Rejoignez Emile et Seb pour plonger dans l’histoire fascinante du jeu ‘E.T. l’Extraterrestre’, connu comme le plus grand flop de l’histoire du jeu vidéo. De sa conception hâtive à la légende des millions de copies enfouies dans le désert, cet épisode dévoile les dessous de l’effondrement du jeu vidéo de 1983 et démystifie une légende urbaine captivante. Une mini-disto incontournable pour les passionnés de récits vidéoludiques et de secrets exhumés. Bonne écoute!
![E.T. : le jeu vidéo enterré dans le désert [MINI-DISTO]](/wp-content/uploads/2024/02/e-t-le-jeu-video-enterre-dans-le-desert-mini-disto.jpg)
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E.T. : le jeu vidéo enterré dans le désert [MINI-DISTO]
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Vous êtes sur le point d'écouter une mini-disto tirée du journal d'enquête d'Emile et Sébastien.
Seb, comment ça va ce soir?
Ça va bien, toi Emile?
Ça va très bien, ça va très bien parce qu'aujourd'hui on va faire un petit voyage dans le temps
dans les balbutiements du jeu vidéo commercial, je pourrais dire,
parce que le jeu vidéo lui-même remonte à plus loin que ça,
mais on va se transporter au début des années 80
pour parler d'une époque un peu mythique du jeu vidéo.
Il y a eu une époque vraiment de hausse où c'était vraiment la folie avec des jeux notoires,
l'arrivée des consoles de salon et tout ça,
le passage de la grosse console arcade à la console de salon
où les jeux vidéo pouvaient maintenant entrer dans les familles.
Puis par la suite, il y a eu un crash en 1983,
une grosse débandade de l'industrie du jeu vidéo.
Il y en a qui diront que c'est à cause du sujet d'aujourd'hui,
on aura la chance d'en parler.
On va vous parler donc du jeu vidéo E.T.,
le jeu vidéo enterré dans le désert.
Parce que si vous avez lu notre BD en collabo avec Low Reader,
et les labels 619, Run et tous nos amis, Pivoine,
Ours, Petit Rapace et Kogumeli aussi qui a fait la couverture,
on pensait que ça pourrait être le fun de traiter d'une histoire
qui a inspiré ces histoires-là.
Parce que les trois histoires qu'on a imaginées avec Run dans la bande dessinée,
c'est un peu tiré de fait réel.
Celle sur les Red Room est tirée évidemment d'histoires connues,
mais entre autres Peter Scully,
celle où on a un influenceur toxique
qui parvient à amener quelqu'un à vouloir faire une tuerie de masse,
évidemment c'est un peu inspiré de Andrew Tate
et des influenceurs un peu alt-right.
Et puis l'histoire où justement une streamer de Twitch
découvre un jeu vidéo dans le désert qui est hanté
et qui vit plein de mésaventures par la suite
est un peu inspiré de celle de E.T. en fait.
Oui, oui, oui, absolument.
Je trouvais ça bien d'aller là, mais à l'époque d'aujourd'hui,
en fait, ça ramène cette histoire-là
puis ça ramène aussi une forme de nostalgie aussi.
Je trouvais ça intéressant également.
Donc, on voulait prendre un peu de temps
pour raconter un peu cette histoire de légendes de jeux vidéo enterrés dans le désert,
parce que ça a longtemps été un peu une légende urbaine.
Est-ce que c'est vrai que des surplus d'inventaires de jeux vidéo ont été enterrés?
Est-ce que c'est vrai que E.T. en faisait partie?
Quels autres jeux vidéo faisaient partie de cette fameuse
batch de cartouches enterrées par Atari à l'époque?
Vous allez voir, on va faire le tour un peu de tout ça aujourd'hui.
On n'avait pas la même conscience environnementale à cette époque-là.
Oh non! Elle en pourrait imprimer trop de cartouches.
Elle a enterré ça comme ça, sans rien recycler, quoi que ce soit.
Yes! Puis en plus, le jeu vidéo E.T. l'extraterrestre,
qui est inspiré du film, il est considéré aussi sable
comme le pire jeu de l'histoire.
Oui, OK, à ce point.
Donc, on va avoir la chance un peu d'en parler,
parce qu'il y a eu des très mauvaises critiques à l'époque.
Donc, ça risque d'être très intéressant.
Les distordus parmi vous, dites-nous si vous étiez…
si vous possédiez, en fait, une vieille console de l'époque,
ou peut-être que vous avez vu ça chez vos parents.
Moi, je n'ai pas eu de console Atari.
