En 2018, Gerald Cotten, fondateur de QuadrigaCX, le plus gros site d’achat de cryptomonnaie au Canada, meurt étrangement pendant sa lune de miel en Inde. Lorsque sa mort est annoncée, tous les investisseurs et les internautes se demandent où est passé leur argent…Il semblerait qu’en mourant, Gerald Cotten aurait emporté ses mots de passe avec lui, dans sa tombe… laissant 250M$ perdus à tout jamais. Est-ce possible que tout cela n’était qu’une fraude bien élaborée? Ou encore, serait-ce même possible que Gerald soit encore en vie? Suivez-nous dans cette histoire intrigante…

Épisode
#85 - Gerald Cotten: la mort suspecte d’un baron de la crypto
Audio
Écouter l’épisode
Transcription de l’épisode
Lire la transcription
Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.
Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur...
Des histoires étranges de l'ère numérique.
En 2018, Gerald Cotton, fondateur de Quadriga, le plus gros site d'achat de crypto-monnaies au Canada, meurt étrangement pendant sa lune de miel en Inde.
Lorsque sa mort est annoncée, tous les investisseurs et les internautes se demandent où est passé leur argent.
Il semblerait qu'en mourant, Gerald Cotton aurait emporté ses mots de passe avec lui dans sa tombe, laissant 250 millions de dollars perdus à tout jamais.
Est-ce possible que tout cela n'était qu'une fraude bien élaborée? Ou encore, serait-ce même possible que Gerald soit encore en vie?
C'est Martin Lévesque, comment ça va ce soir?
Ça va bien et toi, Emile Gauthier?
Ça va très bien, ça va très bien. Dis-moi donc, qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui pour se mettre dans le bain de la crypto-monnaie?
Oui, on boit une bière bien locale de Montréal à Montreal State of Mind.
C'est une New England IPA qui est brassée à Dorval à Montréal par la micro-brasserie des quatre origines.
C'est une de mes bonnes découvertes de l'année.
Oui, elle est excellente.
On a aussi un shout-out à donner et aujourd'hui, Seb, je veux prendre l'occasion de donner un petit shout-out à tous les autres créateurs de balado d'enquête qui, en ce moment, voient le jour.
Il y en a plusieurs nouveaux cette saison-ci ou encore la saison passée.
Il y a les filles de captives, il y a les filles aussi de crime dans ton café que t'aimes bien d'ailleurs.
Oui, oui, oui, j'adore.
Il y a aussi 9-1 Behind the Scene, les gens de Saint-Aise viennent d'en sortir un, l'Ombre du doute avec notre chumie Stéphane Bertomet est là aussi.
Donc, je voulais donner un shout-out aux jeunes créateurs qui se lancent dans l'aventure. On voit qu'au Québec, en ce moment, ça bouillonne de partout.
Oui, c'est le fun à boire.
Oui, puis si vous voulez obtenir nos épisodes en avance et nos after-shows, abonnez-vous à notre page Patreon.
D'ailleurs, après cet épisode-ci, on va avoir un after-show bien étoffé pour nos abonnés, oui monsieur, donc restez à l'écoute.
Et sur ce, mon cher Seb, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans la mort mystérieuse d'un baron de la crypto?
Oui, mais avant d'aller plus loin, je voulais vous dire que si vous avez manqué la vente du Black Friday et Cyber Monday de chez Polysleep,
pas de souci, on a ce qu'il faut.
Un bon matelas, c'est tellement important. On se réveille mieux reposé, sans douleur, le sommeil est de meilleure qualité et on est de bonne humeur au réveil.
Même moi, j'ai hâte d'aller me coucher tellement je suis bien dans mon matelas Polysleep.
Même que si c'est pas encore fait, je vous conseille de passer au format King.
Dans cette commandite, Polysleep nous donne accès à un rabais exceptionnel et complètement exclusif aux distordus.
Donc, pour une période limitée, profitez de 30 % de rabais sur tous les produits du site Polysleep.ca. 30 %, imaginez-vous.
Adieu les douleurs musculaires, les allergies et l'apnée du sommeil, le tout grâce à des produits fait ici, chez nous, au Québec.
Utilisez le code promo DISTORTION30 du 30 novembre au 6 décembre 2021 sur le site de Polysleep.ca.
DISTORTION30 en guise de code promo pour obtenir 30 % de rabais.
Et là-dessus Seb, est-ce qu'on est prêt à attaquer l'épisode d'aujourd'hui?
Oui monsieur!
Le sujet de ce soir, mon cher Seb, est assez dans l'air du temps.
Parce qu'on va parler d'une fraude liée au monde de la crypto-monnaie.
Puis vous le savez, en ce moment, on ne parle presque que de ça de la crypto dans le monde numérique.
Parce que le bitcoin, entre autres, qui est la principale crypto-monnaie actuellement, a atteint un sommet vraiment incroyable.
En octobre, on parle de 61 000 $ US pour un seul bitcoin, ce qui est assez extrême.
Je pense que c'est environ 80 000 $ canadiens pour un bitcoin.
Le bitcoin, il ne faut pas oublier qu'il y a toujours un immense mystère autour de son créateur.
À savoir, est-ce que le fameux Satoshi Nakamoto est celui qui l'a créé?
D'ailleurs, on a fait un chapitre là-dessus dans notre tome 2 de Distortion, le livre.
Donc on vous suggère de checker ça.
Mais il y a plein d'autres nouvelles en ce moment qui refont surface.
Par exemple, vous savez la folie autour de Squid Game, la série Netflix.
Il y a eu aussi une crypto qui a été lancée autour de ça.
Et ça a été lié aussi à une fraude de 3,3 millions de dollars américains.
Exactement, c'est complètement fou ce qu'on appelle un « rug pull scam »,
qui est un peu une fraude lorsqu'un projet de crypto est abandonné.
Les créateurs, ceux qui ont lancé cette crypto-là, une fois qu'ils ont tout vendu,
ils abandonnent le projet qui est laissé à lui-même.
Puis il y a plein de gens qui ont perdu leur investissement.
Donc ça, on en voit plein le monde des NFT aussi.
Les arts numériques qui sont authentifiés par la blockchain.
On en voit de toutes les couleurs.
Certains qui rencontrent des grands succès.
On voit de la fraude aussi.
Oui, le cas des « cyber punks », entre autres,
que vous pouvez vous procurer à des montants très élevés.
Il y a encore eu une genre de fraude cette semaine
ou d'une vente plus ou moins légite qui a été faite autour de ça
dans le but de faire de la surenchère.
On parle d'un demi-milliard de dollars pour un NFT,
pour un petit visage des « cyber punks ».
Il se passe plein de choses dans ce domaine-là.
Puis le cas d'aujourd'hui, en fait,
ne nous donne pas vraiment envie d'investir dans les crypto-monnaies.
Moi, c'est un monde qui m'intéresse beaucoup.
J'ai envie d'investir là-dedans.
Mais quand je vois des histoires comme ça, on dirait que je suis découragé.
Il faut investir dans celles qui sont bien établies.
Parce que c'est ça le danger actuellement.
C'est ce qu'on voit, c'est que, regarde,
une crypto-monnaie « squid game », il y a trois mois,
la personne ou les personnes qui ont créé ça,
ils ne devaient même pas avoir ça en tête.
Ils ont profité d'un engouement pour la série,
pour créer ça, créer une forme d'attraction.
En plus, avec l'amalgame de la popularité des cryptos.
Faites attention, sérieusement.
Puis vous allez le voir, dans le cas d'aujourd'hui
et même dans l'after-show, ce n'est pas magique les promesses de profit.
Méfiez-vous, il y a déjà plein de sortes de crypto-monnaies existantes
avec des plateformes comme Coinbase, par exemple,
qui sont légites, légales et vous pouvez investir de manière…
Les crypto-monnaies sont très volatiles.
Évidemment, il y a un risque.
Mais au moins, le risque n'est pas de se faire scammer
quand vous passez vers ces plateformes-là.
Oui, tout à fait, c'est clair.
C'est un cas qui est très dans l'air du temps.
Le cas de Gerald Cotton, qui est le président de Quadriga CX,
qui est une entreprise canadienne, qui n'existe plus maintenant.
Vous allez voir, on va faire le tour de son histoire.
Elle n'existe plus justement parce que son président est mort
et il a emporté avec lui tous les secrets
permettant de rembourser les investisseurs.
C'est une histoire qui a fait vraiment scandale
lorsque tout ça a été déballé devant le grand public en 2019.
Vous allez voir, c'est assez troublant.
Il y a un haut niveau de mystère aussi qui subsiste autour de sa mort, entre autres.
Et où est cet argent?
Et dans l'after-show pour nos abonnés Patreon,
on va discuter d'un cas bien québécois,
le cas de MRS Exchange et d'Antoine Marsand.
C'est un cas qui est arrivé en avril 2021, en avril dernier.
Une crypto qui a été lancée,
en fait un jeton qui a été lancé par des Québécois.
En l'espace de quelques heures, il y a eu une surenchère
et le tout a droppé vers la fin de la journée.
Il y a énormément de gens qui ont perdu des investissements par rapport à ça.
