#88 - Le côté sombre de la porno en ligne (GirlsDoPorn et Pornhub)

Épisode

#88 - Le côté sombre de la porno en ligne (GirlsDoPorn et Pornhub)

Saison
7
Épisode
88
Durée
1 h 15 min
Format
Audio

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Aujourd’hui, la pornographie n’a jamais été autant populaire et accessible, la preuve, 1 recherche Internet sur 5 est en lien avec le sujet. Malheureusement, sur ces plateformes pour adultes, plusieurs vidéos s’y retrouvent sans le consentement des participants. Pornhub, le plus populaire d’entre tous, s’est retrouvé dans la tourmente après des dénonciations l’accusant d’héberger des vidéos pédopornographiques, même des viols. Aujourd’hui, on braque les projecteurs sur un côté sombre de cette industrie qui passe souvent sous silence.

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Avertissement, l'épisode d'aujourd'hui parle de sujets sensibles, notamment de

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viols et de pédopornographie. Nous tenions à vous en avertir.

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Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...

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Des histoires étranges de l'ère numérique.

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Aujourd'hui, la pornographie n'a jamais été autant populaire et accessible.

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La preuve, une recherche Internet sur 5 est en lien avec le sujet.

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Malheureusement, sur ces plateformes pour adultes, plusieurs vidéos se

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retrouvent sur des sites sans le consentement des participants.

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Pornhub, le plus populaire d'entre tous, s'est retrouvé dans la

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Après des dénonciations, l'accusant d'héberger des vidéos pédopornographiques, même des viols.

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Aujourd'hui, on braque les projecteurs sur un côté sombre de cette industrie

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qui passe souvent sous silence. Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?

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Ça va bien toi, Emile Gauthier?

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Ça va très bien parce qu'aujourd'hui, on a une belle bière qu'on connaissait pas,

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en fait, qui nous a été offerte pour passer au travers de cet épisode-là.

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On boit la Pomolift de Canton Brass.

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Ça, c'est une micro-brasserie qui vient de la région de Harford au Québec.

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C'est une session New England IPA à 4% d'alcool, donc très intéressante.

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Généralement, c'est plus alcoolisé que ça, une NE IPA.

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Et c'est une graciosité de Annie Provencher,

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qui est une auditrice, qui nous l'a amenée au Salon du Livre de Montréal.

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C'est toujours le fun de quitter le salon avec une petite bouteille d'alcool en secret dans son sac.

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Aussi, on a un shout-out à cinq étoiles particuliers, je crois, Seb, aujourd'hui.

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Oui, on voudrait premièrement envoyer un shout-out

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à tous les distordus qui nous écoutent, qui ont une déficience visuelle.

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Et même, Emile, toi, tu as un témoignage à nous dire.

[02:39]

Tu en as rencontré un de nos auditeurs.

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Oui, tout à fait. En fait, on sait qu'il y en a quelques-uns,

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des gens qui nous écoutent avec une déficience visuelle.

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Il y a un de nos auditeurs qui est venu nous voir au Salon du Livre,

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justement, pour faire un petit témoignage à ce sujet-là.

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J'ai trouvé ça très intéressant parce que le podcast et même les livres audio,

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c'est un peu une littérature audio.

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Donc, on sait que vous êtes quelques-uns.

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Donc, on vous donne un gros shout-out pour votre soutien.

[03:09]

Oui, merci.

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Encore une fois, on vous rappelle que si vous voulez obtenir nos épisodes en avant,

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c'est nos after-shows.

[03:16]

Vous pouvez vous abonner à notre Patreon,

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patreon.com slash distortion.

[03:21]

Donc, vous le savez, l'ensemble des forfaits.

[03:24]

Et même encore, après cet épisode, on va avoir un after-show

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où on va couvrir un élément supplémentaire

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du code d'aujourd'hui.

[03:31]

On va couvrir la régulation de la porno en ligne.

[03:35]

Est-ce vraiment possible?

[03:37]

Yes.

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Et aussi, n'oubliez pas que pour nos membres,

[03:40]

oui, monsieur, sur Patreon, il va y avoir un épisode secret

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juste à vous en fin de saison.

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Donc, je pense que c'est une raison assez puissante

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pour vous abonner.

[03:50]

Oh oui.

[03:51]

Et là-dessus, Seb, est-ce qu'on est prêts à se plonger dans l'histoire d'aujourd'hui?

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Oui, madame.

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C'est pas grave.

[04:00]

Emile, dans les débuts d'Internet,

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la porno en ligne n'était vraiment pas comme aujourd'hui.

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Non, c'est clair.

[04:05]

On s'entend, fin des années 90 et tout ça,

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c'était plus l'ancienne chasse-garder

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qui produisait de la porno pour la télévision,

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les DVD.

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À cette époque-là, il n'y avait pas de DVD encore,

[04:17]

mais bref, tu comprends ce que je veux dire.

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Et eux, ils mettaient ça en ligne sur le web.

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Il y avait des vidéos amateurs et tout ça

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qui se jumelaient à ça, des couples consentants

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qui voulaient déposer, disons, leurs ébats en ligne.

[04:31]

Mais il n'y avait pas de gros YouTube

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de la porno comme aujourd'hui.

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Non, il y avait une grosse scène torrent, si je peux dire aussi.

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Oui, exactement.

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La porno se prenait beaucoup,

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même avant les torrents,

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sur toutes les casas de ce monde,

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justement le peer-to-peer.

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Ça, tu as raison.

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Mais il n'y avait pas de plateforme

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où on pouvait vraiment déposer au grand public

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n'importe quelle vidéo de type pornographique.

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On s'entend, là.

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Et ça a beaucoup changé avec l'arrivée de Pornhub

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et les autres X-Videos et toute la gang

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parce que ça l'a amené justement

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avec l'avenue des téléphones intelligents,

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donc des caméras accessibles à un peu tout le monde.

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Ça a donné des outils à des gens malveillants

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pour aller déposer des vidéos

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de personnes non consentantes

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qui se font souvent agresser, violer

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ou forcer de faire ça, de se faire filmer.

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Et par la suite, ces vidéos-là se retrouvent sur le Web.

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Oui, parce qu'il ne faut pas oublier non plus

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que même sur ces plateformes-là,

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il y a un gros monde de la pornographie

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qui est professionnel,

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où il y a des règles très strictes

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où j'ose croire que les acteurs, les actrices

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sont bien payés et tout ça, qui sont consentants.

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Mais il y a aussi des trafiquants sexuels

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qui ont investi ces plateformes-là.

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Même OnlyFans, des plateformes comme ça.

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Il y a une forme de prostitution qui se fait là-dessus.

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Il y a une forme aussi d'esclavagisme

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aussi, d'une certaine façon, qui se fait là-dessus.

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C'est un peu dans cette direction-là

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qu'on va aller aujourd'hui

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parce que le monde de la porno

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a été énormément ébranlé dans les dernières années.

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Il y a eu des grosses révélations, des gros scandales,

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notamment autour de Pornhub.

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Plusieurs, même.

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Et puis, aujourd'hui, on a deux histoires

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dont on va traiter autour de ce sujet-là.

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Vraiment, un peu le côté sombre

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et le côté un peu dirty

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de la porno.

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Un sujet qui peut parfois être très délicat.

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On sait aussi qu'on a des travailleuses,

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travailleurs du sexe dans nos auditeurs aussi.

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Donc, n'hésitez pas, si vous avez des témoignages,

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si vous avez des commentaires à nous faire sur le sujet,

[06:41]

si vous voulez nous éduquer, même.

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Écrivez-nous et puis,

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ça va nous faire plaisir d'échanger un peu avec vous

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sur votre réalité.

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Oui, absolument, parce que l'enjeu aujourd'hui,

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c'est qu'on a absolument rien contre la porno.

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C'est vraiment le dépôt de vidéos

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sans consentement.

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Vous allez voir, c'est horrible,

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parce que ces femmes-là ont vécu

[07:02]

parce que dans les cas qui ont été dénoncés

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ou dans toutes les poursuites,

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il n'y a pas d'hommes.

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C'est pour ça qu'on parle que de cas féminins.

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Mais c'est des vies, encore une fois,

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brisées, brisées à jamais.

[07:15]

Tout à fait.

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Avant de commencer, je cite le journaliste

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Nicolas Christophe,

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parce que c'est lui qui a eu le courage

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de dévoiler cette histoire-là de Pornhub

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au grand jour, le 4 décembre 2020,

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avec son article

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The Children of Pornhub.

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Je le cite,

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avant de commencer,

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le monde a souvent été inconscient

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des abus sexuels sur les enfants

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de l'église catholique,

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en allant jusqu'aux scouts.

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Trop tard, nous poursuivons des individus

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comme Jeffrey Epstein ou R. Kelly,

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mais nous devons également nous opposer

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aux entreprises qui exploitent

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systématiquement les enfants.

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Avec Pornhub, nous avons

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Jeffrey Epstein x 1000.

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Ah oui, c'est pas rien.

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C'est pour ça que je voulais vous

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mettre ça d'entrée de jeu,

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parce que je la trouvais frappante,

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cette citation-là, tirée de son article.

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Tout à fait.

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C'est grâce à lui qui a fait quand même

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une grande enquête et rencontré

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plusieurs victimes, pardon,

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et qui a mis ça au grand jour.

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Lançons-nous dans ce cas-là, Seb,

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quand t'es prêt.

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Nous sommes en 2020 à Bickersfield,

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situé au sud de la Californie.

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C'est une ville de moins de

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350 000 habitants.

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Siri Naki Fleets, 19 ans,

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vit maintenant dans sa voiture

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avec ses trois chiens.

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Sa vie a complètement basculé

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à cause d'une erreur de jeunesse.

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À 13 ans, Siri Naki est

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en secondaire 2 et était une étudiante

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très douée à l'école publique de Bickersfield.

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À cette époque,

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pas si lointaine, elle n'avait même pas

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l'Internet à la maison et demeurait

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dans un quartier rural près des montagnes

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où en fait l'électricité

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se rendait à peine.

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Elle développa alors un béguin pour un garçon

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de son école, d'un an son aîné.

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C'était la première fois qu'elle

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avait un copain. Rapidement,

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elle lui demanda de faire une vidéo d'elle

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nue. Elle lui envoya.

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Elle l'ignorait.

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Mais après avoir appuyé sur

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« envoyer », sans savoir,

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sa vie venait de basculer.

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Heureux de ce cadeau,

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il en demanda une autre, puis une autre.

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Elle était toujours

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résistante et nerveuse à le faire,

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mais en même temps, ce qui la motivait,

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c'est qu'elle était flattée qu'un garçon

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s'intéressait à elle, et elle lui

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faisait confiance.

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Étrangement,

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au fil des vidéos et des semaines,

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elle commençait à sentir des regards

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étranges à l'école.

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Ce qu'elle ignorait,

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c'est que son copain avait partagé

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ses vidéos intimes avec d'autres garçons

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de son école et quelqu'un les avait mis

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en ligne, sur Pornhub,

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une des vidéos d'elle,

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nue, s'intitule

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Brunette de 13 ans.

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Le monde de Serena

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a alors implosé.

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Sa vie devient un calvaire.

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Imaginez, nos collègues de classe

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ou de travail tombent sur une vidéo

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osée de vous sur Pornhub.

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Comme adulte, imagine,

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c'est insupportable,

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mais quand t'es un enfant,

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de 13-14 ans,

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ça doit être insupportable à vivre.

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Elle est alors victime

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de moqueries, sans parler de son

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nouveau surnom, Salop.

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Pauvre Serena, sérieux, là.

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Elle est également victime de sextorsion.

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Les gens lui envoyaient des textos

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lui disant que si

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elle ne leur envoyait pas d'autres

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vidéos, ben crime,

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il allait envoyer les vidéos à sa mère

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pour la menacer exactement

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le mécanisme de sextorsion.

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C'est veg, là,

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parce que là, c'est rendu des inconnus

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qui la menacent de cette

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vidéo-là. C'est…

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Je suis un peu émotif, là, parce que moi,

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cette histoire-là, ça me…

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ça me chamboule. Oui, ça rappelle

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même Amandata. Exactement.

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Ça rappelle plusieurs cas de

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cyber-prédateurs, puis

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on se demande toujours qu'est-ce qu'on ferait

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dans ce temps-là. T'sais, étant adulte,

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maintenant, on dirait que si ça m'arrivait,

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je dirais ben coudonc, t'sais,

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fuck you, le public est là, pareil,

[11:11]

insultez-moi, pis les gens vont penser

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à autre chose un bout de temps.

