Aujourd’hui, la pornographie n’a jamais été autant populaire et accessible, la preuve, 1 recherche Internet sur 5 est en lien avec le sujet. Malheureusement, sur ces plateformes pour adultes, plusieurs vidéos s’y retrouvent sans le consentement des participants. Pornhub, le plus populaire d’entre tous, s’est retrouvé dans la tourmente après des dénonciations l’accusant d’héberger des vidéos pédopornographiques, même des viols. Aujourd’hui, on braque les projecteurs sur un côté sombre de cette industrie qui passe souvent sous silence.

Épisode
#88 - Le côté sombre de la porno en ligne (GirlsDoPorn et Pornhub)
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Avertissement, l'épisode d'aujourd'hui parle de sujets sensibles, notamment de
viols et de pédopornographie. Nous tenions à vous en avertir.
Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...
Des histoires étranges de l'ère numérique.
Aujourd'hui, la pornographie n'a jamais été autant populaire et accessible.
La preuve, une recherche Internet sur 5 est en lien avec le sujet.
Malheureusement, sur ces plateformes pour adultes, plusieurs vidéos se
retrouvent sur des sites sans le consentement des participants.
Pornhub, le plus populaire d'entre tous, s'est retrouvé dans la
Après des dénonciations, l'accusant d'héberger des vidéos pédopornographiques, même des viols.
Aujourd'hui, on braque les projecteurs sur un côté sombre de cette industrie
qui passe souvent sous silence. Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?
Ça va bien toi, Emile Gauthier?
Ça va très bien parce qu'aujourd'hui, on a une belle bière qu'on connaissait pas,
en fait, qui nous a été offerte pour passer au travers de cet épisode-là.
On boit la Pomolift de Canton Brass.
Ça, c'est une micro-brasserie qui vient de la région de Harford au Québec.
C'est une session New England IPA à 4% d'alcool, donc très intéressante.
Généralement, c'est plus alcoolisé que ça, une NE IPA.
Et c'est une graciosité de Annie Provencher,
qui est une auditrice, qui nous l'a amenée au Salon du Livre de Montréal.
C'est toujours le fun de quitter le salon avec une petite bouteille d'alcool en secret dans son sac.
Aussi, on a un shout-out à cinq étoiles particuliers, je crois, Seb, aujourd'hui.
Oui, on voudrait premièrement envoyer un shout-out
à tous les distordus qui nous écoutent, qui ont une déficience visuelle.
Et même, Emile, toi, tu as un témoignage à nous dire.
Tu en as rencontré un de nos auditeurs.
Oui, tout à fait. En fait, on sait qu'il y en a quelques-uns,
des gens qui nous écoutent avec une déficience visuelle.
Il y a un de nos auditeurs qui est venu nous voir au Salon du Livre,
justement, pour faire un petit témoignage à ce sujet-là.
J'ai trouvé ça très intéressant parce que le podcast et même les livres audio,
c'est un peu une littérature audio.
Donc, on sait que vous êtes quelques-uns.
Donc, on vous donne un gros shout-out pour votre soutien.
Oui, merci.
Encore une fois, on vous rappelle que si vous voulez obtenir nos épisodes en avant,
c'est nos after-shows.
Vous pouvez vous abonner à notre Patreon,
patreon.com slash distortion.
Donc, vous le savez, l'ensemble des forfaits.
Et même encore, après cet épisode, on va avoir un after-show
où on va couvrir un élément supplémentaire
du code d'aujourd'hui.
On va couvrir la régulation de la porno en ligne.
Est-ce vraiment possible?
Yes.
Et aussi, n'oubliez pas que pour nos membres,
oui, monsieur, sur Patreon, il va y avoir un épisode secret
juste à vous en fin de saison.
Donc, je pense que c'est une raison assez puissante
pour vous abonner.
Oh oui.
Et là-dessus, Seb, est-ce qu'on est prêts à se plonger dans l'histoire d'aujourd'hui?
Oui, madame.
C'est pas grave.
Emile, dans les débuts d'Internet,
la porno en ligne n'était vraiment pas comme aujourd'hui.
Non, c'est clair.
On s'entend, fin des années 90 et tout ça,
c'était plus l'ancienne chasse-garder
qui produisait de la porno pour la télévision,
les DVD.
À cette époque-là, il n'y avait pas de DVD encore,
mais bref, tu comprends ce que je veux dire.
Et eux, ils mettaient ça en ligne sur le web.
Il y avait des vidéos amateurs et tout ça
qui se jumelaient à ça, des couples consentants
qui voulaient déposer, disons, leurs ébats en ligne.
Mais il n'y avait pas de gros YouTube
de la porno comme aujourd'hui.
Non, il y avait une grosse scène torrent, si je peux dire aussi.
Oui, exactement.
La porno se prenait beaucoup,
même avant les torrents,
sur toutes les casas de ce monde,
justement le peer-to-peer.
Ça, tu as raison.
Mais il n'y avait pas de plateforme
où on pouvait vraiment déposer au grand public
n'importe quelle vidéo de type pornographique.
On s'entend, là.
Et ça a beaucoup changé avec l'arrivée de Pornhub
et les autres X-Videos et toute la gang
parce que ça l'a amené justement
avec l'avenue des téléphones intelligents,
donc des caméras accessibles à un peu tout le monde.
Ça a donné des outils à des gens malveillants
pour aller déposer des vidéos
de personnes non consentantes
qui se font souvent agresser, violer
ou forcer de faire ça, de se faire filmer.
Et par la suite, ces vidéos-là se retrouvent sur le Web.
Oui, parce qu'il ne faut pas oublier non plus
que même sur ces plateformes-là,
il y a un gros monde de la pornographie
qui est professionnel,
où il y a des règles très strictes
où j'ose croire que les acteurs, les actrices
sont bien payés et tout ça, qui sont consentants.
Mais il y a aussi des trafiquants sexuels
qui ont investi ces plateformes-là.
Même OnlyFans, des plateformes comme ça.
Il y a une forme de prostitution qui se fait là-dessus.
Il y a une forme aussi d'esclavagisme
aussi, d'une certaine façon, qui se fait là-dessus.
C'est un peu dans cette direction-là
qu'on va aller aujourd'hui
parce que le monde de la porno
a été énormément ébranlé dans les dernières années.
Il y a eu des grosses révélations, des gros scandales,
notamment autour de Pornhub.
Plusieurs, même.
Et puis, aujourd'hui, on a deux histoires
dont on va traiter autour de ce sujet-là.
Vraiment, un peu le côté sombre
et le côté un peu dirty
de la porno.
Un sujet qui peut parfois être très délicat.
On sait aussi qu'on a des travailleuses,
travailleurs du sexe dans nos auditeurs aussi.
Donc, n'hésitez pas, si vous avez des témoignages,
si vous avez des commentaires à nous faire sur le sujet,
si vous voulez nous éduquer, même.
Écrivez-nous et puis,
ça va nous faire plaisir d'échanger un peu avec vous
sur votre réalité.
Oui, absolument, parce que l'enjeu aujourd'hui,
c'est qu'on a absolument rien contre la porno.
C'est vraiment le dépôt de vidéos
sans consentement.
Vous allez voir, c'est horrible,
parce que ces femmes-là ont vécu
parce que dans les cas qui ont été dénoncés
ou dans toutes les poursuites,
il n'y a pas d'hommes.
C'est pour ça qu'on parle que de cas féminins.
Mais c'est des vies, encore une fois,
brisées, brisées à jamais.
Tout à fait.
Avant de commencer, je cite le journaliste
Nicolas Christophe,
parce que c'est lui qui a eu le courage
de dévoiler cette histoire-là de Pornhub
au grand jour, le 4 décembre 2020,
avec son article
The Children of Pornhub.
Je le cite,
avant de commencer,
le monde a souvent été inconscient
des abus sexuels sur les enfants
de l'église catholique,
en allant jusqu'aux scouts.
Trop tard, nous poursuivons des individus
comme Jeffrey Epstein ou R. Kelly,
mais nous devons également nous opposer
aux entreprises qui exploitent
systématiquement les enfants.
Avec Pornhub, nous avons
Jeffrey Epstein x 1000.
Ah oui, c'est pas rien.
C'est pour ça que je voulais vous
mettre ça d'entrée de jeu,
parce que je la trouvais frappante,
cette citation-là, tirée de son article.
Tout à fait.
C'est grâce à lui qui a fait quand même
une grande enquête et rencontré
plusieurs victimes, pardon,
et qui a mis ça au grand jour.
Lançons-nous dans ce cas-là, Seb,
quand t'es prêt.
Nous sommes en 2020 à Bickersfield,
situé au sud de la Californie.
C'est une ville de moins de
350 000 habitants.
Siri Naki Fleets, 19 ans,
vit maintenant dans sa voiture
avec ses trois chiens.
Sa vie a complètement basculé
à cause d'une erreur de jeunesse.
À 13 ans, Siri Naki est
en secondaire 2 et était une étudiante
très douée à l'école publique de Bickersfield.
À cette époque,
pas si lointaine, elle n'avait même pas
l'Internet à la maison et demeurait
dans un quartier rural près des montagnes
où en fait l'électricité
se rendait à peine.
Elle développa alors un béguin pour un garçon
de son école, d'un an son aîné.
C'était la première fois qu'elle
avait un copain. Rapidement,
elle lui demanda de faire une vidéo d'elle
nue. Elle lui envoya.
Elle l'ignorait.
Mais après avoir appuyé sur
« envoyer », sans savoir,
sa vie venait de basculer.
