En mai 2013, un étrange internaute convit secrètement quelques journalistes dans un hôtel à Hong Kong, sous prétexte qu’il a des informations confidentielles à divulguer au sujet d’étranges programmes de surveillance du gouvernement américain. Une fois sur place, ils apprennent que l’homme en question se nomme Edward Snowden et qu’il est un analyste pour la NSA (Agence de Sécurité Américaine). Dignes d’un film d’espionnage hollywoodien, les révélations qu’il fera changeront à jamais notre perception du droit à la vie privée. En effet, interceptions de courriels, écoute électronique, partenariats avec les plus grand réseaux sociaux et infiltration informatique sont au coeur de la guerre antiterroriste que livre les américains. Et il ne s’agit là que de la pointe de l’iceberg…

Épisode
#49 - Edward Snowden et les secrets de la NSA
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J'étais à ma table et j'avais certainement l'autorité d'envoyer à quelqu'un,
de vous ou à votre comptant, à un juge fédéral ou même à la présidente si j'avais une email personnelle.
Des histoires étranges de l'ère numérique.
Les attentats du 11 septembre ont eu des impacts sur notre façon de vivre et de voyager, mais aussi sur notre droit à la vie privée.
Quand Edward Snowden a dévoilé les secrets du gouvernement américain en 2013, une véritable chasse à l'homme s'est enclenchée.
Il devient alors l'homme le plus recherché par les États-Unis depuis Osama Bin Laden.
Comment Edward Snowden est-il devenu à la fois un traître pour le gouvernement américain et une icône de la culture populaire?
Suivez-nous dans ce voyage aux frontières du réel et de la paranoïa.
Bonsoir Emil Gauthier, comment ça va?
Ça va très bien Sébastien Lévesque parce qu'on aborde un sujet que ça fait longtemps qu'on voulait aborder,
Edward Snowden et les secrets de la NSC.
On le sait c'est des sujets aussi qui nous sont souvent demandés via la communauté d'aborder un peu plus le sujet des secrets gouvernementaux.
On aime tous ça un peu se plonger là-dedans parce que parfois on tombe dans la conspiration, dans la paranoïa, dans le réel.
Et parfois en fait ça ressemble à des films d'espionnage mais c'est la vraie vie au fait.
Oui c'est ce qui me surprend le plus de toute cette histoire là c'est qu'on aurait vu un film avec ça et on se serait dit
ah c'est bon en fait mais jamais jamais j'aurais cru que ça aurait pas aller aussi loin dans l'espionnage.
Même moi quand ces révélations là ont sorti il y a quelques années j'en doutais quasiment de l'existence de ça.
Pour moi c'était quasiment impossible de tout surveiller dans les données.
Donc vous allez avoir un peu plus de détails durant l'épisode mais c'est vraiment quelque chose qui m'a aussi chamboulé et je doutais vraiment de la véracité de tout ça.
Ben oui. C'est un sujet qui est encore d'actualité évidemment parce que la surveillance puis la vie privée c'est au coeur des discussions en ce moment.
On en parle souvent entre nous à savoir si Facebook ou Google nous espionnent.
Et puis c'est un peu l'angle aussi qu'on veut aborder dans l'histoire de ce soir.
Donc on va pas nécessairement vous raconter toute la vie d'Edward Snowden.
Évidemment on va y revenir mais on va revenir surtout sur les révélations qu'il a faites en 2013 dans cette fameuse chambre d'hôtel de Hong Kong
où vraiment il se sentait traqué de partout et c'est tel cas aussi.
Puis on va revenir sur les après aussi, sur le leg qu'il a laissé.
Et puis il en est où maintenant Edward Snowden en fait?
Donc ça risque d'être fort intéressant.
On va détailler aussi un peu les programmes de surveillance gouvernementaux dont il a fait état dans ses révélations.
On va aller un petit peu plus creux que ce qu'on a vu parfois dans les médias plus traditionnels.
Nous on avait ben hâte de vous présenter ce sujet-là ce soir.
On a fait des tonnes de recherches puis ça risque d'être intéressant.
Mais tout d'abord Seb, qu'est-ce qu'on boit pour passer au travers de tout ça?
Oui, on boit une merveille sincèrement.
C'est la houblon brute de la micro brasserie, le Castor.
C'est une brute haïpillée qui est un style originaire de San Francisco.
Honnêtement, moi je ne connaissais pas ce style d'haïpillée là.
La brute haïpillée, c'est excellent.
C'est une bière sur lit qui est organique, très sèche et désaltérante.
Il n'y en a pas beaucoup.
Donc faites vraiment vite, appelez à votre boutique de bière préférée pour vous informer s'il y en a en stock.
Et cette bière-là, elle nous est offerte par David via la tournée de bière au DistorsionPodcast.com.
Donc si vous vous rendez sur notre site web et vous cliquez sur l'onglet Tournée de bière,
vous pouvez nous offrir une bière en fait, faire un don à Distorsion et encourager le show.
C'est toujours très apprécié.
Donc merci à toi David.
Et évidemment que cette bière-là nous vient du Biérologue,
qui est vraiment la meilleure boutique de bière au monde, qui est située à Montréal,
dans le quartier Hochelaga Maisonneuve, tout près du marché Maisonneuve.
C'est là qu'on comprend nos bières, on aime bien ce commerce de quartier.
On a aussi un review 5 étoiles sur Apple Podcasts qui nous vient de Mile Shadow,
qui nous dit, en plus d'essayer de nous attirer dans le monde ténébreux de la bière artisanale,
ce podcast est de loin le meilleur et de tout ce qui peut être fait en français.
Ouais là, on charrie un peu là.
Ouais, quand même.
Bravo les boys, le son est impeccable. Merci à toi, Mile Shadow.
Oui, un petit point aussi Seb, à savoir, qu'est-ce qui se passe dans les prochaines semaines pour nous,
parce que notre centième, pas tout de suite, notre cinquantième épisode s'en vient.
Et là, on est déjà au septième, donc on est déjà dépassé mi-saison.
Donc ce qu'on fait, c'est qu'on prend une petite semaine de relâche,
comme on fait généralement dans une saison à mi-saison,
on prend une petite semaine de relâche et on revient par la suite le 13 décembre
avec un événement spécial pour notre cinquantième.
Donc on va faire un Facebook live et un live sur YouTube,
donc un live stream en direct sur YouTube, sur Facebook.
On va créer un événement que vous allez pouvoir rejoindre sur Facebook avec tous les détails, tous les liens.
Et puis pendant ce stream-là, en fait, on va discuter avec vous,
on va faire un peu un retour sur nos épisodes récents.
On va faire un peu comme un épisode bilan, si on veut.
On va revenir sur certains points, certaines mises à jour de dossiers qu'on a couverts.
On va prendre vos questions aussi.
Et puis ça risque d'être bien intéressant.
Donc en fait, vous allez être deux semaines sans épisodes réguliers de distorsion via le podcast.
Donc on essaie des nouvelles choses.
Et puis là, l'épisode, en fait, la saison 4 va reprendre son train tout de suite par la suite.
On va prendre une pause pendant Noël, mais on va revenir.
Vous comprenez qu'on a un peu délayé tout ça, donc on doit s'adapter.
On sort un live bientôt aussi, donc il a fallu qu'on ajuste la saison un petit peu avec ça.
Mais on va revenir en 2019 pour poursuivre la saison 4
pour 12 épisodes avec quelques bonus qu'on vous réserve.
Bien sûr.
Sinon Sébastien, est-ce qu'on est prêt à se plonger au cœur des secrets d'Edward Snowden et de la NSC?
Oui, monsieur. C'est parti.
Nous sommes le 11 septembre 2001 au matin.
19 terroristes du réseau J-10 Al Qaeda embarquent dans quatre vols domestiques, des vols internes,
à partir de Boston, de Washington et de Newark.
L'objectif est d'utiliser les avions comme projectiles géants.
Le premier appareil, un Boeing 767 d'American Airlines, avec 92 personnes à bord et 5 terroristes,
s'écrase sur la tour nord du World Trade Center à 8h46.
À 9h03, un autre Boeing 767 de United Airlines, à lui avec 65 passagers et 5 terroristes, frappe la deuxième tour jumelle.
À 9h43, un Boeing 757 d'American Airlines, lui avec 64 personnes à bord et 5 terroristes, s'écrase à Washington,
sur le ministère de la Défense, le Pentagone.
À 10h06, le quatrième avion, un autre Boeing 757 de United Airlines, lui avec 44 personnes et 4 terroristes à bord,
vole en direction de Washington. Par contre, il ne se rend pas à sa destination et s'écrase en campagne à Shanksville, en Pennsylvanie,
après que des passagers et des membres de l'équipage qui ont été prévenus par téléphone de ce qui se passait ailleurs
ont essayé de reprendre le contrôle de l'avion.
Bien sûr, sans succès, mais ils ont quand même évité un autre plus gros drame.
Les autorités n'ont jamais su exactement le plan exact de cet avion-là,
mais étant donné qu'il était à 20 minutes de Washington, ils suspectaient quand même soit la Maison-Blanche ou le Capitol,
qui était une cible de ces terroristes-là.
Les deux tours du World Trade Center s'effondrent moins de deux heures plus tard, provoquant l'anéantissement de deux autres immeubles autour.
Les attentats du 11 septembre 2001 sont les attentats les plus meurtriers jamais perpétrés depuis le début de l'histoire.
6 291 personnes sont blessées lors de ces attaques qui ont causé la mort de 2 979 personnes qui appartenaient à 93 pays.
Et dans tous ces morts-là, 2 750 personnes étaient à New York.
C'est fou, la plupart étaient dans les tours du World Trade ou des pompiers, des policiers, des choses comme ça.
C'est abominable.
Je me rappellerai toujours de cette journée-là.