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Mais quand t'es ado, comme tu dis,

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c'est tout ton petit monde qui vient d'être

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chambardé, là. Puis c'est ça, pis

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t'sais, mais c'est pas un phénomène qu'on a vécu

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nos jeunes, hein, parce que quand on était au secondaire,

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on n'avait pas de téléphone intelligent,

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personne pouvait vraiment nous

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demander de nous prendre en photo nu,

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on pouvait pas faire vraiment de vidéo nu,

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disons que c'était moins possible

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de le faire, en fait, on a… on n'a pas vécu

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ça, mais dans le monde d'aujourd'hui, là,

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les jeunes, ça doit être l'enfer,

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tout ça, pis faut vraiment

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les prévenir de…

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de pas faire de contenu

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comme ça, parce que c'est…

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l'humain est tellement imprévisible,

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tu sais jamais quand ça peut se retourner

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contre toi. Vous allez voir, je vais vous le répéter

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souvent au cours de l'épisode, là.

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L'école a été avisée, évidemment,

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de la vidéo, et son copain a été suspendu.

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Mais c'est à peu près la seule

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conséquence qu'il y a eu de toute

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cette histoire-là. Mais si Wina a commencé

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à sécher les cours parce qu'elle ne pouvait plus

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supporter d'être le centre de l'attention.

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Ne réussissant

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pas via sa propre identité,

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elle s'est créé un profil numérique

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pour se faire passer pour sa mère,

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demandant à Pornhub de

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retirer la fameuse vidéo.

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La plateforme a mis plusieurs

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semaines à s'exécuter, laissant

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largement le temps de la plateforme…

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à la vidéo, en fait, d'être

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diffusée sur la plateforme.

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Si Wina a changé d'école, cependant,

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le mal était fait et les rumeurs

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sont parvenues à sa nouvelle école,

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comme avec Amanda Todd.

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Je sais pas si vous vous en rappelez, elle a changé

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d'école plusieurs fois. C'est comme un virus,

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ça les suit sans arrêt.

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Et les vidéos

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ont été téléchargées à nouveau sur

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Pornhub et sur d'autres sites web.

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Le problème à l'époque, c'est que

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l'on pouvait télécharger la plupart du contenu

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fourni par les utilisateurs anonymes.

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Donc, même si Pornhub

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retirait du contenu,

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les chances étaient fortes que

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quelqu'un l'ait déjà téléchargé sur son ordinateur

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et allait le remettre.

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Les choses ont changé depuis…

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On en repart plus tard.

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Le climat était tendu à la maison.

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Serina se disputait régulièrement avec sa mère

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et elle a malheureusement commencé

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à s'automutiler.

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Elle a même tenté les réparables avec des médicaments.

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Trois jours plus tard,

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elle s'est réveillée à l'hôpital,

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frustrée d'être encore en vie.

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Ensuite, elle s'est pendue dans la salle

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de bain, sa petite sœur l'a trouvé

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et les médecins l'ont réanimée.

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Oh,

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une chance qu'ils sont arrivés à temps.

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Ah, c'est incroyable. Pauvre elle.

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Alors que la situation de Serina

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se détériorait, un ami

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lui fait découvrir les metamphétamines et les opioïdes.

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Et elle est devenue dépendante

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de ces deux drogues,

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juste pour ajouter à son malheur.

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Elle a abandonné l'école

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et est devenue une sans-abri.

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À 16 ans,

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elle s'est mise à vendre des photos

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et des vidéos d'elle nues sur Craigslist.

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C'est un moyen

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de gagner un peu d'argent

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et peut-être aussi une façon de se punir

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si on interprète cette phrase

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qu'elle a dite qui brise le cœur.

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Je ne vaux plus rien

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parce que tout le monde a déjà vu mon corps.

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Ces nouvelles vidéos

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ont également abouti sur Point Hub.

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La famille Fleets

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demandait qu'elle soit retirée.

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Elle l'était généralement, mais elle l'était

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ensuite retéléchargée à nouveau.

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Une vidéo d'elle

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nue à 14 ans a été visionnée

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400 000 fois.

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C'est ce qui lui faisait craindre

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de postuler pour des emplois dans la restauration rapide,

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de peur que quelqu'un ne la reconnaisse.

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Ah oui, rendu à ce stade-là.

[14:41]

Ah oui, exact.

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Moi, je suis toujours

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fasciné par contre

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de la viralité

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des vidéos porno-amateurs.

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Me semble que

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on ne s'envoie pas ça.

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Mais j'avoue que si je tombais

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sur quelqu'un que je connais

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quand je suis jeune,

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on dirait que moi, c'est ça aussi

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qui me...

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C'est cet effet

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d'éclair, ça se répand.

[15:06]

Je trouve ça... Je comprends pas.

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Ici,

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les parents et futurs parents donnent

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tout le monde. Je vous le redis, dites à vos enfants

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et à vous-même peut-être de ne pas envoyer

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des nudes, des photos, vidéos

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nues à personne. Une fois que c'est ailleurs,

[15:21]

ce n'est plus entre vous et moi, dites-vous

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toujours ça. Même si vous faites confiance

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à la personne, vous n'êtes pas à l'abri d'un piratage

[15:27]

de votre cloud, de votre téléphone

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ou même celui de votre copain ou copine

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ou même d'un revirement de situation.

[15:34]

Comme je vous disais en début d'épisode,

[15:35]

l'humain est tellement imprévisible.

[15:38]

Serena elle-même

[15:39]

le reconnaît. Elle n'avait jamais imaginé

[15:41]

que ses vidéos pourraient être partagées

[15:43]

en ligne et je la cite.

[15:45]

C'est une petite chose que j'ai fait

[15:47]

en tant qu'adolescente et c'est fou

[15:49]

comment cela s'est transformé en quelque chose

[15:51]

de beaucoup plus grand. Une vie entière

[15:53]

peut être changée à cause d'une petite

[15:55]

erreur. Avant d'aller plus loin,

[15:59]

Emile, parle-nous donc un petit peu plus

[16:01]

de Pornhub. Qu'est-ce que c'est

[16:03]

exactement Pornhub?

[16:06]

Oui, bien écoutez, pour ceux

[16:07]

qui ne sont pas encore sur ce site-là

[16:09]

qui est quand même un des plus populaires

[16:11]

de tout l'internet,

[16:12]

en fait Pornhub, ça ressemble à

[16:15]

YouTube dans le sens qu'il

[16:17]

permet aux membres d'y télécharger leurs

[16:18]

propres vidéos. Une grande

[16:21]

majorité des 6.8

[16:23]

millions de nouvelles vidéos publiées

[16:25]

sur le site à chaque année impliquent

[16:27]

probablement des adultes consentants,

[16:30]

mais beaucoup aussi dépeignent

[16:31]

des agressions d'enfants et des violences

[16:33]

non consenties. Donc, il y a un

[16:35]

certain filtrage qui n'est pas fait,

[16:37]

qui est vraiment déficient de ce côté-là

[16:39]

et ils se l'ont fait reprocher assez souvent.

[16:42]

Contrairement à YouTube,

[16:43]

Pornhub permet de télécharger ces vidéos

[16:45]

directement à partir de son site web.

[16:48]

Ainsi, même si une

[16:49]

vidéo de viol est retirée à la demande

[16:51]

des autorités, il est déjà trop tard

[16:53]

parce que sans doute des gens qui

[16:55]

les ont archivés ces vidéos-là.

[16:57]

YouTube ne le permet pas nativement

[16:59]

cette fonction-là, mais il y a toujours

[17:01]

des façons détournées de le faire.

[17:03]

Oui, il y a des plugins pour ça.

[17:05]

Oui, même ce qui est sur YouTube

[17:07]

peut se télécharger aussi, donc imaginez

[17:09]

sur Pornhub, ils ont la fonction

[17:11]

native, donc c'est encore

[17:14]

plus alarmant.

[17:15]

Donc, même lorsque cette vidéo-là

[17:17]

est enlevée du site, la vidéo

[17:19]

continue de vivre parce qu'elle est partagée

[17:21]

avec d'autres personnes, les télécharger

[17:23]

encore et encore. Il y en a qui vont la partager

[17:25]

sur des groupes de discussion et autres.

[17:27]

Le problème ici, c'est

[17:29]

pas la pornographie elle-même, mais

[17:31]

c'est vraiment le non-consentement.

[17:34]

Lorsque ça arrive,

[17:35]

c'est là que vraiment les règles sont

[17:37]

en freinte. De nombreuses

[17:39]

vidéos étaient des enregistrements d'agressions

[17:41]

sur des femmes et des filles

[17:43]

qui étaient inconscientes de

[17:45]

tout ce stratagème-là.

[17:47]

Oui, il y a beaucoup d'exemples

[17:49]

qu'on ne vous parlera pas aujourd'hui,

[17:52]

mais des histoires incroyables.

[17:54]

Même une mère de famille

[17:55]

qui a retrouvé sa fille disparue à cause

[17:57]

de Pornhub, elle a trouvé

[17:59]

des tonnes de vidéos que sa fille était

[18:01]

agressée sexuellement et elle était portée

[18:03]

disparue. Il y en a

[18:05]

plein de cas comme ça qu'on ne pouvait

[18:07]

pas vous parler aujourd'hui, mais

[18:10]

c'est dégueulasse.

[18:11]

Oui, puis on parle beaucoup du Dark Web,

[18:13]

ces choses-là doivent se retrouver sur le Dark Web,

[18:15]

mais on n'a pas besoin d'aller si loin

[18:17]

pour se rendre compte

[18:19]

qu'il y a de l'exploitation qui est fait à ce niveau-là.

[18:21]

C'est très alarmant.

[18:24]

Légalement, Pornhub

[18:25]

est une division de l'entreprise

[18:27]

MindGeek, dont les principaux bureaux

[18:29]

sont situés à Montréal, mais dont

[18:31]

le siège social est au Luxembourg, évidemment.

[18:34]

À l'eau, l'évasion fiscale.

[18:35]

Exact. MindGeek possède

[18:37]

plus d'une centaine de sites

[18:39]

pornographiques, des maisons

[18:41]

de production aussi qui sont spécialisées

[18:43]

en production de contenu comme ça,

[18:45]

puis plusieurs marques aussi correspondantes,

[18:47]

parmi lesquelles se retrouvent

[18:49]

RedTube, Tube8

[18:51]

et YouPorn, qui est peut-être le deuxième

[18:53]

plus populaire.

[18:54]

C'est également une compagnie privée qui a été

[18:57]

fondée en 2004 et qui est possédée

[18:59]

par une poignée d'actionnaires.

[19:01]

C'est-à-dire le PDG,

[19:03]

Feras Antoun, il y a aussi

[19:05]

le COO qui est David

[19:07]

Tassilo et un mystérieux

[19:09]

actionnaire majoritaire,

[19:10]

Bernd Bergmeyer.

[19:12]

Oui, avant que tu ailles plus loin,

[19:14]

Bernd Bergmeyer,

[19:16]

son nom, il n'a jamais été divulgué

[19:18]

avant que

[19:20]

justement, Fantas,

[19:22]

le CEO passe devant

[19:23]

la commission, son nom

[19:25]

se retrouve nulle part dans les papiers

[19:28]

ou du moins dans les...

[19:29]

Et cet homme-là, il y a un

[19:31]

podcaster, je pense américain,

[19:33]

où il l'a suivi.

[19:35]

Il y a un gros mansion,

[19:38]

je ne sais plus où, en Europe,

[19:41]

des agents de sécurité.

[19:43]

Tu sais, c'est incroyable, mais cet homme-là,

[19:45]

il s'en lave les mains.

[19:46]

Il est complètement à l'abri

[19:48]

des regards pendant que les deux autres

[19:50]

se tapent toute la pression médiatique.

[19:53]

Bref, je referme cette parenthèse.

[19:55]

Avec plus de 1400 employés

[19:57]

dans le monde,

[19:59]

Pornhub possède certaines

[20:00]

des marques les plus emblématiques des médias

[20:02]

de divertissement pour adultes,

[20:04]

avec d'autres bureaux, entre autres,

[20:06]

à Nicosie, à Londres, à Miami et Los Angeles.

[20:09]

Ils ont des revenus annuels récurrents

[20:11]

qui varient entre 250

[20:13]

et 460 millions de dollars,

[20:16]

selon plusieurs sources.

[20:17]

Le groupe totaliserait, selon eux,

[20:19]

quelque 3,5 milliards

[20:21]

de visites à chaque mois.

[20:23]

Pornhub a recensé à lui seul

[20:25]

42 milliards de visites

[20:27]

en 2019.

[20:29]

Il y a de la pub qui se vend là-dessus,

[20:31]

à fond le caisse.

[20:32]

En 2020, les appareils mobiles

[20:34]

représentaient 84 % de tout

[20:37]

le trafic de Pornhub dans le monde.

[20:39]

Vraiment, les gens écoutent ça beaucoup

[20:40]

sur mobile. 80 % de cela

[20:43]

provenait des téléphones intelligents

[20:45]

qui ont vu leur part

[20:47]

croître de 4,7 %.

[20:49]

Le trafic venant des tablettes

[20:51]

a encore été réduit de moins

[20:53]

29 % en 2020,

[20:55]

tandis que le trafic des ordinateurs de bureaux

[20:57]

et des ordinateurs portables

[20:59]

a aussi été réduit à 15 %

[21:01]

du trafic mondial de Pornhub.

