
lorsqu'il est condamné en janvier 2022.
Et à cette époque, il est sans emploi.
Son comportement en ligne
a commencé bien avant qu'il cible
l'IA, Zoé ou Abbey.
Les enquĂȘtes journalistiques situent
les premiĂšres manifestations de harcĂšlement
durant ces années à l'école secondaire,
Ă la fin des annĂ©es 2000. Ăa commence
avec le jeune, tout ça.
Il s'intéresse d'abord à des camarades
et à des femmes de sa région
et avec le temps, il s'attaque aussi Ă des
inconnus vivant ailleurs au Royaume-Uni.
Son parcours est marqué par
l'isolement, l'intimidation
et des difficultés d'apprentissage.
Un diagnostic d'autisme
aussi est posé tardivement dans son cas.
Sa défense invoquera ce contexte
ainsi que des difficultés de santé mentale
pour expliquer une partie de son
comportement. L'argument présenté
est celui d'un homme qui cherche des liens
sur Internet et réagit lorsque
ses approches sont rejetées.
Mais les faits documentés vont bien au-delà de ça.
Il emprunte des identités,
il fabrique des accusations et persiste
malgré les interventions policiÚres.
Donc, ça va un petit peu plus loin.
L'autisme ne constitue
pas lui-mĂȘme une explication Ă ses actes.
Lors de la réalisation du
documentaire consacré à l'affaire,
il y a eu un docu lĂ -dessus.
On a consulté des organisations
dirigées par des personnes autistes afin d'éviter
cette association trompeuse.
Puis, on rappelle que la grande majorité
des personnes autistes ne manifeste
pas ce type de comportement-lĂ .
Exact, c'est mĂȘme contraire Ă eux.
Ben oui, c'est trĂšs rare que les autistes
vont ĂȘtre, peut-ĂȘtre des fois,
dans certains cas,
des tueurs en série,
des grands manipulateurs,
grands mentors et tout ça.
C'est pas dans leur nature. MĂȘme les contacts
sociaux, pas pour tous,
mais c'est pas toujours ce qu'ils préfÚrent.
MĂȘme virtuels, je sais pas
jusqu'Ă quel point.
C'est sûr qu'un avocat va toujours
essayer de trouver tous les facteurs
atténuants. Exact, mais
moi, j'y crois peu aussi.
En 2013,
une ordonnance judiciaire
lui interdit d'utiliser de faux
renseignements sur les réseaux sociaux.
Et cette restriction ne met pas fin à ses activités.
Sa violation fera partie
du dossier retenu contre lui en 2022.
MĂȘme l'arrestation de 2020
n'arrĂȘte pas immĂ©diatement le harcĂšlement.
Hardy continue pendant
sa liberté sous caution, imagine-toi non Seb,
incapable d'arrĂȘter.
Une femme nommée Gina
reçoit notamment un message d'un compte
qui prĂ©tend ĂȘtre sa grand-mĂšre.
Or, celle-ci est morte l'année
précédente de la COVID.
L'usurpation exploite encore une fois
un deuil pour tenter de
manipuler la personne.
Pour les victimes, l'intervention policiĂšre
ne signifie donc pas encore
qu'elles peuvent baisser la garde.
En octobre 2021,
Hardy plaide coupable Ă 5 chefs
de stalking.
Et le 26 janvier 2022,
Chester Crown Court,
la cour de cette région-là ,
le condamne Ă 9 ans de prison.
La violation de l'ordonnance
restrictive de 2013 fait également
partie des faits retenus.
Le tribunal prend en considération
le harcĂšlement de 4 autres femmes
qu'il reconnaßt avoir ciblé.
En octobre 2022, la peine est réduite
Ă 8 ans en appel.
Cette réduction ne remet pas en cause
sa culpabilité. Pour Leah,
l'emprisonnement crée enfin une
séparation entre elle et l'homme
qui a envahi sa vie pendant environ
3 ans, mais il ne peut pas effacer
les conversations fabriquées puis les dommages
causés. 3 ans!
3 ans! Ăa doit tellement ĂȘtre long, Emile!
En 2024,
elle racontait encore que elle se sent
toujours mal à l'aise en présence de certaines
personnes auxquelles
Hardy a écrit sous sa fausse
identité. Elle ignore
ce que ces personnes-lĂ pensent
d'elle réellement puisqu'elles ont retenu
des messages. Elle a toujours un petit
doute quand elle croise des gens
de son quartier, de son
travail et autres. Des petits
doutes qui persistent toujours.
