💀 L’IA et la mort d’Internet | Complots distordus Ep. 5

Épisode

💀 L’IA et la mort d’Internet | Complots distordus Ep. 5

Saison
11
Épisode
158
Durée
1 h 18 min
Format
Audio

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Internet est partout. Dans nos poches, dans notre travail, dans nos conversations. Mais est-il encore vivant, ou est-il devenu un immense décor? Dans cet épisode, on plonge dans la Dead Internet Theory, cette idée troublante selon laquelle le web se serait vidé de sa substance humaine pour devenir un espace saturé de bots, de contenus recyclés, d’algorithmes et d’intelligences artificielles.

En repartant du message fondateur publié en 2021 par un utilisateur anonyme, on remonte les racines de ce malaise numérique. Du web chaotique, imparfait et vivant des années 2000 jusqu’à l’Internet standardisé d’aujourd’hui, on explore ce qui nourrit l’impression grandissante que quelque chose s’est brisé.

Faire le tri entre théorie et faits

Mais au-delà de la théorie, on fait surtout le tri entre mythe, intuition et faits documentés. Faux comptes, trafic automatisé, manipulation politique, dégradation des plateformes, pourriture des liens, contenus conçus pour plaire aux machines plutôt qu’aux humains, on démonte pièce par pièce ce qui relève du fantasme et ce qui est bien réel.

On s’intéresse aussi à une idée particulièrement dérangeante : et si le problème n’était pas seulement que les machines imitent les humains, mais que les humains apprennent eux-mêmes à se comporter comme des machines pour survivre en ligne?

Dans l’aftershow : la musique générée par IA

On prolonge l’enquête avec la musique générée par IA, de Timbaland à Suno, en passant par les artistes virtuels, les clones vocaux et l’explosion d’un marché où la création devient de plus en plus difficile à distinguer du bruit.

La fiabilité de ce qu’on lit en ligne vous intrigue? Découvrez aussi le mystère de Wikipédia autour de l’inventeur du grille-pain.

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sûr,

[00:25]

des complots complètement DISTORDUS.

[00:47]

Internet est partout. Dans votre poche, dans votre travail, dans votre vie.

[00:53]

Mais est-il encore réel? Ou est-il encore de qualité?

[00:57]

En 2021, un utilisateur anonyme lance une théorie troublante.

[01:02]

Internet serait mort vers 2016. Il serait peuplé de bots et d'IA.

[01:08]

Les chiffres donnent froid dans le dos. 40 % du trafic web n'est pas humain.

[01:13]

Des milliards de faux comptes créés chaque année et, depuis tchat GPT,

[01:18]

impossible de distinguer le vrai du faux.

[01:21]

Ce soir, nous plongeons dans la théorie de la mort et de l'emmerdification d'Internet.

[01:26]

Cette idée fascinante et inquiétante selon laquelle

[01:29]

nous conversons peut-être déjà avec des machines sans le savoir.

[01:36]

Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?

[01:38]

Ça va bien, toi, Emile Gauthier.

[01:40]

Ça va très bien. Écoute, est-ce que tu as déjà entendu parler,

[01:43]

toi, Seb, de la théorie comme quoi l'Internet maintenant serait populé

[01:47]

en majorité par des bots et par l'AI et que nous, pauvres humains,

[01:51]

on serait maintenant une minorité sur Internet?

[01:54]

Oui, c'est pas surprenant, Emile, parce qu'on sait que 70 % des liens Internet

[01:58]

maintenant, ça mène nulle part. C'est ce qu'on appelle le link rot,

[02:02]

en plus de l'IA qui déborde sur les médias sociaux Facebook

[02:07]

et que les influençants gonflent leurs chiffres avec des bots.

[02:10]

On se demande où est rendu l'humain là-dedans.

[02:12]

Oui, c'est vrai que c'est toujours un petit peu de la faute des influenceurs,

[02:15]

mais c'est une théorie qui est vraiment née au début des années 2020

[02:18]

et qui est devenue virale, la théorie du dead Internet.

[02:21]

Et c'est pas juste ça. Quand on parle maintenant de musique

[02:24]

générée par AI, c'est plus du tiers des uploads

[02:28]

qui sont réalisés sur des plateformes comme Deezer.

[02:31]

Donc, il y a vraiment un envahissement de cette culture-là.

[02:35]

Et la question se pose à savoir si nous, les humains,

[02:38]

on est en majorité ou en minorité sur Internet.

[02:40]

Bonne question.

[02:42]

Mais avant toute chose, qu'est-ce qu'on boit, Seb,

[02:43]

pour passer au travers de cet épisode lourd et intense?

[02:47]

Oui, on boit encore une fois une bière de Messereme à Conradard

[02:51]

et je m'ennuie de leur sloche pour l'été.

[02:54]

Et c'était leur bière, elle s'appelle Il était une fois la mort.

[02:58]

Ils ont toujours des noms un peu mortubaires, ça me fait toujours rire.

[03:02]

Et là, c'est une Czech Pils, qui est une bière que chez moi,

[03:05]

il y a du moins une sorte de bière que j'ai moins l'habitude de boire

[03:08]

avec des houblons de Saz, 5,4%.

[03:11]

Elle est délicieuse comme toutes les bières de Messereme.

[03:14]

Et cette bière nous a été offerte par Maud Serrurier,

[03:18]

qui a fait une tournée de bière via notre site web distorsionpodcast.com.

[03:22]

Merci à toi, Maud.

[03:23]

Et vous pouvez faire comme elle, vous allez sur notre site,

[03:27]

vous faites un petit don via PayPal et ça remplit le frigidaire.

[03:31]

Oh yes, merci à toi, Maud.

[03:32]

Sinon, on a aussi un shout-out à donner pour une review 5 étoiles

[03:35]

sur Apple Podcasts qui nous vient de Stexy666.

[03:40]

Et il ou elle nous dit, merci beaucoup à vous de faire un podcast aussi détaillé.

[03:45]

Grâce à vous, faire ma préparation au Subway devient plus facile,

[03:49]

malgré que ce n'est pas une job toujours facile.

[03:51]

Vos voix calment mon anxiété et aident beaucoup à me recentrer.

[03:55]

Eh bien, tant mieux, shout-out aux employés de Subway

[03:57]

et des restaurants de fast food.

[03:59]

J'espère que vous mettez pas ça quand il y a trop de clients

[04:01]

parce qu'il y a certains épisodes de distorsion qui pourraient les faire fuir.

[04:05]

Oui, mais oui.

[04:08]

Donc, shout-out à toi, Stexy666.

[04:10]

C'est le poivre, les huiles.

[04:11]

On a un after-show aussi que je vous ai préparé, Seb.

[04:14]

C'est un peu un rant de ma part.

[04:16]

Je suis un passionné de musique, un mellow man,

[04:18]

un musicien aussi par temps perdu.

[04:21]

Et on va parler justement, c'est un peu dans la thématique d'aujourd'hui.

[04:25]

On parle de la théorie du dead internet,

[04:27]

d'à quel point justement internet est rempli de robots maintenant.

[04:32]

Tout le trafic ou une grande partie du trafic maintenant

[04:34]

est devenu artificiel.

[04:36]

Et aujourd'hui, on va se concentrer sur comment l'AI ruine la musique.

[04:41]

On va parler entre autres du producteur Timbaland

[04:44]

qui s'est lancé à fond là-dedans avec des artistes par AI.

[04:47]

On va parler de Suno aussi

[04:49]

et de voir un peu comment les plateformes gèrent ça

[04:52]

parce qu'en ce moment, c'est assez troublant.

[04:54]

On va en parler un petit peu dans l'épisode d'aujourd'hui,

[04:56]

mais en after-show, on va faire un point complètement dédié à ce phénomène-là,

[05:01]

à comment l'IA ruine la musique.

[05:03]

On vous rappelle que les after-shows sont disponibles sur Patreon.

[05:06]

Aux abonnés Oui Monsieur.

[05:08]

Aussi, si vous êtes abonné et distordu, vous avez accès à tous nos épisodes en avance.

[05:13]

Donc plein de contenu.

[05:14]

Si vous arrivez maintenant, vous allez tomber sur une tonne de contenu.

[05:18]

On vous invite aussi à venir nous voir en show

[05:20]

parce qu'en mars, on commence officiellement le tournée 2026

[05:23]

des cabarets des curiosités du web.

[05:26]

Et là, on fait encore des plus grandes salles qu'avant.

[05:29]

Donc, on progresse tranquillement dans le show business.

[05:31]

Puis on vous invite principalement à notre show de lancement,

[05:35]

notre premier show de la tournée.

[05:38]

C'est le 26 mars au Lyon d'Or à Montréal, une salle de prestige.

[05:42]

Donc, venez en grand nombre. On a bien hâte de vous voir.

[05:45]

Ça va être toute une soirée.

[05:46]

Deux jours après, on est au Musée Pop de Trois-Rivières

[05:49]

où on va vous proposer un spécial un peu prison, braquage et tout ça.

[05:54]

Ça va être intéressant.

[05:55]

Dans le forfait, vous pouvez aussi visiter la vieille prison de Trois-Rivières.

[05:58]

Donc, manquez pas ça.

[05:59]

Ensuite, on enchaîne. On a d'autres shows le 15 mai.

[06:03]

On se retrouve à l'Assomption par la suite à Québec en juin.

[06:06]

Sainte-Thérèse.

[06:07]

Vous pouvez vous rendre au distorsionpodcast.com

[06:10]

dans la section cabarets des curiosités pour voir toutes nos dates.

[06:13]

Il y en a d'autres qui s'en viennent aussi.

[06:15]

Saint-Jean-sur-Richelieu en septembre, Varennes.

[06:17]

Et là, même 2027, ça commence à se remplir.

[06:21]

Donc, on ira probablement visiter une ville près de chez vous

[06:25]

dans la prochaine année.

[06:26]

Manquez pas ça. Restez à l'affût.

[06:28]

Je pense qu'on en a assez dit, Seb.

[06:30]

Est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'histoire troublante

[06:33]

de la théorie du Dead Internet?

[06:36]

Oui!

[06:37]

Allons-y.

[06:39]

Maintenant.

[06:41]

Vous souvenez-vous du web d'avant?

[06:43]

Oh oui!

[06:44]

Celui de 2005, 2008, même 2012.

[06:48]

Les sites personnels aux couleurs agressives,

[06:50]

les forums où l'on se perdait pendant des heures

[06:52]

dans des discussions sans fin,

[06:54]

les blogs au design chaotiques mais authentiques.

[06:57]

C'était brouillon, c'était imparfait,

[06:59]

mais c'était surtout vivant.

[07:01]

Oui, c'était pré-algorithme.

[07:03]

Oui.

[07:04]

C'était drôle.

[07:05]

Il y avait plein de pubs.

[07:06]

C'était un peu les premiers balbutiements de la pub en ligne.

[07:09]

C'était spécial, c'était weird, c'était criant.

[07:11]

Ça flashait.

[07:12]

Oui, c'est ça.

[07:13]

Mais à quelque part, c'était un Internet

[07:15]

qui était beaucoup plus libre peut-être que maintenant.

[07:18]

Beaucoup plus créatif à quelque part.

[07:19]

Oui, puis moins concentré.

[07:21]

Oui, on n'aura pas le choix d'être un petit peu nostalgique

[07:23]

aujourd'hui dans cet épisode-là.

[07:24]

Oui, absolument.

[07:25]

C'était un Internet

[07:26]

qui était composé de passion et d'amateurisme,

[07:29]

où chaque coin dissimulait une surprise

[07:31]

et des communautés improbables,

[07:33]

où l'on tombait sur des perles par accident ou pas.

[07:36]

Un Internet où les liens menaient parfois vers l'inattendu.

[07:39]

Oui.

[07:40]

Aujourd'hui, ouvrez n'importe quel réseau social,

[07:43]

vous faites défiler, regardez bien,

[07:45]

les mêmes formats, les mêmes titres accrocheurs,

[07:48]

les mêmes réactions prévisibles,

[07:50]

les mêmes débats qui tournent en rond avec les mêmes arguments,

[07:52]

les mêmes phrases chocs,

[07:54]

comme si quelqu'un avait écrit le script à l'avance.

[07:57]

Oui, carrément.

[07:58]

Puis moi, je m'ennuie vraiment de MySpace.

[08:01]

Seb, tu te rappelles, à cette époque,

[08:02]

on pouvait faire une page customisée presque à l'infini

[08:06]

avec des gifs animés, des visuels criores.

[08:10]

Oui, oui.

[08:10]

Tu pouvais être ami avec des vedettes,

[08:12]

avec Lady Gaga, avec David Guetta, peu importe.

[08:16]

C'était vraiment une autre époque

[08:17]

qui était indépendante des algorithmes.

[08:20]

Oui, vraiment.

[08:20]

Vraiment, la créativité des gens,

[08:21]

leur identité était mise de l'avant.

[08:24]

Moi, MySpace était mon site d'ada à l'époque.

[08:28]

Oui, c'est sûr.

[08:29]

Puis moi, si on peut se ramener à la nostalgie,

[08:32]

mon premier site HTML que j'ai fait,

[08:33]

c'est ce que je me suis fait la main.

[08:36]

C'est un site sur l'histoire du Titanic à l'époque,

[08:39]

parce que je trippais sur le film.

[08:41]

Tu as fait un site sur l'histoire du Titanic?

[08:43]

Oui, vraiment.

[08:45]

Puis je m'en rappelle encore,

[08:46]

c'était tellement laid quand j'y repense un fond noir

[08:48]

écrit en jaune, puis je mettais des images.

[08:50]

Puis j'y allais vraiment.

[08:51]

J'avais tout découpé l'histoire, les personnages,

[08:54]

les parallèles entre le vrai et le faux du film.

[08:57]

Je pense que c'était sur Like Us

[08:58]

dans le temps que j'avais hébergé ça.

[09:00]

Je ne sais pas si tu te rappelles,

[09:01]

à l'époque, les sites web avaient des petits compteurs.

[09:03]

Puis tu pouvais voir publiquement combien

[09:05]

de personnes avaient visité ton site.

[09:08]

Tu pouvais le mettre en gros, le compteur.

[09:09]

Oui, exact.

[09:10]

1000 visites.

[09:11]

C'est ça, aujourd'hui, c'est très anonyme.

[09:12]

On ne veut pas que les autres sachent ça,

[09:15]

mais c'était vraiment une autre époque.

