(Partie 2 de 2) En 2005, Paul Le Roux décide de mettre sur pied un important réseau de pharmaciens et médecins américains pour vendre des médicaments en ligne. Profitant d’une zone grise du système, Le Roux s’enrichit et devient extrêmement puissant. Désirant toujours aller plus loin, il se diversifie dans plusieurs activités illégales à travers le monde: trafic de drogue, d’armes, et meurtres sur commande, pour ne nommer que celles-la. Malgré son intelligence, sa cupidité va finir par jouer contre lui…Au cours de ce dernier épisode d’une série de deux, nous concluons sur la montée et la chute de Paul Le Roux.

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#79 - Paul Le Roux - Le plus grand cybercriminel - Partie 2
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l'ère numérique.
En 2005, Paul Leroux décide de mettre sur pied un important réseau de pharmaciens et
médecins américains pour vendre des médicaments en ligne.
Profitant d'une zone grise dans le système, Leroux s'enrichit et devient extrêmement
puissant.
Désirant toujours aller plus loin, il se diversifie dans plusieurs activités illégales
à travers le monde, trafic de drogue, d'armes et meurtres sur commande, pour
ne nommer que celle-là.
Malgré son intelligence, sa cupidité va finir par jouer contre lui.
Au cours de ce dernier épisode d'une série de deux, nous concluons sur la montée et
la chute de Paul Leroux.
Sébastien Lévesque, comment ça va ce soir ?
Ça va bien et toi, Emile Gauthier ?
Ça va très bien.
On entame notre deuxième épisode d'une série de deux sur Paul Leroux, ce cyber-criminel
vraiment avec une vie rocambolesque.
On ne vous en dit pas plus, mais si vous n'avez jamais écouté le premier épisode
de cette série-là, on vous conseille de le faire, c'est déjà sorti la
semaine dernière.
Et lancez-vous là-dessus.
Et là, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a eu des développements en juin dernier,
en juin 2020 sur l'histoire de Paul Leroux.
Donc, dans ce deuxième épisode, on va revenir un peu sur ces faits-là, sur ce
qui est arrivé tout récemment, mais aussi là-dedans.
On va parler de toute sa montée et de sa chute aussi dans le monde criminel et
vous allez voir, c'est assez particulier comme évolution et très passionnant.
Oui, vraiment.
Tout d'abord, qu'est-ce qu'on boit, mon cher Séb ?
On boit aujourd'hui, mon cher Emile, on boit la surmatchamangue de la brasse.
C'est la barbarie qui est située à Québec, Charlotte à la barbarie.
Oui, ça fait longtemps qu'ils sont dans la game.
Oui, exact.
C'est des pionniers même dans le monde de la micro-brasserie.
Encore une fois, cette bière-là, elle contient du lactose pour un peu balancer
l'acidité de la surette, du sur de la bière, 5% d'alcool.
C'est une fusion parfaite entre une bière sur tropicale et un matcha latte.
Moi, j'adore le latte et j'adore les bières sourdes, donc je trouvais que
le mélange des deux est vraiment bon.
Vous allez même y trouver des notes de mangue citronnée qui sont bien sûr
adoucies par un enrobage crémeux du thé vert japonais.
C'est une excellente.
Ben oui, quand même, c'est des saveurs qu'on est un petit peu moins habitués
de retrouver dans la bière.
Oui, c'est audacieux.
Si vous voulez nous encourager via la tournée de bière,
vous pouvez faire comme Sandrine qui nous a offert celle-là.
Il nous offrait une tournée de bière via le DistorsionPodcast.com.
Il y a un onglet sur le site dédié à cela.
Vous faites un don, comme ça, vous pouvez encourager le show et en même
temps remplir notre frige d'air.
On a aussi un shout-out 5 étoiles sur Apple Podcasts qui nous vient de
Chris de Français, mais qui habite au Canada en fait.
Et sa review est intéressante.
Il nous dit « camionneurs français fraîchement arrivés au Québec,
j'ai cherché des podcasts québécois à écouter lors de mes voyages
à travers l'Amérique du Nord, un podcast addictif qui fait défiler
les kilomètres plus vite au point de m'avoir déjà fait louper
la sortie d'autoroute quelquefois. »
On s'excuse.
En autant que ça n'arrive pas trop souvent.
Exact.
Donc, on a assez parlé, mon cher Seb, est-ce qu'on est prêt
à se lancer dans l'histoire rocambolesque de Paul Leroux?
Oui, mais juste avant, mon cher Emile, nous devons dire un petit mot
à propos de notre partenaire, la Faculté de l'éducation permanente
de l'Université de Montréal.
Elle, c'est celle qui enseigne aux adultes et où les admissions
sont en cours actuellement pour le certificat en enquête et
renseignement, mais également comme pour les 30 autres
programmes qui sont offerts.
Absolument.
Il s'agit d'un certificat universitaire de 30 crédits
pour toute personne passionnée d'enquête qui souhaite
travailler dans les milieux professionnels et ou criminels
Au terme du certificat, vous serez en mesure de mener une enquête
de A à Z.
Ce certificat est parfait si vous voulez compléter une formation
existante, réaliser un bac par cumul avec d'autres
certificats ou encore réorienter votre carrière.
Est-ce que ce serait une bonne formation pour, mettons,
les deux podcasters qui s'intéressent aux enquêtes?
Oh que oui, mon cher Emile, même que j'y pense un peu
chaque jour.
Moi aussi.
Peu importe d'où vous venez, que vous soyez un distordu
Canadien ou Européen, vous pouvez vous inscrire
au certificat en enquête et renseignement à la FEP,
la fep.umoréale.ca
ou fep.umoréale.ca
et rester avec nous.
Là-dessus Seb, est-ce qu'on est prêt à entamer notre histoire?
Oui, monsieur.
C'est parti.
Donc dans cette deuxième partie, mon cher Seb,
on va tout d'abord où est-ce qu'on s'était laissé la dernière fois?
On se rappelle dans l'épisode 1, Paul Leroux avait
soi-disant participé à la mise sur pied de True Crypt,
un logiciel d'encryptage dont les bases sont encore utilisées maintenant.
Exact, exact.
Puis par la suite, il avait fondé une entreprise qui est RX Limited
et on avait juste effleuré le sujet,
mais aujourd'hui on va entrer un peu plus en profondeur
puis vous allez voir qu'il va monter toute une espèce de stratagème
dans le milieu de la vente en ligne de médicaments,
mais vraiment dans une zone grise du système.
Oui, exact. Vous allez voir, il est tellement intelligent,
ça n'a pas de bon sens, même s'il ne l'a pas utilisé à Buenos Aires,
c'est quelqu'un de très très brillant.
Je te laisse commencer.
Un peu comme on vous le disait lorsqu'on vous racontait
lors de la première partie,
suite à son départ du monde du cryptage,
du moins sous son propre nom,
Paul Leroux s'est dirigé vers le milieu des casinos en ligne,
mais sans grand succès,
pour ensuite se diriger vers le milieu pharmaceutique
selon les conseils de son ami avocat du Clostarica
qui lui avait vraiment dit
« Tu vas faire plus d'argent avec les médicaments que les casinos ».
En 2005, Leroux crée une entreprise israélienne
au nom de EBS System.
Cette société allait devenir le bras droit du service à la clientèle
de son empire des médicaments sur ordonnance.
Lors de l'enregistrement de la compagnie,
Leroux est répertorié à une adresse à Rotterdam, au Pays-Bas,
à côté d'une image numérisée de son passeport australien,
donc de vraiment sa vraie identité.
Souvent, lorsqu'il crée des coquilles d'entreprise,
il utilise toujours sa vraie identité malgré tout.
À certains endroits, vous allez voir, il va utiliser des faux passeports,
mais souvent, il utilise quand même sa vraie identité,
on dirait, sans pudeur, malgré l'illégalité de ce qu'il veut faire.
Oui, exactement.
Mais on dirait que, à ce niveau-là,
quand il crée justement ses entités,
il n'est pas encore 100 % dans l'illégal.
Non, exact.
Il reste dans les zones grises, tout ça.
On dirait que c'est par la suite,
quand il va prendre vraiment une tangente,
vous allez voir, ça va aller loin,
son investissement dans le monde du crime organisé
puis du trafic de plein d'affaires.
Ça va aller loin.
On parle même des meurtres sur commande,
des gens qui meurent étrangement sans trop savoir pourquoi.
Mais on dirait que c'est à ce moment-là
qu'il a commencé à complètement déborder dans le monde interlope.
C'est à ce moment-là qu'il s'est sûrement dit
qu'il aurait dû être prudent dans le passé.
Oui, exact.
Mais même à ça, vous allez voir,
c'est autre chose qui finit par le coincer.
Bref, pour démarrer le tout,
il s'est lié à deux frères Israéliens
pour démarrer l'entreprise là-bas,
Thomas et Boaz Tagore,
qu'il avait préalablement rencontré
sur un forum de discussion fidèle à ses habitudes.
Peu de temps après avoir créé cette entité,
Paul se met en marche
et commence son projet qui nécessite des connaissances informatiques avancées
dans le but de créer un pipeline numérique transparent
qui connecte légalement des médecins américains
aux pharmaciens
finalement pour aboutir dans les mains des consommateurs de médicaments américains.
Donc une façon de commander en ligne,
mais justement avant le temps, en 2005.
Oui, exact, c'était extrêmement précurseur effectivement.
L'une des personnes clés dans ce stratagème
est Charles Schulz,
un pharmacien expérimenté de 74 ans
qui habite à Oshkosh,
si j'espère que je le prononce bien,
qui est situé au Wisconsin aux États-Unis.
Ayant été un médecin militaire
pendant la guerre de Corée,
il avait ouvert sa première pharmacie en 1964
et l'avait dirigée avec sa femme Jeanne.
Après quelques faux départs,
la pharmacie Schulz est devenue une entreprise établie
située dans une rue pittoresque du centre-ville d'Oshkosh.
Dans les années 1980,
il a acheté une seconde pharmacie à Monroe,
qui est une ville qui est située environ à 100 000 au sud d'Oshkosh.
