#65 - Nasubi et la télé japonaise extrême

Épisode

#65 - Nasubi et la télé japonaise extrême

Épisode
65
Durée
1 h 11 min
Format
Audio

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En 1998, quand Nasubi s’inscrit à un concours pour participer à une émission de télé réalité dont il ignore le concept, il est loin de se douter dans quoi il allait s’embarquer. Nasubi devient la vedette du Denpa Shonen, un concept de télé réalité japonaise extrême reconnu pour ses concepts complètement fous, qui franchissent les barrières de l’exploitation physique et mentale. On lui bande les yeux, le force à se dénuder et on l’amène dans une chambre vide où seuls s’y trouvent quelques objets, dont une table et une énorme pile de magazines… Nasubi devra survivre, gagner sa vie et amasser 1 millions de yens uniquement grâce à des prix gagnés via des concours de magazines. Mais cela n’est que le début de l’histoire, car les producteurs ont plusieurs “surprises” pour Nasubi, qui sera poussé aux limites de la nature humaine…

Transcription de l’épisode

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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...

[00:16]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:48]

Vous êtes-vous déjà imaginé voir votre vie filmée entièrement et diffusée partout sur Internet, à votre insu?

[00:54]

C'est ce qui est arrivé à Nasubi, star de l'émission de télé Denpa Shonen, une des plus populaires du Japon.

[01:02]

Pendant plus de 15 mois, Nasubi a dû survivre en complète isolation,

[01:06]

avec comme seule ressource les prix des concours qu'il gagnait via des magazines.

[01:11]

Plongez-vous aujourd'hui avec nous au cœur de l'émission de télé-réalité la plus tordue de tous les temps.

[01:23]

Bonsoir Emile Gauthier, comment vas-tu?

[01:24]

Ça va très bien Seb, parce que le sujet de ce soir risque d'être très intéressant.

[01:29]

À chaque année, on a toujours une histoire un peu tordue, qu'on aime vous sortir.

[01:33]

Souvent, c'est un truc qui sort d'Internet, d'un racoin.

[01:36]

On se rappelle le Key Lime Pie, ou encore même l'Excited Quiet Pills,

[01:41]

ou la Final Fantasy House aussi qui nous avait vraiment frappé.

[01:47]

À ce moment-là, on avait dit qu'on arrête toutes nos recherches et qu'on se concentre là-dessus,

[01:50]

parce qu'il faut vraiment faire un épisode.

[01:52]

Le cas de Nasubi, c'est un peu pareil.

[01:55]

C'est un peu comme une petite gâterie qu'on avait envie de s'offrir, parce que c'est un sujet plus léger.

[02:02]

Mais encore, il y a quand même une certaine forme de lourdeur dans le cas de Nasubi.

[02:05]

Oui, il y a des choses quand même troublantes.

[02:07]

Même si, un peu comme tu dis, c'est plus léger en tant que tel.

[02:11]

Il n'y a pas de meurtre, de choses comme ça.

[02:13]

Mais il y a des aspects, vous allez voir, psychologiques,

[02:16]

ou même qu'on pourrait qualifier de torture humaine d'une certaine manière.

[02:21]

Oui, psychologiquement.

[02:22]

Oui, Nasubi, c'est un jeune homme de 23 ans qui, à la fin des années 90,

[02:28]

au Japon, prit part à un concours pour devenir la vedette d'une télé-réalité.

[02:33]

Il n'y avait aucune idée dans quoi il s'embarquait.

[02:35]

Et là, on va faire une incursion dans le monde de la télé japonaise,

[02:39]

spécialement à cette époque-là, un peu avant les années 2000 ou au début des années 2000.

[02:43]

Il y avait plus ou moins de règles.

[02:45]

Maintenant, on ne pourrait plus faire ce qu'il faisait à l'époque.

[02:48]

Et Nasubi, c'est aussi le cas d'un des premiers live-streams de télé-réalité

[02:55]

qui a eu lieu.

[02:57]

Je n'ai pas le livre de record Guinness devant moi.

[03:00]

Mais en 1998, de faire un live-stream sur Internet

[03:03]

d'une émission regardée par des dizaines de millions de personnes,

[03:08]

c'était quand même assez avant-gardiste.

[03:09]

Oui, quand même, même au niveau...

[03:11]

Tu me dis ça, puis je pense juste à l'infrastructure technologique pour supporter ça.

[03:15]

À l'époque, c'était quand même quelque chose.

[03:17]

Et c'était un événement.

[03:20]

C'était moins dans nos coutumes.

[03:21]

Ce n'était pas comme aujourd'hui de faire ça.

[03:24]

Et en plus, le stream par Internet, c'est que ça devient une télé mobile.

[03:28]

Aujourd'hui, on ne pense plus à ça qu'avec nos téléphones,

[03:30]

on a une télé toujours sur nous.

[03:32]

Mais à l'époque, c'était quelque chose de nouveau.

[03:34]

Et les gens, quand ils écoutaient streamer,

[03:36]

ce n'était pas sur un téléphone intelligent.

[03:38]

C'était sur leur ordinateur à la maison.

[03:40]

Mais oui, ça risque d'être très intéressant.

[03:41]

Donc, suivez-nous jusqu'à la fin.

[03:43]

Parce que vous allez voir, il y a plusieurs revirements à cette histoire-là,

[03:46]

l'histoire de Nasubi.

[03:47]

Mais qu'est-ce qu'on boit, Seb, pour bien rester hydraté pendant cet épisode-là?

[03:54]

On boit la Cyclope de la Brasserie d'Unham.

[03:57]

Ça, c'est un de nos bières préférés à aimer les mois.

[04:00]

C'est un coup de cœur de cet automne, je dirais.

[04:02]

Oui, oui, exact.

[04:04]

Aipillés de style nord-est, comme on les aime bien.

[04:07]

5,7 % d'alcool.

[04:08]

Un Aibiu de 60.

[04:09]

Donc, elle a une belle amertume.

[04:11]

Comme on les aime, l'amertume forte d'une aipillée classique.

[04:15]

Bon goût de houblon.

[04:17]

Coup de cœur de l'automne, donc dépêchez-vous.

[04:19]

Et la canette, elle est très très belle.

[04:21]

Elle a un œil de Cyclope, bien sûr, comme son nom le dit.

[04:25]

Une illustration de Simon Bosset, apparemment, qu'on peut lire sur la canette.

[04:30]

Cette bière de la semaine nous a été offerte par Jocelyn.

[04:33]

Merci à toi, Jocelyn, de nous avoir offert cette bière.

[04:37]

Faites comme lui, enfin, si vous voulez, nous encourager le show et nous offrir une tournée de bière,

[04:42]

vous n'avez qu'à vous rendre sur notre site distorsionpodcast.com.

[04:46]

Le bouton est là, en haut à droite, et vous suivez les instructions et vous pouvez nous envoyer un don

[04:51]

pour acheter de la bonne bière ou pour nous encourager.

[04:54]

Merci à tous ceux qui remplissent notre frigo.

[04:56]

On a aussi une review 5 étoiles sur Apple Podcast qui mérite un shout-out.

[05:01]

Qui nous vient, cette fois-ci, de Mini Chiro, du Canada, qui nous dit « Mes Gym Buddies à distance.

[05:07]

J'ai hâte à mon entraînement du vendredi, juste pour pouvoir écouter le nouvel épisode de Distorsion. »

[05:12]

Oui, il ne faut pas juste boire de la bière, il faut s'entraîner aussi, cher Distordu.

[05:16]

Oui, bauler les calories qu'il vient avec.

[05:18]

Là-dessus, Seb, je pense qu'on a tout dit.

[05:20]

Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire complètement tordu de Nasubi?

[05:24]

Oui, monsieur.

[05:26]

C'est parti.

[05:28]

Nous sommes le 1er janvier 1998 à Tokyo au Japon.

[05:33]

Ce jour-là, il neige à Tokyo, ce qui est plutôt rare.

[05:36]

Généralement, on dit qu'il neige de 1 à 2 fois pendant l'année et que la neige font assez rapidement,

[05:42]

mais cette fois-ci, on se croirait réellement au Québec.

[05:45]

Il y a plusieurs centimètres de neige au sol et la ville est un peu paralysée par la situation.

[05:49]

Plusieurs personnes sont alignées dans une salle de réunion d'un studio de télévision japonais bien connu.

[05:55]

Les gens sur place y sont pour une audition pour participer à une émission de télé dont ils ignorent encore le concept.

[06:02]

Parmi eux, on retrouve un certain Tomohake Amatsu, aussi connu sous le nom de Nasubi,

[06:08]

en raison de la forme de sa tête qui ressemble à une aubergine.

[06:12]

Parce que Nasubi en fait signifie « eggplant » en japonais qui est aubergine.

[06:16]

Nasubi est né en 1975 et il a 23 ans au moment des faits.

[06:21]

Il est encore en début de carrière et souhaite éventuellement percer comme acteur ou encore comédien.

[06:26]

Pour lui, il s'agit d'une chance unique de finalement se retrouver à la télé

[06:30]

et de décrocher un petit rôle qui propulsera peut-être éventuellement sa carrière au top.

[06:36]

Nous sommes dans les studios de la compagnie NEON ou encore la télévision à Nippon,

[06:41]

bien connu pour ses émissions de télé à sensation.

[06:44]

D'ailleurs, un participant ayant pris part à une émission précédente,

[06:48]

la Susume Danpa Shonan, est présent lui aussi pour prendre part à ce nouveau concept.

[06:53]

Dans l'émission précédente, deux hommes, un comédien chinois et un DJ de radio de Hong Kong,

[06:59]

devaient faire de l'autostop entre l'Afrique du Sud jusqu'en Norvège, et ça sans aucun sou.

[07:06]

Oh, beau défi!

[07:07]

Oui, ils devaient partir du Cap de Bonne-Espérance au sud extrême de l'Afrique du Sud

[07:12]

jusqu'à Nord Cap en Norvège, à l'extrême nord du pays.

[07:16]

Il s'agit de plus de 16 500 km, sans oublier qu'ils doivent traverser le désert du Sahara pendant cette aventure-là.

[07:26]

C'est quand même assez intéressant comme télé-réalité, mais quand même assez extrême, je dois dire.

[07:31]

Au cours de cette émission, les deux compères se sont vus confisquer leur argent de poche

[07:36]

et ont dû occuper plusieurs petits emplois dans des restos et ailleurs pour pouvoir manger,

[07:41]

ne parlant pas la langue des différents pays qu'ils ont dû traverser.

[07:44]

Ces deux gars-là, c'est des Chinois, donc en Afrique et en Norvège,

[07:49]

ils ne parlent pas tout à fait, sans compter tous les autres pays qui ont dû traverser.

[07:52]

C'est pas évident de trouver un emploi dans des conditions comme ça.

[07:57]

Ils ont vécu des situations de climat très difficiles, de la déshydratation entre autres,

[08:02]

une fin extrême de sorte qu'un des deux hommes a dû être évacué du désert par hélicoptère

[08:08]

pour survivre à l'émission, parce qu'il y a encore quelques heures et puis ils pouvaient y passer.

[08:12]

Malgré tout, cet homme, qui est présent là, est encore là pour participer à ce nouveau concept télévisuel.

