đŸŽ™ïž#146 - Le plus grand vol de sirop d’Ă©rable

Épisode

đŸŽ™ïž#146 - Le plus grand vol de sirop d’Ă©rable

Épisode
146
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1 h 02 min
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Audio

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Un entrepĂŽt, des barils remplis d’eau Ă  la place de sirop, et des traces numĂ©riques laissĂ©es derriĂšre. Le plus doux des trĂ©sors devient le cƓur d’un vol digne d’un film.

Entre 2011 et 2012, au cƓur d’un entrepĂŽt de Saint-Louis-de-Blandford, quelqu’un parvient Ă  faire disparaĂźtre prĂšs de 10 000 barils de sirop d’érable, pour une valeur de plus de 18 millions de dollars. Ce n’est ni un braquage spectaculaire ni l’attaque d’un camion blindĂ©, mais une disparition patiente et presque silencieuse, rĂ©vĂ©lĂ©e lors d’un inventaire oĂč des fĂ»ts sonnent creux.

L’« or blond » du QuĂ©bec se retrouve soudainement au centre d’une affaire qui fera le tour du monde. Comment vole-t-on autant de sirop sans se faire prendre ? On suit les traces d’un ballet de chariots Ă©lĂ©vateurs, de scellĂ©s brisĂ©s et de barils parfois remplis d’eau, mais aussi les traces numĂ©riques de notre Ă©poque : locations d’équipement, itinĂ©raires de transport, Ă©changes discrets qui laissent une empreinte. L’enquĂȘte, baptisĂ©e OpĂ©ration Luisance, met au jour les failles d’un systĂšme censĂ© protĂ©ger une rĂ©serve stratĂ©gique et rĂ©vĂšle une filiĂšre prĂȘte Ă  tout pour faire couler le sirop dans l’ombre. On vous amĂšne au cƓur d’un cas aussi mĂ©thodique que sucrĂ©.

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent ĂȘtre inexacts.

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Vous ĂȘtes sur le point d'Ă©couter Distorsion, un podcast sur un vol spectaculaire de sirop

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d'érable dans la province du Québec au Canada. Des individus ont dérobé une trÚs grande

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quantité de ce produit national dans un dépÎt situé prÚs de la ville de Trois-RiviÚres.

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Le montant du butin est estimé à prÚs de 25 millions d'euros. La police est toujours

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à la recherche des malfaiteurs. Des histoires étranges de l'Úre numérique.

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Entre 2011 et 2012, un des cambriolages les plus étonnants du siÚcle a lieu. Non pas

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dans une banque, ni un camion blindé, mais bien dans une réserve de sirop d'érable

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au Québec. PrÚs de 10 000 barils s'utilisaient tranquillement pendant des mois dans un

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entrepĂŽt de Saint-Louis-de-Blenford, totalisant une valeur de plus de 18 millions

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de dollars. Un vol digne des plus grands films d'Hollywood qui a propulsé l'or

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du Québec sur la scÚne internationale. Pour toutes les mauvaises raisons. Mais comment ont-ils fait

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leur coup? Suivez-nous au cƓur de cette histoire incroyable. SĂ©bastien LĂ©vesque,

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comment ça va aujourd'hui? Ça va bien et toi, Emile Gauthier? Ça va trùs bien, trùs bien.

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On est d'aplomb dans notre saison 11. J'espÚre que jusqu'à là, vous appréciez. Et aujourd'hui,

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on s'attaque à une histoire délicieuse, si je peux me permettre. Oui, une histoire,

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on pourrait pas ĂȘtre plus quĂ©bĂ©cois qu'aujourd'hui, je pense. C'est vrai, exact. Clin d'Ɠil Ă  nos auditeurs,

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aux auditrices européens qui, je crois, aiment bien avoir un peu de saveurs québécoises,

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parfois dans nos histoires. C'est spécial un peu parce qu'on parle ici d'un gros vol de

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sirop d'érable. On parle pas d'aller voler des cannes au supermarché. Non, non, exact.

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On parle de gigantesques barils, de centaines, de milliers de barils qui ont été volés.

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C'est survenu dans les annĂ©es 2010, mais je ne sais pas, toi Seb, on dirait au moment oĂč

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c'est survenu, c'était presque juste avant qu'on commence distortion, on n'en entendait

[02:30]

pas beaucoup parler de cette histoire-lĂ . Non, moi, j'avais un souvenir, mais trĂšs,

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trĂšs, trĂšs vague, on dirait. Pourtant, j'ai toujours Ă©tĂ©, mĂȘme Ă  cette Ă©poque-lĂ ,

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un addict des nouvelles. Mais non, on dirait que ça m'avait Ă©chappĂ©. J'Ă©tais peut-ĂȘtre un

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peu plus jeune et moins conscient de tout ça, mais je me rappelle que ça avait quand mĂȘme,

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ça se discutait un peu partout parce que c'est tellement improbable, ce genre de vol.

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Mais on dirait qu'il a fallu que, justement, Netflix inclut cette histoire-lĂ  dans,

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je crois, sa série, c'était Dirty Money. Ils ont inclus cette histoire-là de vol de

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sirop d'érable dans leur série documentaire. Mais avant ça, moi, j'avais pas idée de

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l'ampleur. On savait que ça avait été volé, mais on n'avait pas vu tant que ça d'images,

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de mise en scĂšne et autres. Vous allez voir, c'est spectaculaire. Mais clairement,

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les gens qui ont orchestré ce vol-là n'écoutaient pas Distortion. C'est normal,

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on ne peut pas les plaindre. Distortion n'existait pas à l'époque. Mais on voit qu'il y a eu une

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grande part d'intelligence mise, je pense, sur la logistique du vol et trĂšs peu d'intelligence

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mise dans le but de dissimuler des preuves numériques. Donc, vous allez voir, c'est

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cocasse en mĂȘme temps, dramatique, mais dans tous les cas spectaculaire. Donc, restez avec nous,

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ça va ĂȘtre toute une histoire. Et puis, en after-show pour nos abonnĂ©s Patreon,

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j'ai une autre histoire savoureuse. Seb, on est dans la bouffe, on est dans les vols.

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On va parler des vols de tableaux, des grands vols d'Ɠuvres d'art, des restaurants Taco Bell.

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Étais-tu au courant de cette histoire-lĂ ? Non, avant que tu m'en parles, j'Ă©tais pas du

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tout au courant. Vous allez voir, ça aussi, c'est une histoire vraiment savoureuse. J'espÚre

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qu'il ne vous donnera pas mal au ventre comme Taco Bell. Mais bon, je ne vous en dis pas trop,

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mais au courant des annĂ©es 2010 mĂȘme, jusque dans les annĂ©es 2020, les gens ont commencĂ© Ă 

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repérer des tableaux sur eBay qui ont été volés dans des Taco Bell, se vendent des dizaines de

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milliers de dollars. C'est vraiment incroyable. Donc, est-ce qu'il y a eu des vols perpétrés

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au fil du temps dans les restaurants? Est-ce qu'il y a eu un restaurant qui a été volé à

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plusieurs reprises? Est-ce qu'il y a vraiment eu des vols? Est-ce que tout ça,

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c'est un stunt marketing? Bref, il y a plein de mystĂšres autour de cette histoire-lĂ . Je pensais

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jamais parler de Taco Bell Ă  distorsion, mais vous allez voir en After Show sur Patreon tout

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de suite aprĂšs. Ça va ĂȘtre encore une fois une histoire dĂ©licieuse, si je peux me permettre.

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Restez avec nous tout le monde, mais pour passer au travers de tout ça,

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qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui Seb? Oui, on boit une biĂšre de l'archibale de la

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Easy Pale Ale 4.6%. Une petite pĂȘle ale amĂ©ricaine trouble Ă  la robe jaune paille.

[05:11]

Et cette biĂšre a une petite taille bio de 40 seulement. Elle est trĂšs trĂšs bonne

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pour une pĂȘle ale amĂ©ricaine. C'est des houblons Eldorado et Azacar. Et elle nous a Ă©tĂ© offerte

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par Stéphanie de Sauchon-Girard qui nous a fait un don sur le site de distorsionpodcast.com.

[05:27]

Il nous a offert une tournée de biÚre. Donc, merci à toi Stéphanie. Et si vous voulez

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faire comme elle les remplit dans le fridge, n'hésitez pas. On veut aussi donner un gros

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shout-out à Qwerty1234 pour une review 5 étoiles sur Apple Podcasts. Ben oui,

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on a encore des reviews 5 Ă©toiles. C'est gentil, guys, mĂȘme aprĂšs toutes ces annĂ©es.

[05:46]

Elle nous dit, ou il nous dit, super podcast, recherche, super approfondie,

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surtout pas de blabla pendant 10 minutes juste avant. La voix, les sujets, juste wow! Merci.