Evidemment, sa confiance envers les autres,
notamment les hommes, est profondément
affectée à cette
pauvre femme. Mais maintenant,
elle sait désormais qui se trouvait derriÚre
les comptes. En ce moment,
il devrait ĂȘtre bien contrĂŽlĂ© pour
ne plus le refaire, mais on voit que c'est
un individu quand mĂȘme Ă surveiller.
MĂȘme en libertĂ© sous caution, il faisait des
dommages comme ça. Oui, bien oui!
Ăa faisait qu'il avait accĂšs.
Il était en liberté, c'est ça.
C'est dur de contrĂŽler les gens
parce qu'ils pouvaient encore utiliser
un ordinateur, mĂȘme s'il n'y a pas le doigt.
Exact. Pour terminer,
parce que lĂ , il est en prison,
Matthew Hardy. Je me suis intéressé un peu
aux penes, aux différentes penes qui
pénalisent le stalking dans
différents pays. Puis, ça varie
énormément. Au Canada,
entre autres, le harcĂšlement
criminel peut mener Ă 10 ans de prison.
En Angleterre et aux pays de
Galles, certaines formes graves
de stalking ont également
un plafond de 10 ans.
En France, par contre, le maximum
prévu pour le harcÚlement moral
varie de 1 Ă 3 ans.
Donc, eux, c'est ceux qui
punissent le moins, je dirais,
le harcĂšlement criminel.
La France. Aux Ătats-Unis,
le droit fédéral peut aller jusqu'à la
perpétuité si le stalking entraßne
la mort de la victime.
Donc, ils sont quand mĂȘme sĂ©vĂšres lĂ -dessus.
Mais ces chiffres-lĂ , c'est des maximums.
Ils ne disent pas Ă eux seuls si
les victimes sont bien protégées ou si
les auteurs de ces crimes-lĂ sont
rapidement arrĂȘtĂ©s, par exemple.
Oui, oui, parce que c'est long. Tu le sais,
ce type d'enquĂȘte-lĂ , gĂ©nĂ©ralement,
c'est quasiment plus complexe que des
enquĂȘtes sur meurtre et tout ça
parce que là , toutes les traces numériques,
soit ils vont ĂȘtre quand mĂȘme bons pour cacher
leurs pistes.
Ăa demande quand mĂȘme du temps
à tout faire les corrélations, sinon
toutes les circonstantielles. Alors, c'est
des longues enquĂȘtes aussi, en plus, qui je trouve
qui complexifient ce type de crimes-lĂ .
Puis, un pays,
en fait, qui a la plus haute
peine contre les stalkers, c'est l'Australie,
spécifiquement en Tasmanie.
C'est jusqu'Ă 21 ans,
en fait, et ça comprend
suivre une personne, surveiller une personne,
le rĂŽdage prĂšs des lieux
qu'elle fréquente,
faire parvenir du matériel offensant
avec l'intention de provoquer un préjudice.
Tout ça compte
lĂ -dedans et c'est un plafond de 21
ans qui fixe une peine maximale
pour les crimes autour
du stalking en Tasmanie.
J'ai quand mĂȘme une grosse diffĂ©rence.
Tasmanie, 21 ans maximum,
France, 1 Ă 3 ans.
On dirait que les Français,
on dirait qu'ils tolÚrent ça. Je veux pas faire
de généralité, mais
quand tes peines sont plus
réduites, du moins,
c'est pas que t'approuve, mais
tu mets moins d'importance Ă les punir.
Mais j'ai l'impression
parce qu'il y a beaucoup de non-dits
en France aussi, mais ça me semble que au niveau
des meurs, tout ça,
je trouve que des fois, il manque
de respect envers l'autre.
J'ai l'impression que ça se décline un peu
lĂ -dessus, mais
pour faire augmenter les peines, il faut qu'il y ait des changements
de loi, des juristes prudents. On dirait
qu'ils n'ont pas l'air d'ĂȘtre rendus lĂ
parce qu'ils doivent pas ĂȘtre Ă©pargnĂ©s,
non plus.
C'est triste parce qu'on dirait que
je pense pas que les stalkers pensent aux
peines non plus quand ils font ça.
Ils pensent qu'ils se feront jamais attraper.
C'est ça, je sais pas jusqu'Ă
quoi c'est dissuasif, mais je suis
surpris quand mĂȘme.
C'est quand mĂȘme un vieux pays, la France,
sur des trucs qui sont trÚs sévÚres,
mais sur ça, en tout cas, bref,
c'est une déception de ma part.
