*MISE EN GARDE - Cet épisode est nécessaire mais difficile, car nous abordons plusieurs sujets délicats. Nous avons essayé de préserver certains détails, mais le thème reste difficile. Nous préférons vous avertir. Entre 2017 et 2020, un groupe criminel a orchestré tout un réseau de trafic humain via l’application de messagerie Telegram. Ils ont contraint des centaines de victimes à envoyer des vidéos compromettantes, sous peine de représailles. Ces vidéos étaient ensuite diffusées dans des salons de discussion payants, attirant des centaines de milliers d’utilisateurs. Au cœur de ce réseau se trouvaient plusieurs opérateurs clés, dont un certain Baska, qui augmentaient progressivement le niveau de dépravation et de torture. Dans ce dernier épisode régulier de notre Saison 9, nous allons retracer les dédales de cette horrible histoire de chantage et de torture à l’ère numérique, qui a choqué la Corée du Sud et le monde entier.

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#125 - Baska et le réseau de chambres de torture numérique
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Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur des histoires étranges de l'ère numérique.
Entre 2017 et 2020, un groupe criminel a orchestré tout un réseau de trafic humain via l'application de messagerie Telegram.
Ils ont contraint des centaines de victimes à envoyer des vidéos compromettantes sous peine de représailles.
Ces vidéos étaient ensuite diffusées dans des salons de discussion payants attirant des centaines de milliers d'utilisateurs.
Au cœur de ce réseau se trouvaient plusieurs opérateurs clés, dont un certain Basquat, qui augmentait progressivement le niveau de dépravation et de torture.
Dans ce dernier épisode régulier de notre saison 9, nous allons retracer les dédales de cette horrible histoire de chantage et de torture à l'ère numérique qui a choqué la Corée du Sud ainsi que le monde entier.
Sébastien Évec, comment ça va ce soir?
Ça va bien et toi, Emile Gauthier?
Ça va très bien, mais j'ai toujours un peu une larme à l'œil aussi quand on enregistre le dernier épisode d'une saison.
C'est le moment, on vous a gardé un épisode vraiment terrifiant pour la fin, arme sensible à s'abstenir, mais vous êtes à distorsion de toute façon, vous savez ces choses-là.
Mais on vous réserve toujours des surprises parce que, évidemment, même après une saison, on a un bonus slash collabo qui s'en vient très bientôt.
Il y en a peut-être qui se doutent de ce que c'est.
Et pour nos membres Patreon, on a aussi un épisode secret, en fait, juste pour vous, qui va arriver éventuellement dans les prochaines semaines.
Donc, on vous tient au courant. On vous rappelle que vous avez un épisode secret par saison.
Donc, ceux qui arrivent sur Patreon maintenant, on n'est pas sur Patreon depuis 9 saisons, mais quand même depuis 3-4 au moins.
Donc, il y a tellement de bonus actuellement que ça vaut vraiment la peine.
Sinon, on se déplace aussi en région un peu au cours de l'été.
Donc, on profite de l'été pour amener le cabaret des curiosités du web qu'on a présenté au Festival Transhistoire à Gatineau il y a quelques jours à peine, au moment où on enregistre cet épisode-là.
Donc, à chaque fois, on présente des nouvelles histoires. Donc, vous pouvez nous suivre de ville en ville, si ça vous dit.
Mais là, en fait, la seule date qui n'est pas sold out, parce qu'on se retrouve à Shawinigan bientôt, le 13 juin à Shawinigan avec nos amis de côte et sombre, malheureusement, c'est tout vendu.
Donc, la prochaine fois, on se reprendra un petit peu d'avance, peut-être avec une plus grande salle ou autre, mais c'est quand même un plaisir de voir nos amis de Shawinigan.
Ceci dit, le 11 juillet, on va être à Longueuil, donc au Festival Comic Fest où vraiment, on est dans une salle plutôt cool et il reste des billets.
Il reste quelques billets quand même, la majorité sont vendus, mais c'est le 11 juillet à Longueuil.
Donc, si vous êtes à Montréal, aux environs sur la Rive Sud, venez nous voir, c'est le moment idéal.
Puis, il va s'ajouter éventuellement des dates. Québec, c'est sûr qu'on va y aller. On est déjà un peu sur le dossier, ça risque de se produire.
On vous tient au courant, on aimerait beaucoup aller aussi dans le bas du fleuve, peut-être même dans le coin de Rouen, on ne sait jamais.
Et nos amis d'Europe aussi qui font de plus en plus pression pour qu'on y aille.
Donc, on est aussi sur un coup, c'est sûr, c'est un petit peu différent d'organiser une mini tournée en Europe, mais qui sait.
On vous tient au courant. Si vous écoutez cet épisode en 2028, vous pouvez éviter ou du moins ignorer toutes les dates que je viens de vous dire.
Mais tiens Seb, qu'est-ce qu'on boit ce soir pour passer au travers de cet épisode-là, terrifiant.
Oui, justement, je voulais nous sortir un peu une bière d'été, elle s'appelle la Route du Sud de Shaw Bridge.
En fait, c'est une IPA qui est tropicale. Eux, ils ont inventé, puis là, je lis un peu ce qu'ils disent, un hectare aux antipas de notre situation géographique, des houblons tropicaux.
Donc, c'est vraiment pour nous faire rêver au sable chaud. Je trouvais que c'était parfait pour aujourd'hui.
5,6 % d'alcool, puis l'IBU de 55, donc une belle amertume.
Et de qui nous vient cette bière?
Elle nous vient de Steve, pas de E, Marcotte. Donc, merci Steve de nous avoir fait une tournée de bière via le site Web.
Si vous avez envie, comme Steve, de nous aider à boire de la bière, vous vous rendez sur le site distorsionpodcast.com.
Il y a un petit bouton Tourner de bière et vous suivez le processus via les dons de Paypal. Et voilà, le tour est joué.
On a aussi un autre remerciement à donner à Eva Triple J sur Apple Podcasts qui nous a donné une review 5 étoiles qui nous dit
« Podcasts incontournables quand on aime le true crime, les histoires étranges et l'ère numérique.
On voyage entre le Québec et la France et partout ailleurs sans se lasser dans des histoires toujours intrigantes et documentées,
des histoires traitées à travers le spectre du numérique et d'Internet.
Merci pour ces années de trajets, de ménages et de travail transformés en moments fascinants. »
Ça fait plaisir, Eva.
Ça fait plaisir de vous accompagner dans vos tâches ménagères.
Pour l'after-show disponible sur Patreon, Seb, tu nous as réservé un after-show sur le côté sombre de Telegram.
Telegram, c'est l'application de messagerie qui est en fait une application un peu comme les autres, en crypté,
mais qui souvent devient le bastion d'arnaqueurs de toute forme.
Oui, on va vous en parler justement.
Oui, donc ça risque d'être très intéressant avec des exemples et des histoires bien précises.
Et là-dessus, Seb, je pense qu'on en a assez dit.
Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire terrifiante de Basca et de la Ninth Room?
Oui, mais avant de plonger dans notre épisode, Emile, un clin d'œil à NordVPN, notre fidèle partenaire, gardien de notre vie numérique.
Pour ceux qui se le demandent, je vous réexplique encore une fois un peu c'est quoi un VPN.
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Yes, puis j'en profite, Seb, pour leur donner un gros shout-out parce que NordVPN soutienne beaucoup les podcasters comme nous, les créateurs de contenu, les Youtubers.
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Seb, là-dessus, est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'épisode d'aujourd'hui?
Oui madame!
Et monsieur?
Nous sommes en 2019 en Corée du Sud dans les bureaux de la Seoul Broadcasting System, la SBS.
Fondée en 1990, la SBS est l'un des principaux diffuseurs de télévision et de radio du pays.
Souvent comparée à CNN pour son influence et sa portée, cette chaîne joue un rôle crucial dans la diversification du paysage médiatique sud-coréen.
Sa programmation varie qui comprend des bulletins d'information, des émissions sportives, des programmes de variété et des séries dramatiques attirent ainsi un large public.
Dans la salle de conférence baignée d'une lumière crue, l'atmosphère était électrisante.
Une réunion de producteurs se tenait, marquée par une tension palpable qui flottait au-dessus de la table en acajou.
Les discussions animées avaient laissé place à un silence lourd alors que l'heure de prendre une décision controversée approchait.
Malgré plusieurs avertissements émanant des membres les plus prudents du groupe, qui conseillent une réévaluation minutieuse, l'audace avait pris le dessus.
Les producteurs télé, poussés par un mélange de défis et d'urgence, avaient décidé de diffuser une séquence vidéo reçue de manière anonyme, normalement sujet à une analyse plus approfondie.
Les conséquences potentielles de leur choix semblaient peser lourd, mais l'appât du scope et de l'exclusivité avait fini par l'emporter.
Oh, intéressant, c'est comme une mise en bouche.
Oui.
Ils regardent à nouveau cette vidéo.
La vidéo montre une très jeune fille, visiblement désemparée, qui n'est pas habillée et qui n'a rien d'autre qu'un sac de plastique sur la tête.
Elle est entourée d'une ficelle rouge et lorsque la vidéo commence, elle dit
Je suis l'esclave du docteur. Je m'y mollerai par le feu dans quelques jours devant les bureaux de la SBS.
S'il vous plaît, ne diffusez pas l'histoire du docteur à l'antenne.
En filigrane de la vidéo, on peut lire « S.P.S. Dr. Slave, donc l'esclave du docteur ».
Les producteurs commencent à paniquer et je les cite.
Repassez la vidéo.
Qu'a-t-elle dit exactement ?
Elle va faire quoi dans quelques jours ? C'est quoi quelques jours ?
Je veux dire, dépêchez-vous, faites quelque chose.
Toute l'équipe se sent impuissant et y acculée, conscients du poids de la décision qu'ils doivent prendre face à une telle révélation choc.
Ils doivent agir rapidement, mais avec une extrême prudence, car les implications, en fait, de cette vidéo pourraient être vastes,
non seulement pour la jeune fille, mais aussi pour la réputation de leur chaîne et aussi même pour toute la société sud-coréenne.
C'est rare, d'ailleurs, qu'on voie ça.
Du moins, en Amérique du Nord, on n'a pas vu ça souvent, des vidéos de chantage et de torture comme ça.
Moi, je me rappelle d'une manière très, très claire la première fois que j'ai vu les vidéos de décapitation de l'État islamique.
En fait, il y a quelques années qu'il avait été diffusé par Al Jazeera à l'époque.
C'est comme un peu surréel de voir ça, de voir l'horreur humaine en action.
On se croirait dans un film, mais tout est bien vrai.
Oui, je m'en rappelle encore de la première décapitation que j'avais vue et je m'étais dit, je n'ai plus besoin de revoir ça.
J'en ai jamais réécouté, ça m'avait trop marqué.
J'étais début vingtaine, tu sais, un peu près.
La police est alors appelée pour surveiller le bâtiment de SBS.
Mais même là, ils ne peuvent pas avoir des yeux partout.
Il suffit de deux secondes pour allumer une allumette.
Les producteurs doivent trouver qui est cette fille dans la vidéo.
Sinon, dans quelques jours, quelqu'un pourrait mourir.
Ils doivent la trouver et l'arrêter.
Mais comment ? Ils ne peuvent pas voir son visage, ils ne connaissent pas son nom, ils ne savent rien d'elle.
La vidéo a été prise dans une chambre qui pourrait être celle de n'importe quelle jeune fille à travers le pays.
La scène pourrait représenter l'une des innombrables étudiantes.
Ils visionnent la vidéo une fois de plus.
Scrutant chaque détail de l'écran, ils cherchent quelque chose, vraiment n'importe quoi.
À ce stade-ci, même une tache de rousseur ferait l'affaire.
À un moment donné, la jeune fille tend la main.
Elle porte un bracelet d'amitié rose et blanc, déjà visible dans une autre vidéo qu'on leur avait montré auparavant.
Alerté, le producteur sort rapidement son téléphone et se met à fouiller dans les archives de ses chats sur Telegram.
Il se rappelle de l'avoir vu.
Telegram, qui est l'une des applications de messagerie les plus populaires au monde, comme on vous disait.
Chaque salon contient sur Telegram plus de 10 000 photos et vidéos,
comment il pourrait retrouver la jeune fille parmi toutes ces images-là.
Après quelques recherches, la vie de son côté, il trouve la même fille sur une autre vidéo.
Cette fois, la vidéo est claire.
