#62 - Mais qui est Amina Arraf? [A gay girl in Damascus]

Épisode

#62 - Mais qui est Amina Arraf? [A gay girl in Damascus]

Épisode
62
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1 h 04 min
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Audio

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Nous sommes au début de l’année 2011, un vent de « printemps arabe » souffle sur la Syrie. De nombreux soulèvements populaires contre les pouvoirs en place ont lieu depuis plusieurs mois. Le Web et les réseaux sociaux sont des acteurs importants dans ce courant de manifestation. Le 6 juin, Amina Arraf, une blogueuse controversée habitant à Damas en Syrie, est enlevée par les forces de l’ordre. Une mobilisation mondiale s’organise sur les réseaux sociaux pour qu’elle soit libérée. Par contre, l’attraction des médias envers l’affaire, les poussent à enquêter un peu plus loin sur l’origine d’Amina et leurs trouvailles les amènent à un endroit inattendu…Dans cet épisode, Emile et Seb vous plongent dans une histoire socio-politique d’envergure internationale, qui remet en question la fine ligne entre ce qui sépare le vrai du faux sur Internet.

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

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Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur libérer Amina, le mot d'ordre

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a fait le tour de la toile pendant plusieurs jours après l'annonce de l'enlèvement

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de la blog syrienne Amina Araf, les médias du monde entier et même le département

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d'État américain se sont lancés à sa recherche.

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Des histoires étranges de l'ère numérique.

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Un vent de printemps arabe souffle sur la Syrie. De nombreux soulèvements populaires

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contre les pouvoirs en place ont lieu depuis plusieurs mois. Le 6 juin 2011, Amina,

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une blogueuse habitant à Damas en Syrie, est enlevée par les forces de l'ordre.

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Une mobilisation mondiale s'organise sur les réseaux sociaux pour qu'elle soit libérée.

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L'attraction des médias envers l'affaire les pousse à enquêter un peu plus loin sur les

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origines d'Amina. Leurs trouvailles les amèneront à un endroit inattendu.

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Et si Amina n'était pas celle qu'elle prétendait?

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Cette histoire sociopolitique d'envergure internationale a mis en lumière plusieurs

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débordements médiatiques et remet en question la mince ligne qui sépare le vrai du faux sur Internet.

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Comment ça va ce soir mon cher Emile?

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Ça va très bien Seb, parce qu'on enregistre dans ta cuisine pour la première fois.

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Donc on teste notre nouveau système un petit peu plus mobile et puis c'est ça,

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on est dans ta cuisine ce soir Seb, donc c'est très chaleureux, mais merci de nous accueillir.

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Ça me fait plaisir en espérant que mes voisins ne soient pas trop bouillants.

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Autrement, c'est très existant parce qu'on aborde un sujet qui nous passionne depuis longtemps.

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Je trouve qu'on s'est beaucoup diversifié jusqu'à date dans notre 1615.

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On a parlé de radicalisation sur Internet, on a parlé un peu de tuerie de masse,

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on a abordé des sujets un peu plus tabous et un peu plus délicats aussi.

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Ce soir, c'est un peu la même chose.

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On parle de s'inventer une vie sur Internet, de mettre en ligne des faux profils,

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mais en même temps, on parle de toute une révolution qu'il y a eu en Syrie en 2011 autour d'un blog.

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Donc c'est assez fascinant comme histoire.

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Oui, c'est fascinant. Vous allez voir comment un blog,

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une seule personne a pu attirer l'attention mondiale des médias

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et d'une certaine manière nourrir toute la révolution qui se déroulait en Syrie en 2011.

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Peut-être que vous en souvenez plus ou moins,

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mais c'était justement durant le printemps arabe où ce que d'autres pays avaient subi.

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Disons, on voulait manifester contre le gouvernement en place.

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Là, c'était autour de la Syrie à ce moment-là, puis il y avait d'énormes manifestations.

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Et ce blog-là a eu, par ses thèmes, ses sujets qu'il abordait,

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a eu un effet, disons, pas boule de neige, mais vraiment, il a enflammé la communauté mondiale

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à jeter un regard sur ce qui se passait vraiment en Syrie,

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parce qu'on ne sait les droits de l'homme en Syrie,

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ce n'est pas vraiment respecté, ce n'est pas comme nous ici ou en Europe.

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Donc on parle de ce blog qui se nommait à l'époque A Gay Girl in Damascus,

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donc une femme homosexuelle à Damas,

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et non seulement, comme tu dis, ça a eu un impact sur les droits humains,

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mais aussi sur toute la visibilité et les droits des femmes et des homosexuels aussi en Syrie,

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qui n'était pas, ce n'est pas l'endroit où il et elle n'étaient le plus acceptés.

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Donc ce blog-là a surallié des gens de partout dans le monde, de la communauté LGBTQ,

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et puis a contribué à faire une sorte de révolution.

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Oui, puis il faut aussi se rappeler que les choses ont évolué beaucoup depuis.

[04:08]

Ah oui, c'est incroyable.

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Et même l'accent Internet en Syrie, c'est quelque chose qui est contrôlé aussi par le gouvernement,

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et malgré tout, à l'époque, ils ont réussi avec les réseaux sociaux,

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parce que en 2011, ça faisait 4-5 ans max que Facebook, Twitter étaient là,

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et ils ont réussi grâce à ce pouvoir-là de rallier,

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justement, que ça devienne une cause mondiale.

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Sans ça, je ne suis pas convaincu que ça aurait eu le même poids.

[04:34]

Exactement.

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Donc vous allez voir, on vous lance toute cette info-là comme ça,

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mais restez avec nous, on va vous faire la ligne du temps autour de ce blog-là,

[04:42]

et de qui est Amina, et de tout aussi l'aspect de fausté,

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parce que vous allez voir, c'est un véritable thriller, cette histoire-là.

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On tient à donner un shout-out à la réalisatrice Sophie Deraspe,

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qui a réalisé un documentaire sur le sujet,

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le profil Amina, que vous pouvez probablement trouver en ligne.

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Oui, absolument, le documentaire, en fait, moi, je l'ai acheté sur le site de l'ONF,

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directement, c'est 12 $, je crois, je trouvais que ça valait la peine.

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Et honnêtement, si l'histoire d'aujourd'hui vous touche,

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ça vaut la peine d'aller le voir, ce documentaire-là, c'est un bon complément,

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et ça touche beaucoup, je ne veux pas trop vous dévoiler en fait,

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mais ça touche d'autres éléments qu'on va peut-être un petit peu moins creuser aujourd'hui,

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et c'est un excellent complément, et on fait un travail incroyable.

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Parce que cette fameuse Amina, elle a une connexion montréalaise aussi.

[05:33]

Oui.

[05:33]

Il y a un peu de Montréal dans cette histoire,

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donc c'est pour ça qu'on aime ça, il y a full de numériques, évidemment,

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et il y a des gros revirements de situation.

[05:40]

On ne vous en dit pas plus, restez avec nous,

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mais pour passer au travers de tout ça, Seb, on a une bonne bière.

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Oh oui, enfin, ça fait tellement longtemps que j'avais envie,

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qu'on avait envie de vous en parler de cette bière-là,

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c'est une de nos bières préférées à Emine et moi depuis un petit peu avant l'été,

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je ne sais plus quand elle est sortie, et on en a bu tout l'été.

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C'est la Shelton New England IPA de la biérie Shelton.

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C'est une bière d'inspiration Inzia Pell-Hell qui est brassée dans le style New England,

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justement le Nouvelle-Angleterre, un peu comme la boréale nord-est.

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Oui, elle est dans le style nord-est aussi,

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qui est un style qu'on voit de plus en plus développer.

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Ah oui, puis je suis tellement content qu'on développe des bières,

[06:21]

j'adore tellement ça.

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Cette bière-là, elle est tout aussi oblonnée que les IPA de la côte ouest américaine,

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son goût est volontairement moins amère et résonneux,

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puis c'est vrai, on le sent, elle est veloutée et juteuse en bouche,

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et elle possède des puissances arômes de fruits tropicaux et d'agrumes.

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C'est une bonne bière quand même qu'il faut boire avec modération.

[06:43]

Effectivement.

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Oui, parce qu'elle a 7,5 % d'alcool et une amertume de 56 IBU.

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Sincèrement, si vous ne la connaissez pas,

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moi, c'est dans mes coups de cœur de l'année,

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puis elle est brassée par la brasserie de Hoshlag, en fait.

[06:58]

Oui, c'est vrai.

[06:59]

Ça reste dans le hood.

[07:01]

Exact, et oui, on vous invite à boire avec modération.

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Ne vous en faites pas, quand on enregistre Distorsion,

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on ne boit pas 10 bières.

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Parfois, on a notre tiver de bière qu'on cipe pendant trois heures

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pendant notre enregistrement,

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donc on ne veut pas inciter personne au débordement ici.

[07:15]

Non, absolument.

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La bière de la semaine, cette délicieuse bière,

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elle nous est offerte par Alec,

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et Alec, il l'a fait via la tournée de bière au distorsionpodcast.com.

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Donc, sur l'onglet Tournée de bière,

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vous pouvez faire un don, nous encourager et remplir notre frigo.

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On a aussi un shout-out, un review 5 étoiles sur Apple Podcasts

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qui nous vient de Design Boucler.

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Ah, tiens donc, en fait, l'équipe de design de la compagnie Boucler,

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c'est ce qu'on nous dit ici dans le commentaire,

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est branchée sans cesse sur Distorsion.

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L'écoute intensive de votre podcast

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s'ensuit de discussions enflammées pleines de théories

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ainsi que de créations,

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à camp des coussins à l'effigie de Distorsion.

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Eh bien, nous, on est toujours intéressés.

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Vous nous dites où signer et puis on le fait.

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Oh oui, des coussins avec nos faces.

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Ça serait assez drôle sur un divan.

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Mais aussi, là, je tiens à remercier du fond du cœur

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toutes les personnes qui ont pris la peine et le temps de nous faire un review,

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un review peu importe le nombre d'étoiles,

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on espère 5 étoiles, sur Apple Podcasts entre autres

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ou Stitchers parce que les autres plateformes actuellement

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n'offrent pas malheureusement la possibilité de faire un review.

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Mais sachez que même si on en lit juste un à chaque semaine,

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on les lit tous.

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Vos reviews actuellement, on a eu plus de 1880 personnes

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qui ont pris le temps de le faire.

[08:33]

Donc, merci.

[08:33]

On vous remercie sincèrement chacun de vous.

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Et si vous ne l'avez pas encore fait, c'est le temps de le faire.

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Oui, ça peut être sur Facebook ou si on peut donner des étoiles

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sur Facebook ou Podcasts static ou peu importe.

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Nous, on essaie d'en piger un par un.

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Ça va être dur de faire le tour de tout le monde,

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mais on vous aime tous, bienz égaux.

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Oui.

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Là-dessus, Seb, est-ce qu'on est prêt à se lancer

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dans le cas de Amina Araf et de Gay Girl in Damascus?

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Oui, monsieur.

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C'est parti.

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Nous sommes le 6 juin 2011 à Damas en Syrie.

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Le vent du printemps arabe souffle sur tout le Moyen-Orient.

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De nombreux soulèvements populaires contre les pouvoirs en place

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ont lieu depuis plusieurs mois.

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Comme il est de plus en plus commun,

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des appels à manifester ont été lancés

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sur les différents réseaux sociaux à travers le pays.

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Les autorités syriennes sont ouvertement critiquées

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par la communauté internationale sur leur agissement brutaux

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contre la population qui manifeste pour plus de droits et libertés.

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Vers 20h10, coup de tonnerre,

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on apprend par l'entremise de son propre blog

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que la blogueuse américano-syrienne Amina Araf,

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aussi connue sous le pseudo Amina Abdullah,

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a été enlevée par trois hommes armés

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alors qu'elle allait à un rendez-vous.

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C'est la cousine d'Amina, Rania,

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qui publie la nouvelle pour prévenir ses milliers de followers

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qu'elle a été kidnappée.

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Elle nous informe que plutôt aujourd'hui,

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vers 18h00, heure de Damas,

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Amina se promenait dans le quartier de la gare routière d'Abbasid,

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près de la rue Fares-Al-Koury.

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Elle était allée rencontrer une personne impliquée

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dans la communauté de coordination locale

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d'un regroupement de citoyens et elle était accompagnée d'un ami.

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Lorsqu'ils se sont quittés à la fin de la rencontre,

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Amina a été saisie par trois hommes dans le début vingtaine.

