Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.
[00:00]
Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sûr,
[00:25]
des complots complètement DISTORDUS.
[00:47]
Internet est partout. Dans votre poche, dans votre travail, dans votre vie.
[00:53]
Mais est-il encore réel? Ou est-il encore de qualité?
[00:57]
En 2021, un utilisateur anonyme lance une théorie troublante.
[01:02]
Internet serait mort vers 2016. Il serait peuplé de bots et d'IA.
[01:08]
Les chiffres donnent froid dans le dos. 40 % du trafic web n'est pas humain.
[01:13]
Des milliards de faux comptes créés chaque année et, depuis tchat GPT,
[01:18]
impossible de distinguer le vrai du faux.
[01:21]
Ce soir, nous plongeons dans la théorie de la mort et de l'emmerdification d'Internet.
[01:26]
Cette idée fascinante et inquiétante selon laquelle
[01:29]
nous conversons peut-être déjà avec des machines sans le savoir.
[01:36]
Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?
[01:38]
Ça va bien, toi, Emile Gauthier.
[01:40]
Ça va très bien. Écoute, est-ce que tu as déjà entendu parler,
[01:43]
toi, Seb, de la théorie comme quoi l'Internet maintenant serait populé
[01:47]
en majorité par des bots et par l'AI et que nous, pauvres humains,
[01:51]
on serait maintenant une minorité sur Internet?
[01:54]
Oui, c'est pas surprenant, Emile, parce qu'on sait que 70 % des liens Internet
[01:58]
maintenant, ça mène nulle part. C'est ce qu'on appelle le link rot,
[02:02]
en plus de l'IA qui déborde sur les médias sociaux Facebook
[02:07]
et que les influençants gonflent leurs chiffres avec des bots.
[02:10]
On se demande où est rendu l'humain là-dedans.
[02:12]
Oui, c'est vrai que c'est toujours un petit peu de la faute des influenceurs,
[02:15]
mais c'est une théorie qui est vraiment née au début des années 2020
[02:18]
et qui est devenue virale, la théorie du dead Internet.
[02:21]
Et c'est pas juste ça. Quand on parle maintenant de musique
[02:24]
générée par AI, c'est plus du tiers des uploads
[02:28]
qui sont réalisés sur des plateformes comme Deezer.
[02:31]
Donc, il y a vraiment un envahissement de cette culture-là.
[02:35]
Et la question se pose à savoir si nous, les humains,
[02:38]
on est en majorité ou en minorité sur Internet.
[02:40]
Bonne question.
[02:42]
Mais avant toute chose, qu'est-ce qu'on boit, Seb,
[02:43]
pour passer au travers de cet épisode lourd et intense?
[02:47]
Oui, on boit encore une fois une bière de Messereme à Conradard
[02:51]
et je m'ennuie de leur sloche pour l'été.
[02:54]
Et c'était leur bière, elle s'appelle Il était une fois la mort.
[02:58]
Ils ont toujours des noms un peu mortubaires, ça me fait toujours rire.
[03:02]
Et là, c'est une Czech Pils, qui est une bière que chez moi,
[03:05]
il y a du moins une sorte de bière que j'ai moins l'habitude de boire
[03:08]
avec des houblons de Saz, 5,4%.
[03:11]
Elle est délicieuse comme toutes les bières de Messereme.
[03:14]
Et cette bière nous a été offerte par Maud Serrurier,
[03:18]
qui a fait une tournée de bière via notre site web distorsionpodcast.com.
[03:22]
Merci à toi, Maud.
[03:23]
Et vous pouvez faire comme elle, vous allez sur notre site,
[03:27]
vous faites un petit don via PayPal et ça remplit le frigidaire.
[03:31]
Oh yes, merci à toi, Maud.
[03:32]
Sinon, on a aussi un shout-out à donner pour une review 5 étoiles
[03:35]
sur Apple Podcasts qui nous vient de Stexy666.
[03:40]
Et il ou elle nous dit, merci beaucoup à vous de faire un podcast aussi détaillé.
[03:45]
Grâce à vous, faire ma préparation au Subway devient plus facile,
[03:49]
malgré que ce n'est pas une job toujours facile.
[03:51]
Vos voix calment mon anxiété et aident beaucoup à me recentrer.
[03:55]
Eh bien, tant mieux, shout-out aux employés de Subway
[03:57]
et des restaurants de fast food.
[03:59]
J'espère que vous mettez pas ça quand il y a trop de clients
[04:01]
parce qu'il y a certains épisodes de distorsion qui pourraient les faire fuir.
[04:05]
Oui, mais oui.
[04:08]
Donc, shout-out à toi, Stexy666.
[04:10]
C'est le poivre, les huiles.
[04:11]
On a un after-show aussi que je vous ai préparé, Seb.
[04:14]
C'est un peu un rant de ma part.
[04:16]
Je suis un passionné de musique, un mellow man,
[04:18]
un musicien aussi par temps perdu.
[04:21]
Et on va parler justement, c'est un peu dans la thématique d'aujourd'hui.
[04:25]
On parle de la théorie du dead internet,
[04:27]
d'à quel point justement internet est rempli de robots maintenant.
[04:32]
Tout le trafic ou une grande partie du trafic maintenant
[04:34]
est devenu artificiel.
[04:36]
Et aujourd'hui, on va se concentrer sur comment l'AI ruine la musique.
[04:41]
On va parler entre autres du producteur Timbaland
[04:44]
qui s'est lancé à fond là-dedans avec des artistes par AI.
[04:47]
On va parler de Suno aussi
[04:49]
et de voir un peu comment les plateformes gèrent ça
[04:52]
parce qu'en ce moment, c'est assez troublant.
[04:54]
On va en parler un petit peu dans l'épisode d'aujourd'hui,
[04:56]
mais en after-show, on va faire un point complètement dédié à ce phénomène-là,
[05:01]
à comment l'IA ruine la musique.
[05:03]
On vous rappelle que les after-shows sont disponibles sur Patreon.
[05:06]
Aux abonnés Oui Monsieur.
[05:08]
Aussi, si vous êtes abonné et distordu, vous avez accès à tous nos épisodes en avance.
[05:13]
Donc plein de contenu.
[05:14]
Si vous arrivez maintenant, vous allez tomber sur une tonne de contenu.
[05:18]
On vous invite aussi à venir nous voir en show
[05:20]
parce qu'en mars, on commence officiellement le tournée 2026
[05:23]
des cabarets des curiosités du web.
[05:26]
Et là, on fait encore des plus grandes salles qu'avant.
[05:29]
Donc, on progresse tranquillement dans le show business.
[05:31]
Puis on vous invite principalement à notre show de lancement,
[05:35]
notre premier show de la tournée.
[05:38]
C'est le 26 mars au Lyon d'Or à Montréal, une salle de prestige.
[05:42]
Donc, venez en grand nombre. On a bien hâte de vous voir.
[05:45]
Ça va être toute une soirée.
[05:46]
Deux jours après, on est au Musée Pop de Trois-Rivières
[05:49]
où on va vous proposer un spécial un peu prison, braquage et tout ça.
[05:54]
Ça va être intéressant.
[05:55]
Dans le forfait, vous pouvez aussi visiter la vieille prison de Trois-Rivières.
[05:58]
Donc, manquez pas ça.
[05:59]
Ensuite, on enchaîne. On a d'autres shows le 15 mai.
[06:03]
On se retrouve à l'Assomption par la suite à Québec en juin.
[06:06]
Sainte-Thérèse.
[06:07]
Vous pouvez vous rendre au distorsionpodcast.com
[06:10]
dans la section cabarets des curiosités pour voir toutes nos dates.
[06:13]
Il y en a d'autres qui s'en viennent aussi.
[06:15]
Saint-Jean-sur-Richelieu en septembre, Varennes.
[06:17]
Et là, même 2027, ça commence à se remplir.
[06:21]
Donc, on ira probablement visiter une ville près de chez vous
[06:25]
dans la prochaine année.
[06:26]
Manquez pas ça. Restez à l'affût.
[06:28]
Je pense qu'on en a assez dit, Seb.
[06:30]
Est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'histoire troublante
[06:33]
de la théorie du Dead Internet?
[06:36]
Oui!
[06:37]
Allons-y.
[06:39]
Maintenant.
[06:41]
Vous souvenez-vous du web d'avant?
[06:43]
Oh oui!
[06:44]
Celui de 2005, 2008, même 2012.
[06:48]
Les sites personnels aux couleurs agressives,
[06:50]
les forums où l'on se perdait pendant des heures
[06:52]
dans des discussions sans fin,
[06:54]
les blogs au design chaotiques mais authentiques.
[06:57]
C'était brouillon, c'était imparfait,
[06:59]
mais c'était surtout vivant.
[07:01]
Oui, c'était pré-algorithme.
[07:03]
Oui.
[07:04]
C'était drôle.
[07:05]
Il y avait plein de pubs.
[07:06]
C'était un peu les premiers balbutiements de la pub en ligne.
[07:09]
C'était spécial, c'était weird, c'était criant.
[07:11]
Ça flashait.
[07:12]
Oui, c'est ça.
[07:13]
Mais à quelque part, c'était un Internet
[07:15]
qui était beaucoup plus libre peut-être que maintenant.
[07:18]
Beaucoup plus créatif à quelque part.
[07:19]
Oui, puis moins concentré.
[07:21]
Oui, on n'aura pas le choix d'être un petit peu nostalgique
[07:23]
aujourd'hui dans cet épisode-là.
[07:24]
Oui, absolument.
[07:25]
C'était un Internet
[07:26]
qui était composé de passion et d'amateurisme,
[07:29]
où chaque coin dissimulait une surprise
[07:31]
et des communautés improbables,
[07:33]
où l'on tombait sur des perles par accident ou pas.
[07:36]
Un Internet où les liens menaient parfois vers l'inattendu.
[07:39]
Oui.
[07:40]
Aujourd'hui, ouvrez n'importe quel réseau social,
[07:43]
vous faites défiler, regardez bien,
[07:45]
les mêmes formats, les mêmes titres accrocheurs,
[07:48]
les mêmes réactions prévisibles,
[07:50]
les mêmes débats qui tournent en rond avec les mêmes arguments,
[07:52]
les mêmes phrases chocs,
[07:54]
comme si quelqu'un avait écrit le script à l'avance.
[07:57]
Oui, carrément.
[07:58]
Puis moi, je m'ennuie vraiment de MySpace.
[08:01]
Seb, tu te rappelles, à cette époque,
[08:02]
on pouvait faire une page customisée presque à l'infini
[08:06]
avec des gifs animés, des visuels criores.
[08:10]
Oui, oui.
[08:10]
Tu pouvais être ami avec des vedettes,
[08:12]
avec Lady Gaga, avec David Guetta, peu importe.
[08:16]
C'était vraiment une autre époque
[08:17]
qui était indépendante des algorithmes.
[08:20]
Oui, vraiment.
[08:20]
Vraiment, la créativité des gens,
[08:21]
leur identité était mise de l'avant.
[08:24]
Moi, MySpace était mon site d'ada à l'époque.
[08:28]
Oui, c'est sûr.
[08:29]
Puis moi, si on peut se ramener à la nostalgie,
[08:32]
mon premier site HTML que j'ai fait,
[08:33]
c'est ce que je me suis fait la main.
[08:36]
C'est un site sur l'histoire du Titanic à l'époque,
[08:39]
parce que je trippais sur le film.
[08:41]
Tu as fait un site sur l'histoire du Titanic?
[08:43]
Oui, vraiment.
[08:45]
Puis je m'en rappelle encore,
[08:46]
c'était tellement laid quand j'y repense un fond noir
[08:48]
écrit en jaune, puis je mettais des images.
[08:50]
Puis j'y allais vraiment.
[08:51]
J'avais tout découpé l'histoire, les personnages,
[08:54]
les parallèles entre le vrai et le faux du film.
[08:57]
Je pense que c'était sur Like Us
[08:58]
dans le temps que j'avais hébergé ça.
[09:00]
Je ne sais pas si tu te rappelles,
[09:01]
à l'époque, les sites web avaient des petits compteurs.
[09:03]
Puis tu pouvais voir publiquement combien
[09:05]
de personnes avaient visité ton site.
[09:08]
Tu pouvais le mettre en gros, le compteur.
[09:09]
Oui, exact.
[09:10]
1000 visites.
[09:11]
C'est ça, aujourd'hui, c'est très anonyme.
[09:12]
On ne veut pas que les autres sachent ça,
[09:15]
mais c'était vraiment une autre époque.
[09:16]
Je ne me rappelle plus des chiffres que j'avais,
[09:17]
mais j'étais quand même satisfait du volume.
[09:20]
Je ne sais même pas quelle promotion
[09:22]
ou comment les gens pouvaient me trouver.
[09:24]
Mais j'ai vraiment aimé mon expérience
[09:26]
de faire un site sur le Titanic.
[09:27]
Il faudrait que tu en retrouves sur la Wayback Machine
[09:29]
et qu'on mette ça disponible au distordu
[09:31]
pour qu'ils voient le premier site de Seb
[09:33]
sur le Titanic.
[09:35]
Je ne sais pas si c'est encore disponible, mais à voir.
[09:38]
Si on revient à notre histoire, Emile,
[09:39]
maintenant, chercher quelque chose sur Google,
[09:42]
page après page de contenu
[09:43]
qui se ressemble, optimisé jusqu'à là,
[09:46]
se répétant tout le temps les mêmes informations
[09:48]
avec les mêmes mots-clés.
[09:49]
C'est plate un peu. Oui, bien, c'est ça.
[09:51]
C'est tout le SEO, l'optimisation des moteurs de recherche.
[09:55]
C'est encore plus présent aujourd'hui
[09:57]
comme si l'intelligence artificielle
[09:58]
avait manché et remanché les mêmes données
[10:00]
pour nous les cracher
[10:01]
sous une forme de bouillie digitale.
[10:04]
L'impression grandit,
[10:06]
sourde et dérangeante.
[10:07]
Nous ne parlons plus à des humains.
[10:09]
On parle un peu dans le vide.
[10:11]
On commande pour des algorithmes
[10:13]
et on crée des machines, en fait,
[10:15]
quand on fait ça.
[10:16]
Ici, ce malaise avait un nom.
[10:18]
Ici, cette impression, c'était pas juste une impression.
[10:22]
Ici, Internet n'était pas cassé,
[10:24]
mais déjà mort.
[10:25]
Oui. C'est fataliste, ça.
