đŸŽ™ïž#150 - Le KKK Ă  l’ùre numĂ©rique

Épisode

đŸŽ™ïž#150 - Le KKK Ă  l’ùre numĂ©rique

Épisode
150
Durée
1 h 32 min
Format
Audio

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Pulaski, Tennessee, 1865. Six anciens officiers confĂ©dĂ©rĂ©s fondent une mystĂ©rieuse confrĂ©rie : le Ku Klux Klan. À l’origine, un simple cercle d’anciens soldats. Rapidement, une milice fantĂŽme qui rĂ©pand la terreur. Un siĂšcle et demi plus tard, les croix ne brĂ»lent plus dans les champs. Le Klan a troquĂ© ses capuches pour des pseudos, ses torches pour des Ă©crans, et ses sermons racistes pour des mĂšmes viraux. Des tracts imprimĂ©s aux fils Telegram, l’organisation s’est mĂ©tamorphosĂ©e pour survivre Ă  chaque Ăšre, jusqu’à devenir une idĂ©ologie sans visage, nourrie par les algorithmes.

DerriĂšre cette mutation numĂ©rique, on dĂ©couvre deux visages du Klan : celui qui se prĂ©sente comme fraternel et religieux, et l’autre, plus radical, qui prĂŽne la rĂ©sistance et la haine ouverte. Au fil des dĂ©cennies, le mouvement s’est adaptĂ© aux rĂ©volutions du web, passant des tracts et brochures aux rĂ©seaux sociaux, puis aux plateformes cryptĂ©es et aux paiements anonymes. Le rĂ©sultat : une idĂ©ologie qui se propage toujours, mais dĂ©sormais Ă  la vitesse des pixels.

On plonge dans les coulisses d’un mouvement qui s’est rĂ©inventĂ© Ă  chaque Ă©poque : propagande en ligne, financement en cryptomonnaie, vidĂ©os pseudo-documentaires, hashtags codĂ©s et rĂ©seaux de recrutement fragmentĂ©s. On y dĂ©couvre comment la haine se modernise, et comment certains, du collectif Anonymous aux ONG d’investigation, s’efforcent encore d’en freiner la propagation.

Entre fantasmes d’un passĂ© glorifiĂ© et guerre d’influence numĂ©rique, le Klan d’aujourd’hui n’a plus besoin de capuches : ses armes sont des pixels. Bonne Ă©coute!


Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent ĂȘtre inexacts.

[00:01]

Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter Distorsion, un podcast sur...

[01:07]

En 1865, alors que les États-Unis pensent encore les plaies bĂ©antes de la guerre de

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sécession, six anciens officiers confédérés se réunissent dans une petite maison dans le Tennessee.

[01:18]

Au sein des discussions, l'amertume d'un monde perdu et la peur du changement se font sentir.

[01:24]

Dans cette atmosphÚre trouble naßt une mystérieuse confrérie,

[01:29]

à mi-chemin entre le Club secret et la milice, le Ku Klux Klan. Ce nom étrange

[01:34]

allait bientÎt devenir le symbole du terrorisme intérieur le plus persistent de l'histoire

[01:39]

américaine. Mais qu'arrive-t-il de ce groupe à l'Úre numérique? Sachez que 150 ans plus

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tard, il est toujours bien actif. Suivez-nous dans cette mise Ă  jour sur un des groupes

[01:51]

racistes les plus craints de tous les temps. SĂ©bastien Évac, comment vas-tu aujourd'hui?

[02:00]

Ça va bien, et toi, Emile Gauthier? Ça va trùs bien aussi. On aborde un sujet quand

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mĂȘme important aujourd'hui, dans ce climat d'incertitude politique, de tension aussi

[02:10]

gĂ©opolitique. On se disait que ça pourrait ĂȘtre intĂ©ressant de faire un retour sur le

[02:15]

Ku Klux Klan, ce groupe qui a fait Ă©normĂ©ment parler dans les annĂ©es 1900, mĂȘme les annĂ©es

[02:20]

1800, mais qui, comment dire, regagne en popularité depuis quelques années. C'était intéressant

[02:30]

de voir un peu comment, en fait, on voulait s'attarder Ă  comment ce groupe-lĂ  s'organise

[02:34]

sur Internet. Comment ils font pour encore recruter des gens? Est-ce qu'ils sont plus

[02:39]

actifs dans l'ombre maintenant qu'à une certaine époque, parce que là, comment

[02:44]

dire, c'est assez mal vu d'ĂȘtre membre du Ku Klux Klan et puis de s'exposer

[02:48]

comme ça. Donc, on voulait faire le tour de la question un peu. Ça va ĂȘtre un peu

[02:52]

un mélange entre aujourd'hui l'histoire et la distorsion, parce qu'on va revenir

[02:57]

un peu sur les fondations de ce groupe-là. Pourquoi ils existent? Sont-ils nés dans

[03:02]

quel contexte? Puis justement, comment ils poursuivent leur activité aujourd'hui?

[03:07]

Oui, le recrutement, c'est quand mĂȘme assez intĂ©ressant Ă  couvrir aussi. Comment

[03:12]

ça se reflÚte à notre époque? Et dis-moi Seb, est-ce qu'on va parler de

[03:16]

Kanye West aujourd'hui?

[03:18]

Oui, pas le choix. On n'avait pas le choix.

[03:20]

On n'a pas le choix. On n'aura pas le choix d'en parler. Kanye West, on n'aura pas le

[03:25]

choix d'en faire une petite parenthÚse plus tard dans l'épisode, sans doute dans

[03:29]

la deuxiĂšme partie quand on va remonter le temps. Donc, ça risque d'ĂȘtre trĂšs

[03:33]

intéressant de revenir sur les fondations de ce groupe-là. Comment ils ont commencé?

[03:38]

Est-ce que justement, quels sont les premiers crimes qu'ils ont commis et

[03:42]

comment ça se reflÚte aujourd'hui dans les années 2020?

[03:46]

Oui, oui, c'est assez fascinant. Et dans l'art chaud, Emile, pour compléter ça,

[03:50]

je vais vous parler de qui follow the aid money, l'argent sale de la haine. Parce

[03:56]

que ces regroupements-lĂ , il faut qu'ils amassent du capital. C'est un peu comme

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des partis politiques dans le monde d'aujourd'hui. Vous allez voir depuis le début des années

[04:06]

2000, mĂȘme leur technique de financement a Ă©voluĂ© aussi au fil du temps, parce

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que les, je ne dirais pas les moeurs, mais les plateformes suite Ă  la pression publique

[04:16]

aussi, on restreint également. Vous allez voir, il y a plein de plateformes de paiements

[04:22]

et de cryptos que j'avais, pas de cryptos que je ne connaissais pas, mais de paiements

[04:24]

que je n'avais jamais entendu parler ou mĂȘme des rĂ©seaux socials trĂšs, trĂšs,

[04:30]

disons, trÚs nichés et qui tolÚrent la haine. Et aussi, on va faire un

[04:35]

petit survol de Joe Moore, qui est un homme qui a réussi à infiltrer le

[04:41]

plan et qui a rĂ©ussi Ă  empĂȘcher un meurtre. C'est un des plus gros cas d'infiltration

[04:46]

civique. Donc, ça va ĂȘtre trĂšs, trĂšs, trĂšs, trĂšs intĂ©ressant.

[04:50]

Oh, ça va ĂȘtre trĂšs cool, ce, mon Seb. Donc, un gros Ă©pisode aujourd'hui.

[04:54]

Je pense qu'on a Ă  peu prĂšs 30 pages de notes. Donc, attachez-vous bien.

[04:58]

Et l'after show pour nos abonnés Patreon, abonnés aux forfaits Oui Monsieur.

[05:01]

On vous rappelle aussi que sur Patreon, vous pouvez économiser en prenant un abonnement

[05:05]

annuel. Donc, un 15 %, je crois, qui est déduit si vous payez d'une traite.

[05:11]

Donc, en fait, si vous pensez rester avec nous pour plus d'un mois pour l'année,

[05:16]

mettons, bien, vous pouvez sauver des coûts en prenant l'abonnement annuel

[05:19]

comme ça et puis rester abonné. Nous, on a du contenu qui s'en vienne

[05:25]

évidemment tranquillement. Notre partie 2025 se termine.

[05:29]

Je ne sais pas trop on est quelle date au moment de la diffusion de cet

[05:32]

épisode-là. Et puis, vous savez qu'en 2026, on embarque dans une autre petite

[05:36]

direction intéressante. Mais ceci dit, il y a du contenu qui s'échelonne.

[05:40]

Ceux qui étaient avec nous sur Patreon l'été dernier peuvent voir

[05:43]

qu'on n'a pas pris de grosses vacances. Donc, ça vaut la peine,

[05:47]

surtout en ce moment, étant donné que ça commence à faire un petit

[05:49]

bout de temps qu'on est sur Patreon, il y a du contenu en maudit.

[05:52]

Oui, vraiment. Puis, je le vois, les nouveaux abonnés Patreon qui

[05:55]

n'ont jamais été, quand ils reculent ou ils commentent ou ils like des

[05:59]

anciens after-shows ou épisodes ou épisodes secrets, j'aime toujours ça.

[06:03]

Ça fait son chemin. Et puis, sachez que justement, avec la bonne manuelle,

[06:06]

je pense que ça vous donne deux mois gratuits, quelque chose comme ça

[06:08]

avec le rabais au final. Donc, c'est quand mĂȘme intĂ©ressant.

[06:12]

Ben oui, tous les after-shows, les épisodes secrets sont là.

[06:15]

Je regardais, je pense qu'on a 301 publications sur Patreon.

[06:19]

Ce n'est pas tous des épisodes bonus. Il y en a qui sont des annonces,

[06:22]

un peu des newsletters, des choses comme ça. Mais quand mĂȘme,

[06:24]

il y a du stock. Yes. On est un petit peu pocké.

[06:28]

Hier soir, on a enregistré notre spécial Halloween avec Simon Prej.

[06:31]

Mais malgré tout, on a une biÚre de la semaine, Seb.

[06:33]

Qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui?

[06:34]

Oui, on boit la Blazer ou la Blazar de Perspective Micro Brasserie,

[06:40]

qui est une micro brasserie située à Saint-Liboyard au Québec.

[06:44]

C'est une New England IPA, 6,5 %.

[06:47]

On les aime bien. Elle est trÚs voilée, moelleuse,

[06:50]

avec des arĂŽmes intenses et des fruits tropicaux.

[06:52]

Et dans celle-ci, les houblons, j'aime toujours ça.

[06:54]

Il y a du croche, du raco et du bravo.

[06:55]

Le bravo que j'aime bien aussi.

[06:58]

Et cette tournée de biÚre nous a été offerte par Jean-Yves Quirourdant.

[07:03]

Et j'espÚre que je ne te débattis pas trop, mon cher Jean-Yves.

[07:07]

Shout-out à toi et merci énormément pour la tournée de biÚre.

[07:10]

Vous pouvez faire comme lui, aller sur notre site distorsionpodcast.com.

[07:14]

Petit bouton en haut Ă  droite et vous nous donnez un petit nom par Paypal.

[07:18]

Oh yes, shout-out Ă  toi, Jean-Yves.

[07:20]

Et aussi, on a un autre shout-out Ă  donner Ă  une certaine Mel SVG.

[07:24]

Je pense savoir qui est cette Mel.

[07:27]

Elle nous donne une review 5 étoiles sur Apple Podcasts.

[07:30]

Merci Ă  ceux qui vont encore nous donner des reviews face au Spotify aussi maintenant.

[07:34]

Elle nous dit « Meilleur podcast! »

[07:36]

Je vous écoute tout le temps.

[07:37]

On a vraiment des animateurs passionnés par ce qu'ils nous offrent.

[07:40]

Votre passion pour la qualité se ressent à chaque épisode.

[07:43]

Merci encore pour votre travail de bĂȘte.

[07:45]

Vous nous faites plaisir Ă  chaque fois.

[07:47]

LĂąchez pas les boys, on vous veut encore longtemps.

[07:50]

Oh, ça fait chaud au cƓur.

[07:51]

Bien oui, merci, Mel.

[07:52]

Yes, on vous rappelle qu'on a un after-show qui s'en vient.

[07:55]

On en a parlé un petit peu tantÎt.

[07:57]

Et je crois, Seb, qu'on en a assez dit pour aujourd'hui.

[07:59]

Est-ce qu'on est prĂȘt Ă  remonter l'historique du Ku Klux Klan tous ensemble?

[08:05]

Oui, Monsieur!

[08:07]

Allons-y.

[08:08]

Oui.

[08:11]

On va démarrer avec la fondation du Ku Klux Klan, Emile.

[08:15]

Ça a Ă©tĂ© fondĂ© en dĂ©cembre 1865.

[08:19]

Je pense mĂȘme le jour de NoĂ«l.

[08:21]

Oui, le 24 décembre.

[08:23]

Oui, c'est assez fou.

[08:24]

Seulement aprĂšs la...

[08:26]

En fait, c'était quelques mois aprÚs la fin officielle de la guerre de sécession,

[08:30]

soit en avril 1865, dans un contexte oĂč les États du Sud

[08:35]

commencent la reconstruction imposée par le gouvernement fédéral.

[08:39]

Nous allons d'ailleurs aborder en détail un peu plus tard le chaos qui régnait à ce moment-là.

[08:44]

Parce que la guerre de sécession, vous le savez, c'est entre le Nord et le Sud,

[08:48]

c'était pour détruire l'esclavagisme et rendre les droits égaux de tout le monde.

[08:55]

Mais le Sud était plus pour les esclaves et le Nord moins.

[08:59]

Donc, ça a fait quand mĂȘme un clash.

[09:02]

Il faut savoir que le Klan s'est d'abord...

[09:04]

Et c'est le Nord qui a gagné, en fait.

[09:05]

Oui, exact.

[09:05]

Qui a marqué la fin de l'esclavage.

[09:08]

Je pense qu'il y en a quand mĂȘme eu encore un petit peu aprĂšs,

[09:11]

dans certains États du Sud.

[09:12]

C'était illégal, je crois, parce que c'était devenu fédéral.

[09:15]

Puis je pense que c'est Ă  ce moment-lĂ ,

[09:17]

ils n'ont pas eu le choix de se contraindre, un peu comme dans les élections.

[09:21]

Je ne connais pas tout le détail, mais oui, c'est un peu ça.

[09:23]

Il faut savoir que le Klan s'est d'abord formé comme étant une confrérie sociale

[09:28]

entre anciens officiers confédérés,

[09:30]

avant de dériver rapidement vers une organisation paramilitaire,

[09:34]

structurée et violente.

[09:36]

NĂ© dans le chaos de la reconstruction,

[09:38]

le Klan s'est d'abord voulu un ordre d'élite défendant l'honneur sudiste,

[09:42]

avant de se transformer en une puissante machine de haine et d'intimidation raciale.

[09:48]

Pendant plus d'un siĂšcle,

[09:50]

c'est métamorphosé au rythme des bouleversements sociaux et technologiques,

[09:54]

s'infiltrant dans la politique, les médias et désormais les réseaux sociaux.

[09:59]

À travers ces renaissances successives,

[10:02]

il met de l'avant un phénomÚne inquiétant.

[10:04]

La capacité des idéologies extrémistes à muter pour survivre.

[10:09]

Nous sommes donc en 1865,

[10:11]

le sud est un territoire dévasté.

[10:14]

Les plantations, autrefois vastes et prospĂšres, sont en ruine.

[10:18]

Les villes montrent encore les cicatrices de la guerre,

[10:22]

les maisons calcinées,

[10:23]

des toits effondrés,

[10:24]

des rues en fait pleines de débris.

[10:27]

Les champs sont soit abandonnés ou détruits,

[10:30]

et les récoltes sont perdues.

[10:32]

Les familles blanches,

[10:34]

qui jadis dominaient socialement et économiquement,

[10:36]

se retrouvent complÚtement désorientées dans cet environnement.

[10:39]

Elles sont confrontées à une réalité qu'elles n'avaient jamais imaginé.

[10:43]

Les afro-américains, autrefois esclaves,

[10:46]

sont désormais libres,

[10:48]

peuvent voter, posséder des terres,

[10:50]

s'instruire et participer Ă  la vie politique.

[10:53]

Ça semble tellement ĂȘtre dans un autre monde pour nous.

[10:56]

Incroyable.

[10:57]

Moi, j'arrive pas Ă ...

[10:58]

On lit ces lignes-lĂ ,

[11:00]

puis c'est genre, voyons, c'est...

[11:02]

c'est crazy que les afro-américains étaient esclaves.

[11:05]

Tu sais, pour ceux qui n'ont pas...

[11:07]

qui auraient comme nous, qui sont d'une génération qui n'a aucunement vécu ça,

[11:10]

c'est crazy, lĂ , de dire que Krim,

[11:12]

à ce moment-là, ils étaient désormais libres.

[11:15]

Oui, ah oui, George.

[11:16]

On a l'impression vraiment qu'on parle d'une histoire d'il y a mille ans,

[11:19]

mais c'est pas si loin, finalement.

[11:20]

Non, non, à peine une centaine d'années, là.

[11:23]

Et les amendements constitutionnels,

[11:25]

la 13e, qui apporte l'abolition de l'esclavage en 1865,

[11:31]

et la 14e, qui est la citoyenneté et l'égalité des droits en 1868,

[11:36]

et le 15e amendement,

[11:39]

qui est le droit de vote universel masculin en 1870,

[11:43]

parce que dans ce temps-lĂ , les femmes votaient pas non plus,

[11:46]

bouleverse profondément la société sudiste,

[11:49]

provoquant ainsi une violente réaction

[11:50]

parmi les anciens propriétaires esclavagistes,

[11:53]

dont la suprématie sociale est maintenant menacée.