Même bracelet d'amitié rose et blanc, mais cette fois, il voit derrière elle une étagère.
Il zoome autant qu'il le peuvent et découvre que le nom de la jeune fille est écrit sur le côté d'un manuel de son collège, en fait.
À côté, on trouve une série de notes autocollantes, des post-it, sur lesquelles on peut lire « je t'aime docteur » ou « basca ».
Juste pour vous dire, le basca, c'est docteur en coréen.
Parfois, on va utiliser « basca », des fois on va utiliser docteur, des fois on va utiliser médecin.
Quand on utilise ces mots-là, il n'y a personne qui est dans le vrai monde médical.
Oui, c'est toujours la même personne.
Exactement, c'est toujours la même personne.
C'est comme « Dr. Dre », ce n'est pas un vrai docteur.
Exact.
Et justement, sur les post-it, on peut lire « je t'aime basca », « s'il te plaît », « j'aime beaucoup le docteur », « je suis une esclave », « je suis une esclave du docteur », « les salantes discussions du docteur sont les meilleures ».
Donc, vous voyez, on va y revenir à cette histoire-là.
Mais avant justement de qu'on aille plus loin, Mille, explique-nous donc un peu d'où ça vient « Telegram », puis c'est quoi exactement?
Oui, j'ai eu quelques histoires avec « Telegram ».
Ah oui?
Moi-même, lorsque j'ai commencé à stalker mon voisin, que je soupçonnais d'être dans une secte, en fait, j'ai un voisin, peut-être que j'aurais la chance d'en faire un after-show ou une mini-disto, mais je ne veux pas trop le doxer, en fait.
Mais j'ai un voisin, en fait, qui vivait avec plein de gens, un peu en mode commune, dans un grand, grand appartement près de chez moi, puis tout ça, moi, je n'ai pas de problème avec ça.
Puis à un moment donné, je me suis rendu compte qu'il a commencé à me dire « ben là, j'ai acheté une terre à tel endroit, puis je veux déménager, déménager mon groupe », tout ça.
Puis là, je voyais que pendant deux mois, il déménageait, mais c'était plus que du déménagement.
Il enlevait des deux par quatre, il défaisait les murs, il amenait le plancher avec lui, il amenait vraiment beaucoup de choses.
Il en amène du stock dans son déménagement. J'ai l'impression qu'il a tout défait le condo.
Puis je me suis rendu compte que sur Facebook, il proposait à des gens de rejoindre son « Telegram » pour un peu la construction de son nouveau monde.
Donc, c'est là que j'ai fait mes premières expériences en « Telegram ».
J'ai rejoint son groupe pour essayer d'en apprendre un peu plus.
Je n'ai pas plus de détails croustillants. En fait, on dirait qu'ils ont arrêté de publier.
Peut-être qu'à un moment donné, ils ont changé de chambre « Telegram » ou quelque chose.
Donc, je n'ai pas plus de nouvelles, je n'ai rien de croustillant, mais peut-être que je vous tiendrai au courant.
Bref, « Telegram », c'est quoi ? Ça a été créé en 2013 par Nikolay et Pavel Durov,
qui sont les fondateurs du réseau social russe Viki, qu'on connaît bien, ou Donald Trump et entre autres.
« Telegram » offre une plateforme de messagerie instantanée axée sur la sécurité et la confidentialité.
C'est encrypté. C'est conçu comme une alternative à des applications comme WhatsApp, par exemple.
Ils sont reconnus aussi pour leur protection des données.
L'application intègre un chiffrement de bout en bout pour les conversations individuelles
et propose des messages éphémères qui se suppriment automatiquement après un délin défini.
C'est un problème à ça, justement, de parler.
Pour commencer à utiliser « Telegram », l'utilisateur doit s'inscrire avec son numéro de téléphone pour vérifier son identité.
Il peut ensuite ajouter des contacts, former des groupes, des discussions et autres, puis partager plein de types de contenus.
Une des caractéristiques uniques, c'est la possibilité de créer des chats secrets, dans le fond,
qui offrent un chiffrement renforcé et des options de confidentialité accrues,
comme la programmation de l'autodestruction des messages.
Ça permet quand même de gérer d'une manière un petit peu plus poussée qu'un Facebook Messenger, évidemment.
L'application permet également une personnalisation poussée de l'interface, des arrière-plan, des stickers, plein d'affaires de même.
Oui, c'est ça. C'est disponible sur à peu près toutes les plateformes, bureaux, web et autres.
Ça synchronise les conversations.
On parle de 100 millions d'utilisateurs actifs quand même mensuels, puis 12 milliards de messages échangés chaque jour.
C'est beaucoup, quand même.
Ben oui. Donc moi, c'est un peu mon utilisation. Je ne sais pas toi, si Seb, tu en as… tu l'as déjà utilisé un peu.
Oui, ben je le garde actif. La seule «room» que je garde, en fait, c'est Zone 911.
Zone 911, lui, il couvre… c'est un blog de la région de Québec qui couvre l'actualité un peu, les accidents, les incendies,
les faits d'hiver de Québec. Et étant donné la nouvelle loi sur Facebook,
ben toutes ses posts, il était tout bloqué, il a créé un groupe sur Telegram.
On dirait que je trouvais que c'était une bonne alternative, même pour les groupes de discussion.
On dirait que je ne suis pas habitué, c'est mon seul. On dirait que je ne suis pas habitué, mais j'aime cela.
Quand il pose des nouvelles, j'ai une notification, puis je vais voir les gens échangent.
Mais je n'ai jamais été plus loin que ça.
Oui, oui.
Dans ça, on dirait que ça m'intrigue, puis ça me fait peur.
D'une certaine façon, mais ça reste une application où on s'échange des photos ou des vidéos.
C'est juste que c'est sécuritaire.
On retourne à notre histoire. Nous nous retrouvons maintenant dans un collège en Corée du Sud.
On se retrouve plus précisément dans les toilettes publiques pour hommes.
Deux collégiennes y sont présentes. Elles doivent se dépêcher.
Étrangement, elles ne se cachent pas dans une des cabines, mais se tiennent près des urinoirs et des lavabos.
Si quelqu'un tourne le coin pour entrer, il les verrait immédiatement.
N'importe qui pourra les surprendre à tout moment.
Elles risqueraient d'être découvertes avec la caméra qu'elles ont installée, en train d'enregistrer une vidéo.
Elles se disent mutuellement, allez, finissons-en.
Nous ne sommes même pas censés être ici.
Elles allument la caméra et l'une des filles appuie sur le bouton d'enregistrement et elles se tournent l'une vers l'autre.
Leurs sourcils sont froncés et pour un bref instant, on dirait qu'elles sont sur le point de fondre en larmes.
Mais elles s'arrêtent et forcent un sourire.
Elles essaient de montrer toutes leurs dents, mais il y a une discordance entre la moitié supérieure et la moitié inférieure de leur visage.
On a l'impression qu'elles sourient, mais sous la contrainte.
Elles ne veulent pas être là, c'est clair. Elles ne veulent pas sourire non plus.
L'une des filles demande, les dents serrées, est-ce qu'on est vraiment obligé de faire ça?
Et son ami acquiesce et là, elles se mettent lentement à genoux sur le sol froid de la salle de bain.
Elles placent ensuite leurs mains sur le sol, collant et malodorant de la salle de bain.
Portant leur uniforme scolaire, elles ajustent la caméra pour mieux capturer leur visage proche du sol.
Une lame coule sur la joue d'une des filles, mais toutes deux maintiennent un sourire forcé et exagéré.
Elles se penchent davantage, leur visage s'approchant du sol.
L'odeur acide de l'urine les assaille, puis, dans un geste de désespoir, elles lèchent le sol imbibé d'urine.
Elles doivent répéter l'action encore et encore.
Je vous passe les détails de sur quoi elles peuvent bien tomber sur le sol d'une salle de bain pour un public.
Mais à la fin de l'horrible épreuve, elles affichent un sourire encore plus large devant la caméra et lèvent le petit doigt.
Un geste qui semble être la marque de leur défi ou de leur résolution.
C'est assez étrange ça, Haseb.
Oui, oui, puis vous allez voir là, on était un peu dans les détails un peu hardcore, mais il n'y en aura pas beaucoup.
On voulait quand même donner certains exemples, pas les pires, mais quand même pour vous montrer ce que ces femmes-là,
parce que c'est majoritairement les femmes, les victimes, pouvaient subir au fil du temps.
Parce que vous le comprenez, elles sont forcées de faire ça actuellement, mais on va y revenir.
On bascule un peu.
Un dimanche dans la même année, le journaliste Kim Won reçoit un e-mail contenant un lien crucial pour sa nouvelle mission,
transmis à la suite d'une information anonyme au Han Gyeol-hai.
C'est le nom du journal pour lequel il travaille, pardonnez mon sud-coréen, mon coréen en fait.
Sélectionné pour cette enquête en raison de son rôle clé au sein de la rédaction, c'est vraiment un journaliste bien réputé,
il est confronté à un sujet sombre, l'exploitation sexuelle via les salons de discussion sur Telegram.
Absorbé, il fixe intensément l'écran de son ordinateur plongé dans les détails de l'e-mail qui pourrait définir sa prochaine grande enquête.
Ce sera un projet très simple. Il s'agira probablement d'un autre article sur les caméras espionnes.
Il pense qu'il va aller sur Telegram, suivre cette piste et trouver des vidéos de caméras espionnes téléchargées.
C'est le sujet qui a dominé l'actualité en Corée du Sud dans les années 2020.
C'était vraiment un sujet d'actualité. Les caméras cachées en fait, c'est même une épidémie en Corée du Sud.
On a nos enjeux aussi, mais ça a l'air que là-bas c'était assez fou.
Justement, des caméras espionnes cachées dans les toilettes publiques, les motels, les hôtels, les cabines d'essayage, les magasins, les toilettes d'hôpitaux, les salles de bain.
Même dans les chambres à coucher, il y a même des hommes lorsqu'il invite d'autres hommes à se rendre à l'hôpital.
Ils utilisent ces vidéos-là.
Les filles qui n'ont aucune idée ne consentent pas à être filmées et à être intimes.
Il y a des caméras espionnes en fait, mais les images filmées par les caméras espionnes sont ensuite diffusées sur tout l'Internet,
même pas sur le Dark Web, mais sur le Web ordinaire où à peu près tout le monde peut y accéder.
Il y a des pasteurs qui cachent des caméras dans les salles de bain de leurs filles pour regarder les amis de leurs filles se doucher.
Il y a des beaux-pères qui cachent des caméras cachées dans les ours en pluche, des décorations en forme de tournesol dans les chambres de leurs belles filles.
C'est vraiment une réelle épidémie.
Lui, il pense qu'il va travailler là-dessus, mais il s'assoit quand même à son bureau un dimanche dans son bureau vide.
Il ouvre la piste qui lui a été soumise.
On lit qu'il y a des rapports selon lesquels un collégien aurait distribué du contenu pédopornographique à ses amis sur Telegram.
Des captures d'écran étaient jointes au courriel, ainsi que l'adresse IP et l'adresse exacte du domicile de l'étudiant qui diffusait ces vidéos-là sur Telegram ainsi que le lien pour s'y rendre.
Le journaliste, Kim, clique sur le lien Telegram et il a été admis dans un salon de discussion comptant plus de 9 000 membres.
C'était dans un salon de discussion rempli de vidéos.
Ce n'était même pas un salon de discussion avec du contenu en tant que tel, c'était plus une place de marché, un marketplace pour d'autres salons de discussion, en fait.
Il continue à naviguer là-dedans et voit clairement les catégories étiquetées pour les salons de discussion à explorer.
Une chose que je ne savais pas, Emile, c'est qu'en Corée du Sud, la production de contenu pornographique standard est interdite, en fait.
Ok, no porn zone.
No porn zone, exact.
Et disons qu'il laisse un petit peu lousse sur Internet, mais c'est difficile de trouver cet Internet, mais au niveau légal, par définition, les réseaux sociaux ne rentrent pas là-dedans.
Ça fait qu'il s'est devenu un vrai passevoir.
Puis avec l'histoire d'aujourd'hui, vous allez voir, ils ont resserré un peu les lois.
Mais quand même, par rapport à ça, puis je trouvais ça un peu étrange parce que le open net initiative, eux, ils trouvent ça comme envahissant, en fait.
Parce qu'il faut savoir qu'en Corée du Sud, par défaut, tu as Internet chez toi.
