Au printemps 2012, le monde entier est sous le choc après la découverte d’un torse humain près d’un appartement à Montréal. Le corps retrouvé est celui de Jun LIn, un étudiant qui a été assassiné et dépecé par Luka Rocco Magnotta, un psychopathe à la recherche de ses 15 minutes de gloire. Alors qu’il devient l’homme le plus recherché au monde, Magnotta est dans la mire des internautes depuis plusieurs années, qui le recherchent en raison de vidéos d’assassinats de chatons qu’il a publié en ligne au fil des ans. Suivez-nous dans ce périple, où nous suivons les traces des activistes qui ont mené l’enquête avant même que les forces de l’ordre partent à sa recherche.

Épisode
#12 - À la recherche de Luka Magnotta
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Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur des histoires étranges de l'ère numérique.
Du coup, êtes-vous prêt à aller pour obtenir vos 15 minutes de gloire?
La soif d'attention est ce qui a poussé le Canadien Luca Rocco Magnotta à commettre les pires horreurs, à les filmer et à les publier en léant.
L'enquête menant à la capture de Magnotta est spectaculaire. Elle implique des milliers d'internautes comme nous, bien décidés à découvrir la vérité.
Suivez-nous dans ce périple qui a duré plus de deux ans où les yeux du monde se sont rivés sur Montréal afin de traquer un tueur en pleine cavale.
Salut Emile, comment ça va cette belle soirée pluvieuse?
Ça va très bien Sébastien, content d'être avec toi pour une douzième fois d'affilée pour notre dernière histoire, notre douzième épisode de Distorsion.
Pour nous, on est extrêmement émus, on est heureux d'avoir survécu à tout ça.
On est un peu sur le choc même, je te dirais.
Oui, puis d'avoir réussi à susciter votre intérêt, merci de votre support tout ce temps-là.
C'est notre dernière histoire de la saison, mais c'est peut-être pas notre dernier épisode si on veut.
On aime tellement ça qu'on va peut-être sortir d'autres épisodes.
On vous garde des petites surprises.
On verra bien, sinon on va être de retour probablement fin août début septembre dans ce point-là.
On ne sera pas inactifs pendant tout l'été si vous voulez nous envoyer des suggestions ou discuter avec nous.
Vous pouvez le faire sur Facebook à Distorsion Podcast, sur Twitter à DistorsionPod et aussi nous écrire au distorsionpodcast.com.
Exactement, tout est là.
Donc, on ne sera pas inactifs pendant tout l'été.
On va aussi faire notre épisode bilan la semaine prochaine.
Là-dessus, vous avez été nombreux à nous envoyer vos questions.
Si vous en avez et vous voulez nous les poser, il n'est pas trop tard, vous pouvez le faire sur Facebook.
Je pense que c'est la meilleure place pour ça.
Si vous avez des questions sur nos recherches, sur d'autres histoires qu'on n'a peut-être pas couvert,
sur nos techniques d'enregistrement ou des questions n'importe lesquelles.
Aussi créatives, soit-elles, vous pouvez nous les poser.
On va aussi faire des mises à jour sur les différents sujets qu'on a couverts au cours de la saison 1.
Vous avez été plusieurs à nous le demander aussi.
Donc, on va essayer de voir s'il n'y a pas des nouvelles qui sont ressorties au cours des derniers mois.
Ce fut le cas pour plusieurs d'entre eux.
Exactement, la majorité des cas. C'est ce qu'on remarquait à l'apport de quelques exceptions.
Il y a eu des développements, des nouveaux jugements en cours et des choses comme ça.
Donc, on va vous faire un beau résumé.
Ça va être vraiment intéressant comme épisode.
Sinon, ce soir, on boit une bière de Saint-Yacinthe des Brasseurs du Monde.
C'est la houblonnière. Vous savez qu'on aime bien les bières bien houblonnées, moi et Seb.
C'est une double IPA, donc pas trop de surprise de notre côté.
Même si on veut explorer, on va essayer d'autres types de bières.
Faites-vous en pas.
On fait des efforts, quand même.
Oui, exactement. Une bière quand même rafraîchissante à 5,2 % d'alcool, ce qui n'est pas trop pour une IPA.
C'est un beau taux d'alcool et c'est une bière délicieuse.
Si on revient à notre sujet de ce soir, Seb, Luca, Rocco, Magnetta, c'est assez palpitant comme histoire avec plusieurs rebondissements.
En plus, c'est une histoire qui est quand même récente.
Moi, je me rappelle du moment où ça s'est déroulé.
C'était assez troublant.
On n'est pas habitué au Québec de voir des situations comme ça.
Vous allez le voir, Luca Rocco Magnetta, c'est un Canadien qui a été retrouvé coupable de meurtre de John Lynn, un étudiant de l'Université Concordia en 2012.
C'est une histoire vraiment sordide parce qu'il aurait peut-être pu être empêché si on avait écouté les conseils de certains internautes, notamment.
Vous remarquerez, on est à l'émission Distorsion.
L'histoire de Magnetta, c'est une histoire qui a été couverte de partout dans le monde.
On a vu des documentaires, produits là-dessus, des grands reportages, des articles de journaux.
Elle n'en peut finir dans la presse internationale.
Donc nous, on n'est pas là nécessairement pour revenir sur les choses que vous savez déjà, mais on veut s'attarder un peu plus.
Vu que nous, ce qui nous intéresse, c'est les histoires numériques, les histoires tirées de l'Internet.
On va s'attarder beaucoup sur la traque qui s'est déroulée en ligne, la traque à Magnetta, parce que dès le début de sa carrière, si je peux me permettre,
on l'a repéré sur Internet et il y a des activistes qui ont vraiment fait des démarches et fait beaucoup de recherches.
On revient souvent à Distorsion, on parle souvent de crowd-sourcing d'enquêtes, des enquêtes qui se déroulent sur le Net et qui sont avancées par le travail des internautes,
par le travail même un peu de gens comme nous qui font des podcasts, qui font des articles de blog.
Le cas de Magnetta en est encore un superbe qui va dans cette direction-là.
Oui, tu as bien raison, c'est vraiment un cas.
C'est ça qui était drôle de me replonger dans le sujet, il y a quand même beaucoup de détails que je n'avais pas tenu compte de toute cette traque pré-meurtre.
Je savais qu'il avait fait des vidéos de chatons, mais je ne savais pas qu'il avait été traqué par les internautes,
qu'il avait eu quand même des démarches faites par l'Animal Beta Project, qu'on va vous parler un peu.
Il a eu son 15 minutes de gloire, parce qu'on le sait que c'était un de ses objectifs.
Il a réussi malgré tout, sa maladie mentale a quand même poussé à l'extrême et à avoir une notoriété, autant soit-elle.
Donc je pense qu'on est prêt à se lancer dans cette histoire. Qu'est-ce que tu en penses?
Oui, je pense qu'on est prêt. L'épisode numéro 12 de Distorsion, la dernière histoire de la saison, c'est parti!
Oh yeah!
Au cours de l'année 2010, il y a un groupe d'activistes qui se nomme le Animal Beta Project,
qui commence à enquêter sur des vidéos de chatons qui se font assassiner sur YouTube.
C'est assez troublant comme vidéo.
Le Animal Beta Project, en fait, c'est un peu comme un genre de web-sleut.
On voit des fois des chasseurs de pédophiles, par exemple, qui sont organisés en ligne.
Eux, ils font un peu la même chose. Ils gardent l'anonymat, puis ils enquêtent sur des gens qui font de la cruauté envers les animaux.
Ils vont analyser les informations trouvées en ligne, puis ils vont essayer de faire des liens, puis de faire avancer des enquêtes.
Parce qu'on le sait, les droits animaux, c'est bien important, mais ce n'est pas toujours très bien couvert au niveau judiciaire et au niveau policier.
Non, non, exactement. Il n'y a pas de police des animaux en tant que tel.
Oui, il y a des surveillance, mais je veux dire, il n'y a pas un système de police comme nous, pour les êtres humains.
C'est un peu de normal aussi, mais quand même.
Exactement. C'est souvent géré par des organismes dans des villes. Il y a la SPCA qu'on connaît, mais parfois, ils sont débordés.
Oui, déjà, juste avec la gestion des animaux abandonnés. Juste avec ça. Ils n'y ont pas un bureau d'enquête qui fait tout ça.
Heureusement, il y a des vigilantes. Ils aiment bien les vigilantes du web.
Des superhéros de la cruauté envers les animaux.
Mais eux, c'est un peu ce qu'ils font, donc le Animal Beta Project.
Puis ils commencent à devenir inquiets lorsqu'ils voient une vidéo apparaître sur le web en 2010 qui se nomme One Boy, Two Kittens.
Ou, c'est une vidéo qui est terrible, c'est deux chatons qui se font assassiner et qui sont asphyxiés par un aspirateur via un sac Ziploc.
Ils commencent à enquêter là-dessus, puis ils commencent à comparer les images sur le web, puis à analyser chaque image des clips vidéo.
Donc vraiment, ils vont décomposer la vidéo jusqu'à analyser des pièces du décor, les draps, des choses comme ça.
Au départ, c'est difficile d'identifier le suspect. Il porte un gilet à capuchon. Il y a des traits plutôt androgènes.
Donc, on est incapable de démontrer s'il s'agit d'un homme ou d'une femme.
Et il est difficile même de connaître justement plus de détails à propos de cette personne-là.
La vidéo se déroule principalement sur son lit. L'éclairage est très mauvais. C'est filmé en basse lumière. C'est très granuleux.
Puis dans cette vidéo-là, justement, c'est très difficile à regarder. Je l'ai regardé pour les besoins de l'épisode.
Mais ça commence vraiment. L'individu va caresser le chaton, puis à un certain point, il va le rentrer dans le sac Ziploc et vous imaginez la suite.