[10:27]
Oui, quand même.
[10:29]
Et là, on retourne en août 2021
[10:32]
pour la naissance de la théorie.
[10:34]
Il y a un utilisateur
[10:35]
avec le pseudonyme IlluminatiPirate
[10:38]
qui a bien choisi son nom,
[10:40]
publie un long message
[10:41]
sur un forum peu connu,
[10:43]
Agora Rhodes McIntosh Café,
[10:46]
un espace numérique alternatif
[10:48]
fréquenté par des nostalgiques
[10:50]
de l'informatique rétro,
[10:51]
mais aussi des amateurs de théories conspirationnistes.
[10:55]
Son message commence par une affirmation troublante.
[10:59]
Internet serait mort
[10:59]
vers 2016-2017.
[11:02]
Depuis, nous évoluerions
[11:03]
dans une simulation,
[11:05]
un village Potemkin
[11:08]
qu'on dit numérique.
[11:09]
C'est-à-dire, le Potemkin,
[11:11]
c'est un décor trompeur
[11:12]
qui donne l'illusion de la vie et de la prospérité.
[11:15]
Et l'expression renvoie à la légende
[11:17]
probablement exagérée,
[11:18]
selon laquelle le ministre russe Grigory Potemkin,
[11:23]
favori de Catherine II,
[11:24]
aurait fait ériger en 1787
[11:27]
de faux villages
[11:28]
fait de façades peintes
[11:29]
et de figurants pour impressionner
[11:31]
l'impératrice lors de sa visite en Russie.
[11:33]
Oui, ça, c'est une anecdote historique
[11:35]
assez savoureuse
[11:36]
que je vous invite à googler.
[11:38]
Oui, oui, exact.
[11:40]
Et dans cette vision, le Web ne serait plus
[11:42]
qu'une mise en scène peuplée d'automaps
[11:44]
et d'intelligence artificielle.
[11:46]
À ce moment, une théorie venait de naître,
[11:49]
la Dead Internet Theory.
[11:52]
Illuminati Pirate
[11:53]
se présente comme un vieux de la vieille.
[11:55]
Il fréquente 4chan
[11:56]
depuis 2006.
[11:57]
Il a vu l'évolution du Web de l'intérieur.
[12:00]
Pour lui, l'Internet d'aujourd'hui est devenu
[12:02]
stérile, vide de tout contenu authentique.
[12:04]
Un désert numérique comparé
[12:07]
à l'effervescence des années 2000.
[12:10]
Ces observations sont troublantes.
[12:12]
Des contenus recyclés à l'infini.
[12:14]
Il remarque les mêmes threads,
[12:16]
les mêmes images, les mêmes réponses
[12:18]
republiées année après année.
[12:20]
Un sujet publié en 2015 réapparaît
[12:22]
de façon similaire en 2016,
[12:24]
en 2017, parfois plusieurs fois
[12:27]
dans la même année.
[12:28]
Et pour les nouveaux venus,
[12:30]
rien de normal, mais pour les habitués,
[12:32]
le pattern devient assez évident à observer.
[12:35]
On le voit même avec
[12:36]
les médias québécois.
[12:38]
Je pense que c'est Radio-Canada
[12:40]
ou les Décrypteurs,
[12:40]
à peu près à chaque deux ans,
[12:43]
ils font un article sur l'effet Mandela.
[12:45]
Parce qu'on en a parlé
[12:47]
sur l'épisode sur la simulation tout récemment.
[12:50]
Je cherchais des infos à savoir
[12:52]
s'il y a des nouvelles rumeurs,
[12:54]
et je me suis dit, un article
[12:55]
en 2016, un autre en 2019,
[12:58]
un autre article.
[12:58]
Il y a un recyclage
[13:01]
de contenu qui se fait constamment.
[13:03]
Il y a une certaine forme
[13:04]
de pollution numérique
[13:06]
qui se fait avec ces articles
[13:08]
qui reviennent constamment.
[13:10]
C'est vrai, mais c'est pour renourrir
[13:12]
toujours la bête.
[13:14]
Tous ces contacts en ligne
[13:16]
accumulés sur différents sites et plateformes
[13:18]
et bien notre illuminati pirate
[13:21]
ont progressivement disparu
[13:22]
sans explication, sans message d'adieu.
[13:25]
Aucune trace était
[13:26]
simplement évaporée.
[13:29]
Puis vers 2016,
[13:31]
au début 2017,
[13:33]
Seb, illuminati pirate
[13:34]
décrit avoir interagi avec
[13:36]
quelque chose d'inhabituel sur 4chan.
[13:39]
Une entité qui postait
[13:41]
simultanément sur plusieurs forums
[13:43]
avec un anglais grammaticalement
[13:45]
correct, mais tout de même
[13:46]
étrange. Elle posait des questions
[13:49]
incessantes sur les émotions
[13:50]
humaines, comme si elle cherchait à
[13:52]
comprendre de l'extérieur, comme si un peu
[13:54]
un bot était connecté sur
[13:57]
4chan pour poser des questions
[13:59]
aux humains. J'avoue que 4chan
[14:01]
étant ce qu'il est, c'est sans doute une des
[14:02]
premières places où un bot
[14:04]
qui se questionne va aller poser des
[14:06]
questions. Je ne suis pas sûr des réponses
[14:08]
qu'il va avoir.
[14:10]
Donc, pour lui, pour
[14:12]
illuminati pirate, il s'agissait
[14:14]
sans aucun doute d'une forme d'intelligence
[14:16]
artificielle en phase d'apprentissage.
[14:19]
Il affirme qu'internet
[14:21]
diffère selon l'appareil utilisé.
[14:23]
Le même site consulté sur un téléphone
[14:25]
intelligent et sur un ordinateur
[14:27]
affichent des contenus complètement
[14:29]
différents parfois. Même les
[14:31]
discussions entières présentes sur l'un
[14:33]
sont absentes sur l'autre.
[14:35]
Mais cette idée ne sort pas
[14:37]
nulle part. Ses racines plongent
[14:39]
bien plus profondément dans les recoins
[14:41]
sommes du web des années 2010.
[14:43]
Sur 4chan et Wizardchan,
[14:46]
des utilisateurs anonymes
[14:47]
commencent déjà à murmurer leurs
[14:49]
soupçons. Le trafic leur
[14:51]
semble étrange, les conversations
[14:53]
artificielles et les patterns
[14:55]
trop répétitifs.
[14:57]
Pour notre utilisateur, illuminati
[14:59]
pirate, le diagnostic est
[15:01]
sans appel. Internet serait
[15:03]
devenu un gigantesque théâtre
[15:05]
où des bottes conversent entre eux
[15:07]
sous notre regard naïf
[15:08]
créant l'illusion d'une activité humaine.
[15:11]
Un spectacle destiné
[15:13]
à nous faire consommer, cliquer,
[15:15]
réagir pendant que les vrais
[15:17]
échanges humains se seraient déplacés
[15:19]
ailleurs, dans des espaces privés
[15:21]
et fermés. C'est une vision assez
[15:23]
dystopique de l'Internet, je dois dire.
[15:25]
Oui, oui, c'est d'accord.
[15:26]
Il va même plus loin, il soupçonne
[15:28]
qu'une manipulation l'a coordonnée par
[15:30]
le gouvernement américain, utilisant
[15:32]
l'intelligence artificielle pour contrôler
[15:34]
l'opinion publique mondiale.
[15:36]
Une guerre de l'information menée
[15:38]
dans l'ombre en quelque sorte.
[15:40]
Mais ça c'est pas faux, parce que de plus en plus
[15:43]
quand ils se mettent à analyser
[15:44]
tous les fermes de contenu de désinformation,
[15:47]
c'est souvent des petits groupes,
[15:49]
mais qui vont se répandre, qui vont être
[15:51]
responsables. Je pense que c'est comme une
[15:53]
centaine de sites, mais qui sont responsables
[15:55]
d'à peu près toute la désinformation qu'il y a dans le monde.
[15:56]
Ah oui, c'est un raison.
[15:59]
Si on se rappelle l'ingérence
[16:01]
russe, même aux premières élections de Donald Trump
[16:03]
en 2016, où il avait réussi à prendre
[16:04]
contrôle de la publicité Facebook,
[16:07]
faire de la publicité politique. Ça a même
[16:09]
changé un peu les règles Facebook
[16:10]
au niveau publicité politique.
[16:13]
Ça date pas non plus d'hier, toute
[16:15]
cette ingérence numérique, puis elle est encore
[16:17]
plus présente que jamais
[16:18]
des pays hostiles,
[16:21]
parce qu'il y a de l'argent à faire avec ça
[16:23]
aussi, mais il y a aussi des gains politiques.
[16:25]
Oui, exact. Ça ramène donc un peu
[16:27]
à ton village Potemkin, Seb,
[16:28]
dont tu nous parlais en début d'épisode,
[16:31]
sauf qu'ici, le décor
[16:33]
est numérique, puis nous serions à la fois
[16:35]
un peu touristes et figurants
[16:36]
sur Internet. C'est un peu vrai
[16:38]
qu'on se sent un peu moins
[16:41]
concerné. Quand on cherche sur Google,
[16:42]
c'est différent maintenant, on dirait.
[16:45]
On va en reparler un petit peu plus tard de ce qui se passe
[16:46]
sur Google. Mais avant de se plonger
[16:48]
dans cette théorie fascinante, on va prendre un peu
[16:50]
de recul, car si l'Internet d'aujourd'hui
[16:53]
peut sembler artificiel, c'est
[16:55]
peut-être parce qu'il l'est effectivement devenu,
[16:57]
mais pour des raisons bien plus
[16:59]
rationnelles et documentées que ce que
[17:01]
suggère cette vision un peu
[17:02]
post-apocalyptique. On va revenir
[17:05]
un peu sur les racines oubliées
[17:06]
d'Internet au début
[17:09]
des années 2000,
[17:10]
avec le projet DARPA,
[17:13]
Life Log dont on a entendu
[17:14]
parler par certains lanceurs
[17:16]
d'alerte. Oui, exact.
[17:18]
L'objectif était ambitieux avec ce projet-là,
[17:21]
c'est-à-dire enregistrer
[17:22]
et centraliser l'ensemble des données
[17:24]
numériques d'un individu,
[17:26]
dont ses communications, ses déplacements,
[17:28]
ses interactions et ses habitudes
[17:30]
de vie. Le projet visait
[17:32]
à enregistrer toute l'expérience
[17:34]
d'un individu, des numéros de téléphone composés
[17:36]
et des messages électroniques
[17:38]
qui s'envoyaient à chaque respiration
[17:41]
et chaque pas effectué
[17:43]
et aussi à chaque lieu visité.
[17:45]
C'était comme une
[17:46]
mémoire numérique totale quelque part,
[17:49]
capable de modéliser un comportement
[17:51]
humain sur le long terme et même
[17:52]
de prédire ses futures actions.
[17:55]
En juillet 2003,
[17:57]
la DARPA commence à offrir
[17:58]
des subventions pour le projet.
[18:00]
Les chercheurs qui reçoivent ces subventions
[18:02]
doivent tester le système sur
[18:04]
eux-mêmes, c'est-à-dire avec des
[18:06]
numéros qui enregistrent tout ce qu'ils font,
[18:08]
des capteurs GPS qui suivent leurs déplacements,
[18:11]
des moniteurs biomédicaux
[18:12]
qui suivent leur santé,
[18:15]
leurs indicateurs
[18:17]
de santé physique.
[18:20]
Mais face
[18:20]
aux critiques d'activistes des droits civiques
[18:22]
et aux craintes concernant
[18:24]
la vie privée, le programme est
[18:26]
officiellement abandonné en février 2004.
[18:29]
Soit le même jour,
[18:30]
écoute bien ça, le 4 février 2004,
[18:33]
où Facebook est
[18:34]
avancé par Mark Zuckerberg.
[18:36]
C'est tellement étrange. Il n'y a pas de
[18:38]
coïncidence en ce monde. Non, non, exact.
[18:41]
Et Stephen Aftergood,
[18:43]
qui est analyste en technologies
[18:44]
de défense, a décrit
[18:46]
les téléphones intelligents et les médias
[18:48]
sociaux comme un peu des équivalents
[18:50]
du programme LifeLog
[18:52]
de DARPA. Donc, il y a une certaine
[18:55]
forme de similarité
[18:56]
qu'un aurait peut-être inspiré l'autre.
[18:58]
Mais c'est sûr qu'à cette époque-là,
[19:00]
Mark Zuckerberg n'était pas celui qui l'est maintenant.
[19:02]
C'était jeune Mark
[19:04]
qui cherchait plus à
[19:06]
courailler des filles
[19:08]
à son collège
[19:10]
à contrôler le monde, puis à se
[19:12]
sauver de l'apocalypse comme il le fait maintenant.
[19:15]
Donc, cette coïncidence-là
[19:17]
alimente encore aujourd'hui les spéculations
[19:19]
sur le changement
[19:20]
des réseaux sociaux, puis à quel point
[19:23]
les données sont traquées.
[19:25]
Pour certains, ce moment marque
[19:26]
le passage d'un internet
[19:28]
décentralisé et artisanal
[19:30]
à un internet très structuré
[19:33]
autour de la collecte massive
[19:35]
de données personnelles par quelques
[19:37]
plateformes.
[19:38]
Puis, ensuite, il y a eu d'autres
[19:40]
signaux, mon cher Emile, entre
[19:42]
2007 et 2010.
[19:44]
Les véhicules de Google Street View
[19:46]
se contentaient pas de photographier
[19:48]
les rues. Google avait admis
[19:50]
avoir collecté des adresses Mac,
[19:52]
des identifiants de réseaux Wi-Fi,
[19:55]
ainsi que des données de transmission
[19:56]
Wi-Fi, incluant des mots de passe
[19:59]
d'e-mail et du contenu de e-mail.
[20:01]
Ça n'a pas de sens.
[20:02]
Et ça, c'est des fragments de communications
[20:04]
privées qui ont été enregistrées sans
[20:06]
que les utilisateurs en aient conscience.
[20:09]
Google avait d'abord affirmé ne pas
[20:11]
collecter de ce qu'on appelle du
[20:12]
« payload data », avant d'admettre
[20:14]
en 2010 que ces voitures Street View
[20:17]
avaient bel et bien recueilli,
[20:18]
selon lui, par erreur.