Puis on voit maintenant, plusieurs années plus tard, qu'en fait, même si New York semble s'être remis,
New York est l'Amérique, je devrais dire, et qu'évidemment, il y a un magnifique immeuble qui a été construit,
un endroit vraiment qui rend hommage aux victimes, on sent que c'est encore un sujet très sensible,
que c'est encore très… c'est pas si loin de nous dans la mémoire collective.
Non, non, t'as bien raison, puis tout le monde se souvient le matin quand s'est arrivé ce qu'ils faisaient.
À peu près tout le monde, ça l'a tellement marqué.
Et justement, c'est le deuxième avion.
C'était live à la télé, des millions de personnes sur la planète ont vu le deuxième avion rentrer live.
Ça, ça a été un des événements en direct les plus marquants de l'histoire.
Les autorités américaines, n'ayant aucunement prédit ces attentats, sont sous le choc.
La journée même, le président Bush et Dick Cheney, on se rappelle, on est en 2001,
ordonnent la mise en place par la NSA, qui est l'Agence de sécurité nationale américaine,
d'un programme de surveillance pour éviter que cela ne se reproduise un jour.
Il faut se rappeler que l'objectif, la mission de la NSA,
c'est entre autres de dépister justement les attaques et les complots terroristes contre les Américains.
Selon s'est dit, la NSA, elle, elle avait trop les mains liées justement pour travailler efficacement,
et c'est pour cette raison qu'elle n'a pas été en mesure de prévenir les attaques du 11 septembre.
Il faut se rappeler que sous l'administration Nixon, on remonte beaucoup plus loin,
c'était de 1969 à 74, la NSA s'était mise à espionner les Américains,
ce qui était illégal, sans mandat.
Le Congrès américain avait alors ordonné que l'on cesse cette pratique,
ce qu'ils ont fait pendant plus de 20-25 ans en fait.
Oui, quand même.
La NSA a quand même respecté ce droit-là.
Le 12 septembre, le lendemain des attentats,
plusieurs employés de la NSA situés au Quartier Général à Fort George G. Meade,
dans l'État américain du Maryland,
se rencontrent pour mettre en branle ce qu'ils appellent le programme.
Il ne faut pas oublier que la veille, des milliers d'Américains sont morts,
et la NSA n'avait pas prédit ou n'a pas été en mesure d'empêcher ce tragique événement.
Tous se sentent coupables, donc l'ambiance est très lourde lors de cette première rencontre.
Ils devaient trouver des solutions pour maximiser la surveillance pour éviter un autre drame du genre.
La première idée était de collecter les données de communication Internet de l'étranger
qui transitaient par les États-Unis.
Les géants du Web, même à cette époque, sont pour beaucoup des entreprises américaines,
donc une grosse partie du trafic Internet mondial passe par les États-Unis.
Cependant, ce n'était pas assez pour certains.
Ils ont alors proposé de collecter pas seulement les données d'Internet,
mais plutôt toute forme de communication numérique.
Et là, on parle d'appels téléphoniques, par exemple, de messages textes, de conversations Skype, etc.
Et pas seulement les données qui sortaient du pays, mais bien celles de tous les Américains, et ce, sans mandat.
Cette solution ambitieuse avait déjà un précédent dans l'organisation.
Dans le plus grand secret, la NSA avait développé, bien avant le 11 septembre,
un logiciel qui collectait et classifiait les communications numériques globales.
Le système, qu'on appelait ThinThread, créé par Bill Baney, un crypto-informaticien,
permettait d'écouter de façon anonyme toutes les communications interceptées.
Cependant, dès qu'une communication provenait d'un Américain, celle-ci était encryptée
et même les analystes travaillant sur le système ne pouvaient y avoir accès.
Ce qui, en même temps, protégeait la vie privée des Américains,
mais pas de tous les citoyens du monde, donc il y a quand même des problèmes éthiques là-dedans.
Mais cette fois-ci, le logiciel n'allait pas encrypter les données des Américains.
La NSA présente les grandes lignes de ce programme au président Bush,
George W évidemment à l'époque.
Celui-ci est en accord avec le programme et consulte le département légal,
ce qui ne me surprend pas du tout de M. Bush.
Le 4 octobre, trois semaines après les attentats,
le président Bush et Dick Cheney, son numéro deux,
signent et autorisent alors officiellement la NSA d'aller de l'avant.
Étant très controversé, l'existence de ce programme était extrêmement confidentielle
et un minimum de personnes à l'intérieur du gouvernement était au courant.
Même à la NSA, très peu d'employés connaissaient l'existence de ce système de surveillance.
Cependant, au fil des semaines, l'information commence à circuler à l'interne
et plusieurs personnes remarquent l'arrivée de nouveaux serveurs
et de différents types d'équipements qu'ils sont habitués d'installer à l'étranger pour faire de l'écoute.
Oui, parce que la NSA aussi a investi énormément dans les serveurs
et dans les systèmes de stockage de données au cours des dernières années.
On va y arriver un petit peu plus tard.
Plusieurs membres de la NSA ne sont pas en accord avec ce qu'ils font.
Ils font des pressions à la Chambre des congrès, mais sans succès.
Il y en a plusieurs qui, autour de la machine à café le matin,
commencent à se dire où est-ce qu'on s'en va avec ces systèmes de surveillance
qui sont dignes de James Bond.
Il y a parfois même plus de Dr Evil.
À l'été 2002, le programme, ce qu'on appelle le programme, roule à plein régime.
Ça ne leur a pas pris beaucoup de temps, à peine six mois.
C'est sûr qu'ils avaient déjà une grosse base à développer.
Mais quand même, d'implanter tout ça, ça a été quand même assez rapide.
D'après moi, il y a eu énormément de ressources mis là-dessus.
Et surtout de prendre la décision.
On voit que le 11 septembre a extrêmement accéléré les choses
parce que des programmes comme ça, c'était dans l'air depuis, comme tu le dis, l'air Nixon.
Oui, exactement. Mais là, ça permettait d'instrumentaliser
ou vraiment de permettre ça sans se poser de questions.
Parce que j'écoutais des reportages d'anciens de la NSA.
Il y en a beaucoup qui étaient en accord.
Tantôt, on parlait du département légal.
Il y avait le département légal américain.
Mais le département légal de la NSA a aussi approuvé.
Bien sûr.
Et ils étaient d'accord avec ça.
Parce que pour eux, il n'y a rien qui vaut la sécurité des Américains.
Ça là-dessus, c'est vrai que l'objectif en tant que tel, on peut le comprendre.
C'est juste que les moyens pour y arriver sont quand même inquiétants.
Puis on va y revenir sur tout l'aspect juridique.
Tout à l'heure, vous allez voir, on va décortiquer tout ça.
Le 1er décembre 2012, Glenn Greenwald,
journaliste et blogueur très connu qui travaille pour le Guardian,
est actuellement chez lui à Rio de Janeiro au Brésil.
Lorsqu'il reçoit un courriel de la part d'un mystérieux expéditeur du nom de Verax,
qu'il ne connaît pas et qui lui écrit
« J'ai en ma possession certaines choses qui pourraient vous intéresser. »
Il signe Verax, that's it.
Cette même personne ajoute cependant que pour discuter avec elle,
le journaliste doit installer un système de cryptage de ses communications
pour éviter de se faire écouter.
Ce courriel qui est signé d'un pseudonyme bien évidemment
n'accroche pas trop l'attention de Glenn.
Il ne donne pas suite pour lui.
Il ne comprend pas comment quelqu'un lui dit qu'il veut...
Je veux dire, out of nowhere, quelqu'un a dit que tu as quelque chose d'intéressant,
mais que tu dois...
Mais sans plus.
Oui, sans plus et que tu dois crypter tes communications pour parler.
C'est vrai que moi aussi, ça peut être un canulaire.
À la limite, je peux le comprendre d'avoir ignoré la chose.
Ce mystérieux Verax, qui signifie « 10 heures de vérité » en latin,
n'abandonne pas son désir de révéler quelque chose qui semble important.
En janvier 2013, il tente alors de communiquer, toujours par courriel anonyme,
avec la journaliste et réalisatrice américaine Laura Poitras,
qui était à Berlin en Allemagne à ce moment-là.
Contrairement à son homologue Glenn,
elle est un petit peu plus curieuse par rapport à ce mystérieux inconnu
et décide d'en savoir plus sur ce qu'il a à dire.
Il échange alors plusieurs courriels cryptés à l'écouter, ces consignes.
Par contre, il mentionne que cette information peut mettre sa liberté
et possiblement même sa vie en danger.
Je vais revenir un petit peu, Seb, sur qui est Laura Poitras.
En fait, Laura est une réalisatrice originaire de Boston au Massachusetts,
qui vit maintenant à New York aux États-Unis.
Elle est âgée de 54 ans et toute sa carrière a été marquée
par des films à forte teneur politique,
souvent en lien avec la sécurité et la protection de l'information.
Au moment des faits, on la connaît pour la réalisation du film My Country, My Country,
un film qui détaille l'occupation américaine en Irak.
Le film a gagné plusieurs prix prestigieux et a même été nominé pour un Oscar en 2007.
En 2010, elle réalise le film The Haute
sur deux citoyens du Yémen qui sont pris dans la guerre contre le terrorisme des États-Unis.
Le film se distingue entre autres au Sundance Film Festival.
En raison des films très engagés et des relations qu'elle a entretenues
avec des citoyens de par le monde, et notamment en Irak,
pour la réalisation de ses films,
Laura est constamment sous surveillance du gouvernement américain,
donc elle connaît bien ce dont Vérax lui parle.
Elle estime être dans le tiers le plus élevé des gens surveillés aux États-Unis,
et à chaque fois qu'elle passe aux douanes, c'est un cauchemar,
et elle subit des interrogatoires constamment.
Elle va d'ailleurs remplir une requête de droits à l'information
pour connaître la véritable raison pour laquelle elle est surveillée,
car après tout, elle n'est qu'une réalisatrice en fait.
