#79 - Paul Le Roux - Le plus grand cybercriminel - Partie 2

Épisode

#79 - Paul Le Roux - Le plus grand cybercriminel - Partie 2

Saison
6
Épisode
79
Durée
1 h 08 min
Format
Audio

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(Partie 2 de 2) En 2005, Paul Le Roux décide de mettre sur pied un important réseau de pharmaciens et médecins américains pour vendre des médicaments en ligne. Profitant d’une zone grise du système, Le Roux s’enrichit et devient extrêmement puissant. Désirant toujours aller plus loin, il se diversifie dans plusieurs activités illégales à travers le monde: trafic de drogue, d’armes, et meurtres sur commande, pour ne nommer que celles-la. Malgré son intelligence, sa cupidité va finir par jouer contre lui…Au cours de ce dernier épisode d’une série de deux, nous concluons sur la montée et la chute de Paul Le Roux.

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Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur des histoires étranges de

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l'ère numérique.

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En 2005, Paul Leroux décide de mettre sur pied un important réseau de pharmaciens et

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médecins américains pour vendre des médicaments en ligne.

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Profitant d'une zone grise dans le système, Leroux s'enrichit et devient extrêmement

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puissant.

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Désirant toujours aller plus loin, il se diversifie dans plusieurs activités illégales

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à travers le monde, trafic de drogue, d'armes et meurtres sur commande, pour

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ne nommer que celle-là.

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Malgré son intelligence, sa cupidité va finir par jouer contre lui.

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Au cours de ce dernier épisode d'une série de deux, nous concluons sur la montée et

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la chute de Paul Leroux.

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Sébastien Lévesque, comment ça va ce soir ?

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Ça va bien et toi, Emile Gauthier ?

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Ça va très bien.

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On entame notre deuxième épisode d'une série de deux sur Paul Leroux, ce cyber-criminel

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vraiment avec une vie rocambolesque.

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On ne vous en dit pas plus, mais si vous n'avez jamais écouté le premier épisode

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de cette série-là, on vous conseille de le faire, c'est déjà sorti la

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semaine dernière.

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Et lancez-vous là-dessus.

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Et là, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a eu des développements en juin dernier,

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en juin 2020 sur l'histoire de Paul Leroux.

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Donc, dans ce deuxième épisode, on va revenir un peu sur ces faits-là, sur ce

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qui est arrivé tout récemment, mais aussi là-dedans.

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On va parler de toute sa montée et de sa chute aussi dans le monde criminel et

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vous allez voir, c'est assez particulier comme évolution et très passionnant.

[02:18]

Oui, vraiment.

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Tout d'abord, qu'est-ce qu'on boit, mon cher Séb ?

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On boit aujourd'hui, mon cher Emile, on boit la surmatchamangue de la brasse.

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C'est la barbarie qui est située à Québec, Charlotte à la barbarie.

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Oui, ça fait longtemps qu'ils sont dans la game.

[02:30]

Oui, exact.

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C'est des pionniers même dans le monde de la micro-brasserie.

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Encore une fois, cette bière-là, elle contient du lactose pour un peu balancer

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l'acidité de la surette, du sur de la bière, 5% d'alcool.

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C'est une fusion parfaite entre une bière sur tropicale et un matcha latte.

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Moi, j'adore le latte et j'adore les bières sourdes, donc je trouvais que

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le mélange des deux est vraiment bon.

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Vous allez même y trouver des notes de mangue citronnée qui sont bien sûr

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adoucies par un enrobage crémeux du thé vert japonais.

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C'est une excellente.

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Ben oui, quand même, c'est des saveurs qu'on est un petit peu moins habitués

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de retrouver dans la bière.

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Oui, c'est audacieux.

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Si vous voulez nous encourager via la tournée de bière,

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vous pouvez faire comme Sandrine qui nous a offert celle-là.

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Il nous offrait une tournée de bière via le DistorsionPodcast.com.

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Il y a un onglet sur le site dédié à cela.

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Vous faites un don, comme ça, vous pouvez encourager le show et en même

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temps remplir notre frige d'air.

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On a aussi un shout-out 5 étoiles sur Apple Podcasts qui nous vient de

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Chris de Français, mais qui habite au Canada en fait.

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Et sa review est intéressante.

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Il nous dit « camionneurs français fraîchement arrivés au Québec,

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j'ai cherché des podcasts québécois à écouter lors de mes voyages

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à travers l'Amérique du Nord, un podcast addictif qui fait défiler

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les kilomètres plus vite au point de m'avoir déjà fait louper

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la sortie d'autoroute quelquefois. »

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On s'excuse.

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En autant que ça n'arrive pas trop souvent.

[03:49]

Exact.

[03:49]

Donc, on a assez parlé, mon cher Seb, est-ce qu'on est prêt

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à se lancer dans l'histoire rocambolesque de Paul Leroux?

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Oui, mais juste avant, mon cher Emile, nous devons dire un petit mot

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à propos de notre partenaire, la Faculté de l'éducation permanente

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de l'Université de Montréal.

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Elle, c'est celle qui enseigne aux adultes et où les admissions

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sont en cours actuellement pour le certificat en enquête et

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renseignement, mais également comme pour les 30 autres

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programmes qui sont offerts.

[04:13]

Absolument.

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Il s'agit d'un certificat universitaire de 30 crédits

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pour toute personne passionnée d'enquête qui souhaite

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travailler dans les milieux professionnels et ou criminels

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Au terme du certificat, vous serez en mesure de mener une enquête

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de A à Z.

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Ce certificat est parfait si vous voulez compléter une formation

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existante, réaliser un bac par cumul avec d'autres

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certificats ou encore réorienter votre carrière.

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Est-ce que ce serait une bonne formation pour, mettons,

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les deux podcasters qui s'intéressent aux enquêtes?

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Oh que oui, mon cher Emile, même que j'y pense un peu

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chaque jour.

[04:43]

Moi aussi.

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Peu importe d'où vous venez, que vous soyez un distordu

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Canadien ou Européen, vous pouvez vous inscrire

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au certificat en enquête et renseignement à la FEP,

[04:51]

la fep.umoréale.ca

[04:53]

ou fep.umoréale.ca

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et rester avec nous.

[04:57]

Là-dessus Seb, est-ce qu'on est prêt à entamer notre histoire?

[05:01]

Oui, monsieur.

[05:03]

C'est parti.

[05:06]

Donc dans cette deuxième partie, mon cher Seb,

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on va tout d'abord où est-ce qu'on s'était laissé la dernière fois?

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On se rappelle dans l'épisode 1, Paul Leroux avait

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soi-disant participé à la mise sur pied de True Crypt,

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un logiciel d'encryptage dont les bases sont encore utilisées maintenant.

[05:22]

Exact, exact.

[05:23]

Puis par la suite, il avait fondé une entreprise qui est RX Limited

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et on avait juste effleuré le sujet,

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mais aujourd'hui on va entrer un peu plus en profondeur

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puis vous allez voir qu'il va monter toute une espèce de stratagème

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dans le milieu de la vente en ligne de médicaments,

[05:40]

mais vraiment dans une zone grise du système.

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Oui, exact. Vous allez voir, il est tellement intelligent,

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ça n'a pas de bon sens, même s'il ne l'a pas utilisé à Buenos Aires,

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c'est quelqu'un de très très brillant.

[05:50]

Je te laisse commencer.

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Un peu comme on vous le disait lorsqu'on vous racontait

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lors de la première partie,

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suite à son départ du monde du cryptage,

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du moins sous son propre nom,

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Paul Leroux s'est dirigé vers le milieu des casinos en ligne,

[06:01]

mais sans grand succès,

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pour ensuite se diriger vers le milieu pharmaceutique

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selon les conseils de son ami avocat du Clostarica

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qui lui avait vraiment dit

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« Tu vas faire plus d'argent avec les médicaments que les casinos ».

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En 2005, Leroux crée une entreprise israélienne

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au nom de EBS System.

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Cette société allait devenir le bras droit du service à la clientèle

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de son empire des médicaments sur ordonnance.

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Lors de l'enregistrement de la compagnie,

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Leroux est répertorié à une adresse à Rotterdam, au Pays-Bas,

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à côté d'une image numérisée de son passeport australien,

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donc de vraiment sa vraie identité.

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Souvent, lorsqu'il crée des coquilles d'entreprise,

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il utilise toujours sa vraie identité malgré tout.

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À certains endroits, vous allez voir, il va utiliser des faux passeports,

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mais souvent, il utilise quand même sa vraie identité,

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on dirait, sans pudeur, malgré l'illégalité de ce qu'il veut faire.

[06:48]

Oui, exactement.

[06:49]

Mais on dirait que, à ce niveau-là,

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quand il crée justement ses entités,

[06:54]

il n'est pas encore 100 % dans l'illégal.

[06:56]

Non, exact.

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Il reste dans les zones grises, tout ça.

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On dirait que c'est par la suite,

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quand il va prendre vraiment une tangente,

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vous allez voir, ça va aller loin,

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son investissement dans le monde du crime organisé

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puis du trafic de plein d'affaires.

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Ça va aller loin.

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On parle même des meurtres sur commande,

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des gens qui meurent étrangement sans trop savoir pourquoi.

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Mais on dirait que c'est à ce moment-là

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qu'il a commencé à complètement déborder dans le monde interlope.

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C'est à ce moment-là qu'il s'est sûrement dit

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qu'il aurait dû être prudent dans le passé.

[07:26]

Oui, exact.

[07:27]

Mais même à ça, vous allez voir,

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c'est autre chose qui finit par le coincer.

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Bref, pour démarrer le tout,

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il s'est lié à deux frères Israéliens

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pour démarrer l'entreprise là-bas,

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Thomas et Boaz Tagore,

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qu'il avait préalablement rencontré

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sur un forum de discussion fidèle à ses habitudes.

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Peu de temps après avoir créé cette entité,

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Paul se met en marche

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et commence son projet qui nécessite des connaissances informatiques avancées

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dans le but de créer un pipeline numérique transparent

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qui connecte légalement des médecins américains

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aux pharmaciens

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finalement pour aboutir dans les mains des consommateurs de médicaments américains.

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Donc une façon de commander en ligne,

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mais justement avant le temps, en 2005.

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Oui, exact, c'était extrêmement précurseur effectivement.

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L'une des personnes clés dans ce stratagème

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est Charles Schulz,

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un pharmacien expérimenté de 74 ans

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qui habite à Oshkosh,

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si j'espère que je le prononce bien,

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qui est situé au Wisconsin aux États-Unis.

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Ayant été un médecin militaire

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pendant la guerre de Corée,

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il avait ouvert sa première pharmacie en 1964

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et l'avait dirigée avec sa femme Jeanne.

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Après quelques faux départs,

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la pharmacie Schulz est devenue une entreprise établie

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située dans une rue pittoresque du centre-ville d'Oshkosh.

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Dans les années 1980,

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il a acheté une seconde pharmacie à Monroe,

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qui est une ville qui est située environ à 100 000 au sud d'Oshkosh.

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C'est un drôle de nom,

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Oshkosh, on dirait que tout le temps que j'ai l'impression de dire un mauvais mot.

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Pendant des décennies,

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Schulz était un homme d'affaires respecté dans les deux communautés,

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un bon patron et un travailleur infatigable.

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Par contre, au cours de l'été 2006,

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Schulz reçoit un fax d'une entreprise

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dont il n'avait jamais entendu parler,

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Alphanet Trading,

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avec une adresse à Costa Mesa,

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qui est située en Californie.

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La lettre lui offrait une opportunité commerciale attrayante.

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Alphanet pourrait augmenter les ventes de médicaments

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en magasins de Schulz

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avec des prescriptions en ligne sans aucun investissement de sa part.

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Son rôle n'aurait pas pu être plus simple.

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S'il devenait affilié à Alphanet,

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il lui suffirait de se connecter au système informatique de l'entreprise,

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de remplir les ordonnances rédigées par les médecins américains

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et de les expédier à l'aide d'un compte FedEx, le compte d'Alphanet.

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Il serait ensuite remboursé par virement bancaire du prix du gros de l'ordonnance

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plus une commission de 3,50 $ par ordonnance remplie.

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Oui, c'est quand même... mais ça a l'air sketchy, tu sais.

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J'ai de la misère à croire des fois qu'un pharmacien de sa trempe

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avec autant d'expérience soit tombé là-dedans.

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Je me semble que quand tu vois le portrait de tout ça,

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ça a l'air fichier, ça a l'air un peu étrange.

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Un peu louche, oui, oui.

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Mais même lui, par la suite,

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il savait qu'il naviguait en zone grise,

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mais les profits, des fois, c'est plus fort que tout.

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Ça fait penser un peu à ce qu'on vit...

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Au Canada, on vit un peu ça avec le cannabis.

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On a la SQDC, la Société Québécoise du cannabis,

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mais il y a plein d'autres marchands ailleurs en ligne

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qui vendent du cannabis.

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Mais justement, c'est un peu une zone grise,

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à savoir, oui, c'est légal d'en vendre au niveau médical,

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mais est-ce que c'est parce que tu peux en vendre

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d'une façon médicale, tu peux en vendre au grand public aussi,

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puis on sait qu'il y en a qui le font.

