#23 - La Sextorsion de Kim Proctor

Épisode

#23 - La Sextorsion de Kim Proctor

Épisode
23
Durée
1 h 05 min
Format
Audio

Audio

Écouter l’épisode

Un jour de novembre 2010, alors qu’elle s’apprêtait à aller faire du babysitting, la jeune Kim Proctor est brutalement assassinée par des “amis” rencontrés en ligne. Elle n’avait que 18 ans, et ses assaillants en n’avaient que 16 et 17. La scène de crime horrible mettra les enquêteurs sous le choc, et ceux-ci redoubleront d’efforts pour retrouver les coupables, en analysant les nombreuses traces numériques laissées en ligne par le groupe d’adolescents. Emile et Sébastien font le tour de cette histoire tragique, en relatant les discussions que ces ados ont eu, autant dans des “chatrooms” que dans le populaire jeu vidéo World of Warcraft.

Transcription de l’épisode

Lire la transcription

Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur « What emerges is a portrait

[00:07]

of a young teen killer, his mindset during the murder, his odd lack of real emotion and

[00:13]

what led him, along with accomplice Cruz Wellwood, to bind, beat and brutalize Kimberly Proctor

[00:21]

» Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:53]

Les traces que nous laissons en ligne sont omniprésentes. D'une conversation sur

[00:57]

Facebook jusqu'aux discussions au sein des jeux vidéo les plus populaires.

[01:01]

C'est ce qu'ont appris à leur dépend deux adolescents de la Colombie-Britannique qui

[01:06]

ont brutalement assassiné Kimberly Proctor, leur ami de classe.

[01:10]

Alors qu'elle faisait confiance à ses amis, Kim a été attiré dans un piège meurtrier

[01:15]

digne d'un véritable film d'horreur. Dans cet épisode, nous analyserons ce tragique

[01:21]

événement en suivant les traces numériques laissées par ces adolescents au fil des

[01:25]

jours précédents le drame.

[01:28]

Bonsoir, Emil Gauthier. Comment ça va?

[01:30]

Ça va très bien, asseoir Seb, parce que tu nous as déniché une histoire tragique,

[01:35]

mais une histoire assez passionnante, surtout pour un sujet de distorsion. Je dis Seb

[01:40]

parce que généralement, on a une petite idée des sujets qu'on aime bien lorsqu'on

[01:45]

brainstorme sur des épisodes à venir. Et puis généralement, on sait un peu « Ah

[01:49]

oui, c'est le moment de faire John McAfee ou Emma Philippoff, let's go, on le

[01:55]

fait. » C'est vraiment plus un sujet que Seb nous a retrouvés dans les bas fonds

[01:59]

d'Internet. C'est une histoire tragique, une histoire canadienne aussi, cette jeune

[02:04]

adolescente Kimberley Proctor de la Colombie-Britannique qui a été brutalement assassinée. C'est

[02:11]

de la sextorsion d'une certaine façon.

[02:12]

Ah, à 100 %, elle a été manipulée par des amis qui l'ont amenée vers…

[02:19]

Vous allez voir dans l'épisode, c'est un cas qui est directement dans notre

[02:23]

ligne. En fait, c'est des meurtres qui est lié à une enquête qui est totalement

[02:29]

nourrie par le numérique et qui a permis de résoudre l'énigme complètement par

[02:33]

les traces que les ados ont laissées sur leur passage, tout en étant naïf

[02:39]

et sans jamais vraiment penser à ça.

[02:42]

Ça touche aussi toutes les communications qu'on a en ligne, les chats, les réseaux

[02:47]

de discussion, Facebook, même aussi ce qu'on retrouve dans les jeux vidéo. Dans

[02:52]

ce cas-ci, dans le cas de Kimberley Proctor, elle était une «gamers», donc une

[02:56]

joueuse de World of Warcraft, et il y a eu des échanges là-dessus. On a tenté

[03:01]

de l'attirer, de l'embobiner dans un piège, et malheureusement, elle est

[03:05]

tombée dans le piège et elle en a été une victime tragique. C'est quand même

[03:10]

assez triste. C'est arrivé récemment, je crois…

[03:13]

2010, en fait. 2010, fin septembre 2010 environ.

[03:17]

Et puis, c'est toujours touchant parce qu'on se dit, Kimberley, justement, c'est une

[03:21]

fille qui était un peu différente. Elle aimait un peu justement la culture

[03:26]

«geek», la culture «gamers». Ça aurait pu être une auditrice de

[03:30]

Distorsion, on ne sait jamais comment dire. Elle a voulu bien faire, mais elle

[03:33]

s'est fait amener dans un piège. C'est assez tragique, mais nous, à

[03:39]

Distorsion, vous allez voir, on va focusser beaucoup sur justement les

[03:42]

traces laissées en ligne, l'enquête qui a eu lieu justement en analysant

[03:46]

les messages textes de toutes les communications que ces ados-là ont eu au

[03:50]

fil du temps. Donc, ça devrait être assez passionnant.

[03:54]

Qu'est-ce qu'on a à boire ce soir, Seb?

[03:55]

Oui, on a la bière qui nous a été offerte. En fait, la tournée de bière de

[04:00]

cette semaine qui nous a été offerte par Olivier. Donc, merci, Olivier,

[04:04]

de nous offrir une bonne bière de l'Ontario. Encore cette semaine,

[04:08]

on plugue une bière canadienne qui est la upside de la brasserie

[04:12]

Wellington, qui est située à Guelph. C'est une IPA. On est de retour aux sources.

[04:19]

6,8 % d'alcool avec un IBU de 58, pour ceux que ça intéresse.

[04:24]

C'est une très bonne IPA.

[04:25]

Elle n'est pas exceptionnelle, mais elle est très bonne.

[04:28]

Elle n'a pas beaucoup d'amertume malgré son IBU et elle a beaucoup

[04:31]

d'explosions fruitées, de citron, pamplemousse.

[04:35]

Très rafraîchissante.

[04:36]

Donc, excellente bière que Roncon vous recommande.

[04:39]

Et merci à toi, Olivier.

[04:40]

Si vous voulez faire comme Olivier,

[04:42]

puis encourager le show, encourager distortion, puis nous faire boire

[04:45]

des bonnes bières, vous pouvez d'ailleurs nous suggérer des bières

[04:47]

de votre région et puis nous, ça va nous faire un plaisir de tenter

[04:50]

de les trouver, à part si vous nous dites que vous nous suggérez

[04:53]

de la ovale et qu'il faut se lever à 5 heures du matin

[04:55]

puis faire la file pendant trois heures dans un dépanneur en Gaspésie.

[05:00]

On l'a déjà fait, mais ça ne veut pas dire qu'on va le refaire

[05:03]

à tous les week-ends.

[05:04]

Donc petite parenthèse, parce qu'il y a des auditeurs

[05:06]

qui nous ont envoyé des photos de deux qui ont réussi

[05:09]

à avoir de la ovale dans des dépanneurs.

[05:12]

Donc bravo, bravo à vous.

[05:14]

Mais si vous voulez justement nous faire une tournée de bière,

[05:16]

nous payer une tournée de bière, vous pouvez le faire

[05:18]

au distortionpodcast.com à l'onglet Tournée de bière.

[05:22]

Vous choisissez le montant que vous voulez nous offrir.

[05:24]

Et puis dans les commentaires de Paypal,

[05:26]

vous pouvez nous suggérer une bière de votre région.

[05:29]

En passant, on a un auditeur de la Nouvelle-Calédonie

[05:32]

qui nous écoute notre outil de statistique.

[05:34]

Nous mentionnais ça, donc on a un super auditeur

[05:36]

de la Nouvelle-Calédonie, donc sûrement un francophone.

[05:39]

Salut à toi. En visite, oui.

[05:41]

Et un shout out d'une review 5 étoiles sur Apple Podcasts,

[05:45]

qui nous vient de Tricalcic du Canada.

[05:48]

Elle nous dit, wow, ce podcast est tellement excellent.

[05:51]

Merci. Merci à toi, Tricalcic.

[05:54]

On t'aime. Oh oui.

[05:56]

Donc voilà, oui.

[05:58]

Si vous voulez nous rejoindre et en particulier rejoindre

[06:00]

un groupe sur Facebook pour discuter avec nous

[06:03]

de différents sujets, des enquêtes et de nous proposer

[06:06]

toutes sortes de discussions, n'hésitez pas à vous joindre.

[06:08]

On commence à être une bonne communauté.

[06:10]

C'est super intéressant.

[06:11]

Donc pour vous aller sur Facebook, soit à partir de notre page Facebook,

[06:15]

vous allez voir dans le haut, il y a un carré assez simple

[06:18]

qui donne un chemin vers le groupe.

[06:22]

Vous nous demandez une petite demande et on vous approuve.

[06:26]

Donc voilà, et sur la page Facebook,

[06:28]

donc facebook.com slash distortion podcast, sur Instagram,

[06:32]

instagram.com slash distortion podcast aussi, sur Twitter,

[06:36]

twitter.com slash distortion pod.

[06:39]

Est-ce que j'en oublie un, Emile?

[06:41]

Non, je pense que je pense que tout est nommé.

[06:43]

Je pense qu'on a fait le tour de tout ça.

[06:45]

Puis on a bien hâte de se plonger dans l'histoire de Kim Procter.

[06:49]

Seb, tu nous dis go go.

[06:54]

Un soir de mars 2010, à l'heure du souper,

[06:58]

Cruz Wellwood a envoyé un message à Kim Procter.

[07:01]

Hey, je pense que tu gardes ce soir.

[07:04]

As-tu fini plus tôt?

[07:05]

Cruz est en fait un ado de 16 ans.

[07:07]

Il avait les cheveux chatins, les yeux un peu croches.

[07:10]

Il vivait dans un bungalow avec sa mère sur la Happy Valley Road,

[07:14]

qui était une rue assez verdoyante dans la ville de Langford,

[07:18]

en colombrie britannique.

[07:19]

On a souvent des histoires de colombrie britannique, c'est en ci.

[07:22]

Oui, il se passe beaucoup de choses dans l'ouest, dans l'ouest canadien.

[07:24]

C'est vrai, c'est vrai ce que tu dis.

[07:27]

Ce soir-là, comme tant d'autres,

[07:29]

il traînait avec son meilleur ami Cameron Muffat,

[07:32]

qui était de style gothique, qui avait 17 ans.

[07:34]

Mais comme beaucoup d'enfants de son âge, en fait, Cruz,

[07:36]

il passait autant de temps avec ses amis en ligne

[07:39]

qu'il faisait en personne.

[07:41]

Bon, on le sait, les jeunes maintenant, les jeunes.

[07:42]

C'est plus, c'est rendu comme ça depuis une vingtaine d'années.

[07:47]

Donc, il aime bien passer beaucoup de temps en ligne.

[07:49]

Quand il ne parlait pas justement à ses amis en ligne,

[07:51]

il jouait à World of Warcraft.

[07:53]

Comme on vous disait dans l'intro,

[07:55]

tout le monde connaît un peu ce jeu de rôle en ligne,

[07:58]

qui a eu un succès mondial et qui est encore joué

[08:01]

par des millions de personnes.

[08:02]

C'est sans doute un des plus grands jeux de Blizzard,

[08:06]

la compagnie de jeux vidéo spécialisée en MMO,

[08:10]

en Massive Multiplayer Online Games.

[08:14]

Et puis, c'est un peu des jeux qu'on décrit un peu comme RPG,

[08:18]

donc des jeux où on va faire évoluer un personnage

[08:21]

avec des quantités incroyables d'objets diverses et d'habilités diverses.

[08:26]

Et le jeu roule depuis vraiment longtemps,

[08:29]

avec des updates qui arrivent chaque année, chaque deux ans.

[08:33]

Il y a encore une communauté qui est hyper active là-dessus.

[08:36]

Donc, c'est assez phénoménal ce que Blizzard a créé avec ce jeu-là.

[08:41]

Vraiment, c'est une de leurs vachalées.

[08:42]

Je n'ai pas les chiffres, mais c'est incroyable

[08:44]

ce qui génère encore aujourd'hui avec ça.

[08:46]

On revient à notre histoire, en fait.

[08:48]

Ils discutaient surtout aussi beaucoup sur le réseau MSN de Microsoft.