C'est un drôle de nom,
Oshkosh, on dirait que tout le temps que j'ai l'impression de dire un mauvais mot.
Pendant des décennies,
Schulz était un homme d'affaires respecté dans les deux communautés,
un bon patron et un travailleur infatigable.
Par contre, au cours de l'été 2006,
Schulz reçoit un fax d'une entreprise
dont il n'avait jamais entendu parler,
Alphanet Trading,
avec une adresse à Costa Mesa,
qui est située en Californie.
La lettre lui offrait une opportunité commerciale attrayante.
Alphanet pourrait augmenter les ventes de médicaments
en magasins de Schulz
avec des prescriptions en ligne sans aucun investissement de sa part.
Son rôle n'aurait pas pu être plus simple.
S'il devenait affilié à Alphanet,
il lui suffirait de se connecter au système informatique de l'entreprise,
de remplir les ordonnances rédigées par les médecins américains
et de les expédier à l'aide d'un compte FedEx, le compte d'Alphanet.
Il serait ensuite remboursé par virement bancaire du prix du gros de l'ordonnance
plus une commission de 3,50 $ par ordonnance remplie.
Oui, c'est quand même... mais ça a l'air sketchy, tu sais.
J'ai de la misère à croire des fois qu'un pharmacien de sa trempe
avec autant d'expérience soit tombé là-dedans.
Je me semble que quand tu vois le portrait de tout ça,
ça a l'air fichier, ça a l'air un peu étrange.
Un peu louche, oui, oui.
Mais même lui, par la suite,
il savait qu'il naviguait en zone grise,
mais les profits, des fois, c'est plus fort que tout.
Ça fait penser un peu à ce qu'on vit...
Au Canada, on vit un peu ça avec le cannabis.
On a la SQDC, la Société Québécoise du cannabis,
mais il y a plein d'autres marchands ailleurs en ligne
qui vendent du cannabis.
Mais justement, c'est un peu une zone grise,
à savoir, oui, c'est légal d'en vendre au niveau médical,
mais est-ce que c'est parce que tu peux en vendre
d'une façon médicale, tu peux en vendre au grand public aussi,
puis on sait qu'il y en a qui le font.
Donc, je me dis à quelque part que ça fait un peu penser à ça.
C'est vrai, j'ai pas fait le parallèle, mais t'as absolument raison.
Mais lui, c'est clair que c'est un marché qui est beaucoup plus contrôlé,
c'est-à-dire que, en tout cas,
ça semble atteindre des proportions vraiment énormes aussi.
Ah oui, vous allez voir, les chiffres sont impressionnants.
L'offre d'Alphanet arrive particulièrement
à un bon moment pour Shulz,
qui est dans une situation vulnérable, je vous explique.
Son entreprise est en déclin depuis une dizaine d'années, malheureusement,
alors que les chaînes de pharmacie à grande surface
commençaient à évincé les petits commerces de quartier.
C'est vrai, dans ces années-là, début 2000,
c'est là qu'il y a eu Walmart, etc., les Shopping Marts,
les Pharmaprix au Québec et tout ça,
ont pris énormément de place
et c'est devenu des très très gros joueurs.
Et évidemment, ils ont tassé un peu les petits pharmacies de quartier.
Ben oui, tu pouvais presque justement aller chez Jean Coutu
puis avoir à l'époque même un paquet de cigarettes
avec ta prescription médicale.
Ça a changé, puis même maintenant,
tu peux quasiment en faire une épicerie dans une pharmacie.
Ben oui, non, exactement.
Sa famille, quant à elle, était assiégée par des problèmes de santé.
Son fils souffrait d'un trouble neurologique
qui nécessitait vraiment des soins presque à temps plein.
Et Schultz, lui-même, avait été frappé par une série de petites crises cardiaques
provoquées en partie par le stress que lui causait
de maintenir son entreprise à flots.
Les longues heures passaient aussi
à faire la navette entre ces deux magasins,
autant à Oshkosh qu'à Monroe,
parce que, je vous rappelle, il y avait deux pharmacies.
Au début, Schultz a ignoré l'offre.
Il a ensuite fait quelques recherches en ligne
pour déterminer si c'était une vraie entreprise
ou s'il avait affaire à une arnaque.
Finalement, il prend sa décision
et contacte le recruteur de Alphanet.
Schultz avait dès le départ des doutes
sur l'éthique de l'opération.
Mais le recruteur les a rapidement dissipés
en envoyant à Schultz des copies des licences des médecins
qui rédigeaient déjà des ordonnances
et qu'Alphanet ne vendait pas des substances
qui étaient vraiment contrôlées par le gouvernement
et que, dans le cas contraire,
justement, il risquait la prison.
Ça fait qu'il jouait là-dessus
parce qu'il vendait pas n'importe quel médicament, vous allez voir.
Oui, des médicaments qui étaient dans d'autres listes.
Oui, c'est ça, exact.
Alphanet et ses dizaines de sites web affiliés
offrent une gamme de médicaments sur ordonnances
allant du Propécia,
qui est un médicament contre la chute des cheveux
aux différentes formes génériques de Viagra.
Mais ses trois plus gros vendeurs
sont le Ultram, le Soma et le Fiorice.
J'en connais aucun des trois.
Non, exact, il fallait que je fasse un peu de recherches.
Le Ultram, c'était la version générique
d'un analgésique opioïde appelé le Tramadol.
Donc, c'est pas loin des opioïdes.
Oui, oui, c'en est un.
Après ça, il y a le Soma qui est également connu
sous le nom de Carisopodrole,
que lui, c'est un relaxant musculaire
qui est souvent prescrit pour des problèmes de dos.
Pratique aussi.
Oui, exact.
Et le dernier, Fiorice,
était souvent prescrit pour traiter les migraines.
Et en plus de ça, pour le rassurer davantage,
Alphanet a donné à Chauz, ça me fait bien rire,
le numéro d'un ancien agent de la DIA en Floride,
qui lui a rassuré qu'aucun des médicaments
qui l'expédiraient ne lui causerait des problèmes.
Mais tiens, disons que je doute
de la validité de l'agent de la DIA
qui fournit ça comme preuve.
Il a peut-être été payé pour rédiger.
Ben oui, c'est ça.
Payé avec un gun sur la tente.
C'est ça, et même je me demande si c'est un vrai agent.
À l'été 2006, Chauz signe ses deux pharmacies
et peu de temps après,
il remplissait des milliers d'ordonnances à chaque mois.
Son compte reçoit des virements bancaires
en provenance de Hong Kong de façon très fréquente,
dont le montant de chaque dépôt
atteint souvent des dizaines de milliers de dollars.
Donc, ça marche très bien pour lui jusqu'à présent.
Sur les différents sites d'Alphanet,
les clients remplissent un questionnaire
sur leurs antécédents médicaux et sur leurs symptômes
et ensuite commandent le médicament de leur choix
et paient par carte de crédit.
Donc, ça donne presque un diagnostic en ligne.
Oui, exact.
En même temps, c'est futuriste dans le sens que
on voudrait que le système fonctionne un peu comme ça.
Oui, c'est clair.
Mais là, ça laisse place à...
Tu peux mentir.
Oui, un questionnaire en ligne,
il ne peut pas te voir.
Il ne peut pas constater que tu...
Non, c'est vraiment très rigolo.
Le questionnaire médical est ensuite transféré
à un médecin américain recruté par l'entreprise
pour rédiger une ordonnance sur la base
des réponses fournies par le client.
C'est vraiment un système idéal.
L'ordonnance est ensuite transférée
à un pharmacien qui est situé aux États-Unis
et qui utilise le compte FedEx fourni
pour expédier les médicaments aux clients.
Le médecin et le pharmacien reçoivent des honoraires
pour chaque commande, donc les deux sont payés.
Oui, c'est ça.
Le système était très complet.
La base de données contenait l'historique
des commandes de chaque client.
Ils suivaient les dates et les montants
de leur dernier rachat.
C'est presque plus précis que ce que
tu obtiens dans une vraie pharmacie
ou avec un médecin de famille,
mais peut-être un peu trop facile.
Si une nouvelle commande était faite
avant la fin de la prescription,
le client ne pouvait pas obtenir
son renouvellement de ses médicaments
avant la fin du délai approprié,
comme dans la vraie vie.
Oui, j'ai trouvé ça brillant.
On dirait qu'il y avait un éthique
quand même qui entourait ça.
C'est peut-être juste pour un enrobage,
pour montrer qu'ils ont une certaine rigueur.
Paul Leroux connaît rien,
il n'a pas étudié en médecine.
Non, un éthique médical.
Parfois, l'entreprise rencontrait des problèmes
avec la réglementation américaine,
mais si une ordonnance ne pouvait plus
être expédie à partir d'un certain état,
le système la supprimait.
C'est brillant. Si les règles
concernant un médicament changeaient,
le système s'adaptait en conséquence,
donc il y avait une mise à jour un peu.
Parfois, certaines filiales américaines
étaient inspectées par le Conseil de pharmacie locale.
Ainsi, le pharmacien audité
ne déconnectait pas du système
pendant quelques jours. En fait, il déconnectait,
puis il réapparaissait dans le système
un peu plus tard.
Oui, c'est ça. Il se cachait un petit peu
pour devenir un petit peu discret par rapport
aux gens qui surveillaient.
En 2005, lorsqu'un prénommé
Moran Oz, un nouvel employé
de Rx Limited,
la Maison Mère d'Alphanet,
la compagnie de Paul Leroux,
lorsqu'il commença son emploi,
l'entreprise comptait huit pharmacies américaines
opérant dans le système et prenait
huit mille commandes par semaine.
Oui, c'est beaucoup pour ces...
C'est que huit pharmacies,
donc ils devaient rouler à mort,
mais beaucoup trop pour en apparence.
C'est des petits commerces.
Ils ont même pas ça comme clients,
je suis sûr, du moins pas en une semaine.
Non, ça leur fait de la commande.
C'est clair
qu'il fallait faire quelque chose
pour un peu cacher tout ça.