Sûrement que fumer un joint est plus pénalisé
que du harcĂšlement
criminal. C'est sûr que oui.
MĂȘme encore aujourd'hui, ils voient ça
comme ça a l'air d'ĂȘtre le dĂ©mon.
LĂ -dessus,
pose de l'éditoriale sur les lois
françaises. Seb, je te laisse aller
dans ton histoire. Ă toi, mon cher.
Ăcoute bien ça, mon cher Emile et les
détordus. On va se déplacer un peu dans
le temps Ă quelquefois. LĂ , on se
déplace en 2023.
Il y a quelqu'un qui crée des chatbots
en utilisant l'identité d'une professeure
du Massachoussette.
C'est un chatbot.
Pour ceux qui ne le savent pas encore,
un chatbot, c'est un programme d'intelligence
artificielle avec lequel on peut échanger des messages
comme ChatGPT,
Gemini, tout ceux que peut-ĂȘtre aujourd'hui
ont jamais expérimenté.
Les faux profils qui sont créés portent
son nom et ses photos,
puis ils répondent comme si c'était elle,
Ă partir de renseignements personnels
que son harceleur leur a fournis.
La professeure, évidemment,
n'a jamais autorisé ces conversations.
LĂ , on va faire un bond dans le temps
en arriĂšre. Ă la fin 2017,
il y a quelqu'un qui publie
sur Craigslist,
qui est un site de petites annonces.
Il y a une annonce qui donne
l'impression que la professeure cherche
des rencontres sexuelles.
Elle n'a rien écrit de tel.
L'annonce contient des photos
de sous-vĂȘtements qu'elle reconnaĂźt.
à ses yeux, elle semble avoir été prise
dans l'ancien appartement oĂč elle habitait
avec son mari.
Elle ignore qui se cache
derriĂšre l'annonce.
Vers 2020, les mĂȘmes photos
réapparaissent sur Twitter.
Elle est comme Ă vie des fois
des années, il ne se passe plus d'autres choses.
Et là , les photos, ça doit aussi
ĂȘtre perturbant.
Et sur Twitter, bon, il y a des comptes
qui lui envoient en affirmant
possĂ©der ses sous-vĂȘtements.
Il y en a un qui reprend mĂȘme son prĂ©nom
dans les comptes. Et les publications
identifient aussi le compte qu'elle utilise
dans sa vie professionnelle.
Et ses messages obscĂšnes sont aussi
rattachés au profil que connaissent
ses contacts professionnels.
Et elle finit par supprimer son compte.
Les photos continuent pourtant de circuler
sur d'autres profils. Puis, le harceleur
ajoute des images truquées
et des informations qui permettent de la
retrouver bien au-delĂ de Twitter.
En 2023,
il y a des publications qui contiennent
des montages sexuels accompagnés de
renseignements qui, eux, sont authentiques.
Puis on ne la nomme pas parce qu'elle
n'a jamais été nommée, c'est comme une genre de djindo.
Il y a des photos
du permis de conduire de la professeure,
son adresse et contacts professionnels,
mĂȘme une image de sa rĂ©sidence.
Un internaute qui voit le montage
n'a pas Ă chercher comment l'ajouindre.
On lui fournit déjà comment le faire.
Puis il y a des inconnus qui commencent
Ă lui envoyer des courriels, des textos.
Il y a certains qui menacent de transmettre
les images Ă ses collĂšgues, on retombe
encore dans les mĂȘmes, toujours les mĂȘmes choses,
ou à ses étudiants, si elles ne fournissent
pas de véritables images sexuelles.
Elles se retrouvent ainsi sommées
de produire des nouvelles photos
pour empĂȘcher la diffusion
de celles qui ont été fabriquées.
Tu vois comment ça ne fonctionne pas?
Il y a d'autres personnes qui ont repris
ces renseignements mis en ligne
et qui s'en servent contre elles.
Les gens qui doxent,
qu'on diffuse d'informations,
vont jusqu'Ă divulguer
ces mots de passe,
ces changements de couleur de cheveux.
C'est quelqu'un qui est au courant,
qui a sui.
Sur Reddit, il y a plusieurs profils
qui utilisent son nom et son image.
Pour cette seule femme,
l'enquĂȘte va recenser au moins
30 comptes sur 15 sites
avec ces informations-lĂ .
