À l’automne 2012, Amanda Todd, de Colombie-Britannique, met fin à ses jours à l’âge de 15 ans dans la maison de ses parents. En fouillant son ordinateur, les policiers découvrent que la jeune adolescente fût la proie d’un cyberprédateur qui s’acharna sur elle pendant plus de deux ans! Avec l’aide de Facebook et de Skype, les forces de l’ordre ont déniché l’homme en question, un trentenaire originaire des Pays-Bas. À l’hiver 2017, l’enquête connaît encore de plus amples développements. En enquêtant sur cette histoire touchante, Emile et Sébastien ont découvert le monde des “cappers”, cette communauté en ligne d’escrocs qui manipulent les adolescents.

Épisode
#05 - Amanda Todd et la cyberintimidation
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Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur une vidéo troublante qui avait
provoqué un élan de sympathie à travers le pays. C'était en 2012. Amanda Todd, à
peine âgée de 15 ans, s'est suicidée. Elle avait choisi de faire part de sa détresse
sur Internet, le médium où avaient commencé ses problèmes. Des histoires étranges
de l'ère numérique. À l'ère des réseaux sociaux, l'intimidation chez les jeunes
connaît une croissance fulgurante. Le contenu partagé en ligne devient une arme de chantage
dangereuse, surtout lorsqu'il tombe entre les mains de gens mal intentionnés. La jeune
Canadienne Amanda Todd est devenue le visage mondial de la cyber-intimidation alors que
son suicide a fait le tour du monde en 2012. Elle avait à peine 15 ans. Aujourd'hui,
on revient sur les faits marquants de cette histoire touchante tout en se plongeant
au cœur des réseaux obscurs d'intimidation en ligne. Toi Seb, est-ce que tu as déjà
été victime d'intimidation quand tu étais jeune? Oui, au secondaire. En fait,
j'allais dans une école privée qui n'était pas dans le même secteur que le mien. Donc,
je n'avais pas mes amis à la base qui allaient à mon école. Les gens de l'école secondaire,
je n'écoutais pas la même musique que dans mon coin, si on peut dire. Donc,
oui, je souffrais d'intimidation par rapport à mes choix musicaux. C'est ça,
mais ça s'arrêtait à l'école. Il n'y avait pas de textos, il n'y avait pas de Facebook,
je n'avais pas de e-mails que je pouvais recevoir. Ça s'arrêtait là. Je n'avais pas
d'outils qui permettaient de me rejoindre en dehors de l'école. Parce que maintenant,
c'est un peu ça qui a changé. C'est que l'intimidation a pris des proportions fulgurantes
depuis quelques années, depuis l'arrivée des réseaux sociaux. Les jeunes vont poster du
contenu qui peut se retourner contre eux et être victime d'intimidation en dehors de
l'école. Donc, ça va sur leur réseau en ligne jusqu'à rejoindre leurs amis, leur réseau
de courriel, Facebook, Instagram, Snapchat, tout ça. Donc vraiment, on vit une nouvelle
Je suis content qu'aujourd'hui, on aborde le sujet de Amanda Todd. C'est un sujet triste. C'est
une jeune fille qui a connu une fin tragique en 2012 alors qu'elle s'est suicidée à l'âge de
15 ans après avoir longtemps souffert d'intimidation en ligne. Elle, Amanda Todd,
encore pire que ça, elle s'était retrouvée au sein d'un groupe de gens bien organisés en
ligne, un réseau de gens qui font du chantage, qui sont habitués de prendre au piège des
jeunes filles comme ça. Et puis, j'espère qu'aujourd'hui, on pourrait peut-être donner des
conseils aux parents et futurs parents ou même à ceux qui ont des amis, des sœurs, des
frères plus jeunes qui parfois n'ont pas tous les outils qu'il faut pour se protéger sur le
web. Non, exact. Parce qu'il y a tellement d'outils, il y a tellement de nouveaux outils
que les jeunes, eux, sont au courant parce qu'ils ont le temps, puis il y a tout le
charret entre eux qui s'échangent cette information-là. Necessairement, ça ne se rend
pas nécessairement aux parents. Donc, ils n'utilisent pas seulement des outils mainstream
comme Facebook, YouTube, Twitter. Ça va au-delà de ces outils-là. Il faut être conscient que
les jeunes peuvent utiliser d'autres outils pour communiquer entre eux.
Ça risque d'être un épisode fort intéressant. Sinon, on remercie tout le monde qui nous
ont donné des reviews 5 étoiles sur iTunes. Merci de nous suivre sur Google Play aussi,
sur Stitcher même. On est là depuis cette semaine. Et bien sûr, sur Facebook, Twitter,
Distorsion, Podcast, on est facile à trouver. Merci de nous suggérer des sujets. On est
toujours à la recherche de perles rares. Et voilà, est-ce qu'on est prêts à commencer
cet épisode, Seb? On est prêts. Amanda Michelle Todd est une Britano-Colombienne
née le 27 novembre 1996. Amanda, en fait, quand elle était jeune, dès son plus jeune
âge, selon sa mère, en fait, elle était très à l'aise avec la technologie. Pour
elle, un ordinateur, se filmer, mettre des vidéos sur le web, ça a toujours été
quelque chose de facile pour elle. Et elle avait quand même une tendance à aimer
le spectacle, à aimer le famous. Elle venait d'une famille de parents divorcés quand
même, quand elle était assez jeune. Mais c'était des parents qui avaient une bonne
entente entre eux. Il y avait une relation harmonieuse. Elle avait une garde partagée
entre son père et sa mère. De ce côté-là, tout allait bien.
Une famille de classe moyenne, je pense.
Elle s'est mise à chanter, en fait. Elle aimait faire des covers et elle les mettait
sur YouTube. Ça lui donnait quand même de l'attention et tout ça. Elle s'amusait.
C'était des projets artistiques, rien de bien différent que beaucoup de jeunes
filles font actuellement sur le web. Elle était peut-être une future star ou
une future chanteuse. Je pense qu'elle aimait bien faire des covers d'Adèle
justement ou de chanteuses populaires comme ça.
Un peu, mais on rit. Justin Bieber a été découvert un peu de cette manière-là en
faisant des covers sur YouTube. Donc pourquoi pas? Là, on n'est pas là pour évaluer
les talents d'Amenda, mais tout de même. Donc c'est ça. Là, à un moment donné,
dans sa jeunesse, la webcam est arrivée. Ça s'est démocratisé. Là, elle voulait
une webcam. Ses parents lui en ont acheté une. Sa mère était plus ou moins d'accord
avec ça parce que je pense que sans tout savoir, ce qu'elle pouvait faire avec ça,
je pense qu'intuitivement, pour elle, elle voyait un genre de danger en fait,
puis elle n'avait pas tort. Mais chez son père, son père lui voyait pas ça
du tout comme une menace. Il voyait ça plutôt comme un outil, un outil
créatif et artistique un peu justement qu'elle faisait ses covers. Il n'y
avait pas tort non plus. Quel genre de réseau elle utilisait?