Peu importe, 100 % des gens sont connectés, mais c'est pour avoir une forme de contrôle sur les citoyens, en fait, parce que leur Internet est érigi.
Tu peux pas consulter de contenu pro Corée du Nord et de contenu pornographique.
C'est les deux trucs qui sont vraiment bloqués.
Puis une autre petite anecdote que je voulais vous raconter par rapport à la Corée du Sud, c'est l'adultère.
L'adultère non plus. L'adultère, en fait, est illégal.
Il peut être sanctionné par la loi.
Mais vous vous rappelez du site AshleyMadison.com, qui est un site de rencontre qui, disons, promue ouvertement l'infidélité, en fait.
Ils l'ont lancé en Corée du Sud, ok?
En 2019, il a attiré 46 000 membres dès les premières journées.
Eux, ils ont un objectif de 500 000, mais ils ont utilisé une faille légale.
En fait, le site a su naviguer dans une zone grise, même si c'est illégal.
En fait, en Corée du Sud, bien que l'adultère soit illégal, il ne peut être poursuivi que si un conjoint lésé dépose une plainte.
Donc, il faut vraiment que le conjoint fasse un effort.
Donc, par conséquent, malgré une surveillance rigoureuse, les autorités ne traitent pas AshleyMadison comme une entité criminelle parce qu'ils ne violent pas directement la loi.
C'est plus une intermédiaire, en fait, pour ça.
Donc, je trouvais ça un peu une petite parenthèse rigolote, oui et non.
Par rapport à ça, je me questionnais.
Nous, l'adultère, je ne sais pas si c'est illégal pour l'appliquer.
On dirait que je me pose la question parce que je me souviens…
Ça peut jouer contre toi dans une demande de divorce ou au niveau des règlements de ton contrat de mariage, je pense, mais je ne sais pas.
Je ne pense pas que c'est criminel.
Ça ne fait pas de prison, là, c'est ça.
Non, c'est ça. Je ne pense pas.
Je ne pense pas.
Ou du moins, il n'applique pas si c'est des vieilles lois parce que souvent, il y a des vieilles lois bizarres.
Mais je trouvais ça assez… Je ne savais pas tout ça.
Donc, j'ai l'impression que ça doit aider à nourrir ce type de contenu-là, même si c'est du contrat.
Oui, c'est sûr que les gens ont envie de peut-être aller plus loin pour trouver du contenu comme ça.
Exact.
On retourne à notre salon illicite sur Telegram.
Des caméras cachées, caméras espions, de la gore, des salles de jeux.
Et il y a une autre salle qui dit sans détour «chambre d'enfants».
Et ça, ce n'était pas ce que l'e-mail semblait impliquer pour le journaliste.
Il ne s'agissait pas seulement d'un collégien publiant de la pédopornographie dans une discussion de groupe avec ses copains de collège.
Mais ça, c'est complètement différent. C'est tout un écosystème.
C'est une place de marché pour la distribution de matériel pornographique et de matériel illégal.
Et tout ce dont les journalistes avaient besoin, c'était d'un lien pour s'y rendre.
Ils n'avaient même pas besoin d'un VPN pour y aller.
Il n'y avait pas besoin de Tor non plus pour aller sur le Dark Web.
Il n'y avait besoin de rien du tout, juste d'une connexion Internet.
Bien que la majorité des utilisateurs de Telegram n'utilise pas l'application pour commettre des crimes,
elle sert principalement à la communication entre ces utilisateurs-là.
Donc lorsqu'un utilisateur sélectionne une catégorie, il est dirigé vers un nouveau salon de discussion.
Et là, les créateurs de ces salons font la promotion de leur espace
en expliquant pourquoi leur salle est la meilleure pour cette catégorie spécifique,
que ce soit de la gore, par exemple, de l'horreur ou des histoires de meurtre.
En parcourant des centaines d'aperçus de photos et de vidéos,
Kim découvre avec effroi qu'elles impliquent toute la pédopornographie.
Il n'imagine pas qu'il allait découvrir un tel réseau criminel aujourd'hui.
Ce qui supposait être une simple étincelle se révèle rapidement être un feu de forêt
dévorant non seulement un bâtiment, mais engloutissant toute la ville,
tellement c'est gros ce dossier-là, ce qui semble voir.
Comprendant l'urgence de la situation, il rédige rapidement un article
pour dénoncer ces salons de discussion et clique sur « Publier ».
Il ne peut pas se permettre d'attendre jusqu'au lendemain.
Le monde doit être informé sans délai, car les implications de l'affaire
sont suffisamment graves pour ébranler tout le pays.
Ce scandale promet de devenir l'un des plus gros de l'année, selon lui.
Saisi par la nervosité, mais résolue, Kim s'efforce de révéler la vérité.
Après avoir cliqué sur « Publier », il mettait au grand jour l'existence du site AVN Snoop,
qui est un site accessible via le web classique,
qui expose plus de 230 000 vidéos explicites, y compris des vidéos de caméras espionnes.
Il y avait des vidéos de mineurs, des vidéos de vengeance postées sans consentement,
des photos prises par exemple de collègues féminines en jupe,
et on sent bien qu'il s'agit d'un bureau.
AVN Snoop était dirigé par un homme, enfin un nom d'utilisateur appelé Watchmen
tiré du personnage de DC Comics.
Le journaliste Kim n'avait aucune idée de qui, parmi ces personnes, dirigeait ces salons de discussion.
Il télécharge toutes ces vidéos de manière anonyme.
Même les Watchers, ceux qui commentent de plus en plus grossièrement et de manière plus sanglante,
sont tous anonymes. Mais il veut que le monde le voie aussi.
Même s'ils ne savent pas qui sont ces gens, ils ont besoin de savoir que ces gens existent
et qu'ils sont là et qu'ils font du mal à d'autres personnes.
C'est la première étape pour traquer ces prédateurs.
Après que le journaliste ait publié son article, son courrier électronique s'affiche sur un côté
et les salons de discussion sur son téléphone et il attend que son courrier électronique explose.
Révéler leur présence est, selon Kim, la première étape pour les traquer.
Avant la publication de son article, il attend que les réactions affluent,
habituellement inévitable après de telles révélations chocs.
D'habitude, lorsqu'il publie ce type d'article, il reçoit des pistes, des conseils,
des rencontres personnelles avec des personnes, entre autres, qui ont visité ces sites.
Elles vont tout simplement commencer à affluer, selon lui.
Et là, il entend des ding ding ding, c'est des notifications qui arrivent.
Toutefois, ce n'est pas sur ses courriels, ce n'est ni sur ses messageries,
mais par contre, sur le salon de discussion qu'il a visité plus tôt,
c'est là que ça se passe, les notifications affluent.
Et là, les gens vont commencer même à le menacer en lui disant « on va aller lui faire du mal »,
il y en a qui vont même le doxer, le poster une photo de lui,
et il y en a qui vont commencer à le menacer en ligne.
Il ouvre un fichier qu'on lui envoie et c'est une photo de lui, justement,
et là, il commence à avoir certainement peur, il y a des gens même qui rapportent son adresse.
Toutefois, au niveau de son article, puis du grand public,
on dirait qu'il n'y a personne qui s'en soucie.
Il n'y a pas tant que ça d'intérêt, on dirait, du grand public.
Lui qui pensait que sa nouvelle allait vraiment ébranler le pays, en fait,
mais par contre, son téléphone lui ne dérougit pas, il est même chaud au toucher.
Et là, il va lire des conversations, il y a des gens qui vont dire sur Telegram,
nous avons son compte Facebook, il a deux enfants,
voici une photo de l'aînée qui est sa femme, quel est le nom de sa femme?
Donc là, il y a quelqu'un qui découvre son numéro, quelqu'un qui découvre son adresse.
Donc vraiment, lui, il regarde ça en se disant, oh mon Dieu, je suis foutu,
là, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils vont faire avec moi,
mais ils connaissent des détails sur ma vie vraiment poussés.
C'est incroyable en ça, le doxing, comment qu'il peut être efficace à la gagne,
puis sans trop vous révéler, je vais vous en reparler un peu plus tard,
mais ces gens-là, dites-vous que dans la société,
il y a toujours des gens qui ont accès aux données critiques.
Quand vous allez à l'État civil, à votre permis de conduire,
à toutes ces entités gouvernementales-là,
il y a toujours des gens qui ont accès à ces données-là.
Et là, Kim tremble à ce stade.
Et là, il regarde son téléphone,
des photos sont distribuées dans le salon de discussion de lui, de sa famille,
de lui dans son immeuble.
C'est fou, là.
Oui, oui.
Et l'article de Kim qui expose ces salons de discussion-là
n'est devenu viral que dans ces salons de gens concernés-là, en fait.
Le reste du monde ne semblait pas avoir beaucoup de feedback à donner là-dessus, en fait.
Et là, un nouvel événement a été créé dans le salon de discussion.
Il y a eu une notification et le nom de l'événement, c'est Attraper Kim Won.
Il est maintenant temps de connaître indéfiniment la date de naissance,
les noms de chaque membre de la famille
et tout leur numéro de téléphone privé ainsi que tout leur relevé d'emploi.
Et vous voyez, ça, c'est ce que les gens disent dans la description de l'événement.
Et on dit même « saisez-vous votre chance de commander un esclave ».
Oui, oui.
Qu'est-ce qui se passe-t-il à ce stade-là ?
Kim actualise à nouveau son courriel et il y a enfin quelque chose,
un courriel non ouvert provenant d'un expéditeur anonyme, et il clique dessus.
Et je vous lis son contenu.
Vous vous trompez d'arbre.
Tous ces gens ne sont rien.
Evian, Snoop, ils ne sont rien.
Vous devez consulter le médecin.
Je peux vous aider.
Et le journaliste, Kim, qui répond « Mais qui est le médecin ?
Qui est-ce ? »
Et la personne répond « Moi, je suis le joker ».
Oh !
Devant la gare de Pawhadang, en Corée du Sud,
juste en face de la station de métro se trouve un dépanneur 7-11,
la grande chaîne de dépanneurs.
C'est là que le journaliste Kim et son collègue ont prévu de rencontrer le joker.
Le collègue de Kim exprime ses inquiétudes quant à la sécurité de ce rendez-vous.
Comment pouvons-nous être sûrs de pouvoir lui faire confiance ?
Cela pourrait être un piège orchestré par quelqu'un qui veut te capturer,
en fait, s'inquiète-t-il, le collègue de Kim.
Et si c'était un observateur qui souhaite que les vidéos d'esclaves continuent
et pense que tu menaces en fait son business ?
Kim répond avec assurance, détaillant sa stratégie pour rester en sécurité.
Je lui ai dit que je porterais une veste noire,
mais en réalité, j'en porte une grise.
Cela me permettra de le repérer de loin.
Il sera trop occupé à chercher quelqu'un en noir,
ce qui me donnera l'avantage de l'observer pendant qu'il est distrait.
Oui.
Je trouve ça quand même brillant.
Je pourrais vérifier aussi si d'autres personnes se cachent aux alentours,
car ils prétendent venir seuls,
vêtus d'un anorak blanche ou d'une doudoune, comme on dit.
C'est le choix stratégique,
car la Corée du Sud en hiver ressemble à New York.
C'est une mer de veste noire que le journaliste dit.
Il dit comme pour ça, je pourrais surveiller discrètement,
le surveiller discrètement tout en scannant la foule.
Il porte un anorak noir,
croyant que le journaliste Kim en porte un également.
Le Joker, habillé d'un anorak blanc en fait,
serait trop visible,
donc vous vous tenez prudemment à distance et en cas de problème
que vous appelez la police en fait si il y a un enjeu.
Bien que ce plan soit quelque peu imprudent,
les journalistes n'ont pas d'autres options à ce stade
et veulent rencontrer le Joker.
Kim quitte son collègue à l'angle de la rue
et se dirige vers la station de métro
où ils ont prévu de se retrouver.
Soudain, tout bascule dans le chaos.
Écoutez ça, on dirait un film.
Juste devant la station de métro,
deux voitures grincent et se percutent,
provoquant un énorme accident
au moment qu'il allait rejoindre le Joker.
Les alarmes des voitures à proximité se déclenchent,
les klaxons retentissent, les gens crient
et tout le monde se précipite vers les voitures accidentées.
Ça ressemble presque à un mauvais présage.
Peut-être que le journaliste Kim
aurait dû s'arrêter à ce moment-là,
mais il continue à scruter la foule.