[11:56]

Ben oui, parce que eux, c'étaient des seigneurs,

[11:59]

c'étaient des gens de la haute, des hauts sphÚres,

[12:01]

puis lĂ , tout d'un coup, ils viennent de dropper d'une classe sociale.

[12:05]

Il faut qu'ils payent leur...

[12:07]

Oui, ben oui, c'est ça.

[12:09]

Je sais pas si on appelle ça des agriculteurs,

[12:12]

ou des gens qui faisaient dans les maisons.

[12:15]

Ça a tellement...

[12:17]

Moi, tout le long de cet épisode-là,

[12:19]

j'étais un peu en maudit.

[12:21]

C'est clair.

[12:22]

C'est dans ce climat de peur et de confusion

[12:24]

qu'un groupe d'hommes blancs décide de créer

[12:26]

une organisation secrĂšte.

[12:28]

Six hommes se réunissent à Pulaski

[12:31]

afin de fonder ce qui deviendra le Ku Klux Klan,

[12:34]

que nous connaissons aujourd'hui.

[12:35]

Chacun apporte un profit unique et stratégique.

[12:38]

Et lĂ , Emile, parle-nous un peu plus de ces six hommes blancs.

[12:42]

Oui, je vais vous parler, je vais faire un peu le profil

[12:45]

de ces six fondateurs,

[12:47]

voire un peu d'oĂč est-ce qu'ils viennent, en fait.

[12:50]

J. Calvin Jones, le premier, est un médecin respecté

[12:55]

et un vétéran de guerre.

[12:56]

C'est sûr que beaucoup de gens qui viennent

[12:58]

d'organisations militaires qui vont rejoindre le clan.

[13:02]

Et lui, il incarne l'élite locale.

[13:05]

Sa réputation lui donne accÚs au cercle influent de la ville.

[13:08]

On est dans le Tennessee, lĂ , ce moment-lĂ .

[13:10]

Il s'exprime avec autorité et calme,

[13:12]

et son prestige social lui permet d'influencer les autres.

[13:16]

Pour lui, le clan n'est pas simplement un exutoire Ă  la colĂšre,

[13:20]

c'est un moyen de conserver le pouvoir et l'autorité sociale

[13:23]

que la guerre et l'abolition de l'esclavage menacent.

[13:27]

À ses cĂŽtĂ©s, on retrouve Frank O. McCord,

[13:30]

ancien soldat confédéré, lui aussi,

[13:33]

apporte lui une certaine expérience militaire au groupe.

[13:36]

Il connaßt la discipline, la stratégie, l'organisation.

[13:40]

Grùce à lui, le clan devient une véritable force paramilitaire.

[13:44]

Il organise des patrouilles nocturnes,

[13:47]

forme des groupes d'intervention

[13:48]

et supervise l'élaboration de rituels codifiés.

[13:53]

La vision militaire de McCord donne au clan une efficacité

[13:56]

et une hiérarchie que peu d'autres sociétés secrÚtes peuvent égaler.

[14:01]

Justement, par rapport aux rituels codifiés,

[14:04]

c'Ă©taient les premiers moments oĂč il y avait des vĂȘtements blancs,

[14:07]

les cagoules, c'est lui qui a mis en place les titres hiérarchiques

[14:10]

aussi codés, des cérémonies d'initiation

[14:13]

pour donner un peu une allure sacrée à leur idéologie.

[14:16]

Oui, ça avait un petit cÎté religieux, le Ku Klux Klan.

[14:19]

On va y arriver, faites exemple sur l'origine des habits et tout ça.

[14:24]

Il y a aussi Nathan Bedford Forrest,

[14:28]

qui lui est un ancien général confédéré et marchand d'esclaves.

[14:32]

Il lui devient une figure centrale du clan

[14:34]

et est souvent considéré comme le premier grand sorcier,

[14:38]

ce qu'on appelle le Grand Wizard.

[14:39]

C'est le plus haut dirigeant.

[14:42]

Marchand d'esclaves, c'était un métier.

[14:45]

Ça n'a pas de bon, c'est fou.

[14:47]

Sous son leadership, le clan adopte une organisation paramilitaire

[14:51]

plus cohérente avec une codification de ses buts,

[14:54]

notamment le maintien de la suprématie blanche,

[14:57]

bien que cette organisation reste largement décentralisée.

[15:01]

Richard R. Reed se consacre aux symboles et aux codes de l'organisation,

[15:06]

inspirés par les sociétés secrÚtes européennes et les rites francs-maçons.

[15:10]

Il invente des signes, des symboles, des emblĂšmes, des serments.

[15:15]

Ces symboles donnent au clan une aura mystique

[15:18]

qui fascine ses membres et terrorise ses victimes.

[15:20]

Ça va jouer un rîle aussi dans le recrutement.

[15:25]

Quand ça a l'air d'ĂȘtre une force mystique, Ă©litiste et autre,

[15:29]

un petit caractĂšre sectaire, on dirait, au mĂȘme religieux.

[15:31]

On est encore dans une Amérique trÚs religieuse.

[15:34]

La religion mÚne le monde à cette époque-là.

[15:37]

Ça va jouer un grand rîle dans le recrutement.

[15:39]

Les gens vont ĂȘtre attirĂ©s par cette aura autour du clan.

[15:44]

On retrouve aussi un certain John B. Kennedy,

[15:47]

qui ne semble pas lié à la dynastie de John F. Kennedy et les autres.

[15:53]

Lui, il se charge de l'expansion.

[15:55]

Il identifie les hommes blancs partageant le ressentiment sudiste

[15:58]

et les recrute, transformant la ville de Pulaski et ses environs

[16:02]

en un réseau structuré.

[16:04]

Chaque quartier et chaque village abritant des membres prĂȘts Ă  agir.

[16:09]

On retrouve aussi un certain John C. Lester,

[16:12]

qui est charismatique, trÚs théùtral.

[16:14]

Lui, il supervise les cérémonies secrÚtes.

[16:16]

Il comprend que la peur et le mystĂšre peuvent ĂȘtre aussi efficaces que les arbres.

[16:21]

Sous sa direction, les rituels nocturnes prennent une dimension presque religieuse.

[16:26]

Les robes blanches, les cagoules pointues et les feux de cérémonie

[16:30]

créent un spectacle renforçant la loyauté des membres

[16:32]

et accentuant la terreur parmi les populations afro-américaines.

[16:37]

Parce que leur but, Ă  quelque part, c'est d'ĂȘtre visible, c'est de faire peur.

[16:40]

Exact, exact.

[16:41]

On retrouve aussi James R. Crowe,

[16:43]

qui, lui, exploite ses contacts dans les campagnes pour recruter de nouveaux membres.

[16:48]

Il connaĂźt chaque famille dans la ville, chaque fermier et chaque artisan

[16:52]

dans tous les comtés voisins.

[16:54]

Donc, grùce à lui, le clan s'étend rapidement, invisible mais omniprésent.

[16:59]

Tous ces hommes partagent un ressentiment viscéral

[17:02]

face à la défaite du Sud et à l'abolition de l'esclavage.

[17:06]

Salut les gosses, lĂ .

[17:07]

Oui, oui, viscéral, oui, c'est ça.

[17:08]

Pour eux, le monde a basculé.

[17:10]

Des millions d'afro-américains jouissent désormais de droits civiques,

[17:14]

tandis que les Blancs se sentent menacés dans leur autorité traditionnelle.

[17:19]

Leur expĂ©rience militaire et sociale se mĂȘle Ă  une idĂ©ologie raciste.

[17:23]

Chaque rituel, symbole et acte de violence

[17:26]

sert Ă  restaurer un ordre qu'ils croient avoir perdu pour toujours.

[17:31]

Puis là, évidemment, dans l'épisode d'aujourd'hui,

[17:34]

quand mĂȘme un petit trigger warning, on va parler quand mĂȘme de haine et de racisme.

[17:38]

Faites-vous en pas, on n'endosse aucunement ces propos-lĂ .

[17:42]

On n'a pas le choix de dire certains mots et autres,

[17:44]

mais c'est un épisode qui peut vous mettre en crise.

[17:47]

Ah, oui, mais...

[17:48]

Comme nous, d'accord.

[17:49]

Oui, exact.

[17:50]

Puis mĂȘme, on parlait de l'esclavage,

[17:52]

mais la traite humaine existe encore aujourd'hui.

[17:54]

Ah, faut qu'on oublie.

[17:55]

J'aurais fermé cette parenthÚse.

[17:57]

Oui, il y a des combats de gagniers, mais il en reste d'autres.

[17:59]

Oui, oui, exact.

[18:01]

LĂ , on va vous parler un peu des costumes.

[18:02]

Les robes blanches et les cagoules pointues des membres

[18:05]

répondent à une double fonction.

[18:06]

C'est masquer l'identité des participants pour éviter toute répression,

[18:11]

mais aussi instaurer un spectacle terrifiant

[18:13]

destiné à paralyser psychologiquement les populations afro-américaines.

[18:18]

La croix enflammée, symbole emblématique,

[18:21]

est utilisée pour frapper les esprits

[18:22]

en évoquant une purification par le feu

[18:25]

qui est une méthode d'intimidation collective.

[18:28]

Il faut dire que les symboles sont effectivement trĂšs puissants,

[18:31]

car encore aujourd'hui,

[18:33]

lorsqu'on prononce que quelqu'un prononce le coup Klux Klan,

[18:36]

mais la premiĂšre image qui nous vient en tĂȘte,

[18:38]

eh bien, ce sont les cagoules blanches pointues et les croix en feu.

[18:41]

Carrément.

[18:41]

C'est vrai, ça s'est vraiment cristallisé dans nos esprits.

[18:45]

Et le contexte historique est crucial

[18:47]

pour bien comprendre l'ascension du Klan.

[18:50]

Le combo du Sud en ruine que nous avons abordé plus tÎt,

[18:54]

les plantations détruites, les villes effondrées,

[18:56]

les pertes humaines massives

[18:58]

et les afro-américains qui accÚdent aux droits de vote

[19:01]

et participent Ă  la vie politique,

[19:02]

tout cela engendre peur, confusion et ressentiment

[19:06]

parmi la population blanche.

[19:08]

Le Klan apparaĂźt alors comme une solution

[19:10]

pour ceux qui refusent de s'adapter à ce monde transformé.

[19:14]

DÚs le début,

[19:15]

le Klan adopte une structure hiérarchique

[19:17]

inspirée encore une fois de la franc-maçonnerie,

[19:20]

mĂȘlant ordre militaire et symbolisme Ă©sotĂ©rique.

[19:24]

Les titres sont soigneusement choisis.

[19:27]

Le Grand Wizard, comme on vous disait,

[19:29]

dirige l'organisation Les Grands Dragons,

[19:32]

supervise les États.

[19:33]

Les Titans gĂšrent les districts

[19:36]

et les Cyclopes commandent les chapitres locaux.

[19:40]

Ils sont vraiment inspirés par la mythologie.

[19:43]

Oui, moi j'avais l'impression d'ĂȘtre dans Game of Thrones,

[19:45]

dans le sens oĂč je trouvais ça drĂŽle avec les noms.

[19:48]

Et chaque titre renforce la discipline,

[19:50]

le sentiment d'élite

[19:51]

et donne un cadre pour la violence et l'intimidation.

[19:55]

La peur et l'anonymat sont les bases essentielles.

[19:58]

Les membres portent toujours les fameuses robes blanches

[20:01]

et les cagoules pointues.

[20:02]

La croix enflammée reste un symbole central,

[20:05]

tout ça ayant pour but de frapper psychologiquement les communautés.

[20:09]

La violence est méthodique.

[20:11]

Linchage, assassinat, incendie, intimidation,

[20:14]

chaque action est planifiée pour maximiser la peur

[20:17]

et contrĂŽler la population.

[20:19]

On se transporte maintenant Seb quelques années plus tard,

[20:22]

en 1868.

[20:24]

Un certain Edward W. Scott,

[20:27]

un afro-américain engagé politiquement en Caroline du Sud

[20:30]

est enlevé, torturé et lynché.

[20:33]

Son corps est exposé sur la place publique.

[20:36]

Afin d'envoyer un message clair,

[20:38]

la participation politique des Noirs ne sera pas tolérée.

[20:42]

C'est un des premiers actes marquants de leurs activités violentes.

[20:48]

En 1870 maintenant,

[20:50]

plusieurs fermes afro-américaines à Colton County sont incendiées,

[20:55]

détruisant récoltes, outils et maisons,

[20:57]

plongeant les familles dans la misĂšre

[20:59]

et brisant l'économie locale.

[21:01]

Parce qu'il y a beaucoup de familles,

[21:03]

une fois que ces esclaves-lĂ  sont devenus libres,

[21:07]

il y en a beaucoup qui sont partis sur des terres agricoles

[21:09]

ou qui ont fondé leurs terres agricoles.

[21:12]

À quelque part, il y avait quand mĂȘme une petite expertise.

[21:14]

Et ça, c'était trÚs mal vu de leur cÎté à eux.

[21:17]

C'est comme si tu enlevais,

[21:20]

tu leur enlevais leurs mains d'oeuvre gratuites

[21:22]

puis que là, en plus, il allait te compétitionner

[21:24]

en allant créer des terres agricoles et autres.

[21:27]

Donc ça, tu avais des vagues de fermes incendiées

[21:31]

puis de terres agricoles brûlées, tout ça.

[21:34]

Vraiment dégueulasse pour mettre les familles dans la misÚre.

[21:37]

Dans le comté de Robson, en Caroline du Nord,

[21:41]

des écoles pour enfants noirs sont menacées ou détruites.

[21:44]

Le clan comprend que privés,

[21:46]

les afro-américains d'éducation

[21:47]

maintiennent leur dépendance.

[21:49]

Effectivement, c'est une tactique de guerre

[21:52]

qui date de millénaire.

[21:55]

Oui, oui, exact, de réduire ton peuple.

[21:57]

En fait, ils sont le moins éduqué possible pour les contrÎler.

[22:00]

En 1871 maintenant, le révérend Amos Cooper,

[22:04]

pasteur militant pour le suffrage noir,

[22:06]

est assassiné dans le Tennessee.

[22:08]

Son élimination n'est pas un crime individuel,

[22:11]

mais un avertissement.

[22:12]

Tout leadership noir ou engagement politique

[22:15]

peut ĂȘtre puni de mort.

[22:17]

Donc ça commence le terrorisme interne.

[22:20]

Lors des élections de 1868 en Louisiane,

[22:22]

le clan organise des patrouilles

[22:24]

pour intimider les électeurs noirs

[22:26]

et escorter les électeurs blancs favorables.

[22:29]

L'objectif est clair,

[22:31]

garantir la domination politique des blancs par la peur.

[22:34]

Cette violence systématique

[22:35]

transforme le clan en véritable force paramilitaire.

[22:39]

Chaque attaque a un but précis.

[22:40]

Chaque nuit, des patrouilles visent Ă  sommer

[22:43]

le maximum de terreur.

[22:44]

L'effet psychologique surpasse souvent la violence physique.

[22:47]

Les populations sont isolées et désarmées.

[22:50]

Elles se retrouvent paralysées,

[22:51]

incapables de revendiquer leurs droits.

[22:54]

Ça n'a pas de bon sens qu'Ă  l'Ă©poque, les autoritĂ©s...

[22:57]

Je comprends que ça ne devait pas ĂȘtre les mĂȘmes structures

[22:59]

de police et tout ça,

[23:01]

mais laisser aller ça d'une certaine façon.

[23:04]

Parce qu'imagine aujourd'hui

[23:05]

qu'il y aurait ce genre de propagande la nuit

[23:08]

oĂč c'est sĂ»r qu'on couperait,

[23:10]

je veux dire, il y aurait plus de surveillance.

[23:12]

Ça, c'est une autre Ă©poque,

[23:13]

mais j'ai l'impression qu'il y avait

[23:15]

un certain laisser aller aussi des autorités,

[23:18]

sûrement par idéologie aussi.

[23:20]

Je vais y arriver tranquillement,

[23:22]

mais c'est sûr qu'on n'avait pas

[23:23]

l'organisation policiĂšre qu'on a maintenant.

[23:26]

Je pense que c'était beaucoup plus

[23:29]

Ă  la va comme je te pousse.

[23:31]

Je pense qu'ils se gardaient une petite gĂȘne

[23:33]

avant d'intervenir auprĂšs de gens aussi influents

[23:35]

que les gens dont on a parlé,

[23:37]

qui sont plus influents que bien

[23:39]

les membres des autorités finalement.

[23:41]

Mais quand mĂȘme, en 70-71, 1870-71,

[23:46]

le gouvernement fĂ©dĂ©ral intervient quand mĂȘme

[23:48]

avec le Ku Klux Klan Act,

[23:52]

permettant l'arrestation et la poursuite des membres

[23:55]

pour complots visant Ă  violer les droits civiques.

[23:57]

Parce qu'évidemment, là, l'esclavage est terminé.

[24:01]

On n'a pas plus le droit de tuer des Afro-Américains.

[24:05]

Il faut se calmer un peu.

[24:06]

Donc, ils vont mettre des lois en place.

[24:09]

Et les troupes fédérales sont déployées

[24:11]

dans certains États,

[24:12]

et plusieurs dirigeants du clan

[24:13]

sont jugés et emprisonnés.

[24:15]

Donc, il va y avoir des conséquences.

[24:17]

Il va y avoir des gens arrĂȘtĂ©s.

[24:18]

Mais la résistance locale,

[24:20]

la complicité des jurys blancs

[24:22]

et l'influence des shérifs

[24:23]

limitent l'efficacité de la loi.

[24:26]

À la fin de la reconstruction, en 1877,

[24:30]

il y aura un retrait des troupes fédérales.

