đŸŽ™ïž#147 - 764 : cultes et rĂ©seau tentaculaire sur Discord

Épisode

đŸŽ™ïž#147 - 764 : cultes et rĂ©seau tentaculaire sur Discord

Saison
11
Épisode
147
Durée
1 h 19 min
Format
Audio

Audio

Écouter l’épisode

Discord 764 : un serveur banal qui s’est muĂ© en piĂšge Ă  ciel ouvert pour des ados en quĂȘte d’appartenance. DerriĂšre les pseudos, un rĂ©seau ramifiĂ© exige des « fansigns » et transforme la honte en monnaie d’échange.

NĂ© Ă  Stephenville, Texas, autour d’un simple code postal, le groupe installe ses rĂšgles : rites d’entrĂ©e, archives internes qu’on appelle « lorebooks », salons qui disparaissent puis rĂ©apparaissent ailleurs. Les recruteurs circulent de Discord Ă  d’autres applis et jusque dans des jeux en ligne, pendant que les familles essaient de comprendre ce qui se trame derriĂšre l’écran.

On suit des trajectoires heurtĂ©es, des messages qui s’empilent, des vies qui se referment. À mesure que les tĂȘtes tombent, d’autres surgissent : l’hydre continue de pousser ses tentacules numĂ©riques, longtemps aprĂšs la fermeture d’un serveur. Comment un chiffre anodin a‑t‑il pu fĂ©dĂ©rer une mĂ©canique d’emprise aussi efficace ? Suivez-nous dans cette histoire qui ne donne pas foi en l’humanitĂ©!

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent ĂȘtre inexacts.

[00:01]

Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter DISTORTION, un podcast sur...

[00:07]

If you haven't heard of 7-6-4 yet, humanity at its worst, that's what it is.

[00:12]

Friending them on social media and popular gaming platforms to then groom them into collecting and sharing child pornography,

[00:20]

even demanding they produce their own often violent and sexual content or face threats and extortion.

[00:27]

Des histoires étranges de l'Úre numérique.

[01:00]

En 2021, un adolescent du Texas crée un serveur Discord banal, nommé d'aprÚs le code postal de sa ville 7-6-4.

[01:11]

Trois ans plus tard, ce chiffre anodin est devenu le symbole d'un réseau obscur qui piÚge et détruit des vies.

[01:18]

DerriĂšre les pseudo-anonymes, une mĂ©canique d'emprise psychologique s'Ă©tend Ă  travers les États-Unis et l'Europe.

[01:26]

Rapidement, ce serveur devient le repĂšre de psychopathes avides de chantage et de sextorsion.

[01:32]

Suivez-nous dans cette histoire de serveurs éphémÚres, d'arrestations spectaculaires et d'un réseau tentaculaire numérique impossible à contrÎler.

[01:44]

Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?

[01:46]

Ça va bien, et toi, M. Gauthier?

[01:47]

Ça va trùs bien, on a fait des rimes en air dans la fin de notre intro.

[01:51]

C'était cute.

[01:52]

Oui, on s'attaque Ă  un sujet, Ă©coute, on est en pleine saison 11 et lĂ , on s'attaque Ă  un sujet quand mĂȘme obscur,

[01:59]

celui de la, je ne sais pas comment dire, du serveur Discord 764 qui a terrorisé l'Amérique.

[02:06]

Je n'en ai pas souvent entendu parler dans la presse ou dans les médias francophones, du moins.

[02:10]

Non, ça c'est à ta raison.

[02:11]

Donc ça risque d'ĂȘtre intĂ©ressant, je n'en ai pas entendu parler beaucoup tout court, je te dirais.

[02:14]

Donc Seb, c'est un peu toi qui va nous instruire ce soir lĂ -dessus.

[02:19]

Trigger Warning, on va quand mĂȘme parler de sextorsion et de chantage Ă©motif auprĂšs de jeunes.

[02:26]

Mais inquiétez-vous pas, vous nous connaissez, je ne pense pas qu'on va rentrer énormément dans les détails de ces crimes sordides-là.

[02:33]

Mais ce qui est fou aussi avec cette histoire-là, c'est qu'il y a eu des centaines d'arrestations ou des chefs d'accusation en lien avec ça.

[02:41]

Oui, il y en a eu, comme tu dis, des centaines, il y a eu plusieurs arrestations de chefs qui dirigeaient ça

[02:48]

parce que vous voyez ça un peu comme une sorte de culte aussi.

[02:51]

Mais malgré les grosses arrestations de dirigeants, c'est un peu comme le phénomÚne d'un vendeur de drogue.

[02:59]

DĂšs que tu en arrĂȘtes un, il y en a trois autres, deux autres qui poussent et ça n'arrĂȘte pas.

[03:03]

C'est un peu ce qui est vraiment inquiétant, cette multiplication-là.

[03:07]

Tu coupes le serpent et il y a deux tĂȘtes qui repoussent, c'est vraiment ça qui est troublant.

[03:13]

Et tu as raison, ça n'a pas été beaucoup discuté dans les médias.

[03:16]

Puis à un moment donné, vous allez voir, on va vous en parler, il y a un consortium de médias à travers le monde

[03:19]

qui ont lancé des articles pour aviser les parents.

[03:23]

Mais imaginez, actuellement, il y a tellement d'enquĂȘtes au niveau du FBI,

[03:27]

comment qu'un seul parent lui-mĂȘme peut arriver Ă  gĂ©rer ça si mĂȘme le FBI arrive mĂȘme pas Ă  contrĂŽler

[03:34]

un ensemble de cas à répartir à travers le monde.

[03:40]

C'est assez incroyable, il va falloir.

[03:41]

Puis on va vous parler aussi d'une certaine responsabilité de discode aussi là-dedans.

[03:45]

Bien sûr, bien oui.

[03:46]

On est Ă  une Ă©poque oĂč les chambres Ă  Ă©chos sont plus prĂ©sentes que jamais.

[03:50]

On le voit dans tous les domaines, c'est difficile de se retrouver dans un média social

[03:55]

ou sur une plateforme de communication.

[03:58]

Moi, Stancy, on dirait que je grince des dents Ă  chaque fois que je me retrouve tellement...

[04:02]

Je trouve que c'est toxique dans toutes les communautés, autant du cÎté de la gauche que de la droite,

[04:07]

que du centre.

[04:09]

Vraiment, je ne sais pas ce qui va arriver avec tout ça,

[04:11]

mais les chambres Ă  Ă©chos dans lesquelles on se retrouve, Stancy, peuvent ĂȘtre assez troublantes.

[04:18]

Puis on voit qu'il y en a d'autres qui naissent en plus.

[04:21]

Et de ces serveurs discodes-là, on se rend compte aussi qu'il y en a dans chaque état,

[04:26]

ou presque aux États-Unis, et il doit en avoir au Canada aussi.

[04:29]

Oui, il y en a au Canada, il y en a en Europe, il y en a vraiment un peu partout.

[04:32]

Oui, il y a eu des arrestations au Canada.

[04:34]

Le phénomÚne a l'air d'avoir une moins grande ampleur, mais il y en a aussi.

[04:39]

Vous allez voir, c'est un rĂ©seau tentaculaire quand mĂȘme assez impressionnant,

[04:43]

et on va vous démystifier tout ça aujourd'hui.

[04:46]

Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui, Seb, pour passer au travers de toute cette histoire?

[04:50]

Oui, on boit une bonne biÚre de Québec, de la souche, qu'on aime bien et qu'on connaßt bien,

[04:56]

et c'est la canardiĂšre.

[04:58]

Et les gens qui ont grandi à Québec, plus précisément à Nßmes-Ouallou, connaissent bien la rue la canardiÚre.

[05:03]

Et je vous lis la description, c'est une West Coast à épier de 7%,

[05:07]

et ça m'a bien fait rire, la canardiÚre fait rayonner les qualités de l'épier original.

[05:12]

Le malte persistant au milieu d'une variété de saveurs oublonnées illustre cette artÚre routiÚre

[05:18]

qui traverse la diversité définissant Nßmes-Ouallou.

[05:21]

Comme elle, il organise la cohésion et la variété de saveurs et permet d'équilibrer leur diffusion.

[05:27]

Je trouvais ça cute quand mĂȘme, comme description, et elle est excellente.

[05:31]

On adore les West Coast à épier, donc merci à la souche.

[05:34]

Yes, chardeur Ă  NĂźmes-Ouallou.

[05:35]

Oh oui, et merci à Katarina Richard qui nous a fait une tournée de biÚre sur notre site web,

[05:42]

DistorsionPodcast.com, vous pouvez faire comme elle pour nous aider Ă  remplir le fridge.

[05:47]

Exact, on a aussi un shout-out à donner à PNAF 93.09 pour une review 5 étoiles sur Apple Podcast.

[05:56]

Et il ou elle nous dit « il y a maintenant plusieurs mois que je suis en rattrapage

[06:00]

des épisodes de Distorsion et me voilà rendu en 2020, j'approche le direct,

[06:04]

j'essaie de ralentir un peu pour m'en garder le plus longtemps possible, belle job les gars! »

[06:10]

Merci.

[06:10]

Ben oui, à quelque part, t'es chanceux ou chanceuse de me découvrir sur le tard,

[06:14]

il y a tellement d'épisodes à écouter. Et puis si jamais tu as envie de pousser plus loin,

[06:18]

sur Patreon, encore plus d'épisodes bonus vous attendent.

[06:22]

D'ailleurs, de quoi on va parler en After Show, Seb, pour nos abonnés ce soir?

[06:26]

Oui, puis on n'en restera pas lĂ , on va parler de Terror Graham,

[06:30]

qui est un incubateur de terroristes bien réels qui s'est entre autres déroulé sur Telegram.

[06:36]

Oui, c'est ça, je me disais, ça doit avoir un lien avec Telegram tout ça.

[06:39]

Et vous allez voir ça aussi, ça m'a jeté à terre comment des réseaux tentaculaires sur le

[06:45]

web avec des idéologies nazistes peuvent survivre et encore aujourd'hui se multiplier

[06:52]

malgré des arrestations, malgré tout ça. Vous allez voir, c'est intéressant, mais encore

[06:59]

Oui, donc cette semaine, on s'intéresse au cÎté somme de Discord et au cÎté somme, pardon,

[07:05]

de Telegram aussi, donc un épisode concentré sur les chambres à éco toxiques à quelque part.

[07:11]

Oui, exactement.

[07:12]

Restez avec nous, guys. Seb, est-ce qu'on est prĂȘt Ă  se lancer dans l'Ă©pisode troublant

[07:17]

de Discord 764?

[07:20]

Oui, mais, Emile, cette histoire de serveur Discord 764 m'a rappelé à quel point

[07:26]

l'environnement numérique peut devenir intense. Quand t'es connecté en permanence,

[07:31]

que tout se passe en ligne, eh bien t'as intĂ©rĂȘt Ă  avoir un systĂšme solide.

[07:36]

Exactement, Seb. Que ce soit pour échanger, publier ou juste garder le contrÎle,

[07:41]

t'as besoin d'outils fiables. Sinon, tu finis par subir la techno au lieu de la gérer.

[07:47]

C'est pour ça, Emile, que j'aime Fizz. Mobile, Internet et télé,

[07:52]

tout est 100 % numérique, clair et sans contrat, et tu personnalises ton forfait selon tes besoins,

[07:58]

pas de frais surprises, pas de prises de tĂȘte.

[08:01]

No bullshit. Tu gĂšres tout toi-mĂȘme, quand tu veux, pis t'as mĂȘme pas besoin de parler Ă 

[08:06]

personne. C'est parfait pour ceux qui veulent garder le contrĂŽle sans se faire manipuler.

[08:10]

Et en plus de ça, avec le code PUDS, P-O-D-Z-Z, eh bien tu reçois 25 $ de rabais,

[08:17]

10 GB de données mobiles gratuites et un mois d'Internet gratuit quand tu actives ton premier

[08:23]

forfait. Ça, c'est un deal clair et net, sans bullshit, Seb.

[08:28]

Oh oui, et pour profiter de l'offre et tout savoir sur Fizz, eh bien tu vas sur Fizz.ca

[08:34]

et entre le code PUDS, P-O-D-Z-Z. Fizz, tout ce qu'il faut, sans ce qu'il

[08:40]

faut pas. Et maintenant, Seb, sommes-nous prĂȘts Ă  se lancer dans l'Ă©pisode d'aujourd'hui?

[08:45]

Oui, monsieur!

[08:47]

C'est parti!

