#31 - Le destin tragique d’Aaron Swartz

Épisode

#31 - Le destin tragique d’Aaron Swartz

Saison
3
Épisode
31
Durée
1 h 07 min
Format
Audio

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Le jeune prodige informaticien et activiste Aaron Swartz a contribué à plusieures révolutions de l’Internet: le fil RSS, les licences Creative Commons et la création de Reddit. Lorsque sa carrière a pris une tournure orientée vers l’activisme informatique, Swartz a commencé à mettre sur pied des initiatives vouées à dévoiler au grand jour des documents du domaine public gardés secrets. En 2011, Après avoir téléchargé des millions de documents des serveurs de la prestigieuse université MIT, Aaron risque une peine de 35 ans d’emprisonnement pour avoir violé la loi sur la fraude informatique. C’est en attente de son procès que sa vie connaîtra une suite tragique…

Transcription de l’épisode

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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:51]

En janvier 2013, l'informaticien, entrepreneur et activiste Aaron Schwartz s'est enlevé la vie à l'âge de 26 ans seulement.

[01:00]

Il risquait à l'époque d'une sentence très sévère pour avoir téléchargé illégalement des documents du domaine public.

[01:07]

Comment ce jeune prodige, déterminé à changer le monde, a-t-il pu en arriver là?

[01:11]

Suivez-nous dans cet épisode captivant où nous revenons sur les faits marquants de la vie d'Aaron Schwartz.

[01:19]

Bonsoir Emile Gauthier, comment tu vas?

[01:21]

Ça va très bien Seb, parce que l'épisode de ce soir va vraiment être captivant, la vie d'Aaron Schwartz.

[01:28]

Ça fait plusieurs fois qu'on s'en parle entre nous, que des membres de la communauté nous en parlent aussi.

[01:33]

Aaron Schwartz est un activiste, un jeune prodige qui a commencé à coder très tôt dans sa vie, vraiment à un très jeune âge,

[01:41]

et qui assez rapidement a milité pour, par exemple, le droit d'auteur, le domaine public, le droit à l'information.

[01:49]

C'est un des fondateurs des Creative Commons, un des fondateurs de Reddit aussi, et qui a connu un destin tragique.

[01:57]

Il y avait une sentence incroyable qui pesait sur lui et ça l'a mené au bord du gouffre.

[02:02]

C'est un épisode un peu nécessaire, je crois, à l'air qu'on vit en ce moment au niveau de la sécurité informatique,

[02:07]

puis du droit à l'information et du droit à la vie privée.

[02:10]

Oui, avec la neutralité du web et tout le combat qui s'est passé dernièrement aux États-Unis,

[02:15]

on trouvait ça quand même sain de ramener ce personnage et tout son leg qui vit encore sur le web.

[02:23]

Seb, qu'est-ce qu'on boit ce soir?

[02:25]

Ce soir, on est allé vers une bonne blanche qui s'appelle la Amos Crystal White.

[02:32]

C'est pas vraiment une micro-brasserie, c'est comme une marque de bière qui s'appelle la Beta Tibi,

[02:38]

qui a été élaborée par le maître brasseur Jean-Louis Marcoux.

[02:42]

C'est vraiment une bonne blanche qui est quasiment comme du jus, elle se boit,

[02:48]

elle n'est pas très granuleuse, elle est liquide pour une blanche, elle n'a pas d'ombrage.

[02:59]

Elle n'est pas si trouble.

[02:59]

Oui, exactement, c'est le bon mot que je cherchais.

[03:02]

Et bien sûr, pour ceux qui le savent, la Beta Tibi, en fait, c'est en l'honneur de la chanson homonyme

[03:08]

de l'auteur et compositeur interprète québécois Raoul Duguy qui nous a fait un bel œuvre que je vais me passer.

[03:14]

On va pas la chanter.

[03:15]

Non, exactement.

[03:16]

Et cette bière de la semaine, elle a été offerte, elle nous a été offerte en fait par Denis Martel,

[03:23]

Denis Martel qui est quelqu'un que je connais aussi personnellement,

[03:26]

donc merci Denis de la tournée de bière et je te salue personnellement, c'est vraiment apprécié.

[03:31]

Salut Denis.

[03:33]

Et si vous voulez faire comme Denis et nous offrir une tournée de bière,

[03:37]

vous n'avez qu'à vous rendre sur notre site web distorsionpodcast.com dans l'onglet Tournée de bière,

[03:42]

encouragez-nous, vous pouvez nous donner des dons de 5, 10, 20 $ et même nous suggérer une bonne bière.

[03:48]

Ça remplit le fridge de distorsion.

[03:50]

Oui, on en a toujours besoin pour vous raconter des belles histoires.

[03:53]

On a aussi un shout-out, donc une review 5 étoiles sur Apple Podcasts cette semaine

[03:58]

qui nous vient de Joe Labrie, imagine-toi donc, du Canada, qui nous dit il rend accro,

[04:04]

excellent podcast, aussitôt un épisode d'écouté et on ne peut plus s'arrêter.

[04:09]

Good job les boys, merci à toi mon Joe, c'est pour des gens comme toi qu'on fait ce podcast.

[04:15]

Oh yeah.

[04:15]

Je pense qu'on a tout dit mon Seb, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire palpitante et captivante d'Aaron Schwartz?

[04:24]

Oh yeah.

[04:26]

Allons-y.

[04:26]

Oui monsieur.

[04:29]

On se retrouve le 4 janvier 2011 à 10h30 en matinée des officiers du service de police du Massachusetts Institute of Technology,

[04:38]

le fameux MIT, l'université, et ils répondent à une alerte pour entrer par effraction.

[04:44]

Ils se dirigent alors vers le bâtiment numéro 16 et pénètrent dans une petite salle ex aigu qui est située au sous-sol,

[04:51]

qui est une salle qui sert principalement à stocker du matériel d'entretien, mais aussi on retrouve plein de serveurs informatiques,

[04:58]

mais c'est plutôt des gens de switchbox.

[05:01]

Exactement, donc une salle qui a quand même accès aux réseaux informatiques.

[05:07]

Ils trouvent dans cette salle un ordinateur portable de marque Acer qui est branché à un disque dur externe

[05:13]

et qui télécharge sans arrêt des articles de presse du MIT, vous savez les genres d'articles universitaires,

[05:19]

et en fait c'est le service qui s'appelle JSTOR qui gère cette base de données-là pour le MIT,

[05:26]

puis en fait c'est ça, il y a un ordinateur là-dessus avec un disque dur externe qui télécharge constamment des articles de la base de données de JSTOR,

[05:35]

et en fait ce contenu-là, c'est du contenu qui est payant, donc qu'on achète à la pièce.

[05:39]

L'ordinateur est caché sous une boîte de carton au fond de la salle,

[05:43]

et il est verrouillé sous le pseudonyme Gary Host, ou Ghost si on rapproche le nom, famille et le prénom.

[05:50]

Les policiers décident de tout laisser là, mais d'installer une petite caméra de surveillance afin d'observer ce qui se passe.

[05:57]

Ça va s'avérer être une très bonne tactique.

[06:00]

Depuis quelque temps, les gens de JSTOR remarquaient que plusieurs articles étaient téléchargés frauduleusement

[06:05]

et qu'à chaque fois qu'ils tentaient de retracer la source, l'adresse MAC de l'ordinateur changeait,

[06:10]

donc l'espèce d'adresse qui identifie l'ordinateur.

[06:13]

Donc il y avait un système, un genre de script qui renouvelait l'adresse MAC à chaque fois.

[06:18]

Juste pour préciser, une adresse MAC, ce n'est pas une adresse d'un Macintosh ou d'un ordinateur Apple.

[06:23]

En fait, peu importe si vous avez un PC ou un Mac, ça s'appelle la MAC Address.

[06:26]

En fait, c'est vraiment un identifiant sur la carte réseau qui permet d'identifier la carte en tant que telle.

[06:32]

Et ce numéro-là, il peut être altéré justement et on peut le modifier.

[06:35]

Il y en a un par défaut, mais on peut l'altérer facilement pour tromper ce genre de système.

[06:40]

Donc les policiers installent une caméra de surveillance dans le but de piéger la personne qui télécharge frauduleusement tous ces articles-là.

[06:47]

Quelques heures plus tard, dans la même journée, un jeune homme aux cheveux bruns foncés qui porte un long manteau,

[06:53]

muni d'un sac à dos et cachant son visage derrière un casque de vélo, entre dans la salle subtilement.

[06:59]

Il récupère le disque dur externe et en installe un autre rapidement.

[07:03]

Il sort tout de suite de la salle. Les policiers ont maintenant la preuve.

[07:06]

Deux jours plus tard, accompagné d'un agent des services secrets,

[07:10]

les policiers du MIT interceptent le jeune homme, toujours à vélo, sur le campus universitaire.

[07:15]

Ils découvrent que ce jeune homme est Aaron Schwartz, un programmeur et activiste informaticien âgé de 24 ans.

[07:22]

Aaron Schwartz, c'était pas un petit hacker ordinaire. Je veux pas diminuer le hacker, mais c'était pas tant que ça un…

[07:29]

C'était pas un hacker, en fait.

[07:30]

Non, pas du tout, même.

[07:32]

Non, non, non, c'était vraiment un technoactiviste, si on peut le dire.

[07:35]

Il utilisait, il aimait beaucoup, on va y revenir là, mais il aimait beaucoup utiliser l'alliage ou l'alliance de la technologie

[07:42]

au service du citoyen et de l'information et un peu une genre d'équité.

[07:48]

C'était vraiment quelqu'un qui avait un bon fond.

[07:50]

On va y revenir là, il a créé et participé à l'élaboration de beaucoup de concepts importants.

[07:56]

C'est pas le plus grand génie technique en tant que tel,

[08:01]

mais sa grande force, elle était vraiment sa compréhension du monde et ce que la technologie pouvait apporter pour rendre le monde meilleur.

[08:10]

Même ses connaissances au niveau des communications, sa connaissance au temps des réseaux sociaux, de la gestion de communauté,

[08:18]

on fait en sorte que c'était quelqu'un qui avait quand même un très fort côté technique, l'oublions pas,

[08:23]

mais qui avait aussi des connaissances sociales, politiques, historiques même.

[08:29]

Oui, il s'intéressait énormément à l'histoire de l'humanité et tout ça, on le voit par son discours.

[08:35]

Je suis certain qu'après l'épisode, il va aller creuser sur ce qu'il a pu dire et on le ressent bien sa connaissance de l'humanité,

[08:43]

de où ce qu'on était, il comprend bien l'être humain. Il y a un fondement de lui qui va au-delà de...

[08:52]

Ça semblait être un bon être humain.

[08:54]

Oui, merci.

[08:56]

Seb, puisque t'es sur une lancée, dis-nous, explique-nous c'était qui Aaron Schwartz.

[09:02]

Aaron est né dans la ville de Island Park dans l'Illinois, qui est un état du Midwest américain dont la ville la plus connue est bien sûr Chicago.

[09:09]

C'est quand même assez près du Canada.

[09:11]

Oui, c'est tout près des grands lacs qui touchent le Canada aussi.

[09:14]

Il est le plus vieux d'une famille de trois enfants, donc deux frères, ça devait quand même brasser trois gars dans la famille.

[09:20]

La famille a toujours baigné dans la technologie.

[09:25]

Le père Robert va même fonder une compagnie informatique qui s'appelle la Mark Williams Company,

[09:30]

qui est connue entre autres pour avoir produit Coherent, un des premiers systèmes d'exploitation pour les ordinateurs IBM.

[09:37]

Aaron apprenait très vite, même enfin, il avait une curiosité sans bornes, à trois ans il savait déjà lire, ça c'est quand même impressionnant.

[09:43]

Il aime apprendre et à enseigner. Il n'est pas à voir de ses connaissances, souvent selon des témoignages de ses frères, il leur enseignait l'algèbre.

[09:52]

Il a un vocabulaire, il est très très jeune, il enseigne vraiment comment utiliser des variables, comment l'algèbre fonctionne.

