Imaginez une soirée froide et ordinaire de novembre dans un paisible village écossais. En quelques instants, la tranquillité est brisée : un visiteur inattendu sonne à la porte et déclenche une tragédie inexplicable. Alistair Wilson, père de famille sans histoire, échange quelques mots avec cet inconnu. Quelques minutes plus tard, il s’effondre, abattu devant sa maison. Une enveloppe bleue vide, trois coups de feu, un mystérieux pistolet de collection… Autant d’indices au cœur de l’une des plus grandes énigmes d’Écosse.

Épisode
#133 - Alistair Wilson: Quand la mort frappe à la porte
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
Imaginez une soirée froide de novembre ordinaire dans un village tranquille en Écosse.
En quelques instants, un visiteur inattendu déclenche une tragédie inexplicable.
Quelques minutes plus tard, il est abattu devant sa maison sans raison apparente.
Les mystérieux pistolets de collection sont au cœur d'un des plus grands mystères d'Écosse.
Sébastien, comment ça va ce soir?
Ça va bien, toi Emile?
Ça va bien aussi parce qu'on aborde un de mes sujets préférés dans les True Crime.
On revient un peu à une histoire un petit peu plus classique, je veux dire,
c'est-à-dire avec une chronologie un petit peu plus simple que nos derniers épisodes.
Et moi ce qui me fascine dans l'univers du True Crime ou dans ces histoires-là,
c'est le crime parfait.
C'est un crime souvent qui est commis sans mobile apparent, sans parfois laisser de traces,
laisser d'ADN ou autre.
Puis le cas d'Alister Wilson est vraiment un cas parfait de meurtre inexplicable quelque part.
Oui, absolument. Depuis qu'on travaille sur ce cas-là,
je me questionne puis je n'arrive pas, vous allez voir,
je n'arrive pas à me brancher sur une des hypothèses,
je ne veux pas trop vous en dire.
Exact, parce que vous allez voir, mais se faire assassiner au pas de sa porte
un soir de semaine en famille, c'est quelque chose que personne souhaite évidemment,
puis ça marque quand même, c'est une exécution quand même faite à grand déploiement quelque part.
Il y avait un message qui tentait d'être envoyé avec cette exécution-là.
Puis on va tenter aujourd'hui d'y aller un peu dans le style distorsion,
c'est-à-dire avec beaucoup de détails, on va se plonger dans cette histoire-là
de soirée de novembre en Écosse pour refaire la chronologie de cette histoire-là
puis discuter des différentes théories.
Il y a eu des développements aussi en 2024,
donc c'est une histoire qui date quand même d'il y a quelques années,
c'est survenu en 2004.
Oui, exact, début du siècle.
Oui, oui, c'est ça.
Du nouveau siècle.
Du nouveau siècle, je te le cacherais quand même.
Début du millénaire.
Oui, c'est ça, oui.
Mais il y a quand même eu des développements 20 ans plus tard,
donc c'est très intéressant de voir, vous allez voir,
on va refaire la chronologie des événements et on va y arriver tranquillement.
Ça va être un épisode vraiment cool, puis un after-show.
On va parler d'un autre cas, vous savez, on est l'hiver,
je ne sais pas à quel moment vous nous écoutez, vous.
Je sais que c'est spécial parce que cet épisode-là,
pour nos membres Patreon, va être disponible fin décembre,
donc en 2024.
Mais je crois que le grand public sur Spotify, Apple Podcasts,
ça va être au début de l'année 2025.
Donc je ne sais pas s'il faut vous souhaiter bonne année.
Oui, c'est vrai.
Joyeux Noël, bonne année tout le monde.
Oui.
Et c'est un peu une thématique hivernale pour,
et cet épisode-là qui se déroule en novembre en Écosse,
une soirée froide,
et aussi notre after-show pour nos membres Patreon,
où on va parler du meurtre inexpliqué de Michel Perron,
une histoire québécoise survenue dans les années 80,
qui avait passionné le Québec à cette époque-là,
puis qui est encore une fois une femme assassinée dans sa voiture
de manière un peu inexplicable,
un soir de décembre en pleine tempête de neige,
et évidemment, bon, il y a le mari qui était au centre de l'enquête.
En même temps, il y a eu deux procès, une condamnation,
un procès où il a été innocenté,
et au final, il y a encore plein de mystères autour de cette histoire-là.
On va en discuter en after-show avec nos membres Patreon, bien entendu,
mais Seb, qu'est-ce qu'on boit avant d'en arriver là?
Oui, on retourne en arrière encore,
avec pas une ancienne bière, mais Farnham,
bière de la microbrossée Farnham,
qui était un de nos premiers amours aussi de IPA, je me rappelle, à l'époque,
et ils ont sorti une Easy Pale Ale, comme on aime bien,
et ça n'a pas de nom en tant que tel.
Souvent, ils vont donner le nombre d'I.B.U.
Ça a longtemps été comme ça, je bois la 67.
Oui, exactement, et dans ce cas-ci, c'est la 37.
Donc, une excellente Easy.
Les quelques gorgées que j'ai prises actuellement sont délicieuses.
Shout-out à Farnham.
Et ça nous vient de qui, ça?
Kevin Huguet, si je le prononce bien,
qui nous a offert une tournée de bière à partir de notre site Web,
distorsionpodcast.com, vous le savez, petit onglet.
Tournée de bière où vous nous donnez un don,
où vous nous suggérez une bière, et le tour est joué.
Bien oui, et puis, merci à ceux qui nous encouragent encore via la tournée de bière.
Parce que c'est vraiment la première mécanique de don qu'on a instauré.
C'était avant Patreon, c'était avant d'avoir des commanditaires.
Tout ça, c'était vraiment le début pour nous,
qui au final, ça nous faisait dépenser plus qu'autre chose
parce qu'on s'achetait plus de bière.
Mais shout-out à ceux qui utilisent encore cette mécanique-là
qui nous aide à remplir notre frigo de bon breuvage froid.
Oui, c'est très apprécié.
On a aussi un shout-out 5 étoiles, une review sur Apple Podcasts
qui nous vient de Dev Maxel,
et il nous dit « Meilleur accompagnement de bénévolat ».
« Aujourd'hui, je fais le Noël des nôtres
en étant accompagné de votre podcast sur Tchad.
Excellent accompagnement de tâches en général.
Merci les gars ».
Donc je ne sais pas c'est quoi le Noël des nôtres,
ça semble être une activité de bénévolat de Noël.
Je ne sais pas si cet auditeur ou auditrice-là
nous vient d'Europe ou du Canada.
Mais shout-out à tous ceux qui font du bénévolat de Noël,
c'est bien important.
Oui, on en a besoin à longueur d'année,
mais on sait que le temps des fêtes,
c'est encore plus une période qu'on a besoin de bénévolat.
Oui, effectivement.
Aussi, cadeau de Noël, si vous nous écoutez avant Noël,
et pourquoi pas un cadeau de Saint-Valentin,
la nouvelle merch de Distorsion.
On vous rappelle qu'elle est disponible
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avec le hoodie, le T-shirt, les casquettes
et aussi le T-shirt Killime Pie
qui est apparu il y a quelques semaines
et l'engouement est bien présent.
Merci à ceux qui représentent la Distorsion,
qui contribuent à la propagande
des histoires étranges de l'ère numérique.
Vous êtes des parfaits ambassadeurs.
Oh oui.
Dis-moi Emile, est-ce que tu as déjà eu besoin
d'un petit boost le matin,
mais sans vouloir te tourner vers le café
ou même les boissons sucrées?
Oh que oui ma gueule!
Surtout les lendemains de nos chaudes
et cabarets des curiosités du web,
quand on a trop fêté avec côté sombre,
ça prend un petit boost matinal.
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Seb, là-dessus, est-ce qu'on est prêt
à se lancer dans le meurtre inexplicable
d'Alistair Wilson?
Oui madame!
Eh monsieur!
Yeah!
Je te parle un peu de la vie
d'Alistair Wilson, Seb,
parce qu'on va en parler de long à large
aujourd'hui, puis à la base,
on en connaissait pas tant que ça
sur sa vie, c'est un peu un homme,
je dis pas ça d'une manière condescendante,
mais un homme sans histoire.
On dit souvent ça des gens
qui nous entourent et souvent
les histoires de True Crime
commencent comme ça.
On se rend compte que ce n'est pas
finalement des gens sans histoire
à 100%.
Alistair est né le 4 mars 1974
à Ayrshire en Écosse.
Il est le deuxième enfant
d'Alan et Joanne Wilson
après sa sœur aînée Gillian.
La famille d'Alistair
vivait à Beth,
une petite ville de 6000 habitants
située à 35 km
au sud-ouest de Glasgow,
qui je crois est la capitale de l'Écosse.
Alistair fréquente
l'école primaire de Beth
avant de poursuivre ses études
à l'Académie Garnock à Kilburnie.
Son professeur d'anglais,
John Odgurt,
se souvient de lui comme
d'un élève calme et respectueux.