Mais l'entreprise se développa rapidement
et après quelques mois, le nombre d'employés
a doublé. Parmi les nouvelles recrues,
il y avait un homme du nom de
Allen Berkman dont la responsabilité
principale, du moins au départ,
était de fournir un soutien au niveau
de la comptabilité aux pharmaciens et
aux médecins américains. Pour ce qui est
des employés du bureau d'Israël,
ils étaient obligés d'adopter des noms
à consonance américaine et de dire
qu'ils étaient situés dans l'État du
Utah par exemple. Dans le cas de Oz,
il se nommait Ron Martin
et Allen Berkman était Allen
Berkman. Mais ça c'est communément
utilisé pour même plein de compagnies
légales. Toutes les centres d'appels font ça.
Ben oui. Exact.
Le travail d'Oz, de Moran Oz,
ne nécessite aucune connaissance des
produits pharmaceutiques, ni même de
l'infrastructure technologique derrière
RX-Limited. Il arrive chaque matin
au bureau, donc un vrai bureau physique.
Il examine rapidement les ordonnances
téléchargées par les médecins aux États-Unis,
puis clique sur quelques boutons pour les envoyer
à l'une des pharmacies participantes
au programme RX-Limited,
en répartissant les commandes en fonction
des capacités quotidiennes de chaque commerce.
Il y avait une intelligence difficile du moins
dans le software. Ben oui.
Qui calculait tout ça. Le reste du personnel
israélien était responsable de la communication
avec les médecins et des pharmaciens
et du service à la clientèle, c'est-à-dire
la gestion des problèmes de mots de passe,
des envois perdus, des cartes de crédit
expirées et des questionnaires médicaux
incomplexes sont rejetés par les
médecins. Donc ils faisaient un genre de
trime tout ça. Ben oui. Exact.
Boaz et Tomer Tagher, les associés
de Paul Leroux pour l'entreprise
israélienne, ont déclaré à leurs employés
qu'ils avaient un troisième partenaire
silencieux dans leur entreprise,
un programmeur que Tomer avait rencontré
après avoir publié une annonce
dans un forum de discussion. Ce programmeur
a géré l'infrastructure de l'entreprise
dont il a externalisé une partie
à deux entrepreneurs situés
en Roumanie. Oui. Cependant,
les opérations quotidiennes et les plans futures
de l'entreprise ont été déterminés
par les frères Tagher. On fait un bon
en juillet 2006. Oz est revenu
de vacances pour découvrir que
Boaz avait été évincé de l'entreprise.
Aucune raison n'a été
donnée sur le différent qui s'est passé
entre les frères, mais à partir de là,
Tomer serait en charge, dirigeant
les opérations de l'entreprise se déroulant
principalement aux États-Unis.
Donc, Paul Leroux est toujours en arrière de ça
lui-même. Il n'est jamais un public
facing, il ne fait aucun meeting,
il ne va jamais au bureau, il n'habite
clairement pas dans ces villes-là
et dans ces pays-là. Après
le départ de Boaz, le chiffre d'affaires
a continué de croître. Oz et
Bergman ont recruté des amis pour
travailler avec eux, vantant les cas
de travail flexibles et le bon salaire,
qui était généralement environ
15% plus élevé que les autres emplois
de centres d'appels en Israël.
Donc, il était généreux là-dessus.
Oui, c'était facile parce que les centres d'appels
ont un gros taux de roulement malgré
tout, mais il est difficile de travailler là.
Oui, vraiment, moi-même pour l'avoir fait
plus jeune. Mais justement,
il arrivait quand même à attirer beaucoup
de monde parce qu'il offrait vraiment
des bons salaires et des bons horaires.
Étant donné que c'était tellement
profitable qu'il pouvait en faire profiter
d'autres employés. Donc là-dessus, il y avait un petit peu moins
de problèmes de rétention
justement que d'autres entreprises.
Puis, un après-midi
à l'automne 2007,
un message instantané est apparu
sur l'écran d'ordinateur de Moran Oz.
« Je suis votre patron maintenant »,
a écrit quelqu'un qui s'appelait Paul Leroux,
un nom que Moran n'avait
jamais entendu parler auparavant,
lui pourtant dans l'entreprise depuis
deux ans. Il n'y avait aucune
explication, aucun signe de blague,
simplement une déclaration selon laquelle
auparavant, il a été sous la
charge de Tomair au début, mais que
dorénavant, Tomair ne faisait plus
partie de l'entreprise. Et là, le message
disait « À partir de maintenant, vous vous rapporteriez
à moi », et c'est ce qu'a déclaré
Paul Leroux. Donc il savait même pas
que lui existait, qu'il était en arrière de tout seul.
Ah oui, ça montre à quel point il était
bien caché. Oz a alors appelé
Tagar, qui a rapidement expliqué
que Leroux était un programmeur
sud-africain vivant aux Philippines.
Tagar se retirait de l'entreprise pour
cet ancien partenaire silencieux, a-t-il
déclaré. Quand Oz lui a demandé pourquoi,
il a seulement dit qu'il avait travaillé
trop dur et qu'il voulait voir ses
filles grandir. Ça, c'est louche,
hein, pis j'ai pas trouvé d'autres
explications sur son départ.
Je sais pas c'est quoi la chicane
qu'il a eu avec Paul, parce que
vous allez le voir, c'est
un patron assez difficile,
il a la mèche très courte,
mais on n'a pas de détails,
mais il semble toujours en vie.
C'est ça la bonne nouvelle.
En 2007, les affaires vont très bien,
et Leroux déménage vers les Philippines
avec sa femme et sa fille à Manille.
Il opère son entreprise à partir d'une
luxueuse maison dans la communauté fermée
haut de gamme de Das Marinas.
Et là, on en avait jamais parlé,
ça, qu'il avait une femme et une fille,
Paul Leroux. Oui, exact,
qu'il a rencontré avant,
je pense c'était en Australie,
si je me trompe pas, qu'il a eu,
et puis vous allez voir, il a même eu d'autres enfants,
mais oui, c'est sa première femme,
très discrète, à part à l'arrestation,
j'ai vu une photo de son passeport,
mais sinon, elle n'est jamais
vraiment impliquée dans quoi que ce soit,
de ce que j'ai vu, elle n'a pas été non plus.
Je pense qu'elle a été arrêtée, mais je ne pense pas
qu'elle a eu des charges contre elle en tant que telle.
Avec des revenus se chiffrant dans les
centaines de millions de dollars, le mode de vie
de Leroux a changé à certains égards,
mais il est resté le même pour certaines choses.
Selon plusieurs anciennes associées,
il est connu pour se vanter avec détail
de ses conquêtes extra-conjugales.
Il aimait également les maisons luxueuses,
mais pour le reste, il n'était pas très
extravagant. Il voyageait toujours en
tongs, en sandales et en shorts,
c'est quelqu'un toujours qui était habillé
bien simple. En 2008, Leroux,
qui jadis publié en ligne sous son propre nom,
avait disparu, remplacé par un
homme obsédé par le secret.
Ses activités pharmaceutiques étaient réparties
sur des dizaines d'entreprises écrans
enregistrées dans le monde entier,
avec des noms comme... Ça sonne tellement
à l'année 2000, c'est ce que tu disais dans le premier épisode,
c'est tellement vrai. Ajax Technologies,
le pire, c'est Ajax, c'est une vraie
technologie, tu sais, du code,
c'est une sorte de JavaScript. Bref, il y avait
Seacom, il y avait GXport, et
Southern Ace. Et Southern Ace,
c'est drôle parce que c'est l'as du Sud,
c'est un Africain du Sud, tu sais, souvent,
il jouait un peu avec ça.
Il laissait des petits indices, mais c'est clair qu'à partir
de ce moment-là, il doit tenter de se cacher
le plus possible, puis il doit devenir
paranoïaque aussi. Oui, oui, oui, exact, exact.
Leroux utilisait souvent l'identité suivante
sous ses entreprises, John Bernard
Boland, et avait même un
faux certificat de naissance et un passeport
Zimbabweien à ce nom-là. Mais lui-même,
il provenait de là, mais quand même,
il a réussi à se faire créer une
nouvelle identité. Leroux avait un autre
faux certificat de naissance Zimbabweien,
pour un certain Johan
William Smith, qui est un alias assez
ironique parce que c'est un nom qui est populaire
en Afrikaans, là, en fait,
la langue qu'il a fait abandonner l'école,
c'était vraiment un nom qui était
beaucoup utilisé pour
ces gens-là. Un autre acte de naissance
mentionne son identité comme William Vaughan,
et ce n'était que pour nommer ceux-là,
il y en a eu vraiment plein d'autres.
Auprès de ses employés, il utilisait aussi plusieurs
autres pseudonymes. Il possédait également
un passeport diplomatique de la
République démocratique du Congo à son propre
nom. Certaines personnes l'appelaient Benny,
d'autres sont allées avec Boss,
ou même Paul, si elles connaissaient son vrai nom.
Selon un proche qui a vu personnellement
- écoutez ça, ça me fascinait,
j'y réfléchis pendant une journée, ça me faisait
capoter - qui a vu personnellement
100 millions de dollars dans des paniers
en osier alignés sur les murs de son bureau
à Makati, qui est une petite
municipalité en banlieue de la Manille.
Il se souvient même
que les billets de 100 dollars US étaient
chacun des billets estampés
d'un lapin rose.
Je trouve que ça va loin
dans l'égo et l'orgueil.
Je ne sais pas ce que ça peut signifier,
un lapin rose.
Ma seule référence est soit énergisaire,
il y a les publicités d'énergiezaire,
les batteries avaient un lapin rose,
mais sinon c'était un lapin blanc,
mais dans le film La Matrice, il y avait
un lapin blanc que le personnage
poursuivait. Je me suis demandé si
ce n'était pas une référence à ça,
mais au niveau énergisaire, je ne sais pas non plus.
Je ne sais pas si ce n'est pas un signe
d'un cartel de cette région-là
ou quelque chose comme ça.
Si il y a des distordus impliqués
dans le trafic de toute sorte,
laissez-nous savoir ce que ça veut dire
selon vous des lapins roses.