[24:33]

Et les lois, il y a une loi qui s'appelle Jim Crow,

[24:35]

les différentes lois sous le nom de Jim Crow

[24:38]

permettent aux Blancs de maintenir leur suprématie

[24:42]

par la loi,

[24:43]

plutĂŽt que par la terreur visible.

[24:45]

Et l'idéologie raciste du clan

[24:47]

perdure à travers ses structures légales

[24:49]

et l'ordre social imposé.

[24:51]

Donc là, il y a eu des lois qui ont été imposées.

[24:55]

Je ne sais pas si c'était pour calmer le jeu un peu,

[24:57]

mais les Afro-Américains

[24:59]

demeuraient quand mĂȘme des citoyens de second ordre.

[25:02]

Oui, exact, exact.

[25:04]

Et dans les États du Sud, entre autres,

[25:07]

ces lois-lĂ  vont ĂȘtre actives pendant prĂšs de 100 ans,

[25:10]

de 1877 Ă  1964,

[25:13]

qui imposait la ségrégation raciale légale

[25:16]

entre les Blancs et les Afro-Américains.

[25:18]

Donc ces lois-lĂ  interdisent aux Noirs et aux Blancs

[25:21]

de partager les mĂȘmes espaces publics,

[25:24]

comme les écoles, les transports, les hÎpitaux,

[25:26]

les restaurants et mĂȘme les toilettes,

[25:28]

sous le principe qu'ils sont séparés, mais égaux.

[25:32]

C'est drĂŽle un peu, lĂ .

[25:33]

C'est tellement bizarre.

[25:34]

Pas trÚs, trÚs égaux, finalement.

[25:36]

Puis tu sais, ça va se voir,

[25:37]

il y a des villes oĂč les Blancs n'oseront pas

[25:40]

traverser une rue

[25:41]

puis les disverser pour les Noirs,

[25:43]

parce que là, c'est considéré...

[25:46]

Tu traverses une ligne, lĂ , Ă  quelque part.

[25:49]

Exactement.

[25:50]

Donc ça ne sera pas forcément mieux.

[25:52]

Au moins, il n'y aura plus d'esclavage,

[25:54]

mais il va y avoir une autre forme de contrĂŽle

[25:57]

et de manipulation Ă  quelque part

[25:59]

qui n'est pas beaucoup plus saine.

[26:00]

Non.

[26:01]

Mais en réalité, les installations

[26:03]

pour les Afro-Américains étaient toujours inférieures

[26:05]

Ă  celles des Blancs.

[26:07]

Ces lois visaient Ă  maintenir la domination blanche

[26:10]

en limitant les droits civiques des Noirs,

[26:12]

notamment leurs droits de vote, évidemment,

[26:14]

malgré les protections constitutionnelles

[26:17]

obtenues aprÚs la guerre de sécession.

[26:18]

Donc ça, ça n'a pas été respecté.

[26:20]

Elles ont Ă©tĂ© officialisĂ©es par la Cour suprĂȘme en 1896

[26:24]

et abrogées progressivement dans les années 1960

[26:27]

avec le mouvement des droits civiques

[26:30]

et les lois fédérales anti-ségrégation.

[26:32]

Donc, tu sais, on comprend un peu

[26:35]

qu'il y a encore des tensions

[26:37]

parce qu'avec tout ce que

[26:39]

tout ce que les Afro-Américains ont vécu

[26:40]

aux États-Unis, mon Dieu,

[26:42]

pendant plus de centaines d'années,

[26:44]

quelque part, on comprend qu'il y a eu des tensions

[26:48]

dans certaines villes, dans certaines communautés.

[26:50]

C'est tellement décourageant.

[26:52]

Puis 1960, encore une fois,

[26:56]

c'est tellement pas loin,

[26:57]

mĂȘme si dans ces annĂ©es-lĂ  que le droit de vote

[26:59]

pour les femmes est apparu aussi.

[27:01]

Donc on dirait que tout ça,

[27:02]

c'est un peu empilé un aprÚs l'autre.

[27:05]

Toutes ces inégalités-là ont été un peu résorbées.

[27:08]

Et bon, lĂ , on va reculer.

[27:09]

En fait, on va se projeter un peu dans le temps.

[27:12]

En 1915, parce que lĂ , le clan a eu

[27:15]

quand mĂȘme une petite descente

[27:17]

suite Ă  toutes ces lois-lĂ .

[27:19]

Mais en 1915, la projection du film

[27:21]

Naissance d'une Nation,

[27:23]

qui s'appelait The Birth of a Nation,

[27:26]

joue un rĂŽle crucial

[27:27]

dans la renaissance du Ku Klux Klan.

[27:29]

Ce film muet, monumentale,

[27:32]

réalisé par DW Griffith,

[27:34]

est une adaptation d'une piÚce de théùtre raciste

[27:36]

de Klansmen, qui dépeint le clan,

[27:40]

non pas comme un groupe terroriste,

[27:41]

mais comme un héros salvateur du Sud,

[27:44]

vaincu au lendemain de la guerre de sécession.

[27:47]

Et par cette représentation,

[27:48]

ils légitimisent non seulement

[27:50]

les actions violentes des premiers membres du clan,

[27:52]

mais glorifient également leur rÎle

[27:54]

supposé de justicier,

[27:57]

protégeant l'ordre blanc

[27:58]

et rétablissant en fait la paix

[28:01]

Ă  travers la violence.

[28:03]

Et on voit, la pochette, lĂ , on voit,

[28:05]

les chevaux aussi, à l'époque,

[28:06]

ils leur mettaient des sortes de cagoules

[28:10]

et d'habits aussi blancs.

[28:12]

Les chevaux ont l'air d'ĂȘtre des membres du Ku Klux Klan.

[28:15]

C'est un film que j'ai étudié

[28:17]

dans mes cours de cinéma.

[28:18]

C'est ce que j'allais te demander.

[28:19]

The Birth of a Nation, ouais, exact.

[28:20]

Puis je pense qu'à cette époque-là,

[28:23]

t'avais quand mĂȘme un clivage,

[28:25]

évidemment, le réalisateur, DW Griffith,

[28:27]

on est dans un monde plus d'artistes et autres.

[28:29]

Je pense qu'il n'y avait pas tout Ă  fait,

[28:32]

bien, je ne veux pas rien excuser,

[28:34]

mais c'est quand mĂȘme un film qui a eu,

[28:35]

parce que ça a eu Ă©normĂ©ment de succĂšs aux États-Unis.

[28:38]

Je pense qu'il jouait avec l'image du Klan,

[28:40]

mais que ça a mal été interprété, là.

[28:42]

Oui, oui, oui.

[28:43]

Justement, un peu comme si c'était des chevaliers sauveurs,

[28:46]

mais bref, c'était tout le contraire.

[28:48]

Oui, parce que lui, dans le fond,

[28:49]

est-ce qu'il voulait faire une ironie de ça?

[28:51]

Puis finalement, ça a été instrumentalisé par le Klan,

[28:53]

t'sais, est-ce que c'est un peu ça?

[28:56]

Peut-ĂȘtre t'as pas la rĂ©ponse, mais...

[28:57]

Oui, c'est pas trop clair de son intention Ă  la base,

[29:01]

mais c'est un film qui a mal vieilli.

[29:03]

Oui, oui.

[29:04]

Oui, on dirait que je serais curieux de le voir par curiosité,

[29:07]

mais oui.

[29:08]

Et Ă  sa sortie,

[29:09]

Naissance d'une Nation connaĂźt un immense succĂšs,

[29:12]

attirant des millions de spectateurs aux États-Unis.

[29:15]

Il devient rapidement un phénomÚne culturel national.

[29:18]

Partout, des produits dérivés sont vendus,

[29:21]

comme des chapeaux, des tabliers Ă  l'effigie du Klan.

[29:23]

Il y a mĂȘme des soirĂ©es Ă  thĂšme du Klan, lĂ .

[29:26]

Ils sont organisés dans les universités et les grandes villes.

[29:30]

Ah, mon Dieu, quand ça atteint les universités,

[29:31]

ça fait encore plus peur au niveau de l'andoctrinement.

[29:36]

Et par exemple, lors de l'Halloween Ă  Chicago,

[29:38]

Ah non.

[29:39]

il y a des milliers de jeunes qui portaient des robes blanches

[29:42]

réunies sur la protection du Klan.

[29:45]

Cette popularité ouvre la voie à un regain d'adhésion

[29:47]

envers l'organisation, notamment auprĂšs de William Joseph Simmons,

[29:52]

qui est un prédicateur méthodiste de Géorgie,

[29:56]

qui s'en inspire pour rallumer la flamme du Klan,

[29:59]

justement au sommet du Stone Mountain,

[30:03]

qui est un symbole qui est devenu sacré pour les membres.

[30:06]

Cependant, le film suscite aussi une violente controverse.

[30:10]

Le National Association for the Advancement of Colored People,

[30:14]

le NAACP, formé quelques années plus tÎt pour défendre

[30:18]

les droits des Afro-Américains,

[30:20]

mĂšne une campagne de boycott national,

[30:23]

dénonçant la propagande raciste du film

[30:25]

et apportant la preuve de ses falsifications historiques.

[30:30]

La protestation est forte, particuliĂšrement dans les grandes villes

[30:33]

oĂč des manifestations dĂ©gĂ©nĂšrent parfois en Ă©meutes,

[30:36]

comme au Tremont Theatre de Boston.

[30:39]

Dans plusieurs états comme à New York,

[30:41]

le Royaume ou le Massachusetts,

[30:43]

la projection du film est interdite.

[30:45]

Au moins, tu vois que New York,

[30:47]

j'ai toujours trouvé que ça a toujours été un état de plus gauche.

[30:49]

Plus progressiste un peu.

[30:50]

Exact, tu vois que mĂȘme Ă  cette Ă©poque-lĂ .

[30:53]

Et pourtant, malgré ces résistances,

[30:55]

le film joue un rÎle majeur dans la diffusion des idées suprémacistes

[30:59]

et plusieurs historiens et historiennes contemporains l'ont pointé du doigt

[31:03]

comme ayant provoqué une recrudescence des lynchages

[31:06]

et des violences raciales dans les années qui suivent.

[31:09]

Et l'impact du film ne se limite pas Ă  attirer de nouveaux membres au clan.

[31:13]

Il façonne durablement l'imaginaire américain,

[31:16]

inscrivant dans la culture populaire

[31:18]

une représentation fausse et raciste.

[31:21]

Les Afro-Américains sont dépeints en ennemis menaçants,

[31:23]

les femmes blanches comme des victimes à protéger

[31:27]

et les Blancs du Sud comme les héros d'une croisade raciale nécessaire.

[31:32]

MĂȘme dans la sphĂšre française,

[31:34]

la diffusion du film est bloquée en raison de ses effets potentiels

[31:37]

sur le moral des troupes coloniales noires

[31:39]

qui sont engagées durant la PremiÚre Guerre mondiale aussi.

[31:44]

Une drĂŽle de raison pour incoter le film.

[31:46]

Oui, oui, c'est ça, on se ramÚne à l'époque, mais t'as raison.

[31:50]

Ce puissant outil audiovisuel a agi carrément comme un ciment idéologique

[31:55]

qui unit un grand nombre de blĂąmes et contents

[31:58]

face au bouleversement de la reconstruction,

[32:01]

le tout en glorifiant la violence et l'intimidation,

[32:04]

la rendant acceptable, voire mĂȘme nĂ©cessaire.

[32:07]

Il donne au clan une nouvelle légitimité apparente,

[32:10]

renforcée par la mise en scÚne impressionnante.

[32:13]

C'est ce double effet d'engagement massif

[32:15]

et de consolidation idéologique

[32:17]

qui explique que dans la décennie qui suit la sortie du film,

[32:20]

eh bien le camp connaßt une resurgence sans précédent,

[32:24]

passant d'une petite société secrÚte locale

[32:26]

en un mouvement national pouvant compter des millions de membres.

[32:32]

C'est fou quand mĂȘme comme ce film hollywoodien-lĂ 

[32:35]

a joué un rÎle dans la croissance du clan, c'est crazy.

[32:41]

L'année 1915 marque décidément un tournant.

[32:44]

L'Amérique entre dans le siÚcle industriel,

[32:47]

les villes grandissent, les usines tournent à plein régime

[32:50]

et des foules de migrants venus d'Italie, d'Irlande, de Pologne et d'Europe de l'Est

[32:54]

s'entassent dans les quartiers populaires des villes américaines.

[32:58]

Pour une partie de la population blanche protestante,

[33:01]

ce monde qui change trop vite suscita un vertige.

[33:05]

La peur de perdre son identitĂ©, ses privilĂšges, mĂȘme son pays.

[33:09]

C'est dans ce mélange de fascination et d'angoisse

[33:12]

qu'un prédicateur méthodiste dont nous avons parlé un peu plus tÎt en Georgie,

[33:15]

William Joseph Simmons va rallumer une flamme qu'on croyait éteinte.

[33:21]

Simmons, suite à un accident de voiture en 1915, décide de recréer le clan,

[33:26]

fortement inspiré par le film dont nous venons de parler,

[33:29]

The Birth of a Nation, mais aussi par des romans à thématiques racistes.

[33:33]

Simmons est également influencé par le lynchage trÚs médiatisé de Léo Frank,

[33:38]

qui est un juif accusé à tort, qui alimente l'angoisse antisémite

[33:42]

et sert de catalyseur Ă  la renaissance du clan.

[33:45]

Vous irez googler ça si vous voulez en savoir plus sur cet incident de Léo Frank.

[33:50]

Simmons n'agit pas dans le vide.

[33:52]

Au cinéma, Naissance d'une Nation continue de bouleverser les spectateurs américains.

[33:57]

En sortant de la salle, Simmons voit dans cette fiction une révélation.

[34:02]

Le clan, pense-t-il, peut renaĂźtre de ses cendres du Vieux Sud

[34:06]

et devenir le pilier moral d'une Amérique menacée.

[34:09]

Simmons utilise donc un exemplaire prescrit du clan de la reconstruction

[34:14]

pour élaborer les rituels, la hiérarchie et la doctrine de cette nouvelle organisation suprémaciste blanche.

[34:21]

Quelques mois plus tard, le 26 octobre 1915,

[34:24]

il réunit 15 hommes sur les pentes de Stone Mountain, en Géorgie.

[34:29]

La nuit est lourde et sans lune.

[34:31]

Le vent siffle entre les pins et, dans l'obscurité, une croix sans flamme.

[34:36]

Son halo vacillant, projetant sur les visages une lumiÚre à la fois sacrée et inquiétante.

[34:41]

Dans ce rituel secret, quelque chose d'ancien reprend vie.

[34:45]

Le feu devient un spectacle de pouvoir et de mystĂšre,

[34:49]

le symbole inaugural d'un mouvement qui va s'étendre à tout le pays.

[34:53]

La croix enflammée et les traditions écossaises deviennent le rituel emblématique d'unité

[34:58]

et de menaces psychologiques pour la renaissance du clan.

[35:03]

Cette nouvelle, comment dire, mouture du Ku Klux Klan

[35:07]

ne se contente pas d'imiter son ancĂȘtre du 19e siĂšcle.

[35:11]

Il s'organise comme une institution moderne, réglée, hiérarchisée.

[35:16]

Simmons se couronne lui-mĂȘme comme le Imperial Wizard, le Sorcier ImpĂ©rial,

[35:21]

chef suprĂȘme de cette organisation.

[35:23]

Sous lui, il y a des Grand Dragons, des grands dragons comme on le disait tout Ă  l'heure,

[35:27]

Seb qui dirige des États, des grands Titans qui coordonnent les rĂ©gions

[35:31]

et tout en bas, les Cyclopes qui mĂšnent les chapitres locaux.

[35:35]

Un peu comme les groupes de motards criminalisés.

[35:38]

Exactement, c'est ce que j'ai pensé.

[35:39]

Chaque grade, chaque titre, chaque robe blanche cousue Ă  la main

[35:43]

scelle un sentiment d'appartenance exclusive et puissante.

[35:48]

Cette incarnation du clan vise désormais non seulement les Afro-Américains,

[35:52]

mais aussi les immigrants catholiques et juifs venus d'Europe

[35:55]

et de l'Europe du Sud et de l'Europe de l'Est,

[35:59]

ainsi que les syndicalistes et mĂȘme les fĂ©ministes.

[36:01]

C'est des woke.

[36:02]

Oui, tous perçus comme des menaces à la culture anglo-saxonne protestante.

[36:06]

C'est vrai, c'est un peu comme les premiers anti-wokes.

[36:09]

C'est vraiment ça.

[36:10]

Donc lĂ  maintenant, c'est plus juste une frustration par rapport Ă  l'esclavage

[36:14]

parce que lĂ , on est presque 100 ans plus tard.

[36:17]

LĂ , c'est vraiment, on ne veut pas perdre nos privilĂšges blancs

[36:20]

puis on va tout faire pour.

[36:22]

Donc tout le monde qui menace Ă  quelque part ces privilĂšges-lĂ 

[36:26]

deviennent nos ennemis.

[36:28]

Et Simmons qu'on fit aussi la communication,

[36:31]

le département de communication à Edward Young Clark

[36:34]

et Mary Elizabeth Tyler.

[36:37]

Il y a une femme lĂ -dedans avec qui il forme un triumvirate,

[36:41]

donc un trio de dirigeants et qui organise des campagnes publicitaires

[36:45]

et des événements visant à maximiser les adhésions.

[36:48]

Donc lĂ , le clan va connaĂźtre sa deuxiĂšme vague

[36:52]

qui est propulsée un peu par l'Úre industrielle.

[36:55]

Puis lĂ , tu vas voir, Emile, le clan de 1915

[36:57]

ne se limite pas Ă  un cercle d'inici.

[36:59]

Il veut conquérir tout le pays et Simmons met alors en place

[37:03]

une redoutable machine de recrutement.

[37:06]

Il engage des agents itinérants qui appellent les Klee goals avec un K.

