(Partie 1 de 2) Le 13 février 2012, la courtière immobilière Catherine Lee est retrouvée sauvagement assassinée sans raisons apparentes, aux Philippines. Malgré les portraits-robots précis de ses assaillants, l’enquête piétine par manque de preuves tangibles. Cependant, quelques années plus tard, une enquête d’envergure internationale de la D.E.A. des États-Unis, fait remonter à la surface, le responsable de ce meurtre. Un certain Paul Le Roux, un informaticien sud-africain extrêmement doué, arrêté en 2012, et emprisonné depuis, serait derrière ce crime crapuleux et bien d’autres. Au cours des deux prochains épisodes, suivez-nous alors que nous retraçons le parcours d’un des plus grands cybercriminels de tous les temps.

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#78 - Paul Le Roux - Le plus grand cybercriminel - Partie 1
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
Le 13 février 2012, la courtière immobilière Catherine Lee est retrouvée sauvagement assassinée aux Philippines sans raison apparente.
Malgré les portraits robots précis des assaillants, l'enquête piétine par manque de preuves tangibles.
Cependant, quelques années plus tard, une enquête d'envergure internationale de la DIA fait remonter à la surface le responsable de ce meurtre.
Un certain Paul Leroux, un informaticien sud-africain extrêmement doué, arrêté en 2012 et emprisonné depuis, serait derrière ce crime.
Au cours des deux prochains épisodes, suivez-nous alors que nous retraçons le parcours d'un des plus grands cybercriminels de tous les temps.
Sébastien Éverque, comment vas-tu aujourd'hui?
Ça va bien, et toi Emile Gauthier?
Ça va extrêmement bien parce que aujourd'hui on va parler de Paul Leroux, qui c'est un peu un vilain dans James Bond.
Qu'est-ce que tu veux dire par vilain dans James Bond?
C'était un peu un genre de caïd, un genre de super vilain qui a des ramifications un peu partout.
Qui a vendu des armes, qui serait derrière des meurtres, derrière des réseaux de trafic et tout ça.
C'est digne d'un film.
Oui, absolument. En fait, ce cas-là, à chaque fois que j'avançais dans la recherche, je me disais tout le temps que ça n'avait pas de bon sens.
On dirait justement que je lis un scénario de Mission Impossible ou de James Bond. Vous allez voir, c'est surnaturel.
Dis-nous-en pas plus Seb. Tout d'abord, parle-nous de ce qu'on boit.
On boit ce soir, mon cher Emile, la Citra Sonic IPA de la micro brasserie Pixel.
Oh oh!
Et puis ça, c'est une bière. En fait, comme vous avez pu le remarquer, il y a le nom Sonic dedans.
Donc, c'est en l'honneur du jeu vidéo qui a été lancé dans les années 90.
Bien sûr.
Et c'est une IPA aux ananas avec du lactose dedans.
Donc, elle est quand même... elle est savoureuse, mais je trouve que c'est pas la bière où il y a le plus de lactose.
Elle n'est pas tant laitée.
Non, c'est vrai.
Elle a une belle amertume, 38 IBU, 7 % d'alcool. Honnêtement, c'est une bonne bière pour faire du gaming.
Oui, tout à fait, tout à fait.
Et cette bière-là nous est offerte par Clara via la tournée de bière au DistorsionPodcast.com.
Si vous voulez encourager le show, vous pouvez faire un don et nous suggérer une bière de votre région ou une de vos bières préférées.
Et on va tenter de la trouver.
Oh oui!
On a aussi un shout-out pour une review 5 étoiles qui nous a été remise sur Apple Podcast qui nous vient de Natashark44 du Canada.
Elle nous dit « Ce podcast est logé dans mon cœur à tout jamais.
Grâce à vous, j'ai réussi à monter la plus haute montagne des Caraïbes, le Pico Duarte.
Et oui, je vous ai eu dans mes oreilles pendant trois jours intensifs, mais qui sont les plus beaux de mon voyage, certainement dû à vos beaux mots doux sur les Red Room.
Oh yeah!
C'est l'épisode que j'écoutais lorsque j'étais au sommet.
Oh, ça doit être particulier quand même, écouter l'épisode sur les Red Room en alpinisme.
Oui, ça doit être un drôle de feeling.
Shout-out à toi, Natashark.
Merci.
Seb, est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'histoire tumultueuse du mystérieux Paul Leroux?
Oui, mais juste avant, nous devons dire un petit mot à propos de notre partenaire, la Faculté de l'Éducation Permanente de l'Université de Montréal.
C'est celle qui enseigne aux adultes et où les admissions sont en cours pour le certificat en enquête et renseignement comme pour les 30 autres programmes offerts.
Absolument, Seb, il s'agit d'un certificat universitaire de 30 crédits pour toute personne passionnée d'enquête qui soit travaillée dans les milieux professionnels ou criminels.
Au terme du certificat, vous serez en mesure de mener une enquête de A à Z.
Ce certificat est parfait si vous voulez compléter une formation existante, réaliser un bac par cumul avec d'autres certificats,
par exemple criminologie ou psychologie, ou réorienter votre carrière.
Est-ce que ce serait une bonne formation pour, mettons, deux podcasters qui s'intéressent aux enquêtes?
Oh que oui, mon cher Emile, même que j'y pense à tous les jours.
Peu importe d'où vous venez, que vous soyez un distordu Canadien ou Européen,
vous pouvez vous inscrire au certificat en enquête et renseignement à la FEP, au fep.humoréal.ca, le fep.humoréal.ca.
Donc on est prêt, mon cher Seb, on se lance.
Oui, monsieur.
Avant de se lancer dans l'histoire, mon cher Seb, on veut donner un shout-out à Ivan Ratliff,
qui est un auteur, mais aussi un journaliste pour entre autres Wired Magazine,
que nous on respecte beaucoup parce qu'il a traité beaucoup aussi de disparitions à l'époque du numérique.
Puis Ivan Ratliff a écrit un livre cette année qui s'appelle The Mastermind.
On lui avait demandé de faire une interview d'ailleurs pour un de nos podcasts à l'époque.
Il était en tournée de promotion pour ce livre-là, donc il ne pouvait pas nous accorder une interview,
mais on réessayera peut-être dans le futur.
Mais on veut lui donner un gros shout-out parce que Ivan est vraiment celui qui a vraiment creusé l'histoire de Paul Leroux.
Parce qu'on a entendu beaucoup parler de Silk Road par exemple, même d'Alphabet avec Alexandre Caz.
Mais Paul Leroux, c'est toute une histoire aussi, c'est un John McAfee un peu à la puissance 10.
Ah oui, puissance 10.
Oui, puis même à ça, en fait, on le soupçonne d'être l'inventeur du bitcoin, d'être le fameux Monsieur Sakamoto.
Oui, Satoshi.
Exactement. Puis là-dessus, en fait, on va vous en parler dans l'after show.
On va faire un after show spécial pour nos membres Patreon, abonnés au forfait Oui Monsieur,
et on va discuter un peu plus de l'aspect bitcoin de Paul Leroux, vous allez voir.
C'est aussi un épisode qu'on va faire en deux parties, c'est-à-dire que les deux prochains épisodes de distortion vont être consacrés à Paul Leroux.
On a commencé à faire de la recherche, tout ça, et on s'est rendu compte qu'il y avait vraiment beaucoup de matériel.
Mais on en a entendu peu parler, je trouve, moi, de mon côté, dans les médias francophones.
Ah, francophone, il n'y a presque pas d'articles, presque pas de journaliste francophone qui s'est intéressé à l'histoire,
malgré justement le livre de Ivan qui est sorti et qui a généré beaucoup d'articles du côté anglophone.