[08:51]

Maintenant, c'est pratiquement inexistant, si je ne me trompe pas.

[08:55]

Je ne connais plus personne qui chatte là-dessus.

[08:59]

Même en 2010, ce n'était plus tellement utilisé.

[09:02]

Donc, je pense peut-être qu'il allait là-dessus

[09:05]

pour avoir un peu moins de visibilité que ce qu'on a sur Facebook.

[09:09]

Ah, mais tu n'as pas tant,

[09:10]

parce que moi-même, quand je faisais la recherche sur le sujet,

[09:12]

j'étais là, MSN, 2010.

[09:14]

Ça me semble qu'en 2010, je n'utilisais plus MSN.

[09:17]

Donc, moi aussi, ça m'a créé un peu ce glitch-là.

[09:21]

Je ne comprenais pas, en fait.

[09:22]

J'avais l'impression quasiment que c'était un anachronisme,

[09:25]

ce qui n'était pas le cas.

[09:26]

Quand Cruz a texté Kim, en fait, pour voir si elle avait terminé son gardiennage,

[09:30]

aucune réponse n'est venue de sa part.

[09:32]

Mais il n'en attendait pas une.

[09:34]

Le message de cette année était une couverture.

[09:36]

Cruz savait vraiment que Kim ne s'était jamais rendu à son travail.

[09:39]

Elle était là, dans sa maison, avec lui et Cameron.

[09:43]

Attaché, battu, violé.

[09:45]

Et le lendemain matin, enfermé dans son congélateur.

[09:48]

Morte.

[09:50]

Oh!

[09:51]

Comment les choses en sont en arrivée là?

[09:53]

On va revenir un peu sur l'histoire de Kim Proctor,

[09:57]

puis de l'histoire et la vie et l'entourage de ces jeunes-là,

[10:02]

de la municipalité de Langford,

[10:04]

de voir un peu qu'est-ce qui les habite.

[10:06]

C'est des jeunes d'environ de 16 à 18 ans, je dirais.

[10:10]

Donc, fin adolescence, début adulte.

[10:14]

Kim Burley, on va se concentrer un petit peu plus sur elle.

[10:17]

Elle est née le 1er janvier 1992.

[10:20]

Donc vraiment, la première année, le premier jour de cette année-là.

[10:24]

Carrément, ses parents sont dans la classe moyenne.

[10:28]

Lucy est une gérante chez Walmart,

[10:30]

et Fred, son père, est un mécanicien spécialisé en moteurs diesel.

[10:35]

Ils l'appelaient eux Kim, ils l'appelaient Baby New Year,

[10:38]

justement en raison du fait qu'elle est née le 1er jour de l'année,

[10:42]

donc au New Year's Eve.

[10:44]

Ou ils pouvaient aussi l'appeler selon son surnom Kimmy.

[10:47]

Kim, elle avait une passion pour les animaux.

[10:51]

Elle pouvait même élever chez elle des petits animaux,

[10:55]

un peu que certains vont peut-être trouver creepy,

[10:57]

comme des petits lézards,

[10:59]

mais aussi des petits mammifères,

[11:01]

comme des lapins ou des hamsters ou même des souris.

[11:04]

Donc, elle avait ce hobby, cette passion pour les animaux.

[11:10]

Elle aimait aussi beaucoup les chats.

[11:12]

Et lorsqu'elle était jeune,

[11:13]

en fait, elle portait, même jusqu'à l'adolescence,

[11:15]

elle portait des gens de petites oreilles de chat dans ses cheveux,

[11:21]

puis elle allait à l'école justement avec ses oreilles-là.

[11:25]

De ce côté-là, par contre, c'était moins bien reçu,

[11:28]

puis elle s'est faite intimider quand même à maintes reprises

[11:31]

à cause de ses oreilles-là, en fait.

[11:34]

Elle a un côté sérieux et nerd aussi, Kim.

[11:37]

Et à cette époque-là, on sait qu'à l'adolescence,

[11:40]

en fait, maintenant, quand on devient adulte,

[11:41]

c'est la Revenge of the Nerds.

[11:43]

Donc, ceux qui étaient nerds au secondaire et tout ça,

[11:46]

maintenant, ce sont les superstars et ce sont les gens qui ont...

[11:50]

les gens qui dominent le monde.

[11:51]

Salut à tous mes bouleyeurs de mon école secondaire.

[11:54]

Oui, et pardon à tous les nerds que j'ai boulillés

[11:56]

à mon école secondaire.

[11:59]

Mais en fait, à l'époque, quand t'es au secondaire,

[12:03]

c'est quand même pas tout le temps bien perçu d'être nerd

[12:06]

à côté des groupes plus sportifs ou des gangs cool.

[12:11]

Ou même d'être un petit peu différent.

[12:13]

Dans le fond, elle avait un petit côté nerd sérieux.

[12:16]

Mais tu sais, je veux dire, porter des petites...

[12:18]

pas des lunettes, mais voyons, l'accessoire dans ses cheveux...

[12:22]

Les oreilles de chat.

[12:23]

C'est sûr que c'est pas commun, mais c'est pas...

[12:25]

C'est ça aussi qui fait que les adolescents,

[12:26]

je trouve qu'ils sont cruels.

[12:28]

C'est dès qu'il y a une légère différence

[12:30]

ou quoi que ce soit, on s'attaque à cette différence-là.

[12:32]

Pourtant, dans le monde d'aujourd'hui, en plus,

[12:34]

on la vénère, la différence d'une certaine mesure.

[12:36]

On dit aux gens qui sont tous différents

[12:38]

puis qu'il faut focuser sur ces différences

[12:41]

et comme force au lieu d'essayer toujours de se comparer

[12:44]

à ce que les autres sont.

[12:46]

Mais bref, continuez.

[12:47]

Et distorsion est un refuge pour les gens différents,

[12:50]

en pensant que nous, on accueille tout le monde

[12:52]

dans notre communauté.

[12:54]

Donc, Kim, justement, elle avait ce côté nerd,

[12:57]

ce côté un peu geek aussi.

[12:59]

Et puis, elle était victime d'intimidation

[13:02]

presque tout le long de sa vie.

[13:04]

Selon sa mère qui a expliqué ça

[13:07]

au policier un peu plus tard,

[13:09]

elle avait aussi un trouble, un déficit d'attention, Kim,

[13:12]

qu'elle n'a pas aidé.

[13:13]

Donc, elle était constamment distraite.

[13:16]

Elle cherchait à s'évader.

[13:17]

Donc, à l'école, elle était pas tout à fait

[13:19]

tout le temps concentrée, si on veut.

[13:21]

Elle pouvait aussi paniquer

[13:22]

lorsqu'elle était à travers la foule.

[13:24]

Donc, elle aimait pas trop ça, justement,

[13:26]

se retrouver à l'école où elle était intimidée.

[13:28]

Donc, elle avait une relation un peu difficile

[13:30]

avec l'école.

[13:31]

C'est pas un endroit où elle était totalement à l'aise.

[13:34]

Ses parents ont essayé aussi de la médicamenter

[13:37]

mais cela ne fait que la rendre plus zombie, selon sa mère.

[13:41]

En fait, c'est souvent ça aussi.

[13:43]

Moi, je me rappelle parfois,

[13:45]

lorsque j'étais à l'école secondaire,

[13:47]

au lycée pour nos auditeurs européens.

[13:50]

On le sait, moi, j'ai la chance de pas avoir

[13:53]

de troubles d'hyperactivité,

[13:54]

mais c'est quand même assez commun

[13:56]

entre les gens de notre génération

[13:57]

et des plus jeunes aussi dans les millénials.

[13:59]

Il y a énormément de troubles d'hyperactivité.

[14:01]

Et c'est vrai, dans les amis que j'avais à l'époque

[14:04]

qui souffraient d'hyperactivité,

[14:06]

qui se faisait prescrire plein de trucs à l'époque.

[14:10]

Souvent, ça les rendait vraiment zombies ou amorphes.

[14:12]

Non, non, c'est clair.

[14:13]

Puis l'école n'est même pas adaptée de toute façon

[14:15]

pour gérer ces gens-là.

[14:17]

Mais bon.

[14:17]

Finalement, en fait, Kimberly,

[14:18]

ils l'ont transférée à une école qui était plus adaptée,

[14:21]

la Pacific Secondary,

[14:23]

pour obtenir plus d'attention personnalisée

[14:25]

pour répondre à ses besoins.

[14:26]

Donc, ses parents ont été à l'écoute

[14:28]

de ces problèmes qu'elle avait de déficit d'attention

[14:31]

puis ils l'ont changé d'école.

[14:34]

L'école spécialisée en question,

[14:36]

elle a aussi, c'est une école qui a attiré

[14:38]

plusieurs enfants à problème dans la région de Langford.

[14:42]

En fait, Langford, pour vous donner une idée,

[14:44]

c'est un peu une banlieue dortoir de la région de Victoria.

[14:47]

Donc, c'est un peu un beau port ou un laval de la région de Victoria.

[14:53]

Et c'est le cas de Cruz Wellwood,

[14:56]

le jeune dont tu nous as parlé, Seb, en introduction.

[14:59]

Cruz, lui, c'était rien de moins que le fils d'un tueur.

[15:02]

En 2001, en fait, le père de Cruz,

[15:05]

suite à son implication dans une affaire d'agression sexuelle,

[15:09]

Robert Raymond Desjuan,

[15:12]

a agressé sexuellement et assassiné une jeune fille de 16 ans,

[15:16]

donc de l'âge de son fils.

[15:19]

Desjuan a été condamné à perpétuité

[15:21]

sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans.

[15:25]

Plus tard, Cruz a dit qu'il comprenait clairement

[15:27]

ce que son père avait fait,

[15:29]

mais il en parlait très rarement.

[15:30]

Cruz a été impliqué dans une variété d'incidents criminels,

[15:34]

allant de fumer un joint derrière l'école secondaire

[15:37]

jusqu'à voler de l'argent dans des boîtes aux lettres.

[15:41]

À cet âge-là, il avait seulement 16 ans.

[15:43]

Dans toute la foulée de cet événement tragique

[15:46]

qui le lie à Kim Proctor,

[15:48]

Cruz a eu vraiment une enfance difficile

[15:51]

avec un père absent,

[15:53]

un père qui n'a pas vraiment été un modèle, si on veut.

[15:57]

En fait, sans vouloir rien vous divulgâcher,

[16:00]

Cruz va un peu marcher dans les pas de son père.

[16:04]

Cruz, à l'école, s'est lié d'amitié avec un certain Cameron,

[16:07]

qui est un collègue de classe,

[16:10]

suite à leur mépris mutuel d'un enseignant

[16:12]

de leur classe d'art en cinquième année.

[16:15]

Alors que Cruz est un ado plutôt intelligent,

[16:17]

mais très nerveux,

[16:19]

Cameron Moffat, lui, Moffat étant son nom de famille,

[16:22]

c'est un étudiant un peu plus lent,

[16:23]

qui lui souffrait de TDAH,

[16:25]

donc de troubles de décès.

[16:27]

Comme Kimberly, en fait.

[16:30]

Exactement, tout à fait.

[16:31]

Un rapport psychiatrique a même révélé plus tard

[16:33]

que Cameron avait été abusé sexuellement à l'âge de 4 ans.

[16:38]

Et bien qu'il ne l'ait pas personnellement révélé publiquement par contre,

[16:42]

étant enfant, Cameron a commencé à sauter par la fenêtre de sa chambre la nuit

[16:46]

jusqu'à ce qu'elle soit barrée.

[16:48]

Donc il y avait vraiment un comportement assez hyperactif,

[16:51]

voire même dangereux.

[16:53]

Il n'était pas du tout réceptif

[16:54]

aux séances de psychothérapie ni aux médicaments.

[16:57]

Donc il s'est tourné un peu vers la rébellion.

[17:00]

Il a commencé à vandaliser sa propre maison

[17:03]

puis à s'automutiler pour soulager le stress.

[17:06]

C'est un comportement classique.

[17:07]

Oui, exactement, c'est un comportement classique.

[17:10]

Vous en parlerez à des gens, des professeurs,

[17:13]

des gens que vous connaissez qui travaillent dans les écoles secondaires,

[17:15]

même primaires.

[17:17]

L'automutilation est quand même un problème en classe.