[37:10]

Ils sont payés à la commission pour vendre l'adhésion comme un produit.

[37:14]

Chaque inscription devient une transaction mĂȘlant foi, prestige et profit.

[37:18]

Les recruteurs gardent jusqu'à 4 dollars sur 10 versés par les nouveaux membres,

[37:23]

donc 40% quand mĂȘme,

[37:25]

tandis que le reste alimente la hiérarchie nationale

[37:28]

qui est un systĂšme pyramidal dans le fond

[37:30]

qui est inspiré du marketing à plusieurs niveaux.

[37:32]

Les fameux M.L.M., M.L.M., M.L.M., oui, merci,

[37:36]

qui accélÚrent la croissance du mouvement.

[37:39]

Et le recrutement vise aussi des groupes organisés,

[37:42]

des loges fraternelles, des églises protestantes

[37:44]

pour encourager les adhésions collectives

[37:46]

et nourrir un sentiment d'unité communautaire.

[37:49]

Et dans une AmĂ©rique en quĂȘte d'identitĂ©,

[37:52]

et bien le discours séduit.

[37:53]

Rejoindre l'ordre, c'est défendre sa race,

[37:56]

sa religion, son pays.

[37:57]

Ce culte, l'exclusivité,

[38:00]

rappelle les communautés suprémacistes en ligne

[38:02]

qui promettent aujourd'hui fraternité

[38:04]

et sens Ă  leurs adeptes.

[38:06]

Oui, à quelque part, c'était des piliers des M.L.M.

[38:08]

puis de ce genre de recrutement-lĂ 

[38:10]

puis évidemment de toutes les communautés en ligne.

[38:14]

Oui, exact.

[38:15]

Ils renforcent aussi leur respectabilité

[38:18]

avec des événements sociaux, des pique-niques,

[38:20]

des défilés, des cérémonies publiques,

[38:22]

souvent bénis par des pasteurs affiliés au groupe.

[38:25]

Cette façade morale,

[38:27]

eh bien, ça masque une violence persistante.

[38:30]

Au début des années 20,

[38:31]

les adhésions explosent,

[38:33]

atteignant prĂšs d'un million de membres.

[38:35]

Mais les scandales,

[38:36]

des tournements de fonds,

[38:37]

affaires sexuelles,

[38:39]

violence incontrÎlée,

[38:40]

ternissent vite quand mĂȘme l'image du clan.

[38:43]

Et l'affaire Joseph Shoemaker,

[38:46]

battue Ă  mort par des policiers membres du groupe en 1921,

[38:49]

eh bien, choque l'opinion.

[38:51]

Sous la pression,

[38:52]

Simmons cĂšde la direction Ă  Hiram Wesley Evans,

[38:57]

un dentiste texan qui tente de canaliser,

[39:00]

au lieu de faire des traitements de canal,

[39:02]

le mouvement vers une influence politique

[39:05]

plus respectable en guillemets.

[39:08]

Oui, et puis c'est lĂ  qu'on voit qu'il y a des policiers

[39:11]

dans le Ku Klux Klan, il y a des prĂȘtres,

[39:13]

il y a des membres vraiment de l'élite,

[39:15]

comme si Dieu endossait ça quelque part.

[39:18]

Donc, c'est troublant un peu

[39:20]

de voir leur capacité de recrutement à ce moment-là.

[39:24]

Le clan, c'est depuis ses débuts

[39:25]

que le pouvoir passe par le spectacle,

[39:27]

encore aujourd'hui.

[39:29]

Les feux de croix allumés sur les collines,

[39:31]

les parades de nuit,

[39:33]

les discours exaltés devant des foules en robes blanches,

[39:36]

tout est mis en scĂšne avec minutie.

[39:39]

Ces cérémonies grandioses fascinent autant qu'elles effraient.

[39:42]

Aux yeux des sympathisants,

[39:43]

elles symbolisent puissance et unité.

[39:46]

Pour les communautés visées, par contre,

[39:48]

elles incarnent la terreur absolue.

[39:50]

La croix enflammée, symbole centrale,

[39:53]

est utilisée comme un spectacle de pouvoir,

[39:55]

un rituel destiné à terroriser les populations noires

[39:58]

et asseoir l'autorité du clan.

[40:00]

Les parades du clan qui sont souvent nocturnes

[40:03]

mĂȘlent musique, symbole religieux et dĂ©monstration de force,

[40:07]

créant un événement anxiogÚne,

[40:09]

mais aussi mobilisateur pour ses membres,

[40:11]

plusieurs curieux aussi.

[40:13]

Ces rassemblements se voulaient des démonstrations de contrÎle

[40:16]

ainsi qu'une affirmation publique de la supériorité raciale des membres.

[40:21]

Ce goût du rituel et de l'image annonce déjà une Úre à venir,

[40:25]

celle oĂč la propagande se fera en vidĂ©o,

[40:28]

mĂȘme en mime et en slogans viraux,

[40:30]

si on se projette des décennies en avance.

[40:33]

Comme les spectaculaires rassemblements du clan,

[40:35]

les campagnes en ligne d'aujourd'hui

[40:37]

transforment la haine en spectacle de masse

[40:39]

oĂč l'Ă©motion prĂ©cĂšde toujours la rĂ©flexion.

[40:42]

On va parler un peu de propagande et des médias,

[40:44]

on est bien avant l'Internet évidemment,

[40:47]

mais déjà à ce moment-là, le clan comprend le pouvoir des médias.

[40:51]

Dans les années 1920, il se dote de ses propres journaux,

[40:55]

des tracts, des brochures qui circulent un petit peu partout.

[40:58]

Son message est simple, presque publicitaire,

[41:00]

nous sommes les défenseurs du protestantisme,

[41:03]

de la pureté raciale et des valeurs américaines.

[41:06]

Le ton qui est direct et répétitif

[41:09]

frappe l'imaginaire d'une population bouleversée

[41:11]

par l'urbanisation et l'immigration.

[41:14]

Pour maximiser son influence,

[41:16]

le clan utilise aussi des campagnes publicitaires ciblées,

[41:19]

notamment dans les journaux locaux et les affiches,

[41:22]

ainsi que dans des spots, c'est le début de la radio,

[41:26]

donc on va avoir des spots radiophoniques

[41:28]

Ă  mesure que la radio devient populaire.

[41:30]

La Southern Publicity Association,

[41:33]

fondée par des propagandistes professionnels,

[41:35]

joue un rÎle déterminant dans l'organisation médiatique du clan,

[41:40]

supervisant la production et la diffusion des contenus haineux

[41:43]

destinés à rallier les masses.

[41:45]

Ils vont exploiter aussi la presse sensationnaliste

[41:48]

qui relaie les actes de violence

[41:50]

en leur donnant une couverture nationale,

[41:52]

contribuant à renforcer sa notoriété

[41:55]

et à faire passer son idéologie.

[41:57]

Donc, il y avait un gros shock value

[42:00]

dans leur systÚme de communication et de publicité.

[42:04]

Il y avait des panneaux sur le bord des routes, c'est crazy.

[42:06]

C'est fou, il y en a un justement qui est dans le document,

[42:10]

« You are in the heart of clan country.

[42:13]

Welcome to North Carolina,

[42:15]

John, the united clans of America. »

[42:18]

Oui, et c'est décrit en dessous,

[42:19]

« Help, fight, integration and communism. »

[42:22]

Communism, oui.

[42:23]

« Combatte l'intégration. »

[42:25]

Ah, c'est incroyable.

[42:27]

Et cette stratĂ©gie-lĂ , c'est l'ancĂȘtre

[42:29]

des mécanismes numériques contemporains

[42:31]

qui est de multiplier les canaux,

[42:33]

simplifier le message, frapper les Ă©motions avant mĂȘme la raison,

[42:38]

puis ils vont ĂȘtre assez bons lĂ -dedans.

[42:39]

LĂ  oĂč les Kligels distribuent des tracts,

[42:42]

les recruteurs modernes diffusent des vidéos sur Telegram par exemple.

[42:46]

La mĂȘme logique, juste des nouveaux outils.

[42:49]

Par ailleurs, le clan adapte ses discours

[42:51]

selon les stades de radicalisation,

[42:53]

diffusant d'abord des idées paternalistes et raciales

[42:56]

légitimées par une rhétorique de protection des valeurs américaines

[42:59]

avant de glisser vers des appels Ă  la violence implicite ou explicite.

[43:04]

La presse critique finit par se mobiliser contre l'organisation

[43:08]

Ă  travers des enquĂȘtes journalistiques

[43:10]

exposant violence et corruption,

[43:12]

contribuant à son déclin au fil des années 1920 et 1930.

[43:16]

Donc c'est là qu'il va y avoir un petit déclin du cul excellent.

[43:20]

Parce qu'au moins, il y a un aspect qu'il faut se rassurer.

[43:23]

Il y a quand mĂȘme une grosse partie de la population

[43:25]

qui ne sont pas en accord avec eux.

[43:27]

Dans le sens qu'il y a eu une certaine pression publique aussi

[43:32]

qui a amené à leur fin aussi.

[43:35]

Heureusement, ça me rassure que ça n'a pas touché tout le monde.

[43:38]

Et au fil des années, le clan élargit la liste de ses ennemis.

[43:42]

Autrefois centré sur les afro-américains,

[43:44]

il vise désormais les immigrants catholiques, les juifs,

[43:47]

les syndicalistes, les féminismes.

[43:49]

Et son racisme se double d'un nationalisme,

[43:52]

d'un nationalisme protestant agressif.

[43:55]

Et l'objectif est clair.

[43:56]

Fédérer les peurs, assembler sous une seule maniÚre

[43:59]

tous ceux qui se sentent menacés par la modernité.

[44:02]

Cette expansion des cibles du clan s'inscrit notamment

[44:05]

dans la vague nativiste des années 1920,

[44:08]

oĂč la peur des vagues d'immigration europĂ©enne,

[44:11]

surtout catholiques et juives,

[44:13]

et bien ça alimentait la rhétorique xénophobe

[44:15]

et antisémite du mouvement.

[44:18]

Le clan se fait défenseur d'un américanisme dit à 100%,

[44:23]

s'opposant radicalement aux changements sociaux,

[44:25]

culturels et religieux perçus comme une menace

[44:28]

contre l'identitĂ© anglo-saxonne et protestante des États-Unis.

[44:31]

Et avec le temps, et bien son idéologie fusionne

[44:35]

avec d'autres courants d'extrĂȘme droite,

[44:37]

dont le nationalisme blanc et le fondamentalisme chrétien,

[44:41]

et les théories conspirationnistes,

[44:43]

renforçant ainsi un discours multiplatforme,

[44:45]

en fait multiforme et adaptable.

[44:47]

Et cette logique d'expansion idéologique annonce

[44:49]

directement les tactiques actuelles

[44:51]

des mouvements suprémacistes numériques

[44:53]

qui fusionnent raciste, complotiste et nationalisme

[44:57]

sous des slogans viraux comme celui du grand remplacement

[45:00]

qu'on serait remplacé par tout le monde.

[45:05]

En réactualisant sans cesse ses ennemis,

[45:07]

le clan met en Ɠuvre une peur modulable,

[45:10]

un outil politique puissant pour mobiliser différents publics

[45:14]

et s'adapter aux contextes sociaux et politiques.

[45:17]

Et cette évolution se poursuit aujourd'hui

[45:19]

oĂč le clan et les groupes affiliĂ©s

[45:21]

exploitent les réseaux sociaux et les plateformes en ligne

[45:24]

pour diffuser une idéologie à la fois transnationale

[45:27]

aux multiples facettes reliant racisme, islamophobie,

[45:31]

négationnisme et nationalisme identitaire.

[45:34]

Et pour garantir la survie de son message,

[45:38]

un peu comme tout, il faut endoctriner les jeunes.

[45:40]

Le clan ne se limite pas aux adultes.

[45:43]

Et dans les chapitres locaux,

[45:45]

il y a des programmes éducatifs, ceux-là,

[45:47]

qui sont créés pour les enfants blancs.

[45:49]

Ah, c'est crazy.

[45:50]

Jeux, lectures, cérémonies,

[45:52]

tout est conçu pour inculquer dÚs le plus jeune ùge

[45:55]

les valeurs racistes et patriotiques du mouvement.

[45:58]

L'idéologie devient un héritage

[46:00]

transmis comme un devoir familial.

[46:03]

Ces programmes incluent des livres, des manuels,

[46:05]

des activités scolaires qui sont inspirées du cloran,

[46:09]

K-L-O-R-A-N.

[46:10]

Comme le coran à la façon du clan.

[46:13]

Oui, qui est le manuel rituel du clan

[46:16]

qui vise Ă  sensibiliser les enfants

[46:18]

à la suprématie blanche et à la haine des ennemis désignés.

[46:22]

Ouf!

[46:23]

Ah non, c'est malaise.

[46:24]

Et le clan encourage également la participation des familles entiÚres

[46:27]

à ces rituels et événements,

[46:30]

renforçant ainsi la transmission intergénérationnelle de son idéologie.

[46:34]

Je suis convaincu que quand tu es ça jeune,

[46:37]

ça doit ĂȘtre beaucoup plus difficile de changer avec le temps.

[46:41]

Et un siĂšcle plus tard,

[46:43]

et bien cette logique de transmission trouve son prolongement

[46:46]

dans les campagnes de radicalisation en ligne

[46:48]

oĂč les plateformes comme Instagram ou TikTok

[46:50]

diffusent des messages codés qui séduisent les adolescents

[46:53]

en quĂȘte d'identitĂ©.

[46:55]

Les messages et les memes codés,

[46:57]

souvent partagés dans des groupes fermés

[46:58]

ou sur des plateformes alternatives,

[47:01]

utilisent la gamification et le sentiment d'appartenance

[47:04]

pour attirer et retenir les jeunes,

[47:07]

simulant un passage progressif vers des contenus plus radicaux.

[47:10]

Ça ressemble d'une certaine façon un peu à Discord 764

[47:13]

dans le recrutement.

[47:15]

Ils vont doucement et aprÚs ça...

[47:17]

Exact.

[47:18]

Non, il Ă©tait quand mĂȘme assez douĂ© en marketing

[47:21]

puis en manipulation, lĂ , quelque part, ces gens-lĂ .

[47:25]

Oui, oui, mais moi je me rends juste compte

[47:26]

que l'humain n'a juste pas changé.

[47:28]

Non, c'est clair.

[47:28]

D'autres outils.

[47:29]

Tu as bien raison.

[47:31]

À son apogĂ©e sable en 1924,

[47:34]

le Ku Klux Klan revendique prĂšs de 5 millions de membres,

[47:37]

c'est beaucoup,

[47:38]

sur environ 15 % des hommes blancs américains.

[47:42]

Son influence est politique autant que culturelle.

[47:45]

Des maires, des sénateurs, des juges sont membres

[47:49]

et doivent leur carriĂšre au Klan.

[47:52]

Mais l'édifice s'effondre brutalement,

[47:54]

miné par les scandales et la corruption.

[47:57]

Le cas du grand dragon de l'Indiana,

[47:59]

un certain D.C. Stephenson,

[48:01]

accusé du viol et du meurtre de Madge Oberholzer,

[48:06]

provoque un choc national.

[48:08]

Le vernis de respectabilité craque,

[48:10]

révélant la violence et l'hypocrisie

[48:12]

qui gangrĂšnent l'organisation.

[48:14]

En quelques années, le Klan perd des millions d'adhérents.

[48:18]

ParallÚlement, la grande dépression

[48:20]

et la montée du 20e siÚcle

[48:21]

remettent en cause son modĂšle d'organisation

[48:24]

et réduisent sa capacité

[48:26]

Ă  influencer la classe moyenne blanche.

[48:30]

Il ne disparaĂźt pas pour autant, par contre.

[48:32]

Son imagination politique,

[48:34]

celle du spectacle, du secret,

[48:36]

du recrutement de masse et de la communication émotionnelle,

[48:39]

reste ancrée dans la culture américaine.

[48:41]

Ce qu'il a bùti sur les routes poussiéreuses du Sud

[48:44]

et dans les salles de réunion des Kiegels,

[48:46]

il trouve aujourd'hui une nouvelle vie

[48:49]

dans les espaces numériques.

[48:51]

Les symboles, les rituels et la logique d'intimidation

[48:53]

ont été adaptés aux nouveaux outils digitaux,

[48:56]

transformant les croix en feu en images virales,

[49:00]

slogans sur les réseaux sociaux.

[49:02]

Les croix en feu se sont éteintes,

[49:03]

mais la logique qui les faisait brûler,

[49:05]

c'est adapter aux pixels et Ă  l'algaĂŻtme,

[49:08]

ce qui permet de propager les idées

[49:10]

Ă  de trĂšs grandes vitesses.

[50:33]

Depuis le tournant des années 2000,

[50:34]

le Ku Klux Klan a progressivement déplacé ses activités

[50:38]

vers l'espace numérique

[50:39]

afin de contourner la marginalisation sociale

[50:41]

et la répression légale, les parades et les cérémonies physiques,

[50:46]

étant devenu rare et fortement surveillé aujourd'hui.

[50:49]

Internet est alors apparu comme un terrain global,

[50:52]

instantané et difficile à contrÎler,

[50:55]

offrant une opportunité unique de recruter,

[50:58]

de diffuser sa propagande

[50:59]

et de structurer des réseaux idéologiques à grande échelle.

[51:03]

Et avec l'avĂšnement du Web 2.0,

[51:05]

la publication instantanée de contenus multimédias

[51:08]

et la création de communautés interactives

[51:10]

ont permis aux clans de développer

[51:12]

une stratégie multiplatformes sophistiquées

[51:14]

oĂč chaque outil numĂ©rique joue un rĂŽle prĂ©cis

[51:17]

dans la propagande de l'idéologie suprémaciste.

