#102 - Ted Kaczynski : La traque de l’Unabomber

Épisode

#102 - Ted Kaczynski : La traque de l’Unabomber

Épisode
102
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1 h 19 min
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Audio

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L’Unabomber (Ted Kaczynski) est l’un des cas les plus célèbres de l’histoire criminelle américaine, ayant semé la terreur aux États-Unis pendant plus de 17 ans en perpétrant une série d’attentats à la bombe qui ont fait plusieurs victimes. En 1979, le FBI a créé une unité spéciale pour enquêter sur les attaques classées sous le nom de code « UNABOM » qui visait les universités et les compagnies aériennes. Les enquêteurs ont utilisé des techniques d’investigation avancées pour établir un profil et des pistes, mais malgré ces efforts, il est resté en liberté pendant des années. Cependant, son besoin de faire passer ses idéologies anti-technologies l’a finalement trahi. Rejoignez-nous pour explorer cette enquête qui a été l’une des plus coûteuses de l’histoire du FBI.

Transcription de l’épisode

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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:56]

Luna Bomber est l'un des cas les plus célèbres de l'histoire criminelle américaine.

[01:01]

Il a semé la terreur aux États-Unis pendant plus de 17 ans,

[01:05]

perpétrant une série d'attentats à la bombe faisant plusieurs victimes.

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Dès 1979, le FBI a formé une unité spéciale pour enquêter sur les attaques classées sous le nom de code

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UNABOMB, qui visaient les universités et les compagnies aériennes.

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Les enquêteurs ont utilisé des techniques d'investigation avancées pour établir un profil et des pistes,

[01:27]

mais malgré ses efforts, il est resté en liberté pendant des années.

[01:31]

Cependant, son besoin de faire passer ses idéologies anti-technologie l'a finalement trahi.

[01:38]

Suivez-nous dans cette enquête, qui a été l'une des plus coûteuses de l'histoire du FBI.

[01:48]

Bonsoir Emile Gauthier, comment vas-tu ?

[01:51]

Ça va très bien Seb, ça va très bien.

[01:53]

On est un bon soir de tempête hivernale ici à Montréal pour l'enregistrement de notre épisode.

[02:00]

Ça nous met un peu dans l'ambiance, on s'est allumé une petite chandelle.

[02:04]

Et on boit une magnifique bière.

[02:06]

C'est une DIPA de la micro brasserie Nouvelle-France, édition terpène.

[02:12]

Elle est quand même assez goûteuse.

[02:14]

Oui, c'est une double IPA.

[02:15]

Oui, on goûte les terpenes aussi.

[02:17]

C'est une bière à 7,5% qui est fruitée et tropicale sans être trop sucrée non plus.

[02:24]

Ça se boit tout de même bien, mais c'est bien alcoolisé, une bonne double IPA comme on les aime.

[02:32]

Et de qui nous vient cette bière Seb ?

[02:34]

Cette bière nous vient de Carianne Dufour.

[02:37]

Merci.

[02:38]

Merci beaucoup qui nous a offert une tournée de bière via notre site web.

[02:42]

Je vous invite à le faire.

[02:43]

Si vous avez le goût de remplir le frigo des milles et mois, vous passez par notre site web.

[02:48]

Vous nous faites un petit don à la hauteur que vous voulez.

[02:51]

Et après ça, on boit en votre compagnie.

[02:53]

Ben oui, on achète réellement des bières avec ce budget-là.

[02:58]

Merci aux gens qui nous encourage encore malgré toutes ces années avec des tournées de bière.

[03:02]

C'est toujours fortement apprécié.

[03:04]

On a aussi un shout-out à donner à Gabster422 du Canada

[03:10]

qui nous a fait une review 5 étoiles sur Apple Podcasts.

[03:13]

Et je te laisse nous la lire Seb.

[03:15]

Oui, et j'aimais bien, elle nomme le tout « sleep tordu »,

[03:18]

donc un petit jeu de mots avec 10 tordus.