On dirait, je ne sais pas pour quelle raison cette histoire-là n'a pas piqué la curiosité de la francophonie,
mais elle a piqué la nôtre en tout cas parce qu'on est tombé dans un gros rabbit hole, c'est une histoire incroyable.
Ben oui, c'est clair qu'il doit y avoir un documentaire Netflix en production sur Paul Leroux.
Ça serait tellement bon.
Parce que cette tombe-là, je l'ai dit à l'anglaise, Paul Leroux, parce qu'évidemment ce n'est pas un francophone, c'est un sud-africain, mais on va y revenir.
Mais d'après moi, il doit y avoir une série en production sur ce gars-là parce que ça a commencé justement un peu informaticien,
très compétent dans son domaine, mais aussi toujours un petit côté crush, un petit côté magouilleur,
mais qui l'a mené à faire plein de sortes de business allant de commerce en ligne illégal au trafic d'armes,
en étant même lié à des meurtres sur gage, donc des assassinats et même plusieurs.
C'est un peu une histoire comme on en parlait en intro, un peu à la James Bond aussi parce que la DIA est là-dedans,
le FBI est là-dedans, il aurait été informateur.
Bref, il est encore jeune, Paul Leroux, mais sa vie est digne justement d'un livre de John le Carré.
Oui, il a du bagage. C'est quelqu'un en fait qui était toujours dans l'ombre, qui n'était jamais exposé.
Oui, exposé, il savait bien se cacher dans sa bat-cave.
Donc, tiens, on se lance dans l'histoire, mon cher Seb, je te laisse la parole.
Nous sommes au début du mois de février en 2012.
Catherine Lee, 43 ans, agente immobilière, reçoit un courriel d'un certain Bill Maxwell,
un Canadien vivant à Manille, la capitale des Philippines.
Celui-ci, ainsi que son collègue Tony, cherche à investir dans l'immobilier.
Il avait trouvé le profil de Catherine Lee en effectivement des recherches sur Internet.
Ils ont arrêté leur choix sur elle car elle était bien connue du milieu et avait remporté plusieurs trophées.
Même que quelques années auparavant, elle avait été présidente de sa section locale des courtiers immobiliers des Philippines.
Catherine travaille de chez elle dans une jolie maison située dans une communauté huppée à Las Pinas.
Elle et son mari l'avaient acheté peu de temps auparavant avec l'aide d'une commission particulièrement importante qu'elle avait gagné sur une vente.
Enthousiaste à l'idée de les aider, elle leur donne alors un premier rendez-vous.
Bill et Tony n'avaient pas précisé préalablement quel titre de propriété ils recherchaient,
mais seulement qu'ils voulaient un endroit qui était situé plus au sud que Las Pinas en fait.
Il peut s'agir d'un immeuble commercial ou résidentiel ou même d'une propriété de vacances ou d'un terrain qui est prêt à construire.
L'important, c'est que l'investissement rapporte.
Pendant deux jours, elle les conduit de propriété en propriété, mais ils n'étaient pas prêts à s'engager.
Pour leur troisième sortie, le matin du 12 février 2012,
Catherine rencontre Bill et Tony sur la terrasse extérieure d'un Starbucks qui était non loin de chez elle, à Las Pinas.
Ils sont arrivés dans une fourgonnette Toyota Innova Argenté.
Bill mesure environ 6 pieds 1 avec une barbe et un ventre assez proéminent.
Tony, lui, est fraîchement rasé et porte une casquette de baseball.
Ils ont également été rejoints par trois autres courtiers immobiliers qu'elle avait recrutés pour l'aider dans sa recherche.
Parce que là, ça faisait plusieurs fois qu'elle leur faisait visiter des choses et ils n'étaient pas vraiment satisfaits.
Non, c'est quand même louche, un peu comme cette table, tout ça.
Oui, on s'entend.
Le groupe se rend dans une communauté fermée appelée Pondereo.
Pondereo.
Pondereoza, qui est une ancienne ferme de fleurs située à 90 km environ au sud de Manille,
où ils ont examiné un terrain disponible pour du développement résidentiel.
Ils ont ensuite passé la journée à visiter différentes propriétés ou terrains un peu partout.
Vers 17h30, les visites se terminent et au moment de partir,
les courtiers et les propriétaires de la dernière propriété visitée repartent dans une seule voiture,
tandis que Catherine, elle, elle rejoint Bill et Tony, les Canadiens, dans leur camionnette Innova.
Au cours des dix heures suivantes, Catherine Lee a reçu quatre balles tirées à bout portant à la tête,
a été enroulée dans une couverture et déposée dans un tas d'ortures.
Le corps est retrouvé dès le lendemain matin, le 13 février, à 6h50.
Une ramasseuse de poubelle aux Philippines était partie avec son chauffeur sur leur route régulière
à travers Tete, qui est une ville industrielle située à une heure de route à l'est de Manille.
La police nationale arrive sur les lieux à 7h50 ce matin-là pour examiner la femme qui avait été trouvée.
Elle portait une veste noire et un jeans.
Les enquêteurs ont eu peu de mal à identifier la victime comme étant Catherine Christina Lee,
une courtière immobilière de Las Pinas.
Elle a été retrouvée avec ses cartes d'identité sur elle, ainsi que son cellulaire de marque Nokia,
une montre-bracelet Anne Klein, un bracelet en argent et une paire de bagues en or et en argent.
Donc, elle n'avait pas été volée et il n'y avait aucun signe d'agression sexuelle.
Ça rendait quand même la chose assez louche.
On se demande, qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi a-t-elle été tuée sauvagement sans avoir été volée ou violée?
Est-ce que quelqu'un avait mis sa tête à prix?
C'est vraiment ce qu'on peut se demander à ce moment-là.
Mais qui et surtout pourquoi? Pourquoi elle comme ça?
Oui, parce qu'il n'y a pas de mobile apparent du moins, même que justement,
les deux types avec qui elle a été vue étaient dans le cadre de son travail aussi en même temps.
Ça rend la chose un petit peu étrange.
Quelques jours après la découverte du corps de Catherine Lee,
son mari contacte le Bureau national d'investigation des Philippines, le NBI,
et demande à l'agence d'examiner son cas.
L'agence est tenue par la loi de prendre en charge les cas à la demande des familles et des victimes.
Dans les meurtres ciblés comme celui de Catherine, comme ça semblait l'être du moins,
il n'est pas rare d'entendre des rumeurs indiquant que les policiers eux-mêmes pourraient être impliqués.
Il faut savoir que le meurtre à contrat est une industrie très florissante aux Philippines,
et faire tuer quelqu'un peut coûter aussi peu que 5000 pesos, soit environ 100 $ US.
C'est fou, ce n'est pas cher.
Vraiment pas.
Plusieurs policiers utilisent ce « sideline » car le travail de policier est aussi mal payé là-bas,
et jusqu'à 60 % des forces de la police nationale vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
Ça, c'est quelque chose que je ne comprends pas.
C'est jamais bon signe quand ton personnel qui doit faire renforcer la loi est aussi peu payé.
Ben oui, exact. Je suis convaincu que les policiers qui prennent des contrats à gages,
c'est plus pour nourrir leur famille que quand c'est rendu que ton pays n'est même pas capable de payer.
Ça ne fait pas de sens.
En fait, même qu'il y a eu des problèmes en lien avec les droits humains,
en 2013, la Human Rights Watch, une ONG qui se donne pour mission de défendre les droits de l'homme,
a documenté l'implication de la police philippine dans un escadron de la mort
responsable de près de 300 assassinats sur une période de 6 ans seulement dans une seule ville aux Philippines.
