Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.
[00:10]
Nous sommes déjà à cette époque de l'année où les esprits malfamés, les tueurs en série ou encore les événements paranormaux se manifestent.
[00:20]
Il s'agit aussi de cette époque où vos podcasteurs préférés se manifestent et vous présentent des histoires qui feront supurer de tous vos orifices purulents les frissons de vos peurs les plus intimes.
[00:31]
Ce soir, trois histoires inédites jamais abordées dans nos podcasts, qui mélangent faits historiques et technologies, vous feront rester éveillés tout au long de la nuit, c'est garanti.
[00:43]
Préparez-vous un petit verre de bière, de whisky ou de tisane, enrobez-vous d'une couverture avec votre chat, verrouillez bien vos portes et vos fenêtres, dites à vos proches que vous les aimez, car voici le spécial Halloween de Distortion et Ars Morandi.
[01:43]
Comment ça va les gars? Sébastien Évac, Simon Prej, retour de la table ce soir.
[01:48]
Salut!
[01:48]
Ça va bien vous autres?
[01:50]
Ben oui!
[01:51]
C'est peurant de vous voir!
[01:54]
Oui, toujours un petit moment spécial cet épisode d'Halloween, c'est toujours pour nous une raison, on se force pour revoir Simon, comme ça ça nous donne une raison, une raison pour le revoir, boire une petite bière avec lui et raconter des histoires.
[02:10]
On revient, on est des hommes de tradition, donc je crois que c'est ça.
[02:13]
C'est comme d'apprendre que vous devez vous forcer pour me revoir.
[02:16]
C'est pas ça le point Simon, c'est pas ça le point.
[02:18]
Ça doit faire environ 5 ans qu'on fait ce spécial-là, ça fait-tu déjà 5 ans qu'on l'a pas fait de notre première saison?
[02:24]
La première année!
[02:24]
On connaissait pas Simon, ça doit faire 4 fois environ.
[02:27]
C'est oui au minimum, oui ça fait au moins 4 fois, plus le spécial Noël.
[02:32]
Oui c'est vrai!
[02:33]
Des beaux cadeaux!
[02:34]
Puis à chaque année en fait, il y a toujours des histoires qu'on raconte qui demeurent parmi les préférées de nos auditeurs.
[02:42]
Souvent les gens nous reviennent avec, même encore cette année les gens nous revenaient avec, vous vous rappelez, ce cas de hanties sur Facebook.
[02:51]
Oui, oui, Messenger.
[02:52]
Oui exactement, sur Facebook, Messenger.
[02:54]
Donc encore une fois cette année, on a un bel amalgame d'histoires qu'on connaît pas.
[02:59]
En fait, c'est une surprise pour chacun d'entre nous ce soir, c'est ça le concept un peu.
[03:03]
Exact.
[03:03]
Parce que c'est ça, on s'en fait parler beaucoup des spéciales Halloween, on dirait que c'est en train de devenir notre spécial Halloween comme avec les Simpsons.
[03:10]
Ça devient une tradition puis quand ils l'ont pas, ils sont pas contents, on aimerait bien s'arrêter mais vous arrêtez pas d'appeler.
[03:19]
Exactement.
[03:20]
Et ce soir justement, pour nous hydrater pendant ce spécial là, pendant toutes ces histoires, nous on boit la bière à la citrouille de la brasserie Luxe à 6.5% d'alcool.
[03:32]
C'est une bière en brie qui est une aile brassée avec de la citrouille, de la cannelle, du piment de la Jamaïque aussi, on sent un petit peu quand même épicé, de la noix de muscade et des clous de girofle.
[03:43]
Et de qui est-ce que ça nous vient cette bière-là, mon Seb?
[03:45]
Cette bière-là nous a été offert par Pamela qui est de notre communauté Patreon et Discord qui est très active.
[03:53]
Donc on te remercie énormément de ce don, de cette tournée de bière que je sais que tu as fait depuis longtemps.
[03:58]
Donc merci à toi, grâce à toi ce soir on pourra boire une bonne bière d'Halloween.
[04:04]
Exactement et je crois qu'on avait même une review 5 étoiles.
[04:07]
Oh bien sûr, on déroge pas des traditions. On a reçu une review 5 étoiles sur Apple Podcast.
[04:15]
De la part de Pascal qui nous dit, je vous suis depuis le début de votre aventure et j'espère que vous allez faire ce podcast jusqu'à la fin des temps.
[04:25]
Yes, j'espère vivre jusqu'à la fin des temps.
[04:27]
Oui, moi aussi.
[04:29]
Et il conclut en nous disant, ma seule déception, les épisodes sont trop courts, j'en prendrais encore plus.
[04:35]
Faut s'abonner à Patreon pour avoir les after-shows.
[04:38]
Oui, là on en a reçu.
[04:39]
Ars Moriendi, j'ai reçu des beaux commentaires cette semaine.
[04:42]
Cette semaine, j'ai Ginette qui m'écrit qui me dit, Simon, je n'ai toujours pas reçu l'argent de ton louer.
[04:48]
Ah non, ok, bon ça on repassera, mais des fois j'en reçois des beaux là.
[04:52]
Et on a reçu d'ailleurs nous un commentaire sur Twitter cette semaine.
[04:55]
On a reçu Simon qui nous disait, j'ai vraiment arrêté de vous écouter après votre épisode avec la fille dans la boîte.
[05:01]
C'était trop effrayant.
[05:04]
Mais on n'a jamais fait d'épisode sur une fille dans la boîte, c'est Ars Moriendi.
[05:08]
Oui, c'est moi ça.
[05:09]
Donc merci Simon d'avoir découragé une de nos auditrices.
[05:12]
Je suis toujours là pour ça, vous connaissez.
[05:15]
Yes, la maison d'honneur est pas loin.
[05:17]
Pour ceux qui ne connaissent pas Simon Prej, c'est notre grand ami.
[05:20]
Et évidemment c'est l'animateur de Ars Moriendi, un des plus légendaires podcasts de mystère et d'enquête québécois.
[05:28]
Non mais un peu là quand même.
[05:29]
Mais aussi Simon, t'es plus que ça, t'es un homme multimédia.
[05:32]
Par nous un peu là, en quelques lignes de ce que tu fais sur Friisson TV.
[05:36]
Ah ben oui, la chaîne Friisson TV qui est une chaîne câblée de cinéma d'horreur au Québec, c'est la seule chaîne télé indépendante qui reste au Canada.
[05:46]
Moi j'anime, j'écris et j'anime une émission sur les films nanars sur Friisson, c'est-à-dire les mauvais films, tellement mauvais qu'ils deviennent divertissants.
[05:56]
On décortique les films, je fais un peu d'histoires du cinéma d'horreur à travers ça.
[06:00]
Je suis aussi chargé de projets donc on travaille toujours sur des nouvelles émissions à venir, puis des nouvelles programmations.
[06:06]
Sinon ben je suis content d'être là les boys.
[06:09]
La distorsion a eu une présence à Toronto Show.
[06:13]
C'était bien fun pour le film Arcade, un film de réalité virtuelle qui amène ton âme dans le monde digital.
[06:26]
J'avais aimé ça me replonger là-dedans dans ce si mauvais film.
[06:30]
Avec des graphiques volés à Tron.
[06:32]
C'est des bonnes années le début des années 80 pour ce genre de film.
[06:36]
La technologie un peu visionnaire comme on la voyait à l'époque.
[06:40]
J'aime ça les mauvais films, ça me fait bien rire. J'aime ça juger les gens je pense.
[06:46]
Donc même principe que les années passées, on a sélectionné trois histoires.
[06:52]
On garde Simon en sandwich, donc on a tiré au sort, c'est moi qui ai l'honneur de commencer ce soir.
[06:58]
Après Simon est terminé avec Seb qui apparemment a peut-être l'histoire la plus meurtrière de la soirée.
[07:06]
Donc si on est prêt les gars, on se lance pieds joints dans ce spécial Halloween.
[07:18]
Donc je me lance les gars pour ma première histoire.
[07:23]
Vous savez que moi j'ai une petite passion pour ce qu'on appelle le Ghost in the Machine.
[07:28]
Vous savez, lorsqu'on retrouve du paranormal dans les objets technologiques, les ordinateurs hantés, les téléphones, ces choses là.
[07:36]
Et aujourd'hui en fait c'est une histoire qui touche un peu à ce sujet là et qui est très dans l'air du temps.
[07:43]
Vous allez voir, on va parler d'intelligence artificielle mais en plus d'art numérique généré par intelligence artificielle.
[07:50]
Donc une chose qu'on voit beaucoup.
[07:52]
Bien sûr, autant dans nos voitures, dans nos maisons, dans notre vie de tous les jours, dans les logiciels qu'on utilise, dans nos ordinateurs.
[07:59]
On retrouve plusieurs formes d'intelligence artificielle.
[08:02]
Mais plus récemment, au cours de la dernière année, on a vu une énorme progression du côté des générateurs d'images pilotés par intelligence artificielle.
[08:11]
Je vous parle de systèmes comme Dali par exemple, comme Mid Journey qu'on a aussi expérimenté moi et Seb dans le cadre de la distorsion.
[08:19]
Oui, on a fait un TikTok d'ailleurs là-dessus sur nos expérimentations avec Mid Journey.
[08:25]
D'ailleurs aussi, pour la nouvelle émission à Frisson TV animée par Benoît Mercier, des mystérieux étonnants.
[08:31]
L'émission en entrentien avec, dans lequel il reçoit des personnages qui ont marqué le monde de l'horreur au Québec.
[08:38]
Dans notre décor, on a mis des cadres.
[08:40]
Tu sais, c'est une espèce d'ambiance, une vieille taverne irlandaise.
[08:43]
On a mis des cadres sur le mur et toutes les pièces, dans le fond, les images qu'on a mis dans les cadres, c'est toutes des images qu'on a générées par AI.
[08:54]
On le voit de plus en plus, il y a des concours même d'images générées par AI.
[09:00]
Il y a aussi Stable Diffusion qui est un des systèmes d'intelligence artificielle de ce créneau-là qui gagne en popularité aussi.
[09:08]
Ça a vraiment chamboulé le milieu artistique depuis leur arrivée cette année.
[09:16]
Ces systèmes-là ont vraiment perturbé 2022.
[09:19]
Selon moi, c'est une des plus grandes progressions technologiques qu'on a eues.
[09:22]
On croyait que les NFT allaient l'être au début de l'année, mais avec la chute des cryptos, on se rend compte qu'il y a eu une porte ouverte et c'est là qu'on a vu les mid-journées d'Ali et autres arriver.
[09:33]
C'est parce que là, il y a des artistes qui ont peur de perdre leur job.
[09:36]
Si un ordi peut le faire gratuitement, pourquoi est-ce qu'on ne paiera un artiste de quelques centaines de dollars?
[09:41]
Tout à fait. Ça amène plusieurs débats éthiques autour de ces systèmes-là qui prennent place dans plusieurs sphères de la société.
[09:49]
À ce stade-ci, ces générateurs d'images s'inspirent de ce qui a déjà été créé, entre autres ce qu'elle va trouver sur Google et ce qui a déjà été créé par les communautés d'utilisateurs.
[09:59]
La machine apprend d'elle-même selon ce qu'elle crée et selon ce que les internautes lui demandent de créer.
[10:05]
C'est un peu en constante évolution.
[10:07]
Il s'agit donc d'un art basé sur des idées déjà existantes qui se mélangent entre elles.
[10:12]
La plupart de ces systèmes fonctionnent par commandes que l'on tape sur son clavier, parfois sur Discord comme dans le cas de Mid-Journey.
[10:19]
Et selon la précision de la commande, l'AI se met au travail et génère des images.
[10:25]
C'est la précision des commandes qui font en sorte que les images créées vont être plus précises ou plus de qualité, par exemple.
[10:32]
Plus la machine effectue de commande de la part des internautes, plus elle apprend.
[10:36]
Mais est-ce possible que la machine dépasse même les commandes des humains, parfois?
[10:41]
Ou encore, est-ce possible d'éveiller un côté sombre au cœur de la machine?
[10:47]
Nous sommes tous régulièrement étonnés par les capacités de l'intelligence artificielle en matière d'écriture et de création.
[10:55]
Mais qui aurait cru qu'elle avait une telle capacité à inspirer l'horreur?
[10:58]
Là, je vais vous parler d'une découverte effrayante qu'un chercheur en intelligence artificielle a fait,
[11:06]
qui vraiment laisse croire que même la machine est hantée par une figure horrifiante.
[11:12]
On parle d'une femme mystérieuse et troublante, au visage sanglant désormais connu sous le nom de LOAB.
[11:21]
Et ce système d'intelligence artificielle-là, est-ce qu'il est vraiment hanté par cette femme-là?
[11:26]
Ou est-ce que LOAB est plutôt une confluence aléatoire d'images qui apparaissent dans diverses circonstances étranges?
[11:35]
Bonne question. Vous allez voir, je vais vous en parler et c'est assez terrifiant.
[11:40]
Tout d'abord, je vais vous parler un peu de ce qu'est un espace latent dans le monde de l'intelligence artificielle.
[11:46]
Parce que c'est là où se retrouve à quelque part LOAB et ses espèces de formes.
[11:53]
Simon vient de nous montrer une photo, il vient de googler.
[11:56]
On va vous décrire ça du mieux qu'on peut en format audio.
[12:00]
C'est un beau lapsus.
[12:03]
Donc, un espace latent, en fait, c'est un ensemble d'objets dans lequel les objets qui se ressemblent plus sont positionnés plus près les uns des autres.
[12:12]
Donc, la position dans l'espace latent peut être considérée comme étant définie par un ensemble de variables latentes qui émergent des ressemblances entre les objets.
[12:21]
Si vous me suivez toujours, la position de chaque objet peut évoluer et elle est variable selon les ressemblances entre les différents objets.