[08:51]

Nous sommes le 10 décembre 2024 à International Falls, qui est une petite ville du comté de

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Kouchiching, dans le nord du Minnesota. Une petite ville du comté de Kouchiching,

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dans le nord du Minnesota. Avec ses 5800 habitants, cette localité est surnommée

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depuis longtemps The Icebox of the Nation, donc la Glaciaire de la Nation. Il doit faire froid

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là parce que justement, c'est l'un des endroits les plus froids des États-Unis. En hiver,

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les températures plongent sous les 30 degrés. Au Québec, c'est rien de trÚs

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surprenant. Et les habitants vivent dans une atmosphĂšre oĂč la neige et la glace sont

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omniprésentes. Dans une maison modeste, les lumiÚres sont éteintes et le silence est

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presque insupportable. Dans la cuisine, sur la porte du réfrigérateur, une photo aimantée

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attire l'Ɠil. Celle d'un adolescent de 17 ans, cheveux bruns en bataille, regards timides.

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Samuel Hervé. Quelques jours plus tÎt, Samuel s'est enlevé la vie. Ce drame,

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17 ans seulement, oui c'est tellement triste. Ce drame et mine aurait pu ĂȘtre

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considéré comme une tragédie personnelle de plus dans une petite communauté marquée

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l'isolement. Mais trĂšs vite, les enquĂȘteurs dĂ©couvrent que Samuel n'Ă©tait pas seul. DerriĂšre

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son écran, connecté à Discord, il faisait face à des voix anonymes, des pseudonymes qui

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l'ont poussé, harcelé et finalement encouragé jusqu'au point de non-retour.

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Ses voix appartiennent à un réseau obscur, organisé, qui se dissimule derriÚre un nom

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énigmatique 764 764. On retourne en arriÚre, Emile, en janvier 2021. Dans la petite ville de

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Stephenville au Texas, connue pour ses rodées aussi ranch et sa vie universitaire, eh bien

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Stephenville est aussi le chef-lieu du comté de Herat. C'est ici que vit un adolescent de 17

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ans, Bradley Caddenhead. Dans sa chambre, il passe ses journées devant l'ordinateur,

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peu populaire, attirĂ© par des ondres d'internet et le rĂȘve de reconnaissance et d'un sentiment

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d'appartenance. Caddenhead décide de créer un serveur Discord, son nom 764, qui est une

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rĂ©fĂ©rence au code postal de Stephenville qui est le 76401. Un simple clin d'Ɠil gĂ©ographique,

[11:16]

mais qui deviendra bientÎt le symbole d'un des réseaux en ligne les plus inquiétants de

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décennie. Rapidement, Caddenhead modÚle son serveur sur des influences croisées ailleurs.

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Le groupe CVLT, qu'on peut dire aussi culte. Une mouvance en ligne obscure mĂȘlant imagerie

[11:34]

sataniste, fascination pour la violence, mais surtout aussi l'Ordre des neuf angles,

[11:40]

aussi qui sont connus sous le sigle 09A ou 0NA. Je connais pas ça, moi, l'Ordre des

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neuf angles. J'y connaissais pas avant de faire la recherche, honnĂȘtement. Je vous en

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parle un petit peu plus, je vais vous parler de culte CVLT, qui est une organisation en

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ligne fondĂ©e en 2019 par l'Ă©tudiant indien Rowan Rain. À l'origine, c'Ă©tait un simple

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serveur Discord qui réunissait quelques centaines de membres liés à des idéologies

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radicales. Le groupe a rapidement dérivé vers l'exploitation de mineurs, manipulant

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des adolescentes pour obtenir des images compromettantes, ensuite utilisées pour

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les pousser Ă  l'autodestruction. Plusieurs de ses leaders, dont Rain et Caleb Merritt,

[12:24]

ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s entre 2021 et 2025, aprĂšs que les autoritĂ©s eurent identifiĂ© au moins

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16 victimes dans le monde. Liés au réseau cybercriminel The Comm, non plus que je

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connaissais pas, COM, mais le culte est aujourd'hui considéré comme le précurseur

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de 764, qui s'en est directement inspiré. Et aussi, si on parle de l'Ordre des Neuf Angles,

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de son cÎté, c'est une secte sataniste née au Royaume-Uni dans les années 70. Ok,

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c'est fou, hein ! Au fil des décennies, elle a dérivé vers une idéologie néonazie

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et terroriste, prÎnant ce qu'on appelle l'accélérationnisme, l'idée qu'il faut

[13:05]

précipiter l'effondrement de la société par la violence, le meurtre et la destruction

[13:10]

morale et ses références, souvent mal comprises par les jeunes qui rejoignent 764, nourrissent

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pourtant la structure idéologique du groupe. Oui, c'est pas évident parce que le satanisme qui

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est présent un petit peu partout dans le monde, on dirait qu'il peut prendre deux volets,

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tu sais, un cÎté sataniste du genre, nous on refuse les idéologies religieuses, point,

[13:33]

tu sais, on n'est pas en train de boire du sang de jeunes vierges pour vivre éternellement,

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mais c'est juste un rejet, il y a des satanistes, on le sait souvent, ils font mĂȘme des stunts un

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peu publicitaires, un peu rigolos, l'église de Satan, je ne suis pas un pro du satanisme,

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corrigez-nous, je suis sûr que certains d'entre vous, les dits tordus, vous vous y connaissez,

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mais il y a ce satanisme-lĂ  qui est un peu une opposition aux autres religions sans ĂȘtre

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forcĂ©ment un groupe mal intentionnĂ©, mais il y a l'autre forme de satanisme oĂč, un peu comme

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tu parles, on incorpore des idéologies nazies, puis un discours de haine et autres, donc ici,

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on se trouve un peu plus de ce cÎté-là, on se trouve un peu plus du cÎté du satanisme mauvais.

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C'est jamais bon, mais en tout cas, c'est extrĂȘme. À la limite, c'est instrumentalisĂ©

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pour arriver Ă  faire des drames encore pires. Oui, oui, je suis plus un fan de la premiĂšre

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approche. Oui, c'est ça. Mais non, c'est assez incroyable et honnĂȘtement, je ne pensais pas,

[14:38]

en faisant la recherche et tout ça, je ne pensais pas qu'il y avait encore autant de cultes,

[14:41]

mais de cette idéologie-là qui survivait en ligne. Exact. Mais pour Bradley, le but est

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clair. Créer une communauté qui combine fascination pour le chaos, rituel de loyauté et

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domination psychologique. On va vous en reparler plus en détails tantÎt. Absolument. Je reviens

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un peu en arriÚre. Seb, pour comprendre pourquoi le Discord 764 a pu prospérer, il faut se

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tourner vers la plateforme qui l'a vu naĂŻve, c'est-Ă -dire Discord elle-mĂȘme. Je vais vous

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en parler un petit peu plus sur l'origine et la mentalité derriÚre cette plateforme-là.

[15:15]

On en a un, Channel Discord, nous aussi, si vous ĂȘtes membre Patreon. Il n'y a pas,

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à ce que je sache, trop de satanistes dessus. Non, ça se passe bien. Discord a été fondé

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en 2015 à San Francisco par deux développeurs, Jason Cytron et Stan Wichniewski. Leur idée est

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simple, offrir un outil gratuit et fluide pour les joueurs de jeux vidéo en ligne. Une alternative

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à Skype ou encore Teamspeak qui étaient à l'époque les plus utilisés, mais qui étaient

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en mĂȘme temps pas trĂšs adaptĂ©s pour le gaming. DĂšs 2017, la plateforme revendique dĂ©jĂ 

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45 millions d'utilisateurs. C'est vrai que c'est bien fait, Discord. Il y a beaucoup de

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ludifications, de gamification des mécaniques là-dedans. Puis, la pandémie de 2020 a tout

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changé. Alors que le monde entier se confine, Discord devient le lieu de socialisation de

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millions de jeunes. En un an, le nombre de comptes explose pour atteindre 300 millions.

[16:13]

En 2021, la société lÚve plus de 500 millions de dollars et se hisse parmi les réseaux sociaux

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les plus utilisés par les adolescents rivalisant avec Snapchat ou Instagram.

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La force de Discord, c'est sa souplesse. Chacun peut créer un serveur gratuitement,

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inviter qui il veut, organiser des salons vocaux et textuels, partager des photos et

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vidéos. Mais cette liberté est aussi sa faiblesse, car dans le foissonnement de

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certaines communautés, certaines échappent totalement à la surveillance. C'est dans ce contexte que

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Bradley Caddenhead installe son serveur 764 et pour des adolescents vulnérables souvent isolés,

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ce groupe devient un aimant. L'impression de faire partie d'une communauté secrÚte,

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puissante oĂč l'on compte enfin pour quelque chose, mais derriĂšre cette façade, un piĂšge

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Dans le serveur 764, tout commence doucement. Les nouveaux venus sont accueillis par des

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discussions banales, de la musique, des jeux, des memes, mais trĂšs vite, le ton change.

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On demande une preuve de loyauté. Il faut écrire 764 sur une feuille de papier ou

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directement sur son bras et envoyer une photo pour prouver notre appartenance.

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Ces images sont appelées des fan-signes et à premiÚre vue, c'est innocent, presque ludique,

[17:37]

mais c'est le premier pas vers une genre de mécanique d'emprise. C'est vrai que ça fait

[17:42]

sectaire, on se rappelle au nexium qui se faisait marquer aux verres rouges. Ensuite,

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les demandes se multiplient. On encourage l'isolement. Ne dis rien Ă  tes parents, ce qu'on

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des gages plus compromettants. Ces contenus sont stockés dans des archives internes surnommées

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les « lore books ». Véritables dossiers numériques, ils servent à la fois de trophées

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pour le groupe et d'outils de chantage. Si tu parles, on diffuse tout, que le groupe

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menace constamment. Les témoignages d'anciens membres décrivent une progression bien huilée.

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D'abord, des épreuves anodines, par exemple, changer sa photo de profil pour un symbole du

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groupe, publier un message absurde sur un autre réseau social, enregistrer un court

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message vocal en récitant une phrase imposée, des petites choses comme ça un peu rigolotes.

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Ensuite, les défis s'assombrissent. Par exemple, manquer volontairement une journée

[18:44]

d'Ă©cole ou encore voler un petit objet et le montrer en vidĂ©o. Ça peut aller

[18:50]

mĂȘme jusqu'Ă  harceler une personne ciblĂ©e Ă  la demande du groupe. Puis vient l'Ă©tape

[18:56]

celle des défis d'humiliation et de douleur. Certains joueurs racontent avoir été poussés

[19:03]

Ă  se couper superficiellement, c'est-Ă -dire s'automutiler, mĂȘme Ă  Ă©crire 764 sur leur

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peau mais avec une lame ou à réaliser des gestes dégradants filmés par leur propre

[19:16]

caméra. Dans certains cas, la pression allait jusqu'à demander l'envoi de

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menaces de diffusion si la personne refuse. Ça va assez loin pour rĂ©ussir Ă  attraper et Ă 

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fidéliser les membres. On veut faire des choses humiliantes pour avoir un peu de matériel

[19:40]

derriĂšre au cas oĂč quelque chose arrive. Exact, il faut se rappeler que ce sont des

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jeunes ados en deux ans, en 10 et 16 ans. Oui, c'est une strata d'ados quand mĂȘme assez

[19:50]

isolés, pas beaucoup de vie sociale, tout ça. Exact. Et que les parents ignorent à peu prÚs

[19:55]

quoi c'est Discord et qu'un monitor encore moins cette plateforme-lĂ , peut-ĂȘtre d'autres qui

[20:00]

sont plus connus. Exactement. Chaque défi était consigné et archivé, ça fait du blackmail

[20:07]

material. Ces lorebooks devenaient des dossiers de contrĂŽle, ainsi une bibliothĂšque de preuves

[20:14]

compromettantes qu'on pouvait brandir à tout moment pour maintenir l'obéissance. Et plus

[20:20]

un adolescent s'aidait, plus il s'enfonçait. Le piÚge psychologique fonctionnait à merveille,

[20:26]

c'est impossible de revenir en arriÚre sans risquer la honte ou le dévoilement de ce contenu-là.

[20:33]

Prise au piĂšge, de nombreux jeunes n'osent plus quitter le serveur. Au contraire,

[20:38]

certains deviennent eux-mĂȘmes des bourreaux. On leur ordonne de recruter d'autres adolescents,

[20:43]

de leur imposer les mĂȘmes Ă©preuves. 764 devient une pyramide de manipulation psychologique oĂč

[20:51]

victimes et agresseurs se confondent et oĂč le seul moyen de survivre est souvent de reproduire

[20:57]

la cruautĂ© qu'on a soi-mĂȘme subie. C'est un peu un incubateur Ă  agresseurs, finalement.

[21:02]

Oui, tu as raison. On apprends agressions 101 puis harcĂšlement 101. C'est vrai. On

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commence par te mettre au fond du baril, limite, t'humilier, te victimiser. Par la suite,

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eh bien, souvent c'est ça qui arrive, les victimes deviennent eux-mĂȘmes des agresseurs.