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Donc, je me dis à quelque part que ça fait un peu penser à ça.

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C'est vrai, j'ai pas fait le parallèle, mais t'as absolument raison.

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Mais lui, c'est clair que c'est un marché qui est beaucoup plus contrôlé,

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c'est-à-dire que, en tout cas,

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ça semble atteindre des proportions vraiment énormes aussi.

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Ah oui, vous allez voir, les chiffres sont impressionnants.

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L'offre d'Alphanet arrive particulièrement

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à un bon moment pour Shulz,

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qui est dans une situation vulnérable, je vous explique.

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Son entreprise est en déclin depuis une dizaine d'années, malheureusement,

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alors que les chaînes de pharmacie à grande surface

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commençaient à évincé les petits commerces de quartier.

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C'est vrai, dans ces années-là, début 2000,

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c'est là qu'il y a eu Walmart, etc., les Shopping Marts,

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les Pharmaprix au Québec et tout ça,

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ont pris énormément de place

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et c'est devenu des très très gros joueurs.

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Et évidemment, ils ont tassé un peu les petits pharmacies de quartier.

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Ben oui, tu pouvais presque justement aller chez Jean Coutu

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puis avoir à l'époque même un paquet de cigarettes

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avec ta prescription médicale.

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Ça a changé, puis même maintenant,

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tu peux quasiment en faire une épicerie dans une pharmacie.

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Ben oui, non, exactement.

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Sa famille, quant à elle, était assiégée par des problèmes de santé.

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Son fils souffrait d'un trouble neurologique

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qui nécessitait vraiment des soins presque à temps plein.

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Et Schultz, lui-même, avait été frappé par une série de petites crises cardiaques

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provoquées en partie par le stress que lui causait

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de maintenir son entreprise à flots.

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Les longues heures passaient aussi

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à faire la navette entre ces deux magasins,

[11:48]

autant à Oshkosh qu'à Monroe,

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parce que, je vous rappelle, il y avait deux pharmacies.

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Au début, Schultz a ignoré l'offre.

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Il a ensuite fait quelques recherches en ligne

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pour déterminer si c'était une vraie entreprise

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ou s'il avait affaire à une arnaque.

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Finalement, il prend sa décision

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et contacte le recruteur de Alphanet.

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Schultz avait dès le départ des doutes

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sur l'éthique de l'opération.

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Mais le recruteur les a rapidement dissipés

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en envoyant à Schultz des copies des licences des médecins

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qui rédigeaient déjà des ordonnances

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et qu'Alphanet ne vendait pas des substances

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qui étaient vraiment contrôlées par le gouvernement

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et que, dans le cas contraire,

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justement, il risquait la prison.

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Ça fait qu'il jouait là-dessus

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parce qu'il vendait pas n'importe quel médicament, vous allez voir.

[12:22]

Oui, des médicaments qui étaient dans d'autres listes.

[12:25]

Oui, c'est ça, exact.

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Alphanet et ses dizaines de sites web affiliés

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offrent une gamme de médicaments sur ordonnances

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allant du Propécia,

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qui est un médicament contre la chute des cheveux

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aux différentes formes génériques de Viagra.

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Mais ses trois plus gros vendeurs

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sont le Ultram, le Soma et le Fiorice.

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J'en connais aucun des trois.

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Non, exact, il fallait que je fasse un peu de recherches.

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Le Ultram, c'était la version générique

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d'un analgésique opioïde appelé le Tramadol.

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Donc, c'est pas loin des opioïdes.

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Oui, oui, c'en est un.

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Après ça, il y a le Soma qui est également connu

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sous le nom de Carisopodrole,

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que lui, c'est un relaxant musculaire

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qui est souvent prescrit pour des problèmes de dos.

[13:00]

Pratique aussi.

[13:01]

Oui, exact.

[13:01]

Et le dernier, Fiorice,

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était souvent prescrit pour traiter les migraines.

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Et en plus de ça, pour le rassurer davantage,

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Alphanet a donné à Chauz, ça me fait bien rire,

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le numéro d'un ancien agent de la DIA en Floride,

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qui lui a rassuré qu'aucun des médicaments

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qui l'expédiraient ne lui causerait des problèmes.

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Mais tiens, disons que je doute

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de la validité de l'agent de la DIA

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qui fournit ça comme preuve.

[13:22]

Il a peut-être été payé pour rédiger.

[13:23]

Ben oui, c'est ça.

[13:25]

Payé avec un gun sur la tente.

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C'est ça, et même je me demande si c'est un vrai agent.

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À l'été 2006, Chauz signe ses deux pharmacies

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et peu de temps après,

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il remplissait des milliers d'ordonnances à chaque mois.

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Son compte reçoit des virements bancaires

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en provenance de Hong Kong de façon très fréquente,

[13:41]

dont le montant de chaque dépôt

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atteint souvent des dizaines de milliers de dollars.

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Donc, ça marche très bien pour lui jusqu'à présent.

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Sur les différents sites d'Alphanet,

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les clients remplissent un questionnaire

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sur leurs antécédents médicaux et sur leurs symptômes

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et ensuite commandent le médicament de leur choix

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et paient par carte de crédit.

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Donc, ça donne presque un diagnostic en ligne.

[14:01]

Oui, exact.

[14:02]

En même temps, c'est futuriste dans le sens que

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on voudrait que le système fonctionne un peu comme ça.

[14:07]

Oui, c'est clair.

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Mais là, ça laisse place à...

[14:10]

Tu peux mentir.

[14:12]

Oui, un questionnaire en ligne,

[14:14]

il ne peut pas te voir.

[14:15]

Il ne peut pas constater que tu...

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Non, c'est vraiment très rigolo.

[14:20]

Le questionnaire médical est ensuite transféré

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à un médecin américain recruté par l'entreprise

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pour rédiger une ordonnance sur la base

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des réponses fournies par le client.

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C'est vraiment un système idéal.

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L'ordonnance est ensuite transférée

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à un pharmacien qui est situé aux États-Unis

[14:35]

et qui utilise le compte FedEx fourni

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pour expédier les médicaments aux clients.

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Le médecin et le pharmacien reçoivent des honoraires

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pour chaque commande, donc les deux sont payés.

[14:44]

Oui, c'est ça.

[14:44]

Le système était très complet.

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La base de données contenait l'historique

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des commandes de chaque client.

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Ils suivaient les dates et les montants

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de leur dernier rachat.

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C'est presque plus précis que ce que

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tu obtiens dans une vraie pharmacie

[14:55]

ou avec un médecin de famille,

[14:57]

mais peut-être un peu trop facile.

[14:59]

Si une nouvelle commande était faite

[15:01]

avant la fin de la prescription,

[15:03]

le client ne pouvait pas obtenir

[15:04]

son renouvellement de ses médicaments

[15:06]

avant la fin du délai approprié,

[15:09]

comme dans la vraie vie.

[15:10]

Oui, j'ai trouvé ça brillant.

[15:11]

On dirait qu'il y avait un éthique

[15:12]

quand même qui entourait ça.

[15:14]

C'est peut-être juste pour un enrobage,

[15:16]

pour montrer qu'ils ont une certaine rigueur.

[15:19]

Paul Leroux connaît rien,

[15:21]

il n'a pas étudié en médecine.

[15:22]

Non, un éthique médical.

[15:24]

Parfois, l'entreprise rencontrait des problèmes

[15:26]

avec la réglementation américaine,

[15:28]

mais si une ordonnance ne pouvait plus

[15:30]

être expédie à partir d'un certain état,

[15:33]

le système la supprimait.

[15:34]

C'est brillant. Si les règles

[15:36]

concernant un médicament changeaient,

[15:37]

le système s'adaptait en conséquence,

[15:40]

donc il y avait une mise à jour un peu.

[15:41]

Parfois, certaines filiales américaines

[15:43]

étaient inspectées par le Conseil de pharmacie locale.

[15:46]

Ainsi, le pharmacien audité

[15:48]

ne déconnectait pas du système

[15:49]

pendant quelques jours. En fait, il déconnectait,

[15:52]

puis il réapparaissait dans le système

[15:53]

un peu plus tard.

[15:54]

Oui, c'est ça. Il se cachait un petit peu

[15:56]

pour devenir un petit peu discret par rapport

[15:59]

aux gens qui surveillaient.

[16:00]

En 2005, lorsqu'un prénommé

[16:03]

Moran Oz, un nouvel employé

[16:05]

de Rx Limited,

[16:06]

la Maison Mère d'Alphanet,

[16:08]

la compagnie de Paul Leroux,

[16:10]

lorsqu'il commença son emploi,

[16:12]

l'entreprise comptait huit pharmacies américaines

[16:15]

opérant dans le système et prenait

[16:17]

huit mille commandes par semaine.

[16:19]

Oui, c'est beaucoup pour ces...

[16:20]

C'est que huit pharmacies,

[16:22]

donc ils devaient rouler à mort,

[16:25]

mais beaucoup trop pour en apparence.

[16:27]

C'est des petits commerces.

[16:29]

Ils ont même pas ça comme clients,

[16:31]

je suis sûr, du moins pas en une semaine.

[16:33]

Non, ça leur fait de la commande.

[16:37]

C'est clair

[16:38]

qu'il fallait faire quelque chose

[16:39]

pour un peu cacher tout ça.

[16:41]

Mais l'entreprise se développa rapidement

[16:43]

et après quelques mois, le nombre d'employés

[16:45]

a doublé. Parmi les nouvelles recrues,

[16:47]

il y avait un homme du nom de

[16:49]

Allen Berkman dont la responsabilité

[16:51]

principale, du moins au départ,

[16:53]

était de fournir un soutien au niveau

[16:55]

de la comptabilité aux pharmaciens et

[16:57]

aux médecins américains. Pour ce qui est

[16:59]

des employés du bureau d'Israël,

[17:00]

ils étaient obligés d'adopter des noms

[17:02]

à consonance américaine et de dire

[17:04]

qu'ils étaient situés dans l'État du

[17:06]

Utah par exemple. Dans le cas de Oz,

[17:09]

il se nommait Ron Martin

[17:11]

et Allen Berkman était Allen

[17:13]

Berkman. Mais ça c'est communément

[17:15]

utilisé pour même plein de compagnies

[17:17]

légales. Toutes les centres d'appels font ça.

[17:19]

Ben oui. Exact.

[17:20]

Le travail d'Oz, de Moran Oz,

[17:22]

ne nécessite aucune connaissance des

[17:24]

produits pharmaceutiques, ni même de

[17:26]

l'infrastructure technologique derrière

[17:28]

RX-Limited. Il arrive chaque matin

[17:30]

au bureau, donc un vrai bureau physique.

[17:32]

Il examine rapidement les ordonnances

[17:34]

téléchargées par les médecins aux États-Unis,

[17:36]

puis clique sur quelques boutons pour les envoyer

[17:38]

à l'une des pharmacies participantes

[17:40]

au programme RX-Limited,

[17:42]

en répartissant les commandes en fonction

[17:44]

des capacités quotidiennes de chaque commerce.

[17:46]

Il y avait une intelligence difficile du moins

[17:48]

dans le software. Ben oui.

[17:50]

Qui calculait tout ça. Le reste du personnel

[17:52]

israélien était responsable de la communication

[17:54]

avec les médecins et des pharmaciens

[17:56]

et du service à la clientèle, c'est-à-dire

[17:58]

la gestion des problèmes de mots de passe,

[18:00]

des envois perdus, des cartes de crédit

[18:02]

expirées et des questionnaires médicaux

[18:04]

incomplexes sont rejetés par les

[18:06]

médecins. Donc ils faisaient un genre de

[18:08]

trime tout ça. Ben oui. Exact.

[18:09]

Boaz et Tomer Tagher, les associés

[18:12]

de Paul Leroux pour l'entreprise

[18:14]

israélienne, ont déclaré à leurs employés

[18:16]

qu'ils avaient un troisième partenaire

[18:18]

silencieux dans leur entreprise,

[18:19]

un programmeur que Tomer avait rencontré

[18:22]

après avoir publié une annonce

[18:23]

dans un forum de discussion. Ce programmeur

[18:26]

a géré l'infrastructure de l'entreprise

[18:28]

dont il a externalisé une partie

[18:30]

à deux entrepreneurs situés

[18:32]

en Roumanie. Oui. Cependant,

[18:33]

les opérations quotidiennes et les plans futures

[18:36]

de l'entreprise ont été déterminés

[18:37]

par les frères Tagher. On fait un bon

[18:39]

en juillet 2006. Oz est revenu

[18:42]

de vacances pour découvrir que

[18:43]

Boaz avait été évincé de l'entreprise.

[18:46]

Aucune raison n'a été

[18:47]

donnée sur le différent qui s'est passé

[18:49]

entre les frères, mais à partir de là,

[18:51]

Tomer serait en charge, dirigeant

[18:53]

les opérations de l'entreprise se déroulant

[18:56]

principalement aux États-Unis.