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Selon un témoin, qui ne veut pas que son identité soit connue,

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les hommes étaient armés.

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Amina a frappé l'un d'eux

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et a dit à son ami d'aller retrouver son père.

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Un des hommes a ensuite posé sa main sur la bouche d'Amina

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et l'a jeté dans une voiture rouge de marque Dacia Logan.

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Pour votre info, la marque Dacia Logan, c'est la version de Renaud,

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mais dans les pays émergents.

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Intéressant.

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Sur une des vitres de la voiture,

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il y avait un autocollant de Basel El-Assad,

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qui est le frère de Bachar El-Assad,

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qui lui est le président en place actuellement.

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C'est bien le précisé.

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Basel est décédé en 1994 dans un accident de voiture

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et à l'origine, c'était lui qui allait prendre la relève du pays,

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et non son frère, Bachar.

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Étant donné qu'il est mort avant d'avoir gouverné,

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il est resté comme une sorte d'emblème au pays.

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Tout ça pour dire que les hommes sont supposés

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appartenir à l'un des services de sécurité

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ou à la milice du parti Bach, qui est le parti au pouvoir.

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Malheureusement, le témoin n'a pas été en mesure

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de noter le numéro de la plaque d'immatriculation de la voiture.

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L'ami qui accompagnait Amina est rapidement allé retrouver le père de celle-ci.

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Le lieu actuel d'Amina est inconnu

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et on ignore si elle se trouve dans une prison

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ou si elle est détenue ailleurs à Damas.

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Son père tente de la localiser

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et demande d'en informer le plus grand nombre de personnes

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dans l'espoir que quelqu'un puisse savoir où elle se trouve

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et qu'elle soit bientôt libérée.

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Oui, c'est assez tragique comme situation.

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Je me rappelle un peu quand on avait entendu parler de ça,

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puis on va y venir un peu plus tard,

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mais il y avait une vidéo même où il y avait avec ça.

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Oui, exact, qui est assez marquante.

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Toujours selon la cousine d'Amina, Rania,

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son père témoigne que si elle est maintenant en détention,

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il ne craint pas de se cacher

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et il dit qu'il fera tout ce qui lui est en son pouvoir pour la libérer.

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Son père témoigne, et je le cite,

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nous espérons qu'elle est simplement en prison

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et que rien de pire ne lui est arrivé.

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Amina m'avait précédemment envoyé plusieurs textes

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à publier sur son blog si quelque chose lui arrivait

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et nous attendrons jusqu'à ce que nous ayons un ordre précis

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avant de le faire.

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Donc tout ça est très mystérieux, cette histoire d'enlèvement de blogueuses.

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Mais à cette époque-là, il ne faut pas oublier

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qu'il y a souvent des journalistes qui se faisaient enlever

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puis garder en otage.

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Oui, il y en a eu plusieurs, justement, en série, entre autres.

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Et même des exécutions.

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Donc c'est un climat qui était très hostile à l'époque

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et très difficile pour la liberté de presse.

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Oui, oui, puis même si je regardais différentes vidéos

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pour faire la recherche, puis mon Dieu que c'était violent.

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C'est incroyable comment le gouvernement

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n'a pas de respect de l'être humain, je trouve.

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Comme beaucoup de citoyens de partout dans le monde,

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la blogueuse Amina Araf s'exprime ouvertement sur son blog

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et ses réseaux sociaux à propos de son quotidien.

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Mais aussi et surtout, elle s'attaque à des sujets

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longtemps considérés comme tabous dans la culture arabe

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et sur ce qui se passe actuellement dans son pays d'origine,

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la Syrie, qui est un État très répressif.

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Elle est considérée comme l'une des héroïnes

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de la révolution syrienne.

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Rapidement, plusieurs pages Facebook sont mises sur pied,

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dont la page Free Amina Abdallah ou encore Free Amina Araf.

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Et plusieurs organismes humanitaires,

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comme les reportages Sans Frontières,

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se mettent rapidement de la partie pour faire libérer Amina,

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ou du moins de tenter, des mains des autorités syriennes,

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sans oublier le hashtag Free Amina

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qui circule abondamment sur Twitter.

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Et à l'époque, je me rappelle, c'était un gros truc.

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Amina n'est pas la seule à avoir été enlevée

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depuis le début du conflit.

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Des dizaines de blogueurs et journalistes

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sont actuellement emprisonnés et questionnés

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dans des conditions très discutables, pour le moins dire.

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Le gouvernement syrien se sert de la loi de l'état d'urgence

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en vigueur depuis 1963,

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qui est une mesure prise par le gouvernement

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en cas de danger imminent.

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En appliquant cette mesure,

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certaines libertés fondamentales peuvent être restreintes.

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Par exemple, le gouvernement peut empêcher

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tout regroupement de foules ou manifestations

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dans l'intérêt de la sécurité des citoyens

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et de la stabilité du pays.

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Donc, c'est un peu comme les lois des mesures de guerre,

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je crois, au Canada.

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Oui, c'est un genre d'équivalent, effectivement.

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Et c'est très rare que c'est déployé.

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Oui, c'est vraiment dans des vraies situations d'urgence,

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sauf que dans des pays totalitaires,

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ils l'utilisent un peu n'importe quand.

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L'abolition de cet état d'urgence

[14:30]

est justement l'une des principales revendications

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des protestes à terre

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qui réclament une libéralisation du régime syrien,

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car avec ce type de loi,

[14:38]

il devient impossible pour le peuple

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de protester contre quoi que ce soit.

[14:43]

En plus, cette loi d'urgence permet aux autorités

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d'arrêter une personne qu'ils considèrent suspecte

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ou qui menace la sécurité.

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Donc, ça veut dire qu'ils ont le pouvoir

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d'arrêter à peu près n'importe qui sous ce prétexte-là.

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Malgré l'oppression violente des autorités,

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cela n'a pas empêché les habitants

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de plusieurs villes en Syrie

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de manifester violemment depuis plusieurs mois

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pour que les choses changent.

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Depuis le début des manifestations,

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5 000 personnes ont été tuées.

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C'est fou, les chiffres, c'est beaucoup de monde,

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et plusieurs Syriens affluent au Liban et en Turquie

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pour fuir les violences.

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Les premières manifestations étaient plutôt timides

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au début du mouvement.

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Par contre, le mouvement populaire

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s'est de plus en plus amplifié

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avec le pouvoir des médias sociaux, des médias

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et de certains blogueurs,

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dont justement une certaine Amina Haraf

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qui a lancé lors des premières semaines

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de manifestations en février 2011

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un blog à saveur sociopolitique

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intitulé A Gay Girl in Damascus,

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une fille homosexuelle à Damas.

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Elle avait pour objectif, elle,

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via ses écrits, de lutter

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pour une plus grande liberté politique

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et civile en Syrie

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et comme vous avez pu le comprendre,

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Amina est gay et elle habite actuellement à Damas.

[15:51]

Dans l'une de ses premières publications,

[15:53]

elle nous explique brièvement pourquoi elle fait ça.

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Les intitules sont

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sa publication Pourquoi je fais cela ?

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J'habite à Damas en Syrie,

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c'est un état policier répressif.

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La plupart des personnes LGBT,

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à l'époque, il n'y avait pas le cul le plus,

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restent encore dans le garde-robe

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ou restent aussi invisibles que possible.

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Mais moi, j'ai mis en place un blog

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annonçant ma sexualité avec mon nom et ma photo.

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Suis-je folle ?

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À l'époque, dans son contexte,

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c'était quand même assez avant-gardiste.

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C'est très audacieux, en fait.

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La Syrie n'est pas un endroit qui est réputé

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pour respecter les droits de l'homme

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et encore moins ceux des homosexuels.

[16:31]

Il était risqué pour elle de s'en prendre

[16:32]

à son gouvernement et de s'afficher publiquement.

[16:35]

Elle aurait bien pu rester anonyme

[16:37]

et faire son blog sans publier sa photo

[16:41]

ou même son nom.

[16:42]

Elle aurait pu quand même faire ça,

[16:44]

mais elle a pris le risque pour la cause de s'afficher.

[16:47]

Oui, puis en même temps,

[16:48]

je pense que c'est ce qui l'aidait

[16:49]

à faire en sorte que les gens s'identifient à elle.

[16:52]

Ils avaient un visage, un nom, même.

[16:54]

Mais oui, c'était très audacieux

[16:56]

et très risqué comme pratique.

[16:58]

Avant d'aller plus loin,

[16:59]

parlons-nous un peu plus, Emile,

[17:00]

de qui est Amina Araf ?

[17:02]

Oui, Amina Abdallah Araf al-Omari,

[17:05]

âgée de 35 ans,

[17:07]

est née le 12 octobre 1975 aux États-Unis.

[17:11]

Elle est d'origine américano-syrienne.

[17:13]

Elle a grandi entre les États-Unis et la Syrie,

[17:16]

donc elle s'exprime très bien en anglais.

[17:18]

Elle réside maintenant à Damas depuis quelques années.

[17:21]

Au fil du temps,

[17:22]

le blog d'Amina rassemble énormément de gens

[17:25]

qui vivent la même chose qu'elle,

[17:26]

provenant de partout dans le monde.

[17:28]

Plusieurs membres de la communauté LGBTQ

[17:30]

s'identifient à elle

[17:31]

et saluent son courage de parler ainsi

[17:34]

contre le régime de son pays

[17:35]

et de faire valoir ses droits,

[17:37]

ce qui était très audacieux à ce moment-là,

[17:40]

surtout en Syrie.

[17:42]

Plus ces publications s'additionnent,

[17:44]

plus celles-ci sont de plus en plus critiques

[17:45]

à l'égard du régime syrien,

[17:47]

jusqu'à même demander le départ du gouvernement.

[17:50]

Dans une publication à propos de la coupure Internet

[17:52]

du 3 juin 2011,

[17:54]

elle écrivait « Ils doivent partir,

[17:56]

ils doivent partir vite,

[17:58]

c'est tout ce qu'il y a à dire »,

[17:59]

parce que oui, ils ont coupé l'Internet à ce moment-là.

[18:02]

Oui, en fait, la Syrie fait partie

[18:04]

de la liste noire des ennemis d'Internet.

[18:06]

Ça, c'est une liste des pays un peu plus totalitaires

[18:09]

que dès qu'il y a…

[18:10]

dès qu'il se passe quelque chose

[18:12]

qui ne leur plaît pas,

[18:12]

bien, ils coupent l'Internet à la population.

[18:14]

Je ne savais pas qu'il y avait une liste noire

[18:16]

des ennemis d'Internet.

[18:17]

Oui, c'est « Reporters sans frontières »

[18:19]

qui ont mené cette liste-là.

[18:21]

Puis il y a la pays comme la Corée du Nord,

[18:23]

la Chine,

[18:25]

puis vous pouvez les nommer,

[18:25]

là, on les sait un peu tous,

[18:26]

les pays qui sont l'ennemi de l'Internet.

[18:28]

Et la Syrie en a profité

[18:29]

parce que dans ces pays-là,

[18:31]

les fondsissants d'Internet

[18:32]

veuvent pas, sont très près des gouvernements.

[18:33]

Ils n'ont pas vraiment le choix

[18:35]

et ils ont coupé pendant 24 heures

[18:38]

pour que les manifestations s'arrêtent.

[18:41]

Mais ça, je trouve que c'est tellement

[18:42]

un geste anti-démocratique de couper l'Internet.

[18:45]

Ça a encore plus mis de l'huile sur le feu

[18:47]

dans la révolution.

[18:50]

Puis c'est à ce moment-là

[18:50]

que c'est une des premières fois

[18:51]

que Amina demandait un changement de gouvernement.

[18:55]

Donc, elle s'attaquait directement au gouvernement,

[18:57]

ce qui l'a peut-être mis quand même à risque.

[18:59]

Elle va aussi se lier d'amitié avec le temps

[19:01]

et même développer une relation amoureuse à distance

[19:04]

avec Sandra Bagaria,

[19:06]

une professionnelle montréalaise.

[19:09]

Elle reviendra un peu plus tard.

[19:11]

Le 7 mai 2011,

[19:13]

le média The Guardian,

[19:14]

qui avait pris connaissance du blog

[19:15]

et de son discours

[19:16]

et de son impact, évidemment,

[19:18]

sur la révolution en cours,

[19:20]

décide d'organiser une entrevue

[19:22]

avec Amina dans un café à Damas

[19:24]

pour raconter son histoire.