Je sais que Facebook était existant évidemment, mais je crois que c'est
moi, il y a juste Chatroulette qui me vient en tête, mais je sais qu'il y en a plein d'autres.
Je suis un peu comme toi, moi aussi, dans ce genre de réseau là de streaming,
de live streaming, il y a toujours juste Chatroulette qui me vient en tête.
Elle en fait, elle performait sur YouNow et BlogTV. En fait, puis maintenant,
après des vérifications, les deux sont la même plateforme. Donc c'était des
réseaux en ligne où ce qu'il y a un peu le même principe que Chatroulette.
Ceux qui ne connaissent pas en fait, c'est qu'au hasard, en fait c'est pas un peu
comme Chatroulette, c'est plus des chatrooms, des chatrooms mais vidéo.
Les gens vont sur une chatroom, puis il y a quelqu'un qui prend un peu
l'avant-scène, si on veut, du spectacle. Donc elle se filme et les gens
chat et commentent. Rien de bien nouveau. Les jeunes filles
aiment beaucoup, beaucoup, beaucoup ça. Ça leur permet de rencontrer des amis,
de connecter avec des gens qui aiment les mêmes choses qu'eux autres.
Je suis allé tout à l'heure sur YouNow faire un petit tour. Ça me fait
penser un peu à un Twitch. On connaît bien Twitch pour les jeux vidéo. C'est un
peu similaire. Donc on rejoint la chaîne personnelle de quelqu'un. Il y a sa
vidéo qui est là. On voit le nombre de personnes qui sont live. On peut
chatter avec ces gens-là via le genre de chat box à droite. On peut
envoyer des emojis, des trucs drôles. Puis ça fait beaucoup
penser à Twitch, mais vraiment pour les vlogs, si on veut, pour la
vie personnelle en direct. Ces systèmes-là, en fait, ils encouragent un
jeune à l'utiliser et encourager leurs fameuses parce qu'ils ont leur
nombre de views. Je sais qu'ils donnent des prix aussi pour ceux qui ont eu le
plus de popularité dans la semaine. Donc tout pour encourager, justement, les
jeunes à s'exposer puis à faire des actions qui vont, disons, les
propulser dans un rang de popularité. Et on sait c'est quoi, les
jeunes. Ils sont très influençables. À cet âge-là,
spécialement, elle a 13-14 ans. On recherche beaucoup d'attention puis on
approbation des autres. On aime bien se faire complimenter. Je pense que c'est
ce qu'Amanda recherchait. C'était quelqu'un d'assez extraverti. Elle aimait
performer, comme tu l'as dit. Donc elle allait chercher sur ces sites-là
vraiment l'approbation de ses amis. Elle allait chercher un peu ses
minutes de gloire, d'une certaine façon. Et un soir, Cutie Lover, en
fait, qui était son nickname utilisé sur ce genre de réseau-là.
Cutie avec deux i. C'était une bonne soirée. Il y avait
150 personnes live qui regardaient son streaming. Et il y a quelqu'un qui
lui a demandé, qui lui a mis au défi de lui montrer ses seins à la caméra
devant tout le monde. Et bien sûr, après avoir hésité quelque peu,
elle l'a fait sous la pression numérique, le peer pressure,
comme on peut dire. Et elle a montré ses seins. Quand vous faites ça
sur l'internet, la capture d'écran peut être assez rapide. Ça va être du
live streaming, que c'est pas enregistré. Donc le mal était fait.
Et il y a des gens qui n'attendaient que ça, en fait. Il y a des gens qui
étaient dans sa chatroom, et on y reviendra peut-être plus tard,
mais il y a des gens dont c'est principalement presque l'emploi,
en fait, de surveiller les chatrooms à la recherche du moment où une
jeune fille va faire un geste irrépaible de cette façon-là.
C'est à partir de ce moment précis que la vie d'Amanda Todd va prendre
une tournure vraiment sombre. Elle va être contactée par un
mec menacé constamment sur une longue période. Il va même commencer par
envoyer les photos qu'il a prises lorsqu'elle a montré sa poitrine à
plusieurs des contacts d'Amanda.
Il a réussi à la retrouver, en fait, sur Facebook. Et il l'a envoyé,
c'est ça, à tous ses 150 amis Facebook, sa mère, imagine.
Sa mère, quand elle a reçu ça, elle était quand même en état de choc.
Mais elle disait qu'elle était pas si surprise, dans un sens,
malgré le choc.
Parce qu'elle connaissait un peu les habitudes d'Amanda.
Pas qu'elle se doutait que ça allait aller aussi loin,
mais elle se doutait qu'il se passait des choses sur Internet
au niveau de sa fille, qu'elle mériterait un peu plus d'investigation.
Elle était toujours en désaccord avec la webcam.
Et suite à ça, ces proches, en fait, ont contacté le RCMP,
un peu la GRC, si vous voulez, du Canada, parce que c'est quand même...
Tu reçois une photo, des seins nus de ton ami par un inconnu
sur Facebook, et il y a quand même du moins...
Je trouve que la vigilance de ses proches a été quand même respectable.
Il y a des bonnes raisons de s'inquiéter.
Et la police s'est rendue chez Amanda pour vérifier
si tout allait bien, et ça s'est arrêté là.
Et même Amanda, son père, je recrute un reportage,
son père nous disait que pour elle, c'était pas si grave que ça.
À ce moment précis des faits, pour elle,
bon, j'ai eu une capture d'écran, les gens les ont vus,
mais bon, ça peut arriver.
Elle s'inquiétait pas plus que ça.
Évidemment, ça circulait dans son cercle d'amis,
ça circulait à l'école.
Elle était un peu connue comme la fille sur le screenshot, en fait,
the girl in the picture, d'une certaine façon.
Mais comme tu dis, c'était juste le début,
c'était juste la pointe de l'iceberg.
Mais à l'école, l'intimidation quand même a continué malgré...
Parce que veux, veux pas, je veux dire,
il y a quelqu'un de ton école, tout le monde de ton école
t'a vu les seins nus, un peu comme tu disais là.
Elle subissait vraiment des ragots,
même qu'elle a dû changer d'école en cours de route
parce qu'elle était plus capable d'aller à l'école,
ça devenait quand même trop gros.
Explique-nous donc un peu c'était quoi le modus operandi de Tyler Boo
parce qu'il n'a pas juste envoyé la photo à 150 personnes,
par la suite il a fait d'autres manoeuvres pour la faire chanter.
En fait, le stratagème est toujours un peu le même,
au départ, ils sont gentils avec toi,
ils ont quand même des discussions amicales,
ils essaient un peu que tu t'attaches à eux
et par la suite, bon, il essaie de t'échanger justement
des photos de toi nues pour son propre bonheur.
Là, lui, il avait déjà la photo d'Amanda,
mais il lui dit, la menace en fait qu'il lui faisait,
c'est que si tu m'envoies pas un nouveau show,
il appelle ça des spectacles en fait, des shows,
si tu me fais pas un nouveau show,
ben moi, je vais l'envoyer,
je vais l'envoyer encore à d'autres personnes ta photo.