Mais crime, 100 millions de dollars
en...
En coupures de sang, c'est beaucoup.
Dans des paniers en nos yeux.
C'est fou.
C'est trop une scène de film, de cartel.
Exact, c'est surréaliste.
Même cet employé-là, il disait
c'est tellement drôle, quand je suis allé le visiter,
il y avait tellement de serviteurs pour n'importe quoi.
Tout ce qu'il faisait, commandait.
Il ne faisait rien lui-même.
Il était vraiment entouré de nounous
et de tout ça pour à peu près tout faire.
Il avait un entourage.
Malgré tout l'argent qu'il possède,
le roux en veut toujours plus
et veut être encore plus puissant.
L'enfant qui s'était enfermé longtemps dans sa chambre
se perdant dans le code
était allé aussi loin que ses compétences techniques
pouvaient le mener avec Rx Limited.
Il voulait être un autre type d'homme d'affaires,
un seigneur du monde obscur.
Mais pour vrai, dans le monde réel,
pas seulement dans le monde virtuel.
Selon une de ses anciennes associées israéliens,
il voulait faire encore plus d'argent rapidement
que via les médicaments et
diversifier ses sources de revenus.
La seule façon de faire était bien entendu illégale.
Il vivait un peu comme dans un film
et son côté sombre s'est développé davantage
avec tout l'argent qu'il amensait chaque jour.
Parce que, je ne vais pas tout de suite vous donner les montants,
mais c'est astronomique
l'argent qu'il générait
à chaque jour.
Toujours dans le domaine de la vente de médicaments.
Oui, juste ça.
Ça, en fait, ça l'a financé à peu près
tous les autres secteurs.
Ça ne fait pas tant de temps que ça
qu'il fait ça parce qu'on est environ en 2009
dans la chronologie.
Ça fait quand même 4 ans.
C'est quand même long pour une entreprise criminelle
du genre.
Parce que les entreprises du Dark Web
durent moins que ça. Des fois, c'est 2 mois.
Je pense que dans la moyenne,
ce n'était même pas 6 mois.
Exact, puis lui, en fait,
souvent c'est drôle parce que quand je faisais de la recherche
sur Paul Leroux, souvent on le comparait
au prince du Dark Web ou le Jeff Bezos
du Dark Web, mais il n'a jamais rien fait
sur le Dark Web.
Il a tout fait sur le Web légal,
sur le Web de surface.
Tout était sur
le Web de surface.
Je trouvais ça drôle de l'associer
au Dark Web parce que ce n'est même pas le cas.
Il y a beaucoup de choses
qui faisaient Leroux, puis on va y arriver,
qui sont plus dans le Dark World,
mais le vrai monde.
C'est plus un vrai caïd.
Est-ce qu'un Jeff Bezos du Dark Web
c'est plus un espèce
d'escobard du médicament
ou de plein d'autres choses?
La richesse amplifie les impulsions
naturelles de Leroux ainsi que son
avidité, son impatience et son
sentiment de supériorité. Un matin
du début de 2009, Moran Oz,
notre fameux employé de 26 ans
dont on vous parlait plus tôt, qui est
maintenant devenu directeur
d'un des centres d'appels israéliens
chargés du service à la clientèle,
s'est retrouvé à marcher sous une pluie de balles.
Un instant auparavant,
il était assis
sur le pont d'un petit yac
qui appartenait à Paul, navigant
juste hors de vue du littoral Philippin.
Puis il s'est retrouvé dans l'eau.
Le bateau reculait vers lui et les trois hommes
qu'il pensait être les partenaires d'affaires
de son patron, Leroux, se tenaient
au-dessus de lui. Deux d'entre eux étaient armés
et l'un a commencé à tirer dans l'océan près
de Oz. Il lui a dit, c'était pour les
requins lorsque les tirs ont finalement
cessé. La prochaine fois, ça sera pour
toi. L'homme tenait un téléphone
satellite dans les mains, parce que pour, j'avoue,
pour appeler, communiquer sur
l'océan. Il lui dit,
vous volez Paul, vous devez nous dire
où vous mettez l'argent. Oz se sent complètement
désincarné, paniqué et réplique.
Quoi qu'il ait pensé que j'avais
fait, c'était une erreur.
Si j'avais fait quelque chose, je l'aurais dit
à Paul. Ça, c'est juste une parenthèse
que je voulais vous dire. Même
dans le livre de Haven, il raconte tout,
comment tout ça s'est passé. En fait,
Paul l'avait fait venir aux Philippines la veille.
Il avait été cherché à l'aéroport.
Dans sa BMW, il l'avait fait
coucher dans une belle villa. Il l'avait
amené déjeuner et il l'a amené
sur le bateau sans jamais
rien dire. C'est un guet-apens. Oui, vraiment.
Ça a l'air que même le lendemain de cet
incident-là, Paul est revenu le chercher
pour le ramener à l'aéroport. Oz
a dit, mais pourquoi? Il disait,
ce n'est pas moi qui décide, ce n'est pas moi
qui commande ça. C'était étrange.
Ça a l'air qu'il n'en parlait pas comme si
de rien, ce n'était pas assez.
Mais Oz, un peu comme d'autres, vous allez voir,
personne ne veut démissionner.
Tous peur de lui, il reste à l'emploi.
À l'emploi de Paul,
malgré la crainte et tout ça.
Ils en savent trop pour démissionner.
Je ne crois pas que Moran Oz,
qui a grandi à Jérusalem,
s'attendait à ce genre d'aventure lorsqu'il
décidait en 2005 de travailler
dans un centre d'appel, avouons-le.
En février de la même année,
il venait de terminer ses études secondaires
et son service obligatoire dans l'armée
israélienne. Il rendit visite à un
oncle à New York réfléchissant
à la prochaine étape de sa vie,
soit aller à l'école, soit démarrer
sa propre entreprise et lorsqu'un ami
l'appela pour lui annoncer que son
beau-frère avait lancé une entreprise
en Israël et cherchait à embaucher du
personnel. En fait, les seules exigences
étaient qu'il aille une bonne maîtrise de l'anglais,
une compréhension de base des
ordinateurs. C'est donc là que Oz
est rentré chez lui et a accepté le boulot.
Et là, on connaît la suite, quatre ans plus tard,
il se faisait tirer dessus à travers les
requins dans l'océan. Pourtant,
Leroux et Oz avaient une très bonne relation
et il avait même confiance en lui,
car ils s'étaient rencontrés
à quelques reprises, autant à Hong Kong
qu'à Makati, pour ouvrir un autre
centre d'appel pour le service de la clientèle
d'Alphanet et RX Limited,
mais cette fois-ci à Tel-Aviv.
Oz était toujours accompagné de
Berkman, le comptable, lors de
ses voyages pour rencontrer Leroux.
Alors que RX Limited grandissait encore,
Leroux ouvre d'autres centres d'appel
encore une fois pour Alphanet et
adopte des techniques agressives de
marketing par e-mail pour recruter
davantage de clients. En fait,
il n'utilise que des listes de courriels
de spams, mais il utilise aussi des
centaines de noms de domaines différents,
comme en fait YourPills.com
par exemple. Comme ça, ça fait en sorte
que le même site se retrouve spammé
partout. Oui, exact. Et ça évitait
aussi une des raisons aussi pourquoi il
faisait ça, c'est que souvent, un peu
peu pas, les envois se faisaient spammés,
donc ils tombaient sur des blacklists.
Oui, ils se faisaient bloquer. Oui, c'est ça.
Donc, en ayant tout le temps différents
noms de domaines, mais ils pouvaient
contourner tout ça. Les filtres et tout ça.
Au Philippines, les nouveaux centres
d'appel ont des noms tout autant
originels, tels que Dial Magic,
Global Inet Bridge,
et des noms comme ça. Et c'était également
la même chose pour ceux ouverts
en Inde. Pour combler les postes de direction,
il s'est tourné vers Oz et
Berkman, qui devaient recruter des Israéliens
pour aller travailler aux Philippines.
Il avait acheté plusieurs condos pour loger
les employés venus de l'extérieur. Donc,
il y avait quand même une certaine
décorum pour les
nouveaux employés. Oui, vraiment. Et ça a l'air
que, justement, je pense que c'est Oz qui disait
qu'il achetait des tours
à condos, des villes
pour justement faire du roulement.
Il disait qu'il comprenait pas pourquoi il
faisait ça, mais il faisait beaucoup bouger
ses employés de centres d'appel.
Il faisait toujours
se promener. Je sais pas si c'est pour brouiller
des pistes. Même lui, il comprenait pas
la logique derrière ça.
Sans doute. J'imagine un peu
comme on fait dans le trafic
sexuel ici.
Ça fait en sorte que c'est des gens qui sont plus
contrôlables. Tu les sens de leur ville,
t'examenent ailleurs, ils vont parler moins,
ils risquent de moins
faire rire de l'info, je pense, en les bougeant
souvent. Effectivement.
Oui, oui, je sais. Je vais juste...
On est parti dans nos...
Comme vous pouvez le constater.
Comme vous pouvez le constater, les affaires roulent
toujours rondement pour le roux et c'est
également la même chose pour Charles Schultz,
le pharmacien d'Oshka,
on se rappelle de lui. Le système
Alphanet lui fournit un flux régulier
d'ordonnances rédigé par des médecins
situés partout aux États-Unis.
Les représentants d'Alphanet, qu'ils connaissaient
par des noms comme Mike Gilmore
et Will Morris, ont toujours
résolu les problèmes lorsqu'ils se présentent
et étaient toujours disponibles par téléphone
et par e-mail. Encore une fois,
c'est des noms qui sont
typiques. Oui, des faux noms.
En un seul jour, par exemple,
en juillet 2010, la pharmacie a rempli
et expédié 973
ordonnances et en décembre
2011, 575.
Ça, c'est record. C'est beaucoup.
Schultz savait bien
que le volume des ordonnances venant à sa
rencontre impliquait fortement que
les médecins n'examinaient pas les
questionnaires médicaux des patients très
rigoureusement. Mais vu qu'il n'a jamais eu
de problèmes avec les autorités et que tout ce
cash flow aidait la rentabilité de son
entreprise, il ne s'en souciait pas trop
ou du moins ne voulait pas se poser de questions.