[18:57]

Donc, Paul Leroux est toujours en arrière de ça

[18:59]

lui-même. Il n'est jamais un public

[19:01]

facing, il ne fait aucun meeting,

[19:03]

il ne va jamais au bureau, il n'habite

[19:05]

clairement pas dans ces villes-là

[19:08]

et dans ces pays-là. Après

[19:09]

le départ de Boaz, le chiffre d'affaires

[19:11]

a continué de croître. Oz et

[19:13]

Bergman ont recruté des amis pour

[19:15]

travailler avec eux, vantant les cas

[19:17]

de travail flexibles et le bon salaire,

[19:19]

qui était généralement environ

[19:21]

15% plus élevé que les autres emplois

[19:24]

de centres d'appels en Israël.

[19:25]

Donc, il était généreux là-dessus.

[19:27]

Oui, c'était facile parce que les centres d'appels

[19:29]

ont un gros taux de roulement malgré

[19:31]

tout, mais il est difficile de travailler là.

[19:33]

Oui, vraiment, moi-même pour l'avoir fait

[19:35]

plus jeune. Mais justement,

[19:37]

il arrivait quand même à attirer beaucoup

[19:39]

de monde parce qu'il offrait vraiment

[19:41]

des bons salaires et des bons horaires.

[19:44]

Étant donné que c'était tellement

[19:45]

profitable qu'il pouvait en faire profiter

[19:47]

d'autres employés. Donc là-dessus, il y avait un petit peu moins

[19:49]

de problèmes de rétention

[19:52]

justement que d'autres entreprises.

[19:53]

Puis, un après-midi

[19:54]

à l'automne 2007,

[19:57]

un message instantané est apparu

[19:59]

sur l'écran d'ordinateur de Moran Oz.

[20:01]

« Je suis votre patron maintenant »,

[20:03]

a écrit quelqu'un qui s'appelait Paul Leroux,

[20:05]

un nom que Moran n'avait

[20:07]

jamais entendu parler auparavant,

[20:09]

lui pourtant dans l'entreprise depuis

[20:11]

deux ans. Il n'y avait aucune

[20:13]

explication, aucun signe de blague,

[20:15]

simplement une déclaration selon laquelle

[20:17]

auparavant, il a été sous la

[20:19]

charge de Tomair au début, mais que

[20:21]

dorénavant, Tomair ne faisait plus

[20:23]

partie de l'entreprise. Et là, le message

[20:25]

disait « À partir de maintenant, vous vous rapporteriez

[20:27]

à moi », et c'est ce qu'a déclaré

[20:29]

Paul Leroux. Donc il savait même pas

[20:31]

que lui existait, qu'il était en arrière de tout seul.

[20:33]

Ah oui, ça montre à quel point il était

[20:35]

bien caché. Oz a alors appelé

[20:37]

Tagar, qui a rapidement expliqué

[20:39]

que Leroux était un programmeur

[20:41]

sud-africain vivant aux Philippines.

[20:42]

Tagar se retirait de l'entreprise pour

[20:45]

cet ancien partenaire silencieux, a-t-il

[20:47]

déclaré. Quand Oz lui a demandé pourquoi,

[20:49]

il a seulement dit qu'il avait travaillé

[20:51]

trop dur et qu'il voulait voir ses

[20:53]

filles grandir. Ça, c'est louche,

[20:55]

hein, pis j'ai pas trouvé d'autres

[20:56]

explications sur son départ.

[20:59]

Je sais pas c'est quoi la chicane

[21:01]

qu'il a eu avec Paul, parce que

[21:02]

vous allez le voir, c'est

[21:05]

un patron assez difficile,

[21:07]

il a la mèche très courte,

[21:09]

mais on n'a pas de détails,

[21:10]

mais il semble toujours en vie.

[21:12]

C'est ça la bonne nouvelle.

[21:13]

En 2007, les affaires vont très bien,

[21:15]

et Leroux déménage vers les Philippines

[21:17]

avec sa femme et sa fille à Manille.

[21:19]

Il opère son entreprise à partir d'une

[21:21]

luxueuse maison dans la communauté fermée

[21:23]

haut de gamme de Das Marinas.

[21:25]

Et là, on en avait jamais parlé,

[21:27]

ça, qu'il avait une femme et une fille,

[21:29]

Paul Leroux. Oui, exact,

[21:30]

qu'il a rencontré avant,

[21:34]

je pense c'était en Australie,

[21:35]

si je me trompe pas, qu'il a eu,

[21:37]

et puis vous allez voir, il a même eu d'autres enfants,

[21:39]

mais oui, c'est sa première femme,

[21:40]

très discrète, à part à l'arrestation,

[21:43]

j'ai vu une photo de son passeport,

[21:45]

mais sinon, elle n'est jamais

[21:47]

vraiment impliquée dans quoi que ce soit,

[21:49]

de ce que j'ai vu, elle n'a pas été non plus.

[21:51]

Je pense qu'elle a été arrêtée, mais je ne pense pas

[21:52]

qu'elle a eu des charges contre elle en tant que telle.

[21:55]

Avec des revenus se chiffrant dans les

[21:57]

centaines de millions de dollars, le mode de vie

[21:58]

de Leroux a changé à certains égards,

[22:00]

mais il est resté le même pour certaines choses.

[22:03]

Selon plusieurs anciennes associées,

[22:04]

il est connu pour se vanter avec détail

[22:06]

de ses conquêtes extra-conjugales.

[22:08]

Il aimait également les maisons luxueuses,

[22:11]

mais pour le reste, il n'était pas très

[22:12]

extravagant. Il voyageait toujours en

[22:14]

tongs, en sandales et en shorts,

[22:16]

c'est quelqu'un toujours qui était habillé

[22:18]

bien simple. En 2008, Leroux,

[22:20]

qui jadis publié en ligne sous son propre nom,

[22:22]

avait disparu, remplacé par un

[22:24]

homme obsédé par le secret.

[22:26]

Ses activités pharmaceutiques étaient réparties

[22:28]

sur des dizaines d'entreprises écrans

[22:29]

enregistrées dans le monde entier,

[22:31]

avec des noms comme... Ça sonne tellement

[22:33]

à l'année 2000, c'est ce que tu disais dans le premier épisode,

[22:35]

c'est tellement vrai. Ajax Technologies,

[22:37]

le pire, c'est Ajax, c'est une vraie

[22:39]

technologie, tu sais, du code,

[22:41]

c'est une sorte de JavaScript. Bref, il y avait

[22:43]

Seacom, il y avait GXport, et

[22:45]

Southern Ace. Et Southern Ace,

[22:47]

c'est drôle parce que c'est l'as du Sud,

[22:49]

c'est un Africain du Sud, tu sais, souvent,

[22:51]

il jouait un peu avec ça.

[22:53]

Il laissait des petits indices, mais c'est clair qu'à partir

[22:55]

de ce moment-là, il doit tenter de se cacher

[22:57]

le plus possible, puis il doit devenir

[22:59]

paranoïaque aussi. Oui, oui, oui, exact, exact.

[23:01]

Leroux utilisait souvent l'identité suivante

[23:02]

sous ses entreprises, John Bernard

[23:05]

Boland, et avait même un

[23:07]

faux certificat de naissance et un passeport

[23:08]

Zimbabweien à ce nom-là. Mais lui-même,

[23:11]

il provenait de là, mais quand même,

[23:13]

il a réussi à se faire créer une

[23:15]

nouvelle identité. Leroux avait un autre

[23:17]

faux certificat de naissance Zimbabweien,

[23:19]

pour un certain Johan

[23:20]

William Smith, qui est un alias assez

[23:23]

ironique parce que c'est un nom qui est populaire

[23:25]

en Afrikaans, là, en fait,

[23:27]

la langue qu'il a fait abandonner l'école,

[23:29]

c'était vraiment un nom qui était

[23:31]

beaucoup utilisé pour

[23:32]

ces gens-là. Un autre acte de naissance

[23:34]

mentionne son identité comme William Vaughan,

[23:37]

et ce n'était que pour nommer ceux-là,

[23:39]

il y en a eu vraiment plein d'autres.

[23:40]

Auprès de ses employés, il utilisait aussi plusieurs

[23:43]

autres pseudonymes. Il possédait également

[23:45]

un passeport diplomatique de la

[23:46]

République démocratique du Congo à son propre

[23:49]

nom. Certaines personnes l'appelaient Benny,

[23:51]

d'autres sont allées avec Boss,

[23:52]

ou même Paul, si elles connaissaient son vrai nom.

[23:54]

Selon un proche qui a vu personnellement

[23:56]

- écoutez ça, ça me fascinait,

[23:59]

j'y réfléchis pendant une journée, ça me faisait

[24:01]

capoter - qui a vu personnellement

[24:02]

100 millions de dollars dans des paniers

[24:04]

en osier alignés sur les murs de son bureau

[24:06]

à Makati, qui est une petite

[24:09]

municipalité en banlieue de la Manille.

[24:11]

Il se souvient même

[24:12]

que les billets de 100 dollars US étaient

[24:15]

chacun des billets estampés

[24:17]

d'un lapin rose.

[24:19]

Je trouve que ça va loin

[24:20]

dans l'égo et l'orgueil.

[24:22]

Je ne sais pas ce que ça peut signifier,

[24:25]

un lapin rose.

[24:26]

Ma seule référence est soit énergisaire,

[24:28]

il y a les publicités d'énergiezaire,

[24:30]

les batteries avaient un lapin rose,

[24:32]

mais sinon c'était un lapin blanc,

[24:34]

mais dans le film La Matrice, il y avait

[24:35]

un lapin blanc que le personnage

[24:38]

poursuivait. Je me suis demandé si

[24:40]

ce n'était pas une référence à ça,

[24:41]

mais au niveau énergisaire, je ne sais pas non plus.

[24:44]

Je ne sais pas si ce n'est pas un signe

[24:46]

d'un cartel de cette région-là

[24:48]

ou quelque chose comme ça.

[24:49]

Si il y a des distordus impliqués

[24:51]

dans le trafic de toute sorte,

[24:54]

laissez-nous savoir ce que ça veut dire

[24:55]

selon vous des lapins roses.

[24:57]

Mais crime, 100 millions de dollars

[24:59]

en...

[25:00]

En coupures de sang, c'est beaucoup.

[25:02]

Dans des paniers en nos yeux.

[25:04]

C'est fou.

[25:05]

C'est trop une scène de film, de cartel.

[25:09]

Exact, c'est surréaliste.

[25:10]

Même cet employé-là, il disait

[25:12]

c'est tellement drôle, quand je suis allé le visiter,

[25:14]

il y avait tellement de serviteurs pour n'importe quoi.

[25:16]

Tout ce qu'il faisait, commandait.

[25:18]

Il ne faisait rien lui-même.

[25:20]

Il était vraiment entouré de nounous

[25:22]

et de tout ça pour à peu près tout faire.

[25:24]

Il avait un entourage.

[25:27]

Malgré tout l'argent qu'il possède,

[25:29]

le roux en veut toujours plus

[25:30]

et veut être encore plus puissant.

[25:32]

L'enfant qui s'était enfermé longtemps dans sa chambre

[25:34]

se perdant dans le code

[25:35]

était allé aussi loin que ses compétences techniques

[25:38]

pouvaient le mener avec Rx Limited.

[25:40]

Il voulait être un autre type d'homme d'affaires,

[25:42]

un seigneur du monde obscur.

[25:44]

Mais pour vrai, dans le monde réel,

[25:46]

pas seulement dans le monde virtuel.

[25:48]

Selon une de ses anciennes associées israéliens,

[25:50]

il voulait faire encore plus d'argent rapidement

[25:52]

que via les médicaments et

[25:53]

diversifier ses sources de revenus.

[25:55]

La seule façon de faire était bien entendu illégale.

[25:57]

Il vivait un peu comme dans un film

[25:59]

et son côté sombre s'est développé davantage

[26:02]

avec tout l'argent qu'il amensait chaque jour.

[26:04]

Parce que, je ne vais pas tout de suite vous donner les montants,

[26:06]

mais c'est astronomique

[26:08]

l'argent qu'il générait

[26:10]

à chaque jour.

[26:11]

Toujours dans le domaine de la vente de médicaments.

[26:14]

Oui, juste ça.

[26:15]

Ça, en fait, ça l'a financé à peu près

[26:17]

tous les autres secteurs.

[26:19]

Ça ne fait pas tant de temps que ça

[26:20]

qu'il fait ça parce qu'on est environ en 2009

[26:23]

dans la chronologie.

[26:24]

Ça fait quand même 4 ans.

[26:26]

C'est quand même long pour une entreprise criminelle

[26:29]

du genre.

[26:31]

Parce que les entreprises du Dark Web

[26:32]

durent moins que ça. Des fois, c'est 2 mois.

[26:35]

Je pense que dans la moyenne,

[26:36]

ce n'était même pas 6 mois.

[26:38]

Exact, puis lui, en fait,

[26:39]

souvent c'est drôle parce que quand je faisais de la recherche

[26:41]

sur Paul Leroux, souvent on le comparait

[26:43]

au prince du Dark Web ou le Jeff Bezos

[26:45]

du Dark Web, mais il n'a jamais rien fait

[26:47]

sur le Dark Web.

[26:49]

Il a tout fait sur le Web légal,

[26:51]

sur le Web de surface.

[26:53]

Tout était sur

[26:56]

le Web de surface.

[26:57]

Je trouvais ça drôle de l'associer

[26:59]

au Dark Web parce que ce n'est même pas le cas.