Donc il joue toujours sur cette extorsion-là
et les jeunes filles sont un peu vulnérables quand même
à leur âge, tu sais pas trop à qui tu parles,
t'as vraiment l'impression que si tu le fais pas,
ben tu pourrais te retrouver encore plus avec des problèmes.
Donc souvent, les jeunes filles ont tendance à le faire,
mais Amanda a quand même résisté du moins
quelques temps avant de passer à Lac.
Oui, elle semblait vraiment,
elle voulait pas embarquer vraiment dans le jeu de Tyler Boo.
C'était clair qu'il la faisait chanter,
mais elle, de son côté, elle réagissait plutôt violemment,
non, il est pas question que je fasse ça,
attaque-toi d'autres gens, ça m'intéresse pas,
puis elle résistait vraiment.
Même avec sa mère,
elles sont allées porter plainte officiellement à la police,
en fait au RCMP,
pour porter une vraie plainte d'harcèlement
par rapport à de chantage,
et la police a pris les informations.
La seule chose qu'ils ont dit à Amanda et à sa mère,
c'est qu'elles devraient cesser d'utiliser ces réseaux-là,
simplement, comme si c'était simple comme ça.
Ça veut pas dire que parce que toi t'arrêtes,
tout le monde arrête autour de toi,
donc tes images circulent quand même,
ta réputation peut quand même être attaquée,
puis tu peux quand même te faire intimider
par tes amis de classe,
donc même si t'arrêtes tout contact
avec les réseaux sociaux,
ça règle pas vraiment le problème.
Non, c'est vraiment, en fait,
je sais pas si c'est un manque de connaissances
de la police ou de...
Ils ont pas pris ça en compte.
Si c'est quelqu'un qui s'est fait attaquer
pour vrai physiquement,
ben là, ils vont faire une action,
étant donné que là, c'est du chantage numérique,
on dirait qu'ils prennent pas la menace au sérieux,
donc ils font rien.
Puis Amanda, en fait, elle est tombée
entre les mains d'un réseau
qu'on appelle les cappers,
et ça, c'est intéressant d'en parler.
Moi, c'était la première fois
que j'entendais parler de ce sujet-là.
Même chose pour moi.
On apprend les choses
en faisant des recherches sur distorsion,
mais les cappers, eux, ont souvent,
comme tu dis, le même modus operandi,
c'est-à-dire qu'ils vont être bien organisés,
ils ont des réseaux à eux,
ils sont organisés sur des forums,
sur différents endroits,
différents chat rooms,
ils sont quand même assez undergrounds,
c'est pas un groupe qui est très public,
mais ils sont très nombreux.
Et ce qu'ils font,
c'est des gens qui, justement,
se tiennent dans les chat rooms
et qui essayent de convaincre les jeunes filles
ou même les jeunes garçons
de faire des choses qu'on pourrait leur reprocher,
de montrer leur partie génitale
ou de faire des trucs humiliantes pour...
Au départ, c'est par flatterie,
c'est dans le but de les convaincre
que ce qu'ils font, c'est bien,
puis de leur amener de l'attention et tout ça.
Puis aussitôt que ça arrive,
en fait, ils vont prendre un screenshot
et ils vont le poster sur leur réseau à eux.
En creusant un peu dans ce monde obscur de...
Je sais pas si on doit appeler
de la pédophilie en ligne,
mais il y a certainement un peu de ça là-dedans,
mais ils sont vraiment bien organisés.
Ils vont même jusqu'à faire un Daily Capper,
qui est un show en ligne.
Moi, j'ai trouvé un épisode sur YouTube
qui est hyper critiqué.
Je présume qu'ils sont sur des réseaux
que moi, je suis pas trop habitué d'aller,
mais dans ces vidéos-là,
c'est assez troublant, en fait.
C'est un genre d'animation un peu cheap en 2D,
comme un présentateur télé,
c'est une présentatrice, en fait,
avec une voix qui est interprétée
par un robot un peu comme Microsoft,
faisait la Microsoft Mike,
où on peut lui faire dire des mots
sans identifier la personne qui parle, bref.
C'est un peu comme un bulletin de nouvelles.
Tout le bulletin est fait avec cette voix-là,
avec cette animation cheap,
et puis on fait le tour de l'actualité des cappers.
Donc, qui est-ce qui a pris les meilleurs screenshots
de la semaine, même, de la journée?
Qui est-ce qui a intimidé qui?
On remet même des awards.
En fait, je suis tombé sur un capper award
où on récompense la personne
qui a fait la meilleure intimidation de l'année,
le capper qui a réussi à convaincre la jeune fille
de descendre le plus bas, si on veut.
Et dans quelques-uns de ces épisodes-là,
les cappers, justement,
parlent d'Amanda Todd
puis de ce qui se passe autour de ce cas-là.
Donc, il y a vraiment un réseau organisé,
un réseau international de gens
dont c'est l'unique but.
Ça commence par, comme tu disais,
le plaisir personnel,
c'est-à-dire que si tu ne me fais pas
un autre show de 10 minutes
ou si tu ne m'envoies pas d'autres photos,
je vais l'envoyer à tous tes amis.
Mais ça peut aller jusqu'à de l'extorsion monétaire.
En fait, ils peuvent aller soutirer de l'argent
à ces jeunes-là via leurs parents
ou via d'autres moyens.
Évidemment, ces gens-là sont un peu hackers.
Ils savent bien rester anonymes sur le web.
Ils savent bien se protéger.
Ils sont très durs à trouver.
On va le voir plus tard.
Il y a eu des développements
dans l'histoire d'Amanda Todd,
même très récemment.
Mais c'est des longues enquêtes
pour retrouver ces gens-là.
Au début, Amanda, elle refusait
de céder aux jeux de Tyler Boo.
Mais à un certain moment,
c'est devenu de plus en plus difficile
pour elle de survivre à tout ça.
Oui, parce que même Tyler Boo,
en fait, il a créé d'autres profils.
Il y avait Tyler C.
Il y avait Alice McAllister.
Il a eu d'autres surnoms.
Il continuait toujours à poursuivre Amanda
parce qu'elle a changé une autre fois d'école.
Donc, elle a changé deux fois d'école.
Et malgré tout ça,
il la retrouvait toujours.
Il retrouvait son nouveau réseau de contact.
Il renvoyait les photos continuellement.
Donc, ces gens-là ont beaucoup de temps
à perdre, entre guillemets.
Tyler Boo a même, à un certain moment,
créé un faux profil d'Amanda
pour réussir à contacter ses amis
puis d'envoyer des messages de haine
aux amis d'Amanda,
disant que justement,
je ne veux pas employer de mauvais mots
ici à Distorsion,
mais en la traitant de tous les noms
puis en continuant d'intimider ses amis même.
À l'été 2012, en fait,
ça l'a mené à une dépression.
Elle ne sortait plus de chez elle.
Elle avait des niveaux d'anxiété très élevés.
Elle était médicamentée.
Écoutez, mettez-vous à sa place.
