#125 - Baska et le réseau de chambres de torture numérique

Épisode

#125 - Baska et le réseau de chambres de torture numérique

Saison
9
Épisode
125
Durée
1 h 41 min
Format
Audio

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*MISE EN GARDE - Cet épisode est nécessaire mais difficile, car nous abordons plusieurs sujets délicats. Nous avons essayé de préserver certains détails, mais le thème reste difficile. Nous préférons vous avertir. Entre 2017 et 2020, un groupe criminel a orchestré tout un réseau de trafic humain via l’application de messagerie Telegram. Ils ont contraint des centaines de victimes à envoyer des vidéos compromettantes, sous peine de représailles. Ces vidéos étaient ensuite diffusées dans des salons de discussion payants, attirant des centaines de milliers d’utilisateurs. Au cœur de ce réseau se trouvaient plusieurs opérateurs clés, dont un certain Baska, qui augmentaient progressivement le niveau de dépravation et de torture. Dans ce dernier épisode régulier de notre Saison 9, nous allons retracer les dédales de cette horrible histoire de chantage et de torture à l’ère numérique, qui a choqué la Corée du Sud et le monde entier.

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[00:01]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:57]

Entre 2017 et 2020, un groupe criminel a orchestré tout un réseau de trafic humain via l'application de messagerie Telegram.

[01:06]

Ils ont contraint des centaines de victimes à envoyer des vidéos compromettantes sous peine de représailles.

[01:12]

Ces vidéos étaient ensuite diffusées dans des salons de discussion payants attirant des centaines de milliers d'utilisateurs.

[01:19]

Au cœur de ce réseau se trouvaient plusieurs opérateurs clés, dont un certain Basquat, qui augmentait progressivement le niveau de dépravation et de torture.

[01:30]

Dans ce dernier épisode régulier de notre saison 9, nous allons retracer les dédales de cette horrible histoire de chantage et de torture à l'ère numérique qui a choqué la Corée du Sud ainsi que le monde entier.

[01:48]

Sébastien Évec, comment ça va ce soir?

[01:50]

Ça va bien et toi, Emile Gauthier?

[01:51]

Ça va très bien, mais j'ai toujours un peu une larme à l'œil aussi quand on enregistre le dernier épisode d'une saison.

[01:58]

C'est le moment, on vous a gardé un épisode vraiment terrifiant pour la fin, arme sensible à s'abstenir, mais vous êtes à distorsion de toute façon, vous savez ces choses-là.

[02:09]

Mais on vous réserve toujours des surprises parce que, évidemment, même après une saison, on a un bonus slash collabo qui s'en vient très bientôt.

[02:20]

Il y en a peut-être qui se doutent de ce que c'est.

[02:23]

Et pour nos membres Patreon, on a aussi un épisode secret, en fait, juste pour vous, qui va arriver éventuellement dans les prochaines semaines.

[02:31]

Donc, on vous tient au courant. On vous rappelle que vous avez un épisode secret par saison.

[02:36]

Donc, ceux qui arrivent sur Patreon maintenant, on n'est pas sur Patreon depuis 9 saisons, mais quand même depuis 3-4 au moins.

[02:44]

Donc, il y a tellement de bonus actuellement que ça vaut vraiment la peine.

[02:48]

Sinon, on se déplace aussi en région un peu au cours de l'été.

[02:52]

Donc, on profite de l'été pour amener le cabaret des curiosités du web qu'on a présenté au Festival Transhistoire à Gatineau il y a quelques jours à peine, au moment où on enregistre cet épisode-là.

[03:06]

Donc, à chaque fois, on présente des nouvelles histoires. Donc, vous pouvez nous suivre de ville en ville, si ça vous dit.

[03:12]

Mais là, en fait, la seule date qui n'est pas sold out, parce qu'on se retrouve à Shawinigan bientôt, le 13 juin à Shawinigan avec nos amis de côte et sombre, malheureusement, c'est tout vendu.

[03:27]

Donc, la prochaine fois, on se reprendra un petit peu d'avance, peut-être avec une plus grande salle ou autre, mais c'est quand même un plaisir de voir nos amis de Shawinigan.

[03:38]

Ceci dit, le 11 juillet, on va être à Longueuil, donc au Festival Comic Fest où vraiment, on est dans une salle plutôt cool et il reste des billets.

[03:48]

Il reste quelques billets quand même, la majorité sont vendus, mais c'est le 11 juillet à Longueuil.

[03:53]

Donc, si vous êtes à Montréal, aux environs sur la Rive Sud, venez nous voir, c'est le moment idéal.

[03:58]

Puis, il va s'ajouter éventuellement des dates. Québec, c'est sûr qu'on va y aller. On est déjà un peu sur le dossier, ça risque de se produire.

[04:05]

On vous tient au courant, on aimerait beaucoup aller aussi dans le bas du fleuve, peut-être même dans le coin de Rouen, on ne sait jamais.

[04:13]

Et nos amis d'Europe aussi qui font de plus en plus pression pour qu'on y aille.

[04:18]

Donc, on est aussi sur un coup, c'est sûr, c'est un petit peu différent d'organiser une mini tournée en Europe, mais qui sait.

[04:27]

On vous tient au courant. Si vous écoutez cet épisode en 2028, vous pouvez éviter ou du moins ignorer toutes les dates que je viens de vous dire.

[04:37]

Mais tiens Seb, qu'est-ce qu'on boit ce soir pour passer au travers de cet épisode-là, terrifiant.

[04:43]

Oui, justement, je voulais nous sortir un peu une bière d'été, elle s'appelle la Route du Sud de Shaw Bridge.

[04:49]

En fait, c'est une IPA qui est tropicale. Eux, ils ont inventé, puis là, je lis un peu ce qu'ils disent, un hectare aux antipas de notre situation géographique, des houblons tropicaux.

[05:00]

Donc, c'est vraiment pour nous faire rêver au sable chaud. Je trouvais que c'était parfait pour aujourd'hui.

[05:09]

5,6 % d'alcool, puis l'IBU de 55, donc une belle amertume.

[05:13]

Et de qui nous vient cette bière?

[05:14]

Elle nous vient de Steve, pas de E, Marcotte. Donc, merci Steve de nous avoir fait une tournée de bière via le site Web.

[05:23]

Si vous avez envie, comme Steve, de nous aider à boire de la bière, vous vous rendez sur le site distorsionpodcast.com.

[05:32]

Il y a un petit bouton Tourner de bière et vous suivez le processus via les dons de Paypal. Et voilà, le tour est joué.

[05:38]

On a aussi un autre remerciement à donner à Eva Triple J sur Apple Podcasts qui nous a donné une review 5 étoiles qui nous dit

[05:46]

« Podcasts incontournables quand on aime le true crime, les histoires étranges et l'ère numérique.

[05:51]

On voyage entre le Québec et la France et partout ailleurs sans se lasser dans des histoires toujours intrigantes et documentées,

[05:59]

des histoires traitées à travers le spectre du numérique et d'Internet.

[06:02]

Merci pour ces années de trajets, de ménages et de travail transformés en moments fascinants. »

[06:08]

Ça fait plaisir, Eva.

[06:09]

Ça fait plaisir de vous accompagner dans vos tâches ménagères.

[06:12]

Pour l'after-show disponible sur Patreon, Seb, tu nous as réservé un after-show sur le côté sombre de Telegram.

[06:19]

Telegram, c'est l'application de messagerie qui est en fait une application un peu comme les autres, en crypté,

[06:26]

mais qui souvent devient le bastion d'arnaqueurs de toute forme.

[06:33]

Oui, on va vous en parler justement.

[06:34]

Oui, donc ça risque d'être très intéressant avec des exemples et des histoires bien précises.

[06:40]

Et là-dessus, Seb, je pense qu'on en a assez dit.

[06:43]

Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire terrifiante de Basca et de la Ninth Room?

[06:49]

Oui, mais avant de plonger dans notre épisode, Emile, un clin d'œil à NordVPN, notre fidèle partenaire, gardien de notre vie numérique.

[06:58]

Pour ceux qui se le demandent, je vous réexplique encore une fois un peu c'est quoi un VPN.

[07:02]

En fait, c'est un tunnel crypté pour votre navigation Internet et ça rend vos données indéchiffrables en plus de votre présence en ligne.

[07:09]

Donc, vous laissez plus de traces pour les GAFAM.

[07:12]

C'est votre bouclier personnel contre les regards indiscrets.

[07:14]

Que vous soyez chez vous ou connecté dans un Wi-Fi public.

[07:18]

N'oubliez pas, dans les cafés, tout ça, les Wi-Fi publics, il peut avoir des interceptions de données.

[07:24]

Donc, c'est important d'utiliser NordVPN aussi pour ça.

[07:27]

Donc, avec ça, vous avez votre propre cap d'invisibilité sur le Web.

[07:32]

Yes, puis j'en profite, Seb, pour leur donner un gros shout-out parce que NordVPN soutienne beaucoup les podcasters comme nous, les créateurs de contenu, les Youtubers.

[07:40]

Donc vraiment, ils jouent un rôle majeur en fait dans le financement de plein de créations de vos podcasters et de vos Youtubers préférés.

[07:50]

Donc, shout-out à vous.

[07:51]

Puis c'est pas tout parce qu'avec NordVPN, les frontières numériques s'effacent.

[07:55]

Ça nous offre un peu un accès illimité aux nouvelles locales, puis ainsi que aux plateformes de streaming comme Netflix, Crave, Disney+, même Tout.TV, Apple TV.

[08:05]

Peu importe où on est sur le globe, on peut se connecter comme si on était à la maison.

[08:10]

Et pour vous aider à bien démarrer, on a une promo spéciale pour vous.

[08:14]

Vous avez quatre mois gratuits ainsi qu'une importante réduction sur votre abonnement.

[08:19]

Vous vous rendez au nordvpn.com slash distortion vpn, nordvpn.com slash distortion vpn, pour vous abonner et avoir tous ces rabais-là.

[08:29]

Mais inquiétez-vous pas, si le service vous plaît pas, vous avez 30 jours pour l'essayer et être garanti.

[08:35]

En fait, c'est garanti que vous allez être remboursé si le service ne vous plaît pas.

[08:40]

Donc hésitez pas pour ça, prenez une chance, testez-le, je vous le garantis, vous n'allez pas détester.

[08:45]

Seb, là-dessus, est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'épisode d'aujourd'hui?

[08:50]

Oui madame!

[08:51]

Et monsieur?

[08:55]

Nous sommes en 2019 en Corée du Sud dans les bureaux de la Seoul Broadcasting System, la SBS.

[09:05]

Fondée en 1990, la SBS est l'un des principaux diffuseurs de télévision et de radio du pays.

[09:14]

Souvent comparée à CNN pour son influence et sa portée, cette chaîne joue un rôle crucial dans la diversification du paysage médiatique sud-coréen.

[09:23]

Sa programmation varie qui comprend des bulletins d'information, des émissions sportives, des programmes de variété et des séries dramatiques attirent ainsi un large public.

[09:33]

Dans la salle de conférence baignée d'une lumière crue, l'atmosphère était électrisante.

[09:39]

Une réunion de producteurs se tenait, marquée par une tension palpable qui flottait au-dessus de la table en acajou.

[09:46]

Les discussions animées avaient laissé place à un silence lourd alors que l'heure de prendre une décision controversée approchait.

[09:55]

Malgré plusieurs avertissements émanant des membres les plus prudents du groupe, qui conseillent une réévaluation minutieuse, l'audace avait pris le dessus.

[10:05]

Les producteurs télé, poussés par un mélange de défis et d'urgence, avaient décidé de diffuser une séquence vidéo reçue de manière anonyme, normalement sujet à une analyse plus approfondie.

[10:18]

Les conséquences potentielles de leur choix semblaient peser lourd, mais l'appât du scope et de l'exclusivité avait fini par l'emporter.

[10:27]

Oh, intéressant, c'est comme une mise en bouche.

[10:29]

Oui.

[10:31]

Ils regardent à nouveau cette vidéo.

[10:33]

La vidéo montre une très jeune fille, visiblement désemparée, qui n'est pas habillée et qui n'a rien d'autre qu'un sac de plastique sur la tête.

[10:42]

Elle est entourée d'une ficelle rouge et lorsque la vidéo commence, elle dit

[10:47]

Je suis l'esclave du docteur. Je m'y mollerai par le feu dans quelques jours devant les bureaux de la SBS.

[10:54]

S'il vous plaît, ne diffusez pas l'histoire du docteur à l'antenne.

[10:59]

En filigrane de la vidéo, on peut lire « S.P.S. Dr. Slave, donc l'esclave du docteur ».

[11:07]

Les producteurs commencent à paniquer et je les cite.

[11:11]

Repassez la vidéo.

[11:13]

Qu'a-t-elle dit exactement ?

[11:14]

Elle va faire quoi dans quelques jours ? C'est quoi quelques jours ?

[11:18]

Je veux dire, dépêchez-vous, faites quelque chose.

[11:22]

Toute l'équipe se sent impuissant et y acculée, conscients du poids de la décision qu'ils doivent prendre face à une telle révélation choc.

[11:28]

Ils doivent agir rapidement, mais avec une extrême prudence, car les implications, en fait, de cette vidéo pourraient être vastes,

[11:35]

non seulement pour la jeune fille, mais aussi pour la réputation de leur chaîne et aussi même pour toute la société sud-coréenne.

[11:43]

C'est rare, d'ailleurs, qu'on voie ça.

[11:45]

Du moins, en Amérique du Nord, on n'a pas vu ça souvent, des vidéos de chantage et de torture comme ça.

[11:53]

Moi, je me rappelle d'une manière très, très claire la première fois que j'ai vu les vidéos de décapitation de l'État islamique.

[12:04]

En fait, il y a quelques années qu'il avait été diffusé par Al Jazeera à l'époque.

[12:09]

C'est comme un peu surréel de voir ça, de voir l'horreur humaine en action.

[12:14]

On se croirait dans un film, mais tout est bien vrai.

[12:17]

Oui, je m'en rappelle encore de la première décapitation que j'avais vue et je m'étais dit, je n'ai plus besoin de revoir ça.

[12:24]

J'en ai jamais réécouté, ça m'avait trop marqué.

[12:26]

J'étais début vingtaine, tu sais, un peu près.

[12:31]

La police est alors appelée pour surveiller le bâtiment de SBS.

[12:36]

Mais même là, ils ne peuvent pas avoir des yeux partout.

[12:39]

Il suffit de deux secondes pour allumer une allumette.

[12:42]

Les producteurs doivent trouver qui est cette fille dans la vidéo.

[12:45]

Sinon, dans quelques jours, quelqu'un pourrait mourir.

[12:48]

Ils doivent la trouver et l'arrêter.

[12:50]

Mais comment ? Ils ne peuvent pas voir son visage, ils ne connaissent pas son nom, ils ne savent rien d'elle.

[12:58]

La vidéo a été prise dans une chambre qui pourrait être celle de n'importe quelle jeune fille à travers le pays.

[13:04]

La scène pourrait représenter l'une des innombrables étudiantes.

[13:08]

Ils visionnent la vidéo une fois de plus.

[13:11]

Scrutant chaque détail de l'écran, ils cherchent quelque chose, vraiment n'importe quoi.

[13:17]

À ce stade-ci, même une tache de rousseur ferait l'affaire.

[13:21]

À un moment donné, la jeune fille tend la main.

[13:24]

Elle porte un bracelet d'amitié rose et blanc, déjà visible dans une autre vidéo qu'on leur avait montré auparavant.

[13:33]

Alerté, le producteur sort rapidement son téléphone et se met à fouiller dans les archives de ses chats sur Telegram.

[13:39]

Il se rappelle de l'avoir vu.

[13:41]

Telegram, qui est l'une des applications de messagerie les plus populaires au monde, comme on vous disait.

[13:46]

Chaque salon contient sur Telegram plus de 10 000 photos et vidéos,

[13:55]

comment il pourrait retrouver la jeune fille parmi toutes ces images-là.

[14:00]

Après quelques recherches, la vie de son côté, il trouve la même fille sur une autre vidéo.

[14:07]

Cette fois, la vidéo est claire.

[14:09]

Même bracelet d'amitié rose et blanc, mais cette fois, il voit derrière elle une étagère.

[14:15]

Il zoome autant qu'il le peuvent et découvre que le nom de la jeune fille est écrit sur le côté d'un manuel de son collège, en fait.

[14:25]

À côté, on trouve une série de notes autocollantes, des post-it, sur lesquelles on peut lire « je t'aime docteur » ou « basca ».

[14:33]

Juste pour vous dire, le basca, c'est docteur en coréen.

[14:36]

Parfois, on va utiliser « basca », des fois on va utiliser docteur, des fois on va utiliser médecin.

[14:41]

Quand on utilise ces mots-là, il n'y a personne qui est dans le vrai monde médical.

[14:44]

Oui, c'est toujours la même personne.

[14:46]

Exactement, c'est toujours la même personne.

[14:47]

C'est comme « Dr. Dre », ce n'est pas un vrai docteur.

[14:50]

Exact.

[14:53]

Et justement, sur les post-it, on peut lire « je t'aime basca », « s'il te plaît », « j'aime beaucoup le docteur », « je suis une esclave », « je suis une esclave du docteur », « les salantes discussions du docteur sont les meilleures ».