On ne va pas décrire tout ça. Mais cette vidéo-là vient à choquer non seulement le Animal Beta Project, mais pratiquement énormément de gens sur Internet.
Parce qu'en 2010, il y a quand même Facebook qui bat son plein. Il y a même encore MySpace. Il y a Twitter aussi qui est là.
Et puis cette vidéo-là est extrêmement partagée, mais partagée un peu dans le mauvais sens.
Mais malgré tout, on sait que parfois, même si on en parle en bien ou en mal, ça finit par faire boule de neige et connaître une certaine notoriété.
On met sur pied un groupe Facebook qui va rassembler plusieurs milliers d'internautes en moins de 24 heures.
Donc des gens vraiment destinés à trouver la vérité, à réussir à décortiquer cette vidéo-là, puis à trouver le suspect.
Puisqu'on n'a aucune idée de la provenance de ces vidéos, un peu comme on a dit, c'est pas évident de contacter les policiers.
C'est à ce moment-là que découvrir la provenance devient une information cruciale pour les internautes.
Parce que là, on compte à qui? Est-ce que ça se déroule? Est-ce que c'est un individu de l'autre côté de l'océan?
Est-ce que c'est quelqu'un en Russie?
Exact. L'Internet, c'est toute la planète. Ça peut vraiment venir de partout. Effectivement.
Puis je veux dire, arriver avec ça à la police, les policiers n'ont pas de ressources pour essayer de trouver quelqu'un qui fait...
Surtout que s'il n'est pas Canadien, pour qu'il débloque les ressources, il faudrait vraiment prouver justement que c'est un Canadien.
Déjà en premier lieu ou un Québécois, pour qu'il fasse quelque chose. Effectivement, ça devient assez complexe.
En plus, c'était des internautes de toute la planète. Parce qu'on ne sait pas à ce moment-là que c'est un gars de Montréal qui fait ça.
Absolument. Puisqu'on n'a aucune idée de la provenance de ces vidéos-là, vraiment, c'est important d'analyser tout ce qui touche à la vidéo,
puis de garder quand même une trace de cet individu-là en question.
On commence vraiment à essayer d'analyser la provenance des vidéos, tout ça.
Et un peu plus tard, le même individu va poster plusieurs photos et vidéos où il simule un acte sexuel avec des chatons encore.
Donc, il est récidive.
Les activistes vont faire de plus amples recherches et grâce aux méta-informations contenues dans les photos et les vidéos,
ils réussissent à identifier la caméra et se rendent compte que c'est une point-and-shoot de marque Panasonic.
Parce qu'on le sait, lorsqu'on prend des photos, il y a énormément d'informations qui est stockée à même ces photos-là.
Exactement. C'est quoi une méta-informations? C'est une méta-donnée ou une méta-data, comme ça on veut en bon Québécois.
En fait, une méta-donnée, c'est une donnée sur une donnée. Vous savez, comme souvent l'exemple qu'on connaît bien, c'est les mp3.
Les mp3, c'est un fichier musical. Mais pour qu'iTunes, par exemple, ou Winamp, shout-out Winamp, rest in peace,
qui puisse lire le titre de la chanson, quel album, et faire ce tri-là, bien au début du fichier, il y a un espace mémoire qui est attribué
pour stocker des informations qui sont structurées, qui est le nom de la chanson, de quel album, quelle année, quel style, etc.
Et c'est la même chose aussi pour les photos. Parce qu'un fichier numérique, ça veut rien dire.
Donc pour que l'humain, pour que les logiciels puissent les comprendre, les trier, tout ça, on ajoute justement ce complément d'informations-là
sur les photos de la géolocalisation de la photo, quel appareil, le type de luminosité. Il y a plein de détails.
Donc des informations supplémentaires sur la photo qui permet à l'être humain après ça de faire un travail avec, si on veut.
Donc c'est un peu ça, une méta-donnée, une méta-information. Dans beaucoup de crimes, l'affaire que souvent les criminels ont,
c'est souvent une photo qu'ils n'ont pas pensé, qu'ils ont envoyé à quelqu'un, oups, il y a le metadata dessus avec la géolocalisation,
et là ça leur permet de le repérer.
Exactement. On le voit même tout simplement en allant sur Flickr. Vous allez voir une photo sur Flickr,
vous pouvez voir avec quel type d'appareil elle a été prise, puis vous pouvez voir des détails justement sur la vitesse,
l'ouverture, et justement différents détails sur vraiment photographique.
On peut voir aussi sur les méta-data le numéro de série dans certains cas.
Et puis ils ont réussi à trouver que justement c'était un appareil panasonic. À partir de là,
c'est possible de faire plusieurs recherches et puis même de trouver d'autres photos qui ont été prises avec le même appareil.
Donc c'est quand même une information assez cruciale. Ils ont même accès au numéro de série,
ils peuvent essayer d'estimer dans quelle région elle a été vendue.
Les internautes ne vont pas nécessairement jusque là, mais ils vont transmettre cette information-là à la police.
En janvier 2011, les activistes ont enfin un nom, un certain Lukan Rocco-Magnotta,
et selon leurs recherches, il s'agirait d'un homme de la région de Toronto.
Ils vont contacter la police, mais encore une fois, la police est débordée.
Toronto, c'est une grande ville, ils ont d'autres histoires sordides sur lesquelles se pencher.
Puis ça va traîner là, en fait. Aussi, c'est pas évident de le traquer parce qu'il y a plus de 70 pages Facebook
qui sont identifiées à son nom. Il y a plus de 20 sites web aussi avec différents même pseudonymes.
Et ça, ça complique les choses parce que là, même si on a un nom,
je veux dire, quel account est le vrai account? Quel account est une copie?
Les gens se demandent est-ce que ce gars-là, c'est une célébrité puis on ne le sait pas.
Et aussi, un truc qui devient vraiment weird, depuis ça, j'avais pas remarqué dans les débuts
lorsque je vivais cette histoire-là en direct en 2012,
mais la plupart des photos de lui qui circulent, ils sont photoshopés, ils sont vraiment truqués.
C'est vraiment drôle. Il va découper sa tête puis soudainement, il est sur un yacht dans les Bermudes.
Soudainement, il est à Moscou dans une voiture de luxe ou il est dans un jacuzzi avec des amis.
Mais souvent, la photo était photoshopée. Il réussit à mettre sa tête là-dessus.
Donc quand tu regardes rapidement, tu ne vois pas la différence.
Mais quand tu commences à analyser un peu, tu le vois rapidement.
Mais ça, ça complique les choses parce que la photo d'origine, elle,
c'est peut-être pas elle qui a été prise avec l'appareil.
Donc malgré le fait qu'il a fait des erreurs d'amateur, il y a tellement de couches de personnalités différentes
puis de pseudonymes en ligne, ça devient vraiment…
Ça embrouille toutes les pistes.
Exactement.
Si on revient à Magnotta, qui est Luca Rocco Magnotta?
En fait, il est né sous le nom de Eric Clinton Kirk Newman,
le 24 juillet 1982 en Ontario à Scarsborough.
Son père était absent, alcoolique et schizophrène.
Il y avait une mère qui était vraiment de type dominatrice, mais qui n'était pas beaucoup présente.
Il était élevé beaucoup par sa grand-mère, mais qui était pareil, très dominante, très sévère, très rigide,
qui était tyrannique en fait.
Il est au secondaire, il a eu une adolescence assez perturbée, puis il a été déclaré schizophrène.
Et un jour, le 12 août 2006, parce qu'on s'entend qu'il n'y avait pas nécessairement une bonne relation avec sa famille,
il a changé légalement son nom pour Luca Rocco Magnotta.
Donc, ce n'est pas un nickname qui s'est donné lui-même.
C'est vraiment sur les papiers Lego.
C'est son vrai nom et il a choisi un genre de nom de star un peu à l'italienne qui…
Oui, c'est vrai.
La première fois qu'on voit ça, on a tendance à se dire, justement, ça doit être un jeune étalon italien,
où même en le voyant, on essaie de repérer des traits et tout ça, mais en fait, il n'y a rien d'italien dans Luca Magnotta.
Non, pas du tout.
Dans Luca Magnotta.
Non, exactement.
Mais c'est ça, tu vois déjà là qu'il y a quand même le sens du marketing, je veux dire, du vedette,
parce que c'est vrai que ça sonne comme un nom de vedette ou un nom de chanteur qu'on aurait pu attribuer,
et non un prénom assez classique.
Ça nous rappelle quand Homer Simpson avait fait changer son nom pour Max Powers.
Oh mon Dieu, je ne me souviens pas de cette épouse.
J'adore.
En fait, justement, dans son… pas son adolescence, mais le début de sa vie adulte,
il vivait encore avec son père et il aurait eu des relations sexuelles aussi régulièrement avec sa belle-mère
pendant que son père dormait et les deux avaient l'habitude d'écouter le film Basic Instinct ensemble.
Basic Instinct, justement, qui est une de ses sources d'inspiration.
On va en reparler un peu plus loin, mais bon, peut-être qu'il a pris justement cette inspiration-là
du fait qu'il avait des relations avec sa belle-mère pendant que le père dort.
Déjà là, on s'entend, c'est un peu… c'est assez creepy.
C'est un environnement familial assez anormal, si on veut.
Effectivement.
Selon aussi d'autres témoins, il aurait subi plusieurs abus sexuels.
En fait, c'est sa mère en cours qui aurait témoigné quelque chose comme ça.
Et on le sait, étant donné qu'il semblait avoir un certain complexe d'infériorité,
il a subi plusieurs chirurgies esthétiques de son apparence.
Je n'ai jamais trouvé de détails là-dessus.
On ne sait pas si c'est son nez, ses joues et tout ça, mais quand même, on le voit.
Vous l'avez sûrement vu, c'est vrai qu'il a quand même un visage assez symétrique.