Ça, c'est vraiment pas évident.
Elle se faisait toujours retrouver
par son prédateur.
Donc, l'été 2012,
elle l'a trouvé assez rough.
Et afin d'extérioriser ce qui lui arrive
puis de dénoncer toute l'intimidation
dont elle est victime,
un peu plus tard,
après l'été 2012,
en septembre 2012,
elle va décider de sortir
une vidéo sur YouTube,
une vidéo qui aura beaucoup de visibilité
et qui va être vraiment
un signal d'alarme,
non pas seulement à sa famille
et à la police,
mais à toute la communauté en ligne
sur la cyberintimidation.
La journée même de cette vidéo-là,
une fois qu'elle l'a mis en ligne,
en fait, elle a eu au-dessus de 900 000
900 000 commentaires
et messages d'appui.
Dans la vidéo,
qui dure environ 7 minutes,
avec des écriteaux de carton,
elle nous écrit un peu
tout ce qu'elle semble vivre,
toutes ces émotions par lesquelles elle passe,
un peu tout ce qu'elle a vécu.
Elle explique
qu'elle a montré ses seins,
qu'après ça, Tyler l'a poursuivie,
que même malgré le changement d'école,
qu'elle est tombée dans la drogue,
l'alcool,
qu'elle faisait beaucoup d'anxiété,
de dépression.
Elle nous raconte tout son parcours
depuis le début avec son agresseur.
C'est une vidéo qui est quand même
assez difficile à regarder,
qui est très touchante.
C'est des passages en noir et blanc.
Parfois, c'est même un peu creepy
dans le montage.
Et ce qu'elle écrit dans cette vidéo-là
va même au-delà de son parcours
avec son agresseur.
C'est-à-dire qu'elle explique
vraiment sa situation à l'école,
sa situation psychologique.
À un certain moment,
elle explique qu'elle a commencé à s'auto-mutiler
parce qu'elle avait trop de douleur intérieure.
Elle explique à un certain moment
qu'elle a rencontré quelqu'un,
qu'elle a commencé à parler avec un gars
un peu plus vieux qu'elle,
qu'il l'a rencontré,
qu'elle s'est attachée à lui,
mais s'est rendu compte qu'il avait une copine,
puis qu'après...
Quelque temps après, en fait,
la copine s'est rendu compte
qu'Amanda avait vu son copain,
et puis elle a organisé une session d'intimidation
avec 15 autres amis à elle
qui ont attendu Amanda après l'école
et puis qui l'ont intimidé
en lui disant que personne ne l'aime
en face de 50 personnes.
Elle s'est fait battre,
elle s'est sauvée,
elle explique qu'elle s'est cachée dans un ravin,
que son père l'a retrouvée justement
cachée dans un ravin.
Puis quand elle est revenue à la maison,
elle a bu du...
du bleach, en fait, du blanchissant
pour essayer de se suicider
parce que justement,
c'était trop difficile de vivre avec...
avec toute cette pression-là.
Une fois revenue de l'hôpital,
elle est revenue chez elle,
puis elle a remarqué que sur Facebook,
tout le monde a continué encore à l'intimider
par rapport à la...
à la batteur qu'elle avait eue.
Et ça, c'est sûr aussi qu'elle avait pris...
qu'elle avait pris,
qu'elle avait voulu se suicider
avec l'autre javel,
donc ça continuait encore.
Elle recevait de l'intimidation.
Sur Facebook, les gens...
Il y avait même des photos
de marques d'autres javels
et il la tagguait dessus
pour lui dire qu'elle avait manqué son coup,
qu'elle devrait essayer d'autres marques,
d'autres javels pour se...
pour se suicider.
Quel enfer
cette jeune fille-là a dû vivre
lors de ces deux années-là.
Ça devait être
incroyable, sans joke.
Toute qu'une situation.
C'est une vidéo
qui est quand même assez difficile à regarder,
qui est très, très touchante.
C'est des passages en noir et blanc.
Parfois, c'est même un peu...
un peu creepy dans le...
dans le montage.
C'est une vidéo
qui a vraiment fait le tour du monde.
Moi, je me rappelle de l'avoir vue à l'époque.
Ça faisait prendre conscience un peu
de tout ce qu'elle a vécu.
Puis elle a eu une énorme réponse
à cette vidéo-là.
Oui, elle a eu...
La journée même ou les jours
qui ont suivi le lancement de la vidéo,
elle a reçu au-dessus de 900 000 messages
de la communauté partout dans le monde
qui l'encourageaient,
qui dénonçaient la cyberintimidation.
Et ça a même enclenché
plein de gens qui se sont mis eux-mêmes
à faire un peu le même processus
de dénoncer leur cyberintimidateur
en ligne sur YouTube.
Même aujourd'hui, encore aujourd'hui,
je regardais pendant qu'on faisait la recherche,
il y avait encore plein de gens
qui font une réponse à Amanda Todd
et eux-mêmes la félicite de son courage
mais qu'eux aussi racontent leur histoire
de cyberintimidation.
Ça touche vraiment, vraiment beaucoup de gens.
Puis pas seulement les jeunes filles,
les jeunes hommes, les homosexuels.
Les jeunes hommes homosexuels sont
encore plus victimes aussi
qu'on peut l'imaginer.
Exactement.
Donc c'est vraiment un cri du cœur,
un cri d'alarme
qui a résonné un peu partout.
Puis je pense qu'il a fait prendre
conscience qu'il y a des choses
qui se passent en ligne
auprès de nos jeunes qui devraient
être surveillées.
Malheureusement, ce vidéo-là
n'a pas changé le parcours
d'Amanda et un mois plus tard,
dans la maison de sa mère seule,
ils l'ont retrouvée pendue.
Elle s'est suicidée.
Triste fin pour Amanda Todd.
Elle avait à l'époque 15 ans.
Elle n'a pas pu soutenir plus longtemps
les menaces qu'elle vivait
auprès de Tyler Boo,
qui ne l'a pas lâché pendant plus
de deux ans.
Ça a duré quand même longtemps.
C'est vraiment de l'acharnement.
Parce que l'événement en soi,
lorsqu'elle a montré sa poitrine,
s'est arrivé deux ans auparavant.
Le reste du temps, en fait, c'est là
qu'elle a changé d'école,
qu'elle s'est fait intimider constamment.
Vraiment, il y a eu un acharnement incroyable
qui a culminé en sa mort
en octobre 2012.
Quelques jours avant, ils ont retrouvé
dans ses messages une discussion qu'elle avait eu
avec une de ses fans, si on veut dire,
avec la communauté.
Elle avait prévu au calendrier le 28 novembre
de se faire tatouer Stay Strong
sur le bras.
Mais bon, elle s'est suicidée le 10 octobre.
Elle s'est jamais rendue à ce moment-là
de se faire tatouer
son hommage,
plutôt son lettre motive,
mais son père
s'est fait tatouer le même tatouage
avec, dans l'encre
du tattoo Stay Strong,
il a fait mettre des cendres
d'Amenda. Donc, il y a un peu sa
fille à l'intérieur de lui pour le reste
des temps. J'ai trouvé ça quand même assez
touchant comme geste. Je savais même pas qu'on pouvait
faire ce processus-là.