[09:57]

Moi, ça m'a impressionné que son cerveau soit si brillant à cet âge-là.

[10:02]

Il a commencé à programmer en BASIC, très très jeune, vous savez, le BASIC est un peu le langage de programmation que les gens de l'époque ont tous un peu manipulé.

[10:11]

Oui, j'en ai fait moi aussi du BASIC au secondaire.

[10:15]

C'est bien quand même, aussi très jeune, j'ai beaucoup navigué avec le BASIC.

[10:20]

Selon son frère, il voyait la programmation comme une sorte de magie qui peut accomplir ce que l'homme ne peut pas.

[10:26]

Je dois avouer que moi aussi étant un programmeur de formation, j'ai toujours trouvé que l'informatique avait toujours une magie.

[10:33]

C'est un peu ce qui m'a toujours intéressé et titillé, même passionné par ça.

[10:38]

Il aimait tellement l'informatique qu'à l'Halloween, justement, lui, ce n'était pas vraiment du type.

[10:42]

C'est quand même quelqu'un, malgré qu'il s'exprime bien, qui était quand même assez timide.

[10:46]

Il n'aimait pas beaucoup se déguiser, mais à l'Halloween, à un moment donné, il s'est même déguisé en iMac.

[10:51]

Et on le voit, il est fier d'avoir été déguisé en iMac.

[10:55]

Les premiers modèles en verre turquoise.

[10:57]

Oui, le coloré.

[10:58]

Oui, avec le genre de plastique transparent.

[11:01]

Qu'on retrouvait dans toutes les écoles à l'époque.

[11:03]

Il était quand même assez, disons, innovateur comme design.

[11:08]

Il s'est engagé dans des clubs de programmeurs de quartier.

[11:11]

C'était souvent un des plus jeunes, on s'entend.

[11:13]

Les programmeurs, à l'époque, surtout, c'était des messieurs d'un certain âge.

[11:17]

C'était un loisir.

[11:19]

Aaron se sentait bien avec eux.

[11:20]

Il le respectait énormément, étant donné qu'il avait beaucoup, beaucoup de connaissances et qu'il était brillant.

[11:26]

À 12 ans, il a fondé le site TheInfo.org Network.

[11:30]

En fait, le site n'est plus existant aujourd'hui.

[11:33]

Mais selon son frère, c'était un ancêtre de Wikipédia.

[11:37]

C'était vraiment une plateforme où les gens pouvaient aller mettre de l'information des articles.

[11:41]

Et que à peu près n'importe qui pouvait, par la suite, une fois qu'il est identifié,

[11:45]

de modifier l'article ou de le bonifier.

[11:48]

C'est vraiment l'ancêtre un peu réduit de Wikipédia.

[11:51]

Il a créé ça à l'âge de 12 ans.

[11:52]

C'est tout de même impressionnant d'avoir,

[11:55]

pas seulement en termes de compétences de programmation,

[11:57]

parce qu'il n'y a pas tant de complexité que ça dans Wikipédia,

[11:59]

mais c'est plus en termes de concepts.

[12:01]

Moi, c'est ce qui me fascine le plus de ce gars-là.

[12:05]

Il est très bon dans la conceptualisation des choses.

[12:07]

Déjà, à 12 ans, il y avait les notions d'accès à l'information, du domaine public.

[12:13]

Mais même de l'aspect communautaire,

[12:15]

on est plus forts ensemble à créer une source d'information que chaque personne en silo.

[12:20]

Ça, je trouve ça... C'est fou d'avoir cette vision-là à cet âge-là.

[12:24]

Absolument.

[12:24]

On ne pensait pas à ça du tout.

[12:26]

Justement, Aaron a créé plusieurs...

[12:28]

ou a participé à plusieurs innovations technologiques, entre autres.

[12:32]

Le fil RSS, vous le savez peut-être pas,

[12:34]

mais c'est un peu à cause du fil RSS que vous êtes en train de nous écouter actuellement.

[12:39]

Parce que le fil RSS, c'est un agrégateur d'information, en fait,

[12:43]

et qui fonctionne justement avec iTunes ou avec votre application Google Play Music pour les podcasts.

[12:48]

Nous, en fait, ça permet, vous, de votre application de...

[12:52]

Dans le fond, l'application se connecte à ce fichier-là.

[12:54]

Nous, de notre côté, on met à jour les données du fichier,

[12:57]

qui fait en sorte de dire, bien, le nouvel épisode est arrivé,

[13:00]

le fichier est à tel endroit, le titre, c'est telle chose,

[13:03]

la description de l'épisode, c'est telle chose, elle dure combien de temps.

[13:05]

On met ça sur un serveur et automatiquement,

[13:08]

les applications de podcasts vont lire ce fichier-là,

[13:11]

vont détecter qu'il y a une nouvelle entrée de données

[13:13]

et vont la propulser comme une notification, par exemple,

[13:18]

et vont la télécharger.

[13:19]

C'est une des applications du fil RSS.

[13:21]

L'autre application du fil RSS, c'est pas pour tout le monde, je vous dirais,

[13:24]

mais c'est un agrégateur de nouvelles.

[13:26]

Souvent, les sites comme, à l'époque, il y a eu Google Reader,

[13:29]

le feu Google Reader qu'on éliminait.

[13:30]

Oui, que j'aimais bien, à l'époque.

[13:31]

Bien oui, vraiment bien, mais maintenant, il était remplacé.

[13:33]

Il existait déjà, mais Feedly, qui a ramassé beaucoup,

[13:36]

où il y a Feedspot.

[13:37]

Si vous êtes un fan d'informations,

[13:39]

peut-être que vous utilisez déjà ces outils-là

[13:41]

pour agréger de plusieurs sources d'informations techno et tout ça.

[13:44]

Les sites web utilisent le fil RSS pour mettre de l'info,

[13:48]

des nouveaux articles qui sont publiés,

[13:49]

et ces sites web-là vont aller chercher l'information automatiquement.

[13:54]

C'est un leg, en fait, qui a participé aux spécifications de ce terme-là.

[14:00]

Étrangement, pour conclure sur le RSS,

[14:03]

le logo est presque comme le Wi-Fi.

[14:05]

En fait, c'est le même logo que le Wi-Fi.

[14:07]

Il est un petit peu penché sur le côté, comme un satellite.

[14:10]

Dans le fond, c'est une diffusion d'informations.

[14:12]

Je ne sais pas qui a pensé à ce logo-là,

[14:14]

mais je trouve que c'était bien pensé, malgré sa simplicité.

[14:17]

Il a travaillé aussi sur le site Watchdog.net,

[14:21]

qui était un média un peu en lien avec Demain Progress,

[14:24]

qu'on va revenir un petit peu plus tard,

[14:25]

qui était un média qui surveillait un peu

[14:28]

tous les spectres de liberté,

[14:30]

d'accès à l'information que le gouvernement pouvait faire,

[14:32]

toujours dans cette lignée-là.

[14:34]

Il a créé l'Open Library.

[14:35]

Il était très jeune quand il a créé ça.

[14:37]

C'était assez impressionnant, et ça existe toujours.

[14:39]

Ça appartient aux archives, à Internet, les Internet Archives.

[14:44]

L'Open Library, son objectif, lui,

[14:46]

voulait que tous les livres de la planète

[14:49]

puissent être accédés à partir d'une seule plateforme.

[14:53]

Dans le fond, mais pas nécessairement le livre en tant que tel.

[14:55]

Ça, c'était son souhait, évidemment.

[14:57]

Mais qu'au moins que chaque livre ait une place sur le web,

[15:00]

qu'on sache tous les livres qui existent sur la Terre.

[15:02]

Pour lui, c'était un but.

[15:05]

Je trouve que le but est noble.

[15:07]

La plateforme, elle existe toujours.

[15:08]

Tous les livres sont là.

[15:10]

Même, je suis allé voir aujourd'hui avant l'enregistrement,

[15:12]

il y a des livres en PDF,

[15:13]

les livres qui n'ont plus de doigt d'auteur sont disponibles.

[15:17]

Les autres livres, par exemple, peu importe.

[15:20]

Tous les livres ne sont pas là.

[15:22]

Je vois que ce n'est pas nécessairement un projet

[15:24]

qui attire tant les auteurs.

[15:26]

Il y a un effort manuel pour aller mettre les livres là.

[15:29]

Mais quand même, il y a des liens vers les livres usagers Amazon.

[15:32]

C'est un beau projet.

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Pour ça, je vous dirais,

[15:36]

si vous avez des livres à chercher en open source,

[15:39]

c'est quand même une place à aller.

[15:39]

L'objectif, encore là, était extrêmement noble.

[15:44]

Ça a été repris, heureusement, par d'autres entités.

[15:46]

Il a participé, je vais rapidement,

[15:47]

il a participé à TartWeb aussi,

[15:50]

qui est un des protocoles qui permet

[15:53]

d'accéder au Dark Web, en fait.

[15:56]

Mais l'objectif du Dark Web, c'est l'anonymat.

[15:59]

Il a participé à ce protocole-là.

[16:00]

Il a participé...

[16:01]

Ça, c'est un lit qui est encore présent.

[16:04]

C'est SecureDrop.

[16:05]

Il a créé une plateforme de communication sécurisée open source

[16:08]

entre les journalistes et les sources, les délateurs de sources.

[16:10]

Ça, on va y revenir, mais c'est utilisé encore aujourd'hui.

[16:13]

Et le Creative Commons.

[16:15]

Tu veux-tu nous en parler un petit peu, Emile?

[16:17]

Les Creative Commons, ça a complètement changé

[16:19]

la façon de voir le droit d'auteur sur le Web,

[16:23]

particulièrement, je dirais, auprès des oeuvres visuelles.

[16:25]

Les photos, entre autres.

[16:27]

Moi, je fais de la photo, puis ça me concerne un peu.

[16:30]

Je suis assez à l'aise avec ça,

[16:32]

mais vous avez sûrement vu ça

[16:33]

lorsque vous faites des recherches sur Flickr, par exemple,

[16:36]

ou même sur Google Image.

[16:37]

En fait, vous pouvez aller voir...

[16:39]

Vous pouvez choisir la licence quand vous utilisez des images.

[16:44]

En fait, lorsque vous faites la recherche d'images

[16:45]

pour quoi que ce soit, pour un projet ou un visuel

[16:48]

que vous cherchez à faire,

[16:50]

eh bien, vous pouvez, sur Google, rechercher

[16:53]

si vous voulez votre image, qu'elle soit libre de droit,

[16:56]

si vous voulez qu'elle puisse être modifiée,

[16:58]

qu'elle puisse être utilisée à usage commercial.

[17:01]

Donc, tout ça, c'est les creative commons.

[17:03]

C'est-à-dire que ce n'est pas des droits qui sont réservés,

[17:06]

c'est certains droits qui sont réservés.

[17:08]

Donc, on permet à l'artiste de choisir

[17:10]

comment il veut partager son oeuvre.

[17:12]

Puis juste cette notion-là,

[17:14]

cette licence-là qui est flexible,

[17:16]

qui n'était pas avant une oeuvre,

[17:17]

c'était protégé, tu ne peux pas l'utiliser.

[17:20]

Et là, en fait, il y a peut-être des artistes

[17:22]

qui essaient à leur temps de partager leurs photos,

[17:25]

leurs dessins, leurs créations, leur musique, tout ça.

[17:28]

Donc, ça a complètement révolutionné

[17:31]

la façon dont on voit les oeuvres numériques

[17:33]

partagées sur le web.

[17:35]

Et puis Aaron était, comme tu l'as dit plus tôt,

[17:37]

c'était le plus jeune dans ce groupe-là.

[17:39]

Il était, je dis ça sans insulter personne,

[17:42]

il était avec une gang de vieux bonhommes.

[17:43]

Lui, il avait 14-15 ans,

[17:45]

donc c'était beau de voir tous ces gens-là

[17:49]

multigénérationnels de réunis.

[17:51]

Oui, exactement, et d'écouter ses conseils.