[21:03]

C'est vraiment écouté

[21:05]

sur les plateformes mobiles.

[21:06]

Oui, c'est ça qui est drôle,

[21:08]

parce que je trouve ça fascinant

[21:10]

qu'il y ait eu une diminution de l'écoute

[21:12]

sur les tablettes pour vraiment

[21:14]

se migrer totalement

[21:16]

sur les mobiles.

[21:18]

84 % c'est vraiment beaucoup,

[21:20]

mais je lisais un truc

[21:22]

sur la dépendance à la porno

[21:24]

et il disait par exemple

[21:26]

ceux qui écoutent la porno

[21:28]

sur leur mobile, souvent à la salle

[21:30]

de bain, cachés,

[21:32]

ça peut être un signe de dépendance

[21:34]

à la porno, parce que t'es pas capable

[21:36]

de trouver un moyen de solitude

[21:39]

dans ton environnement

[21:40]

et tu vas utiliser le cellulaire

[21:42]

pour avoir un accès. Ça veut pas dire

[21:43]

parce que t'écoutes la porno sur ton cell,

[21:45]

mais si t'as tendance à aller te cacher

[21:48]

et tout ça, il disait que

[21:50]

l'utilisation mobile est souvent

[21:53]

un drapeau

[21:54]

pour ça, bien sûr.

[21:56]

On plonge maintenant dans une autre

[21:58]

histoire de combat afin de retirer

[22:00]

une vidéo d'agression.

[22:02]

Je vous raconte ça, une autre histoire

[22:04]

assez troublante.

[22:06]

En 2019, Rachel,

[22:08]

qui est une Canadienne de 38 ans,

[22:11]

étudiante en travail social,

[22:12]

a trouvé par hasard un dossier

[22:14]

de photos sur un disque dur d'un ordinateur

[22:16]

à la maison qui l'ont mené

[22:18]

sur le compte Pornhub de son mari

[22:20]

où elle a fait une découverte

[22:22]

surprenante qui allait pour elle aussi

[22:23]

changer sa vie. Sur Pornhub,

[22:27]

elle remarque une vidéo

[22:28]

où elle se reconnaît. Imaginez-vous ça,

[22:30]

à 38 ans, vous vous reconnaissez

[22:32]

dans une vidéo. Elle la regarde

[22:34]

et ce n'était pas une vidéo du couple

[22:36]

en plein ébat qu'on s'entend.

[22:38]

Sur la vidéo, elle était inconsciente,

[22:40]

la pauvre Rachel.

[22:42]

Elle n'a aucun souvenir de l'acte.

[22:44]

Son mari, imaginez-vous donc,

[22:46]

l'a agressé durant son sommeil,

[22:48]

l'a filmé et l'a mise

[22:50]

volontairement sur Pornhub

[22:52]

en 2017, deux ans

[22:54]

plus tôt.

[22:55]

Eh oui, sans lui dire,

[22:57]

il faut être culotté.

[23:02]

Donc, sans son consentement,

[23:04]

elle s'est retrouvée sur le site web

[23:06]

avec plusieurs centaines

[23:07]

de milliers de vues. Le titre,

[23:10]

ainsi que des mots-clés accompagnant

[23:11]

l'enregistrement d'environ quatre minutes,

[23:13]

avait des tags comme

[23:15]

« Somnifère », ce qui suggère fortement

[23:17]

qu'elle était sous l'influence de médicaments.

[23:19]

Elle aurait été droguée,

[23:21]

ou possiblement oui ou non, mais là,

[23:23]

si elle s'en rappelle pas, c'est louche.

[23:25]

Lors de sa découverte,

[23:27]

la vidéo ressentait

[23:28]

des dizaines de milliers de vues sur Pornhub.

[23:31]

Et le lendemain matin,

[23:32]

elle est allée voir la police,

[23:34]

qui a lancé une enquête immédiatement.

[23:37]

Quelques jours, la vidéo

[23:38]

a disparu toute seule de Pornhub

[23:40]

et les mots-clés associés

[23:42]

n'ont plus donné aucun résultat.

[23:45]

Mais même si cette vidéo a depuis

[23:46]

été retirée de Pornhub,

[23:48]

elle s'est ensuite propagée sur d'autres sites,

[23:50]

totalisant environ 200 000 vues,

[23:54]

selon la jeune femme.

[23:55]

Donc vraiment, ça s'est multiplié

[23:57]

malgré le fait qu'elle a été enlevée.

[23:59]

À un certain moment, elle a arrêté

[24:00]

de compter les vues parce que ça continuait

[24:02]

de monter sans arrêt.

[24:04]

Sa vidéo engendre au moins une dizaine

[24:07]

de pages de résultats sur Google,

[24:09]

imagines-tu, une dizaine de pages.

[24:11]

Et là, je la cite

[24:12]

« Regarder la vidéo cette nuit-là m'a rendu

[24:15]

malade et ce sentiment

[24:16]

n'est jamais reparti. »

[24:18]

Et là, depuis, elle souffre

[24:20]

de troubles anxieux, c'est pas le choix d'être

[24:22]

un peu paranoïaque quand ça t'arrive.

[24:25]

Elle dit être souvent réveillée

[24:26]

la nuit par des crises de panique

[24:28]

ou encore des cauchemars.

[24:30]

C'est pour elle une sorte de stress permanent

[24:32]

qui lui entraîne des nausées

[24:34]

et des troubles digestifs constamment.

[24:37]

Elle consacre

[24:38]

chaque mois un total d'heures

[24:40]

qui équivaut à plusieurs journées complètes

[24:42]

à tenter de faire retirer

[24:44]

l'enregistrement sur le web.

[24:45]

Et donc là, c'est un gros combat

[24:47]

parce qu'il y a plusieurs plateformes,

[24:49]

il y a 10 pages Google de résultats.

[24:52]

Elle tente de faire le ménage

[24:53]

du mieux qu'elle peut sur Internet,

[24:55]

mais même après plus d'un an,

[24:57]

retirer une à une les traces

[24:59]

de cet enregistrement-là est un très

[25:01]

long combat et sa boussole émotive

[25:03]

navigue entre résignation

[25:05]

et espoir. C'est difficile

[25:07]

de garder espoir dans un cas comme ça.

[25:09]

Rachel affirme qu'il génère

[25:11]

actuellement encore plusieurs centaines

[25:13]

de résultats contre 1900

[25:15]

résultats en janvier 2021.

[25:19]

Elle n'a pas l'intention d'abandonner,

[25:21]

mais elle se sent seule dans son combat

[25:23]

car il n'y a pas d'organisme

[25:25]

que l'on peut appeler dans un cas comme ça.

[25:27]

Et même les ressources policières sont limitées.

[25:29]

C'est du cas par cas.

[25:31]

Et ce qui est très difficile ici

[25:32]

pour les victimes de ce type de crime,

[25:34]

c'est que justement, les traces numériques

[25:36]

reviennent toujours comme un virus.

[25:39]

Heureusement, son ex-mari,

[25:41]

parce qu'elle l'a laissé en bonne chose,

[25:44]

c'est pas un très bon parti,

[25:46]

quelqu'un qui te drogue

[25:47]

et qui te filme à ton insu,

[25:50]

donc elle l'a laissé,

[25:51]

puis son mari a été arrêté en juin 2021

[25:53]

et il sera accusé

[25:55]

de pour agression sexuelle

[25:56]

et distribution d'images intimes

[25:58]

sans consentement. Mais les images,

[26:00]

elles, risquent de demeurer à jamais

[26:03]

à quelque part dans les entrailles

[26:05]

du web.

[26:06]

Dorénavant, le terme « somnifère »

[26:09]

n'est plus autorisé par Pornhub.

[26:11]

Puis j'espère, je savais même pas

[26:12]

que les gens tagaient ça,

[26:14]

comme si c'était un kink

[26:16]

ou un fantasme de voir

[26:18]

des gens inconscients

[26:21]

se faire violer.

[26:23]

Honnêtement, avant de faire ce cas-là,

[26:25]

le monde de la porno n'est pas inconnu,

[26:27]

mais moi non plus, je pensais pas

[26:29]

que les gens faisaient ça.

[26:31]

Il y a même une vidéo d'une des plaignantes.

[26:33]

On voyait l'homme qui l'agressait.

[26:35]

Souvent, dans les vidéos de viol,

[26:37]

ils mettent le doigt dans l'œil

[26:39]

pour prouver qu'il est inconscient.

[26:41]

Ok, la grande classe.

[26:45]

Dans la tourmente, depuis l'article

[26:47]

du New York Times, le géant de la pornographie

[26:49]

a annoncé des nouvelles mesures

[26:50]

pour tenter d'être à l'avant-garde.

[26:53]

Et là, je le cite en matière

[26:55]

de lutte et d'éradication

[26:56]

du contenu illégal.

[26:58]

Le 15 décembre 2020,

[27:01]

une date qui restera dans les entrailles

[27:02]

de l'Internet, s'est déroulée

[27:04]

la purge de Pornhub.

[27:06]

Et c'est même devenu une entrée

[27:08]

dans Urban Dictionary, vous savez,

[27:11]

le fameux lexique urbain.

[27:14]

The Great Pornhub

[27:15]

Purge ou The

[27:16]

Fapocalypse. Je vous explique

[27:18]

parce qu'en anglais, ce masturbé,

[27:20]

c'est du fapping, donc fap,

[27:23]

donc le fapocalypse,

[27:24]

l'apocalypse du fapping, je vous laisse

[27:26]

figurer. Le contenu Pornhub

[27:28]

de millions d'utilisateurs a été soudainement

[27:30]

et délibérément supprimé par

[27:32]

eux dans un dernier recours désespéré

[27:35]

pour interdire efficacement

[27:37]

la publication de contenus qui sont

[27:38]

contraires aux règles ou illégales

[27:41]

sur leur plateforme. Parce que c'est

[27:42]

vrai que dans leurs règles, c'est pas

[27:45]

légal écrit, mais

[27:46]

ils ne l'appliquaient pas dans

[27:48]

la modération en tant que tel.

[27:51]

La purge a causé un grand

[27:53]

deuil au sein de la communauté

[27:54]

Pornhub, car jusqu'à 80%

[27:56]

de son contenu a été supprimé.

[27:58]

Parce qu'il faut savoir que, oui,

[28:00]

il y avait beaucoup de contenus dégueux,

[28:03]

mais il y avait aussi du contenu

[28:04]

« normal » parmi

[28:06]

ce contenu-là. Dorénavant,

[28:09]

seuls les utilisateurs

[28:11]

vérifiés, et on met ça en une

[28:12]

grosse guillemets, peuvent publier

[28:14]

du contenu et le téléchargement

[28:17]

des vidéos est désormais réservé

[28:18]

aux utilisateurs qui payent.

[28:20]

Donc, tout le contenu passé

[28:22]

mis en ligne de façon anonyme

[28:24]

a été supprimé. Je comprends même

[28:26]

pas pourquoi on peut télécharger

[28:28]

ces vidéos-là.

[28:29]

Moi, ils offraient l'option

[28:31]

pour ces archives, pour ces archives

[28:33]

personnelles. Non, mais je comprends

[28:35]

l'intérêt de quelqu'un qui veut le faire,

[28:36]

mais je comprends pas l'intérêt de Pornhub

[28:38]

d'avoir une feature comme ça sur le site.

[28:41]

Ça devait être pour se distinguer,

[28:43]

j'imagine,

[28:46]

par rapport à ça, mais c'est clair.

[28:48]

Mais même ça doit faire diminuer

[28:49]

les revenus publicitaires.

[28:51]

Je suis sûr qu'aujourd'hui,

[28:54]

ils ont plus de visites.

[28:55]

En fait, je me pose la question depuis

[28:56]

qu'ils ont enlevé ça, parce que t'as raison,

[28:59]

si la vidéo, tu l'as pas.

[29:01]

J'ai l'impression qu'à la base, c'était peut-être

[29:02]

juste une feature pour compétitionner les autres,

[29:04]

parce que les autres le font. Je le sais pas,

[29:07]

c'est une bonne question.

[29:08]

En outre, ils se targent maintenant

[29:10]

à avoir recours à des technologies d'intelligence

[29:12]

artificielle qui aident ces modérateurs

[29:14]

à détecter les contenus illégaux, y compris

[29:17]

ceux qui concernent l'exploitation

[29:19]

des enfants. Mais ni l'âge,

[29:21]

ni le consentement des personnes

[29:22]

qui ont filmé son vérifier.

[29:24]

Ça peut être difficile à vérifier.

[29:27]

Ils ont été interrogés sur ce point.

[29:29]

MindGeek n'a jamais voulu

[29:31]

répondre aux journalistes sur cette question-là.

[29:33]

Moi, ça, ça me dérange.

[29:34]

Il faut aussi noter que depuis sept ans

[29:36]

et encore à ce jour,

[29:38]

si vous voulez vous abonner à Pornhub

[29:40]

et toutes les filiales,

[29:42]

et vous avez une MasterCard ou une Visa,

[29:44]

c'est impossible. En fait, toutes les cartes de crédit

[29:46]

ont lâché Pornhub.