C'est beaucoup.
Non, c'est ça. Le prix d'une vie est très bas.
On revient à notre histoire. C'est l'enquêteur Rivera qui s'occupe de l'affaire de Catherine Lee.
Pour tenter de résoudre ce casse-tête, Rivera a reconstitué ses déplacements à partir de témoignages
de son mari et de tous ceux qu'elle avait rencontrés ce jour-là,
ainsi que des informations trouvées sur son ordinateur portable et évidemment sur son téléphone intelligent.
Il a également été capable d'amenser suffisamment d'éléments sur la description physique de ces deux hommes
pour générer des portraits robots des Canadiens Bill Maxwell et du mystérieux Tony.
Cependant, en ce qui concerne l'identité réelle des assaillants, l'enquêteur Rivera a heurté un mur,
car après vérification auprès du bureau de l'immigration des Philippines,
ils en ont conclu que les noms étaient fictifs car ils étaient introuvables dans le système.
Donc automatiquement, ça pointe un peu le regard sur eux.
Oui, exact.
Quant aux preuves physiques, la fourgonnette Toyota grise n'avait pas de plaquelles non plus.
Bien que le gardien de sécurité ait pu fournir le numéro de l'autocollant d'immatriculation temporaire
de la fourgonnette qui est remis au véhicule nouvellement acheté,
lorsque Rivera tente de remonter la piste jusqu'à un concessionnaire Toyota de Manille,
rien ne correspondait de leur côté non plus dans leur base de données.
Donc vraiment, il semble avoir un genre de rabbit hole.
Il conclut donc que la voiture avait probablement été louée et le numéro falsifié.
Sans la camionnette, il n'y avait ni empreinte digitale, ni cheveux, ni fibres de tissus, donc aucune piste d'ADN.
Selon le rapport de Topsy, Catherine Lee avait été abattue de deux balles sous chaque œil
avec ce que la médecine légale avait déterminé être une arme de calibre 22.
Les tueurs aux Philippines utilisent plutôt généralement apparemment des armes de type Armolight,
un peu comme des M16 ou des M15, des grenades à main ou même des pistolets de calibre 40.
On joue sérieusement là-bas.
Selon Rivera, il est assez rare qu'une arme comme ça l'ait utilisée ici.
Selon lui, l'arme signifie quelque chose par rapport au crime, comme une sorte de signature.
C'est pas faux.
L'origine des armes peut être retracée d'une certaine façon même sur le marché noir,
quand vraiment les enquêteurs sont au courant un peu de ce marché-là.
Ils pensent que la mort de Lee n'est pas un crime passionnel,
mais plutôt un meurtre professionnel commis par quelqu'un qui cherchait à envoyer un message.
Quand c'est très arrogant de tuer quelqu'un en lui mettant deux trous de balles sous chaque œil.
Oui, ça veut dire quelque chose. C'est pas naïf.
Est-ce parce qu'elle n'arrivait pas à leur trouver un investissement convenable en immobilier
ou est-ce qu'elle regardait mal les opportunités de ce côté-là?
C'est ça que je me demande.
Parce que c'est un peu, on dirait presque un signe de gang, en fait, dans ce type d'exécution-là.
C'est vrai.
Au cours de son enquête, Rivera a découvert le cas d'une femme douanière tuée de la même manière.
Cette enquête a toutefois été arrêtée lorsque la famille de la victime a malheureusement refusé
de coopérer avec les autorités par crainte de représailles.
Après quelques mois, le dossier de Catherine s'est également asséché,
car l'enquête ne pouvait pas continuer d'avancer sans preuve solide.
Pendant trois ans, le dossier est resté un peu sur les tablettes.
Cependant, en avril 2015, Rivera a reçu un appel de l'ambassade des États-Unis.
La DEA, la Drug Enforcement Administration, avait des informations sur le cas de Catherine Lee.
Pourquoi la DEA, qui s'occupe du trafic de stupéfiants, peut avoir de l'info sur le cas d'une courtière
immobilière assassinée aux Philippines ? C'est assez étrange.
C'est que 18 mois après le meurtre, la DEA avait arrêté un ancien ranger de l'armée
qui travaillait pour des fermes de sécurité privées à l'étranger.
Cette arrestation les avait conduits à l'enquêteur Rivera, car l'un des deux individus recherchés
pour le meurtre de Catherine avait avoué avoir commis le meurtre,
affirmant qu'un local philippin avait fourni l'arme du crime et le véhicule utilisé aussi pour jeter le corps.
Donc, selon l'ancien ranger, c'est un certain hunter qui a ordonné le meurtre.
Mais qui est ce hunter ? Avec un nom comme ça, hein ?
Oui, exact, c'est vrai qu'il est comme un peu prédestiné.
D'ailleurs, à peu près tous les noms qu'on va vous nommer dans cette histoire-là ont l'air faux.
Vous allez voir des noms dignes de films.
Ah tiens, un tueur à gages prénommé Hunter.
C'est vrai pareil, mais je vous le jure, c'est vrai.
En juillet 2013, le bureau du procureur américain pour le district sud de New York, celui qui couvre Manhattan,
dépose un acte d'accusation accusant Joseph Hunter, 48 ans, un ancien soldat américain décoré
de complot pour avoir assassiné un agent des forces de l'ordre.
Écoutez ça, on dirait un scénario encore une fois.
Plus précisément, Hunter a été accusé d'avoir formé une équipe d'assassins internationaux
pour éliminer un infiltrateur et un agent de la DIA au nom d'un cartel de la drogue en Colombie.
C'est digne de l'XCT Quiet Pills, mais dans la vraie vie.
C'est exactement ça.
Ben quoi que c'est plein dans la vraie vie aussi l'XCT Quiet Pills.
Oui, moi j'y crois.
C'est le 25 septembre 2012 que Hunter a été capturé lors d'un raid dans une maison à Phuket en Thaïlande.
Il a ensuite été extradé vers les États-Unis.
Lorsque le ministère de la Justice a annoncé l'arrestation de Hunter,
il y a eu une énorme couverture médiatique qui s'en suivit.
Tellement l'histoire justement ressemble à une fiction les Américains passionnés à cette époque-là.
Cependant, le 21 décembre 2014, un journaliste du New York Times nommé Alan Feuer apporte un nouveau détail dans l'affaire.
Hunter travaillait pour un mystérieux patron du cartel, un certain Paul Leroux.
Leroux avait été arrêté en 2012.
Et selon le journaliste, il travaillait maintenant pour le gouvernement américain en tant qu'informateur.
C'est à partir de ce moment que des parcelles de son histoire furent révélées au grand jour.
Parce qu'avant l'apparition de cet article, les autorités avaient toujours voulu cacher au média l'arrestation de Leroux,
justement dans le but de pouvoir l'utiliser comme informateur.
Parce que ces gens-là peuvent être, puis on va avoir la chance d'en discuter plus tard dans l'épisode ou peut-être même dans la partie 2,
mais ces gens-là, on peut amener quand même certains avantages au niveau des forces de l'ordre,
puis des organisations secrètes ou l'FBI par les informations qu'ils ont.
Des fois, ça va être choquant pour le public parce que même s'ils sont arrêtés et tout ça,
souvent l'info qu'ils ont a une plus grande valeur que leur propre sentence.
Ça peut être frustrant pour nous de voir que justement ces gens-là vont être parfois même pas punis pour la base.
Exact, ils s'en sortent, oui, exact, mais c'est vrai ce que tu dis. Ils sont calculateurs les policiers aussi.
Cette deuxième vague de couverture médiatique a bousculé l'affaire Hunter, qui était toujours devant les tribunaux.