[17:20]

Oui, vraiment.

[17:21]

En fait, la plupart des victimes d'abus sexuels

[17:24]

ont cette tendance-là à s'automutiler.

[17:27]

C'est vraiment pour se punir, souvent ce qu'ils disent,

[17:31]

ou évacuer le stress justement.

[17:33]

Mais c'est vraiment dans un mode de punition

[17:35]

qui s'inflige cette douleur-là.

[17:38]

J'ai l'impression qu'il y a aussi un côté biochimique,

[17:40]

où c'est dans le corps que ça relâche une certaine hormone

[17:42]

qui détend étrangement, même si la douleur...

[17:45]

J'ai l'impression que le cerveau fait ça aussi

[17:47]

pour pas qu'on ait trop mal.

[17:48]

Donc c'est un mélange de ça qui incite justement ce comportement-là.

[17:52]

Ça peut même devenir addictif d'une certaine façon.

[17:55]

Oui, il y a des gens, c'est incroyable.

[17:56]

Tu peux voir des bras complets.

[17:58]

C'est extrêmement triste quand les gens vont vers là.

[18:02]

Donc si vous voyez des graffings sur vos bras de vos enfants,

[18:06]

questionnez-vous parce que des fois, on ne le sait pas trop.

[18:08]

Parce que ça commence par certains juste petits signes,

[18:11]

petites lignes par-ci, par-là.

[18:13]

Puis c'est important que le parent le détecte

[18:16]

parce que des fois, on n'est pas conscient nécessairement

[18:18]

du stress que notre enfant peut vivre.

[18:20]

Puis c'est pas...

[18:21]

Il y a des enfants de bonne famille aussi qui peuvent subir ça.

[18:25]

C'est la petite parenthèse de Dr. Seb.

[18:29]

Merci, Dr. Seb.

[18:30]

Mais Cameron, de son côté, il devenait de plus en plus menaçant

[18:34]

et dangereux à l'école.

[18:36]

Apparemment qu'il aurait même apporté un couteau en classe.

[18:39]

Donc ça allait plus loin que la simple automutilation et tout ça.

[18:43]

On avait même des signes qui laissaient présager

[18:45]

qu'il pourrait avoir un comportement violent envers les autres.

[18:48]

Absolument.

[18:50]

Cruz était le seul enfant qui semblait comprendre Cameron.

[18:52]

Cruz, citant un peu plus tard, il pourrait aussi bien être mon frère.

[18:56]

Ils ont séché l'école ensemble, ils ont fumé du pot,

[18:58]

ils ont joué à WoW, qui est World of Warcraft.

[19:01]

Ils ont surfé aussi sur des sites pornographiques ensemble.

[19:04]

Ça, je dois vous avouer que je trouve ça quand même un peu étrange.

[19:07]

J'ai jamais fait ça avec mes amis.

[19:10]

Moi non plus, c'est plutôt quelque chose

[19:13]

que j'aurais tendance à garder intime,

[19:15]

mais je pense que d'autres aiment bien faire ça en gang.

[19:19]

Oui, non, j'imagine que quand t'es plus jeune,

[19:21]

peut-être que t'as pas les mêmes limites, si on veut.

[19:24]

Mais bon, malgré leur comportement qui est quand même assez inadéquat fréquemment,

[19:28]

ils ont jamais été perçus par une menace par qui que ce soit,

[19:30]

par les autorités ou quoi que ce soit.

[19:33]

En février 2009, Cruz a publié sur son blog,

[19:37]

sur son blog WordPress, un article qui s'intitulait

[19:40]

Les signes précoces d'un tueur en série.

[19:43]

En fait, il énumérait un peu les traits communs des tueurs en série,

[19:47]

qui incluent la maltraitance des animaux,

[19:48]

la fascination pour le feu, l'abandon par un père.

[19:52]

On le sait généralement, je pense que c'est quasiment 95% des gens en prison

[19:56]

qui ont commis des meurtres, qui ont un père absent.

[19:59]

Et de plus, un intérêt prononcé pour la pornographie sado-masochiste.

[20:03]

Et lui, il cite dans l'article justement,

[20:06]

« Le truc que je trouve bizarre,

[20:07]

c'est que je rencontre les 14 critères d'un tueur en série qui a blogué. »

[20:11]

Et puis là, il répond, ben il répond pas là.

[20:14]

Il continue à écrire dans son article.

[20:16]

« Apparemment, bien que je réponde à tous les critères,

[20:19]

il est peu probable que le sujet, donc moi-même, soit un tueur en série.

[20:24]

Je suppose que seul le temps nous le dira. »

[20:27]

Hum, un petit drapeau rouge ici là.

[20:29]

Non, effectivement.

[20:30]

Parce qu'on s'en fâche pas dans les nuances à cet âge là.

[20:32]

C'est tout est blanc ou noir.

[20:34]

J'ai l'article du Dr. Phil dont il fait référence,

[20:37]

puis c'est peut-être intéressant qu'on le regarde tranquillement.

[20:40]

En fait, c'est justement les 14 traits,

[20:43]

les 14 signes précoces de tueur en série.

[20:46]

C'est apprendre avec un grain de sel, évidemment.

[20:48]

Vous allez voir, c'est quand même des grandes généralités.

[20:50]

Apparemment que 90 % des tueurs en série sont de sexe mâle.

[20:55]

Apparemment que c'est des gens qui ont des cociens intellectuels quand même élevés,

[21:00]

donc supérieurs à la moyenne.

[21:02]

C'est par contre des gens qui vont être plutôt faibles à l'école,

[21:06]

qui vont avoir de la difficulté à garder leur emploi, par exemple.

[21:09]

Et même, c'est des gens qui vont parfois,

[21:11]

malgré leurs cociens intellectuels quand même élevés,

[21:14]

vont se retrouver avec des emplois plus d'ouvriers, par exemple.

[21:18]

Ils vont venir justement de familles instables

[21:22]

où vraiment le climat familial n'est pas idéal, évidemment.

[21:25]

On s'en doute bien.

[21:26]

C'est souvent des gens qui ont été abandonnés par leur père

[21:29]

et qui ont été élevés par des mères dominantes.

[21:33]

Donc quand même un trait intéressant.

[21:35]

Encore une fois, c'est des grandes généralités, vous allez me dire.

[21:38]

Souvent, c'est des gens dont la famille a un passé criminel

[21:40]

ou un passé aussi psychiatrique ou alcoolique.

[21:45]

C'est des gens qui vont détester généralement leurs propres parents.

[21:48]

C'est des gens qui ont été généralement abusés justement étant plus jeunes,

[21:52]

soit psychologiquement, physiquement ou sexuellement.

[21:55]

Plusieurs tueurs en série auraient passé beaucoup de temps

[21:58]

dans des institutions pour enfants,

[22:01]

comme justement des familles d'accueil, des maisons d'accueil,

[22:04]

des prisons pour jeunes.

[22:05]

On s'en doute bien.

[22:06]

C'est des gens aussi qui vont avoir généralement des forts taux de suicide.

[22:11]

C'est des gens qui vont tenter à maintes reprises de commettre des suicides.

[22:15]

Même à leur plus jeune âge, certains vont être intéressés

[22:18]

dans plusieurs formes de fétichisme, de voyeurisme

[22:21]

et comme tu l'as dit, de sado-masochisme et de pornographie

[22:25]

qui va être en lien avec toutes ces déviances-là, si on veut.

[22:28]

Plus de 60 % des tueurs en série vont mouiller leur lit

[22:32]

jusqu'au-delà de l'âge de 12 ans.

[22:33]

Donc ce serait un autre trait intéressant dans ces 14 traits-là.

[22:38]

Je suis rendu au 13e.

[22:40]

Apparemment que plusieurs tueurs en série

[22:42]

seraient fascinés par démarrer des feux, vous voyez ce que je veux dire,

[22:45]

allumer des pyromanes, exactement.

[22:48]

Et le 14e trait, ce serait des gens qui seraient souvent impliqués

[22:52]

dans des activités sadiques, comme par exemple,

[22:55]

torturer des petits animaux.

[22:56]

Oui, c'est assez classique dans beaucoup de cas.

[22:58]

Justement, on l'entend, ils torturaient ces petits animaux.

[23:01]

Justement, Lucas, Rocco-Magnotta, entre autres.

[23:03]

On retourne en 2009.

[23:05]

Kim, Cruz et Cameron, en fait, étaient des amis à l'école.

[23:08]

Ils faisaient partie du même petit groupe au Pacific Secondary,

[23:11]

l'école spécialisée pour les élèves en difficulté.

[23:16]

Juste une parenthèse, dans le fond, 2 des 3 là-dedans,

[23:18]

c'est quand même des enfants avec des déficits d'attention.

[23:21]

Les adolescents de Langford, ils jouissaient quand même d'une indépendance.

[23:24]

Je pense que c'est une école justement pour les TDAH

[23:27]

qui n'a pas des cadres un petit peu moins...

[23:29]

D'après moi, ça devait être sévère,

[23:31]

mais les cadres semblaient un petit peu plus lousses sur les horaires.

[23:35]

Exactement.

[23:36]

Donc, ils se rendaient souvent au centre commercial l'après-midi en autobus.

[23:40]

En Colombie-Britannique, ils ont les autobus à double étage,

[23:43]

les autobus impérial.

[23:44]

Les Double Decker.

[23:45]

Oui, c'est ça. Je trouve ça drôle.

[23:47]

Je me demande pourquoi on n'a pas ça à Montréal.

[23:49]

Bref, ils fumaient quelques joints.

[23:51]

Ils trainaient sur le bord du sentier du Galloping Goose,

[23:55]

qu'on vous reviendra plus tard, qui est une rail de train aussi.

[23:58]

La nuit, ils continuaient de faire la fête en ligne cette fois-ci

[24:02]

parce qu'il faut rentrer à la maison.

[24:04]

J'imagine qu'il y avait un certain couvre-feu,

[24:06]

mais ils continuaient à chatter ensemble

[24:07]

et à flirter jusqu'aux petites heures du matin online.

[24:11]

Pendant un moment, en fait, Kim a dété Zach.

[24:14]

Zach, c'est un autre membre du groupe

[24:16]

qui était un ami proche de Cruise.

[24:19]

Mais comme beaucoup de histoires d'amour au secondaire,

[24:21]

au lycée pour nos amis,

[24:23]

l'histoire a eu quand même assez de courte durée.

[24:26]

Zach a laissé Kim après quelques mois.

[24:29]

Par contre, Kim a été vraiment démoli par la rupture.

[24:32]

Elle a trouvé ça extrêmement difficile.

[24:36]

Comme beaucoup de gens,

[24:37]

on cherche du réconfort auprès de ses amis.

[24:39]

On le sait, au secondaire, les ruptures,

[24:41]

c'est l'événement le plus dramatique de notre vie.

[24:43]

C'est la fin du monde.

[24:45]

Je ne sais pas si tu te rappelles de ta première rupture.

[24:48]

J'écoutais des chansons tristes en boucle.

[24:52]

Tu as l'impression que la vie se finit.

[24:56]

Absolument.

[24:57]

C'est une étape qui est importante aussi dans la vie.

[25:01]

Après ça, tu te rends compte que la vie continue.

[25:03]

On est à fleur de peau.

[25:04]

Oui, vraiment. On n'est plus fragile.

[25:06]

Kim a justement recherché du réconfort auprès de Cameron et Cruise.

[25:11]

Il se confiait souvent en ligne.

[25:12]

On le sait, généralement, on a moins de filtres.

[25:15]

C'est beaucoup plus facile d'avoir des discussions profondes,

[25:19]

encore plus à cet âge-là,

[25:21]

mais derrière un écran, on a moins.

[25:23]

Il y a vraiment une barrière vers ça.

[25:26]

Parce que même en tant qu'adulte,

[25:28]

je trouve que c'est vrai qu'on a une facilité,

[25:30]

une ouverture beaucoup plus grande,

[25:32]

souvent à jaser en ligne qu'en personne.

[25:35]

Il y a quelque chose dans le contact non physique

[25:39]

qui ouvre nos voies et nos pensées sans filtre.

[25:44]

On va avoir plus tendance à se confier à des inconnus,

[25:46]

à des étrangers, par exemple.

