#66 - À la recherche de Mr Handcuffs

Épisode

#66 - À la recherche de Mr Handcuffs

Épisode
66
Durée
1 h 06 min
Format
Audio

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En 2013, Laura Simonson, mère de 7 enfants, disparaît subitement après avoir écrit une lettre inquiétante à ses proches. Malgré que la thèse du suicide est abordée, il n’est pas du genre à Laura d’abandonner ainsi ses enfants pour disparaître volontairement. Une enquête est alors ouverte, et la vie privée de Laura est passée au peigne fin. On y apprend qu’elle avait fait certaines rencontres en ligne, notamment sur un site de BDSM… Un certain Mr Handcuffs aurait été son correspondant pendant plusieurs mois. Grâce à l’aide d’un mystérieux pirate informatique, les enquêteurs partiront sur la trace de ce certain Mr Handcuffs, convaincus qu’il sait sans doute une chose ou deux à propos de la disparition de Laura…

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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...

[00:06]

Breathplay or breath control. Gotcha.

[00:08]

Whether it be pinching the nose or having a ballgag in the mouth and pinching the nose,

[00:14]

choking is popular or also causing excitement and all of that.

[00:19]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:52]

13. Laura Simonson, une mère de famille de 37 ans, connaît des moments difficiles

[00:57]

et se réfugie sur des sites de rencontre.

[01:00]

Après avoir écrit une lettre alarmante à ses proches, elle disparaît en laissant derrière elle ses six enfants.

[01:06]

Des analyses de ses activités en ligne laissent croire que Laura courait de gros risques

[01:10]

en devenant active sur un site de BDSM.

[01:14]

Au centre de l'enquête, un certain Mr. Hancoffs,

[01:17]

un homme mystérieux qui semble connaître les secrets du destin de Laura.

[01:26]

Sébastien Évec, comment ça va aujourd'hui?

[01:28]

Ça va bien toi, Emile Gauthier.

[01:29]

Ça va très bien. On a un sujet très intéressant ce soir.

[01:33]

On a eu la chance de réaliser un épisode de télé récemment à propos des prédateurs en ligne,

[01:38]

ces gens qui se tiennent un peu partout sur le web à la recherche de proies.

[01:41]

On a déjà couvert des cas similaires dans le passé comme celui d'Amanda Todd en particulier.

[01:47]

Souvent, on a tendance à croire que c'est plus des jeunes ou des adolescents qui se font piéger,

[01:52]

mais dans le cas de ce soir, c'est une mère de famille qui a en fait plusieurs enfants

[01:56]

et qui va disparaître suite à une étrange rencontre faite en ligne.

[02:00]

Oui, sur un site de BDSM, un site de rencontres de gens qui ont une préférence pour le sadomasochisme.

[02:08]

C'est aussi un sujet dont on a traité dans un autre épisode de notre série télé

[02:11]

à propos du sexe, en fait, sur l'évolution des pratiques sexuelles.

[02:15]

Évidemment, à distorsion, on est ouvert d'esprit, donc le BDSM en soi, ça ne nous choque pas.

[02:20]

Mais en fait, ce qu'on se rend compte, c'est qu'on se rend compte que ça a évolué avec l'arrivée d'Internet.

[02:27]

C'est de plus en plus facile lorsqu'on a une forme de fétichisme, par exemple,

[02:31]

de rencontrer des gens qui sont comme nous en ligne.

[02:34]

Ces endroits-là peuvent être aussi des sources pour des prédateurs.

[02:38]

Dès que t'es derrière un écran, tu ne sais jamais à qui tu t'adresses de l'autre côté.

[02:42]

Souvent, les relations sur les sites de rencontres se développent au fil du temps,

[02:47]

mais par chat sans rencontre.

[02:49]

Et c'est à ce moment-là que les choses peuvent se développer

[02:52]

ou que même une influence peut se produire entre les deux.

[02:56]

Parce que je suis convaincu qu'il y a des gens qui vont pour la petite.

[02:58]

Il y a toujours une première fois à tout.

[03:00]

La première fois, par exemple, qu'une personne peut aller sur un site de BDSM,

[03:04]

veux, veux pas, elle doit être nouvelle dans l'environnement, cette personne-là.

[03:07]

Et en discutant avec d'autres membres du site,

[03:11]

veux, veux pas, j'ai l'impression que ça ne doit pas te transformer,

[03:13]

mais t'attirer et t'amener un peu vers ce monde un peu quand même particulier.

[03:19]

Oui, tout à fait.

[03:19]

Puis on ne sait pas par la suite qu'est-ce qui peut en découler.

[03:22]

C'est des pratiques qui peuvent être risquées parfois

[03:24]

lorsque c'est mal pratiqué, mal encadré.

[03:27]

Et puis vous allez voir, l'histoire de ce soir tourne un peu autour de ça, de cette culture-là.

[03:32]

Donc, ça mêle un peu une histoire de mère de famille un peu dépressive, seule,

[03:38]

mais aussi sexe, vie secrète

[03:40]

et éventuellement tout un tournant dramatique autour de cette histoire-là.

[03:44]

Vous allez voir, c'est très passionnant, l'histoire de Mr. Hancoffs et de Laura Simonson.

[03:49]

Mais pour passer au travers de tout ça, aujourd'hui, on a une tournée de vin, Seb.

[03:54]

Oui, c'est une première à distorsion. On a une tournée de vin.

[03:57]

On boit le Fendant du Valais.

[03:59]

C'est un vin suisse du cépage chasselas.

[04:03]

Il est très fruité, puis il y a des petites notes minérales.

[04:06]

Il est très, très bon.

[04:07]

Ça, en fait, ça nous a été offert par Fiona, qui est elle-même une Suisse,

[04:12]

et elle nous l'a offert en main propre au Salon du livre de Montréal.

[04:16]

Donc, merci à toi, Fiona.

[04:18]

C'est un grand plaisir de déguster un vin de ta région.

[04:21]

Et pour la première fois, tu as comme initié peut-être une nouvelle tendance à distorsion,

[04:26]

d'avoir de temps à autre une tournée de vin.

[04:29]

Ben oui, pourquoi pas.

[04:30]

Puis, vous pouvez faire.

[04:31]

En fait, si vous ne pouvez pas faire, comme Fiona a nous amené une bouteille de vin en main propre,

[04:35]

et vous ne voulez pas envoyer ça par la poste,

[04:37]

au risque de vous faire saisir votre colis par les méchants douaniers canadiens.

[04:42]

Mais dans ce cas-ci, vous pouvez le faire, nous faire un don

[04:45]

au distorsionpodcast.com sur l'onglet Tourner de bière.

[04:48]

En fait, vous vous rendez là et vous pouvez faire un don.

[04:51]

Donc, en même temps, vous encouragez le show et vous remplissez notre frigo.

[04:55]

On a aussi un shout-out à donner pour une review 5 étoiles sur Apple Podcasts,

[05:00]

qui nous vient cette fois-ci de Jesse Spencer, du Canada,

[05:03]

qui nous parle et nous dit, en fait, le bouche-à-oreille virtuel,

[05:07]

c'est grâce à Prej et son podcast Ars Moriendi que je vous ai découvert.

[05:11]

Et j'aurais dû le faire avant.

[05:13]

J'avoue aussi avoir un faible pour votre effet d'écho.

[05:16]

Donc, juste pour toi, Jesse, un shitload d'écho.

[05:21]

Je pense qu'on a tout dit.

[05:23]

Seb, est-ce qu'on est prêt à se plonger dans le monde obscur de Mr. Hancofs?

[05:28]

Oui, monsieur.

[05:29]

C'est parti.

[05:32]

Nous sommes le 20 juin 2013 à Northfield,

[05:35]

qui est une petite municipalité d'environ 20 000 personnes au Minnesota aux États-Unis.

[05:40]

Laura Simonson, une aide soignante de 37 ans,

[05:44]

qui est divorcée depuis 6 ans de Troy Simonson,

[05:47]

a maintenant la garde partagée de ses 7 enfants,

[05:49]

Sarah, Hunter, Alyssa, Emily, Josephine, Ashton et Kylie.

[05:54]

Malgré les épreuves de la vie,

[05:56]

Laura est une femme lumineuse, très proche de ses enfants

[05:58]

et qui dégage la joie de vivre.

[06:01]

Laura est aussi bien entourée de sa famille

[06:02]

et est très proche de sa seule soeur,

[06:05]

Nikki, et de sa mère, Mary.

[06:07]

Par contre, le quotidien de Laura n'est pas toujours facile.

[06:11]

En plus de devoir s'occuper de ses 7 enfants seuls lorsqu'elle a la garde,

[06:14]

parmi eux, il y a Alyssa, 13 ans,

[06:17]

qui est depuis maintenant plusieurs années handicapée lourdement.

[06:21]

Alyssa a subi un malheureux accident à la piscine lorsqu'elle était enfant,

[06:24]

en fait elle a failli se noyer,

[06:26]

et depuis elle est devenue aveugle et a subi de graves dommages au cerveau,

[06:30]

ce qui l'empêche même de marcher ou de s'exprimer correctement.

[06:34]

C'est vraiment triste, ce qui est arrivé à cette petite fille-là.

[06:37]

Vraiment, elle est pas assez proche de mourir,

[06:40]

en fait elle a eu une noyade en jouant avec des amis

[06:42]

et elle a manqué d'air, comme on peut imaginer,

[06:45]

puis ça a eu vraiment des graves impacts au cerveau.

[06:47]

Ça peut la rendre aveugle, ça, manquer d'air?

[06:49]

Oui, c'est particulier.

[06:50]

J'avoue que je ne suis pas un spécialiste,

[06:53]

mais c'est une des premières fois que je vois cet impact-là,

[06:56]

justement, dans une conséquence comme ça.

[06:58]

Elle demande des soins constants, n'étant aucunement autonome, bien sûr.

[07:02]

C'est une épreuve qui doit être vraiment difficile en comme parent, justement,

[07:05]

si quand on en fait un accident comme ça, ça doit être très très difficile.

[07:09]

Il faut beaucoup de courage pour affronter ce genre de situation-là,

[07:13]

et Laura va ainsi passer beaucoup de temps avec Alyssa,

[07:15]

pour s'occuper d'elle, bien sûr.

[07:17]

Oui, puis ça doit être crève-coeur lorsque t'as sept enfants, si c'est beaucoup,

[07:20]

en fait, tu veux tenter de donner de l'attention et donner des soins à tout le monde,

[07:26]

mais justement, quand une de tes filles,

[07:28]

comme ça qui est lourdement handicapée puis qui demande plus de soins,

[07:32]

ça doit être difficile de gérer les priorités.

[07:35]

Oui, vraiment, vraiment.

[07:37]

Heureusement, si on peut dire ça, Laura, c'est une aide-soignante,

[07:39]

donc ça fait un peu partie d'elle, disons, d'aider ou d'accompagner des gens malades.

[07:44]

Nous sommes toujours le 20 juin 2013.

[07:47]

Ce soir-là, Laura n'a pas ses enfants avec elle,

[07:49]

et elle vaque à ses occupations.

[07:52]

Soudainement, elle reçoit un texto de sa sœur, Nicky,

[07:54]

qui lui demande de la rappeler immédiatement, ce qu'elle fait.

[07:58]

Nicky lui annonce une très mauvaise nouvelle.

[08:00]

Alyssa était chez une amie pour un sleepover,

[08:02]

et elle est décédée abruptement dans son sommeil.

[08:05]

C'est assez triste, là.

[08:08]

Elle avait une infection au cœur,

[08:10]

mais il n'y avait eu aucun symptôme particulier qui était apparu,

[08:14]

donc personne s'en était vraiment rendu compte de ça.