[17:53]

Il était tellement petit,

[17:54]

la conférence, si vous tombez dessus,

[17:55]

c'est vraiment drôle.

[17:56]

Derrière, son écran de laptop cachait quasiment son visage.

[18:02]

Donc, c'était quand même rigolo,

[18:03]

puis de voir les gens le regarder,

[18:06]

l'écouter avec passion et intérêt,

[18:08]

c'est vraiment fascinant.

[18:11]

Aussi, Seb, Aaron est connu pour avoir

[18:13]

cofondé le site Reddit

[18:14]

que nous, animateurs de distorsion,

[18:16]

on consulte sans arrêt.

[18:18]

Oui, pour faire un petit historique,

[18:20]

Reddit a été fondé à la base par

[18:22]

Steve Hoffman et Alexis Owenian.

[18:24]

En fait, à l'époque, il avait levé

[18:26]

100 000 de financement de l'incubateur

[18:28]

de start-up Y Combinator.

[18:30]

Parallèlement à ça, Y Combinator

[18:32]

lui aussi avait recruté Aaron

[18:34]

pour développer un autre projet,

[18:36]

et le projet s'appelait Infogami.

[18:38]

À l'époque, c'était un outil web

[18:39]

pour développer son site web,

[18:41]

un peu un genre de Wix,

[18:43]

sûrement les gens qui ont tenté

[18:47]

de créer un site web connaissent

[18:48]

cette marque-là, mais dans les années 2000,

[18:50]

le projet n'a vraiment pas fonctionné,

[18:52]

le produit n'a pas levé du tout.

[18:54]

Reddit aussi avait de la difficulté.

[18:55]

À l'époque, ça ne levait pas.

[18:56]

Il y avait des problèmes avec les trolls,

[18:58]

les faux comptes, etc.

[19:02]

La communauté était quand même forte.

[19:04]

Il y avait quand même beaucoup de monde

[19:05]

même à cette époque-là.

[19:06]

Oui, oui, au début, mais il y avait

[19:07]

vraiment un gros problème de troll.

[19:09]

Ça nuisait à l'expérience,

[19:11]

et dans le fond, les mentors,

[19:13]

ceux qui investissent dans la start-up

[19:14]

de Y Combinator, ont jumelé Aaron

[19:18]

à l'équipe de Steve et de Alexi

[19:20]

pour Reddit. Ils sont devenus trois,

[19:22]

et Aaron a amené vraiment une solution

[19:23]

pour régler les trolls, entre autres,

[19:26]

et il a amené le produit

[19:28]

à un autre niveau, donc il a aidé

[19:31]

vraiment à amener

[19:32]

un produit qui a été vendu

[19:34]

à Condé Nast,

[19:35]

qui est un gros publècheur,

[19:38]

un conglomérant

[19:40]

entre autres, le magazine Wired.

[19:42]

C'est Wired qui gérait Reddit.

[19:44]

Je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui.

[19:46]

Je pense qu'ils étaient dans les mêmes bureaux.

[19:49]

Oui, ils étaient dans les mêmes bureaux.

[19:51]

Reddit avait son staff

[19:54]

d'une certaine façon,

[19:55]

mais je pense qu'ils étaient vraiment

[19:56]

dans les mêmes bureaux.

[19:58]

Suite au succès de Reddit, après quelques années,

[20:01]

ils ont eu une offre d'achat

[20:02]

du gros conglomérant Condé Nast, comme on vous a dit.

[20:05]

Aaron a déménagé à San Francisco

[20:06]

à ce moment-là. Il est intégré à l'équipe,

[20:08]

on va y revenir un peu tout à l'heure,

[20:10]

mais ça n'a pas vraiment bien été avec lui.

[20:11]

Juste pour vous dire que Reddit vaut aujourd'hui

[20:14]

1,8 milliard de dollars.

[20:16]

Je pense qu'à l'époque, il avait été vendu

[20:18]

à peu près 30 ou 40 millions.

[20:20]

Quand même, les gars sont

[20:22]

ressortis avec une couple

[20:24]

de dizaines de millions dans les poches.

[20:26]

Et sa communauté est aussi grande

[20:28]

actuellement que la population totale

[20:30]

du Brésil fait tout de même

[20:32]

intéressante. C'est un peu avec cette aventure

[20:34]

avec Condé Nast et la vie

[20:36]

à Silicon Valley qui va donner

[20:37]

le goût à Aaron de se tourner vers

[20:39]

l'activisme, ou du moins

[20:41]

l'envie d'avoir un mode de vie plus libre.

[20:44]

Il n'aimait pas tellement ce travail-là.

[20:45]

Il décrit dès sa première journée de travail

[20:47]

parce qu'on s'entend quand ils ont

[20:49]

vendu à Condé Nast,

[20:51]

ils ont tous eu des jobs

[20:53]

chez l'éditeur,

[20:55]

d'une certaine façon.

[20:57]

Aaron, lui, était, je crois, programmeur

[20:59]

ou vraiment dans une équipe de programmation.

[21:02]

Il décrit sa première

[21:03]

journée de travail que

[21:05]

justement les murs et les bureaux sont gris,

[21:08]

que l'ambiance n'est pas très bonne,

[21:09]

que ses collègues ont l'air blasés.

[21:11]

Pire encore, pour un informaticien, on lui a

[21:13]

donné un ordinateur de travail,

[21:14]

pré-configuré, dans lequel il ne peut rien

[21:17]

installer. Ça, c'est le cauchemar.

[21:19]

Sincèrement, pour avoir vécu ça, être

[21:21]

un programmeur et ne pas avoir les droits d'admin

[21:23]

complets, c'est la mort.

[21:25]

Oui, mais c'est quand même une réalité

[21:27]

des grandes entreprises.

[21:28]

Mais on comprend que lui était quand même

[21:31]

à un jeune âge aussi, il n'avait pas tellement

[21:32]

d'expérience là-dedans,

[21:34]

mais il s'est rendu compte assez rapidement que

[21:36]

ça lui convenait pas tant que ça

[21:38]

la vie corporative. Il va vraiment

[21:41]

détester son expérience là.

[21:42]

Il va être renvoyé

[21:45]

pour cause que justement

[21:46]

il arrêtait de se présenter au bureau.

[21:48]

Tout simplement. Il va aussi vouloir

[21:50]

développer un mode de vie beaucoup plus simple.

[21:53]

C'est quelqu'un qui ne consommera

[21:54]

pas beaucoup, il achètera pas beaucoup

[21:56]

de vêtements, il va vivre en appart

[21:58]

même s'il y a les moyens financiers

[22:00]

d'acheter un condo n'importe où, où il veut.

[22:03]

Même à Silicon Valley. Oui, bien sûr.

[22:04]

Il va rencontrer sa future copine

[22:06]

quand même chez Wired, qui est la

[22:09]

journaliste Quinn Norton,

[22:10]

qui devient d'abord sa meilleure amie.

[22:12]

Ils vont faire beaucoup d'activités ensemble, beaucoup

[22:14]

de plein air entre autres, puis ils vont

[22:16]

éventuellement développer une relation amoureuse.

[22:19]

Ce qui arrive, c'est que Quinn a une petite

[22:21]

fille, mais Aaron, malgré son jeune

[22:22]

âge, s'est tout de suite bien entendu avec elle.

[22:25]

Puis il a participé

[22:26]

à la vie familiale avec sa copine

[22:29]

et sa fille. Il va

[22:30]

s'intéresser de plus en plus au contrôle

[22:32]

de l'information et des connaissances.

[22:35]

Notamment, il va fonder

[22:36]

Open Library, dont tu nous

[22:38]

as parlé tout à l'heure en quittant

[22:40]

un peu après avoir quitté Condé Nast,

[22:42]

qui est un immense répertoire de livres.

[22:44]

Il va rencontrer aussi Tim Berners-Lee.

[22:48]

Et ce personnage-là,

[22:49]

en fait, c'est le fondateur du World Wide

[22:51]

Web, donc c'est un peu le

[22:52]

fondateur de l'Internet.

[22:54]

Oui, en fait, il a inventé, il a développé le protocole

[22:56]

HTTP. Le protocole HTTP, c'est

[22:58]

vraiment le protocole qui permet à

[23:00]

deux entités, donc deux ordinateurs, de pouvoir

[23:02]

communiquer ensemble et de se comprendre.

[23:05]

Et nos pages web sont basées, la communication

[23:07]

de l'information entre nos pages web,

[23:08]

parce qu'une page web, c'est un mélange de

[23:10]

bits, de 0 et de 1. Mais pour pouvoir

[23:12]

transférer cette information-là et la

[23:14]

structurer correctement, il fallait

[23:16]

un protocole. Il a développé le

[23:18]

protocole HTTP. Et un peu,

[23:21]

ce qu'il mentionnait, puis j'avais jamais

[23:22]

pensé à cet aspect-là, mais il aurait pu, au lieu

[23:25]

de Tim Berners-Lee,

[23:30]

justement démocratiser, il a donné

[23:33]

cette technologie-là pour qu'elle

[23:35]

serve à tout le monde, parce que comme il disait,

[23:37]

si le but de l'Internet, c'est que toute la

[23:38]

planète y ait accès, peu importe ce qui

[23:40]

arrive, s'il y avait, mais il aurait pu

[23:43]

commercialiser ce protocole-là.

[23:45]

Et là, le Web aurait été

[23:47]

hyper segmenté, un peu,

[23:48]

on va y revenir, mais avec les trucs de neutralité

[23:51]

du Net, à la limite. Et le Web

[23:53]

n'aurait jamais été ce qu'il a été,

[23:54]

aujourd'hui, un monde ouvert.

[23:57]

Comme ça, donc, pour Aaron,

[23:58]

c'était un modèle,

[24:00]

un modèle parfait, il y avait la même vision,

[24:03]

la même vision de vie.

[24:04]

Il va devenir un peu un mentor, d'ailleurs,

[24:06]

vraiment, Aaron. Et puis, une de

[24:08]

ses luttes importantes, c'est vraiment l'accès

[24:11]

au public,

[24:12]

à des documents qui sont

[24:14]

jugés du domaine public, qui sont

[24:16]

en fait gérés par des entités privées.

[24:18]

Ça, c'est le cas, justement, des

[24:20]

compagnies qui gèrent les articles universitaires

[24:22]

comme JSTOR. Il va écrire

[24:24]

à l'époque, sur son blog, le

[24:26]

Guerrilla Open Access Manifesto,

[24:28]

qui, justement, sont un manifeste

[24:30]

sur l'accès à l'information.

[24:32]

Je peux vous noter quelques...

[24:34]

Je peux vous lire quelques notes ici.

[24:36]

L'information, c'est le pouvoir, mais

[24:38]

comme pour tout le pouvoir, il y a ceux qui veulent

[24:40]

le garder pour eux. Le patrimoine

[24:42]

culturel et scientifique mondial,

[24:44]

publié depuis plusieurs siècles

[24:46]

dans les livres et les revues, est de plus en plus

[24:48]

souvent numérisé puis verrouillé

[24:50]

par une poignée d'entreprises privées.

[24:53]

Vous voulez lire les

[24:54]

articles présentant les plus célèbres

[24:55]

résultats scientifiques? Il vous faudra payer

[24:57]

de grosses sommes à des éditeurs comme

[24:59]

Reed Elsevier. Donc,

[25:02]

on voit le genre

[25:04]

de ton qu'il avait dans ce

[25:06]

manifeste. Mais c'est vrai,

[25:07]

c'était un peu ridicule. Ces compagnies-là, en plus

[25:09]

d'édition, ne produisaient pas le contenu.

[25:12]

C'étaient les chercheurs, les universitaires,

[25:14]

et eux, ils s'en mettaient plein les poches

[25:16]

avec ça. C'est vrai que c'est tout de même

[25:18]

malhonnête. Il y a vraiment juste les...

[25:19]

Je ne sais pas si c'est présent dans les autres pays,

[25:21]

mais c'est tellement typique américain.