[15:06]

Donc, vous voyez, on va y revenir à cette histoire-là.

[15:11]

Mais avant justement de qu'on aille plus loin, Mille, explique-nous donc un peu d'où ça vient « Telegram », puis c'est quoi exactement?

[15:16]

Oui, j'ai eu quelques histoires avec « Telegram ».

[15:21]

Ah oui?

[15:22]

Moi-même, lorsque j'ai commencé à stalker mon voisin, que je soupçonnais d'être dans une secte, en fait, j'ai un voisin, peut-être que j'aurais la chance d'en faire un after-show ou une mini-disto, mais je ne veux pas trop le doxer, en fait.

[15:36]

Mais j'ai un voisin, en fait, qui vivait avec plein de gens, un peu en mode commune, dans un grand, grand appartement près de chez moi, puis tout ça, moi, je n'ai pas de problème avec ça.

[15:48]

Puis à un moment donné, je me suis rendu compte qu'il a commencé à me dire « ben là, j'ai acheté une terre à tel endroit, puis je veux déménager, déménager mon groupe », tout ça.

[15:57]

Puis là, je voyais que pendant deux mois, il déménageait, mais c'était plus que du déménagement.

[16:03]

Il enlevait des deux par quatre, il défaisait les murs, il amenait le plancher avec lui, il amenait vraiment beaucoup de choses.

[16:11]

Il en amène du stock dans son déménagement. J'ai l'impression qu'il a tout défait le condo.

[16:16]

Puis je me suis rendu compte que sur Facebook, il proposait à des gens de rejoindre son « Telegram » pour un peu la construction de son nouveau monde.

[16:26]

Donc, c'est là que j'ai fait mes premières expériences en « Telegram ».

[16:31]

J'ai rejoint son groupe pour essayer d'en apprendre un peu plus.

[16:35]

Je n'ai pas plus de détails croustillants. En fait, on dirait qu'ils ont arrêté de publier.

[16:38]

Peut-être qu'à un moment donné, ils ont changé de chambre « Telegram » ou quelque chose.

[16:43]

Donc, je n'ai pas plus de nouvelles, je n'ai rien de croustillant, mais peut-être que je vous tiendrai au courant.

[16:48]

Bref, « Telegram », c'est quoi ? Ça a été créé en 2013 par Nikolay et Pavel Durov,

[16:54]

qui sont les fondateurs du réseau social russe Viki, qu'on connaît bien, ou Donald Trump et entre autres.

[17:01]

« Telegram » offre une plateforme de messagerie instantanée axée sur la sécurité et la confidentialité.

[17:06]

C'est encrypté. C'est conçu comme une alternative à des applications comme WhatsApp, par exemple.

[17:13]

Ils sont reconnus aussi pour leur protection des données.

[17:16]

L'application intègre un chiffrement de bout en bout pour les conversations individuelles

[17:22]

et propose des messages éphémères qui se suppriment automatiquement après un délin défini.

[17:27]

C'est un problème à ça, justement, de parler.

[17:29]

Pour commencer à utiliser « Telegram », l'utilisateur doit s'inscrire avec son numéro de téléphone pour vérifier son identité.

[17:36]

Il peut ensuite ajouter des contacts, former des groupes, des discussions et autres, puis partager plein de types de contenus.

[17:42]

Une des caractéristiques uniques, c'est la possibilité de créer des chats secrets, dans le fond,

[17:47]

qui offrent un chiffrement renforcé et des options de confidentialité accrues,

[17:52]

comme la programmation de l'autodestruction des messages.

[17:55]

Ça permet quand même de gérer d'une manière un petit peu plus poussée qu'un Facebook Messenger, évidemment.

[18:01]

L'application permet également une personnalisation poussée de l'interface, des arrière-plan, des stickers, plein d'affaires de même.

[18:08]

Oui, c'est ça. C'est disponible sur à peu près toutes les plateformes, bureaux, web et autres.

[18:14]

Ça synchronise les conversations.

[18:16]

On parle de 100 millions d'utilisateurs actifs quand même mensuels, puis 12 milliards de messages échangés chaque jour.

[18:23]

C'est beaucoup, quand même.

[18:25]

Ben oui. Donc moi, c'est un peu mon utilisation. Je ne sais pas toi, si Seb, tu en as… tu l'as déjà utilisé un peu.

[18:31]

Oui, ben je le garde actif. La seule «room» que je garde, en fait, c'est Zone 911.

[18:38]

Zone 911, lui, il couvre… c'est un blog de la région de Québec qui couvre l'actualité un peu, les accidents, les incendies,

[18:46]

les faits d'hiver de Québec. Et étant donné la nouvelle loi sur Facebook,

[18:50]

ben toutes ses posts, il était tout bloqué, il a créé un groupe sur Telegram.

[18:56]

On dirait que je trouvais que c'était une bonne alternative, même pour les groupes de discussion.

[18:59]

On dirait que je ne suis pas habitué, c'est mon seul. On dirait que je ne suis pas habitué, mais j'aime cela.

[19:04]

Quand il pose des nouvelles, j'ai une notification, puis je vais voir les gens échangent.

[19:08]

Mais je n'ai jamais été plus loin que ça.

[19:11]

Oui, oui.

[19:11]

Dans ça, on dirait que ça m'intrigue, puis ça me fait peur.

[19:16]

D'une certaine façon, mais ça reste une application où on s'échange des photos ou des vidéos.

[19:20]

C'est juste que c'est sécuritaire.

[19:23]

On retourne à notre histoire. Nous nous retrouvons maintenant dans un collège en Corée du Sud.

[19:28]

On se retrouve plus précisément dans les toilettes publiques pour hommes.

[19:32]

Deux collégiennes y sont présentes. Elles doivent se dépêcher.

[19:36]

Étrangement, elles ne se cachent pas dans une des cabines, mais se tiennent près des urinoirs et des lavabos.

[19:41]

Si quelqu'un tourne le coin pour entrer, il les verrait immédiatement.

[19:46]

N'importe qui pourra les surprendre à tout moment.

[19:48]

Elles risqueraient d'être découvertes avec la caméra qu'elles ont installée, en train d'enregistrer une vidéo.

[19:54]

Elles se disent mutuellement, allez, finissons-en.

[19:58]

Nous ne sommes même pas censés être ici.

[20:01]

Elles allument la caméra et l'une des filles appuie sur le bouton d'enregistrement et elles se tournent l'une vers l'autre.

[20:08]

Leurs sourcils sont froncés et pour un bref instant, on dirait qu'elles sont sur le point de fondre en larmes.

[20:14]

Mais elles s'arrêtent et forcent un sourire.

[20:16]

Elles essaient de montrer toutes leurs dents, mais il y a une discordance entre la moitié supérieure et la moitié inférieure de leur visage.

[20:25]

On a l'impression qu'elles sourient, mais sous la contrainte.

[20:29]

Elles ne veulent pas être là, c'est clair. Elles ne veulent pas sourire non plus.

[20:33]

L'une des filles demande, les dents serrées, est-ce qu'on est vraiment obligé de faire ça?

[20:38]

Et son ami acquiesce et là, elles se mettent lentement à genoux sur le sol froid de la salle de bain.

[20:44]

Elles placent ensuite leurs mains sur le sol, collant et malodorant de la salle de bain.

[20:50]

Portant leur uniforme scolaire, elles ajustent la caméra pour mieux capturer leur visage proche du sol.

[20:56]

Une lame coule sur la joue d'une des filles, mais toutes deux maintiennent un sourire forcé et exagéré.

[21:03]

Elles se penchent davantage, leur visage s'approchant du sol.

[21:06]

L'odeur acide de l'urine les assaille, puis, dans un geste de désespoir, elles lèchent le sol imbibé d'urine.

[21:16]

Elles doivent répéter l'action encore et encore.

[21:20]

Je vous passe les détails de sur quoi elles peuvent bien tomber sur le sol d'une salle de bain pour un public.

[21:27]

Mais à la fin de l'horrible épreuve, elles affichent un sourire encore plus large devant la caméra et lèvent le petit doigt.

[21:34]

Un geste qui semble être la marque de leur défi ou de leur résolution.

[21:40]

C'est assez étrange ça, Haseb.

[21:42]

Oui, oui, puis vous allez voir là, on était un peu dans les détails un peu hardcore, mais il n'y en aura pas beaucoup.

[21:47]

On voulait quand même donner certains exemples, pas les pires, mais quand même pour vous montrer ce que ces femmes-là,

[21:54]

parce que c'est majoritairement les femmes, les victimes, pouvaient subir au fil du temps.

[21:59]

Parce que vous le comprenez, elles sont forcées de faire ça actuellement, mais on va y revenir.

[22:03]

On bascule un peu.

[22:06]

Un dimanche dans la même année, le journaliste Kim Won reçoit un e-mail contenant un lien crucial pour sa nouvelle mission,

[22:14]

transmis à la suite d'une information anonyme au Han Gyeol-hai.

[22:18]

C'est le nom du journal pour lequel il travaille, pardonnez mon sud-coréen, mon coréen en fait.

[22:25]

Sélectionné pour cette enquête en raison de son rôle clé au sein de la rédaction, c'est vraiment un journaliste bien réputé,

[22:31]

il est confronté à un sujet sombre, l'exploitation sexuelle via les salons de discussion sur Telegram.

[22:39]

Absorbé, il fixe intensément l'écran de son ordinateur plongé dans les détails de l'e-mail qui pourrait définir sa prochaine grande enquête.

[22:48]

Ce sera un projet très simple. Il s'agira probablement d'un autre article sur les caméras espionnes.

[22:54]

Il pense qu'il va aller sur Telegram, suivre cette piste et trouver des vidéos de caméras espionnes téléchargées.

[23:01]

C'est le sujet qui a dominé l'actualité en Corée du Sud dans les années 2020.

[23:08]

C'était vraiment un sujet d'actualité. Les caméras cachées en fait, c'est même une épidémie en Corée du Sud.

[23:15]

On a nos enjeux aussi, mais ça a l'air que là-bas c'était assez fou.

[23:20]

Justement, des caméras espionnes cachées dans les toilettes publiques, les motels, les hôtels, les cabines d'essayage, les magasins, les toilettes d'hôpitaux, les salles de bain.

[23:27]

Même dans les chambres à coucher, il y a même des hommes lorsqu'il invite d'autres hommes à se rendre à l'hôpital.

[23:37]

Ils utilisent ces vidéos-là.

[23:41]

Les filles qui n'ont aucune idée ne consentent pas à être filmées et à être intimes.

[23:48]

Il y a des caméras espionnes en fait, mais les images filmées par les caméras espionnes sont ensuite diffusées sur tout l'Internet,

[23:55]

même pas sur le Dark Web, mais sur le Web ordinaire où à peu près tout le monde peut y accéder.

[24:00]

Il y a des pasteurs qui cachent des caméras dans les salles de bain de leurs filles pour regarder les amis de leurs filles se doucher.

[24:07]

Il y a des beaux-pères qui cachent des caméras cachées dans les ours en pluche, des décorations en forme de tournesol dans les chambres de leurs belles filles.

[24:14]

C'est vraiment une réelle épidémie.

[24:16]

Lui, il pense qu'il va travailler là-dessus, mais il s'assoit quand même à son bureau un dimanche dans son bureau vide.

[24:21]

Il ouvre la piste qui lui a été soumise.

[24:25]

On lit qu'il y a des rapports selon lesquels un collégien aurait distribué du contenu pédopornographique à ses amis sur Telegram.

[24:33]

Des captures d'écran étaient jointes au courriel, ainsi que l'adresse IP et l'adresse exacte du domicile de l'étudiant qui diffusait ces vidéos-là sur Telegram ainsi que le lien pour s'y rendre.

[24:45]

Le journaliste, Kim, clique sur le lien Telegram et il a été admis dans un salon de discussion comptant plus de 9 000 membres.

[24:55]

C'était dans un salon de discussion rempli de vidéos.

[24:58]

Ce n'était même pas un salon de discussion avec du contenu en tant que tel, c'était plus une place de marché, un marketplace pour d'autres salons de discussion, en fait.

[25:07]

Il continue à naviguer là-dedans et voit clairement les catégories étiquetées pour les salons de discussion à explorer.

[25:13]

Une chose que je ne savais pas, Emile, c'est qu'en Corée du Sud, la production de contenu pornographique standard est interdite, en fait.

[25:22]

Ok, no porn zone.

[25:24]

No porn zone, exact.

[25:26]

Et disons qu'il laisse un petit peu lousse sur Internet, mais c'est difficile de trouver cet Internet, mais au niveau légal, par définition, les réseaux sociaux ne rentrent pas là-dedans.

[25:37]

Ça fait qu'il s'est devenu un vrai passevoir.

[25:43]

Puis avec l'histoire d'aujourd'hui, vous allez voir, ils ont resserré un peu les lois.

[25:46]

Mais quand même, par rapport à ça, puis je trouvais ça un peu étrange parce que le open net initiative, eux, ils trouvent ça comme envahissant, en fait.

[25:54]

Parce qu'il faut savoir qu'en Corée du Sud, par défaut, tu as Internet chez toi.

[25:57]

Peu importe, 100 % des gens sont connectés, mais c'est pour avoir une forme de contrôle sur les citoyens, en fait, parce que leur Internet est érigi.

[26:04]

Tu peux pas consulter de contenu pro Corée du Nord et de contenu pornographique.

[26:11]

C'est les deux trucs qui sont vraiment bloqués.

[26:14]

Puis une autre petite anecdote que je voulais vous raconter par rapport à la Corée du Sud, c'est l'adultère.

[26:19]

L'adultère non plus. L'adultère, en fait, est illégal.

[26:22]

Il peut être sanctionné par la loi.

[26:26]

Mais vous vous rappelez du site AshleyMadison.com, qui est un site de rencontre qui, disons, promue ouvertement l'infidélité, en fait.

[26:34]

Ils l'ont lancé en Corée du Sud, ok?

[26:37]

En 2019, il a attiré 46 000 membres dès les premières journées.

[26:43]

Eux, ils ont un objectif de 500 000, mais ils ont utilisé une faille légale.

[26:47]

En fait, le site a su naviguer dans une zone grise, même si c'est illégal.

[26:52]

En fait, en Corée du Sud, bien que l'adultère soit illégal, il ne peut être poursuivi que si un conjoint lésé dépose une plainte.

[27:00]

Donc, il faut vraiment que le conjoint fasse un effort.

[27:04]

Donc, par conséquent, malgré une surveillance rigoureuse, les autorités ne traitent pas AshleyMadison comme une entité criminelle parce qu'ils ne violent pas directement la loi.

[27:13]

C'est plus une intermédiaire, en fait, pour ça.

[27:16]

Donc, je trouvais ça un peu une petite parenthèse rigolote, oui et non.

[27:22]

Par rapport à ça, je me questionnais.

[27:24]

Nous, l'adultère, je ne sais pas si c'est illégal pour l'appliquer.

[27:27]

On dirait que je me pose la question parce que je me souviens…

[27:30]

Ça peut jouer contre toi dans une demande de divorce ou au niveau des règlements de ton contrat de mariage, je pense, mais je ne sais pas.

[27:39]

Je ne pense pas que c'est criminel.

[27:41]

Ça ne fait pas de prison, là, c'est ça.

[27:42]

Non, c'est ça. Je ne pense pas.

[27:43]

Je ne pense pas.

[27:44]

Ou du moins, il n'applique pas si c'est des vieilles lois parce que souvent, il y a des vieilles lois bizarres.

[27:49]

Mais je trouvais ça assez… Je ne savais pas tout ça.

[27:53]

Donc, j'ai l'impression que ça doit aider à nourrir ce type de contenu-là, même si c'est du contrat.

[28:00]

Oui, c'est sûr que les gens ont envie de peut-être aller plus loin pour trouver du contenu comme ça.

[28:06]

Exact.

[28:08]

On retourne à notre salon illicite sur Telegram.

[28:11]

Des caméras cachées, caméras espions, de la gore, des salles de jeux.

[28:16]

Et il y a une autre salle qui dit sans détour «chambre d'enfants».

[28:20]

Et ça, ce n'était pas ce que l'e-mail semblait impliquer pour le journaliste.

[28:24]

Il ne s'agissait pas seulement d'un collégien publiant de la pédopornographie dans une discussion de groupe avec ses copains de collège.

[28:34]

Mais ça, c'est complètement différent. C'est tout un écosystème.

[28:38]

C'est une place de marché pour la distribution de matériel pornographique et de matériel illégal.

[28:44]

Et tout ce dont les journalistes avaient besoin, c'était d'un lien pour s'y rendre.

[28:48]

Ils n'avaient même pas besoin d'un VPN pour y aller.

[28:51]

Il n'y avait pas besoin de Tor non plus pour aller sur le Dark Web.

[28:55]

Il n'y avait besoin de rien du tout, juste d'une connexion Internet.

[28:58]

Bien que la majorité des utilisateurs de Telegram n'utilise pas l'application pour commettre des crimes,

[29:03]

elle sert principalement à la communication entre ces utilisateurs-là.

[29:07]

Donc lorsqu'un utilisateur sélectionne une catégorie, il est dirigé vers un nouveau salon de discussion.

