Cette année encore Emile et Seb reçoivent Simon Predj dans leur studio pour raconter 3 histoires inédites qui vont vous faire trembler de peur en ce soir d’halloween: une creepypasta effrayante à saveur technologique, des histoires en lien avec la fameuse planche Ouija et une histoire de meurtre survenu un soir d’halloween en Colombie Britannique, qui hante toujours la petite municipalité d’Armstrong. Sans oublier, une chronique nécrologique bien spéciale! Verrouillez bien vos portes et asseyez-vous confortablement, voici le moment le plus attendu de l’année!Crédits musicaux :Il est Lourd de Arbee est utilisée avec l’aimable autorisation de Polar Seas Recordings:https://t.co/3ladLQ7Uxw Long Note Two par Kevin MacLeod est distribué sous la licence Creative Commons Attribution (https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/)Source : http://incompetech.com/music/royalty-free/index.html?isrc=USUAN1100176Long Note Four par Kevin MacLeod est distribué sous la licence Creative Commons Attribution (https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/)Source : http://incompetech.com/music/royalty-free/index.html?isrc=USUAN1100467

Épisode
#61 - Spécial Halloween 2019 avec Ars Moriendi
Audio
Écouter l’épisode
Transcription de l’épisode
Lire la transcription
Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.
Nous sommes finalement à cette période de l'année où tous les scénarios obscurs sont
possibles.
Les morts renaissent de leurs cendres et les meurtriers partent à la recherche de nouvelles
proies.
La tradition se poursuit, encore cette année.
Nous avons pour vous sélectionné les histoires les plus effrayantes qui vous
garderont éveillés pour des semaines à venir.
Vous l'avez attendu toute l'année.
Vous avez la chair de poule à simplement y penser.
Préparez-vous.
Voici donc le spécial Halloween de Distortion, Ears, Moriindie.
Sébastien Lévesque et Simon Predge, comment ça va ce soir?
Ça va bien et toi?
Ça va très bien, ça va très bien.
C'est la fête, c'est la fête, c'est l'Halloween!
Oui, enfin, enfin!
On est contents parce que généralement à Distortion, moi et Seb, on est dans
notre espèce de petite bulle d'histoire dark et toi, même chose.
Simon, Ears, Moriindie, t'es dans ta bulle obscure et tout ça à faire ton
podcast.
Mais les spécial Halloween, c'est toujours un peu la fête, c'est toujours un peu
spécial.
Puis on se permet d'ailleurs de boire un petit scotch sur le side, en plus de
notre bière.
Oui, Simon nous a apporté un Haberfeldi, qui est un scotch whisky qui date
de 12 ans, qui a 12 ans d'âge plutôt, qui est excellent.
Merci, Simon.
Ça me fait plaisir.
Non seulement, c'est Halloween, mais en plus, je vous aime.
Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus et c'est Halloween.
Je voyais toutes les bonnes raisons ici placées pour nous pour célébrer.
Je me suis dit, pourquoi une bouteille de vin, une petite bière?
On se gâte, j'amène du scotch.
T'as bien fait, t'as bien fait.
D'ailleurs, on a une bière de la semaine parce que pour passer au travers
cet épisode spécial, on va avoir besoin de boire quelque chose de puissant.
Mais qu'est-ce qu'on boit ce soir?
Ou juste on a une bière spéciale d'Halloween, je pense.
Oui, on a une Pooja Dada ou Pooja Dada, s'il y a un S, mais je ne suis
pas sûr où ça on le prononce, de la brasserie dépareillée.
C'est une bière à 5 % d'alcool.
Et ce qui est intéressant pour Halloween, c'est que c'est une bière à
citrouille et noix de coco.
C'est une bière blanche dorée.
Et d'ailleurs, je dirais que ça pourrait même passer pour une blanche de Noël
parce que le mix citrouille et noix de coco rappelle un peu le pain d'épice,
on dirait.
T'as raison, t'as raison.
Oui, c'est vrai, ça pourrait être aussi une bière de Noël.
Donc, pensez à ça, la brasserie dépareillée.
Oui, oui, puis on goûte.
Elle est un peu huileuse à cause de la noix de coco.
On goûte l'huile un peu.
C'est vraiment bon en bouche.
On est assez excité parce que, même concept que d'habitude,
on a sélectionné chacun une histoire spécifique pour l'Halloween
à thématique un peu spooky.
Parfois, c'est plus réel.
Parfois, c'est plus de la fiction.
Vous allez voir, on en a pour tous les goûts,
mais on se l'est pas dit en avance.
Non, on ne connaît pas les histoires des autres.
Exactement.
Non, mais on aime ça, garder cet effet de surprise-là
parce qu'habituellement, Emile et moi, on le sait de quoi qu'on va parler.
Oui, oui, des fois, on s'apprend des choses sur l'histoire
pendant l'enregistrement, mais là, c'est totalement une surprise.
D'une manière un peu différente, parce que le rythme est différent,
et c'est ça que j'aime de ces enregistrements-là en trio.
Mais comme Emile le disait un peu plus tôt,
c'est un peu notre épisode de party.
C'est nos vacances.
Oui, c'est notre party de Noël avant Noël.
Oui, c'est ça.
Exactement, donc ça risque d'être bien intéressant.
On va mettre Simon en sandwich entre nous deux,
étant donné que c'est notre invité.
Je suis un excellent jambon, en fait.
Un très très bon jambon, extra maigre.
Mais avant toute chose,
parle-nous donc un peu de comment ça se passe,
tes projets Simon, Ars Morienzi, tout ça,
si les choses se passent.
Ça va bien.
Là, je réalise que le retard que j'ai pris...
Je peux faire peut-être un résumé très très bref.
Vous le savez, l'avant-dernier épisode,
parce que là, il est sorti en date de notre enregistrement aujourd'hui,
l'épisode 32.
Mais l'épisode 31, Détresse, a sorti en retard.
Les gens le savent parce qu'il y a eu toute une histoire
finalement avec la famille, qui ont collaboré, l'avocate.
Donc, par souci de respect de l'histoire,
j'ai décidé de prendre le temps de le raconter
et de le travailler comme faut, cet épisode-là.
Ce qui m'a causé beaucoup de retard.
Dans le fond, au moment où j'aurais dû tomber en vacances,
là, il est arrivé le temps de faire le dernier épisode de la saison.
J'ai décidé de prendre mes vacances
et de profiter un peu de l'été, du Festival Fantasia,
avec ma copine et tout ça.
Mais pendant ce temps-là, j'ai continué d'écrire.
J'ai pris le temps d'écrire à temps perdu l'épisode suivant.
J'ai réalisé que ça donnait beaucoup plus que ce que je croyais.
Là, je suis content.
En date d'aujourd'hui, l'épisode est disponible pour tous.
Là, je parle de date de notre enregistrement
et non la date que cet épisode-ci sort.
Mais donc là, c'est disponible la première partie.
L'épisode 2 va sortir la semaine prochaine.
Peut-être que c'est déjà sorti.
Tout dépendra du moment où tu vas diffuser cet épisode-là.
Je suis bien excité.
C'est une histoire que j'avais hâte de raconter.
Le fait que j'ai attendu quatre mois avant de le sortir,
on dirait que ça a vraiment hypé les gens.
Je vous annonce que désormais, je fais un épisode aux quatre mois.
Ça serait des grosses saisons.
Non, je ne ferais pas ça.
Mais il est vrai que c'est quand même le dernier de la saison.
J'ai déjà commencé à travailler sur la prochaine.
Je confirme qu'il y aura une quatrième saison
qui va débuter en hiver 2020.
Je dis hiver parce que je ne suis pas sûr de la date du début encore.
Mes histoires sont sélectionnées.
Là, je suis en période de lecture.
Après ça, je vais commencer à prendre mes notes, monter tout ça.
J'ai le goût de vous annoncer un petit spoiler.
Ça vous tente une exclusivité les boys?
On n'est pas dans le true crime.
Mais c'est un autre projet podcast.
On m'a approché pour réaliser un podcast,
une petite mini-série documentaire.
Comme ma copine est réalisatrice,
comme je fais les oubliettes,
je fais le couche-coura et les festivals,
je suis quand même un gros entourage de cinéma.
J'ai une réalisatrice qui vient de réaliser son premier long-métrage
qui m'a approché pour réaliser un podcast.
On peut dire bien honnêtement
que c'est un podcast promotionnel pour le film,
mais ça va au-delà de ça.
C'est-à-dire que durant tout le tournage de son film,
à tous les jours, elle s'enregistre en audio en journal.
Comme un petit journal intime.
Là, on va un an plus tard,
parce que là, c'est des longs processus en cinéma.
Le film a été tourné il y a un an,
mais il commence sa tournée de festival ce week-end.
Il va être le week-end dernier avec la sortie de cet épisode-là.
Ce qu'on va faire, en fait,
c'est qu'on va retraverser ces enregistrements-là
de journal intime, si on veut,
et on va les commenter par-dessus.
C'est pas ma voix que vous allez entendre.
C'est la voix de Kim qui commente son propre journal.
On va traverser son histoire de tournage avec elle
dans un premier long-métrage.
Ça va s'appeler Réservoir, une histoire de résilience.
Réservoir, c'est le titre du film.
Vous en avez pas encore entendu parler, mais ça s'en vient.
Si c'est une histoire qui s'accorde à moi,
c'est parce que c'est un film sur le deuil.
Le synopsis, c'est simple.
C'est deux frères qui doivent...
Bon, il y a les funérailles pour leur père,
et ils partent.
Ça fait longtemps qu'ils ne se voient plus.
La famille s'est séparée un peu.
Puis là, après les funérailles,
ils vont prendre les cendres de leur père
et ils vont aller les porter au réservoir Gouin,
au Québec, et retourner au chalet de leur enfance,
le chalet familial qu'ils n'ont pas vu depuis des années.
C'est leur quête. C'est ça, le film.
C'est les deux frères qui partent en voyage ensemble.
Ils se sont pas vus depuis des années.
Ils sont très différents les uns de l'autre.
Ils s'en vont ensemble comme un peu comme un chemin de croix,
pour aller porter les cendres de leur père
et revoir le chalet dans le temps.
Ce qu'on va parler dans le documentaire,
c'est le behind the scenes.
C'est comment le tournage s'est passé.
C'est un tournage qui a été fait en grande majorité
sur l'eau, sur un bateau maison.
Et c'est pas si facile que ça.
Il y a des mauvaises surprises en courte route.
Surtout au Québec, il fait froid et c'est pas facile.
Mais bon, là, je parle, mais en gros,
là, c'est j'embarque là-dessus
tout en commençant la prochaine saison.
C'est du pour quand, ça, ce nouveau podcast-là?
On n'a pas de date, mais il commence
sa tournée des festivals maintenant.
Donc l'idéal, c'est d'avoir au moins
les premiers cours.
Ça va être des courts épisodes.
C'est pas déjà des heures, ça va être des 15 minutes environ.
Les premiers épisodes, il faut qu'ils soient prêts
pour la sortie officielle du film.
J'ai pas la date encore, mais ça s'en vient.
Intéressant.
Si vous êtes les premiers à qui j'en parle.
Les gars, sans plus tarder, est-ce qu'on est prêts
à se lancer dans notre spécial Halloween?
Toujours prêts, comme un scout.
Oui, monsieur.
C'est parti.
On a tiré au sort, puis finalement,
Seb, c'est toi qui vas avoir l'honneur de commencer.
Donc... Tu brises la glace.
À toi de... de... de nous présenter ton histoire.
J'ai perdu à Roche-Papé-Ciseau.
Aujourd'hui, j'en profite pour vous raconter
une creepypasta. On n'a pas toujours l'occasion
à Distorsion de vous en raconter une.
Là, j'ai saisé l'occasion.
Je l'ai même pimpé à ma sauce.
L'histoire s'appelle
Propriété de Google.
On est un soir de Halloween
en 2013. Je reviens du travail.
On sent l'ambiance festive
dans les rues. Par contre,
pour avoir un peu de calme,
je prends un sentier dans un petit boisier
pour faire une partie du trajet du retour.
Dès que je rentre dans le boisier,
je remarque un corps étendu au loin.
Je me demande si ce n'est pas une décoration
d'Halloween. Parfois, il y en a des très réalistes.
Je m'approche du corps.
C'est une femme. Une vraie femme.
Elle semble morte.
Elle porte des Google Glass au visage.
Pour ceux qui ne le savent pas,
il y a eu une courte époque
en 2013 justement parce que Google
a lancé des lunettes
avec des propriétés virtuelles.
C'était creepy ça.
Ça a été un peu discontinué.
Ça n'a pas levé autant qu'ils voulaient.
Mais si on se ramène à cette époque-là,
c'était quand même dans l'air du temps.
On dirait qu'on n'était pas
très prêts à avoir un écran
devant les yeux en permanence.
Ça met des espions partout.
Mais en même temps,
quand on voit ce qu'on voyait au cinéma
de la technologie qui évolue et qu'aujourd'hui
on l'a pour vrai, ça c'est quelque chose
qu'on voyait des années 80 dans les films
de science-fiction, dans les cartoons.
Comme les vidéophones.
