#140 - L’affaire Gisèle Pelicot

Épisode

#140 - L’affaire Gisèle Pelicot

Saison
10
Épisode
140
Durée
1 h 28 min
Format
Audio

Audio

Écouter l’épisode

Imaginez : vous êtes agent de sécurité dans un hypermarché français, les yeux rivés sur les allées et venues des clients. Votre regard s’arrête soudain sur un homme d’une soixantaine d’années. Sa démarche vous paraît hésitante ; sa sacoche, toujours serrée contre lui, frôle un peu trop souvent les jupes des clientes. Votre instinct se réveille. Vous le suivez, discret, attentif.Au détour d’un rayon, le doute s’efface : l’individu glisse furtivement son téléphone sous la jupe d’une jeune femme et déclenche l’enregistrement. Cette fois, vous n’attendez plus. Vous bondissez, l’arrêtez, et mettez un terme immédiat à son manège.Ce que vous ignorez encore, c’est que cette intervention ne se limite pas à un simple cas de voyeurisme. Vous venez de faire tomber Dominique Pelicot… et de déclencher l’une des affaires criminelles les plus bouleversantes de l’histoire récente en France.

Transcription de l’épisode

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[00:01]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...

[00:07]

Il est en train de filmer sous votre horrible téléphone comme ça à l'instant.

[00:10]

Vous portez plein?

[00:11]

Vous me suivez la caméra, ça fait quatre fois qu'il...

[00:16]

Allez, police!

[00:17]

Police direct.

[00:18]

Vous restez là.

[00:19]

Vous bougez pas.

[00:20]

Madame, je compte sur vous, vous portez plein.

[00:22]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:55]

Imaginez un instant, vous êtes un agent de sécurité

[00:58]

veillant sur les allées d'un supermarché en France.

[01:02]

Soudainement, votre attention est attirée par un homme d'une soixantaine d'années.

[01:06]

Son attitude vous intrigue.

[01:08]

Il déambule dans les rayons, une sacoche à la main,

[01:11]

s'approchant un peu trop près des femmes en jupe.

[01:14]

Votre instinct s'éveille.

[01:16]

Vous le suivez discrètement, observant son stratagème.

[01:19]

Et là, vous le voyez, il glisse subtilement son téléphone sous la jupe d'une cliente.

[01:25]

Sans hésiter, vous intervenez.

[01:27]

Sachez que votre intervention va déclencher bien plus qu'une simple arrestation pour voyeurisme.

[01:33]

Vous venez d'attraper Dominique Pellicot

[01:35]

et de déclencher l'une des affaires criminelles les plus choquantes de l'histoire française.

[01:46]

Sébastien Lévesque, comment vas-tu ce soir?

[01:49]

Ça va bien, et toi, Emile Gauthier?

[01:50]

Ça va bien aussi. Un épisode hors saison qu'on fait,

[01:54]

parce qu'on vous le dit, on prend des petites vacances cet été,

[01:57]

mais on continue quand même nos recherches.

[01:59]

On continue à traiter d'histoires qui ont ébranlé l'année,

[02:04]

et même les dernières décennies d'une certaine façon.

[02:08]

Aujourd'hui, on s'attaque aux cas de Dominique et Gisèle Pellicot.

[02:13]

Un cas qui, si vous n'en avez pas entendu parler cette année,

[02:17]

en 2024, probablement que vous viviez sous une roche.

[02:21]

Oui, la fameuse expression.

[02:22]

On en a parlé beaucoup.

[02:23]

Et là, on se disait, moi et Seb, qu'est-ce qu'on peut ajouter à la conversation?

[02:27]

Parce qu'il y a plein d'autres podcasts qui en ont parlé,

[02:30]

il y a des documentaires, on va en citer quelques-uns d'ailleurs.

[02:32]

Il y a eu énormément de reportages, on a pu suivre ça en direct,

[02:36]

même le procès de Dominique Pellicot.

[02:39]

Toute une histoire autour de la soumission chimique.

[02:42]

Mais qu'est-ce qu'on peut apporter de plus?

[02:44]

On se disait, est-ce qu'il faut vraiment se poser la question?

[02:47]

Est-ce que dans le fond, n'est-ce pas bénéfique de parler plus de ce sujet-là?

[02:52]

Même si l'histoire, vous la connaissez probablement,

[02:55]

nous, on va se pencher évidemment sur les traces numériques,

[03:00]

parce qu'il y en a beaucoup, c'est ce qui a contribué à faire incriminer Dominique.

[03:03]

Le site Coco.Efer, pardon, qui a servi de plateforme

[03:08]

pour recruter toute cette bande de salopards,

[03:12]

on va en parler évidemment.

[03:13]

Mais on se disait que le sujet est trop important

[03:16]

pour qu'on s'empêche d'en parler à cause que les autres en ont parlé.

[03:19]

Ben oui, il faut arrêter de toujours penser ça.

[03:23]

On amène notre saveur, notre sauce, si je peux dire, à tous les cas qu'on...

[03:28]

Oui, puis de la sensibilisation autour de ce sujet-là,

[03:31]

parce qu'on n'en a pas fini avec les agressions commises

[03:36]

après administration de drogues ou de médicaments.

[03:40]

Je me rappelle, même dans mon quartier,

[03:43]

dans un bar où on est allés très souvent, Seb, ensemble,

[03:47]

il y avait eu plusieurs cas de drogues administrées, de GHB,

[03:52]

probablement dans des verres d'alcool distribués aux femmes.

[03:56]

Puis c'est pas un bar trash.

[03:58]

On ne le nommera pas parce que je ne pense pas que c'est de la faute du bar.

[04:01]

Non, non, non.

[04:02]

Puis même c'est un bar qui avait des cas un peu de conduite

[04:05]

avec un genre de mot de passe quand les filles se sentent un peu...

[04:10]

se sentent pas safe et tout ça.

[04:13]

Bon, et malgré tout, malgré le fait que ce bar-là

[04:16]

était un peu une sorte de safe space à quelque part,

[04:19]

il y a eu des cas d'administration de drogues du viol.

[04:23]

On ne sait pas s'il y a des agressions réelles après ça,

[04:26]

mais bref, c'est partout.

[04:27]

On en entend parler à chaque semaine d'agressions de ce type-là

[04:30]

puis de soumission chimique qui est un peu un...

[04:34]

je ne dirai pas un nouveau mot,

[04:35]

mais il y a un peu un terme pour ça maintenant pour englober

[04:38]

tout ce qui est...

[04:40]

il y a le cas de Dominique Pellico qui est assez extrême,

[04:43]

mais justement, droguer des victimes afin d'en profiter sexuellement

[04:47]

ou d'en faire profiter les autres.

[04:49]

Ah non, c'est assez fou.

[04:50]

Puis je lisais...

[04:51]

j'entendais même dans un des documentaires,

[04:53]

je pense que justement, le GHB, ça représente peut-être 5 %.

[04:57]

Mais tout le reste, à peu près 95 % de la soumission chimique,

[05:01]

c'est souvent utilisé par des médicaments de sous-ordonnances

[05:04]

ou du moins qu'on a dans la pharmacie

[05:06]

puis qui n'ont pas le but de faire ça.

[05:09]

Absolument.

[05:09]

Donc ça, je ne pensais pas que ce chiffre-là était si élevé.

[05:13]

Ça m'a jeté à terre.

[05:15]

C'est vraiment décourageant que les hommes,

[05:17]

parce qu'on va le dire la plupart du temps,

[05:20]

ce sont les hommes qui effectuent ce...

[05:22]

je ne sais pas ce qu'on a en nous,

[05:24]

mais c'est décourageant en fait que les hommes d'aujourd'hui,

[05:28]

depuis peut-être 20 ans à peu près,

[05:30]

qui pensent à utiliser les médicaments

[05:32]

pour arriver à leur fin sexuelle.

[05:35]

Ah oui. Vous allez voir, c'est troublant.

[05:36]

On va entrer un peu dans la tête de Dominique Pellico aussi,

[05:40]

avec des extraits du procès.

[05:42]

Vraiment, nos recherchistes ont fait un super boulot.

[05:44]

Vraiment.

[05:44]

Mais oui, c'est un sujet choquant,

[05:46]

puis c'est important de, comment dire,

[05:49]

de lever l'awareness, de sensibiliser les gens autour de ça.

[05:53]

Pas juste de surveiller vos verres dans les bars,

[05:54]

parce que comme tu dis, Seb,

[05:56]

souvent, c'est des sédatifs, des calmants,

[05:59]

du Xanax, du Lorazepam, plein de choses

[06:02]

qui sont des médicaments sous prescription

[06:03]

qui vont être administrés aux victimes potentielles.

[06:07]

Et dans certains cas, ça peut aller assez loin.

[06:10]

En after-show, on va parler un peu

[06:12]

de chiffres autour de la soumission chimique,

[06:14]

de statistiques, du phénomène,

[06:17]

comment c'est comptabilisé,

[06:19]

et comment ce n'est pas comptabilisé

[06:21]

dans certaines régions.

[06:22]

La France est plus avancée que nous, par exemple.

[06:25]

Ah oui?

[06:25]

Le Canada.

[06:26]

Oui, eux, vraiment,

[06:27]

un genre d'observatoire autour de ça.

[06:29]

Je pense que le cas de l'histoire Pellico,

[06:32]

évidemment, contribue à sensibiliser les gens autour de ça.

[06:35]

Puis on va vous parler aussi d'un autre champion,

[06:38]

Philip Wilson, parce que,

[06:40]

en after-show, toujours,

[06:42]

parce que, justement, au Canada,

[06:44]

on n'y échappe pas.

[06:45]

On l'appelle un peu le violeur d'Ottawa.

[06:48]

Donc, il arpentait les rues du nightlife d'Ottawa.

[06:53]

Et en vendant des drogues à des gens,

[06:55]

souvent des drogues récréatives,

[06:57]

il droguait des boissons qu'il donnait aux jeunes femmes.

[07:01]

Il a fait des dizaines de victimes,

[07:03]

et ça, c'est ce qu'on sait.

[07:04]

Donc, on en parle en after-show

[07:06]

avec quelques données,

[07:07]

réflexions autour de la soumission chimique aussi.

[07:10]

Mais ça risque d'être un gros épisode, Seb, aujourd'hui.

[07:14]

On tenait à le faire.

[07:15]

On n'a pas réussi à le placer dans notre saison régulière

[07:17]

parce que les autres épisodes étaient trop avancés.

[07:19]

Mais on s'est dit,

[07:20]

c'est sûr qu'on sort en hors-saison cet été.

[07:24]

Dites-nous ce que vous en pensez.

[07:25]

C'est un cas, évidemment,

[07:26]

qui a énormément fait jaser en France

[07:28]

et ailleurs dans la francophonie.

[07:31]

Et là-dessus, qu'est-ce qu'on boit, Seb?

[07:32]

Oui, on boit parce qu'il faut toujours bien accompagner

[07:35]

les gros dégueulasses avec un peu de bière, si je veux dire.

[07:38]

Aujourd'hui, on boit la Lévisienne IPA,

[07:41]

la microbrasserie Corsair.

[07:43]

Shout out Lévis, le B3.

[07:45]

Oui, ce qui se catégorise comme une microbrasserie pirate.

[07:48]

Et c'est une IPA de type britannique ou anglaise.

[07:51]

C'est vrai, on le sent l'amertume un peu de la rousse.

[07:54]

On sent le goût de la robe embrée.

[07:56]

Il y a un oublonnage assez élevé,

[07:58]

78, c'est 6,2 % d'alcool, arômes floraux.

[08:02]

Elle est excellente avec des saveurs caramélisantes.

[08:05]

Caramélisées, pardon, qui donnent un bon goût.

[08:08]

Eux, ils recommandent de manger ça, par exemple,

[08:09]

avec des mailles pissées, du poisson, des fruits de mer.

[08:11]

Et je le comprends parce que justement,

[08:13]

le goût embré, ça permet de prendre le dessus.

[08:17]

C'est vrai qu'avec un bon poisson,

[08:18]

ça fait encore plus pirate.

[08:20]

Allez-y aux Corsairs, ça fait longtemps qu'ils sont là.

[08:22]

Les Lévis sont sur le bord de l'eau.

[08:24]

Un beau local, c'est chill.

[08:25]

Tu descends la côte, t'es vraiment sur le bord de l'eau.

[08:28]

Vraiment un beau petit spot l'été pour aller prendre une bière.

[08:32]

Allez-y.

[08:32]

Cool, belle suggestion.

[08:34]

Et cette tournée de bière-là, Emile,

[08:35]

elle nous a été offert par Jerry Cranes,

[08:38]

si je le prononce bien.

[08:40]

Jerry, ce qu'il a fait, il est allé sur le site

[08:43]

distorsionpodcast.com.

[08:44]

Le petit bouton à haut à droite, tournée de bière.

[08:46]

Il nous a fait un don via PayPal.

[08:48]

Et voilà, il nous a suggéré une bière

[08:50]

et ça se retrouve dans le fridge.

[08:51]

Et nous, on va acheter cette bière-là.

[08:54]

Exact.

[08:54]

C'est ça, c'est pas le Corsair qui nous commandit.

[08:56]

Non, non, pas du tout.

[08:56]

C'est nous qui commanditons le Corsair.

[08:58]

C'est une plug gratuite comme ça.

[09:01]

Oui, on est smart.

[09:02]

Vu de notre passion pour la bonne bière.

[09:05]

On a aussi un shout-out qui nous vient

[09:07]

d'une review 5 étoiles sur Apple Podcasts

[09:09]

qui nous vient de Sinalena.

[09:11]

Et elle nous dit, encore, encore, encore,

[09:14]

c'est toujours tellement captivant de vous écouter, les boys.

[09:17]

En voiture, en faisant le ménage,

[09:19]

toutes les occasions sont bonnes

[09:20]

pour écouter votre prochaine histoire.

[09:23]

Et là, qu'est-ce qu'elle nous dit?

[09:24]

Merci pour le divertissement.

[09:25]

En plus de vos voix radiophoniques,

[09:27]

ce sont toujours très agréables,

[09:29]

même lorsque parfois, ce que vous racontez

[09:31]

nous donne d'autres types de frissons.

[09:34]

Hi, hi, hi, dit-elle à la fin.

[09:37]

Ben oui, apparemment qu'on a des voix,

[09:39]

des voix suaves, Seb.

[09:40]

Oui, c'est ce qu'on nous dit.

[09:42]

On devrait monétiser ça.

[09:43]

On devrait, comment dire,

[09:45]

enregistrer vos messages vocaux ou quelque chose comme ça.

[09:48]

C'est pas fou.

[09:49]

On devrait avoir un forfait Patreon.

[09:51]

On vous enregistre une berceuse avant de vous endormir.

[09:53]

C'est pas fou ça, selon votre choix.

[09:55]

Ou on lit des nouvelles érotiques des années 80.

[10:01]

J'allais dire des vieux contes Disney,

[10:03]

mais les nouvelles érotiques, j'aime ça.

[10:05]

Tout dépendant des goûts.

[10:06]

Oui, on est ouverts à toutes.

[10:08]

On est des mercenaires.

[10:10]

Je pense qu'on en a assez dit, Seb.

[10:12]

Les haters vont nous dire que notre intro fait 9 minutes.

[10:15]

Est-ce qu'on est prêt à se lancer

[10:16]

dans l'épisode d'aujourd'hui?

[10:18]

Oui, mais, Emile, réaliser un épisode

[10:21]

de distorsion, eh bien, c'est parfois

[10:23]

un casse-tête presque aussi ambitieux

[10:25]

que de décortiquer toutes les offres

[10:27]

mobile et Internet.

[10:29]

Totalement. On avance d'énigme en énigme,

[10:32]

les pistes s'entrecroisent

[10:33]

et on a vite fait de perdre le fil.

[10:37]

Heureusement,

[10:38]

côté Télécom, aucun détour.