[08:17]

Ça a été assez difficile à imaginer, même pour l'amie d'Alyssa,

[08:22]

parce que c'est elle qui l'a trouvée dans le lit.

[08:24]

Elle couchait chez elle, puis elle essayait de la réveiller,

[08:26]

puis elle ne s'est pas réveillée.

[08:28]

Ça doit être quand même assez traumatisant.

[08:31]

Choc total pour Laura, on peut la comprendre.

[08:34]

Sa vie vient de basculer encore une fois.

[08:36]

Déjà qu'elle doit composer avec la maladie mentale,

[08:39]

ayant fréquemment des dépressions,

[08:41]

un événement de la sorte est très difficile à surmonter pour elle.

[08:44]

Son entourage ne la reconnaît plus,

[08:46]

et elle s'isole de plus en plus d'eux à cause de cet événement-là.

[08:50]

C'est souvent ce qui est le pire dans tout ça.

[08:52]

C'est un peu la pire chose à faire, de s'isoler,

[08:55]

même si parfois dans les épreuves difficiles,

[08:56]

on a tendance à le faire.

[08:58]

Souvent, c'est justement en discutant avec des gens

[09:00]

puis en partageant notre douleur qu'on arrive à l'atténuer.

[09:04]

Non, exact.

[09:04]

On dirait que ça partage le poids sur les épaules d'un autre,

[09:07]

mais ça demande des fois un petit coup de pied ou cul supplémentaire.

[09:10]

Ben oui.

[09:11]

Parce que quand t'es déprimé déjà que l'énergie est assez basse,

[09:14]

si une situation comme ça vous arrive,

[09:17]

ne faites pas comme elle et essayez de ne pas vous isoler.

[09:19]

À la mémoire de Alyssa,

[09:21]

Laura s'est fait tatouer sur sa cheville gauche, Alyssa,

[09:25]

ainsi que sa date de naissance soit le 28 avril 2000.

[09:29]

Les semaines et les mois passent, et Laura reprend du mieux.

[09:32]

Nous sommes maintenant en octobre 2013.

[09:35]

Pour contrer l'isolement, se trouver un nouvel amoureux

[09:38]

et s'échapper un peu de son quotidien qui est assez demandant,

[09:41]

je vous rappelle qu'elle a six autres enfants à s'occuper,

[09:45]

elle s'inscrit sur des sites de rencontres en ligne

[09:47]

et commence à chatter avec plusieurs hommes.

[09:49]

Au départ, elle développe surtout des relations amicales.

[09:53]

Laura est fan des Packers,

[09:54]

donc elle discute de football et de sport avec les gens qu'elle rencontre.

[09:57]

Il faut dire que depuis la mort d'Alyssa,

[10:00]

Laura passe beaucoup de temps seule

[10:01]

et elle se sent de plus en plus perdue

[10:04]

et prouvant une douleur qu'elle n'a jamais ressentie auparavant.

[10:06]

Ça inquiète un peu sa sœur Niki,

[10:08]

qui se demande si on peut faire confiance aux gens sur Internet.

[10:11]

Malgré tout, Laura la rassure qu'elle sera prudente et de ne pas s'inquiéter.

[10:16]

Par contre, Laura, qui est de nouveau en dépression,

[10:19]

a confié la garde complète de ses six autres enfants à Troy, son ex-marie.

[10:24]

Et le 2 novembre 2013,

[10:26]

Laura sent un grand vide dans sa vie et décide de prendre ses distances.

[10:30]

Elle écrit une lettre à son entourage avant de partir,

[10:34]

en commençant par s'excuser

[10:36]

et en se décrivant comme une bonne à rien pour les autres et ses enfants,

[10:40]

et le mieux qu'elle peut faire est de s'éloigner de son entourage pour leur bien.

[10:45]

Elle mentionne vouloir trouver une place où elle ne pourra plus nuire à personne.

[10:50]

Elle conclut la lettre en leur disant qu'elle les aime tous et les aimera pour toujours.

[10:54]

Mais là, ses proches sont inquiets,

[10:57]

mais se rassure en se disant qu'elle est sûrement allée chez une amie

[11:00]

quelque temps pour prendre un peu de recul et d'espace

[11:02]

et le reviendra en meilleure forme.

[11:05]

Malgré tout, la lettre semble presque être une lettre de suicide.

[11:09]

Quand on lit ça, moi, je m'attendrais au pire.

[11:13]

J'aurais pas fait...

[11:14]

En tout cas, je trouve que la réaction est particulière de la part de ses amis.

[11:17]

Je veux pas juger en même temps la réaction,

[11:20]

mais avec une lettre comme ça, j'aurais tendance tout de suite peut-être à prévenir les autorités.

[11:24]

Oui, exact, parce que c'est vrai que ça envoie un signal de suicide.

[11:29]

Son entourage sait qu'actuellement, elle est médicamentée,

[11:31]

elle va pas bien, elle est en dépression,

[11:33]

donc les chances qu'elle se suicide sont toujours beaucoup plus élevées dans ce type de situation-là,

[11:39]

où souvent, on prend pas des bonnes décisions non plus.

[11:41]

Mais c'est vrai que, en même temps, Laura, c'est une adulte.

[11:44]

On vient toujours à ça quand des adultes disparaissent.

[11:47]

On dirait qu'on laisse un peu une responsabilité à l'adulte même qui disparaît sans vouloir trop s'inquiéter,

[11:55]

on dirait, à cause de ça, versus un enfant qui disparaît.

[11:57]

Mais je suis d'accord avec toi que la réaction de son entourage semblait un peu passive.

[12:03]

Oui, donc elle a écrit cette lettre-là et par la suite, ils l'ont pas revue.

[12:08]

Faut dire que justement, ces autres enfants sont en garde complète chez son ex-mari.

[12:14]

Donc ils se sont pas rendus compte, eux, sur le coup que justement leur mère manquait à l'appel.

[12:19]

Mais pour l'instant, il n'y a pas tant que ça à lieu de s'inquiéter.

[12:22]

Il pense justement qu'elle était déprimée, elle a peut-être écrit cette lettre-là sans mauvaise intention,

[12:29]

puis Laura avait quand même une vie sociale.

[12:32]

Même avant de s'isoler, elle avait une bonne vie sociale, donc elle a plusieurs amis,

[12:35]

donc c'est quand même possible qu'elle soit allée se confier à quelque part.

[12:39]

Mais là, on se retrouve trois semaines plus tard, soit le 22 novembre 2013, au soir,

[12:45]

alors que la famille est toujours sans nouvelles de Laura.

[12:47]

Un étranger colle un mémo à la porte de la maison de la mère de Laura

[12:53]

et s'adresse directement à celle-ci, donc à Mary, la mère de Laura.

[12:57]

Et là, je vous lis le mémo.

[13:13]

Déjà, c'est étrange un peu.

[13:28]

Donc ici, on a quand même un signal d'alarme qui est montré par ce mystérieux Jeff.

[13:33]

Oui, c'est quand même étrange la manière de communiquer de Jeff,

[13:37]

je trouve, d'aller porter un mémo.

[13:39]

Je suis convaincu qu'il aurait pu téléphoner ou quoi que ce soit.

[13:41]

Peut-être qu'il avait une gêne ou une timidité,

[13:44]

mais je trouve que la manière qu'il a transmis le message est très bien.

[13:47]

Il est quand même bizarre.

[13:50]

Chose certaine, son objectif a été atteint parce que ça s'est rendu à bon port.

[13:55]

Sa mère, la mère de Laura, qui ne semble pas connaître Jeff,

[13:59]

parce que c'est vrai, à quelque part, il prend pour acquis dans son message qu'on le connaît.

[14:03]

La mère de Laura demande à Niki, la sœur de Laura, si elle le connaît.

[14:09]

La seule chose qu'elle sait, c'est qu'ils se sont connus en ligne il y a plusieurs années.

[14:13]

Donc là, cette lettre, ce mémo-là, accentue encore plus l'inquiétude de la famille.

[14:19]

Niki appelle Sarah, l'aînée des enfants de Laura,

[14:22]

pour savoir si elle a eu des nouvelles et la réponse est négative.

[14:26]

Elle appelle aussi l'ex-marie, Troy, et encore une fois, c'est négatif de son côté.

[14:31]

Donc là, c'est sérieux.

[14:33]

C'est alors que la famille décide de la déclarer portée disparue à la police.

[14:38]

Et malgré tout, sa sœur demeurait très positive et était convaincue qu'elle allait revenir.

[14:43]

Oui, parce que ça faisait quand même trois semaines qu'elle était partie.

[14:47]

Là, j'avoue que de mon côté, l'inquiétude augmentait.

[14:51]

Ce que je comprenais, c'était la première fois quand même qu'elle ne donnait pas de nouvelles

[14:55]

aussi longtemps, autant à Troy, son ex-marie, qu'à ses propres enfants.

[14:59]

Oui, puis là, les enfants, je comprends que quand t'es à garde complète chez ton père,

[15:04]

t'as peut-être pas des nouvelles de ta mère à chaque jour.

[15:06]

Mais après trois semaines, il y a vraiment un lieu de s'inquiéter, même pour un adulte.

[15:10]

Le lundi matin, le 25 novembre, le sergent-détective Lee Horlatz se rend à la maison familiale des Simonsons.

[15:19]

Cela fait 23 jours maintenant que personne n'a de nouvelles de Laura.

[15:23]

La famille lui présente la lettre qu'elle a écrite et le mémo de son ami Jeff.

[15:28]

Plusieurs drapeaux rouges sont détectés par le sergent-détective

[15:31]

dû au fait qu'elle n'a pas ses médicaments à sa possession,

[15:35]

ce qui est quand même un comportement très inhabituel de sa part.

[15:38]

Ils questionnent la famille à savoir si elle se serait suicidée, évidemment,

[15:43]

parce qu'avec la lettre qu'elle a écrite, c'est une des premières hypothèses qui vient en tête.

[15:47]

Mais selon eux, ce n'est qu'une option parmi tant d'autres.

[15:50]

Selon ses proches, évidemment, elle aime trop ses enfants pour faire un tel geste.

[15:54]

Sur les lieux, le sergent-détective Horlatz fouille la camionnette familiale,

[15:59]

qui sert aussi lors de sorties en camping.

[16:02]

Il fouille la camionnette pour chercher des indices pour déterminer où Laura pourrait bien se trouver.

[16:07]

Ça, je trouve ça étrange que même la famille n'a jamais fouillé la camionnette avant ça non plus.

[16:13]

Encore une fois, on revient au fait que la famille s'inquiétait,

[16:16]

mais en même temps est un peu passive.

[16:19]

Je ne les accuse pas, comprenez-moi bien, mais je trouve que ça aussi c'est un élément particulier.

[16:25]

Dans sa fouille, il trouve le téléphone intelligent de Laura et une carte de crédit.

[16:30]

C'est assez étrange de partir sans son cellulaire et sans argent.

[16:33]

Oui, on l'a vu dans plusieurs cas, souvent c'est un drapeau rouge.

[16:38]

Les autorités monitorent immédiatement la carte de crédit et le téléphone

[16:41]

pour observer s'il y a eu de l'activité dans les dernières semaines.

[16:44]

Malheureusement, rien du tout.

[16:46]

Les autorités questionnent l'entourage immédiat de Laura pour tenter d'obtenir le moindre indice.

[16:52]

Dans ce genre de disparition, les premières personnes qui deviennent des personnes d'intérêt

[16:56]

envers les autorités généralement, c'est les hommes qui gravitent autour d'elle.

[17:00]

Évidemment.

[17:00]

La première personne qui est interrogée, c'est Troy, son ex-mari.

[17:05]

Par contre, il avait un solide alibi et aucune preuve directe

[17:10]

qui pourrait être impliquée dans la disparition de Laura.