[19:26]

La journaliste a attendu plusieurs heures dans le café,

[19:29]

mais elle ne s'est jamais présentée au rendez-vous.

[19:32]

C'est un peu bizarre, ça.

[19:33]

Un peu plus tard,

[19:34]

Amina a publié sur les réseaux sociaux

[19:36]

qu'elle a été harcelée par les autorités

[19:38]

et que c'est la raison pour laquelle

[19:40]

elle n'a pas pu se présenter à l'entrevue

[19:42]

sous part de représailles.

[19:46]

CNN, le réseau américain,

[19:48]

a aussi fait une interview avec elle,

[19:51]

mais cette fois-ci par courrier électronique.

[19:53]

Avec Amina.

[19:55]

À ce moment-là,

[19:56]

c'était beaucoup moins risqué à distance pour elle.

[19:58]

Elle courait beaucoup moins de danger de cette façon-là.

[20:01]

Oui, parce qu'ils ont décidé de faire cette entrevue-là

[20:03]

parce que ça s'est déroulé comme quelques jours

[20:05]

après que le Guardian a tenté

[20:07]

d'avoir une entrevue avec elle.

[20:08]

Donc, comme ça, il pouvait s'assurer

[20:09]

d'y parler pour de vrai.

[20:11]

La blogueuse avait aussi déjà échappé

[20:13]

à une arrestation auparavant,

[20:15]

le 25 avril 2011.

[20:17]

Deux hommes s'étaient alors présentés chez elle

[20:19]

pour l'amener,

[20:20]

mais son père les avait convaincus

[20:22]

de faire demi-tour.

[20:23]

Donc, elle était même la cible physique

[20:25]

de harcèlement de la part des autorités.

[20:28]

Oui, oui, et puis on se rend compte

[20:30]

que c'était même avant

[20:31]

qu'elle harcèle le gouvernement pour leur dire

[20:34]

qu'elle voulait qu'ils soient remplacés

[20:36]

parce que le 25 avril,

[20:37]

c'était avant la panne Internet.

[20:39]

Donc, déjà là,

[20:40]

le gouvernement l'avait sous sa main.

[20:42]

On revient à notre histoire.

[20:43]

Le 7 juin 2011,

[20:46]

le lendemain de son enlèvement par l'État syrien,

[20:48]

sa copine,

[20:49]

la morialaire Sandra Bagaria,

[20:51]

qui entretenait, comme on vous disait,

[20:52]

une relation à distance avec Amina depuis six mois

[20:55]

et dont Amina parlait régulièrement

[20:56]

dans ses publications,

[20:58]

contacte l'ambassade américaine

[21:00]

pour les prévenir qu'ils doivent faire pression

[21:02]

pour libérer une de leurs citoyennes.

[21:04]

Elle leur transmette toutes les informations

[21:06]

qu'elle a en main en espérant

[21:07]

que ça fasse débloquer les choses rapidement.

[21:10]

Mais Sandra ne l'a jamais rencontré Amina non plus.

[21:12]

Donc, elle n'a que son nom,

[21:15]

son courriel,

[21:16]

elle n'a pas tant d'informations que ça,

[21:18]

elle n'a pas de numéro de passeport

[21:20]

ou quoi que ce soit.

[21:20]

Mais malgré tout, l'ambassade prend quand même la demande au sérieux

[21:23]

étant donné qu'ils connaissent le cas

[21:25]

et commencent des recherches.

[21:27]

Oui, malgré tout ça,

[21:28]

je sais qu'ils se parlaient vraiment plusieurs heures par jour,

[21:31]

ils échangaient des messages à l'infini.

[21:34]

Donc, même s'il n'y avait pas énormément d'informations sur elle,

[21:38]

c'est rare que tu vas demander des copies des passeports

[21:40]

de quelqu'un dont tu tombes amoureux en ligne.

[21:43]

Soyons honnêtes.

[21:44]

Oui, tu as bien raison, absolument.

[21:47]

Parallèlement, The Guardian,

[21:48]

encore une fois, qui a fait une entrevue avec elle il y a quelques semaines,

[21:52]

publie eux aussi un article en première page

[21:54]

de leur site web et de leur journaux papier en 2011 existant encore

[21:58]

qui rapporte que la blogueuse a été enlevée et affiche sa photo.

[22:03]

L'article et la photo font rapidement le tour du monde.

[22:06]

Malgré que sa photo a été déjà publiée sur son blog,

[22:09]

cet article a montré le visage d'Amina au monde entier.

[22:12]

Pendant que l'article est partagé des milliers de fois,

[22:14]

The Guardian reçoit dans un court laps de temps

[22:17]

plusieurs appels de personnes

[22:18]

qui mancent qu'il y a une erreur sur la personne

[22:21]

et que la personne sur la photo n'est pas Amina Araf,

[22:24]

mais bien une dénommée Yelena Lechik,

[22:27]

qui est une Croate habitant au Royaume-Uni

[22:29]

et que c'est une de ses photos qui a été prise sur le web.

[22:33]

Et même Yelena, elle aussi, allait appeler The Guardian.

[22:36]

C'est pas juste d'autres personnes,

[22:38]

parce que son entourage est elle-même qui a appelé,

[22:40]

parce que, imaginez, vous vous réveillez un matin,

[22:43]

vous allez sur Internet,

[22:44]

puis vous voyez que votre photo est partout,

[22:46]

puis c'est pas vous.

[22:47]

Donc il y a peut-être erreur sur la personne

[22:49]

ou erreur sur la photo.

[22:51]

Il y a quelque chose de bizarre en tout cas.

[22:53]

En fait, c'est elle et plusieurs de ses proches

[22:55]

qui ont contacté le journal.

[22:57]

Celui-ci s'obstine un peu sur la véracité de la photo,

[23:00]

mais malgré tout,

[23:01]

le journal accepte de remplacer l'image

[23:03]

par une autre photo de Yelena, encore une fois,

[23:07]

estimant que celle-ci est authentique.

[23:09]

Donc ils ont pris une autre photo d'Amina,

[23:12]

de ce qui croit être Amina,

[23:13]

mais qui est en fait peut-être une photo de Yelena,

[23:16]

puis ils l'ont changé en se disant,

[23:18]

ah, bien si, c'est pas elle, mais on va en mettre une autre,

[23:21]

donc elle, elle est authentique.

[23:22]

Donc ils ont, d'une certaine manière,

[23:25]

ils ont refait la même erreur deux fois de suite,

[23:27]

la même journée.

[23:28]

Mais peut-être qu'ils pensaient

[23:29]

que c'était deux filles qui se ressemblaient.

[23:30]

Bien oui, oui, oui, c'est ça,

[23:31]

on peut leur donner le bénéfice du doute.

[23:33]

Yelena se trouve dans une position très délicate

[23:35]

et le mal était fait.

[23:37]

Ses photos sont partout sur Internet,

[23:38]

car de nombreux médias ont rapporté l'enlèvement d'Amina

[23:40]

en utilisant sa photo.

[23:42]

Mais est-ce qu'Amina existe pour vrai?

[23:44]

Est-ce que c'est Yelena?

[23:46]

Si ce n'est pas elle, c'est qui?

[23:48]

Oui, déjà là, il y a un doute qui est semé,

[23:51]

puis en même temps, cette fille-là se retrouve

[23:53]

partout dans les médias.

[23:54]

Donc on sait que la répétition,

[23:56]

puis le fait qu'une image ou qu'une pseudo-vérité

[23:59]

nous est présentée aussi souvent que ça,

[24:02]

ça bien nous convainque que c'est bien réel.

[24:04]

Donc ici, les médias doivent se dire,

[24:06]

ben là, en fait, j'ai googlé son nom,

[24:09]

j'ai trouvé des photos, j'ai utilisé celle-ci,

[24:10]

vous me dites que c'est pas la bonne,

[24:11]

ben, je vais en utiliser une autre,

[24:13]

mais là, à un moment donné,

[24:15]

il faut savoir ce qui se passe,

[24:16]

parce qu'il y a une vraie personne qui écrit ces textes-là,

[24:19]

puis il y a une vraie personne qui s'est faite enlever.

[24:21]

Oui, exact, puis ce qui donnait encore plus de crédibilité,

[24:23]

c'est que les entrevues avec le Guardian et le CNN

[24:26]

ont été faites dans le passé avec ces photos-là.

[24:30]

Donc on dirait que ça renforçait le fait

[24:31]

que c'est bien elle.

[24:33]

Il n'en fallait pas plus pour que l'on commence

[24:35]

à douter la véritable identité d'Amina,

[24:37]

mais qui est, au fond, le Amina Araf?

[24:40]

Les détails sur la situation en Syrie

[24:42]

sont si précis que ça ne peut pas être

[24:45]

quelqu'un qui n'habite pas là.

[24:46]

Justement, vous pouvez aller voir ce qu'Amina a écrit

[24:48]

sur son blog en passant par les Internet Archive,

[24:52]

la Wayback Machine,

[24:54]

et vous allez voir le détail de chaque publication

[24:57]

est vraiment précis.

[24:59]

Il y a des photos qui se pensent en Syrie.

[25:01]

C'est impossible que ça ne soit pas

[25:03]

quelqu'un qui habite là-bas.

[25:04]

C'est quelqu'un qui est très au fait

[25:05]

de la situation qu'a publié ces posts-là.

[25:09]

Les internautes, les médias, même les médias syriens,

[25:12]

ainsi que les proches d'Amina,

[25:15]

vont commencer à faire leur enquête

[25:17]

et commencer à demander à leur entourage

[25:20]

si des gens, en fait, l'ont déjà rencontré

[25:22]

dans la vraie vie.

[25:24]

Et finalement, pour se rendre compte

[25:25]

que personne ne l'avait rencontré en vrai.

[25:28]

Donc, la plupart des relations qu'Amina gardait

[25:31]

avec ses proches, ses gens les plus précieux

[25:34]

étaient strictement virtuels.

[25:36]

Mais c'est fou comment qu'on considère,

[25:38]

puis en même temps, on est tous pareils.

[25:40]

On considère une relation virtuelle

[25:42]

égale à une relation physique.

[25:44]

Oui, mais moi, je ne suis même pas à l'aise

[25:47]

toujours avec le terme relation virtuelle,

[25:49]

parce qu'à quelque part, c'est une vraie relation.

[25:52]

Même si on ne rencontre pas la personne dans la vraie vie,

[25:55]

la relation, ou du moins les sentiments,

[25:58]

lorsque c'est réciproque, lorsque c'est authentique,

[26:01]

bien sûr, sont bien réelles.

[26:04]

Donc, on dirait que j'ai de la misère

[26:05]

avec ce terme-là, une relation virtuelle.

[26:07]

Oui, tu as raison.

[26:07]

C'est comme si ça l'a diminué.

[26:09]

Mais pourtant, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de physique

[26:12]

ou du moins de rencontre physique,

[26:14]

un peu comme tu dis que la relation

[26:15]

n'est pas égale ou aussi bonne ou aussi forte.

[26:18]

Le 8 juin 2011, Yelena,

[26:21]

dont la photo est toujours en une d'une tonne de médias,

[26:24]

a contacté la Commission des plaintes relatives à la presse,

[26:27]

qui a réussi finalement à persuader le Guardian

[26:30]

de retirer la photo de son site web.

[26:33]

Celui-ci signale pour la première fois

[26:35]

qu'il a des soupçons sur le blog d'Amina

[26:37]

et que c'est peut-être un canulaire.

[26:40]

Mais c'est fou, le Guardian n'a jamais accepté de retirer la photo,

[26:44]

sauf sous une demande d'une autorité un petit peu plus forte.

[26:47]

Puis même, ça me rappelle,

[26:48]

dans notre épisode de la télé où on parlait du vol de Nené,

[26:51]

la femme qui s'est fait voler sa maison,

[26:53]

elle-même, c'est elle qui s'est fait voler sa maison,

[26:56]

mais il fallait qu'elle prouve que c'est sa propre identité.

[26:58]

Je trouve que c'est un peu un exemple parallèle à ça.

[27:01]

Yelena, elle s'est fait voler ses photos,

[27:03]

mais il faut qu'elle prouve que c'est elle-même.

[27:05]

Oui, sinon, le Guardian ne la croit pas,

[27:07]

mais tu sais, c'est toi la victime en même temps,

[27:10]

mais c'est moi, tu sais, c'est vraiment étrange.