[08:19]

Donc, au bout du compte, il semble avoir aimé son expérience.

[08:22]

Oui, oui, il cherche son 15 minutes de gloire.

[08:24]

Oui, définitivement. Il ne faut pas oublier que les Japonais ont un historique

[08:28]

d'émissions de télévision pour le moins originales, voire même à haut risque.

[08:33]

Oui, effectivement, plusieurs émissions japonaises sont en effet extrêmement troublantes,

[08:38]

surtout celles qui ont été diffusées dans les années 80-90.

[08:41]

Ici, en Occident, on connaît les habituels séries comme Survivor ou Naked and Afraid,

[08:48]

qui est un genre de Survivor nu dans la jungle, que je n'ai jamais écouté.

[08:52]

Je ne sais pas si tu l'avais vu, Survivor nu.

[08:54]

Oui, je suis déjà tombé là-dessus quelquefois. C'est particulier.

[08:57]

Mettons que je ne prendrai pas part à cette émission-là.

[09:00]

Ce sont des télé-réalités qui ont connu beaucoup de succès au début des années 2000.

[09:04]

Oui, Survivor, ça a déjà été l'émission la plus populaire de l'année aux États-Unis.

[09:09]

Ça a déjà surclassé même les soirées de football.

[09:13]

À ce point-là, je me souviens que c'était très populaire dans mon entourage.

[09:16]

Tout le monde écoutait ça, mais je ne pensais pas que ça avait pris une telle ampleur.

[09:20]

Certains autres jeux télévisés, comme The Jump, où des célébrités doivent prendre part

[09:25]

à des sports extrêmes hivernaux ou même Wipe Out,

[09:28]

où les participants doivent réaliser sans faute un parcours obstacle.

[09:32]

Oui, il y en a plusieurs, des séries comme ça, qui ont vu le jour American Ninja Warrior.

[09:35]

Ah oui, j'aimais ça.

[09:36]

Oui, ça existe encore, ça a beaucoup de succès.

[09:39]

C'est surtout, on dirait qu'ici en Amérique du Nord, c'est très populaire.

[09:43]

Je ne sais pas, en Europe, je serais curieux de voir les distordus européens

[09:47]

de nous dire si ce type de jeu-là est populaire là-bas.

[09:51]

Mais même ceux-là sont quand même assez extrêmes.

[09:54]

On va voir, il y en a d'autres qui s'en viennent qui sont bien pires.

[09:57]

Mais juste l'aspect de télé-réalité, même les Occupations Doubles,

[10:01]

les Star Academies, ces trucs-là, c'est particulier aussi.

[10:04]

Mais même si ce n'est pas de la torture, ils vivent des situations quand même assez particulières

[10:08]

et ça a toujours un peu fasciné les gens.

[10:10]

Oui, parce que dans les concepts de télé-réalité,

[10:13]

tu es toujours mis dans une situation hors de l'ordinaire.

[10:16]

Tu n'es pas dans ton quotidien.

[10:18]

Tu parles d'Occupations Doubles, qui est une télé-réalité au Québec très populaire,

[10:22]

où on met des gars, des filles dans des maisons différentes.

[10:25]

L'objectif, c'est de trouver l'amour et tu gagnes une maison à la fin.

[10:29]

Mais ils y mettent tellement dans toutes sortes de situations que ça crée de la bisbille.

[10:33]

C'est ça que l'humain aime voir, entre autres, dans ce type de télé-réalité-là.

[10:38]

Dans des télé-réalités comme Survivor ou American Ninja Warrior,

[10:42]

on aime aussi voir un peu les surhommes, les facultés de l'humain

[10:46]

dans des situations extrêmes où nous-mêmes jamais on se mettrait.

[10:51]

C'est ça qu'on vit ces situations-là un peu par procuration.

[10:56]

On dirait que c'est intrinsèque en nous d'aimer ça, je ne sais pas pourquoi.

[10:59]

Ça a aussi marqué le début du moment où on a mis des gens qui ne sont pas des acteurs à la télé.

[11:05]

Avant ça, la télé était réservée que aux comédiens et aux acteurs.

[11:09]

Mais avec l'arrivée des télé-réalités, c'est là qu'on a compris que c'est peut-être intéressant

[11:14]

d'avoir des gens ordinaires à la télé.

[11:17]

Excuse-moi de t'avoir coupé, Seb. Je sais que tu as de belles émissions,

[11:20]

de belles trouvailles à nous parler.

[11:22]

Oui, on va vous en parler d'autres. Vous allez voir, c'est captivant.

[11:25]

Il y a une télé-réalité qui s'appelait Takeshi's Castle,

[11:28]

qui a été diffusée sur les zones de la Tokyo Broadcasting Network de 1986 à 90.

[11:34]

Le show est un genre de wipe-out extrême afin de conquérir un château.

[11:39]

Les participants doivent affronter plusieurs défis physiques extrêmes.

[11:43]

C'est un peu l'ancêtre de American Ninja Warrior comme on vous parlait tout à l'heure.

[11:47]

Des genres de courses à obstacles.

[11:48]

Oui, mais il n'y a pas de filets de sécurité par contre.

[11:50]

Petite nuance importante.

[11:52]

Les attaquants doivent surmonter des épreuves dans la boue.

[11:54]

Escalader des murs, franchir une bonne série d'obstacles, mais dans la nature.

[12:00]

Quand ils tombent et se blessent pour vrai,

[12:02]

la série a été reprise par les Américains dans leur série Most Extreme Elimination Challenge,

[12:07]

qui était diffusée sur Spike TV en 2003.

[12:10]

Oui, je voyais des extraits de l'émission japonaise.

[12:13]

Takeshi's Castle, c'est assez intense.

[12:16]

Il y a presque des centaines de gens qui courent et doivent monter un mur.

[12:21]

Mais justement, il n'y a pas de filets de sûreté.

[12:22]

Ils se lancent dans le mur, mais la plupart tombent et se marchent dessus.

[12:26]

Il y a des membres de l'équipe de production qui font un peu office de garde de sécurité

[12:32]

qui fouettent les gens pour qu'ils avancent.

[12:34]

C'est vraiment un wipe-out réel.

[12:39]

C'est quand même assez intense.

[12:40]

Ce n'est pas des épées en mousse.

[12:42]

Tu parles fouettant avec un vrai fouet.

[12:44]

Oui, avec un genre de corde ou un genre de fouet ou de bâton.

[12:48]

Il y a aussi la série Panic Facing,

[12:51]

qui est une émission de télé de mauvais coups ou de pranks vraiment extrêmes

[12:55]

où des participants sont soumis à des situations extrêmes, bien sûr,

[12:59]

en ignorant qu'ils ne prennent part à un show de télé-réalité.

[13:02]

Un peu comme Nazubi qu'on va vous parler.

[13:04]

Dans un des épisodes, le participant est en meeting avec des invités.

[13:08]

Soudainement, les trois invités se font tirer à mort par un tueur d'élite,

[13:12]

un tireur d'élite, pardon, à l'extérieur de la bâtisse.

[13:16]

L'homme est pris d'une panique incroyable en croyant qu'il est la prochaine cible du tireur.

[13:20]

Imaginez-vous dans une situation comme ça, comment tu peux paniquer,

[13:24]

lorsqu'on lui révèle que tout ça n'est qu'un spectacle,

[13:26]

il n'a pas du tout le coeur à rire.

[13:28]

Non.

[13:30]

Moi non plus, je ne trouverais pas ça drôle.

[13:32]

Imagine le traumatisme que ça te fait après ça.

[13:35]

Oui, je l'ai vu cet épisode-là, puis c'est vraiment dans une situation.

[13:40]

Ils sont comme dans un lobby ou une salle de réunion, puis là,

[13:44]

les trois personnes autour de lui se font tirer par un sniper.

[13:47]

Et vraiment, le regard du gars à côté, il craint pour sa vie.

[13:52]

C'est sûr, tu vois tout le monde se faire tirer, c'est sûr que tu penses à ça, mon Dieu.

[13:57]

Il y avait une autre série qui s'appelait Troop of One Hundred.

[14:00]

Dans cette autre émission de type comédie,

[14:02]

une personne est assaillie par 100 personnes qui courent vers elle en la pourchassant,

[14:07]

causant bien sûr chez cette personne un sentiment de panique extrême.

[14:11]

Ça n'a pas de bon sens, comme si tout un bataillon militaire lui en voulait.

[14:16]

Imaginez, il y a 100 personnes qui courent vers vous.

[14:19]

Lorsqu'elles réussissent à attraper la personne,

[14:21]

ils la soulèvent dans les airs dans une forme de rituel,

[14:24]

ce qui n'a rien pour, disons, te rassurer.

[14:27]

Non, c'est clair.

[14:28]

My God.

[14:30]

Celle-là, quand je suis tombé dessus, ça n'a pas de bon sens.

[14:33]

Oui.

[14:34]

Je ne sais pas, même juste l'idée.

[14:37]

On va mettre quelqu'un, on va mettre 100 personnes qui vont lui courir après.

[14:41]

C'est un peu déjanté quand même.

[14:43]

Oui, c'est un peu un jackass extrême.

[14:45]

Oui, vraiment.

[14:46]

Il y a une autre émission qui s'appelait Zagaman ou encore L'Endurance.

[14:50]

C'est sans doute une des émissions de télé les plus extrêmes qui a été jamais diffusée.

[14:55]

Les participants doivent surmonter des épreuves d'endurance sans bornes.

[14:58]

Dans l'une d'elles, les participants sont enchainés sur une roue géante

[15:02]

qui tourne sur une plage d'eau salée

[15:04]

et doivent avaler par leur narine des vagues d'eau salée.

[15:08]

Et par la suite, ils leur jettent du poivre à la figure.

[15:11]

C'est horrible.

[15:12]

Dans une autre émission, leurs têtes sont placées dans un genre d'entonnoir.

[15:16]

Ils doivent boire de la bière provenant d'une pompe à fût.

[15:19]

Sinon quoi? Ils seront noyés dans la bière.

[15:23]

Mais ça n'a pas de bon sens.

[15:24]

Oui, ils sont comme un groupe.

[15:26]

Ils sont peut-être une dizaine ou une quinzaine au départ.

[15:28]

Puis ils font des épreuves extrêmes d'endurance jusqu'à ce qu'il en reste juste un.

[15:32]

Puis là, c'est simplement quelques-unes que moi j'ai remarquées.

[15:36]

Le sel de la bière, vraiment, ils ont la tête dans un entonnoir.

[15:39]

Puis la pompe à fût, elle n'arrête jamais.

[15:41]

Donc elle se vide dans l'entonnoir.

[15:43]

Donc si tu ne veux pas te noyer, il faut que tu boives la bière.

[15:46]

Puis jusqu'à ce qu'en fait, tu abandonnes.

[15:49]

Puis que là, tu sortes la tête de là.

[15:51]

Puis les gars attachés sur une roue, c'est fou.

[15:54]

Ils sont comme attachés de dos sur une roue qui tourne dans des vagues d'eau.

[15:59]

Donc tu as les bras, les jambes attachés.

[16:03]

Puis tu es face contre le sol, dans le fond.

[16:07]

À chaque fois que tu fais un tour, tu plonges dans la vague qui s'en vient vers toi.