[03:20]

Elle nous dit « Bon, je me décède enfin.

[03:22]

Je vais être honnête, j'écoute des podcasts pour m'endormir,

[03:25]

mais je m'intéresse pas à grand-chose d'autre que le True Crime ».

[03:28]

Bon.

[03:29]

S'endormir sur du True Crime, c'est toujours un peu weird,

[03:32]

mais vous, au moins, vous le faites sur un ton doux et apaisant.

[03:36]

Excellent, c'est bien si on vous aide à dormir, ça nous rend encore plus utiles.

[03:42]

Yes.

[03:43]

Donc aujourd'hui, Seb, on a un épisode quand même assez chargé.

[03:46]

C'est une grosse histoire qui a passionné l'Amérique,

[03:50]

je dirais à partir des années 70, mais encore aujourd'hui,

[03:53]

ça a duré des décennies cette histoire-là,

[03:56]

l'histoire de Ted Kaczynski et du Una Bomber.

[04:00]

Oui, ça a duré presque 20 ans,

[04:02]

et c'est une histoire qui se passe un peu avant l'ère d'Internet,

[04:07]

mais qu'on peut adresser parce qu'étant donné que le fondement de ce criminel-là,

[04:13]

c'est la technologie, l'impact de la technologie sur la société.

[04:17]

Donc c'est vraiment intéressant.

[04:20]

J'ai toujours tripé sur ce cas-là.

[04:23]

J'ai dû regarder et lire à peu près tout ce qui a pu exister en documentaire depuis des années.

[04:29]

C'est un cas qui me fascine encore parce que c'est un personnage qui reste encore mystérieux,

[04:36]

qui ne nous a pas encore vraiment révélé comment dire.

[04:40]

Oui, on a ça, ces intentions,

[04:42]

mais il y a plein d'éléments qui sont encore inibuleux sur ces réelles motivations.

[04:47]

Vous allez voir, on est capable d'une certaine façon de comprendre par des impacts,

[04:54]

parce qu'il y a des projets de la CIA, sans vous en dire plus,

[04:59]

que Ted Kaczynski a pu subir durant son parcours universitaire.

[05:05]

Donc c'est une histoire assez incroyable.

[05:08]

Puis comme un peu tu le disais, il y a tellement de ramification, évidemment.

[05:11]

On l'a ramené ça le plus possible à créer quelque chose de cohérent pour vous,

[05:16]

mais c'est un cas vraiment fascinant.

[05:19]

Oui, c'est une enquête passionnante.

[05:21]

C'est tout un rabbit hole aussi.

[05:22]

Ça s'est échelonné sur hyper longtemps.

[05:25]

Ça va être intéressant, je pense, en fin d'épisode, de se demander, Seb,

[05:29]

qu'est-ce qui serait arrivé si cette histoire-là,

[05:33]

si ce dossier-là, ce théoriste-là serait encore actif à l'ère actuelle, justement?

[05:39]

Quelle serait la différence étant donné que les technologies sont beaucoup plus avancées qu'à cette époque-là?

[05:44]

Oui, exactement.

[05:45]

C'est pas un secret, il utilisait le service postal surtout pour envoyer des colis piégés,

[05:54]

mais ça a énormément amélioré la sécurité au niveau des services postaux aujourd'hui.

[06:00]

Donc je ne sais même pas s'il aurait été en mesure de continuer avec tous les mécanismes maintenant,

[06:05]

avec les détecteurs et tout ça, de pouvoir faire ça.

[06:09]

Mais oui, c'est une bonne question parce que lui, dans sa cellule aujourd'hui,

[06:13]

il est quand même rendu vieux, mais je ne sais pas jusqu'à quel point il est conscient de l'impact d'Internet,

[06:18]

des téléphones intelligents et tout ça.

[06:21]

Ça pourrait être intéressant, ça serait intéressant d'y demander.

[06:25]

En after-show, Seb, tu nous as suggéré un thème même un peu philosophique pour nos abonnés Patreon.