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Yes, ben merci Ă  toi Qwerty1234. Oui, j'aime ton nom. Et justement,

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afin d'ĂȘtre
 comment dire
 d'ĂȘtre plus tight sur le blabla, je pense qu'on est prĂȘt

[06:07]

tranquillement à se lancer dans l'épisode d'aujourd'hui Seb, parce qu'on a beaucoup de

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stock Ă  couvrir. Est-ce qu'on est prĂȘt Ă  se lancer dans le grand vol de sirop d'Ă©rable du QuĂ©bec?

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Oui, mais dis-moi Emile, t'as rendu compte à quel point on est connecté tout le temps,

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que ce soit pour travailler, se divertir ou mĂȘme juste pour discuter avec nos proches.

[06:28]

Carrément Seb, pis tout cela, ça fait encore plus de raisons de protéger nos

[06:33]

données quand on est en ligne. Oh oui! Avec NordVPN, tu peux naviguer en toute tranquillité,

[06:39]

en un seul clic, tes données sont protégées grùce à un cryptage avancé. Et en plus,

[06:45]

tu peux accĂ©der Ă  des contenus exclusifs du monde entier, peu importe oĂč tu es,

[06:50]

comme à la maison. C'est vraiment l'outil idéal que tu sois sur un Wi-Fi public ou chez toi.

[06:56]

Puis en plus, NordVPN, c'est le champion commanditaire des podcasts, donc ils sont

[07:01]

tellement cool! Ah oui, mais en parlant d'idéal, Emile, il y a une offre spéciale

[07:07]

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[07:11]

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sĂ©curitĂ©. Et maintenant Seb, est-ce qu'on est prĂȘt Ă  plonger dans l'Ă©pisode troublable

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d'aujourd'hui? Oui, oui, oui! Allons-y! Seb, juste avant de commencer, je pense que

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tu nous avais sorti des petits chiffres pour nous mettre en bouche sur l'industrie du

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sirop d'érable parce qu'on en rit un peu. Les gens, les étrangers, imaginent que nous,

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les Québécois, on met du sirop d'érable sur tout, ce qui n'est pas faux. Non,

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exactement. Mais Ă  quelque part, c'est une vraie industrie qui fait vivre des vraies

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personnes. C'est gros l'industrie du sirop d'érable. Il y a de l'exportation partout

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dans le monde. Il y a des énormes marchés. Parle-nous en, tiens. Oui, c'est assez

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énorme. Puis là, on ne parle pas du sirop de poteaux, comme on dit souvent,

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du faux sirop d'érable. En 2025, le Québec représente 90 % de la production

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canadienne. C'est environ entre 63 % et 75 % de la production mondiale. On va reparler des

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chiffres dans l'épisode, mais ça varie évidemment d'une année à l'autre. Les autres

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provinces canadiennes, c'est l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et

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les États-Unis aussi, principalement le Vermont, le New York et le Maine,

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qui complùtent la production mondiale. Et les États-Unis, c'est 18 %. Nous,

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on a à peu prÚs tout le reste. Et le Québec exporte l'essentiel de sa production. C'est plus

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de 70 % qui est destinĂ© au marchĂ© Ă©tranger, incluant les États-Unis. Mais aprĂšs les États-Unis,

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surprenant, l'Allemagne qui achÚte notre sirop, le Royaume-Uni, la France, allÎ les Français,

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le Japon et l'Australie. C'est quand mĂȘme assez impressionnant et ça se vend dans plus

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de 70 pays dans le monde. Et actuellement, je disais que la croissance, elle augmente de

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prÚs de 50 % dans le monde, ce qui à chaque année, ce qui met énormément de pression sur

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la production en Amérique du Nord. Moi, je trouve que c'est une bonne nouvelle. Vous allez voir un

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peu, on va l'expliquer le fonctionnement de comment on gĂšre les inventaires pour contrĂŽler

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un peu le prix. On va en parler dans l'épisode. On dirait qu'en voyant ces chiffres-là, je

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comprends un peu pourquoi. Parce qu'un peu comme toute production agricole, il y a des années

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moins bonnes selon la météo et tout ça. Donc, c'est un peu pour rebalancer. Mais c'est

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en ci. C'est ça, la demande est tellement forte que c'est, moi je trouve que c'est une bonne

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nouvelle. C'est tellement un bon produit. C'est un sucre pour les sportifs, vous le savez

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peut-ĂȘtre dĂ©jĂ , mais c'est un meilleur sucre Ă  mettre dans vos boissons sportives parce

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qu'ils se gÚrent mieux au niveau du corps, ils se gÚrent bien et tout ça. Oui, plus que

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du sucre raffiné en poudre. Exact, ça contribue aussi à son succÚs. C'est un peu

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un petit topo sur le marché du sirop dans le monde. Oui, puis on va vous faire un petit

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topo politique aussi parce que ce vol-là est, sans se trop spoiler, est énormément

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lié au contexte géopolitique québécois. Oui, exact. Ceci dit, je nous plonge dans

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l'histoire maintenant, Seb. Nous sommes en juillet 2012 dans un entrepĂŽt industriel

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anonyme de Saint-Louis-de-Blanford au centre du QuĂ©bec. Un homme s'apprĂȘte

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à vivre un moment qui marquera l'histoire du crime québécois. L'inspecteur Michel

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Gauvreau, mandaté par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, la FPAQ,

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se présente pour effectuer l'inventaire annuel de la réserve stratégique de sirop d'érable,

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cette précieuse réserve qui représente 77% de la production mondiale de sirop d'érable.

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Ça existe, cette rĂ©serve-lĂ . C'est une rĂ©serve physique. Oui, oui. Il y a des barils

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lĂ -dedans. Mais ce qu'il s'apprĂȘte Ă  dĂ©couvrir dĂ©passe l'entendement. Alors

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qu'ils grimpent sur les barils pour vérifier leur contenu, ils s'attendent à sentir le poids

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familier de ces fûts de 600 livres gorgés de sirop. Seulement, voilà. L'inspecteur manque

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de tomber. Les barils sont complĂštement vides. Il y a de la misĂšre Ă  se tenir dessus. Le

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choc est immédiat. Mais comment est-ce possible ? Ces contenants métalliques blancs,

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non marqués et stockés dans cette installation louée depuis juillet 2011,

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sont censés contenir le trésor sucré du Québec. Mais rapidement, l'horrible vérité se révÚle.

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Certains barils contiennent de l'eau au lieu du précieux sirop. D'autres sont complÚtement

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vides. L'ampleur du désastre se dessine peu à peu et sur les 16 000 barils entreposés,

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environ 10 000 ont été vidés de leur contenu. C'est tellement beaucoup en sens que 16 000,

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mais ça, puis 10 000, c'est fou. C'est tellement beaucoup qui ont disparu.

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Ben oui. Là, vous vous demandez déjà comment ils ont pu remplir 10 000 barils

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d'eau, comment ils ont pu s'utiliser, comment on vole ça 10 000 barils. Je fais comment,

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moi, si je veux en voler un, comment je fais pour en voler 10 000 ? C'est surréal tout ça.

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Oui, oui, exact. Puis ce n'est pas juste pour tes crĂȘpes le matin pour ta famille.

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AprÚs ça, une fois que tu l'as, le matériel, il faut que tu en dispose.

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On va y revenir. Mais tout d'abord, pour vraiment comprendre l'ampleur du grand vol de sirop

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d'érable, il faut remonter à l'origine de la fédération des producteurs acéricoles du

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Québec, donc la FPAQ. On va en parler un peu. Créée en 1966 par un groupe de producteurs

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visionnaires, cette organisation n'était pas juste un regroupement syndical. Elle

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allait devenir le moteur qui structurerait toute l'industrie acéricole québécoise,

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un pilier à la fois économique et culturel. Quand on dit acéricole pour les gens qui sont

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moins familiers, c'est justement la production de sirop d'érable. Au départ, le marché de

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l'érable était complÚtement morcelé. Chaque producteur vendait sa récolte à sa façon,

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souvent par chance, et les prix variaient au gré de la météo ou de la quantité de sucre

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disponible. Dans ce chaos-lĂ , la FPAQ a pris en main l'organisation de la production et la

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commercialisation, offrant aux producteurs une voie collective et forte. Leur mission,

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assurer la qualité du sirop, protéger la stabilité économique des producteurs et faire

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rayonner ce produit unique à l'international. Avec le temps, la fédération est devenue bien

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plus qu'un simple syndicat. Affiliée à l'Union des producteurs agricoles du Québec,

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elle est devenue la gardienne d'un modÚle collectif unique. Les quotas trÚs précis,

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les normes strictes et le canal unique de distribution ont complÚtement transformé

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l'industrie. Chaque producteur devait vendre sa récolte à la fédération qui se chargeait

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ensuite de la distribuer et de la promouvoir. Résultat, le Québec contrÎle maintenant

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prÚs de 77% de la production mondiale de sirop d'érable, un véritable monopole qui

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donne à l'industrie un poids considérable sur la scÚne mondiale. Mais vous allez voir,

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c'est quand mĂȘme assez contestĂ©, ce monopole de vente. Au centre de tout cela se trouve une

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véritable caverne d'alibaba pour le sirop d'érable, répartie dans plusieurs entrepÎts

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clés, les plus célÚbres et les plus cruciaux étant situés à Saint-Louis de Blanford.

