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Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter Distorsion, un podcast sur...
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En 1865, alors que les Ătats-Unis pensent encore les plaies bĂ©antes de la guerre de
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sécession, six anciens officiers confédérés se réunissent dans une petite maison dans le Tennessee.
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Au sein des discussions, l'amertume d'un monde perdu et la peur du changement se font sentir.
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Dans cette atmosphÚre trouble naßt une mystérieuse confrérie,
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à mi-chemin entre le Club secret et la milice, le Ku Klux Klan. Ce nom étrange
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allait bientÎt devenir le symbole du terrorisme intérieur le plus persistent de l'histoire
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américaine. Mais qu'arrive-t-il de ce groupe à l'Úre numérique? Sachez que 150 ans plus
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tard, il est toujours bien actif. Suivez-nous dans cette mise Ă jour sur un des groupes
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racistes les plus craints de tous les temps. SĂ©bastien Ăvac, comment vas-tu aujourd'hui?
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Ăa va bien, et toi, Emile Gauthier? Ăa va trĂšs bien aussi. On aborde un sujet quand
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mĂȘme important aujourd'hui, dans ce climat d'incertitude politique, de tension aussi
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gĂ©opolitique. On se disait que ça pourrait ĂȘtre intĂ©ressant de faire un retour sur le
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Ku Klux Klan, ce groupe qui a fait Ă©normĂ©ment parler dans les annĂ©es 1900, mĂȘme les annĂ©es
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1800, mais qui, comment dire, regagne en popularité depuis quelques années. C'était intéressant
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de voir un peu comment, en fait, on voulait s'attarder Ă comment ce groupe-lĂ s'organise
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sur Internet. Comment ils font pour encore recruter des gens? Est-ce qu'ils sont plus
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actifs dans l'ombre maintenant qu'à une certaine époque, parce que là , comment
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dire, c'est assez mal vu d'ĂȘtre membre du Ku Klux Klan et puis de s'exposer
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comme ça. Donc, on voulait faire le tour de la question un peu. Ăa va ĂȘtre un peu
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un mélange entre aujourd'hui l'histoire et la distorsion, parce qu'on va revenir
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un peu sur les fondations de ce groupe-là . Pourquoi ils existent? Sont-ils nés dans
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quel contexte? Puis justement, comment ils poursuivent leur activité aujourd'hui?
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Oui, le recrutement, c'est quand mĂȘme assez intĂ©ressant Ă couvrir aussi. Comment
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ça se reflÚte à notre époque? Et dis-moi Seb, est-ce qu'on va parler de
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Kanye West aujourd'hui?
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Oui, pas le choix. On n'avait pas le choix.
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On n'a pas le choix. On n'aura pas le choix d'en parler. Kanye West, on n'aura pas le
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choix d'en faire une petite parenthÚse plus tard dans l'épisode, sans doute dans
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la deuxiĂšme partie quand on va remonter le temps. Donc, ça risque d'ĂȘtre trĂšs
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intéressant de revenir sur les fondations de ce groupe-là . Comment ils ont commencé?
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Est-ce que justement, quels sont les premiers crimes qu'ils ont commis et
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comment ça se reflÚte aujourd'hui dans les années 2020?
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Oui, oui, c'est assez fascinant. Et dans l'art chaud, Emile, pour compléter ça,
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je vais vous parler de qui follow the aid money, l'argent sale de la haine. Parce
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que ces regroupements-lĂ , il faut qu'ils amassent du capital. C'est un peu comme
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des partis politiques dans le monde d'aujourd'hui. Vous allez voir depuis le début des années
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2000, mĂȘme leur technique de financement a Ă©voluĂ© aussi au fil du temps, parce
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que les, je ne dirais pas les moeurs, mais les plateformes suite Ă la pression publique
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aussi, on restreint également. Vous allez voir, il y a plein de plateformes de paiements
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et de cryptos que j'avais, pas de cryptos que je ne connaissais pas, mais de paiements
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que je n'avais jamais entendu parler ou mĂȘme des rĂ©seaux socials trĂšs, trĂšs,
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disons, trÚs nichés et qui tolÚrent la haine. Et aussi, on va faire un
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petit survol de Joe Moore, qui est un homme qui a réussi à infiltrer le
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plan et qui a rĂ©ussi Ă empĂȘcher un meurtre. C'est un des plus gros cas d'infiltration
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civique. Donc, ça va ĂȘtre trĂšs, trĂšs, trĂšs, trĂšs intĂ©ressant.
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Oh, ça va ĂȘtre trĂšs cool, ce, mon Seb. Donc, un gros Ă©pisode aujourd'hui.
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Je pense qu'on a Ă peu prĂšs 30 pages de notes. Donc, attachez-vous bien.
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Et l'after show pour nos abonnés Patreon, abonnés aux forfaits Oui Monsieur.
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On vous rappelle aussi que sur Patreon, vous pouvez économiser en prenant un abonnement
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annuel. Donc, un 15 %, je crois, qui est déduit si vous payez d'une traite.
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Donc, en fait, si vous pensez rester avec nous pour plus d'un mois pour l'année,
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mettons, bien, vous pouvez sauver des coûts en prenant l'abonnement annuel
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comme ça et puis rester abonné. Nous, on a du contenu qui s'en vienne
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évidemment tranquillement. Notre partie 2025 se termine.
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Je ne sais pas trop on est quelle date au moment de la diffusion de cet
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épisode-là . Et puis, vous savez qu'en 2026, on embarque dans une autre petite
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direction intéressante. Mais ceci dit, il y a du contenu qui s'échelonne.
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Ceux qui étaient avec nous sur Patreon l'été dernier peuvent voir
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qu'on n'a pas pris de grosses vacances. Donc, ça vaut la peine,
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surtout en ce moment, étant donné que ça commence à faire un petit
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bout de temps qu'on est sur Patreon, il y a du contenu en maudit.
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Oui, vraiment. Puis, je le vois, les nouveaux abonnés Patreon qui
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n'ont jamais été, quand ils reculent ou ils commentent ou ils like des
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anciens after-shows ou épisodes ou épisodes secrets, j'aime toujours ça.
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Ăa fait son chemin. Et puis, sachez que justement, avec la bonne manuelle,
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je pense que ça vous donne deux mois gratuits, quelque chose comme ça
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avec le rabais au final. Donc, c'est quand mĂȘme intĂ©ressant.
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Ben oui, tous les after-shows, les épisodes secrets sont là .
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Je regardais, je pense qu'on a 301 publications sur Patreon.
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Ce n'est pas tous des épisodes bonus. Il y en a qui sont des annonces,
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un peu des newsletters, des choses comme ça. Mais quand mĂȘme,
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il y a du stock. Yes. On est un petit peu pocké.
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Hier soir, on a enregistré notre spécial Halloween avec Simon Prej.
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Mais malgré tout, on a une biÚre de la semaine, Seb.
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Qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui?
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Oui, on boit la Blazer ou la Blazar de Perspective Micro Brasserie,
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qui est une micro brasserie située à Saint-Liboyard au Québec.
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C'est une New England IPA, 6,5 %.
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On les aime bien. Elle est trÚs voilée, moelleuse,
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avec des arĂŽmes intenses et des fruits tropicaux.
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Et dans celle-ci, les houblons, j'aime toujours ça.
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Il y a du croche, du raco et du bravo.
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Le bravo que j'aime bien aussi.
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Et cette tournée de biÚre nous a été offerte par Jean-Yves Quirourdant.
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Et j'espÚre que je ne te débattis pas trop, mon cher Jean-Yves.
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Shout-out à toi et merci énormément pour la tournée de biÚre.
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Vous pouvez faire comme lui, aller sur notre site distorsionpodcast.com.
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Petit bouton en haut Ă droite et vous nous donnez un petit nom par Paypal.
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Oh yes, shout-out Ă toi, Jean-Yves.
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Et aussi, on a un autre shout-out Ă donner Ă une certaine Mel SVG.
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Je pense savoir qui est cette Mel.
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Elle nous donne une review 5 étoiles sur Apple Podcasts.
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Merci Ă ceux qui vont encore nous donner des reviews face au Spotify aussi maintenant.
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Elle nous dit « Meilleur podcast! »
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Je vous écoute tout le temps.
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On a vraiment des animateurs passionnés par ce qu'ils nous offrent.
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Votre passion pour la qualité se ressent à chaque épisode.
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Merci encore pour votre travail de bĂȘte.
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Vous nous faites plaisir Ă chaque fois.
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LĂąchez pas les boys, on vous veut encore longtemps.
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Oh, ça fait chaud au cĆur.
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Bien oui, merci, Mel.
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Yes, on vous rappelle qu'on a un after-show qui s'en vient.
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On en a parlé un petit peu tantÎt.
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Et je crois, Seb, qu'on en a assez dit pour aujourd'hui.
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Est-ce qu'on est prĂȘt Ă remonter l'historique du Ku Klux Klan tous ensemble?
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Oui, Monsieur!
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Allons-y.
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Oui.
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On va démarrer avec la fondation du Ku Klux Klan, Emile.
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Ăa a Ă©tĂ© fondĂ© en dĂ©cembre 1865.
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Je pense mĂȘme le jour de NoĂ«l.
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Oui, le 24 décembre.
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Oui, c'est assez fou.
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Seulement aprĂšs la...
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En fait, c'était quelques mois aprÚs la fin officielle de la guerre de sécession,
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soit en avril 1865, dans un contexte oĂč les Ătats du Sud
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commencent la reconstruction imposée par le gouvernement fédéral.
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Nous allons d'ailleurs aborder en détail un peu plus tard le chaos qui régnait à ce moment-là .
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Parce que la guerre de sécession, vous le savez, c'est entre le Nord et le Sud,
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c'était pour détruire l'esclavagisme et rendre les droits égaux de tout le monde.
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Mais le Sud était plus pour les esclaves et le Nord moins.
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Donc, ça a fait quand mĂȘme un clash.
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Il faut savoir que le Klan s'est d'abord...
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Et c'est le Nord qui a gagné, en fait.
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Oui, exact.
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Qui a marqué la fin de l'esclavage.
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Je pense qu'il y en a quand mĂȘme eu encore un petit peu aprĂšs,
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dans certains Ătats du Sud.
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C'était illégal, je crois, parce que c'était devenu fédéral.
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Puis je pense que c'est Ă ce moment-lĂ ,
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ils n'ont pas eu le choix de se contraindre, un peu comme dans les élections.
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Je ne connais pas tout le détail, mais oui, c'est un peu ça.
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Il faut savoir que le Klan s'est d'abord formé comme étant une confrérie sociale
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entre anciens officiers confédérés,
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avant de dériver rapidement vers une organisation paramilitaire,
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structurée et violente.
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NĂ© dans le chaos de la reconstruction,
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le Klan s'est d'abord voulu un ordre d'élite défendant l'honneur sudiste,
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avant de se transformer en une puissante machine de haine et d'intimidation raciale.
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Pendant plus d'un siĂšcle,
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c'est métamorphosé au rythme des bouleversements sociaux et technologiques,
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s'infiltrant dans la politique, les médias et désormais les réseaux sociaux.
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Ă travers ces renaissances successives,
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il met de l'avant un phénomÚne inquiétant.
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La capacité des idéologies extrémistes à muter pour survivre.
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Nous sommes donc en 1865,
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le sud est un territoire dévasté.
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Les plantations, autrefois vastes et prospĂšres, sont en ruine.
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Les villes montrent encore les cicatrices de la guerre,
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les maisons calcinées,
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des toits effondrés,
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des rues en fait pleines de débris.
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Les champs sont soit abandonnés ou détruits,
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et les récoltes sont perdues.
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Les familles blanches,
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qui jadis dominaient socialement et économiquement,
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se retrouvent complÚtement désorientées dans cet environnement.
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Elles sont confrontées à une réalité qu'elles n'avaient jamais imaginé.
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Les afro-américains, autrefois esclaves,
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sont désormais libres,
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peuvent voter, posséder des terres,
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s'instruire et participer Ă la vie politique.
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Ăa semble tellement ĂȘtre dans un autre monde pour nous.
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Incroyable.
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Moi, j'arrive pas Ă ...
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On lit ces lignes-lĂ ,
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puis c'est genre, voyons, c'est...
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c'est crazy que les afro-américains étaient esclaves.
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Tu sais, pour ceux qui n'ont pas...
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qui auraient comme nous, qui sont d'une génération qui n'a aucunement vécu ça,
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c'est crazy, lĂ , de dire que Krim,
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à ce moment-là , ils étaient désormais libres.
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Oui, ah oui, George.
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On a l'impression vraiment qu'on parle d'une histoire d'il y a mille ans,
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mais c'est pas si loin, finalement.
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Non, non, à peine une centaine d'années, là .
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Et les amendements constitutionnels,
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la 13e, qui apporte l'abolition de l'esclavage en 1865,
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et la 14e, qui est la citoyenneté et l'égalité des droits en 1868,
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et le 15e amendement,
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qui est le droit de vote universel masculin en 1870,
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parce que dans ce temps-lĂ , les femmes votaient pas non plus,
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bouleverse profondément la société sudiste,
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provoquant ainsi une violente réaction
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parmi les anciens propriétaires esclavagistes,
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dont la suprématie sociale est maintenant menacée.
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Ben oui, parce que eux, c'étaient des seigneurs,
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c'étaient des gens de la haute, des hauts sphÚres,
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puis lĂ , tout d'un coup, ils viennent de dropper d'une classe sociale.
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Il faut qu'ils payent leur...
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Oui, ben oui, c'est ça.
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Je sais pas si on appelle ça des agriculteurs,
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ou des gens qui faisaient dans les maisons.
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Ăa a tellement...
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Moi, tout le long de cet épisode-là ,
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j'étais un peu en maudit.
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C'est clair.
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C'est dans ce climat de peur et de confusion
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qu'un groupe d'hommes blancs décide de créer
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une organisation secrĂšte.
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Six hommes se réunissent à Pulaski
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afin de fonder ce qui deviendra le Ku Klux Klan,
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que nous connaissons aujourd'hui.
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Chacun apporte un profit unique et stratégique.
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Et lĂ , Emile, parle-nous un peu plus de ces six hommes blancs.
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Oui, je vais vous parler, je vais faire un peu le profil
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de ces six fondateurs,
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voire un peu d'oĂč est-ce qu'ils viennent, en fait.
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J. Calvin Jones, le premier, est un médecin respecté
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et un vétéran de guerre.
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C'est sûr que beaucoup de gens qui viennent
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d'organisations militaires qui vont rejoindre le clan.
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Et lui, il incarne l'élite locale.
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Sa réputation lui donne accÚs au cercle influent de la ville.
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On est dans le Tennessee, lĂ , ce moment-lĂ .
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Il s'exprime avec autorité et calme,
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et son prestige social lui permet d'influencer les autres.
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Pour lui, le clan n'est pas simplement un exutoire Ă la colĂšre,
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c'est un moyen de conserver le pouvoir et l'autorité sociale
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que la guerre et l'abolition de l'esclavage menacent.
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à ses cÎtés, on retrouve Frank O. McCord,
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ancien soldat confédéré, lui aussi,
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apporte lui une certaine expérience militaire au groupe.
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Il connaßt la discipline, la stratégie, l'organisation.
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Grùce à lui, le clan devient une véritable force paramilitaire.
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Il organise des patrouilles nocturnes,
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forme des groupes d'intervention
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et supervise l'élaboration de rituels codifiés.
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La vision militaire de McCord donne au clan une efficacité
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et une hiérarchie que peu d'autres sociétés secrÚtes peuvent égaler.
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Justement, par rapport aux rituels codifiés,
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c'Ă©taient les premiers moments oĂč il y avait des vĂȘtements blancs,
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les cagoules, c'est lui qui a mis en place les titres hiérarchiques
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aussi codés, des cérémonies d'initiation
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pour donner un peu une allure sacrée à leur idéologie.
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Oui, ça avait un petit cÎté religieux, le Ku Klux Klan.
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On va y arriver, faites exemple sur l'origine des habits et tout ça.
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Il y a aussi Nathan Bedford Forrest,
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qui lui est un ancien général confédéré et marchand d'esclaves.
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Il lui devient une figure centrale du clan
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et est souvent considéré comme le premier grand sorcier,
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ce qu'on appelle le Grand Wizard.
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C'est le plus haut dirigeant.
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Marchand d'esclaves, c'était un métier.
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Ăa n'a pas de bon, c'est fou.
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Sous son leadership, le clan adopte une organisation paramilitaire
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plus cohérente avec une codification de ses buts,
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notamment le maintien de la suprématie blanche,
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bien que cette organisation reste largement décentralisée.
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Richard R. Reed se consacre aux symboles et aux codes de l'organisation,
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inspirés par les sociétés secrÚtes européennes et les rites francs-maçons.
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Il invente des signes, des symboles, des emblĂšmes, des serments.
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Ces symboles donnent au clan une aura mystique
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qui fascine ses membres et terrorise ses victimes.
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Ăa va jouer un rĂŽle aussi dans le recrutement.