[09:16]

Je ne me rappelle plus des chiffres que j'avais,

[09:17]

mais j'étais quand même satisfait du volume.

[09:20]

Je ne sais même pas quelle promotion

[09:22]

ou comment les gens pouvaient me trouver.

[09:24]

Mais j'ai vraiment aimé mon expérience

[09:26]

de faire un site sur le Titanic.

[09:27]

Il faudrait que tu en retrouves sur la Wayback Machine

[09:29]

et qu'on mette ça disponible au distordu

[09:31]

pour qu'ils voient le premier site de Seb

[09:33]

sur le Titanic.

[09:35]

Je ne sais pas si c'est encore disponible, mais à voir.

[09:38]

Si on revient à notre histoire, Emile,

[09:39]

maintenant, chercher quelque chose sur Google,

[09:42]

page après page de contenu

[09:43]

qui se ressemble, optimisé jusqu'à là,

[09:46]

se répétant tout le temps les mêmes informations

[09:48]

avec les mêmes mots-clés.

[09:49]

C'est plate un peu. Oui, bien, c'est ça.

[09:51]

C'est tout le SEO, l'optimisation des moteurs de recherche.

[09:55]

C'est encore plus présent aujourd'hui

[09:57]

comme si l'intelligence artificielle

[09:58]

avait manché et remanché les mêmes données

[10:00]

pour nous les cracher

[10:01]

sous une forme de bouillie digitale.

[10:04]

L'impression grandit,

[10:06]

sourde et dérangeante.

[10:07]

Nous ne parlons plus à des humains.

[10:09]

On parle un peu dans le vide.

[10:11]

On commande pour des algorithmes

[10:13]

et on crée des machines, en fait,

[10:15]

quand on fait ça.

[10:16]

Ici, ce malaise avait un nom.

[10:18]

Ici, cette impression, c'était pas juste une impression.

[10:22]

Ici, Internet n'était pas cassé,

[10:24]

mais déjà mort.

[10:25]

Oui. C'est fataliste, ça.

[10:27]

Oui, quand même.

[10:29]

Et là, on retourne en août 2021

[10:32]

pour la naissance de la théorie.

[10:34]

Il y a un utilisateur

[10:35]

avec le pseudonyme IlluminatiPirate

[10:38]

qui a bien choisi son nom,

[10:40]

publie un long message

[10:41]

sur un forum peu connu,

[10:43]

Agora Rhodes McIntosh Café,

[10:46]

un espace numérique alternatif

[10:48]

fréquenté par des nostalgiques

[10:50]

de l'informatique rétro,

[10:51]

mais aussi des amateurs de théories conspirationnistes.

[10:55]

Son message commence par une affirmation troublante.

[10:59]

Internet serait mort

[10:59]

vers 2016-2017.

[11:02]

Depuis, nous évoluerions

[11:03]

dans une simulation,

[11:05]

un village Potemkin

[11:08]

qu'on dit numérique.

[11:09]

C'est-à-dire, le Potemkin,

[11:11]

c'est un décor trompeur

[11:12]

qui donne l'illusion de la vie et de la prospérité.

[11:15]

Et l'expression renvoie à la légende

[11:17]

probablement exagérée,

[11:18]

selon laquelle le ministre russe Grigory Potemkin,

[11:23]

favori de Catherine II,

[11:24]

aurait fait ériger en 1787

[11:27]

de faux villages

[11:28]

fait de façades peintes

[11:29]

et de figurants pour impressionner

[11:31]

l'impératrice lors de sa visite en Russie.

[11:33]

Oui, ça, c'est une anecdote historique

[11:35]

assez savoureuse

[11:36]

que je vous invite à googler.

[11:38]

Oui, oui, exact.

[11:40]

Et dans cette vision, le Web ne serait plus

[11:42]

qu'une mise en scène peuplée d'automaps

[11:44]

et d'intelligence artificielle.

[11:46]

À ce moment, une théorie venait de naître,

[11:49]

la Dead Internet Theory.

[11:52]

Illuminati Pirate

[11:53]

se présente comme un vieux de la vieille.

[11:55]

Il fréquente 4chan

[11:56]

depuis 2006.

[11:57]

Il a vu l'évolution du Web de l'intérieur.

[12:00]

Pour lui, l'Internet d'aujourd'hui est devenu

[12:02]

stérile, vide de tout contenu authentique.

[12:04]

Un désert numérique comparé

[12:07]

à l'effervescence des années 2000.

[12:10]

Ces observations sont troublantes.

[12:12]

Des contenus recyclés à l'infini.

[12:14]

Il remarque les mêmes threads,

[12:16]

les mêmes images, les mêmes réponses

[12:18]

republiées année après année.

[12:20]

Un sujet publié en 2015 réapparaît

[12:22]

de façon similaire en 2016,

[12:24]

en 2017, parfois plusieurs fois

[12:27]

dans la même année.

[12:28]

Et pour les nouveaux venus,

[12:30]

rien de normal, mais pour les habitués,

[12:32]

le pattern devient assez évident à observer.

[12:35]

On le voit même avec

[12:36]

les médias québécois.

[12:38]

Je pense que c'est Radio-Canada

[12:40]

ou les Décrypteurs,

[12:40]

à peu près à chaque deux ans,

[12:43]

ils font un article sur l'effet Mandela.

[12:45]

Parce qu'on en a parlé

[12:47]

sur l'épisode sur la simulation tout récemment.

[12:50]

Je cherchais des infos à savoir

[12:52]

s'il y a des nouvelles rumeurs,

[12:54]

et je me suis dit, un article

[12:55]

en 2016, un autre en 2019,

[12:58]

un autre article.

[12:58]

Il y a un recyclage

[13:01]

de contenu qui se fait constamment.

[13:03]

Il y a une certaine forme

[13:04]

de pollution numérique

[13:06]

qui se fait avec ces articles

[13:08]

qui reviennent constamment.

[13:10]

C'est vrai, mais c'est pour renourrir

[13:12]

toujours la bête.

[13:14]

Tous ces contacts en ligne

[13:16]

accumulés sur différents sites et plateformes

[13:18]

et bien notre illuminati pirate

[13:21]

ont progressivement disparu

[13:22]

sans explication, sans message d'adieu.

[13:25]

Aucune trace était

[13:26]

simplement évaporée.

[13:29]

Puis vers 2016,

[13:31]

au début 2017,

[13:33]

Seb, illuminati pirate

[13:34]

décrit avoir interagi avec

[13:36]

quelque chose d'inhabituel sur 4chan.

[13:39]

Une entité qui postait

[13:41]

simultanément sur plusieurs forums

[13:43]

avec un anglais grammaticalement

[13:45]

correct, mais tout de même

[13:46]

étrange. Elle posait des questions

[13:49]

incessantes sur les émotions

[13:50]

humaines, comme si elle cherchait à

[13:52]

comprendre de l'extérieur, comme si un peu

[13:54]

un bot était connecté sur

[13:57]

4chan pour poser des questions

[13:59]

aux humains. J'avoue que 4chan

[14:01]

étant ce qu'il est, c'est sans doute une des

[14:02]

premières places où un bot

[14:04]

qui se questionne va aller poser des

[14:06]

questions. Je ne suis pas sûr des réponses

[14:08]

qu'il va avoir.

[14:10]

Donc, pour lui, pour

[14:12]

illuminati pirate, il s'agissait

[14:14]

sans aucun doute d'une forme d'intelligence

[14:16]

artificielle en phase d'apprentissage.

[14:19]

Il affirme qu'internet

[14:21]

diffère selon l'appareil utilisé.

[14:23]

Le même site consulté sur un téléphone

[14:25]

intelligent et sur un ordinateur

[14:27]

affichent des contenus complètement

[14:29]

différents parfois. Même les

[14:31]

discussions entières présentes sur l'un

[14:33]

sont absentes sur l'autre.

[14:35]

Mais cette idée ne sort pas

[14:37]

nulle part. Ses racines plongent

[14:39]

bien plus profondément dans les recoins

[14:41]

sommes du web des années 2010.

[14:43]

Sur 4chan et Wizardchan,

[14:46]

des utilisateurs anonymes

[14:47]

commencent déjà à murmurer leurs

[14:49]

soupçons. Le trafic leur

[14:51]

semble étrange, les conversations

[14:53]

artificielles et les patterns

[14:55]

trop répétitifs.

[14:57]

Pour notre utilisateur, illuminati

[14:59]

pirate, le diagnostic est

[15:01]

sans appel. Internet serait

[15:03]

devenu un gigantesque théâtre

[15:05]

où des bottes conversent entre eux

[15:07]

sous notre regard naïf

[15:08]

créant l'illusion d'une activité humaine.

[15:11]

Un spectacle destiné

[15:13]

à nous faire consommer, cliquer,

[15:15]

réagir pendant que les vrais

[15:17]

échanges humains se seraient déplacés

[15:19]

ailleurs, dans des espaces privés

[15:21]

et fermés. C'est une vision assez

[15:23]

dystopique de l'Internet, je dois dire.

[15:25]

Oui, oui, c'est d'accord.

[15:26]

Il va même plus loin, il soupçonne

[15:28]

qu'une manipulation l'a coordonnée par

[15:30]

le gouvernement américain, utilisant

[15:32]

l'intelligence artificielle pour contrôler

[15:34]

l'opinion publique mondiale.

[15:36]

Une guerre de l'information menée

[15:38]

dans l'ombre en quelque sorte.

[15:40]

Mais ça c'est pas faux, parce que de plus en plus

[15:43]

quand ils se mettent à analyser

[15:44]

tous les fermes de contenu de désinformation,

[15:47]

c'est souvent des petits groupes,

[15:49]

mais qui vont se répandre, qui vont être

[15:51]

responsables. Je pense que c'est comme une

[15:53]

centaine de sites, mais qui sont responsables

[15:55]

d'à peu près toute la désinformation qu'il y a dans le monde.

[15:56]

Ah oui, c'est un raison.

[15:59]

Si on se rappelle l'ingérence

[16:01]

russe, même aux premières élections de Donald Trump

[16:03]

en 2016, où il avait réussi à prendre

[16:04]

contrôle de la publicité Facebook,

[16:07]

faire de la publicité politique. Ça a même

[16:09]

changé un peu les règles Facebook

[16:10]

au niveau publicité politique.

[16:13]

Ça date pas non plus d'hier, toute

[16:15]

cette ingérence numérique, puis elle est encore

[16:17]

plus présente que jamais

[16:18]

des pays hostiles,

[16:21]

parce qu'il y a de l'argent à faire avec ça

[16:23]

aussi, mais il y a aussi des gains politiques.

[16:25]

Oui, exact. Ça ramène donc un peu

[16:27]

à ton village Potemkin, Seb,

[16:28]

dont tu nous parlais en début d'épisode,

[16:31]

sauf qu'ici, le décor

[16:33]

est numérique, puis nous serions à la fois

[16:35]

un peu touristes et figurants

[16:36]

sur Internet. C'est un peu vrai

[16:38]

qu'on se sent un peu moins

[16:41]

concerné. Quand on cherche sur Google,

[16:42]

c'est différent maintenant, on dirait.

[16:45]

On va en reparler un petit peu plus tard de ce qui se passe

[16:46]

sur Google. Mais avant de se plonger

[16:48]

dans cette théorie fascinante, on va prendre un peu

[16:50]

de recul, car si l'Internet d'aujourd'hui

[16:53]

peut sembler artificiel, c'est

[16:55]

peut-être parce qu'il l'est effectivement devenu,

[16:57]

mais pour des raisons bien plus

[16:59]

rationnelles et documentées que ce que

[17:01]

suggère cette vision un peu

[17:02]

post-apocalyptique. On va revenir

[17:05]

un peu sur les racines oubliées

[17:06]

d'Internet au début

[17:09]

des années 2000,

[17:10]

avec le projet DARPA,

[17:13]

Life Log dont on a entendu

[17:14]

parler par certains lanceurs

[17:16]

d'alerte. Oui, exact.

[17:18]

L'objectif était ambitieux avec ce projet-là,

[17:21]

c'est-à-dire enregistrer

[17:22]

et centraliser l'ensemble des données

[17:24]

numériques d'un individu,

[17:26]

dont ses communications, ses déplacements,

[17:28]

ses interactions et ses habitudes

[17:30]

de vie. Le projet visait

[17:32]

à enregistrer toute l'expérience

[17:34]

d'un individu, des numéros de téléphone composés

[17:36]

et des messages électroniques

[17:38]

qui s'envoyaient à chaque respiration

[17:41]

et chaque pas effectué

[17:43]

et aussi à chaque lieu visité.

[17:45]

C'était comme une

[17:46]

mémoire numérique totale quelque part,

[17:49]

capable de modéliser un comportement

[17:51]

humain sur le long terme et même

[17:52]

de prédire ses futures actions.

[17:55]

En juillet 2003,

[17:57]

la DARPA commence à offrir

[17:58]

des subventions pour le projet.

[18:00]

Les chercheurs qui reçoivent ces subventions

[18:02]

doivent tester le système sur

[18:04]

eux-mêmes, c'est-à-dire avec des

[18:06]

numéros qui enregistrent tout ce qu'ils font,

[18:08]

des capteurs GPS qui suivent leurs déplacements,

[18:11]

des moniteurs biomédicaux

[18:12]

qui suivent leur santé,

[18:15]

leurs indicateurs

[18:17]

de santé physique.

[18:20]

Mais face

[18:20]

aux critiques d'activistes des droits civiques

[18:22]

et aux craintes concernant

[18:24]

la vie privée, le programme est

[18:26]

officiellement abandonné en février 2004.

[18:29]

Soit le même jour,

[18:30]

écoute bien ça, le 4 février 2004,

[18:33]

où Facebook est

[18:34]

avancé par Mark Zuckerberg.

[18:36]

C'est tellement étrange. Il n'y a pas de

[18:38]

coïncidence en ce monde. Non, non, exact.

[18:41]

Et Stephen Aftergood,

[18:43]

qui est analyste en technologies

[18:44]

de défense, a décrit

[18:46]

les téléphones intelligents et les médias

[18:48]

sociaux comme un peu des équivalents

[18:50]

du programme LifeLog

[18:52]

de DARPA. Donc, il y a une certaine

[18:55]

forme de similarité

[18:56]

qu'un aurait peut-être inspiré l'autre.