Un cas bien québécois qui est un peu passé sous le silence au niveau grand public.
Les gens du monde de la technologie et tout ça,
on en a parlé un peu, mais le grand public, on n'a pas tant parlé.
Pas tant, un petit peu, mais pas tant.
C'est pas sans rappeler le cas d'aujourd'hui,
qu'il y a quand même des petites différences, des grosses différences.
Mais quand même, il y a des similarities.
Exactement. On va vous en parler dans l'after-show
du cas de MRS Exchange et le cas de Quadriga,
le cas de Gerald Cotton aussi.
Quand je disais que c'était dans l'air du temps,
il y a un podcast qui a été lancé.
Il faut que vous sachiez, je ne dis pas ça pour qu'on se la pète,
mais moi et Seb, on prévoit nos sujets de saison,
des fois un an à l'avance, six mois à l'avance.
Ça fait longtemps qu'on parle de ce sujet-là,
mais entre-temps, il y a un podcast de la CBC
qui est sorti, Debt and Crypto Land,
que je vous suggère fortement.
Mais il y a plein d'autres trucs,
il y a un autre podcast, Exit Cam,
qui a été fait sur le sujet de Netflix.
Ils ont annoncé un documentaire pour 2022,
Debt of a Crypto King,
donc très proche du titre de la CBC.
C'est vraiment un sujet dont vous allez entendre parler
encore plus, même après cet épisode de distortion,
si vous n'avez jamais entendu parler.
Bref, ça secouait le monde financier canadien.
Mais avant toute chose, Seb, on va en reparler tout ça,
je me lance dans la chronologie des événements,
parce que vous allez voir,
c'est une histoire qui est assez passionnante.
On t'écoute.
Nous sommes à Jaipur, en Inde.
Le 8 décembre 2018, vers 17 h,
Gerald Cotton et sa femme, Jennifer Robertson,
attendent le gros SUV qui doit venir les chercher
à l'aéroport et les amener à leur hôtel.
Gerald et Jennifer sont un couple depuis plusieurs années,
mais ils ont officialisé leur union en Écosse
quelques mois auparavant.
Ils ont réservé une chambre à l'auberoi Raj Vilas,
un luxueux complexe hôtelier où le cri des pas
résonne dans le parc verdoyant.
Il s'agit d'un hôtel moderne
qui reprend les codes d'opulence
des palais royaux anciens.
Ces voyageurs de toujours,
Gerald et Jennifer, comme ils se décrivent,
se sont mariés récemment
et ont annoncé à l'hôtel qu'ils venaient célébrer
leur noce dans la ville rose
où les merveilles de l'architecture historique
et les richesses se heurtent
au tumulte de la vie moderne de l'Inde.
Ils ont pris des dispositions pour qu'un SUV de luxe
vienne les chercher à l'aéroport
où leur vol devait atterrir à 17 h 15,
le 8 décembre 2018.
55 minutes plus tard,
ils sont arrivés à l'hôtel
où des gardes saluent les visiteurs
et les conduisent à une entrée
où l'eau ruisselle le long d'un canal
en pierre dans un bassin rempli
de pétales de roses.
Un hommage parfumé au palais voisin
qui a été une résidence royale
pendant des siècles de Marajas.
En arrivant ici,
ils ont été pendant un moment
un roi et une reine des temps modernes,
la dernière aventure d'un couple
dont la vie était parsemée de signes de richesses.
Mais M. Cotton,
qui dirige le populaire site
d'échange de crypto-monnaies Quadrigas et X,
ne semble pas au top de sa forme.
Il a de la difficulté à se déplacer
et ne se sent pas très bien dans sa peau.
Il a entre autres beaucoup de douleurs
à l'estomac en cette journée de décembre.
Le couple a un horaire
plutôt chargé pendant ce voyage.
Non seulement ils y vont
pour célébrer leur lune de miel,
s'étant mariés dans la même année,
mais en plus Gérald Cotton
doit inaugurer un orphelinat
dans le village de Venkatapouram
et distribuer des dizaines
d'oursons en pluche aux enfants.
Le pasteur en charge de l'ouverture
n'aura hélas pas la chance
de distribuer ces oursons aux enfants
car un événement inattendu
est sur le point de survenir.
Le lendemain,
le 9 décembre,
des employés de l'hôtel Oberoi-Rajvilas
sillonnent les rues achalandées
de Jaipur à la recherche
d'un service bien précis.
Ils recherchent un hôpital
qui acceptera d'embaumer
le corps d'un client.
Le client en question
est Gérald Cotton,
arrivé en sol indien il y a 24 heures
qui vient tout juste de décéder,
âgé de 30 ans seulement.
Le premier hôpital
où se rendent les employés
refuse d'embaumer le corps du patient.
Pour eux, il trouve étrange
que des employés de l'hôtel
et non des membres de la famille
ou encore des médecins
fassent cette drôle de demande.
Le deuxième hôpital
accepte de se plier à la demande
un peu irréelle,
disant qu'ils ont un certificat de décès en main
et que les policiers ont bel et bien
donné leur aval.
C'est bizarre un peu, encore une fois.
T'es un employé d'hôpital
et tu vois arriver des employés d'hôtel
avec un corps qui demande de l'embaumer.
C'est louche, me semble,
que ça lève un drapeau.
Toujours depuis l'Inde,
c'est Jennifer, sa femme,
qui gère les relations.
Elle va tout d'abord avertir les gens
de l'orphéline où Gerald est attendu
pour leur expliquer de procéder à l'ouverture
sans eux.
Jennifer va aussi avertir les autres
membres exécutifs de l'entreprise Quadriga,
notamment Michael Petren,
le partenaire de Gerald
dans l'aventure de Quadriga.
On va en revenir un petit peu plus tard.
Gerald Cotton serait mort
de complications dues à la
maladie de Crohn dont il souffre depuis longtemps.
La maladie de Crohn, c'est une maladie
inflammatoire chronique du système
digestif, entre autres le gros
intestin, qui évolue par poussées
ou par crises quand même
qui peuvent être vraiment terribles
et fausses de rémission.
Elle se caractérise principalement par des crises
de douleurs abdominales et de
diarrhées qui peuvent durer plusieurs
semaines ou plusieurs mois.
Fatigue, perte de poids et même
dénutrition peuvent survenir
si aucun traitement n'est entrepris.
C'est vraiment une maladie difficile
avec laquelle il faut composer toute sa vie
et ajuster son alimentation.
Cependant, il est
très rare que des gens meurent.
Nous allons revenir sur les circonstances
de la mort de Gerald en détail plus tard
dans l'épisode, vous allez voir, c'est très
bizarre. Il prend au moins
un mois aux gens de Quadriga,
soit en janvier 2019,
pour annoncer la mort du président de l'entreprise.
Il ne faut pas oublier que
des dizaines de milliers de gens
ont des placements de crypto-monnaies
effectués via cette plateforme.
Sauf qu'un mois après la mort de Gerald,
l'entreprise est désormais placée
sous la protection de la loi sur les
faillites car elle doit environ
250 millions de dollars
à 115 000 personnes
et près des trois quarts des fonds
sont introuvables. Et là, Seb,
je me différents à bémol parce que
au fil des recherches, j'ai vu plusieurs
chiffres différents. J'ai vu
250 millions, 235,
215. J'ai vu 115 000
personnes qui ont été
flouées, mais 76 000,
75 000. Donc,
c'est difficile d'avoir le vrai chiffre
dépendamment des articles de journaux.
Le Globe and Mail ont fait un gros
dossier. Bon, il nomme certains
chiffres. Il y a aussi des
médias indiens
qui ont fait des articles là-dessus qui ont d'autres chiffres.
Donc, pour l'instant, on va
s'en tenir
aux chiffres que
je crois que c'est le Globe and Mail,
donc un journal canadien qui a
énormément couvert l'enquête.
Donc, allons-y avec ce 250 millions
de dollars perdus et
115 000
personnes qui ont été flouées
par Quadriga.
Mais ça peut s'expliquer parce que
étant donné que la valeur du bitcoin fluctue
tellement souvent, à un moment donné,
le journaliste l'évalue à un moment
X versus
aujourd'hui. Ça doit expliquer
entre autres les variations du moins
sur la valeur du portefeuille.
Puis même si on vous donnait un chiffre actuel
de la journée d'aujourd'hui,
au moment où vous écoutez l'épisode,
ça sera plus le bon chiffre. C'est ça. Si vous nous écoutez
en 2025, peut-être que tout cela
va s'être effondré. Oui.
Au moment de cette annonce,
justement de l'annonce
que Quadriga se met sur la protection des
faillites, les clients ainsi que
toute la communauté autour du monde
de la crypto sont révoltés
et il y a deux questions qui demeurent sur
toutes les lèvres. La première,
où est l'argent? Et deux,
est-ce que Gerald Cotton
est bel et bien mort ou est-ce que
tout cela est une mise en scène?
Parce que bon, étant très riche,
on va y revenir un peu plus tard,
ça se pourrait qu'il ait les moyens ainsi que
de bonnes raisons pour falsifier sa mort.