[27:12]

Parce qu'elle n'a pas le cloud ou elle n'a pas le SEO,

[27:15]

elle sort moins dans les engins de recherche que Amina,

[27:18]

donc c'est comme si Amina devenait plus réelle qu'elle.

[27:22]

Exact, exactement.

[27:23]

C'est assez particulier, c'est très représentatif de notre ère.

[27:27]

Suite à la demande de Sandra, la copine d'Amina,

[27:30]

les représentants de l'ambassade américaine

[27:32]

ont exprimé eux aussi des inquiétudes

[27:34]

quant à l'authenticité du blog,

[27:36]

affirmant qu'ils n'étaient finalement pas en mesure

[27:39]

de vérifier aucun des détails qu'il contient

[27:41]

et que Amina Araf ne semblait pas être une citoyenne américaine.

[27:45]

En plus de ça, les représentants

[27:47]

n'ont pas été en mesure de trouver des membres de sa famille.

[27:50]

Là, ça commence à être inquiétant.

[27:52]

Je vous rappelle qu'eux-mêmes avaient demandé à la Syrie

[27:55]

de libérer Amina il y a deux jours

[27:57]

et qu'elles ne sont même pas en mesure de prouver son identité.

[28:00]

Parce qu'eux aussi ont embarqué dans le mouvement

[28:03]

et ils ont fait confiance au Guardian,

[28:05]

ils ont fait confiance aux médias.

[28:07]

On ne peut pas leur en vouloir d'une certaine manière

[28:09]

parce que eux aussi, ces entités-là,

[28:12]

on ne peut pas toujours contre-vérifier tout.

[28:15]

Tout fonctionne un peu par la confiance

[28:17]

qu'on a envers les autorités, les entités médiatiques.

[28:21]

Et même l'ambassade américaine s'est fait avoir.

[28:24]

Dans un cas comme celui-ci,

[28:26]

tu es tellement dans une situation de zone de conflit

[28:28]

et de gouvernement répressif

[28:31]

que ce n'est pas évident de sortir de la nouvelle.

[28:33]

Donc, le plus vite tu la sors,

[28:35]

le plus vite tu vas avoir des clics,

[28:37]

c'est malheureux de le dire,

[28:38]

mais il y a aussi cette course-là qui est en jeu.

[28:41]

Absolument.

[28:41]

Le 9 juin 2011, Yelena Lechik,

[28:44]

la fille sur les photos qui, elle,

[28:46]

n'a aucune relation avec la Syrie

[28:48]

ni même les manifestations ou le blog d'Amina,

[28:51]

a décidé de donner une entrevue télévisée

[28:53]

à une émission à la BBC, l'émission News Night,

[28:57]

pour clarifier qu'elle n'était en rien impliquée

[29:00]

dans la révolution syrienne

[29:01]

et que ses photos avaient été utilisées à son insu.

[29:04]

Yelena affirme qu'elle a été mise en danger

[29:06]

en raison de son association avec tout ce conflit-là

[29:10]

et le Guardian doute lui aussi de plus en plus

[29:12]

de sa propre histoire.

[29:14]

Oui, parce que même si elle n'habite pas là,

[29:17]

puis je la comprends,

[29:18]

elle devait vivre avec un certain sentiment de peur,

[29:20]

parce que tu ne sais pas jusqu'à quel point

[29:22]

peut aller le gouvernement syrien.

[29:24]

Est-ce que le gouvernement syrien est au courant

[29:26]

que ce n'est pas Amina?

[29:28]

Oui, mais surtout qu'elle luse beaucoup

[29:31]

de sa liberté d'expression.

[29:32]

Elle va peut-être un peu trop loin

[29:33]

en critiquant le gouvernement aussi.

[29:35]

Puis c'est là qu'elle peut avoir des interventions.

[29:38]

Elle peut vraiment devenir une cible

[29:39]

non seulement du gouvernement,

[29:40]

mais d'autres groupes de protestants.

[29:43]

Oui, oui, ou des alliés à la Syrie, etc.

[29:45]

Oui, tu as raison.

[29:46]

Il n'en fallait pas plus pour que les agences de presse

[29:48]

du monde entier signalent que la fiabilité du blog

[29:51]

est mise en doute.

[29:52]

C'est là que tout bascule.

[31:10]

Le lendemain de la diffusion de la BBC,

[31:12]

soit le 10 juin 2011,

[31:14]

le Guardian publie un article de 1000 mots

[31:16]

qui décrypte toutes les ramifications du blog

[31:18]

pour tenter de repérer le canulaire.

[31:21]

D'autres médias aussi s'y mettent la partie,

[31:23]

y compris Le Télégraph,

[31:25]

qui eux aussi tentent de comprendre

[31:27]

si Amina existe ou non,

[31:28]

parce que tout le monde est embarqué

[31:30]

dans le bateau durant la Révolution.

[31:32]

Puis tout le monde doit maintenant un peu

[31:34]

tenter de trouver ses kis pour,

[31:36]

disons, pas passer pour des imposteurs,

[31:39]

mais disons rattraper leur erreur.

[31:41]

Oui, réparer l'épaule cassée.

[31:43]

Oui, exactement.

[31:44]

Mais est-ce qu'on savait si Amina publiait

[31:46]

à ce moment-là alors que les gens enquêtaient sur elle?

[31:48]

Non, elle a arrêté de publier parce qu'elle était enlevée.

[31:53]

C'est ça qui est étrange, c'est que

[31:54]

la dernière publication sur le blog d'Amina,

[31:56]

c'était sa cousine qui nous annonçait

[31:59]

qu'elle a été enlevée et son père,

[32:01]

et elle disait que son père avait des publications en main

[32:05]

s'il se passait quelque chose pour les publier,

[32:07]

mais durant tous ces jours-là,

[32:10]

il n'y a eu aucune publication sur le blog.

[32:12]

Donc c'est cohérent avec son enlèvement.

[32:14]

Oui, oui, oui, aussi.

[32:15]

De plus en plus de rumeurs circulent sur le fait

[32:17]

que l'auteur derrière Amina

[32:18]

serait en fait une étudiante de l'Université d'Édimbourg,

[32:21]

après que des courriels d'Amina ont été retracés

[32:24]

avec leur adresse IP dans la capitale écossaise.

[32:27]

Une journaliste a même souligné

[32:29]

qu'elle a dit dans une interview

[32:30]

qu'elle souhaitait y étudier.

[32:32]

Donc les gens commencent à faire certaines corrélations.

[32:36]

L'enquête se poursuit et le 12 juin,

[32:38]

je vous rappelle qu'elle a été enlevée le 6 juin,

[32:40]

donc ça fait six jours.

[32:41]

L'enquête se poursuit et le 12 juin,

[32:43]

je vous rappelle qu'elle a été enlevée le 6 juin,

[32:45]

donc ça fait six jours,

[32:46]

le site Electronic Intifada,

[32:49]

qui est un média en ligne basé à Chicago

[32:51]

qui couvre le conflit israélo-palestinien,

[32:54]

a lui aussi mené de plus amples recherches sur Amina.

[32:58]

Au départ, en fouillant les relations sur Facebook d'Amina,

[33:01]

un des journalistes s'est rendu compte

[33:03]

que Amina et Rania, sa cousine,

[33:05]

en plus d'être amis Facebook avec lui,

[33:07]

étaient amis avec plusieurs de ses amis communs.

[33:11]

Et étant donné la rumeur du canon nord de la part d'Amina,

[33:14]

ils se croyaient à risque et peut-être être une cible dans tout ça.

[33:18]

Parce que eux, je vous rappelle,

[33:20]

eux, ils ont un média qui couvre le conflit israélo-palestinien.

[33:24]

Donc, d'une certaine manière,

[33:24]

ils dénoncent un peu tous ces conflits-là, ces gouvernements-là.

[33:28]

Donc, même s'ils habitent aux États-Unis,

[33:30]

je comprends qu'ils peuvent avoir peur

[33:31]

d'être pris dans un piège ou d'être une cible.

[33:35]

En fouillant encore plus sur le web,

[33:38]

ils se sont rendu compte que le personnage d'Amina

[33:40]

existe sur Internet depuis 2006, entre autres sur LinkedIn.

[33:44]

Et oui, on le sait, LinkedIn ne ment jamais.

[33:47]

Ils sont tombés aussi sur une vieille discussion dans un groupe.

[33:50]

Il y avait une adresse physique qui indiquait une adresse en Georgie aux États-Unis.

[33:55]

Hum, c'est étrange.

[33:57]

Une fois cette adresse en main,

[33:58]

ils ont recherché le nom des propriétaires du terrain

[34:01]

dans la base de données publiques des comptes de taxes municipales

[34:04]

sur le site de la ville.

[34:06]

La propriété sur ce terrain appartient à un certain Tom McMaster.

[34:12]

En fouillant avec ce nom sur Facebook,

[34:14]

il tombe sur un profil qui semble être le bon.

[34:17]

Tom, un citoyen américain,

[34:19]

réside maintenant à Edinburgh, en Écosse.

[34:22]

Mais là, ça ne fait pas de sens, tout ça.

[34:24]

Oui, parce que ce n'est pas un, ce n'est pas une femme.

[34:27]

Elle n'habite pas en Syrie.

[34:29]

Comment Amina aurait pu, elle a des origines américaines,

[34:32]

elle a déjà habité aux États-Unis.

[34:34]

Par contre, justement, en fouillant, il n'y a aucun lien avec elle.

[34:38]

Ce n'est pas un membre de sa famille.

[34:40]

McMaster, ça ne sonne pas très Syrien.

[34:42]

Donc actuellement, c'est un peu étrange que tout pointe vers lui,

[34:46]

qui ne semble pas vraiment avoir de lien dans tout ça.

[34:49]

McMaster, ça sonne presque comme un super héros.

[34:52]

Oui, c'est vrai.

[34:52]

Ils ont aussi remarqué qu'en 2007, dans les registres de la propriété,

[34:56]

qu'une nouvelle co-propriétaire, une certaine Brita Frolicher, s'était ajoutée.

[35:02]

En fouillant sur Brita, qui semble être sa femme,

[35:05]

ils ont découvert que son compte Picasso, qui est un compte Google Photos maintenant,

[35:10]

affiche plusieurs photos qui sont aussi présentes sur le blog d'Amina.

[35:14]

Et qu'il y avait aussi plusieurs photos d'elle et son mari, Tom McMaster, en Syrie.

[35:20]

C'est bizarre, ça, des photos de voyage.

[35:21]

Oui, des photos de voyage en Syrie.

[35:23]

Étrange.

[35:24]

Plusieurs de ces mêmes photos ont été envoyées à Sandra durant leurs nombreux échanges

[35:29]

pour lui montrer où elle vivait.

[35:32]

Hmm, tout pointe donc tranquillement vers Tom.

[35:36]

Les journalistes continuent leur recherche et ça les a aussi amenés vers le site Let's

[35:41]

Get Real, qui rassemble depuis 2008 une importante communauté de femmes homosexuelles

[35:47]

et qui a publié 19 articles sous la plume d'Amina.

[35:50]

Donc Amina écrivait des publications pour ce site-là.

[35:54]

L'éditrice de Let's Get Real, Paula Brooks, a aidé Amina à mettre sur pied son blog

[36:00]

A Gay Girl in Damascus.

[36:03]

Donc encore, on fait certains liens ici.

[36:06]

Amina et Paula étaient très proches virtuellement.

[36:09]

Par contre, Paula n'a pas hésité à collaborer à l'enquête journalistique

[36:13]

et a divulgué deux adresses IP qui auraient été utilisées par Amina pour accéder

[36:18]

à leur serveur.

[36:19]

Ces adresses IP pointent à Indembourg, en Écosse.

[36:23]

Toujours à la même place.

[36:24]

Oui.

[36:25]

Pour solidifier encore plus les différentes preuves, il restait à vérifier les adresses

[36:29]

IP à partir du blog qui était hébergé sur la plateforme Blogspot de Google à

[36:35]

l'époque.

[36:36]

Il faut que vous sachiez que lorsque l'on publie sur des plateformes publiques de

[36:39]

blog comme celui-ci, généralement, notre adresse IP peut être facilement identifiable.

[36:46]

Encore une fois, les différentes adresses IP d'Amina ne pointaient pas en Syrie

[36:49]

comme ils le devraient, mais plutôt encore une fois, à Indembourg.