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Quand ça a l'air d'ĂȘtre une force mystique, Ă©litiste et autre,
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un petit caractĂšre sectaire, on dirait, au mĂȘme religieux.
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On est encore dans une Amérique trÚs religieuse.
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La religion mÚne le monde à cette époque-là .
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Ăa va jouer un grand rĂŽle dans le recrutement.
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Les gens vont ĂȘtre attirĂ©s par cette aura autour du clan.
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On retrouve aussi un certain John B. Kennedy,
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qui ne semble pas lié à la dynastie de John F. Kennedy et les autres.
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Lui, il se charge de l'expansion.
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Il identifie les hommes blancs partageant le ressentiment sudiste
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et les recrute, transformant la ville de Pulaski et ses environs
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en un réseau structuré.
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Chaque quartier et chaque village abritant des membres prĂȘts Ă agir.
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On retrouve aussi un certain John C. Lester,
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qui est charismatique, trÚs théùtral.
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Lui, il supervise les cérémonies secrÚtes.
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Il comprend que la peur et le mystĂšre peuvent ĂȘtre aussi efficaces que les arbres.
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Sous sa direction, les rituels nocturnes prennent une dimension presque religieuse.
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Les robes blanches, les cagoules pointues et les feux de cérémonie
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créent un spectacle renforçant la loyauté des membres
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et accentuant la terreur parmi les populations afro-américaines.
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Parce que leur but, Ă quelque part, c'est d'ĂȘtre visible, c'est de faire peur.
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Exact, exact.
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On retrouve aussi James R. Crowe,
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qui, lui, exploite ses contacts dans les campagnes pour recruter de nouveaux membres.
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Il connaĂźt chaque famille dans la ville, chaque fermier et chaque artisan
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dans tous les comtés voisins.
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Donc, grùce à lui, le clan s'étend rapidement, invisible mais omniprésent.
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Tous ces hommes partagent un ressentiment viscéral
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face à la défaite du Sud et à l'abolition de l'esclavage.
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Salut les gosses, lĂ .
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Oui, oui, viscéral, oui, c'est ça.
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Pour eux, le monde a basculé.
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Des millions d'afro-américains jouissent désormais de droits civiques,
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tandis que les Blancs se sentent menacés dans leur autorité traditionnelle.
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Leur expĂ©rience militaire et sociale se mĂȘle Ă une idĂ©ologie raciste.
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Chaque rituel, symbole et acte de violence
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sert Ă restaurer un ordre qu'ils croient avoir perdu pour toujours.
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Puis là , évidemment, dans l'épisode d'aujourd'hui,
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quand mĂȘme un petit trigger warning, on va parler quand mĂȘme de haine et de racisme.
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Faites-vous en pas, on n'endosse aucunement ces propos-lĂ .
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On n'a pas le choix de dire certains mots et autres,
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mais c'est un épisode qui peut vous mettre en crise.
[17:47]
Ah, oui, mais...
[17:48]
Comme nous, d'accord.
[17:49]
Oui, exact.
[17:50]
Puis mĂȘme, on parlait de l'esclavage,
[17:52]
mais la traite humaine existe encore aujourd'hui.
[17:54]
Ah, faut qu'on oublie.
[17:55]
J'aurais fermé cette parenthÚse.
[17:57]
Oui, il y a des combats de gagniers, mais il en reste d'autres.
[17:59]
Oui, oui, exact.
[18:01]
LĂ , on va vous parler un peu des costumes.
[18:02]
Les robes blanches et les cagoules pointues des membres
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répondent à une double fonction.
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C'est masquer l'identité des participants pour éviter toute répression,
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mais aussi instaurer un spectacle terrifiant
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destiné à paralyser psychologiquement les populations afro-américaines.
[18:18]
La croix enflammée, symbole emblématique,
[18:21]
est utilisée pour frapper les esprits
[18:22]
en évoquant une purification par le feu
[18:25]
qui est une méthode d'intimidation collective.
[18:28]
Il faut dire que les symboles sont effectivement trĂšs puissants,
[18:31]
car encore aujourd'hui,
[18:33]
lorsqu'on prononce que quelqu'un prononce le coup Klux Klan,
[18:36]
mais la premiĂšre image qui nous vient en tĂȘte,
[18:38]
eh bien, ce sont les cagoules blanches pointues et les croix en feu.
[18:41]
Carrément.
[18:41]
C'est vrai, ça s'est vraiment cristallisé dans nos esprits.
[18:45]
Et le contexte historique est crucial
[18:47]
pour bien comprendre l'ascension du Klan.
[18:50]
Le combo du Sud en ruine que nous avons abordé plus tÎt,
[18:54]
les plantations détruites, les villes effondrées,
[18:56]
les pertes humaines massives
[18:58]
et les afro-américains qui accÚdent aux droits de vote
[19:01]
et participent Ă la vie politique,
[19:02]
tout cela engendre peur, confusion et ressentiment
[19:06]
parmi la population blanche.
[19:08]
Le Klan apparaĂźt alors comme une solution
[19:10]
pour ceux qui refusent de s'adapter à ce monde transformé.
[19:14]
DÚs le début,
[19:15]
le Klan adopte une structure hiérarchique
[19:17]
inspirée encore une fois de la franc-maçonnerie,
[19:20]
mĂȘlant ordre militaire et symbolisme Ă©sotĂ©rique.
[19:24]
Les titres sont soigneusement choisis.
[19:27]
Le Grand Wizard, comme on vous disait,
[19:29]
dirige l'organisation Les Grands Dragons,
[19:32]
supervise les Ătats.
[19:33]
Les Titans gĂšrent les districts
[19:36]
et les Cyclopes commandent les chapitres locaux.
[19:40]
Ils sont vraiment inspirés par la mythologie.
[19:43]
Oui, moi j'avais l'impression d'ĂȘtre dans Game of Thrones,
[19:45]
dans le sens oĂč je trouvais ça drĂŽle avec les noms.
[19:48]
Et chaque titre renforce la discipline,
[19:50]
le sentiment d'élite
[19:51]
et donne un cadre pour la violence et l'intimidation.
[19:55]
La peur et l'anonymat sont les bases essentielles.
[19:58]
Les membres portent toujours les fameuses robes blanches
[20:01]
et les cagoules pointues.
[20:02]
La croix enflammée reste un symbole central,
[20:05]
tout ça ayant pour but de frapper psychologiquement les communautés.
[20:09]
La violence est méthodique.
[20:11]
Linchage, assassinat, incendie, intimidation,
[20:14]
chaque action est planifiée pour maximiser la peur
[20:17]
et contrĂŽler la population.
[20:19]
On se transporte maintenant Seb quelques années plus tard,
[20:22]
en 1868.
[20:24]
Un certain Edward W. Scott,
[20:27]
un afro-américain engagé politiquement en Caroline du Sud
[20:30]
est enlevé, torturé et lynché.
[20:33]
Son corps est exposé sur la place publique.
[20:36]
Afin d'envoyer un message clair,
[20:38]
la participation politique des Noirs ne sera pas tolérée.
[20:42]
C'est un des premiers actes marquants de leurs activités violentes.
[20:48]
En 1870 maintenant,
[20:50]
plusieurs fermes afro-américaines à Colton County sont incendiées,
[20:55]
détruisant récoltes, outils et maisons,
[20:57]
plongeant les familles dans la misĂšre
[20:59]
et brisant l'économie locale.
[21:01]
Parce qu'il y a beaucoup de familles,
[21:03]
une fois que ces esclaves-lĂ sont devenus libres,
[21:07]
il y en a beaucoup qui sont partis sur des terres agricoles
[21:09]
ou qui ont fondé leurs terres agricoles.
[21:12]
Ă quelque part, il y avait quand mĂȘme une petite expertise.
[21:14]
Et ça, c'était trÚs mal vu de leur cÎté à eux.
[21:17]
C'est comme si tu enlevais,
[21:20]
tu leur enlevais leurs mains d'oeuvre gratuites
[21:22]
puis que là , en plus, il allait te compétitionner
[21:24]
en allant créer des terres agricoles et autres.
[21:27]
Donc ça, tu avais des vagues de fermes incendiées
[21:31]
puis de terres agricoles brûlées, tout ça.
[21:34]
Vraiment dégueulasse pour mettre les familles dans la misÚre.
[21:37]
Dans le comté de Robson, en Caroline du Nord,
[21:41]
des écoles pour enfants noirs sont menacées ou détruites.
[21:44]
Le clan comprend que privés,
[21:46]
les afro-américains d'éducation
[21:47]
maintiennent leur dépendance.
[21:49]
Effectivement, c'est une tactique de guerre
[21:52]
qui date de millénaire.
[21:55]
Oui, oui, exact, de réduire ton peuple.
[21:57]
En fait, ils sont le moins éduqué possible pour les contrÎler.
[22:00]
En 1871 maintenant, le révérend Amos Cooper,
[22:04]
pasteur militant pour le suffrage noir,
[22:06]
est assassiné dans le Tennessee.
[22:08]
Son élimination n'est pas un crime individuel,
[22:11]
mais un avertissement.
[22:12]
Tout leadership noir ou engagement politique
[22:15]
peut ĂȘtre puni de mort.
[22:17]
Donc ça commence le terrorisme interne.
[22:20]
Lors des élections de 1868 en Louisiane,
[22:22]
le clan organise des patrouilles
[22:24]
pour intimider les électeurs noirs
[22:26]
et escorter les électeurs blancs favorables.
[22:29]
L'objectif est clair,
[22:31]
garantir la domination politique des blancs par la peur.
[22:34]
Cette violence systématique
[22:35]
transforme le clan en véritable force paramilitaire.
[22:39]
Chaque attaque a un but précis.
[22:40]
Chaque nuit, des patrouilles visent Ă sommer
[22:43]
le maximum de terreur.
[22:44]
L'effet psychologique surpasse souvent la violence physique.
[22:47]
Les populations sont isolées et désarmées.
[22:50]
Elles se retrouvent paralysées,
[22:51]
incapables de revendiquer leurs droits.
[22:54]
Ăa n'a pas de bon sens qu'Ă l'Ă©poque, les autoritĂ©s...
[22:57]
Je comprends que ça ne devait pas ĂȘtre les mĂȘmes structures
[22:59]
de police et tout ça,
[23:01]
mais laisser aller ça d'une certaine façon.
[23:04]
Parce qu'imagine aujourd'hui
[23:05]
qu'il y aurait ce genre de propagande la nuit
[23:08]
oĂč c'est sĂ»r qu'on couperait,
[23:10]
je veux dire, il y aurait plus de surveillance.
[23:12]
Ăa, c'est une autre Ă©poque,
[23:13]
mais j'ai l'impression qu'il y avait
[23:15]
un certain laisser aller aussi des autorités,
[23:18]
sûrement par idéologie aussi.
[23:20]
Je vais y arriver tranquillement,
[23:22]
mais c'est sûr qu'on n'avait pas
[23:23]
l'organisation policiĂšre qu'on a maintenant.
[23:26]
Je pense que c'était beaucoup plus
[23:29]
Ă la va comme je te pousse.
[23:31]
Je pense qu'ils se gardaient une petite gĂȘne
[23:33]
avant d'intervenir auprĂšs de gens aussi influents
[23:35]
que les gens dont on a parlé,
[23:37]
qui sont plus influents que bien
[23:39]
les membres des autorités finalement.
[23:41]
Mais quand mĂȘme, en 70-71, 1870-71,
[23:46]
le gouvernement fĂ©dĂ©ral intervient quand mĂȘme
[23:48]
avec le Ku Klux Klan Act,
[23:52]
permettant l'arrestation et la poursuite des membres
[23:55]
pour complots visant Ă violer les droits civiques.
[23:57]
Parce qu'évidemment, là , l'esclavage est terminé.
[24:01]
On n'a pas plus le droit de tuer des Afro-Américains.
[24:05]
Il faut se calmer un peu.
[24:06]
Donc, ils vont mettre des lois en place.
[24:09]
Et les troupes fédérales sont déployées
[24:11]
dans certains Ătats,
[24:12]
et plusieurs dirigeants du clan
[24:13]
sont jugés et emprisonnés.
[24:15]
Donc, il va y avoir des conséquences.
[24:17]
Il va y avoir des gens arrĂȘtĂ©s.
[24:18]
Mais la résistance locale,
[24:20]
la complicité des jurys blancs
[24:22]
et l'influence des shérifs
[24:23]
limitent l'efficacité de la loi.
[24:26]
Ă la fin de la reconstruction, en 1877,
[24:30]
il y aura un retrait des troupes fédérales.
[24:33]
Et les lois, il y a une loi qui s'appelle Jim Crow,
[24:35]
les différentes lois sous le nom de Jim Crow
[24:38]
permettent aux Blancs de maintenir leur suprématie
[24:42]
par la loi,
[24:43]
plutĂŽt que par la terreur visible.
[24:45]
Et l'idéologie raciste du clan
[24:47]
perdure à travers ses structures légales
[24:49]
et l'ordre social imposé.
[24:51]
Donc là , il y a eu des lois qui ont été imposées.
[24:55]
Je ne sais pas si c'était pour calmer le jeu un peu,
[24:57]
mais les Afro-Américains
[24:59]
demeuraient quand mĂȘme des citoyens de second ordre.
[25:02]
Oui, exact, exact.
[25:04]
Et dans les Ătats du Sud, entre autres,
[25:07]
ces lois-lĂ vont ĂȘtre actives pendant prĂšs de 100 ans,
[25:10]
de 1877 Ă 1964,
[25:13]
qui imposait la ségrégation raciale légale
[25:16]
entre les Blancs et les Afro-Américains.
[25:18]
Donc ces lois-lĂ interdisent aux Noirs et aux Blancs
[25:21]
de partager les mĂȘmes espaces publics,
[25:24]
comme les écoles, les transports, les hÎpitaux,
[25:26]
les restaurants et mĂȘme les toilettes,
[25:28]
sous le principe qu'ils sont séparés, mais égaux.
[25:32]
C'est drĂŽle un peu, lĂ .
[25:33]
C'est tellement bizarre.
[25:34]
Pas trÚs, trÚs égaux, finalement.
[25:36]
Puis tu sais, ça va se voir,
[25:37]
il y a des villes oĂč les Blancs n'oseront pas
[25:40]
traverser une rue
[25:41]
puis les disverser pour les Noirs,
[25:43]
parce que là , c'est considéré...
[25:46]
Tu traverses une ligne, lĂ , Ă quelque part.
[25:49]
Exactement.
[25:50]
Donc ça ne sera pas forcément mieux.
[25:52]
Au moins, il n'y aura plus d'esclavage,
[25:54]
mais il va y avoir une autre forme de contrĂŽle
[25:57]
et de manipulation Ă quelque part
[25:59]
qui n'est pas beaucoup plus saine.
[26:00]
Non.
[26:01]
Mais en réalité, les installations
[26:03]
pour les Afro-Américains étaient toujours inférieures
[26:05]
Ă celles des Blancs.
[26:07]
Ces lois visaient Ă maintenir la domination blanche
[26:10]
en limitant les droits civiques des Noirs,
[26:12]
notamment leurs droits de vote, évidemment,
[26:14]
malgré les protections constitutionnelles
[26:17]
obtenues aprÚs la guerre de sécession.
[26:18]
Donc ça, ça n'a pas été respecté.
[26:20]
Elles ont Ă©tĂ© officialisĂ©es par la Cour suprĂȘme en 1896
[26:24]
et abrogées progressivement dans les années 1960
[26:27]
avec le mouvement des droits civiques
[26:30]
et les lois fédérales anti-ségrégation.
[26:32]
Donc, tu sais, on comprend un peu
[26:35]
qu'il y a encore des tensions
[26:37]
parce qu'avec tout ce que
[26:39]
tout ce que les Afro-Américains ont vécu
[26:40]
aux Ătats-Unis, mon Dieu,
[26:42]
pendant plus de centaines d'années,
[26:44]
quelque part, on comprend qu'il y a eu des tensions
[26:48]
dans certaines villes, dans certaines communautés.
[26:50]
C'est tellement décourageant.
[26:52]
Puis 1960, encore une fois,
[26:56]
c'est tellement pas loin,
[26:57]
mĂȘme si dans ces annĂ©es-lĂ que le droit de vote
[26:59]
pour les femmes est apparu aussi.
[27:01]
Donc on dirait que tout ça,
[27:02]
c'est un peu empilé un aprÚs l'autre.
[27:05]
Toutes ces inégalités-là ont été un peu résorbées.
[27:08]
Et bon, lĂ , on va reculer.
[27:09]
En fait, on va se projeter un peu dans le temps.
[27:12]
En 1915, parce que lĂ , le clan a eu
[27:15]
quand mĂȘme une petite descente
[27:17]
suite Ă toutes ces lois-lĂ .
[27:19]
Mais en 1915, la projection du film
[27:21]
Naissance d'une Nation,
[27:23]
qui s'appelait The Birth of a Nation,
[27:26]
joue un rĂŽle crucial
[27:27]
dans la renaissance du Ku Klux Klan.