[10:40]

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[10:41]

100 % numérique et transparent.

[10:44]

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[10:46]

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[10:47]

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[10:50]

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[10:54]

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[10:56]

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[11:00]

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[11:02]

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[11:05]

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[11:06]

offert.

[11:08]

Une offre limpide, impossible

[11:10]

de s'égarer dans le labyrinthe des offres.

[11:12]

Pour en profiter, rendez-vous

[11:14]

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[11:15]

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[11:18]

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[11:20]

Avec Fizz, la solution est toute

[11:22]

tracée, simple, claire

[11:24]

et sans détour.

[11:26]

Alors Seb, maintenant qu'on est bien

[11:28]

préparé, est-ce qu'on est prêt à plonger

[11:30]

dans notre épisode d'aujourd'hui?

[11:32]

Oui Monsieur!

[11:34]

Allons-y!

[11:38]

Commençons tranquillement

[11:39]

cette chronologie de cette histoire

[11:41]

complexe Seb, tout d'abord

[11:44]

en revenant

[11:45]

vraiment en arrière dans le temps.

[11:47]

Je vais vous parler de Gisèle,

[11:48]

de sa naissance, de la formation

[11:51]

du couple Pélico, les enfants

[11:53]

et tout ça pour qu'on

[11:55]

comprenne un peu plus le contexte

[11:57]

dans lequel on évolue ici,

[11:59]

dans le cadre de cette histoire-là.

[12:01]

Gisèle, elle est née le 7 décembre

[12:04]

1952 à Villingen,

[12:06]

en Allemagne de l'Ouest.

[12:07]

C'est la fille d'un

[12:08]

militaire français. Elle connaît

[12:10]

une enfance marquée par les déplacements.

[12:13]

À l'âge de 5 ans,

[12:14]

sa famille reste en France.

[12:16]

Le destin frappe cruellement,

[12:18]

sa mère décède d'un cancer

[12:20]

alors que Gisèle n'a que 9 ans,

[12:23]

très tôt. Malgré

[12:24]

cette perte précoce, elle

[12:26]

garde le souvenir d'une enfance heureuse.

[12:30]

Dominique,

[12:30]

lui, naît le 27

[12:32]

novembre 1952 à

[12:34]

Quincy-sous-Sénart, en France.

[12:37]

Sa jeunesse est bien différente

[12:38]

de celle de Gisèle. À la

[12:40]

fin des années 1950,

[12:42]

sa famille lui aussi déménage

[12:44]

dans l'Indre, où son

[12:46]

père Denis travaille comme contremaître

[12:48]

dans un centre de réadaptation

[12:50]

pour vétéran de guerre.

[12:52]

Dominique décrit plus tard son père

[12:54]

comme étant dur, sévère

[12:56]

et autoritaire.

[12:58]

Enfant, il est témoin des violences

[13:00]

que son père exerce sur sa mère

[13:02]

Juliette et grandit dans un climat

[13:04]

familial marqué par la peur

[13:06]

et l'humiliation. Ses

[13:08]

traumatismes laissent une empreinte

[13:09]

durable sur lui. Ce qui n'est pas rare,

[13:12]

c'est rare que ça ne laisse pas de

[13:14]

traumatisme.

[13:16]

Gisèle, elle rêve initialement

[13:18]

de devenir coiffeuse,

[13:20]

mais finit par étudier la

[13:22]

sténodactylographie.

[13:23]

C'est une technique qui combine

[13:25]

la sténographie, l'écriture rapide

[13:28]

abrégée, et la

[13:29]

dactylographie, qui est la frappe au clavier

[13:31]

ou la machine à écrire. Elle permet

[13:33]

de prendre des notes très rapidement,

[13:36]

que ce soit en réunion,

[13:37]

dans des interviews, ou même

[13:39]

dans des procès.

[13:42]

Dominique, quant à lui, obtient

[13:43]

un CAP d'électricien à l'âge

[13:45]

de 17 ans. Il va en faire

[13:47]

son métier. Leur rencontre

[13:50]

se produit dans une entreprise

[13:51]

locale d'Azé-le-Ferron,

[13:53]

où ils travaillent tous les deux.

[13:55]

Les distordus français disent nous, si je prononce mal,

[13:58]

vos beaux noms de villes.

[14:01]

Mais moi,

[14:01]

je pensais que c'était Azé-le-Ferron,

[14:03]

et non Azaï.

[14:04]

C'est pas américain,

[14:06]

c'est pas en Thaïlande.

[14:08]

Pour Dominique, qui à l'époque était à peine

[14:10]

majeure, c'est un coup de foudre

[14:12]

immédiat pour Gisèle.

[14:14]

Gisèle, de son côté, se souviendra

[14:16]

plus tard, avec émotion, de ce moment

[14:18]

crucial. Elle a dit,

[14:20]

Quand j'ai vu ce jeune homme en pull,

[14:22]

bleu, j'ai su que c'était lui.

[14:24]

Cette première impression restera

[14:26]

gravée dans sa mémoire, symbolisant

[14:28]

à ses yeux le début de leur belle

[14:30]

histoire d'amour.

[14:31]

Au fil des échanges,

[14:34]

Gisèle et Dominique découvrent

[14:35]

qu'ils partagent des expériences similaires

[14:37]

d'enfances troublées.

[14:39]

Cette reconnaissance mutuelle de leurs

[14:41]

blessures respectives crée rapidement

[14:43]

un lien profond entre les deux.

[14:46]

Dominique, qui a quitté l'école

[14:47]

en cinquième pour intégrer le monde

[14:49]

du travail, voit en Gisèle

[14:51]

une femme forte et déterminée,

[14:53]

capable de lui apporter la stabilité

[14:55]

émotionnelle qu'il n'a jamais connue.

[14:57]

Gisèle, quant à elle, trouve

[14:59]

en Dominique un homme qui semble prêt

[15:01]

à construire avec elle l'avenir

[15:03]

stable dont elle a toujours rêvé.

[15:06]

Leur relation évolue

[15:07]

rapidement, nourrie par ce désir

[15:09]

commun de surmonter leurs pensées

[15:11]

difficiles.

[15:12]

Deux ans après leur première rencontre,

[15:14]

le 28 avril 1973,

[15:17]

ils se marient à Hazay-le-Ferron,

[15:19]

le village même où leur histoire

[15:20]

d'amour a débuté.

[15:22]

Ce mariage marque le début

[15:24]

d'une nouvelle vie, qu'ils espèrent

[15:26]

remplies de promesses, d'espoir,

[15:28]

mais surtout d'amour.

[15:31]

Plus tard, lors du procès

[15:32]

qui mettra en lumière les aspects

[15:34]

les plus sombres de leur relation,

[15:36]

Gisèle évoquera cette période

[15:38]

de sa vie avec nostalgie,

[15:40]

en déclarant au tribunal

[15:41]

« Nous étions follement amoureux et nous ne pouvions

[15:43]

pas supporter d'être séparés ».

[15:45]

Donc, ils ont vécu une vie

[15:48]

tout de même heureuse, ce couple

[15:50]

de Gisèle et Dominique.

[15:52]

Leur vie semble prendre un tournant heureux

[15:54]

autour de ces années-là, ils fondent

[15:55]

une famille et ont trois enfants.

[15:58]

David, qui naît en 1973,

[16:01]

Caroline, en 1978,

[16:03]

et Florian, en 1986.

[16:05]

Le couple vit

[16:06]

dans la région parisienne.

[16:08]

Gisèle travaille chez EDF,

[16:10]

où elle débute à l'âge de 30 ans.

[16:12]

EDF, ou Électricité de France,

[16:14]

est une entreprise française majeure

[16:16]

dans le secteur de l'énergie.

[16:18]

Elle y gravie progressivement les échelons

[16:20]

jusqu'à terminer sa carrière

[16:21]

comme cadre préparatrice logistique

[16:24]

pour les centrales nucléaires.

[16:28]

Dominique, lui, travaille comme électricien

[16:30]

et agent immobilier.

[16:31]

Il tente de lancer plusieurs entreprises

[16:33]

qui finissent par échouer.

[16:35]

Le couple connaît des difficultés financières

[16:37]

de manière assez fréquente et Gisèle

[16:40]

développe une liaison avec un

[16:42]

collègue au milieu des années 80,

[16:44]

ce qui provoque une crise

[16:45]

existentielle chez Dominique.

[16:48]

Lorsque ce dernier découvre l'infidélité

[16:50]

de sa femme, il quitte le domicile

[16:52]

conjugale et entame une

[16:54]

relation lui aussi avec une autre femme.

[16:57]

Il vit donc séparé de Gisèle

[16:59]

pendant plusieurs mois

[17:00]

avant qu'ils ne finissent par se réconcilier

[17:03]

et reprendre leur vie commune.

[17:05]

En 2013,

[17:07]

le couple prend sa retraite

[17:08]

et s'installe à Maza,

[17:10]

un village de 6000 habitants

[17:11]

dans la Vaucleuse.

[17:14]

Gisèle rejoint une chorale

[17:16]

tandis que Dominique s'adonne

[17:17]

aux sports et au cyclisme.

[17:20]

Ils reçoivent régulièrement

[17:21]

la visite de leurs enfants et petits-enfants.

[17:24]

Personne ne pouvait y mal

[17:25]

alors imaginer que derrière

[17:27]

cette apparence de bonheur

[17:29]

se cachait un avenir sombre.

[17:32]

Ce couple qui semblait

[17:33]

si ordinaire et que leur ami qualifiait

[17:35]

de couple parfait,

[17:37]

allait devenir, des décennies plus tard,

[17:40]

le centre d'une affaire criminelle

[17:41]

qui choquerait la France entière.

[17:44]

Et là et là, on va revenir

[17:45]

un peu en arrière en 2010,

[17:47]

alors que le couple vivait

[17:49]

un certain bonheur.

[17:51]

En juillet 2010,

[17:53]

dans un centre commercial de Seine et Marne,

[17:57]

un homme de 57 ans

[17:58]

aux comportements suspects

[17:59]

attire l'attention de Nordine,

[18:02]

un animateur

[18:03]

du supermarché.

[18:05]

Intrigué par le manège de ce client,

[18:07]

Nordine l'observe discrètement.

[18:09]

Et là, je le cite.

[18:11]

« Je vois ce monsieur avec une grosse sacoche

[18:13]

et je voyais un truc qui dépassait.

[18:15]

Il mettait ça sous la jupe des femmes.

[18:18]

Ça fait « tilt » dans ma tête.

[18:20]

J'ai vu qu'il filmait

[18:21]

sous les jupes. Je l'ai suivi un peu

[18:23]

pour confirmer, raconte-t-il.

[18:26]

L'homme en question,

[18:27]

eh bien, c'est Dominique Pellicot.

[18:29]

Armé d'une caméra miniature cachée

[18:31]

dans un stylo, il traque

[18:33]

ses victimes dans les allées du magasin.

[18:35]

« Un petit cochon, oui. »

[18:37]

Il se collait aux clientes,

[18:39]

il mettait son sac sous les jupes,

[18:41]

il chassait ses victimes.

[18:43]

Dès qu'il y avait une dame en mini-jupe

[18:45]

ou en jupe, comme il faisait chaud,

[18:47]

il fonçait, il y allait,

[18:49]

se souvient Nordine.

[18:51]

Rapidement, la sécurité interpelle

[18:53]

Pellicot, qui lui semble surpris

[18:55]

par cette appréhension.

[18:57]

Il est par la suite amené au commissariat.

[18:59]

Malgré la gravité de ses actes,

[19:01]

il s'en sort avec une simple amende

[19:03]

de 100 €.

[19:04]

Cette sanction légère ne fait alors

[19:06]

qu'attiser ses pulsions perverses.

[19:09]

Oui, ce n'est pas assez pour Boursquarette.

[19:11]

Ben non, sans de l'art.

[19:13]

Un an plus tard, en juillet 2011,

[19:16]

Pellicot franchit une nouvelle ligne rouge.

[19:18]

Il commence à fréquenter

[19:19]

le fameux site Coco.fr.

[19:23]

Je vais vous parler un peu

[19:24]

de l'historique de Coco.

[19:25]

Coco.fr…

[19:27]

Oui, parce qu'on ne penserait

[19:28]

jamais qu'avec un nom comme ça,

[19:31]

on retrouve ce type de contenu, mettons.

[19:32]

Exact, non, c'est fou.

[19:34]

Ce n'est pas la chasse au Coco de Pâques.

[19:36]

Non, loin de là.

[19:39]

Coco.fr voit le jour en 2003.

[19:42]

C'est un site

[19:42]

qui a été créé par Isaac Steedle,

[19:45]

un Italo bulgare.

[19:47]

Ce site promettait une expérience

[19:48]

de discussion en ligne simple et sans contrainte.

[19:51]

Pas besoin de s'inscrire,

[19:53]

pas de vérification d'identité,

[19:55]

juste un pseudonyme,

[19:56]

un code postal et hop,

[19:58]

vous voilà plongé dans un monde

[19:59]

de conversation virtuelle.

[20:01]

Au fil des années, Coco devient

[20:04]

le repère de centaines de milliers d'internautes,

[20:06]

même qu'à son apogée,

[20:08]

près de 800 000 visiteurs uniques

[20:10]

par mois s'y connectent,

[20:12]

cherchant à bavarder, flirter

[20:14]

ou simplement tuer le temps.

[20:16]

Les salons de discussion

[20:17]

fourmillaient d'activités,

[20:19]

les messages privés fusaient dans tous les sens.

[20:22]

Donc, on n'y retrouvait pas que

[20:23]

du contenu malsain,

[20:25]

c'était aussi des discussions sur tout et rien.

[20:27]

Oui, exactement. C'est un forum,

[20:29]

c'est juste que vu qu'il n'y avait pas de modération,

[20:30]

les gens en ont profité.

[20:32]

Exact, quand on s'en règle,

[20:34]

l'humain étant ce qu'il est…

[20:36]

Oui, on se rappellera de 4chan,

[20:38]

Saint, la même chose.

[20:40]

Mais derrière cette façade de convivialité,

[20:43]

se cache une réalité

[20:44]

bien plus sombre.

[20:46]

Les rumeurs commencèrent à circuler,

[20:48]

puis les faits divers s'accumulèrent.

[20:51]

Coco devenait le terrain de jeu favori

[20:53]

des prédateurs en tout genre.

[20:55]

Pédocriminalité,

[20:57]

prostitution de mineurs,

[20:58]

trafic de drogue,

[21:00]

le site semblait attirer le pire

[21:02]

de l'humanité comme un aimant.

[21:04]

Les autorités s'inquiétaient,

[21:06]

les parents paniquaient,

[21:07]

mais Coco, lui, continuait son chemin.

[21:10]

La modération quasi inexistante,

[21:12]

le contrôle de l'âge des utilisateurs,

[21:14]

une vague formalité facilement contournée.

[21:17]

Le site était devenu

[21:18]

une zone de non-droit numérique.

[21:22]

Fin 2020,

[21:24]

cent ans le vent tourné,

[21:25]

les propriétaires de Coco

[21:26]

tentèrent un tour de passe-passe.

[21:29]

Bye bye coco.fr,

[21:31]

bonjour coco.gg.

[21:33]

Vous savez, le nom de domaine,

[21:35]

c'est souvent relié au pays

[21:36]

où le site est hébergé,

[21:39]

et le site déménagea ses serveurs

[21:41]

à Guernesset,

[21:44]

espérant échapper

[21:45]

aux griffes de la justice française.

[21:47]

Mais c'était trop peu, trop tard.

[21:49]

Le 25 juin 2024,

[21:52]

le verdict tombe.

[21:53]

Le paquet de paris a annoncé

[21:55]

la fermeture définitive de Coco

[21:56]

et la saisie de ses serveurs.