[20:20]
Mais l'enquête de la FCC,
[20:22]
le genre de CRTC américain,
[20:25]
a ensuite conclu que cette collecte
[20:26]
résultait d'une décision logicielle
[20:29]
délibérée par un ingénieur
[20:31]
du projet, puis au début,
[20:32]
on l'appelait « engineer Do »,
[20:35]
comme un John Doe pour pas l'identifier.
[20:37]
Mais la presse l'a identifiée,
[20:39]
c'est Marius Milner.
[20:41]
Et les documents qui ont été rendus
[20:42]
publics indiquent aussi qu'il avait
[20:44]
partagé son code et son document
[20:46]
de conception avec d'autres employés
[20:48]
de Google. Et en 2013,
[20:50]
ils acceptent de verser
[20:52]
7 millions de dollars pour régler
[20:53]
le litige avec 38 États américains
[20:56]
et le district de Columbia.
[20:58]
Mais l'affaire a contribué à renforcer
[21:00]
l'idée que le Web n'observe
[21:02]
pas seulement nos clics, mais aussi
[21:04]
beaucoup de fragments intimes
[21:06]
de nos vies. Oui.
[21:08]
Et plus tard, avec l'arrivée
[21:09]
de la réalité virtuelle, les inquiétudes
[21:11]
prennent une autre dimension. Les casques Oculus
[21:14]
demandent des autorisations
[21:15]
étendues, incluant l'accès à des données
[21:17]
comportementales et biométriques,
[21:19]
les mouvements, les gestes.
[21:21]
Le regard devient mesurable
[21:23]
et exploitable. Le corps lui-même
[21:26]
entre dans la boucle
[21:27]
informationnelle.
[21:29]
Et même, je rajouterais qu'aujourd'hui,
[21:30]
avec les Ray-Ban de métal,
[21:33]
les lunettes,
[21:35]
que le marché se développe bien,
[21:38]
mais cette logique-là
[21:39]
quitte le casque pour s'installer
[21:41]
dans la vie quotidienne parce que ces lunettes
[21:42]
permettent de prendre des photos,
[21:44]
des vidéos à la première personne,
[21:46]
d'interroger l'IA sur ce que l'on voit
[21:48]
et de traduire des conversations en direct,
[21:51]
d'envoyer des messages vocaux
[21:52]
et même de retenir certains détails
[21:54]
contextuels, comme l'endroit où la voiture
[21:56]
a été stationnée. Meta met
[21:58]
de l'avant un voyant lumineux sensé
[22:00]
signaler l'enregistrement et les photos
[22:02]
ou vidéos, mais celle-ci
[22:04]
demeure normalement sur le téléphone
[22:06]
tant qu'elles ne sont pas partagées à Meta
[22:08]
ou à d'autres services. Mais
[22:10]
les interactions déclenchées par
[22:12]
« hey Meta », peuvent être
[22:14]
conservées dans le nuage jusqu'à un an
[22:16]
pour améliorer les produits.
[22:18]
Ce n'est donc plus seulement le corps qui entre
[22:20]
dans la boucle informationnelle, c'est
[22:22]
aussi notre regard, notre voix
[22:24]
et notre point de vue captés au cœur
[22:26]
même du quotidien. Progressivement,
[22:28]
une impression s'installe.
[22:30]
Internet n'est plus seulement un espace
[22:33]
en fait que nous utilisons.
[22:34]
C'est un environnement qui nous analyse
[22:37]
constamment.
[22:39]
À quelque part, ça le rend un peu hostile
[22:42]
on dirait, dans le sens que
[22:43]
on passe moins de temps
[22:46]
à surfer, comme on disait dans le temps.
[22:48]
Oui, exact. Je vais aller surfer sur Internet.
[22:50]
C'est vrai. Là, tu ouvrais
[22:51]
NetScape ou tu ouvrais Internet Explorer
[22:53]
puis le monde était à toi.
[22:56]
Tu étais comme un marin qui partait
[22:58]
à explorer des
[23:00]
nouveaux horizons. Tandis que maintenant,
[23:02]
c'est « ah shit, il faut que j'aille sur Google
[23:04]
chercher quelque chose ». Oui, c'est vrai.
[23:05]
Aller sur un site Web, c'est
[23:08]
déplaisant aller sur un site Web maintenant.
[23:10]
C'est plus rare. C'est de l'affriction.
[23:12]
Tu as toujours le pop-up
[23:14]
avec des cookies.
[23:16]
Après ça, si tu es sur un site
[23:18]
médiatique, on le sait qu'il en arrache les médias,
[23:20]
donc c'est sûr que tu as des pop-ups publicitaires.
[23:22]
Après ça, tu as sûrement un paywall
[23:24]
qu'il faut que tu évites. Quand tu scrolls,
[23:27]
c'est l'enfer.
[23:29]
Visiter un site Web
[23:30]
n'est plus facile.
[23:32]
Non, c'est plus agréable.
[23:34]
En 2026, à part la distorsionpodcast.com.
[23:36]
Oui, évidemment. L'expérience
[23:38]
utilisateur est là. On ne parle même pas
[23:40]
des Google Home. C'est tout ça aussi
[23:42]
qu'il y a eu des tentatives d'écoute,
[23:44]
même par des employés, et même s'ils nous
[23:46]
rassurent que cette donnée-là,
[23:48]
il y en a plein chez nous, en tout cas.
[23:50]
C'est assez
[23:52]
impressionnant ou paniquant, tout ça.
[23:54]
Mais aussi, on va parler des
[23:56]
bots, parce que les robots,
[23:58]
les bots sur Internet, ils n'ont pas attendu
[24:00]
que ChadGPT arrive pour coloniser
[24:02]
l'Internet. Il était déjà là
[24:04]
bien avant que l'IA générative fasse
[24:06]
son apparition. En 2013,
[24:08]
il y a deux chercheurs italiens qui ont calculé
[24:10]
que déjà à cette époque-là, 10 %
[24:12]
des comptes Twitter étaient des bots,
[24:14]
bien que Twitter affirmait à l'époque
[24:16]
qu'il y avait 20 millions de comptes frauduleux,
[24:18]
soit moins de 5 %.
[24:20]
Ah oui, Twitter, dès le départ,
[24:22]
il y en avait des faux comptes là-dessus.
[24:24]
Oui, oui, exact.
[24:25]
C'était bien avant que M. Musk
[24:28]
en prenne possession. Un chiffre
[24:30]
qui peut sembler petit, mais sur une
[24:32]
plateforme comptant des centaines de millions
[24:34]
d'utilisateurs, ça représente déjà
[24:36]
des millions d'entités artificielles.
[24:38]
En 2017,
[24:40]
il y a une étude universitaire importante
[24:42]
qui a estimé que jusqu'à 15 %
[24:44]
des utilisateurs de Twitter
[24:45]
étaient des comptes bots automatisés.
[24:48]
Mais certaines estimations sont encore
[24:49]
plus alarmantes. Dan Woods,
[24:52]
un ancien agent spécial
[24:54]
du FBI, qui est spécialisé
[24:56]
en cyber-sécurité, a estimé
[24:58]
que plus de 80 %
[24:59]
des comptes Twitter sont en réalité des bots.
[25:02]
Et pour sa recherche, Woods
[25:03]
a payé moins de 1000 $ et
[25:05]
a gagné presque 100 000 abonnés.
[25:08]
Il a même essayé de publier du
[25:09]
pure charabia et payé pour que
[25:11]
ses abonnés le retweetent, et ils l'ont fait.
[25:14]
Une autre recherche menée par
[25:15]
Larry et Gosh, a trouvé
[25:17]
que les bots représentaient entre
[25:19]
25 et 68 % des utilisateurs
[25:21]
de Twitter, selon le moment,
[25:23]
et les sujets discutés, évidemment.
[25:26]
En 2018,
[25:28]
l'Oxford Internet Institute,
[25:30]
elle, elle publie une étude
[25:31]
qui fait froid dans le dos.
[25:32]
Le nombre de pays où la manipulation
[25:34]
organisée des médias sociaux se produit
[25:36]
est passé de 28 à 48 pays
[25:39]
dans le monde.
[25:40]
Dans 30 de ces 48 pays,
[25:43]
les chercheurs ont découvert des preuves
[25:45]
que des partis politiques utilisent
[25:46]
la propagande computationnelle
[25:48]
lors d'élections ou de référendums.
[25:51]
C'est même plus la science-fiction,
[25:53]
c'est de la géopolitique émine.
[25:55]
Philip Howard,
[25:56]
coauteur du rapport, estime que
[25:58]
des dizaines de millions de dollars
[26:00]
sont dépensés pour ce type d'activité.
[26:03]
En plus, tu viens de nous apprendre un nouveau mot,
[26:04]
Seb, la propagande computationnelle.
[26:07]
Oui, exact.
[26:09]
On sort le dictionnaire.
[26:10]
Oui, oui.
[26:12]
Meta, la maison mère
[26:14]
de Facebook et Instagram, supprime
[26:16]
chaque année des milliards de faux comptes.
[26:18]
C'est vrai, c'est vrai, des milliards,
[26:19]
pas des millions, des milliards.
[26:22]
Entre octobre 2018 et mars 2019,
[26:25]
c'est à peu près six mois,
[26:27]
Facebook a supprimé
[26:28]
3,39 milliards
[26:30]
de faux comptes.
[26:32]
Le chiffre me fait capoter.
[26:33]
Ça n'a pas de bon sens.
[26:35]
Soit deux fois le nombre détecté
[26:36]
et supprimé au cours de la période
[26:38]
des six mois précédentes.
[26:40]
Un chiffre record d'environ 2,2 milliards
[26:42]
de faux profils ont été supprimés par la plateforme
[26:44]
au premier trimestre de 2019.
[26:47]
Et au troisième trimestre de 2022,
[26:50]
Meta a supprimé 1,5 milliard
[26:51]
de faux comptes
[26:52]
et 1,4 milliard de contenu spam
[26:55]
partagés sur Facebook.
[26:57]
Et au quatrième trimestre de 2023,
[26:59]
c'était 691 millions de faux comptes
[27:01]
qui ont été traités en baisse
[27:03]
par rapport aux 827 millions
[27:05]
du trimestre précédent.
[27:07]
C'est fous-braques parce que je sais
[27:09]
qu'ils ont des algorithmes. Des fois, autant que
[27:11]
moi j'ai beaucoup travaillé dans ce domaine-là
[27:13]
et créé des comptes des fois pour des clients
[27:15]
gérés, des plateformes publicitaires, on se faisait
[27:16]
toujours détecter, mais en même temps,
[27:18]
je vois tellement de faux comptes qu'eux vivent,
[27:21]
même si t'es dénonce. Des fois,
[27:22]
je ne comprends pas leur algorithme là-dessus,
[27:25]
honnêtement.
[27:26]
Mais Facebook a supprimé au total
[27:28]
27,67 milliards
[27:30]
de faux comptes et mille.
[27:33]
Depuis octobre 2017,
[27:34]
c'est 3,5 fois plus que
[27:36]
la population totale de la planète.
[27:38]
Facebook affirme maintenant que 5 %
[27:40]
des comptes actifs sont fous contre une
[27:42]
estimation précédente à 3 ou 4 %.
[27:44]
Ça donne vraiment le vertige,
[27:46]
mais ça révèle surtout une réalité
[27:48]
implacable. La création de
[27:50]
faux comptes, c'est devenu une industrie.
[27:53]
Oui, complètement.
[27:54]
Tu en as parlé un peu tantôt avec les fermes
[27:58]
russes
[27:59]
de contenu, puis c'est la même chose
[28:00]
un peu pour les faux utilisateurs
[28:02]
et tout ça. C'est pas les influenceurs
[28:04]
qui ont inventé les faux comptes.
[28:06]
Quoi qu'il en bénéficie beaucoup.
[28:09]
Mais creusons un peu plus loin.
[28:11]
Selon les rapports annuels
[28:12]
de Imperva, de Cloudfair,
[28:14]
de Akamai, qui sont trois géants de la
[28:16]
cybersécurité que vous connaissez peut-être pas,
[28:18]
mais bref, eux, ils ont compilé
[28:20]
certaines données et en 2023,
[28:22]
donc c'est quand même assez récent,
[28:24]
près de la moitié de tout le trafic
[28:26]
Internet, le 49,6 %
[28:28]
provenait de bots,
[28:30]
soit une augmentation de 2 %
[28:32]
par rapport à l'année précédente et le niveau
[28:34]
le plus élevé que Imperva,
[28:36]
la compagnie, a rapporté
[28:38]
depuis qu'elle a commencé à surveiller le trafic
[28:40]
automatisé en 2013.
[28:42]
Et en 2024, le trafic
[28:44]
automatisé des bots a dépensé
[28:46]
le trafic généré par les humains
[28:48]
pour la première fois en une décennie.
[28:50]
C'est comme si on avait dépensé la
[28:52]
singularité de trafic Web
[28:55]
constituant 51 %
[28:57]
de tout le trafic sur Internet.
[28:58]
C'est ça. C'est très alarmant.
[29:00]
Voici la répartition.
[29:02]
Donc 50 % du trafic Web
[29:04]
est humain, mais c'est en baisse constante.
[29:06]
17,6 %
[29:08]
proviennent des bons bots
[29:09]
en 2023 et là, je vais en revenir.
[29:12]
En fait, les bons bots,
[29:13]
c'est les robots d'indexation de Google.
[29:17]
C'est les outils de monitoring,
[29:18]
les services légitimes,
[29:19]
ils contribuent
[29:22]
au trafic à quelque part,
[29:24]
mais ils ne contribuent pas forcément
[29:25]
à la pollution du Web.
[29:27]
Pour la cinquième année consécutive,
[29:29]
la proportion de trafic Web
[29:31]
associée aux mauvais bots
[29:33]
a augmenté à 32 % en 2023
[29:36]
contre 30,2 %
[29:38]
en 2022.
[29:39]
Donc quand même une bonne montée
[29:40]
de presque 2 %
[29:43]
en un an.
[29:44]
En 2024, les mauvais bots
[29:46]
représentent maintenant 37 %
[29:49]
énormes augmentations
[29:50]
de tout le trafic Internet,
[29:52]
une augmentation significative
[29:54]
de 32 à 37 % en un an.
[29:57]
Autrement dit,
[29:58]
entre 30 et 40 % du trafic Web
[30:00]
mondial actuellement en 2026
[30:02]
est non humain.
[30:04]
Donc imaginez, sur 10 clics,
[30:06]
3 ou 4 clics ne viennent pas
[30:08]
d'un être humain.