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Ces entrepÎts servent de réservoirs tampons permettant de stabiliser le

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marché mondial face aux changements climatiques et économiques, garantissant ainsi une offre

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constante, mĂȘme lors des saisons difficiles. GrĂące Ă  elles, le sirop d'Ă©rable quĂ©bĂ©cois est

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devenu un produit recherché et reconnu sur tous les continents, un symbole de fierté locale et

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d'expertise traditionnelle. Mais mĂȘme le systĂšme le plus rigoureux a ses failles. Les

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quotas et les rÚgles strictes, bien qu'essentielles pour maintenir l'équilibre du marché,

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génÚrent parfois des frustrations. Certains producteurs voient la fédération comme un

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reprendre. Et c'est dans ce terreau de tension et de ressentiment que le marché noir du sirop a

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fini par Ă©merger avec des protagonistes prĂȘts plus que jamais Ă  dĂ©fier l'autoritĂ© d'un quasi

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monopole. Donc tu sais, il y en a qui voient ça comme une bonne chose, c'est-à-dire ça

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stabilise le marché, on en garde en réserve pour les moins bonnes années, mais il y en a

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qui voient ça carrément comme une mafiole dans le sens que c'est un monopole, on n'a pas

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le choix de vendre juste Ă  eux, c'est juste eux qui peuvent vendre Ă  l'international. Donc

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il y en a qui voient ça vraiment un peu comme presque que c'était du crime organisé. Oui,

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oui, oui, une mafiole, bien un peu, si ça on disait c'est pas un syndicat, mais un peu avec ce

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mĂȘme genre de pouvoir-lĂ , mais je sais que des arabiennes indĂ©pendantes peuvent choisir de

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ne pas embarquer lĂ -dedans et vendre leurs propres produits eux-mĂȘmes. Par contre,

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je pense que c'est un choix aussi que tu fais, mais je pense que ça t'amÚne une

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stabilité aussi financiÚre, mais je suis assez d'accord là, c'est trÚs contesté. Cette

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double réalité, une organisation indispensable, mais contestée, est essentielle pour comprendre

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le contexte dans lequel le grand vol s'inscrit. La fédération représente à la fois le pouvoir

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collectif et le contrĂŽle sur l'industrie, mais aussi la cible de ceux qui aspirent Ă  plus de

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liberté économique. C'est en comprenant cette tension qu'il est possible de mesurer l'impact

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du crime, car il ne s'agit pas seulement de millions de dollars de sirop volé,

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il s'agit Ă©galement d'un affront portĂ© Ă  l'identitĂ© mĂȘme du QuĂ©bec, Ă  son savoir-faire et Ă  une

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industrie soigneusement protégée depuis plus de cinquante ans. L'année 2011 marque un tournant

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inédit pour l'industrie acéricole québécoise. Les érables font preuve d'une générosité

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exceptionnelle, offrant ainsi une récolte record qui dépasse toutes les attentes des

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producteurs et des gestionnaires du secteur. Ce surplus massif de sirop d'érable, bien qu'une

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revue, apporte des défis logistiques supplémentaires. La fédération doit alors trouver des nouveaux

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locaux afin d'y entreposer les surplus. Ils louent alors un entrepÎt situé à Saint-Louis de

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Blenford. Malgré la valeur inestimable des milliers de barils de sirop entreposés,

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la sécurité de l'entrepÎt est étonnamment minimale. Aucune caméra ne surveille les

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allées, laissant de vastes ondes sans aucun contrÎle visuel. Les portes et accÚs,

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bien qu'en apparence fermées à clé, ne sont soumis à aucun systÚme électronique sophistiqué.

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N'importe qui ayant la clé ou connaissant les lieux pouvait pénétrer dans le bùtiment sans

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problÚme. Le personnel présent sur place était dérisoire par rapport à l'ampleur du stock.

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Quelques employés seulement circulaient entre les rangées de barils, incapables de vérifier

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individuellement la masse de sirop entreposé. Les ronds étaient sporadiques et peu rigoureuses,

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offrant aux intrus un temps et un espace considĂ©rable pour agir sans ĂȘtre dĂ©tectĂ©. De plus,

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il n'y a qu'un seul gardien de sécurité sur place. Je comprends tout ça. Quand on regarde

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aprÚs coup, on se dit, non, mais il n'y avait pas assez de sécurité pour surveiller ce trésor

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national. Mais en mĂȘme temps, tu dis qui est-ce qui va rentrer lĂ -dedans? Je ne pense pas

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que ce soit écrit en gros sur le bùtiment, la réserve de sirop d'érable du Québec. C'est

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bien caché. Et voler ça, mon Dieu, c'est juste partir avec un baril, je ne sais pas comment je

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ferais. C'est lourd. Oui. Donc, partir avec 10 000, c'est encore plus difficile. Je ne pense

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pas qu'il était négligent, mais personne ne s'attendait à ça. Jamais personne n'avait

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calculé un acte comme ça. Non, exactement. Cette combinaison en fait alors une cible

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extrĂȘmement vulnĂ©rable, Emile. Chaque baril qui reprĂ©sente une valeur Ă©norme se trouve

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sans surveillance. En résumé, malgré son rÎle stratégique dans la réserve mondiale de sirop

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d'érable, l'entrepÎt de Saint-Louis de Blenford est en réalité une passerelle ouverte pour

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quiconque sait comment exploiter ses failles. Exactement. Comme si ce n'était pas suffisant,

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les procédés d'inventaire, bien que soutenus par des systÚmes informatiques

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sophistiqués, sont inadaptés face à la réalité matérielle. Les barils de sirop,

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fabriqués en métal blanc, non marqués et empilés par milliers, ne bénéficient que d'un contrÎle

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visuel et tactile une seule fois par an. L'absence d'un systÚme de traçabilité moderne,

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comme des codes QR, des traceurs GPS par exemple, ou mĂȘme des Ă©tiquettes RFID,

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ajoute un autre lot de faille dans l'entrepÎt. Une étiquette RFID,

[19:40]

ça utilise SAB des fréquences radio, c'est une petite puce électronique capable de

[19:44]

débloquer des informations et les transmettre sans fil sur les ondes radio lorsqu'elle est

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contactée ou interrogée par un lecteur RFID. C'est un peu comme un genre de code bar,

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un petit peu plus égoïde, mais il n'y avait pas ça non plus sur les barils.

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Non, exactement. C'est ça, je te dirais, dans le monde du retail,

[20:03]

c'est pas mal ça qui est utilisé, le Canadian Tire, Walmart, tout ça,

[20:07]

tout est étiqueté avec du RFID maintenant. Pendant ce temps, des tensions commencent

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également à émerger au sein du milieu acéricole. La rigidité du monopole fédéral,

[20:17]

avec son contrÎle strict, des quotas et ses sanctions sévÚres contre ceux qui s'en écartent,

[20:23]

suscitent un mécontentement croissant. Des producteurs rebelles se font alors le

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porte-parole de cette opposition, refusent ce qu'ils considÚrent comme un véritable régime

[20:32]

de terreur. Donc, il y a vraiment un climat de friction économique et culturelle qui

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devient rapidement un terreau idéal pour des complots, pour des conspirations,

[20:43]

pour ce qui deviendra plus tard un vol agricole et le plus spectaculaire de l'histoire du Québec.