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Donc, je vois déjà un peu le schéma de fonctionnement de tout ça. Je trouve ça pas

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mal toxique, mettons. C'est dégueulasse, les gens qui ont fait ça. Emile, on retourne

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en arriĂšre le 12 novembre 2021, oĂč on a eu les premiers signes d'alerte aux autoritĂ©s. On

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se dĂ©place Ă  Queens, Ă  New York. La police arrĂȘte un jeune homme de 23 ans, Angel Almeida.

[21:44]

Officiellement, il est inculpé pour possession illégale d'une arme à feu, mais lors de la

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perquisition, eh bien, les enquĂȘteurs dĂ©couvrent des symboles Ă©sotĂ©riques et des Ă©changes en

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ligne liĂ©s Ă  l'ordre des neuf angles. À ce moment-lĂ , le nom 764, eh bien,

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il n'apparaĂźt pas encore, mais Almeida devient un premier indice. Il illustre la

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façon dont ces communautés en ligne, oscillant entre satanisme, extrémisme et fascination

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pour le chaos, attirent des jeunes adultes instables. Pour les autorités, c'est le

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signe qu'une mouvance existe, mĂȘme si personne n'a encore compris son ampleur.

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Et pendant ce temps au Texas, eh bien, l'étau se resserre sur Bradley Cadenhead,

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le fondateur. DĂšs la fin de 2021 puis tout au long de 2022, les premiers signaux

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s'accumulent. Des familles alertent les autorités aprÚs avoir découvert que leur

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enfant fréquentait un serveur inquiétant ou des pseudonymes anonymes les poussaient à

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s'isoler de leurs proches et à s'humilier pour prouver leur loyauté. Des signalements

[22:47]

remontent aussi via Discord qui identifient certains comportements suspects et les

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transmet aux enquĂȘteurs. C'est ça, ils ont commencĂ© eux aussi Ă  faire leur travail.

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À Stephenville, petite ville universitaire du comtĂ© d'HĂ©rat, le nom de Cadenhead n'est

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pas encore connu du grand public, mais en coulisses, il devient une personne d'intĂ©rĂȘt.

[23:07]

Les enquĂȘteurs commencent Ă  suivre ses allĂ©es y venues numĂ©riques. NĂ© en 2004,

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il n'a que 17 ans lorsqu'il fonde 764 en hommage aux cotes postales de sa ville.

[23:20]

76401. Il y a certaines sources qui disent 15 ans, donc je vous le dis,

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c'est 15 et 17. Pour ses proches, Bradley reste un adolescent discret absorbé par ses

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Ă©crans qui s'isole de plus en plus. Mais pour les enquĂȘteurs, il prend l'allure d'un chef de

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culte numérique. Et en mars 2023, c'est là que l'affaire éclate publiquement. Cadenhead

[23:41]

est arrĂȘtĂ© par le shĂ©rif du comtĂ© d'HĂ©rat et inculpĂ© pour possession et diffusion de

[23:46]

matériel pédopornographique. Et vous irez le googler, vous allez pouvoir vous faire une

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idée. C'est un ados, vous allez voir. On ne peut pas penser ça qu'il a fait tellement

[23:56]

de choses horribles. On ne les décrive pas tant que ça, mais vous pouvez figurer. Vous allez le voir,

[24:01]

il a l'air d'un enfant innocent. Ils doivent ĂȘtre souvent surpris, les enquĂȘteurs,

[24:08]

surtout dans des domaines numériques comme ça. Tomber sur un hacker comme Mafia Boy qui

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finalement, je ne sais plus avec quel Ăąge, 15 ans, 15 ou 16 ans, un truc de mĂȘme, super jeune.

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Tu t'attends à un genre de gang lord derriÚre une armée d'ordinateurs et tout ça. Tu arrives

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dans un sous-sol Ă  la valpe. C'est ça chez ses parents. Et lĂ , mĂȘme chose ici. Tu vois un truc,

[24:31]

tu es lĂ , mon Dieu, ça doit ĂȘtre vraiment une gang de mĂ©chants croceurs, de trafiquants humains

[24:38]

qui gÚrent cette chose-là. Mais finalement, c'est ça encore une fois, c'est des ados.

[24:42]

Oui, exact. Et les preuves sont accablantes. Ce qui a été saisi chez lui, ordinateur,

[24:48]

téléphone, disque dur, révÚle des échanges directs avec des victimes, des archives de

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Hansen, beaucoup de lorebooks aussi, et des traces de son rĂŽle de meneur. Son procĂšs se

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tient au tribunal du comté. Face à l'ampleur des charges, eh bien, Cadenhead plaide coupable.

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Le juge, frappé par la gravité des faits et par la jeunesse de l'accusé, ne fait

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preuve d'aucune indulgence. Il le condamne Ă  80 ans de prison. Eh boy! Il ne sortira

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jamais Ă  l'Ăąge qu'il y a. Oh lĂ  lĂ ! C'est fou! Pour le grand public, cette

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condamnation sonne comme la fin de 764. Son fondateur est derriĂšre les barreaux. Ses

[25:25]

serveurs sont identifiés. Sa réputation est détruite. Mais la réalité, elle est

[25:30]

tout autre. Car au moment mĂȘme oĂč le juge prononce la peine, 764 n'est plus seulement

[25:36]

l'Ɠuvre d'un adolescent txant. En trois ans Ă  peine, le rĂ©seau est devenu un

[25:41]

monstre tentaculaire. Pour chaque serveur fermé, deux renaissent ailleurs. Pour

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chaque leader arrĂȘtĂ©, de nouveaux pseudonymes surgissent dans les interstices d'Internet.

[25:51]

L'idéologie s'est détachée de son créateur pour vivre de sa propre vie.

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Exact. Comme une sorte de virus. Le nom de Bradley Cadenhead disparaĂźt des

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conversations, mais 764 continue de grandir, porté de par de nouvelles figures encore

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plus ambitieuses et encore plus cruelles que lui.

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Il va y avoir, Seb, aussi des révélations qui vont survenir en 2024. Nous sommes

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en mars 2024. Alors que la plupart du monde n'a jamais entendu parler du Discord 764,

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un consortium de médias internationaux va changer la donne. Le Washington Post,

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Wired, Der Spiegel en Allemagne et The Recorder au Royaume-Uni publient simultanĂ©ment une enquĂȘte

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qui va révéler au grand jour l'existence de l'ampleur du réseau. C'est cool quand

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les mĂ©dias se mettent ensemble comme ça pour sortir la mĂȘme enquĂȘte. GĂ©nĂ©ralement,

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ils sont en compétition, mais je pense que justement pour faire un gros impact des fois,

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surtout dans des contextes comme ça qui touchent l'humanité, qui touchent la jeunesse,

[26:57]

qui sont des crÚmes, des fléaux à quelque part. Pourquoi vous ne vous mettez pas tous

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ensemble pour justement révéler des choses, dévoiler des trucs,

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sortir de votre compétition puis justement essayer de faire changer les choses en publiant

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en bloc des enquĂȘtes comme ça. Je trouvais que c'Ă©tait une bonne idĂ©e dans ce cas-ci.

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Les journalistes ont eu accÚs à plus de 3 millions sables de messages échangés dans

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des serveurs liés à 764 et ce qu'ils découvrent dépasse l'entendement. Un réseau

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transnational actif non seulement sur Discord, mais aussi sur Telegram,

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dans Minecraft et dans Roblox, deux jeux extrĂȘmement populaires chez les jeunes,

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et divers forums clandestins. On aurait sans doute la chance d'en reparler de Roblox et de

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Minecraft parce qu'en ce moment, ils subissent les foudres des parents entre autres pour ce qui

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se passe dans ce jeu-là, sur la monétisation, sur plein de potentiels cyberprédateurs

[28:00]

qui se retrouvent. Sans doute que ça fera l'objet d'un autre épisode. Bref,

[28:04]

leur analyse montre une organisation hiérarchisée avec des leaders identifiés par pseudonyme,

[28:11]

des recruteurs, des archivistes et une multitude de jeunes pris dans l'engrenage.

[28:17]

Les journalistes parlent d'un culte numérique, des rites d'initiation avec les fan-signes entre

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autres et une mécanique d'endoctrinement qui rappelle les sectes classiques mais

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transposés à leur numérique. Les victimes sont souvent ùgées de 12 à 16 ans et sont

[28:32]

contraintes de fournir des preuves de loyauté et sont piégées par le chantage.

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Cette enquĂȘte fait l'effet d'une bombe. Pour la premiĂšre fois, le grand public prend

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conscience qu'un serveur portant le nom anodin 764 n'est pas un simple groupe marginal de

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gamers mais bien une machine mondiale de manipulation et d'abus. Sous pression,

[28:54]

Discord annonce avoir supprimé plus de 34 000 comptes liés au serveur.

[29:00]

Mais pour beaucoup, cette réaction arrive trop tard. Le mal est déjà fait.

[29:07]

Parmi toutes les révélations, ce sont les témoignages des victimes et de leur

[29:10]

famille qui bouleversent le plus. Certaines jeunes filles racontent avoir été approchées

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à travers des jeux en ligne comme Roblox et l'approche était souvent banale. Des

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compliments au début, beaucoup d'humour, des discussions autour de la musique ou du

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gaming. Bref, on les flatte un peu dans le sens du poil, on leur dit qu'elles

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sont spéciales, qu'elles ont le profil pour rejoindre un serveur trÚs exclusif. Une fois

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Ă  l'intĂ©rieur, le ton change et ce qui semblait ĂȘtre une nouvelle bande d'amis se transforme

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vite en un piÚge infernal. Des garçons, eux, disent avoir été attirés par des discussions

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sur le sport, sur les memes ou via des communautés musicales. Ils croyaient trouver

[29:51]

des pairs mais se retrouvaient à exécuter des défis humiliants. Un adolescent a confié

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qu'on lui avait d'abord demandé de poster une photo de lui avec 764 écrits sur sa main,

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puis quelques semaines plus tard de manquer volontairement un cours et d'envoyer une

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preuve. L'escalade se faisait en douceur mais toujours dans le mĂȘme sens vers l'isolement

[30:12]

et la compromission. Beaucoup expliquent qu'ils avaient peur de parler, peur que leurs

[30:17]

parents découvrent ce qu'ils avaient envoyé, peur aussi de voir leur réputation détruite

[30:22]

car les leaders conservaient tout dans les fameux lorebooks. Ces archives, qui sont des

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véritables dossiers de contrÎle, plannaient comme une épée de DamoclÚs au-dessus de chaque

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membre. Si tu parles, tout sera diffusé. C'était un peu le mojo dans la communauté.

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Le silence devenait leur prison. Le cas du suicide de Samuel Hervé qu'on a parlé en

[30:45]

introduction qui est survenu en dĂ©cembre 2024 n'est pas isolĂ©. Les enquĂȘteurs relient

[30:51]

rapidement d'autres tragédies à l'influence de 764. Mais Samuel devient un symbole parce que

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son histoire met en lumiÚre le pire de la mécanique, c'est-à-dire la pression de groupes,

[31:02]

le harcÚlement en direct et l'incapacité de la plateforme à intervenir à temps.

[31:08]

Les messages envoyés dans ces derniers jours montrent qu'il était harcelé constamment

[31:12]

en temps réel, poussé à bout par une meute de pseudonymes anonymes. Dans plusieurs

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familles, le sentiment est le mĂȘme, elles n'ont pas seulement perdu un enfant, elles ont Ă©tĂ©

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trahies par un univers numérique qu'elles ne comprenaient pas et qui s'est avéré bien

[31:27]

plus dangereux qu'elles ne l'auraient imaginé. Comme le résumait un parent lors d'une

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entrevue, on croyait que notre fille parlait à des amis en ligne, mais en réalité,

[31:37]

elle faisait face à une machine de manipulation. On se déplace maintenant en janvier 2023 à

[33:40]

Michigan, aux États-Unis. Dans ce petit village enneigĂ© du comtĂ© de Manistie, oĂč les maisons

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de bois s'alignent le long des rues désertes, plusieurs véhicules noirs du FBI s'immobilisent

[33:51]

Ă  l'aube devant une demeure modeste. À l'intĂ©rieur vit Richard Anthony Rayna Densmore,

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47 ans, vétéran de l'armée, un homme respecté dans son voisinage,

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mais que les enquĂȘteurs soupçonnent d'ĂȘtre une piĂšce importante du rĂ©seau 764.

[34:07]

Oh, donc on aurait maintenant un homme de 47 ans, pas juste des ados.