[21:59]

Après plus de deux décennies

[22:01]

d'existence d'une multitudeuse,

[22:02]

le rideau est tombé

[22:04]

sur l'un des sites de chat

[22:05]

les plus controversés de l'histoire

[22:06]

de l'Internet français.

[22:09]

En juillet 2024,

[22:11]

ils ont arrêté deux modérateurs

[22:12]

et ont interrogé trois proches

[22:14]

d'Isaac Steedle.

[22:16]

Et le 9 juin 2025,

[22:18]

Isaac Steedle,

[22:20]

maintenant rendu à 44 ans,

[22:22]

est mis en examen après garde à vue.

[22:24]

Et lui, justement, le premier chef principal,

[22:26]

c'est administration d'une plateforme

[22:28]

facilitant des transactions illégales

[22:30]

en bande organisée.

[22:32]

J'imagine qu'il devait se vendre de la drogue

[22:34]

ou s'y la tuer peut-être.

[22:36]

Et le lendemain, d'autres charges

[22:38]

sont apparues.

[22:39]

Ça, c'est récent, c'est janvier 2025.

[22:42]

Exact, oui.

[22:43]

Complicité de trafic de stupéfiants,

[22:45]

détention, diffusion d'images pédopornographiques,

[22:48]

corruption de mineurs,

[22:50]

blanchiment d'argent aggravé,

[22:51]

blanchiment aggravé, pardon, etc., etc.

[22:54]

Sous contrôle judiciaire,

[22:55]

la caution, c'est 100 000 €,

[22:57]

interdiction de quitter la France

[22:59]

et plusieurs chefs de l'accusation

[23:01]

sont passibles jusqu'à 10 ans de prison chacun.

[23:04]

Donc, il n'y a pas eu encore le jugement.

[23:06]

Mais il ne s'en sortira pas

[23:07]

notre petit Isaac.

[23:09]

Non, c'est ça.

[23:10]

Ça, c'est peut-être certains développements

[23:12]

qui sont intéressants dans l'affaire.

[23:14]

Dans toute cette affaire-là, c'est que

[23:15]

justement, ce site-là a été

[23:18]

dans la foulée du cas

[23:20]

de Pellico.

[23:21]

Ce site-là est un peu passé dans le tordeur aussi.

[23:24]

Il n'y en aura plus.

[23:25]

Il va peut-être en avoir d'autres.

[23:28]

C'est sûr que quand on...

[23:29]

C'est un peu comme les repères de vermine.

[23:32]

Quand on en détruit un,

[23:33]

il y en a un autre qui pousse à côté.

[23:35]

Sauf que dans ce cas-ci, au moins,

[23:37]

coco.fr est rayé de la carte.

[23:39]

Avec cette histoire-là aussi.

[23:41]

À quelque part, c'est normal.

[23:42]

Je pense que les fondateurs

[23:44]

ont un peu la charrue derrière les bulles.

[23:46]

On va revenir dans le passé.

[23:48]

Ne vous en faites pas.

[23:50]

Mais c'est normal aussi

[23:51]

qu'il y ait des sanctions pour les gens

[23:53]

qui ont eu un site comme ça sans modération.

[23:55]

Ils sont responsables d'une certaine façon.

[23:58]

C'est des facilitateurs.

[24:00]

Je suis content.

[24:01]

Ça me rassure aussi que la justice,

[24:03]

sous le seul prétexte qu'on déménage

[24:05]

un serveur dans un autre pays

[24:07]

et qu'on n'a pas juridiction...

[24:09]

Non, non. À un moment donné, la justice

[24:12]

était coupable.

[24:13]

Le gars, il habitait en France. C'est un Français.

[24:15]

À un moment donné, l'endroit

[24:17]

de l'hébergement...

[24:19]

C'est une technique de cette époque-là, on dirait.

[24:21]

Exact. Mais c'est vrai.

[24:22]

Mais il a déménagé son serveur fin 2020.

[24:25]

Puis c'est là que...

[24:25]

En 2020, oui.

[24:27]

Et les coups avaient déjà été arrêtés.

[24:29]

Je ne sais pas si ça avait été médiatisé par contre

[24:31]

à cette époque-là.

[24:32]

Mais c'est sûr qu'eux, ils ont dû être mis au courant.

[24:35]

C'est un peu pour ça qu'ils ont voulu faire la transition.

[24:38]

Mais rendu là, tout ton historique

[24:39]

ne s'efface pas et tout ça.

[24:41]

Je suis allé voir au Internet Archive.

[24:44]

Il n'y a vraiment écrit aucune...

[24:47]

En fait, ces sites-là,

[24:47]

ils ne les gardent pas dans leur historique.

[24:49]

On dirait que quand ils ont des connotations

[24:51]

un peu trop de ce style-là,

[24:53]

ils ne sont jamais gardés dans l'Internet.

[24:55]

La Wayback Machine.

[24:56]

Ils font bien quand même.

[24:58]

Mais sinon,

[25:00]

pour revenir à Coco,

[25:02]

Dominique Pellico, lui, il passait des heures

[25:04]

à naviguer sur ces forums-là.

[25:06]

Les salons de discussion contenus de plus en plus

[25:08]

sombres et dégueulasses.

[25:10]

Et c'est sur Coco.fr

[25:12]

qu'il fait une rencontre

[25:13]

qui allait changer le cours de sa vie.

[25:16]

Et évidemment, celle de sa femme Gisèle.

[25:19]

C'est un soir

[25:20]

de 2011, Seb, que cette rencontre

[25:22]

se fait. Dominique,

[25:24]

il reçoit un message privé

[25:26]

de Coco.fr qui attire son attention.

[25:30]

Un homme prétendant

[25:31]

à être infirmier

[25:32]

lui a envoyé des photos troublantes.

[25:34]

Une femme visiblement inconsciente

[25:37]

dans des poses compromettantes.

[25:39]

Accompagnant ces images,

[25:41]

des instructions détaillées

[25:42]

sur la manière de reproduire ce scénario

[25:45]

avec sa propre

[25:46]

pose. Et donc là,

[25:48]

ça, ça va éveiller une forme

[25:50]

de désir chez Dominique Pellico

[25:52]

qui savait peut-être pas qu'il y avait

[25:54]

à l'époque, mais ça va l'exciter

[25:56]

fortement ce message-là

[25:58]

avec les photos.

[26:00]

Et là, tranquillement, ce désir-là

[26:03]

dans la tête de Dominique va se

[26:04]

transformer en un plan.

[26:07]

Il aimerait bien faire la même chose,

[26:08]

puis pourquoi pas

[26:10]

sur sa femme qui habite

[26:13]

avec lui, évidemment.

[26:14]

Donc il commence à réfléchir à ça.

[26:16]

Comment est-ce qu'il pourrait endormir

[26:18]

sa femme afin

[26:20]

de profiter d'elle?

[26:22]

Et au début de son plan,

[26:24]

il procède par essaie-erreur

[26:26]

afin de trouver le bon médicament

[26:28]

et la dose idéale

[26:29]

qu'il faut donner à Gisèle.

[26:32]

Il utilise principalement deux

[26:34]

médicaments, le Temesta,

[26:36]

qui est du lorazepam, un puissant

[26:38]

anxiolytique, et le Stilnox,

[26:40]

qui est du Zolpidem,

[26:41]

qui est un hypnotique.

[26:44]

Et le lorazepam, c'est un médicament

[26:46]

qui est utilisé pour calmer l'anxiété,

[26:48]

détendre le système nerveux,

[26:49]

il appartient à la famille des Benzodiazepines,

[26:52]

les fameux Benzos,

[26:53]

qui agissent comme des tranquillisants.

[26:56]

En gros, il aide à apaiser

[26:57]

les angoisses, réduire le stress

[26:59]

et favoriser la relaxation.

[27:01]

Mais il peut aussi provoquer de la somnolence

[27:03]

et créer une dépendance

[27:05]

s'il est pris pendant une trop longue période.

[27:08]

Le Zolpidem,

[27:09]

c'est un somnifère utilisé

[27:11]

pour traiter les insomnies.

[27:12]

Il agit rapidement pour aider à s'endormir,

[27:15]

mais son effet ne dure pas toute la nuit.

[27:17]

Contrairement au Benzo,

[27:19]

il est censé être moins addictif,

[27:21]

mais il peut quand même provoquer une dépendance

[27:23]

s'il est mal utilisé.

[27:25]

Certaines personnes ont aussi des comportements

[27:27]

étranges après l'avoir pris,

[27:29]

par exemple parler

[27:31]

en dormant, manger ou même

[27:33]

conduire en dormant.

[27:34]

Ça me traumatisait un peu

[27:37]

aussi l'aspect de dépendance

[27:39]

parce que, je veux dire,

[27:42]

Gisele, elle absorbait

[27:43]

ces médicaments-là, elle développait

[27:45]

une dépendance

[27:47]

sans qu'elle le veule.

[27:49]

Sans le savoir, même.

[27:51]

Souvent, les dépendances, je suis loin d'être un spécialiste,

[27:53]

mais je sais qu'il y a même des symptômes

[27:55]

physiques quand tu manques d'une

[27:57]

drogue.

[27:59]

Là, on va en parler plus loin, elle avait toutes sortes

[28:01]

de symptômes, mais elle a dû

[28:03]

vivre un certain calvaire.

[28:05]

Dans un certain moment

[28:07]

où il y avait moins

[28:09]

de vieux, j'imagine, elle devait subir

[28:11]

un genre de...

[28:13]

de manque.

[28:14]

Oui, il y a un nom pour ça.

[28:16]

Des faits de manque.

[28:19]

Sans comprendre, elle devait

[28:21]

tellement être mêlée.

[28:24]

Je veux dire, si tu

[28:25]

commences à prendre

[28:27]

du crystal meth tous les jours, tu vas le savoir

[28:29]

à un moment donné, je suis en manque,

[28:31]

mais c'est normal que j'en prends tous les jours.

[28:32]

Elle, elle ne sait pas qu'elle en prend.

[28:35]

Elle est dépendante à quoi?

[28:36]

Elle ne sait pas, mais elle doit avoir un effet de manque

[28:38]

ou des fois, les gens qui sont

[28:41]

dépendants à des opioïdes vont

[28:43]

carrément tomber malades quand ils n'en prennent pas.

[28:45]

Ok, ok, oui.

[28:46]

C'est sûr, pour moi,

[28:48]

juste ça, sans les viols,

[28:51]

c'est des agressions,

[28:53]

c'est des agressions, je ne sais pas

[28:55]

comment appeler ça, agressions chimiques.

[28:57]

Oui, oui. Je ne veux pas

[28:59]

le gâcher ou ce qu'on s'en va,

[29:01]

mais ça ne serait pas très, très grave.

[29:03]

Oui, oui, absolument.

[29:05]

Et là, justement,

[29:07]

il expérimente Dominique

[29:08]

avec ces différents médicaments-là,

[29:12]

avec différentes doses de témestas,

[29:14]

entre autres.

[29:15]

Il écrase les comprimés

[29:16]

et stocke la poudre dans une petite pipette.

[29:19]

Et au départ, les doses

[29:21]

sont trop faibles. Giselle

[29:22]

s'endort, mais pas assez profondément

[29:24]

au goût de son mari.

[29:26]

Progressivement, Pellico augmente

[29:28]

les doses, mettant parfois

[29:30]

la vie de sa victime en danger.

[29:32]

Selon les médecins qui ont examiné Giselle Pellico,

[29:35]

elle frôle la mort

[29:36]

à plusieurs reprises pendant

[29:38]

cette période-là, entre coma

[29:40]

et surdose.

[29:42]

Après plusieurs tentatives,

[29:44]

Pellico finit par trouver ce qu'il

[29:46]

considère comme la dose idéale.

[29:48]

C'est un mélange de trois comprimés

[29:50]

de 2,5 mg de

[29:52]

témestas, parfois combinés avec du

[29:54]

style Nox. Il administre

[29:56]

cette mixture à sa femme en la

[29:58]

mélangeant à sa nourriture ou sa boisson,

[30:01]

comme dans un café le matin,

[30:02]

une purée ou une glace le soir.

[30:04]

Il s'assure que les plats soient très

[30:06]

goûteux afin d'éviter les soupçons

[30:09]

de goût altérés.

[30:11]

Ces essais dangereux

[30:12]

durent un certain temps, avant que Pellico

[30:14]

ne trouve la combinaison qui produit

[30:16]

l'effet recherché, c'est-à-dire

[30:18]

plonger Giselle dans un sommeil profond

[30:20]

pendant environ cinq heures,

[30:23]

la rendant totalement vulnérable

[30:25]

à ses agressions.

[30:28]

Une fois Giselle plongée

[30:30]

dans un sommeil profond par les médicaments,

[30:32]

Dominique Pellico s'adonne à des actes

[30:35]

pervers. Il commence

[30:36]

par l'habiller, alors qu'elle est

[30:38]

inconsciente, de sous-vêtements qu'elle

[30:40]

n'aurait jamais porté en temps normal.

[30:43]

Et profitant de son état d'inconscience,

[30:45]

il se lève à des pratiques

[30:46]

sexuelles que Giselle n'aurait jamais

[30:48]

accepté si elle avait été éveillée.

[30:51]

Et rapidement,

[30:53]

ces actes ne suffisent plus à

[30:54]

assouvir les pulsions déviantes

[30:56]

de Dominique.

[30:59]

A vide de nouvelles sensations,

[31:00]

il décide d'aller plus loin.

[31:03]

C'est alors qu'il se tourne une fois de plus

[31:05]

vers Internet et plus précisément

[31:07]

vers Coco.fr.

[31:09]

C'est dans des salons de discussion

[31:10]

au nom évocateur,

[31:12]

à son insu, que Dominique Pellico

[31:15]

publie l'impensable.

[31:17]

Il offre le corps inconscient

[31:19]

de sa propre femme à des inconnus.

[31:23]

Les réponses ne tardent pas à arriver.

[31:25]

Pellico les trie

[31:26]

meticuleusement, éliminant ceux qui

[31:28]

lui semblent trop risqués

[31:30]

ou pas assez discrets.

[31:32]

Pour les candidats retenus,

[31:33]

il passe à l'étape suivante,

[31:35]

l'envoi de photos.

[31:37]

Des clichés de Giselle endormie,

[31:40]

toujours sans son visage,

[31:41]

à son insu, comme il le précise.

[31:44]

Ces images servent à la fois

[31:46]

de preuve et d'appât.

[31:48]

Vient ensuite le moment des instructions.

[31:51]

Oui, puis là, il y a un modus

[31:52]

operandi très clair.

[31:54]

Il va prendre des précautions

[31:55]

vraiment minutieuses

[31:57]

pour éviter les soupçons.

[31:59]

Exact, écoutez ça.

[32:00]

Se garer loin du domicile pour ne pas

[32:03]

éveiller les soupçons des voisins.

[32:06]

Deuxièmement, éviter de porter

[32:07]

du parfum ou d'avoir fumé.

[32:10]

Parce que ça se peut que

[32:11]

dans son sommeil, si elle sent quelque chose

[32:13]

de différent, elle se réveille.

[32:14]

Oui, puis même laisser ton odeur sur les draps,

[32:17]

des choses comme ça.

[32:18]

Troisièmement, se déshabiller

[32:20]

dans la cuisine à l'heure arrivée

[32:22]

pour qu'ils puissent, si on a sauvé vite.

[32:25]

Et se laver les mains à l'eau

[32:26]

chaude et chuchoter.

[32:28]

Et la dernière instruction,

[32:31]

s'assurer que leurs mains

[32:32]

soient à température ambiante

[32:33]

pour ne pas réveiller la victime.

[32:37]

Chaque détail

[32:38]

est bien pensé pour ne laisser

[32:39]

aucune trace, aucun indice, qui pourrait

[32:42]

éveiller les soupçons de Gisèle

[32:43]

à son réveil.

