Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent ĂȘtre inexacts.
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Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter Distorsion, un podcast sur un vol spectaculaire de sirop
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d'érable dans la province du Québec au Canada. Des individus ont dérobé une trÚs grande
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quantité de ce produit national dans un dépÎt situé prÚs de la ville de Trois-RiviÚres.
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Le montant du butin est estimé à prÚs de 25 millions d'euros. La police est toujours
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à la recherche des malfaiteurs. Des histoires étranges de l'Úre numérique.
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Entre 2011 et 2012, un des cambriolages les plus étonnants du siÚcle a lieu. Non pas
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dans une banque, ni un camion blindé, mais bien dans une réserve de sirop d'érable
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au Québec. PrÚs de 10 000 barils s'utilisaient tranquillement pendant des mois dans un
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entrepĂŽt de Saint-Louis-de-Blenford, totalisant une valeur de plus de 18 millions
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de dollars. Un vol digne des plus grands films d'Hollywood qui a propulsé l'or
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du Québec sur la scÚne internationale. Pour toutes les mauvaises raisons. Mais comment ont-ils fait
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leur coup? Suivez-nous au cĆur de cette histoire incroyable. SĂ©bastien LĂ©vesque,
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comment ça va aujourd'hui? Ăa va bien et toi, Emile Gauthier? Ăa va trĂšs bien, trĂšs bien.
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On est d'aplomb dans notre saison 11. J'espÚre que jusqu'à là , vous appréciez. Et aujourd'hui,
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on s'attaque à une histoire délicieuse, si je peux me permettre. Oui, une histoire,
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on pourrait pas ĂȘtre plus quĂ©bĂ©cois qu'aujourd'hui, je pense. C'est vrai, exact. Clin d'Ćil Ă nos auditeurs,
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aux auditrices européens qui, je crois, aiment bien avoir un peu de saveurs québécoises,
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parfois dans nos histoires. C'est spécial un peu parce qu'on parle ici d'un gros vol de
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sirop d'érable. On parle pas d'aller voler des cannes au supermarché. Non, non, exact.
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On parle de gigantesques barils, de centaines, de milliers de barils qui ont été volés.
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C'est survenu dans les annĂ©es 2010, mais je ne sais pas, toi Seb, on dirait au moment oĂč
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c'est survenu, c'était presque juste avant qu'on commence distortion, on n'en entendait
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pas beaucoup parler de cette histoire-lĂ . Non, moi, j'avais un souvenir, mais trĂšs,
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trĂšs, trĂšs vague, on dirait. Pourtant, j'ai toujours Ă©tĂ©, mĂȘme Ă cette Ă©poque-lĂ ,
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un addict des nouvelles. Mais non, on dirait que ça m'avait Ă©chappĂ©. J'Ă©tais peut-ĂȘtre un
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peu plus jeune et moins conscient de tout ça, mais je me rappelle que ça avait quand mĂȘme,
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ça se discutait un peu partout parce que c'est tellement improbable, ce genre de vol.
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Mais on dirait qu'il a fallu que, justement, Netflix inclut cette histoire-lĂ dans,
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je crois, sa série, c'était Dirty Money. Ils ont inclus cette histoire-là de vol de
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sirop d'érable dans leur série documentaire. Mais avant ça, moi, j'avais pas idée de
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l'ampleur. On savait que ça avait été volé, mais on n'avait pas vu tant que ça d'images,
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de mise en scĂšne et autres. Vous allez voir, c'est spectaculaire. Mais clairement,
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les gens qui ont orchestré ce vol-là n'écoutaient pas Distortion. C'est normal,
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on ne peut pas les plaindre. Distortion n'existait pas à l'époque. Mais on voit qu'il y a eu une
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grande part d'intelligence mise, je pense, sur la logistique du vol et trĂšs peu d'intelligence
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mise dans le but de dissimuler des preuves numériques. Donc, vous allez voir, c'est
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cocasse en mĂȘme temps, dramatique, mais dans tous les cas spectaculaire. Donc, restez avec nous,
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ça va ĂȘtre toute une histoire. Et puis, en after-show pour nos abonnĂ©s Patreon,
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j'ai une autre histoire savoureuse. Seb, on est dans la bouffe, on est dans les vols.
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On va parler des vols de tableaux, des grands vols d'Ćuvres d'art, des restaurants Taco Bell.
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Ătais-tu au courant de cette histoire-lĂ ? Non, avant que tu m'en parles, j'Ă©tais pas du
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tout au courant. Vous allez voir, ça aussi, c'est une histoire vraiment savoureuse. J'espÚre
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qu'il ne vous donnera pas mal au ventre comme Taco Bell. Mais bon, je ne vous en dis pas trop,
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mais au courant des annĂ©es 2010 mĂȘme, jusque dans les annĂ©es 2020, les gens ont commencĂ© Ă
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repérer des tableaux sur eBay qui ont été volés dans des Taco Bell, se vendent des dizaines de
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milliers de dollars. C'est vraiment incroyable. Donc, est-ce qu'il y a eu des vols perpétrés
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au fil du temps dans les restaurants? Est-ce qu'il y a eu un restaurant qui a Ă©tĂ© volĂ© Ă
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plusieurs reprises? Est-ce qu'il y a vraiment eu des vols? Est-ce que tout ça,
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c'est un stunt marketing? Bref, il y a plein de mystĂšres autour de cette histoire-lĂ . Je pensais
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jamais parler de Taco Bell Ă distorsion, mais vous allez voir en After Show sur Patreon tout
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de suite aprĂšs. Ăa va ĂȘtre encore une fois une histoire dĂ©licieuse, si je peux me permettre.
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Restez avec nous tout le monde, mais pour passer au travers de tout ça,
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qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui Seb? Oui, on boit une biĂšre de l'archibale de la
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Easy Pale Ale 4.6%. Une petite pĂȘle ale amĂ©ricaine trouble Ă la robe jaune paille.
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Et cette biĂšre a une petite taille bio de 40 seulement. Elle est trĂšs trĂšs bonne
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pour une pĂȘle ale amĂ©ricaine. C'est des houblons Eldorado et Azacar. Et elle nous a Ă©tĂ© offerte
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par Stéphanie de Sauchon-Girard qui nous a fait un don sur le site de distorsionpodcast.com.
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Il nous a offert une tournée de biÚre. Donc, merci à toi Stéphanie. Et si vous voulez
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faire comme elle les remplit dans le fridge, n'hésitez pas. On veut aussi donner un gros
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shout-out à Qwerty1234 pour une review 5 étoiles sur Apple Podcasts. Ben oui,
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on a encore des reviews 5 Ă©toiles. C'est gentil, guys, mĂȘme aprĂšs toutes ces annĂ©es.
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Elle nous dit, ou il nous dit, super podcast, recherche, super approfondie,
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surtout pas de blabla pendant 10 minutes juste avant. La voix, les sujets, juste wow! Merci.
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Yes, ben merci Ă toi Qwerty1234. Oui, j'aime ton nom. Et justement,
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afin d'ĂȘtre⊠comment dire⊠d'ĂȘtre plus tight sur le blabla, je pense qu'on est prĂȘt
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tranquillement à se lancer dans l'épisode d'aujourd'hui Seb, parce qu'on a beaucoup de
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stock Ă couvrir. Est-ce qu'on est prĂȘt Ă se lancer dans le grand vol de sirop d'Ă©rable du QuĂ©bec?
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Oui, mais dis-moi Emile, t'as rendu compte à quel point on est connecté tout le temps,
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que ce soit pour travailler, se divertir ou mĂȘme juste pour discuter avec nos proches.
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Carrément Seb, pis tout cela, ça fait encore plus de raisons de protéger nos
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données quand on est en ligne. Oh oui! Avec NordVPN, tu peux naviguer en toute tranquillité,
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en un seul clic, tes données sont protégées grùce à un cryptage avancé. Et en plus,
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comme à la maison. C'est vraiment l'outil idéal que tu sois sur un Wi-Fi public ou chez toi.