[25:23]

C'est un peu sur le même concept d'avoir des prisons

[25:26]

privées. Aux États-Unis,

[25:27]

les prisons sont gérées par le privé.

[25:29]

Donc plus t'as de prisonniers, plus

[25:31]

tu fais d'argent. C'est tellement incohérent

[25:33]

avec un système carcéral

[25:35]

qui se posait d'être éthique.

[25:37]

Bref, je referme cette parenthèse.

[25:39]

Ce manifeste aurait été signé par quatre

[25:41]

personnes, dont Aaron et Quinn,

[25:43]

sa copine de l'époque, en 2008,

[25:45]

lors d'un voyage en Italie.

[25:47]

Il y a aussi un certain mouvement qui s'est

[25:49]

décliné de ce manifeste-là, qui est le

[25:51]

Guerrilla Open Access Movement,

[25:53]

qui est un peu un mouvement de désobéissance

[25:55]

civile prônant la réappropriation

[25:57]

collective de l'information scientifique.

[26:00]

Donc, c'est un peu

[26:01]

une branche un petit peu plus

[26:03]

extrême où Aaron

[26:05]

s'est retrouvé avec ce manifeste-là.

[26:07]

Quand même, il va...

[26:09]

C'est là qu'il va un peu partir

[26:11]

en guerre vers ces compagnies privées-là

[26:13]

qui gèrent du contenu scientifique

[26:15]

jugé du domaine public.

[26:17]

Sa première victime

[26:19]

ou son premier ennemi, ça va

[26:20]

être Pacer, qui est un service

[26:22]

centralisé d'accès public numérique

[26:24]

qui permet aux citoyens d'obtenir

[26:26]

différents types de dossiers de cours,

[26:28]

donc des tribunaux fédéraux, en fait.

[26:30]

Et ce service-là est payant.

[26:33]

Et cette compagnie-là, Pacer,

[26:34]

elle va encaisser plus de

[26:36]

120 millions de dollars par année

[26:38]

en faisant payer les gens pour des écrits

[26:40]

du domaine public. Encore une fois,

[26:42]

pour Aaron, c'est vraiment scandaleux.

[26:44]

Oui, parce que tout ce système-là, judiciaire,

[26:46]

est financé par les taxes et impôts

[26:48]

des citoyens aussi. Donc,

[26:50]

techniquement, cette information-là,

[26:52]

elle est supposée d'être gratuite. Oui,

[26:54]

je trouve que contrôler l'accès à l'information,

[26:56]

à des dossiers judiciaires, ça, je trouve

[26:57]

ça simple, parce que si toi t'as fait de la prison,

[27:00]

on t'a fait des dossiers, cette information-là,

[27:02]

elle peut être publique, mais pas

[27:04]

grand public. Mais d'abord, à payer

[27:06]

pour y accéder, c'est vrai que ça fait du

[27:08]

non-sens. Ah oui, tout à fait.

[27:10]

Puis même, selon certains membres

[27:12]

du groupe à Aaron, c'est inconstitutionnel,

[27:15]

selon l'acte de 2002

[27:17]

sur le commerce électronique,

[27:18]

qui stipule que la cour ne devrait jamais faire

[27:20]

payer pour des documents. Donc,

[27:22]

tout ça semble se dérouler sans que personne

[27:24]

réagisse. Et puis, il y a

[27:26]

pas de problème. Donc, c'est une cible parfaite

[27:28]

pour un gars comme Aaron.

[27:30]

Quand je dis cible, je ne suis pas en train

[27:32]

de dire qu'ils vont leur envoyer un virus,

[27:34]

mais en fait, vous allez voir.

[27:37]

Il va rejoindre une communauté

[27:38]

qui recycle des articles de Pacer.

[27:40]

C'est des gens, en fait, qui ont déjà acheté

[27:42]

des documents, puis qui souhaitent les partager

[27:45]

gratuitement. C'est justement un

[27:47]

site. Toi, t'as déjà acheté un

[27:48]

article scientifique, t'as envie de le partager,

[27:50]

mais tu peux aller sur le site à l'époque.

[27:52]

C'était le Pacer Recycling Bin,

[27:54]

je crois. Il va

[27:56]

travailler sur un script. Il va rencontrer d'autres

[27:59]

informatiens dans le groupe. Et puis,

[28:00]

son script va pouvoir être branché

[28:03]

via les réseaux des tribunaux.

[28:05]

Et puis, il va pouvoir

[28:06]

télécharger plus de 20 millions de pages

[28:08]

de documents tirés des dossiers de la cour.

[28:11]

Et il va le faire, justement.

[28:13]

Lui et ses comparses vont même

[28:15]

en parler au New York Times,

[28:16]

ce qui va lui amener l'attention du FBI.

[28:19]

Donc après ça, eux, on s'entend,

[28:20]

ils l'ont fait un peu dans une

[28:22]

optique de wide hat,

[28:25]

un peu de bon pirate en disant

[28:27]

on va utiliser cette technique-là,

[28:29]

on va aller télécharger les dossiers de la

[28:31]

cour pour faire un genre de

[28:33]

statement sur

[28:35]

leur cause qui est le droit de l'accès

[28:37]

aux documents du domaine public.

[28:39]

Oui, parce que ce n'est pas du hacking pur et dur

[28:41]

dans le sens qu'ils n'ont pas,

[28:42]

ils ne sont pas rentrés sur un ordinateur illégalement

[28:45]

à distance. Ils n'ont pas

[28:47]

piraté. Ils sont vraiment allés sur l'ordinateur,

[28:49]

c'est le moteur de recherche, puis ils ont fait

[28:50]

vraiment un petit script que dans le fond, ce qu'il fait,

[28:52]

il interroge la base de données, puis il accumule

[28:55]

l'information, puis après ça, il va la collecter.

[28:57]

C'est un peu comme quand vous faites une requête sur Google,

[28:59]

vous voyez tous les résultats de recherche

[29:00]

qui sont affichés, mais ces résultats-là sont

[29:02]

selon une structure dans le document. Mais une fois

[29:05]

que tu as compris la structure, de créer

[29:07]

un petit script que lui navigue

[29:09]

les pages et va chercher l'information,

[29:11]

il n'a aucune complexité, il n'a aucun hacking

[29:13]

en fait. Il fait juste utiliser

[29:15]

le web et son intelligence

[29:17]

pour aller chercher cette information-là.

[29:19]

À ce moment-là, justement, il va attirer

[29:21]

l'attention du FBI et des services secrets.

[29:23]

Il va même être contacté

[29:25]

par le FBI, il va même

[29:27]

être suivi jusqu'à chez ses parents

[29:29]

même. Ah oui, il faisait de l'intimidation,

[29:31]

il allait se stationner dans son entrée.

[29:33]

C'est incroyable.

[29:35]

Il n'y aura pas de charge

[29:37]

de poser contre Aaron à ce moment-là,

[29:39]

malgré son délit.

[29:42]

Après quelques temps, la pression va redescendre

[29:44]

et au cours de l'année 2010,

[29:46]

Aaron va alors commencer à s'intéresser

[29:47]

à un autre sujet qui sont

[29:49]

les écrits universitaires et aux articles

[29:51]

scientifiques, un peu comme on en a parlé

[29:53]

plus tôt, dont la compagnie

[29:55]

JSTOR. Et JSTOR,

[29:57]

on pourrait dire que

[29:59]

ce sera son némésis

[30:01]

d'une certaine façon, c'est ce coup-là

[30:03]

qui va causer sa

[30:05]

perte, qui va causer

[30:07]

tout le chambardement dans sa vie

[30:09]

qui va venir. JSTOR,

[30:11]

c'est une contraction du

[30:13]

Journal Storage, qui est à la fois

[30:15]

un système d'archivage dans le cloud,

[30:17]

donc dans les nuages, où

[30:19]

des publications universitaires et scientifiques

[30:21]

se retrouvent. Donc c'est un peu comme une grande

[30:23]

bibliothèque virtuelle. Vous avez sûrement déjà

[30:25]

vu ça via vos

[30:27]

réseaux universitaires.

[30:29]

Et puis JSTOR, aujourd'hui,

[30:31]

c'est une société américaine à but non

[30:33]

lucratif, mais ils font quand même

[30:36]

de l'argent beaucoup.

[30:39]

Seb,

[30:39]

explique-nous un peu vers où tout ça

[30:41]

s'en va.

[31:06]

Le 24 septembre 2010, il connexe son

[31:08]

nouvel ordinateur portable Acer au réseau

[31:10]

du MIT. Étant un étudiant,

[31:12]

il peut facilement se créer un identifiant

[31:14]

sur le portail de l'école. Il

[31:16]

crée l'identifiant Gary

[31:18]

Host. Étant le membre du portail,

[31:20]

donc du portail du MIT, il a accès

[31:22]

à l'ensemble de la base de données de

[31:24]

JSTOR gratuitement parce que c'est offert

[31:26]

aux étudiants

[31:28]

de l'université.

[31:29]

Aaron était très près des milieux étudiants,

[31:31]

il faut le rappeler.

[31:33]

Il était très près des

[31:35]

gens Harvard. Il y avait un peu,

[31:37]

étant donné tout ce qu'il y avait

[31:39]

accompli, c'était un ami

[31:41]

des grands cercles des universités

[31:44]

malgré son jeune âge.

[31:45]

Très respecté. Un peu comme on vous disait, il n'y a pas

[31:47]

vraiment hacké l'accent, comme on vous parlait

[31:49]

de Pacer tantôt. C'est un peu la même

[31:51]

chose pour le JSTOR. Il n'a pas vraiment hacké

[31:53]

l'accès à la base de données. Il a plutôt

[31:55]

programmé, ça s'appelle un shell script

[31:57]

dans le jargon, qu'il a programmé

[31:59]

en Python pour nos amis programmeurs.

[32:02]

Dans le fond, le script s'appelait

[32:05]

keepgrabbing,

[32:06]

plutôt .py,

[32:09]

en fait,

[32:09]

pour tout télécharger les documents

[32:11]

du JSTOR, les uns après les autres.

[32:13]

C'est exactement le même processus

[32:15]

que Pacer. La structure

[32:17]

des nomenclatures des documents étant logique

[32:19]

et incrémentale, c'était vraiment facile

[32:21]

pour lui de créer ce petit outil-là.

[32:23]

Ça n'a vraiment pas été compliqué.

[32:25]

Par contre, 24 heures plus tard, son adresse

[32:27]

Mac a été bloquée par le système, bien sûr.

[32:30]

Ces systèmes-là, ils ont une protection

[32:31]

naturelle. S'il y a trop de requêtes,

[32:33]

disons, non humaines,

[32:35]

ils sont capables de bloquer parce qu'ils ne veulent pas.

[32:37]

Ils comprennent qu'il y a un robot derrière ça.

[32:39]

Donc son ordinateur était bloqué.

[32:41]

Lui, pas plus fou qu'un autre,

[32:43]

c'était pas l'adresse P, mais plutôt l'adresse Mac.

[32:45]

Donc, comme je vous l'expliquais en début d'épisode,

[32:47]

c'est facile de se réadresser,

[32:49]

de se réaffecter une nouvelle

[32:51]

adresse Mac. Il le fait.

[32:53]

Il continue son téléchargement comme si de rien

[32:55]

n'était. Par contre,

[32:57]

des transactions comme ça, ça laisse des traces

[32:58]

sur les serveurs. En informatique, il y a des logs

[33:01]

un peu partout. Il ne veut pas.

[33:02]

C'est venu quand même aux oreilles

[33:04]

du MIT, des gens des

[33:06]

IT du MIT et du JSTOR.

[33:09]

Il commence à se rendre compte qu'il y a des téléchargements

[33:11]

illégaux. Le MIT

[33:12]

tente de bloquer

[33:14]

ça sans bloquer l'accès aux étudiants.

[33:16]

Ça ne fonctionne pas. Aaron trouve toujours un moyen

[33:18]

de contourner le système entre autres encore

[33:20]

en changeant son adresse Mac.