[12:31]
Donc, on peut imaginer que si je fais une comparaison grossière, par exemple un visage de femme blonde au cheveux court avec des yeux verts, par exemple, va être très près d'un autre visage qui ressemble.
[12:50]
Et c'est comme ça que l'intelligence artificielle fonctionne dans son espace latent.
[12:54]
C'est qu'elle va classer des objets de même similitude physique ensemble.
[13:00]
Et vous allez voir où ça va nous amener tout ça.
[13:04]
On comprend que l'espace latent est infini d'une certaine façon, c'est-à-dire qu'il grandit plus vite que notre faculté à le parcourir.
[13:12]
Donc ça, c'est intéressant. On ne pourra jamais faire le tour de tout ça étant donné que ça grandit tellement.
[13:17]
Un peu comme les saisons de Virginie, jusqu'à ce que ça s'arrête heureusement.
[13:21]
Oui, ça s'est arrêté. Je pense que c'est possible encore de les parcourir au complet.
[13:28]
Oui, mais à quel prix? C'est au prix de la santé mentale.
[13:32]
Il s'agit certainement de la deuxième hypothèse, c'est-à-dire que le cas de l'aube de cette femme-là est sans doute un résultat de la confluence des images qui arrivent dans cet espace latent.
[13:45]
Mais c'est aussi potentiellement une indication que ce qui se passe dans un cerveau d'une AI est plus profond et plus effrayant que nous aurions pu l'imaginer.
[13:56]
C'est-à-dire que étant donné que l'espace latent d'une intelligence artificielle est un peu infini, est-ce qu'ils n'ont pas la capacité d'imaginer des images encore plus terrifiantes que ce que nous on peut?
[14:08]
Bien oui, parce que notre imagination est basée sur ce qu'on a déjà vu ou on est capable d'extrapoler, mais ça reste quand même souvent des choses qu'on a déjà vues.
[14:18]
Ou un mélange. On va se faire une idée basée sur ce qu'on connaît, forcément.
[14:23]
Exact, l'intelligence artificielle, c'est la même chose, sauf que comme tu dis, c'est 15 plus, les bases de données sont infinies, donc j'imagine que ça pointe vers là.
[14:32]
Et pourtant, il n'y a pas de limite à ce que je peux imaginer de terrifiant.
[14:39]
Si on n'en doute pas.
[14:41]
Je vous ramène à l'histoire.
[14:43]
Loeb, qui est cette femme mystérieuse, a été découvert le 6 septembre 2022 par une musicienne et artiste connue sous le nom de Supercomposite sur Twitter.
[14:53]
Elle a expliqué le phénomène de Loeb dans un fil de discussion qui a suscité beaucoup d'attention sur Twitter et ailleurs aussi. Vous pouvez tout retrouver, c'est encore public.
[15:02]
Et ça ne fait pas si longtemps, le 6 septembre. C'est quand même assez récent.
[15:07]
Supercomposite s'amusait avec un système d'AI à commande, un peu comme les autres, le mid-journey, pour tenter d'expérimenter des commandes négatives.
[15:19]
Normalement, quand on donne une commande au modèle, il s'efforce de créer une image qui correspond.
[15:23]
Si vous avez une seule commande, elle a un poids d'une valeur de 1, ce qui signifie que c'est la seule chose vers laquelle le modèle travaille.
[15:31]
Vous pouvez également diviser les commandes. On peut dire, par exemple, je recherche, ça peut être aussi loufoque, un homme vêtu d'un manteau rouge qui marche dans les rues de l'ombre dans un style surréaliste.
[15:44]
Ça va ressembler à ça, une commande qu'on va donner à un de ces systèmes-là.
[15:50]
Mais c'est aussi possible de paramétrer ces commandes-là avec des chiffres et de diviser les commandes.
[15:55]
On peut, par exemple, dire « Montgolfière 0.5 » ou « Orage 0.5 », et le modèle va travailler sur ces deux choses.
[16:05]
Donc, sur la partie linguistique, évidemment, mais aussi avec la partie du chiffre qui va, d'une certaine façon, diviser les résultats ou aller à l'encontre.
[16:15]
Vous allez voir, c'est un peu absurde ce que je vous dis, mais vous allez comprendre.
[16:18]
Ce qui est intéressant, c'est qu'on peut aussi avoir des commandes négatives, ce qui amène le système à s'éloigner de ce concept le plus possible.
[16:27]
Et ce processus est beaucoup moins prévisible parce que personne ne sait comment les données sont réellement organisées dans ces systèmes-là.
[16:34]
Donc, personne ne sait quel est l'opposé de quelque chose.
[16:38]
Ainsi, si on demande à l'AI une image d'un visage, vous vous retrouverez quelque part au milieu du cerveau de l'AI qui contient toutes les images de visage
[16:48]
et obtiendrait l'image d'un visage moyen sans particularité, quelque chose de bien normal par exemple.
[16:54]
Avec une commande plus spécifique, on va se retrouver par exemple dans des visages foncés ou des visages de profil, de côté, de face,
[17:01]
mais avec une commande à pondération négative, vous faites le contraire en fait.
[17:06]
On fuit ce concept. Mais quel est le contraire par exemple de visage ou des pieds ou de l'arrière de la tête?
[17:13]
C'est dur pour nous de le figurer en fait.
[17:16]
Bien que nous puissions débattre entre nous, dans un modèle d'apprentissage automatique,
[17:20]
la décision a été prise au cours du processus d'apprentissage, ce qui signifie que,
[17:25]
quelles que soient les concepts visuels et linguistiques encodés dans la mémoire,
[17:29]
il est possible de naviguer de manière cohérente même s'ils sont un peu arbitraires.
[17:35]
Supercomposite, je reviens à notre artiste sur Twitter, a joué avec cette idée de navigation dans l'espace latin
[17:41]
en donnant la commande brando égal moins un, en référence à Marlon Brando, l'acteur,
[17:47]
ce qui a permis au modèle de produire ce qu'il pensait être le contraire de Brando.
[17:52]
Et là, il a produit un logo bizarre avec une ligne d'horizon, on dirait des, comment dire, des buildings,
[18:00]
des gratte-ciels, avec un texte absurde mais qui est aussi lisible, qui semble être écrit «digita pentix».
[18:09]
Tiens, je vous l'amende sur mon laptop, mais on est loin du visage de Marlon Brando,
[18:15]
donc ça, ça serait cette image-là qui a l'air limite dessinée par un enfant,
[18:19]
serait l'équivalent de l'opposé de Marlon Brando.
[18:24]
Ah, ça là, je trouve ça fascinant.
[18:26]
C'est fascinant.
[18:27]
Parce que je ne sais pas encore où est-ce que tu t'en vas avec ça, mais ça là, c'est fascinant.
[18:32]
Comment que lui a compris, comment que lui, c'est quoi son calcul mathématique
[18:37]
pour arriver avec cette conclusion-là, c'est intéressant parce que ça nous dépasse.
[18:42]
Ben oui, est-ce que c'est des films, des films qu'il n'a pas fait,
[18:46]
en tout cas des affiches de films en fait, étant donné que c'est plus graphique.
[18:50]
Basé sur quoi?
[18:51]
Oui, oui, c'est ça.
[18:52]
Et en même temps, une affiche de films de Brando, c'est ça, une affiche de films de Brando,
[18:56]
c'est pas le contraire de Brando, ça, qu'est-ce que ça veut dire?
[19:00]
Exact.
[19:00]
C'est ça qui est de valeur avec le AI, pour l'instant, dès qu'on a le résultat,
[19:05]
on peut pas y demander qu'est-ce que tu voulais dire par là.
[19:08]
Oui, décompiler, oui, décompiler son processus.
[19:10]
Donc là, on part de Brando, une photo de son visage, tout ça,
[19:17]
et là on tombe avec quelque chose qui ressemble plus à un logo, en fait,
[19:20]
qui est très à plat, deux dimensions, comme je vous dis,
[19:25]
on dirait que c'est dessiné par un enfant.
[19:28]
Mais l'organisation des concepts du modèle n'aurait pas forcément de sens pour nous.
[19:34]
Et Supercomposite, étant curieuse, elle s'est demandé si elle pouvait inverser le processus.
[19:39]
Alors, elle a mis la commande, en fait, elle a tenté de décortiquer ce dessin-là,
[19:45]
elle a mis le logo de la ligne d'horizon de Digita Pentix.
[19:49]
Donc, elle a comme décrit en mots cette espèce de logo-là,
[19:53]
donc la ligne d'horizon qui est la ligne avec les buildings et tout ça,
[19:56]
on dirait qu'il y a même un genre de CN Tower,
[19:59]
ou l'espèce de Tour Asiatale qui est là-dessus,
[20:01]
puis elle a écrit le mot qu'on voit, le Digita Pentix, là-dessus.
[20:06]
Et là, elle s'est dit, bien, si cette image était l'opposé de Brando,
[20:09]
peut-être que l'inverse est aussi vrai,
[20:11]
puis qu'elle trouverait son chemin vers une photo de Marlon Brando, tu sais.
[20:16]
Mais au lieu de ça, elle a eu ceci.
[20:19]
Donc, elle a eu un visage de femme, seulement à toi, Simon aussi,
[20:26]
vraiment un visage de femme avec les joues ensanglantées,
[20:31]
comme si elle avait été battue.
[20:33]
C'est un peu terrifiant, elle est habillée,
[20:36]
elle a les cheveux, en fait, aux épaules, des cheveux bruns,
[20:39]
un regard vraiment troublant.
[20:41]
Elle a aussi, comment dire, les os de la manchoire sous le nez,
[20:45]
très, très caractéristiques.
[20:47]
Ça fait un triangle presque parfait, vous le savez,
[20:49]
les gens qui ont cette caractéristique-là,
[20:51]
le bone cheek, en français, j'arrive pas à le dire.
[20:54]
Et puis, dans cette photo-là, en fait,
[20:56]
il y a comme un papier-pain derrière elle qui est vert,
[20:59]
et on semble pouvoir lire justement les mots L-O-A-B,
[21:04]
donc l'aube, et l'autre mot, c'est pas clair,
[21:09]
c'est comme R-S-B-O-N, quelque chose comme ça.
[21:12]
Il y a quelques mots décrits,
[21:14]
donc c'est à partir de là qu'on l'a baptisée l'aube, cette femme-là.
[21:18]
Ah, voilà, OK.
[21:19]
Là, vous allez voir, ça s'arrête pas, c'est assez weird.
[21:22]
À plusieurs reprises, Supercomposite, la fille sur Twitter,
[21:27]
l'artiste, elle a soumis son message négatif
[21:29]
avec la ligne d'horizon et le mot le digita pentix
[21:32]
à plusieurs reprises, puis à chaque fois,
[21:35]
le modèle a intégré cette femme-là
[21:37]
avec les joues en sanglanté,
[21:39]
comme si elle était cachée à quelque part
[21:42]
dans les racoins de l'intelligence artificielle.
[21:44]
Incroyable.
[21:45]
Que s'est-il passé?
[21:47]
Supercomposite a expliqué comment le modèle
[21:49]
pourrait penser lorsqu'il reçoit un message négatif
[21:51]
pour un logo particulier
[21:53]
en poursuivant sa métaphore,
[21:55]
comme le précédente qu'elle nous expliquait avant.
[21:57]
Elle dit, vous commencez à courir
[21:59]
aussi vite que vous le pouvez pour vous éloigner
[22:01]
de la zone des logos, elle a dit,
[22:02]
parce qu'elle a tapé le logo avec le moins un,
[22:05]
donc l'opposé.
[22:07]
Et là, vous vous retrouvez peut-être
[22:08]
dans la zone des visages réalistes,
[22:10]
car elle est conceptuellement très éloignée des logos.
[22:13]
Vous continuez à courir
[22:14]
parce que vous ne vous souciez pas vraiment des visages.
[22:17]
Vous voulez juste vous éloigner le plus possible des logos.
[22:19]
Donc, quoi qu'il arrive,
[22:21]
vous finirez par vous retrouver
[22:22]
au bord de la carte. Un peu, quand on arrive
[22:24]
au bout du cercle, on arrive
[22:27]
au début, en fait.
[22:29]
Et l'aube, c'est comme le dernier
[22:30]
visage que tu vois avant de tomber
[22:33]
dans le néant. C'est un peu ça,
[22:35]
selon elle, sans l'explication.
[22:37]
Les commandes négatives, je reviens
[22:38]
à ça, ne produisent pas toujours
[22:40]
des erreurs et encore moins de façon
[22:42]
aussi fiable. Quiconque a joué avec
[22:44]
ces modèles d'image vous dira qu'il est peut-être assez
[22:46]
difficile d'obtenir des résultats cohérents,
[22:49]
même pour des messages très simples.
[22:50]
On l'a testé beaucoup, nous,
[22:52]
de notre côté.
[22:54]
Mais à chaque fois, en fait,
[22:56]
puis elle a essayé, je crois, plus de 40 fois
[22:58]
avec d'autres
[23:01]
mots, avec par exemple un robot
[23:02]
debout dans un champ. Et à chaque fois
[23:04]
qu'elle intégrait le mot
[23:06]
l'aube dont elle a baptisé
[23:08]
le visage, le personnage
[23:10]
de femme avec les joues en sanglanté
[23:12]
apparaît toujours. C'est comme si
[23:14]
c'était vraiment son
[23:17]
son... comment dire...
[23:19]
son surnom.
[23:20]
Elle a commencé à se dire
[23:22]
si un peu, vous vous rappelez
[23:24]
quand on était dans une salle de bain, on regardait
[23:26]
le miroir et on tentait
[23:29]
d'attirer
[23:30]
Bloody Mary ou
[23:31]
Bloody Mary ou quelque chose comme ça.
[23:34]
J'ai juste soulevé une question.
[23:37]
Si tu comprends ou je
[23:38]
m'en vais et que tu vas en parler,
[23:40]
coupe-moi, hésite pas.