Tout le monde essaie d'accéder aux voitures
pour vérifier qu'il n'y ait pas de blessés
et se précipitent tous dans la même direction,
tels des fourmis à courants
vers une source de nourriture.
Regardant la scène complètement imperturbable,
debout devant la station de métro
devant le 7-Eleven,
se trouve le Joker.
Les deux journalistes s'assoient avec lui
dans un café voisin
et ils sont tous les trois assis
à une table d'angle, tout au fond.
Le Joker porte une casquette de baseball.
Il ne lève même pas les yeux
pour croiser les yeux des autres journalistes, en fait.
Les journalistes sont surpris de voir
qu'il a un visage plutôt bébé.
Ses joues sont plutôt rebondies.
Il a l'air très jeune.
Et lui, le Joker, il dit,
« Je jure que je n'ai jamais vraiment entendu parler
de ces salons de discussion. »
Et là, je le cite encore,
« Un jour, j'étais à la maison
lorsque j'ai reçu un appel d'une amie
et elle m'a demandé de me rencontrer
en personne. Elle avait l'air
désemparée et elle ne voulait pas me dire
au téléphone ce qui n'allait pas,
alors je l'ai rencontrée. Elle est en désordre,
elle pleurait, elle pouvait à peine parler.
Je pouvais dire que c'était vraiment
quelque chose de mauvais qui lui arrivait.
Elle m'a parlé d'un type,
Baska, le médecin de doctor.
Elle a déclaré qu'il l'avait forcée
à réaliser des vidéos
explicites pour télégramme.
Et elle a dit à Baska non
au début, je ne veux pas faire ça,
je ne peux rien faire de pareil.
Mais il a commencé à la menacer.
Elle a dit qu'il venait
tout juste de commencer à lui envoyer des SMS
avec son nom au complet,
provenant du gouvernement, son adresse,
les numéros de téléphone de ses parents,
même son numéro de sécurité sociale.
Donc il avait accès à toutes sortes d'informations
qu'elle ne savait pas comment il avait pu obtenir.
Elle lui a quand même dit non,
je ne peux pas, je ne ferai rien de tout ça.
Et là, c'est là qu'il a commencé
à inonder le salon
de discussion.
Initialement, elle était seule
avec Baska, un inconnu
dans la salle virtuelle.
Mais bientôt, il a commencé à inviter
des centaines d'hommes.
Ils apprirent son adresse et son numéro
de sécurité sociale grâce à des échanges
sur télégramme. Et leur nombre
ne cesse de croître.
Il la harcelait continuellement,
la réduisant à l'état d'esclave
et lui ordonnant de se comporter comme tel,
sous peine de se rendre à son domicile.
Menacée d'être dénoncée
par une centaine d'entre eux
si elle désobéissait,
elle se résigna à suivre les directives
du médecin et lui envoyait une vidéo.
Elle a envoyé cette vidéo à une
salle de discussion plus grande,
appelée la salle du médecin,
donc probablement la Ninth Room.
Mais elle n'avait pas accès à cette salle.
Le Joker explique
aux journalistes que sa mission consistait
à infiltrer la salle du médecin
afin d'observer les types de vidéos
diffusées et le nombre de participants
impliqués. Avant même d'accéder
à la salle principale, il y a
une salle d'attente apparemment.
C'est la première étape pour
comprendre le processus avant de pénétrer
dans l'espace principal de BASCA.
Et c'est dans cette salle que
on détermine nos préférences.
C'est semblable à remplir un sondage.
Le médecin diffuse
des bandes annonces et des teasers
dans la vidéo selon le contenu
pour vous aider à choisir
la salle qui vous convient.
Et après avoir fait votre choix,
vous passez à l'examen. Il y a des frais
à régler évidemment et vous pouvez
ensuite rencontrer BASCA.
Une fois dans les salons de discussion,
la première chose qui frappe,
c'est la peau. L'écran est
entièrement couvert de tons
de chair. L'écran
entier est rempli de
couleur peau, vraiment un peu
comme de la chair rosée.
Et on retrouve aussi beaucoup
de filles nues
en guise d'imagerie.
Chaque
photo ou vidéo est filigranée
de BASCA. Et si
ce n'est pas filigrané, les filles
auraient écrit « médecin
esclave » dessus, généralement
en grosselette noire
ou en rouge sur les bras.
Ils vont s'inscrire sur le
corps.
Oui, n'importe où.
Finalement, il demandera à certaines victimes
de graver les mots « médecin
esclave » sur leur corps.
Les victimes étaient obligées de se mettre à genoux
pour demander pardon de ne pas
avoir été bonne pendant qu'elles
se mutilent.
Oui, exact, parce qu'il est obligé vraiment de se graver
des lames de rasoir, des couteaux,
vraiment,
c'est horrible, honnêtement.
C'était un peu sa marque
de commerce.
C'est ça, exactement.
Le médecin avait trois signatures distinctes
pour chaque vidéo. Le premier endroit
serait quelque part sur la fille
qui serait l'esclave du médecin
et la vidéo où la photo serait filigranée
avec l'esclave
en tant que telle. À l'ouverture
de chaque vidéo, les esclaves
levaient leurs petits doigts. C'était aussi
une partie de sa signature.
Et enfin, chaque vidéo montrait
la victime souriante.
Elle devait sourire absolument, sinon
elle aurait des conséquences.
Dans presque toutes les vidéos,
leur corps entier tremblait de peur
et leurs yeux étaient gonflés
à force de pleurer et ils se forçaient
toujours pour sourire.
Une autre chose que le médecin
faisait est qu'une fois que vous entrez
dans un salon de discussion, vous n'obtenez
des vidéos réalisées par les trois
ou quatre mêmes esclaves que si
vous en avez marre et que vous voulez de nouvelles
personnes. Vous devez rejoindre
un autre salon de discussion où il y a encore
trois ou quatre esclaves par exemple.
On soupçonne que le
médecin avait plus de 300
esclaves. Je me demande où il
les recrutait en fait.
Désormais, le médecin est connu dans
le monde des forums de discussion pour innover
constamment et met à jour ses
éléments de menu pour satisfaire
sa clientèle. Ainsi,
le menu indique, par exemple,
que les esclaves peuvent, et là c'est
consommer des matières fécales,
jouer du couteau sur
s'automutiler d'une certaine façon,
de la nudité en public,
de la torture.
En tout cas,
ça peut aller très loin.
Et on parle de 70
à 80 salons de discussion
qu'il possède, ce Basca.
Tous séparés par
les goûts, les envies
ou les vises de chacun.
C'est fou, ça en fait beaucoup.
Quand t'es déclin comme ça.
C'est le genre de choses que tu vois
justement dans des films et que tu dis
jamais l'humanité va se rendre jusque là.
Puis là, tu vois ça.
Ça n'a pas de bon sens.
Ça n'a aucun sens. Il y a eu tellement
de témoignages. Je ne les ai pas mis
parce que ce sont tellement durs.
Il y a même des femmes qui
meurent. Des fois,
ils mettaient, je vais te donner un exemple,
ils leur font porter des trench coats.
C'est un autre de leur marque
aux esclaves.
Ils leur font porter des trench coats,
puis ils les identifient, puis ils nomment
ce qu'ils sont rendus dans la rue. Les gens après ça,
ils vont les voir. Des fois, ils les kidnappent,
ils les emmènent dans des hôtels. Ils filment tout ça.
Puis il y a une femme qui en est morte.
Elle a été violée par je ne sais pas combien d'hommes.
Elle est morte.
Puis ils ont tout filmé.
C'est horrible.
C'est ces gens-là qui vivent ça.
Tantôt, tu te posais la question
de comment ils recrutent en fait.
Souvent, c'est par des offres d'emploi,
en fait.
C'est vraiment la tactique première.
Ils vont t'offrir un offre d'emploi.
Qui n'a rien à voir avec ça.
Non. Puis ce qui est bizarre, je trouve que les gens
sont naïfs parce que dès la demande
de l'offre d'emploi, ils demandent déjà
des infos personnelles,
puis une photo de toi.
Puis même souvent des photos intimes
de toi. Puis les gens
embarquent là-dedans. On dirait que c'est comme s'ils étaient
désespérés pour avoir un emploi.
Mais c'est jamais ce qui est annoncé.
Puis ils tombent dans
cette boucle-là. Puis même souvent,
je ne l'ai pas mis en exemple, il y a un homme,
il pensait lui qu'il allait avoir un emploi pour sa
famille et tout ça. Puis ils l'ont demandé
d'envoyer des photos, des vidéos de ses propres
enfants. Puis il l'a fait
pour avoir l'emploi. Mais il disait
je trouvais ça bizarre. Puis à un moment donné,
je n'avais pas de réponse. Je me disais, t'es accepté.
Mais il a fallu quand même qu'il envoie des photos de ses enfants.
Fait que là, ils ont toutes ces informations.
Ils ont plein de détails sur lui.
Après ça, il utilise ça pour
te...
Puis là, tu tombes dans une boucle.
Te recruter en tant que trafiqué.
Oui, exactement. Après ça, il demande
de trouver d'autres vidéos,
de recruter d'autres gens.
Ça devient un peu infini,
toute cette boucle-là.
De comment les gens entrent là-dedans.
C'est un peu comme ça qu'ils font du recrutement.
Mais ils ont un gros stratagème.
Il y a eu des quarantaines
de personnes dans tout ce réseau-là
qui travaillaient.
Puis on est juste à la moitié de l'épisode.
Et là, je reviens aux chambres en question.
Il y a des coûts pour entrer.
Il y en a ce qu'on appelle les chambres difficiles.
Commence à 187 $
pour entrer.
Je ne sais pas si 187, c'est le code
pour une meurtre au niveau de la police.
Je ne sais pas si ça...
Et les chambres moyennes,
ce qu'il appelle moyennes en fait,
qui sont plus évées même en fait,
en moyenne,
commencent à plus de 450 $.
Donc, code 450.
Et plus t'augmente dans le prix,
dans le fond, plus t'as
du contenu plus intense,
mais qui est plus court en même temps.
Donc t'as un ratio longueur
versus intensité.
Et il y a aussi les salles VIP.
Et là,
ces vidéos-là deviennent encore
plus intenses et les coûts
sont encore plus onéreux.
L'accès commence à environ 1200 $.
Mais, qui y a-t-il
dans les salles VIP?
Dans les salles VIP,
l'horreur devient encore plus intense.
Et qu'est-ce qu'on retrouve?
Par exemple,
les victimes vont faire des...
Et là, on tombe dans un côté
un peu lugubre, des jeux
avec des insectes comme des
chenilles.
Ils vont devoir en manger,
s'en insérer,
des choses comme ça. Je ne sais pas
jusqu'où ça va, mais on va retrouver
des choses comme ça, des trucs
vraiment, vraiment
décalés. Je ne sais pas trop
qui est-ce que ça excite toutes ces choses-là,
mais il y en a
que c'est leur chose, apparemment.
Et dans ces salles,
les femmes étaient contraintes d'interagir
avec les membres,
mais pas de manière passive.
Les visiteurs VIP, loin
de se contenter de regarder,
lançaient des commentaires horribles
et psychologiquement très
destructeurs envers les victimes
qui, elles, devaient supporter ça
en plus de tous les autres sévices.
Les VIP pouvaient même payer
des sommes supplémentaires pour des
interactions vidéo directes,
comme par exemple en demandant des vidéos
ou des photos spécifiques ou
des demandes spéciales.
Par exemple, un VIP désirant
marquer une victime de manière
particulière pouvait simplement
payer un montant prédéterminé
pour justement la brander,
lui faire un genre de tatouage
au couteau.
Ça nous rappelle Nexium,
un peu. Oui, c'est vrai.
De ce type de
marquage-là. Oui,
la secte un peu weird.
Souvent, les marques demandées
étaient des mots dégradants gravés
sur la peau avec un couteau,
pendant que les
victimes devaient sourire devant la caméra.
Imaginez la torture.
Et parfois, les VIP souhaitent
que leur nom d'utilisateur même
soit brandé sur la victime.
Et en fait,
il en voulait toujours plus
cette clientèle,
cherchant constamment à augmenter
les enjeux pour ressentir davantage
d'émotions fortes.
Baska commence donc à publier les adresses
des victimes dans les groupes
chat des VIP,
ajoutant une couche diabolique de peur
pour les victimes qui sont déjà terrifiées
à l'idée de voir leurs vidéos et leurs photos
divulguées non seulement par
le médecin, mais par n'importe quel
visage anonyme des forums de discussion.