[33:22]

C'est impossible de bloquer Aaron

[33:24]

dans le processus actuellement. Même qu'à un moment

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donné, ils ne savaient plus quoi faire. Le JSTOR

[33:28]

pendant 24 ou 48 heures,

[33:30]

ont même coupé eux-mêmes l'accès au MIT

[33:32]

de toute la base de données parce qu'ils

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cherchaient une solution et ils étaient un petit peu

[33:36]

tannés de se faire pirater

[33:38]

ou télécharger leurs documents.

[33:40]

Malgré tout, Aaron a quand même

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réfléchi à une autre solution. Un peu

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comme tu le disais, étant

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connu du milieu, parlant un peu

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à tout le monde, il a su que dans

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le sous-sol du bâtiment 16, il y

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avait un local qui n'était pas barré.

[33:55]

Justement, il y avait les produits

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d'entretien, les serveurs, les switches.

[33:58]

Il s'est dit, bon, je vais aller me ploguer

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directement dans le réseau. Donc, je pense que l'identification

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n'est peut-être pas la même.

[34:04]

C'est justement une des manières que parle

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le wifi. C'est une des manières qui permet de contourner.

[34:08]

Mais aussi que le téléchargement est beaucoup plus rapide

[34:10]

que par du réseau direct,

[34:12]

que par du wifi. Parce que

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j'ai l'impression qu'il se sentait la soupe

[34:16]

chaude. C'est

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quand même long. Il y a près de 5 millions

[34:20]

de documents.

[34:22]

J'imagine qu'il y a une certaine taille.

[34:25]

Pour télécharger

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tout ça, ça prend un certain temps. Il voulait accélérer

[34:28]

la cadence. Donc, il s'installe

[34:30]

là. Il installe ses trucs.

[34:32]

Il fait télécharger.

[34:34]

Il télécharge son plan de match. Il fonctionne

[34:36]

comme il veut. Par contre, ce qu'il

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ignore, c'est que les autorités ont découvert

[34:40]

son installation.

[34:42]

Mais pour le coincer et avoir des preuves,

[34:43]

ils n'ont pas arrêté les téléchargements

[34:46]

au début. Ils ont même installé un

[34:48]

sniffer qu'on appelle sur son ordinateur,

[34:51]

un espion qui peut

[34:52]

traquer toutes les touches que tu fais, entre

[34:54]

autres. Et ils ont installé une petite caméra

[34:57]

cachée en circuit

[34:58]

fermé. Bien évidemment, il est revenu

[35:00]

au local une fois que la caméra est installée.

[35:02]

On le voit clairement sur l'enregistrement

[35:04]

quand il rentre dans le local.

[35:06]

Vous pouvez voir ça sur YouTube. Oui, facilement.

[35:09]

On voit ça. Il met un casque devant

[35:10]

sa tête. Il y en a qui disaient qu'il savait

[35:12]

qu'il avait une caméra et c'était pour se cacher. Moi, je pense

[35:14]

plus qu'il enlevait son casque.

[35:16]

Au moment de la prise,

[35:19]

je suis sceptique parce qu'après,

[35:20]

on voyait son visage quand même.

[35:22]

Il ne se cachait pas tout le temps. Je doute que

[35:24]

ça soit qu'il savait qu'il avait une

[35:26]

caméra et qu'il a voulu se cacher.

[35:28]

Ça a duré cinq minutes. Il a changé le disque

[35:30]

dur. Il est hors cadre et il quitte le local.

[35:32]

Comme on vous a parlé, la police avait

[35:34]

les preuves deux jours après, sur

[35:36]

le campus. Les services secrets,

[35:38]

c'est quand même intense. Les services

[35:40]

secrets, je veux dire, pour des documents universitaires

[35:42]

publics. Le MIT l'arrête,

[35:44]

l'ont plaqué au sol. Apparemment

[35:46]

assez violemment, même selon

[35:48]

ses dires et même les dires de son père,

[35:50]

il a presque été battu. Ils ont tout

[35:53]

perquisitionné le matériel informatique

[35:54]

chez lui, même chez ses parents

[35:56]

qui habitaient quand même un autre

[35:58]

endroit que lui. Ça va

[36:00]

être une période quand même intense à ce moment-là.

[36:02]

Ils vont le rentrer en prison.

[36:04]

Ils vont lui enlever ses lacets,

[36:07]

sa ceinture,

[36:08]

tout ça. Ils vont le foutre vraiment

[36:10]

en isolement.

[36:12]

Son cas va quand même

[36:14]

attirer l'attention,

[36:16]

comme tu l'as dit, des services secrets américains

[36:18]

qui vont presque le considérer comme un

[36:20]

terroriste à ce moment-là.

[36:22]

C'est fou quand même comment

[36:24]

certains départements ont encore

[36:26]

une perception de l'informatique qui est très

[36:29]

portée vers le terrorisme.

[36:31]

On dirait que c'est de la

[36:33]

méconnaissance.

[36:35]

C'est comme

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un lac des films

[36:39]

hollywoodiens. On a toujours l'impression

[36:42]

que la programmation, le hacking,

[36:44]

les pirates informatiques,

[36:45]

tout ce qu'on voit dans les films,

[36:47]

comme si toute action informatique

[36:49]

de piratage était

[36:51]

fait par des criminels

[36:53]

la plus grande.

[36:56]

Ça me dépasse complètement.

[36:58]

Complètement, c'est parce qu'ils

[36:59]

ignorent justement le pouvoir que les

[37:01]

pirates informatiques ont.

[37:03]

Si Aaron a été capable de faire ça, peut-être

[37:05]

il est capable de faire beaucoup plus. Donc il voit vraiment

[37:07]

une menace qui est incroyable,

[37:09]

qui dépasse probablement les intentions qu'avait Aaron

[37:11]

à ce moment-là. L'affaire va aussi

[37:13]

attirer l'attention médiatique quand même

[37:16]

d'une manière assez importante.

[37:18]

Et c'est là qu'il y a une citation

[37:19]

assez connue qui est sortie

[37:21]

de l'histoire d'Aaron Schwartz,

[37:23]

qui nous vient de Carmen Ortiz, qui était

[37:25]

à l'époque la procureure fédérale.

[37:28]

Et c'est sa fameuse citation, je voulais

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la dire en anglais, mais c'est

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« Stealing is stealing whether you use

[37:33]

a computer or a crowbar. »

[37:35]

Donc voler c'est voler,

[37:37]

autant si tu utilises un ordinateur

[37:39]

qu'une barre à clous. Donc

[37:41]

ce qui est discutable, c'est

[37:43]

débattable quand même d'une certaine façon.

[37:45]

Mais bon, c'est la mentalité

[37:48]

que le gouvernement avait

[37:49]

à cette époque-là. Avant de l'inculper,

[37:52]

la justice va lui proposer un arrangement

[37:53]

s'il plaît de coupable.

[37:55]

Il allait purger à ce moment-là trois mois de

[37:57]

prison ferme et un séjour en foyer

[37:59]

de transition, et puis aussi

[38:01]

un an en détention à domicile

[38:04]

sans pouvoir toucher un ordinateur,

[38:05]

bien sûr. Mais pour ça, il faut quand même

[38:07]

que t'avoue que t'es coupable.

[38:10]

Exactement. Bien sûr, Aaron

[38:12]

va refuser l'entente.

[38:13]

Il est non coupable de ce qu'on l'accuse

[38:15]

et lui, il va maintenir son point

[38:17]

jusqu'à la toute fin. Par contre,

[38:19]

à ce moment-là, il va devenir de plus en plus paranoïaque

[38:21]

et il va s'isoler constamment.

[38:24]

La Couronne veut faire de son cas

[38:26]

un exemple, c'est clair.

[38:27]

Vous allez voir, c'est assez incroyable.

[38:29]

Elle doit monter une preuve béton des intentions

[38:31]

de Aaron, car malgré les preuves

[38:33]

matérielles saisies, bon, les ordinateurs,

[38:36]

les clés USB, les disques durs externes,

[38:38]

il y a un avocat de la Couronne, en fait,

[38:40]

qui est Stephen Hyman,

[38:41]

qui devait démontrer pourquoi Aaron

[38:43]

avait téléchargé les documents et

[38:45]

aussi les intentions que Aaron avait

[38:47]

derrière ça. Et ce gars-là était quand même assez

[38:49]

écharné. Le gouvernement désirait prouver

[38:52]

qu'Aaron voulait distribuer

[38:54]

ces données-là et peut-être même

[38:56]

faire de l'argent avec.

[38:57]

La Couronne va alors tenter de faire chanter

[38:59]

l'ex petit ami de Aaron, donc

[39:01]

Quinn Norton. À ce moment-là,

[39:03]

il sortait avec quelqu'un d'autre,

[39:05]

une autre activiste, exactement.

[39:08]

Et cette fille-là justement était journaliste

[39:09]

spécialisée en technologie.

[39:11]

Pour toute information révélée, elle se verrait

[39:13]

garantir l'immunité.

[39:15]

Donc elle trouvait ça louche à ce moment-là,

[39:18]

quand même, qu'il l'avait invité à aller prendre

[39:20]

un café sans son avocat.

[39:23]

Mais pourquoi avoir besoin

[39:24]

de l'immunité si elle n'a rien à se reprocher?

[39:26]

C'est ça qu'elle se disait, dans le fond.

[39:28]

Parce qu'elle, elle n'avait rien à voir avec ce que Aaron

[39:30]

avait fait à l'époque. Elle n'était même plus

[39:32]

en relation avec lui.

[39:34]

Ses propres avocats lui mettaient beaucoup de pression

[39:36]

pour qu'elle accepte l'entente, mais elle n'a

[39:38]

jamais voulu.

[39:40]

Et c'est là qu'elle a dit, justement,

[39:43]

aux membres du gouvernement

[39:44]

qui la pourchassaient, aux membres

[39:45]

de la Couronne, You are on the wrong side

[39:48]

of history. Et ça, c'est quand même fort.

[39:50]

Tu es du mauvais côté de l'histoire.

[39:53]

Elle

[39:53]

aura parlé, par contre, du manifest

[39:55]

de guérilla que Aaron

[39:59]

avait

[40:00]

écrit plus tôt, et puis c'est là que les choses

[40:02]

vont se gâcher un peu,

[40:04]

parce que ça a été, d'une certaine façon, une erreur

[40:06]

de lui parler

[40:08]

de ça.

[40:09]

Oui, parce que ça les a pointé

[40:11]

vers le discours

[40:13]

qui n'était pas au courant que Aaron

[40:15]

disait en 2008.

[40:17]

Exactement. C'est le

[40:19]

manifest dont on vous a parlé un peu plus tôt sur son

[40:21]

blog. Donc, aussitôt que la Couronne va

[40:23]

entendre parler de ça, ils vont voir Aaron

[40:25]

encore plus un potentiel terroriste.

[40:28]

Avant son procès,

[40:29]

il devient une référence pour les médias

[40:31]

en matière d'Internet. Donc, malgré tout,

[40:33]

on va quand même demander souvent

[40:35]

son opinion dans les journaux télévisés,

[40:37]

par exemple, sur telle attaque de

[40:39]

sécurité ou différentes

[40:40]

situations Internet, il va quand même demeurer

[40:43]

un certain expert en la matière.

[40:45]

Son message va faire écho

[40:46]

partout aux États-Unis et dans

[40:48]

le monde entier.

[40:50]

Le 14 juillet 2011,

[40:53]

c'est là qu'en fait Schwarz

[40:54]

va entendre parler de ses

[40:56]

chefs d'accusation, et il va

[40:58]

être inculpé par la Cour fédérale

[41:00]

de quatre chefs d'accusation.

[41:02]

Il fait face à ce moment-là à 1 million

[41:04]

d'amendes, ainsi que 30-50

[41:06]

prisons, et à ce moment-là,

[41:08]

il est libéré sous caution,

[41:10]

sous une caution de 100 000 $ quand même.