Heureux de ce cadeau,
il en demanda une autre, puis une autre.
Elle était toujours
résistante et nerveuse à le faire,
mais en même temps, ce qui la motivait,
c'est qu'elle était flattée qu'un garçon
s'intéressait à elle, et elle lui
faisait confiance.
Étrangement,
au fil des vidéos et des semaines,
elle commençait à sentir des regards
étranges à l'école.
Ce qu'elle ignorait,
c'est que son copain avait partagé
ses vidéos intimes avec d'autres garçons
de son école et quelqu'un les avait mis
en ligne, sur Pornhub,
une des vidéos d'elle,
nue, s'intitule
Brunette de 13 ans.
Le monde de Serena
a alors implosé.
Sa vie devient un calvaire.
Imaginez, nos collègues de classe
ou de travail tombent sur une vidéo
osée de vous sur Pornhub.
Comme adulte, imagine,
c'est insupportable,
mais quand t'es un enfant,
de 13-14 ans,
ça doit être insupportable à vivre.
Elle est alors victime
de moqueries, sans parler de son
nouveau surnom, Salop.
Pauvre Serena, sérieux, là.
Elle est également victime de sextorsion.
Les gens lui envoyaient des textos
lui disant que si
elle ne leur envoyait pas d'autres
vidéos, ben crime,
il allait envoyer les vidéos à sa mère
pour la menacer exactement
le mécanisme de sextorsion.
C'est veg, là,
parce que là, c'est rendu des inconnus
qui la menacent de cette
vidéo-là. C'est…
Je suis un peu émotif, là, parce que moi,
cette histoire-là, ça me…
ça me chamboule. Oui, ça rappelle
même Amandata. Exactement.
Ça rappelle plusieurs cas de
cyber-prédateurs, puis
on se demande toujours qu'est-ce qu'on ferait
dans ce temps-là. T'sais, étant adulte,
maintenant, on dirait que si ça m'arrivait,
je dirais ben coudonc, t'sais,
fuck you, le public est là, pareil,
insultez-moi, pis les gens vont penser
à autre chose un bout de temps.
Mais quand t'es ado, comme tu dis,
c'est tout ton petit monde qui vient d'être
chambardé, là. Puis c'est ça, pis
t'sais, mais c'est pas un phénomène qu'on a vécu
nos jeunes, hein, parce que quand on était au secondaire,
on n'avait pas de téléphone intelligent,
personne pouvait vraiment nous
demander de nous prendre en photo nu,
on pouvait pas faire vraiment de vidéo nu,
disons que c'était moins possible
de le faire, en fait, on a… on n'a pas vécu
ça, mais dans le monde d'aujourd'hui, là,
les jeunes, ça doit être l'enfer,
tout ça, pis faut vraiment
les prévenir de…
de pas faire de contenu
comme ça, parce que c'est…
l'humain est tellement imprévisible,
tu sais jamais quand ça peut se retourner
contre toi. Vous allez voir, je vais vous le répéter
souvent au cours de l'épisode, là.
L'école a été avisée, évidemment,
de la vidéo, et son copain a été suspendu.
Mais c'est à peu près la seule
conséquence qu'il y a eu de toute
cette histoire-là. Mais si Wina a commencé
à sécher les cours parce qu'elle ne pouvait plus
supporter d'être le centre de l'attention.
Ne réussissant
pas via sa propre identité,
elle s'est créé un profil numérique
pour se faire passer pour sa mère,
demandant à Pornhub de
retirer la fameuse vidéo.
La plateforme a mis plusieurs
semaines à s'exécuter, laissant
largement le temps de la plateforme…
à la vidéo, en fait, d'être
diffusée sur la plateforme.
Si Wina a changé d'école, cependant,
le mal était fait et les rumeurs
sont parvenues à sa nouvelle école,
comme avec Amanda Todd.
Je sais pas si vous vous en rappelez, elle a changé
d'école plusieurs fois. C'est comme un virus,
ça les suit sans arrêt.
Et les vidéos
ont été téléchargées à nouveau sur
Pornhub et sur d'autres sites web.
Le problème à l'époque, c'est que
l'on pouvait télécharger la plupart du contenu
fourni par les utilisateurs anonymes.
Donc, même si Pornhub
retirait du contenu,
les chances étaient fortes que
quelqu'un l'ait déjà téléchargé sur son ordinateur
et allait le remettre.
Les choses ont changé depuis…
On en repart plus tard.
Le climat était tendu à la maison.
Serina se disputait régulièrement avec sa mère
et elle a malheureusement commencé
à s'automutiler.
Elle a même tenté les réparables avec des médicaments.
Trois jours plus tard,
elle s'est réveillée à l'hôpital,
frustrée d'être encore en vie.
Ensuite, elle s'est pendue dans la salle
de bain, sa petite sœur l'a trouvé
et les médecins l'ont réanimée.
Oh,
une chance qu'ils sont arrivés à temps.
Ah, c'est incroyable. Pauvre elle.
Alors que la situation de Serina
se détériorait, un ami
lui fait découvrir les metamphétamines et les opioïdes.
Et elle est devenue dépendante
de ces deux drogues,
juste pour ajouter à son malheur.
Elle a abandonné l'école
et est devenue une sans-abri.
À 16 ans,
elle s'est mise à vendre des photos
et des vidéos d'elle nues sur Craigslist.
C'est un moyen
de gagner un peu d'argent
et peut-être aussi une façon de se punir
si on interprète cette phrase
qu'elle a dite qui brise le cœur.
Je ne vaux plus rien
parce que tout le monde a déjà vu mon corps.
Ces nouvelles vidéos
ont également abouti sur Point Hub.
La famille Fleets
demandait qu'elle soit retirée.
Elle l'était généralement, mais elle l'était
ensuite retéléchargée à nouveau.
Une vidéo d'elle
nue à 14 ans a été visionnée
400 000 fois.
C'est ce qui lui faisait craindre
de postuler pour des emplois dans la restauration rapide,
de peur que quelqu'un ne la reconnaisse.
Ah oui, rendu à ce stade-là.
Ah oui, exact.
Moi, je suis toujours
fasciné par contre
de la viralité
des vidéos porno-amateurs.
Me semble que
on ne s'envoie pas ça.
Mais j'avoue que si je tombais
sur quelqu'un que je connais
quand je suis jeune,
on dirait que moi, c'est ça aussi
qui me...
C'est cet effet
d'éclair, ça se répand.
Je trouve ça... Je comprends pas.
Ici,
les parents et futurs parents donnent
tout le monde. Je vous le redis, dites à vos enfants
et à vous-même peut-être de ne pas envoyer
des nudes, des photos, vidéos
nues à personne. Une fois que c'est ailleurs,
ce n'est plus entre vous et moi, dites-vous
toujours ça. Même si vous faites confiance
à la personne, vous n'êtes pas à l'abri d'un piratage
de votre cloud, de votre téléphone
ou même celui de votre copain ou copine
ou même d'un revirement de situation.
Comme je vous disais en début d'épisode,
l'humain est tellement imprévisible.
Serena elle-même
le reconnaît. Elle n'avait jamais imaginé
que ses vidéos pourraient être partagées
en ligne et je la cite.
C'est une petite chose que j'ai fait
en tant qu'adolescente et c'est fou
comment cela s'est transformé en quelque chose
de beaucoup plus grand. Une vie entière
peut être changée à cause d'une petite
erreur. Avant d'aller plus loin,
Emile, parle-nous donc un petit peu plus
de Pornhub. Qu'est-ce que c'est
exactement Pornhub?
Oui, bien écoutez, pour ceux
qui ne sont pas encore sur ce site-là
qui est quand même un des plus populaires
de tout l'internet,
en fait Pornhub, ça ressemble à
YouTube dans le sens qu'il
permet aux membres d'y télécharger leurs
propres vidéos. Une grande
majorité des 6.8
millions de nouvelles vidéos publiées
sur le site à chaque année impliquent
probablement des adultes consentants,
mais beaucoup aussi dépeignent
des agressions d'enfants et des violences
non consenties. Donc, il y a un
certain filtrage qui n'est pas fait,
qui est vraiment déficient de ce côté-là
et ils se l'ont fait reprocher assez souvent.
Contrairement à YouTube,
Pornhub permet de télécharger ces vidéos
directement à partir de son site web.
Ainsi, même si une
vidéo de viol est retirée à la demande
des autorités, il est déjà trop tard
parce que sans doute des gens qui
les ont archivés ces vidéos-là.
YouTube ne le permet pas nativement
cette fonction-là, mais il y a toujours
des façons détournées de le faire.
Oui, il y a des plugins pour ça.
Oui, même ce qui est sur YouTube
peut se télécharger aussi, donc imaginez
sur Pornhub, ils ont la fonction
native, donc c'est encore
plus alarmant.
Donc, même lorsque cette vidéo-là
est enlevée du site, la vidéo
continue de vivre parce qu'elle est partagée
avec d'autres personnes, les télécharger
encore et encore. Il y en a qui vont la partager
sur des groupes de discussion et autres.
Le problème ici, c'est
pas la pornographie elle-même, mais
c'est vraiment le non-consentement.
Lorsque ça arrive,
c'est là que vraiment les règles sont
en freinte. De nombreuses
vidéos étaient des enregistrements d'agressions
sur des femmes et des filles
qui étaient inconscientes de
tout ce stratagème-là.
Oui, il y a beaucoup d'exemples
qu'on ne vous parlera pas aujourd'hui,
mais des histoires incroyables.