C'est vrai qu'on peut dire que c'est un bel homme.
Il est quand même assez symétrique.
Mais moi, en le regardant, c'est assez clair que ce gars-là a eu des chirurgies esthétiques,
ou du moins des injections de botox dans le visage ou même sur les paupières.
Son nez aussi, il a un peu un nez à la Michael Jackson, si je peux me permettre.
Donc ça semble avoir été un peu refait.
Donc justement, Magnota, pour se ramasser des sous, il travaillait comme striptiseur et mannequin,
mais il gagnait surtout sa vie comme escort, en fait.
Il a aussi tenté pour sa carrière et sa notoriété de plonger dans le monde de la porno gay,
mais il n'a pas fait beaucoup, beaucoup de films, quelques présences,
mais il était aussi surtout un fluffer, en fait, qui est un…
On vous laisse trouver la définition.
C'est ça, qu'être un acteur, mais bon, il n'a jamais vraiment percé là-dedans.
Il semble justement avoir toujours eu des second rôles.
Autant quand il dit qu'il faisait du mannequina ou qu'il posait, qu'il était modèle.
J'ai l'impression que c'est un peu fabriqué tout ça.
Puis même quand on voit ces photos de supposément modèle et tout ça,
on n'est pas sûr que si c'est pas photoshopé, ça n'a pas l'air tout le temps très très professionnel.
Ça a l'air même un peu cheap.
Il semble pas avoir explosé dans le monde de la porno, ni même ailleurs, en fait.
Non, parce qu'on n'en a jamais entendu parler, puis même après,
durant les procès ou même toute cette histoire-là.
Il n'y a jamais personne, je n'ai pas vu d'entrevue, l'entrevue avec la personne qui lui a donné son plus grand rôle.
C'est vrai qu'il n'y a jamais eu une vraie notoriété.
On se fiche juste un peu sur lui.
Oui, il a dû avoir des présentes par-ci par-là.
Puis justement, en 2007, il a voulu faire partie d'une télé-réalité qui s'appelait Cover Guy,
qui était avec les mannequins gars.
Puis vous pouvez la chercher sur YouTube.
Elle est encore là, son entrevue, son audition en fait, un peu comme occupation double, si vous voulez.
Vous allez voir, vous allez mieux comprendre le personnage.
Lui-même, il n'est pas nécessairement aimé par les juges.
Ils lui disent qu'il n'y a pas le physique nécessairement pour être un candidat.
Puis lui, il dit non, non, je peux m'entraîner, je peux devenir plus fort, plus musclé.
Il ne veut pas, il ne lâche pas le morceau.
Il veut vraiment son 15 minutes de gloire.
Est-ce que c'est dans une de ces auditions-là où il mentionne que justement son apparence physique
et son ego et sa priorité numéro un dans la vie.
Il me semble que j'ai regardé plusieurs trucs de ces interviews.
Puis dans une des différentes télé-réalités où il a postulé, c'est ce qu'il mentionne.
Donc déjà, il exprime un air très, très arrogant, très narcissique et très, très centré sur sa personne.
Oui, il mentionnait même qu'il était obèse avant.
Puis qu'il s'est mis à courir, à courir tout le temps, tout le temps, tout le temps sans arrêt
pour avoir le corps qu'il a et à faire des push-ups et tout ça.
Parce que de ce qu'il dit, il a déjà été obèse.
On n'a jamais vu de photos préalables.
Mais c'est ce qu'il mentionnait justement dans cette entrevue-là,
justement qu'il voulait perfectionner son corps.
Au cours de sa vie, Magnetta est aussi arrêtée et inculpée de plusieurs petits délits,
si je peux me permettre, dont vol de matériel, escroquerie et même agression sexuelle sur une femme.
Mon rendu là, c'est moins un petit délit.
Mais sa défense plaide à l'époque les responsabilités en soulignant les problèmes mentaux dont il souffre.
Donc il a déjà été acquitté, si on veut, justement en raison de sa schizophrénie.
Il est condamné à neuf mois de prison avec sursis et un an de mise à l'épreuve,
avec obligation de soins psychiatriques.
Donc il avait déjà été repéré par le système judiciaire à un certain moment.
Puis à ce moment-là, il avait son ancien nom.
Je me suis demandé quand tu changes de nom, justement quand t'es flaggué.
Je veux dire, si il est flaggué sous le Luca Rocco Magnetta, mais à l'époque, c'était Eric Newman.
Les deux, je ne suis pas sûr que les bases de données se parlent justement.
Ça fait que c'est peut-être une des raisons.
Parce que quand l'enquête a des demandes données, son nom est quand même ressorti.
Puis souvent, on dit non, il n'y a pas d'antécédents judiciaires, il n'y a pas d'antécédents judiciaires.
Ou très peu, mais il n'y avait pas ces détails-là.
En tout cas, je trouve ça...
C'est vrai.
J'ai l'impression que le changement de nom l'a peut-être aidé à se faufiler à travers le système au fil des années.
C'est sûr que ça aide à tout ce qui est public, en fait, sur ton répertoire, les répertoires téléphoniques ou les bottins en ligne et toutes ces choses-là.
Ça va être plus simple une fois que tu as changé ton nom.
Oui, exactement.
Ne serait-ce que pour le référencement sur Google.
Exact. Justement, il y avait un des psychiatres qui a mentionné que Magnetta n'a pas arrêté de prendre sa médication psychotique, antipsychotique, à partir de 2010.
Et les vidéos de chatons, ils ont démarré en 2010.
Quand il a fait de la prison, c'était en 2009 où il a été déclaré malade.
Donc là, il devait être sous médication peut-être pendant un an.
Mais après, s'il arrêtait d'y prendre la schizophrénie, on le sait, on l'a vu avec The Slender Man.
La petite fille, c'était une schizophrène aussi.
On voit où ça peut amener une distorsion de la réalité totale.
Ça doit être sévèrement contrôlé.
Aussi, il se fait connaître sous différents pseudonymes en ligne.
Donc c'est là qu'il démarre tranquillement sa quête d'attention, étant donné que ça ne marche pas trop au niveau de la télé,
que ça ne marche pas trop au niveau même du monde de la porno gay.
Il décide de créer plusieurs profils en ligne, puis il va utiliser plusieurs identités, notamment Vladimir Romanov, Mattia del Santo et aussi Kirk Trammell.
Je l'aime, celle-là.
Autant d'une nationalité différente à l'autre, il n'a pas peur de se faire passer pour quelqu'un d'un peu partout dans le monde.
Il commence progressivement à s'intéresser aux tueurs en série, mais pas comme nous.
Il s'intéresse d'une manière passionnelle.
Il est toujours à la recherche d'attention, puis il va même répandre la rumeur comme quoi il fréquente Carla Omolka.
On se rappelle, Carla Omolka, ça avait été une grosse histoire avec Paul Bernardo au début des années 90.
Elle est accusée du meurtre de trois adolescentes, elle et son mari, qui ont eu lieu entre 1990 et 1992.
C'était toute une histoire. Je m'en rappelle, même si j'étais jeune à l'époque, on en avait entendu parler énormément.
Lui va même répandre cette rumeur-là lui-même.
Quelle meilleure façon que d'attirer l'attention que celle de se présenter aux médias dans le but de nier ce fait.
Certains médias n'en avaient pas encore entendu parler.
Lui, il leur écrivait, il allait voir pour leur dire non, c'est faux, je ne suis pas en relation avec Carla Omolka.
De cette façon, il réussissait encore à attirer l'attention envers lui.
C'est assez simple à faire dans le monde d'aujourd'hui.
En plus, il a bien compris la dynamique, malgré sa folie.
On voit qu'il a quand même un brin d'intelligence, si on veut, pour manipuler tous ces médias-là.
S'il avait connu Instagram, il aurait fait fureur à cette époque-là.
Effectivement, bon point.
Malgré tout, il n'y a toujours pas d'arrestation, il n'y a toujours pas de progrès du côté des policiers.
En décembre 2011, plusieurs mois plus tard, il y a une autre vidéo qui refait surface.
Celle-là s'intitule Python Christmas, donc Noël Python, où un chaton, encore une fois, est donné à manger à vif à un python.
Ça vient aux yeux encore une fois du Animal Beta Project, qui traque Magnata depuis des mois maintenant,
et d'autres activistes, parce que là, ils sont rendus des dizaines de milliers en ligne à s'organiser
puis à attendre juste que cet homme-là sorte d'autres contenus afin de le tracker et de détenir encore plus d'informations sur lui.
Ils vont décomposer cette vidéo-là, puis encore une fois, ils vont trouver des indices importants,
surtout en lien avec l'appartement où se déroule cet assassinat de chaton-là.
Ils vont trouver une photo correspondante avec une chaise qui est présente dans la vidéo.
Donc, étant donné qu'ils savent qu'ils ont un nom maintenant, ils réussissent à extraire les photos de ces différents profils Facebook,
puis réussissent à faire correspondre la même chaise, donc une chaise un peu vieillotte de son appartement qui a l'air miteux en passant.
Et puis, grâce à ça, ils réussissent à faire le lien. Ils se disent, OK, mais cette vidéo-là, c'est clair que c'est Magnata qui l'a fait.
Et quelques jours plus tard, Magnata va réussir de vivre.
Magnata va revenir avec une quatrième vidéo qui est encore plus difficile que les autres.
Et celle-là, Seb, aussi, je l'ai visionnée.
Et c'est encore une fois, je pense que c'est encore pire que les autres.
Celle-là s'appelle Bat Time Lull.
Et bon, ça commence encore une fois. On est sur le lit de Magnata. Il va caresser un petit chaton, comme s'il l'aimait et tout ça.
Puis il va l'attacher à un manche à ballet avec du ruban adhésif.
Et le chaton est encore en vie, puis il regarde la caméra.