[27:01]

Il y a beaucoup de choses

[27:03]

qui faisaient Leroux, puis on va y arriver,

[27:04]

qui sont plus dans le Dark World,

[27:06]

mais le vrai monde.

[27:08]

C'est plus un vrai caïd.

[27:11]

Est-ce qu'un Jeff Bezos du Dark Web

[27:13]

c'est plus un espèce

[27:14]

d'escobard du médicament

[27:16]

ou de plein d'autres choses?

[27:19]

La richesse amplifie les impulsions

[27:21]

naturelles de Leroux ainsi que son

[27:22]

avidité, son impatience et son

[27:24]

sentiment de supériorité. Un matin

[27:26]

du début de 2009, Moran Oz,

[27:29]

notre fameux employé de 26 ans

[27:31]

dont on vous parlait plus tôt, qui est

[27:32]

maintenant devenu directeur

[27:34]

d'un des centres d'appels israéliens

[27:36]

chargés du service à la clientèle,

[27:38]

s'est retrouvé à marcher sous une pluie de balles.

[27:40]

Un instant auparavant,

[27:44]

il était assis

[27:44]

sur le pont d'un petit yac

[27:46]

qui appartenait à Paul, navigant

[27:48]

juste hors de vue du littoral Philippin.

[27:50]

Puis il s'est retrouvé dans l'eau.

[27:51]

Le bateau reculait vers lui et les trois hommes

[27:53]

qu'il pensait être les partenaires d'affaires

[27:55]

de son patron, Leroux, se tenaient

[27:58]

au-dessus de lui. Deux d'entre eux étaient armés

[28:00]

et l'un a commencé à tirer dans l'océan près

[28:02]

de Oz. Il lui a dit, c'était pour les

[28:04]

requins lorsque les tirs ont finalement

[28:06]

cessé. La prochaine fois, ça sera pour

[28:08]

toi. L'homme tenait un téléphone

[28:10]

satellite dans les mains, parce que pour, j'avoue,

[28:12]

pour appeler, communiquer sur

[28:14]

l'océan. Il lui dit,

[28:16]

vous volez Paul, vous devez nous dire

[28:17]

où vous mettez l'argent. Oz se sent complètement

[28:20]

désincarné, paniqué et réplique.

[28:22]

Quoi qu'il ait pensé que j'avais

[28:24]

fait, c'était une erreur.

[28:26]

Si j'avais fait quelque chose, je l'aurais dit

[28:27]

à Paul. Ça, c'est juste une parenthèse

[28:30]

que je voulais vous dire. Même

[28:31]

dans le livre de Haven, il raconte tout,

[28:34]

comment tout ça s'est passé. En fait,

[28:36]

Paul l'avait fait venir aux Philippines la veille.

[28:38]

Il avait été cherché à l'aéroport.

[28:39]

Dans sa BMW, il l'avait fait

[28:41]

coucher dans une belle villa. Il l'avait

[28:43]

amené déjeuner et il l'a amené

[28:45]

sur le bateau sans jamais

[28:47]

rien dire. C'est un guet-apens. Oui, vraiment.

[28:49]

Ça a l'air que même le lendemain de cet

[28:51]

incident-là, Paul est revenu le chercher

[28:53]

pour le ramener à l'aéroport. Oz

[28:55]

a dit, mais pourquoi? Il disait,

[28:57]

ce n'est pas moi qui décide, ce n'est pas moi

[28:59]

qui commande ça. C'était étrange.

[29:02]

Ça a l'air qu'il n'en parlait pas comme si

[29:03]

de rien, ce n'était pas assez.

[29:06]

Mais Oz, un peu comme d'autres, vous allez voir,

[29:08]

personne ne veut démissionner.

[29:09]

Tous peur de lui, il reste à l'emploi.

[29:12]

À l'emploi de Paul,

[29:14]

malgré la crainte et tout ça.

[29:15]

Ils en savent trop pour démissionner.

[29:17]

Je ne crois pas que Moran Oz,

[29:19]

qui a grandi à Jérusalem,

[29:21]

s'attendait à ce genre d'aventure lorsqu'il

[29:23]

décidait en 2005 de travailler

[29:25]

dans un centre d'appel, avouons-le.

[29:28]

En février de la même année,

[29:29]

il venait de terminer ses études secondaires

[29:31]

et son service obligatoire dans l'armée

[29:33]

israélienne. Il rendit visite à un

[29:36]

oncle à New York réfléchissant

[29:38]

à la prochaine étape de sa vie,

[29:39]

soit aller à l'école, soit démarrer

[29:41]

sa propre entreprise et lorsqu'un ami

[29:43]

l'appela pour lui annoncer que son

[29:45]

beau-frère avait lancé une entreprise

[29:47]

en Israël et cherchait à embaucher du

[29:49]

personnel. En fait, les seules exigences

[29:51]

étaient qu'il aille une bonne maîtrise de l'anglais,

[29:54]

une compréhension de base des

[29:56]

ordinateurs. C'est donc là que Oz

[29:57]

est rentré chez lui et a accepté le boulot.

[29:59]

Et là, on connaît la suite, quatre ans plus tard,

[30:02]

il se faisait tirer dessus à travers les

[30:04]

requins dans l'océan. Pourtant,

[30:05]

Leroux et Oz avaient une très bonne relation

[30:08]

et il avait même confiance en lui,

[30:10]

car ils s'étaient rencontrés

[30:11]

à quelques reprises, autant à Hong Kong

[30:13]

qu'à Makati, pour ouvrir un autre

[30:15]

centre d'appel pour le service de la clientèle

[30:17]

d'Alphanet et RX Limited,

[30:19]

mais cette fois-ci à Tel-Aviv.

[30:22]

Oz était toujours accompagné de

[30:23]

Berkman, le comptable, lors de

[30:25]

ses voyages pour rencontrer Leroux.

[30:27]

Alors que RX Limited grandissait encore,

[30:30]

Leroux ouvre d'autres centres d'appel

[30:31]

encore une fois pour Alphanet et

[30:33]

adopte des techniques agressives de

[30:35]

marketing par e-mail pour recruter

[30:37]

davantage de clients. En fait,

[30:39]

il n'utilise que des listes de courriels

[30:41]

de spams, mais il utilise aussi des

[30:43]

centaines de noms de domaines différents,

[30:45]

comme en fait YourPills.com

[30:47]

par exemple. Comme ça, ça fait en sorte

[30:49]

que le même site se retrouve spammé

[30:51]

partout. Oui, exact. Et ça évitait

[30:53]

aussi une des raisons aussi pourquoi il

[30:55]

faisait ça, c'est que souvent, un peu

[30:56]

peu pas, les envois se faisaient spammés,

[30:59]

donc ils tombaient sur des blacklists.

[31:01]

Oui, ils se faisaient bloquer. Oui, c'est ça.

[31:03]

Donc, en ayant tout le temps différents

[31:04]

noms de domaines, mais ils pouvaient

[31:06]

contourner tout ça. Les filtres et tout ça.

[31:08]

Au Philippines, les nouveaux centres

[31:10]

d'appel ont des noms tout autant

[31:12]

originels, tels que Dial Magic,

[31:15]

Global Inet Bridge,

[31:17]

et des noms comme ça. Et c'était également

[31:19]

la même chose pour ceux ouverts

[31:20]

en Inde. Pour combler les postes de direction,

[31:23]

il s'est tourné vers Oz et

[31:24]

Berkman, qui devaient recruter des Israéliens

[31:26]

pour aller travailler aux Philippines.

[31:28]

Il avait acheté plusieurs condos pour loger

[31:30]

les employés venus de l'extérieur. Donc,

[31:32]

il y avait quand même une certaine

[31:35]

décorum pour les

[31:36]

nouveaux employés. Oui, vraiment. Et ça a l'air

[31:38]

que, justement, je pense que c'est Oz qui disait

[31:40]

qu'il achetait des tours

[31:42]

à condos, des villes

[31:44]

pour justement faire du roulement.

[31:46]

Il disait qu'il comprenait pas pourquoi il

[31:48]

faisait ça, mais il faisait beaucoup bouger

[31:50]

ses employés de centres d'appel.

[31:52]

Il faisait toujours

[31:54]

se promener. Je sais pas si c'est pour brouiller

[31:56]

des pistes. Même lui, il comprenait pas

[31:58]

la logique derrière ça.

[32:00]

Sans doute. J'imagine un peu

[32:02]

comme on fait dans le trafic

[32:04]

sexuel ici.

[32:06]

Ça fait en sorte que c'est des gens qui sont plus

[32:08]

contrôlables. Tu les sens de leur ville,

[32:09]

t'examenent ailleurs, ils vont parler moins,

[32:12]

ils risquent de moins

[32:13]

faire rire de l'info, je pense, en les bougeant

[32:15]

souvent. Effectivement.

[32:17]

Oui, oui, je sais. Je vais juste...

[32:19]

On est parti dans nos...

[32:21]

Comme vous pouvez le constater.

[32:23]

Comme vous pouvez le constater, les affaires roulent

[32:25]

toujours rondement pour le roux et c'est

[32:27]

également la même chose pour Charles Schultz,

[32:30]

le pharmacien d'Oshka,

[32:31]

on se rappelle de lui. Le système

[32:33]

Alphanet lui fournit un flux régulier

[32:35]

d'ordonnances rédigé par des médecins

[32:37]

situés partout aux États-Unis.

[32:39]

Les représentants d'Alphanet, qu'ils connaissaient

[32:41]

par des noms comme Mike Gilmore

[32:43]

et Will Morris, ont toujours

[32:45]

résolu les problèmes lorsqu'ils se présentent

[32:48]

et étaient toujours disponibles par téléphone

[32:50]

et par e-mail. Encore une fois,

[32:51]

c'est des noms qui sont

[32:54]

typiques. Oui, des faux noms.

[32:56]

En un seul jour, par exemple,

[32:57]

en juillet 2010, la pharmacie a rempli

[33:00]

et expédié 973

[33:02]

ordonnances et en décembre

[33:03]

2011, 575.

[33:05]

Ça, c'est record. C'est beaucoup.

[33:08]

Schultz savait bien

[33:09]

que le volume des ordonnances venant à sa

[33:11]

rencontre impliquait fortement que

[33:13]

les médecins n'examinaient pas les

[33:15]

questionnaires médicaux des patients très

[33:17]

rigoureusement. Mais vu qu'il n'a jamais eu

[33:19]

de problèmes avec les autorités et que tout ce

[33:21]

cash flow aidait la rentabilité de son

[33:23]

entreprise, il ne s'en souciait pas trop

[33:25]

ou du moins ne voulait pas se poser de questions.

[33:27]

Mais on sait quand on commence à être négligent,

[33:29]

c'est là qu'on peut faire des erreurs.

[33:31]

À la fin de 2011, les deux

[33:33]

pharmacies de Schultz ont expédié plus

[33:35]

de 700 000 ordonnances.

[33:37]

Alphanet avait transféré plus de 27

[33:39]

millions de dollars à partir de divers

[33:41]

comptes à Hong Kong et aux comptes

[33:43]

de banque de Schultz. La majeure

[33:45]

partie de l'argent devait couvrir

[33:47]

le prix du gros pour l'achat des médicaments,

[33:49]

mais 3,3 millions de dollars

[33:51]

provenait des frais d'ordonnances que Schultz

[33:53]

avait reçus que l'entreprise avait

[33:55]

augmenté d'ailleurs en 2007

[33:57]

de 3,50 à 4 dollars chacune.

[33:59]

Donc un petit 50 soins plus,

[34:01]

mais sur 700 000 ordonnances

[34:03]

en année, c'est clair.

[34:05]

Mais en même temps, il me semble qu'ils doivent

[34:07]

commencer à trouver la soupe chaude un peu,

[34:09]

rendue à 4-5 ans après l'opération

[34:11]

d'un site comme ça.

[34:13]

Parmi les centaines de milliers

[34:15]

de colis que Schultz a envoyé,

[34:17]

il n'en faudra que 6 pour découvrir

[34:18]

le stratagème frauduleux. Entre 2007

[34:21]

et 2010, un client du

[34:23]

Minnesota a passé une demi-douzaine

[34:25]

de commandes du médicament Soma

[34:27]

et Fiorice, dont on vous a parlé plus tôt,

[34:29]

à partir de 5-7 web qui étaient contrôlés

[34:31]

par Alphanet. Les questionnaires

[34:33]

médicaux des clients ont été traités

[34:34]

par quatre médecins différents, dont les

[34:36]

ordonnances ont été remplies à leur tour par

[34:38]

Schultz Pharmacy et Medicine Mart. En fait,

[34:40]

c'est ces deux pharmacies. Ce fameux client

[34:42]

était plutôt un agent spécial de la

[34:45]

DEA, donc la

[34:46]

Drug Enforcement Administration des États-Unis,

[34:49]

ceux qui régularisent,

[34:50]

pas régularisent, mais qui contrôlent

[34:52]

la drogue.

[34:54]

La DEA était tombée sur le chemin

[34:56]

de RX Limited presque par accident.