[32:45]

Pellico installait ensuite une caméra

[32:47]

dans la chambre, cadrant,

[32:49]

discrètement, un horloge

[32:51]

pour certifier l'heure des faits.

[32:54]

En même temps, ça laisse des preuves.

[32:55]

Oui, exact.

[32:57]

Il filmait systématiquement chaque agression

[33:00]

prétextant le faire pour se protéger

[33:02]

d'éventuels chantage.

[33:04]

Mais en réalité, on va se le dire,

[33:06]

ces vidéos alimentaient son voyeurisme

[33:08]

et servaient d'outils

[33:09]

de recrutement pour de futurs

[33:11]

agresseurs.

[33:13]

Une fois l'acte terminé,

[33:15]

Pellico reprenait le contrôle total

[33:17]

de la situation. Il effectuait lui-même

[33:20]

la toilette intime de Gisèle,

[33:22]

effaçant méticuleusement

[33:23]

toute trace physique des agressions.

[33:26]

Cette précaution était d'autant plus

[33:27]

nécessaire que les agressants ne portaient

[33:30]

généralement pas

[33:31]

de préservatif.

[33:34]

Ce scénario sinistre,

[33:36]

Gisèle le subira

[33:37]

pendant près d'une décine,

[33:40]

soit de juillet 2011

[33:41]

à septembre 2020.

[33:44]

Durant cette période, elle

[33:45]

subissait en moyenne deux à trois viols

[33:47]

par semaine.

[33:49]

J'ai fait un petit calcul rapide,

[33:50]

ça fait entre 1000 et 1500 viols

[33:53]

qu'elle aurait subi.

[33:55]

C'était souvent en plein milieu de la nuit,

[33:58]

c'est genre pointe-toi à trois heures du matin,

[34:00]

des trucs comme ça,

[34:01]

vraiment intense.

[34:03]

Dans le jugement, je pense que c'est 80 viols

[34:06]

qui sont

[34:08]

comptabilisés,

[34:09]

mais quand on le calcule,

[34:11]

à un viol, deux,

[34:12]

c'est fou,

[34:15]

le chiffre,

[34:16]

je n'arrêtais pas de penser à ça

[34:18]

en m'en venant au studio,

[34:19]

je n'en revenais pas la quantité

[34:21]

de fois qu'elle s'est fait violer.

[34:25]

Il ne vendait pas,

[34:26]

de ce que je comprends,

[34:28]

comme un service,

[34:31]

il ne chargeait pas

[34:32]

à personne,

[34:33]

il ne prostituait pas sa femme.

[34:36]

Ça faisait partie

[34:38]

de sa déviance,

[34:39]

de son fantasme de voir d'autres hommes

[34:42]

violer sa femme inconsciente.

[34:43]

Oui, il se nourrissait de ça.

[34:45]

Là, on va faire un retour en arrière,

[34:48]

le 12 septembre 2020.

[34:50]

Dominique Pilicot se rend au supermarché

[34:52]

E. Leclerc,

[34:54]

de Carpentras,

[34:56]

comme il le fait régulièrement,

[34:58]

mais ce jour-là, il ne vient pas

[34:59]

seulement pour faire ses courses.

[35:01]

Dans les allées du magasin,

[35:03]

il agit avec une discrétion calculée,

[35:06]

son téléphone portable à la main.

[35:07]

Son objectif est clair,

[35:10]

filmer sur les jubes des clientes

[35:11]

sans qu'elle ne s'en aperçoive.

[35:14]

C'est une pratique à laquelle

[35:15]

il s'adonne depuis des années.

[35:17]

Un comportement dévient qui,

[35:19]

jusque-là, lui a permis de passer

[35:21]

un peu sous le radar.

[35:23]

Mais cette fois, la chance n'est pas de son côté.

[35:26]

Les caméras de vidéosurveillance

[35:27]

du magasin captent ses mouvements suspects.

[35:30]

Un vigile,

[35:31]

intrigué par son comportement,

[35:33]

décide de le suivre discrètement.

[35:35]

Pellico cible plusieurs femmes

[35:37]

et filme à plusieurs reprises

[35:39]

avant que le vigile ne l'interpelle

[35:41]

en flagrant délit.

[35:43]

Pris sur le fait, Pellico reste

[35:45]

silencieux, presque impassible.

[35:48]

Le vigile confisque

[35:49]

son téléphone et contacte

[35:51]

immédiatement la police.

[35:53]

Lorsque les agents arrivent sur place,

[35:56]

ils procèdent à l'arrestation de Pellico.

[35:58]

Les clients présents dans

[35:59]

le magasin assistent à la scène

[36:01]

et expriment leur indignation,

[36:02]

même que certains l'insultent ouvertement.

[36:05]

Je comprends. Ben crime-tudie,

[36:06]

j'arrête de traiter de salaud.

[36:08]

Tandis que d'autres filment l'interpellation

[36:10]

avec leur propre téléphone.

[36:13]

Le lendemain,

[36:14]

le 13 septembre,

[36:16]

le parquet de Carpentras

[36:18]

lève la garde à vue de Pellico.

[36:21]

Une enquête préliminaire est lancée,

[36:23]

incluant une expertise psychiatrique.

[36:25]

Les enquêteurs,

[36:27]

suivant leur protocole habituel,

[36:29]

saisissent le matériel informatique

[36:31]

de Pellico à son domicile

[36:32]

pour une inspection approfondie.

[36:35]

Et c'est le 14 septembre

[36:37]

que l'affaire

[36:38]

prend une tournure inattendance

[36:40]

et terrifiante.

[38:05]

Les enquêteurs saisissent

[38:07]

l'équipement informatique de Dominic.

[38:09]

Ils vont y faire des découvertes

[38:11]

qui vont marquer leur vie à jamais.

[38:14]

Ils découvrent, entre autres,

[38:15]

sur l'ordinateur de Pellico

[38:16]

un dossier nommé ABU avec un S.

[38:21]

Son contenu glace

[38:22]

de sang des enquêteurs.

[38:24]

Plus de 20 000 photos et vidéos

[38:26]

compromettantes.

[38:28]

Parmi les vidéos se trouvait également

[38:30]

un fichier nommé

[38:32]

« La fille de la salope ».

[38:34]

Il s'agissait de Caroline

[38:36]

Darien, leur propre fille.

[38:39]

Pellico est immédiatement

[38:41]

replacée en garde à vue

[38:42]

et, face à l'évidence,

[38:44]

passe aux aveux.

[38:46]

Le 22 septembre 2020,

[38:48]

en revenant d'un week-end

[38:49]

avec ses enfants, Gisele Pellico

[38:52]

est accueilli par son mari Dominic

[38:54]

en alarme.

[38:55]

Bouleversé, il lui avoue

[38:57]

« J'ai fait une bêtise, je suis désolé,

[39:00]

ça n'arrivera plus ».

[39:01]

Il lui annonce alors qu'il a été

[39:03]

arrêté à la suite d'un incident

[39:05]

survenu au supermarché.

[39:08]

Les mois passent et le 2 novembre

[39:09]

2020, Gisele Pellico

[39:11]

se rend au commissariat de Carpentras

[39:13]

avec son mari Dominic,

[39:16]

pensant simplement répondre à une

[39:17]

convocation suite à un incident

[39:19]

survenu deux mois plus tôt.

[39:21]

À 9 heures, Gisele entre

[39:23]

dans le commissariat,

[39:25]

ignorant que sa vie est sur le point

[39:26]

de basculer. À 9h45,

[39:29]

elle est reçue seule par le

[39:31]

sous-brigadier Laurent Perret.

[39:33]

L'agent commence par lui poser

[39:35]

des questions apparemment anodines

[39:37]

sur ses habitudes quotidiennes,

[39:39]

son sommeil, ses médicaments.

[39:41]

Il lui demande également si le

[39:43]

couple reçoit régulièrement des amis.

[39:46]

Gisele ne comprend pas

[39:47]

l'intérêt de ces questions-là.

[39:50]

L'agent semble faire

[39:51]

des sous-entendus en lien avec

[39:53]

l'échangisme, chose que

[39:55]

Gisele et Dominic ne pratiquent pas.

[39:57]

Et l'agent dit alors à Gisele,

[40:00]

je le cite,

[40:01]

« Je vais devoir vous confronter à des photos,

[40:03]

des vidéos ainsi qu'à des conversations

[40:05]

qui risquent de vous surprendre,

[40:07]

voire vous choquer. Je vous

[40:09]

informe que votre époux a été placé

[40:11]

en garde à vue pour des faits de viol

[40:13]

aggravés et administration

[40:15]

de substances nuisibles.

[40:17]

Nous le soupçonnons de vous avoir à

[40:19]

plusieurs reprises administrées du

[40:21]

Temesta de 2,5 mg dilué

[40:23]

dans un liquide afin de vous

[40:25]

endormir et dans le but de

[40:27]

favoriser à un ou plusieurs

[40:29]

individus une relation sexuelle

[40:31]

à votre insu, à votre domicile.

[40:34]

Nous vous informons

[40:35]

que d'autres femmes seraient également

[40:37]

victimes des mêmes faits

[40:39]

perpétrés par votre époux, qui à son

[40:41]

tour obtiendrait des relations sexuelles

[40:43]

avec des femmes endormies.

[40:46]

Imaginez vous faire dire ça.

[40:48]

Oui, on se doute

[40:49]

qu'il a fait une connerie

[40:52]

en lien avec

[40:53]

ses fantasmes sexuelles

[40:55]

au supermarché, mais

[40:57]

te faire dire ça, c'est genre

[40:59]

« Mon Dieu, elle ne devait pas du tout

[41:01]

s'imaginer une histoire comme ça. »

[41:03]

Non, on n'est plus sur le même spectre.

[41:05]

Je veux dire, entre quelqu'un

[41:07]

qui est dégueu, mais entre quelqu'un

[41:09]

qui filme sous les jubes versus quelqu'un

[41:11]

qui viole, qui permet à des hommes

[41:12]

de violer… Toi-même ?

[41:15]

Toi-même, oui. Ça n'a aucun sens.

[41:17]

Je veux dire, on n'est plus dans le même spectre

[41:19]

de « Ah non, je repensais beaucoup

[41:21]

à elle. » Elle devait penser

[41:22]

qu'elle était dans un mauvais rêve. Ah oui, en dedans.

[41:24]

Tu dois tellement être mélangé.

[41:26]

Tu ne dois plus comprendre rien.

[41:28]

C'est pas normal. Quand tu n'as aucun doute.

[41:31]

En plus, c'est fou.

[41:33]

Donc là, évidemment,

[41:35]

son monde s'écroule à Gisèle.

[41:37]

Et là, elle découvre, on va lui montrer,

[41:40]

des images filmées par son mari

[41:42]

et elle réalise avec stupeur

[41:44]

qu'elle l'apparaît.

[41:45]

Elle ne se rappelle pas, évidemment,

[41:47]

de ces moments-là, mais elle se voit

[41:50]

inconsciente, avec un homme

[41:51]

qu'elle ne connaît pas, allongée

[41:53]

sur elle. Parfois, elle porte des

[41:55]

sous-vêtements qu'elle

[41:57]

ne connaît pas, dont elle

[41:59]

ne se rappelle pas, mais elle comprend

[42:01]

que c'est elle, donc c'est sûr

[42:03]

qu'il y a quelque part une

[42:05]

dichotomie mentale.

[42:07]

Elle ne doit pas faire les associations,

[42:09]

ça doit être choquant.

[42:11]

Vraiment, je n'ai même pas de mots.

[42:13]

Et là, évidemment, elle a le cœur lourd.

[42:16]

Le soir, elle rentre

[42:17]

chez elle avec une amie

[42:19]

et s'apprête à annoncer la nouvelle

[42:21]

à ses enfants. Et là, elle sait que

[42:23]

l'instant est crucial et que

[42:25]

ça va tout changer, cette

[42:27]

vérité-là. David,

[42:29]

un des enfants, pardon, s'en

[42:31]

souviendra toujours, le 2 novembre

[42:33]

2020 à 20h15,

[42:35]

il reçoit un appel. La voix de

[42:37]

sa mère brise le silence,

[42:39]

mais ce n'est pas un simple appel,

[42:41]

c'est un tsunami, un choc

[42:43]

violent. Il se souvient

[42:45]

de la nausée qu'il ressent à cet instant,

[42:47]

de la douleur brute qui le submerge.

[42:50]

Il doit s'isoler,

[42:51]

même vomir, comme si

[42:53]

son corps ne pouvait pas encaisser

[42:55]

l'ampleur de la révélation.

[42:57]

Dans un éclat de colère, il crie

[42:59]

« On passe d'une vie de famille

[43:01]

normale à une vie de famille qui a été

[43:03]

complètement effacée. Il a été

[43:05]

mon père, il ne l'est plus,

[43:07]

aujourd'hui c'est un monstre.

[43:09]

Il sait qu'il ne pourra jamais lui

[43:11]

pardonner, même après la lettre

[43:13]

que son père lui a envoyé

[43:15]

avant le procès.

[43:16]

C'est sûr, je ne pourrais jamais pardonner ce genre de choses.

[43:20]

Caroline, leur fille,

[43:21]

vit cela d'une manière différente,

[43:23]

mais tout aussi intense.

[43:25]

Elle se sent, elle,

[43:26]

la grande oubliée du procès.

[43:28]

Les blessures sont là, profondes.

[43:31]

Un jour, elle est convoquée

[43:32]

au poste pour identifier les images

[43:34]

d'une femme inconsciente en sous-vêtement.

[43:36]

En scrutant les images,

[43:38]

elle remarque une tâche de naissance

[43:40]

sur cette femme-là. Et cette tâche,

[43:42]

c'est la sienne.

[43:44]

Donc, elle aussi,

[43:46]

elle est sous le choc, elle ne se rappelle pas

[43:48]

de ces moments-là, elle ne se souvient de rien,

[43:50]

mais avec la tâche de naissance,

[43:52]

elle comprend qu'elle aussi,

[43:53]

elle s'est fait violer et elle a été droguée

[43:56]

par son père.

[43:58]

Le traumatisme qu'elle porte

[43:59]

est très lourd. Et en mars 2025,

[44:02]

elle décide de porter plainte

[44:04]

contre son père pour l'avoir

[44:06]

drogué et violé.

[44:07]

Elle refuse de se taire, de rester dans l'ombre

[44:10]

de cette histoire. C'est à ce moment

[44:12]

qu'elle crie l'association

[44:13]

Mandarpa pour aider les victimes

[44:16]

de soumissions chimiques.

[44:18]

Ce traumatisme, elle choisit de le transformer

[44:20]

en un combat pour la justice.

[44:22]

Elle admet que sa vie a été

[44:24]

suspendue à cause de cette affaire,

[44:26]

mais elle refuse de laisser la douleur

[44:28]

définir son avenir.

[44:30]

Florian, le plus jeune,

[44:32]

le plus jeune fils, garde une certaine

[44:34]

réserve. Il ne parle pas autant que les

[44:36]

autres dans les médias, mais cela

[44:38]

ne signifie pas que le poids de la révélation

[44:40]

ne l'affecte pas.

[44:41]

Son silence parle de la profondeur

[44:44]

de son traumatisme en quelque sorte.

[44:46]

J'en doute pas.

[44:48]

Caroline est tellement courageuse.

[44:50]

Mon Dieu,

[44:52]

je ne savais pas

[44:53]

cette info-là,

[44:54]

que la fille de Dominique

[44:56]

avait été victime là-dedans.

[44:58]

Oui,

[45:00]

ça ajoute encore plus le niveau

[45:02]

parce qu'on tombe dans de l'inceste,

[45:05]

mais j'ai l'impression que dans ce cas-là,

[45:07]

même sans théorie, c'est de l'inceste,

[45:09]

mais j'ai l'impression

[45:10]

que pour lui, c'était juste une autre femme.

[45:13]

Un autre objet

[45:14]

qui pouvait, c'est juste le fait

[45:16]

de l'avoir nommé la fille de la salope.

