#111 - La mort inexplicable d’Annie Borjesson

Épisode

#111 - La mort inexplicable d’Annie Borjesson

Épisode
111
Durée
1 h 21 min
Format
Audio

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Écouter l’épisode

En 2005, le corps d’Annie Borjesson, une suédoise âgée de 30 ans en voyage en Écosse, est retrouvé sur la plage de Prestwick. En moins de 24h, les enquêteurs concluent au suicide par noyade… Mais une tonne d’indices étranges pointent vers quelque chose de beaucoup plus gros… Alors que les traces numériques s’effacent derrière elle, le scénario du meurtre prend de plus en plus d’ampleur. Est-ce qu’Annie était suivie par un joueur de rugby mystérieux? Encore pire, est-ce que la CIA pourrait être impliquée? Suivez-nous alors que nous tentons de faire la lumière sur cette mort inexplicable.

Transcription de l’épisode

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[00:01]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur...

[00:07]

On the 4th of December 2005, the body of a blonde 30-year-old woman was discovered on Preswick Beach in Scotland.

[00:16]

For a split second, he was thinking there is a girl there sunbathing, and then directly understood that that's not possible, that something else has happened here.

[00:27]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[01:00]

En 2005, le corps d'Annie Borgeson, une Suédoise âgée de 30 ans en voyage en Écosse, est retrouvé sur la plage de Preswick.

[01:10]

En moins de 24 heures, des enquêteurs concluent au suicide par noyade, mais une tonne d'indices étranges pointent vers quelque chose de beaucoup plus gros.

[01:20]

Alors que les traces numériques s'effacent derrière elle, le scénario du meurtre prend de plus en plus d'ampleur.

[01:27]

Est-ce qu'Annie était suivie par un joueur de rugby mystérieux?

[01:31]

Encore pire, est-ce que la CIA pourrait être impliquée?

[01:34]

Suivez-nous alors que nous tentons de faire la lumière sur cette mort inexplicable.

[01:45]

Sébastien Lévesque, comment vas-tu aujourd'hui?

[01:47]

Ça va bien, et toi Emil Gauthier?

[01:48]

Ça va très bien, deuxième épisode de notre saison 9, le marathon est commencé.

[01:53]

On remercie nos nouveaux auditeurs et auditrices, vous êtes nombreux justement à apparaître sur nos réseaux sociaux, sur notre groupe de discussion, sur Facebook,

[02:02]

et beaucoup de nouveaux membres Patreon aussi qui ont rejoint notre groupe, donc merci à vous de votre écoute, merci de votre soutien.

[02:12]

Puis ce soir, on a une histoire assez capotée en bon québécois, que l'on pourrait dire Seb.

[02:18]

Moi j'aime les histoires qui semblent être plutôt simples, mais qui au fond, quand on commence à creuser, deviennent extrêmement compliquées.

[02:26]

Absolument, et cette histoire-là, c'est parfaitement ce que tu dis, parce que même au premier abord, quand je commençais à lire sur le cas,

[02:33]

je me demandais si j'avais vraiment quelque chose à dire tant que ça, mais finalement, il y a beaucoup de choses à dire.

[02:39]

Oui, le corps d'une jeune femme suédoise retrouvée sur la plage de Prestwick, en Écosse, Annie Borgeson, une jeune femme de 30 ans,

[02:49]

en pleine santé, qui était en forme athlétique aussi, les policiers concluent au suicide en moins de 24 heures, donc très rapidement,

[02:59]

mais là, il y a plein d'autres histoires, il y a une confusion au niveau de son nom avec quelqu'un d'autre,

[03:04]

qui a place à même des théories du complot autour de ça, et il y aurait peut-être même un mystérieux stalker, en fait, qui peut-être suivait Annie,

[03:13]

donc plein d'histoires comme ça qui vont vous rendre encore plus confus à la fin qu'au début, mais Distorsion, on a tout lu, on a tout vu,

[03:23]

on a tout écouté à propos de cette histoire-là, il y a eu un documentaire aussi sorti cet été, à l'été 2023, donc très récemment,

[03:31]

au sujet de cette histoire-là, donc on a quelques updates, même si c'est une histoire de 2005, vous allez voir, c'est passionnant,

[03:38]

et c'est une histoire un petit peu moins connue, qu'on a moins entendu parler du moins au Québec et au Canada.

[03:44]

Et qu'est-ce qu'on boit Seb pour attaquer cette histoire?

[03:47]

Oui, on boit une de mes bières préférées, on boit la Mixtape de Cinquième Baron, en fait,

[03:54]

qui est une micro-brasserie du vieux Elmer à Gatineau.

[04:00]

Shout out Elmer!

[04:01]

Oui, exact, on les aime beaucoup. Évidemment, c'est une IPA de style Norès 6.5, elle a des oublons différents, des énigmes et des galaxies.

[04:11]

Ce que je voulais vous parler, c'est un peu leur mojo de cette bière-là, puis ils disent,

[04:17]

Tout dans leur carrière, certains artistes musicaux distribuent un mixtape de leurs pièces dans le but de se faire découvrir.

[04:23]

C'est avec cet esprit que nous avons décidé de lancer notre mixtape comme première bière.

[04:28]

À chaque fois que j'en vois à Montréal, j'en achète, parce que des fois, les brasseries de Gatineau ne se rendent pas partout,

[04:34]

donc on est très contents quand on trouve du Cinquième Baron à Montréal.

[04:38]

Oui, mais c'est ainsi que ça va bien, je trouve, il y en a régulièrement, donc c'est une très bonne nouvelle.

[04:43]

Shout-out à Jean-François Tremblay qui nous offre cette tournée de bière.

[04:48]

Et aussi, on a un shout-out sur Apple Podcasts qui nous vient de Finch, de la Suisse, ce qui nous donne une review 5 étoiles.

[04:56]

Il nous dit, ici, la Suisse, il ou elle, en fait, dure à dire.

[04:59]

Oui, messieurs, on aimerait vous voir en Suisse.

[05:02]

Yes, ben oui, on a plusieurs auditeurs et auditrices de la Suisse, on a même des horlogers et horlogères de chez Rolex, donc shout-out Rolex.

[05:10]

Il nous dit ou elle nous dit, ce petit pays n'a autant de true crime que le continent américain,

[05:16]

mais néanmoins regorge d'histoires bien weird, comme le fou de Bienn, qui a eu même les honneurs d'un film dernièrement.

[05:23]

La tuerie de chevaline, c'est vrai, c'est sur notre liste de sujets, peut-être qu'on va en parler.

[05:28]

À la frontière française et même les horreurs de l'OTS, donc l'Ordre du Temple Solar qu'on a eu au Québec aussi.

[05:35]

Donc la personne continue à nous dire, la présence de nombreux diplomates, son cosmopolisme, sa nature sauvage,

[05:42]

voire même la présence de multimillionnaires bien barges, confère à la Suisse bien des histoires aux antipodes de son image bien policée.

[05:51]

Donc shout-out à toi, Finch, ça serait le fun d'aller en Suisse, justement, faire un petit tour.

[05:56]

Un petit tournée.

[05:58]

Exactement. Si les Suisses, levez-vous et manifestez-vous, si vous voulez qu'on passe dans votre cher pays la prochaine fois qu'on va en Europe.

[06:06]

Ça pourrait être bien agréable.

[06:09]

Aussi, on a un After Show, mon cher Seb, pour nos abonnés Patreon.

[06:14]

Et là, j'ai trouvé une histoire un petit peu plus légère que celle de Annie Borgeson, mais qui est tout autant empreinte de mystère.

[06:21]

C'est le mystère des pieds humains sur la plage de Tofino.

[06:25]

Vous savez, il y a une couple d'années, au fil des années, on a trouvé plusieurs pieds humains dans des chaussures,

[06:31]

pas juste à Tofino, mais sur la côte ouest du Canada et des États-Unis.

[06:37]

Donc, mystérieux, des pieds sans corps, avec encore des chaussures, qui se retrouvent sur la plage.

[06:42]

Qu'en est-il de cette histoire-là? Depuis 2007, je crois qu'on retrouve des pieds.

[06:47]

On parle de dizaines de pieds qui ont été retrouvés.

[06:49]

Donc, on va faire le tour de ce sujet-là en After Show.

[06:52]

Ça, c'est pour nos abonnés Patreon qui vont avoir la chance de le découvrir.

[06:57]

D'ailleurs, il y a plein d'After Show qui vous attendent, un par épisode, pour nos nouveaux abonnés Patreon.

[07:02]

Moi, si j'étais un nouvel abonné Patreon en ce moment, je tripperais parce que c'est le meilleur moment.

[07:06]

Ah, c'est Noël, là.

[07:07]

Oui, t'arrives, puis il y a déjà trois, quatre saisons de sortie, il y a plein de bonus.

[07:11]

Donc, ben oui, on remercie nos abonnés qui sont là depuis le début, qui eux ont commencé avec zéro bonus.

[07:17]

Exact, exact, des Reels, des OJ.

[07:20]

Vraiment des Reels.

[07:21]

Et donc, je pense qu'on en a assez dit, Seb.

[07:23]

Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans la mort inexplicable d'Annie Borgeson?

[07:29]

Oui, mais avant de nous lancer dans le sujet d'aujourd'hui, Emile,

[07:33]

il est important de mentionner notre partenaire NordVPN qui sponsorise l'épisode d'aujourd'hui.

[07:39]

Dans une ère où la vie numérique est omniprésente,

[07:42]

la protection de nos données en ligne n'a jamais été aussi cruciale.

[07:46]

NordVPN est là pour nous aider à naviguer en toute sécurité,

[07:50]

en préservant à la confidentialité nos échanges numériques.

[07:53]

Totalement d'accord, Seb.

[07:55]

Avec toutes les menaces en ligne, il est plus important que jamais de protéger sa vie privée et ses informations personnelles.

[08:02]

NordVPN vous permet de naviguer sur Internet en toute sécurité,

[08:06]

en masquant votre adresse IP et en cryptant vos données.

[08:09]

Mais surtout, moi, ce que j'aime, c'est que peu importe où on est dans le monde,

[08:13]

on peut avoir accès à tous les contenus en ligne comme si on était à la maison.

[08:18]

Donc, sur les sites de streaming comme Netflix ou Disney+,

[08:21]

ils ont tous du contenu qui est géobloqué et du contenu exclusif selon les régions.

[08:26]

Mais avec NordVPN, ce contenu peut être facilement débloqué,

[08:30]

tout comme certains sites web de nouvelles ou de médias.

[08:33]

Et d'ailleurs, pour cet épisode-ci précisément,

[08:35]

j'ai dû utiliser NordVPN pour faire de la recherche auprès de sites web en Écosse

[08:39]

qui malheureusement étaient bloqués au Canada.

[08:41]

Ok, ah ben utile!

[08:44]

Ça, c'est une bonne nouvelle et mille pour nos auditeurs,

[08:46]

parce que nous avons une offre spéciale qui est valable jusqu'au 18 octobre.

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[09:05]

donc si vous n'aimez pas ça, si ça vous ne satisfait pas,

[09:08]

il n'y a aucun problème, vous pouvez l'essayer sans risque.

[09:11]

Alors Seb, est-ce que maintenant on est prêt à plonger dans l'épisode d'aujourd'hui?

[09:16]

Oh oui monsieur!

[09:18]

Et avec toute la tranquillité d'esprit offert par NordVPN.

[09:23]

Nous sommes le 4 décembre 2005, à 8h23 du matin, sur la plage de Prestwick.

[09:30]

Prestwick est située sur la côte ouest de l'Écosse,

[09:32]

le long de la côte de la mer d'Irlande,

[09:35]

à environ 30 km au sud-ouest de Glasgow.

[09:38]

Elle fait partie de la région historique Dershire.

[09:42]

Elle n'est pas trop loin de l'aéroport non plus.

[09:45]

Prestwick Beach est une plage de sable fin

[09:48]

qui s'étend sur environ 2 km le long de la côte.

[09:51]

Elle est réputée pour être un endroit pittoresque

[09:54]

et populaire pour les activités de plage,

[09:57]

notamment la baignade, les promenades et les pique-niques.

[10:00]

C'était aussi un berceau du golf,

[10:02]

un joyau dans le royaume du Fairway.

[10:05]

En 1851, le Prestwick Golf Club

[10:08]

voit le jour et façonne l'histoire du golf.

[10:11]

Ses parcours légendaires avaient accueilli

[10:13]

le premier open britannique en 1860,

[10:16]

donnant naissance à une tradition vieille de plus d'un siècle.

[10:20]

Prestwick était une évasion balnéaire

[10:22]

pour les voyageurs en quête de repos et de détente.

[10:25]

Les rues bordées de maisons géorgiennes

[10:28]

abritaient d'authentiques pubs écossais,

[10:30]

des restaurants proposant des plats de fruits de mer frais

[10:33]

et des boutiques artisanales.

[10:35]

Non loin de là, l'aéroport de Prestwick était un autre témoin de l'histoire.

[10:40]

Ses pistes avaient vu décoller les pionniers de l'aviation

[10:42]

et continuaient d'accueillir des vols commerciaux et cargos

[10:45]

reliant Prestwick au reste du monde.

[10:48]

Les paysages environnants étaient tout aussi envoûtants que la plage.

[10:52]

Des falaises majestueuses se dressaient le long de la côte,

[10:55]

offrant des vues panoramiques sur la mer d'Irlande.

[10:57]

Les promenades côtières invitaient les voyageurs à s'émerveiller

[11:00]

devant la beauté naturelle de la région.

[11:03]

Prestwick Beach était bien plus qu'un simple endroit sur la carte.

[11:06]

C'était une destination chargée d'histoire, de beauté naturelle

[11:10]

et d'une ambiance balnéaire chaleureuse.