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On va vous présenter tranquillement un peu les acteurs principaux. C'est tous des personnages

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assez originaux qu'on retrouve dans cette histoire-lĂ  parce qu'en fait, il y a vraiment

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une équipe trÚs organisée qu'on retrouve derriÚre cette opération-là. Chacun a des

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chances, c'est le résultat de repérage, de planification minutieuse et de coordination

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entre plusieurs personnes. On va parler d'un certain Richard ValliĂšre qui, lui,

[21:19]

est né en 1978. C'est, lui, le cerveau derriÚre le plan et le responsable de

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l'organisation du vol. Avant mĂȘme le premier Barry siphonnĂ©, Richard avait Ă©tudiĂ©

[21:30]

attentivement l'entrepĂŽt pendant plusieurs semaines. Il connaissait les horaires du

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personnel, les routines et les rondes du gardien de sécurité et les points faibles de l'entrepÎt

[21:40]

aussi. Sa connaissance des flux logistiques et des rouages internes de la Fédération lui

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permettait de prévoir les déplacements des Barrys et de choisir le meilleur moment pour

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les subtiliser. Richard, lui, en fait, ainsi que son pĂšre, c'est des producteurs assez

[21:57]

ricoles de génération en génération et eux sont parmi les frustrés du monopole de la

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Fédération. Ils ont tranquillement orchestré ce coup-là pour un peu se venger. Ce n'est pas

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trop qu'elle est l'idée derriÚre, mais de briser un peu ce monopole-là d'une certaine

[22:15]

façon. Donc, il m'y jette à ça depuis des années puis il a commencé vraiment à s'intéresser

[22:20]

à la réserve de la Fédération. Chaque nuit, il coordonne les actions de ses complices par

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téléphone et messages codés, s'assurant que personne ne se mette en travers du plan.

[22:31]

Selon ses aveux, l'opération lui a rapporté prÚs d'un million de dollars qu'on saura par la

[22:36]

suite. LĂ , on avance un peu dans le temps. Faites-vous en pas, on va revenir pour parler un

[22:41]

petit peu plus de l'organisation et tout ça. Son pÚre, Raymond, Raymond ValiÚre, né en

[22:47]

1954, joue un rÎle discret mais essentiel. Il fournissait les véhicules nécessaires,

[22:53]

des outils pour manipuler les Barrys et aidait à nettoyer les traces laissées derriÚre

[22:57]

eux. Sa présence assurait à Richard un soutien logistique complet. Il y en a un autre qui s'appelle

[23:04]

Havik Caron. Lui, il est né en 1974. Lui, il est marié à la propriétaire de l'entrepÎt.

[23:11]

Là, c'est intéressant de savoir. Dans le fond, Havik Caron est comme un peu copropriétaire.

[23:16]

Si je comprends bien, je ne sais pas s'il a juste sa femme ou s'il a lui aussi. Mais,

[23:22]

à quelque part, la fédération loue l'entrepÎt à ces deux-là. Il est là le lien. C'est le

[23:31]

propriétaire de l'entrepÎt. Il pouvait accéder à tous les Barrys à tout moment et c'est lui

[23:35]

qui effectuait le transfert physique du sirop vers leur lieu de leur cachate finalement. Et lĂ ,

[23:43]

sous une couverture de discrétion totale, les Barrys étaient siphonnés et remplis dans

[23:48]

des contenants plus petits pour faciliter leur transport. Havik connaissait chaque

[23:52]

recoin de l'entrepÎt et savait comment éviter les passages visibles dans les

[23:57]

caméras ou auprÚs des agents de sécurité. Lui a des frÚres, Terriac et Inuk Caron.

[24:03]

Ils ont également participé au plan. Terriac surveillait l'entrepÎt,

[24:07]

effectuait les rondes et effaçait les traces de transvidage des Barrys.

[24:12]

Au Nouveau-Brunswick, il y a un certain Etienne Saint-Pierre qui lui aussi joue

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un trĂšs grand rĂŽle. Lui, c'est un producteur de sirop, mais lui, c'est aussi un revendeur,

[24:21]

donc une compagnie d'exportation. Et lĂ , c'est stratĂ©gique ça aussi dans ce plan. Ça prend

[24:26]

quelqu'un qui va pouvoir disposer de ce sirop-là, il faut l'écouler. C'est comme un peu,

[24:31]

si tu voles de l'art, des lingots d'art à une banque, il faut trouver une façon aprÚs

[24:37]

de liquider ces lingots-là. C'est pas si facile. Donc lui, il achetait le sirop volé et le

[24:46]

notamment aux États-Unis, en Europe et au Japon. Sa position en fin de chaüne permettait de blanchir

[24:52]

le produit et de le rendre difficile à tracer, transformant le vol en profit réel. Puis ici,

[24:58]

quand on parle de blanchir, le but c'était de transformer le sirop en tarte, en petit

[25:03]

cornet, en beurre d'érable, en produit dérivé. C'est un peu comme ça qu'on blanchit du sirop

[25:08]

d'érable. C'est drÎle, hein? Mais avec cette méthode, c'est impossible de retracer

[25:12]

il provient d'oĂč le sirop? Non, tu peux pas le dĂ©construire, ton cornet. Non,

[25:18]

exact. Puis aussi, ce qui est intĂ©ressant, c'est que lui, Étienne Saint-Pierre, il habite

[25:22]

au Nouveau-Brunswick. Donc, dans cette province canadienne-lĂ , il n'est pas assujetti aux lois

[25:28]

de la fédération québécoise. Donc lui, il n'est pas forcé d'acheter la fédération.

[25:32]

Tu vois, le filon qu'ils ont exploité avec tout ça, ils se tiennent en zone grise dans

[25:41]

leur procĂ©dĂ©. Il Ă©tait malin quand mĂȘme. Oui, absolument. Il y a d'autres complices dont on va

[25:45]

parler. Sébastien Jutra, qui lui, c'est un camionneur, et lui, il s'occupait de la

[25:50]

transportation des barils la nuit, en suivant des itinéraires choisis précisément pour éviter

[25:56]

la surveillance. Il y a d'autres personnes, un certain Jean Laure, Robert McLean, Sylvain

[26:02]

Bourassa et Johnny Azen, qui étaient responsables de logistique. Eux, ils organisaient le

[26:08]

stockage temporaire, la manutention et la coordination entre les sites. Chaque mouvement

[26:13]

était planifié pour réduire le risque de détection. Donc, c'est un peu eux, les usuels

[26:19]

suspects. Dans l'ensemble, une vingtaine de personnes participaient directement au vol.

[26:24]

Chacun avait un rÎle précis, certains manipulaient les barils, d'autres surveillaient les lieux et

[26:29]

d'autres transportaient le sirop. Ils avaient mis au point des horaires alternés, des

[26:34]

itinéraires secrets et des méthodes pour éviter tout témoin. Chaque détail comptait,

[26:39]

un retard ou une erreur aurait pu tout compromettre. Evidemment, si nous pouvons vous le

[26:44]

raconter aujourd'hui, c'est qu'une erreur a Ă©tĂ© commise, mĂȘme plus qu'une, mais avant

[26:47]

d'en venir lĂ , voyons par oĂč tout cela a commencĂ©. Donc, Seb, je te laisse revenir un

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peu dans le temps. Oui, on va vous parler du déroulement du vol. DÚs le mois d'août

[26:57]

2011, sous la direction de Richard ValliÚre et Havik Caron, la mécanique du vol s'est

[27:03]

en marche. Ils avaient sous les yeux plus de 7 millions de gallons de sirop d'érable stockés

[27:08]

dans la réserve stratégique à Saint-Louis de Blenford, une fortune estimée à plusieurs

[27:13]

dizaines de millions de dollars. L'entrepÎt-clé, utilisé pour le vol de sirop d'érable,

[27:18]

avait été loué par la femme d'Havik Caron, qui a pris soin de louer un espace dans la

[27:23]

mĂȘme bĂątisse que la rĂ©serve stratĂ©gique de la FĂ©dĂ©ration. Encore une fois, une petite

[27:27]

subtilité. Bien oui. Cette proximité stratégique permettait à la bande d'avoir un

[27:31]

accÚs privilégié au volume de sirop stocké, mais aussi d'opérer presque comme un initié,

[27:37]

facilitant ainsi la manipulation des barils et le siphonnage, sans éveiller les soupçons.

[27:43]

La premiÚre étape consistait à repérer les barils les plus vulnérables, ceux en métal

[27:48]

blanc, non marqués et donc moins surveillés, puisque les inspecteurs se concentraient en fait

[27:54]

concentrer leur attention sur les fûts avec des étiquettes officielles strictes. Chaque

[28:01]

bande suivait de prÚs les mouvements et rotations des contrÎleurs pour éviter toute confrontation.

[28:07]

Oui, puis un systÚme comme ça fait en sorte que un contrÎleur qui rentre là-dedans et qui

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doit évaluer le stock, c'est tellement laborieux que ça rend sa job impossible. Comment tu fais

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pour aller évaluer le baril qui est derriÚre, qui est sous six autres barils, derriÚre une

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rangĂ©e de 10 barils? Tu n'as pas le choix de tourner les coins ronds, mĂȘme si tu es

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un inspecteur officiel. C'est comme si le setup a invité à la négligence.