La quantité, selon moi, doit être
minime pour pas empoisonner le corps.
Mais quand même, c'est un beau
geste de la part de son père.
On saisit alors
les deux ordinateurs portables d'Amenda
Todd, parce qu'elle en avait deux.
Et là, les policiers
commencent à fouiller, commencent à faire le tour
sur tout ce qu'elle a écrit,
sur tous les messages
qu'elle a reçus. Et c'est là que vraiment
tout le monde a pris conscience de l'ampleur de la
chose. Donc, ses parents
savaient qu'elle était intimidée, que ça allait pas bien
à l'école, tout ça. Mais
ils l'ignoraient jusqu'où ça allait.
Et ils ont découvert des milliers,
des dizaines de milliers de messages échangés avec
Tyler Boop, qui crèvent le cœur, qui sont très
difficiles à lire. Et à partir
de ce moment-là, la police
a eu un peu plus de matériel pour
faire son enquête et de retrouver
ce tome-là,
en fait. On a parlé
de Catfish dans un autre épisode
sur Talott Blonde. C'est un peu
similaire ici.
C'est simplement que le Catfish
va encore un peu plus loin, c'est-à-dire la personne
qui se fait passer pour quelqu'un
d'autre, la personne qui crée une identité
en ligne afin d'escroquer
une victime.
C'est un peu le même principe. C'est juste qu'ici,
c'est aller beaucoup trop loin. Mais
il y a une chasse à l'homme qui est définitivement partie
sur le web, menée par les policiers,
menée par la communauté en ligne
et puis, afin de retrouver
qui est réellement Tyler Boop.
Quelques jours après, Anonymous
ont dévoilé ce qu'on sait, Anonymous,
le genre de regroupement de hackers,
mais des bons hackers, en fait, qui sont là pour
faire le bien, dénoncer le mal
de les organisations politiques,
la police, etc.
Eux ont sorti
une vidéo qui disait
qu'ils avaient retrouvé le prédateur
qui était responsable, si on veut,
de la mort d'Amanda Todd.
Ils ont diffusé son adresse. C'était un Canadien.
Comme tu dis, à l'octobre 2012,
Anonymous, plus précisément la filiale
New Jersey d'Anonymous,
a mené l'enquête et
il serait arrivé à traquer un homme
du nom de Cody Maxon,
qui serait un trentenaire de New Westminster
en Colombie-Britannique.
Apparemment, selon les dires d'Anonymous,
ce serait lui qui aurait
intimidé Amanda Todd
pendant toutes ses années.
En enquêtant sur ce certain Cody,
dont le nom de code en ligne était
Cody1206,
on se rend compte que c'est pas un gars
qui est très clean. C'est quelqu'un
qui a des habitudes en ligne assez étranges.
Les gens d'Anonymous sont bons
pour faire des liens entre
une plateforme et un autre.
Ils se sont rendu compte que
ce Cody avait déjà
chaté avec Amanda,
avec Cutie Lover,
l'avatar d'Amanda,
à quelques reprises dans le passé.
Les policiers sont même allés
rechercher cet homme-là.
Ils l'ont interrogé. Il a avoué qu'il connaissait
qu'il avait une certaine relation
avec Amanda.
Il aurait eu
des rencontres en ligne.
Du moins, il aurait chaté avec elle à quelques reprises.
En fouillant un peu plus,
on s'est rendu compte aussi que
Vice a mené une enquête à l'époque
qui a été reprise
et qui a été un peu controversée.
Mais cet homme-là,
Cody1206,
est un homme assez connu dans le monde
des cappers, les gens justement
qui prennent des captures d'écran
afin d'intimider les jeunes.
Ce gars-là, lorsqu'on fait le tour
des Daily Capper, parce qu'Anonymous
ont fait l'enquête et d'autres gens
l'ont fait avant nous, on se rend compte
qu'il aurait reçu un award
pour la sextorsion de l'année
dans le cas d'une jeune Peyton.
Il aurait intimidé
cette fille-là très longtemps pendant
des années. Il aurait reçu
un award pour son
magnifique travail en tant que
escroc du Web.
En fouillant un peu plus,
on se rend compte que ce gars-là, Cody
Maxon, a fait face à des charges
de tentative de viol sur une mineure
en Colombie-Britannique aussi.
Donc c'est pas quelqu'un qui a un
passé très clean. C'est quelqu'un
qui a des habitudes sur le net
assez extrêmes
et assez malveillantes.
Pendant ce temps, l'enquête policière a continué
en parallèle de ça parce que
Anonymous, c'est bien beau.
Peut-être qu'il amène les vrais, mais la police
doit quand même faire sa vraie enquête et prouver
avoir des faits tangibles.
Ils ont eu la collaboration parce qu'on sait
que tout s'est passé sur le Web.
On a beau essayer de couvrir leurs traces parce que
eux, les cappers, et donc Tyler Boo,
étaient quand même assez habiles
pour changer son identité,
changer ses adresses IP, utiliser des proxys.
Ils savent c'est quoi un VPN,
puis ils savent c'est quoi un proxy.
La police avait donc besoin de ces compagnies-là
pour retrouver au moins une adresse IP
ou du moins à savoir où rechercher.
Parce qu'on s'entend, l'Internet, c'est la planète.
Donc ça devient assez difficile
de repérer le coupable.
Exactement.
Facebook ont été vraiment collaboratifs là-dedans.
Ils ont créé un énorme rapport de sécurité
qui ont pu les amener à quelqu'un
qui habitait au Pays-Bas, en fait, en Hollande.
Et même Skype est revenu
avec les mêmes conclusions
dirigeant vers la même personne.
Cet individu-là a pour nom
Aydin Koban.
C'est ce que Facebook et Skype
ont déterminé grâce à leur enquête.
Apparemment que cet homme-là
aurait plusieurs identités sur le Web
que Tyler Boo, que Tyler C
et aussi Alice McAllister
seraient ses pseudonymes en ligne.
Il est accusé d'avoir harcelé
sur Internet des dizaines de jeunes filles
qui se retrouvaient aux Pays-Bas,
au Royaume-Uni, en Norvège, aux États-Unis
et au Canada. Il a fait l'objet
de 72 accusations,
notamment de production et détention
de pornographies infantiles, chantage,
de la fraude et de la possession de stupéfiants.
C'est quelqu'un qui avait un très lourd dossier
dans ce domaine-là. On se rend compte
que c'est un vétéran du monde
des cappers et de la sextortion
en ligne. C'est en janvier
2014 qu'on va finalement,
ici au Canada, pouvoir
porter des accusations contre lui.
Seb, de quoi on l'accuse à ce moment-là?
Au Canada, il est accusé d'extorsion,
de cyberprédation,
de harcèlement criminel, de possession
d'une pornographie juvénile,
de possession de tel matériau, dans le but
d'en faire la distribution.