Oui, les vidéophones qu'on a maintenant
sur nos téléphones pour vrai.
Je retourne à mon histoire.
Elle semble morte.
Et elle porte des Google Glass au visage.
Je touche son corps pour vérifier
si c'est bien un humain.
Son corps est encore chaud.
C'est difficile de déterminer avec précision
ses origines, mais je crois qu'elle est
d'origine asiatique due à la teinte
jaune entre de sa peau et à ses cheveux
noirs lustrés.
Je scrute son corps et je remarque
qu'elle porte d'élégantes chaussures marron
ainsi qu'un bandeau jaune autour de son poignet.
Elle semble avoir un look
d'une jeune adulte autour de 21 ans.
Étrangement, ses yeux sont encore ouverts.
Il faut que vous sachiez que je suis
obsédé par la mort depuis l'âge de 9 ans.
Je suis complètement intrigué par la fin
de la vie. La fin de la fonction
biologique d'un humain. Tout a commencé
quand j'ai vu mon premier film d'horreur,
Psycho, d'Alfred Hitchcock.
La scène de la douche a brisé
quelque chose en moi. Observant
le corps inerte par terre,
je ressens une soudaine culpabilité
et tristesse à la fois. Pourtant,
je ne la connais pas, et c'est pas moi
qui l'ai tué. Je l'ai simplement trouvé.
Devrais-je appeler la police?
Ces Google Glass m'intriguent
beaucoup. Elles étaient toujours perchées
sur le bout de son nez. C'est étrange
que quiconque l'ait tué n'ait pas pris la peine
de les prendre ou du moins de les détruire pour effacer
les preuves. Ce qui est encore plus étrange,
c'est que moi-même, je me sens
obligé de le faire. Je me penche
et fleure du même coup la frange moide
de son front, et je lui enlève délicatement
les lunettes. En les regardant au soleil,
j'ai pensé sur le coup que c'était mon jour de chance,
policien. Je regarde autour de moi,
personne à l'horizon.
Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas envie
d'appeler la police. Honnêtement,
je pense que c'est une prostituée ou qu'elle
a été tuée dans un conflit lié à une
dette de drogue. C'est sûr que c'est ça.
Ça me rassurait en fait de penser ça.
De toute façon, personne ne va signaler
la disparition de cette fille.
Je reprends le chemin du retour vers la maison.
J'essaie d'enfourer ma culpabilité
bien profonde au fond de moi,
mais une seule question tourne dans ma tête.
C'est Google Glass.
Comment une jeune fille d'environ 21 ans
peut posséder ça? Ça coûte des milliers
de dollars. Plus les minutes avancent,
plus je me dis que ce n'est pas une prostituée,
mais simplement une pauvre étudiante,
morte dans un brasier.
Je ne peux pas retourner chez moi comme ça.
Je retourne voir le corps. Je mets les Google Glass
sur mon nez et je redémarre l'appareil
en l'utilisant un bâton de bois très
fin trouvé sur le sol, comme on fait
souvent avec une trombone ou un truc comme ça.
Instantanément, l'écran se charge
et je suis connecté au système.
Étrange, il n'y a aucun
fichier qui semble appartenir à la fille
sur l'écran d'accueil. Honnêtement,
c'est ce à quoi je m'attendais, mais j'espérais
aussi secrètement avoir des réponses par rapport à sa mort.
Mais non, il n'y avait rien,
même pas de corbeille.
J'ai du mal à naviguer dans les glasses,
dans les Google Glass en fait, car je ne suis
pas habitué à cette interface.
Je m'arrête alors près d'un arbre,
et je m'assure d'être encore assez loin du corps.
Tout à coup, le vent se leva.
Nerveux, adossé au tronc de l'arbre,
je me redresse soudainement en entendant une voix
électronique de femme dans mon oreille.
Bonjour Trina. Confus.
Je retire les lunettes et je les observe,
comme si de la magie venait de se produire.
Je les remets sur mon nez.
Bonjour Glass.
Je réponds curieusement.
Rien. Pas de réponse.
Mais par contre, il y a un son étrange d'interférences
statiques qui sort de là. Le genre de son
quand vous tenez deux téléphones qui s'appellent
proches l'un de l'autre. Le son s'est
intensifié puis s'arrête soudainement.
Les lunettes se remettent à parler.
As-tu d'autres demandes, Trina?
Putain, c'est qui, Trina?
Qui me parle?
Instantanément, la voix réplique.
Putain, c'est qui, Trina?
Un résultat trouvé pour Trina.
Un écran avec des résultats de recherche
apparaissent. Je jette un œil sur les
résultats de recherche à travers les verres
des lunettes et je vois un résultat
trouvé pour Trina, Google.
Encore une fois, je suis confus.
Qui est Trina et pourquoi elle
appartient à Google?
Est-ce le nom de code d'un produit
ou le nom de la jeune femme morte?
Je décide alors de vérifier les
spécifications du système et avec
surprise, je vois que le produit est encore
en mode manufacturier, comme si jamais
personne ne l'avait utilisé.
C'est sûrement la raison pour laquelle
il n'y avait pas de dossier ni d'endécédent
d'utilisation. Mais cela n'avait toujours
pas de sens et en fait,
c'est de moins en moins logique maintenant
qu'auparavant. Pourquoi la jeune fille
utilisait-elle des Google Glass sur elle
si elle était toujours en mode usine?
Elle n'en tirait sûrement aucun avantage.
La seconde question évidente est de
savoir pourquoi elle n'était plus en vie.
Tenant les lunettes dans ma main,
je suis retourné voir le corps. Les feuilles
mortes craquent sur mes pieds. En
marchant vers le corps, je me demande bien
comment va se terminer cette journée
qui n'avait pourtant rien de bien spécial
jusqu'à la découverte de ce fameux corps.
Et en fait, pour être franc, toute
ma semaine avait été grise et monotone.
Et maintenant, j'étais ici, dans un boisé,
près d'un corps mort, des Google Glass
dans les mains.
J'approche enfin du corps en veillant à ne pas le
piétiner. Je me penche pour étudier son corps
de plus près. Heureusement,
elle ne semble pas avoir encore commencé
à pourrir et elle était encore
chaude. Je me permets de fouiller dans ses
poches pour trouver une pièce d'identité qu'elle aurait pu
avoir sur elle. Je glisse ma main
dans les poches avant de sa jupe en jeans
et je trouve des feuilles, des feuilles
d'arbre. OK, je me dis.
Je jette les feuilles et je fouille toujours dans sa
poche et mes yeux s'écarquaient lorsque je trouve
quelque chose d'autre au fond de sa
poche sous les feuilles d'arbre.
C'est doux. Et sur le coup, je me dis
que c'est sûrement un tampon. En le tirant
par le bas de l'objet et en le soulevant pour
l'observer à la lumière,
je vois que je tiens un bébé souris dans ma main
pendu à l'envers de sa queue et mort
lui aussi. Il est à peine développé.
Il est toujours rose et charnu.
Et je pouvais voir que la souris avait eu quelques
renseignements internes, car le corps était mal
formé et avait été grossièrement
mis dans la poche de la fille.
Je lâche un de ses cris de peur
et je jette la souris dans le boisé
et, en la fixant à rouler sur le sol et s'arrêter,
un énorme frisson me parcourt
le corps. Qu'est-ce qui ne va pas avec toi,
Tuina? ai-je demandé aux cadavres en essuyant ma
main sur mon jeans. Je reprends les Google Glass
que j'avais déposés sur le sol à côté de moi.
Quelque chose attire mon attention.
Doucement, je soulève
le bracelet jaune de son poignet et je remarque
que ce n'est pas un bracelet, mais bien une ficelle
qui est attachée littéralement à son poignet.
Hum. Les pensées commencent
à traverser mon esprit. Mais qu'est-ce que
c'est? Je tente de me rassurer en me disant
que c'est sûrement un fil de son chandail.
Je le tire doucement. Je me rends compte
que ce n'est pas le cas. Mais qu'est-ce que
c'est? En le touchant, c'est un
genre de plastique. Tu sais, une sensation
de plastique qui me rappelle un peu mon
enfance. Je devais avoir environ 11 ans
quand j'étais fan de Spider-Man et de
l'incroyable Hulk. Je passais des heures
à jouer avec les deux mêmes personnages d'action
à inventer des histoires avec les personnages.
C'était particulièrement Spider-Man
qui m'obsédait. J'avais des affiches, les DVDs,
les bandes dessinées, mais aussi un réveil matin
équipé d'un détecteur de mouvement qui alertait
chaque fois que quelque chose bougeait dans la
pièce. Je me souviens une nuit,
le réveil s'activait tout le temps pour rien.
Et étant jeune et un peu stupide,
j'ai pensé qu'un coup sur la tête de Spider-Man
allait résoudre le problème. Un peu comme on
fait quand une télévision ne fonctionne plus.
Le réveil s'est alors brisé en trois morceaux et
m'a révélé une carte à puce et une multitude de fil,
des fils jaunes.
Au bas de l'horloge se trouvaient les mots
«Propriété de Sam». Sam,
c'est mon nom. Je retourne le poignet
du cadavre et je vois d'où vient le fil.
Il vient de là où ses veines devraient être.
Il y a une masse de peau manquante,
comme si quelque chose l'avait blessé.
Et on voit son intérieur argenté comme un robot.
Son corps semble être comme un robot
dans les films. Une seule
lumière rouge clignote sur le poignet.
Des fils jaunes et filochés s'étalent
sur son bras, comme une foule de verre,
de verre de terre inanimée qui
se faufile entre eux. Je lève les yeux
vers son visage et je rencontre son regard.
Elle me fixe toujours sans vie,
mais son regard est vif. Il semblait
toujours y avoir une conscience en elle,
et elle avait l'air furieuse.
Je ramasse les Google Glass et je les lance au loin,
dans le boisé. Je me relève.
La paranoïa monte en moi.
Je me relève. Lui jette un regard
et je me dis que je devrais courir,
sans jamais me retourner, jusqu'à chez moi,
me diriger vers mon lit puis placer les couvertures
sur ma tête, comme lorsqu'on était un enfant.
La mort ne me fascinait plus du tout
à ce moment-ci. J'étais sur le point
de quitter le boisé. Quand je me suis arrêté,
j'ai regardé le corps rapidement une fois de plus.
Je me disais que je devrais la détruire.
J'allais mettre fin à l'existence
de cette chose, juste la supprimer
du monde. C'était horrible
et faux et ça m'avait vraiment terrifié.
C'était tellement vivant et pourtant
si artificiel, j'ai décidé
que j'allais le briser. Je ne pouvais pas
faire ça avec ces yeux qui me fixaient tout le temps.
Le vent s'est levé à nouveau
lorsque j'ai poussé le corps sur le côté,
puis sur le devant. Je levais mon pied
et y vit quelque chose d'écrit sur sa nuque.
Trina, propriété de Google.
Mon pied a hésité.
Va te faire foutre, Google.
Ensuite, la tête
de la chausse est brisée en morceaux alors que je...
Je comprends. Vous pouvez me demander d'envoyer des commentaires.
Ensuite,
la tête de la chausse est brisée
en morceaux alors que je posais mon pied sur sa tête.
C'était comme un meurtre, mais ce n'était pas vraiment le cas.
Ce n'était vraiment pas le cas.
Ce n'était pas un être humain.
Deux semaines et deux jours plus tard,
je n'avais pas encore parlé à personne de ce que j'avais trouvé.
Pas même à mon petit groupe d'amis,
pas à ma famille, même pas à mes amis
sur Internet. Je l'ai juste
gardé pour moi. Je ne pouvais supporter l'idée
que quiconque découvre ce que j'ai trouvé là-bas dans les bois.
Est-ce que je veux en savoir plus
sur Trina? Non. Ça fait exactement
deux semaines et quatre jours après l'incident
et la paranoïa est toujours...
J'ai commencé à être convaincu qu'il y avait aussi quelque chose
décrit sur ma nuque. Je veux dire,
ça se peut là.
Et si j'étais moi aussi un Trina?
Et si moi, tout le monde autour de nous,
nous sommes tous des Trinas?
Regardez autour de vous. Les gens qui sont
assis devant ou autour de vous,
ils pourraient être toute leur propriété,
la propriété de Google.
Vous pourriez être la propriété de Google.
C'est pourquoi j'ai décidé d'écrire ceci.
Vous devez tous connaître la vérité.
C'est depuis trop longtemps que je la pense.
Croyez-moi, l'intelligence artificielle
est parmi nous.
Bonjour Trina.
Voilà.
C'est une creepypasta quand même
avec une fin un peu philosophique parce que j'ai une...
J'ai une certaine...
J'ose m'imaginer
qu'on est dans une simulation.
C'est un peu comme une morale
plus qu'une histoire finalement.
Oui, on peut voir ça comme ça.
Une fable numérique.
J'aimais l'histoire,
j'aimais le...
Le mood.
Une histoire avec des Google Glass.
On dirait que ça...
Je trouvais ça le fun.
Si ça m'arrivait à moi,
que je trouve un genre de robot humain
en revenant du travail,
qu'est-ce que tu fais?
Tu l'as trouvé où, cette creepypasta?
Sur le site de Creepypasta Wiki.
