Le 4 février 2004, The Facebook est lancé pour les étudiants de Harvard par son co-fondateur, Mark Zuckerberg. Quelques années plus tard, dans le but d’améliorer les interactions entre les utilisateurs, quelques ingénieurs chez Facebook ont eu la brillante idée de créer le bouton LIKE. Il n’en fallait pas plus pour que ces quelques lignes de codes bouleversent nos comportements et habitudes numériques. Dans cette mini Disto, Seb parcours l’historique de la création du bouton like et nous parle de quelques cas extrêmes de personnes en quête d’attention.

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Mini-Disto - La culture du like
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Vous êtes sur le point d'écouter une mini-disto tirée du journal d'enquête d'Emile et Sébastien.
Bonsoir, chers distordus. Ici Seb.
Dans cette mini-disto, je me suis intéressé à un des côtés sombres de Facebook,
la culture du like, les gemmes.
Il y a un peu plus de 15 ans maintenant, le 4 février 2004,
DeFacebook est lancé pour les étudiants de Harvard.
Son co-fondateur, Mark Zuckerberg,
s'est entouré de ses amis Eduardo Savarin,
Dustin Moskovitch et Chris Hughes,
avec qui il étudia à l'Université Harvard
pour créer le plus gros réseau social jusqu'à maintenant sur la planète.
Si les membres de Facebook habitaient tous au même endroit,
il serait le pays le plus populaire de la planète,
devant la Chine et l'Inde.
Il y a plus de 2,45 milliards d'humains qui s'y connectent chaque mois.
Le succès a été immédiat auprès des élèves de l'Université.
Car il faut se rappeler que Facebook n'était qu'à la base
un bottin en ligne d'étudiants universitaires
et que les inscriptions n'étaient ouvertes qu'à eux à l'époque.
Les choses ont bien changé depuis,
car l'accès s'est graduellement ouvert à d'autres universités,
puis ensuite aux écoles secondaires pour enfin devenir grand public.
Mark Zuckerberg est toujours l'actionnaire majoritaire
et le président directeur général de Facebook.
Sa fortune personnelle est estimée à 74,1 milliards de dollars américains en 2019.
Il est donc placé huitième sur la fameuse liste des milliardaires du monde de Forbes.
Facebook fait beaucoup la manchette depuis toujours.
Sa croissance monstre et son emprise quotidienne
dans la vie de plus de 2 milliards de personnes dans le monde
poussent les législations de plusieurs pays
à se questionner sur ces impacts variés sur la société.
Mais aujourd'hui, je ne veux pas vous parler
de données personnelles vendues à des entreprises
ou d'ingérences dans la démocratie,
mais plutôt de la fameuse culture du like.
Cette culture que l'on entretient,
tous à notre façon.
Pratiquement personne n'y échappe.
Qui n'aime pas recevoir de mentions j'aime lorsqu'il met à jour sa photo de profil
ou lorsqu'il partage une anecdote ou un moment de vie
ou même un article sur le web qui lui semble intéressant?
C'est normal, c'est humain et c'est biochimique.
Cette chaire d'opamine qui est sécrétée dans notre cerveau
à chaque fois qu'elle entend ou aperçoit une notification
nous rend accro.
Normal, c'est une récompense pour notre cerveau
et nous, par réflexe rendu quasi-pavlovien,
on va voir qui a aimé ou commenté notre publication.
On n'y pense même plus.
La culture du like qui est amenée présente depuis maintenant 10 ans
a débuté quelque part dans les bureaux de Facebook en 2009,
soit 5 ans après le lancement du site.
Personne n'aurait pu prévoir qu'un petit bout de code
aurait autant d'impact dans la société.
Selon leurs propres aveux,
même les créateurs du fameux like
n'avaient pas prédit une telle empris sur nos habitudes numériques
et regrettent d'une certaine façon la création
de cette culture d'approbation continuelle.
En fait, le bouton like,
qui est passé par différents noms à l'interne chez Facebook
comme le bomb button ou le awesome button
ou même le love button,
qui était considéré comme trop cheesy à l'époque,
est finalement devenu ce qu'il est aujourd'hui, le like a button.
C'est une idée qui est née de la collaboration
de plusieurs programmeurs qui travaillaient chez Facebook à l'époque,
parmi lesquels figurent Lea Perlman et Justin Rosenstein.
Pour vous mettre en contexte,
Lea Perlman était une ingénieure réputée
qui a fait de grandes choses,
autant lors de son passage en carrière chez Microsoft que chez Facebook.
Jeudi était, car en 2010,
elle a complètement quitté le milieu de l'informatique
pour devenir une artiste de comic book.
Méchant changement de carrière.
Et Justin Rosenstein,
lui a travaillé auparavant chez Google.
Et suite à son passage chez Facebook,
il a fondé le logiciel Asana,
qui est un logiciel de gestion de projet très populaire aujourd'hui.
Les développeurs avaient émis l'hypothèse
que les utilisateurs de Facebook étaient souvent trop occupés
pour laisser des commentaires sur les publications de leurs amis
ou que c'était souvent les mêmes commentaires qui revenaient,
donc ils voulaient aussi éviter la redondance.
Ils se sont dit que s'il suffisait de cliquer sur un simple bouton,
ça allait être très facile pour les utilisateurs
et les amis pourraient se valider réciproquement
de manière beaucoup plus fréquente et beaucoup plus facilement.
C'était très bien vu de la part de ces ingénieurs.
Ça a marché. Très bien marché.
Peut-être même un peu trop bien.
Du coup, le nombre de statuts a explosé de la part des utilisateurs.
Le premier milliard de likes sur Facebook est arrivé en 2012,
un peu moins de trois ans après son application.