Puis il va être noyé dans une baignoire, donc on voit.
C'est très très très explicite. C'est très difficile à regarder. Je vous suggère pas d'aller la voir.
Moi, j'ai trouvé d'ailleurs que c'était un peu facile à trouver.
C'est vraiment facile à trouver tout ça.
C'est très très facile à trouver sur Internet. On vous donnera pas le lien, mais c'est un peu trop facile.
Malgré tout, il y a plusieurs indices dans cette vidéo-là. Il y a les draps, il y a les oreillers, il y a même le visage de profil de l'individu.
Son manteau, par exemple, est très distinctif. C'est un manteau d'une genre de couleur saumon.
On voit pas ça souvent, un manteau de cette couleur-là.
Ses lunettes aussi sont très facilement identifiables.
Puis certains détails dans sa salle de main, vu qu'on voit beaucoup la baignoire, puis le mur et tout ça.
Les activistes, ils en ont vraiment ralbol.
Puis ils vont lancer une vidéo publique pour activer la recherche envers Magneta.
Donc c'est une vidéo qui fait environ, j'ai vu différentes versions, peut-être entre 5 et 7 minutes environ, où la voix est modifiée parce qu'ils veulent toujours garder l'anonymat.
Et puis on va voir des photos de Magneta, on va expliquer justement les crimes qu'il y a fait.
Il y a une tonne de correspondances. C'est super intéressant à voir.
Ils ont vraiment fait un travail de recherche incroyable en comparant les photos des profils Facebook, des différents blogs, de tous ces sites web.
Puis ils ont réussi vraiment à faire correspondre le bout de la chaise, les lunettes, la bague sur le doigt, les mêmes têtes oreillées, le même mur.
Vraiment, c'est de la super enquête 2.0.
Vraiment, c'est assez fascinant comment les gens peuvent travailler fort puis arriver à des résultats.
Vive les citoyens, sincèrement.
Pendant ce temps-là, même les activistes offraient une bourse de 5 000 $ s'il y avait des informations qui menaient à son arrestation.
En fait, c'est les activistes qui lancent une bourse, c'est même pas le...
Non, une entité gouvernementale ou quoi que ce soit, ou un OBNL, c'est vraiment les gens, l'amour des animaux.
Puis je peux comprendre, sincèrement, c'est tellement cruel. Il faut arrêter ces gens-là.
Oui.
La SPCA de l'Ontario, donc, qui a été mis au courant de ça, contacte la police.
Et là, ça semble démarrer. Là, ça semble un petit peu plus sérieux.
La police prend ça plus au sérieux puis démarre l'enquête sérieusement.
Pendant ce temps, Alex West, c'est un journaliste au Sun à Londres, donc un quotidien très populaire qui est aussi un site web bien connu.
Il reçoit une drôle de visite.
Il y a un homme qui se pointe au bureau du Sun pour nier des faits dont il n'a jamais été accusé.
Même tactique.
Ça nous dit quelque chose ici. C'est les meurtres des dix chatons, en fait, les meurtres des chatons qui ont été assassinés dans les vidéos.
Alex West, à ce moment-là, il n'est même pas au courant de cette histoire.
Il choisit quand même d'écouter l'homme en question qui prétend être Magnata.
Il passe vingt minutes à nier les faits et West va même jusqu'à sentir une tension sexuelle importante sur l'homme en face de lui
qui semble prendre un plaisir sexuel évident à lui raconter tout cela.
Donc lui, c'est un peu spécial. Il y a quelqu'un qui se pointe à son bureau, qui lui parle des vidéos de chatons.
Il dit que c'est lui Magnata, donc c'est lui l'homme qui est recherché.
Mais Alex West, il n'a jamais entendu parler de ça.
L'homme vient le voir pour nier tous ces faits-là.
Mais comment ça être difficile de nier parce que la vidéo du Animal Beta Project circule, puis tous les faits, toutes les comparaisons sont là.
Mais ça sonne assez étrange aux oreilles de Alex West qui n'en fait pas énormément un cas.
Mais étrangement, l'entrevue a été courtée parce que des policiers viennent saisir Magnata et l'amènent en voiture.
Et là, Alex West se demande un peu ce qui se passe.
Son interview tombe à plat, puis il va retourner travailler comme si rien n'était.
Par contre, lorsqu'il pose des questions un peu plus tard, il semblerait que Magnata a simplement été évincé de l'hôtel où l'entrevue se tenait, puis que les policiers ne l'ont jamais questionné sur les chatons.
C'est un peu bizarre que ce serait fait évincé de l'hôtel pour des raisons qu'on ignore.
Peut-être que c'est en lien avec ça, peut-être que c'est en lien avec l'attention médiatique ou complètement autre chose.
Peut-être qu'il n'avait pas payé sa chambre ou autre chose, mais les policiers sont juste allés le voir pour l'évincé de l'hôtel et aucun questionnement sur les chatons.
À ce moment-là, Alex West lui avait même indiqué aux policiers, est-ce que vous venez l'embarquer pour l'histoire des chatons?
Puis les policiers lui avaient dit de se mêler ses affaires finalement.
Quelques jours plus tard, il y a une lettre anonyme qui est envoyée au son et qui est signée au nom de John Kilbride, qui est un autre meurtrier en fait, John Kilbride.
Et là, c'est vraiment bizarre.
Oui, la lettre elle indique à quel point le tueur de chaton adore voir les gens enquêtés sur lui sans se faire attraper.
Il a du plaisir à voir qu'il y a une enquête et que des gens le recherchent.
Il explique qu'il y a des journalistes vraiment sexy au son, j'imagine qu'il parle de Monsieur West.
Il lui décrit ses fantaisies sexuelles. Je vous le rappelle, c'est dans une lettre, écrit à la main.
Il se décrit comme un génie et il insulte les habitants de Londres.
Il indique même que son prochain projet s'en vient et là, il y aura des humains d'impliqué.
Malgré tout ça, l'enquête de police ne bouge pas, il n'y a rien qui change.
Malgré cette lettre-là, elle n'est pas vraiment prise au sérieux par le corps policier.
Au cours de 2012, les internautes commencent à témoigner qu'ils ont vu Magnata dans les environs de Montréal.
Il y a des témoignages qui sont faits. Il y a Montréal, mais il y a d'autres villes aussi.
Parce que là, il commence à y avoir beaucoup de gens au courant de cette histoire de meurtre de chaton.
Moi, je m'en rappelle, à cette époque-là, j'avais vu penser ça.
C'était énormément présent sur les médias sociaux.
L'info est passée aux policiers et puis on parvient à trouver un logement où il a habité.
Mais il est trop tard lorsque les policiers se pointent, le proprio de l'édifice confirme qu'il a déjà quitté depuis deux semaines.
En mai 2012, donc un peu plus tard, au fin fond d'Internet, et là, c'est là que ça commence à devenir un peu sordide,
on voit passer une promotion pour un film intitulé One Lunatic, One Ice Pick.
En fait, c'est comme un genre de poster de film qui est à venir.
C'est une photo où on voit un homme de profil dans un gilet à capuchon mauve et qui tient un pic à glace.
Derrière lui, on voit un poster du film Casablanca.
La communauté gore et de films d'horreur quand même se questionnent ou sont intrigués par ça,
parce que généralement, on s'entend, ce genre de film-là, c'est des films.
C'est pas nécessairement la réalité, donc c'est tout de même intrigant par eux.
Ces gens-là sont bien organisés sur le net.
Il y a beaucoup de forums qui existent, de sites web spécialisés dans les nouvelles d'horreur,
ou même les creepypasta, en fait, on a parlé du Slenderman plus tôt dans la saison.
Cette communauté-là n'est pas nécessairement violente.
C'est pas une communauté qui, même si elle consomme des vidéos ou du contenu assez brutale,
ça fait pas deux des gens sadiques dans la vraie vie.
Il faut vraiment tirer une ligne.
Plusieurs d'entre eux doivent même aimer les podcasts comme distorsion.
On doit en avoir dans nos fans.
Mais lorsque cette vidéo-là, du moins, sort, ça fait un effet assez incroyable.
La vidéo est assez dure à voir.
Moi, j'ai pas osé.
Mais en fait, je l'ai regardé sur le fast-forward et même à l'époque,
c'était un peu la même chose que j'avais fait.
Ça me reste trop en tête, ces trucs-là.
C'est une vidéo qui dure environ 10 minutes, 45 secondes.
Il y a un homme qui est attaché sur un lit, les mains, les pieds par des cordes.
Il est toujours vivant parce qu'on le voit bouger.
Il est nu.
Il y a un sac où, du moins, il y a quelque chose sur la tête.
Une chanson New Order qui vient du film Psycho,
qui joue en trame de fond.
Et il y a le posteur du film Casablanca,
qui est affiché sur le mur dans la scène, tout simplement.
Ça doit être plus American Psycho,
parce que je ne pense pas que Hitchcock avait New Order dans son film.
Oui, tu as raison.
Un genre de lapsus de film d'horreur.
Et aussi, même, on le voit à un moment donné avec un couteau et une fourchette.
Et on le voit comme en train d'essayer de le manger.
Ça, ça n'a jamais été prouvé qu'il ait vraiment fait l'acte de cannibalisme.
Il y a même un chien aussi qui se retrouve dans la vidéo.
Et aussi, il semble essayer d'avoir des relations sexuelles avec le corps de la personne.
Oui.
Moi, je suis allé la voir, la vidéo.
Je l'ai vue lorsqu'elle a sortie il y a plusieurs années, en 2012.
Puis je suis allé la revoir récemment pour les besoins de l'épisode.
Je l'ai regardé, mettons, un petit peu plus rapidement qu'à l'époque.
Puis c'est vraiment, moi, c'est sans doute la pire vidéo que j'ai vue de ma vie.
J'ai vu beaucoup de films d'horreur.