Même une mère de famille
qui a retrouvé sa fille disparue à cause
de Pornhub, elle a trouvé
des tonnes de vidéos que sa fille était
agressée sexuellement et elle était portée
disparue. Il y en a
plein de cas comme ça qu'on ne pouvait
pas vous parler aujourd'hui, mais
c'est dégueulasse.
Oui, puis on parle beaucoup du Dark Web,
ces choses-là doivent se retrouver sur le Dark Web,
mais on n'a pas besoin d'aller si loin
pour se rendre compte
qu'il y a de l'exploitation qui est fait à ce niveau-là.
C'est très alarmant.
Légalement, Pornhub
est une division de l'entreprise
MindGeek, dont les principaux bureaux
sont situés à Montréal, mais dont
le siège social est au Luxembourg, évidemment.
À l'eau, l'évasion fiscale.
Exact. MindGeek possède
plus d'une centaine de sites
pornographiques, des maisons
de production aussi qui sont spécialisées
en production de contenu comme ça,
puis plusieurs marques aussi correspondantes,
parmi lesquelles se retrouvent
RedTube, Tube8
et YouPorn, qui est peut-être le deuxième
plus populaire.
C'est également une compagnie privée qui a été
fondée en 2004 et qui est possédée
par une poignée d'actionnaires.
C'est-à-dire le PDG,
Feras Antoun, il y a aussi
le COO qui est David
Tassilo et un mystérieux
actionnaire majoritaire,
Bernd Bergmeyer.
Oui, avant que tu ailles plus loin,
Bernd Bergmeyer,
son nom, il n'a jamais été divulgué
avant que
justement, Fantas,
le CEO passe devant
la commission, son nom
se retrouve nulle part dans les papiers
ou du moins dans les...
Et cet homme-là, il y a un
podcaster, je pense américain,
où il l'a suivi.
Il y a un gros mansion,
je ne sais plus où, en Europe,
des agents de sécurité.
Tu sais, c'est incroyable, mais cet homme-là,
il s'en lave les mains.
Il est complètement à l'abri
des regards pendant que les deux autres
se tapent toute la pression médiatique.
Bref, je referme cette parenthèse.
Avec plus de 1400 employés
dans le monde,
Pornhub possède certaines
des marques les plus emblématiques des médias
de divertissement pour adultes,
avec d'autres bureaux, entre autres,
à Nicosie, à Londres, à Miami et Los Angeles.
Ils ont des revenus annuels récurrents
qui varient entre 250
et 460 millions de dollars,
selon plusieurs sources.
Le groupe totaliserait, selon eux,
quelque 3,5 milliards
de visites à chaque mois.
Pornhub a recensé à lui seul
42 milliards de visites
en 2019.
Il y a de la pub qui se vend là-dessus,
à fond le caisse.
En 2020, les appareils mobiles
représentaient 84 % de tout
le trafic de Pornhub dans le monde.
Vraiment, les gens écoutent ça beaucoup
sur mobile. 80 % de cela
provenait des téléphones intelligents
qui ont vu leur part
croître de 4,7 %.
Le trafic venant des tablettes
a encore été réduit de moins
29 % en 2020,
tandis que le trafic des ordinateurs de bureaux
et des ordinateurs portables
a aussi été réduit à 15 %
du trafic mondial de Pornhub.
C'est vraiment écouté
sur les plateformes mobiles.
Oui, c'est ça qui est drôle,
parce que je trouve ça fascinant
qu'il y ait eu une diminution de l'écoute
sur les tablettes pour vraiment
se migrer totalement
sur les mobiles.
84 % c'est vraiment beaucoup,
mais je lisais un truc
sur la dépendance à la porno
et il disait par exemple
ceux qui écoutent la porno
sur leur mobile, souvent à la salle
de bain, cachés,
ça peut être un signe de dépendance
à la porno, parce que t'es pas capable
de trouver un moyen de solitude
dans ton environnement
et tu vas utiliser le cellulaire
pour avoir un accès. Ça veut pas dire
parce que t'écoutes la porno sur ton cell,
mais si t'as tendance à aller te cacher
et tout ça, il disait que
l'utilisation mobile est souvent
un drapeau
pour ça, bien sûr.
On plonge maintenant dans une autre
histoire de combat afin de retirer
une vidéo d'agression.
Je vous raconte ça, une autre histoire
assez troublante.
En 2019, Rachel,
qui est une Canadienne de 38 ans,
étudiante en travail social,
a trouvé par hasard un dossier
de photos sur un disque dur d'un ordinateur
à la maison qui l'ont mené
sur le compte Pornhub de son mari
où elle a fait une découverte
surprenante qui allait pour elle aussi
changer sa vie. Sur Pornhub,
elle remarque une vidéo
où elle se reconnaît. Imaginez-vous ça,
à 38 ans, vous vous reconnaissez
dans une vidéo. Elle la regarde
et ce n'était pas une vidéo du couple
en plein ébat qu'on s'entend.
Sur la vidéo, elle était inconsciente,
la pauvre Rachel.
Elle n'a aucun souvenir de l'acte.
Son mari, imaginez-vous donc,
l'a agressé durant son sommeil,
l'a filmé et l'a mise
volontairement sur Pornhub
en 2017, deux ans
plus tôt.
Eh oui, sans lui dire,
il faut être culotté.
Donc, sans son consentement,
elle s'est retrouvée sur le site web
avec plusieurs centaines
de milliers de vues. Le titre,
ainsi que des mots-clés accompagnant
l'enregistrement d'environ quatre minutes,
avait des tags comme
« Somnifère », ce qui suggère fortement
qu'elle était sous l'influence de médicaments.
Elle aurait été droguée,
ou possiblement oui ou non, mais là,
si elle s'en rappelle pas, c'est louche.
Lors de sa découverte,
la vidéo ressentait
des dizaines de milliers de vues sur Pornhub.
Et le lendemain matin,
elle est allée voir la police,
qui a lancé une enquête immédiatement.
Quelques jours, la vidéo
a disparu toute seule de Pornhub
et les mots-clés associés
n'ont plus donné aucun résultat.
Mais même si cette vidéo a depuis
été retirée de Pornhub,
elle s'est ensuite propagée sur d'autres sites,
totalisant environ 200 000 vues,
selon la jeune femme.
Donc vraiment, ça s'est multiplié
malgré le fait qu'elle a été enlevée.
À un certain moment, elle a arrêté
de compter les vues parce que ça continuait
de monter sans arrêt.
Sa vidéo engendre au moins une dizaine
de pages de résultats sur Google,
imagines-tu, une dizaine de pages.
Et là, je la cite
« Regarder la vidéo cette nuit-là m'a rendu
malade et ce sentiment
n'est jamais reparti. »
Et là, depuis, elle souffre
de troubles anxieux, c'est pas le choix d'être
un peu paranoïaque quand ça t'arrive.
Elle dit être souvent réveillée
la nuit par des crises de panique
ou encore des cauchemars.
C'est pour elle une sorte de stress permanent
qui lui entraîne des nausées
et des troubles digestifs constamment.
Elle consacre
chaque mois un total d'heures
qui équivaut à plusieurs journées complètes
à tenter de faire retirer
l'enregistrement sur le web.
Et donc là, c'est un gros combat
parce qu'il y a plusieurs plateformes,
il y a 10 pages Google de résultats.
Elle tente de faire le ménage
du mieux qu'elle peut sur Internet,
mais même après plus d'un an,
retirer une à une les traces
de cet enregistrement-là est un très
long combat et sa boussole émotive
navigue entre résignation
et espoir. C'est difficile
de garder espoir dans un cas comme ça.
Rachel affirme qu'il génère
actuellement encore plusieurs centaines
de résultats contre 1900
résultats en janvier 2021.
Elle n'a pas l'intention d'abandonner,
mais elle se sent seule dans son combat
car il n'y a pas d'organisme
que l'on peut appeler dans un cas comme ça.
Et même les ressources policières sont limitées.
C'est du cas par cas.
Et ce qui est très difficile ici
pour les victimes de ce type de crime,
c'est que justement, les traces numériques
reviennent toujours comme un virus.
Heureusement, son ex-mari,
parce qu'elle l'a laissé en bonne chose,
c'est pas un très bon parti,
quelqu'un qui te drogue
et qui te filme à ton insu,
donc elle l'a laissé,
puis son mari a été arrêté en juin 2021
et il sera accusé
de pour agression sexuelle
et distribution d'images intimes
sans consentement. Mais les images,
elles, risquent de demeurer à jamais
à quelque part dans les entrailles
du web.
Dorénavant, le terme « somnifère »
n'est plus autorisé par Pornhub.
Puis j'espère, je savais même pas
que les gens tagaient ça,
comme si c'était un kink
ou un fantasme de voir
des gens inconscients
se faire violer.
Honnêtement, avant de faire ce cas-là,
le monde de la porno n'est pas inconnu,
mais moi non plus, je pensais pas
que les gens faisaient ça.
Il y a même une vidéo d'une des plaignantes.
On voyait l'homme qui l'agressait.
Souvent, dans les vidéos de viol,
ils mettent le doigt dans l'œil
pour prouver qu'il est inconscient.
Ok, la grande classe.
Dans la tourmente, depuis l'article
du New York Times, le géant de la pornographie
a annoncé des nouvelles mesures
pour tenter d'être à l'avant-garde.
Et là, je le cite en matière
de lutte et d'éradication
du contenu illégal.
Le 15 décembre 2020,
une date qui restera dans les entrailles
de l'Internet, s'est déroulée
la purge de Pornhub.