[11:13]

Mais à partir de ce matin de décembre 2005,

[11:16]

la plage paradisiaque ne sera plus jamais la même.

[11:19]

En décembre, Glasgow, situé en Écosse,

[11:23]

connaît un climat typiquement froid et humide

[11:25]

caractéristique de la région.

[11:27]

Les températures en décembre à Glasgow sont généralement fraîches

[11:30]

avec des maximales moyennes autour de 7 à 8 degrés Celsius

[11:34]

et des minimales autour de 2 à 3 degrés Celsius.

[11:38]

Ça descend quand même assez bas.

[11:40]

Il n'est pas rare que les températures descendent en dessous de zéro la nuit.

[11:44]

Bien que la neige ne soit pas aussi fréquente à Glasgow

[11:46]

qu'en certaines autres parties de l'Écosse,

[11:49]

il est possible de voir la neige en décembre,

[11:51]

en particulier vers la fin du mois lorsque les températures sont plus froides.

[11:56]

Cependant, les chutes de neige importantes sont rares

[11:59]

et ce matin de décembre 2005,

[12:01]

il n'y avait pas de neige sur la plage.

[12:05]

À 8 h 23 du matin,

[12:07]

David Keenan, un habitant de la région,

[12:10]

promène son chien sur la promenade le long de la plage

[12:13]

comme il fait chaque matin.

[12:15]

Il n'y a presque personne à cette heure en ce temps de l'année.

[12:17]

En marchant, il aperçoit des pieds sur la plage

[12:21]

du haut de la promenade où il marche.

[12:24]

Il descend et découvre le corps inanimé d'une femme

[12:27]

face vers le sol sur la plage,

[12:30]

tout habillé, avec son sac à dos et ses affaires

[12:33]

éparpillées autour d'elle.

[12:35]

Il va tout de suite appeler les policiers qui vont arriver dans les 10 minutes

[12:38]

suivant l'appel.

[12:40]

Les policiers trouvent dans le sac de la jeune femme son passeport,

[12:44]

son téléphone et ses pièces d'identité.

[12:47]

Il est assez simple de déterminer que la jeune femme est

[12:50]

Annie Borgeson, une Suédoise âgée de 30 ans,

[12:54]

habitant à Malmö en Suède.

[12:56]

Selon eux, elle est décédée dans les heures précédents

[12:59]

à la découverte du corps. Ils vont rapatrier le corps

[13:02]

pour des examens ainsi que les affaires de la défunte.

[13:06]

Les parents et amis d'Annie, qui sont situés en Suède,

[13:09]

vont être avertis de la nouvelle et seront bien sûr

[13:12]

dévastés d'apprendre le décès d'Annie.

[13:15]

Le lendemain, le 5 décembre, un constat va être

[13:19]

rempli par les policiers et rendu public.

[13:22]

Sur le constat, il est indiqué qu'Annie est décédée

[13:25]

par noyade et sans doute par suicide.

[13:28]

Selon eux, elle aurait mis fin à ses jours

[13:31]

en se noyant elle-même dans l'eau extrêmement froide

[13:34]

de décembre sur la plage de Prestwick.

[13:37]

Il ne faut pas oublier que le constat est publié

[13:40]

le lendemain de la découverte du corps,

[13:42]

donc avant même qu'il y ait une autopsie

[13:44]

ou encore des analyses toxicologiques réalisées sur le corps.

[13:48]

N'est-ce pas un peu prématuré de conclure au suicide

[13:51]

après si peu de temps et après si peu d'analyse, Seb?

[13:55]

Pas mal, oui, c'est vraiment étrange.

[13:57]

Comment on peut conclure, comment on peut arriver

[13:59]

à ça sans preuve? On dirait que même ça,

[14:03]

je me demandais s'il y avait un cadre législatif

[14:05]

par rapport à ça, est-ce que tu peux émettre

[14:07]

ces hypothèses-là sans avoir une autopsie,

[14:11]

sans que ce soit des hypothèses préliminaires?

[14:13]

Ouais, aussi vite que ça.

[14:16]

Mais avant d'aller plus loin, on va découvrir ensemble

[14:19]

qui est Annie Borgeson.

[14:22]

Annie Christina Borgeson est née le 7 février 1975

[14:27]

et a grandi dans la ville de Tibro, en Suède.

[14:31]

Elle était membre d'une famille de quatre enfants,

[14:33]

une famille très aimante et compréhensive.

[14:37]

Sa famille l'a décrit à l'époque comme étant une jeune fille

[14:39]

extravertie qui aimait avoir des conversations animées

[14:41]

sur absolument tous les sujets.

[14:44]

À l'adolescence, Annie découvre une passion pour la musique,

[14:47]

qui est sa forme d'art préférée.

[14:49]

Elle était une bonne chanteuse et chantait même

[14:51]

dans un groupe nommé Annie and the Wolves,

[14:54]

qui faisait un genre de pop school en Suédois.

[14:57]

Oui, quand même intéressant, il reste des traces de ça.

[15:01]

D'ailleurs, j'en ai écouté quelques-unes des chansons d'Annie.

[15:05]

Des fois, c'est vraiment un petit peu

[15:07]

pop ska, ça fait penser un peu des fois

[15:10]

à certaines chansons de Cindy Lauper

[15:12]

qui est peut-être un peu moins ska, je dirais.

[15:15]

Mais des fois, c'est très blues aussi, donc des chansons

[15:18]

qui sont vraiment plus blues avec guitare acoustique et autres.

[15:21]

Elle avait une belle voix quand même.

[15:23]

Elle jouait aussi occasionnellement de la guitare,

[15:25]

de la basse, donc tu dois bien

[15:30]

te reconnaître en elle si on veut.

[15:32]

Elle aimait les gens d'autres cultures

[15:34]

et avait des amis provenant du monde entier.

[15:36]

De là est venue sa passion pour les langues,

[15:39]

car même jeune adulte, ça, ça m'impressionne,

[15:41]

elle parle cinq langues, le Suédois, l'Anglais,

[15:44]

le Finnois, le Français, et comme son père

[15:47]

elle parlait également couramment le Hongrois.

[15:52]

Impressionnant ça.

[15:54]

Elle était soucieuse de sa santé et même si elle voyageait,

[15:58]

elle mangeait de la bonne nourriture et pratiquait des sports.

[16:01]

La natation était son exercice de prédilection,

[16:04]

même si elle aimait aussi la marche rapide.

[16:06]

Ça, je la comprends parce que moi aussi j'adore ça.

[16:08]

Annie était en grande forme et avait de longs cheveux

[16:11]

jusqu'à la taille. C'était quelque chose dont elle était très fière.

[16:15]

Sa meilleure amie, Maria, a déclaré qu'elle buvait

[16:18]

du jus d'aloease, car c'était bon pour ses cheveux.

[16:22]

Elle n'allait pas non plus chez n'importe quel coiffeur.

[16:24]

Seul le coiffeur Suédois était autorisé

[16:27]

à s'en approcher. Ses amis la décrivaient

[16:29]

comme une princesse viking.

[16:31]

Oui, elle était sportive, bâtie avec des longs cheveux

[16:36]

dont elle prenait soin.

[16:37]

Mais c'est vrai, elle avait une bonne carrure.

[16:39]

Même si Annie parlait plutôt bien anglais,

[16:42]

elle sentait qu'elle souhaitait perfectionner ses connaissances de la langue.

[16:46]

À l'automne 2004, elle décide alors

[16:48]

de partir en Écosse et s'installe à Edinburgh,

[16:51]

où elle étudie l'anglais à l'Aspect Language School,

[16:55]

au centre de la ville.

[16:57]

Elle avait voyagé en Écosse avec un ami en 2003

[16:59]

et était tombée amoureuse de ce pays.

[17:02]

Elle aimait le style de vie en lien avec ses intérêts à elle

[17:05]

et pensait que l'Écosse était un endroit

[17:07]

où elle pouvait envisager un certain futur.

[17:10]

C'est pourquoi elle a choisi de revenir pour une période plus prolongée.

[17:14]

Elle se trouvait alors une chambre au Linton Court,

[17:17]

un bloc d'appartements en colocation avec service hôtelier

[17:19]

sur le Murrestown Road.

[17:22]

C'était surtout des étudiants ou des jeunes professionnels

[17:25]

qui y vivaient et l'emplacement convenait très bien à Annie,

[17:29]

qui aime être au centre de l'action dans les villes qu'elle visite.

[17:32]

Elle avait deux colocs qu'elle ne connaissait pas avant d'y rencontrer.

[17:36]

Elle aimait la vie sociale, vivre et travailler avec des gens du monde entier.

[17:40]

Annie était réellement dans son élément

[17:42]

et s'est très vite adaptée à la vie en Écosse.

[17:45]

À l'époque, elle vivait à Edinburgh,

[17:48]

à environ le 120 km de Prestwick.

[17:51]

À l'automne 2004, Annie a étudié l'anglais

[17:55]

et obtenu un examen de l'Université de Cambridge

[17:57]

à l'Aspect Language School.

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Elle est ensuite retournée en Suède,

[18:02]

voit sa famille et est revenue à Edinburgh en février 2005

[18:06]

pour travailler au Scotch Whisky Heritage Centre,

[18:11]

grâce à une bourse d'études jusqu'en nous.

[18:13]

Cet endroit-là, c'est vraiment un paradis du Scotch.

[18:16]

J'aimerais vraiment y aller, ça donne le goût.

[18:19]

On y retrace toute son histoire.

[18:21]

On peut même faire des dégustations

[18:23]

et plusieurs attractions sont présentes, dont un tour de baril.

[18:26]

Intrigant ça. Pas sûr que je ferais ça.

[18:28]

Moi non plus, ça doit brasser.

[18:31]

Mais bon, tu dois être imbibé d'une odeur après,

[18:33]

il y a moins ce côté positif.

[18:36]

Annie était une jeune femme en très bonne santé

[18:38]

qui ne consommait pas de drogue et était très prudente avec l'alcool.

[18:43]

Même en 2005, elle prenait généralement l'habitude

[18:46]

de toujours surveiller son verre d'alcool dans les bars

[18:49]

pour s'assurer que personne ne mette rien d'hélicite dans son verre.

[18:53]

Si elle ne pouvait pas voir toutes les étapes du service,

[18:56]

elle refusait carrément le verre.

[18:59]

Annie était proche de sa mère, Gouge,

[19:02]

et de son amie Maria en Suède et restait en contact régulier avec elle.

[19:06]

Elle leur parle de ce qu'elle fait

[19:08]

et elle discute des personnes qu'elle rencontre.

[19:10]

Et même si Annie semblait toujours sociable,

[19:13]

elle n'avait pas beaucoup d'amitié sérieuse en Écosse.

[19:16]

Elle sortait souvent seule.

[19:17]

Sa mère et Maria n'ont jamais eu l'impression

[19:20]

qu'Annie avait un genre de BFF,

[19:23]

un ami proche quand elle était là-bas.

[19:26]

Le rugby l'intéressait particulièrement

[19:28]

car les rugby men étaient exactement son type,

[19:33]

athlétique et masculin.

[19:34]

Chaque fois qu'il y avait un match,

[19:36]

Annie se rendait au Murray Field pour soutenir le club qui y jouait.

[19:41]

L'un de ses lieux de prédilection

[19:42]

était le Murray Field Wire Rugby Club.

[19:45]

Annie a travaillé au Scotch Whisky Center pendant six mois

[19:48]

jusqu'en août, date à laquelle son parrainage

[19:51]

pour travailler au centre a expiré.

[19:54]

Son travail au centre consistait en faire organiser des spectacles

[19:57]

éphémères pour divertir les invités.

[19:59]

Étant extrovertie et multilingue, elle était parfaite pour le poste.

[20:06]

Malheureusement, elle ne pouvait plus y travailler

[20:08]

et devait réfléchir à son prochain déménagement.

[20:11]

Elle est retournée auprès de sa famille en Suède

[20:14]

où elle a reçu des allocations de chômage.

[20:16]

Mais ce n'est pas là qu'elle voulait être

[20:18]

et elle est retournée à Edinburgh quelques semaines plus tard,

[20:22]

soit en octobre 2005.

[20:24]

À son retour à Edinburgh, Annie retourna s'installer à Linton Court.

[20:29]

Elle y avait vécu de temps en temps au cours de l'année écoulée,

[20:32]

il s'y sentait à l'aise.

[20:34]

Annie a postulé pour des emplois dans le secteur hôtelier,

[20:37]

mais elle n'a pas eu beaucoup de chance, malheureusement.

[20:40]

En attendant que quelque chose se passe,

[20:42]

elle passait son temps à faire du tourisme,

[20:44]

à faire de la marche rapide et, bien sûr, à nager.

[20:47]

Elle a trouvé une base de loisir

[20:49]

et s'est fait un devoir d'aller nager aussi souvent qu'elle le pouvait.

[20:54]

Même si, lors des derniers mois,

[20:56]

elle n'avait toujours pas d'emploi,

[20:58]

elle n'avait pas non plus de problèmes financiers.

[21:02]

Étant donné qu'au cours de sa dernière période en Écosse,

[21:04]

alors qu'elle cherchait du travail,

[21:06]

elle a reçu des indemnités suffisantes de l'apport

[21:09]

de l'assurance chômage suédoise, donc ça lui a permis de survivre.

[21:13]

Entre ses séjours en Écosse, Annie vivait dans sa famille

[21:17]

et a donc pu économiser une grosse somme d'argent

[21:19]

pour le reste de son voyage.

[21:21]

Quand t'as pas de loyer, rien à payer, ça fait une différence.

[21:24]

Rien ne pouvait ainsi nous amener à penser

[21:27]

qu'elle se retrouverait décédée sur une plage

[21:30]

en plein mois de décembre.