En fait,
qui est un gros Wiki
de Creepypasta qui répertorie les creepypasta.
Donc, c'est...
Je vous invite à aller voir.
Ça s'appelle vraiment Property of Google.
Je l'ai traduit en français, bien sûr.
Il y a une question qui me vient
que j'ai le goût de vous poser.
Profitez du moment.
Comment pensez-vous que vous réagiriez
à tomber sur un cadavre?
Mettons dans un parc, dans le bois,
vous êtes tout seul, vous tombez sur un corps.
Comment pensez-vous, selon votre personnalité,
que vous réagiriez?
Bien sûr qu'on appellerait toute la police,
mais sur le moment, comment pensez-vous réagir?
Bonne question.
C'est une bonne question.
J'ai l'impression, me connaissant,
j'ai l'impression que je réagirais
pas très émotivement, c'est-à-dire que...
Mais ça, c'est ce que je pense.
Mais peut-être, au contraire,
une fois devant,
ça déclencherait d'autres émotions en moi.
Mais j'ai l'impression que je voudrais
pas faire d'erreur.
Parce qu'on a tellement vu de documentaires
sur les scènes de crime,
que tu dis, est-ce que je tente de le réanimer?
Parce que tu le sais pas.
Des fois, tu le sais pas clair.
Donc, est-ce que tu tente de le réanimer?
Ou, au contraire, est-ce que tu veux,
le moins possible, toucher à quoi que ce soit autour
pour pas contaminer la scène de crime?
Je pense que c'est vers là que j'irais.
J'avais pas pensé à ça comme ça.
Oui, la contamination de scène de crime,
c'est toujours une des premières choses que je pensais.
Des fois, je m'étais imaginé, justement,
tomber sur un corps.
C'est une des premières choses que je pensais.
Mais comment je réagirais?
C'est sûr, j'appellerais la police.
Ça, c'est inévitable. Mais après combien de temps?
C'est ça aussi.
Il se passerait sûrement un délai de prendre
des photos avant.
Est-ce que vous feriez des stories Instagram avant?
Non, ça, jamais pas de story.
Prendre une photo, ça, sûrement.
Moi aussi, je dois l'admettre, moi aussi sûrement.
Mais pour moi, là...
Oui, oui, je ne publierais jamais ça
sur les réseaux sociaux.
C'est ben trop trash.
Non, juste par respect pour la victime.
Je pense que j'appellerais les autorités,
mais j'espère ne pas vivre ça
dans ma vie un jour.
C'est clair.
Je pense...
Comme tu dis, on ne sait jamais comment
qu'on réagirait, mais je pense
que possiblement, j'aurais peut-être
un Hulkurr de surprise, de choc.
C'est pas nécessairement parce que c'est dégueulasse,
mais juste la surprise,
l'événement qui te brasse.
Je pense que possiblement...
Moi, je suis quelqu'un de sensible.
Peut-être que j'aurais un élan comme ça de vomi.
Mais par la suite,
je me connais, je suis quand même quelqu'un de curieux.
Avant d'appeler la police,
je la fixerais longuement,
d'abord pour voir si ça vaut la peine
de m'approcher pour la ramener.
Tu sais, tu dis la scène,
est-ce qu'elle vient juste de tomber
ou t'es où, ça dépend du setup.
Mais j'avais pas pensé à ça.
Mais, outre ça, on dirait
que je me permettrais une seconde,
que je ne verrais pas comme de la curiosité,
même si ça l'est,
que je verrais comme un moment presque mystique
avec cette personne-là.
Une rencontre avec la mort un peu.
Exact, une rencontre que je profiterais.
Je resterais là à la fixer
de loin, à la regarder,
juste pour vivre le moment, payer mes respect.
Là, j'appellerais la police.
Mais, comme tu dis,
on le sait pas.
On ne sait pas comment on réagirait
dans des moments extrêmes comme ça.
Ça peut dépendre de l'état du cadavre.
J'ai l'impression que ça peut jouer
sur ta réaction versus un corps
pas trop abîmé, mort,
versus un corps ultra abîmé.
Ça doit changer l'état d'alerte,
je pense, d'aviser les autorités.
L'endroit aussi possiblement.
C'est sûr que c'est un centre d'achat.
Tu te dépêches à la ramener,
mais si dans le bois, attends.
Laisse les professionnels faire l'entrainement.
Merci pour cette creepy pasta, Seb.
Simon Prej, est-ce que t'es prêt,
toi, à enchaîner avec ton histoire
de spécial Halloween?
Mon anxiété fait que je me sens
jamais complètement prêt, mais je pense que oui.
On est jamais prêt.
Alors on te laisse la parole, mon cher.
C'est plus qu'une histoire, ce que je vous offre
aujourd'hui, plus une analyse, une étude
avec des histoires.
Je pense que j'appellerais mon histoire aujourd'hui
Ouija, es-tu là?
Oh!
Donc, je partirais avec une question.
Est-ce que vous, les gars, vous avez déjà joué à Ouija?
Moi, j'ai déjà joué à Ouija
quand j'étais adolescent,
il y a plusieurs années.
Puis je dois dire que je me rappelle pas exactement
les questions qu'on avait posées
au bar de Ouija. C'était un Ouija traditionnel.
Je sais que maintenant il y a des applications,
il y a des gadgets électroniques et tout ça.
Mais c'était vraiment
un Ouija traditionnel avec le bar
et les lettres et tout ça.
Puis ça avait assez bien marché,
je dois dire.
Oui, c'est à dire que les questions
qu'on posait à l'entité,
je me rappelle plus exactement si c'était la grand-mère
de quelqu'un, une de mes amies
à l'époque. Mais
le Ouija board répondait aux questions.
Donc, ça nous avait assez
foutu la trouille à l'époque.
On en avait pas fait un grand drame.
Mais j'avoue que c'était quand même assez
bizarre comme expérience.
Est-ce qu'il est arrivé des choses
par après dans la maison?
Non, il n'y a pas eu de manifestation.
C'était pas une maison dite hantée.
C'était chez nos parents avec une gang d'amis.
On avait joué à ça.
On avait posé des questions à un esprit.
On avait eu des bonnes réponses,
mais il n'y avait pas eu de manifestation
ou de poltergeist.
C'est drôle. Moi, j'ai jamais osé jouer
parce que j'ai peur.
J'ai trop peur. J'ai trop peur
d'ouvrir la porte à un esprit
maléfique. Oui, mais pour avoir passé
une nuit dans une maison hantée avec Seb,
je suis d'accord. Je suis pas sûr
que t'es le bon cobaye pour jouer
à Ouija.
Honnêtement, j'ai eu plusieurs
propositions dans ma vie. J'ai toujours
refusé. J'ai vraiment peur
d'ouvrir une brèche à l'endroit où je vais être
quand je vais jouer.
J'ai joué quelques fois, dont une fois
avec ma mère.
Ça a été la fois la plus marquante
parce que tout fonctionnait.
Les réponses étaient incroyablement précises.
Ça m'a surpris beaucoup.
C'était des questions familiales
que seuls nous devrions savoir.
Mais il y a une fois, j'ai toujours été
un fanatique d'histoires d'horreur, de cinémas
d'horreur, mais il fut une très très
brève époque dans mon adolescence où je me
suis intéressé à la magie. On parle
de magie blanche, magie noire.
C'était de la curiosité.
J'ai commencé à lire là-dessus et m'informer.
Pour ceux qui connaissent
la région, j'ai grandi à Laval.
Il y avait à l'époque le centre
Laval. Je sais pas s'il y est encore.
Oui, il existe encore. Il existe encore.
Il y avait un magasin qui...
C'était-tu le centre ou les galeries?
C'était comme deux centres d'achat en face de l'autre.
De mémoire, c'était peut-être les galeries.
Il y avait le Bananasoo.
Dans cette place-là, vous vous rappelez de ça?
Il y avait une arcade.
C'est souvent pour ça qu'il y avait un cinéma.
C'est pour ça que les gens allaient là.
Mais moi, j'allais là pendant un bout de temps
parce qu'il y avait une boutique ésotérique.
C'est là que j'ai acheté mes premiers livres
sur la magie noire, magie blanche.
J'étais allé là en disant
que je suis intéressé par la magie noire.
Et là, la madame m'a dit non,
je te laisserai pas faire parce que t'as 15 ans.
Ah oui, OK.
Elle a une bonne raison.
Une très bonne raison.
Mais elle m'a dit, mais regarde,
je te propose ce livre-là sur la magie blanche.
Ça m'a donné beaucoup de conseils de départ.
Ça a pas duré longtemps.
Mon trip, il y a rien qui n'est jamais fonctionné
et j'ai décroché.
Mais cette journée-là, pour me convaincre
que le côté noir de tout ça
était plus dangereux,
elle m'a raconté une histoire de Ouija.
C'est très bref, j'ai très peu de détails.
J'ai aucun nom, j'ai rien.
Mais elle m'a raconté qu'il y a une dame
qui était allée la voir il y a pas longtemps
pour demander
son aide.
Parce que cette personne-là était à bout de ressources,
ne savait plus qui elle allait voir.
Les docteurs,
les autorités, il n'y a plus personne
qui avait de réponse pour elle.
Ce qui s'est passé dans l'histoire,
c'est qu'on a un jeune,
un jeune ado à peu près de mon âge à l'époque,
15-16 ans, qui s'est réuni avec des amis
dans le sous-sol de la maison pour jouer à Ouija.
Et à un moment donné,
ça a l'air que ça a mal viré.
Mais on n'en sait pas plus.
Les amis à un moment donné sont partis
et ça s'est terminé comme ça.
Et le lendemain matin, la mère s'est levée,
appelle son gars qui est
descend dans le sous-sol
et voit son gars qui est assis sur la chaise bercante
à se bercer.
De toute évidence,
elle s'est levée tôt. Donc de toute évidence,
il n'a pas dormi la nuit sur la chaise bercante.
Elle essaie de lui parler et il ne répond pas.
Il fixe le vide.
Il est un peu catatonique.
Et il ne s'est pas
réveillé de sa catatonie.
On ignore ce qui s'est passé.
Les amis disent
que ça a mal viré. On a eu l'impression
qu'on se faisait parler par un démon.
On a fermé ça vite.
On connaît le fameux
classique qu'il faut dire bye au démon
de Ouija, sinon il reste.
Est-ce que c'est ça qui s'est passé?
Est-ce que c'est juste une croyance?
Est-ce que c'est juste dans la tête du jeune garçon?
Est-ce que c'est relié à autre chose? On ne le sait pas.
Mais bref, cette anecdote-là,
c'est la première anecdote aussi marquante
que j'ai eu, moi, de Ouija.
Et ça m'a fait peur pour l'imaginoire.
Je ne serais pas allé là-dedans finalement.
Mais ça me rassure de ne pas avoir ouvert une brèche
quand j'entends des témoignages comme ça.
Par contre, avec le temps, et c'est ça qu'on va faire aujourd'hui,
on va démystifier un peu le Ouija.
Je vous rassure, on va avoir des anecdotes,
des histoires, mais d'abord,
c'est quoi le Ouija, c'est quoi son histoire?
On y entre, en fait, son origine
est réelle, de même que l'année
de sa création. On a pu retracer des
équivalents datant d'aussi loin que
l'an 540 avant Jésus-Christ,
période durant laquelle nulle autre
que Pythagore l'a réutilisé.
Ah oui!
Sa secte organisait souvent des séances mystiques
avec un système similaire à la planchette
et ces messages étaient considérés comme des révélations
d'un autre monde. Au final,
ces possibles origines sont nombreuses
et ancestrales à un point tel
qu'aucune culture ou religion peut s'attribuer
à son invention.
Des siècles avant la naissance de Confucius,
en Chine, on utilise déjà le Ouija,
c'est considéré comme une manière
sans danger de communiquer avec les
esprits des défunts.
À Rome, la planche est déjà populaire
au troisième siècle. Dans un cas
célèbre, trois personnes auraient prédit
le nom du successeur de l'empereur à travers
Ouija. La nature humaine étant
ce qu'elle est, on a ensuite
jugé ces gens-là pour trahison
et Théodosius,
le supposé successeur, a été exécuté.
Au XIIIe siècle,
au Tartare, les Mongols utilisaient
le Ouija comme outil de divination
pour les aider dans leur prise de décision.
En Amérique du Nord, longtemps avant
l'arrivée de Christophe Colomb,
les Amérindiens utilisaient déjà un instrument
qu'ils appelaient, puis là,
je n'ai pas la prononciation exacte,
c'est un mot que j'ai beaucoup de misère à prononcer,
mais skdilatk,
c'est S-K-D,
déjà ça part mal, I,
donc skdi,
la-L-A-T-K,
latk, donc skidlatk,
en tout cas.
Donc c'était un système très similaire
au Ouija. Ils s'en servaient entre autres
pour retrouver des personnes disparues.
En France, le spiritualiste
Monsieur Planchette,
et come on, ça ne s'invente pas,
invente en 1853
une première version ressemblant plus à la version moderne.
Mais la croyance générale
est que l'inventeur de la planche Ouija serait un Américain
du nom de William Fould.