[36:54]

Plusieurs personnes avaient des preuves en main et tout pointait vers lui, ce fameux

[36:58]

Tom McMaster.

[37:00]

Parce que oui, c'est vrai que sur les plateformes de blog, des fois même les

[37:03]

adresses IP sont clairement indiquées dans le bas de la page, même parfois

[37:07]

dans la publication même.

[37:09]

Oui, puis c'est une manière de protéger un peu les gens pour… parce que t'sais,

[37:14]

l'adresse IP, on le sait, oui, ça peut être camouflé, ça peut être

[37:17]

truqué, mais généralement, on utilise toujours notre vraie adresse IP et c'est

[37:21]

une sorte de protection, en fait, à savoir qui a vraiment écrit derrière cette

[37:26]

publication-là.

[37:27]

Et quand c'est des plateformes publiques, il se protège encore plus que si vous

[37:30]

avez votre propre blog et que vous pourriez vous-même protéger l'affichage

[37:35]

de l'adresse IP, par exemple.

[37:36]

Il n'en fallait pas plus.

[37:38]

Quelques heures plus tard, Tom McMaster, marié, quarante ans, un

[37:42]

Américain venant de la Virginie et maintenant un étudié à l'Université

[37:45]

d'Édimbourg, publie sur son blog ses excuses aux lecteurs dans laquelle il

[37:50]

avoue être le seul auteur de tous les articles du blog.

[37:53]

Oh my God!

[37:54]

Oui, parce qu'il n'en pouvait plus, je pense qu'il se sentait énormément de

[37:58]

pression sur lui.

[38:00]

Il a finalement craqué, il a publié sur le blog d'Amina, sur son

[38:05]

propre blog.

[38:06]

Oui, parce que là, ça n'avait plus de bon sens, mais je pense que lui,

[38:09]

on va y revenir plus tard dans les théories, mais je ne pense pas

[38:11]

qu'il pensait que ça allait devenir aussi gros, son truc.

[38:15]

Oh non, absolument pas.

[38:17]

Comment tu peux penser que quelque chose devienne si gros derrière

[38:21]

seulement ton clavier?

[38:23]

C'est fou le pouvoir des mots, je trouve, dans l'air d'aujourd'hui aussi.

[38:26]

Je vous lis la publication qu'il a écrite sur le blog pour s'excuser.

[38:29]

Je ne m'étais jamais attendu à ce niveau d'attention.

[38:31]

Bien que la voix narrative a pu être fictive, les faits sur ce

[38:35]

blog sont véridiques et ne donnent aucune indication quant à la

[38:38]

situation sur le terrain.

[38:40]

Je ne crois pas avoir fait de mal à qui que ce soit.

[38:42]

Je pense avoir créé une voix importante pour les problèmes qui me

[38:45]

tiennent vraiment à cœur.

[38:47]

J'espère seulement que les gens accorderont autant d'attention au

[38:50]

peuple du Moyen-Orient et à leurs difficultés en cette année de

[38:54]

révolution.

[38:55]

Les événements qui s'y déroulent sont façonnés par les

[38:57]

personnes qui les vivent quotidiennement.

[38:59]

J'ai seulement essayé de les éclairer pour un public occidental.

[39:03]

Je trouve que d'une certaine manière, je comprends ce qu'il

[39:08]

veut dire, puis c'est vrai que son objectif a été réussi.

[39:12]

Il a réussi d'une certaine manière à faire ouvrir les yeux

[39:16]

au peuple occidental et même plus grand que ça par rapport à la

[39:20]

situation, en particulier des homosexuels en Syrie et en la

[39:24]

Syrie, mais d'avoir fait ça sous le couvert d'un autre

[39:28]

personnage, c'est ça qui est dérangeant en fait.

[39:31]

Parce que c'est sûr que si c'était Tom McMaster, que

[39:34]

c'était un hétérosexuel ou live in America, il n'y aurait

[39:40]

pas eu le même impact malgré tout.

[39:43]

Non, pas pantoute, mais ça devient un peu une oeuvre de

[39:47]

fiction, ça devient un peu du docu-fiction, parce que oui,

[39:51]

il y a raison sur certains points évidemment, puis il

[39:54]

semble avoir quand même une très bonne connaissance de la

[39:57]

Syrie, mais ce qu'il nous dit entre autres, c'est que

[40:00]

toute cette vie-là était inventée de toute pièce.

[40:03]

Tout est inventé de toute pièce, sauf que tous les

[40:06]

événements, tout ce qu'il rapportait était vrai, mais

[40:09]

pas ce que lui a vécu.

[40:10]

Il se basait sur des événements réels.

[40:12]

Oui, exactement.

[40:13]

Les photos de son voyage en Syrie aussi qui ont été

[40:16]

beaucoup utilisées, mais il utilisait aussi des photos

[40:18]

qu'il trouvait sur le web, qui étaient publiées en

[40:21]

Syrie, pour alimenter tout ça.

[40:23]

Mais je vais lui donner, parce qu'il étudiait en

[40:24]

littérature, à la base, lui, c'était un auteur,

[40:27]

c'était un créateur, donc il y avait un certain

[40:30]

plaisir aussi à créer ça.

[40:33]

Et lorsque l'événement est arrivé, lui, il est en

[40:35]

vacances à Istanbul, en Turquie.

[40:37]

C'est un drôle de moment, je trouve, pour qu'une

[40:40]

situation comme ça arrive.

[40:42]

Puis même sachez que sa femme, elle a appris 20

[40:46]

minutes avant qu'il l'a publie, qu'il publie son post.

[40:52]

Parce qu'elle faisait tout ça dans le dos de

[40:54]

sa femme.

[40:54]

Ça devait prendre un...

[40:55]

Parce qu'il faut que vous...

[40:58]

Mettez-vous un peu dans l'esprit de ce gars-là.

[41:01]

Non seulement, il publie un blog, c'est une

[41:03]

chose, il publie un blog avec, justement, des

[41:06]

revendications en lien avec le gouvernement syrien.

[41:09]

Tout ça, la situation d'une jeune fille homosexuelle

[41:11]

en Syrie, tout ça, c'est une chose, OK?

[41:13]

Bon, c'est basé sur des faits réels, mais c'est

[41:15]

une oeuvre de fiction.

[41:16]

Mais en plus de ça, il va maintenir une

[41:19]

relation à distance avec une Moréalaise,

[41:23]

avec Sandra.

[41:24]

Donc il est allé plus loin que juste créer

[41:27]

un blog.

[41:30]

Chacun a ses limites, mais en quelque sorte,

[41:32]

il a presque trompé sa femme.

[41:33]

Ah ben oui, t'as absolument raison.

[41:36]

Il a floué une tonne de personnes, parce que

[41:38]

les journalistes qu'on vous parlait du

[41:40]

média qui s'intéresse au conflit, eux,

[41:43]

tout leur entourage, c'était des gens

[41:44]

qui s'intéressaient à ça.

[41:45]

Et Amina, donc Tom, était amie et en

[41:48]

relation avec beaucoup de ces gens-là.

[41:50]

Donc il entretenait des vraies relations

[41:54]

encore une fois.

[41:54]

Ben oui, et il n'y a rien qui dit qu'il

[41:56]

ne l'a pas fait encore plus de fois.

[41:58]

Ah ben oui, ça, vous allez voir,

[41:59]

on a même d'autres surprises.

[42:00]

Mais c'est vraiment quelque chose

[42:03]

d'assez particulier.

[42:04]

Là, lui s'est excusé après ça.

[42:06]

The Guardian aussi, je vous rappelle,

[42:08]

qui ont hésité à enlever la photo

[42:12]

de la bonne personne.

[42:14]

Ils ont présenté leurs excuses

[42:15]

justement à Yelena Lechik.

[42:17]

Ils ont fait un compte-rendu

[42:18]

complet, qui ont expliqué comment le blog

[42:21]

les a trompés et ils ont révélé

[42:23]

en fait que le blog était un canular.

[42:25]

CNN aussi, qui s'est fait avoir

[42:26]

publié eux aussi une déclaration

[42:29]

sur leur histoire.

[42:30]

Mais il faut noter que CNN

[42:31]

n'est pas autorisé à aller

[42:33]

en Syrie pour couvrir ce qui

[42:36]

se passe là-bas.

[42:37]

Et eux, pour rapporter la nouvelle,

[42:38]

ils ne peuvent que s'appuyer

[42:40]

sur les médias sociaux

[42:41]

et sur des témoignages de gens.

[42:44]

Et CNN s'efforce du mieux possible

[42:46]

qu'ils peuvent pour vérifier

[42:47]

ces informations-là.

[42:49]

Mais d'une certaine manière,

[42:50]

étant donné qu'ils ne peuvent

[42:51]

pas aller sur le terrain,

[42:52]

je comprends aussi pourquoi

[42:53]

qu'ils ont pu se faire avoir

[42:54]

aussi par Amina en fait.

[42:57]

C'est clair.

[42:58]

Il ne faut pas oublier non plus

[42:59]

sa blonde.

[43:01]

La Montréalais,

[43:02]

est-ce qu'on vous parlait,

[43:02]

Sandra Bagaria qui vient d'apprendre

[43:04]

que la personne qu'elle aime

[43:06]

depuis six mois

[43:07]

est enfin un mec,

[43:08]

un Américain qui n'est

[43:09]

aucunement la personne

[43:10]

qu'il prétendait être.

[43:11]

Bien oui.

[43:12]

Elle disait lui parler

[43:12]

de manière électronique

[43:14]

de deux à trois heures

[43:15]

chaque jour.

[43:16]

Elle s'est fait quatre fichiers?

[43:17]

Complètement.

[43:18]

C'est de la fraude amoureuse

[43:19]

complète.

[43:21]

Elle lui a proposé souvent

[43:23]

de faire des Skype,

[43:24]

mais Amina ou Tom lui disaient

[43:26]

que c'était interdit en Syrie,

[43:28]

ce qui est vrai aussi.

[43:29]

Mais ça donnait

[43:30]

une bonne excuse.

[43:31]

Mais encore une fois,

[43:32]

c'est le drapeau rouge

[43:32]

pour toutes les histoires

[43:33]

de catfishing.

[43:34]

Il a bien choisi son pays

[43:36]

pour ne pas faire

[43:37]

de vidéo chat.

[43:38]

Oui, parce que pour une fois

[43:39]

dans une histoire

[43:39]

de catfishing,

[43:40]

je trouve que l'excuse

[43:41]

de ne pas utiliser la vidéo

[43:43]

était bonne.

[43:43]

C'est sans doute la seule fois

[43:44]

où elle était justifiée.

[43:45]

Oui, parce qu'absolument

[43:46]

c'est toujours le drapeau

[43:47]

rouge à lever

[43:48]

quand quelqu'un ne peut pas

[43:49]

faire de vidéo chat

[43:50]

avec vous.

[43:51]

C'est assez louche.

[43:52]

Ça ne brise pas

[43:53]

aussi facilement que ça

[43:54]

une webcam.

[43:55]

Non, exact.

[43:56]

Elle a toujours accepté

[43:57]

cette excuse qu'on vous disait

[43:58]

qui semblait crédible.

[43:59]

Elle lui a envoyé

[43:59]

des photos d'elle nuant.

[44:01]

Elle a eu des échanges

[44:01]

érotiques.

[44:02]

Elle lui a partagé

[44:03]

ses états d'âme,

[44:04]

son quotidien.

[44:05]

Vous allez le voir,

[44:05]

si vous écoutez le documentaire,

[44:06]

le profil Amina,

[44:07]

il donne beaucoup de détails

[44:08]

sur la relation qu'elle

[44:09]

a eu avec elle

[44:11]

ou avec Amina.

[44:14]

C'est dérangeant.

[44:15]

Moi, je me mets

[44:16]

dans sa peau

[44:17]

lorsqu'elle a appris

[44:18]

la nouvelle.

[44:20]

Tu vis un deuil.

[44:21]

Tu t'es fait tromper.

[44:22]

Tu as révélé

[44:22]

des choses à quelqu'un

[44:23]

qui n'est pas là.

[44:24]

C'est un gars.

[44:25]

C'est partout.

[44:26]

C'est sur la place publique.

[44:27]

Oui, c'est ça.

[44:28]

Imagine.

[44:29]

Je veux dire,

[44:30]

moi, je suis hétérosexuel,

[44:31]

mais dans le sens que

[44:32]

si j'avais partagé

[44:33]

avec quelqu'un,

[44:35]

on partage avec nos conjoints

[44:36]

une intimité qu'on ne partage

[44:37]

pas nécessairement

[44:38]

avec nos amis.