[21:33]

Effectivement, qu'est-ce qui nous a rendu jusqu'ici, en fait ?

[21:37]

Revenons un peu sur la scène de la découverte

[21:39]

pour tenter de comprendre.

[21:41]

Le corps d'Annie a été retrouvé face contre terre,

[21:45]

habillé avec encore les chaussures aux pieds.

[21:48]

Ses pantalons semblaient remonter légèrement au niveau des chevilles

[21:51]

comme si quelqu'un qui souhaitait

[21:54]

se tremper les jambes dans l'eau.

[21:57]

Rappelons-nous que l'eau est glacial à ce temps de l'année en décembre.

[22:00]

Aussi, son manteau et son sac à dos

[22:02]

sont retrouvés à quelques mètres de son corps seulement,

[22:06]

ce qui est plutôt rare lorsqu'un corps part à la dérive,

[22:10]

à la mer, accompagné d'autres éléments.

[22:12]

Dans son sac, on retrouve son passeport, comme on a dit plus tôt,

[22:16]

ainsi que deux livres qu'elle doit rendre sous peu

[22:18]

à la bibliothèque en Suède.

[22:20]

Il y avait aussi son portefeuille avec 300 $ avec elle.

[22:24]

Donc, elle manquait pas d'argent

[22:27]

dans l'immédiat d'une certaine façon.

[22:29]

Il y avait aussi différents effets personnels,

[22:31]

dont son téléphone portable, qui était un vieux téléphone.

[22:35]

2005, ce n'était pas des smartphones,

[22:37]

mais quand même, c'était un téléphone portable numérique,

[22:39]

un peu de style Nokia.

[22:43]

Toutefois, elle avait toujours avec elle un porte-document

[22:45]

de style Filofax, dans lequel elle rangeait ses mots de passe,

[22:49]

ses informations importantes et dans lequel elle écrivait

[22:52]

aussi ses récits de voyage.

[22:54]

Ce Filofax est manquant dans la liste des objets retrouvés

[22:57]

près de son corps, donc c'est assez intrigant.

[22:59]

C'est donc assez étrange qu'autant d'effets personnels

[23:01]

se retrouvent comme ça près d'elle et dans son sac,

[23:05]

alors que d'autres items bien précis manquent étrangement

[23:08]

dans l'inventaire.

[23:09]

Les policiers ont rapidement conclu à la thèse

[23:12]

du suicide par noyade, comme on vous disait,

[23:14]

le lendemain de la découverte, avant d'avoir les résultats des tests.

[23:18]

Ceci dit, si on part de cette thèse,

[23:21]

on suppose que Annie se serait elle-même immergée

[23:23]

dans l'eau de la plage de Prestwick.

[23:26]

Il est important de savoir que cette plage est très peu profonde.

[23:30]

Il faut marcher le sable presque un kilomètre dans l'eau

[23:33]

pour avoir enfin la tête submergée.

[23:35]

C'est vraiment un genre de pente douce

[23:38]

le fond de la plage.

[23:41]

Évidemment, ce n'est pas impossible de se suicider

[23:43]

dans ce contexte-là, mais c'est très improbable

[23:46]

ou encore presque du jamais-vu. Cela implique

[23:49]

que la personne se serait sans doute submergée

[23:51]

la tête elle-même dans l'eau très peu profonde

[23:54]

en se forçant de tout son corps pour maintenir

[23:57]

la tête sous l'eau, ce qui est très contre-nature.

[24:00]

La noyade, c'est quand même assez… ton corps

[24:03]

réagit beaucoup quand il est en train de te noyer,

[24:06]

parce que ton corps veut tout faire pour se sortir

[24:08]

la tête de là. La plupart des suicides par noyade

[24:11]

sont des gens qui sautent d'un pont par exemple

[24:13]

ou qui sautent dans une rivière ou qui sautent

[24:16]

d'un bateau, donc c'est rare que c'est par

[24:19]

immersion progressive comme ça. C'est un peu comme

[24:22]

si on tentait de se suicider dans un bain à la maison

[24:25]

Encore une fois, c'est pas impossible, mais c'est

[24:27]

peu conventionnel, c'est peu répertorié. Autre

[24:30]

détail étrange dans le cas d'un suicide par noyade,

[24:33]

il est très rare que les gens qui souhaitent

[24:35]

s'immerger dans l'eau gardent leur soulier.

[24:39]

En fait, c'est statistique, encore une fois,

[24:41]

c'est pas impossible, mais c'est une constante

[24:45]

qui est très peu répertoriée aussi par

[24:48]

les enquêteurs. Deux semaines plus tard,

[24:51]

le corps d'Annie est rapatrié en Suède auprès

[24:54]

de ses parents, ainsi que tous ses effets personnels.

[24:57]

Comme les autorités ont conclu au suicide, ils n'ont

[24:59]

plus besoin de son corps ni de ses effets personnels.

[25:02]

Mais les parents d'Annie sont secoués de cette

[25:04]

décision-là. Comment peuvent-ils clore une enquête

[25:07]

aussi rapidement? Si d'autres éléments surviennent,

[25:10]

d'autres événements ou autres, comment vont-ils

[25:12]

faire pour faire des analyses ou des prélèvements

[25:14]

sans le corps et sans les autres items retrouvés?

[25:17]

C'est bizarre un peu comme… C'est rapide.

[25:19]

C'est une bien drôle de décision qui va un peu

[25:22]

décourager les parents d'Annie qui ne croient

[25:24]

pas du tout à la théorie du suicide. Parce que selon

[25:28]

eux, Annie allait très bien. La jeune femme était

[25:30]

à sa place dans la vie et elle embrassait chaque

[25:33]

nouvelle expérience qu'elle vivait. Pour eux,

[25:35]

il était impensable qu'elle s'enlève la vie

[25:37]

alors qu'elle vit un peu son rêve de voyager

[25:40]

et découvrir de nouvelles contrées. Quand son

[25:42]

corps arrive en Suède par contre, certains

[25:45]

détails vont choquer les parents et même les

[25:48]

médecins légistes qui vont jeter un œil au corps.

[25:51]

Premièrement, Seb, Annie est recouverte de

[25:54]

plusieurs blessures sur tout le corps, un peu

[25:56]

comme des équimoses, comme si elle avait été

[25:59]

gratinée d'un peu partout. Elle a même une

[26:04]

poignée de blessures. C'est quand même assez

[26:06]

bizarre. Ça n'avait pas été répertorié dans

[26:08]

les documents des policiers. Mais ce qui

[26:11]

choque le plus, c'est qu'elle a des marques

[26:14]

autour du cou. Il y a deux marques plus précises

[26:16]

à l'arrière du cou qui correspondent exactement

[26:19]

à la position des index de deux mains si on

[26:21]

tentait de l'étrangler. Comme s'il y avait

[26:24]

eu une pression très forte à cet endroit.

[26:26]

Ces blessures, encore une fois, ne figurent

[26:29]

nulle part dans le document de déclaration des

[26:31]

policiers. Et même spécifié, aucune preuve

[26:34]

de blessure dans le document. Bizarre un peu.

[26:37]

Le médecin légiste suédois est stupéfait

[26:39]

à lui. Deuxièmement, on se rappelle qu'Annie

[26:42]

a de longs cheveux blonds jusqu'au bas du

[26:44]

dos. Mais sur le corps retrouvé, les cheveux

[26:47]

arrivent à peine aux épaules, comme s'ils

[26:49]

avaient été coupés grossièrement ou

[26:50]

arrachés de sa tête. Ça, c'est tellement

[26:52]

étrange. Peut-être que ça a été coupé par

[26:56]

les policiers dans l'analyse du corps.

[27:01]

Comment expliquer tout cela dans une

[27:03]

hypothèse de suicide? C'est là qu'on est

[27:05]

un peu confus. Il est possible que le

[27:09]

corps ait subi certains dommages en

[27:11]

roulant dans le courant de l'eau, qui

[27:16]

s'épanouissent, mais il faudrait que ces

[27:17]

blessures soient survenues avant la mort.

[27:20]

Selon les médecins légistes, quand le

[27:22]

coeur arrête de battre, il n'y a plus

[27:24]

de pression sanguine et le corps ne

[27:26]

saigne plus. C'est plus difficile pour

[27:28]

des équimoses de se former ou des

[27:30]

blessures de saigner. Pour les cheveux,

[27:33]

c'est dur à expliquer. Est-ce que

[27:47]

c'est un courant assez faible?

[27:50]

Il y a des psychologues qui s'en

[27:52]

ont mêlé, qui indiquent que c'est pas rare

[27:54]

qu'une femme coupe ses cheveux lorsqu'elle

[27:56]

est en dépression ou avant son suicide

[27:58]

parce que les cheveux sont un symbole

[28:00]

très fort de féminité, de pouvoir,

[28:04]

de beauté. Mais juste avant la mort,

[28:06]

apparemment, c'est très rare qu'on

[28:13]

puisse avoir quelque chose comme ça.

[28:14]

Encore une fois, c'est pas impossible,

[28:16]

mais ça semble un peu improbable.

[28:18]

C'est pas un poisson ou un animal

[28:21]

marin qui peut manger des cheveux.

[28:26]

Comment tu trouves les circonstances

[28:29]

de découverte du corps? Est-ce que

[28:30]

la thèse du suicide est crédible?

[28:33]

Pas du tout. C'est ça qui est

[28:43]

C'est que ça prend tellement de temps

[28:44]

en plus de rapatrier le corps dans le pays

[28:47]

original. Des fois, ça prend des années.

[28:49]

La famille se bat pour avoir le corps.

[28:52]

Dans ce cas-ci, on dirait une patate chaude

[28:54]

dans le sens qu'ils ont voulu s'en

[28:56]

débarrasser, si je peux exprimer ce mot-là.

[28:59]

Ça aussi, c'est étrange.

[29:03]

Au début, je pensais peut-être en

[29:04]

transportant le corps, mais avec ce

[29:06]

que tu dis justement que quand on est

[29:08]

mort, il n'y a plus de circulation,

[29:09]

donc on ne produit plus d'équimoses.

[29:13]

C'est étrange. C'est-tu défendu

[29:17]

ou quoi que ce soit? On dirait que

[29:20]

j'y crois pas tout ça. Un peu comme

[29:23]

tu dis, une noyade suicide de ce style-là,

[29:26]

c'est tellement compliqué dans un sens

[29:29]

parce que, comme tu dis, le corps se

[29:31]

combat. Oui, elle, c'est une nageuse

[29:34]

en plus. C'est vrai, tu as raison, mais là

[29:36]

je me suis dit, a-tu pris des, je sais

[29:38]

pas, des gravoles ou des antiques

[29:40]

solitiques pour la calmer, la détendre

[29:42]

au point de l'endormir? Mais étant donné

[29:45]

qu'on n'a pas eu d'autopsie, en tout

[29:48]

cas du moins, on a rien qui révèle

[29:51]

des substances dans son sang, on ne sait

[29:53]

pas ça non plus. Je me suis posé la question,

[29:55]

quelqu'un qui veut vraiment se suicider

[29:57]

dans ce contexte-là, elle pourrait prendre

[29:59]

des médicaments et tomber endormi,

[30:03]

elle combattrait pas, mais c'est ma seule

[30:06]

hypothèse. Il y a tellement de choses

[30:08]

autour qui sont wrong, qui sont étranges,

[30:11]

on dirait que j'arrive pas à coller

[30:18]

sur le contexte, Seb, de Londres qui a eu

[30:19]

la chance d'inspecter le corps d'Annie

[30:21]

car la famille a souhaité obtenir le plus

[30:23]

d'un avis et lui aussi ne comprend

[30:26]

pas du tout le fait que les nombreuses

[30:29]

blessures présentes n'ont pas été soulevées

[30:31]

auparavant dans la première analyse des

[30:32]

policiers écossais. On peut croire

[30:35]

que les blessures, peut-être, aient

[30:36]

été faites de cause naturelle, en roulant

[30:39]

dans l'eau ou sur des pierres,

[30:42]

je ne sais pas s'il y a des coraux à cet endroit-là,

[30:46]

je ne sais pas précisément, mais ça,

[30:49]

ça peut que ça en cause, mais le fait

[30:51]

que ça ne soit pas inscrit dans le rapport,

[30:54]

c'est surtout ça qui est bizarre. Surtout

[30:56]

quand on rapatrie un corps aussi vite,

[30:59]

c'est qu'on estime qu'on a tout examiné

[31:01]

avec grand soin puis qu'on a pris toutes les notes

[31:02]

et les photos qu'on pensait. Donc de ce côté,

[31:06]

la famille n'est pas du tout rassurée des débuts de l'enquête.

[31:09]

Pour eux, il est beaucoup trop tôt pour

[31:11]

récarter l'hypothèse du meurtre. Et en effet,

[31:14]

cette histoire nous réserve encore bien des rebondissements.

[32:46]

On a bien fait le tour des circonstances

[32:47]

de la découverte du corps d'Annie et Mille.

[32:49]

Je propose maintenant qu'on fasse le tour des traces numériques

[32:55]

mais aussi les détails de ses allées,

[32:58]

vous allez voir ces particuliers. Il est possible

[33:01]

de voir si par exemple elle était seule ou accompagnée

[33:04]

ou encore en détresse, et idéalement,

[33:07]

découvrir son itinéraire cette journée-là.

[33:10]

Tout cela risque de nous aider à comprendre la suite des choses.

[33:13]

Nous sommes en 2005, donc il y a beaucoup moins

[33:16]

de caméras de surveillance que de nos jours.

[33:18]

Aussi, les caméras sont de bien moins bonne qualité qu'aujourd'hui.

[33:22]

Ceci dit, Annie a tout de même été aperçue

[33:24]

à quelques reprises les jours précédents de la découverte de son corps.