L'avocat de Hunter a fait valoir que l'acte d'accusation contre lui devrait être rejeté,
parce que l'opération d'infiltration avait été initiée par l'ancien patron de Hunter,
désigné par le gouvernement américain uniquement comme un témoin confidentiel
où le nom CWA était utilisé pour l'identifier.
Hunter avait bien participé à ces crimes, car il pensait que son patron, Le Roux, le tuerait s'il ne le faisait pas.
Toujours selon son avocat, l'utilisation par le gouvernement américain d'un criminel aussi vicieux que CWA est dérangeante, un peu comme on vous disait.
On sait que CWA est Paul Le Roux.
Son nom, cependant, est resté caviardé dans chaque dossier judiciaire où il est impliqué.
En fait, tous les dossiers qui pourraient exister détaillant la propre arrestation de Le Roux ont été scellés,
donc même les journalistes, personne n'y a accès.
Cependant, toute cette histoire médiatique brûlait un peu l'anonymat de Le Roux et de ce que les forces de l'ordre pouvaient dorénavant tirer de lui,
parce qu'en le mettant au grand jour, les gens autour de lui automatiquement ont dû se protéger, j'imagine, à sa chance.
Puis, étrangement, quatre semaines plus tard, Hunter a soudainement plaidé coupable.
L'argument d'avoir agi par peur de Le Roux n'était plus d'actualité.
Aucun démasquage de son mystérieux patron devant le tribunal.
En effet, il n'y a eu aucun procès.
Au cours de 2015, tous les soldats de Hunter ont plaidé coupable, ainsi que cinq accusés dans une affaire de contrebande de mitamphétamines.
Leurs dossiers, eux aussi, ont été scellés et mis de côté les coupables envoyés en prison fédérale ou en attente de leur peine.
Les autorités semblent protéger l'histoire réelle de Le Roux, car avec un procès, plusieurs détails auraient été dévoilés au grand public.
Ah oui, carrément, tout ça aurait pu s'effondrer.
Pour conclure sur le meurtre de Catherine Lee, les agents de la DIA ont confirmé que Bill Maxwell et le mystérieux Tony
n'étaient pas les vrais noms des hommes et qu'ils n'étaient pas Canadiens et qu'ils ne vivaient pas aux Philippines.
Évidemment que non.
Il s'agit en fait de deux Américains, Adam Samia, 41 ans, et Carl David Stillwell, 47 ans,
qui vivaient dans la petite ville de Roxborough, bien tranquille, en Caroline du Nord.
Heureusement, l'enquête assez exhaustée de la DIA, ainsi que de la NBI, ont permis de répondre à la question
pourquoi Catherine Lee était-elle suffisamment importante pour faire voler un avion, en avion, pardon, deux hommes à travers le monde
et leur verser 70 000 $ pour la tuer, parce qu'ils ont appris que c'était leur prime pour l'assassiner.
Donc pourquoi Paul Le Roux aurait-il demandé à Hunter de la faire exécuter?
Ah oui, hein! Selon l'enquêteur Rivera, c'était à cause du cerveau Paul Le Roux.
Il serait, selon lui, aux États-Unis et serait le chef d'une puissante organisation criminelle.
Le cerveau, pour reprendre ces mots cités par les autorités,
avait engagé Catherine Lee pour acheter une propriété de vacances à Batangas,
une région côtière située au sud de Manille.
Il lui avait donné de l'argent, au moins 50 millions de pesos, soit près de 3 millions de dollars US.
Cependant, la transaction ne s'est jamais concrétisée,
parce que la personne à qui Catherine Lee avait demandé de vérifier le terrain
et d'organiser la transaction est partie avec l'argent.
Cette personne, une sorte de négociateur avec qui Lee travaillait régulièrement,
avait également été tué, mais le corps n'a jamais été retrouvé.
Donc Le Roux avait clairement ordonné le meurtre de Lee.
Mais qui est ce Paul Le Roux qui semble avoir beaucoup de pouvoir et surtout d'argent?
On va maintenant faire un énorme bond dans le temps pour retracer sa vie qui est littéralement incroyable.
Et rien ne pouvait prédire son ascension vers le crime.
Et ça, je le dis souvent, souvent l'éducation ou même le succès ou l'intelligence
n'a rien à voir avec le jugement.
C'est toujours triste de voir des cas où l'intelligence est mal utilisée.
Mais on va vous faire un peu son historique, son background à ce Paul Le Roux.
Paul Calder Le Roux est né la veille de Noël en 1972 à Boulas-Waïo,
qui est la deuxième plus grande ville de Rhodesie.
La Rhodesie était un état non reconnu, gouverné par une minorité blanche située en Afrique-Australe,
qui exista de 1965 à 1979 et qui constituait le prédécesseur de l'actuel Zimbabwe.
La Rhodesie succéda à la colonie autonome britannique de Rhodesie du Sud, établie en 1923.
C'est ça, en travaillant sur ce cas-là, je me suis comme rendu compte,
je savais qu'il y avait une partie de l'Afrique qui avait été colonisée,
mais on dirait que je n'avais jamais tant porté attention à l'Afrique blanche,
en fait, qu'on a toujours dit et qui est due à cette colonisation-là justement.
Malheureusement, la mère biologique de Paul l'abandonna pour le laisser en adoption.
On peut également lire sur son certificat de naissance que le prénom à sa naissance était inconnu, entre guillemets.
Heureusement, Paul a été rapidement adopté par une gentille et aimable famille
vivant dans la ville minière d'Amiantle de Machava.
Son père travaillait comme directeur des mines souterraines dans les mines géantes de Gatte et de Chabani,
qui à un certain moment produisait 140 000 tonnes d'amiante par an.
Il avait également une soeur cadette et il était très aimé de la famille élargie des Leroux.
En 1984, alors que Paul avait 12 ou 13 ans, sa famille déménagea en Afrique du Sud,
où la mère de Paul croyait qu'elle trouverait de meilleures écoles pour son fils, qui est précocement intelligent.
Ils ont choisi de s'installer dans la ville minière Krougersdorp.
Le père de Leroux, de par son expertise, a démarré une entreprise qui gérait des opérations d'extraction de charbon
et la famille est rapidement devenue aisée.
Parce qu'effectivement, les mines dans ce coin-là, je ne pense pas que ce soit des très bonnes conditions de travail,
mais ça peut être une source de richesse.
Peu de temps après être déménagé dans leur nouvelle ville,
son père lui proposa, en échange du lavage de la voiture chaque semaine, un ordinateur.
Et là, sa vie changea complètement à tout jamais à partir de cet événement.
Il est devenu complètement antisocial.
Il était toujours enfermé dans sa chambre, alors qu'avant, c'était quelqu'un qui était plus extraverti.
À l'adolescence, Paul était grand, mince et beau bonhomme, comme on dit.
Par contre, comme on vous le disait, ce n'était pas un être très social.
Vivant dans une culture où un enfant de sa taille aurait normalement joué au rugby, par exemple,
lui, il privilégiait plutôt les jeux vidéo sur console et sur son ordinateur.
Et il détestait sincèrement le sport.
Donc Paul Leroux s'est beaucoup réfugié dans l'informatique à cette époque.
Il se sentait vraiment à sa place, comme plusieurs autres personnes à ce moment-là.
Selon ses proches, il a complètement développé son identité à travers le code informatique.
Et c'est au sein de cet univers informatique que Leroux développera ses talents
et commencera à mettre en place son empire.
Et je fais un high-five à Annie H, merci.
On donne un pouce vers le haut à Louis S.
Même chose pour toi, mon cher mystérieux Pocky.
Shout-out à Dan A.
Et aussi à toi, Laurianne F.