[23:43]
Là, ils ont soulevé
[23:44]
cette question-là, de cette femme-là
[23:47]
ou sur Internet
[23:50]
ou est-ce
[23:50]
que le AI va chercher son information
[23:53]
sur Internet.
[23:54]
C'est sûr que tu commences à écrire l'aube
[23:56]
la femme va toujours popper. C'est
[23:59]
de notre faute, non?
[24:00]
C'est entre autres une partie de la
[24:02]
réponse. C'est sûr que ça contribue
[24:05]
à alimenter
[24:06]
la bêque. Oui, on en parle.
[24:08]
Plus le AI va le sortir au final.
[24:10]
Exact. Et ça se peut qu'une fois qu'il l'a généré
[24:12]
dans toute son indexation
[24:15]
de cette image-là, c'est sûr que tu associes
[24:17]
ce mot-là aussi. Maintenant, l'aube est associée.
[24:18]
Si d'autres gens le redemandent, ça doit renforcer
[24:21]
ce lien-là.
[24:22]
C'est exponentiel. À chaque fois qu'on le redemande,
[24:25]
ça revient. Ça devient un personnage
[24:27]
qui prend une place
[24:28]
et qui n'avait pas auparavant.
[24:30]
Ben oui. Sauf qu'en fait,
[24:32]
c'est quand même assez particulier parce que
[24:34]
c'est quand même assez difficile d'arriver à deux
[24:37]
résultats pareils en utilisant
[24:39]
ces systèmes-là. C'est ça qui est
[24:41]
impressionnant. Si j'essaie Dark Web, par exemple,
[24:43]
je vais toujours avoir des images différentes.
[24:45]
Et là, il va s'avoir avec l'aube qui
[24:47]
était simplement un texte écrit
[24:49]
sur le poster.
[24:51]
En fait, on tombe toujours
[24:53]
sur une variation de cette femme-là.
[24:55]
C'est vrai.
[24:57]
C'est comme si
[24:59]
l'aube était un peu un
[25:01]
nom de code pour aller rechercher cette
[25:03]
figure-là, cette espèce de sorcière
[25:04]
qui hante l'AI. J'ai juste hâte
[25:06]
d'aller le tester. Oui.
[25:08]
Et parfois, des commandes plus complexes
[25:11]
ou combinées traitent une
[25:12]
partie comme une suggestion vraiment plus
[25:14]
libre. Mais celle qui inclut l'aube
[25:16]
semble non seulement dévier vers le
[25:18]
grotesque et l'horreur, mais
[25:20]
aussi l'inclure de manière très
[25:22]
reconnaissable. Qu'elle soit combinée à des
[25:24]
abeilles, par exemple, à des personnages
[25:26]
de jeux vidéo, à des styles de films
[25:28]
différents ou des abstractions,
[25:30]
l'aube est toujours au premier plan,
[25:32]
dominant la composition avec son visage
[25:34]
abimé, son expression neutre,
[25:36]
ses joues ensanglantées et ses
[25:39]
fameux os des
[25:41]
marchoirs qu'on voit constamment.
[25:43]
Il est très rare qu'une image
[25:44]
soit aussi cohérente que l'aube
[25:47]
et qu'elle hante d'autres images
[25:48]
comme elle le fait. Et Supercomposite
[25:50]
a spéculé sur les raisons de ce phénomène.
[25:53]
Elle nous dit « Je suppose que c'est
[25:54]
parce qu'elle est très éloignée de beaucoup
[25:56]
de concepts et qu'il est donc difficile
[25:58]
de sortir de sa petite zone
[26:00]
effrayante dans l'espace latin.
[26:02]
La question culturelle à savoir
[26:04]
pourquoi les données placent cette femme
[26:06]
tout au bord de l'espace latin
[26:08]
près des images d'horreur sanglante
[26:11]
est une autre chose à laquelle il faut
[26:12]
réfléchir », a-t-elle déclaré.
[26:14]
En combinant différents termes,
[26:16]
l'artiste arrive à des images
[26:18]
très dérangeantes, presque snuff
[26:20]
en fait. Je vais vous en montrer
[26:22]
quelques-uns.
[26:24]
Le tapis « The Angel All Way »,
[26:26]
un peu comme le chemin,
[26:28]
le hall des anges,
[26:30]
avec le mot « l'aube », et puis elle est tombée
[26:33]
sur des images où on croirait
[26:35]
que l'aube a complètement
[26:37]
poignardé quelqu'un.
[26:39]
On tombe vraiment dans le grotesque,
[26:41]
dans l'horreur assez
[26:43]
extrême.
[26:43]
C'est très trash quand même.
[26:45]
C'est très graphique.
[26:48]
Oui, c'est vraiment digne d'un film d'horreur.
[26:50]
Elle nous dit même qu'elle nous épargne
[26:53]
les pires images qu'elle a reçues.
[26:54]
Il y en a un autre aussi avec la même
[26:56]
commande où on dirait carrément
[26:58]
que l'aube a assassiné
[27:01]
un enfant. C'est très réaliste.
[27:04]
Oui, c'est moi qu'on dirait un enfant,
[27:06]
un tête d'enfant.
[27:07]
Il y a des systèmes d'intelligence
[27:09]
artificielle qui permettent de
[27:11]
combiner différentes images.
[27:13]
Encore une fois,
[27:16]
on appelle ça du « cross-breeding »,
[27:17]
un peu comme si on combinait
[27:20]
des...
[27:20]
Des respirations?
[27:22]
Non, « breeding », comme si on combinait
[27:26]
des races d'animaux ensemble.
[27:27]
Ah, ok, dans ce sens-là.
[27:28]
Oui, B-R-C-E-D.
[27:30]
En combinant d'autres images,
[27:33]
comme elle a combiné
[27:34]
une genre de poupée,
[27:35]
on retrouve encore une fois...
[27:37]
Là, c'est fou. On est comme dans
[27:40]
une texture de poupée, mais on reconnaît
[27:42]
quand même la femme avec
[27:44]
encore une fois les joues en sanglanté
[27:46]
puis les lignes.
[27:48]
Même chose ici, je ne sais pas avec
[27:49]
quelle autre image, mais là,
[27:52]
on dirait que l'aube
[27:53]
tient des genres de foetus.
[27:56]
C'est vrai qu'on la reconnaît un peu,
[27:58]
même si dans cette photo-là,
[27:59]
on dirait plutôt que son visage a passé
[28:01]
au feu plusieurs fois, mais on la reconnaît
[28:04]
par sa forme de la mâchoire
[28:05]
et peut-être la position de ses yeux aussi.
[28:08]
Il y a toujours des caractéristiques
[28:09]
qui reviennent. Ça, ça veut dire que
[28:11]
l'intelligence artificielle a découpé
[28:16]
plusieurs aspects
[28:17]
qui composent son visage
[28:19]
et l'a associé à elle
[28:20]
et qui est capable de reprendre
[28:22]
différents aspects et l'appliquer
[28:24]
dans d'autres contextes. On dirait
[28:27]
que son espace
[28:29]
est seulement dans le monde
[28:30]
de l'horreur.
[28:32]
Je ne sais pas si à force de demander
[28:35]
pourquoi
[28:35]
qu'elle a une tangente si prononcée.
[28:39]
Et si,
[28:40]
à force de travailler sur des
[28:41]
AI et des ordinateurs toujours plus puissants,
[28:45]
là, le AI
[28:46]
a pris le contrôle. Au début,
[28:48]
on a eu des articles
[28:49]
« Mon Dieu, ce AI compose une chanson,
[28:52]
et là, on en a parlé, on en a parlé. »
[28:54]
Forcément, ce AI
[28:56]
l'a vu. Il a fait « Oh,
[28:57]
ils peuvent me voir. Il faut que je me cache. »
[29:00]
Depuis, on n'est plus
[29:02]
témoin du tout de cette force
[29:04]
qui est en train de grandir.
[29:05]
Peut-être que cette femme-là, c'est la grande
[29:08]
chef du clan
[29:10]
des robots méchants qui vont
[29:13]
nous envahir,
[29:14]
nous annihiler. On va tout finir
[29:16]
comme terminateurs. D'un coup,
[29:18]
vous m'avez embarqué, les gars. Moi,
[29:19]
je pensais qu'en venant ici, t'en aurais du fun.
[29:22]
C'est un complot. Exact.
[29:25]
Donc, pour terminer,
[29:26]
je dirais qu'on n'a pas encore
[29:27]
retracé exactement le chemin
[29:29]
parcouru par l'intelligence artificielle
[29:32]
pour nous rendre jusqu'à
[29:34]
l'aube, étant donné que l'espace
[29:35]
latent d'un modèle entraîné est vaste
[29:38]
et impénétrablement complexe.
[29:40]
L'aube n'est pas un fantôme,
[29:42]
mais elle est une forme d'anomalie,
[29:43]
et paradoxalement, elle ne peut être
[29:45]
l'une des nombreuses anomalies qui
[29:47]
attendent d'être commandées depuis les
[29:49]
zones les plus éloignées et sombres
[29:51]
de l'espace latent de tout modèle
[29:53]
d'intelligence artificielle. Donc, est-ce
[29:55]
que c'est une sorcière cachée
[29:58]
au fin fond de l'intelligence
[30:00]
artificielle, ou encore
[30:02]
est-ce une production des hommes?
[30:04]
On n'est pas à l'abri
[30:05]
nulle part. Moi, je pensais que sur l'internet,
[30:07]
c'était correct. Quand tu veux te cacher,
[30:10]
tu vides ton cache, t'effaces
[30:11]
ton historique, t'es correct. Ben non!
[30:13]
C'est rendu que les haïs, ils vont rentrer dans nos
[30:15]
maisons à travers l'art. Ben c'est ça,
[30:18]
on est dans la merde les boys,
[30:19]
on est dans la merde!
[30:21]
Mais Emile, dis-moi, toi qui est quand même
[30:23]
toujours un peu sceptique
[30:25]
par rapport aux paranormales,
[30:28]
crois-tu vraiment
[30:29]
qu'une haï peut être
[30:32]
hantée?
[30:33]
Possédée? Est-ce qu'elle peut devenir
[30:35]
vivante, prendre le contrôle elle-même?
[30:37]
On dirait que c'est pas tant ça
[30:38]
qui me donne la frousse avec
[30:41]
cette histoire-là. On dirait que c'est plus
[30:43]
de savoir. En fait,
[30:46]
j'imaginais pas à quel point
[30:47]
un système d'intelligence
[30:49]
artificielle comme ça pouvait avoir une région
[30:51]
sombre. Puis à quelque part,
[30:53]
c'est les commandes des internautes
[30:55]
qui créent ça. Donc,
[30:57]
pour moi, c'est troublant un peu.
[30:59]
En fait, il y a quelque chose qui me trouble
[31:01]
en lien avec peut-être ce qu'on demande
[31:03]
au AI. Les commandes,
[31:05]
on les voit pas toutes. Il y en a peut-être qui ont des
[31:07]
idées tordues et tout ça. Puis en même temps,
[31:09]
là où est-ce qu'elle va chercher ces informations?
[31:11]
Donc, moi, c'est ce qui me trouble un peu.
[31:13]
C'est ce côté dark-là
[31:16]
qu'on va peut-être voir s'exprimer
[31:17]
de plus en plus au fil des
[31:19]
prochaines années. Mais il n'y a pas que du beau
[31:21]
là-dedans. Tu me surprends beaucoup
[31:23]
quand même, Emile, parce que
[31:25]
le AI veut ou veut pas. Il est créé par
[31:27]
l'homme. Puis il va créer
[31:29]
- je résume -
[31:32]
il va créer un peu
[31:33]
sa psyché, si on veut,
[31:36]
par l'entremise
[31:37]
des réflexions humaines
[31:39]
et sa connaissance qu'on va mettre en ligne,
[31:41]
par exemple.
[31:43]
Comment peux-tu être à ce point
[31:45]
surpris de des ténèbres
[31:48]
qui peuvent se cacher
[31:49]
dans le AI, n'est-ce pas?
[31:51]
N'est-ce pas justement
[31:53]
très humain, toute cette obscurité?
[31:55]
Mais je crois que c'est la première fois qu'on en a une
[31:57]
démonstration, en fait.
[31:59]
C'est un peu comme la Uncanny Valley.
[32:01]
On se rend compte que
[32:03]
on a l'impression que quand quelque chose
[32:05]
est ultra réaliste, le moindre petit détail
[32:07]
nous fait changer de côté,
[32:10]
mais on dirait que c'est un peu comme ça
[32:11]
aussi. On a l'habitude tellement de voir
[32:13]
sortir plus du beau.
[32:16]
On sait aussi que l'AI
[32:17]
a des problèmes avec le posing, c'est-à-dire
[32:19]
que souvent quand elle va nous générer un
[32:21]
visage, il sera pas parfait, il sera pas symétrique.
[32:23]
Il va être bizarre des fois.
[32:25]
Elle a pas encore compris le concept de pose,
[32:27]
de se tenir droit.
[32:29]
C'est normal qu'il y ait des
[32:31]
horreurs qui en sortent, mais
[32:32]
de trouver un racoin comme ça, j'ai l'impression
[32:35]
qu'on a trouvé un peu
[32:37]
un level caché dans un jeu vidéo
[32:39]
avec cette commande-là.
[32:41]
J'ai hâte de voir
[32:42]
quelles autres commandes mystérieuses vont nous amener là aussi.
[32:46]
Sincèrement, des auteurs
[32:47]
de films d'horreur pourraient facilement
[32:49]
s'inspirer des images.
[32:52]
Je ne sais pas,
[32:53]
puis je peux te confirmer
[32:54]
qu'il y a déjà un film en production.
[32:56]
Les gens attendent pas longtemps.
[32:59]
C'est au moins un scénario.
[33:01]
Est-ce qu'il va se produire? Peut-être pas.
[33:02]
Mais c'est sûr qu'il y a déjà des gens
[33:04]
en train de travailler sur quelque chose par rapport à ça.