Il semblerait que les États-Unis la soupçonnent d'avoir été au courant
d'une embuscade des troupes américaines survenue en Irak en 2004,
chose que Laura va toujours dénier.
Pour sa forte implication activiste auprès de la communauté,
il est normal qu'elle fût une des premières contactées
pour cette opération mystérieuse orchestrée par Vérax.
Quelques semaines plus tard, je reviens à notre histoire,
à New York, Laura rencontre Barton Gellman,
qui est journaliste au Washington Post, spécialisé en sécurité nationale.
Elle voulait avoir l'opinion de quelqu'un d'autre par rapport
à ce que prétend la mystérieuse personne avec laquelle elle a échangé
des messages cryptés.
Vers la fin mai 2013, Vérax envoie une invitation particulière
dans le même courriel à Laura et à Barton.
Le court message était « Rendez-vous à Hong Kong »,
quand même assez direct.
Laura était partante, mais Barton ne voulait pas y aller.
Il voyait en fait un trop grand risque
d'aller rencontrer ce mystérieux Vérax en Chine.
Cependant, Laura trouva un autre acolyte
et elle proposa de faire le voyage avec Glenn Greenwald,
le premier à avoir reçu une communication de la part de Vérax.
C'est un hasard, ça en fait, c'est ça qui est étonnant.
C'est qu'elle ne savait pas nécessairement à la base
que lui avait été contacté par Vérax.
Donc on sent que Vérax a contacté des gens un peu d'un même cercle.
Oui, des bonnes personnes.
Elle le rencontra en personne au préalable pour lui montrer
ses échanges courriels avec Vérax, qui prétendait travailler pour la NSA
et avoir des informations névralgiques et très compromettantes
pour l'organisation à leur révéler.
Glenn Greenwald accepte d'accompagner Laura.
Il amène avec lui un collègue du Guardian, Ewan McCaskill,
et celui-ci est très sceptique par rapport à tout ça
et trouve le tout très nébuleux, je l'ai compris.
Le 2 juin, toujours de l'année 2013,
ils prennent finalement l'avion en direction de Hong Kong
pour rencontrer Vérax en personne.
Il tient quelques petits mots peut-être sur la NSA.
La NSA, on l'explique un peu en quoi ça consiste,
mais quelques petits mots supplémentaires.
Ici, sur sa création notamment, elle a été créée tout de suite
après l'attaque surprise à Pearl Harbor par les Japonais
après la Deuxième Guerre mondiale.
Je ne savais pas que ça remontait à si loin.
Son rôle est avant tout de protéger la sécurité intérieure
du territoire des États-Unis. Ils sont connus, entre autres,
pour mettre en place des tactiques d'espionnage avancés
et des systèmes d'analyse de données et de big data, entre autres.
On revient à notre histoire.
Dans l'avion, une fois à l'abri des regards,
Laura sort de sa poche une clé USB.
Elle avait reçu dans les semaines précédentes
plusieurs documents d'archives compromettants.
En fait, la clé USB contenait des milliers de documents
top secrets provenant de la NSA sur plusieurs activités
de surveillance de l'Agence durant les dernières années.
C'est à ce moment que les deux acolytes du Guardian
ont compris l'importance de ce qu'ils avaient entre les mains.
Rendus à Hong Kong, ils se rendent à l'hôtel de Myra,
qui est un des hôtels les plus chics de Hong Kong
qui est situé au nord de la ville.
Les trois journalistes n'ont toujours aucune idée
à qui ils ont affaire et à quoi ressemble Vérax,
le seul indice qu'ils ont pour le reconnaître
et qui leur a dans ses mains un cube rubique.
Vous savez, le fameux cube de couleurs un peu en trois dimensions
qu'il faut reconstruire et bouger et pivoter.
Dès leur arrivée, un jeune homme blanc,
maigrichon, vêtue de noir, vient les rejoindre.
Bien sûr, il y avait un cube rubique dans ses mains.
Ils ont tous été un peu surpris de avec qui ils avaient affaire.
Ils montent dans la chambre à l'heure de Vérax,
étant donné qu'ils l'avaient bien reconnu.
Une fois à l'intérieur, celui-ci camoufle sa porte
avec des oreillers pour éviter que le son ne circule trop
si quelqu'un écoutait sur le bord de la porte.
Donc, ils prenaient toutes les précautions.
C'est durant plusieurs jours qu'il restera enfermé
à l'abri des regards avec les trois journalistes
et qu'il révélera les détails du programme de surveillance de la NSA.
L'homme révélera alors que son nom réel,
Edward Snowden, est un employé de la NSA en fuite.
Et oui, finalement révélé une fois là-bas,
mais avant, ces gens-là n'avaient aucune idée
de qui était Edward Snowden.
Non, pas du tout. Il était zéro connu à cette époque-là.
Exactement. Je vais vous faire un petit topo sur ce fameux
Edward Snowden, qui a été par la suite
un personnage très important de l'actualité numérique.
Né le 21 juin 1983,
Edward Joseph Snowden,
il est né à Elisabeth City en Caroline du Nord.
Il y passe une partie de sa jeunesse avant de partir vivre
dans le Maryland avec ses parents, Elisabeth et Lonnie,
un officier des gares de côte.
En 1998, il décide d'abandonner l'école.
Il est alors en deuxième année du secondaire.
L'année suivante, il commence à s'intéresser très intensément
à l'informatique. Il est engagé par la CIA
en 2006 comme expert des technologies,
des IT, et reçoit une top secret de clearance.
C'est quoi ça, Seb? C'est comme un...
Un accès à l'information, mais vraiment
de plus de haut au niveau.
De 2007 à 2009, Snowden est muté à Genève,
en Suisse, sous couverture diplomatique,
en tant qu'expert en informatique et en cyber-sécurité
pour la CIA, un poste qui lui donne accès
à un large éventail de documents classifiés.
Au cours de cette période, il va affirmer,
« J'ai été déçu du fonctionnement de mon gouvernement
et de son impact sur le monde. J'ai réalisé
que je faisais partie de quelque chose qui faisait
beaucoup plus de mal que de bien. »
C'est à partir de 2006 qu'il a travaillé
à la CIA, mais vraiment de 2007 à 2009.
Au début, il n'était pas un technicien,
mais il n'était pas impliqué
au niveau de la cyber-sécurité.
C'est justement quasiment dès le départ,
et c'est vraiment rendu compte qu'il y a quelque chose
qui allait beaucoup trop loin.
C'est quelque chose qui l'habitait depuis quasiment
le début, qui travaille pour la CIA.
Il n'était pas le seul à la CIA à trouver
que ces programmes de surveillance allaient un peu trop loin.
De fin 2009 à mars 2012,
le superviseur de Snowden à la CIA a remarqué
que ses comportements au travail sont étranges
depuis quelque temps et lui suspecte qu'il tente
d'accéder à des fichiers informatiques classifiés
auxquels il ne serait pas autorisé à accéder.
Snowden quitte finalement la CIA peu après
les critiques de son patron et commence à travailler
en tant que consultant de la NSA attribué par Dell,
l'un des 854 000 consultants avec une autorisation secrète
au service du gouvernement fédéral.
C'est assez fou.
Puis l'alliance avec Dell,
c'est un fabricant d'ordinateurs américain,
mais c'est devenu un des plus grands fabricants
d'ordinateurs. Justement, ils utilisaient Dell
parce que ses ordinateurs étaient vendus partout dans le monde
pour y intégrer des backdoors
qui permettaient facilement
à la NSA de faire leur travail.
C'était pour ça l'alliance entre Dell
et le gouvernement. Parce que à la base,
Dell, c'est juste un fabricant d'ordinateurs,
mais on voit que ça va un peu plus loin.
Au cours des prochaines années,
il bascule entre les missions confiées à la NSA
et à la CIA pour Dell, notamment une affectation
dans une installation de la NSA au Japon jusqu'en mars 2012.
Il a quand même voyagé beaucoup dans le cadre de ses fonctions.
En mars 2012, Snowden déménage à Hawaii
pour travailler dans une installation de la NSA
en tant qu'employé de Dell.
Il s'installe à Waipaou,
où sa petite amie Lindsay Mills vient le rejoindre.
Lindsay est une artiste âgée de 28 ans.
En mars 2013,
il recherche un nouvel emploi de sous-traitance chez
Booth Allen Hamilton dans les mêmes locaux
de la NSA à Hawaii.
C'est une firme de consultation
en cybersécurité.
Plus tard,
il mentionna qu'il l'avait fait pour obtenir
un accès supplémentaire aux documents classifiés
qu'il avait l'intention de divulguer.
Si nous revenons vers cette chambre d'hôtel à Hong Kong
en 2013, Edward Snowden a 29 ans.
Il a aussi une copine qui, même elle,
n'est pas au courant des informations qu'il s'apprête à dévoiler.
Elle est complètement, elle aussi, dans le mystère.
Celle-ci ignore même qu'il est en Chine,
elle croit qu'il est en voyage d'affaires ailleurs aux États-Unis.
Rappelons-nous qu'il vit sur du temps emprunté
et que ses employeurs croient en ce moment qu'il est malade à la maison.
Oui, c'est vrai.
Le 5 juin 2013, un premier article est publié par le Guardian
sur les techniques de collecte de données des appels téléphoniques
et des courriels que la NSA effectue auprès des Américains
avec l'aide de l'entreprise entre autres de télécommunication Verizon,
qui est le plus gros fournisseur aux États-Unis
au niveau cellulaire et tout ça.
Il faut dire qu'à partir de ce moment-là, Snowden va commencer
à faire des révélations importantes de sa chambre d'hôtel.
Son opération est vraiment calculée
dans le but de créer tout un impact médiatique
avec les informations qu'il a collectées au fil du temps.
Il va leur montrer des présentations PowerPoint,
il va leur montrer des pitchs, des documents techniques
sur plein de programmes et sur plein de choses.
Et là, il y a des articles qui vont sortir à chaque jour,
dont celui-là publié par The Guardian.