[06:32]

On va parler après l'épisode, on va enregistrer notre after-show comme on le fait à chaque semaine

[06:38]

pour nos abonnés au forfait Oui Monsieur sur Patreon.

[06:42]

Et on va parler cette fois-ci de comment la technologie a tué l'ennui, mais pour le meilleur et pour le pire.

[06:48]

Oui, exactement, parce qu'aujourd'hui, avec nos téléphones, avec un ordinateur dans nos poches,

[06:56]

on n'est plus capable d'attendre.

[06:57]

On est au restaurant, on est dans une file d'attente, peu importe, on est aux toilettes,

[07:03]

on n'est jamais capable de se départir de notre cellulaire.

[07:07]

Ça a des impacts sur le cerveau, donc j'avais envie un peu de discuter de tout ça avec toi, mon cher Emile,

[07:14]

et avec vous, chère Distaud.

[07:16]

Yes, aussi, on veut remercier tous les gens qui ont acheté nos deux livres.

[07:21]

On sait qu'il y a une grosse promotion sur Audible, entre autres, pour ceux qui ont acheté notre livre audio.

[07:26]

C'est peut-être plus en vigueur au moment où on se parle, au moment où l'épisode est diffusé,

[07:30]

mais je crois que nos deux livres étaient en gros rabais, en fait, sur Audible.

[07:33]

Ah oui, exact, et même si vous êtes membre premium, ils sont inclus dans l'abonnement Audible,

[07:39]

donc vous pouvez accéder directement aux livres par l'abonnement, mais sinon, oui,

[07:46]

il y a quand même des bondés en ces temps-ci, puis ils nous mettent toujours de l'avant-plan,

[07:49]

donc c'est super le fun, je suis très content qu'Amazon nous pousse pour ça.

[07:54]

Yes, shout-out à Audible, et merci à tous ceux qui ont acheté nos deux livres audio.

[08:00]

Là-dessus, Seb, est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'épisode d'aujourd'hui?

[08:05]

Oui, mais, juste avant, on doit vous dire un petit mot à propos de notre partenaire NordVPN

[08:11]

qui présente l'épisode d'aujourd'hui et qui veut débuter l'année

[08:14]

en vous présentant une nouvelle offre pour vous les distordus.

[08:18]

NordVPN est la référence en sécurité lorsque vous naviguez sur Internet,

[08:22]

et en plus, ils encouragent plusieurs podcasteurs et créateurs de contenu partout dans le monde.

[08:27]

C'est un peu grâce à eux que vous pouvez écouter vos podcasts préférés.

[08:32]

Je ne peux qu'être en accord avec ce que tu dis, Seb.

[08:35]

Avec la croissance exponentielle des rançons logicielles et des fraudes en ligne,

[08:40]

il est crucial de protéger votre vie privée et vos informations personnelles

[08:44]

en utilisant un service de VPN fiable et efficace.

[08:48]

Avec NordVPN, vous pouvez naviguer sur Internet en toute sécurité,

[08:52]

en laissant le moins de traces numériques possibles,

[08:55]

vous évitant ainsi d'être géolocalisés aux victimes d'arnaques.

[08:59]

On le sait à distorsion, c'est important de camoufler ces traces numériques.

[09:03]

Oui.

[09:04]

Je dois dire, Emile, que je ne peux plus m'en passer.

[09:07]

N'attendez plus pour protéger votre vie privée avec un VPN stable et efficace.

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Avec NordVPN, vous pouvez naviguer sur Internet en toute sécurité et en toute liberté,

[09:25]

peu importe où vous êtes et ce que vous faites.

[09:27]

Que vous soyez en déplacement, en voyage ou à la maison,

[09:31]

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[09:33]

et vous permet d'accéder à tout le contenu que vous désirez sur toutes les plateformes,

[09:38]

que ce soit Netflix ou Disney+.