[29:49]

Il est juste possible de payer en crypto-monnaie.

[29:51]

Je sais pas si vous vous rappelez de la saga

[29:53]

OnlyFans qui a eu lieu cet automne

[29:54]

où ils menaçaient de retirer

[29:56]

le contenu pornographique.

[29:58]

C'était dû à des menaces

[30:00]

des compagnies cartes de crédit

[30:02]

qui ne voulaient plus s'associer

[30:03]

à des entreprises qui produisent

[30:06]

du contenu de nature pornographique.

[30:09]

Mais finalement, ils se sont ravisés.

[30:11]

Je pense que l'argent en gang

[30:13]

versus, ils n'ont pas tant de scandale

[30:15]

versus Pornhub.

[30:16]

Mais je suis allé revérifier.

[30:17]

Et encore, aujourd'hui, on peut juste payer

[30:19]

avec de la crypto-monnaie si on veut s'abonner.

[30:22]

Ça a dû leur faire mal.

[30:24]

Oui, mais moi je trouve que c'est

[30:25]

un beau moyen de pression

[30:27]

d'avoir les compagnies

[30:30]

de crédit, les compagnies de cartes de crédit

[30:31]

qui disent, écoutez, vous ne pouvez plus

[30:33]

payer avec nos moyens.

[30:36]

Mais on s'entend que quand

[30:37]

on veut le faire, il y a toujours moyen

[30:39]

d'y arriver, même en crypto.

[30:41]

C'est pas si difficile

[30:44]

d'avoir accès à des crypto-monnaies.

[30:46]

Exact, tu prends ton truc de crypto,

[30:48]

tu prends ta visa, t'as la MasterCard,

[30:50]

t'achètes des cryptos, même si

[30:52]

il y a plus d'étapes. Mais

[30:54]

reste que moi aussi, j'étais content quand même

[30:56]

qu'il y ait cette pression-là.

[30:58]

Parce que Pornhub, en tant que tel,

[31:00]

s'ils avaient pris leur responsabilité,

[31:02]

en fait, tant qu'ils ne prennent pas leur responsabilité

[31:04]

pour vrai, moi

[31:06]

j'évite d'y aller. On devrait

[31:08]

être par éthique. Parce que

[31:10]

je ne veux pas leur donner des revenus,

[31:13]

ça me dérange

[31:14]

qu'ils ne prennent pas leur responsabilité.

[31:18]

Retourne au club vidéo, Sam.

[31:20]

Avec les portes coulissantes, dans le fond.

[31:23]

Est-ce que ces mesures auraient vraiment

[31:24]

changé la situation de nos deux histoires

[31:26]

s'il avait été fait avant Emile?

[31:29]

C'est assez dur à dire.

[31:31]

Il reste qu'il est encore possible

[31:32]

de récupérer une vidéo sans la télécharger,

[31:35]

un peu comme tu le disais tout à l'heure,

[31:36]

on peut bisonner tout ça à gauche, à droite.

[31:39]

Il est aussi possible d'enregistrer

[31:41]

depuis son écran d'ordinateur,

[31:42]

ou même de téléphone.

[31:45]

Donc, on dirait qu'encore une fois,

[31:47]

quand je vous le dis, une fois qu'une vidéo est créée,

[31:48]

c'est impossible de l'enlever,

[31:50]

peu importe les mécanismes,

[31:52]

que ces sites-là vont mettre en place.

[31:54]

C'est sûr que s'il y a des règles

[31:56]

et des lois sévères

[31:58]

qui mènent à l'emprisonnement, je peux te dire

[32:00]

que là ils vont en faire de la modération comme du monde.

[32:03]

Bref, sans parler

[32:04]

aussi que des sites pour déposer

[32:06]

ce type de contenu-là,

[32:08]

il en existe beaucoup trop.

[32:10]

Une autre histoire horrible pour vous,

[33:28]

mais cette fois-ci, c'est avec un fournisseur

[33:30]

de contenu de Pornhub.

[33:32]

Peut-être que vous n'avez déjà entendu parler.

[33:35]

C'est une histoire qui a fait beaucoup de bruit.

[33:36]

Oui, vraiment.

[33:38]

Avec le producteur

[33:40]

Girls Do Porn.

[33:42]

On se retrouve un soir d'hiver

[33:44]

en 2015. Jane,

[33:46]

c'est son faux nom,

[33:48]

quitte le domicile de ses parents

[33:49]

où elle séjourne pour la fête de Thanksgiving

[33:52]

et se rend dans un hôtel situé

[33:53]

dans un quartier populaire de la ville.

[33:56]

Jonathan, le recruteur

[33:57]

de l'agence de mannequin avec qui

[33:59]

elle est en contact depuis plusieurs semaines,

[34:02]

l'a retrouvée dans le hall d'entrée.

[34:04]

Elle hésitait à s'engager

[34:05]

dans un tournage de films pour adultes

[34:07]

et elle n'était pas tout à fait sûre

[34:09]

de ce que cela allait impliquer.

[34:11]

Elle s'imaginait faire un film indépendant

[34:13]

avec des scènes sexuelles ou dénudées

[34:15]

de plus ou moins bon goût.

[34:18]

Quoi qu'il en soit,

[34:19]

elle avait besoin d'argent pour aider ses parents

[34:21]

et Jonathan l'avait finalement convaincu

[34:23]

d'accepter de ne travailler que quelques heures

[34:25]

de travail en échange

[34:26]

de plusieurs milliers de dollars.

[34:29]

Une belle opportunité pour elle.

[34:31]

Il se montre très doux

[34:32]

en l'accompagnant à l'étage.

[34:35]

Jane entre dans une chambre d'hôtel

[34:37]

délabrée où un caméraman l'attend.

[34:40]

Une caméra est braquée

[34:41]

sur le lit. Une maquilleuse,

[34:43]

une femme plus âgée qu'elle,

[34:45]

lui demande alors ce qu'elle fait là

[34:47]

et comment elle a bien pu se retrouver

[34:48]

dans cette situation.

[34:50]

C'est le premier moment où elle sentit

[34:52]

que quelque chose ne tournait pas rond.

[34:54]

Il y en a eu plusieurs de ces moments.

[34:57]

Au début, elle croyait

[34:58]

que cette intuition était de la nervosité.

[35:02]

La maquilleuse est partie.

[35:04]

Jonathan lui dit de se déshabiller.

[35:06]

Il prend quelques clichés d'elle

[35:07]

en disant qu'il les envoie à son patron,

[35:10]

puis l'informe

[35:11]

que comme elle avait des cicatrices

[35:12]

sur la poitrine et de la cellulite

[35:14]

sur ses cuisses, son salaire serait réduit

[35:17]

de plusieurs milliers de dollars.

[35:18]

Ben voyons.

[35:20]

Plusieurs milliers de dollars.

[35:22]

Il dit qu'il va la payer plusieurs milliers de dollars

[35:25]

puis il enlève plusieurs milliers de dollars.

[35:28]

En panique,

[35:29]

celle-ci s'isole dans la salle de bain

[35:30]

où elle remarque qu'elle a ses règles.

[35:32]

Elle est soulagée.

[35:34]

Il allait devoir reporter le rendez-vous,

[35:36]

pense-t-elle, et elle pourrait partir.

[35:39]

Quand elle est sortie de la salle de bain,

[35:40]

ça s'est pas passé comme elle voulait.

[35:42]

Ses vêtements avaient disparu.

[35:44]

Elle s'est excusée et leur a expliqué

[35:46]

que ce n'était pas le bon jour.

[35:47]

Il l'attrapa et l'amenait de force

[35:49]

dans la salle de bain.

[35:51]

Jonathan est devenu très agressif.

[35:53]

Il entra alors dans une colère noire.

[35:56]

Sa gentillesse et sa douceur du début

[35:57]

s'étaient envolés.

[36:00]

Jonathan prit alors une petite éponge

[36:02]

circulaire et sans lui demander

[36:04]

son avis, écarta ses jambes

[36:06]

et l'enfonce dans son vagin

[36:07]

aussi loin qu'il le pouvait.

[36:09]

Elle est complètement sous le choc

[36:11]

et totalement effrayée.

[36:12]

Elle abdique donc. Elle était là,

[36:15]

nue, dans une chambre d'hôtel,

[36:18]

seule, avec ses deux hommes.

[36:20]

Elle qui croyait

[36:21]

qu'elle allait participer à une production

[36:22]

légitime avec une vraie équipe.

[36:25]

Pour en rajouter,

[36:27]

elle s'est mise à complètement flipper

[36:28]

lorsque Jonathan lui révèle à ce moment-là

[36:30]

qu'il n'y aura pas d'autre modèle masculin.

[36:33]

Elle était là pour faire l'amour avec lui,

[36:35]

devant la caméra.

[36:36]

La vidéo, selon lui,

[36:38]

ne permettrait jamais de remonter

[36:40]

jusqu'à elle.

[36:42]

La vidéo ne devait prendre que quelques heures.

[36:45]

Elle est rentrée à l'hôtel à 9 heures

[36:46]

le matin et elle est sortie

[36:48]

à 16 heures.

[36:50]

Imaginez, c'est pas une...

[36:52]

Allons, c'est des longues heures. Oui, c'est ça.

[36:55]

Ce qui s'est passé dans cette pièce

[36:56]

a complètement bouleversé la vie de Jane

[36:58]

et la hante depuis. Et ce n'est pas

[37:00]

la seule. Elle fait partie des 22

[37:02]

femmes qui ont poursuivi la société

[37:03]

de production pornographique frauduleuse

[37:06]

Girls Do Porn et obtenu

[37:08]

plus de 40 millions de dollars en dédommagement

[37:10]

en 2020 et dont les témoignages

[37:12]

ont conduit le FBI

[37:14]

à inculper les propriétaires

[37:16]

et exploitants du site. Jonathan,

[37:18]

de son vrai nom, Reuben

[37:19]

Henry Garcia, a plaidé

[37:22]

coupable de trafic sexuel en décembre

[37:24]

2020. Teddy Guy,

[37:26]

le caméraman,

[37:28]

a plaidé coupable d'avoir menti à

[37:30]

Jane, ainsi qu'à de nombreuses

[37:32]

autres femmes, quant à la manière

[37:33]

dont les vidéos seraient distribuées.

[37:37]

Michael Pratt,

[37:38]

co-propriétaire de la compagnie

[37:39]

avec Matthew Wolf, figure

[37:41]

sur la liste des personnes nées plus

[37:43]

recherchées par le FBI depuis qu'il a

[37:45]

vraisemblablement fui le pays.

[37:47]

Il faut savoir que de 2009

[37:49]

ou 2012, selon certaines versions,

[37:52]

à octobre 2019,

[37:54]

dans le district sud de la

[37:55]

Californie et ailleurs aux États-Unis,

[37:58]

Michael, James Pratt et d'autres

[37:59]

auraient participé à un complot

[38:02]

visant à recruter des jeunes femmes adultes

[38:04]

et mineures pour se livrer au

[38:06]

commerce du sexe par la force,

[38:08]

la fraude et la coercition.

[38:10]

Pratt et son associé Matthew

[38:12]

Wolf possédaient et exploitaient

[38:14]

la société de production

[38:16]

Girls Do Pornes et Girls

[38:18]

Do Toy. Et c'était

[38:20]

un fournisseur de contenu premium pour

[38:22]

Pornhub. C'est pour ça aussi

[38:23]

qu'on voulait vous en parler.

[38:26]

Mais eux, c'est pour ça que c'est une compagnie

[38:28]

frauduleuse parce que de A à Z,

[38:30]

tout ce qu'ils ont fait, c'est produire du

[38:32]

contenu en mentant

[38:34]

aux filles. C'est pour ça qu'ils ont perdu

[38:36]

en cours et sont condamnés.

[38:38]

Ils leur disaient que, on va en parler un petit peu plus

[38:40]

loin, c'était pas vraiment le même genre

[38:42]

de distribution qui s'attendait.

[38:45]

Michael Pratt et ses complices

[38:46]

auraient recruté des jeunes femmes des quatre coins

[38:48]

des États-Unis en publiant sur internet

[38:50]

des annonces pour des emplois de mannequins

[38:52]

mais vêtues.

[38:54]

Une fois sur place, elles se faisaient

[38:56]

plutôt dire que c'était finalement des vidéos

[38:58]

à caractère pornographique et qu'elles

[39:00]

seraient payées entre 3000 et 5000 US

[39:02]

pour un tournage vidéo d'une journée.

[39:05]

Pour les persuader

[39:06]

d'y participer, il aurait convaincu

[39:08]

les femmes qu'elles resteraient anonymes

[39:10]

et que leurs vidéos seraient fournies aux collectionneurs

[39:12]

privés sur DVD

[39:13]

et ne seraient pas publiées sur internet.

