L’épisode qui suit a été enregistré devant public le 17 septembre 2022 à la Maison de la Culture de Maisonneuve dans le cadre du Festipod. Nous discutons du sujet Simuler sa mort à l’ère numérique, avec notre invitée spéciale India Desjardins, autrice et animatrice du balado Tomber, sur la mort suspecte de l’éditeur Michel Brûlé. Bonne écoute! Crédit photo @Michel Grenier

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Bonus - Festipod 2022 - Simuler sa mort à l’ère numérique avec India Desjardins
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L'épisode qui suit a été enregistré devant public le 17 septembre 2022 à la Maison de la culture de Maisonneuve dans le cadre du Festipod.
Nous discutons du sujet Simuler sa mort à l'ère numérique avec notre invitée spéciale India Desjardins,
autrice et animatrice du balado tombé sur la mort suspecte de l'éditeur Michel Brûlé. Bonne écoute!
Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur
les histoires étranges de l'ère numérique.
What's up? Les micros fonctionnent. Seb, c'est bon?
Allô, allô, allô! Yes!
Je vais arracher mon son. Oui.
Bon samedi tout le monde, Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?
Ça va bien et toi, Emil Gauthier?
Ça va très bien parce que non seulement on est live au Festipod, ça faisait longtemps,
on s'était ennuyé de voir des gens, on s'était ennuyé de vous rencontrer dans la vraie vie.
Mais en plus, aujourd'hui, on a une super invitée, India Desjardins, qui est avec nous pour parler du thème.
Allô! Oui, pour parler d'un thème qu'elle a fouillé beaucoup dans les dernières années,
qui est le Simuler sa mort à l'ère numérique, mais pas juste ça.
En fait, India a réalisé un super podcast qui s'appelle Tomber sur la plateforme audio,
sur le cas de Michel Brûlé. En fait, on va vous en parler vraiment en détail pendant ce show-là.
Mais en même temps, on va surtout s'attarder parfois aux rumeurs qui sont en lien avec Faucet sa mort
parce que généralement, on n'a pas de preuves quand quelqu'un fausse sa mort.
Souvent, c'est bien maquillé, puis souvent, ça part de rumeurs,
puis on se rend compte que des fois, on est déçus parce que ça mène nulle part.
Exact, exact.
Yes. Tout d'abord, merci d'être là. Merci à la gang du Festipod pour ce bel événement.
Vraiment, c'est cool. Des tables avec des nappes, un décor feutré comme en arrière.
On adore ça. On est Distorsion pour ceux qui ne nous connaissent pas.
On est un podcast sur les histoires étranges de l'ère numérique.
On fête nos 5 ans cette année, d'ailleurs.
Bon 5 ans, Seb.
Bon 5 ans, mon cher.
Et on démarre aussi notre 8e saison très bientôt.
Ça part ce mois-ci, le 4 octobre sur toutes les plateformes,
puis le 27 septembre sur Patreon si vous avez la chance d'être membre.
On vous remercie de votre soutien après ces 5 années-là.
Vraiment, ça fait chaud au cœur. Ça nous donne envie de continuer.
Cette saison, on va aborder des thèmes vraiment intéressants,
surtout en lien avec des rabbit holes,
des histoires vraiment qui nous font plonger pendant des heures
dans des recherches intensives.
On a vu un T-shirt de Key Lime Pie aussi dans la foule.
Shout-out à toi ici. Merci de le représenter.
Je pense qu'on a assez fait de blablas, Seb.
Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans cette histoire
de simuler sa mort à l'ère numérique?
Oui, monsieur. Oui, madame.
Tout d'abord, bienvenue, India.
C'est cool que tu prennes part à cet événement-là avec nous.
Toi, tu as eu la chance de fouiller beaucoup le sujet.
Seb aussi, parce que simuler sa mort,
ça porte le nom de... Ça a un nom, ça, un pseudo-cide.
Un pseudo-cide, oui. C'est la même chose en anglais aussi
qui veut vraiment dire, selon la définition,
simuler sa mort ou feindre sa mort, techniquement.
C'est dans le dictionnaire, honnêtement.
Je ne le savais même pas que ça existait.
Il n'y a pas si longtemps cette expression-là précise pour ça.
Et qu'est-ce que ça signifie plus concrètement?
C'est l'art de feindre sa propre mort pour renaître ailleurs.
C'est ça la définition exacte.
C'est quelqu'un qui veut refaire sa vie
et, par toutes sortes de processus, va tenter de simuler sa mort.
On va vous parler des différentes techniques tout à l'heure
qui permettent de simuler sa mort de manière plus facile,
parce que ce n'est pas simple de simuler sa mort.
Non, c'est coûteux aussi.
Oui, exact. C'est coûteux.
Même si ça amène à refaire sa vie,
c'est plus difficile que juste vouloir refaire sa vie sans simuler sa mort,
parce qu'il faut cacher le corps.
Il y a toujours un cadavre généralement qui accompagne une mort.
Vous allez voir, il y a des techniques, si vous voulez, pour faciliter.
D'ailleurs, on risque de vous poser une question intéressante à ce propos.
Je ne sais pas si on peut switcher sur la présentation.
Avant, mon cher Emile, on a une petite bière.
Oui, pourquoi pas s'ouvrir une petite bière.
D'ailleurs, l'avant-garde,
une bière de la semaine disponible au bar juste ici.
En fait, toi, India, comment t'as trouvé ton aventure
lorsque tu investigais sur cette histoire-là?
C'est parti de où, en fait, ce désir de fouiller l'histoire de Michel Brûlé?
Écoute, Michel Brûlé est mort.
Michel Brûlé, pour ceux qui ne connaissent pas,
c'est un éditeur et ça a été mon premier éditeur.
C'est quelqu'un qui était reconnu pour avoir une personnalité
très mégalomane à faire des frasques, faire des gros coups de marketing.
Et quand il est décédé, il est décédé une semaine
après ne pas s'être présenté à une audience sur sentence.
Sentence, en tout cas, les termes légaux, c'est samedi.
Donc lui, dans le fond, il était dans un procès pour agression sexuelle.
Il avait été reconnu coupable et là, la sentence est toujours présentée
plus tard lors d'une audience et il ne s'était pas présenté.
Et une semaine après, il est décédé.
Et moi, quand j'ai vu qu'il était décédé, j'y ai pas cru.
Là, j'ai vu que je n'étais pas la seule.
Et là, je me suis demandé, mais quel genre de vie
faut que tu ailles vécu pour qu'on ne croit pas à ta mort?
Et c'est ça qui m'a parti et c'est devenu une obsession
et je suis tombée dans toutes sortes de rabbit hole.
C'est clair. Parce qu'il y a un peu une constantance chez les gens
qui simulent leur mort ou du moins qui tentent de le faire.
Il y a certains autres personnages dont on va vous parler
aussi dans l'épisode d'aujourd'hui, dans le show d'aujourd'hui.
Mais tout d'abord, Seb, tu avais un petit sondage, je dois dire,
à faire auprès de l'audience.
Oui, exact. Ah oui, ça fonctionne. OK, c'est bon.
Vous, dans votre vie, est-ce que vous avez déjà pensé
du moins, voyons, excusez-moi,
avez-vous déjà pensé refaire votre vie à un certain moment,
vouloir disparaître, refaire votre vie sous une autre identité?
Puis pour le sondage, en fait, il y a un beau cas de QR.
Vous pouvez répondre avec vos téléphones.
Vous allez avoir la question, vous allez voir,
il y a trois choix de réponses.
À la fin ou du moins un peu plus tard,
on va révéler les sondages.
C'est anonyme, vous pouvez dire la vérité,
on ne vous tournera pas si votre conjoint est à côté
et vous avez dit qu'à un certain moment,
vous voudriez refaire votre vie.
Parce qu'il y a un aspect un peu, comment dire,
de fantasme là-dedans un peu aussi,
de refaire sa vie, de recommencer à zéro,
de ne pas refaire les mêmes erreurs.
Moi, ça me fait penser à la série Plan B, justement,
qu'on a vu au Québec qui exploite bien ce thème-là.
Donc, il a refaire sa vie.
On pose la question un peu avec le sourire en coin.
On se doute que vous n'y avez pas pensé sincèrement.
Peut-être qu'il y en a parmi vous qui ont fait des recherches
pour une nouvelle identité ou des choses comme ça.
D'ailleurs, on va y revenir aussi là-dessus
sur combien ça coûte refaire sa vie.
Ça, c'est intéressant.
Peut-être que ça va changer les votes de certains d'entre vous.
On va laisser encore, je pense que la plupart des gens ont voté.
Certains personnages, en fait, sont reconnus.
Michel, en fait, Michel Brûlé, tu en parlais, India,
c'est quelqu'un qui était reconnu un peu pour ses frasques,
sa mégalomanie même, ses projets un peu hors du commun.
Il y a d'autres gens dont on a déjà parlé à Distortion.
C'est un peu la même chose.
Il y a Gerald Cotton, moi, qui me vient en tête.