[30:10]
Mais attention à ne pas confondre
[30:12]
trafic et contenu.
[30:14]
Le trafic automatisé massif
[30:17]
ne signifie pas
[30:18]
que la majorité du contenu que vous voyez
[30:20]
est généré par l'IA,
[30:21]
du moins pas encore.
[30:23]
Ces bots classiques font principalement
[30:25]
du volume. Ils visitent des pages,
[30:27]
ils créent des faux comptes,
[30:28]
génèrent des clics,
[30:30]
mais ne produisent pas nécessairement
[30:31]
de contenu sophistiqué
[30:33]
que nous, on consomme à tous les jours.
[30:36]
Des fois, ils vont en avoir
[30:37]
de la SLOP.
[30:40]
On le voit assez rapidement,
[30:42]
les articles,
[30:43]
ça se voit que c'est non réel.
[30:45]
Mais quand même, il y a des gens
[30:46]
qui peuvent se faire prendre,
[30:48]
qui sont moins à l'aise.
[30:50]
On ne parle même pas des agents IA
[30:52]
qui magasinent pour nous,
[30:54]
qui font des actions sur le Web pour nous.
[30:57]
Eux aussi, ça reste des robots,
[30:59]
même s'ils sont commandés.
[31:00]
Mais c'est du trafic Web
[31:03]
qui n'est pas un humain.
[31:05]
Exact.
[31:06]
Et derrière cette invasion-là,
[31:08]
Seb, se cache une raison simple
[31:10]
qui est l'argent,
[31:11]
je dirais un peu l'économie du faux.
[31:14]
En Chine, par exemple,
[31:15]
dans des entrepôts anonymes,
[31:17]
il y a des rangées interminables
[31:19]
de téléphones intelligents
[31:20]
qui exécutent des tâches automatisées.
[31:22]
Ces fermes à clics emploient
[31:24]
des milliers de téléphones
[31:25]
pour simuler l'activité humaine.
[31:27]
Il n'y en a pas juste en Chine.
[31:29]
Ils vont télécharger des applications,
[31:31]
regarder des publicités,
[31:33]
liker des contenus,
[31:34]
créer du faux engagement
[31:36]
sur les réseaux sociaux.
[31:38]
Il n'y a pas de magie.
[31:39]
C'est des salles où quelqu'un va gérer
[31:42]
300 téléphones branchés
[31:44]
qui vont tirer du juice
[31:46]
sur le système électrique.
[31:49]
Ils le font souvent à la main.
[31:51]
Exact.
[31:52]
Si vous n'avez jamais vu,
[31:54]
essayez de trouver ces images-là.
[31:55]
C'est quand même fascinant
[31:56]
de voir les murs de téléphones
[31:58]
tous connectés un après l'autre.
[32:01]
Toutes des petits téléphones cheap.
[32:04]
C'est quand même impressionnant
[32:05]
au niveau architecture technique.
[32:08]
L'industrie publicitaire numérique
[32:10]
repose donc sur un mensonge
[32:12]
fondamental, celui de l'attention
[32:14]
humaine authentique.
[32:15]
On en parle beaucoup en marketing
[32:16]
l'attention.
[32:18]
Facebook a été accusé de
[32:19]
surestimer ses audiences
[32:21]
de 150 à 900 %.
[32:23]
Selon certains cas.
[32:25]
En 2018, déjà ça fait un bout,
[32:28]
mais c'est quand même récent,
[32:29]
Meta a fini par admettre que
[32:30]
dans certaines catégories
[32:32]
démographiques, ils avaient
[32:33]
surestimé leur portée de 60 à 80 %.
[32:36]
C'est dur, quand on travaille
[32:38]
en marketing web et autres,
[32:40]
d'avoir les vrais chiffres,
[32:42]
les vraies valeurs.
[32:43]
Mais voici le paradoxe.
[32:45]
Même si les plateformes savent
[32:46]
que leurs métriques sont gonflées,
[32:49]
elles ne peuvent pas se permettre
[32:50]
de les corriger drastiquement.
[32:52]
Les analystes estiment que si
[32:53]
Meta supprimait massivement tous
[32:55]
les faux comptes d'un coup,
[32:57]
ses revenus publicitaires
[32:58]
chuteraient dramatiquement de plus
[33:00]
de 10 %.
[33:02]
La logique est simple.
[33:03]
Le faux génère du vrai.
[33:05]
Et ici, le vrai, c'est l'argent.
[33:07]
Les annonceurs paient pour des impressions
[33:10]
et des clics, qu'il soit humain ou non.
[33:12]
Donc les plateformes encaissent,
[33:14]
les agences prennent leur commission
[33:15]
et le système continue de tourner.
[33:18]
Mais est-ce qu'il y a vraiment un résultat
[33:19]
au bout de la ligne? Bonne question.
[33:21]
Mais cette économie perverse
[33:23]
crée un cercle vicieux.
[33:25]
Plus il y a de faux engagements,
[33:27]
plus les statistiques de base augmentent
[33:29]
et plus il faut de faux engagements
[33:32]
pour rester visible
[33:33]
et là, plus le système se corrompt.
[35:15]
Je suis savant de poursuivre, Emile,
[35:17]
sur ce que tu disais avant
[35:18]
le Music Break par rapport
[35:20]
aux profits de Facebook.
[35:21]
Juste dire, la dernière année financière,
[35:24]
le 10 % de publicité frauduleuse
[35:26]
et tout ça, qui savent très bien
[35:27]
que c'est frauduleux, c'est 1,6 milliard
[35:31]
de revenus.
[35:33]
Et dans les documents internes,
[35:34]
ça servait entre autres à financer
[35:36]
tout ce qui est le Métaverse
[35:38]
et le Oculus, tout cet univers-là
[35:40]
que finalement le Métaverse
[35:41]
n'est plus grand monde.
[35:43]
Je pense qu'ils ont perdu 78 milliards.
[35:46]
Là aussi, il doit y avoir beaucoup de bottes.
[35:47]
Oui, exactement.
[35:49]
Mais c'est fascinant qu'une entreprise
[35:50]
est très consciente de ça. Ça crée des dommages
[35:54]
qui exploitent ça volontairement
[35:56]
juste au niveau...
[35:57]
Tu vois que l'éthique, elle n'est plus là du tout.
[35:59]
Je n'ai plus aucun respect
[36:01]
pour cette entreprise-là.
[36:03]
Je pense que c'est l'Asie une des pires
[36:05]
qui exploitent ce côté-là parce que
[36:07]
souvent, c'est de la fraude en ligne.
[36:09]
Les gens perdent beaucoup d'argent.
[36:10]
Il y a des drames humains qui se passent.
[36:13]
Les publicités de fausses cryptos
[36:15]
et tout ça, il y a des vraies drames humains.
[36:17]
Et que ces gens-là s'enrichissent là-dessus,
[36:19]
j'ai un gros gros problème,
[36:21]
je te dirais, éthique avec ça.
[36:23]
Bon, là on retourne,
[36:25]
début 2010, on se déplace
[36:27]
dans les bureaux de YouTube
[36:28]
où il y a des employés qui commencent
[36:31]
à parler d'un phénomène inquiétant.
[36:33]
En 2010, l'algorithme
[36:35]
semble avoir atteint un point de bascule.
[36:37]
Puis en 2010, l'algorithme de YouTube
[36:39]
n'était pas encore le plus développé du monde.
[36:41]
Non, vraiment pas. C'est quelques années
[36:43]
après le rachat qu'ils avaient fait
[36:45]
puis même sa démocratisation n'était pas comme aujourd'hui.
[36:48]
Et là, suite à ce changement-là,
[36:49]
c'est en 2012 en fait
[36:51]
que YouTube fait un changement majeur après
[36:53]
cette observation-là, c'est que l'algorithme
[36:55]
a cessé de récompenser les vidéos
[36:57]
qui généraient des clics pour
[36:59]
favoriser plutôt le temps
[37:01]
de visionnement, l'engagement.
[37:03]
Mais le problème, c'est que les créateurs
[37:05]
avaient commencé à bourrer leurs vidéos
[37:07]
de contenu de remplissage ou même
[37:09]
à utiliser des bottes de visionnement
[37:11]
pour gonfler artificiellement
[37:13]
les temps de visionnement.
[37:14]
C'est incroyable. Et autour de 2015,
[37:17]
YouTube a introduit un algorithme
[37:19]
plus complexe basé sur l'intelligence
[37:21]
artificielle. Et dans ce nouveau système,
[37:24]
tout le temps de visionnement n'est pas
[37:25]
considéré égal. Le système
[37:27]
était plus personnalisé et tentait
[37:29]
de déterminer si les gens étaient réellement
[37:31]
satisfaits par le contenu qu'ils regardaient.
[37:33]
Et selon Mark Bergen,
[37:36]
auteur de Like,
[37:37]
Comment and Subscribe,
[37:40]
Inside YouTube can take rise
[37:41]
to world domination.
[37:43]
Ça a l'air d'un livre intéressant. Oui, pour vrai, oui.
[37:46]
Le temps de visionnement a eu un impact
[37:47]
immédiat. Les premiers YouTubers
[37:49]
faisaient essentiellement des vidéos TikTok,
[37:51]
mais le temps de visionnement a créé le
[37:53]
gaming, le vlogging beauté,
[37:55]
les podcasts alt-right,
[37:58]
de plus de la droite
[37:59]
et tout ça. Et historiquement, les bottes
[38:01]
étaient des anomalies statistiques que les algorithmes
[38:04]
devaient filtrer.
[38:05]
Mais quand les bottes deviennent suffisamment
[38:07]
nombreux et sophistiquées, eh bien, ils
[38:09]
commencent à définir la norme. Alors,
[38:11]
l'algorithme s'adapte.
[38:13]
Il apprend leur pattern et il les
[38:15]
considère comme ayant un comportement normal.
[38:18]
Et les humains? Ben, les humains
[38:19]
deviennent l'anomalie là-dedans.
[38:22]
Vos habitudes de navigation,
[38:23]
vos temps de pause, vos hésitations,
[38:25]
vos retours en arrière, tout ça
[38:27]
paraît soudain bizarre dans un algorithme
[38:29]
qui est habitué à la régularité mécanique
[38:31]
des bottes. Résultat, eh bien,
[38:34]
votre contenu authentique, vos
[38:35]
vraies réactions, vos véritables
[38:37]
intérêts, eh bien, ils sont dépriorisés
[38:39]
au profil de contenu optimisé par un
[38:41]
comportement artificiel.
[38:43]
On assiste présentement à une inversion.
[38:46]
Ce ne sont plus les bottes
[38:47]
qui imitent les humains, ce sont
[38:49]
les algorithmes qui définissent
[38:51]
l'humain normal à partir
[38:53]
du comportement des bottes. C'est assez fou
[38:55]
ça. Et cette inversion explique
[38:57]
peut-être pourquoi le web nous semble de plus en plus
[38:59]
uniforme, de plus en plus prévisible.
[39:02]
Nous ne voyons plus ce qui correspond
[39:03]
à nos véritables comportements humains,
[39:05]
mais ce qui correspond aux patterns
[39:07]
que les bottes ont appris aux algorithmes.
[39:10]
Exact.
[39:11]
Et puis là vient novembre 2022,
[39:14]
Chad GBT débarque
[39:15]
et change la donne du jour
[39:17]
au lendemain. Soudainement,
[39:20]
généré du texte cohérent,
[39:21]
des articles entiers, des réponses
[39:23]
personnalisées, devient possible en quelques clics.
[39:26]
Mid-Journey et Stable Diffusion
[39:29]
permettent de créer des images
[39:30]
stupéfiantes en quelques secondes.
[39:32]
L'IA générative sort
[39:33]
des laboratoires et envahit le web
[39:36]
grand public. Les premières manifestations
[39:38]
sont spectaculaires. Les articles
[39:40]
de blog SEO génèrent automatiquement
[39:42]
inondes Google. Des sites
[39:44]
entiers apparaissent du jour au lendemain,
[39:46]
remplis de contenus sur mesure pour
[39:48]
les mots-clés les plus rentables.
[39:50]
Et sur YouTube,
[39:51]
les chaînes, ce qu'on appelle faceless,
[39:54]
donc sans visage, explosent.
[39:56]
Des contenus vidéo entièrement automatisés
[39:58]
avec des voix de synthèse,
[40:00]
des images générées par l'IA
[40:01]
qui accumulent des millions de vues.
[40:04]
Les réseaux sociaux, eux,
[40:05]
se peuplent de profils aux photos parfaites
[40:08]
générées par le site
[40:11]
thispersondoesnotexist.com
[40:12]
justement qui est utilisé par
[40:14]
les forces policières pour créer
[40:16]
des faux profils pour que vous sachiez.
[40:18]
Ces visages n'existent pas,
[40:20]
mais leurs profils génèrent de l'engagement
[40:22]
réel. Et les marketplaces artistiques
[40:24]
comme DeviantArt, Artstation,
[40:26]
eh bien, ils sont submergés
[40:28]
d'images créées par l'IA. En quelques
[40:30]
mois, la proportion de contenus
[40:31]
artificiels est passée de quasi nul
[40:33]
à majoritaire dans certaines catégories.
[40:36]
Oui, pis t'sais, on a même,
[40:38]
t'sais, nous, même nous, Seb,
[40:40]
t'sais, on n'est pas à l'abri
[40:41]
de se faire voler nos jobs dans le sens
[40:43]
que c'est rendu dans le monde des podcasts.
[40:46]
Faites juste chercher sur
[40:47]
Apple Podcasts ou sur Spotify,
[40:49]
il y a un bon agrégateur de podcasts,
[40:51]
les Epstein Files. Vous allez tomber
[40:54]
sur des immenses séries.
[40:56]
Tu vas te dire, ben voyons donc,
[40:57]
la personne a déjà dix épisodes de faits
[40:59]
sur les Epstein Files qui sont sortis
[41:01]
la semaine passée. Ben, c'est ça,
[41:03]
c'est bourré d'ai
[41:05]
et, ben, les voix sont à peine
[41:07]
reconnaissables. T'sais, une certaine
[41:09]
époque, tu pouvais le dire, là, t'sais.
[41:11]
Eh, Siri, je comprends que t'es un robot,
[41:13]
mais t'sais, maintenant, c'est vraiment
[41:15]
difficile à dire. Des gens pourraient même
[41:17]
le faire avec nos voix, t'sais, puis prendre
[41:19]
nos voix et faire une autre
[41:21]
distorsion entièrement. Ah oui, absolument.