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tellement cool! Ah oui, mais en parlant d'idéal, Emile, il y a une offre spéciale
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sĂ©curitĂ©. Et maintenant Seb, est-ce qu'on est prĂȘt Ă plonger dans l'Ă©pisode troublable
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d'aujourd'hui? Oui, oui, oui! Allons-y! Seb, juste avant de commencer, je pense que
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tu nous avais sorti des petits chiffres pour nous mettre en bouche sur l'industrie du
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sirop d'érable parce qu'on en rit un peu. Les gens, les étrangers, imaginent que nous,
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les Québécois, on met du sirop d'érable sur tout, ce qui n'est pas faux. Non,
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exactement. Mais Ă quelque part, c'est une vraie industrie qui fait vivre des vraies
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personnes. C'est gros l'industrie du sirop d'érable. Il y a de l'exportation partout
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dans le monde. Il y a des énormes marchés. Parle-nous en, tiens. Oui, c'est assez
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énorme. Puis là , on ne parle pas du sirop de poteaux, comme on dit souvent,
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du faux sirop d'érable. En 2025, le Québec représente 90 % de la production
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canadienne. C'est environ entre 63 % et 75 % de la production mondiale. On va reparler des
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chiffres dans l'épisode, mais ça varie évidemment d'une année à l'autre. Les autres
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provinces canadiennes, c'est l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ăcosse et
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les Ătats-Unis aussi, principalement le Vermont, le New York et le Maine,
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qui complĂštent la production mondiale. Et les Ătats-Unis, c'est 18 %. Nous,
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on a à peu prÚs tout le reste. Et le Québec exporte l'essentiel de sa production. C'est plus
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de 70 % qui est destinĂ© au marchĂ© Ă©tranger, incluant les Ătats-Unis. Mais aprĂšs les Ătats-Unis,
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surprenant, l'Allemagne qui achÚte notre sirop, le Royaume-Uni, la France, allÎ les Français,
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le Japon et l'Australie. C'est quand mĂȘme assez impressionnant et ça se vend dans plus
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de 70 pays dans le monde. Et actuellement, je disais que la croissance, elle augmente de
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prÚs de 50 % dans le monde, ce qui à chaque année, ce qui met énormément de pression sur
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la production en Amérique du Nord. Moi, je trouve que c'est une bonne nouvelle. Vous allez voir un
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peu, on va l'expliquer le fonctionnement de comment on gĂšre les inventaires pour contrĂŽler
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un peu le prix. On va en parler dans l'épisode. On dirait qu'en voyant ces chiffres-là , je
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comprends un peu pourquoi. Parce qu'un peu comme toute production agricole, il y a des années
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moins bonnes selon la météo et tout ça. Donc, c'est un peu pour rebalancer. Mais c'est
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en ci. C'est ça, la demande est tellement forte que c'est, moi je trouve que c'est une bonne
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nouvelle. C'est tellement un bon produit. C'est un sucre pour les sportifs, vous le savez
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peut-ĂȘtre dĂ©jĂ , mais c'est un meilleur sucre Ă mettre dans vos boissons sportives parce
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qu'ils se gÚrent mieux au niveau du corps, ils se gÚrent bien et tout ça. Oui, plus que
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du sucre raffiné en poudre. Exact, ça contribue aussi à son succÚs. C'est un peu
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un petit topo sur le marché du sirop dans le monde. Oui, puis on va vous faire un petit
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topo politique aussi parce que ce vol-là est, sans se trop spoiler, est énormément
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lié au contexte géopolitique québécois. Oui, exact. Ceci dit, je nous plonge dans
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l'histoire maintenant, Seb. Nous sommes en juillet 2012 dans un entrepĂŽt industriel
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anonyme de Saint-Louis-de-Blanford au centre du QuĂ©bec. Un homme s'apprĂȘte
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à vivre un moment qui marquera l'histoire du crime québécois. L'inspecteur Michel
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Gauvreau, mandaté par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, la FPAQ,
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se présente pour effectuer l'inventaire annuel de la réserve stratégique de sirop d'érable,
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cette précieuse réserve qui représente 77% de la production mondiale de sirop d'érable.
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Ăa existe, cette rĂ©serve-lĂ . C'est une rĂ©serve physique. Oui, oui. Il y a des barils
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lĂ -dedans. Mais ce qu'il s'apprĂȘte Ă dĂ©couvrir dĂ©passe l'entendement. Alors
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qu'ils grimpent sur les barils pour vérifier leur contenu, ils s'attendent à sentir le poids
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familier de ces fûts de 600 livres gorgés de sirop. Seulement, voilà . L'inspecteur manque
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de tomber. Les barils sont complĂštement vides. Il y a de la misĂšre Ă se tenir dessus. Le
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choc est immédiat. Mais comment est-ce possible ? Ces contenants métalliques blancs,
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non marqués et stockés dans cette installation louée depuis juillet 2011,
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sont censés contenir le trésor sucré du Québec. Mais rapidement, l'horrible vérité se révÚle.
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Certains barils contiennent de l'eau au lieu du précieux sirop. D'autres sont complÚtement
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vides. L'ampleur du désastre se dessine peu à peu et sur les 16 000 barils entreposés,
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environ 10 000 ont été vidés de leur contenu. C'est tellement beaucoup en sens que 16 000,
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mais ça, puis 10 000, c'est fou. C'est tellement beaucoup qui ont disparu.
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Ben oui. Là , vous vous demandez déjà comment ils ont pu remplir 10 000 barils
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d'eau, comment ils ont pu s'utiliser, comment on vole ça 10 000 barils. Je fais comment,
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moi, si je veux en voler un, comment je fais pour en voler 10 000 ? C'est surréal tout ça.
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Oui, oui, exact. Puis ce n'est pas juste pour tes crĂȘpes le matin pour ta famille.
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AprÚs ça, une fois que tu l'as, le matériel, il faut que tu en dispose.
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On va y revenir. Mais tout d'abord, pour vraiment comprendre l'ampleur du grand vol de sirop
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d'érable, il faut remonter à l'origine de la fédération des producteurs acéricoles du
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Québec, donc la FPAQ. On va en parler un peu. Créée en 1966 par un groupe de producteurs
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visionnaires, cette organisation n'était pas juste un regroupement syndical. Elle
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allait devenir le moteur qui structurerait toute l'industrie acéricole québécoise,
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un pilier à la fois économique et culturel. Quand on dit acéricole pour les gens qui sont
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moins familiers, c'est justement la production de sirop d'érable. Au départ, le marché de
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l'érable était complÚtement morcelé. Chaque producteur vendait sa récolte à sa façon,
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souvent par chance, et les prix variaient au gré de la météo ou de la quantité de sucre
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disponible. Dans ce chaos-lĂ , la FPAQ a pris en main l'organisation de la production et la
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commercialisation, offrant aux producteurs une voie collective et forte. Leur mission,
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assurer la qualité du sirop, protéger la stabilité économique des producteurs et faire
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rayonner ce produit unique à l'international. Avec le temps, la fédération est devenue bien
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plus qu'un simple syndicat. Affiliée à l'Union des producteurs agricoles du Québec,
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elle est devenue la gardienne d'un modÚle collectif unique. Les quotas trÚs précis,
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les normes strictes et le canal unique de distribution ont complÚtement transformé
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l'industrie. Chaque producteur devait vendre sa récolte à la fédération qui se chargeait
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ensuite de la distribuer et de la promouvoir. Résultat, le Québec contrÎle maintenant
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prÚs de 77% de la production mondiale de sirop d'érable, un véritable monopole qui
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donne à l'industrie un poids considérable sur la scÚne mondiale. Mais vous allez voir,
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c'est quand mĂȘme assez contestĂ©, ce monopole de vente. Au centre de tout cela se trouve une
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véritable caverne d'alibaba pour le sirop d'érable, répartie dans plusieurs entrepÎts
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clés, les plus célÚbres et les plus cruciaux étant situés à Saint-Louis de Blanford.