Et cette opération médiatique-là va vraiment rendre
Glenn Greenwald et ses journalistes-là
à un statut très important dans le monde
et ça va parfois même relancer leur carrière.
Oui, vraiment, les deux ont tous écrit des livres
sur le sujet des grosses Bibles.
Le 6 juin, on se rappelle que Snowden n'a toujours pas
été révélé son identité.
Le 6 juin, The Guardian et le Washington Post,
parce que l'autre journaliste était pour le Washington Post,
publient chacun un article à propos du programme Prism,
P-R-I-S-M, de la NSA.
C'est un programme qui oblige les entreprises
Internet américaines à fournir l'ensemble des communications
qui sont faites par les Américains.
On va y revenir plus en détails plus tard sur le détail
de ce programme-là, mais déjà là, dites-vous que
c'était gros quand ça a été annoncé.
Et mettez-vous à la place si vous êtes un Américain
et que vous lisez ça, c'est tout de même assez inquiétant.
Tu peux remettre en question ton gouvernement là-dessus,
jusque où ça va.
Le 8 juin, deux jours après,
The Guardian publie une présentation PowerPoint
qui détaille par pays la masse volumineuse
d'informations qu'ils recueillent auprès des réseaux
informatiques et téléphoniques. On y apprend que la NSA,
seulement durant le mois de février 2013, écoutez ça,
a collecté plus de 3 milliards,
ils appellent ça des Pieces of Intelligence,
des morceaux d'information, seulement aux États-Unis.
3 milliards pour un mois, c'est fou.
Snowden va aussi révéler ce jour-là
que le même programme existe en Europe, notamment au Royaume-Uni,
et qu'il ne s'agit pas seulement d'un programme américain.
Ça aussi, on va y revenir un peu plus tard.
Le 9 juin est une date fatidique pour Edward Snowden.
Il accepte d'être identifié comme
la source des fluides des documents de la NSA
et The Guardian révèle son identité au grand public.
Il devient alors un des hommes les plus recherchés de la planète.
Il fait face à ce moment-là à 30 ans de prison
sa conjointe va d'ailleurs apprendre la nouvelle
alors que des agents du gouvernement débarquent chez eux
pour lui apprendre qu'il n'est pas en voyage d'affaires.
Une méchante surprise pour elle.
Elle savait qu'elle travaillait pour la CIA et la NSA,
mais le fait qu'elle n'ait jamais soupçonné ça,
ça a dû lui faire...
Je ne sais pas comment tu dois réagir,
tu dois être vraiment sous le choc.
Au départ, elle doit penser vraiment
« OK, mon conjoint est dans le trouble »,
mais par la suite, tu dois quand même avoir une certaine admiration
pour le courage de cet homme-là de faire tout ça.
Mais à ce stade-là, ça doit être très inquiétant
parce que là, on le sait, Snowden a eu une reconnaissance,
une certaine notoriété pour ces révélations-là,
mais à l'époque, il devait même croire...
craindre en fait pour sa vie.
Absolument, oui, il avait peur pour sa vie et il le répétait,
donc elle aussi, elle devait avoir peur pour lui.
Arrivé à Hong Kong depuis le 20 mai 2013,
ça commence à faire un bon bout de temps qu'il est là,
Snowden doit maintenant se cacher et se protéger des autorités.
Il craint en effet pour sa vie depuis que son identité a été révélée.
Il réussit à obtenir de l'aide provenant d'un réfugié politique
qui est un ancien soldat de l'armée du Sri Lanka.
Celui-ci le met en contact avec un avocat
spécialisé en droit de l'homme, basé en Chine,
un certain Robert Thibault, qui est en fait un Montréalais d'origine.
Celui-ci oeuvre en Chine depuis 2012
afin d'aider des centaines de réfugiés en demande d'asile
qui avaient souvent été torturés ou agressés sexuellement
dans leur pays d'origine.
Donc, du 10 juin au 23 juin, son avocat et son équipe
ont caché Snowden dans différents villages
très populeux et pauvres de Hong Kong
en changeant d'endroit au 2-3 jours.
C'est fascinant, de nuit même.
Une vraie opération d'espionnage presque.
Le fugitif était déguisé avec un chapeau noir et des lunettes.
Il récompensait les familles
en leur versant 200 dollars américains
pour leur silence et leur hospitalité.
Leurs moyens de communication étaient cryptés
et ils utilisaient des téléphones protégés
et communiquaient aussi via des clés USB qu'ils se donnaient.
C'est drôle, ça me fait toujours rire
ce mode de communication par la clé USB
parce que c'est vrai que c'est un des moyens les plus securs
de ne pas être de main à main.
Chaque fois que je voyais ça, j'avais l'impression de reculer dans le temps.
Mais c'est vrai que c'est le seul moyen que t'es hors réseau
quand tu fais ça pour transmettre de l'information.
Entre-temps, le 11 juin, Snowden est renvoyé
officiellement de son poste de consultant chez Booz Allen Hamilton.
Ce qui est le lendemain de l'annonce officielle
qui était dévoilée.
Le 14 juin, le gouvernement américain déposa des accusations
officiellement contre Snowden
et demanda aux autorités de Hong Kong de le retenir
en vertu d'un traité d'extradition conclu entre les deux pays
en guise de prélude à une demande formelle.
À ce moment-là, le visa et le passeport de Snowden
sont toujours valides, mais ils craignent que les autorités
se rapprochent de lui, car ils ont remarqué une surveillance
policière accrue dans les villages qu'ils côtoyaient.
Ça peut paraître paranoïaque de penser ça, mais
c'est la vérité, en fait.
Après 12 jours de cavale, il a été transporté
dans la maison de son avocat à l'abri des regards.
Edward avait très peur de se faire attaquer par un drone
lorsque il se déplaçait. Et quelques jours auparavant,
il demandait à ses avocats de contacter Julian Assange,
le fondateur de Wikileaks, qui en exil à l'ambassade
de l'Équateur à Londres pour l'aider à s'enfuir
dans un pays où il sera protégé et l'aider
à avoir un statut de réfugié politique.
Selon les statistiques du gouvernement, Hong Kong
n'a accepté que 52 réfugiés sur des dizaines
de milliers de demandes depuis 1992,
soit un taux d'acceptation d'environ 0,05 %.
Tu ne connaissais pas ce taux-là? Non, moi non plus.
C'est phénoménal. Les chances d'être accepté
comme réfugié à Hong Kong sont très minces.
Surtout si t'es américain. Oui, exactement.
Ces chances sont extrêmement minces,
en plus de la présence du traité d'extradition
avec les USA. Ça ne regarde pas très bien
pour Snowden à ce moment-là. Julian Assange
envoie alors Sarah Harrison, une membre du personnel
britannique de WikiLeaks et qui est aussi
une confidante d'Assange. Elle l'envoie à Hong Kong
pour rencontrer les avocats de Snowden,
pour mettre en place un plan d'évasion.
Elle achète alors plus d'une douzaine de billets
d'avions pour différentes destinations, dont l'Islande,
Cuba et l'Inde, afin de semer la confusion
parmi les autorités américaines et les autorités
chinoises, bien sûr, qui surveillent les aéroports.
Cependant, le gouvernement de Hong Kong a malgré tout
donné le feu vert pour laisser sortir Snowden du pays.
Pendant ce temps, Assange tente de travailler
avec le gouvernement américain pour établir une relation
de protection diplomatique pour Snowden, mais en vain.
Oui, parce que lui...
Je vais le faire rapidement, mais Julian Assange aussi
se cache avec la fondation de WikiLeaks.
Oui, lui aussi est un peu un homme à chercher.
Oui, exactement. Le WikiLeaks, pour faire ce cours,
c'est un peu le Wikipédia de documents classés secrètes
à peu près de tous les pays dans le monde.
Ça donne un accent à ça et ça viole justement
tout ce qui est au niveau de la sécurité nationale
d'une tonne de pays. Il est aussi recherché,
mais c'était la bonne personne pour l'aider, justement.
Le 23 juin, Snowden quitte finalement Hong Kong
pour l'Équateur avec un escale prévu en Russie.
Cependant, il reste coincé à l'aéroport international
de Sheremetyevo, de Moscou,
après l'annulation de son passeport par les autorités américaines.
Donc ils l'ont comme intercepté en chemin.
Oui, c'est ça. En fait, étant donné que Hong Kong,
c'était ça le plan, c'est que Hong Kong, eux,
le laissaient aller, mais dès qu'il le laissait aller,
c'est entendu avec les États-Unis pour lui bloquer son passeport.
Il ne pouvait même pas non plus revenir à Hong Kong.
Il était pris entre deux. C'était une tactique américaine aussi,
parce qu'eux, ils ont l'autorité de bloquer les passeports.
C'est un passeport américain.
Écoutez, ça, c'est fascinant. Ils passent le mois suivant,
un mois au complet, dans les limbes du centre de transit
de l'aéroport. La genre de zone un peu
pas internationale, mais qui n'a pas de territoire
ou qui appartient un peu à personne à l'aéroport.
Imaginez passer un mois là, à vivre là.
C'est inimaginable.
Juste passer quelques heures là, c'est assez déprimant.
C'est ça, il était vraiment pris là.
Durant ce temps d'attente, il a déposé des demandes d'asile
dans 21 pays, notamment en France, en Allemagne,
en Autriche et en Finlande, mais aucun des pays
n'a accepté ces demandes respectives.
Ils n'ont pas permis non plus de voyage en toute sécurité.
Il était mieux de rester en Russie, parce que tous ces pays-là,
qui sont quand même tous principalement des alliés,
des Américains, j'ai l'impression qu'ils ne voulaient
pas non plus se le mettre à dos.
C'est très délicat. C'est un peu une patate chaude.
Oui vraiment, même s'il n'était pas en désaccord avec ça,
c'est tellement grave ce qu'il a fait
en termes de géopolitique. Je peux comprendre
les pays de ne pas vouloir héberger quelqu'un
qui est recherché comme ça.