Et entre septembre 2023
et juillet 2024,
le harceleur crée au moins trois
chatbots sur deux plateformes
et leur fournit la date de naissance
de la professeure, son parcours scolaire,
ses habitudes vestimentaires,
mais aussi le nom et l'emploi
de son mari. Il indique mĂȘme
quand elle a perdu sa mĂšre.
J'arrive pas Ă comprendre comment
il peut avoir toutes ces infos-lĂ .
Si un internaute demande aux personnages
oĂč elle habite,
il répond
qu'il peut donner la véritable adresse
de la professeure et peut mĂȘme l'inviter
Ă venir chez elle. Elle ignore!
Qui discute avec ce double-lĂ ?
Il n'y a rien dans le dossier qui permet
de dire qu'un utilisateur s'est présenté.
Il n'y a jamais personne en tant que tel
qui est venu chez elle malgré tout ça.
Au FBI, il y a une agente spéciale
qui est associée au dossier,
Laura McCrory,
et les autres enquĂȘteurs rassemblent
toutes les traces qui ont été laissées
sur les plateformes.
DerriĂšre chaque pseudonyme,
ils cherchent les données de création
du compte, les méthodes data.
Il y a toujours des traces en dessin,
les courriels et tout ça, toutes les
connexions, les moyens de récupération.
Souvent, on met un numéro de téléphone,
un second courriel. C'est lĂ qu'on laisse
des petits artefacts et mĂȘme les mĂ©thodes
de paiement. Il demande ses renseignements
aux services concernés avec des mandats.
Google fournit des données,
des adresses Gmail qui ont été
utilisées pour créer plusieurs comptes Twitter.
Et deux de ces boĂźtes courriels-lĂ
utilisent la mĂȘme adresse de rĂ©cupĂ©ration.
Souvent, c'est aussi parce que
l'adresse de récupération, si on va mettre sa vraie adresse,
c'est au cas oĂč on perd l'accĂšs au compte.
à l'info, oui, c'est ça, l'adresse
au throwaway account.
Exact. Donc, ça leur permet
de retrouver un compte,
de retrouver le compte. Et cette mĂȘme adresse
a elle-mĂȘme servi Ă crĂ©er un troisiĂšme compte Twitter.
Puis, les trois profils
en apparence séparés
ramĂšnent donc les enquĂȘteurs Ă une mĂȘme boĂźte courriels.
Google révÚle aussi
un numéro de téléphone de récupération.
Et l'opérateur AT&T,
qu'on a parlé justement derniÚrement
dans notre épisode sur le 11 septembre,
retrouve le nom de l'ancien
abonné, James Florence Jr.
Et le FBI
compare ensuite toutes les connexions
au compte et a six reprises
en 2023. Son compte Amazon
et un compte utilisé pour harceler
la professeure se connectent le mĂȘme jour
avec la mĂȘme adresse IP.
Donc, c'est assez facile de faire
la corrélation. Et dans une boßte de courriels
liée à Florence,
eh bien, les enquĂȘteurs ont trouvĂ© aussi une facture
de crushon.ai
qui est une plateforme de chatbot
que je ne connais pas.
Puis, elle concerne justement un abonnement premium
d'un an, de décembre
à décembre, de 2023 à 2024,
facturé à son véritable nom.
Et le numéro de téléphone, les connexions
et maintenant l'abonnement, eh bien, ramĂšnent
tous au mĂȘme an Ă James Florence.
Et dans cette mĂȘme boĂźte de courriels, il y a une image
truquée qui conserve des méta-données
et ses renseignements qui accompagnent
un fichier. Eh bien, elle l'associe
Ă Photoshop
en mai 2018. Donc, tu sais,
c'est les premiĂšres photos que je vous parlais.
Oui, oui, oui, ça fait un bout quand mĂȘme.
C'est ça, exactement. Donc, ce jour-là ,
elle avait aussi servi Ă chercher comment fabriquer
des faux nus, des fausses images nues.
Puis, l'image et l'historique de
recherche, en fait, parce qu'ils cherchaient comment faire
aussi, se recoupent jusque dans
la date. Puis, pour la professeure, eh bien,
James Florence n'est pas une inconnue.
Elle l'a rencontrée par
une amie commune et elle l'a reçue Ă
des soirées chez elle. Bien voyons donc.
Entre 2015 et 2017.
OK. Et c'est la rĂ©sidence oĂč, selon
elle, les photos de ses sous-vĂȘtements semblent
avoir été prises. Donc, le DoD
a préparé ses affaires depuis vraiment
longtemps. Oui, oui, oui.
Il a stacké pour vrai jusque dans ses tiroirs.