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Ces entrepÎts servent de réservoirs tampons permettant de stabiliser le
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marché mondial face aux changements climatiques et économiques, garantissant ainsi une offre
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constante, mĂȘme lors des saisons difficiles. GrĂące Ă elles, le sirop d'Ă©rable quĂ©bĂ©cois est
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devenu un produit recherché et reconnu sur tous les continents, un symbole de fierté locale et
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d'expertise traditionnelle. Mais mĂȘme le systĂšme le plus rigoureux a ses failles. Les
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quotas et les rÚgles strictes, bien qu'essentielles pour maintenir l'équilibre du marché,
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génÚrent parfois des frustrations. Certains producteurs voient la fédération comme un
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reprendre. Et c'est dans ce terreau de tension et de ressentiment que le marché noir du sirop a
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fini par Ă©merger avec des protagonistes prĂȘts plus que jamais Ă dĂ©fier l'autoritĂ© d'un quasi
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monopole. Donc tu sais, il y en a qui voient ça comme une bonne chose, c'est-à -dire ça
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stabilise le marché, on en garde en réserve pour les moins bonnes années, mais il y en a
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qui voient ça carrément comme une mafiole dans le sens que c'est un monopole, on n'a pas
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le choix de vendre juste Ă eux, c'est juste eux qui peuvent vendre Ă l'international. Donc
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il y en a qui voient ça vraiment un peu comme presque que c'était du crime organisé. Oui,
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oui, oui, une mafiole, bien un peu, si ça on disait c'est pas un syndicat, mais un peu avec ce
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mĂȘme genre de pouvoir-lĂ , mais je sais que des arabiennes indĂ©pendantes peuvent choisir de
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ne pas embarquer lĂ -dedans et vendre leurs propres produits eux-mĂȘmes. Par contre,
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je pense que c'est un choix aussi que tu fais, mais je pense que ça t'amÚne une
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stabilité aussi financiÚre, mais je suis assez d'accord là , c'est trÚs contesté. Cette
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double réalité, une organisation indispensable, mais contestée, est essentielle pour comprendre
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le contexte dans lequel le grand vol s'inscrit. La fédération représente à la fois le pouvoir
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collectif et le contrĂŽle sur l'industrie, mais aussi la cible de ceux qui aspirent Ă plus de
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liberté économique. C'est en comprenant cette tension qu'il est possible de mesurer l'impact
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du crime, car il ne s'agit pas seulement de millions de dollars de sirop volé,
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il s'agit Ă©galement d'un affront portĂ© Ă l'identitĂ© mĂȘme du QuĂ©bec, Ă son savoir-faire et Ă une
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industrie soigneusement protégée depuis plus de cinquante ans. L'année 2011 marque un tournant
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inédit pour l'industrie acéricole québécoise. Les érables font preuve d'une générosité
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exceptionnelle, offrant ainsi une récolte record qui dépasse toutes les attentes des
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producteurs et des gestionnaires du secteur. Ce surplus massif de sirop d'érable, bien qu'une
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revue, apporte des défis logistiques supplémentaires. La fédération doit alors trouver des nouveaux
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locaux afin d'y entreposer les surplus. Ils louent alors un entrepÎt situé à Saint-Louis de
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Blenford. Malgré la valeur inestimable des milliers de barils de sirop entreposés,
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la sécurité de l'entrepÎt est étonnamment minimale. Aucune caméra ne surveille les
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allées, laissant de vastes ondes sans aucun contrÎle visuel. Les portes et accÚs,
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bien qu'en apparence fermées à clé, ne sont soumis à aucun systÚme électronique sophistiqué.
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N'importe qui ayant la clé ou connaissant les lieux pouvait pénétrer dans le bùtiment sans
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problÚme. Le personnel présent sur place était dérisoire par rapport à l'ampleur du stock.
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Quelques employés seulement circulaient entre les rangées de barils, incapables de vérifier
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individuellement la masse de sirop entreposé. Les ronds étaient sporadiques et peu rigoureuses,
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offrant aux intrus un temps et un espace considĂ©rable pour agir sans ĂȘtre dĂ©tectĂ©. De plus,
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il n'y a qu'un seul gardien de sécurité sur place. Je comprends tout ça. Quand on regarde
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aprÚs coup, on se dit, non, mais il n'y avait pas assez de sécurité pour surveiller ce trésor
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national. Mais en mĂȘme temps, tu dis qui est-ce qui va rentrer lĂ -dedans? Je ne pense pas
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que ce soit écrit en gros sur le bùtiment, la réserve de sirop d'érable du Québec. C'est
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bien caché. Et voler ça, mon Dieu, c'est juste partir avec un baril, je ne sais pas comment je
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ferais. C'est lourd. Oui. Donc, partir avec 10 000, c'est encore plus difficile. Je ne pense
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pas qu'il était négligent, mais personne ne s'attendait à ça. Jamais personne n'avait
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calculé un acte comme ça. Non, exactement. Cette combinaison en fait alors une cible
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extrĂȘmement vulnĂ©rable, Emile. Chaque baril qui reprĂ©sente une valeur Ă©norme se trouve
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sans surveillance. En résumé, malgré son rÎle stratégique dans la réserve mondiale de sirop
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d'érable, l'entrepÎt de Saint-Louis de Blenford est en réalité une passerelle ouverte pour
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quiconque sait comment exploiter ses failles. Exactement. Comme si ce n'était pas suffisant,
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les procédés d'inventaire, bien que soutenus par des systÚmes informatiques
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sophistiqués, sont inadaptés face à la réalité matérielle. Les barils de sirop,
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fabriqués en métal blanc, non marqués et empilés par milliers, ne bénéficient que d'un contrÎle
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visuel et tactile une seule fois par an. L'absence d'un systÚme de traçabilité moderne,
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comme des codes QR, des traceurs GPS par exemple, ou mĂȘme des Ă©tiquettes RFID,
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ajoute un autre lot de faille dans l'entrepÎt. Une étiquette RFID,
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ça utilise SAB des fréquences radio, c'est une petite puce électronique capable de
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débloquer des informations et les transmettre sans fil sur les ondes radio lorsqu'elle est
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contactée ou interrogée par un lecteur RFID. C'est un peu comme un genre de code bar,
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un petit peu plus égoïde, mais il n'y avait pas ça non plus sur les barils.
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Non, exactement. C'est ça, je te dirais, dans le monde du retail,
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c'est pas mal ça qui est utilisé, le Canadian Tire, Walmart, tout ça,
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tout est étiqueté avec du RFID maintenant. Pendant ce temps, des tensions commencent
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également à émerger au sein du milieu acéricole. La rigidité du monopole fédéral,
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avec son contrÎle strict, des quotas et ses sanctions sévÚres contre ceux qui s'en écartent,
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suscitent un mécontentement croissant. Des producteurs rebelles se font alors le
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porte-parole de cette opposition, refusent ce qu'ils considÚrent comme un véritable régime
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de terreur. Donc, il y a vraiment un climat de friction économique et culturelle qui
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devient rapidement un terreau idéal pour des complots, pour des conspirations,
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pour ce qui deviendra plus tard un vol agricole et le plus spectaculaire de l'histoire du Québec.
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On va vous présenter tranquillement un peu les acteurs principaux. C'est tous des personnages
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assez originaux qu'on retrouve dans cette histoire-lĂ parce qu'en fait, il y a vraiment
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une équipe trÚs organisée qu'on retrouve derriÚre cette opération-là . Chacun a des
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chances, c'est le résultat de repérage, de planification minutieuse et de coordination
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entre plusieurs personnes. On va parler d'un certain Richard ValliĂšre qui, lui,
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est né en 1978. C'est, lui, le cerveau derriÚre le plan et le responsable de
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l'organisation du vol. Avant mĂȘme le premier Barry siphonnĂ©, Richard avait Ă©tudiĂ©
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attentivement l'entrepĂŽt pendant plusieurs semaines. Il connaissait les horaires du
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personnel, les routines et les rondes du gardien de sécurité et les points faibles de l'entrepÎt
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aussi. Sa connaissance des flux logistiques et des rouages internes de la Fédération lui
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permettait de prévoir les déplacements des Barrys et de choisir le meilleur moment pour
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les subtiliser. Richard, lui, en fait, ainsi que son pĂšre, c'est des producteurs assez
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ricoles de génération en génération et eux sont parmi les frustrés du monopole de la
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Fédération. Ils ont tranquillement orchestré ce coup-là pour un peu se venger. Ce n'est pas
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trop qu'elle est l'idée derriÚre, mais de briser un peu ce monopole-là d'une certaine
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façon. Donc, il m'y jette à ça depuis des années puis il a commencé vraiment à s'intéresser
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à la réserve de la Fédération. Chaque nuit, il coordonne les actions de ses complices par
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téléphone et messages codés, s'assurant que personne ne se mette en travers du plan.