[17:13]

La seconde personne d'intérêt est bien sûr Jeff Madison,

[17:16]

l'homme qui a laissé la lettre sur la porte de la maison de la mère de Laura.

[17:20]

Oui, parce que ça fait un peu stalker, même.

[17:23]

Oui, c'est un peu particulier.

[17:25]

Jeff est très collaboratif avec les autorités et invite même

[17:28]

le sergent détective à se rendre chez lui,

[17:31]

car il a de l'information qui pourrait l'intéresser pour tenter de trouver Laura.

[17:35]

Il montre à Olatz qu'il a accès aux courriels de Laura,

[17:40]

ainsi qu'à ses comptes de réseaux sociaux et de sites de rencontre.

[17:44]

C'est particulier, ça, quand même.

[17:45]

C'est assez suspect, je te dirais.

[17:47]

Pourquoi que lui a accès à ça?

[17:50]

Est-ce que c'est elle qui lui a demandé?

[17:53]

Des fois, peut-être des amis à qui on a confiance,

[17:55]

on peut leur donner nos accès pour une raison X,

[17:58]

mais là, il a accès à tout son écosystème numérique.

[18:02]

C'est bizarre.

[18:03]

Oui.

[18:05]

Olatz, justement, le sergent détective, trouve ça étrange.

[18:07]

Par contre, les découvertes que Jeff font sont intéressantes.

[18:10]

On va vite se rendre compte que Jeff va jouer un très grand rôle

[18:13]

dans la recherche de Laura.

[18:15]

Après tout, jusqu'à présent,

[18:17]

les relevés de comptes de compte bancaire, de carte de crédit

[18:19]

et de téléphone cellulaire n'apportent aucune nouvelle piste.

[18:23]

Donc, il faut se tourner vers des recherches plus approfondies,

[18:26]

au pire, au risque de tomber dans le jardin secret de Laura.

[18:30]

Oui, c'est toujours ça, la crainte.

[18:32]

Oui, exactement.

[18:33]

On en vient toujours à ça, dans les enquêtes à fouiller,

[18:37]

dans le contenu.

[18:37]

Ça me rend tout le temps un peu mal à l'aise.

[18:40]

Jeff invite les enquêtants chez lui

[18:42]

pour leur montrer le résultat de ces recherches.

[18:44]

Il explique aux policiers qu'il a accès à tout ça.

[18:48]

En fouillant dans les comptes de Laura,

[18:50]

il découvre qu'elle a un compte sur un site assez particulier

[18:53]

qui s'appelle colorme.com.

[18:56]

Donc, color comme un collier,

[18:58]

c-o-l-l-a-r-me.com.

[19:03]

Le site colorme, en fait,

[19:04]

est un site de rencontres spécialisé en BDSM.

[19:07]

Le BDSM, pour ceux qui l'ignore,

[19:10]

c'est l'acronyme de bondage, discipline, sado et masochisme.

[19:14]

Les pratiques BDSM sont fondées sur un contrat entre deux parties.

[19:18]

Il y a un pôle qui est dominant et un pôle qui est dominé.

[19:21]

Jeff y a découvert aussi que Laura s'est inscrite en septembre,

[19:25]

un peu de temps après que sa Alice soit morte,

[19:28]

et elle a discuté avec plusieurs personnes sur ce site.

[19:31]

La nature des échanges est plutôt de type sado-maso

[19:34]

entre Laura et d'autres membres du site.

[19:37]

Apparemment que Laura serait plus elle de nature dominée dans tout ça.

[19:42]

Puis, je me demande si...

[19:43]

C'est pas clair si Jeff l'a pas rencontré sur ce site-là, lui non plus.

[19:48]

Parce qu'un truc que je me demandais un peu en pensant à tout ça,

[19:50]

c'est qu'en faisant des recherches pour notre série télé à distorsion,

[19:54]

on s'est rendu compte qu'il y avait une branche du BDSM

[19:56]

qu'on appelle le fin-dom, donc le financial domination.

[20:01]

À partir de là, souvent, les gens vont donner accès à leur dominant,

[20:07]

accès à beaucoup de données, leurs réseaux sociaux, même leurs comptes bancaires.

[20:12]

Le processus de domination va se traduire dans le contrôle des finances de la personne,

[20:18]

dans le contrôle de même sa géolocalisation, de ses mots de penses,

[20:22]

de son activité Internet, tout ça.

[20:24]

Donc, c'est une autre forme de soumission qu'on ne retrouvait pas avant l'ère numérique.

[20:28]

Donc, je me demande, est-ce que c'est possible que Jeff ait cette relation avec Laura

[20:33]

et que c'est pour ça qu'il a tous ses accès?

[20:36]

Non, effectivement, c'est une théorie que j'avais pas pensé du tout.

[20:39]

Ça fait du sens, mais on n'a pas vraiment de détails actuellement.

[20:43]

Non, pas du tout, c'est juste une théorie.

[20:45]

Oui, oui.

[20:46]

Avec ces informations en main, le sergent détective Olatz a l'impression qu'il vient peut-être

[20:50]

de tomber sur une piste intéressante.

[20:52]

Il poursuit donc des recherches avec le compte de Laura sur le site callarmy.com.

[20:58]

Il a découvert plus précisément qu'elle a discuté avec un certain Mr. Encoffs.

[21:04]

Encoffs, ça veut dire des Menottes en anglais, donc Monsieur Menottes.

[21:07]

Quelques semaines avant de disparaître, son tagline à Mr. Encoffs sur le site,

[21:12]

c'est Looking for 24 and 7 Slave for Permanent Ownership.

[21:18]

Donc, je recherche une esclave 24 heures sur 24 pour une domination permanente.

[21:25]

En creusant un peu plus les échanges entre les deux,

[21:27]

on y découvre que Laura était la dominée ou l'esclave virtuelle

[21:31]

et que Mr. Encoffs était le dominant ou le maître.

[21:34]

Plus les discussions avançent entre les deux, plus le désir de se rencontrer en personne émergeait

[21:39]

et le discours était très orienté vers cette rencontre.

[21:42]

Oui, parce qu'eux semblaient vouloir vraiment le vivre dans la vraie vie, cette pratique-là.

[21:48]

Oui, puis dans les discussions qu'on a vues, il y avait beaucoup de teasing.

[21:53]

Elle lui disait qu'elle serait son esclave à vie.

[21:55]

Il lui disait qu'il serait son maître pour le reste des temps.

[21:59]

Donc, ils ont développé quand même une relation.

[22:02]

Je ne sais pas si on peut dire une relation amoureuse, mais dis-moi, il y avait un lien entre les deux.

[22:06]

Ils avaient envie d'aller explorer leur fantasme.

[22:09]

Je ne sais pas si dans leur cas, à eux, il y avait une certaine forme de contrat,

[22:13]

parce que je sais que dans certaines situations de dominée-dominant, il y a cette notion-là de contrat,

[22:20]

pour être sûr que tout le monde est consentant.

[22:22]

Oui, exact, pour ne pas que quelqu'un revienne contre la personne par la suite.

[22:27]

Parce que, veux ou veux pas, les pratiques BDSM, un peu comme on le disait,

[22:30]

des fois, ça touche certaines limites qui peuvent être dangereuses.

[22:35]

Donc, je peux comprendre aussi que les gens peuvent se protéger avec des contrats de ce genre-là.

[22:40]

Pendant ce temps-là, la famille continue les recherches pour la trouver

[22:43]

et met des affiches partout dans la ville, en visitant les refuges, aussi les églises,

[22:49]

parce qu'ils se sont dit peut-être qu'elle est démunie,

[22:51]

dans le sens qu'elle n'a plus de sous, elle n'a plus où aller.

[22:54]

On se rappelle qu'elle n'a plus son téléphone, elle n'a pas sa carte de crédit.

[22:57]

Donc, on ne sait pas quel moyen financier qu'elle a avec elle.

[23:01]

Donc, ils ont fait vraiment le tour de la ville pour tenter de la trouver, rien sans succès.

[23:06]

Là, l'inquiétude augmente et les proches commencent à se faire les pires scénarios.

[23:12]

Oui, parce qu'en plus, elle n'a pas ses médicaments

[23:14]

et ça semble faire un bout de temps qu'elle les a prises.

[23:17]

Et on sait que ça peut faire vraiment un effet particulier lorsqu'on est tourmenté

[23:22]

ou qu'on est en dépression, qu'on vit des grandes émotions.

[23:24]

Elle vient quand même de vivre la mort de sa fille,

[23:27]

qui lui amenait déjà beaucoup de challenge mental.

[23:31]

Et là, sans sa médication, ça peut être fatal.

[23:34]

On se rappelle de cas, que ce soit même Elisa Lam ou Emma Philippoff,

[23:38]

où justement l'absence de médication a peut-être causé leur perte.

[23:43]

Nous sommes maintenant le 28 novembre 2013.

[23:46]

Et pour accélérer l'enquête, les autorités diffusent la fiche de disparition de Laura au grand public

[23:52]

via les médias sociaux et même par fax pour maximiser les chances de la retrouver.

[23:58]

Parce que le fax est encore très utilisé dans ces situations-là pour les médias, entre autres.

[24:02]

Oui, puis de ce que j'ai vu, il envoie aussi un peu partout aux entreprises qui ont encore des faxes.

[24:08]

Donc ça devient un genre de mass-mailing policier.

[24:12]

Cette initiative va porter fruit.

[24:15]

Christy Boudouneuf, une employée d'un hôtel situé à Rochester dans le Minnesota,

[24:20]

l'a reconnue et contacta les autorités tout de suite.

[24:24]

Donc il y a déjà du feedback par rapport à la diffusion de tout ça.

[24:27]

Ça a été presque instantané, la réaction de cet employé-là.

[24:32]

Le sergent-détective Olatz, très enthousiaste d'avoir enfin une piste intéressante,

[24:37]

se rend alors sur les lieux pour interroger cette fameuse Christy

[24:40]

et savoir à quel moment Laura s'était présentée à l'hôtel.

[24:44]

Est-ce qu'elle était seule? Est-ce qu'elle était accompagnée? Dans quel état elle était?

[24:48]

Donc c'est toutes des questions qu'il a.

[24:49]

Il apprend qu'elle est venue il y a trois semaines, le 2 novembre,

[24:53]

la date exacte de disparition supposément volontaire de Laura

[24:58]

et de l'envoi de sa lettre à ses proches.

[25:01]

Il y a une coïncidence qui est assez inquiétante ici.

[25:05]

Elle ne semblait pas bien dans sa peau, selon la commie de l'hôtel,

[25:09]

et elle était accompagnée par un homme.

[25:12]

Malheureusement, aucun nom au registre à propos de l'homme qui est présent à l'hôtel

[25:18]

et par un drôle de hasard, la captation vidéo de la caméra qui filme le lobby

[25:23]

le matin du 2 novembre a été perdue à un problème technique.

[25:28]

Oui, tu parles d'un méchant hasard.

[25:30]

Et ça c'est toujours un classique qui arrive.

[25:32]

Oui, on dirait toujours que c'est une conspiration

[25:35]

parce que ça arrive souvent au moment où on a besoin de cette preuve-là

[25:39]

pour essayer de faire avancer l'enquête.

[25:41]

Oui, ma théorie là-dessus, c'est qu'il y a bien des hôtels et des commerces sans doute

[25:46]

qui n'ont pas souvent besoin de consulter les vidéos de surveillance.

[25:51]

Donc il y a de la négligence, il y a peut-être un update

[25:53]

qu'il faut faire dans le système à un moment donné, qu'ils ne font pas.