Et c'est même devenu une entrée
dans Urban Dictionary, vous savez,
le fameux lexique urbain.
The Great Pornhub
Purge ou The
Fapocalypse. Je vous explique
parce qu'en anglais, ce masturbé,
c'est du fapping, donc fap,
donc le fapocalypse,
l'apocalypse du fapping, je vous laisse
figurer. Le contenu Pornhub
de millions d'utilisateurs a été soudainement
et délibérément supprimé par
eux dans un dernier recours désespéré
pour interdire efficacement
la publication de contenus qui sont
contraires aux règles ou illégales
sur leur plateforme. Parce que c'est
vrai que dans leurs règles, c'est pas
légal écrit, mais
ils ne l'appliquaient pas dans
la modération en tant que tel.
La purge a causé un grand
deuil au sein de la communauté
Pornhub, car jusqu'à 80%
de son contenu a été supprimé.
Parce qu'il faut savoir que, oui,
il y avait beaucoup de contenus dégueux,
mais il y avait aussi du contenu
« normal » parmi
ce contenu-là. Dorénavant,
seuls les utilisateurs
vérifiés, et on met ça en une
grosse guillemets, peuvent publier
du contenu et le téléchargement
des vidéos est désormais réservé
aux utilisateurs qui payent.
Donc, tout le contenu passé
mis en ligne de façon anonyme
a été supprimé. Je comprends même
pas pourquoi on peut télécharger
ces vidéos-là.
Moi, ils offraient l'option
pour ces archives, pour ces archives
personnelles. Non, mais je comprends
l'intérêt de quelqu'un qui veut le faire,
mais je comprends pas l'intérêt de Pornhub
d'avoir une feature comme ça sur le site.
Ça devait être pour se distinguer,
j'imagine,
par rapport à ça, mais c'est clair.
Mais même ça doit faire diminuer
les revenus publicitaires.
Je suis sûr qu'aujourd'hui,
ils ont plus de visites.
En fait, je me pose la question depuis
qu'ils ont enlevé ça, parce que t'as raison,
si la vidéo, tu l'as pas.
J'ai l'impression qu'à la base, c'était peut-être
juste une feature pour compétitionner les autres,
parce que les autres le font. Je le sais pas,
c'est une bonne question.
En outre, ils se targent maintenant
à avoir recours à des technologies d'intelligence
artificielle qui aident ces modérateurs
à détecter les contenus illégaux, y compris
ceux qui concernent l'exploitation
des enfants. Mais ni l'âge,
ni le consentement des personnes
qui ont filmé son vérifier.
Ça peut être difficile à vérifier.
Ils ont été interrogés sur ce point.
MindGeek n'a jamais voulu
répondre aux journalistes sur cette question-là.
Moi, ça, ça me dérange.
Il faut aussi noter que depuis sept ans
et encore à ce jour,
si vous voulez vous abonner à Pornhub
et toutes les filiales,
et vous avez une MasterCard ou une Visa,
c'est impossible. En fait, toutes les cartes de crédit
ont lâché Pornhub.
Il est juste possible de payer en crypto-monnaie.
Je sais pas si vous vous rappelez de la saga
OnlyFans qui a eu lieu cet automne
où ils menaçaient de retirer
le contenu pornographique.
C'était dû à des menaces
des compagnies cartes de crédit
qui ne voulaient plus s'associer
à des entreprises qui produisent
du contenu de nature pornographique.
Mais finalement, ils se sont ravisés.
Je pense que l'argent en gang
versus, ils n'ont pas tant de scandale
versus Pornhub.
Mais je suis allé revérifier.
Et encore, aujourd'hui, on peut juste payer
avec de la crypto-monnaie si on veut s'abonner.
Ça a dû leur faire mal.
Oui, mais moi je trouve que c'est
un beau moyen de pression
d'avoir les compagnies
de crédit, les compagnies de cartes de crédit
qui disent, écoutez, vous ne pouvez plus
payer avec nos moyens.
Mais on s'entend que quand
on veut le faire, il y a toujours moyen
d'y arriver, même en crypto.
C'est pas si difficile
d'avoir accès à des crypto-monnaies.
Exact, tu prends ton truc de crypto,
tu prends ta visa, t'as la MasterCard,
t'achètes des cryptos, même si
il y a plus d'étapes. Mais
reste que moi aussi, j'étais content quand même
qu'il y ait cette pression-là.
Parce que Pornhub, en tant que tel,
s'ils avaient pris leur responsabilité,
en fait, tant qu'ils ne prennent pas leur responsabilité
pour vrai, moi
j'évite d'y aller. On devrait
être par éthique. Parce que
je ne veux pas leur donner des revenus,
ça me dérange
qu'ils ne prennent pas leur responsabilité.
Retourne au club vidéo, Sam.
Avec les portes coulissantes, dans le fond.
Est-ce que ces mesures auraient vraiment
changé la situation de nos deux histoires
s'il avait été fait avant Emile?
C'est assez dur à dire.
Il reste qu'il est encore possible
de récupérer une vidéo sans la télécharger,
un peu comme tu le disais tout à l'heure,
on peut bisonner tout ça à gauche, à droite.
Il est aussi possible d'enregistrer
depuis son écran d'ordinateur,
ou même de téléphone.
Donc, on dirait qu'encore une fois,
quand je vous le dis, une fois qu'une vidéo est créée,
c'est impossible de l'enlever,
peu importe les mécanismes,
que ces sites-là vont mettre en place.
C'est sûr que s'il y a des règles
et des lois sévères
qui mènent à l'emprisonnement, je peux te dire
que là ils vont en faire de la modération comme du monde.
Bref, sans parler
aussi que des sites pour déposer
ce type de contenu-là,
il en existe beaucoup trop.
Une autre histoire horrible pour vous,
mais cette fois-ci, c'est avec un fournisseur
de contenu de Pornhub.
Peut-être que vous n'avez déjà entendu parler.
C'est une histoire qui a fait beaucoup de bruit.
Oui, vraiment.
Avec le producteur
Girls Do Porn.
On se retrouve un soir d'hiver
en 2015. Jane,
c'est son faux nom,
quitte le domicile de ses parents
où elle séjourne pour la fête de Thanksgiving
et se rend dans un hôtel situé
dans un quartier populaire de la ville.
Jonathan, le recruteur
de l'agence de mannequin avec qui
elle est en contact depuis plusieurs semaines,
l'a retrouvée dans le hall d'entrée.
Elle hésitait à s'engager
dans un tournage de films pour adultes
et elle n'était pas tout à fait sûre
de ce que cela allait impliquer.
Elle s'imaginait faire un film indépendant
avec des scènes sexuelles ou dénudées
de plus ou moins bon goût.
Quoi qu'il en soit,
elle avait besoin d'argent pour aider ses parents
et Jonathan l'avait finalement convaincu
d'accepter de ne travailler que quelques heures
de travail en échange
de plusieurs milliers de dollars.
Une belle opportunité pour elle.
Il se montre très doux
en l'accompagnant à l'étage.
Jane entre dans une chambre d'hôtel
délabrée où un caméraman l'attend.
Une caméra est braquée
sur le lit. Une maquilleuse,
une femme plus âgée qu'elle,
lui demande alors ce qu'elle fait là
et comment elle a bien pu se retrouver
dans cette situation.
C'est le premier moment où elle sentit
que quelque chose ne tournait pas rond.
Il y en a eu plusieurs de ces moments.
Au début, elle croyait
que cette intuition était de la nervosité.
La maquilleuse est partie.
Jonathan lui dit de se déshabiller.
Il prend quelques clichés d'elle
en disant qu'il les envoie à son patron,
puis l'informe
que comme elle avait des cicatrices
sur la poitrine et de la cellulite
sur ses cuisses, son salaire serait réduit
de plusieurs milliers de dollars.
Ben voyons.
Plusieurs milliers de dollars.
Il dit qu'il va la payer plusieurs milliers de dollars
puis il enlève plusieurs milliers de dollars.
En panique,
celle-ci s'isole dans la salle de bain
où elle remarque qu'elle a ses règles.
Elle est soulagée.
Il allait devoir reporter le rendez-vous,
pense-t-elle, et elle pourrait partir.
Quand elle est sortie de la salle de bain,
ça s'est pas passé comme elle voulait.
Ses vêtements avaient disparu.
Elle s'est excusée et leur a expliqué
que ce n'était pas le bon jour.
Il l'attrapa et l'amenait de force
dans la salle de bain.
Jonathan est devenu très agressif.
Il entra alors dans une colère noire.
Sa gentillesse et sa douceur du début
s'étaient envolés.
Jonathan prit alors une petite éponge
circulaire et sans lui demander
son avis, écarta ses jambes
et l'enfonce dans son vagin
aussi loin qu'il le pouvait.
Elle est complètement sous le choc
et totalement effrayée.
Elle abdique donc. Elle était là,
nue, dans une chambre d'hôtel,
seule, avec ses deux hommes.
Elle qui croyait
qu'elle allait participer à une production
légitime avec une vraie équipe.
Pour en rajouter,
elle s'est mise à complètement flipper
lorsque Jonathan lui révèle à ce moment-là
qu'il n'y aura pas d'autre modèle masculin.
Elle était là pour faire l'amour avec lui,
devant la caméra.
La vidéo, selon lui,
ne permettrait jamais de remonter
jusqu'à elle.
La vidéo ne devait prendre que quelques heures.
Elle est rentrée à l'hôtel à 9 heures
le matin et elle est sortie
à 16 heures.
Imaginez, c'est pas une...