Aussi, beaucoup d'amour à toi, Vicky B, sans quoi ce chose serait impossible.
Et on termine avec beaucoup de love à Jérémie R, qu'on connaît.
Oh oui, shout-out à Jérémie.
Lorsque Leroux avait 15 ou 16 ans, vers la fin des années 80,
la police a fait une descente au domicile familial et a arrêté Paul pour vendre de matériel pornographique.
Il vendait des cassettes avec des films à ses amis.
C'est drôle que ça s'est rendu jusqu'à la police, mais bon, quand même.
La famille a été scandalisée, mais a réussi à garder l'histoire secret.
Malheureusement, après ce fâcheux événement, Leroux se renferma encore plus sur lui-même
Et son amour pour le jeu Wing Commander, qui est sorti pour la première fois sur PC,
sous MS-DOS vers la fin de l'année 90, frisait l'obsession.
Pour nos plus jeunes auditeurs, c'est un jeu dans lequel le joueur pilote un vaisseau spatial
dans un genre de simili 3D et t'est tué au combat.
C'est un jeu qui était extrêmement populaire à l'époque,
et qui a été décliné sur Amiga, Sega, Super Nintendo, même la PlayStation.
Moi, j'ai quand même joué à ça et ça m'a rappelé.
Je suis même allé chercher un émulateur pour jouer en ligne.
C'est pas la même expérience aujourd'hui, mais j'ai beaucoup joué à l'époque.
Mais toi, est-ce que tu jouais à Wing Commander?
Oui, j'avais joué sur la Super NES, sur la Super Nintendo.
Oui, j'avais quand même été fan. J'étais plus un fan de ça que d'autres.
J'étais pas tant que ça un fan de jeux d'avion.
Mais celui-là, je l'aimais quand même. C'était pas facile non plus.
Non, il est dur.
Il est vraiment dur.
Quand j'ai rejoué sur l'émulateur en ligne, j'étais vraiment en poche.
C'est quand même dur.
Il y a des jeux de cette époque-là qui sont extrêmement timés.
Tu dois vraiment faire les bons mouvements au bon moment.
Mais oui, shout out à Wing Commander.
Étant un excellent élève, il y a certaines matières qu'il méprisait à l'école,
comme l'idée d'apprendre l'Africans, obligatoire dans les écoles sud-africaines.
En fait, le mot african signifie africain en irlandais.
Pour lui, c'était une langue morte et il ne voulait pas l'apprendre.
C'est la langue, entre autres, de the end word.
Oui, exactement, c'est vrai.
Trouvant cela particulièrement ennuyant, à 16 ans, il abandonna ses études secondaires
et décida de suivre sa passion pour l'informatique
en suivant un cours de programmation qui était offert localement.
À l'époque, il n'y avait pas de cours en ligne, évidemment.
Par contre, il était tellement doué que dès les premiers cours,
il enseignait déjà des choses à son tuteur.
Celui-ci a alors donné une lettre attestant qu'il n'avait plus besoin d'assister aux cours en classe.
Il complétait alors le cursus à son rythme,
c'est-à-dire qu'il a complété le tout en seulement huit semaines au lieu d'un an.
Sur un programme d'un an, c'est bon de faire ça en deux mois quand même.
Effectivement.
Durant l'été, il partit en voyage avec sa famille à Disneyland, à quelque part aux États-Unis.
Sa visite en sol américain l'a marqué à jamais.
Le mode de vie à l'américaine, la richesse et l'opulence,
contrairement à ce qu'il pouvait retrouver chez lui, est devenu son objectif de vie.
À son retour en Afrique du Sud, dès qu'il posa le pied à terre en dehors de l'avion,
il annonça à ses parents qu'il désirait quitter l'Afrique prochainement.
Huit mois plus tard, à 17 ans, il prit un vol allé simple vers le Royaume-Uni.
À l'arrêt au port, ses bagages se sont révélés trop lourds pour la balance,
alors il abandonna alors ses vêtements sur place et monta dans l'avion avec une valise remplie de livres de programmation.
J'ai trouvé ça très drôle.
Faut être dédié.
Oui, c'est ça, chacun ses priorités.
Encore une fois, on n'avait pas de liseuse ou de laptop à l'époque,
donc transporter des livres de référence était plus ardu.
Même moi, ça me rappelle des bons souvenirs.
Quand j'étudiais en informatique, on n'avait pas de laptop encore.
C'était dans les débuts même d'Internet.
On avait tous des briques de code.
C'est vrai que j'aimais le côté tangible de consulter une Bible de programmation.
C'est quelque chose que j'ai toujours aimé.
Ça me rappelle toujours un petit côté nostalgique.
Jusqu'à maintenant, l'avenir professionnel de Paul Calder-Le Roux
semble se diriger plus vers un programmeur à l'esprit entrepreneur
comme un Bill Gates ou un Mark Zuckerberg
que celui d'un patron du crime organisé comme il est devenu.
Après ce moment-là, la ligne du temps est un peu floue.
Après être resté quelques temps au Royaume-Uni,
il quitta vers Virginia Beach aux États-Unis.
Ensuite, vers le milieu des années 90,
il a suivi sa petite amie de l'époque, Michelle, en Australie,
pour ensuite l'épouser et il a obtenu par la bande la nationalité australienne.
C'est quelqu'un qui s'est promené vraiment beaucoup
depuis la ligne du temps à partir de ce moment-là
qui commence justement à être un petit peu plus floue.
Puis c'est là qu'il va démarrer des aventures informatiques
un peu plus risquées, si on veut.
Oui, et avancer là-même.
Ah oui, exactement.
Mais c'est quelqu'un qui a vraiment un peu une notion de citoyen mondial.
Tu sais, en plus, c'est quelqu'un qui a été adopté.
Il n'y a pas vraiment de part d'attache, si on veut.
Il n'aime même pas la langue qu'on lui impose
en Afrique du Sud de son pays d'origine.
Donc c'est quelqu'un qui ne doit pas se sentir à la maison nulle part, en fait.
Oui, exactement.
Donc il a déménagé vraiment à plein d'endroits
pour se retrouver en Australie.
Justement, on est vers la mi-fin des années 90 en Australie.
Et Paul pensait beaucoup de temps sur les babillards électroniques.
On se rappelle des forums de l'époque.
Il aimait particulièrement les forums AUS.Général, donc Australie Générale,
et Alt-Religion Kybology.
La kybologie, c'est une religion parodique
qui s'attire partiellement à la scientologie
et qui ne vivait que sur les groupes Usenet,
qui a été créé vers la fin de 1991.
Oui, c'est ça, je ne connaissais pas ça, cette religion-là.
Son ton sur les babillards était souvent colérique et ou sarcastique.
C'était quelqu'un qui avait quand même une opinion tranchée,
toujours dans le but de déranger ou d'offenser les autres utilisateurs.
Il était en autre terme un troll à l'époque,
qu'on aurait nommé aujourd'hui,
que l'on retrouve maintenant abondamment un peu partout sur Facebook et ailleurs
dans les sections commentaires des médias.
Il était souvent ouvertement raciste dans ses propos.
Cependant, il s'assumait sans problème,
car il utilisait toujours son vrai nom, Paul Leroux,
et non un pseudonyme comme c'était la coutume à l'époque sur le web.
Je ne sais pas si on pourrait retrouver des vieux commentaires
qui faisaient sur son propre nom,
mais la Wayback Machine ne doit pas se rendre là.
Je pense que oui, parce que dans le livre Mastermind,
il a réussi à trouver des vieux posts.
Il a réussi à en retrouver.
J'imagine que oui, ça se trouve.