[44:40]

C'est quelque chose

[44:41]

de très personnel.

[44:43]

Tu fais confiance

[44:43]

à la personne.

[44:44]

Là, tu te rends compte

[44:44]

que cette personne-là

[44:45]

n'est pas celle

[44:46]

qu'il prétendait être.

[44:48]

Ça doit faire mal.

[44:50]

Mal à l'orgueil.

[44:51]

Mal à l'égo.

[44:54]

Tu dois t'en vouloir.

[44:55]

Vraiment, tu dois peut-être

[44:56]

trouver naïve.

[44:58]

Naïf, naïve dans son cas.

[45:00]

C'est incroyable.

[45:01]

Je reviens à Tom.

[45:03]

Lors d'une entrevue

[45:03]

qu'il a donnée à CNN,

[45:05]

il expliquait qu'il avait

[45:06]

l'impression qu'un

[45:07]

vrai changement politique

[45:08]

envers les homosexuels

[45:09]

allait se produire en Syrie

[45:10]

avec son blog.

[45:11]

Il avait vraiment

[45:12]

la conviction de ça.

[45:14]

Il a même utilisé

[45:15]

le profil d'Amina sur

[45:16]

plusieurs sites de rencontres.

[45:18]

Il explique aussi

[45:19]

qu'il aimait

[45:19]

le challenge de personifier

[45:21]

une lesbienne.

[45:22]

On dirait que pour lui,

[45:23]

comme je vous le disais,

[45:24]

c'est un autre problème.

[45:25]

C'est quelqu'un

[45:26]

qui étudie en littérature.

[45:28]

Pour lui, c'était un défi

[45:29]

littéraire de créer ça.

[45:32]

Dans une entrevue

[45:32]

qui est un peu malaisante

[45:33]

qu'on voit justement

[45:34]

dans le profil d'Amina,

[45:36]

il explique qu'il...

[45:38]

C'est ça.

[45:38]

Pour lui, c'était

[45:39]

simplement un défi

[45:39]

parce que c'était dur.

[45:40]

Parce que la journaliste

[45:41]

se demande pourquoi avoir

[45:42]

choisi une lesbienne

[45:44]

en Syrie, mais c'était

[45:45]

vraiment pour le défi

[45:47]

versus de choisir

[45:48]

quelqu'un de plus banal

[45:50]

pour créer une narrative

[45:52]

autour de ça.

[45:52]

Pourtant, c'est un auteur

[45:53]

qui n'a jamais eu

[45:54]

vraiment de succès.

[45:54]

Mais avec ça,

[45:56]

avec ces écrits-là,

[45:57]

il y a eu énormément

[45:58]

de succès.

[45:59]

Pourtant, nous aussi,

[46:00]

on est des auteurs, Seb,

[46:01]

mais on n'a pas besoin

[46:02]

de s'inventer des vies

[46:03]

comme ça.

[46:03]

Ben non, je sais,

[46:04]

mais nous,

[46:05]

on a peut-être une vraie

[46:06]

vie, mais c'est...

[46:08]

Ça va toujours m'intriguer

[46:10]

comment tu peux

[46:12]

construire quelque chose

[46:13]

si longtemps,

[46:14]

parce que ce personnage-là

[46:15]

d'Amina,

[46:16]

il a vraiment construit

[46:17]

depuis 2006.

[46:18]

Donc, 2006 à 2011,

[46:20]

c'est pendant 5-6 ans

[46:22]

sur plusieurs forums

[46:23]

de discussion.

[46:24]

Donc, tu sais,

[46:24]

c'est personifié

[46:26]

comme une femme gay

[46:27]

habitant en Syrie.

[46:28]

C'est vraiment étrange.

[46:30]

Oui.

[46:31]

La moitié de ta vie

[46:32]

doit être...

[46:32]

C'est presque...

[46:33]

Il y a un problème

[46:34]

mental derrière ça,

[46:35]

on dirait.

[46:35]

Ah, c'est...

[46:36]

Soit de la...

[46:37]

être sociopathe

[46:37]

ou de la double personnalité,

[46:39]

une genre de schizophrénie.

[46:41]

C'est quand même

[46:42]

assez étrange.

[46:43]

Puis pourtant,

[46:44]

lors des entrevues,

[46:44]

il est tellement calme,

[46:46]

il est relax...

[46:47]

Il prend ça à la légère.

[46:48]

Oui, vraiment.

[46:49]

Juste pour vous résumer,

[46:50]

le blog A Gay Girl

[46:51]

in Damascus

[46:52]

a été actif

[46:52]

durant 112 jours.

[46:54]

Il a compté

[46:55]

135 publications.

[46:56]

Donc, c'est plus qu'une

[46:57]

par jour.

[46:58]

Et souvent,

[46:59]

c'était des longues publications.

[47:01]

Donc, imaginez

[47:01]

le temps qu'il passait

[47:02]

par jour

[47:03]

à publier sur le blog,

[47:05]

entretenir sa relation

[47:06]

avec Sandra

[47:07]

en plus de sa femme,

[47:08]

ses études.

[47:10]

Donc, sa vie...

[47:10]

Oui.

[47:11]

Sa vie devait être

[47:12]

assez complète,

[47:13]

ou complète, du moins.

[47:14]

Il devait avoir

[47:14]

une vie secrète.

[47:16]

Il devait passer

[47:16]

beaucoup de temps là-dessus.

[47:17]

Parce que 112 jours,

[47:18]

c'est pas si long.

[47:19]

Non.

[47:19]

Puis l'impact que ça a eu

[47:21]

au niveau médiatique

[47:22]

a été incroyable.

[47:24]

En moins de six mois,

[47:26]

de gagner autant de visibilité,

[47:27]

c'est vraiment impressionnant

[47:29]

pour un blog.

[47:30]

Ah oui, bien oui.

[47:31]

Tout le monde serait un peu

[47:31]

jaloux d'avoir

[47:32]

cette visibilité là

[47:33]

et tout ce partage

[47:35]

ou cet amour

[47:36]

avec ses écrits là.

[47:38]

Sauf que là,

[47:39]

quand c'est faux,

[47:40]

bien là,

[47:40]

c'est la rançon de la gloire.

[47:41]

Ouais, exact.

[47:42]

Ça tue un peu tout là.

[47:44]

Pour terminer en fait,

[47:45]

parce qu'on arrive

[47:46]

tranquillement à la fin

[47:47]

de cette chronologie là,

[47:48]

l'enquête sur Amina

[47:49]

a aussi amené

[47:50]

Electronic Antifada

[47:51]

a enquêté sur Paula Brooks,

[47:53]

l'éditrice du site

[47:55]

Let's Get Real,

[47:57]

car c'était le premier site

[47:58]

qui référait celui d'Amina.

[48:00]

Et après plusieurs

[48:01]

vérifications,

[48:02]

rien ne semblait

[48:03]

vrai non plus

[48:04]

dans son histoire.

[48:05]

Oui, c'est ça

[48:05]

qui est étrange.

[48:07]

Ils ont découvert,

[48:08]

imaginez-vous,

[48:08]

que Paula et Amina

[48:09]

ont florté aussi

[48:11]

le durant plusieurs semaines

[48:12]

en ligne,

[48:13]

en même temps que la relation

[48:15]

avec Sandra

[48:15]

et comme avec elle,

[48:17]

elles ont eu plusieurs

[48:18]

discussions érotiques.

[48:20]

Elles espérent

[48:20]

de venir riche

[48:21]

avec le trafic

[48:22]

de leur site web

[48:23]

respectif.

[48:24]

Ça, ça me rendait

[48:25]

mal à l'aise.

[48:26]

De vendre la pub.

[48:26]

Oui, ça m'a rendu

[48:28]

mal à l'aise.

[48:29]

On dirait que ça défait

[48:30]

un peu la cause

[48:31]

pour laquelle

[48:31]

ils faisaient ça,

[48:34]

d'amener un côté mercantile

[48:36]

à ça.

[48:36]

Ça me dérangeait.

[48:37]

Paula aussi avait

[48:38]

un profil admirable

[48:39]

et courageuse

[48:40]

qui encouragait la sympathie.

[48:43]

En plus de ça,

[48:43]

malheureusement,

[48:44]

elle était sourde.

[48:45]

C'est une mère

[48:46]

de jumelles monoparentales

[48:48]

car sa conjointe

[48:49]

est décédée

[48:50]

d'un cancer du sein.

[48:51]

Donc, étant donné

[48:52]

tous ces événements

[48:53]

de la ville,

[48:53]

elle avait beaucoup

[48:54]

de sympathie auprès

[48:55]

du public.

[48:57]

Elle aimait le surf

[48:58]

et avait plusieurs doctorats.

[49:00]

Et elle a adopté

[49:01]

un garçon en plus,

[49:02]

un garçon sourd

[49:03]

au Belize.

[49:04]

Salut John McAfee.

[49:06]

Elle vivait en Caroline

[49:07]

et elle travaillait

[49:08]

au Smithsonian Institute.

[49:10]

Elle avait aussi

[49:11]

un chien nommé Sammy.

[49:13]

Ils ont épluché

[49:14]

les chroniques nécrologiques

[49:15]

pour vérifier

[49:16]

la mort de la conjointe,

[49:18]

les inscriptions

[49:19]

à différents colocs universitaires

[49:20]

en lien avec ses diplômes

[49:21]

en archéologie,

[49:22]

par exemple,

[49:23]

les articles académiques,

[49:25]

etc.

[49:25]

Ils ont tout épluché

[49:26]

et ils ne trouvaient

[49:27]

rien qui corroborait

[49:28]

l'information.

[49:30]

Paula Brooks

[49:30]

n'existait pas

[49:31]

elle non plus.

[49:32]

C'est fou ça,

[49:33]

mais...

[49:34]

C'est fascinant.

[49:34]

Est-ce que Paula Brooks

[49:35]

était amie là?

[49:37]

Bonne question.

[49:38]

Finalement,

[49:39]

la nouvelle est sortie

[49:40]

deux jours plus tard.

[49:41]

Paula Brooks était en fait

[49:43]

Bill Graber, 58 ans

[49:46]

et il gère le site

[49:47]

depuis 2008.

[49:50]

Donc là,

[49:50]

il y a comme deux quatre fiches

[49:53]

là-dedans.

[49:54]

Oui.

[49:54]

C'est incroyable.

[49:55]

Bien oui,

[49:55]

puis deux quatre fiches

[49:56]

qui l'ignoraient l'un l'autre.

[49:57]

Moi, c'est ça

[49:58]

qui me fascine.

[49:59]

si je comprends bien,

[50:00]

il y avait deux hommes

[50:02]

qui se sont faits passer

[50:03]

pour des femmes homosexuelles

[50:06]

et qui se sont jamais croisées

[50:09]

dans la vraie vie en fait,

[50:11]

mais qui se sont rencontrés

[50:13]

par leurs mensonges

[50:14]

sur Internet.

[50:15]

Oui,

[50:16]

et qui ont entretenu

[50:16]

une relation érotique

[50:18]

et du moins co-sensuelle,

[50:20]

virtuelle.

[50:21]

Deux hommes

[50:22]

qui personifiaient...

[50:23]

Mon Dieu!

[50:24]

T'sais,

[50:25]

sérieux,

[50:26]

quand je suis arrivé

[50:27]

à ce bout-là de l'histoire,

[50:29]

j'ai fait,

[50:30]

mais voyons,

[50:31]

ça se peut pas.

[50:32]

Là, on dirait

[50:32]

que je croyais

[50:33]

à de la fiction.

[50:33]

C'est l'arroseur arrosé

[50:35]

un peu.

[50:35]

Bien oui.

[50:36]

Les deux,

[50:37]

c'était deux quatre fiches

[50:38]

qui s'ignoraient

[50:39]

mais qui collaboraient ensemble.

[50:40]

C'est drôle le karma

[50:41]

dans la vie.

[50:42]

Moi, ça,

[50:42]

ça m'a jeté à peur.

[50:44]

Oui, non.

[50:46]

Sérieusement,

[50:47]

c'est assez...

[50:48]

C'est drôle comme fin d'histoire,

[50:49]

même s'il n'y a rien

[50:50]

de drôle là-dedans.

[50:51]

Non, non.

[50:51]

Soyons clairs,

[50:53]

on en rit bien,

[50:54]

mais c'est quand même

[50:55]

assez dramatique tout ça,

[50:57]

mais c'est fou.