Mais on sait quand on commence à être négligent,
c'est là qu'on peut faire des erreurs.
À la fin de 2011, les deux
pharmacies de Schultz ont expédié plus
de 700 000 ordonnances.
Alphanet avait transféré plus de 27
millions de dollars à partir de divers
comptes à Hong Kong et aux comptes
de banque de Schultz. La majeure
partie de l'argent devait couvrir
le prix du gros pour l'achat des médicaments,
mais 3,3 millions de dollars
provenait des frais d'ordonnances que Schultz
avait reçus que l'entreprise avait
augmenté d'ailleurs en 2007
de 3,50 à 4 dollars chacune.
Donc un petit 50 soins plus,
mais sur 700 000 ordonnances
en année, c'est clair.
Mais en même temps, il me semble qu'ils doivent
commencer à trouver la soupe chaude un peu,
rendue à 4-5 ans après l'opération
d'un site comme ça.
Parmi les centaines de milliers
de colis que Schultz a envoyé,
il n'en faudra que 6 pour découvrir
le stratagème frauduleux. Entre 2007
et 2010, un client du
Minnesota a passé une demi-douzaine
de commandes du médicament Soma
et Fiorice, dont on vous a parlé plus tôt,
à partir de 5-7 web qui étaient contrôlés
par Alphanet. Les questionnaires
médicaux des clients ont été traités
par quatre médecins différents, dont les
ordonnances ont été remplies à leur tour par
Schultz Pharmacy et Medicine Mart. En fait,
c'est ces deux pharmacies. Ce fameux client
était plutôt un agent spécial de la
DEA, donc la
Drug Enforcement Administration des États-Unis,
ceux qui régularisent,
pas régularisent, mais qui contrôlent
la drogue.
La DEA était tombée sur le chemin
de RX Limited presque par accident.
C'est lors d'une enquête sur une
pharmacie à Chicago en 2007,
donc environ deux ans après
le début de tout ça, il y a des agents qui avaient
découvert que l'entreprise semblait expédier
des grandes quantités de médicaments sur ordonnances
à l'aide d'un seul compte FedEx.
C'est vrai que c'est louche, parce qu'ils utilisaient tous
le même compte FedEx. Lorsque les autorités
ont obtenu les dossiers de la compagnie
FedEx, ils ont trouvé quelque chose d'encore
plus étonnant. Environ 100 pharmacies
à travers le pays utilisaient ce même
numéro de compte.
Là, c'est vrai que ça commence à être louche.
Tous livraient principalement les mêmes trois médicaments,
encore une fois, le Fioricelle, l'Ultram
et le Soma. En octobre 2007,
les agents de la DEA ont commencé
à faire des achats de médicaments sur ordonnances
sur un des sites web qui étaient reliés à RX
Limited, sur un site appelé
acmemeds.com.
Heureusement pour eux, lorsque chaque livraison
arrivait, elle était étiquetée avec
le nom du médecin qui avait rédigé l'ordonnance
et la pharmacie qui avait rempli la commande.
Donc, il y avait à peu près toutes les informations qu'ils avaient
besoin pour leur enquête. Ils ont également remarqué
que sur les sites web de l'Empire,
pour rassurer les clients,
les sites soulignaient tous qu'ils ne vendaient
pas des substances contrôlées, que leurs médicaments
étaient distribués par des médecins et ou des
pharmaciens certifiés et ou agréés
par le conseil d'administration et que
les clients de RX Limited n'avaient
pas besoin de voir un médecin en personne
ou même d'avoir une ordonnance au préalable
avant d'acheter
des médicaments sur ordonnance en ligne.
Il y a un agent de la D.I.S.
qui est alors connecté en tant que client,
a rempli le questionnaire médical et a commandé
30 comprimés de saumon. L'ordonnance
a été remplie par une pharmacie à Monroe,
Wisconsin, appelée Medicine Mart,
qui appartenait à Charles Shaw's.
La D.I.S. s'est rapidement rendu compte
qu'il y avait plusieurs dizaines de sites web
qui étaient reliés à RX Limited,
à partir desquels les clients pouvaient
effectuer des achats de médicaments avec des noms
tellement cheap, RX Meds,
encore une fois, il y a le RX,
RX Limited,
AllFarMeds.com,
BuyMedsCheap.com,
Your Pills, comme on vous avait dit,
il y avait Speedy RX, encore une fois,
donc toutes sortes de noms variés comme ça.
Oui, c'est ça, des fois,
t'as l'impression qu'il y a des fautes
d'orthographe intentionnelle
dans le nom du site web,
c'est très louche tout ça.
Oui, parce que même les clients,
je me mets dans la peau
des clients aussi qui achetaient ça,
j'imagine que quand tu veux,
c'est sûr que le système américain n'est pas comme notre système
au Canada, je ne sais pas si c'est plus
compliqué d'avoir des, puis même le prix
des pellules, je pense que c'était quasiment
le même prix du marché,
c'était pas une question d'économie,
c'était vraiment une question de facilité d'accès.
Parce que eux-mêmes, quand tu commandes ça
la première fois, tu mets ta carte de crédit là-dessus
sur un courriel que tu as reçu en spam,
me semble que, en tout cas,
personnellement, j'aurais toujours peur
de me faire avoir, que je ne reçoive
jamais rien, ou des fausses pellules,
ou des placebo, ou quoi que ce soit.
Non, c'est clair. Mais en même temps, étant donné
qu'ils vendaient des opioïdes, ça crée une dépendance.
C'est clair que ce n'est pas tout le monde
qui commandait ça qui avait mal au dos.
Ou il y en a qui ça a peut-être commencé comme ça,
puis que finalement, ça a évolué en autre chose.
Ces gens-là, pardon,
ont besoin de leur dose, puis n'iront pas
chez le pharmacien, la dose
qu'ils ont besoin pour leur dépendance
va plus loin que la dose prescrite pour leur mal
de dos par leur médecin.
Donc c'est vraiment pratique, c'est comme
un pusher en ligne pour eux autres.
Oui, c'est absolument raison.
Mais avant d'aller plus loin, Seb, c'est le moment
de remercier nos membres Patreon parce qu'ils
ont été nombreux à nous rejoindre pendant la pandémie
cette année. Je te laisse aller.
On commence par remercier
Pauline B. Merci à toi.
Un gros hi-five à Xena.
Aussi un remerciement à
la mystérieuse Maya.
Aussi un gros shout-out à Apple Cloud.
On donne de l'amour à Nicolas T.
On veut remercier du fond du cœur
Jeanne E. Un hi-five
à Julie H.
Une bonne poignée de mains virtuelles à
Jonathan V. C. Merci à
toi, Simon D. Aussi un
gros shout-out à Maxime C. Sans
toi, on ne pourrait pas faire le show.
Et un autre remerciement pour le ou la
mystérieuse Lem Picard. Un
hi-five à Joannie M. Merci
à toi. Et merci Catherine
L. de ton soutien. Aussi
Isia B. On ne pourrait pas faire le show,
si t'étais pas là. Et pour conclure,
David Q. Merci
énormément. Oh oui.
On fait maintenant un bon pour revenir
à l'incident du bateau avec Oz
et les requins en 2009.
Après cet événement, le comportement
de Moran Oz avait changé.
Et on le comprend. Il était devenu
très renfermé et méfiant.
Son entourage se questionnait à savoir
pourquoi sans savoir ce qui s'était
réellement passé. Pour Oz, il
savait aussi que l'euro était devenu différent
après ce voyage. Dans les mois qui ont
suivi, il est devenu de plus en plus
vicieux, menaçant même les employés
quand quelque chose n'était pas fait comme
lui, il voudrait que ça se passe.
Par exemple, il pouvait menacer
Berkman via un autre employé en disant
« il ferait mieux de répondre au téléphone
ou il n'y aura plus de mains pour le faire
ni de langue pour parler ». Donc,
c'était des menaces de sévice corporelle.
Parmi les gestionnaires de ces différents
centres d'appels, il y avait de plus en plus
de rumeurs qui circulaient au sujet du patron,
tel que le fait qu'il faisait
du trafic d'êtres humains, qu'il faisait même
du commerce d'âme et qu'il faisait
tuer des gens sur commande, même qu'il
avait une entreprise possédant une flotte
d'avions et embauchait des gens pour
s'envoler vers d'autres pays afin de
faire de la contrebande de drogues.
Donc beaucoup de rumeurs à son endroit.
Pour eux, cela ressemblait à une bande dessinée
ou encore à un film d'action.
Ils ne pouvaient pas croire que tout ça était
bel et bien réel. Cependant, la question
est de savoir pourquoi les employés qui ont
dirigé dans les différentes entreprises
de Leroux ne l'ont pas abandonné
une fois qu'elles ont commencé à apprendre
des faits troublants sur lui et sur l'entreprise.
C'est un peu la grande question.
La réponse était assez simple. Ils pensaient
que Leroux les ferait assassiner s'ils les
faisaient. Donc c'est la peur, évidemment.
Comme Hunter l'avait mentionné
au départ pour sa défense dans l'épisode
1, il parlait de cet homme de bras
de Leroux, Joseph.
Et puis ces gens n'avaient pas tard
d'avoir peur. Par exemple, Omer Bezalel,
qui était un des directeurs
des opérations dans l'une des entreprises
israéliennes, avait tenté, lui, de quitter
une entreprise de Leroux. Il s'en est
suivi que deux gars lui ont montré
des photos de sa famille en lui disant
« Vous n'allez pas démissionner ».
Le sous-texte était là, non ?
Oui. Vers 2011, maintenant, Leroux a commencé
à disparaître pendant de longues périodes.
Aucun des employés de haut niveau
ne savait où il se trouvait, ni ce qu'il
faisait. Sauf que lorsqu'il refaisait surface,
il était plus menaçant qu'auparavant.