Il a tenté de breveter en 1892
son invention,
mais il y avait déjà un brevet pour ça,
donc déposé auparavant par Elijah G. Bond.
Selon l'histoire
racontée dans le
American Heritage d'avril 1983,
Fould aurait acheté les droits
à Bond pour ensuite déposer
un nouveau brevet à son nom.
Par la suite, il lance sa compagnie,
la Southern Novelty Company
de Baltimore.
Elle va ensuite changer de nom pour la
Talking Board Company.
Il l'appelle la planche parlante
Oriole. Même s'il a fait fortune
avec sa planche, Fould avoue
ne pas être un utilisateur de son produit.
En fait, il a utilisé la planche une seule
fois et il lui a demandé
de lancer la compagnie.
Ça a tellement bien été qu'il n'a jamais
rejoué à Ouija de peur
qu'elle lui demande de faire autre chose.
Ça lui suffisait.
La popularité de la planche monte
en flèche pendant la Première Guerre
mondiale. Des milliers de personnes
se sont tournées vers Ouija pour tenter
de contacter leurs proches.
Il n'y a rien de surprenant.
Les ventes augmentent à chaque période
de catastrophe, de guerre ou autre tragédie.
C'est connu.
En fait, c'est ça qui est drôle.
Dans des moments d'incertitude, l'humain
a besoin d'horoscopes, d'astrologie,
de numérologie, de Ouija
pour nous rassurer,
nous guider sur ce qui s'en vient.
On a toujours besoin d'une
force plus grande que nous
pour nous aider là-dedans.
On a besoin de s'ancrer à quelque part.
Exact, c'est très humain.
En fait, c'est les fondements de la religion.
Plus les temps sont durs,
plus les ventes sont bonnes.
Les années 30, 40 et 60
sont les plus payantes pour les fabricants de Ouija d'ailleurs.
J'ai trouvé un article
du New York Tribune
datant du 24 décembre 1919.
C'est pas rien.
Affirmant que le Ouija a remplacé la Bible
chez les étudiants universitaires.
C'est quelque chose.
D'ailleurs, à un certain point,
le journal Baltimore Sun va engager
quelqu'un uniquement pour répondre
aux questions du public sur le Ouija
tellement ils en reçoivent.
C'est quelque chose.
Finalement, en 1966,
la compagnie Parker Brothers,
le plus grand producteur de jeux pour enfants
à l'époque, dont le Monopoly
à cette époque-là,
achète les droits de la planche
et déménage la production de Baltimore à Salem
dans le Massachusetts.
La première année, d'ailleurs, ils vont vendre
plus de 2 millions de planches Ouija
dépassant les ventes du Monopoly.
Mais dans la ville de Salem?
Oui, je le sais.
Il y a plusieurs Salems, hein?
Ah oui, ça je ne savais pas.
C'est un peu comme un Springfield, j'imagine.
Mais avoue que dans le nom Salem,
me semble que ça a une connotation
diabolique. C'est clair.
C'est des drôles de hasards, quand même.
J'ai essayé de trouver quelque chose
sur ce hasard-là, mais je n'ai rien trouvé.
Donc, toute est place à interprétation.
Mais la question persiste.
Est-ce que c'est un
jeu qu'on peut vendre aux enfants
ou est-ce un outil de spiritisme dangereux?
En ce qui concerne la justice,
la question est réglée depuis
cent ans. En 1920,
le gouvernement américain décrète
que le Ouija est un jeu
et donc qu'il est taxable.
Alan Fisher, une représentante
de la Talking Board Company,
conteste la décision en prétendant que c'est
de la médiumnie amateur et donc
que ça ne peut être considéré comme un jouet.
La compagnie perd sa cause
et le jeu est taxé depuis.
Même si le jeu, j'admets que le Ouija
est dans une classe à part,
mais il est tout de même vendu
comme un simple divertissement social.
Malgré tout le mystère
qui l'entoure,
il est considéré comme un jeu et donc
taxé comme un jeu. Mais t'sais,
c'est assez ironique que la compagnie prétende
que ce n'est pas un jeu alors que tout
son succès repose sur le fait qu'il est
vendu dans les magasins de jouets.
Mais comment fonctionne la
planche? Là, je m'excuse
d'avance, mais la réponse que je vais vous
donner n'est pas celle que vous voulez
entendre. Je vais vous préciser. Ben non,
je préfère vous prévenir
si vous préférez continuer dans votre
rêve de licorne.
Vous pouvez sauter 30 secondes
une minute le temps que je donne
la théorie qui est la plus plausible
jusqu'à présent. Et pour cette
théorie-là, je me suis quand même
plongé dans la science.
Soyons honnêtes.
Comment fonctionne la planche?
Les déplacements
de ce que certains surnomment la
goutte, l'espèce de
goutte en plastique qu'on a aujourd'hui
sur le board, le genre de pointeur,
exactement, le pointeur,
serait dû à un phénomène psychologique
appelé idéomoteur,
qui est un concept qui est quand même
récent en science. En gros,
l'effet idéomoteur est un mouvement
musculaire inconscient
et involontaire. C'est un
mouvement physique qu'on ne
contrôle pas. Donc un exemple
qui ressort souvent est lorsqu'on s'endort
et que soudainement on a l'impression de
tomber. On a tous vécu ça une fois.
Oui, bien oui. Bien oui. Évidemment,
ça nous réveille en sursaut.
Ce genre de mouvement involontaire peut
arriver lorsqu'on est éveillé.
Mais le geste est beaucoup moins brusque
et beaucoup plus subtil. Alors la
majeure partie du temps, on s'en rend
pas compte en réalité.
C'est normal, le corps doit mieux l'anticiper que quand
tu dors. Ça doit être pour ça qu'on le
ressent moins. Peut-être, oui.
Donc, pendant une séance de Ouija,
notre cerveau crée inconsciemment des
images en réponse aux questions posées
à Ouija. Il transfère
ensuite les mouvements au corps, mais
sans que l'on soit conscient de l'influence.
Donc, comme toute notre attention
est concentrée sur la goutte,
nos mouvements inconscients y sont
canalisés en quelque sorte, le
faisant bouger en fonction de nos pensées.
Et si vous en doutez, essayez
de jouer à Ouija avec les yeux bandés,
vous verrez qu'il ne se passera
rien du tout, les esprits deviennent
muets. Pour en savoir plus,
je vous invite à lire les essais scientifiques
du physicien Michael
Faraday, du chimiste
Eugène Chevreuil,
et des psychologues
William James et Ray
Hyman, H-Y-M-A-N,
si ça vous intéresse, sont facilement
trouvables sur Google. Alors, désolé
de briser la magie, il n'y a aucun
miracle, mais il faut bien l'admettre,
le pouvoir de l'esprit nous joue des tours
plus souvent qu'on le croit. Vous
en pensez quoi de cette théorie-là?
C'est sans doute
la vraie théorie,
je dois dire. Malheureusement,
même si quelque part, il y a
une certaine cohérence, mais on se rend compte
aussi que souvent avec
ces jeux-là, même
dans les versions électroniques, c'est
le cerveau qui a tendance à faire les liens
entre les différents mots, les différentes
lettres que ça génère.
Donc souvent, c'est notre propre
cerveau qui génère toutes ces
cohérences-là.
Mais on appelle ça la pariidolie.
Pariidolie,
la définition, c'est donner un sens à quelque
chose qui n'en a pas. Le meilleur
exemple qui sort en majorité, c'est
regarder les nuages et voir un lapin.
Ce n'est pas un lapin, mais ton
cerveau a besoin de donner
un sens. Il va voir des
choses qui, en réalité, ce n'est pas
ça. Mais oui, on en avait parlé aussi
dans l'histoire de Dear David, entre autres.
Exactement. Mais le cerveau a besoin
de ça, parce que pour coller de l'information
dans le cerveau, il faut qu'il l'attache à quelque chose
de concret. C'est pour ça qu'on a de la misère
à intégrer de la matière
abstraite. C'est pour ça qu'on la transforme en matière
plus concrète, justement, de transformer
un nuage qui a l'air d'un lapin en disant que c'est un
lapin, même si on sait très bien que ce n'est
pas un lapin. Mais là, assez d'explications.
Ce que vous voulez, c'est des
histoires. Ça n'a pas été
facile à choisir. Il
existe tellement d'histoires et d'anecdotes
savoureuses, mais j'en ai choisi une
que j'aime beaucoup, mais là
Ouija, meurtre et enquête
criminelle. Je veux parler du
meurtre de Clotilde Marchand,
une affaire surnommée Le scandale
du siècle. Donc, je vous amène
avec moi le 6
mars 1930 à Buffalo,
aux États-Unis. Le jeune
Henri Marchand arrive chez lui après une
journée d'école à, je ne sais pas,
dessiner des triangles, disons.
À son arrivée,
face à une vision d'horreur, sa
mère, Clotilde, est décédée,
couchée au solde dans l'entrée au bas
des marches. Les autorités sont appelées
sur les lieux rapidement et une enquête
est ouverte. À priori, on croit qu'elle
est tombée dans les escaliers. On se rappelle
qu'on est dans le mois de Marche,
mais l'optopsie
a révélé plusieurs entailles
sanglantes, une odeur forte de
chloroformes et des traces de luttes
sur le corps de Clotilde.
On interroge son époux, qui est
plus l'autre que Henri Marchand,
sculpteur français célèbre,
ancien élève d'ailleurs de Rodin.
Donc c'est pas n'importe qui.
Bref, après leurs entretiens
avec le sculpteur, les enquêteurs
sont sur la piste d'une certaine
Elila Jimerson. On procède à
son arrestation et on l'amène au poste
pour être interrogé.
Il va accuser une dénommée Bowen
d'être responsable du meurtre.
La dame en question est Nancy Bowen,
une autochtone d'origine
d'Iroquois de 68 ans
et connue comme une guérisseuse.
Bowen est donc arrêté et
interrogé à son tour et là,
tous les morceaux du casse-tête s'emboîtent.
Jimerson aurait convécu Bowen
que Madame Marchand, la victime,
aurait été une sorcière.
Elle aurait utilisé ses pouvoirs
pour assassiner l'époux de Bowen
récemment décédé,
Charlie Bowen, lui aussi
guérisseur autochtone.
Les deux femmes ont pendant quelques jours
joué à Ouija pour trouver des réponses
et enfin comprendre la mort de Charlie.
Ils auraient reçu des messages
directement du défunt à travers
la planche Ouija.
Charlie leur aurait dit « ils m'ont tué ».
Les femmes ont demandé « qui »
et une lettre à la fois à la planche
à appeler « Clotilde »
avant de donner l'adresse exacte
de notre victime en devenir.
Curieusement, Jimerson a ensuite
affirmé qu'elle connaissait une femme
portant ce nom, Clotilde Marchand,
la femme du sculpteur qui l'a souvent
engagé comme un modèle pour ses œuvres.
Mais ça ne s'arrête pas là.
Par la suite, Bowen va commencer à recevoir
plusieurs lettres par la poste,
tous signées par une certaine
Miss Dooley. Les lettres expliquent
que Clotilde Marchand est effectivement
une sorcière et qu'elle aurait jeté
un mauvais sort à Charlie par
jalousie. Jalousie de quoi?
On ne sait pas. Peut-être que Charlie
avait publié un livre et
lancé son émission de TV,
mais pas Clotilde, alors
elle s'est vengée, je sais pas.
Je lance des théories, hein, on brainstorme,
il n'y a pas de mauvaise réponse.
Dans une des lettres, Miss Dooley dit
que la magie de Clotilde n'avait pas fonctionné
comme elle l'espérait, alors elle aurait donc
décidé de la tuer et la vieille
guérisseuse serait la prochaine
sur la liste. Le jour du drame,
Bowen est allé cogner à la porte
de Clotilde Marchand et dans son
anglais approximatif, elle a confronté
et l'a accusé d'être une sorcière.
Puis Bowen sort un marteau de son
sac et se met à battre Clotilde.
Elle termine le travail en
forçant une boule de papier imbibie
de chloroforme dans sa gorge.
Au procès de Jimmerson, Henry
Marchand va admettre à la barre qu'elle
était une de ses maîtresses.
Ou plutôt, devrais-je dire, une de
ses trop nombreuses maîtresses,
dont plusieurs autochtones d'ailleurs.
Il a même affirmé que séduire les femmes
autochtones était devenu une sorte de nécessité
professionnelle parce que ça les
restait à être modèle pour lui.
Il prétend aussi que sa femme était
consentante à son style de vie polygame.
Mais comme elle est décédée,
qu'est-ce qu'on en sait?
Il va y avoir plusieurs problèmes au procès,
je vous évite les détails moins intéressants,
mais au final, c'est au cours du deuxième
procès que Jimmerson va admettre,
finalement, qu'elle était tombée follement
amoureuse de Henry Marchand.
Elle affirme malgré tout ne pas être
responsable du meurtre. Elle ira même
jusqu'à accuser Marchand de lui avoir
demandé de se débarrasser de son épouse
parce qu'il était tanné d'elle.