Alistair, qui n'avait pas l'habitude
de boire avant l'âge légal
ni de causer des problèmes,
pensait ses week-ends à écouter
de la musique chez des amis
ou encore au Beth Golf Club
où il jouait au golf.
Jamie Thornburn, un ami d'école,
décrit Alistair comme un étudiant
sérieux et déterminé.
Sachant déjà qu'il voulait travailler
dans le secteur bancaire, Alistair
met tout en œuvre pour parvenir
à son objectif. Après ses études
secondaires, il s'inscrit donc
à l'Université de Stirling
en comptabilité et droit des affaires.
Diplômé en 1996,
il rejoint la même année
la Bank of Scotland
en tant que stagiaire diplômé.
C'est là qu'il va commencer
une longue carrière en finance.
Éventuellement,
il va rencontrer sa femme
Veronica dont on va parler
au moment des faits
au niveau de la fameuse
soirée fatidique.
Alistair et Veronica se rencontrent
lors d'un événement social
organisé par des amis communs
à Inverness, une ville située
dans les Highlands en Écosse.
Leur connexion est immédiate.
Alistair était alors
âgé de 25 ans,
c'est un jeune banquier ambitieux,
tandis que Veronica,
pleine de vie et d'énergie,
aspirait à une carrière
dans le secteur éducatif.
Leur attirance mutuelle
se transforme rapidement
en une belle histoire d'amour
et après quelques années de fréquentation,
il décide de se marier.
Cinq ans plus tard,
Alistair, maintenant âgé de 30 ans,
est un banquier respecté,
travaillant à la Bank of Scotland
dans la ville de Inverness.
Il est reconnu pour son
professionnalisme, sa rigueur et son intégrité,
des qualités essentielles
dans son rôle de financement
des entreprises locales.
Ce poste l'amène à prendre des décisions
qui influencent directement la survie
ou la croissance des entreprises
de la région des Highlands,
une responsabilité qui, bien que sensible,
ne semble lui avoir valu aucun ennemi
connu à ce qu'on sache.
Parce que c'est vrai,
dans les petites,
souvent dans une grande ville
comme Montréal et Paris,
le banquier lui-même est un peu
une pièce de puzzle remplaçable.
C'est-à-dire que dans les grandes banques,
surtout au niveau des entreprises,
dans les grandes villes,
si c'est pas Simon qui te sert à la banque
ou qui gère ton compte,
s'il est parti, ça va en être un autre.
Mais je sais que dans les plus petites communautés,
les plus petits villages,
le banquier en a lourd sur les épaules
parce que
souvent il va dealer par exemple avec des entreprises,
que ce soit des entreprises agricoles
mais des entreprises familiales,
des fois qui vont pas toujours bien.
On en a lourd à porter.
C'est souvent le sauveur
ou le bourreau des entreprises
dans les petites communautés.
Souvent, c'est des gens
qui vont rester un peu plus longtemps
dans un moins grand roulement
que dans les grandes villes.
C'est sûr qu'il va y avoir une certaine pression
des entrepreneurs locaux.
Ces gens-là, tu les croises à l'épicerie,
tu les croises un peu partout,
plus facilement du moins que dans une grande ville
où on est tellement éparpillés
que les chances sont minces.
C'est vrai que ça doit être particulier
quand tu refuses un prêt
ou quoi que ce soit à un entrepreneur.
Je sais que ça a mené,
je connais quelqu'un qui travaille
en politique municipale
dans un petit village au Saguenay.
C'est pas facile
être un représentant de politique.
Parfois,
prendre des décisions
ou même des fois, c'est juste par association.
Ton parti a pris une décision
qui a de l'impact sur l'économie locale.
Ça mène à des conflits,
les gens vont te croiser, vont t'insulter
à l'épicerie la fin de semaine
ou lorsqu'ils te croisent dans la communauté.
C'est un peu ingrat comme métier.
Ici, on est moins habitué
de croiser nos élus.
Oui, exactement.
Encore une fois, répartis un peu partout.
Exact.
Les amoureux Alistair et Veronica
vivent dans une maison chaleureuse
et accueillante située
dans le quartier résidentiel de Nurn,
une charmante ville côtière
sur la mer du Nord en Écosse.
Nurn est réputée
pour ses plages de sable fin,
ses paysages magnifiques
et son atmosphère tranquille,
ce qui en fait un lieu idéal
pour élever des enfants.
Le couple apprécie particulièrement
la proximité de la nature
et il profite souvent des sentiers de randonnée
et des activités de plein air
que la région a à offrir.
Effectivement, je suis allé voir
sur Google Maps puis en plus bien situé
Alistair et Veronica à leur maison.
Ça doit être à cinq minutes de la plage.
Ils possèdent une jolie maison,
un bâtiment de style traditionnel
qui est le reflet de leur vie familiale.
Elle est décorée avec soin,
mêlant souvenirs de voyage,
photos de famille et objets
qui racontent leur histoire ensemble.
Côté personnel, Alistair
mène une vie familiale paisible
avec Veronica,
qui est une partenaire
dévouée, aimante.
Ils ont deux jeunes enfants,
Andrew âgé de quatre ans
et Graham âgé de deux ans.
Leur foyer est également renforcé
par la présence du père de Veronica,
qui vit avec eux et apporte
un soutien précieux dans leur quotidien.
Il y a d'autres tâches ménagères.
C'est important de le savoir
parce qu'il n'était pas...
Il y avait quelqu'un d'autre
dans la maison à ce moment-là.
Sa présence permet
à Alistair et Veronica
de mieux gérer leurs responsabilités
respectives puis de consacrer
davantage de temps à leurs enfants.
Veronica est très impliquée
dans la gestion du foyer familial
et joue un rôle central
au niveau des enfants,
tandis qu'Alistair,
bien que très pris par le travail,
est un père attentif et aimant.
Mais c'est plus lui qui a le rôle
de ramener l'argent
au foyer. C'est le pourvoyeur
quelque part.
Ils consacrent aussi beaucoup de temps libre
à ces enfants, à Andrew et Graham,
et les week-ends sont souvent l'occasion
de faire des activités familiales.
Leur foyer dégage une atmosphère
de stabilité et de tranquillité,
et leurs relations de voisinage sont marquées
par des liens amicaux et un attachement
à leur communauté locale.
Donc, en apparence,
c'est un peu une petite famille
parfaite qui entre dans les clichés.
La vie d'Alistair
assemble exemplaire,
à la fois sur le plan personnel
et professionnel. Pourtant,
les décisions sensibles qu'il doit
parfois prendre en tant que banquier
pourraient susciter des tensions.
Malgré cela, rien ne laisse présager
qu'il pourrait être exposé à des menaces sérieuses.
Alistair avait récemment
choisi de démissionner de son emploi
à la Bank of Scotland,
une formation importante ici,
et il devait commencer un nouvel emploi à Inverness
dans un cabinet conseil environnemental.
Il espérait que son nouvel emploi
lui permette de passer plus
de temps avec sa petite famille.
Il était très excité par cette transition-là.
C'était des bonnes nouvelles pour lui.
Oui, parce que c'est vrai que j'imagine
que le type d'emploi qu'il avait,
ça devait être tellement prenant aussi au niveau
de la charge mentale. Aussi,
même si tu es à la maison,
des fois ton esprit... En tout cas, j'ai l'impression
que ce type de poste-là doit être assez exigeant.
Le soir du
28 novembre 2004,
vers 19 heures,
la sonnette se fait entendre à la porte
de la maison familiale.
Veronica ouvre et se retrouve
face à un individu qui prononce
uniquement les mots Alistair Wilson.
Elle referme la porte
et monte à l'étage pour aller chercher
son mari, qui lui,
s'apprêtait à rejoindre leur fils,
en pyjama, qui attendent l'histoire
que leur père leur raconte chaque soir
avant de s'endormir.
Un moment crucial de la routine dodo.
Oh oui. Alistair
descend et se présente devant l'homme.
Il échange quelques mots avec l'inconnu
pendant trois à cinq minutes,
ce qui est quand même un certain temps.
Au cours desquels,
celui-ci lui remet à Alistair
une enveloppe bleue portant le prénom
Paul, écrit au stylo.
Perplexe, Alistair
retourne à l'étage pour montrer l'enveloppe
à Veronica. Après une
brève discussion avec sa femme,
il retourne à la porte et continue l'échange
avec l'inconnu pendant environ une à deux
minutes supplémentaires.
C'est alors que trois coups de feu retentissent.
Alistair est abattu
de trois balles à bout portant.
Veronica, en état de choc,
descend rapidement après avoir entendu
des coups de feu. Elle retrouve
son mari gisant dans une mort de sang.
Elle aperçoit le tireur s'éloigner
calmement le long de la route.
Andrew, âgé de seulement quatre
ans, entend l'écrit
et descend pour y trouver son père
mourant dans le cadre de la porte.
Toute une vision
qui doit rester longtemps
dans la tête d'un enfant.
C'est incroyable. On va reparler
justement de ça.
Ça se passe très rapidement
cet événement-là.
On parle de deux discussions,
une de trois à cinq minutes entre
Alistair et l'inconnu à la porte.