[25:47]

Ça, c'est vrai ce que tu dis souvent.

[25:50]

On n'élabora pas, mais oui, c'est effectivement un comportement.

[25:53]

Justement, des gens se font prendre aussi en ligne

[25:56]

par des gens qui ont une bonne écoute

[25:59]

ou que justement ils se confient à quelqu'un

[26:01]

et la personne peut profiter un peu de la vulnérabilité de la personne

[26:04]

et l'exploiter par la suite.

[26:06]

Pendant ces discussions, Cameron avouait à Kim

[26:10]

que lui avait un œil sur elle, qu'il l'aimait lui aussi.

[26:14]

Là, il l'a complimenté sur sa beauté en lui disant

[26:17]

qu'il n'y a pas vraiment de traduction.

[26:19]

« There are many beautiful things I've seen,

[26:22]

but I must say you are one of them. »

[26:25]

Et elle a répondu « Ah, thanks. »

[26:27]

Mais Kim était vraiment plus intéressée par Cruz, par exemple,

[26:29]

et non par Cameron.

[26:31]

Cruz et Kim étaient devenus vraiment proches

[26:33]

durant la séparation douloureuse de Zack.

[26:36]

Elle envoyait souvent des textos.

[26:38]

Et Cruz était un proche de Zack aussi.

[26:40]

Donc, il était un peu, pas l'entremetteur,

[26:42]

mais il était un petit peu entre les deux.

[26:44]

Et selon moi, il devait avoir toujours

[26:46]

les deux versions de l'une et l'autre.

[26:48]

Il y avait un petit triangle amoureux là-dedans.

[26:50]

Il ne faut pas l'oublier.

[26:52]

Même, peut-être même un carré amoureux

[26:54]

si on inclut Zack.

[26:55]

Parce que tu as Kim qui, pendant un moment très bref,

[26:59]

a fréquenté Zack.

[27:01]

Mais Zack est quand même dans la gang,

[27:03]

il est quand même dans le même groupe d'étudiants.

[27:05]

Et puis par la suite, justement,

[27:07]

Zack a laissé Kim.

[27:08]

Et là, les deux autres, Cameron et Cruz,

[27:10]

les deux vont commencer tranquillement

[27:12]

à faire de l'oeil à Kim.

[27:14]

Mais ça va devenir un peu malsain parce que

[27:16]

non seulement, ils vont flirter avec

[27:18]

et justement, ils vont voir

[27:20]

que Kim a une certaine ouverture,

[27:23]

je pourrais dire, envers Cruz.

[27:25]

Mais malgré tout, Cruz et Cameron

[27:27]

vont s'en parler ouvertement.

[27:29]

C'est vraiment malsain là.

[27:31]

Justement, Kim, elle a mentionné à une de ses amies

[27:32]

qui s'appelait Samantha,

[27:35]

que dans le fond, Cruz était plutôt un moyen,

[27:38]

disons, son attirance

[27:39]

vers Cruz était quand même juste un moyen,

[27:41]

pas un gars transitoire, mais quelque chose

[27:43]

qui allait un peu pallier sa douleur de perdre Zack.

[27:46]

Pour elle, elle avait l'impression

[27:47]

que... Un rebond. Un rebond, exactement.

[27:49]

Puis vu que c'était son amie, elle voulait se confier,

[27:51]

puis Cruz en profitait un peu,

[27:53]

puis c'était une bonne oreille pour elle.

[27:55]

Mais ce n'était pas quelque chose de sérieux.

[27:56]

Elle voyait vraiment comme ça.

[27:58]

Puis son amie, qu'elle aurait dû écouter,

[28:01]

en fait, elle lui a dit assure-toi

[28:02]

que si tu ne l'aimes pas, ne pas lui donner

[28:04]

de faux espoirs.

[28:05]

Puis ça, c'est une sage leçon,

[28:08]

en fait. C'est une phrase, en fait,

[28:09]

qui semble assez anodine, mais qu'elle va prendre

[28:12]

vraiment un tout autre sens un peu plus tard.

[28:14]

Au cours d'une conversation,

[28:15]

en fait, Cruz a dit à Kim

[28:17]

qu'il se sentait plus ouvert avec elle

[28:19]

qu'avec les autres. Il a dit,

[28:21]

je ne peux pas te mentir à toi.

[28:23]

Ça me ferait sentir trop coupable.

[28:24]

Donc, il n'est pas capable.

[28:26]

Il sentirait une culpabilité s'il lui mentait.

[28:29]

Il dit, normalement, j'en suis capable,

[28:31]

mais tu me fais sentir tellement bien,

[28:33]

honnête, pour une raison que j'ignore.

[28:36]

Kim a répondu avec un rire

[28:37]

et un émoticon

[28:39]

de confusion. En fait,

[28:41]

le 2.s qu'il a à la bouche

[28:43]

est un peu distorsionné.

[28:45]

Puis elle écrit, merci, je suppose.

[28:47]

Donc, c'est un peu...

[28:48]

Ça aussi, c'est une drôle de réponse.

[28:49]

On voit qu'elle n'est pas 100% à l'aise

[28:52]

avec les avances de Cruz.

[28:54]

Non, non, puis elle n'est pas direct

[28:55]

dans son refus, mais tu vois que

[28:58]

elle n'ouvre pas de porte tant que ça

[29:00]

peut en convenir.

[29:02]

En ligne, ils ont commencé à partager leurs secrets

[29:04]

et leurs insécurités, ce qu'ils ne faisaient pas

[29:06]

vraiment en personne. Kim a dit à Cruz

[29:08]

qu'elle se trouvait petite et gras souillette.

[29:11]

Mais Cruz tentait toujours de la rassurer.

[29:13]

Il lui disait, tu es belle

[29:14]

comme tu es. Kim, un jour, a plaisanté

[29:16]

sur un vieux surnom de Cruz que Cruz

[29:18]

avait à l'école, parce qu'ils ont fréquenté l'école

[29:20]

longtemps ensemble, qui était Spaz.

[29:23]

Spaz, en fait, pour votre

[29:24]

information, ça veut dire quelqu'un

[29:26]

qui est...

[29:28]

Un peu fou. Un peu fou, exactement.

[29:30]

Un retard mental ou qui est extrêmement

[29:32]

over-energétique. Il a trop

[29:34]

d'énergie qui bouge tout le temps.

[29:36]

Il a vraiment pas aimé ça. Il disait que pour lui,

[29:39]

c'était une blessure qui était vraiment

[29:41]

profonde, plus

[29:42]

qu'elle ne pensait qu'elle ne devrait pas

[29:44]

rire de ça. C'était pas un surnom. Pour lui,

[29:46]

c'était une insulte.

[29:48]

J'avais d'énormes problèmes avec les gens.

[29:50]

Ça n'a jamais été quelqu'un de très sociable

[29:52]

qui était capable de bien

[29:54]

communiquer. J'ai toujours eu de la misère

[29:56]

à fonctionner. J'ai encore de la misère

[29:58]

à fonctionner en société aujourd'hui,

[30:00]

mais maintenant, je sais comment les gens

[30:02]

fonctionnent et je sais quoi faire

[30:04]

pour les tiquer,

[30:07]

justement, les faire eux-mêmes,

[30:09]

pas les bouiller. Les provoquer.

[30:11]

Exactement. C'est assez facile

[30:12]

de porter un masque et de faire

[30:14]

semblant. Quand Cruz a écrit

[30:16]

« Être quelqu'un de violent

[30:18]

et explosif », elle a répondu

[30:20]

par « lol ».

[30:22]

Un jour, il lui a écrit « Tu es trop bonne,

[30:24]

Kim. Tu fais trop confiance aux gens. »

[30:27]

Peut-être, effectivement,

[30:29]

que

[30:30]

c'était des signes avant-coureurs

[30:31]

de ce qui allait se passer.

[30:34]

On a parlé beaucoup de leur relation

[30:36]

en ligne, de vraiment les discussions

[30:38]

qu'elle entretenait sur Facebook, Messenger,

[30:40]

via texto ou même via

[30:42]

World of Warcraft, mais ces gens-là,

[30:44]

hors ligne, en fait, dans la vraie vie,

[30:46]

il y avait une attitude complètement différente

[30:48]

envers eux-mêmes. C'était des gens

[30:49]

qui n'avaient pas tendance à se confier.

[30:51]

Donc là, ce qui était ensemble, c'était

[30:53]

souvent des discussions

[30:55]

qui étaient en superficie, qui n'allaient pas vraiment

[30:57]

au fond des choses. Ils étaient plus à l'aise

[30:59]

vraiment de se confier en ligne via

[31:01]

les différents outils de communication.

[31:03]

Hors ligne, par contre, les deux amis,

[31:05]

Cameron et Cruz, eux,

[31:07]

ils ont commencé à tourner tranquillement

[31:09]

vers le côté noir de la force, si on veut.

[31:13]

Souvent, ils étaient

[31:13]

haïs, donc ils fumaient du pot ensemble,

[31:15]

ils se défonçaient la gueule,

[31:17]

et ils auraient apparemment expérimenté avec des boissons

[31:19]

un peu étranges, avec du sang et des fluides

[31:22]

corporels. Donc, je n'en sais

[31:24]

pas plus. Ils ont commencé

[31:25]

à s'intéresser non seulement à la culture

[31:27]

geek et à la culture gothique,

[31:29]

comme c'est le cas de plusieurs ados

[31:32]

écoutés du black metal

[31:33]

et à s'habiller en noir et tout ça.

[31:36]

Mais eux, ils ont développé tranquillement une passion

[31:38]

aussi vers l'occultisme

[31:39]

et même un peu le satanisme.

[31:41]

Donc, cette passion-là, c'est

[31:45]

transformée

[31:45]

en objectif à atteindre

[31:48]

et même en une forme

[31:50]

de plan. Des amis ont même rapporté

[31:52]

avoir entendu Cameron

[31:53]

crier après les membres de sa famille à la maison

[31:56]

et Cruz, qui

[31:58]

vivait toujours seul avec sa mère,

[31:59]

qui était résistant à toute

[32:01]

supervision et à tout encadrement. Donc,

[32:03]

les deux jeunes vont se rebeller autant

[32:05]

à l'école que dans leur famille respective.

[32:08]

Une pratique qu'ils vont commencer à faire

[32:09]

les deux amis, ça va être

[32:11]

de visiter des sites pornographiques

[32:13]

ensemble. Ils vont justement

[32:15]

se réunir puis regarder les sites pornographiques

[32:18]

surtout sadiques.

[32:20]

Puis dans leur fréquent clavardage,

[32:21]

c'est là qu'ils ont commencé à fantasmé

[32:23]

sur le viol et la soumission.

[32:25]

Et c'est tranquillement là, à ce moment-là

[32:28]

que vraiment leur idée

[32:29]

de faire un plan va prendre

[32:31]

forme. Donc, c'est là que les choses vont

[32:33]

un peu commencer, si on veut.

[32:35]

Un jour, Kim discutait séparément

[32:37]

entre eux, mais en même temps, donc

[32:39]

avec les deux gars, mais dans des fenêtres

[32:41]

différentes, en passant justement

[32:43]

d'une fenêtre à l'autre. Et un soir,

[32:46]

Cameron a commencé à lui envoyer

[32:47]

des messages de caractère sexuel.

[32:49]

Il l'a invité à une fête

[32:51]

dans ses pantalons, comme il décrivait,

[32:53]

et il lui a promis un

[32:55]

lollipop, donc un genre de susson,

[32:57]

rempli de crème. Kim va lui répondre

[32:59]

« Oh my god », et

[33:01]

elle va écrire à Cruz, donc dans une autre

[33:03]

fenêtre, en lui expliquant tout ça, en lui

[33:05]

disant que, justement, Cameron

[33:07]

est en train de lui écrire et en lui expliquant

[33:08]

l'histoire du lollipop. Et là, Cruz

[33:11]

va lui répondre « Eh bien, justement,

[33:13]

j'ai la même marque de lollipop

[33:15]

que Cameron a avec moi ».

[33:17]

Et là, Kim va quand même être un peu

[33:19]

mal à l'aise de ça, de voir que les deux lui font

[33:21]

des avances comme ça via le chat.

[33:23]

Elle va lui répondre « OK »,

[33:25]

avec deux points de suspension,

[33:27]

et avec son émoticon

[33:29]

de préféré, les moustaches de chat.