[25:57]

Et puis là, au moment où vraiment on n'a besoin,

[25:59]

on se rend compte qu'il y a quelque chose qui ne marche pas finalement dans le système.

[26:02]

Non, exact.

[26:03]

J'ai pas l'impression que c'est une conspiration.

[26:05]

Non, exact, mais tu as raison parce qu'ils ne doivent pas vérifier justement

[26:08]

quand ça plante.

[26:09]

D'une certaine manière, ils peuvent s'en foutre un peu

[26:11]

qu'un matin ils n'ont plus les enregistrements.

[26:14]

Ils pensent alors à consulter la bande vidéo du lendemain matin.

[26:19]

Et là, ils vont faire une découverte.

[26:20]

On y voit l'homme qui accompagnait Laura sortir avec ses bagages,

[26:25]

mais on ne voit jamais Laura dans les images qui ont été filmées.

[26:28]

Étrange ça.

[26:30]

Où peut-elle bien être et qui est l'homme qui l'accompagnait?

[26:33]

Ça, c'est des questions que le sergent Olatz va se poser.

[26:37]

Une capture d'écran de la caméra de surveillance est alors diffusée

[26:40]

pour tenter de retrouver cet homme mystérieux.

[26:42]

Mais encore une fois, les captations de caméras de surveillance

[26:45]

sont souvent de mauvaise qualité.

[26:48]

C'est très pixelisé.

[26:50]

Et c'est toujours difficile à identifier quelqu'un.

[26:52]

Mais je sais que quand c'est quelqu'un que tu connais,

[26:54]

c'est un peu toujours ça l'argument des policiers,

[26:56]

que même si la qualité est basse de la photo,

[26:59]

quand tu connais la personne,

[27:01]

tu es en mesure de la reconnaître généralement,

[27:02]

tu vois des traits.

[27:04]

C'est vrai qu'on est capable de ça.

[27:06]

Donc, il ne faut pas penser qu'une photo pixelisée ne sert à rien.

[27:11]

Parfois, c'est la démarche.

[27:12]

On va reconnaître la démarche de quelqu'un qui se promène.

[27:15]

Quelqu'un va boiter un peu d'un pied

[27:17]

ou va se traîner les pieds ou va avoir le dos courbé.

[27:19]

Donc, c'est toutes des façons qu'on peut reconnaître quelqu'un.

[27:22]

Donc, c'est pertinent tout de même.

[27:24]

Non, exact.

[27:24]

Et même la démarche, maintenant,

[27:26]

c'est rendu une méthode d'authentification de quelqu'un,

[27:29]

un peu comme la reconnaissance faciale.

[27:31]

Parce que selon des dernières recherches qu'ils ont fait,

[27:34]

chaque humain a une démarche unique.

[27:37]

Donc, petite parenthèse.

[27:38]

Les semaines passent et c'est le premier temps des fêtes

[27:41]

sans Laura pour sa famille.

[27:43]

Tout le monde garde espoir qu'elle soit toujours en vie,

[27:46]

mais les espoirs diminuent peu à peu

[27:48]

car cela fait plus de deux mois qu'ils sont sans nouvelles.

[27:51]

Et on le sait, le temps des fêtes,

[27:52]

c'est toujours un moment très triste

[27:54]

pour les victimes et les proches des victimes de personnes disparues.

[27:58]

Le 12 janvier 2014,

[28:00]

le sergent-détective Olatz retourne voir l'ami de Laura, Jeff,

[28:04]

qui n'est plus, lui, sur la liste des suspects

[28:05]

car il ne ressemble pas à l'homme de l'hôtel

[28:08]

qu'on a vu sur la vidéo de surveillance.

[28:10]

Donc, il retourne le voir pour lui montrer

[28:13]

ses dernières découvertes de photos, entre autres,

[28:16]

de l'homme qui était à l'hôtel.

[28:18]

Jeff, de son côté, a infiltré le réseau de BDSM,

[28:22]

collarme.com, afin d'en connaître plus sur la communauté.

[28:26]

Donc, il a fait un peu son travail de détective privé.

[28:30]

Et là, il va essayer de voir s'il n'y a pas des indices

[28:33]

sur le site qui permettrait de faire avancer les choses.

[28:36]

Il va s'intéresser plus particulièrement

[28:38]

au profil de ce fameux Mr. Encoffs,

[28:41]

avec qui Laura discutait depuis un certain temps.

[28:44]

Il a continué à fouiller.

[28:45]

Il a trouvé, à travers le code HTML de la messagerie du site,

[28:49]

le collarme, le courriel de Mr. Encoffs.

[28:52]

Et là, on a enfin une adresse courriel liée à ce compte-là.

[28:56]

Il s'agit d'un certain Steve, 53-277, à yaw.com.

[29:03]

Et en le googlant, il remarque que ce courriel

[29:06]

est souvent associé à un certain Stephen Zellick,

[29:09]

originaire de Milwaukee.

[29:12]

Particulier, ça.

[29:13]

Ils ont enfin un nom, ou du moins un courriel,

[29:16]

derrière le pseudonyme.

[29:17]

Olatz commence enfin à avoir un peu le bout du tunnel

[29:21]

de voir qu'il y a quelque chose qui risque de l'amener à quelque part.

[29:25]

Donc, il commence par chercher,

[29:27]

dans la base de données des autorités,

[29:28]

qui s'appelle ClearPoint,

[29:30]

en guise de point de départ,

[29:32]

sans toutefois avoir beaucoup d'attente,

[29:34]

parce que c'est juste une base de données,

[29:36]

c'est une base de données des autorités.

[29:37]

Donc, c'est que les gens qui ont été membres

[29:40]

des services de police, des forces de l'ordre.

[29:43]

Donc, les chances sont minces, quand même,

[29:45]

que l'adresse ressorte.

[29:47]

Il recherche le nom et réduit le spectre

[29:50]

de ses recherches pour l'État du Wisconsin.

[29:53]

Par chance, ou par malchance,

[29:55]

Stephen Zellick, 52 ans,

[29:57]

se retrouve dans la base de données.

[30:00]

Étrangement, c'est un ancien policier

[30:02]

qui a été suspendu le 23 octobre 2012

[30:05]

et dans sa fiche, il y a un adresse courriel

[30:08]

qui est exactement la même que Mr. Hancoffs,

[30:13]

soit le Steve 53277 à yahoo.com.

[30:17]

C'est assez particulier parce que

[30:20]

M. Olatz disait que généralement,

[30:22]

dans les fiches de policiers dans le système,

[30:24]

il y a rarement un courriel.

[30:26]

Oui!

[30:27]

Et là, c'est un drôle d'hazard

[30:29]

qui permet encore plus de faire le lien

[30:31]

entre les deux, en gros.

[30:32]

C'est un beau hasard.

[30:33]

Jeff se rend aussi compte que Laura

[30:35]

avait aussi échangé les courriels

[30:37]

avec cette adresse.

[30:39]

Mais qui est donc Stephen Zellick?

[31:50]

Les soupçons se dirigent tout de suite

[31:51]

sur ce certain Stephen Zellick.

[31:54]

Les enquêteurs apprennent qu'il a travaillé

[31:55]

pour le département de police de West Allis,

[31:58]

qui est situé dans le Wisconsin.

[32:00]

Il a travaillé là de février 1989

[32:02]

et il a démissionné en août 2001.

[32:05]

On ne sait pas trop pour quelle raison.

[32:06]

Cette découverte allait grandement compliquer les choses,

[32:09]

puisqu'étant un ancien policier,

[32:11]

il connaît les techniques des enquêteurs.

[32:13]

Oui.

[32:14]

Il sait potentiellement comment camoufler des preuves

[32:16]

et il connaît ses droits.

[32:18]

Il n'allait donc pas être facile à faire parler

[32:20]

ni même à interroger.

[32:22]

Et comme nous ignorons encore si Laura

[32:24]

est vraiment disparue,

[32:25]

si elle a été enlevée

[32:26]

ou encore si elle a été assassinée,

[32:28]

il faut agir avec la plus grande précaution.

[32:31]

Oui, parce qu'étant donné qu'il connaît

[32:33]

les méthodes des enquêteurs,

[32:34]

il faut savoir bien l'entourlouper

[32:37]

ou bien le piéger, sinon

[32:39]

il va se douter à un kilomètre

[32:41]

qu'il y a quelque chose qui cloche avec lui.

[32:43]

Exactement.

[32:44]

Olatz commence à faire des appels

[32:45]

pour se renseigner à propos de ce nouveau suspect.

[32:48]

Il appelle ses collègues de West Allis,

[32:50]

le poste de police où il travaillait,

[32:52]

pour leur poser quelques questions.

[32:54]

Lorsqu'il leur dit que Zellick

[32:55]

est suspect dans une affaire de disparition,

[32:57]

ses collègues policiers de l'autre poste

[32:59]

ne semblent pas très surpris de ça.

[33:02]

Oh non!

[33:02]

Ils indiquent à Olatz

[33:04]

qu'il avait été suspendu suite

[33:05]

à des plaintes pour harcèlement.

[33:08]

On y reviendra plus tard.

[33:10]

Apparemment qu'il se montrait

[33:11]

insistant auprès des femmes

[33:13]

pour qu'elles sortent avec lui.

[33:15]

Olatz va même leur envoyer

[33:16]

les images de l'hôtel

[33:18]

pour voir si les collègues

[33:20]

peuvent confirmer en fait

[33:21]

ces biens Zellick qu'on voit

[33:23]

sur les bandes vidéo.

[33:25]

Et celui-ci est en fait

[33:26]

ces biens Zellick qu'il a.

[33:28]

Olatz est à la fois heureux et terrifié.

[33:31]

Ils ont enfin un nom officiel

[33:33]

pour Mr Encoffs.

[33:35]

Nous sommes maintenant le 17 janvier 2014

[33:38]

et Olatz va envoyer

[33:40]

sans plus tarder des agents policiers

[33:41]

chez Zellick pour tenter

[33:43]

d'en savoir plus.

[33:44]

Lorsqu'ils arrivent chez lui,

[33:46]

il le trouve bien-vêtu, articulé

[33:48]

et bien-veillant.

[33:49]

Il porte même toujours une veste

[33:50]

des services policiers.

[33:54]

Il indique qu'il est très motivé

[33:56]

à coopérer avec ceux-ci.

[33:58]

Lorsqu'il est interrogé,

[33:59]

Zellick indique aux policiers

[34:00]

qu'il connaît en effet Laura Simonson.

[34:03]

Il leur explique que les deux

[34:04]

se sont rencontrés en ligne

[34:05]

et qu'ils ont beaucoup discuté

[34:07]

au cours des mois précédents.

[34:09]

Il indique même que Laura

[34:11]

lui aurait envoyé des photos

[34:12]

osées et même compromettantes.

[34:15]

Cependant, il n'y a pas eu

[34:17]

une nouvelle d'elle lui non plus

[34:18]

depuis plus de deux mois.

[34:19]

Les policiers vont fouiller son appartement

[34:22]

et ne trouver aucune trace

[34:23]

ni de Laura, ni d'aucune autre femme

[34:26]

et rien qui puisse concrètement

[34:27]

vraiment faire avancer l'enquête.

[34:29]

Ils reviennent donc bredouille

[34:31]

au poste de police.

[34:32]

Oui, ça, c'est très décevant parce que

[34:35]

tu débarques chez quelqu'un que t'es presque sûr

[34:37]

qu'il est lié à cette histoire-là,

[34:39]

mais tu peux rien trouver.

[34:40]

En plus, lui, de son côté,

[34:43]

il semble très coopératif.

[34:45]

Apparemment, il répétait souvent aux policiers

[34:47]

que ça me fait plaisir d'aider

[34:49]

d'anciens collègues,

[34:50]

ça me fait toujours plaisir d'aider les autorités,

[34:53]

tout ça, mais en même temps, ils savent

[34:54]

qu'il y a quelque chose à cacher.