[34:13]

Exact. La perquisition est méthodique. Les agents fouillent chaque piÚce. Dans une chambre,

[34:19]

l'un d'eux remarquent une grille d'aération légÚrement déplacée. DerriÚre, soigneusement

[34:24]

emballée, deux téléphones. Ces appareils contiennent des milliers de messages et des

[34:29]

fichiers compromettants, certains liés à des victimes mineures. Densmore les avait

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assimilĂ©s lĂ , quelques mois plus tĂŽt. Il s'Ă©tait mĂȘme filmĂ© en train de brĂ»ler du matĂ©riel

[34:39]

électronique dans un baril de métal, écoutait ça, puis disait « bye bye evidence », donc bye

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bye les preuves, écrivait-il, signe d'une tentative d'effacer des preuves. Selon les

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documents d'enquĂȘte, eh bien Densmore utilisait l'alias RABID et opĂ©rait des

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salons-serveurs liés à 764, dont un hub qui se nommait, vous allez voir, Seward, donc

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S3WER, donc Ă©gout, et un autre appelĂ© Coltist, oĂč l'on recrutait et conditionnait des mineurs

[35:11]

par la peur, l'humiliation et le chantage. Pour les enquĂȘteurs, Densmore n'est pas

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un simple consommateur passif, il est un facilitateur. Sous cette alias, il animait

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des salons, recrutait de nouvelles victimes, imposait des rituels de loyauté et archivait

[35:26]

des preuves compromettantes. Dans la mécanique de 764, ce type d'archive, comme on vous l'explique

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depuis tout à l'heure, sert à tenir les victimes par la peur et le chantage. Rapidement inculpé

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par un grand jury fédéral, il plaide coupable en juillet 2024 à un chef d'exploitation

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sexuelle d'enfants. Il y avait beaucoup d'autres, comment dire, accusations, ils sont tombés,

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puis souvent il dit que sous ce chef-là, ça regroupe d'autres. Et le 7 novembre 2024,

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la sentence tombe, 30 ans de prison, peine maximale pour ce type de crime. Le ministĂšre

[36:00]

public souligne alors que 764 n'est pas seulement un réseau d'abus, mais une mouvance extrémiste

[36:06]

qui instrumentalise la manipulation en ligne pour déstabiliser et détruire des vies. Et de plus

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en plus dans les procùs aux États-Unis, il inclut toujours le terme terrorisme. C'est

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du terrorisme intérieur en fait pour eux. Et avec ce que Trump dit récemment, ça va

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considérer comme des terroristes. C'est un peu arrivé avant l'Úre Trump actuelle. J'aurais été

[36:36]

curieux si ça aurait sorti pendant que Trump est au pouvoir. Qu'est-ce qu'il aurait pu faire?

[36:41]

Ce serait son genre de bannir ou de scourge. Des fois il fait des gestes directs sans réflexion.

[36:48]

Ok, là on va vous parler d'un autre cas aussi. Et là on va se déplacer au 16 janvier 2025 à

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Londres. Dans la salle d'audience du Old Bailey, le tribunal criminel central du Royaume-Uni,

[37:01]

un jeune homme de 19 ans écoute son verdict. Cameron Finnegan, originaire de Horsham, vient

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d'ĂȘtre condamnĂ© Ă  6 ans de prison Ă  sortie de 3 annĂ©es de surveillance supplĂ©mentaire.

[37:12]

Lui aussi, je vous invite Ă  le googler, c'est un petit enfant, Cameron Finnegan. Finnegan,

[37:20]

il a fait des choses horribles. Il se faisait appeler Acid en ligne et est décrit par la

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police antiterroriste britannique comme un membre actif d'un réseau sataniste lié à 764.

[37:31]

Un beau combo.

[37:33]

Oui. Les enquĂȘteurs ont dĂ©couvert sur ses appareils un manuel terroriste de 11 pages

[37:38]

expliquant comment organiser une attaque de masse Ă  l'aide d'un camion ou mĂȘme d'armes blanches,

[37:44]

et ainsi que des conversations oĂč il se vantait d'inciter des adolescentes Ă  se mutiler ou voire

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mĂȘme se suicider en direct.

[37:54]

Oh là là, est-ce que c'est arrivé ça ou il y a juste incité, monsieur?

[37:58]

Vous allez voir, j'y arrive tout Ă  l'heure. Mais son arrestation remonte Ă  mars 2024,

[38:04]

aprÚs une alerte sur une possible arme à feu à son domicile. Par contre, aucun fusil n'a été trouvé,

[38:10]

mais ses téléphones et ordinateurs ont révélé des centaines de conversations glaçantes.

[38:15]

Dans l'une d'elles, justement, il poussait une jeune fille italienne Ă  diffuser en direct

[38:20]

sa propre mort. Mais les autorités n'ont jamais pu confirmer c'était qui et qu'est-ce

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qui était advenu d'elle. Ils n'ont jamais réussi à remonter la trace.

[38:29]

Ben oui.

[38:29]

Fait qu'on ne le sait pas si elle s'est réellement tuée ou non.

[38:32]

Ouf, ouais, je sais peut-ĂȘtre qu'on va avoir un update un jour.

[38:34]

Ah oui, mais cela


[38:36]

Parce qu'elle passait toujours par des pseudo.

[38:38]

Exact, exact.

[38:39]

J'imagine qu'il n'arrivait pas Ă  retrouver peut-ĂȘtre son adresse physique.

[38:43]

C'est ça que je me suis questionné comment ils ont fait.

[38:45]

Puis on peut voir une entrevue avec lui sur un des médias qui en parlait.

[38:50]

Puis lui, il dit, ah, sur le moment, l'enquĂȘteur lui demande,

[38:54]

mais tu n'étais pas conscient du mal que tu faisais, tu sais, qu'il y avait un risque.

[38:58]

Ben, il dit, sur le moment, non, ça ne me passait pas vraiment par la tĂȘte.

[39:01]

Je pensais juste à me protéger puis à agir.

[39:05]

Tu sais, comme s'il n'y avait pas de


[39:07]

Pas de conscience de l'autre vraiment.

[39:09]

Oui, exact, exact.

[39:10]

Aucune empathie.

[39:11]

Non, c'est assez dommageable.

[39:15]

Et lors des audiences, le juge, puis vous allez voir aussi un nom approprié,

[39:20]

Mr. Justice Jay, ça me fait toujours rire les juges qui ont des


[39:24]

Ben voyons donc, c'est sûr qu'il a changé son nom aprÚs qu'il a eu son


[39:28]

Mais je ne sais pas, on avait eu le doctorat.

[39:29]

Son barreau, lĂ , je ne sais pas.

[39:30]

Le juge Judge, l'autre fois, tu sais, le juge Justice Jay, ça me fait quand mĂȘme rire.

[39:36]

On le qualifie de menace sérieuse et persistante pour la société,

[39:40]

pour la police antiterroriste du Sud-Est, on est en Angleterre.

[39:46]

L'affaire démontre que 764 n'est pas seulement un réseau d'abus en ligne,

[39:50]

c'est une communauté qui se livre à une véritable compétition interne.

[39:54]

Si tu arrives à pousser quelqu'un à s'automutiler, tu es respecté.

[39:58]

Si tu réussis à les amener au suicide, tu atteins le sommet,

[40:02]

selon une enquĂȘteuse qui a enquĂȘtĂ© sur le dossier.

[40:04]

Eh boy!

[40:05]

Ah non, ça fait vraiment peur.

[40:07]

Les enquĂȘteurs ont aussi dĂ©couvert que Finnegan

[40:10]

planifiait ce qu'il appelait une « terreur weak »,

[40:13]

au cours de laquelle il envisageait de tuer un sans-abri dans une tente prĂȘte chez lui,

[40:18]

à une chance qu'ils l'ont poigné à l'avant.

[40:19]

Sur ses murs, des pentagrammes et des drapeaux ornés de croix-gamés

[40:23]

rappelaient l'imbrication entre satanisme et idéologie néonazie.

[40:27]

C'est aussi, si vous les googlez, vous allez les voir,

[40:30]

il y a eu des photos de sa chambre qui ont été diffusées.

[40:34]

Pour la police britannique, Finnegan illustre le danger immense que représente 764,

[40:40]

un réseau à la fois extrémiste, manipulateur et sadique,

[40:44]

capable d'inspirer des jeunes vulnérables à franchir le pas vers la violence et le terrorisme.

[40:49]

Mais j'ai de la misĂšre Ă  comprendre,

[40:51]

il habitait chez ses parents, lui, pour avoir des croix-gamés sur son mur de sa chambre?

[40:56]

Je pense que oui, en fait, parce qu'il est condamné à 19 ans,

[41:00]

mais il est arrĂȘtĂ© un peu avant.

[41:01]

Et il me semble que dans ce que j'ai vu de l'environnement,

[41:03]

ça a la valeur d'une chambre.

[41:04]

C'est particulier, avoir un enfant qui a de la déco comme ça,

[41:08]

je ne sais pas si les parents sont dans la mĂȘme idĂ©ologie.

[41:10]

Ça, c'est une trùs bonne question parce que c'est ça,

[41:13]

il y a l'aspect tout numérique qui est plus difficile à vérifier sur Discord,

[41:18]

mais t'as raison, surtout que tu es ostentatoire.

[41:21]

C'est vrai que tu peux avoir comme parent,

[41:23]

tu as une sorte de responsabilité aussi,

[41:27]

mais peut-ĂȘtre qu'il s'en occupait pas ou...

[41:28]

Mais ça, j'ai pas le dĂ©tail, honnĂȘtement.

[41:30]

HonnĂȘtement lĂ -dessus, mais t'as raison que s'il y a ça,

[41:33]

il y a une forme de responsabilité parentale.

[41:35]

Si tu peux comprendre les pentagrammes,

[41:37]

c'est peut-ĂȘtre un fan de musique mĂ©tal,

[41:39]

il a peut-ĂȘtre Ă©coutĂ© beaucoup de Slayer,

[41:41]

mais aprÚs, les croix-gamés et tout ça dans sa chambre,

[41:45]

puis les trucs extrémistes, j'avoue que ça lÚve un drapeau aux parents, je pense.

[41:49]

Oui, puis il y en a un, c'est vraiment...

[41:52]

Je suis pas un spécialiste de Satan, comme tu disais non plus,

[41:54]

mais genre de la tĂȘte de boeuf un peu satanique et tout ça,

[41:57]

que je trouve quand mĂȘme belle esthĂ©tiquement, si je peux dire,

[42:01]

mais si ma fille mettait ça dans sa chambre,

[42:03]

je me poserais des questions.

[42:04]

Oui, c'est clair.

[42:08]

On se déplace maintenant, Seb, en avril 2025,

[42:11]

donc il y a pas si longtemps aux États-Unis,

[42:13]

parce qu'il y a eu des dĂ©veloppements quand mĂȘme cette annĂ©e,

[42:15]

au cours de l'année, sur ce sujet-là.

[42:17]

La salle de nouvelles, le disto est en feu.

[42:20]

Les agents fédéraux n'ont pas de doute.

[42:22]

Les deux cibles qu'ils s'apprĂȘtent Ă  interpeller sont plus que de simples pseudos.

[42:27]

Il y a Leonidas Varadjianis de 21 ans, alias War,

[42:32]

il y a aussi Prazan Népal de 20 ans, alias Trippi,

[42:37]

qui sont devenus les tĂȘtes de proue de 764 Inferno,

[42:41]

qui est une ramification de l'organisation originelle,

[42:45]

qui a l'air encore plus axé vers le satanisme.

[42:49]

On va revenir sur War, dans le fond, Leonidas.

[42:52]

Lui, c'est un citoyen américain installé à Thessalonique, en GrÚce.

[42:57]

Les enquĂȘteurs dĂ©crivent un jeune homme charismatique derriĂšre son Ă©cran

[43:01]

qui se présente en chef.

[43:03]

C'est lui qui coordonne les opérations, la gestion des serveurs,

[43:07]

les directives aux recrues, la centralisation des lorebooks,

[43:11]

les archives dont on vous parlait.

[43:13]

War est un peu l'idéologue, celui qui insuffle une aura mystique

[43:17]

et violente Ă  764 Inferno.

[43:20]

Trippi, lui, vit Ă  High Point, en Caroline du Nord.

[43:24]

Moins stratÚge que l'autre, il est le bras droit opérationnel.

[43:28]

Il fait les contacts directs avec les recrues,

[43:31]

des manipulations psychologiques,

[43:33]

il va s'occuper de faire des menaces aussi,

[43:35]

donc c'est un peu le commandant militaire.

[43:40]

Les documents judiciaires citent ses propres messages en ligne

[43:43]

oĂč il se vante d'avoir accĂšs Ă  des contenus pĂ©dopornographiques

[43:47]

et donne des conseils glaçants à d'autres prédateurs

[43:50]

sur la façon de séduire ou d'exploiter des adolescents en détresse.

[43:56]

Un beau background, quoi.

[43:57]

À seulement 20 ans, il est dĂ©jĂ  devenu un rouage essentiel

[44:02]

de ce réseau tentaculaire numérique.

[44:04]

Ça commence jeune, quand mĂȘme, la bouille de pornographie.

[44:08]

Faut les watcher, mĂȘme Ă  20 ans.

[44:10]

L'acte d'accusation du département de la justice

[44:13]

ne laisse aucune place aux doutes.

[44:15]

Warr et Trippi appartiennent à une mouvance qualifiée

[44:19]

de nihilistique violent extremiste.