[33:31]

Mais peut-être que là, c'était peut-être pas une bonne idée, tout ça.

[33:34]

Et par la suite,

[33:35]

Cameron va lui

[33:37]

répondre « You have

[33:39]

that urine on you,

[33:40]

donc tu as l'urine de la mort sur toi ».

[33:43]

Donc quand même un

[33:45]

drôle de tournure

[33:47]

dans les événements, et il va lui

[33:49]

écrire encore en lui disant « Tu vas

[33:51]

mourir ensuite ». Kim, à ce moment-là,

[33:53]

va répondre par trois petits points,

[33:55]

donc très mal à l'aise, elle ne sait pas

[33:58]

trop qu'est-ce qui se passe.

[34:00]

Et elle va lui répondre

[34:01]

« Ho, what do you want?

[34:03]

Donc qu'est-ce que tu veux? »

[34:05]

Et Cruz, à ce moment-là, va lui demander

[34:07]

« Qu'est-ce que tu fais demain? »

[34:09]

Et elle va répondre

[34:10]

« Rien d'autre que du baby-sitting à 15 heures. »

[34:14]

Et là, vous me voyez

[34:14]

venir tranquillement vers

[34:16]

l'introduction de l'épisode d'aujourd'hui.

[34:19]

Cruz va lui répondre

[34:20]

« Je m'ennuie et je cherchais quelqu'un pour faire

[34:23]

quelque chose aujourd'hui. Et je

[34:24]

voulais aussi m'excuser. »

[34:26]

Et là, Kim va vraiment avoir un petit peu

[34:28]

plus d'attention. Soudainement, elle va dire « Oh! »

[34:31]

Et Cruz va lui dire « J'ai quelque chose

[34:32]

à te dire en personne sur le

[34:35]

disco de l'histoire avec Zach. »

[34:37]

Donc, on se rappelle que Kim avait fréquenté

[34:39]

Zach pendant une brève période de temps.

[34:41]

Et Kim va lui répondre

[34:42]

« Tout ça est très soudain.

[34:45]

Je n'ai pas le choix, mais elle me demandait

[34:46]

« Pourquoi? » Et je n'ai pas envie

[34:49]

de parler à propos de Zach. »

[34:51]

Et Cruz va lui répondre

[34:52]

« Moi et Zach ne sommes plus aussi proches que

[34:54]

nous l'étions, mais je sens

[34:56]

que tu mérites une explication. »

[34:58]

Et Cruz va lui répondre encore, dans un autre

[35:01]

texto, il va lui dire « Ne t'en fais pas.

[35:02]

Ça ne sera pas trop long. »

[35:04]

Et là, il va lui dire encore

[35:06]

« C'est surtout à propos de pourquoi

[35:08]

moi et Cameron et tout le monde

[35:10]

étaient si méchants à propos de toi. »

[35:13]

Et là, Kim va lui répondre

[35:14]

en parlant d'elle-même à la troisième personne

[35:16]

en lui disant « Peu importe ce qui est arrivé

[35:18]

à Kim, tu ne mérites rien.

[35:21]

Ton chien est mort. Ha ha ha! »

[35:22]

En lui disant par exemple que tu n'as

[35:24]

aucune chance. Et là,

[35:26]

Cruz va lui dire « C'est justement

[35:28]

pourquoi je voulais qu'on se parle. »

[35:30]

Kim va lui dire « Je dois dire que lorsque

[35:32]

j'ai vu ton texto, j'étais sous le choc

[35:34]

et je suis confuse. »

[35:37]

Et là-dessus, Cruz va

[35:38]

lui répondre « Justement, j'aimerais

[35:40]

mieux que nous discutions en personne. Je peux te

[35:42]

rencontrer demain,

[35:44]

avant ton baby-sitting

[35:46]

et sinon, nous pouvons s'en parler

[35:48]

avec quelques balls.

[35:50]

À ce moment-là, c'est quelques

[35:52]

pofs de potes. »

[35:54]

Donc, Kim est d'accord. Elle va lui répondre

[35:56]

« Sure. » Et Kim a demandé

[35:58]

à Cruz de l'appeler.

[36:00]

À ce moment-là, Cruz a ajouté Cameron à l'appel

[36:03]

secrètement, donc sans que Kim

[36:04]

le sache, pour qu'il puisse entendre

[36:06]

la discussion. Et pendant que

[36:08]

Kim et Cruz parlaient,

[36:10]

Cruz et Cameron, eux de leur côté,

[36:12]

s'envoyaient les messages séparément

[36:14]

et se délectant à mesure que

[36:16]

leur fantasme prenait vie.

[36:18]

Donc, le but ici, on le sait

[36:20]

pas encore, mais le but

[36:23]

que Cruz et Cameron

[36:24]

ont en tête, c'est d'attirer

[36:26]

Kim en personne chez eux

[36:28]

pour éventuellement mettre leur plan

[36:31]

de site pornographique

[36:33]

sadomasochiste à exécution.

[36:35]

Donc, ça regarde mal tout ça

[36:36]

et Kim est en train de tomber

[36:38]

dans le panneau. Et à ce moment-là,

[36:40]

en fait, c'est là que Cruz va écrire

[36:43]

à Cameron,

[36:44]

ou l'inverse, pardonnez-moi,

[36:46]

« Je vais lui briser le nez, je vais lui enlever

[36:48]

son anneau de nez et je vais

[36:50]

le brûler. » Et là, Cruz

[36:52]

va lui réécrire « Brûle

[36:54]

sa peau ». Et là, Cameron va lui répondre

[36:57]

« Pourquoi ne pas la garder

[36:59]

attachée, mais en vie ? »

[37:01]

Donc, un échange de textos quand même

[37:02]

assez troublant. Ça, ce qu'on vous lit,

[37:05]

c'est ce que justement les policiers

[37:06]

ont trouvé et ça n'a pas été

[37:08]

très difficile pour eux de trouver toutes ces preuves-là.

[37:11]

C'est assez incriminant. On voit

[37:13]

carrément le plan prendre forme

[37:14]

et la pauvre Kim d'être victime

[37:17]

dans tout ça et de se laisser embarquer dans

[37:18]

cette manipulation. Ce matin-là,

[37:21]

Kim est encore au lit quand sa mère l'embrassa

[37:22]

et la salua avant d'aller travailler comme elle le faisait

[37:24]

chaque matin et elle ajouta qu'elle l'aimait

[37:26]

beaucoup. Les deux avaient vraiment raison

[37:28]

d'être heureux ce matin-là parce que la veille,

[37:30]

Kim a appris qu'elle avait assez de crédit

[37:32]

enfin pour obtenir son diplôme d'études secondaires

[37:35]

et qu'elle avait vraiment hâte de faire du

[37:36]

bénévolat au centre local des

[37:39]

réhabilitations des animaux sauvages,

[37:40]

le Wild Ark. On se souviendra que Kim

[37:42]

est une passionnée des animaux.

[37:44]

Donc, pour elle, on le sait,

[37:47]

les enfants qui ont des difficultés

[37:48]

scolaires, quand ils sont capables d'avoir un

[37:50]

objectif tangible d'un métier

[37:52]

ou d'un travail, c'est très motivant

[37:54]

pour eux d'atteindre leur objectif, puis

[37:56]

elle a réussi à avoir ses crédits, donc

[37:58]

c'était tout en son honneur. Ce jour-là,

[38:01]

Kim, elle n'avait pas de cours, donc sa mère

[38:02]

pensait qu'elle en profiterait pour faire

[38:04]

la grâce matinée. Et pour Kim,

[38:06]

en fait, le plan, c'était seulement

[38:08]

d'avoir du gardiennage en après-midi

[38:11]

et de rentrer à la maison

[38:12]

pour commencer à coudre sa robe

[38:14]

de graduation, justement pour

[38:16]

ce qu'on a mentionné plus tôt. Mais Kim

[38:18]

avait une dernière chose à régler en

[38:20]

premier. Après que sa mère soit partie,

[38:22]

elle a enfilé son chandail à capuchon

[38:24]

et elle s'est dirigée vers

[38:26]

le terminus d'autobus de

[38:28]

Langford. Vers 10h30,

[38:31]

Kim est partie au terminus

[38:32]

où Cruz et Cameron l'ont

[38:34]

rencontré. Cameron venait

[38:36]

d'acheter du carburant à camping,

[38:39]

du gaz à camping

[38:40]

que les garçons utiliseraient plus tard

[38:42]

pour mettre le feu au corps de Kim.

[38:45]

Tous les trois discutaient

[38:46]

un moment, puis descendirent vers la petite

[38:48]

maison brune de Happy Valley Road.

[38:51]

Au petit matin, Cruz avait dit à Cameron

[38:52]

qu'il utiliserait une phrase codée

[38:55]

« Je pense que je vais faire du

[38:56]

kiddie, c'est du craft dinner pour

[38:58]

ceux qui ne le savent pas »

[39:00]

quand il était prêt à attaquer.

[39:02]

Peu de temps après être arrivé à la maison,

[39:04]

les garçons ont frappé, donné des coups

[39:06]

de pied et frappé Kim alors qu'il lui

[39:08]

liait les mains et les cheveux.

[39:10]

Cruz fourrant une chaussette dans la bouche de

[39:12]

Kim, qui l'enveloppait ensuite

[39:14]

dans un ruban, dans du ruban adhésif.

[39:16]

Les deux ont violé et battu

[39:18]

Kim pendant des heures, jusqu'à

[39:20]

qu'elle soit morte d'étouffement. Ils l'ont

[39:21]

mutilé avec un couteau et rempli avec

[39:23]

du matériel de taxidermie. Ils ont

[39:26]

déplacé son corps ensuite dans le

[39:27]

congélateur dans le garage de Cruz.

[39:30]

Toute une scène de crime.

[39:32]

Incroyable.

[39:34]

À un moment donné, peut-être pendant

[39:36]

que Kim était encore en vie, Cruz

[39:38]

s'assit devant son ordinateur

[39:40]

et lui envoya un dernier message

[39:41]

instantané. Son alibi,

[39:43]

pensa-t-il, lui demandant si elle

[39:45]

avait déjà fait son baby-sitting.

[39:49]

Inévitablement,

[39:50]

d'autres messages apparurent lorsque

[39:51]

Cruz apparut en ligne. Il y a

[39:53]

un de ses amis qui soupçonnait son

[39:55]

père de boire de l'alcool à frictions.

[39:58]

L'ami de Cruz voulait des conseils

[39:59]

et là Cruz répondait pas. Il lui

[40:01]

répondait « Dude ! » et ensuite

[40:03]

« Speak ! » Son ami,

[40:05]

ça devait pas être dans les habitudes de Cruz

[40:07]

de pas répondre assez rapidement à ses messages.

[40:10]

Huit minutes plus tard, Cruz

[40:12]

a répondu à son ami, désolé.

[40:14]

Le congélateur sautillait.

[40:17]

Plus tard, dans la soirée,

[40:18]

Cameron envoya un texto à une

[40:20]

ex-petite amie qui l'encourageait

[40:22]

à sortir de sa maison et

[40:24]

d'aller le rejoindre chez Cruz.

[40:26]

Elle n'est pas venue, cependant.

[40:28]

Ça lui a sauvé la vie.

[40:29]

Le lendemain matin… Oui, c'est ça,

[40:31]

parce qu'en fait, il a essayé d'en attirer

[40:33]

une deuxième même. Oui, oui, oui.

[40:35]

Ça a été confirmé, en fait, par après

[40:37]

que si cette fille-là s'était rendue là,

[40:39]

elle aurait subi à peu près le même sort

[40:41]

que Kim. Donc, elle

[40:44]

s'est sauvée la vie en y allant

[40:45]

pas, si on peut dire tout ça ainsi.

[40:47]

Le lendemain matin, Cruz et Cameron ont mis

[40:49]

le corps de Kim dans un sac

[40:51]

de hockey et sont montés à bord d'un

[40:53]

autobus en direction du sentier

[40:55]

du Galloping Goose, un endroit où il y avait

[40:57]

tendance à se tenir les trois

[40:59]

ensemble. Une fois là, ils ont marché

[41:01]

péniblement dans les bois. On s'entend

[41:03]

de transporter un corps, et sous un pont.