Le 1er août, les autorités russes lui accordent
l'asile temporaire le temps qu'elles examinent
sa demande d'asile politique permanente.
Du même coup, The Guardian publie un autre article
qui détaille le financement de la NSA
par les renseignements britanniques pour permettre
justement au Royaume-Uni de collecter des données
qui seraient illégales pour la NSA de faire.
C'est un peu ce qu'on vous parlait tout à l'heure.
Ils ont fait un partenariat. Le Royaume-Uni, eux,
ils ont une autre législation en Europe.
Ils avaient accès à d'autres données. Ils ont signé
un partenariat avec la NSA pour partager ces données.
Habituellement, la NSA ne pouvait pas coupler ces données.
Ils n'avaient pas le droit de le faire quand même.
Mais avec ce partenariat secret, ils ont eu accès à tout ça.
C'est encore pire.
Le 14 octobre, un autre article du Washington Post
révèle que la NSA a collecté plus de 250 millions
de courriels et de contacts en provenance
de Yahoo, Gmail et Facebook.
À chaque jour, à chaque fois qu'il y a des nouveaux articles,
il y a toujours de la nouvelle information
qui sort sur les données qui sont espionnées
des Américains, en fait.
Les Américains, je pense qu'ils se soucient peu
des données qui sont espionnées des étrangers.
Mais quand c'est les leurs, c'est là que le bât blesse.
Le 16 décembre, le juge américain Richard Leon
déclare que la collecte de données par la NSA
sur tous les appels téléphoniques passés aux États-Unis
semble constituer une violation de la protection de la Constitution
contre les fouilles abusives. Cependant,
le juge Leon, qui a été nommé lui par l'ancien
président George Blvd Bush, met sa décision
en attente pour permettre au gouvernement de faire appel.
Cependant, le 27 décembre, deux semaines plus tard environ,
il y a un autre juge fédéral, le juge lui
William Pauley III, qui est juge à Manhattan.
Lui, par contre, est nommé par l'ancien président Bill Clinton,
qui est un démocrate, arrive à une conclusion opposée,
statuant que la collecte de données de téléphone
par la NSA est légale. Il faut se rappeler
qu'à ce moment-là, c'est Obama qui est à la présidence
depuis 2009 et que c'est un démocrate.
Dans le fond, le juge, Monsieur Leon,
lui, c'était un républicain.
Pourtant, il a été nommé par Bush et lui
considère que c'est illégal. Mais étant donné
que la personne est au pouvoir et que c'est des démocrates,
j'ai l'impression qu'il y a eu cette influence-là aussi.
Oui, tu as l'impression que la loi a changé
selon le gouvernement, le parti en place.
C'est quand même une loi assez importante ici.
Oui, et même si c'étaient les républicains
qui l'avaient passé, les démocrates l'ont toujours
endossé aussi depuis qu'ils sont au pouvoir,
parce qu'Obama est là depuis 2009 et le programme
a été implanté début 2002 pour vrai.
Donc il y a eu quand même un septembre sous Bush.
Le 17 janvier 2014, dans un discours
sur la surveillance de masse du gouvernement
révélé par Snowden, le président Barack Obama
ordonne au procureur général Eric Holder
d'étudier les réformes possibles au programme,
parce qu'il y avait énormément de pression populaire.
Tous les articles sortent depuis des mois par
le Washington Post, le Garden et tout le monde s'y est mis.
Donc il ressentait vraiment une grande pression.
Je me souviens de cette époque-là.
Il voulait jamais se mouiller Obama,
mais là je pense qu'il n'a vraiment pas eu le choix.
Malgré tout, c'est ça, il ordonne d'étudier
les réformes possibles, mais il défend également
les employés de la NSA et tente de garantir
aux Américains qu'ils n'abusent pas leur autorité
pour écouter vos appels privés et lire vos courriels.
Mais là, certains ne sont pas convaincus de ça.
Non, exactement. Avec toutes les données qui sont sorties,
même si le président le dit, ça a été fait.
Le 27 janvier 2014, encore une fois,
d'après des documents que Snowden a remis aux journalistes,
il indique que les autorités britanniques ont présenté
un programme pilote à leurs partenaires américains
en 2012 qui leur permettait de surveiller YouTube
en temps réel et de connecter les adresses
des milliards de vidéos visionnées quotidiennement,
ainsi que certaines informations sur ses utilisateurs
pour analyse. À l'époque, il était aussi également
capable d'espionner Facebook et Twitter.
Incroyable, hein? Mais je sais qu'une des raisons
pour YouTube, c'était justement qu'ils pouvaient
identifier et cibler les terroristes par toutes
les vidéos de propagande et d'endoctrinement
et tout ça. C'est vrai que dès que tu mets
un vidéo ou dès que tu l'écoutes, encore une fois,
ton adresse P est associée et il était capable
de faire des correlations avec ça. Mais j'imagine
le système... Il s'en joue des vidéos à chaque jour
sur YouTube. Imagine le système qui traite
toutes ces données-là. C'était fou. Je lisais
que justement on parlait d'ordinateurs de Dell
tout à l'heure, mais ils ont installé aussi des gros
réseaux de fibres optiques aussi pour transférer
cette quantité de données-là.
Je n'ai jamais trouvé le chiffre exact
de l'investissement, mais je serais curieux de...
Ça doit être immense. Ah, ça doit être des milliards.
Je vais décortiquer un peu, Seb, les différents
programmes de la NSC que Snowden a révélés
et voir un peu la différence entre chacun d'eux.
Vous allez voir, c'est loin de vous rassurer.
Si vous êtes du genre à penser que Big Brother
est partout et qu'il nous observe, vous allez voir
qu'on n'est pas trop loin de la fiction.
On a parlé un peu plus tôt du programme Prism,
P-R-I-S-M, Prism. Je vais vous expliquer un peu
ce que ça fait ce fameux programme-là un peu plus
en détail. C'est un programme qui récupère
les données de plusieurs compagnies de télécommunications
et qui les achemine vers la NSC pour analyse.
Lancé en 2007 par l'administration Bush,
c'est le plus gros programme de cahiers de données
mis en place par les Américains. L'objectif de ce programme
est bien sûr d'intercepter toute menace terroriste.
Ceci dit, toutes les communications interceptées
de partout dans le monde transigent par les États-Unis,
étant donné que la plupart de ces compagnies-là
sont situées sur le territoire américain,
comme tu le disais plus tôt, Seb.
Pour eux, c'est hyper facile d'intercepter des données
qui proviennent autant d'Europe que d'Asie.
Dans les partenaires de ce programme,
on compte Apple, Skype, Google, Facebook,
Yahoo, AOL, YouTube et Microsoft.
Donc, on couvre pas mal une grande majorité
des programmes où l'information se transige.
C'est pratiquement les joueurs majeurs
de tout l'écosystème numérique.
Et c'est tous des Américains,
c'est tous des entreprises à la base américaine.
Malgré que Skype l'était pas, mais à cette époque-là,
je ne sais pas si elle avait été rachetée par Microsoft.
Mais malgré tout, je me mettais toujours
dans la peau de ces joueurs-là.
Eux aussi doivent se questionner.
Je sais pas s'il y en a dans les négociations
qu'au départ était réticent à signer ce type d'entente-là.
Parce que si ça se savait, imaginez l'impact
pour les utilisateurs aussi.
Tu perds la confiance envers ces entreprises-là aussi.
Donc, même pour elles, j'ai l'impression
que ça n'a pas toujours été facile d'accepter ça.
Non, tout à fait. La plupart ont été muettes
sur toutes ces révélations-là. Parce qu'en même temps,
t'es un peu forcé par le gouvernement, par ton gouvernement.
Et je suis sûr qu'il y en a sans doute plusieurs grands dirigeants
de ces compagnies-là qui sont peut-être même donateurs
pour une campagne d'un de ces... de Pat Bush à l'époque
ou de Clinton.
C'est un terrain très, très glissant,
le partenariat dans une situation comme ça.
Sérieusement, je ne sais pas ce que je ferais
si j'étais propriétaire de ces compagnies-là.
Ce programme-là, on se demande depuis tantôt
pourquoi c'est légal, pourquoi c'est légal
d'intercepter de l'information comme ça.
Ça ne m'intervient pas contre un droit fondamental.
En fait, il l'est, mais c'est parce qu'en fonction
de l'amendement FISA de 2008,
en fait, cet amendement-là donne au gouvernement
le droit d'intercepter toute communication
dans le but de prévoir un attentat de terroriste.
Donc du moment que c'est justifié
et que c'est approuvé par un juge,
on peut se lancer là-dedans et puis tenter
d'intercepter des données. Bien que les Américains
stipulent que seuls les individus précis peuvent être ciblés,
donc ils ne font pas d'interception en batch,
il est tout de même possible d'intercepter les communications
d'un individu sans mandat pendant une semaine,
ce qui est très inquiétant. C'est comme si dans le fond,
lui, on n'a pas vraiment de mandat pour intercepter
des communications de distorsion, mais on a le droit
de le faire pendant une semaine, un peu comme une période d'essai,
comme si c'était un logiciel en free trial.
Donc c'est quand même assez inquiétant.
Ce système, pour voir à quel point c'est gros,
c'est la plus grande source de trafic pour la NSC
qui store toute cette information-là dans son mystérieux complexe
de Bluffdale en Utah. Donc on le sait,
le Utah Data Center est un peu
mystérieux, on ne sait pas trop ce qui se trame là-bas,
mais c'est là que cette information-là est stockée.
Le Canada, petite mise à jour, a refusé
de commenter sur l'affaire, prétextant que ça pouvait
causer des dommages au programme de sécurité canadien,
alors que la France, elle, s'est fortement opposée
à ce genre de pratiques, et a même mis pression
auprès de diplomates américains en seuls français
pour que ça arrête, et il souhaite même lancer une enquête.