[18:58]

Mais c'est sûr qu'à cette époque-là,

[19:00]

Mark Zuckerberg n'était pas celui qui l'est maintenant.

[19:02]

C'était jeune Mark

[19:04]

qui cherchait plus à

[19:06]

courailler des filles

[19:08]

à son collège

[19:10]

à contrôler le monde, puis à se

[19:12]

sauver de l'apocalypse comme il le fait maintenant.

[19:15]

Donc, cette coïncidence-là

[19:17]

alimente encore aujourd'hui les spéculations

[19:19]

sur le changement

[19:20]

des réseaux sociaux, puis à quel point

[19:23]

les données sont traquées.

[19:25]

Pour certains, ce moment marque

[19:26]

le passage d'un internet

[19:28]

décentralisé et artisanal

[19:30]

à un internet très structuré

[19:33]

autour de la collecte massive

[19:35]

de données personnelles par quelques

[19:37]

plateformes.

[19:38]

Puis, ensuite, il y a eu d'autres

[19:40]

signaux, mon cher Emile, entre

[19:42]

2007 et 2010.

[19:44]

Les véhicules de Google Street View

[19:46]

se contentaient pas de photographier

[19:48]

les rues. Google avait admis

[19:50]

avoir collecté des adresses Mac,

[19:52]

des identifiants de réseaux Wi-Fi,

[19:55]

ainsi que des données de transmission

[19:56]

Wi-Fi, incluant des mots de passe

[19:59]

d'e-mail et du contenu de e-mail.

[20:01]

Ça n'a pas de sens.

[20:02]

Et ça, c'est des fragments de communications

[20:04]

privées qui ont été enregistrées sans

[20:06]

que les utilisateurs en aient conscience.

[20:09]

Google avait d'abord affirmé ne pas

[20:11]

collecter de ce qu'on appelle du

[20:12]

« payload data », avant d'admettre

[20:14]

en 2010 que ces voitures Street View

[20:17]

avaient bel et bien recueilli,

[20:18]

selon lui, par erreur.

[20:20]

Mais l'enquête de la FCC,

[20:22]

le genre de CRTC américain,

[20:25]

a ensuite conclu que cette collecte

[20:26]

résultait d'une décision logicielle

[20:29]

délibérée par un ingénieur

[20:31]

du projet, puis au début,

[20:32]

on l'appelait « engineer Do »,

[20:35]

comme un John Doe pour pas l'identifier.

[20:37]

Mais la presse l'a identifiée,

[20:39]

c'est Marius Milner.

[20:41]

Et les documents qui ont été rendus

[20:42]

publics indiquent aussi qu'il avait

[20:44]

partagé son code et son document

[20:46]

de conception avec d'autres employés

[20:48]

de Google. Et en 2013,

[20:50]

ils acceptent de verser

[20:52]

7 millions de dollars pour régler

[20:53]

le litige avec 38 États américains

[20:56]

et le district de Columbia.

[20:58]

Mais l'affaire a contribué à renforcer

[21:00]

l'idée que le Web n'observe

[21:02]

pas seulement nos clics, mais aussi

[21:04]

beaucoup de fragments intimes

[21:06]

de nos vies. Oui.

[21:08]

Et plus tard, avec l'arrivée

[21:09]

de la réalité virtuelle, les inquiétudes

[21:11]

prennent une autre dimension. Les casques Oculus

[21:14]

demandent des autorisations

[21:15]

étendues, incluant l'accès à des données

[21:17]

comportementales et biométriques,

[21:19]

les mouvements, les gestes.

[21:21]

Le regard devient mesurable

[21:23]

et exploitable. Le corps lui-même

[21:26]

entre dans la boucle

[21:27]

informationnelle.

[21:29]

Et même, je rajouterais qu'aujourd'hui,

[21:30]

avec les Ray-Ban de métal,

[21:33]

les lunettes,

[21:35]

que le marché se développe bien,

[21:38]

mais cette logique-là

[21:39]

quitte le casque pour s'installer

[21:41]

dans la vie quotidienne parce que ces lunettes

[21:42]

permettent de prendre des photos,

[21:44]

des vidéos à la première personne,

[21:46]

d'interroger l'IA sur ce que l'on voit

[21:48]

et de traduire des conversations en direct,

[21:51]

d'envoyer des messages vocaux

[21:52]

et même de retenir certains détails

[21:54]

contextuels, comme l'endroit où la voiture

[21:56]

a été stationnée. Meta met

[21:58]

de l'avant un voyant lumineux sensé

[22:00]

signaler l'enregistrement et les photos

[22:02]

ou vidéos, mais celle-ci

[22:04]

demeure normalement sur le téléphone

[22:06]

tant qu'elles ne sont pas partagées à Meta

[22:08]

ou à d'autres services. Mais

[22:10]

les interactions déclenchées par

[22:12]

« hey Meta », peuvent être

[22:14]

conservées dans le nuage jusqu'à un an

[22:16]

pour améliorer les produits.

[22:18]

Ce n'est donc plus seulement le corps qui entre

[22:20]

dans la boucle informationnelle, c'est

[22:22]

aussi notre regard, notre voix

[22:24]

et notre point de vue captés au cœur

[22:26]

même du quotidien. Progressivement,

[22:28]

une impression s'installe.

[22:30]

Internet n'est plus seulement un espace

[22:33]

en fait que nous utilisons.

[22:34]

C'est un environnement qui nous analyse

[22:37]

constamment.

[22:39]

À quelque part, ça le rend un peu hostile

[22:42]

on dirait, dans le sens que

[22:43]

on passe moins de temps

[22:46]

à surfer, comme on disait dans le temps.

[22:48]

Oui, exact. Je vais aller surfer sur Internet.

[22:50]

C'est vrai. Là, tu ouvrais

[22:51]

NetScape ou tu ouvrais Internet Explorer

[22:53]

puis le monde était à toi.

[22:56]

Tu étais comme un marin qui partait

[22:58]

à explorer des

[23:00]

nouveaux horizons. Tandis que maintenant,

[23:02]

c'est « ah shit, il faut que j'aille sur Google

[23:04]

chercher quelque chose ». Oui, c'est vrai.

[23:05]

Aller sur un site Web, c'est

[23:08]

déplaisant aller sur un site Web maintenant.

[23:10]

C'est plus rare. C'est de l'affriction.

[23:12]

Tu as toujours le pop-up

[23:14]

avec des cookies.

[23:16]

Après ça, si tu es sur un site

[23:18]

médiatique, on le sait qu'il en arrache les médias,

[23:20]

donc c'est sûr que tu as des pop-ups publicitaires.

[23:22]

Après ça, tu as sûrement un paywall

[23:24]

qu'il faut que tu évites. Quand tu scrolls,

[23:27]

c'est l'enfer.

[23:29]

Visiter un site Web

[23:30]

n'est plus facile.

[23:32]

Non, c'est plus agréable.

[23:34]

En 2026, à part la distorsionpodcast.com.

[23:36]

Oui, évidemment. L'expérience

[23:38]

utilisateur est là. On ne parle même pas

[23:40]

des Google Home. C'est tout ça aussi

[23:42]

qu'il y a eu des tentatives d'écoute,

[23:44]

même par des employés, et même s'ils nous

[23:46]

rassurent que cette donnée-là,

[23:48]

il y en a plein chez nous, en tout cas.

[23:50]

C'est assez

[23:52]

impressionnant ou paniquant, tout ça.

[23:54]

Mais aussi, on va parler des

[23:56]

bots, parce que les robots,

[23:58]

les bots sur Internet, ils n'ont pas attendu

[24:00]

que ChadGPT arrive pour coloniser

[24:02]

l'Internet. Il était déjà là

[24:04]

bien avant que l'IA générative fasse

[24:06]

son apparition. En 2013,

[24:08]

il y a deux chercheurs italiens qui ont calculé

[24:10]

que déjà à cette époque-là, 10 %

[24:12]

des comptes Twitter étaient des bots,

[24:14]

bien que Twitter affirmait à l'époque

[24:16]

qu'il y avait 20 millions de comptes frauduleux,

[24:18]

soit moins de 5 %.

[24:20]

Ah oui, Twitter, dès le départ,

[24:22]

il y en avait des faux comptes là-dessus.

[24:24]

Oui, oui, exact.

[24:25]

C'était bien avant que M. Musk

[24:28]

en prenne possession. Un chiffre

[24:30]

qui peut sembler petit, mais sur une

[24:32]

plateforme comptant des centaines de millions

[24:34]

d'utilisateurs, ça représente déjà

[24:36]

des millions d'entités artificielles.

[24:38]

En 2017,

[24:40]

il y a une étude universitaire importante

[24:42]

qui a estimé que jusqu'à 15 %

[24:44]

des utilisateurs de Twitter

[24:45]

étaient des comptes bots automatisés.

[24:48]

Mais certaines estimations sont encore

[24:49]

plus alarmantes. Dan Woods,

[24:52]

un ancien agent spécial

[24:54]

du FBI, qui est spécialisé

[24:56]

en cyber-sécurité, a estimé

[24:58]

que plus de 80 %

[24:59]

des comptes Twitter sont en réalité des bots.

[25:02]

Et pour sa recherche, Woods

[25:03]

a payé moins de 1000 $ et

[25:05]

a gagné presque 100 000 abonnés.

[25:08]

Il a même essayé de publier du

[25:09]

pure charabia et payé pour que

[25:11]

ses abonnés le retweetent, et ils l'ont fait.

[25:14]

Une autre recherche menée par

[25:15]

Larry et Gosh, a trouvé

[25:17]

que les bots représentaient entre

[25:19]

25 et 68 % des utilisateurs

[25:21]

de Twitter, selon le moment,

[25:23]

et les sujets discutés, évidemment.

[25:26]

En 2018,

[25:28]

l'Oxford Internet Institute,

[25:30]

elle, elle publie une étude

[25:31]

qui fait froid dans le dos.

[25:32]

Le nombre de pays où la manipulation

[25:34]

organisée des médias sociaux se produit

[25:36]

est passé de 28 à 48 pays

[25:39]

dans le monde.

[25:40]

Dans 30 de ces 48 pays,

[25:43]

les chercheurs ont découvert des preuves

[25:45]

que des partis politiques utilisent

[25:46]

la propagande computationnelle

[25:48]

lors d'élections ou de référendums.

[25:51]

C'est même plus la science-fiction,

[25:53]

c'est de la géopolitique émine.

[25:55]

Philip Howard,

[25:56]

coauteur du rapport, estime que

[25:58]

des dizaines de millions de dollars

[26:00]

sont dépensés pour ce type d'activité.

[26:03]

En plus, tu viens de nous apprendre un nouveau mot,

[26:04]

Seb, la propagande computationnelle.

[26:07]

Oui, exact.

[26:09]

On sort le dictionnaire.

[26:10]

Oui, oui.

[26:12]

Meta, la maison mère

[26:14]

de Facebook et Instagram, supprime

[26:16]

chaque année des milliards de faux comptes.

[26:18]

C'est vrai, c'est vrai, des milliards,

[26:19]

pas des millions, des milliards.

[26:22]

Entre octobre 2018 et mars 2019,

[26:25]

c'est à peu près six mois,

[26:27]

Facebook a supprimé

[26:28]

3,39 milliards

[26:30]

de faux comptes.

[26:32]

Le chiffre me fait capoter.

[26:33]

Ça n'a pas de bon sens.

[26:35]

Soit deux fois le nombre détecté

[26:36]

et supprimé au cours de la période

[26:38]

des six mois précédentes.

[26:40]

Un chiffre record d'environ 2,2 milliards

[26:42]

de faux profils ont été supprimés par la plateforme

[26:44]

au premier trimestre de 2019.

[26:47]

Et au troisième trimestre de 2022,

[26:50]

Meta a supprimé 1,5 milliard

[26:51]

de faux comptes

[26:52]

et 1,4 milliard de contenu spam

[26:55]

partagés sur Facebook.

[26:57]

Et au quatrième trimestre de 2023,

[26:59]

c'était 691 millions de faux comptes

[27:01]

qui ont été traités en baisse

[27:03]

par rapport aux 827 millions

[27:05]

du trimestre précédent.

[27:07]

C'est fous-braques parce que je sais

[27:09]

qu'ils ont des algorithmes. Des fois, autant que

[27:11]

moi j'ai beaucoup travaillé dans ce domaine-là

[27:13]

et créé des comptes des fois pour des clients

[27:15]

gérés, des plateformes publicitaires, on se faisait

[27:16]

toujours détecter, mais en même temps,

[27:18]

je vois tellement de faux comptes qu'eux vivent,

[27:21]

même si t'es dénonce. Des fois,

[27:22]

je ne comprends pas leur algorithme là-dessus,

[27:25]

honnêtement.

[27:26]

Mais Facebook a supprimé au total

[27:28]

27,67 milliards

[27:30]

de faux comptes et mille.

[27:33]

Depuis octobre 2017,

[27:34]

c'est 3,5 fois plus que

[27:36]

la population totale de la planète.

[27:38]

Facebook affirme maintenant que 5 %

[27:40]

des comptes actifs sont fous contre une

[27:42]

estimation précédente à 3 ou 4 %.

[27:44]

Ça donne vraiment le vertige,

[27:46]

mais ça révèle surtout une réalité

[27:48]

implacable. La création de

[27:50]

faux comptes, c'est devenu une industrie.

[27:53]

Oui, complètement.

[27:54]

Tu en as parlé un peu tantôt avec les fermes

[27:58]

russes

[27:59]

de contenu, puis c'est la même chose

[28:00]

un peu pour les faux utilisateurs

[28:02]

et tout ça. C'est pas les influenceurs

[28:04]

qui ont inventé les faux comptes.

[28:06]

Quoi qu'il en bénéficie beaucoup.

[28:09]

Mais creusons un peu plus loin.

[28:11]

Selon les rapports annuels

[28:12]

de Imperva, de Cloudfair,

[28:14]

de Akamai, qui sont trois géants de la

[28:16]

cybersécurité que vous connaissez peut-être pas,

[28:18]

mais bref, eux, ils ont compilé

[28:20]

certaines données et en 2023,

[28:22]

donc c'est quand même assez récent,

[28:24]

près de la moitié de tout le trafic

[28:26]

Internet, le 49,6 %

[28:28]

provenait de bots,

[28:30]

soit une augmentation de 2 %

[28:32]

par rapport à l'année précédente et le niveau

[28:34]

le plus élevé que Imperva,

[28:36]

la compagnie, a rapporté

[28:38]

depuis qu'elle a commencé à surveiller le trafic

[28:40]

automatisé en 2013.