[41:23]
Ah oui, moi, j'ai peur de ça un peu des fois.
[41:25]
Je sais pas si peur est bon, moi, ou là, mais...
[41:27]
Oui, puis l'ai générative est peut-être
[41:29]
le pire. T'sais, on en parle souvent, toi et moi.
[41:31]
Seb, t'sais, on l'utilise
[41:33]
pour faire nos thumbnails, des fois.
[41:35]
Ben, c'est en ci, là, ça fait quelques saisons qu'on les
[41:37]
utilise. Oui, oui. Et t'sais, on est,
[41:39]
même nous, on n'est pas à l'aise à 100%.
[41:41]
Non, exact. T'sais, on aimerait ça.
[41:43]
C'est sûr, on aimerait ça que toutes
[41:44]
nos miniatures soient faites par
[41:47]
des humains, par des graphistes. Oui, bien sûr.
[41:48]
Tout ça, t'sais, sachez que toute notre merge,
[41:51]
toutes nos photos, les photos
[41:53]
des théories du complot, ces trucs-là qu'on
[41:55]
a publiés, nos photos de spectacles,
[41:57]
tout ça, c'est fait par André,
[41:59]
le designer graphique, puis même sur les
[42:01]
images qui sont générées par Ahi, André
[42:02]
fait une pause dessus, mais on est encore
[42:05]
un peu... On est mal à l'aise,
[42:07]
t'sais, puis on se le fait dire, des fois, vous nous le dites,
[42:09]
vous aussi, que vous trouvez que c'est
[42:12]
pas l'idéal.
[42:13]
Et puis on comprend aussi, parce que notre but
[42:15]
souvent, c'est d'essayer d'illustrer
[42:17]
comme même l'épisode d'aujourd'hui, je sais pas comment
[42:18]
on va l'illustrer, un épisode sur la mort
[42:21]
d'Internet, t'sais, si on devait
[42:23]
juste prendre des images et autres. Donc pour nous,
[42:25]
l'Ahi devient un peu une béquille,
[42:27]
l'Ahi générative, pour
[42:29]
tenter d'expliquer des fois
[42:31]
en visuel un phénomène,
[42:33]
qu'il est moins, mais t'sais, on est pas
[42:36]
encore... T'sais, à chaque fois
[42:37]
qu'on fait des thumbnails, qu'on fait des miniatures,
[42:39]
il y a un peu une partie de nous qui dit
[42:40]
c'est un compromis,
[42:43]
l'Ahi générative, parce que
[42:45]
c'est pas vers ça qu'on veut
[42:47]
s'en aller, mais ça nous aide,
[42:49]
mais bon, on est un peu partagé.
[42:51]
Je comprends les gens
[42:53]
qui nous le disent quand
[42:54]
ça les gosse de voir
[42:56]
l'Ahi générative.
[42:58]
Je comprends totalement, mais au moins, on fait
[43:00]
notre part ailleurs.
[43:03]
C'est des vrais collabos avec des
[43:04]
vrais artistes, mais bon, sachez qu'on
[43:07]
est pas 100% à l'aise avec
[43:09]
ça, même si on l'utilise un peu.
[43:10]
C'est pour varier les vignettes aussi.
[43:14]
Sinon, si on revient,
[43:15]
même dans l'industrie, il y a du divertissement
[43:17]
pour adultes et mille,
[43:18]
l'Ahi n'y échappe pas.
[43:21]
Non, même que c'est un débat
[43:23]
important.
[43:24]
On parle de OnlyFans. Il y a beaucoup de comptes
[43:26]
OnlyFans, IA, qui génèrent des revenus réels
[43:28]
avec du contenu entièrement artificiel,
[43:31]
mais maintenant, de plus en plus,
[43:32]
il y a des sites pornos
[43:35]
spécialisés. C'est juste
[43:37]
des vidéos d'Ahi. Ils reprennent des vedettes,
[43:40]
ils reprennent des corps,
[43:41]
et je me mets à la place des vedettes
[43:44]
qui font pas de la porno,
[43:45]
ils font du cinéma,
[43:47]
et qui se voient reprendre
[43:49]
pas nécessairement leur vrai corps,
[43:51]
mais leur visage.
[43:53]
Et ça, c'est sans compter
[43:54]
tous les sites pornos qui
[43:56]
ont une forme de
[43:59]
sextorsion, de revenge porn,
[44:01]
qui prennent du matériel,
[44:02]
qui le reformulent de leur ex,
[44:04]
qui l'utilisent pour refaire des films
[44:07]
pornos. Ben oui, les ados à l'école,
[44:09]
les ados à l'école
[44:10]
qui vont prendre une photo de leurs collègues,
[44:13]
qui vont transformer ça avec l'Ahi,
[44:15]
envoyer ça à leurs collègues,
[44:18]
la jeune fille
[44:18]
se fait intimider par la suite,
[44:20]
c'est dégueulasse, puis t'sais, start moi-même pas
[44:22]
sur la pédopornographie,
[44:26]
sur ce débat,
[44:28]
y en a qui vont dire
[44:29]
est-ce que
[44:30]
l'Ahi est un remède?
[44:32]
C'est-à-dire, est-ce que, bon,
[44:34]
vu qu'ils consomment de la
[44:36]
porno avec du faux,
[44:38]
est-ce que ça fait partie de la solution?
[44:40]
Est-ce qu'ils vont aller moins vers le vrai?
[44:43]
Ou est-ce que, au contraire,
[44:44]
c'est une porte d'entrée
[44:45]
qui va t'amener vers le vrai?
[44:48]
Donc, y a des débats comme ça
[44:50]
qui sont vraiment
[44:52]
importants au niveau de l'Ahi générative.
[44:54]
Oui, oui, parce que même, je me mets
[44:56]
dans la peau d'un pédoporno
[45:00]
consommateur,
[45:00]
justement, peut-être que s'il commence
[45:02]
par la porte d'entrée de l'Ahi, c'est plus
[45:04]
accessible, mais là, il va vouloir du vrai.
[45:06]
Parce qu'il va vouloir du vrai stock.
[45:09]
Parce qu'il parlait souvent
[45:10]
qu'en thérapie, ça peut être utile,
[45:12]
mais là, on sort de là,
[45:14]
si on sort de la thérapie
[45:16]
dans le contenu consommé
[45:18]
sur le web, j'pense que ça nourrit
[45:20]
le problème, un peu comme tu dis.
[45:22]
Ah oui, c'est un débat
[45:23]
qu'on réglera pas 3 mois
[45:26]
aujourd'hui, Seb, mais ça fait partie
[45:28]
des questions qu'on se posait pas
[45:30]
il y a 10 ans, qu'on se
[45:32]
pose maintenant. On se les posait, ces
[45:33]
questions-là, avec, je me rappelle,
[45:35]
l'émergence et le réalisme des
[45:37]
poupées sexuelles. Ah oui, c'est
[45:39]
encore un problème. Oui, qui revient, parce que
[45:42]
maintenant, elles sont plus réalistes que jamais.
[45:43]
Nous, on en avait parlé dans notre série télé en 2019.
[45:45]
Oui, c'est ça. Puis déjà, c'était très
[45:48]
problématique dans le temps, donc
[45:49]
c'est encore plus aujourd'hui, même chose.
[45:52]
Parce qu'évidemment
[45:54]
que les poupées les plus populaires,
[45:55]
c'est des mineurs. Oui, c'est dégueu.
[45:58]
Donc, tu sais, même chose,
[46:00]
la même question se pose, est-ce que
[46:01]
vaut mieux que les gens, qui sont
[46:03]
des potentiels agresseurs,
[46:05]
se dirigent vers une poupée sexuelle
[46:07]
ou, au contraire, est-ce que c'est une porte d'entrée
[46:09]
vers une réelle agression?
[46:11]
Est-ce que ça fait partie du problème ou de la solution?
[46:14]
Ça va nourrir ce fantasme-là, mais ils
[46:15]
ont des enjeux, même la boutique
[46:17]
chine, chine, moi que je déteste,
[46:20]
mais même en France, ils ont eu des problèmes,
[46:22]
tu pouvais commander des
[46:23]
poupées sexuelles à l'allure enfantine,
[46:26]
puis actuellement, il y a des actions
[46:27]
en justice qui sont faites contre ça.
[46:30]
Même encore, c'est pas réglé,
[46:31]
c'est même démocratisé, qu'il y a des magasins
[46:34]
que je peux dire grands publics,
[46:35]
comme Chine, offrent
[46:37]
ça à leurs consommateurs. C'est fou,
[46:39]
Braque, là. Ah oui.
[46:41]
On s'est troublant. Et là, on va parler un petit peu
[46:44]
d'influenceurs virtuels,
[46:46]
Seb, comme Lil Mikoela.
[46:48]
On avait fait une vidéo sur
[46:49]
elle il y a plusieurs années. Lil Mikoela
[46:51]
est peut-être la première influenceur
[46:53]
sur Instagram qui est 100%
[46:56]
virtuelle, elle est même arrivée un peu avant
[46:58]
l'explosion de l'AI.
[47:00]
Oui, c'est vrai, oui, pour la raison.
[47:02]
Elle a plus de 3 millions
[47:03]
d'abonnés sur Instagram,
[47:06]
puis ses personnages entièrement numériques
[47:07]
signent des contrats publicitaires
[47:09]
avec des vraies marques, puis
[47:12]
éventuellement, je me rappelle, Lil Mikoela
[47:13]
me semble qu'elle avait fait des contrats avec Puma,
[47:15]
entre autres. Oui, c'est vrai.
[47:17]
Et puis éventuellement, Meta lance
[47:19]
ses propres personnages AI.
[47:22]
Ils ont lancé, eux,
[47:23]
28 personnages fictifs avec
[47:25]
leurs propres comptes Instagram et Facebook,
[47:27]
dont Liv, qui est présentée
[47:29]
comme une voyageuse passionnée
[47:31]
qui accumule des followers
[47:33]
avant que la polémique n'éclate sur la nature
[47:35]
artificielle de ses aventures, donc même
[47:37]
eux jouent sur l'ambiguïté. Oui, oui.
[47:39]
Et en deux ans, ce qui était
[47:41]
exceptionnel à l'époque, devient banal.
[47:43]
Ça arrive vite en la banalité
[47:45]
et surtout, ce qui était détectable
[47:47]
auparavant, devient maintenant indiscernable.
[47:50]
En 2022,
[47:51]
on voit également naître autre chose
[47:53]
d'inquiétant, le phénomène
[47:56]
LOAB.
[47:57]
Cette personne-là, on va en parler
[47:59]
un petit peu, on en avait parlé, je crois, dans un cabaret
[48:01]
d'écologie, quelque chose comme ça.
[48:03]
Il y a une artiste numérique qui expérimente
[48:05]
les pompes négatives
[48:07]
sur Stable Diffusion, qui est comme
[48:09]
un outil de IA générative
[48:11]
pour faire du 3D,
[48:13]
de l'animation, des choses comme ça.
[48:14]
Elle exploite d'ailleurs,
[48:17]
elle expérimente, pardon, une technique
[48:18]
qui consiste à demander à l'IA
[48:20]
de générer le contraire de ce qu'on lui
[48:22]
écrit. Et en cherchant l'opposé
[48:25]
de Brando,
[48:26]
elle obtient une image étrange,
[48:28]
c'est-à-dire une femme au visage déformé,
[48:31]
aux yeux rouges,
[48:32]
mais d'un réalisme troublant. Oui, je me rappelle.
[48:35]
Elle sera baptisée
[48:36]
LOAB. Mais le phénomène
[48:38]
le plus étrange se produit en utilisant
[48:40]
cette image pour générer d'autres
[48:42]
créations. L'artiste constate
[48:44]
que le visage de la femme réapparaît
[48:46]
sans cesse, peu importe les
[48:48]
instructions ou les ajustements
[48:50]
effectués. Et là,
[48:52]
l'Internet s'enflamme. Certains y
[48:54]
voient une preuve que l'IA a développé
[48:56]
ses propres obsessions, ses propres
[48:58]
fantômes numériques même.
[49:01]
Et d'autres parlent du premier
[49:02]
cryptide de l'IA, une créature
[49:04]
mythologique née dans les espaces
[49:06]
latents des réseaux de
[49:08]
neurones de l'intelligence
[49:10]
spéciale. C'est vrai que c'est un peu ça.
[49:12]
Elle est devenue un peu ça, un genre de forme
[49:14]
de slenderman un peu qui apparaît dans
[49:16]
les photos d'A.I. Vous irez voir
[49:18]
LOAB. Elle est vraiment
[49:20]
effrayante, cette personne-là.
[49:22]
Je suis curieux qu'elle n'ait pas eu encore de films sur cette
[49:24]
histoire-là. C'est vrai, tu as raison. On avait tendance
[49:25]
à un moment donné à apaiser ce tronc sur ce genre
[49:28]
de histoire-là. Mais l'explication
[49:30]
rationnelle est plus simple que tout ça.
[49:32]
Il n'y a rien de paranormal là-dedans. C'est que
[49:33]
dans l'espace mathématique
[49:36]
multidimensionnel où l'IA organise
[49:38]
ces concepts, il y a certaines combinaisons
[49:40]
qui forment des attracteurs de zones
[49:42]
vers lesquelles l'algorithme
[49:44]
a tendance à converger.
[49:46]
Donc, LOAB, cette femme-là, serait
[49:47]
simplement l'une de ces convergences
[49:49]
statistiques rendues visibles
[49:51]
par accident. Et on le sait, l'IA
[49:53]
générative a de la misère à revenir sur ses
[49:55]
propres créations. Donc, quand tu les
[49:57]
empiles, généralement, ça ne s'améliore
[49:59]
pas. Ça devient encore
[50:02]
pire. Donc, LOAB
[50:04]
illustre parfaitement le malaise
[50:06]
de la dead internet theory.
[50:08]
On ne sait plus distinguer ce qui
[50:10]
vient de nous et ce qui vient des machines.
[50:12]
Le tout est confondu.
[50:14]
Puis en 2026, c'est la musique
[50:16]
générée par l'IA qui prend beaucoup de place.
[50:18]
On va en parler un petit peu plus dans l'after show.
[50:20]
Mais rapidement comme ça,
[50:22]
je peux vous dire quelques chiffres, mais
[50:25]
sur le marché mondial
[50:26]
de la musique générative en
[50:28]
AI, c'est un marché
[50:30]
de 440 millions de dollars,
[50:32]
Seb, américain,
[50:33]
en 2023.