Comme beaucoup de trolls sur Internet,
son but était de faire réagir et d'attirer l'attention vers lui-même.
Il foutait tellement la merde sur plusieurs babillards
que quelqu'un a même changé le pseudo pour « fuck you Paul »,
sans parler des quelques menaces de mort
qu'il a reçues, entre autres, et de « doxing » aussi,
où les gens pouvaient par exemple révéler son adresse,
où il habite.
Ça, c'est arrivé aussi.
Il ajoutait continuellement de l'huile sur le feu.
Quelqu'un qui avait du temps à perdre, du moins,
ça l'amusait beaucoup. C'était presque un hobby pour lui.
Leroux déclarait que ses correspondants sur les babillards
étaient tombés amoureux de son stratagème
et que ça lui procurait des heures de plaisir.
Dans un coup de grâce, Leroux écrit un article
en 30 parties sur le Board House General
dans lequel il expose les avantages,
les inconvénients de l'Australie en tant qu'une nation.
Vraiment pour déranger.
Dans son discours plutôt méprisant,
on a porté attention à un élément important qu'il a écrit
et qui permet de comprendre un peu plus
comment il semble vouloir façonner son avenir.
Et là, je le cite.
Entre autres, il disait
Donc c'était quelqu'un qui était pro-légalisation.
On est allé chercher les chiffres
et selon les données de l'Office des Nations unies contre la drogue
et le crime l'UNODC
et de l'Agence européenne de lutte contre le crime Europol,
le commerce mondial annuel de drogue représente environ
435 milliards de dollars par an,
avec un commerce annuel de cocaïne d'une valeur de 84 milliards.
Donc ça leur fait beaucoup de monde s'appoudre.
C'est l'enfer.
À chaque fois que je vois ces chiffres-là,
je suis toujours fasciné pour ce marché-là.
Malgré tout, Paul continue toujours d'être très actif sur les babillards.
Il utilise même jusqu'à quatre adresses e-mails différentes
pour publier ses messages.
Mais deux d'entre elles ne sont pas principalement liées à ses comptes de trolls,
mais plutôt à des discussions sérieuses de cryptages hautement techniques
sur des bords spécialisés.
L'un des e-mails qui était plerou à swprofessionals.com
était lié à une entreprise de logiciels appelée SW Professionals.
Et SW, ça nous rappelle ton entreprise, le Seb Stratégia Web.
Oui, je trouve ça très drôle.
T'aurais pas des liens avec Paul?
À tout hasard, non, je te jure.
Étrangement, cette même adresse courriel
apparaissait aussi dans la documentation
du populaire logiciel de cryptage E4M
hébergé sur le site web désormais disparu e4m.net.
Ce site, à son tour, a été enregistré via un autre e-mail
qui était utilisé par Paul sur les babillards lui aussi,
qui est paulca à rocketmail.com.
Donc paulca pour Paul Calder, qui est un peu son middle name.
Son nom complet, c'était Paul Calder Le Roux.
Et aussi en lien avec une entreprise appelée WorldAway Pty.
En 1995, le dossier d'entreprise de WorldAway
indiquait une adresse physique assignée en Australie.
Plus important encore, le propriétaire de WorldAway
était Paul Calder Le Roux,
qui est né au Zimbabwe le 24 décembre 1972.
Donc, tout porte à croire que Le Roux, semble-t-il,
avait commencé à programmer seul le logiciel d'encryption E4M,
chiffrement pour les masses, que ça veut dire.
C'était son nom en fait, oui, vraiment.
Oui, oui, et il aurait commencé à programmer ça dès 1995.
Et E4M, c'est un logiciel gratuit, très populaire,
qui était de chiffrement à la volée.
Oui, c'est du on-fly encryption, c'est très complexe en fait.
C'est qu'automatiquement quand t'utilises tes fichiers,
ils peuvent être encryptés. Donc même si quelqu'un
travaille sur quelque chose, ton fichier est constamment encrypté,
il a fait ça tout seul. C'est fou, c'est tellement complexe
en plus juste d'encrypter.
Bien oui, à cette époque-là, en 95.
Exact, puis il a rajouté une couche par-dessus.
Ça, j'ai été très impressionné par ça.
Donc c'est en fouillant justement dans les vieux forums
qui ont fait des liens entre ce logiciel d'écryptage
et Paul Le Roux, ce qui est assez…
justement, ça devait être un vrai rabbit hole pour les enquêteurs.
Il faut savoir que ce logiciel a été à la base de plusieurs
logiciels d'encryption par la suite, mais disons pas toujours
de manière propre, on va y revenir.
Aussi, si on revient rapidement, Ivan Ratliff,
qui a écrit le livre Mastermind, à cette époque-là,
vivait à quelques kilomètres de Paul Le Roux l'assigné.
Oui, c'est étrange quand même.
Oui, c'est vraiment un drôle de hasard.
Une fois lancé sur le marché, le logiciel E4M
permettait aux utilisateurs de crypter l'intégralité
de leur disque dur et même de cacher l'existence
de fichiers cryptés, de sorte que les regards indiscrets
ne savaient même pas qu'il y avait des fichiers en crypté.
C'était vraiment ingénieux.
Après deux ans de développement, en 1997, il l'a publié
au monde entier avec un post sur le board
alt.security.scramdisk.
Selon ses propres dires, le logiciel a été écrit
à partir de zéro et des milliers d'heures ont été consacrés
à son développement et à ses tests.
Ce qui aurait mené Le Roux à créer un logiciel d'encryption
aussi évolué, c'est son désir de conserver une vie privée numérique.
Selon ses proches, il aurait été marqué par son arrestation
à l'âge de 16 ans pour trafic de matériel pornographique.
Il faut se rappeler qu'à l'époque, l'informatique n'était pas
répandue comme aujourd'hui et les besoins d'encrypter nos données
n'étaient pas encore très présents.
Non, c'est vraiment les précurseurs qui se préoccupaient
de l'encryption à l'ère de l'Internet des années 90.
Exact, c'est les banques, les choses comme ça.
Sinon, on n'avait pas de téléphone mobile,
on n'avait pas cet enjeu-là du tout.
À quelque part, ces gens-là étaient visionnaires,
parce qu'ils ont commencé à travailler là-dessus assez tôt,
ce qui fait en sorte qu'on n'aurait pas la technologie qu'on a,
quoiqu'on pourrait aussi dire le contraire étant donné
toutes les fuites de données qu'on a eues dans les dernières années,
mais sans des précurseurs un peu paranoïaques comme lui,
on serait encore plus retardé en termes d'encryption.
C'est vrai, effectivement.
Sur le site de E4M, il a publié un manifeste
où la bataille pour la vie privée a depuis longtemps disparu dans le monde réel.
Alors que de plus en plus d'activités humaines deviennent informatisées,
les gouvernements se démènent pour préserver et étendre leurs pouvoirs, a-t-il écrit.
Le cryptage fort est le mécanisme qui permet de lutter contre ces intrusions,
de préserver vos droits et de garantir votre liberté à l'ère de l'information et au-delà.
Un peu comme tu disais, on le voit par son manifeste,
qui avait déjà une vision avancée de ce qu'allait être l'informatique.
Il était tout de même visionnaire. Dans l'esprit du mouvement naissant des logiciels open source
à la fin des années 90, le roux a publié E4M gratuitement
et a mis le code source à la disposition de d'autres personnes dans le but de l'améliorer.
Par contre, sans revenus véritables de ces deux dernières années de travail,
il éprouvait des difficultés financières.
Son mariage s'est également effondré, violemment selon ses proches,
même si on ne savait pas de ce que cette violence pouvait impliquer.
Selon les archives australiennes, le couple a divorcé à Brisbane en 1999.