On a déjà eu ça. Avant d'aller
plus loin, revenons un peu plus sur
l'avis de Gerald Cotton, ce jeune prodige
de la crypto. Gerald
William Cotton grandit dans la petite
ville de Belleville en Ontario,
une banlieue qui est située entre
Toronto et Montréal. Gerald est
un jeune homme correspondant au profil du
nerd plutôt doué à l'école, mais pas
non plus le plus populaire. Ses parents
occupent un emploi très différent de l'avenir
qu'il envisage, en gérant une
petite boutique d'objets antiques,
on est loin de la technologie et de la finance.
Gerald étudie en administration des affaires
à l'Université York de Toronto,
où il complète son baccalauréat avec honor
en 2010.
Très tôt,
très tôt pendant ses études universitaires,
Gerald s'intéresse au monde des banques
décentralisées et de la crypto-monnaie.
Il va d'ailleurs fonder l'entreprise
Quadriga Fintech en 2013,
soit seulement trois ans après avoir
gradué. Toutefois,
déjà à la sortie de ses études,
Gerald mène un train de vie excentrique
de millionnaire. C'est pas très clair
où il a acquis toute cette fortune,
mais selon lui, il s'agit d'investissements
en crypto qu'il a réalisés au cours des dernières années
datant des tout débuts de la vague
Bitcoin. Ses proches et ses
ex-collègues de classe ne comprennent
pas trop d'où il tient toute cette fortune à un
si jeune âge, mais rappelons-nous que
bien des gens qui ont investi dans le Bitcoin
au tout début ont vraiment réussi à se monter
une fortune impressionnante quand la valeur
a monté. Gerald est membre
d'un genre de club d'entrepreneurs
qui se spécialise dans le domaine,
le Vancouver Bitcoin Co-op,
et il fréquente pas mal les conférences
et les cafés technologiques où se rencontre
cette communauté. Cotton
connaissait les phrases d'accroche et les buzzwords
du milieu, mais il semblait surtout intéressé
par les possibilités
spéculatives du Bitcoin.
Rappelons-nous, nous sommes au début des années
de 2010. Le premier bloc de Bitcoin
a été créé le 3 janvier 2009
et la monnaie a pris de la valeur économique
le 22 mai 2010, une date
inscrite dans la tradition du Bitcoin
comme étant le pizzer,
lorsqu'un homme de Floride a payé 10 000
Bitcoin en un an anglais pour qu'il
lui commande deux pizzas chez Papa John.
Les pizzas ont coûté environ
25 dollars, ce qui donnait à l'époque
une valeur au Bitcoin d'un quart de sous.
À l'heure actuelle,
ces pizzas seraient évalués à 628
millions de dollars US, imaginez.
Ah oui. Avec cela,
le Bitcoin est devenu, comme toute autre
forme de monnaie, une illusion de masse.
Sa valeur provient de la croyance
qu'il a de la valeur. Tout est émotionnel.
Si vous voulez plus de détails
sur l'histoire du pizza D,
sachez qu'on le détaille dans le tome 2
du livre.
Oui, tout à fait, c'est quand même assez
anecdotique, c'est drôle quand même
que la première valeur
qui a été
affectée au Bitcoin correspond à celle
d'une pizza.
Oui, mais c'est vrai que c'est ça.
Oui, tant qu'il n'y a pas une transaction
d'effectuée avec une monnaie virtuelle,
tu ne sais pas combien ça vaut.
Exactement, c'est tellement volatile.
C'est ça qui est drôle,
parce que la personne
qui possédait ces Bitcoins-là au début,
tu ne peux pas avoir de regret,
elle n'a pas de regret non plus parce que
tu ne peux pas prévoir ça.
Mais c'est vrai que quand tu y penses,
t'es comme, merde, j'ai donné 10 millions de dollars à quelqu'un,
peut-être, à l'époque.
On parle même de 628 millions.
Ah oui, pas 10 millions, tu as bien raison.
Je continue.
Lorsque Gérald arrive à Vancouver en 2013,
le Bitcoin vaut environ
266 dollars,
ce qui représente une augmentation incroyable
en quelques années.
Toutefois, Gérald est frustré de l'expérience
client lorsqu'il tente d'acheter des Bitcoins
depuis le Canada.
À l'époque, presque toutes les transactions
doivent passer par le site MT Gox,
qui est situé au Japon,
et le processus pour transférer des Bitcoins
en argent canadien est très laborieux,
impliquant beaucoup de frais de service.
À l'époque, les banques canadiennes
ne veulent rien savoir des crypto-monnaies.
Gérald commence donc à imaginer
son propre service transactionnel
avec un ancien compagnon d'affaires,
un certain Michael Petrin.
Le duo fonde Quadrigas et X
le jour du Boxing Day en 2013,
soit le 26 décembre.
Et le nom Quadriga
fait référence au chariot
traîné par les chevaux
de l'Empire Romain.
C'est comme un quadriga,
c'est un chariot à 4 chevaux,
tiré par 4 chevaux.
Mais gardez bien cette info en tête,
on va y revenir un petit peu plus loin, vous allez voir.
Gérald et Michael sont très enthousiastes.
Ils vont installer
un guichet à Bitcoin dans le lobby
de leur bureau à Vancouver,
qui représente le deuxième au Canada.
Gérald va ainsi devenir
le président de la Vancouver Bitcoin Co-op
et va tenir les rendez-vous hebdomadaires
dans les bureaux de Quadriga.
La promesse de l'entreprise
est de faciliter l'achat de Bitcoin
au Canada et aux États-Unis,
tout en limitant les frais de service.
Quadriga a aussi obtenu une validation
de la part de FinTrack,
une organisation canadienne
qui lutte contre le blanchiment d'argent.
Ça ajoute un petit côté
authentique à tout cela.
De plus, Gérald ajoute
en entrevue qu'avec Quadriga,
étant une entreprise canadienne,
les gens ont confiance car ils savent
où va leur argent, entre guillemets.
Au sein du duo,
Gérald est l'architecte du site Web.
Il gère les grosses transactions
et tout le filet d'institutions financières
impliquées dans le processus.
Comme on le disait, ce n'est pas évident
à l'époque de transférer des Bitcoins
dans un compte de banque à opération.
Michael, lui, est plus un vendeur
puis il gère les relations d'affaires
et tout l'aspect réseautage
autour de l'entreprise.
Il a aussi personnellement investi
dans Quadriga.
Contrairement aux plateformes d'échange
que l'on utilise actuellement comme Coinbase
ou encore Binance,
Quadriga fonctionne différemment,
c'est-à-dire qu'il utilise son propre
système de jetons.
Ainsi, quand on achète sur Quadriga,
on achète une monnaie Quadriga
en quelque sorte, qui par la suite
est échangée par Gérald contre
de vrais Bitcoins ou autres crypto-monnaies
via tout un système très élaboré
entre des entreprises à numéros,
d'autres plateformes d'échange
et de vraies banques canadiennes.
Vous allez voir, c'est assez complexe.
Une des entreprises à numéros
appartient d'ailleurs à sa compagne,
Jennifer Robertson.
Ce que cherche Gérald aussi dans tout
ce filet d'entreprise,
c'est d'éviter le regard des autorités
financières et des banques lorsqu'il fait
des transactions.
Le système de Gérald fait aussi en sorte
que puisque les jetons de Quadriga
ne sont pas contrôlés par la blockchain
et ne sont pas minés, proprement dit,
il peut en générer à l'infini
et s'en mettre plein les poches.
C'est un peu comme si nous, sur notre site
de distorsion, vous pourriez acheter
des distocoins et puis
en fait l'échanger
contre de la marchandise ou autre chose,
des t-shirts. Mais nous,
en tant que propriétaires du site,
on peut se donner des distocoins à l'infini,
sauf que ça vaut rien dans le
vrai monde. Donc, si je veux
transformer ces jetons-là
en vrai argent, il faut que je le blanchisse
de une certaine façon.
Un peu comme l'argent du crime organisé.
Vous allez comprendre un peu comment
tout cela fonctionne. Tandis que quand
on achète directement des bitcoins
via Coinbase ou autre,
ces transactions-là,
c'est de la vraie crypto qui est validée
par la blockchain, qui est
authentifiée d'une certaine façon. Donc ici,
ce n'est pas tout à fait le cas. Donc, il faut vraiment
faire confiance à l'entreprise pour acheter
ce type de jetons-là. Vous allez voir.
Pour être 100 % francs,
le système mis en place par Gérald
pour Quadriga,
frôle la fraude et commence
à ressembler de plus en plus à une arnaque
de Ponzi, où le temps est
compté avant que tout s'écroule.
Ceci dit, les clients de Quadriga
ne sont pas au courant de tous les chemins
par lesquels passe l'argent.
Et en somme, bien que plusieurs affirment
qu'il prend beaucoup de temps avant de conclure
une transaction, les clients
canadiens demeureront satisfaits
d'une sympathie généralisée subsiste
autour de l'entreprise. Après tout,
ils sont canadiens et les Canadiens
ne sont pas des criminels, n'est-ce possible?
Bien sûr.