Je suis peut-être trop jeune pour ça.
Mais bon, j'en ai eu d'autres vieilles par la suite que j'ai atterrées.
Que j'ai acquéries, pardon, sur le tard.
Mais je n'ai pas eu la chance de jouer E.T. l'extraterrestre, malheureusement.
J'aimerais bien ça, par contre.
Moi non plus, puis il doit avoir, avec les simulateurs,
il doit avoir la possibilité de jouer aujourd'hui.
Oui, puis même, de tant en commander une,
il y a encore des cartouches qui existent.
Oui, sûrement, mais oui, tu as raison.
Oui, qui ne sont pas trop hors de prix.
C'est ce que je me demandais justement au niveau du prix.
Mais oui, tu as raison, c'était 82, je pense.
Donc tu sais, moi j'avais quelques années, j'étais tout jeune aussi.
Donc c'est sûr qu'on ne pouvait pas avoir ces consoles-là.
On a plus de Goûter ou Nintendo ou Commodore, des trucs comme ça, qui est plus ordinateur, bref.
Donc Seb, on se transporte aujourd'hui quelques décennies dans le passé,
au début des années 80,
pour vous mettre un peu de contexte sur l'industrie du jeu vidéo
et du divertissement à cette époque-là.
Donc, au début des années 80, l'industrie était en pleine effervescence,
mais aussi en pleine mutation.
Les jeux vidéo étaient principalement joués sur des bornes d'arcade
et les consoles individuelles n'étaient pas aussi répandues.
En France et en Amérique, de 1975 à 1983,
l'industrie du jeu vidéo reposait principalement sur l'importation de machines et de jeux.
C'est durant cette période que les structures industrielles,
en particulier les éditeurs de jeux, ont commencé à émerger.
Aux États-Unis, Atari était un acteur majeur de l'industrie,
parce que Atari, c'est américain.
On a parfois tendance à penser que c'est japonais, mais non, c'est américain.
La société avait popularisé le matériel basé sur des microprocesseurs
et les jeux stockés sur des cartouches ROM interchangeables
avec sa console Atari 2600, qui était un peu leur flagship,
sortie en septembre 1977.
Atari allait révolutionner le monde du jeu vidéo
en amenant les jeux populaires dans les salons des gens
et pas seulement dans les arcades.
Lorsque la première console Atari sort en 1977,
les gens font la file et couchent dehors,
en dehors de chez Sears, pendant des heures,
pour faire l'achat de la fameuse console.
À SimSense.
Exact.
Atari allait ouvrir donc la porte à Nintendo,
mais aussi à Sega quelques années plus tard,
qui allait aussi débarquer avec des consoles de salon disponibles pour tous.
Puis là, on va parler un peu des jeux vidéo les plus vendus en 1982, Seb,
parce que c'est loin d'être les mêmes marques qu'aujourd'hui.
Il n'y a pas d'Assassin's Creed et de Call of Duty ici.
Grand Theft Auto.
Donc les jeux pour la Atari 2600,
puis vous allez voir les chiffres aussi
qui sont quand même extrêmement impressionnants pour l'époque.
Pac-Man, évidemment, tout le monde connaît Pac-Man,
parce que c'est une des plus grandes licences de jeux jamais produites,
était le numéro un, donc en 1982,
7,7 millions d'exemplaires.
Incroyable.
C'est incroyable parce que ça coûtait cher, une console de jeu,
comme l'Atari 2600, c'était révolutionnaire.
Les gens qui avaient ça, c'était vraiment des gens à la fine pointe.
La technologie, c'est quand même niche.
7,7 millions d'exemplaires, c'est un gros chiffre.
Ça m'a surpris, honnêtement.
C'est des vrais early adopters, comme tu disais.
Oui, exact. Il y en avait beaucoup.
Pac-Man, on le sait, c'est le petit bonhomme
qui se promène un peu dans un labyrinthe
et qui doit éviter les fantômes.
Oui.
Au numéro deux, on retrouve un jeu d'aventure vraiment épique.
Seb, je pense que plusieurs d'entre nous
ont eu la chance d'y jouer.
Pitfall, qui s'est vendu à 4 millions d'exemplaires.
Donc déjà, Pac-Man s'est vendu au double quand même.
Puis Pitfall, je dois dire, même à l'époque,
était très cool, un jeu d'aventure
où on saute par-dessus des...
On agrippe des lianes, on doit traverser des obstacles,
on est dans la jungle, il y a des échelles,
des souterrains, des animaux qu'on doit éviter.