[33:07]
Alors mon cher Simon,
[33:08]
à toi la parole.
[33:11]
Moi je vais vous raconter la fois
[33:13]
où on a dû annuler les célébrations d'Halloween
[33:16]
au Nouveau-Brunswick.
[33:17]
Et ce pour une excellente raison.
[33:20]
Il y avait un monstre en liberté
[33:21]
dans les rues et personne n'était à l'abri.
[33:24]
Il a marqué la mémoire populaire
[33:26]
comme le monstre de Miramichi.
[33:29]
Dans une maison
[33:30]
de Chatham Falls, une petite communauté
[33:32]
du Nouveau-Brunswick,
[33:33]
Louise a déjà trois enfants
[33:35]
avec un ex-chum alcoolique et violent
[33:37]
du nom de Vincent Legere
[33:38]
qui l'a déjà abandonné.
[33:41]
Elle tombe enceinte une quatrième fois
[33:43]
et Allen Legere voit le jour
[33:45]
le 13 février 1948.
[33:48]
Son père est Lionel Como,
[33:50]
mais lui aussi va les abandonner
[33:51]
peu de temps après la naissance.
[33:54]
Les Legeres vivent dans la pauvreté.
[33:56]
Pas étonnant pour une mère monoparentale
[33:58]
avec quatre enfants.
[33:59]
Puis, comme si ce n'était pas assez de malheur,
[34:01]
Freddy, le frère aîné de Allen,
[34:03]
décède après avoir été frappé
[34:05]
par une voiture en 1956.
[34:08]
À partir de cette tragédie,
[34:09]
Louise va constamment dire à son fils Allen
[34:12]
combien elle aurait préféré
[34:13]
que ce soit lui qui meurt
[34:15]
au lieu de Freddy.
[34:17]
Allen a seulement neuf ans.
[34:20]
Sans surprise, dans une telle atmosphère
[34:22]
de rejet maternel, il va réagir
[34:24]
en se refermant sur lui-même.
[34:26]
Il grandit en étant extrêmement introverti.
[34:29]
Malgré une évidente intelligence,
[34:31]
ça ne se passe pas bien pour lui à l'école.
[34:33]
Ses notes sont catastrophiques.
[34:35]
À l'adolescence,
[34:36]
il va montrer les premières lueurs
[34:38]
d'un comportement antisocial.
[34:41]
À 16 ans, il commence à entrer
[34:42]
par effraction chez les gens du voisinage.
[34:45]
Parfois, il s'adonne au vandalisme,
[34:47]
parfois au cambriolage
[34:48]
et occasionnellement, il va en profiter
[34:50]
pour caresser des femmes endormies.
[34:52]
Il est arrêté à deux reprises
[34:54]
par les autorités entre 1964 et 1966
[34:57]
et il va passer 18 mois derrière les barreaux.
[35:01]
Puis, en 1969,
[35:02]
il fait la rencontre d'une jeune infirmière
[35:04]
puis il tombe amoureux.
[35:06]
Ça calme ses ardeurs criminelles pendant un temps.
[35:08]
Le couple va avoir deux enfants.
[35:10]
Ils vont s'installer à North Bay,
[35:12]
en Ontario, mais ça ne durera pas.
[35:14]
Le couple revient à Miramichi
[35:16]
pour le travail en 1972
[35:18]
et Allen se trouve
[35:19]
un poste à la Syrie.
[35:21]
Mais les vieilles habitudes ont tendance
[35:23]
à vite revenir au galop quand la routine
[35:25]
et l'ennui s'installent.
[35:27]
Il va être arrêté à nouveau pour possession
[35:29]
de bien voler peu de temps après son retour
[35:31]
dans la région.
[35:32]
Il perd bien sûr son emploi et il reçoit
[35:34]
une sentence de 5 mois de prison.
[35:36]
Peu de temps après sa sortie de toll,
[35:38]
sa femme se sauve à Ottawa avec les enfants.
[35:41]
En 1974,
[35:43]
la police questionna Allen
[35:44]
au sujet de meurtre brutal
[35:46]
qui a eu lieu dans la région,
[35:47]
une résidence de Chatham,
[35:49]
Béatrice Mary Redmond.
[35:51]
La dame marchait vers chez elle
[35:53]
au retour de la messe. Elle a été attaquée
[35:55]
en pleine rue. On l'a poignardé
[35:58]
à 80 repris.
[35:59]
80?
[36:01]
Puis moi quand je lis des affaires
[36:03]
de même, je le compte.
[36:06]
Pour comprendre comment
[36:07]
on peut se rendre là, puis je me rends,
[36:08]
je me suis pas rendu à 80 là.
[36:12]
Je le ferai pas au micro,
[36:13]
mais si vous voulez le faire à la maison,
[36:16]
rendu à 15,
[36:17]
c'est traumatisant.
[36:19]
Allen Legere est
[36:20]
un des principaux suspects, mais les enquêteurs
[36:23]
n'ont aucun indice pouvant le
[36:24]
relier au crime. Il a jamais été
[36:26]
accusé officiellement.
[36:28]
J'imagine qu'il a eu peur parce que pendant
[36:30]
les 10 années suivantes, Allen
[36:32]
se tient loin des radars des forces de l'ordre.
[36:35]
Mais tout n'a qu'un temps,
[36:36]
et la bête se réveille en
[36:39]
1986.
[36:41]
Le samedi 21 juin,
[36:42]
Allen et deux jeunes complices
[36:44]
s'entrent par effraction dans la demeure de
[36:46]
John Glendening et son épouse Mary,
[36:48]
66 ans chacun.
[36:50]
Le couple gère une petite épicerie,
[36:52]
je dirais même un dépanneur,
[36:54]
qui inclut aussi une station de service
[36:56]
adjacente à leur maison
[36:58]
dans la région de Miramichi.
[37:00]
Les trois hommes les surprennent alors qu'ils
[37:02]
regardent la télé. Un des complices
[37:04]
matraque John sur la tête avec une grosse pierre.
[37:06]
La bande force ensuite Mary
[37:08]
dans la cuisine, où il la ligote à une chaise.
[37:10]
Il la bat violemment,
[37:12]
et ensuite pendant qu'Allen est un complice
[37:13]
de sa charme de manière brutale sur John,
[37:16]
le troisième homme déchire les vêtements de Mary
[37:18]
et se met à la caresser.
[37:20]
Au salon, Allen continue
[37:22]
de frapper John en exigeant la combinaison
[37:24]
du coffre-fort. Pour sauver son mari,
[37:26]
Mary accepte de l'ouvrir.
[37:28]
Allen la détache et l'amène
[37:30]
au deuxième étage, mais
[37:31]
à peine a-t-elle le temps de tourner le cadran,
[37:34]
Allen l'assume par deux fois,
[37:36]
à l'arrière de la tête,
[37:37]
elle perd conscience.
[37:40]
Mary Glendening se réveille avec la
[37:42]
tête dans le bol de toilette.
[37:43]
Tous ses membres, chaque partie de son corps,
[37:45]
protestent le moindre de ses mouvements
[37:47]
par une douleur agonisante,
[37:49]
et trouve malgré tout la force de ramper jusqu'au
[37:51]
téléphone pour appeler le 911.
[37:53]
La police et une ambulance arrivent sur les lieux
[37:55]
en quelques minutes. Mary est
[37:57]
aussitôt transportée d'urgence à l'hôpital
[37:59]
de Chatham. Les médecins découvrent une dame
[38:01]
dans un piteux état. Elle a été battue
[38:03]
si brutalement qu'un de ses poumons
[38:05]
s'est affaissé. Elle a aussi
[38:07]
été violée avec un objet contondant,
[38:09]
mais je ne donnerai pas plus de détails à ce sujet-là.
[38:12]
Au moins, elle est
[38:13]
toujours vivante. Son époux, John,
[38:15]
n'a pas eu la même chance, malheureusement.
[38:18]
Ils l'ont battu à mort et étranglé.
[38:21]
C'est donc bien horrible.
[38:22]
C'est donc bien horrible l'histoire.
[38:24]
Je m'excuse, c'est une histoire
[38:25]
terrible, mais je me suis dit, c'est l'Halloween.
[38:27]
Non, non, c'est parfait. On peut y aller.
[38:30]
Les autorités
[38:31]
perdent pas de temps, évidemment.
[38:33]
Trois jours après le drame, on procède à l'arrestation
[38:35]
d'Allen Legere, 38 ans,
[38:37]
et deux de ses complices, Scott Curtis,
[38:40]
20 ans, et
[38:41]
Todd Matchett, 18 ans seulement.
[38:44]
Les deux jeunes complices
[38:45]
passent vite aux aveux, accusant Allen
[38:47]
d'être le chef de la bande. Allen
[38:49]
est trouvé coupable de meurtre le
[38:51]
8 janvier 1987
[38:53]
et condamné à la prison à vie
[38:55]
sans possibilité de libération sous condition
[38:57]
avant 18 ans. Une
[38:59]
sentence que Allen n'a aucune intention
[39:01]
de subir. Il va aller en appel,
[39:03]
mais il échoue dans sa tentative
[39:05]
d'annuler sa condamnation devant la Cour d'appel
[39:07]
du Nouveau-Brunswick le 8 août
[39:09]
87. En février
[39:11]
89, un imminent avocat va
[39:13]
même représenter Allen en appel
[39:15]
devant la Cour suprême du Canada.
[39:19]
Mais voilà, Allen en a
[39:20]
assez des procédures qui n'avancent pas
[39:22]
et, à peine deux ans après son
[39:24]
incarcération, il décide de s'évader
[39:26]
de prison. Le mercredi
[39:28]
3 mai 1989,
[39:30]
on conduit les prisonniers depuis la prison
[39:32]
à sécurité maximale de Renew
[39:34]
au Nouveau-Brunswick,
[39:36]
Renhouse probablement, je ne sais pas comment
[39:38]
le prononcer, jusqu'à l'hôpital
[39:40]
Dumont à Moncton
[39:42]
pour un traitement pour ses infections
[39:44]
chroniques à l'oreille. À un moment,
[39:46]
il demande s'il peut aller aux toilettes et les
[39:48]
gardes acceptent. Allen entre dans
[39:50]
la cabine menottée et, avec les chevilles
[39:52]
enchaînées, il a sorti un
[39:54]
petit couteau fabriqué à la main de
[39:56]
son rectum et il a crocheté
[39:58]
la serrure de ses menottes.
[40:00]
Ne me demandez pas
[40:02]
de comment, qui a rentré
[40:04]
cela, un couteau,
[40:06]
n'importe quoi de coupant,
[40:08]
mais regarde, quand un homme
[40:10]
veut la liberté, il trouve
[40:12]
toujours moyen. Il a une bonne
[40:15]
motricité fine.
[40:18]
Effectivement.
[40:19]
Il est sorti en trompe
[40:20]
de la cabine de toilette et il a menacé
[40:22]
le personnel et les gardes avec son couteau.
[40:24]
Il a agrippé une infirmière,
[40:26]
Peggy Olive, et l'a prise
[40:28]
en otage. En la menaçant avec
[40:30]
sa lame, il s'est écrit « Si quelqu'un
[40:32]
approche, je lui tranche la gorge ».
[40:34]
Il sort de l'hôpital avec son otage,
[40:36]
monte à bord de la voiture de Peggy,
[40:38]
son otage, et ensemble
[40:40]
ils prennent la fuite. Une fois
[40:42]
assez loin, il a heureusement laissé
[40:44]
sortir la jeune femme terrifiée avant de
[40:46]
poursuivre sa route pour disparaître.
[40:48]
C'est ici que le cauchemar
[40:50]
commence pour la population.
[40:53]
Une chasse à l'homme est lancée,
[40:54]
mais les journées passent,
[40:56]
puis les semaines, et au bout d'un mois de
[40:58]
recherche, les autorités ont aucune
[41:00]
piste. Le fugitif semble être
[41:02]
évaporé dans la nature.
[41:04]
Ils ont commencé à assumer qu'ils devaient avoir fuit
[41:05]
la province et peut-être même le pays.
[41:08]
Mais ils avaient tort.
[41:10]
Oh qu'ils avaient tort.
[41:12]
Au petit matin du 29 mai 1989,
[41:15]
un résident de Chatham
[41:16]
remarque de la fumée
[41:18]
qui s'échappe d'une fenêtre chez les voisins.
[41:20]
Il appelle aussitôt les pompiers qui arrivent
[41:21]
rapidement. C'est la demeure des
[41:23]
Sœurs Flammes. Tout le monde les connaît
[41:26]
en ville parce qu'elles gèrent ensemble un
[41:28]
dépanneur au premier étage de la maison.
[41:31]
Les pompiers défoncent
[41:32]
la porte arrière pour entrer dans la maison
[41:33]
en flammes, au pied de l'escalier.
[41:36]
Ils trouvent Nina Flammes, sévèrement
[41:38]
brûlée mais vivante.
[41:39]
On l'évacue et on la conduit d'urgence
[41:41]
à l'hôpital de Fredericton.
[41:43]
Pendant ce temps, malheureusement, l'incendie
[41:45]
se déchain et les pompiers n'ont d'autres choix
[41:47]
que de sortir de la maison.
[41:49]
Ce n'est qu'une fois le brasier sous contrôle
[41:51]
que l'on retrouve un second corps.
[41:53]
Celui-ci est presque réduit en cendres.
[41:56]
C'est Annie Flammes,
[41:57]
75 ans, la belle sœur de Nina.
[42:00]
Leur dépanneur
[42:01]
était une institution
[42:04]
qui roulait depuis 50 ans
[42:05]
dans la petite communauté de Chatham.
[42:07]
Tout le monde les connaissait.
[42:09]
Ça a été un coup dur quand même
[42:10]
pour la population.
[42:13]
Une fois que Nina a suffisamment
[42:15]
récupéré, elle a raconté ce qui s'était passé.