En mars 2015, donc ça fait deux ans environ
que Quadriga existe,
Quadriga planifie la prochaine étape
de son évolution, c'est-à-dire
devenir une entreprise publique
cotée à la bourse de Toronto.
Encore une fois, une première pour une
entreprise d'échanges de crypto-canadienne.
Et là, vraiment, ils sont excités
et tentent de lever des fonds.
Le duo Cotton-Petren
va relever un
850 000 $ supplémentaires
de la part d'investisseurs pour tenter
leur coût. Cependant,
quelques mois plus tard, l'offre est
refusée car Quadriga n'a pas réussi
à fournir un audit proprement réalisé
pour supporter leurs ambitions.
Il y a aussi des plaintes
venant de certains utilisateurs
qui n'aident pas Quadriga à faire leur entrée en bourse.
Le projet sera ainsi
abandonné et au cours des mois
suivants, la déringolade va
commencer. Les choses
commencent à avoir l'air vraiment louche pour l'entreprise.
Des visiteurs de leurs locaux
à Vancouver se rappellent qu'il y avait une
drôle d'ambiance au sein de l'entreprise.
Des bureaux non utilisés étaient répartis
un peu partout. Très peu d'employés
étaient, des piles de chèques à des non-entreprises
inconnues étaient disposés
un peu partout, ainsi qu'une grande
quantité d'argent liquide.
T'sais drôle, quelle entreprise aujourd'hui
en plus possède tant
d'argent liquide à part les commerces
qui vendent des biens
ou du moins qui a de l'argent liquide
dans les transactions. Les gens disaient
que ça ressemblait un peu à un front,
un genre d'entreprise
en surface, comme si c'était
juste une vitrine d'une certaine façon.
Quadriga accepte
aussi l'or en guise de monnets d'échange.
Après l'échec de la tentative
d'inscription à la bourse,
tous les directeurs vont quitter l'entreprise,
incluant Michael Petrum,
le partenaire des débuts de Quadriga.
L'entreprise devient ainsi
un one-man show. Et Gerald,
seul derrière son MacBook Pro,
va gérer toute l'entreprise à lui seul.
Et qu'arrive-t-il lorsqu'on est
seul et qu'on travaille sous pression ?
On fait des erreurs. Oui.
Parce que c'est beaucoup à gérer pour une seule personne.
Mais quand même, il y a quand même beaucoup
de clients et beaucoup de transactions.
Et à cette époque-là, de ce que je comprends,
il y a l'air d'avoir une
certaine job manuel à faire
pour effectuer les transactions.
Du moins, même si tout est informatisé,
il faut qu'il y a l'air à garder
des traces et tout ça.
Donc, à faire ça tout seul,
comme tu dis, c'est
très demandant.
Gerald va ainsi créer de faux comptes
sur la plateforme pour stimuler les achats.
Plus il y a de transactions,
plus les acheteurs sont excités en y voyant
des opportunités de faire des achats.
Seul aux commandes, il va
réaliser plus de 300 000
transactions avec ses faux comptes
pour plus d'un milliard de dollars en valeur.
Imaginez tout le travail pour
une seule personne, comme on vous dit.
Gerald est aussi celui
qui code la plateforme.
Et à un certain moment, un glitch dans le site
va lui faire perdre 14 millions de dollars
en une seule nuit.
Les banques vont aussi remarquer
des drôles de transactions.
Et la banque CIBC va geler un compte
après qu'une transaction de 21 millions
soit survenue sans que quiconque
soit en mesure d'authentifier le propriétaire
du compte.
Oui, parce que c'est dur à traquer.
Puis même les banques,
parce qu'à un certain moment, il faut que l'argent
devienne de l'argent réel.
Il faut que les jetons, les cryptos, tout ça,
deviennent de l'argent. C'est là que les banques
sont impliquées. Mais eux, quand ils voient une
transaction de 21 millions arriver dans
le compte d'un particulier, il y a des vérifications
qui s'imposent. Dans ce cas-ci,
ils n'ont pas le choix de geler ce compte-là.
Puis ça, ça ne regarde pas bien pour
une entreprise comme Quadriga.
Geler un compte de 21 millions,
c'est pas rien. Non, effectivement.
N'oublions pas que Gerald se crée lui-même
des jetons Quadriga qu'il doit ensuite
blanchir en vrai argent,
chose qu'il fait sur le dos des vrais investisseurs.
Et c'est là que tout le stratagème
devient un genre d'arnaque de ponzi.
Pendant ce temps,
les clients de Quadriga perdent de l'argent
et Gerald ne fait qu'expliquer à chaque fois
qu'il s'agit de la faute des banques
qui accusent du retard dans les transactions.
Selon lui, les banques canadiennes
ne sont pas encore à jour avec les
crypto-monnaies. C'est donc pour ça que
tout est ralenti.
Toutefois, la vraie raison est que Gerald
a peine et misère à trouver les fonds pour
payer les clients sans éveiller les soupçons
des banques et des plateformes d'échange.
En 2016 et 2017,
le bitcoin atteint de nouveaux semets en valeur.
Et plusieurs clients tendent
à les vendre afin d'encaisser un profit,
ce qui fait en sorte que Gerald est débordé.
J'imagine.
Les plus rapides vont réussir à transférer
leurs fonds vers des plateformes qui ont gagné
en réputation avec le temps,
comme Coinbase et Binance.
Les autres, moins chanceux, vont
patiemment attendre en se croisant les doigts
se disant que tout va bien.
Parce que le feu est poigné.
Justement, le bitcoin connaît une grosse
hausse à ce moment-là. Il est sur le bord
de chuter aussi. Faut pas oublier que dans
ces années-là, il va chuter à un certain moment.
Donc, les gens sont pressés.
Dans le monde de la crypto, même quand on
monitor un peu ce qui se passe,
c'est très rapide. C'est à l'heure.
C'est vraiment...
C'est pas du long terme.
Donc, là, les choses pressent.
Quand tu as une seule personne,
Gerald, pour gérer toutes ces transactions-là,
c'est sûr qu'à un moment donné,
ça congestionne à quelque part.
Ça me fait penser un peu à ce stat-ci,
à Russell Brick.
Tu sais qu'il gérait Silk Road.
On a fait un épisode sur le marché noir
du Dark Web. Il était tout seul,
en fait, vers la fin,
devant son MacBook Pro à gérer
un site transactionnel
qui fait des milliards en revenus.
Donc, c'est clair qu'à un certain moment
donné, le contrôle se perd.
Ici, on voit que Gerald, justement,
il va commencer à faire des erreurs tranquillement.
Ceci dit,
Gerald continue à mener un train de vie
de millionnaire, ce qui hérite
les clients de Quadriga.
Ça accompagne Jennifer Fenmeme
en ne se plaignant pas trop des nombreux voyages
en jet privé qu'ils effectuent.
Gerald affirme qu'à moins de 30 ans,
il a visité plus de 50 pays,
il possède plus de 16 propriétés
en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique,
il possède un avion Cessna,
un Yacht de 600 000 $,
il voyage en hélicoptère
comme bon lui semble, conduit des voitures
de luxe, on croirait voir le loup
de Wall Street en pleine action.
Et tout ça évidemment éveille les soupçons
et Gerald commence à sentir
que l'étau sera sauf.
Au cours de l'année 2018,
Gerald Cotton va avoir
des comportements encore plus bizarres.
Des clients de Quadriga
affirment avoir été payés en
argent comptant. Certains se sont
vu envoyer des sacs d'argent,
même des boîtes à souliers remplis d'argent.
J'ai même vu Seb
une anecdote comme quoi
Gerald, au lieu d'envoyer
des fonds via des virements et autres,
il a même envoyé des gens à la valle
dans un genre d'entrepôt
pour récupérer des sacs
d'argent, de piles d'argent.
Donc ça commençait à être
luche son affaire. On voit que
il perdait le contrôle complètement,
on dirait qu'il était même dans le déni à un certain stade.
On ne sait plus
trop comment il s'y prend pour payer
ses clients. Le Bitcoin va
aussi chuter drastiquement au cours de l'année,
ce qui va obliger plusieurs personnes
à vendre leur portefeuille virtuel.
Un des proches de
Gerald affirme que lorsqu'il a
désiré être payé, Gerald
lui aurait envoyé une photo de
différents objets de sa demeure de
Kelowna en Colombie-Britannique
comme un pot de fleurs rose
qu'il devait briser afin d'y trouver
des liasses de billets de banque.
Il a simplement envoyé une adresse,
une clé et une photo avec différents objets
lui disant qu'il faut que tu brises,
il faut que tu ailles voir à l'intérieur de ces objets-là.
C'est là qu'il est situé ton cash.
Ça commence à ressembler
à du crème organisé presque.
Ça commence à ressembler à Paul Leroux
avec l'argent dans les murs.
Il va aussi faire beaucoup d'achats impulsifs
de nouveaux cryptos,
comme le Dogecoin à l'époque,
que vous savez à partir du chien,
le Doge, pour tenter de rentrer
dans ses frais.
Vraiment, il vole
l'argent des investisseurs,
mais il sent que le taux se resserre,
donc il réinvestit dans des petits cryptos
en espérant faire un peu de cash
puis se rembourser.