Surprenamment, Jimmerson va être déclaré
non coupable et libéré. Bowen
va toutefois plaider coupable aux accusations
de meurtre. Considérant son
âge avancé et le temps qu'elle a déjà passé
derrière les barreaux, elle va être libérée
suite au procès. Entre temps,
Henry Marchand a quitté Buffalo pour s'installer
à Albany et épouser
la nièce de 18 ans de sa
défunt de femme. Il ne sera
jamais accusé.
Ok.
Donc là, on a
Widja. Je l'ai dit
tantôt, je vais vous décevoir parce que c'est
pas le genre d'histoire que vous voulez entendre.
Vous voulez entendre des histoires où un démon sort
de la planche. Mais là, dans
cette histoire-là, Widja a été un
outil pour manipuler
une personne, pour la pousser
au meurtre. Et ça, c'est faux.
Ben oui, c'est encore pire. C'est flayé.
Moi, je l'adore pour ça.
Tu dis, ok, la femme,
Bowen, c'était une vieille
guérisseuse qui croyait au mystisme,
aux esprits et tout ça.
Ok, prendre cette ligne-là
pour la manipuler, c'est vrai que ça
fait du sens. Mais
prendre Widja et faire croire
des affaires, ça, c'est flayé
pour la psyche qu'on meurte.
Vraiment, vraiment. Ça ne sonne pas
les histoires. Il y a quelque chose qui m'énerve
un peu avec les anecdotes de Widja.
C'est la tendance journalistique à ne
pas mentionner des détails très importants
d'une affaire pour la rendre plus sensationnelle.
J'ai deux exemples pour vous.
En juin 2014, trois
Américains d'origine mexicaine décident
de jouer à Widja. Alexandra
Huerta, de 22 ans,
veut parler avec ses parents décédés.
Elle est accompagnée par son frère Sergio,
23 ans, et son cousin,
Fernando Cuevas, 18 ans.
Au bout d'à peine quelques minutes à jouer,
Alexandra commence à avoir des
convulsions. Elle se met à hurler
qu'elle reçoit des visions d'horreur.
Elle est hystérique et elle se frappe.
Et c'est pas un creepypasta.
On a une vidéo d'elle en train
d'être embarquée dans l'ambulance.
Elle a vraiment l'air d'être possédée.
Il faut l'admettre.
Ce que je déplore, c'est la manière de le
raconter. N'oublions jamais qu'on peut faire
dire ce qu'on veut au mot. Il est facile
de prendre cette histoire et de prétendre
qu'Alexandra a de toute évidence
invité un démon dans sa maison
et qui a pris possession de son corps.
Mais ce que certains articles ne disent
pas, et ce qui est pourtant d'une importance
capitale, c'est que pour contacter les
esprits, Alex avait consommé
du Brugmandia.
Qu'est-ce que c'est?
Exactement. Mais que c'est ça, me direz-vous?
C'est une plante, une fleur
de la famille des Solanaceae
qu'on a longtemps confondue
comme faisant partie de la famille
Datura.
Ça vous sonne peut-être une cloche
le Datura. Mais bon,
dans les andes péruviennes, le
Brugmandia est cultivé depuis toujours
pour fabriquer des concoctions chamaniques
causant des tranches violentes.
En gros, c'est une plante toxique
potentiellement mortelle.
Normalement, seuls les chamans expérimentés
l'utilisent, considérant ces risques.
Selon la croyance traditionnelle,
le Brugmandia punit sévèrement
les personnes qui lui manquent de respect.
En Colombie, on croit que la
plante est habitée par un esprit maléfique.
Bref, Alexandra n'était pas
possédée, mais en bas de tripe
sur une drogue dangereuse.
C'est une genre de Yahuasca de l'époque?
Ouais, non, mais
ça existe encore aujourd'hui.
C'est une fleur, ça se trouve partout.
En fait, si tu sais où la trouver,
si tu sais comment la faire pousser,
c'est au dos des graines, c'est une fleur.
Mais c'est pas quelque chose qui est très populaire ici.
Ce que je vous ai raconté,
c'est ce que j'en sais en réalité.
Mais là,
j'ai un dernier cas qui me fascine,
mais auquel on peut vraiment faire dire
bien des choses. Dans le même
thème encore de comment
on raconte les choses.
31 janvier 2015, dans
le comté de Durham, en Caroline du Nord
aux États-Unis. Un incendie éclate
et les pompiers sont appelés.
À leur arrivée sur les lieux, il y a une grosse
explosion alors que deux femmes sortent
de la maison pour s'effondrer sur le
terrain. On va apprendre que les deux
femmes ont elles-mêmes mis le feu à leur maison
après avoir avalé un cocktail de
pelule suite à une séance
de Ouija. Finalement, à la dernière
minute, les femmes ont changé d'idée,
cancelé le suicide et sont sorties de la
maison en proie aux flammes.
Il s'agit de Katharina et sa
mère, Margaret Carroll,
qui se prétend être une sorcière
noire. Ça a lieu à peine
un mois et demi après que son époux,
Paul Carroll, ait été trouvé
coupable de maltraitance animale
à la veille de Noël 2014.
Il a tué et démembré le
chien familial.
Donc, on peut s'arrêter ici
et prétendre que c'est une petite
famille qui a perdu la tête à force
de jouer à Ouija. Et c'est
justement ce que certains articles
ont fait. Peut-être ont-ils
éveillé un démon qui leur a ordonné
d'incendier la maison,
mais si on creuse et qu'on lit
les bons articles, on comprend
un peu plus qu'est-ce qui s'est passé.
Premièrement, pour le chien, Paul Carroll,
simple imbécile cruel,
a noyé le chien dans la baignoire
accusant un esprit de la planche
Ouija. Par la suite, il a essayé
de l'enterrer derrière un pub,
mais il s'est fait prendre. Il a
ensuite démembré l'animal pour le
cacher quelque part, mais on comprend
vite que c'est Paul et les restes du
chien sont recueillis par le RSPCA,
qui est l'équivalent de
la SPCA ici. En plus
du deuil de son chien, Margaret
avait peur que cette histoire, connue
par tout le voisinage, les isolerait
de la communauté et c'est ce qui
est arrivé. Plus personne ne voulait leur parler,
il y a que la famille proche qui voulait encore
leur adresser la parole. Elle
avait tellement honte.
Mais elle n'en était pas à ses premiers déboires
et elle n'est pas complètement
innocente. D'abord, ses enfants
lui ont été enlevés et mis en famille
d'accueil parce qu'il était mal traité,
mais j'en sais pas plus à ce sujet
malheureusement. Bref, il ne
lui restait que son chien auquel
elle s'accrochait. Autre point
important, c'est une femme qui avait des
problèmes mentaux. Elle
entrait et sortait de l'hôpital psychiatrique
depuis sa jeune vingtaine, mais
les derniers temps, son état
s'était aggravé. Elle avait des
hallucinations et se croyait impliqué dans le
monde des esprits. Elle se considérait
comme une sorcière. Quand on a
le fond de l'histoire, on réalise vite que
le Ouija a rien à voir dans cet
incendie. Malheureusement, c'est
tellement plus sensationnaliste d'écrire
« Une femme, elle brûle sa propre maison
après une séance de Ouija ». Alors,
vous devinez que la plupart des journalistes
ont joué cette partie. Les deux femmes
ont été reconnues coupables d'incendies
criminels et condamnées à quatre ans
de prison.
C'est toute qu'une histoire.
Mais tout ça, on va
se le dire, c'est une histoire, celle-là,
puis même l'autre précédente, c'est des histoires
extrêmement tristes. Les Mexicains
ont survécu, ils ont juste fait un bad trip,
ça arrive. Pour ce qui est de
cette famille-là, c'est un petit peu plus
sombre, mais il reste que
si vous cherchez sur cette histoire-là,
vous allez vite vous rendre compte que chaque titre
d'article est sur la
blanche Ouija.
Mais c'est particulièrement secondaire
à l'histoire, le Ouija au final.
Oui, exactement, ça fait
faire des clics. Exactement.
Les histoires les plus extraordinaires
de Ouija que j'ai trouvé d'ailleurs, c'est
tout ça. Quand tu fais ta recherche, tu te rends compte
qu'il y a autre chose. Pour conclure,
si vous en voulez plus, je vous en donne
des positives sur lesquelles vous pouvez fouiller un peu.
Il existe plusieurs livres supposément
écrits par des esprits, par l'entremise
de Ouija. Les histoires derrière
sont fascinantes et
je nous laisse des doutes sur le pouvoir
de la fameuse planchette
du diable, parce que j'ai pas expliqué ma
théorie tantôt. Il y a plusieurs histoires
qui laissent des doutes.
La plus fascinante, c'est le livre
de Sory Tell,
de Pearl Lenore Curran
et Patience Worth. Lisez là-dessus,
c'est malade. Il y a aussi
Japp Herron par Emily Grant
Hutchings, mais supposément qui inclut
plusieurs parties écrite par
Mark Twain, l'auteur via
Ouija, et The Set
Materials, Jane Roberts
et Set étant l'esprit.
Un petit dernier, A View
from the Other Side,
de Mary Maraserek
et l'Esprit de Jane
Roberts. Et aussi,
saviez-vous qu'on a
retrouvé la symphonie disparue de
Robert Schumann, compositeur
allemand du XVIIe siècle. Ça a été
retrouvé grâce à Ouija.
Allez lire là-dessus, c'est fascinant.
Je ne vous en dis pas plus.
Wow! C'est instablie. Merci, Simon.
Oui, merci, Simon, pour ces histoires
effrayantes-là. On jouera plus
à Ouija de la même façon, je pense.
J'avais raison de jamais jouer.
On sait jamais ce qui se cache
derrière. Il reste une seule
histoire, les gars. C'est la mienne.
Mais avant toute chose,
on a quand même un petit segment
spécial parce qu'on a ramené
la chronique nécrologique
d'As Moriens. Oh oui!
C'est maintenant l'heure de la chronique
nécrologique. Ce bref moment de dernier
hommage qui nous fait réaliser
combien l'être humain est fragile.
Emile, j'aimerais savoir si tu commences.
Oui, avec joie.
Pour cette chronique nécrologique,
moi, je voulais aborder
le cas d'une nouvelle cause
de mort qui est vraiment en vogue
depuis quelques années.
C'est le selfie. Depuis 2011,
environ depuis que le selfie
est une chose en soi,
imaginez-vous donc que plus de
259 personnes sont
décédées en tentant de prendre
une photo parfaite de soi-même.
Voyons donc. Oui.
Et ce chiffre ne fait que grandir
puisqu'il y a eu seulement trois morts
en 2011, mais
98 en 2017.
Donc, cette tendance
est fort inquiétante pour l'humanité.
Je tenais à vous en parler aujourd'hui
parce que je ne suis pas sûr, Simonque,
dans Ars Moriendi, de soulever vraiment
le problème. Non, on n'est pas là-dedans.
Les chiffres me jettent à terre.
Sérieusement, je ne pensais pas que
c'était si nombreux. C'est immense.
Quelques histoires pour vous. En juin
2015, entre autres, dans la région
des Wales, donc au Royaume-Uni,
un homme serait décédé
fracassé par la foudre
qui aurait assailli son selfie stick
alors qu'il faisait une randonnée
et qu'une tempête inattendue est tombée
sur la région.
Donc, il y a deux hommes dans cette région-là
qui faisaient une randonnée.
À ce moment-là, il y a une tempête. Apparemment,
ça a été une grosse tempête surprise.
Une thunderstorm et le selfie stick
aurait été vraiment...
aurait attiré la
foudre vers lui-même, ce qui l'aurait tué.
C'est comme un paléatoneur, finalement.
Oui, c'est fait de métal.
C'est drôle
mais c'est pas à la fois.
C'est pas de leur faute en même temps.
Il pleuvait. Qu'est-ce que tu veux?
Exactement. Il y en a plein d'histoires comme ça.
Une autre que je veux vous parler,
c'est celui de l'instagrammeuse
du nom de Gigi Wu.
Elle vient de Taïwan.
Elle est connue pour prendre des photos
en bikini au top des montagnes
les plus impressionnantes d'Asie.
J'aime ça!
Elle s'embarque
dans une grande randonnée
en solo dans le Yushan National Park
à Taïwan.
La randonnée doit lui prendre
environ quelques jours et le fait ça en solo.
C'est quand même pas rien.
Ça devrait l'amener vers des sommets
de plus de 10 000 pieds.
Imaginez-vous qu'alors qu'elle tentait
de se rendre au top pour prendre
un de ses fameux selfies en bikini,
elle a fait une chute de plus de 100 pieds
dans une crevasse.
La pauvre, elle a quand même combattu
longtemps. Elle est restée là pendant
plus de deux jours dans la crevasse.
Toujours en vie, en attendant
les secours. Elle avait un téléphone
satellite. Elle était toute seule?
Oui, elle faisait ça en solo. Quelle mauvaise
idée faire des excursions comme ça, toute seule.
Il y a une tendance aussi.
Il y en a qui font des choses
en solo. C'est bon pour l'estime de soi.
Faites pas ça!
Elle a attendu
les secours. Ils ont tout tenté,
les hélicoptères, tout ça.
Malheureusement, quand ils ont réussi
à parvenir à elle, la jeune femme
avait succombé à l'hypothermie.