Le roux s'est par la suite installé en Hong Kong, puis à Rotterdam, au Pays-Bas.
Il a ensuite épousé une citoyenne néerlandaise nommée Lillian Chung Yuen Pui,
et ils ont eu un enfant. Mais ça, j'ai jamais revu aucune haute info sur l'enfant nulle part.
Mais c'est un homme très privé. C'est un peu la différence entre lui
et John McAfee, je dirais, en général, parce que les deux,
même la vie de Paul Leroux devait être encore plus tumultueuse que celle de John McAfee,
mais on ne connaît pas grand-chose de sa vie privée.
On connaît un peu ses ramifications informatiques, puis son background
en tant qu'ancien programmeur, spécialiste d'encryption,
ou même encore de troll sur les forums de l'époque,
mais on en sait vraiment peu sur sa vie privée.
Un peu comme Alexandre Cas de Alphabet, on en savait très peu, puis on en sait toujours très peu.
En l'an 2000, Leroux a modifié la mission de son entreprise SW Professional
pour qu'elle devienne une société de développement de logiciels
basée théoriquement en Afrique du Sud.
Sa devise était l'excellence en programmation offshore.
Offshore, c'est quand on a offshore,
souvent les pays nord-américains et européens vont engager des programmeurs à l'étranger
qui vont parfois coûter moins cher. Donc c'est ça l'offshore.
Selon son site Internet, l'entreprise comptait six employés.
Un de ses anciens employés qui a travaillé pour lui durant six mois
ne l'a vu que durant une semaine de temps.
Il n'était jamais sur place en Afrique du Sud, il n'était jamais au bureau.
L'un des clients de Leroux en fait était un ingénieur italien
des télécommunications du nom de Wilfred Hafner,
qui avait correspondu avec Leroux pendant plusieurs années
au sujet de son logiciel de chiffrement.
Hafner avait l'intention de fonder une entreprise
pour créer un logiciel, un produit de cryptage commercial
qui combinerait certains des éléments du logiciel E4M
avec un autre logiciel nommé Scramdisk.
La nouvelle société s'appellerait SecureStar et son produit DriveCrypt.
Hafner engage donc Leroux pour construire
le moteur d'encryption sous-jacent de DriveCrypt.
On a beaucoup de cryptes et de scram.
Leroux avait désespérément besoin d'argent à cette époque.
Il conduisait une voiture roue et cou.
Je ne sais pas si c'est lui qui lui donnait les coups dedans.
Il travaillait dans un appartement de Rotterdam suffisamment petit
pour que, par téléphone, Hafner, son patron,
puisse souvent entendre un bébé pleurer en arrière-plan.
À l'époque, Hafner, lui, vivait dans le sud de la France
et était très aisé.
Leroux convoitait ouvertement un genre de succès de son patron.
Il était ambitieux et désirait la même chose que lui, en fait.
C'était son rêve de devenir riche, selon Hafner.
Hafner et Sean Ollingworth, l'inventeur de Scramdisk,
qui travaille toujours pour la compagnie SecureStar aujourd'hui,
confirme que Leroux était un programmeur doué et très intelligent,
qui apportait des idées intéressantes et innovantes.
Par contre, il a toujours senti chez lui un côté un peu hypocrite.
Vous allez voir, l'instinct de Hafner était bon.
Oui, parce que les choses vont s'accélérer.
Hafner a découvert qu'au milieu du travail de développement
pour le logiciel DriveCrypt,
Leroux travaillait toujours sur le logiciel d'encryptage, le E4M,
et avait incorporé une partie de son travail
fait pour SecureStar dans son projet personnel.
Vous allez voir, il y a beaucoup de noms d'entreprises
qui sonnent « web » des années 90.
Techniquement, c'est du vol de propriétés intellectuelles.
Hafner était furieux parce que E4M était un produit open source
dont le code « source de SecureStar » qui se retrouvait open source
avait été financé par les entreprises.
Ce qui permettait à n'importe qui de développer
son propre produit de cryptage. C'est vraiment un problème.
Il a confronté Leroux, qui s'est excusé,
et affirmé humblement que tout ça était une simple confusion due à la fatigue.
Mais le mal était fait et Hafner mit fin au contrat de Leroux.
Cependant, les deux se sont réconciliés personnellement
et sont restés en contact par la suite jusqu'en 2002
où Hafner a perdu complètement la trace de Leroux.
C'est tellement une drôle d'excuse, la fatigue.
Je veux dire, coder, c'est sur du long terme,
c'est pas ça, juste sur du court terme, c'est rigolo.
Suite à sa rupture d'affaires, Leroux s'est mis sur un nouveau projet.
Toujours avec l'ambition de faire beaucoup d'argent,
Paul s'est mis à développer également un moteur de jeu pour Casino en ligne,
qu'il prévoyait de lancer au Canada et en Roumanie.
Pour ce faire, il avait besoin d'apprendre un nouveau langage de programmation.
En une semaine, il était meilleur que la plupart
des programmeurs dans ce langage selon certaines sources.
Cependant, le projet semble ne jamais avoir vu le jour.
Parallèlement, en octobre 2000,
l'entreprise SW Professionals avait disparu
et Leroux sollicitait ouvertement des contrats en son nom
sur les babillards Internet.
En 2003, les ambitions de Leroux se font sentir
sur quelques groupes de babillards électroniques,
y compris Alt Business, où il était membre d'ailleurs,
et aussi Michelinist Entrepreneurs.
Il semblait chercher à établir une entreprise basée aux États-Unis,
mais aucun détail précis n'est dévoilé.
Ici, je vous lis une de ses publications.
Je me semble que 500 $, ce n'est pas tant que ça.
Pour aider à ouvrir une coquille américaine,
je ne sais pas.
C'était peut-être le budget qu'il y avait à l'époque.
On fait un bond dans le temps.
En février 2004, un groupe de développeurs anonymes
a fait exactement ce que créait Hafner,
le propriétaire de Seeker Star.
Ils ont publié un nouveau et puissant logiciel de cryptage
de fichier gratuit appelé TrueCrypt,
basé sur le code source de E4M.
TrueCrypt est basé pour être considéré comme une suite
selon les créateurs de E4M
lors de l'annonce de la nouvelle version.
Le programme a combiné sécurité et commodité,
donnant aux utilisateurs la possibilité de crypter fortement
des fichiers ou des lecteurs de disques entiers,
tout en continuant à travailler avec ces fichiers
comme s'ils le feraient avec un fichier normal sur leur ordinateur.
C'est ce qui était vraiment une avancée formidable à l'époque.
Hafner et ses collègues de Seeker Star soupçonnaient le roux
de faire partie du collectif de TrueCrypt,
mais n'ont jamais pu le prouver. En effet, aujourd'hui,
la question de savoir qui a lancé le logiciel reste sans réponse.
C'est vrai, E4M sur Wikipédia, c'est bien écrit
que ce n'est pas le roux, mais TrueCrypt,
c'est un regroupement, un genre d'anonymus de programmeur.
Il a été écrit par plusieurs développeurs anonymes,
comme je vous disais, ce n'aurait pu être pas le roux
qui aurait écrit sous un faux nom, ce serait peut-être
quelqu'un d'autre de différent. Bref, Hafner a trouvé
une autre adresse e-mail qui permettait de s'adresser
au programmeur de TrueCrypt et envoyer une mise en demeure
pour qu'il cesse de donner le logiciel en argant,
bien sûr que celui-ci était basé sur du code volé.
Les développeurs ont brièvement interrompu le développement,
mais ont rapidement redémarré tout ça. La réponse de la communauté
du logiciel libre ont répondu
sur la publication de Hafner,
fuck you, secure star, nous l'avons déjà. C'était sympathique.