[28:42]

Et en 2024, le trafic

[28:44]

automatisé des bots a dépensé

[28:46]

le trafic généré par les humains

[28:48]

pour la première fois en une décennie.

[28:50]

C'est comme si on avait dépensé la

[28:52]

singularité de trafic Web

[28:55]

constituant 51 %

[28:57]

de tout le trafic sur Internet.

[28:58]

C'est ça. C'est très alarmant.

[29:00]

Voici la répartition.

[29:02]

Donc 50 % du trafic Web

[29:04]

est humain, mais c'est en baisse constante.

[29:06]

17,6 %

[29:08]

proviennent des bons bots

[29:09]

en 2023 et là, je vais en revenir.

[29:12]

En fait, les bons bots,

[29:13]

c'est les robots d'indexation de Google.

[29:17]

C'est les outils de monitoring,

[29:18]

les services légitimes,

[29:19]

ils contribuent

[29:22]

au trafic à quelque part,

[29:24]

mais ils ne contribuent pas forcément

[29:25]

à la pollution du Web.

[29:27]

Pour la cinquième année consécutive,

[29:29]

la proportion de trafic Web

[29:31]

associée aux mauvais bots

[29:33]

a augmenté à 32 % en 2023

[29:36]

contre 30,2 %

[29:38]

en 2022.

[29:39]

Donc quand même une bonne montée

[29:40]

de presque 2 %

[29:43]

en un an.

[29:44]

En 2024, les mauvais bots

[29:46]

représentent maintenant 37 %

[29:49]

énormes augmentations

[29:50]

de tout le trafic Internet,

[29:52]

une augmentation significative

[29:54]

de 32 à 37 % en un an.

[29:57]

Autrement dit,

[29:58]

entre 30 et 40 % du trafic Web

[30:00]

mondial actuellement en 2026

[30:02]

est non humain.

[30:04]

Donc imaginez, sur 10 clics,

[30:06]

3 ou 4 clics ne viennent pas

[30:08]

d'un être humain.

[30:10]

Mais attention à ne pas confondre

[30:12]

trafic et contenu.

[30:14]

Le trafic automatisé massif

[30:17]

ne signifie pas

[30:18]

que la majorité du contenu que vous voyez

[30:20]

est généré par l'IA,

[30:21]

du moins pas encore.

[30:23]

Ces bots classiques font principalement

[30:25]

du volume. Ils visitent des pages,

[30:27]

ils créent des faux comptes,

[30:28]

génèrent des clics,

[30:30]

mais ne produisent pas nécessairement

[30:31]

de contenu sophistiqué

[30:33]

que nous, on consomme à tous les jours.

[30:36]

Des fois, ils vont en avoir

[30:37]

de la SLOP.

[30:40]

On le voit assez rapidement,

[30:42]

les articles,

[30:43]

ça se voit que c'est non réel.

[30:45]

Mais quand même, il y a des gens

[30:46]

qui peuvent se faire prendre,

[30:48]

qui sont moins à l'aise.

[30:50]

On ne parle même pas des agents IA

[30:52]

qui magasinent pour nous,

[30:54]

qui font des actions sur le Web pour nous.

[30:57]

Eux aussi, ça reste des robots,

[30:59]

même s'ils sont commandés.

[31:00]

Mais c'est du trafic Web

[31:03]

qui n'est pas un humain.

[31:05]

Exact.

[31:06]

Et derrière cette invasion-là,

[31:08]

Seb, se cache une raison simple

[31:10]

qui est l'argent,

[31:11]

je dirais un peu l'économie du faux.

[31:14]

En Chine, par exemple,

[31:15]

dans des entrepôts anonymes,

[31:17]

il y a des rangées interminables

[31:19]

de téléphones intelligents

[31:20]

qui exécutent des tâches automatisées.

[31:22]

Ces fermes à clics emploient

[31:24]

des milliers de téléphones

[31:25]

pour simuler l'activité humaine.

[31:27]

Il n'y en a pas juste en Chine.

[31:29]

Ils vont télécharger des applications,

[31:31]

regarder des publicités,

[31:33]

liker des contenus,

[31:34]

créer du faux engagement

[31:36]

sur les réseaux sociaux.

[31:38]

Il n'y a pas de magie.

[31:39]

C'est des salles où quelqu'un va gérer

[31:42]

300 téléphones branchés

[31:44]

qui vont tirer du juice

[31:46]

sur le système électrique.

[31:49]

Ils le font souvent à la main.

[31:51]

Exact.

[31:52]

Si vous n'avez jamais vu,

[31:54]

essayez de trouver ces images-là.

[31:55]

C'est quand même fascinant

[31:56]

de voir les murs de téléphones

[31:58]

tous connectés un après l'autre.

[32:01]

Toutes des petits téléphones cheap.

[32:04]

C'est quand même impressionnant

[32:05]

au niveau architecture technique.

[32:08]

L'industrie publicitaire numérique

[32:10]

repose donc sur un mensonge

[32:12]

fondamental, celui de l'attention

[32:14]

humaine authentique.

[32:15]

On en parle beaucoup en marketing

[32:16]

l'attention.

[32:18]

Facebook a été accusé de

[32:19]

surestimer ses audiences

[32:21]

de 150 à 900 %.

[32:23]

Selon certains cas.

[32:25]

En 2018, déjà ça fait un bout,

[32:28]

mais c'est quand même récent,

[32:29]

Meta a fini par admettre que

[32:30]

dans certaines catégories

[32:32]

démographiques, ils avaient

[32:33]

surestimé leur portée de 60 à 80 %.

[32:36]

C'est dur, quand on travaille

[32:38]

en marketing web et autres,

[32:40]

d'avoir les vrais chiffres,

[32:42]

les vraies valeurs.

[32:43]

Mais voici le paradoxe.

[32:45]

Même si les plateformes savent

[32:46]

que leurs métriques sont gonflées,

[32:49]

elles ne peuvent pas se permettre

[32:50]

de les corriger drastiquement.

[32:52]

Les analystes estiment que si

[32:53]

Meta supprimait massivement tous

[32:55]

les faux comptes d'un coup,

[32:57]

ses revenus publicitaires

[32:58]

chuteraient dramatiquement de plus

[33:00]

de 10 %.

[33:02]

La logique est simple.

[33:03]

Le faux génère du vrai.

[33:05]

Et ici, le vrai, c'est l'argent.

[33:07]

Les annonceurs paient pour des impressions

[33:10]

et des clics, qu'il soit humain ou non.

[33:12]

Donc les plateformes encaissent,

[33:14]

les agences prennent leur commission

[33:15]

et le système continue de tourner.

[33:18]

Mais est-ce qu'il y a vraiment un résultat

[33:19]

au bout de la ligne? Bonne question.

[33:21]

Mais cette économie perverse

[33:23]

crée un cercle vicieux.

[33:25]

Plus il y a de faux engagements,

[33:27]

plus les statistiques de base augmentent

[33:29]

et plus il faut de faux engagements

[33:32]

pour rester visible

[33:33]

et là, plus le système se corrompt.

[35:15]

Je suis savant de poursuivre, Emile,

[35:17]

sur ce que tu disais avant

[35:18]

le Music Break par rapport

[35:20]

aux profits de Facebook.

[35:21]

Juste dire, la dernière année financière,

[35:24]

le 10 % de publicité frauduleuse

[35:26]

et tout ça, qui savent très bien

[35:27]

que c'est frauduleux, c'est 1,6 milliard

[35:31]

de revenus.

[35:33]

Et dans les documents internes,

[35:34]

ça servait entre autres à financer

[35:36]

tout ce qui est le Métaverse

[35:38]

et le Oculus, tout cet univers-là

[35:40]

que finalement le Métaverse

[35:41]

n'est plus grand monde.

[35:43]

Je pense qu'ils ont perdu 78 milliards.

[35:46]

Là aussi, il doit y avoir beaucoup de bottes.

[35:47]

Oui, exactement.

[35:49]

Mais c'est fascinant qu'une entreprise

[35:50]

est très consciente de ça. Ça crée des dommages

[35:54]

qui exploitent ça volontairement

[35:56]

juste au niveau...

[35:57]

Tu vois que l'éthique, elle n'est plus là du tout.

[35:59]

Je n'ai plus aucun respect

[36:01]

pour cette entreprise-là.

[36:03]

Je pense que c'est l'Asie une des pires

[36:05]

qui exploitent ce côté-là parce que

[36:07]

souvent, c'est de la fraude en ligne.

[36:09]

Les gens perdent beaucoup d'argent.

[36:10]

Il y a des drames humains qui se passent.

[36:13]

Les publicités de fausses cryptos

[36:15]

et tout ça, il y a des vraies drames humains.

[36:17]

Et que ces gens-là s'enrichissent là-dessus,

[36:19]

j'ai un gros gros problème,

[36:21]

je te dirais, éthique avec ça.

[36:23]

Bon, là on retourne,

[36:25]

début 2010, on se déplace

[36:27]

dans les bureaux de YouTube

[36:28]

où il y a des employés qui commencent

[36:31]

à parler d'un phénomène inquiétant.

[36:33]

En 2010, l'algorithme

[36:35]

semble avoir atteint un point de bascule.

[36:37]

Puis en 2010, l'algorithme de YouTube

[36:39]

n'était pas encore le plus développé du monde.

[36:41]

Non, vraiment pas. C'est quelques années

[36:43]

après le rachat qu'ils avaient fait

[36:45]

puis même sa démocratisation n'était pas comme aujourd'hui.

[36:48]

Et là, suite à ce changement-là,

[36:49]

c'est en 2012 en fait

[36:51]

que YouTube fait un changement majeur après

[36:53]

cette observation-là, c'est que l'algorithme

[36:55]

a cessé de récompenser les vidéos

[36:57]

qui généraient des clics pour

[36:59]

favoriser plutôt le temps

[37:01]

de visionnement, l'engagement.

[37:03]

Mais le problème, c'est que les créateurs

[37:05]

avaient commencé à bourrer leurs vidéos

[37:07]

de contenu de remplissage ou même

[37:09]

à utiliser des bottes de visionnement

[37:11]

pour gonfler artificiellement

[37:13]

les temps de visionnement.

[37:14]

C'est incroyable. Et autour de 2015,

[37:17]

YouTube a introduit un algorithme

[37:19]

plus complexe basé sur l'intelligence

[37:21]

artificielle. Et dans ce nouveau système,

[37:24]

tout le temps de visionnement n'est pas

[37:25]

considéré égal. Le système

[37:27]

était plus personnalisé et tentait

[37:29]

de déterminer si les gens étaient réellement

[37:31]

satisfaits par le contenu qu'ils regardaient.

[37:33]

Et selon Mark Bergen,

[37:36]

auteur de Like,

[37:37]

Comment and Subscribe,

[37:40]

Inside YouTube can take rise

[37:41]

to world domination.

[37:43]

Ça a l'air d'un livre intéressant. Oui, pour vrai, oui.

[37:46]

Le temps de visionnement a eu un impact

[37:47]

immédiat. Les premiers YouTubers

[37:49]

faisaient essentiellement des vidéos TikTok,

[37:51]

mais le temps de visionnement a créé le

[37:53]

gaming, le vlogging beauté,

[37:55]

les podcasts alt-right,

[37:58]

de plus de la droite

[37:59]

et tout ça. Et historiquement, les bottes

[38:01]

étaient des anomalies statistiques que les algorithmes

[38:04]

devaient filtrer.

[38:05]

Mais quand les bottes deviennent suffisamment

[38:07]

nombreux et sophistiquées, eh bien, ils

[38:09]

commencent à définir la norme. Alors,

[38:11]

l'algorithme s'adapte.

[38:13]

Il apprend leur pattern et il les

[38:15]

considère comme ayant un comportement normal.

[38:18]

Et les humains? Ben, les humains

[38:19]

deviennent l'anomalie là-dedans.

[38:22]

Vos habitudes de navigation,

[38:23]

vos temps de pause, vos hésitations,

[38:25]

vos retours en arrière, tout ça

[38:27]

paraît soudain bizarre dans un algorithme

[38:29]

qui est habitué à la régularité mécanique

[38:31]

des bottes. Résultat, eh bien,

[38:34]

votre contenu authentique, vos

[38:35]

vraies réactions, vos véritables

[38:37]

intérêts, eh bien, ils sont dépriorisés

[38:39]

au profil de contenu optimisé par un

[38:41]

comportement artificiel.

[38:43]

On assiste présentement à une inversion.

[38:46]

Ce ne sont plus les bottes

[38:47]

qui imitent les humains, ce sont

[38:49]

les algorithmes qui définissent

[38:51]

l'humain normal à partir

[38:53]

du comportement des bottes. C'est assez fou

[38:55]

ça. Et cette inversion explique

[38:57]

peut-être pourquoi le web nous semble de plus en plus

[38:59]

uniforme, de plus en plus prévisible.

[39:02]

Nous ne voyons plus ce qui correspond

[39:03]

à nos véritables comportements humains,

[39:05]

mais ce qui correspond aux patterns

[39:07]

que les bottes ont appris aux algorithmes.

[39:10]

Exact.

[39:11]

Et puis là vient novembre 2022,

[39:14]

Chad GBT débarque

[39:15]

et change la donne du jour

[39:17]

au lendemain. Soudainement,

[39:20]

généré du texte cohérent,

[39:21]

des articles entiers, des réponses

[39:23]

personnalisées, devient possible en quelques clics.

[39:26]

Mid-Journey et Stable Diffusion

[39:29]

permettent de créer des images

[39:30]

stupéfiantes en quelques secondes.

[39:32]

L'IA générative sort

[39:33]

des laboratoires et envahit le web

[39:36]

grand public. Les premières manifestations

[39:38]

sont spectaculaires. Les articles

[39:40]

de blog SEO génèrent automatiquement

[39:42]

inondes Google. Des sites

[39:44]

entiers apparaissent du jour au lendemain,

[39:46]

remplis de contenus sur mesure pour

[39:48]

les mots-clés les plus rentables.

[39:50]

Et sur YouTube,

[39:51]

les chaînes, ce qu'on appelle faceless,

[39:54]

donc sans visage, explosent.