[41:13]

Une chance qui est riche,

[41:15]

donc plus le payer

[41:16]

de lui-même. Même à la base,

[41:18]

je me demandais s'il avait fait

[41:20]

une levée de fond pour ça, mais non, il a vraiment

[41:22]

payé de ses propres poches

[41:24]

la caution.

[41:26]

Donc, ça fait quand même peur quand t'as ça qui te

[41:28]

tombe dessus, 35 ans.

[41:31]

En fait, c'est pas

[41:34]

nécessairement...

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Il a pas aller purger,

[41:36]

mais c'est ce qu'il attendait dans son procès à venir.

[41:39]

Ça fait quand même assez peur.

[41:41]

Le même jour,

[41:42]

Jay Starr, vous savez,

[41:44]

le propriétaire, en fait pas le propriétaire,

[41:46]

la banque de données

[41:48]

qui l'a piratée, retire sa

[41:50]

poursuite contre Schwarz et met fin à

[41:52]

ses poursuites. La raison officielle

[41:54]

est qu'eux autres, ils voulaient pas être mêlés à ça.

[41:57]

En déclarant qu'une fois que Schwarz

[41:58]

a retourné les documents, elle avait aucun

[42:00]

intérêt à ce que ça devienne un

[42:02]

dossier juridique en cours.

[42:04]

Donc, eux, ils ont un peu tapé

[42:06]

ses doigts à Aaron et lui ont demandé

[42:07]

de remettre leurs documents.

[42:10]

Il l'a fait et puis pour eux,

[42:12]

ça s'arrête là. Mais par contre,

[42:14]

ce qui arrive, c'est que le gouvernement,

[42:16]

eux, maintiennent leur position

[42:18]

en raison de la loi

[42:20]

sur la fraude informatique et l'abus

[42:22]

qui, pour eux, en fait,

[42:24]

étant donné que Aaron

[42:26]

a violé les

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termes et conditions de la base de données,

[42:30]

ça devient un cas de poursuite

[42:32]

criminel. Donc, eux, ils lâchent pas le morceau

[42:34]

et ils continuent avec leur potentiel

[42:36]

de 35 ans. Le 12

[42:38]

septembre 2012, les procureurs

[42:40]

ajoutent neuf chefs d'accusation

[42:42]

aux quatre déjà présents, dont

[42:44]

fraude électronique, accès non

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autorisé à un ordinateur et fraude

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informatique. Sa défense

[42:50]

a coûté des millions de dollars en frais

[42:52]

d'avocat, selon son père.

[42:54]

Puis justement, Seb, ce fameux

[42:56]

Stephen Hyman, l'avocat

[42:57]

de la couronne, parle-nous en

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question un petit peu. C'est tout un personnage

[43:01]

qui a même eu de l'attention médiatique, je crois.

[43:03]

Oui, vraiment. Stephen Hyman,

[43:05]

ce procureur de la couronne qui semblait vraiment

[43:07]

vouloir personnellement Aaron, a déclaré

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ne pas avoir apprécié du tout

[43:11]

un communiqué de presse qui avait été

[43:13]

diffusé par la fondation

[43:15]

Domaine Progress, on va y revenir,

[43:17]

qui a été fondé par Aaron.

[43:19]

Et en fait, dans le communiqué de presse,

[43:21]

il ridiculisait un peu la poursuite à laquelle

[43:23]

il faisait face. Et ça,

[43:26]

veux, veux pas, ils n'ont pas

[43:27]

apprécié du tout ça. Et j'avoue que c'est un peu

[43:29]

juvénile comme action

[43:32]

de la part d'Aaron

[43:33]

d'avoir fait ça, mais je pense que Hyman

[43:35]

va se mettre à scruter la vie en ligne

[43:37]

d'Aaron, dont justement, tous les blogs,

[43:39]

les articles, un peu comme vous parlait

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le manifesto, mais Aaron, c'est

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répandu partout. Oui, il y avait une

[43:45]

présence informatique. C'est ça, une ubiquité

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quasiment numérique. Il était

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sur beaucoup de plateformes pour discuter

[43:51]

et débattre de

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toutes ses valeurs et ses positions.

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Il devient comme un peu un pirate

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terroriste face aux juges, un peu comme

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on vous disait. Ça l'a amplifié encore

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plus l'image qu'il

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avait. Je trouve que c'est quand même exagéré,

[44:05]

sachant qu'Aaron est extrêmement pacifique.

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Il ne veut que le bien de l'humanité.

[44:09]

Mais justement, ce procureur-là,

[44:12]

étrangement, il y a un autre

[44:13]

hacker qui s'est suicidé

[44:15]

sous son règne. En 2007,

[44:17]

Jonathan James est accusé d'avoir

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piraté le système informatique de

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nombreux magasins tels que Barnes & Noble,

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Forever 21,

[44:25]

Old Cell Club, etc.

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Il y a un vrai piratage.

[44:28]

Il a récupéré des informations bancaires

[44:30]

de plusieurs milliers de clients.

[44:33]

Bien qu'il a toujours nié avoir participé

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au hacking, les autorités ont fouillé sa maison,

[44:37]

celle de son frère,

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de sa copine. Ils n'ont rien trouvé

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qui pouvait le relier

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au piratage en tant que tel.

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Mais malgré les accusations, ils ont toujours

[44:46]

continué. En mai 2008,

[44:48]

Jonathan James se suicide et précise

[44:51]

dans une lettre que c'est un moyen pour lui

[44:53]

de reprendre le contrôle, car il sera

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toujours accusé à tort des actes

[44:57]

qu'il n'a pas commis.

[44:58]

C'est assez incroyable

[45:00]

que ce pirate-là en est arrivé là.

[45:04]

Jonathan James,

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j'en ai pas parlé là, mais il a déjà été,

[45:07]

il a piraté la NASA.

[45:09]

Il y a eu plein, il y a eu d'autres dossiers

[45:11]

de justice contre lui, qui va peut-être même

[45:14]

mériter une mini-disto,

[45:16]

je vous dirais, parce que le personnage

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est tout de même intéressant.

[45:18]

Mais c'est tout pour montrer la pression

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de la justice. C'est pas bien ce qu'il a fait,

[45:23]

malgré qu'il n'y l'a fait, et il n'y a même

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pas de preuves, mais tout d'un coup, c'est pas lui

[45:26]

qui l'a fait. Malgré ça, la pression

[45:28]

de la justice quand même amenée au

[45:30]

suicide, c'est tout de même

[45:33]

incroyable, toujours sur la même personne.

[45:35]

Parce qu'ils font face à

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vraiment des peines qui sont extrêmement sévères.

[45:39]

On l'a vu aussi dans notre épisode sur

[45:40]

Silk Road.

[45:42]

Là, on n'est pas dans la même

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catégorie, dans le sens qu'on s'entend,

[45:46]

c'est vendu des

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matières illégales sur Silk Road.

[45:50]

Ça n'a rien à voir avec ce que Aaron

[45:52]

a fait, mais toi et moi, Seb,

[45:54]

ne sommes pas juges, mais

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quand même, les peines sont assez

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astronomiques dans ce domaine-là. On sent

[46:00]

que le piratage informatique, ça fait peur

[46:02]

au gouvernement américain. Vraiment, puis même

[46:04]

que les peines sont presque similaires.

[46:06]

Je trouve que celle de Silk Road,

[46:10]

je la trouvais trop lourde, mais à la limite,

[46:12]

elle était un petit peu plus cohérente

[46:14]

que celle de Aaron pour le crime

[46:16]

qui a été commis.

[46:18]

Silk Road, si vous n'avez pas déjà écouté cet épisode-là,

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ça vaut la peine d'aller

[46:23]

télécharger.

[46:24]

Et puis le MIT dans tout ça.

[46:27]

C'est toujours un peu

[46:28]

particulier, la position de l'école,

[46:30]

ils ont toujours été blâmés dans ce dossier-là,

[46:32]

parce qu'ils n'ont jamais vraiment rien fait de concret

[46:34]

pour empêcher,

[46:36]

ou du moins,

[46:38]

ils n'ont jamais soutenu Aaron

[46:41]

dans ce dossier-là. C'est un peu

[46:43]

contre, supposément,

[46:44]

leur valeur et leur éthique

[46:45]

de se soutenir

[46:48]

là-dedans. Surtout que l'acte

[46:49]

n'était pas, eux-mêmes le disaient,

[46:51]

que ce n'était pas l'acte le plus criminel,

[46:53]

le plus grave au monde. Malgré tout,

[46:55]

ils ont voulu se détacher de ça, ils restaient neutres,

[46:58]

ils ont fourni toute la preuve

[46:59]

qu'ils avaient aux autorités.

[47:02]

Sans plus, en fait.

[47:04]

Quelles sont ces véritables intentions?

[47:05]

Parce qu'il faut se questionner aussi,

[47:07]

puis la Cour a jamais pu, finalement, étant donné

[47:09]

qu'Aaron s'est suicidé avant qu'il y ait vraiment

[47:10]

un procès. On n'a jamais

[47:13]

pu, même la Cour n'a jamais pu

[47:14]

vraiment démontrer les véritables intentions.

[47:17]

On n'a jamais non plus, on ne les a jamais su

[47:19]

de la bouche de Aaron,

[47:21]

ces véritables intentions.

[47:23]

Du temps qu'il était à Stanford,

[47:25]

justement, il avait téléchargé

[47:27]

une base de données juridiques qui s'appelait

[47:29]

la West pour un projet d'études en droit.

[47:32]

Puis en croisant

[47:32]

les données, il était très bon dans

[47:34]

ces amalgames-là, il avait établi des

[47:36]

connexions troublantes. Il avait justement

[47:38]

démontré qu'il y avait des sociétés à but

[47:41]

lucratif qui donnaient de l'argent

[47:42]

à des professeurs de droit pour

[47:44]

rédiger des articles

[47:47]

juridiques qui leur étaient favorables.

[47:48]

Fait que déjà là, plus jeune,

[47:50]

il avait trouvé une

[47:52]

corruption dans le système par l'analyse

[47:54]

de données. Selon certaines personnes,

[47:57]

peut-être qu'avec son analyse

[47:58]

des documents qu'il avait récupéré

[48:00]

du G-Store, il aurait pu faire

[48:02]

des liens entre, justement, un peu le

[48:04]

même stratagème, mais des études qui

[48:07]

auraient été biaisées sur le réchauffement

[48:09]

climatique, entre autres.

[48:10]

Il était très intéressé par croiser

[48:12]

des données du Big Data

[48:15]

ensemble pour faire des liens entre

[48:16]

des institutions, des gouvernements,

[48:19]

des transferts et tout ça.

[48:21]

C'était fascinant comment

[48:23]

il pouvait justement croiser des données

[48:24]

très intéressantes. Oui, puis arriver à des conclusions

[48:27]

louables, puis

[48:28]

sans ce croisement de données-là, c'est vrai

[48:30]

que tu ne peux pas arriver à ces conclusions-là.

[48:32]

Il y avait certaines personnes qui

[48:35]

avaient peut-être ce fondement-là aussi

[48:37]

pourquoi il y avait autant de pression, parce qu'on ne sait jamais

[48:39]

en particulier aux États-Unis,

[48:41]

la pression financière

[48:42]

beaucoup de pouvoir, peu importe le palier,

[48:45]

que ce soit politique ou juridique,

[48:47]

on se rend compte que les ficelles,

[48:49]

c'est l'argent qui tire,

[48:50]

c'est des êtres humains, c'est l'argent qui tire les ficelles.

[48:53]

L'autre de ses intentions

[48:55]

en fait, puis je trouve que c'est sûrement la plus

[48:57]

louable, c'est de donner

[48:58]

l'accès à ces articles-là

[49:00]

à des pays de développement, ou du moins, parce que lui,

[49:03]

pour lui, le savoir,

[49:04]

il a raison, il était utile à ces pays-là

[49:07]

qui n'ont pas nécessairement cette connaissance-là

[49:08]

qui pourrait les aider à devenir

[49:10]

des meilleures démocraties, des meilleurs pays.