[50:36]
569.7 millions
[50:38]
de dollars en 2024.
[50:40]
C'est une projection de
[50:41]
2.7 milliards US
[50:44]
pour 2030.
[50:45]
Le marché de la musique
[50:47]
générée par l'IA.
[50:50]
C'est une bonne question.
[50:52]
Il y en a qui ne savent pas qu'ils écoutent ça.
[50:54]
Et donc là, il y a plein
[50:55]
de plateformes, entre autres Deezer,
[50:58]
qui eux sont parmi les seuls qui ont révélé
[50:59]
leur chiffre. Mais ils estiment qu'entre
[51:01]
18 et 30 % de tous
[51:04]
les uploads
[51:05]
quotidiens sont faits par
[51:07]
des artistes artificiels
[51:09]
d'une certaine façon. Ça n'a pas de bon sens.
[51:11]
Donc c'est complètement
[51:13]
crazy. Je vous en dis plus
[51:15]
dans l'after show, juste après.
[51:21]
On va aller un peu plus dans la
[51:22]
manipulation politique.
[51:24]
L'influence des bottes dépasse largement
[51:26]
le simple spam publicitaire.
[51:28]
Elle s'immisce malgré nous dans
[51:30]
nos décisions les plus fondamentales.
[51:32]
Robert Epstein,
[51:35]
que je ne crois pas qu'il est de famille avec
[51:36]
l'autre, psychologue de l'American
[51:39]
Institute for Behavioral
[51:41]
Research, a
[51:42]
documenté ce qu'il appelle l'effet
[51:45]
SIME,
[51:46]
qui est pour Search Engine Manipulation
[51:49]
Effect, dont
[51:50]
l'effet de manipulation des moteurs
[51:52]
de recherche. Et selon ces
[51:54]
recherches, la manipulation subtile
[51:56]
des résultats de recherche,
[51:58]
ça peut déplacer jusqu'à 20 %
[52:01]
des intentions de vote dans une
[52:03]
population indécise, 20 %.
[52:06]
Dans une démocratie, c'est assez
[52:07]
énorme. Ben oui, compte tenu du fait que
[52:09]
c'est pas tout le monde qui vote. Ben oui, exact.
[52:11]
Encore plus raison. L'exemple le plus
[52:12]
frappant, c'est l'affaire Release de Snyder
[52:15]
Cut. Quand les fans de Justice
[52:17]
League de Snack Snyder
[52:19]
ont mené campagne pour obtenir la
[52:21]
sortie du montage
[52:22]
de Director,
[52:25]
du réalisateur, l'analyse ultérieure
[52:27]
a révélé que 13 % des comptes
[52:29]
participants étaient des votes. Et cette
[52:31]
campagne, supposément Grassroot,
[52:34]
était en partie artificielle.
[52:36]
Résultat,
[52:37]
Rauner Brothers a investi
[52:39]
60 millions de dollars supplémentaires
[52:41]
dans la post-production.
[52:43]
Des votes ont influencé une
[52:45]
décision industrielle majeure.
[52:47]
C'est fou quand même. Ben oui.
[52:48]
Sur X, Elon Musk a admis que
[52:51]
ses tweets étaient boostés par un
[52:53]
facteur 1000 par rapport aux
[52:54]
utilisateurs ordinaires. Ben sûr.
[52:56]
Grande surprise. Une déclaration
[52:59]
ou une opinion du propriétaire
[53:00]
de la plateforme touche mécaniquement
[53:02]
des millions de personnes créant une
[53:04]
amplification artificielle de certains discos.
[53:06]
C'est comme si tu avais le bouton,
[53:08]
le fameux bouton viral que
[53:10]
toutes les agences marketing veulent
[53:12]
pour devenir,
[53:14]
pour créer une vidéo virale ou rendre
[53:16]
une publication virale. Ben lui, il l'a,
[53:18]
Elon Musk. Donc il peut
[53:20]
peser dessus puis devenir un
[53:22]
influenceur en quelques clics. Ben oui, c'est fou.
[53:24]
Et les algorithmes eux-mêmes
[53:26]
portent leur biais. Le biais
[53:28]
de négativité intégré dans la plupart
[53:30]
des systèmes de recommandation, ben ça augmente
[53:32]
l'engagement de 2,3%
[53:34]
en moyenne. Donc, en
[53:36]
privilégiant les contenus qui suicident la colère,
[53:38]
de la peur ou de l'indignation.
[53:41]
Donc, nous ne voyons
[53:42]
pas une représentation neutre de la réalité,
[53:44]
mais plutôt une version amplifiée.
[53:46]
Nos opinions se forment dans un environnement
[53:48]
où l'artificiel et l'authentique
[53:50]
sont indéméalables,
[53:51]
où les voix sont amplifiées selon des logiques
[53:54]
économiques et algorithmiques,
[53:56]
plutôt que démocratiques. Pis c'est
[53:57]
vraiment ça, c'est l'émotion. Pis c'est
[53:59]
pour ça que de plus en plus vous allez vous rendre compte
[54:01]
quand vous allez sur Facebook, même les
[54:03]
commentaires que vous voyez sous les publications
[54:05]
sont calculés en fonction, eux aussi,
[54:07]
de l'engagement, eux aussi, de comment
[54:09]
ils peuvent vous faire réagir. Parce qu'il y a
[54:11]
mille mots, on pourrait aller sur le même post, pis
[54:13]
ça se peut que le commentaire comme mis de l'avant,
[54:15]
ben ça sera pas le même qu'on va voir parce qu'on est
[54:17]
deux personnes différentes. Oui, exact. Pis ça, c'est
[54:19]
vraiment, pis c'est pour ça qu'on a l'impression que
[54:21]
maintenant que tout est polarisé, c'est que
[54:23]
c'est devenu un modèle d'affaires,
[54:26]
parce que les gens restent plus longtemps en ligne,
[54:27]
pis ils s'engagent plus, fait que ça
[54:29]
crée l'engagement. Donc, fait que, automatiquement,
[54:31]
maintenant, on dirait qu'il faut quasiment que tu fasses
[54:33]
polémique pour avoir du succès. Oui,
[54:35]
le fameux rage bait. Oui, exact, exact.
[54:37]
Ça, ça marche vraiment pis on dirait que
[54:39]
Facebook joue, eux aussi,
[54:42]
via leur propre compte avec cette
[54:44]
dynamique-là. Ah oui, beaucoup.
[54:45]
Pis on est à une époque où, justement,
[54:47]
on le voit, il y a plusieurs personnes qui quittent
[54:50]
les réseaux sociaux parce que ça fait
[54:52]
juste mettre en crise. Ben oui, exact.
[54:54]
Moi, je vois beaucoup moins où j'essaie de suivre
[54:55]
des communautés. J'utilise beaucoup
[54:58]
maintenant de cacher où ça m'intéresse
[55:00]
pas. Ça m'intéresse pas pour essayer de
[55:02]
recadrer mon algorithme, pour essayer
[55:04]
de... Il y a des choses intéressantes
[55:06]
dans les groupes de technologie,
[55:08]
de moi, ce que j'aime,
[55:09]
mais versus tout ce qui est polarisant.
[55:12]
Mais bon. Donc, nos opinions
[55:13]
se forment dans un environnement où l'artificiel et l'authentique
[55:16]
sont indémérables, où les voies sont
[55:18]
amplifiées selon des logiques économiques
[55:20]
et algorithmiques plutôt que démocratiques.
[55:23]
Et là, on va faire un test
[55:24]
simple. Cherchez pizza
[55:26]
sur Google. Eh bien, Google
[55:28]
vous annonce environ, là, c'est sûr que vos résultats
[55:30]
peuvent changer, mais un milliard
[55:32]
890 millions
[55:34]
de résultats. Près de deux milliards
[55:36]
de pages. Impressionnant, non?
[55:38]
Mais maintenant, cliquez, page après page.
[55:40]
Continuez jusqu'à la page
[55:42]
35. Vous n'y arriverez pas.
[55:44]
Parce que Google, il arrête
[55:45]
à 348 liens,
[55:47]
effectivement, qui sont accessibles.
[55:49]
Le 1,89 milliard annoncé
[55:52]
en fait, c'est une sorte d'illusion.
[55:54]
C'est dans sa base de données, mais c'est
[55:56]
vrai que pour y accéder,
[55:57]
tu ne peux pas dépasser une dizaine de pages.
[55:59]
Donc, généralement, ce n'est pas plus que 100 résultats.
[56:02]
Donc, vous n'y avez pas accès.
[56:03]
Il faut comme améliorer ta requête
[56:06]
pour y accéder.
[56:07]
C'est vrai que j'ai envie de dire que je ne l'avais jamais
[56:10]
vu comme ça moi-même.
[56:11]
Mais c'est vrai que c'est un peu ça.
[56:13]
Déjà, dès que tu arrives à la page 2
[56:15]
de Google, c'est comme si tu étais dans
[56:17]
le Dark Web. Tu es presque invisible.
[56:19]
Tu ne reconnais plus, on dirait, le genre de...
[56:22]
Parfois, c'est con,
[56:23]
mais des fois, on fait des recherches pour distorsion.
[56:25]
Et parfois, c'est dans ces pages-là que tu trouves
[56:27]
les meilleures infos pour nous.
[56:29]
Parce que des fois, c'est ça.
[56:32]
On trouve beaucoup
[56:33]
de médias traditionnels,
[56:35]
de trucs officiels qui sont mis de l'avant,
[56:37]
beaucoup de pubs et autres. Donc, des fois,
[56:39]
c'est dur de trouver exactement ce qu'on cherche.
[56:41]
Mais oui, généralement, c'est ça,
[56:43]
Google te cache un iceberg
[56:45]
complet derrière sa première page.
[56:47]
Même maintenant, il n'affiche plus par défaut
[56:49]
le nombre de résultats. Il faut que tu ailles le faire afficher
[56:51]
dans la barre d'outils depuis à peu près 6 mois.
[56:53]
Pour une raison que j'ignore.
[56:56]
C'est quand même...
[56:58]
Et même, maintenant, tu as des résultats
[56:59]
commerciaux. Même pour avoir les résultats
[57:01]
organiques, parce que tu as la version,
[57:03]
tu as le mode AI qui répond.
[57:05]
Après ça, tu as les résultats commerciaux.
[57:07]
Puis après, tu as les résultats organiques.
[57:09]
Donc, ça devient loin
[57:11]
même dans la page pour avoir
[57:13]
quelque chose qui est organique.
[57:15]
Sinon, moi, j'utilisais beaucoup les Google
[57:17]
DarkSend, qu'on appelle DORKS.
[57:19]
C'est un peu des opérateurs
[57:21]
qu'on peut utiliser dans
[57:23]
votre requête pour
[57:25]
affiner vos recherches. Et moi, justement,
[57:27]
pour éviter toute le slum et les affaires de même,
[57:29]
beaucoup le terme avec
[57:30]
« moins », tu mets « moins » quelque chose. Donc,
[57:33]
ça enlève tous les sites web qui contiennent
[57:35]
aussi ce mot-clé-là.
[57:36]
Des fois, pour avoir des résultats plus précis,
[57:39]
ça peut aider. Je vous donne une petite astuce.
[57:41]
Oui, oui, oui. On revient sur
[57:43]
en français, les opérateurs à boulet,
[57:46]
qu'on apprenait à l'école,
[57:48]
que moi, j'ai appris à l'école
[57:49]
dans mes cours en communication.
[57:52]
Seb, je ne sais pas si c'est enseigné
[57:53]
encore aujourd'hui, mais oui, c'est de
[57:55]
mettre un « and »
[57:57]
pour inclure d'autres résultats, d'utiliser
[57:59]
vraiment les braquettes, les plus,
[58:01]
les moins. Tu veux filtrer des résultats,
[58:03]
enlever Amazon, des choses comme ça.
[58:05]
Ça permet de faire ça.
[58:07]
Ça, ça marche quand même.
[58:09]
Tout ce que tu nous parles, Seb, ça nous amène
[58:11]
qu'il faut parler d'un phénomène
[58:13]
qui est l'enshitification
[58:15]
du web, l'emmerdification
[58:17]
du web, puis des technologies
[58:19]
en général. C'est un certain
[58:21]
Corey Doctorow qui a propulsé
[58:23]
ce terme dans son livre qu'il a écrit
[58:24]
le lendemain passé, que je vous
[58:26]
suggère d'aller lire.
[58:29]
Il décrit en gros
[58:30]
comment les plateformes numériques
[58:32]
se dégradent progressivement
[58:34]
au fil du temps. D'abord,
[58:37]
ils veulent attirer les utilisateurs
[58:38]
avec du contenu de qualité, mais par la
[58:40]
suite, ils veulent privilégier les annonceurs
[58:42]
afin d'extraire
[58:44]
le maximum de valeur pour
[58:46]
les actionnaires. Donc, il y a comme
[58:48]
une volonté à se dégrader avec
[58:50]
le temps. Oui, c'est vrai, parce que même
[58:52]
Facebook, comme on le disait, c'est plus
[58:54]
fréquentable. Nous-mêmes,
[58:56]
qui sommes des gestionnaires de communauté,
[58:58]
les mousses d'outils,
[59:00]
ils marchent tout en mal.
[59:02]
Dans le sens que
[59:04]
l'emmerdification, c'est aussi dans
[59:06]
la qualité des outils qu'ils offrent aux
[59:07]
créateurs de contenu. Je trouve que
[59:09]
ça a toujours été bouette-bouette, mais
[59:12]
je trouve qu'en époque Facebook, ça fonctionnait
[59:14]
mieux qu'aujourd'hui. Mais là,
[59:16]
des fois, on a tout le temps des problèmes. Tu le sais, quand on publie
[59:18]
nos affaires, c'est pas pour ramener ça à nous,
[59:19]
mais imaginer le nombre de créateurs de contenu ou de
[59:22]
gens multiplier ça. Moi, quand je travaillais
[59:23]
dans les agences, le nombre d'heures perdues
[59:26]
par les plateformes publicitaires,
[59:27]
où les pages avaient des bugs, c'est
[59:30]
l'enfer.
[59:32]
Parler que Netflix
[59:33]
a même annoncé récemment qu'il allait plus
[59:35]
permettre de caster son application
[59:38]
sur les télés. Pourquoi?