[44:22]

Donc des extrémistes violents et nihilistes.

[44:26]

L'arbu n'était pas seulement de recruter et de terroriser les enfants,

[44:30]

mais aussi de déstabiliser la société.

[44:32]

L'influence de l'ordre des neuf angles

[44:35]

et de la mouvance culte est palpable.

[44:38]

Une fascination pour le satanisme,

[44:40]

des références néonazies,

[44:41]

une rhétorique d'accélérationnisme,

[44:45]

tout concourt Ă  une logique du chaos

[44:46]

oĂč l'exploitation des plus vulnĂ©rables devient une arme de choix.

[44:51]

Les fameux cut signs,

[44:53]

oĂč les victimes se mutilaient en Ă©crivant 764 sur leur peau,

[44:59]

illustrent, entre autres, cette idéologie tordue.

[45:03]

Et dans leur univers, la douleur et la peur

[45:05]

sont autant de trophées que d'outils de contrÎle.

[45:09]

On arrive, le 22 avril 2025, Seb.

[45:12]

Le FBI arrĂȘte finalement Trippi Ă  High Point en Caroline du Nord.

[45:18]

Quelques jours plus tard, le 28 avril,

[45:20]

c'est au tour de Warr d'ĂȘtre interceptĂ© en GrĂšce par les autoritĂ©s lĂ -bas,

[45:26]

dans une opération menée le main dans la main

[45:28]

entre le FBI et le département de la justice.

[45:32]

Les deux hommes sont inculpés pour avoir dirigé

[45:34]

une entreprise criminelle mondiale d'exploitation d'enfants.

[45:38]

Lors d'une conférence de presse le 30 avril,

[45:41]

le procureur du district de Columbia résume la situation et je le cite

[46:01]

C'est bien résumé ici.

[46:03]

L'arrestation de Warr et Trippi est un coup de filet majeur.

[46:08]

Les autorités américaines frappent le sommet actif du réseau tentaculaire.

[46:12]

Mais les enquĂȘteurs le savent,

[46:14]

l'écosystÚme ne repose pas seulement sur deux individus.

[46:17]

On le dit tantĂŽt quand tu coupes une tĂȘte du serpent,

[46:20]

il y en a deux autres qui poussent.

[46:22]

Déjà, d'autres pseudonymes émergent dans des recoins obscurs d'Internet.

[46:26]

Cette victoire judiciaire est symbolique et nécessaire,

[46:29]

mais malheureusement, la guerre contre 764 ne fait que commencer.

[46:35]

Et c'est le 6 mai 2025, lors d'un point de presse Ă  Washington et Mill

[46:39]

que le directeur adjoint du FBI s'avance devant les caméras.

[46:43]

Son message est clair.

[46:45]

Nous faisons face à une menace d'une ampleur inédite.

[46:49]

Pour la premiÚre fois, le FBI dévoie publiquement

[46:53]

l'ampleur de ses efforts contre le réseau 764.

[46:56]

Écoutez ça, le chiffre frappe.

[46:58]

Plus de 250 enquĂȘtes ouvertes simultanĂ©ment

[47:02]

rĂ©parties Ă  travers les 56 bureaux du terrain de jeu du FBI aux États-Unis.

[47:08]

Jamais auparavant une structure numérique issue de Discord

[47:11]

ou de n'importe quelle plateforme numérique

[47:14]

n'avait mobilisé une telle réponse coordonnée.

[47:17]

Imagine le nombre de monde lĂ -dessus

[47:19]

pour 250 enquĂȘtes dans 56 bureaux.

[47:23]

Au moins, ils ont priorisé ça.

[47:26]

Oui, parce qu'ils voient que c'est un phénomÚne tellement d'ampleur.

[47:31]

Chaque bureau de Los Angeles Ă  New York, de Miami Ă  Anchorage

[47:34]

a désormais un ou plusieurs dossiers liés à 764.

[47:39]

Ces enquĂȘtes portent autant sur des cas individuels d'extorsion

[47:43]

que sur des ramifications internationales.

[47:45]

Ils sont en lien avec Europol, Interpol

[47:48]

et les forces de l'ordre canadiennes aussi.

[47:50]

Vu qu'on parle que, justement, c'est un réseau d'extorsion

[47:55]

et de sextorsion internationale,

[47:57]

on sait-tu s'ils faisaient des revenus, eux autres, avec tout ça?

[48:00]

C'est une bonne question.

[48:01]

Est-ce qu'ils voulaient juste faire chier le monde

[48:04]

ou ils en tiraient des revenus grĂące au chantage et autres?

[48:07]

Parce que pour avoir des ramifications comme ça,

[48:09]

ils devaient avoir des revenus tirés de ça.

[48:13]

Ça n'a jamais Ă©tĂ© nommĂ©, comment dire, mis de l'avant.

[48:16]

Je te le dis, en tout cas, mĂȘme dans mes recherches,

[48:17]

puis tu as raison, tu sais, souvent, il peut y avoir un...

[48:19]

Mais j'ai l'impression que toute l'extorsion,

[48:22]

sextorsion était faite sur du chantage

[48:25]

que sur des traces, on dirait, numériques

[48:29]

qui possédaient deux.

[48:31]

Mais j'ai rien vu lĂ -dessus, c'est une bonne question.

[48:34]

Et tandis que c'est des jeunes, c'est vrai, tu sais,

[48:35]

il n'y a pas eu de saisie de portefeuille de crypto.

[48:38]

Souvent, on entend ça, mais rien, rien, rien.

[48:41]

Ça fait que j'ai l'impression que ça ne devait pas ĂȘtre le moteur

[48:44]

de tout ça, en fait.

[48:47]

Je me demande un peu, c'est quoi le moteur de motivation

[48:52]

derriÚre ça, parce que justement, il y en a un

[48:54]

qui va faire 80 ans de prison, un autre 30 ans de prison,

[48:57]

tout ça pour juste assouvir un besoin de domination

[49:02]

puis de, je ne sais pas, satisfaire des pulsions.

[49:06]

J'ai l'impression qu'ils ne pensaient pas ĂȘtre pris

[49:07]

aux piĂšges, mais l'humain, c'est lĂ  que tu vois

[49:10]

les travers de l'humain, quand tu lui donnes

[49:13]

des mauvais outils entre les mains, il peut avoir

[49:15]

une mauvaise pensée.

[49:16]

Ça me fait toujours penser au film The Experience,

[49:20]

qui avait été basé sur une vraie expérience sociale

[49:22]

oĂč il avait mis tous des gens normaux, mais il avait

[49:25]

divisé les prisonniers, les gardiens, je ne sais pas

[49:27]

si tu te rappelles de ça, il y avait des faux prisonniers

[49:30]

puis des faux gardiens, il leur avait donné des lunettes

[49:32]

parce qu'on sait quand tu n'as pas le regard,

[49:35]

puis il y a des gens tout Ă  fait normaux, non violents

[49:37]

qui viraient violents, contrĂŽlent,

[49:42]

quand on te donne des outils qui peuvent te donner

[49:45]

un certain pouvoir sur l'autre, mais j'ai l'impression

[49:47]

que ça fait un effet de boule de neige,

[49:49]

ça doit ĂȘtre progressif qu'on contrĂŽle,

[49:52]

puis d'aimer le contrĂŽle, puis tu continues,

[49:54]

tu continues, mais je n'arrive pas Ă  comprendre

[49:57]

au niveau psychologique, mais on sait qu'est-ce qui peut

[49:59]

motiver des gens Ă  faire tant de mal Ă  des gens.

[50:04]

Mais dans mes cours en numérique, ils disent que par exemple,

[50:06]

il y a un nom à ça, mais la distance,

[50:09]

ça enlÚve l'empathie.

[50:11]

Automatiquement, l'écran, l'interface de l'écran

[50:14]

coupe une forme d'empathie, donc déjà là,

[50:16]

si des gens ont peu d'empathie, s'il y en a encore moins,

[50:20]

ça doit aider, mais je pense que c'est une question lourde

[50:22]

dans le sens qu'il doit y avoir plein, plein

[50:24]

d'explications à ça, mais qui n'est pas simple.

[50:29]

Et lĂ , l'annonce est lourde de sens.

[50:31]

764 n'est plus perçue comme une simple communauté

[50:34]

déviante en ligne, mais comme une organisation

[50:37]

criminelle internationale opérant à la maniÚre

[50:39]

d'un cartel. Un haut responsable, en fait,

[50:42]

du FBI explique. Nous avons vu 764 se transformer

[50:45]

en un réseau tentaculaire numérique.

[50:48]

Chaque fois que nous coupons une tĂȘte,

[50:49]

deux autres poussent, mais nous ne lĂącherons pas.

[50:52]

Et ce que le grand public ne sait pas toujours,

[50:55]

c'est que ces enquĂȘtes ne laissent pas les agents indemnes.

[50:58]

Écoutez ça, parce qu'eux aussi,

[51:00]

eux, ils consultent le contenu pour enquĂȘter.

[51:04]

Pat, Mec, Monagle, un ancien enquĂȘteur du FBI

[51:08]

qui était spécialisé dans la cybercriminalité,

[51:11]

raconte plus tard dans un entretien qui a dĂ» suivre

[51:13]

une thérapie à cause de l'horreur du contenu

[51:16]

analysé dans les serveurs liés à 764.

[51:19]

Et là, je le cite, c'était comme regarder l'abßme.

[51:21]

Et l'abĂźme te regardait en retour.

[51:24]

Oui, on a fait une minidisto lĂ -dessus.

[51:26]

Exact.

[51:27]

Contempler l'abĂźme.

[51:28]

Et chaque dossier était plus sordide que le précédent.

[51:31]

Je me suis dit, comment des jeunes de 13 ou 14 ans

[51:35]

peuvent-ils ĂȘtre happĂ©s lĂ -dedans?

[51:37]

C'est vrai que c'est dur Ă  comprendre.

[51:39]

Ces témoignages montrent que la guerre contre 764

[51:42]

ne se joue pas seulement sur le plan technique, mais aussi humain.

[51:46]

Les enquĂȘteurs eux-mĂȘmes paient un prix psychologique.

[51:49]

L'annonce du FBI s'inscrit aussi dans un climat politique tendu.

[51:53]

Depuis 2024, plusieurs élus, dont le sénateur Mac Warner,

[51:58]

lui, il dénonce une action des plateformes comme Discord.

[52:02]

Et en août 2024, il a envoyé une lettre ouverte

[52:05]

exigeant que l'entreprise renforce drastiquement

[52:09]

ses outils de modération.

[52:11]

C'est en mai 2025, presque un an plus tard,

[52:13]

aprÚs les révélations sur l'ampleur de 764,

[52:17]

les pressions s'intensifient.

[52:19]

Des procureurs gĂ©nĂ©raux d'État comme le New Jersey

[52:21]

ou mĂȘme la Californie engagent des poursuites civiles

[52:25]

contre Discord, l'accusant de ne pas protéger les mineurs.

[52:29]

C'est sûr que Discord doit se retrouver dans l'eau chaude

[52:32]

constamment à cause de ça.

[52:33]

Oui, oui, oui, c'est ça, c'est beau la liberté,

[52:37]

mais en mĂȘme temps, elle est dure Ă  monitorer aussi,

[52:41]

ce joueur-là, pour tenir ça, mais c'est sûr

[52:43]

qu'il n'avait pas mis assez d'outils.

[52:44]

Et là, l'affaire de 764 dépasse donc le seul cadre criminel.

[52:50]

Elle devient un enjeu de régulation et un débat national,

[52:53]

je dirais mĂȘme international,

[52:55]

sur la responsabilité des géants du numérique.

[52:58]

Et pour les familles touchées,

[53:00]

l'annonce du FBI a un double effet.

[53:01]

Elle apporte une forme de soulagement.

[53:04]

Enfin, les autorités reconnaissent l'ampleur du problÚme,

[53:07]

mais elles suscitent aussi la peur.

[53:09]

Si 250 enquĂȘtes sont ouvertes,

[53:12]

combien d'autres serveurs sont encore actifs

[53:14]

et hors de portée,

[53:15]

qui ne sont pas dans le radar actuel des enquĂȘtes?

[53:19]

Et je vous cite un pĂšre dont la fille de 14 ans

[53:22]

a survécu à l'emprise de 764.

[53:25]

Il confiait ça à un journaliste,

[53:26]

puis je trouvais qu'il avait bien raison.

[53:29]

C'est rassurant de voir le FBI agir,

[53:32]

mais ça veut dire que c'est partout.

[53:34]

Si eux doivent mobiliser 56 bureaux,

[53:36]

qu'est-ce qu'on, simple parent, peut faire?

[53:39]

Ben, c'est clair, hein?

[53:40]

C'est ça, moi, ça m'a restĂ© dans la tĂȘte

[53:42]

depuis que je suis tombé sur sa citation,

[53:44]

puis il a raison, lĂ .