[28:35]

C'est vrai, je ne sais pas si c'est avec des rayons X ou si il y a des machines pour voir les

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niveaux sur plusieurs, aucune idée, mais c'est sûr qu'ils n'utilisaient pas ça non plus.

[28:45]

Avec des metaglasses.

[28:47]

Oui, mais c'est que tout le monde faisait confiance Ă  tout le monde dans la chaĂźne,

[28:50]

donc techniquement tu te protÚges peu. Les vols se déroulaient principalement de nuit,

[28:56]

toujours minutieusement planifiés. Des camions équipés de chariots élévateurs loués pénétraient

[29:02]

et sortaient de l'entrepÎt sans éveiller la moindre suspicion. Les chauffeurs connaissaient

[29:07]

précisément les emplacements de stationnement, les techniques de chargement, mais aussi la

[29:11]

vitesse de déplacement optimale. La manipulation de ces lourds barils exigeait compétence,

[29:17]

coordination, mais aussi précision. Les barils étaient ensuite acheminés vers

[29:22]

une cabane à sucre isolée, loin de toute surveillance. C'est là, sous la supervision

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d'Avik Caron et de son équipe, que le sirop était siphonné avec une précision chirurgicale.

[29:34]

Les outils utilisés étaient conçus pour éviter toute trace visible qu'il s'agisse

[29:38]

d'aspiration ou d'altération extérieure. Il faut savoir que l'entrepÎt de Saint-Louis

[29:44]

de Blanford Ă©tait d'une extrĂȘme propretĂ©. Il fallait donc que les

[29:48]

barils restent le plus intact possible. Suite à l'extraction du sirop, les barils étaient

[29:53]

remplis d'eau prélevée d'une riviÚre à proximité de façon à imiter le poids du sirop

[29:58]

et à tromper les contrÎles. Ils étaient soigneusement séchés et recouverts de

[30:03]

copies d'Ă©tiquettes officielles, rendant la fraude presque indĂ©tectable Ă  l'Ɠil nu lors

[30:07]

des vĂ©rifications. Avec le temps, la bande a mĂȘme affinĂ© sa mĂ©thode en pratiquant

[30:13]

le siphonnage directement sur les barils restant dans la réserve, évitant ainsi les risques

[30:18]

liés au transport. Le seul petit problÚme est que les membres de la bande n'avaient pas une

[30:24]

grande connaissance des traces numériques laissés derriÚre eux. En effet.

[30:29]

Les échanges via texto et appels étaient un autre pilier important de l'opération. Le

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langage codĂ© qui mĂȘlait mĂ©taphore, surnom et allusion au sirop afin de traiter les barils,

[30:41]

les livraisons et les contrÎles. Un des messages interceptés révélait « on sortait 104 barils,

[30:48]

on remet 104 barils », décrivant leur méthode d'extraction et de remplacement. Il y a aussi

[30:53]

des alertes du style « fais gaffe, ils font ronde plus tÎt ce soir » ou « contrÎle

[30:58]

surprise demain, on ralentit le débit », permettait d'ajuster immédiatement le rythme

[31:04]

des vols. La pression croissante fait aussi place à des menaces voilées dans

[31:08]

les communications. Tu ne peux pas arrĂȘter le sirop quand il coule. Le sirop volĂ© Ă©tait

[31:15]

ensuite fractionné en livraisons calibrées vers le Vermont, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario

[31:20]

en petites quantitĂ©s rĂ©guliĂšres pour Ă©viter les contrĂŽles douaniers et policiers. Étienne

[31:25]

St-Pierre, à l'extérieur du Québec, jouait un rÎle essentiel en tant que grossiste

[31:30]

et exportateur, rachetant le sirop et le réintroduisant, enfin la marchandise,

[31:35]

dans le circuit légal, compliquant ainsi toute tentative de traçabilité. Sur prÚs d'une année,

[31:41]

l'organisation a su exploiter les vulnérabilités de la fédération, manque de surveillance,

[31:46]

absence de traçabilité électronique, inventaire insuffisant, tout en maintenant

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une communication serrée et une division parfaite des rÎles. Cette rigueur permet

[31:55]

de maintenir un flux constant de sirop volé sans éviter la moindre subvention des autorités.

[32:01]

Le 24 août 2012, lors de l'inventaire annuel de la Réserve stratégique de St-Louis de Blanford,

[33:46]

l'inspecteur Michel Gauvreau fait une découverte capitale. C'est en montant sur un des barils,

[33:52]

censé peser environ 600 livres, que celui-ci cÚda sous son poids. Confus, il examine le

[33:58]

baril et constate que le flux est rempli d'eau et non de sirop d'érable. Il prend

[34:04]

alors soin de vérifier les autres barils qui eux aussi n'étaient pas remplis de sirop. Pire

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encore, certains barils étaient tout simplement vides. Cette anomalie donne le signal pour

[34:14]

une inspection complÚte et minutieuse de chaque baril entreposé. Rapidement, il

[34:20]

fut établi que prÚs de 9 571 barils avaient été vidés, soit environ 5 935 250 livres de

[34:31]

sirop, ce qui reprĂ©sente une perte de prĂšs de 17,8 millions de dollars. Il y en a qui ont mĂȘme

[34:36]

dit que c'était autour de 30 millions, selon l'inflation, parce que ça fluctue le prix du sirop.

[34:42]

Mais c'est fou pareil. Oui et puis il devait se rendre compte parce que le sirop d'érable

[34:46]

c'est plus lourd que l'eau quand mĂȘme, donc c'est une texture diffĂ©rente. Le sirop

[34:51]

n'oxyde pas non plus les barils en méval, tandis que l'eau le fait. Donc je pense aussi

[34:55]

qu'il avait remarqué qu'il y avait des barils qui étaient légÚrement oxydés exactement.

[34:59]

Mais c'est fou 600 livres juste Ă  revenir sur le poids. TantĂŽt on se disait pour le voler

[35:03]

aussi un seul baril il faut que tu sois équipé pour transporter 600 livres de poids. Non,

[35:10]

c'est ça. Toi puis moi on irait là bas juste voler un baril, on serait heureux. On serait

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satisfait là si on prenait juste un diable avec un baril et qu'on réussisse à l'eau

[35:22]

des seins dans un pick-up, ce serait mission accomplie. J'imagine pas 10 000. C'est clair,

[35:27]

on aurait pour toute la vie. Au dĂ©but de l'enquĂȘte, les policiers de la SĂ»retĂ© du

[35:32]

QuĂ©bec ne savaient pas oĂč chercher. C'est clair, tu commences par oĂč? La scĂšne de

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crime était trÚs atypique. Pas de violence physique, pas de traces évidentes, pas

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de témoins directs, juste des barils vidés sans explications, remplacés. La place est

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pleine de barils, mais lesquels sont pleins, lesquels sont vides, lesquels ont de l'eau,

[35:52]

j'avoue, je serais complĂštement bluffĂ©. Les enquĂȘteurs explorĂšrent diffĂ©rents angles,

[35:59]

mais les indices se font rares. Ceci dit, le crime est tellement atypique qu'en pensant un

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peu en dehors de la boßte, on peut trouver des pistes intéressantes, notamment au niveau du

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numĂ©rique justement. Nous sommes dans des petits villages et municipalitĂ©s oĂč tout le

[36:12]

monde se connaßt. Quelqu'un a sûrement fait une erreur quelque part. Mais en contrepartie,

[36:18]

on est effectivement dans des petits villages, Saint-Louis-de-Blandford. Il n'y a pas des

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caméras partout. Il n'y a pas de systÚme de surveillance comme dans une grande ville.

[36:26]

Donc, à quelque part, ça complique la chose aussi un petit peu. Oui, c'est vrai. Ce n'est

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qu'en analysant la location récente de forklifts, aussi des petits chariots

[36:36]

au lĂ©vateur, dans la rĂ©gion que les enquĂȘteurs font une percĂ©e majeure. C'est brillant.

[36:41]

Parce qu'effectivement, on voyait des marques sur les barils subtilisés qui ont

[36:46]

été saisis par des chariots au lévateur, des forklifts, alors que sur les barils légit,

[36:52]

les vrais barils de sirop d'érable, ils étaient saisis par des forklifts magnétiques.

[36:56]

Ah, OK. Ça ne fait pas de trace. Ça fait moins de trace. Ça ne squeeze pas le baril.