[29:13]

Et là, les créateurs de ces salons font la promotion de leur espace

[29:16]

en expliquant pourquoi leur salle est la meilleure pour cette catégorie spécifique,

[29:21]

que ce soit de la gore, par exemple, de l'horreur ou des histoires de meurtre.

[29:26]

En parcourant des centaines d'aperçus de photos et de vidéos,

[29:30]

Kim découvre avec effroi qu'elles impliquent toute la pédopornographie.

[29:35]

Il n'imagine pas qu'il allait découvrir un tel réseau criminel aujourd'hui.

[29:39]

Ce qui supposait être une simple étincelle se révèle rapidement être un feu de forêt

[29:44]

dévorant non seulement un bâtiment, mais engloutissant toute la ville,

[29:49]

tellement c'est gros ce dossier-là, ce qui semble voir.

[29:54]

Comprendant l'urgence de la situation, il rédige rapidement un article

[29:57]

pour dénoncer ces salons de discussion et clique sur « Publier ».

[30:02]

Il ne peut pas se permettre d'attendre jusqu'au lendemain.

[30:05]

Le monde doit être informé sans délai, car les implications de l'affaire

[30:09]

sont suffisamment graves pour ébranler tout le pays.

[30:11]

Ce scandale promet de devenir l'un des plus gros de l'année, selon lui.

[30:16]

Saisi par la nervosité, mais résolue, Kim s'efforce de révéler la vérité.

[30:22]

Après avoir cliqué sur « Publier », il mettait au grand jour l'existence du site AVN Snoop,

[30:28]

qui est un site accessible via le web classique,

[30:32]

qui expose plus de 230 000 vidéos explicites, y compris des vidéos de caméras espionnes.

[30:38]

Il y avait des vidéos de mineurs, des vidéos de vengeance postées sans consentement,

[30:44]

des photos prises par exemple de collègues féminines en jupe,

[30:50]

et on sent bien qu'il s'agit d'un bureau.

[30:56]

AVN Snoop était dirigé par un homme, enfin un nom d'utilisateur appelé Watchmen

[31:03]

tiré du personnage de DC Comics.

[31:06]

Le journaliste Kim n'avait aucune idée de qui, parmi ces personnes, dirigeait ces salons de discussion.

[31:12]

Il télécharge toutes ces vidéos de manière anonyme.

[31:16]

Même les Watchers, ceux qui commentent de plus en plus grossièrement et de manière plus sanglante,

[31:21]

sont tous anonymes. Mais il veut que le monde le voie aussi.

[31:24]

Même s'ils ne savent pas qui sont ces gens, ils ont besoin de savoir que ces gens existent

[31:29]

et qu'ils sont là et qu'ils font du mal à d'autres personnes.

[31:32]

C'est la première étape pour traquer ces prédateurs.

[31:35]

Après que le journaliste ait publié son article, son courrier électronique s'affiche sur un côté

[31:40]

et les salons de discussion sur son téléphone et il attend que son courrier électronique explose.

[31:47]

Révéler leur présence est, selon Kim, la première étape pour les traquer.

[31:52]

Avant la publication de son article, il attend que les réactions affluent,

[31:56]

habituellement inévitable après de telles révélations chocs.

[32:00]

D'habitude, lorsqu'il publie ce type d'article, il reçoit des pistes, des conseils,

[32:06]

des rencontres personnelles avec des personnes, entre autres, qui ont visité ces sites.

[32:10]

Elles vont tout simplement commencer à affluer, selon lui.

[32:14]

Et là, il entend des ding ding ding, c'est des notifications qui arrivent.

[32:18]

Toutefois, ce n'est pas sur ses courriels, ce n'est ni sur ses messageries,

[32:23]

mais par contre, sur le salon de discussion qu'il a visité plus tôt,

[32:27]

c'est là que ça se passe, les notifications affluent.

[32:31]

Et là, les gens vont commencer même à le menacer en lui disant « on va aller lui faire du mal »,

[32:36]

il y en a qui vont même le doxer, le poster une photo de lui,

[32:39]

et il y en a qui vont commencer à le menacer en ligne.

[32:42]

Il ouvre un fichier qu'on lui envoie et c'est une photo de lui, justement,

[32:47]

et là, il commence à avoir certainement peur, il y a des gens même qui rapportent son adresse.

[32:53]

Toutefois, au niveau de son article, puis du grand public,

[32:57]

on dirait qu'il n'y a personne qui s'en soucie.

[32:59]

Il n'y a pas tant que ça d'intérêt, on dirait, du grand public.

[33:03]

Lui qui pensait que sa nouvelle allait vraiment ébranler le pays, en fait,

[33:07]

mais par contre, son téléphone lui ne dérougit pas, il est même chaud au toucher.

[33:12]

Et là, il va lire des conversations, il y a des gens qui vont dire sur Telegram,

[33:16]

nous avons son compte Facebook, il a deux enfants,

[33:20]

voici une photo de l'aînée qui est sa femme, quel est le nom de sa femme?

[33:25]

Donc là, il y a quelqu'un qui découvre son numéro, quelqu'un qui découvre son adresse.

[33:30]

Donc vraiment, lui, il regarde ça en se disant, oh mon Dieu, je suis foutu,

[33:34]

là, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils vont faire avec moi,

[33:37]

mais ils connaissent des détails sur ma vie vraiment poussés.

[33:40]

C'est incroyable en ça, le doxing, comment qu'il peut être efficace à la gagne,

[33:44]

puis sans trop vous révéler, je vais vous en reparler un peu plus tard,

[33:47]

mais ces gens-là, dites-vous que dans la société,

[33:50]

il y a toujours des gens qui ont accès aux données critiques.

[33:53]

Quand vous allez à l'État civil, à votre permis de conduire,

[33:58]

à toutes ces entités gouvernementales-là,

[34:00]

il y a toujours des gens qui ont accès à ces données-là.

[34:03]

Et là, Kim tremble à ce stade.

[34:06]

Et là, il regarde son téléphone,

[34:08]

des photos sont distribuées dans le salon de discussion de lui, de sa famille,

[34:12]

de lui dans son immeuble.

[34:13]

C'est fou, là.

[34:14]

Oui, oui.

[34:15]

Et l'article de Kim qui expose ces salons de discussion-là

[34:18]

n'est devenu viral que dans ces salons de gens concernés-là, en fait.

[34:23]

Le reste du monde ne semblait pas avoir beaucoup de feedback à donner là-dessus, en fait.

[34:29]

Et là, un nouvel événement a été créé dans le salon de discussion.

[34:32]

Il y a eu une notification et le nom de l'événement, c'est Attraper Kim Won.

[34:38]

Il est maintenant temps de connaître indéfiniment la date de naissance,

[34:41]

les noms de chaque membre de la famille

[34:43]

et tout leur numéro de téléphone privé ainsi que tout leur relevé d'emploi.

[34:48]

Et vous voyez, ça, c'est ce que les gens disent dans la description de l'événement.

[34:53]

Et on dit même « saisez-vous votre chance de commander un esclave ».

[34:57]

Oui, oui.

[34:58]

Qu'est-ce qui se passe-t-il à ce stade-là ?

[35:01]

Kim actualise à nouveau son courriel et il y a enfin quelque chose,

[35:05]

un courriel non ouvert provenant d'un expéditeur anonyme, et il clique dessus.

[35:11]

Et je vous lis son contenu.

[35:14]

Vous vous trompez d'arbre.

[35:15]

Tous ces gens ne sont rien.

[35:17]

Evian, Snoop, ils ne sont rien.

[35:20]

Vous devez consulter le médecin.

[35:23]

Je peux vous aider.

[35:24]

Et le journaliste, Kim, qui répond « Mais qui est le médecin ?

[35:28]

Qui est-ce ? »

[35:29]

Et la personne répond « Moi, je suis le joker ».

[35:33]

Oh !

[35:34]

Devant la gare de Pawhadang, en Corée du Sud,

[35:37]

juste en face de la station de métro se trouve un dépanneur 7-11,

[35:42]

la grande chaîne de dépanneurs.

[35:44]

C'est là que le journaliste Kim et son collègue ont prévu de rencontrer le joker.

[35:49]

Le collègue de Kim exprime ses inquiétudes quant à la sécurité de ce rendez-vous.

[35:54]

Comment pouvons-nous être sûrs de pouvoir lui faire confiance ?

[35:58]

Cela pourrait être un piège orchestré par quelqu'un qui veut te capturer,

[36:01]

en fait, s'inquiète-t-il, le collègue de Kim.

[36:04]

Et si c'était un observateur qui souhaite que les vidéos d'esclaves continuent

[36:08]

et pense que tu menaces en fait son business ?

[36:12]

Kim répond avec assurance, détaillant sa stratégie pour rester en sécurité.

[36:16]

Je lui ai dit que je porterais une veste noire,

[36:19]

mais en réalité, j'en porte une grise.

[36:22]

Cela me permettra de le repérer de loin.

[36:25]

Il sera trop occupé à chercher quelqu'un en noir,

[36:27]

ce qui me donnera l'avantage de l'observer pendant qu'il est distrait.

[36:31]

Oui.

[36:32]

Je trouve ça quand même brillant.

[36:34]

Je pourrais vérifier aussi si d'autres personnes se cachent aux alentours,

[36:38]

car ils prétendent venir seuls,

[36:40]

vêtus d'un anorak blanche ou d'une doudoune, comme on dit.

[36:46]

C'est le choix stratégique,

[36:47]

car la Corée du Sud en hiver ressemble à New York.

[36:50]

C'est une mer de veste noire que le journaliste dit.

[36:53]

Il dit comme pour ça, je pourrais surveiller discrètement,

[36:56]

le surveiller discrètement tout en scannant la foule.

[36:58]

Il porte un anorak noir,

[37:00]

croyant que le journaliste Kim en porte un également.

[37:03]

Le Joker, habillé d'un anorak blanc en fait,

[37:07]

serait trop visible,

[37:09]

donc vous vous tenez prudemment à distance et en cas de problème

[37:13]

que vous appelez la police en fait si il y a un enjeu.

[37:16]

Bien que ce plan soit quelque peu imprudent,

[37:18]

les journalistes n'ont pas d'autres options à ce stade

[37:20]

et veulent rencontrer le Joker.

[37:23]

Kim quitte son collègue à l'angle de la rue

[37:25]

et se dirige vers la station de métro

[37:28]

où ils ont prévu de se retrouver.

[37:30]

Soudain, tout bascule dans le chaos.

[37:32]

Écoutez ça, on dirait un film.

[37:34]

Juste devant la station de métro,

[37:36]

deux voitures grincent et se percutent,

[37:38]

provoquant un énorme accident

[37:39]

au moment qu'il allait rejoindre le Joker.

[37:42]

Les alarmes des voitures à proximité se déclenchent,

[37:45]

les klaxons retentissent, les gens crient

[37:48]

et tout le monde se précipite vers les voitures accidentées.

[37:50]

Ça ressemble presque à un mauvais présage.

[37:54]

Peut-être que le journaliste Kim

[37:56]

aurait dû s'arrêter à ce moment-là,

[37:58]

mais il continue à scruter la foule.

[38:00]

Tout le monde essaie d'accéder aux voitures

[38:02]

pour vérifier qu'il n'y ait pas de blessés

[38:04]

et se précipitent tous dans la même direction,

[38:06]

tels des fourmis à courants

[38:08]

vers une source de nourriture.

[38:10]

Regardant la scène complètement imperturbable,

[38:13]

debout devant la station de métro

[38:14]

devant le 7-Eleven,

[38:16]

se trouve le Joker.

[38:18]

Les deux journalistes s'assoient avec lui

[38:20]

dans un café voisin

[38:21]

et ils sont tous les trois assis

[38:22]

à une table d'angle, tout au fond.

[38:25]

Le Joker porte une casquette de baseball.

[38:28]

Il ne lève même pas les yeux

[38:29]

pour croiser les yeux des autres journalistes, en fait.

[38:33]

Les journalistes sont surpris de voir

[38:34]

qu'il a un visage plutôt bébé.

[38:37]

Ses joues sont plutôt rebondies.

[38:39]

Il a l'air très jeune.

[38:40]

Et lui, le Joker, il dit,

[38:42]

« Je jure que je n'ai jamais vraiment entendu parler

[38:44]

de ces salons de discussion. »

[38:46]

Et là, je le cite encore,

[38:48]

« Un jour, j'étais à la maison

[38:50]

lorsque j'ai reçu un appel d'une amie

[38:52]

et elle m'a demandé de me rencontrer

[38:54]

en personne. Elle avait l'air

[38:56]

désemparée et elle ne voulait pas me dire

[38:58]

au téléphone ce qui n'allait pas,

[38:59]

alors je l'ai rencontrée. Elle est en désordre,

[39:02]

elle pleurait, elle pouvait à peine parler.

[39:05]

Je pouvais dire que c'était vraiment

[39:06]

quelque chose de mauvais qui lui arrivait.

[39:09]

Elle m'a parlé d'un type,

[39:10]

Baska, le médecin de doctor.

[39:13]

Elle a déclaré qu'il l'avait forcée

[39:15]

à réaliser des vidéos

[39:16]

explicites pour télégramme.

[39:18]

Et elle a dit à Baska non

[39:20]

au début, je ne veux pas faire ça,

[39:22]

je ne peux rien faire de pareil.

[39:24]

Mais il a commencé à la menacer.

[39:27]

Elle a dit qu'il venait

[39:28]

tout juste de commencer à lui envoyer des SMS

[39:30]

avec son nom au complet,

[39:32]

provenant du gouvernement, son adresse,

[39:34]

les numéros de téléphone de ses parents,

[39:36]

même son numéro de sécurité sociale.

[39:38]

Donc il avait accès à toutes sortes d'informations

[39:40]

qu'elle ne savait pas comment il avait pu obtenir.

[39:42]

Elle lui a quand même dit non,

[39:44]

je ne peux pas, je ne ferai rien de tout ça.

[39:46]

Et là, c'est là qu'il a commencé

[39:48]

à inonder le salon

[39:50]

de discussion.

[39:53]

Initialement, elle était seule

[39:54]

avec Baska, un inconnu

[39:56]

dans la salle virtuelle.

[39:58]

Mais bientôt, il a commencé à inviter

[40:00]

des centaines d'hommes.

[40:02]

Ils apprirent son adresse et son numéro

[40:04]

de sécurité sociale grâce à des échanges

[40:06]

sur télégramme. Et leur nombre

[40:08]

ne cesse de croître.

[40:10]

Il la harcelait continuellement,

[40:12]

la réduisant à l'état d'esclave

[40:14]

et lui ordonnant de se comporter comme tel,

[40:17]

sous peine de se rendre à son domicile.

[40:20]

Menacée d'être dénoncée

[40:21]

par une centaine d'entre eux

[40:22]

si elle désobéissait,

[40:24]

elle se résigna à suivre les directives

[40:26]

du médecin et lui envoyait une vidéo.

[40:28]

Elle a envoyé cette vidéo à une

[40:30]

salle de discussion plus grande,

[40:32]

appelée la salle du médecin,

[40:34]

donc probablement la Ninth Room.

[40:36]

Mais elle n'avait pas accès à cette salle.

[40:39]

Le Joker explique

[40:40]

aux journalistes que sa mission consistait

[40:42]

à infiltrer la salle du médecin

[40:44]

afin d'observer les types de vidéos

[40:46]

diffusées et le nombre de participants

[40:49]

impliqués. Avant même d'accéder

[40:50]

à la salle principale, il y a

[40:52]

une salle d'attente apparemment.

[40:55]

C'est la première étape pour

[40:56]

comprendre le processus avant de pénétrer

[40:58]

dans l'espace principal de BASCA.

[41:01]

Et c'est dans cette salle que

[41:02]

on détermine nos préférences.

[41:04]

C'est semblable à remplir un sondage.

[41:07]

Le médecin diffuse

[41:08]

des bandes annonces et des teasers

[41:10]

dans la vidéo selon le contenu

[41:12]

pour vous aider à choisir

[41:14]

la salle qui vous convient.

[41:15]

Et après avoir fait votre choix,

[41:17]

vous passez à l'examen. Il y a des frais

[41:19]

à régler évidemment et vous pouvez

[41:21]

ensuite rencontrer BASCA.

[41:23]

Une fois dans les salons de discussion,

[41:25]

la première chose qui frappe,

[41:27]

c'est la peau. L'écran est

[41:29]

entièrement couvert de tons

[41:31]

de chair. L'écran

[41:33]

entier est rempli de

[41:35]

couleur peau, vraiment un peu

[41:37]

comme de la chair rosée.

[41:40]

Et on retrouve aussi beaucoup

[41:41]

de filles nues

[41:44]

en guise d'imagerie.

[41:47]

Chaque

[41:47]

photo ou vidéo est filigranée

[41:49]

de BASCA. Et si

[41:51]

ce n'est pas filigrané, les filles

[41:53]

auraient écrit « médecin

[41:55]

esclave » dessus, généralement

[41:57]

en grosselette noire

[41:59]

ou en rouge sur les bras.

[42:02]

Ils vont s'inscrire sur le

[42:03]

corps.

[42:03]

Oui, n'importe où.

[42:05]

Finalement, il demandera à certaines victimes

[42:07]

de graver les mots « médecin

[42:09]

esclave » sur leur corps.