Après ça, il remonte avec
la soi-disant enveloppe
pour parler à sa femme.
Et après ça, lorsqu'il revient,
c'est là qu'il y a encore une discussion
avec l'inconnu de la porte.
Il y a trois coups de feu qui sont
entendus. C'est tellement bizarre.
C'est assez direct. Tout ça,
ça se passe à une heure
justement de...
Je ne sais pas quelle heure exactement.
19 heures. Exactement.
Peu après le souper,
les gens sont encore debout.
On est dans une rue où il y a quand même
un certain voisinage. Il y a des maisons à côté.
On n'est pas au bout du bois.
C'est particulier comme crime.
Oui, j'arrive pas à comprendre.
C'est un plan parfait
pour se faire attraper comme meurtrier, presque.
Bien oui, parce que tu as plusieurs témoins
oculaires, tu prends ton temps,
tu ne te sauves pas.
Non, c'est tellement
étrange.
Le tueur, on va y revenir,
vous allez voir, on va analyser ça de long en large,
mais le tueur
était quand même chill lorsqu'il marchait
sur la route. Il ne se sauvait pas à la course.
C'est vraiment bizarre.
Véronika a sans presse de composer
le 999, qui est le numéro
d'urgence en Écosse,
et traverse immédiatement
au Havelock Hotel,
situé devant la résidence familiale,
afin d'aller chercher de l'aide.
Alistair, malgré ses blessures,
est encore conscient pendant quelques instants,
mais il succombe à ses blessures
une heure plus tard à l'hôpital.
Je voulais vous...
Ça m'intriguait le 999.
Je l'avais déjà vu au lieu du 9-1-1.
Je voulais vous faire un petit...
Je voulais vous parler un peu de où ça vient,
le 999, enfin.
Pourquoi on compose 999
quand on est en situation d'urgence?
Ça vient de Londres.
En fait, en 1937, il y a eu
un incendie meurtrier.
En fait, en 1935,
on aurait eu besoin
des accès d'urgence.
Ça a été créé deux ans plus tard.
Pourquoi le 9?
C'est que le cadran téléphonique
rotatif de l'époque était plus facile
à localiser et à composer,
même dans l'obscurité,
et même s'il y a de la fumée.
Parce que c'est ça que je me demandais.
C'était-tu juste une technicalité
ou quelque chose comme ça?
Et ils ont même pu modifier
les cabines téléphoniques
pour permettre l'utilisation gratuite
avec le chiffre 9,
qui là est une technicalité, en fait.
Oui, oui, oui.
Tu me fais penser, parce que c'est vrai,
sur les fameux téléphones
rotatifs pour tous nos auditeurs,
auditrices qui n'ont jamais vécu ça.
On n'a pas vécu ça longtemps, nous non plus,
même étant
peut-être plus âgés
que certains d'entre vous.
Mes parents en ont eu un
un bout de temps, mais c'était plus
par attrait vintage
que par réel besoin.
Lorsque tu pars du 1,
tu fais presque un tour au complet,
puis t'es arrêté par le petit stopper.
Le 9, c'est celui qui est le plus loin,
si je ne m'abuse.
C'est là que tu as le moins de rotation à faire.
Tu as juste à faire un tac, tac, tac,
rapidement. Le 9 est au bout.
Je pensais qu'il allait plus loin,
mais tu as raison.
Corrigez-moi si je me trompe,
mais le 9 est à la fin,
donc tu n'en as pas long à faire,
c'est lui qui a le moins à faire.
Je pensais que c'était l'inverse,
parce que j'avais l'impression que tu craquais
jusqu'en haut, puis ça revenait.
D'après moi, le 1, c'est lui qui est le plus long.
C'est peut-être ça aussi.
Ça fait tellement longtemps que je ne sais pas
ce qui s'est posé là-dessus.
Je ne suis plus certain.
C'est pour ça que, selon moi,
c'est le plus simple à faire dans une situation
où il y a le feu.
Tu veux te mettre le doigt dans le trou,
c'est celui qui est juste à côté du stopper.
C'est ça, c'est le dernier.
Exactement.
Pourquoi en Amérique du Nord,
nous, c'est le 911.
C'est aux États-Unis en 68
qui ont voulu le faire.
Le 1, ça l'indiquait
aux centrales spéciales.
En tout cas, c'était comme un code,
une technicalité qui permettait
d'indiquer que c'était un numéro spécial
avec les centrales téléphoniques de l'époque.
Au Canada, on l'a adopté en 1972.
Il faut savoir
qu'en 1959,
Winnipeg, au Manitoba,
avait initialement adopté
le 999, mais ils se sont
alignés avec les États-Unis
lorsque le 911 est devenu
plus global.
Bon, bien Winnipeg était
en avance sur quelque chose?
Oui, c'est assez rare qu'on peut dire ça.
Je poursuis l'histoire.
La police écossaise commence
à interroger Véronika, les voisins
ainsi que tout autre témoin potentiel.
Les enquêteurs examinent
la scène de crime à la recherche
de la moindre trace laissée par l'agresseur,
mais les indices sont très limités.
Des témoins signalent avoir vu
un homme étrange rôdant dans le quartier
le soir du meurtre.
La description donnée par Véronika évoque
un homme mesurant entre
1 mètre 70 et 1 mètre 80,
rasé de près, portant
une casquette de baseball noire,
enfoncée sur son visage et un
blouson bleu foncé de style aviateur
ainsi qu'un jeans foncé.
Il serait âgé entre
35 et 40 ans.
D'autres témoins confirment avoir vu
cet homme fait près de la maison
des Wilson peu avant le meurtre.
C'est comme un outfit
très commun, mais en même temps
particulier, j'avoue,
le manteau style aviateur,
mais c'est quelqu'un que si
tu publies un portrait robot,
tu vas en trouver
plusieurs au pied carré.
Oui, et ça devait être la mode en plus,
j'ai l'impression de cette tranche d'âge.
Plusieurs voisins
expriment leur choc et leur inquiétude
face aux suspects qui courtent au jour
et qui ne semblaient pas pressés de quitter les lieux.
La majorité d'entre eux
soulignent que Nirn est généralement
un endroit paisible
où des événements de cette nature
sont extrêmement rares.
Ils rapportent également aux policiers
qu'Alistair et sa famille étaient des voisins
amicaux et respectés.
Avec toutes ces informations en tête,
les autorités cherchent à comprendre
pourquoi ce père de famille à la vie rangée
a-t-il été assassiné
alors qu'il semblait
être aimé et respecté de tous.
Oui, puis en plus
dans le style de mort,
on dirait, Seb,
que ça évoque presque
la présence d'un hitman,
d'un tueur à gages professionnel.
Il y a un criminologiste
d'ailleurs, il y a un très bon podcast
qui a été fait, qui s'appelle The Doorstep Murder
en 2018, je crois,
par la BBC
et qui va vraiment en long
et en large dans cette histoire-là.
Évidemment, on l'a écouté pour la conception
de cet épisode.
Et il y a un criminologiste
qui se prononce
sur cette théorie-là
parce que vraiment,
selon lui, c'est une preuve
de quelqu'un qui a beaucoup d'expérience
dans le monde de l'assassinat,
de se pointer comme ça
au pied de la porte de quelqu'un.
Quelqu'un qui voulait aussi valider absolument
l'identité de sa cible.
C'était pas un meurtre au hasard.
Et qui voulait aussi communiquer
quelque chose avec l'enveloppe,
sachant que ça allait se retrouver dans les médias.
Parce que, revenons-en, l'enveloppe,
elle était vide, il n'y avait rien dedans.
Il y avait juste le nom Paul, une enveloppe bleue
avec le nom Paul.
Donc, il faut que ça circule, cette info-là.
Puis il est reparti avec l'enveloppe.
Il faut pas oublier.
Et le fait de faire ça,
cette exécution-là, devant sa femme
et ses enfants, peut aussi être
très intentionnel, toujours
dans le but de lancer un message clair.
Donc, selon ce criminologue-là,
puis malheureusement, son nom m'échappe
dans le podcast de Two Step Murder,
ça ressemble énormément
à un contrat de mafieux.
Mais à Lister, il n'y a rien de quelqu'un
qui interagit avec le monde interlope.
Donc, c'est bizarre un peu.
Un meurtre comme ça, devant la famille,
avec autant de professionnalisme,
la personne se pointe calmement
au pied de la porte de quelqu'un,
pratiquement à une heure,
où les gens sont debout, à 19 heures,
tout le monde est à la maison.
C'est moins subtil que de jour,
même, où il y a moins de gens,
ou en fin de soirée, ou la nuit.
Puis après ça, on repart calmement.
C'est quelqu'un qui en a fait d'autres.
Il n'y avait pas l'air stressé
par le cas.
Donc, c'est vraiment particulier.
Ça ressemble à un meurtre
de mafia, à quelque part.
Les enquêteurs effectuent
une analyse minutieuse de la scène de crime,
collectant des douilles de balles
et d'autres indices laissés par le tireur.
L'absence de preuves évidentes
concernant un mobile,
une motivation, en fait,
motive la police à explorer divers scénarios.