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Selon ses aveux, l'opération lui a rapporté prÚs d'un million de dollars qu'on saura par la
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suite. LĂ , on avance un peu dans le temps. Faites-vous en pas, on va revenir pour parler un
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petit peu plus de l'organisation et tout ça. Son pÚre, Raymond, Raymond ValiÚre, né en
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1954, joue un rÎle discret mais essentiel. Il fournissait les véhicules nécessaires,
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des outils pour manipuler les Barrys et aidait à nettoyer les traces laissées derriÚre
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eux. Sa présence assurait à Richard un soutien logistique complet. Il y en a un autre qui s'appelle
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Havik Caron. Lui, il est né en 1974. Lui, il est marié à la propriétaire de l'entrepÎt.
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Là , c'est intéressant de savoir. Dans le fond, Havik Caron est comme un peu copropriétaire.
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Si je comprends bien, je ne sais pas s'il a juste sa femme ou s'il a lui aussi. Mais,
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à quelque part, la fédération loue l'entrepÎt à ces deux-là . Il est là le lien. C'est le
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propriétaire de l'entrepÎt. Il pouvait accéder à tous les Barrys à tout moment et c'est lui
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qui effectuait le transfert physique du sirop vers leur lieu de leur cachate finalement. Et lĂ ,
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sous une couverture de discrétion totale, les Barrys étaient siphonnés et remplis dans
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des contenants plus petits pour faciliter leur transport. Havik connaissait chaque
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recoin de l'entrepÎt et savait comment éviter les passages visibles dans les
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caméras ou auprÚs des agents de sécurité. Lui a des frÚres, Terriac et Inuk Caron.
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Ils ont également participé au plan. Terriac surveillait l'entrepÎt,
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effectuait les rondes et effaçait les traces de transvidage des Barrys.
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Au Nouveau-Brunswick, il y a un certain Etienne Saint-Pierre qui lui aussi joue
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un trĂšs grand rĂŽle. Lui, c'est un producteur de sirop, mais lui, c'est aussi un revendeur,
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donc une compagnie d'exportation. Et lĂ , c'est stratĂ©gique ça aussi dans ce plan. Ăa prend
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quelqu'un qui va pouvoir disposer de ce sirop-là , il faut l'écouler. C'est comme un peu,
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si tu voles de l'art, des lingots d'art à une banque, il faut trouver une façon aprÚs
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de liquider ces lingots-là . C'est pas si facile. Donc lui, il achetait le sirop volé et le
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notamment aux Ătats-Unis, en Europe et au Japon. Sa position en fin de chaĂźne permettait de blanchir
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le produit et de le rendre difficile à tracer, transformant le vol en profit réel. Puis ici,
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quand on parle de blanchir, le but c'était de transformer le sirop en tarte, en petit
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cornet, en beurre d'érable, en produit dérivé. C'est un peu comme ça qu'on blanchit du sirop
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d'érable. C'est drÎle, hein? Mais avec cette méthode, c'est impossible de retracer
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il provient d'oĂč le sirop? Non, tu peux pas le dĂ©construire, ton cornet. Non,
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exact. Puis aussi, ce qui est intĂ©ressant, c'est que lui, Ătienne Saint-Pierre, il habite
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au Nouveau-Brunswick. Donc, dans cette province canadienne-lĂ , il n'est pas assujetti aux lois
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de la fédération québécoise. Donc lui, il n'est pas forcé d'acheter la fédération.
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Tu vois, le filon qu'ils ont exploité avec tout ça, ils se tiennent en zone grise dans
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leur procĂ©dĂ©. Il Ă©tait malin quand mĂȘme. Oui, absolument. Il y a d'autres complices dont on va
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parler. Sébastien Jutra, qui lui, c'est un camionneur, et lui, il s'occupait de la
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transportation des barils la nuit, en suivant des itinéraires choisis précisément pour éviter
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la surveillance. Il y a d'autres personnes, un certain Jean Laure, Robert McLean, Sylvain
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Bourassa et Johnny Azen, qui étaient responsables de logistique. Eux, ils organisaient le
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stockage temporaire, la manutention et la coordination entre les sites. Chaque mouvement
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était planifié pour réduire le risque de détection. Donc, c'est un peu eux, les usuels
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suspects. Dans l'ensemble, une vingtaine de personnes participaient directement au vol.
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Chacun avait un rÎle précis, certains manipulaient les barils, d'autres surveillaient les lieux et
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d'autres transportaient le sirop. Ils avaient mis au point des horaires alternés, des
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itinéraires secrets et des méthodes pour éviter tout témoin. Chaque détail comptait,
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un retard ou une erreur aurait pu tout compromettre. Evidemment, si nous pouvons vous le
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raconter aujourd'hui, c'est qu'une erreur a Ă©tĂ© commise, mĂȘme plus qu'une, mais avant
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d'en venir lĂ , voyons par oĂč tout cela a commencĂ©. Donc, Seb, je te laisse revenir un
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peu dans le temps. Oui, on va vous parler du déroulement du vol. DÚs le mois d'août
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2011, sous la direction de Richard ValliÚre et Havik Caron, la mécanique du vol s'est
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en marche. Ils avaient sous les yeux plus de 7 millions de gallons de sirop d'érable stockés
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dans la réserve stratégique à Saint-Louis de Blenford, une fortune estimée à plusieurs
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dizaines de millions de dollars. L'entrepÎt-clé, utilisé pour le vol de sirop d'érable,
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avait été loué par la femme d'Havik Caron, qui a pris soin de louer un espace dans la
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mĂȘme bĂątisse que la rĂ©serve stratĂ©gique de la FĂ©dĂ©ration. Encore une fois, une petite
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subtilité. Bien oui. Cette proximité stratégique permettait à la bande d'avoir un
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accÚs privilégié au volume de sirop stocké, mais aussi d'opérer presque comme un initié,
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facilitant ainsi la manipulation des barils et le siphonnage, sans éveiller les soupçons.
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La premiÚre étape consistait à repérer les barils les plus vulnérables, ceux en métal
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blanc, non marqués et donc moins surveillés, puisque les inspecteurs se concentraient en fait
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concentrer leur attention sur les fûts avec des étiquettes officielles strictes. Chaque
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bande suivait de prÚs les mouvements et rotations des contrÎleurs pour éviter toute confrontation.
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Oui, puis un systÚme comme ça fait en sorte que un contrÎleur qui rentre là -dedans et qui
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doit évaluer le stock, c'est tellement laborieux que ça rend sa job impossible. Comment tu fais
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pour aller évaluer le baril qui est derriÚre, qui est sous six autres barils, derriÚre une
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rangĂ©e de 10 barils? Tu n'as pas le choix de tourner les coins ronds, mĂȘme si tu es
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un inspecteur officiel. C'est comme si le setup a invité à la négligence.
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C'est vrai, je ne sais pas si c'est avec des rayons X ou si il y a des machines pour voir les
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niveaux sur plusieurs, aucune idée, mais c'est sûr qu'ils n'utilisaient pas ça non plus.
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Avec des metaglasses.
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Oui, mais c'est que tout le monde faisait confiance Ă tout le monde dans la chaĂźne,
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donc techniquement tu te protÚges peu. Les vols se déroulaient principalement de nuit,
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toujours minutieusement planifiés. Des camions équipés de chariots élévateurs loués pénétraient
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et sortaient de l'entrepÎt sans éveiller la moindre suspicion. Les chauffeurs connaissaient
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précisément les emplacements de stationnement, les techniques de chargement, mais aussi la
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vitesse de déplacement optimale. La manipulation de ces lourds barils exigeait compétence,
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coordination, mais aussi précision. Les barils étaient ensuite acheminés vers
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une cabane à sucre isolée, loin de toute surveillance. C'est là , sous la supervision
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d'Avik Caron et de son équipe, que le sirop était siphonné avec une précision chirurgicale.