J'ai vu des trucs qui se rapprochent.
On parlait de Gar tout à l'heure,
mais il y a tout le phénomène des « snuff movie » qui existe,
par exemple des meurtres qui sont filmés ou des viols ou des choses comme ça.
Il y a toujours une certaine ambiguïté qui existe à savoir
est-ce que c'est des effets spéciaux ou est-ce que c'est tellement,
parfois c'est tellement mal filmé qu'on dirait que c'est vrai.
Il y a des gens qui sont spécialistes là-dedans pour en faire des faux,
donc faire des vrais films de faux « snuff movie » si on veut.
J'ai vu bien des trucs, Nemeth, des films comme par exemple « Serbian film »
ou même « August Underground » qui est un peu un genre de faux « snuff movie »
qui est très troublant.
Puis on va même se rappeler d'un film par exemple comme « C'est arrivé près de chez vous »
ou c'est un film français où il y a quelqu'un qui va tuer ou on suit.
C'est un peu comme un faux documentaire où on suit un tueur en série
qui tue des gens, puis c'est vraiment difficile à regarder
parce que c'est tellement réaliste que ça en a l'air vrai.
C'est pour ça que ça prend plusieurs heures, un long moment quand même
avant que la vidéo soit rapportée parce que plusieurs personnes ont l'impression
que c'est un film amateur finalement.
C'est tellement surréaliste, on s'entend, ça arrive pas si souvent que ça,
qu'on peut pas croire quasiment qu'un être humain peut faire ça à un autre être humain.
Les policiers québécois sont mis au fait de cette vidéo-là.
Même, je me rappelle à l'époque, le propriétaire du site bestgaurd.com
s'était retrouvé dans les médias, il savait pas trop comment en réagir.
Lui-même expliquait que « ouais, ok, mais moi j'ai l'impression que c'est une mise en scène,
que c'est pas un vrai meurtre. »
Donc, difficile de défendre cette vidéo-là.
Et alors, le 29 mai 2012, on fait une découverte lugubre à Montréal.
Je vous rappelle que la vidéo a été publiée en ligne le 25 mai,
donc c'est quatre jours plus tard.
La police du quartier Côte-des-Neiges à Montréal reçoit un appel d'un concierge,
d'un bloc d'appartements sur Décary,
sur le fait qu'il y a une valise étrange qui traîne depuis plusieurs jours sur le bord du chemin.
Au début, il n'y avait pas trop fait de cas de ça,
mais au fil des jours, la valise commençait à puer et il y avait du liquide qui coulait
et il y avait une odeur qui commençait à se répandre la valise.
Donc, il appelle la police parce qu'il trouvait ça quand même assez louche
qu'une valise un peu abandonnée parmi les poubelles.
Le quartier Côte-des-Neiges est un quartier assez ouvrier,
qui se tue près de l'autoroute.
C'est un bloc qui est bien normal, qui fait plusieurs étages,
mais c'est un bloc un peu à loyer modique, si on veut.
Oui, c'est à côté de l'autoroute Décary, on s'entend.
Il y a beaucoup de densité de population, il y a beaucoup de monde qui habite là.
Là, la police débarque.
Là, ils se rendent compte qu'à côté de la valise,
ils isolent la valise et ils ne veulent pas être touchés
parce que rapidement, ils voient le liquide et tout ça,
et ils ne veulent pas...
Ils vont terminer la scène.
Exactement.
Mais ils voient à côté aussi des poubelles,
ils voient une tonne de sacs de poubelles noires,
aussi à travers de vieux meubles.
Et justement, d'un des sacs, il y a un liquide rougeâtre qui coule.
Là, la police, OK.
Ce qu'ils font, on s'entend, comme on vous dit,
c'est quand même un endroit assez densifié de population.
La police érige...
Tout ça se passe très très rapidement, même pas une heure.
La police érige une tente par-dessus les poubelles et les valises.
Et là, le travail commence.
Ils ouvrent la valise.
Ils découvrent à l'intérieur un torse d'homme.
En fait, un tronc en plein milieu de la valise.
Il manque la tête, les bras, les jambes.
Ils commencent à pourrir.
On s'entend, selon nos calculs,
ça fait au moins quatre jours qu'un morceau de corps mort qui est là-dedans.
Il faut se dire aussi qu'on est à Montréal à la fin mai.
Il fait environ 30 degrés.
C'est hyper humide.
Même si c'est une journée presque pluvieuse, on nous explique.
Donc, c'est pas nécessaire de vous en dire plus,
mais l'odeur doit être assez accablante.
Là, la police se retrouve juste avec un torse d'un homme sans mains, sans bras.
Donc, c'est assez difficile d'identifier quelqu'un.
Il n'y a pas d'empreintes digitales.
Il n'y a même pas de visage. Il n'y a rien.
C'est difficile de, par exemple, faire les dossiers dentaires
quand on n'a pas de tête ou les empreintes digitales quand on n'a pas de mains.
Donc, ça complique vraiment les choses.
Ce que je comprends, exact.
La police décide donc de fouiller les 31 sacs de poubelles
qu'elle a remarqués qui étaient à côté de la valise
et qui avaient un certain liquide qui coulait d'un des sacs.
Imaginez, 31 sacs de poubelles,
le déchet du quotidien,
dans des jours qui sont là depuis plusieurs jours à la chaleur.
Pauvres policiers, sincèrement, qui ont dû faire un travail de moine
avec l'odeur. Je ne sais pas comment ils gèrent ça.
Je sais qu'à la longue, le cerveau s'habitue aux mauvais os.
On ne la sent plus.
Donc, il est vide, chacun des sacs, un après l'autre.
Et là, il trouve dans un des sacs, à un moment donné,
une carte d'identité avec une facture et un billet du médecin.
C'est assez bizarre, un, qu'on jette nos papiers d'identité.
Et le papier d'identité, c'était au nom de Luca Rocco-Magnotta.
Il y avait même un carnet de chèque avec ça.
Mais là, la police a dit, c'est lui, notre torse.
Leur première hypothèse, c'est que c'était lui,
la personne qui avait été découpée.
La victime.
Préalablement aussi, dans un autre sac,
ils ont trouvé des vêtements neufs.
C'est assez étrange, c'est rare qu'on jette des vêtements neufs.
Des beaux vêtements, apparemment.
Oui, de ce que j'ai vu, c'était des vêtements à la mode de l'époque.
Il y avait aussi un rouleau de gros ruban adhésif,
les gros rouleaux de déménagement pour coller les boîtes.
Il y avait aussi des gants bleus chirurgicaux.
Il y en avait aussi avec du sang dessus.
C'était dans un des sacs.
Et ensuite, il y a eu un autre sac, le septième.
Là, c'est encore plus étrange.
Il y avait un rideau de douche qui était là,
qui était maculé de sang.
Il y avait des bouteilles de produits nettoyants.
Et il y avait surtout un couteau.
En fait, des couteaux avec des substances liquides rougeantes
qui étaient comme séchées dessus.
On sentait que c'était du sang.
Il y avait aussi des paires de ciseaux.
L'hypothèse de la police, comme tu l'as mentionné Seb plus tôt,
c'est que c'est Lucas la victime.
C'est lui qui a été découpé et placé dans une valise.
La police va faire son enquête,
puis aucun voisin n'a rien vu.
Il n'y a aucun témoin de la scène.
C'est quand même assez louche.
Par contre, le concierge mentionne aux enquêteurs
qu'il y a des caméras de surveillance
aux entrées et aux sorties du bloc-appartement,
et notamment dans l'endroit où les vidanges sont vidés.
Il semble être très bon sur les réseaux sociaux,
notre ami Magnata,
mais on va se rendre compte que c'est un moins bon meurtrier
parce qu'il a fait plusieurs erreurs des débutants.
Ils vont visionner toutes les bandes vidéo à partir du 25 mai,
on se rappelle la journée de la découverte de la vidéo.
Entre 2 et 4 heures du matin,
on y voit un jeune homme blanc d'environ 25 ans,
cheveux foncés,
qui fait plusieurs allers-retours vers les bacs à poubelles
en y déposant des sacs,
mais vraiment beaucoup d'allers-retours.
Il pense la nuit à faire ça.
C'est assez rare qu'on fasse ça
en plein milieu de la nuit aussi.
C'est vrai.
Difficile de voir clairement qui est ce qu'il est.
En fait, c'est plutôt sombre.
La qualité de la vidéo n'est pas extrêmement bonne.
Pourtant, l'individu semble très calme.
Et le même jour, le 29 mai,
donc la journée où vraiment la valise suspecte est découverte,
il y a un paquet qui est envoyé au Parti conservateur à Ottawa,
qu'on se rappelle qu'il était au pouvoir à l'époque,
et le paquet était marqué d'un symbole de cœur,
donc il y a un genre de cœur d'inscrit dessus,
avec une odeur dégoûtante.
Il contenait un pied humain, un pied gauche.
Quelques heures plus tard, même de cette découverte du pied-là,
toujours à Ottawa, il y a un autre paquet suspect
qui est intercepté par Postes Canada.
Et lui, il était adressé au Parti libéral.
Et lui, un peu comme l'autre, il contenait la main gauche.
Je ne sais pas s'il y avait un signe d'avoir choisi la main gauche.
On ne l'a jamais vraiment su la symbolique derrière le choix,
s'il y en a eu un.
Donc, la police d'Ottawa se met à enquêter.
Dans la même journée, deux colis avec des membres
arrivent à des partis politiques.
C'est assez louche.
Ils se rendent compte que les deux colis ont été expédiés de Montréal
le 25 mai à 19h11.
Les deux en même temps, à la même heure,
à partir du bureau de poste,
qui est situé dans le même quartier de Côte-des-Neiges,
où se habitait Luca Roccomagnotta,
ou dans le fond, où se trouvait plutôt
le torse de l'homme dans la valise.