[42:11]

Les victimes étaient obligées de se mettre à genoux

[42:13]

pour demander pardon de ne pas

[42:15]

avoir été bonne pendant qu'elles

[42:20]

se mutilent.

[42:23]

Oui, exact, parce qu'il est obligé vraiment de se graver

[42:25]

des lames de rasoir, des couteaux,

[42:28]

vraiment,

[42:29]

c'est horrible, honnêtement.

[42:31]

C'était un peu sa marque

[42:33]

de commerce.

[42:34]

C'est ça, exactement.

[42:36]

Le médecin avait trois signatures distinctes

[42:38]

pour chaque vidéo. Le premier endroit

[42:41]

serait quelque part sur la fille

[42:42]

qui serait l'esclave du médecin

[42:44]

et la vidéo où la photo serait filigranée

[42:47]

avec l'esclave

[42:49]

en tant que telle. À l'ouverture

[42:50]

de chaque vidéo, les esclaves

[42:52]

levaient leurs petits doigts. C'était aussi

[42:54]

une partie de sa signature.

[42:56]

Et enfin, chaque vidéo montrait

[42:58]

la victime souriante.

[43:00]

Elle devait sourire absolument, sinon

[43:02]

elle aurait des conséquences.

[43:04]

Dans presque toutes les vidéos,

[43:06]

leur corps entier tremblait de peur

[43:08]

et leurs yeux étaient gonflés

[43:10]

à force de pleurer et ils se forçaient

[43:12]

toujours pour sourire.

[43:14]

Une autre chose que le médecin

[43:16]

faisait est qu'une fois que vous entrez

[43:18]

dans un salon de discussion, vous n'obtenez

[43:20]

des vidéos réalisées par les trois

[43:22]

ou quatre mêmes esclaves que si

[43:24]

vous en avez marre et que vous voulez de nouvelles

[43:26]

personnes. Vous devez rejoindre

[43:28]

un autre salon de discussion où il y a encore

[43:31]

trois ou quatre esclaves par exemple.

[43:33]

On soupçonne que le

[43:34]

médecin avait plus de 300

[43:36]

esclaves. Je me demande où il

[43:38]

les recrutait en fait.

[43:40]

Désormais, le médecin est connu dans

[43:42]

le monde des forums de discussion pour innover

[43:44]

constamment et met à jour ses

[43:46]

éléments de menu pour satisfaire

[43:48]

sa clientèle. Ainsi,

[43:50]

le menu indique, par exemple,

[43:52]

que les esclaves peuvent, et là c'est

[43:56]

consommer des matières fécales,

[43:59]

jouer du couteau sur

[44:00]

s'automutiler d'une certaine façon,

[44:03]

de la nudité en public,

[44:05]

de la torture.

[44:08]

En tout cas,

[44:08]

ça peut aller très loin.

[44:11]

Et on parle de 70

[44:12]

à 80 salons de discussion

[44:14]

qu'il possède, ce Basca.

[44:16]

Tous séparés par

[44:19]

les goûts, les envies

[44:20]

ou les vises de chacun.

[44:22]

C'est fou, ça en fait beaucoup.

[44:24]

Quand t'es déclin comme ça.

[44:26]

C'est le genre de choses que tu vois

[44:28]

justement dans des films et que tu dis

[44:30]

jamais l'humanité va se rendre jusque là.

[44:33]

Puis là, tu vois ça.

[44:34]

Ça n'a pas de bon sens.

[44:35]

Ça n'a aucun sens. Il y a eu tellement

[44:38]

de témoignages. Je ne les ai pas mis

[44:40]

parce que ce sont tellement durs.

[44:42]

Il y a même des femmes qui

[44:44]

meurent. Des fois,

[44:46]

ils mettaient, je vais te donner un exemple,

[44:48]

ils leur font porter des trench coats.

[44:50]

C'est un autre de leur marque

[44:53]

aux esclaves.

[44:54]

Ils leur font porter des trench coats,

[44:56]

puis ils les identifient, puis ils nomment

[44:57]

ce qu'ils sont rendus dans la rue. Les gens après ça,

[45:00]

ils vont les voir. Des fois, ils les kidnappent,

[45:01]

ils les emmènent dans des hôtels. Ils filment tout ça.

[45:04]

Puis il y a une femme qui en est morte.

[45:06]

Elle a été violée par je ne sais pas combien d'hommes.

[45:09]

Elle est morte.

[45:11]

Puis ils ont tout filmé.

[45:12]

C'est horrible.

[45:13]

C'est ces gens-là qui vivent ça.

[45:16]

Tantôt, tu te posais la question

[45:17]

de comment ils recrutent en fait.

[45:20]

Souvent, c'est par des offres d'emploi,

[45:22]

en fait.

[45:23]

C'est vraiment la tactique première.

[45:25]

Ils vont t'offrir un offre d'emploi.

[45:28]

Qui n'a rien à voir avec ça.

[45:29]

Non. Puis ce qui est bizarre, je trouve que les gens

[45:31]

sont naïfs parce que dès la demande

[45:33]

de l'offre d'emploi, ils demandent déjà

[45:36]

des infos personnelles,

[45:37]

puis une photo de toi.

[45:39]

Puis même souvent des photos intimes

[45:41]

de toi. Puis les gens

[45:43]

embarquent là-dedans. On dirait que c'est comme s'ils étaient

[45:45]

désespérés pour avoir un emploi.

[45:47]

Mais c'est jamais ce qui est annoncé.

[45:49]

Puis ils tombent dans

[45:51]

cette boucle-là. Puis même souvent,

[45:53]

je ne l'ai pas mis en exemple, il y a un homme,

[45:55]

il pensait lui qu'il allait avoir un emploi pour sa

[45:57]

famille et tout ça. Puis ils l'ont demandé

[45:59]

d'envoyer des photos, des vidéos de ses propres

[46:01]

enfants. Puis il l'a fait

[46:03]

pour avoir l'emploi. Mais il disait

[46:05]

je trouvais ça bizarre. Puis à un moment donné,

[46:07]

je n'avais pas de réponse. Je me disais, t'es accepté.

[46:09]

Mais il a fallu quand même qu'il envoie des photos de ses enfants.

[46:11]

Fait que là, ils ont toutes ces informations.

[46:13]

Ils ont plein de détails sur lui.

[46:14]

Après ça, il utilise ça pour

[46:17]

te...

[46:18]

Puis là, tu tombes dans une boucle.

[46:20]

Te recruter en tant que trafiqué.

[46:22]

Oui, exactement. Après ça, il demande

[46:24]

de trouver d'autres vidéos,

[46:26]

de recruter d'autres gens.

[46:29]

Ça devient un peu infini,

[46:30]

toute cette boucle-là.

[46:32]

De comment les gens entrent là-dedans.

[46:33]

C'est un peu comme ça qu'ils font du recrutement.

[46:36]

Mais ils ont un gros stratagème.

[46:37]

Il y a eu des quarantaines

[46:40]

de personnes dans tout ce réseau-là

[46:42]

qui travaillaient.

[46:44]

Puis on est juste à la moitié de l'épisode.

[46:47]

Et là, je reviens aux chambres en question.

[46:49]

Il y a des coûts pour entrer.

[46:51]

Il y en a ce qu'on appelle les chambres difficiles.

[46:53]

Commence à 187 $

[46:55]

pour entrer.

[46:56]

Je ne sais pas si 187, c'est le code

[46:58]

pour une meurtre au niveau de la police.

[47:00]

Je ne sais pas si ça...

[47:02]

Et les chambres moyennes,

[47:04]

ce qu'il appelle moyennes en fait,

[47:06]

qui sont plus évées même en fait,

[47:08]

en moyenne,

[47:09]

commencent à plus de 450 $.

[47:12]

Donc, code 450.

[47:13]

Et plus t'augmente dans le prix,

[47:15]

dans le fond, plus t'as

[47:16]

du contenu plus intense,

[47:18]

mais qui est plus court en même temps.

[47:20]

Donc t'as un ratio longueur

[47:23]

versus intensité.

[47:25]

Et il y a aussi les salles VIP.

[47:28]

Et là,

[47:29]

ces vidéos-là deviennent encore

[47:31]

plus intenses et les coûts

[47:32]

sont encore plus onéreux.

[47:34]

L'accès commence à environ 1200 $.

[47:37]

Mais, qui y a-t-il

[47:40]

dans les salles VIP?

[49:20]

Dans les salles VIP,

[49:22]

l'horreur devient encore plus intense.

[49:25]

Et qu'est-ce qu'on retrouve?

[49:26]

Par exemple,

[49:28]

les victimes vont faire des...

[49:30]

Et là, on tombe dans un côté

[49:32]

un peu lugubre, des jeux

[49:34]

avec des insectes comme des

[49:36]

chenilles.

[49:37]

Ils vont devoir en manger,

[49:40]

s'en insérer,

[49:42]

des choses comme ça. Je ne sais pas

[49:43]

jusqu'où ça va, mais on va retrouver

[49:46]

des choses comme ça, des trucs

[49:47]

vraiment, vraiment

[49:50]

décalés. Je ne sais pas trop

[49:51]

qui est-ce que ça excite toutes ces choses-là,

[49:54]

mais il y en a

[49:56]

que c'est leur chose, apparemment.

[49:58]

Et dans ces salles,

[50:00]

les femmes étaient contraintes d'interagir

[50:02]

avec les membres,

[50:03]

mais pas de manière passive.

[50:05]

Les visiteurs VIP, loin

[50:07]

de se contenter de regarder,

[50:09]

lançaient des commentaires horribles

[50:11]

et psychologiquement très

[50:13]

destructeurs envers les victimes

[50:15]

qui, elles, devaient supporter ça

[50:17]

en plus de tous les autres sévices.

[50:20]

Les VIP pouvaient même payer

[50:21]

des sommes supplémentaires pour des

[50:23]

interactions vidéo directes,

[50:25]

comme par exemple en demandant des vidéos

[50:27]

ou des photos spécifiques ou

[50:29]

des demandes spéciales.

[50:31]

Par exemple, un VIP désirant

[50:33]

marquer une victime de manière

[50:35]

particulière pouvait simplement

[50:37]

payer un montant prédéterminé

[50:39]

pour justement la brander,

[50:42]

lui faire un genre de tatouage

[50:44]

au couteau.

[50:46]

Ça nous rappelle Nexium,

[50:47]

un peu. Oui, c'est vrai.

[50:50]

De ce type de

[50:52]

marquage-là. Oui,

[50:53]

la secte un peu weird.

[50:56]

Souvent, les marques demandées

[50:57]

étaient des mots dégradants gravés

[50:59]

sur la peau avec un couteau,

[51:02]

pendant que les

[51:03]

victimes devaient sourire devant la caméra.

[51:05]

Imaginez la torture.

[51:07]

Et parfois, les VIP souhaitent

[51:10]

que leur nom d'utilisateur même

[51:12]

soit brandé sur la victime.

[51:14]

Et en fait,

[51:16]

il en voulait toujours plus

[51:17]

cette clientèle,

[51:19]

cherchant constamment à augmenter

[51:21]

les enjeux pour ressentir davantage

[51:23]

d'émotions fortes.

[51:25]

Baska commence donc à publier les adresses

[51:27]

des victimes dans les groupes

[51:29]

chat des VIP,

[51:31]

ajoutant une couche diabolique de peur

[51:33]

pour les victimes qui sont déjà terrifiées

[51:36]

à l'idée de voir leurs vidéos et leurs photos

[51:38]

divulguées non seulement par

[51:40]

le médecin, mais par n'importe quel

[51:41]

visage anonyme des forums de discussion.

[51:44]

Les victimes sont terrifiées à l'idée

[51:46]

que leur famille découvre ce qui leur arrive,

[51:48]

parce que souvent, ils se cachent de leur famille.

[51:50]

Ils font ça

[51:53]

à d'autres moments,

[51:54]

pas devant eux, jamais.

[51:56]

Souvent, ils ont trop honte pour en parler.

[51:58]

Exact.

[51:59]

Ces victimes sont également terrifiées

[52:01]

lorsqu'elles sortent dehors, parce qu'elles ignorent

[52:03]

qui participe à ces salons de discussion.

[52:06]

Est-ce que ces gens-là sont dangereux?

[52:08]

Probablement oui.

[52:10]

Leurs visages présents dans

[52:11]

toutes ces vidéos sont connus de tous,

[52:15]

sauf deux,

[52:16]

en fait.

[52:17]

Ils ne savent pas s'ils vont se faire reconnaître

[52:19]

par quelqu'un dans la rue, au magasin, au restaurant,

[52:22]

même à l'école ou au travail.

[52:24]

Donc, ils sont toujours en train

[52:25]

de devenir paranoïaque.

[52:27]

Pourquoi une telle personne m'en regarde un petit peu?

[52:30]

Est-ce que ce

[52:31]

passant-là m'a reconnu?

[52:33]

Donc, il y a vraiment un sentiment

[52:35]

de peur, de paranoïa

[52:37]

qui s'installe.

[52:37]

Tu dois être constamment en hyper-vigilance, en fait.

[52:40]

C'est clair, mon Dieu, tu ne dois pas avoir envie

[52:42]

de juste vouloir rester chez vous.

[52:45]

Sans savoir qui sont ces observateurs

[52:47]

ni à quoi ils ressemblent,

[52:49]

les victimes vivent dans une peur constante,

[52:52]

surtout maintenant que leurs

[52:53]

adresses sont divulguées publiquement à ceux

[52:55]

qui prennent plaisir à les voir souffrir

[52:57]

de manière horrible et insupportable.

[52:59]

C'est incroyable.

[53:01]

Maintenant, je vais vous parler de la Gotham Room,

[53:03]

en fait, qui est vraiment le marketplace

[53:05]

déviant sur

[53:07]

Telegram, dont fait partie

[53:09]

Baska, en fait, à travers tout ça.

[53:11]

Et on sait que Gotham,

[53:13]

dans la fiction, c'est un lieu sombre, c'est une

[53:15]

dystopie, c'est une ville fictive dans Batman,

[53:17]

qui est, bien pas juste Batman, mais qui est dominé

[53:19]

par les criminels sans scrupule,

[53:21]

qui sont que motivés par l'argent et le pouvoir.

[53:23]

Dans ce Gotham numérique,

[53:25]

chaque entrepreneur agit comme un commerçant

[53:27]

dans un marché promouvant son activité

[53:29]

dans des salons de discussion qui fonctionnent comme

[53:31]

des stands accessibles,

[53:33]

en fait, le Moyen Appem,

[53:34]

comme si vous étiez au marché. Imaginez-vous

[53:37]

dans un marché alimentaire, les vendeurs

[53:39]

agissent des affiches, distribuent des

[53:41]

échantillons gratuits, chacun essaye

[53:43]

d'attirer les passants avec

[53:45]

des offres alléchantes pour qu'ils puissent goûter

[53:47]

à leurs produits, mais c'est la même

[53:48]

effervescence qu'on peut retrouver sur les

[53:50]

salons de Gotham, en fait.

[53:52]

Les annonces sur le compte Telegram varient grandement.

[53:55]

Certaines présentent des vidéos au titre

[53:57]

provocant et choquant, tandis que d'autres

[54:00]

offrent des interactions dans des

[54:01]

chambres numériques, permettant

[54:03]

aux participants d'observer des scènes

[54:05]

d'intensité variable.

[54:07]

D'autres, encore, promeuvent des services

[54:09]

technologiques assurant une autre qualité

[54:11]

en fait des données et offrant le choix

[54:13]

entre un contenu hard ou soft,

[54:15]

selon les préférences des utilisateurs.

[54:18]

Ensemble, ces éléments composent

[54:19]

un marché numérique dynamique

[54:21]

qui reflète la diversité

[54:23]

de la complexité d'une véritable

[54:25]

place de commerce. C'est ça qui est débile.

[54:28]

C'est des véritables marchés.

[54:31]

Tout est tout organisé, on dirait.

[54:33]

Cette clientèle-là, c'est organisé vraiment

[54:35]

des discussions, des

[54:37]

marketplaces, tout ça un peu.

[54:40]

Hiding in plain sight,

[54:41]

c'est comme

[54:43]

pas trop difficile d'accès, mais juste

[54:45]

assez, mais c'est clair que quand

[54:47]

tu fonctionnes comme ça, à quelque part,

[54:49]

ton temps est compté.

[54:49]

Oui, puis on va en reparler un petit peu plus tard.

[54:52]

Faites-vous en pas.

[54:54]

Les policiers, ils voient tout ça,

[54:56]

mais ils ont un peu les mains liées

[54:57]

à cause de télégrammes.

[54:59]

Par exemple, il y a une annonce

[55:01]

qui pouvait dire « Venez sur mon compte,

[55:03]

j'ai des vidéos provocantes, y compris

[55:05]

des scènes intenses à découvrir. »

[55:07]

Il y en a une autre, c'est « Assister à une démonstration

[55:09]

de loyauté dans ma chambre numérique.

[55:11]

Chambre numéro 2, venez y regarder.

[55:14]

Veuillez nous envoyer

[55:15]

un DM uniquement si vous pouvez

[55:17]

effectuer un achat immédiat.

[55:19]

Nous n'acceptons pas les plans de paiement.