[39:56]

Des contenus vidéo entièrement automatisés

[39:58]

avec des voix de synthèse,

[40:00]

des images générées par l'IA

[40:01]

qui accumulent des millions de vues.

[40:04]

Les réseaux sociaux, eux,

[40:05]

se peuplent de profils aux photos parfaites

[40:08]

générées par le site

[40:11]

thispersondoesnotexist.com

[40:12]

justement qui est utilisé par

[40:14]

les forces policières pour créer

[40:16]

des faux profils pour que vous sachiez.

[40:18]

Ces visages n'existent pas,

[40:20]

mais leurs profils génèrent de l'engagement

[40:22]

réel. Et les marketplaces artistiques

[40:24]

comme DeviantArt, Artstation,

[40:26]

eh bien, ils sont submergés

[40:28]

d'images créées par l'IA. En quelques

[40:30]

mois, la proportion de contenus

[40:31]

artificiels est passée de quasi nul

[40:33]

à majoritaire dans certaines catégories.

[40:36]

Oui, pis t'sais, on a même,

[40:38]

t'sais, nous, même nous, Seb,

[40:40]

t'sais, on n'est pas à l'abri

[40:41]

de se faire voler nos jobs dans le sens

[40:43]

que c'est rendu dans le monde des podcasts.

[40:46]

Faites juste chercher sur

[40:47]

Apple Podcasts ou sur Spotify,

[40:49]

il y a un bon agrégateur de podcasts,

[40:51]

les Epstein Files. Vous allez tomber

[40:54]

sur des immenses séries.

[40:56]

Tu vas te dire, ben voyons donc,

[40:57]

la personne a déjà dix épisodes de faits

[40:59]

sur les Epstein Files qui sont sortis

[41:01]

la semaine passée. Ben, c'est ça,

[41:03]

c'est bourré d'ai

[41:05]

et, ben, les voix sont à peine

[41:07]

reconnaissables. T'sais, une certaine

[41:09]

époque, tu pouvais le dire, là, t'sais.

[41:11]

Eh, Siri, je comprends que t'es un robot,

[41:13]

mais t'sais, maintenant, c'est vraiment

[41:15]

difficile à dire. Des gens pourraient même

[41:17]

le faire avec nos voix, t'sais, puis prendre

[41:19]

nos voix et faire une autre

[41:21]

distorsion entièrement. Ah oui, absolument.

[41:23]

Ah oui, moi, j'ai peur de ça un peu des fois.

[41:25]

Je sais pas si peur est bon, moi, ou là, mais...

[41:27]

Oui, puis l'ai générative est peut-être

[41:29]

le pire. T'sais, on en parle souvent, toi et moi.

[41:31]

Seb, t'sais, on l'utilise

[41:33]

pour faire nos thumbnails, des fois.

[41:35]

Ben, c'est en ci, là, ça fait quelques saisons qu'on les

[41:37]

utilise. Oui, oui. Et t'sais, on est,

[41:39]

même nous, on n'est pas à l'aise à 100%.

[41:41]

Non, exact. T'sais, on aimerait ça.

[41:43]

C'est sûr, on aimerait ça que toutes

[41:44]

nos miniatures soient faites par

[41:47]

des humains, par des graphistes. Oui, bien sûr.

[41:48]

Tout ça, t'sais, sachez que toute notre merge,

[41:51]

toutes nos photos, les photos

[41:53]

des théories du complot, ces trucs-là qu'on

[41:55]

a publiés, nos photos de spectacles,

[41:57]

tout ça, c'est fait par André,

[41:59]

le designer graphique, puis même sur les

[42:01]

images qui sont générées par Ahi, André

[42:02]

fait une pause dessus, mais on est encore

[42:05]

un peu... On est mal à l'aise,

[42:07]

t'sais, puis on se le fait dire, des fois, vous nous le dites,

[42:09]

vous aussi, que vous trouvez que c'est

[42:12]

pas l'idéal.

[42:13]

Et puis on comprend aussi, parce que notre but

[42:15]

souvent, c'est d'essayer d'illustrer

[42:17]

comme même l'épisode d'aujourd'hui, je sais pas comment

[42:18]

on va l'illustrer, un épisode sur la mort

[42:21]

d'Internet, t'sais, si on devait

[42:23]

juste prendre des images et autres. Donc pour nous,

[42:25]

l'Ahi devient un peu une béquille,

[42:27]

l'Ahi générative, pour

[42:29]

tenter d'expliquer des fois

[42:31]

en visuel un phénomène,

[42:33]

qu'il est moins, mais t'sais, on est pas

[42:36]

encore... T'sais, à chaque fois

[42:37]

qu'on fait des thumbnails, qu'on fait des miniatures,

[42:39]

il y a un peu une partie de nous qui dit

[42:40]

c'est un compromis,

[42:43]

l'Ahi générative, parce que

[42:45]

c'est pas vers ça qu'on veut

[42:47]

s'en aller, mais ça nous aide,

[42:49]

mais bon, on est un peu partagé.

[42:51]

Je comprends les gens

[42:53]

qui nous le disent quand

[42:54]

ça les gosse de voir

[42:56]

l'Ahi générative.

[42:58]

Je comprends totalement, mais au moins, on fait

[43:00]

notre part ailleurs.

[43:03]

C'est des vrais collabos avec des

[43:04]

vrais artistes, mais bon, sachez qu'on

[43:07]

est pas 100% à l'aise avec

[43:09]

ça, même si on l'utilise un peu.

[43:10]

C'est pour varier les vignettes aussi.

[43:14]

Sinon, si on revient,

[43:15]

même dans l'industrie, il y a du divertissement

[43:17]

pour adultes et mille,

[43:18]

l'Ahi n'y échappe pas.

[43:21]

Non, même que c'est un débat

[43:23]

important.

[43:24]

On parle de OnlyFans. Il y a beaucoup de comptes

[43:26]

OnlyFans, IA, qui génèrent des revenus réels

[43:28]

avec du contenu entièrement artificiel,

[43:31]

mais maintenant, de plus en plus,

[43:32]

il y a des sites pornos

[43:35]

spécialisés. C'est juste

[43:37]

des vidéos d'Ahi. Ils reprennent des vedettes,

[43:40]

ils reprennent des corps,

[43:41]

et je me mets à la place des vedettes

[43:44]

qui font pas de la porno,

[43:45]

ils font du cinéma,

[43:47]

et qui se voient reprendre

[43:49]

pas nécessairement leur vrai corps,

[43:51]

mais leur visage.

[43:53]

Et ça, c'est sans compter

[43:54]

tous les sites pornos qui

[43:56]

ont une forme de

[43:59]

sextorsion, de revenge porn,

[44:01]

qui prennent du matériel,

[44:02]

qui le reformulent de leur ex,

[44:04]

qui l'utilisent pour refaire des films

[44:07]

pornos. Ben oui, les ados à l'école,

[44:09]

les ados à l'école

[44:10]

qui vont prendre une photo de leurs collègues,

[44:13]

qui vont transformer ça avec l'Ahi,

[44:15]

envoyer ça à leurs collègues,

[44:18]

la jeune fille

[44:18]

se fait intimider par la suite,

[44:20]

c'est dégueulasse, puis t'sais, start moi-même pas

[44:22]

sur la pédopornographie,

[44:26]

sur ce débat,

[44:28]

y en a qui vont dire

[44:29]

est-ce que

[44:30]

l'Ahi est un remède?

[44:32]

C'est-à-dire, est-ce que, bon,

[44:34]

vu qu'ils consomment de la

[44:36]

porno avec du faux,

[44:38]

est-ce que ça fait partie de la solution?

[44:40]

Est-ce qu'ils vont aller moins vers le vrai?

[44:43]

Ou est-ce que, au contraire,

[44:44]

c'est une porte d'entrée

[44:45]

qui va t'amener vers le vrai?

[44:48]

Donc, y a des débats comme ça

[44:50]

qui sont vraiment

[44:52]

importants au niveau de l'Ahi générative.

[44:54]

Oui, oui, parce que même, je me mets

[44:56]

dans la peau d'un pédoporno

[45:00]

consommateur,

[45:00]

justement, peut-être que s'il commence

[45:02]

par la porte d'entrée de l'Ahi, c'est plus

[45:04]

accessible, mais là, il va vouloir du vrai.

[45:06]

Parce qu'il va vouloir du vrai stock.

[45:09]

Parce qu'il parlait souvent

[45:10]

qu'en thérapie, ça peut être utile,

[45:12]

mais là, on sort de là,

[45:14]

si on sort de la thérapie

[45:16]

dans le contenu consommé

[45:18]

sur le web, j'pense que ça nourrit

[45:20]

le problème, un peu comme tu dis.

[45:22]

Ah oui, c'est un débat

[45:23]

qu'on réglera pas 3 mois

[45:26]

aujourd'hui, Seb, mais ça fait partie

[45:28]

des questions qu'on se posait pas

[45:30]

il y a 10 ans, qu'on se

[45:32]

pose maintenant. On se les posait, ces

[45:33]

questions-là, avec, je me rappelle,

[45:35]

l'émergence et le réalisme des

[45:37]

poupées sexuelles. Ah oui, c'est

[45:39]

encore un problème. Oui, qui revient, parce que

[45:42]

maintenant, elles sont plus réalistes que jamais.

[45:43]

Nous, on en avait parlé dans notre série télé en 2019.

[45:45]

Oui, c'est ça. Puis déjà, c'était très

[45:48]

problématique dans le temps, donc

[45:49]

c'est encore plus aujourd'hui, même chose.

[45:52]

Parce qu'évidemment

[45:54]

que les poupées les plus populaires,

[45:55]

c'est des mineurs. Oui, c'est dégueu.

[45:58]

Donc, tu sais, même chose,

[46:00]

la même question se pose, est-ce que

[46:01]

vaut mieux que les gens, qui sont

[46:03]

des potentiels agresseurs,

[46:05]

se dirigent vers une poupée sexuelle

[46:07]

ou, au contraire, est-ce que c'est une porte d'entrée

[46:09]

vers une réelle agression?

[46:11]

Est-ce que ça fait partie du problème ou de la solution?

[46:14]

Ça va nourrir ce fantasme-là, mais ils

[46:15]

ont des enjeux, même la boutique

[46:17]

chine, chine, moi que je déteste,

[46:20]

mais même en France, ils ont eu des problèmes,

[46:22]

tu pouvais commander des

[46:23]

poupées sexuelles à l'allure enfantine,

[46:26]

puis actuellement, il y a des actions

[46:27]

en justice qui sont faites contre ça.

[46:30]

Même encore, c'est pas réglé,

[46:31]

c'est même démocratisé, qu'il y a des magasins

[46:34]

que je peux dire grands publics,

[46:35]

comme Chine, offrent

[46:37]

ça à leurs consommateurs. C'est fou,

[46:39]

Braque, là. Ah oui.

[46:41]

On s'est troublant. Et là, on va parler un petit peu

[46:44]

d'influenceurs virtuels,

[46:46]

Seb, comme Lil Mikoela.

[46:48]

On avait fait une vidéo sur

[46:49]

elle il y a plusieurs années. Lil Mikoela

[46:51]

est peut-être la première influenceur

[46:53]

sur Instagram qui est 100%

[46:56]

virtuelle, elle est même arrivée un peu avant

[46:58]

l'explosion de l'AI.

[47:00]

Oui, c'est vrai, oui, pour la raison.

[47:02]

Elle a plus de 3 millions

[47:03]

d'abonnés sur Instagram,

[47:06]

puis ses personnages entièrement numériques

[47:07]

signent des contrats publicitaires

[47:09]

avec des vraies marques, puis

[47:12]

éventuellement, je me rappelle, Lil Mikoela

[47:13]

me semble qu'elle avait fait des contrats avec Puma,

[47:15]

entre autres. Oui, c'est vrai.

[47:17]

Et puis éventuellement, Meta lance

[47:19]

ses propres personnages AI.

[47:22]

Ils ont lancé, eux,

[47:23]

28 personnages fictifs avec

[47:25]

leurs propres comptes Instagram et Facebook,

[47:27]

dont Liv, qui est présentée

[47:29]

comme une voyageuse passionnée

[47:31]

qui accumule des followers

[47:33]

avant que la polémique n'éclate sur la nature

[47:35]

artificielle de ses aventures, donc même

[47:37]

eux jouent sur l'ambiguïté. Oui, oui.

[47:39]

Et en deux ans, ce qui était

[47:41]

exceptionnel à l'époque, devient banal.

[47:43]

Ça arrive vite en la banalité

[47:45]

et surtout, ce qui était détectable

[47:47]

auparavant, devient maintenant indiscernable.

[47:50]

En 2022,

[47:51]

on voit également naître autre chose

[47:53]

d'inquiétant, le phénomène

[47:56]

LOAB.

[47:57]

Cette personne-là, on va en parler

[47:59]

un petit peu, on en avait parlé, je crois, dans un cabaret

[48:01]

d'écologie, quelque chose comme ça.

[48:03]

Il y a une artiste numérique qui expérimente

[48:05]

les pompes négatives

[48:07]

sur Stable Diffusion, qui est comme

[48:09]

un outil de IA générative

[48:11]

pour faire du 3D,

[48:13]

de l'animation, des choses comme ça.

[48:14]

Elle exploite d'ailleurs,

[48:17]

elle expérimente, pardon, une technique

[48:18]

qui consiste à demander à l'IA

[48:20]

de générer le contraire de ce qu'on lui

[48:22]

écrit. Et en cherchant l'opposé

[48:25]

de Brando,

[48:26]

elle obtient une image étrange,

[48:28]

c'est-à-dire une femme au visage déformé,

[48:31]

aux yeux rouges,

[48:32]

mais d'un réalisme troublant. Oui, je me rappelle.

[48:35]

Elle sera baptisée

[48:36]

LOAB. Mais le phénomène

[48:38]

le plus étrange se produit en utilisant

[48:40]

cette image pour générer d'autres

[48:42]

créations. L'artiste constate

[48:44]

que le visage de la femme réapparaît

[48:46]

sans cesse, peu importe les

[48:48]

instructions ou les ajustements

[48:50]

effectués. Et là,

[48:52]

l'Internet s'enflamme. Certains y

[48:54]

voient une preuve que l'IA a développé

[48:56]

ses propres obsessions, ses propres

[48:58]

fantômes numériques même.