Allons, c'est des longues heures. Oui, c'est ça.
Ce qui s'est passé dans cette pièce
a complètement bouleversé la vie de Jane
et la hante depuis. Et ce n'est pas
la seule. Elle fait partie des 22
femmes qui ont poursuivi la société
de production pornographique frauduleuse
Girls Do Porn et obtenu
plus de 40 millions de dollars en dédommagement
en 2020 et dont les témoignages
ont conduit le FBI
à inculper les propriétaires
et exploitants du site. Jonathan,
de son vrai nom, Reuben
Henry Garcia, a plaidé
coupable de trafic sexuel en décembre
2020. Teddy Guy,
le caméraman,
a plaidé coupable d'avoir menti à
Jane, ainsi qu'à de nombreuses
autres femmes, quant à la manière
dont les vidéos seraient distribuées.
Michael Pratt,
co-propriétaire de la compagnie
avec Matthew Wolf, figure
sur la liste des personnes nées plus
recherchées par le FBI depuis qu'il a
vraisemblablement fui le pays.
Il faut savoir que de 2009
ou 2012, selon certaines versions,
à octobre 2019,
dans le district sud de la
Californie et ailleurs aux États-Unis,
Michael, James Pratt et d'autres
auraient participé à un complot
visant à recruter des jeunes femmes adultes
et mineures pour se livrer au
commerce du sexe par la force,
la fraude et la coercition.
Pratt et son associé Matthew
Wolf possédaient et exploitaient
la société de production
Girls Do Pornes et Girls
Do Toy. Et c'était
un fournisseur de contenu premium pour
Pornhub. C'est pour ça aussi
qu'on voulait vous en parler.
Mais eux, c'est pour ça que c'est une compagnie
frauduleuse parce que de A à Z,
tout ce qu'ils ont fait, c'est produire du
contenu en mentant
aux filles. C'est pour ça qu'ils ont perdu
en cours et sont condamnés.
Ils leur disaient que, on va en parler un petit peu plus
loin, c'était pas vraiment le même genre
de distribution qui s'attendait.
Michael Pratt et ses complices
auraient recruté des jeunes femmes des quatre coins
des États-Unis en publiant sur internet
des annonces pour des emplois de mannequins
mais vêtues.
Une fois sur place, elles se faisaient
plutôt dire que c'était finalement des vidéos
à caractère pornographique et qu'elles
seraient payées entre 3000 et 5000 US
pour un tournage vidéo d'une journée.
Pour les persuader
d'y participer, il aurait convaincu
les femmes qu'elles resteraient anonymes
et que leurs vidéos seraient fournies aux collectionneurs
privés sur DVD
et ne seraient pas publiées sur internet.
Michael Pratt
aurait payé également d'autres jeunes
femmes pour agir comme références
pour rassurer les femmes que s'ils filmaient
une vidéo, la vidéo ne serait pas
publiée en ligne.
Certaines des victimes n'ont pas été autorisées
à quitter les lieux du tournage
jusqu'à ce que les vidéos soient réalisées
et d'autres auraient été forcées d'accomplir
certains axes sexuels
qu'elles avaient refusé de faire.
Certaines auraient été agressées aussi sexuellement.
Le site
Girls Do Porn
ont généré plus de 17 millions
de dollars américains en chiffre d'affaires.
Un mandat d'arrêt fédéral
a été émis contre lui par le tribunal
en novembre 2019.
Seules quelques-unes des centaines
de femmes filmées par Girls Do Porn
entre 2009 et 2020 ont parlé
publiquement de ce qu'elles ont enduré.
Leurs histoires sont toutes similaires.
Elles ont répondu à une annonce
pour du mannequinat sur Craigslist
qui les invitait à rencontrer des agents
dans un hôtel non loin de leur ville natale.
La nature pornographique
du tournage était généralement omise
jusqu'à l'arrivée à l'hôtel.
Lorsque l'équipe de Girls Do Porn
révélait le véritable objectif du tournage,
elles mentaient aux femmes
en leur disant que les vidéos
ne seraient vendues que dans d'autres pays
et ne seraient pas disponibles en ligne,
comme on vous disait.
C'est assez fou.
C'était quand réellement un réseau
de trafic sexuel
qui opérait au grand jour.
C'est traumatisant.
C'est peut-être le plus gros scandale
que ce que we Pornhub,
mais Dieu seul sait combien
en a en fait d'autres compagnies
de production comme ça.
Le site de Girls Do Porn
est désormais hors ligne.
Ces vidéos ont été pour la majorité
retirées de la plateforme
et les procès ont abouti à plusieurs
condamnations et heureusement.
Pourtant, l'histoire de Jane montre
comment les crimes commis par
la gang de Girls Do Porn
continuent de peser sur la vie des victimes.
Pendant le process civil,
les avocats de Girls Do Porn
ont demandé à Jane et aux autres
plaignantes pourquoi elle n'était pas
partie tout simplement. Vous savez,
c'est toujours la question
que les avocats de la défense demandent.
Si elles étaient si mal à l'aise,
pourquoi sont-elles restées dans la chambre d'hôtel?
Mais je la cite,
« À ce moment-là, quand il a poussé
cette chose en moi en faisant référence
à l'éponge, je ne sais pas.
Comment étais-je censé partir,
sachant qu'il était capable de choses comme ça?
J'étais là, nu,
ils avaient ma carte d'identité,
mon portefeuille, mes vêtements.
Que pouvais-je faire?
Sortir dans la rue sans rien?
Pas même mon téléphone? »
Et elle a tout à fait raison.
Je trouve que c'est tellement
une question cheap.
Elle ne le sait pas, elle.
Il y a peut-être un agent de sécurité,
un bodyguard
qui l'attend pas loin
ou il y a peut-être d'autres gens
qui sont là pour l'amener ailleurs,
ou même pour la kidnapper.
Ce n'est pas évident de se mettre
à la place des victimes dans un cas comme ça.
Ils ont peur pour leur vie.
Au moment que ça arrive,
ils sont plus vulnérables.
C'est une femme, généralement,
ils sont moins fortes physiquement.
Il y a deux hommes.
Déjà là, il a été super agressif avec elle.
Jusqu'où il peut aller.
Je suis comme toi là-dessus.
Les avocats de la Défense,
souvent, je sais qu'ils n'ont pas le choix
de la poser la question.
Je trouve ça cochon.
Dans la chambre d'hôtel,
il s'était empressé de lui faire signer
les papiers à Jane,
lui assurant à plusieurs reprises
qu'aucune image tournée ce jour-là
ne serait vue par ses amis et sa famille
et que le film serait vendu à des collectionneurs
privés en DVD
pour des adultes en Nouvelle-Zélande
et en Australie.
Tout est là pour la rassurer,
mais bon, on sait que ce n'est pas
exactement ce qui s'est passé.
De façon diligente,
elle voulait prendre le temps de lire le contrat
tandis qu'eux, impatients,
lui reprochaient de leur avoir déjà fait perdre
assez de temps.
Elle avait la pression sur elle pour accélérer.
Ils ont passé les heures suivantes
à filmer des rapports sexuels
agressifs sans aucune autre
communication que la critique
de sa performance.
À plusieurs reprises, elle demanda
qu'on arrête parce que la douleur était
trop forte et qu'elle ne pouvait plus
continuer. Mais elles ne l'ont
pas écouté. Sur un tournage
pornographique légitime, les limites
sont établies évidemment, le consentement
des participants est vérifié
et le processus contractuel est convenu.
Donc, toutes les parties concernées
déterminent ensemble
ce qu'ils vont faire et ce qu'ils ne vont pas
et à quel moment une scène doit
s'arrêter, que ce soit pour un instant
ou pour le reste de la journée. Même dans certains cas,
ça va être plus respectueux que ça
si l'actrice considère
que même, je ne sais pas moi,
il n'y a pas assez d'hygiène sur le plateau
ou autre, elle peut call it off.
Mais là, on parle de
le tournage beaucoup plus professionnel que ce qu'on a
ici.
Selon plusieurs autres dirigeants
d'entreprises, productrices de contenus pour adultes,
ces crimes A&E
ne sont pas le reflet de l'industrie.
Aucune société de production pornographique
digne de ce nom ne procède
comme le fait Girls Do Porn.
Mais bon, on a vu aussi des documentaires,
on sait qu'il y en a qui sont entre les deux.
Une éthique douteuse,
oui, les acteurs-actrices
sont consentants, mais bon,
permettez-moi de foncer les sourcils.
C'est pas tout le temps.
C'est une industrie,
souvent, je trouve que malheureusement,
ça finit mal.
C'est con,
mais il n'y a pas de syndicat
comme sur un plateau de tournage de télé professionnel.
On dirait qu'il y a personne
qui observe, rapporte,
puis s'assure qu'il y a un minimum
d'éthique derrière ça.
C'est encore très flou pour une industrie
qui existe depuis tellement longtemps.
Mais d'ailleurs, s'il y en a qui connaissent
un peu plus ça,
dites-nous peut-être dans votre pays,
je ne sais pas s'il y en a des plateaux
qui sont mieux organisés ou s'il y en a des standards
qui sont en train de se développer à ce niveau-là.
J'ai aucune idée,
mais j'ai l'impression qu'il y aurait un besoin.
Oui, mais je sais qu'il y a de la porno
de plus en plus,
disons moins hétéro-normative,
disons d'une vision hétéro
plus féminine
et tout ça.
Je sais que ça existe de plus en plus
de la porno éthique,
mais de ce que je remarque,
ce n'est pas mainstream parce qu'il faut la payer
souvent, la porno éthique.