[53:45]

C'est vraiment pas simple.

[53:48]

Et pendant que les agents fĂ©dĂ©raux multiplient les enquĂȘtes,

[53:51]

il y a une nouvelle arrestation

[53:52]

de l'autre cÎté de l'Atlantique,

[53:54]

qui va encore assombrir le tableau.

[53:57]

Exactement, Seb.

[53:58]

On continue dans l'année.

[54:00]

On se retrouve l'été dernier, en fait,

[54:02]

en juin 2025, Ă  Hamburg, en Allemagne,

[54:06]

un quartier résidentiel paisible

[54:08]

Ă  quelques kilomĂštres du port.

[54:10]

La police allemande, appuyée par des agents du FBI,

[54:14]

encercle discrĂštement un immeuble.

[54:16]

Leur cible est un jeune homme de 20 ans,

[54:19]

connu en ligne sous le pseudonyme White Tiger.

[54:22]

Pour ses voisins, il n'est qu'un étudiant discret,

[54:26]

souvent devant son ordinateur.

[54:27]

Mais pour les enquĂȘteurs,

[54:29]

il est l'un des prédateurs les plus actifs

[54:31]

liés au serveur Discord.

[54:33]

Quand il perquisitionne son appartement,

[54:36]

les agents découvrent des disques durs

[54:38]

remplis de conversations, de vidéos

[54:40]

et de dossiers classés par pseudonyme.

[54:43]

L'ampleur est vertigineuse.

[54:45]

Les enquĂȘteurs allemands parlent

[54:47]

de plus de 120 infractions potentielles,

[54:50]

extorsion, exploitation, incitation au suicide

[54:53]

et mĂȘme complicitĂ© dans des actes violents Ă  l'Ă©tranger.

[54:58]

Parmi les dossiers saisis,

[55:00]

un cas attire particuliĂšrement l'attention,

[55:02]

celui d'un garçon de 13 ans aux États-Unis,

[55:05]

poussé à se donner la mort en 2022.

[55:09]

Les traces numériques montrent que White Tiger

[55:12]

avait orchestré une campagne de harcÚlement psychologique

[55:15]

exploitant ses vulnérabilités

[55:17]

jusqu'Ă  l'amener au point de rupture.

[55:20]

C'est ce fil tirĂ© par les enquĂȘteurs amĂ©ricains

[55:23]

qui a mené à Hambourg.

[55:25]

Le FBI avait partagé ses soupçons

[55:27]

avec les autorités allemandes dÚs le printemps 2025.

[55:31]

Lorsque la police allemande agit en juin,

[55:34]

elle confirme ce que tout le monde craignait,

[55:36]

le réseau 764 ne connaßt pas de frontiÚres.

[55:41]

L'arrestation de White Tiger marque

[55:43]

une premiÚre coopération officielle

[55:45]

entre le FBI et les autorités de Hambourg dans l'affaire.

[55:49]

En juillet 2025,

[55:50]

les procureurs annoncent l'ouverture d'une procédure élargie.

[55:54]

Les infractions de White Tiger

[55:56]

concerneraient non seulement des victimes allemandes,

[55:59]

mais aussi des adolescents aux États-Unis,

[56:01]

au Canada et au Royaume-Uni.

[56:04]

Donc on n'y fait pas exception.

[56:05]

L'acte d'accusation le décrit

[56:07]

comme un super utilisateur du serveur.

[56:10]

Non seulement il participait au serveur lui-mĂȘme,

[56:13]

mais il gérait aussi la redistribution de contenu

[56:15]

et servait de relais pour plusieurs leaders anonymes.

[56:18]

Un agent de police allemand résume,

[56:21]

c'était comme découvrir un centre logistique

[56:24]

de la terreur numérique.

[56:26]

White Tiger se présentait comme une figure

[56:28]

charismatique auprĂšs de ses recrues.

[56:30]

Ses pseudos s'accompagnaient souvent

[56:32]

d'icĂŽnes fĂ©lines ou de slogans extrĂȘmes.

[56:35]

Dans les serveurs, il jouait sur la double image.

[56:38]

Un mentor protecteur d'un cÎté,

[56:41]

mais un bourreau impitoyable de l'autre.

[56:43]

C'est un peu ça, le bon cop, le bad cop,

[56:45]

mais en une personnalité.

[56:47]

Un adolescent britannique, identifié comme une victime,

[56:51]

a décrit dans un témoignage anonyme cette dynamique.

[56:54]

Il disait que j'étais son protégé,

[56:56]

puis dÚs que je n'obéissais pas,

[56:58]

il devenait violent.

[56:59]

Il criait en message.

[57:01]

Il me menaçait de ruiner ma vie.

[57:03]

Je croyais qu'il pouvait tout contrĂŽler.

[57:06]

En juillet 2025, les autorités de Hambourg

[57:09]

confirment que White Tiger devra répondre

[57:12]

de plus de 120 chefs d'accusation.

[57:15]

Ils n'ont pas lésiné sur la quantité de chaque accusation.

[57:19]

J'aime ça.

[57:20]

Allant de l'extorsion à la complicité de meurtre.

[57:23]

Son procĂšs est attendu comme l'un des plus importants

[57:26]

de l'histoire criminelle numérique en Allemagne.

[57:29]

Un procureur a mĂȘme dĂ©clarĂ©,

[57:31]

ce n'est plus un phénomÚne marginal,

[57:33]

c'est une emprise criminelle internationale.

[57:36]

Il a raison parce que mĂȘme si ce n'est pas ce saveur-lĂ ,

[57:38]

il y en a tellement d'autres.

[57:41]

C'est vrai que c'est important

[57:42]

et que c'est prioritaire de régler ce problÚme-là.

[57:46]

C'est des jeunes criminels qui s'attaquent Ă  des jeunes victimes.

[57:49]

Ils ont encore toute la vie devant eux.

[57:51]

Tu ne veux pas les traumatiser comme ça dÚs l'adolescence.

[57:55]

Ils font bien de multiplier les chefs d'accusation

[57:58]

et d'avoir des grosses peines.

[58:00]

Oui, parce que tu as raison.

[58:01]

Tous les dommages collatéraux des victimes,

[58:03]

ça doit ĂȘtre incroyable.

[58:05]

C'est sûr que ça te marque à vie.

[58:07]

AprĂšs, c'est des traumas.

[58:09]

Les parents aussi sont traumatisés.

[58:10]

Des fois, ça se retrouve à l'école secondaire

[58:15]

parce qu'ils doivent faire ça aussi.

[58:16]

Ils doivent partager les images compromettantes

[58:19]

avec les amis, la famille, tout ça.

[58:22]

Ça peut aller loin, perdre d'emploi,

[58:24]

tout ce qui est sur l'estime de soi.

[58:26]

Tu ne veux pas les briser Ă  cet Ăąge-lĂ .

[58:28]

Mais non, tu es en train de te construire.

[58:30]

Oui, c'est ça.

[58:31]

C'est assez incroyable.

[58:33]

Et mĂȘme aprĂšs l'arrestation, Emile,

[58:35]

de Callenhead au Texas, de Densmore au Michigan,

[58:38]

de Ware et Trepey Ă  Washington et en GrĂšce,

[58:41]

de Finnegan Ă  Londres et de White Tiger,

[58:44]

dont tu viens nous parler Ă  Hamburg,

[58:45]

une réalité s'impose.

[58:47]

764 n'est pas un groupe qu'on peut démanteler

[58:50]

en une seule opération.

[58:51]

Non.

[58:52]

C'est un réseau tentaculaire.

[58:53]

À chaque fois qu'on coupe une tĂȘte,

[58:54]

on vous le répÚte, deux autres pousses.

[58:57]

Et depuis 2021, le réseau a connu

[58:59]

une multitude de mutations.

[59:01]

À l'origine, il y avait le serveur 764

[59:04]

lié au code postal de Stephenville au Texas.

[59:07]

Mais au fil des années, les branches

[59:09]

se sont multipliées.

[59:10]

764 Inferno, Cult, Arm Nation,

[59:13]

qu'on ne vous a pas parlé qu'Ascar avec un K,

[59:16]

non plus League Society,

[59:17]

qui sont d'autres branches similaires.

[59:20]

Chacun de ces sous-groupes reprend

[59:21]

les mĂȘmes mĂ©canismes.

[59:23]

Recruter des adolescents vulnérables

[59:25]

sur Discord, Telegram, Minecraft, Roblox,

[59:28]

les isoler, les couper de leurs proches,

[59:31]

exiger des fine sign, des cut sign

[59:33]

pour tester leur loyauté et archiver

[59:36]

chaque gage dans des lore books.

[59:39]

Et là, lorsque l'un de ces serveurs est fermé,

[59:41]

il y a un autre appareil, souvent,

[59:43]

qui réapparaßt sous un nom

[59:44]

légÚrement différent,

[59:45]

parfois avec une iconographie

[59:47]

qui est nouvelle.

[59:48]

Mais les rĂšgles internes,

[59:49]

elles ne changent jamais.

[59:50]

Et pour les enquĂȘteurs,

[59:52]

c'est cette capacité de résilience

[59:54]

qui est comparable Ă  celle des groupes

[59:56]

criminels traditionnels,

[59:57]

comme on expliquait un peu dans l'intro.

[59:59]

Sauf que cette fois,

[01:00:00]

il n'y a pas de territoire Ă  surveiller,

[01:00:02]

il n'y a pas de hiérarchie physique à décapiter.

[01:00:04]

Tout se joue dans l'ombre

[01:00:06]

des serveurs numériques.

[01:00:07]

C'est vrai que pour leur enseignement

[01:00:08]

et tout ça, c'est dur,

[01:00:10]

c'est plus dur, j'imagine,

[01:00:13]

que justement quand tu fais de la filature

[01:00:14]

ou que tu surveilles des humains en action.

[01:00:19]

Il y a un agent du FBI

[01:00:20]

qui confiera anonymement un journaliste.

[01:00:22]

Quand on s'infiltre sur un serveur,

[01:00:24]

il y en a déjà deux autres

[01:00:25]

qui apparaissent ailleurs.

[01:00:27]

C'est comme jouer Ă  une partie

[01:00:28]

infinie de Whack-a-Mole.

[01:00:30]

Tu sais, la Whack-a-Mole,

[01:00:31]

c'est avec le...

[01:00:32]

Les taupes.

[01:00:33]

Oui, les taupes avec un marteau.

[01:00:35]

On a ça souvent dans les fĂȘtes fortes.

[01:00:36]

La tĂȘte sort, tu tapes dessus,

[01:00:38]

mais il y en a une autre qui ressemble

[01:00:39]

juste à cÎté.

[01:00:40]

Exact, je trouvais que son comparatif

[01:00:42]

était trÚs trÚs bon par rapport à ça.

[01:00:45]

Il dit que les jeunes leaders

[01:00:46]

changent de pseudonyme,

[01:00:48]

les victimes recyclées deviennent bourreaux

[01:00:50]

et les anciens fichiers continuent de circuler.

[01:00:52]

Et ça, c'est un autre problÚme

[01:00:53]

qu'on va vous parler.

[01:00:54]

Ce qui rend 764 particuliĂšrement redoutable,

[01:00:57]

c'est pas seulement sa cruauté,

[01:00:59]

mais sa plasticité.

[01:01:01]

Parce que les lorebooks illustrent cette logique.

[01:01:04]

MĂȘme aprĂšs la fermeture d'un serveur,

[01:01:06]

eh bien, elles, les archives,

[01:01:08]

elles circulent encore.

[01:01:10]

Donc, copies transférées,

[01:01:12]

partagées dans des groupes fermés,

[01:01:14]

elles deviennent Ă  la fois une preuve

[01:01:15]

de puissance pour les agresseurs,

[01:01:16]

mais une prison psychologique pour les victimes.

[01:01:19]

Parce qu'une jeune survivante,

[01:01:20]

par exemple, de 18 ans, expliquait,

[01:01:22]

mĂȘme si j'ai quittĂ© le serveur

[01:01:23]

il y a deux ans,

[01:01:25]

elle dit, je sais que mes photos

[01:01:27]

sont encore quelque part.

[01:01:28]

C'est comme une ombre qui me suit en permanence.

[01:01:32]

Ça, ça ressemble un peu à tous les cas

[01:01:33]

qu'on a discuté de sextorsion et tout ça.

[01:01:37]

Tu sais, tu le sais que tes photos,

[01:01:39]

mĂȘme si tu les enlĂšves de quelque part sur Internet,

[01:01:42]

tu le sais qu'il y a des copies.

[01:01:44]

Et ça, ça les hante aussi.

[01:01:48]

Et j'avoue, c'est comme elle dit,

[01:01:50]

mes photos, je le sais qu'ils sont encore lĂ .

[01:01:52]

C'est comme un cancer.

[01:01:54]

Une fois que tu l'as vécu,

[01:01:55]

tu sais que ça se peut qu'elles reviennent.