[27:29]
Ce film muet, monumentale,
[27:32]
réalisé par DW Griffith,
[27:34]
est une adaptation d'une piÚce de théùtre raciste
[27:36]
de Klansmen, qui dépeint le clan,
[27:40]
non pas comme un groupe terroriste,
[27:41]
mais comme un héros salvateur du Sud,
[27:44]
vaincu au lendemain de la guerre de sécession.
[27:47]
Et par cette représentation,
[27:48]
ils légitimisent non seulement
[27:50]
les actions violentes des premiers membres du clan,
[27:52]
mais glorifient également leur rÎle
[27:54]
supposé de justicier,
[27:57]
protégeant l'ordre blanc
[27:58]
et rétablissant en fait la paix
[28:01]
Ă travers la violence.
[28:03]
Et on voit, la pochette, lĂ , on voit,
[28:05]
les chevaux aussi, à l'époque,
[28:06]
ils leur mettaient des sortes de cagoules
[28:10]
et d'habits aussi blancs.
[28:12]
Les chevaux ont l'air d'ĂȘtre des membres du Ku Klux Klan.
[28:15]
C'est un film que j'ai étudié
[28:17]
dans mes cours de cinéma.
[28:18]
C'est ce que j'allais te demander.
[28:19]
The Birth of a Nation, ouais, exact.
[28:20]
Puis je pense qu'à cette époque-là ,
[28:23]
t'avais quand mĂȘme un clivage,
[28:25]
évidemment, le réalisateur, DW Griffith,
[28:27]
on est dans un monde plus d'artistes et autres.
[28:29]
Je pense qu'il n'y avait pas tout Ă fait,
[28:32]
bien, je ne veux pas rien excuser,
[28:34]
mais c'est quand mĂȘme un film qui a eu,
[28:35]
parce que ça a eu Ă©normĂ©ment de succĂšs aux Ătats-Unis.
[28:38]
Je pense qu'il jouait avec l'image du Klan,
[28:40]
mais que ça a mal été interprété, là .
[28:42]
Oui, oui, oui.
[28:43]
Justement, un peu comme si c'était des chevaliers sauveurs,
[28:46]
mais bref, c'était tout le contraire.
[28:48]
Oui, parce que lui, dans le fond,
[28:49]
est-ce qu'il voulait faire une ironie de ça?
[28:51]
Puis finalement, ça a été instrumentalisé par le Klan,
[28:53]
t'sais, est-ce que c'est un peu ça?
[28:56]
Peut-ĂȘtre t'as pas la rĂ©ponse, mais...
[28:57]
Oui, c'est pas trop clair de son intention Ă la base,
[29:01]
mais c'est un film qui a mal vieilli.
[29:03]
Oui, oui.
[29:04]
Oui, on dirait que je serais curieux de le voir par curiosité,
[29:07]
mais oui.
[29:08]
Et Ă sa sortie,
[29:09]
Naissance d'une Nation connaĂźt un immense succĂšs,
[29:12]
attirant des millions de spectateurs aux Ătats-Unis.
[29:15]
Il devient rapidement un phénomÚne culturel national.
[29:18]
Partout, des produits dérivés sont vendus,
[29:21]
comme des chapeaux, des tabliers Ă l'effigie du Klan.
[29:23]
Il y a mĂȘme des soirĂ©es Ă thĂšme du Klan, lĂ .
[29:26]
Ils sont organisés dans les universités et les grandes villes.
[29:30]
Ah, mon Dieu, quand ça atteint les universités,
[29:31]
ça fait encore plus peur au niveau de l'andoctrinement.
[29:36]
Et par exemple, lors de l'Halloween Ă Chicago,
[29:38]
Ah non.
[29:39]
il y a des milliers de jeunes qui portaient des robes blanches
[29:42]
réunies sur la protection du Klan.
[29:45]
Cette popularité ouvre la voie à un regain d'adhésion
[29:47]
envers l'organisation, notamment auprĂšs de William Joseph Simmons,
[29:52]
qui est un prédicateur méthodiste de Géorgie,
[29:56]
qui s'en inspire pour rallumer la flamme du Klan,
[29:59]
justement au sommet du Stone Mountain,
[30:03]
qui est un symbole qui est devenu sacré pour les membres.
[30:06]
Cependant, le film suscite aussi une violente controverse.
[30:10]
Le National Association for the Advancement of Colored People,
[30:14]
le NAACP, formé quelques années plus tÎt pour défendre
[30:18]
les droits des Afro-Américains,
[30:20]
mĂšne une campagne de boycott national,
[30:23]
dénonçant la propagande raciste du film
[30:25]
et apportant la preuve de ses falsifications historiques.
[30:30]
La protestation est forte, particuliĂšrement dans les grandes villes
[30:33]
oĂč des manifestations dĂ©gĂ©nĂšrent parfois en Ă©meutes,
[30:36]
comme au Tremont Theatre de Boston.
[30:39]
Dans plusieurs états comme à New York,
[30:41]
le Royaume ou le Massachusetts,
[30:43]
la projection du film est interdite.
[30:45]
Au moins, tu vois que New York,
[30:47]
j'ai toujours trouvé que ça a toujours été un état de plus gauche.
[30:49]
Plus progressiste un peu.
[30:50]
Exact, tu vois que mĂȘme Ă cette Ă©poque-lĂ .
[30:53]
Et pourtant, malgré ces résistances,
[30:55]
le film joue un rÎle majeur dans la diffusion des idées suprémacistes
[30:59]
et plusieurs historiens et historiennes contemporains l'ont pointé du doigt
[31:03]
comme ayant provoqué une recrudescence des lynchages
[31:06]
et des violences raciales dans les années qui suivent.
[31:09]
Et l'impact du film ne se limite pas Ă attirer de nouveaux membres au clan.
[31:13]
Il façonne durablement l'imaginaire américain,
[31:16]
inscrivant dans la culture populaire
[31:18]
une représentation fausse et raciste.
[31:21]
Les Afro-Américains sont dépeints en ennemis menaçants,
[31:23]
les femmes blanches comme des victimes à protéger
[31:27]
et les Blancs du Sud comme les héros d'une croisade raciale nécessaire.
[31:32]
MĂȘme dans la sphĂšre française,
[31:34]
la diffusion du film est bloquée en raison de ses effets potentiels
[31:37]
sur le moral des troupes coloniales noires
[31:39]
qui sont engagées durant la PremiÚre Guerre mondiale aussi.
[31:44]
Une drĂŽle de raison pour incoter le film.
[31:46]
Oui, oui, c'est ça, on se ramÚne à l'époque, mais t'as raison.
[31:50]
Ce puissant outil audiovisuel a agi carrément comme un ciment idéologique
[31:55]
qui unit un grand nombre de blĂąmes et contents
[31:58]
face au bouleversement de la reconstruction,
[32:01]
le tout en glorifiant la violence et l'intimidation,
[32:04]
la rendant acceptable, voire mĂȘme nĂ©cessaire.
[32:07]
Il donne au clan une nouvelle légitimité apparente,
[32:10]
renforcée par la mise en scÚne impressionnante.
[32:13]
C'est ce double effet d'engagement massif
[32:15]
et de consolidation idéologique
[32:17]
qui explique que dans la décennie qui suit la sortie du film,
[32:20]
eh bien le camp connaßt une resurgence sans précédent,
[32:24]
passant d'une petite société secrÚte locale
[32:26]
en un mouvement national pouvant compter des millions de membres.
[32:32]
C'est fou quand mĂȘme comme ce film hollywoodien-lĂ
[32:35]
a joué un rÎle dans la croissance du clan, c'est crazy.
[32:41]
L'année 1915 marque décidément un tournant.
[32:44]
L'Amérique entre dans le siÚcle industriel,
[32:47]
les villes grandissent, les usines tournent à plein régime
[32:50]
et des foules de migrants venus d'Italie, d'Irlande, de Pologne et d'Europe de l'Est
[32:54]
s'entassent dans les quartiers populaires des villes américaines.
[32:58]
Pour une partie de la population blanche protestante,
[33:01]
ce monde qui change trop vite suscita un vertige.
[33:05]
La peur de perdre son identitĂ©, ses privilĂšges, mĂȘme son pays.
[33:09]
C'est dans ce mélange de fascination et d'angoisse
[33:12]
qu'un prédicateur méthodiste dont nous avons parlé un peu plus tÎt en Georgie,
[33:15]
William Joseph Simmons va rallumer une flamme qu'on croyait éteinte.
[33:21]
Simmons, suite à un accident de voiture en 1915, décide de recréer le clan,
[33:26]
fortement inspiré par le film dont nous venons de parler,
[33:29]
The Birth of a Nation, mais aussi par des romans à thématiques racistes.
[33:33]
Simmons est également influencé par le lynchage trÚs médiatisé de Léo Frank,
[33:38]
qui est un juif accusé à tort, qui alimente l'angoisse antisémite
[33:42]
et sert de catalyseur Ă la renaissance du clan.
[33:45]
Vous irez googler ça si vous voulez en savoir plus sur cet incident de Léo Frank.
[33:50]
Simmons n'agit pas dans le vide.
[33:52]
Au cinéma, Naissance d'une Nation continue de bouleverser les spectateurs américains.
[33:57]
En sortant de la salle, Simmons voit dans cette fiction une révélation.
[34:02]
Le clan, pense-t-il, peut renaĂźtre de ses cendres du Vieux Sud
[34:06]
et devenir le pilier moral d'une Amérique menacée.
[34:09]
Simmons utilise donc un exemplaire prescrit du clan de la reconstruction
[34:14]
pour élaborer les rituels, la hiérarchie et la doctrine de cette nouvelle organisation suprémaciste blanche.
[34:21]
Quelques mois plus tard, le 26 octobre 1915,
[34:24]
il réunit 15 hommes sur les pentes de Stone Mountain, en Géorgie.
[34:29]
La nuit est lourde et sans lune.
[34:31]
Le vent siffle entre les pins et, dans l'obscurité, une croix sans flamme.
[34:36]
Son halo vacillant, projetant sur les visages une lumiÚre à la fois sacrée et inquiétante.
[34:41]
Dans ce rituel secret, quelque chose d'ancien reprend vie.
[34:45]
Le feu devient un spectacle de pouvoir et de mystĂšre,
[34:49]
le symbole inaugural d'un mouvement qui va s'étendre à tout le pays.
[34:53]
La croix enflammée et les traditions écossaises deviennent le rituel emblématique d'unité
[34:58]
et de menaces psychologiques pour la renaissance du clan.
[35:03]
Cette nouvelle, comment dire, mouture du Ku Klux Klan
[35:07]
ne se contente pas d'imiter son ancĂȘtre du 19e siĂšcle.
[35:11]
Il s'organise comme une institution moderne, réglée, hiérarchisée.
[35:16]
Simmons se couronne lui-mĂȘme comme le Imperial Wizard, le Sorcier ImpĂ©rial,
[35:21]
chef suprĂȘme de cette organisation.
[35:23]
Sous lui, il y a des Grand Dragons, des grands dragons comme on le disait tout Ă l'heure,
[35:27]
Seb qui dirige des Ătats, des grands Titans qui coordonnent les rĂ©gions
[35:31]
et tout en bas, les Cyclopes qui mĂšnent les chapitres locaux.
[35:35]
Un peu comme les groupes de motards criminalisés.
[35:38]
Exactement, c'est ce que j'ai pensé.
[35:39]
Chaque grade, chaque titre, chaque robe blanche cousue Ă la main
[35:43]
scelle un sentiment d'appartenance exclusive et puissante.
[35:48]
Cette incarnation du clan vise désormais non seulement les Afro-Américains,
[35:52]
mais aussi les immigrants catholiques et juifs venus d'Europe
[35:55]
et de l'Europe du Sud et de l'Europe de l'Est,
[35:59]
ainsi que les syndicalistes et mĂȘme les fĂ©ministes.
[36:01]
C'est des woke.
[36:02]
Oui, tous perçus comme des menaces à la culture anglo-saxonne protestante.
[36:06]
C'est vrai, c'est un peu comme les premiers anti-wokes.
[36:09]
C'est vraiment ça.
[36:10]
Donc lĂ maintenant, c'est plus juste une frustration par rapport Ă l'esclavage
[36:14]
parce que lĂ , on est presque 100 ans plus tard.
[36:17]
LĂ , c'est vraiment, on ne veut pas perdre nos privilĂšges blancs
[36:20]
puis on va tout faire pour.
[36:22]
Donc tout le monde qui menace Ă quelque part ces privilĂšges-lĂ
[36:26]
deviennent nos ennemis.
[36:28]
Et Simmons qu'on fit aussi la communication,
[36:31]
le département de communication à Edward Young Clark
[36:34]
et Mary Elizabeth Tyler.
[36:37]
Il y a une femme lĂ -dedans avec qui il forme un triumvirate,
[36:41]
donc un trio de dirigeants et qui organise des campagnes publicitaires
[36:45]
et des événements visant à maximiser les adhésions.
[36:48]
Donc lĂ , le clan va connaĂźtre sa deuxiĂšme vague
[36:52]
qui est propulsée un peu par l'Úre industrielle.
[36:55]
Puis lĂ , tu vas voir, Emile, le clan de 1915
[36:57]
ne se limite pas Ă un cercle d'inici.
[36:59]
Il veut conquérir tout le pays et Simmons met alors en place
[37:03]
une redoutable machine de recrutement.
[37:06]
Il engage des agents itinérants qui appellent les Klee goals avec un K.
[37:10]
Ils sont payés à la commission pour vendre l'adhésion comme un produit.
[37:14]
Chaque inscription devient une transaction mĂȘlant foi, prestige et profit.
[37:18]
Les recruteurs gardent jusqu'à 4 dollars sur 10 versés par les nouveaux membres,
[37:23]
donc 40% quand mĂȘme,
[37:25]
tandis que le reste alimente la hiérarchie nationale
[37:28]
qui est un systĂšme pyramidal dans le fond
[37:30]
qui est inspiré du marketing à plusieurs niveaux.
[37:32]
Les fameux M.L.M., M.L.M., M.L.M., oui, merci,
[37:36]
qui accélÚrent la croissance du mouvement.
[37:39]
Et le recrutement vise aussi des groupes organisés,
[37:42]
des loges fraternelles, des églises protestantes
[37:44]
pour encourager les adhésions collectives
[37:46]
et nourrir un sentiment d'unité communautaire.
[37:49]
Et dans une AmĂ©rique en quĂȘte d'identitĂ©,
[37:52]
et bien le discours séduit.
[37:53]
Rejoindre l'ordre, c'est défendre sa race,
[37:56]
sa religion, son pays.
[37:57]
Ce culte, l'exclusivité,
[38:00]
rappelle les communautés suprémacistes en ligne
[38:02]
qui promettent aujourd'hui fraternité
[38:04]
et sens Ă leurs adeptes.
[38:06]
Oui, à quelque part, c'était des piliers des M.L.M.
[38:08]
puis de ce genre de recrutement-lĂ
[38:10]
puis évidemment de toutes les communautés en ligne.
[38:14]
Oui, exact.
[38:15]
Ils renforcent aussi leur respectabilité
[38:18]
avec des événements sociaux, des pique-niques,
[38:20]
des défilés, des cérémonies publiques,
[38:22]
souvent bénis par des pasteurs affiliés au groupe.
[38:25]
Cette façade morale,
[38:27]
eh bien, ça masque une violence persistante.
[38:30]
Au début des années 20,
[38:31]
les adhésions explosent,
[38:33]
atteignant prĂšs d'un million de membres.
[38:35]
Mais les scandales,
[38:36]
des tournements de fonds,
[38:37]
affaires sexuelles,
[38:39]
violence incontrÎlée,
[38:40]
ternissent vite quand mĂȘme l'image du clan.
[38:43]
Et l'affaire Joseph Shoemaker,
[38:46]
battue Ă mort par des policiers membres du groupe en 1921,
[38:49]
eh bien, choque l'opinion.
[38:51]
Sous la pression,
[38:52]
Simmons cĂšde la direction Ă Hiram Wesley Evans,
[38:57]
un dentiste texan qui tente de canaliser,
[39:00]
au lieu de faire des traitements de canal,
[39:02]
le mouvement vers une influence politique
[39:05]
plus respectable en guillemets.
[39:08]
Oui, et puis c'est lĂ qu'on voit qu'il y a des policiers
[39:11]
dans le Ku Klux Klan, il y a des prĂȘtres,
[39:13]
il y a des membres vraiment de l'élite,
[39:15]
comme si Dieu endossait ça quelque part.
[39:18]
Donc, c'est troublant un peu
[39:20]
de voir leur capacité de recrutement à ce moment-là .
[39:24]
Le clan, c'est depuis ses débuts
[39:25]
que le pouvoir passe par le spectacle,
[39:27]
encore aujourd'hui.
[39:29]
Les feux de croix allumés sur les collines,
[39:31]
les parades de nuit,
[39:33]
les discours exaltés devant des foules en robes blanches,
[39:36]
tout est mis en scĂšne avec minutie.
[39:39]
Ces cérémonies grandioses fascinent autant qu'elles effraient.