Il éclatait constamment en colère pour
des choses banales. Tous les employés
étaient terrorisés. Parallèlement,
en août 2011, le gouvernement
américain déclara illégal
la distribution du médicament
saumant à travers les
frontières des différents États.
Il s'agissait de l'un des produits pharmaceutiques
forts de Rx Ltd, et lorsque
les pharmacies n'ont plus été en mesure
de l'expédier, le tiers des activités
commerciales de la société de Leroux
s'étaient évaporés du jour au lendemain.
C'est fou, hein? Oui, c'est bloqué
vraiment...
Ça arrive, ça. C'est comme le fameux
activist, le sirop contre la toux
contenant de la codéine que les
rappeurs boivent avec
du 7-up.
Ça aussi, ça a été
interdit. Ça arrive souvent qu'ils vont banir
des médicaments comme ça, surtout
s'il y a des risques d'addiction.
En fait, c'était ça la raison principale.
Leroux a donc décidé de fermer le bureau
de Tel-Aviv et de déplacer tout
le service client aux Philippines.
À ce moment-là, Oz et Berkman,
toujours au poste, ont aidé au bien les
opérations de déménagement en expédiant
les ordinateurs et le mobilier de bureau
à Manille. En 2012,
Leroux annonce également qu'il réduisait
également les effectifs du bureau
de Jérusalem. Donc, il n'y a pas le choix de couper.
Oui, exact. Les transferts bancaires
qui provenaient normalement des comptes de Leroux
à Hong Kong ont commencé à arriver
de lieux étranges, de lieux différents
et nouveaux. Ensuite, ils sont devenus
sporadiques, donc moins réguliers.
Exact, parce que Leroux, en fait,
il avait vraiment l'habitude de toujours
payer à temps des grosses sommes
d'argent sans problème. C'est ce qu'il
disait, mais à ce moment-là, on le sentait
qu'il y avait des problèmes de cash flow.
Bientôt, l'entreprise n'avait plus
les fonds nécessaires pour payer les indemnités
dues aux employés qui étaient licenciés.
Quand Oz s'est plaint, Leroux
a viré les deux tiers de l'argent
et s'est engagé à envoyer le reste bientôt.
Qu'il n'a jamais eu.
En mars 2012, presque cinq ans après
le début de l'enquête, des agents
d'ADI se présentent à la pharmacie de
Schoos à Oshkosh, armés de mandats
de perquisition. Schoos a immédiatement
reconnu son implication dans le stratagème
et a remis ses ordinateurs et ses dossiers clients
sans broncher. Il a également accepté
de maintenir sa relation professionnelle
avec ses contacts d'Alphanet. Il a laissé
les autorités enregistrer les appels téléphoniques
parce qu'ils avaient besoin de preuves.
Il a même attribué une salle, un bureau
pour s'installer à la pharmacie tout en leur
servant du café au quotidien. Je trouve ça
un peu rigolo, mais il prenait soin
des agents de l'ADI, sûrement pour apaiser
les charges contre lui. Pourquoi Schoos?
Pourquoi lui a été ciblé? En fait, l'ADI
avait en sa possession le plus grand fournisseur
de RX Limited, un pharmacien
de 80 ans dans le Wisconsin.
Schoos avait tout de même peu d'informations
lui sur le fonctionnement de l'entreprise,
beaucoup plus vaste auquel il avait participé.
Il n'avait que quelques noms et numéros
de téléphone et courriel sur les ordonnances
ainsi que la comptabilité, mais le reste,
il n'y avait pas d'autres contacts.
Lui, il envoyait les médicaments et
il recevait l'argent sans plus.
Mais les agents tiraient les ficelles de l'entreprise
espérant en trouver un qui les conduit,
une ficelle en fait, qui les conduira
à celui qui était assis au sommet
car à ce moment, Paul Leroux n'est toujours
pas dans le collimateur des autorités.
Il est toujours incognito. C'est long.
À cinq ans d'enquête,
ça a été vraiment long à essayer de
décortiquer tous les dossiers, mais c'est sûr
que quand ils ont percussionné avec
Chouz, ils ont eu plus d'infos.
Il a fallu qu'ils remontent tous les noms de domaines,
les pharmacies, les adresses FedEx.
Ça a été vraiment
un long travail d'enquête.
Monté des preuves dans un dossier comme ça,
c'est colossal.
Puis, à la fin de l'été 2012,
Paul Leroux a de nouveau disparu.
Moran Oz et les autres employés
Israéliens ont cessé d'avoir de ces nouvelles.
Des rumeurs circulaient selon laquelle
il était entré dans la clandestinité
parce que les autorités avaient intercepté
l'un de ces bateaux qui contenait des armes
et de la drogue. On va y revenir.
Les virements de Hong Kong et des autres comptes
ont même complètement cessé.
Selon un ancien manager, il se doutait
qu'il s'était passé quelque chose.
Il a même avoué que ceux-ci priaient pour qu'il soit mort
et il souhaitait qu'il soit décédé.
Par contre, même s'il semblait absent,
Leroux continuait de se diversifier
et donnait des tâches entièrement nouvelles
à ses employés des Philippines dans des secteurs
d'activités assez nouveaux pour eux,
qui n'étaient pas habitués à gérer.
Par exemple, il y a un ami de Oz
qui avait été mis en charge d'une entreprise
d'exploitation forestière
en République démocratique du Congo.
Comme on vous dit, il avait un faux passeport
à son identité au Congo.
Il se diversifiait
dans toutes sortes d'activités.
Un autre employé Israélien-Philippin
avait été chargé
de mener une opération complexe
pour se procurer de l'or
directement auprès des mines africaines.
D'autres encore étaient embauchés
pour garder les maisons que Leroux possédait à Hong Kong.
Leroux, justement,
dans son style de gestion,
faisait rapidement confiance aux gens
et donnait beaucoup de responsabilités.
Il ne fallait pas que tu te plantes,
mais souvent il te lançait
une tâche, même sans se soucier
si tu avais de l'expertise là-dedans
ou quoi que ce soit, puis les gens se démenaient,
mais il arrivait aussi.
C'est vrai que ça doit être assez drôle,
tu es engagé pour travailler dans un centre d'appel,
tu te mets à gérer
du trafic d'or
ou des industries forestières.
Je me mets dans la tête encore
des employés, ça doit être assez particulier,
mais encore une fois, il les payait bien.
On sait aux Philippines,
tu n'as pas besoin de payer cher
pour que ça soit bien payé.
D'après moi, c'est aussi pour cette raison-là
que tout se passait quand même bien.
Le point de l'or,
quand on en parlait, moi et Seb,
quand on recherchait sur cette histoire-là,
on se disait qu'on aurait pu faire une saison entière
sauf qu'il y a certains dossiers
qu'on va vous parler
un petit peu moins qu'on aurait voulu.
Dans le cas de l'or,
c'est qu'il semblerait que c'est plus facile
de blanchir de l'or
que de l'argent, donc il y avait tout intérêt à faire ça.
Le milieu des mines
au Congo, entre autres et ailleurs,
c'est quand même assez corrompu.
Une fois que tu as l'or
dans ta possession, tu peux la détruire,
tu peux la faire refondre, tu peux faire autre chose avec ça,
tu peux la revendre d'une certaine façon,
c'est moins tracé, tu peux la faire disparaître
plus facilement.
Donc, il y a une de ces grandes couvertures
à Paul Leroux, au niveau de sa fortune,
c'était de changer l'argent en or d'une certaine façon.
Il n'y avait pas le choix d'être dans le monde
de l'exploitation forestière,
d'exploitation minière, tout ça pour réussir
à cacher un peu sa fortune.
Le 20 août 2009,
une importante cargaison d'armes
illégales a été saisie
sur un navire au large de Marie-Vélez,
une ville portuaire dans la province de Batane
à trois heures à l'ouest
de Manille, aux Philippines.
Un pêcheur local avait alerté les douaniers
qu'un cargo suspect s'était ancré le près
de la côte. Lorsque trois
officiers du PAS se sont rendus à bord du navire,
ils ont constaté qu'ils n'avaient pas de drapeau
national, bien que le mot Panama
ait été peint sur sa coque.
Ils sont montés à bord du navire et ont
interrogé le capitaine, un Sud-Africain
du nom de Lawrence John Byrne.
Il disait provenir du Congo.
Un officier a remarqué 20 grandes
caisses en bois non identifiées
sur le pont. Lorsque Byrne n'a pas été
en mesure de déclarer le contenu des boîtes,
l'officier a appelé ses supérieurs
et là, une équipe d'agents des douanes
est arrivée à bord avec les renforts
de la Police nationale des Philippines et
des gares de côte. Dans trois des caisses,
ils ont trouvé 54 fusils
d'assaut. Une quatrième contenait
45 baïonnettes, qui est une arme blanche
conçue pour s'adapter sur le canon
d'un fusil, et 120 chargeurs
d'armes à feu vides. Donc il y avait du stock là-dedans.
Par contre, au moins 16
caisses d'armes avaient déjà été
déchargées et récupérées par d'autres
petits bateaux avant que les autorités
n'arrivent. Parce qu'on sait souvent, ils vont faire une diversion
puis le reste de la cargaison va partir
ailleurs. Cette année-là, c'était une
année électorale aux Philippines et les
autorités craignaient que l'afflux d'armes à feu
n'annonce en fait
une vague de terrorisme politique.
Certains pensaient que ces armes étaient destinées
à des groupes rebelles opérant dans le
sud du pays, y compris les militants
Dabu Sayaf, un groupe terroriste
lié à l'époque al-Qaeda.
Finalement, les armes étaient plutôt destinées
à un marchand d'armes à Manille
appelé Red White and Blue Arms
Incorporated. Tout ça était
illégal bien sûr, mais ce qui est étrange
c'est que selon des documents classifiés
de l'ambassade des États-Unis à Jakarta
publié par Wikileaks, la vente
d'armes à feu avait été approuvée
par le ministère indonésien de la défense
car au départ, la finalité du voyage
ça devait être l'Indonésie.