[49:14]

Selon moi, son seul

[49:14]

désir, c'était vraiment de donner l'accès à des choses

[49:16]

qu'il considère du domaine public. Tout simplement,

[49:20]

il n'a

[49:20]

jamais voulu faire de sous avec ça,

[49:22]

ou quoi que ce soit. Je ne sais pas ce que toi t'en penses

[49:25]

sur ces véritables intentions,

[49:26]

on ne les connaît pas, mais au-delà

[49:28]

de pouvoir faire bien les choses.

[49:31]

Je serais très surpris que

[49:32]

Aaron Schwartz ait des intentions

[49:35]

pécuniaires liées à l'argent.

[49:37]

Il menait un mode de vie

[49:38]

hyper simple malgré le fait

[49:40]

qu'il était quand même en moyen

[49:42]

et que sa famille aussi était quand même

[49:46]

de classe

[49:46]

moyenne. Pour moi,

[49:48]

je ne crois aucunement que c'étaient

[49:50]

ces intentions. Je pense que, comme tu dis,

[49:53]

c'était dans le but

[49:54]

de servir un peu

[49:56]

son but de partage d'informations

[49:59]

et de mettre à disposition

[50:01]

un peu un robin

[50:02]

des bois, des données scientifiques

[50:04]

et des données publiques. Absolument.

[50:07]

À la limite, c'est ses compétences.

[50:09]

En fait, ça a toujours été un peu ça.

[50:10]

Ce n'est pas nécessairement ce qu'il a pris, mais c'est vraiment

[50:14]

l'action

[50:14]

et les compétences en arrière de ça qui faisait le plus peur.

[50:18]

Puis, c'est

[50:18]

quelques mois plus tard, en fait, en

[50:20]

janvier 2013, que Aaron va

[50:22]

se suicider dans son appartement de Brooklyn,

[50:24]

où il vivait à cette époque-là.

[50:27]

Et puis, vraiment,

[50:29]

sa mort ne passera

[50:31]

pas sous silence. Il va avoir

[50:33]

vraiment un grand mouvement de

[50:34]

sympathie et de tristesse partout

[50:37]

sur Internet.

[50:39]

Vraiment, il va y avoir des mouvements de

[50:40]

black-out, donc des sites qui vont mettre

[50:43]

des images spéciales sur leur

[50:45]

home page afin

[50:47]

de donner hommage

[50:49]

à Aaron d'une certaine façon.

[50:50]

Il va y avoir énormément de protestations,

[50:52]

de pressions sur le MIT.

[50:55]

On l'a dit, J-Star avait

[50:57]

retiré ces

[50:58]

poursuites de leur côté. Ils ont même

[51:00]

publié un communiqué sur leur site Web

[51:02]

leur disant que, respécifiant

[51:04]

que c'est bien le gouvernement

[51:06]

qui a choisi de poursuivre

[51:08]

la poursuite envers

[51:10]

Aaron Schwartz. Donc, ça va vraiment

[51:12]

être un mouvement d'extrême tristesse

[51:14]

sur le Web. Il y a plusieurs personnalités

[51:16]

du monde de l'informatique, des gros noms

[51:19]

qui vont

[51:20]

être vraiment en deuil suite à cette

[51:22]

journée-là. Moi-même, quand j'ai appris

[51:24]

ça, ça a été une journée très triste.

[51:27]

Moi, j'étais...

[51:28]

Je suis toujours triste quand il y a un talent

[51:30]

comme ça, quand il y a quelqu'un qui a

[51:33]

le potentiel de changer

[51:34]

le monde. En fait, il l'avait déjà un peu changé

[51:36]

le monde, mais imagine plus tard,

[51:38]

imagine dans 10 ans, 20 ans, 30 ans.

[51:41]

C'est un

[51:42]

futur génie, potentiellement, et de

[51:44]

voir que, en fait,

[51:47]

d'une certaine façon, il a mal

[51:48]

utilisé son talent. Donc, pour moi, ça

[51:50]

me rend très triste de voir ça des gens

[51:52]

qu'on perd comme ça pour

[51:55]

des erreurs

[51:56]

ou pour des... Je ne veux

[51:58]

pas dire que c'est une niaiserie, mais...

[52:00]

Non, mais c'est... C'était pas nécessaire

[52:02]

dans sa vie d'en arriver là

[52:04]

dans son combat. C'est un peu une

[52:06]

erreur qu'il a fait malgré tout.

[52:08]

Il aurait pu faire cette erreur-là,

[52:10]

puis il aurait pu, s'il n'y avait pas eu...

[52:13]

Oui, bien sûr. Tout ça

[52:14]

est tellement excessif. Il aurait pu juste...

[52:16]

Il aurait pu juste être expulsé du MIT.

[52:19]

Tout simplement.

[52:20]

Sans plus, je veux dire. Une amende.

[52:22]

Il téléchargeait des PDFs.

[52:25]

À la limite, c'est tellement

[52:26]

banal que... C'est clair.

[52:28]

C'est beaucoup trop gros.

[52:30]

À la limite, je trouve que oui, il a poussé

[52:32]

le bouchon de se cacher.

[52:34]

Il faisait quand même quelque chose d'illégal, il le savait.

[52:37]

Mais

[52:38]

c'est vraiment les conséquences

[52:40]

qui sont tellement lourdes qu'ils l'ont amené

[52:42]

dans une dépression profonde. Il s'éloignait,

[52:44]

il s'isolait de toute son entourage.

[52:47]

Il devenait paranoïaque aussi,

[52:48]

quand t'as le FBI, puis les services secrets

[52:51]

chez tes parents

[52:52]

qui te suivent. C'est clair que

[52:55]

la pression est forte.

[52:56]

Puis tu peux plus voir, t'as plus de perspectives

[52:58]

d'avenir. 35 ans, c'est des

[53:00]

bas assez longs.

[53:02]

De prison.

[53:04]

C'est vrai que ça doit être plus difficile

[53:06]

de prévoir et de planifier un futur

[53:08]

dans un contexte comme ça.

[53:10]

La pression était tellement forte

[53:12]

sur lui que je suis convaincu

[53:14]

qu'il n'aurait pas gagné non plus en cours.

[53:17]

Il aurait sûrement eu

[53:18]

cette sentence-là, ou du moins

[53:20]

quelque chose de similaire. Je suis

[53:22]

certain qu'il le sentait. C'est pour ça

[53:24]

qu'il a commis ce geste-là. Il voulait en faire

[53:25]

un exemple clairement. Il voulait montrer

[53:28]

un symbole

[53:31]

au pirate informatique

[53:32]

en disant, aussitôt que vous

[53:34]

essayez de percer

[53:36]

un de nos réseaux, même si c'était pas un réseau

[53:38]

gouvernemental,

[53:40]

justement, on est prêt à poursuivre

[53:41]

et aller jusqu'au bout.

[53:43]

Si on peut en tirer un côté positif,

[53:45]

c'est que Aaron, de son vivant,

[53:46]

a quand même livré plusieurs combats

[53:49]

et a quand même laissé

[53:50]

un leg assez important.

[53:53]

Je dirais que malgré

[53:54]

sa mort qui date de 5 ans, son

[53:56]

esprit est toujours très très présent

[53:58]

sur Internet. On l'a parlé

[54:00]

un peu plus tôt, le fil RSS,

[54:02]

c'est pour ça que vous nous écoutez.

[54:04]

Reddit, qui en ce moment est un des

[54:06]

liés du Web, qui est un des sites qui génère

[54:09]

le plus de trafic.

[54:10]

T'en as parlé un peu tout à l'heure de SecureDrop

[54:12]

aussi, Seb, qui est utilisé par

[54:14]

des tonnes de médias dans le monde, pour

[54:17]

gérer justement les sources, les relations

[54:19]

entre les journalistes et les sources,

[54:21]

dont Radio-Canada, la CBC,

[54:23]

aussi le New York Times, BuzzFeed.

[54:26]

C'est quand même très très

[54:27]

utilisé. Demand in Progress

[54:29]

aussi, qui est une fondation qui l'a

[54:31]

fondé lui-même à l'automne 2010,

[54:33]

qui est une organisation

[54:34]

activiste en ligne qui se battait, entre

[54:36]

autres, contre la SOPA,

[54:39]

qui est la Stop Online Piracy Act.

[54:42]

Tu vas nous en parler un petit

[54:42]

peu plus en détails, Seb. Ben tiens, allons-y

[54:44]

donc maintenant. Oui, grâce à sa

[54:46]

fondation Demand in Progress. En fait, la SOPA,

[54:48]

c'est en 2012, c'est un projet

[54:50]

de loi des Républicains à l'époque

[54:52]

qui voulait, en fait,

[54:54]

l'intention n'était pas nécessairement mauvaise.

[54:56]

C'est vrai qu'il y avait un problème de

[54:58]

piratage un petit peu plus présent qu'aujourd'hui

[55:00]

avec les plateformes de streaming. Il est beaucoup moins

[55:02]

présent, mais le problème de cette loi-là,

[55:05]

c'est qu'elle allait beaucoup trop loin

[55:07]

dans les pénalités ou les conséquences

[55:08]

qu'elle pouvait donner. Donc, par exemple,

[55:10]

un exemple simple, il y a un

[55:12]

forum de discussion X qui parle

[55:14]

de voiture. Un des membres, par exemple,

[55:17]

aurait mis un lien vers

[55:18]

un site, vers un film

[55:21]

X piraté, mais

[55:23]

automatiquement, ce forum-là

[55:25]

pourrait être bloqué

[55:26]

des moteurs de recherche, perdre ses revenus

[55:29]

publicitaires, à cause qu'il a amené

[55:31]

qu'un utilisateur de son forum a mis un lien

[55:33]

vers un site externe

[55:35]

qui contient le film. Donc, vous voyez

[55:37]

un peu l'étendue que ça peut

[55:39]

prendre. Eux, ils appelaient ça de la

[55:41]

censure numérique parce que ça

[55:43]

donnait trop de latitude à n'importe quelle

[55:45]

action qu'on jugeait comme du

[55:47]

piratage. Et là, on pouvait faire

[55:49]

fermer des sites web, faire fermer

[55:51]

des passerelles de paiement.

[55:53]

De PayPal qui parlait, il y avait vraiment

[55:55]

les désindexés de Google.

[55:57]

Donc,

[55:58]

ça avait vraiment

[56:00]

une portée qui était beaucoup trop grande

[56:03]

pour ce qui est

[56:04]

le net et cette neutralité

[56:05]

qu'on essaie tant bien que mal de

[56:08]

conserver. Justement, avec

[56:10]

le domaine Progress,

[56:13]

à l'époque

[56:15]

quand Aaron

[56:16]

a mis ça en place,

[56:18]

quand il est mort, il n'y a pas tant d'écart que ça

[56:19]

entre les deux durant tout son combat. Il y avait

[56:21]

quand même déjà 500 000

[56:24]

membres. Maintenant, ils sont rendus à 2 millions.

[56:26]

C'est vraiment...

[56:27]

Ce genre d'organismes-là,

[56:30]

je trouve qu'ils ont leur nécessité dans une

[56:32]

société comme ça. En particulier

[56:34]

aux États-Unis, je trouve encore avec

[56:36]

la neutralité du net parce que ça c'était comme

[56:38]

un peu

[56:41]

une préloie

[56:42]

à la neutralité du net qui a été beaucoup

[56:44]

débattue en 2017,

[56:46]

entre autres.

[56:47]

Qui nous guette encore. Parce que moi, j'ai

[56:50]

l'impression que si Aaron était encore

[56:52]

avec nous, en fait, il lutterait sûrement

[56:54]

pour la neutralité du web.

[56:56]

Un peu comme tu me disais, hors

[56:58]

d'onde, ça n'aurait pas même pu changer

[57:00]

le cours de l'histoire.