Gerald Cotton, qui était un baron de la crypto-monnaie,
en fait, qui avait fondé l'entreprise Quadriga,
une entreprise canadienne d'achat de crypto-monnaie.
Et lui, c'est une drôle de circonstance.
C'est en 2019, il était en voyage de noces en Inde avec sa conjointe.
Et puis, soudainement, c'est pendant son voyage de noces,
il s'est mis à vomir, apparemment.
Et éventuellement, il est mort sur le coup là-bas.
Mais on n'a jamais vu de photos de son cercueil.
On n'a jamais vu de rapports d'autopsie, de choses comme ça.
Et puis, surtout, c'est quelqu'un qui est parti
avec environ 250 millions de dollars en crypto-monnaie sans les mots de passe.
Donc, énormément de gens flouaient avec cette histoire-là de Quadriga.
Et comme par hasard, la personne meurt étrangement pendant son voyage de noces en Inde.
Donc, tout de suite, les gens se sont mis à penser,
c'est clair qu'il a simulé sa mort, en fait, cet homme-là.
Donc, il y a des détectives privés qui sont embarqués dans l'aventure pour tenter de valider la chose.
Encore maintenant, en fait, il n'y a pas de doute au niveau légal.
Il y a eu un certificat de décès, des cris par un médecin en Inde et tout ça.
Donc, sur papier, l'homme est bel et bien mort.
Mais il y en a encore qui ont des petits doutes.
Puis, un autre personnage comme ça qu'on aime bien, Seb à Distorsion,
nous, c'est John McAfee, en fait.
John McAfee, qu'on connaît bien, un baron des technologies des années 90, l'antivirus McAfee.
Et puis lui, John, est parti après avoir vécu un genre de scandale au Belize, en fait.
Il a été, je ne dirais pas accusé, mais soupçonné d'avoir assassiné son voisin au Belize.
Il est parti en cavale par la suite.
Même chose, il s'est retrouvé en prison en Espagne, en fait, récemment, en 2020.
Puis, c'est en 2021 qu'il a été retrouvé mort dans sa cellule à Barcelone.
Et puis, étrangement, c'est dans un documentaire de Netflix que c'est sorti récemment
où tu as une de ses ex-conjoints qui dit,
« Ah bien, deux semaines après sa mort, il m'a appelé puis il m'a demandé de repartir en cavale avec lui. »
Donc, encore une fois, ça jette un doute. Ben oui.
Avec un petit clin d'œil à la caméra.
C'est ça, tu sais, puis là, ça finit comme ça. Gros cliffhanger à la fin.
Puis John McAfee avait été trahi.
Ce qui est intéressant, c'est que c'est les preuves numériques.
Il y a beaucoup d'obstacles à disparaître à l'ère numérique, à fausser sa mort.
Puis lui, c'était, en fait, il y a des journalistes de Vice qui l'ont suivi pendant toute sa cavale.
Un reportage exclusif.
À un certain moment donné, ils ont pris une photo qui s'est retrouvée sur le site de Vice.
Mais il y avait encore des méta données sur la photo.
Et grâce aux méta données, donc les inscriptions dans le fichier sources de la photo,
qui indiquent des lieux géographiques où elle a été prise,
ça les a trahis et les policiers ont trouvé John McAfee grâce à cette photo-là de journalistes
qui se la pétaient un peu, en fait, d'être en cavale avec McAfee.
Mais même si je pouvais ajouter, il y a fin aussi à une crise cardiaque, me semble,
pour se sauver, se faire extrader, si je ne me trompe pas, c'est bien dit.
Exact, bien oui.
Donc, ces gens-là, il y a un autre cas, encore une fois, avant qu'on tombe dans le cas de Michel Brûlé,
celui de John Darwin, Seb aussi.
Oui, John Darwin qui porte bien son nom de famille, je vous dirais.
Il aurait pu gagner les Darwin Awards.
Ceux qui ne le savent pas, c'est toujours les prix qui sont remis chaque année à la personne la plus idiote, si je reste poli.
En fait, John Darwin, avec sa femme Anne,
en 2002, eux, ils ont voulu simuler sa mort, en fait, pour toucher l'assurance-vie.
Et ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils sont allés en canot, en haute mer,
il y a même une photo officielle sur le web que tu les vois avant leur expédition,
et ils ont fait à croire que John s'était noyé, en fait, parce que,
je me scoupe un peu, mais la noyade, si on fait un peu d'extrapolation,
souvent on ne retrouve pas le corps, donc ça peut être une bonne manière, disons, pour déclarer quelqu'un mort.
Allez, dites-vous, on n'a pas la photo là, mais pendant cinq ans, parce qu'ils ont fait le processus,
puis il a été déclaré mort pour ouvrir le John,
mais pendant cinq ans, il habitait dans sa maison encore avec sa femme,
mais ils se sont fait un passage secret.
Puis si vous Googlez, vous allez voir, c'est une mini porte dans les murs,
puis il a resté là pendant cinq ans, caché.
C'est sûr qu'il sortait un petit peu.
Puis à un moment donné, ils sont allés au Panama avec sa femme.
Ils avaient envie de refaire leur vie au Panama.
Et en 2006, pendant qu'ils magasinaient une maison,
il y a quelqu'un qui a pris une photo.
Elle s'est retrouvée sur les médias sociaux.
Et je ne sais pas qui a fait cette corrélation-là,
mais à cause de ça, ils ont été découverts.
Ça a été un peu médiatisé.
Puis John, un peu en 2007, un peu naïf, a tenté d'aller au poste de police
et faire accroire à l'amnésie,
comme s'il avait perdu la mémoire pendant cinq ans.
Ça, ça me fascine, comment on peut prendre les gens pour...
Mais bref, c'est ça.
Et finalement, ils ont été accusés de fraude.
Ils ont fait chacun six ans de prison.
Donc, ce n'est pas négligeable.
Et quelques mois, lui, il s'est remarié au Panama.
En fait, sa femme l'a divorcé pour vrai.
Il s'est remarié au Panama avec une jeune trentenaire.
Puis à cette époque-là, il y avait 64.
Donc, il doit être pas loin du 70 maintenant.
Mais sa femme a capitalisé là-dessus.
Elle a fait un livre.
Elle, elle a vraiment exploité l'histoire.
Donc, je trouve que, comment dire,
ces gens-là, du début à la fin de cette histoire-là,
ont juste essayé un peu de, comment dire,
de faire de l'argent sur, disons,
quelque chose qui est plus ou moins éthique.
Donc, c'est...
Mais vous voyez, ils se sont fait prendre, donc, c'est...
C'est parce que...
Ben oui, parce que je sais que vous deux,
vous avez fouillé un peu la loi.
Est-ce que c'est légal de feindre sa mort,
de simuler sa mort indienne?
Toi, tu as eu à le faire,
t'as demandé à des juges pour ton podcast.
Bien, j'aime mieux laisser Sébastien répondre parce que, tu sais...
Mais il y a une partie qui est illégale,
c'est-à-dire de se créer une fausse identité.
Oui, absolument.
En fait, légalement, dans le texte de loi,
il n'y a pas de texte de loi sur le pseudocide directement.
Par contre, automatiquement, la couronne peut juger.
Généralement, quand on fraude sa mort,
bien, automatiquement, on fait une fraude.
On peut être accusé de méfait public.
Il y a différentes offenses qui font en sorte
qu'on va finir par faire de la prison.
Mais il n'y a pas de texte de loi directement associé à ça
parce que la couronne, selon les cas,
peut décider que vous avez le droit de refaire votre vie
et de démarrer sous une nouvelle identité.
Mais évidemment, si vous fraudez les assurances et tout ça,
ça, c'est illégal.
C'est ça. Dans le cas de Michel,
c'était un cas judiciaire, en fait.
Oui, c'est vrai.
Donc, lui, ça aurait été considéré comme contre la loi
de feindre sa mort pour éviter un procès de mort.
Oui, oui, oui.
Il y a eu des cas comme ça.
En Saskatchewan, il y a un homme récemment
qui a écopé, je crois, de six mois de prison
pour avoir simulé sa mort.
Mais encore une fois, c'est pas le fait
qu'il a simulé sa mort en soi.
C'est que ça a déclenché une enquête.
Puis de cette manière-là,
ça a causé une entrave au travail des enquêteurs.
C'est de ça, en fait, qu'il a écopé.
Donc, c'est bon à savoir pour les intéressés
qui ont voté oui à notre sondage.
Entrons tranquillement dans le vif du sujet, en fait,
pour parler un petit peu plus du cas de Michel Brûlé.
Ça m'a fait rire quand t'as dit, India, tout à l'heure
que quand on a appris sa mort,
on a tout de suite remis en doute sa mort.
On dirait que les gens, parfois,
qui simulent leur mort, ont beaucoup de choses en commun.
Peut-être moins John Darwin, mais avec Gerald Cotton,
John McAfee qu'on a vu.
On dirait que c'est des gens qui ont beaucoup de moyens
ou du moins beaucoup de contacts ou de connaissances.