[01:01:57]

Ça reste tout le temps dans ton arriùre-pensiste.

[01:02:01]

Oui, c'est une bonne analogie, tu as raison.

[01:02:04]

Et c'est cette permanence numérique

[01:02:05]

qui donne à 764 son visage de réseau tentaculaire.

[01:02:09]

Les coupures judiciaires stoppent certains individus,

[01:02:11]

mais la trace numérique, elle, ne s'efface jamais.

[01:02:14]

Enfin, il y a l'idéologie.

[01:02:17]

DerriÚre 764, il n'y a pas qu'un mécanisme d'abus,

[01:02:20]

mais il y a aussi une culture du chaos

[01:02:21]

héritée des groupes comme l'Ordre des Neuf Angles.

[01:02:25]

On prend la destruction des normes sociales,

[01:02:27]

la glorification de la souffrance,

[01:02:29]

l'idée que tout doit brûler

[01:02:31]

pour que quelque chose de nouveau émerge.

[01:02:33]

Et pour beaucoup de jeunes vulnérables,

[01:02:35]

ce discours passe pour de la philosophie rebelle.

[01:02:38]

Et souvent, on le sait,

[01:02:39]

on veut ĂȘtre un peu ado, un peu contre-tendance,

[01:02:43]

donc ça peut rejoindre certaines personnes.

[01:02:46]

Et en vérité, ils ne font que légitimer l'inacceptable suisse

[01:02:50]

sur cette philosophie-lĂ .

[01:02:53]

À l'Ă©tĂ© 2024,

[01:02:55]

donc on revient un an plus tĂŽt,

[01:02:57]

alors que les enquĂȘtes journalistiques

[01:02:59]

ont révélé l'ampleur de 764,

[01:03:01]

les regards se tournent vers une cible inattendue,

[01:03:04]

Discord lui-mĂȘme.

[01:03:07]

La plateforme qui se voulait un lieu de rencontre conviviale

[01:03:10]

est devenue l'hĂŽte involontaire

[01:03:12]

de certains des pires abus numériques de la décennie.

[01:03:16]

En août 2024,

[01:03:17]

le sénateur démocrate Mark Warner,

[01:03:20]

président du comité de renseignement,

[01:03:22]

adresse une lettre ouverte Ă  Discord.

[01:03:24]

Il accuse l'entreprise de n'avoir pas su protéger

[01:03:27]

ses jeunes utilisateurs

[01:03:28]

et exige des mesures de modération plus agressives.

[01:03:32]

Les révélations sur le réseau 764

[01:03:34]

montrent qu'il ne suffit pas de fermer les serveurs aprĂšs coup.

[01:03:37]

On a besoin d'action préventive,

[01:03:39]

de systĂšme d'alerte et d'une transparence complexe.

[01:03:43]

Cette lettre met Discord

[01:03:44]

sous une pression politique sans précédent,

[01:03:47]

car pour beaucoup de parents,

[01:03:48]

la question n'est plus seulement

[01:03:50]

qui sont les coupables derriĂšre 764,

[01:03:53]

mais aussi comment a-t-on pu laisser ça se produire

[01:03:56]

sur une plateforme de grand public

[01:03:57]

sous nos yeux Ă  quelque part.

[01:04:00]

En avril 2025,

[01:04:02]

le procureur général de New Jersey

[01:04:04]

intente une action en justice contre Discord,

[01:04:07]

accusant l'entreprise de négligence

[01:04:09]

envers la protection des mineurs.

[01:04:11]

D'autres États, comme la Californie,

[01:04:13]

envisagent des démarches similaires.

[01:04:15]

Le cƓur de l'accusation,

[01:04:17]

Discord aurait fermé des serveurs liés à 764

[01:04:20]

seulement aprÚs avoir été dénoncé par des journalistes

[01:04:23]

ou des ONG,

[01:04:25]

et non grùce à ses propres mécanismes de surveillance.

[01:04:28]

Comme si tant que ça ne fait pas de grosses vagues,

[01:04:32]

ce n'est pas trop grave.

[01:04:34]

Pour l'entreprise, c'est un casse-tĂȘte,

[01:04:36]

car Discord revendique avoir supprimé

[01:04:39]

plus de 34 000 comptes liés aux serveurs en 2024.

[01:04:42]

Mais les critiques soulignent

[01:04:44]

que ces fermetures ressemblent plus Ă  un jeu

[01:04:46]

du chat et de la souris

[01:04:47]

qu'à une stratégie efficace.

[01:04:50]

Dans les talk shows et les colonnes des journaux,

[01:04:52]

le débat fait rage.

[01:04:54]

Certains affirment que Discord

[01:04:56]

ne peut pas ĂȘtre tenu responsable

[01:04:57]

de tout ce qui se passe sur ses serveurs,

[01:04:59]

tout comme les compagnies de téléphone

[01:05:01]

ne sont pas responsables des conversations criminelles

[01:05:03]

qui passent par leur ligne.

[01:05:05]

D'autres répondent que la comparaison ne tient pas,

[01:05:08]

parce que Discord n'est pas qu'un service technique,

[01:05:11]

c'est une communauté centralisée

[01:05:12]

ou l'entreprise a un pouvoir direct de modération.

[01:05:15]

Ah, c'est d'accord.

[01:05:16]

Oui, tu ne peux pas comparer ça à un téléphone, franchement.

[01:05:19]

Pour les familles et les victimes,

[01:05:21]

le dilemme est clair.

[01:05:22]

Ce n'est pas que Discord est responsable des crimes,

[01:05:24]

mais sans Discord,

[01:05:26]

nos enfants n'auraient jamais croisé le chemin de 764.

[01:05:29]

Oui, oui, oui.

[01:05:30]

Parce que je comprends ce qu'ils veulent dire.

[01:05:34]

Si sans Discord,

[01:05:35]

ce ne serait pas arrivé,

[01:05:37]

et ce ne serait probablement pas arrivé,

[01:05:39]

mettons qu'il avait été sur Telegram

[01:05:40]

ou sur Signal par exemple,

[01:05:43]

il n'y aurait pas attrapé autant de jeunes ados

[01:05:45]

parce qu'eux sont sur Discord

[01:05:47]

parce qu'ils jouent Ă  Minecraft

[01:05:48]

ou Ă  Fortnite ou Ă  Roblox.

[01:05:51]

Ils sont allés dans un réseau social

[01:05:53]

oĂč on retrouve

[01:05:54]

des jeunes gamers.

[01:05:56]

Donc c'est de lĂ  l'intĂ©rĂȘt.

[01:05:59]

Si sur Telegram on retrouve plus

[01:06:00]

des crypto bros,

[01:06:02]

c'est normal qu'ils soient allés sur Discord.

[01:06:05]

Donc il y a un lien entre la clientĂšle

[01:06:07]

qui est attire,

[01:06:07]

et la plateforme en quelque part.

[01:06:10]

Oui, exact, et je dirais que

[01:06:11]

le crĂ©ateur initial, lui-mĂȘme,

[01:06:12]

qui avait entre 15 et 17 ans,

[01:06:14]

lui-mĂȘme, pour lui, Discord,

[01:06:16]

c'était un endroit naturel

[01:06:18]

pour faire son recrutement

[01:06:19]

que lui-mĂȘme maĂźtrisait les outils

[01:06:21]

aussi pour le faire.

[01:06:23]

Je sais que ça va au-delà du gaming maintenant,

[01:06:25]

Discord, on a un serveur.

[01:06:27]

Sauf que si tu crées une plateforme

[01:06:31]

faite pour faciliter

[01:06:33]

la communication auprĂšs

[01:06:35]

des ados, disons-le comme ça,

[01:06:36]

ou des gamers, fais un effort

[01:06:38]

pour éclairer les satanistes et les nazis de-delà.

[01:06:41]

Pour vrai,

[01:06:43]

ils peuvent surveiller

[01:06:44]

des mots-clés déjà là.

[01:06:47]

C'est pas si complexe que ça

[01:06:49]

Ă  faire. Je comprends qu'il y a beaucoup de bruit,

[01:06:50]

mais ça transite toujours à quelque part.

[01:06:52]

Donc ils peuvent l'intercepter dans leur infrastructure.

[01:06:55]

C'était vraiment un choix

[01:06:57]

parce que ça coûte plus d'argent.

[01:06:58]

Ça c'est vrai.

[01:06:59]

On voit que c'est toujours un choix monétaire,

[01:07:02]

mais s'il y a de la pression, ils le font.

[01:07:05]

Je ne pense pas que ça va détruire

[01:07:06]

Discord, mais ça va

[01:07:08]

clairement ennuyer sa réputation.

[01:07:10]

Quand les poursuites vont peut-ĂȘtre avoir lieu,

[01:07:12]

il va y avoir des jugements à sa risque de leur coûter cher.

[01:07:14]

J'ai l'impression.

[01:07:15]

Ça peut donner l'exemple parce que

[01:07:17]

si les États-Unis le font,

[01:07:20]

l'Europe, qui sont encore plus sévÚres

[01:07:22]

sur tout ce qui est numérique,

[01:07:25]

j'ai l'impression qu'ils ne tarderont pas

[01:07:26]

non plus Ă  faire

[01:07:28]

des poursuites.

[01:07:29]

Exact.

[01:07:30]

Face à la pression, le CongrÚs américain

[01:07:32]

commence à évoquer une régulation plus stricte

[01:07:35]

des plateformes de communication.

[01:07:37]

Le spectre d'une nouvelle loi,

[01:07:39]

calqué sur le Digital Service Act

[01:07:40]

européen, plane.

[01:07:43]

Discord de son cÎté multiplie

[01:07:44]

les communiqués pour rassurer,

[01:07:46]

promettant des équipes de modération

[01:07:48]

renforcées et de nouvelles technologies

[01:07:50]

de détection. Mais pour beaucoup,

[01:07:52]

ces promesses arrivent encore une fois trop tard.

[01:07:55]

764 est

[01:07:56]

déjà devenu le symbole d'une génération

[01:07:59]

piégée dans les zones d'ombre

[01:08:01]

du numérique.

[01:08:02]

LĂ , on a un peu fini

[01:08:04]

de terminer la chronologie,

[01:08:06]

mais je voulais vous un peu conclure

[01:08:08]

par une réflexion que c'est un peu le

[01:08:10]

miroir de notre époque.

[01:08:13]

Parce qu'au fil des années, l'affaire

[01:08:14]

764 est devenue plus qu'un simple crime.

[01:08:17]

C'est le reflet de notre époque.

[01:08:18]

D'un cÎté, le numérique promettait

[01:08:20]

des communautés libres et connectées,

[01:08:22]

et d'un autre, ça offre un terrain

[01:08:24]

fertile Ă  la manipulation, l'anonymat

[01:08:27]

et la propagation fulgurant

[01:08:28]

des idées les plus sombres.

[01:08:30]

En fait, 764, ça ressemble à un

[01:08:32]

ponzi psychologique, d'une certaine

[01:08:34]

façon, à une sec ou à un gang.

[01:08:37]

Sauf qu'ici, tout se joue en ligne.

[01:08:39]

Il n'y a pas de frontiĂšres.

[01:08:40]

En fait, elles disparaissent.

[01:08:42]

Les leaders dirigent Ă  distance.

[01:08:44]

Ils font du télétravail. Et les preuves

[01:08:46]

circulent Ă  la vitesse du clic,

[01:08:48]

impossible Ă  effacer. Des familles

[01:08:50]

portent encore les cicatrices.

[01:08:51]

Certains jeunes vivent avec la peur

[01:08:53]

que leurs secrets refassent surface.

[01:08:56]

D'autres, comme Samuel Hervé à

[01:08:57]

International Falls au Minnesota,

[01:08:59]

n'ont pas survécu. Son visage est

[01:09:01]

devenu le symbole de ce que

[01:09:04]

764 a détruit,

[01:09:05]

innocence, confiance et parfois mĂȘme

[01:09:07]

la vie. MĂȘme aprĂšs des centaines

[01:09:09]

d'arrestations, l'ombre persiste.

[01:09:12]

Il nous rappelle qu'un simple serveur

[01:09:13]

Discord peut engendrer un réseau

[01:09:15]

criminel, qu'un jeu vidéo peut

[01:09:17]

devenir une porte d'entrée idéologique

[01:09:18]

et qu'un fichier numérique peut

[01:09:20]

hĂąter une victime toute sa vie.

[01:09:23]

Jamais autant d'adolescents n'ont

[01:09:24]

cherché leur place derriÚre un écran.

[01:09:27]

C'est ça qu'il faut se rappeler.

[01:09:28]

Internet peut sauver des vies,

[01:09:30]

mais ce mĂȘme besoin d'appartenance

[01:09:32]

a permis Ă  764 d'exister.

[01:09:34]

LĂ  oĂč certains trouvent du soutien,

[01:09:36]

et bien d'autres croisent un prédateur.