C'est moins trash que…
Oui, ben oui, exactement.
En parlant de trash, je lisais des stats sur la porno,
et ça, ça m'a un peu dégoûté.
C'est une analyse,
là on s'entend,
ils ont analysé des tonnes de vidéos,
et c'est plus de 70 % des vidéos
qu'à l'intérieur de la vidéo,
même dans les vidéos légales,
il y a toujours une connotation
à la violence, à l'agression,
pas toujours forte, mais il y a toujours
une connotation dans sept vidéos sur dix
pornographiques au total.
Puis même l'inceste,
les mots-clés recherchés,
on sait que c'est des acteurs,
c'est des actrices,
mais je trouve toujours ça
troublant de voir que
les gens vont rechercher « step-mother »
ou « step-sister »
dans les top recherches de Pornhub,
comme si la majorité
des utilisateurs
cherchaient ça.
Oui, il y a même une catégorie « families ».
C'est ça, « families »,
ça m'a troublé,
et il est dans les autres, comme tu dis, dans les tops.
Sans oublier « Fortnite »
qui ressort toujours dans les tops,
ce qui est un peu troublant, ça aussi.
Après avoir terminé le tournage
avec Jane dans l'après-midi,
humiliée et épuisée,
elle a été escortée de l'hôtel par Jonathan.
En quittant, elle a vu
la fille suivante arriver,
l'actrice suivante.
Elles sont passées l'une devant l'autre
en se regardant dans les yeux.
Elle aurait aimé lui dire de s'enfuir,
mais c'était impossible.
Elle est donc rentrée chez elle, seule,
en ne sachant pas trop ce qui allait arriver
à l'autre actrice qui venait d'arriver.
Après le tournage,
Jane est retournée à sa vie
malgré qu'elle a été quand même assez traumatisée.
Elle a repris les cours,
les choses semblaient normales.
Par honte, elle ne voulait pas
se confier à ses amis ou même à sa famille
sur ce qui lui était arrivé.
Elle se disait qu'elle allait passer à autre chose,
sauf qu'à la mi-janvier de l'année
suivant la vidéo, tout bascule.
Lors d'un événement sur le campus
qu'elle avait aidé à organiser,
Jane remarque qu'elle avait perdu de vue
depuis quelque temps sa meilleure amie
qui était aussi de l'organisation.
Elle finit par la trouver
assise avec une autre de leur amie,
toutes les deux les yeux rivés
sur leur téléphone.
Elles avaient des regards inquiets
et se sont mis à pleurer en voyant Jane.
Elles ont montré le téléphone,
elle était là dans une vidéo
introduite par Girls Do Porn
sur ce lit, dans cette chambre.
Et là, Jane s'est effondrée
sur le sol,
comme si une bombe avait explosé
dans son cerveau, parce qu'évidemment
elle s'était fait dire que ça se retrouverait
jamais en ligne.
Donc elle se rend compte qu'elle s'est faite
mener en bateau, si on veut.
Ses amis l'ont ramassé
et l'ont amené loin de la foule.
Son téléphone était bombardé de notifications
venant de partout et de courriels.
Elle se rend compte alors qu'ils faisaient
la promotion de chaque vidéo
sur les réseaux sociaux.
Ils envoyaient le lien de la vidéo à des gens
trouvés parmi les amis Facebook de la victime
donc en mode
sexe-torsion activé.
Il suffisait qu'ils envoient le lien
à la mauvaise personne et la vidéo
devenait virale tout de suite.
Le directeur de son école
l'appelle inquiet.
Et suite à cet événement, elle a renoncé
à des postes de responsabilité dans la communauté
et a suivi ses cours
en restant très discrète.
Ses amis l'ont encouragé à affronter
les commentaires et les regards.
Au bout de quelques mois, sa honte profonde
s'est transformée en autre chose.
Elle a commencé à ressentir
un fort désir de vengeance.
Kill Bill, bien-tant.
Exact, c'est tout en son honneur.
Il faut beaucoup de courage brésilien,
honnêtement.
Surtout quand t'es effondré
comme ça, sous le poids de la honte.
C'est des jeunes, elle était mature
mais elle était quand même en début de vie.
Oui, c'est des jeunes adultes.
Elle s'est lancée alors
à la recherche des hommes
qui avaient abusé d'elle.
Elle a essayé de contacter Jonathan,
le fameux réalisateur et le cameraman
à plusieurs reprises.
À un certain moment, le numéro de Jonathan
est devenu hors service.
Mais le cameraman a fini par répondre
après plusieurs tentatives.
Elle lui a dit qu'ils avaient détruit sa vie.
Il a dit qu'il ne pouvait pas en parler
et il l'a raccroché tout de suite.
Elle est alors partie en croisade
traquant toutes les copies de la vidéo
mise en ligne et les signalant
aux plateformes comme du porno non consensuel.
Après avoir essayé
pendant des mois de faire disparaître
la vidéo par ses propres moyens,
elle a fait appel à un service
pour le faire à sa place et a déposé
une demande de retrait en vertu
du Digital Millennium Copyright Act.
Vous savez,
ce qui permet justement
de faire retirer
des vidéos qui
enfreignent des droits d'auteur
et de la musique et autres.
Ce n'était pas suffisant, mais cela lui a donné
une piste à suivre.
La personne qui gérait ce service
lui a dit qu'un nombre important de victimes
de Girls Do Porn, la compagnie de production,
avait demandé leur aide
et lui a conseillé de parler à Carrie Goldberg,
une avocate spécialisée
dans ce domaine.
Goldberg travaillait sur une affaire
basée sur le témoignage de plusieurs femmes
qui avaient été forcées de tourner
des films pornographiques pour Girls Do Porn.
Jane a donc rejoint
la poursuite en 2016.
Ça a dû lui faire du bien de trouver
enfin des alliés et des gens
qui pouvaient l'aider dans sa croisade.
Oui, et de voir qu'elle n'était pas la seule non plus
à vivre ça. Je suis sûr que ça doit enlever
une certaine culpabilité parce que
tu dois te sentir coupable. Pourquoi j'ai fait ça?
C'est sûr que tu te blames.
Ces gens-là doivent se blâmer
constamment.
En tant que victime, j'aurais pas dû faire ça,
j'ai été naïve et tout ça alors que
ils n'ont pas à se blâmer du tout.
C'est pas elle le problème.
Pour en rajouter encore plus,
les preuves présentées au tribunal
montrent que les opérateurs de
Girls Do Porn ont intentionnellement
exposé des détails sur l'identité
des victimes, ce que l'on appelle
le Doxing, en partie sur un site
appelé Porn WikiLeaks
qu'eux-mêmes ont géré de novembre 2015
à juin 2016.
Dégalasse.
Ils sont dégueulasses, eux-là,
de A à Z.
Je ne savais pas qu'ils avaient créé
des vrais salauds.
Je ne savais pas qu'ils avaient créé ce genre de Wiki.
Franchement.
C'est-tu un manque de racis,
de la misogynie au top.
Le Doxing,
c'est une pratique, on en a souvent parlé
à Distortion, souvent on le voit chez les
Twitch, en fait, c'est des gens qui vont
révéler, souvent ils réussissent à le trouver
via l'adresse IP, vont révéler l'adresse
physique,
l'adresse civique de gens
afin de les exposer, de les mettre
en danger. On l'a vu dans plusieurs cas
de Streamer Twitch, on en a parlé
dans le cas de Pop Smoke aussi,
dans la Mini-Disto,
donc lui c'était un peu involontaire,
son truc, et c'est comme Doxing lui-même.
Ce site hébergait,
on parle de Porn WikiLeaks,
ce site hébergait les noms complets
des victimes, leur adresse personnelle,
leur numéro de téléphone,
leur adresse électronique et
les comptes de réseaux sociaux des membres
de leur famille. Donc ça allait loin.
Heureusement,
la vie a repris son chemin pour Jane
et depuis qu'elle a obtenu son diplôme
universitaire, elle gère des clients
pour des sociétés financières et reçoit
une reconnaissance nationale pour ses résultats.
Mais le cauchemar est loin
d'être conclu. Elle en subit
encore les conséquences et le harcèlement
n'est pas terminé. Souvent,
ce ne sont pas les sites pornographiques
qui causent les pires dommages, mais les
plateformes grand public comme YouTube,
Twitter et Reddit, où les gens
partagent ces vidéos, discutent
et peuvent même l'insulter.
Comme vous allez voir, c'est pire
encore que les plateformes porno.
Sur Internet, les internons
l'identifient comme modèle
de Girls Do Porn dans des vidéos
YouTube et taguent les lieux
pour lesquels elles travaillent,
ça meurt, avec des liens
vers les vidéos sur les réseaux sociaux.
Sur Reddit, les vidéos
qui révèlent les noms des modèles
prolifèrent. Quelqu'un les envoyait
à son patron, qui n'a pas pu
la regarder en face par la suite.
L'entreprise a été compréhensive
et d'un grand soutien pour elle,
mais sa vie au travail imaginé
a complètement changé. Aujourd'hui,
elle a peur de recevoir
quelque reconnaissance ou même
de se voir confier les projets qui
attirent trop l'attention sur elle.
Elle veut vraiment rester discrète,
être un fantôme, et on la comprend,
elle veut se faire oublier.
La plateforme qui, selon elle,
laisse passer les pires
abus est Twitter.