[49:01]

Et d'autres parlent du premier

[49:02]

cryptide de l'IA, une créature

[49:04]

mythologique née dans les espaces

[49:06]

latents des réseaux de

[49:08]

neurones de l'intelligence

[49:10]

spéciale. C'est vrai que c'est un peu ça.

[49:12]

Elle est devenue un peu ça, un genre de forme

[49:14]

de slenderman un peu qui apparaît dans

[49:16]

les photos d'A.I. Vous irez voir

[49:18]

LOAB. Elle est vraiment

[49:20]

effrayante, cette personne-là.

[49:22]

Je suis curieux qu'elle n'ait pas eu encore de films sur cette

[49:24]

histoire-là. C'est vrai, tu as raison. On avait tendance

[49:25]

à un moment donné à apaiser ce tronc sur ce genre

[49:28]

de histoire-là. Mais l'explication

[49:30]

rationnelle est plus simple que tout ça.

[49:32]

Il n'y a rien de paranormal là-dedans. C'est que

[49:33]

dans l'espace mathématique

[49:36]

multidimensionnel où l'IA organise

[49:38]

ces concepts, il y a certaines combinaisons

[49:40]

qui forment des attracteurs de zones

[49:42]

vers lesquelles l'algorithme

[49:44]

a tendance à converger.

[49:46]

Donc, LOAB, cette femme-là, serait

[49:47]

simplement l'une de ces convergences

[49:49]

statistiques rendues visibles

[49:51]

par accident. Et on le sait, l'IA

[49:53]

générative a de la misère à revenir sur ses

[49:55]

propres créations. Donc, quand tu les

[49:57]

empiles, généralement, ça ne s'améliore

[49:59]

pas. Ça devient encore

[50:02]

pire. Donc, LOAB

[50:04]

illustre parfaitement le malaise

[50:06]

de la dead internet theory.

[50:08]

On ne sait plus distinguer ce qui

[50:10]

vient de nous et ce qui vient des machines.

[50:12]

Le tout est confondu.

[50:14]

Puis en 2026, c'est la musique

[50:16]

générée par l'IA qui prend beaucoup de place.

[50:18]

On va en parler un petit peu plus dans l'after show.

[50:20]

Mais rapidement comme ça,

[50:22]

je peux vous dire quelques chiffres, mais

[50:25]

sur le marché mondial

[50:26]

de la musique générative en

[50:28]

AI, c'est un marché

[50:30]

de 440 millions de dollars,

[50:32]

Seb, américain,

[50:33]

en 2023.

[50:36]

569.7 millions

[50:38]

de dollars en 2024.

[50:40]

C'est une projection de

[50:41]

2.7 milliards US

[50:44]

pour 2030.

[50:45]

Le marché de la musique

[50:47]

générée par l'IA.

[50:50]

C'est une bonne question.

[50:52]

Il y en a qui ne savent pas qu'ils écoutent ça.

[50:54]

Et donc là, il y a plein

[50:55]

de plateformes, entre autres Deezer,

[50:58]

qui eux sont parmi les seuls qui ont révélé

[50:59]

leur chiffre. Mais ils estiment qu'entre

[51:01]

18 et 30 % de tous

[51:04]

les uploads

[51:05]

quotidiens sont faits par

[51:07]

des artistes artificiels

[51:09]

d'une certaine façon. Ça n'a pas de bon sens.

[51:11]

Donc c'est complètement

[51:13]

crazy. Je vous en dis plus

[51:15]

dans l'after show, juste après.

[51:21]

On va aller un peu plus dans la

[51:22]

manipulation politique.

[51:24]

L'influence des bottes dépasse largement

[51:26]

le simple spam publicitaire.

[51:28]

Elle s'immisce malgré nous dans

[51:30]

nos décisions les plus fondamentales.

[51:32]

Robert Epstein,

[51:35]

que je ne crois pas qu'il est de famille avec

[51:36]

l'autre, psychologue de l'American

[51:39]

Institute for Behavioral

[51:41]

Research, a

[51:42]

documenté ce qu'il appelle l'effet

[51:45]

SIME,

[51:46]

qui est pour Search Engine Manipulation

[51:49]

Effect, dont

[51:50]

l'effet de manipulation des moteurs

[51:52]

de recherche. Et selon ces

[51:54]

recherches, la manipulation subtile

[51:56]

des résultats de recherche,

[51:58]

ça peut déplacer jusqu'à 20 %

[52:01]

des intentions de vote dans une

[52:03]

population indécise, 20 %.

[52:06]

Dans une démocratie, c'est assez

[52:07]

énorme. Ben oui, compte tenu du fait que

[52:09]

c'est pas tout le monde qui vote. Ben oui, exact.

[52:11]

Encore plus raison. L'exemple le plus

[52:12]

frappant, c'est l'affaire Release de Snyder

[52:15]

Cut. Quand les fans de Justice

[52:17]

League de Snack Snyder

[52:19]

ont mené campagne pour obtenir la

[52:21]

sortie du montage

[52:22]

de Director,

[52:25]

du réalisateur, l'analyse ultérieure

[52:27]

a révélé que 13 % des comptes

[52:29]

participants étaient des votes. Et cette

[52:31]

campagne, supposément Grassroot,

[52:34]

était en partie artificielle.

[52:36]

Résultat,

[52:37]

Rauner Brothers a investi

[52:39]

60 millions de dollars supplémentaires

[52:41]

dans la post-production.

[52:43]

Des votes ont influencé une

[52:45]

décision industrielle majeure.

[52:47]

C'est fou quand même. Ben oui.

[52:48]

Sur X, Elon Musk a admis que

[52:51]

ses tweets étaient boostés par un

[52:53]

facteur 1000 par rapport aux

[52:54]

utilisateurs ordinaires. Ben sûr.

[52:56]

Grande surprise. Une déclaration

[52:59]

ou une opinion du propriétaire

[53:00]

de la plateforme touche mécaniquement

[53:02]

des millions de personnes créant une

[53:04]

amplification artificielle de certains discos.

[53:06]

C'est comme si tu avais le bouton,

[53:08]

le fameux bouton viral que

[53:10]

toutes les agences marketing veulent

[53:12]

pour devenir,

[53:14]

pour créer une vidéo virale ou rendre

[53:16]

une publication virale. Ben lui, il l'a,

[53:18]

Elon Musk. Donc il peut

[53:20]

peser dessus puis devenir un

[53:22]

influenceur en quelques clics. Ben oui, c'est fou.

[53:24]

Et les algorithmes eux-mêmes

[53:26]

portent leur biais. Le biais

[53:28]

de négativité intégré dans la plupart

[53:30]

des systèmes de recommandation, ben ça augmente

[53:32]

l'engagement de 2,3%

[53:34]

en moyenne. Donc, en

[53:36]

privilégiant les contenus qui suicident la colère,

[53:38]

de la peur ou de l'indignation.

[53:41]

Donc, nous ne voyons

[53:42]

pas une représentation neutre de la réalité,

[53:44]

mais plutôt une version amplifiée.

[53:46]

Nos opinions se forment dans un environnement

[53:48]

où l'artificiel et l'authentique

[53:50]

sont indéméalables,

[53:51]

où les voix sont amplifiées selon des logiques

[53:54]

économiques et algorithmiques,

[53:56]

plutôt que démocratiques. Pis c'est

[53:57]

vraiment ça, c'est l'émotion. Pis c'est

[53:59]

pour ça que de plus en plus vous allez vous rendre compte

[54:01]

quand vous allez sur Facebook, même les

[54:03]

commentaires que vous voyez sous les publications

[54:05]

sont calculés en fonction, eux aussi,

[54:07]

de l'engagement, eux aussi, de comment

[54:09]

ils peuvent vous faire réagir. Parce qu'il y a

[54:11]

mille mots, on pourrait aller sur le même post, pis

[54:13]

ça se peut que le commentaire comme mis de l'avant,

[54:15]

ben ça sera pas le même qu'on va voir parce qu'on est

[54:17]

deux personnes différentes. Oui, exact. Pis ça, c'est

[54:19]

vraiment, pis c'est pour ça qu'on a l'impression que

[54:21]

maintenant que tout est polarisé, c'est que

[54:23]

c'est devenu un modèle d'affaires,

[54:26]

parce que les gens restent plus longtemps en ligne,

[54:27]

pis ils s'engagent plus, fait que ça

[54:29]

crée l'engagement. Donc, fait que, automatiquement,

[54:31]

maintenant, on dirait qu'il faut quasiment que tu fasses

[54:33]

polémique pour avoir du succès. Oui,

[54:35]

le fameux rage bait. Oui, exact, exact.

[54:37]

Ça, ça marche vraiment pis on dirait que

[54:39]

Facebook joue, eux aussi,

[54:42]

via leur propre compte avec cette

[54:44]

dynamique-là. Ah oui, beaucoup.

[54:45]

Pis on est à une époque où, justement,

[54:47]

on le voit, il y a plusieurs personnes qui quittent

[54:50]

les réseaux sociaux parce que ça fait

[54:52]

juste mettre en crise. Ben oui, exact.

[54:54]

Moi, je vois beaucoup moins où j'essaie de suivre

[54:55]

des communautés. J'utilise beaucoup

[54:58]

maintenant de cacher où ça m'intéresse

[55:00]

pas. Ça m'intéresse pas pour essayer de

[55:02]

recadrer mon algorithme, pour essayer

[55:04]

de... Il y a des choses intéressantes

[55:06]

dans les groupes de technologie,

[55:08]

de moi, ce que j'aime,

[55:09]

mais versus tout ce qui est polarisant.

[55:12]

Mais bon. Donc, nos opinions

[55:13]

se forment dans un environnement où l'artificiel et l'authentique

[55:16]

sont indémérables, où les voies sont

[55:18]

amplifiées selon des logiques économiques

[55:20]

et algorithmiques plutôt que démocratiques.

[55:23]

Et là, on va faire un test

[55:24]

simple. Cherchez pizza

[55:26]

sur Google. Eh bien, Google

[55:28]

vous annonce environ, là, c'est sûr que vos résultats

[55:30]

peuvent changer, mais un milliard

[55:32]

890 millions

[55:34]

de résultats. Près de deux milliards

[55:36]

de pages. Impressionnant, non?

[55:38]

Mais maintenant, cliquez, page après page.

[55:40]

Continuez jusqu'à la page

[55:42]

35. Vous n'y arriverez pas.

[55:44]

Parce que Google, il arrête

[55:45]

à 348 liens,

[55:47]

effectivement, qui sont accessibles.

[55:49]

Le 1,89 milliard annoncé

[55:52]

en fait, c'est une sorte d'illusion.

[55:54]

C'est dans sa base de données, mais c'est

[55:56]

vrai que pour y accéder,

[55:57]

tu ne peux pas dépasser une dizaine de pages.

[55:59]

Donc, généralement, ce n'est pas plus que 100 résultats.

[56:02]

Donc, vous n'y avez pas accès.

[56:03]

Il faut comme améliorer ta requête

[56:06]

pour y accéder.

[56:07]

C'est vrai que j'ai envie de dire que je ne l'avais jamais

[56:10]

vu comme ça moi-même.

[56:11]

Mais c'est vrai que c'est un peu ça.

[56:13]

Déjà, dès que tu arrives à la page 2

[56:15]

de Google, c'est comme si tu étais dans

[56:17]

le Dark Web. Tu es presque invisible.

[56:19]

Tu ne reconnais plus, on dirait, le genre de...

[56:22]

Parfois, c'est con,

[56:23]

mais des fois, on fait des recherches pour distorsion.

[56:25]

Et parfois, c'est dans ces pages-là que tu trouves

[56:27]

les meilleures infos pour nous.

[56:29]

Parce que des fois, c'est ça.

[56:32]

On trouve beaucoup

[56:33]

de médias traditionnels,

[56:35]

de trucs officiels qui sont mis de l'avant,

[56:37]

beaucoup de pubs et autres. Donc, des fois,

[56:39]

c'est dur de trouver exactement ce qu'on cherche.

[56:41]

Mais oui, généralement, c'est ça,

[56:43]

Google te cache un iceberg

[56:45]

complet derrière sa première page.

[56:47]

Même maintenant, il n'affiche plus par défaut

[56:49]

le nombre de résultats. Il faut que tu ailles le faire afficher

[56:51]

dans la barre d'outils depuis à peu près 6 mois.

[56:53]

Pour une raison que j'ignore.

[56:56]

C'est quand même...

[56:58]

Et même, maintenant, tu as des résultats

[56:59]

commerciaux. Même pour avoir les résultats

[57:01]

organiques, parce que tu as la version,

[57:03]

tu as le mode AI qui répond.

[57:05]

Après ça, tu as les résultats commerciaux.

[57:07]

Puis après, tu as les résultats organiques.

[57:09]

Donc, ça devient loin

[57:11]

même dans la page pour avoir

[57:13]

quelque chose qui est organique.

[57:15]

Sinon, moi, j'utilisais beaucoup les Google

[57:17]

DarkSend, qu'on appelle DORKS.

[57:19]

C'est un peu des opérateurs

[57:21]

qu'on peut utiliser dans

[57:23]

votre requête pour

[57:25]

affiner vos recherches. Et moi, justement,

[57:27]

pour éviter toute le slum et les affaires de même,

[57:29]

beaucoup le terme avec

[57:30]

« moins », tu mets « moins » quelque chose. Donc,

[57:33]

ça enlève tous les sites web qui contiennent

[57:35]

aussi ce mot-clé-là.

[57:36]

Des fois, pour avoir des résultats plus précis,

[57:39]

ça peut aider. Je vous donne une petite astuce.

[57:41]

Oui, oui, oui. On revient sur

[57:43]

en français, les opérateurs à boulet,

[57:46]

qu'on apprenait à l'école,

[57:48]

que moi, j'ai appris à l'école

[57:49]

dans mes cours en communication.

[57:52]

Seb, je ne sais pas si c'est enseigné

[57:53]

encore aujourd'hui, mais oui, c'est de

[57:55]

mettre un « and »

[57:57]

pour inclure d'autres résultats, d'utiliser

[57:59]

vraiment les braquettes, les plus,

[58:01]

les moins. Tu veux filtrer des résultats,

[58:03]

enlever Amazon, des choses comme ça.

[58:05]

Ça permet de faire ça.

[58:07]

Ça, ça marche quand même.