Des gens qui ont, comment dire,
toujours quelque chose à se reprocher aussi,
qui ont en commun.
C'est toujours des gens qui ont soit
à attendre un procès ou quelque chose comme ça.
Et puis souvent, on dirait que c'est en voyage
ou dans un pays étranger.
Dans le cas de Gerald Cotton, on est en Inde.
Dans le cas de John McAfee, Amérique latine, mais aussi Espagne.
Michel Brûlé est au Brésil.
On va y arriver au moment de sa mort.
C'est pour ça qu'il y a un peu un aspect mythique,
on dirait, à cet aspect-là de simuler sa mort.
C'est vrai qu'on triangule tout ça, puis on se dit,
ah, ça rentre dans...
Mais c'est sûr, Michel, c'est...
En même temps, je le mettrai pas dans les...
Il était riche, il était peut-être le riche des pauvres.
Mais oui, il correspondait à ça.
Puis je pense que les gens se sont posés des questions
parce que, dans le fond,
les circonstances étaient tellement exceptionnelles.
Puis le genre de mort aussi,
comme Gerald Cotton, tu disais, il a vomi, tout ça.
Puis Michel, c'est une chute à vélo,
puis t'es comme...
C'est ça aussi qu'à un moment donné,
moi, je suis rentrée dans un rabbit hole,
puis à un moment donné, tu te dis,
OK, mais si tu simules ta mort,
pourquoi c'est cette mort-là que t'as simulée?
Parce que je me sens que t'aurais pu simplifier la vie,
mais en tout cas...
Remontons le temps un peu, Seb.
Je vais te laisser...
Je sais que t'avais des petites questions aussi.
En remontant peut-être à la jeunesse de même,
de ta rencontre avec ce personnage-là,
puis qu'est-ce qu'il vous a au départ?
Moi, dans le fond, au départ...
Bon, j'ai présenté mon premier roman à plein d'éditeurs,
et personne...
Aurélie Laflamme?
En fait, c'était mon premier,
c'était Les Aventures d'India Jones.
C'était un comedy romantique, oui.
Puis personne n'en voulait, tout le monde me disait non.
Puis là, lui, il a dit oui tout de suite.
Il était vraiment enthousiaste.
Donc, c'était le fun.
Puis après avoir publié avec lui,
puis je me disais,
les gens parlaient déjà un peu de lui comme...
En fait, moi, les gens m'avaient dit,
va pas publier avec lui, mais je pensais que c'était du snobisme,
parce qu'il presentait beaucoup...
Il publiait beaucoup des choses populaires, tout ça.
Donc moi, j'avais pas peur de lui, ni rien.
On m'avait pas averti d'inconduite ou quoi que ce soit.
On me disait juste, tiens, toi, loin de lui.
Donc, rendue à Aurélie Laflamme,
je me suis dit, une fois que j'ai publié,
je vais aller avec quelqu'un d'autre.
Mais là, j'ai présenté Aurélie à un éditeur qui m'a dit,
ça me fait pas faire des bons sur ma chaise.
Mais quand je l'ai présenté à Michel, il fait,
ouais, c'est tellement bon, on va faire,
on va mettre telle pub, telle pub.
Donc moi, j'ai toujours eu une belle relation avec lui
jusqu'à temps que ma relation dégénère.
Puis ce que j'ai découvert en faisant mes recherches,
en parlant avec plein de monde,
c'est que finalement, Michel, ta relation a commencé
à pas aller bien avec lui quand tu disais non.
Puis, tu sais, dire non, c'est pas juste pour les agressions sexuelles,
tu sais, c'est pour...
Moi, j'avais prévu de faire huit tomes à Aurélie Laflamme,
puis j'ai respecté mon histoire.
Et lui, quand il m'a demandé de faire un tome supplémentaire,
j'ai dit non. Puis il l'a pas pris.
Puis je pense que quand...
Dans ses relations avec les femmes,
je pense que c'était la même chose.
Et c'est ce qui l'a amené à un procès pour agressions sexuelles
parce que finalement, quand la fille, elle a dit non,
bien, lui, il a pas nécessairement respecté le consentement.
Mais le consentement, tu sais, ça vaut pour bien des affaires.
Je sais pas si je réponds à votre question.
Oui, oui, absolument. Non, non, c'est parfait.
Tu m'as demandé comment je t'arrivais.
Oui, j'ai bien répondu.
Ça, ça a été un peu la bougie d'allumage,
le début de la fin, en fait, le huitième tome.
Oui, puis moi, j'ai eu un processus d'arbitrage avec,
qui est un peu comme un processus judiciaire.
Donc moi, quand je suivais son procès avec sa victime,
qui était Jill Côté,
quand je suivais son procès,
j'avais l'impression de reconnaître des choses que j'avais vécues.
Puis moi, il essayait toujours de fuir,
il essayait toujours d'esquiver.
Donc moi, quand il est décédé, je me suis dit...
En fait, quand il s'est pas présenté à sa sentence,
je me suis dit, ça va être quoi la prochaine affaire qu'il va faire?
Parce que moi, je l'avais vécue.
Donc quand il est mort, je me suis dit,
ben, c'est ça qu'il a fait.
Il a fait semblant d'être mort, finalement.
Puis quand j'ai eu...
Moi, je me suis dit, bon, je ne peux pas...
Je n'ai pas les moyens de faire une enquête
à savoir s'il est mort ou il n'est pas mort.
Je veux dire, ça coûterait.
Oui, les ressources.
Puis mon ami Guillaume L'Esperance, qui est producteur,
lui, il a les moyens, puis il voulait faire ça,
faire une enquête pour savoir s'il est-il mort.
Puis s'il n'est pas mort, on va aller le trouver.
Puis rapidement, lui, il a trouvé des preuves de sa mort.
Puis ça, on l'a dans mon podcast.
Il a trouvé des photos, des vidéos
qu'il a faites venir de là-bas.
Donc rapidement, ça, c'est plus devenu une question.
Mais la question, c'était
quel genre de vie t'as vécue pour qu'on ne croie pas à ta mort?
Puis je pense que c'est les mêmes affaires pour,
mettons, Gérald Coton.
Puis moi, ce que j'ai trouvé intéressant
dans le documentaire de Netflix sur...
Sur Cotton, oui.
C'est qu'à la fin, il y a un gars qui dit,
tu sais, la façon qu'on nous présente les choses,
des fois dans les médias ou la police,
on dirait qu'en tant que public,
des fois, on a besoin d'un petit peu plus
puis on a besoin de se faire nommer les choses.
On a besoin de se faire nommer...
C'est vrai que c'est particulier.
Tandis que souvent, des fois,
les versions officielles prennent toujours
une position un peu supérieure du genre,
vous êtes niaiseux si vous y croyez pas,
parce qu'il y a tel, tel, tel affaire.
Puis que les versions officielles
vont devoir s'adapter à essayer
peut-être d'avoir un petit peu plus d'empathie
avec le public.
Peut-être donner un petit peu plus de détails
parce que sinon,
on fait nos propres recherches.
Puis quand on fait nos propres recherches,
souvent, on se ramasse.
Puis je veux dire, moi, je peux pas juger
parce que ça m'est arrivé là-dedans.
Ça m'est arrivé dans ma recherche
de tomber dans toutes sortes de rabbit hole
parce que j'allais sur des pages Facebook,
j'allais là, j'allais là, j'allais là, j'allais là.
Puis à un moment donné, c'était rendu
que je me faisais mes propres théories
et je suis devenue une conspirationniste
de la mort de Michel Brulé.
Mais après ça, je me suis ramenée
parce que, bon, parce que là, tu sais,
l'épreuve, c'était difficile.
Mais les circonstances, puis ça,
je le dis dans mon podcast,
les circonstances restent nébuleuses.
Puis ça, malheureusement,
parce que le Brésil et le Canada
n'ont pas d'entente, d'enquête
ou de police, tout ça.
Bien, on pourra jamais enquêter
sur les circonstances.
Puis des fois, quand on trouve
que quelque chose est nébuleux,
bien, ça se peut que ce soit nébuleux.
Mais ça ne veut pas dire
qu'il n'est pas mort.
Non, exact. C'est souvent dans des pays
qui ont moins de législation ou on dirait que
je ne veux pas avoir de préjugés, mais
on dirait que c'est souvent des pays
où c'est plus facile, disons,
d'acheter quelqu'un pour créer
des papiers et des choses comme ça.
Je n'ai pas l'impression qu'il y a beaucoup
de monde qui viennent au Québec
pour changer leur vie, qui arrive d'ailleurs.
Je ne sais pas si l'état civil
est facile à corrompre, mais tu sais,
on dirait que là-dessus,
j'ai l'impression que ça aussi...
Bien oui, parce que là, tout le monde
me disait, ah oui, le Brésil,
le Brésil s'est corrompu, tu peux acheter
les policiers, tu peux acheter...