[16:14]

Donc tu ramasses des grandes gorgées d'eau par les narines.

[16:17]

Oui, puis c'est fort en des vagues aussi.

[16:19]

Ça peut faire mal à une bonne vague forte.

[16:21]

C'est vraiment de l'espèce de torture le rendu là.

[16:25]

Nihon TV, qui organise l'audition d'aujourd'hui,

[16:28]

a aussi un historique de shows télévisés plutôt extrêmes.

[16:31]

On vous a parlé de Susume Denpa Shounen, l'émission d'Autostop,

[16:36]

mais ils ont aussi réalisé d'autres émissions.

[16:39]

Il y a Escape from a Desert Island,

[16:41]

où est-ce que ces deux acteurs qui sont sur une île déserte,

[16:43]

dont ils n'ignorent la localisation, sans nourriture,

[16:47]

et eux, ils doivent construire un radeau pour se rendre jusqu'à Tokyo.

[16:51]

Une fois qu'ils ont réussi à quitter l'île déserte,

[16:53]

ce qui leur a pris quatre mois,

[16:56]

ils se sont vus remettre un pédalo en forme de signe

[16:59]

et doivent se rendre à Tokyo avec.

[17:01]

C'est drôle.

[17:02]

Par la suite, ils doivent pédaler de l'Inde à l'Indonésie.

[17:06]

Ça me semble que c'est loin.

[17:09]

Oui, mais déjà, de te mettre sur une île déserte sans que tu saches t'es où,

[17:12]

et de dire qu'il faut que tu te rendes à Tokyo en fabriquant un radeau...

[17:16]

Comment tu fais pour t'orienter, justement?

[17:18]

Tu ne sais même pas t'es où, il ne doit pas avoir d'outils.

[17:21]

Mon Dieu, c'est quasiment surréaliste.

[17:23]

Une autre série, c'est la Penant Race.

[17:26]

Elle s'était dans le but de tester la fidélité des fans de baseball.

[17:30]

Des partisans de deux équipes japonaises étaient placés dans des chambres séparées

[17:33]

et avaient le droit à la lumière ainsi qu'à manger

[17:36]

seulement si leur équipe favorite gagne.

[17:40]

Sans quoi, ils restent dans le noir, sans nourriture,

[17:43]

en attendant la prochaine victoire de leur équipe.

[17:45]

Mon Dieu!

[17:45]

Oui, c'était comme un peu un jeu télévisé

[17:47]

sous forme d'expérimentation sur le fanatisme de baseball.

[17:52]

Donc, tant que ton équipe ne gagne pas,

[17:54]

t'es dans le noir, sans nourriture.

[17:56]

Ça met de la pression sur l'équipe.

[17:58]

Si ton équipe est deux semaines sans gagner,

[18:01]

les partisans restent dans le noir, sans nourriture.

[18:03]

C'est assez intense.

[18:04]

Il peut y avoir des morts, ça n'a pas de bon sens.

[18:07]

Dans une autre émission, une femme devait à chaque jour cuisiner une recette

[18:11]

en achetant les ingrédients les moins chers de Tokyo.

[18:15]

Sinon quoi, elle ne pouvait pas manger.

[18:17]

Elle n'avait qu'un vélo pour parcourir toute la ville

[18:19]

et devait acheter les ingrédients à partir de livres de coupons rabais.

[18:23]

Un jour, ils l'ont amené à Disneyland à Paris,

[18:26]

et elle a dû faire le même exercice pour survivre.

[18:29]

Cette fois-ci, dans une région qu'elle ne connaît pas,

[18:31]

dans une langue inconnue.

[18:33]

Elle a donc pédalé jusqu'en Belgique sans savoir où elle allait

[18:36]

pour trouver de la viande à cinq en dessous chez un boucher.

[18:40]

Oui, elle l'a réveillé, je pense, à deux heures du matin

[18:43]

pour y acheter cinq en dessous de viande avec un coupon rabais.

[18:49]

Ils l'ont amené à Paris pour faire le même exercice qu'elle faisait au Japon.

[18:57]

C'est complètement fou, mais honnêtement,

[19:00]

je pense que j'aurais été le premier à écouter ce genre de télé-réalité-là,

[19:03]

parce que c'est tellement extrême de voir des humains comme ça.

[19:08]

Il y a quelque chose de fou.

[19:10]

Vous pouvez les voir, la plupart de ceux-là.

[19:12]

Vous pouvez faire des recherches sur YouTube puis les voir.

[19:14]

Oui, oui, oui.

[19:15]

Une mention spéciale assez chaud télévisée, non japonais,

[19:18]

mais quand même assez extrême qui mérite mention.

[19:21]

Il y a The Intercept, qui est une émission russe

[19:23]

où les participants se font donner une voiture, mais qui est rapportée volée.

[19:27]

Ils doivent donc échapper à une course folle contre les policiers

[19:30]

à haute vitesse dans les rues de Moscou pour garder la voiture.

[19:35]

C'est drôle.

[19:37]

85 millions de russes ont regardé religieusement cette émission à chaque semaine.

[19:42]

Mais c'est sûr, moi aussi, je pense que j'aimerais ça.

[19:44]

Il y a le Killer Karaoke, qui était un show de Steve-O, de Jackass,

[19:49]

qui était un de mes préférés dans les fabuleux Jackass,

[19:53]

qui étaient des Américains qui faisaient le maximum de conneries possibles

[19:57]

et qui se faisaient filmer sur le web.

[19:59]

Des participants doivent prendre part à un karaoké et continuer de chanter

[20:02]

alors qu'ils se font attaquer par des chiens une garde

[20:05]

ou encore en portant un collier électrocutant pour le chien.

[20:08]

Ou en se faisant mordre par des serpents ou des choses comme ça.

[20:11]

Mais il faut que tu gardes la note et que tu continues de chanter.

[20:15]

C'est mieux de ne pas jouer si tu n'es pas minimalement bon au karaoké.

[20:20]

Mais ça ne me surprend pas de Steve-O.

[20:23]

C'était toujours des niaiseries comme ça qu'ils faisaient.

[20:26]

Inutile de vous dire que lors de cette journée d'audition,

[20:29]

les participants étaient prêts à toute éventualité,

[20:32]

sachant qu'à la télé japonaise, il y a très peu de limites.

[20:35]

Nous revenons à ce jour d'audition, donc le 1er janvier,

[20:39]

dans les studios de la compagnie NEON.

[20:41]

Les participants ont eu comme tâche de produire des petites vidéos pour être sélectionnés,

[20:45]

mais étrangement sur place, c'est un tirage au sort

[20:48]

qui déterminera qui prendra part à la prochaine émission de télé-réalité.

[20:52]

Finalement, le tirage a lieu et c'est Nasubi qui remporte.

[20:56]

Il est fou de joie et exprime sa satisfaction

[20:59]

en arborant un grand sourire et en faisant une petite danse de satisfaction.

[21:03]

Sans plus tarder, Nasubi est pris en charge par un des membres de l'équipe de production.

[21:08]

On vous rappelle qu'il n'a aucune idée du concept de l'émission pour laquelle il a auditionné.

[21:12]

On lui bande les yeux sur le champ et on l'amène en voiture à un endroit inconnu.

[21:17]

Il est par la suite amené dans une petite pièce minuscule sans trop lui donner d'explication.

[21:23]

Et dans cette petite pièce, on y retrouve les éléments suivants.

[21:27]

Une douche, un robinet, un petit poêle au gaz, un petit four, un petit brûleur,

[21:33]

une petite table de style table à café, un coussin, une radio, des cartes postales

[21:40]

et une large étagère avec des dizaines de magazines qui s'y trouvent.

[21:44]

Mais quel est donc le concept de cette émission bizarre ?

[21:48]

En fait, la nouvelle série se nomme Susunu Danpa Shonan.

[21:53]

Il s'agit donc de la suite du Susume Danpa Shonan avec les autostoppeurs qui ont fait Afrique Norvège.

[22:00]

Mais cette fois-ci, le concept est tout nouveau.

[22:04]

Le grand gagnant devra vivre entièrement en participant à des concours de magazines

[22:09]

jusqu'à ce qu'il ait amassé au moins, en fait, un million de yens,

[22:13]

ce qui équivaut à un petit peu moins de 10 000 $ américains en fait, en valeur de prix.

[22:19]

Donc ce show-là s'appelle A Life Out of Prizes.

[22:24]

Donc une vie de concours, gagner sa vie avec des concours.

[22:27]

Mais attention, la valeur des objets qu'ils gagnent ne compte pas s'il n'y a pas de prix alternatif en argent.

[22:34]

Donc si tu gagnes une bague en or par exemple qui vaut 1000 $,

[22:39]

eh bien si tu n'as pas d'alternatif en argent, tu ne peux pas comptabiliser cet argent-là dans ton million de yens.

[22:44]

Donc un niveau de difficulté assez avancé.

[22:48]

Oui, quand même, parce que ce n'est pas tous les concours qui offrent l'argent.

[22:51]

Ben non, très peu, exactement.

[22:52]

Bien oui, donc évidemment il y a une douche, mais il n'y a pas de savon pour se laver.

[22:57]

Il y a un robinet.

[22:59]

En fait, il y a tout ce qu'il faut pour faire ses besoins, mais il n'y a pas de papier de toilette.

[23:04]

Donc il lui manque toute la base.

[23:06]

Il y a un petit brûleur pour cuire de la nourriture, mais il n'y a pas de nourriture.

[23:11]

Donc il réalise peu à peu que sa vie risque d'être compliquée dans les prochaines semaines.

[23:17]

C'est donc pour ça qu'on retrouve des cartes postales, des enveloppes et des dizaines de magazines dans la minuscule pièce.

[23:24]

C'est donc, il va remplir des formulaires de magazines, venant de la grande étagère qu'il a,

[23:30]

en utilisant les cartes postales et les enveloppes qu'il y a dans la pièce.

[23:33]

À la fin de l'émission, il n'y a aucun prix, mis à part les prix que le participant a gagné,

[23:39]

ainsi que la chance unique d'être à la télévision nippone et d'accéder à la célébrité.

[23:44]

Mais il n'y a pas de prix en argent.

[23:46]

Une fois entré à l'intérieur de la pièce, Nasubi rit nerveusement de tout ce qui lui arrive.

[23:52]

Il a à peine à réaliser dans quelle histoire il vient de s'embarquer,

[23:56]

et là, le producteur lui demande d'enlever tous ses vêtements.

[24:00]

Au départ, Nasubi n'y croit pas trop et il ricane un peu,

[24:04]

mais l'homme insiste et Nasubi doit se dévêtir entièrement.

[24:08]

Il le fait avec pudeur et confusion, si je peux dire,

[24:11]

et utilisera le coussin disponible dans le petit appartement pour cacher ses parties génitales.

[24:18]

On donne aussi à Nasubi un microphone qu'il devra porter au cou le tout long du projet,

[24:22]

et il ignore toujours combien de temps tout cela va durer.

[24:26]

On lui indique qu'une caméra pointe vers lui dans la pièce

[24:29]

et qu'à chaque jour, il devra changer les batteries de la caméra

[24:32]

et s'assurer qu'elle est toujours pointée vers lui.