Les victimes sont terrifiées à l'idée
que leur famille découvre ce qui leur arrive,
parce que souvent, ils se cachent de leur famille.
Ils font ça
à d'autres moments,
pas devant eux, jamais.
Souvent, ils ont trop honte pour en parler.
Exact.
Ces victimes sont également terrifiées
lorsqu'elles sortent dehors, parce qu'elles ignorent
qui participe à ces salons de discussion.
Est-ce que ces gens-là sont dangereux?
Probablement oui.
Leurs visages présents dans
toutes ces vidéos sont connus de tous,
sauf deux,
en fait.
Ils ne savent pas s'ils vont se faire reconnaître
par quelqu'un dans la rue, au magasin, au restaurant,
même à l'école ou au travail.
Donc, ils sont toujours en train
de devenir paranoïaque.
Pourquoi une telle personne m'en regarde un petit peu?
Est-ce que ce
passant-là m'a reconnu?
Donc, il y a vraiment un sentiment
de peur, de paranoïa
qui s'installe.
Tu dois être constamment en hyper-vigilance, en fait.
C'est clair, mon Dieu, tu ne dois pas avoir envie
de juste vouloir rester chez vous.
Sans savoir qui sont ces observateurs
ni à quoi ils ressemblent,
les victimes vivent dans une peur constante,
surtout maintenant que leurs
adresses sont divulguées publiquement à ceux
qui prennent plaisir à les voir souffrir
de manière horrible et insupportable.
C'est incroyable.
Maintenant, je vais vous parler de la Gotham Room,
en fait, qui est vraiment le marketplace
déviant sur
Telegram, dont fait partie
Baska, en fait, à travers tout ça.
Et on sait que Gotham,
dans la fiction, c'est un lieu sombre, c'est une
dystopie, c'est une ville fictive dans Batman,
qui est, bien pas juste Batman, mais qui est dominé
par les criminels sans scrupule,
qui sont que motivés par l'argent et le pouvoir.
Dans ce Gotham numérique,
chaque entrepreneur agit comme un commerçant
dans un marché promouvant son activité
dans des salons de discussion qui fonctionnent comme
des stands accessibles,
en fait, le Moyen Appem,
comme si vous étiez au marché. Imaginez-vous
dans un marché alimentaire, les vendeurs
agissent des affiches, distribuent des
échantillons gratuits, chacun essaye
d'attirer les passants avec
des offres alléchantes pour qu'ils puissent goûter
à leurs produits, mais c'est la même
effervescence qu'on peut retrouver sur les
salons de Gotham, en fait.
Les annonces sur le compte Telegram varient grandement.
Certaines présentent des vidéos au titre
provocant et choquant, tandis que d'autres
offrent des interactions dans des
chambres numériques, permettant
aux participants d'observer des scènes
d'intensité variable.
D'autres, encore, promeuvent des services
technologiques assurant une autre qualité
en fait des données et offrant le choix
entre un contenu hard ou soft,
selon les préférences des utilisateurs.
Ensemble, ces éléments composent
un marché numérique dynamique
qui reflète la diversité
de la complexité d'une véritable
place de commerce. C'est ça qui est débile.
C'est des véritables marchés.
Tout est tout organisé, on dirait.
Cette clientèle-là, c'est organisé vraiment
des discussions, des
marketplaces, tout ça un peu.
Hiding in plain sight,
c'est comme
pas trop difficile d'accès, mais juste
assez, mais c'est clair que quand
tu fonctionnes comme ça, à quelque part,
ton temps est compté.
Oui, puis on va en reparler un petit peu plus tard.
Faites-vous en pas.
Les policiers, ils voient tout ça,
mais ils ont un peu les mains liées
à cause de télégrammes.
Par exemple, il y a une annonce
qui pouvait dire « Venez sur mon compte,
j'ai des vidéos provocantes, y compris
des scènes intenses à découvrir. »
Il y en a une autre, c'est « Assister à une démonstration
de loyauté dans ma chambre numérique.
Chambre numéro 2, venez y regarder.
Veuillez nous envoyer
un DM uniquement si vous pouvez
effectuer un achat immédiat.
Nous n'acceptons pas les plans de paiement.
Donc, si c'est votre première visite
dans notre communauté Gotham, il y a des guides
et ça c'est vrai, j'en ai trouvé un.
Un guide comment naviguer,
comment négocier, comment bien trouver.
Le tutoriel. Oui.
C'est tellement dérangeant à cause
du contenu final.
Tout d'abord, il n'y a presque aucune
salle de Gotham qui contient
du matériel consensuel.
C'est vraiment comme la porte d'entrée.
La plupart du temps, des mineurs
et la plupart du temps, ils sont forcés
de faire ces vidéos-là.
Ils n'ont aucune idée que ces vidéos sont faites
ou téléchargées pour que
des dizaines, voire des centaines
de milliers de personnes puissent les regarder.
C'est pour ça qu'on les appelle les esclaves
dans les salons parce qu'en fait,
ils font exactement
ce qu'on leur demande de faire.
C'est pour ça le terme « esclave ».
Je le trouvais dur, mais c'est vraiment
le terme qui est utilisé parce qu'ils sont
à la merci de quelqu'un.
Si vous pensez que ce que vous aimez
est si particulier, si différent,
si spécial et que personne
n'aura de salle, de salon pour ça,
c'est à peu près impossible.
Il y en a pour tous les goûts.
Souvent, ils sont classés aussi par thématiques
d'habillement.
Des enseignants militaires,
policiers, infirmières,
collégiennes.
Les stéréotypes de « porn »
classiques.
Exactement.
Et aussi des salons de discussion pour
jeunes filles.
La salle Gotham ressemble à un gros
catalogue géant, offrant un menu complet
de tout ce que vous pourriez désirer,
mais à un certain prix.
Le coût d'entrée dans cette Gotham City
est variable.
Pour certains, il est équivaut à vendre
leurs armes, tandis que pour d'autres,
il est aussi insignifiant que de jeter
une scène dans une fontaine.
Mais avant toute chose, il est nécessaire
de confirmer que vous êtes un homme.
Ce n'est que des hommes.
Ou du moins,
une personne qui
s'identifie comme homme parce que,
et je vous cite, « Nous aurons besoin
d'une photo de vos parties intimes à côté
d'un morceau de papier sur lequel
votre nom d'utilisateur est inscrit
aux marqueurs noirs. Les femmes
ne sont pas autorisées.
Ensuite, nous aurons besoin de
vidéos de quelqu'un de votre entourage.
Il doit s'agir
d'une femme. De préférence,
une femme, mais vos propres enfants
seraient probablement les meilleurs.
Nièce, cousine, oui, peut-être
la fille d'un voisin si vous n'en avez pas.
Vidéo photo 2 prises secrètement
qui sont de nature explicite,
le plus jeune et le mieux,
c'est ce que nous recherchons.
C'est juste le prix d'entrée.
C'est une police d'assurance.
Parce qu'une fois que vous avez posté tous vos détails
personnels, que vous avez envoyé
des vidéos, que vous avez prises
en secret de votre propre soeur,
votre fille, votre femme,
en train de se doucher, comment
tu peux sortir de Gotham? C'est là
qu'il y a une forme de prise d'otage.
Vous allez être piégé dans Gotham.
Ça va un peu devenir votre nouvelle maison
et vous risquez d'y aller pour toujours
parce qu'automatiquement, que vous respectez
pas ça, ces vidéos-là peuvent
être relâchées, quoi que ce soit.
J'imagine que même dans l'éthique,
ils ne doivent pas se gêner pour
en relâcher aussi.
À qui mieux?
Les troublants de constater que
peu de participants sont perturbés par
ce processus d'organisation
invasif. Pour eux, le principal
est de ne pas rater cette opportunité
en or. Ils veulent tellement
consommer ce contenu-là,
ils sont prêts à faire ce sacrifice-là,
d'envoyer des vidéos
de tes propres enfants
ou même de ta femme,
de penser que je trouve ça
complètement fou.
Pour t'assurer que tu ne dénonces jamais
le groupe.
Exactement.
Après avoir passé les contrôles
initiaux, incluant l'envoi de photos
compromettantes et les données personnelles,
il ne reste plus qu'à procéder à des
transactions généralement en crypto-monnaie.
Une fois intégrés au système,
un simple lien sert de clé d'accès
à ce qu'ils perçoivent comme un paradis
interdit. Même là,
on peut observer des membres implorés
pour obtenir ce lien, certains
allant jusqu'à inventer des histoires
tragiques pour susciter l'empathie,
prétendant que cela leur apporterait
du bonheur dans des moments difficiles.
Trouver Gotham est étonnamment
simple, malgré la gravité de ce
qu'il représente. Caché en pleine
vue, il ne faut que quelques clics pour y
accéder, révélant les côtés sombres
de l'Internet. Et ce n'est pas dans
les profondeurs du Dark Web, comme on vous dit
toujours, mais bien accessible par le Web de
surface.
Je vous parle un peu du site dont
tu nous parlais tantôt, Seb,
AVN Snoop,
qui aujourd'hui a disparu,
qui lui présente aussi une origine
obscure et difficile à tracer.
Selon la Wayback Machine,
les archives de l'Internet,
il n'existe qu'une seule capture de
données datant de 2024,
bien que le site semble avoir été
actif depuis un certain temps,
hébergeant des tonnes de vidéos
explicitement illégales. De là,
vous pouviez trouver un lien vers
la Gotham Room, qui se trouve
sur le Telegram, une
capture qui date de 2024?
Oui, en fait, puis la capture de 2024,
c'est ça qui est étrange, c'est que
actuellement, c'est un domaine parqué.
Vous savez, si vous allez sur un autre domaine,
puis il y a comme des pubs et tout ça,
il n'y a rien. Il y a eu
une capture en 2024
de ce site vide-là,
mais on dirait qu'avant, il n'y a jamais
rien eu, il n'a jamais été capturé,
mais je le sais que par souci d'éthique,
ces sites-là, s'ils
les ont déjà pompés, ils les enlèvent
parce que c'est du contenu
qu'on ne veut pas nécessairement garder en archive.
Puis bref, sur ce site-là,
c'est là qu'on pouvait trouver un lien
vers la Gotham Room sur
Telegram. C'est un lien qui a un peu
l'air de rien, un T.Me.
Et là, à partir
de ce moment-là, il nous suffit
de choisir la salle qui nous intéresse,
de passer le contrôle, comme tu nous
expliquais Seb, et de vous lancer.
La salle la plus prisée, évidemment,
c'est celle de Basca, du Docteur,
et le processus nécessite
environ six clics, si tout se
passe bien, ce qui est assez simple.
Une fois à l'intérieur, le tout premier
message qui s'affiche
« Vous souhaite la bienvenue à Gotham »,
avec les mots « Let's rape ».
Ça donne
le ton.
Si on revient à l'article que
Kim, le journaliste, a publié,
en fait, après la publication de l'article
sur Basca
et sur ses salons VIP,
l'intérêt était assez minime,
comme on vous disait. Cependant,
l'article a finalement gagné en
popularité avec le temps, attirant
une nouvelle vague d'observateurs
curieux des activités horribles
qui étaient décrites.
Donc, à quelque part, ça y a fait de la
publicité, en fait. Il y avait à la base
1000 membres payants,
et ce nombre-là a grimpé à 5000
suite à l'article. Donc, ça
nourrit, en fait,
Basca
et son organisation.
Certains nouveaux utilisateurs
ont avoué n'avoir jamais entendu parler
de Telegram avant de lire l'article,
mais ont été attirés par la salle de Basca
après sa lecture.
Les membres de forums des discussions
ont trouvé la situation hilarante,
certains appelant même Kim
à écrire un article de suivi
pour continuer à booster la popularité.
En réponse à cette nouvelle demande,
le médecin, un homme d'affaires
avisé, a augmenté le prix
d'entrée de sa chambre VIP à
1500 $.
Les nouveaux venus visaient directement
le statut VIP, donc rien d'autre,
cherchant l'accès aux meilleures
vidéos possibles. Le médecin
a également proposé une entrée gratuite
dans les salles non-VIP
à quiconque pourrait fournir des informations
sur le journaliste
Kim Won.
Et d'autres journalistes du journal même.
Oui. L'article de Kim
a eu des conséquences inattendues,
non seulement il a promu les plateformes
d'exploitation et de trafic humain,
mais sa famille a aussi été exposée,
le laissant vivre dans la peur.