Donc la France a été un peu plus vocale dans ce cas-ci,
dans le cas de Prism. Mais il y a d'autres programmes
encore plus inquiétants de la NSC, vous allez voir.
Un de ceux-là dont Snowden a parlé, c'est X Keyscore,
et il y a des slides
de sa présentation PowerPoint qui ont été publiés
par The Guardian. Ce programme-là, en fait,
c'est un autre programme qui permet d'intercepter des données,
mais celui-ci serait beaucoup plus ouvert que Prism.
Il permettrait d'atteindre les réseaux internet
ou de téléphones de presque n'importe quel individu
dans le monde au moyen d'une simple requête
dans un formulaire en ligne sans mandat d'un juge.
Ça, ça fait peur, mon Dieu!
Oui, apparemment qu'il te faut un certain niveau
dans la NSC pour avoir accès à cet outil-là,
mais ça semble assez simple d'utilisation.
Donc il serait plus flou encore au niveau juridique.
On le décrit comme un système passif,
c'est-à-dire qu'il ne porte aucune action
à moins qu'on lui demande. Il connecte les données
sans fin et on utilise son engin de recherche
pour trouver ce que l'on veut au sein des documents collectés.
Il sniff l'information de partout. C'est un peu
comme quelqu'un, je lisais ça dans un article,
c'est un peu comme ramasser une botte de foin entière
pour ensuite tenter d'y trouver une aiguille.
Donc au lieu de chercher précisément un individu précis.
Et lorsqu'on demande à Snowden ce que l'on peut faire
avec Xkeyscore, il va répondre dans une interview à Wired.
Vous pouvez lire les e-mails de n'importe qui dans le monde,
de n'importe qui pour qui vous avez une adresse courielle.
N'importe quel site web, vous pouvez surveiller
le trafic entrant et sortant.
Tout ordinateur sur lequel une personne est branchée,
vous pouvez la regarder. Tout ordinateur portable
que vous suivez, vous pouvez la suivre lorsqu'il se déplace
d'un endroit à l'autre dans le monde.
C'est un guichet unique pour l'accès aux informations de la NSC.
Vous pouvez marquer les individus,
disons que vous travaillez dans une grande société allemande
et que vous voulez accéder à ce réseau,
je peux suivre votre nom d'utilisateur sur un site web
via un formulaire quelque part et je peux
trouver et suivre votre vrai nom.
Je peux aussi suivre les associations avec vos amis
et je peux construire ce qu'on appelle une empreinte digitale
qui est une activité de réseau unique pour vous.
Ce qui signifie que vous allez partout dans le monde,
partout où vous essayez de cacher quelque chose
via votre présence en ligne comme votre identité.
C'est vraiment un programme qui est très large
et qui semble très nébuleux sur le plan légal.
C'est fou, parce que pour arriver à collecter ça,
ce n'est pas juste un petit malware qu'on installe
sur les ordinateurs, il faut avoir un accès direct
à tout ce qui se transige, tous les serveurs
et tout ça, parce que pour savoir les données
de qui va sur un site web, c'est tellement
disparate l'Internet qu'il faut que tu aies accès
à la genre de portes, le réseau de l'Internet
pour intercepter tout ça.
Ça me fascine comment ils ont réussi à faire ça
quand même dans un temps, sous quelques années.
Il y a une complexité technologique aussi,
si on enlève le côté éthique,
il y a une complexité technologique énorme
pour arriver à faire ça. L'accumulation de données
c'est pas si compliqué, et même de coupler des données
parce que tout tourne autour de l'adresse P.
Les adresses P, c'est fixe, dans le sens que
même si nos adresses changent, on ne peut pas
changer le répertoire d'une adresse P qui indique
que c'est à tel ou tel endroit, ça c'est fixe.
Tout est bien répertorié.
La complexité n'est vraiment pas là, mais c'est vraiment
dans l'acquisition globale de données.
Ça, j'en reviens toujours pas quand je lis ça.
Ils ont investi tellement, c'est un peu ça la nouvelle guerre.
Le nerf de la guerre, c'est l'accès à l'information.
C'est l'accès à certaines traces numériques
qui va te permettre de découvrir une information,
d'empêcher quelque chose, d'intercepter l'ennemi.
Je ne suis pas surpris que les Américains investissent là-dedans.
Je pense qu'ils doivent être les leaders mondial
en ce moment en termes d'acquisition d'informations
des utilisateurs, au point où ça devient vraiment inquiétant.
Vous allez voir, le prochain programme dont je vais vous parler est encore pire.
Celui-là, c'est Monster Mind.
Il a très peu d'informations révélées sur ce programme-là,
mais Snowden en a quand même fait des révélations
à différents journalistes.
Celui-là, en fait, il s'agit d'un programme intelligent
et encore plus mystérieux que Prism.
Celui-ci a été très peu documenté en dehors des révélations de Snowden,
mais il semble être connu à l'interne à la NSC.
L'objectif de Monster Mind serait encore une fois
d'intercepter des menaces terroristes
et des attaques informatiques vers le territoire des États-Unis.
Ce programme va donc analyser une très grande quantité d'informations,
genre tout le trafic interne qui véhicule
via les services mentionnés plus haut,
les Yahoo, Facebook et tout ça,
afin d'extraire des tendances et des patterns.
La particularité de Monster Mind, pardon,
c'est qu'il va répondre aux attaques
sans demander l'intervention d'un humain.
Donc il va répliquer, ce qui est assez particulier.
Par exemple, si un virus maléfique est envoyé aux États-Unis
via un ordinateur en Russie,
Monster Mind va l'intercepter et va répondre
en attaquant à son tour l'ordinateur en Russie.
Par contre, ce qui arrive, c'est que nous le savons bien,
on écoute Distortion et puis on sait que les pros du hacking
sont généralement plus intelligents que ça.
Ils vont rarement utiliser leur propre ordinateur
pour envoyer ce genre de menace.
Ils vont plutôt agir avec des ordinateurs fantômes
situés n'importe où dans le monde,
bien loin des leurs.
Suivant cette logique, Monster Mind pourrait attaquer
les ordinateurs innocents en réponse à des attaques
provenant de complètement ailleurs dans le monde.
Donc c'est très dangereux.
Au niveau légal, il est clair que Monster Mind pourrait violer
le quatrième amendement qui est le droit à la vie privée
aux États-Unis, puisque pour détecter les attaques,
le programme ne peut pas cibler les individus.
Il doit tout analyser le trafic afin de détecter
les tendances et les patterns.
C'est très flou au niveau juridique.
C'est d'ailleurs ce qui a convaincu Snowden
d'en révéler l'existence.
Il trouvait que ça n'avait pas de bon sens
d'avoir un outil comme ça au sein du gouvernement américain.
Par contre, il n'y a aucune source autre
que des délateurs qui ont confirmé son existence.
Contactés à ce propos, la NSC a nié l'existence
et a refusé de commenter.
C'est quelque chose qui est à quelque part
entre la légende urbaine et la réalité.
Il y a certains spécialistes informatiques
qui disent que c'est faux, que ça n'existe pas,
même si c'est possible techniquement.
Étant donné qu'il n'y a jamais eu de documentation exacte,
c'est sûr que Snowden a révélé ça beaucoup
après la création de tout ça,
mais je ne sais pas si à un certain moment
ils sont devenus plus craintifs, plus prudents
sur la révélation de ces documents-là.
D'après moi, ils ont resserré l'information encore plus,
parce que ces programmes-là étaient quand même
de plus en plus connus à l'interne,
même s'il ne le fallait pas non plus, même à l'intérieur de la NSC.
On revient à l'histoire de Snowden.
Snowden, après avoir passé un mois à l'aéroport,
il a finalement obtenu son visa de trois ans
comme réfugié politique en Russie.
Il s'installait pour de bon à Moscou
avec sa copine Lindsay Mills.
L'an passé, en 2017, son permis encore
était une fois renouvelé, parce qu'il était échu,
et là il a été renouvelé jusqu'en 2020.
Cependant, ces avocats ont mentionné qu'ils cherchaient tout de même
à quitter la Russie pour un autre pays un jour ou l'autre.
Ils le mentionnaient en entrevue justement,
« Je dors en Russie, mais grâce à la technologie,
je vis partout dans le monde ».
Bien sûr, oui, parce qu'il a donné des conférences un peu partout via Skype.
Même à McGill, en 2016, il a donné une conférence.
Oui, à Montréal.
Malgré tout, il y a une certaine crainte,
en fait, qu'un jour, il y ait un traité d'extradition
qui soit signé entre la Russie et les États-Unis avec l'arrivée de Trump.
Actuellement, il pourrait être condamné à mille ans de prison
s'il était renvoyé aux États-Unis,
entre autres pour vol de propriété du gouvernement
et violation de l'espionnage acte.
Oui, la loi anti-espionnage.
Oui, c'est ça, la loi anti-espionnage.
Il a toujours affirmé que ces actions n'étaient pas une trahison
en faire son pays, mais plutôt un service qu'il voulait rendre
au peuple américain en révélant leur capacité,
les capacités plutôt de surveillance et les abus massifs
des États secrets américains et britanniques, sans l'oublier.
Il est maintenant âgé de 35 ans.
Il vit toujours à Moscou, mais dans un endroit sécurisé
et secret avec des gardes.
On ne sait pas exactement où il vit, mais il est toujours là à l'heure actuelle.
Entre-temps, il a été nommé l'homme de l'année,
cette année-là où il avait fait ces révélations-là
auprès de The Guardian et de toutes les publications.
Ça a été des grosses années pour Edward Snowden.
Je pense qu'on a fait le tour un peu de la chronologie
des événements de cet épisode-là.
C'est quand même encore récent, donc on ne sait pas trop
qu'est-ce qui va arriver à Snowden au courant des prochaines années.
On sait qu'au moins il peut rester en Russie jusqu'en 2020.
Éventuellement, c'est des développements à vous tenir au courant.