[51:20]

Si vous pensiez que le Ku Klux Klan était chose du passé,

[51:23]

nous allons voir ici que c'est loin d'ĂȘtre le cas.

[51:26]

Sur des plateformes comme Gab et V-Contact,

[51:30]

avec un K le contact,

[51:32]

le discours suprémaciste circule librement

[51:35]

Ă  travers des hashtags

[51:36]

tels que White Heritage, KKK Tradition,

[51:40]

Protect Our Race, White Genocide ou Honor Our Ancestors,

[51:47]

accompagnés de memes détournant des films,

[51:49]

des séries ou des jeux vidéo.

[51:51]

Parmi eux, certains gifs animés

[51:53]

représentent des personnages de jeux vidéo

[51:55]

brandissant des croix enflammés

[51:57]

ou illustrant des villes multiraciales en ruines

[52:00]

avec des phrases comme « Return to Tradition ».

[52:04]

Ces contenus sont diffusés dans des flux publics

[52:07]

et semi-publiques afin de séduire

[52:09]

un public jeune et curieux,

[52:10]

tout en contribuant Ă  normaliser

[52:12]

et Ă  banaliser mĂȘme les symboles

[52:14]

et les récits suprémacistes.

[52:16]

ParallĂšlement, les forums anonymes

[52:18]

tels que 8Con, 8KUN,

[52:22]

c'est comme un autre équivalent du 8Chan,

[52:25]

et 8Chan aussi, on s'entend,

[52:27]

qui offre des espaces non modérés

[52:29]

propices Ă  la radicalisation et Ă  la diffusion

[52:31]

de manifestes et de tutoriels idéologiques,

[52:34]

certains qui ont mĂȘme directement servi

[52:37]

de tremplin Ă  des vraies attaques terroristes.

[52:40]

Ces forums organisent des films médiatiques

[52:42]

détaillant la création de vidéos virales,

[52:45]

la réalisation de pseudo-documentaires,

[52:47]

le développement de comptes anonymes

[52:49]

et la structuration de réseaux de recrutement

[52:51]

avec des schémas représentant les relations

[52:54]

entre recruteurs, créateurs de contenus

[52:56]

et cellules locales.

[52:58]

Et les messageries chiffrées comme Telegram et Discord

[53:02]

permettent de créer des groupes fermés,

[53:04]

subdivisés en canaux, des sous-canoes,

[53:07]

spécialisés tels que recrutement,

[53:09]

propagande, crypto-funding, rétuel,

[53:11]

et mĂȘme mimes, mais sous des thĂ©matiques suprĂ©macistes.

[53:14]

J'ai hĂąte de voir oĂč est le crossover

[53:16]

entre le Ku Klux Klan et la crypto.

[53:18]

Ça doit ĂȘtre liĂ©, ça, en quelque part.

[53:20]

Oui, bien, pour se financer, tu sais,

[53:23]

tout c'est toujours ça.

[53:24]

Oui, oui.

[53:24]

Oui, c'est ça, dans ces sous-groupes-là

[53:27]

sur Discord, ils partageaient des fichiers PDF,

[53:29]

des tutoriels vidéo, des instructions de diffusion

[53:31]

de listes, de hashtags Ă  utiliser,

[53:34]

des guides détaillés pour intégrer de nouvelles recrutes

[53:36]

dans les cellules locales,

[53:38]

et les plateformes de vidéos alternatives

[53:40]

comme Rumble, que je connaissais pas,

[53:42]

Bit, Shoot et Odyssey

[53:44]

diffuse des cérémonies virtuelles,

[53:46]

des tutoriels, des discours idéologiques

[53:48]

et des pseudo-documentaires historiques

[53:51]

formant un écosystÚme souterrain

[53:53]

oĂč texte audio et vidĂ©o et images

[53:55]

sont utilisés pour recruter, former et radicaliser

[53:58]

et finalement coordonner les membres.

[54:01]

Et c'est fou, ces plateformes-lĂ ,

[54:03]

Ă  part Odyssey, que je connaissais de nom,

[54:05]

Rumble et Bit, Shoot,

[54:07]

je connaissais pas du tout.

[54:09]

Moi non plus.

[54:10]

Mais c'est incroyable le nombre de plateformes

[54:13]

qui existent sans modération.

[54:15]

Puis ça, ça arrĂȘtera jamais, parce que...

[54:17]

Bien non, il y a toujours des gens

[54:18]

qui ont intĂ©rĂȘt Ă  voir ça.

[54:19]

Exact, non, ça, on dirait que cet aspect-là,

[54:22]

j'ai encore une fois, j'ai l'impression

[54:23]

qu'on y arrivera jamais Ă ...

[54:24]

S'il y en a un qui ferme,

[54:25]

il y en a un autre qui ouvre,

[54:27]

un whack-a-mole.

[54:27]

Oui, exact.

[54:29]

Je vais revenir un peu sur la radicalisation,

[54:32]

mais à l'Úre numérique, Seb,

[54:36]

la radicalisation suit un schéma progressif.

[54:38]

Donc, ça débute par du contenu accrocheur,

[54:40]

humoristique, souvent un peu provocateur,

[54:43]

des vidéos courtes,

[54:44]

mais éventuellement,

[54:45]

ça évolue vers des contenus plus longs,

[54:47]

plus anxiogÚnes, plus sérieux,

[54:49]

comme des podcasts, des articles de vidéo,

[54:53]

des documentaires, mĂȘme,

[54:55]

qui détaillent la décadence culturelle

[54:58]

et l'invasion des minorités

[54:59]

qu'on est en train de vivre en ce moment en Amérique.

[55:02]

Ensuite, les recrues sont intégrées

[55:04]

dans des espaces fermés,

[55:06]

dans des groupes télégrammes privés

[55:08]

ou des cellules locales

[55:09]

oĂč elles participent activement

[55:11]

Ă  la diffusion de la propagande,

[55:13]

au financement via des crypto-monnaies, évidemment,

[55:16]

et à l'organisation d'événements clandestins,

[55:18]

le tout renforcé par des concours de memes,

[55:21]

des quiz interactifs et des tutoriels approfondis

[55:25]

sur les symboles et les rituels du clan.

[55:28]

Donc, ça a changé tout en ne changeant pas trop.

[55:31]

Oui, exact.

[55:32]

L'organisation interne suit le modĂšle

[55:34]

en cellules autonomes de Lewis Beam.

[55:37]

Chaque cellule indépendante

[55:38]

partageant codes, symboles et objectifs idéologiques,

[55:42]

mais restant coordonnées à travers les forums,

[55:44]

les messageries et les canaux privés.

[55:47]

Des schémas de flux numériques

[55:48]

permettent d'identifier les nƓuds principaux

[55:51]

correspondant à des recruteurs expérimentés

[55:53]

et des créateurs de contenu

[55:55]

reliés à plusieurs sous-groupes télégrammes

[55:57]

et comptent sur encore,

[55:59]

on a parlé de Rumble tout à l'heure,

[56:01]

et V-Contact,

[56:02]

formant une véritable carte dynamique

[56:05]

de propagande idéologique.

[56:08]

En parallĂšle, le collectif Anonymous

[56:11]

intervient comme antagoniste numérique

[56:13]

par des actions de doxing ciblés,

[56:16]

des piratages de sites,

[56:18]

des interruptions de services

[56:19]

et la diffusion de contre-propagande

[56:23]

avec des vidéos, des memes,

[56:24]

ridiculisant les symboles du clan.

[56:26]

Ils sont toujours lĂ  quand on a besoin de l'Anonymous.

[56:30]

Ils cartographient également les réseaux numériques

[56:33]

et transmettent ces informations aux médias

[56:35]

et aux organisations,

[56:37]

ralentissant ainsi la propagation

[56:39]

des contenus extrémistes

[56:40]

et limitant le recrutement en ligne.

[56:44]

Les idées du clan sont par ailleurs

[56:46]

amplifiées par la galaxie,

[56:48]

le Alt-Right et QAnon,

[56:50]

vous vous rappelez de QAnon

[56:51]

d'une certaine époque,

[56:52]

un peu avant la pandémie,

[56:54]

qui partagent des théories du complot,

[56:56]

du racisme et du nationalisme radical.

[56:59]

Cette convergence rend la surveillance

[57:01]

et la prévention de la radicalisation

[57:03]

particuliĂšrement complexes,

[57:05]

car elle est en l'influence des groupes

[57:06]

Ă  des audiences plus larges et transnationales.

[57:09]

On s'en rappelle la montée de l'Alt-Right.

[57:12]

On vit en ce moment, je pense,

[57:13]

dans un contexte qui permet l'émergence

[57:18]

d'un groupe comme le QAnon,

[57:19]

plus que jamais de mon vivant,

[57:21]

du moins de ma courte existence sur Terre.

[57:24]

On est dans un climat oĂč je pense

[57:26]

un terreau fertile pour la radicalisation en ligne.

[57:31]

MĂȘme avec la raretĂ© des manifestations physiques,

[57:34]

cette propagande reste virale et structurante,

[57:36]

détaillant la circulation des contenus

[57:38]

entre groupes privés,

[57:40]

plateformes alternatives et forums anonymes,

[57:42]

tandis que les symboles historiques

[57:44]

continuent d'influencer la nouvelle génération

[57:46]

de suprémacistes.

[57:47]

La circulation en ligne de symboles

[57:49]

et de récits suprémacistes, pardon,

[57:51]

ne se limite pas à la visibilité.

[57:53]

Elle a des conséquences concrÚtes

[57:55]

sur les personnes ciblées,

[57:56]

exposées à l'intimidation,

[57:58]

aux menaces et aux harcĂšlements,

[58:00]

sur la cohésion des communautés locales

[58:02]

et sur la perception publique

[58:03]

des groupes minorisés,

[58:05]

contribuant Ă  l'exclusion

[58:06]

et Ă  la stigmatisation de ces groupes-lĂ .

[58:10]

Les algorithmes de recommandation

[58:11]

et les logiques d'engagement

[58:13]

favorisent la viralité de certains contenus,

[58:16]

accélérant la radicalisation

[58:17]

sans intention consciente des plateformes,

[58:20]

en privilégiant les contenus émotionnels

[58:22]

et polarisant.

[58:23]

Oui, c'est devenu un modĂšle d'affaires.

[58:25]

C'est vraiment ça.

[58:27]

C'est ça qu'il faut comprendre

[58:28]

pourquoi justement les réseaux sociaux font ça,

[58:30]

étant donné que l'objectif,

[58:32]

c'est piqûnier.

[58:33]

C'est de faire de l'argent.

[58:35]

Ils savent que l'humain a tendance

[58:36]

à réagir à des choses.

[58:38]

C'est pour ça que c'est en ci,

[58:40]

depuis un certain temps,

[58:41]

les algorithmes seront polarisants

[58:43]

parce que c'est payant.

[58:45]

Mais moi-mĂȘme, de plus en plus,

[58:46]

j'essaie d'éviter,

[58:47]

on dirait, parce que ça me gosse

[58:49]

et je ne veux pas leur donner plus de highball.

[58:52]

C'est clair.

[58:53]

Mais face Ă  cette situation,

[58:54]

les États, les plateformes

[58:56]

et la société civile

[58:57]

développent des stratégies multiples

[58:59]

Ă  fin de contrer cette radicalisation-lĂ .

[59:02]

Des politiques de modération renforcées,

[59:04]

collaboration entre entreprises et ONG,

[59:06]

des enquĂȘtes policiĂšres ciblĂ©es,

[59:08]

des programmes de déradicalisation en ligne

[59:11]

et hors ligne, tout en maintenant

[59:12]

un équilibre avec les enjeux

[59:14]

de liberté d'expression

[59:15]

et de responsabilité algorithmiques.

[59:18]

C'est drĂŽle, hein,

[59:18]

parce que le fait de te faire déradicaliser,

[59:21]

je vois ça un peu comme une...

[59:23]

quand tu vas dans une cure de désintox,

[59:25]

je me demande comment ils font ça.

[59:27]

Ça doit ĂȘtre en tĂ©ducant,

[59:30]

j'imagine, qu'on te déradicalise.

[59:33]

Et les outils financiers numériques

[59:35]

initialement détournés

[59:36]

pour faciliter les collectes

[59:38]

sont aujourd'hui encadrés

[59:39]

par des mesures de traçage,

[59:41]

des gels d'avoir et une transparence

[59:43]

des paiements vis-Ă -limiter

[59:44]

les ressources disponibles pour ces groupes.

[59:47]

Ça justement, on va en parler

[59:48]

un petit peu plus dans l'after show.

[59:49]

Tandis que les crypto-monnaies

[59:51]

restent un pilier central

[59:52]

de leur autonomie opérationnelle

[59:54]

permettant des transactions anonymes

[59:56]

jusqu'à un certain point et décentralisées

[59:58]

pour financer les propagandes

[01:00:00]

et les événements clandestins.

[01:00:02]

Et le passage aux numériques

[01:00:03]

a également rendu ces réseaux

[01:00:06]

transnationaux les idées tactiques

[01:00:08]

circulent entre les groupes

[01:00:09]

de différents pays,

[01:00:10]

créant une écologie fragmentée

[01:00:12]

d'acteurs, de plateformes alternatives

[01:00:14]

et de canaux chiffrés.

[01:00:16]

Il y a des chercheurs,

[01:00:17]

journalistes et collectifs

[01:00:18]

de défense des droits

[01:00:20]

qui documentent, exposent

[01:00:21]

et contre ces narratifs.

[01:00:24]

Tandis que certaines opérations

[01:00:25]

de contre-information

[01:00:26]

et de dépublication,

[01:00:28]

eh bien, ça vient limiter

[01:00:29]

la diffusion des contenus extrémistes.

[01:00:31]

Plus on est capable de l'empĂȘcher,

[01:00:33]

mais encore une fois,

[01:00:34]

c'est trĂšs, trĂšs difficile.

[01:00:36]

La prévention passe par l'éducation

[01:00:38]

aux médias pour apprendre

[01:00:39]

à décrypter et à reconnaßtre

[01:00:41]

la désinformation,

[01:00:42]

ainsi que par des programmes

[01:00:43]

de soutien qui sont destinés

[01:00:45]

aux jeunes susceptibles

[01:00:46]

d'ĂȘtre ciblĂ©s par ça.

[01:00:48]

Mesurer la présence en ligne

[01:00:49]

d'un groupe reste trĂšs complexe.

[01:00:51]

La visibilité publique ne reflÚte

[01:00:53]

pas la force opérationnelle réelle

[01:00:54]

et une faible visibilité, eh bien,

[01:00:56]

ça peut coexister avec une capacité

[01:00:58]

nocive significative.

[01:01:00]

Je vous ramÚne dans la période

[01:01:02]

actuelle, les distordus.

[01:01:04]

Entre 2024 et 2025,

[01:01:07]

la présence et l'influence

[01:01:08]

du cul-cuclan dans l'espace numérique

[01:01:10]

ont connu une résurgence marquée,

[01:01:13]

alimentée par le rÎle ambigu

[01:01:14]

et parfois controversé

[01:01:15]

de certaines figures publiques

[01:01:17]

et certaines plateformes.

[01:01:19]

Un exemple emblématique,

[01:01:20]

c'est celui d'Elon Musk,

[01:01:22]

dont la gestion de la plateforme

[01:01:23]

Twitter, le rebaptisé X,

[01:01:25]

a suscité de vives critiques

[01:01:27]

en 2025.

[01:01:28]

Accusé de tolérer

[01:01:29]

la circulation libre

[01:01:30]

de contenus suprémacistes

[01:01:32]

et conspirationnistes,

[01:01:33]

Musk a permis Ă  des comptes

[01:01:35]

liés à des mouvances racistes

[01:01:36]

comme Nick Fuentes,

[01:01:38]

Laura Loomer

[01:01:39]

ou d'anciens sympathisants

[01:01:40]

du cul-cuclan de retrouver

[01:01:42]

une visibilité qu'ils avaient perdue.

[01:01:44]

Des hashtags

[01:01:45]

tels que White Pride,

[01:01:47]

Race Realism

[01:01:48]

ou White Genocide

[01:01:50]

ont refait surface,

[01:01:51]

souvent sous couvert

[01:01:52]

de la liberté d'expression.

[01:01:54]

Cette dérive montre comment

[01:01:55]

le contrÎle exercé

[01:01:56]

par des personnalités publiques

[01:01:58]

sur les réseaux

[01:01:59]

peut influencer directement

[01:02:00]

la prolifération des discours de haine.

[01:02:02]

Et lĂ , on se rappelle du mĂȘme

[01:02:04]

du salut nazi

[01:02:05]

Oui, oui, exactement.

[01:02:06]

que Musk avait fait

[01:02:07]

Ă  un certain moment

[01:02:08]

qui s'est comme accepté.

[01:02:10]

Maintenant, il y a des choses

[01:02:11]

comme ça qu'on accepte.

[01:02:13]

C'est sous la liberté

[01:02:14]

d'expression.

[01:02:15]

Et parallĂšlement,

[01:02:16]

des communautés

[01:02:17]

issues de 4chan,

[01:02:18]

8con et Telegram

[01:02:19]

ont exporté leurs codes

[01:02:21]

vers des espaces plus populaires.

[01:02:24]

Des memes Ă  connotation raciale

[01:02:26]

comme Pépé de Frog

[01:02:27]

mais réapproprié par la droite

[01:02:29]

ou le symbole du clown world,

[01:02:31]

le monde dégénéré

[01:02:32]

sous la diversité,

[01:02:34]

circulent massivement

[01:02:35]

sur X et sur TikTok.

[01:02:37]

Ces images banalisent la haine

[01:02:38]

en la présentant

[01:02:39]

sous un angle humoristique,

[01:02:41]

rendant leur détection

[01:02:42]

le mĂȘme plus difficile

[01:02:43]

au niveau des bottes.