Mais sa technique commence à ressembler
de plus en plus à celle d'un gambler,
plus que celle d'un investisseur.
On sent que Gérald est en quelque sorte
dans le déni, comme je te le disais.
On connaît des gens qui ont dû
abandonner les projets que c'était sur le bord
de faire scandale et tout ça,
mais on dirait qu'ils continuent à faire
comme si tout allait bien,
la maison est en feu, mais on garde le sourire.
On dirait que justement Gérald
tombe un peu dans le déni à ce stade-ci.
Au cours des mois suivants,
soit quelques mois avant sa mort,
Gérald pose plusieurs gestes
d'importance qui sont intéressants à analyser.
Tout d'abord, il va retourner
24 millions d'argent
qu'il aurait volé aux clients de Quadriga
dans les comptes, sans doute
le sentant une certaine pression de leur part
pour tenter de réparer les pots cassés.
Il décide ensuite, après
plusieurs années, de marier sa compagne
Jennifer lors d'un voyage
en Écosse en octobre 2018,
mais de reporter sa lune de miel
à plus tard, étrangement.
Pourquoi tout faire dans un seul voyage
quand on est millionnaire ?
Donc là, en novembre 2018,
il prend rendez-vous
avec un notaire pour régler
tous les détails de sa succession,
chose qu'il n'avait jamais faite auparavant,
malgré le fait qu'il y a eu une entreprise
qui gère des milliards et tout ça.
Toute sa possession, ses propriétés,
ses biens, ses portefeuilles de crypto
et ses investissements reviennent
à sa femme Jennifer Robertson.
Elle est aussi la seule
exécutrice testamentaire,
dans le cas de Gerald.
Son bateau, son yacht de 600 000 $,
doit revenir à ses parents,
Bruce et Cheryl,
et son avion, le Cessna 400,
revient à son frère Bradley,
qui lui a aucune idée de quoi faire avec ça.
Trois jours plus tard,
le 30 novembre, selon le Globe and Mail,
Gerald et Jennifer
s'envolent pour l'Inde
afin d'y passer leur lune de miel.
Donc, les choses se sont accélérées
pendant cette année-là.
Gerald a fait plein d'investissements bizarres.
Il a retiré énormément de cash
des fonds de Quadriga.
Il a réglé son testament.
Juste avant, il s'est marié avec sa femme,
réglé son testament,
et là, il part en Inde en lune de miel.
C'est quelque chose qui peut avoir l'air
un peu anodin comme ça quand on les analyse,
mais dans la suite des choses,
ça demeure quand même
assez suspicieux.
Je vais te laisser poursuivre.
Ce serait donc neuf jours après son arrivée
en sol Indien que Gerald et sa femme
seraient arrivés à Jaipur.
Avant cela, il aurait séjourné
à New Delhi et aurait visité
le Taj Mahal. Le 8 décembre,
ils atterrissent à Jaipur.
Ils avaient prévu de passer quatre
nuits dans la ville, selon leur réservation
auprès de l'hôtel L'Aubrois,
qui a envoyé une audit Q7 à la réopère
pour les accueillir, selon
les emails obtenus par le Globe and Mail.
Construit comme un palais moderne,
L'Aubrois a été classé l'an dernier
comme le deuxième meilleur hôtel
de villégiature du pays.
Jennifer avait réservé une chambre de luxe
à 923 dollars la nuit.
L'Aubrois n'accepte pas les bitcoins
pour le paiement.
L'hôtel lui ayant demandé
de préciser s'il voyageait
pour une occasion spéciale,
elle a écrit « Notre lune de miel ».
Les clients qui arrivent sont accueillis
par le personnel qui leur propose
des serviettes froides et des flûtes
d'une infusion d'eau de rose
au bois de Santal.
N'est-ce pas merveilleux ?
Ils s'enregistrent à 18h10 précisément.
Peu de temps après leur arrivée,
Gerald s'est plaint d'avoir
des douleurs à l'estomac.
Un médecin de l'hôtel l'a vu,
mais n'a pas été en mesure de faire grand-chose,
et peu de temps après leur arrivée,
le couple a quitté le calme de leur hôtel
pour les rues frénétiques de la ville
où les toc-toc et les motos passent
devant les vendeurs ambulants,
évitant parfois une charrette tirée par un chameau.
Ils se dirigent vers le Fortis Escort Hospital,
qui fait partie d'une chaîne de soins de santé privée.
Les autres hôpitaux de Jaipur
sont des endroits sinistres
là avec des salles de bain sans savon
et des patients qui s'agitent dans les couloirs.
Le Fortis,
qui est situé derrière un haut mur
le long d'une rue bordée d'arbres,
est un établissement plus moderne.
Il se vante même d'offrir certains
des meilleurs soins médicaux du pays.
Le couple est arrivé à 21h45.
Gerald a été admis avec des symptômes
de gastroentérite aiguë,
selon le docteur Sharma,
qui est un gastroentérologue
qui l'a traité sur place.
Gerald avait vomi 10 fois
et avait rapporté 15 épisodes
de celles hackeuses
et avait ressenti
des crampes abdominales
et un certain mal de doux,
en plus d'être dans un état fièvreux.
Et ça a été,
selon le rapport de décès
justement du docteur Sharma,
ça a été précisé que
Gerald avait des antécédents
aussi de maladie de Crohn.
Pourtant,
le diagnostic initial n'indiquait
guère plus qu'une diarrhée du voyageur.
Il ne montrait aucun signe de détresse.
Sa pression sanguine et son peau
étaient tous les deux normaux.
Médicalement parlant, il était stable.
Le docteur Sharma a prescrit
des antibiotiques.
Gerald a passé la nuit
dans une chambre privée avec sa femme.
Le lendemain, vers midi,
alors que son état n'avait guère
changé par rapport à la veille,
le personnel hospitalier a amené
Gerald passer une échographie.
Son état a alors pris un tournant brutal.
Il est devenu fulminant.
Selon le docteur Sharma,
c'est un terme médical décrivant
une détérioration rapide et grave.
Il est devenu agité et a également
développé un stress respiratoire.
Il a été immédiatement transporté
dans l'unité de soins intensifs.
L'abdomen de Gerald présentait
des signes de rigidité.
En fait, c'est un signe potentiel de perforation.
Ça doit tellement faire mal
quand ton estomac est tendu
à un point de perforer.
À ce stade,
ni un scanner, ni une intervention
chirurgicale n'étaient possibles.
Il n'y avait pas d'options,
car il devait d'abord être stabilisé,
mais son temps était compté.
À 14h45,
Gerald a fait un arrêt cardiaque.
Il a été réanimé,
mais sa tension artérielle était basse
et il a été placé sous respirateur.
Il a fait un nouvel arrêt cardiaque
encore une fois.
Il a été réanimé aussi,
mais la troisième fois,
il n'a pas pu être réanimé.
Donc, à 19h26,
Gerald a été déclaré mort.
Le docteur Sharma a indiqué
que la cause était un arrêt cardiaque
soudain dû à une perforation.
Les tests sanguins ont montré
des niveaux élevés de globules blancs
une indication de septicémie.
C'est une conclusion médicalement
crédible malgré tous les événements louches
autour de Quadriga. Une septicémie,
c'est une forme de contamination
par une bactérie, en fait, pour être plus précis.
C'est une conclusion médicalement
crédible malgré tous les événements
louches autour de Quadriga.
Ça reste que ça peut arriver
pour quelqu'un qui souffre de la maladie de Crohn,
même si c'est rare.
La disparition rapide de Gerald
correspond à ce qui pourrait arriver à une personne
atteinte de la maladie de Crohn
et s'ouvrant d'un choc sceptique, en fait,
selon un autre médecin qui est Brian Fieggen,
qui est un médecin de London en Ontario
qui est spécialisé lui aussi
en maladie de Crohn.
Il est très rare que l'on meure de la maladie,
mais c'est pas impossible, selon les experts.
Quant à savoir pourquoi
il a fait un testamage juste avant de voyager
en Inde, sa femme Jennifer
affirme qu'il l'avait fait sur les conseils
de leur avocat, ce qui se peut aussi.
Bien sûr.
Aucune autopsie n'a été pratiquée sur
Gerald Cotton, et deux mois plus tard,
sa mort rapide trouve
toujours le docteur Sharma.
Car il trouve lui aussi qu'il est très rare
que la maladie de Crohn cause une mortalité.
Même après tout ce temps,
il ne comprend pas qu'un homme de 30 ans
se soit retrouvé mort 24 heures
après des malaises à l'estomac.
Et ce n'était que le début
des incertitudes qui allaient se déployer.
Oui, parce que c'est sûr que tout ça
a l'air bien véridique.
C'est possible, mais tu sais,
quand on voit qu'il y a
un désastre, une grosse fraude
qui s'en vient comme ça, on dirait que
les actions de Gerald prennent
un autre sens d'une certaine façon.
C'est par la suite, après tout ce que
t'as décrit, mon cher Seb, que les employés
de l'hôtel vont tenter de faire
embaumer le corps de Gerald
dans le but de le transporter jusqu'au Canada.