[37:01]

Donc là, il remarquait que les barils avaient été serrés, probablement coincés entre les

[37:07]

lames d'un forklift. Donc Ă  ce moment-lĂ , qu'est-ce qu'ils font? On regarde qui dans la

[37:14]

région loue des forklifts, des chariots comme ça. Et en effet, des engins lourds loués par un

[37:20]

camionneur nommé Sébastien Jutra, vous vous en rappelez, je l'ai nommé tout à l'heure,

[37:24]

le camionneur qui est employé pour transporter des barils, laissait des traces spécifiques sur

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les fûts. Donc, différent de ce qui était causé par les équipements officiels de la

[37:34]

fédération. Donc, c'est là que justement ils ont commencé à faire le tour des

[37:39]

merces oĂč peut-ĂȘtre ce serait louĂ© des forklifts comme ça, ça aurait Ă©tĂ© louĂ©. Et lĂ ,

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ils vont avoir SĂ©bastien Jutra en entrevue justement parce qu'ils vont s'ĂȘtre rendu compte

[37:52]

que dans une boutique qu'ils ont trouvé, une boutique de location d'outils, ils vont se

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rendre compte que quelqu'un a loué un forklift sous le nom de Sébastien Jutra. Donc tout

[38:04]

de suite, il l'identifie, il l'amĂšne en interrogatoire. Et lĂ , il va admettre,

[38:09]

Sébastien, tout de suite, qu'il admet en fait avoir transporté du sirop d'érable. Mais par

[38:16]

contre, ce qu'il dit, c'est qu'il n'était pas conscient qu'il s'agissait d'une marchandise

[38:20]

volée. Selon ses dires, il pensait transporter du sirop légitime, ignorant totalement qu'il

[38:26]

servait de lien logistique dans une opération criminelle bien plus vaste. Donc, sous

[38:31]

l'impression, il a rĂ©vĂ©lĂ© que c'est avec Caron, le propriĂ©taire d'un des entrepĂŽts oĂč Ă©tait

[38:37]

stocké le sirop, qui lui avait demandé de faire ses transports en le chargeant de déplacer des

[38:42]

barils de sirop jusqu'Ă  Richard ValliĂšre. Pendant l'enquĂȘte menĂ©e par la SĂ»retĂ© du

[38:47]

Québec, les policiers vont mener plusieurs perquisitions qui ont révélé l'ampleur du

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réseau. Le sirop volé avait été transporté à plusieurs endroits stratégiques, notamment

[38:57]

à l'érabliÚre de Raymond ValliÚre, le pÚre de Richard. Cet érabliÚre servait de points de

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stockage temporaires dans le vaste réseau mis en place pour écouler le sirop volé. Donc,

[39:09]

des barils identiques à ceux qui ont été volés ont été retrouvés sur son terrain.

[39:14]

À un moment donnĂ©, en allant faire une perquisition, ils ont vu derriĂšre une chaĂźne

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en se disant « ah, des barils blancs comme ça, ça ressemble pas mal à ce qu'il y avait

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dans l'entrepĂŽt de la fĂ©dĂ©ration ». Les enquĂȘteurs ont Ă©galement dĂ©couvert des

[39:26]

barils dans d'autres lieux. Et ça, c'est quand mĂȘme drĂŽle, Seb, notamment lors d'une

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perquisition dans un entrepÎt de la route du Pont à Saint-Nicolas, à Lévis, sur la rive

[39:34]

sud. Il y avait des centaines de barils qui ont été retrouvés. Ce qui est trÚs drÎle,

[39:40]

c'est que les occupants le transformaient sur place. Donc, les voisins, tout le quartier,

[39:44]

remarquaient que ça sentait le sirop d'Ă©rable. Ça sentait bon dans le quartier. Depuis quelques

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semaines, qu'est-ce qui se passe ? Y a-t-il une érabliÚre sur la route du Pont ?

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Ma mĂšre habite Ă  Saint-Nicolas, Ă  LĂ©vis, sur la rive sud de QuĂ©bec. Je sais oĂč c'est cette route-lĂ .

[39:59]

Je me dis « voyons, ça n'a pas rapport de mettre une érabliÚre, les gens devaient trouver ça

[40:04]

drÎle ». Donc, les soupçons ont été éveillés grùce à l'odeur de sirop. Ce n'est pas

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Ă©vident Ă  transformer. C'est pas comme de la cocaĂŻne en craque. Ça bouille et ça fait

[40:15]

de la vapeur. L'odeur les a trahis. Cette révélation a révélé une série d'accusations

[40:23]

lorsque Sébastien Jutra s'est confaissé. Des accusations contre avec Caron, Raymond Richard-ValiÚre

[40:30]

et d'autres complices. Jutra fournit aussi des preuves concrÚtes et des témoignages essentiels

[40:35]

pour faire avancer le dossier. En collaborant avec les autorités, il a permis de dessiner

[40:40]

le réseau complexe du vol de sirop d'érable reliant les lieux de stockage, les intermédiaires

[40:45]

de la revente et les divers acteurs impliqués. C'est grùce à cet aveu et aux informations

[40:51]

qu'il apportait que la police a pu orchestrer des arrestations ciblées et saisir des quantités

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significatives de sirop volĂ©. Ceci dit, on ignore toujours oĂč est l'ensemble de

[41:02]

ce sirop-là. On a trouvé quelques bariches dans la ferme des ValliÚres, mais on n'a

[41:07]

pas trouvé 10 000. Je ne sais pas s'il y a 10 000 tartes au sirop d'érable qui

[41:13]

sont apparues au Japon. Oui, c'est ça. Exactement. En Allemagne. C'est juste

[41:21]

trop la snitch, dans le fond, de tout ça, si on peut dire. C'est un peu le premier

[41:26]

qui a tenté de sauver sa peau, mais j'ai l'impression que ce n'est pas non plus des

[41:32]

grands criminels aguerris. Je ne pense pas que ces gens-lĂ  Ă©taient prĂȘts Ă  tout risquer

[41:40]

pour les barils de sirop. C'est intimidant, tu te fais amener en interrogatoire. Ils font

[41:46]

souvent ça, ils vont utiliser quelqu'un d'un peu plus vulnérable pour aller chercher de

[41:49]

l'information. Et lĂ , on va sauter prĂšs du procĂšs, parce qu'aprĂšs des mois d'enquĂȘte,

[41:56]

les piÚces du puzzle se sont enfin assemblées et le moment de la justice est arrivé.

[42:01]

Le procÚs du vol de sirop de l'érable, qui avait tenu le Québec en haleine, s'ouvre

[42:06]

devant un jury, mettant en scĂšne les principaux acteurs de cette audacieuse machination.

[42:11]

Au centre de la salle d'audience, trois noms dominent l'affaire, Richard ValliĂšre

[42:15]

avec Caron et Étienne St-Pierre, chacun incarnant un maillon essentiel de ce rĂ©seau

[42:21]

criminel organisĂ©. Je vous rappelle que Étienne St-Pierre, c'est lui qui exportait le sirop,

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qui est domicilié au nouveau Brandouin. Oui, exact. Richard ValliÚre, cerveau présumé du

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vol, fait face à des accusations de vol, de fraude et d'émissions de faux documents.

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Tout au long du procÚs, les jurés découvrent l'étendue de son rÎle. Il n'était pas

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un exécutant, mais l'architecte du plan. C'est lui qui coordonnait chaque étape, recrutait les

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complices, organisait le siphonnage et supervisait l'écoulement du sirop volé. Le tribunal apprend

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également que ValliÚre avait reçu des menaces de certains complices, y compris Caron, ce qui

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explique en partie sa persistance malgré les risques colossaux. Son sang-froid et sa

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connaissance des failles dans le systÚme de la fédération apparaissent comme autant d'éléments

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qui ont rendu possible le plus grand vol à Séricol de l'histoire du Québec. Et à ses cÎtés,

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avec Caron, propriétaire d'un entrepÎt utilisé pour stocker les barils vides, est jugé pour

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complicité et fraude, et sa responsabilité est logistique et matérielle. C'est lui qui

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facilitait la location des forklifts, organisait le transfert discret des barils et permettait

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aux opérations de se dérouler dans l'ombre. Son rÎle discret, mais stratégique, devient

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limpide dans la salle d'audience lorsque les enquĂȘteurs prĂ©sentent les preuves de la

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chaßne de manipulation et de la falsification des fûts. Le troisiÚme acteur majeur,

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Étienne Saint-Pierre, revendeur basĂ© au Nouveau-Brunswick, incarne le maillon

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commercial de l'organisation. Malgré son ùge avancé, autour de 70 ans au moment du

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procÚs, Saint-Pierre est poursuivi pour complicité et revente. Les jurés comprennent

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rapidement que, sans cet intermédiaire, le réseau n'aurait jamais pu écouler une telle

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quantitĂ© de sirop et rester sous le radar des autoritĂ©s. Étienne a toujours niĂ© avoir

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participé au coup. Il dira qu'il ignorait que le sirop qui s'écoulait était volé et prétendra

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ne pas ĂȘtre assujetti aux lois du QuĂ©bec Ă©tant au Nouveau-Brunswick. Au coeur de