Chaque fois qu'il y a une tentative
de doxing ou un pic de harcèlement,
cela se répand rapidement sur Twitter,
selon elle, où les internons
taguent encore une fois ses employeurs
avec des captures d'écran dél nu
ou des liens vers la vidéo,
ou encore disponibles sur un site
pornographique. Le monde,
à quoi ça leur sert de faire ça?
À quoi ça sert?
Je veux dire, elle n'a pas d'ennemi.
Comment tu peux être
si mal intentionné?
C'est gratuitement
derrière ton clavier.
J'espère que ces gens-là, le karma
va les rattraper, honnêtement.
Je leur souhaite plein de choses.
Elle est déjà restée
assise pendant deux jours à rechercher
chaque mot clé, à contacter Twitter,
à essayer d'obtenir de l'aide,
à faire des copiers collés, à rédiger
des e-mails évoquant les décisions du juge.
Donc, de devoir faire face
à tout ce contenu horrible à chaque fois,
à nouveau, c'est insupportable
pour elle. Parce que ça
arrête jamais. Elle ne peut jamais tourner la
page maintenant qu'elle a une nouvelle carrière.
Ça n'a pas de bon sens.
Petite parenthèse, vous allez voir,
en 2017, Rob Kardashian a publié
une vidéo de Revenge Porn sur Twitter.
Et la plateforme a été critiquée
pour l'avoir laissée en ligne pendant 30 minutes.
Quatre mois plus tard,
Twitter a publié de nouvelles
directives, en fait, pour tenter d'empêcher
la propagation du Revenge Porn.
Mais pour Jane,
la procédure de plainte a abouti
au retrait de la vidéo après plus de
sept jours, période pendant laquelle
elle est devenue encore plus virale et
hors de contrôle. Donc en fait, c'est le parallèle
pour vous dire. Une vidéo qui a été laissée
30 minutes, mais l'autre,
elle, sa vidéo, elle est restée
plus de sept jours. Donc imaginez
l'ampleur de la
copie, de la viralité.
Je comprends
que les plateformes, ce n'est pas évident pour elle.
On en revient souvent à ça, la modération
du contrôle. Il y a
ça aussi. Mais il va vraiment
falloir qu'il y ait un laxisme,
il faut qu'il mette plus d'argent dans
cette modération-là.
YouTube a également ignoré les plaintes
de Jane et de l'équipe juridique
qui l'aide. La pornographie n'est
pas autorisée évidemment sur YouTube et la
violence et l'intimidation sont théoriquement
pas tolérées, mais on peut trouver sur la
plateforme, entre autres justement, des extraits
des vidéos de Girls Do Porn,
qui sont « safe for work »,
généralement des interviews avec
les femmes avant les scènes,
alors qu'elles sont encore habillées et assises
sur le lit. Bien qu'il n'y ait pas
de nudité ou de sexe, les femmes
dans les vidéos sont souvent taguées
dans les commentaires et dans le titre,
et dans certaines vidéos, des photos personnelles
prises sur les réseaux sociaux sont ajoutées.
Une vidéo aux accents
profondément misogyne,
qui alterne entre des séquences de jeux vidéo
et des captures d'écran de quatre femmes différentes
filmées par Girls Do Porn,
a été vue à plus de deux millions de fois,
puis le nom complet de toutes les femmes
ont été indiquées dans les commentaires.
La classe encore une fois ?
Ça a pas de bon sens, c'est comme si c'était un gros
lexique qui suit tout le temps.
Dans une vidéo YouTube, quelqu'un
a mis le nom de Jane dans le titre,
puis a monté une série de captures d'écran
de son historique professionnelle
sur LinkedIn, en ajoutant son adresse
électronique et des instructions
pour trouver d'autres extraits de la
sextape originale sur Google.
La vidéo est restée sur YouTube pendant
cinq mois.
Jane a essayé de la faire retirer, mais
YouTube n'a pas agi avant que Motherboard,
qui est la section techno
de Vice, ne la signale pour
Doxing.
Elle a maintenant été retirée pour avoir violé
la politique de YouTube, mais
si Vice avait pas fait de plainte,
puis même il a fallu qu'il demande une entrevue
pour qu'il agisse, parce que même la
première plainte, il l'avait pas fait,
puis là ils ont comme, peux-tu parler à un représentant ?
Puis là où ?
C'est pour ça que je te dis que
je comprends une certaine
partie que c'est
dur de faire la modération,
mais on dirait que d'un autre côté,
ils sont pas très agiles
dans le temps d'agir.
Pas très réactif.
Exact. Charles de Barber,
qui est un analyste chez Phoenix,
advocate et consultant,
est aussi un spécialiste de la suppression
des contenus pornographiques non consensuels
en ligne, explique lui que YouTube
est la plateforme la moins réactive
à laquelle il a jamais eu affaire
de sa carrière. Lorsqu'il a essayé
d'aider Jane à faire retirer
cette vidéo, la plateforme a ignoré
ses demandes à lui aussi. C'était comme
crier dans le vide, selon ses dires.
C'est l'une des humiliations les plus
dégradantes pour une victime de crimes
sexuels qu'il n'ait jamais vue. L'employeur
de Jane a même été ciblé
après ça. YouTube ne respecte
même pas ses propres conditions de service.
Selon le rapport de transparence
de YouTube, il faut savoir qu'au cours
des derniers mois de 2020, la
plateforme a supprimé 65 000
chaînes, 77 000
vidéos et 136
millions de commentaires pour
cyberharcèlement dont la plupart
ont été identifiés par un signalement
automatisé. Jane a depuis changé
d'emploi et a peur que le
cauchemar ne la rattrape aussi.
Oui, son short staff,
YouTube, ils ont vraiment
besoin de main d'oeuvre
pour plein de
niveaux, il y a plein
de trucs qui tombent dans les
craques sur cette plateforme-là aussi.
C'est fou, j'ose pas
voir le nombre de chaînes
et de vidéos et de commentaires
qu'ils doivent retirer.
Ça les excuse pas du tout,
mais il y a vraiment un problème
entre le nombre de personnes qui
gèrent cette plateforme-là et le contenu
qui est publié de toute part.
Maintenant, ils font des vrais
profits, pas quelques dollars.
Ça a été long avant qu'ils le fassent,
mais maintenant...
En décembre 2020,
d'autres femmes victimes de Girls
Do Porn ont également déposé
une plainte contre MindGeek.
Ceux qui possèdent Pornhub,
pour vous le rappeler, elles
l'accusent d'avoir sciemment profité des vidéos
de Girls Do Porn sur Pornhub
et de ne pas les avoir modérées
comme il le fallait. Avec
ces autres femmes, c'est ainsi face
à 50 plaignantes que tout Girls
Do Porn et MindGeek
se sont retrouvés. Ils ont
finalement trouvé un accord financier.
Jusqu'à présent, les termes de leur
dérangement sont toutefois restés secrets.
Mais de ce que j'ai lu,
c'est plusieurs millions de dollars.
C'est bien correct.
Ça ne réparera pas ce qu'elles ont vécu.
Mais au moins, il y a eu
une forme de compensation
pour ces femmes-là.
Il y a plein de
poursuites à autres.
C'est surtout qu'eux ont fait du cash
en fait, qui est pas mal
dérangeant grâce à ces
victimes-là.
C'est sûr que c'est pas
la majorité
de leur revenu,
on s'entend. Je pense que
ça doit rester, j'ose croire, une minorité
de personnes qui regardent
ces vidéos-là. Mais reste que
quand tu cumules des centaines
de milliers de vues, de plein, plein,
plein de vidéos, même si c'est plus
anecdotique, c'est quand même
beaucoup de monde.
Mais c'est ça, faut
qu'ils payent pour ça.
Il y a une autre plainte
qui a été déposée
cet été. Il y a une plainte qui a été déposée
en Californie par 34 autres femmes
contre MindGeek.
Ça a été déposé en juin.
Eux, justement, ils accusent aussi
Pornhub et sa maison-mère d'avoir
Siaman mis en ligne des vidéos où elles sont
victimes de viols ou d'autres
abus sexuels, entre autres lorsqu'elles
étaient mineures. Elles reprochent tous
à Pornhub d'avoir tiré profit des vidéos
ayant été mises en ligne à leur
point de vue, sans leur consentement.
Souvent, c'est ça. Soit par leurs petites
amies, si on peut appeler ça des petites
amies, ou des agresseurs,
et elles veulent des dommages et
intérêts. La seule qui est publique,
c'est Serena, celle qu'on a parlé
en début d'épisode. C'est un peu
le visage
de tout
cette histoire-là, ce
phénomène-là. Elle a osé
se montrer au grand jour, utiliser
sa véritable identité.
Elle a beaucoup de courage. Oui. Selon moi,
elle a tellement plus rien à perdre.
Quand on habite dans ta voiture,
elle a plus rien à perdre. Je sais qu'il y a eu
un GoFundMe
qui a été fait pour elle
pour l'aider.
Mais reste que, c'est ça.
Il faut aussi savoir que
le gouvernement canadien dépose un projet de loi
au début de 2021 pour obliger
les plateformes en ligne à retirer tout contenu
illégal. Mais on le sait,
le temps qu'une loi passe,
l'exécuter. C'est ça, ça prend du temps.
Mais au moins, il y a vraiment
des vraies actions
qui sont en cours au niveau
légal pour essayer
de cadrer ça un peu.
Moi, je suis un peu
découragé.
J'ai l'impression que
malgré des mécanismes des doigts et tout ça,
on ne s'en sortira pas
tant que ça et il va y avoir encore plein de victimes
de ce type
de chantage-là.