[55:22]

Donc, si c'est votre première visite

[55:23]

dans notre communauté Gotham, il y a des guides

[55:25]

et ça c'est vrai, j'en ai trouvé un.

[55:27]

Un guide comment naviguer,

[55:29]

comment négocier, comment bien trouver.

[55:31]

Le tutoriel. Oui.

[55:33]

C'est tellement dérangeant à cause

[55:35]

du contenu final.

[55:37]

Tout d'abord, il n'y a presque aucune

[55:39]

salle de Gotham qui contient

[55:41]

du matériel consensuel.

[55:43]

C'est vraiment comme la porte d'entrée.

[55:45]

La plupart du temps, des mineurs

[55:47]

et la plupart du temps, ils sont forcés

[55:49]

de faire ces vidéos-là.

[55:51]

Ils n'ont aucune idée que ces vidéos sont faites

[55:53]

ou téléchargées pour que

[55:55]

des dizaines, voire des centaines

[55:57]

de milliers de personnes puissent les regarder.

[55:59]

C'est pour ça qu'on les appelle les esclaves

[56:01]

dans les salons parce qu'en fait,

[56:03]

ils font exactement

[56:05]

ce qu'on leur demande de faire.

[56:06]

C'est pour ça le terme « esclave ».

[56:08]

Je le trouvais dur, mais c'est vraiment

[56:10]

le terme qui est utilisé parce qu'ils sont

[56:13]

à la merci de quelqu'un.

[56:17]

Si vous pensez que ce que vous aimez

[56:19]

est si particulier, si différent,

[56:20]

si spécial et que personne

[56:22]

n'aura de salle, de salon pour ça,

[56:25]

c'est à peu près impossible.

[56:26]

Il y en a pour tous les goûts.

[56:28]

Souvent, ils sont classés aussi par thématiques

[56:30]

d'habillement.

[56:33]

Des enseignants militaires,

[56:35]

policiers, infirmières,

[56:36]

collégiennes.

[56:37]

Les stéréotypes de « porn »

[56:40]

classiques.

[56:42]

Exactement.

[56:42]

Et aussi des salons de discussion pour

[56:44]

jeunes filles.

[56:46]

La salle Gotham ressemble à un gros

[56:49]

catalogue géant, offrant un menu complet

[56:51]

de tout ce que vous pourriez désirer,

[56:52]

mais à un certain prix.

[56:54]

Le coût d'entrée dans cette Gotham City

[56:56]

est variable.

[56:57]

Pour certains, il est équivaut à vendre

[57:00]

leurs armes, tandis que pour d'autres,

[57:02]

il est aussi insignifiant que de jeter

[57:03]

une scène dans une fontaine.

[57:06]

Mais avant toute chose, il est nécessaire

[57:07]

de confirmer que vous êtes un homme.

[57:10]

Ce n'est que des hommes.

[57:14]

Ou du moins,

[57:15]

une personne qui

[57:16]

s'identifie comme homme parce que,

[57:17]

et je vous cite, « Nous aurons besoin

[57:19]

d'une photo de vos parties intimes à côté

[57:21]

d'un morceau de papier sur lequel

[57:23]

votre nom d'utilisateur est inscrit

[57:25]

aux marqueurs noirs. Les femmes

[57:27]

ne sont pas autorisées.

[57:29]

Ensuite, nous aurons besoin de

[57:31]

vidéos de quelqu'un de votre entourage.

[57:34]

Il doit s'agir

[57:36]

d'une femme. De préférence,

[57:38]

une femme, mais vos propres enfants

[57:40]

seraient probablement les meilleurs.

[57:42]

Nièce, cousine, oui, peut-être

[57:44]

la fille d'un voisin si vous n'en avez pas.

[57:46]

Vidéo photo 2 prises secrètement

[57:48]

qui sont de nature explicite,

[57:50]

le plus jeune et le mieux,

[57:52]

c'est ce que nous recherchons.

[57:54]

C'est juste le prix d'entrée.

[57:55]

C'est une police d'assurance.

[57:58]

Parce qu'une fois que vous avez posté tous vos détails

[58:00]

personnels, que vous avez envoyé

[58:02]

des vidéos, que vous avez prises

[58:04]

en secret de votre propre soeur,

[58:06]

votre fille, votre femme,

[58:08]

en train de se doucher, comment

[58:09]

tu peux sortir de Gotham? C'est là

[58:11]

qu'il y a une forme de prise d'otage.

[58:13]

Vous allez être piégé dans Gotham.

[58:14]

Ça va un peu devenir votre nouvelle maison

[58:16]

et vous risquez d'y aller pour toujours

[58:18]

parce qu'automatiquement, que vous respectez

[58:21]

pas ça, ces vidéos-là peuvent

[58:23]

être relâchées, quoi que ce soit.

[58:26]

J'imagine que même dans l'éthique,

[58:27]

ils ne doivent pas se gêner pour

[58:29]

en relâcher aussi.

[58:31]

À qui mieux?

[58:33]

Les troublants de constater que

[58:35]

peu de participants sont perturbés par

[58:37]

ce processus d'organisation

[58:39]

invasif. Pour eux, le principal

[58:41]

est de ne pas rater cette opportunité

[58:43]

en or. Ils veulent tellement

[58:45]

consommer ce contenu-là,

[58:47]

ils sont prêts à faire ce sacrifice-là,

[58:50]

d'envoyer des vidéos

[58:51]

de tes propres enfants

[58:53]

ou même de ta femme,

[58:55]

de penser que je trouve ça

[58:56]

complètement fou.

[58:57]

Pour t'assurer que tu ne dénonces jamais

[58:59]

le groupe.

[59:02]

Exactement.

[59:03]

Après avoir passé les contrôles

[59:05]

initiaux, incluant l'envoi de photos

[59:06]

compromettantes et les données personnelles,

[59:09]

il ne reste plus qu'à procéder à des

[59:10]

transactions généralement en crypto-monnaie.

[59:13]

Une fois intégrés au système,

[59:15]

un simple lien sert de clé d'accès

[59:17]

à ce qu'ils perçoivent comme un paradis

[59:18]

interdit. Même là,

[59:21]

on peut observer des membres implorés

[59:23]

pour obtenir ce lien, certains

[59:25]

allant jusqu'à inventer des histoires

[59:26]

tragiques pour susciter l'empathie,

[59:29]

prétendant que cela leur apporterait

[59:30]

du bonheur dans des moments difficiles.

[59:35]

Trouver Gotham est étonnamment

[59:37]

simple, malgré la gravité de ce

[59:39]

qu'il représente. Caché en pleine

[59:41]

vue, il ne faut que quelques clics pour y

[59:42]

accéder, révélant les côtés sombres

[59:44]

de l'Internet. Et ce n'est pas dans

[59:46]

les profondeurs du Dark Web, comme on vous dit

[59:48]

toujours, mais bien accessible par le Web de

[59:50]

surface.

[59:52]

Je vous parle un peu du site dont

[59:54]

tu nous parlais tantôt, Seb,

[59:56]

AVN Snoop,

[59:58]

qui aujourd'hui a disparu,

[01:00:01]

qui lui présente aussi une origine

[01:00:02]

obscure et difficile à tracer.

[01:00:04]

Selon la Wayback Machine,

[01:00:06]

les archives de l'Internet,

[01:00:07]

il n'existe qu'une seule capture de

[01:00:09]

données datant de 2024,

[01:00:11]

bien que le site semble avoir été

[01:00:13]

actif depuis un certain temps,

[01:00:15]

hébergeant des tonnes de vidéos

[01:00:16]

explicitement illégales. De là,

[01:00:19]

vous pouviez trouver un lien vers

[01:00:21]

la Gotham Room, qui se trouve

[01:00:23]

sur le Telegram, une

[01:00:25]

capture qui date de 2024?

[01:00:27]

Oui, en fait, puis la capture de 2024,

[01:00:29]

c'est ça qui est étrange, c'est que

[01:00:30]

actuellement, c'est un domaine parqué.

[01:00:33]

Vous savez, si vous allez sur un autre domaine,

[01:00:34]

puis il y a comme des pubs et tout ça,

[01:00:36]

il n'y a rien. Il y a eu

[01:00:39]

une capture en 2024

[01:00:41]

de ce site vide-là,

[01:00:43]

mais on dirait qu'avant, il n'y a jamais

[01:00:45]

rien eu, il n'a jamais été capturé,

[01:00:47]

mais je le sais que par souci d'éthique,

[01:00:49]

ces sites-là, s'ils

[01:00:51]

les ont déjà pompés, ils les enlèvent

[01:00:53]

parce que c'est du contenu

[01:00:55]

qu'on ne veut pas nécessairement garder en archive.

[01:00:57]

Puis bref, sur ce site-là,

[01:00:59]

c'est là qu'on pouvait trouver un lien

[01:01:00]

vers la Gotham Room sur

[01:01:02]

Telegram. C'est un lien qui a un peu

[01:01:05]

l'air de rien, un T.Me.

[01:01:08]

Et là, à partir

[01:01:09]

de ce moment-là, il nous suffit

[01:01:10]

de choisir la salle qui nous intéresse,

[01:01:12]

de passer le contrôle, comme tu nous

[01:01:15]

expliquais Seb, et de vous lancer.

[01:01:17]

La salle la plus prisée, évidemment,

[01:01:19]

c'est celle de Basca, du Docteur,

[01:01:21]

et le processus nécessite

[01:01:23]

environ six clics, si tout se

[01:01:25]

passe bien, ce qui est assez simple.

[01:01:27]

Une fois à l'intérieur, le tout premier

[01:01:29]

message qui s'affiche

[01:01:30]

« Vous souhaite la bienvenue à Gotham »,

[01:01:32]

avec les mots « Let's rape ».

[01:01:36]

Ça donne

[01:01:37]

le ton.

[01:01:39]

Si on revient à l'article que

[01:01:40]

Kim, le journaliste, a publié,

[01:01:42]

en fait, après la publication de l'article

[01:01:46]

sur Basca

[01:01:47]

et sur ses salons VIP,

[01:01:49]

l'intérêt était assez minime,

[01:01:50]

comme on vous disait. Cependant,

[01:01:53]

l'article a finalement gagné en

[01:01:54]

popularité avec le temps, attirant

[01:01:56]

une nouvelle vague d'observateurs

[01:01:58]

curieux des activités horribles

[01:02:01]

qui étaient décrites.

[01:02:03]

Donc, à quelque part, ça y a fait de la

[01:02:04]

publicité, en fait. Il y avait à la base

[01:02:06]

1000 membres payants,

[01:02:08]

et ce nombre-là a grimpé à 5000

[01:02:10]

suite à l'article. Donc, ça

[01:02:12]

nourrit, en fait,

[01:02:16]

Basca

[01:02:17]

et son organisation.

[01:02:19]

Certains nouveaux utilisateurs

[01:02:20]

ont avoué n'avoir jamais entendu parler

[01:02:22]

de Telegram avant de lire l'article,

[01:02:24]

mais ont été attirés par la salle de Basca

[01:02:27]

après sa lecture.

[01:02:28]

Les membres de forums des discussions

[01:02:30]

ont trouvé la situation hilarante,

[01:02:32]

certains appelant même Kim

[01:02:34]

à écrire un article de suivi

[01:02:36]

pour continuer à booster la popularité.

[01:02:38]

En réponse à cette nouvelle demande,

[01:02:41]

le médecin, un homme d'affaires

[01:02:43]

avisé, a augmenté le prix

[01:02:45]

d'entrée de sa chambre VIP à

[01:02:46]

1500 $.

[01:02:48]

Les nouveaux venus visaient directement

[01:02:50]

le statut VIP, donc rien d'autre,

[01:02:53]

cherchant l'accès aux meilleures

[01:02:54]

vidéos possibles. Le médecin

[01:02:56]

a également proposé une entrée gratuite

[01:02:59]

dans les salles non-VIP

[01:03:00]

à quiconque pourrait fournir des informations

[01:03:03]

sur le journaliste

[01:03:05]

Kim Won.

[01:03:06]

Et d'autres journalistes du journal même.

[01:03:08]

Oui. L'article de Kim

[01:03:10]

a eu des conséquences inattendues,

[01:03:12]

non seulement il a promu les plateformes

[01:03:14]

d'exploitation et de trafic humain,

[01:03:16]

mais sa famille a aussi été exposée,

[01:03:18]

le laissant vivre dans la peur.

[01:03:20]

Il se sentait impuissant

[01:03:22]

comme s'il se battait contre un monde

[01:03:23]

illusoire dominé par Basca,

[01:03:26]

qui a même rebaptisé sa salle de chat

[01:03:28]

pour se moquer de la situation.

[01:03:30]

Cette publicité involontaire a fait

[01:03:32]

grimper la popularité de la salle

[01:03:33]

et Basca est un peu devenu

[01:03:36]

une vedette

[01:03:37]

au sein des

[01:03:39]

grands méchants du web.

[01:03:41]

Oui, c'était tout le contraire

[01:03:44]

de l'effet attendu.

[01:03:46]

Et de nouveaux salons

[01:03:48]

à partir de ce moment-là aussi

[01:03:49]

apparaissent quotidiennement,

[01:03:51]

chacun essayant de copier la formule

[01:03:53]

de celle de Basca.

[01:03:55]

Ces salles variées incluent des salles

[01:03:57]

de revendeurs et des salles à thématiques

[01:03:59]

où des individus partagent des vidéos

[01:04:01]

et des photos et exposent des personnes

[01:04:04]

proches ou des connaissances

[01:04:05]

même sans leur consentement.

[01:04:07]

Ça devient un genre de refuge pour

[01:04:10]

des vidéos de voyeurisme de toutes sortes.

[01:04:12]

Exact.

[01:04:13]

Il y a une salle qui s'appelle

[01:04:14]

la Salle du Désir d'équation

[01:04:16]

qui a attiré plus de 28 000 membres

[01:04:20]

intéressés. Je ne sais pas ce que c'était,

[01:04:21]

ce qui se passait là-dedans.

[01:04:22]

C'était justement beaucoup d'envoyer

[01:04:25]

des proches, c'était celle que tu parlais

[01:04:27]

juste avant, qu'on envoyait

[01:04:29]

à des vidéos de nos proches

[01:04:31]

sans qu'ils sachent en fait.

[01:04:33]

Ok, ok.

[01:04:35]

Là, on a parlé de Basca ou encore du

[01:04:37]

médecin, je vais vous présenter un autre

[01:04:39]

joueur. Il s'appelle

[01:04:41]

GodGod, qui est un créateur de

[01:04:43]

contenu influent qui avait

[01:04:45]

disparu lui pendant 11 mois.

[01:04:47]

Et là, il est refait surface,

[01:04:49]

provoquant une grande excitation dans

[01:04:51]

les salons de discussion. Son retour

[01:04:53]

soulève des questions parmi les

[01:04:55]

participants qui le voient comme un

[01:04:57]

ménadique opposé aux motivations

[01:04:59]

plus capitalistes de Basca.

[01:05:01]

Donc lui, il semble être une coche

[01:05:03]

au-dessus au niveau violences.

[01:05:06]

Les discussions entre

[01:05:07]

GodGod et Basca révèlent

[01:05:09]

une dynamique complexe où ils discutent

[01:05:11]

de stratégies pour éviter d'être capturés,

[01:05:13]

y compris la diffusion massive

[01:05:15]

de vidéos compromettantes en cas

[01:05:17]

d'arrestation. Mais comment ça

[01:05:19]

fonctionne tout ça, Seb ?

[01:05:21]

Oui, vous allez voir, ils ont chacun leur

[01:05:22]

modus operandi. On en a déjà un peu parlé,

[01:05:25]

mais juste pour clarifier, en fait,

[01:05:27]

Basca, c'est les Doctors' Rooms.

[01:05:29]

Eux, ces salons-là,

[01:05:31]

ils monétisent la torture, l'exploitation

[01:05:33]

avec des frais élevés pour des services

[01:05:35]

spécifiques tels que l'obtention

[01:05:37]

d'adresse des victimes ou la demande de

[01:05:39]

torture particulière. En parallèle,

[01:05:42]

GodGod, qui gère

[01:05:43]

les Nine Rooms, en fait,

[01:05:45]

parce que c'est même devenu un

[01:05:47]

symbole, les Nine Rooms,

[01:05:48]

parce que c'est un endroit où c'est

[01:05:51]

les pires profondeurs

[01:05:54]

de l'humain.

[01:05:56]

Et lui, en fait, la nuance,

[01:05:58]

ça ressemble aux salles

[01:06:01]

de Basca,

[01:06:02]

en fait, sauf que

[01:06:04]

lui, c'est des salles

[01:06:06]

exclusives de brutalités

[01:06:09]

extrêmes, de la

[01:06:10]

cruauté innovante.

[01:06:12]

Le terme « innovant » en cruauté

[01:06:14]

me fait peur.

[01:06:15]

J'ai lu toutes sortes de trucs qu'on ne vous

[01:06:17]

dira pas, vous pourrez faire vos recherches,

[01:06:19]

mais il était vraiment dans

[01:06:22]

l'optique-là, il était encore plus fou que l'autre.

[01:06:25]

Il faut savoir que la police

[01:06:26]

lutte, évidemment.