[39:42]
Aux yeux des sympathisants,
[39:43]
elles symbolisent puissance et unité.
[39:46]
Pour les communautés visées, par contre,
[39:48]
elles incarnent la terreur absolue.
[39:50]
La croix enflammée, symbole centrale,
[39:53]
est utilisée comme un spectacle de pouvoir,
[39:55]
un rituel destiné à terroriser les populations noires
[39:58]
et asseoir l'autorité du clan.
[40:00]
Les parades du clan qui sont souvent nocturnes
[40:03]
mĂȘlent musique, symbole religieux et dĂ©monstration de force,
[40:07]
créant un événement anxiogÚne,
[40:09]
mais aussi mobilisateur pour ses membres,
[40:11]
plusieurs curieux aussi.
[40:13]
Ces rassemblements se voulaient des démonstrations de contrÎle
[40:16]
ainsi qu'une affirmation publique de la supériorité raciale des membres.
[40:21]
Ce goût du rituel et de l'image annonce déjà une Úre à venir,
[40:25]
celle oĂč la propagande se fera en vidĂ©o,
[40:28]
mĂȘme en mime et en slogans viraux,
[40:30]
si on se projette des décennies en avance.
[40:33]
Comme les spectaculaires rassemblements du clan,
[40:35]
les campagnes en ligne d'aujourd'hui
[40:37]
transforment la haine en spectacle de masse
[40:39]
oĂč l'Ă©motion prĂ©cĂšde toujours la rĂ©flexion.
[40:42]
On va parler un peu de propagande et des médias,
[40:44]
on est bien avant l'Internet évidemment,
[40:47]
mais déjà à ce moment-là , le clan comprend le pouvoir des médias.
[40:51]
Dans les années 1920, il se dote de ses propres journaux,
[40:55]
des tracts, des brochures qui circulent un petit peu partout.
[40:58]
Son message est simple, presque publicitaire,
[41:00]
nous sommes les défenseurs du protestantisme,
[41:03]
de la pureté raciale et des valeurs américaines.
[41:06]
Le ton qui est direct et répétitif
[41:09]
frappe l'imaginaire d'une population bouleversée
[41:11]
par l'urbanisation et l'immigration.
[41:14]
Pour maximiser son influence,
[41:16]
le clan utilise aussi des campagnes publicitaires ciblées,
[41:19]
notamment dans les journaux locaux et les affiches,
[41:22]
ainsi que dans des spots, c'est le début de la radio,
[41:26]
donc on va avoir des spots radiophoniques
[41:28]
Ă mesure que la radio devient populaire.
[41:30]
La Southern Publicity Association,
[41:33]
fondée par des propagandistes professionnels,
[41:35]
joue un rÎle déterminant dans l'organisation médiatique du clan,
[41:40]
supervisant la production et la diffusion des contenus haineux
[41:43]
destinés à rallier les masses.
[41:45]
Ils vont exploiter aussi la presse sensationnaliste
[41:48]
qui relaie les actes de violence
[41:50]
en leur donnant une couverture nationale,
[41:52]
contribuant à renforcer sa notoriété
[41:55]
et à faire passer son idéologie.
[41:57]
Donc, il y avait un gros shock value
[42:00]
dans leur systÚme de communication et de publicité.
[42:04]
Il y avait des panneaux sur le bord des routes, c'est crazy.
[42:06]
C'est fou, il y en a un justement qui est dans le document,
[42:10]
« You are in the heart of clan country.
[42:13]
Welcome to North Carolina,
[42:15]
John, the united clans of America. »
[42:18]
Oui, et c'est décrit en dessous,
[42:19]
« Help, fight, integration and communism. »
[42:22]
Communism, oui.
[42:23]
« Combatte l'intégration. »
[42:25]
Ah, c'est incroyable.
[42:27]
Et cette stratĂ©gie-lĂ , c'est l'ancĂȘtre
[42:29]
des mécanismes numériques contemporains
[42:31]
qui est de multiplier les canaux,
[42:33]
simplifier le message, frapper les Ă©motions avant mĂȘme la raison,
[42:38]
puis ils vont ĂȘtre assez bons lĂ -dedans.
[42:39]
LĂ oĂč les Kligels distribuent des tracts,
[42:42]
les recruteurs modernes diffusent des vidéos sur Telegram par exemple.
[42:46]
La mĂȘme logique, juste des nouveaux outils.
[42:49]
Par ailleurs, le clan adapte ses discours
[42:51]
selon les stades de radicalisation,
[42:53]
diffusant d'abord des idées paternalistes et raciales
[42:56]
légitimées par une rhétorique de protection des valeurs américaines
[42:59]
avant de glisser vers des appels Ă la violence implicite ou explicite.
[43:04]
La presse critique finit par se mobiliser contre l'organisation
[43:08]
Ă travers des enquĂȘtes journalistiques
[43:10]
exposant violence et corruption,
[43:12]
contribuant à son déclin au fil des années 1920 et 1930.
[43:16]
Donc c'est là qu'il va y avoir un petit déclin du cul excellent.
[43:20]
Parce qu'au moins, il y a un aspect qu'il faut se rassurer.
[43:23]
Il y a quand mĂȘme une grosse partie de la population
[43:25]
qui ne sont pas en accord avec eux.
[43:27]
Dans le sens qu'il y a eu une certaine pression publique aussi
[43:32]
qui a amené à leur fin aussi.
[43:35]
Heureusement, ça me rassure que ça n'a pas touché tout le monde.
[43:38]
Et au fil des années, le clan élargit la liste de ses ennemis.
[43:42]
Autrefois centré sur les afro-américains,
[43:44]
il vise désormais les immigrants catholiques, les juifs,
[43:47]
les syndicalistes, les féminismes.
[43:49]
Et son racisme se double d'un nationalisme,
[43:52]
d'un nationalisme protestant agressif.
[43:55]
Et l'objectif est clair.
[43:56]
Fédérer les peurs, assembler sous une seule maniÚre
[43:59]
tous ceux qui se sentent menacés par la modernité.
[44:02]
Cette expansion des cibles du clan s'inscrit notamment
[44:05]
dans la vague nativiste des années 1920,
[44:08]
oĂč la peur des vagues d'immigration europĂ©enne,
[44:11]
surtout catholiques et juives,
[44:13]
et bien ça alimentait la rhétorique xénophobe
[44:15]
et antisémite du mouvement.
[44:18]
Le clan se fait défenseur d'un américanisme dit à 100%,
[44:23]
s'opposant radicalement aux changements sociaux,
[44:25]
culturels et religieux perçus comme une menace
[44:28]
contre l'identitĂ© anglo-saxonne et protestante des Ătats-Unis.
[44:31]
Et avec le temps, et bien son idéologie fusionne
[44:35]
avec d'autres courants d'extrĂȘme droite,
[44:37]
dont le nationalisme blanc et le fondamentalisme chrétien,
[44:41]
et les théories conspirationnistes,
[44:43]
renforçant ainsi un discours multiplatforme,
[44:45]
en fait multiforme et adaptable.
[44:47]
Et cette logique d'expansion idéologique annonce
[44:49]
directement les tactiques actuelles
[44:51]
des mouvements suprémacistes numériques
[44:53]
qui fusionnent raciste, complotiste et nationalisme
[44:57]
sous des slogans viraux comme celui du grand remplacement
[45:00]
qu'on serait remplacé par tout le monde.
[45:05]
En réactualisant sans cesse ses ennemis,
[45:07]
le clan met en Ćuvre une peur modulable,
[45:10]
un outil politique puissant pour mobiliser différents publics
[45:14]
et s'adapter aux contextes sociaux et politiques.
[45:17]
Et cette évolution se poursuit aujourd'hui
[45:19]
oĂč le clan et les groupes affiliĂ©s
[45:21]
exploitent les réseaux sociaux et les plateformes en ligne
[45:24]
pour diffuser une idéologie à la fois transnationale
[45:27]
aux multiples facettes reliant racisme, islamophobie,
[45:31]
négationnisme et nationalisme identitaire.
[45:34]
Et pour garantir la survie de son message,
[45:38]
un peu comme tout, il faut endoctriner les jeunes.
[45:40]
Le clan ne se limite pas aux adultes.
[45:43]
Et dans les chapitres locaux,
[45:45]
il y a des programmes éducatifs, ceux-là ,
[45:47]
qui sont créés pour les enfants blancs.
[45:49]
Ah, c'est crazy.
[45:50]
Jeux, lectures, cérémonies,
[45:52]
tout est conçu pour inculquer dÚs le plus jeune ùge
[45:55]
les valeurs racistes et patriotiques du mouvement.
[45:58]
L'idéologie devient un héritage
[46:00]
transmis comme un devoir familial.
[46:03]
Ces programmes incluent des livres, des manuels,
[46:05]
des activités scolaires qui sont inspirées du cloran,
[46:09]
K-L-O-R-A-N.
[46:10]
Comme le coran à la façon du clan.
[46:13]
Oui, qui est le manuel rituel du clan
[46:16]
qui vise Ă sensibiliser les enfants
[46:18]
à la suprématie blanche et à la haine des ennemis désignés.
[46:22]
Ouf!
[46:23]
Ah non, c'est malaise.
[46:24]
Et le clan encourage également la participation des familles entiÚres
[46:27]
à ces rituels et événements,
[46:30]
renforçant ainsi la transmission intergénérationnelle de son idéologie.
[46:34]
Je suis convaincu que quand tu es ça jeune,
[46:37]
ça doit ĂȘtre beaucoup plus difficile de changer avec le temps.
[46:41]
Et un siĂšcle plus tard,
[46:43]
et bien cette logique de transmission trouve son prolongement
[46:46]
dans les campagnes de radicalisation en ligne
[46:48]
oĂč les plateformes comme Instagram ou TikTok
[46:50]
diffusent des messages codés qui séduisent les adolescents
[46:53]
en quĂȘte d'identitĂ©.
[46:55]
Les messages et les memes codés,
[46:57]
souvent partagés dans des groupes fermés
[46:58]
ou sur des plateformes alternatives,
[47:01]
utilisent la gamification et le sentiment d'appartenance
[47:04]
pour attirer et retenir les jeunes,
[47:07]
simulant un passage progressif vers des contenus plus radicaux.
[47:10]
Ăa ressemble d'une certaine façon un peu Ă Discord 764
[47:13]
dans le recrutement.
[47:15]
Ils vont doucement et aprÚs ça...
[47:17]
Exact.
[47:18]
Non, il Ă©tait quand mĂȘme assez douĂ© en marketing
[47:21]
puis en manipulation, lĂ , quelque part, ces gens-lĂ .
[47:25]
Oui, oui, mais moi je me rends juste compte
[47:26]
que l'humain n'a juste pas changé.
[47:28]
Non, c'est clair.
[47:28]
D'autres outils.
[47:29]
Tu as bien raison.
[47:31]
à son apogée sable en 1924,
[47:34]
le Ku Klux Klan revendique prĂšs de 5 millions de membres,
[47:37]
c'est beaucoup,
[47:38]
sur environ 15 % des hommes blancs américains.
[47:42]
Son influence est politique autant que culturelle.
[47:45]
Des maires, des sénateurs, des juges sont membres
[47:49]
et doivent leur carriĂšre au Klan.
[47:52]
Mais l'édifice s'effondre brutalement,
[47:54]
miné par les scandales et la corruption.
[47:57]
Le cas du grand dragon de l'Indiana,
[47:59]
un certain D.C. Stephenson,
[48:01]
accusé du viol et du meurtre de Madge Oberholzer,
[48:06]
provoque un choc national.
[48:08]
Le vernis de respectabilité craque,
[48:10]
révélant la violence et l'hypocrisie
[48:12]
qui gangrĂšnent l'organisation.
[48:14]
En quelques années, le Klan perd des millions d'adhérents.
[48:18]
ParallÚlement, la grande dépression
[48:20]
et la montée du 20e siÚcle
[48:21]
remettent en cause son modĂšle d'organisation
[48:24]
et réduisent sa capacité
[48:26]
Ă influencer la classe moyenne blanche.
[48:30]
Il ne disparaĂźt pas pour autant, par contre.
[48:32]
Son imagination politique,
[48:34]
celle du spectacle, du secret,
[48:36]
du recrutement de masse et de la communication émotionnelle,
[48:39]
reste ancrée dans la culture américaine.
[48:41]
Ce qu'il a bùti sur les routes poussiéreuses du Sud
[48:44]
et dans les salles de réunion des Kiegels,
[48:46]
il trouve aujourd'hui une nouvelle vie
[48:49]
dans les espaces numériques.
[48:51]
Les symboles, les rituels et la logique d'intimidation
[48:53]
ont été adaptés aux nouveaux outils digitaux,
[48:56]
transformant les croix en feu en images virales,
[49:00]
slogans sur les réseaux sociaux.
[49:02]
Les croix en feu se sont éteintes,
[49:03]
mais la logique qui les faisait brûler,
[49:05]
c'est adapter aux pixels et Ă l'algaĂŻtme,
[49:08]
ce qui permet de propager les idées
[49:10]
Ă de trĂšs grandes vitesses.
[50:33]
Depuis le tournant des années 2000,
[50:34]
le Ku Klux Klan a progressivement déplacé ses activités
[50:38]
vers l'espace numérique
[50:39]
afin de contourner la marginalisation sociale
[50:41]
et la répression légale, les parades et les cérémonies physiques,
[50:46]
étant devenu rare et fortement surveillé aujourd'hui.
[50:49]
Internet est alors apparu comme un terrain global,
[50:52]
instantané et difficile à contrÎler,
[50:55]
offrant une opportunité unique de recruter,
[50:58]
de diffuser sa propagande
[50:59]
et de structurer des réseaux idéologiques à grande échelle.
[51:03]
Et avec l'avĂšnement du Web 2.0,
[51:05]
la publication instantanée de contenus multimédias
[51:08]
et la création de communautés interactives
[51:10]
ont permis aux clans de développer
[51:12]
une stratégie multiplatformes sophistiquées
[51:14]
oĂč chaque outil numĂ©rique joue un rĂŽle prĂ©cis
[51:17]
dans la propagande de l'idéologie suprémaciste.
[51:20]
Si vous pensiez que le Ku Klux Klan était chose du passé,
[51:23]
nous allons voir ici que c'est loin d'ĂȘtre le cas.
[51:26]
Sur des plateformes comme Gab et V-Contact,
[51:30]
avec un K le contact,
[51:32]
le discours suprémaciste circule librement
[51:35]
Ă travers des hashtags
[51:36]
tels que White Heritage, KKK Tradition,
[51:40]
Protect Our Race, White Genocide ou Honor Our Ancestors,
[51:47]
accompagnés de memes détournant des films,
[51:49]
des séries ou des jeux vidéo.
[51:51]
Parmi eux, certains gifs animés
[51:53]
représentent des personnages de jeux vidéo
[51:55]
brandissant des croix enflammés
[51:57]
ou illustrant des villes multiraciales en ruines
[52:00]
avec des phrases comme « Return to Tradition ».
[52:04]
Ces contenus sont diffusés dans des flux publics
[52:07]
et semi-publiques afin de séduire
[52:09]
un public jeune et curieux,
[52:10]
tout en contribuant Ă normaliser
[52:12]
et Ă banaliser mĂȘme les symboles
[52:14]
et les récits suprémacistes.
[52:16]
ParallĂšlement, les forums anonymes
[52:18]
tels que 8Con, 8KUN,
[52:22]
c'est comme un autre équivalent du 8Chan,
[52:25]
et 8Chan aussi, on s'entend,
[52:27]
qui offre des espaces non modérés
[52:29]
propices Ă la radicalisation et Ă la diffusion
[52:31]
de manifestes et de tutoriels idéologiques,
[52:34]
certains qui ont mĂȘme directement servi
[52:37]
de tremplin Ă des vraies attaques terroristes.
[52:40]
Ces forums organisent des films médiatiques
[52:42]
détaillant la création de vidéos virales,
[52:45]
la réalisation de pseudo-documentaires,
[52:47]
le développement de comptes anonymes
[52:49]
et la structuration de réseaux de recrutement
[52:51]
avec des schémas représentant les relations
[52:54]
entre recruteurs, créateurs de contenus
[52:56]
et cellules locales.
[52:58]
Et les messageries chiffrées comme Telegram et Discord
[53:02]
permettent de créer des groupes fermés,
[53:04]
subdivisés en canaux, des sous-canoes,
[53:07]
spécialisés tels que recrutement,
[53:09]
propagande, crypto-funding, rétuel,
[53:11]
et mĂȘme mimes, mais sous des thĂ©matiques suprĂ©macistes.
[53:14]
J'ai hĂąte de voir oĂč est le crossover
[53:16]
entre le Ku Klux Klan et la crypto.
[53:18]
Ăa doit ĂȘtre liĂ©, ça, en quelque part.
[53:20]
Oui, bien, pour se financer, tu sais,
[53:23]
tout c'est toujours ça.
[53:24]
Oui, oui.