[01:02:45]

Oui, oui, exactement.

[01:02:47]

En réponse,

[01:02:48]

le collectif Anonymous

[01:02:49]

poursuit ses opérations

[01:02:50]

de cyber-mélitantisme

[01:02:52]

contre le clan et ses dérivés.

[01:02:54]

Il a révélé l'identité

[01:02:55]

de centaines de membres

[01:02:56]

piratés des serveurs

[01:02:58]

de sites extrĂȘmes droites

[01:02:59]

comme Stormfront

[01:03:00]

ou le Daily Stormer

[01:03:02]

et perturbé la diffusion

[01:03:03]

de contenu sur Gab

[01:03:05]

et Rumble, entre autres.

[01:03:07]

Ces actions,

[01:03:08]

bien que temporaires,

[01:03:09]

ont démontré l'efficacité

[01:03:10]

des contre-attaques numériques

[01:03:11]

coordonnées face

[01:03:12]

aux mécanismes

[01:03:13]

de radicalisation en ligne.

[01:03:15]

À quelque part,

[01:03:15]

ça passe aussi par là,

[01:03:17]

par détruire un peu

[01:03:18]

leurs plateformes,

[01:03:19]

comme eux ont fait

[01:03:20]

à l'époque.

[01:03:21]

Puis on dirait

[01:03:23]

que c'est Ă  peu prĂšs

[01:03:24]

nos seuls moyens

[01:03:26]

de défense.

[01:03:27]

Il faudrait plus

[01:03:29]

d'Anonymous, je trouve.

[01:03:31]

C'est vrai, il faudrait.

[01:03:33]

Ce serait le fun

[01:03:33]

qu'il y ait un deuxiĂšme clan.

[01:03:35]

Je trouve de white hacker.

[01:03:37]

Mais bon.

[01:03:38]

Le white hat, tu veux dire?

[01:03:39]

Oui, white hat hacker.

[01:03:41]

Parce qu'on ne va pas

[01:03:41]

faire d'allusion.

[01:03:42]

Ah oui, mon Dieu.

[01:03:43]

Oui, c'est un drĂŽle de lapsus,

[01:03:44]

les white hacker.

[01:03:45]

Bien vu.

[01:03:46]

Oui, je voulais dire

[01:03:46]

les white hat hacker

[01:03:47]

qu'on dit parce que

[01:03:48]

dans le hacking,

[01:03:49]

tu as les chapeaux blancs,

[01:03:50]

les chapeaux noirs.

[01:03:51]

Les black hats

[01:03:51]

font plus du mal

[01:03:53]

et les chapeaux blancs,

[01:03:54]

mais ils font du bien.

[01:03:55]

Ils détectent les fraudes

[01:03:56]

puis ils avisent

[01:03:58]

pour pas que ça se passe.

[01:03:59]

Mais lĂ , Seb, on a maintenant,

[01:04:01]

il y a des influenceurs

[01:04:03]

du KKK aujourd'hui,

[01:04:04]

de ce que je comprends.

[01:04:05]

Oui, puis ils utilisent pas

[01:04:07]

toujours, comment dire,

[01:04:08]

directement le KKK,

[01:04:09]

mais c'est des ultradroites.

[01:04:11]

Et lĂ , je vais vous parler

[01:04:12]

de Richard Bay Spencer,

[01:04:14]

né en 78 à Boston.

[01:04:16]

Lui, il provient d'un milieu

[01:04:18]

intellectuel et cultive

[01:04:19]

une image soignée

[01:04:20]

loin des stéréotypes,

[01:04:22]

des mouvements racistes

[01:04:23]

classiques.

[01:04:24]

Toujours en costume,

[01:04:25]

il parle de philosophie,

[01:04:26]

de politique.

[01:04:27]

Il s'est imposé comme

[01:04:28]

le visage médiatique

[01:04:29]

de la alt-right,

[01:04:31]

donc c'est vraiment

[01:04:32]

qui est un courant

[01:04:33]

d'extrĂȘme droite

[01:04:34]

qui a contribué à théoriser.

[01:04:37]

Spencer prÎne la création

[01:04:39]

d'un état ethnique blanc,

[01:04:41]

un empire européen unifié.

[01:04:43]

Son influence a culminé

[01:04:44]

lors du rassemblement

[01:04:46]

Unite the Right

[01:04:48]

de Charlottesville en 2017,

[01:04:50]

oĂč son discours s'est terminĂ©

[01:04:52]

sur des saluts nazis

[01:04:53]

scandés par la foule.

[01:04:55]

Wow.

[01:04:56]

Depuis, il demeure

[01:04:57]

une référence intellectuelle,

[01:04:59]

je vais le mettre en guillemets,

[01:05:00]

pour de nombreux

[01:05:01]

influenceurs nationalistes

[01:05:03]

sur YouTube, Telegram,

[01:05:05]

comme Jean-François Garry-Hippie

[01:05:06]

ou Mark Collette,

[01:05:07]

qui adaptent en fait leurs idées

[01:05:09]

Ă  leur public respectif.

[01:05:12]

Et lĂ , je plonge

[01:05:13]

dans un autre militant français

[01:05:15]

cette fois-ci, néo-nazi,

[01:05:18]

Daniel Conversano

[01:05:19]

a su capter l'attention

[01:05:21]

d'un public jeune

[01:05:21]

via YouTube, Odyssey

[01:05:23]

et Telegram.

[01:05:24]

De nommer tantĂŽt, excuse-moi,

[01:05:26]

c'est un certain

[01:05:26]

Jean-François Garry-Hippie,

[01:05:28]

ça sonne québécois, ça?

[01:05:29]

Oui, ça sonne trÚs québécois,

[01:05:30]

mais je ne sais pas c'est qui.

[01:05:31]

OK.

[01:05:32]

Je l'ignore,

[01:05:33]

mais moi aussi, je suis convaincu

[01:05:35]

que ça doit ĂȘtre

[01:05:37]

un québécois, selon moi.

[01:05:39]

Je vais faire une petite recherche

[01:05:40]

pendant que tu poursuis.

[01:05:43]

Et Daniel Conversano,

[01:05:45]

lui, il se distingue

[01:05:46]

par son ton sarcastique

[01:05:47]

et ses débats publics,

[01:05:48]

souvent face Ă  des figures

[01:05:50]

plus modérées dans lesquelles

[01:05:51]

il ridicule et il en fait

[01:05:52]

les discours anti-racistes.

[01:05:54]

Il a, par exemple,

[01:05:55]

organisé des échanges

[01:05:56]

avec Papacito ou Raptor Dissident,

[01:05:59]

deux figures de la droite

[01:06:01]

viriliste française.

[01:06:02]

Et j'aimais la droite viriliste,

[01:06:03]

dans le fond, les alphamels,

[01:06:05]

c'est vraiment ça,

[01:06:07]

qui mĂȘle humo, provocation

[01:06:08]

et apologie

[01:06:09]

du nationalisme blanc.

[01:06:11]

Je ne sais pas si parmi

[01:06:12]

nos ditordus européens,

[01:06:14]

il y en a qui connaissent

[01:06:15]

Papacito ou Raptor Dissident.

[01:06:17]

Moi, personnellement,

[01:06:17]

je ne les connaissais pas,

[01:06:19]

mais bon, c'est sûr,

[01:06:20]

ils font partie

[01:06:21]

de la droite viriliste.

[01:06:23]

Et Conversano s'adresse

[01:06:24]

à une génération désabusée

[01:06:26]

mĂȘlant rĂ©fĂ©rences geek,

[01:06:27]

jeux vidéo et memes racistes

[01:06:29]

pour rendre ses idées séduisantes.

[01:06:32]

Il s'inscrit ainsi

[01:06:32]

dans une stratégie de rebranding

[01:06:34]

de la haine,

[01:06:35]

visant Ă  normaliser

[01:06:36]

le suprémacisme blanc

[01:06:38]

sous une apparence humoristique

[01:06:40]

et culturelle.

[01:06:42]

OK, c'est troublant.

[01:06:44]

J'ai des petits détails sur Jean-François

[01:06:45]

Guerrier-Pey.

[01:06:46]

C'est un Canadien, effectivement.

[01:06:47]

C'est un Québécois

[01:06:49]

originaire de Sainte-Sophie.

[01:06:51]

C'est quelqu'un qui vient

[01:06:52]

du monde académique,

[01:06:53]

qui aurait étudié la biologie

[01:06:55]

à l'Université de Montréal.

[01:06:56]

Il y aurait mĂȘme un doctorat en 2012.

[01:06:59]

Et avec le temps,

[01:07:01]

apparemment qu'Ă  un certain moment,

[01:07:03]

il a quitté

[01:07:05]

le milieu académique

[01:07:08]

et il s'est tourné vers

[01:07:09]

le commentaire politique en ligne.

[01:07:12]

Il a coanimé une émission

[01:07:14]

avec Andy Warski

[01:07:15]

et tranquillement,

[01:07:18]

il a migrĂ© vers l'extrĂȘme droite.

[01:07:20]

Et sur ses plateformes,

[01:07:21]

il fait la promotion

[01:07:22]

de ce qu'on appelle un ethnostate,

[01:07:24]

un état ethnique, le blanc.

[01:07:26]

Il diffuse des messages antisémites

[01:07:27]

et défend la supériorité génétique

[01:07:29]

des Blancs aussi.

[01:07:31]

Donc, c'est

[01:07:33]

c'est un genre de porte-étendard

[01:07:36]

de la droite alternative du Québec.

[01:07:39]

Mais je ne le connaissais pas.

[01:07:40]

Non, puis étant donné

[01:07:41]

qu'il y a des connaissances

[01:07:42]

en biologie,

[01:07:42]

il doit s'appuyer lĂ -dessus

[01:07:44]

pour l'instrumental, ici,

[01:07:45]

encore une fois que lĂ .

[01:07:48]

Ah, en tout cas,

[01:07:50]

ça me désole des fois

[01:07:51]

que des gens avec qui ont eu

[01:07:53]

des vraies expertises scientifiques

[01:07:56]

aprÚs ça détournent ça.

[01:07:57]

Ça m'Ă©clore un peu.

[01:07:59]

Et lĂ , j'ai une derniĂšre

[01:08:00]

influenceuse, si je peux dire,

[01:08:01]

Candace Owens.

[01:08:03]

Elle, je la connaissais

[01:08:04]

quand mĂȘme de nom

[01:08:05]

commentatrice de la politique

[01:08:06]

américaine.

[01:08:07]

Elle s'est imposée

[01:08:08]

comme une figure controversée

[01:08:09]

du mouvement

[01:08:10]

conservateur américain.

[01:08:11]

Si vous la connaissez pas,

[01:08:12]

elle est afro-américaine

[01:08:14]

et elle s'oppose frontalement

[01:08:16]

au mouvement Black Lives Matter

[01:08:18]

qu'elle qualifie de

[01:08:19]

propagande victimaire.

[01:08:21]

Elle a fondé...

[01:08:21]

Ah non, moi, c'est...

[01:08:23]

Moi, cette personnage-lĂ ,

[01:08:24]

elle me fascine.

[01:08:25]

Elle a fondé la campagne

[01:08:27]

BlackSite qui encourage

[01:08:29]

les afro-américains

[01:08:30]

à quitter le Parti démocrate.

[01:08:33]

Owens multiplie

[01:08:34]

les déclarations polémiques.

[01:08:35]

Elle a nié l'existence

[01:08:37]

du racisme systémique,

[01:08:39]

accusé les médias

[01:08:40]

distérés raciales

[01:08:41]

et a été invité

[01:08:42]

Ă  plusieurs reprises

[01:08:43]

sur la chaĂźne Fox News.

[01:08:45]

Oui, évidemment.

[01:08:46]

OĂč elle valorise

[01:08:47]

une vision nationaliste

[01:08:48]

et traditionnaliste

[01:08:50]

proche de l'extrĂȘme droite.

[01:08:52]

Et son influence s'étend sur

[01:08:53]

X, Instagram et YouTube,

[01:08:55]

oĂč elle est suivie

[01:08:56]

par des millions de gens,

[01:08:58]

y compris par des figures

[01:08:59]

de la droite dure,

[01:09:00]

comme Tucker Carlson,

[01:09:02]

que vous devez connaĂźtre

[01:09:03]

de nom, ou Ben Shapiro.

[01:09:05]

Elle était d'ailleurs

[01:09:05]

une grande amie de Charlie Kirk.

[01:09:08]

Elle constate d'ailleurs

[01:09:10]

ouvertement la version officielle...

[01:09:11]

Elle conteste, pardon,

[01:09:13]

ouvertement la version officielle

[01:09:14]

de la mort de Charlie Kirk,

[01:09:16]

tuée le mois dernier,

[01:09:17]

lors d'un événement

[01:09:18]

à l'Université de la Vallée

[01:09:20]

du Utah.

[01:09:21]

Selon elle,

[01:09:22]

les informations diffusées

[01:09:23]

par les médias

[01:09:24]

et les autorités

[01:09:25]

seraient incohérentes.

[01:09:26]

Et elle rejette notamment

[01:09:27]

l'idée que la densité

[01:09:29]

osseuse de Kirk

[01:09:31]

aurait arrĂȘtĂ© la balle,

[01:09:32]

affirmant pouvoir

[01:09:33]

démentir

[01:09:34]

officiellement cette explication.

[01:09:35]

Mais lĂ , qu'est-ce qu'elle pense d'abord?

[01:09:37]

Ben oui, ben c'est ça.

[01:09:37]

Elle remet en cause

[01:09:38]

le titre d'arme aussi

[01:09:39]

qui a été utilisé

[01:09:41]

par le tireur présumé

[01:09:42]

Tyler Robinson.

[01:09:44]

Il n'aurait pas employé

[01:09:45]

la carabine de calibre

[01:09:47]

.30-06 mentionnée

[01:09:49]

par la police,

[01:09:50]

ce qui laisserait penser,

[01:09:51]

selon elle,

[01:09:52]

Ă  l'utilisation

[01:09:53]

d'une deuxiĂšme arme.

[01:09:54]

Mais ça, je l'avais lu

[01:09:55]

aussi dans les conspiration

[01:09:57]

et elle avance mĂȘme

[01:09:58]

la thĂšse de deux tireurs,

[01:10:00]

l'un présent dans le public

[01:10:01]

et un autre positionné ailleurs

[01:10:03]

et affirme qu'un témoin

[01:10:04]

lié aux forces de l'Ordre

[01:10:06]

rend la situation suspecte.

[01:10:08]

Critiquant sévÚrement

[01:10:09]

la gestion du dossier

[01:10:10]

par le FBI,

[01:10:12]

elle accuse l'agence

[01:10:13]

de vouloir étouffer

[01:10:14]

les interrogations du public

[01:10:15]

et va jusqu'à déclarer

[01:10:16]

que les autorités

[01:10:17]

auraient assassiné

[01:10:19]

Charlie Kirk

[01:10:19]

devant le monde entier.

[01:10:21]

Oh, OK.

[01:10:22]

Et elle évoque

[01:10:22]

des contradictions médicales,

[01:10:24]

affirmant que les documents

[01:10:25]

officiels mentionnent

[01:10:26]

une balle stoppée

[01:10:28]

au niveau du cou

[01:10:28]

et un fragment retrouvé,

[01:10:31]

mais aucune trace de balle

[01:10:32]

ne figure sur

[01:10:33]

le certificat de décÚs.

[01:10:36]

Donc, elle trouvait ça

[01:10:37]

louche assez drĂŽle,

[01:10:38]

parce que moi, je lisais

[01:10:39]

il y a tellement

[01:10:39]

de conspiration,

[01:10:40]

je m'étarderai pas trop

[01:10:41]

sur Charlie Kirk

[01:10:42]

qu'il n'y a pas

[01:10:43]

de certificat de décÚs,

[01:10:45]

qu'il n'y a mĂȘme pas eu

[01:10:45]

d'autopsie,

[01:10:46]

mais c'est pas vrai.

[01:10:47]

Oui, ça n'a pas été long

[01:10:48]

qu'il a été monté

[01:10:49]

dans l'avion.

[01:10:49]

Oui, il y a eu plein de détails

[01:10:50]

comme ça,

[01:10:51]

puis c'est vrai que quand

[01:10:52]

tu mets les...

[01:10:53]

ça peut sembler étrange.

[01:10:55]

Souvent, il y en a dans

[01:10:56]

les vidĂ©os oĂč ils observaient

[01:10:57]

tous les mouvements

[01:10:58]

des gens autour,

[01:10:58]

comme si ça avait été

[01:11:00]

quelque chose de collé

[01:11:00]

d'avance.

[01:11:02]

Puis, mĂȘme hier, je voyais,

[01:11:03]

je ne sais pas

[01:11:03]

si c'est une fausse rumeur,

[01:11:04]

mais que Tyler Robinson

[01:11:05]

a dit en cours

[01:11:06]

que ce n'était pas lui

[01:11:07]

qui avait tiré,

[01:11:08]

mais je pense que j'étais

[01:11:10]

dans la conspiration.

[01:11:12]

Et voilà, c'était la derniÚre,

[01:11:13]

mon cher Emile,

[01:11:16]

disons, influenceuse

[01:11:17]

de Candace Owens,

[01:11:20]

qui est la plus marquante

[01:11:22]

par son statut, je trouve.

[01:11:24]

Exact, ben oui.

[01:11:25]

Non, je n'en reviens pas.

[01:11:26]

Et un autre trĂšs marquant,

[01:11:29]

je suis content

[01:11:29]

qu'on m'a laissé

[01:11:31]

cette section,

[01:11:32]

mais parlons de Kanye West

[01:11:34]

maintenant,

[01:11:35]

rappeur mondialement connu,

[01:11:37]

Kanye West, rebaptisé IA,

[01:11:39]

illustre assez bien

[01:11:40]

la convergence

[01:11:41]

entre la culture populaire

[01:11:42]

et l'extrémisme idéologique.