Puis là, à un moment donné, dans mes recherches,
on a commencé, j'ai parlé à des spécialistes,
puis là, je ne l'ai pas mis dans le podcast
parce qu'à un moment donné,
c'est parce que c'est moi qui était devenu
obsédé par mon sujet, mais c'est que
pour sa mort à lui,
mettons que tu calcules
tous les gens qui auraient dû
être payés, être dans le secret,
être...
Ça en fait vraiment beaucoup.
Puis en plus,
ça aurait
vraiment été niaiseux comme mes
enceintes, parce que, tu sais,
sur les images que j'ai vues, puis tu sais,
tu dis, on n'a pas vu d'image du corps,
puis ça, j'aimerais ça dire que,
tu sais, bon, moi, j'ai parlé
à la famille de Michel...
C'était pas convaincant.
Michel, juste pour vous dire,
on voit des images,
puis ça, ça a passé à TVA,
on a vu des images des funérailles
où on voit son corps recouvert
d'un voile blanc transparent,
ce qui n'est pas étrange
dans des pays comme le Brésil parce que des fois,
il y a beaucoup de moustiques et tout ça.
Mais ça fait que
tu vois pas,
tu vois, mais
avec un certain...
Moi, j'aurais aimé ça,
avoir quelque chose de clair, mais en même temps,
mettons la famille,
quand tu crois pas à la mort de quelqu'un,
ça blesse énormément la famille.
Puis la famille va pas aller
comme commencer à mettre des photos de cadavres
juste pour prouver au monde
que la personne est morte.
C'est comme si nous, en tant que public,
on a un craving de quelque chose,
mais en même temps,
il faut que tu penses à la famille,
que eux, tu sais, ils souffrent.
Puis tu sais, même quand t'as
quelqu'un dans ta famille qui a été
reconnu coupable d'agression
sexuelle ou qui a fait des
frasques, ben, cette personne-là,
c'est quand même ton frère, c'est quand même ton fils.
Puis tu l'aimes parce que
il y a rien de tout...
Il y a des ondes grises dans la vie.
Donc c'est ça.
Là, je suis perdue dans ce que je voulais dire.
En tout cas, tant pis.
Je vais en faire un point à une phrase qui en a pas.
Revenons un petit peu, peut-être...
Revenons dans le temps un petit peu, mais
qu'est-ce qui, toi, à la base,
India, t'a donné envie de faire un podcast
là-dessus? Parce que c'est quand même
ton ancien éditeur.
C'est quand même délicat un peu
comme sujet. C'est un projet
qui a pris naissance
aussi sur audio avec Radio-Canada.
Il doit avoir quand même certaines embûches.
On dirait, qu'est-ce qui t'a donné envie, toi,
de dire, dans la mort
de Michel Brûlé, j'ai envie de me lancer là-dedans.
La question m'obsédait.
La question de quel genre de vie
faut que t'ailles vécu pour qu'on croit pas ta mort.
Puis je trouvais
que ça permettait
de décortiquer ce qui est
l'abus de pouvoir. Pis
je me disais,
décortiquer
plein de choses à travers
cette histoire-là pourrait
permettre d'aider à
comprendre si on vit une situation
d'abus de pouvoir, pourrait permettre
de comprendre si on vit de la violence
psychologique, pourrait permettre de comprendre
les personnalités mégalomanes.
Des fois, je lis des articles.
Je sais pas,
c'est quoi vos règles de diffamation,
vous autres. Des fois, je lis des articles
sur Elon Musk. On a pas d'assurance, erreur et omission
chez Distorsion.
No safety net.
Je vois des articles
sur Elon Musk. Pis je
reconnais Michel Brûlé.
Je reconnais
des affaires. Je reconnais
les mails qu'il envoie à ses employés.
Les espèces
de... Il part sur une affaire.
Au début, Elon Musk, on pensait que c'était quelqu'un
qui voulait
créer des voitures pour sauver
l'environnement. Là, tu vois que
c'est juste qu'il voulait créer des voitures
tout simplement parce qu'il s'en fout.
Il met plein de satellites dans l'espace.
Il pollue full. C'est pas
quelqu'un qui va sauver la planète. C'est quelqu'un qui va
la détruire. Je pense que c'est notre plus grand super-villain.
Excuse, j'ai toute peur des diffamations.
Je t'en voudrais dire
l'excusez.
J'espère que vous ne pourrez pas poursuivre.
Elon Musk est-tu là?
Il est-tu dans la salle? Les proches?
On devrait être corrects.
Ça me fait penser
à ça. Pis j'ai plein d'exemples
aussi. Mais là, je ne veux pas les nommer parce que
Elon Musk, c'est sûr qu'il ne nous écoute pas, mais il y en a d'autres
que oui. Mais à chaque fois, je fais...
Là, je vois, mettons, un
milliardaire qui, là, il y a comme
une espèce de projet. Pis là, je fais,
ça me fait penser à Michel.
C'est ce genre de personnalité
qui part d'une affaire à l'autre.
Pis là, il y a un projet grandiose.
Pis là, d'un coup, pis t'apprends
qu'il n'était pas fin avec leurs employés
ou que si, ou qu'ils ont mis tout le monde à la porte.
Michel, il était comme ça. Pis je
m'excuse si je donne des exemples. Pis là, vous dites
« Ah, je n'ai pas écouté son podcast. Je ne comprends rien. »
Décris-nous un peu, justement, le personnage
en quoi il est...
Parce qu'on peut en parler en long et
en large, mais oui, en quoi, justement,
il te...
il te rappel un peu Elon Musk
ou en quoi est-ce que...
Parce qu'il a fait des réels délits, évidemment.
Oui. Bon, Michel,
il a commencé
à vendre ses livres dans les bars.
Il vendait ses livres dans les bars.
Pis là, il a créé sa maison d'édition comme ça.
C'est vraiment un
« self-made man ».
Pis là, tout d'un coup,
il a commencé à faire des livres
qui ont eu beaucoup de succès. Donc là,
il est devenu un éditeur, il est devenu un des éditeurs
les plus importants au Québec.
Il était deuxième après Québécois.
Et...
Et là, à un moment donné,
on ne sait pas pourquoi, il a fait un film
qui a financé lui-même.
Kaido. Kaido, que j'ai vu.
Bonne chance pour le film. Si vous entendez parler,
allez sur les pages Facebook.
Mais ça, ça contribue presque au mythe,
aussi, Kaido, qui est comme le film...
Ah, Kaido, là, moi, là...
Ça, c'est pas possible.
Ça, c'est ce qui a participé
à mon conspirationnisme, parce que là,
j'avais l'impression de trouver des réponses
dans Kaido. J'avais l'impression
qu'il nous envoyait des... Oui, des messages.
Des messages, genre un jour,
je vais simuler ma mort et ça va être ceci, ceci, ceci.
Pis là, j'étais comme, OK, je peux,
je faisais tous les liens. C'est un film
que, parenthèse, rapidement,
garde ton idée, India, mais c'est un film
qui a financé lui-même,
je crois, sans subvention,
un... comment dire?
Il y a plein d'acteurs connus là-dedans.
Oui, mais qui étaient pas connus à l'époque.
Oui, il y en avait qui étaient connus.
Oui, il y en avait une raison.
En fait, c'est lui qui réalise, mais on dirait
pas vraiment qu'il y a un réalisateur dans la place.
Le film n'est jamais
sorti, en fait.
C'est un film... Parce qu'un distributeur
en a jamais voulu, pis avec raison.
Pis là, maintenant, il y a quelqu'un,
Benoît Rodrigue, qui le présente
dans des soirées au pub
de bois. Mais c'est un film
très spécial à regarder, parce que c'est
comme l'incursion
dans la tête,
moi, je dirais, d'un whistle.
Mais, tu sais, c'est...
Oui, c'est carrément le prédateur.
Tu l'as vu? Oui, on l'a vu, nous aussi, Caïdo.
Je l'écoutais par shot de 10 minutes,
j'étais pas capable d'écouter plus que
10 minutes à la fois. C'est très difficile.
C'est mauvais, mais pas... pas mauvais,
drôle, t'sais.
C'est malaisant. Je sais pas,
si vous connaissez The Room, là, qui est
comme un espèce de... t'sais, il y a eu
des films sur ce film-là, qui est un
espèce de film culte,
mauvais, mais là, c'est pas ça.
C'est vraiment un film
bizarre, parce que c'est
rentrer dans la tête de quelqu'un
qui... c'est comme une mise
en abîme de lui à l'infini, pis de
ce qu'il pense sur le monde. C'est très
bizarre, mais bref, il a sorti un film.
Là, il a sorti un album de musique,
parce que c'est lui qui chantait.
Un album en allemand aussi, hein, qui...
Oui, c'est ça. Il y avait des tours en allemand.
J'ai plein d'extraits, mais je sais pas
si on va avoir le temps. Mais il y a des
bolles toutes, t'sais. J'ai plein d'extraits.
À l'époque, on riait,
mais l'autre jour, c'est drôle, parce que
mon chum, il tripe sur le...
sur le métal hardcore,
pis il était là, crie, mais il dit,
mais les musiciens qu'il engageait, c'était bon.