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Les outils utilisés étaient conçus pour éviter toute trace visible qu'il s'agisse
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d'aspiration ou d'altération extérieure. Il faut savoir que l'entrepÎt de Saint-Louis
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de Blanford Ă©tait d'une extrĂȘme propretĂ©. Il fallait donc que les
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barils restent le plus intact possible. Suite à l'extraction du sirop, les barils étaient
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remplis d'eau prélevée d'une riviÚre à proximité de façon à imiter le poids du sirop
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et à tromper les contrÎles. Ils étaient soigneusement séchés et recouverts de
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copies d'Ă©tiquettes officielles, rendant la fraude presque indĂ©tectable Ă l'Ćil nu lors
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des vĂ©rifications. Avec le temps, la bande a mĂȘme affinĂ© sa mĂ©thode en pratiquant
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le siphonnage directement sur les barils restant dans la réserve, évitant ainsi les risques
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liés au transport. Le seul petit problÚme est que les membres de la bande n'avaient pas une
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grande connaissance des traces numériques laissés derriÚre eux. En effet.
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Les échanges via texto et appels étaient un autre pilier important de l'opération. Le
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langage codĂ© qui mĂȘlait mĂ©taphore, surnom et allusion au sirop afin de traiter les barils,
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les livraisons et les contrÎles. Un des messages interceptés révélait « on sortait 104 barils,
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on remet 104 barils », décrivant leur méthode d'extraction et de remplacement. Il y a aussi
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des alertes du style « fais gaffe, ils font ronde plus tÎt ce soir » ou « contrÎle
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surprise demain, on ralentit le débit », permettait d'ajuster immédiatement le rythme
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des vols. La pression croissante fait aussi place à des menaces voilées dans
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les communications. Tu ne peux pas arrĂȘter le sirop quand il coule. Le sirop volĂ© Ă©tait
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ensuite fractionné en livraisons calibrées vers le Vermont, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario
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en petites quantitĂ©s rĂ©guliĂšres pour Ă©viter les contrĂŽles douaniers et policiers. Ătienne
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St-Pierre, à l'extérieur du Québec, jouait un rÎle essentiel en tant que grossiste
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et exportateur, rachetant le sirop et le réintroduisant, enfin la marchandise,
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dans le circuit légal, compliquant ainsi toute tentative de traçabilité. Sur prÚs d'une année,
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l'organisation a su exploiter les vulnérabilités de la fédération, manque de surveillance,
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absence de traçabilité électronique, inventaire insuffisant, tout en maintenant
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une communication serrée et une division parfaite des rÎles. Cette rigueur permet
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de maintenir un flux constant de sirop volé sans éviter la moindre subvention des autorités.
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Le 24 août 2012, lors de l'inventaire annuel de la Réserve stratégique de St-Louis de Blanford,
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l'inspecteur Michel Gauvreau fait une découverte capitale. C'est en montant sur un des barils,
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censé peser environ 600 livres, que celui-ci cÚda sous son poids. Confus, il examine le
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baril et constate que le flux est rempli d'eau et non de sirop d'érable. Il prend
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alors soin de vérifier les autres barils qui eux aussi n'étaient pas remplis de sirop. Pire
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encore, certains barils étaient tout simplement vides. Cette anomalie donne le signal pour
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une inspection complÚte et minutieuse de chaque baril entreposé. Rapidement, il
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fut établi que prÚs de 9 571 barils avaient été vidés, soit environ 5 935 250 livres de
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sirop, ce qui reprĂ©sente une perte de prĂšs de 17,8 millions de dollars. Il y en a qui ont mĂȘme
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dit que c'était autour de 30 millions, selon l'inflation, parce que ça fluctue le prix du sirop.
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Mais c'est fou pareil. Oui et puis il devait se rendre compte parce que le sirop d'érable
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c'est plus lourd que l'eau quand mĂȘme, donc c'est une texture diffĂ©rente. Le sirop
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n'oxyde pas non plus les barils en méval, tandis que l'eau le fait. Donc je pense aussi
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qu'il avait remarqué qu'il y avait des barils qui étaient légÚrement oxydés exactement.
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Mais c'est fou 600 livres juste Ă revenir sur le poids. TantĂŽt on se disait pour le voler
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aussi un seul baril il faut que tu sois équipé pour transporter 600 livres de poids. Non,
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c'est ça. Toi puis moi on irait là bas juste voler un baril, on serait heureux. On serait
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satisfait là si on prenait juste un diable avec un baril et qu'on réussisse à l'eau
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des seins dans un pick-up, ce serait mission accomplie. J'imagine pas 10 000. C'est clair,
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on aurait pour toute la vie. Au dĂ©but de l'enquĂȘte, les policiers de la SĂ»retĂ© du
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QuĂ©bec ne savaient pas oĂč chercher. C'est clair, tu commences par oĂč? La scĂšne de
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crime était trÚs atypique. Pas de violence physique, pas de traces évidentes, pas
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de témoins directs, juste des barils vidés sans explications, remplacés. La place est
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pleine de barils, mais lesquels sont pleins, lesquels sont vides, lesquels ont de l'eau,
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j'avoue, je serais complĂštement bluffĂ©. Les enquĂȘteurs explorĂšrent diffĂ©rents angles,
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mais les indices se font rares. Ceci dit, le crime est tellement atypique qu'en pensant un
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peu en dehors de la boßte, on peut trouver des pistes intéressantes, notamment au niveau du
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numĂ©rique justement. Nous sommes dans des petits villages et municipalitĂ©s oĂč tout le
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monde se connaßt. Quelqu'un a sûrement fait une erreur quelque part. Mais en contrepartie,
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on est effectivement dans des petits villages, Saint-Louis-de-Blandford. Il n'y a pas des
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caméras partout. Il n'y a pas de systÚme de surveillance comme dans une grande ville.
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Donc, à quelque part, ça complique la chose aussi un petit peu. Oui, c'est vrai. Ce n'est
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qu'en analysant la location récente de forklifts, aussi des petits chariots
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au lĂ©vateur, dans la rĂ©gion que les enquĂȘteurs font une percĂ©e majeure. C'est brillant.
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Parce qu'effectivement, on voyait des marques sur les barils subtilisés qui ont
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été saisis par des chariots au lévateur, des forklifts, alors que sur les barils légit,
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les vrais barils de sirop d'érable, ils étaient saisis par des forklifts magnétiques.
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Ah, OK. Ăa ne fait pas de trace. Ăa fait moins de trace. Ăa ne squeeze pas le baril.
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Donc là , il remarquait que les barils avaient été serrés, probablement coincés entre les
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lames d'un forklift. Donc Ă ce moment-lĂ , qu'est-ce qu'ils font? On regarde qui dans la
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région loue des forklifts, des chariots comme ça. Et en effet, des engins lourds loués par un
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camionneur nommé Sébastien Jutra, vous vous en rappelez, je l'ai nommé tout à l'heure,
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le camionneur qui est employé pour transporter des barils, laissait des traces spécifiques sur
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les fûts. Donc, différent de ce qui était causé par les équipements officiels de la
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fédération. Donc, c'est là que justement ils ont commencé à faire le tour des
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merces oĂč peut-ĂȘtre ce serait louĂ© des forklifts comme ça, ça aurait Ă©tĂ© louĂ©. Et lĂ ,
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ils vont avoir SĂ©bastien Jutra en entrevue justement parce qu'ils vont s'ĂȘtre rendu compte
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que dans une boutique qu'ils ont trouvé, une boutique de location d'outils, ils vont se
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rendre compte que quelqu'un a loué un forklift sous le nom de Sébastien Jutra. Donc tout
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de suite, il l'identifie, il l'amĂšne en interrogatoire. Et lĂ , il va admettre,
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Sébastien, tout de suite, qu'il admet en fait avoir transporté du sirop d'érable. Mais par
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contre, ce qu'il dit, c'est qu'il n'était pas conscient qu'il s'agissait d'une marchandise
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volée. Selon ses dires, il pensait transporter du sirop légitime, ignorant totalement qu'il
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servait de lien logistique dans une opération criminelle bien plus vaste. Donc, sous
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l'impression, il a rĂ©vĂ©lĂ© que c'est avec Caron, le propriĂ©taire d'un des entrepĂŽts oĂč Ă©tait
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stocké le sirop, qui lui avait demandé de faire ses transports en le chargeant de déplacer des
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barils de sirop jusqu'Ă Richard ValliĂšre. Pendant l'enquĂȘte menĂ©e par la SĂ»retĂ© du
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Québec, les policiers vont mener plusieurs perquisitions qui ont révélé l'ampleur du
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réseau. Le sirop volé avait été transporté à plusieurs endroits stratégiques, notamment
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à l'érabliÚre de Raymond ValliÚre, le pÚre de Richard. Cet érabliÚre servait de points de
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stockage temporaires dans le vaste réseau mis en place pour écouler le sirop volé. Donc,
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des barils identiques à ceux qui ont été volés ont été retrouvés sur son terrain.