N'oubliez pas qu'au départ,
on ne pouvait pas liker les commentaires comme aujourd'hui,
mais seulement les statuts.
Si l'implantation du petit pouce bleu a bien débloqué
un océan de validation sociale
et que tous les réseaux sociaux l'ont implanté,
cela a aussi eu de troublants effets secondaires.
Après avoir publié une photo ou un statut un peu provocateur
ou de vague-booking,
nous nous sommes tous un peu mis collectivement
à rafraîchir nerveusement notre page Facebook
dans le but de voir le nombre de j'aime augmenter,
car il n'y avait pas de notification à l'époque.
Puis, nous nous sommes demandé
pourquoi les autres avaient plus de j'aime que nous.
Cela nous a poussé à augmenter d'un cran
nos comportements quotidiens en ligne,
en t'attant d'être plus drôle, plus caustique,
plus glamour, plus extrême que les autres.
Ici, généralise, mais vous comprenez ce que je veux dire.
Maintenant, le like est devenu un geste anodin au quotidien
pour la plupart d'entre nous.
L'addiction aux notifications, cette dépendance,
cette petite récompense qui se cumule au travers de la journée
peut devenir maladif, malheureusement, pour certaines personnes
et les pousser à aller trop loin.
Ici, j'ai sorti deux exemples assez fous
qui se sont passés en 2016 aux États-Unis.
En novembre 2016, Marquesha Tachelle Johnson, 24 ans,
une jeune femme d'Ageville,
une ville qui est située dans l'ouest de l'État,
de Caroline du Nord aux États-Unis,
a été accusée et inculpée de faux rapports de police
après qu'elle ait publié sur son profil Facebook
qu'elle avait été kidnappée.
Elle a affirmé qu'elle se trouvait dans le coffre de la voiture d'un homme,
que son téléphone est en train de mourir
et que l'homme avait une arme à feu.
Elle a terminé sa publication en disant
« S'il vous plaît, aidez-moi, ce n'est pas une blague ».
La publication a été partagée 788 fois après 24 heures.
Une autre histoire de 2016,
la presse le surnomme « le mauvais samaritain ».
Un homme qui a été condamné à 30 jours de prison
après avoir assisté sans réagir à un accident de voiture
impliquant deux adolescents.
Et pour cause, puisqu'il était en train de filmer la scène.
Originaire de l'O-Royal aux États-Unis,
Paul Pelton a été témoin d'un accident de voiture
causé par la perte de contrôle du véhicule
par l'adolescent qui se trouvait au volant.
La voiture est ensuite rentrée dans une maison.
Mais au lieu d'agir et de leur porter secours
ou même d'appeler les secours,
le mangé de 41 ans est resté le téléphone à la main,
continuant à filmer.
Pire encore, il s'est approché du véhicule accidenté,
a ouvert l'une des portières pour filmer l'intérieur de la voiture
avant de traiter les deux victimes de l'accident d'idiot.
Un comportement d'autant plus choquant
que l'un des deux adolescents est mort
par la suite de ces blessures imaginées.
Comme leur apportaient les autorités,
d'autres témoins sont alors intervenus
pour aider les deux passagers accidentés.
Mais à aucun moment, Paul Pelton ne les a aidés.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire,
ce dernier n'a toutefois pas été condamné
pour non-assistance à une personne endagée
ni pour avoir publié sur Facebook la vidéo de l'accident.
C'est le fait d'avoir pénétré
sur une scène de crime sans permission
et pour avoir ouvert la portière de la voiture
qui lui a valu un séjour en prison.
Il n'existe pas, en effet,
de peine prévue pour les comportements idios.
Il existe des tonnes d'exemples du genre partout dans le monde,
sans parler de toutes les vidéos en direct sur Facebook
de meurtre ou de tentatives de meurtre
pour attirer l'attention et les likes.
C'étaient des exemples extrêmes
que je vous démontrais là actuellement,
mais ça démontre quand même
jusqu'où certaines personnes peuvent aller
simplement pour attirer l'attention.
En conclusion, l'objectif de cette mini-disto
n'est pas de culpabiliser personne
sur son utilisation des réseaux sociaux.
Je suis moi-même un grand utilisateur.
Mais plutôt de nous faire prendre conscience
de ces réflexes qui sont devenus anodins
mais qui peuvent avoir de graves conséquences.
Comme on vous le répète souvent à distorsion,
il est important d'avoir une bonne hygiène numérique.
Et ça, même les entreprises commencent à le comprendre.
Instagram a retiré à certains endroits dans le monde
le cumul des likes,
le nombre de likes que vous pouvez avoir
sur une publication,
pour éviter justement cette course folle
au plus grand nombre de likes
et tous les troubles de comportement que ça peut avoir,
en particulier sur nos adolescents
qui sont plus sensibles sur leur estime d'eux-mêmes.
Surtout qu'il est prouvé que le taux de suicide
a augmenté chez les jeunes, entre autres,
à cause de l'écosystème des réseaux sociaux
et de cette fameuse culture du like.
Pour terminer,
si vous êtes toujours demandé pourquoi la couleur de Facebook est le bleu,
ce n'est pas pour vous manipuler
parce que le bleu est la couleur qui représente la confiance,
mais plutôt parce que Zouki,
Mark Zuckerberg,
est daltonnier
et que la couleur bleue est celle qu'il voit le mieux.
C'est donc cette couleur qu'il a choisie
pour représenter son site à l'époque.
Pas plus scientifique que ça.
Sur ce, j'espère que vous avez aimé.
Je vous remercie de votre écoute.
Bonne nuit et bye bye !
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