Des enquêtes approfondies
sur le meurtre sont menées
auprès de 14 000 personnes.
3500 déclarations ont été recueillies.
Et des enquêtes porte à porte
ont été menées à plus de 1000 adresses
dans la ville de Nurn.
Donc, ils ont ratissé l'âge.
Oui.
Des images de vidéosurveillance
provenant de 670 sources différentes
ont également été collectées,
examinées par les agents,
mais toujours rien de concret
qui permettrait aux enquêteurs
de comprendre le mobile.
Les autorités se retrouvent
dans une zone d'ombre
qui, même avec le témoignage de Veronica,
qui a vu l'homme, elle,
elle s'est tenue en face de lui,
ne semble pas éclairer les enquêteurs
sur son identité.
Une théorie datant de 2005 est publiée
dans un journal national
affirme qu'Alister avait été
pris pour cible par un assassin
de l'IRA, qui est en fait
l'armée républicaine irlandaise.
Oui. C'est une théorie qui avait
été soulevée, je crois, dans un
magazine ou dans un article.
Comme quoi,
il aurait refusé une proposition,
on parlait tantôt justement des gens
qui vont voir les banquiers dans
les petites villes pour de l'argent,
eux, l'armée républicaine irlandaise
aurait demandé un prêt de 26 millions
de livres sterling,
puis une aide pour blanchir
de l'argent. Et c'est peut-être
pour ça qu'il y aurait eu
cet assassin-là.
Puis j'ai creusé un peu
parce que je sais que ça a été écarté,
je crois, cette théorie-là.
Mais de mon côté, on dirait que c'est difficile
de l'écarter, parce que quand on lit
un peu plus sur l'armée républicaine irlandaise,
on se dit
que c'est peut-être un filon intéressant.
C'est quand...
C'est un peu une milice,
c'est une organisation paramilitaire,
indépendante.
Ça ressemble presque plus comme une mafia,
si tu veux, sur mon avis.
Ça a été formé en 1919,
en 1919,
comme successeur des Irish Volunteers.
Puis leur but, c'est
mettre fin aux règnes
britanniques en Irlande.
Donc, ils sont carrément
anti-Angleterre,
parce que l'Écosse fait partie du Royaume-Uni.
Donc, eux sont vraiment opposés à ça.
C'est une organisation
qui s'est aidée plusieurs fois,
qui est reconnue pour être très active puis violente
dans les conflits en Irlande.
Ils ont été
impliqués dans plusieurs actes controversés.
Ils ont été
responsables de plusieurs actes de terrorisme,
même des attentats à la bombe,
des assassinats qui a mené à des
pertes de vie, des destructions
significatives. Ils seraient apparemment
aussi dans le domaine du financement
illégal. Ils auraient reçu
des financements illégaux de la Libye,
des États-Unis aussi.
Ils pratiqueraient le racket, entre autres,
pour financer ces activités.
cette organisation-là
aurait déposé les armes apparemment en
2005, donc un
an après la mort de
Alistair Wilson.
Donc, ils auraient terminé leurs activités
peu après
le décès d'Alistair. Donc, ils étaient encore
actifs à ce moment-là.
Je voulais creuser un petit peu plus au niveau de cette
organisation-là parce que je trouve que
c'est peut-être un filon intéressant.
Une organisation paramilitaire qui a
l'habitude d'effectuer
des actes un peu de
terrorisme, des actes violents, tout ça,
et qui aurait un lien potentiel avec Alistair Wilson,
ça pourrait faire
du sens à quelque part.
Je reviens
vraiment dans la chronologie. On est toujours à
l'intern, fin 2004,
et un travailleur de la ville,
un certain Sandy Park,
est sollicité afin de résoudre un problème
de canalisation bouchée
qui perdure depuis un an sur
Seabank Road.
L'eau inonde les trottoirs depuis un moment,
causant des désagréments aux habitants.
Et là, il y a un différent entre le
Highland Concil et le Bear Scotland
qui compliquent la situation,
chacun niant sa responsabilité
sur le dégâts d'eau.
Et l'employé, Sandy, exaspéré,
ordonne finalement à une équipe de travailleurs
de régler le problème rapidement.
Mais ça prend toujours du temps,
les travaux de la voirie.
Le 8 décembre,
donc 10 jours après le meurtre d'Alistair Wilson,
des balayeurs
viennent nettoyer en partie
les fossés de la ville
suite à ça, puis ils font
une découverte choquante, Seb,
un petit pistolet
qui a été aspiré des égouts
lorsqu'il faisait des travaux.
Et cette trouvaille, qui a été faite par
le balayeur de rue, Charles McLaughlin,
devient une pièce
cruciale de l'enquête, car
il a été retrouvé non loin des lieux
du meurtre près de la rue où il situait
la maison d'Alistair.
Puis en plus, l'arme n'est pas n'importe laquelle.
Il s'agit d'un modèle très
particulier, ce qui rend encore cette histoire-là
encore plus abracadabrante,
c'est un pistolet
Enel Suhl
modèle 1,
et c'est vraiment un petit pistolet
de, je pense, 6.35 mm,
donc c'est un peu en dehors
des standards habituels.
C'est tout petit, ça rentre dans une
poche, très cute,
et c'est un...
c'est une marque
de collection, en fait.
Je vous en parle un petit peu,
il est aussi connu sous le nom de Schmeisser
Pistol Model 1,
qui est un pistolet de poche,
qui est très rare, il a été
produit à partir de 1920 en Allemagne,
un petit calibre,
qui se distingue par son design très
ingénieux et ses caractéristiques
de sécurité avancée,
et un mécanisme à culasse non-verrouillé,
et un indicateur de chargement
qui font un modèle unique pour son époque.
C'est vrai, quand on le regarde,
c'est peut-être un pistolet moderne,
mais en date de 1920,
la production très limitée,
le contexte historique de l'entre-deux-guerres
et ses spécificités techniques
contribuent à sa rareté actuelle,
avec son inscription distinctive,
CGNL Soule Schmeisser
Patent,
sur la culasse. C'est un pistolet
qui est très recherché par les collectionneurs,
étant donné son
innovation au début du siècle.
J'ai fait des petites recherches sur ce pistolet-là,
écoute, j'ai pas les contacts
pour en trouver,
mais j'en ai vu qu'il se détaillait
sur des pages
de collectionneurs
qui indiquent le prix qu'ils l'ont payé.
J'ai vu qu'il y en a qui l'ont payé
autour de 675 Américains
il y a quelques années,
donc ça doit valoir plus cher.
J'ai aussi tenté de savoir
quel genre d'inventaire il y avait de ces pistolets-là
en Irlande,
en Écosse, pardon,
même au Royaume-Uni d'une manière globale,
puis c'est dur à dire,
parce que ça a été produit quand même assez longtemps,
j'ai pas réussi à le trouver.
Parce que lui, c'est le modèle
One, donc c'est vraiment le modèle
datant de 1920, parce qu'ils en ont fait
pendant plusieurs, plusieurs années
au cours du siècle. Donc après, c'est
difficile de savoir exactement
lesquels se retrouvent
où dans l'histoire.
Le logo de l'entreprise,
le SH, on dirait de la façon
qu'ils ont disposé, on dirait un signe de dollars.
Parce qu'au début, je pensais
pourquoi ils ont imprimé un signe
de dollars, mais en fait, c'est la marque
Schmeiser-Patton,
Hanel Sewell,
le H et le S.
Et là, il y a plein
de spéculations sur l'identité du meurtrier
qui surgissent
suite à cette découverte-là,
sans pour autant aider à résoudre
le mystère qui continue d'intriguer
la ville au complet et les enquêteurs.
Cette découverte soulève rapidement
des questions sur le choix de cette arme
qui est peu courante au Royaume-Uni.
Les enquêteurs commencent à examiner
son origine et s'interrogent sur
son lien potentiel avec Alistair.
Ils se questionnent également
sur la façon dont elle a été obtenue par le tireur.
Les munitions utilisées
dans le meurtre datent des années
1980 ou 1990
et en 2016, un deuxième
Enel Schmeiser a été
retrouvé à Nurn et remis
à la police, particulier,
et on a redécouvert un deuxième.
Parce qu'il semblerait que
c'était des balles provenant
de ce modèle de pistolet
qui a été
retrouvé sur les lieux.
Il a été assassiné par
un Enel Schmeiser
Model 1.
C'est fou pareil.
On va se plonger
dans l'enveloppe
qui a été reçue.
L'enveloppe bleue, qui portait le nom
Paul, devient rapidement un élément
central de l'enquête.
Véronika explique que, d'après
ce qu'elle a vu, l'enveloppe semblait
vide, mais son contenu exact
et sa signification restent
toujours un mystère. Qui
est ce Paul? Pourquoi Alistair
est-il retourné voir l'homme
avec l'enveloppe?
Il faut également savoir que le meurtrier
est reparti avec l'enveloppe après
l'avoir abattu, ce qui ne laisse
aucune preuve médico-légale.