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à un moment donné, en allant faire une perquisition, ils ont vu derriÚre une chaßne
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en se disant « ah, des barils blancs comme ça, ça ressemble pas mal à ce qu'il y avait
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dans l'entrepĂŽt de la fĂ©dĂ©ration ». Les enquĂȘteurs ont Ă©galement dĂ©couvert des
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barils dans d'autres lieux. Et ça, c'est quand mĂȘme drĂŽle, Seb, notamment lors d'une
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perquisition dans un entrepÎt de la route du Pont à Saint-Nicolas, à Lévis, sur la rive
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sud. Il y avait des centaines de barils qui ont été retrouvés. Ce qui est trÚs drÎle,
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c'est que les occupants le transformaient sur place. Donc, les voisins, tout le quartier,
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remarquaient que ça sentait le sirop d'Ă©rable. Ăa sentait bon dans le quartier. Depuis quelques
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semaines, qu'est-ce qui se passe ? Y a-t-il une érabliÚre sur la route du Pont ?
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Ma mĂšre habite Ă Saint-Nicolas, Ă LĂ©vis, sur la rive sud de QuĂ©bec. Je sais oĂč c'est cette route-lĂ .
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Je me dis « voyons, ça n'a pas rapport de mettre une érabliÚre, les gens devaient trouver ça
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drÎle ». Donc, les soupçons ont été éveillés grùce à l'odeur de sirop. Ce n'est pas
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Ă©vident Ă transformer. C'est pas comme de la cocaĂŻne en craque. Ăa bouille et ça fait
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de la vapeur. L'odeur les a trahis. Cette révélation a révélé une série d'accusations
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lorsque Sébastien Jutra s'est confaissé. Des accusations contre avec Caron, Raymond Richard-ValiÚre
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et d'autres complices. Jutra fournit aussi des preuves concrÚtes et des témoignages essentiels
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pour faire avancer le dossier. En collaborant avec les autorités, il a permis de dessiner
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le réseau complexe du vol de sirop d'érable reliant les lieux de stockage, les intermédiaires
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de la revente et les divers acteurs impliqués. C'est grùce à cet aveu et aux informations
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qu'il apportait que la police a pu orchestrer des arrestations ciblées et saisir des quantités
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significatives de sirop volĂ©. Ceci dit, on ignore toujours oĂč est l'ensemble de
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ce sirop-là . On a trouvé quelques bariches dans la ferme des ValliÚres, mais on n'a
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pas trouvé 10 000. Je ne sais pas s'il y a 10 000 tartes au sirop d'érable qui
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sont apparues au Japon. Oui, c'est ça. Exactement. En Allemagne. C'est juste
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trop la snitch, dans le fond, de tout ça, si on peut dire. C'est un peu le premier
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qui a tenté de sauver sa peau, mais j'ai l'impression que ce n'est pas non plus des
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grands criminels aguerris. Je ne pense pas que ces gens-lĂ Ă©taient prĂȘts Ă tout risquer
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pour les barils de sirop. C'est intimidant, tu te fais amener en interrogatoire. Ils font
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souvent ça, ils vont utiliser quelqu'un d'un peu plus vulnérable pour aller chercher de
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l'information. Et lĂ , on va sauter prĂšs du procĂšs, parce qu'aprĂšs des mois d'enquĂȘte,
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les piÚces du puzzle se sont enfin assemblées et le moment de la justice est arrivé.
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Le procÚs du vol de sirop de l'érable, qui avait tenu le Québec en haleine, s'ouvre
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devant un jury, mettant en scĂšne les principaux acteurs de cette audacieuse machination.
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Au centre de la salle d'audience, trois noms dominent l'affaire, Richard ValliĂšre
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avec Caron et Ătienne St-Pierre, chacun incarnant un maillon essentiel de ce rĂ©seau
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criminel organisĂ©. Je vous rappelle que Ătienne St-Pierre, c'est lui qui exportait le sirop,
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qui est domicilié au nouveau Brandouin. Oui, exact. Richard ValliÚre, cerveau présumé du
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vol, fait face à des accusations de vol, de fraude et d'émissions de faux documents.
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Tout au long du procÚs, les jurés découvrent l'étendue de son rÎle. Il n'était pas
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un exécutant, mais l'architecte du plan. C'est lui qui coordonnait chaque étape, recrutait les
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complices, organisait le siphonnage et supervisait l'écoulement du sirop volé. Le tribunal apprend
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également que ValliÚre avait reçu des menaces de certains complices, y compris Caron, ce qui
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explique en partie sa persistance malgré les risques colossaux. Son sang-froid et sa
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connaissance des failles dans le systÚme de la fédération apparaissent comme autant d'éléments
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qui ont rendu possible le plus grand vol à Séricol de l'histoire du Québec. Et à ses cÎtés,
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avec Caron, propriétaire d'un entrepÎt utilisé pour stocker les barils vides, est jugé pour
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complicité et fraude, et sa responsabilité est logistique et matérielle. C'est lui qui
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facilitait la location des forklifts, organisait le transfert discret des barils et permettait
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aux opérations de se dérouler dans l'ombre. Son rÎle discret, mais stratégique, devient
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limpide dans la salle d'audience lorsque les enquĂȘteurs prĂ©sentent les preuves de la
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chaßne de manipulation et de la falsification des fûts. Le troisiÚme acteur majeur,
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Ătienne Saint-Pierre, revendeur basĂ© au Nouveau-Brunswick, incarne le maillon
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commercial de l'organisation. Malgré son ùge avancé, autour de 70 ans au moment du
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procÚs, Saint-Pierre est poursuivi pour complicité et revente. Les jurés comprennent
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rapidement que, sans cet intermédiaire, le réseau n'aurait jamais pu écouler une telle
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quantitĂ© de sirop et rester sous le radar des autoritĂ©s. Ătienne a toujours niĂ© avoir
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participé au coup. Il dira qu'il ignorait que le sirop qui s'écoulait était volé et prétendra
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ne pas ĂȘtre assujetti aux lois du QuĂ©bec Ă©tant au Nouveau-Brunswick. Au coeur de
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Sébastien Jutra, le chauffeur snitch de camion, devient un témoin-clé. Sa collaboration avec
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la police permet de relier les accusés entre eux et de retracer la logistique du vol. Son
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témoignage, précis et documenté, devient une piÚce maßtresse du procÚs, exposant le
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fonctionnement interne du réseau et la technique avec laquelle les vols ont été planifiés
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et exécutés. Et aprÚs plusieurs semaines de témoignage, d'expertise et de confrontation,
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le verdict tombe. Richard ValliÚre est reconnu coupable et écopa d'une peine de huit ans de
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prison avec l'obligation de rembourser prÚs de 10 millions de dollars à la Fédération. Avec
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Coron est condamnĂ© lui Ă six ans de prison et a versĂ© une amende substantielle. Ătienne
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Saint-Pierre, de son cÎté, bénéficiant de son ùge avancé, échappe à l'emprisonnement,
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mais se voit assigné à domicile pour deux ans et lui doit payer une amende de 1,3 million de
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dollars. Et le procÚs révÚle également l'implication de prÚs d'une vingtaine de complices supplémentaires,
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des chauffeurs, des manutentionnaires et des intermédiaires sur le marché noir. Chacun a
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reçu des condamnations adaptées à son rÎle, certaines réduites grùce à leur coopération
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avec la justice. Toutes ces personnes n'avaient pas tous le mĂȘme niveau d'informations
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Oui, puis on se rend compte que ça a sans doute pris plus de temps voler les baris que réaliser
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l'enquĂȘte. C'est tellement une opĂ©ration fastidieuse qui impliquait justement des
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chargements de baris de nuit, de siffonnage, d'échanges de baris. Il allait les remplir dans
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une riviÚre aussi. C'est fou l'effort qu'ils ont mis. Les policiers, ça n'a pas été trop
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compliqué, ils ont cherché des locations de Fort Cliff et ils ont tombé sur le nom de
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Sébastien Jutra. Oui, ils ont remonté la chaßne assez facilement. Ils ont remonté la
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chaĂźne trĂšs rapidement. Par contre, on ne sait toujours pas oĂč est le sirop. MalgrĂ© la
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récupération partielle du sirop volé, une grande quantité reste irrécuperable. La
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fédération a compensé ces pertes colossales parce que quelque part, c'est les producteurs
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qui paient pour ça. C'est un peu comme le vol à l'étalage, tout le monde paye pour ça
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parce qu'il faut qu'il se repaye les entreprises qui se font voler. Au-delĂ des sanctions,
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le procĂšs marque un tournant dans l'histoire de l'industrie. Il met en lumiĂšre les failles