Tout à fait. Ça nous ramène un peu
sur l'enjeu de la modération
du contenu en fait
qui tout passe par là sur ces plateformes-là
incluant les
plateformes non pornographiques.
Il est important de savoir que le problème
se trouve aussi d'une certaine façon
sur Google, évidemment, parce que
ces plateformes-là sont
référencées sur Google.
Il renvoie par exemple
883 000 résultats
de vidéos sur une recherche avec
les mots Young Porn.
Donc, le National Center
for Missing and Exploited
Children a compilé
le nombre d'images, de vidéos
et d'autres contenus liés à l'exploitation
sexuelle d'enfants
qui lui sont signalés chaque année.
Et en 2015, cet organisme a reçu
des signalements sur 6,5 millions
de vidéos ou
autres fichiers de contenu. C'est vraiment
beaucoup. En 2017,
20,6 millions
et en 2019,
69,2 millions. Donc, c'est
exponentiel ce problème-là.
Je n'ose même pas imaginer avec la pandémie
où les gens sont encore
plus devant leur ordinateur.
Les comportements numériques
ont augmenté.
C'est fou.
On n'a pas 2018,
mais entre 2017 et 2019,
ça a pratiquement triplé.
Donc,
presque quadriplé.
En 2020,
on doit être 80.
Ça doit être débile,
ce chiffre de contenu
qui a été dénoncé.
En 2020, Facebook,
de son côté, a retiré en trois mois
de son site 12,4 millions
d'images liées à l'exploitation
d'enfants sur Facebook.
En comparaison,
Twitter a fermé en six mois
264 000 comptes
l'année dernière pour l'exploitation
sexuelle d'enfants.
Il y en a quand même moins.
Je sais que Twitter est moins populaire,
mais il y en a quand même beaucoup.
L'Internet Watch Foundation,
une organisation à but non lucratif
basée en Angleterre qui lutte contre
les images d'agressions sexuelles d'enfants,
n'a signalé que 118 cas
d'images d'agressions sexuelles sur Pornhub
en près de trois ans.
Un chiffre apparemment
négligeable.
On peut donc constater que l'élimination
des contenus illégaux
est une bataille permanente
pour toutes les plateformes de contenu moderne.
Facebook a annoncé récemment
qu'il avait mis au point un outil pour tenter
d'éviter le Revenge Porn.
Et là, à ce jour,
il n'y a encore aucun dirigeant
de Pornhub qui a été mis
en accusation officiellement.
Mais est-ce qu'il y a des suites à ça?
Est-ce qu'on est en attente de quelque chose?
Oui, il y a le procès américain,
il y a des poursuites aux civils,
il y a différentes poursuites aux civils là-dessus.
Ils ont été entendus devant la commission
parlementaire au Canada, aux États-Unis,
mais c'était juste du témoignage.
Même Serena, elle a témoigné.
Ils ne sont même pas capables de s'excuser.
C'est une forme d'excuse,
mais elle n'est pas sincère,
elle n'est pas directement dite.
Ils s'enlèvent beaucoup les mains.
Je comprends qu'ils ne sont pas responsables
de son cas à elle,
mais c'est que ça s'est fait tellement
pendant de longues années
sans qu'il fasse rien.
C'est sûr qu'il est au courant.
C'est certain, il y a des gens à l'interne
qui analysent le data, les insights.
Ils le voient,
il y en a des modérateurs,
il y en a toujours eu.
Je disais dans un article que
l'évaluation de l'âge,
c'est le modérateur qui décide.
C'est selon le bon vouloir du modérateur.
On le sait de détecter l'âge,
même avec l'intelligence artificielle.
Il y a un certain niveau
qu'on peut détecter,
mais ça reste difficile
entre une fille de 16 ans
et une fille de 18 ans.
Tout ça pour dire
qu'actuellement,
comme je te disais,
tout le monde s'enlève les mains.
C'est sûr qu'il va avoir
des conséquences aux poursuites,
mais actuellement, il n'y a rien.
Juste pour vous dire,
peut-être ceux qui m'ignorent,
ceux qui habitent en dehors de Montréal,
mais le CEO de MindGeek
s'était fait construire
un gros manoir dans un quartier de Montréal.
Déjà, la construction de son gros manoir
avait fait scandale
parce qu'il avait fait à date plein d'arbres
quelques années auparavant.
Des centaines.
Oui, avant de commencer la construction.
Sachez que l'année dernière
ou cette année,
je ne me souviens plus exactement quand,
mais il n'y a pas si longtemps,
le manoir qui était encore en construction
a été victime d'un incendie criminel
et il a vraiment brûlé au complet.
Il n'y a plus rien.
Il y avait plusieurs foyers
et les gens dans l'entourage
disaient qu'ils n'étaient pas surpris
que ça arrive.
Est-ce que c'est une ancienne victime
qui a voulu se venger?
Est-ce que c'est juste quelqu'un
qui n'aimait pas sa présence
dans le voisinage?
Il y a eu une enquête criminelle,
mais on n'a pas eu de détails là-dessus.
Mais disons que
cette compagnie-là
a fait travailler beaucoup de monde à Montréal,
à MindGeek.
Au moins à Montréal,
c'est au moins 7 à 800 employés,
ce n'est pas plus.
C'est des bonnes jobs.
Il y a beaucoup de programmeurs web
qui sont passés par ces compagnies-là.
Il n'y a pas juste MindGeek, il y en a d'autres,
il y en a une à Québec aussi.
Et même des monteurs vidéo et autres,
il y en a beaucoup qui sont passés
là-dedans en début de carrière.
Mais apparemment, c'est quand même assez
difficile
parfois d'être exposé
à ce contenu-là sur le long terme.
Tu dois...
une forme de désensibilisation,
j'imagine.
Ça doit être un peu
particulier, évidemment.
À suivre, à un moment donné,
quand il y aura des développements,
on vous en reparlera, évidemment.
C'est un dossier qu'on suit de près.
Tout ça, j'espère
que ça vous a plu.
Et quand même aussi,
peut-être conscientisé
pour ceux peut-être
qui ont tendance à partager
du contenu intime d'eux-mêmes
avec des gens qui aiment
de faire plus attention à ça.
De savoir qu'on n'est malheureusement
pas à l'abri d'un connard
ou d'une personne
mal intentionnée.
On dirait que c'est ça ma conclusion.
C'est que même si...
La femme, Rachel,
qui s'est faite filmer
pendant qu'elle dormait,
par son mari,
elle le suit deux ans plus tard,
on dirait que c'est là que je me suis dit
qu'il y a comme rien à faire,
malgré toutes les règles,
tu ne peux pas empêcher un humain
d'être une mauvaise personne.
C'est clair.
Il ne faut pas tomber là-dessus.
C'est des malheureux hasards,
si on peut appeler ça comme ça,
de la vie.
J'espère que vous avez apprécié
les Dix-Tordus,
un épisode un petit peu différent
dans le format.
C'est une problématique qu'on voulait aborder
depuis au moins l'an dernier,
quand toute cette histoire est survenue.
C'est peut-être moins narratif
que certaines autres de nos histoires
parce qu'on voulait englober plusieurs histoires,
mais vous exposez un peu
ce côté sombre de cette industrie-là
et on risque de le faire aussi
d'exposer le côté sombre de d'autres industries
et peut-être même d'un jour d'y revenir
parce que je ne pense pas
que ça va se terminer aujourd'hui
avec cette poursuite-là.
En fait, on vous remercie
de votre écoute,
chère audience
et si vous voulez nous dire
ce que vous en pensez, on est très intéressé
d'en savoir plus.
Si vous avez une expérience
de ce côté-là,
si vous voulez partager les choses que vous avez vécues,
vous pouvez le faire. Vous savez où nous trouver.
On est sur Instagram, Distorsion Podcasts,
sur Facebook aussi.
On a un groupe privé de discussion sur Facebook
où c'est très cool
de rejoindre une discussion sur différents sujets
dont on traite dans le podcast.
Et au-delà, on est sur Twitter
aussi, Distorsion Pod.
On est facile à trouver sur Patreon
aussi, vous le savez, Patreon.com
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Et pour terminer, eh bien,
on n'a pas le choix de remercier
nos membres Patreon sans qui
on ne pourrait pas faire ce show, mon cher Seb.
Oh non, et je commence.
Un gros shout-out
à Samuel B,
Delfin B,
Céline WB,
Amélie B et
Anaïs F. Merci à vous.
Beaucoup de B, mais je remercie
aussi Sarah R, Mélissa
VM, Julie
B, un certain
ou une certaine Schmod777
et shout-out à toi,
Stéphanie. Je continue avec
Jay-Lay, Magalie,
Tika, Sébastien G
et Myriam B. High-five.
Un gros câlin à Sonia
C, à Kazi
Bott, à Alex B,
Ophélie L et
Kotof. Et je continue
avec le mystérieux Crabwork,
Marilune B,
Jou Y,
Aiko et Gabrielle
HS. On ne pourrait
pas faire ce show sans la contribution
de Christopher B,
Gabrielle D, Charlotte
F, Mélissa B
et shout-out à Viviane.
Merci à vous tous
de votre soutien. Pour nos chers
membres Patreon, on se revoit dans
l'after-show où on va discuter
du contrôle de la porno sur le web,
un sujet très intéressant. Et pour
terminer Seb, aurais-tu un mot de la fin
pour nous aujourd'hui? Si vous souhaitez
consulter de la porno le plus équitable
possible, retournez vers vos vieilles
cassettes VHS ou encore
vos vieux magazines Playboy.
Oh yes!
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