Parce que Michel, s'il avait voulu...
s'il avait voulu faire cet album-là,
mettons, de dire, hein, je me lance
dans la chanson, ben, il était...
il avait le flair pour
dénicher les talents. Donc, c'est pas la
musique qui est pas bonne, c'est le fait que lui,
il chante là-dessus, mais t'sais, je pense
qu'il... lui...
lui, il voulait être... pis t'sais,
c'est pour ça que j'ai appelé mon deuxième épisode
le blues du businessman, parce que
lui, dans le fond, c'était un homme qui réussissait,
mais qu'il avait envie de
devenir une vedette.
Pis ça a fait que les gens,
Michel, pour eux,
c'était quelqu'un de juste bizarre,
c'était quelqu'un que tu pouvais jamais
t'attendre à ce qu'il allait faire.
Donc, c'était comme... c'était comme
que les gens croient pas
à sa mort, c'était comme, on dirait,
c'était normal,
parce qu'il nous avait tellement habitués
à toutes sortes de choses.
Il y a quelque chose... pis t'sais,
je veux dire, ok, moi,
je vais vous dire, je suis partie de quelqu'un
qui a vécu un traumatisme avec lui.
Quand je le croisais dans la rue,
mon corps était
paralysé.
Même dans le podcast,
je vais voir une amie
qui me lit des courriels
que je lui écrivais à l'époque
où je vivais mon chose.
Et j'ai eu mal
au corps après cette journée-là. Je me suis
remis dans ces états-là pour le podcast.
Mais le podcast...
C'était extrêmement difficile.
Pis le podcast m'a permis un peu
de...
de remercier et de pardonner.
C'est drôle parce que son frère,
il m'a écrit que quand il était au
Brésil, là, il voulait faire un golf
pis il voulait...
Il a toujours été comme ça.
Ce que je veux dire, c'est que j'ai une
certaine tendresse pour ce côté-là
de lui. Que même,
il était en procès pis tout ça,
pis là, il était au Brésil, pis là,
il voyait une occasion d'affaire
parce qu'il était comme ça.
C'est un entrepreneur. Il y a une
golf qui serait comme le meilleur
golf au
Brésil. Pis c'est ça.
Et pourquoi est-ce que c'était... Parce qu'au
Brésil, c'était vraiment en fin de vie
parce que, en fait...
Pas en fin de vie.
En fin de carrière, mais justement
qu'il meurt aussi. C'était en ces derniers
mois. Il les a passés au
Brésil. Mais juste avant ça,
en fait, lui, il avait énormément de pression
médiatique en raison des
accusations qu'il portait contre lui.
Dans sa tête, il y avait énormément
de pression, mais dans les faits,
il y a eu quelques articles.
On n'entendait pas de temps par vu.
C'est ça, mais lui,
son frère habitait au Brésil.
Donc, c'était en pleine COVID.
Il a décidé d'aller au Brésil. Ça, ça a contribué
au fait que les gens n'ont pas cru à sa mort
parce que les gens ont dit, mais pourquoi
il a pu aller au Brésil?
J'ai rencontré une
juge à la retraite qui m'a dit,
ben, quand c'est une
quatorze, il les fait.
Donc, là,
il attendait sa sentence.
Donc, il n'y avait pas
de raison de lui retirer son
passeport. C'est-à-dire qu'il avait tout
suivi le processus en étant
toujours là. Il s'était toujours présenté.
Il avait suivi toutes les choses.
Donc,
il n'y avait pas de raison de croire
qu'il aurait pu s'esquiver.
On est quand même là cela-t-il,
je comprends qu'il n'avait pas encore été déclaré coupable,
mais je trouve ça un peu particulier
qu'on ne coupe pas le passeport à ces gens-là,
peu importe son comportement.
C'est comme si on ne punissait pas beaucoup.
En tout cas, j'ai un malaise
personnellement. Oui, ben, je comprends ce que tu veux dire,
mais on dirait que moi, ça m'a permis de comprendre
que, tu sais,
dans la loi,
tu ne peux pas mettre les crimes
tous au même niveau.
C'est comme si dans notre loi
populaire, on les met presque
tous au même niveau.
Mais pour la loi,
les crimes ne sont
pas tous au même niveau.
On pourrait critiquer le système de justice,
mais en même temps, c'est un système
qui fonctionne.
J'ai appris beaucoup de choses
de ce procès-là.
J'avais beaucoup de préjugés par rapport à la justice.
Ça m'a permis d'apprendre
beaucoup.
Depuis le MeToo,
quand Gilles Côté a dénoncé
Michel, c'était au MeToo en 2017,
et depuis ce temps-là, il y a une ligne
sans frais au DPCP,
ou est-ce que quand on a vécu une agression sexuelle,
puis qu'on ne sait pas si c'est un cas
qu'on peut appeler, c'est une ligne sans frais,
et il y a un avocat,
un procureur qui va dire
exactement ce que tu devrais faire,
puis si ça vaut la peine
de poursuivre le processus.
Donc, j'ai trouvé ça intéressant
ce que le MeToo a amené dans la société
comme ressource.
Parce qu'on le sent, ça,
on dirait que tout au long,
surtout vers la fin de sa carrière,
mais beaucoup dans Kaido,
on a vraiment l'impression qu'il était devenu
un prédateur graduellement.
C'est malaisant, certaines scènes
dans Kaido, même,
ou des témoignages.
Est-ce qu'il est devenu ou il a toujours été comme ça?
C'est ça, des fois, qu'on peut se questionner.
Dans Kaido, il y a une scène
que j'ai regardée,
puis c'est comme un gérant
qui va chercher des filles pour le chanteur.
Combien de fois on a vu cette scène-là
dans les dénonciations des dernières années?
C'est comme si
lui, il habitait
dans ce monde-là, il se tenait
dans les bars avec ce genre de personne-là.
Il a vu ça.
Ça pouvait être un fantasme.
Pour certains hommes qui sont...
Moi, j'ai la théorie
qu'il pouvait s'approcher
de... T'sais, c'était quelqu'un
qui n'arrivait pas à trouver l'amour,
puis tout ça. Donc, pour moi,
il pouvait s'approcher
de ce qu'on peut décrire comme un vinicel.
T'sais,
ben, ces hommes-là, ils voient des
hommes, des chanteurs,
tout ça, des gérants, puis là,
t'sais, bon, on en entend beaucoup,
des choses comme ça dans des dénonciations.
Donc lui, il se disait peut-être que c'était normal.
Puis là, il y a une scène de même
dans Kaido, puis ça nous rend tellement mal à l'aise.
Puis ça nous rend mal à...
T'sais, je me suis beaucoup questionnée sur cette scène-là
en me disant, ça me rend mal à l'aise, mais il y a tellement de gens
qui la décrivent comme une réalité.
Donc lui, il n'est pas en train d'inventer quelque chose,
il est en train de reproduire
une réalité
dont il a été témoin.
T'sais, c'est malaisant,
mais en même temps...
Puis lui, c'est sa vision fantasmée,
mais en même temps, c'est malaisant, parce que tu te dis,
crime, ça arrive.
Ben oui, puis il y a plusieurs détails troublants
dans ton podcast aussi.
Il disait à le François Lemay
qui se confie, d'autres...
Ce qu'on apprend dans le podcast,
c'est que les abus
étaient pas nécessairement
seulement envers les femmes.
C'est-à-dire qu'il allait se déshabiller,
mettons, devant des hommes aussi.
T'sais, moi,
je ne comprends pas, les hommes de pouvoir,
l'affaire de montrer le pénis.
Je ne comprends pas.
Je ne sais pas c'est quoi...
Fait que là,
il nous raconte ça qui...
Ben oui, j'ai déjà vu son pénis parce qu'il me l'a montré,
il a dit, c'est le fun, il n'y a pas de filles ici,
je vais pouvoir te montrer mon pénis.
Mais pourquoi tu veux montrer ton pénis?
Quelle belle opportunité!
Je ne comprends pas! Je suis peut-être pas
assez un gars pour comprendre.
C'est assez rare qu'un chum de gars
qu'on se montre nos pénis.
Même bien chaud.
On a bien entendu ça, l'affaire des hommes
de pouvoir qui montent leur pénis,
puis je ne comprends pas, puis je me dis,
il y en a-tu qui pensent que c'est une bonne blague?
J'ai de la misère
à comprendre, mais ça rendait tout le monde
mal à l'aise.
Puis lui, quand il en parle, puis tu t'entends
des extraits dans les médias,
lui, Michel, quand il en parle,
il avait une franche camaraderie,
une ambiance
fessée
au bureau.
Là, t'es là, ben l'ambiance fessée,
mais t'es juste dans ta tête, man, parce que...
Tout le monde est mal à l'aise,
mais c'est ça qui est fou.
C'est quand même que tout le monde est dépendant de leur emploi
d'une certaine façon, puis personne parle,
personne ose, parce que c'est le patron.