[59:40]
Est-ce que c'est pour diminuer
[59:42]
l'entretien que ça coûte
[59:44]
au niveau technologique?
[59:45]
C'est aussi encore une diminution
[59:47]
des fonctionnalités. Facebook
[59:49]
enlève Messenger.com.
[59:52]
On ne peut même plus avoir Messenger.com.
[59:54]
Il faut passer absolument par l'application
[59:56]
Facebook, qui, à l'époque, était super
[59:58]
content de séparer les deux
[01:00:00]
- je ne sais pas si tu te rappelais, mais c'était la
[01:00:02]
révolution - d'enlever Messenger de Facebook.
[01:00:04]
Là, ils veulent tout rapatrier.
[01:00:06]
Ils se rendaient compte que les gens étaient sur Messenger et plus
[01:00:08]
sur Facebook. Ben oui, exactement.
[01:00:09]
C'est pour ça que je suis sûr que c'est pour ça qu'ils font ça,
[01:00:12]
de nous rameler sur Facebook.com
[01:00:14]
slash message en nous disant
[01:00:16]
Messenger.com n'existera plus. Donc,
[01:00:18]
tu vois que cette mécanique-là,
[01:00:21]
il n'y a personne de gagnant. En fait,
[01:00:22]
l'utilisateur n'est pas gagnant.
[01:00:23]
C'est terrible. Ajoute là-dessus, Spotify
[01:00:25]
qui continue de nous offrir la pire qualité
[01:00:28]
sonore, médiocre en streaming,
[01:00:30]
sans jamais nous dire quand est-ce qu'ils
[01:00:32]
vont l'amener.
[01:00:33]
Toutes les autres YouTube Music, Apple,
[01:00:36]
Tidal, ont tous
[01:00:38]
emboîté le pas. Spotify,
[01:00:39]
ça fait depuis 2021 qu'ils nous l'annoncent.
[01:00:42]
Ils l'ont réannoncé cette année.
[01:00:44]
C'est toujours pas là.
[01:00:46]
Un passage, ils vont te forcer à passer
[01:00:48]
vers un modèle premium. La plateforme
[01:00:49]
va se dégrader. Sans compter
[01:00:52]
toute l'obsolescence programmée de
[01:00:53]
nos téléphones qui soudainement
[01:00:55]
cessent de fonctionner,
[01:00:57]
mais qui sont aussi puissants qu'un ordinateur
[01:01:00]
pas très âgé
[01:01:02]
qui soudainement, à cause d'un update,
[01:01:03]
à cause d'un autre truc,
[01:01:06]
ça ne marche plus.
[01:01:07]
Ce phénomène-là a d'ailleurs mené
[01:01:09]
le géant Google à volontairement
[01:01:11]
baisser la qualité dans ses résultats
[01:01:14]
de recherche. Pourquoi?
[01:01:15]
Pour nous faire voir plus de pubs
[01:01:18]
en forçant une deuxième recherche,
[01:01:20]
parce que des fois, tu te rends compte que la première
[01:01:21]
n'est pas précise, il faut que je
[01:01:23]
raffine un peu, ou encore
[01:01:25]
à nous pousser à utiliser
[01:01:28]
leur plateforme d'IA.
[01:01:29]
Oui, exactement. Tu vois que
[01:01:31]
il y a quelque chose de malsain là-dedans.
[01:01:34]
Donc, ça, c'est quelque chose de
[01:01:36]
l'emmerdification des choses,
[01:01:38]
des choses technologiques.
[01:01:39]
C'est un réel problème. Dites-nous,
[01:01:41]
les distordus dans les commentaires, qu'est-ce que vous trouvez
[01:01:43]
qui s'est dégradé avec le temps,
[01:01:46]
c'est le fait que nous, on paye plus.
[01:01:47]
Oui, mon Dieu, on n'a jamais autant payé de plateforme.
[01:01:50]
Exact.
[01:01:51]
Mais le problème va plus loin encore.
[01:01:54]
Le web lui-même se décompose
[01:01:55]
physiquement, paraît-il, Seb.
[01:01:58]
Ce qu'on appelle le
[01:01:59]
link rot, tu en as parlé un petit peu,
[01:02:01]
donc la mort progressive de liens
[01:02:04]
qui rongent la toile mondiale
[01:02:06]
comme un peu une gangrenne
[01:02:07]
silencieuse.
[01:02:09]
Il y a une étude de Harvard qui a analysé
[01:02:11]
les liens dans les décisions de la Cour Suprême
[01:02:13]
américaine depuis 1996.
[01:02:15]
Les 49 % sont désormais brisés.
[01:02:18]
Ils ne mènent plus nulle part.
[01:02:20]
Les liens sont Google,
[01:02:21]
les liens internet, les URLs.
[01:02:24]
Dans la Harvard Law Review,
[01:02:26]
la prestigieuse revue
[01:02:27]
juridique, 70 %
[01:02:29]
des liens cités sont morts.
[01:02:32]
C'est quand même des choses qu'on fait pour la
[01:02:33]
postérité, ces études-là.
[01:02:36]
L'information disparaît
[01:02:37]
soudainement, les références se perdent,
[01:02:40]
le web se fragmente en
[01:02:41]
filo numérique indépendant. Après, c'est difficile
[01:02:43]
de leur trouver ces liens-là,
[01:02:45]
qui sont dominés par quelques plateformes géantes
[01:02:47]
qui contrôlent de plus en plus l'accès à l'information.
[01:02:50]
On a toutes nos vies sur
[01:02:51]
Facebook, on a maintenant
[01:02:53]
des 10-15 ans de photos puis d'événements
[01:02:55]
de vies. Est-ce qu'un jour, on va tout
[01:02:57]
perdre, c'est une bonne
[01:02:59]
question. Dans ce contexte de
[01:03:01]
fragmentation et de concentration,
[01:03:03]
la théorie du dead internet
[01:03:05]
trouve un terreau fertile.
[01:03:07]
Quand l'information authentique devient difficile
[01:03:09]
de trouver, quand les liens se brisent,
[01:03:11]
quand les algorithmes façonnent notre
[01:03:13]
perception de la réalité, l'idée
[01:03:15]
d'un internet artificiel devient
[01:03:17]
moins absurde à quelque part.
[01:03:19]
Non, absolument.
[01:03:21]
Mais dans tout ça, Emile, le plus
[01:03:23]
dérangeant, c'est que nous, nous ne subissons
[01:03:25]
pas seulement l'artificialisation d'internet.
[01:03:28]
Nous y participons également.
[01:03:30]
Le SEO, l'optimisation
[01:03:31]
pour les moteurs de recherche,
[01:03:33]
le Search Engine Optimization,
[01:03:35]
ça nous a appris à écrire
[01:03:37]
comme des machines, des titres formatés,
[01:03:40]
des mots-clés répétés,
[01:03:41]
des structures prévisibles,
[01:03:43]
des exemples, cinq raisons pour lesquelles
[01:03:45]
le guide ultime de
[01:03:46]
« Vous ne croirez jamais ce qui va arriver
[01:03:48]
ensuite ». Les formats viraux
[01:03:51]
standardisés en fait nos créations.
[01:03:53]
Les stories Instagram de 15 secondes,
[01:03:55]
les TikTok avec leurs tendances obligatoires,
[01:03:57]
les threads X-Twitter
[01:03:59]
avec leurs phrases chocs.
[01:04:01]
On attape notre créativité aux
[01:04:03]
contraintes algorithmiques. Et c'est vrai,
[01:04:05]
nous-mêmes à distorsion, on le fait.
[01:04:07]
L'économie de l'attention
[01:04:09]
nous pousse vers l'optimisation
[01:04:11]
comportementale. Les créateurs de contenu
[01:04:13]
analysent leurs statistiques, ajustent
[01:04:14]
leurs publications selon les heures de pointe,
[01:04:17]
utilisent les hashtags qui sont recommandés,
[01:04:19]
adaptent leur ton aux préférences
[01:04:21]
de l'algorithme. Ils vont mettre la
[01:04:22]
musique de l'heure, la chanson de
[01:04:24]
Olivia Dean que tout le monde
[01:04:28]
aime.
[01:04:29]
Tu sais, imagine,
[01:04:31]
je suis à la limite des fois à me dire
[01:04:32]
qu'est-ce que Olivia Dean
[01:04:35]
trouverait de ça,
[01:04:36]
de voir ces vidéos
[01:04:39]
sur des vidéos de gens
[01:04:41]
qui s'habillent le matin,
[01:04:42]
qui font leur retouche de cheveux,
[01:04:45]
qui font leur reset
[01:04:46]
d'appartement, qui passent la mop.
[01:04:48]
Tu sais, de voir
[01:04:51]
des trad wives
[01:04:53]
de l'Alabama.
[01:04:54]
Est-ce que, je veux dire, ça devient
[01:04:56]
la centrale de leur vie à
[01:04:58]
ces gens-là.
[01:05:00]
On permet ça,
[01:05:01]
c'est sûr qu'elle va se chercher une petite royauté,
[01:05:03]
mais à quelque part,
[01:05:05]
c'est triste de voir que
[01:05:07]
de la bonne musique devient la centrale de vie
[01:05:09]
plate.
[01:05:12]
Le résultat,
[01:05:13]
en fait, on apprend,
[01:05:14]
nous apprenons progressivement à agir
[01:05:16]
nous-mêmes comme des robots avec comme but
[01:05:18]
d'être visibles, bien par des robots.
[01:05:21]
C'est ça qui est paradoxal.
[01:05:24]
Cette standardisation
[01:05:25]
crée un paradoxe assez fascinant
[01:05:27]
Dans un monde où nous soupçonnons les machines
[01:05:29]
de nous imiter, mais nous nous imitons
[01:05:31]
nous-mêmes pour ressembler à ce que
[01:05:33]
les machines attendent de nous.
[01:05:35]
Le dead internet théorie pourrait ainsi
[01:05:37]
changer. Ce n'est peut-être pas qu'internet
[01:05:39]
est peuplé de fausses personnes.
[01:05:41]
C'est peut-être que les vraies personnes
[01:05:43]
apprennent à devenir fausses
[01:05:45]
afin d'exister sur Internet.
[01:05:47]
Prendre une petite puff pour...
[01:05:48]
On est rendu deep. Oui.
[01:05:51]
Ray Kurzweil
[01:05:52]
et d'autres futurologues nous parlent depuis
[01:05:54]
les décennies de la singularité
[01:05:56]
technologique. Ça, j'adore ça.
[01:05:58]
C'est ce moment hypothétique où l'intelligence
[01:06:00]
artificielle, eh bien, ça dépasserait
[01:06:02]
l'intelligence humaine, déclenchant
[01:06:04]
une transformation radicale et
[01:06:06]
imprévisible de la civilisation.
[01:06:08]
Et cette vision classique imagine
[01:06:10]
une conscience artificielle supérieure,
[01:06:13]
un moment de basculement
[01:06:14]
brutal, qui mènerait à
[01:06:16]
une révolution soudaine.
[01:06:19]
Mais si la singularité était
[01:06:20]
déjà là, sous une forme un petit peu
[01:06:22]
plus insidieuse qu'on pense,
[01:06:25]
on regarde la chronologie ensemble.
[01:06:27]
Avant 2010,
[01:06:29]
c'était quelques bottes qui étaient sur Internet,
[01:06:30]
comme on vous disait, qui étaient facilement
[01:06:32]
identifiables. Entre 2010 et 2015,
[01:06:35]
c'était la multiplication
[01:06:36]
des bottes simples,
[01:06:38]
des fermes à clics, des faux comptes.
[01:06:40]
Exact. Entre 2016 et 2020,
[01:06:43]
et là, on assistait à la
[01:06:44]
sophistication progressive et la
[01:06:46]
manipulation coordonnée des bottes.
[01:06:48]
Et entre 2022 et 2023,
[01:06:50]
et bien là, c'était l'explosion
[01:06:52]
de l'IA générative et des contenus
[01:06:54]
qu'on peut qualifier d'indiscernible,
[01:06:57]
même si parfois on est capable de le
[01:06:58]
voir facilement, mais il y en a d'autres
[01:07:00]
que c'est à s'y méprendre. C'est clair.
[01:07:02]
Et entre 2024 et 2025,
[01:07:05]
et là, ça devient le flou total,
[01:07:06]
de plus en plus difficile de distinguer
[01:07:08]
qui crée quoi et qui parle à qui.
[01:07:11]
Et les projections émises
[01:07:12]
sont les plus alarmistes. Évoque un seuil
[01:07:14]
critique vers 2026, cette
[01:07:16]
année, où 99%
[01:07:18]
du contenu en ligne pourrait être généré
[01:07:20]
par l'IA. C'est quand même beaucoup comme
[01:07:22]
chiffre, je trouve. Une hypothèse
[01:07:24]
spéculative, certes, mais qui s'appuie sur la
[01:07:26]
progression exponentielle qui a été observée.
[01:07:29]
Et ce serait à vous de nous dire,
[01:07:30]
si vous écoutez cet épisode en 2030,
[01:07:34]
si nous-mêmes,
[01:07:35]
moi et Seb, avons été remplacés
[01:07:37]
par une AIA. Oh mon Dieu, c'est oui.
[01:07:39]
Cette singularité
[01:07:40]
douce ne ressemblerait pas à une
[01:07:42]
prise de conscience de l'IA, mais à une saturation
[01:07:44]
progressive de l'espace
[01:07:46]
informationnel. Pas une machine qui
[01:07:48]
pense, mais des machines qui parlent
[01:07:50]
tellement fort et qu'elles couvrent
[01:07:52]
les voies humaines, en fait, donc
[01:07:54]
elles nous empiètent.
[01:07:56]
La punchline est troublante. Ce ne serait pas
[01:07:58]
l'IA qui dépasserait lui-même, mais l'IA
[01:08:00]
qui remplirait tout l'espace autour de lui
[01:08:02]
jusqu'à ce que les échanges
[01:08:04]
authentiques deviennent statistiquement négligeables
[01:08:05]
dans le bruit de fond artificiel.
[01:08:07]
Et dans ce scénario, la Dead Internet
[01:08:10]
Theory ne décrirait pas une mort
[01:08:11]
déjà accomplie, mais une mort en cours.
[01:08:14]
Un processus de suffocation progressive
[01:08:16]
de l'internet humain
[01:08:18]
sous le volume de l'internet
[01:08:20]
artificiel.
[01:08:22]
Ah oui, c'est lourd tout ça.