[01:11:44]

Ce qui arrive avec lui,

[01:11:45]

c'est qu'on ne sait jamais

[01:11:46]

si il est sérieux

[01:11:47]

ou s'il nous troll,

[01:11:49]

mais on n'est pas sûr

[01:11:51]

qu'il va bien, en tout cas.

[01:11:52]

Depuis 2022, il a multiplié

[01:11:55]

les déclarations antisémites,

[01:11:57]

saluant notamment Adolf Hitler

[01:11:59]

dans une interview

[01:11:59]

et s'affichant

[01:12:01]

avec des personnalités

[01:12:01]

d'extrĂȘme droite

[01:12:02]

comme Nick Fuentes

[01:12:03]

ou Milo Yiannopoulos.

[01:12:05]

Ces propos qui sont diffusés

[01:12:07]

sur X, mais sur Infowars

[01:12:09]

aussi, l'émission de Alex Jones

[01:12:10]

et ses propres comptes sociaux

[01:12:12]

ont eu un effet viral majeur

[01:12:15]

générant des millions de vues

[01:12:16]

et une banalisation inquiétante

[01:12:18]

du discours antisémite.

[01:12:21]

IA, il symbolise la maniĂšre

[01:12:22]

dont des stars influentes

[01:12:24]

peuvent, par leur plateforme,

[01:12:26]

normaliser des discours haineux

[01:12:27]

auprĂšs d'un public jeune,

[01:12:29]

souvent sans en mesurer

[01:12:30]

les implications politiques.

[01:12:32]

Le 30 mars 2025,

[01:12:34]

il a de nouveau provoqué

[01:12:35]

une polémique en portant

[01:12:36]

une tenue noire du Ku Klux Klan

[01:12:38]

lors d'une interview du Nord

[01:12:40]

avec DJ Academics

[01:12:41]

publiée sur Rumble.

[01:12:43]

Donc, c'est carrément habillé

[01:12:45]

en membre du Ku Klux Klan,

[01:12:47]

mais avec une toge noire.

[01:12:50]

Donc, il joue vraiment

[01:12:51]

avec les éléments de choc.

[01:12:53]

Pendant l'entretien,

[01:12:54]

le rappeur de 47 ans

[01:12:56]

a fait plusieurs déclarations

[01:12:57]

controversées sur des figures

[01:12:59]

de l'industrie musicale.

[01:13:00]

Il portait également un collier

[01:13:02]

avec un pendentif

[01:13:03]

en forme de croix gammée

[01:13:04]

et avait commencé l'interview

[01:13:06]

avec un T-shirt de Puff Daddy.

[01:13:08]

C'est quand j'en revenais pas.

[01:13:10]

C'est qu'il sait,

[01:13:11]

je pense, que les gens

[01:13:12]

vont micro-analyser

[01:13:13]

tout ce qu'il fait.

[01:13:13]

Donc, quand il donne

[01:13:14]

un interview comme ça,

[01:13:16]

il met le paquet,

[01:13:17]

il met tout pour créer

[01:13:18]

la controverse.

[01:13:19]

C'est pour ça qu'il s'est dur

[01:13:20]

Ă  jauger s'il veut juste

[01:13:22]

faire parler de lui

[01:13:22]

pour les mauvaises raisons.

[01:13:24]

Aussi, c'est vraiment des valeurs

[01:13:26]

qui l'endosent quelque part.

[01:13:28]

Il joue toujours sur la ligne.

[01:13:31]

Et, ben, Kanye a affirmé

[01:13:32]

avoir fabriqué cette tenue

[01:13:34]

sur mesure,

[01:13:35]

ainsi qu'une version blanche

[01:13:36]

identique.

[01:13:37]

Il a indiqué qu'il avait voulu

[01:13:38]

la porter en public,

[01:13:39]

mais craignait de se faire

[01:13:40]

hospitaliser, effectivement.

[01:13:42]

Les réactions sur les réseaux

[01:13:44]

sociaux ont été immédiates

[01:13:45]

et trĂšs critiques.

[01:13:48]

Kanye West a aussi montré

[01:13:49]

un intĂ©rĂȘt pour les symboles

[01:13:50]

nazis, notamment la croix gamée

[01:13:52]

et le logo des SS.

[01:13:54]

Il avait également promu

[01:13:55]

des T-shirts avec une croix gamée

[01:13:57]

lors d'une publicité

[01:13:58]

du Super Bowl.

[01:13:59]

Vous rappelez-vous de ça?

[01:14:00]

Hé, c'était tendu, ça.

[01:14:02]

Il avait eu sur...

[01:14:03]

Il avait mis sur son site

[01:14:05]

de Yeezy un T-shirt, justement,

[01:14:08]

avec une croix gamée à vendre.

[01:14:10]

Tu sais, il avait une controverse

[01:14:11]

parce que Shopify avait...

[01:14:13]

Tu sais, Shopify avait été blùmé,

[01:14:15]

mais tu sais, c'est dur pour eux

[01:14:16]

de faire une veille

[01:14:17]

de tous les produits.

[01:14:19]

Mais bon, c'est un call.

[01:14:20]

J'espĂšre aprĂšs que Shopify,

[01:14:22]

on dit, nous, on décroche

[01:14:23]

de ta boutique.

[01:14:25]

Puis ça s'était vendu,

[01:14:27]

en fait, le temps

[01:14:27]

que ça avait été là.

[01:14:28]

Et il en avait fait la promotion

[01:14:30]

pendant une publicité

[01:14:31]

pas écoutable

[01:14:32]

pendant le Super Bowl.

[01:14:34]

Sa publicité, c'était lui

[01:14:37]

devant son sel tout croche.

[01:14:38]

Ce n'était pas une publicité

[01:14:39]

digne de ce nom.

[01:14:40]

Puis il parlait longuement

[01:14:42]

puis il s'était payé

[01:14:44]

une genre de pub comme ça.

[01:14:45]

Mais ça a passé,

[01:14:46]

je veux dire, dans le sens

[01:14:47]

que ça a été approuvé.

[01:14:48]

Est-ce que dans, comment dire,

[01:14:50]

dans son message,

[01:14:51]

est-ce qu'il y avait

[01:14:54]

un mini message,

[01:14:56]

comment dire, raciste

[01:14:56]

ou pas du tout, c'était subtile?

[01:14:58]

Il partait dans un genre de délire

[01:15:00]

un peu Ă  la Cagney-Ouest.

[01:15:02]

Moi, je ne l'ai pas vu live,

[01:15:04]

évidemment, on est au Canada.

[01:15:06]

Je pense que ça a passé

[01:15:07]

peut-ĂȘtre plus sur le Web

[01:15:09]

que sur la Télé-Télé.

[01:15:11]

Oui, oui, mais quand mĂȘme.

[01:15:12]

Il y avait un investissement lĂ .

[01:15:15]

Puis il y avait tout fait

[01:15:16]

pour créer l'événement

[01:15:18]

quelque part.

[01:15:20]

Et puis plus récemment,

[01:15:21]

il a mĂȘme publiĂ© sur Instagram

[01:15:22]

une photo d'une personne

[01:15:24]

portant une tenue du Ku Klux

[01:15:25]

Klan qu'il a qualifiée

[01:15:27]

de Outfit of the Day.

[01:15:28]

Le post a été supprimé

[01:15:30]

pour violation des rĂšgles

[01:15:31]

Ă  la plateforme,

[01:15:32]

ce qui a provoqué sa réaction.

[01:15:34]

Sa réaction, c'était wow!

[01:15:36]

Instagram a retiré ma publication

[01:15:37]

accompagnée d'une capture

[01:15:39]

de son profil vide

[01:15:40]

et d'un message d'Instagram

[01:15:41]

l'indiquant que la photo

[01:15:43]

avait été retirée.

[01:15:45]

Donc, Kanye, il joue beaucoup

[01:15:46]

avec cette ligne-lĂ .

[01:15:47]

On dirait que moi, au fond de moi,

[01:15:49]

j'ai de la misĂšre Ă  croire

[01:15:50]

qu'il soit un suprémaciste

[01:15:53]

blanc ou noir,

[01:15:54]

mais Ă  quelque part,

[01:15:57]

je sais pas, il y a ce besoin

[01:15:58]

d'attention incroyable.

[01:16:00]

En tout cas, j'espĂšre

[01:16:01]

qu'il ne croit pas

[01:16:04]

à toutes ces idéologies-là,

[01:16:05]

mais on dirait que plus ça avance,

[01:16:06]

plus on a l'impression

[01:16:07]

qu'il croit pour vrai.

[01:16:07]

Oui, oui, non, c'est vrai,

[01:16:08]

mais j'ai l'impression

[01:16:09]

que c'est juste une machine

[01:16:12]

de marketing, lĂ ,

[01:16:13]

autant positive que négative,

[01:16:15]

mais je peux pas croire...

[01:16:16]

Je me sens qu'on l'a jamais

[01:16:17]

entendu, mĂȘme dans ses chansons.

[01:16:19]

Là, j'ai pas tout son répertoire

[01:16:21]

lyrical en tĂȘte,

[01:16:23]

mais mĂȘme dans ses paroles,

[01:16:24]

c'était pas quelqu'un qui,

[01:16:25]

dans son disco,

[01:16:26]

comment dire, au niveau

[01:16:27]

de sa musique,

[01:16:28]

il joue pas lĂ -dessus,

[01:16:29]

me semble, tu sais.

[01:16:31]

Donc, c'est pour ça

[01:16:31]

que moi aussi, j'ai un peu

[01:16:32]

de doute sur ça, là.

[01:16:34]

Puis si je connais pas

[01:16:35]

son catalogue, lĂ ,

[01:16:36]

si vous avez une meilleure

[01:16:36]

connaissance, puis finalement,

[01:16:37]

je dis n'importe quoi,

[01:16:39]

dites-moi, lĂ ,

[01:16:40]

mais j'ai l'impression

[01:16:41]

que c'est comme toi...

[01:16:43]

Comme tu penses que c'est

[01:16:45]

un mécanisme de marketing,

[01:16:46]

mais c'est dur Ă  savoir.

[01:16:48]

Oui, oui, parce qu'en mĂȘme

[01:16:49]

temps, ces gestes-lĂ ,

[01:16:50]

lui, font perdre

[01:16:51]

des sponsors, tu sais.

[01:16:52]

Il a perdu des deals

[01:16:53]

avec Adidas, avec Gap.

[01:16:56]

Tout le monde l'a droppé,

[01:16:57]

donc, tu sais, il a perdu...

[01:17:00]

Ça, là, atteint un peu

[01:17:01]

son empire, lĂ ,

[01:17:01]

toutes ces liaiseries-lĂ .

[01:17:03]

Généralement,

[01:17:04]

mĂȘme si tu crois Ă  ça,

[01:17:05]

puis qu'il était

[01:17:05]

une personnalité publique

[01:17:06]

de son style,

[01:17:08]

tu vas pas le dire en public

[01:17:09]

parce que justement,

[01:17:10]

ça te fait perdre des sponsors.

[01:17:12]

Et lĂ , au-delĂ 

[01:17:13]

de toutes ces figures connues,

[01:17:14]

il faut comprendre

[01:17:15]

qu'un lot d'influenceurs

[01:17:16]

anonymes ou semi-publiques

[01:17:18]

qui diffusent quotidiennement

[01:17:19]

des contenus racistes

[01:17:20]

et conspirationnistes

[01:17:22]

sous des formes qui ont l'air

[01:17:23]

inoffensive des chaĂźnes

[01:17:25]

comme Red Eyes TV,

[01:17:27]

Black Pigeon Speaks

[01:17:29]

ou American Renaissance

[01:17:30]

proposent des vidéos

[01:17:32]

pseudo-documentaires

[01:17:33]

sur la décadence occidentale

[01:17:35]

ou la supériorité raciale.

[01:17:37]

Et sur TikTok,

[01:17:38]

il y a certains créateurs

[01:17:39]

qui utilisent des codes

[01:17:40]

visuels subtils,

[01:17:41]

des trapeaux confédérés,

[01:17:43]

des symboles uniques,

[01:17:45]

extraits de discours remaniés

[01:17:47]

pour propager leur idée

[01:17:48]

sans enfreindre les rĂšgles

[01:17:50]

parce que les plateformes

[01:17:50]

y ont quand mĂȘme des balises.

[01:17:53]

Et ces influenceurs exploitent

[01:17:54]

les algorithmes de recommandation

[01:17:56]

et la logique du scroll infini

[01:17:58]

Ă  le fameux doom scrolling

[01:17:59]

qui expose les jeunes

[01:18:01]

Ă  une radicalisation progressive

[01:18:02]

souvent sans qu'ils s'en rendent compte.

[01:18:05]

Et face Ă  cette expansion

[01:18:06]

de journalistes d'investigation

[01:18:08]

comme Bellingcat au ProPublica

[01:18:11]

et des collectifs citoyens

[01:18:12]

tels que Sleeping Giants

[01:18:14]

ou Tech Transparency Project

[01:18:16]

ou Hope Not Eight

[01:18:18]

mĂšnent eux Ă  une lutte active

[01:18:21]

contre la désinformation raciste.

[01:18:23]

Puis il faut que des organismes

[01:18:24]

soient contents de savoir

[01:18:25]

qu'il y a des organisations

[01:18:26]

comme ça qui existent.

[01:18:27]

Il y a des campagnes

[01:18:28]

de contredisco

[01:18:28]

qui sont apparues sur TikTok

[01:18:30]

et sur X

[01:18:31]

ou des créateurs afro-américains,

[01:18:33]

LGBTQ+,

[01:18:34]

et des antiracistes

[01:18:36]

qui déconstruisent

[01:18:37]

les récits de haine par l'humour,

[01:18:39]

la pédagogie ou la satire.

[01:18:41]

Donc j'aime ça qu'ils reprennent

[01:18:43]

leur format

[01:18:44]

puis ils éduquent les gens correctement.

[01:18:47]

Et de plus,

[01:18:48]

plusieurs pays européens

[01:18:48]

dont la France et l'Allemagne

[01:18:49]

ont renforcé la législation

[01:18:51]

sur la modération en ligne

[01:18:53]

imposant des sanctions

[01:18:55]

plus sévÚres aux plateformes

[01:18:56]

qui laissent circuler

[01:18:57]

les contenus haineux.

[01:18:59]

Et lĂ , pour terminer,

[01:19:02]

il y a eu des scientifiques

[01:19:04]

qui ont fait une analyse.

[01:19:06]

En fait,

[01:19:06]

c'est Ashton Kingdom

[01:19:08]

et Aaron Winter

[01:19:09]

qui ont analysé l'évolution

[01:19:11]

numérique du clan

[01:19:13]

et ont retracé le passage

[01:19:15]

des trac-papiers au site web.

[01:19:17]

Ils ont étudié

[01:19:17]

26 plateformes numériques

[01:19:19]

depuis le début des années 90

[01:19:21]

au fil du temps.

[01:19:23]

Le clan adapte sa propagande.

[01:19:25]

Rappelez-vous au début,

[01:19:26]

le web, c'était des sites

[01:19:27]

web statiques

[01:19:28]

qui diffusaient des textes,

[01:19:30]

ils diffusaient des événements.

[01:19:31]

Et là, quand les réseaux sociaux

[01:19:33]

sont arrivés, les forums,

[01:19:34]

on est tombé dans le web 2.0

[01:19:36]

et maintenant, on est dans le web 3.0,

[01:19:38]

qui est moins discuté un peu

[01:19:39]

qu'étant dans un web décentralisé

[01:19:41]

oĂč est-ce que le paiement

[01:19:42]

par crypto-monnaie est arrivé

[01:19:44]

et oĂč est-ce qu'on peut avoir

[01:19:45]

un anima beaucoup plus

[01:19:47]

accru sur le web.

[01:19:49]

Mais l'étude la distingue

[01:19:50]

deux visages.

[01:19:51]

C'est ça que je voulais vous parler.

[01:19:52]

C'est qu'un clan qui est

[01:19:53]

communautaire, qui se présente

[01:19:54]

comme fraternel chrétien

[01:19:56]

et il y en a un autre

[01:19:57]

qui est plus radical

[01:19:58]

qu'eux en fait.

[01:20:00]

Ils prÎnent plus la résistance armée,

[01:20:02]

les sites mĂȘlant Ă©vĂ©nement,

[01:20:04]

cérémonie, marchandise confédérée

[01:20:06]

ou l'ivre conspirationniste

[01:20:07]

et rhétorique racial

[01:20:08]

qui entretiennent l'identité du groupe.

[01:20:11]

Certains se veulent

[01:20:12]

patriotiques et modérés,

[01:20:14]

d'autres affichent des liens

[01:20:15]

explicites avec des idéologies

[01:20:16]

néonazies ou transnationales

[01:20:18]

qui s'inspirent d'exemples blancs

[01:20:20]

du Royaume-Uni Ă  l'Afrique du Sud.

[01:20:22]

Kingdom et Winter, les auteurs,

[01:20:24]

concluent que le clan

[01:20:25]

ne s'est pas éteint,

[01:20:27]

il s'est reconfiguré en ligne,

[01:20:29]

exploitant Internet

[01:20:30]

pour maintenir ses réseaux

[01:20:31]

et sa propagande

[01:20:32]

tout en s'adaptant aux technologies.

[01:20:35]

Donc, mon cher Emile, c'est fou, hein?

[01:20:38]

On pourrait croire que le Ku Klux Klan

[01:20:40]

appartient au passé,

[01:20:41]

croit en feu, silhouette masquée,

[01:20:43]

image en noir et blanc,

[01:20:44]

mais pourtant, il n'a jamais disparu.