Donc, malheureusement.
Et si je continue, il y a plusieurs statistiques
quand même qui existent par rapport à cette
nouvelle vague de taux
de mortalité par le selfie.
Entre autres, l'Inde est le pays champion
des morts, avec
159 décès depuis 2011.
C'est beaucoup. La Russie
et les États-Unis suivent en deuxième
et troisième rang.
72 % des victimes sont des hommes,
malgré le fait que les femmes
n'ont plus tendance à prendre des selfies.
Mais les hommes, j'ai l'impression,
n'ont plus tendance à prendre des selfies risqués.
Comme dans la vraie vie,
souvent, on dit même que le cerveau
du gars n'est pas développé.
Avant l'âge de 21 ans, l'évaluation
du risque versus la femme
doit sûrement jouer dans cette statistique.
Ça ne me surprend pas beaucoup.
La cause de mort la plus
répandue, c'est la noyade.
Souvent, c'est les gens qui vont prendre
des photos par exemple sexy sur le bord
de la plage et qui ne vont pas venir
une vague immense qui va
les ramasser et éventuellement les noyer.
Ou encore les gens qui vont être
sur le top d'une falaise par exemple,
qui vont prendre un selfie, qui vont tomber,
ils vont se noyer par la suite.
On le dira jamais assez, apprenez à nager!
Certains endroits en Inde,
entre autres à Mumbai, dans des parcs nationaux
ou encore au sommet de certains édifices
doivent d'ailleurs interdire
la prise de selfie parce que c'est un
problème trop sérieux chez eux.
Les États-Unis, eux,
mènent dans la catégorie arme à feu,
évidemment avec le plus grand nombre
de morts causés par des selfies
prises avec des armes à feu.
Donc les États-Unis sont champions
dans cette catégorie-là.
Et évidemment, il ne faut pas oublier,
en guise de conclusion, ce n'est pas le selfie
lui-même qui cause la mort, mais plutôt
le risque qui vient avec le plaisir
d'avoir l'air cool.
Et tout ça, évidemment, c'est selon l'étude
du Journal of Family Medicine
and Primary Care.
Donc c'est une étude sérieuse qui confirme
que le selfie est vraiment une cause
de mortalité de plus en plus en hausse.
C'est ce que je dis, moi, dans ce temps-là,
avec ma gang, avec my chums,
l'élite, l'élite.
Pourquoi? Pour l'élite
intellectuelle.
Le karma est comme...
On dirait que dans le cas des selfies,
on dirait que le karma parle aussi
de certaines manières. C'est pas que les gens
méritent ça, mais on dirait que des fois,
les gens se mettent dans des situations tellement
ridicules, à risque, juste pour
prendre une photo d'eux-mêmes.
Ceux qui font de l'escalade de buildings
ou de tours, ils sont à des...
Ils ont un kilomètre dans les heures.
Qu'est-ce que tu fais là si t'attends pour ta photo?
Ils trippent, mais il y en a qui aiment ça.
Je sais que ça fait partie
de la ligne junkie.
Puis même,
j'ai un certain respect pour le courage
que ces gens-là ont quand même.
C'est sûr qu'il y a des
malchances dans la vie.
Les gens qui prennent des selfies, c'est des malchances
qui meurent, mais c'est vrai qu'ils prennent plus de risques.
Souvent, ils évaluent pas le
risque versus la photo.
Et à toi, mon cher Simon.
En 1994, aux États-Unis
ou d'autres,
on a un jeune étudiant
mort en pleine fabrication de son
costume de Dracula pour Halloween.
Il voulait avoir un
couteau qui sort de sa poitrine.
Il a eu l'excellente idée d'attacher
une planche de pin sur son chest,
sur sa poitrine, pour y planter
le dit couteau. Le problème
est dans la technique utilisée.
Il a planté le couteau à l'aide d'un marteau
dans la planche de pin.
Pendant qu'il portait
la planche sur sa poitrine,
le couteau a traversé le bois
et est allé directement au coeur,
le tuant presque sur le cou.
C'est comme un peu un haraquerie.
Mais quel imbécile!
Je veux dire, clouer à côté
ta planche, puis tu te le mettra sur le chest
après! J'en ai une autre petite
vite comme ça dans la même thématique.
J'appellerais même ça
un cliché qu'on pense avoir vu
uniquement dans les dessins animés
ou au cinéma. Mais non,
la bêtise humaine ne cessera jamais
de nous surprendre. Le 31
octobre 1998,
un Canadien décide de se costumer
en momie. Et là,
je parie que vous savez déjà
où je m'en vais.
Il s'est enveloppé de la tête au pied
de Watt. Au lieu d'utiliser du papier de
toilette, qui est plus classique, il a utilisé
de la Watt, des petites boulettes de coton
qui s'est collé partout sur le corps.
En attendant que sa copine termine son costume,
il s'est allumé une cigarette avec
toute la négligence du monde.
La Watt a évidemment pris feu.
À l'arrivée des pompiers,
le costume avait brûlé en entier,
mais le garçon était toujours vivant
et répétait « c'est ma faute, c'est ma
faute » de peur qu'on accuse sa copine.
Il est décédé le lendemain
malheureusement à l'hôpital des suites
de ses blessures. Si vous ne le saviez
pas déjà, je pense que
vous ne vous demanderez plus pourquoi
on a des costumes d'Halloween ignifuges
depuis Bellurette.
Oui, ça fait du sens.
Oui, c'est vrai, pareil.
On s'en rend pas compte.
Depuis l'année 60, en fait,
on a des costumes ignifuges, d'ailleurs.
Il a dû avoir un accident à l'époque,
puis on a fait « non, non, non, protégeons nos enfants ».
Il faut tellement protéger les enfants.
Mais c'est toujours ça qui arrive.
Après ça, on balise des Watt
et on protège. C'était ton tour.
Qu'est-ce que tu as pour nous?
Oui, j'enchaîne avec un macronique
nécrologique. J'ai adoré l'expérience
de choisir une histoire comme ça.
C'était vraiment cool.
Je pense qu'on va te voler le concept.
Allez-y, ça ne m'appartient pas.
Aujourd'hui, je vous parle de l'histoire
de Bernd Brandes, 43 ans.
C'est un ingénieur allemand de Berlin
qui travaille dans le domaine de l'informatique
au début du mois de Mas 2004
et consulte une petite annonce sur Internet
qui attire son attention.
L'annonce dit ceci.
« Je cherche un homme bien bâti,
âgé entre 18 et 30 ans
et qui accepterait d'être mangé par moi. »
C'est assez particulier,
si vous tombez sur ce style d'annonce-là.
On dirait que...
Ce n'est pas le genre de réponse
de l'annonce qui m'attire.
Notre premier réflexe va aussi penser
que c'est une joke.
Ben oui, qui est sérieux de ça?
Moi, déjà là, je trouve ça vraiment étrange.
Bref, Bernd, oui, il a une petite amie.
Sa vie va bien.
C'est un professionnel prospère.
Il est financièrement stable,
mais par contre, il souffre de problèmes mentaux.
Il répond à l'annonce.
On dirait qu'il a envie d'être mangé,
il a envie un peu de mourir.
Il discute avec l'homme derrière l'annonce
qui s'appelle Armin Maywest,
avec la messagerie, en fait.
Il discute tout le long de la discussion.
Il discute de comment la soirée
allait se dérouler, comment il allait se faire manger.
Sincèrement, si vous voulez aller voir les détails,
la reproduction du tchat est disponible en ligne.
C'est...
Comment dire?
C'est assez particulier, sincèrement.
J'étais mal à l'aise quand je disais ça.
Il se fixe un rendez-vous pour la soirée du 9 mars.
Le soir fatidique,
les deux hommes montent dans la chambre de...
dans la chambre de l'homme.
Il avale...
Mr. Brendan avale 20 somnifères
et une demi-bouteille de schnapps
avant de se faire, disons,
découper par Maywest.
Il commence, écoutez ça,
il commence par lui couper le pénis,
parce que dans les discussions,
il discutait qu'il avait envie de goûter
c'était quoi un pénis, puis l'homme,
Brendan, il accepte de se faire couper le pénis,
de le manger.
Il le fait frire.
Vivant, là, il fait frire son pénis,
puis il le mange, il accepte de le manger
devant lui.
Ensuite, il saignait abondamment,
il prend un bain, et pendant ce temps-là,
Armin Maywest, qui est le cannibale,
lui lit un roman de Star Trek.
Avouez que c'est tellement
fucké comme histoire, puis c'est une vraie histoire.
Aux premières heures de la matinée,
il achève de tuer sa victime
en la poignardant au cou avec un grand couteau de cuisine,
mais il l'embrasse
avant de la tuer.
C'est tellement bizarre, moi,
ça me met tellement mal à l'aise.
Le cannibale a ensuite coupé Monsieur Brendan
en différents morceaux,
en plusieurs morceaux, en fait, il l'a mis dans le congélateur
à côté d'une pizza, il a enfoui
le crâne dans le jardin.
Au cours des semaines qui ont suivi,
l'acte, il a décongelé et cuit
des morceaux, il les a cuisinés
dans l'huile d'olive, dans l'ail,
il a même consommé jusqu'à 20 kilos
de chair humaine avant que la police
le trouve et l'arrête.
Ce qui est étrange, c'est que lui, il expliquait que
dans Jeanne, il a lu que le sang,
c'était bon pour la santé,
que le sang contenait des minéraux
essentiels à la santé.
C'est faux, on pourra en parler après.
C'est un peu étrange, je comprends ce qu'il veut dire.
Notre corps, notre sang
transport nos vitamines, nos minéraux
et tout ça pour le corps, mais de manger
ou boire le sang de
quelqu'un d'autre, c'est un peu particulier.
Oui, pour le moins dire.
Oui, puis lui, il dit que sa mémoire à chaque bouchée
d'être humain qu'il prenait,
sa mémoire s'améliorait.
Lui, c'était ça son lettre motive,
sa motivation. Il est
arrêté, évidemment, derrière les barreaux, il a dit
au détective qu'il a consommé sa
victime avec une bouteille de vin rouge au sud.
Il a sorti les meilleures couverts
et il a même décoré sa table avec
des bougies pour rendre l'événement
un petit peu plus, disons,
je sais pas quel mot. Cérémoniel.
Oui, le procès a eu lieu en Allemagne
et ils se sont rendu compte qu'au niveau de la loi,
le cannibalisme n'est pas illégal
en Allemagne. Pour le condamner,
il a fallu qu'il trouve un autre
type d'accusation.
Donc, ils l'ont accusé de meurtre
à des fins de plaisir sexuel et de perturbation
de la paix des morts.
Le cannibalisme n'est pas illégal
en Allemagne.
Je peux juste dire ça, je dis ça de même.
D'après moi, encore une fois, on revient
à ce que tu disais, c'est qu'on fait des lois pour
baliser des choses un peu bizarres.
Ils ont sûrement jamais dû être confrontés
à du cannibalisme.
Finalement, étant donné qu'ils ne savaient pas
trop comment l'accuser, il a avoué
à être reconnu coupable d'homicide involontaire
en 2004. Par contre,
les juges ont retiré en 2006
et trouvait que la peine de 8 ans et demi
était trop clément pour l'acte qu'il a fait.
Finalement, il est reconnu
coupable de meurtre et condamné
à perpétuité pour
le crime odieux qu'il a fait.
Sachez qu'il y a cinq
autres hommes qui ont répondu à l'annonce,
mais il n'en a pas mangé cinq
autres heureusement.
Ce n'est pas rendu jusqu'au bout du processus,
mais c'est ça
qui me fascine, comment des gens
peuvent répondre
à cette annonce-là.
Est-ce que c'est des suicidaires à la base?
Ça se peut, c'est une bonne base.
Tant que ce suicidé
peut-être, vivre ça dans un moment
particulièrement
unique, je vais dire ça comme ça.
C'est une façon de décrire la chose.
Il y a plein de sortes de fétiches.
Peut-être que ça tombe quelque part là-dedans.
Lui, ils ont évalué
quand même, c'est sûr qu'il était mort une fois qu'ils
ont fait cette évaluation, mais ils ont évalué
que Brenda,
qui a accepté de se faire manger,
souffrait d'un trouble psychiatrique grave
et d'un fort désir d'autodestruction.
Ce qui est étrange,
sa blonde, sa copine
imaginée, elle avait une copine,
je me mets dans sa tête,
et elle témoignait que
pourtant, tout allait bien entre eux.
Leur vie allait bien,
qui semblait stable,
mais moi, je l'imprète.
Ils cachaient quelque chose derrière, mais ils ne le veulent pas.
Wow!
Vos anecdotes que vous avez sorties sont extraordinaires.
Et maintenant, vous comprenez pourquoi
j'aime ça faire ça.
Si vous voulez le lancer, gênez-vous pas,
ça ne m'appartient pas. C'est du Darwin Award,
ça nous appartient tous.
Sur ce, moi, il y a une histoire
que j'ai hâte d'entendre, pis c'est la tienne, Emile,
parce que t'as tendance à me surprendre,
pis ça, j'aime ça.
Qu'est-ce que t'as pour nous?