Ça, je trouve ça triste
qu'on...
Puis je comprends, je ne suis pas dans le jugement,
mais qu'on agisse comme ça, puis qu'on laisse
sous silence, justement, parce que c'est notre patron.
Mais ça, je l'explique.
Dans l'épisode 5,
j'ai tout essayé de décortiquer ça,
parce que souvent, on va blâmer
les gens de ne pas avoir parlé,
mais tu sais, comme moi, je dis, bon, moi,
je me ramène à moi,
pourquoi, mettons,
je n'ai pas dit ce que j'avais vécu?
Si j'avais dit ce que j'avais vécu,
peut-être que Jill, elle ne serait pas
allée proposer son manuscrit-là.
En même temps, moi, j'avais tellement peur
d'un combat public,
parce que, tu sais,
quand tu racontes ton histoire,
là, il aurait été obligé d'aller demander à Michel,
là, Michel, il m'aurait démoli,
il aurait démoli ma crédibilité, il aurait dit que je suis une folle.
Fait que là, moi, il y a des gens
qui auraient pensé tout d'un coup,
ah, elle est folle à se plaindre, tout ça.
J'avais tellement peur
d'être humiliée que je parlais
pas, puis là, il y avait d'autres employés qui disaient,
ben, je voyais des choses,
mais souvent, les gens
vont penser que c'est eux le problème.
Puis ça, là, c'était vraiment, là,
c'était,
c'était, quasiment tout le monde
m'a dit ça et pensait, ben, le milieu
artistique, ça a l'air d'être ça, je pense
que c'est moi le problème, je vais changer de milieu.
Donc, tu sais, c'est comme si les gens,
ils disent, bon, ben, tu n'es pas capable de supporter
ça, donc,
tu sais, il va falloir que tu changes
de milieu. Mais le MeToo a changé
ça un peu, puis tu le dis dans le podcast, je trouve
que ça l'a éduqué un peu tout le
monde à reconnaître ces
comportements-là, qu'on avait un peu
accepté comme société,
parce que c'est pas,
on parle de Michel Brûlé ce soir, mais
c'est pas le seul cas.
Ça s'explique historiquement,
c'est que, dans le fond, il y a eu
tout un mouvement, tu sais,
bon, il y avait l'église qui
dictait beaucoup
nos comportements, puis fallait être
prudent, tu sais, puis être bon,
c'est ça. Puis là, à un moment donné, il y a eu
une libération de ça, des meurs
sexuelles, de la danse, tout ça.
Puis là,
là, les gens voulaient pas être la personne
qui redevient comme
l'église.
Puis là, à un moment donné, c'est comme,
ok, oui, mais là, c'est peut-être aller trop loin.
Fait que là, il y a comme, tu sais, il y a comme tout le temps des mouvements
qui fait comme, ok, on veut se libérer
de ça, ou oups, ça crée un autre problème.
Là, on voudrait se libérer de ça, mais on veut pas revenir là,
mais on peut-tu aller là,
en essayant de, tu sais, de
se respecter tout le monde. Fait que, tu sais,
dans le fond, c'est important comme ça, des mouvements
sociaux, puis il y a tout le temps une espèce d'ajustement
dans nos comportements,
etc.
Puis je voulais revenir un peu sur les circonstances.
J'étais tombé sur ce magnifique
mime ici, en fait, sur Ray-Tac,
parce que Michel s'est retrouvé
sur Reddit aussi, après
sa mort.
Puis quelles sont les circonstances
indias de sa mort au Brésil?
Parce qu'on dirait que ça aussi, ça contribue quand même
aux mythes, comme quoi
peut-être que.
Les circonstances,
telles qu'on les connaît,
c'est,
bon, il serait,
il aurait pris son vélo,
et là, tout d'un coup,
il a fait une chute.
Bon, il était dans une côte,
il a fait une chute.
Là, ce qu'on ne sait pas,
c'est, est-ce qu'il y avait une voiture
qui l'a,
on ne sait pas.
Tout ce qu'on sait,
c'est qu'il est parti en vélo, puis après ça,
il a été retrouvé dans le ravin.
Et
donc, il serait,
il aurait fait une chute, il aurait percuté
un panneau de signalisation,
et ensuite, il serait tombé dans le ravin.
Sa mort aurait été causée
des suites d'un,
voyons,
choc thoracique, en tout cas,
j'ai pas les mots exacts,
je le dis dans mon podcast.
C'est écrasé les poumons,
puis il est tombé.
Oui, ça a été,
puis ce qui a contribué aussi aux doutes,
c'est que,
en mourant, il aurait dit à son frère,
je t'aime,
tu es la personne la plus importante pour moi,
puis les médias
ont beaucoup
raconté ça dans l'histoire,
puis ça fait
cinématographique.
Je pense que ça, ça a contribué
au fait que les gens
n'ont pas nécessairement cru, parce que
ça sonne tellement pas vrai,
le frère qui arrive sur les lieux,
puis là, je t'aime, puis là,
meurt, on dirait qu'on trouve
que ça a l'air d'un mauvais film de série B.
J'ai rencontré le frère
qui m'a dit que
ça s'était pas tout à fait
passé comme ça, il dit
qu'il a été mal compris,
c'est comme,
est-ce qu'il a raconté ça au début,
lui, en tout cas,
il m'a dit qu'il a été mal interprété
dans ses propos, que c'est pas ça qui est arrivé,
il aurait dit, j'ai mal,
puis, quelque temps après,
les secours seraient arrivés, puis il aurait pas été capable
de le sauver.
Puis, une autre chose qui a contribué
au questionnement,
c'est qu'il a été enterré
24 heures plus tard.
Oui, c'est très vite.
Donc, tout s'est passé,
quand tu regardes, mettons,
les archives là-dessus,
le frère, il porte le même T-shirt à
la mort, les funéraires et l'enterrement.
Il boit le même café,
un clé en main.
C'est comme,
c'est sûr que moi,
j'ai beaucoup d'imagination,
c'est sûr que moi, je regardais ça.
Puis, tu sais, je me posais des questions
quand j'étais dans mon pic
de conspirationnisme,
je me posais des questions du genre,
pourquoi ça a été
un événement couvert au Brésil?
Tu sais, comme,
on s'entend, c'est un touriste
québécois qui fait une chute à vélo.
Mais là, tu sais,
il y avait des articles,
je pensais que ça passait aux nouvelles là-bas.
Je trouvais ça tellement bizarre.
Mais c'est ça.
Ce qui m'a ramenée, c'est quand j'ai parlé
aux autorités ici,
puis l'avocate
qui s'occupait du dossier.
Tu sais, elle, ce qu'elle me dit,
nous, pour arrêter le procès,
parce que finalement, le procès a été arrêté,
parce que Interpol est allé,
puis ils ont prouvé sa mort avec des documents
en les faisant traduire et tout,
ici, on peut pas
enquêter sur les circonstances de la mort,
on peut juste avoir les preuves,
il est-tu mort, il est-tu pas mort,
puis là, ça a été prouvé qu'il était mort.
Puis moi, là, j'avais plein de questions,
tu sais, pour l'avocate, j'étais comme,
ouais, mais là, vous avez pas,
vous pouvez prouver la mort, mais vous savez pas comment.
Je les pose toutes ces questions-là
dans mon podcast.
Mais c'est ça, ça m'a ramené
de me dire, OK, mais combien de personnes
il aurait fallu qu'ils payent,
puis il y avait-tu tant d'argent que ça?
Puis, tu sais, je veux dire,
on dirait que moi, mettons,
là, il reviendrait dans 10 ans,
OK?
Je me sentirais niaiseuse,
tu sais, d'avoir cru
ces preuves-là, mais ça, c'est juste
mon côté conspirationniste qui est pas capable
de décrocher, mais j'ai décroché,
puis je me ramène toujours à la raison de
il est décédé,
la famille dit qu'il est décédé,
tu sais, pourquoi la famille, toute la famille au complet?
Tu sais,
j'ai parlé, là,
j'ai parlé à des gens, puis tu sais,
je veux dire, tu fakes pas ta peine de même,
donc,
mais il y a des gens qui écoutent mon podcast
puis qui restent quand même avec un doute,
mais je respecte ça parce que, tu sais,
des fois, c'est plus fort que nous, là.
Ah, tout à fait!
J'ai un petit doute. Ah oui?
Comment ça?
C'est le complotiste.
Mais non,
plus sérieusement,
non, je sais pas,
c'est le 24 heures, tout ça,
ça se falsifie des papiers, puis le Canada
a pas horte d'enquêter tout ce qui se passe
à l'extérieur. Mais pourquoi ta seule théorie
c'est qu'il est sûrement mort, là,
c'est juste ça m'amuse. Parce que,
pourquoi ta seule théorie, ce serait que
il aurait fakeé sans mort, puis ce serait pas,
il se serait peut-être fait tuer, mais quelqu'un
aurait voulu cacher ça,
il se serait peut-être suicidé, tu sais, comme...