Tout ça, c'est en petits pixels
avec un nombre très limité de couleurs.
Exact. Moi, j'ai tellement joué.
C'est dans les premiers jeux que j'ai eu
sur mon ordinateur personnel à l'époque, Pitfall.
C'était peut-être une version après celle-là.
C'était incroyable, honnêtement.
Même, je lisais, avant qu'on entre en autre,
ça a même révolutionné un peu.
La forme de gaming de Pitfall
a amené une forme de révolution
dans le jeu vidéo.
Il disait qu'il allait prendre le side-scrolling
un peu comme ça. Ça existait pas tant.
C'est aussi la base de tout ce qui est devenu Uncharted
et des gros jeux d'aventure un peu comme ça.
Même Tomb Raider, à la limite.
Tomb Raider, carrément.
Pitfall est sans aucun doute l'enceinte
de ces jeux d'aventure.
Au numéro 3, on retrouve Asteroids.
Asteroids qui, lui, était déjà un jeu bien connu
sur la borne d'arcade,
qui est sorti en 1981,
à 3,8 millions d'exemplaires.
Donc, c'était la meilleure vente d'Atari
avant l'arrivée de Pac-Man.
C'était ça, le jeu le plus populaire.
Donc Asteroids, t'es un petit vaisseau
un peu en triangle,
fait avec quelques petits pixels.
Tu dois tirer sur des vagues d'ennemis
qui arrivent. C'est très classique.
Je sais pas si c'est un nom, ces jeux-là,
les geeks de jeux vidéo.
Oui, il y en a un.
Des jeux par vagues d'ennemis ou autres.
Donc, c'était ça, le top 3.
Il y a aussi d'autres jeux notables
qui sont sortis en 1982,
dont Donkey Kong Jr. de Nintendo,
qui est sorti aussi cette année-là.
Pole Position de Namco, un jeu de course.
Et Zaxxon de Sega,
qui est un jeu, me semble, de science-fixie.
Ces jeux ont également contribué
à la popularité croissante
des jeux vidéo de cette époque.
Donc, c'est vraiment l'époque de ces jeux-là.
Super Mario n'existait pas encore
dans cette époque-là.
Donc, en résumé, le début des années 80
a été une période de croissance rapide,
mais aussi de turbulences
pour l'industrie du jeu vidéo,
avec l'émergence de nouvelles technologies
et de nouveaux acteurs.
Cependant, l'industrie a été marquée
par le crash du jeu vidéo de 1983,
principalement aux États-Unis.
Ce crash a été causé par une
surproduction de jeux vidéo
de mauvaise qualité en 1982,
ce qui a conduit à une perte de confiance
des investisseurs et des marchands de jouets.
Plusieurs entreprises du secteur
ont fait faillite,
et une surproduction de cartouches de jeux
a été détruite.
On a l'impression que les manufacturiers
voyaient là trop d'opportunités
et qu'ils ont tenté de maximiser
tous les concepts de jeux de l'époque
en les récupérant à gauche et à droite.
Il faut le dire,
les types de jeux vidéo de l'époque
étaient souvent similaires.
Des plateformers, un peu comme on parlait,
des jeux de vaisseau qui éliminent des vagues
d'ennemis, ou des jeux de gravité
un peu comme Tetris, ou encore des jeux
en attaque des ennemis en cercle.
Astéroïdes, c'était sur le côté,
mais il y en avait d'autres que tu es au centre
et tu dois tourner ton vaisseau et tirer autour.
Donc, ça revenait pas mal au même.
Malgré ce crash,
l'industrie a continué à évoluer
et par exemple, Nintendo a lancé
la NES, la Entertainment System,
en 1983, au Japon,
qui a contribué à changer la relation
entre les fabricants de consoles et les développeurs
de logiciels.
Cela a conduit à des jeux de meilleure qualité,
ce qui a aidé à changer l'attitude
d'un public qui s'était lancé
des jeux mal produits.
Et par la suite, après ce crash-là,
il y a eu une évolution fulgurante
avec Nintendo, Super Nintendo,
jusqu'aux années 90 aussi.
Oui, exact. Sega qui est embarqué
dans ce milieu-là.
Revenons au début des années 80
pour mieux s'attacher à notre histoire.
Suite au succès commercial
du film E.T. l'extraterrestre
en juin 1982,
Steve Ross, PDG de la société
mère d'Atari, Warner Communications,
a commencé des négociations
avec le réalisateur du film
Steven Spielberg qu'on connaît bien
et son distributeur
Universal Pictures pour acquérir
une licence afin de produire
un jeu vidéo qui serait basé sur le film de E.T.