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Sébastien Jutra, le chauffeur snitch de camion, devient un témoin-clé. Sa collaboration avec

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la police permet de relier les accusés entre eux et de retracer la logistique du vol. Son

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témoignage, précis et documenté, devient une piÚce maßtresse du procÚs, exposant le

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fonctionnement interne du réseau et la technique avec laquelle les vols ont été planifiés

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et exécutés. Et aprÚs plusieurs semaines de témoignage, d'expertise et de confrontation,

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le verdict tombe. Richard ValliÚre est reconnu coupable et écopa d'une peine de huit ans de

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prison avec l'obligation de rembourser prÚs de 10 millions de dollars à la Fédération. Avec

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Coron est condamnĂ© lui Ă  six ans de prison et a versĂ© une amende substantielle. Étienne

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Saint-Pierre, de son cÎté, bénéficiant de son ùge avancé, échappe à l'emprisonnement,

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mais se voit assigné à domicile pour deux ans et lui doit payer une amende de 1,3 million de

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dollars. Et le procÚs révÚle également l'implication de prÚs d'une vingtaine de complices supplémentaires,

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des chauffeurs, des manutentionnaires et des intermédiaires sur le marché noir. Chacun a

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reçu des condamnations adaptées à son rÎle, certaines réduites grùce à leur coopération

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avec la justice. Toutes ces personnes n'avaient pas tous le mĂȘme niveau d'informations

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Oui, puis on se rend compte que ça a sans doute pris plus de temps voler les baris que réaliser

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l'enquĂȘte. C'est tellement une opĂ©ration fastidieuse qui impliquait justement des

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chargements de baris de nuit, de siffonnage, d'échanges de baris. Il allait les remplir dans

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une riviÚre aussi. C'est fou l'effort qu'ils ont mis. Les policiers, ça n'a pas été trop

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compliqué, ils ont cherché des locations de Fort Cliff et ils ont tombé sur le nom de

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Sébastien Jutra. Oui, ils ont remonté la chaßne assez facilement. Ils ont remonté la

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chaĂźne trĂšs rapidement. Par contre, on ne sait toujours pas oĂč est le sirop. MalgrĂ© la

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récupération partielle du sirop volé, une grande quantité reste irrécuperable. La

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fédération a compensé ces pertes colossales parce que quelque part, c'est les producteurs

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qui paient pour ça. C'est un peu comme le vol à l'étalage, tout le monde paye pour ça

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parce qu'il faut qu'il se repaye les entreprises qui se font voler. Au-delĂ  des sanctions,

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le procĂšs marque un tournant dans l'histoire de l'industrie. Il met en lumiĂšre les failles

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d'un systÚme jugé jusque-là quasi inattaquable et pousse la fédération à renforcer

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considĂ©rablement la sĂ©curitĂ©, la traçabilitĂ© et le contrĂŽle de ses entrepĂŽts. Peut-ĂȘtre mĂȘme

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revoir sa vocation, dans le sens qu'on n'est plus Ă  la mĂȘme Ă©poque, on n'est plus dans

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les annĂ©es 60, mais peut-ĂȘtre des choses qui ont changĂ©. AprĂšs la clĂŽture du procĂšs

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initial, l'affaire ne s'est pas arrĂȘtĂ©e lĂ . Les amendes imposĂ©es Ă  Richard ValliĂšre,

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Havik Caron et Étienne St-Pierre ont rapidement fait l'objet de contestation devant la

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Cour d'appel du Québec. Les juges d'appel ont examiné en détail les sommes imposées,

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les ajustant partiellement. Pour ValliÚre, l'amende compensatoire fut réduite à environ

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1 million de dollars, au lieu de 10 quand mĂȘme, correspondant uniquement aux profits

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personnels réalisés grùce au vol, tandis que celle d'Havik Caron fut rééchelonnée

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sur 10 ans au lieu de 5 ans et demi. Pour Étienne St-Pierre, la peine d'assignation

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à domicile et l'amende furent maintenues, mais les modalités de paiement furent ajustées

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pour tenir compte de son ùge avancé et de sa situation financiÚre.

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Ces décisions en appel ne mirent pas fin au débat. Le ministÚre public, estimant

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que la réduction de l'amende de ValliÚre affaiblissait le principe de dissuasion prévue

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par le Code criminel, portait l'affaire devant la Cour suprĂȘme du Canada. C'est

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devant cette instance ultime que le dossier atteint son apogée. Les arguments de

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la Cour d'appel furent examinés avec rigueur. Le gouvernement soutenait que la

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compétence en compte et non seulement le profit direct de l'accusé, afin de prévenir toute

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incitation au crime et de garantir justice à la fédération. Le 31 mars 2022, ça a été long

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quand mĂȘme tout ça. La Cour suprĂȘme rend sa dĂ©cision dans un jugement unanime. Elle

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rétablit l'amende compensatoire initiale de 9,4 millions pour ValliÚre. Le juge en chef,

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Richard Wagner, souligna que la disposition du Code criminel visait prĂ©cisĂ©ment Ă  empĂȘcher que

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des criminels tirent profit de leurs actes. La Cour prĂ©cisait que mĂȘme si une partie du

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sirop avait Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©e ou vendue, la valeur totale du bien volĂ© devait ĂȘtre considĂ©rĂ©e pour

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déterminer l'amende. La décision confirma également que ValliÚre disposerait de 10

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ans pour payer cette somme. Un million par année. Faute de quoi il devra purger une

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supplĂ©mentaire de 6 ans. Donc ça n'y est pas avec le sirop, la Cour suprĂȘme.

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Mais non, il faut que tu le trouves ton cash flow pour payer ça. C'est plus qu'un struggle pour

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payer son loyer. Pendant 10 ans, il faut que, je ne sais pas combien par année, il faut qu'il

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tire son paiement. Ce n'est pas un prĂȘt Ă  la banque. C'est des grosses sommes, mais il

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mérite. C'est correct qu'il soit puni comme ça, mais il faut que tu fasses de l'argent.

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Mais peut-ĂȘtre qu'il en a fait avec le vol. C'est ça que je me dis. Ils en ont sĂ»rement

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de cacher. Cette dĂ©cision de la Cour suprĂȘme ne fut pas seulement une victoire judiciaire

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pour la fédération, elle envoya également un message clair sur la sévérité des sanctions

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liées aux crimes organisés et à la protection des biens collectifs. Les peines d'Avic Caron

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et d'Etienne Saint-Pierre, bien que non remises en cause devant la Cour suprĂȘme,

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furent intégrées dans le récit final de la justice. Caron devait respecter ses modalités

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d'amende et de détention, tandis que Saint-Pierre restait assigné à domicile avec une obligation

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financiĂšre stricte. L'ensemble du processus judiciaire, du procĂšs de premiĂšres instances

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jusqu'Ă  la Cour suprĂȘme, dura plusieurs annĂ©es, mobilisant enquĂȘteurs, avocats,

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experts et juges. Il permit de révéler l'ampleur véritable du réseau, la sophistication de

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ses méthodes et les vulnérabilités d'un systÚme qu'on croyait inviolable. Le vol

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des sirop d'érable, d'abord perçu comme un fait divers, insolite, est devenu un symbole des

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défis de la justice face aux crimes organisés et de la nécessité de renforcer la sécurité et la

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rĂ©gulation dans l'industrie acyricole. C'est assez fou. À l'issue de ce long chemin judiciaire,

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la Fédération des producteurs a renforcé ses protocoles de sécurité, modernisé ses

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systÚmes de traçabilité et de contrÎle, établissant des nouvelles normes pour prévenir

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toute répétition d'un tel vol. Au moins, ils ont appris de ça. Ce procÚs, au-delà des

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peines et des amendes, inscrit définitivement ce vol comme étant le vol du siÚcle dans la

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mémoire collective québécoise. Il est non seulement perçu comme une audace criminelle

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sans précédent, mais aussi comme un exemple d'exigence de justice jusqu'au plus haut niveau

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du systùme judiciaire canadien. Ça, avant de travailler sur le cas, j'avais complùtement

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oublié. Je ne savais pas que ça s'était rendu si loin que ça dans la cour. Les répercussions du

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vol de sérodérable furent profondes, complexes et durables, touchant tous les aspects de

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l'industrie québécoise, ainsi que la société dans son ensemble. Sur le plan économique,

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les pertes furent colossales. PrÚs de 10 000 barils représentant 70 % de la réserve

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stratégique avaient disparu, comme on vous disait, évalués entre 18 et 30 millions de

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dollars. Les producteurs, mĂȘme ceux non directement impliquĂ©s, durent faire face Ă  un dĂ©sĂ©quilibre