Oui, oui, oui. Ben, c'est que c'est plus
fantastique aussi, peut-être que
justement, dans le temps, dans
la biographie de sa vie, il trouvait que ça...
Mais c'est peut-être juste un accident. Tu vois déjà le documentaire.
Oui, oui, exactement.
T'es déjà rendue à la bail au pic.
Qui est-ce qui pourrait jouer?
Michel Bruly, tu penses?
À chaque fois qu'il y a des gens qui m'écrivent
pour dire, ah, je garde un petit doute, puis t'es pas le seul.
Parce qu'il y en a beaucoup qui me disent ça.
Je dis, moi, je pense que c'est
correct d'avoir des doutes sur les circonstances.
tu sais, pour ce qui est
sans mort,
moi, je trouve que ça se...
Mettons qu'il sortirait dans 10 ans,
ha ha, allô, je suis pas mort.
Je le trouverais...
Il serait dans le trouble.
Non, mais je trouverais qu'il aurait fait un mauvais scénario.
Remarque que quand on regarde Caïdo...
Caïdo, ça serait
quasiment meilleur.
Mettons, si tu veux, pas de trouble,
tu sais, je veux dire,
il a quand même eu ses funérailles avec son
voile dessus. Tu t'achètes
un corps,
tu sais, là-bas, mettons qu'il aurait voulu payer du monde.
Pourquoi il aurait pas acheté un cadavre?
Pourquoi il
aurait pas disparu?
Pourquoi il aurait pas été noyé?
Tu sais, pourquoi une chute à vélo?
Oui, non, c'est vrai qu'il y a des circonstances.
Autant qu'ils sont bizarres, autant que ça...
Mais tu sais, il y a le
tombé aussi, India, qui est au coeur
de sa vie. C'est pas pour rien que ton podcast
s'appelle comme ça. Ça entretient
le limite. Il est tombé à vélo.
Caïdo, ça veut dire tombé
aussi. Je sais plus s'il y a d'autres
références, mais
la chute semble être
au coeur de... Ben, c'est parce que pour expliquer
aux gens qui n'ont pas écouté mon podcast, c'est qu'à un moment
donné, moi, je suis devenue obsédée par la chute.
Puis à un moment donné, il y a plusieurs
scènes dans son film avec la chute
de Camus.
J'avais tout temps ça, la chute, la chute.
Dans son film, il y a un gars
qui se suicide parce qu'il n'accède
pas à la...
il ne devient pas la vedette que Rémi
devenait. Puis là, j'étais comme, mon dieu,
c'était prophétique. C'est ça
qu'il a voulu nous dire, dans le fond.
Mais c'est ça.
Moi, je me suis ramenée. Moi, je crois maintenant
à sa mort. Je crois les
autorités parce que,
les papiers sont là pour le prouver,
tout ça. Puis pour
fainquer sa mort,
il y en a plein qui me parlaient
de chirurgie
esthétique au Brésil.
Puis là, j'ai fait des recherches là-dessus.
Mais c'est...
Tu sais, les gens étaient là, oui, au
Brésil, il y a des chirurgies esthétiques
que tu peux changer complètement de visage.
Puis là, j'ai parlé à un chirurgien. J'ai pas mis ça
dans le podcast parce qu'un moment donné, j'étais comme,
je me sentais niaiseuse d'être allée jusque là.
Tu faisais le tour de la checklist.
C'est pas comme tu penses.
Puis j'ai même parlé à un ami qui
travaille au Brésil. Puis il était comme,
OK, dans la tête du monde, c'est vraiment plus
et c'est vraiment plus une histoire,
l'affaire de la corruption, parce qu'il dit oui,
il y en a, mais c'est pas non plus
de même.
Donc...
C'est ça. Je mets un point à ma
phrase, pas de point encore.
Puis même TVA a envoyé un détective privé,
est-ce que je me trompe?
C'était pas un détective privé, c'était un journaliste
qui a fait une bonne job.
Puis je pense qu'eux autres aussi,
ils ont...
un peu comme mon ami Guillaume,
ils sont arrivés sur place,
puis là, ils ont constaté,
puis ils ont pas poursuivi après ça,
parce que...
Je pense que tout le monde était dans le même état
de, voyons, c'est donc bien bizarre,
une semaine après ne pas
s'être présenté.
C'est vraiment bizarre.
C'est toujours ça, les conspiration,
c'est l'addition de fait qu'on a l'impression
qu'ils donnent une équation qui est valable.
C'est qu'on donne un sens
à des hasards
qui en ont pas,
puis qu'on leur donne un sens à ma tête.
Comme moi, quand j'ai inventé ma théorie de conspiration,
il a voulu calquer sa mort
sur Camus,
puis là, voici mes preuves,
puis là, je racontais ça au monde,
puis les gens étaient comme, ben oui, c'est évident,
mais après ça, aujourd'hui,
avec un an de recul,
je peux dire, mon Dieu,
j'étais vraiment plongée loin.
Ah oui, c'est clair.
On arrive tranquillement vers la fin.
Je pense, Seb, tu avais fait rapidement
des petites recherches sur ça coûte combien une nouvelle identité
sur le dark web.
Tu avais mis les chiffres à jour
parce que disparaître, en fait,
c'est plus que vous falsifier sa mort.
C'est plus compliqué que ça en a l'air,
mais ça prend tout d'abord une nouvelle identité,
puis ça, c'est plus simple à chiffrer.
Oui, exact. Ben oui, il y a des chiffres
qui sont sortis pour 2022.
Évidemment, quand on veut acheter des papiers d'identité,
c'est souvent sur le dark web
qu'on peut le faire.
Comme par exemple, actuellement,
si on voudrait avoir au Canada,
si vous voulez avoir une nouvelle identité,
un passeport, une carte d'identité et un certificat de naissance,
au Canada, ça vous coûterait
seulement 1175 US,
ce qui n'est pas si cher.
Pour les papiers, oui.
Oui, pour les papiers en tant que tel.
Puis moi, je me questionne toujours, tu sais,
c'est qui à l'intérieur des murs
du gouvernement fédéral, tu sais,
qui arrive à, comment dire...
À qui la taupe.
Oui, c'est qui la taupe qui crée les nouvelles identités
parce que ça reste juste des systèmes informatiques.
Quand on s'entend une identité, on est juste dans une base de données,
c'est une photo, puis on est relié,
puis c'est un humain qui fait,
ah oui, c'est une vraie personne, puis
il te rentre dans le système.
Aussi, si vous voudrez avoir, en plus de vos papiers d'identité,
un diplôme, votre Bac à l'université,
par exemple, puis même
votre diplôme d'études secondaires,
souvent c'est utile pour certains emplois,
ben ça coûte
0.1699 Bitcoin.
Puis tu disais, c'est 3 000 $.
Oui, 3 200 US, à peu près,
en date de cet après-midi.
Oui, tout dépendant du moment que vous l'achetez.
On sait que ça descend. Oui, exact.
Puis même,
c'est intéressant, sur le Dark Web,
vous pouvez même avoir un compte bancaire,
une carte de crédit et 5 000 $
en cash, de l'argent contrefait,
c'est assez, c'est précisé,
et ça, ça coûterait juste 115 $ US
plus 0.0884...
À peu près 1500...
1500 $,
l'équivalent à Bitcoin.
T'es en bas de 10 000, peut-être.
C'est ça, t'as un portrait
global, si tu veux refaire
ta vie scolaire, ben tu peux
acheter des faux diplômes déjà.
Après, ça compte pas, justement,
tous les gens qu'il faut que tu soudoies
pour te rendre jusque-là,
louer un appartement off the grid,
tout ces choses-là.
Puis les gens qu'il faut que tu payes pour garder le secret,
il faut que t'aies payé à vie, là.
Évidemment, oui, t'as raison.
Puis t'sais, l'autre obstacle,
en fait, les obstacles maintenant dans le monde numérique,
c'est les réseaux sociaux.
Comme Monsieur Darwin,
lui, c'est une photo sur Facebook
qui est faite en sorte qu'il s'est fait prendre.
Maintenant, il y a des caméras de surveillance partout,
même souvent sont liées à un protocole
qui s'appelle l'OpenCams,
qui fait que souvent on peut aller voir
des feeds de caméras publiques,
quelqu'un peut tomber sur vous.
Il y a même un vieux mafieux italien
qui a été pris sur Google Maps.
Ça faisait 15 ans, je pense, qu'il était recherché en Italie.
Puis il y avait au vrai, une fruiterie,
je sais plus trop où.
Puis pendant, il faut-tu, dans la ville,
ton karma tue, là, le moment qu'il est sorti...
Ah non, c'est pas... Oui, c'est ça,
c'est pendant la photo Google Street View,
il était là, devant la fruiterie.
Puis il y a quelqu'un qui, à un moment donné,
quelqu'un de sa famille, même sa famille ne savait même pas
qu'il était disparu et tout ça,
qu'il était là-bas. Il y a quelqu'un qui l'a vu
puis il a été arrêté. Puis lui-même,
il était sorti. Il disait, voyons, même ma famille ne savait même pas.