[33:28]

Tout d'abord, au début décembre,

[33:30]

Annie a payé son mois suivant de loyer,

[33:33]

a reçu un vaccin et a aussi payé un mois

[33:35]

d'abonnement au centre de loisir où elle va faire de la natation.

[33:39]

Elle avait donc des projets long terme dans la ville d'Edimbourg.

[33:43]

Rien n'indique qu'elle souhaitait quitter définitivement.

[33:46]

Le 3 décembre, elle entreprend un voyage

[33:49]

pour retourner voir sa famille en Suède pour quelques jours.

[33:52]

Elle souhaite voir ses amis et aller au Ikea.

[33:57]

On suppose qu'elle se dirigeait vers Glasgow

[34:00]

pour prendre un vol à partir de l'aéroport de Presswick

[34:03]

comme elle a l'habitude de faire lorsqu'elle rentre chez elle.

[34:06]

On sait toutefois qu'elle n'a pas acheté

[34:08]

de billets d'avion en avance.

[34:10]

Elle comptait possiblement en prendre un sur place le jour même,

[34:14]

une pratique que l'on ne voit plus tellement de nos jours.

[34:17]

Non, en effet, il y a une certaine époque,

[34:19]

tu pouvais arriver avec 100 piastres d'un poche à l'aéroport,

[34:22]

donner ton nom au guichet et t'apparaisser sur une liste.

[34:26]

Si il restait de la place dans l'avion,

[34:27]

tu pouvais embarquer en stand-by.

[34:31]

À moindre coût même, pour pas cher,

[34:33]

vu qu'il essayait juste de fouler l'avion.

[34:35]

Mais maintenant, c'est plus possible.

[34:38]

Glasgow est à environ une heure de route de Edimbourg.

[34:42]

Dans son cas à elle, n'ayant pas de voiture,

[34:45]

on suppose qu'elle prend alors un train

[34:46]

en partant du Haymarket d'Edimbourg

[34:50]

jusqu'à la gare centrale de Glasgow

[34:52]

pour ensuite se rendre à l'aéroport.

[34:55]

Il y avait un vol en direction de la Suède ce soir-là.

[34:58]

À 14h17, ces données bancaires indiquent

[35:02]

qu'elle a tenté de faire un retrait

[35:03]

dans un guichet de la gare centrale de Glasgow.

[35:05]

Elle tente alors de retirer 100 livres du guichet,

[35:09]

chose qu'elle se fait refuser par manque de fond.

[35:12]

Elle tente par la suite de retirer 50 livres,

[35:15]

qui, encore une fois, lui sont refusés.

[35:18]

Elle va donc abandonner le guichet automatique.

[35:20]

À ce moment, on ignore si elle a suffisamment

[35:23]

d'argent pour prendre son vol.

[35:25]

Elle doit prendre par la suite un train

[35:27]

pour se rendre à l'aéroport de Prestwick,

[35:30]

qui est à un peu moins d'une heure de route de la gare de train.

[35:34]

Donc, elle tente de retirer de l'argent à deux reprises.

[35:38]

C'est refusé par manque de fond,

[35:39]

mais on sait quand même qu'il y avait 300 $ sur elle

[35:42]

quand son corps a été retrouvé.

[35:45]

Sa prochaine apparition a été filmée par des caméras

[35:48]

de vidéosurveillance à l'aéroport de Prestwick,

[35:51]

une heure plus tard, à 3h15.

[35:54]

Bien que Prestwick soit assez loin d'Edimbourg,

[35:57]

littéralement de l'autre côté d'un pays étroit,

[36:00]

c'était l'aéroport qu'Annie utilisait habituellement

[36:02]

lorsqu'elle voyageait vers et depuis la Suède

[36:05]

avec Ryan Air.

[36:08]

À 15h15, des images de vidéosurveillance

[36:11]

la montraient traversant le passage aérien

[36:14]

reliant la gare à l'aéroport. Elle fumait en marchant.

[36:19]

Lorsque sa famille a visionné les images,

[36:21]

elle a identifié le pull en polar rouge

[36:24]

d'Annie sous sa lourde veste d'hiver.

[36:28]

Ses longs cheveux blonds étaient attachés en queue de cheval.

[36:31]

La famille remarque que le pull rouge et noir

[36:33]

qu'elle portait sur les images de surveillance

[36:35]

n'a pas été retrouvé sur la plage, ce qui est un peu bizarre.

[36:40]

Peu de temps après, Annie a été vue sortant

[36:42]

dans le parking de l'autre côté du terminal.

[36:45]

Cela signifiait qu'elle avait dû traverser tout le terminal

[36:48]

pour atteindre la sortie de l'autre côté.

[36:50]

Ce qui est étrange, c'est que toute cette marche

[36:52]

lui a pris moins d'une minute, 55 secondes si on veut être exact.

[36:57]

Lorsque les enquêteurs ont reconstitué la marche

[36:59]

avec une personne du même âge et du même niveau

[37:02]

de forme physique qu'elle, il a fallu

[37:05]

une minute 32 secondes pour arriver de l'autre côté.

[37:08]

Donc, la seule façon d'y parvenir en 55 secondes,

[37:11]

c'était que soit Annie courre ou bien sûr

[37:14]

que les codes temporels des caméras de vidéosurveillance

[37:17]

auraient pu être ironés, c'est dans les hypothèses.

[37:20]

Oui.

[37:21]

Après trois minutes de passer dans le stationnement,

[37:25]

Annie retourna dans le bâtiment principal.

[37:27]

Elle avait l'air furieuse et en colère.

[37:30]

Que s'est-il passé pendant ces trois minutes vitales?

[37:34]

Annie était-elle censée rencontrer quelqu'un

[37:36]

qui ne s'est pas présenté? Elle a certainement pris

[37:39]

cette direction-là avec une intention.

[37:41]

Et s'il y avait quelqu'un, est-ce que cette personne

[37:44]

venait d'arriver ou est-ce qu'elle partait?

[37:48]

Avaient-ils l'intention de voyager ensemble?

[37:51]

Quoi qu'il en soit, après deux heures de voyage,

[37:54]

Annie n'a passé qu'un peu plus de quatre minutes

[37:56]

à l'aéroport avant de repartir.

[37:59]

C'est très court pour quelqu'un qui voulait rentrer

[38:02]

à la maison. Moi aussi, je me demande

[38:05]

qu'est-ce qui est allé faire dans le stationnement?

[38:07]

Est-ce qu'elle a tenté de rejoindre quelqu'un?

[38:10]

Est-ce qu'elle a fait un appel téléphonique?

[38:14]

Tenter de se faire transférer de l'argent?

[38:16]

C'est mystérieux tout ça. Pourquoi est-ce qu'elle revient furieuse?

[38:19]

Oui, exactement. Le fait qu'elle fumait,

[38:23]

ça m'a intrigué aussi. Je ne sais pas si c'était

[38:25]

dans ses habitudes, mais vu que c'est quelqu'un

[38:27]

qui faisait globalement attention à sa santé,

[38:30]

souvent, je connais des gens qui tombent très stressés,

[38:33]

là, ils fument. Justement, je me demandais

[38:35]

si ce n'est pas l'événement qui est arrivé

[38:37]

qui fait que je suis en colère et tout ça.

[38:40]

Souvent, pour se calmer, les gens fument.

[38:42]

Je me suis demandé si c'était un comportement régulier

[38:45]

ou plus une habitude pour se calmer.

[38:50]

Il y avait un vol pour Gothborg à 18h30

[38:53]

et un autre le lendemain matin,

[38:55]

mais rien ne prouve qu'elle ait acheté un billet.

[38:58]

Peut-être avait-elle l'intention d'acheter un billet

[39:00]

à l'aéroport en attente pour économiser de l'argent.

[39:04]

Cependant, elle n'est de toute façon pas restée

[39:06]

assez longtemps au terminal pour acheter un billet.

[39:09]

C'est vrai, 3-4 minutes, ce n'est pas long.

[39:12]

Oui, c'est un peu à n'y rien comprendre.

[39:14]

Faire toute cette route-là, partir toute la journée

[39:17]

pour se rendre à l'aéroport, puis rester

[39:20]

juste 4 minutes au total, c'est vraiment mystérieux

[39:25]

sur le bord d'être incompréhensible, je dirais.

[39:27]

Puis rappelons-nous, Seb, que sur ces images

[39:30]

de caméras de surveillance de l'aéroport,

[39:32]

Annie a toujours les cheveux très longs,

[39:34]

donc même à quelques heures de sa mort,

[39:36]

elle ne les a toujours pas coupés.

[39:41]

Plus tard, ces colocataires à Linton Court

[39:44]

ont déclaré que certains de ces objets personnels

[39:46]

avaient disparu, comme sa brosse à dents par exemple

[39:49]

et son maquillage, ce qui indiquait qu'Annie

[39:52]

avait dû faire ses valises pour partir,

[39:53]

donc elle était partie pour peut-être plus qu'une journée.

[39:57]

Après l'aéroport, des caméras de vidéosurveillance

[40:00]

ont capturé des images d'Annie à 16h05.

[40:03]

Elle a été vue marchant sur un trottoir

[40:06]

de Station Road, une route à deux voies très fréquentée

[40:09]

menant à la ville de Prestwick.

[40:12]

La nuit tombait tranquillement en ce soir de décembre

[40:14]

et la Suédoise se dirigeait vers une ville qu'elle ne connaissait pas.

[40:18]

Les images de cette caméra sont de très mauvaise qualité,

[40:21]

mais on distingue tout de même des pantalons

[40:24]

et chaussures de la même couleur que ce qu'elle portait.

[40:27]

Il faut comprendre que cette route près de la plage

[40:29]

de Prestwick n'est pas une belle promenade

[40:32]

comme à Santa Monica, c'est un endroit où seulement

[40:36]

des résidents locaux se promènent,

[40:38]

donc il est fort probable que cette personne sur les vidéos

[40:41]

soit Annie. Par élimination,

[40:43]

on peut facilement conclure qu'une personne seule autour de ces heures-là

[40:47]

avec des vêtements de la même couleur, même si les images sont floues,

[40:51]

il est forte chance que ce soit elle.

[40:52]

C'est justement une route à deux voies

[40:55]

où les gens promenaient leur chien, mais c'est pas une belle promenade

[40:58]

sur le bord. C'est quand même Prestwick,

[41:01]

c'est une petite ville, mais il n'y a pas beaucoup de maisons

[41:04]

sur le bord de la plage ou de restos ou de commerces.

[41:08]

Donc c'est probablement, moi je crois que c'est elle

[41:11]

sans doute qui était sur ces caméras

[41:14]

de surveillance-là.

[41:17]

Et là, il s'agit de la dernière trace que nous avons

[41:20]

d'Annie avant sa mort, ces images-là.

[41:23]

Sur la plage de Prestwick, la police a traité

[41:26]

l'information sur les lieux où le corps d'Annie a été retrouvé.

[41:29]

Dans son sac à dos se trouvaient deux livres

[41:31]

empruntés à une bibliothèque en Suède,

[41:33]

ce qui confortait un peu la théorie selon laquelle elle rentrait chez elle.

[41:37]

Elle avait des plans à court terme.

[41:39]

Elle avait amené des livres pour ramener à la bibliothèque.

[41:43]

Étrangement, sa brosse à dents et les autres effets personnels

[41:46]

qu'elle avait emportés depuis Linton Court avaient disparu.

[41:48]

Et surtout, son philofax n'était pas dans le sac à dos.

[41:52]

Elle y gardait son argent et ses cartes de train, par exemple.

[41:55]

Elle notait les noms et les numéros de téléphone

[41:57]

de personnes qu'elle rencontrait, puis elle l'utilisait un peu comme

[42:00]

dans un récit de journal de voyage.

[42:03]

Elle ne portait pas non plus le pull en polaire rouge et blanc

[42:06]

vu sur les images de vidéosurveillance, comme t'as dit, Seb.

[42:09]

Elle portait un t-shirt rose et un jean bleu avec

[42:12]

une veste verte qui s'est retrouvée à côté d'elle,

[42:15]

un manteau d'hiver un peu.

[42:17]

La police a estimé que la famille aurait pu se tromper

[42:20]

sur la toison d'Annie, mais elle a été catégorique.

[42:24]

Annie l'avait acheté en Suède, l'étiquette était

[42:27]

et les couleurs étaient rouge et blanc avec une fermeture éclair noir.

[42:31]

Pour eux, il est évident qu'elle le portait sous sa veste verte

[42:34]

à son arrivée à l'aéroport de Prestwick.

[42:38]

Un homme a vu la police sur la plage

[42:40]

et a raconté un incident qui lui avait paru étrange

[42:43]

la nuit précédente. Le témoin oculaire

[42:46]

a déclaré que lui et un ami marchaient le long de la promenade

[42:49]

de la plage de Prestwick vers 16h30

[42:52]

et ils ont vu une silhouette solitaire au loin

[42:55]

sur la plage, à environ 150 m de la promenade,

[42:59]

immobile sur le bord de l'eau, regardant la mer.

[43:02]

Il ne pouvait pas dire avec certitude

[43:04]

s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme par contre.

[43:07]

Il n'a pas réfléchi jusqu'au lendemain matin,

[43:09]

il a laissé ça comme ça, mais c'est quand il a vu

[43:12]

qu'il y avait des policiers sur la plage qu'il s'est manifesté.

[43:16]

C'est alors qu'il a raconté ce qu'il a vu.

[43:19]

Comme Annie a été repérée par les caméras de surveillance

[43:21]

sur Station Road à 16h05, la police était certaine

[43:25]

qu'elle aurait pu arriver à l'endroit exact

[43:27]

sur la plage à 16h30, selon le témoignage de l'homme.