Pour vous remettre en perspective
de l'époque, le film E.T.,
réalisé par Steven Spielberg
et sorti en 1982,
a été un énorme succès commercial
et critique.
C'était un bon film à l'époque.
Il est devenu même le film
le plus rentable de l'histoire,
encore une fois à cette époque-là,
qui a dépassé la guerre des étoiles.
Le film a reçu de nombreuses nominations,
plusieurs récompenses dont 9 nominations aux Oscars
et 4 Oscars, finalement.
Il a également été acclamé
par la critique, par sa narration,
ses effets spéciaux révolutionnaires,
on se rappelle des années 80,
et sa capacité à émouvoir le public.
Le succès du film a également eu un impact
significatif sur l'industrie du divertissement
dans tout son ensemble.
Il a stimulé les ventes de produits dérivés
et a influencé la culture populaire de l'époque.
C'est vrai que c'est un des premiers,
comment dire, films qui est devenu
toutes sortes de jouets.
On comprend donc pourquoi
il y avait un attrait à produire
un jeu tiré du film.
Il y avait une opportunité.
Mais malgré, on le comprend,
le film, c'est vrai que c'était beau, c'était bon,
mais c'est dur de trouver,
j'ai l'impression, un narratif,
surtout à l'époque,
avec les possibilités techniques de faire des jeux.
On dirait que je vois mal.
Je me demande quelle idée
ils ont eu pour faire vraiment
un vrai gameplay qui a du sens
et qui est amusant tant que ça.
Oui, tu as raison, parce qu'on dirait
que moi aussi, d'instinct,
ce serait pas le premier jeu, comment dire,
le premier film que j'adapterai en jeu
versus la guerre des étoiles
où même dans le titre, on imagine déjà un gameplay.
E.T., si vous l'avez pas vu,
c'est un film un peu familial,
je devrais dire,
qui est plus émouvant quand même,
qui est même triste par moment.
C'est pas un film d'action
tant que ça.
Sa quête, c'est de retourner chez lui.
Mais on est moins dans le
blockbuster
Indiana Jones-esque.
Moi aussi, on dirait que quand je regarde
E.T., je suis d'accord que ça a été
un gros succès commercial et qu'il y a un attrait,
mais on dirait que j'aurais de la difficulté
à imaginer un gameplay pour ça.
Oui, on saisit juste une opportunité
sans plus. On dirait, au départ,
ceux qui ont eu l'idée, sans avoir
vraiment un plan de jeu.
Plus tard dans le mois,
Warner a annoncé ses droits
exclusifs mondiaux pour commercialiser
des jeux d'arcade et des jeux
sur console basés sur E.T.
Bien que les détails exacts
de la transaction n'aient pas été
divulgués lors de l'annonce, il a été
rapporté plus tard qu'Atari avait payé
entre 20 et 25 millions
de dollars américains et sables.
Pour les droits,
une somme importante pour la licence d'un jeu
vidéo à l'époque, ça équivaut à 61,
76 millions de dollars
aujourd'hui ajustés à l'inflation.
C'est cher pour des droits
d'adaptation en jeux vidéo,
donc il faut en vendre des cartouches par la suite.
Lorsque Ross a demandé
à Ray Kassar, qui est le PDG
d'Atari, ce qu'il pensait de la
création d'un jeu vidéo basé sur
le film, il a répondu
« Je pense que c'est une mauvaise idée.
Nous n'avons jamais fait de jeux d'action
basés sur un film. Donc, un jeu
d'arcade basé sur la propriété E.T.
avait également été envisagé,
mais cela a été jugé impossible étant donné
le court délai qu'ils avaient.
Mais le 27 juillet 1982,
après la conclusion des négociations,
Kassar a appelé le game
designer Howard Scott
Warshaw pour le charger de développer
l'adaptation en jeux vidéo.
Kassar l'a informé que Spielberg
avait spécifiquement demandé à
Warshaw et que le développement devait
être terminé pour le 1er septembre
afin de respecter le calendrier
de production pour la saison des fêtes
de Noël, ce qui lui laissait 5
semaines seulement pour réaliser
le jeu.
Bien que Warshaw ait passé
plus d'un an à travailler
sur des plannings de développement consécutif
pour des jeux, dont 7 mois
sur un jeu qui s'appelait Yars
Revenge et 6 mois sur
Raiders of the Lost Ark,
le jeu adapté de Indiana Jones.