[45:17]

C'est comme si

[45:19]

il les personifiait.

[45:21]

C'est comme si qu'une fois endormi,

[45:24]

parce que je suis convaincu

[45:25]

qu'il ne considérait pas sa femme

[45:27]

comme une salope dans sa vie de tous les jours,

[45:30]

mais on dirait que quand

[45:31]

il tombait en mode fantasme

[45:33]

ou en mode nocturne,

[45:34]

ça devenait un objet

[45:37]

sans respect.

[45:38]

Oui, puis faire ça à sa fille en plus.

[45:42]

Ça n'a pas de sens.

[45:44]

Nous, on va se diriger

[45:45]

à l'ouverture du procès

[45:46]

le 2 septembre 2024.

[45:49]

Il y a une atmosphère qui est pesante

[45:51]

qui règne au palais de justice d'Avignon.

[45:54]

Dans la salle des Assises,

[45:55]

un procès historique s'apprête

[45:57]

à débuter, celui

[45:59]

des viols de Mazan.

[46:02]

32 accusés,

[46:03]

accompagnés de leur avocat,

[46:05]

prennent place sur les bancs.

[46:07]

Dans le box des détenus,

[46:09]

17 autres attendent,

[46:11]

déjà emprisonnés pour leurs crimes,

[46:12]

un box spécifique entouré

[46:15]

d'une escorte est réservé

[46:16]

à Dominique Pilico.

[46:19]

En face, sur l'estrade,

[46:21]

la cour se compose

[46:22]

du président, reconnaissable

[46:24]

à sa veste rouge et de ses substituts.

[46:27]

Sur la droite,

[46:28]

la famille Pilico prend place,

[46:31]

Gisèle au centre, entourée

[46:32]

de ses trois enfants, Florent,

[46:34]

Caroline et David.

[46:37]

Tandis que Gisèle

[46:38]

est représentée par maître Camus

[46:40]

et Babonneau, dont les noms

[46:42]

résonneront souvent au cours du procès.

[46:45]

Les accusés présentent

[46:46]

des profils variés.

[46:48]

C'est là que c'est fou.

[46:49]

C'est un peu comme en pédopornographie.

[46:52]

Il n'y a pas de profil type.

[46:54]

Ça n'existe pas pour ce type

[46:56]

de crime-là.

[46:57]

Ou de classe sociale ou d'âge.

[46:59]

Il y a des profils variés,

[47:03]

menuisiers, informaticiens,

[47:04]

infirmiers, journalistes,

[47:07]

pompiers, âgés

[47:08]

entre 26 et 74 ans.

[47:11]

Certains tentent de se dissimuler

[47:12]

derrière des masques chirurgicaux,

[47:14]

cherchant à échapper au regard

[47:16]

accusateur.

[47:18]

Depuis la pandémie, on dirait

[47:20]

qu'il n'y a plus un criminel qui est accusé

[47:22]

et qui ne met pas un osus de masque.

[47:24]

Ça, je devrais quasiment l'interdire

[47:26]

parce que c'est plus le prétexte

[47:27]

que tu es malade. C'est juste pour garder

[47:29]

une certaine anonyme. Ça me dérange.

[47:32]

Ça fait partie du processus

[47:34]

d'être humilié.

[47:35]

Ah oui, un peu.

[47:37]

C'est sûr que, tu sais, pendant le processus,

[47:39]

on n'a pas encore reconnu coupage,

[47:40]

mais je comprends très bien ton point.

[47:42]

C'est toujours ça, même à Montréal

[47:45]

ou partout. Maintenant, je le vois,

[47:47]

c'est systématique. Dès que tu vas en cours

[47:49]

et que tu es accusé, par hasard,

[47:50]

t'as un masque chirurgical dans le visage.

[47:55]

51 hommes,

[47:56]

dont Dominique Pilicot,

[47:57]

sont jugés pour viol

[47:58]

par soumission chimique

[48:00]

sur Gisèle Pilicot.

[48:02]

De juillet 2011 à octobre 2020,

[48:06]

Dominique Pilicot est accusé

[48:07]

d'avoir drogué sa femme à son insu

[48:09]

et de l'avoir fait violer

[48:11]

par des hommes qu'il recrutait en ligne,

[48:13]

principalement via le site Coco.fr,

[48:16]

dont nous avons parlé plus tôt.

[48:18]

Le nombre de viols est estimé

[48:19]

à environ 90.

[48:21]

Vous voyez l'écart

[48:22]

entre l'estimation et versus

[48:24]

qu'ils ont pu dénombrer.

[48:26]

Dès le premier jour d'audience,

[48:29]

Gisèle Pilicot, par le biais

[48:30]

de ses avocats, demande

[48:32]

que le procès soit public.

[48:34]

Maître Babono

[48:36]

déclare à la cour,

[48:38]

notre cliente estime que la justice

[48:40]

se rend publiquement

[48:41]

et qu'elle n'a pas à se cacher.

[48:43]

Il ajoute,

[48:44]

« Pour que la honte change de camp,

[48:46]

ma cliente souhaite que ce qu'elle a vécu

[48:48]

se sache. Ce procès dépasse

[48:51]

les limites de cette enceinte

[48:52]

et le huis-clos, et bien c'est aussi

[48:54]

demandé à ma cliente de s'enfermer

[48:56]

avec ceux qui l'ont agressé.

[48:58]

C'est pour cela qu'elle souhaite

[49:00]

que cette salle soit ouverte.

[49:02]

Après délibération, la cour

[49:04]

accède à sa demande

[49:06]

et le procès sera public.

[49:08]

C'est fou,

[49:10]

cette détermination

[49:11]

de Gisèle Pilicot

[49:14]

à sortir de là,

[49:16]

vainqueur d'une certaine façon.

[49:19]

Elle est devenue vraiment

[49:20]

la porte-parole

[49:21]

de cette cause-là.

[49:22]

On va y revenir.

[49:25]

C'est pas mal la woman of the year,

[49:27]

Gisèle Pilicot.

[49:28]

Elle et sa fille Caroline, c'est incroyable.

[49:30]

C'est des femmes avec une résilience.

[49:32]

C'est fou. Je la comprends

[49:34]

parce que c'est vrai l'argument.

[49:36]

Je ne l'avais pas vu comme ça au début,

[49:38]

mais le fait qu'elle dise que le huis-clos,

[49:40]

pour elle, c'est comme si elle était enfermée

[49:42]

avec les prédateurs. C'est vrai

[49:43]

d'une certaine façon. Vu que personne ne le sait,

[49:46]

c'est comme si c'était à l'abri des regards

[49:47]

encore une fois. Je comprenais

[49:50]

que ça prend toute une force de caractère

[49:52]

par contre pour y aller comme ça.

[49:55]

Il faut que tu ailles une bonne

[49:57]

équipe avec toi aussi.

[49:58]

Oui, tu as raison.

[49:59]

Il faut être solide.

[50:01]

Le 5 septembre, c'est le jour

[50:04]

du premier témoignage de la victime.

[50:06]

Gisèle Pilicot à la barre

[50:07]

est assistée de son avocat,

[50:09]

maître Babonneau. Elle déclare

[50:11]

avoir été sauvée par la police.

[50:14]

Dominique Pilicot l'écoute

[50:16]

depuis le boxe.

[50:17]

Elle raconte sa fameuse convocation

[50:20]

au poste de police, où elle a

[50:22]

appris toute l'histoire. Mais aussi,

[50:24]

les photos et les vidéos trouvées

[50:26]

sur les appareils de Dominique,

[50:27]

où elle ne se reconnaissait même pas.

[50:30]

Elle se remémore à quel point

[50:32]

cette découverte a secoué sa vie,

[50:34]

ainsi que celle de sa famille

[50:35]

pour le restant de leur vie.

[50:38]

Interrogée par le président

[50:39]

sur une éventuelle complicité,

[50:42]

elle répond avec fermeté.

[50:44]

Je n'ai jamais été complice.

[50:45]

Je n'ai jamais fait semblant de dormir,

[50:47]

ni quoi que ce soit, je peux le jurer

[50:50]

s'il le faut.

[50:51]

Et elle revient sur ses pertes de mémoire

[50:53]

inquiétante, persuadée d'avoir

[50:55]

l'Eisheimer et sur les tâches

[50:57]

d'Aude Javel, retrouvée sur

[50:59]

ses habits, sans se rappeler

[51:01]

les avoir utilisés.

[51:03]

Elle raconte même avoir demandé à son mari,

[51:06]

sur le ton de la rigolade,

[51:08]

s'il ne la droguait pas par hasard,

[51:10]

ce à quoi il aurait répondu

[51:12]

en pleurant « Comment peux-tu

[51:14]

m'accuser d'une telle chose? »

[51:16]

Ben, c'est ça, ça l'a ébranlé

[51:18]

un petit peu.

[51:19]

Oui, c'est ça, mais avec du recul

[51:21]

maintenant, on n'a pas la même

[51:24]

perspective des choses. Ils jouent souvent

[51:25]

à la victime, parce que oui,

[51:27]

plutôt dans leur vie,

[51:29]

elle l'a trompé.

[51:31]

Je comprends que ce n'est pas le fun,

[51:33]

mais quand on compare maintenant

[51:34]

les deux actes.

[51:38]

Revenons un peu sur

[51:39]

les problèmes de mémoire dont

[51:41]

tu viens de parler Seb, parce que

[51:42]

justement, elle pensait même avoir l'Alzheimer.

[51:45]

Pendant plusieurs années, elle a été

[51:47]

tourmentée par des pertes de mémoire,

[51:49]

même des symptômes physiques inexplicables

[51:51]

qui ont profondément affecté

[51:53]

sa vie quotidienne, sans même qu'elle

[51:55]

sache pourquoi elle avait tout ça.

[51:57]

Somme de lances excessives,

[51:59]

particulièrement les week-ends,

[52:01]

des trous de mémoire fréquents,

[52:03]

perte de poids, de la chute de cheveux,

[52:06]

de l'anxiété intense,

[52:07]

de la fatigue croissante,

[52:09]

des problèmes gynécologiques aussi,

[52:11]

évidemment, un sentiment

[52:13]

d'être proche de la mort,

[52:15]

des difficultés à rester éveillé,

[52:17]

elle s'assoupissait souvent, mais sans

[52:19]

s'en rendre compte,

[52:21]

et une amélioration de son état

[52:23]

lorsqu'elle était loin de Mazan.

[52:25]

Lorsqu'elle voyageait ou qu'elle

[52:27]

allait dans d'autres villes,

[52:29]

les viols ne se passaient plus,

[52:32]

elle sentait qu'elle reprenait

[52:33]

du mieux pendant ces moments-là.

[52:36]

Comment faire cette corrélation-là?

[52:39]

Convaincu qu'elle souffrait

[52:40]

d'une grave maladie,

[52:41]

elle consultait régulièrement des médecins

[52:44]

accompagnés par son mari Dominique,

[52:46]

qui semblaient attentifs et dévoués.

[52:48]

Giselle se plaignait de somnolence,

[52:50]

des difficultés à articuler

[52:52]

et à marcher,

[52:53]

d'un état de confusion persistant,

[52:56]

puis des absences

[52:57]

mentales fréquentes.

[52:59]

Elle perdait du poids,

[53:00]

elle ressentait une fatigue extrême,

[53:03]

puis elle avait souvent des douleurs abdominales,

[53:06]

même à répétition.

[53:08]

Et lors d'une visite chez le gynécologue,

[53:10]

elle apprend à souffrir d'une inflammation

[53:12]

du col de l'utérus,

[53:14]

ainsi que de quatre infections

[53:15]

sexuellement transmissibles.

[53:17]

C'est troublant!

[53:20]

Elle confie les résultats à Dominique,

[53:22]

qui lui, l'accuse d'avoir des amants.

[53:25]

Après une discussion,

[53:26]

le couple conclut que ces infections

[53:28]

doivent avoir un lien

[53:29]

avec les autres symptômes

[53:31]

qui nuisent de plus en plus à son quotidien.

[53:34]

Ces symptômes la poussent à croire

[53:36]

qu'elle est atteinte d'alzheimer

[53:37]

ou même d'un cancer.

[53:39]

À chaque rendez-vous médical,

[53:41]

Dominique était à ses côtés,

[53:42]

veillant soigneusement à ce que les questions posées

[53:45]

ne soient pas trop intrusives.

[53:49]

Malgré de nombreux examens médicaux

[53:51]

et des bilans sanguins,

[53:52]

aucun diagnostic concluant n'était établi.

[53:55]

Les médecins ne trouvaient rien d'anormal

[53:57]

dans ces résultats.

[53:58]

Les avocats de Gisele souligneront plus tard

[54:01]

On cherche que ce qu'on trouve,

[54:03]

expliquant pourquoi les substances administrées par Dominique

[54:05]

n'ont jamais été détectées.

[54:08]

Pourtant, ses pertes de mémoire

[54:09]

continuaient à s'aggraver.

[54:11]

Sa famille s'inquiète de l'avoir somnolée

[54:13]

pendant des heures lorsqu'elle leur renvisite.

[54:16]

Ses petits-enfants se souviennent

[54:17]

de leur grand-mère endormie à 11 heures du matin

[54:19]

et se levant qu'à 17 heures.

[54:22]

Ses observations éveillaient

[54:24]

des interrogations chez ses proches,

[54:26]

mais personne ne pouvait imaginer

[54:28]

l'inimaginable.

[54:29]

Non, c'est ça. Tu ne peux jamais...

[54:31]

Là, j'ai l'impression que

[54:33]

dans le collectif,

[54:35]

si ce genre de choses-là réarrivent,

[54:37]

étant donné qu'on a une mémoire collective,

[54:40]

là, ça pourrait peut-être allumer

[54:42]

des lumières plus tôt

[54:44]

pour pas que ça dure justement

[54:45]

à 10 ans.

[54:46]

Sachant que c'est arrivé à elle.

[54:47]

Oui, mais c'est vrai. Je me mets à la place

[54:50]

des membres de la famille.

[54:52]

C'est dur

[54:55]

à faire cette corrélation-là.

[54:57]

C'est même presque impossible.

[54:59]

On retourne au procès.

[55:01]

Le 19 septembre 2024,

[55:04]

c'est au tour de

[55:05]

Dominique Pellicot de prendre la parole.

[55:07]

Autorisé à compareître

[55:09]

dans un fauteuil adapté en raison de ses problèmes

[55:11]

de santé, il est interrogé

[55:13]

par le président de la Cour d'assises

[55:14]

sur les crimes de viol aggravé

[55:17]

contre son épouse et une autre femme

[55:19]

ainsi que sur la captation

[55:21]

d'images à caractère sexuel

[55:22]

impliquant sa fille et ses belles filles.

[55:26]

Des faits qu'il a systématiquement

[55:28]

reconnus.

[55:31]

Dominique Pellicot

[55:32]

commence par évoquer

[55:33]

son enfance et tente d'expliquer

[55:35]

l'origine de son comportement.

[55:37]

Il affirme avoir été victime

[55:39]

de viols multiples à l'âge de 9 ans

[55:42]

commis par un infirmier

[55:43]

dans une clinique d'un château roux

[55:45]

en 1961.

[55:47]

Selon lui, cet épisode

[55:49]

a remarqué profondément sa psyché.

[55:54]

Cependant, cette version

[55:55]

est contestée par son frère qui minimise

[55:57]

les faits en affirmant

[55:59]

que Dominique n'aurait passé qu'une seule

[56:01]

nuit dans cette clinique et aurait simplement

[56:03]

mentionné des attouchements à son retour.

[56:06]

La mère de Dominique,

[56:07]

qui connaissait bien l'établissement,

[56:09]

aurait également enquêté et conclu

[56:11]

qu'il n'y avait que des infirmières

[56:13]

présentes cette nuit-là.