[24:35]

Ce que Nasubi ignore, par contre,

[24:37]

c'est qu'il y a plein d'autres caméras de planquer un peu partout dans la pièce qu'il ne peut pas voir.

[24:43]

On indique donc à Nasubi qu'il sera filmé pendant toute la durée du défi

[24:47]

et qu'un montage sera effectué après-coup pour diffuser au public.

[24:51]

Et que lorsqu'il aura amassé son million de yens,

[24:54]

il regagnera ses vêtements ainsi que sa liberté.

[24:58]

L'objectif, c'est particulier, on part un peu avec la prémisse,

[25:02]

à savoir s'il est possible pour un homme de vivre uniquement de coupons de concours dans les magazines

[25:08]

sans ne jamais dépenser un seul dollar.

[25:11]

Mais toi, Seb, comment tu réagirais si on te proposait un tel défi?

[25:14]

Parce qu'il y a quelque chose d'intéressant là-dedans

[25:17]

sur l'idée de tester la mécanique de concours à grande échelle.

[25:21]

Oui, non, c'est intéressant.

[25:22]

Est-ce que j'aurais voulu me lancer là-dedans?

[25:24]

Je ne sais pas, mais je trouve que c'est une bonne idée.

[25:27]

Les concours, ce n'est pas toujours des objets utiles à ton quotidien.

[25:33]

Lui, c'est un peu ça qu'il a besoin.

[25:35]

Donc, j'ai hâte de voir dans quelle dynamique.

[25:38]

Mais moi, je ne pense pas que je voudrais participer à ce genre de téléréalité.

[25:44]

En plus de commencer nu, on dirait que ça élève le niveau de difficulté.

[25:48]

C'est-à-dire que tu ne penses plus juste à te nourrir en premier.

[25:52]

Il va devoir penser à se vêtir assez rapidement aussi.

[25:55]

Il y a une pudeur, je ne sais pas.

[25:57]

Même un inconfort?

[25:58]

Oui, c'est ça, ce n'est pas naturel en tant que tel.

[26:01]

Je sais qu'il y a des gens qui aiment dormir nu,

[26:04]

mais vivre toute ta journée nu continuellement,

[26:06]

ça n'a pas vraiment été évident.

[26:08]

Et toi, tu aimerais-tu participer à ce genre de défi?

[26:12]

C'est dur à dire.

[26:13]

Au départ, je trouve que le défi est intéressant de vivre à partir de concours.

[26:17]

Mais après avoir fait de la recherche sur Nasubi,

[26:20]

vous allez voir jusqu'où ça peut aller.

[26:21]

Je ne suis pas sûr que je prendrais part à un concours comme ça.

[26:24]

Non, parce que ce n'est pas drôle.

[26:26]

Nasubi va d'abord prendre le défi avec beaucoup d'humour.

[26:29]

Isolé dans sa petite chambre, il va saisir le seul coussin disponible,

[26:33]

la seule chose qui se rapproche d'un vêtement pour couvrir ses parties génitales.

[26:38]

Il va commencer par tenter de gagner des vêtements pour s'habiller et se couvrir.

[26:42]

Mais ce ne sera pas facile.

[26:43]

Il va devoir rester nu pour un bon bout de temps.

[26:46]

Ne pas oublier non plus qu'il n'a pas de papier hygiénique, comme on vous disait.

[26:49]

C'est drôle de voir quand en civilisation, les priorités changent.

[26:53]

Les vêtements et le papier hygiénique, c'est devenu rapidement des choses vitales.

[26:59]

À la limite, on ne se pose plus la question parce que c'est quand même accessible.

[27:03]

Non, exactement. Nasubi doit quand même s'organiser.

[27:06]

C'est-à-dire que quand tu regardes les concours dans les magazines,

[27:08]

tu dois en prioriser quelques-uns tout en sachant que ce n'est pas sûr que tu vas gagner.

[27:13]

Mais là, tu commences par quoi?

[27:15]

Est-ce que tu commences par t'habiller ou à trouver de la bouffe?

[27:19]

Etant donné que, comme tu dis, nous, on est tellement habitués à tout avoir

[27:23]

et à pu manquer de ces besoins de base-là,

[27:26]

Nasubi se retrouve vraiment un peu comme un homme des cavernes modernes dans sa petite pièce vide.

[27:33]

Oui, parce que tu dois un peu refaire tes points de repère.

[27:36]

Il ne veut pas dans une pièce comme ça.

[27:37]

La priorité, c'est de manger avant de te nourrir.

[27:40]

Une journée typique pour Nasubi, c'est qu'il se lève le petit matin.

[27:44]

Il s'adresse à la caméra. La plupart du temps, il est très souriant.

[27:47]

Il va indiquer à la caméra quel jour nous sommes

[27:49]

et va par la suite commencer à remplir des coupons de concours dans les magazines.

[27:53]

Au départ, il commence par tenter sa chance à des concours radio,

[27:59]

car n'oublions pas qu'il y a une radio et un téléphone dans sa chambre.

[28:02]

Il croyait d'abord que ces concours allaient être plus rapides et instantanés,

[28:06]

mais il se rend compte qu'il y a beaucoup moins de chances

[28:08]

et qu'il est dépendant du moment où le concours est lancé.

[28:12]

Il va donc se concentrer presque uniquement sur des concours publiés dans les magazines,

[28:16]

et il va en remplir des coupons de concours.

[28:18]

Il va aller à un tel rythme qu'il va en remplir parfois jusqu'à 200 par jour.

[28:23]

Oui, c'est assez intense.

[28:24]

Oui, ça, ça m'avait impressionné quand j'avais vu ça.

[28:27]

Les premières semaines sont assez difficiles car il y a des longs délais avec la poste.

[28:31]

Les coupons doivent se rendre. Parfois, les concours ont des dates limites plus éloignies.

[28:35]

Et lorsqu'ils gagnent, ça prend encore des délais au prix pour se rendre jusqu'à son appartement.

[28:40]

Mais oui.

[28:41]

C'est pas instantané, c'est pas un gratteur.

[28:42]

Et on n'est pas à l'époque d'Amazon Prime.

[28:44]

Oui, exactement.

[28:46]

Au cours des deux premières semaines, il ne gagnera rien et restera dans sa chambre sans manger.

[28:52]

À un certain moment, il croit vivre une chance incroyable.

[28:56]

Un livreur de ramène cogne à sa porte. Il va enfin manger.

[29:00]

Toutefois, il s'agit d'une erreur d'adresse.

[29:03]

Et bien qu'il insiste un peu pour récupérer le bol de ramène, Nazoubi n'a rien de valeur pour payer.

[29:08]

Ben non.

[29:09]

Pauvre lui.

[29:09]

Il va donc devoir laisser le livreur repartir sans pouvoir assouvir sa faim.

[29:13]

Il s'agira d'un moment vraiment crève-cœur.

[29:16]

Oui.

[29:16]

Puis c'est vrai, c'est cruel. Imaginez, ça fait deux semaines que vous n'avez pas mangé.

[29:21]

Vous sentez juste l'odeur.

[29:23]

Puis finalement, on vous donne même pas ça.

[29:26]

Vous allez voir que ça va prendre un bout avant que Nazoubi revoit quelque chose d'aussi appétissant qu'un bol de ramène.

[29:32]

En plus, c'est pas comme si c'était de la haute gastronomie.

[29:35]

Il va aussi tenter de gagner un tablier pour couvrir ses parties génitales.

[29:39]

Mais il n'y arrivera pas malheureusement.

[29:40]

Son premier prix sera un sac de bonbons de style Jujube.

[29:44]

Un prix qui se célébrera avec une petite danse de la victoire.

[29:47]

Il va par la suite réussir à gagner un sac de riz après deux semaines sans manger.

[29:51]

Il va être très excité de cette victoire, sachant combien de temps on peut survivre avec un sac de riz.

[29:57]

Toutefois, il sera un peu refroidi par ce prix, puisqu'il n'a aucun contenant pour le cuire.

[30:02]

Ben non.

[30:02]

Il y a un petit poil, mais il n'y a pas de chedron.

[30:05]

Il va donc manger du riz froid pendant un certain temps.

[30:09]

Il réussira peu à peu à cuire son riz en le plaçant dans l'emballage de bonbons qu'il a reçus.

[30:14]

J'ai vu des images de ça.

[30:17]

Quand t'es rendu à des moments extrêmes de ta vie, tu deviens créatif et tu utilises tout ce que tu peux autour de toi.

[30:22]

Une fois placé près du brûleur au gaz pendant une heure, le riz devient de plus en plus cuit et digeste.

[30:28]

C'est à ce moment précis que Nazoubi réalise dans quelle aventure il s'est lancé.

[30:32]

Ben oui, chaque petite chose est un effort.

[30:35]

Est-ce qu'il faut que tu essaies de gagner justement des ustensiles ou des trucs pour cuisiner avant de gagner de la nourriture?

[30:42]

C'est tout un défi.

[30:44]

Toujours nu et avec peu de nourriture, Nazoubi va perdre beaucoup de poids au fil du temps.

[30:50]

Il va manger qu'une demi tasse de riz par jour dans le but d'économiser le plus longtemps possible.

[30:55]

Son hygiène va se détériorer.

[30:57]

Ses cheveux vont pousser en bataille et sa barbe va aussi devenir de plus en plus longue.

[31:01]

C'est normal, il n'y a aucun rasoir ni même rien pour prendre soin de son hygiène facial.

[31:07]

Malgré tout, il a un moral d'acier et ne semble jamais se décourager.

[31:12]

À chaque fois qu'il gagne un prix, il fait une danse de la célébration et le moindre petit prix inutile va tout de même le rendre heureux.

[31:19]

Il va tenir à un tel rythme en remplissant des concours qu'à un certain point, il va en remplir près de 2000 par semaine et 8000 par mois.

[31:28]

C'est fou, là. C'est 8000 enveloppes aussi.

[31:30]

Ben oui, tu deviens conditionné à ça.

[31:33]

Il va gagner toutes sortes de prix inutiles au fil du temps.

[31:37]

Il va gagner par exemple un vélo, ce qui va le rendre extrêmement heureux puisque c'est quand même un gros prix.

[31:43]

Mais il ne pourra pas vraiment en faire à part tourner en rond dans son minuscule appartement.

[31:48]

Donc le vélo va rapidement se retrouver dans un coin de la pièce sans être utilisé.

[31:52]

Il va faire de même avec des roues de voiture. Il va gagner 4 roues de voiture.

[31:56]

Même s'il s'agit encore une fois d'un prix que le commun des mortels serait vraiment intéressé à gagner, ils ne lui sont pas d'une grande utilité dans sa chambre.

[32:05]

Ses priorités demeurent encore une fois de s'habiller et de manger au plus vite.

[32:09]

Il ne faut pas oublier non plus que Nasubi n'a pas de papier hygiénique.

[32:12]

Bien qu'il ait réussi à s'organiser avec sa main gauche, il aimerait bien un jour pouvoir retrouver une hygiène normale.

[32:20]

Lorsque Nasubi va gagner des prix inutiles, il va souvent tomber en dépression par la suite après sa petite célébration.

[32:26]

Mais avec le montage, la production de télé va ajouter des sons en cannes, comme on dit au Québec, comme des rires artificiels en bruit de fond et des genres d'onomatopées pour rendre le tout plus rigolo.