Avec ces charges-là, en fait, c'est suffisant
pour envoyer Haydn Koban
en prison. Il a tellement
de charges contre lui qu'il fuse de partout
dans le monde qu'il est
tout de suite emprisonné le temps que son
procès débute. En 2015,
il va faire un geste quand même
assez spécial, c'est-à-dire qu'il va
écrire une lettre publiquement
pour exprimer à quel point il est
innocent dans toute cette histoire-là et qui n'a rien à
voir avec le suicide d'Amanda Todd.
Donc, il nous explique que
justement, il éprouve des
regrets face à ce qui s'est passé, mais
aucunement en lien avec ça, malgré
le fait qu'il soit accusé par
d'autres gouvernements de la même chose
dans d'autres pays. Donc, ce sera
un deux ans vraiment où
l'enquête va se poursuivre,
où pendant tout ce temps-là, lui, il va rester en prison
et, par le fait même,
on va éliminer le premier suspect
qu'Anonymous avait sorti
à l'époque. Cody Maxson est alors
exclu des suspects et vraiment,
on se concentre sur Haydn
Coben qui est en prison et qui attend
son procès pour l'histoire d'Amanda Todd.
Le 24 janvier 2017, en fait,
cette année, le procès a enfin commencé
d'Haydn Coben
et le 15 mars, le verdict est tombé.
L'homme de 38 ans a eu une
sentence de 10 ans de prison.
Il avait quand même passé 243 jours
en prison depuis son arrestation.
Il est arrêté, entre autres, pour
fraude en ligne, chantage
et pour avoir abusé, si on veut, de
34 jeunes filles et jeunes hommes aussi.
Il y avait environ 8 garçons,
je crois, entre autres, des homosexuels
à laquelle ils menaçaient de dévoiler leur
orientation à leurs proches.
Cette condamnation-là, en fait, pour le
préciser, c'est au tribunal des pays
bas. C'est vraiment pour les charges
que le tribunal des pays bas
ont posé contre lui. Donc, ça inclut Amanda
Todd, mais ça inclut aussi toutes les autres
charges dont tu parles. Mais il
n'a pas fini avec la justice parce que
je sais que, justement, il y a d'autres pays
qui le poursuivent, dont le Canada,
dans l'histoire vraiment plus précise d'Amanda.
Oui, le Canada, en fait, a cinq chefs
d'accusation parce que, actuellement,
le juge des
pays bas a autorisé l'extradition
au Canada pour qu'ils subissent
son procès au Canada. Donc,
les cinq chefs d'accusation, là encore, c'est toujours
la même chose, la distribution de
matériel pornographique, juvénile,
chantage, fraude, etc.
Mais je me demande comment qu'ils vont gérer
ça. Je veux dire, le gars, il va
faire son 10 ans de prison aux pays bas,
mais pendant son procès, bon, j'imagine
qu'il va être incarcéré au Canada.
Est-ce que tu peux avoir
deux peines en parallèle?
Est-ce que c'est cumulatif?
Il y a toute cette question-là
qui m'échappe, en fait, parce que,
comme tu disais, parce que je pense que même les États-Unis
veulent poursuivre. Il y a l'Angleterre, à un moment donné.
Ben oui, il a fait des crimes en Norvège,
comme t'expliquais un peu partout.
C'est une bonne question parce que
c'est aussi un crime qui est
vraiment de notre air. Qu'est-ce qu'on fait avec tous
ces crimes qui sont faits sur le web,
tous les arnaques en ligne
que lui a pu faire?
C'est difficile à gérer, tout ça.
Est-ce qu'il va passer le reste de ses jours en prison
aux pays bas parce que tout
ça est cumulatif? Honnêtement,
je serais curieux de parler
peut-être à un criminaliste ou à un juriste
à ce niveau-là, parce que c'est
un cas qui peut vraiment être complexe
à gérer. C'est pas encore
terminé. Ça a
connu un dénouement récemment. C'est un peu
pour ça aussi qu'on en a parlé. On trouvait
qu'étant donné que ça faisait l'actualité,
ça valait la peine
d'aborder le dossier. Mais c'est pas encore
tout à fait terminé. Quand est-ce que tout ça va
se terminer? C'est une bonne question.
On devrait avoir des nouvelles, je présume, cette année
avec ce qui va se passer au Canada
concernant vraiment l'affaire d'Amanda Todd,
plus précisément. Mais au moins d'ici-là,
l'individu
en question est en prison
puis au moins, je présume,
qu'il n'aura pas accès à un ordinateur pour
tenter de
extorsionner d'autres personnes. L'avocat
de Coburn a mentionné quand même, après le
verdict, qu'il voulait aller en appel
contre plusieurs
jugements qui ont été effectués contre son client.
C'est ce qui est drôle.
En fait, il clame encore
son innocence malgré toutes les preuves.
On le sait, la police, pour aller devant un
juge, il faut avoir des vraies preuves tangibles.
C'est drôle qu'il tombe un peu
dans le déni.
Je comprends un peu son attitude, mais
je ne sais pas en quoi, qu'est-ce que ça va lui faire
gagner d'avoir cette attitude-là?
C'est sûr qu'il va sûrement vouloir enlever
certaines charges.
Est-ce que ça se peut que ça
le fasse gagner du temps, tout simplement?
Pendant tout ce temps-là, il réussisse à
gagner un peu de temps. C'est sûr qu'il est en prison
maintenant, mais gagner un peu de
temps entre les condamnations, bonne
question. Mais c'est quelqu'un qui
c'est un peu triste pour lui aussi parce que
à 35 ans, lorsqu'il s'est fait
pogner, c'est quand même jeune aussi, puis il risque
de passer un bon bout de temps
en prison. Il ne sera jamais accusé de meurtre,
mais quand même, grâce à
toute l'addition de
ses crimes sexuels, puis sa possession
de pornographie et tout ça, risque de
faire en sorte qu'il va être en dehors de la société
pour un bout de temps.
Ils lui ont donné la sentence maximale pour ce genre de crime-là
parce que c'était sans possibilité
d'être libéré plus tôt, parce que c'est un peu
du jamais-vu comme cas.
Donc, il y aura
une justice pour Amanda Todd.
C'est rassurant, on a été longtemps
dans le noir, si on veut
sans trop savoir qui était ce Tyler
Boo, qui...
où se retrouvait-il dans le monde, qui
était la personne qui se cachait derrière ce visage-là.
Donc, on peut se réjouir
qu'on a enfin trouvé
le coupable et qu'il y aura enfin
justice pour Amanda.
Maintenant, moi, la question que j'ai
envie de te poser, Seb, étant donné que
t'es un jeune parent
et que tu as une jeune fille aussi qui va peut-être
un jour poster des vidéos sur YouTube,
c'est comment on peut prévenir
une situation comme celle-là?
Comment on anticipe à l'avance?
Comment on fait pour outiller
son enfant afin que...
afin d'éviter qu'une situation comme ça
arrive?
Oui, parce qu'il y a deux axes que je me questionnais
par rapport à ça, parce que ma fille, elle est jeune encore.