Le bureau de poste, aussi,
lui, il contient plusieurs caméras de surveillance.
Donc, tout est filmé encore une fois.
Puis la police remarque clairement la présence d'un individu
qui tient un sac avec une boîte.
Cette personne, c'est la même que celle sur les images du bloc.
Donc, il y a un lien qui est fait entre les paquets envoyés à Ottawa
et la découverte du torse dans la valise.
Et le concierge reconnaît le locataire,
une fois qu'ils ont analysé tout ça avec la police.
Il habite à l'appartement numéro 208.
C'est bel et bien Luca Roccomagnotta.
Il a sa chambre à ce nom, officiellement.
Et tout comme les papiers d'identité trouvés dans les sacs.
Et la police maintenant croit que le corps est inconnu
et que le tueur devrait être Magnetta,
étant donné qu'on le voit sur tellement de caméras de surveillance
par la suite, suivant la mort de l'homme en question.
Et il va s'en suivre par la suite
la visite de la scène de crime qui est assez morbide. Merci.
Oui, parce qu'au départ, la police pouvait juste rentrer dans l'appartement,
mais elle n'avait pas le droit de rien toucher
parce qu'il n'y avait pas encore de mandat d'arrestation.
Pas de mandat d'arrestation, mais de mandat de perquisition.
Donc, la première étape, ils ont juste ouvert la pièce.
Mais quelques heures après, ils l'ont eue.
C'est un petit studio de 1,5.
Dès leur première entrée, il y avait vraiment une odeur forte.
Une odeur forte, mais surtout de nettoyants,
de produits comme qui avaient été nettoyés.
Il y avait du sang dans la baignoire.
Il y avait encore des traces ou la toilette.
Il y avait une bouteille de vin.
Quand on ouvrait le frigo, il y avait du sang de coller dans le fond du frigo,
comme si, en fait, les enquêteurs ont prouvé
qu'il y avait des morceaux qu'ils avaient découpés
et qu'ils avaient mis dans le frigo pour les garder au frais,
au préalable avant de les envoyer,
parce qu'il y avait vraiment plein de sang qui avait coulé.
Sur le lit, c'était vraiment étrange.
Sur le matelas, en fait, il y avait un drap comto tout neuf, tout brun.
Là, tu es neuf, complètement neuf par-dessus.
La police l'a enlevé.
Et en dessous, il y avait un autre drap,
plus de style, comme une tente rougeante.
Il était un peu bourgogne.
Et là, quand ils l'ont enlevé, ce deuxième drap-là,
ils l'ont vu dans le matelas,
qui avait quand même été nettoyé.
J'ai vu l'image, mais le matelas était immaculétissant.
On voit, c'est vraiment dégueulasse.
Il y avait aussi des déchets ménagers de la vaisselle,
mais surtout un ordinateur portable
et une petite caméra vidéo
qui contenait quand même plusieurs séquences
qui étaient filmées par notre ami.
Ces deux items-là vont vraiment être importants dans l'enquête
parce que, évidemment, l'ordinateur portable permet
de faire vraiment beaucoup de recherches sur, par exemple,
les sites web qu'il a consultés
ou les vidéos qu'il a potentiellement éditées
via des logiciels sur son ordinateur.
Et la caméra, justement, va contenir plusieurs séquences
qui vont être très utiles au procès pour déterminer,
justement, si le meurtre s'est bel et bien déroulé
dans cette chambre-là.
Dans un sac aussi, les policiers retrouvent des outils
dont une scie circulaire qui semble, encore une fois,
maculétissant et de chair humaine.
Ils vont trouver un marteau, un tournevis.
Étrangement, le manche est peinturé
de manière argentée à la main.
Je ne sais pas si c'est ça qu'il a utilisé
pour faire son poster de promotion.
Peut-être qu'il l'a peint pour cette raison-là.
Je ne sais pas.
Mais pendant ce temps, la police est encore à l'extérieur
et continue de fouiller les sacs hors dure
qu'ils ont trouvés dehors.
Là, on est rendu au 15e sac de poubelle sur les 31.
Là, enfin, ils tombent sur des morceaux de corps humain.
Il y a deux jambes sans pied
qui ont été placées dans un sac
qui a pris la peine de mettre trois sacs,
en fait trois épaisseurs de sacs.
Et dans un autre sac, il y a deux bras,
eux aussi sans les mains.
Donc on sait qu'il en a envoyé quand même
une des deux aux partis politiques.
Donc là, le lien se fait tout de suite
entre les colis reçus justement par les partis politiques
et la découverte.
Mais ils ne peuvent pas toujours le prouver,
mais on s'entend, ça semble assez évident.
La morgue vient de chercher les morceaux,
mais dites-vous qu'ils manquent toujours la tête,
la main droite et le pied droit.
Dans le dernier sac, en fait,
des 31 sacs, ils trouvent finalement un chiot mort.
Je ne sais pas si vous vous souvenez,
mais tantôt, on parlait justement qu'il y avait un chien
dans la vidéo qui était présent.
Finalement, il a été retrouvé mort dans un des sacs.
La police, ça lui a pris, dites-vous,
fouillé les 31 sacs et tous les décortiqués
plus de 20 heures.
C'est incroyable.
Et le matin même de la découverte de la valise
et que la police a pris l'enquête
sous leurs mains,
c'était la journée des vidanges.
Imaginez si, quelques heures plus tard,
le camion aurait tout ramassé ça.
Je pense qu'avec toutes les preuves qu'ils ont,
il aurait pu aller à Magnota quand même,
mais il aurait tellement manqué de preuves.
Je veux dire, le corps n'aurait jamais été retrouvé,
à part les partis qui aient été envoyés
ou les partis politiques, puis peut-être les autres portions.
Mais quand même, les pièces d'identité,
il y a tout cet aspect-là.
Je me demande comment se serait déroulé l'enquête.
Si tous ces éléments-là n'avaient pas été là,
ça aurait été totalement différent.
Un mandat d'arrestation pancanadien est émis pour meurtre
au premier degré envers Luca Rocco Magnota,
aussi pour meurtre avec préméditation,
et la vie de recherche est lancée.
Il y a même ces activités bancaires
et tous ces déplacements qui sont
traqués à l'aide de son cellulaire.
On le dit plus tôt,
Magnota n'est peut-être pas le meilleur meurtrier
dans le sens qu'il y a plusieurs erreurs
qu'il a fait dans son parcours,
notamment avec la scène de crime et tout ça.
Donc, il est fort à prévoir qu'il va sans doute
en faire d'autres des erreurs.
Les policiers vont aussi retrouver dans les sacs
et ils ne vont pas lui porter attention pour l'instant,
mais ils vont s'en rappeler un peu plus tard.
Ils vont trouver le fameux poster de Casablanca
dans les sacs à poubelle,
poster qu'on retrouve sur l'image de promotion
de One Lunatic, One Ice Pick,
et qu'on va retrouver dans le film aussi.
Donc, c'est un indice crucial qui nous place,
en fait, qui place la vidéo
sur les lieux du crime,
donc dans la scène de crime.
Et parce que jusqu'à date,
pas qu'on n'avait pas fait le lien entre la vidéo,
mais c'était quand même difficile à faire.
Là, on avait un lien entre un corps,
une scène de crime, un individu,
et là, on a potentiellement la vidéo du meurtre.
Donc, c'est d'une énorme valeur
pour les policiers.
Pendant ce temps-là, il y a des étudiants
de l'Université Concordia à Montréal
qui s'inquiétaient, qui n'avaient pas de nouvelles
de leur ami Jun Lin.
Ils ont appelé la police, ils ont déclaré une disparition.
La police, au même moment de l'enquête,
allait le décider, je veux dire, par réflexe
d'aller voir s'il n'y avait pas des gens disparus.
Je veux dire, ils ont un corps retrouvé,
et là, ils voient le nom de Jun Lin,
et on s'entend,
ils sont dans le même secteur et tout ça.
Ils appellent la personne qui l'a déclarée disparue.
Ils se dirigent à l'appartement,
en fait, de Jun Lin.
Ils disent, écoute, on ne le sait pas encore,
la police ne voulait pas inquiéter son ami,
mais du moins,
ils voulaient quand même essayer de poursuivre le dossier.
Ils l'amènent à l'appartement,
c'est un appartement qui était propre,
il n'y avait rien de particulier
en tant que tel.
Mais la police récupère tout de même
la brosse à dents et une bouteille d'eau,
du moins, pour avoir des pièces d'ADN.
Les policiers, évidemment,
ont contacté Interpol et toutes les agences
gouvernementales pour traquer
Luca Magnotta au plus vite.
On se rend compte qu'il a quitté
Montréal le 26 mai,
donc deux jours,
présumé, après le meurtre.
Et la police a donc quatre jours de retard
sur lui. On réussit quand même
à traquer son étinéraire
puis à faire une chronologie des événements.
Le 27 mai,
Magnotta arrive à Paris,
il se rend à son hôtel, il s'est loué
un hôtel de luxe, apparemment,
il séjourne au nouveau hôtel
à Porte de Bagnolet, dans Paris.
Et il quitte dans la nuit pour se diriger
vers un autre hôtel qui, lui,
est beaucoup plus discret pour éviter
les regards et pour éviter d'être repéré.
Malgré tout, il est filmé pendant tous
ses déplacements, donc il est filmé à l'aéroport,
il est filmé lorsqu'il arrive à l'hôtel
et vraiment, il est constamment filmé.
Donc il décide d'aller dans un endroit
un peu plus discret. Le 28,
il se rend dans la région
de Clichy-la-Garenne, chez un homme
de 50 ans, qu'il aurait rencontré en ligne.
Donc on sait un peu son modus
opérandi. Magnota, il est souvent
sur des applications
de rencontres homosexuelles.