[34:59]

C'est lors d'une enquête sur une

[35:00]

pharmacie à Chicago en 2007,

[35:02]

donc environ deux ans après

[35:04]

le début de tout ça, il y a des agents qui avaient

[35:06]

découvert que l'entreprise semblait expédier

[35:08]

des grandes quantités de médicaments sur ordonnances

[35:10]

à l'aide d'un seul compte FedEx.

[35:12]

C'est vrai que c'est louche, parce qu'ils utilisaient tous

[35:14]

le même compte FedEx. Lorsque les autorités

[35:16]

ont obtenu les dossiers de la compagnie

[35:18]

FedEx, ils ont trouvé quelque chose d'encore

[35:20]

plus étonnant. Environ 100 pharmacies

[35:22]

à travers le pays utilisaient ce même

[35:24]

numéro de compte.

[35:26]

Là, c'est vrai que ça commence à être louche.

[35:27]

Tous livraient principalement les mêmes trois médicaments,

[35:30]

encore une fois, le Fioricelle, l'Ultram

[35:32]

et le Soma. En octobre 2007,

[35:35]

les agents de la DEA ont commencé

[35:36]

à faire des achats de médicaments sur ordonnances

[35:38]

sur un des sites web qui étaient reliés à RX

[35:40]

Limited, sur un site appelé

[35:43]

acmemeds.com.

[35:44]

Heureusement pour eux, lorsque chaque livraison

[35:46]

arrivait, elle était étiquetée avec

[35:48]

le nom du médecin qui avait rédigé l'ordonnance

[35:50]

et la pharmacie qui avait rempli la commande.

[35:52]

Donc, il y avait à peu près toutes les informations qu'ils avaient

[35:54]

besoin pour leur enquête. Ils ont également remarqué

[35:56]

que sur les sites web de l'Empire,

[35:59]

pour rassurer les clients,

[36:00]

les sites soulignaient tous qu'ils ne vendaient

[36:02]

pas des substances contrôlées, que leurs médicaments

[36:04]

étaient distribués par des médecins et ou des

[36:06]

pharmaciens certifiés et ou agréés

[36:08]

par le conseil d'administration et que

[36:10]

les clients de RX Limited n'avaient

[36:12]

pas besoin de voir un médecin en personne

[36:14]

ou même d'avoir une ordonnance au préalable

[36:17]

avant d'acheter

[36:18]

des médicaments sur ordonnance en ligne.

[36:20]

Il y a un agent de la D.I.S.

[36:22]

qui est alors connecté en tant que client,

[36:24]

a rempli le questionnaire médical et a commandé

[36:26]

30 comprimés de saumon. L'ordonnance

[36:28]

a été remplie par une pharmacie à Monroe,

[36:30]

Wisconsin, appelée Medicine Mart,

[36:32]

qui appartenait à Charles Shaw's.

[36:34]

La D.I.S. s'est rapidement rendu compte

[36:36]

qu'il y avait plusieurs dizaines de sites web

[36:38]

qui étaient reliés à RX Limited,

[36:40]

à partir desquels les clients pouvaient

[36:42]

effectuer des achats de médicaments avec des noms

[36:44]

tellement cheap, RX Meds,

[36:46]

encore une fois, il y a le RX,

[36:47]

RX Limited,

[36:50]

AllFarMeds.com,

[36:52]

BuyMedsCheap.com,

[36:53]

Your Pills, comme on vous avait dit,

[36:55]

il y avait Speedy RX, encore une fois,

[36:57]

donc toutes sortes de noms variés comme ça.

[37:00]

Oui, c'est ça, des fois,

[37:01]

t'as l'impression qu'il y a des fautes

[37:03]

d'orthographe intentionnelle

[37:04]

dans le nom du site web,

[37:07]

c'est très louche tout ça.

[37:10]

Oui, parce que même les clients,

[37:11]

je me mets dans la peau

[37:13]

des clients aussi qui achetaient ça,

[37:15]

j'imagine que quand tu veux,

[37:17]

c'est sûr que le système américain n'est pas comme notre système

[37:19]

au Canada, je ne sais pas si c'est plus

[37:21]

compliqué d'avoir des, puis même le prix

[37:23]

des pellules, je pense que c'était quasiment

[37:25]

le même prix du marché,

[37:26]

c'était pas une question d'économie,

[37:28]

c'était vraiment une question de facilité d'accès.

[37:31]

Parce que eux-mêmes, quand tu commandes ça

[37:33]

la première fois, tu mets ta carte de crédit là-dessus

[37:35]

sur un courriel que tu as reçu en spam,

[37:37]

me semble que, en tout cas,

[37:39]

personnellement, j'aurais toujours peur

[37:40]

de me faire avoir, que je ne reçoive

[37:42]

jamais rien, ou des fausses pellules,

[37:44]

ou des placebo, ou quoi que ce soit.

[37:46]

Non, c'est clair. Mais en même temps, étant donné

[37:48]

qu'ils vendaient des opioïdes, ça crée une dépendance.

[37:51]

C'est clair que ce n'est pas tout le monde

[37:52]

qui commandait ça qui avait mal au dos.

[37:55]

Ou il y en a qui ça a peut-être commencé comme ça,

[37:56]

puis que finalement, ça a évolué en autre chose.

[37:59]

Ces gens-là, pardon,

[38:00]

ont besoin de leur dose, puis n'iront pas

[38:02]

chez le pharmacien, la dose

[38:04]

qu'ils ont besoin pour leur dépendance

[38:06]

va plus loin que la dose prescrite pour leur mal

[38:08]

de dos par leur médecin.

[38:10]

Donc c'est vraiment pratique, c'est comme

[38:12]

un pusher en ligne pour eux autres.

[38:13]

Oui, c'est absolument raison.

[38:15]

Mais avant d'aller plus loin, Seb, c'est le moment

[38:17]

de remercier nos membres Patreon parce qu'ils

[38:20]

ont été nombreux à nous rejoindre pendant la pandémie

[38:22]

cette année. Je te laisse aller.

[38:24]

On commence par remercier

[38:26]

Pauline B. Merci à toi.

[38:28]

Un gros hi-five à Xena.

[38:30]

Aussi un remerciement à

[38:32]

la mystérieuse Maya.

[38:34]

Aussi un gros shout-out à Apple Cloud.

[38:36]

On donne de l'amour à Nicolas T.

[38:38]

On veut remercier du fond du cœur

[38:40]

Jeanne E. Un hi-five

[38:43]

à Julie H.

[38:44]

Une bonne poignée de mains virtuelles à

[38:46]

Jonathan V. C. Merci à

[38:48]

toi, Simon D. Aussi un

[38:50]

gros shout-out à Maxime C. Sans

[38:52]

toi, on ne pourrait pas faire le show.

[38:54]

Et un autre remerciement pour le ou la

[38:56]

mystérieuse Lem Picard. Un

[38:58]

hi-five à Joannie M. Merci

[39:00]

à toi. Et merci Catherine

[39:02]

L. de ton soutien. Aussi

[39:04]

Isia B. On ne pourrait pas faire le show,

[39:06]

si t'étais pas là. Et pour conclure,

[39:09]

David Q. Merci

[39:11]

énormément. Oh oui.

[39:14]

On fait maintenant un bon pour revenir

[39:16]

à l'incident du bateau avec Oz

[39:18]

et les requins en 2009.

[39:20]

Après cet événement, le comportement

[39:22]

de Moran Oz avait changé.

[39:24]

Et on le comprend. Il était devenu

[39:26]

très renfermé et méfiant.

[39:28]

Son entourage se questionnait à savoir

[39:30]

pourquoi sans savoir ce qui s'était

[39:32]

réellement passé. Pour Oz, il

[39:34]

savait aussi que l'euro était devenu différent

[39:36]

après ce voyage. Dans les mois qui ont

[39:38]

suivi, il est devenu de plus en plus

[39:40]

vicieux, menaçant même les employés

[39:42]

quand quelque chose n'était pas fait comme

[39:44]

lui, il voudrait que ça se passe.

[39:46]

Par exemple, il pouvait menacer

[39:48]

Berkman via un autre employé en disant

[39:50]

« il ferait mieux de répondre au téléphone

[39:52]

ou il n'y aura plus de mains pour le faire

[39:54]

ni de langue pour parler ». Donc,

[39:56]

c'était des menaces de sévice corporelle.

[39:58]

Parmi les gestionnaires de ces différents

[40:00]

centres d'appels, il y avait de plus en plus

[40:02]

de rumeurs qui circulaient au sujet du patron,

[40:04]

tel que le fait qu'il faisait

[40:06]

du trafic d'êtres humains, qu'il faisait même

[40:08]

du commerce d'âme et qu'il faisait

[40:10]

tuer des gens sur commande, même qu'il

[40:12]

avait une entreprise possédant une flotte

[40:14]

d'avions et embauchait des gens pour

[40:16]

s'envoler vers d'autres pays afin de

[40:18]

faire de la contrebande de drogues.

[40:20]

Donc beaucoup de rumeurs à son endroit.

[40:21]

Pour eux, cela ressemblait à une bande dessinée

[40:23]

ou encore à un film d'action.

[40:25]

Ils ne pouvaient pas croire que tout ça était

[40:27]

bel et bien réel. Cependant, la question

[40:29]

est de savoir pourquoi les employés qui ont

[40:31]

dirigé dans les différentes entreprises

[40:33]

de Leroux ne l'ont pas abandonné

[40:35]

une fois qu'elles ont commencé à apprendre

[40:37]

des faits troublants sur lui et sur l'entreprise.

[40:39]

C'est un peu la grande question.

[40:41]

La réponse était assez simple. Ils pensaient

[40:43]

que Leroux les ferait assassiner s'ils les

[40:45]

faisaient. Donc c'est la peur, évidemment.

[40:47]

Comme Hunter l'avait mentionné

[40:49]

au départ pour sa défense dans l'épisode

[40:51]

1, il parlait de cet homme de bras

[40:53]

de Leroux, Joseph.

[40:55]

Et puis ces gens n'avaient pas tard

[40:57]

d'avoir peur. Par exemple, Omer Bezalel,

[41:00]

qui était un des directeurs

[41:01]

des opérations dans l'une des entreprises

[41:03]

israéliennes, avait tenté, lui, de quitter

[41:05]

une entreprise de Leroux. Il s'en est

[41:07]

suivi que deux gars lui ont montré

[41:09]

des photos de sa famille en lui disant

[41:11]

« Vous n'allez pas démissionner ».

[41:13]

Le sous-texte était là, non ?

[41:14]

Oui. Vers 2011, maintenant, Leroux a commencé

[41:17]

à disparaître pendant de longues périodes.

[41:19]

Aucun des employés de haut niveau

[41:21]

ne savait où il se trouvait, ni ce qu'il

[41:23]

faisait. Sauf que lorsqu'il refaisait surface,

[41:25]

il était plus menaçant qu'auparavant.

[41:27]

Il éclatait constamment en colère pour

[41:29]

des choses banales. Tous les employés

[41:31]

étaient terrorisés. Parallèlement,

[41:33]

en août 2011, le gouvernement

[41:35]

américain déclara illégal

[41:37]

la distribution du médicament

[41:40]

saumant à travers les

[41:41]

frontières des différents États.

[41:42]

Il s'agissait de l'un des produits pharmaceutiques

[41:45]

forts de Rx Ltd, et lorsque

[41:47]

les pharmacies n'ont plus été en mesure

[41:48]

de l'expédier, le tiers des activités

[41:50]

commerciales de la société de Leroux

[41:52]

s'étaient évaporés du jour au lendemain.

[41:54]

C'est fou, hein? Oui, c'est bloqué

[41:57]

vraiment...

[41:58]

Ça arrive, ça. C'est comme le fameux

[42:00]

activist, le sirop contre la toux

[42:03]

contenant de la codéine que les

[42:04]

rappeurs boivent avec

[42:07]

du 7-up.

[42:09]

Ça aussi, ça a été

[42:10]

interdit. Ça arrive souvent qu'ils vont banir

[42:13]

des médicaments comme ça, surtout

[42:14]

s'il y a des risques d'addiction.

[42:15]

En fait, c'était ça la raison principale.

[42:17]

Leroux a donc décidé de fermer le bureau

[42:20]

de Tel-Aviv et de déplacer tout

[42:22]

le service client aux Philippines.

[42:24]

À ce moment-là, Oz et Berkman,

[42:26]

toujours au poste, ont aidé au bien les

[42:28]

opérations de déménagement en expédiant

[42:30]

les ordinateurs et le mobilier de bureau

[42:32]

à Manille. En 2012,

[42:34]

Leroux annonce également qu'il réduisait

[42:36]

également les effectifs du bureau

[42:38]

de Jérusalem. Donc, il n'y a pas le choix de couper.

[42:40]

Oui, exact. Les transferts bancaires

[42:42]

qui provenaient normalement des comptes de Leroux

[42:44]

à Hong Kong ont commencé à arriver

[42:45]

de lieux étranges, de lieux différents

[42:48]

et nouveaux. Ensuite, ils sont devenus

[42:50]

sporadiques, donc moins réguliers.

[42:51]

Exact, parce que Leroux, en fait,

[42:54]

il avait vraiment l'habitude de toujours

[42:55]

payer à temps des grosses sommes

[42:57]

d'argent sans problème. C'est ce qu'il

[43:00]

disait, mais à ce moment-là, on le sentait

[43:02]

qu'il y avait des problèmes de cash flow.