Donc dans cette histoire aussi, quatre
témoins gênants ont étrangement
disparu. Un certain Jones,
qui a aidé le Roux entre 2007 et 2011
pour toutes les activités en dehors
du monde pharmaceutique,
avait lui aussi très peur de mourir s'il
quittait l'organisation. Il l'a ainsi
aidé à développer pendant quatre ans
des entreprises dans l'exploitation forestière
l'extraction de métaux précieux,
entre autres l'or, mais aussi des
transactions foncières, du transport
de cocaïne et du trafic d'armes.
Donc toutes ces activités étaient réparties
sur des dizaines de sociétés écrans
enregistrés dans le monde, bien
organisées encore une fois. Ce qui est
particulier, c'est que même après tout ce temps,
personne ne sait exactement comment
le Roux s'était impliqué dans le marché des
armes, sauf le fait que ces organisations
illégales étaient composées d'ex-soldats
et de mercenaires comme le fameux Joseph
Hunter ou Dave Smith,
qui sont eux originaires de la Grande-Bretagne.
Le Roux avait embauché Smith
quelques temps avant 2008 et était devenu
son adjoint, chargé de coordonner les
expéditions d'or à travers l'Afrique
ou d'organiser le meurtre
des meurtres de personnes gênantes.
C'est Smith qui, en 2009,
s'est tenu au-dessus de Moran Oz
flottant dans les eaux au large de Subic Bay
et qui l'a menacé de le tuer avec
les requins. Il faut aussi préciser que
Smith a été tué lui aussi par
des employés de le Roux car celui-ci
avait commencé à voler de l'or, même
de l'argent et de la cocaïne. Il a été
mis dans une tombe, encore en vie,
et criblé de balles.
Et ensuite, c'est Joseph Hunter
qui a témoigné de cet événement.
Oui, parce que sinon, il n'y avait aucune
trace de lui ou quoi que ce soit.
Parce que lui, il disait qu'il n'était pas assez bien payé.
C'est ce qui avait motivé
son vol, mais
connaissant le Roux qui surveillait
tout, ça a été automatique.
C'était une petite tombe, ça a l'air.
En plus, il n'était pas profond,
ils l'ont jeté dedans et
ils ont tout dit ce qu'il
n'a fait de pas correct, mais il n'a pas eu
la chance de s'expliquer ou quoi que ce soit.
Ils l'ont descendu.
Les politiques arrachent dans les entreprises
de Paul le Roux, complets de salarial
et enterré vivant.
Oui, exactement. Début 2012,
les autorités américaines commencent à se rapprocher
des opérations de le Roux. Ce printemps-là,
il a échangé son refuge aux
Philippines contre une nouvelle base à Rio
de Janeiro. Le Roux semblait voir le
Brésil comme une porte de sortie vers un nouveau
départ. Peu de temps après son arrivée,
il s'est mis à générer de nouvelles affaires
là-bas. Le premier dossier concernait
un bateau transportant 120 millions
de dollars de cocaïne provenant du
Pérou vers un acheteur de l'autre côté
du Pacifique. Alors qu'il finalisait
les préparatifs pour l'expédition,
une autre offre lucrative s'est présentée.
Un associé de confiance de le Roux l'a contacté
pour lui dire qu'il avait rencontré un
représentant d'un cartel Colombien qui voulait
mettre sur pied une opération de
métamphétamines à grande échelle au Libéria.
Le 11 mai, l'associé de le Roux s'est rendu
à Rio pour une réunion. Les Colombiens
voulaient des précurseurs chimiques, une
installation et un chimiste évidemment pour
fabriquer la métamphétamine.
En échange desquels, il approvisionnerait
le Roux en cocaïne. Les Colombiens
ont demandé un échantillon du produit
que le Roux pourrait les aider à créer.
Une semaine plus tard, il a donné à
l'associé son numéro de compte bancaire
et les Colombiens ont effectué le paiement
pour un échantillon de 24 grammes de
métamphétamine. Le Roux a envoyé
l'échantillon au Libéria et a fourni un
numéro de suivi, comme tout paquet
qu'on poste.
Les Colombiens ont testé la
métamphétamine et ont constaté qu'elle était
presque pure à 100%. Il était alors
prêt à faire de la business avec lui.
100 kilos de métamphétamine pour 100 kilos
de cocaïne. Me semble que, pas le plus
grand spécialiste, mais me semble que
de la coke, ça vaut plus cher que des
métamphétamines, mais peut-être que celle
est pure. C'est là qu'on dirait que
j'avais l'impression qu'il y avait
une arnaque, mais me semble que ce n'est pas un
équivalent. Je ne sais pas s'il y en a
qui travaillent peut-être dans la police
ou dans le droit, qui ont peut-être une idée
plus juste. Mais là-dessus,
j'étais embêté sur l'équivalence
des deux. Peut-être que parce que les
métamphétamines, c'était facile à avoir et de la
coke plus dure. Il y a peut-être une échange
qui va au-delà de la valeur.
Oui, il y en a une qui est synthétique.
Oui, tu as raison.
Bonne question. Moi non plus.
Ni une ni l'autre n'est une
drogue que je consomme. Non, c'est ça.
Tout ce qui était nécessaire pour conclure l'accord
était que Leroux se rende au Libéria
et rencontre le représentant du cartel.
Il a pris un vol commercial vers
Mont-Rovia, qui est la capitale
libérienne, et a atterri le 25
septembre 2012. Comme c'était
souvent le cas avec Leroux et ses entreprises,
l'échange était un plan audacieux
presque trop exagéré dans sa complexité.
Mais cette fois, Leroux n'était pas
celui qui tirait les visselles.
Le lendemain de son arrivée,
le 26 septembre 2012,
Paul Calder Leroux est arrêté
au Libéria en Afrique de l'Ouest par
la DIA et les autorités locales.
La DIA avait réussi à lui tendre
un piège via un des bras droits de Leroux,
Robert McGowan,
qui travaillait pour lui quand même depuis 2008
et à l'origine l'avait aidé pour
ses entreprises forestières. C'était à la base,
c'est comme ça qu'il l'avait embauché.
Le lendemain de son arrivée en sol américain,
Leroux a signé un accord
acceptant de plaider coupable à ses deux
chefs d'accusation, soit trafic de drogue
et piratage informatique, en échange
de l'humilité contre des poursuites
pour tout autre crime qu'il pourrait admettre.
Malgré ça, il demeurait
emprisonné aux États-Unis et depuis son
arrestation, il travaillait avec la DIA,
les aidant à arrêter des tueurs à gages
ou des trafiquants qui ont été souvent ces anciens
associés, donc il est devenu un informateur
pour les autorités depuis 2012.
Puis comme on vous a beaucoup parlé dans le premier épisode,
toute l'information concernant
Leroux de l'enquête, même pour le
de Joseph Hunter, il n'y a rien qui sortait
des autorités, il n'y a jamais
rien qui a été sorti. Tout ça est tout de même
un peu nibuleux, on ne sait pas à quoi
qu'il les a aidés. Il n'y a aucune réponse
pour ça, mais selon moi,
il a dû collaborer pour vrai,
il a dû vraiment les aider.
La tonne d'informations que ce gars-là
peut révéler aux autorités
dans le monde, du trafic d'armes,
du trafic de drogue, d'exploitation
minière, même illégale, tout ça,
c'est quelqu'un qui en connaît beaucoup, je pense.
C'était vraiment un beau roue de travail,
il y a un de Oz qui travaillait
18 à 19 heures par jour, selon lui.
C'était vraiment qu'il n'arrêtait jamais
7 jours sur 7 sans arrêt.
Bref, comme Emile vous le disait en début
d'épisode, le 12 juin 2020,
donc trois semaines environ
avant l'enregistrement de ça,
malgré l'immunité qui a été promise,
il a été condamné à
25 ans de prison sur une multitude de charges
contre lui, y compris justement
trafic de drogue, piratage informatique et blanchiment
d'argent. Il fait face aussi également
à des accusations supplémentaires aux Philippines
pour le meurtre d'au moins
7 personnes, dont Catherine,
la courtière immobilière qu'on vous a parlé
dans le premier épisode. D'après moi,
il ne sortira pas de prison avant de mourir.
Donc c'est un peu comme ça
que son histoire s'est terminée.
Un peu comme Emile le disait,
évidemment, il y a
tout le côté
de son cartel et tout ça,
on n'a pas pu tout vous
mentionner parce qu'il y a énormément de
détails, puis je vais vous en donner un
peu tout à l'heure, mais
dans le fond, l'ADI
attendait juste ça, de pouvoir
le coincer. Il s'est fait vraiment
prendre à son propre jeu d'une certaine
manière. Ils ont sûrement
dû retenir un peu les informations
qui leur étaient utiles pour
eux, l'ADI, mais par
la suite, tous les dossiers de meurtre
de ces trucs-là, ça touche moins l'ADI
et ça, donc ils
ont dû avoir un stratagème quand même, parce que je trouve
qu'ils ont été quand même brillants
dans leur décision, parce que
ils ont sûrement acquis de l'information quand même
pertinente, puis le gars, quand même 25 ans
de prison, vous allez me dire, il y a des meurtres d'impliqués,
c'est pas tant que ça, ça pourrait être prison
à vie, mais il y a des chances
que ça se retrouve
longtemps, qu'il passe beaucoup de
temps de prison et qu'il en sorte jamais vivant.
On sait aussi ce qui attend un peu
ce type de personne-là
en prison, mais jusqu'à date, on a vu un
pattern, tu vas me dire, Paul Leroux
n'était pas du Dark Web, mais on a vu un peu
un pattern de suicide
ou de meurtre, de morts étranges
dans les prisons de gens
qui ont eu, qui ont possédé
des sites sur le Dark Web,
des gros sites transactionnels comme ça,
donc je sais peut-être que c'est aussi ce qui attend Leroux,
un genre de morts étranges
inexpliqués en prison.
Oui, effectivement, parce que, oui,
je sais pas où est-ce qu'il est emprisonné, c'était comme pas révélé,
je sais pas si justement pour
sa sécurité ou quoi que ce soit, parce que
justement, il est
informateur, donc selon moi,
ils doivent protéger le maximum d'informations
pour pas qu'il se fasse tuer en prison.