C'est aussi une escorte
gai, apparemment, de très
haut niveau. Il a donc
un certain réseau de gens
qui sont habitués de l'engager comme
escorte. Et là, il se rend chez quelqu'un
de 50 ans. Apparemment que
bon, les deux hommes
ont des conversations ensemble,
ils prennent un verre de vin,
tout se déroule bien. Le 29,
il va être vu plusieurs fois à travers
Paris, dans différents
quartiers, en train
surtout faire du magasinage.
Le 31 mai,
il est pris alors qu'il essaie de voler
un parfum dans une parfumerie.
Il se fait interpeller par une vendeuse
qui appelle les policiers.
Mais malgré tout, il se fait
pas attraper en lien avec ça.
Le 1er juin maintenant,
l'homme de 50 ans, qu'il a accueilli chez lui
à Clichy-la-Garenne, le voit
en pleine manchette. Parce que là, le 1er juin,
ça fait deux jours que le mandat
est envoyé par Interpol
et partout sur la planète.
Et Magnata fait des manchettes parce qu'on
l'appelle le dépeseur de Montréal.
C'est un nom très glamour
qui lui-même
doit adorer.
Il connaît maintenant sa notoriété
internationale pendant ces quelques jours-là.
Son téléphone cellulaire va
être trouvé dans les poches d'un étranger à Paris,
alors que les policiers réussissent à le
attraper. Il va avoir dissimulé
le téléphone dans les poches de quelqu'un dans
le métro de Paris. Et puis les policiers
vont interpeller quelqu'un qui
n'est pas du tout en lien avec Magnata.
Sa chambre d'hôtel va être
perquisitionnée et on va y trouver
le t-shirt de Mickey Mouse. Bon,
il portait un t-shirt de Mickey Mouse, on ne l'a pas mentionné,
mais lors de son voyage à l'aéroport,
on l'avait identifié grâce à ça.
Et on retrouve ce t-shirt-là
dans sa chambre d'hôtel à Paris.
Le lendemain, il part à Berlin
en train. On dit qu'il a rencontré
un homme à la gare qui,
lui, l'aurait rencontré Magnata en ligne.
Donc encore possiblement via
un site web d'escorte
ou une application
de rencontre. Apparemment que
l'homme est déçu de l'apparence de Magnata.
Apparemment qu'il ne serait pas très
propre, qu'il dégagerait des mauvaises
odeurs. Ce serait
pas très agréable d'être dans sa compagnie.
Mais l'homme ne se doute de rien.
Il accueille Magnata chez lui
pendant quelques jours. Magnata
va lui indiquer même qu'il doit se
couper les cheveux. Puis à ce moment-là,
il enlève sa perruque parce que tout ce temps-là
il avait une perruque, les cheveux un peu plus longs.
Et là, il a les cheveux presque
complètement rasés.
Et Magnata va décider de faire la belle vie
avec cet homme-là qu'il a rencontré.
Ils vont sortir dans les bars à Berlin
constamment.
Magnata va même payer
des verres, payer du champagne,
des boissons de luxe. Apparemment qu'il aurait des milliers de dollars
sur lui, cash. Je sais pas ce que ça venait,
cet argent-là. Je sais pas s'il l'a volé.
Je soupçonne que son travail d'escorte,
ça doit quand même être payant. Je sais pas
à quel point il était encore actif à ce moment-là,
mais il doit quand même, s'il avait bien prévu
son coût, il devait quand même avoir un peu d'argent
sur lui. Il va même offrir
à son ami berlinois de payer
son loyer. Donc c'est pas rien.
Il décide quand même
de garder du cash puis il est prêt à payer pour
maintenir son anonymat.
Il veut prendre un nouveau départ et même
relancer sa carrière d'escorte
et de danseur dans les bars.
Donc pour lui, c'est un renouveau.
Il est à Berlin et
il est introuvable selon lui.
Le 4 juin, il accompagne
son ami à un rendez-vous. Il l'attache
justement dans un café Internet.
Le caissier du
café Internet reconnaît Magnata.
On s'entend, il est partout dans les médias à ce moment-là,
partout sur la planète. Tout est filmé.
On le voit là, il sort,
le caissier sort, il va juste aller voir la police
qui est près de là puis il lui dit
écoute, je pense que j'ai remarqué
quelqu'un que j'ai vu à la télé.
La police débarque.
Sur le coup, Magnata a nié
les faits comme quelques secondes.
Tout de suite après, il a abdiqué.
Il a dit, vous m'avez eu,
que c'était bien lui. Donc la police
l'a arrêté. Il était au même moment
imaginé, il était en train de lire des
nouvelles sur lui-même,
sur un site Internet. Assez fascinant.
À ce moment-là, il doit être extradé
au Canada, mais il n'y a aucune compagnie aérienne
qui veut le transporter.
Je ne sais pas, ils ont peur.
Ils ont peur de lui. Je ne comprends pas trop.
Avec raison. Ben oui, effectivement.
Je trouve ça tout de même étrange.
Finalement, c'est un appareil militaire
canadien qui va le ramener au pays
parce que dans un des
documentaires que j'ai écouté, il y avait
quand même un certain sentiment d'urgence
pour ramener l'individu, je pense,
rapidement pour procéder à son
arrestation. Il y avait
un enjeu par rapport
à ce délai-là. Donc, dès
qu'il est apporté, il est examiné par les autorités.
Et dans l'avion, il est
assez bizarre. Il est accompagné, justement,
il y avait un psychiatre qui était avec lui,
qui essayait déjà de...
Je sais qu'il fallait
qu'il le calme, qu'il essaye aussi
d'extirper de l'information de lui,
mais sans le faire paniquer. Il observait
tout de même des comportements
assez étranges de lui. Il dénotait
tout de même certains changements
de personnalité. Mais en même temps, il y avait
une politesse. Il était très, très
poli. Il utilisait toujours une voix d'enfant
quand il parlait
à la police et même aux psychiatres qui l'accompagnaient
dans le vol
de retour. La même journée,
donc le 4 juin, il y a un appel
anonyme qui révèle qu'une tête humaine
a été retrouvée au parc
Angrion à Montréal. Donc, c'est un
immense parc où il y a un étang,
il y a un boisé, tout ça. Et puis,
la même journée où Magnéta
est arrêtée à Berlin, on retrouve
cette tête-là. Et ça sera
pas trop long qu'on va se rendre compte
que c'est bel et bien la tête
de Jun Lin. On
se rend compte que la tête est
quand même assez abîmée, que
la gorge a été tranchée et le cran
va avoir été percuté assez sévèrement
par un objet
contondant. Donc, Magnéta est
ramenée au Canada pour subir
son procès. Et puis là,
ça va être toute une histoire médiatisée
à Montréal. On va
voir que Magnéta, en fait,
a des fans qui vont venir d'un peu partout
dans le monde pour assister au procès.
Les journalistes qui y ont assisté témoignent
que pour une des rares fois,
il a fallu se lever à 5 heures du matin
pour aller faire le line-up
au palais de justice,
étant donné qu'il y avait tellement de popularité,
qu'il y avait tellement de, comment dire,
d'attrait
envers ce procès-là qui faisait
les manchettes internationales.
L'autopsie va révéler que John Lin
a été drogué au somnifère
et que son cou aurait été tranché
avant de dépecer tout le corps. Donc, il aurait été
apparemment tué avant
d'être dépecé. Le meurtre
aurait bel et bien commis le 24 mai.
Il aurait posté les premiers colis
le 25. On se rend compte que
la vidéo aussi est sortie le 25. Donc,
il a passé une bonne
nuit de montage après tout ça.
Selon les estimations des policiers,
Magnéta n'aurait pas dormi pendant plus de 24
heures pour gérer l'après,
tout ce qui s'est
déroulé après le meurtre.
Sur les séquences de la caméra,
on voit clairement le visage de
Magnéta. Parce que dans le film, on le voit
pas vraiment, mais là, ils ont trouvé la caméra
et puis il y avait encore les images dans la caméra
qu'ils ont trouvées dans son appartement.
Et donc, c'est très incriminant. On va voir
le visage de Magnéta. Donc,
on va pouvoir démontrer en de tout doute
qu'il est coupable, malgré le fait que
la mise à mort, elle, n'a jamais été filmée.
On arrive en cours.
Le procès se déroule le 11 mars
2013.
Comme tu disais, il y a beaucoup de
journalistes, il y a plein de fans
qui sont là. Là, on voit Magnéta qui a pris
beaucoup de poids. Il est drogué aux médicaments
et il regarde personne.
Durant le
procès, pauvre père, la victime
de Joon-Lin, le vidéo
est présenté devant toute l'audience
et le père est là.
Magnéta s'effondre vers la fin de
la vidéo. Même le père, ils ont dû interrompre
un moment donné. Le père se sentait
vraiment pas bien. Il a fallu qu'il l'escorte
à l'extérieur. Je peux
comprendre. Moi, sincèrement, je
sais pas si j'aurais voulu voir
ça, si mon fils aurait subi
ça. C'est tellement
horrible. Ça doit être tellement
horrible de voir le propre
meurtre de son propre enfant. N'importe
quel meurtre, c'est horrible. Imagine de ton
propre fils.
Même pour le commun des
mortels, pour un inconnu, cette vidéo-là
est extrêmement difficile à voir.
Donc, imaginez pour le père de la
victime, ça doit être assez terrible.
Et même le journaliste Alex West
Duson dont on a parlé, que Magnéta
lui avait démenti
le truc des chatons et qui avait aussi
envoyé la lettre qui parlait de
son futur projet, est venue
témoigner parce que la lettre en tant
que telle, qui est écrite à la main,
prouve que son crime était prémédité.