[56:15]

Ces contestations

[56:17]

ont conduit certains à penser

[56:19]

que cette histoire pourrait avoir été exagérée

[56:21]

ou inventée pour se victimiser.

[56:23]

J'avoue là-dessus que

[56:25]

je suis perplexe.

[56:27]

Je ne sais pas qui dit la vérité.

[56:30]

Malgré qu'une seule agression

[56:32]

c'est toujours grave.

[56:34]

Même si le frère minimise.

[56:37]

Malgré ces doutes,

[56:38]

la psychologue Annabelle Montagne,

[56:41]

experte près de la cour d'appel

[56:43]

de Nîmes, a analysé cet épisode

[56:45]

comme une possible expérience

[56:48]

d'objectalisation.

[56:50]

C'est quand on a

[56:51]

une expérience d'objectalisation,

[56:53]

c'est une situation où une personne est

[56:55]

traitée comme un objet,

[56:56]

plutôt que comme un être humain à part entière.

[57:00]

Elle explique plutôt

[57:01]

que ce type de traumatisme,

[57:03]

à un âge prépubère, peut engendrer

[57:05]

un clivage psychique

[57:07]

et influencer

[57:08]

le positionnement relationnel et intime

[57:10]

d'une personne à l'âge adulte.

[57:12]

Le clivage psychique,

[57:14]

en fait, c'est comme si notre esprit

[57:16]

créait deux versions de lui-même

[57:18]

pour gérer une situation difficile

[57:20]

ou traumatisante.

[57:22]

Je l'avais déjà entendu, mais...

[57:23]

C'est fascinant quand même.

[57:25]

Ça crée un peu un détachement.

[57:28]

Il raconte également avoir

[57:30]

assisté à l'âge de 14 ans

[57:32]

à un viol collectif,

[57:34]

alors qu'il était apprenti sur un chantier.

[57:36]

Selon son témoignage,

[57:38]

il aurait été forcé de participer

[57:40]

au viol d'une jeune femme handicapée.

[57:42]

Il décrit cette scène

[57:43]

comme particulièrement marquante,

[57:45]

en raison de l'odeur

[57:47]

qui lui reste en mémoire

[57:49]

et qui le hante encore aujourd'hui.

[57:51]

Et Pellico assume sa responsabilité

[57:54]

ainsi que celle

[57:55]

des cinq entre autres accusés.

[57:57]

« Je maintiens que je suis un violeur

[57:59]

comme ceux qui sont accusés dans cette salle.

[58:02]

Ils savaient tout.

[58:03]

Ils ne peuvent pas dire le contraire. »

[58:05]

Il ajoute « Je ne retiens de ma jeunesse

[58:08]

que des chocs et des traumatismes.

[58:10]

Elle ne méritait pas ça.

[58:12]

Je reconnais.

[58:12]

On ne naît pas pervers, on le devient.

[58:15]

Je pense que ce que j'ai vécu

[58:17]

est prépondérant dans mon histoire. »

[58:19]

Il affirme cependant

[58:20]

n'avoir jamais considéré sa femme

[58:22]

comme un objet.

[58:24]

Permettez-moi d'en douter.

[58:27]

Les avocats de Gisele Pellico

[58:29]

et de ses enfants

[58:30]

interrogent ensuite Dominique

[58:31]

cherchant à comprendre pourquoi

[58:33]

il n'a pas arrêté malgré la souffrance de sa femme.

[58:36]

Il dit « Effectivement,

[58:38]

je la voyais souffrir,

[58:39]

mais l'addiction était plus forte.

[58:42]

J'essayais de la rassurer.

[58:43]

J'ai trahi sa confiance.

[58:45]

J'aurais dû arrêter bien plus tôt,

[58:47]

voire ne jamais commencer. »

[58:49]

répond-il.

[58:51]

Il reconnaît avoir exposé sa femme

[58:53]

au VIH et à d'autres risques de santé

[58:55]

avant avoir eu conscience

[58:57]

de ses risques malgré un test

[58:59]

falsifié fourni par une des personnes.

[59:02]

Ça devait l'exciter à quelque part,

[59:04]

cette part de risque-là, je pense.

[59:06]

C'est sûr que oui.

[59:13]

Il explique également comment

[59:15]

il a rencontré un certain individu

[59:17]

depuis 2011,

[59:19]

qui lui a montré des choses

[59:20]

qu'il croyait impossibles

[59:22]

et comment un ensemble s'est formé

[59:24]

comme un réseau

[59:25]

qui n'arrivait pas à dominer.

[59:27]

C'est pour cela qu'il a senti

[59:28]

qu'il fallait faire des vidéos.

[59:31]

Interroger sur la connaissance

[59:33]

des causes accusées de l'état de Gisele

[59:35]

et du fait que les actes

[59:36]

étaient faits par une personne

[59:37]

il déclare

[59:39]

« Tous savaient quel était le scénario.

[59:41]

Il y avait un trépied avec un écran

[59:43]

déporté. Tout le monde le voyait

[59:45]

en rentrant dans la pièce. »

[59:47]

Et le Président reprend l'interrogatoire,

[59:50]

évoquant la description

[59:51]

de Pellico comme manipulateur

[59:54]

et son emprise sur les autres.

[59:56]

Les experts s'accordent

[59:58]

sur le fait qu'il ait

[59:59]

un fin manipulateur doté de

[01:00:00]

parafilis multiples.

[01:00:02]

Pellico répond.

[01:00:03]

« Ils acceptaient de se déshabiller

[01:00:06]

dans la cuisine en parfaite connaissance

[01:00:08]

de causes. Ils acceptaient

[01:00:09]

dès le départ. La seule question

[01:00:12]

qu'ils posaient, c'est combien

[01:00:14]

c'est ? Je n'aurais pas mis

[01:00:15]

un fusil sur la tempe.

[01:00:18]

Je n'ai jamais forcé ni manipuler

[01:00:20]

qui que ce soit. »

[01:00:22]

Interrogé sur les produits

[01:00:23]

qu'il utilisait pour endormir son épouse,

[01:00:26]

Dominique Pellico n'évoque

[01:00:27]

que le témestat, qui lui était

[01:00:30]

prescrit par son médecin traitant.

[01:00:32]

Or, les analyses des cheveux

[01:00:34]

de Giselle ont établi la présence

[01:00:36]

d'un autre produit Emile,

[01:00:38]

du Steelnox qu'on vous a parlé tout à l'heure,

[01:00:40]

ce qu'il finit par nier.

[01:00:43]

Le président lui demande

[01:00:44]

ensuite combien de fois il la violait

[01:00:45]

par semaine, ce à quoi il répond

[01:00:48]

deux à trois fois par semaine,

[01:00:50]

peut-être même moins. En moyenne,

[01:00:52]

une fois par semaine au maximum.

[01:00:54]

Il semble que ces deux chiffres

[01:00:55]

se contradisent.

[01:00:59]

Quel homme étrange.

[01:01:00]

Je pense qu'il

[01:01:02]

élaborait tout ce qu'il dit

[01:01:05]

dans son témoignage.

[01:01:06]

C'est justement pour montrer que

[01:01:08]

les personnes qui étaient là

[01:01:10]

étaient bien conscientes

[01:01:12]

de tout ce qui se passait,

[01:01:15]

qu'il allait dans un endroit

[01:01:17]

où il y avait des règles à respecter.

[01:01:18]

Je me demande aussi si ses voisins

[01:01:20]

devaient se rendre compte de quelque chose.

[01:01:22]

Ça arrivait à deux ou trois heures du matin,

[01:01:24]

ces viols-là. Parce qu'ils

[01:01:26]

attendaient un certain nombre de temps,

[01:01:28]

il fallait qu'elles soient endormies pendant plusieurs heures

[01:01:30]

avant qu'ils procèdent.

[01:01:33]

Exact. Le fait de stationner,

[01:01:34]

c'est vrai qu'à l'extérieur, les gens

[01:01:36]

arrivent quand même à pied.

[01:01:39]

Je suis content quand même

[01:01:40]

parce qu'il y en a beaucoup qui se sont

[01:01:42]

un peu déculpabilisés de ça dans les accusés.

[01:01:44]

Je suis quand même content que Dominique

[01:01:46]

a dit ça.

[01:01:48]

Les gars, ils savaient ce qu'ils faisaient.

[01:01:51]

Parce qu'il y aurait pu,

[01:01:52]

je ne sais pas, d'une certaine façon,

[01:01:54]

se ranger de leur camp.

[01:01:56]

Mais non, au moins là-dessus, il est honnête.

[01:01:58]

Je trouve qu'ils savaient ce qu'ils faisaient.

[01:02:01]

On va revenir sur les

[01:02:02]

51 autres

[01:02:04]

hommes qui sont inculpés dans cette affaire-là.

[01:02:06]

On ne fera pas le tour des 51.

[01:02:08]

Ça serait long et lourd.

[01:02:10]

Mais on va quand même faire le tour un peu de leur profil.

[01:02:12]

C'est quand même intéressant de voir quel genre de

[01:02:14]

personne ça donne à

[01:02:17]

ces perversions-là.

[01:02:18]

Le 9 octobre,

[01:02:20]

c'est au tour de Vincent C.,

[01:02:22]

qui est un menuisier de 42 ans de témoignée.

[01:02:24]

Il reconnaît, lui,

[01:02:26]

à être venu violer Gisèle à deux reprises

[01:02:28]

en 2019 et 2020.

[01:02:31]

Il explique comment

[01:02:32]

s'est déroulé sa première rencontre avec

[01:02:34]

Dominique Pellico en disant

[01:02:35]

« Une fois arrivé dans la maison, il me dit

[01:02:38]

« Viens, elle a pris son somnifère,

[01:02:40]

on va aller la réveiller ».

[01:02:42]

À ce moment-là, je trouve ça bizarre,

[01:02:44]

mais je me sens à confiance chez un couple

[01:02:46]

invité par le mari, et puis

[01:02:48]

la soumission chimique, je ne connaissais pas ça.

[01:02:51]

Le

[01:02:52]

10 janvier, il se reconnecte

[01:02:54]

sur Coco.fr et retombe

[01:02:56]

sur le profil de Dominique Pellico,

[01:02:58]

qui ne le reconnaît pas.

[01:02:59]

C'est moi qui lui dis que je suis déjà venue une première

[01:03:02]

fois. Je lui fais comprendre que

[01:03:04]

j'avais trouvé ça bizarre, mais il me dit

[01:03:06]

« Non, c'est notre délire, on a

[01:03:08]

regardé la vidéo après et elle a aimé

[01:03:10]

ça ». Donc lui, il lui fait

[01:03:11]

croire que c'était presque…

[01:03:13]

consentant. Oui. Il me dit

[01:03:15]

qu'ils ont des amis à la maison de ne pas

[01:03:17]

s'inquiéter que ça va bien se passer.

[01:03:20]

Il me dit qu'elle est présente

[01:03:22]

et réveillée. Il n'a pas besoin

[01:03:24]

de m'en dire beaucoup, mais ça ferme les

[01:03:25]

portes du doute, on va dire.

[01:03:27]

Il ajoute « Si j'avais une proposition

[01:03:30]

qui m'attirait plus ce soir-là,

[01:03:31]

je l'aurais prise, mais ce n'est pas un

[01:03:33]

supermarché non plus, Coco ».

[01:03:35]

Oui, c'est comme si il était là à la

[01:03:37]

recherche d'opportunités.

[01:03:39]

Suite à cette phrase, Gisèle Pellico

[01:03:41]

sort de la salle, ne pouvant

[01:03:43]

en entendre plus. Une première

[01:03:45]

depuis le début du procès.

[01:03:48]

Je la comprends.

[01:03:50]

Cette phrase-là est tellement

[01:03:52]

lourde. Si j'avais une proposition

[01:03:54]

qui m'attirait plus ce soir-là,

[01:03:56]

je l'aurais prise.

[01:03:57]

C'est ça. C'est comme s'il n'y avait

[01:03:59]

pas le choix. Je veux dire, dans la vie,

[01:04:01]

des fois, tu n'en as pas d'opportunités.

[01:04:04]

Rêche chez toi. Je veux dire,

[01:04:06]

arrête. Je ne comprends pas les hommes.

[01:04:07]

Je comprends qu'on a tous des désirs

[01:04:09]

sexuels, mais on peut-tu faire ça

[01:04:11]

dans le consentement?

[01:04:14]

Ça me dépense.

[01:04:15]

Vous allez très dépasser par

[01:04:18]

les commentaires de ces hommes-là.

[01:04:19]

Vous allez voir. Vincent C

[01:04:21]

évoque, comme les autres, un Dominique

[01:04:23]

Pellico autoritaire dirigeant

[01:04:25]

la scène. Il admet avoir mal

[01:04:27]

réagi et va jusqu'à affirmer

[01:04:29]

avoir ressenti aucun plaisir.

[01:04:32]

Et le procès révèle des profils

[01:04:34]

vraiment variés. Il y a un

[01:04:35]

certain Mohamed Ayer, qui est un

[01:04:37]

retraité de 70 ans, déjà

[01:04:39]

condamné pour viol sur sa propre

[01:04:41]

fille en 2017. Lui,

[01:04:43]

qui serait resté pas moins de 5 heures

[01:04:45]

au domicile conjugale en mai 2019,

[01:04:48]

se livra des attouchements

[01:04:49]

et des viols sur le corps de Gisèle.

[01:04:52]

Un certain Cyril

[01:04:53]

B, un chauffeur routier de 47

[01:04:55]

ans, adepte de libertinage,

[01:04:58]

il décrit la soirée comme glauque

[01:04:59]

et malsaine, ce qui ne l'a pas

[01:05:01]

empêché d'avoir des relations avec Gisèle.

[01:05:04]

Il dit n'avoir pris aucun plaisir

[01:05:05]

et se sent duper par Dominique,

[01:05:08]

se considérant comme une victime

[01:05:09]

également. On va aller pleurer.

[01:05:11]

On repensera.

[01:05:14]

Redouane A,

[01:05:15]

sans emploi de 40 ans, est qualifié

[01:05:17]

par des experts comme ayant des compétences

[01:05:19]

intellectuelles faibles et comme un temps

[01:05:21]

antisocial. Il a un casier

[01:05:23]

judiciaire chargé avec 19 mentions,

[01:05:25]

incluant violence conjugale,

[01:05:27]

vol, violence aggravée

[01:05:29]

et menace de mort envers une autorité

[01:05:31]

publique. Il s'est rendu deux fois

[01:05:33]

au domicile du couple et aurait

[01:05:35]

également fait chanter Dominique Pelico

[01:05:37]

pour obtenir la drogue permettant

[01:05:39]

d'endormir sa femme. Il considère

[01:05:41]

ses actes comme naturels.

[01:05:44]

Pas trop de problèmes

[01:05:45]

avec lui.

[01:05:47]

Cyprien C, un chauffeur routier de 43

[01:05:49]

ans et père d'un enfant, est qualifié

[01:05:51]

par l'expert psychologue comme étant

[01:05:53]

un homme vulnérable et influenceable.

[01:05:55]

Il aurait également eu une enfance

[01:05:57]

difficile. Lors du passage à

[01:05:59]

l'acte sur Gisèle Pelico, il dit

[01:06:01]

qu'il se rend compte

[01:06:03]

que quelque chose ne va pas,

[01:06:05]

reconnaissant que la victime ne semblait

[01:06:06]

pas consentante, mais reconnaît

[01:06:08]

avoir tout de même eu des relations

[01:06:10]

sexuelles avec elle.

[01:06:12]

Le président revient sur les moyens

[01:06:14]

de communication utilisés par Dominique Pelico

[01:06:16]

afin d'organiser ces rendez-vous.

[01:06:19]

D'abord une prise de contact

[01:06:20]

via Coco.fr, puis

[01:06:22]

une planification du rendez-vous

[01:06:24]

soit par Skype ou soit par téléphone.