[09:40]

Vous pouvez contourner les restrictions géographiques pour accéder à des sites de nouvelles,

[09:45]

à des réseaux sociaux, à des plateformes de streaming

[09:47]

ou encore à des sites gouvernementaux comme si vous étiez chez vous.

[09:51]

Avec NordVPN, vous pouvez regarder tout ce que vous voulez, où que vous soyez.

[09:56]

Oh oui, mon cher Emile, et pour débuter 2023 en force et en sécurité,

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ou encore cliquez sur le lien dans la description de l'épisode

[10:29]

pour vous abonner et commencer à surfer sur le web en toute sécurité.

[10:34]

Oh yes, Seb, là-dessus on a assez dit de blabla,

[10:37]

est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire passionnante de Oona Bomber?

[10:42]

Oui!

[10:47]

Un peu comme je vous disais, le code aujourd'hui, il y a peu de traces numériques,

[10:51]

mais il va nous rappeler l'incroyable impact que la technologie a eu sur nos vies quotidiennes.

[10:57]

La technologie, elle nous permet de communiquer, de travailler, de nous divertir de manière plus efficace.

[11:02]

Elle nous offre un accent instantané à une quantité incroyable d'informations à tous les jours et quand on veut.

[11:08]

En outre, elle nous a donné accès à des outils, à des dispositifs variés

[11:11]

qui simplifient considérablement nos tâches quotidiennes.

[11:14]

Je trouve aussi que les alourdissent d'une certaine façon.

[11:19]

Mais bref, cependant, il est important de noter que l'impact de la technologie

[11:23]

ne fera qu'augmenter au fur et à mesure que celle-ci va évoluer.

[11:27]

Il est important de rester conscient de ça pour continuer à en tirer le meilleur parti,

[11:33]

parce qu'il faut que ça reste des outils et non des ennemis.

[11:37]

Oui, tout à fait. Vous allez voir, effectivement, il n'y a peut-être pas tant que ça de traces numériques

[11:42]

parce que ça s'est passé il y a quelques temps.

[11:46]

Cependant, c'est, je veux dire, à distorsion, on parle de technologie en général.

[11:50]

Donc, je trouve que c'est tout de même un sujet qui est dans notre ligne éditoriale.

[11:55]

C'est le fun aussi de retourner dans le temps, de parler d'autres sujets, de ce qu'on parle d'habitude,

[12:01]

souvent de tours cellulaires, de réseaux sociaux et autres.

[12:04]

Donc, ça risque d'être intéressant quand même. On va parler de technophobie aussi quelque part.

[12:08]

Oui, bien oui, tu as raison.

[12:09]

C'est vrai ce que tu dis dans les techniques d'enquête, vu que c'était à une autre époque,

[12:13]

ils ont utilisé d'autres moyens que les moyens technologiques d'aujourd'hui.

[12:17]

C'était tout de même le début de l'ère numérique quelque part.

[12:20]

Oui, oui, oui, exactement.

[12:21]

Cependant, il est important de reconnaître que la technologie a également des effets secondaires

[12:25]

et collatéraux et peut avoir des conséquences néfastes sur notre vie

[12:29]

si elle est utilisée de manière abusive ou irréfléchie.

[12:32]

Je vous donne des exemples. L'utilisation excessive des médias sociaux,

[12:35]

le fameux doom scrolling.

[12:38]

Oui, moi-même, je suis victime des fois à Londres.

[12:40]

On tombe sur notre téléphone et on n'est pas capable d'arrêter

[12:43]

de scroller les réseaux sociaux, Reddit, TikTok.

[12:46]

C'est vraiment une drogue.

[12:48]

Ça n'arrête jamais en plus.

[12:49]

Exact, c'est du contenu infini.

[12:51]

Je ne sais pas si un jour quelqu'un va se rendre à la fin d'Instagram.

[12:54]

Oui.

[12:55]

Est-ce que ça existe?

[12:57]

Des fois quand on s'envoie des jokes poches en fin de soirée,

[13:01]

on se dit tant de mes amis, je pense que tu as atteint le bout de l'Internet.