Véronika a longuement été
interrogée en lien avec la discussion
que elle et Alistair ont eu
lorsque son mari est venu
lui montrer l'enveloppe.
Elle a déclaré devant cinq représentants
de la police que Alistair lui
aurait dit « Salut mon amour,
je viens de lui parler pendant cinq minutes
et je n'ai aucune idée de qui
il est. Il m'a donné une enveloppe
vide et je suis perplexe.
Mais une question demeure.
Si Alistair n'avait
aucune idée du but de la visite
de l'étranger, la conversation
aurait dû être brève du genre.
Je n'ai aucune idée de ce que tu
racontes, va-t-en. Qu'est-ce que tu fais ici?
Mais Alistair savait-il
pourquoi l'homme était là?
D'où la longue conversation.
Oui, tu as raison, parce que
si c'était vraiment
parce que trois à cinq
minutes avec un inconnu dans le
au pied de la porte,
moi je ne passe pas autant de temps
avec un témoin de Jova que je veux revirer
de bord. Donc si,
en même temps, la personne, si elle devait
juste faire un meurtre, elle restait
longtemps, trois à cinq minutes, à jaser
avec. Après, Alistair est revenu
à l'intérieur. La personne l'a attendue
en face de la porte. Donc
pendant ce temps-là, Alistair aurait pu
« prendre une arme » dans le sens
que la personne l'a attendue.
Puis après, il a encore discuté
une à deux minutes avec.
Donc, il s'est dit des choses.
Il y a eu des, je ne sais pas si c'est des vérifications,
mais il y a eu des questions de poser
pendant le trois à cinq minutes initiales,
puis le une à deux minutes.
Qu'est-ce qui s'est dit dans le une à deux minutes pour que
là, le tireur fasse feu?
Parce que
Alistair aurait eu une chance de s'en sauver
en rentrant la première fois.
Oui, c'est vrai.
Puis ne pas retourner dehors.
C'est spécial.
Oui, parce que là, je viens me questionner, est-ce que
si...
Parce qu'on ne connaît pas le contenu de la discussion,
mais est-ce qu'il aurait pu empêcher, d'une certaine façon,
de se faire tirer? Est-ce que c'est
plutôt la conclusion
de ça qui a amené à ça?
Puis qu'au départ, c'était peut-être pas l'objectif premier
du tireur.
Est-ce que c'était son objectif vraiment
de tuer Alistair ou c'était de
vérifier quelque chose?
Oui, exactement. On dirait que tout le mystère
est dans ces trois à cinq minutes-là.
Oui, tellement.
Malgré plusieurs heures d'interrogatoire,
les enquêteurs constatent que Véronika
ne le savait clairement pas.
Il y a peut-être eu quelque chose dans l'enveloppe
qu'Alistair aurait retiré
ou qu'il a rendu à l'inconnu,
puis il s'est montré confus devant sa
femme et lui a montré une enveloppe
vide pour gagner du temps.
Si Alistair s'était senti menacé,
pourquoi serait-il retourné
voir l'inconnu?
Pour une raison ou une autre,
le tueur semblait confiant quant à son retour.
Souvenons-nous
également que le père de Véronika
vit avec le couple.
Ce dernier affirme au policier
ne pas avoir entendu la sonnette
retentir lorsque l'inconnu s'est présenté
à la porte.
Donc il y a un peu d'aucune aide, le père?
Non.
La police examine également l'hypothèse
qu'Alistair pourrait avoir été impliqué
involontairement dans des affaires
financières nébuleuses
ou qu'il aurait pu être en difficulté personnelle
ou même professionnelle.
Bien qu'après une enquête approfondie,
les informations sur ses finances
et son travail ne révèlent aucune
anomalie évidente.
En l'absence d'un mobile clair,
la police explore plusieurs pistes.
Une erreur d'identité
ou un désaccord
personnel qui aurait pu se traduire
en menace violente.
Une théorie qu'il vaut la peine d'éliminer en premier est celle
de l'erreur sur la personne selon moi sable.
Est-ce que ce serait possible
qu'un autre Alistair
fût été la cible de ce meurtre,
surtout que le lien avec un certain
« Paul » écrit sur l'enveloppe ne semble pas
explicite du tout.
Et bien qu'Alistair soit un prénom relativement
courant en Écosse, l'homme
a mentionné le nom complet à Véronica,
ce qui réduit la probabilité que
le tueur ait commis une erreur sur la personne.
Mais cependant,
cette possibilité n'a pas été totalement
écartée par les enquêteurs. Parce que c'est
vrai, c'est quand même un nom commun
au Royaume-Uni, Alistair Wilson.
Oui, oui, oui.
Ça ne doit pas être le seul. Donc est-ce que
ça se pourrait vraiment que ce soit
une erreur sur la personne, puis que
justement, le nom de Paul,
que personne n'a été en mesure de relier
à Alistair, soit lié à un autre
Alistair Wilson. Ça se pourrait.
Moi, on dirait que c'est peut-être une hypothèse
auquel je crois un peu.
Une autre théorie suggère aussi
que le meurtre d'Alistair pourrait être
lié à son emploi de banquier. On en a parlé
beaucoup. En tant que professionnel
respecté dans le domaine,
il prenait des décisions qui influençaient
directement la vie et les entreprises
de la région. Puis cette
responsabilité-là, bien que sensible,
ne semblait pas lui avoir
valu d'ennemi connu, du moins.
Plusieurs théories ont circulé
au fil des ans pour expliquer son meurtre,
dont une rumeur non fondée
selon laquelle il aurait eu des liens
avec des gangs criminels de Glasgow.
Peut-être justement en lien avec l'année
républicaine dont on parlait. Néanmoins,
les enquêteurs ont exploré aussi
la possibilité qu'Alistair ait pu être
impliqué involontairement dans des affaires
financières nébuleuses,
ou que sans le dire, il aurait peut-être
pu être en difficulté personnelle
ou professionnelle, même
financière, sans le dire à sa femme, par exemple.
Mais les informations
sur ses finances et son travail
ont été vérifiées, puis il n'y a aucune
anomalie évidente qui est ressortie
de cette investigation-là.
Donc, il ne semblait pas, par exemple,
avoir de problèmes de jeu ou
de grosses dettes accablantes.
C'est ça qui me trouble aussi, le fait
qu'il y a, du moins dans ce qui
apparaît, il n'y a rien,
aucun indice.
En 2018 maintenant,
plusieurs années après le
meurtre en 2004, il y a
la publication du livre d'un certain Peter
Blexley. Le livre
s'appelle To Catch a Killer, qui
relance l'intérêt pour l'affaire d'Alistair
Wilson. Une source révèle
à Blexley une théorie plutôt
surprenante. Le meurtre serait lié
aux finances du Livingston Football Club,
le club de soccer
de Livingston.
Cette information, apparemment connue
dans le milieu juridique, n'aurait pas
été divulguée par crainte de représailles.
Et le club, qui avait connu
une ascension fulgurante au début des
années 2000, se trouvait à ce moment-là
dans une situation financière désastreuse
au moment du meurtre d'Alistair.
Et en février 2004,
soit quelques mois
avant le meurtre d'Alistair Wilson,
le club de Livingston est placé
sous administration judiciaire
par la Bank of Scotland,
où Alistair travaillait,
cumulant des dettes s'élevant à
7,2 millions de livres sterling.
Donc, il y avait le club de football
qui semblait affecté
à quelque part par
les activités de la
banque où travaillait Alistair.
Mais est-ce que là, c'est
pas un peu tordu
de relier ça à lui-même?
Ouais, c'est gros quand même.
Ben oui, pour des prêts comme ça,
souvent, c'est pas seulement une seule personne
qui valide. Non, non, exact.
Peter Blexley, l'auteur du
livre, affirme également qu'un homme
âgé aurait été vu en détresse
sur un banc public peu après le meurtre.
Il aurait confié à un passant
« Je ne peux pas croire que j'ai
élevé un fils qui ferait une telle chose ».
Et ce fils, qui aurait aujourd'hui
une quarantaine d'années,
a récemment été libéré de prison pour des
infractions liées à la drogue.
Il vivrait dans la clandestinité.
Et au moment du meurtre, il fréquentait
régulièrement l'hôtel à Avlock
là en face, et il aurait eu accès
à des armes à feu apparemment.
Malheureusement pour la famille Wilson,
le témoin-clé, le père qui était en larmes,
pourrait être décédé
depuis. Donc ils n'ont pas réussi à
le retracer.
En 2009 maintenant, lors d'une enquête
à Neurn, Blexley,
le même auteur, reçoit une information
très anonyme suggérant que le meurtre
serait un travail interne.
Cette piste reste floue, laissant
planer le doute sur l'origine exacte de cette
affirmation. Par ailleurs,
la police cherche à interroger Sean Douglas
qui, lui, était un voisin d'Alistair
à l'époque du meurtre
qui n'avait pas été interrogé initialement
et qui a depuis déménagé en Amérique
du Nord. Et son père, Keith
Douglas, a affirmé que Sean
était présent dans leur maison familiale
sur la rue au moment
du meurtre. Donc,
il ne peut pas être le tueur, mais peut-être
qu'il pourrait être un témoin ou quelque chose
comme ça. Donc, encore une fois,
c'est une piste qui semble
floue. Donc, il y a
certains... C'est sûr qu'en 2009, on est
quand même quelques années après le meurtre.