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d'un systÚme jugé jusque-là quasi inattaquable et pousse la fédération à renforcer
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considĂ©rablement la sĂ©curitĂ©, la traçabilitĂ© et le contrĂŽle de ses entrepĂŽts. Peut-ĂȘtre mĂȘme
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revoir sa vocation, dans le sens qu'on n'est plus Ă la mĂȘme Ă©poque, on n'est plus dans
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les annĂ©es 60, mais peut-ĂȘtre des choses qui ont changĂ©. AprĂšs la clĂŽture du procĂšs
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initial, l'affaire ne s'est pas arrĂȘtĂ©e lĂ . Les amendes imposĂ©es Ă Richard ValliĂšre,
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Havik Caron et Ătienne St-Pierre ont rapidement fait l'objet de contestation devant la
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Cour d'appel du Québec. Les juges d'appel ont examiné en détail les sommes imposées,
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les ajustant partiellement. Pour ValliÚre, l'amende compensatoire fut réduite à environ
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1 million de dollars, au lieu de 10 quand mĂȘme, correspondant uniquement aux profits
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personnels réalisés grùce au vol, tandis que celle d'Havik Caron fut rééchelonnée
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sur 10 ans au lieu de 5 ans et demi. Pour Ătienne St-Pierre, la peine d'assignation
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à domicile et l'amende furent maintenues, mais les modalités de paiement furent ajustées
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pour tenir compte de son ùge avancé et de sa situation financiÚre.
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Ces décisions en appel ne mirent pas fin au débat. Le ministÚre public, estimant
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que la réduction de l'amende de ValliÚre affaiblissait le principe de dissuasion prévue
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par le Code criminel, portait l'affaire devant la Cour suprĂȘme du Canada. C'est
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devant cette instance ultime que le dossier atteint son apogée. Les arguments de
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la Cour d'appel furent examinés avec rigueur. Le gouvernement soutenait que la
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compétence en compte et non seulement le profit direct de l'accusé, afin de prévenir toute
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incitation au crime et de garantir justice à la fédération. Le 31 mars 2022, ça a été long
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quand mĂȘme tout ça. La Cour suprĂȘme rend sa dĂ©cision dans un jugement unanime. Elle
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rétablit l'amende compensatoire initiale de 9,4 millions pour ValliÚre. Le juge en chef,
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Richard Wagner, souligna que la disposition du Code criminel visait prĂ©cisĂ©ment Ă empĂȘcher que
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des criminels tirent profit de leurs actes. La Cour prĂ©cisait que mĂȘme si une partie du
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sirop avait Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©e ou vendue, la valeur totale du bien volĂ© devait ĂȘtre considĂ©rĂ©e pour
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déterminer l'amende. La décision confirma également que ValliÚre disposerait de 10
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ans pour payer cette somme. Un million par année. Faute de quoi il devra purger une
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supplĂ©mentaire de 6 ans. Donc ça n'y est pas avec le sirop, la Cour suprĂȘme.
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Mais non, il faut que tu le trouves ton cash flow pour payer ça. C'est plus qu'un struggle pour
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payer son loyer. Pendant 10 ans, il faut que, je ne sais pas combien par année, il faut qu'il
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tire son paiement. Ce n'est pas un prĂȘt Ă la banque. C'est des grosses sommes, mais il
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mérite. C'est correct qu'il soit puni comme ça, mais il faut que tu fasses de l'argent.
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Mais peut-ĂȘtre qu'il en a fait avec le vol. C'est ça que je me dis. Ils en ont sĂ»rement
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de cacher. Cette dĂ©cision de la Cour suprĂȘme ne fut pas seulement une victoire judiciaire
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pour la fédération, elle envoya également un message clair sur la sévérité des sanctions
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liées aux crimes organisés et à la protection des biens collectifs. Les peines d'Avic Caron
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et d'Etienne Saint-Pierre, bien que non remises en cause devant la Cour suprĂȘme,
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furent intégrées dans le récit final de la justice. Caron devait respecter ses modalités
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d'amende et de détention, tandis que Saint-Pierre restait assigné à domicile avec une obligation
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financiĂšre stricte. L'ensemble du processus judiciaire, du procĂšs de premiĂšres instances
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jusqu'Ă la Cour suprĂȘme, dura plusieurs annĂ©es, mobilisant enquĂȘteurs, avocats,
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experts et juges. Il permit de révéler l'ampleur véritable du réseau, la sophistication de
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ses méthodes et les vulnérabilités d'un systÚme qu'on croyait inviolable. Le vol
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des sirop d'érable, d'abord perçu comme un fait divers, insolite, est devenu un symbole des
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défis de la justice face aux crimes organisés et de la nécessité de renforcer la sécurité et la
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régulation dans l'industrie acyricole. C'est assez fou. à l'issue de ce long chemin judiciaire,
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la Fédération des producteurs a renforcé ses protocoles de sécurité, modernisé ses
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systÚmes de traçabilité et de contrÎle, établissant des nouvelles normes pour prévenir
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toute répétition d'un tel vol. Au moins, ils ont appris de ça. Ce procÚs, au-delà des
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peines et des amendes, inscrit définitivement ce vol comme étant le vol du siÚcle dans la
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mémoire collective québécoise. Il est non seulement perçu comme une audace criminelle
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sans précédent, mais aussi comme un exemple d'exigence de justice jusqu'au plus haut niveau
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du systĂšme judiciaire canadien. Ăa, avant de travailler sur le cas, j'avais complĂštement
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oublié. Je ne savais pas que ça s'était rendu si loin que ça dans la cour. Les répercussions du
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vol de sérodérable furent profondes, complexes et durables, touchant tous les aspects de
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l'industrie québécoise, ainsi que la société dans son ensemble. Sur le plan économique,
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les pertes furent colossales. PrÚs de 10 000 barils représentant 70 % de la réserve
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stratégique avaient disparu, comme on vous disait, évalués entre 18 et 30 millions de
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dollars. Les producteurs, mĂȘme ceux non directement impliquĂ©s, durent faire face Ă un dĂ©sĂ©quilibre
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temporaire de l'offre, ce qui provoqua des fluctuations des prix, des inquiétudes
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aussi sur la stabilité du marché. Et cette crise révélera également que la fédération,
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malgré son contrÎle quasi-total, avait sous-estimé les vulnérabilités logistiques
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et humaines dans ses entrepÎts, ce qui l'obligea à repenser la sécurité et
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la gestion des stocks sur le long terme. De plus, parmi les barils retrouvés, il a fallu en jeter
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plusieurs, car au cours du processus, la bande avait choisi de remplacer les barils blancs par
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d'anciens barils de produits chimiques, mon Dieu! Oh boy! Tu ne veux pas avoir consommé du sirop qui
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Ă©tait lĂ -dedans, ce qui rendait le sirop retrouvĂ© impropre Ă la consommation. Ăa par
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exemple, on dirait que ça me dérange plus que le vol en anglais. Tu peux créer un produit
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aprÚs ça qui pourrait rendre les gens malades. C'est pas mieux. Sur le plan social, l'affaire
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provoquant une onde de choc à travers le Québec. Les médias couvrirent largement l'événement
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fasciné par l'ampleur du crime, mais aussi l'ingéniosité des voleurs. Les discussions
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publiques mĂȘlaient Ă©tonnement et indignation, certains dĂ©nonçant l'inficacitĂ© du monopole
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de la fédération, d'autres s'inquiétant de la banalisation des crimes contre l'industrie
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agricole. L'affaire suscita aussi des débats sur la responsabilité collective et individuelle,
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mais aussi sur la vulnĂ©rabilitĂ© d'un produit symbolique de la culture quĂ©bĂ©coise face Ă
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une criminalité organisée. Les émissions de radio ou de télé rivalisaient de commentaires
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ironiques mettant en scĂšne des journalistes, des animateurs rilleurs qui imaginaient des
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scénarios rocambolesques allant de la création d'une mafia du sirop à des comparaisons
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avec des films de gangsters. MĂȘme certains Ă©ditoriaux de quotidiens populaires prenaient
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un ton léger, soulignant l'extravagance d'un crime qui, malgré sa valeur économique
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et colossale, apparaissait presque surréaliste dans son audace et sa précision. L'humour
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n'a pas été réservé aux médias traditionnels. Sur les réseaux sociaux, des memes et
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des blagues ont circulé comparant les voleurs à des personnages de films comme
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Ocean Eleven, oui, un trÚs beau film de vole, c'est vrai, mais avec des barris de sirop d'érable à la place des lingots d'or.