Mais c'est, enfin,
où est-ce qu'il y a eu? Parce que l'ADI,
avant qu'il déménage au Brésil,
il avait sa trace, mais quand il a déménagé
au Brésil, l'ADI avait peur
de faire avorter
l'enquête, mais les autorités brésiliennes
ont été hyper collaboratives
dès le départ, il a été mis sous écoute,
il a été suivi, donc c'est tout ça,
tout ça s'est déroulé assez rapidement,
mais pendant des années,
silence radio,
lui, il faisait ses trucs sans
trop se soucier. Puis même, je pourrais vous dire
qu'en 2008, puis ça fait longtemps,
je veux dire, dans tout ça,
il avait eu peur de se faire prendre et il avait
même fait fabriquer un faux
certificat de mort.
Oui, au cas où, puis même sur
la raison de la mort,
il y avait spécifié qu'il fallait qu'il y ait été criblé
de bain. J'ai trouvé ça
drôle, j'ai trouvé ça drôle, dans le sens que
il prévoyait mourir comme ça. Oui, c'est ça, je trouvais ça
un peu ironique d'une certaine manière,
donc c'était assez particulier.
Autre chose que je pourrais vous dire,
la DIA, comme on vous dit, n'a jamais voulu donner
d'infos, même Aratliff, qui a écrit
le livre, lui, il a essayé souvent
d'avoir des détails, jamais, la seule chose
qu'ils ont dit, c'est que c'était de loin
le trafiquant de drogue le plus intelligent
qu'ils ont eu à faire affaire.
Autre chose, ce qui a mené aussi
à l'enquête pour les médicaments
et tout ça, et même le
blocage du soma, c'est que
comme vous le savez, peut-être sûrement aux États-Unis
il y a eu une crise des opiacés,
même à partir de 2007, ça s'appelait
Opération Baywatch, et c'est un peu comme
ça qu'ils ont trouvé, je pense que c'était une pharmacie de Chicago
qui était dans le réseau de RX-Limited
et ils ont vraiment remonté des
ramifications, mais de ce que je comprends,
il est, indirectement, il est
responsable d'une partie de la
crise des opiacés. Oui, oui, oui,
c'est fou ça, tu sais, c'est
comment qu'une seule personne par le réseau
qui est créé, engendrer
cette crise-là, les gens en
meurent, c'est fou.
Oui, il ne semblait pas vendre
de fentanyl à la mort, mais
je suis sûr qu'il y en a qui devaient prendre ces
médicaments-là et tourner ça en d'autres
formes. Oui, oui, c'est sûr que oui,
je suis convaincu, je ne suis pas chimiste, mais
bref, c'est
fascinant, en fait c'est l'histoire, je pense
que c'est le cas qui me l'a plus fasciné.
Si vous voulez plus de détails, il est en anglais,
le livre de Ratcliffe,
vous pouvez vous le procurer.
On va le nommer, ça s'appelle de Mastermind,
de l'auteur, c'est Ivan Ratcliffe.
Vraiment, il a fait un super
beau loup, évidemment, nous,
on a lu son livre, on s'est
renseigné ailleurs, pardon aussi,
mais étant donné que ce n'est pas un cas qui a été énormément
couvert par les médias traditionnels,
Ivan a vraiment fait
un travail d'enquête, vraiment
approfondi. Nous, on est des raconteurs ici,
non, on ne fait pas un niveau d'enquête que lui a fait,
mais lui, il est allé parler à des proches de Leroux
et des gens qui ont travaillé pour lui, et même,
c'est ce qu'on se disait hors d'onde,
avant d'enregistrer, ce gars-là,
qui est un journaliste pour Wired, entre autres,
a risqué sa vie dans cette
enquête-là, c'est quand même,
je veux dire, Leroux a tué des gens pour moins que ça,
puis ce gars-là expose des détails
quand même, pas tant que ça sur sa vie privée,
mais un peu, puis des faits
qui sont quand même assez accablants à son endroit,
avec des témoignages, tout ça, donc,
si j'étais Ivan Ratliff, on dirait que j'aurais
tendance à regarder derrière moi
assez souvent. Oui, j'avais pas pensé
quand tu me dis ça,
sur le fait qu'il pouvait craindre pour sa vie,
puis c'est vrai, parce qu'il y a tellement
récolté de témoignages de
personnes, il y a plusieurs personnes qui n'ont pas voulu
être renommées, mais il y en a qui ont voulu l'être,
sans problème, donc,
effectivement, mais j'ai quand même l'impression que
il doit se tenir tranquille,
j'ose croire. On lui
a lancé un appel en passant à Ivan
pour tenter, on se disait peut-être qu'on
pourrait faire une interview avec lui, un épisode bonus,
quelque chose comme ça, donc, on vous revient
si ça débouche à quelque part, mais on voulait
lui donner un gros shout-out pour son travail,
son livre, c'est de Mastermind, c'est passionnant,
puis d'ailleurs, il risque d'avoir une
production cinématographique adaptée
sur la vie de Paul Leroux. Oui,
absolument, il y a le réalisateur-scénariste
Michael Mann, qui, entre autres,
écrit dans les années 80, Miami Vice,
même la nouvelle Mouture,
puis il a fait plein plein d'autres choses,
d'Aviator, etc. Lui, il a acheté
les droits en 2016 d'un autre livre
qui a été fait sur Paul Leroux,
qui a été fait par Ellen Shannon.
J'ai écouté plusieurs entrevues avec
elle aussi, elle aussi, elle a fait
un travail excellent, le livre,
c'est Haunting Leroux, je l'ai pas lu
évidemment, mais elle a fait
un excellent travail, donc ils ont racheté les droits.
En 2019, on a vu des nouvelles
là-dessus, mais il n'y a pas de date de sortie
officielle, puis j'imagine qu'avec la Covid
et tout ça, ça a dû retarder
le déploiement, peut-être quasiment
leur avantage, dans le sens qu'avec les nouveaux
développements, ils ont peut-être pu intégrer ça,
mais honnêtement, j'ai hâte de voir
une sorte de docu-fiction là-dessus,
ou un film, une fiction basée
sur le livre, c'est sûr, ça va être super intéressant.
Moi, j'aime toujours ça, des
biopics comme ça, puis justement,
c'est tellement riche en scénarios
de films que je peux pas croire que ça
pourra pas être bon.
Donc, ça fait pas mal le tour
de l'histoire de Paul Leroux,
c'était tout qu'un cas que j'aimais
vraiment plonger là-dedans.
Ah, c'est clair. C'est longtemps qu'on
en parlait, mais on ne savait pas trop comment
aborder le sujet non plus,
parce que c'est tellement une grosse histoire.
Je pense que le fait de l'avoir divisé
en deux parties aussi, ça a permis un peu
de séparer les différents sujets,
puis, dans le même temps, de ne pas trop
vous garocher des choses
de l'information pour vous remplir le cerveau,
donc ça a espacé un petit peu
la chronologie des événements, même si c'est quelque chose
qui est arrivé dans un délai quand même relativement court,
on parle d'une dizaine d'années environ,
mais qui se poursuit encore aujourd'hui,
donc ça va être à surveiller.
Aussi, on a enregistré
un after-show, parce qu'un élément
qu'on a volontairement omis
de ces deux épisodes, c'est le fait que Leroux
a été, on le soupçonne
d'être à l'origine du Bitcoin.
Oui, d'être créateur. Oui,
de la crypto-monnaie, donc c'est un sujet
qui est très intéressant. On va enregistrer
un after-show à propos de ça pour nos
abonnés Patreon, nos abonnés au forfait Oui Monsieur.
Donc, ces gens-là, évidemment,
ils ont les épisodes en avance, tout ça, mais
ils ont du contenu exclusif aussi.
Donc, ils ont les droits aux after-shows
qu'on enregistre, et aussi, parce que
là, on arrive déjà en fin de saison, mon cher
Seb, il nous reste un épisode à
cette saison régulier. On vous a fait voter
les distordus via notre groupe de discussion
sur Facebook. Vous avez voté, je pense,
environ 500 votes pour
Anonymous. Donc, le dernier épisode
de notre saison actuelle, de notre saison 6
sera sur le groupe des
Anonymous. Donc, laissez-nous un petit peu
de temps pour terminer cette
la recherche et tout ça. On va vous
présenter ça d'ici une semaine ou deux
environ. Ça va être très intéressant.
Mais les abonnés Oui Monsieur sur
Patreon, eux, ils ont droit à un épisode
secret qui va sortir un petit peu plus
tard cet été. Donc, ça risque d'être
intéressant. Mais sinon, on arrive déjà bientôt
à la fin de la saison. Donc, une saison un peu
perturbée avec le confinement, ça fait
en sorte qu'on a pris un peu de retard, alors
qu'on avait de l'avance comme jamais dans notre
saison. On avait plus de plus de toute
la moitié de notre première
saison, la première moitié qui était enregistrée.
Donc, ça allait bien les sorties, tout ça.
Avec André aussi, on veut remercier André
qui nous a aidé à monter cette saison-là.
Puis, merci à
votre patience, en fait. Merci aux
distordus et à votre patience
de nous avoir, d'avoir accepté
un peu les petites pauses qu'on a prises pour reprendre
un peu le rythme d'enregistrement pendant
cette pandémie. Mais là,
on est en feu et on va terminer
ça en beauté. Donc, dites-nous
ce que vous en pensez. Est-ce que vous avez aimé
l'histoire de Paul Leroux? Est-ce que vous avez aimé
le fait qu'on a fait l'épisode
divisé en deux? Dites-nous ça.
On est partout sur les réseaux sociaux, sur
Facebook, YouTube, Instagram,
Twitter, Distorsion Podcasts
ou encore sur Twitter, c'est Distorsion Pod.
Vous pouvez nous dire ce que vous en pensez
et même nous suggérer des
idées d'épisodes. Oui, parce qu'on va
revenir. Oui, bien sûr.
Et merci encore à vous, les Distorsion Podcasts.
On vous aime. Et pour terminer, Seb,
aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?
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