Oui, mon histoire, c'est une histoire bien réelle
qui s'intitule
Le Dernier Halloween de Taylor
Van Deest.
Nous sommes le 31 octobre
2011, dans la petite ville
de Armstrong, en Colombie-Britannique.
La petite ville est située
tout près de Kelowna, une ville
connue de cette région de
Canagan. On est au Canada, bien sûr.
J'ai été un an et demi dans l'ouest,
je suis allé dans cette section, dans cette
région-là. C'est une belle région.
Vraiment. La jeune
Taylor Van Deest, âgée le 17
ans, a très hâte de célébrer
l'Halloween cette année, puisqu'il s'agit
de la dernière année où elle et ses amis
peuvent célébrer sans se sentir
trop vieux. Parce que là, à 18 ans,
commence à être tard
un peu. Effectivement.
Dès les premiers jours d'octobre,
Taylor commence à publier sur Facebook
à propos de l'Halloween.
Quelques jours plus tôt, elle publie
justement, une publication qui va comme
suit, Comment ne pas aimer la saison
d'Halloween avec tous les films d'horreur
qui passent à la télé.
Effectivement, c'est une belle saison, la saison d'Halloween.
Ah oui, on adore.
Le 30 octobre, elle se questionne sur son
choix de costume en publiant
Devrais-je me déguiser en
zombie, en mère nature
ou en nymph des bois?
Son choix s'arrêtera finalement
sur celui de zombie.
Taylor est une magnifique
jeune femme, une brunette d'environ
5 pieds 4, de 125 livres
aux yeux verts,
toujours souriante et toujours joyeuse.
T'as-tu son numéro de téléphone?
Et plus maintenant.
Elle habite avec sa sœur jumelle
Kirsty ainsi qu'avec sa mère
Marie. Elle vient tout juste
de terminer l'école secondaire
et bien qu'elle n'ait pas encore décidé de la carrière
qu'elle voulait mener, elle a des très bons
résultats scolaires.
Taylor est une jeune femme très positive,
très sociable et très amicale.
Les gens n'ont que de bonnes choses
à dire sur elle. Elle aime beaucoup les films
d'horreur, RuPaul, Drag Race
et les jeux vidéo comme
World of Warcraft. Elle pourrait très bien
être une auditrice de Distortion
et d'Ars Morienzi. Absolument, vraiment.
Taylor est donc très
excitée par la soirée qui s'en vient.
Le soir même de l'Halloween,
Taylor est chez ses parents là où elle se maquille
et elle se prépare.
Elle porte une chemise et des jeans déchirés,
un maquillage de zombie
avec le visage tout blanc du
Corpse Paint et du
Eyeliner autour des yeux et des lèvres.
Elle porte aussi des effets
de blessures au corps et au visage
avec beaucoup de faux sang.
Elle est bien fière de son costume
et de son maquillage. Elle compte
aller rejoindre des amis un peu plus tard pour passer
l'Halloween dans les rues avec eux.
C'est donc déguisé en zombie
que Taylor part tranquillement à pied
pour rejoindre ses amis Zoe et
Clay et c'est chez ce dernier
que le rendez-vous est fixé.
Le petit copain de Taylor,
un prénommé Colton, y est
déjà, mais lui n'a pas prévu
passer l'Halloween avec eux. Il veut
simplement dévorer le butin après.
Ratoureux.
D'autres amis de Taylor s'y trouvent aussi.
La marche n'est que d'environ une dizaine
de minutes et la nuit n'est pas encore
tombée. Elle part donc de chez
ses parents à pied vers 17h45.
Taylor
a bien sûr un téléphone intelligent
avec elle qu'elle utilise toujours pour
texter ses amis qu'elle texte assez souvent.
En partant, elle
texte son ami Clay, chez qui elle se dirige,
pour lui dire
Quand elle dit Zoe Zoe, elle fait
allusion à Zoe, son amie.
Zoe, elle, devait aller rejoindre
Taylor chez elle et les deux jeunes
femmes devaient ainsi marcher ensemble
vers leur destination.
Hélas, Taylor n'a pas attendu
Zoe pour partir. Vous verrez
que cette simple décision aurait pu
changer bien des choses.
En route, Taylor emprunte
un petit sentier qui traverse la
voie ferrée en guise de raccourci,
alors que l'obscurité s'amène
sur Okanagan.
À 18h,
Taylor n'est toujours pas arrivé chez
Clay. Ce dernier avait un peu de retard
car il était parti chercher du
McDonald's juste à côté.
Clay appelle donc
au domicile des Van Deest,
mais Taylor est absente.
Par contre, Zoe s'y trouve
et elle indique que Taylor est partie
sans elle. Quelques minutes
plus tard, le copain de Taylor,
Colton, regarde son téléphone
qu'il avait laissé poser quelque part
et il remarque un texto qui l'a manqué
15 minutes plus tôt. Et là,
ce texto est assez étrange,
il dit « I'm being creeped »,
donc « j'aime ça épier ».
Et ce message provient de
Taylor. Donc le groupe d'amis
est immédiatement le sous le choc.
Alors que la nuit tombe sur la
petite municipalité, en pleine
soirée d'Halloween, le groupe part
à la recherche de leur ami qui n'est
toujours pas arrivé. Ils vont d'abord
au centre de la petite ville, ils
arpentent les rues, ils se rendent
au skatepark où ils crient son nom
en espérant qu'elle l'entende,
mais sans succès. Vers 20 heures,
un jeune homme de 14 ans, nommé
Liam Brown, ainsi que quelques
amis, se promène près de la voie
ferrée à Armstrong lorsqu'ils
trouvent un téléphone intelligent
près des rails. Le jeune homme
a le réflexe d'ouvrir le téléphone
et de composer le numéro qui était
signé à « maison », au contact
de « maison », ce qui est très
brillant pour un jeune de 14 ans.
La sœur de Taylor décroche.
Elle comprend rapidement qu'il s'agit
du téléphone de Taylor et que ça
ne regarde pas bien pour sa sœur.
Les amis se rendent près de la voie
ferrée pour effectuer des recherches
et les autorités sont alors prévenues,
parce qu'ils ont eu le tuyau grâce
aux petits gars de 14 ans.
Il commence à faire froid, il fait
très noir et les buissons autour
de la voie ferrée compliquent les
recherches. Et là, on entend crier
au loin « c'est Zoé et Colton ! »
Sa meilleure amie et son amoureux
et là, ils font la découverte
de Taylor.
Celle-ci est gravement blessée,
la scène est horrifiante.
Elle gémit au sol, déguisée en
zombie, la tête posée
sur un genre de poteau et il y a
du sang partout autour d'elle qui
se mélange au maquillage de faux
sang. C'est une scène assez
tragique et
digne d'un film d'horreur devant
eux. Elle a une lacération
au cou qui indique qu'elle a été
étranglée et d'énormes fractures
au crâne. Mais quel choc ça doit
être pour les jeunes qui la découvrent
comme ça. On a parlé tout à l'heure
plus tôt dans l'émission « Qu'est-ce qu'on ferait
si on découvrait un cadavre ? »
Ben eux, ça leur est arrivé pour vrai.
Le groupe de jeunes va
contacter tout de suite les ambulanciers
et Taylor sera amené à l'hôpital
où, malheureusement, elle succombera
de ses blessures le lendemain.
Taylor n'a pas eu assez de force pour dire
quoi que ce soit à propos de son agresseur,
par contre, en tentant de se défendre,
elle a recueilli de l'ADN
sous ses ongles.
C'est souvent la chose à faire.
Si vous faites attaquer, ça a l'air banal,
mais de graffigner votre agresseur,
souvent ça peut donner des pistes
aux enquêteurs justement avec l'ADN
de la peau sous vos ongles.
Ça a l'air de rien, mais ça peut
faire toute la différence.
La municipalité est sous le choc.
La gendarmerie royale
du Canada encercle la ville
et un périmètre est formé dans les environs.
Des voisins affirment avoir entendu
des cris près de la voie ferrée
ce soir-là vers 18h,
mais qu'étant donné toute l'ambiance
d'Halloween qui régnait dans la ville,
ils n'en ont pas fait de cas.
Il ne faut pas oublier que ce type d'agression
est très peu fréquent dans la petite ville d'Harmstrong.
L'autopsie confirme
que Taylor n'a pas été violée,
mais elle a été sévèrement
battue avec une sauvagerie extrême.
La mort est attribuée
à un saignement mortel causé par plusieurs
coups majeurs à la tête
avec un objet contondant.
Elle a eu deux doigts cassés
pendant le combat, car elle a vraiment tenté
très fort de se défendre.
Tout est arrivé très vite, et malgré
cela, un meurtrier est toujours
en cavale en plein soir d'Halloween
dans la ville de Armstrong.
En novembre,
donc quelques semaines plus tard,
on a enfin les résultats des
tests d'ADN, et les résultats
sont choquants. Le profil
du suspect est établi, et en plus,
il matche parfaitement l'ADN
d'un suspect d'une agression sexuelle
survenue dans la même région,
dans le coin de Kelowna, en 2005.
On a donc un suspect,
mais on ignore qui il est,
car il n'est pas inscrit dans aucune base
de données de délinquants sexuels.
Donc, le coupable de 2005
est toujours inconnu. Et ça, c'est particulier,
ils ont un match, mais ils n'ont pas de nom
qui va au bout du match. Donc,
c'est assez particulier.
Un portrait-robot va aussi
être diffusé auprès du grand public,
avec l'aide des témoins de 2005.
On recherche un homme, fin vingtaine,
aux cheveux très courts et foncés,
avec de gros favoris épais
le long du visage.
Il serait apparemment un connaisseur
de la région d'Okanagan.
Tu parles de moi, là?
T'as une barbe bien fournie,
Simon.
C'est vrai qu'elle t'épaisse.
Même qu'apparemment,
que cet homme serait aussi possiblement
lié à une deuxième affaire
d'agressions sexuelles datant de la même époque.
Donc, on a peut-être à faire un récidiviste.
Mais à cette époque-là, en fait,
les bases de données d'ADN n'existaient pas
en 2005, en tout cas du moins.
Ça a commencé dans les années 90,
à peu près.
Mais que les autorités avaient le réflexe
d'envoyer toutes traces d'ADN
dans les bases de données pour tenter
de trouver des matchs aussi lointains
qu'ils pouvaient être, on dirait qu'ils n'avaient pas le réflexe.
Ça a pris beaucoup de temps, parce que
la science, oui, est arrivée,
mais avant que tout le monde l'utilise
et qu'il croit en cette science,
ça a pris plusieurs années, quand même.
Tout à fait.
Mais là, dans ce cas-ci, les efforts portent fruit
peu de temps après.
En fait, il y a des témoins qui identifient l'homme
parce que, justement, il y a des gens
de 2005 qui l'ont reconnu
parce qu'il n'aurait pas tant changé, au final.
Ces gros favoris l'ont trahi.
C'est quand même drôle.
Fait que laissez faire vos babes spéciales,
allez-y classique, c'est plus sûr.
Ou du moins changé, si vous comettez un clin.
Alterné.
Il s'agirait d'un certain Matthew Forster,
mais ce dernier a quitté
la région depuis peu.
Évidemment.
Lorsque les policiers se rendent à son appartement,
les propriétaires affirment qu'il a insisté
pour partir au début novembre, étrangement,
quelques jours après le meurtre de Taylor.
Drôle de hasard.
Il aurait demandé à ravoir sa mise de base
pour le dernier mois de loyer.
Il aurait embarqué ses affaires et quitté
la région. Un autre de
ses domiciles possibles était chez son
père, Stephen, mais il ne
s'y trouve pas. Ce dernier affirme
que son fils est parti travailler
sur une base pétrolière dans le nord du pays,
en Alberta, et qu'il est
irrejoignable. Par contre,
les enquêteurs ont l'intelligence de mettre
le paternel sous écoute, car
il est possible qu'il finisse par parler à son
fils d'une manière ou d'une autre un de ces jours.
Effectivement, son
père recevra un appel de Matthew
pour discuter d'un drôle de sujet,
soit un paiement dû
pour des faux papiers d'identité.
Drôle de coïncidence encore.
Les enquêteurs retracent les appels
non pas dans le nord du pays,
mais en Ontario.
Donc Matthew Forster se fait
arrêter sur le champ.
Entre temps, on apprend
que le lendemain du meurtre, le père,
Stephen, a démissionné
de son emploi de camionneur pour
aller aider son fils à vider son appartement
dans les environs de Okanagan.
Par la suite, il a acheté
un permis de conduire, un numéro
d'assurance sociale et une carte
bancaire pour 500 $
au fils d'un de ses amis, donc il a accepté
de céder son identité.
Hé, faites pas ça, la maison,
faites jamais ça. Non.
Par la suite, Matthew s'est refait
une identité en Ontario, pardon,
et a continué de vivre sa vie,
où il travaille dans une usine
de fabrication de verre.
Par contre, son père, lui,
continuait de recevoir des visites
des policiers et il sentait une pression
insurmontable.
Dans une de leurs conversations téléphoniques
qui a été enregistrée, Stephen indique
à son fils qu'il se sent suivi
et qu'il a trouvé même un traqueur
GPS sous sa voiture.