Je présume que les autorités étaient peut-être
un peu passées à autre chose.
Mais on sent que ça ne se semblait
pas être une priorité. Il y a plusieurs pistes comme ça
qu'on dirait qu'ils n'ont pas abouti
dans ce cas-là. Oui, ben après quatre ans,
il y a d'autres dossiers qui arrivent, plus
récents. Donc, j'ai l'impression qu'aussi,
ne veux-veu pas dans la vie, c'est ce qui
fait l'ordre des choses, la nouveauté
des dossiers plus en cours versus
des dossiers résolus.
Oui. Malgré des efforts
considérables, les enquêteurs
n'ont pas abouti à des résultats
concrets. Entre
2006 et 2017,
l'enquête est restée largement inactive.
Les pistes se sont
dissipées et les témoins potentiels
n'ont pas fourni d'informations pertinentes.
Les années passent sans que
des avancées significatives ne soient
réalisées, laissant la famille d'Alistair
et la communauté dans l'incertitude
la plus totale.
Mais Emil, qu'en est-il des preuves
numériques?
Il y avait des caméras de surveillance dans la région
à l'époque, mais le tueur n'a jamais
été capturé sur les caméras.
On imagine que ce serait bien différent
si le meurtre s'était déroulé de nos jours
avec toutes les sonnettes intelligentes qui existent.
Oui, c'est clair, parce que c'était
dans un lieu quand même résidentiel. Il y avait
un hôtel en face. Probablement que
le tueur, effectivement, ça a tellement
l'air d'un meurtre professionnel
que sans doute qu'il avait fait son travail de
repérage avant, et qu'il
avait bien analysé
la présence des caméras. On était en
2004, c'est moins important
la présence des caméras qu'aujourd'hui.
Même la définition des lentilles
et tout ça est vraiment meilleure
maintenant. On peut zoomer
normalement, on peut faire de la reconnaissance faciale,
ce n'était pas le cas à l'époque,
mais malgré tout, ça me surprend, il n'a
jamais été capturé. Mais ça,
c'est une chose, selon
moi. On a toujours tendance
à penser que ça pourrait
régler tellement
de crimes, les sonnettes intelligentes,
mais on l'a vu dans le cas, on a
déjà parlé du cas d'Elisabeth
Beradza à distorsion.
Vous savez, elle a été assassinée,
elle, aux mêmes choses
dans sa cour avant, alors qu'elle
tenait une genre de ventre-trottoir,
elle vendait des items
le matin, un genre
de... un matin de semaine, je pense,
dans un quartier résidentiel,
avec une sonnette intelligente
et malgré tout,
le tueur n'a jamais été attrapé,
il n'a jamais été filmé clairement par la sonnette,
l'angle coupait.
Donc on dirait que même
les sonnettes intelligentes, si quelqu'un est déterminé
à faire le crime
parfait, il va le faire.
Ah ben oui, effectivement.
Le tueur aurait marché vers la gauche
sur la rue d'Alistair, Crescent
Road, et vers Marin Road,
ce qui mène vers la plage
et la mer. Il aurait marché calmement,
il n'aurait même pas couru
après avoir commis un meurtre sauvage.
C'est quand même spécial.
Oui, c'est clair.
Pour ce qui est de l'ODN, rien
n'a été retrouvé. Le seul lien
que nous pouvons faire est l'arme du crime
avec la balle retrouvée.
Cette période de stagnation est
particulièrement éprouvante pour Véronika,
la veuve d'Alistair.
Elle a souvent exprimé son désespoir face à
l'absence de progrès dans l'enquête,
soulignant que le meurtre de son mari
était devenu une ombre sombre
sur leur famille.
La frustration croissante face à l'inaction
des autorités conduit
Véronika à faire appel publiquement
à toute personne ayant des informations
sur l'affaire.
Les enquêteurs ont continué
de chercher des liens potentiels
entre le meurtre d'Alistair
et son travail de banquer,
tout en excluant
pas la possibilité d'une erreur d'identité,
bien que cette dernière semble
de moins en moins probable
au vu des circonstances.
Plusieurs théories
des internautes laissent aussi un doute
quant à la responsabilité de Véronika
dans l'affaire.
Oui, parce que souvent, même dans les codes,
souvent,
ça arrive très souvent, on le sait,
que les femmes sont assassinées par leur mari.
Donc souvent,
une des premières endroits qu'on regarde,
c'est le mari, mais même dans un cas
d'homme assassiné, souvent la première personne
qu'on regarde, c'est la femme aussi,
parce que des fois, il y a des discussions
de divorce, des conflits
au niveau financier, familiaux et autres.
Donc c'est normal que Véronika
a été sous le joug.
Exactement, sous le radan des policiers,
même si elle était présente lors du meurtre.
Ah non, absolument.
Et à plusieurs reprises, les gens
mentionnent l'absence de réaction
face au coup de feu.
La Maison des Wilson est face à un hôtel
pub qui est très fréquenté
et personne n'a entendu de coup de feu.
Aucun témoin oculaire
de la scène. Il n'y a matière à se poser
des questions. Pour ce qui est
de Véronika, les enquêteurs
l'ont tassé des suspects potentiels,
affirmant que la piste de l'adultère
ou même du triangle amoureux
n'était pas une piste envisageable.
Donc pas de jalousie
ou rien de tout ça.
Non, elle n'aurait rien à se reprocher
dans ce cas-ci. Oui, oui.
Ce n'est qu'en novembre 2017
c'est pas mal plus tard
que l'enquête commence à prendre
un nouveau tournant. La police
décide finalement de réévaluer
les éléments du dossier à la lumière
des nouvelles technologies et des méthodes
d'investigation modernes.
En mars 2022, les enquêteurs
intensifient leurs efforts en se
concentrant sur des aspects négligés
de l'affaire, notamment la vie
personnelle d'Alistair et son
objection concernant le projet de terrasse
devant le Havelock Hotel.
Parce que oui, quand on commence à fouiller,
on trouve des petites affaires.
Cette renaissance de l'enquête ravive
l'espoir au sein de la communauté
et parmi les proches d'Alistair.
Les autorités lancent des appels
à témoins afin d'encourager
toute personne ayant des informations
pertinentes à se manifester.
Le fait que l'affaire soit réexaminée
avec un regard neuf suscite
également un regain d'intérêt médiatique
et public pour le cas non résolu,
qui passionne l'Ecosse
à l'air de rien depuis 20 ans.
Une théorie retient particulièrement
l'attention des enquêteurs,
celle de l'Hotel Havelock.
Et on va en parler
un petit peu Seb.
L'Havelock Hotel, c'est un établissement
chargé d'histoire qui a su évoluer
avec le temps tout en conservant son charme
d'antan. Construit
en 1857,
ce bâtiment classé revêt une
importance historique particulière
qui lui vaut d'être protégé
par le patrimoine.
À l'origine, la Havelock
House était la résidence d'été
de l'émir de l'Inde.
Ce dernier la nomma en l'honneur
du Major-Général Sir Henry
Havelock, un officier britannique
hautement respecté qui se distingua
lors de la rébellion indienne
de 1857.
Sir Havelock, dont la statue
orne aujourd'hui, Trafalgar Square
à Londres, était le seul
général anglais à avoir commandé une brigade
écossaise, ce qui ajoute à la
singularité de son parcours.
Au fil des années, cette demeure victorienne
s'est transformée en un pub-hotel
familial, typiquement
écossais. Et aujourd'hui, le
Havelock Hotel offre une atmosphère
chaleureuse et décontractée,
alliant le charme d'un pub traditionnel
au confort d'un hôtel moderne.
L'établissement dispose
de cinq chambres spacieuses et bien
équipées, toutes dotées de salles de bain
privées. La décoration,
inspirée par l'ambiance balnéaire,
crée une atmosphère lumineuse et aérée.
L'un des atouts majeurs
du Havelock Hotel est sa
situation privilégiée.
Bénéficiant d'une vue imprenable
sur la plage de Nurn et le
Moray Firth, l'hôtel profite
pleinement de son emplacement avec
un grand jardin terrasse, idéal
pour savourer un verre en admirant le
paysage. Le bar
animé de l'hôtel est devenu aussi
un lieu de rencontre apprécié
des locals et des touristes.
Cependant, les visiteurs
préférant le calme sont invités
à demander une chambre plus tranquille
lors de la réservation,
notamment pendant les week-ends,
où l'ambiance peut être plus festive.
Le Havelock Hotel
offre une super expérience
pour les passionnés
d'histoire aussi dans un
cadre côtier et enchanteur.