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temporaire de l'offre, ce qui provoqua des fluctuations des prix, des inquiétudes

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aussi sur la stabilité du marché. Et cette crise révélera également que la fédération,

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malgré son contrÎle quasi-total, avait sous-estimé les vulnérabilités logistiques

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et humaines dans ses entrepÎts, ce qui l'obligea à repenser la sécurité et

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la gestion des stocks sur le long terme. De plus, parmi les barils retrouvés, il a fallu en jeter

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plusieurs, car au cours du processus, la bande avait choisi de remplacer les barils blancs par

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d'anciens barils de produits chimiques, mon Dieu! Oh boy! Tu ne veux pas avoir consommé du sirop qui

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Ă©tait lĂ -dedans, ce qui rendait le sirop retrouvĂ© impropre Ă  la consommation. Ça par

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exemple, on dirait que ça me dérange plus que le vol en anglais. Tu peux créer un produit

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aprÚs ça qui pourrait rendre les gens malades. C'est pas mieux. Sur le plan social, l'affaire

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provoquant une onde de choc à travers le Québec. Les médias couvrirent largement l'événement

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fasciné par l'ampleur du crime, mais aussi l'ingéniosité des voleurs. Les discussions

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publiques mĂȘlaient Ă©tonnement et indignation, certains dĂ©nonçant l'inficacitĂ© du monopole

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de la fédération, d'autres s'inquiétant de la banalisation des crimes contre l'industrie

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agricole. L'affaire suscita aussi des débats sur la responsabilité collective et individuelle,

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mais aussi sur la vulnérabilité d'un produit symbolique de la culture québécoise face à

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une criminalité organisée. Les émissions de radio ou de télé rivalisaient de commentaires

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ironiques mettant en scĂšne des journalistes, des animateurs rilleurs qui imaginaient des

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scénarios rocambolesques allant de la création d'une mafia du sirop à des comparaisons

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avec des films de gangsters. MĂȘme certains Ă©ditoriaux de quotidiens populaires prenaient

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un ton léger, soulignant l'extravagance d'un crime qui, malgré sa valeur économique

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et colossale, apparaissait presque surréaliste dans son audace et sa précision. L'humour

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n'a pas été réservé aux médias traditionnels. Sur les réseaux sociaux, des memes et

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des blagues ont circulé comparant les voleurs à des personnages de films comme

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Ocean Eleven, oui, un trÚs beau film de vole, c'est vrai, mais avec des barris de sirop d'érable à la place des lingots d'or.

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Cette couverture médiatique massive et souvent moqueuse eut un double effet Emile. D'un cÎté,

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elle popularisa l'affaire, évidemment, et attira l'attention du grand public, rendant

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le vole de sirop d'érable un phénomÚne culturel discuté dans tout le Québec. Mais

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de l'autre, elle complexifia la perception du crime. Les acteurs principaux, bien que

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responsables des pertes financiÚres énormes, étaient parfois perçus par une partie du

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public comme des génies du vole, plutÎt comme de simples criminels donnant lieu à

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un mélange de fascination et de rire. Cette médiatisation humoristique, en dépit

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de son ton lĂ©ger, n'empĂȘche Ă  pas la fĂ©dĂ©ration et les autoritĂ©s judiciaires

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de prendre l'affaire trÚs au sérieux. Elle illustre, toutefois, combien un crime,

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lorsqu'il touche un symbole culturel et national, peut devenir une source de

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collective, oscillant entre indignation, fascination et amusement, et s'inscrire

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durablement dans l'imaginaire populaire québécois.

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Oui, toute une histoire. Ça conclut un peu la chronologie des Ă©vĂ©nements, Seb.

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Oui, j'en reviens pas de tout ce qu'ils ont fait. J'en reviens pas non plus

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qu'il n'ait pas retracĂ©, que l'enquĂȘte n'ait pas poussĂ© plus loin le traçage de ces

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paris-lĂ . C'est sĂ»r qu'il doit y avoir des preuves de oĂč est-ce que ça s'est

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retrouvé. J'ai surpris qu'ils n'aient pas réussi à s'outirer ça des

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aveux des accusés. Oui, surtout d'Etienne, celui qui exportait, en fait,

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parce que c'est sûr que vu qu'il blanchissait ça de façon légale,

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ça peut-ĂȘtre pas ĂȘtre exposĂ©, mais il y a des traces de comptabilitĂ©,

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tout ce qu'il vendait aux autres pays. Quand t'exportes, t'as

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l'impression que justement, une grosse majorité du sirop volé a été

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consommé ou transformé. C'est impossible à retrouver dans le fond.

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Je pense que c'est un peu pour ça. C'est qu'ils ont volé l'équivalent.

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C'est vrai que c'est beaucoup. C'est ça, je pense, de 70-80% de toute la

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rĂ©serve fĂ©dĂ©rale. Ça en fait des tartes au sucre. C'est vrai, c'est en fait des tartes au sucre.

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Sûrement qu'ils peuvent gérer une année entiÚre de production avec

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juste ce qui a été volé. C'est crazy que ça ne soit pas retrouvé.

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Je pense Ă  ValiĂšre qui doit payer 10 millions. Il n'a pas envie de

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leur dire « ils sont oĂč les barils ? » C'est vrai, j'avoue. Pour faciliter son paiement,

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ils ont enterré comme El Chapo enterre ses barils d'argent.

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C'est une bonne question. Étant donnĂ© que c'est de la bouffe,

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au final, c'est dur. Ce n'est pas comme un produit ou de l'art oĂč une fois qu'on le

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mange, il n'y a plus rien. Versus ça, c'est quand mĂȘme un gros mystĂšre. Au moins,

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la justice a fait ce qu'elle avait à faire. Je suis content que les peines soient sévÚres.

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Il y a des pĂ©dophiles qui ont moins que ça, c'est vrai, mais en mĂȘme temps, il ne faut pas

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diminuer ces crimes-lĂ . Je suis content qu'il y ait des bonnes peines pour dire que, des fois,

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je trouve que la justice est un peu faiblote, mais dans ce cas-ci, ils ont été sévÚres.

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Oui, mais ça renforcit un peu l'identité québécoise. C'est important le sirop d'érable.

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Il ne faut pas niaiser avec ça. Ces gens-lĂ  devraient ĂȘtre interdits de manger du

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sirop d'érable pour le reste de leur vie. Un peu comme les hackers, ils n'ont plus le droit

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d'aller sur Internet, ils n'ont plus le droit d'ordinateur ou mĂȘme chose pour certains addicts

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ou criminels. Ça devrait ĂȘtre ça leur peine, ne plus jamais pouvoir profiter ou enjoy le bon

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goût du sirop d'érable. C'est vrai, j'aime ça comme peine. On proposera ça à la couronne.

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Dites-nous ce que vous en pensez dans les commentaires sur mon option de peine capitale

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pour ces gens-là. C'était tout qu'une histoire, Seb, merci encore. Dites-nous ce que vous en

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pensez, l'Ă©dit s'est ordu sur les rĂ©seaux sociaux. Vous savez oĂč nous trouver. On est

[58:39]

sur Patreon, on est sur YouTube, sur Facebook, TikTok, Instagram, un petit peu partout. Sur

[58:44]

Spotify, Apple Podcasts, on est partout. En after-show, je vous parle d'une autre histoire

[58:51]

savoureuse, les grands vols d'Ɠuvres d'art des Taco Bell. Est-ce que c'est un complot? Il y a

[58:59]

encore plein de mystĂšres autour de ça. Qu'est-ce qui s'est passĂ© avec ces Ɠuvres d'art disparues

[59:04]

au fil des derniÚres années, revendues à haut prix sur eBay? Est-ce qu'il y a vraiment

[59:08]

un complot pour voler les Ɠuvres d'art chez Taco Bell? C'est ce qu'on va dĂ©couvrir en

[59:12]

after-show sur Patreon pour nos abonnés. Oui, monsieur! Et afin de terminer ça en beauté,

[59:18]

c'est le moment des shout-out de nos chers membres Patreon. Oui, je commence avec la chair ou le

[59:25]

chair pastel, maude C, Marie-Philippe B, Myrto D et monsieur Lee. Aussi une bonne

[59:33]

poignĂ©e de main Ă  Jean-Daniel S, Ă  Marie-France, Ă  Claudia L, Ă  Émilie et Ă  E-Brass. Et je

[01:00:06]

termine avec beaucoup d'amour Ă  Joe et Annie, Ă  Charlotte RL, Ă  Milady C, Ă  Cindy R,

[01:00:16]

et à Roxane. Dis-moi, Émil, est-ce que tu as un mot de la fin pour nous? Si vous

[01:00:29]

doutez que des Québécois sont à l'origine d'un vol, suivez l'odeur de sirop.

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