Il se sentait impuissant
comme s'il se battait contre un monde
illusoire dominé par Basca,
qui a même rebaptisé sa salle de chat
pour se moquer de la situation.
Cette publicité involontaire a fait
grimper la popularité de la salle
et Basca est un peu devenu
une vedette
au sein des
grands méchants du web.
Oui, c'était tout le contraire
de l'effet attendu.
Et de nouveaux salons
à partir de ce moment-là aussi
apparaissent quotidiennement,
chacun essayant de copier la formule
de celle de Basca.
Ces salles variées incluent des salles
de revendeurs et des salles à thématiques
où des individus partagent des vidéos
et des photos et exposent des personnes
proches ou des connaissances
même sans leur consentement.
Ça devient un genre de refuge pour
des vidéos de voyeurisme de toutes sortes.
Exact.
Il y a une salle qui s'appelle
la Salle du Désir d'équation
qui a attiré plus de 28 000 membres
intéressés. Je ne sais pas ce que c'était,
ce qui se passait là-dedans.
C'était justement beaucoup d'envoyer
des proches, c'était celle que tu parlais
juste avant, qu'on envoyait
à des vidéos de nos proches
sans qu'ils sachent en fait.
Ok, ok.
Là, on a parlé de Basca ou encore du
médecin, je vais vous présenter un autre
joueur. Il s'appelle
GodGod, qui est un créateur de
contenu influent qui avait
disparu lui pendant 11 mois.
Et là, il est refait surface,
provoquant une grande excitation dans
les salons de discussion. Son retour
soulève des questions parmi les
participants qui le voient comme un
ménadique opposé aux motivations
plus capitalistes de Basca.
Donc lui, il semble être une coche
au-dessus au niveau violences.
Les discussions entre
GodGod et Basca révèlent
une dynamique complexe où ils discutent
de stratégies pour éviter d'être capturés,
y compris la diffusion massive
de vidéos compromettantes en cas
d'arrestation. Mais comment ça
fonctionne tout ça, Seb ?
Oui, vous allez voir, ils ont chacun leur
modus operandi. On en a déjà un peu parlé,
mais juste pour clarifier, en fait,
Basca, c'est les Doctors' Rooms.
Eux, ces salons-là,
ils monétisent la torture, l'exploitation
avec des frais élevés pour des services
spécifiques tels que l'obtention
d'adresse des victimes ou la demande de
torture particulière. En parallèle,
GodGod, qui gère
les Nine Rooms, en fait,
parce que c'est même devenu un
symbole, les Nine Rooms,
parce que c'est un endroit où c'est
les pires profondeurs
de l'humain.
Et lui, en fait, la nuance,
ça ressemble aux salles
de Basca,
en fait, sauf que
lui, c'est des salles
exclusives de brutalités
extrêmes, de la
cruauté innovante.
Le terme « innovant » en cruauté
me fait peur.
J'ai lu toutes sortes de trucs qu'on ne vous
dira pas, vous pourrez faire vos recherches,
mais il était vraiment dans
l'optique-là, il était encore plus fou que l'autre.
Il faut savoir que la police
lutte, évidemment.
Je recommence, André, j'ai dit luttre.
Il faut savoir que la police
lutte pour infiltrer et démanteler ces
réseaux-là, mais ils sont confrontés
à la difficulté de pénétrer un milieu
qui est hautement sécurisé et anonyme.
C'est ça le problème.
Parce qu'on hâte que la police l'épingle.
Oui. Malgré des efforts
soutenus, Basca et GodGod
restent insaisissables, glissant
à travers les fissures juridiques,
échappant régulièrement à leur capture.
Les policiers qui sont chargés
de les traquer ressentent constamment une
pression immense. Ils travaillent jour
et nuit avec peu de repos. Durant cette
période-là, c'était fou. Ils consomaient
beaucoup de café, beaucoup de ramen
pour maintenir leur énergie. C'est vrai qu'ils
disaient ça, qu'ils mangeaient beaucoup de ramen, ça m'avait fait sourire.
Chaque nouvelle
notification apporte son lot de contenus
choquants, montrant parfois des actes
inimaginables commis sur des mineurs,
exacerbant le sentiment d'impuissance
parmi les enquêteurs.
Dans leurs bureaux jonchés de plusieurs
téléphones vibrants, les agents
se sentent comme s'ils étaient témoins
directs de crimes horribles
transportés virtuellement sur les lieux
via ces vidéos-là, mais malgré
cela, ils peinent à identifier les
victimes ou à localiser précisément
où ces atrocités sont filmées,
ce qui intensifie leur frustration
et leur sentiment de défait
en fait. Dans ce sinistre
des réseaux de salons de discussion,
les opérateurs aussi, ils suppriment
les preuves, ils ferment les salons
de discussion existants, puis ils en ouvrent
des nouveaux tout le temps pour échapper à la
surveillance policière.
C'est encore plus difficile pour les policiers
de les capturer.
La police se trouve impuissante,
réduite à observer, comme je vous dis,
ils observent, mais sans pouvoir intervenir
alors que les membres du salon planifient
et discutent ouvertement
de leur intention criminelle. C'est ça
qui me dépasse.
La police estime que le créateur de
ces salons, connu sous le nom de
Basquos Gère, on vous l'avait dit,
70 à 80 salons
impliquant potentiellement des centaines
de victimes. Les enquêteurs
examinent chaque vidéo, un peu
comme les producteurs, pour trouver toutes les
petits indices, c'est ça qui peuvent les aider,
qui peuvent les mener à l'identification
et au sauvetage des victimes
avant qu'il ne soit trop tard.
C'est souvent ça qui a mené à des
découvertes, c'est le pouvoir de
l'intelligence collective, quand on est une gang
à scruter des vidéos,
Luca Roccomagnetta, on a parlé
dans notre épisode sur les furries,
même chose, le tueur en série
qui s'attaquait à des animaux
en fait a été piégé aussi
en raison de ça. C'est souvent
ça en fait,
le talon d'Achille
de ces criminels-là,
mais en même temps c'est comme trouver un aiguille
dans une botte de fouet.
Oui, oui, oui, vraiment,
c'est vraiment difficile, mais heureusement, vous allez voir,
ils vont avoir des alliés.
Les vidéos constituent leur unique source d'indices,
les enquêteurs scrutent
chaque détail pour identifier les victimes,
tâches de rousseurs, grains de beauté,
uniformes scolaires, qu'on est capable d'identifier,
éléments de décor, inscriptions ou tout autre
indice pouvant être utilisé pour localiser
ces personnes avant que BASCA
ne les atteigne. La plus
jeune victime identifiée avait seulement
12 ans. C'est fou,
et des rapports indiquent qu'il pourrait y en avoir
de bien plus jeunes encore.
Dans leur enquête, la police a localisé
une personne clé, pouvant
offrir des informations de l'intérieur
détaillée sur les opérations
internes des chambres de torture.
Une équipe de 12 officiers
qui a été déployée pour interroger
cette personne-là, ils ne l'ont jamais nommée,
procédant en fait avec une extrême
prudence pour ne pas l'effrayer.
Ils ont choisi d'observer à distance
en attendant le moment propice pour intervenir.
Cette surveillance contrastait
étrangement avec les scènes horribles
des vidéos analysées auparavant,
offrant un moment de paix apparente
alors qu'un père enseigna à son fils à faire du vélo
un instant de bonheur
familial pur. Cependant,
il surveilla en réalité
le créateur des chambres,
BASCA, qui se révéla
être bien plus jeune que prévu.
Et à ce moment-ci,
en fait, personne ne savait
qui il était, ce fameux
BASCA ou encore God God.
Mais les producteurs des deux plus
grandes chaînes là-bas, qui sont
JTBC et SBS dont on vous a parlé,
avaient des interactions
avec lui. Mais
BASCA y aimait jouer
un certain rôle avec les producteurs.
Il est persuadé qu'ils ne l'attraperont
jamais et pour rendre la chasse plus
amusante, pour rendre le jeu
plus amusant, il a essayé
d'égaliser les chances. Il a montré
aux producteurs son compte en
crypto-monnaie sur lequel ils collectent
les paiements pour les chambres.
Oulala! Oui!
Puis, il leur a imposé un marché.
Il leur a dit que s'ils
diffusaient les épisodes,
ils créeraient des victimes pour eux.
Les réseaux d'information,
donc, auraient leurs propres victimes.
Avant que SBS
ne diffuse leur épisode,
ils ont reçu une vidéo d'une jeune
fille d'âge mineur.
Fille entièrement nue avec rien
d'autre qu'un sac en plastique sur la
tête et une ficelle rouge attachée
autour du cou. Elle dit aux
producteurs dans la vidéo que s'ils
diffusent l'épisode à la télé,
elle s'y mollera par le feu devant
le siège de SBS.
C'est ce qu'on avait commencé l'épisode avec ça.
Oui, comme on vous disait en intro.
Et là, SBS a diffusé l'épisode.
Ils ont pu localiser la jeune
fille et assurer sa sécurité.
Dans son cas, à elle, ça a été facile
en guillemets étant donné que rapidement,
ils ont vu son nom. Je ne sais pas si vous rappelez,
au début, on l'indiquait. En zoomant,
ils étaient capables de voir son nom à côté d'un
manuel de son école.
J'imagine que c'est comme ça qu'ils ont réussi
à la sauver, mais cette pauvre
fille-là, tu sais...
Elle était tout de même humiliée.
Elle va être restée traumatisée à vie.
Ils disent qu'il y a énormément de suicides
dans ces gens-là ou des gens qui s'en vont.
Ils sont trop gênés de leur
famille. Ils vont refaire leur vie ailleurs
quand ils ont subi ces choses-là.
Ils veulent même pas en parler.
J'ai l'impression que dans leur tale de recrutement,
ça devait être un peu
à la Epstein.
Selon moi, ils devaient aller chercher quand même
des gens qui sont
peut-être plus dans le besoin,
des gens qui sont un peu plus
en situation de problèmes familiaux,
sans jeunesse et autres.
Je ne sais pas.
On dirait qu'il y a une tactique de recrutement
qui semble être un peu un pattern
chez ces gens-là
à quelque part.
Des gens qui sont un peu plus désespérés
d'avoir un emploi.
Des gens qui doivent travailler plus
ou autres ou aider leur famille, même à un jeune âge.
Parce qu'on parle quand même
qu'il y avait une grande proportion
qui étaient justement des femmes
en apparence, des filles en apparence
dans le chemin Nord.
Ça devait être des gens qui étaient
peut-être parfois
moins aimés
de la société à quelque part.
Je comprends très bien ce que tu veux dire.
Parce qu'il y en avait des recrutants.
R. Kelly faisait ça aussi.
Même à la rigueur, Michael Jackson
faisait ça.
Il aidait des familles d'enfants malades
qui avaient de la misère à arriver.
S'il les attirait
dans son Neverland,
je dis ça, je ne dis rien,
mais j'ai l'impression qu'il y a un pattern
d'exploitation chez ces gens-là
qui ont des réseaux de trafic humains.
Je suis convaincu, oui, c'est certain.
Donc, en fait,
de ce côté-là, au moins,
ils l'ont localisé,
cette jeune fille-là, pour assurer sa sécurité
malgré tout ce qui lui est arrivé.
On minimisera pas ce qui lui est arrivé.
Au moins, ça finit bien
pour elle, du moins.
Et là, si on revient à notre histoire,
ce jour-là, JTBC,
qui est l'autre grande station de télévision,
a reçu elle aussi
une menace similaire.
Et ce qu'on leur dit, c'est que si l'épisode est diffusé,
Basca menace de divulguer
les informations d'une nouvelle victime
dans tous ses salons de discussion,
pas seulement ceux réservés aux VIP.
Donc lui, il fait l'équation comme quoi
ça va lui amener plus que ce qu'il va perdre.
Des milliers d'hommes
pourraient alors avoir accès
au nom complet de la victime, à son adresse personnelle
et professionnelle, ainsi qu'à d'autres
détails sensibles.
La question demeure, que se passera-t-il
lorsque ces hommes potentiellement dangereux
la localiseront ?
JTBC devra alors gérer les conséquences.
Basca a averti
que cette fois, il n'y avait ni photo
ni vidéo pour identifier
ou protéger la victime.
Malgré l'absence d'identification des victimes,
la station JTBC
a choisi de diffuser l'épisode,
espérant que les informations révélées
contribueraient à la chute de Basca.
Lors de la diffusion,
l'activité sur les forums de discussion
s'est intensifiée.