[01:06:28]

Je recommence, André, j'ai dit luttre.

[01:06:30]

Il faut savoir que la police

[01:06:32]

lutte pour infiltrer et démanteler ces

[01:06:34]

réseaux-là, mais ils sont confrontés

[01:06:36]

à la difficulté de pénétrer un milieu

[01:06:38]

qui est hautement sécurisé et anonyme.

[01:06:40]

C'est ça le problème.

[01:06:41]

Parce qu'on hâte que la police l'épingle.

[01:06:44]

Oui. Malgré des efforts

[01:06:46]

soutenus, Basca et GodGod

[01:06:48]

restent insaisissables, glissant

[01:06:50]

à travers les fissures juridiques,

[01:06:52]

échappant régulièrement à leur capture.

[01:06:54]

Les policiers qui sont chargés

[01:06:56]

de les traquer ressentent constamment une

[01:06:57]

pression immense. Ils travaillent jour

[01:07:00]

et nuit avec peu de repos. Durant cette

[01:07:02]

période-là, c'était fou. Ils consomaient

[01:07:04]

beaucoup de café, beaucoup de ramen

[01:07:05]

pour maintenir leur énergie. C'est vrai qu'ils

[01:07:07]

disaient ça, qu'ils mangeaient beaucoup de ramen, ça m'avait fait sourire.

[01:07:11]

Chaque nouvelle

[01:07:11]

notification apporte son lot de contenus

[01:07:14]

choquants, montrant parfois des actes

[01:07:15]

inimaginables commis sur des mineurs,

[01:07:17]

exacerbant le sentiment d'impuissance

[01:07:20]

parmi les enquêteurs.

[01:07:22]

Dans leurs bureaux jonchés de plusieurs

[01:07:24]

téléphones vibrants, les agents

[01:07:26]

se sentent comme s'ils étaient témoins

[01:07:27]

directs de crimes horribles

[01:07:29]

transportés virtuellement sur les lieux

[01:07:31]

via ces vidéos-là, mais malgré

[01:07:34]

cela, ils peinent à identifier les

[01:07:35]

victimes ou à localiser précisément

[01:07:38]

où ces atrocités sont filmées,

[01:07:40]

ce qui intensifie leur frustration

[01:07:42]

et leur sentiment de défait

[01:07:44]

en fait. Dans ce sinistre

[01:07:46]

des réseaux de salons de discussion,

[01:07:48]

les opérateurs aussi, ils suppriment

[01:07:50]

les preuves, ils ferment les salons

[01:07:52]

de discussion existants, puis ils en ouvrent

[01:07:53]

des nouveaux tout le temps pour échapper à la

[01:07:56]

surveillance policière.

[01:07:57]

C'est encore plus difficile pour les policiers

[01:08:00]

de les capturer.

[01:08:02]

La police se trouve impuissante,

[01:08:04]

réduite à observer, comme je vous dis,

[01:08:06]

ils observent, mais sans pouvoir intervenir

[01:08:08]

alors que les membres du salon planifient

[01:08:10]

et discutent ouvertement

[01:08:12]

de leur intention criminelle. C'est ça

[01:08:13]

qui me dépasse.

[01:08:15]

La police estime que le créateur de

[01:08:17]

ces salons, connu sous le nom de

[01:08:19]

Basquos Gère, on vous l'avait dit,

[01:08:21]

70 à 80 salons

[01:08:23]

impliquant potentiellement des centaines

[01:08:25]

de victimes. Les enquêteurs

[01:08:27]

examinent chaque vidéo, un peu

[01:08:29]

comme les producteurs, pour trouver toutes les

[01:08:31]

petits indices, c'est ça qui peuvent les aider,

[01:08:33]

qui peuvent les mener à l'identification

[01:08:35]

et au sauvetage des victimes

[01:08:37]

avant qu'il ne soit trop tard.

[01:08:39]

C'est souvent ça qui a mené à des

[01:08:41]

découvertes, c'est le pouvoir de

[01:08:42]

l'intelligence collective, quand on est une gang

[01:08:44]

à scruter des vidéos,

[01:08:47]

Luca Roccomagnetta, on a parlé

[01:08:49]

dans notre épisode sur les furries,

[01:08:50]

même chose, le tueur en série

[01:08:53]

qui s'attaquait à des animaux

[01:08:55]

en fait a été piégé aussi

[01:08:57]

en raison de ça. C'est souvent

[01:08:59]

ça en fait,

[01:09:01]

le talon d'Achille

[01:09:02]

de ces criminels-là,

[01:09:05]

mais en même temps c'est comme trouver un aiguille

[01:09:06]

dans une botte de fouet.

[01:09:07]

Oui, oui, oui, vraiment,

[01:09:09]

c'est vraiment difficile, mais heureusement, vous allez voir,

[01:09:12]

ils vont avoir des alliés.

[01:09:13]

Les vidéos constituent leur unique source d'indices,

[01:09:16]

les enquêteurs scrutent

[01:09:18]

chaque détail pour identifier les victimes,

[01:09:20]

tâches de rousseurs, grains de beauté,

[01:09:21]

uniformes scolaires, qu'on est capable d'identifier,

[01:09:23]

éléments de décor, inscriptions ou tout autre

[01:09:25]

indice pouvant être utilisé pour localiser

[01:09:28]

ces personnes avant que BASCA

[01:09:30]

ne les atteigne. La plus

[01:09:32]

jeune victime identifiée avait seulement

[01:09:33]

12 ans. C'est fou,

[01:09:35]

et des rapports indiquent qu'il pourrait y en avoir

[01:09:38]

de bien plus jeunes encore.

[01:09:40]

Dans leur enquête, la police a localisé

[01:09:42]

une personne clé, pouvant

[01:09:43]

offrir des informations de l'intérieur

[01:09:46]

détaillée sur les opérations

[01:09:48]

internes des chambres de torture.

[01:09:50]

Une équipe de 12 officiers

[01:09:52]

qui a été déployée pour interroger

[01:09:53]

cette personne-là, ils ne l'ont jamais nommée,

[01:09:56]

procédant en fait avec une extrême

[01:09:58]

prudence pour ne pas l'effrayer.

[01:10:00]

Ils ont choisi d'observer à distance

[01:10:01]

en attendant le moment propice pour intervenir.

[01:10:04]

Cette surveillance contrastait

[01:10:06]

étrangement avec les scènes horribles

[01:10:08]

des vidéos analysées auparavant,

[01:10:10]

offrant un moment de paix apparente

[01:10:11]

alors qu'un père enseigna à son fils à faire du vélo

[01:10:14]

un instant de bonheur

[01:10:16]

familial pur. Cependant,

[01:10:18]

il surveilla en réalité

[01:10:20]

le créateur des chambres,

[01:10:22]

BASCA, qui se révéla

[01:10:24]

être bien plus jeune que prévu.

[01:10:27]

Et à ce moment-ci,

[01:10:28]

en fait, personne ne savait

[01:10:30]

qui il était, ce fameux

[01:10:32]

BASCA ou encore God God.

[01:10:34]

Mais les producteurs des deux plus

[01:10:36]

grandes chaînes là-bas, qui sont

[01:10:38]

JTBC et SBS dont on vous a parlé,

[01:10:41]

avaient des interactions

[01:10:42]

avec lui. Mais

[01:10:44]

BASCA y aimait jouer

[01:10:45]

un certain rôle avec les producteurs.

[01:10:48]

Il est persuadé qu'ils ne l'attraperont

[01:10:50]

jamais et pour rendre la chasse plus

[01:10:52]

amusante, pour rendre le jeu

[01:10:54]

plus amusant, il a essayé

[01:10:56]

d'égaliser les chances. Il a montré

[01:10:58]

aux producteurs son compte en

[01:11:00]

crypto-monnaie sur lequel ils collectent

[01:11:02]

les paiements pour les chambres.

[01:11:04]

Oulala! Oui!

[01:11:05]

Puis, il leur a imposé un marché.

[01:11:08]

Il leur a dit que s'ils

[01:11:10]

diffusaient les épisodes,

[01:11:11]

ils créeraient des victimes pour eux.

[01:11:14]

Les réseaux d'information,

[01:11:15]

donc, auraient leurs propres victimes.

[01:11:19]

Avant que SBS

[01:11:20]

ne diffuse leur épisode,

[01:11:21]

ils ont reçu une vidéo d'une jeune

[01:11:24]

fille d'âge mineur.

[01:11:26]

Fille entièrement nue avec rien

[01:11:27]

d'autre qu'un sac en plastique sur la

[01:11:29]

tête et une ficelle rouge attachée

[01:11:31]

autour du cou. Elle dit aux

[01:11:34]

producteurs dans la vidéo que s'ils

[01:11:36]

diffusent l'épisode à la télé,

[01:11:37]

elle s'y mollera par le feu devant

[01:11:39]

le siège de SBS.

[01:11:41]

C'est ce qu'on avait commencé l'épisode avec ça.

[01:11:43]

Oui, comme on vous disait en intro.

[01:11:45]

Et là, SBS a diffusé l'épisode.

[01:11:48]

Ils ont pu localiser la jeune

[01:11:49]

fille et assurer sa sécurité.

[01:11:53]

Dans son cas, à elle, ça a été facile

[01:11:55]

en guillemets étant donné que rapidement,

[01:11:57]

ils ont vu son nom. Je ne sais pas si vous rappelez,

[01:11:59]

au début, on l'indiquait. En zoomant,

[01:12:01]

ils étaient capables de voir son nom à côté d'un

[01:12:03]

manuel de son école.

[01:12:05]

J'imagine que c'est comme ça qu'ils ont réussi

[01:12:07]

à la sauver, mais cette pauvre

[01:12:09]

fille-là, tu sais...

[01:12:10]

Elle était tout de même humiliée.

[01:12:13]

Elle va être restée traumatisée à vie.

[01:12:15]

Ils disent qu'il y a énormément de suicides

[01:12:17]

dans ces gens-là ou des gens qui s'en vont.

[01:12:20]

Ils sont trop gênés de leur

[01:12:21]

famille. Ils vont refaire leur vie ailleurs

[01:12:23]

quand ils ont subi ces choses-là.

[01:12:25]

Ils veulent même pas en parler.

[01:12:26]

J'ai l'impression que dans leur tale de recrutement,

[01:12:29]

ça devait être un peu

[01:12:31]

à la Epstein.

[01:12:32]

Selon moi, ils devaient aller chercher quand même

[01:12:34]

des gens qui sont

[01:12:37]

peut-être plus dans le besoin,

[01:12:39]

des gens qui sont un peu plus

[01:12:40]

en situation de problèmes familiaux,

[01:12:43]

sans jeunesse et autres.

[01:12:45]

Je ne sais pas.

[01:12:46]

On dirait qu'il y a une tactique de recrutement

[01:12:49]

qui semble être un peu un pattern

[01:12:50]

chez ces gens-là

[01:12:52]

à quelque part.

[01:12:54]

Des gens qui sont un peu plus désespérés

[01:12:56]

d'avoir un emploi.

[01:12:57]

Des gens qui doivent travailler plus

[01:13:00]

ou autres ou aider leur famille, même à un jeune âge.

[01:13:03]

Parce qu'on parle quand même

[01:13:05]

qu'il y avait une grande proportion

[01:13:06]

qui étaient justement des femmes

[01:13:08]

en apparence, des filles en apparence

[01:13:10]

dans le chemin Nord.

[01:13:12]

Ça devait être des gens qui étaient

[01:13:14]

peut-être parfois

[01:13:18]

moins aimés

[01:13:19]

de la société à quelque part.

[01:13:20]

Je comprends très bien ce que tu veux dire.

[01:13:22]

Parce qu'il y en avait des recrutants.

[01:13:24]

R. Kelly faisait ça aussi.

[01:13:27]

Même à la rigueur, Michael Jackson

[01:13:29]

faisait ça.

[01:13:31]

Il aidait des familles d'enfants malades

[01:13:33]

qui avaient de la misère à arriver.

[01:13:36]

S'il les attirait

[01:13:37]

dans son Neverland,

[01:13:40]

je dis ça, je ne dis rien,

[01:13:41]

mais j'ai l'impression qu'il y a un pattern

[01:13:42]

d'exploitation chez ces gens-là

[01:13:45]

qui ont des réseaux de trafic humains.

[01:13:46]

Je suis convaincu, oui, c'est certain.

[01:13:50]

Donc, en fait,

[01:13:52]

de ce côté-là, au moins,

[01:13:54]

ils l'ont localisé,

[01:13:56]

cette jeune fille-là, pour assurer sa sécurité

[01:13:58]

malgré tout ce qui lui est arrivé.

[01:13:59]

On minimisera pas ce qui lui est arrivé.

[01:14:02]

Au moins, ça finit bien

[01:14:04]

pour elle, du moins.

[01:14:06]

Et là, si on revient à notre histoire,

[01:14:08]

ce jour-là, JTBC,

[01:14:10]

qui est l'autre grande station de télévision,

[01:14:13]

a reçu elle aussi

[01:14:14]

une menace similaire.

[01:14:15]

Et ce qu'on leur dit, c'est que si l'épisode est diffusé,

[01:14:18]

Basca menace de divulguer

[01:14:20]

les informations d'une nouvelle victime

[01:14:22]

dans tous ses salons de discussion,

[01:14:24]

pas seulement ceux réservés aux VIP.

[01:14:26]

Donc lui, il fait l'équation comme quoi

[01:14:27]

ça va lui amener plus que ce qu'il va perdre.

[01:14:30]

Des milliers d'hommes

[01:14:32]

pourraient alors avoir accès

[01:14:33]

au nom complet de la victime, à son adresse personnelle

[01:14:36]

et professionnelle, ainsi qu'à d'autres

[01:14:38]

détails sensibles.

[01:14:39]

La question demeure, que se passera-t-il

[01:14:41]

lorsque ces hommes potentiellement dangereux

[01:14:44]

la localiseront ?

[01:14:45]

JTBC devra alors gérer les conséquences.

[01:14:49]

Basca a averti

[01:14:50]

que cette fois, il n'y avait ni photo

[01:14:52]

ni vidéo pour identifier

[01:14:53]

ou protéger la victime.

[01:14:55]

Malgré l'absence d'identification des victimes,

[01:14:58]

la station JTBC

[01:14:59]

a choisi de diffuser l'épisode,

[01:15:02]

espérant que les informations révélées

[01:15:03]

contribueraient à la chute de Basca.

[01:15:06]

Lors de la diffusion,

[01:15:07]

l'activité sur les forums de discussion

[01:15:09]

s'est intensifiée.

[01:15:12]

L'épisode, tout en exposant

[01:15:13]

les crimes et les souffrances des victimes,

[01:15:16]

devenait ainsi une source de divertissement

[01:15:18]

cruel pour les participants des forums

[01:15:20]

qui se considéraient supérieurs

[01:15:22]

aux efforts des journalistes et

[01:15:23]

les forces de l'ordre. Ils attendaient

[01:15:25]

avec impatience de voir comment

[01:15:27]

de nouveaux spectateurs réagiraient,

[01:15:29]

renforçant le sentiment de pouvoir

[01:15:31]

de Basca sur la situation.

[01:15:34]

Après la diffusion

[01:15:35]

de l'épisode, des informations

[01:15:37]

ont révélé que le médecin,

[01:15:39]

Basca, utilisait un compte

[01:15:41]

de crypto-monnaies

[01:15:43]

via un centre d'échange,

[01:15:45]

un marketplace.

[01:15:47]

Que ce soit Coinbase

[01:15:49]

ou autre, mais dans son

[01:15:51]

encoré, où il peut changer

[01:15:53]

des cryptos contre

[01:15:55]

des monnaies fiduciaires.

[01:15:57]

L'argent, au final,

[01:15:59]

pour avoir de l'argent.

[01:16:01]

Exactement. C'est ce compte-là

[01:16:02]

qu'ils utilisent pour liquider les paiements

[01:16:04]

de ses spectateurs et les blanchir.

[01:16:07]

Cette nouvelle a provoqué

[01:16:08]

une vive réaction dans les salons de

[01:16:10]

discussion avec des messages qui

[01:16:12]

défilaient à une vitesse vertigineuse.

[01:16:14]

Les participants craignaient que les

[01:16:16]

autorités ne parviennent à identifier

[01:16:18]

les déposants à travers les transactions.

[01:16:20]

Parce que ça, c'est facilement trackable

[01:16:22]

le mouvement des crypto-monnaies.

[01:16:25]

C'est quand même

[01:16:27]

difficile de lier les portefeuilles

[01:16:28]

numériques aux identités réelles,

[01:16:30]

mais par exemple, la monnaie

[01:16:32]

Monero, qui est une autre crypto-monnaie

[01:16:35]

qui est connue pour sa

[01:16:36]

confidentialité, elle complique

[01:16:38]

davantage le traçage en cachant

[01:16:40]

les montants des destinataires et

[01:16:42]

des transactions.

[01:16:43]

Je ne sais pas si vous vous en rappelez,

[01:16:44]

je pense que c'est dans Alpha B

[01:16:45]

qu'ils utilisaient Monero.

[01:16:47]

Il a même servi à propulser

[01:16:50]

cette monnaie-là.