[39:17]

Michael Pratt

[39:18]

aurait payé également d'autres jeunes

[39:19]

femmes pour agir comme références

[39:21]

pour rassurer les femmes que s'ils filmaient

[39:24]

une vidéo, la vidéo ne serait pas

[39:26]

publiée en ligne.

[39:28]

Certaines des victimes n'ont pas été autorisées

[39:30]

à quitter les lieux du tournage

[39:31]

jusqu'à ce que les vidéos soient réalisées

[39:33]

et d'autres auraient été forcées d'accomplir

[39:36]

certains axes sexuels

[39:37]

qu'elles avaient refusé de faire.

[39:40]

Certaines auraient été agressées aussi sexuellement.

[39:43]

Le site

[39:44]

Girls Do Porn

[39:46]

ont généré plus de 17 millions

[39:48]

de dollars américains en chiffre d'affaires.

[39:50]

Un mandat d'arrêt fédéral

[39:51]

a été émis contre lui par le tribunal

[39:54]

en novembre 2019.

[39:56]

Seules quelques-unes des centaines

[39:57]

de femmes filmées par Girls Do Porn

[39:59]

entre 2009 et 2020 ont parlé

[40:01]

publiquement de ce qu'elles ont enduré.

[40:03]

Leurs histoires sont toutes similaires.

[40:06]

Elles ont répondu à une annonce

[40:07]

pour du mannequinat sur Craigslist

[40:09]

qui les invitait à rencontrer des agents

[40:11]

dans un hôtel non loin de leur ville natale.

[40:14]

La nature pornographique

[40:15]

du tournage était généralement omise

[40:17]

jusqu'à l'arrivée à l'hôtel.

[40:20]

Lorsque l'équipe de Girls Do Porn

[40:21]

révélait le véritable objectif du tournage,

[40:24]

elles mentaient aux femmes

[40:25]

en leur disant que les vidéos

[40:26]

ne seraient vendues que dans d'autres pays

[40:29]

et ne seraient pas disponibles en ligne,

[40:31]

comme on vous disait.

[40:32]

C'est assez fou.

[40:34]

C'était quand réellement un réseau

[40:35]

de trafic sexuel

[40:36]

qui opérait au grand jour.

[40:39]

C'est traumatisant.

[40:41]

C'est peut-être le plus gros scandale

[40:43]

que ce que we Pornhub,

[40:46]

mais Dieu seul sait combien

[40:47]

en a en fait d'autres compagnies

[40:49]

de production comme ça.

[40:51]

Le site de Girls Do Porn

[40:53]

est désormais hors ligne.

[40:55]

Ces vidéos ont été pour la majorité

[40:57]

retirées de la plateforme

[40:58]

et les procès ont abouti à plusieurs

[41:01]

condamnations et heureusement.

[41:03]

Pourtant, l'histoire de Jane montre

[41:05]

comment les crimes commis par

[41:07]

la gang de Girls Do Porn

[41:09]

continuent de peser sur la vie des victimes.

[41:11]

Pendant le process civil,

[41:13]

les avocats de Girls Do Porn

[41:15]

ont demandé à Jane et aux autres

[41:17]

plaignantes pourquoi elle n'était pas

[41:19]

partie tout simplement. Vous savez,

[41:20]

c'est toujours la question

[41:22]

que les avocats de la défense demandent.

[41:24]

Si elles étaient si mal à l'aise,

[41:26]

pourquoi sont-elles restées dans la chambre d'hôtel?

[41:29]

Mais je la cite,

[41:30]

« À ce moment-là, quand il a poussé

[41:32]

cette chose en moi en faisant référence

[41:34]

à l'éponge, je ne sais pas.

[41:37]

Comment étais-je censé partir,

[41:39]

sachant qu'il était capable de choses comme ça?

[41:41]

J'étais là, nu,

[41:42]

ils avaient ma carte d'identité,

[41:44]

mon portefeuille, mes vêtements.

[41:46]

Que pouvais-je faire?

[41:48]

Sortir dans la rue sans rien?

[41:50]

Pas même mon téléphone? »

[41:52]

Et elle a tout à fait raison.

[41:54]

Je trouve que c'est tellement

[41:55]

une question cheap.

[41:59]

Elle ne le sait pas, elle.

[42:00]

Il y a peut-être un agent de sécurité,

[42:03]

un bodyguard

[42:04]

qui l'attend pas loin

[42:06]

ou il y a peut-être d'autres gens

[42:07]

qui sont là pour l'amener ailleurs,

[42:09]

ou même pour la kidnapper.

[42:11]

Ce n'est pas évident de se mettre

[42:12]

à la place des victimes dans un cas comme ça.

[42:14]

Ils ont peur pour leur vie.

[42:16]

Au moment que ça arrive,

[42:17]

ils sont plus vulnérables.

[42:18]

C'est une femme, généralement,

[42:20]

ils sont moins fortes physiquement.

[42:21]

Il y a deux hommes.

[42:23]

Déjà là, il a été super agressif avec elle.

[42:26]

Jusqu'où il peut aller.

[42:29]

Je suis comme toi là-dessus.

[42:30]

Les avocats de la Défense,

[42:31]

souvent, je sais qu'ils n'ont pas le choix

[42:33]

de la poser la question.

[42:35]

Je trouve ça cochon.

[42:39]

Dans la chambre d'hôtel,

[42:40]

il s'était empressé de lui faire signer

[42:42]

les papiers à Jane,

[42:44]

lui assurant à plusieurs reprises

[42:46]

qu'aucune image tournée ce jour-là

[42:48]

ne serait vue par ses amis et sa famille

[42:49]

et que le film serait vendu à des collectionneurs

[42:53]

privés en DVD

[42:54]

pour des adultes en Nouvelle-Zélande

[42:56]

et en Australie.

[42:58]

Tout est là pour la rassurer,

[42:59]

mais bon, on sait que ce n'est pas

[43:02]

exactement ce qui s'est passé.

[43:03]

De façon diligente,

[43:05]

elle voulait prendre le temps de lire le contrat

[43:07]

tandis qu'eux, impatients,

[43:09]

lui reprochaient de leur avoir déjà fait perdre

[43:11]

assez de temps.

[43:12]

Elle avait la pression sur elle pour accélérer.

[43:16]

Ils ont passé les heures suivantes

[43:18]

à filmer des rapports sexuels

[43:20]

agressifs sans aucune autre

[43:22]

communication que la critique

[43:23]

de sa performance.

[43:25]

À plusieurs reprises, elle demanda

[43:27]

qu'on arrête parce que la douleur était

[43:29]

trop forte et qu'elle ne pouvait plus

[43:31]

continuer. Mais elles ne l'ont

[43:33]

pas écouté. Sur un tournage

[43:35]

pornographique légitime, les limites

[43:37]

sont établies évidemment, le consentement

[43:39]

des participants est vérifié

[43:41]

et le processus contractuel est convenu.

[43:44]

Donc, toutes les parties concernées

[43:46]

déterminent ensemble

[43:47]

ce qu'ils vont faire et ce qu'ils ne vont pas

[43:49]

et à quel moment une scène doit

[43:51]

s'arrêter, que ce soit pour un instant

[43:53]

ou pour le reste de la journée. Même dans certains cas,

[43:55]

ça va être plus respectueux que ça

[43:58]

si l'actrice considère

[44:00]

que même, je ne sais pas moi,

[44:01]

il n'y a pas assez d'hygiène sur le plateau

[44:03]

ou autre, elle peut call it off.

[44:05]

Mais là, on parle de

[44:07]

le tournage beaucoup plus professionnel que ce qu'on a

[44:10]

ici.

[44:11]

Selon plusieurs autres dirigeants

[44:13]

d'entreprises, productrices de contenus pour adultes,

[44:16]

ces crimes A&E

[44:17]

ne sont pas le reflet de l'industrie.

[44:19]

Aucune société de production pornographique

[44:21]

digne de ce nom ne procède

[44:23]

comme le fait Girls Do Porn.

[44:25]

Mais bon, on a vu aussi des documentaires,

[44:27]

on sait qu'il y en a qui sont entre les deux.

[44:30]

Une éthique douteuse,

[44:32]

oui, les acteurs-actrices

[44:33]

sont consentants, mais bon,

[44:35]

permettez-moi de foncer les sourcils.

[44:37]

C'est pas tout le temps.

[44:38]

C'est une industrie,

[44:41]

souvent, je trouve que malheureusement,

[44:43]

ça finit mal.

[44:46]

C'est con,

[44:47]

mais il n'y a pas de syndicat

[44:48]

comme sur un plateau de tournage de télé professionnel.

[44:52]

On dirait qu'il y a personne

[44:53]

qui observe, rapporte,

[44:55]

puis s'assure qu'il y a un minimum

[44:57]

d'éthique derrière ça.

[44:59]

C'est encore très flou pour une industrie

[45:01]

qui existe depuis tellement longtemps.

[45:03]

Mais d'ailleurs, s'il y en a qui connaissent

[45:04]

un peu plus ça,

[45:07]

dites-nous peut-être dans votre pays,

[45:08]

je ne sais pas s'il y en a des plateaux

[45:10]

qui sont mieux organisés ou s'il y en a des standards

[45:12]

qui sont en train de se développer à ce niveau-là.

[45:15]

J'ai aucune idée,

[45:16]

mais j'ai l'impression qu'il y aurait un besoin.

[45:19]

Oui, mais je sais qu'il y a de la porno

[45:22]

de plus en plus,

[45:24]

disons moins hétéro-normative,

[45:26]

disons d'une vision hétéro

[45:29]

plus féminine

[45:31]

et tout ça.

[45:31]

Je sais que ça existe de plus en plus

[45:33]

de la porno éthique,

[45:36]

mais de ce que je remarque,

[45:37]

ce n'est pas mainstream parce qu'il faut la payer

[45:39]

souvent, la porno éthique.

[45:42]

C'est moins trash que…

[45:43]

Oui, ben oui, exactement.

[45:45]

En parlant de trash, je lisais des stats sur la porno,

[45:47]

et ça, ça m'a un peu dégoûté.

[45:50]

C'est une analyse,

[45:51]

là on s'entend,

[45:52]

ils ont analysé des tonnes de vidéos,

[45:54]

et c'est plus de 70 % des vidéos

[45:56]

qu'à l'intérieur de la vidéo,

[45:58]

même dans les vidéos légales,

[46:01]

il y a toujours une connotation

[46:03]

à la violence, à l'agression,

[46:05]

pas toujours forte, mais il y a toujours

[46:07]

une connotation dans sept vidéos sur dix

[46:09]

pornographiques au total.

[46:11]

Puis même l'inceste,

[46:13]

les mots-clés recherchés,

[46:15]

on sait que c'est des acteurs,

[46:18]

c'est des actrices,

[46:19]

mais je trouve toujours ça

[46:21]

troublant de voir que

[46:23]

les gens vont rechercher « step-mother »

[46:26]

ou « step-sister »

[46:27]

dans les top recherches de Pornhub,

[46:29]

comme si la majorité

[46:32]

des utilisateurs

[46:33]

cherchaient ça.

[46:34]

Oui, il y a même une catégorie « families ».

[46:37]

C'est ça, « families »,

[46:38]

ça m'a troublé,

[46:40]

et il est dans les autres, comme tu dis, dans les tops.

[46:43]

Sans oublier « Fortnite »

[46:45]

qui ressort toujours dans les tops,

[46:48]

ce qui est un peu troublant, ça aussi.

[46:51]

Après avoir terminé le tournage

[46:53]

avec Jane dans l'après-midi,

[46:54]

humiliée et épuisée,

[46:56]

elle a été escortée de l'hôtel par Jonathan.

[46:59]

En quittant, elle a vu

[47:01]

la fille suivante arriver,

[47:02]

l'actrice suivante.

[47:04]

Elles sont passées l'une devant l'autre

[47:06]

en se regardant dans les yeux.

[47:08]

Elle aurait aimé lui dire de s'enfuir,

[47:09]

mais c'était impossible.

[47:11]

Elle est donc rentrée chez elle, seule,

[47:14]

en ne sachant pas trop ce qui allait arriver

[47:16]

à l'autre actrice qui venait d'arriver.

[47:18]

Après le tournage,

[47:20]

Jane est retournée à sa vie

[47:21]

malgré qu'elle a été quand même assez traumatisée.

[47:24]

Elle a repris les cours,

[47:25]

les choses semblaient normales.

[47:27]

Par honte, elle ne voulait pas

[47:29]

se confier à ses amis ou même à sa famille

[47:31]

sur ce qui lui était arrivé.

[47:33]

Elle se disait qu'elle allait passer à autre chose,

[47:35]

sauf qu'à la mi-janvier de l'année

[47:37]

suivant la vidéo, tout bascule.

[47:40]

Lors d'un événement sur le campus

[47:41]

qu'elle avait aidé à organiser,

[47:43]

Jane remarque qu'elle avait perdu de vue

[47:45]

depuis quelque temps sa meilleure amie

[47:47]

qui était aussi de l'organisation.