[41:05]

Ils ont arrosé le sac de carburant

[41:07]

qu'ils ont acheté tout à l'heure et l'ont

[41:09]

allumé en feu.

[41:11]

Ici, on voit quelques, comment dire,

[41:13]

faux pas criminels. Même

[41:15]

si les deux gars prétendent être

[41:17]

des potentiels tueurs en série

[41:19]

et que même ils vont

[41:21]

s'en vanter entre eux dans leur

[41:23]

message, il y a des choses ici

[41:25]

qui font pas tellement de sens.

[41:27]

De un même, vous savez,

[41:29]

essayer de transporter

[41:32]

un corps dans un sac de hockey,

[41:33]

puis même dans l'autobus, ils l'ont fait,

[41:36]

mais ce qu'on appelle un

[41:37]

deadweight, vraiment, le poids

[41:40]

d'un cadavre, on dirait

[41:41]

que c'est encore plus lourd quand

[41:44]

les muscles sont relâchés.

[41:45]

Donc c'est pas quelque chose qui est subtil

[41:47]

à trimballer. Donc évidemment, ils ont été aperçus

[41:50]

dans l'autobus avec ce sac de hockey

[41:52]

qui avait de la difficulté à

[41:54]

traîner eux-mêmes. En plus,

[41:56]

une des façons les plus difficiles

[41:58]

de disposer d'un corps, c'est d'essayer

[42:00]

de le brûler soi-même. En fait,

[42:02]

c'est faisable, mais ça demande

[42:04]

un feu qui va être constamment

[42:06]

entretenu, très très chaud

[42:08]

et très chaud pendant longtemps. Ça peut prendre

[42:10]

jusqu'à 8 heures, étant donné toute la quantité

[42:12]

d'eau que le corps humain contient.

[42:14]

Donc c'est vraiment eux avec leur

[42:16]

je pense qu'ils avaient une petite

[42:18]

bouteille d'essence à briquet

[42:20]

ou à barbecue pour faire du

[42:22]

camping, c'est vraiment pas suffisant

[42:24]

pour faire ça. Donc

[42:26]

on peut vous dire que

[42:28]

d'un, ils sont allés planquer le corps

[42:30]

dans ce lieu-là qui est très fréquenté

[42:32]

par les jeunes du quartier,

[42:34]

un peu les jeunes qui vont boire

[42:36]

ou faire des graffitis. Et

[42:38]

de deux, ils vont essayer de dissimuler le corps

[42:40]

à cet endroit-là en le mettant en feu. Donc

[42:42]

comment dire, c'était destiné à foirer

[42:44]

ce plan-là.

[42:45]

La mère de Kim a publié un message sur Facebook

[42:48]

elle aussi parce qu'elle commençait à s'inquiéter.

[42:50]

En fait, elle avait soupçonné quelque chose de louche

[42:52]

au moment où elle avait appelé

[42:55]

Kim jeudi après-midi,

[42:56]

justement durant son

[42:58]

baby-sitting, et automatiquement

[43:00]

elle avait été dirigée vers la boîte vocale, on le sait quand on

[43:02]

tombe directement sur la boîte vocale, c'est que

[43:04]

le téléphone est éteint, ce qui était vraiment

[43:06]

pas dans ses habitudes,

[43:08]

c'est ce qu'elle a dit à la police, elle savait que quelque chose

[43:10]

n'allait pas. Alors que la famille,

[43:12]

la police, les amis commencent à

[43:14]

rechercher Kim parce que tout le monde est inquiet,

[43:16]

Cameron et Cruz continuaient leur vie

[43:18]

comme si de rien n'était. Après avoir jeté

[43:20]

le corps de Kim, Cruz

[43:21]

a passé le reste de la journée à la maison avec une autre

[43:24]

fille qui fréquentait. Cameron,

[43:25]

lui, a brunché avec sa grand-mère et sa mère

[43:28]

qui l'ont même amené,

[43:29]

qui l'ont amené magasiné pour acheter un jeu vidéo par

[43:32]

la suite. Le même soir,

[43:34]

vers 7 heures, il y a un jeune homme qui fumait

[43:36]

du pot avec ses amis sous le pont

[43:37]

Galloping Goose, ou ce qu'on vous disait que tout le monde

[43:40]

se tient, a trébuché

[43:42]

sur des restes humains carbonisés.

[43:44]

Donc le dossier dentaire

[43:45]

a confirmé que c'était le corps

[43:48]

de Kim. Le groupe des crimes

[43:49]

graves de Vancouver et de la

[43:52]

gendarmerie royale du Canada

[43:53]

ont dépêché une équipe d'enquête

[43:55]

de plus de 40 agents

[43:57]

sur l'affaire du meaute pour

[43:59]

résoudre le crime. Une fois l'enquête

[44:01]

démarrée, les enquêteurs ont suivi de près

[44:03]

la famille, les amis de Kim,

[44:05]

sur Facebook, notamment en créant une

[44:07]

page commémorative publique

[44:09]

en son honneur. On se souviendra à l'époque, en

[44:11]

2010, je me trompe pas, Facebook, j'aurais

[44:13]

pas non plus la mort

[44:16]

sur les profils personnels.

[44:18]

Les visiteurs ont commencé à

[44:19]

échanger des indices et des théories

[44:21]

sur qui aurait pu la tuer sur la page

[44:23]

Facebook. Les enquêteurs ont surveillé

[44:25]

vraiment de près cette page en

[44:27]

y cueillant des témoins potentiels

[44:29]

ainsi que sur d'autres pages

[44:30]

de profils Facebook accessibles au public.

[44:33]

Aucun mandat est nécessaire pour aller

[44:35]

chercher l'information. Le caporal

[44:37]

Lagan, qui était affecté au dossier,

[44:40]

mentionne, vous seriez étonné

[44:41]

de voir combien de personnes n'ont

[44:43]

pas un seul paramètre de vie privée là-dessus.

[44:46]

Et ça, je suis pas surpris

[44:47]

pour travailler dans le domaine. On le

[44:51]

voit pas compte des statuts publics

[44:52]

qu'ils publient souvent, c'est anodin,

[44:54]

mais quand même, ils ont pas la notion

[44:57]

de visibilité par le monde extérieur

[44:59]

et qui sont pas leurs amis sur

[45:00]

Facebook, justement. Oui, parce que

[45:02]

les enquêteurs, pour eux, lorsque

[45:04]

les membres de la famille créent des

[45:06]

groupes de recherche, tout ça, pour eux,

[45:08]

c'est une mine d'art d'une certaine façon

[45:09]

parce qu'ils vont essayer de voir

[45:11]

qui est-ce qui va, qui est-ce

[45:13]

qui like les statuts, qui est-ce

[45:15]

qui poste des photos. Donc pour eux,

[45:17]

c'est quand même assez intéressant d'observer

[45:18]

le trafic autour de ces pages-là

[45:21]

parce qu'il y a même des chances que

[45:23]

le criminel ou les meurtriers, en question,

[45:25]

soient membres de ces pages-là. On l'a vu,

[45:27]

c'est arrivé dans le passé que

[45:29]

même des tueurs ont participé

[45:31]

aux recherches. Donc,

[45:33]

pour eux, c'est vraiment un outil très

[45:35]

important d'enquête. Ah oui, il peut faire

[45:37]

des liens, qui est ami avec qui, etc.

[45:39]

Avec la mort de Kim, qui flottait

[45:41]

au-dessus de la ville, on s'entend, ça devait être

[45:43]

The Talk of the Town, et

[45:45]

les nouvelles locales qui en parlaient

[45:47]

continuellement, Cruz est devenu de plus en plus

[45:49]

paranoïaque par rapport aux traces

[45:51]

et aux preuves qu'il pouvait laisser en ligne.

[45:53]

Mais il ne pouvait pas résister vraiment

[45:55]

à l'envie de partager son histoire avec quelqu'un

[45:57]

en qui il avait vraiment confiance.

[45:59]

Justement, sa paranoïa l'a amené à ne pas vouloir

[46:01]

utiliser MSN parce qu'il

[46:03]

commençait à se douter qu'il était

[46:05]

peut-être surveillé. Donc, il s'est dit

[46:06]

qu'il allait utiliser les espaces de discussion

[46:08]

de World of Warcraft. En fait, selon lui,

[46:11]

il était beaucoup moins susceptible

[46:12]

d'être épié par les autorités

[46:15]

s'ils utilisaient ce canal-là

[46:17]

de discussion.

[46:19]

Le 23 mars, c'est-à-dire

[46:20]

cinq jours après le meurtre de Kim,

[46:23]

il a dit à sa petite amie de Halifax

[46:25]

sur MSN qu'il avait quelque chose

[46:27]

d'urgent à lui dire,

[46:28]

mais qu'il voulait le faire via World of Warcraft.

[46:32]

Une fois à l'intérieur

[46:33]

de World of Warcraft, il a avoué le crime

[46:35]

directement, textuellement.

[46:37]

De retour sur MSN,

[46:39]

il a envoyé des liens à son amie d'Halifax

[46:41]

parce qu'elle n'était pas nécessairement au courant

[46:43]

du dossier. Il a envoyé des liens,

[46:45]

des reportages pour lui prouver

[46:47]

ce qu'il disait.

[46:49]

Les articles incriminaient pas Cruz

[46:50]

encore, mais au moins pour lui prouver

[46:53]

le crime en question.

[46:55]

La fille a été sous le choc

[46:57]

pendant un moment, mais elle a finalement

[46:59]

répondu de manière dont

[47:01]

il s'attendait. Je serai

[47:03]

toujours là pour toi, peu importe ce que tu fais.

[47:05]

Qu'elle a écrit pour lui.

[47:07]

D'après ce que la petite amie d'Halifax a dit à la police

[47:08]

parce qu'elle a été interrogée par la suite,

[47:10]

étant donné que la police a pu trouver cette conversation-là,

[47:13]

Cameron est venu discuter

[47:14]

sur World of Warcraft, ce qui a confirmé

[47:16]

leur récit de Cruz.

[47:18]

Qu'en est-il de sa famille et de ses amis

[47:19]

et de toutes ces vies que tu as ruinées,

[47:22]

a demandé la fille à Cameron,

[47:24]

si on continue la discussion.

[47:25]

Je me sens pas mal pour eux.

[47:27]

Elle a répondu, ne fais plus jamais ça.

[47:29]

Je te le promets, a répondu Cruz.

[47:31]

Je n'en ai pas envie.

[47:33]

Puis, dans un brusque changement de discussion,

[47:34]

Cameron s'est mis à jaser de jeux vidéo

[47:36]

et qu'il aimerait jouer un jeu qui lui rappelait

[47:38]

le bon vieux temps. Il lui

[47:40]

mentionne qu'il a envie de jouer

[47:43]

à nouveau à Pokémon.

[47:44]

Il dit, je suis nostalgique de Pokémon

[47:46]

depuis des mois. Donc on voit qu'il cherche un peu

[47:48]

un réconfort quand on tombe

[47:50]

dans la nostalgie.

[47:51]

Une façon d'éviter le sujet un peu.

[47:54]

Exactement, c'est du déni à 100 %.

[47:57]

Cruz, de son côté, continue

[47:58]

à se montrer sporadiquement à l'école

[48:00]

comme à l'habitude, mais il ne pouvait pas contenir sa rage

[48:02]

longtemps. On s'entend, il devait garder ça

[48:04]

pour lui à l'intérieur. Quand Samantha

[48:07]

a entendu Cruz parler

[48:08]

de Kim, elle lui a demandé

[48:10]

d'arrêter parce que c'était trop douloureux pour elle.

[48:12]

Je vous rappellerai que Samantha, c'est une très bonne amie

[48:15]

de Kim. Soudainement,

[48:16]

Cruz s'est levé et a commencé à crier

[48:19]

No one fucking cares,

[48:21]

dit-il. She's dead.

[48:22]

Who gave a shit? Cameron et Cruz

[48:24]

par la suite, souvent discutaient

[48:26]

de l'enquête sur MSN directement

[48:28]

sans trop se soucier. Il mentionnait

[48:30]

que depuis que nous avons tué cette chienne,

[48:32]

et ce n'était pas trop dur, nous devrions le faire

[48:34]

à nouveau, qu'a écrit Cameron

[48:36]

et Cruz le 25 mars.