[34:57]

Malgré tout, Olatz est convaincu

[34:59]

que Zelik est mêlé à tout ça.

[35:01]

Il craint le pire,

[35:02]

qu'elle se soit fait assassiner ou encore

[35:05]

vendue à un autre maître d'esclaves.

[35:07]

Parce que ça aussi, c'est des choses

[35:08]

qui existent dans le monde

[35:10]

plus extrême du BDSM.

[35:13]

Il ne va donc pas lâcher le morceau

[35:15]

et continuer à fouiller la vie de Zelik.

[35:18]

Les risques sont élevés,

[35:19]

car on le sait, lorsque l'on s'acharne

[35:20]

sur un suspect, il peut arriver

[35:22]

que l'on manque un détail important

[35:24]

à propos d'un autre suspect.

[35:25]

Comme là, c'est vraiment comme si

[35:27]

le sergent Olatz mettait tous ses oeufs

[35:29]

dans le même panier.

[35:29]

Il focus vraiment sur Zelik, puis on est

[35:32]

quand même dans une petite municipalité

[35:33]

et puis on le sait, les services de police

[35:35]

ont des budgets limités aussi,

[35:37]

donc ils ne peuvent pas y tirer ça trop longtemps.

[35:39]

Les mois passent, il n'y a toujours

[35:41]

aucune nouvelle piste

[35:43]

et aucune nouvelle tout court

[35:45]

à propos de la disparition de Laura.

[35:47]

Le supérieur de Olatz lui annonce

[35:49]

que s'il n'y a pas de développement majeur

[35:51]

très bientôt, il devra fermer

[35:53]

le dossier pour prioriser d'autres affaires.

[35:56]

Après tout,

[35:57]

Laura est une adulte, elle a laissé

[35:59]

une lettre derrière elle qui peut laisser

[36:01]

penser qu'elle se serait suicidée,

[36:03]

donc il devient injustifié de continuer

[36:05]

à mettre énormément de budgets sur cette histoire-là.

[36:07]

Toutefois, Olatz ne démarre pas,

[36:09]

il va demander l'aide du FBI

[36:11]

pour tenter de faire avancer l'affaire.

[36:14]

Parce que même si elle a tenté

[36:15]

de se suicider ou qu'elle a commis le suicide,

[36:17]

on n'a toujours pas de corps.

[36:19]

C'est toujours ouvert à plein de scénarios.

[36:22]

On ne peut pas non plus, comment dire,

[36:24]

fermer l'hypothèse du suicide,

[36:26]

mais en même temps, cette histoire

[36:27]

avec Mr. Hancofs

[36:29]

garde le policier quand même assez intrigué

[36:31]

à l'idée d'en savoir plus.

[36:33]

Oui, parce qu'il y a quelque chose

[36:36]

de louche malgré tout.

[36:37]

Le 10 mars, les agents du FBI

[36:40]

retournent une fois de plus chez Zelik

[36:42]

pour l'interroger.

[36:43]

Car si Zelik a transporté Laura

[36:45]

du Minnesota au Wisconsin

[36:47]

advenant à un scénario tragique,

[36:50]

cela tombe dans leur juridiction du FBI.

[36:53]

Celui-ci, Zelik,

[36:54]

est encore très collaborateur avec les agents.

[36:56]

Ils reviennent sur le site Web

[36:58]

de BDSM et sur la rencontre

[37:00]

avec Laura. Celui-ci leur indique

[37:02]

encore une fois que ce type de site

[37:03]

n'est pas illégal du tout et qu'ils sont

[37:05]

des adultes consentants et responsables.

[37:08]

Ils peuvent bien

[37:09]

s'échanger ce qu'ils veulent

[37:11]

comme image, puis ils peuvent bien faire

[37:13]

n'importe quelle pratique.

[37:15]

Les agents fouillent son appartement

[37:17]

encore une fois sans rien trouver.

[37:19]

Les agents du FBI sont un peu plus sérieux.

[37:21]

Ils sont plus raides.

[37:23]

Par contre, ils vont demander à Zelik

[37:26]

s'il accepte de faire

[37:27]

un prélèvement d'ADN, ce qu'il accepte,

[37:30]

indiquant qu'il souhaite toujours

[37:31]

aider ses collègues policiers,

[37:33]

qu'il connaît bien la procédure

[37:35]

en lien avec les prélèvements d'ADN.

[37:37]

Les agents vont indiquer après coup

[37:38]

que Zelik était très nerveux pendant le prélèvement

[37:41]

buccal et que celui-ci

[37:43]

suait à grosse goutte en plus.

[37:45]

Donc les choses demeurent toujours

[37:47]

très louche à ce propos.

[37:48]

Zelik tombe soudainement sur la défensive.

[37:51]

Il est de moins en moins aidant

[37:53]

et insiste sur le fait que Laura

[37:55]

fréquentait d'autres sites de rencontre

[37:57]

et qu'il n'est certainement pas le seul homme

[37:59]

avec lequel elle discutait.

[38:01]

Malgré tout, le temps passe

[38:03]

et la famille de Laura est toujours sans réponse.

[38:06]

Ça doit être l'enfer,

[38:08]

de vivre ça,

[38:09]

parce que là, ça fait pratiquement 6 mois,

[38:11]

même 7 mois, presque.

[38:14]

Tu sais, de vivre

[38:15]

sans réponse, ça doit être

[38:17]

horrible. Ça doit te hanter

[38:18]

continuellement. Je pense aux enfants

[38:20]

qui doivent s'ennuyer de leur mère.

[38:22]

Elle était présente, même si à la fin

[38:25]

elle avait pu la garde temporellement.

[38:27]

Elle veut pas d'être proche de ses enfants.

[38:29]

Moi, je pense beaucoup à eux aussi dans cette

[38:31]

situation-là. Ça doit être vraiment difficile.

[38:34]

Le 5 juin 2014,

[38:36]

maintenant, dans le comté de

[38:37]

Walworth à 50 000

[38:39]

au sud-ouest de Milwaukee,

[38:41]

dans la ville de Genève,

[38:43]

deux cols bleus font leur travail sur le bord

[38:45]

de la route. Ils nettoient les abords

[38:47]

et ils coupent les branches mortes.

[38:49]

Un des deux travailleurs remarque

[38:51]

deux valises cachées

[38:52]

sous un tas de branches d'arbres cassées.

[38:55]

Dès qu'ils s'approchent, une odeur

[38:57]

très désagréable s'en dégage.

[39:00]

Une nuite de mouche aussi

[39:01]

est très présente autour des deux valises.

[39:04]

Une fois une des valises

[39:05]

ouvertes, on y trouve des sacs

[39:07]

à poubelles noires. Des techniciens

[39:09]

en scène de crime sont tout de suite

[39:11]

appelés et arrivent sur les lieux

[39:13]

et déterminent que chacune des valises

[39:15]

contient un corps de femme

[39:17]

différent. Les deux corps sont

[39:19]

dans des états de décomposition avancés.

[39:21]

Ils sont les deux dévêtis,

[39:23]

leurs mains nouées par des cordes.

[39:26]

Dans l'un d'eux, une main

[39:27]

avec du vernis rose ressort

[39:29]

du sac de poubelle.

[39:31]

Sur l'autre corps, on peut y distinguer

[39:33]

un tatouage déchiffrable

[39:35]

malgré la décomposition. On peut y

[39:37]

lire Alyssa.

[39:39]

Oladze doit maintenant en parler à la

[39:41]

famille de Laura. Il parle

[39:43]

entre autres à Niki, la sœur

[39:45]

de Laura, pour confirmer la

[39:47]

piste du tatouage. Eh oui,

[39:49]

en effet, il confirme que

[39:51]

Laura avait bel et bien le tatouage

[39:53]

d'Alyssa sur son pied. Donc,

[39:55]

il s'agit bien d'elle.

[39:57]

La famille est atterrée, parce que là, ça

[39:59]

confirme qu'elle est morte.

[40:01]

Oui, puis en plus, retrouver dans une valise

[40:03]

comme ça, c'est sûrement pas un suicide.

[40:05]

Non, exact. Puis il y a une état

[40:07]

de décomposition. Je pense

[40:10]

aux gars

[40:11]

sur le bord de la route qui ont trouvé la valise

[40:13]

et même ensuite aux autorités qui

[40:15]

ont fallu manipuler ça,

[40:17]

de gérer l'odeur, ça doit être

[40:19]

vraiment difficile. Ça pue,

[40:21]

ça doit vraiment... En fait, je sais pas ce que ça sent

[40:23]

un corde qui se décompose, mais

[40:25]

j'ose croire que ça

[40:27]

doit être difficile.

[40:29]

Pendant ce temps-là, les enquêteurs ne perdent plus

[40:31]

de temps. Ils ont enfin une scène de crime

[40:33]

et des cadavres à analyser.

[40:35]

Malgré le fait que la nouvelle est des plus tristes,

[40:37]

ils peuvent commencer à faire leur travail

[40:39]

plus sérieusement et à enfin tenter

[40:41]

d'élucider le mystère.

[40:43]

En analysant plus meticuleusement

[40:44]

les cordes qui étaient nouées autour des poignets

[40:47]

des victimes, les analystes défont

[40:49]

les nœuds et arrivent à prélever un

[40:51]

échantillon d'ADN.

[40:52]

Les cordes ne mentent pas.

[40:55]

Cet ADN ne correspond ni à celle

[40:57]

de Laura, ni à celle de

[40:59]

la femme toujours inconnue qui se trouve

[41:01]

dans l'autre valise.

[41:04]

Il est donc fort probable

[41:05]

que cet ADN soit celle de l'agresseur.

[41:09]

Les résultats du test arrivent enfin.

[41:11]

Le temps paraît une éternité

[41:13]

dans une situation comme ça.

[41:14]

Et boum, l'ADN de

[41:17]

Steve Zellick

[41:18]

correspond à celle retrouvée sur la

[41:20]

corde. Il est alors formellement

[41:22]

arrêté le 25 juin 2014.

[41:25]

Au départ,

[41:26]

Zellick joue un peu à l'innocent

[41:28]

et tout à coup,

[41:30]

il se met à table lors de l'interrogatoire.

[41:33]

Zellick explique tout d'abord

[41:34]

qu'il a fait connaissance avec une

[41:36]

certaine Jenny Gammaise

[41:38]

sur un site de rencontre BDSM.

[41:41]

Mais qui est donc cette

[41:44]

Jenny Gammaise?

[41:46]

Jenny Gammaise

[41:47]

est une fille âgée

[41:48]

d'à peine 19 ans au moment des faits.

[41:51]

Elle est originaire de Cottage Grove

[41:53]

dans l'état de l'Oregon

[41:54]

et elle a été portée

[41:57]

disparue en 2012.

[42:00]

Ces amis disent

[42:00]

d'elle qu'elle souhaitait voyager

[42:02]

pour apprendre à se connaître et à

[42:04]

découvrir ses véritables intérêts.

[42:07]

Un jour de 2012,

[42:08]

elle a quitté la maison

[42:09]

en ne donnant pas trop de détails à ses proches

[42:12]

qui eux non plus n'en ont pas fait cas

[42:14]

pensant qu'elle partait en voyage

[42:16]

et qu'elle allait les tenir au courant.

[42:19]

En fait, pendant ce temps,

[42:21]

elle parlait avec un certain

[42:22]

Mr. Hancoffs sur internet.

[42:25]

Après quelques semaines

[42:26]

de discussion, il l'invita

[42:28]

chez lui dans sa ville.