Oui, oui, exact, exact. Et Florence
est arrĂȘtĂ©e le 11 septembre
2024 Ă Plymouth, au Massachussett.
Les agents ont fouillé son
domicile, examiné tous ses appareils
électroniques. Dans la maison,
ils ont dĂ©couvert des dizaines de sous-vĂȘtements
dont certains sont présumés à appartenir
Ă la prof. Ils trouvent aussi
une coque de téléphone sur laquelle Florence
a imprimé une photo d'elle en bikini.
OK. Sur son téléphone,
un Google Pixel 6 Pro,
les agents retrouvent dans son compte
Dropbox des photos utilisées pour le
harcÚlement, dont celle imprimée sur la coque
et les images de sous-vĂȘtements.
Donc, dans le cloud, dans ses backups
sont lĂ aussi. Son ordinateur
contient un fichier texte avec des mots de passe
associés à la professeure. C'est aussi, je sais pas
comment il a fait pour... Les agents
vont découvrir les traces des campagnes
contre au moins six autres victimes. Donc,
c'était pas la seule. Et avec la professeure,
donc, ça fait sept chefs
de cyber-harcĂšlement. Puis, le bilan
plus large des autoritĂ©s fera mĂȘme Ă©tat
d'une douzaine de femmes au fil
des années qu'il a ciblées.
Certains connaissent Florence depuis longtemps,
mĂȘme si il y a des gens de leur entourage.
D'autres étaient des adolescents,
des adolescentes, pardon,
quand les premiers messages sont arrivés.
Donc, il y a du matériel d'exploitation sexuelle
pour enfants qui est également retrouvé.
Ăa ajoute un chef d'accusation supplĂ©mentaire
vu qu'il y avait des ados lĂ -dedans.
L'enquĂȘte sur la professeure ouvre ainsi
sur une histoire bien plus ancienne.
Les chatbots sont les outils les plus récents,
mais tout ça remonte à l'époque
de MySpace, en fait.
Parce que vers la fin 2008
et le début 2009, il y a une autre
victime de 15 ans lorsqu'un compte
MySpace commence Ă la contacter
anonymement. Puis, le profil
utilise ses photos et lui déclare
des sentiments. Puis, environ un an plus
tard, le mot de passe de son vrai
compte MySpace est changé sans son accord.
Je sais pas comment qu'il faisait pour avoir
l'accord. Puis, elle ne peut plus y entrer.
Donc, puis lĂ , il y a des profils sexuels
qui commencent Ă apparaĂźtre ensuite avec
son nom et ses coordonnées.
Puis, Florence, James Florence,
prend aussi le contrĂŽle de son compte Facebook
vers 2012. Puis, il accĂšde
encore en novembre 2022. Donc,
dix ans plus tard, il accĂšde encore.
Ăa n'a pas de sens, ça se prie.
Des fois, Facebook, il borde du monde.
Tu n'as plus accĂšs Ă ton compte. Tu ne sais pas pourquoi.
Tu n'as jamais accĂšs. Puis, il y a du monde.
C'est des fraudeurs. Let's go.
Oui, c'est ça.
Tu déclares faux des profils.
Puis, il dit non, non, le profil est
vrai. Le profil a été créé il y a une heure.
Puis, ça paraßt en tout cas des fois là -dessus.
C'est du gros laxisme.
En tout cas, en 2011, il y a une autre jeune femme
qui voit apparaĂźtre une copie de son compte
Facebook. Des hommes qu'elle ne connaĂźt pas
lui envoient alors des messages.
En 2013, il y a de faux profils qui associent
son visage au corps de d'autres femmes.
Encore une fois, des deepfakes. Son nom
et son école accompagnent des images.
Le faux compte ajoute aussi des camarades
et des amis.
Ăa ressemble Ă Amanda Todd, d'une certaine façon.
Les montages entrent alors
dans son entourage. Elle subit des moqueries,
du harcÚlement à l'école.
Et il y a l'une des femmes
qui a connu Florence pendant
presque 20 ans dans les victimes.
Puis, durant une grande partie
de cette relation, elle l'a considéré
comme un ami proche.
Florence,
son stalker est un ami.
Imaginez,
ça fait tellement...
Ăa fait penser aussi un peu
à l'épisode qu'on a fait sur les
sĆurs qu'on radisse, qu'on a aussi
interviewé. Vous irez voir ça.
Ăcoutez ça, en fait.
Si ça vous intéresse, allez plus loin.
Eux, c'est l'enfer, mais elles, c'est l'enfer.