[32:38]

Des boings et des choses comme ça.

[32:41]

À chaque fois par exemple que Nasubi est dépressif, ça va être ponctué de sons un peu drôles, un peu rigolos, de rires artificiels pour rendre la tristesse plus drôle finalement.

[32:52]

Ou moins dramatique, ça me met mal à l'aise.

[32:56]

Oui, carrément.

[32:58]

Le commentateur aussi va décrire chaque situation avec beaucoup d'humour.

[33:02]

Par contre, Nasubi n'a pas toujours de plaisir dans tout cela.

[33:06]

N'oublions pas toutefois qu'il a apparemment toujours le droit de cesser de jouer et de quitter la production.

[33:11]

Mais un certain désir d'abandon et de défi parcourt de plus en plus Nasubi.

[33:16]

Le show va connaître un succès monstre.

[33:18]

Les Japonais raffolent du concept.

[33:20]

Le show lui-même est assez bizarre.

[33:22]

On regarde un homme nu, assis la plupart du temps devant sa petite table, qui remplit les formuleurs de concours toute la journée.

[33:29]

Mais on connaît le secret de toute bonne télé-réalité, le montage.

[33:33]

Oui.

[33:33]

Et grâce à cela, et avec l'habillage surchargé de visuels japonais et d'effets sonores, le show devient vraiment excitant, spécialement lorsque Nasubi gagne des prix.

[33:43]

Et lorsqu'il tombe un peu en dépression pendant ses longues journées sans nourriture.

[33:48]

La nourriture a un impact sur aussi le mental.

[33:52]

Bien oui.

[33:54]

Pour lui, à chaque fois qu'il gagne un prix, ça devait être enfin un événement excitant dans sa vie qui n'a aucune stimulation.

[34:00]

Son cerveau devait être ben high et dès qu'ensuite ça retombe, j'avoue que la dépression devait être plus facile à atteindre, si je peux dire.

[34:08]

Dès qu'il entendait quelqu'un cogner à la porte, c'était le livreur, il devait avoir un rush, comme quand on a un like sur Instagram.

[34:15]

Oui, exactement, un équivalent.

[34:17]

Et parlons justement de la production télé.

[34:19]

Le producteur à la tête du show est un certain Toshio Tsuchiya, qui est un peu le parrain du style des Denpa Shounen.

[34:26]

Il a aussi produit le show avec les autostoppeurs qui doivent partir de l'Afrique jusqu'en Norvège.

[34:32]

Les émissions qu'il produit avaient à cette époque 25% des codes d'écoute total au Japon.

[34:36]

C'est monstrueux.

[34:38]

Ben oui, une seule émission.

[34:39]

Le corps, c'est débile.

[34:41]

Denpa Shounen, avec Nasubi en gaze d'acteur principal, a rassemblé plus de 17 millions de spectateurs simultanés, ce qui est un nombre incroyable.

[34:51]

À titre comparatif, Game of Thrones ont fait 15 millions dans leur top et le Japon a un peu plus du tiers de la population des États-Unis.

[34:59]

Généralement, les Sunday Night Football aux États-Unis, qui font les plus grosses audiences, font entre 15 et 22 millions de spectateurs simultanés.

[35:08]

Ça en fait des gens qui regardent un pauvre homme nu remplir des formulaires de concours.

[35:12]

Oh oui, les codes d'écoute, je ne pensais pas que c'était autant que ça.

[35:15]

Moi non plus.

[35:15]

On parle d'un… on a l'impression que c'est des shows de télé obscur, mais non, au contraire, c'était très très populaire.

[35:20]

Mais le plus incroyable dans tout ça, c'est que Nasubi ignore qu'il est diffusé.

[35:24]

À ce moment-là, il ignore encore.

[35:26]

Selon ce qu'on lui avait dit, il y aurait un montage final de réaliser après sa sortie.

[35:31]

Malgré le fait que les producteurs n'ont aucune idée de la durée que le défi durera.

[35:36]

Combien de temps ça peut prendre à recueillir un million d'yens?

[35:39]

Trois mois, trois ans?

[35:41]

On ne le sait pas là.

[35:42]

Ben non.

[35:42]

Est-ce que ce défi est en soi-même réalisable?

[35:45]

Est-ce que ça se peut en fait d'y arriver?

[35:47]

Oui, il n'y a personne qui a testé ça avant.

[35:49]

Non, exact.

[35:50]

Mais en ce moment, les codes d'écoute sont trop élevés et les producteurs veulent à tout prix capitaliser là-dessus.

[35:55]

Donc ils se foutent hyper du mal de ce que Nasubi peut bien penser.

[35:58]

Détails intéressants.

[36:00]

Pour empêcher de dévoiler ses parties génitales, les monteurs couvraient sa forche à l'aide d'un petit dessin d'aubergine.

[36:06]

L'aubergine deviendra en quelque sorte l'emblème du show.

[36:10]

Ben oui, ils l'ont mis nu.

[36:12]

Mais en même temps, ça leur amène des problèmes.

[36:15]

Ils ne peuvent pas montrer un nu comme ça à la télé.

[36:17]

Donc il faut que les monteurs vraiment camoufflent ses parties génitales constamment.

[36:21]

Oui, c'est drôle d'utiliser l'aubergine pour ça et que son nom, Nasubi, c'est un peu son surnom aussi, donc tout est dans tout.

[36:31]

Mais les choses deviendront de plus en plus étranges pour Nasubi et pour le Denpa Shonan.

[37:45]

Cette édition du Denpa Shonan bat tous les records d'audience au Japon.

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Les gens en redemandent.

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Nasubi est devenu un genre d'icône télévisuelle sans même le savoir.

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On vous a dit qu'il ignorait que tout cela était déjà diffusé à la télé,

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mais en plus, il ignorait aussi que d'autres caméras cachées étaient présentes dans l'appartement qui servait à rendre le montage plus dynamique.

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Et la folie est telle que l'on met sur pied un site web, on se rappelle qu'on est en 1998,

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afin de streamer en temps réel toute la vie de Nasubi, encore une fois sans même qu'il le sache.

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Des gens seront engagés à temps plein 24 heures sur 24, imaginez-vous,

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pour cacher les parties génitales de Nasubi afin de ne jamais les montrer dans le stream.

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Parce que oui, au final, ça leur amène des troubles au niveau de production, l'avoir obligé à se dénuder comme ça.

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La qualité est très minimale, évidemment, on se replace dans le contexte de l'époque,

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mais c'était tout de même assez exceptionnel d'avoir accès à ce show-là via le web.

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Le producteur, le Toshio Tsuchiya, est aussi le parrain des caractères japonais ajoutés en surimpression par-dessus la diffusion originale,

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comme on voit énormément dans Nasubi, vous savez, les émissions japonaises,

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il y a toujours plein de caractères en japonais qui apparaissent d'une manière très dynamique,

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alors que personnellement, je trouve ça assez agressant, il semblerait que le style a été prouvé des plus efficaces,

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c'est devenu même assez iconique de la télé japonaise avec le temps.

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Par contre, alors que le public est fasciné,

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Nasubi est toujours dans son petit appartement en quête de nourriture et de manière de subvenir à ses besoins vitaux.

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Au cours de ses premiers mois, il va passer assez rapidement au travers de ses 15 kg de riz qu'il a gagné au début.

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Il va gagner un peu plus tard un sac de nourriture pour chien qu'il va manger devant la caméra pendant plus de deux mois,

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incapable de gagner quoi que ce soit d'autre pour se nourrir.

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Donc c'est là que ça en est venu, il n'y a pas le choix de se résigner à ça.

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Il va aussi gagner des boissons énergétiques sucrées, des bananes à un certain moment donné,

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beaucoup, beaucoup de bananes, donc ça, ça va lui faire plaisir.

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Mais des bananes, ça ne dure pas longtemps.

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Ça brunit après une semaine maximum.

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Tant qu'à manger la nourriture pour chien, après moi, il va manger des bananes brunes.

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Effectivement.

[40:04]

Il va gagner aussi un melon d'eau, puis vraiment tous ces éléments-là vont lui amener un semblant de nutrition équilibrée, bien que...

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Les images diffusées à la télé de Nasubi avec son long visage tout souriant croquant dans le gigantesque melon deviendront assez iconiques.

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Ils resteront gravés dans la mémoire des spectateurs.

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Au bout de six mois, Nasubi est à mi-chemin.

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Il a rassemblé 500 000 yens après avoir rempli 38 000 formulaires de concours en six mois.

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C'est une quantité vraiment impressionnante.

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Pendant cette période, il va gagner sa première pièce de vêtement, des sous-vêtements féminins.

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Et bien excité à l'idée de couvrir pour une première fois ses parties génitales, Nasubi s'est vite rendu compte que la taille des sous-vêtements était trop petite pour lui.

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Donc il va les essayer devant la caméra, mais ce sera une sorte d'échec.

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Les spectateurs vont trouver ça bien drôle, par contre, mais il ne les portera plus.

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Il va éventuellement aussi gagner une paire de chaussures adidances, mais qui se sont avérées trop petites, il ne pourra pas les porter non plus.

[41:14]

Donc que de la malchance au niveau vestimentaire pour Nasubi.

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Il va aussi gagner une ceinture qui ne lui servira à rien, bien évidemment.

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Il va gagner un ensemble de dentifrice et de brosse à dents, ce qui va le rendre extrêmement heureux, lui permettant de se brosser les dents une première fois depuis plusieurs mois.

[41:30]

Oh my god, ça, ça doit être une libération juste psychologique.

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Il va aussi recevoir un genre de toutou, une peluche de baby fuck.

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Nasubi va en faire son meilleur ami, son sensei.

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Il va souvent parcourir son petit appartement en lui adressant la parole, comme s'il était vraiment en vie.

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Il ne faut pas oublier qu'à part le livreur de ramène et le postier, Nasubi n'a encore interagi avec aucun être humain depuis plus de six mois.

[41:56]

Tu dois vérifier fou.

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La production a affirmé que Nasubi avait droit de rencontrer un médecin à chaque six mois,

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mais il est drôle de voir que malgré l'état de santé causé par la malnutrition de Nasubi,

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ainsi que son état mental difficile dans lequel il se trouve, n'ont pas convaincu le médecin de le sortir de là.

[42:14]

C'est vrai, quand tu y penses, il n'était pas sur le point de mourir.

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J'imagine où il a eu un beau chèque de la production aussi.

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Après deux mois de nourriture pour chien, il n'y a pas de problème.

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C'est comestible.

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Un autre point tournant dans l'aventure télévisuelle de Nasubi, c'est lorsqu'il gagne une petite télé 14 pouces.

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Par contre, Nasubi n'a pas d'antenne pour capter les fréquences de la télé.

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On se rappelle qu'on est à la fin des années 90, donc les antennes sont encore utilisées sur les télés.

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En plus de ça, cette télé ne fait pas l'affaire des producteurs puisqu'il craint qu'il puisse se voir lui-même à la télé ou encore dans les nouvelles télévisées.

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Ben oui, parce qu'il est diffusé, mais il le sait pas.

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Tout ça pourrait briser l'immersion dans laquelle Nasubi se trouve et même compromettre l'avenir de l'émission.