[43:04]

Bientôt, l'entreprise n'avait plus

[43:06]

les fonds nécessaires pour payer les indemnités

[43:08]

dues aux employés qui étaient licenciés.

[43:10]

Quand Oz s'est plaint, Leroux

[43:12]

a viré les deux tiers de l'argent

[43:13]

et s'est engagé à envoyer le reste bientôt.

[43:16]

Qu'il n'a jamais eu.

[43:17]

En mars 2012, presque cinq ans après

[43:20]

le début de l'enquête, des agents

[43:21]

d'ADI se présentent à la pharmacie de

[43:23]

Schoos à Oshkosh, armés de mandats

[43:26]

de perquisition. Schoos a immédiatement

[43:27]

reconnu son implication dans le stratagème

[43:29]

et a remis ses ordinateurs et ses dossiers clients

[43:31]

sans broncher. Il a également accepté

[43:33]

de maintenir sa relation professionnelle

[43:35]

avec ses contacts d'Alphanet. Il a laissé

[43:37]

les autorités enregistrer les appels téléphoniques

[43:39]

parce qu'ils avaient besoin de preuves.

[43:40]

Il a même attribué une salle, un bureau

[43:43]

pour s'installer à la pharmacie tout en leur

[43:45]

servant du café au quotidien. Je trouve ça

[43:47]

un peu rigolo, mais il prenait soin

[43:49]

des agents de l'ADI, sûrement pour apaiser

[43:50]

les charges contre lui. Pourquoi Schoos?

[43:53]

Pourquoi lui a été ciblé? En fait, l'ADI

[43:55]

avait en sa possession le plus grand fournisseur

[43:57]

de RX Limited, un pharmacien

[43:59]

de 80 ans dans le Wisconsin.

[44:01]

Schoos avait tout de même peu d'informations

[44:03]

lui sur le fonctionnement de l'entreprise,

[44:04]

beaucoup plus vaste auquel il avait participé.

[44:06]

Il n'avait que quelques noms et numéros

[44:08]

de téléphone et courriel sur les ordonnances

[44:10]

ainsi que la comptabilité, mais le reste,

[44:12]

il n'y avait pas d'autres contacts.

[44:15]

Lui, il envoyait les médicaments et

[44:16]

il recevait l'argent sans plus.

[44:18]

Mais les agents tiraient les ficelles de l'entreprise

[44:21]

espérant en trouver un qui les conduit,

[44:23]

une ficelle en fait, qui les conduira

[44:25]

à celui qui était assis au sommet

[44:26]

car à ce moment, Paul Leroux n'est toujours

[44:28]

pas dans le collimateur des autorités.

[44:30]

Il est toujours incognito. C'est long.

[44:32]

À cinq ans d'enquête,

[44:34]

ça a été vraiment long à essayer de

[44:36]

décortiquer tous les dossiers, mais c'est sûr

[44:38]

que quand ils ont percussionné avec

[44:40]

Chouz, ils ont eu plus d'infos.

[44:42]

Il a fallu qu'ils remontent tous les noms de domaines,

[44:44]

les pharmacies, les adresses FedEx.

[44:46]

Ça a été vraiment

[44:48]

un long travail d'enquête.

[44:49]

Monté des preuves dans un dossier comme ça,

[44:51]

c'est colossal.

[44:53]

Puis, à la fin de l'été 2012,

[44:55]

Paul Leroux a de nouveau disparu.

[44:56]

Moran Oz et les autres employés

[44:58]

Israéliens ont cessé d'avoir de ces nouvelles.

[45:00]

Des rumeurs circulaient selon laquelle

[45:02]

il était entré dans la clandestinité

[45:04]

parce que les autorités avaient intercepté

[45:06]

l'un de ces bateaux qui contenait des armes

[45:08]

et de la drogue. On va y revenir.

[45:09]

Les virements de Hong Kong et des autres comptes

[45:11]

ont même complètement cessé.

[45:13]

Selon un ancien manager, il se doutait

[45:15]

qu'il s'était passé quelque chose.

[45:17]

Il a même avoué que ceux-ci priaient pour qu'il soit mort

[45:19]

et il souhaitait qu'il soit décédé.

[45:22]

Par contre, même s'il semblait absent,

[45:24]

Leroux continuait de se diversifier

[45:25]

et donnait des tâches entièrement nouvelles

[45:27]

à ses employés des Philippines dans des secteurs

[45:29]

d'activités assez nouveaux pour eux,

[45:31]

qui n'étaient pas habitués à gérer.

[45:33]

Par exemple, il y a un ami de Oz

[45:35]

qui avait été mis en charge d'une entreprise

[45:37]

d'exploitation forestière

[45:38]

en République démocratique du Congo.

[45:41]

Comme on vous dit, il avait un faux passeport

[45:44]

à son identité au Congo.

[45:46]

Il se diversifiait

[45:47]

dans toutes sortes d'activités.

[45:49]

Un autre employé Israélien-Philippin

[45:52]

avait été chargé

[45:53]

de mener une opération complexe

[45:55]

pour se procurer de l'or

[45:57]

directement auprès des mines africaines.

[45:58]

D'autres encore étaient embauchés

[46:00]

pour garder les maisons que Leroux possédait à Hong Kong.

[46:04]

Leroux, justement,

[46:04]

dans son style de gestion,

[46:06]

faisait rapidement confiance aux gens

[46:08]

et donnait beaucoup de responsabilités.

[46:10]

Il ne fallait pas que tu te plantes,

[46:12]

mais souvent il te lançait

[46:15]

une tâche, même sans se soucier

[46:16]

si tu avais de l'expertise là-dedans

[46:18]

ou quoi que ce soit, puis les gens se démenaient,

[46:20]

mais il arrivait aussi.

[46:21]

C'est vrai que ça doit être assez drôle,

[46:22]

tu es engagé pour travailler dans un centre d'appel,

[46:24]

tu te mets à gérer

[46:26]

du trafic d'or

[46:28]

ou des industries forestières.

[46:30]

Je me mets dans la tête encore

[46:32]

des employés, ça doit être assez particulier,

[46:34]

mais encore une fois, il les payait bien.

[46:36]

On sait aux Philippines,

[46:37]

tu n'as pas besoin de payer cher

[46:39]

pour que ça soit bien payé.

[46:41]

D'après moi, c'est aussi pour cette raison-là

[46:43]

que tout se passait quand même bien.

[46:45]

Le point de l'or,

[46:47]

quand on en parlait, moi et Seb,

[46:50]

quand on recherchait sur cette histoire-là,

[46:51]

on se disait qu'on aurait pu faire une saison entière

[46:54]

sauf qu'il y a certains dossiers

[46:56]

qu'on va vous parler

[46:58]

un petit peu moins qu'on aurait voulu.

[47:00]

Dans le cas de l'or,

[47:01]

c'est qu'il semblerait que c'est plus facile

[47:03]

de blanchir de l'or

[47:05]

que de l'argent, donc il y avait tout intérêt à faire ça.

[47:08]

Le milieu des mines

[47:10]

au Congo, entre autres et ailleurs,

[47:12]

c'est quand même assez corrompu.

[47:14]

Une fois que tu as l'or

[47:15]

dans ta possession, tu peux la détruire,

[47:17]

tu peux la faire refondre, tu peux faire autre chose avec ça,

[47:19]

tu peux la revendre d'une certaine façon,

[47:21]

c'est moins tracé, tu peux la faire disparaître

[47:24]

plus facilement.

[47:25]

Donc, il y a une de ces grandes couvertures

[47:27]

à Paul Leroux, au niveau de sa fortune,

[47:28]

c'était de changer l'argent en or d'une certaine façon.

[47:31]

Il n'y avait pas le choix d'être dans le monde

[47:33]

de l'exploitation forestière,

[47:34]

d'exploitation minière, tout ça pour réussir

[47:37]

à cacher un peu sa fortune.

[47:39]

Le 20 août 2009,

[47:41]

une importante cargaison d'armes

[47:43]

illégales a été saisie

[47:45]

sur un navire au large de Marie-Vélez,

[47:47]

une ville portuaire dans la province de Batane

[47:50]

à trois heures à l'ouest

[47:51]

de Manille, aux Philippines.

[47:53]

Un pêcheur local avait alerté les douaniers

[47:55]

qu'un cargo suspect s'était ancré le près

[47:57]

de la côte. Lorsque trois

[47:59]

officiers du PAS se sont rendus à bord du navire,

[48:01]

ils ont constaté qu'ils n'avaient pas de drapeau

[48:03]

national, bien que le mot Panama

[48:05]

ait été peint sur sa coque.

[48:07]

Ils sont montés à bord du navire et ont

[48:09]

interrogé le capitaine, un Sud-Africain

[48:11]

du nom de Lawrence John Byrne.

[48:13]

Il disait provenir du Congo.

[48:15]

Un officier a remarqué 20 grandes

[48:17]

caisses en bois non identifiées

[48:19]

sur le pont. Lorsque Byrne n'a pas été

[48:21]

en mesure de déclarer le contenu des boîtes,

[48:23]

l'officier a appelé ses supérieurs

[48:25]

et là, une équipe d'agents des douanes

[48:27]

est arrivée à bord avec les renforts

[48:29]

de la Police nationale des Philippines et

[48:31]

des gares de côte. Dans trois des caisses,

[48:33]

ils ont trouvé 54 fusils

[48:35]

d'assaut. Une quatrième contenait

[48:36]

45 baïonnettes, qui est une arme blanche

[48:39]

conçue pour s'adapter sur le canon

[48:40]

d'un fusil, et 120 chargeurs

[48:42]

d'armes à feu vides. Donc il y avait du stock là-dedans.

[48:45]

Par contre, au moins 16

[48:47]

caisses d'armes avaient déjà été

[48:48]

déchargées et récupérées par d'autres

[48:50]

petits bateaux avant que les autorités

[48:52]

n'arrivent. Parce qu'on sait souvent, ils vont faire une diversion

[48:55]

puis le reste de la cargaison va partir

[48:56]

ailleurs. Cette année-là, c'était une

[48:58]

année électorale aux Philippines et les

[49:00]

autorités craignaient que l'afflux d'armes à feu

[49:02]

n'annonce en fait

[49:04]

une vague de terrorisme politique.

[49:06]

Certains pensaient que ces armes étaient destinées

[49:08]

à des groupes rebelles opérant dans le

[49:10]

sud du pays, y compris les militants

[49:13]

Dabu Sayaf, un groupe terroriste

[49:14]

lié à l'époque al-Qaeda.

[49:16]

Finalement, les armes étaient plutôt destinées

[49:18]

à un marchand d'armes à Manille

[49:20]

appelé Red White and Blue Arms

[49:22]

Incorporated. Tout ça était

[49:24]

illégal bien sûr, mais ce qui est étrange

[49:27]

c'est que selon des documents classifiés

[49:29]

de l'ambassade des États-Unis à Jakarta

[49:31]

publié par Wikileaks, la vente

[49:33]

d'armes à feu avait été approuvée

[49:34]

par le ministère indonésien de la défense

[49:36]

car au départ, la finalité du voyage

[49:39]

ça devait être l'Indonésie.

[49:41]

Donc dans cette histoire aussi, quatre

[49:43]

témoins gênants ont étrangement

[49:44]

disparu. Un certain Jones,

[49:46]

qui a aidé le Roux entre 2007 et 2011

[49:49]

pour toutes les activités en dehors

[49:50]

du monde pharmaceutique,

[49:52]

avait lui aussi très peur de mourir s'il

[49:54]

quittait l'organisation. Il l'a ainsi

[49:56]

aidé à développer pendant quatre ans

[49:58]

des entreprises dans l'exploitation forestière

[50:00]

l'extraction de métaux précieux,

[50:02]

entre autres l'or, mais aussi des

[50:04]

transactions foncières, du transport

[50:06]

de cocaïne et du trafic d'armes.

[50:08]

Donc toutes ces activités étaient réparties

[50:10]

sur des dizaines de sociétés écrans

[50:12]

enregistrés dans le monde, bien

[50:14]

organisées encore une fois. Ce qui est

[50:16]

particulier, c'est que même après tout ce temps,

[50:19]

personne ne sait exactement comment

[50:20]

le Roux s'était impliqué dans le marché des

[50:22]

armes, sauf le fait que ces organisations

[50:24]

illégales étaient composées d'ex-soldats

[50:26]

et de mercenaires comme le fameux Joseph

[50:28]

Hunter ou Dave Smith,

[50:30]

qui sont eux originaires de la Grande-Bretagne.

[50:33]

Le Roux avait embauché Smith

[50:34]

quelques temps avant 2008 et était devenu

[50:36]

son adjoint, chargé de coordonner les

[50:38]

expéditions d'or à travers l'Afrique

[50:40]

ou d'organiser le meurtre

[50:42]

des meurtres de personnes gênantes.