[53:24]
Oui, c'est ça, dans ces sous-groupes-lĂ
[53:27]
sur Discord, ils partageaient des fichiers PDF,
[53:29]
des tutoriels vidéo, des instructions de diffusion
[53:31]
de listes, de hashtags Ă utiliser,
[53:34]
des guides détaillés pour intégrer de nouvelles recrutes
[53:36]
dans les cellules locales,
[53:38]
et les plateformes de vidéos alternatives
[53:40]
comme Rumble, que je connaissais pas,
[53:42]
Bit, Shoot et Odyssey
[53:44]
diffuse des cérémonies virtuelles,
[53:46]
des tutoriels, des discours idéologiques
[53:48]
et des pseudo-documentaires historiques
[53:51]
formant un écosystÚme souterrain
[53:53]
oĂč texte audio et vidĂ©o et images
[53:55]
sont utilisés pour recruter, former et radicaliser
[53:58]
et finalement coordonner les membres.
[54:01]
Et c'est fou, ces plateformes-lĂ ,
[54:03]
Ă part Odyssey, que je connaissais de nom,
[54:05]
Rumble et Bit, Shoot,
[54:07]
je connaissais pas du tout.
[54:09]
Moi non plus.
[54:10]
Mais c'est incroyable le nombre de plateformes
[54:13]
qui existent sans modération.
[54:15]
Puis ça, ça arrĂȘtera jamais, parce que...
[54:17]
Bien non, il y a toujours des gens
[54:18]
qui ont intĂ©rĂȘt Ă voir ça.
[54:19]
Exact, non, ça, on dirait que cet aspect-là ,
[54:22]
j'ai encore une fois, j'ai l'impression
[54:23]
qu'on y arrivera jamais Ă ...
[54:24]
S'il y en a un qui ferme,
[54:25]
il y en a un autre qui ouvre,
[54:27]
un whack-a-mole.
[54:27]
Oui, exact.
[54:29]
Je vais revenir un peu sur la radicalisation,
[54:32]
mais à l'Úre numérique, Seb,
[54:36]
la radicalisation suit un schéma progressif.
[54:38]
Donc, ça débute par du contenu accrocheur,
[54:40]
humoristique, souvent un peu provocateur,
[54:43]
des vidéos courtes,
[54:44]
mais éventuellement,
[54:45]
ça évolue vers des contenus plus longs,
[54:47]
plus anxiogÚnes, plus sérieux,
[54:49]
comme des podcasts, des articles de vidéo,
[54:53]
des documentaires, mĂȘme,
[54:55]
qui détaillent la décadence culturelle
[54:58]
et l'invasion des minorités
[54:59]
qu'on est en train de vivre en ce moment en Amérique.
[55:02]
Ensuite, les recrues sont intégrées
[55:04]
dans des espaces fermés,
[55:06]
dans des groupes télégrammes privés
[55:08]
ou des cellules locales
[55:09]
oĂč elles participent activement
[55:11]
Ă la diffusion de la propagande,
[55:13]
au financement via des crypto-monnaies, évidemment,
[55:16]
et à l'organisation d'événements clandestins,
[55:18]
le tout renforcé par des concours de memes,
[55:21]
des quiz interactifs et des tutoriels approfondis
[55:25]
sur les symboles et les rituels du clan.
[55:28]
Donc, ça a changé tout en ne changeant pas trop.
[55:31]
Oui, exact.
[55:32]
L'organisation interne suit le modĂšle
[55:34]
en cellules autonomes de Lewis Beam.
[55:37]
Chaque cellule indépendante
[55:38]
partageant codes, symboles et objectifs idéologiques,
[55:42]
mais restant coordonnées à travers les forums,
[55:44]
les messageries et les canaux privés.
[55:47]
Des schémas de flux numériques
[55:48]
permettent d'identifier les nĆuds principaux
[55:51]
correspondant à des recruteurs expérimentés
[55:53]
et des créateurs de contenu
[55:55]
reliés à plusieurs sous-groupes télégrammes
[55:57]
et comptent sur encore,
[55:59]
on a parlé de Rumble tout à l'heure,
[56:01]
et V-Contact,
[56:02]
formant une véritable carte dynamique
[56:05]
de propagande idéologique.
[56:08]
En parallĂšle, le collectif Anonymous
[56:11]
intervient comme antagoniste numérique
[56:13]
par des actions de doxing ciblés,
[56:16]
des piratages de sites,
[56:18]
des interruptions de services
[56:19]
et la diffusion de contre-propagande
[56:23]
avec des vidéos, des memes,
[56:24]
ridiculisant les symboles du clan.
[56:26]
Ils sont toujours lĂ quand on a besoin de l'Anonymous.
[56:30]
Ils cartographient également les réseaux numériques
[56:33]
et transmettent ces informations aux médias
[56:35]
et aux organisations,
[56:37]
ralentissant ainsi la propagation
[56:39]
des contenus extrémistes
[56:40]
et limitant le recrutement en ligne.
[56:44]
Les idées du clan sont par ailleurs
[56:46]
amplifiées par la galaxie,
[56:48]
le Alt-Right et QAnon,
[56:50]
vous vous rappelez de QAnon
[56:51]
d'une certaine époque,
[56:52]
un peu avant la pandémie,
[56:54]
qui partagent des théories du complot,
[56:56]
du racisme et du nationalisme radical.
[56:59]
Cette convergence rend la surveillance
[57:01]
et la prévention de la radicalisation
[57:03]
particuliĂšrement complexes,
[57:05]
car elle est en l'influence des groupes
[57:06]
Ă des audiences plus larges et transnationales.
[57:09]
On s'en rappelle la montée de l'Alt-Right.
[57:12]
On vit en ce moment, je pense,
[57:13]
dans un contexte qui permet l'émergence
[57:18]
d'un groupe comme le QAnon,
[57:19]
plus que jamais de mon vivant,
[57:21]
du moins de ma courte existence sur Terre.
[57:24]
On est dans un climat oĂč je pense
[57:26]
un terreau fertile pour la radicalisation en ligne.
[57:31]
MĂȘme avec la raretĂ© des manifestations physiques,
[57:34]
cette propagande reste virale et structurante,
[57:36]
détaillant la circulation des contenus
[57:38]
entre groupes privés,
[57:40]
plateformes alternatives et forums anonymes,
[57:42]
tandis que les symboles historiques
[57:44]
continuent d'influencer la nouvelle génération
[57:46]
de suprémacistes.
[57:47]
La circulation en ligne de symboles
[57:49]
et de récits suprémacistes, pardon,
[57:51]
ne se limite pas à la visibilité.
[57:53]
Elle a des conséquences concrÚtes
[57:55]
sur les personnes ciblées,
[57:56]
exposées à l'intimidation,
[57:58]
aux menaces et aux harcĂšlements,
[58:00]
sur la cohésion des communautés locales
[58:02]
et sur la perception publique
[58:03]
des groupes minorisés,
[58:05]
contribuant Ă l'exclusion
[58:06]
et Ă la stigmatisation de ces groupes-lĂ .
[58:10]
Les algorithmes de recommandation
[58:11]
et les logiques d'engagement
[58:13]
favorisent la viralité de certains contenus,
[58:16]
accélérant la radicalisation
[58:17]
sans intention consciente des plateformes,
[58:20]
en privilégiant les contenus émotionnels
[58:22]
et polarisant.
[58:23]
Oui, c'est devenu un modĂšle d'affaires.
[58:25]
C'est vraiment ça.
[58:27]
C'est ça qu'il faut comprendre
[58:28]
pourquoi justement les réseaux sociaux font ça,
[58:30]
étant donné que l'objectif,
[58:32]
c'est piqûnier.
[58:33]
C'est de faire de l'argent.
[58:35]
Ils savent que l'humain a tendance
[58:36]
à réagir à des choses.
[58:38]
C'est pour ça que c'est en ci,
[58:40]
depuis un certain temps,
[58:41]
les algorithmes seront polarisants
[58:43]
parce que c'est payant.
[58:45]
Mais moi-mĂȘme, de plus en plus,
[58:46]
j'essaie d'éviter,
[58:47]
on dirait, parce que ça me gosse
[58:49]
et je ne veux pas leur donner plus de highball.
[58:52]
C'est clair.
[58:53]
Mais face Ă cette situation,
[58:54]
les Ătats, les plateformes
[58:56]
et la société civile
[58:57]
développent des stratégies multiples
[58:59]
Ă fin de contrer cette radicalisation-lĂ .
[59:02]
Des politiques de modération renforcées,
[59:04]
collaboration entre entreprises et ONG,
[59:06]
des enquĂȘtes policiĂšres ciblĂ©es,
[59:08]
des programmes de déradicalisation en ligne
[59:11]
et hors ligne, tout en maintenant
[59:12]
un équilibre avec les enjeux
[59:14]
de liberté d'expression
[59:15]
et de responsabilité algorithmiques.
[59:18]
C'est drĂŽle, hein,
[59:18]
parce que le fait de te faire déradicaliser,
[59:21]
je vois ça un peu comme une...
[59:23]
quand tu vas dans une cure de désintox,
[59:25]
je me demande comment ils font ça.
[59:27]
Ăa doit ĂȘtre en tĂ©ducant,
[59:30]
j'imagine, qu'on te déradicalise.
[59:33]
Et les outils financiers numériques
[59:35]
initialement détournés
[59:36]
pour faciliter les collectes
[59:38]
sont aujourd'hui encadrés
[59:39]
par des mesures de traçage,
[59:41]
des gels d'avoir et une transparence
[59:43]
des paiements vis-Ă -limiter
[59:44]
les ressources disponibles pour ces groupes.
[59:47]
Ăa justement, on va en parler
[59:48]
un petit peu plus dans l'after show.
[59:49]
Tandis que les crypto-monnaies
[59:51]
restent un pilier central
[59:52]
de leur autonomie opérationnelle
[59:54]
permettant des transactions anonymes
[59:56]
jusqu'à un certain point et décentralisées
[59:58]
pour financer les propagandes
[01:00:00]
et les événements clandestins.
[01:00:02]
Et le passage aux numériques
[01:00:03]
a également rendu ces réseaux
[01:00:06]
transnationaux les idées tactiques
[01:00:08]
circulent entre les groupes
[01:00:09]
de différents pays,
[01:00:10]
créant une écologie fragmentée
[01:00:12]
d'acteurs, de plateformes alternatives
[01:00:14]
et de canaux chiffrés.
[01:00:16]
Il y a des chercheurs,
[01:00:17]
journalistes et collectifs
[01:00:18]
de défense des droits
[01:00:20]
qui documentent, exposent
[01:00:21]
et contre ces narratifs.
[01:00:24]
Tandis que certaines opérations
[01:00:25]
de contre-information
[01:00:26]
et de dépublication,
[01:00:28]
eh bien, ça vient limiter
[01:00:29]
la diffusion des contenus extrémistes.
[01:00:31]
Plus on est capable de l'empĂȘcher,
[01:00:33]
mais encore une fois,
[01:00:34]
c'est trĂšs, trĂšs difficile.
[01:00:36]
La prévention passe par l'éducation
[01:00:38]
aux médias pour apprendre
[01:00:39]
à décrypter et à reconnaßtre
[01:00:41]
la désinformation,
[01:00:42]
ainsi que par des programmes
[01:00:43]
de soutien qui sont destinés
[01:00:45]
aux jeunes susceptibles
[01:00:46]
d'ĂȘtre ciblĂ©s par ça.
[01:00:48]
Mesurer la présence en ligne
[01:00:49]
d'un groupe reste trĂšs complexe.
[01:00:51]
La visibilité publique ne reflÚte
[01:00:53]
pas la force opérationnelle réelle
[01:00:54]
et une faible visibilité, eh bien,
[01:00:56]
ça peut coexister avec une capacité
[01:00:58]
nocive significative.
[01:01:00]
Je vous ramÚne dans la période
[01:01:02]
actuelle, les distordus.
[01:01:04]
Entre 2024 et 2025,
[01:01:07]
la présence et l'influence
[01:01:08]
du cul-cuclan dans l'espace numérique
[01:01:10]
ont connu une résurgence marquée,
[01:01:13]
alimentée par le rÎle ambigu
[01:01:14]
et parfois controversé
[01:01:15]
de certaines figures publiques
[01:01:17]
et certaines plateformes.
[01:01:19]
Un exemple emblématique,
[01:01:20]
c'est celui d'Elon Musk,
[01:01:22]
dont la gestion de la plateforme
[01:01:23]
Twitter, le rebaptisé X,
[01:01:25]
a suscité de vives critiques
[01:01:27]
en 2025.
[01:01:28]
Accusé de tolérer
[01:01:29]
la circulation libre
[01:01:30]
de contenus suprémacistes
[01:01:32]
et conspirationnistes,
[01:01:33]
Musk a permis Ă des comptes
[01:01:35]
liés à des mouvances racistes
[01:01:36]
comme Nick Fuentes,
[01:01:38]
Laura Loomer
[01:01:39]
ou d'anciens sympathisants
[01:01:40]
du cul-cuclan de retrouver
[01:01:42]
une visibilité qu'ils avaient perdue.
[01:01:44]
Des hashtags
[01:01:45]
tels que White Pride,
[01:01:47]
Race Realism
[01:01:48]
ou White Genocide
[01:01:50]
ont refait surface,
[01:01:51]
souvent sous couvert
[01:01:52]
de la liberté d'expression.
[01:01:54]
Cette dérive montre comment
[01:01:55]
le contrÎle exercé
[01:01:56]
par des personnalités publiques
[01:01:58]
sur les réseaux
[01:01:59]
peut influencer directement
[01:02:00]
la prolifération des discours de haine.
[01:02:02]
Et lĂ , on se rappelle du mĂȘme
[01:02:04]
du salut nazi
[01:02:05]
Oui, oui, exactement.
[01:02:06]
que Musk avait fait
[01:02:07]
Ă un certain moment
[01:02:08]
qui s'est comme accepté.
[01:02:10]
Maintenant, il y a des choses
[01:02:11]
comme ça qu'on accepte.
[01:02:13]
C'est sous la liberté
[01:02:14]
d'expression.
[01:02:15]
Et parallĂšlement,
[01:02:16]
des communautés
[01:02:17]
issues de 4chan,
[01:02:18]
8con et Telegram
[01:02:19]
ont exporté leurs codes
[01:02:21]
vers des espaces plus populaires.
[01:02:24]
Des memes Ă connotation raciale
[01:02:26]
comme Pépé de Frog
[01:02:27]
mais réapproprié par la droite
[01:02:29]
ou le symbole du clown world,
[01:02:31]
le monde dégénéré
[01:02:32]
sous la diversité,
[01:02:34]
circulent massivement
[01:02:35]
sur X et sur TikTok.
[01:02:37]
Ces images banalisent la haine
[01:02:38]
en la présentant
[01:02:39]
sous un angle humoristique,
[01:02:41]
rendant leur détection
[01:02:42]
le mĂȘme plus difficile
[01:02:43]
au niveau des bottes.
[01:02:45]
Oui, oui, exactement.
[01:02:47]
En réponse,
[01:02:48]
le collectif Anonymous
[01:02:49]
poursuit ses opérations
[01:02:50]
de cyber-mélitantisme
[01:02:52]
contre le clan et ses dérivés.
[01:02:54]
Il a révélé l'identité
[01:02:55]
de centaines de membres
[01:02:56]
piratés des serveurs
[01:02:58]
de sites extrĂȘmes droites
[01:02:59]
comme Stormfront
[01:03:00]
ou le Daily Stormer
[01:03:02]
et perturbé la diffusion
[01:03:03]
de contenu sur Gab
[01:03:05]
et Rumble, entre autres.
[01:03:07]
Ces actions,
[01:03:08]
bien que temporaires,
[01:03:09]
ont démontré l'efficacité
[01:03:10]
des contre-attaques numériques
[01:03:11]
coordonnées face
[01:03:12]
aux mécanismes
[01:03:13]
de radicalisation en ligne.
[01:03:15]
Ă quelque part,
[01:03:15]
ça passe aussi par là ,
[01:03:17]
par détruire un peu
[01:03:18]
leurs plateformes,
[01:03:19]
comme eux ont fait
[01:03:20]
à l'époque.
[01:03:21]
Puis on dirait
[01:03:23]
que c'est Ă peu prĂšs
[01:03:24]
nos seuls moyens
[01:03:26]
de défense.
[01:03:27]
Il faudrait plus
[01:03:29]
d'Anonymous, je trouve.
[01:03:31]
C'est vrai, il faudrait.
[01:03:33]
Ce serait le fun
[01:03:33]
qu'il y ait un deuxiĂšme clan.
[01:03:35]
Je trouve de white hacker.
[01:03:37]
Mais bon.
[01:03:38]
Le white hat, tu veux dire?
[01:03:39]
Oui, white hat hacker.
[01:03:41]
Parce qu'on ne va pas
[01:03:41]
faire d'allusion.
[01:03:42]
Ah oui, mon Dieu.
[01:03:43]
Oui, c'est un drĂŽle de lapsus,
[01:03:44]
les white hacker.
[01:03:45]
Bien vu.