[43:30]

Même si c'est toute une marche. Cependant,

[43:33]

il n'a jamais été demandé au témoin oculaire

[43:35]

si la silhouette qu'il avait vue ressemblait ou non à Annie,

[43:38]

mais le rapport indiquait qu'il avait déclaré avoir vu

[43:40]

quelqu'un correspondant à la description du cas sur la plage.

[43:44]

Il n'y avait aucun moyen de dire avec certitude

[43:46]

si la personne qu'il avait vue était Annie.

[43:49]

Et d'ailleurs, David Keenan, l'homme qui a trouvé le corps

[43:52]

initialement, n'a jamais été recontacté par la police

[43:55]

pour une interview après. Ce qui est très étrange,

[43:59]

il aurait pu être un suspect même dans l'affaire.

[44:02]

Bref, du point de vue de la famille et des intervenants

[44:04]

externes, l'enquête a été bouclée très rapidement

[44:07]

et voire botché.

[44:10]

C'est très étrange. Si on revient à la thèse

[44:13]

du suicide, qui est la thèse la plus soutenue

[44:16]

par les policiers écossais, ça peut être intéressant

[44:19]

de tenter de comprendre comment se sentait Annie pendant

[44:22]

les semaines qui ont précédé sa mort.

[44:25]

Je sais que sa famille et ses amis refusent de croire

[44:27]

à cette thèse, mais il ne faut pas oublier que bien des gens

[44:30]

qui souffrent de dépression ou de problèmes de santé mentale

[44:33]

n'en parlent pas toujours à leurs proches,

[44:36]

par peur d'éveiller des doutes ou de créer de l'inquiétude.

[44:39]

J'aurais même plutôt tendance à enquêter auprès de ses amis

[44:42]

en Écosse et de ses colocs pour vraiment saisir

[44:46]

dans quel mode elle était à ce moment-là.

[44:48]

Ben oui, il faut se méfier parfois de...

[44:51]

Moi, je me méfie toujours dans des cas de disparition

[44:54]

louche ou de meurtre sur des membres de la famille

[44:56]

ou des amis qui disent, ben non, ce serait pas son genre

[44:59]

de se suicider ou c'est quelqu'un qui aimait la vie

[45:02]

et tout ça. Souvent, on a tous vécu des périodes sombres.

[45:05]

On le dit pas toujours à nos proches pis à nos parents.

[45:08]

On veut pas qu'ils s'inquiètent et tout ça.

[45:11]

En novembre, peu de temps avant sa mort, sa famille

[45:14]

a remarqué qu'Annie n'était pas elle-même.

[45:17]

Lors de certains appels téléphoniques, tout était normal.

[45:21]

Mais d'autres conversations étaient très étranges.

[45:23]

Par exemple, elle a demandé un jour à son frère

[45:26]

s'il était possible pour quiconque de suivre

[45:29]

l'activité informatique de quelqu'un. Elle voulait savoir

[45:32]

à quel point il serait, il serait difficile de pirater

[45:34]

l'ordinateur de quelqu'un. Elle n'y a pas dit pourquoi

[45:37]

elle avait demandé ça. Il n'y a pas plus posé

[45:41]

de questions non plus. Mais Annie se sentait suivie

[45:44]

à Edinburgh. Le dimanche 27 novembre,

[45:49]

Annie a appelé son amie Maria en Suède.

[45:52]

Ils ont parlé pendant près d'une heure.

[45:54]

Maria a supposé qu'Annie avait passé l'appel

[45:57]

depuis Linton Apartments, car Annie

[45:59]

ne semblait pas du tout pressée de mettre fin à l'appel.

[46:03]

Étrangement, il n'y avait aucune trace

[46:05]

de cet appel. Il était donc difficile de déterminer

[46:08]

où se trouvait Annie à ce moment-là.

[46:11]

Durant toute la dernière semaine de novembre,

[46:14]

le comportement d'Annie fut quelque peu inhabituel.

[46:16]

Elle appelait sa famille à des heures étranges comme tard dans la nuit,

[46:20]

alors qu'elle devait savoir qu'il dormait.

[46:23]

Ce n'était pas nouveau pour elle d'être en décalage.

[46:25]

De nombreux appels sont restés sans réponse,

[46:28]

car il pensait la rappeler à leur réveil.

[46:31]

Lorsque les membres de sa famille ont tenté de la rappeler le lendemain,

[46:34]

elle n'a pas répondu. Au fil des semaines,

[46:38]

les appels de la part d'Annie se faisaient de plus en plus rares,

[46:41]

surtout pour Real qui avait l'habitude de l'étenir au courant

[46:43]

de ses moindres faits et gestes. Elle était très proche.

[46:47]

Personne n'était trop inquiet, car il savait qu'Annie

[46:49]

était quelqu'un d'occupé, toujours dans l'action.

[46:52]

Malheureusement, elle n'a jamais eu l'occasion de se confier

[46:55]

à aucun d'entre eux sur ce qui la dérangeait.

[46:58]

Le 28 novembre, Annie s'est présentée

[47:01]

de manière inattendue à son ancien lieu de travail,

[47:04]

le Scottish Whisky Heritage Centre.

[47:07]

Elle a discuté avec une ancienne collègue,

[47:10]

une Norvégienne appelée Kat Dalmo,

[47:12]

et tout semblait bien aller. Annie était pétillante,

[47:15]

bavarde comme d'habitude. Mais son attitude a changé

[47:19]

lorsqu'elle a reçu un appel téléphonique.

[47:22]

18h15, sa mère a appelé de Suède.

[47:26]

Goj a appelé parce qu'elle s'inquiétait pour Annie.

[47:29]

D'après sa conversation avec Maria et ses frères et soeurs

[47:32]

et même ses propres conversations avec Annie,

[47:34]

quelque chose ne semblait pas bien aller.

[47:38]

Elle lui a demandé si quelque chose n'allait pas.

[47:41]

Annie a dit qu'elle ne pouvait pas vraiment parler

[47:43]

car elle était assise avec Kat.

[47:46]

Sa mère était complètement dans le flou

[47:48]

lorsqu'Annie fit un étrange commentaire.

[47:51]

Et je la cite,

[47:53]

« Il faut respecter ça, mais je dois prendre soin de moi. »

[47:57]

Goj n'avait aucune idée de ce dont Annie parlait

[48:00]

et lui a demandé si elle pouvait la rappeler plus tard

[48:02]

pour qu'elle puisse parler un peu plus.

[48:05]

Annie a répondu énigmatiquement,

[48:07]

« Eh bien, on verra. »

[48:09]

Donc vraiment, il y avait des changements de son cours

[48:11]

au niveau des réactions et de sa personnalité

[48:15]

même un petit peu quelques jours avant son décès.

[48:18]

Exact, c'est certain qu'il y avait quelque chose.

[48:21]

Goj était déconcertée, mais pensait qu'elle aurait bientôt

[48:24]

des nouvelles d'Annie lorsqu'elle pourrait parler correctement.

[48:28]

Mais cela n'arrivera jamais.

[48:30]

Moins de 30 heures après cet étrange coup de téléphone,

[48:34]

Annie serait morte.

[48:34]

Les autorités écossaises informeront plus tard Goj

[48:38]

qu'il n'y avait aucune trace de cet appel téléphonique

[48:40]

dans les relevés téléphoniques d'Annie,

[48:43]

tout comme l'appel de deux heures à Maria le dimanche précédent.

[48:47]

En fait, tous les appels entrant et sortant

[48:50]

de son téléphone portable au cours des neuf jours

[48:53]

précédents de sa mort ont été effacés manuellement.

[48:57]

Eh, c'est vraiment bizarre.

[48:59]

Oui, c'est vraiment.

[49:01]

Une autre amie a appelé Annie de Suède entre 18 et 20 heures.

[49:06]

Annie lui a dit qu'elle se rendait à une fête

[49:07]

vers 22 heures et qu'elle semblait excitée.

[49:11]

Personne n'a jamais pu corroborer l'histoire de la fête.

[49:14]

Où s'est-elle déroulée? Avec qui est-elle allée?

[49:17]

Comment y est-elle arrivée?

[49:19]

Parce qu'Annie n'avait jamais bu de manière excessive

[49:21]

ni pris de drogues récréatives, donc son amie

[49:23]

ne s'inquiétait pas vraiment pour elle.

[49:24]

Annie est intelligente et responsable

[49:26]

et savait prendre soin d'elle-même.

[49:29]

C'était le dernier contact qu'un ami ou un membre

[49:33]

de la famille d'Annie avait avec elle.

[49:35]

À partir de maintenant, l'histoire prend quelques tournages bizarres.

[49:40]

Le lendemain de la prétendue fête,

[49:42]

une femme qui travaillait dans les appartements de Linton Court

[49:45]

a vu Annie à son appartement à 13h15.

[49:48]

C'était le samedi 3 décembre.

[49:50]

L'employée du Linton Court a déclaré qu'Annie était bouleversée

[49:54]

à cause d'un problème de relation amoureuse,

[49:57]

mais qu'elle ne voulait pas en parler.

[49:59]

Elle a également entendu Annie dire à une autre personne

[50:01]

qu'elle devait s'occuper de quelque chose

[50:03]

et qu'elle avait pris une décision qui pourrait changer sa vie.

[50:07]

Cette conversation a eu lieu deux jours

[50:10]

avant que son corps soit retrouvé.

[50:12]

Oui, cette décision-là qui pourrait changer sa vie,

[50:15]

je ne sais pas si c'est en lien avec son voyage à l'aéroport,

[50:18]

son retour en Suède, parce qu'il y a un autre truc étrange.

[50:21]

C'est qu'on est début décembre,

[50:23]

et Annie prévoyait déjà retourner en Suède

[50:26]

pour les vacances de Noël, fin décembre.

[50:29]

Pourquoi est-ce qu'elle voulait retourner au début décembre

[50:33]

pour revenir quelques semaines plus tard?

[50:36]

C'est pas impossible encore une fois, mais c'est bizarre un peu.

[50:39]

Quelqu'un aurait tendance à sauver les billets d'avion,

[50:42]

c'est quand même cher, elle a sauvé un peu d'argent

[50:44]

pour dire on va se voir dans quelques semaines.

[50:46]

Je ne pense pas que ce soit en raison de deux livres à la bibliothèque.

[50:49]

Donc déjà, l'idée du voyage, je le trouve bizarre,

[50:52]

mais on ne sait pas si elle voulait aller en Suède.

[50:54]

On sait qu'elle se dirigeait vers l'aéroport,

[50:57]

puis que c'était l'aéroport qu'elle prenait habituellement

[51:00]

pour aller en Suède, puis on sait qu'elle avait un vol ce soir-là

[51:03]

vers Gothborg, donc potentiellement qu'elle pouvait y aller.

[51:06]

Mais est-ce qu'elle voulait aller ailleurs possible aussi?

[51:09]

Oui, c'est vrai, mais il y a vraiment quelque chose d'étrange.

[51:13]

La journaliste de la BBC, Hazel Martin,

[51:16]

dans son documentaire Body on the Beach datant de 2023,

[51:20]

qu'on vous a parlé en intro,

[51:21]

a épluché une tonne de témoignages recueillis

[51:24]

auprès des proches d'Annie, dont ses colocataires.

[51:27]

Une d'entre elles a affirmé qu'Annie semblait déprimée

[51:29]

car elle n'arrivait pas à se trouver du travail.

[51:32]

Elle a aussi dit qu'Annie était en général très seule.

[51:36]

Une autre de ses colocs, qui était elle aussi suédoise,

[51:39]

a affirmé qu'elle a dû quitter la colocation à cause d'Annie,

[51:43]

car elle était too much et trop intense.

[51:46]

On voit que le portrait dressé par ces colocs

[51:48]

est bien différent de celui dressé par sa famille.

[51:50]

Oui, puis too much, c'est entre guillemets,

[51:53]

c'est l'expression qu'elle a utilisée comme si quelqu'un qui est too much,

[51:56]

c'est quelqu'un qui, par exemple,

[52:00]

tendance vers le drame, vers l'exagération,

[52:03]

des choses comme ça, d'une bonne intensité.

[52:06]

Un autre témoignage qui est encore plus troublant

[52:09]

provient d'un homme qui travaillait dans une boutique

[52:12]

près du logement d'Annie.

[52:13]

Celui-ci nous dit qu'Annie venait souvent le visiter à sa boutique

[52:17]

et qu'elle pouvait lui parler pendant de longues heures.

[52:20]

Il l'a décrit comme quelqu'un de non conventionnel

[52:22]

qui semblait chercher son chemin dans la vie.

[52:25]

Ça, ça veut dire que le Dieu confiait des choses

[52:27]

pour qu'il puisse arriver à cette conclusion-là.

[52:29]

Il ne faut pas oublier que ses parents disaient l'inverse,

[52:32]

disaient qu'Annie était à la bonne place dans sa vie.

[52:36]

Souvent, on a un masque avec nos parents,

[52:40]

notre famille, versus nos amis.

[52:42]

Souvent, on ne porte pas le même masque.

[52:45]

Un soir, il est chez lui dans son logement

[52:47]

et il entend frapper à la porte.

[52:49]

Lorsqu'il ouvre, il aperçoit avec stupeur Annie de l'autre côté.

[52:53]

Il est sous le choc.

[52:55]

Quand il lui demande comment a-t-elle trouvé son adresse,

[52:58]

elle lui répond qu'elle l'a suivi un soir

[53:00]

jusqu'à chez lui après le travail.

[53:03]

C'est assez bouleversant de lire sa témoignage.

[53:06]

Est-ce possible qu'Annie soit elle aussi une stalker?

[53:10]

Oui, parce qu'elle pensait être suivie.

[53:13]

C'est étrange. L'homme de la boutique,

[53:16]

je ne sais pas si c'est un ancien joueur de rugby.