[01:06:27]

Le président demande ensuite

[01:06:28]

à l'accusé s'il déclarait systématiquement

[01:06:31]

l'état d'endormissement de la

[01:06:32]

victime, ce à quoi Pelico y répond.

[01:06:34]

Il dit oui, tous ceux que j'ai eu en

[01:06:37]

contact ont eu la totalité de ce que j'ai

[01:06:39]

évoqué, elle était droguée par mes soins.

[01:06:41]

Il y avait des obligations qui ne

[01:06:43]

laissaient aucun doute. Je demandais

[01:06:44]

à ce qu'il ne porte pas de parfum, pas de tabac.

[01:06:47]

Je ne cache pas qu'il y a eu aussi des moments

[01:06:49]

d'hésitation sur le préservatif,

[01:06:51]

préservatif pardon, et je le regrette

[01:06:53]

car j'ai exigé des signes

[01:06:54]

S, mais toutes les personnes

[01:06:57]

étaient parfaitement au courant dès

[01:06:59]

le départ de toutes ces conditions.

[01:07:01]

Le président indique alors

[01:07:03]

qu'il aurait dit à des accusés

[01:07:04]

qu'il faisait cela par vengeance face

[01:07:07]

aux infidélités de son épouse,

[01:07:09]

par exemple dans le but de l'humilier.

[01:07:11]

Il faisait exprès de faire venir

[01:07:13]

des hommes de couleur en indiquant qu'elle était

[01:07:15]

raciste. Le fait d'avoir

[01:07:17]

fait venir des homosexuels notoires

[01:07:19]

n'était pas aussi une forme d'humiliation

[01:07:22]

supplémentaire,

[01:07:23]

qui lui a demandé en fait.

[01:07:25]

Il dit, si j'avais eu une

[01:07:26]

véritable vengeance vis-à-vis de madame,

[01:07:29]

je ne me serais pas remarié avec cette personne.

[01:07:31]

Je n'ai eu aucun instinct de vengeance

[01:07:33]

par rapport à cette personne.

[01:07:35]

Moi aussi, j'ai eu des contacts

[01:07:37]

avec d'autres personnes. Sur le racisme

[01:07:40]

que j'ai pu employer,

[01:07:41]

c'est par pur fantasme. Je ne suis en aucun

[01:07:43]

cas raciste, ni ma femme.

[01:07:47]

Le président le questionne

[01:07:49]

ensuite sur les méthodes qu'il utilisait

[01:07:51]

pour droguer la victime,

[01:07:53]

et ce qu'il dit, c'était des doses

[01:07:55]

préparées à l'avance et en fonction du

[01:07:57]

rendez-vous. Je les utilisais.

[01:07:58]

Le témestat était stocké dans une petite

[01:08:01]

pipette, c'est de la poudre, et comme c'est

[01:08:03]

moi qui faisait la cuisine, je faisais

[01:08:04]

à manger, et elle était dans la pièce d'à côté.

[01:08:07]

Elle a eu des doutes par moments.

[01:08:09]

La plupart du temps, elle était dans la chambre,

[01:08:11]

elle avait déjà dîné,

[01:08:12]

avait déjà eu le produit. Aussi, c'était

[01:08:14]

plus tard, c'était dans sa glace que je

[01:08:17]

lui préparais, je lui apportais devant

[01:08:18]

la télé, et on attendait le temps qu'il faut,

[01:08:21]

explique Pellico.

[01:08:23]

Giselle, pendant ce temps-là, elle était

[01:08:24]

présente, faut pas l'oublier, à chaque

[01:08:26]

audience, et elle fait preuve d'une

[01:08:28]

force et d'une dignité remarquables.

[01:08:31]

Son équipe d'avocats a aussi

[01:08:33]

réussi à faire en sorte que les

[01:08:34]

vidéos prises soient montrées au tribunal,

[01:08:38]

en montrant

[01:08:39]

qu'elle permettait de

[01:08:40]

défaire la thèse du viol accidentel.

[01:08:42]

Oui, absolument. Viol accidentel,

[01:08:44]

je ne sais pas si c'était un mot.

[01:08:46]

Oui, exact, ce n'est pas deux mots

[01:08:48]

qui peuvent être mis ensemble.

[01:08:50]

Il n'y a personne qui viole accidentellement

[01:08:52]

quelqu'un, ça ne marche pas.

[01:08:53]

Voyons donc,

[01:08:56]

tu essayes n'importe quoi,

[01:08:58]

j'ai l'impression que tu es rendu là.

[01:09:01]

16 décembre 2024,

[01:09:02]

on continue le procès.

[01:09:04]

Journée déterminante,

[01:09:07]

les

[01:09:08]

51 accusés ont l'opportunité

[01:09:10]

de s'exprimer une dernière fois

[01:09:12]

avant que la cour criminelle

[01:09:14]

de Vaucluse ne se retire

[01:09:15]

pour délibérer et rendre son

[01:09:17]

verdict. Dominique Pellico

[01:09:20]

prend la parole en premier.

[01:09:21]

Il commence par saluer

[01:09:23]

le courage de son ex-femme,

[01:09:25]

il lui présente ses excuses,

[01:09:27]

ainsi qu'à sa famille, exprimant

[01:09:29]

ses regrets pour les souffrances qu'il

[01:09:31]

l'aura infligées depuis la révélation

[01:09:32]

des faits. Pellico remercie

[01:09:35]

également la cour,

[01:09:37]

pour lui avoir permis de rester assis

[01:09:39]

sur une chaise spéciale en raison de

[01:09:41]

son état de santé fragile,

[01:09:43]

assurant que cela ne reflète pas

[01:09:44]

de désinvolture. Il exprime

[01:09:47]

sa gratitude envers son avocate,

[01:09:49]

Béatrice Zavaro,

[01:09:50]

qui l'a aidé à ne pas lâcher la rampe.

[01:09:53]

Une petite parenthèse,

[01:09:54]

l'avocate, ça doit pas être facile,

[01:09:56]

c'est souvent le cas,

[01:09:58]

de « défendre »

[01:10:01]

quelqu'un comme ça, en plus

[01:10:02]

c'est une femme.

[01:10:05]

Je sais que

[01:10:05]

ils sont habitués à gérer

[01:10:07]

ça dans leur tête,

[01:10:11]

mais ça ne devait pas être

[01:10:12]

facile pour l'avocate.

[01:10:14]

C'est clair que non, ça doit être

[01:10:15]

le cas contre ces principes,

[01:10:17]

mais je pense que pour eux,

[01:10:19]

les avocats de la défense,

[01:10:20]

le principe de tout le monde

[01:10:21]

a le droit à une défense va au-delà

[01:10:24]

de ça.

[01:10:25]

J'avais quand même une pensée pour eux.

[01:10:29]

Les autres accusés,

[01:10:30]

âgés entre 27 et 74 ans,

[01:10:32]

prennent ensuite la parole.

[01:10:34]

Certains se contentent

[01:10:35]

d'un simple « rien à ajouter »,

[01:10:38]

tandis que d'autres expriment

[01:10:39]

leur honte et leur regret.

[01:10:41]

Une quinzaine d'entre eux

[01:10:43]

présentent leurs excuses directement à Gisèle.

[01:10:46]

Jérôme Vé,

[01:10:47]

l'un des accusés ayant répondu

[01:10:49]

6 fois aux invitations de Pellico,

[01:10:52]

annonce qu'il ne fera pas

[01:10:53]

appel de sa peine par respect

[01:10:55]

pour la victime afin d'éviter

[01:10:57]

un nouveau procès.

[01:10:58]

Charlotte, à toi, au moins t'assumes.

[01:11:02]

Le charlotte n'est

[01:11:03]

pas un charlotte, au moins

[01:11:05]

il l'assume.

[01:11:07]

Gisèle Pellico est présente

[01:11:09]

à l'audience ce jour-là.

[01:11:11]

Malgré l'absence de ses enfants,

[01:11:13]

elle reçoit une ovation du public

[01:11:14]

à sa sortie de la salle,

[01:11:16]

témoignant du soutien dont elle bénéficie

[01:11:18]

depuis le début du procès.

[01:11:20]

La Cour annonce que le verdict sera

[01:11:22]

prononcé le jeudi suivant,

[01:11:24]

après plusieurs jours de délibération.

[01:11:27]

Enfin, après des semaines

[01:11:29]

d'un procès éprouvant,

[01:11:31]

le moment des réquisitions arrive.

[01:11:34]

Le réquisitoire

[01:11:35]

du ministre public

[01:11:36]

contre les 51 accusés

[01:11:39]

s'est conclu le

[01:11:40]

27 novembre 2024.

[01:11:43]

L'avocate général,

[01:11:45]

Laure Chabot,

[01:11:46]

requiert des peines allant de 4 à 20

[01:11:49]

ans de prison contre les causes

[01:11:50]

accusées. La peine maximale

[01:11:53]

de 20 ans est requise

[01:11:54]

contre Dominique Pellico,

[01:11:56]

décrit comme le chef d'orchestre

[01:11:59]

de la décennie de viol

[01:12:00]

sur son épouse.

[01:12:02]

L'accusation explique que le viol

[01:12:04]

ordinaire, accidentel

[01:12:06]

ou involontaire, eh bien,

[01:12:09]

ça n'existe pas.

[01:12:10]

Comme on disait tantôt, viol accidentel.

[01:12:14]

Les plaidoiries

[01:12:15]

des avocats de la Défense

[01:12:16]

suivent. Ils tentent de minimiser

[01:12:19]

la responsabilité de leurs clients,

[01:12:21]

argants qu'ils ont été manipulés

[01:12:23]

par Pellico

[01:12:23]

ou qu'ils n'avaient

[01:12:26]

pas conscience de la gravité de leurs

[01:12:28]

acs. Comment?

[01:12:30]

Certains accusés persistent à dire

[01:12:33]

que je reconnais les faits,

[01:12:35]

pas l'intention.

[01:12:36]

C'est discutable.

[01:12:39]

Mais ce n'est pas des gens très

[01:12:40]

intelligents non plus. C'est des gens

[01:12:42]

avec des casiers judiciaires,

[01:12:44]

qui ont déjà une couple de viols.

[01:12:46]

Oui, pour eux, ça fait partie.

[01:12:50]

Après

[01:12:50]

des heures de délibération, le

[01:12:52]

verdict tombe. Le 19

[01:12:54]

décembre 2024,

[01:12:57]

Dominique Pellico est condamnée

[01:12:59]

à la peine maximale de 20

[01:13:00]

ans de réclusion criminelle.

[01:13:02]

Les 50 coaccusés sont tous

[01:13:04]

déclarés coupables, avec des pernes

[01:13:06]

allant de 3 ans de prison, dont

[01:13:08]

2 avec sursis, à 15 ans

[01:13:10]

de réclusion criminelle.

[01:13:12]

La salle d'audience retient son souffle.

[01:13:15]

Giselle, les yeux rougis,

[01:13:17]

serre la main de ses avocats.

[01:13:19]

Le verdict est accueilli

[01:13:21]

avec soulagement par les parties

[01:13:22]

civiles, qui estiment que la justice

[01:13:24]

a été rendue.

[01:13:26]

Giselle Pellico déclare

[01:13:28]

respecter la décision de la Cour.

[01:13:30]

Pour elle, c'est la fin d'un

[01:13:32]

long couche-mort. Elle affirme

[01:13:34]

avoir confiance à présent dans un

[01:13:36]

avenir dans lequel chacun, femme et

[01:13:38]

homme, peut vivre en harmonie.

[01:13:41]

Quelle...

[01:13:42]

Oui, elle se disait

[01:13:45]

satisfaite,

[01:13:46]

Giselle, de la condamnation de

[01:13:48]

son mari, je crois.

[01:13:49]

C'est dur à chiffrer. Moi,

[01:13:52]

j'étais là, 15 ans, c'est pas assez.

[01:13:54]

On est toujours très fâchés, très émotifs

[01:13:56]

d'en parler avec ça, mais c'est arrivé

[01:13:58]

tellement de fois, on dirait que j'aurais

[01:14:00]

pas été surpris que ça soit un verdict

[01:14:02]

vraiment plus mineur que ça.

[01:14:04]

Et que, à quelque part,

[01:14:06]

on soit déçus de tout ça encore

[01:14:08]

une fois. Parce qu'on a tellement été

[01:14:10]

déçus souvent, tu sais, on a fait

[01:14:13]

justement... Il y a eu plus

[01:14:14]

que Bertrand Cantat? Oui, c'est vrai, t'as raison.

[01:14:16]

Ben oui, pour le meurtre de sa femme,

[01:14:17]

il finit avec quatre ans. Là,

[01:14:19]

on va voir combien de temps

[01:14:22]

Dominique Pellico va rester

[01:14:24]

en taule. Mais c'est ça,

[01:14:26]

quand on compare des choses, des fois,

[01:14:27]

on est frustrés.

[01:14:29]

Dans ce cas-ci, je le sais pas.

[01:14:31]

On voudrait toujours plus. Oui, oui,

[01:14:33]

mais c'est ça. D'après moi,

[01:14:35]

ils voulaient pas manquer leur coup. Parce que même au Québec,

[01:14:37]

souvent, on le voit, il y a des cas...

[01:14:39]

Je sais qu'il faut individualiser

[01:14:41]

les peines. J'imagine que vous avez un peu

[01:14:43]

le même droit. Ici,

[01:14:45]

c'est ça. J'imagine que c'est un peu la même chose,

[01:14:48]

mais même nous,

[01:14:49]

je trouve que nos peines sont... Mais en fin, ce que

[01:14:51]

j'ai vu, c'est que dans des cas médiatisés

[01:14:53]

comme ça, ils veulent pas se tromper.

[01:14:55]

Parce qu'ils savent, après le clash médiatique,

[01:14:57]

ça fait perdre la confiance en la justice et tout ça.

[01:14:59]

Donc, j'ai l'impression... Moi, ce que j'avais peur,

[01:15:02]

c'est que des causes

[01:15:04]

accusées s'en sortent.

[01:15:05]

Mais finalement, il n'y en a pas un

[01:15:07]

qui sont tous déclarés coupables.

[01:15:09]

Et ça, évidemment, à différents niveaux,

[01:15:11]

parce qu'ils n'ont pas la même implication. C'est aussi...

[01:15:12]

J'étais content. Parce que moi, j'avais peur aussi

[01:15:14]

sur cet élément-là. Des fois, il y en a qui s'en sortent trop

[01:15:17]

facilement. Mais non, là-dessus,

[01:15:18]

ils sont tous fichés, ils sont tous nommés.

[01:15:21]

Au moins, il y en a une justice, si on peut dire.

[01:15:24]

Ah oui.

[01:15:24]

Puis ceux qui sont des récidivistes, là-dedans,

[01:15:26]

il y en avait un qui avait, je sais pas combien de crimes,

[01:15:29]

qui avait déjà violé sa fille.

[01:15:31]

Justement, ils ont eu plus de temps,

[01:15:32]

des 15 ans ici pour ces gens-là.

[01:15:35]

J'ai dit 15 ans tantôt pour Pellico,

[01:15:36]

mais c'est 20 ans. C'est 20 ans, oui.

[01:15:39]

Je me corrige.

[01:15:40]

Mais oui, moi aussi, j'étais satisfait

[01:15:42]

que ces 50-là, j'aurais cru.

[01:15:45]

Puis ça, vive les preuves numériques,

[01:15:47]

parce qu'il y en a peut-être d'autres,

[01:15:49]

il y en a sûrement d'autres.

[01:15:51]

Mais ceux-là, ces 51-là,

[01:15:53]

sont ceux qui ont réussi à

[01:15:55]

retrouver grâce aux messages envoyés,

[01:15:57]

les messages directs sur Coco.fr,

[01:15:59]

sur Skype et tout ça, grâce aux preuves numériques.