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Aussi, après plus de six mois de diffusion, Nasubi est devenu une star et les producteurs craignent qu'il soit repéré par des paparazzi.

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Il sera donc amené par les producteurs au beau milieu de la nuit, les yeux bandés, dans un autre immeuble ou une pièce identique latent.

[43:11]

C'est assez traumatisant, ça aussi, quand on le voit.

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Oui, se faire amener en pleine nuit, réveiller, tout ça.

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Exact, j'étais mal à l'aise encore une fois.

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C'est agressant, c'est jamais dans la douceur.

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Non, exact.

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Les mois de septembre et octobre sont plus difficiles et Nasubi a parfois le moral très bas.

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Son langage aussi va changer puisqu'il n'a presque plus l'occasion de s'exprimer.

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Il va parler de plus en plus lentement dans un ton de moins en moins énergique.

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Miraculeusement, au fil du temps, Nasubi va gagner un lecteur cassette VHS ainsi que deux cassettes, une vidéo d'exercice et une autre vidéo de vélo.

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Ces deux cassettes vont lui permettre enfin d'utiliser sa petite télé et de voir une femme pour la première fois en plusieurs mois.

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Il va aussi gagner un globe terrestre, des posters, des biblos en tout genre et tous ses prix inutiles concrètement à sa mission vont s'accumuler au fil du temps et son petit appartement va devenir un vrai bordel.

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Oui, il va être complètement embourbé de prix inutile qu'il suive à chaque fois qu'il change de chambre.

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Oui, c'est vrai, il déplace tout son contexte.

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Il va aussi gagner des billets pour aller voir le film des Spice Girls. On se rappelle que c'était leur grosse année à cette époque-là des Spice Girls.

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Il va aussi vivre une série de mauvaises aventures. Il va manquer une livraison importante alors qu'il dormait et il va manquer complètement de nourriture.

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Malgré tout, le moral reste plutôt bon. Il va gagner une PlayStation 1 à un certain moment avec un jeu de simulateur de train.

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Il va vivre un grand moment d'euphorie. Il va jouer pendant quatre jours en ligne sans arrêt devant la caméra, comme s'il faisait un stream Twitch 20 ans avant le temps.

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Il va éventuellement bannir la console de jeu puisqu'il juge qu'elle le dit très trop de sa mission principale, c'est-à-dire remplir des formulaires de concours.

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Oui, parce que quatre jours, pour lui, c'est environ 800 concours qu'il n'a pas participé.

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Je peux le comprendre d'être tombé dans une genre de folie pendant quatre jours sans arrêt parce que les jeux vidéo c'est hyper stimulant pour le cerveau.

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Il est tellement abstinent de toute stimulation que ça a dû l'allumer d'une manière incroyable.

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C'est fou comment le jugement ou du moins la survie te ramène à l'ordre. Après quatre jours, il faut que je refasse des concours parce que si je ne veux pas mourir de faim, je trouve ça intéressant au niveau psychologique comment il a pu agir.

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Après dix mois de captivité, Nasubi va finalement gagner un prix qu'il espérait depuis longtemps, du papier hygiénique.

[45:39]

Donc finalement, après dix mois, il gagne deux rouleaux. À partir de ce moment, les choses vont s'améliorer un peu pour lui.

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Il va gagner une enveloppe de chèque de 10 000 yens, ce qui fait considérablement monter son portefeuille, qui doit égaler au moins un million d'yens, on se rappelle.

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Et au jour 335, après 11 mois dans son appartement, Nasubi gagne un petit sac de riz qui lui fait passer la marque du million d'yens.

[46:04]

Au beau milieu de la nuit, il est réveillé en sursaut par l'équipe de tournage qui active les lumières et tire là avec des fusils à confetti sur ses parties génitales.

[46:13]

C'est cruel.

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Il est complètement sous le choc. On lui annonce qu'il vient de compléter son objectif et qu'il devait maintenant s'habiller car il avait droit à des vacances.

[46:23]

On lui demande quel est le repas qu'il préfère, ce à quoi Nasubi répond du kimchi et du yakiniku, donc du chou coréen épicé avec du barbecue coréen.

[46:32]

C'est très bon tout ça.

[46:34]

Ils vont donc l'amener en Corée du Sud à une fête foraine avec ce vêtement.

[46:38]

On va lui servir un bon repas de ses mets préférés, de kimchi entre autres.

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Nasubi ignore toujours que l'émission est filmée et diffusée en direct.

[46:47]

C'est d'ailleurs un peu pour ça que les producteurs l'ont amené en vacances en Corée, étant donné qu'il n'est pas connu là-bas.

[46:53]

Donc il est complètement dans sa bulle, isolé du monde extérieur et il n'y a aucune idée que c'est une star incroyable au Japon.

[46:58]

C'est vraiment particulier.

[47:00]

Alors qu'il est dans une voiture, Nasubi se fait bander les yeux encore une fois et on l'amène encore dans un lieu tenu secret.

[47:07]

On lui enlève son bandeau et Nasubi se retrouve dans une salle identique à celle d'avant avec des magazines, une table à café et les mêmes objets qu'on vous a nommés auparavant.

[47:18]

Il s'agit de la quatrième chambre identique dans laquelle il se retrouve à nouveau.

[47:22]

Mais là, cette fois-ci, on lui dit que s'il veut rentrer à la maison, il doit gagner en prix la valeur de son billet de retour pour le Japon en classe économique.

[47:32]

Par contre, cette fois-ci, tout est en Coréen et il ne parle pas du tout cette langue.

[47:37]

Il devra donc utiliser un dictionnaire afin de participer au concours dans des magazines coréens en remplissant les formulaires dans cette même langue.

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Et après 7000 formulaires et environ deux mois de temps, Nasubi réussit à gagner son billet d'avion pour le Japon.

[47:54]

Encore même, deux mois, ce n'est pas si mal.

[47:55]

Par contre, ce n'était pas assez pour les producteurs.

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Nasubi devait maintenant passer en classe affaires en gagnant un autre 10 000 yens additionnels.

[48:05]

Comme Nasubi n'est pas à son premier défi, il va réussir à le faire en gagnant, entre autres, un ensemble de feuilles de thé extrêmement rares et dispendieuses.

[48:15]

C'est à ce moment que les producteurs lui ont dit que ce n'est toujours pas assez.

[48:19]

Il doit réussir à passer à un billet première classe.

[48:23]

Bien que la situation est devenue complètement loufoque pour les spectateurs, même pour le commun des mortels,

[48:28]

Nasubi est tellement accoutumé à ce mode de vie, il est devenu vraiment un pro dans l'exécution de ses tâches et tellement habitué d'être nu qu'il continue à ce rythme sans broncher.

[48:39]

Il va gagner par la suite un cadre vide, une peau de renard et une pieuvre vivante.

[48:44]

Pieuvre vivante?

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Je me demande bien qu'est-ce qu'il a fait avec la pieuvre vivante.

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Est-ce qu'il a gardé en vie dans son bain?

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Oui, ou il a essayé de la faire cuire.

[48:54]

Ou de la manger.

[48:54]

Oui, mais je n'ai pas de détails.

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Mais la pieuvre vivante, comment qu'ils ont fait pour la livrer?

[49:00]

T'as mis ça dans un aquarium?

[49:01]

Dans une glaciaire, je ne sais pas trop.

[49:03]

Ah oui, j'imagine.

[49:04]

J'ai vu Nasubi la montrer à la caméra en prenant la pieuvre dans ses mains et en la montrant.

[49:09]

Nasubi va éventuellement gagner une paire de shortes rouges, une première pièce de vêtement qu'il lui fait et enfin une opportunité de cacher ses parties génitales.

[49:18]

Mais en Corée, lorsqu'il eut la chance de s'habiller, Nasubi a réalisé qu'il ne supportait plus la sensation des vêtements sur sa peau.

[49:25]

Il éprouvait même des sensations allergiques.

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Il s'est donc dénudé volontairement de son plein gris.

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Il a affiché ses shortes rouges au mur dans le cadre doré qu'il avait précédemment gagné.

[49:37]

C'est drôle, je trouve ça drôle comme façon de faire dans le fond.

[49:41]

Mais c'est vrai parce que, d'une certaine manière, à l'époque, il n'y en avait pas de linge.

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Et notre corps s'est habitué à supporter le frottement.

[49:50]

Notre peau s'est habitué au fil du temps à ça.

[49:52]

Mais je suis convaincu que, justement, si on vivrait la même chose, si on arrêtait de porter du linge et on le remettrait,

[49:58]

notre peau commencerait à avoir des réactions allergiques parce qu'elle n'est plus habituée de le supporter.

[50:04]

Mais on voit que Nasubi a quand même un moral d'enfer en affichant ses shortes, un peu en riant de tout ça.

[50:10]

Oui, c'était assez incroyable.

[50:12]

Mais en théorie, Nasubi est maintenant un homme libre.

[50:15]

Il a gagné son billet de première classe.

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On l'habille donc en tuxedo avec chemise et veston et l'amène en voiture les yeux bandés encore une fois comme à l'habitude.

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Malgré qu'il ignore toujours, quand cette histoire prendra fin, Nasubi espère que la prochaine sera sa destination finale.

[50:31]

Il est donc ramené à Tokyo.

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Et contre toute attente, on le place encore une fois dans une pièce identique aux quatre précédentes.

[50:39]

Mais que se passe-t-il avec ce show de télé où jusqu'où les producteurs vont aller pour les cotes d'écoute?

[50:44]

Fidèle à ses habitudes, Nasubi se dévêtit.

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Et au moment où il s'installe à sa petite table à café pour remplir des formulaires de concours,

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les quatre murs de son appartement s'effondrent.

[50:54]

Et on retrouve Nasubi, nu, sur une scène, devant des milliers de gens dans un immense studio de télévision.

[51:01]

Ça, c'est assez fou, là.

[51:03]

La musique et les feux d'artifice vont à plein régime alors que le pauvre Nasubi,

[51:06]

qui n'a presque pas rencontré d'autres êtres humains depuis maintenant 15 mois, est complètement sous le choc.

[51:11]

Il ignore toujours que l'émission était diffusée pendant tout ce temps-là.

[51:15]

Ben oui, imagine sa réaction.

[51:18]

Ben oui.

[51:18]

Lui, il pensait pas qu'il était connu.

[51:20]

Puis là, tout d'un coup, il est dans la même pièce que d'habitude et les murs s'effondrent.

[51:24]

Et là, il est nu dans la salle devant tout le monde.

[51:27]

Mais son visage! Sa première réaction sera de s'exclamer « Ma maison vient de tomber en pièce! ».

[51:33]

Ensuite, il va se demander « Pourquoi est-ce que tout le monde rit? »

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Avez-vous diffusé mon cas flambant nu pendant tout ce temps?

[51:40]

Est-ce même légal?

[51:42]

Oui.

[51:43]

On se rend compte que Nasubi prend un certain temps à comprendre tout ce qui lui est arrivé

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et a à peine à analyser l'ampleur de l'aventure qu'il vient de vivre.

[51:51]

Chose certaine, le moment de télé est très bizarre et on se sent extrêmement inconfortable à regarder la scène.