[01:16:54]

Les producteurs de télé

[01:16:55]

ont découvert que Basca

[01:16:57]

utilisait un marketplace pour liquider

[01:16:59]

ses cryptos, mais il semblait peu probable

[01:17:01]

que le docteur se rende personnellement

[01:17:04]

dans un centre physique,

[01:17:06]

rendant ainsi sa

[01:17:07]

traçabilité encore plus difficile.

[01:17:09]

Les échanges se font habituellement en

[01:17:11]

vendant la crypto-compte de l'argent,

[01:17:13]

qui est ensuite transférée dans un compte bancaire

[01:17:15]

ou en échangeant de la crypto-compte de l'argent

[01:17:17]

directement dans des centres

[01:17:19]

spécialisés.

[01:17:20]

Comme des places de guichets de bitcoin.

[01:17:23]

Mais sans preuve concrète de sa présence,

[01:17:26]

le mystère autour de Basca

[01:17:27]

persiste.

[01:17:29]

Il utilisait des intermédiaires appelés

[01:17:31]

Money Thunders dans le jargon

[01:17:33]

criminel coréen pour échanger ses cryptos

[01:17:35]

contre l'argent liquide.

[01:17:37]

Ces intermédiaires, qui étaient souvent

[01:17:38]

des jeunes personnes,

[01:17:41]

convertissaient la crypto en espèces,

[01:17:43]

un peu comme des mules qu'elle déposait

[01:17:45]

dans des boîtes spécifiques.

[01:17:47]

Les autorités, ayant identifié

[01:17:49]

le centre d'échange utilisé,

[01:17:51]

espéraient suivre l'argent pour remonter

[01:17:53]

jusqu'à Basca.

[01:17:54]

La piste les mena à une figure

[01:17:56]

inattendue, une jeune fille

[01:17:58]

de neuf ans, utilisé

[01:18:00]

pour transporter l'argent en question.

[01:18:03]

L'enquête révéla que les

[01:18:04]

transactions se terminaient souvent

[01:18:06]

dans un casier d'extincteurs,

[01:18:08]

utilisé comme point de dépôt discret.

[01:18:11]

C'est pas con d'utiliser

[01:18:14]

des extincteurs à fumer, parce que c'est vrai que personne va jouer là-dedans.

[01:18:18]

Les caméras de surveillance dans le bâtiment

[01:18:20]

en question capturaient une personne

[01:18:22]

difficile à identifier en raison

[01:18:24]

de la faible qualité de l'image,

[01:18:26]

transportant un paquet suspect.

[01:18:28]

Surprenant avec la qualité des caméras d'aujourd'hui.

[01:18:31]

Oui. Les autorités

[01:18:32]

surveillèrent cette boîte d'extincteurs,

[01:18:34]

découvrant que plusieurs jeunes y déposaient

[01:18:36]

régulièrement de l'argent,

[01:18:38]

mais une seule petite fille était vue

[01:18:40]

récupérant les fonds. Oui.

[01:18:42]

Drôle ça. En suivant la

[01:18:44]

fille, la police observant

[01:18:46]

qu'elle remettait l'argent à un autre individu,

[01:18:48]

une étape de plus dans la chaîne

[01:18:50]

de distribution. Bien que les enquêteurs

[01:18:52]

espéraient que cet individu les mènerait

[01:18:54]

directement à Basquat,

[01:18:56]

ils découvraient rapidement que la chaîne

[01:18:58]

de distribution était beaucoup plus

[01:19:00]

complexe et impliquait plusieurs

[01:19:02]

maillots, éloignant encore

[01:19:04]

la possibilité de trapper directement

[01:19:06]

Basquat. Le médecin

[01:19:08]

utilisait des intermédiaires pour échanger

[01:19:10]

ses cryptos contre de l'argent liquide,

[01:19:13]

et en fait,

[01:19:14]

l'un de ces intermédiaires, après avoir

[01:19:16]

récupéré plus d'argent, a signé

[01:19:18]

une pétition lors d'une manif.

[01:19:19]

Drôle ça. Réveillant ainsi

[01:19:22]

son identité complète, donc les autorités

[01:19:24]

l'ont tracé et là, ils ont obtenu

[01:19:25]

des informations cruciales en le

[01:19:28]

suivant, comme son nom, sa date de naissance

[01:19:29]

et son numéro de téléphone. C'est fou

[01:19:31]

quand même comme maille,

[01:19:33]

et avec ces données-là, la

[01:19:35]

police a surveillé et finalement

[01:19:37]

localisé sa résidence, mais a

[01:19:39]

évité une intervention directe pour

[01:19:41]

ne pas compromettre les preuves. C'est facile

[01:19:43]

de brûler une piste comme ça.

[01:19:45]

Environ un an après le début de l'enquête,

[01:19:48]

le suspect a été arrêté

[01:19:50]

alors qu'il était dehors avec

[01:19:51]

son fils.

[01:19:53]

Oui, donc le 16 mars

[01:19:55]

2020,

[01:19:58]

Cho Jubin,

[01:19:59]

alias Basca,

[01:20:01]

24 ans,

[01:20:03]

est arrêté.

[01:20:05]

24 ans, c'est pas jeune pour être…

[01:20:08]

C'est très jeune.

[01:20:08]

C'est pas vieux, en fait, oui, pardon, oui, je me souviens,

[01:20:10]

c'est pas vieux pour faire ça.

[01:20:12]

On l'a compris.

[01:20:13]

Dans la salle d'interrogatoire,

[01:20:15]

il se trouve face à un stylo de 6 pouces

[01:20:18]

de long, alors que les policiers

[01:20:20]

le questionnent sur son implication

[01:20:21]

présumée dans les chambres de torture

[01:20:23]

sur Telegram. Au départ,

[01:20:26]

il nie farouchement à être

[01:20:28]

Basca, et prétend être

[01:20:29]

seulement un membre de l'une de ses

[01:20:32]

chambres, affirmant qu'il ignorait

[01:20:33]

la nature abusive des activités

[01:20:35]

qui s'y déroulaient. Les autorités

[01:20:38]

restent sceptiques face à

[01:20:39]

ces déclarations, surtout en découvrant

[01:20:41]

une importante somme en liquide

[01:20:43]

dans sa chambre à coucher.

[01:20:46]

Malgré ses tentatives pour échanger

[01:20:47]

son mot de passe contre

[01:20:49]

de la nourriture,

[01:20:51]

pendant l'interrogatoire, la police

[01:20:53]

a finalement découvert le mot de passe

[01:20:55]

sur les écrits du mur

[01:20:57]

de sa chambre. Il a laissé son mot de passe

[01:20:59]

sur un post-it,

[01:21:02]

déverrouillant ainsi son

[01:21:03]

téléphone. Ils se font toujours,

[01:21:05]

en tout cas. Ils y ont trouvé des preuves

[01:21:08]

compromettantes, y compris des

[01:21:09]

identifiants personnels et de nombreuses

[01:21:11]

victimes. Ignorant

[01:21:13]

ses supplications, les policiers

[01:21:15]

poursuivent leur interrogatoire.

[01:21:17]

Cho, de plus en plus désespéré,

[01:21:20]

demande à aller aux toilettes.

[01:21:21]

Une fois là-bas, il prend

[01:21:23]

une décision radicale pour prouver

[01:21:25]

sa sincérité. Il saisit

[01:21:27]

le stylo et, avec un geste

[01:21:29]

désespéré, tente de s'infliger

[01:21:31]

des blessures, espérant peut-être

[01:21:33]

que cela convaincra les policiers de son

[01:21:35]

innocence. Il s'enfonce

[01:21:37]

le stylo dans la gorge.

[01:21:39]

Heureusement, il est soigné

[01:21:41]

à temps.

[01:21:43]

Si vous googlez cette histoire-là,

[01:21:45]

God God, Basquiat, automatiquement,

[01:21:47]

nous allons avoir une photo avec quelqu'un qui a un genre

[01:21:49]

de truc dans le cou,

[01:21:51]

pas comme les animaux,

[01:21:53]

mais pour maintenir le cou.

[01:21:55]

En fait, c'est pour protéger

[01:21:56]

sa blessure. C'est pour

[01:21:59]

protéger sa blessure qui s'est faite

[01:22:00]

quand il s'est vraiment rentré à un

[01:22:03]

profond parce que s'il n'avait pas été sauvé, il aurait pu

[01:22:05]

mourir.

[01:22:06]

Ils ont vraiment mis ça.

[01:22:08]

C'est très iconique. En fait, c'est drôle parce que

[01:22:11]

les photos, c'est juste ça.

[01:22:12]

Ça lui donne une allure d'animal lecteur.

[01:22:15]

Oui, ça donne

[01:22:17]

un autre genre.

[01:22:18]

C'est vraiment étrange.

[01:22:21]

Les conversations révélées suggèrent que,

[01:22:23]

contrairement à Basquiat,

[01:22:25]

il agissait pour l'argent.

[01:22:27]

God God, lui, agissait plus pour

[01:22:29]

le plaisir de nuire.

[01:22:31]

Ça, c'est des policiers qui

[01:22:33]

se sont rendus compte de ça en fouillant

[01:22:35]

les conversations dans le téléphone de

[01:22:37]

Basquiat. Et en fouillant

[01:22:38]

son historique en ligne, ils ont compris que

[01:22:40]

Cho était profondément influencé par

[01:22:43]

la culture en ligne coréenne, mais

[01:22:45]

pas n'importe quelle culture.

[01:22:46]

Les communautés toxiques et misogynes,

[01:22:49]

en fait. Les membres de ces groupes

[01:22:50]

alimentent des théories que je connaissais pas,

[01:22:52]

qui s'appelle la théorie du lave-vaisselle,

[01:22:54]

par exemple, où les femmes sont dénigrées

[01:22:56]

comme de la vaisselle sale,

[01:22:58]

et les hommes sont dégradés

[01:23:01]

s'il épose

[01:23:02]

enfin une femme ayant eu

[01:23:04]

plusieurs partenaires.

[01:23:05]

Oui, un discours qu'on connaît bien,

[01:23:08]

le discours à Andrew Tate,

[01:23:11]

je sais pas trop,

[01:23:12]

le mall alpha,

[01:23:14]

Incel, tout ça.

[01:23:15]

On en a des nouveaux au Québec, en plus.

[01:23:17]

Le nom m'échappe, là, mais oui.

[01:23:20]

Puis quand même, j'ai vu des femmes

[01:23:21]

en rire, puis c'était très, très drôle.

[01:23:23]

Ah mon Dieu, ils sont hilarantes, je me rappelle plus de leur nom.

[01:23:26]

Oui, oui.

[01:23:28]

À propos du gaming,

[01:23:29]

il y a mon chum, il a besoin d'être ça pour ça.

[01:23:30]

Ah non, c'est un texte à l'âme.

[01:23:32]

Arnaud Solis en est bien moqué, aussi.

[01:23:35]

On nommera pas leur nom, tiens.

[01:23:36]

Oui, oui, exactement. Mais bon,

[01:23:38]

si vous savez, vous savez.

[01:23:41]

Donc, ça ressemble à ça.

[01:23:44]

Il a été arrêté pour ça.

[01:23:45]

Il y a un autre truc que je veux vous parler,

[01:23:47]

aussi, par rapport à

[01:23:49]

cette histoire-là.

[01:23:50]

Là, il a été arrêté pour ça, il a été condamné de quelque chose?

[01:23:53]

On va y revenir.

[01:23:56]

Et là, je veux vous parler

[01:23:56]

d'un, on prend un petit

[01:23:58]

tangente à côté, mais vous allez voir,

[01:24:00]

on reste toujours dans la même histoire.

[01:24:02]

Je veux vous parler de Digital Prison.

[01:24:04]

Ça, c'est un site web coréen que je ne connaissais pas.

[01:24:07]

Puis eux, ils ont entrepris une mission audacieuse,

[01:24:09]

en fait, parce que eux, là,

[01:24:10]

les responsables, c'est pas juste

[01:24:13]

les baska, les god god,

[01:24:14]

mais c'est tous les clients.

[01:24:16]

S'il n'y a pas de clients, il n'y a pas de

[01:24:18]

ces gens-là. Et eux,

[01:24:20]

ils ont la mission de

[01:24:22]

révéler les identités des utilisateurs

[01:24:24]

des salles de torture de télégrammes, en fait.

[01:24:26]

Des citoyens ordinaires,

[01:24:28]

puis il y a même des citoyens ordinaires

[01:24:30]

qui s'impliquent là-dedans,

[01:24:31]

qui ne sont pas des hackers, que eux aussi,

[01:24:33]

ils veulent se mobiliser pour dénoncer

[01:24:36]

ces gens-là. En réaction

[01:24:38]

au site Digital Prison,

[01:24:40]

certains ont préféré fuir le pays,

[01:24:42]

t'imagines, des gens avaient peur d'eux

[01:24:44]

ou même de supprimer leur compte

[01:24:46]

télégramme pour échapper à l'exposition

[01:24:48]

publique. Écoute ça,

[01:24:50]

les recherches Google en Corée ont

[01:24:53]

explosé avec des requêtes

[01:24:54]

sur la suppression de télégrammes,

[01:24:56]

comment supprimer télégrammes, reflétant

[01:24:58]

la panique généralisée parmi ceux

[01:25:00]

impliqués dans ces activités, les sites.

[01:25:02]

Je vous rappelle, il y avait des centaines de milliers

[01:25:03]

de personnes qui y allaient. C'est sûr que c'est du monde

[01:25:06]

de partout dans le monde, c'est pas juste des Coréens.

[01:25:08]

C'est clair.

[01:25:10]

Les analystes numériques ont été

[01:25:12]

submergés par les demandes d'aide aussi pour effacer

[01:25:14]

des données compromettantes des appareils.

[01:25:16]

Certains ont même été contactés par des agresseurs

[01:25:19]

cherchant à dissimuler leur

[01:25:21]

implication dans les salles de torture.

[01:25:23]

Ces analystes se sont retrouvés

[01:25:24]

confrontés à un dilemme moral

[01:25:26]

se demandant s'ils devaient dénoncer

[01:25:28]

ces individus ou simplement effacer

[01:25:30]

leurs traces numériques. J'avoue, moi,

[01:25:32]

comme consultant, j'aurais dénoncé

[01:25:35]

honnêtement.

[01:25:37]

La révélation chocante selon laquelle

[01:25:39]

jusqu'à 260 000

[01:25:41]

personnes pour être impliquées

[01:25:43]

dans ces activités a exacerbé

[01:25:44]

les tensions. Le public

[01:25:46]

réclamait la divulgation des noms

[01:25:48]

de tous les participants.

[01:25:49]

C'est clair. Tu veux une liste de public shaming?

[01:25:52]

Oui, et même juste pour vous dire,

[01:25:55]

quand il est arrêté,

[01:25:57]

Basquat, au début, il nommait pas

[01:25:58]

les noms. Il y a eu une

[01:26:00]

pétition en ligne

[01:26:01]

de 5 millions de noms.

[01:26:04]

Là, ils ont nommé

[01:26:06]

le nom.

[01:26:08]

Il ne l'avait jamais nommé.

[01:26:10]

Je ne sais pas pour quelle raison, peut-être pour l'enquête.

[01:26:12]

C'est une pétition en ligne.

[01:26:14]

C'est fou, les citoyens se sont

[01:26:15]

vraiment mis ensemble. On dirait que

[01:26:17]

je trouvais ça beau dans toute cette

[01:26:19]

horreur. Je trouvais ça quand même

[01:26:22]

bien.

[01:26:24]

Telegram présente plusieurs

[01:26:25]

caractéristiques qui font un choix

[01:26:27]

attrayant. En fait, ils en font un choix attrayant

[01:26:29]

pour ceux qui cherchent à éviter la surveillance

[01:26:31]

et à protéger leur vie privée.

[01:26:33]

Tout d'abord, la création d'un compte

[01:26:35]

Telegram est assez simple. Il est

[01:26:37]

possible de le faire de manière anonyme

[01:26:39]

en utilisant un numéro de téléphone,

[01:26:41]

mais qui n'est pas lié à votre identité.

[01:26:43]

De plus, Telegram ne requiert

[01:26:45]

pas d'adresse e-mail ni de

[01:26:47]

vérification par e-mail.

[01:26:49]

Donc, c'est encore plus facile d'être

[01:26:51]

anonyme sur Telegram. On peut aller

[01:26:52]

s'acheter une carte SIM à peu près

[01:26:54]

n'importe où. Une fonctionnalité importante

[01:26:57]

est celle des chats secrets, comme on vous avait parlé,

[01:26:59]

qui garantissent que les messages

[01:27:00]

envoyés ne sont pas enregistrés sur les serveurs

[01:27:03]

de Telegram. Ils disparaissent

[01:27:04]

vraiment une fois supprimés

[01:27:07]

par l'expéditeur. En fait, ils sont supprimés

[01:27:09]

pour tout le monde. Même si les autorités

[01:27:11]

demandaient à Telegram de divulguer

[01:27:13]

des messages, la plateforme

[01:27:15]

n'aurait rien à fournir quand ils ne sont pas

[01:27:17]

stockés de manière permanente. Mais

[01:27:19]

ça, je me demande si c'est vrai. Parce

[01:27:21]

que Snapchat,

[01:27:23]

il stocke tout. Tout, tout, tout, tout.