Mais quels sont les impacts réels, Sable,
de cette histoire-là, de ces révélations-là,
mise à part que Snowden risque 1000 ans de prison et tout ça?
C'est assez difficile, mais les impacts réels
dans la société et autres, comment on pourrait décrire ça?
Oui, en fait, ça a eu de l'impact.
En 2015, le congrès américain a finalement adopté
le Freedom Act, qui limite justement la collecte
en masse de données téléphoniques.
Et un an plus tard, le Parlement britannique
a adopté un peu la même loi sur leur pouvoir d'investigation.
Donc en fait, ça a eu un impact positif,
parce qu'au moins les autorités s'en sont rendues compte
que c'était peut-être too much.
La collaboration entre les agences de renseignement
et les sociétés Internet ont également été touchées,
parce qu'on vous disait tout à l'heure, tout le monde
avait signé le genre de pacte, si on veut, pour les aider.
Par contre, maintenant, par exemple, l'application WhatsApp,
elle a décidé de cripter toutes ces conversations de bout à bout.
Donc, même si la NSA voudrait l'intercepter,
il ne pourrait pas décoder le message étant donné
que les communications, tout est en crypté.
Ça augmente le volume de données, mais au moins,
ça sécurise la vie privée de leur client.
Puis je sais que WhatsApp appartient à Facebook maintenant,
et ça avait été décidé même avant que Facebook
soit propriétaire, mais quand même, je trouvais que cette action-là
qu'ils ont fait, c'était bien pour les utilisateurs,
surtout que WhatsApp est beaucoup utilisé dans les pays étrangers.
C'est eux qui étaient quand même
les plus grandes cibles de toutes ces attaques-là.
Je serais curieux de voir s'il n'y a pas eu un impact
sur les mesures de sécurité intérieures à la NSA.
Évidemment, toi et moi, on n'est pas trop au courant.
On n'a pas encore de connexion à l'interne,
mais on ne sait jamais, la distorsion va s'étendre peut-être.
Jusqu'aux États-Unis, on verra bien qu'à ce moment-là,
on aura des distordus à la NSA, mais d'ici là,
je serais curieux de voir s'ils ont changé
les politiques internes sur leur transfert d'informations et tout ça.
C'est quand même inquiétant
qu'un homme ait pu révéler
des présentations PowerPoint.
Il y avait certaines failles au niveau de la protection de données à l'interne.
Ils font confiance.
À un certain point, l'affaire, c'est l'être humain.
L'affaire de sécurité, c'est l'être humain.
Je sais qu'ils ont des contrats et des choses comme ça.
Justement, si tu ne respectes pas ça, tu dois être puni,
emprisonné et tout ça.
Oui, ils ont dû sûrement améliorer ça à l'interne,
mais malgré tout, Snowden, lui,
avait le top clearance.
Son travail lui donnait accès à ça.
On le disait tantôt, je pensais que c'était 850 000 consultants.
Toutes ces gens-là ont accès à ces documents-là.
Je suis convaincu, comme tu dis,
que c'est certains qui ont dû restreindre ça encore plus
pour éviter ces dommages-là, c'est certain.
Tout ça n'est pas sans rappeler, Seb,
le cas d'un fameux Chelsea Manning.
Lui a été condamné contrairement à Snowden
jusqu'à présent le 21 août 2013
à 35 ans de prison pour trahison.
Il a été libéré sous la présidence d'Obama le 17 mai 2017,
sept ans après son arrestation survenue le 20 mai 2010.
Chelsea Elisabeth Manning,
pour faire un petit recap,
c'est une ancienne analyste militaire de l'armée des États-Unis
de nationalité américano-britannique.
Manning a transmis en 2010 à Wikileaks
différents documents militaires classifiés,
notamment des documents sur les morts de civils
pendant la guerre d'Afghanistan et une vidéo
d'une bavure américaine lors de la guerre d'Irak,
qui était le raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad
qui avait fait scandale à l'époque.
Je suis curieux de voir par contre
en quelle raison elle a été libérée par Obama.
Ça tombe un peu dans le même axe que Snowden.
C'est sûr que c'est moins...
Les informations qu'elle a révélées sont quand même moins larges
et moins lourdes de sens ou lourdes d'impact
que ce que Snowden a révélé.
Donc il y a eu un certain pardon par rapport à ça.
Je ne sais pas exactement ce qui a déclenché ça,
mais je sais qu'il y a eu énormément de pression politique
même de la part de Snowden à distance.
Il y avait des manifestations et tout ça
que pour eux, révéler ces informations-là
n'était pas un crime de guerre en tant que tel,
étant donné que c'est des choses qui sont déjà arrivées.
Oui, c'est de l'information secrète,
mais en même temps, c'est de l'information...
C'est sans doute documenté ailleurs aussi.
Parce que cette information-là, même si on la dévoile,
elle ne met pas en jeu la sécurité des Américains,
contrairement à ce que Snowden a pu mettre.
C'est juste des événements qui auraient voulu
peut-être passer sous silence.
C'est plus parce que les Américains ont eu l'air un peu plus fous là-dedans.
Ce n'est pas toujours éthique justement ce qu'ils ont voulu faire,
parce que tout ça est encore lié à Osama Ben Laden
et tout ça, les raids en Irak.
C'est un peu sur cet axe-là.
J'ai été quand même surpris qu'ils l'ont libérée,
mais elle a quand même fait sept ans de prison.
Là, on passe toujours du LOL.
À l'époque, Chelsea Manning est un homme
et depuis quelques années, elle est autorisée par l'armée américaine.
Je pense que quand tu es dans l'armée encore,
il faut que tu sois autorisé pour avoir un changement de sexe.
Maintenant, c'est Chelsea Elizabeth Manning.
Elle est en femme maintenant.
Quand on la voit sur Wikipédia,
si on fait des recherches, des fois, ça peut porter à confusion.
On voit certaines photos, elle a l'air d'un homme,
et d'autres fois, maintenant, elle est une femme.
C'est pour ça que je vous précise le tout.
Il y a eu un changement.
Il y a un autre cas d'espionnage,
d'invasion de la vie privée aux États-Unis,
mais qui est effectué par une technologie québécoise.
Pour ceux qui habitent peut-être dans l'ouest de l'île de Montréal
ou qui ont déjà circulé dans l'ouest de l'île de Montréal,
cette entreprise-là, on la voit, elle s'appelle Genetech.
On voit vraiment son bureau quand on circule sur la 40.
Elle développe des systèmes de surveillance de toutes sortes
depuis 1997,
et elle a des contrats de partout dans le monde.
Il y a mille personnes qui travaillent à Montréal là-dessus.
La compagnie Genetech, elle a développé, entre autres,
un détecteur de plaque,
en fait, qui s'ajoute,
de plaque d'immatriculation,
qui s'ajoute au radar pédagogique qu'on voit dans les rues.
On voit un affichage qui détecte votre vitesse
et qui vous affiche à 30, 40, etc.
Mais aux États-Unis, ils ont signé une entente
en fait, que ces petits panneaux qui ont l'air un peu banal
et juste informatif,
en fait, pour diminuer la vitesse,
c'est plutôt des machines qui sont utilisées
par le US Drug Enforcement Agency.
En fait, eux, ce qu'ils font, avec le dispositif
de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation
de Genetech,
ça traque à leur insu les trafiquants de drogue
et ça récolte de l'information sur les véhicules
et leur propriétaire. Sauf que ce faisant,
ça, c'est des renseignements que tous les automobilistes,
dans le fond, quand ils font ça,
ils ne savent pas, quand tu conduis ta voiture,
que tu es un criminel. Donc, ils scannen toutes les plaques
de tout le monde et tout est logué, tout est gardé,
cette information-là. Ils peuvent vraiment surveiller
le citoyen. Imaginez, quand c'est seulement des petites bornes
et ils utilisent même... Le gouvernement américain
n'a jamais voulu répondre à ça. Et l'entreprise,
elle a dit, nous, on n'est pas responsable de ce qu'ils font
avec les données. Parce que c'est vrai qu'à la base,
détecter les plaques d'immatriculation, c'est ça, eux,
la technologie, c'est détecter les plaques. Après, faire le couplage
de données, ça, c'est pas dans leur département.
Mais j'imagine ça croiser avec tous les autres programmes
dont on a parlé auparavant, Seb. On peut carrément
détecter où est-ce que ces gens-là, ils sont physiquement
dans le monde. Oui, imagine toutes les caméras de surveillance
des autoroutes. Juste au Québec, il y a des caméras partout.
Vous voulez même les voir en direct vous-même en allant
sur le site du ministère des Transports. Ces caméras-là,
imaginez s'ils installent ce dispositif-là, qui est peut-être
là, mais je crois pas, mais s'ils installent ce dispositif-là,
ils pourraient repérer qui circule où et quand.
D'une certaine manière, c'est vrai que si ça fait peur,
ça devient un vrai big brother. Vraiment.
Et je sais que la ville de Chicago utilise depuis là,
en plusieurs années, leur technologie à eux. Puis eux,
justement, dès que tu circules, si tu circules dans une rue
puis que t'es détecté et que tu dois de l'argent,
des contraventions, des choses comme ça, automatiquement,
il y a une notification qui est faite aux autorités, puis ils vont
tout de suite aller te mettre un sabot de Denver sur ta voiture.
Alors que la ville de Chicago utilise ça depuis des années
pour coincer les contrevenants qui payent pas leurs contraventions.
Fascinant, fascinant quand même. Je trouve ça le fun
quand une compagnie québécoise développe une belle technologie comme ça
puis qu'ils font travailler beaucoup de gens ici.
Mais en même temps, il y a tout ce côté-là, encore une fois,
de surveillance. Comment on l'utilise. Oui, exact.