L'épisode, tout en exposant
les crimes et les souffrances des victimes,
devenait ainsi une source de divertissement
cruel pour les participants des forums
qui se considéraient supérieurs
aux efforts des journalistes et
les forces de l'ordre. Ils attendaient
avec impatience de voir comment
de nouveaux spectateurs réagiraient,
renforçant le sentiment de pouvoir
de Basca sur la situation.
Après la diffusion
de l'épisode, des informations
ont révélé que le médecin,
Basca, utilisait un compte
de crypto-monnaies
via un centre d'échange,
un marketplace.
Que ce soit Coinbase
ou autre, mais dans son
encoré, où il peut changer
des cryptos contre
des monnaies fiduciaires.
L'argent, au final,
pour avoir de l'argent.
Exactement. C'est ce compte-là
qu'ils utilisent pour liquider les paiements
de ses spectateurs et les blanchir.
Cette nouvelle a provoqué
une vive réaction dans les salons de
discussion avec des messages qui
défilaient à une vitesse vertigineuse.
Les participants craignaient que les
autorités ne parviennent à identifier
les déposants à travers les transactions.
Parce que ça, c'est facilement trackable
le mouvement des crypto-monnaies.
C'est quand même
difficile de lier les portefeuilles
numériques aux identités réelles,
mais par exemple, la monnaie
Monero, qui est une autre crypto-monnaie
qui est connue pour sa
confidentialité, elle complique
davantage le traçage en cachant
les montants des destinataires et
des transactions.
Je ne sais pas si vous vous en rappelez,
je pense que c'est dans Alpha B
qu'ils utilisaient Monero.
Il a même servi à propulser
cette monnaie-là.
Les producteurs de télé
ont découvert que Basca
utilisait un marketplace pour liquider
ses cryptos, mais il semblait peu probable
que le docteur se rende personnellement
dans un centre physique,
rendant ainsi sa
traçabilité encore plus difficile.
Les échanges se font habituellement en
vendant la crypto-compte de l'argent,
qui est ensuite transférée dans un compte bancaire
ou en échangeant de la crypto-compte de l'argent
directement dans des centres
spécialisés.
Comme des places de guichets de bitcoin.
Mais sans preuve concrète de sa présence,
le mystère autour de Basca
persiste.
Il utilisait des intermédiaires appelés
Money Thunders dans le jargon
criminel coréen pour échanger ses cryptos
contre l'argent liquide.
Ces intermédiaires, qui étaient souvent
des jeunes personnes,
convertissaient la crypto en espèces,
un peu comme des mules qu'elle déposait
dans des boîtes spécifiques.
Les autorités, ayant identifié
le centre d'échange utilisé,
espéraient suivre l'argent pour remonter
jusqu'à Basca.
La piste les mena à une figure
inattendue, une jeune fille
de neuf ans, utilisé
pour transporter l'argent en question.
L'enquête révéla que les
transactions se terminaient souvent
dans un casier d'extincteurs,
utilisé comme point de dépôt discret.
C'est pas con d'utiliser
des extincteurs à fumer, parce que c'est vrai que personne va jouer là-dedans.
Les caméras de surveillance dans le bâtiment
en question capturaient une personne
difficile à identifier en raison
de la faible qualité de l'image,
transportant un paquet suspect.
Surprenant avec la qualité des caméras d'aujourd'hui.
Oui. Les autorités
surveillèrent cette boîte d'extincteurs,
découvrant que plusieurs jeunes y déposaient
régulièrement de l'argent,
mais une seule petite fille était vue
récupérant les fonds. Oui.
Drôle ça. En suivant la
fille, la police observant
qu'elle remettait l'argent à un autre individu,
une étape de plus dans la chaîne
de distribution. Bien que les enquêteurs
espéraient que cet individu les mènerait
directement à Basquat,
ils découvraient rapidement que la chaîne
de distribution était beaucoup plus
complexe et impliquait plusieurs
maillots, éloignant encore
la possibilité de trapper directement
Basquat. Le médecin
utilisait des intermédiaires pour échanger
ses cryptos contre de l'argent liquide,
et en fait,
l'un de ces intermédiaires, après avoir
récupéré plus d'argent, a signé
une pétition lors d'une manif.
Drôle ça. Réveillant ainsi
son identité complète, donc les autorités
l'ont tracé et là, ils ont obtenu
des informations cruciales en le
suivant, comme son nom, sa date de naissance
et son numéro de téléphone. C'est fou
quand même comme maille,
et avec ces données-là, la
police a surveillé et finalement
localisé sa résidence, mais a
évité une intervention directe pour
ne pas compromettre les preuves. C'est facile
de brûler une piste comme ça.
Environ un an après le début de l'enquête,
le suspect a été arrêté
alors qu'il était dehors avec
son fils.
Oui, donc le 16 mars
2020,
Cho Jubin,
alias Basca,
24 ans,
est arrêté.
24 ans, c'est pas jeune pour être…
C'est très jeune.
C'est pas vieux, en fait, oui, pardon, oui, je me souviens,
c'est pas vieux pour faire ça.
On l'a compris.
Dans la salle d'interrogatoire,
il se trouve face à un stylo de 6 pouces
de long, alors que les policiers
le questionnent sur son implication
présumée dans les chambres de torture
sur Telegram. Au départ,
il nie farouchement à être
Basca, et prétend être
seulement un membre de l'une de ses
chambres, affirmant qu'il ignorait
la nature abusive des activités
qui s'y déroulaient. Les autorités
restent sceptiques face à
ces déclarations, surtout en découvrant
une importante somme en liquide
dans sa chambre à coucher.
Malgré ses tentatives pour échanger
son mot de passe contre
de la nourriture,
pendant l'interrogatoire, la police
a finalement découvert le mot de passe
sur les écrits du mur
de sa chambre. Il a laissé son mot de passe
sur un post-it,
déverrouillant ainsi son
téléphone. Ils se font toujours,
en tout cas. Ils y ont trouvé des preuves
compromettantes, y compris des
identifiants personnels et de nombreuses
victimes. Ignorant
ses supplications, les policiers
poursuivent leur interrogatoire.
Cho, de plus en plus désespéré,
demande à aller aux toilettes.
Une fois là-bas, il prend
une décision radicale pour prouver
sa sincérité. Il saisit
le stylo et, avec un geste
désespéré, tente de s'infliger
des blessures, espérant peut-être
que cela convaincra les policiers de son
innocence. Il s'enfonce
le stylo dans la gorge.
Heureusement, il est soigné
à temps.
Si vous googlez cette histoire-là,
God God, Basquiat, automatiquement,
nous allons avoir une photo avec quelqu'un qui a un genre
de truc dans le cou,
pas comme les animaux,
mais pour maintenir le cou.
En fait, c'est pour protéger
sa blessure. C'est pour
protéger sa blessure qui s'est faite
quand il s'est vraiment rentré à un
profond parce que s'il n'avait pas été sauvé, il aurait pu
mourir.
Ils ont vraiment mis ça.
C'est très iconique. En fait, c'est drôle parce que
les photos, c'est juste ça.
Ça lui donne une allure d'animal lecteur.
Oui, ça donne
un autre genre.
C'est vraiment étrange.
Les conversations révélées suggèrent que,
contrairement à Basquiat,
il agissait pour l'argent.
God God, lui, agissait plus pour
le plaisir de nuire.
Ça, c'est des policiers qui
se sont rendus compte de ça en fouillant
les conversations dans le téléphone de
Basquiat. Et en fouillant
son historique en ligne, ils ont compris que
Cho était profondément influencé par
la culture en ligne coréenne, mais
pas n'importe quelle culture.
Les communautés toxiques et misogynes,
en fait. Les membres de ces groupes
alimentent des théories que je connaissais pas,
qui s'appelle la théorie du lave-vaisselle,
par exemple, où les femmes sont dénigrées
comme de la vaisselle sale,
et les hommes sont dégradés
s'il épose
enfin une femme ayant eu
plusieurs partenaires.
Oui, un discours qu'on connaît bien,
le discours à Andrew Tate,
je sais pas trop,
le mall alpha,
Incel, tout ça.
On en a des nouveaux au Québec, en plus.
Le nom m'échappe, là, mais oui.
Puis quand même, j'ai vu des femmes
en rire, puis c'était très, très drôle.
Ah mon Dieu, ils sont hilarantes, je me rappelle plus de leur nom.
Oui, oui.
À propos du gaming,
il y a mon chum, il a besoin d'être ça pour ça.
Ah non, c'est un texte à l'âme.
Arnaud Solis en est bien moqué, aussi.
On nommera pas leur nom, tiens.
Oui, oui, exactement. Mais bon,
si vous savez, vous savez.
Donc, ça ressemble à ça.
Il a été arrêté pour ça.
Il y a un autre truc que je veux vous parler,
aussi, par rapport à
cette histoire-là.
Là, il a été arrêté pour ça, il a été condamné de quelque chose?
On va y revenir.
Et là, je veux vous parler
d'un, on prend un petit
tangente à côté, mais vous allez voir,
on reste toujours dans la même histoire.
Je veux vous parler de Digital Prison.
Ça, c'est un site web coréen que je ne connaissais pas.
Puis eux, ils ont entrepris une mission audacieuse,
en fait, parce que eux, là,
les responsables, c'est pas juste
les baska, les god god,
mais c'est tous les clients.
S'il n'y a pas de clients, il n'y a pas de
ces gens-là. Et eux,
ils ont la mission de
révéler les identités des utilisateurs
des salles de torture de télégrammes, en fait.
Des citoyens ordinaires,
puis il y a même des citoyens ordinaires
qui s'impliquent là-dedans,
qui ne sont pas des hackers, que eux aussi,
ils veulent se mobiliser pour dénoncer
ces gens-là. En réaction
au site Digital Prison,
certains ont préféré fuir le pays,
t'imagines, des gens avaient peur d'eux
ou même de supprimer leur compte
télégramme pour échapper à l'exposition
publique. Écoute ça,
les recherches Google en Corée ont
explosé avec des requêtes
sur la suppression de télégrammes,
comment supprimer télégrammes, reflétant
la panique généralisée parmi ceux
impliqués dans ces activités, les sites.
Je vous rappelle, il y avait des centaines de milliers
de personnes qui y allaient. C'est sûr que c'est du monde
de partout dans le monde, c'est pas juste des Coréens.
C'est clair.
Les analystes numériques ont été
submergés par les demandes d'aide aussi pour effacer
des données compromettantes des appareils.
Certains ont même été contactés par des agresseurs
cherchant à dissimuler leur
implication dans les salles de torture.
Ces analystes se sont retrouvés
confrontés à un dilemme moral
se demandant s'ils devaient dénoncer
ces individus ou simplement effacer
leurs traces numériques. J'avoue, moi,
comme consultant, j'aurais dénoncé
honnêtement.
La révélation chocante selon laquelle
jusqu'à 260 000
personnes pour être impliquées
dans ces activités a exacerbé
les tensions. Le public
réclamait la divulgation des noms
de tous les participants.
C'est clair. Tu veux une liste de public shaming?
Oui, et même juste pour vous dire,
quand il est arrêté,
Basquat, au début, il nommait pas
les noms. Il y a eu une
pétition en ligne
de 5 millions de noms.
Là, ils ont nommé
le nom.
Il ne l'avait jamais nommé.
Je ne sais pas pour quelle raison, peut-être pour l'enquête.
C'est une pétition en ligne.
C'est fou, les citoyens se sont
vraiment mis ensemble. On dirait que
je trouvais ça beau dans toute cette
horreur. Je trouvais ça quand même
bien.
Telegram présente plusieurs
caractéristiques qui font un choix
attrayant. En fait, ils en font un choix attrayant
pour ceux qui cherchent à éviter la surveillance
et à protéger leur vie privée.
Tout d'abord, la création d'un compte
Telegram est assez simple. Il est
possible de le faire de manière anonyme
en utilisant un numéro de téléphone,
mais qui n'est pas lié à votre identité.
De plus, Telegram ne requiert
pas d'adresse e-mail ni de
vérification par e-mail.
Donc, c'est encore plus facile d'être
anonyme sur Telegram. On peut aller
s'acheter une carte SIM à peu près
n'importe où. Une fonctionnalité importante
est celle des chats secrets, comme on vous avait parlé,
qui garantissent que les messages
envoyés ne sont pas enregistrés sur les serveurs
de Telegram. Ils disparaissent
vraiment une fois supprimés
par l'expéditeur. En fait, ils sont supprimés
pour tout le monde. Même si les autorités
demandaient à Telegram de divulguer
des messages, la plateforme
n'aurait rien à fournir quand ils ne sont pas
stockés de manière permanente. Mais
ça, je me demande si c'est vrai. Parce
que Snapchat,
il stocke tout. Tout, tout, tout, tout.