[01:16:01]

Mais sinon, moi, j'étais sûr que ça allait

[01:16:03]

être juste Dominique Pellico qui allait avoir une peine

[01:16:05]

puis qu'on n'aurait pas été en mesure

[01:16:06]

de retrouver les autres violeurs.

[01:16:09]

Exact, mais ça a dû être une méga enquête

[01:16:12]

de ficher,

[01:16:13]

de trouver, de

[01:16:14]

d'identifier chaque personne,

[01:16:17]

de faire toutes les demandes, justement,

[01:16:19]

aux fournisseurs internet,

[01:16:20]

à Skype, pour avoir les objectifs.

[01:16:22]

Ah oui, ils doivent avoir des pseudos, souvent.

[01:16:24]

Ça doit être difficile à retracer quand même.

[01:16:26]

Oui, exact, parce que j'ai l'impression

[01:16:28]

que ces gens-là ne se cachaient pas vraiment.

[01:16:29]

Ça a dû faciliter d'une certaine façon les enquêteurs.

[01:16:32]

Dans ce sens, je ne suis pas certain que beaucoup de gens

[01:16:34]

avaient un VPN avant d'aller sur Coco.fr

[01:16:37]

en se pensant un peu à l'abri.

[01:16:39]

C'est un peu ça aussi.

[01:16:40]

Les gens, ils ont l'impression que les sites internet

[01:16:42]

sont pas surveillés, mais

[01:16:44]

partout où tu votes,

[01:16:46]

ton adresse IP, elle est enregistrée quelque part,

[01:16:48]

elle est automatiquement reliée à ton fournisseur internet.

[01:16:51]

Il sait exactement

[01:16:52]

c'est qui qui utilisait cette adresse-là.

[01:16:55]

Donc, il y a toujours des traces.

[01:16:56]

Ah oui. Quelques développements

[01:16:58]

troublants, Seb, qui sont survenus

[01:16:59]

au début de l'année 2025.

[01:17:01]

Je ne sais pas si tous les autres podcasts

[01:17:03]

en ont parlé de ça, mais du moins,

[01:17:05]

nous, on peut, on a vu la nouvelle,

[01:17:08]

mais il y a deux affaires

[01:17:09]

non résolues

[01:17:12]

qui refont surface,

[01:17:13]

qui sont peut-être liées à Dominique Pellico.

[01:17:16]

Donc là, c'est pas encore prouvé,

[01:17:18]

mais bon, on va vous tenir au courant

[01:17:20]

si ça se concrue cette année.

[01:17:23]

Mais deux histoires

[01:17:23]

dans les années 90. Le 4 décembre

[01:17:25]

de 1991, Sophie

[01:17:28]

Narme, qui est une stagiaire de 23 ans

[01:17:30]

dans une agence immobilière,

[01:17:32]

devait faire visiter un appartement

[01:17:34]

sur la rue Manin, dans le 19e

[01:17:35]

arrondissement de Paris. Et le

[01:17:37]

lendemain, à cette époque-là, le couple Pellico

[01:17:39]

vivait en région parisienne, on s'en rappelle

[01:17:41]

avant qu'il démarre à Mazan.

[01:17:43]

Le lendemain, inquiète de ne pas avoir de

[01:17:45]

nouvelles, sa mère contacte

[01:17:47]

l'employeur de Sophie.

[01:17:49]

Ce dernier se rend à l'appartement et y découvre

[01:17:51]

le corps sans vie de la jeune femme.

[01:17:54]

La scène de crime

[01:17:55]

est particulièrement violente.

[01:17:57]

Sophie est retrouvée face contre terre,

[01:17:59]

les poings liés avec du ruban adhésif.

[01:18:02]

Elle est partiellement dénudée,

[01:18:03]

son slip et son collant descendus

[01:18:05]

sur les chevilles. Une ceinture

[01:18:07]

est serrée autour de son cou,

[01:18:09]

utilisée pour l'étrangler. Les

[01:18:11]

enquêteurs notent immédiatement une forte

[01:18:13]

odeur d'éther dans l'appartement.

[01:18:16]

Vous savez, de l'éther, il y en a qui

[01:18:17]

utilisaient ça à une certaine époque pour endormir les gens.

[01:18:19]

Exact.

[01:18:21]

L'autopsie révèle que Sophie a été

[01:18:23]

droguée à l'éther, violée,

[01:18:25]

poingardée au niveau du thorax,

[01:18:27]

puis étranglée.

[01:18:29]

Des traces de sperme sont retrouvées sur son corps.

[01:18:32]

Curieusement, ses chaussures,

[01:18:33]

des escarpins bleus, sont soigneusement

[01:18:35]

rangés près du corps, contrastant

[01:18:38]

avec la violence de la scène.

[01:18:40]

L'enquête révèle que le client

[01:18:42]

qui devait visiter l'appartement

[01:18:43]

avait utilisé une fausse identité

[01:18:45]

et un faux numéro de téléphone.

[01:18:47]

Aucune empreinte digitale n'est

[01:18:49]

relevée sur les lieux. Mais huit ans

[01:18:51]

plus tard, le 11 mai 99,

[01:18:54]

à Ville Parisie,

[01:18:55]

en Seine et Marne, une scène

[01:18:57]

similaire se produit.

[01:18:59]

Une certaine Estella B,

[01:19:01]

une jeune agente immobilière encore,

[01:19:03]

est agressée lors d'une visite

[01:19:05]

d'appartement. L'agresseur

[01:19:07]

l'étrangle, lui place un

[01:19:09]

coteur sur la gorge, un exacto,

[01:19:11]

la force à s'allonger sur le ventre

[01:19:13]

et lui lie les mains dans le dos.

[01:19:15]

Il lui fait respirer de l'éther,

[01:19:17]

lui aussi, pour l'endormir, retire

[01:19:19]

ses chaussures et baisse son pantalon.

[01:19:22]

Contrairement à Sophie,

[01:19:24]

Estella parvient à

[01:19:25]

reprendre conscience, à se libérer

[01:19:27]

et à faire fuir son agresseur.

[01:19:29]

Elle reste enfermée pendant quatre heures

[01:19:31]

dans un placard en attendant que l'homme

[01:19:33]

parte tendu. Dans les deux

[01:19:35]

cas, l'agresseur a utilisé une fausse

[01:19:37]

identité pour obtenir le rendez-vous.

[01:19:40]

L'utilisation d'éther,

[01:19:41]

la façon de déshabiller partiellement

[01:19:43]

les victimes et le soin particulier

[01:19:45]

apporté aux chaussures sont des éléments

[01:19:47]

communs troublants entre ces deux affaires.

[01:19:50]

Ces deux affaires,

[01:19:51]

restées non élucidées pendant des années,

[01:19:54]

présentent des similitudes frappantes.

[01:19:56]

Le profil des victimes,

[01:19:57]

le mode opératoire, l'utilisation

[01:19:59]

d'un produit chimique.

[01:20:01]

Ce n'est qu'en 2022 que le nom de

[01:20:03]

Dominique Pelico est associé à ces crimes

[01:20:05]

grâce à une correspondance d'ADN

[01:20:08]

dans l'affaire de 1999.

[01:20:10]

Vive l'ADN!

[01:20:12]

Combien d'autres crimes

[01:20:13]

Pelico a-t-il pu commettre durant ces

[01:20:15]

années sombres?

[01:20:17]

Le 30 janvier 2025,

[01:20:19]

Dominique Pelico est interrogée par une

[01:20:21]

juge d'instruction spécialisée dans

[01:20:22]

les affaires non résolues à Nanterre

[01:20:25]

et l'enquête est toujours en cours.

[01:20:27]

Malgré les avancées récentes,

[01:20:29]

notamment l'interrogatoire de janvier 2025,

[01:20:32]

aucune date de procès n'a été fixée

[01:20:33]

pour le moment.

[01:20:34]

La justice continue de travailler

[01:20:36]

médiculeusement pour élucider ces crimes

[01:20:38]

vieux de plusieurs décennies.

[01:20:40]

Donc, on aurait retrouvé l'ADN de Pelico

[01:20:43]

dans l'affaire de 1999.

[01:20:46]

Donc,

[01:20:47]

la tentative

[01:20:50]

peut-être de meurtre,

[01:20:51]

mais de viol et de meurtre de Estella B

[01:20:53]

à Ville Parisi en Seine et Marne.

[01:20:56]

Donc, et si

[01:20:57]

il se retrouve malais à cette affaire-là,

[01:21:00]

c'est le même modus operandi

[01:21:02]

que le cas du meurtre

[01:21:03]

de Sophie Narmes en région Parisienne

[01:21:05]

en 1991. Donc, on a peut-être

[01:21:07]

pas fini d'en apprendre sur Dominique Pelico.

[01:21:10]

Oui, t'as raison, parce qu'il y a peut-être

[01:21:11]

d'autres cas qui vont resurgir

[01:21:13]

de ça, mais un peu comme tu dis,

[01:21:15]

vive l'ADN! Et heureusement

[01:21:17]

qu'on avait les réflexes même,

[01:21:19]

t'sais, l'année 90, 2000, même si on n'était pas aussi avancé

[01:21:21]

au niveau de la détection et tout ça,

[01:21:23]

de la conserver, parce que ça

[01:21:25]

permet encore une fois de résoudre des crimes

[01:21:27]

vingt ans plus tard.

[01:21:28]

C'est ça, on ne sait pas qu'est-ce que le futur va nous amener

[01:21:30]

comme technologie.

[01:21:34]

Sinon, je pourrais dire

[01:21:35]

aussi,

[01:21:37]

dans les cinquante coups accusés,

[01:21:38]

les coups prévenus, il y en a 17

[01:21:40]

qui font appel

[01:21:42]

de la décision.

[01:21:44]

Et ça va avoir lieu

[01:21:45]

au 6 octobre 2025.

[01:21:47]

Donc pour les 17.

[01:21:50]

Mais ça veut dire qu'il y en a quand même 33.

[01:21:52]

Moi, je calcule bien. À peu près,

[01:21:54]

dans le fond,

[01:21:55]

33 à peu près qui ont accepté

[01:21:58]

l'appel.

[01:22:01]

À la limite, c'est quasiment

[01:22:02]

plus que j'aurais pu penser. J'aurais eu l'impression

[01:22:03]

que quasiment tout le monde aurait voulu aller en appel.

[01:22:05]

Mais c'est là aussi à l'en-appel.

[01:22:07]

C'est pas simple. Il faut refaire

[01:22:09]

des procédures.

[01:22:11]

Et il faut prouver pourquoi on va aller en appel.

[01:22:13]

Il faut qu'il y ait une raison

[01:22:15]

juste pour que la cour d'appel accepte

[01:22:18]

que le jugement

[01:22:19]

soit pas, disons, légite.

[01:22:23]

En tout cas.

[01:22:24]

Mais Dominique Pellicot fait pas partie

[01:22:25]

de cet appel.

[01:22:27]

Exact. Donc au moins,

[01:22:30]

j'ai hâte de voir s'il y est aux autres histoires

[01:22:32]

de meurtres. Parce que là,

[01:22:33]

on aurait tout qu'un dossier,

[01:22:36]

un individu au passé lourd.

[01:22:38]

Je sais pas s'il y a eu

[01:22:39]

des accusations formelles dans ces dossiers-là.

[01:22:42]

Je suis pas certain. L'enquête

[01:22:43]

semble être en cours. Il a été interrogé,

[01:22:45]

mais il n'y a pas eu encore d'accusation.

[01:22:47]

Si ça se révèle

[01:22:49]

à être vraiment ça, d'après moi, il revérera

[01:22:51]

pas le jour. Mais je veux dire, il va...

[01:22:53]

Je sais pas en France

[01:22:55]

comment ça fonctionne.

[01:22:57]

Comme ici, on a toujours les

[01:22:59]

peines concurrentes. Tu peux faire trois

[01:23:01]

crimes horribles, mais vu que tu peux pas aller

[01:23:03]

faire plus que 25 ans. Aux États-Unis,

[01:23:05]

ils sont cumulables.

[01:23:06]

Tu peux faire 102 ans. Oui, c'est ça.

[01:23:08]

C'est pas logique, mais sur papier,

[01:23:10]

ça a un impact plus gros. Je sais pas si en France,

[01:23:13]

je sais pas comment il fonctionne

[01:23:15]

soit en parallèle, les peines

[01:23:17]

concurrentes ou... Bref,

[01:23:19]

s'il y a des gens qui le savent,

[01:23:21]

hésitez pas à nous le dire, je serais curieux

[01:23:22]

de le savoir. Oui, et même chose,

[01:23:25]

distordu, Français,

[01:23:26]

Française, dites-nous si vous avez plus

[01:23:28]

d'informations. Des fois, quand on enregistre l'épisode,

[01:23:30]

il y a d'autres infos qui sortent exactement

[01:23:32]

où il est sorti.

[01:23:34]

J'ai bien hâte de voir ce qui va arriver avec

[01:23:36]

ces accusations-là. C'est toute une histoire.

[01:23:39]

C'est une histoire qui est dure

[01:23:41]

à raconter, évidemment, Seb.

[01:23:43]

En plus qu'on a une saison quand même

[01:23:45]

assez lourde, peuplée de

[01:23:48]

de gros dégueulasses.

[01:23:49]

Mais c'était important d'en parler.

[01:23:50]

C'était important de parler de

[01:23:53]

la soumission chimique aussi.

[01:23:54]

On va en parler un petit peu plus dans l'after-show.

[01:23:57]

On va vous présenter quelques chiffres

[01:23:58]

sur la soumission chimique et on va parler de Philip Wilson,

[01:24:01]

qui est l'agresseur

[01:24:02]

aux sédatifs d'Ottawa,

[01:24:04]

qui a fait lui aussi plusieurs victimes il y a quelques années.

[01:24:07]

On en parle en after-show

[01:24:09]

à nos abonnés Patreon.

[01:24:11]

Vous savez

[01:24:12]

où nous trouver, cher Distordieux,

[01:24:14]

dites-nous ce que vous avez pensé de cette histoire-là.

[01:24:18]

Personne, comment dire...

[01:24:19]

Tout le monde a une opinion là-dessus.

[01:24:21]

C'est vrai. C'est personne indifférent.

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Ça a choqué vraiment la planète

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francophone.

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Encore une fois, Gisele Pellico,

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ça devrait être sur la couverture

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du Times Magazine, selon moi.

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Oui, vraiment. Elle le mérite.

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Yes. Merci

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à André Beaupré, notre monteur.

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Merci à nos deux flamboyantes

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recherchistes qui nous aident toujours.

[01:24:42]

Et merci à nos membres

[01:24:44]

Patreon. Parlant de ça,

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on a plein de shout-out à donner, Seb.

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Je te laisse y aller.

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Et je donne de l'amour à la mystérieuse

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Anna2412,

[01:24:55]

Alexandra,

[01:24:56]

O.G. Bread,

[01:24:57]

Véronique P.F. et Louise C.

[01:25:01]

Aussi un gros

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shout-out à Marion, à Roxane

[01:25:04]

E, à AnoukSG,

[01:25:07]

à Mike D,

[01:25:08]

Mike D Beastie Boys,

[01:25:10]

et à Dave Pat.

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Et je poursuis avec un gros

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high-five à Karitika,

[01:25:16]

à Michael T, Anthony

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J, Marianne B et

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Myriam. Un gros

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câlin à Vicky L,

[01:25:24]

à Eric M, à Pierre Philippe

[01:25:26]

R, à Jérôme D

[01:25:28]

et à JMS.

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Et je conclue

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une grosse dose d'amour à

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Caroline R, Cédric T,

[01:25:36]

Sabcha,

[01:25:37]

fuck the police, j'aime beaucoup ton

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nom, et Nathalie B.

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Et pour terminer Seb,

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aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?

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Tant que les pervers voudront

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garder des traces numériques de leurs crimes,

[01:26:00]

il y aura toujours moyen de les

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retracer et de les coincer pour de bon.

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