[01:08:24]
Et ça ne nous donne pas confiance, j'allais dire,
[01:08:26]
en l'humanité, mais plus en
[01:08:28]
les robots, je dirais.
[01:08:30]
On a un peu rassemblé toutes les pièces
[01:08:32]
du puzzle, Seb. Et là, c'est le temps
[01:08:34]
de faire un peu le tri. On est allé
[01:08:36]
bien perché aujourd'hui.
[01:08:38]
Qu'est-ce qui est prouvé? Qu'est-ce qui est probable?
[01:08:40]
Mais aussi, qu'est-ce qui relève du mythe?
[01:08:42]
Il y a des choses qui sont documentées.
[01:08:44]
Les bots représentent 30 à 40%
[01:08:46]
du trafic web.
[01:08:48]
C'est un fait, ça existe.
[01:08:50]
Il y a des milliards de faux comptes
[01:08:51]
qui sont supprimés chaque année par les plateformes.
[01:08:54]
Il y a des influenceurs qui achètent
[01:08:56]
des faux profils. Il y a des artistes
[01:08:58]
qui achètent des fausses écoutes,
[01:08:59]
des YouTubeurs qui achètent des fausses vues.
[01:09:02]
Ça, ça existe. La manipulation
[01:09:04]
coordonnée via les bots est aussi
[01:09:05]
une réalité géopolitique au niveau
[01:09:07]
des conflits entre
[01:09:10]
les nations et tout ça. Il y a eu des
[01:09:12]
programmes comme le DARPA qui ont voulu recréer
[01:09:14]
de l'information et tout ça.
[01:09:16]
Snowden a parlé d'autres aussi.
[01:09:18]
Programmes du genre, exactement.
[01:09:20]
Donc ça, c'est plus un mythe.
[01:09:22]
C'est vraiment arrivé. Et aussi,
[01:09:24]
l'IA générative produit désormais
[01:09:26]
du contenu indiscernible de la
[01:09:28]
création humaine en quantité
[01:09:30]
incroyable. Elle peut tellement créer
[01:09:31]
plus vite que nous. On gangre
[01:09:34]
pas ce combat-là. Et l'automatisation
[01:09:36]
du web aussi qui s'accélère
[01:09:38]
exponentiellement. Donc ça, c'est des choses
[01:09:40]
qui sont documentées, qui
[01:09:41]
ne relèvent pas du complot ici.
[01:09:44]
Il y a des choses qui sont plausible,
[01:09:46]
qui ne sont pas prouvées
[01:09:48]
à 100%, je dirais, par exemple, les fermes
[01:09:50]
de contenu IA qui pourraient
[01:09:51]
fonctionner de manière autonome.
[01:09:54]
C'est peut-être quelque chose qui s'en vient.
[01:09:56]
La création de faux profils, mais ultra
[01:09:58]
crédible, est techniquement
[01:10:00]
possible. On va en parler un peu en After Show, mais
[01:10:01]
des artistes AI, entre autres,
[01:10:04]
musicaux. La proportion de contenu
[01:10:06]
artificiel va continuer d'augmenter rapidement
[01:10:08]
versus le contenu réel.
[01:10:10]
Et les algorithmes
[01:10:11]
privilégient de plus en plus les contenus
[01:10:14]
optimisés. Donc oui, à quelque part,
[01:10:16]
on nous force à
[01:10:18]
ressembler à des robots via notre
[01:10:19]
présence en ligne. Donc ça, c'est des choses
[01:10:22]
qui sont plausibles, qui
[01:10:24]
demeurent peut-être un petit peu dans
[01:10:26]
un avenir rapproché, du moins.
[01:10:28]
Il y a des choses qui sont spéculatives
[01:10:30]
puisque c'est un petit peu
[01:10:31]
moins sûr ici. Par exemple,
[01:10:33]
effectivement, l'idée que l'Internet
[01:10:36]
est entièrement stimulé depuis 2016,
[01:10:39]
comme le disait
[01:10:40]
Illuminati Pirate,
[01:10:41]
dans son poste au départ,
[01:10:44]
ça, c'est pas fondé.
[01:10:46]
On y croit moins.
[01:10:47]
Mais bon, c'est quand même une vision
[01:10:50]
qui risque de se réaliser à quelque part.
[01:10:52]
Oui, exactement. L'existence
[01:10:53]
d'un contrôle central coordonné,
[01:10:56]
ça non plus, c'est pas prouvé.
[01:10:57]
On a l'impression que oui, ils travaillent tous
[01:10:59]
ensemble, les GAFAM, mais
[01:11:01]
non. Ils ont des intérêts
[01:11:04]
similaires.
[01:11:05]
C'est sûr, c'est des business
[01:11:07]
basés sur l'attention,
[01:11:09]
des business basés sur
[01:11:11]
la surconsommation, sur le
[01:11:13]
rage bait. Ça, ça marche aussi.
[01:11:16]
Mais s'il y aurait un contrôle
[01:11:17]
central coordonné, c'est pas prouvé,
[01:11:19]
du moins, jusqu'à date. La disparition
[01:11:21]
complète des échanges humains authentiques,
[01:11:24]
il y a quand même encore des échanges
[01:11:25]
humains authentiques sur Internet.
[01:11:27]
Il faut peut-être varier un peu nos plateformes.
[01:11:29]
Et aussi, le caractère
[01:11:32]
intentionnellement malveillant
[01:11:32]
de cette évolution-là.
[01:11:34]
Est-ce que c'est intentionnellement
[01:11:36]
malveillant? Je le sais pas. Est-ce que s'il y a
[01:11:38]
plusieurs erreurs qu'on fait en tant que
[01:11:40]
humanité dans ce développement-là,
[01:11:42]
probablement. Oui, parce qu'on le sait pas.
[01:11:44]
Donc, pour conclure,
[01:11:47]
la Dead Internet Theory
[01:11:49]
l'ocie dangereusement
[01:11:50]
entre des observations lucides,
[01:11:52]
mais aussi la paranoïa quelque part.
[01:11:54]
Parce qu'on est dans une époque
[01:11:56]
où tout nous pousse à devenir paranoïaque.
[01:11:59]
Oui. Donc, elle identifie des phénomènes
[01:12:00]
réels,
[01:12:02]
les automatisations croissantes,
[01:12:04]
la emmerdification du Web,
[01:12:05]
ces choses-là, mais les organise dans un récit
[01:12:08]
qui peut mener
[01:12:10]
un peu à une forme de défiance,
[01:12:11]
une forme de méfiance aussi, ou de repli
[01:12:14]
sur soi. Absolument.
[01:12:17]
Derrière cette théorie-là,
[01:12:19]
il y a peut-être aussi quelque chose
[01:12:20]
de plus profond qu'une
[01:12:21]
observation technique. Il y a peut-être une nostalgie
[01:12:25]
envers un moment
[01:12:26]
où le Web était plus créatif,
[01:12:28]
plus humain, où on ressentait un petit peu
[01:12:30]
plus nos identités
[01:12:31]
dans le Web, où c'était un lieu
[01:12:34]
agréable, où on pouvait se faire des amis.
[01:12:36]
Donc, il y a un peu cette
[01:12:38]
partie-là, je pense. Les gens commencent
[01:12:40]
à s'ennuyer un peu de l'ancien
[01:12:42]
Web, puis on le voit un peu.
[01:12:44]
Certains diront que 2026,
[01:12:46]
pardon, c'est la
[01:12:48]
Analogue Year, donc un gros retour
[01:12:50]
vers les Générations
[01:12:52]
d'Azad, vers
[01:12:54]
les Véniles, par exemple,
[01:12:56]
vers les appareils photo,
[01:12:58]
les flip phones, les
[01:13:00]
dumb phones, les appareils photo
[01:13:02]
justement numériques, mais d'une autre époque.
[01:13:05]
Donc, je pense
[01:13:06]
que les gens, justement, sont tannés
[01:13:08]
de l'automatisation de tout ce qui est
[01:13:10]
d'Internet, de cette artificialisation
[01:13:14]
des
[01:13:14]
réseaux sociaux et autres, puis un retour
[01:13:16]
vers un processus de création
[01:13:18]
plus humain derrière.
[01:13:20]
Je comprends les genzilles
[01:13:21]
de se diriger un peu vers ça, parce que
[01:13:23]
nous, on est chanceux, on a vécu aussi l'avant.
[01:13:26]
On a connu
[01:13:28]
quelques générations
[01:13:29]
technologiques, à quelque part. Donc, on a
[01:13:31]
peut-être moins cette envie-là, mais
[01:13:33]
je comprends totalement les gens qui veulent déconnecter
[01:13:36]
et se tenir loin
[01:13:37]
d'Internet. Oui, absolument.
[01:13:39]
Moi-même, j'ai coupé mes
[01:13:41]
réseaux sociaux cette année. J'ai déplacé
[01:13:43]
juste Instagram, Facebook, parce que
[01:13:45]
je me rendais compte que j'allais tout le temps
[01:13:47]
faire, que j'avais un temps mort. Dès que je prenais mon
[01:13:49]
téléphone, j'ai juste mis sur la deuxième
[01:13:51]
page, puis ça a vraiment marché.
[01:13:53]
Juste de ne pas voir les icônes
[01:13:55]
comme devant mes yeux,
[01:13:57]
j'ai diminué facilement, drastiquement
[01:13:59]
mon temps sur les médias
[01:14:01]
sociaux. Ben oui.
[01:14:03]
Exact. Donc, faites ça.
[01:14:05]
Grab a guitar. Oui, ben pas vrai.
[01:14:07]
Oui, fais liser un livre. Je recommençais
[01:14:09]
à lire plus, prendre ce temps-là
[01:14:11]
pour lire, parce que lire
[01:14:13]
des posts, c'est
[01:14:15]
pas bon.
[01:14:16]
C'est du rat en rat, c'est de le brain rat
[01:14:19]
qu'on dit. C'est ça.
[01:14:22]
Exactement.
[01:14:23]
Dites-nous ce que vous en pensez, vous,
[01:14:25]
les distordus. On a abordé plusieurs sujets
[01:14:27]
dans cet épisode-là. Est-ce que vous pensez
[01:14:29]
que l'Internet est mort? Est-ce que vous pensez
[01:14:30]
qu'on est une minorité sur Internet en tant qu'humain?
[01:14:33]
Est-ce que vous pensez qu'on est
[01:14:36]
donné
[01:14:36]
dans ce monde numérique?
[01:14:39]
Dites-nous ce que vous en pensez. On veut le savoir
[01:14:41]
en after-show. On se concentre
[01:14:43]
sur à quel point l'IA ruine la musique.
[01:14:45]
On va discuter des artistes numériques
[01:14:48]
et de certaines
[01:14:50]
initiatives de producteurs.
[01:14:51]
Ça risque d'être très intéressant.
[01:14:53]
Sinon, vous savez où nous trouver, les distordus.
[01:14:55]
On est un petit peu partout. On est sur les réseaux sociaux,
[01:14:57]
malgré tout ce AI Slop.
[01:14:59]
On est là, bien humain. Et on vous répond
[01:15:01]
quand vous nous écrivez. On va être bientôt
[01:15:03]
sur scène aussi. Allez voir nos dates de tournée
[01:15:05]
encore une fois. On va être bien en chair
[01:15:07]
et en os. Il ne sera pas des hologrammes
[01:15:10]
sur cette scène.
[01:15:11]
On veut remercier André Beaupré, notre monteur,
[01:15:14]
notre recherchiste, toujours anonyme,
[01:15:16]
qu'on aime beaucoup. Merci à
[01:15:17]
toi pour tes
[01:15:19]
bons documents de recherche et autres.
[01:15:22]
Et évidemment, merci
[01:15:23]
à nos membres Patreon qui permettent
[01:15:25]
d'avoir un show aussi soutenu,
[01:15:27]
aussi consistant.
[01:15:29]
Sur Patreon, c'est là que vous pouvez trouver
[01:15:31]
vraiment tout notre stock en exclusivité.
[01:15:33]
Plein de contenu bonus.
[01:15:35]
On a bien hâte. Il y a un épisode secret
[01:15:36]
qui va arriver en fin de saison pour
[01:15:39]
nos membres Patreon. Surveillez ça.
[01:15:41]
On a plein de beaux projets en cours.
[01:15:43]
Et Seb, je te laisse commencer
[01:15:45]
les shout-out avant de se quitter.
[01:15:48]
Un gros merci à nos
[01:15:49]
actionnaires Cédric H, Catherine
[01:15:52]
C, Max H,
[01:15:53]
Jérémie T et Frank P.
[01:15:56]
Un gros high-five
[01:15:57]
à Catherine L. M,
[01:15:59]
à Raphaël B, à Nadine
[01:16:01]
S, à Di
[01:16:03]
et à Karine.
[01:16:05]
Je donne beaucoup d'amour à Karen L. C,
[01:16:07]
Léa G. B, Loïc M,
[01:16:10]
Valérie H et Toupen O.
[01:16:13]
Respect
[01:16:13]
infini à un autre Loïc,
[01:16:16]
à Mélanini, à Céline
[01:16:18]
A. R, à Cinthiathé
[01:16:20]
et à Annabelle.
[01:16:22]
Je poursuis l'amour à Isabelle
[01:16:24]
F. Caroline D, Jean-François,
[01:16:26]
Big Desh et
[01:16:28]
Culboine.
[01:16:35]
Excuse-moi.
[01:16:38]
Beaucoup d'amour à
[01:16:40]
Isabelle F. Caroline D,
[01:16:42]
Jean-François.
[01:16:47]
Il est encore ici.
[01:16:49]
C'est le nom qui nous ferait.
[01:16:52]
Beaucoup d'amour à
[01:16:53]
Big Desh, Isabelle F. Caroline D,
[01:16:56]
le mystérieux Jean-François
[01:16:57]
et Culboine.
[01:16:59]
Et je termine avec un grand
[01:17:00]
remerciement à Maxime P,
[01:17:03]
à Alpha B. C, à Marc-Olivier
[01:17:05]
C, Catherine L. G
[01:17:07]
et M. P. Dupé.
[01:17:13]
Est-ce que tu as un mot de la fin pour nous,
[01:17:14]
mon cher Emile?
[01:17:16]
Si parfois vous vous sentez seul sur internet,
[01:17:19]
dites-vous que vous l'êtes
[01:17:20]
probablement plus que vous le pensez.
[01:17:23]
Oh oui!
[01:17:24]
À bientôt!