C'est ce qu'elles ont vécu pendant plus de 10 ans.
Elles ont retrouvé leur stalker
elle-mĂȘme et c'Ă©tait quelqu'un
prĂšs de la famille encore une fois.
C'est encore troublant.
Qu'est-ce qui te passe par la tĂȘte
pour vouloir harceler
des gens que tu connais parmi tes
proches pendant des années?
Ben oui, quel plaisir que tu...
Je ne sais pas si c'est parce que les gens ne leur donnent pas l'attention
qu'ils voudraient de cette personne-lĂ .
On dirait que des fois, je suspecte beaucoup ça,
mais je ne suis pas psychologue.
Elle apprend qu'il a utilisé son identité
pour créer des faux comptes, qu'il a pris des photos
Ă son insu puis qu'il a mis en place des alertes
pour suivre les changements dans ses renseignements
de biographie en ligne, pour ĂȘtre sĂ»r
que dĂšs qu'elle change quelque chose, qu'il soit mis au courant,
mĂȘme une sortie Ă l'Ă©picerie l'inquiĂšte,
elle a peur de croiser quelqu'un qui aurait
déjà discuté avec elle en ligne.
Et Florence, lui
il travaille dans l'informatique, il a passé 10 ans
au MIT de Lincoln Laboratory,
puis il détient une
habilité, il est trÚs bon en réseau,
justement, donc
on peut comprendre, puis il travaillait
mĂȘme, il y avait un niveau, tu sais,
des niveaux alarmés au département américain,
la défense était à un niveau secret,
donc il était trÚs trÚs élevé, disons,
dans l'accĂšs Ă l'information
qu'il y avait, puis ça compliquait l'enquĂȘte
parce qu'il utilisait aussi des VPN,
puis mĂȘme des services Ă©trangers,
que souvent, on le sait, il ne conserve pas toutes les traces
oĂč il ne rĂ©pond pas aux autoritĂ©s,
vu qu'ils ne sont pas en territoire,
il s'en fout un petit peu. Et en avril
2025, notre beau
salaud, James Florence
plaide coupable Ă sept chefs
de cyberharcĂšlement, un chef de possession
de matériel d'exploitation sexuelle
d'enfants, le 23 juillet,
le juge fédéral le condamne
Ă neuf ans de prison,
suivi de dix ans de supervision, parce qu'aprĂšs
aussi, il faut les surveiller.
James, il y a 37 ans,
puis le bilan de l'affaire,
en fait, au final, il faisait état de
62 comptes répartis
sur 30 plateformes.
Et en février 2025, plusieurs mois
aprĂšs son arrestation, il y a un faux compte Twitter
de la femme harcelée dÚs ses 15 ans
qui est encore visible,
il y a une demande de fait,
une demande a été faite à Twitter,
elle a été refusée pour enlever le compte,
Twitter a refusé.
Je suis content de pouvoir aller sur cette plateforme-lĂ .
Puis au moment de la peine, il y a des victimes
qui continuent encore de recevoir des messages
liés au contenu diffusé, que Twitter veut pas enlever.
OK.
Ăa a Ă©tĂ© prĂ©programmĂ© ou quoi?
Je sais pas. Il y a quelqu'un qui a encore accĂšs.
C'est ça qui est bizarre. Je sais pas si c'est James,
mais au pire, Twitter, pourquoi
fermez pas le compte? C'est pas compliqué.
Il y a quelqu'un qui a mĂȘme un...
C'est de l'acharnement, ça.
C'est la liberté d'expression.
Oui, oui, oui, exact.
Et puis il y a des inconnus,
c'est ça, qui trouvent encore ces publications-lĂ
et qui peuvent répondre, donc écrivaux, femmes,
dont Florence. Puis pour chacune,
il reste des profils Ă signaler, encore des copies
de profils Ă retrouver, parfois
sur d'autres sites qui ont jamais été inscrits,
il y a encore plein d'artefacts
qui traĂźnent partout. Puis on le sait,
le droit Ă l'oubli, c'est facile
sur papier, mais dans la
vraie vie, c'est trĂšs difficile.
Donc pour les victimes, il y a une question
qui demeure aprĂšs la condamnation.
Mais tu sais, un peu comme on disait,
qui a vu les publications? Puis tu sais,
qui croit vraiment avoir parlé avec elles?
Parce qu'il y a plein de gens qui ont dĂ» parler avec elles,
puis ils savent pas que c'était un
robot en arriĂšre ou un harceleur.