[53:20]

De retour en Suède,

[53:22]

la maison familiale d'Annie était en cours de rénovation

[53:25]

et ses parents, frères et sœurs,

[53:27]

tous étaient préoccupés par le projet ce week-end-là.

[53:30]

Goj a pensé à Annie, mais n'a jamais eu le temps de l'appeler.

[53:34]

Décidément, quelque chose ne tournait pas rond

[53:36]

les semaines précédentes à mort.

[53:38]

Non, on se rend compte qu'il y avait d'autres histoires

[53:42]

qui étaient un peu plus inconnues dans la vie d'Annie.

[53:47]

Sa mère connaissait le mot de passe

[53:49]

du compte Hotmail d'Annie

[53:51]

et s'est connectée sur le compte pour faire sa propre enquête.

[53:54]

Le mystère s'approfondissait encore.

[53:57]

C'était vide. Tous les e-mails envoyés et reçus

[54:00]

avaient été effacés.

[54:03]

À la fin des années 90, au début des années 2000,

[54:06]

les boîtes de réception de courriers électroniques

[54:08]

se disposaient généralement d'un espace limité.

[54:11]

Et on ne recevait pas autant de courriels et de spams qu'aujourd'hui.

[54:15]

Une fois qu'une boîte de réception atteignait sa capacité,

[54:17]

le propriétaire ne pouvait plus recevoir d'e-mails.

[54:19]

Ceux-ci étaient simplement renvoyés à l'expéditeur.

[54:23]

À l'époque, il était bon de garder votre boîte de réception bien rangée

[54:26]

en supprimant les e-mails après les avoir lus.

[54:29]

Mais même ainsi, on aurait probablement conservé quelques e-mails

[54:32]

et supprimer uniquement ceux contenant des pièces jointes volumineuses.

[54:35]

Mais là, il n'y avait plus rien dans le compte.

[54:39]

La famille d'Annie était choquée par les e-mails manquants,

[54:42]

mais elle a essayé de se convaincre qu'Annie préférait utiliser son philofax.

[54:46]

Donc même si les e-mails contenaient des informations importantes,

[54:49]

elle les aurait notées puis supprimées par la suite.

[54:52]

Plus étrange encore, après une enquête plus approfondie,

[54:56]

ils ont constaté qu'Annie ne les appelait que depuis des cabines téléphoniques.

[55:00]

Ah, c'est pour ça le manque de traces.

[55:01]

Elle a dit à sa famille de ne pas appeler sur le téléphone fixe

[55:04]

de l'appartement de Linton Court, car ils, entre guillemets, pourraient l'écouter.

[55:09]

Sa famille a supposé qu'elle faisait référence aux écoutes téléphoniques de ses colocataires,

[55:14]

mais après avoir réalisé à quel point elle était allée

[55:18]

pour passer des appels téléphoniques,

[55:20]

ils se sont à nouveau demandé mais qui écoutait les appels téléphoniques d'Annie

[55:24]

et pourquoi? C'est louche tout ça.

[55:27]

Au fur et à mesure que Maria et Gouges rassemblaient de plus en plus d'informations,

[55:31]

Maria commençait à recevoir des appels téléphoniques

[55:34]

et quelqu'un raccrochait immédiatement à l'autre bout du fil.

[55:38]

Elle s'est sentie intimidée et effrayée,

[55:40]

mais a juré qu'elle n'arrêterait pas, pardon, de chercher la vérité

[55:44]

sur ce qui était arrivé à son ami.

[55:46]

Maria s'est aussi souvenue d'un incident survenu à Linton Court.

[55:51]

Sachez que le règlement intérieur stipulait que les résidents

[55:54]

n'étaient pas autorisés à ramener leur partenaire sexuel

[55:58]

après une soirée aux appartements.

[56:00]

L'une des colocataires d'Annie a ignoré la règle et cela a bouleversé Annie.

[56:05]

Alors, un soir, quand la coloc est allée dans une boîte de nuit,

[56:09]

Annie l'a attendue et quand la fille est rentrée à la maison avec un gars,

[56:13]

Annie a expliqué au gars quelles étaient les règles de la maison

[56:17]

et puis il est reparti.

[56:19]

Et là, sa coloc était furieuse.

[56:21]

Bien sûr, ça n'aurait pas conduit à la mort d'Annie,

[56:24]

mais cela montrait que Annie n'avait pas peur de la confrontation

[56:27]

et que même si elle projetait une image un peu parfaite,

[56:32]

ça brançait quand même un peu dans sa vie.

[56:34]

Oui, oui, absolument.

[56:35]

Et on voit qu'elle est quand même rigide, comment dire, sur certaines règles.

[56:39]

Surtout à cet âge-là, souvent ce genre de règles-là,

[56:41]

comment dire, les hormones gagnent.

[56:43]

Mais dans ce cas-ci, on voit qu'elle était vraiment à cheval là-dessus.

[56:48]

Si on revient dans les mois et semaines précédents à sa mort

[56:52]

et que l'on tente de voir si Annie avait des relations amoureuses à Edimbourg,

[56:56]

ça pourrait nous aider à comprendre un peu plus

[56:59]

à qui elle faisait référence dans ses conversations.

[57:02]

Et là, les choses deviennent encore plus bizarres.

[57:05]

Ah oui, encore.

[57:07]

Elle s'est confiée à son ami Maria

[57:09]

sur une rencontre inattendue qu'elle fait lors de son voyage.

[57:13]

Un soir, elle est sortie seule dans une boîte de nuit

[57:16]

appelée Mood, au centre-ville d'Edimbourg.

[57:19]

Mood est une boîte de nuit fréquentée par les étudiants

[57:22]

qui a une cote de 2 sur 5 sur TripAdvisor.

[57:24]

Elle est fermée depuis longtemps.

[57:28]

Là, elle a rencontré un gars qui disait s'appeler Martin Leslie.

[57:32]

Annie n'en croyait pas ses yeux,

[57:34]

car Annie est une grande fan de rugby.

[57:36]

Il se trouve que Martin Leslie était un joueur de rugby néo-zélandais

[57:41]

qui jouait pour l'Écosse, drôle de hasard.

[57:44]

En raison de l'intérêt d'Annie pour le rugby,

[57:47]

elle le connaissait et était flattée qu'il soit venu vers elle.

[57:50]

Les deux ont entamé une discussion

[57:52]

et il a insisté pour lui acheter du champagne, rien de moins.

[57:55]

Annie n'était pas du tout une grande buveuse

[57:57]

et n'avait bu qu'un seul verre.

[58:00]

Mais la conversation animée durera la majeure partie de la soirée.

[58:04]

Martin lui parle en détail de sa carrière de rugbyman,

[58:06]

lui parle de ses saisons jouées, de ses blessures,

[58:08]

bref, il discute pendant des heures.

[58:11]

Annie va parler en bien de cette rencontre à son ami Maria.

[58:15]

Mercredi, le 30 novembre 2005,

[58:18]

Annie se dirige au centre de loisir où elle va s'entraîner à la notation.

[58:22]

Étrangement, l'homme qui s'est présenté comme Martin Leslie

[58:25]

s'est présenté par hasard à la piscine

[58:28]

et n'était pas sur place manifestement pour nager.

[58:31]

Il n'était pas du tout à sa place

[58:33]

et semble être venu avec la seule intention de voir Annie.

[58:37]

Elle essaya de se souvenir de leur conversation

[58:39]

et pensant qu'elle avait dû lui parler de sa baignade

[58:41]

lors de la soirée au bar Mood.

[58:43]

Mais elle ne s'en souvenait pas.

[58:45]

Cet incident l'a complètement effrayé

[58:47]

Cela l'a amené à se demander si cet homme était vraiment Martin Leslie

[58:51]

et s'il la suivait.

[58:53]

Car même si elle l'avait vu jouer,

[58:55]

elle n'aurait probablement pas pu le reconnaître d'aussi près.

[58:59]

Est-ce possible que cet homme soit la raison pour laquelle Annie se méfiait

[59:03]

et voulait s'assurer que personne ne pouvait entrer dans ses courriels?

[59:07]

Hum, c'est louche déjà là.

[59:08]

C'est très étrange.

[59:10]

Jeudi 1er décembre, vers midi,

[59:12]

Maria a appelé le téléphone portable d'Annie,

[59:15]

mais elle n'a pas décroché.

[59:16]

Maria savait qu'Annie était occupée,

[59:19]

elle devait se rendre au travail et, ensuite, elle était probablement partie nager.

[59:23]

Elle avait également prévu aller au club de rugby

[59:27]

Murrayfield Wanderers.

[59:28]

Cette nuit-là, Annie a de nouveau croisé l'homme en question, Martin Leslie,

[59:33]

et il lui a apporté une coupe de champagne.

[59:36]

Annie n'a pas vu la boisson être versée,

[59:38]

alors elle ne l'a pas bu.

[59:39]

On se rappelle, ça ne l'a pas vu, tout le processus s'est refusé.

[59:43]

Annie était intelligente, prenait aucun risque,

[59:46]

surtout après son passage au centre de loisir avec ce gars-là.

[59:50]

Mais il est étrange qu'elle sente qu'elle ne peut pas faire confiance à cet homme.

[59:54]

Elle avait également parlé de l'incident à un de ses amis dans un courriel.

[59:58]

La dernière fois qu'elle l'a croisé au club de rugby,

[01:00:01]

l'homme l'a regardé avec un regard menaçant,

[01:00:04]

comme s'il était un peu hors de lui,

[01:00:06]

ce qui a tout de suite effrayé Annie.

[01:00:08]

Il s'est avéré que Martin Leslie n'était même pas en Écosse,

[01:00:12]

au moment, c'est weird là,

[01:00:14]

au moment où Annie a rencontré l'homme,

[01:00:16]

se faisant passer pour lui.

[01:00:18]

Il était à l'heure de retour en Nouvelle-Zélande depuis deux ans.

[01:00:21]

Il n'a pas mis les pieds en Écosse depuis 2003.

[01:00:25]

Mais qui était cet homme mystérieux?

[01:00:28]

Et s'il a fini par traquer Annie,

[01:00:31]

c'est quelque chose qui n'a jamais pu être confirmé.

[01:00:34]

En fait, oui, ils n'ont jamais pu retrouver le faux Martin Leslie.

[01:00:39]

Qui? Jamais, jamais.

[01:00:40]

Jamais.

[01:00:42]

C'est tellement étrange.

[01:00:43]

Puis même le propriétaire du Murray Field Club,

[01:00:47]

où elle allait voir des matchs de rugby,

[01:00:49]

il a affirmé à un certain moment donné que...

[01:00:53]

Lui, il s'en rappelle d'Annie, qu'elle y allait souvent.

[01:00:56]

Puis à un certain moment donné, elle s'est assise à une table,

[01:00:58]

il est allé la voir, puis elle a dit qu'elle attendait quelqu'un.

[01:01:01]

Mais il n'y a jamais personne qui est arrivée.

[01:01:03]

Donc, je ne sais pas, des fois, je me dis,

[01:01:05]

est-ce qu'elle hallucinait cette personne-là?

[01:01:07]

Je ne sais pas.

[01:01:08]

C'est tellement étrange.

[01:01:09]

Il y a tellement de choses bizarres dans cette histoire-là

[01:01:13]

que c'est dur à croire.

[01:01:14]

Puis le propriétaire du bar, lui, en plus, il dit,

[01:01:17]

si le vrai Martin Leslie était venu ici,

[01:01:20]

il ne serait pas passé inaperçu.

[01:01:21]

Non, c'est ça, il y a plein de gens qui l'auraient reconnu.

[01:01:23]

Oui, exactement.

[01:01:24]

Parce que dans le monde du rugby, ils le connaissent.

[01:01:28]

Vraiment, vraiment fucked up, ce passage-là.

[01:01:32]

Ce genre de fausse personne qui tente de le capficher.

[01:01:35]

Oui, c'est étrange.

[01:01:37]

Mais ce témoignage-là, ce Martin Leslie-là,

[01:01:39]

est-ce que c'est juste Maria qui sait qu'il existe?

[01:01:42]

Tu sais, dans le fond,

[01:01:44]

vu qu'on n'a pas de trace ou quoi que ce soit,

[01:01:47]

comment est-ce que c'est…

[01:01:49]

Oui, c'est via Maria qu'on le sait.

[01:01:52]

Oui, exactement.

[01:01:52]

C'est encore plus étrange.

[01:01:55]

Oui.

[01:01:56]

Dans une affaire qui comporte plus de questions

[01:01:58]

que de réponses, Seb,

[01:01:59]

même les théories du complot les plus étranges

[01:02:02]

ont commencé à prendre forme.

[01:02:04]

Il y en a une aussi dans cette histoire-là.

[01:02:07]

On va l'aborder tranquillement.

[01:02:09]

Est-ce possible que ce dossier-là

[01:02:11]

soit une couverture ou qu'elle ait un lien

[01:02:13]

avec les services secrets?

[01:02:15]

Écoute ça bien, Seb.

[01:02:17]

La famille d'Annie a appris

[01:02:18]

qu'il y avait une journaliste américaine

[01:02:20]

qui avait le même nom qu'elle,

[01:02:22]

qui s'appelait Christina Borgesson.

[01:02:25]

Et le nom complet d'Annie

[01:02:27]

était Annie Christina Borgesson.

[01:02:30]

Donc, Christina s'écrivait de la même façon avec un K,

[01:02:33]

puis leur nom de famille est le même.

[01:02:36]

Donc, est-ce que ça se pourrait

[01:02:37]

que la mort d'Annie

[01:02:39]

pourrait être une erreur

[01:02:41]

sur la personne, en fait?

[01:02:43]

Je vous parle un peu de la journaliste.