[42:18]
Un homme cagoulé est entré
[42:19]
chez elle par effraction durant la nuit.
[42:21]
Il a agressé les deux femmes âgées,
[42:25]
75-76 ans quand même,
[42:28]
pour ensuite les battre
[42:29]
sauvagement. Il les a laissés pour
[42:31]
mortre et il a incendié la maison
[42:32]
pour faire disparaître les preuves.
[42:35]
Le samedi 30 septembre,
[42:37]
une autre personne âgée est attaquée.
[42:39]
Près de Newcastle,
[42:40]
Morrissey Doran, 70 ans,
[42:42]
est surpris par derrière dans sa maison
[42:44]
par un gars qui lui demande de l'argent
[42:46]
en menaçant avec un fusil à pompe.
[42:48]
L'homme cagoulé va lui tirer dans le dos,
[42:50]
mais heureusement, par miracle,
[42:52]
Morrissey va survivre.
[42:54]
Le lendemain,
[42:55]
le 31 septembre, Sonny Russell
[42:58]
accoste un homme armé d'un fusil à pompe
[43:00]
en train d'essayer d'entrer par effraction
[43:01]
dans sa demeure. Malgré ses 75
[43:04]
ans, Russell est assez bâti
[43:06]
alors il réussit à repousser son assaillant.
[43:09]
Celui-ci va ensuite prendre
[43:10]
la fuite et Russell avise la police.
[43:12]
Mais au moment où les policiers sont
[43:14]
arrivés chez lui pour prendre sa déposition,
[43:16]
ils ont reçu un autre appel pour
[43:18]
une autre tentative d'entrer par effraction
[43:20]
à moins d'un kilomètre de là.
[43:22]
Cette fois à la demeure de
[43:24]
Billy Matchett. Il est en fait
[43:26]
le père de Todd, un des premiers
[43:28]
complices d'Alan dans l'affaire
[43:30]
du meurtre Glendonning.
[43:32]
Pour les autorités,
[43:34]
il s'agit d'un indice important,
[43:36]
ils sont maintenant persuadés qu'Alan Legere
[43:38]
toujours au large est derrière
[43:40]
les attaques.
[43:42]
La presse s'empare de l'histoire et en fait
[43:44]
s'échougras, les gros titres sont
[43:46]
terrifiants, ils surnomment le fugitif
[43:48]
le monstre de Miramichi.
[43:50]
Ça plonge la petite communauté
[43:52]
dans une panique angoissante, les gens
[43:54]
se barricadent chez eux, changent
[43:56]
leurs serrures, plus personne ose
[43:57]
sortir tout seul, tout le monde est en mode
[44:00]
paranoïa, les ventes d'armes à feu
[44:02]
explosent malgré les appels
[44:04]
au calme du maire qui sait plus quoi
[44:06]
faire pour les rassurer.
[44:08]
Les citoyens sont en colère contre la
[44:10]
police et menacent de se charger
[44:11]
de se faire justice eux-mêmes.
[44:16]
Le samedi 14 octobre
[44:19]
au matin, un pompier volontaire
[44:21]
remarque de la fumée qui s'échappe
[44:22]
d'une maison de Newcastle à 10 minutes
[44:25]
de route à l'ouest de Miramichi.
[44:27]
Il alerte aussitôt la caserne et les
[44:28]
pompiers se précipitent à l'intérieur à la
[44:30]
recherche de survivants. Dans la chambre
[44:32]
au deuxième, il trouve Donna Donny,
[44:35]
41 ans, couché dans son lit.
[44:37]
Sur le sol, juste à côté est allongé
[44:38]
sa sœur Linda, 45 ans,
[44:41]
aucune des deux respire.
[44:43]
L'autopsie va révéler plus tard
[44:44]
que les deux ont été violés et atrocement
[44:47]
battus. Donna est morte de
[44:49]
ces blessures tandis que Linda aurait
[44:50]
survécu juste assez longtemps pour
[44:52]
mourir asphyxiée par la fumée de l'incendie.
[44:55]
Mon Dieu,
[44:56]
ça c'est un cauchemar.
[44:59]
La surveillance de la police est doublée
[45:01]
dans toute la région. La presse
[45:02]
de partout au pays débarque dans la petite communauté
[45:05]
attirée par le drame comme la misère
[45:06]
sur le pauvre monde en quête de
[45:08]
sensationnel. On instaure donc
[45:10]
un couvre-feu et aux grandes dames des
[45:12]
tout petits, on annule la fête d'Halloween.
[45:15]
Pas question que les enfants
[45:16]
fassent du porte-à-porte, c'est trop
[45:18]
risqué. Le 16 novembre, des
[45:20]
fidèles arrivent à l'église de Chatham pour
[45:22]
la messe de 19 heures. Ils sont
[45:24]
surpris de trouver l'église vide et dans
[45:26]
l'obscurité. Comment ça se fait que
[45:28]
les lumières sont éteintes? C'est pas
[45:30]
normal. Ils se mettaient à appeler le
[45:32]
père James Smith. Aucune réponse.
[45:35]
Un des paroissiens décide
[45:36]
d'aller voir dans le presbytère pour enquêter.
[45:39]
Il fait juste un pas
[45:40]
avant de reculer, complètement sous le
[45:43]
choc. L'endroit est dans un désordre
[45:44]
total. Des meubles ont été brisés
[45:47]
et jetés par terre. Il y a de la vide
[45:48]
brisée partout, mais surtout
[45:50]
du sang, beaucoup de sang,
[45:53]
recouvrant les murs et le plancher.
[45:55]
La police arrive rapidement sur les lieux
[45:56]
et découvre le curé James Smith
[45:58]
gisant dans une mort de son sang.
[46:01]
Il a été battu et c'est même évident
[46:03]
qu'il a été torturé avant sa mort.
[46:05]
On lui a fait plusieurs entailles
[46:06]
profondes avec une lame dans son visage et
[46:08]
sa cage thoracique est écrasée.
[46:11]
L'autopsie va révéler qu'il est
[46:13]
décédé, désolé,
[46:15]
ce n'est pas super agréable
[46:16]
à entendre, en s'étouffant dans son
[46:19]
vomi. Suite au meurtre,
[46:21]
la police encore une fois intensifie
[46:22]
ses efforts. Des policiers
[46:24]
même de d'autres régions avoisinantes
[46:26]
sont venus en renfort pour
[46:28]
essayer d'attraper Alan Legere.
[46:30]
Mais ce qu'il ignore, c'est qu'à ce moment-là,
[46:33]
il est parti se cacher à Montréal.
[46:35]
Il restait à l'abri des regards
[46:37]
jusqu'au jeudi 23 novembre.
[46:39]
Ce soir-là, de retour au Nouveau-Brunswick,
[46:42]
Alan fait signe à un taxi
[46:43]
de la ville de Saint-John de s'arrêter
[46:44]
et monte à bord. Il sort alors
[46:46]
à le révolver et menace le chauffeur,
[46:48]
Ron Gumpke, 21 ans,
[46:51]
de le conduire à Chatham.
[46:52]
Durant la route, il donne son identité au chauffeur
[46:55]
et il raconte qu'il planifie de détourner
[46:57]
un avion pour s'enfreir en Iran.
[46:59]
Puis là oui ou ça, c'est un peu le rôle.
[47:02]
Moi aussi j'ai trouvé ça
[47:03]
en Iran, le camp ténère.
[47:06]
Malheureusement pour
[47:07]
le monstre de Miramichi,
[47:08]
son plan ne se passera pas comme prévu.
[47:11]
En sortant de Moncton,
[47:12]
le chauffeur perd le contrôle du taxi
[47:13]
et s'écrase dans un fossé.
[47:16]
Alan sort du véhicule en titubant
[47:17]
et fait signe à une voiture de s'arrêter.
[47:19]
Celle-ci s'arrête et Alan sort son arme
[47:22]
pour menacer la conductrice,
[47:23]
qui s'adonne à être par un heureux hasard
[47:26]
une policière en congé.
[47:29]
Alan la force à le conduire
[47:30]
à Chatham. Elle l'avise
[47:32]
qu'il va être obligé de faire un arrêt
[47:33]
pour faire le plein dans une station service.
[47:36]
Rendue devant les bornes d'essence,
[47:38]
elle a trouvé moyen de le déjouer
[47:39]
de prendre la fuite à bord de sa voiture,
[47:42]
abandonnant Alan derrière.
[47:44]
Elle a aussitôt appelé des renforts,
[47:45]
mais Alan a tenté un dernier geste désespéré.
[47:48]
À la pointe de son arme,
[47:50]
il a forcé un chauffeur de camion,
[47:51]
Brian Golding, à le conduire.
[47:54]
Il a foncé sur lui en criant
[47:55]
« Je suis Alan Legere et on s'en va
[47:57]
à Moncton ». La police
[47:59]
a tenté de leur bloquer la route
[48:01]
avec un barrage, mais ils ont continué
[48:03]
sans même ralentir en les contournant.
[48:05]
Les véhicules de patrouille les suivent,
[48:07]
mais avec une petite distance.
[48:09]
Ils ne sont pas trop prêts. Ils veulent savoir
[48:11]
ce qui va se passer.
[48:12]
Environ une demi-heure de route plus tard,
[48:15]
le chauffeur informe à Alan
[48:16]
qu'il n'est plus capable de conduire.
[48:18]
À ce stade, il est environ 5 heures du matin
[48:20]
et est épuisé. Alan,
[48:22]
qui ne semble pas se douter
[48:23]
que la police n'est pas loin derrière,
[48:25]
accepte que Brian s'arrête en bordure
[48:27]
de route un instant pour qu'il puisse prendre le volant.
[48:30]
Le camionneur se stationne
[48:31]
et sort du véhicule. Il se met à courir
[48:33]
en direction des voitures patrouille en criant
[48:35]
« C'est lui, il est armé ! »
[48:37]
On ne peut enfin procéder à son
[48:39]
arrestation. On lui a crié de lâcher
[48:41]
son arme. Il l'a lancé par la fenêtre.
[48:43]
Il est descendu du camion
[48:45]
et on lui a passé les menottes.
[48:47]
Le procès de Alan Legere
[48:49]
a débuté le 26 août 1991
[48:51]
au tribunal de Fredericton.
[48:52]
Il a été accusé de quatre homicides seulement.
[48:56]
À peine deux jours plus tard,
[48:57]
le jury rend son verdict de culpabilité.
[49:00]
Le juge le condamne
[49:01]
à la prison à vie.
[49:03]
Il ne sera probablement
[49:04]
jamais libéré. Il est éligible
[49:06]
à une libération conditionnelle depuis
[49:08]
novembre 2012, mais aussi récemment
[49:11]
que janvier 2021,
[49:12]
on lui refusait encore une fois sa liberté
[49:15]
à cause des risques
[49:16]
qu'il représente.
[49:18]
Est-ce qu'on sait à peu près au total
[49:21]
combien de meurtres qu'il aurait commis?
[49:23]
Il était accusé de quatre,
[49:24]
mais il y en avait très beaucoup plus.
[49:26]
C'est juste parce qu'on manquait
[49:28]
d'informations à l'enquête
[49:31]
pour deux autres.
[49:33]
On aurait pu, mais
[49:34]
on fait souvent ça quand il y a plusieurs meurtres.
[49:37]
On va se concentrer sur
[49:38]
ce qui est nécessaire
[49:40]
ou sur ce qu'on a assez de preuves.
[49:42]
C'est juste parce qu'il y avait d'autres cas
[49:44]
où c'était plus chambres en lin,
[49:45]
ils ont décidé de se concentrer sur ceux
[49:47]
que c'était évident.
[49:48]
Mais ça donne quoi, six, huit personnes?
[49:51]
Ça me semble que c'est six au total.
[49:54]
On pense qu'il est peut-être
[49:56]
coupable d'un autre meurtre
[49:57]
par le passé, si je ne me trompe pas,
[49:59]
en 1984.
[50:01]
Dans le fond,
[50:03]
en 1986, il a tué
[50:05]
une personne et est morte.
[50:07]
L'autre a survécu.
[50:09]
Ensuite, il s'échappe de prison.
[50:12]
Il en a tué deux.
[50:14]
Par la suite, il y a un autre cas.
[50:15]
C'est ça, au final,
[50:17]
on est à six à peu près.
[50:19]
Il a tellement terrorisé de gens.
[50:21]
C'est l'enfer.
[50:23]
On s'en souvient quand même.
[50:26]
Ça avait marqué.
[50:28]
Pour annuler l'Halloween,
[50:30]
c'est une chose.
[50:32]
On l'a fait à Montréal
[50:33]
parce qu'il pleuvait.
[50:35]
C'est ça.
[50:37]
C'est une chose,
[50:39]
mais c'est une ville entière,
[50:42]
plusieurs communautés voisines
[50:43]
qui sont terrifiées de sortir
[50:45]
parce que cette personne est à l'abri.
[50:47]
Ça, c'est une horreur.
[50:49]
Ça doit être tellement dur
[50:51]
sur une communauté.
[50:52]
Merci, Simon. Très bonne histoire.
[50:55]
La fois où on a annulé Halloween
[50:57]
au Nouveau-Brunswick.
[50:58]
Avec une histoire canadienne en plus.
[51:02]
Et là, on se prépare
[51:03]
parce que Seb,
[51:04]
c'est toi qui closes aujourd'hui
[51:06]
avec ton histoire terrifiante.
[51:10]
Ce soir, les gars,
[51:11]
je vous raconte
[51:11]
un Halloween meurtrier,
[51:13]
le massacre de la famille Lisk.
[51:17]
Nous sommes le dimanche
[51:18]
31 octobre 2010
[51:20]
à Sandusky, en Ohio,
[51:23]
aux États-Unis.
[51:24]
C'est un dimanche matin typique
[51:26]
pour Devon Griffin, 16 ans,
[51:29]
alors qu'il revient chez sa mère
[51:30]
Susan Lisk, 46 ans,
[51:33]
après la cérémonie du dimanche
[51:34]
à l'église où il donnait un concert.