[48:39]

Cruz et Cameron ont été amenés

[48:40]

en interrogatoire par la suite parce qu'ils faisaient partie

[48:42]

de la liste, pas nécessairement

[48:44]

des suspects à cette époque-là, mais

[48:46]

des gens de l'entourage

[48:48]

qu'ils devaient interroger. Et les garçons

[48:50]

ont admis avoir vu Kim le matin

[48:52]

du jour de sa disparition, mais ont affirmé

[48:55]

qu'elle les avait quittés tôt

[48:56]

pour se rendre à l'école.

[48:58]

Quand un policier a demandé à Cruz

[49:00]

de quel type de personne pouvait

[49:02]

commettre un tel acte, Cruz

[49:04]

a dit quelqu'un qui pense que ça vaut

[49:06]

la peine de tuer quelqu'un, ou quelqu'un

[49:08]

qui a une rage à contenir.

[49:11]

Plus les jours avançaient, plus la police disposait

[49:14]

suffisamment de preuves pour obtenir

[49:16]

un mandat, en fait l'autorisation judiciaire,

[49:18]

pour surveiller, analyser

[49:20]

les activités en ligne de Cruz et Cameron.

[49:22]

On le sait, là, ils surveillaient

[49:24]

tout ce qui se passait public sur Facebook

[49:26]

sans mandat, mais il y avait besoin

[49:28]

de plus pour aller chercher

[49:30]

les preuves. Cruz

[49:32]

et Cameron ont été mis sous étoile

[49:34]

de surveillance, parce que la police commençait à avoir vraiment

[49:36]

des doutes. Ils ont mis leur maison, leur cellulaire

[49:38]

et même le gazebo dans le parc

[49:40]

où ils avaient l'habitude de discuter

[49:42]

sous écoute. Je trouve ça intéressant

[49:44]

quand même de la part des enquêteurs.

[49:46]

À vie à tous les jeunes qui se tiennent dans les gazebos.

[49:50]

Grâce à l'analyse des contenus des ordinateurs

[49:52]

et des cellulaires,

[49:54]

des jeunes garçons, ils ont extrait

[49:55]

les recherches sur Google et Wikipédia

[49:58]

et toutes les anciennes transcriptions

[50:00]

de messages, textes et de messages

[50:02]

instantanés, autant sur

[50:04]

toutes les plateformes où ils discutaient.

[50:06]

Au total, écoutez ça, c'est fascinant,

[50:08]

au total, l'unité des crimes technologiques

[50:09]

a amassé l'équivalent de 1,4 milliard

[50:12]

de feuilles de papier si on l'avait

[50:14]

imprimé. Toutes les preuves numériques

[50:16]

sur les deux garçons qu'ils

[50:18]

ont amassé. Il y a quand même plusieurs

[50:20]

personnes, il y était quarante, on se le rappellera,

[50:22]

qui ont épluché. Tout ça,

[50:24]

c'est un travail de moine.

[50:25]

C'est assez fascinant.

[50:27]

Le vendredi 18 juin, maintenant,

[50:29]

Cruz et Cameron ont été arrêtés

[50:31]

officiellement pour le meurtre de Kim.

[50:34]

Ils étaient à la fois extrêmement calmes

[50:36]

et sombres, se souvient

[50:38]

le caporal Legan.

[50:39]

Plutôt que de faire face à un procès et un jury,

[50:42]

les deux ont plaidé coupable de meurtre

[50:44]

au premier degré et d'indignité

[50:46]

envers des restes humains

[50:47]

et ont été condamnés à la prison à perpétuité

[50:50]

sans possibilité de libération

[50:52]

conditionnelle avant 10 ans.

[50:54]

Donc ça, c'est la loi, en fait,

[50:56]

le règlement lorsqu'on est

[50:58]

mineur. Le caporal

[51:00]

Legan s'est exprimé en disant

[51:02]

« Comme parents, nous passons tellement

[51:04]

de temps à mettre en garde nos enfants

[51:06]

contre les étrangers en ligne,

[51:08]

mais dans ce cas-ci, c'était des gens qu'elles

[51:10]

connaissaient. Donc on ne peut jamais

[51:12]

vraiment être certain

[51:13]

que nos enfants fréquentent

[51:16]

des gens de confiance. Donc ça fait assez peur

[51:18]

aux parents de Kim et aux parents

[51:20]

de cette école-là. Assez

[51:22]

troublant. Un peu plus d'un

[51:24]

an après le meurtre, dans la salle de tribunal

[51:26]

qui était bondée et bruyante à

[51:28]

Victoria pour l'audience, qui

[51:30]

déterminerait si Cameron et

[51:32]

Cruz allaient purger leur peine,

[51:34]

le juge est sur le point de déterminer

[51:36]

si les garçons devaient être transférés

[51:38]

dans des pénitenties pour adultes. Donc ce

[51:40]

fut un peu, comment dire,

[51:42]

le point de débat de ce

[51:44]

procès-ci. Oui, parce qu'à la base,

[51:46]

maintenant ils sont majeurs, mais quand

[51:48]

le crime a été commis, ils avaient 16

[51:50]

et 17 ans, les

[51:52]

deux jeunes. Les rapports psychologiques

[51:54]

étaient accablants. Ils suggéraient

[51:56]

une forte probabilité de récidive.

[51:59]

Cruz était un sadiste

[52:00]

sexuel d'un genre le plus

[52:02]

rare, apparemment, selon les rapports.

[52:04]

Cameron, lui, a été amené dans la

[52:06]

salle d'audience en premier. Il portait

[52:08]

une chemise blanche et un pantalon noir

[52:10]

et avait laissé ses favoris s'épaisser

[52:13]

jusqu'à sa mâchoire.

[52:14]

Les gros favoris pour Cameron,

[52:17]

les chênes s'agitaient autour de ses

[52:18]

cheveux. Depuis son incarcération,

[52:21]

il était resté isolé et déprimé

[52:22]

en proie à des cauchemars répétitifs

[52:24]

du crime, selon son témoignage.

[52:27]

Il avait essayé d'effacer ses souvenirs.

[52:29]

Il dit que son cerveau est comme

[52:30]

la poubelle de recyclage d'un ordinateur,

[52:32]

on a noté dans un rapport de police.

[52:34]

L'information a été traitée et puis elle

[52:36]

est partie, comme il expliquait.

[52:38]

Alors qu'il apparaissait dans un box

[52:40]

des accusés derrière un verre

[52:42]

par balle, donc une grosse vitre épaisse,

[52:45]

son avocat de la défense bavardait

[52:46]

avec lui à propos des séries éliminatoires

[52:48]

de la LNH, donc de la Ligue nationale

[52:51]

de hockey. Donc ça montre

[52:52]

un peu dans quel esprit le

[52:54]

jeune était quelqu'un

[52:57]

assez narcissique,

[52:59]

détaché, sans empathie,

[53:00]

complètement détaché.

[53:02]

Il semble être dans le déni complet

[53:04]

face au meurtre, comme il l'explique

[53:06]

en disant que son cerveau est un peu

[53:08]

comme la poubelle de recyclage d'un ordinateur.

[53:11]

On voit qu'ils se sont tellement convaincus eux-mêmes

[53:13]

que c'est banal ce qui est

[53:15]

arrivé, qu'ils le croient.

[53:17]

L'audience a été très rapide.

[53:19]

Les deux garçons seront transférés

[53:21]

à une prison pour adultes, c'est ce qu'on en a déterminé.

[53:23]

Des installations où, selon

[53:25]

le procureur, un programme plus complet

[53:27]

de traitement des délinquants sexuels

[53:29]

y est offert, y compris la castration

[53:31]

chimique,

[53:33]

mais c'est quand même une méthode qui

[53:35]

est très très controversée, ça, au Canada.

[53:37]

Les résidents de Langford

[53:38]

se sont encore ébranlés que de tels tueurs

[53:40]

puissent, en quelque sorte, grandir

[53:42]

dans une si petite communauté et

[53:44]

passer inaperçus. Souvent, c'est

[53:46]

troublant que lorsque ces histoires-là arrivent

[53:48]

dans des petites communautés. Dans une grande

[53:50]

ville, des fois, on va passer

[53:52]

à la prochaine nouvelle.

[53:54]

15 minutes plus tard, dans les petites villes,

[53:56]

c'est souvent la grosse nouvelle de l'année.

[53:58]

Les gens se connaissent plus.

[54:00]

Dans les grandes villes, ce qui rend la chose un peu plus

[54:02]

banale, malgré qu'il y en a plus,

[54:04]

je pense que, veux, veux pas, on devient un peu plus éloigné.

[54:06]

Telle personne, c'est pas dans notre famille

[54:08]

ou proche, dans les plus petits villages, j'ai l'impression

[54:10]

que les gens, ça veut pas, les liens sont plus

[54:12]

proches, les gens se connaissent plus, ce qui doit un

[54:14]

petit peu augmenter la peine

[54:16]

et être troublé par tout ça.

[54:18]

L'école secondaire Pacifique

[54:20]

à laquelle Kim et ses tueurs ont assisté

[54:23]

a introduit un protocole

[54:24]

à propos de menaces de violence à la

[54:26]

suite du crime. Donc, cela permet à la

[54:28]

police, à l'école et aux organismes

[54:30]

de services sociaux de partager

[54:32]

l'information sur les élèves qui sont perçus comme une

[54:34]

menace. Les amis de Kim cherchaient

[54:36]

dans leurs souvenirs s'ils avaient des indices

[54:38]

qui auraient pu supposer qu'un tel

[54:40]

drame se produise, parce qu'évidemment, après

[54:42]

un tel drame, les gens cherchent des réponses.

[54:45]

C'est sans coupable. Oui.

[54:47]

Et ils n'étaient pas seuls. Au moins

[54:48]

quatre filles se sont adressées à un responsable

[54:50]

scolaire pour leur parler de rapports

[54:52]

sexuels violents perpétrés par

[54:54]

Cameron et même dans

[54:57]

un des cas, ce serait

[54:58]

même un viol qui aurait été commis au cours

[55:00]

des derniers mois. Donc, vraiment,

[55:02]

il y avait une certaine loi du silence

[55:04]

auprès des étudiantes

[55:06]

de cette école-là et Cameron

[55:08]

aurait même fait d'autres victimes,

[55:10]

apparemment. Au niveau de la sentence

[55:12]

maintenant, parce que heureusement, ces

[55:14]

deux jeunes tueurs ont été...

[55:16]

ont eu des sentences, donc ont été punis

[55:18]

pour leur crime et ils le sont toujours.

[55:21]

Un juge de la Cour Suprême de la

[55:22]

Colombie-Britannique a condamné à la

[55:24]

prison à vie sans possibilité de

[55:26]

libération avant 10 ans.

[55:28]

Ces deux adolescents-là, qui étaient à ce moment-là

[55:30]

âgés de 17 et 18 ans au moment du jugement,

[55:33]

en octobre 2010,

[55:35]

ils ont reconnu leur culpabilité,

[55:36]

donc ils ont plaidé coupable, pour le

[55:38]

meurtre au premier degré de Kimberly

[55:40]

Proctor. Donc, c'est un peu comme

[55:42]

ça que cette saga,

[55:44]

cette termine,

[55:46]

les deux jeunes vont être reconnus

[55:48]

coupables. Par contre,

[55:50]

c'est pas un traitement qui est 100%

[55:53]

le même que pour

[55:54]

un adulte, par exemple.

[55:56]

Non, ils réduisent un petit peu, comme on disait tout à l'heure, la peine,

[55:58]

elle est réduite de, ben, pas la peine

[56:00]

en tant que telle, mais la possibilité

[56:02]

de sortir après 10 ans. De plus,

[56:04]

Cameron, qui était un petit peu

[56:06]

comment dire, le moins fucké

[56:08]

des deux, si on pourrait dire, c'est

[56:10]

moins l'initiateur, lui,

[56:12]

il a été transféré, en fait, dans une autre

[56:14]

prison à une sécurité médium,

[56:16]

en fait, où il va avoir d'autres

[56:18]

programmes de réhabilitation. Mais ça,

[56:20]

ça a été

[56:22]

déclaré en 2012, environ,

[56:24]

fin 2011, et ça avait vraiment fait

[56:26]

une tollée aussi par rapport à la famille. Pour eux,

[56:29]

ils ne comprennent pas que lui,

[56:30]

ben, c'est sûr, mais il reste tout de même

[56:32]

en prison. Mais je peux comprendre pour

[56:34]

la famille qu'on veut pas,

[56:36]

que le criminel que tue notre

[56:38]

fille soit transféré.