Mais tout ça, à cause d'une voiture Google Street View
qu'il a prise au moment, tu sais,
je veux dire, on s'entend,
Google Street View passe une fois aux deux années,
deux, trois ans, là.
Fait que, tu sais, comment les hasards des fois peuvent...
Ben oui, puis même, on avait parlé à Ivan Ratliff,
en fait, qui est un journaliste de Wired,
qui lui, il y a 10 ans,
a disparu volontairement
en invitant les internautes à suivre
sa trace. Une histoire vraiment
fascinante. Il doit d'ailleurs faire un update
il y a 10 ans plus tard. Mais lui, ce qu'il avait trahi,
c'est qu'à l'époque, vous vous rappelez de l'application
Foursquare sur lequel on tagguait?
Peut-être qu'il y en a qui s'en rappellent pas.
C'était une application où on partageait
brièvement
nos données de localisation.
En fait, c'était...
On verrait moins ça. Ça serait moins accepté de nos jours.
Mais bref, à cette époque-là,
il l'avait. Puis lui,
les internautes ont su qu'il était allergique
au gluten. Puis ils l'ont
traqué dans une ville en faisant
une liste de toutes les pizzerias
qui étaient sans gluten,
et ils ont réussi à le trouver de cette façon-là.
Donc, ils l'ont trahi par une pizza,
mais trahi en même temps
par les preuves numériques.
Oui, exactement. Un deuxième pizza gay.
Exactement. Oui, un deuxième pizza gay.
Parfois,
on n'y pense pas toujours,
mais c'est ce genre de truc-là
qui peut nous trahir
lorsqu'on tente de falsifier sa mort.
On avait aussi,
tiens, juste avant qu'on
se laisse, on avait demandé à notre
grand maître, Stéphane Bertomet.
Est-ce que Stéphane est dans la salle,
à tout hasard? Parce qu'il donne une
formation demain. Demain,
matin, 10h30, il donne, je crois,
une conférence ici-même sur
le podcast documentaire. Vous irez voir.
Mais Stéphane, c'est un réalisateur
d'un animateur, en fait,
de recherche, aussi producteur de
podcasts de True Crime. Et on lui
a demandé, Stéphane, si tu devais
disparaître ou
falsifier ta mort,
quel conseil pourrais-tu nous donner?
Et là, monsieur le technicien, c'est la première
fois qu'on va faire un sound check de laptop.
Donc, on va voir.
Vous êtes prêts? On y va.
Salut Emile, salut Seb,
c'est Stéphane Bertomet. Vous m'avez demandé
quelle serait ma recette si je voulais
disparaître?
Salut Emile, salut Seb, c'est Stéphane Bertomet.
Vous m'avez demandé quelle serait ma recette
si je voulais disparaître?
Eh bien, cette recette...
Oh mon Dieu, pardon.
C'était tout.
Pour le savoir, abonnez-vous à notre Patreon.
Salut Emile, salut Seb,
c'est Stéphane Bertomet.
Vous m'avez demandé quelle serait ma recette
si je voulais disparaître? Eh bien,
cette recette, elle serait essentiellement
de m'éloigner
de toute forme de technologie.
Vous le savez, je suis un ancien enquêteur.
J'ai participé à des enquêtes durant lesquelles
on a pourchassé pendant des années des personnes
et ceux qui nous ont donné le plus de mal
c'était les gens qui se fondaient dans la nature.
Alors, je veux donner de mauvaises idées
à personne parce qu'une cavale,
ça se termine toujours.
Il y a toujours une fin à une cavale.
C'est simplement une question de durée.
Et si vous et moi,
on devait entrer dans ce jeu-là et que vous deviez me retrouver,
eh bien, moi, ce que je ferais,
c'est que je m'éloignerais du téléphone,
je m'éloignerais de la technologie
et vous auriez beaucoup de mal à me retrouver.
Voilà, alors je voulais aussi en profiter
pour vous féliciter pour votre extraordinaire travail
avec Distorsion, avec le livre
et avec tout ce qui s'en vient.
Les amis, je vous salue et je vous dis à bientôt.
Donc encore une fois, c'est d'éviter
les preuves numériques, les traces numériques
et tout ça.
Excusez-moi, mais ce qui est intéressant,
c'est vraiment le fait qu'il dit que c'est une cavale
qui a toujours une fin à ça.
Je me demande si...
Sûrement qu'il y a des gens qui ont réussi
à refaire leur vie sans anicroche
et que ça a bien été, il y en a plein au Japon
qu'on appelle les évaporés.
Oui, Elvis, il est avec Tupac et Biggie
sur une île.
Exact.
Moi, c'est ça qui m'a marqué de son message,
c'est vraiment la cavale
et que ça a toujours une fin,
donc c'est un pensée zibi.
Yes. Cool.
Eh bien, peut-être, Sam, pour boucler la boucle,
on avait fait un sondage
en début de show.
Est-ce que t'es capable de cliquer...
Ah, non, c'est vrai, excuse-moi.
Je vais te laisser nous dire ça à l'oral.
À moins que je fasse une petite...
Non, je pense que j'y arrive.
Si t'es capable de cliquer sur le code QA,
sinon j'y arrive.
Je te laisse y aller.
Tiens, entre-temps,
on a fait une sélection
de plusieurs œuvres du portfolio
d'India pour vous suggérer
des bons contenus.
Ah, t'as pris les Aurélie français.
Ah, mon Dieu, je suis désolé, c'est moi.
Je trouve jamais le montage
des huit livres ensemble.
Si vous les avez déjà lus en québécois,
c'est maintenant l'heure de les lire
en français.
Mais aussi, parle-nous de tes projets,
peut-être, India,
pendant que Seb cherche les résultats.
Qu'est-ce qui est à fond
dans ton film, là, en ce moment?
Oui, le film 23 décembre
qui va sortir le 25 novembre,
qui est un film de Noël.
Dans un autre sujet,
c'est plus de l'amour
puis des petites lumières qui clignotent.
Mais c'est fascinant de passer
d'un à l'autre, quand même.
Oui, puis c'était vraiment...
T'sais, pendant le tournage du film,
moi, j'étais dans mon podcast
de Michel Brûlé.
Fait que c'était vraiment drôle de passer
d'un univers à l'autre,
d'un univers un peu féerique,
un univers assez dark de Michel.
Mais t'sais, dans le fond,
le podcast sur Michel,
je dis c'est un univers assez dark,
mais je pense que j'ai essayé
de mettre un peu de lumière là-dessus
dans le sens que moi,
je voulais que ça se serve à quelque chose.
J'avais pas envie de faire ce podcast-là
juste pour...
T'sais, j'avais envie vraiment
de décortiquer cette situation-là.
Puis il y a des gens maintenant
qui m'appellent pour me dire
« Hey, ça a circulé
dans mon milieu de travail,
puis on a pris telle-telle mesure. »
Moi, ça, ça me fait vraiment...
Ou il y a des gens qui me disent
« Ah, ça m'a permis de reconnaître une situation. »
Ça, moi, ça me fait vraiment...
Ça me fait vraiment plaisir parce que c'est pour ça
que je l'ai faite.
Ben oui, honneur à toi d'avoir soulevé
cette problématique-là.
On voulait te féliciter pour ce super podcast-là.
Ça s'appelle « Tomber »,
c'est sur la plateforme audio.
J'imagine que vous avez tous envie
de l'écouter dès aujourd'hui.
On en a parlé vraiment beaucoup.
Ça s'écoute comme on mange un sac de chips.
Honnêtement, à chaque épisode,
je l'ai clanché en une soirée.
Bonne musique aussi.
Laurence Nerbonne.
Laurence, elle a fait sa musique thème.
Oui, vraiment en feu là-dessus, Laurence.
Bref, j'ai des résultats.
Vas-y, mon Seb.
Dans les réponses, en fait,
vous êtes-vous déjà imaginé refaire votre vie
avec une nouvelle identité?
On avait « Oh oui », « Oh non »,
ou « Tant que je peux écouter des podcasts ».
Donc, on a quand même 17 %
de la salle qui a dit « Oh oui ».
57 % « Oh non »,
donc tant mieux, vous êtes heureux dans votre vie.
C'est bien.
Il y a quand même 26 %
accro aux podcasts.
Vous devriez consulter qui nous dit
« Tant que je peux écouter des podcasts ».
Faites attention, si vous écoutez un podcast,
prenez-le derrière un VPN,
sinon on va pouvoir vous retrouver.
Merci tout le monde.
Merci d'avoir assisté à ce live.
C'est rare qu'on en fasse, mais ça donne envie d'en faire plus.
Nous sommes Distorsion,
Emile et Seb. Merci à India Desjardins,
notre invitée
précieuse, qu'on adore.
Merci à la gang du Festipod.
Je pense qu'on va traîner
pas très loin. Si vous avez des questions,
si vous voulez discuter avec nous,
on reste...
Écouter Distorsion
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