Parce que c'est ça le but de son embaumement.
C'est un employé junior du centre SMS
qui va effectuer le travail
après qu'une première institution
en charge ait refusé.
Le certificat de sa mort
sera délivré le 13 décembre
et l'hôtel Oberoi est licité
comme lieu officiel de sa mort.
Mais il me semble qu'il était mort à l'hôpital Fortis.
Et comble de confusion,
écoutez bien ça, le certificat
de décès a été éplé
avec une faute d'orthographe
dans son nom de famille.
C'est Cotton avec un A
au lieu de Cotton avec un E
histoire d'ajouter
une couche de mystère à tout cela.
C'est pas évident.
Par contre, sa femme Jennifer,
elle, elle a quitté l'Inde
depuis longtemps quand le certificat
a été mis. Dès le 10 décembre,
elle était déjà revenue en sol canadien.
C'est pas long, deux jours après
que Gerald ait eu des douleurs à l'estomac.
Elle avait déjà écrit à
l'orphelinat pour leur dire de ne pas
les attendre et de procéder à
l'inauguration sans eux.
Dans son e-mail, elle leur indique
que Gerald est décédé d'un arrêt cardiaque.
Le 14 décembre,
un service funéraire est tenu pour Gerald
à cercueil fermé,
donc impossible
de voir son visage.
Ceci dit, Gerald n'est pas mort
défiguré, son visage était toujours
intact, donc ce choix est quand même
un peu difficile à expliquer par la famille.
En plus, pas d'autopsie, tout ça.
Par la suite, Jennifer
va procéder à liquider des biens
de Gerald, notamment son avion
Cessna 400.
Il sonnait qu'en janvier 2019,
un mois après la mort de Gerald,
que Quadriga vont annoncer sur leur
site Web la mort de leur président.
Plusieurs clients vont
sentir que les choses ne sont pas saines
et qu'il vaut mieux tout vendre.
Plusieurs questions sont posées,
mais peu de réponses surviennent.
On ignore qui dirige à ce moment,
car aucun employé de Quadriga existe
selon les documents de la compagnie,
et Gerald est le seul
et unique employé.
C'est spécial quand même,
les circonstances, sa femme revient,
elle est déjà revenue même
avant que le certificat de décès soit émis,
elle liquide les biens
de Gerald, puis elle attend un
mois avant d'annoncer la mort
du président. Ce n'est pas une très grande
transparence pour une compagnie d'investissement.
Exact, et on ne parle pas
de son deuil, mais on dirait que tout va bien.
Je trouve qu'elle exécute
les choses sans...
On ne le sait pas, mais on dirait
qu'on se sent, ou si je trouve, dans l'exécution
rapide des choses, qu'il n'y a pas de deuil.
Non, c'est ça. Il y a des choses qui pressent
plus que d'autres.
C'est au 31 janvier 2019
que Quadriga déclare
officiellement faillite,
au grand désespoir de ses clients.
La fureur va être gigantesque
dans la communauté de la crypto,
alors que plus de 250 millions
de dollars est manquant
et plus de 115 000 investisseurs
sont en attente de réponse.
Quelques jours plus tôt,
Jennifer prend le soin d'enlever le nom
de Gerald comme propriétaire de plusieurs
de ses propriétés, afin de
les réhypotéquer et de mettre les
fonds à l'abri des créditeurs.
Donc ça, c'est
pas très cool non plus.
La gendarmerie royale du Canada
va débuter une enquête immédiatement
et le FBI aussi va d'ailleurs s'en mêler.
Les services d'enquête
canadiens se rendent rapidement compte
qu'ils ne sont pas outillés pour enquêter
sur des dossiers comme ça. C'est tellement
complexe au niveau des filets
d'entreprises impliquées
dans toutes ces transactions-là.
Le phénomène des crypto-monnaies
est encore très récent, puis
retracer tout le flot de l'argent,
c'est tout qu'un
challenge. Ils vont donc
en dater le Ernst & Young,
une firme comptable qui est mondialement connue
pour effectuer un audit de la
situation financière de Quadriga.
Même la firme comptable a beaucoup
de difficultés à faire son travail.
Les livres comptables de l'entreprise n'étaient pas
tenus, le bilan était catastrophique.
Quadriga n'avait même pas de compte
bancaire officiel sous le nom de l'entreprise.
Tout était dispersé dans une toile
de mini-entreprises et de services
d'échanges. De plus,
tout était géré par Gerald depuis son
Macbook Pro en crypté, donc
personne n'a toujours pas trouvé le code
d'accès. La pression revient
beaucoup sur Jennifer qui affirme
elle d'avoir rien à voir avec
la fraude et ignore tous les mots de passe
des comptes et portefeuilles de Gerald.
C'est surréel.
N'oubliez pas que Jennifer était propriétaire
d'une entreprise sous laquelle
Quadriga blanchissait de l'argent.
Apparemment,
Gerald gardait des cold wallets
physiques dans un coffre-fort,
dans l'une de ses propriétés.
Mais lorsque les autorités se déplacent pour aller
vérifier, ils trouvent un emplacement
dans un garde-robe où de grosses
vis ont été enlevées et
bien sûr, plus de coffre-fort.
Donc, aucune trace
de l'argent. Mais avant qu'on aille plus loin,
Emile, c'est quoi un cold wallet?
Ben, t'as des hot wallets,
pis t'as des cold wallets
lorsque tu fais des investissements en crypto.
Le cold wallet, c'est un portefeuille
qui, je dirais, offline,
qui n'est pas lié directement à la blockchain.
Souvent, les gens vont prendre même
ce qui peut ressembler à une grosse
clé USB technologique.
Ça va être protégé par un mot de passe
pis ils vont le mettre dans un coffret de sûreté,
soit à la banque ou soit à la maison.
Donc, ça fait en sorte que c'est pas piratable,
en guillemets. Ton hot wallet,
ça va être plus un wallet qui est branché
justement sur des services de
transaction et autres comme Coinbase
et Binance.
Mais moi, j'en utilise pas si
il y a des distordus qui ont plus de détails.
Vous pouvez nous ramener à l'ordre.
Oui, exact. Moi, j'ai juste un hot wallet.
Mais c'est fou à quel point,
même à l'ère numérique, un seul mot de passe
peut avoir autant d'incidence
et que des millions de dollars peuvent être perdus
dans un MacBook Pro en crypté.
C'est fou pareil, hein?
Moi, ça, ça me faisait penser.
J'achetais là tous les moyens biométriques
pour
se connecter à un laptop.
Parce qu'à un moment donné, justement,
et même pour quelqu'un de mort,
comment tu peux te connecter avec la biométrie?
Est-ce qu'à un moment donné, on va même
avoir des clés d'ADN?
Justement, pour
éviter des situations comme ça,
on dirait que c'est ça.
J'essaie de réfléchir. Est-ce que dans le futur,
on peut éviter
d'être d'ici dépendant de ça?
C'est vrai que Apple
se vend là-dessus. On en parle souvent.
Quand ils encrypent
votre disque dur,
ils ne vous révéleront jamais la clé.
Même le FBI n'a jamais réussi
ou quoi que ce soit.
C'est peine perdue.
En avril 2019, une autre compagnie
avec laquelle Quadriga effectue des échanges
crypto-capital
va se retrouver au centre d'un scandale
alors que
851 millions est disparu
des portefeuilles des investisseurs.
L'entreprise va tout de suite
être mise sous enquête, ce qui n'ajoute
rien de bon à l'affaire.
28 millions de Quadriga
va être récupérés en partie
grâce à la collaboration de sa veuve Jennifer,
mais il manque toujours une grande
majorité de l'argent.
Ernst & Young vont découvrir 5
portefeuilles de crypto dans lesquelles
aucune transaction n'a été effectuée
depuis avril 2018.
Ça veut dire que, dans le fond,
Gerald
n'achetait pas de crypto
dans le but de les redonner
aux investisseurs. Il n'y avait
aucun, il n'y avait pas l'argent dans les
portefeuilles. Il y avait déjà tout
liquidé avant avril 2018.
Il n'arrive pas à savoir où l'argent
était distribué, est-ce dans les
poches directement de Gerald?
Un autre compte a toutefois effectué une
grosse transaction le 3 décembre dernier,
soit au début de la lune de miel de
Gerald. Est-ce que c'est une coïncidence?
Oui. La lumière va
aussi être faite au sujet de
Michael Patron, le partenaire
de Gerald, avant qu'il eût quitté
une navire. Celui-ci opérait
en fait sous un faux nom,
et ce serait nommé Omar
Danani. Il aurait été
déporté des États-Unis vers le Canada
après avoir été reconnu coupable de
vols d'identité, vols qualifiés
et cambriolages. C'est fou ça!
Ah oui, un bon partenaire!
Il aurait changé
son nom à deux reprises
depuis son arrivée à Vancouver pour
finalement adopter le nom de Michael
Patron en 2008.
Gageons qu'à l'heure actuelle, il
l'a sans doute encore changé.
Il y a des bonnes chances.