C'était un designer connu à l'époque.
Il a accepté l'offre en raison
du défi de terminer un jeu dans un très court
délai et à la demande de Spielberg
qui le respectait beaucoup
et avec qui il avait travaillé sur Indiana Jones.
Warshaw a considéré cela
comme une opportunité de développer
un jeu Atari 2600 innovant
basé sur un film qu'il appréciait
à condition de trouver
le bon arrangement.
Donc, selon la légende,
Kassar aurait offert à Warshaw
200 000 dollars américains
et des vacances tout frais payées à
Hawaii en compensation.
Donc c'était ça son salaire.
Warshaw a été transporté en jet privé
au studio Warner Brothers
pour rencontrer Spielberg.
À l'époque, juste pour vous dire,
Warshaw avait travaillé sur
ces deux jeux-là dont je vous parlais,
Yars Revenge,
qui est un jeu un peu de style
Shoot'em Up,
qui a été publié par Atari en 1981
pour la même console.
Donc c'est un jeu de
science-fiction où il y a
une créature nommée Yars
qui tente de détruire une base
ennemie tout en évitant des tirs.
Donc ça a été un énorme
succès commercial à l'époque.
Ça a vendu plus d'un million d'unités vendues.
Raiders of the Lost Ark,
c'est basé sur
le film Les Aventuriers de l'Arche
Perdue d'Indiana Jones.
Et le jeu a été bien accueilli par les critiques
à l'époque, mais on n'a pas atteint
le même niveau de succès commercial.
Il s'est vendu quand même à plus d'un million d'unités
lui aussi, ce qui en fait l'un des jeux
les plus vendus sur la console quand même.
Est-ce qu'il n'était pas si mal ce jeu-là
dans le sens ?
Je ne me rappelle pas.
Selon les critiques de l'époque,
c'était quand même bien accueilli.
De mon côté,
j'ai sûrement déjà joué, peut-être pas sur Atari,
mais peut-être
sur une future console quand il a été adapté.
Donc
Warsha, c'était la
rock star de l'entreprise à l'époque.
Spielberg l'avait choisi pour créer
l'adaptation de
Indiana Jones, ce qui a été un grand succès.
Ensuite, on lui a demandé
de faire la même chose avec E.T.
Mais là, il y a beaucoup moins de temps.
Il y avait eu dix mois pour faire
Les Aventuriers de l'Arche Perdue et là il y a cinq
semaines pour faire E.T.
Donc, gros défi.
Par contre, il était enthousiaste lui face
au défi. Il avait également décidé
de tenter quelque chose d'original
et d'innovant. Il disait en l'entrevue à l'époque
« Je savais que c'était beaucoup demandé,
mais je ne pensais pas simplement.
Je vais essayer. Et si vous allez le faire,
autant le faire à fond. »
Il avait donc un système de développement
chez lui pour pouvoir mettre en œuvre des idées
toute la nuit. Les gens lui donnaient à manger
ce qu'il disait, l'on me donnait à manger
et de l'oxygène, en vérifiant si j'allais
bien et que je dormais.
Mais ce fut les cinq semaines les plus intenses
de ma vie.
J'imagine.
Warsha a utilisé
ces quelques jours pour concevoir la structure
et segmenter le concept en 4D.
Le monde, les objectifs,
le chemin pour atteindre
l'objectif et les obstacles.
Il a imaginé un monde
à six côtés autour duquel
les joueurs pourraient flotter
comme décor et a adapté
une partie de l'intrigue du film
ET téléphoner à la maison
comme un objectif.
Le joueur devait rassembler des pièces
pour un téléphone afin d'appeler
son vaisseau et arriver à un site
d'atterrissage spécial pour
atteindre cet objectif-là.
Warsha considérait les obstacles
comme un élément qui déterminerait
le succès d'un jeu et a rencontré
des difficultés en tenant compte des contraintes
de temps et des limitations techniques de la console.
Inspiré par le film,
des adultes ont été implantés
comme antagonistes
qui poursuivaient les liens.
Des fausses ont été conçues comme un élément
pour cacher les pièces du téléphone
ainsi que pour étendre le monde du jeu.
Warsha ainsi que d'autres dirigeants d'Atari
ont présenté ce design-là
à Steven Spielberg
qui n'a pas exprimé d'enthousiasme.
Selon Warsha,
Spielberg lui a demandé
« Ne pourriez-vous pas faire quelque chose
de plus comme Pac-Man ? »
Oui.