[42:30]

Elle accepta et il est venu la chercher

[42:32]

à l'aéroport de Milwaukee

[42:33]

et ils se sont rendus en voiture

[42:35]

dans un hôtel de Kenosha,

[42:37]

dans le Wisconsin, où ils ont passé

[42:39]

plusieurs jours ensemble.

[42:42]

Une fois arrivés,

[42:43]

ils ont commencé à faire certaines pratiques

[42:45]

de BDSM, dont celle

[42:47]

qui consiste à utiliser la strangulation

[42:49]

contrôlée afin de provoquer

[42:51]

un manque d'oxygène.

[42:53]

Peux-tu nous expliquer un peu comment

[42:54]

ça fonctionne, cette méthode-là?

[42:58]

C'est une technique

[42:59]

apparemment qui se nomme

[43:01]

asphyxie érotique, puis elle consiste

[43:03]

à étrangler le cou, souvent,

[43:05]

avec une corde, et ainsi

[43:07]

les artères en peinent

[43:09]

à acheminer l'oxygène au cerveau.

[43:11]

Puis après quelques temps, on observe

[43:13]

des sensations de légèreté, même

[43:15]

d'euphorie, après quoi les plaisirs

[43:17]

sexuels apparemment sont amplifiés.

[43:19]

Apparemment que selon les adeptes,

[43:22]

le roche qui parcourt

[43:23]

notre corps pendant tout ce temps-là

[43:25]

est encore plus puissant qu'une dose de cocaïne.

[43:27]

Ça doit être fort.

[43:28]

Je ne vous parle pas en connaissance de cause,

[43:30]

mais c'est une pratique qui est quand même assez courante.

[43:33]

On a même vu des gens

[43:34]

mourir de ça parce que tu peux te l'affliger

[43:37]

à toi-même, cette

[43:38]

pratique-là. Je crois que c'est ce qui a tué

[43:40]

David Carradine, le comédien

[43:42]

dans Kill Bill. Oui, c'est vrai, t'as raison.

[43:44]

C'est comme ça que ça s'est produit.

[43:46]

Oui, oui, ça peut être très, très dangereux

[43:48]

comme pratique parce qu'on pousse la personne

[43:51]

vraiment aux abords de la mort.

[43:53]

Oui, à la limite, justement.

[43:54]

C'est cette limite-là qui crée un buzz

[43:56]

au cerveau. J'ai l'impression qu'il doit avoir

[43:58]

le cerveau, le cerveau doit paniquer ou faire

[44:00]

une décharge, justement, d'adrénaline

[44:02]

et de dopamine pour peut-être tenter

[44:04]

de se réanimer et c'est ça qui doit

[44:06]

allumer la personne qui vit ce moment-là.

[44:10]

Zélick

[44:10]

explique en interrogatoire qu'il est allé

[44:12]

trop loin dans cette technique

[44:14]

et qu'elle a cessé de respirer.

[44:15]

Oui, on peut dire ça aussi.

[44:18]

Elle est morte après coup.

[44:20]

Zélick a alors placé le corps

[44:21]

dans une valise, on te parle toujours

[44:23]

de Jenny Gamayz ici, qui l'a sortie

[44:26]

de l'hôtel sur un chariot à bagages

[44:28]

et il l'a déposé dans la valise de son

[44:30]

coffre de voiture.

[44:31]

La raison pour laquelle il n'a pas appelé la police

[44:34]

ou les secouristes, ni procédé

[44:36]

à la réanimation cardio-respiratoire,

[44:38]

on le rappelle, c'était un ex-policier,

[44:40]

c'est qu'il a paniqué sur le coup.

[44:42]

Zélick a ensuite conservé le corps

[44:44]

dans son réfrigérateur pendant plus

[44:46]

d'un an. Incroyable.

[44:47]

Et en février 2014, il

[44:49]

déplaça le corps dans le coffre

[44:51]

de sa voiture étant donné que c'était l'hiver

[44:54]

et qu'il faisait froid. Donc, à ce moment-là,

[44:56]

les autorités étaient déjà

[44:58]

venus le voir et même

[45:00]

que lorsqu'ils étaient venus la première fois,

[45:02]

le corps de Jenny était dans

[45:04]

le congénateur et ils ne l'ont pas trouvé.

[45:06]

Non, exact. Et c'est pour ça qu'en février

[45:08]

2014, il l'a déplacé dans son coffre

[45:10]

de voiture parce que les policiers étaient venus

[45:12]

le voir et je crois qu'il y a eu peur

[45:14]

que s'il revienne puis il fouille plus

[45:16]

en profondeur l'appartement. Il y a

[45:18]

comme un peu dissimulé la preuve.

[45:20]

Parce que j'avoue que dans ce type d'enquête-là,

[45:21]

la voiture n'est peut-être pas la première endroit

[45:23]

qu'ils vont fouiller. Non, mais encore,

[45:25]

il courrait un grand risque parce que

[45:27]

en deux clics, il aurait pu décider de fouiller

[45:29]

la voiture. Oui, absolument. C'est vraiment

[45:32]

un peu idiot de sa part.

[45:33]

Oui, puis il se promenait avec sa voiture

[45:36]

donc il y avait toujours un cadavre

[45:37]

dans le coffre. Quand je pense

[45:40]

à ça, je trouve ça horrible. Ah oui, c'est

[45:41]

tordu. Lorsque questionnés

[45:44]

à propos de Laura Simonson,

[45:46]

Zellick explique qu'ils se sont

[45:47]

donnés rendez-vous en novembre 2013

[45:50]

dans un hôtel de Rochester.

[45:52]

Même scénario ici,

[45:54]

ils se sont adonné à des pratiques de soumission

[45:56]

dans la chambre pour finalement

[45:58]

en arriver à la strangulation.

[46:00]

Encore une fois, il est allé trop loin

[46:02]

et Laura n'a pas survécu à la

[46:04]

séance. Lorsque l'on regarde

[46:05]

la vidéo de surveillance de l'hôtel,

[46:07]

on le voit transporter un chariot à bagages

[46:10]

jusqu'à sa voiture, comme dans le cas

[46:12]

de Jenny Gaines.

[46:13]

Sur ce chariot se trouve la valise

[46:16]

dans laquelle Laura se trouvait

[46:18]

après le meurtre. Donc vraiment

[46:20]

troublant de visionner cette vidéo-là

[46:22]

en sachant les choses

[46:24]

après coup. Ah oui, moi j'ai pas aimé

[46:25]

ça de voir ça.

[46:27]

En plus de ça, la corde était

[46:30]

enroulée environ six ou sept

[46:32]

fois autour du cou de Laura,

[46:34]

ce qui montre

[46:34]

qu'il ne prenait pas la séance

[46:37]

à la légère. C'était quelque chose de sérieux,

[46:40]

cette strangulation-là.

[46:41]

Donc plusieurs minutes ont dû s'écouler

[46:44]

avant que les deux femmes meurent.

[46:45]

Il aurait donc, en théorie, eu pleinement

[46:48]

le temps d'arrêter la technique

[46:50]

juste à temps, avant qu'elles meurent.

[46:52]

Donc c'est vraiment à se questionner

[46:54]

à savoir si c'était intentionnel

[46:56]

cette histoire-là, parce que là,

[46:58]

ça fait deux fois que ça arrive,

[47:00]

puis c'est inquiétant

[47:02]

vraiment de...

[47:04]

il aurait pu les aider, puis il

[47:06]

l'a jamais fait.

[47:08]

C'est un choix. Oui.

[47:10]

Laura a laissé dans le deuil

[47:11]

sa sœur Nikki, mais aussi ses six enfants.

[47:15]

Kylie, 21 ans,

[47:16]

l'aînée des six enfants, le survivant

[47:18]

de Simonson, a déclaré

[47:20]

qu'elle se sentait coupable depuis que sa mère

[47:22]

avait été retrouvée dans une valise,

[47:24]

et sa peur est qu'elle doit expliquer

[47:26]

à ses plus jeunes frères et sœurs ce qui est

[47:27]

vraiment arrivé à leur mère.

[47:29]

Je la comprends tellement.

[47:31]

Que ta mère meure dans des circonstances,

[47:35]

toutes sortes de circonstances,

[47:36]

ça s'explique, mais dans des circonstances

[47:37]

comme ça...

[47:40]

Toi dis ça en mots, puis un enfant peut pas comprendre,

[47:42]

donc ça va prendre du temps avant qu'il lui explique.

[47:44]

Imaginez le choc.

[47:46]

Toi ta mère est morte, peut-être t'avais cinq ans,

[47:48]

puis t'apprends à 13 ans par exemple

[47:49]

la manière dont elle est morte.

[47:51]

Ça doit être vraiment difficile.

[47:54]

Sarah Simonson, en fait 18 ans,

[47:56]

était particulièrement proche

[47:58]

de sa mère. Les autres enfants

[47:59]

survivants de Laura sont Hunter,

[48:02]

15 ans, Emily, 14 ans,

[48:04]

Josephine, 11 ans, et Ashton,

[48:06]

9 ans. Les deux plus jeunes

[48:07]

ont dessiné des photos de leur famille

[48:09]

pour le juge. Ils n'étaient pas

[48:11]

dans la salle d'audience pendant les avieux de Zellick,

[48:14]

heureusement pour eux et leur

[48:15]

santé mentale. On vous rappelle

[48:17]

que Laura et Troy Simonson

[48:19]

avaient divorcé environ six ans

[48:21]

avant son assassinat et que les enfants

[48:23]

vivaient avec lui alors que Laura

[48:25]

était aux prises avec des problèmes de santé

[48:27]

peu de temps après la mort de leur fille

[48:29]

Alyssa. Lors du procès

[48:31]

de Stephen Zellick, la preuve

[48:33]

contenait 648 pages

[48:35]

de documents. Parce que là, on vous a

[48:37]

exhumé ça, mais c'est fou la preuve

[48:39]

accumulée parce qu'il faut vraiment démontrer

[48:41]

que c'était bien lui aussi,

[48:44]

autre son

[48:45]

lui-même qui s'incule.

[48:47]

De ça, il faut le démontrer. Je suis toujours

[48:49]

impressionné par la quantité de

[48:51]

preuves qui sont amassées dans ce

[48:53]

cas-ci. On parle de tonnes de courriels,

[48:55]

de messages échangés sur

[48:57]

le site CallerMe, tout ça.

[49:00]

C'est des messages qui peuvent être

[49:01]

assez troublants parfois. Oui, pour quelqu'un

[49:03]

qui n'est pas à l'aise avec ces pratiques-là,

[49:05]

ça va quand même loin.

[49:07]

Le 25 janvier 2016,

[49:10]

Stephen Mark Zellick,

[49:11]

qui est maintenant âgé de 55

[49:13]

ans, plaide coupable pour

[49:15]

homicide involontaire au premier degré de

[49:17]

Laura Simonson et de dissimulation

[49:20]

d'un cadavre,

[49:21]

il est condamné à 25 ans de prison.

[49:23]

Par contre, Zellick

[49:25]

doit faire face à un autre procès

[49:27]

pour le meurtre de Jenny.

[49:29]

Le 30 mars 2016,

[49:31]

il est condamné à une peine de

[49:33]

25 ans d'emprisonnement pour le meurtre

[49:35]

de Jenny, gamèse,

[49:37]

et aussi pour la même chose, dissimulation

[49:39]

d'un cadavre. Il a eu 10 ans de plus

[49:41]

pour Jenny.

[49:43]

Une des raisons, c'est que le

[49:45]

meurtre, il a eu lieu plus tôt,

[49:47]

il a caché le cadavre plus tôt,

[49:48]

donc ils ont voulu le punir un peu plus.

[49:51]

Par contre, ces pelles-là

[49:53]

doivent être purgées de manière concurrente.