[01:02:45]

Christina Borgesson, elle,

[01:02:47]

elle avait exprimé, elle est reconnue,

[01:02:49]

entre autres, pour avoir exprimé

[01:02:50]

des grands doutes dans ses écrits

[01:02:52]

sur le cas du vol TW 800.

[01:02:55]

Tu sais, c'est un avion qui a explosé

[01:02:57]

quelques minutes après son décollage

[01:02:59]

de l'aéroport JFK en 1996.

[01:03:01]

Et tu sais, il y a 230 passagers

[01:03:03]

qui sont morts dans l'explosion.

[01:03:05]

Et là, il y a eu plein plein plein de théories.

[01:03:08]

Christina, elle a publié

[01:03:09]

un documentaire sur le sujet,

[01:03:11]

un film, en 2013.

[01:03:13]

Donc, c'est beaucoup après la mort d'Annie.

[01:03:15]

Mais par contre, c'est depuis 1996

[01:03:17]

qu'elle enquêtait sur le sujet.

[01:03:19]

Donc, dans son documentaire, qui est très polarisé,

[01:03:21]

qui n'a pas de très bonnes reviews,

[01:03:22]

elle soutient que l'avion a été abattu par un missile.

[01:03:28]

Et au moment de la mort d'Annie en 2005,

[01:03:29]

Christina posait des questions

[01:03:32]

un peu inconfortables sur l'incident

[01:03:34]

auquel la Maison-Blanche

[01:03:35]

ne pouvait pas répondre.

[01:03:37]

Mais peut-être plus pertinent encore,

[01:03:39]

elle travaillait également sur une autre histoire.

[01:03:42]

Cette semaine avant la mort d'Annie,

[01:03:44]

Christina Borgesson,

[01:03:45]

elle était en Écosse. Imagine-tu,

[01:03:47]

donc il y avait deux Annie Borgesson

[01:03:49]

en Écosse. Elle avait révélé

[01:03:51]

des détails des vols secrets de restitution

[01:03:53]

de la CIA, transportant des

[01:03:55]

terroristes vers des camps de torture

[01:03:57]

via l'aéroport de Prestwick.

[01:03:59]

De plus, des bombes ont été fabriquées

[01:04:01]

près de Prestwick et chargées sur les avions

[01:04:03]

américains à l'aéroport pour être

[01:04:05]

distribués. Mais ça, c'était fait

[01:04:08]

incognito.

[01:04:09]

Et lorsque Christina Borgesson a demandé

[01:04:11]

des commentaires au gouvernement américain,

[01:04:13]

celui-ci a tout nié. Donc,

[01:04:15]

se pourrait-il que la CIA ou un autre

[01:04:17]

service secret ait tué Annie

[01:04:19]

pensant qu'il s'agissait de l'autre

[01:04:21]

Christina, dans le but d'éviter

[01:04:23]

un scandale, par exemple, vu qu'elle avait déjà

[01:04:25]

tracé un peu de problèmes

[01:04:28]

avec le vol TW 800?

[01:04:30]

C'est un angle

[01:04:31]

intéressant, mais selon moi,

[01:04:33]

pas très réaliste. En même temps,

[01:04:35]

la journaliste américaine, bien qu'elle

[01:04:37]

soit blonde,

[01:04:39]

comme Annie, elle avait les cheveux un peu plus court,

[01:04:41]

elle avait environ 20 ans de plus

[01:04:43]

qu'Annie quand même.

[01:04:45]

Donc, si c'était censé être un coup sûr,

[01:04:47]

l'assassin était loin de sa cible ici.

[01:04:50]

Puis, depuis à ce jour,

[01:04:51]

en 2023, Christina Borgesson est

[01:04:53]

toujours en vie. Donc, si elle était

[01:04:55]

la cible visée, peut-être qu'elle

[01:04:57]

aurait été éliminée un peu plus tard, quand même

[01:04:59]

d'une autre façon. Mais

[01:05:01]

ceci dit, lorsque Maria,

[01:05:03]

l'ami d'Annie, envoyait des e-mails

[01:05:05]

pour s'enquérir de cette piste,

[01:05:07]

imagine-toi donc que toute correspondance

[01:05:09]

disparaissait automatiquement de son

[01:05:11]

compte de messagerie en lien avec

[01:05:13]

ça. C'est fou, hein?

[01:05:15]

Apparemment, quelqu'un qui surveillait

[01:05:16]

son activité en ligne,

[01:05:19]

en fait,

[01:05:21]

elle aussi, Maria,

[01:05:23]

elle croyait qu'elle était

[01:05:24]

suivie, elle aussi. Et en

[01:05:26]

y repensant, on ne peut s'empêcher de s'interroger

[01:05:28]

sur l'inquiétude d'Annie concernant

[01:05:30]

les pirates informatiques lors des conversations

[01:05:32]

qu'elle eut avec son frère

[01:05:34]

un mois avant sa mort.

[01:05:36]

Aussi farfelue qu'elle puisse paraître,

[01:05:38]

la conspiration de la CIA,

[01:05:41]

qui d'autre aurait la possibilité

[01:05:42]

de supprimer les e-mails et des enregistrements

[01:05:45]

téléphoniques? Maria

[01:05:46]

et Goj savaient qu'ils ne pouvaient ignorer

[01:05:48]

cette théorie-là. Donc, si la CIA

[01:05:50]

était impliquée d'une manière ou d'une autre,

[01:05:52]

cela pourrait expliquer pourquoi elle a rencontré

[01:05:54]

tant d'obstacles pour obtenir des informations

[01:05:56]

auprès des forces de l'ordre en Écosse.

[01:05:58]

D'ailleurs, écoute bien ça,

[01:06:00]

toute demande d'accès au dossier sur la

[01:06:02]

mort d'Annie est refusée,

[01:06:04]

et son dossier est carrément classé

[01:06:06]

top secret dans les deux pays.

[01:06:10]

Parce qu'ils

[01:06:10]

ont peur que ça nuise à des

[01:06:12]

situations diplomatiques, en fait.

[01:06:15]

Donc là, c'est genre OK, mais là,

[01:06:16]

on parle officiellement d'un suicide

[01:06:19]

par noyade. Il n'y a pas

[01:06:20]

d'histoire à faire de documents

[01:06:22]

top secret, c'est quoi tout ça?

[01:06:25]

Donc, c'est loin de calmer les adeptes

[01:06:27]

des théories du complot.

[01:06:28]

Est-ce que les gouvernements suédois ou écossais

[01:06:30]

ont quelque chose à cacher dans cette histoire-là?

[01:06:33]

Donc, tu sais,

[01:06:35]

depuis Seb, c'est un peu

[01:06:36]

la fin de la chronologie, c'est-à-dire

[01:06:38]

qu'il n'y a aucune

[01:06:40]

explication qui est claire au sein

[01:06:42]

de la mort d'Annie Borgeson.

[01:06:45]

Il y a eu d'autres développements

[01:06:46]

au fil des années, entre autres.

[01:06:49]

Il semblerait, c'est très intéressant,

[01:06:50]

il semblerait qu'Annie avait de l'ADN

[01:06:52]

de source féminine sur ses mains

[01:06:55]

au moment de sa découverte.

[01:06:56]

Ce qui veut dire que cette ADN, c'est sans doute

[01:06:58]

retrouvée sur elle assez récemment,

[01:07:00]

pour qu'il y en ait encore sur les mains après

[01:07:03]

se faire remuer par l'eau.

[01:07:05]

Oui, exact.

[01:07:06]

Donc, soit que c'est peu avant sa mort

[01:07:08]

ou encore juste après.

[01:07:10]

Puis aussi, ben,

[01:07:12]

une théorie intéressante,

[01:07:14]

la technologie a permis de voir que

[01:07:16]

des micro-organismes appelés diatomes

[01:07:19]

se sont retrouvés dans

[01:07:20]

ces tissus corporels.

[01:07:21]

Ce qui est très étrange, c'est que les diatomes

[01:07:24]

retrouvés, c'est comme vraiment des micro-organismes

[01:07:26]

qu'on peut voir au microscope,

[01:07:28]

sont ceux qu'on retrouve habituellement

[01:07:30]

en eau douce, alors qu'elle,

[01:07:32]

elle s'est noyée dans l'eau salée.

[01:07:34]

Donc, il est possible, toutefois,

[01:07:35]

que ces diatomes d'eau douce se soient retrouvés

[01:07:37]

par voie buccale, par exemple, qu'elle aurait bu de l'eau

[01:07:39]

en Écosse, puis qu'il y aurait eu des micro-organismes.

[01:07:42]

Mais quand même, c'est bizarre.

[01:07:44]

Pourquoi on n'a pas retrouvé d'eau salée,

[01:07:46]

alors qu'elle s'est fait ramasser

[01:07:49]

par la marée?

[01:07:51]

Autre

[01:07:52]

détail intéressant survenu, en fait,

[01:07:54]

dans des développements tout récemment.

[01:07:56]

Encore une fois, la journaliste Hazel Martin

[01:07:57]

de la BBC a testé quelque chose

[01:08:00]

d'ingénieux avec un océanographe

[01:08:02]

sur la plage de Prestwick. Écoute bien ça, Seb.

[01:08:04]

Ils sont allés à l'endroit,

[01:08:05]

tu sais, où le témoin avait aperçu quelqu'un

[01:08:07]

et puis ça avait la plage au loin.

[01:08:09]

Puis ils ont marché dans l'eau jusqu'à ce qu'il

[01:08:11]

soit à une hauteur raisonnable pour se noyer,

[01:08:13]

quand même un petit peu profond.

[01:08:15]

Puis ils y ont déposé un mannequin

[01:08:17]

de la taille et du poids d'Annie,

[01:08:19]

en plus d'un sac et un manteau, comme elle,

[01:08:21]

dans le cas où ils ont retrouvé près de son corps

[01:08:23]

une centaine de mètres plus loin.

[01:08:25]

Donc les gens avaient des doutes

[01:08:27]

sur comment les objets s'étaient tous retrouvés

[01:08:29]

si près les uns des autres après avoir été

[01:08:31]

largués si loin au large pendant des heures.

[01:08:34]

Donc ils ont largué le corps

[01:08:35]

aux mêmes heures où Annie a été aperçue,

[01:08:38]

environ 16h30,

[01:08:39]

et une heure plus tard, le corps

[01:08:41]

était déjà de retour sur la plage

[01:08:43]

à découvert dans le sable.

[01:08:46]

Donc une heure plus tard, il était déjà ramené.

[01:08:48]

Donc l'expérience semblait

[01:08:50]

non concluante. Par contre,

[01:08:51]

l'océanographe, il dit, bien écoute,

[01:08:53]

on va laisser, comment dire, la chance,

[01:08:55]

on l'a retrouvée le lendemain matin,

[01:08:56]

on va laisser le corps sur la plage là,

[01:08:59]

on va revenir demain.

[01:09:01]

À l'heure où Annie a été découverte.

[01:09:03]

Juste pour dire qu'ils font le test au complet.

[01:09:05]

Puis alors stupéfaction, le lendemain,

[01:09:07]

le mannequin est retrouvé

[01:09:09]

exactement là où Annie a été

[01:09:11]

retrouvée, puis ses affaires,

[01:09:13]

même s'ils étaient très dispersés dans l'eau,

[01:09:15]

sont autour d'elle, exactement

[01:09:17]

comme Annie. Ça, ça veut dire

[01:09:19]

qu'en fait, il y a une espèce

[01:09:21]

de courant constant

[01:09:23]

sur la plage de Prestwick

[01:09:25]

qui redirige en fait tous les gros

[01:09:27]

objets vers un coin de la page,

[01:09:29]

puis les déchets, puis les cochonniers, tout ça.

[01:09:31]

Le genre d'attraction.

[01:09:33]

Puis avec la mare et hôte en soirée,

[01:09:34]

son corps a été repris par la mare

[01:09:38]

et ramené

[01:09:39]

sur la rive à quelque part,

[01:09:40]

sans doute au petit matin, le 4 décembre.

[01:09:44]

Donc c'est

[01:09:45]

le pire, c'est que cette théorie

[01:09:47]

de suicide-là est

[01:09:48]

physiquement possible.

[01:09:51]

Moi je n'en revenais pas quand j'ai vu

[01:09:53]

les résultats de ce test-là.

[01:09:57]

Donc c'est fou, hein?

[01:09:59]

C'est étonnant.

[01:10:00]

C'est dur de se faire une tête.

[01:10:03]

Est-ce qu'on parle d'un suicide

[01:10:04]

ou d'un meurtre?

[01:10:09]

Toi, quel est ton avis

[01:10:11]

là-dessus sur cette histoire-là?

[01:10:12]

Il y a un point que je voulais revenir.

[01:10:14]

Les courriels qui s'effaçaient automatiquement,

[01:10:17]

étant donné qu'elle mettait tous ses mots de passe

[01:10:19]

dans son genre de chemise,

[01:10:22]

son porte-document.

[01:10:24]

Ce porte-document-là

[01:10:26]

n'a jamais été retrouvé.

[01:10:26]

Je me disais que soit son

[01:10:29]

assaillant l'amenait avec lui,

[01:10:31]

c'est peut-être lui qui surveillait

[01:10:32]

les hautes mains tout le temps,

[01:10:34]

puis il supprimait. Parce qu'il faut se rappeler

[01:10:36]

qu'aussi à ce type, maintenant aujourd'hui,

[01:10:38]

s'il y a deux personnes connectées à deux endroits

[01:10:40]

différents, sur Gmail, il te le dit.

[01:10:43]

Une personne est connectée à tel endroit.

[01:10:45]

Mais à cette époque-là, on n'avait pas

[01:10:46]

ces signaux-là.

[01:10:48]

Il n'y avait pas de double facteur d'authentification.