Croyant que le concept était trop dérivé
d'un design de jeu commun,
Warsha a poursuivi avec son concept
qu'il croyait capturer la sentimentalité
qu'il avait vue dans le film original.
Parce que même adapter
E.T. en Pac-Man, pas évident.
C'est des humains qui veulent manger E.T.
C'est un peu étrange.
Dans ce temps-là, en plus,
les gens qui ne sont pas dans l'industrie du jeu vidéo,
leur conception doit être assez limitée,
même pour Steven Spielberg, j'ai l'impression.
Oui, non, ça doit.
Miraculeusement,
il a réussi à terminer le travail
et était satisfait de ce qu'il avait accompli
dans ces circonstances.
Spielberg l'a prouvé,
le jeu est sorti et c'est bien vendu au début.
Cependant,
des critiques négatives ont rapidement émergé
concernant la mauvaise jouabilité
d'E.T. parce qu'il restait coincé
dans des fosses et les gens abandonnaient
en essayant de le sortir de là.
Les distributeurs ont commencé à
renvoyer des exemplaires,
ce qui était assez inhabituel pour l'entreprise
qui, généralement, reproduisait
des jeux de grande qualité.
L'année suivante, en 1983,
en raison de plusieurs problèmes
commerciaux, Atari a perdu
563 millions de dollars.
C'est beaucoup!
Oui, c'est énorme. C'est pas juste à cause de E.T.
Vous allez voir en revenir.
Mais c'est ça, le jeu
avait quand même plusieurs
bugs, semble-t-il, à l'époque.
Il n'y avait pas eu le temps de faire beaucoup de contrôle qualité.
Mais non, en cinq semaines, on ne peut quasiment
pas lui reprocher ça.
Je vais vous parler un peu de la réception
du jeu parce qu'elle a été quand même
mitigée. Il a initialement été
bien accueilli sur le plan commercial,
se classant parmi les quatre premiers
sur la liste des ventes
de jeux vidéo du magazine Billboard
en décembre 1982
et janvier 1983. Il s'est
vendu quand même à plus de 2,6
millions d'exemplaires
d'ici la fin de 1982,
mais au moins 669
000 exemplaires ont été
retournés en 1983, donc c'est beaucoup
quand même. Mais 2,6
millions d'exemplaires, ça en fait son plus
grand succès à Warsha, en fait,
parce qu'avec ces deux
autres jeux, il en avait vendu plus d'un million,
mais moins quand même que deux millions.
Donc c'est quand même bien
en cinq semaines d'avoir vendu
plus que ces deux premiers
jeux, en fait, qu'il a fait en beaucoup plus longtemps.
Malgré son succès initial
pendant la saison des fêtes,
les détaillants ont déclaré que les chiffres
de ventes n'avaient pas répondu aux attentes.
Warner Communications
s'est également déclaré déçu par
le nombre de ventes. Les chiffres
étaient inférieurs aux attentes,
combinés à un inventaire excédentaire
et tout ça a entraîné
une baisse des prix.
Environ 3,5 millions
des 4 millions d'exemplaires produits
ont été renvoyés à l'entreprise
comme inventaire invendu
ou retour des clients.
Malgré les chiffres de ventes,
la quantité de marchandises invendues
associée à la licence très coûteuse
du film et au grand nombre de retours,
tout cela a fait DT
un échec financier majeur pour
Atari.
Sur le plan critique, le jeu a été
largement mal reçu par les critiques,
avec des plaintes courantes
concernant le gameplay et les graphismes.
Dans des critiques
contemporaines, entre autres, il y a
Nicolas Spillegui du New York Times
qui le décrit comme un échec par rapport
à d'autres jeux qu'Atari aurait pu sortir
à l'époque, tels que Donkey Kong
et Frogger.
En 1984, les lecteurs de Softline
ont nommé le jeu
le deuxième pire programme Atari
de 1983, après
Kongo Bongo. Et je ne connais pas
Kongo Bongo non plus. Faudrait que vous nous en
parliez, les dits tordus, les gamers
qui sont geeks du rétro-gaming.
C'est juste la chanson Coco Bongo
Le jeu E.T. est fréquemment cité
comme le pire jeu jamais réalisé.
Dans le numéro 150
de Electronic Gaming Monthly,
le magazine, il est classé
en tête de la liste des 20 pires jeux
de tous les temps. Et même chose
du côté de FHM,
il a été aussi considéré le pire jeu
de tous les temps.
Environ un tiers des personnes
interrogées ont immédiatement cité
ce titre lors de sondages,
donc c'est assez
évident.