[57:01]

Peut-être que son pouvoir et son influence

[57:04]

n'auraient plus influencé

[57:07]

autrement les décisions

[57:08]

qui ont été prises dernièrement, que justement,

[57:09]

la neutralité du net, au niveau fédéral,

[57:12]

ne sera plus dans la

[57:14]

loi en tant que telle. Donc, il n'y aura pas d'obligation

[57:17]

aux fournisseurs

[57:18]

d'accès Internet de maintenir une neutralité

[57:20]

du net. Donc, pour vous donner un exemple

[57:21]

plus concret, Netflix ne pourra pas, si par exemple,

[57:24]

Netflix a une entente avec

[57:26]

Vidéotron, mais il ne pourrait pas

[57:29]

donner une meilleure bande

[57:30]

passante aux gens de Vidéotron au lieu

[57:32]

de ceux de Bell, par exemple. Mais actuellement,

[57:34]

aux États-Unis, maintenant, les compagnies

[57:35]

vont pouvoir faire ça. Il n'y a rien

[57:37]

qui a changé dans le

[57:39]

concret. Il n'y a rien

[57:42]

qui... Donc, les compagnies n'ont pas utilisé

[57:44]

ce droit-là actuellement,

[57:46]

mais ça ouvre quand même une porte.

[57:47]

Ça peut être une catastrophe. Ça peut être une catastrophe.

[57:50]

J'espère qu'on n'ira pas là.

[57:52]

Puis même que l'État de Washington, eux-mêmes,

[57:54]

ont mis une loi, sont en train

[57:56]

de vouloir déposer une loi

[57:58]

pour qu'à Washington,

[58:00]

la neutralité du net soit appliquée.

[58:02]

Je trouve ça quand même intéressant qu'au niveau

[58:04]

des États, ils peuvent avoir

[58:06]

cette liberté-là, ou du moins

[58:08]

cette... Et je salue Washington

[58:10]

d'avoir eu

[58:12]

cette, disons, d'avoir été

[58:14]

proactif là-dedans, puis de vouloir,

[58:16]

eux, dans leur État, d'appliquer la neutralité

[58:18]

du net, ce qui, selon moi,

[58:20]

c'est la base du fondement d'Internet.

[58:22]

Je ne sais pas si Aaron aurait pu vraiment

[58:24]

faire changer les choses, parce qu'il y a eu énormément

[58:25]

de pouvoir politique, et même des grosses compagnies

[58:28]

qui n'ont aucun intérêt. Les compagnies,

[58:29]

Google, Facebook, Netflix, n'ont pas d'intérêt

[58:32]

à avoir une neutralité

[58:34]

du net. Mais bon, ça pète...

[58:35]

On ne saurait jamais. Mais quand même,

[58:38]

j'ose croire que c'est sans doute un combat

[58:39]

qui leur est intéressé.

[58:41]

On se rappelle aussi que ces années-là,

[58:44]

les années de Aaron ont été,

[58:45]

entre autres, 2011 a été une

[58:47]

grosse année pour les activistes.

[58:49]

On se rappelle que la page couverture

[58:51]

du Time Magazine, la personne

[58:53]

de l'année, le Person of the Year,

[58:55]

c'est le protesteur, donc le protestant

[58:57]

qui était en page

[58:59]

couverture avec une magnifique oeuvre

[59:01]

de OB. Et puis...

[59:03]

Donc c'était des années, vraiment,

[59:05]

où ça brossait au niveau du web.

[59:07]

Par contre, je dirais qu'un de ses plus

[59:09]

grands legs à Aaron Schwartz,

[59:11]

c'est la Aaron's Law,

[59:13]

donc la loi d'Aaron,

[59:15]

qui est une loi qui est

[59:17]

passée au congrès

[59:19]

peu de temps après sa mort,

[59:21]

qui réforme la loi qui a servi à

[59:23]

condamner Aaron. Donc c'est quand même un

[59:24]

important progrès. Donc,

[59:26]

cette fameuse loi sur la fraude

[59:28]

informatique et l'abus, maintenant,

[59:31]

ne compte plus les violations des

[59:32]

termes et conditions comme une violation

[59:35]

de la loi. Donc c'est-à-dire que

[59:36]

si tu vas sur un JSTOR

[59:38]

et que tu coches le fameux « J'accepte

[59:40]

les termes et conditions » et puis que tu

[59:42]

les violes, en fait,

[59:45]

la compagnie aurait des recours contre

[59:46]

toi, JSTOR aurait des recours contre toi,

[59:49]

mais ça ne devient plus nécessairement

[59:50]

criminel. Donc la couronne

[59:53]

ne ne pas

[59:55]

te poursuivre si

[59:56]

tu violes les

[59:58]

termes et conditions. Je présume

[01:00:00]

que ça a des limites, cette...

[01:00:03]

C'est ça, je ne vous ferai pas la lecture de toute

[01:00:04]

la loi, mais en gros,

[01:00:07]

les raisons qui ont fait en sorte

[01:00:08]

que selon cette loi-là, les chefs d'accusation

[01:00:10]

qui pesaient sur cette loi

[01:00:11]

de fraude et d'abus informatiques

[01:00:13]

ont été enlevés,

[01:00:15]

ont été réformés, et maintenant, quelqu'un

[01:00:18]

qui fait exactement la même chose qu'Aaron

[01:00:20]

n'aurait pas la même peine

[01:00:21]

qu'Aaron, évidemment.

[01:00:24]

Je pense qu'on a fait le tour, Seb,

[01:00:26]

de toute la chronologie.

[01:00:28]

Il y a un peu moins de mystère cette fois-ci,

[01:00:30]

mais c'est une histoire, je trouve,

[01:00:32]

qui est passionnante, qui touche l'art numérique,

[01:00:34]

qui touche aussi nos droits fondamentaux

[01:00:36]

d'une certaine façon, notre droit à l'information,

[01:00:38]

et puis on s'était fait suggérer l'histoire

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d'Aaron Schwartz à main de reprise,

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mais quand même, on est à

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distorsion, donc il y a une théorie

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distortée. Oh oui!

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Parce que, qu'est-ce qui serait arrivé si...

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Imaginez-vous donc

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que Aaron ne s'est peut-être pas suicidé,

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qu'en fait, ça, c'est peut-être

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complètement une orchestration du

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gouvernement, et Aaron

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aurait peut-être été sur le point

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de révéler un réseau de pédophiles

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contrôlé par l'élite

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du MIT. Donc il y a une théorie

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qui circule à ce niveau-là,

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qui est quand même...

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qui est une loophole assez incroyable.

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Quand on commence à creuser,

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c'est assez incroyable jusqu'où on peut se rendre,

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parce qu'il y a quand même des connexions

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qui se font avec,

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je pourrais dire, certains membres

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du Medialab du MIT

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et le monde

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de la pédophilie informatique.

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Oui, et même, parce que

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JSTOR, ça appartenait à l'époque

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à une autre compagnie éditrée, puis il y aurait aussi

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dans les dirigeants de cette compagnie-là,

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des gens qui seraient impliqués dans

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ce cercle de pédophiles-là.

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J'ai commencé justement

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à fouiller là-dessus, puis il y a vu qu'un bébé le disait

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si tu tombes dans une boucle...

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Parce qu'il y a même des dirigeants, entre autres, du MIT

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qui avaient un genre de projet

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de fournir des ordinateurs à

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100$ dans les pays en voie de développement.

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Mais il y a une grosse polémique,

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entre autres, autour de ça. C'est que justement

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sur ces ordinateurs-là, il y aurait

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du matériel éducatif,

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mais le matériel éducatif

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avait souvent une connotation

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à de l'enseignement sexuel à des plus jeunes.

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Donc ils utilisaient ça, entre autres,

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pour...

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Ce n'est que des rumeurs,

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mais ils utilisaient ça, entre autres,

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pour un peu changer le mode

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d'éducation dans les pays en voie de développement

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et pouvoir abuser de ces environs-là.

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Mais ça, ce n'est qu'une

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parcelle de ce gros réseau-là

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qui, supposément, existe depuis toujours.

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Même si ça fait quasiment

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de la manière que je lisais le MIT,

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les dirigeants du MIT

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ne sont probablement pas tout le monde,

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mais une grosse partie

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dans un réseau de pédophiles

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depuis tellement longtemps.

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C'est vraiment troublant

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quand tu lis tout ça et toutes les implications

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après ça que ces gens-là ont eu

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avec toutes sortes de programmes

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pour les enfants.

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Je ne sais pas si c'est réaliste,

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mais ça fait beaucoup de sens.

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Vous pouvez la googler. Il y a un long, long texte

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d'un Asiatique ou un Japonais

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qui a fait vraiment tout ce rapprochement

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de théories-là.

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Et même moi, à un moment donné, ça devient difficile à suivre

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parce qu'il y a tellement de noms

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qu'il faut que tu replaces un peu l'arbre.

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Mais ça fait du sens.

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Et même, il indiquait que la manière

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qu'il se soit pendu,

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c'est à dire que physiquement,

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ça serait quasiment impossible

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qu'il se serait pendu lui-même de cette façon-là.

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J'avais lu ça aussi dans les théories

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de conspirationnistes qui disaient

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que c'était justement un suicide orchestré

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par l'État.

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Parce qu'on nous dit que

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selon cette théorie-là,

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Aaron n'aurait pas tout fait

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ça pour des documents universitaires.

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Apparemment qu'il aurait mis la main

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sur potentiellement même

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des vidéos, potentiellement d'autres

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types de données. Et les gens qui croient

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à ça, en fait, vont dire

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ça se peut pas qu'il soit rentré

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dans un local comme ça

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juste pour télécharger

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des documents informatiques.

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C'est clair qu'il y avait plus derrière ça.

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C'est la raison pour laquelle

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le gouvernement a fait pression

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et aurait même orchestré sa mort

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d'une certaine façon.

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Mais ça se peut. Sauf qu'on

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n'a aucune preuve

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de ça. Ça, on tombe vraiment

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dans les théories du conspirationniste.

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Mais pourquoi pas?

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Sa mort est tellement... Malgré

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que je pense que la pression qu'elle subit...

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Mais peut-être qu'elle était...

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Peut-être que lui le savait. S'il

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avait découvert pour vrai ces documents-là,

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c'est sûr que ça n'a jamais été mis au grand jour.

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Si c'est vrai,

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ça lui a mis encore une pression

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supplémentaire, j'imagine, ou du moins

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une crainte qui pouvait être plus justifiée.

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Mais ça, on le saura vraiment jamais, à moins

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que quelque chose sort au grand jour.

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J'ai tendance à croire quand même

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que, connaissant les

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recherches que Aaron a fait dans le passé,

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c'est-à-dire qu'il était très orienté vers

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le domaine public, vers l'accès à

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l'information,

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comment dire, son

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piratage d'avant, ou sa cible

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d'avant, c'était Pacer qui maintenait

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des documents de cours. Donc pour moi,

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ça fait plus de liens

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qu'il recherchait vraiment à

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télécharger des documents universitaires.

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C'est plus dans la lignée

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de la logique, si on veut. Parce qu'il

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n'y a rien dans le passé, dans le sens que Aaron

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s'est jamais intéressé au pédophile via

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ses blogs. Ça n'a jamais été un combat.

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Donc je serais surpris que tout d'un coup,

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il ait switché complètement de focus

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pour

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s'orienter là-dedans. Mais bon, à chaque

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fois que quelqu'un

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meurt, qu'un activiste meurt,

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il y a toujours un peu une part de complot

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là-dedans. Toujours.

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Je crois qu'on a fait le tour. Mon cher

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Seb, en fait, ça fait du bien

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de traiter d'un sujet un petit peu plus

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informatique ce soir.

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On espère, chers auditeurs, que vous avez

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bien aimé ça. Vous pouvez nous dire ce que vous

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en pensez sur notre groupe de discussion

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sur Facebook. On est facile à trouver.

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Et puis Seb, je présume que

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tu as sans doute un mot de la fin pour

[01:05:52]

nous ce soir.

[01:05:54]

En ton honneur, Aaron,

[01:05:57]

Distortion wants to make the

[01:05:58]

world a better place.

[01:06:00]

Oh yes!

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