[13:03]

Justement quand tu as atteint ça, bonne question.

[13:06]

La page 3 de Google.

[13:08]

Oui, exactement.

[13:10]

Mais comme par exemple justement le doom scrolling,

[13:11]

il y a la porno en ligne qui est sur noir.

[13:14]

Même les jeux vidéo peuvent avoir un impact négatif

[13:16]

sur votre bien-être, vos relations.

[13:18]

La dépendance à la technologie, on l'est tous un peu de nos téléphones.

[13:22]

Il faut réfléchir parce que ça peut nous rendre moins en clair

[13:25]

à réfléchir par nous-mêmes, même à s'adapter à des situations inattendues.

[13:30]

Des fois notre cerveau justement avec les GPS ou les choses comme ça,

[13:34]

on perd à certaines des fois facultés de se repérer par soi-même.

[13:39]

Oui, c'est même des parties du cerveau qui rétrécissent.

[13:41]

Oui, c'est fou parce qu'ils sont moins sollicités.

[13:44]

Même moi qui est un grand fan de GPS,

[13:46]

j'essayais quand même de faire attention à ça pour ne pas tuer mes neurones

[13:51]

qui ont quand même ce sens d'orientation-là.

[13:54]

Même si déjà que je n'en ai pas beaucoup moi-même,

[13:56]

il ne faut pas que je tue les quelques peu qui me restent.

[14:00]

Bref, tout ça pour dire qu'il est important de trouver un équilibre

[14:03]

dans l'utilisation de la technologie

[14:04]

et de prendre conscience de ses effets sur notre vie.

[14:07]

Je vous dis tout ça aujourd'hui parce que nous allons explorer,

[14:10]

comme on vous a dit, l'histoire de Ted Kaczynski,

[14:13]

également connu sous le nom de Yuna Bomber.

[14:15]

Pendant près de 20 ans, il a mené une campagne de violence

[14:18]

qui a sommé la mort et la désolation aux États-Unis.

[14:21]

Son objectif, il voulait sensibiliser la population

[14:24]

aux dangers de la technologie sur nos vies.

[14:27]

Si vous connaissez déjà un peu l'histoire,

[14:29]

il s'agit d'une façon assez barbare, me direz-vous,

[14:32]

de faire passer son message.

[14:34]

Cependant, bien que son point de vue puisse sembler assez fataliste,

[14:38]

je trouve qu'il y a une certaine vérité dans sa préoccupation

[14:41]

quant à notre dépendance croissante aux technologies.

[14:44]

On en reparle, plongeons dès maintenant dans l'histoire.

[14:49]

Nous sommes le 24 avril 1995.

[14:52]

Les États-Unis sont en état d'alerte.

[14:55]

Un 16e colis piégé a fait exploser le bureau de Sacramento

[14:59]

du président de la California Forestry Association,

[15:03]

tuant ce dernier sur le coup.

[15:06]

Cette attaque était encore une fois l'œuvre de Yuna Bomber,

[15:09]

surnom donné à ce criminel actif et introuvable depuis 1978

[15:13]

qui faisait régulièrement les manchettes

[15:15]

pour ses colis piégés à l'aide de bombes artisanales.

[15:19]

Ses cibles étaient choisies au hasard parmi des personnes

[15:21]

qui devraient dans l'industrie des technologies,

[15:23]

de l'aviation et des universités.

[15:26]

On se rend maintenant quelques mois plus tard,

[15:28]

au 19 septembre 1995, toujours aux États-Unis.

[15:33]

Le New York Times et le Washington Post publient exceptionnellement

[15:37]

dans leur page intérieure la publication d'un manifeste intitulé

[15:41]

« Industrial Society and its Future »,

[15:45]

donc la société industrielle et son futur.

[15:47]

Signé de façon anonyme par un certain F.C.,

[15:52]

également surnommé le Yuna Bomber par les médias et les autorités.