Elle a 6 ans, près de 7 ans.
Elle utilise l'ordinateur,
le téléphone, mais c'est toujours sous ma supervision.
Elle n'a pas les réflexes ou
l'habilité de publier des choses
en ligne sans choix présents.
Il y a deux axes. Il y a l'enfant.
En fait, il faut essayer de faire comprendre à l'enfant
peut-être que tout ce qu'il peut faire en ligne,
publier des photos et tout ça, que ça
va rester à jamais, que l'Internet
n'oublie pas. Il y a cet
axe-là. Il y a aussi l'axe du
parent, en fait, qui
doit s'outiller pour aller
surveiller ce que l'enfant fait.
Il existe quand même... Je trouve que dans le monde
aujourd'hui, les outils de contrôle parentaux sont quand même
bien faits. Il y a moyen
de gérer même ton
Wi-Fi sur votre routeur
de vos compagnies d'Internet.
Directement dans le routeur, il y a moyen
de mettre des plages horaires pour
que le Wi-Fi fonctionne de telle heure à telle heure.
Vous pouvez aller vérifier l'historique,
mettre l'ordinateur pas nécessairement
dans leur chambre à coucher. Je sais que ce sont
des portables maintenant plus que des
ordinateurs de salon. Donc,
ça se déplace un peu plus facilement, mais
quand même d'aller jeter un coup d'œil,
d'exiger d'avoir le mot de passe
de l'ordinateur pour aller un peu fouiller.
C'est certain que ça demande un minimum
de connaissances informatiques
pour un peu aller voir ce que
votre enfant fait. Je pense que c'est là
aussi que le bobble est. C'est pas juste...
Dans le tourbillon du quotidien aussi, les
parents peuvent manquer de temps ou on y pense pas.
Ça va vite. Donc, c'est ça.
Il faut vraiment être à l'appui. Je vous
dirais l'autre chose, c'est d'essayer de discuter avec
vos enfants de ce
qu'ils font en ligne. Peut-être que
par rapport à ça, ils vous cacheront pas
des choses.
Oui, parce qu'ils disent pas tout.
On disait pas tout à nos parents à l'époque.
Surtout pas à l'adolescence. Non, c'est ça.
Et eux, c'est sûr qu'ils disent pas tout
eux non plus. Il faut être
vigilant. Parfois, on a l'impression que tout ça
arrive trop tôt. Je présume
que les parents d'Amanda Todd pensaient pas
qu'elle allait avoir des comportements comme ça
dès l'âge de 12-13 ans, sur internet.
Donc, à quel moment ça commence,
la prévention?
C'est difficile à évaluer.
Mais je pense que tu touches un point en disant que
d'éduquer ses enfants sur
la permanence de ce qui est publié
en ligne, déjà, c'est un
bon départ. Pis par la
suite, c'est aussi de faire en sorte que
les comptes soient le plus privé possible.
Que l'Instagram soit
privé. Évidemment, le compte
Facebook, qui en est le moins possible.
Je présume que... Vous devriez t'exiger aussi d'être
amis avec eux sur ces comptes-là.
Faut pas que ça soit une compte, faut que ça soit impératif.
Que vous soyez... Que vous les suivez
ou que vous soyez amis, au moins, pour voir tout ce qui
se passe aussi de votre côté. Parce que c'est toujours
difficile d'éduquer son
enfant là-dessus, spécialement son
ado. Parce qu'à un certain point, on
sait que ce qui est interdit peut être attirant
d'une certaine forme. Donc, comment
présenter tous ces éléments-là
afin que tu ne passes pas pour
le vieux père déconnecté?
Le mon-oncle. Exactement.
Pis je pense qu'ils ont pas tous les outils à
l'adolescence pour comprendre
qu'il y a quelque chose qui reste permanent.
On peut le voir, là. Un
souvent, on le répétait, les gens en politique,
dans 10 ans, j'ai bien hâte de voir maintenant
tous les nouveaux candidats politiques, toutes les traces
qu'ils ont laissées sur Facebook,
Instagram, jeunes. Souvent, on le sait,
pendant les campagnes électorales, ça sort
un jeune qui était sur une toilette
à 18 ans pendant qu'il était dans le sud,
tout nu. Qui qui a pas fait ça?
Il y a un peu ce truc-là
qu'on...
qu'on est conscient qu'ils font.
Mais je suis pas sûr que, même à l'adolescence,
même si on leur explique, ils comprennent vraiment
que ça va rester dans le temps,
ils ont 10-15 ans de vie.
C'est cet aspect-là aussi que je trouve
qu'il y a un intangible, il y a quelque chose
qu'il faut accepter qu'on sera pas capable de tout
contrôler, pis faut simplement espérer
que notre enfant tombe pas dans le piège de quelqu'un
comme ça. Je crois aussi que l'histoire
d'Amanda Todd a un peu éveillé
les services policiers
au niveau de l'intimidation, à quel point ça peut prendre
des ampleurs inestimées
au départ. Je pense que depuis cette histoire-là,
les policiers sont peut-être mieux outillés
pour intervenir
lors d'une situation comme ça,
et plus à l'aise de collaborer avec Facebook,
avec Skype, avec YouTube,
lorsqu'il le faut.
Faut pas hésiter non plus à rapporter,
de rapporter des comptes.
Il y a vraiment des gens qui reçoivent
ça, les reports qui sont faits,
lorsque même
dans les jeux vidéo, on sait qu'on le voit,
on voit souvent aussi l'intimidation dans les jeux vidéo,
il y a des outils de reporting qui existent,
c'est important de les utiliser.
Faut pas hésiter à rapporter
même les comptes qu'on voit
sur Instagram, Facebook, Twitter
et autres qui ont tendance
à être offensants ou à avoir
des mauvaises pratiques. Faut pas hésiter à
les rapporter puis de faire en sorte
que ces gens-là soient connus
des services policiers.
Non, parce qu'ils ont des vraies équipes,
des vrais êtres humains qui les gèrent,
qui prennent vraiment ça au sérieux.
Parce que je trouve que c'est
un problème, actuellement,
je trouve que c'est le pire côté
du numérique, en fait, toute
l'intimidation, parce que là on parle des jeunes,
mais il y a toutes les vedettes,
tout le monde en fait
subit ou souffre, pas tout le monde,
mais beaucoup, beaucoup de gens sont victimes
d'intimidation parce que c'est tellement facile
derrière un clavier de se mettre
à insulter quelqu'un versus
la vraie vie, dans la vraie vie.
On dirait que ça, puis je sais pas,
tout ces outils-là,
on est à une haine
qui permet à ces gens-là
qu'il faut être un peu, je trouve que
quelqu'un qui prend du temps juste pour dire
qu'il t'aime pas, je trouve que déjà là,
t'as un problème, t'as pas assez de vie
ou t'es pas assez occupé, mais pour
prendre cette énergie-là, puis juste distribuer
de la haine partout sans raison,
je le comprends pas, puis je trouve que c'est
un malaise mondial actuellement,
qui devait exister, mais qu'on pouvait
pas l'exprimer, puis avec ces outils-là,
ça permet ça.