[50:44]

C'est Smith qui, en 2009,

[50:46]

s'est tenu au-dessus de Moran Oz

[50:48]

flottant dans les eaux au large de Subic Bay

[50:50]

et qui l'a menacé de le tuer avec

[50:52]

les requins. Il faut aussi préciser que

[50:54]

Smith a été tué lui aussi par

[50:56]

des employés de le Roux car celui-ci

[50:58]

avait commencé à voler de l'or, même

[51:00]

de l'argent et de la cocaïne. Il a été

[51:02]

mis dans une tombe, encore en vie,

[51:05]

et criblé de balles.

[51:06]

Et ensuite, c'est Joseph Hunter

[51:08]

qui a témoigné de cet événement.

[51:10]

Oui, parce que sinon, il n'y avait aucune

[51:12]

trace de lui ou quoi que ce soit.

[51:14]

Parce que lui, il disait qu'il n'était pas assez bien payé.

[51:16]

C'est ce qui avait motivé

[51:18]

son vol, mais

[51:20]

connaissant le Roux qui surveillait

[51:22]

tout, ça a été automatique.

[51:24]

C'était une petite tombe, ça a l'air.

[51:26]

En plus, il n'était pas profond,

[51:27]

ils l'ont jeté dedans et

[51:30]

ils ont tout dit ce qu'il

[51:32]

n'a fait de pas correct, mais il n'a pas eu

[51:33]

la chance de s'expliquer ou quoi que ce soit.

[51:35]

Ils l'ont descendu.

[51:37]

Les politiques arrachent dans les entreprises

[51:39]

de Paul le Roux, complets de salarial

[51:42]

et enterré vivant.

[51:43]

Oui, exactement. Début 2012,

[51:45]

les autorités américaines commencent à se rapprocher

[51:47]

des opérations de le Roux. Ce printemps-là,

[51:50]

il a échangé son refuge aux

[51:51]

Philippines contre une nouvelle base à Rio

[51:53]

de Janeiro. Le Roux semblait voir le

[51:55]

Brésil comme une porte de sortie vers un nouveau

[51:57]

départ. Peu de temps après son arrivée,

[52:00]

il s'est mis à générer de nouvelles affaires

[52:01]

là-bas. Le premier dossier concernait

[52:03]

un bateau transportant 120 millions

[52:06]

de dollars de cocaïne provenant du

[52:07]

Pérou vers un acheteur de l'autre côté

[52:09]

du Pacifique. Alors qu'il finalisait

[52:11]

les préparatifs pour l'expédition,

[52:13]

une autre offre lucrative s'est présentée.

[52:15]

Un associé de confiance de le Roux l'a contacté

[52:18]

pour lui dire qu'il avait rencontré un

[52:19]

représentant d'un cartel Colombien qui voulait

[52:21]

mettre sur pied une opération de

[52:23]

métamphétamines à grande échelle au Libéria.

[52:25]

Le 11 mai, l'associé de le Roux s'est rendu

[52:27]

à Rio pour une réunion. Les Colombiens

[52:29]

voulaient des précurseurs chimiques, une

[52:31]

installation et un chimiste évidemment pour

[52:33]

fabriquer la métamphétamine.

[52:35]

En échange desquels, il approvisionnerait

[52:37]

le Roux en cocaïne. Les Colombiens

[52:39]

ont demandé un échantillon du produit

[52:41]

que le Roux pourrait les aider à créer.

[52:43]

Une semaine plus tard, il a donné à

[52:45]

l'associé son numéro de compte bancaire

[52:47]

et les Colombiens ont effectué le paiement

[52:49]

pour un échantillon de 24 grammes de

[52:51]

métamphétamine. Le Roux a envoyé

[52:53]

l'échantillon au Libéria et a fourni un

[52:55]

numéro de suivi, comme tout paquet

[52:57]

qu'on poste.

[52:59]

Les Colombiens ont testé la

[53:00]

métamphétamine et ont constaté qu'elle était

[53:02]

presque pure à 100%. Il était alors

[53:04]

prêt à faire de la business avec lui.

[53:06]

100 kilos de métamphétamine pour 100 kilos

[53:09]

de cocaïne. Me semble que, pas le plus

[53:10]

grand spécialiste, mais me semble que

[53:12]

de la coke, ça vaut plus cher que des

[53:15]

métamphétamines, mais peut-être que celle

[53:16]

est pure. C'est là qu'on dirait que

[53:18]

j'avais l'impression qu'il y avait

[53:21]

une arnaque, mais me semble que ce n'est pas un

[53:23]

équivalent. Je ne sais pas s'il y en a

[53:25]

qui travaillent peut-être dans la police

[53:26]

ou dans le droit, qui ont peut-être une idée

[53:29]

plus juste. Mais là-dessus,

[53:31]

j'étais embêté sur l'équivalence

[53:33]

des deux. Peut-être que parce que les

[53:34]

métamphétamines, c'était facile à avoir et de la

[53:36]

coke plus dure. Il y a peut-être une échange

[53:38]

qui va au-delà de la valeur.

[53:40]

Oui, il y en a une qui est synthétique.

[53:42]

Oui, tu as raison.

[53:44]

Bonne question. Moi non plus.

[53:47]

Ni une ni l'autre n'est une

[53:49]

drogue que je consomme. Non, c'est ça.

[53:51]

Tout ce qui était nécessaire pour conclure l'accord

[53:53]

était que Leroux se rende au Libéria

[53:55]

et rencontre le représentant du cartel.

[53:57]

Il a pris un vol commercial vers

[53:59]

Mont-Rovia, qui est la capitale

[54:01]

libérienne, et a atterri le 25

[54:03]

septembre 2012. Comme c'était

[54:05]

souvent le cas avec Leroux et ses entreprises,

[54:07]

l'échange était un plan audacieux

[54:09]

presque trop exagéré dans sa complexité.

[54:11]

Mais cette fois, Leroux n'était pas

[54:13]

celui qui tirait les visselles.

[54:15]

Le lendemain de son arrivée,

[54:16]

le 26 septembre 2012,

[54:18]

Paul Calder Leroux est arrêté

[54:20]

au Libéria en Afrique de l'Ouest par

[54:22]

la DIA et les autorités locales.

[54:24]

La DIA avait réussi à lui tendre

[54:26]

un piège via un des bras droits de Leroux,

[54:29]

Robert McGowan,

[54:31]

qui travaillait pour lui quand même depuis 2008

[54:33]

et à l'origine l'avait aidé pour

[54:34]

ses entreprises forestières. C'était à la base,

[54:37]

c'est comme ça qu'il l'avait embauché.

[54:38]

Le lendemain de son arrivée en sol américain,

[54:41]

Leroux a signé un accord

[54:42]

acceptant de plaider coupable à ses deux

[54:44]

chefs d'accusation, soit trafic de drogue

[54:46]

et piratage informatique, en échange

[54:48]

de l'humilité contre des poursuites

[54:50]

pour tout autre crime qu'il pourrait admettre.

[54:53]

Malgré ça, il demeurait

[54:54]

emprisonné aux États-Unis et depuis son

[54:56]

arrestation, il travaillait avec la DIA,

[54:58]

les aidant à arrêter des tueurs à gages

[55:00]

ou des trafiquants qui ont été souvent ces anciens

[55:02]

associés, donc il est devenu un informateur

[55:04]

pour les autorités depuis 2012.

[55:06]

Puis comme on vous a beaucoup parlé dans le premier épisode,

[55:08]

toute l'information concernant

[55:10]

Leroux de l'enquête, même pour le

[55:12]

de Joseph Hunter, il n'y a rien qui sortait

[55:15]

des autorités, il n'y a jamais

[55:16]

rien qui a été sorti. Tout ça est tout de même

[55:19]

un peu nibuleux, on ne sait pas à quoi

[55:20]

qu'il les a aidés. Il n'y a aucune réponse

[55:23]

pour ça, mais selon moi,

[55:25]

il a dû collaborer pour vrai,

[55:27]

il a dû vraiment les aider.

[55:29]

La tonne d'informations que ce gars-là

[55:31]

peut révéler aux autorités

[55:33]

dans le monde, du trafic d'armes,

[55:34]

du trafic de drogue, d'exploitation

[55:36]

minière, même illégale, tout ça,

[55:39]

c'est quelqu'un qui en connaît beaucoup, je pense.

[55:40]

C'était vraiment un beau roue de travail,

[55:42]

il y a un de Oz qui travaillait

[55:44]

18 à 19 heures par jour, selon lui.

[55:46]

C'était vraiment qu'il n'arrêtait jamais

[55:48]

7 jours sur 7 sans arrêt.

[55:50]

Bref, comme Emile vous le disait en début

[55:52]

d'épisode, le 12 juin 2020,

[55:55]

donc trois semaines environ

[55:56]

avant l'enregistrement de ça,

[55:58]

malgré l'immunité qui a été promise,

[56:00]

il a été condamné à

[56:02]

25 ans de prison sur une multitude de charges

[56:04]

contre lui, y compris justement

[56:06]

trafic de drogue, piratage informatique et blanchiment

[56:08]

d'argent. Il fait face aussi également

[56:10]

à des accusations supplémentaires aux Philippines

[56:12]

pour le meurtre d'au moins

[56:14]

7 personnes, dont Catherine,

[56:16]

la courtière immobilière qu'on vous a parlé

[56:18]

dans le premier épisode. D'après moi,

[56:20]

il ne sortira pas de prison avant de mourir.

[56:22]

Donc c'est un peu comme ça

[56:25]

que son histoire s'est terminée.

[56:27]

Un peu comme Emile le disait,

[56:29]

évidemment, il y a

[56:30]

tout le côté

[56:32]

de son cartel et tout ça,

[56:34]

on n'a pas pu tout vous

[56:36]

mentionner parce qu'il y a énormément de

[56:38]

détails, puis je vais vous en donner un

[56:40]

peu tout à l'heure, mais

[56:43]

dans le fond, l'ADI

[56:44]

attendait juste ça, de pouvoir

[56:46]

le coincer. Il s'est fait vraiment

[56:48]

prendre à son propre jeu d'une certaine

[56:50]

manière. Ils ont sûrement

[56:52]

dû retenir un peu les informations

[56:54]

qui leur étaient utiles pour

[56:56]

eux, l'ADI, mais par

[56:58]

la suite, tous les dossiers de meurtre

[57:00]

de ces trucs-là, ça touche moins l'ADI

[57:02]

et ça, donc ils

[57:04]

ont dû avoir un stratagème quand même, parce que je trouve

[57:06]

qu'ils ont été quand même brillants

[57:08]

dans leur décision, parce que

[57:10]

ils ont sûrement acquis de l'information quand même

[57:12]

pertinente, puis le gars, quand même 25 ans

[57:14]

de prison, vous allez me dire, il y a des meurtres d'impliqués,

[57:16]

c'est pas tant que ça, ça pourrait être prison

[57:18]

à vie, mais il y a des chances

[57:20]

que ça se retrouve

[57:22]

longtemps, qu'il passe beaucoup de

[57:24]

temps de prison et qu'il en sorte jamais vivant.

[57:26]

On sait aussi ce qui attend un peu

[57:28]

ce type de personne-là

[57:30]

en prison, mais jusqu'à date, on a vu un

[57:32]

pattern, tu vas me dire, Paul Leroux

[57:34]

n'était pas du Dark Web, mais on a vu un peu

[57:36]

un pattern de suicide

[57:38]

ou de meurtre, de morts étranges

[57:41]

dans les prisons de gens

[57:42]

qui ont eu, qui ont possédé

[57:44]

des sites sur le Dark Web,

[57:46]

des gros sites transactionnels comme ça,

[57:48]

donc je sais peut-être que c'est aussi ce qui attend Leroux,

[57:50]

un genre de morts étranges

[57:53]

inexpliqués en prison.

[57:54]

Oui, effectivement, parce que, oui,

[57:56]

je sais pas où est-ce qu'il est emprisonné, c'était comme pas révélé,

[57:58]

je sais pas si justement pour

[58:00]

sa sécurité ou quoi que ce soit, parce que

[58:03]

justement, il est

[58:05]

informateur, donc selon moi,

[58:06]

ils doivent protéger le maximum d'informations

[58:09]

pour pas qu'il se fasse tuer en prison.

[58:11]

Mais c'est, enfin,

[58:13]

où est-ce qu'il y a eu? Parce que l'ADI,

[58:14]

avant qu'il déménage au Brésil,

[58:16]

il avait sa trace, mais quand il a déménagé

[58:18]

au Brésil, l'ADI avait peur

[58:21]

de faire avorter

[58:23]

l'enquête, mais les autorités brésiliennes

[58:24]

ont été hyper collaboratives

[58:26]

dès le départ, il a été mis sous écoute,

[58:28]

il a été suivi, donc c'est tout ça,

[58:30]

tout ça s'est déroulé assez rapidement,

[58:32]

mais pendant des années,

[58:36]

silence radio,

[58:36]

lui, il faisait ses trucs sans

[58:38]

trop se soucier. Puis même, je pourrais vous dire

[58:40]

qu'en 2008, puis ça fait longtemps,

[58:43]

je veux dire, dans tout ça,

[58:44]

il avait eu peur de se faire prendre et il avait

[58:46]

même fait fabriquer un faux

[58:48]

certificat de mort.