Carrément. Puis, dans la lettre, c'est
ce qui l'affirme, aussi, à être
l'oucomagnota. Donc, vraiment,
c'est... Toutes les pièces du
puzzle étaient là pour bien
l'accuser. Il est accusé de cinq chefs
d'accusation. D'abord, meurtre au premier
degré, mais aussi l'acte
d'avoir commis un acte obscène
sur un cadavre. Il est
aussi accusé d'avoir publié du
matériel obscène sur Internet et
d'avoir envoyé du matériel obscène
par l'usage de la poste.
Il va aussi être accusé
d'avoir harcelé le premier
ministre canadien Stephen Harper et
plusieurs membres du parlement
via les envois postaux
qu'il a faits. Malgré tout,
il plaide non coupable. Le procès va
durer trois mois et, selon la
défense, c'est en raison des voix
entendues dans sa tête qu'il
aurait tué Jun Lin. Apparemment,
qu'il aurait cru
être en danger en sa présence
puis qu'il est dans un délire
psychotique, il l'aurait
assassiné. Par contre,
moi, je me demande, est-ce que quelqu'un
en délire psychotique va aller jusqu'à filmer
son crime puis en faire
la promotion sur Internet
avec un poster?
Ah oui, puis laisser toutes les traces.
Je veux dire, la salle de bain,
le nettoyer grossièrement.
Moi, je trouve qu'il
faisait un peu exprès.
Il était comme ambigu dans ses
personnalités. On dirait que des fois, il faisait exprès
pour laisser une trace, pour qu'on le trouve.
Il n'y a pas tant caché que ça.
D'un autre côté, il se
sauvait, il se cachait, il essayait quand même
d'être anonyme.
Il essayait de créer un genre de scénario.
C'était très narratif, son histoire.
Oui, c'est assez Hollywoodien. Quand on
replace tous les éléments
dans l'ordre, c'est assez particulier.
On se questionne encore
sur le pourquoi
les morceaux à des partis politiques.
Il y a toutes sortes de messages
ambigu qu'on ne comprend
pas trop l'origine.
Pourquoi il aurait fait ça en tant que tel?
Jamais il a dévoilé ça.
Il a toujours plaidé nos coupables.
Il n'est jamais revenu sur les événements.
Tous ces éléments-là sont
tout de même assez mystérieux.
De plus, les caméras de surveillance
qu'on va montrer dans le procès
ont révélé qu'il aurait même reçu
un autre homme chez lui quelques jours avant.
Même, on a vu l'homme
qui aurait quitté son appartement,
pas mal confus.
On l'a peut-être même drogué.
Les séquences retrouvées sur sa caméra
montrent qu'un autre homme a été filmer
attaché au lit.
On n'a malheureusement jamais retrouvé
cet inconnu mystérieux.
Mais on voit que
il se serait peut-être pratiqué avant.
Il aurait peut-être déjà essayé
certaines techniques. Peut-être qu'il aurait essayé
de tester les doses de somnifères
nécessaires afin que l'homme s'endorme.
Il s'est rendu compte que c'était pas assez
et que l'homme s'est réveillé ou quoi que ce soit.
Mais il aurait potentiellement
encore plus prémédité son
crime en le testant
sur quelqu'un d'autre.
Sa théorie qui avait peur
de Joon-Lin
tient plus ou moins avec cet élément-là.
Le 15 décembre
2014, le jour de ma fête,
le verdict tombe
et c'est la prison à vie
pour Luca Rocco
Magnetta.
Un verdict qui
c'est pas mal le maximum qu'il aurait pu avoir
au Canada, étant donné qu'on
n'a pas la peine de mort.
Du côté des parents
de la victime, ils sont
soulagés de ce verdict-là, mais en même temps
venant d'une culture
qui est un peu différente.
Le verdict est aussi un peu mal accueilli
par les autorités chinoises parce qu'on
se rappellera que cette nouvelle-là a fait
le tour du monde.
Dans aussi les controverses
qui vont suivre le procès de Magnetta,
il va être nommé
le Canadian Newsmaker of the Year
par la Canadian Press
en 2014.
Encore une fois, c'est un peu
controversé à savoir, oui ok, je comprends
que c'est l'homme qui a peut-être eu
le plus de presse et le plus
d'attention médiatique de l'année, mais
est-ce qu'on est obligé de
faire ça à un meurtrier?
La question éthique se pose.
Il n'y avait pas eu Ted Bundy à un moment donné
qu'il avait un genre de truc
comme ça parce que c'était quand même
un bel homme aussi.
Je me souviens que la presse
aussi avait une certaine adulation
par rapport aux phénomènes.
En fait, petite parenthèse,
je disais que dans des témoignages de procès,
si l'accusé
est une belle personne, le jury
a tendance à le déclarer
moins coupable que quand c'est
une personne, disons, moins belle.
C'est quand même un trait assez particulier
comment la beauté peut même influencer
la décision d'un jury sur un crime.
Oui, c'est vrai. Ça m'avait fasciné.
Donc, ce verdict-là va
tomber et vraiment l'attention
médiatique, encore une fois, va exploser.
On va voir énormément de documentaires,
énormément d'articles sortir, de gens
qui vont dire « ah, moi, je l'avais déjà
rencontré » et tout ça.
Donc, il va demeurer quand même
assez populaire pendant
l'année qui va suivre puis
il va encore garder d'une certaine façon
son 15 minutes de gloire,
mais malgré tout, au moins, il va
être mis en prison puis à l'abri
de causer d'autres
victimes.
Donc, je pense qu'on a fait pas mal le tour
de notre histoire de
Magnotta, notre fameux
Montréalais.
Oui, qui a mis Montréal sur la map pour les
mauvaises raisons. Moi, ce qui revient
toujours lorsqu'on parle de cette histoire-là,
non seulement le crime
est horrible, ça c'est sûr,
le fait que ça a été filmé
tout ça, mais c'est à quel point, encore une
fois, les internautes ont joué un grand
rôle dans l'enquête.
C'est les internautes
qui l'ont identifié au final, donc
sans eux, les policiers
l'auraient peut-être
laissé commettre d'autres crimes dans le futur.
Aussi, je sais pas comment
on peut prévenir un crime
comme ça, en fait. C'est un
crime d'attention, si on veut, d'une certaine
façon, puis c'est toujours
tricky. On en a pas vu tant que ça
dans l'histoire, surtout au Québec,
on est plus ou moins à l'aise avec
un crime comme ça.
Une des choses qui a été soulevée dans
différents débats, c'est à savoir
est-ce que les droits des animaux
sont assez respectés
au Québec et au Canada, de sorte
qu'on aurait pu empêcher un crime
comme ça, plutôt si on l'avait piégé
lors de l'année,
2010-2011, alors qu'il
faisait ses vidéos
d'assassinats de chatons, parce qu'on sait que souvent
il y a un certain lien qui est fait
entre les tueurs d'animaux et les tueurs d'humains,
en fait, je veux pas généraliser,
mais souvent les meurtriers
vont s'être pratiqués sur des animaux de compagnie.
C'est presque sans exception, sincèrement.
Ils commencent toujours, j'écoute un truc
là-dessus, puis ils commencent toujours par les animaux pour
justement s'habituer
à la mort. Oui, à commettre, puis
je pense même que c'est Magnota qui disait
ça, qui disait qu'une fois que t'as commencé à tuer,
c'est pas comme une drogue ou tout ça,
lui il disait que c'était
impossible de s'arrêter, d'avoir le goût
de tuer. Et on a voulu vous garder
cette histoire-là en guise de
dernière histoire pour notre
1611, parce que c'est une histoire qui nous
interpelle, parce que le fait,
la touche, l'angle numérique là-dedans
est très très présent.
La diffusion sur les médias sociaux,
la recherche d'attention, la génération
selfie, tout ça.
Magnota a énormément
utilisé les réseaux sociaux pour mousser
ses crimes et atteindre
un certain degré de notoriété en ligne pour
les mauvaises raisons. Mais pour
nous, c'est un cas qui nous a vraiment touché.
Ça fait longtemps qu'on y pensait.
On sait qu'il y a
plusieurs internautes qui
nous l'ont suggéré, mais ça fait longtemps que
c'était dans notre collimateur et qu'on recherchait
sur cette histoire-là.
Parce que en plus, non seulement
tous les éléments sont là pour faire un
bon épisode de distorsion,
mais en plus c'est une histoire québécoise.
Pas qu'on en est fier, si ça se trouve,
on l'est pas pantoute, mais
c'est une histoire dont on a beaucoup entendu
parler et on voulait amener notre angle
numérique au débat, donc
j'espère que ça vous a plu.
Si vous voulez nous rejoindre, comme à l'habitude,
distorsionpodcast.com,
facebook.com slash
distorsionpodcast, c'est en fait
la meilleure place pour venir
discuter des différents cas avec
nous où nous envoyer des messages,
des sujets... des sujets...
des sujets...
Merci.
Et de plus, si vous avez encore des questions
à nous poser pour notre épisode
bilan qui s'en vient sous peu,
n'hésitez pas. Aussi, j'oubliais Twitter,
distorsionpod.
Donc voilà, vous avez tous les moyens pour entrer
en contact avec nous. J'espère
vraiment que ça vous a plu ce dernier épisode
de la saison.
N'inquiétez-vous pas, il y avait
beaucoup de gens justement qui s'inquiétaient
de notre tour. Et oui,
on n'abandonne pas
les histoires sordides du numérique,
on aime trop ça.
Exactement, et il est fort probable que même
on ne puisse pas se retenir puis qu'on en fasse
d'autres au travers l'été,
donc peut-être des éditions spéciales, des hors-série,
des choses comme ça,
on prépare quelques coups de notre côté
puis j'espère qu'on va vous surprendre.
Sinon Seb, as-tu un mot
de la fin pour nous ce soir?
Si vous cherchez la gloire, allez
donner cinq étoiles à distorsionpodcast.
Ce sera plus simple.
Oh yeah!
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