Donc encore une fois, mĂȘme si
il est emprisonnĂ© ou mĂȘme si
il a été blanchi,
ça reste dans la tĂȘte
des gens. Fait que t'es pris avec ça toute ta vie.
Nettoyer les dégùts, c'est
un bordel aprĂšs.
Essayer de parler Ă tout le monde.
Il y a sûrement des gens qui t'oublient,
qui ont reçu des messages ou mĂȘme des photos
ou des choses comme ça. C'est presque
quasiment impossible de nettoyer
tout le bordel causé sur autant
d'années. Ben non, exact, exact.
Ăa conclut mon histoire
de stalker. On avait des beaux,
je trouve. On avait des beaux
osseaux. Puis malheureusement,
c'est pas si difficile à trouver que ça, dans le sens
qu'il y en a tellement. Il y a
des cas neutroires aussi.
Dans le camp de notre série télé,
on avait parlé
à une jeune femme justement qui avait été victime
un peu comme Amanda Todd.
Et puis il venait de Laval, en fait,
son stalker.
C'Ă©tait quand mĂȘme assez
pénible comme histoire. Puis on sait,
on a des proches aussi qui ont été
victimes de ça. Donc on est
conscient des dommages que ça peut causer.
Puis surtout de la peur qui
reste en toi.
La peur qui te garde
toujours aux aguets, qui fait en sorte que
t'as peur de sortir de chez toi.
Justement, une
de nos amies, on le sait, elle se faisait suivre
jusqu'Ă chez elle. Dans les
transports, tu sais jamais
ce que cette personne-lĂ a comme
intention. Ăa peut t'amener
Ă mal dormir, Ă prendre
Ă©ventuellement mĂȘme des
mĂ©dicaments pour ça. Ăa perturbe
toute ta vie. Tu te sens vulnérable
Ă quelque part.
J'ai l'impression justement que tu ne retrouves
jamais la paix Ă 100 %.
C'est vraiment triste.
Ăa a des dommages quasiment
Ă vie sur
ces gens-lĂ . Comme lui,
il a quand mĂȘme pris 9 ans, plus 10 ans de
supervision. Donc c'est quand mĂȘme une bonne peine.
Mais faut
qu'il y ait des peines beaucoup plus
dissuasives lĂ -dessus parce que
avec la montée, j'ai l'impression,
puis peut-ĂȘtre je me trompe, je fais des raccourcis, mais
tout le masculinisme, la
misogynie, puis
encore plus d'utilisation de
tous les outils en ligne. Puis justement,
les chatbots, le AI,
j'ai pas l'impression que ça va
en diminuant. Non, pas du tout.
Les histoires d'harceleurs en ligne. On vit Ă une
pĂ©riode justement oĂč il y a beaucoup
d'harcĂšlement, mĂȘme il y en a
pas caché, les gens vont utiliser leur compte
personnel pour
harceler des gens sur
des réseaux sociaux. Donc il y a vraiment
quelque chose qui se passe. Je pense que
heureusement, parce que la question, c'est un peu
comment on fait pour se défaire de l'emprise
d'un stalker? Ben au moins
maintenant, puis nous on le sait, on parle
souvent quand mĂȘme aux autoritĂ©s, aux gens
qui sont en lien avec les cyber-enquĂȘtes
et autres. Au moins, les
enquĂȘteurs et les policiers sont plus
outillĂ©s maintenant. Oui, absolument. MĂȘme quand on
parle d'un cas en 2019, lĂ maintenant,
en 2026-2027,
déjà en 6-7 ans, ça a
beaucoup évolué. Oui, oui, oui. Donc t'sais,
hésitez pas à aller les voir. Nous, on connaßt les gens
de la brigade
du cybercrime
au SPVM. Oui, oui, exactement. Puis on sait
qu'ils sont trÚs bien outillés, ils ont des bons
conseils aussi. Ils comprennent aussi
votre réalité. Ils sont plus du genre
t'sais, on blĂąme plus la victime.
Non, non, non. On est conscient.
Donc ils peuvent vraiment vous donner
des bons trucs pour essayer
justement de tenter
d'effacer certaines
comment dire, on peut pas tout effacer,
mais il y a des choses qu'on peut quand mĂȘme.
On peut essayer, il y a des techniques pour ĂȘtre
un peu plus anonyme, par exemple, sur Google,
pour bloquer des gens sur les réseaux
et tout ça. Puis eux ont de plus en plus de techniques
pour attraper ces gens-lĂ via
les moyens numériques. Oui, oui.