Game Trailers, eux, l'ont classé
comme le deuxième pire jeu
sur leur liste. Mais je ne sais pas
c'est lequel le premier dans leur liste.
Les critiques attribuent souvent
la mauvaise qualité du jeu au court
laps de temps de développement. Evidemment,
le développement précipité était très apparent.
Les contributions de Warshaw ont été
accueillies avec des réponses mitigées.
Classic Gaming a qualifié
le jeu de mal conçu,
tandis que IGN a déclaré
que le calendrier incroyablement serré
a imposé à Warshaw
l'absou de toute responsabilité.
Donc, Warshaw n'exprime aucun regret
pour sa participation à E.T.
et estime avoir créé un bon jeu
compte tenu du temps qu'il a eu
pour les réaliser.
Ces critiques ont contribué
à forger un peu la légende
d'E.T. en tant que l'un des pires
jeux jamais réalisés, puis ont alimenté
la fascination pour son histoire
et son impact sur l'industrie du jeu vidéo.
Malgré les critiques négatives
et les difficultés commerciales,
le jeu a continué à susciter l'intérêt
et la fascination des joueurs
et des médias au fil des ans,
et éventuellement les internautes.
En septembre 1983, Atari
se retrouva avec un surplus
de cartouches de jeux qu'ils devaient
retirer de leur entrepôt à El Paso,
au Texas. Ils décidèrent donc
d'enterrer les jeux dans une décharge
à Alamo Gordo,
au Nouveau-Mexique, pour empêcher
les gens de les récupérer.
Pour dissuader davantage les gens
de creuser, il fut prétendu
que du béton avait été versé
sur la décharge en plus,
pour ajouter à la légende.
Cet enterrement fut enregistré
dans le journal local et les personnes
qui travaillaient dans la décharge
en étaient au courant et s'en souvenaient.
Donc c'est pas une légende urbaine,
c'est arrivé pour vrai, on veut le confirmer.
Au fil du temps, en raison du manque
de documents écrits et du fait que
quelque peu fortuit que les cartouches
d'Eaty furent enterrés au Nouveau-Mexique
près de Roswell, l'événement
fut oublié
ou encore une fois élevé
au statut de légende urbaine,
en raison de la zone 51
qui est pas loin, ça ajoute du mystère,
le Nouveau-Mexique qui est un peu une zone
très fréquentée par les ovnis.
Certains diront aussi que Atari
ont tenté de sauver des taxes
en se débarrassant de ces cartouches
et en réduisant ainsi leur inventaire
aux yeux du fisc. Donc il y aurait peut-être
une magouille financière derrière
ce geste-là.
En 2014, des fouilles archéologiques
ont été menées à Alamo-Gordo
au Nouveau-Mexique pour retrouver
les cartouches enterrées du jeu
Eaty, ce qui a ravivé l'intérêt
pour l'histoire du jeu et sa place
dans l'industrie du jeu vidéo.
On va vous y revenir plus tard.
Hélas, mon cher Emile,
peu de temps après la sortie du jeu,
Atari va connaître un important
déclin, mais comme on vous disait,
c'est pas seulement attribuable à Eaty.
Plusieurs autres facteurs
ont contribué à son déclin.
La concurrence croissante
de d'autres acteurs du marché
tels que Nintendo, Sega,
les micro-ordinateurs aussi,
a réduit la part de marché d'Atari.
De plus, des décisions commerciales
contestées, des tensions internes
et des tentatives infructueuses
de diversification en dehors du
secteur du jeu vidéo ont affaibli
la position de l'entreprise.
En 1984, Atari
a été revendu à Jack Tramiel,
le fondateur de Commodore
marquant la fin de son
statut de leader du marché.
Malgré des tentatives ultérieures
de relance, la société
n'a jamais retrouvé sa position dominante.
En 1998,
JTS a vendu, justement,
Jack Tramiel,
a vendu ses parts d'Atari
à Asbro Interactive,
Asbro qu'on connaît pour Monopoly, etc.
Et en 99,
Asbro a annoncé
qu'Atari serait son label
préférentiel pour l'édition de
jeux vidéo. Ainsi,
après avoir été un leader incontesté
pendant des années, Atari est devenue
une entreprise un peu de seconde zone.
Cependant,
avec le recul,
Walsh a déclaré que l'idée de Spielberg
de recréer un genre de Pac-Man
avec E.T. aurait pu avoir
du mérite. Emmanuel
Gerard,
alors membre du bureau du président
de Warner, a suggéré
plus tard que la société avait été prise
dans un faux sentiment de sécurité
par le succès de ses précédentes sorties,
en particulier sa version console
de Pac-Man, qui avait été
commercialement réussie
malgré une réaction critique
pauvre. D'ailleurs,
la version console de Pac-Man
aura aussi beaucoup
de surplus
enterré dans le désert.