[01:27:25]

Oui, c'est ça. C'est pas vraiment éphémère.

[01:27:27]

C'est pas du vrai éphémère. On le sait,

[01:27:29]

on se l'était fait dire même par les

[01:27:31]

autorités. Et puis, même par

[01:27:32]

selon moi, peut-être que Telegram, tu sais,

[01:27:34]

je veux pas faire du... Mais j'ai l'impression

[01:27:37]

que les Russes ont peut-être moins cette éthique-là,

[01:27:40]

si je peux

[01:27:41]

me permettre.

[01:27:43]

Mais on dirait que là-dessus,

[01:27:45]

on dirait que des fois, j'ai des doutes.

[01:27:47]

En outre, bref, Telegram est

[01:27:49]

connu pour sa faible modération centrale

[01:27:51]

aussi, ce qui signifie que les utilisateurs

[01:27:52]

peuvent à peu près publier n'importe quoi

[01:27:54]

sans avoir de censure.

[01:27:57]

Parce que ce contenu-là, essayez pas de

[01:27:58]

le publier sur un autre réseau social.

[01:28:01]

Ça fonctionnera pas longtemps,

[01:28:02]

du moins. Malgré

[01:28:04]

ces caractéristiques de confidentialité,

[01:28:06]

Telegram maintient une politique stricte

[01:28:08]

de protection des données des utilisateurs.

[01:28:11]

Ils refusent, écoutez ça,

[01:28:12]

ils refusent généralement de coopérer

[01:28:14]

avec les agences gouvernementales,

[01:28:16]

ne fournissant que des informations limitées

[01:28:19]

telles que l'adresse IP et le numéro

[01:28:20]

de téléphone dans le cadre d'enquête

[01:28:24]

terroriste

[01:28:24]

confirmée seulement.

[01:28:29]

Intenses.

[01:28:29]

Intenses.

[01:28:31]

Je garde mes qualificatifs.

[01:28:34]

C'est du terrorisme, selon moi, ça aussi.

[01:28:36]

Exactement.

[01:28:37]

C'est une forme de terrorisme.

[01:28:38]

En plus, tu attaques des gens de ton propre pays.

[01:28:41]

C'est ça, du terrorisme.

[01:28:43]

Tu as raison.

[01:28:45]

C'est une forme de terrorisme.

[01:28:47]

J'avais jamais fait de mal.

[01:28:49]

Maintenant, qu'est-ce qui arrive

[01:28:51]

avec toutes ces personnes-là?

[01:28:54]

Il y a GodGod qui a été

[01:28:55]

reconnu pour être super violent.

[01:28:57]

Et lui, il a comme dévoilé

[01:28:59]

un peu son plan de

[01:29:01]

disparaître, mais en

[01:29:02]

décidant de faire ça, il a un peu donné

[01:29:04]

signe de vie aux gens. Mais personne ne

[01:29:06]

sait pourquoi.

[01:29:08]

Et contactant soudain l'une de ses

[01:29:10]

victimes, il lui déclare

[01:29:11]

« Tous mes actes étaient un jeu pour moi.

[01:29:14]

Je ne cherche ni pardon, ni à vous

[01:29:16]

dissuader de porter plainte à la

[01:29:18]

police. Je vous contacte simplement

[01:29:19]

pour vous dire que vos actions faisaient

[01:29:21]

partie d'un jeu. Les personnes que j'ai

[01:29:26]

punies, vous comprenez? »

[01:29:29]

Donc vraiment, il y avait un peu cet esprit-là.

[01:29:31]

Et avant de disparaître,

[01:29:33]

GodGod a laissé un dernier

[01:29:34]

message à sa victime, en disant

[01:29:37]

« Eh bien, c'est amusant, mais

[01:29:38]

je dois partir maintenant. Je vais jouer à

[01:29:40]

MapleStory ». MapleStory, c'est un

[01:29:42]

jeu RPG en ligne coréen.

[01:29:44]

Je vais aller vérifier qu'il existe depuis 2003.

[01:29:47]

Il prétend, lui, être à

[01:29:48]

l'école secondaire, donc il doit quand même

[01:29:50]

être assez jeune. Mais personne

[01:29:52]

sait si c'est vrai. Disparaissant

[01:29:54]

pendant des mois, il confie le contrôle

[01:29:56]

des salles d'extrémité intense

[01:29:58]

à un homme appelé le Veilleur,

[01:30:01]

puis il s'évapore.

[01:30:03]

GodGod est parti,

[01:30:04]

pour l'instant du moins.

[01:30:06]

Cela a poussé un groupe de hackers

[01:30:08]

anonyme, Team Red - c'est ça que je me disais,

[01:30:10]

ça prend un groupe de hackers comme

[01:30:12]

Anonymous pour arriver là-dedans -

[01:30:14]

à offrir leur aide à la police pour capturer

[01:30:16]

GodGod, affirmant leur intention

[01:30:18]

de mettre fin à ses agissements.

[01:30:21]

Team Red a utilisé des techniques

[01:30:22]

de phishing pour attirer GodGod,

[01:30:25]

en l'envoyant des liens qui semblaient

[01:30:26]

légitimes, mais qui étaient en réalité des pièges

[01:30:29]

pour récupérer ces informations personnelles.

[01:30:31]

Ils ont réussi à accéder à son

[01:30:33]

adresse IP et à d'autres données

[01:30:35]

cruciales avec juste un clic

[01:30:36]

sur un lien piégé, ce qui a permis à

[01:30:38]

la police de le localiser.

[01:30:41]

Et là, la police a finalement trouvé

[01:30:42]

GodGod dans une casse.

[01:30:46]

Donc, GodGod

[01:30:47]

de son vrai nom, Moon

[01:30:48]

Yoon Mook, un jeune homme

[01:30:50]

semblable à Cho en termes d'apparence

[01:30:53]

et de parcours académique,

[01:30:55]

a été appréhendé sans

[01:30:57]

incidents notables. Donc,

[01:30:58]

il était dans un genre de fourrière,

[01:31:01]

quoi, ou… Oui, exact. Oui, il se cachait.

[01:31:02]

Ça n'a pas été précisé, mais il dit qu'il était dans une

[01:31:04]

genre de cachette, là, tu sais. Oui, oui, oui.

[01:31:06]

C'est vraiment… Mais c'est fou,

[01:31:09]

hein? J'étais content que

[01:31:10]

les hackers se mettent à

[01:31:13]

partie parce que…

[01:31:16]

J'ai l'impression

[01:31:17]

que les policiers pourraient même…

[01:31:18]

Oui, je pense qu'ils peuvent le faire, mais des fois,

[01:31:20]

il faut faire attention tactique pour que les…

[01:31:22]

Je ne connais pas les lois coréennes,

[01:31:24]

mais ici, il faut faire attention de la façon

[01:31:26]

qu'on accumule la preuve, qu'elle soit

[01:31:28]

acquise de manière légale et tout ça.

[01:31:31]

Donc, j'ai l'impression que ça leur a donné

[01:31:32]

un très, très bon coup de main versus

[01:31:34]

ce que les policiers peuvent

[01:31:36]

ne peuvent pas faire aussi dans le cadre

[01:31:39]

de leur fonction.

[01:31:40]

Il y a eu un procès, évidemment,

[01:31:42]

parce que là, on avait piégé les deux.

[01:31:45]

Et, évidemment,

[01:31:46]

la condamnation de Cho Ju Bin,

[01:31:49]

en fait, qui se trouve à être

[01:31:50]

basca, lui,

[01:31:52]

il a été arrêté en mars 2020.

[01:31:54]

Il a été inculpé avec 38

[01:31:56]

complices, donc il y en avait beaucoup,

[01:31:58]

en fait. En octobre

[01:32:00]

2021, alors qu'il était

[01:32:02]

âgé de 24 ans, il a été condamné

[01:32:04]

à 40 ans de prison pour son rôle

[01:32:06]

dans la Night Room,

[01:32:09]

justement pour exploitation

[01:32:10]

sexuelle, trafic humain et autre,

[01:32:13]

tu sais, ce qui est, selon

[01:32:14]

moi, pas tant, en fait, je trouve.

[01:32:16]

Mais il y a un petit bonus, là, après.

[01:32:17]

Oui, c'est ça. En février 2022,

[01:32:20]

le tribunal l'a condamné

[01:32:22]

à 50 prisons supplémentaires

[01:32:24]

pour violation de la loi sur la

[01:32:26]

dissimulation criminelle, portant

[01:32:28]

sa peine à 45 ans.

[01:32:30]

La Cour suprême a confirmé

[01:32:32]

cette condamnation à 45 ans.

[01:32:34]

Cho devra aussi porter un bracelet électronique

[01:32:36]

pendant 30 ans après sa libération,

[01:32:39]

payer une amende de 100

[01:32:40]

millions de won, qui équivaut à

[01:32:42]

90 000 $ environ,

[01:32:44]

et ne pourra pas travailler avec des enfants

[01:32:46]

pendant 10 ans.

[01:32:48]

Et lors de son procès, Cho avait prédé

[01:32:50]

pour une peine plus légère, estimant que

[01:32:52]

40 ans était trop lourd, mais les procureurs

[01:32:54]

avaient demandé 15 ans de plus,

[01:32:56]

car une nouvelle victime avait été identifiée.

[01:32:59]

Selon les rapports,

[01:33:00]

Cho a déclaré, alors qu'il était amené

[01:33:02]

au poste de police de Séoul,

[01:33:04]

« Je m'excuse auprès de ceux que j'ai blessé,

[01:33:06]

merci d'avoir mis un frein à la vie

[01:33:08]

d'un démon qui ne pouvait être

[01:33:10]

arrêté. »

[01:33:11]

Ce qui est selon moi, on en parle un peu

[01:33:14]

« off the record » Seb,

[01:33:15]

mais on aurait été plus sévère nous

[01:33:19]

pour tout ce qu'il a fait,

[01:33:20]

pour le nombre de victimes,

[01:33:22]

même s'ils portent un bracelet électronique

[01:33:24]

après, ne pas travailler

[01:33:26]

avec des enfants pendant 10 ans.

[01:33:27]

On peut-tu l'empêcher de voir des enfants

[01:33:30]

pendant 100 ans?

[01:33:31]

Il va sortir à 70 ans,

[01:33:34]

ou presque.

[01:33:35]

Même là, 30 ans, le bracelet,

[01:33:38]

non, moi,

[01:33:39]

en tout cas,

[01:33:41]

c'est des gens

[01:33:44]

qui

[01:33:45]

ne méritent peut-être même pas de vivre.

[01:33:48]

Ce réseau-là aurait exploité

[01:33:50]

au moins 103 victimes,

[01:33:52]

dont 26 d'âge mineur,

[01:33:55]

sur Telegram.

[01:33:57]

Il y a aussi eu

[01:33:58]

des complices

[01:33:59]

qui ont été condamnés.

[01:34:01]

God God, lui,

[01:34:02]

a été condamné à 34 ans

[01:34:04]

de prison, en fait.

[01:34:07]

En fait, les policiers, à l'époque,

[01:34:08]

avaient demandé la prison à vie.

[01:34:11]

Et en fait, 34 ans,

[01:34:12]

lui aussi.

[01:34:13]

C'est un petit peu décevant, je pense.

[01:34:15]

Lui aurait contraint 21 femmes

[01:34:18]

avec des mineurs au travers,

[01:34:20]

entre février 2019 et janvier 2020,

[01:34:23]

à partager près de

[01:34:24]

3800 vidéos

[01:34:27]

de

[01:34:28]

compromettantes.

[01:34:29]

Il est divisé par 21.

[01:34:30]

Ça fait beaucoup de vidéos

[01:34:33]

par personne. Moi, ça,

[01:34:35]

ça me perturbe.

[01:34:36]

Je suis convaincu que

[01:34:38]

le chiffre 21 est seulement les preuves

[01:34:40]

qui ont pu amasser, parce que

[01:34:42]

pendant plusieurs années, je suis convaincu

[01:34:44]

qu'il y a eu plusieurs femmes

[01:34:46]

qui ont été malheureusement

[01:34:48]

pris avec lui. Il y a eu d'autres complices

[01:34:50]

qui ont eu des primes de prison

[01:34:53]

de 20 ans et tout ça,

[01:34:54]

les gestionnaires, les distributeurs,

[01:34:57]

les recruteurs et tout ça,

[01:34:58]

qui ont quand même tous été punis

[01:35:00]

entre 18 et 25 ans

[01:35:03]

de prison.

[01:35:04]

Au moins, ils ont été retrouvés, ces gens-là,

[01:35:06]

puis ils ont fait face à la justice.

[01:35:08]

Depuis la Corée du Sud aussi, il a adopté

[01:35:10]

une législation, je pense, suite à ce scandale-là.

[01:35:12]

Oui, elle s'appelle

[01:35:13]

l'Antinine Room.

[01:35:15]

Vraiment, les directs visent à

[01:35:17]

durcir les sanctions relatives aux crimes

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sexuels numériques, à contraindre

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les fournisseurs de services Internet

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à bloquer la diffusion de contenu légal,

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mais encore là, c'est difficile.

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Toutefois, cette loi est critiquée justement

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par son incapacité à englober les espaces

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privés, comme les chat rooms

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sur Telegram, révélant

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les limites des régulations face à une technologie

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perpétuelle en évolution.

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Puis même dans l'After Show, on va vous en parler tout à l'heure,

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il y a des pays qui ont

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suspendu temporellement

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Telegram dans leur pays

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parce qu'ils ne respectaient pas

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ces lois-là. À un moment donné, j'ai l'impression

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que les pays, il faut qu'ils se tiennent debout aussi

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par rapport à ça. C'est juste des mausous

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d'application, je veux dire, dans le sens

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que ça

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maintient pas la vie.

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C'est pas nécessaire.

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Là-dessus, je trouve qu'ils devraient être beaucoup plus sévères.

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Puis même la Chine aussi,

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on fait le même pas que la Corée.

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Par rapport à ça, ils ont durci

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les règles par rapport à ça.

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Mais encore là, c'est très difficile.

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En Chine, justement, ils ont durci

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les règles par rapport aux contenus

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domestiques, donc local. Mais tout ce qui est

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produit ailleurs, encore là, ils n'ont pas de législation

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pour ça. Mais c'est quand même

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un pas de plus. Plus

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on avance, plus on régule

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en fait les crimes technologiques.

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Yes. Merci Seb

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pour au moins

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il y a un peu de positif malgré tout.

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Au moins,

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ça risque de faire changer les choses,

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mais malgré tout, il y a eu quand même

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de réels victimes autour de

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ça, donc on s'en sort pas.

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Mais c'est le fun des fois d'aller voir

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un peu ce qui se passe en Asie.

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On espère vous en sortir un petit peu plus

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d'histoires

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issues de Corée, Japon,

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Chine, Vietnam et autres,

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parce qu'il s'en passe des choses là-bas aussi.

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On arrive à la fin de la saison, Seb,

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c'est dur à croire.

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On a fini avec un gros épisode.

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Oui, un très long épisode. Merci de nous avoir suivis

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jusqu'à ce moment-ci.

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En After Show, on vous parle

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d'autres histoires criminelles qui se déroulent

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sur Telegram pour nos abonnés Patreon.

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Sachez qu'on a d'autres surprises

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en cours dans les prochaines semaines.

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Donc, nous lâchez

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pas, restez avec nous. Il y a

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d'autres contenus qui s'en viennent.

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Attrapez-nous sur la route aussi sinon,

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cet été, on risque de faire peut-être

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un petit événement parce qu'on a un café

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qui s'en vient aussi, Seb.

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On remet la collaboration avec Jungle.

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Donc, on risque de se revoir pendant

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l'été. On demeure quand même actif.

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On n'y pas trop loin. On vous rappelle

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qu'à Longueuil, le 11 juillet, on est live

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avec notre cabaret des curiosités du web

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avec des toutes nouvelles histoires.

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Il reste quelques billets. Lancez-vous.

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On a bien hâte de vous voir.

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Et Seb, écoute,

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on se dit à très bientôt

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autour de ce micro-là.

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Mais avant de quitter,

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c'est l'heure de donner quelques

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shout-out à nos magnifiques membres

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Patreon. Je te laisse partir.

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Je donne un gros hi-five

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à David P.

[01:38:12]

Alexis F.

[01:38:14]

Sophie T.

[01:38:15]

La Mystérieuse Stephisa

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et Valérie V. L.

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Une bonne poignée de main à Savanna,

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à Ines A.

[01:38:24]

à Tata Lily,

[01:38:26]

à Vanessa T.

[01:38:27]

et à Caroline P.

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Beaucoup d'amour à Jared Ayer,

[01:38:32]

Émilie P.

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Isabelle G.

[01:38:34]

Le Phil et JST.

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Un gros câlin à Pizelle,

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à Marie-Pierre,

[01:38:41]

à Jean-Philippe L.,

[01:38:44]

à Samuel L.

[01:38:46]

et à Agathe P.

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Et je conclue.

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Merci à vous, sans vous,

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on ne pourrait pas faire ce show-là.

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Sophie L.

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Laurence G. Isabelle D.

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Quentin S.

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et Claude.

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Terminé Seb, aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?

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Décidément,

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l'humanité ne cessera

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jamais de nous surprendre par sa créativité.

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À faire le mal.

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