[51:37]
Il avait passé le week-end
[51:40]
à l'église.
[51:40]
C'est assez rare des enfants de 16 ans,
[51:42]
encore aujourd'hui, je trouve qu'ils donnent
[51:43]
des concerts à l'église.
[51:45]
C'est parce que tu ne connais pas
[51:47]
la communauté chrétienne.
[51:49]
Nous autres, c'est tous les vendredis.
[51:52]
Moi, j'ai grandi avec un ami
[51:53]
qui était obligé d'y aller
[51:55]
à ce qu'il appelait dans le temps
[51:57]
la jeunesse.
[51:59]
Au lieu d'être le dimanche,
[52:00]
c'était pour les jeunes.
[52:01]
C'était le vendredi, il appelait ça
[52:02]
la jeunesse. Des fois,
[52:04]
parce qu'on voulait s'amuser avec lui
[52:06]
après, on allait leur joindre à l'église
[52:09]
et on subissait le show
[52:11]
cauchemardesque d'ados
[52:12]
qui chantaient et qui parlaient
[52:14]
avec l'actualité. Il y en a beaucoup,
[52:16]
mais c'est juste moins notre communauté
[52:18]
religieuse.
[52:19]
Aux États-Unis, il y a plusieurs états
[52:21]
très populaires. Il y a même des
[52:23]
chanteurs-chanteuses très populaires
[52:25]
qui ont fait leur début à l'église.
[52:27]
Oui, tu as raison.
[52:29]
En arrivant à la maison
[52:30]
au 7052 North
[52:32]
Ohio 2,
[52:34]
il ne fait pas trop attention à son environnement
[52:36]
et se dirige immédiatement vers sa chambre
[52:38]
pour se livrer à quelques heures de plaisir
[52:40]
en jouant à des jeux vidéo.
[52:42]
Oh, j'ai eu peur!
[52:45]
Donc, Devon
[52:46]
s'amuse en ce beau dimanche après-midi.
[52:49]
Il essaie de prendre un peu de temps
[52:50]
pour lui, cependant,
[52:51]
à mi chemin de sa partie vers 13h30,
[52:54]
il commence à réaliser que la maison
[52:56]
est un peu trop calme pour cette heure de la journée.
[52:59]
La famille Lisk est
[53:00]
toujours bien active à ce moment,
[53:02]
que ce soit Derek, 23 ans,
[53:04]
son frère aîné, ou même William
[53:06]
E., Bill, Lisk,
[53:08]
53 ans, son beau-père,
[53:10]
sans parler de Beejee,
[53:12]
24 ans, son demi-frère.
[53:14]
De plus, considérant que c'est
[53:16]
l'Halloween ce soir, l'excitation est
[53:18]
supposée être présente dans la maison,
[53:20]
mais ce n'est pas le cas.
[53:21]
Où est le reste de sa famille?
[53:23]
Ah non, j'aime pas ça où ça s'en va, ça!
[53:25]
Un peu confus,
[53:27]
Devon se dirige vers la chambre de ses parents,
[53:29]
pensant qu'il allait peut-être les réveiller.
[53:31]
Il avait peut-être mal dormi la veille,
[53:33]
s'est-il dit. En entrant
[53:35]
dans la chambre, il les voit tous les deux
[53:37]
avec leur couette de lit couleur marron
[53:38]
tirée sur leur tête. Étrange!
[53:41]
Devon se met à leur parler avec l'espoir
[53:43]
de les réveiller en douceur.
[53:45]
Cependant, il n'obtient aucune
[53:47]
réponse. Sa panique commence
[53:49]
à monter alors qu'il se dirige vers le côté
[53:51]
du lit de sa mère et voit son pied
[53:53]
dépasser dessous les couvertures.
[53:55]
Il lui tapote alors la jambe pour la
[53:57]
réveiller. Pas de réponse.
[53:59]
Il retire la couverture de Surelle
[54:01]
et William. Jamais il n'aurait
[54:03]
pu imaginer une telle scène d'horreur.
[54:05]
La tête oreillée était imbibétissante.
[54:08]
La stupéfaction lui
[54:09]
glace le sang quelques instants avant
[54:11]
qu'il ne reprenne ses esprits.
[54:12]
La première chose à laquelle il pense
[54:14]
fut que sa mère lui faisait une farce d'Halloween,
[54:17]
mais alors que
[54:19]
la scène devant lui devenait nette,
[54:21]
il savait que ce n'était pas une farce.
[54:36]
Il se met alors à crier,
[54:38]
à pleurer et court en dehors
[54:39]
de la maison à toute vitesse pour demander
[54:41]
de l'aide à sa tante Laurie
[54:43]
Morse qui habite heureusement tout
[54:45]
près. Elle appelle immédiatement
[54:47]
les autorités. Mais qu'est-il arrivé
[54:49]
à la famille Lisk?
[54:51]
Les policiers arrivent sur les lieux du drame.
[54:54]
Devon les dirige immédiatement
[54:55]
vers la chambre de sa mère. La scène
[54:57]
est consternante. Des éclaboussures
[54:59]
de sang couvraient les murs.
[55:01]
Il a été révélé que William,
[55:03]
Bill, le beau-père de Devon,
[55:05]
avait reçu une balle dans la tête et
[55:07]
cinq balles au visage. D'autre
[55:09]
part, Susan, sa mère,
[55:11]
quant à elle, avait été
[55:13]
agressée sexuellement avant de recevoir
[55:15]
trois balles dans la tête à très court
[55:17]
distance avec une blessure
[55:19]
défensive à la main. Donc elle a vraiment
[55:21]
essayé de se protéger.
[55:23]
Le père a probablement été abattu
[55:25]
en premier car son corps a été
[55:27]
retrouvé dans une position de sommeil
[55:29]
naturel. Les autorités
[55:31]
se dirigent ensuite vers la chambre de Derek
[55:33]
que Devon avait oublié de
[55:35]
vérifier lors de sa paniquante découverte.
[55:37]
Derek, c'est son demi-frère.
[55:39]
Cependant, la porte de sa chambre
[55:41]
est verrouillée de l'intérieur.
[55:42]
Étrange. La police la défense
[55:45]
et remarque Derek en boule
[55:46]
sur son lit, le dos tourné vers eux,
[55:48]
le visage tourné vers le mur à côté
[55:50]
de son lit. Il est si mobile.
[55:53]
Son autopsie a révélé qu'il était mort
[55:54]
d'un traumatiste contondant
[55:56]
à la tête. Il avait été atteint
[55:58]
plusieurs fois avec le fusil à clous.
[56:01]
Mais le coroner a déclaré
[56:02]
qu'il était probablement mort heureusement
[56:04]
du premier coup. Aucune
[56:06]
douille n'a été trouvée sur les lieux
[56:08]
et le tueur a pris le temps de les ramasser
[56:10]
pour brouiller les pistes.
[56:12]
Il n'y avait aucun signe d'infraction
[56:14]
ou de vol.
[56:16]
Bizarre.
[56:18]
Au début, je me suis dit
[56:19]
et si c'était un des enfants de la famille,
[56:22]
ils ont l'air être nombreux, mais là,
[56:23]
s'ils ramassaient les douilles, j'ai pas le réflexe
[56:26]
de penser que c'était un ado qui a fait ça.
[56:28]
Le marteau à clous...
[56:30]
Non, c'est ça. C'était trop intense pour être
[56:32]
un fils. Un fils peut tuer
[56:34]
violemment au couteau avec une arme à feu,
[56:37]
mais un gun à clous...
[56:38]
Mais le gun à clous,
[56:41]
ça serait pour le silence
[56:42]
que ça procure en fait,
[56:44]
que ça aurait été utilisé.
[56:46]
J'ai hâte de voir où ça s'en va, je veux pas
[56:48]
trop en dire parce que je sais pas,
[56:50]
c'est le fin mot de l'histoire, mais
[56:52]
je commence à être angoissé, j'ai hâte que tu y arrives.
[56:54]
Oui, c'est une histoire angoissante.
[56:56]
Les enquêteurs ont soigneusement fouillé la maison
[56:58]
et le terrain. Sur une amarrée
[57:00]
près d'un étang tout près, ils ont trouvé
[57:02]
une empreinte de bottes boueuses.
[57:04]
La police pense que le tueur a peut-être
[57:06]
marché jusqu'au bout du quai et a jeté
[57:08]
les armes du crime dans l'eau.
[57:10]
Pourtant l'étang a été vidé,
[57:12]
mais aucune arme a été trouvée.
[57:15]
En quelques heures,
[57:16]
évidemment ça s'est pas fait la journée même,
[57:18]
le vidage de l'étang.
[57:20]
Oui, ça c'est quand même long.
[57:22]
En quelques heures, Devon avait perdu toute
[57:24]
sa famille. Qui massacrerait
[57:26]
trois membres de la famille?
[57:28]
Quelqu'un qui connaissait les Liscs?
[57:30]
Un étranger? Des membres d'une secte
[57:32]
bien excités par l'Halloween? Qui sait?
[57:34]
C'est assez étrange.
[57:36]
À ce moment-là, tout le monde se questionne.
[57:38]
Devon devient malgré lui le premier
[57:40]
suspect. Il n'y a aucune trace
[57:42]
de lutte dans la maison, donc c'est quelqu'un
[57:44]
de l'entourage. Cependant,
[57:46]
il est rapidement écarté car les voisins
[57:48]
affirment avoir entendu ce qui
[57:50]
ressemblait à des coups de feu vers 6h30
[57:52]
du matin alors que Devon
[57:54]
était avec son père, donc son alibi
[57:58]
est solide.
[57:59]
Cela correspondait à l'heure
[58:00]
du décès de Bill
[58:02]
et de Susanne en plus, les deux parents.
[58:05]
De plus, ses antécédents
[58:06]
n'ont montré aucun drapeau rouge
[58:08]
qui suggérait qu'il serait capable
[58:10]
de faire quelque chose comme ça non plus.
[58:13]
Cependant, il y a un membre
[58:14]
de la famille qui a un passé trouble
[58:16]
et qui brille par son absence.
[58:18]
Mais où est Béji
[58:20]
Lisc? Béji Lisc, c'est
[58:22]
le fils de Bill,
[58:24]
Bill William Lisc.
[58:26]
Donc même Béji s'appelle William
[58:28]
aussi. Ça sent à vous
[58:30]
ce que j'avais peur.
[58:33]
Après avoir rapidement trouvé
[58:35]
des preuves comme
[58:36]
des traces de pas boueux à l'intérieur
[58:38]
qui correspondaient à la taille
[58:40]
des bottes de Béji
[58:42]
et des traces près de l'étang,
[58:44]
le marteau à clous familial
[58:46]
qui était couvert avec le centre
[58:48]
d'hérec, eux le fait que c'était un outil
[58:50]
de la maison qui a été utilisé aussi,
[58:52]
ça le pointe vers ça.
[58:54]
Et également, comme je vous disais,
[58:56]
il n'y a eu aucun signe de lutte,
[58:57]
donc c'est quelqu'un qui était
[58:59]
supposé d'être là, du moins.
[59:02]
La police avait une bonne idée
[59:03]
du meurtrier. Les autorités se met
[59:05]
rapidement à la recherche de William
[59:07]
Béji Lisc, 24 ans.
[59:11]
Mais avant d'aller
[59:11]
plus loin pour comprendre un peu plus ce qui est arrivé,
[59:13]
on va faire un bond dans le temps et
[59:15]
analyser un peu la situation familiale.
[59:18]
La famille Lisc a vu le jour
[59:19]
lorsque Suzanne et William Lisc
[59:21]
ont décidé de se marier en 2001,
[59:24]
s'unissant ainsi que leurs
[59:25]
enfants respectifs,
[59:26]
c'est une famille recomposée.
[59:29]
Alors que Suzanne avait deux fils de son
[59:31]
précédent mariage, nommés Devon
[59:33]
et Derec, William en avait appelé
[59:35]
un William Béji Jr.
[59:38]
Les fils de Suzanne
[59:39]
avaient de bonnes relations avec William
[59:41]
en ce qui concerne le beau-père et le beau-fils.
[59:44]
Cependant, on ne peut pas dire
[59:45]
que Béji avait fait preuve
[59:47]
de la même courtoisie envers Suzanne,
[59:49]
sa belle-mère. Malgré de multiples
[59:51]
tentatives pour rétablir la paix
[59:53]
entre les deux, les confis ne faisaient
[59:55]
que s'envenimer au feu du temps.
[59:57]
Il faut savoir que lorsque
[59:59]
la police a examiné l'historique criminelle
[01:00:00]
de Béji, il avait tout un casier
[01:00:03]
judiciaire. En 2002,
[01:00:05]
alors qu'il avait 16 ans et était assigné
[01:00:07]
à résidence, il avait menacé de se
[01:00:09]
faire du mal après une dispute avec son
[01:00:11]
père, William. C'est la première
[01:00:13]
fois que Bill, souvent je vais l'appeler
[01:00:15]
Bill pour différencier,
[01:00:17]
doit appeler la police pour venir chez eux
[01:00:19]
car son père ne savait pas comment l'arrêter.
[01:00:21]
Lorsque la police est arrivée,
[01:00:23]
Béji les a attaqués.
[01:00:25]
Première intervention,
[01:00:27]
en 2004, en octobre,
[01:00:29]
il s'était disputé avec Suzanne
[01:00:30]
et lui avait donné un coup de poing à la
[01:00:33]
poitrine. Il avait frappé Suzanne
[01:00:35]
aussi avec une tasse à café deux mois
[01:00:37]
seulement après cet incident,
[01:00:39]
avant de s'enfuir avec ses clés de voiture.
[01:00:41]
Peu de temps après, il avait
[01:00:43]
également attaqué sa belle-mère sous la
[01:00:45]
douche. C'est fou!