[49:55]

Ce que ça veut dire, c'est que ça ne cumule pas.

[49:57]

Ce n'est pas 25 plus 35,

[49:59]

c'est vraiment 25 en même temps que le 30-50

[50:01]

ans de prison. Donc, au total, il va passer

[50:03]

35 ans en prison, et à sa sortie,

[50:05]

il va avoir 88 ans.

[50:08]

Et ça,

[50:09]

ça a beaucoup choqué la famille,

[50:11]

comme peine, qu'il n'y ait pas une peine de mort

[50:13]

ou des choses comme ça.

[50:14]

Oui, même moi, ça me choque un peu,

[50:16]

parce qu'on parle quand même de deux

[50:18]

homicides ici. Je comprends

[50:21]

l'idée de lui donner plus

[50:23]

pour Jenny, vu que c'était la première,

[50:25]

mais à quelque part, il aurait CIV avec

[50:26]

Laura. Donc, pourquoi il y a moins pour

[50:29]

Laura, ça m'échappe complètement.

[50:31]

Oui, moi aussi. Et eux, ils expliquaient que

[50:32]

la priorité, les procureurs, en fait,

[50:34]

dans le dossier, ils expliquaient que la priorité du procès,

[50:37]

ça a toujours été de faire en sorte

[50:39]

que Stephen Zellick ne soit

[50:41]

jamais dans la communauté à un

[50:43]

âge ou ce qu'il serait

[50:45]

physiquement capable de commettre

[50:47]

un crime de ce genre-là.

[50:49]

Donc, c'est clair qu'à 88 ans,

[50:51]

s'il survit jusque-là,

[50:53]

pour eux, c'était ça leur théorie.

[50:54]

Donc, on doit être dans un état qui

[50:57]

ne prône pas la peine de mort ou des choses,

[50:59]

ou du moins l'emprisonnement à vie, j'ose croire.

[51:01]

Cependant, comme je vous dis, la famille

[51:03]

n'était vraiment pas d'accord avec ça,

[51:04]

même Troy, l'ex-mari,

[51:07]

a beaucoup chialé.

[51:09]

C'est plein dans les médias,

[51:11]

c'est plein aux juges aussi, parce que

[51:13]

comme il expliquait ou comme Nicky,

[51:15]

sa sœur expliquait, oui, même s'il y a une peine

[51:17]

plus grave, ça la ramènera pas

[51:19]

Laura ou Jenny,

[51:21]

mais en tant que famille

[51:22]

de la victime, c'est vrai qu'on dirait

[51:25]

en vie que cette personne-là soit encore plus

[51:27]

punie pour le geste qu'elle a fait,

[51:29]

parce qu'il a quand même

[51:31]

enlevé une mère de famille à

[51:33]

six enfants.

[51:35]

Ça fait mal.

[51:36]

Oui, pour son propre plaisir

[51:39]

de jouissance érotique.

[51:41]

C'est pas fini.

[51:42]

On vous parlait tantôt que Steven

[51:44]

avait été suspendu de la police en 2001,

[51:47]

en fait qu'il avait démissionné.

[51:48]

C'est qu'il y a eu un autre cas en 2001.

[51:51]

Il a fait une autre victime.

[51:52]

C'est une femme de Milwaukee qui dit

[51:55]

s'être échappé de lui à un moment donné.

[51:57]

Elle pense, elle, après

[51:58]

coup qu'elle aura pu subir le même sort

[52:00]

que Laura et Jenny. Je vous

[52:02]

explique. Treize ans avant que les enquêteurs

[52:05]

débarrent pour la première fois

[52:06]

chez Steven, il y a eu un rapport

[52:08]

de police qui a été fait

[52:10]

de West Allis, la municipalité

[52:13]

ou le poste de police où Steven

[52:15]

travaillait, et qui décrivait

[52:16]

en détail l'évasion

[52:18]

d'une autre victime de Zellick en 2001.

[52:20]

La police a été appelée dans un appartement

[52:23]

après qu'une femme vêtue

[52:25]

de ses sous-vêtements ait commencé à

[52:26]

frapper à la porte d'une voisine

[52:28]

en disant qu'elle venait de s'échapper de l'appartement

[52:30]

d'en face et qu'un homme avait tenté

[52:32]

de la violer. Selon le rapport

[52:34]

de police, Zellick a évité

[52:36]

la femme à prendre un verre à son appartement.

[52:39]

En lui montrant la chambre à coucher,

[52:41]

il aurait mis quelque chose dans sa poche

[52:42]

de son pantalon qui ressemblait à des menottes.

[52:45]

Et lui, il se tenait dans

[52:46]

l'embrassure de la porte, les bras et les jambes

[52:48]

bien écartés. Tout à coup, il

[52:50]

a pris la femme et l'a jeté

[52:53]

à terre. Elle l'a paniquée,

[52:54]

puis elle lui a dit « Est-ce que tu veux me tuer ? »

[52:57]

Puis Zellick lui a simplement répondu

[52:58]

« Est-ce que tu veux coucher avec moi ? »

[53:00]

Puis elle a réussi à se débattre et à s'enfuir

[53:03]

de la pièce.

[53:03]

Mon Dieu, quelle tacte !

[53:07]

Malheureusement,

[53:09]

bon, elle a appelé la police,

[53:10]

mais la police, elle a arrêté la femme

[53:12]

parce que c'est une prostituée.

[53:16]

Et à cause

[53:16]

de ça, ils n'ont jamais porté d'accusation

[53:19]

criminelle contre Zellick.

[53:21]

Ça, pour moi, ça fait un

[53:23]

non-sens. Parce que Zellick

[53:24]

était policier à cette époque-là aussi.

[53:27]

Donc, la victime, elle, elle a déclaré

[53:28]

qu'une fois que Zellick a été arrêté,

[53:32]

selon

[53:32]

elle, il aurait fallu que Zellick

[53:34]

reste arrêté et qu'il y ait une enquête plus

[53:37]

approfondie et que

[53:38]

s'il avait été arrêté à ce moment-là, il aurait peut-être

[53:40]

pu éviter qu'il y ait eu d'autres victimes

[53:42]

comme Laura ou Jenny, par exemple.

[53:44]

Par contre, les autorités, eux,

[53:47]

ils ont un autre son de cloche par rapport à la femme

[53:49]

en question. Le chef de police

[53:50]

de West Allist, Charles Padgett,

[53:53]

a déclaré que les responsables de l'enquête

[53:55]

à l'époque avaient déclaré

[53:56]

que la femme, elle, elle a pas

[53:58]

voulu porter plainte

[54:01]

en fait contre Zellick

[54:02]

et qu'elle ne collaborait pas du tout à l'enquête.

[54:05]

OK. Mais tu sais,

[54:07]

d'une certaine manière, j'ai l'impression

[54:09]

que je peux comprendre parce que s'ils l'ont arrêté

[54:10]

pour prostitution, même si

[54:13]

tu as subi une attaque,

[54:15]

tu dois être un peu déchiré,

[54:17]

entre-aider les policiers, puis tu sens qu'ils t'aident

[54:19]

pas parce qu'ils t'arrêtent même si

[54:21]

tu les as appelés parce que

[54:22]

t'es presque fait violer. Donc, je peux

[54:25]

peut-être comprendre. Par contre, elle,

[54:27]

elle dit que c'est pas vrai. Elle nie complètement

[54:28]

ça qu'elle a toujours voulu collaborer à l'enquête.

[54:32]

Et suite à ça,

[54:32]

comme on vous a dit un peu plus tôt, Steven a quand

[54:35]

même démissionné une première fois de ce

[54:37]

poste de police-là. Mais c'est

[54:39]

ça démontre que

[54:40]

13 ans avant, en fait, il

[54:42]

a toujours été comme ça, de ce qu'on peut comprendre.

[54:45]

C'est à cause de ce dossier-là

[54:47]

que quand Olat

[54:48]

s'a appelé, les collègues de West

[54:50]

Alice qui ont dit justement une histoire d'harcèlement,

[54:52]

mais c'était ce cas-là

[54:54]

qui a mis la puce à l'oreille de tout le monde.

[54:57]

C'est drôle que la police

[54:58]

protège. Je peux pas dire

[55:00]

ça, mais on dirait que de ce côté-là, j'ai

[55:02]

l'impression que la police a un peu protégé Steven.

[55:04]

Je sais pas ce que t'en penses.

[55:05]

Il semble avoir eu quelque part, je veux pas dire

[55:08]

de la corruption, mais oui, ça se peut qu'il y ait eu une

[55:10]

forme de protection.

[55:12]

C'est même un peu

[55:14]

le comportement avec

[55:16]

la première femme en 2001

[55:18]

que Zélick a tenté de violer.

[55:21]

Ça fait un peu partie du problème.

[55:23]

Même si elle était une prostituée,

[55:24]

ça veut pas dire qu'on a le droit

[55:27]

de la battre

[55:28]

ou de la maltraiter.

[55:30]

Encore une fois, étant donné

[55:31]

qu'elle fait la prostitution, ça la gêne

[55:34]

d'aller parler à la police, parce qu'il y a

[55:36]

des services de police qui vraiment

[55:38]

ne respectent pas ça, puis ils sont complètement

[55:40]

contre. Donc c'est sûr que ces femmes-là

[55:43]

parfois peuvent être victimes de

[55:44]

traitements épouvantables, juste parce

[55:46]

qu'évidemment, ils osent pas

[55:48]

à les dénoncer aux policiers, parce

[55:50]

qu'ils ont peur d'avoir encore

[55:52]

plus de représailles étant donné de la façon

[55:54]

dont elles gagnent leur vie.

[55:56]

C'est un peu une roue malsaine

[55:58]

qui tourne sans fin, puis qui

[56:00]

fait en sorte que ces problèmes-là

[56:02]

persistent.

[56:02]

T'as absolument raison.

[56:05]

Je sais qu'on se remonte en 2001,

[56:07]

je sais qu'il y a eu beaucoup d'évolutions

[56:08]

par rapport au traitement des travailleuses du sexe,

[56:11]

disons un plus grand respect,

[56:13]

j'ose croire même aux États-Unis,

[56:15]

mais quand même,

[56:17]

je me questionne vraiment si à l'époque

[56:18]

il y avait eu une sanction ou un

[56:21]

emprisonnement ou quoi que ce soit,

[56:22]

ça ne l'aurait pas empêché

[56:24]

d'agir de la sorte, mais on peut pas revenir en arrière

[56:27]

et c'est comme ça.

[56:30]

Mais, toi,

[56:31]

est-ce que tu penses que c'était

[56:33]

prémédité,

[56:35]

ces actions-là de Steven

[56:37]

ou c'était vraiment un accident?

[56:38]

On le saura probablement jamais, mais moi,

[56:40]

on dirait que j'ai l'impression

[56:42]

que Steven était sans doute

[56:44]

un prédateur

[56:46]

dans l'âme. On le voit

[56:48]

au fil du temps, puis ça c'est des histoires

[56:50]

simplement des histoires qu'on sait,

[56:52]

mais il y en a peut-être d'autres histoires.

[56:54]

Il y a peut-être harcelé d'autres filles,

[56:56]

puis qui n'ont pas osé porter plainte.

[56:58]

Parfois, il y a peut-être même réussi

[57:00]

à commettre des crimes en lien avec

[57:02]

le harcèlement sexuel,

[57:04]

puis c'est passé sous silence.

[57:06]

Donc, j'ai l'impression que

[57:08]

j'aime pas le croire, mais

[57:10]

j'ai l'impression que c'était peut-être un peu prémédité,

[57:12]

parce que, tu sais, il a commencé

[57:14]

à faire des tentatives

[57:16]

de viol comme ça. Il y en a sans doute

[57:18]

fait d'autres entre 2001 et 2013.