Après les révélations de Snowdon, il a laissé un certain
leg, en fait, par rapport à ça. Et un peu plus tard,
il y a un média qui a été créé qui s'appelle
le First Look Media qui a été financé, entre autres,
par le fondateur de eBay en 2013 qui s'appelle
Pierre Omidiar, que lui va financer le nouveau
média qui a été fondé justement par Glenn Greenwald,
par Laura Poitras et un certain Jeremy
Scarill avec un fonds d'investissement
de 250 millions de dollars. Et le
10 février 2014, ils ont lancé ce magazine-là,
en fait, le First Look Media. Et lui, son objectif, c'était
de présenter justement les révélations d'Edward Snowdon
et ainsi poursuivre la publication d'enquêtes
diverses sur la surveillance globale par les États-Unis.
Donc on voit qu'il y a certains
acteurs de la Silicon Valley
qu'on peut dire qui étaient quand même touchés par ça parce que
le fondateur d'EB, c'est de l'argent de sa poche
qu'il a mis. Il a quand même investi 250 millions de dollars
et on s'entend qu'un magazine comme ça, First Look Media,
ça look plus au SBL, un organisme à but non lucratif,
qu'un magazine mercantile pour faire l'argent.
Donc c'était vraiment, selon moi, du...
un certain love money que tu t'attends pas de retour, mais
plus pour la cause que t'as investi. Donc ça, c'est un des
legs qu'Edward Snowdon a pu laisser
quand même. C'est un genre de... c'est pas un WikiLeaks,
mais un peu c'est un WikiLeaks... Un magazine un peu activiste,
en fait, qui ouvre les yeux
des gens de partout dans le monde sur ces dossiers-là.
Un des autres legs qu'on peut difficilement passer
sous silence, Laura Poitras, qu'est-ce qu'elle a fait, en fait,
avec tous ces documents-là, elle, en fait,
tout le temps qu'elle était dans la fameuse chambre d'hôtel
à Hong Kong, elle a filmé, donc on sait, elle est réalisatrice.
Donc elle, elle a filmé, elle a documenté tout ça
d'une magnifique manière, en fait, et elle a fait,
finalement, elle a réalisé le film Citizen Four,
qui retrace les révélations d'Edward Snowdon
sur vraiment... et qui permet de voir un peu
à quelle ampleur ça a pris, et ce film-là,
Citizen Four, a reçu l'oscar du meilleur documentaire
en 2015. On vous le cachera pas, c'est un
incontournable pour tous les distordus, vous devez
voir ce film-là, et c'est fascinant comment,
malgré le fait qu'il est entièrement tourné dans une chambre d'hôtel
ou presque, on a l'impression que c'est un vrai thriller.
Oui, c'est très bien monté. Oui, il y a du suspense, même si
on est presque tout le temps dans un seul lieu. Et toujours
au niveau cinématographique, évidemment, il y a Oliver Stone
qui a réalisé le film Snowdon,
en collaboration avec Edward, justement,
qui est aussi très bon, en fait, qui est une bonne
fiction qui résume son parcours
très, très, très intéressant. Snowdon,
faire une petite parenthèse par rapport à ça, Snowdon, quand
il a participé au film de Oliver Stone, il a révélé
certains noms de villageois
chez qui il a habité. Il a regretté
ça, parce qu'il ne voulait pas mettre en péril leur sécurité.
Il leur a même envoyé mille dollars US chacun pour
s'excuser, pour s'excuser de ce geste-là
qu'il n'avait pas pensé, qu'il n'avait pas pensé aux impacts
de ça pour lui. Je sais pas, il a tout simplement pas pensé
à ça, mais je trouvais ça drôle, pas drôle, mais
quand même, bien de sa part de vouloir un peu s'être
racheté de ça. Selon moi, je crois pas que les autorités
chinoises ont fait quoi que ce soit avec ces villageois-là.
C'est pas comme si, c'est pas des très grands alliés, des Américains,
des Chinois non plus. Je serais curieux de voir si Snowdon
a monétisé ces révélations.
Bonne question. À savoir, parce que ça, c'est pas couvert ni dans le film
de Laurent Poitras, ni évidemment dans les articles du Guardian.
Est-ce que, étant donné qu'il était dans une situation vraiment précaire,
qu'il savait qu'il allait perdre son emploi puis qu'il allait avoir énormément de dépenses
qui allait suivre, est-ce qu'il s'est négocié,
je sais pas moi, un salaire en vertu de ces révélations-là?
Parce que, je veux dire, évidemment, le Guardian
a explosé en clics et en views au cours de cette semaine-là
et même par la suite. Wired aussi,
le Washington Post aussi. Snowdon par le suite
a fait de la couverture de tous les magazines.
C'était vraiment une personnalité prédominante cette année-là.
Est-ce qu'il s'est assuré, avant de faire tout ce mouv'là,
d'avoir un support financier de ces publications-là?
Je me le demande vraiment.
Moi, je pense que oui, mais malgré tout, il avait quand même un bon salaire.
Les consultants informatiques de la NSA gongent très très cher.
J'avais l'impression qu'il y avait quand même un peu d'argent derrière lui.
Mais je suis pas certain que tout calculait ça.
Parce que lui-même, il disait toujours que son objectif,
il pensait jamais à lui-même, il pensait toujours à révéler
l'information pour les Américains, mais jamais, comme je vous le disais
dans le début de l'épisode, jamais lui avait même planifié
à sauver ou quoi que ce soit pour lui au départ.
C'était pas ça. J'ai l'impression que naïvement,
il n'avait peut-être pas prévu le coup.
Mais c'est certain qu'il a dû avoir...
Des royautés avec les films. Jamais je croirais.
C'est sûr. Même à qui qu'il donnait l'information,
c'est certain qu'il a dû négocier des cachets.
Toutes les conférences qu'il a données par la suite
a dû lui permettre aussi de vivre. Je me demande si en arrière
de tout ça, il n'y a pas d'autres personnes qui ont pas,
des gens inconnus, mais qui auraient peut-être intérêt
à ce que cette information-là sorte et qui ont pu lui
au moins lui permettre de vivre. On s'entend que le mois
qu'il a resté à Moscou, ça n'a pas dû lui coûter très cher.
C'est une petite blague, mais c'est vrai que pour la suite,
surtout qu'il habite dans un endroit sécurisé,
tout ça coûte de l'argent d'avoir de la surveillance.
Bonne question, bonne question.
Sinon, ça conclut un peu le tour de la question, Seb.
C'était vraiment intéressant de se plonger là-dedans
et d'investiguer plus en profondeur certains éléments.
Notamment, sa cavale, notamment un peu plus précisément
les programmes en question de la NSC.
C'est un sujet qui va revenir. On risque de couvrir
encore des sujets en lien avec ça à distorsion.
Notamment, c'est fascinant parce qu'on discute souvent
sur le groupe de discussion qu'on vous invite à rejoindre.
D'ailleurs, on vous invite à aller nous dire ce que vous pensez
de cet épisode-là, ce que vous pensez de tous ces programmes
de surveillance-là, mais un sujet qui revient souvent,
c'est justement tous les assistants personnels vocaux.
Est-ce que justement, maintenant qu'on fait juste
avoir une discussion un soir et puis le lendemain,
on a des pubs en lien avec la discussion qu'on a eue
sans avoir rien googlé, est-ce que justement
toutes ces conversations-là sont croisées
avec les programmes de recherche de la NSC?
Ça ouvre tout un monde de paranoïa, en fait.
Oui, surtout que ces acteurs-là, c'est Google et Facebook
principalement qui nous écouteraient.
Eux, ils avaient déjà des partenariats à l'époque.
On ne le sait pas en face actuellement, ça tient toujours,
mais malgré tout ce que tu dis, c'est vrai.
Je sais qu'actuellement, ils n'ont jamais vraiment dénié Facebook
et tout ça, ils ont toujours un peu nié à être écoutés.
D'autres spécialistes disent, il faut s'entendre,
les assistants intelligents et tout ça, c'est pas de l'écoute active,
c'est de l'écoute passive qui soit déclenchée par des mots-clés.
Donc, dans le sens que s'ils entendent tel mot, tel mot, tel mot,
là, il va y avoir des requêtes qui vont être faites.
Et actuellement, c'est vrai que l'objectif est plus commercial.
Si tout ça est vrai, on observe des choses,
mais les entreprises ne le disent pas précisément.
Je peux comprendre, mais ce n'est pas sur tous les téléphones aussi.
Des fois, j'ai l'impression que les gens sont un peu…
Ils mélangent, ils ont l'impression qu'ils sont écoutés,
mais des fois, ça peut être un hasard aussi que vous voyez
telle pub de quelque chose ou que vous pouvez avoir recherché ça
dans le passé, il y a tout ça.
Mais c'est certain qu'il y a un aspect inquiétant par rapport à ça.
Moi, j'adore les assistants vocaux et tout ça pour leur utilité
dans le quotidien, mais c'est certain que j'ai toujours
une pensée qui fait qu'actuellement, il y a un micro qui m'écoute
et qui pourrait utiliser cette information-là contre moi.
Mais bon, je n'ai rien à cacher.
Mais dites-nous ce que vous en pensez sur le groupe
de discussion ou partout ailleurs, vous savez où nous rejoindre.
On est partout sur Facebook, Instagram, Distortion Podcasts,
sur YouTube aussi, sur Twitter, Distortion Pods.
Et puis généralement, on répond à tous les messages
qui nous sont envoyés. Et n'hésitez pas, on a aussi plein
de belles marchandises disponibles sur notre boutique
au boutique.distortionpodcasts.com.
On a une super collection qui est disponible avec
des tuques maintenant, des T-shirts, des crewnecks,
des posters, des étuits. Tasse à café!
Oui, monsieur, justement, qui est un gros vendeur
en ce moment. Donc, si vous voulez encourager le show,
c'est une autre façon de le faire. Et Seb,
je suis sûr que t'as un mot de la fin pour nous ce soir.
Ne vous inquiétez pas, Distortion ne surveille pas
tout ce que vous faites en ligne. Mais qui sait,
peut-être que nos stickers vous écoutent.
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