[01:03:46]
Oui, je voulais dire
[01:03:46]
les white hat hacker
[01:03:47]
qu'on dit parce que
[01:03:48]
dans le hacking,
[01:03:49]
tu as les chapeaux blancs,
[01:03:50]
les chapeaux noirs.
[01:03:51]
Les black hats
[01:03:51]
font plus du mal
[01:03:53]
et les chapeaux blancs,
[01:03:54]
mais ils font du bien.
[01:03:55]
Ils détectent les fraudes
[01:03:56]
puis ils avisent
[01:03:58]
pour pas que ça se passe.
[01:03:59]
Mais lĂ , Seb, on a maintenant,
[01:04:01]
il y a des influenceurs
[01:04:03]
du KKK aujourd'hui,
[01:04:04]
de ce que je comprends.
[01:04:05]
Oui, puis ils utilisent pas
[01:04:07]
toujours, comment dire,
[01:04:08]
directement le KKK,
[01:04:09]
mais c'est des ultradroites.
[01:04:11]
Et lĂ , je vais vous parler
[01:04:12]
de Richard Bay Spencer,
[01:04:14]
né en 78 à Boston.
[01:04:16]
Lui, il provient d'un milieu
[01:04:18]
intellectuel et cultive
[01:04:19]
une image soignée
[01:04:20]
loin des stéréotypes,
[01:04:22]
des mouvements racistes
[01:04:23]
classiques.
[01:04:24]
Toujours en costume,
[01:04:25]
il parle de philosophie,
[01:04:26]
de politique.
[01:04:27]
Il s'est imposé comme
[01:04:28]
le visage médiatique
[01:04:29]
de la alt-right,
[01:04:31]
donc c'est vraiment
[01:04:32]
qui est un courant
[01:04:33]
d'extrĂȘme droite
[01:04:34]
qui a contribué à théoriser.
[01:04:37]
Spencer prÎne la création
[01:04:39]
d'un état ethnique blanc,
[01:04:41]
un empire européen unifié.
[01:04:43]
Son influence a culminé
[01:04:44]
lors du rassemblement
[01:04:46]
Unite the Right
[01:04:48]
de Charlottesville en 2017,
[01:04:50]
oĂč son discours s'est terminĂ©
[01:04:52]
sur des saluts nazis
[01:04:53]
scandés par la foule.
[01:04:55]
Wow.
[01:04:56]
Depuis, il demeure
[01:04:57]
une référence intellectuelle,
[01:04:59]
je vais le mettre en guillemets,
[01:05:00]
pour de nombreux
[01:05:01]
influenceurs nationalistes
[01:05:03]
sur YouTube, Telegram,
[01:05:05]
comme Jean-François Garry-Hippie
[01:05:06]
ou Mark Collette,
[01:05:07]
qui adaptent en fait leurs idées
[01:05:09]
Ă leur public respectif.
[01:05:12]
Et lĂ , je plonge
[01:05:13]
dans un autre militant français
[01:05:15]
cette fois-ci, néo-nazi,
[01:05:18]
Daniel Conversano
[01:05:19]
a su capter l'attention
[01:05:21]
d'un public jeune
[01:05:21]
via YouTube, Odyssey
[01:05:23]
et Telegram.
[01:05:24]
De nommer tantĂŽt, excuse-moi,
[01:05:26]
c'est un certain
[01:05:26]
Jean-François Garry-Hippie,
[01:05:28]
ça sonne québécois, ça?
[01:05:29]
Oui, ça sonne trÚs québécois,
[01:05:30]
mais je ne sais pas c'est qui.
[01:05:31]
OK.
[01:05:32]
Je l'ignore,
[01:05:33]
mais moi aussi, je suis convaincu
[01:05:35]
que ça doit ĂȘtre
[01:05:37]
un québécois, selon moi.
[01:05:39]
Je vais faire une petite recherche
[01:05:40]
pendant que tu poursuis.
[01:05:43]
Et Daniel Conversano,
[01:05:45]
lui, il se distingue
[01:05:46]
par son ton sarcastique
[01:05:47]
et ses débats publics,
[01:05:48]
souvent face Ă des figures
[01:05:50]
plus modérées dans lesquelles
[01:05:51]
il ridicule et il en fait
[01:05:52]
les discours anti-racistes.
[01:05:54]
Il a, par exemple,
[01:05:55]
organisé des échanges
[01:05:56]
avec Papacito ou Raptor Dissident,
[01:05:59]
deux figures de la droite
[01:06:01]
viriliste française.
[01:06:02]
Et j'aimais la droite viriliste,
[01:06:03]
dans le fond, les alphamels,
[01:06:05]
c'est vraiment ça,
[01:06:07]
qui mĂȘle humo, provocation
[01:06:08]
et apologie
[01:06:09]
du nationalisme blanc.
[01:06:11]
Je ne sais pas si parmi
[01:06:12]
nos ditordus européens,
[01:06:14]
il y en a qui connaissent
[01:06:15]
Papacito ou Raptor Dissident.
[01:06:17]
Moi, personnellement,
[01:06:17]
je ne les connaissais pas,
[01:06:19]
mais bon, c'est sûr,
[01:06:20]
ils font partie
[01:06:21]
de la droite viriliste.
[01:06:23]
Et Conversano s'adresse
[01:06:24]
à une génération désabusée
[01:06:26]
mĂȘlant rĂ©fĂ©rences geek,
[01:06:27]
jeux vidéo et memes racistes
[01:06:29]
pour rendre ses idées séduisantes.
[01:06:32]
Il s'inscrit ainsi
[01:06:32]
dans une stratégie de rebranding
[01:06:34]
de la haine,
[01:06:35]
visant Ă normaliser
[01:06:36]
le suprémacisme blanc
[01:06:38]
sous une apparence humoristique
[01:06:40]
et culturelle.
[01:06:42]
OK, c'est troublant.
[01:06:44]
J'ai des petits détails sur Jean-François
[01:06:45]
Guerrier-Pey.
[01:06:46]
C'est un Canadien, effectivement.
[01:06:47]
C'est un Québécois
[01:06:49]
originaire de Sainte-Sophie.
[01:06:51]
C'est quelqu'un qui vient
[01:06:52]
du monde académique,
[01:06:53]
qui aurait étudié la biologie
[01:06:55]
à l'Université de Montréal.
[01:06:56]
Il y aurait mĂȘme un doctorat en 2012.
[01:06:59]
Et avec le temps,
[01:07:01]
apparemment qu'Ă un certain moment,
[01:07:03]
il a quitté
[01:07:05]
le milieu académique
[01:07:08]
et il s'est tourné vers
[01:07:09]
le commentaire politique en ligne.
[01:07:12]
Il a coanimé une émission
[01:07:14]
avec Andy Warski
[01:07:15]
et tranquillement,
[01:07:18]
il a migrĂ© vers l'extrĂȘme droite.
[01:07:20]
Et sur ses plateformes,
[01:07:21]
il fait la promotion
[01:07:22]
de ce qu'on appelle un ethnostate,
[01:07:24]
un état ethnique, le blanc.
[01:07:26]
Il diffuse des messages antisémites
[01:07:27]
et défend la supériorité génétique
[01:07:29]
des Blancs aussi.
[01:07:31]
Donc, c'est
[01:07:33]
c'est un genre de porte-étendard
[01:07:36]
de la droite alternative du Québec.
[01:07:39]
Mais je ne le connaissais pas.
[01:07:40]
Non, puis étant donné
[01:07:41]
qu'il y a des connaissances
[01:07:42]
en biologie,
[01:07:42]
il doit s'appuyer lĂ -dessus
[01:07:44]
pour l'instrumental, ici,
[01:07:45]
encore une fois que lĂ .
[01:07:48]
Ah, en tout cas,
[01:07:50]
ça me désole des fois
[01:07:51]
que des gens avec qui ont eu
[01:07:53]
des vraies expertises scientifiques
[01:07:56]
aprÚs ça détournent ça.
[01:07:57]
Ăa m'Ă©clore un peu.
[01:07:59]
Et lĂ , j'ai une derniĂšre
[01:08:00]
influenceuse, si je peux dire,
[01:08:01]
Candace Owens.
[01:08:03]
Elle, je la connaissais
[01:08:04]
quand mĂȘme de nom
[01:08:05]
commentatrice de la politique
[01:08:06]
américaine.
[01:08:07]
Elle s'est imposée
[01:08:08]
comme une figure controversée
[01:08:09]
du mouvement
[01:08:10]
conservateur américain.
[01:08:11]
Si vous la connaissez pas,
[01:08:12]
elle est afro-américaine
[01:08:14]
et elle s'oppose frontalement
[01:08:16]
au mouvement Black Lives Matter
[01:08:18]
qu'elle qualifie de
[01:08:19]
propagande victimaire.
[01:08:21]
Elle a fondé...
[01:08:21]
Ah non, moi, c'est...
[01:08:23]
Moi, cette personnage-lĂ ,
[01:08:24]
elle me fascine.
[01:08:25]
Elle a fondé la campagne
[01:08:27]
BlackSite qui encourage
[01:08:29]
les afro-américains
[01:08:30]
à quitter le Parti démocrate.
[01:08:33]
Owens multiplie
[01:08:34]
les déclarations polémiques.
[01:08:35]
Elle a nié l'existence
[01:08:37]
du racisme systémique,
[01:08:39]
accusé les médias
[01:08:40]
distérés raciales
[01:08:41]
et a été invité
[01:08:42]
Ă plusieurs reprises
[01:08:43]
sur la chaĂźne Fox News.
[01:08:45]
Oui, évidemment.
[01:08:46]
OĂč elle valorise
[01:08:47]
une vision nationaliste
[01:08:48]
et traditionnaliste
[01:08:50]
proche de l'extrĂȘme droite.
[01:08:52]
Et son influence s'étend sur
[01:08:53]
X, Instagram et YouTube,
[01:08:55]
oĂč elle est suivie
[01:08:56]
par des millions de gens,
[01:08:58]
y compris par des figures
[01:08:59]
de la droite dure,
[01:09:00]
comme Tucker Carlson,
[01:09:02]
que vous devez connaĂźtre
[01:09:03]
de nom, ou Ben Shapiro.
[01:09:05]
Elle était d'ailleurs
[01:09:05]
une grande amie de Charlie Kirk.
[01:09:08]
Elle constate d'ailleurs
[01:09:10]
ouvertement la version officielle...
[01:09:11]
Elle conteste, pardon,
[01:09:13]
ouvertement la version officielle
[01:09:14]
de la mort de Charlie Kirk,
[01:09:16]
tuée le mois dernier,
[01:09:17]
lors d'un événement
[01:09:18]
à l'Université de la Vallée
[01:09:20]
du Utah.
[01:09:21]
Selon elle,
[01:09:22]
les informations diffusées
[01:09:23]
par les médias
[01:09:24]
et les autorités
[01:09:25]
seraient incohérentes.
[01:09:26]
Et elle rejette notamment
[01:09:27]
l'idée que la densité
[01:09:29]
osseuse de Kirk
[01:09:31]
aurait arrĂȘtĂ© la balle,
[01:09:32]
affirmant pouvoir
[01:09:33]
démentir
[01:09:34]
officiellement cette explication.
[01:09:35]
Mais lĂ , qu'est-ce qu'elle pense d'abord?
[01:09:37]
Ben oui, ben c'est ça.
[01:09:37]
Elle remet en cause
[01:09:38]
le titre d'arme aussi
[01:09:39]
qui a été utilisé
[01:09:41]
par le tireur présumé
[01:09:42]
Tyler Robinson.
[01:09:44]
Il n'aurait pas employé
[01:09:45]
la carabine de calibre
[01:09:47]
.30-06 mentionnée
[01:09:49]
par la police,
[01:09:50]
ce qui laisserait penser,
[01:09:51]
selon elle,
[01:09:52]
Ă l'utilisation
[01:09:53]
d'une deuxiĂšme arme.
[01:09:54]
Mais ça, je l'avais lu
[01:09:55]
aussi dans les conspiration
[01:09:57]
et elle avance mĂȘme
[01:09:58]
la thĂšse de deux tireurs,
[01:10:00]
l'un présent dans le public
[01:10:01]
et un autre positionné ailleurs
[01:10:03]
et affirme qu'un témoin
[01:10:04]
lié aux forces de l'Ordre
[01:10:06]
rend la situation suspecte.
[01:10:08]
Critiquant sévÚrement
[01:10:09]
la gestion du dossier
[01:10:10]
par le FBI,
[01:10:12]
elle accuse l'agence
[01:10:13]
de vouloir étouffer
[01:10:14]
les interrogations du public
[01:10:15]
et va jusqu'à déclarer
[01:10:16]
que les autorités
[01:10:17]
auraient assassiné
[01:10:19]
Charlie Kirk
[01:10:19]
devant le monde entier.
[01:10:21]
Oh, OK.
[01:10:22]
Et elle évoque
[01:10:22]
des contradictions médicales,
[01:10:24]
affirmant que les documents
[01:10:25]
officiels mentionnent
[01:10:26]
une balle stoppée
[01:10:28]
au niveau du cou
[01:10:28]
et un fragment retrouvé,
[01:10:31]
mais aucune trace de balle
[01:10:32]
ne figure sur
[01:10:33]
le certificat de décÚs.
[01:10:36]
Donc, elle trouvait ça
[01:10:37]
louche assez drĂŽle,
[01:10:38]
parce que moi, je lisais
[01:10:39]
il y a tellement
[01:10:39]
de conspiration,
[01:10:40]
je m'étarderai pas trop
[01:10:41]
sur Charlie Kirk
[01:10:42]
qu'il n'y a pas
[01:10:43]
de certificat de décÚs,
[01:10:45]
qu'il n'y a mĂȘme pas eu
[01:10:45]
d'autopsie,
[01:10:46]
mais c'est pas vrai.
[01:10:47]
Oui, ça n'a pas été long
[01:10:48]
qu'il a été monté
[01:10:49]
dans l'avion.
[01:10:49]
Oui, il y a eu plein de détails
[01:10:50]
comme ça,
[01:10:51]
puis c'est vrai que quand
[01:10:52]
tu mets les...
[01:10:53]
ça peut sembler étrange.
[01:10:55]
Souvent, il y en a dans
[01:10:56]
les vidĂ©os oĂč ils observaient
[01:10:57]
tous les mouvements
[01:10:58]
des gens autour,
[01:10:58]
comme si ça avait été
[01:11:00]
quelque chose de collé
[01:11:00]
d'avance.
[01:11:02]
Puis, mĂȘme hier, je voyais,
[01:11:03]
je ne sais pas
[01:11:03]
si c'est une fausse rumeur,
[01:11:04]
mais que Tyler Robinson
[01:11:05]
a dit en cours
[01:11:06]
que ce n'était pas lui
[01:11:07]
qui avait tiré,
[01:11:08]
mais je pense que j'étais
[01:11:10]
dans la conspiration.
[01:11:12]
Et voilà , c'était la derniÚre,
[01:11:13]
mon cher Emile,
[01:11:16]
disons, influenceuse
[01:11:17]
de Candace Owens,
[01:11:20]
qui est la plus marquante
[01:11:22]
par son statut, je trouve.
[01:11:24]
Exact, ben oui.
[01:11:25]
Non, je n'en reviens pas.
[01:11:26]
Et un autre trĂšs marquant,
[01:11:29]
je suis content
[01:11:29]
qu'on m'a laissé
[01:11:31]
cette section,
[01:11:32]
mais parlons de Kanye West
[01:11:34]
maintenant,
[01:11:35]
rappeur mondialement connu,
[01:11:37]
Kanye West, rebaptisé IA,
[01:11:39]
illustre assez bien
[01:11:40]
la convergence
[01:11:41]
entre la culture populaire
[01:11:42]
et l'extrémisme idéologique.
[01:11:44]
Ce qui arrive avec lui,
[01:11:45]
c'est qu'on ne sait jamais
[01:11:46]
si il est sérieux
[01:11:47]
ou s'il nous troll,
[01:11:49]
mais on n'est pas sûr
[01:11:51]
qu'il va bien, en tout cas.
[01:11:52]
Depuis 2022, il a multiplié
[01:11:55]
les déclarations antisémites,
[01:11:57]
saluant notamment Adolf Hitler
[01:11:59]
dans une interview
[01:11:59]
et s'affichant
[01:12:01]
avec des personnalités
[01:12:01]
d'extrĂȘme droite
[01:12:02]
comme Nick Fuentes
[01:12:03]
ou Milo Yiannopoulos.
[01:12:05]
Ces propos qui sont diffusés
[01:12:07]
sur X, mais sur Infowars
[01:12:09]
aussi, l'émission de Alex Jones
[01:12:10]
et ses propres comptes sociaux
[01:12:12]
ont eu un effet viral majeur
[01:12:15]
générant des millions de vues
[01:12:16]
et une banalisation inquiétante
[01:12:18]
du discours antisémite.
[01:12:21]
IA, il symbolise la maniĂšre
[01:12:22]
dont des stars influentes
[01:12:24]
peuvent, par leur plateforme,
[01:12:26]
normaliser des discours haineux
[01:12:27]
auprĂšs d'un public jeune,
[01:12:29]
souvent sans en mesurer
[01:12:30]
les implications politiques.