[58:50]

Oui, au cas où, puis même sur

[58:52]

la raison de la mort,

[58:54]

il y avait spécifié qu'il fallait qu'il y ait été criblé

[58:56]

de bain. J'ai trouvé ça

[58:58]

drôle, j'ai trouvé ça drôle, dans le sens que

[59:00]

il prévoyait mourir comme ça. Oui, c'est ça, je trouvais ça

[59:02]

un peu ironique d'une certaine manière,

[59:04]

donc c'était assez particulier.

[59:06]

Autre chose que je pourrais vous dire,

[59:08]

la DIA, comme on vous dit, n'a jamais voulu donner

[59:10]

d'infos, même Aratliff, qui a écrit

[59:12]

le livre, lui, il a essayé souvent

[59:14]

d'avoir des détails, jamais, la seule chose

[59:16]

qu'ils ont dit, c'est que c'était de loin

[59:18]

le trafiquant de drogue le plus intelligent

[59:20]

qu'ils ont eu à faire affaire.

[59:22]

Autre chose, ce qui a mené aussi

[59:24]

à l'enquête pour les médicaments

[59:27]

et tout ça, et même le

[59:29]

blocage du soma, c'est que

[59:30]

comme vous le savez, peut-être sûrement aux États-Unis

[59:32]

il y a eu une crise des opiacés,

[59:34]

même à partir de 2007, ça s'appelait

[59:36]

Opération Baywatch, et c'est un peu comme

[59:38]

ça qu'ils ont trouvé, je pense que c'était une pharmacie de Chicago

[59:40]

qui était dans le réseau de RX-Limited

[59:42]

et ils ont vraiment remonté des

[59:44]

ramifications, mais de ce que je comprends,

[59:46]

il est, indirectement, il est

[59:48]

responsable d'une partie de la

[59:50]

crise des opiacés. Oui, oui, oui,

[59:52]

c'est fou ça, tu sais, c'est

[59:54]

comment qu'une seule personne par le réseau

[59:56]

qui est créé, engendrer

[59:58]

cette crise-là, les gens en

[01:00:00]

meurent, c'est fou.

[01:00:02]

Oui, il ne semblait pas vendre

[01:00:04]

de fentanyl à la mort, mais

[01:00:06]

je suis sûr qu'il y en a qui devaient prendre ces

[01:00:08]

médicaments-là et tourner ça en d'autres

[01:00:10]

formes. Oui, oui, c'est sûr que oui,

[01:00:12]

je suis convaincu, je ne suis pas chimiste, mais

[01:00:14]

bref, c'est

[01:00:16]

fascinant, en fait c'est l'histoire, je pense

[01:00:17]

que c'est le cas qui me l'a plus fasciné.

[01:00:20]

Si vous voulez plus de détails, il est en anglais,

[01:00:22]

le livre de Ratcliffe,

[01:00:24]

vous pouvez vous le procurer.

[01:00:26]

On va le nommer, ça s'appelle de Mastermind,

[01:00:28]

de l'auteur, c'est Ivan Ratcliffe.

[01:00:30]

Vraiment, il a fait un super

[01:00:32]

beau loup, évidemment, nous,

[01:00:34]

on a lu son livre, on s'est

[01:00:36]

renseigné ailleurs, pardon aussi,

[01:00:37]

mais étant donné que ce n'est pas un cas qui a été énormément

[01:00:40]

couvert par les médias traditionnels,

[01:00:42]

Ivan a vraiment fait

[01:00:43]

un travail d'enquête, vraiment

[01:00:45]

approfondi. Nous, on est des raconteurs ici,

[01:00:47]

non, on ne fait pas un niveau d'enquête que lui a fait,

[01:00:49]

mais lui, il est allé parler à des proches de Leroux

[01:00:51]

et des gens qui ont travaillé pour lui, et même,

[01:00:54]

c'est ce qu'on se disait hors d'onde,

[01:00:55]

avant d'enregistrer, ce gars-là,

[01:00:57]

qui est un journaliste pour Wired, entre autres,

[01:01:00]

a risqué sa vie dans cette

[01:01:01]

enquête-là, c'est quand même,

[01:01:03]

je veux dire, Leroux a tué des gens pour moins que ça,

[01:01:06]

puis ce gars-là expose des détails

[01:01:07]

quand même, pas tant que ça sur sa vie privée,

[01:01:09]

mais un peu, puis des faits

[01:01:11]

qui sont quand même assez accablants à son endroit,

[01:01:13]

avec des témoignages, tout ça, donc,

[01:01:15]

si j'étais Ivan Ratliff, on dirait que j'aurais

[01:01:17]

tendance à regarder derrière moi

[01:01:19]

assez souvent. Oui, j'avais pas pensé

[01:01:21]

quand tu me dis ça,

[01:01:23]

sur le fait qu'il pouvait craindre pour sa vie,

[01:01:25]

puis c'est vrai, parce qu'il y a tellement

[01:01:26]

récolté de témoignages de

[01:01:29]

personnes, il y a plusieurs personnes qui n'ont pas voulu

[01:01:31]

être renommées, mais il y en a qui ont voulu l'être,

[01:01:33]

sans problème, donc,

[01:01:35]

effectivement, mais j'ai quand même l'impression que

[01:01:37]

il doit se tenir tranquille,

[01:01:39]

j'ose croire. On lui

[01:01:41]

a lancé un appel en passant à Ivan

[01:01:43]

pour tenter, on se disait peut-être qu'on

[01:01:45]

pourrait faire une interview avec lui, un épisode bonus,

[01:01:47]

quelque chose comme ça, donc, on vous revient

[01:01:49]

si ça débouche à quelque part, mais on voulait

[01:01:51]

lui donner un gros shout-out pour son travail,

[01:01:53]

son livre, c'est de Mastermind, c'est passionnant,

[01:01:55]

puis d'ailleurs, il risque d'avoir une

[01:01:57]

production cinématographique adaptée

[01:01:59]

sur la vie de Paul Leroux. Oui,

[01:02:00]

absolument, il y a le réalisateur-scénariste

[01:02:03]

Michael Mann, qui, entre autres,

[01:02:05]

écrit dans les années 80, Miami Vice,

[01:02:07]

même la nouvelle Mouture,

[01:02:09]

puis il a fait plein plein d'autres choses,

[01:02:11]

d'Aviator, etc. Lui, il a acheté

[01:02:13]

les droits en 2016 d'un autre livre

[01:02:14]

qui a été fait sur Paul Leroux,

[01:02:17]

qui a été fait par Ellen Shannon.

[01:02:19]

J'ai écouté plusieurs entrevues avec

[01:02:21]

elle aussi, elle aussi, elle a fait

[01:02:22]

un travail excellent, le livre,

[01:02:24]

c'est Haunting Leroux, je l'ai pas lu

[01:02:27]

évidemment, mais elle a fait

[01:02:28]

un excellent travail, donc ils ont racheté les droits.

[01:02:30]

En 2019, on a vu des nouvelles

[01:02:32]

là-dessus, mais il n'y a pas de date de sortie

[01:02:34]

officielle, puis j'imagine qu'avec la Covid

[01:02:36]

et tout ça, ça a dû retarder

[01:02:39]

le déploiement, peut-être quasiment

[01:02:41]

leur avantage, dans le sens qu'avec les nouveaux

[01:02:43]

développements, ils ont peut-être pu intégrer ça,

[01:02:45]

mais honnêtement, j'ai hâte de voir

[01:02:47]

une sorte de docu-fiction là-dessus,

[01:02:49]

ou un film, une fiction basée

[01:02:51]

sur le livre, c'est sûr, ça va être super intéressant.

[01:02:54]

Moi, j'aime toujours ça, des

[01:02:55]

biopics comme ça, puis justement,

[01:02:57]

c'est tellement riche en scénarios

[01:02:59]

de films que je peux pas croire que ça

[01:03:01]

pourra pas être bon.

[01:03:02]

Donc, ça fait pas mal le tour

[01:03:04]

de l'histoire de Paul Leroux,

[01:03:07]

c'était tout qu'un cas que j'aimais

[01:03:10]

vraiment plonger là-dedans.

[01:03:12]

Ah, c'est clair. C'est longtemps qu'on

[01:03:13]

en parlait, mais on ne savait pas trop comment

[01:03:16]

aborder le sujet non plus,

[01:03:17]

parce que c'est tellement une grosse histoire.

[01:03:19]

Je pense que le fait de l'avoir divisé

[01:03:21]

en deux parties aussi, ça a permis un peu

[01:03:23]

de séparer les différents sujets,

[01:03:25]

puis, dans le même temps, de ne pas trop

[01:03:27]

vous garocher des choses

[01:03:29]

de l'information pour vous remplir le cerveau,

[01:03:31]

donc ça a espacé un petit peu

[01:03:33]

la chronologie des événements, même si c'est quelque chose

[01:03:35]

qui est arrivé dans un délai quand même relativement court,

[01:03:37]

on parle d'une dizaine d'années environ,

[01:03:39]

mais qui se poursuit encore aujourd'hui,

[01:03:41]

donc ça va être à surveiller.

[01:03:43]

Aussi, on a enregistré

[01:03:45]

un after-show, parce qu'un élément

[01:03:47]

qu'on a volontairement omis

[01:03:49]

de ces deux épisodes, c'est le fait que Leroux

[01:03:51]

a été, on le soupçonne

[01:03:53]

d'être à l'origine du Bitcoin.

[01:03:55]

Oui, d'être créateur. Oui,

[01:03:57]

de la crypto-monnaie, donc c'est un sujet

[01:03:59]

qui est très intéressant. On va enregistrer

[01:04:00]

un after-show à propos de ça pour nos

[01:04:03]

abonnés Patreon, nos abonnés au forfait Oui Monsieur.

[01:04:06]

Donc, ces gens-là, évidemment,

[01:04:07]

ils ont les épisodes en avance, tout ça, mais

[01:04:09]

ils ont du contenu exclusif aussi.

[01:04:11]

Donc, ils ont les droits aux after-shows

[01:04:13]

qu'on enregistre, et aussi, parce que

[01:04:15]

là, on arrive déjà en fin de saison, mon cher

[01:04:17]

Seb, il nous reste un épisode à

[01:04:19]

cette saison régulier. On vous a fait voter

[01:04:21]

les distordus via notre groupe de discussion

[01:04:23]

sur Facebook. Vous avez voté, je pense,

[01:04:25]

environ 500 votes pour

[01:04:27]

Anonymous. Donc, le dernier épisode

[01:04:29]

de notre saison actuelle, de notre saison 6

[01:04:31]

sera sur le groupe des

[01:04:33]

Anonymous. Donc, laissez-nous un petit peu

[01:04:35]

de temps pour terminer cette

[01:04:37]

la recherche et tout ça. On va vous

[01:04:39]

présenter ça d'ici une semaine ou deux

[01:04:41]

environ. Ça va être très intéressant.

[01:04:43]

Mais les abonnés Oui Monsieur sur

[01:04:45]

Patreon, eux, ils ont droit à un épisode

[01:04:47]

secret qui va sortir un petit peu plus

[01:04:49]

tard cet été. Donc, ça risque d'être

[01:04:51]

intéressant. Mais sinon, on arrive déjà bientôt

[01:04:53]

à la fin de la saison. Donc, une saison un peu

[01:04:55]

perturbée avec le confinement, ça fait

[01:04:57]

en sorte qu'on a pris un peu de retard, alors

[01:04:59]

qu'on avait de l'avance comme jamais dans notre

[01:05:01]

saison. On avait plus de plus de toute

[01:05:03]

la moitié de notre première

[01:05:05]

saison, la première moitié qui était enregistrée.

[01:05:07]

Donc, ça allait bien les sorties, tout ça.

[01:05:09]

Avec André aussi, on veut remercier André

[01:05:11]

qui nous a aidé à monter cette saison-là.

[01:05:14]

Puis, merci à

[01:05:15]

votre patience, en fait. Merci aux

[01:05:17]

distordus et à votre patience

[01:05:19]

de nous avoir, d'avoir accepté

[01:05:21]

un peu les petites pauses qu'on a prises pour reprendre

[01:05:23]

un peu le rythme d'enregistrement pendant

[01:05:25]

cette pandémie. Mais là,

[01:05:26]

on est en feu et on va terminer

[01:05:29]

ça en beauté. Donc, dites-nous

[01:05:31]

ce que vous en pensez. Est-ce que vous avez aimé

[01:05:32]

l'histoire de Paul Leroux? Est-ce que vous avez aimé

[01:05:35]

le fait qu'on a fait l'épisode

[01:05:37]

divisé en deux? Dites-nous ça.

[01:05:38]

On est partout sur les réseaux sociaux, sur

[01:05:41]

Facebook, YouTube, Instagram,

[01:05:43]

Twitter, Distorsion Podcasts

[01:05:45]

ou encore sur Twitter, c'est Distorsion Pod.

[01:05:47]

Vous pouvez nous dire ce que vous en pensez

[01:05:48]

et même nous suggérer des

[01:05:51]

idées d'épisodes. Oui, parce qu'on va

[01:05:52]

revenir. Oui, bien sûr.

[01:05:55]

Et merci encore à vous, les Distorsion Podcasts.

[01:05:57]

On vous aime. Et pour terminer, Seb,

[01:05:59]

aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?

[01:06:01]

Si vous devez acheter des médicaments,

[01:06:03]

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