[47:49]

Elle finit par la trouver

[47:51]

assise avec une autre de leur amie,

[47:54]

toutes les deux les yeux rivés

[47:55]

sur leur téléphone.

[47:57]

Elles avaient des regards inquiets

[47:59]

et se sont mis à pleurer en voyant Jane.

[48:02]

Elles ont montré le téléphone,

[48:04]

elle était là dans une vidéo

[48:05]

introduite par Girls Do Porn

[48:07]

sur ce lit, dans cette chambre.

[48:10]

Et là, Jane s'est effondrée

[48:12]

sur le sol,

[48:13]

comme si une bombe avait explosé

[48:15]

dans son cerveau, parce qu'évidemment

[48:17]

elle s'était fait dire que ça se retrouverait

[48:19]

jamais en ligne.

[48:20]

Donc elle se rend compte qu'elle s'est faite

[48:22]

mener en bateau, si on veut.

[48:25]

Ses amis l'ont ramassé

[48:26]

et l'ont amené loin de la foule.

[48:28]

Son téléphone était bombardé de notifications

[48:31]

venant de partout et de courriels.

[48:32]

Elle se rend compte alors qu'ils faisaient

[48:35]

la promotion de chaque vidéo

[48:36]

sur les réseaux sociaux.

[48:38]

Ils envoyaient le lien de la vidéo à des gens

[48:40]

trouvés parmi les amis Facebook de la victime

[48:43]

donc en mode

[48:45]

sexe-torsion activé.

[48:47]

Il suffisait qu'ils envoient le lien

[48:48]

à la mauvaise personne et la vidéo

[48:50]

devenait virale tout de suite.

[48:53]

Le directeur de son école

[48:54]

l'appelle inquiet.

[48:56]

Et suite à cet événement, elle a renoncé

[48:58]

à des postes de responsabilité dans la communauté

[49:01]

et a suivi ses cours

[49:02]

en restant très discrète.

[49:04]

Ses amis l'ont encouragé à affronter

[49:06]

les commentaires et les regards.

[49:08]

Au bout de quelques mois, sa honte profonde

[49:10]

s'est transformée en autre chose.

[49:13]

Elle a commencé à ressentir

[49:14]

un fort désir de vengeance.

[49:17]

Kill Bill, bien-tant.

[49:18]

Exact, c'est tout en son honneur.

[49:20]

Il faut beaucoup de courage brésilien,

[49:22]

honnêtement.

[49:24]

Surtout quand t'es effondré

[49:27]

comme ça, sous le poids de la honte.

[49:28]

C'est des jeunes, elle était mature

[49:31]

mais elle était quand même en début de vie.

[49:33]

Oui, c'est des jeunes adultes.

[49:35]

Elle s'est lancée alors

[49:37]

à la recherche des hommes

[49:39]

qui avaient abusé d'elle.

[49:40]

Elle a essayé de contacter Jonathan,

[49:42]

le fameux réalisateur et le cameraman

[49:45]

à plusieurs reprises.

[49:46]

À un certain moment, le numéro de Jonathan

[49:49]

est devenu hors service.

[49:50]

Mais le cameraman a fini par répondre

[49:52]

après plusieurs tentatives.

[49:55]

Elle lui a dit qu'ils avaient détruit sa vie.

[49:57]

Il a dit qu'il ne pouvait pas en parler

[49:59]

et il l'a raccroché tout de suite.

[50:01]

Elle est alors partie en croisade

[50:03]

traquant toutes les copies de la vidéo

[50:05]

mise en ligne et les signalant

[50:07]

aux plateformes comme du porno non consensuel.

[50:11]

Après avoir essayé

[50:12]

pendant des mois de faire disparaître

[50:13]

la vidéo par ses propres moyens,

[50:15]

elle a fait appel à un service

[50:17]

pour le faire à sa place et a déposé

[50:19]

une demande de retrait en vertu

[50:21]

du Digital Millennium Copyright Act.

[50:24]

Vous savez,

[50:25]

ce qui permet justement

[50:26]

de faire retirer

[50:28]

des vidéos qui

[50:31]

enfreignent des droits d'auteur

[50:32]

et de la musique et autres.

[50:34]

Ce n'était pas suffisant, mais cela lui a donné

[50:36]

une piste à suivre.

[50:38]

La personne qui gérait ce service

[50:40]

lui a dit qu'un nombre important de victimes

[50:42]

de Girls Do Porn, la compagnie de production,

[50:45]

avait demandé leur aide

[50:46]

et lui a conseillé de parler à Carrie Goldberg,

[50:50]

une avocate spécialisée

[50:51]

dans ce domaine.

[50:53]

Goldberg travaillait sur une affaire

[50:54]

basée sur le témoignage de plusieurs femmes

[50:56]

qui avaient été forcées de tourner

[50:58]

des films pornographiques pour Girls Do Porn.

[51:01]

Jane a donc rejoint

[51:02]

la poursuite en 2016.

[51:04]

Ça a dû lui faire du bien de trouver

[51:06]

enfin des alliés et des gens

[51:08]

qui pouvaient l'aider dans sa croisade.

[51:10]

Oui, et de voir qu'elle n'était pas la seule non plus

[51:12]

à vivre ça. Je suis sûr que ça doit enlever

[51:14]

une certaine culpabilité parce que

[51:16]

tu dois te sentir coupable. Pourquoi j'ai fait ça?

[51:19]

C'est sûr que tu te blames.

[51:20]

Ces gens-là doivent se blâmer

[51:22]

constamment.

[51:24]

En tant que victime, j'aurais pas dû faire ça,

[51:26]

j'ai été naïve et tout ça alors que

[51:29]

ils n'ont pas à se blâmer du tout.

[51:30]

C'est pas elle le problème.

[51:33]

Pour en rajouter encore plus,

[51:35]

les preuves présentées au tribunal

[51:36]

montrent que les opérateurs de

[51:38]

Girls Do Porn ont intentionnellement

[51:40]

exposé des détails sur l'identité

[51:42]

des victimes, ce que l'on appelle

[51:44]

le Doxing, en partie sur un site

[51:46]

appelé Porn WikiLeaks

[51:49]

qu'eux-mêmes ont géré de novembre 2015

[51:51]

à juin 2016.

[51:53]

Dégalasse.

[51:54]

Ils sont dégueulasses, eux-là,

[51:56]

de A à Z.

[51:58]

Je ne savais pas qu'ils avaient créé

[52:00]

des vrais salauds.

[52:02]

Je ne savais pas qu'ils avaient créé ce genre de Wiki.

[52:05]

Franchement.

[52:07]

C'est-tu un manque de racis,

[52:08]

de la misogynie au top.

[52:12]

Le Doxing,

[52:13]

c'est une pratique, on en a souvent parlé

[52:14]

à Distortion, souvent on le voit chez les

[52:17]

Twitch, en fait, c'est des gens qui vont

[52:19]

révéler, souvent ils réussissent à le trouver

[52:20]

via l'adresse IP, vont révéler l'adresse

[52:23]

physique,

[52:24]

l'adresse civique de gens

[52:26]

afin de les exposer, de les mettre

[52:29]

en danger. On l'a vu dans plusieurs cas

[52:31]

de Streamer Twitch, on en a parlé

[52:33]

dans le cas de Pop Smoke aussi,

[52:35]

dans la Mini-Disto,

[52:37]

donc lui c'était un peu involontaire,

[52:38]

son truc, et c'est comme Doxing lui-même.

[52:42]

Ce site hébergait,

[52:43]

on parle de Porn WikiLeaks,

[52:44]

ce site hébergait les noms complets

[52:47]

des victimes, leur adresse personnelle,

[52:49]

leur numéro de téléphone,

[52:51]

leur adresse électronique et

[52:52]

les comptes de réseaux sociaux des membres

[52:54]

de leur famille. Donc ça allait loin.

[52:57]

Heureusement,

[52:58]

la vie a repris son chemin pour Jane

[53:00]

et depuis qu'elle a obtenu son diplôme

[53:02]

universitaire, elle gère des clients

[53:04]

pour des sociétés financières et reçoit

[53:06]

une reconnaissance nationale pour ses résultats.

[53:09]

Mais le cauchemar est loin

[53:10]

d'être conclu. Elle en subit

[53:12]

encore les conséquences et le harcèlement

[53:14]

n'est pas terminé. Souvent,

[53:16]

ce ne sont pas les sites pornographiques

[53:18]

qui causent les pires dommages, mais les

[53:20]

plateformes grand public comme YouTube,

[53:22]

Twitter et Reddit, où les gens

[53:23]

partagent ces vidéos, discutent

[53:26]

et peuvent même l'insulter.

[53:27]

Comme vous allez voir, c'est pire

[53:30]

encore que les plateformes porno.

[53:32]

Sur Internet, les internons

[53:34]

l'identifient comme modèle

[53:36]

de Girls Do Porn dans des vidéos

[53:38]

YouTube et taguent les lieux

[53:40]

pour lesquels elles travaillent,

[53:42]

ça meurt, avec des liens

[53:44]

vers les vidéos sur les réseaux sociaux.

[53:46]

Sur Reddit, les vidéos

[53:48]

qui révèlent les noms des modèles

[53:50]

prolifèrent. Quelqu'un les envoyait

[53:52]

à son patron, qui n'a pas pu

[53:53]

la regarder en face par la suite.

[53:56]

L'entreprise a été compréhensive

[53:58]

et d'un grand soutien pour elle,

[54:00]

mais sa vie au travail imaginé

[54:02]

a complètement changé. Aujourd'hui,

[54:04]

elle a peur de recevoir

[54:05]

quelque reconnaissance ou même

[54:07]

de se voir confier les projets qui

[54:09]

attirent trop l'attention sur elle.

[54:11]

Elle veut vraiment rester discrète,

[54:13]

être un fantôme, et on la comprend,

[54:16]

elle veut se faire oublier.

[54:18]

La plateforme qui, selon elle,

[54:20]

laisse passer les pires

[54:21]

abus est Twitter.

[54:23]

Chaque fois qu'il y a une tentative

[54:24]

de doxing ou un pic de harcèlement,

[54:27]

cela se répand rapidement sur Twitter,

[54:29]

selon elle, où les internons

[54:30]

taguent encore une fois ses employeurs

[54:32]

avec des captures d'écran dél nu

[54:34]

ou des liens vers la vidéo,

[54:36]

ou encore disponibles sur un site

[54:38]

pornographique. Le monde,

[54:40]

à quoi ça leur sert de faire ça?

[54:43]

À quoi ça sert?

[54:44]

Je veux dire, elle n'a pas d'ennemi.

[54:48]

Comment tu peux être

[54:49]

si mal intentionné?

[54:51]

C'est gratuitement

[54:53]

derrière ton clavier.

[54:54]

J'espère que ces gens-là, le karma

[54:56]

va les rattraper, honnêtement.

[54:59]

Je leur souhaite plein de choses.

[55:01]

Elle est déjà restée

[55:02]

assise pendant deux jours à rechercher

[55:05]

chaque mot clé, à contacter Twitter,

[55:07]

à essayer d'obtenir de l'aide,

[55:09]

à faire des copiers collés, à rédiger

[55:10]

des e-mails évoquant les décisions du juge.

[55:13]

Donc, de devoir faire face

[55:15]

à tout ce contenu horrible à chaque fois,

[55:17]

à nouveau, c'est insupportable

[55:19]

pour elle. Parce que ça

[55:21]

arrête jamais. Elle ne peut jamais tourner la

[55:22]

page maintenant qu'elle a une nouvelle carrière.

[55:24]

Ça n'a pas de bon sens.

[55:27]

Petite parenthèse, vous allez voir,

[55:28]

en 2017, Rob Kardashian a publié

[55:30]

une vidéo de Revenge Porn sur Twitter.

[55:33]

Et la plateforme a été critiquée

[55:35]

pour l'avoir laissée en ligne pendant 30 minutes.

[55:37]

Quatre mois plus tard,

[55:39]

Twitter a publié de nouvelles

[55:40]

directives, en fait, pour tenter d'empêcher

[55:43]

la propagation du Revenge Porn.

[55:45]

Mais pour Jane,

[55:46]

la procédure de plainte a abouti

[55:49]

au retrait de la vidéo après plus de

[55:51]

sept jours, période pendant laquelle

[55:53]

elle est devenue encore plus virale et

[55:54]

hors de contrôle. Donc en fait, c'est le parallèle

[55:57]

pour vous dire. Une vidéo qui a été laissée

[55:58]

30 minutes, mais l'autre,

[56:01]

elle, sa vidéo, elle est restée

[56:03]

plus de sept jours. Donc imaginez

[56:05]

l'ampleur de la

[56:07]

copie, de la viralité.

[56:10]

Je comprends

[56:11]

que les plateformes, ce n'est pas évident pour elle.

[56:13]

On en revient souvent à ça, la modération

[56:14]

du contrôle. Il y a

[56:17]

ça aussi. Mais il va vraiment

[56:19]

falloir qu'il y ait un laxisme,

[56:21]

il faut qu'il mette plus d'argent dans

[56:23]

cette modération-là.