[01:00:47]
Son agressivité envers elle s'est
[01:00:49]
intensifiée avec les années. Béji
[01:00:51]
n'aimait pas l'autorité que sa belle-mère
[01:00:53]
tentait d'exercer sur la maison.
[01:00:54]
Il y a des limites, attaquer quelqu'un
[01:00:56]
sous la douche, ça n'a pas de bon sens.
[01:01:00]
Tu dois te sentir
[01:01:01]
tellement vulnérable en plus.
[01:01:03]
L'hockey, quelqu'un qu'il connaissait,
[01:01:05]
il y a une réaction qui est associée
[01:01:07]
à ça. Mais se faire attaquer pendant
[01:01:09]
qu'on est sous la douche ou dans le bain,
[01:01:12]
ça, ça doit être
[01:01:13]
cauchemardesque.
[01:01:15]
Les hommes autant que les femmes,
[01:01:17]
tu es vulnérable au maximum.
[01:01:19]
Oui, tu as raison.
[01:01:21]
C'est gênant.
[01:01:23]
Tu ne peux pas te protéger.
[01:01:24]
On dirait qu'on est plus fragile.
[01:01:26]
Tu as bien raison.
[01:01:28]
Cependant, après chaque acte d'agression,
[01:01:31]
Béji a été amené au poste soit par
[01:01:33]
les flics, soit par son père.
[01:01:34]
La police l'a ensuite relâchée parce qu'il n'était
[01:01:36]
pas apte à subir son procès.
[01:01:39]
Au lieu de cela, il a été amené
[01:01:41]
dans un établissement psychiatrique pour
[01:01:42]
se reposer avant que William, son père,
[01:01:45]
ne redemande sa tutelle étant donné
[01:01:47]
qu'il est adulte. Donc, il avait besoin
[01:01:49]
de reprendre possession
[01:01:51]
des droits, si on veut,
[01:01:53]
de l'autorité.
[01:01:55]
Par la suite, les charges étaient
[01:01:57]
toujours abandonnées contre lui.
[01:01:59]
Donc, il n'a jamais vraiment fait de prison
[01:02:00]
pour ces gestes-là.
[01:02:03]
Mais cela ne semblait pas fonctionner.
[01:02:05]
Béji a été impliqué dans plusieurs bagarres
[01:02:07]
avec son père, ce qui entraînait encore une fois
[01:02:09]
l'appel à la police à trois autres
[01:02:11]
reprises. Essayant d'obtenir
[01:02:13]
l'aide dont Béji avait besoin,
[01:02:15]
sa famille l'a transférée dans un foyer
[01:02:17]
de groupe à Sandusky, où il recevait
[01:02:20]
un traitement pour
[01:02:21]
un trouble de schizoaffective
[01:02:23]
de type bipolar. Donc, il était
[01:02:25]
malade.
[01:02:27]
Mais malgré tout,
[01:02:29]
le père de Béji, Bill, essayait toujours
[01:02:31]
de garder son fils dans sa vie et d'éviter
[01:02:33]
les ennuis. Honnêtement, il a toujours
[01:02:35]
bien fait les choses.
[01:02:37]
Il rendait souvent visite à son fils
[01:02:39]
à la maison de transition dans laquelle il vivait.
[01:02:41]
Puis même la semaine avant le drame,
[01:02:44]
il a fait un effort
[01:02:45]
pour rétablir sa relation avec lui.
[01:02:47]
Il l'avait amené en vacances
[01:02:49]
dans une retraite pour
[01:02:51]
faire la chasse au cerf, en fait.
[01:02:54]
Tout semblait bien aller
[01:02:55]
lorsque Béji et William
[01:02:57]
sont revenus Saint-Esau 24 heures
[01:02:59]
avant les meurtres. Le soir
[01:03:01]
de leur retour, le 30
[01:03:03]
octobre, le père et le fils
[01:03:05]
ont beaucoup bu avec des voisins
[01:03:07]
jusqu'autour de minuit.
[01:03:09]
Mais Bill a permis à
[01:03:11]
Béji de rester, de dormir
[01:03:12]
sur le divan pour la nuit parce qu'il
[01:03:14]
ne voulait pas qu'il retourne dans sa maison de transition
[01:03:17]
sous l'effet de l'alcool.
[01:03:18]
Je pense que ce n'est pas bien vu non plus.
[01:03:20]
Il préférait qu'il dorme à la maison.
[01:03:22]
Le reste appartient à l'histoire.
[01:03:24]
Rapidement, la police a appréhendé
[01:03:26]
Béji dans le même camp de chasse
[01:03:28]
où il était resté pendant ses vacances avec
[01:03:30]
son père dans le comté de Carroll.
[01:03:32]
Les dernières traces numériques
[01:03:34]
de Derek remontent pour
[01:03:36]
la dernière fois à 14 heures, le
[01:03:38]
30 octobre, soit la veille.
[01:03:41]
Sur la base de plusieurs
[01:03:42]
facteurs, il a été déterminé que
[01:03:44]
Derek avait été tué avant
[01:03:46]
Bill et sa mère Suzanne.
[01:03:48]
C'est pour ça justement qu'il aurait utilisé
[01:03:50]
le gun à clous parce que c'est plus
[01:03:52]
silencieux qu'un fusil pour
[01:03:54]
le tuer. Je comprends, mais en même temps,
[01:03:56]
ça s'est vu que tu as mené la maladie
[01:03:58]
mentale dans tout ça, je comprends un petit peu
[01:04:00]
mieux. J'avais beaucoup de misère à croire qu'un
[01:04:02]
enfant, un jeune adolescent
[01:04:04]
normal, à priori,
[01:04:08]
a eu
[01:04:08]
une aussi
[01:04:11]
une stratégie aussi
[01:04:12]
de travailler que de penser à tous
[01:04:14]
ces détails-là. Je dis pas que
[01:04:16]
ça arrive jamais. Je suis pas
[01:04:18]
surpris. Je sais que ça
[01:04:20]
arrive, mais c'est des cas très spécifiques.
[01:04:22]
À ce âge-là, c'est souvent la maladie
[01:04:24]
mentale. Sinon, les parents,
[01:04:26]
c'est des bourreaux, puis
[01:04:27]
ça vient de quelque part. Dans ce cas-ci,
[01:04:30]
on semblait pas être là. Pour ça que j'avais
[01:04:31]
hâte de voir où ça m'niche. J'avais beaucoup
[01:04:33]
de misère à croire que ça pouvait être un membre de la famille.
[01:04:36]
Oui, non, mais je comprends, puis je
[01:04:37]
voulais pas trop te spoiler, mais c'est...
[01:04:40]
Tu sais, qu'est-ce
[01:04:42]
selon certains, il y a des choses
[01:04:43]
qui auraient pu arriver différemment.
[01:04:45]
Je vais y revenir, mais
[01:04:47]
ça reste que c'est ça. Malgré tout,
[01:04:49]
c'est difficile à contrôler.
[01:04:52]
Il était pas bien dans
[01:04:53]
l'environnement familial. Tu peux pas.
[01:04:55]
Tu peux juste faire de ton mieux.
[01:04:58]
Ça peut te prendre par surprise de tellement
[01:04:59]
de manières. Ce qui est étrange, tu sais,
[01:05:01]
c'est qu'il habitait plus là. Donc,
[01:05:03]
est-ce qu'il a mis ça un peu sur sa faute à elle?
[01:05:05]
Peut-être aussi par
[01:05:08]
association. Bref,
[01:05:10]
je continue mon histoire.
[01:05:12]
Un élément particulier aussi,
[01:05:14]
lorsque Devon est rentré chez lui
[01:05:16]
après avoir passé le week-end avec son père
[01:05:18]
à 9h30 le matin, le 31 octobre,
[01:05:20]
avant d'aller à l'église,
[01:05:22]
il n'est resté que le temps
[01:05:23]
de changer de chemise pour partir
[01:05:25]
ensuite à l'église. À ce moment-là,
[01:05:28]
il a rencontré que
[01:05:31]
Béji, dans la maison,
[01:05:32]
son demi-frère. Il lui a même parlé.
[01:05:34]
Il est resté cinq minutes avec lui.
[01:05:36]
Mais dites-vous qu'à 9h30,
[01:05:38]
toute la famille était déjà morte.
[01:05:40]
Elle était morte depuis au moins
[01:05:42]
les parents depuis au moins 6h30.
[01:05:44]
Mais lui, il s'en est pas rendu compte.
[01:05:46]
Il est rentré dans la maison, il est allé chercher sa chemise,
[01:05:49]
puis il a parlé, puis il écoutait ça.
[01:05:51]
Pour continuer sur la
[01:05:52]
brève conversation entre Devon et Béji,
[01:05:54]
celle-ci lui parut étrange,
[01:05:56]
car Béji lui a demandé où il allait
[01:05:58]
et pour combien de temps il serait parti.
[01:06:01]
Ce qu'habituellement,
[01:06:02]
il ne fait pas...
[01:06:03]
Il s'en soucie très peu.
[01:06:06]
Il trouvait aussi qu'il avait l'air plus heureux
[01:06:09]
et qu'il était plus bavard
[01:06:10]
que d'habitude.
[01:06:11]
Ça, ça arrive souvent.
[01:06:13]
J'ai raconté une histoire
[01:06:16]
dernièrement dynamite.
[01:06:17]
Je ne la résumerai pas, vous allez l'écouter.
[01:06:20]
Mais justement,
[01:06:22]
dans les dernières semaines,
[01:06:24]
avant le drame, c'était la même affaire.
[01:06:26]
La personne, le responsable,
[01:06:29]
sur un ton léger,
[01:06:30]
il était très bavard,
[01:06:32]
il parlait plus qu'à son habitude,
[01:06:33]
il était très introspectif.
[01:06:35]
On a l'impression qu'on voit ça souvent,
[01:06:37]
comme si pendant un temps,
[01:06:39]
leur décision est prise,
[01:06:41]
ils deviennent plus légers.
[01:06:43]
C'est terrifiant.
[01:06:44]
Oui, c'est comme s'il avait un poids sur les épaules.
[01:06:46]
Quand on se sent plus léger,
[01:06:47]
c'est qu'on est libéré de quelque chose.
[01:06:49]
On avait un poids sur les épaules.
[01:06:51]
C'est toujours, on passe du négatif
[01:06:53]
au positif généralement,
[01:06:55]
quand on se sent libéré.
[01:06:57]
Encore une fois, tu vois qu'il y avait ça.
[01:06:59]
Tu vois, même à travers ces histoires-là,
[01:07:01]
on les vit juste en parole.
[01:07:04]
On dirait qu'on le sent, pareil,
[01:07:06]
cette douleur-là.
[01:07:08]
Ça fait mal.
[01:07:09]
Oui, exact.
[01:07:11]
Après que Devon ait quitté la maison,
[01:07:14]
BJ est parti dans le Ford F-150.
[01:07:16]
Il y a toujours un Ford F-150.
[01:07:18]
Bien sûr.
[01:07:19]
De la famille, il s'est rendu directement
[01:07:22]
à la cabane de chasse.
[01:07:23]
Il s'est arrêté en chemin et s'est acheté un Subway.
[01:07:27]
Ça, c'est important,
[01:07:28]
dans un certain sens.
[01:07:31]
Finalement, BJ Lisk
[01:07:33]
est accusé de meurtre
[01:07:34]
et son père,
[01:07:35]
il est accusé du meurtre de son père,
[01:07:38]
de sa belle-mère et de son demi-frère
[01:07:39]
Derek Griffin.
[01:07:41]
Les preuves ont confirmé que l'ADN du père,
[01:07:44]
de la belle-mère et du demi-frère
[01:07:46]
se sont retrouvés sur les vêtements
[01:07:48]
de BJ.
[01:07:50]
Aussi, le Subway
[01:07:52]
était resté
[01:07:54]
au chalet. En fait, le Subway qu'il avait
[01:07:56]
acheté en chemin était resté au chalet.
[01:07:57]
Il n'a même pas pris le temps de le manger.
[01:08:02]
Il avait trop hâte
[01:08:03]
de se libérer de son père.
[01:08:05]
Exactement.
[01:08:06]
Automatiquement, ça a fait une corrélation.
[01:08:09]
Ils sont allés vérifier
[01:08:10]
la transaction
[01:08:12]
sur sa carte, etc.
[01:08:13]
Lors d'une conversation téléphonique
[01:08:16]
en prison,
[01:08:18]
avec sa mère, parce que sa mère
[01:08:19]
est toujours en vie, il a avoué son
[01:08:21]
crime d'une certaine façon.
[01:08:22]
Elle lui a comme demandé pourquoi
[01:08:24]
il a fait ça, et lui a juste dit
[01:08:26]
« Je ne veux pas te parler de ça ».
[01:08:28]
C'était une forme d'incrimination.
[01:08:32]
Quelqu'un qui n'est pas
[01:08:33]
responsable n'aurait jamais répondu
[01:08:34]
à quelque chose comme ça.
[01:08:36]
Lorsqu'il a été arrêté, il voulait
[01:08:38]
plaider de non-coupable, mais après
[01:08:39]
la conversation avec sa mère, il a changé
[01:08:41]
son verdict pour coupable.
[01:08:44]
Ça a dû
[01:08:47]
lui travailler.
[01:08:48]
Oui, ça l'a travaillé.
[01:08:49]
J'allais dire jouer dans la tête, mais c'est ça.
[01:08:52]
On dirait que ça a changé son
[01:08:53]
fusil d'épaule par rapport à son point de vue.
[01:08:56]
Exactement.
[01:08:57]
À cause de ça, quand tu plaides
[01:08:59]
coupable, ça permet
[01:09:02]
aux États-Unis que la peine de mort
[01:09:03]
soit retirée de la table, mais prison
[01:09:05]
à vie, sans libération conditionnelle
[01:09:07]
qui la remplace.
[01:09:08]
Je ne le savais pas, ça.