Pendant la décennie suivante, ce mystérieux groupe
de programmeurs anonymes a maintenu TrueCrypt, c'est ça qui est étrange,
avec le financement d'une source tout aussi opaque.
TrueCrypt est devenu connu comme la solution de cryptage
la plus puissante et la plus fiable sur le marché.
Ils l'ont amélioré, ils ont même fait un travail assez impressionnant.
Par contre, depuis 2014, il n'y a plus de mise à jour.
Ce qui est drôle, c'est que moi, non, j'allais vous spoiler.
Oui, oui, oui, on revient là. Il y a des dates
qui concordent, on fait un plus simple.
En réponse à la controverse en juillet 2004,
Leroux est retourné sur le forum de sécurité de Scramdisk
et a publié une note défendant son travail sur E4M,
ajoutant que lorsqu'il s'agissait de la controverse
sur TrueCrypt et E4M, selon lui, c'était de la pure spéculation
et c'était même diffamatoire.
Par contre, après ce post de 2004,
Paul Leroux a définitivement disparu des babilleurs électroniques,
mais pas du web, et ses ambitions monétaires
sont toujours très présentes.
Le départ de Leroux, du monde du cryptage du moins
sous son propre nom, coïncide étrangement avec son entrée
en affaires dans le secteur pharmaceutique sur Internet.
Selon un proche, Leroux a décidé de s'attaquer
au marché de la vente de pilules en ligne après qu'un avocat
ou Costa Rica ou une grande partie de l'industrie
des casinos en ligne était basé, lui est suggéré
de se diriger plutôt vers le milieu pharmaceutique
que les casinos pour s'enrichir.
Cette proposition de son ami avocat n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
Dès 2015, Paul Leroux mettra sur pied ARX Limited,
une entreprise pharmaceutique très lucrative.
On n'a pas le chiffre d'affaires exact pour sa première année
en service, mais le IRS, le gestionnaire des impôts
du revenu aux États-Unis, a calculé que
ARX Limited devait plus de 1,5 million de dollars
en impôts seulement pour l'année 2005.
C'est la fin de notre première partie
sur la vie de Paul Leroux.
Et dans le prochain épisode, on va faire vraiment la suite
et la montée de Paul Leroux dans le monde du crime
organisé, mais aussi du trafic d'armes.
On va parler de lingots d'or, on va parler
d'industrie pharmaceutique, zone grise
et éventuellement de meurtres aussi, parce qu'il serait derrière
plusieurs meurtres, ce fameux Paul Leroux.
Comment t'as trouvé ça, t'as lancé là-dedans, toi Seb?
En fait, je ne pensais pas que ça allait être un aussi gros cas
dans le sens que c'est un gros cas, mais plus j'avançais, plus j'avançais,
plus on écrivait des lignes et des lignes et des lignes.
C'est immense. On dirait qu'il y a tellement de choses
intéressantes que c'est difficile
d'enlever des morceaux, puis quand t'enlèves des morceaux,
tu comprends moins bien tout ce casse-tête-là.
C'est un des êtres les plus complexes
que j'ai pu étudier
dans le cas de distorsion.
Quelqu'un qui se cachait bien aussi, qui a été
caché pendant tellement longtemps, ça a tellement été là avant que
les autorités mettent la main dessus. On vous spoilera pas trop,
mais effectivement, c'est quelqu'un dont
je trouve qu'on a peu parlé, étant donné l'impact qu'il y a eu
non seulement sur l'informatique,
l'encryptage entre autres, mais aussi justement
tout sa business illégale dont on va parler
peut-être un petit peu plus dans l'épisode 2.
Oui, c'était juste une mise en bouche, mais en plus des photos de lui,
il y en a très très peu. Il y en a genre deux, trois,
dont une capture d'écran, une capture d'une caméra
d'un aéroport. À part ces pièces d'identité,
il y a presque rien. Comme tu dis,
c'est assez incroyable dans le monde d'aujourd'hui qu'il n'y a aucune trace numérique.
C'est vraiment un être fascinant.
Oui, il a vraiment su garder...
C'est quelqu'un qui a compris assez tôt que quand tu fais des choses
crush sur le web, il faut que tu sois bien caché.
Il faut que tu sois vraiment anonyme, puis il faut pas que tu sois
sur Facebook en même temps, ce qui est complètement le contraire
de John McAfee, qui lui va s'exposer énormément,
même quand il est en cavale, par exemple.
Il va tweeter quand même, puis va prendre des selfies
sur son bateau. Paul Leroux,
il a tenté tant bien que mal de rester anonyme presque toute sa vie.
Puis justement, c'est en remontant dans le temps,
puis en remontant à ses premières habitudes web
que les autorités sont remontées à lui.
Mais toute une histoire, ça pourrait vraiment être
un personnage d'un film.
J'ai hâte de voir, je serais vraiment pas surpris, surtout après
le livre de Ratliff, d'avoir une série sur lui.
Oui, ça serait tellement bon.
Il y a tellement de bons détails.
Bref, j'allais encore spoiler.
On se garde ça pour le prochain épisode.
Charles Istordieu, dites-nous ce que vous pensez de cette idée
de faire deux épisodes avec un seul sujet.
Nous, on aime bien ça. On va vraiment se faire une deuxième
session d'enregistrement et on va enregistrer un after-show
pour nos abonnés Patreon par la suite.
On veut remercier tous nos nouveaux abonnés Patreon.
Vous êtes plusieurs à avoir rejoint nos rangs
pendant la pause de la COVID.
Puis on s'excuse, on prend des petits retards.
On est dans de la misère à garder la cadence.
C'est justement parce qu'avec le confinement,
moi entre autres, j'ai attrapé la COVID.
Ça fait en sorte qu'on n'avait plus d'épisodes en banque
qu'on avait déjà enregistrés en avance.
Donc, il faut rattraper un peu le temps perdu.
Donc, on a nos deux épisodes sur Paul Leroux.
Et ensuite, on a notre épisode qu'on a fait voter pour la communauté
qui reste à cette saison 6, qui est sûr
qu'il sera sur Anonymous.
Donc, vous avez été plus de 400-500 personnes
en l'airons à voter pour ce sujet-là.
C'est là-dessus qu'on va le faire.
Nos abonnés Oui Monsieur sur Patreon vont avoir droit
à un épisode secret, donc vraiment un épisode bonus
juste à eux sur Patreon.
Et puis, on a quand même plusieurs idées de mini disto.
Puis on risque de faire, je pense, quelques petits bonus
pendant la pause aussi, peut-être quelques petites interviews.
On vous remercie tous ceux qui sont sur notre groupe de discussion
sur Facebook aussi, ou que ce soit sur Discord ou même Instagram,
les gens qui nous envoient des idées de sujets.
Pour nous, ça a une grande valeur. Donc, continuez de nous en envoyer,
continuez de nous écrire. Pour nous, c'est inspirant.
On ne voit pas tout passer. Donc, vous êtes nos yeux
et nos oreilles sur les bas fonds du web.
Sinon, pour nous trouver, c'est facile. On est partout sur Instagram.
Distortion podcast sur Facebook, même chose. YouTube, même chose.
On est sur Twitter, Distortion Pod aussi.
Et sur Untapt, le réseau social de bière, Distortion Podcast.
Donc, venez nous rejoindre là-dessus.
Je pense, Seb, qu'on va se garder un mot de la fin pour l'épisode numéro 2,
quand vous allez avoir toute l'information complète.
Donc, eh bien, gardez votre souffle.
On se revoit la semaine prochaine. Bye bye!
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