Et en 2004,
ils vont apporter un changement
anodin pour plusieurs, mais qui
passe pas inaperçu pour la famille
Wilson. Le propriétaire
Andy Burnett décide de construire
un prolongement à la terrasse,
chose qui ne plaît pas à Alistair
et à sa famille. Le bruit
occasionné par ce projet et l'augmentation
de l'activité devant leur maison familiale
deviennent rapidement une source
de préoccupation pour la petite
famille. Les Wilson
vivaient le juste en face de l'hôtel,
comme on en parlait sur Crescent Road,
et la nouvelle terrasse construite
durant l'été 2004, sans permis,
devient le centre d'une controverse
dans la communauté. Wilson
décide d'époser une objection
formelle auprès des autorités
locales. Il va écrire une lettre
et dans cette lettre, il se plaint
du bruit accru, des verres
de bière éparpillés dans la rue,
le verre cansé aussi,
ainsi que de l'inconfort ressenti
par sa famille face aux clients
qu'il dévisage lorsque, par exemple,
il fait des travaux dans sa cour.
C'est sûr que c'est un drôle de setup
devant une maison familiale, un
hôtel comme ça avec une terrasse.
Donc, l'objection
est envoyée au service d'urbanisme
la semaine précédente à son meurtre,
ce qui est un drôle de timing.
Donc, ce qui semble être une simple
dispute de voisinage prend
une genre de tournure dramatique.
Et le jeudi 25
novembre 2004, une
copie de la lettre d'objection de Wilson
d'Alistair révélant son
identité est envoyée
au propriétaire du pub.
Et dans les jours qui suivent, l'objection
devient un sujet de conversation animée
dans le bar du Havelock Hotel.
Les enquêteurs croient maintenant
que cette dispute est au coeur du mobile
du meurtre. Le détective
superintendant Green
Mackey a déclaré
« Nous comprenons que l'objection d'Alistair
était ouvertement discutée dans le bar
le vendredi 26 novembre
jusqu'à son meurtre
le dimanche 28 novembre ».
Et plus inquiétant encore,
la police a reçu des informations
suggérant que les menaces
auraient été proférées contre Alistair Wilson
dans le pub
le samedi soir précédant le meurtre.
C'est weird ça,
presque la veille.
Les enquêteurs cherchent donc à savoir
si quelqu'un parlait de manière
disproportionnée en parlant
de ces mesures-là
ou si c'était un petit peu plus
une blague ou si c'était pas sérieux.
Si il y avait un réel danger, on le sait pas.
Mais le dimanche
le 28 novembre, Alistair
sera abattu sur le pas
de sa porte. Donc c'est drôle
au contraire, mais c'est fou
un conflit de voisinage qui
pourrait escalader comme ça.
Mais on en a vu
même au Québec,
sans se terminer en meurtre,
des fois ça se termine en meurtre.
John McAfee avec les chiens
de son voisin,
ça n'a pas bien fini.
Je me rappelle plus au Québec, en région,
il y a un monsieur qui s'est fâché contre sa voisine
et il l'a tiré
tout bonnement, ça avait été filmé par
des caméras de lui-même.
Il l'attendait et il l'a tiré.
C'est un conflit
qui dégénérait depuis un certain temps
une mésentente entre eux.
Je comprends
que des fois, des conflants de voisin,
c'est que tu n'as pas le contrôle sur tout.
Ça doit te monter une rage
pour que tu sois à un point
de tuer quelqu'un
pour un conflit.
Ça semble qu'il y a d'autres solutions.
Je ne sais pas, c'est tellement extrême.
Dans le cadre de leur enquête,
des agents de la police écossaise
se sont même rendus au Canada
en 2022
pour interroger un expatrié écossais,
Andy Burnett,
qui était propriétaire de l'hôtel
à l'époque.
La police a décrit le litige
concernant la demande de permis
de construire comme étant une piste importante
pour l'enquête. Burnett a exprimé
sa volonté d'aider,
affirmant qu'il n'était pas en train de cacher des informations.
Selon des déclarations,
il a vu la commotion
devant la Maison des Wilson le soir
du meurtre. Il a également
aidé les paramédiques à remettre
Alistair sur une civière
après qu'il soit tombé.
Il serait tombé d'une civière, on dirait.
Oui, c'est étrange. Burnett
a également remarqué que la montre
de Wilson se détachait et a tenté
de réparer le bracelet pendant que la
victime était transportée en ambulance.
Il a pris Vironica
par les épaules, il lui avait demandé
ce qui s'était passé, ce à quoi
elle a répondu qu'un homme avait sonné
à la porte. Mais après
vérification, les enquêteurs ont
finalement écarté Andy Burnett
des suspects potentiels.
Un autre événement
a également suscité l'intérêt des enquêteurs.
C'est sur la plage de
East Beach, à Nurm.
Un mois avant le meurtre,
que deux hommes se tenaient
près des dunes, attirant l'attention
d'un témoin inquiet. L'un d'eux,
un jeune homme dans la vingtaine,
semblait particulièrement agité,
tandis que son compagnon, un homme
un peu plus âgé, entre 40 et 60
ans, affichait une présence
imposante. Ce dernier
tenait un pistolet à la main,
une vision troublante qui a marqué
le témoin. Après avoir entendu
parler du meurtre de Wilson,
le témoin a compris que cette
scène pourrait être sans doute
liée au meurtre et a décidé
de se manifester auprès des enquêteurs.
Les policiers ont jugé l'événement
pertinent et ont fait un appel
à témoin concernant les deux hommes
de la plage. Cette théorie demeure
par contre sans réponse concrète
Emile.
Oui, c'est louche ça aussi, parce que ça demeure
une petite communauté, puis je commence à trouver
qu'il y a beaucoup d'incidents étranges
pour une petite communauté côtière
sans histoire comme ça. Oui, exact.
Près de deux décennies
plus tard, c'est en décembre
2023, on vous a dit que l'affaire
avait des développements récents.
Il y en a eu encore plus récents que ça, vous allez voir.
Oui, oui. L'affaire prend encore une fois
un nouveau tournant lorsque
la famille Wilson dépose une plainte
officielle contre la police
d'Écosse
auprès du Police Investigation
and Review Commissioners, j'imagine
l'espèce de bureau d'éthique. Oui, oui.
Cette démarche sans précédent
révèle une profonde frustration
face à l'enquête qui piétine
depuis très longtemps.
La famille dénonce une série de manquements,
notamment l'annulation inexpliquée
de l'arrestation d'un suspect potentiel
en mai 2023,
et il critique ouvertement
le mauvais jugement des hauts responsables
de la police. Parmi
les griefs, une plainte spécifique
a été déposée contre le détective
en chef-superintendant
Paul Livingstone,
soulignant des tensions au plus haut niveau.
Le suspect potentiel correspondait
à la description de l'homme dans l'affaire,
un homme âgé entre 35-40 ans,
mesurant environ un mètre 70
ou un mètre 80 avec une
casquette, un manteau bleu de type
aviateur. Malgré cette
description et les nombreux appels à témoins
lancés au fil des ans, l'homme
n'a jamais été appréhendé par les policiers.
La famille Wilson considère
inacceptable que Paul Livingstone
conserve la supervision
de toutes les enquêtes pour meurtre
en Écosse, y compris celle
d'Alister Wilson, étant donné les questions
entourant son intégrité.
Honnêtement, le fait d'annuler l'arrestation
d'un suspect demeure très étrange.
Un malentendu
sur la date d'arrestation et des enquêtes
supplémentaires ont été évoqués
comme principale raison de cette annulation.
C'est clair que c'est bizarre.
Suite aux plaintes de la famille
concernant la gestion de l'affaire,
une enquête interne a été menée
confirmant certaines erreurs,
notamment en termes de transparence,
de gestion des attentes,
et d'incohérence dans les déclarations des officiers.
Ces développements ont conduit
à la décision de rouvrir l'enquête
sous la supervision d'un nouveau
détective en chef.
La police écossaise reste déterminée
à élucider le mystère vieux de plus de 20 ans
dans l'espoir d'apporter
enfin des réponses à la famille Wilson.
La police d'Écosse
a présenté des excuses à la famille
suite à cette enquête,
reconnaissant ainsi que des erreurs importantes
ont été commises.
Dans une entrevue,
Andrew Wilson, le fils aîné
d'Alastair,
a exprimé sa frustration
et sa déception
face à la gestion de l'enquête
sur le meurtre de son père.
Maintenant, il a 24 ans.
Souvenons-nous qu'Andrew avait seulement 4 ans
lorsque son père a été assassiné
presque devant ses yeux.
Il a fortement critiqué
l'inefficacité et le manque de leadership
des policiers à l'époque.
Il souligne que cela entrave
potentiellement la capture du meurtrier de son père
et l'obtention de justice que sa famille
mérite. Andrew
a également exprimé son incompréhension
quant au fait que Paul Livingstone,
le chef des enquêtes sur les crimes majeurs,
n'ait pas été licencié malgré
les plaintes concernant sa conduite.
Il a déclaré
«Le seul souvenir que j'ai de mon père
est de le voir allongé par terre
juste après qu'il a été abattu».
Tout un souvenir.
L'espoir demeure que de nouvelles
techniques d'investigation,
combinées à un regard neuf sur les preuves,
puissent enfin apporter des réponses
à la famille Wilson et à la communauté
de Nurn, ce qui pourrait enfin
clôturer un chapitre sombre
de l'histoire criminelle des Cossaises.