Ils capturent la preuve beaucoup plus rapidement, puis mĂȘme dans vos
postes de quartier, moi, j'avais eu Ă faire
pour un autre truc cet été, puis
il y avait quelqu'un avant moi qui y allait, là , c'était du
cyberharcĂšlement,
cyberchantage, t'sais, sex
extorsion et tout ça. Puis tout de suite, j'ai entendu
la policiĂšre, il faut tout de suite
capturer les stories Snapchat.
Parce que lĂ , on le sait,
il y a rien de plus éphémÚre qu'une story Snapchat.
Puis les autorités, les autorisations
judiciaires, c'est tout le temps en long
Ă aller les chercher. Fait que s'ils sont capables d'ĂȘtre capturĂ©s pendant,
ça va beaucoup les aider.
Puis je le voyais, lĂ , t'sais, la plainte
Ă©tait mĂȘme pas remplie encore. Oui, oui.
Que la policiÚre, tout de suite, elle a eu le réflexe de
capturer, de capturer cette preuve-lĂ
parce qu'ils servent, t'sais.
Les gens inventent pas ça, là , donc...
Mais aprÚs ça, ça devient difficile
de coincer tout le monde.
Mais il faut toujours se plainte parce que
justement, un peu comme la fraude,
soit on dit, ah, mon cas il est pas gros, je me suis fait frauder
juste 2000 $, mais non, faut
aller dénoncer, faut remplir un rapport de police.
Parce que si vous ĂȘtes 15 dans les 6
prochaines, t'sais, ils vont ĂȘtre capables de faire des recroupements,
des corrélations, puis de justement
faire une plus grosse enquĂȘte
puis d'arriver Ă coincer.
Oui, puis des fois, c'est dans cette petite
fraude-lĂ de 2000 $ oĂč c'est dans
ce petit harcĂšlement-lĂ
qui a peut-ĂȘtre commis une erreur.
Exact, exact. C'est peut-ĂȘtre lĂ qu'il y a une faille
ou que son vrai nom ou son adresse IP va sortir
ou quelque chose comme ça, donc faut pas négliger ça.
Non, non, vraiment pas.
On est curieux de savoir aussi si vous,
chers distordus, vous avez déjà subi
du harcĂšlement, du cyberharcĂšlement,
ou vous avez été suivi par des stalkers.
On aimerait bien savoir si vous aimeriez
qu'on en parle,
qu'on parle de votre histoire, vous pouvez nous contacter,
ça va rester anonyme, soyez sans crainte.
On aimerait bien un jour
peut-ĂȘtre prĂ©senter des histoires
d'auditeurs et auditrices. Dans le but,
encore une fois, c'est pas d'ĂȘtre sensationnaliste,
c'est justement d'éduquer les gens, d'essayer de voir
comment les plus jeunes aussi peuvent
s'en sortir.
Je dis ça au moment oĂč notre nĂ©on vient
de lùcher juste à cÎté, donc
je pense que c'est le temps de terminer cet épisode.
Seb, on se revoit dans l'after-show.
On va parler encore une fois d'histoire
de stalkers tirée de vrais utilisateurs
sur Reddit, évidemment que ce qu'on vient de vous
compter lĂ est vrai aussi, mais lĂ ,
on parle de cas qui ont été moins couverts
dans les médias dont les
utilisateurs se sont confiés, donc ça risque
d'ĂȘtre intĂ©ressant aussi en after-show
sur Patreon. On remercie
tout le monde, on remercie Ben à la régie,
Julie au montage, Marianic Ă la recherche
et bien
sûr, nos membres Patreon, Seb,
je te laisse commencer les shout-out.
Un gros merci Ă Matisse,
Karl, Davey et
Mehdi Air.
Aussi, un gros shout-out Ă
Marilou D, Ă
Yann et Ă Phil Hans.
Je poursuis des remerciements Ă
Sophie L, Dame du Nord
et Isabelle L.
Et pour terminer, un bon
gros cĂąlin Ă Chris G,
Ă Jade C
et Ă Christine C.
Merci Ă vous et merci Ă tous
nos membres Patreon.
Est-ce que tu aurais un mot de la fin pour nous mon cher Emile?
Absolument! On
passe notre temps Ă vouloir ĂȘtre suivi
sur Internet jusqu'au jour
oĂč on aimerait que le bouton bloquĂ©
fonctionne aussi
dans le stationnement de la maison.
C'est bien dit! Ă bientĂŽt!
Ăcouter Distorsion
Ăcouter