[51:57]

Oui, c'est un moment un peu où on se dit « Ben là, c'est la fin de son aventure, c'est la victoire. »

[52:03]

Mais en même temps, c'est d'une tristesse effarante.

[52:05]

À son visage, tu lisais l'étonnement. Il ne comprenait rien de ce qui se passait.

[52:11]

Tous les gens autour de lui, je me demande vraiment ce qui se passait.

[52:16]

Dans sa tête, ça devait être le tonnerre.

[52:20]

Tu dois tellement te poser de questions simultanément, pas comprendre ce qui se passe.

[52:24]

Le fait d'être isolé comme ça, ça te rend un peu fou.

[52:28]

Tu dois tellement vivre dans ta bulle que tes réactions du monde extérieur doivent être quasiment un danger pour toi.

[52:39]

Nasubi va avoir rempli 75 000 formulaires de concours pendant 15 mois pour en arriver là.

[52:46]

Il n'y a pas de prix véritable au Denpa Shonan, on se rappelle.

[52:49]

Bien sûr, il peut garder tous les prix qu'il a gagnés pendant l'émission, mais sans plus.

[52:53]

Je demande toujours ce qui est arrivé à la pieuvre vivante.

[52:55]

Donc, les concurrents misent sur la célébrité que peut leur apporter la visibilité de l'émission.

[53:01]

Dans le cas de Nasubi, il va accéder à une certaine forme de célébrité, mais sans vraiment connaître une carrière foudroyante.

[53:08]

Au cours des années suivant le show, il va être reconnu partout et prendre part à plusieurs grands plateaux d'émissions de télé.

[53:15]

Il va tout de même garder une certaine difficulté à se vêtir pendant plusieurs mois suivant l'aventure, conséquence d'avoir vécu si longtemps sans vêtement.

[53:24]

Malgré cela, il va publier son journal de bar qu'il écrivait alors qu'il était enfermé dans son appartement.

[53:31]

Les rumeurs disent que même quand il est sorti de sa pièce à la fin, son livre était déjà un best-seller.

[53:37]

C'est-à-dire que les producteurs avaient déjà commencé à le vendre.

[53:40]

C'est incroyable. L'oportunisme au son meilleur.

[53:42]

Oui, mais apparemment qu'il a touché de redevance de ça.

[53:45]

Au moins, il ne s'est pas fait avoir à tous les niveaux, selon encore une fois les rumeurs.

[53:49]

Au-delà de cela, il va retourner dans sa ville natale Fukushima où il va obtenir des petits rôles à la télé.

[53:54]

Il est très impliqué au niveau des fondations en lien avec les victimes de radiation de Fukushima.

[54:00]

Il a donc tenté de monter le Mont Everest pour amasser des fonds et il va réussir en 2016 après une première tentative en 2013 où il a raté sa chance.

[54:11]

Il va aussi lancer un show télé plus tard pour éduquer les gens sur les dangers de la radiation nucléaire.

[54:17]

Donc, il va tout de même bien s'en sortir Nasubi sans quand même connaître la popularité qui comptait.

[54:24]

Mais il faut dire qu'à cette époque-là, on est aussi pré-réseau sociaux.

[54:27]

Donc, c'est moins évident pour les participants au Télé de réalité de devenir des méga stars à cette époque-là.

[54:34]

Oui, parce qu'après, maintenant les stars de télé réalité peuvent garder contact avec le public justement avec les réseaux sociaux et continuer à entretenir cette flamme-là.

[54:42]

Mais un peu comme tu dis, à cette époque-là, il n'y en avait pas.

[54:44]

Donc, une fois que le show télévisé n'est plus diffusé, si cette personne-là n'a pas d'autres shows, d'autres événements, d'autres spectacles, c'est vrai que tu peux tomber un peu dans l'oubli.

[54:57]

Oui, le public pense à autre chose.

[54:58]

Exact.

[54:59]

Les producteurs du Denpa Shounen ont fait fortune avec le show.

[55:03]

Ils faisaient même du placement publicitaire avec des marques de soupes en utilisant des images de Nasubi à son insu.

[55:09]

Donc, Nasubi était presque un influenceur avant le temps.

[55:12]

Le producteur a souvent affirmé aux médias qu'il n'avait pas vraiment de remords face à Nasubi.

[55:17]

Il s'est toutefois excusé neuf ans plus tard en allant manger avec Nasubi dans un restaurant en personne.

[55:23]

Il a aussi déclaré dans un documentaire sur Oulu, une citation quand même assez intéressante, il dit

[55:30]

Nasubi a sombré dans le désespoir, mais comme il était nu et qu'il n'avait pas de vêtement, il ne pouvait même pas s'enfuir et demander de l'aide à la police.

[55:38]

Hormis les cinq minutes que Nasubi a pu échanger avec un livreur,

[55:42]

ses 24 heures étaient passées à remplir des formulaires de concours dans le silence total.

[55:48]

Imaginez l'exaltation qui le submergeait lors de ces précieuses minutes au cours desquelles il parlait au livreur son seul contact avec le monde extérieur

[55:55]

et en vérifiant le contenu des colis qu'il recevait.

[55:59]

C'est à ce moment-là qu'il éclatait de joie et commençait même à danser pour exprimer son bonheur.

[56:03]

C'est dans des moments aussi passionnants que celui-ci que la vie nous donne un aperçu de la véritable nature de l'homme.

[56:10]

C'est quand même une citation un peu profonde pour expliquer tout ce show-là.

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Il semblait dire ce producteur-là, Toshio, que lui ce qui l'intéresse c'est justement créer des miracles à l'écran et que Nasubi pour lui a été vraiment un miracle.

[56:27]

Un miracle pour son portefeuille.

[56:29]

Nasubi a affirmé de son côté que l'expérience a été très traumatisante, que chaque jour il souffrait mentalement.

[56:35]

Il a aussi souffert beaucoup physiquement en perdant du poids, en ne se nourrissant pas très bien et en n'ayant pas ses besoins de base satisfaits.

[56:44]

Plusieurs années plus tard, il a affirmé en entrevue au podcast This American Life qu'il était plus serein avec la vie depuis cette aventure,

[56:51]

que cette notion de toujours devoir travailler pour combler ses besoins vitaux tout en dépendant d'un facteur de chance en raison des concours,

[56:59]

jumelé à un isolement continuel, lui ont appris à prendre la plupart des situations difficiles de la vie avec un grain de sel.

[57:05]

Et lorsqu'on l'entend, il semble très zen, très en paix avec l'expérience.

[57:10]

C'est certain qu'une expérience comme ça te fait grandir.

[57:15]

Oui, il a eu un traumatisme, mais il n'a pas été à la guerre. Je suis d'accord avec ce qu'il dit et ce n'est pas pour rien.

[57:22]

Il a même monté le Mont Everest qui n'est pas accessible à tout être humain.

[57:25]

Cette force mentale-là qui a dû développer, je comprends ce qu'il veut dire.

[57:31]

Après ça, on dirait que les problèmes de la vie du quotidien te viennent facile à résoudre d'une certaine manière quand tu as passé à travers ça.

[57:37]

Donc, il n'y a plus rien qui te fait peur.

[57:38]

Non, c'est clair. Mais cette force mentale-là, il devait déjà l'avoir.

[57:42]

Avant d'entrer dans le show parce que je pense que le commun des mortels n'aurait pas survécu à ça.

[57:47]

Non, tu as raison. Beaucoup de gens auraient abandonné avant 15 mois, c'est certain.

[57:53]

Anecdote savoureuse, après le succès de Nasubi en 1999 avec le show A Life Out of Prizes,

[58:02]

Toshio Tsukiya a lancé un autre show télévisé pour saluer le passage à l'an 2000 et écoutez bien ça.

[58:09]

Il a pris un duo comique au Japon qui croit en la prophétie de Nostradamus comme quoi le monde se terminera en l'an 2000.

[58:16]

Donc, rappelons-nous qu'on est en 1999.

[58:19]

Et donc, ils les font creuser un trou vers un bunker souterrain où ils passeront six mois enfermés et filmés

[58:26]

afin de leur faire vivre le passage à l'an 2000 ou encore ce qu'ils croient eux être la fin du monde.

[58:32]

Oh mon Dieu!

[58:34]

C'est drôle, mais ça ne l'est pas.

[58:35]

Le producteur parle de la prémisse que si la fin du monde arrive, on doit préserver l'humour.

[58:41]

Oui.

[58:42]

Donc, ce qu'il disait, c'est que ces deux, le producteur disait en interview, je pense que c'était à Variety,

[58:48]

il disait genre, ben, ces deux personnes-là sont soit des purs idiots ou les deux personnes les plus intelligentes sur la planète.

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Oui, mais c'est vrai.

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Par la suite, il y a une loi qui est passée au Japon pour interdire les shows télé qui font usage de la torture.

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On ne reverra donc plus de défis complètement fous du Denpa Shonan.

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Toutefois, il existe YouTube pour se rappeler du bon vieux temps et de ces épisodes-là qui étaient quand même assez extrêmes.

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D'ailleurs, en Azubi, vous pouvez regarder plusieurs épisodes de son show, même avec des sous-titres anglais.

[59:20]

Oui, exact. Oui, ça vaut la peine, si vous avez aimé ça, d'aller voir quelques extraits ou des épisodes, des bouts.

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Vous allez voir, ça ajoute à ce qu'on raconte.

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Vous allez voir, il y a un visage, il y a quelque chose d'attachant aussi.

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Oui, très.

[59:35]

Oui, dans ses expressions, quand il sourit, on s'attache à lui,

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et en même temps, on peut mieux comprendre ce qui a pu vivre.

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Parce qu'on le voit maigrir aussi au fil du temps.

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Même si ce n'était pas quelqu'un qui était très gras, c'est très intéressant d'aller voir.

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Je vous le recommande fortement.

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Ça fait le tour un peu de la chronologie des événements, Seb,

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mais tout ça n'est pas sans rappeler quand même le Truman Show, le fameux film avec Jim Carrey,

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qui traitait un peu de ce thème-là, de voir sa vie complètement filmer, de faire de sa vie un spectacle.

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Oui, comme tu l'as si bien dit, le Truman Show, c'était un homme qui était filmé à son insu,

[01:00:11]

en fait, puis tout son entourage était des acteurs, puis il était diffusé, puis il vivait vraiment dans une bulle, son quotidien.

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Je ne sais pas s'il y a des humains qui n'ont pas vu encore ce film-là, si vous ne l'avez jamais vu avec Jim Carrey.

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Ça vaut la peine, c'est un film de 1998.

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Bien oui, même dans la même année que Nazubi, en plus.

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Bien oui, tu as raison, c'est vrai, c'est un drôle de hasard quand même.

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Suite à ce film-là, en fait, ou à ce phénomène-là d'être filmé, à une certaine époque, en 2003,

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il y a un docteur Joel Gold, qui était un psychologue.

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Lui, pour un psychiatre, pardon, pour la première fois, il y a eu un homme qui est venu à son hôpital psychiatrique de 26 ans,

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et que lui, il se sentait filmer, il se sentait que sa vie était filmée autour de lui,

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que toutes les caméras étaient braquées sur lui.

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Et c'est à ce moment-là qu'il a nommé cette maladie-là, qu'il appelle ça le True Man Show Delusion.

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Donc vraiment avoir l'impression d'être constamment filmé.