Les internautes vont aussi s'en mêler
et vont tenter de retourner
dans le passé et voir
où Gerald aurait pu commettre une erreur.
Souvent, c'est ça aussi dans les cas
de cyberfraude.
Souvent, ça remonte à très loin, mais
sous un vieux compte de forums ou
une vieille adresse courriel, on peut trouver des
indices. C'est là que les internautes
vont s'en mêler parce que
les clients sont assez frustrés
et ils ne veulent pas se laisser
manger la laine sur le dos
trop facilement. Ils ont découvert
entre autres que Gerald était
très actif sur un forum de
discussion au début des années 2000
nommé Talk Gold. Il s'agit
d'un forum réputé pour sa communauté
centré sur les petites arnaques en ligne
et les schémas de Ponzi.
Donc il était déjà familier avec ça.
C'est là qu'il aurait rencontré Michael Patron
pour la première fois et les deux
auraient même collaboré dans l'élaboration
de petites fraudes en ligne.
Gerald utilisait aussi plusieurs
pseudonymes sur le site de Quadriga,
notamment celui de Chris Markey,
avec lequel il effectuait
97 % des transactions.
Donc il ne faisait pas ça sous son propre nom,
ni sous le nom de Quadriga,
il y avait plusieurs pseudonymes comme ça
qu'il utilisait. Mais entre
autres, il utilisait celui de
SEPTR. On se
rappelle le chariot médiéval?
Maintenant, on a un bâton
ornemental médiéval
qui se pointe. Donc on peut faire
un lien entre les deux profils.
Puis lorsqu'on cherche sur le forum
de Talk Gold, dans les amis
de Michael Patron à l'époque,
on trouve un certain SEPTR
qui serait en fait Gerald.
Ça remonte à loin. Celui-ci
était actif dès 2003.
Il était donc un adolescent
lorsqu'il a commencé à faire de la fraude en ligne.
C'est possible qu'il soit
devenu même très riche à l'adolescence.
L'enquête des internautes
se transporte aussi sur le forum
Black Hat, qui est un genre de forum
pour programmeurs, développeurs,
mais où est-ce qu'on peut aussi trouver des occasions
d'affaires qui ne sont pas toujours
réglables non plus. On trouve
une publication qui fait référence à ce fameux
SEPTR. Et on dit
« Les services de contenu spectaculaires
de SEPTR », en guise de titre.
Et sous cette publication,
un utilisateur du nom de
Herduck1337,
qui a 325 messages
à son actif, explique qu'il offre
ses services afin de créer de faux
comptes d'investisseurs pour que ton
arnaque ou ton schéma de ponzi
ait l'air d'une vraie affaire.
Et dans les détails de cette petite annonce,
on y retrouve son adresse e-mail
qui est SEPTR à
countermail.com. Et là,
les internautes vont faire des recherches croisées
avec cette adresse-là, puis ils tombent sur
un autre forum de recherche et d'offres
de services où, quelques années plus tard,
un certain Jerry
publiait une autre petite annonce
demandant à la communauté les services
d'un programmeur qui connaît bien les
bitcoins et qui aimerait se lancer
dans la programmation d'un marché en ligne.
Donc là, ça fait énormément
penser à Quadriga. Puis dans les
détails de l'annonce, on retrouve
une adresse Skype, JerryWC,
potentiellement
JerryWilliamCutton,
ainsi qu'une adresse courriel, encore une
fois SEPTR à countermail.com.
Donc là, les internautes
font des liens. Il s'agit sans
doute de Gerald. Et
donc là, une partie de ce qu'il
affirmait était bel et bien vrai, c'est-à-dire
qu'il naviguait dans l'univers des cryptomonnaies
depuis très longtemps, même depuis l'adolescence.
Il est donc possible qu'il ait acquis
une partie de sa fortune avec ces
investissements-là. Mais toutefois,
on voit qu'il était aussi très actif dans les
communautés d'arnaqueurs et
d'arnaques de Ponzi. Donc il est fort
à parier que Gerald est devenu riche
aux dépens de plusieurs petits investisseurs
tout le long de sa carrière, puis
qu'il avait peut-être des mauvaises intentions
en démarrant quadriga.
Donc là, c'est louche tout ça. On se rend compte
qu'il n'y avait pas
des si bonnes intentions et que même très
jeune, il y avait un passé assez trouble,
ce Gerald. Donc
depuis ce temps, tout n'est que
spéculation et théorie autour de cette affaire-là.
Il n'y a pas énormément de conclusions.
Par contre, la firme
Einstein Young, ainsi que la Gendarmerie
Royale du Canada, selon eux,
Gerald serait aussi dépendant
à ce roche d'adrénaline
qui est présent dans le monde de la fraude
et dans le gambling lorsqu'on se demande
un peu quand tout va s'écrouler. Tu sais, on prend
des risques, tout ça. Il y a une certaine
dépendance qui est un peu liée à l'autodestruction
aussi. Et dans le passé,
la firme
Einstein Young, ils ont découvert que Cotton
a déjà perdu encore plus
que la valeur de quadriga dans d'autres
investissements à haut risque. Donc
quadriga, on avait une valeur
à un certain moment donné à 1.2 milliards.
Apparemment que Cotton
aurait perdu plus que ça.
Donc il a gagné beaucoup, mais il a perdu
encore plus. Donc il était vraiment
accro à ce genre de roche d'adrénaline
de gambling. C'est fou quand même.
Mais ceci dit, il manque
encore beaucoup d'argent dans les coffres.
Aucune accusation a été portée
contre Jennifer Robertson
malgré le fait qu'elle est forcément
liée à l'affaire de par son nom sur
des contrats d'entreprise.
Mais selon elle, elle a toujours
nié, elle a même collaboré, elle a remis
une partie des biens de Gerald pour
rembourser les créanciers.
Mais malgré tout, il n'y a pas eu
d'accusations contre elle.
En 2020, les avocats
des clients de Quadriga, qui est la
firme Miller-Thompson, ont demandé
au ministre Canadien Bill Blair,
ainsi qu'à la gendarmerie royale du Canada
d'exhumer le cas de Gerald Cotton
et de réaliser une autopsie,
parce qu'il n'y en avait pas eu encore.
Afin de déterminer précisément la cause
de la mort, mais on ne sait toujours pas
s'il y a des développements autour
de cette histoire-là.
On n'a toujours pas vu le cas de Gerald.
Donc, toutes les hypothèses sont ouvertes,
dont celle qu'il soit encore
en vie. Car malgré le fait
que les gestes posés avant sa mort soient normaux,
quand on les remet en perspective,
il raconte une tout autre histoire.
En plus de ça, il semblerait
que l'Inde soit un lieu, il semblerait,
Seb, où il est réputé d'être assez
facile de falsifier sa mort.
On l'a vu selon le scénario
de Gerald, par exemple,
son corps a été embaumé par
un stagiaire sous la demande
d'employé d'hôtel. Donc, c'est louche
un peu. Ce n'est pas sa famille ni les
autorités qui ont fait une demande d'embaumement.
Le certificat de sa mort présente
une faute d'orthographe. Comme on a vu,
tout ce qu'on a besoin, c'est une
déclaration d'un médecin ou d'un policier
et le tour est joué. Donc, c'est assez
facile de soudoyer ou d'acheter la parole
de quelqu'un pour obtenir une signature.
Surtout quand t'es
riche comme Gerald,
quand t'es riche à craquer et qu'en plus,
t'es très près des communautés
d'arnaqueurs et de services en ligne.
On dirait que tout ça avait l'air
un peu savamment planifié.
Oui, c'est pas pour rien que Djal est là
pour sa lune de mine.
Et écoute bien ça, Seb,
c'est encore vraiment étrange.
Tu te rappelles son pseudo sur le site
de Black Hat, le Murdock
1337?
Imaginez-vous que lorsqu'on regarde
son profil, même à l'heure actuelle,
on se rend compte qu'il a été actif en
août 2019, soit 9
mois après sa mort.
C'est encore plus weird
comme si, même après sa mort,
il était allé, je sais pas si
le compte est actif, juste quand tu te connectes
ou quand tu publies.
Généralement, oui, au moins connecté.
Oui, oui. Donc c'est bizarre.
Est-ce que le fantôme de Gerald,
c'est connecté
au serveur de Black Hat?
C'est une bonne question.
Puis ça termine un peu la chronologie
des événements, Seb, parce qu'il n'y a pas eu
de conclusion des autorités face à ça.
Il n'y a pas eu d'enquête sur sa
mort non plus. C'est que des
spéculations d'internautes. Et on a
toujours pas vu le corps dans le cercueil.
On ne sait pas s'il va être exhumé un jour,
mais pour l'instant, toutes les théories
sont lancées dans l'air. Donc c'est vraiment
étrange. Et est-ce que Jennifer a reçu
des poursuites?
Non, elle n'a pas été poursuivie.
Il y a, comment dire,
une action
collective en fait qui est portée
par les anciens clients de
Quadriga, mais c'est
fait envers l'entreprise.