[01:20:46]

Aujourd'hui, il a quitté les champs

[01:20:48]

pour les fils de discussion,

[01:20:51]

capuche tronquée contre des pseudos,

[01:20:53]

des torches contre des écrans.

[01:20:55]

Ses héritiers idéologiques

[01:20:56]

circulent sur les réseaux,

[01:20:58]

forums obscurs et groupes privés

[01:20:59]

oĂč la haine se diffuse Ă  grande vitesse.

[01:21:02]

Et en quelques heures,

[01:21:02]

quand un message raciste

[01:21:03]

ou un appel Ă  la violence,

[01:21:05]

eh bien, ça peut atteindre

[01:21:06]

des millions de personnes.

[01:21:08]

Les inconnus deviennent des disciples,

[01:21:10]

des communautés se forment

[01:21:11]

autour d'un mensonge

[01:21:12]

et la haine trouve un nouveau visage.

[01:21:15]

Oui, puis on voit que c'est

[01:21:16]

prĂšs de nous parfois.

[01:21:17]

On l'a vu tantĂŽt avec

[01:21:18]

notre ami Garry Epi

[01:21:20]

qu'on connaissait pas.

[01:21:23]

Il y a aussi, au Québec,

[01:21:25]

du moins une certaine

[01:21:26]

Cathy Latulippe

[01:21:27]

dont notre recherchiste

[01:21:28]

nous parlait cette semaine.

[01:21:30]

En fait, elle,

[01:21:31]

je sais pas si elle est dans le cul,

[01:21:33]

Clux Klan, mais elle supporte

[01:21:35]

quand mĂȘme des idĂ©ologies comme ça.

[01:21:37]

Elle a été banni de Facebook

[01:21:38]

pour des propos d'extrĂȘme droite,

[01:21:41]

des propos antisémites et racistes.

[01:21:45]

Et apparemment que lĂ ,

[01:21:46]

elle recrute des gens

[01:21:47]

pour son groupe néo-nazi.

[01:21:49]

Elle aurait mĂȘme tabassĂ© des gens

[01:21:51]

sur ce qu'on appelle

[01:21:53]

le chemin Roxane au Québec

[01:21:55]

oĂč des immigrĂ©s

[01:21:57]

traversent la frontiÚre illégalement.

[01:22:00]

Elle serait allée là

[01:22:01]

pour attaquer des gens.

[01:22:02]

Donc, il y a quand mĂȘme des gens

[01:22:05]

Ă  surveiller prĂšs de nous

[01:22:08]

sans trop le savoir,

[01:22:09]

dont on se doutait pas

[01:22:10]

dans l'impression que ça se passe

[01:22:12]

juste dans les États du Sud

[01:22:14]

américaine, mais non,

[01:22:15]

c'est un petit peu partout.

[01:22:17]

Puis c'est troublant de voir,

[01:22:18]

je sais pas que t'en penses,

[01:22:19]

Seb, Ă  quel point

[01:22:20]

j'ai l'impression qu'on est

[01:22:21]

presque dans une direction

[01:22:23]

géopolitique en ce moment

[01:22:24]

oĂč on va avoir plus

[01:22:26]

des groupes comme ça.

[01:22:27]

Bien sûr.

[01:22:28]

On est à une drÎle d'époque.

[01:22:29]

Avec l'immigration massive,

[01:22:30]

j'ai l'impression un peu partout

[01:22:32]

au Canada, aux États-Unis,

[01:22:34]

je trouve que ça,

[01:22:35]

et mĂȘme partout,

[01:22:37]

on dirait que ça,

[01:22:38]

ça aide pas à recréer

[01:22:40]

ce climat-lĂ ,

[01:22:41]

parce qu'on dirait que les gens,

[01:22:42]

ils se sentent bouleversés.

[01:22:44]

On le voit mĂȘme au QuĂ©bec,

[01:22:46]

la CAQ qui essaie de faire

[01:22:48]

passer que les priĂšres de rue.

[01:22:49]

Je fais un genre de dérivé,

[01:22:52]

mais c'est un peu la mĂȘme chose.

[01:22:53]

C'est juste pour nous

[01:22:54]

ancrer dans la tĂȘte.

[01:22:55]

Comme si ça dérangeait.

[01:22:57]

Puis comme si c'était

[01:22:58]

un vrai problĂšme.

[01:22:59]

J'en ai jamais vu.

[01:23:00]

Je pense pas que c'était

[01:23:01]

un problĂšme,

[01:23:02]

mais encore une fois,

[01:23:03]

ça intÚgre du racisme,

[01:23:05]

le bleu québécois,

[01:23:06]

les valeurs québécoises.

[01:23:07]

Oui, oui, oui.

[01:23:08]

On fait toujours un grand débat

[01:23:09]

avec le port du voile.

[01:23:11]

Oui, exactement.

[01:23:12]

Est-ce qu'ils peuvent

[01:23:12]

porter leur voile?

[01:23:13]

Puis on peut leur sacrer la peine.

[01:23:15]

Oui, oui, exactement.

[01:23:16]

Ça entretient, comme tu dis,

[01:23:18]

un peu une peur de l'autre

[01:23:19]

ou un questionnement comme quoi

[01:23:23]

les immigrants ou les gens mĂȘme.

[01:23:25]

Des fois, c'est mĂȘme pas

[01:23:26]

des immigrants, des gens

[01:23:27]

qui sont nés ici.

[01:23:29]

Mais ils ont juste

[01:23:30]

une religion différente.

[01:23:31]

Puis nous, on les gosse avec ça.

[01:23:33]

C'est sûr que ça entretient

[01:23:34]

une certaine forme de peur.

[01:23:37]

Puis c'est avec justement

[01:23:38]

avec nos voisins du Sud

[01:23:39]

et tout ce qui se passe.

[01:23:41]

Le discours de droite

[01:23:42]

est vraiment ultra normalisé,

[01:23:45]

d'extrĂȘme droite mĂȘme.

[01:23:47]

Donc, j'ai l'impression

[01:23:48]

qu'on est dans un terreau

[01:23:49]

vraiment fertile

[01:23:52]

pour une remontée du racisme.

[01:23:54]

On le voit.

[01:23:55]

On le voit peut-ĂȘtre moins

[01:23:58]

quelque part au Québec,

[01:24:00]

mais les crimes ratios

[01:24:01]

ont augmenté énormément.

[01:24:03]

Partout, oui.

[01:24:04]

Ben oui, puis je faisais un.

[01:24:05]

Je voulais faire un parallĂšle

[01:24:06]

aussi dans le monde du skateboard,

[01:24:08]

qui est un monde

[01:24:08]

que je suis beaucoup.

[01:24:11]

Ed Templeton,

[01:24:12]

qui est un ancien pro skater,

[01:24:14]

qui est le fondateur de Toy Machine,

[01:24:17]

les skateboards Toy Machine

[01:24:18]

qui sont lĂ  depuis

[01:24:20]

les années 90,

[01:24:21]

qui sont lĂ  depuis trĂšs longtemps.

[01:24:22]

Il a sorti un design de skateboard

[01:24:25]

cet été à la fin août 2025.

[01:24:26]

Et c'est un membre du Ku Klux Klan

[01:24:29]

qui brûle sur une croix.

[01:24:31]

Donc, c'est l'inversité.

[01:24:33]

Puis c'était trÚs, trÚs controversé.

[01:24:36]

Et il y a eu de un,

[01:24:37]

la collection a été sold out

[01:24:38]

en un claquement de doigts.

[01:24:40]

Il y a eu des T-shirts,

[01:24:40]

il y a eu tout ça.

[01:24:41]

Mais il y a eu un énorme backlash.

[01:24:44]

Les gens mĂȘme dans le monde du skate,

[01:24:47]

il y a des skaters

[01:24:48]

qui sont trĂšs religieux,

[01:24:50]

qui se sont rebellés contre lui.

[01:24:51]

Il y a eu des membres du Ku Klux Klan

[01:24:54]

qui ont, comment dire,

[01:24:57]

qui sont montés au barricade

[01:24:59]

contre ce truc-lĂ .

[01:25:00]

Lui, sa réaction, ça a été d'en produire plus.

[01:25:03]

Donc, ça a été sans doute

[01:25:04]

sa collection qui a le mieux marché.

[01:25:07]

Mais il y a plein de,

[01:25:08]

comment dire, plein de racistes

[01:25:10]

endormances qu'on ne pensait pas

[01:25:12]

qui sont qui sont revenus contre lui

[01:25:14]

avec ce design de skate et de T-shirt.

[01:25:18]

Donc, c'est encore un sujet sensible.

[01:25:21]

C'est encore difficile d'en parler.

[01:25:23]

J'ai hĂąte de voir les commentaires

[01:25:25]

qu'on va recevoir, nous,

[01:25:26]

aprÚs cet épisode-là.

[01:25:28]

Oui, parce que ça peut ĂȘtre difficile.

[01:25:29]

C'est sensible.

[01:25:30]

Ben oui, exactement.

[01:25:31]

Mais Ă  quelque part,

[01:25:32]

je pense que c'était un épisode

[01:25:33]

de son temps qu'on avait besoin de faire

[01:25:36]

Ă  quelque part.

[01:25:37]

C'est rare qu'on entre

[01:25:38]

dans des dossiers comme ça,

[01:25:39]

de distorsion.

[01:25:39]

Oui, oui, exactement.

[01:25:40]

Des dossiers plus...

[01:25:42]

Historiques.

[01:25:43]

Oui, qui traitent de dangers sociaux,

[01:25:45]

d'enjeux politiques et autres.

[01:25:47]

Mais bon, on trouvait ça

[01:25:48]

intéressant de le faire

[01:25:49]

parce qu'il faut garder tout ça à l'Ɠil.

[01:25:51]

Oui, oui, moi, j'avais vu sur YouTube

[01:25:54]

si le sujet continue de vous intéresser.

[01:25:56]

Il y a plusieurs reportages

[01:25:57]

oĂč se conçut des familles,

[01:26:00]

des familles dans le...

[01:26:01]

mĂȘme Ă  l'Ăšre d'aujourd'hui.

[01:26:03]

OK.

[01:26:04]

Et vous allez voir,

[01:26:04]

c'est déstabilisant.

[01:26:07]

Les discours que justement les...

[01:26:09]

je devais dire les gens normaux,

[01:26:10]

c'est pas ça que je veux dire.

[01:26:11]

Mais les gens qui n'ont pas de préjugés,

[01:26:14]

ça fait une dissonance

[01:26:15]

quand t'entends ça.

[01:26:17]

LĂ , c'est pas, comme je vous dis,

[01:26:18]

c'est pas des captations de 1865.

[01:26:20]

C'est en 2025.

[01:26:22]

Ah oui.

[01:26:23]

Et ça fait peur.

[01:26:25]

Autre derniĂšre petite truc,

[01:26:26]

Bad Bunny au Super Bowl cette année.

[01:26:29]

Ah, c'est vrai.

[01:26:30]

Bad Bunny, c'est un Américain.

[01:26:32]

Il est né à Porto Rico

[01:26:33]

qui appartient aux Américains.

[01:26:34]

Absolument.

[01:26:34]

Mais tout le magas,

[01:26:35]

il nous disait...

[01:26:37]

Tout le magas qui disait

[01:26:38]

on veut un Américain.

[01:26:39]

Pourquoi que c'est pas un Américain

[01:26:41]

qui fait le Super Bowl?

[01:26:42]

Mais tout le monde le nomme.

[01:26:44]

Tu sais, je vais dire,

[01:26:44]

ben Porto Rico, c'est un Américain.

[01:26:46]

C'est pas parce qu'il n'est pas blanc

[01:26:47]

que c'est pas un Américain.

[01:26:48]

Puis lĂ  mĂȘme,

[01:26:50]

ils se sont mis Ă  nommer

[01:26:51]

tous les non-Américains

[01:26:53]

qui ont fait le Super Bowl,

[01:26:54]

tous les blancs non-Américains

[01:26:55]

qui ont fait le Super Bowl.

[01:26:57]

C'est genre Bro Springsteen.

[01:26:58]

Plein de monde que c'est pas...

[01:26:59]

Ben Madonna, c'est pas un Américain.

[01:27:01]

Ah, ça m'a tellement fait rire.

[01:27:02]

Ben Bro Springsteen,

[01:27:03]

c'est pas un Américain.

[01:27:04]

Ben oui, c'est pas un New Jersey guy.

[01:27:05]

Ah oui, c'est peut-ĂȘtre pas lui

[01:27:06]

que je me mélange.

[01:27:07]

Pardon, Paul McCartney,

[01:27:09]

je pense que c'est vrai.

[01:27:09]

Oui, c'est ça.

[01:27:10]

Et puis c'était vraiment drÎle.

[01:27:12]

C'était tous des gens

[01:27:12]

non-Américains, mais blancs,

[01:27:14]

que personne n'a chialé.

[01:27:16]

C'est clair.

[01:27:17]

C'est vraiment la mouvance actuelle.

[01:27:19]

On dirait que ça fait ressortir

[01:27:21]

puis ça légitimait.

[01:27:22]

On dirait que tout le monde

[01:27:22]

a le droit de le dire maintenant.

[01:27:24]

Je me semble qu'avant,

[01:27:24]

au moins, les gens

[01:27:25]

se gardaient une petite gĂȘne.

[01:27:26]

Oui, oui, oui.

[01:27:26]

Puis lĂ , Turning Point,

[01:27:27]

l'organisation de Charlie Kirk,

[01:27:29]

ils veulent organiser

[01:27:29]

leur spectacle américain

[01:27:31]

du Super Bowl.

[01:27:32]

Oui, oui, oui.

[01:27:33]

Ils veulent faire

[01:27:34]

leur spectacle de la mi-temps.

[01:27:36]

Donc, on n'est pas sorti du bois.

[01:27:37]

Non, comme tu dis.

[01:27:39]

Yes.

[01:27:40]

Eh bien, merci Seb

[01:27:41]

pour cet épisode-là.

[01:27:43]

Merci à notre équipe

[01:27:44]

de recherche aussi.

[01:27:45]

Merci les Dix-Tordus

[01:27:46]

d'ĂȘtre toujours lĂ  pour nous.

[01:27:47]

On se rappelle que sur Patreon,

[01:27:49]

on va enchaĂźner Seb

[01:27:50]

avec un autre épisode bonus,

[01:27:53]

mais sur justement

[01:27:55]

l'argent sale de la haine.

[01:27:57]

Tu vas nous parler

[01:27:58]

d'autres personnages.

[01:28:01]

Oui, Joe Moore qui a réussi

[01:28:04]

Ă  faire emprisonner,

[01:28:05]

Ă  infiltrer le Klu Klux Klu.

[01:28:06]

Oh, ça va ĂȘtre intĂ©ressant.

[01:28:08]

En after-show,

[01:28:09]

on va écouter ça sur Patreon.

[01:28:12]

Sinon, vous savez

[01:28:12]

oĂč nous trouver, guys.

[01:28:13]

On est partout

[01:28:14]

sur les réseaux sociaux,

[01:28:15]

sur Twitter, TikTok,

[01:28:17]

sur Facebook, YouTube, Instagram

[01:28:19]

et sur Twitch maintenant aussi

[01:28:21]

depuis qu'on fait des live streams.

[01:28:22]

Donc ça, n'hésitez pas.

[01:28:23]

Yes.

[01:28:24]

Et bien sûr, sur Patreon,

[01:28:26]

on vous rappelle

[01:28:27]

que André Beaupré,

[01:28:29]

notre monteur qui va monter

[01:28:30]

ce super épisode.

[01:28:32]

Et encore merci

[01:28:33]

Ă  nos recherchistes

[01:28:34]

pour ce bon travail.

[01:28:36]

Et pour terminer,

[01:28:37]

on doit donner l'heure due

[01:28:39]

Ă  nos actionnaires Patreon.

[01:28:41]

Seb, je te laisse commencer.

[01:28:42]

Et je donne un gros cĂąlin

[01:28:44]

Ă  Jeff G, Julien B,

[01:28:47]

Bretanie BP

[01:28:48]

et Elsa R et Julie G.

[01:28:51]

Aussi beaucoup d'amour

[01:28:52]

à Félix B, à Jennifer G,

[01:28:55]

Ă  Josiane, Ă  Maxime T

[01:28:57]

et à la mystérieuse Camille.

[01:28:59]

Un gros high five Ă  Monika D,

[01:29:02]

Ă  Naes L, Nadia B,

[01:29:04]

Tobio et Elle Wills.

[01:29:07]

Une bonne tape dans le dos

[01:29:08]

Ă  Naomi, Ă  Andrea,

[01:29:10]

Ă  Louis S,

[01:29:11]

à Frédéric P et à Caroline.

[01:29:14]

Encore de l'amour Ă  Annie,

[01:29:16]

Sophie B, Samirina,

[01:29:18]

Christopher C et Bianca C.

[01:29:21]

Et pour terminer,

[01:29:22]

un gros cĂąlin Ă  Nicolas B,

[01:29:24]

Ă  Guillaume B,

[01:29:25]

Ă  Jackie,

[01:29:26]

à Véronique G

[01:29:27]

et à Élisabeth M.

[01:29:30]

Merci beaucoup.

[01:29:39]

Et pour terminer, Seb,

[01:29:40]

aurais-tu un mot de la fin

[01:29:41]

pour nous ce soir ?

[01:29:43]

DerriÚre les écrans,

[01:29:45]

une armée invisible se forme,

[01:29:47]

radicalisée par des algorithmes

[01:29:48]

qui nourrissent peur et colĂšre,

[01:29:50]

persuadés de défendre une cause.

[01:29:52]

Les croix ne brûlent plus

[01:29:53]

dans les champs,

[01:29:54]

mais sur le web,

[01:29:55]

une autre flamme s'allume,

[01:29:57]

celle de la haine réinventée,

[01:29:59]

qui grandit pixel par pixel.

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