Oui, c'est ça. C'est pas vraiment éphémère.
C'est pas du vrai éphémère. On le sait,
on se l'était fait dire même par les
autorités. Et puis, même par
selon moi, peut-être que Telegram, tu sais,
je veux pas faire du... Mais j'ai l'impression
que les Russes ont peut-être moins cette éthique-là,
si je peux
me permettre.
Mais on dirait que là-dessus,
on dirait que des fois, j'ai des doutes.
En outre, bref, Telegram est
connu pour sa faible modération centrale
aussi, ce qui signifie que les utilisateurs
peuvent à peu près publier n'importe quoi
sans avoir de censure.
Parce que ce contenu-là, essayez pas de
le publier sur un autre réseau social.
Ça fonctionnera pas longtemps,
du moins. Malgré
ces caractéristiques de confidentialité,
Telegram maintient une politique stricte
de protection des données des utilisateurs.
Ils refusent, écoutez ça,
ils refusent généralement de coopérer
avec les agences gouvernementales,
ne fournissant que des informations limitées
telles que l'adresse IP et le numéro
de téléphone dans le cadre d'enquête
terroriste
confirmée seulement.
Intenses.
Intenses.
Je garde mes qualificatifs.
C'est du terrorisme, selon moi, ça aussi.
Exactement.
C'est une forme de terrorisme.
En plus, tu attaques des gens de ton propre pays.
C'est ça, du terrorisme.
Tu as raison.
C'est une forme de terrorisme.
J'avais jamais fait de mal.
Maintenant, qu'est-ce qui arrive
avec toutes ces personnes-là?
Il y a GodGod qui a été
reconnu pour être super violent.
Et lui, il a comme dévoilé
un peu son plan de
disparaître, mais en
décidant de faire ça, il a un peu donné
signe de vie aux gens. Mais personne ne
sait pourquoi.
Et contactant soudain l'une de ses
victimes, il lui déclare
« Tous mes actes étaient un jeu pour moi.
Je ne cherche ni pardon, ni à vous
dissuader de porter plainte à la
police. Je vous contacte simplement
pour vous dire que vos actions faisaient
partie d'un jeu. Les personnes que j'ai
punies, vous comprenez? »
Donc vraiment, il y avait un peu cet esprit-là.
Et avant de disparaître,
GodGod a laissé un dernier
message à sa victime, en disant
« Eh bien, c'est amusant, mais
je dois partir maintenant. Je vais jouer à
MapleStory ». MapleStory, c'est un
jeu RPG en ligne coréen.
Je vais aller vérifier qu'il existe depuis 2003.
Il prétend, lui, être à
l'école secondaire, donc il doit quand même
être assez jeune. Mais personne
sait si c'est vrai. Disparaissant
pendant des mois, il confie le contrôle
des salles d'extrémité intense
à un homme appelé le Veilleur,
puis il s'évapore.
GodGod est parti,
pour l'instant du moins.
Cela a poussé un groupe de hackers
anonyme, Team Red - c'est ça que je me disais,
ça prend un groupe de hackers comme
Anonymous pour arriver là-dedans -
à offrir leur aide à la police pour capturer
GodGod, affirmant leur intention
de mettre fin à ses agissements.
Team Red a utilisé des techniques
de phishing pour attirer GodGod,
en l'envoyant des liens qui semblaient
légitimes, mais qui étaient en réalité des pièges
pour récupérer ces informations personnelles.
Ils ont réussi à accéder à son
adresse IP et à d'autres données
cruciales avec juste un clic
sur un lien piégé, ce qui a permis à
la police de le localiser.
Et là, la police a finalement trouvé
GodGod dans une casse.
Donc, GodGod
de son vrai nom, Moon
Yoon Mook, un jeune homme
semblable à Cho en termes d'apparence
et de parcours académique,
a été appréhendé sans
incidents notables. Donc,
il était dans un genre de fourrière,
quoi, ou… Oui, exact. Oui, il se cachait.
Ça n'a pas été précisé, mais il dit qu'il était dans une
genre de cachette, là, tu sais. Oui, oui, oui.
C'est vraiment… Mais c'est fou,
hein? J'étais content que
les hackers se mettent à
partie parce que…
J'ai l'impression
que les policiers pourraient même…
Oui, je pense qu'ils peuvent le faire, mais des fois,
il faut faire attention tactique pour que les…
Je ne connais pas les lois coréennes,
mais ici, il faut faire attention de la façon
qu'on accumule la preuve, qu'elle soit
acquise de manière légale et tout ça.
Donc, j'ai l'impression que ça leur a donné
un très, très bon coup de main versus
ce que les policiers peuvent
ne peuvent pas faire aussi dans le cadre
de leur fonction.
Il y a eu un procès, évidemment,
parce que là, on avait piégé les deux.
Et, évidemment,
la condamnation de Cho Ju Bin,
en fait, qui se trouve à être
basca, lui,
il a été arrêté en mars 2020.
Il a été inculpé avec 38
complices, donc il y en avait beaucoup,
en fait. En octobre
2021, alors qu'il était
âgé de 24 ans, il a été condamné
à 40 ans de prison pour son rôle
dans la Night Room,
justement pour exploitation
sexuelle, trafic humain et autre,
tu sais, ce qui est, selon
moi, pas tant, en fait, je trouve.
Mais il y a un petit bonus, là, après.
Oui, c'est ça. En février 2022,
le tribunal l'a condamné
à 50 prisons supplémentaires
pour violation de la loi sur la
dissimulation criminelle, portant
sa peine à 45 ans.
La Cour suprême a confirmé
cette condamnation à 45 ans.
Cho devra aussi porter un bracelet électronique
pendant 30 ans après sa libération,
payer une amende de 100
millions de won, qui équivaut à
90 000 $ environ,
et ne pourra pas travailler avec des enfants
pendant 10 ans.
Et lors de son procès, Cho avait prédé
pour une peine plus légère, estimant que
40 ans était trop lourd, mais les procureurs
avaient demandé 15 ans de plus,
car une nouvelle victime avait été identifiée.
Selon les rapports,
Cho a déclaré, alors qu'il était amené
au poste de police de Séoul,
« Je m'excuse auprès de ceux que j'ai blessé,
merci d'avoir mis un frein à la vie
d'un démon qui ne pouvait être
arrêté. »
Ce qui est selon moi, on en parle un peu
« off the record » Seb,
mais on aurait été plus sévère nous
pour tout ce qu'il a fait,
pour le nombre de victimes,
même s'ils portent un bracelet électronique
après, ne pas travailler
avec des enfants pendant 10 ans.
On peut-tu l'empêcher de voir des enfants
pendant 100 ans?
Il va sortir à 70 ans,
ou presque.
Même là, 30 ans, le bracelet,
non, moi,
en tout cas,
c'est des gens
qui
ne méritent peut-être même pas de vivre.
Ce réseau-là aurait exploité
au moins 103 victimes,
dont 26 d'âge mineur,
sur Telegram.
Il y a aussi eu
des complices
qui ont été condamnés.
God God, lui,
a été condamné à 34 ans
de prison, en fait.
En fait, les policiers, à l'époque,
avaient demandé la prison à vie.
Et en fait, 34 ans,
lui aussi.
C'est un petit peu décevant, je pense.
Lui aurait contraint 21 femmes
avec des mineurs au travers,
entre février 2019 et janvier 2020,
à partager près de
3800 vidéos
de
compromettantes.
Il est divisé par 21.
Ça fait beaucoup de vidéos
par personne. Moi, ça,
ça me perturbe.
Je suis convaincu que
le chiffre 21 est seulement les preuves
qui ont pu amasser, parce que
pendant plusieurs années, je suis convaincu
qu'il y a eu plusieurs femmes
qui ont été malheureusement
pris avec lui. Il y a eu d'autres complices
qui ont eu des primes de prison
de 20 ans et tout ça,
les gestionnaires, les distributeurs,
les recruteurs et tout ça,
qui ont quand même tous été punis
entre 18 et 25 ans
de prison.
Au moins, ils ont été retrouvés, ces gens-là,
puis ils ont fait face à la justice.
Depuis la Corée du Sud aussi, il a adopté
une législation, je pense, suite à ce scandale-là.
Oui, elle s'appelle
l'Antinine Room.
Vraiment, les directs visent à
durcir les sanctions relatives aux crimes
sexuels numériques, à contraindre
les fournisseurs de services Internet
à bloquer la diffusion de contenu légal,
mais encore là, c'est difficile.
Toutefois, cette loi est critiquée justement
par son incapacité à englober les espaces
privés, comme les chat rooms
sur Telegram, révélant
les limites des régulations face à une technologie
perpétuelle en évolution.
Puis même dans l'After Show, on va vous en parler tout à l'heure,
il y a des pays qui ont
suspendu temporellement
Telegram dans leur pays
parce qu'ils ne respectaient pas
ces lois-là. À un moment donné, j'ai l'impression
que les pays, il faut qu'ils se tiennent debout aussi
par rapport à ça. C'est juste des mausous
d'application, je veux dire, dans le sens
que ça
maintient pas la vie.
C'est pas nécessaire.
Là-dessus, je trouve qu'ils devraient être beaucoup plus sévères.
Puis même la Chine aussi,
on fait le même pas que la Corée.
Par rapport à ça, ils ont durci
les règles par rapport à ça.
Mais encore là, c'est très difficile.
En Chine, justement, ils ont durci
les règles par rapport aux contenus
domestiques, donc local. Mais tout ce qui est
produit ailleurs, encore là, ils n'ont pas de législation
pour ça. Mais c'est quand même
un pas de plus. Plus
on avance, plus on régule
en fait les crimes technologiques.
Yes. Merci Seb
pour au moins
il y a un peu de positif malgré tout.
Au moins,
ça risque de faire changer les choses,
mais malgré tout, il y a eu quand même
de réels victimes autour de
ça, donc on s'en sort pas.
Mais c'est le fun des fois d'aller voir
un peu ce qui se passe en Asie.
On espère vous en sortir un petit peu plus
d'histoires
issues de Corée, Japon,
Chine, Vietnam et autres,
parce qu'il s'en passe des choses là-bas aussi.
On arrive à la fin de la saison, Seb,
c'est dur à croire.
On a fini avec un gros épisode.
Oui, un très long épisode. Merci de nous avoir suivis
jusqu'à ce moment-ci.
En After Show, on vous parle
d'autres histoires criminelles qui se déroulent
sur Telegram pour nos abonnés Patreon.
Sachez qu'on a d'autres surprises
en cours dans les prochaines semaines.
Donc, nous lâchez
pas, restez avec nous. Il y a
d'autres contenus qui s'en viennent.
Attrapez-nous sur la route aussi sinon,
cet été, on risque de faire peut-être
un petit événement parce qu'on a un café
qui s'en vient aussi, Seb.
On remet la collaboration avec Jungle.
Donc, on risque de se revoir pendant
l'été. On demeure quand même actif.
On n'y pas trop loin. On vous rappelle
qu'à Longueuil, le 11 juillet, on est live
avec notre cabaret des curiosités du web
avec des toutes nouvelles histoires.
Il reste quelques billets. Lancez-vous.
On a bien hâte de vous voir.
Et Seb, écoute,
on se dit à très bientôt
autour de ce micro-là.
Mais avant de quitter,
c'est l'heure de donner quelques
shout-out à nos magnifiques membres
Patreon. Je te laisse partir.
Je donne un gros hi-five
à David P.
Alexis F.
Sophie T.
La Mystérieuse Stephisa
et Valérie V. L.
Une bonne poignée de main à Savanna,
à Ines A.
à Tata Lily,
à Vanessa T.
et à Caroline P.
Beaucoup d'amour à Jared Ayer,
Émilie P.
Isabelle G.
Le Phil et JST.
Un gros câlin à Pizelle,
à Marie-Pierre,
à Jean-Philippe L.,
à Samuel L.
et à Agathe P.
Et je conclue.
Merci à vous, sans vous,
on ne pourrait pas faire ce show-là.
Sophie L.
Laurence G. Isabelle D.
Quentin S.
et Claude.
Terminé Seb, aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?
Décidément,
l'humanité ne cessera
jamais de nous surprendre par sa créativité.
À faire le mal.
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