Il dit à son fils de cesser de l'appeler
pour un bout de temps et qu'il devrait
se débarrasser de ses fausses pièces d'identité
parce que ça pourrait se retourner contre lui.
Hélas pour lui,
les enquêteurs avaient déjà
tout ce qu'il faut pour coincer Matthew
et pourquoi pas le père Stephen
pour faire entrave à l'enquête
et même d'avoir tenté de cacher
son fils avec des pièces d'identité
d'un autre homme. Mais quelle
histoire! Et là, c'est pas fini
parce que son père a d'ailleurs
été condamné par le passé
pour possession de drogue, culture
de marihuana, à l'époque où c'était illégal
au Canada, et possession
d'armes illégales, mais en plus,
vol d'auto et même de s'être enfuis
d'une garde à vue. Donc là, on a
un beau duo ici, le père-fils.
Oui, exemplaire.
La compagnie de télécommunications Rogers
a fourni des registres d'appels
du téléphone de Matthew et le jour
du meurtre, il est identifié dans la petite
ville de Lambie où il réside,
puis en soirée, il est localisé
près de Armstrong, la ville où a eu lieu
le meurtre. Plus tard dans la nuit,
il est relocalisé à sa
ville où il réside,
mais en plus, il doit aussi fournir
un échantillon d'ADN, donc il y a pas vraiment
le choix, et cet ADN
match avec l'ADN retrouvé
sur Taylor.
On a donc notre coupable à 100 %.
En interrogatoire,
Matthew n'a pas le choix de ceder
sous la pression des preuves extrêmement
solides contre lui.
Il confesse aux autorités
qu'il avait quitté son domicile dans l'après-midi
afin de se rendre dans la ville
de Armstrong pour trouver du sexe.
Mais là, c'est particulier.
Trouver du sexe. Oui, looking for sexe.
Ben voyons, il est où le sexe?
Ah, il est là-bas!
Il va marcher plusieurs heures
dans le village en se promenant
dans les petites rues, il va arpenter
les environs à pied. Il va même
se diriger sur la rue près de la voie ferrée.
Mais me semble que quand tu vas dans une autre ville
pour trouver une conquête,
tu vas dans un bar
ou dans un endroit,
tu vas pas marcher sur le bar de la voie ferrée.
La seule fois dans ma vie
où j'ai cherché la voie ferrée et je l'ai suivie,
c'est quand justement
dans l'ouest canadien
à Banff,
je me suis perdu en forêt
et on m'a retrouvé
sur le bord de l'autoroute plusieurs heures
plus tard après des heures
de marche, un ours plein d'affaires.
Mais as-tu trouvé du sexe?
Mais pour vrai,
il y a quelque chose qui est louche,
quelque chose qui marche pas, on dirait.
Vers 18 heures,
Mathieu va apercevoir Taylor
déguisé en zombie le soir de l'Halloween
marcher sur la rue et se diriger
vers la voie du chemin de fer.
Il explique qu'il a d'abord discuté avec elle
pendant cinq ou six minutes.
Par la suite, il l'a poussé
au sol et lui a dit de ne pas bouger
et de ne pas crier.
Taylor n'a pas voulu lui obéir
et leur escarmouche s'est déplacé
vers les buissons.
Parce qu'elle ne voulait pas se taire,
c'est ce que dit Mathieu,
c'est pour ça qu'il l'a frappé au crâne
à six reprises avec une grosse lampe
de poche métallique.
Elle est alors tombée au sol
et Mathieu a ensuite tenté
de l'étrangler avec ses mains nues,
mais il n'a pas réussi.
Et là, les enquêteurs n'ont aucune preuve
de cet étranglement à mains nues.
C'est lui qui avance ça en interrogatoire.
C'est alors qu'il va saisir un lacet
de chaussures pour terminer le travail,
ce qui a laissé des lacérations
sur le cou de Taylor.
Mais, tu sais, prend-on vraiment le temps
d'enlever un lacet dans une telle situation?
C'est pas si vite, c'est pas si rapide
d'enlever un lacet.
Attaché mes souliers, c'est long, imagine
d'enlever le lacet de toutes ces
petites trous-là, j'ai de la misère
à cacher ça.
J'ai peut-être l'impression que c'était
parce que il a tenté de s'enlever un lacet
de chaussures, alors à 18 heures.
Attends une petite minute, j'enlève mon lacet,
ce sera pas long.
Donc, ça marche pas tout seul.
Mathieu est finalement amené devant la justice.
Au départ,
le jury le condamne assez facilement
à la prison à perpétuité pour meurtre
au premier degré sans possibilité
de libération conditionnelle avant 25 ans.
C'est un peu le standard
dans ce type de condamnation-là au Canada.
Ce qui était difficile dans le cadre
de ce procès, c'était de définir la
notion d'intention. Mais le lacet
raconte une tout autre histoire,
ainsi que les angles de Taylor.
Il avait d'ailleurs confessé aux enquêteurs
qu'il allait dans la ville d'Harmstrong
pour trouver du sexe. Donc, ça a
définit une certaine sorte d'intention
ici. Il va aussi
plaider coupable pour l'agression
de l'escorte en 2005, parce que
c'était survenue sur une escorte cette agression-là.
Oui, il va l'admettre live.
Oui, ainsi que pour un autre cas d'agression
sexuelle survenue la même année.
Pour laquelle on ne suspecte pas.
Exactement. Il a d'ailleurs
attaqué une ado dans sa chambre
en pleine nuit avec un masque
et un BB-gun, un gun à plomb.
La pauvre fille a cru mourir
sur place. Mathieu
est alors devenu effrayé. Il a quitté
la scène en toute vitesse sans
procéder à l'agression.
Donc, il s'est essayé sur une autre
ado, mais heureusement, il
n'a pas passé à l'acte. On a droit ici
d'un véritable prédateur
digne d'un film d'horreur, et Dieu
seul sait combien d'autres victimes
il aurait pu faire.
Sa défense porte le verdict en appel
concernant Taylor, et il aura droit
à un second procès. Apparemment
qu'il y aurait eu des erreurs dans
la façon dont le juge a communiqué
certaines infos au jury. Le salaud
aura droit à son second procès
pour 2017. C'est beaucoup de temps
après les événements. Oui, ça dure
tellement longtemps ces procédures-là,
on est six ans après le crime. Six
ans, je le dirais jamais assez.
Les rouages de la
justice tournent très
lentement. Faut pas être pressé.
Et là, attendez, c'est pas
terminé. C'est pour les victimes que c'est triste.
Vous allez voir, il va plaider coupable
à ce second procès pour meurtre
au premier degré sans grande surprise.
Donc, il plaide coupable, il n'y a pas de procès.
Il n'y a donc pas de procès en tant que telle.
L'avocat a été très brillant
puisqu'en plaidant coupable et en
autre procès, il fixe sa possibilité
de libération conditionnelle à 17 ans.
Il a donc potentiellement sauvé
8 ans de prison si
bien sûr sa demande est acceptée.
C'est assez tordu.
C'est là en faire des fois la justice.
Parce que le second procès élimine
complètement le premier.
C'est encore plus frustrant pour les parents
des victimes. Toutefois, il a
déjà usé de son appel, donc il n'aura
pas droit à un autre appel. Ça, c'est quand même
bien. Donc, prison à vie
avec possibilité de libération conditionnelle
après 17 ans pour Matthew Forster.
Son père, lui,
ne sera pas oublié non plus.
Stephen Forster, âgé de 60 ans,
écopera 3 ans de prison pour
avoir aidé son fils à se cacher des autorités.
C'est pas tant
que ça compte le tenu
qu'il continuait d'aider son fils alors que
celui-ci était un des hommes les plus
recherchés des États-Unis.
Il va confesser plus tard qu'il était découragé
de son fils, mais qu'il était
décidé à l'aider, même s'il allait
le faire tomber lui aussi avec lui.
Ah, le support paternel
inconditionnel.
Est-ce qu'on ferait différemment pour nos enfants?
Je ne le sais pas.
Notre protection,
je pense, a ses limites,
mais les limites
peuvent être différentes d'une personne à l'autre.
Exact.
Bref, c'est un peu la
fin de l'histoire. L'Halloween
ne sera plus jamais pareil dans la petite
municipalité de Armstrong,
en Colombie-Britannique. À chaque
31 octobre, les citoyens
tiennent une vigile aux chandelles
et les enfants restent chez eux,
craignant qu'un autre mania carpente les rues
à la recherche d'une nouvelle proie.
C'est donc bien triste pour les enfants,
pour l'Halloween, la soirée de l'Halloween,
à cet endroit.
Non seulement ça ramène
des souvenirs tragiques à la famille
et aux proches de Taylor,
mais en plus, toute la ville est un peu
paralysée, puis elle ne verra plus jamais
cette fête-là de la même façon,
parce que l'histoire de Taylor va devenir même
une légende urbaine avec le temps.
Ah oui, non, mais c'est une super bonne histoire,
une histoire canadienne en plus.
Oui, ça on aime toujours ça des histoires locales,
tout à fait. Mais c'est vrai que
c'est triste pour les jeunes parce que,
t'sais, Halloween,
moi c'est une fête que j'ai direct
dans les veines, c'est ancré en moi.
Je vous l'ai dit à vous,
mais je le redis parce que je trouve ça drôle.
J'ai littéralement pris une semaine de vacances.
Cette semaine, je suis en vacances,
même si j'arrête jamais tellement qu'on a des vitations
en tant que, hein,
que vous êtes comme moi, conteurs d'histoires d'horreur,
mais il reste que Halloween,
ça fait partie de mon ADN.
Pour les jeunes qui passent l'Halloween,
il est obligé d'être limité,
surveillé, t'sais.
Tout ça, c'est bien plate.
On est chanceux, nous, à notre époque,
d'avoir vécu ça en remplissant
nos têtes oreillées,
de bonbons, de porte-à-porte,
d'avoir eu la liberté de faire
ce qu'on voulait ces soirs-là.
De plus en plus, c'est difficile.
La dernière fois que mon frère,
mon jeune frère de 4 ans plus jeune,
Guillaume, à lui Guillaume, d'un coup que t'écoutes,
et je t'aime en passant,
mais la dernière fois
qu'il a passé l'Halloween,
il l'a passé parce que ses amis ne voulaient pas,
il était stressé
de le passer tout seul,
chose qu'on n'avait pas à notre époque.
Je me suis costumé,
puis je l'ai accompagné là-dedans,
parce que Carlick, c'est mon frère,
mais il reste que c'est ça aussi.
On dirait qu'on a vécu la transition
entre notre époque
et l'époque où c'est plus risqué,
tout ça, puis qu'on doit faire attention.
Même s'il y a toujours eu
de la sensibilisation,
parce que t'sais,
les années 60 sont apparues les costumes inifuges,
on a toujours eu des...
Les aiguilles dans les bonbons.
C'est ça.
Même si c'est la seule histoire,
on a eu des nouvelles depuis,
mais à l'époque, la seule histoire, c'était une famille
qui avait fait ça à son propre enfant.
Il reste que c'est une légende urbaine
qui survit puis qui crée des craintes auprès des familles.
C'est super flu. On n'aura pas besoin de ça.
C'est se poser à un événement agréable
pour les plus jeunes,
avoir du fun, à se faire peur avec humour.
C'est bien dommage.
Et puis pour les plus vieux,
il faut écouter le spécial de distortion
et d'Ars Moriendi.
Merci beaucoup, Simon,
d'avoir pris part à cet enregistrement.
Si vous voulez écouter Ars Moriendi,
c'est disponible partout sur toutes les plateformes.
Mais comment merci? C'est un plaisir,
c'est une exigence d'être ici.
Mais ne me remercie pas!
Ça fait partie de mon programme
des vacances, d'être ici.
Colique! Je suis content de vous revoir
aujourd'hui, les boys, avec tous vos beaux projets.
On va se le dire,
ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vus.
Je ne peux pas parler pour vous, mais moi,
je vous aime beaucoup!
Et franchement,
je suis tellement heureux d'être ici
aujourd'hui avec vous autres, les boys.
Il faut que ça devienne une tradition.
Il faut qu'on perpétue ça longtemps,
parce que ne serait-ce que juste pour moi.
Mettons que je suis égoïste.
Maudit que j'aime ça, vous n'essayez
de jaser du soir avec vous autres, les boys.
C'est pareil pour nous.
Ben oui!
Merci, messieurs, si vous nous écoutez
sur le feed d'Ars Moriendi.
Nous sommes Emile et Seb de Distorsion.
Merci à tout le monde de nous
supporter dans cette merveilleuse aventure
du podcast Obscur.
Pour les trois personnes qui l'ignorent
encore, Distorsion, c'est aussi
un livre, 13 histoires
de l'ère numérique, que je vous
suggère fortement.
Et c'est aussi, pour les gens du Québec,
une série télé
sur moi et compagnie,
qui s'appelle Distorsion.
Vous devez regarder ça.
Vous aurez beaucoup de plaisir.
Lancez-vous.
C'est en train de devenir
un incontournable.
Merci de ces belles paroles.
All right. Et là-dessus,
on se dit à la prochaine.
Bye bye!
Écouter Distorsion
Écouter