[01:12:32]
Le 30 mars 2025,
[01:12:34]
il a de nouveau provoqué
[01:12:35]
une polémique en portant
[01:12:36]
une tenue noire du Ku Klux Klan
[01:12:38]
lors d'une interview du Nord
[01:12:40]
avec DJ Academics
[01:12:41]
publiée sur Rumble.
[01:12:43]
Donc, c'est carrément habillé
[01:12:45]
en membre du Ku Klux Klan,
[01:12:47]
mais avec une toge noire.
[01:12:50]
Donc, il joue vraiment
[01:12:51]
avec les éléments de choc.
[01:12:53]
Pendant l'entretien,
[01:12:54]
le rappeur de 47 ans
[01:12:56]
a fait plusieurs déclarations
[01:12:57]
controversées sur des figures
[01:12:59]
de l'industrie musicale.
[01:13:00]
Il portait également un collier
[01:13:02]
avec un pendentif
[01:13:03]
en forme de croix gammée
[01:13:04]
et avait commencé l'interview
[01:13:06]
avec un T-shirt de Puff Daddy.
[01:13:08]
C'est quand j'en revenais pas.
[01:13:10]
C'est qu'il sait,
[01:13:11]
je pense, que les gens
[01:13:12]
vont micro-analyser
[01:13:13]
tout ce qu'il fait.
[01:13:13]
Donc, quand il donne
[01:13:14]
un interview comme ça,
[01:13:16]
il met le paquet,
[01:13:17]
il met tout pour créer
[01:13:18]
la controverse.
[01:13:19]
C'est pour ça qu'il s'est dur
[01:13:20]
Ă jauger s'il veut juste
[01:13:22]
faire parler de lui
[01:13:22]
pour les mauvaises raisons.
[01:13:24]
Aussi, c'est vraiment des valeurs
[01:13:26]
qui l'endosent quelque part.
[01:13:28]
Il joue toujours sur la ligne.
[01:13:31]
Et, ben, Kanye a affirmé
[01:13:32]
avoir fabriqué cette tenue
[01:13:34]
sur mesure,
[01:13:35]
ainsi qu'une version blanche
[01:13:36]
identique.
[01:13:37]
Il a indiqué qu'il avait voulu
[01:13:38]
la porter en public,
[01:13:39]
mais craignait de se faire
[01:13:40]
hospitaliser, effectivement.
[01:13:42]
Les réactions sur les réseaux
[01:13:44]
sociaux ont été immédiates
[01:13:45]
et trĂšs critiques.
[01:13:48]
Kanye West a aussi montré
[01:13:49]
un intĂ©rĂȘt pour les symboles
[01:13:50]
nazis, notamment la croix gamée
[01:13:52]
et le logo des SS.
[01:13:54]
Il avait également promu
[01:13:55]
des T-shirts avec une croix gamée
[01:13:57]
lors d'une publicité
[01:13:58]
du Super Bowl.
[01:13:59]
Vous rappelez-vous de ça?
[01:14:00]
Hé, c'était tendu, ça.
[01:14:02]
Il avait eu sur...
[01:14:03]
Il avait mis sur son site
[01:14:05]
de Yeezy un T-shirt, justement,
[01:14:08]
avec une croix gamée à vendre.
[01:14:10]
Tu sais, il avait une controverse
[01:14:11]
parce que Shopify avait...
[01:14:13]
Tu sais, Shopify avait été blùmé,
[01:14:15]
mais tu sais, c'est dur pour eux
[01:14:16]
de faire une veille
[01:14:17]
de tous les produits.
[01:14:19]
Mais bon, c'est un call.
[01:14:20]
J'espĂšre aprĂšs que Shopify,
[01:14:22]
on dit, nous, on décroche
[01:14:23]
de ta boutique.
[01:14:25]
Puis ça s'était vendu,
[01:14:27]
en fait, le temps
[01:14:27]
que ça avait été là .
[01:14:28]
Et il en avait fait la promotion
[01:14:30]
pendant une publicité
[01:14:31]
pas écoutable
[01:14:32]
pendant le Super Bowl.
[01:14:34]
Sa publicité, c'était lui
[01:14:37]
devant son sel tout croche.
[01:14:38]
Ce n'était pas une publicité
[01:14:39]
digne de ce nom.
[01:14:40]
Puis il parlait longuement
[01:14:42]
puis il s'était payé
[01:14:44]
une genre de pub comme ça.
[01:14:45]
Mais ça a passé,
[01:14:46]
je veux dire, dans le sens
[01:14:47]
que ça a été approuvé.
[01:14:48]
Est-ce que dans, comment dire,
[01:14:50]
dans son message,
[01:14:51]
est-ce qu'il y avait
[01:14:54]
un mini message,
[01:14:56]
comment dire, raciste
[01:14:56]
ou pas du tout, c'était subtile?
[01:14:58]
Il partait dans un genre de délire
[01:15:00]
un peu Ă la Cagney-Ouest.
[01:15:02]
Moi, je ne l'ai pas vu live,
[01:15:04]
évidemment, on est au Canada.
[01:15:06]
Je pense que ça a passé
[01:15:07]
peut-ĂȘtre plus sur le Web
[01:15:09]
que sur la Télé-Télé.
[01:15:11]
Oui, oui, mais quand mĂȘme.
[01:15:12]
Il y avait un investissement lĂ .
[01:15:15]
Puis il y avait tout fait
[01:15:16]
pour créer l'événement
[01:15:18]
quelque part.
[01:15:20]
Et puis plus récemment,
[01:15:21]
il a mĂȘme publiĂ© sur Instagram
[01:15:22]
une photo d'une personne
[01:15:24]
portant une tenue du Ku Klux
[01:15:25]
Klan qu'il a qualifiée
[01:15:27]
de Outfit of the Day.
[01:15:28]
Le post a été supprimé
[01:15:30]
pour violation des rĂšgles
[01:15:31]
Ă la plateforme,
[01:15:32]
ce qui a provoqué sa réaction.
[01:15:34]
Sa réaction, c'était wow!
[01:15:36]
Instagram a retiré ma publication
[01:15:37]
accompagnée d'une capture
[01:15:39]
de son profil vide
[01:15:40]
et d'un message d'Instagram
[01:15:41]
l'indiquant que la photo
[01:15:43]
avait été retirée.
[01:15:45]
Donc, Kanye, il joue beaucoup
[01:15:46]
avec cette ligne-lĂ .
[01:15:47]
On dirait que moi, au fond de moi,
[01:15:49]
j'ai de la misĂšre Ă croire
[01:15:50]
qu'il soit un suprémaciste
[01:15:53]
blanc ou noir,
[01:15:54]
mais Ă quelque part,
[01:15:57]
je sais pas, il y a ce besoin
[01:15:58]
d'attention incroyable.
[01:16:00]
En tout cas, j'espĂšre
[01:16:01]
qu'il ne croit pas
[01:16:04]
à toutes ces idéologies-là ,
[01:16:05]
mais on dirait que plus ça avance,
[01:16:06]
plus on a l'impression
[01:16:07]
qu'il croit pour vrai.
[01:16:07]
Oui, oui, non, c'est vrai,
[01:16:08]
mais j'ai l'impression
[01:16:09]
que c'est juste une machine
[01:16:12]
de marketing, lĂ ,
[01:16:13]
autant positive que négative,
[01:16:15]
mais je peux pas croire...
[01:16:16]
Je me sens qu'on l'a jamais
[01:16:17]
entendu, mĂȘme dans ses chansons.
[01:16:19]
Là , j'ai pas tout son répertoire
[01:16:21]
lyrical en tĂȘte,
[01:16:23]
mais mĂȘme dans ses paroles,
[01:16:24]
c'était pas quelqu'un qui,
[01:16:25]
dans son disco,
[01:16:26]
comment dire, au niveau
[01:16:27]
de sa musique,
[01:16:28]
il joue pas lĂ -dessus,
[01:16:29]
me semble, tu sais.
[01:16:31]
Donc, c'est pour ça
[01:16:31]
que moi aussi, j'ai un peu
[01:16:32]
de doute sur ça, là .
[01:16:34]
Puis si je connais pas
[01:16:35]
son catalogue, lĂ ,
[01:16:36]
si vous avez une meilleure
[01:16:36]
connaissance, puis finalement,
[01:16:37]
je dis n'importe quoi,
[01:16:39]
dites-moi, lĂ ,
[01:16:40]
mais j'ai l'impression
[01:16:41]
que c'est comme toi...
[01:16:43]
Comme tu penses que c'est
[01:16:45]
un mécanisme de marketing,
[01:16:46]
mais c'est dur Ă savoir.
[01:16:48]
Oui, oui, parce qu'en mĂȘme
[01:16:49]
temps, ces gestes-lĂ ,
[01:16:50]
lui, font perdre
[01:16:51]
des sponsors, tu sais.
[01:16:52]
Il a perdu des deals
[01:16:53]
avec Adidas, avec Gap.
[01:16:56]
Tout le monde l'a droppé,
[01:16:57]
donc, tu sais, il a perdu...
[01:17:00]
Ăa, lĂ , atteint un peu
[01:17:01]
son empire, lĂ ,
[01:17:01]
toutes ces liaiseries-lĂ .
[01:17:03]
Généralement,
[01:17:04]
mĂȘme si tu crois à ça,
[01:17:05]
puis qu'il était
[01:17:05]
une personnalité publique
[01:17:06]
de son style,
[01:17:08]
tu vas pas le dire en public
[01:17:09]
parce que justement,
[01:17:10]
ça te fait perdre des sponsors.
[01:17:12]
Et lĂ , au-delĂ
[01:17:13]
de toutes ces figures connues,
[01:17:14]
il faut comprendre
[01:17:15]
qu'un lot d'influenceurs
[01:17:16]
anonymes ou semi-publiques
[01:17:18]
qui diffusent quotidiennement
[01:17:19]
des contenus racistes
[01:17:20]
et conspirationnistes
[01:17:22]
sous des formes qui ont l'air
[01:17:23]
inoffensive des chaĂźnes
[01:17:25]
comme Red Eyes TV,
[01:17:27]
Black Pigeon Speaks
[01:17:29]
ou American Renaissance
[01:17:30]
proposent des vidéos
[01:17:32]
pseudo-documentaires
[01:17:33]
sur la décadence occidentale
[01:17:35]
ou la supériorité raciale.
[01:17:37]
Et sur TikTok,
[01:17:38]
il y a certains créateurs
[01:17:39]
qui utilisent des codes
[01:17:40]
visuels subtils,
[01:17:41]
des trapeaux confédérés,
[01:17:43]
des symboles uniques,
[01:17:45]
extraits de discours remaniés
[01:17:47]
pour propager leur idée
[01:17:48]
sans enfreindre les rĂšgles
[01:17:50]
parce que les plateformes
[01:17:50]
y ont quand mĂȘme des balises.
[01:17:53]
Et ces influenceurs exploitent
[01:17:54]
les algorithmes de recommandation
[01:17:56]
et la logique du scroll infini
[01:17:58]
Ă le fameux doom scrolling
[01:17:59]
qui expose les jeunes
[01:18:01]
Ă une radicalisation progressive
[01:18:02]
souvent sans qu'ils s'en rendent compte.
[01:18:05]
Et face Ă cette expansion
[01:18:06]
de journalistes d'investigation
[01:18:08]
comme Bellingcat au ProPublica
[01:18:11]
et des collectifs citoyens
[01:18:12]
tels que Sleeping Giants
[01:18:14]
ou Tech Transparency Project
[01:18:16]
ou Hope Not Eight
[01:18:18]
mĂšnent eux Ă une lutte active
[01:18:21]
contre la désinformation raciste.
[01:18:23]
Puis il faut que des organismes
[01:18:24]
soient contents de savoir
[01:18:25]
qu'il y a des organisations
[01:18:26]
comme ça qui existent.
[01:18:27]
Il y a des campagnes
[01:18:28]
de contredisco
[01:18:28]
qui sont apparues sur TikTok
[01:18:30]
et sur X
[01:18:31]
ou des créateurs afro-américains,
[01:18:33]
LGBTQ+,
[01:18:34]
et des antiracistes
[01:18:36]
qui déconstruisent
[01:18:37]
les récits de haine par l'humour,
[01:18:39]
la pédagogie ou la satire.
[01:18:41]
Donc j'aime ça qu'ils reprennent
[01:18:43]
leur format
[01:18:44]
puis ils éduquent les gens correctement.
[01:18:47]
Et de plus,
[01:18:48]
plusieurs pays européens
[01:18:48]
dont la France et l'Allemagne
[01:18:49]
ont renforcé la législation
[01:18:51]
sur la modération en ligne
[01:18:53]
imposant des sanctions
[01:18:55]
plus sévÚres aux plateformes
[01:18:56]
qui laissent circuler
[01:18:57]
les contenus haineux.
[01:18:59]
Et lĂ , pour terminer,
[01:19:02]
il y a eu des scientifiques
[01:19:04]
qui ont fait une analyse.
[01:19:06]
En fait,
[01:19:06]
c'est Ashton Kingdom
[01:19:08]
et Aaron Winter
[01:19:09]
qui ont analysé l'évolution
[01:19:11]
numérique du clan
[01:19:13]
et ont retracé le passage
[01:19:15]
des trac-papiers au site web.
[01:19:17]
Ils ont étudié
[01:19:17]
26 plateformes numériques
[01:19:19]
depuis le début des années 90
[01:19:21]
au fil du temps.
[01:19:23]
Le clan adapte sa propagande.
[01:19:25]
Rappelez-vous au début,
[01:19:26]
le web, c'était des sites
[01:19:27]
web statiques
[01:19:28]
qui diffusaient des textes,
[01:19:30]
ils diffusaient des événements.
[01:19:31]
Et là , quand les réseaux sociaux
[01:19:33]
sont arrivés, les forums,
[01:19:34]
on est tombé dans le web 2.0
[01:19:36]
et maintenant, on est dans le web 3.0,
[01:19:38]
qui est moins discuté un peu
[01:19:39]
qu'étant dans un web décentralisé
[01:19:41]
oĂč est-ce que le paiement
[01:19:42]
par crypto-monnaie est arrivé
[01:19:44]
et oĂč est-ce qu'on peut avoir
[01:19:45]
un anima beaucoup plus
[01:19:47]
accru sur le web.
[01:19:49]
Mais l'étude la distingue
[01:19:50]
deux visages.
[01:19:51]
C'est ça que je voulais vous parler.
[01:19:52]
C'est qu'un clan qui est
[01:19:53]
communautaire, qui se présente
[01:19:54]
comme fraternel chrétien
[01:19:56]
et il y en a un autre
[01:19:57]
qui est plus radical
[01:19:58]
qu'eux en fait.
[01:20:00]
Ils prÎnent plus la résistance armée,
[01:20:02]
les sites mĂȘlant Ă©vĂ©nement,
[01:20:04]
cérémonie, marchandise confédérée
[01:20:06]
ou l'ivre conspirationniste
[01:20:07]
et rhétorique racial
[01:20:08]
qui entretiennent l'identité du groupe.
[01:20:11]
Certains se veulent
[01:20:12]
patriotiques et modérés,
[01:20:14]
d'autres affichent des liens
[01:20:15]
explicites avec des idéologies
[01:20:16]
néonazies ou transnationales
[01:20:18]
qui s'inspirent d'exemples blancs
[01:20:20]
du Royaume-Uni Ă l'Afrique du Sud.
[01:20:22]
Kingdom et Winter, les auteurs,
[01:20:24]
concluent que le clan
[01:20:25]
ne s'est pas éteint,
[01:20:27]
il s'est reconfiguré en ligne,
[01:20:29]
exploitant Internet
[01:20:30]
pour maintenir ses réseaux
[01:20:31]
et sa propagande
[01:20:32]
tout en s'adaptant aux technologies.
[01:20:35]
Donc, mon cher Emile, c'est fou, hein?
[01:20:38]
On pourrait croire que le Ku Klux Klan
[01:20:40]
appartient au passé,
[01:20:41]
croit en feu, silhouette masquée,
[01:20:43]
image en noir et blanc,
[01:20:44]
mais pourtant, il n'a jamais disparu.
[01:20:46]
Aujourd'hui, il a quitté les champs
[01:20:48]
pour les fils de discussion,
[01:20:51]
capuche tronquée contre des pseudos,
[01:20:53]
des torches contre des écrans.
[01:20:55]
Ses héritiers idéologiques
[01:20:56]
circulent sur les réseaux,
[01:20:58]
forums obscurs et groupes privés
[01:20:59]
oĂč la haine se diffuse Ă grande vitesse.
[01:21:02]
Et en quelques heures,
[01:21:02]
quand un message raciste
[01:21:03]
ou un appel Ă la violence,
[01:21:05]
eh bien, ça peut atteindre
[01:21:06]
des millions de personnes.
[01:21:08]
Les inconnus deviennent des disciples,
[01:21:10]
des communautés se forment
[01:21:11]
autour d'un mensonge
[01:21:12]
et la haine trouve un nouveau visage.