Non, c'est vrai, on assiste justement
à une avalanche d'opinions qui fusent de toutes
part, puis avec l'opinion vient
la critique, puis parfois justement,
on perd le respect, puis
on se comporte plus comme
des humains, en fait. Par quel
phénomène est-ce que tu peux tout d'un coup
détester quelqu'un au point où tu vas aller
écrire avec ton compte perso
sur Facebook, sur son wall, à quel point
tu le détestes, ou que tu détestes
telle vedette, telle personnalité,
telle émission télé, ou telle
produit. C'est assez
crazy, donc faut pas hésiter
à rapporter ces gens-là.
Une des questions qui reste encore
à mon futur enfant
et à
la tienne, Seb, en fait,
on parle pas de l'enfant qu'on a
ensemble, mais évidemment...
On peut l'annoncer dans un autre podcast.
C'est ça. Mais que faire
une fois que sa fille
ou que son garçon est pris entre les
mains de quelqu'un comme ça,
comme Tyler Boo, en fait, comme
Hayden Coban et tous ses
cappers. Une fois que
c'est fait, comment on peut
sortir son enfant
de cette situation-là? C'est un autre
grand challenge. Oui, parce que Carole,
qui était, je me permets de l'appeler Carole,
la mère d'Amanda Todd, elle avait fait
tout ce qu'il faut dès le départ.
Parce que dès les premiers plein,
dès les premiers événements
qui sont arrivés, elle est allée tout de suite direct
à la police et c'est la police qui
a rien fait, en fait. Donc,
c'est vrai que
qu'est-ce qu'on doit faire
une fois... Un peu comme on
disait, je pense que la police est un petit peu plus réceptive
parce que là, si on remonte à 2012,
oui, les réseaux sociaux avaient beaucoup, beaucoup
de places, mais il y avait une certaine
tranche de la population au niveau adulte, les parents
étaient moins, l'homme moins outillé
que je trouve que trois, quatre ans plus tard,
aujourd'hui. Non, c'est vrai.
Parce que oui, la police aurait peut-être pu faire
quelque chose, mais en même temps, ça n'aurait pas empêché
ses amis à elle de l'intimider sur Facebook
puis de l'intimider
à l'école. Moi, j'ai tendance
à croire qu'en tant que père,
une fois que
le mal est fait, en fait, une fois que
bon, qu'elle a montré sa
poitrine
à la webcam et de voir à quel point
elle tombe en dépression,
moi, j'aurais tendance à lui dire, écoute,
faut que t'acceptes le passé.
Prends pas ça trop sérieux.
L'adolescence, ça va se terminer un jour.
Oui, il y a des gens qui vont
t'intimider, on va aller voir les policiers,
tout ça, mais à quelque part,
il faut peut-être un peu dédramatiser le geste
parce qu'au final,
c'est une image,
mais il ne faut pas que tout ça nous amène
à un suicide. Non, mais le problème,
c'était vraiment que le clou,
il y a toujours quelqu'un qui reconnaît sur le clou
continuellement contre elle. En fait,
dès qu'elle essayait un peu de changer d'environnement,
elle automatiquement, elle recevait des nouvelles
menaces, les gens le savaient,
c'est qu'elle était pourchassée,
elle avait vraiment le karma qui la suivait
continuellement, parce que même
de dire, de faire abstraction
de tout ce qui se dit, à moins qu'elle
déménage sur une autre planète, on dirait
qu'elle était en cabanée,
elle était prise dans son
propre carcan, dans tout ce qu'elle avait laissé
comme trace, ça la suivait
continuellement, puis j'arrive même
pas à croire, à comprendre
comment qu'elle aurait pu
se détacher de ça, même comme je te disais
tantôt, avant qu'on enregistre,
je la comprends, de s'être suicidé,
parce que ça devait être horrible
ce qu'elle vivait
continuellement, puis imaginez, à 15 ans,
t'es déjà vulnérable, tout le monde
est un peu plus vulnérable, notre confiance en soi
n'est pas bâtie comme un
adulte mature
qui a vécu des choses, donc
imaginez le trouble.
Sincèrement,
le problème, c'est même pas elle,
c'est pas ses parents, c'est les intimidateurs
parce que là, on en a arrêté un,
mais c'est un peu comme la drogue,
si on veut faire un parallèle,
c'est que t'as beau arrêter un vendeur de
drogue, il y en a 15 autres qui vont repousser.
Des cappers,
il y en a plein, il y a une communauté,
donc il faut que la police,
puis je suis sûr qu'elle est plus présente,
il surveille, je suis certain
qu'il doit avoir une présence policière
plus importante.
On le souhaite, effectivement, même encore là,
ces réseaux-là, ils doivent faire partie
du dark web, le dark web, c'est quand même
caché, c'est quand même pas si simple que ça,
même pour la police d'y accéder.
Donc il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail
à faire, autant des policiers
que des parents, et
tout ça tourne dans le rôle de l'éducation,
et dès que votre enfant
subit des menaces ou tout ça, peut-être,
mais d'un, dites-leur de jamais
se montrer les parties génitales, point.
Même, ça a l'air ridicule,
mais même d'échanger avec les snapchat,
les captures d'écran se fondent, ou même
avec, on dit même des gens
de cet âge-là, mais même des adultes
subissent une certaine sextorsion, ou même
du chantage,
du chantage par des photos
deux nues qui ont envoyé à leur conjoint
de l'époque, et à qui il avait confiance,
mais que souvent après ça, il y a une
rupture, puis il y a des gens,
je voudrais malhonnête, en fait,
qui utilisent ça, puis après ça ils répandent cette photo-là.
Donc, si vous n'avez pas de photo
de vous avec vos seins ou vos parties génitales,
ça arrivera jamais.
Exactement, puis c'est pas vrai que snapchat
c'est éphémère, puis c'est pas vrai que vos
stories sur instagram ou sur facebook
c'est éphémère. Tu peux même, même s'ils
bloquent, parce que sur iPhone par exemple, on peut pas
prendre de capture d'écran de certaines applications,
mais dites-vous, vous pouvez filmer votre téléphone
aussi, prendre une photo d'une photo,
donc c'est impossible,
l'éphémérité, si on peut,
pardonnez-moi, si on peut utiliser ce mot-là,
ça n'existe pas.
Ben, je pense qu'on a fait un peu le tour du sujet,
Seb, encore une fois, on va se tenir
au courant des dénouements de cette
histoire-là. C'est important d'en parler,
c'est un gros sujet, la cyber-intimidation.
Si vous avez d'autres exemples
et que vous voulez nous en faire part, vous pouvez le faire
au distortionpodcast.com.
Vous pouvez nous rejoindre sur Facebook et Twitter,
Distortion Podcasts, on est faciles à trouver.
Et bien merci de nous supporter
sur iTunes et
Google Play. Est-ce que Seb, tu aurais
un mot de la fin pour nous cette semaine?
En l'honneur d'Amanda, ça va être stay strong.
Yes!
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