Howard Scott Walsh
a changé de profession
à plusieurs reprises
et s'est récemment installé
en tant que psychothérapeute,
laissant E.T. bien loin
derrière lui, au point que lorsqu'on lui
en parle en entrevue, il nie
que l'épisode E.T.
et la réputation intérieure du jeu l'avaient
affecté émotionnellement.
Tout cela a changé
à Alama Gordo,
au Nouveau-Mexique en avril 2014,
où une fouille a été organisée,
entre autres, avec
des gens qui travaillaient chez
Atari à l'époque.
Pour vous mettre dans le contexte un peu,
il y a eu la sortie d'un film que vous avez
peut-être vu, que moi j'ai vu aussi,
qui est Atari Game Over.
Me semble que ça avait sorti même sur Netflix,
peut-être que même que ça a
bougé vers Amazon Prime à un certain moment,
mais ça a sorti, je crois,
en 2013 ou début 2014,
puis c'est dans ce film-là
que, en fait, on explique vraiment
en détail
tout le développement du jeu E.T.,
le déclin d'Atari, puis aussi
l'enterrement des cartouches
dans le désert, puis c'est suite au hype
de ce film-là, qui ont décidé d'organiser
une fouille en avril 2014
avec des ex-Atari,
entre autres.
Des dizaines
de fans étaient arrivés sur place,
impatients de voir ce qui pourrait émerger.
Puis, peu de temps après
le début des fouilles, au milieu d'une tempête
de sable, elle était là,
une cartouche d'E.T.,
Howard, qui est sur place,
pleure.
En entrevue, il s'exprime
« Ce que j'ai ressenti, c'était une joie
pure et totale.
Ce qui m'a frappé, c'est que quelque chose
que j'ai fait il y a si longtemps
créait encore de la joie et de l'excitation
pour les gens. C'est ce qui m'a
submergé. »
Le mythe était à moitié vrai, donc.
Plus de 1 300 cartouches
ont été trouvées lors de la fouille.
L'ancien directeur d'Atari,
James Heller,
était à l'excavation et a confirmé
que 728 000 jeux
avaient été
enterrés là,
dont beaucoup de titres
à succès ainsi que
des pièces de rechange inutilisables.
C'était un déversement
d'entrepôts pour une entreprise en difficulté.
Il ne s'agissait pas
que le million de jeux E.T. est vendu,
du moins pas ici.
La majorité d'entre eux avaient été
éliminés dans une décharge
près du siège social d'Atari en Californie,
selon lui. Mais le mythe
était assez réel.
En 2015, une des copies
déterrées du désert s'est vendue
108 000 $ US aux enchères.
Oh, quand même! C'est beaucoup de sous!
Auprès des collectionneurs,
E.T. demeure un des jeux
vidéo les plus en demande
et le jeu restera toujours le symbole
du crash de l'industrie du jeu
vidéo en 1983.
Oui, si vous voulez
des cartouches de jeux de l'époque,
ça se vend moins cher.
Ça me semble autour de 100 $.
Tu dois pouvoir en avoir une parce qu'il s'en est imprimé
des tonnes de copies.
Le jeu est quand même mauvais.
Malgré sa valeur
historique, il y en a quand même
plusieurs à vendre. Mais si vous voulez,
un jeu qui a été déterré
de la décharge du Nouveau-Mexique
qui ne fonctionne probablement pas,
en fait, on est plus dans
les 108 000 $ et dans cette
zone. Donc, la
légende est vraie, en fait. La légende
des jeux vidéo enterrés dans le désert
est bel et bien vraie. Après,
contrairement à l'histoire dans Low Reader,
jusqu'à date, on n'a pas d'épisodes de jeux
vidéo hantés ou
de fantômes dans la machine.
Mais bon, qui sait?
Moi, ça me fascine toujours
les jeux vidéo enterrés comme ça
et les légendes
entourant ces
histoires comme ça de jeux mythiques.
C'était excellent.
C'est le fun de se retrouver
dans ces années-là aussi, au niveau du gaming.
Yes. Donc Seb,
je te remercie, je te souhaite une bonne soirée
et même chose, cher Distendu,
on se revoit très bientôt pour
une autre Mini-Disto ou un épisode
complet, qui sait? Bye bye!
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