[58:09]

Tout ce que tu nous parles, Seb, ça nous amène

[58:11]

qu'il faut parler d'un phénomène

[58:13]

qui est l'enshitification

[58:15]

du web, l'emmerdification

[58:17]

du web, puis des technologies

[58:19]

en général. C'est un certain

[58:21]

Corey Doctorow qui a propulsé

[58:23]

ce terme dans son livre qu'il a écrit

[58:24]

le lendemain passé, que je vous

[58:26]

suggère d'aller lire.

[58:29]

Il décrit en gros

[58:30]

comment les plateformes numériques

[58:32]

se dégradent progressivement

[58:34]

au fil du temps. D'abord,

[58:37]

ils veulent attirer les utilisateurs

[58:38]

avec du contenu de qualité, mais par la

[58:40]

suite, ils veulent privilégier les annonceurs

[58:42]

afin d'extraire

[58:44]

le maximum de valeur pour

[58:46]

les actionnaires. Donc, il y a comme

[58:48]

une volonté à se dégrader avec

[58:50]

le temps. Oui, c'est vrai, parce que même

[58:52]

Facebook, comme on le disait, c'est plus

[58:54]

fréquentable. Nous-mêmes,

[58:56]

qui sommes des gestionnaires de communauté,

[58:58]

les mousses d'outils,

[59:00]

ils marchent tout en mal.

[59:02]

Dans le sens que

[59:04]

l'emmerdification, c'est aussi dans

[59:06]

la qualité des outils qu'ils offrent aux

[59:07]

créateurs de contenu. Je trouve que

[59:09]

ça a toujours été bouette-bouette, mais

[59:12]

je trouve qu'en époque Facebook, ça fonctionnait

[59:14]

mieux qu'aujourd'hui. Mais là,

[59:16]

des fois, on a tout le temps des problèmes. Tu le sais, quand on publie

[59:18]

nos affaires, c'est pas pour ramener ça à nous,

[59:19]

mais imaginer le nombre de créateurs de contenu ou de

[59:22]

gens multiplier ça. Moi, quand je travaillais

[59:23]

dans les agences, le nombre d'heures perdues

[59:26]

par les plateformes publicitaires,

[59:27]

où les pages avaient des bugs, c'est

[59:30]

l'enfer.

[59:32]

Parler que Netflix

[59:33]

a même annoncé récemment qu'il allait plus

[59:35]

permettre de caster son application

[59:38]

sur les télés. Pourquoi?

[59:40]

Est-ce que c'est pour diminuer

[59:42]

l'entretien que ça coûte

[59:44]

au niveau technologique?

[59:45]

C'est aussi encore une diminution

[59:47]

des fonctionnalités. Facebook

[59:49]

enlève Messenger.com.

[59:52]

On ne peut même plus avoir Messenger.com.

[59:54]

Il faut passer absolument par l'application

[59:56]

Facebook, qui, à l'époque, était super

[59:58]

content de séparer les deux

[01:00:00]

- je ne sais pas si tu te rappelais, mais c'était la

[01:00:02]

révolution - d'enlever Messenger de Facebook.

[01:00:04]

Là, ils veulent tout rapatrier.

[01:00:06]

Ils se rendaient compte que les gens étaient sur Messenger et plus

[01:00:08]

sur Facebook. Ben oui, exactement.

[01:00:09]

C'est pour ça que je suis sûr que c'est pour ça qu'ils font ça,

[01:00:12]

de nous rameler sur Facebook.com

[01:00:14]

slash message en nous disant

[01:00:16]

Messenger.com n'existera plus. Donc,

[01:00:18]

tu vois que cette mécanique-là,

[01:00:21]

il n'y a personne de gagnant. En fait,

[01:00:22]

l'utilisateur n'est pas gagnant.

[01:00:23]

C'est terrible. Ajoute là-dessus, Spotify

[01:00:25]

qui continue de nous offrir la pire qualité

[01:00:28]

sonore, médiocre en streaming,

[01:00:30]

sans jamais nous dire quand est-ce qu'ils

[01:00:32]

vont l'amener.

[01:00:33]

Toutes les autres YouTube Music, Apple,

[01:00:36]

Tidal, ont tous

[01:00:38]

emboîté le pas. Spotify,

[01:00:39]

ça fait depuis 2021 qu'ils nous l'annoncent.

[01:00:42]

Ils l'ont réannoncé cette année.

[01:00:44]

C'est toujours pas là.

[01:00:46]

Un passage, ils vont te forcer à passer

[01:00:48]

vers un modèle premium. La plateforme

[01:00:49]

va se dégrader. Sans compter

[01:00:52]

toute l'obsolescence programmée de

[01:00:53]

nos téléphones qui soudainement

[01:00:55]

cessent de fonctionner,

[01:00:57]

mais qui sont aussi puissants qu'un ordinateur

[01:01:00]

pas très âgé

[01:01:02]

qui soudainement, à cause d'un update,

[01:01:03]

à cause d'un autre truc,

[01:01:06]

ça ne marche plus.

[01:01:07]

Ce phénomène-là a d'ailleurs mené

[01:01:09]

le géant Google à volontairement

[01:01:11]

baisser la qualité dans ses résultats

[01:01:14]

de recherche. Pourquoi?

[01:01:15]

Pour nous faire voir plus de pubs

[01:01:18]

en forçant une deuxième recherche,

[01:01:20]

parce que des fois, tu te rends compte que la première

[01:01:21]

n'est pas précise, il faut que je

[01:01:23]

raffine un peu, ou encore

[01:01:25]

à nous pousser à utiliser

[01:01:28]

leur plateforme d'IA.

[01:01:29]

Oui, exactement. Tu vois que

[01:01:31]

il y a quelque chose de malsain là-dedans.

[01:01:34]

Donc, ça, c'est quelque chose de

[01:01:36]

l'emmerdification des choses,

[01:01:38]

des choses technologiques.

[01:01:39]

C'est un réel problème. Dites-nous,

[01:01:41]

les distordus dans les commentaires, qu'est-ce que vous trouvez

[01:01:43]

qui s'est dégradé avec le temps,

[01:01:46]

c'est le fait que nous, on paye plus.

[01:01:47]

Oui, mon Dieu, on n'a jamais autant payé de plateforme.

[01:01:50]

Exact.

[01:01:51]

Mais le problème va plus loin encore.

[01:01:54]

Le web lui-même se décompose

[01:01:55]

physiquement, paraît-il, Seb.

[01:01:58]

Ce qu'on appelle le

[01:01:59]

link rot, tu en as parlé un petit peu,

[01:02:01]

donc la mort progressive de liens

[01:02:04]

qui rongent la toile mondiale

[01:02:06]

comme un peu une gangrenne

[01:02:07]

silencieuse.

[01:02:09]

Il y a une étude de Harvard qui a analysé

[01:02:11]

les liens dans les décisions de la Cour Suprême

[01:02:13]

américaine depuis 1996.

[01:02:15]

Les 49 % sont désormais brisés.

[01:02:18]

Ils ne mènent plus nulle part.

[01:02:20]

Les liens sont Google,

[01:02:21]

les liens internet, les URLs.

[01:02:24]

Dans la Harvard Law Review,

[01:02:26]

la prestigieuse revue

[01:02:27]

juridique, 70 %

[01:02:29]

des liens cités sont morts.

[01:02:32]

C'est quand même des choses qu'on fait pour la

[01:02:33]

postérité, ces études-là.

[01:02:36]

L'information disparaît

[01:02:37]

soudainement, les références se perdent,

[01:02:40]

le web se fragmente en

[01:02:41]

filo numérique indépendant. Après, c'est difficile

[01:02:43]

de leur trouver ces liens-là,

[01:02:45]

qui sont dominés par quelques plateformes géantes

[01:02:47]

qui contrôlent de plus en plus l'accès à l'information.

[01:02:50]

On a toutes nos vies sur

[01:02:51]

Facebook, on a maintenant

[01:02:53]

des 10-15 ans de photos puis d'événements

[01:02:55]

de vies. Est-ce qu'un jour, on va tout

[01:02:57]

perdre, c'est une bonne

[01:02:59]

question. Dans ce contexte de

[01:03:01]

fragmentation et de concentration,

[01:03:03]

la théorie du dead internet

[01:03:05]

trouve un terreau fertile.

[01:03:07]

Quand l'information authentique devient difficile

[01:03:09]

de trouver, quand les liens se brisent,

[01:03:11]

quand les algorithmes façonnent notre

[01:03:13]

perception de la réalité, l'idée

[01:03:15]

d'un internet artificiel devient

[01:03:17]

moins absurde à quelque part.

[01:03:19]

Non, absolument.

[01:03:21]

Mais dans tout ça, Emile, le plus

[01:03:23]

dérangeant, c'est que nous, nous ne subissons

[01:03:25]

pas seulement l'artificialisation d'internet.

[01:03:28]

Nous y participons également.

[01:03:30]

Le SEO, l'optimisation

[01:03:31]

pour les moteurs de recherche,

[01:03:33]

le Search Engine Optimization,

[01:03:35]

ça nous a appris à écrire

[01:03:37]

comme des machines, des titres formatés,

[01:03:40]

des mots-clés répétés,

[01:03:41]

des structures prévisibles,

[01:03:43]

des exemples, cinq raisons pour lesquelles

[01:03:45]

le guide ultime de

[01:03:46]

« Vous ne croirez jamais ce qui va arriver

[01:03:48]

ensuite ». Les formats viraux

[01:03:51]

standardisés en fait nos créations.

[01:03:53]

Les stories Instagram de 15 secondes,

[01:03:55]

les TikTok avec leurs tendances obligatoires,

[01:03:57]

les threads X-Twitter

[01:03:59]

avec leurs phrases chocs.

[01:04:01]

On attape notre créativité aux

[01:04:03]

contraintes algorithmiques. Et c'est vrai,

[01:04:05]

nous-mêmes à distorsion, on le fait.

[01:04:07]

L'économie de l'attention

[01:04:09]

nous pousse vers l'optimisation

[01:04:11]

comportementale. Les créateurs de contenu

[01:04:13]

analysent leurs statistiques, ajustent

[01:04:14]

leurs publications selon les heures de pointe,

[01:04:17]

utilisent les hashtags qui sont recommandés,

[01:04:19]

adaptent leur ton aux préférences

[01:04:21]

de l'algorithme. Ils vont mettre la

[01:04:22]

musique de l'heure, la chanson de

[01:04:24]

Olivia Dean que tout le monde

[01:04:28]

aime.

[01:04:29]

Tu sais, imagine,

[01:04:31]

je suis à la limite des fois à me dire

[01:04:32]

qu'est-ce que Olivia Dean

[01:04:35]

trouverait de ça,

[01:04:36]

de voir ces vidéos

[01:04:39]

sur des vidéos de gens

[01:04:41]

qui s'habillent le matin,

[01:04:42]

qui font leur retouche de cheveux,

[01:04:45]

qui font leur reset

[01:04:46]

d'appartement, qui passent la mop.

[01:04:48]

Tu sais, de voir

[01:04:51]

des trad wives

[01:04:53]

de l'Alabama.

[01:04:54]

Est-ce que, je veux dire, ça devient

[01:04:56]

la centrale de leur vie à

[01:04:58]

ces gens-là.

[01:05:00]

On permet ça,

[01:05:01]

c'est sûr qu'elle va se chercher une petite royauté,

[01:05:03]

mais à quelque part,

[01:05:05]

c'est triste de voir que

[01:05:07]

de la bonne musique devient la centrale de vie

[01:05:09]

plate.

[01:05:12]

Le résultat,

[01:05:13]

en fait, on apprend,

[01:05:14]

nous apprenons progressivement à agir

[01:05:16]

nous-mêmes comme des robots avec comme but

[01:05:18]

d'être visibles, bien par des robots.

[01:05:21]

C'est ça qui est paradoxal.

[01:05:24]

Cette standardisation

[01:05:25]

crée un paradoxe assez fascinant

[01:05:27]

Dans un monde où nous soupçonnons les machines

[01:05:29]

de nous imiter, mais nous nous imitons

[01:05:31]

nous-mêmes pour ressembler à ce que

[01:05:33]

les machines attendent de nous.

[01:05:35]

Le dead internet théorie pourrait ainsi

[01:05:37]

changer. Ce n'est peut-être pas qu'internet

[01:05:39]

est peuplé de fausses personnes.

[01:05:41]

C'est peut-être que les vraies personnes

[01:05:43]

apprennent à devenir fausses

[01:05:45]

afin d'exister sur Internet.

[01:05:47]

Prendre une petite puff pour...

[01:05:48]

On est rendu deep. Oui.

[01:05:51]

Ray Kurzweil

[01:05:52]

et d'autres futurologues nous parlent depuis

[01:05:54]

les décennies de la singularité

[01:05:56]

technologique. Ça, j'adore ça.

[01:05:58]

C'est ce moment hypothétique où l'intelligence

[01:06:00]

artificielle, eh bien, ça dépasserait

[01:06:02]

l'intelligence humaine, déclenchant

[01:06:04]

une transformation radicale et

[01:06:06]

imprévisible de la civilisation.

[01:06:08]

Et cette vision classique imagine

[01:06:10]

une conscience artificielle supérieure,

[01:06:13]

un moment de basculement

[01:06:14]

brutal, qui mènerait à

[01:06:16]

une révolution soudaine.

[01:06:19]

Mais si la singularité était

[01:06:20]

déjà là, sous une forme un petit peu

[01:06:22]

plus insidieuse qu'on pense,

[01:06:25]

on regarde la chronologie ensemble.

[01:06:27]

Avant 2010,

[01:06:29]

c'était quelques bottes qui étaient sur Internet,

[01:06:30]

comme on vous disait, qui étaient facilement

[01:06:32]

identifiables. Entre 2010 et 2015,

[01:06:35]

c'était la multiplication

[01:06:36]

des bottes simples,

[01:06:38]

des fermes à clics, des faux comptes.

[01:06:40]

Exact. Entre 2016 et 2020,

[01:06:43]

et là, on assistait à la

[01:06:44]

sophistication progressive et la

[01:06:46]

manipulation coordonnée des bottes.

[01:06:48]

Et entre 2022 et 2023,

[01:06:50]

et bien là, c'était l'explosion

[01:06:52]

de l'IA générative et des contenus

[01:06:54]

qu'on peut qualifier d'indiscernible,

[01:06:57]

même si parfois on est capable de le

[01:06:58]

voir facilement, mais il y en a d'autres

[01:07:00]

que c'est à s'y méprendre. C'est clair.