[01:21:15]
Oui, puis on voit que c'est
[01:21:16]
prĂšs de nous parfois.
[01:21:17]
On l'a vu tantĂŽt avec
[01:21:18]
notre ami Garry Epi
[01:21:20]
qu'on connaissait pas.
[01:21:23]
Il y a aussi, au Québec,
[01:21:25]
du moins une certaine
[01:21:26]
Cathy Latulippe
[01:21:27]
dont notre recherchiste
[01:21:28]
nous parlait cette semaine.
[01:21:30]
En fait, elle,
[01:21:31]
je sais pas si elle est dans le cul,
[01:21:33]
Clux Klan, mais elle supporte
[01:21:35]
quand mĂȘme des idĂ©ologies comme ça.
[01:21:37]
Elle a été banni de Facebook
[01:21:38]
pour des propos d'extrĂȘme droite,
[01:21:41]
des propos antisémites et racistes.
[01:21:45]
Et apparemment que lĂ ,
[01:21:46]
elle recrute des gens
[01:21:47]
pour son groupe néo-nazi.
[01:21:49]
Elle aurait mĂȘme tabassĂ© des gens
[01:21:51]
sur ce qu'on appelle
[01:21:53]
le chemin Roxane au Québec
[01:21:55]
oĂč des immigrĂ©s
[01:21:57]
traversent la frontiÚre illégalement.
[01:22:00]
Elle serait allĂ©e lĂ
[01:22:01]
pour attaquer des gens.
[01:22:02]
Donc, il y a quand mĂȘme des gens
[01:22:05]
Ă surveiller prĂšs de nous
[01:22:08]
sans trop le savoir,
[01:22:09]
dont on se doutait pas
[01:22:10]
dans l'impression que ça se passe
[01:22:12]
juste dans les Ătats du Sud
[01:22:14]
américaine, mais non,
[01:22:15]
c'est un petit peu partout.
[01:22:17]
Puis c'est troublant de voir,
[01:22:18]
je sais pas que t'en penses,
[01:22:19]
Seb, Ă quel point
[01:22:20]
j'ai l'impression qu'on est
[01:22:21]
presque dans une direction
[01:22:23]
géopolitique en ce moment
[01:22:24]
oĂč on va avoir plus
[01:22:26]
des groupes comme ça.
[01:22:27]
Bien sûr.
[01:22:28]
On est à une drÎle d'époque.
[01:22:29]
Avec l'immigration massive,
[01:22:30]
j'ai l'impression un peu partout
[01:22:32]
au Canada, aux Ătats-Unis,
[01:22:34]
je trouve que ça,
[01:22:35]
et mĂȘme partout,
[01:22:37]
on dirait que ça,
[01:22:38]
ça aide pas à recréer
[01:22:40]
ce climat-lĂ ,
[01:22:41]
parce qu'on dirait que les gens,
[01:22:42]
ils se sentent bouleversés.
[01:22:44]
On le voit mĂȘme au QuĂ©bec,
[01:22:46]
la CAQ qui essaie de faire
[01:22:48]
passer que les priĂšres de rue.
[01:22:49]
Je fais un genre de dérivé,
[01:22:52]
mais c'est un peu la mĂȘme chose.
[01:22:53]
C'est juste pour nous
[01:22:54]
ancrer dans la tĂȘte.
[01:22:55]
Comme si ça dérangeait.
[01:22:57]
Puis comme si c'était
[01:22:58]
un vrai problĂšme.
[01:22:59]
J'en ai jamais vu.
[01:23:00]
Je pense pas que c'était
[01:23:01]
un problĂšme,
[01:23:02]
mais encore une fois,
[01:23:03]
ça intÚgre du racisme,
[01:23:05]
le bleu québécois,
[01:23:06]
les valeurs québécoises.
[01:23:07]
Oui, oui, oui.
[01:23:08]
On fait toujours un grand débat
[01:23:09]
avec le port du voile.
[01:23:11]
Oui, exactement.
[01:23:12]
Est-ce qu'ils peuvent
[01:23:12]
porter leur voile?
[01:23:13]
Puis on peut leur sacrer la peine.
[01:23:15]
Oui, oui, exactement.
[01:23:16]
Ăa entretient, comme tu dis,
[01:23:18]
un peu une peur de l'autre
[01:23:19]
ou un questionnement comme quoi
[01:23:23]
les immigrants ou les gens mĂȘme.
[01:23:25]
Des fois, c'est mĂȘme pas
[01:23:26]
des immigrants, des gens
[01:23:27]
qui sont nés ici.
[01:23:29]
Mais ils ont juste
[01:23:30]
une religion différente.
[01:23:31]
Puis nous, on les gosse avec ça.
[01:23:33]
C'est sûr que ça entretient
[01:23:34]
une certaine forme de peur.
[01:23:37]
Puis c'est avec justement
[01:23:38]
avec nos voisins du Sud
[01:23:39]
et tout ce qui se passe.
[01:23:41]
Le discours de droite
[01:23:42]
est vraiment ultra normalisé,
[01:23:45]
d'extrĂȘme droite mĂȘme.
[01:23:47]
Donc, j'ai l'impression
[01:23:48]
qu'on est dans un terreau
[01:23:49]
vraiment fertile
[01:23:52]
pour une remontée du racisme.
[01:23:54]
On le voit.
[01:23:55]
On le voit peut-ĂȘtre moins
[01:23:58]
quelque part au Québec,
[01:24:00]
mais les crimes ratios
[01:24:01]
ont augmenté énormément.
[01:24:03]
Partout, oui.
[01:24:04]
Ben oui, puis je faisais un.
[01:24:05]
Je voulais faire un parallĂšle
[01:24:06]
aussi dans le monde du skateboard,
[01:24:08]
qui est un monde
[01:24:08]
que je suis beaucoup.
[01:24:11]
Ed Templeton,
[01:24:12]
qui est un ancien pro skater,
[01:24:14]
qui est le fondateur de Toy Machine,
[01:24:17]
les skateboards Toy Machine
[01:24:18]
qui sont lĂ depuis
[01:24:20]
les années 90,
[01:24:21]
qui sont lĂ depuis trĂšs longtemps.
[01:24:22]
Il a sorti un design de skateboard
[01:24:25]
cet été à la fin août 2025.
[01:24:26]
Et c'est un membre du Ku Klux Klan
[01:24:29]
qui brûle sur une croix.
[01:24:31]
Donc, c'est l'inversité.
[01:24:33]
Puis c'était trÚs, trÚs controversé.
[01:24:36]
Et il y a eu de un,
[01:24:37]
la collection a été sold out
[01:24:38]
en un claquement de doigts.
[01:24:40]
Il y a eu des T-shirts,
[01:24:40]
il y a eu tout ça.
[01:24:41]
Mais il y a eu un énorme backlash.
[01:24:44]
Les gens mĂȘme dans le monde du skate,
[01:24:47]
il y a des skaters
[01:24:48]
qui sont trĂšs religieux,
[01:24:50]
qui se sont rebellés contre lui.
[01:24:51]
Il y a eu des membres du Ku Klux Klan
[01:24:54]
qui ont, comment dire,
[01:24:57]
qui sont montés au barricade
[01:24:59]
contre ce truc-lĂ .
[01:25:00]
Lui, sa réaction, ça a été d'en produire plus.
[01:25:03]
Donc, ça a été sans doute
[01:25:04]
sa collection qui a le mieux marché.
[01:25:07]
Mais il y a plein de,
[01:25:08]
comment dire, plein de racistes
[01:25:10]
endormances qu'on ne pensait pas
[01:25:12]
qui sont qui sont revenus contre lui
[01:25:14]
avec ce design de skate et de T-shirt.
[01:25:18]
Donc, c'est encore un sujet sensible.
[01:25:21]
C'est encore difficile d'en parler.
[01:25:23]
J'ai hĂąte de voir les commentaires
[01:25:25]
qu'on va recevoir, nous,
[01:25:26]
aprÚs cet épisode-là .
[01:25:28]
Oui, parce que ça peut ĂȘtre difficile.
[01:25:29]
C'est sensible.
[01:25:30]
Ben oui, exactement.
[01:25:31]
Mais Ă quelque part,
[01:25:32]
je pense que c'était un épisode
[01:25:33]
de son temps qu'on avait besoin de faire
[01:25:36]
Ă quelque part.
[01:25:37]
C'est rare qu'on entre
[01:25:38]
dans des dossiers comme ça,
[01:25:39]
de distorsion.
[01:25:39]
Oui, oui, exactement.
[01:25:40]
Des dossiers plus...
[01:25:42]
Historiques.
[01:25:43]
Oui, qui traitent de dangers sociaux,
[01:25:45]
d'enjeux politiques et autres.
[01:25:47]
Mais bon, on trouvait ça
[01:25:48]
intéressant de le faire
[01:25:49]
parce qu'il faut garder tout ça Ă l'Ćil.
[01:25:51]
Oui, oui, moi, j'avais vu sur YouTube
[01:25:54]
si le sujet continue de vous intéresser.
[01:25:56]
Il y a plusieurs reportages
[01:25:57]
oĂč se conçut des familles,
[01:26:00]
des familles dans le...
[01:26:01]
mĂȘme Ă l'Ăšre d'aujourd'hui.
[01:26:03]
OK.
[01:26:04]
Et vous allez voir,
[01:26:04]
c'est déstabilisant.
[01:26:07]
Les discours que justement les...
[01:26:09]
je devais dire les gens normaux,
[01:26:10]
c'est pas ça que je veux dire.
[01:26:11]
Mais les gens qui n'ont pas de préjugés,
[01:26:14]
ça fait une dissonance
[01:26:15]
quand t'entends ça.
[01:26:17]
LĂ , c'est pas, comme je vous dis,
[01:26:18]
c'est pas des captations de 1865.
[01:26:20]
C'est en 2025.
[01:26:22]
Ah oui.
[01:26:23]
Et ça fait peur.
[01:26:25]
Autre derniĂšre petite truc,
[01:26:26]
Bad Bunny au Super Bowl cette année.
[01:26:29]
Ah, c'est vrai.
[01:26:30]
Bad Bunny, c'est un Américain.
[01:26:32]
Il est né à Porto Rico
[01:26:33]
qui appartient aux Américains.
[01:26:34]
Absolument.
[01:26:34]
Mais tout le magas,
[01:26:35]
il nous disait...
[01:26:37]
Tout le magas qui disait
[01:26:38]
on veut un Américain.
[01:26:39]
Pourquoi que c'est pas un Américain
[01:26:41]
qui fait le Super Bowl?
[01:26:42]
Mais tout le monde le nomme.
[01:26:44]
Tu sais, je vais dire,
[01:26:44]
ben Porto Rico, c'est un Américain.
[01:26:46]
C'est pas parce qu'il n'est pas blanc
[01:26:47]
que c'est pas un Américain.
[01:26:48]
Puis lĂ mĂȘme,
[01:26:50]
ils se sont mis Ă nommer
[01:26:51]
tous les non-Américains
[01:26:53]
qui ont fait le Super Bowl,
[01:26:54]
tous les blancs non-Américains
[01:26:55]
qui ont fait le Super Bowl.
[01:26:57]
C'est genre Bro Springsteen.
[01:26:58]
Plein de monde que c'est pas...
[01:26:59]
Ben Madonna, c'est pas un Américain.
[01:27:01]
Ah, ça m'a tellement fait rire.
[01:27:02]
Ben Bro Springsteen,
[01:27:03]
c'est pas un Américain.
[01:27:04]
Ben oui, c'est pas un New Jersey guy.
[01:27:05]
Ah oui, c'est peut-ĂȘtre pas lui
[01:27:06]
que je me mélange.
[01:27:07]
Pardon, Paul McCartney,
[01:27:09]
je pense que c'est vrai.
[01:27:09]
Oui, c'est ça.
[01:27:10]
Et puis c'était vraiment drÎle.
[01:27:12]
C'était tous des gens
[01:27:12]
non-Américains, mais blancs,
[01:27:14]
que personne n'a chialé.
[01:27:16]
C'est clair.
[01:27:17]
C'est vraiment la mouvance actuelle.
[01:27:19]
On dirait que ça fait ressortir
[01:27:21]
puis ça légitimait.
[01:27:22]
On dirait que tout le monde
[01:27:22]
a le droit de le dire maintenant.
[01:27:24]
Je me semble qu'avant,
[01:27:24]
au moins, les gens
[01:27:25]
se gardaient une petite gĂȘne.
[01:27:26]
Oui, oui, oui.
[01:27:26]
Puis lĂ , Turning Point,
[01:27:27]
l'organisation de Charlie Kirk,
[01:27:29]
ils veulent organiser
[01:27:29]
leur spectacle américain
[01:27:31]
du Super Bowl.
[01:27:32]
Oui, oui, oui.
[01:27:33]
Ils veulent faire
[01:27:34]
leur spectacle de la mi-temps.
[01:27:36]
Donc, on n'est pas sorti du bois.
[01:27:37]
Non, comme tu dis.
[01:27:39]
Yes.
[01:27:40]
Eh bien, merci Seb
[01:27:41]
pour cet épisode-là .
[01:27:43]
Merci à notre équipe
[01:27:44]
de recherche aussi.
[01:27:45]
Merci les Dix-Tordus
[01:27:46]
d'ĂȘtre toujours lĂ pour nous.
[01:27:47]
On se rappelle que sur Patreon,
[01:27:49]
on va enchaĂźner Seb
[01:27:50]
avec un autre épisode bonus,
[01:27:53]
mais sur justement
[01:27:55]
l'argent sale de la haine.
[01:27:57]
Tu vas nous parler
[01:27:58]
d'autres personnages.
[01:28:01]
Oui, Joe Moore qui a réussi
[01:28:04]
Ă faire emprisonner,
[01:28:05]
Ă infiltrer le Klu Klux Klu.
[01:28:06]
Oh, ça va ĂȘtre intĂ©ressant.
[01:28:08]
En after-show,
[01:28:09]
on va écouter ça sur Patreon.
[01:28:12]
Sinon, vous savez
[01:28:12]
oĂč nous trouver, guys.
[01:28:13]
On est partout
[01:28:14]
sur les réseaux sociaux,
[01:28:15]
sur Twitter, TikTok,
[01:28:17]
sur Facebook, YouTube, Instagram
[01:28:19]
et sur Twitch maintenant aussi
[01:28:21]
depuis qu'on fait des live streams.
[01:28:22]
Donc ça, n'hésitez pas.
[01:28:23]
Yes.
[01:28:24]
Et bien sûr, sur Patreon,
[01:28:26]
on vous rappelle
[01:28:27]
que André Beaupré,
[01:28:29]
notre monteur qui va monter
[01:28:30]
ce super épisode.
[01:28:32]
Et encore merci
[01:28:33]
Ă nos recherchistes
[01:28:34]
pour ce bon travail.
[01:28:36]
Et pour terminer,
[01:28:37]
on doit donner l'heure due
[01:28:39]
Ă nos actionnaires Patreon.
[01:28:41]
Seb, je te laisse commencer.
[01:28:42]
Et je donne un gros cĂąlin
[01:28:44]
Ă Jeff G, Julien B,
[01:28:47]
Bretanie BP
[01:28:48]
et Elsa R et Julie G.
[01:28:51]
Aussi beaucoup d'amour
[01:28:52]
à Félix B, à Jennifer G,
[01:28:55]
Ă Josiane, Ă Maxime T
[01:28:57]
et à la mystérieuse Camille.
[01:28:59]
Un gros high five Ă Monika D,
[01:29:02]
Ă Naes L, Nadia B,
[01:29:04]
Tobio et Elle Wills.
[01:29:07]
Une bonne tape dans le dos
[01:29:08]
Ă Naomi, Ă Andrea,
[01:29:10]
Ă Louis S,
[01:29:11]
à Frédéric P et à Caroline.
[01:29:14]
Encore de l'amour Ă Annie,
[01:29:16]
Sophie B, Samirina,
[01:29:18]
Christopher C et Bianca C.
[01:29:21]
Et pour terminer,
[01:29:22]
un gros cĂąlin Ă Nicolas B,
[01:29:24]
Ă Guillaume B,
[01:29:25]
Ă Jackie,
[01:29:26]
à Véronique G
[01:29:27]
et Ă Ălisabeth M.
[01:29:30]
Merci beaucoup.
[01:29:39]
Et pour terminer, Seb,
[01:29:40]
aurais-tu un mot de la fin
[01:29:41]
pour nous ce soir ?
[01:29:43]
DerriÚre les écrans,
[01:29:45]
une armée invisible se forme,
[01:29:47]
radicalisée par des algorithmes
[01:29:48]
qui nourrissent peur et colĂšre,
[01:29:50]
persuadés de défendre une cause.
[01:29:52]
Les croix ne brûlent plus
[01:29:53]
dans les champs,
[01:29:54]
mais sur le web,
[01:29:55]
une autre flamme s'allume,
[01:29:57]
celle de la haine réinventée,
[01:29:59]
qui grandit pixel par pixel.