[57:22]

En 12 ans,

[57:22]

je ne pense pas qu'il a été

[57:24]

abstinent de cette

[57:26]

déviance-là qu'il a,

[57:28]

puis j'ai l'impression qu'il a tenté à plusieurs reprises

[57:30]

d'essayer d'autres expériences,

[57:32]

puis c'est avec Jenny Gamaez

[57:34]

que peut-être il s'est rendu compte que

[57:36]

il y a peut-être quelque chose qui le plaisait là-dedans,

[57:38]

dans la strangulation

[57:40]

qui tourne mal.

[57:42]

C'est pour ça. Sachant qu'en plus,

[57:44]

il n'a même pas tenté de la réanimer,

[57:46]

il n'a pas appelé l'ambulance, rien.

[57:48]

Ça aurait pu changer

[57:50]

tout le scénario, en fait.

[57:52]

Peut-être même que Jenny aurait été sauvée,

[57:54]

puis grâce à ça, il n'aurait pas fait Laura

[57:56]

comme prochaine victime.

[57:58]

C'est pour ça que j'ai un peu l'impression

[57:59]

que c'était peut-être prémédité cette histoire-là,

[58:02]

étant donné qu'il l'avait fait une fois,

[58:05]

qu'il avait décidé

[58:06]

de le refaire une autre fois, puis l'a peut-être fait même

[58:08]

à d'autres reprises.

[58:09]

Je me questionne à savoir s'il n'y a même pas eu

[58:12]

d'autres victimes, et quand je parle de victimes,

[58:14]

d'autres femmes mortes, parce que des gens

[58:16]

disparus, pas retrouvés,

[58:17]

il y en a peut-être eu ailleurs aussi.

[58:19]

Peut-être que ça s'est restreint à ces deux-là seulement,

[58:22]

mais je ne suis pas capable

[58:23]

d'éliminer à 100% l'hypothèse

[58:25]

qu'il y a peut-être fait d'autres victimes,

[58:27]

puis que les corps n'ont pas été retrouvés non plus.

[58:30]

Ben oui, on a presque un

[58:32]

profil de tueur en série,

[58:34]

ici, ou potentiel,

[58:36]

et en plus, sachant qu'il vient

[58:37]

des forces de l'ordre, c'est encore plus troublant,

[58:39]

je trouve. Ah oui, vraiment.

[58:41]

Mais c'est ça.

[58:43]

C'est pas parce que t'es policier

[58:46]

que t'es

[58:47]

un peu sain d'esprit nécessairement,

[58:49]

il y a toujours dans tous les cadres

[58:51]

de métier, dans tous les cadres de métier, pardon,

[58:53]

il y a toujours un peu des gens déviants,

[58:55]

puis c'est vrai qu'on a tendance à penser que les policiers

[58:57]

c'est des gens droits,

[58:59]

mais ils sont droits,

[59:00]

qu'il n'y aurait pas d'exception, mais on le voit encore une fois

[59:03]

qu'il y a toujours une paume pourrite à quelque part.

[59:06]

Ben oui.

[59:06]

Et toi, qu'est-ce que t'as pensé de toute cette histoire-là,

[59:09]

Seb? Ben moi, je suis assez mitigé,

[59:11]

je suis un peu comme toi, j'ai l'impression

[59:13]

qu'avec Jenny, c'est un accident,

[59:16]

et qui en a peut-être découlé,

[59:18]

trouvé du plaisir justement,

[59:19]

donc quand il voyait qu'elle était sur le bord

[59:21]

d'étouffée, j'ai l'impression qu'il a vraiment

[59:23]

ressenti un plaisir, puis c'est pour ça

[59:25]

qu'il a pas appelé, je suis pas sûr qu'il a tant paniqué que ça.

[59:28]

Et il a répété

[59:29]

la même chose avec Laura. Je donne un

[59:31]

bénéfice du doute aussi, dans le sens que

[59:33]

peut-être que même avec Laura, l'objectif

[59:35]

n'était pas non plus de la tuer,

[59:37]

mais ça, on le saura

[59:39]

jamais. Puis sachez que le site

[59:43]

colorme.com,

[59:43]

il n'existe plus, et même qu'actuellement,

[59:46]

il appartient à personne.

[59:48]

Ce qui est quand même quelque chose de rare

[59:49]

sur internet qu'un nom de domaine,

[59:51]

il n'y a pas toujours un site web sur tous les noms de domaines,

[59:54]

mais souvent, il est acheté par

[59:55]

quelqu'un, ou là actuellement,

[59:57]

de ce que je voyais, il n'y a pas vraiment de propriétaires,

[01:00:00]

donc on dirait que

[01:00:01]

à cause de toute cette histoire-là, il y a personne

[01:00:03]

qui voudrait le racheter et s'associer

[01:00:06]

à ça, puis je le comprends aussi,

[01:00:08]

mais il y a d'autres

[01:00:09]

sites qui ont émergé suite à la fermeture

[01:00:12]

de ColorMe. Il y a eu le site

[01:00:15]

MissBisa,

[01:00:16]

en fait, MissBesa.com,

[01:00:19]

puis il y a aussi le site dont

[01:00:19]

tu nous parlais tout à l'heure, FetLife,

[01:00:23]

qui est par rapport

[01:00:24]

au financial, au fétiche

[01:00:26]

en fait. Oui, c'est ça qui est un peu un

[01:00:28]

réseau social, un Facebook

[01:00:29]

de gens qui ont un kink,

[01:00:32]

donc un genre de fétiche,

[01:00:34]

justement. Ben oui,

[01:00:36]

nous, en fait, on ne juge pas les gens qui vont sur

[01:00:38]

ces sites-là. Non, pas du tout.

[01:00:39]

Il y a plein

[01:00:41]

de choses intéressantes, je présume,

[01:00:42]

pour les gens à qui ça intéresse,

[01:00:45]

mais c'est ça. Il ne faut pas oublier

[01:00:46]

que, justement, des prédateurs

[01:00:48]

comme ça, comme Stephen Zellick, il peut en avoir

[01:00:51]

n'importe où, puis c'est pas juste les

[01:00:52]

jeunes qui peuvent être des victimes. Parfois, c'est

[01:00:55]

les adultes aussi. Donc,

[01:00:56]

c'est une histoire très triste. J'ai l'impression,

[01:00:58]

encore une fois, qu'elle aurait peut-être pu être

[01:01:00]

évité, mais

[01:01:03]

encore une fois, c'est une histoire

[01:01:04]

qui a été résolue grâce

[01:01:06]

aux preuves en ligne, puis au travail

[01:01:09]

de ce fameux Jeff, qui est un peu

[01:01:11]

un hacker, ami

[01:01:12]

de Laura, qui lui a fait

[01:01:15]

des travaux que même la police

[01:01:16]

n'avait pas réussi à faire à ce moment-là.

[01:01:19]

Donc, c'est une histoire

[01:01:20]

qui était pertinente, je pense, pour

[01:01:22]

distorsion et pour notre communauté.

[01:01:25]

Tu sais, je reviens un peu à

[01:01:26]

Laura par rapport à ses nouvelles

[01:01:28]

habitudes de BDSM. On n'a jamais su

[01:01:30]

si elle pratiquait ça avant avec son ex-

[01:01:33]

mari. J'ai l'impression que

[01:01:35]

la solitude et tout ça l'a amené vers ça,

[01:01:37]

parce que j'essaie de comprendre

[01:01:39]

qu'est-ce qui fait qu'il y a quelqu'un qui n'est pas attiré

[01:01:41]

par ça au départ, puis même

[01:01:42]

à son âge. Généralement,

[01:01:44]

plus on vieillit, plus on... Pas qu'on reste

[01:01:46]

dans nos pantouf, mais en vieillissant,

[01:01:48]

c'est moins là qu'on...

[01:01:50]

Elle l'aurait découvert sur le temps.

[01:01:51]

Oui, c'est ça. Je me demande qu'est-ce qui a pu

[01:01:55]

l'amener vers ça.

[01:01:57]

J'ai l'impression que quand

[01:01:58]

t'es en dépression, que tu vis

[01:02:00]

tellement des choses tristes que ça doit te...

[01:02:02]

Ce sentiment-là de domination

[01:02:05]

doit t'amener à autre chose.

[01:02:07]

Mais j'avais lu aussi que des théories...

[01:02:08]

Les gens qui aiment se faire dominer aussi, c'est souvent

[01:02:10]

des gens qui ont eux dans leur vie, ils ont le

[01:02:12]

contrôle sur tout. Donc,

[01:02:14]

ils aiment un peu s'échapper d'avoir

[01:02:16]

le contrôle et de se faire dominer.

[01:02:18]

Parce qu'elle, avec la gestion...

[01:02:20]

Tu sais, on dit six enfants parce qu'elle en a une de mort, mais il n'y a pas si longtemps,

[01:02:22]

elle avait sept enfants aussi,

[01:02:24]

en garde partagée.

[01:02:26]

C'est une aide soignante, donc c'est

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pas toujours facile comme métier aussi.

[01:02:30]

Donc, j'ai l'impression que

[01:02:32]

il fallait qu'elle ait le contrôle sur sa vie.

[01:02:34]

J'ai l'impression qu'elle est allée vers ça pour

[01:02:36]

justement, un peu comme on le disait,

[01:02:37]

c'est un échappatoire. Mais ça semble être

[01:02:39]

un pattern,

[01:02:41]

pas récurrent, mais qui est souvent présent

[01:02:43]

des gens qui ont le contrôle,

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mais qui cherchent plutôt à être dominés

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dans une portion de leur vie sexuelle.

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Oui, ou encore, moi j'aimerais une

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théorie alternative.

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Je sais qu'il y a des gens

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dans la domination, en fait,

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que ce qu'ils recherchent, d'une certaine façon,

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c'est une forme de liberté.

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Parce que dans la

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soumission, en fait,

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certains voient la soumission comme

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l'expression de la liberté.

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Parce que quand t'es libre

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de choisir tout dans la vie,

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et que tu choisis la soumission,

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il n'y a aucun acte qui est plus libre

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que ça. C'est une façon de penser

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un peu...

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alternative.

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Mais je réussis à

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trouver un fondement quand même.

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Elle qui vivait beaucoup

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d'angoisse, de challenge dans sa

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vie personnelle, qui sentait peut-être

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pas justement qu'elle avait le contrôle à ce moment-là,

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pour elle, peut-être qu'elle

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sentait qu'elle retrouvait sa liberté

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dans ses pratiques-là.

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Ça fait du sens. C'est une théorie

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parmi tant d'autres. Cher Distordu,

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on vous laisse nous dire ce que vous pensez

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de cette histoire-là et de nos théories

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sur le BDSM.

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Vous pouvez le faire sur notre groupe privé

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de discussion sur Facebook. Vous avez juste

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à le trouver, faire une demande,

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et nos modérateurs risquent de vous

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accepter si vous avez pas l'air trop

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louche. Non, et tout ce qu'il dit là, ça reste entre nous.

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Oui. Et sinon, vous savez

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toujours où nous trouver. On est sur Instagram

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au Distorsion Podcast.

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Même chose sur YouTube et

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sur Facebook. Sur Twitter, on est

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Distorsion Pod. Et puis,

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c'était encore un plaisir, mon cher Seb, de traiter

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d'une histoire étrange avec

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toi ce soir.

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Pour conclure cet épisode, mon cher

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Emile, est-ce que tu aurais un mot de la fin

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pour nous?

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En guise de prévention,

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ne surveillez pas seulement ce que vos enfants

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font sur le web, mais aussi ce que

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vos parents font. Ça pourrait éviter

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beaucoup de tracas.

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Oh!

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