Donc j'imagine que Jennifer
doit elle aussi, d'une certaine façon, tu sais, Quadriga,
ils ont été pris en charge par
un genre de syndic qui gère
des compagnies en faillite, donc sont
représentées par des avocats. Je présume que
Jennifer doit être représentée elle aussi
parce qu'elle est
héritière des biens de Gerald, donc
Quadriga doit lui revenir d'une certaine façon.
Mais il n'y a pas encore eu de
conclusions là-dessus, donc c'est complexe
ces enquêtes-là.
Au niveau de l'administration,
mais tu sais, Ernst & Young, ils ont trouvé
aucun livre comptable qui était maintenu.
C'était comme un gros
feu de paille cette affaire-là,
ou un château de cartes.
C'est spectaculaire.
Et si vous voulez des nouvelles de l'Orphelina,
en fait,
que Gerald devait inaugurer en Inde,
on a appris qu'en fait,
écoute bien ça, Gerald devait participer
à un genre d'œuvre de charité
d'une entreprise, en fait,
qui donne la chance à n'importe
qui de commander un Orphelina en Inde
pour 21 000 $.
Donc c'est ça qu'il a fait à Gerald.
Il a pris une offre d'une
compagnie de charité qui lui offre des choses,
j'imagine, moyennant
crédit d'impôt et autres.
Puis il a commandité l'Orphelina
comme ça. Mais selon le personnel
de l'Orphelina, le montant n'a couvert
que les matériaux de construction
et c'est le pasteur de l'endroit
qui a dû lui-même s'endetter
pour le reste de ses jours pour réaliser
les travaux et d'engager le personnel.
Imaginez ce que ça représente
21 000 $ pour Gerald Cotton.
Pourquoi il a fait ça?
Je comprends pas.
Je comprends même pas pourquoi il a commandité
un Orphelina.
Ça justifiait peut-être un peu son voyage en Inde.
Je sais pas si c'est un genre d'alibi.
Est-ce que c'était pour avoir l'air?
Oui, c'est ça. Est-ce que c'était pour
paraître plus vertueux qu'il l'était?
Peut-être un peu.
Je pense pas qu'il y ait eu du blanchiment
ou quoi que ce soit.
C'est pas assez pour blanchir 21 000 $.
C'est le prix de
sa semaine à l'hôtel.
D'après moi, ça fait partie
de son narratif.
Pour rendre ça crédible, j'ai l'impression.
Il n'est pas mort la veille
de l'inauguration ou l'avant-veille.
C'est bizarre aussi.
Je sais pas s'il y a quelque chose
qu'on ne sait pas autour de ça.
Je sais pas si ça aidait à justifier quelque chose,
cette histoire d'Orphelina.
C'est bizarre.
Tu sais, comme on dit, Seb, il y a un peu
un dicton dans le monde des cryptos qui est
no password, not your crypto.
Donc, si t'as pas le mot de pense,
c'est pas ta crypto.
Ça résume bien, je pense, la situation
de Quadriga. Toujours pas de conclusion.
Toi, qu'est-ce que t'en penses de tout ça?
Est-ce que t'es dans le clan de ceux qui pensent
qu'il est toujours en vie ou qu'il serait
tout bêtement mort de la maladie de Crohn?
Moi, j'ai l'impression qu'il est encore
en vie à cause de
tout le scénario.
Moi, je pense
qu'il s'en est empilé.
S'il y avait déjà de l'argent dans des pots,
à toutes sortes de places, d'après moi, il devait
déjà en avoir placé un peu partout
dans le monde. Souvent, on le voit,
il y a des gens qui, rapidement, quand ils
ont les connaissances, ils placent déjà jeunes
et ils le disent pas à personne.
Sa mort qui est trop louche.
J'ai l'impression, même si on peut mourir
de ça, j'ai l'impression qu'il n'est pas mort.
C'est juste sauvé. Sa femme,
peut-être que quand la chaleur
va être moins le spotlight
sur eux, peut-être qu'elle va aller le rejoindre
ou ce qu'il est
dans le monde. Je ne sais pas. Toi,
tu penses-tu qu'il est mort, pour vrai?
Moi, je suis un peu de ceux aussi qui pensent
qu'il aurait falsifié sa mort, on dirait,
vu les moyens qu'il avait, mais aussi
justement son compte sur Black Hat
qui est encore actif après sa mort.
L'enterrement à cercueil fermé.
C'est bizarre. Pas d'autopsie.
C'est bizarre quand t'as des centaines
de milliers de personnes qui attendent
des réponses de faire exprès, de ne pas demander
d'autopsie. Le fait
qu'il a réglé sa succession un mois avant de mourir,
on comprend que c'est peut-être
anodin, mais en même temps,
c'est un timing
qui, je trouve, c'est pas du hasard,
en fait. Il aurait aussi
légué 100 000 $ à ces deux chihuahuas.
C'est une petite note comme ça.
Je vous laisse conclure ce que vous voulez.
Et eux, quand ils meurent, à qui qu'ils lèguent?
Oui, c'est vrai. C'est une très bonne question.
Est-ce qu'ils ont des testaments, ces chihuahuas?
Oui, c'est ça. Puis aussi,
ils se targuaient d'avoir fait plus de 50 voyages
avant 30 ans, puis je sais qu'ils
s'est même vanté à des amis comme quoi
ils ne s'étaient jamais fait fouiller aux douanes.
Puis ils avaient déjà même bragué,
ils s'étaient vanté à quelqu'un d'autre
comme quoi, lui, il pouvait traîner
50 000 $ cash lors des voyages.
Ça me fait me demander, est-ce
qu'ils utilisaient ces voyages-là
pour aller planquer du cash à quelque part?
Ah, peut-être, oui.
Parce que d'habitude, c'est quand même
monitoré, je pense, c'est 3000
ou 5, là.
Oui, il y a une limite.
À un moment donné, j'avais été voyagé toute seule,
puis quand t'es un homme seul, généralement,
ils t'arrêtent tout le temps,
ils ont fouillé mes bagages.
La première chose qu'ils me demandaient, justement,
c'est combien d'argent les kids j'avais.
J'ai l'air d'un tueur à gages,
mais plus sérieusement,
c'est ça, c'est qu'ils, d'habitude,
ils font quand même des vérifications,
mais c'est vrai qu'ils ne peuvent pas
interroger tout le monde.
Ils ne scannent pas toutes les...
D'après moi, ils devaient faire ça,
comme tu dis.
Bref, vous, les Distordieux,
qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce que vous êtes du camp
de ceux qui croient que Gerald Cotten
est décédé comme ça,
à 30 ans, de la maladie de Crohn,
ou qu'il aurait falsifié sa mort?
Laissez-le nous savoir, vous savez où nous rejoindre,
on est partout, il y a notre groupe privé,
la discussion sur Facebook, que vous pouvez
retrouver et le rejoindre, il y a une belle
communauté qui vous attend. On est sur Twitter,
aussi Distorsion Pod, sur Instagram,
Distorsion Podcast,
sur YouTube aussi, donc c'est assez
simple de nous trouver.
On vous rappelle, dans ce cas-ci,
on a plusieurs bonnes sources si vous êtes intéressés
par l'histoire de Quadriga CX,
l'histoire de Gerald Cotten,
Variety ont fait un excellent dossier
sur le sujet, Globe and Mail,
journal canadien, ont détaillé énormément
les recherches, il y en a eu d'autres,
Wired ont travaillé là-dessus,
on vous conseille d'écouter le podcast
Death in Cryptoland de la CBC
et de surveiller
le documentaire Netflix
qui va s'intituler Trust No One,
Death of a Crypto King,
donc on va surveiller ça, ça devrait être début 2022
et on pourrait même faire un
mini-dito de réaction là-dessus
ou de l'écouter en direct avec vous,
donc ça pourrait être intéressant.
On vous rappelle que Distorsion est une création
de moi-même, Emile Gauthier et Sébastien Lévesque,
la musique dans cet épisode
est une création de moi-même,
Emile Gauthier, le montage est de André Beaupré
et avant de quitter,
on doit remercier nos chers membres
Patreon.
En parlant de Patreon, mon cher Emile,
n'oubliez pas qu'on va parler du cas québécois
MRS Exchange
dans l'After Show.
Pour nos abonnés, oui monsieur.
Et je commence un gros gros merci
à Stéphane L,
à Telkmar,
à Gabriel, à Alec D
et à Adeline.
On veut donner un gros hi-five
à Steven G,
à Malik, à Karine G,
Marie-Philippe D
et Valentine V.
Et je poursuis avec Chloé R,
Jessie D,
Alexis S, Matt P
et Marianne R.
On veut donner aussi
beaucoup d'amour à Jonathan C,
Cathy E,
à Lydia, à Camille C
et Eliane M.
Et je conclue avec
Marie-Eve B,
Sabrina M,
Catherine B,
Stéphanie L et Minalny L.
Beaucoup d'amour.
On vous embrasse.
Est-ce que tu aurais pour nous un mot de la fin, mon cher Emile ?
Bien sûr.
Si vous souhaitez investir en crypto,
attendez patiemment le Distocoin,
la prochaine monnaie qui vous rendra riche.
Oui monsieur.
On accepte les paiements en bière.
Écouter Distorsion
Écouter