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Il expliquait que c'est une nouvelle maladie mentale, en fait, parce que, rappelez-vous, en 2003, il n'y avait pas de Facebook,

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on n'avait pas de téléphone intelligent.

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Donc notre notion du Big Brothers n'était pas la même, mais il y avait les téléréalités qui étaient là,

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et qui ont pu modifier un peu notre perception de la réalité.

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Puis justement, il expliquait que la maladie mentale, les gens qui souffrent d'une maladie mentale sont fragiles,

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et que l'environnement extérieur peut beaucoup les affecter.

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Donc depuis le True Man Show, ça a créé ce glitch-là pour certaines personnes.

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Puis il nous donnait un exemple d'un homme, lui, qui a souffert de ça.

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Il s'appelait Kevin, c'était un bipolar.

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Puis lui, à un moment donné, à une certaine époque, il a baptisé sa vie le True Man Cave Show.

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Puis il y avait toujours des épisodes de manie un peu comme ça, à chaque fois qu'il était traumatisé,

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qu'il y avait des expériences traumatisantes.

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Quand il est rentré au cégep, par exemple, il y avait l'impression, juste à cause du stress,

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que toutes les chansons à la radio racontaient sa vie.

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C'est drôle comme perception.

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Tout ce que la radio diffusait, il y avait l'impression que ça s'adressait à lui.

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À un moment donné, un autre épisode de stress, il était à Boston, il approchait tout le monde,

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puis il leur posait des questions hyper gênantes en pensant qu'il avait le droit de faire ça,

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jusqu'à temps que les policiers l'arrêtent parce qu'il s'est mis à grimper dans les arbres,

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en questionnant tout le monde. C'est assez particulier.

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Et même, il y a eu plusieurs autres épisodes, puis il y a eu le cancer des testicules.

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On dirait que ces gens-là qui ont une pré-disposition, dès qu'ils ont des événements marquants,

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ça fait ressortir ce besoin-là.

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Pas ce besoin-là, mais cette impression-là d'être contrôlé par quelque chose d'extérieur,

[01:02:53]

et que c'est eux qui deviennent un peu le réalisateur de leur vie.

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C'est assez particulier. Vous pourrez un peu creuser là-dessus le docteur Joel Gold,

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qui a fait même un livre là-dessus sur le Truman Show Delusion,

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qui est une nouvelle sorte de maladie mentale.

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J'avoue que ça doit être assez particulier, que tu tombes dans une folie comme ça,

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une lubie d'avoir l'impression que tout le monde te regarde ou que tu es filmé constamment.

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Parce que l'idée d'être surveillé constamment,

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il y a plusieurs personnes qui ont ce problème-là ou qui ont une paranoïa.

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On se rappelle de John Lang, un sujet qu'on a couvert dans notre livre,

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ou même sur Nuréa TV, où vraiment un homme avait l'impression d'être constamment surveillé.

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Il a mis fin à ses jours, une histoire tragique, mais fascinante et mystérieuse en même temps.

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Mais dans ce cas-ci, c'est vraiment des gens qui ont l'impression que non seulement sont filmés,

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sont surveillés, mais sont diffusés auprès d'un public.

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Donc il y a un certain public qui les regarde, mais eux sont un peu dans une bulle,

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comme dans le show Truman. Donc c'est assez particulier comme sujet.

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Oui, c'est assez troublant. Il dit que c'est pas un trouble qui est répandu quand même,

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comme le Truman Show Delusion. C'est pas une maladie qui est très...

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Il n'y a pas une grosse prévalence de gens qui souffrent de ça, mais c'est quand même présent.

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Donc ça conclut un peu tous les événements entourant un Azoubi.

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Seb, qu'est-ce que t'as pensé de ce sujet-là? Comment t'as trouvé ça à te plonger là-dedans?

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Moi, j'ai aimé ça parce que d'un, je suis un grand fan de télé-réalité.

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Même dans une autre vie, j'ai eu une chaîne YouTube, un blog sur une télé-réalité au Québec,

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qui s'appelait Love Story. Donc moi, les télé-réalités, j'ai toujours été fasciné par ça.

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Oui, t'en manges.

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Oui, oui, vraiment. Puis j'aime ça, mettre des humains dans des contextes,

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puis observer leur comportement dans des contextes différents, non réguliers,

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comme je vous disais en début d'épisode. Mais ce cas-là de Azoubi m'a beaucoup troublé.

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C'est toute la cruauté mentale et psychologique faite contre un être humain

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ou envers un être humain, juste pour capitaliser sur du profit.

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Ça me mettait vraiment mal à l'aise. Je sais que la plupart des télé-réalités,

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c'est jamais éthique à 100%, on s'entend, de mettre des humains dans des situations comme ça.

[01:05:01]

Mais on dirait que pour Azoubi, vu qu'il était pas au courant dans quoi il s'embarquait,

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ça me mettait mal à l'aise. Mais heureusement, le Japon agit.

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Maintenant, c'est illégal, ça n'arrivera plus, heureusement.

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Je suis pas convaincu non plus que, d'après moi, ça doit être légiféré aussi un peu partout dans le monde

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pour éviter ce genre de drame-là. Mais c'est ça.

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Pour moi, c'est de la cruauté humaine plus qu'autre chose,

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même si je comprends les Japonais d'avoir embarqué là-dedans.

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Parce que si c'était un phénomène qui avait été au Québec, par exemple, ça avait été streamé en 1998,

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je suis convaincu que je l'aurais écouté moi aussi. Je dois l'avouer.

[01:05:36]

Toi, comment tu vois ça un peu, tout ce concept-là?

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Un peu comme toi, je trouve que c'est allé quand même assez loin, peut-être même un peu trop loin.

[01:05:45]

Mais en même temps, ces gens-là avaient signé un contrat.

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Donc, ces gens-là ne savaient pas dans quoi ils s'embarquaient,

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mais en même temps, ils s'attendaient que c'était quelque chose de quand même risqué et de quand même spécial.

[01:05:58]

Donc, je suis aussi fasciné par la volonté de ces gens-là d'obtenir leurs 15 minutes de gloire,

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qui sont prêts à aller jusqu'à n'importe où dans des auditions d'un show dont ils ignorent le concept.

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Donc, c'est assez fascinant, ça aussi, ce phénomène-là de gens qui veulent vraiment aller chercher leurs 15 minutes de gloire.

[01:06:16]

Mais oui, en même temps, ça n'a pas de bon sens de voir quelqu'un qui mange de la nourriture pour chien pour survivre à la télé.

[01:06:23]

Si il était mort devant les caméras, est-ce que les gens auraient applaudi avec des sons de rire en canne et tout ça?

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Je ne crois pas.

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Mais ça, ça me pousse à me poser une autre question qui a été souvent soulevée, en fait,

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du moins sur Internet quand les gens analysent après coup le Danpa Shonan.

[01:06:39]

Est-ce que tout ça était bien réel ou est-ce que c'était stégé?

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Est-ce qu'il y avait des choses qui étaient fausses là-dedans?

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Il y a eu des rumeurs qui disaient que Nasubi était nourri dans les deux premières semaines en attendant qu'il gagne son premier prix.

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Il y en a qui disent que justement, ça se peut qu'il a été nourri à d'autres moments, que ce n'était peut-être pas si difficile que ça.

[01:06:58]

Donc, est-ce que ça, c'est quand même une question qui persiste dans le but de faire un bon spectacle?

[01:07:03]

Étant donné qu'il n'y a pas de règles pour le participant, ça se peut qu'il n'y ait pas de règles pour les producteurs non plus.

[01:07:08]

Oui, non, c'est clair.

[01:07:09]

Mais je suis presque convaincu qu'il a été nourri dans les deux premières semaines.

[01:07:12]

Je pense que dans nos théories, dans nos cours de bio, c'était maximum cinq jours ou à sept jours sans nourriture, que le corps pouvait survivre.

[01:07:20]

C'était impossible de durer en durée de deux semaines, me semble.

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Moi, je pense que le corps humain est capable de grandes choses, mais c'est clair qu'il a dû avoir un peu d'aide.

[01:07:30]

J'espère presque qu'il a eu de l'aide.

[01:07:33]

Parce que l'énergie ne fait juste pas manger pendant une journée.

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Il essaie de remplir des coupons de concours.

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Je doute qu'il n'a jamais été nourri juste à cause de ça, même si on peut avoir beaucoup de résilience et de force mentale.

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Il y a quand même une limite au corps humain.

[01:07:51]

Il a besoin d'essence, il a besoin de gaz, comme on dit, pour fonctionner.

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Moi aussi, là-dessus, j'ai un certain doute, mais c'est quand même pour ne pas tuer un autre être humain, donc c'est louable.

[01:08:03]

Oui, tout à fait.

[01:08:04]

C'est un peu ce que je pense de ça.

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J'ai l'impression que ce n'est peut-être pas aussi réel que ce que ça nous a laissé croire, ou du moins de ce que les spectateurs de l'époque ont cru.

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On dirait que j'ai l'impression que ça va trop loin un peu.

[01:08:17]

Mais j'avoue qu'il y a une partie de moi qui trouve ça rigolo aussi, ce type de concept-là.

[01:08:22]

Les deux gars qui doivent faire de l'autostop de l'Afrique à la Norvège, ça devait quand même être assez rigolo.

[01:08:27]

Les choses avec lesquelles on dirait j'ai plus de difficultés, c'est des jeux télévisés un peu comme Zagaman, l'Endurance, ou justement les gens mettent leur...

[01:08:37]

Vous allez me dire que Nasubi aussi était quand même à risque, mais l'autre, c'est des épreuves vraiment physiques où on peut se blesser vraiment très gravement.

[01:08:46]

J'ose croire que si Nasubi aurait eu un problème, on l'aurait sorti de là, mais si l'autre qui est attaché à une roue qui tourne sur une plage,

[01:08:54]

la roue se détache puis qui est écrasée par la roue, c'est une autre situation.

[01:08:59]

C'est peut-être une bonne chose qu'il y ait eu une loi passée à cet effet.

[01:09:02]

Exact, mais les lois sont toujours là pour protéger de la bêtise humaine.

[01:09:05]

Oui, évidemment. Donc merci d'être resté avec nous, cher Distordio, encore une fois.

[01:09:10]

Vous savez où nous trouver si vous voulez nous rejoindre.

[01:09:13]

Sur Twitter, on est DistorsionPod.

[01:09:15]

Sur Facebook, Instagram et YouTube, on est DistorsionPodcast.

[01:09:19]

Et on est DistorsionPodcast aussi.

[01:09:21]

Donc vous pouvez nous faire une demande d'amitié là aussi.

[01:09:24]

Si vous avez envie de discuter de sujets plus en profondeur, vous pouvez le faire sur le groupe de discussion privé sur Facebook.

[01:09:31]

Le groupe de discussion de Distorsion.

[01:09:33]

Vous allez retrouver plein de gens stimulants et très intéressés par ces sujets glauques.

[01:09:38]

Oh oui.

[01:09:39]

Est-ce que tu aurais un mot de la fin pour nous, mon cher Emile ?

[01:09:42]

On vous suggère de toujours garder vos vêtements, juste au cas où votre vie serait filmée.

[01:09:48]

Oh ?

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