[56:40]

C'est comme si ça minimisait un petit peu

[56:42]

le drame. C'est ça, je pense, qu'il doit déranger

[56:44]

vraiment les gens.

[56:46]

Donc, une histoire vraiment tragique,

[56:49]

Seb, qui

[56:50]

touche à la sextorsion,

[56:52]

qui touche, justement, aux rapports que

[56:54]

nos adolescents ont avec

[56:56]

la technologie, mais aussi comment il peut

[56:58]

facilement se faire manipuler

[57:00]

par des mauvaises personnes.

[57:03]

Dans ce cas-ci, on peut pas blâmer

[57:04]

la technologie elle-même, parce que

[57:06]

la technologie a aidé aussi

[57:08]

à trouver ces coupables-là.

[57:11]

Mais par contre,

[57:12]

je sais pas si il y a une leçon à

[57:14]

en tirer, mais pour moi, il semble

[57:16]

que Kim, d'une certaine façon,

[57:18]

soit tombée entre

[57:20]

les mains des mauvaises personnes,

[57:21]

au mauvais moment. Je vois pas comment

[57:23]

ça aurait été très difficile à prévenir

[57:25]

un geste comme ça.

[57:27]

T'as vraiment raison par rapport à

[57:29]

Kim, mais la prévention qui aurait dû avoir

[57:31]

eu lieu, c'est à l'école,

[57:33]

tous les gestes qu'il y a eu, même les filles

[57:36]

qui n'ont pas

[57:37]

dénoncé à l'époque. Mais on le sait, on est dans

[57:39]

un air de dénonciation.

[57:42]

Il n'y a pas si longtemps que ça.

[57:44]

C'est encore...

[57:45]

C'est pas pour rien qu'on vous en parle d'ailleurs

[57:47]

maintenant. On est un peu

[57:49]

dans cet air-là, donc on voulait quand même

[57:51]

amener un cas qui incite

[57:54]

les filles à dénoncer,

[57:55]

si possible. Oui, parce que ça aurait pu

[57:57]

justement empêcher ce

[57:59]

crime-là d'arriver.

[58:01]

On comprend les femmes, puis

[58:03]

ce qui est arrivé dernièrement

[58:05]

dans notre région et tout ça, a

[58:07]

amené beaucoup les...

[58:09]

Ça a changé le comportement des

[58:11]

femmes, même en Amérique du Nord,

[58:13]

avec l'histoire de Weinstein,

[58:15]

à dénoncer les abus

[58:17]

sexuels tôt pour éviter de faire

[58:19]

d'autres victimes pour que ces abuseurs-là

[58:21]

soient tout de suite arrêtés.

[58:23]

Un des héritages

[58:25]

de l'histoire de Kimberley Proctor,

[58:28]

c'est un projet de loi

[58:29]

qui s'appelle la Kimberley Law,

[58:31]

qui est en cours. Vous pouvez aller

[58:33]

sur le site web

[58:36]

kimberleyslaw.com

[58:37]

et il y a une section pour le Québec,

[58:39]

si vous voulez le remplir, remplir une bétition

[58:41]

pour faire passer cette voie-là.

[58:43]

C'est une réforme

[58:46]

de la loi sur les jeunes contrevenants

[58:47]

qu'on connaît ici, au Québec.

[58:50]

Et puis, ça a pour but

[58:51]

justement de prévenir les cas

[58:53]

de cyber-intimidation et de

[58:55]

sextorsion, même à un plus jeune âge.

[58:57]

Donc, à essayer de trouver une façon

[58:59]

de prévenir et de

[59:01]

repérer ces gens-là, ces possibles

[59:03]

prédateurs-là. Et je vous en parle

[59:05]

rapidement. En fait, c'est quelques

[59:07]

lignes, mais on parlait tout à l'heure

[59:09]

du protocole de traitement des menaces

[59:11]

qui avait été intégré dans l'école

[59:13]

de Kimberley. Et bien, ce projet

[59:15]

de loi-là voudrait standardiser

[59:17]

ce protocole-là afin que ce soit

[59:19]

présent dans toutes les écoles. Il y a

[59:21]

aussi évidemment traité les symptômes

[59:24]

de comportements dangereux le plus tôt

[59:25]

possible, comme c'est le cas des

[59:27]

jeunes qui affichent leur douleur et leur état

[59:29]

d'âme sur les réseaux sociaux. On le sait,

[59:31]

il y a aussi une certaine tendance.

[59:33]

La tristesse est à la mode sur les

[59:35]

réseaux sociaux.

[59:37]

Il y a des styles de musique aussi

[59:39]

actuellement qui prônent un peu seule à la

[59:41]

situation, tout ça. Même sur Instagram,

[59:44]

si vous allez dans les racoins

[59:45]

de certains endroits sur Instagram,

[59:48]

vous allez vous rendre compte que

[59:49]

c'est très déprimé. Donc,

[59:51]

est-ce qu'il y a une façon de repérer ça?

[59:54]

Il y a aussi la responsabilité

[59:56]

parentale. Et ça, c'est un peu plus

[59:57]

concret, si on veut. Cette loi-là

[01:00:00]

propose qu'un peu

[01:00:01]

comme l'art de dommages physiques ou

[01:00:03]

de dommages de propriété, ce serait

[01:00:05]

de tenir les parents responsables des

[01:00:07]

crimes de leurs ados en imposant une

[01:00:09]

demande allant jusqu'à 25 000 $

[01:00:12]

pour dédommager les familles.

[01:00:14]

Donc ça, c'est quand même...

[01:00:15]

Les autres, on va se prononcer là-dessus.

[01:00:17]

C'est quand même assez drastique. Évidemment, on

[01:00:19]

demande pas aux parents d'aller en prison,

[01:00:21]

mais pour avoir une certaine forme de

[01:00:23]

dédommagement. Bref, c'est dans les

[01:00:25]

points proposés. Au point 4,

[01:00:27]

on a que le tribunal pour adultes pour les

[01:00:29]

crimes graves... En fait,

[01:00:31]

c'est d'avoir un tribunal automatiquement pour

[01:00:33]

adultes pour les crimes graves qui sont commis lorsqu'on a

[01:00:35]

16 ans et plus. 100 % d'accord avec ça.

[01:00:37]

On a aussi la diffusion des noms des

[01:00:40]

jeunes lorsqu'ils plaident coupables.

[01:00:41]

Donc c'est un registre public

[01:00:43]

des jeunes délinquants lorsqu'ils

[01:00:45]

plaident coupables. C'est d'exposer

[01:00:47]

leur nom sur une liste.

[01:00:49]

Et aussi au niveau... Parce que

[01:00:51]

quand ils sont jeunes, quand il y a

[01:00:53]

le procès, il y a

[01:00:55]

pas un droit de veto, il y a une

[01:00:57]

interdite de divulgation des noms. Et même

[01:00:59]

durant le procès au début,

[01:01:01]

les noms n'étaient jamais sortis de Cruz

[01:01:03]

et Cameron. Et justement, il a fallu que

[01:01:05]

le juge l'autorise

[01:01:07]

de lever à cause qu'il était mineur.

[01:01:09]

Et là, dans ce cas-là, justement

[01:01:10]

un peu que le fait que quand tu as 16 ans et que tu as fait un crime grave,

[01:01:13]

c'est automatique aux adultes, mais ça serait automatique

[01:01:15]

aussi de lever l'interdiction de publication

[01:01:17]

des noms quand c'est des mineurs.

[01:01:19]

Oui. Aussi, un autre point, on l'a mentionné

[01:01:21]

rapidement tout à l'heure, c'est de faire en sorte

[01:01:23]

qu'un jeune qui est traité comme adulte

[01:01:24]

au tribunal est une sentence

[01:01:26]

d'adulte. Souvent, l'exemple

[01:01:28]

donné, c'est le 25 ans pour

[01:01:31]

la prison à vie pour adultes,

[01:01:32]

la prison à vie pour un

[01:01:34]

jeune délinquant, c'est 10 ans, donc c'est un

[01:01:36]

peu différent. Donc c'est comment

[01:01:38]

dire, d'extensionner la

[01:01:40]

peine pour ces jeunes-là.

[01:01:42]

Et un dernier point, en fait, c'est que les

[01:01:44]

jeunes qui sont détenus par intérim, donc

[01:01:46]

en attendant leur procès, ils devraient

[01:01:48]

être isolés entre eux. Donc

[01:01:50]

pour ne pas traumatiser les autres jeunes,

[01:01:53]

étant donné les détails de leurs

[01:01:54]

crimes, parce qu'on s'entend que ces

[01:01:56]

jeunes-là devaient être

[01:01:58]

détenus pendant toutes les attentes avec

[01:02:00]

des jeunes qui ont fait des crimes beaucoup plus

[01:02:02]

mineurs. Donc dans ce cas-ci, on le sait,

[01:02:04]

ça a été très difficile, même pour les enquêteurs,

[01:02:06]

de supporter tout ça. Donc c'est de

[01:02:08]

les maintenir isolés de sorte

[01:02:10]

que d'une certaine façon, ils ne vont pas traumatiser

[01:02:12]

les gens autour d'eux.

[01:02:14]

Pour conclure, ça me fait vraiment plaisir d'amener

[01:02:16]

cette histoire-là à distorsion,

[01:02:18]

Emile, parce que c'est vraiment quelque chose

[01:02:20]

que je trouvais qui rejoignait

[01:02:22]

de manière intégrale notre

[01:02:24]

ligne éditoriale

[01:02:26]

de crimes, d'histoires étranges et de numériques.

[01:02:29]

Et le fait que le numérique a aidé à résoudre

[01:02:31]

l'enquête et de trouver les

[01:02:33]

coupables. Et ces

[01:02:35]

histoires-là, le seul bon côté

[01:02:37]

justement, c'est l'éducation qu'on peut faire

[01:02:39]

par la suite, comme on l'a dit,

[01:02:41]

qui va avoir au moins les traces

[01:02:43]

de la mort de Kimberly qui vont

[01:02:45]

sûrement servir à quelque chose au niveau législatif

[01:02:47]

et éviter que d'autres

[01:02:49]

drames si cruels peuvent se produire.

[01:02:52]

Absolument, Seb, merci

[01:02:53]

de cette bonne idée de

[01:02:55]

sujet. Aussi, on était plus soft la semaine

[01:02:57]

dernière avec Polybius, donc on voulait

[01:02:59]

retomber un peu dans le true crime

[01:03:01]

de faire un virage 180°.

[01:03:04]

Donc, on vous revient encore

[01:03:05]

une fois la semaine prochaine avec un nouveau

[01:03:07]

sujet. J'ai bien hâte de vous en parler. Nous,

[01:03:09]

on a une petite idée, mais on ne sait jamais

[01:03:11]

tant que ce n'est pas en ligne.

[01:03:13]

Et puis, si vous voulez réagir à

[01:03:15]

ça, si vous voulez discuter autour

[01:03:16]

du cas de Kim Proctor, ou

[01:03:19]

de tout cas de sextorsion

[01:03:21]

ou de tout autre sujet, vous pouvez le faire sur notre groupe

[01:03:23]

Facebook. On est facile à trouver là sur

[01:03:25]

Facebook Distorsion Podcast. Notre groupe

[01:03:27]

de discussion est assez en évidence

[01:03:29]

sur la page. Vous nous faites une demande.

[01:03:31]

On accepte tout le monde.

[01:03:33]

Sinon, facile à trouver sur

[01:03:35]

Instagram, Twitter, Facebook,

[01:03:37]

DistorsionPodcast.com. On est

[01:03:39]

partout. Et puis, je crois

[01:03:41]

que ça fait le tour de la question, mais on s'aime.

[01:03:43]

Est-ce que tu as un mot de la fin pour nous, Emile?

[01:03:45]

Ne croyez pas

[01:03:46]

tout ce que vous lisez dans World of Warcraft.

[01:03:50]

Oh non.

Revenir au début de la transcription