[50:58]

Il y a un double mensonge.

[51:00]

Donc,

[51:01]

pourquoi deux personnes

[51:02]

ont décidé

[51:03]

d'aller dans cette direction-là?

[51:05]

T'sais,

[51:06]

de...

[51:06]

Je sais pas comment dire

[51:07]

d'utiliser la communauté

[51:09]

LGBTQ

[51:09]

pour mettre en scène

[51:11]

un énorme mensonge

[51:12]

Il y a énormément de gens

[51:14]

qui ont été impliqués là-dedans.

[51:15]

Il y a des gens

[51:15]

qui se sont identifiés à eux,

[51:18]

qui ont fréquenté le blog,

[51:19]

qui ont pris des informations,

[51:20]

qui ont sans doute même

[51:21]

prises des décisions

[51:22]

en raison des opinions

[51:25]

qui étaient véhiculées

[51:26]

sur ces blogs-là,

[51:28]

mais en bout de ligne,

[51:29]

c'était...

[51:31]

C'est carrément

[51:31]

deux canulars.

[51:32]

Oui,

[51:33]

deux hommes qui parlent

[51:34]

du monde homosexuel,

[51:35]

deux hommes hétéraux.

[51:36]

Moi, c'est ça qui me...

[51:38]

Le site Let's Get Drill

[51:41]

était populaire

[51:41]

auprès de la communauté

[51:42]

LGBTQ.

[51:44]

Depuis 2008,

[51:45]

c'était un gros site.

[51:46]

On dirait que jamais

[51:47]

j'aurais pu penser ça.

[51:48]

J'aurais voulu écrire

[51:49]

une fiction,

[51:50]

j'aurais jamais

[51:50]

même pensé un scénario

[51:51]

comme ça.

[51:52]

Non, c'est clair.

[51:53]

C'est tout un tournant.

[51:55]

Ça finit,

[51:56]

je trouve,

[51:56]

d'une manière drôle.

[51:58]

Il faut le dire.

[51:59]

Ça amène un côté rigolo

[52:01]

à l'histoire,

[52:02]

malgré tout.

[52:03]

Malgré le côté tragique

[52:05]

de tout ça.

[52:07]

C'est l'arroseur arrosé,

[52:08]

comme tu disais.

[52:10]

Mais dis-moi,

[52:11]

la fameuse vidéo

[52:12]

où elle se fait enlever

[52:13]

Amina,

[52:14]

c'est quoi, cette vidéo-là?

[52:15]

C'est la preuve

[52:17]

sur laquelle tout le monde

[52:18]

s'attachait.

[52:19]

Oui, c'était une autre vidéo

[52:21]

qui a eu lieu

[52:23]

durant les événements,

[52:24]

mais ça n'avait pas de lien.

[52:25]

Ça s'est pas passé

[52:26]

le 6 juin.

[52:26]

Il n'y a pas eu

[52:27]

de précision en tant que telle

[52:28]

sur l'origine de la vidéo,

[52:30]

mais ça n'avait pas rapport

[52:31]

avec Amina.

[52:32]

Je pense que même

[52:32]

c'était dans un autre pays.

[52:34]

Ça n'avait pas de lien

[52:36]

en tant que telle

[52:36]

avec ça.

[52:37]

Ça avait été trouvée

[52:38]

sur Internet.

[52:38]

Oui, exactement.

[52:39]

C'est même pas elle

[52:41]

qui a mis cette vidéo-là.

[52:42]

Je pense que c'est les médias

[52:43]

qui ont fait une corrélation

[52:44]

en trouvant une vidéo

[52:46]

quelconque.

[52:47]

Ça aussi, ça l'a...

[52:48]

C'est vrai que cette vidéo-là,

[52:50]

parce que moi aussi,

[52:50]

je m'en souviens

[52:51]

quand je l'avais vue,

[52:52]

puis ça cristallise,

[52:55]

mais tu vois beaucoup de loin.

[52:56]

C'est dur à repérer.

[52:57]

Elle a été bien choisie

[52:59]

d'une certaine manière,

[53:00]

la vidéo.

[53:01]

Pour faire à quoi?

[53:01]

Même la voiture,

[53:02]

c'est pas la même voiture

[53:03]

que le témoignage.

[53:04]

Donc c'est bizarre

[53:06]

comment des fois

[53:06]

on fait des corrélations

[53:07]

sans tout vérifier

[53:08]

encore une fois.

[53:10]

Donc oui, toute une histoire,

[53:11]

mon cher Seb,

[53:13]

ça fait un peu le tour

[53:14]

de la chronologie.

[53:15]

Je pense qu'il y a

[53:16]

plusieurs leçons

[53:16]

à en tirer

[53:17]

de cette histoire-là,

[53:19]

de l'histoire

[53:19]

de Amina Araf.

[53:21]

Puis il y a plusieurs

[53:22]

réflexions à avoir.

[53:24]

Toi, qu'est-ce que t'as

[53:24]

pensé de ça?

[53:25]

T'as plongé là-dedans.

[53:26]

Ça me fait vraiment

[53:27]

me questionner en fait

[53:28]

sur...

[53:29]

C'est pas nouveau

[53:30]

l'ère du clickbait,

[53:31]

l'ère...

[53:32]

De la fausse nouvelle.

[53:33]

De la fausse nouvelle

[53:34]

que les médias doivent être

[53:35]

le plus rapide

[53:36]

comme on dit sur le gun

[53:38]

pour sortir une nouvelle

[53:39]

pour attirer des clics

[53:40]

parce que

[53:40]

je tiens même à vous préciser

[53:41]

tous les articles

[53:42]

de Guardian

[53:43]

et tout ça

[53:44]

qui relate la nouvelle

[53:45]

à l'époque,

[53:46]

pas qui relate la fausse nouvelle,

[53:48]

mais la nouvelle

[53:48]

sont encore tous en ligne.

[53:50]

Sauf qu'ils précisent

[53:51]

qu'ils ont découvert

[53:53]

que c'est un canuleur.

[53:53]

Donc ils utilisent

[53:54]

encore ça

[53:55]

comme une attraction.

[53:57]

Ça attire encore

[53:58]

des clics.

[53:58]

Bien oui.

[53:59]

Ça attirait nos...

[54:01]

Nous, on a cliqué

[54:02]

dessus beaucoup

[54:02]

cette semaine.

[54:03]

Exact.

[54:03]

Puis les détordus

[54:05]

vont aller vérifier,

[54:06]

vont aller sûrement lire

[54:06]

et c'est une histoire

[54:08]

qui continue de vivre

[54:09]

dans le temps.

[54:09]

Ça, ça,

[54:10]

je les comprends.

[54:11]

Mais oui,

[54:11]

ils doivent vouloir

[54:12]

rentabiliser leur erreur.

[54:13]

Oui, exact.

[54:15]

C'est déjà assez difficile

[54:16]

pour le monde des médias

[54:17]

de monétiser

[54:18]

la nouvelle aujourd'hui.

[54:20]

Donc cet aspect-là,

[54:21]

je le comprends,

[54:21]

mais c'est vrai

[54:22]

que ça amène

[54:22]

des doubles tranchants.

[54:24]

Puis aussi,

[54:24]

il faut un peu se méfier

[54:25]

de la blogosphère militante

[54:27]

aussi.

[54:28]

Il y a cet aspect-là.

[54:29]

Puis moi,

[54:30]

je suis un pro

[54:32]

que le web...

[54:33]

Je suis un pro

[54:34]

de l'utilisation du web

[54:35]

pour avoir une meilleure démocratie.

[54:38]

Mais des fois,

[54:39]

ça a un couteau

[54:40]

à double tranchant aussi

[54:41]

puis ça polarise énormément.

[54:43]

Puis là,

[54:43]

on le voit dans ce cas-ci.

[54:46]

C'est que ça l'a eu du bon

[54:48]

d'une certaine manière.

[54:49]

Ça, on ne peut pas...

[54:50]

On ne peut pas le cacher.

[54:51]

Ça a vraiment attiré

[54:52]

l'attention des médias.

[54:53]

Mais de l'autre côté,

[54:54]

c'est tous les dommages

[54:56]

collatéraux qu'il y a eu

[54:57]

parce qu'il n'y a pas

[54:58]

eu de mort.

[54:59]

Il n'y a pas eu

[55:00]

de victimes physiques de ça.

[55:02]

Mais c'est des humains

[55:04]

que leur égo

[55:05]

a été énormément touché.

[55:06]

Oui, les dommages

[55:07]

ont été plus causés

[55:08]

auprès de la communauté

[55:10]

LGBTQ, en fait,

[55:11]

qui se sont attachés

[55:12]

à ces blogs-là,

[55:12]

à ces sites-là.

[55:13]

Puis évidemment,

[55:14]

l'égo des journalistes

[55:15]

et de la presse.

[55:17]

Mais oui,

[55:17]

et de tous ceux

[55:18]

qui étaient dans l'entourage

[55:19]

d'Amina,

[55:20]

qui étaient dans la révolution

[55:22]

avec elle, virtuellement.

[55:23]

Mais oui,

[55:24]

il y a des gens,

[55:24]

des ambassades

[55:25]

qui ont travaillé là-dessus,

[55:27]

qui ont tenté

[55:27]

de la faire libérer.

[55:29]

Mais oui,

[55:29]

et même des Syriens

[55:30]

qui étaient dans le mouvement,

[55:32]

eux, pour vrai,

[55:34]

qui ont communiqué avec elle,

[55:36]

qui étaient motivés par elle.

[55:38]

Ça a eu ce bond-là,

[55:39]

mais en même temps,

[55:40]

c'est tellement étrange.

[55:41]

J'ai de l'amusant

[55:41]

à avoir une opinion claire

[55:43]

dans le sens que

[55:44]

est-ce que c'est bon ou pas bon

[55:45]

parce qu'il n'y a pas eu

[55:46]

de dommages collatéraux physiques.

[55:49]

Puis,

[55:49]

Tom McMaster,

[55:50]

il n'a jamais été puni

[55:51]

pour ça.

[55:51]

Il n'a pas de loi

[55:52]

ou quoi que ce soit.

[55:54]

L'Université des Dimbours

[55:55]

a fait une enquête,

[55:58]

mais ils n'ont jamais

[55:59]

révélé les résultats

[56:00]

de l'enquête

[56:01]

et il n'a jamais été

[56:01]

renvoyé d'université.

[56:03]

Il continue sa vie.

[56:04]

Il était beaucoup plus discret

[56:05]

après les entrevues.

[56:06]

Mais qui pourrait punir

[56:10]

ce genre de gestes-là?

[56:12]

Il y a ça aussi à se questionner.

[56:14]

Est-ce qu'on devrait

[56:16]

le punir par la loi,

[56:18]

de créer ce genre de canuleurs

[56:20]

qui ont des impacts comme ça?

[56:22]

Ça reste difficile à baliser aussi.

[56:25]

Je ne sais pas

[56:25]

que tu en penses,

[56:27]

mais est-ce qu'on devrait

[56:28]

avoir une loi pour ça?

[56:30]

C'est délicat

[56:31]

parce que j'ai l'impression

[56:33]

que ce qui en a fait

[56:34]

une grosse histoire

[56:35]

c'est justement le fait

[56:36]

que les médias

[56:37]

n'ont pas tout à fait

[56:38]

tout vérifié.

[56:39]

Ils ont compris pour acquis

[56:40]

que tout était réel.

[56:42]

C'est ça qui a fait en sorte

[56:43]

que l'histoire a fait boule de neige

[56:44]

et qu'on en a parlé

[56:45]

partout dans le monde.

[56:47]

Parce que si ce n'était

[56:47]

pas de ça,

[56:48]

son blog serait sans doute,

[56:51]

je ne veux pas dire

[56:51]

rester petit,

[56:52]

mais il n'aurait pas eu

[56:53]

le même impact.

[56:54]

Mais là,

[56:55]

c'est clair que,

[56:56]

à quelque part,

[56:57]

ce gars a un certain talent

[56:58]

littéraire parce que

[57:00]

vraiment il a mis sur pied

[57:02]

toute cette histoire-là.

[57:03]

Il a mis en scène

[57:03]

son enlèvement.

[57:04]

Et c'est à partir

[57:05]

de l'enlèvement

[57:06]

que vraiment les choses

[57:06]

ont pris une autre tourneur.