Et le 23 novembre 2024,
soit à l'approche du
20e anniversaire du meurtre,
un témoignage qui avait été ignoré
à l'époque refait surface.
Il vient rappeler les nombreuses questions
laissées sans réponse dans cette affaire.
Tommy Hogg,
75 ans, se souvient
avec précision d'un passager de bus
aux comportements suspects.
Il avait vu l'homme se diriger vers la maison
des Wilson, peu avant le drame.
Cet homme, qui dissimulait
son visage et agissait étrangement,
reste pour lui une figure clé
dans ce mystère. Pourtant,
malgré ces signalements répétés
à la police, aucune arrestation
ni publication de portraits robots
n'a suivi. Alors que
la police espère une percée,
grâce à la réouverture de l'enquête,
ce témoignage met en lumière les failles
d'une investigation qui a pas su
exploiter toutes les pistes.
Le souvenir intact de Tommy Hogg
reflète la frustration et l'espoir
d'une communauté qui attend
toujours des réponses, mais surtout
une justice pour la famille,
Wilson et Alistair.
Oui, tout à fait.
C'est tout qu'une histoire. On a fait un peu
le tour de la chronologie
des événements. C'est
particulier quand même qu'on était déjà sur le
dossier de cette histoire-là, puis peu avant
notre enregistrement, des nouvelles
refont surface en novembre, juste avant
notre épisode. Ça fait plusieurs fois que les astres
sont alignés comme ça au niveau de nos
épisodes. C'est un peu troublant, même.
Oui, c'est ça que j'allais te dire. C'est un peu étrange.
Ça, des fois, j'ai l'impression qu'on est
dans un cime, quand il y a des trucs comme ça
qui arrivent, comme si les choses s'anignaient pour nous.
Exact, oui, c'est ça. On vit dans une
simulation à distorsion, un peu
à chaque semaine.
Il y a des cas similaires. On en a parlé.
Elisabeth Barazza,
assassinée au pas de sa porte,
elle aussi dans sa cour, alors que
tenait une vente trottoire. Ça me faisait penser
aussi à O.K. Al-Qaït,
dont on a parlé il y a quelques
saisons, une saison ou deux. J'en repars
la mémoire tellement on a d'épisodes.
Mais lui, un Américain, assassiné
sans raison, encore une fois torturé,
même. Aucune preuve
d'ADN. Quelques captures,
je crois, de vidéos
d'un guichet automatique du potentiel
du soir, mais sans plus. Encore
une fois, un individu louche avec une casquette.
Des techniques presque
militaires employées ou
limite vraiment de professionnels.
Pas de mobile, encore une
fois, dans le cas de O.K. Al-Qaït.
Un meurtre en apparence parfait
comme Alistair Wilson. Moi,
ça me sidère, ces histoires-là, Seb.
Ah oui, le
cas de O.K. Al-Qaït,
je pense que j'y pense, pas chaque
semaine, assez régulièrement
sur... Il y a des signes qui m'ont
troublé, même graphiquement. On n'a pas vu
de photo, mais juste la description.
Mais aussi tout ce meurtre
parfait. En fait, je pense que notre épisode, il s'appelait
comme ça, quelque chose comme ça, le meurtre
parfait. Donc, c'est...
Ah non, c'est vraiment troublant.
Dans le cas d'Alistair,
je ne sais pas jusqu'à quel point
qu'il est parfait, parce qu'il y a quand même
des traces, des témoignages, des choses
comme ça. Mais on dirait que sa perfection
vient de l'incompétence,
si je peux dire, des autorités.
Ou c'est fait au fil du temps,
qu'ils n'ont pas pris ça au sérieux, qu'ils n'ont pas
utilisé des témoignages, etc. On dirait que c'est ça
dans ce cas-ci, qu'il crée le meurtre
parfait.
C'est clair. Est-ce que vraiment, il y en a
un? Est-ce que ça existe, le meurtre parfait,
les Dix-Tordus? Est-ce que vous y croyez?
Dites-nous-le en commentaire.
Je vois, Seb, que tu avais pris des notes aussi
de ton côté.
Oui, je voulais dire des petits trucs.
Justement, pour Andrew, le fils,
lui, je lisais qu'il a fait beaucoup de thérapie
pour effacer
de une certaine façon
beaucoup de souvenirs
de son enfance et qu'il travaille
encore continuellement sur le dossier
pour trouver,
je ne sais pas jusqu'à quel point, à un moment donné,
comme individu t'es limité, j'imagine,
mais il continue à travailler
avec sa mère là-dessus. C'est quelque chose
que vous voyez. Ah, ça doit être une thérapie
continuelle pour le reste
de sa vie, de dealer avec
l'interrogation
des raisons,
de ne pas trouver
de raisons rationnelles à ça.
Exact, c'est pire. Oui, c'est ça, parce qu'il avait trouvé le coupable,
la raison, etc.
J'ai l'impression dans sa tête, malgré
les traumatismes, ça n'enlève pas les images qu'il a vues,
mais c'est sûr qu'il y aura une porte
qui sera fermée là,
on dirait que la porte, elle reste ouverte,
ouverte en fait, complètement.
Sinon, ça fait pas mal
le tour, les autres points, on en a discuté
quand même pas mal,
durant, je ne sais pas, on n'a pas parlé
tantôt de l'interdiction de fumer
à l'hôtel, parce que ça a l'air
que ça faisait aussi partie,
en novembre 2002, il y a une nouvelle hypothèse
en fait, sur le meurtre qui aurait pu
être lié à l'interdiction de fumer.
Parce qu'un peu partout dans le monde, ça commençait
les interdictions de fumer au début des années 2000.
Oui, ben c'est ça, pis ça a l'air que
ça aussi, ça faisait partie des conflits
du projet de terrassement, du Havelock
hôtel, pis c'est ressorti,
je ne sais pas pourquoi c'est ressorti en 2022
dans l'enquête, mais que c'était une nouvelle
hypothèse, que ça pouvait être un autre
héritant qui aurait pu amener à
sa mort, mais mon Dieu,
l'interdiction de fumer, c'est…
Ben pourquoi, c'est quoi son lien à l'Hister,
l'interdiction de fumer? Ah ben c'est encore au Havelock
hôtel, ben je ne sais pas si
ça serait lié à la plainte, j'imagine,
à la plainte qu'à l'Hister, on fait
dans le lot de plainte, mais je ne sais
pas pourquoi que cet élément-là,
en novembre 2022, de l'interdiction de fumer,
précis, serait
une des hypothèses du conflit.
Ah, peut-être qu'il fumait quand même,
malgré l'interdiction, peut-être que ça
gossait à l'Hister. Oui, effectivement,
c'est peut-être quelque chose comme ça.
Ben toute une histoire,
tout une histoire, guys, dites-nous ce que vous en pensez,
si vous croyez au meurtre parfait, on veut vous
entendre là-dessus. Oui.
On n'a pas fini en After Show, on parle
d'une autre histoire survenue un hiver
québécois de tempêtes,
le meurtre encore inexpliqué
de Michel Perron, qui a passionné
le Québec dans les années 80. On sort un peu
de notre ligne éditoriale, il y a moins d'aspects numériques,
mais on voulait en parler un peu, on est
dans la thématique des meurtres
inattendus, des meurtres inexpliqués,
des meurtres sans mobile,
et aussi thématiques
hivernales aussi, pour vous amener
dans notre univers
d'histoire du québécois hivernal.
On remercie nos deux fabuleuses
recherchistes qui nous ont encore
émerveillés dans leur
bon travail. Cette semaine,
shout-out à vous, shout-out à André
Beaupré, notre cher monteur
et designer graphique.
Shout-out à vous, les Dix-Tordus de partout,
merci d'être encore là, merci de nous
accompagner à un autre tournant d'année
important. Oui, c'est vrai.
Ça fait sept ans, je crois, donc bientôt
quand même, dix ans,
ça passe vite quand même. Oui, c'est fou.
Et aussi merci à nos
membres Patreon qui sont un peu les
actionnaires de Distorsion, et c'est
le moment des très attendus shout-out.
Seb, je te laisse commencer.
Je donne de l'amour à la mystérieuse
Charlotte, à Sophie
G1983,
Stéphanie A, Katia
et Vero Bois.
Aussi un gros shout-out à
Chloé D, à Sean P,
à Roxane K, à Celeste
Za et à Mélanie L.
Beaucoup d'amour à
Karine Aire, à Katia
4, Andréanne, Marie
M et Marie-France
N. Un gros high-five
à Dimitri, à
Justine G, à David
G, Nathalie B et
Roxane L.
Je remets un certificat d'action à
Laurie G, Camille
G, Frank DB,
Julie C et Frédéric
CS. Un
gros merci à vous.
Oh oui! Est-ce que tu aurais un mot
de la fin pour nous aujourd'hui?
Méfiez-vous des inconnus qui sonnent
à votre porte. C'est rarement
pour les bonnes raisons.
Oh non!
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