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Cette couverture médiatique massive et souvent moqueuse eut un double effet Emile. D'un cÎté,
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elle popularisa l'affaire, évidemment, et attira l'attention du grand public, rendant
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le vole de sirop d'érable un phénomÚne culturel discuté dans tout le Québec. Mais
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de l'autre, elle complexifia la perception du crime. Les acteurs principaux, bien que
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responsables des pertes financiÚres énormes, étaient parfois perçus par une partie du
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public comme des gĂ©nies du vole, plutĂŽt comme de simples criminels donnant lieu Ă
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un mélange de fascination et de rire. Cette médiatisation humoristique, en dépit
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de son ton lĂ©ger, n'empĂȘche Ă pas la fĂ©dĂ©ration et les autoritĂ©s judiciaires
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de prendre l'affaire trÚs au sérieux. Elle illustre, toutefois, combien un crime,
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lorsqu'il touche un symbole culturel et national, peut devenir une source de
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collective, oscillant entre indignation, fascination et amusement, et s'inscrire
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durablement dans l'imaginaire populaire québécois.
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Oui, toute une histoire. Ăa conclut un peu la chronologie des Ă©vĂ©nements, Seb.
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Oui, j'en reviens pas de tout ce qu'ils ont fait. J'en reviens pas non plus
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qu'il n'ait pas retracĂ©, que l'enquĂȘte n'ait pas poussĂ© plus loin le traçage de ces
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paris-lĂ . C'est sĂ»r qu'il doit y avoir des preuves de oĂč est-ce que ça s'est
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retrouvé. J'ai surpris qu'ils n'aient pas réussi à s'outirer ça des
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aveux des accusés. Oui, surtout d'Etienne, celui qui exportait, en fait,
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parce que c'est sûr que vu qu'il blanchissait ça de façon légale,
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ça peut-ĂȘtre pas ĂȘtre exposĂ©, mais il y a des traces de comptabilitĂ©,
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tout ce qu'il vendait aux autres pays. Quand t'exportes, t'as
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l'impression que justement, une grosse majorité du sirop volé a été
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consommé ou transformé. C'est impossible à retrouver dans le fond.
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Je pense que c'est un peu pour ça. C'est qu'ils ont volé l'équivalent.
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C'est vrai que c'est beaucoup. C'est ça, je pense, de 70-80% de toute la
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rĂ©serve fĂ©dĂ©rale. Ăa en fait des tartes au sucre. C'est vrai, c'est en fait des tartes au sucre.
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Sûrement qu'ils peuvent gérer une année entiÚre de production avec
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juste ce qui a été volé. C'est crazy que ça ne soit pas retrouvé.
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Je pense Ă ValiĂšre qui doit payer 10 millions. Il n'a pas envie de
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leur dire « ils sont oĂč les barils ? » C'est vrai, j'avoue. Pour faciliter son paiement,
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ils ont enterré comme El Chapo enterre ses barils d'argent.
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C'est une bonne question. Ătant donnĂ© que c'est de la bouffe,
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au final, c'est dur. Ce n'est pas comme un produit ou de l'art oĂč une fois qu'on le
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mange, il n'y a plus rien. Versus ça, c'est quand mĂȘme un gros mystĂšre. Au moins,
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la justice a fait ce qu'elle avait à faire. Je suis content que les peines soient sévÚres.
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Il y a des pĂ©dophiles qui ont moins que ça, c'est vrai, mais en mĂȘme temps, il ne faut pas
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diminuer ces crimes-lĂ . Je suis content qu'il y ait des bonnes peines pour dire que, des fois,
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je trouve que la justice est un peu faiblote, mais dans ce cas-ci, ils ont été sévÚres.
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Oui, mais ça renforcit un peu l'identité québécoise. C'est important le sirop d'érable.
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Il ne faut pas niaiser avec ça. Ces gens-lĂ devraient ĂȘtre interdits de manger du
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sirop d'érable pour le reste de leur vie. Un peu comme les hackers, ils n'ont plus le droit
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d'aller sur Internet, ils n'ont plus le droit d'ordinateur ou mĂȘme chose pour certains addicts
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ou criminels. Ăa devrait ĂȘtre ça leur peine, ne plus jamais pouvoir profiter ou enjoy le bon
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goût du sirop d'érable. C'est vrai, j'aime ça comme peine. On proposera ça à la couronne.
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Dites-nous ce que vous en pensez dans les commentaires sur mon option de peine capitale
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pour ces gens-là . C'était tout qu'une histoire, Seb, merci encore. Dites-nous ce que vous en
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pensez, l'Ă©dit s'est ordu sur les rĂ©seaux sociaux. Vous savez oĂč nous trouver. On est
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sur Patreon, on est sur YouTube, sur Facebook, TikTok, Instagram, un petit peu partout. Sur
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Spotify, Apple Podcasts, on est partout. En after-show, je vous parle d'une autre histoire
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savoureuse, les grands vols d'Ćuvres d'art des Taco Bell. Est-ce que c'est un complot? Il y a
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encore plein de mystĂšres autour de ça. Qu'est-ce qui s'est passĂ© avec ces Ćuvres d'art disparues
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au fil des derniÚres années, revendues à haut prix sur eBay? Est-ce qu'il y a vraiment
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un complot pour voler les Ćuvres d'art chez Taco Bell? C'est ce qu'on va dĂ©couvrir en
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after-show sur Patreon pour nos abonnés. Oui, monsieur! Et afin de terminer ça en beauté,
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c'est le moment des shout-out de nos chers membres Patreon. Oui, je commence avec la chair ou le
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chair pastel, maude C, Marie-Philippe B, Myrto D et monsieur Lee. Aussi une bonne
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poignĂ©e de main Ă Jean-Daniel S, Ă Marie-France, Ă Claudia L, Ă Ămilie et Ă E-Brass. Et je
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termine avec beaucoup d'amour Ă Joe et Annie, Ă Charlotte RL, Ă Milady C, Ă Cindy R,
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et Ă Roxane. Dis-moi, Ămil, est-ce que tu as un mot de la fin pour nous? Si vous
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doutez que des Québécois sont à l'origine d'un vol, suivez l'odeur de sirop.