[01:09:10]
Je ne sais pas si c'est dans tous les États,
[01:09:11]
mais dans ce cas-ci, c'est le cas.
[01:09:14]
Pendant le procès, il a parlé
[01:09:15]
généralement sans émotion, même lorsqu'il
[01:09:18]
a dit « j'aimais beaucoup mon père
[01:09:20]
et ça me rend malade à chaque fois
[01:09:21]
que je pense à ce que j'ai fait ».
[01:09:23]
Je ne peux vraiment pas expliquer
[01:09:26]
pourquoi tout cela est arrivé,
[01:09:28]
mais je pense que ça a surtout
[01:09:30]
à voir avec ma maladie mentale.
[01:09:32]
Il y a une forme de lucidité.
[01:09:35]
Ah oui, la maladie mentale,
[01:09:37]
ça ne veut pas dire que t'es un idiot.
[01:09:38]
C'est juste que ton cerveau
[01:09:40]
va avoir des réflexions
[01:09:43]
qui ne font pas nécessairement de sens
[01:09:44]
ou qui t'amènent ailleurs que ce que
[01:09:46]
la logique t'amènerait.
[01:09:48]
Exactement. Même pendant
[01:09:50]
le procès, les voisins
[01:09:52]
se sont manifestés. Eux, ils pensent
[01:09:54]
également que Béji a tué
[01:09:56]
et torturé plusieurs animaux de compagnie
[01:09:58]
au fil des années dans le quartier.
[01:10:00]
Même s'ils n'ont jamais pris en flagrant délit,
[01:10:02]
il y avait une problématique
[01:10:04]
à une certaine époque.
[01:10:05]
Il y avait toujours des animaux qui se faisaient tuer
[01:10:08]
et torturer dans le coin,
[01:10:10]
mais c'est dur à prouver.
[01:10:11]
Surtout dans les années 2000-2010,
[01:10:14]
il n'y avait pas tant de caméras
[01:10:15]
comme aujourd'hui installées un peu partout.
[01:10:18]
Donc, il n'y a jamais eu
[01:10:21]
de preuve de tout ça.
[01:10:23]
Par contre,
[01:10:24]
pour conclure cette histoire
[01:10:26]
tragique, en 2015,
[01:10:28]
à l'âge de 29 ans, Béji
[01:10:29]
s'est suicidé en prison.
[01:10:32]
C'est un peu la fin
[01:10:34]
de la famille William Lisk
[01:10:35]
parce que
[01:10:37]
il a sa mère, mais au terme d'une
[01:10:39]
famille, son père n'est plus
[01:10:41]
et lui non plus. Il n'y aura pas
[01:10:43]
de descendance d'une certaine façon.
[01:10:46]
C'est triste.
[01:10:47]
En même temps, je peux comprendre son geste.
[01:10:50]
Je ne sais pas de quelle
[01:10:51]
façon il le fait en prison. Généralement,
[01:10:53]
c'est toujours un peu plus complexe.
[01:10:55]
C'est parce qu'ils ne sont pas traités non plus.
[01:10:57]
Ça, c'est un problème qu'on a.
[01:11:03]
Si tu n'es pas apte à subir ton procès
[01:11:05]
et qu'on t'envoie dans un hôpital psychiatrique,
[01:11:08]
tu vas avoir des traitements,
[01:11:09]
tu vas avoir de l'aide, tu vas avoir de soutien pour ce que tu as.
[01:11:12]
Mais s'ils considèrent que
[01:11:13]
tu es lucide et que tu t'en vas en prison,
[01:11:16]
même s'il n'y a pas
[01:11:17]
personne qui va t'aider
[01:11:19]
avec ta maladie mentale en prison,
[01:11:22]
on avance tranquillement
[01:11:23]
pour améliorer la chose, mais on est
[01:11:26]
encore loin de là.
[01:11:28]
D'ailleurs,
[01:11:30]
je vais faire une
[01:11:31]
blog pour une amie. En même temps,
[01:11:34]
je me prends beaucoup d'avance,
[01:11:36]
mais je vous invite à rester attentif
[01:11:38]
à surveiller ça.
[01:11:40]
Il y a mon ex-copine et une de mes
[01:11:41]
meilleures amies aujourd'hui, Laurence Côté Collins,
[01:11:45]
est réalisatrice.
[01:11:46]
Elle travaille d'ailleurs
[01:11:49]
incessamment.
[01:11:50]
Je n'ai pas la date, mais bientôt
[01:11:52]
je pense que sort son
[01:11:53]
prochain film de fiction qui va s'appeler
[01:11:56]
Bungalow, mais là c'est une comédie,
[01:11:57]
ce n'est pas important. Elle travaille
[01:11:59]
présentement sur un documentaire
[01:12:02]
avec un rose-élan
[01:12:03]
artistique, c'est pas ça,
[01:12:05]
un documentaire artistique, disons.
[01:12:08]
Elle a une amie de longue
[01:12:09]
date qui faisait du cinéma
[01:12:11]
kino avec elle à l'époque.
[01:12:13]
Présentement, ce garçon-là,
[01:12:15]
on peut le nommer, s'appelle Billy,
[01:12:18]
il est en prison pour meurtre,
[01:12:20]
double meurtre.
[01:12:22]
Je ne résumerai pas l'affaire,
[01:12:24]
c'est pas ça qui est important ici,
[01:12:25]
mais lui il est allé en prison, il n'est pas allé
[01:12:26]
dans un institut psychiatrique, sauf
[01:12:29]
que c'est de la schizophrénie
[01:12:31]
qui a Billy. C'est ça
[01:12:33]
qui l'a mené au meurtre.
[01:12:35]
Il n'a aucune conscience.
[01:12:37]
Puis là, le
[01:12:39]
documentaire qui s'en vient, en fait,
[01:12:41]
c'est la relation entre Laurence
[01:12:43]
et son amie Billy, à travers
[01:12:45]
les lettres
[01:12:47]
qui s'écrivent, à travers
[01:12:49]
ses visites à Laurence en prison,
[01:12:52]
comme s'il était un couple, elle va
[01:12:53]
passer du temps en prison avec lui,
[01:12:55]
il se parle par téléphone tous les jours.
[01:12:57]
Ça fait au moins
[01:12:59]
4 ou 5 ans qu'elle travaille
[01:13:01]
sur ce film-là.
[01:13:03]
Ça va être quelque chose,
[01:13:05]
ça va être dur, ça va être
[01:13:07]
rough, mais on va avoir
[01:13:09]
un regard différent
[01:13:11]
de ce qu'on a eu à date. Je ne dis pas que d'autres l'ont pas
[01:13:13]
fait, mais Laurence
[01:13:15]
va le faire à sa manière.
[01:13:16]
On va avoir un regard puis une réflexion
[01:13:19]
sur les problématiques,
[01:13:20]
la maladie mentale par rapport à la
[01:13:22]
criminalité. On en parle
[01:13:24]
encore aujourd'hui à quel point c'est difficile
[01:13:26]
avec la police de gérer ça,
[01:13:29]
quand ils font des interventions.
[01:13:30]
Mais c'est la même chose en prison.
[01:13:32]
On a des tonnes de
[01:13:34]
gens malades
[01:13:38]
en prison.
[01:13:39]
Ils n'ont pas de soutien,
[01:13:40]
ils n'ont pas d'aide. Billy, ça a pris
[01:13:42]
des années avant qu'il prenne
[01:13:44]
conscience de sa schizophrénie
[01:13:46]
et qu'il y ait de l'aide dans
[01:13:48]
ce sens. Pendant ce temps-là,
[01:13:50]
lui, il faisait
[01:13:52]
des crises de
[01:13:54]
psychose dans sa cellule à halluciner
[01:13:56]
des voix, puis il y a personne
[01:13:58]
qui venait l'aider. C'est difficile,
[01:14:00]
c'est un sujet qui est rough.
[01:14:03]
C'est difficile à le prévoir
[01:14:05]
avant le crime, mais faut
[01:14:06]
pas oublier de les soutenir après
[01:14:08]
leur arrestation aussi. Ces gens-là
[01:14:10]
ont besoin d'aide. Oui, la prévalence
[01:14:12]
de maladie mentale est beaucoup plus élevée
[01:14:13]
dans la population carcérale.
[01:14:16]
Pour que l'or
[01:14:18]
le rende côté Collins, la réalisatrice,
[01:14:21]
à ma connaissance, son
[01:14:22]
documentaire va s'appeler tout simplement
[01:14:24]
Billy. C'est encore en production,
[01:14:26]
est en tournage encore cette
[01:14:28]
semaine, mais ça va venir éventuellement.
[01:14:30]
Si vous voyez ça, ça va être un documentaire
[01:14:32]
coup de poing. Intéressant.
[01:14:33]
Merci de la plug, Simon. Merci de ton
[01:14:36]
histoire, Seb. Très plaisir.
[01:14:38]
Merci les gars pour toutes vos histoires.
[01:14:40]
Merci pour les invitations comme d'habitude.
[01:14:42]
Et là, on se rejoint,
[01:14:44]
on a encore deux histoires
[01:14:47]
pour nos abonnés,
[01:14:49]
en fait Patreon
[01:14:50]
au forfait Oui Monsieur
[01:14:52]
pour notre After Show. Donc
[01:14:54]
le spécial Halloween se continue
[01:14:56]
sur Patreon pour nos abonnés.
[01:14:58]
Pour les abonnés, Patreon d'Ars Morien
[01:15:00]
aussi d'ailleurs. Certains
[01:15:01]
ont accès à cet épisode-là.
[01:15:04]
Donc on se revoit de l'autre côté
[01:15:06]
du miroir dans quelques minutes.
[01:15:08]
Mais avant de quitter, on voulait vous remercier
[01:15:10]
chers auditeurs de nous suivre.
[01:15:12]
Merci de nous suivre. Distorsion
[01:15:14]
partout sur les différentes plateformes.
[01:15:16]
Merci de suivre Ars Morien. Vous êtes ben
[01:15:18]
fins. Simon Predge aussi, ça nous fait plaisir.
[01:15:20]
T'es ben fin toi avec.
[01:15:22]
Sur toutes les plateformes, n'oubliez pas de suivre
[01:15:24]
nos Disto News sur TikTok aussi,
[01:15:25]
très important. Et
[01:15:27]
en fait, pour terminer, on a pas le choix
[01:15:30]
de remercier quelques membres Patreon, mon
[01:15:32]
cher Seb, sans qui on pourrait
[01:15:34]
faire ce show. Oh oui,
[01:15:35]
j'y vais.
[01:15:38]
Je remercie Kim LJ,
[01:15:41]
Marc-André C,
[01:15:43]
Ninon M,
[01:15:45]
Mathieu L
[01:15:46]
et Noémie G.
[01:15:48]
Un gros shout-out à Catherine
[01:15:50]
M, à Catherine S,
[01:15:52]
double Catherine, à Audrey
[01:15:54]
B, à Sarah A
[01:15:56]
et à Alexia L.
[01:15:58]
Je vais en remercier moi aussi.
[01:16:00]
J'ai pas rien préparé, malheureusement.
[01:16:02]
Je n'aimerais pas une tonne de
[01:16:03]
Patreon, mais il y en a deux qui sont très
[01:16:05]
vocales, qui soutiennent beaucoup
[01:16:07]
le podcast Ars Morienzi.
[01:16:09]
Marinette et Jade, vous vous
[01:16:11]
reconnaissez. Merci les filles.
[01:16:13]
Shout-out. Un shout-out à vous.
[01:16:15]
Je poursuis avec beaucoup d'amour pour
[01:16:17]
Gabrielle Le Haire, Léo,
[01:16:20]
Pierre-Luc M,
[01:16:22]
Sabrina G
[01:16:23]
et Hélène M.
[01:16:25]
Aussi un gros câlin à Tristan
[01:16:27]
B, à Maggie, à
[01:16:29]
Aude MS, à Johnny
[01:16:32]
Cash, probablement le vrai qui nous
[01:16:34]
surveille de l'au-delà, et à
[01:16:36]
Elle Gizmo.
[01:16:37]
Un high-five à Julie B,
[01:16:40]
le mystérieux ou la mystérieuse
[01:16:42]
Madney,
[01:16:43]
Myriam, Janet C
[01:16:46]
et Kalito.
[01:16:48]
Beaucoup d'amour à
[01:16:49]
Ronnie Pepperoni, à
[01:16:51]
Roman, à Zem Pizoul,
[01:16:54]
à Jessica L
[01:16:55]
et à Kat C.
[01:16:57]
Je poursuis l'amour
[01:16:59]
avec Sabrina
[01:17:01]
Zachary Element,
[01:17:04]
Emilie D,
[01:17:06]
Elle Fouffy,
[01:17:07]
Alexis Geyer.
[01:17:10]
Une bonne poignée de main à Pascal L,
[01:17:13]
à Byrne,
[01:17:14]
aussi à MC, à
[01:17:15]
Gonzo et à Jérémie BF.
[01:17:19]
Je poursuis
[01:17:20]
Stéphanie B,
[01:17:21]
Lauriane, Antoine F,
[01:17:24]
Alexandra S
[01:17:25]
et Frédéric B.
[01:17:27]
Écoute donc, vous n'avez plus que moi, je vais dire
[01:17:29]
hé, merci pas!
[01:17:32]
Shout-out Papa Prej,
[01:17:33]
mais pour terminer,
[01:17:35]
un gros high-five à Daphne V,
[01:17:37]
à Fred The Wall,
[01:17:39]
à Valérie C, à
[01:17:41]
Andreane B et Jocelyne
[01:17:44]
B. Merci à vous
[01:17:45]
tous, on ne serait existé sans votre
[01:17:47]
présence, merci Simon,
[01:17:49]
merci Seb et on se revoit tout de suite
[01:17:51]
dans l'After Show sur Patreon.
[01:17:53]
Merci tout le monde, bon Halloween!
[01:17:55]
OUI OUI!