[56:25]

YouTube a également ignoré les plaintes

[56:27]

de Jane et de l'équipe juridique

[56:29]

qui l'aide. La pornographie n'est

[56:31]

pas autorisée évidemment sur YouTube et la

[56:33]

violence et l'intimidation sont théoriquement

[56:35]

pas tolérées, mais on peut trouver sur la

[56:36]

plateforme, entre autres justement, des extraits

[56:39]

des vidéos de Girls Do Porn,

[56:40]

qui sont « safe for work »,

[56:43]

généralement des interviews avec

[56:44]

les femmes avant les scènes,

[56:46]

alors qu'elles sont encore habillées et assises

[56:48]

sur le lit. Bien qu'il n'y ait pas

[56:50]

de nudité ou de sexe, les femmes

[56:52]

dans les vidéos sont souvent taguées

[56:54]

dans les commentaires et dans le titre,

[56:56]

et dans certaines vidéos, des photos personnelles

[56:59]

prises sur les réseaux sociaux sont ajoutées.

[57:01]

Une vidéo aux accents

[57:03]

profondément misogyne,

[57:04]

qui alterne entre des séquences de jeux vidéo

[57:06]

et des captures d'écran de quatre femmes différentes

[57:09]

filmées par Girls Do Porn,

[57:10]

a été vue à plus de deux millions de fois,

[57:13]

puis le nom complet de toutes les femmes

[57:15]

ont été indiquées dans les commentaires.

[57:17]

La classe encore une fois ?

[57:18]

Ça a pas de bon sens, c'est comme si c'était un gros

[57:20]

lexique qui suit tout le temps.

[57:22]

Dans une vidéo YouTube, quelqu'un

[57:24]

a mis le nom de Jane dans le titre,

[57:26]

puis a monté une série de captures d'écran

[57:28]

de son historique professionnelle

[57:30]

sur LinkedIn, en ajoutant son adresse

[57:32]

électronique et des instructions

[57:34]

pour trouver d'autres extraits de la

[57:35]

sextape originale sur Google.

[57:38]

La vidéo est restée sur YouTube pendant

[57:40]

cinq mois.

[57:42]

Jane a essayé de la faire retirer, mais

[57:43]

YouTube n'a pas agi avant que Motherboard,

[57:46]

qui est la section techno

[57:47]

de Vice, ne la signale pour

[57:50]

Doxing.

[57:52]

Elle a maintenant été retirée pour avoir violé

[57:54]

la politique de YouTube, mais

[57:56]

si Vice avait pas fait de plainte,

[57:57]

puis même il a fallu qu'il demande une entrevue

[58:00]

pour qu'il agisse, parce que même la

[58:01]

première plainte, il l'avait pas fait,

[58:03]

puis là ils ont comme, peux-tu parler à un représentant ?

[58:05]

Puis là où ?

[58:07]

C'est pour ça que je te dis que

[58:11]

je comprends une certaine

[58:12]

partie que c'est

[58:14]

dur de faire la modération,

[58:16]

mais on dirait que d'un autre côté,

[58:17]

ils sont pas très agiles

[58:20]

dans le temps d'agir.

[58:22]

Pas très réactif.

[58:23]

Exact. Charles de Barber,

[58:25]

qui est un analyste chez Phoenix,

[58:27]

advocate et consultant,

[58:29]

est aussi un spécialiste de la suppression

[58:31]

des contenus pornographiques non consensuels

[58:33]

en ligne, explique lui que YouTube

[58:35]

est la plateforme la moins réactive

[58:37]

à laquelle il a jamais eu affaire

[58:39]

de sa carrière. Lorsqu'il a essayé

[58:41]

d'aider Jane à faire retirer

[58:43]

cette vidéo, la plateforme a ignoré

[58:45]

ses demandes à lui aussi. C'était comme

[58:47]

crier dans le vide, selon ses dires.

[58:49]

C'est l'une des humiliations les plus

[58:51]

dégradantes pour une victime de crimes

[58:53]

sexuels qu'il n'ait jamais vue. L'employeur

[58:55]

de Jane a même été ciblé

[58:57]

après ça. YouTube ne respecte

[58:59]

même pas ses propres conditions de service.

[59:02]

Selon le rapport de transparence

[59:03]

de YouTube, il faut savoir qu'au cours

[59:05]

des derniers mois de 2020, la

[59:07]

plateforme a supprimé 65 000

[59:09]

chaînes, 77 000

[59:11]

vidéos et 136

[59:13]

millions de commentaires pour

[59:16]

cyberharcèlement dont la plupart

[59:17]

ont été identifiés par un signalement

[59:19]

automatisé. Jane a depuis changé

[59:22]

d'emploi et a peur que le

[59:23]

cauchemar ne la rattrape aussi.

[59:26]

Oui, son short staff,

[59:28]

YouTube, ils ont vraiment

[59:29]

besoin de main d'oeuvre

[59:32]

pour plein de

[59:33]

niveaux, il y a plein

[59:35]

de trucs qui tombent dans les

[59:37]

craques sur cette plateforme-là aussi.

[59:40]

C'est fou, j'ose pas

[59:41]

voir le nombre de chaînes

[59:43]

et de vidéos et de commentaires

[59:45]

qu'ils doivent retirer.

[59:47]

Ça les excuse pas du tout,

[59:49]

mais il y a vraiment un problème

[59:51]

entre le nombre de personnes qui

[59:53]

gèrent cette plateforme-là et le contenu

[59:55]

qui est publié de toute part.

[59:57]

Maintenant, ils font des vrais

[59:59]

profits, pas quelques dollars.

[01:00:01]

Ça a été long avant qu'ils le fassent,

[01:00:02]

mais maintenant...

[01:00:05]

En décembre 2020,

[01:00:07]

d'autres femmes victimes de Girls

[01:00:09]

Do Porn ont également déposé

[01:00:11]

une plainte contre MindGeek.

[01:00:14]

Ceux qui possèdent Pornhub,

[01:00:15]

pour vous le rappeler, elles

[01:00:17]

l'accusent d'avoir sciemment profité des vidéos

[01:00:19]

de Girls Do Porn sur Pornhub

[01:00:21]

et de ne pas les avoir modérées

[01:00:23]

comme il le fallait. Avec

[01:00:25]

ces autres femmes, c'est ainsi face

[01:00:27]

à 50 plaignantes que tout Girls

[01:00:29]

Do Porn et MindGeek

[01:00:31]

se sont retrouvés. Ils ont

[01:00:33]

finalement trouvé un accord financier.

[01:00:35]

Jusqu'à présent, les termes de leur

[01:00:37]

dérangement sont toutefois restés secrets.

[01:00:40]

Mais de ce que j'ai lu,

[01:00:41]

c'est plusieurs millions de dollars.

[01:00:44]

C'est bien correct.

[01:00:45]

Ça ne réparera pas ce qu'elles ont vécu.

[01:00:48]

Mais au moins, il y a eu

[01:00:49]

une forme de compensation

[01:00:51]

pour ces femmes-là.

[01:00:52]

Il y a plein de

[01:00:55]

poursuites à autres.

[01:00:57]

C'est surtout qu'eux ont fait du cash

[01:00:58]

en fait, qui est pas mal

[01:01:01]

dérangeant grâce à ces

[01:01:03]

victimes-là.

[01:01:03]

C'est sûr que c'est pas

[01:01:08]

la majorité

[01:01:09]

de leur revenu,

[01:01:10]

on s'entend. Je pense que

[01:01:11]

ça doit rester, j'ose croire, une minorité

[01:01:14]

de personnes qui regardent

[01:01:16]

ces vidéos-là. Mais reste que

[01:01:18]

quand tu cumules des centaines

[01:01:20]

de milliers de vues, de plein, plein,

[01:01:22]

plein de vidéos, même si c'est plus

[01:01:25]

anecdotique, c'est quand même

[01:01:26]

beaucoup de monde.

[01:01:28]

Mais c'est ça, faut

[01:01:29]

qu'ils payent pour ça.

[01:01:32]

Il y a une autre plainte

[01:01:33]

qui a été déposée

[01:01:35]

cet été. Il y a une plainte qui a été déposée

[01:01:36]

en Californie par 34 autres femmes

[01:01:39]

contre MindGeek.

[01:01:41]

Ça a été déposé en juin.

[01:01:43]

Eux, justement, ils accusent aussi

[01:01:45]

Pornhub et sa maison-mère d'avoir

[01:01:47]

Siaman mis en ligne des vidéos où elles sont

[01:01:49]

victimes de viols ou d'autres

[01:01:51]

abus sexuels, entre autres lorsqu'elles

[01:01:53]

étaient mineures. Elles reprochent tous

[01:01:55]

à Pornhub d'avoir tiré profit des vidéos

[01:01:57]

ayant été mises en ligne à leur

[01:01:59]

point de vue, sans leur consentement.

[01:02:01]

Souvent, c'est ça. Soit par leurs petites

[01:02:03]

amies, si on peut appeler ça des petites

[01:02:04]

amies, ou des agresseurs,

[01:02:07]

et elles veulent des dommages et

[01:02:08]

intérêts. La seule qui est publique,

[01:02:11]

c'est Serena, celle qu'on a parlé

[01:02:12]

en début d'épisode. C'est un peu

[01:02:15]

le visage

[01:02:17]

de tout

[01:02:19]

cette histoire-là, ce

[01:02:20]

phénomène-là. Elle a osé

[01:02:22]

se montrer au grand jour, utiliser

[01:02:24]

sa véritable identité.

[01:02:25]

Elle a beaucoup de courage. Oui. Selon moi,

[01:02:28]

elle a tellement plus rien à perdre.

[01:02:30]

Quand on habite dans ta voiture,

[01:02:32]

elle a plus rien à perdre. Je sais qu'il y a eu

[01:02:35]

un GoFundMe

[01:02:36]

qui a été fait pour elle

[01:02:38]

pour l'aider.

[01:02:40]

Mais reste que, c'est ça.

[01:02:43]

Il faut aussi savoir que

[01:02:44]

le gouvernement canadien dépose un projet de loi

[01:02:46]

au début de 2021 pour obliger

[01:02:47]

les plateformes en ligne à retirer tout contenu

[01:02:49]

illégal. Mais on le sait,

[01:02:52]

le temps qu'une loi passe,

[01:02:53]

l'exécuter. C'est ça, ça prend du temps.

[01:02:56]

Mais au moins, il y a vraiment

[01:02:58]

des vraies actions

[01:02:59]

qui sont en cours au niveau

[01:03:02]

légal pour essayer

[01:03:04]

de cadrer ça un peu.

[01:03:06]

Moi, je suis un peu

[01:03:09]

découragé.

[01:03:10]

J'ai l'impression que

[01:03:11]

malgré des mécanismes des doigts et tout ça,

[01:03:14]

on ne s'en sortira pas

[01:03:15]

tant que ça et il va y avoir encore plein de victimes

[01:03:18]

de ce type

[01:03:20]

de chantage-là.

[01:03:21]

Tout à fait. Ça nous ramène un peu

[01:03:23]

sur l'enjeu de la modération

[01:03:25]

du contenu en fait

[01:03:27]

qui tout passe par là sur ces plateformes-là

[01:03:30]

incluant les

[01:03:31]

plateformes non pornographiques.

[01:03:33]

Il est important de savoir que le problème

[01:03:35]

se trouve aussi d'une certaine façon

[01:03:37]

sur Google, évidemment, parce que

[01:03:39]

ces plateformes-là sont

[01:03:41]

référencées sur Google.

[01:03:44]

Il renvoie par exemple

[01:03:46]

883 000 résultats

[01:03:47]

de vidéos sur une recherche avec

[01:03:49]

les mots Young Porn.

[01:03:51]

Donc, le National Center

[01:03:53]

for Missing and Exploited

[01:03:55]

Children a compilé

[01:03:57]

le nombre d'images, de vidéos

[01:03:59]

et d'autres contenus liés à l'exploitation

[01:04:01]

sexuelle d'enfants

[01:04:02]

qui lui sont signalés chaque année.

[01:04:05]

Et en 2015, cet organisme a reçu

[01:04:07]

des signalements sur 6,5 millions

[01:04:09]

de vidéos ou

[01:04:11]

autres fichiers de contenu. C'est vraiment

[01:04:13]

beaucoup. En 2017,

[01:04:15]

20,6 millions

[01:04:17]

et en 2019,

[01:04:19]

69,2 millions. Donc, c'est

[01:04:21]

exponentiel ce problème-là.

[01:04:23]

Je n'ose même pas imaginer avec la pandémie

[01:04:25]

où les gens sont encore

[01:04:27]

plus devant leur ordinateur.

[01:04:29]

Les comportements numériques

[01:04:31]

ont augmenté.

[01:04:34]

C'est fou.

[01:04:35]

On n'a pas 2018,

[01:04:37]

mais entre 2017 et 2019,

[01:04:39]

ça a pratiquement triplé.

[01:04:42]

Donc,

[01:04:44]

presque quadriplé.