[01:10:51]

Ils pouvaient tout bloquer.

[01:10:52]

On dirait que les courriels, mais les appels

[01:10:54]

téléphoniques, ça demande un peu plus

[01:10:57]

de contact pour les effacer.

[01:10:59]

Mais on dirait que le haute-mer,

[01:11:00]

je me disais que c'est peut-être l'assaillant

[01:11:02]

qui les surveille.

[01:11:04]

Encore là.

[01:11:05]

Mais là, avec ce que t'amènes,

[01:11:08]

en fait, il y a deux choses.

[01:11:10]

L'eau, les genres de bactéries,

[01:11:12]

l'eau douce, l'ont-ils tué ailleurs

[01:11:14]

pour la ramener?

[01:11:15]

Oui, c'est une théorie aussi.

[01:11:17]

Est-ce qu'elle a été noyée ailleurs

[01:11:19]

ou tuée ailleurs, puis déposée sur la plage?

[01:11:22]

Exact. C'est ça que je ne sais pas.

[01:11:24]

On ne sait pas comment le corps

[01:11:26]

était boursouflé aussi.

[01:11:27]

Je ne sais pas après combien de temps

[01:11:28]

que le corps absorbe de l'eau.

[01:11:30]

Il y a tous ces éléments-là.

[01:11:33]

Je te dirais que j'ai...

[01:11:35]

Moi, je ne crois pas du tout au suicide.

[01:11:37]

En tout cas,

[01:11:40]

si c'est un suicide,

[01:11:41]

il y a eu vraiment un élément déclencheur

[01:11:44]

à l'aéroport,

[01:11:45]

où elle a eu une grande déception

[01:11:46]

pour t'amener dans un...

[01:11:48]

Mais si elle était déjà depuis plusieurs semaines

[01:11:50]

dans un état d'esprit dépressif,

[01:11:52]

ça se peut qu'un élément déclencheur

[01:11:54]

provoque tout cet effet de chaîne-là

[01:11:56]

et qu'elle se soit suicidée.

[01:11:59]

C'est trop bizarre.

[01:12:01]

Ce qui est trop bizarre, c'est toutes les cachoteries

[01:12:04]

de politique.

[01:12:05]

C'est ça qu'on dirait

[01:12:08]

qu'il y a quelque chose

[01:12:10]

en arrière de ça.

[01:12:12]

Une erreur sur la personne,

[01:12:14]

mais autrement, pas la journaliste,

[01:12:15]

mais une autre personne.

[01:12:19]

Est-ce que son stalker était quelqu'un

[01:12:20]

qui travaillait pour le gouvernement?

[01:12:22]

Il y a tout ça que j'ai en tête.

[01:12:24]

Même, je me disais, j'allais plus loin

[01:12:26]

dans mes réflexions un peu folles,

[01:12:28]

étant donné qu'elle parle cinq langues.

[01:12:30]

Peut-être qu'elle avait besoin d'argent

[01:12:33]

parce qu'elle ne travaillait pas.

[01:12:34]

Je me suis dit si elle s'est embarquée

[01:12:36]

dans quelque chose,

[01:12:38]

même quelque chose de géopolitique.

[01:12:40]

Des fois, ils ont besoin de gens

[01:12:41]

pour s'infiltrer ou quoi que ce soit.

[01:12:43]

On dirait que...

[01:12:45]

J'avais un peu pensé à tous ces scénarios-là

[01:12:47]

étant donné qu'ils étaient un peu

[01:12:49]

à cours d'argent.

[01:12:52]

C'est tellement bizarre.

[01:12:53]

Tout à l'arrêt au port

[01:12:55]

et tout ça.

[01:13:02]

Quand le corps a été ramené

[01:13:03]

deux semaines après, ont-ils refait

[01:13:05]

une autopsie?

[01:13:06]

Je ne sais pas si tu as vu quelque chose.

[01:13:09]

Ils ont fait une genre analyse.

[01:13:13]

Je pense qu'il était trop tard

[01:13:14]

pour les analyses psychologiques.

[01:13:18]

Je ne suis pas sûr

[01:13:19]

que ça a été concluant.

[01:13:21]

Ils ont fait une autopsie au retour.

[01:13:23]

C'est là qu'on a découvert les blessures.

[01:13:26]

Je me demandais si

[01:13:27]

il n'y avait pas d'autres éléments

[01:13:29]

qui auraient pu ressortir.

[01:13:31]

C'est très intrange.

[01:13:32]

Comment tu vois tout ça?

[01:13:33]

C'est bizarre. Moi aussi, je trouve

[01:13:35]

que plus de questions que de réponses.

[01:13:38]

De plus en plus,

[01:13:39]

on dirait que quand j'ai vu

[01:13:41]

l'analyse

[01:13:43]

des courants marins,

[01:13:44]

je me suis dit,

[01:13:45]

je pense que c'est un suicide.

[01:13:48]

J'ai pensé à ça

[01:13:50]

avec les signaux qu'elle envoyait.

[01:13:53]

Elle avait déjà un début de paranoïa

[01:13:54]

en pensant qu'elle était suivie.

[01:13:57]

Est-ce qu'elle était réellement?

[01:13:58]

Peut-être.

[01:14:00]

On a vu beaucoup des cas de gens

[01:14:02]

qui croyaient être suivis.

[01:14:03]

La plupart ne l'étaient pas.

[01:14:05]

J'y crois moins.

[01:14:07]

Elle n'avait pas beaucoup de raisons d'être suivie.

[01:14:09]

Peut-être qu'elle avait un stalker

[01:14:11]

pour des raisons amoureuses.

[01:14:12]

Elle n'était pas suivie par la CIA.

[01:14:14]

Mais j'ai l'impression de voir

[01:14:16]

les derniers témoignages

[01:14:17]

comme quoi avec ces colocs,

[01:14:22]

ça n'allait pas si bien.

[01:14:23]

Elle avait stalké quelqu'un d'autre.

[01:14:26]

Des fois, je me disais,

[01:14:26]

est-ce que c'est Annie la stalker?

[01:14:28]

Oui, bien sûr.

[01:14:29]

Mais quand elle raconte d'autres histoires

[01:14:31]

assez proches, elle se fait stalker.

[01:14:34]

Est-ce que ça se peut qu'elle ait

[01:14:35]

un petit conflit de personnalité à ce moment-là?

[01:14:38]

Je me suis posé la question

[01:14:40]

sur est-ce que Martin Leslie

[01:14:42]

c'est quelqu'un qu'elle imaginait

[01:14:44]

ou c'était quelqu'un qui était vraiment là?

[01:14:46]

Est-ce qu'il y a des témoins

[01:14:47]

qui confirment qu'elle a pris

[01:14:48]

un verre de champagne avec?

[01:14:51]

On dirait que tout est possible

[01:14:52]

dans cette histoire-là.

[01:14:53]

Je me disais à quelque part,

[01:14:55]

peut-être que ça peut être symbolique.

[01:14:57]

Peut-être qu'elle a tenté

[01:14:59]

de rentrer chez elle,

[01:15:02]

qu'elle n'a pas réussi,

[01:15:03]

peut-être que 300 $ qu'elle a réussi à trouver.

[01:15:05]

Je ne sais pas comment elle l'a trouvé,

[01:15:06]

mais c'est un mystère comment elle l'a trouvé.

[01:15:09]

Peut-être que ce n'était pas suffisant.

[01:15:11]

Des fois, quand on est en dépression

[01:15:12]

ou que ça va mal,

[01:15:14]

il suffit d'une goutte pour faire tout déborder.

[01:15:16]

Je me disais que c'est une nageuse,

[01:15:19]

elle se suicide dans l'eau,

[01:15:20]

peut-être un symbole.

[01:15:22]

Mais je me serais attendu peut-être

[01:15:24]

à une note de sa part.

[01:15:26]

C'est quelqu'un qui était quand même

[01:15:28]

artiste proche de ses émotions.

[01:15:30]

Je ne me serais pas attendu

[01:15:32]

à un suicide

[01:15:34]

aussi froid que ça.

[01:15:36]

Mais on dirait que je peux y croire.

[01:15:39]

Mais c'est bizarre.

[01:15:39]

Est-ce que ça peut être un accident?

[01:15:41]

On n'en a jamais parlé.

[01:15:42]

Est-ce que pour tomber sur la plage,

[01:15:44]

faire un arrêt cardiaque,

[01:15:45]

sur la plage, faire...

[01:15:47]

Je ne sais pas.

[01:15:48]

C'est des traces de doigts dans le cou

[01:15:49]

qui me mélangent, qui me biaisent un peu.

[01:15:52]

Il y a tellement de choses

[01:15:53]

qui brûlent les pistes.

[01:15:55]

C'est vraiment dur de se faire une tête

[01:15:57]

solide sur le sujet.

[01:15:59]

Et vous, les 10 tordus,

[01:16:00]

qu'est-ce que vous en pensez?

[01:16:02]

Dites-nous là.

[01:16:03]

Pour nous, ça a été une histoire

[01:16:04]

quand même assez passionnante

[01:16:05]

malgré tout, malgré le fait

[01:16:07]

que c'est tragique et triste.

[01:16:10]

C'est une histoire quand même

[01:16:11]

assez captivante

[01:16:13]

qui pourrait même se résoudre

[01:16:15]

dans les prochaines années

[01:16:16]

avec la technologie en lieu,

[01:16:18]

avec des tests d'ADN ou autres.

[01:16:21]

Mais bon, histoire tragique.

[01:16:23]

Mais on veut savoir qu'est-ce que vous en pensez?

[01:16:25]

Est-ce que vous êtes plus du côté

[01:16:26]

de la thèse du suicide, du meurtre

[01:16:28]

ou encore d'un accident ou autre?

[01:16:30]

Dites-nous ce que vous pensez de cette histoire-là.

[01:16:32]

Si vous avez des infos à partager, faites-le aussi.

[01:16:34]

Vous savez où le faire. On est partout sur les réseaux sociaux.

[01:16:37]

Vous savez où nous trouver.

[01:16:38]

Sur Twitter, sur TikTok aussi.

[01:16:40]

Nos DistoNews sont là.

[01:16:41]

Sur Instagram, au distorsionpodcast.com,

[01:16:44]

sur YouTube aussi.

[01:16:45]

On est partout.

[01:16:48]

Et puis, vous savez où nous trouver.

[01:16:51]

Aussi, pour nos membres Patreon,

[01:16:52]

sachez qu'on a un after-show

[01:16:54]

juste après celui-ci.

[01:16:55]

On voulait regarder la thématique de Car

[01:16:58]

retrouvé sur la plage.

[01:16:59]

Donc on est allé avec les pieds retrouvés

[01:17:01]

sur la plage de Tofino au fil des années.

[01:17:03]

Un mystère assez bizarre.

[01:17:05]

Donc on s'en reparle dans l'after-show.

[01:17:08]

Et on ne peut quitter

[01:17:09]

sans remercier nos chers

[01:17:11]

membres Patreon, Seb, qui sont

[01:17:13]

comme un peu les actionnaires de Distorsion.

[01:17:15]

Exactement. Donc, je remercie

[01:17:17]

nos premiers actionnaires.

[01:17:19]

Patricia, Anna Miu,

[01:17:22]

Mister Belmont,

[01:17:23]

Florian Ozard

[01:17:25]

et Philelle G.

[01:17:27]

Un gros shout-out à Sarah T,

[01:17:29]

à Delphine C,

[01:17:31]

à David G, à Jason T

[01:17:34]

et à Virginie A.

[01:17:36]

Je poursuis le high-five

[01:17:37]

à Benjamin, à Jujube,

[01:17:41]

à Céline V,

[01:17:42]

Laura L. G

[01:17:43]

et à Carla M.

[01:17:45]

Un gros câlin à Mickey Lem 14,

[01:17:49]

à Débauche,

[01:17:51]

à Gabis,

[01:17:52]

à Alexis G

[01:17:53]

et à Gaming D.

[01:17:56]

Un shout-out à Peggy L,

[01:17:58]

à Serge Lepsycho,

[01:18:00]

Pierre-Luc N,

[01:18:01]

Juliette et Nathalie D.

[01:18:03]

On ne pourrait faire ce show sans l'aide

[01:18:06]

de Sophie Junior C,

[01:18:08]

de Konzo L,

[01:18:09]

de Marilou R,

[01:18:11]

de JM M

[01:18:13]

et de Maxime T.

[01:18:15]

Je poursuis avec le mystérieux Damien,

[01:18:17]

Josiane M,

[01:18:19]

Julie C,

[01:18:20]

Syphosis et Zénon N D.

[01:18:24]

Beaucoup de kudos

[01:18:25]

à Audrey L,

[01:18:27]

à Shadi Cash,

[01:18:28]

à Audrey C,

[01:18:30]

à Sharia F et à Géraldine H.

[01:18:34]

Je poursuis

[01:18:35]

Théo Le Chat,

[01:18:37]

Zompa,

[01:18:39]

Feusse,

[01:18:40]

Julie Aire et Sarah C.

[01:18:43]

On a de plus en plus des noms originaux dans nos papillons.

[01:18:46]

Pour terminer,

[01:18:47]

gros câlin à Michael G,

[01:18:49]

à Mathieu,

[01:18:50]

à Laura Lee Aire,

[01:18:52]

à Mister Matapo

[01:18:54]

et à Raphaël ESL.

[01:18:58]

Merci à vous.

[01:19:09]

Aurais-tu un petit mot de la fin pour nous ce soir?

[01:19:13]

Si quelqu'un se présente à vous

[01:19:14]

comme étant un joueur de rugby

[01:19:15]

ou encore un joueur de hockey connu,

[01:19:18]

envoyez-nous tout de suite un message

[01:19:19]

pour qu'on analyse tout cela pour vous.

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