[01:09:38]

Exactement. Alors Ă  qui revient

[01:09:40]

la responsabilité? C'est un peu là-dessus

[01:09:42]

que je voulais conclure aux

[01:09:44]

plateformes, aux parents, aux écoles.

[01:09:46]

Il n'y a pas de réponse simple.

[01:09:49]

764 n'est pas qu'un simple réseau.

[01:09:51]

C'est le vide entre

[01:09:53]

des jeunes en quĂȘte de sens

[01:09:55]

et des adultes dépassés

[01:09:56]

par la technologie.

[01:09:58]

Comme le résume un psychologue,

[01:10:00]

le plus grand défi ne sera pas de

[01:10:01]

fermer 764, mais de réparer

[01:10:04]

la confiance d'une génération.

[01:10:05]

Ah ben oui, parce qu'il va en avoir d'autres.

[01:10:07]

Bien sûr. J'avais trouvé ça tellement

[01:10:10]

bon comme citation.

[01:10:12]

Et c'est là qu'on revient à Samuel Hervé

[01:10:14]

Ă  cette photo sur un frigo.

[01:10:16]

Son histoire tragique est un avertissement.

[01:10:19]

DerriĂšre chaque pseudonyme, et bien il y a

[01:10:20]

un ĂȘtre humain. Et derriĂšre chaque clic,

[01:10:22]

il y a des conséquences réelles

[01:10:24]

qui peuvent ĂȘtre irrĂ©versibles.

[01:10:26]

Donc c'est toute

[01:10:28]

qu'une histoire. Oui, toute qu'une histoire.

[01:10:30]

Puis comment prévenir?

[01:10:32]

Ça revient un peu Ă  ça. On essaie d'ĂȘtre

[01:10:34]

des bons citoyens numériques, puis à

[01:10:36]

la distorsion de former des bons citoyens numériques.

[01:10:39]

Comment tu peux prévenir

[01:10:40]

ça? À part dire aux

[01:10:42]

jeunes, aux ados, aux enfants,

[01:10:45]

de se méfier,

[01:10:47]

puis de se over méfier, parce

[01:10:48]

qu'il t'attire avec des compliments,

[01:10:51]

avec des discussions sur des sujets

[01:10:52]

que tu aimes. Donc ça commence un peu

[01:10:54]

comme ça le gaslighting.

[01:10:57]

Est-ce que

[01:10:58]

c'est sûr que ça passe par l'éducation.

[01:11:01]

Faut vraiment dire

[01:11:02]

aux jeunes de se méfier,

[01:11:04]

de tout le monde, mĂȘme ceux qui

[01:11:06]

te donnent des compliments et autres.

[01:11:09]

Parce qu'elle est lĂ  l'accroche,

[01:11:10]

une fois qu'ils sont accrochés,

[01:11:12]

c'est lĂ  que la manipulation commence.

[01:11:14]

Oui, oui, exact. Mais j'ai l'impression aussi

[01:11:16]

qu'ils doivent ĂȘtre capables de repĂ©rer des jeunes

[01:11:19]

vulnérables aussi, ceux qui ont moins

[01:11:20]

d'attention de leurs parents. Parce que

[01:11:22]

j'ai l'impression que, puis je veux pas

[01:11:23]

mettre, je pense qu'il y a d'autres

[01:11:26]

jeunes aussi qui ont des bons parents qui sont tombés là-dedans.

[01:11:29]

Parce que faire partie d'un

[01:11:30]

groupe, peu importe que t'aies bien,

[01:11:32]

mais j'ai l'impression aussi que

[01:11:34]

des gens qui avaient moins de

[01:11:36]

soutien de leurs parents, moins d'entourage

[01:11:38]

de retrouver une communauté comme ça

[01:11:40]

en ligne, ça aide,

[01:11:42]

ça attire aussi des gens vulnérables.

[01:11:45]

Oui, tout Ă  fait.

[01:11:46]

Mais est-ce qu'il faut

[01:11:48]

approuver toutes les communications, toutes les

[01:11:50]

amis que nos enfants

[01:11:52]

ou nos ados

[01:11:53]

se font sur les réseaux sociaux?

[01:11:56]

Parce que ça arrive

[01:11:58]

sur Instagram, ça arrive sur

[01:11:59]

Ziktok, ça arrive sur toutes les plateformes,

[01:12:02]

des tentatives

[01:12:04]

d'intimidation

[01:12:06]

aux domaines de chantages.

[01:12:07]

Oui, oui, tu as raison, puis mĂȘme comme on peut,

[01:12:09]

ça va jusqu'aux jeux en ligne.

[01:12:11]

C'est que ça devient impossible à monitorer pour les parents.

[01:12:15]

HonnĂȘtement,

[01:12:16]

de faire le tour de toutes les logs,

[01:12:19]

quand j'étais plus jeune,

[01:12:19]

je surveillais plus, mais lĂ , moins,

[01:12:22]

puis des fois, elle me parle, plus vieille,

[01:12:24]

mais j'avoue que je pourrais pas

[01:12:26]

tout surveiller, je peux pas tout surveiller.

[01:12:28]

On peut pas, faut faire confiance.

[01:12:30]

En plus, le problĂšme,

[01:12:32]

s'il arrive quelque chose,

[01:12:33]

ils sont tellement gĂȘnĂ©s qu'ils veulent pas en parler.

[01:12:36]

Ben, exact.

[01:12:36]

Ça, souvent, je pense que

[01:12:38]

c'est dur d'avoir confiance en tes parents

[01:12:41]

quand des choses comme ça arrivent,

[01:12:43]

t'es tellement honte de toi, ou tout ça,

[01:12:44]

t'as peur de te faire chicaner, ou...

[01:12:46]

Tu veux gĂ©rer ça toi-mĂȘme.

[01:12:47]

Oui, exact, exact. Ça aussi, je pense,

[01:12:49]

ça doit amplifier un peu ça,

[01:12:53]

le fait de pas vouloir en parler Ă  tes parents,

[01:12:55]

surtout qu'il y a eu une menace de ça aussi.

[01:12:57]

C'est...

[01:12:59]

J'ai l'impression

[01:13:00]

qu'il y a, comme tu dis,

[01:13:02]

la seule solution, c'est l'éducation,

[01:13:04]

mais un peu comme n'importe quoi, on n'arrivera jamais,

[01:13:06]

je pense, Ă  mettre le couvert sur la marmite

[01:13:10]

de tous ces phénomÚnes-là.

[01:13:13]

Ah, c'est clair.

[01:13:13]

Mais lĂ , les plateformes sont plus...

[01:13:15]

On va espérer qu'il y a des meilleurs outils,

[01:13:17]

puis que les autorités aussi sont plus

[01:13:18]

conscientes toutes de ça. Ça me fait penser

[01:13:20]

un peu au premier cas de sextorsion

[01:13:22]

avec Amen, peut-ĂȘtre pas le premier,

[01:13:24]

mais avec Amen Dothod,

[01:13:25]

oĂč les autoritĂ©s savaient pas trop comment rĂ©agir.

[01:13:28]

Ça, dans le sens que lĂ , le FBI s'est rĂ©veillĂ©,

[01:13:31]

mais ça a pris du temps.

[01:13:33]

Il faut que les plaintes s'accumulent.

[01:13:35]

Il y a tout ça aussi.

[01:13:36]

Avant qu'eux

[01:13:39]

le savent,

[01:13:40]

avant qu'eux soient mis au courant,

[01:13:42]

ça a le temps de développer.

[01:13:44]

C'est vraiment ardu.

[01:13:46]

Au-delà de ça, je pense qu'il faut

[01:13:47]

bĂątir la confiance en soi de nos enfants,

[01:13:50]

de nos ados, de sorte qu'ils n'aient pas

[01:13:52]

cherché de l'approbation auprÚs d'inconnus en ligne.

[01:13:55]

TrĂšs bien dit.

[01:13:55]

Mais c'est tellement pas évident à faire.

[01:13:58]

J'ai envie de vous lancer

[01:13:59]

la question, les distordus.

[01:14:01]

Dites-nous lĂ , si vous ĂȘtes parent d'ados

[01:14:03]

ou d'enfants qui commencent Ă  avoir

[01:14:05]

des conversations en ligne ou Ă  jouer

[01:14:07]

Ă  des jeux en ligne, comment vous faites

[01:14:09]

pour tenter de prévenir ça? Comment vous faites

[01:14:11]

pour... Est-ce que vous surveillez

[01:14:13]

leur communication? Est-ce que vous approuvez leur demande

[01:14:15]

d'amis? Est-ce que votre enfant

[01:14:17]

a une assez bonne relation avec vous pour vous

[01:14:19]

montrer les conversations

[01:14:21]

qu'il a avec des gens en ligne?

[01:14:23]

Je serais curieux de savoir, dites-nous lĂ , peu importe

[01:14:25]

oĂč, sur Spotify, vous pouvez mettre un commentaire

[01:14:27]

ou ailleurs sur les réseaux sociaux.

[01:14:30]

Je pense mĂȘme, peut-ĂȘtre mĂȘme,

[01:14:31]

mettre une petite question dans notre feed

[01:14:33]

Spotify. Mais on veut le savoir.

[01:14:35]

On veut le savoir. Entre-temps,

[01:14:37]

Seb, pour l'After Show

[01:14:39]

sur Patreon, tu nous réserves

[01:14:41]

une histoire autour de Terrogram,

[01:14:43]

donc le cÎté sombre de Telegram.

[01:14:45]

On en a parlé quelques fois. Mais là,

[01:14:47]

je pense que tu vas nous en mettre encore plein

[01:14:49]

les oreilles avec une histoire

[01:14:51]

troublante. Donc,

[01:14:53]

super. On surveille ça en After Show

[01:14:55]

sur Patreon. Merci

[01:14:57]

Ă  vous, chers distordus. Vous savez

[01:14:59]

oĂč nous trouver. On est partout. On est sur

[01:15:01]

YouTube, TikTok, Instagram,

[01:15:03]

Facebook. On a un groupe privé de discussion

[01:15:05]

aussi sur Facebook. On est sur Discord.

[01:15:07]

Mais faites-vous-en pas. On n'a pas de satanisme

[01:15:09]

du moins, pas Ă  vouer, sur notre

[01:15:11]

groupe Discord. Et

[01:15:13]

merci Ă  toi, Seb. Merci Ă  notre

[01:15:15]

super équipe de recherchistes qu'on adore.

[01:15:17]

Merci à André Beaupré, notre monteur,

[01:15:19]

fidÚle monteur depuis plusieurs années déjà.

[01:15:22]

Et merci Ă  nos membres Patreon,

[01:15:24]

véritables actionnaires de distortion.

[01:15:26]

Et c'est lĂ  qu'on est rendu, Seb.

[01:15:27]

On a quelques shout-out Ă  donner. Je te laisse

[01:15:29]

y aller. Oui, beaucoup d'amour

[01:15:31]

Ă  Philippe PG,

[01:15:33]

Alison M, Ă  Minnie, Ă 

[01:15:35]

Dispods, à Sébastien J

[01:15:37]

et Ă  Roselyne D. L.

[01:15:40]

Un gros cĂąlin Ă 

[01:15:41]

Natasha L, Ă  Lucy

[01:15:43]

L. C., Ă  Bianca,

[01:15:45]

Ă  Esther et Ă  Sandra.

[01:15:47]

Et je poursuis l'amour

[01:15:49]

Ă  Amy FM, Ă 

[01:15:51]

Joé, Frédéric B,

[01:15:53]

Bianca B et M.

[01:15:55]

Un bon high-five Ă 

[01:15:57]

Christian D, Ă  Marie-Christine R,

[01:16:00]

Marie-Claude L,

[01:16:01]

à Mélissa M et à Catherine

[01:16:03]

S. Et je poursuis

[01:16:05]

l'amour Ă  Jennifer L,

[01:16:07]

Elsa D, Clément M,

[01:16:10]

Caroline et Alexandre

[01:16:12]

D.

[01:16:14]

Encore une fois, une bonne

[01:16:17]

soirée à Marie-Claude, à

[01:16:17]

Steph, à Amélie L,

[01:16:19]

à Valérie L. C.,

[01:16:21]

Ă  Jenny 97

[01:16:23]

et Ă  Marie-Mise.

[01:16:32]

Terminé, Seb, aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?

[01:16:35]

À l'Ăšre numĂ©rique,

[01:16:37]

un simple serveur peut devenir un empire

[01:16:38]

de peur. DerriĂšre, chaque pseudo

[01:16:41]

se cache un ĂȘtre humain. DerriĂšre,

[01:16:43]

chaque avatar un destin.

[01:16:45]

Si un banal code postal

[01:16:46]

a pu engendrer un réseau mondial

[01:16:48]

de manipulations et demandes,

[01:16:50]

et bien, demandez-vous Ă  quel point

[01:16:52]

nous sommes tous vulnérables.

[01:16:54]

C'était Poetic.

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