[01:04:47]

En 2020,

[01:04:50]

on doit être 80.

[01:04:51]

Ça doit être débile,

[01:04:54]

ce chiffre de contenu

[01:04:55]

qui a été dénoncé.

[01:04:57]

En 2020, Facebook,

[01:04:59]

de son côté, a retiré en trois mois

[01:05:01]

de son site 12,4 millions

[01:05:04]

d'images liées à l'exploitation

[01:05:05]

d'enfants sur Facebook.

[01:05:08]

En comparaison,

[01:05:09]

Twitter a fermé en six mois

[01:05:11]

264 000 comptes

[01:05:13]

l'année dernière pour l'exploitation

[01:05:15]

sexuelle d'enfants.

[01:05:17]

Il y en a quand même moins.

[01:05:19]

Je sais que Twitter est moins populaire,

[01:05:20]

mais il y en a quand même beaucoup.

[01:05:22]

L'Internet Watch Foundation,

[01:05:25]

une organisation à but non lucratif

[01:05:26]

basée en Angleterre qui lutte contre

[01:05:29]

les images d'agressions sexuelles d'enfants,

[01:05:31]

n'a signalé que 118 cas

[01:05:33]

d'images d'agressions sexuelles sur Pornhub

[01:05:35]

en près de trois ans.

[01:05:38]

Un chiffre apparemment

[01:05:39]

négligeable.

[01:05:40]

On peut donc constater que l'élimination

[01:05:43]

des contenus illégaux

[01:05:44]

est une bataille permanente

[01:05:46]

pour toutes les plateformes de contenu moderne.

[01:05:49]

Facebook a annoncé récemment

[01:05:50]

qu'il avait mis au point un outil pour tenter

[01:05:52]

d'éviter le Revenge Porn.

[01:05:55]

Et là, à ce jour,

[01:05:57]

il n'y a encore aucun dirigeant

[01:05:59]

de Pornhub qui a été mis

[01:06:00]

en accusation officiellement.

[01:06:02]

Mais est-ce qu'il y a des suites à ça?

[01:06:04]

Est-ce qu'on est en attente de quelque chose?

[01:06:06]

Oui, il y a le procès américain,

[01:06:08]

il y a des poursuites aux civils,

[01:06:09]

il y a différentes poursuites aux civils là-dessus.

[01:06:12]

Ils ont été entendus devant la commission

[01:06:14]

parlementaire au Canada, aux États-Unis,

[01:06:16]

mais c'était juste du témoignage.

[01:06:18]

Même Serena, elle a témoigné.

[01:06:21]

Ils ne sont même pas capables de s'excuser.

[01:06:24]

C'est une forme d'excuse,

[01:06:26]

mais elle n'est pas sincère,

[01:06:27]

elle n'est pas directement dite.

[01:06:30]

Ils s'enlèvent beaucoup les mains.

[01:06:31]

Je comprends qu'ils ne sont pas responsables

[01:06:33]

de son cas à elle,

[01:06:35]

mais c'est que ça s'est fait tellement

[01:06:38]

pendant de longues années

[01:06:39]

sans qu'il fasse rien.

[01:06:41]

C'est sûr qu'il est au courant.

[01:06:43]

C'est certain, il y a des gens à l'interne

[01:06:45]

qui analysent le data, les insights.

[01:06:48]

Ils le voient,

[01:06:49]

il y en a des modérateurs,

[01:06:51]

il y en a toujours eu.

[01:06:53]

Je disais dans un article que

[01:06:55]

l'évaluation de l'âge,

[01:06:57]

c'est le modérateur qui décide.

[01:06:59]

C'est selon le bon vouloir du modérateur.

[01:07:02]

On le sait de détecter l'âge,

[01:07:05]

même avec l'intelligence artificielle.

[01:07:07]

Il y a un certain niveau

[01:07:08]

qu'on peut détecter,

[01:07:09]

mais ça reste difficile

[01:07:10]

entre une fille de 16 ans

[01:07:12]

et une fille de 18 ans.

[01:07:17]

Tout ça pour dire

[01:07:18]

qu'actuellement,

[01:07:19]

comme je te disais,

[01:07:21]

tout le monde s'enlève les mains.

[01:07:22]

C'est sûr qu'il va avoir

[01:07:25]

des conséquences aux poursuites,

[01:07:26]

mais actuellement, il n'y a rien.

[01:07:27]

Juste pour vous dire,

[01:07:29]

peut-être ceux qui m'ignorent,

[01:07:30]

ceux qui habitent en dehors de Montréal,

[01:07:31]

mais le CEO de MindGeek

[01:07:34]

s'était fait construire

[01:07:35]

un gros manoir dans un quartier de Montréal.

[01:07:39]

Déjà, la construction de son gros manoir

[01:07:41]

avait fait scandale

[01:07:42]

parce qu'il avait fait à date plein d'arbres

[01:07:45]

quelques années auparavant.

[01:07:46]

Des centaines.

[01:07:47]

Oui, avant de commencer la construction.

[01:07:50]

Sachez que l'année dernière

[01:07:52]

ou cette année,

[01:07:53]

je ne me souviens plus exactement quand,

[01:07:54]

mais il n'y a pas si longtemps,

[01:07:56]

le manoir qui était encore en construction

[01:07:59]

a été victime d'un incendie criminel

[01:08:01]

et il a vraiment brûlé au complet.

[01:08:04]

Il n'y a plus rien.

[01:08:04]

Il y avait plusieurs foyers

[01:08:06]

et les gens dans l'entourage

[01:08:08]

disaient qu'ils n'étaient pas surpris

[01:08:10]

que ça arrive.

[01:08:12]

Est-ce que c'est une ancienne victime

[01:08:14]

qui a voulu se venger?

[01:08:16]

Est-ce que c'est juste quelqu'un

[01:08:17]

qui n'aimait pas sa présence

[01:08:20]

dans le voisinage?

[01:08:21]

Il y a eu une enquête criminelle,

[01:08:23]

mais on n'a pas eu de détails là-dessus.

[01:08:26]

Mais disons que

[01:08:28]

cette compagnie-là

[01:08:30]

a fait travailler beaucoup de monde à Montréal,

[01:08:31]

à MindGeek.

[01:08:33]

Au moins à Montréal,

[01:08:36]

c'est au moins 7 à 800 employés,

[01:08:37]

ce n'est pas plus.

[01:08:39]

C'est des bonnes jobs.

[01:08:41]

Il y a beaucoup de programmeurs web

[01:08:42]

qui sont passés par ces compagnies-là.

[01:08:45]

Il n'y a pas juste MindGeek, il y en a d'autres,

[01:08:46]

il y en a une à Québec aussi.

[01:08:49]

Et même des monteurs vidéo et autres,

[01:08:51]

il y en a beaucoup qui sont passés

[01:08:52]

là-dedans en début de carrière.

[01:08:54]

Mais apparemment, c'est quand même assez

[01:08:57]

difficile

[01:08:58]

parfois d'être exposé

[01:09:00]

à ce contenu-là sur le long terme.

[01:09:02]

Tu dois...

[01:09:05]

une forme de désensibilisation,

[01:09:06]

j'imagine.

[01:09:09]

Ça doit être un peu

[01:09:10]

particulier, évidemment.

[01:09:12]

À suivre, à un moment donné,

[01:09:13]

quand il y aura des développements,

[01:09:15]

on vous en reparlera, évidemment.

[01:09:16]

C'est un dossier qu'on suit de près.

[01:09:19]

Tout ça, j'espère

[01:09:21]

que ça vous a plu.

[01:09:23]

Et quand même aussi,

[01:09:25]

peut-être conscientisé

[01:09:27]

pour ceux peut-être

[01:09:28]

qui ont tendance à partager

[01:09:31]

du contenu intime d'eux-mêmes

[01:09:33]

avec des gens qui aiment

[01:09:35]

de faire plus attention à ça.

[01:09:37]

De savoir qu'on n'est malheureusement

[01:09:39]

pas à l'abri d'un connard

[01:09:41]

ou d'une personne

[01:09:43]

mal intentionnée.

[01:09:45]

On dirait que c'est ça ma conclusion.

[01:09:47]

C'est que même si...

[01:09:48]

La femme, Rachel,

[01:09:50]

qui s'est faite filmer

[01:09:52]

pendant qu'elle dormait,

[01:09:55]

par son mari,

[01:09:56]

elle le suit deux ans plus tard,

[01:09:58]

on dirait que c'est là que je me suis dit

[01:10:00]

qu'il y a comme rien à faire,

[01:10:03]

malgré toutes les règles,

[01:10:05]

tu ne peux pas empêcher un humain

[01:10:07]

d'être une mauvaise personne.

[01:10:08]

C'est clair.

[01:10:09]

Il ne faut pas tomber là-dessus.

[01:10:13]

C'est des malheureux hasards,

[01:10:15]

si on peut appeler ça comme ça,

[01:10:17]

de la vie.

[01:10:18]

J'espère que vous avez apprécié

[01:10:21]

les Dix-Tordus,

[01:10:22]

un épisode un petit peu différent

[01:10:24]

dans le format.

[01:10:25]

C'est une problématique qu'on voulait aborder

[01:10:27]

depuis au moins l'an dernier,

[01:10:28]

quand toute cette histoire est survenue.

[01:10:31]

C'est peut-être moins narratif

[01:10:33]

que certaines autres de nos histoires

[01:10:34]

parce qu'on voulait englober plusieurs histoires,

[01:10:37]

mais vous exposez un peu

[01:10:38]

ce côté sombre de cette industrie-là

[01:10:41]

et on risque de le faire aussi

[01:10:42]

d'exposer le côté sombre de d'autres industries

[01:10:45]

et peut-être même d'un jour d'y revenir

[01:10:47]

parce que je ne pense pas

[01:10:48]

que ça va se terminer aujourd'hui

[01:10:50]

avec cette poursuite-là.

[01:10:53]

En fait, on vous remercie

[01:10:56]

de votre écoute,

[01:10:58]

chère audience

[01:10:59]

et si vous voulez nous dire

[01:11:00]

ce que vous en pensez, on est très intéressé

[01:11:02]

d'en savoir plus.

[01:11:03]

Si vous avez une expérience

[01:11:06]

de ce côté-là,

[01:11:08]

si vous voulez partager les choses que vous avez vécues,

[01:11:10]

vous pouvez le faire. Vous savez où nous trouver.

[01:11:12]

On est sur Instagram, Distorsion Podcasts,

[01:11:14]

sur Facebook aussi.

[01:11:15]

On a un groupe privé de discussion sur Facebook

[01:11:18]

où c'est très cool

[01:11:20]

de rejoindre une discussion sur différents sujets

[01:11:22]

dont on traite dans le podcast.

[01:11:24]

Et au-delà, on est sur Twitter

[01:11:26]

aussi, Distorsion Pod.

[01:11:28]

On est facile à trouver sur Patreon

[01:11:30]

aussi, vous le savez, Patreon.com

[01:11:32]

slash Distorsion Podcasts.

[01:11:34]

Et pour terminer, eh bien,

[01:11:36]

on n'a pas le choix de remercier

[01:11:37]

nos membres Patreon sans qui

[01:11:39]

on ne pourrait pas faire ce show, mon cher Seb.

[01:11:42]

Oh non, et je commence.

[01:11:44]

Un gros shout-out

[01:11:46]

à Samuel B,

[01:11:48]

Delfin B,

[01:11:50]

Céline WB,

[01:11:52]

Amélie B et

[01:11:53]

Anaïs F. Merci à vous.

[01:11:56]

Beaucoup de B, mais je remercie

[01:11:58]

aussi Sarah R, Mélissa

[01:12:00]

VM, Julie

[01:12:02]

B, un certain

[01:12:03]

ou une certaine Schmod777

[01:12:06]

et shout-out à toi,

[01:12:07]

Stéphanie. Je continue avec

[01:12:09]

Jay-Lay, Magalie,

[01:12:12]

Tika, Sébastien G

[01:12:13]

et Myriam B. High-five.

[01:12:16]

Un gros câlin à Sonia

[01:12:18]

C, à Kazi

[01:12:19]

Bott, à Alex B,

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Ophélie L et

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Kotof. Et je continue

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avec le mystérieux Crabwork,

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Marilune B,

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Jou Y,

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Aiko et Gabrielle

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HS. On ne pourrait

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pas faire ce show sans la contribution

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de Christopher B,

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Gabrielle D, Charlotte

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F, Mélissa B

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et shout-out à Viviane.

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Merci à vous tous

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de votre soutien. Pour nos chers

[01:12:51]

membres Patreon, on se revoit dans

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l'after-show où on va discuter

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du contrôle de la porno sur le web,

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un sujet très intéressant. Et pour

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terminer Seb, aurais-tu un mot de la fin

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pour nous aujourd'hui? Si vous souhaitez

[01:13:03]

consulter de la porno le plus équitable

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possible, retournez vers vos vieilles

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cassettes VHS ou encore

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vos vieux magazines Playboy.

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Oh yes!

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