[57:10]

En fait, est-ce que la fin

[57:11]

justifie les moyens?

[57:12]

C'est un peu ça

[57:13]

que je me dis.

[57:14]

Est-ce que vraiment

[57:15]

dans le but d'arriver

[57:16]

à un message précis,

[57:18]

est-ce que tout est permis

[57:20]

dans l'aventure pour y arriver?

[57:22]

Est-ce que tu as le droit

[57:23]

de mentir, tout ça?

[57:24]

Mais est-ce que

[57:25]

c'est punissable par la loi?

[57:30]

Je pense que s'il avait tenté

[57:32]

de se cacher

[57:33]

ou que si, une fois arrêté,

[57:35]

il avait menti aux policiers

[57:36]

et tout ça,

[57:36]

je pense que là,

[57:37]

il aurait peut-être eu

[57:39]

une certaine forme

[57:39]

de punition,

[57:40]

mais on dirait que le crime

[57:44]

à la base n'est pas

[57:45]

s'il y a crime évidemment.

[57:47]

Il n'a même pas

[57:47]

été arrêté.

[57:48]

C'est ça, il n'y a pas

[57:48]

vraiment de crime,

[57:49]

mais sa faute,

[57:50]

du moins à la base,

[57:51]

n'est pas si grave que ça,

[57:52]

mais c'est qu'une fois

[57:53]

amplifiée par les médias

[57:54]

puis relayée

[57:56]

par toute l'histoire,

[57:57]

c'est là que ça devient

[57:58]

un peu plus grave.

[58:00]

Mais ça n'empêche pas

[58:01]

le fait qu'il y a

[58:03]

quatre fichiers Sandra

[58:04]

de Montréal,

[58:06]

puis même,

[58:06]

il y a quatre fichiers

[58:07]

l'autre homme,

[58:08]

il y en a peut-être

[58:09]

quatre fichiers d'autres,

[58:10]

on ne le sait pas.

[58:11]

Peut-être qu'avant

[58:12]

d'avoir un blog

[58:12]

sur Amina,

[58:13]

il y avait une autre histoire

[58:16]

rocambolesque comme ça.

[58:18]

Donc, ce côté-là,

[58:19]

on sait que les quatre fiches,

[58:20]

tant qu'il n'y a pas

[58:21]

de fraude,

[58:22]

tant qu'il n'y a pas

[58:22]

de dommages réels

[58:23]

ou de dommages financiers,

[58:24]

il n'y a pas vraiment

[58:25]

de crime à part

[58:26]

dans certains pays.

[58:28]

Donc, dans ce cas-ci,

[58:29]

je vois difficilement

[58:30]

comment la loi malheureuse

[58:31]

pourrait intervenir.

[58:33]

Oui, tu as raison.

[58:34]

Puis on dit souvent,

[58:35]

oui, les journalistes

[58:36]

doivent vérifier leurs sources.

[58:37]

Puis, dans le fond,

[58:37]

l'enquête que

[58:39]

le journal a fait

[58:40]

n'était pas très complexe.

[58:41]

Ils ont seulement

[58:42]

googlé des trucs,

[58:44]

vérifié des adresses

[58:44]

cipées,

[58:45]

accédé à des

[58:46]

registres fonciers.

[58:47]

C'est rien de sorcier.

[58:48]

Il n'y a pas

[58:49]

de hacking,

[58:49]

d'informations,

[58:50]

il n'y a pas, mais...

[58:51]

C'est des choses que

[58:51]

des internautes

[58:52]

pourraient faire.

[58:53]

Oui, exact.

[58:54]

Mais on ne peut pas

[58:54]

demander aux journalistes

[58:55]

de faire ça à chaque fois

[58:56]

qu'ils interviewent quelqu'un.

[58:58]

On dirait que

[58:59]

dès que la confiance est là,

[59:02]

ça se cristallise.

[59:04]

Et ça reste là,

[59:04]

même Sandra,

[59:07]

à un certain moment,

[59:08]

elle avait certains doutes,

[59:09]

mais elle se disait

[59:09]

qu'elle existe pour vrai.

[59:10]

Elle a donné une entrevue

[59:11]

au Guardian,

[59:13]

elle a donné une entrevue

[59:14]

à CNN.

[59:14]

Bien oui.

[59:15]

Donc, pour elle,

[59:16]

ça cristallisait

[59:18]

l'existence d'Amina.

[59:20]

Pour elle,

[59:20]

elle était vraie,

[59:22]

mais finalement, non.

[59:24]

Donc, on dirait

[59:24]

qu'il n'y a pas moyen

[59:25]

de s'en sortir

[59:26]

dans le sens que même

[59:27]

oui, il faut être

[59:28]

un peu plus méfiant

[59:28]

dans la vie,

[59:30]

mais à un moment donné,

[59:31]

on ne peut pas juste

[59:32]

vivre sous la méfiance.

[59:34]

Bien non.

[59:34]

On va virer fou.

[59:35]

Ça fait que

[59:36]

c'est des situations

[59:37]

qui peuvent arriver

[59:38]

et qui vont sûrement

[59:39]

encore arriver.

[59:40]

Il y en a eu plein

[59:41]

d'autres cas

[59:42]

de canulars comme ça.

[59:44]

Pas nécessairement

[59:44]

le catfishing.

[59:45]

Oui, dans cette histoire-là,

[59:46]

il y a eu

[59:47]

pas par hasard,

[59:48]

mais il y a eu

[59:48]

aussi une sorte

[59:49]

de catfishing,

[59:50]

mais à la base,

[59:51]

c'est le canular global.

[59:54]

Puis ça,

[59:54]

il y en a eu plein

[59:55]

d'autres.

[59:55]

Il va en avoir

[59:56]

encore d'autres,

[59:57]

mais j'espère

[59:58]

d'une certaine manière

[59:58]

que les médias,

[01:00:00]

mais j'en doute,

[01:00:01]

on l'a vu avec

[01:00:01]

Dupont de Ligonnès,

[01:00:03]

vont apprendre

[01:00:04]

à gérer l'information,

[01:00:06]

disons,

[01:00:07]

ou peut-être attendre

[01:00:07]

avant de publier,

[01:00:08]

mais en même temps,

[01:00:09]

on n'est pas

[01:00:09]

dans cette terre-là.

[01:00:10]

Je pense qu'il faut juste

[01:00:11]

nous, en tant que

[01:00:12]

l'internaute

[01:00:13]

est un petit peu plus vigilant

[01:00:14]

à ce qu'on lit,

[01:00:15]

à ce qu'on consulte,

[01:00:16]

se poser plus de questions.

[01:00:18]

Mais j'ai l'impression

[01:00:18]

qu'au-delà de ça,

[01:00:20]

je vois pas tant que ça

[01:00:21]

ce qu'on peut faire.

[01:00:22]

Ben oui,

[01:00:22]

c'est de ne pas se faire avoir

[01:00:24]

par la répétition,

[01:00:25]

puis c'est pas parce

[01:00:26]

que ça se retrouve

[01:00:26]

parfois dans les grands journaux

[01:00:28]

que c'est nécessairement un réel.

[01:00:30]

Non, exact,

[01:00:31]

puis un peu comme

[01:00:31]

tu disais tantôt,

[01:00:32]

il a bien choisi sa cible

[01:00:34]

parce que la série,

[01:00:35]

les journalistes,

[01:00:35]

ils ont même pas le droit

[01:00:36]

d'y aller.

[01:00:37]

Donc, tout ce qui...

[01:00:38]

la nouvelle qui est rapportée,

[01:00:39]

c'est du...

[01:00:40]

c'est pas du commé...

[01:00:41]

Du média social.

[01:00:42]

Oui, oui, c'est ça,

[01:00:43]

une sorte de commérage

[01:00:44]

2.0, là.

[01:00:45]

Donc, c'est difficile aussi

[01:00:47]

pour un vrai journaliste

[01:00:48]

de vérifier leurs sources.

[01:00:49]

Donc, tout ça,

[01:00:50]

vraiment...

[01:00:51]

vraiment créé,

[01:00:52]

et amplifier le problème.

[01:00:53]

Puis actuellement, lui,

[01:00:54]

il vit sa vie.

[01:00:55]

Je sais même pas

[01:00:56]

s'il est revenu aux États-Unis

[01:00:57]

ou s'il est encore en Écosse.

[01:00:58]

Il est toujours

[01:00:59]

très discret actuellement

[01:01:00]

à ce cher Tom McMaster.

[01:01:03]

Il ne semble plus vouloir

[01:01:04]

et bruter rien en ligne.

[01:01:05]

Je sais pas

[01:01:05]

s'il va se créer

[01:01:06]

un nouveau personnage un jour.

[01:01:07]

J'ose en douter,

[01:01:08]

mais moi,

[01:01:08]

je m'emmène aussi

[01:01:09]

à la place de sa femme.

[01:01:10]

Ben là.

[01:01:11]

Crème,

[01:01:11]

qui l'a appris 20 minutes avant

[01:01:12]

puis souvent,

[01:01:13]

j'écoute un reportage...

[01:01:15]

Ça a pas de sens.

[01:01:15]

Ça a pas de bon sens,

[01:01:16]

tu sais,

[01:01:16]

parce qu'il y a eu des...

[01:01:17]

un peu comme tu dis,

[01:01:18]

c'est de l'adultère.

[01:01:19]

Je m'excuse,

[01:01:20]

même si la relation,

[01:01:21]

elle est virtuelle.

[01:01:22]

C'est de l'adultère.

[01:01:24]

Tu sais,

[01:01:24]

même s'il y a eu

[01:01:25]

une relation homosexuelle,

[01:01:26]

en guillemets,

[01:01:27]

avec d'autres femmes,

[01:01:28]

c'est...

[01:01:29]

Tu sais, mais elle,

[01:01:30]

elle suivait.

[01:01:30]

Ça a l'air que,

[01:01:31]

durant les entrevues,

[01:01:31]

c'est même elle

[01:01:32]

qui gérait les rendez-vous

[01:01:33]

et tout ça.

[01:01:34]

Elle était toujours présente,

[01:01:36]

un peu éloignée, discrète,

[01:01:37]

mais elle restait là.

[01:01:39]

Elle supporte son mari?

[01:01:40]

Ben oui.

[01:01:41]

C'est comme on dit.

[01:01:42]

Pour le meilleur et pour le pire.

[01:01:44]

Ben c'était une histoire

[01:01:45]

vraiment fascinante,

[01:01:46]

mon cher Seb.

[01:01:47]

J'espère que vous avez

[01:01:49]

adoré Les Distordus.

[01:01:50]

Si vous voulez en savoir plus,

[01:01:51]

on vous suggère

[01:01:52]

l'excellent documentaire,

[01:01:54]

le profil Amina

[01:01:55]

que vous pouvez trouver

[01:01:55]

justement sur le site

[01:01:56]

de l'ONF,

[01:01:57]

comme se disait Seb.

[01:01:58]

Et puis,

[01:01:59]

si vous voulez nous

[01:02:00]

retrouver, nous,

[01:02:00]

c'est facile.

[01:02:01]

Sur Instagram,

[01:02:02]

on est Distorsion Podcast.

[01:02:03]

Sur Facebook,

[01:02:04]

même chose.

[01:02:05]

Sur Twitter,

[01:02:06]

on est Distorsion Pod.

[01:02:07]

Sur YouTube aussi,

[01:02:08]

on est Distorsion Podcast.

[01:02:09]

Sur UNTAP,

[01:02:10]

le réseau social de Bière,

[01:02:12]

on est là aussi.

[01:02:13]

Distorsion Podcast.

[01:02:14]

Et n'oubliez pas

[01:02:15]

notre groupe

[01:02:16]

de discussion privée,

[01:02:17]

le Holy Grail de Distorsion.

[01:02:19]

Sur Facebook,

[01:02:20]

vous pouvez faire une demande

[01:02:21]

et si vous n'avez pas l'air

[01:02:22]

trop louche,

[01:02:22]

on va vous accepter.

[01:02:25]

Et là-dessus,

[01:02:25]

Seb,

[01:02:26]

aurais-tu un mot

[01:02:26]

de la fin pour nous ce soir?

[01:02:28]

Chers Distordus,

[01:02:30]

nul besoin

[01:02:30]

de vous inventer une vie

[01:02:31]

sur les réseaux sociaux.

[01:02:32]

Vous êtes tous uniques

[01:02:33]

et exceptionnels.

[01:02:35]

Oh c'est beau ça!

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