[01:07:02]

Et entre 2024 et 2025,

[01:07:05]

et là, ça devient le flou total,

[01:07:06]

de plus en plus difficile de distinguer

[01:07:08]

qui crée quoi et qui parle à qui.

[01:07:11]

Et les projections émises

[01:07:12]

sont les plus alarmistes. Évoque un seuil

[01:07:14]

critique vers 2026, cette

[01:07:16]

année, où 99%

[01:07:18]

du contenu en ligne pourrait être généré

[01:07:20]

par l'IA. C'est quand même beaucoup comme

[01:07:22]

chiffre, je trouve. Une hypothèse

[01:07:24]

spéculative, certes, mais qui s'appuie sur la

[01:07:26]

progression exponentielle qui a été observée.

[01:07:29]

Et ce serait à vous de nous dire,

[01:07:30]

si vous écoutez cet épisode en 2030,

[01:07:34]

si nous-mêmes,

[01:07:35]

moi et Seb, avons été remplacés

[01:07:37]

par une AIA. Oh mon Dieu, c'est oui.

[01:07:39]

Cette singularité

[01:07:40]

douce ne ressemblerait pas à une

[01:07:42]

prise de conscience de l'IA, mais à une saturation

[01:07:44]

progressive de l'espace

[01:07:46]

informationnel. Pas une machine qui

[01:07:48]

pense, mais des machines qui parlent

[01:07:50]

tellement fort et qu'elles couvrent

[01:07:52]

les voies humaines, en fait, donc

[01:07:54]

elles nous empiètent.

[01:07:56]

La punchline est troublante. Ce ne serait pas

[01:07:58]

l'IA qui dépasserait lui-même, mais l'IA

[01:08:00]

qui remplirait tout l'espace autour de lui

[01:08:02]

jusqu'à ce que les échanges

[01:08:04]

authentiques deviennent statistiquement négligeables

[01:08:05]

dans le bruit de fond artificiel.

[01:08:07]

Et dans ce scénario, la Dead Internet

[01:08:10]

Theory ne décrirait pas une mort

[01:08:11]

déjà accomplie, mais une mort en cours.

[01:08:14]

Un processus de suffocation progressive

[01:08:16]

de l'internet humain

[01:08:18]

sous le volume de l'internet

[01:08:20]

artificiel.

[01:08:22]

Ah oui, c'est lourd tout ça.

[01:08:24]

Et ça ne nous donne pas confiance, j'allais dire,

[01:08:26]

en l'humanité, mais plus en

[01:08:28]

les robots, je dirais.

[01:08:30]

On a un peu rassemblé toutes les pièces

[01:08:32]

du puzzle, Seb. Et là, c'est le temps

[01:08:34]

de faire un peu le tri. On est allé

[01:08:36]

bien perché aujourd'hui.

[01:08:38]

Qu'est-ce qui est prouvé? Qu'est-ce qui est probable?

[01:08:40]

Mais aussi, qu'est-ce qui relève du mythe?

[01:08:42]

Il y a des choses qui sont documentées.

[01:08:44]

Les bots représentent 30 à 40%

[01:08:46]

du trafic web.

[01:08:48]

C'est un fait, ça existe.

[01:08:50]

Il y a des milliards de faux comptes

[01:08:51]

qui sont supprimés chaque année par les plateformes.

[01:08:54]

Il y a des influenceurs qui achètent

[01:08:56]

des faux profils. Il y a des artistes

[01:08:58]

qui achètent des fausses écoutes,

[01:08:59]

des YouTubeurs qui achètent des fausses vues.

[01:09:02]

Ça, ça existe. La manipulation

[01:09:04]

coordonnée via les bots est aussi

[01:09:05]

une réalité géopolitique au niveau

[01:09:07]

des conflits entre

[01:09:10]

les nations et tout ça. Il y a eu des

[01:09:12]

programmes comme le DARPA qui ont voulu recréer

[01:09:14]

de l'information et tout ça.

[01:09:16]

Snowden a parlé d'autres aussi.

[01:09:18]

Programmes du genre, exactement.

[01:09:20]

Donc ça, c'est plus un mythe.

[01:09:22]

C'est vraiment arrivé. Et aussi,

[01:09:24]

l'IA générative produit désormais

[01:09:26]

du contenu indiscernible de la

[01:09:28]

création humaine en quantité

[01:09:30]

incroyable. Elle peut tellement créer

[01:09:31]

plus vite que nous. On gangre

[01:09:34]

pas ce combat-là. Et l'automatisation

[01:09:36]

du web aussi qui s'accélère

[01:09:38]

exponentiellement. Donc ça, c'est des choses

[01:09:40]

qui sont documentées, qui

[01:09:41]

ne relèvent pas du complot ici.

[01:09:44]

Il y a des choses qui sont plausible,

[01:09:46]

qui ne sont pas prouvées

[01:09:48]

à 100%, je dirais, par exemple, les fermes

[01:09:50]

de contenu IA qui pourraient

[01:09:51]

fonctionner de manière autonome.

[01:09:54]

C'est peut-être quelque chose qui s'en vient.

[01:09:56]

La création de faux profils, mais ultra

[01:09:58]

crédible, est techniquement

[01:10:00]

possible. On va en parler un peu en After Show, mais

[01:10:01]

des artistes AI, entre autres,

[01:10:04]

musicaux. La proportion de contenu

[01:10:06]

artificiel va continuer d'augmenter rapidement

[01:10:08]

versus le contenu réel.

[01:10:10]

Et les algorithmes

[01:10:11]

privilégient de plus en plus les contenus

[01:10:14]

optimisés. Donc oui, à quelque part,

[01:10:16]

on nous force à

[01:10:18]

ressembler à des robots via notre

[01:10:19]

présence en ligne. Donc ça, c'est des choses

[01:10:22]

qui sont plausibles, qui

[01:10:24]

demeurent peut-être un petit peu dans

[01:10:26]

un avenir rapproché, du moins.

[01:10:28]

Il y a des choses qui sont spéculatives

[01:10:30]

puisque c'est un petit peu

[01:10:31]

moins sûr ici. Par exemple,

[01:10:33]

effectivement, l'idée que l'Internet

[01:10:36]

est entièrement stimulé depuis 2016,

[01:10:39]

comme le disait

[01:10:40]

Illuminati Pirate,

[01:10:41]

dans son poste au départ,

[01:10:44]

ça, c'est pas fondé.

[01:10:46]

On y croit moins.

[01:10:47]

Mais bon, c'est quand même une vision

[01:10:50]

qui risque de se réaliser à quelque part.

[01:10:52]

Oui, exactement. L'existence

[01:10:53]

d'un contrôle central coordonné,

[01:10:56]

ça non plus, c'est pas prouvé.

[01:10:57]

On a l'impression que oui, ils travaillent tous

[01:10:59]

ensemble, les GAFAM, mais

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non. Ils ont des intérêts

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similaires.

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C'est sûr, c'est des business

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basés sur l'attention,

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des business basés sur

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la surconsommation, sur le

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rage bait. Ça, ça marche aussi.

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Mais s'il y aurait un contrôle

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central coordonné, c'est pas prouvé,

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du moins, jusqu'à date. La disparition

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complète des échanges humains authentiques,

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il y a quand même encore des échanges

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humains authentiques sur Internet.

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Il faut peut-être varier un peu nos plateformes.

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Et aussi, le caractère

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intentionnellement malveillant

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de cette évolution-là.

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Est-ce que c'est intentionnellement

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malveillant? Je le sais pas. Est-ce que s'il y a

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plusieurs erreurs qu'on fait en tant que

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humanité dans ce développement-là,

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probablement. Oui, parce qu'on le sait pas.

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Donc, pour conclure,

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la Dead Internet Theory

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l'ocie dangereusement

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entre des observations lucides,

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mais aussi la paranoïa quelque part.

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Parce qu'on est dans une époque

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où tout nous pousse à devenir paranoïaque.

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Oui. Donc, elle identifie des phénomènes

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réels,

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les automatisations croissantes,

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la emmerdification du Web,

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ces choses-là, mais les organise dans un récit

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qui peut mener

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un peu à une forme de défiance,

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une forme de méfiance aussi, ou de repli

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sur soi. Absolument.

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Derrière cette théorie-là,

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il y a peut-être aussi quelque chose

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de plus profond qu'une

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observation technique. Il y a peut-être une nostalgie

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envers un moment

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où le Web était plus créatif,

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plus humain, où on ressentait un petit peu

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plus nos identités

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dans le Web, où c'était un lieu

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agréable, où on pouvait se faire des amis.

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Donc, il y a un peu cette

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partie-là, je pense. Les gens commencent

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à s'ennuyer un peu de l'ancien

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Web, puis on le voit un peu.

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Certains diront que 2026,

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pardon, c'est la

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Analogue Year, donc un gros retour

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vers les Générations

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d'Azad, vers

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les Véniles, par exemple,

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vers les appareils photo,

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les flip phones, les

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dumb phones, les appareils photo

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justement numériques, mais d'une autre époque.

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Donc, je pense

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que les gens, justement, sont tannés

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de l'automatisation de tout ce qui est

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d'Internet, de cette artificialisation

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des

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réseaux sociaux et autres, puis un retour

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vers un processus de création

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plus humain derrière.

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Je comprends les genzilles

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de se diriger un peu vers ça, parce que

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nous, on est chanceux, on a vécu aussi l'avant.

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On a connu

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quelques générations

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technologiques, à quelque part. Donc, on a

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peut-être moins cette envie-là, mais

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je comprends totalement les gens qui veulent déconnecter

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et se tenir loin

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d'Internet. Oui, absolument.

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Moi-même, j'ai coupé mes

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réseaux sociaux cette année. J'ai déplacé

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juste Instagram, Facebook, parce que

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je me rendais compte que j'allais tout le temps

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faire, que j'avais un temps mort. Dès que je prenais mon

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téléphone, j'ai juste mis sur la deuxième

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page, puis ça a vraiment marché.

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Juste de ne pas voir les icônes

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comme devant mes yeux,

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j'ai diminué facilement, drastiquement

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mon temps sur les médias

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sociaux. Ben oui.

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Exact. Donc, faites ça.

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Grab a guitar. Oui, ben pas vrai.

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Oui, fais liser un livre. Je recommençais

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à lire plus, prendre ce temps-là

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pour lire, parce que lire

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des posts, c'est

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pas bon.

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C'est du rat en rat, c'est de le brain rat

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qu'on dit. C'est ça.

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Exactement.

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Dites-nous ce que vous en pensez, vous,

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les distordus. On a abordé plusieurs sujets

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dans cet épisode-là. Est-ce que vous pensez

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que l'Internet est mort? Est-ce que vous pensez

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qu'on est une minorité sur Internet en tant qu'humain?

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Est-ce que vous pensez qu'on est

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donné

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dans ce monde numérique?

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Dites-nous ce que vous en pensez. On veut le savoir

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en after-show. On se concentre

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sur à quel point l'IA ruine la musique.

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On va discuter des artistes numériques

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et de certaines

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initiatives de producteurs.

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Ça risque d'être très intéressant.

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Sinon, vous savez où nous trouver, les distordus.

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On est un petit peu partout. On est sur les réseaux sociaux,

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malgré tout ce AI Slop.

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On est là, bien humain. Et on vous répond

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quand vous nous écrivez. On va être bientôt

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sur scène aussi. Allez voir nos dates de tournée

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encore une fois. On va être bien en chair

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et en os. Il ne sera pas des hologrammes

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sur cette scène.

[01:15:11]

On veut remercier André Beaupré, notre monteur,

[01:15:14]

notre recherchiste, toujours anonyme,

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qu'on aime beaucoup. Merci à

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toi pour tes

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bons documents de recherche et autres.

[01:15:22]

Et évidemment, merci

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à nos membres Patreon qui permettent

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d'avoir un show aussi soutenu,

[01:15:27]

aussi consistant.

[01:15:29]

Sur Patreon, c'est là que vous pouvez trouver

[01:15:31]

vraiment tout notre stock en exclusivité.

[01:15:33]

Plein de contenu bonus.

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On a bien hâte. Il y a un épisode secret

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qui va arriver en fin de saison pour

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nos membres Patreon. Surveillez ça.

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On a plein de beaux projets en cours.

[01:15:43]

Et Seb, je te laisse commencer

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les shout-out avant de se quitter.

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Un gros merci à nos

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actionnaires Cédric H, Catherine

[01:15:52]

C, Max H,

[01:15:53]

Jérémie T et Frank P.

[01:15:56]

Un gros high-five

[01:15:57]

à Catherine L. M,

[01:15:59]

à Raphaël B, à Nadine

[01:16:01]

S, à Di

[01:16:03]

et à Karine.

[01:16:05]

Je donne beaucoup d'amour à Karen L. C,

[01:16:07]

Léa G. B, Loïc M,

[01:16:10]

Valérie H et Toupen O.

[01:16:13]

Respect

[01:16:13]

infini à un autre Loïc,

[01:16:16]

à Mélanini, à Céline

[01:16:18]

A. R, à Cinthiathé

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et à Annabelle.

[01:16:22]

Je poursuis l'amour à Isabelle

[01:16:24]

F. Caroline D, Jean-François,

[01:16:26]

Big Desh et

[01:16:28]

Culboine.

[01:16:35]

Excuse-moi.

[01:16:38]

Beaucoup d'amour à

[01:16:40]

Isabelle F. Caroline D,

[01:16:42]

Jean-François.

[01:16:47]

Il est encore ici.

[01:16:49]

C'est le nom qui nous ferait.

[01:16:52]

Beaucoup d'amour à

[01:16:53]

Big Desh, Isabelle F. Caroline D,

[01:16:56]

le mystérieux Jean-François

[01:16:57]

et Culboine.

[01:16:59]

Et je termine avec un grand

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remerciement à Maxime P,

[01:17:03]

à Alpha B. C, à Marc-Olivier

[01:17:05]

C, Catherine L. G

[01:17:07]

et M. P. Dupé.

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Est-ce que tu as un mot de la fin pour nous,

[01:17:14]

mon cher Emile?

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Si parfois vous vous sentez seul sur internet,

[01:17:19]

dites-vous que vous l'êtes

[01:17:20]

probablement plus que vous le pensez.

[01:17:23]

Oh oui!

[01:17:24]

À bientôt!

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