[15:57]

Au moment des faits, le Yuna Bomber est recherché

[16:00]

pour ses multiples crimes depuis 1978.

[16:03]

On y reviendra plus en détails.

[16:05]

C'est aussi un moment particulier dans l'histoire,

[16:07]

car il est assez rare que les criminels

[16:09]

aient autant d'espace médiatique pour s'exprimer.

[16:12]

Il débute son manifeste ainsi.

[16:14]

La révolution industrielle et ses conséquences

[16:17]

ont été un désastre pour la race humaine.

[16:20]

Écrivant ces mots comme introduction à son manifeste

[16:22]

anti-technologie de 35 000 mots,

[16:25]

il explique en détails sa vision du monde,

[16:27]

décrivant la soumission de l'homme à la technologie

[16:30]

et les dangers qu'elle représente pour la liberté individuelle

[16:33]

et de la nature, de la création de communautés autonomes,

[16:37]

ainsi que ses motivations qui l'ont poussé

[16:39]

à commettre 16 horribles crimes depuis plus de 15 ans.

[16:44]

Son objectif, déclencher, comme je vous le disais,

[16:46]

une révolution contre la technologie

[16:48]

et mettre fin à l'emprise du monde industriel sur la société.

[16:51]

Ça doit être quand même assez rare que des médias

[16:53]

comme le New York Times et le Washington Post

[16:56]

publient un manifeste comme ça venant de...

[17:01]

Un criminel.

[17:01]

Oui, surtout.

[17:02]

Il devait vraiment avoir peur de ce qui allait arriver.

[17:05]

Il devait sentir que vraiment cette personne-là

[17:08]

contrôlait quelque chose.

[17:10]

En même temps, ça devait lui faire sentir extrêmement pouvoir.

[17:14]

Oui, tu as raison.

[17:15]

On va y revenir là-dessus justement,

[17:18]

comment tout le processus s'est déclenché.

[17:20]

Oui, tu as raison parce que ça a pris des mois

[17:22]

avant qu'il accepte de diffuser ça.

[17:26]

Ils l'ont fait justement pour les bonnes raisons.

[17:28]

Il avait peur que ça incite d'autres criminels

[17:32]

à faire la même chose.

[17:33]

Exact.

[17:35]

Pour ceux qui l'ignorent, il faut savoir

[17:37]

qu'un manifeste est un document écrit

[17:38]

qui exprime les opinions, les croyances

[17:40]

ou les intentions d'un individu ou d'un groupe.

[17:43]

Les manifests peuvent traiter de nombreux sujets différents,

[17:46]

notamment la politique, la religion, l'art,

[17:48]

l'architecture, la technologie.

[17:50]

Ils sont souvent utilisés pour exprimer des idées révolutionnaires

[17:53]

ou pour appeler à des changements sociaux

[17:55]

ou politiques importants.

[17:57]

Un manifeste, ça peut prendre plusieurs formes.

[17:59]

Ça peut prendre la forme d'un texte court,

[18:01]

concis ou d'un document plus long.

[18:03]

Ça peut même être de la poésie ou des poses.

[18:06]

Ils ont été utilisés dans l'histoire

[18:07]

pour exprimer une vision d'un futur idéal

[18:09]

ou pour critiquer les conditions actuelles des citoyens.

[18:12]

Les exemples les plus célèbres incluent

[18:14]

le Manifeste communiste de Karl Marx

[18:17]

et Frédéric Engels, par exemple.

[18:19]

Mais au Québec aussi, on a eu

[18:20]

le Front de libération du Québec, le FLQ,

[18:23]

qui était un groupe séparatiste, le militant,

[18:25]

qui a publié plusieurs manifestes

[18:27]

au cours de son histoire.

[18:28]

Mais le plus célèbre d'entre eux,

[18:30]

c'est le Manifeste du Front de libération du Québec,

[18:32]

qui a été publié en 1963.

[18:34]

On revient à notre histoire.

[18:37]

C'est en avril de la même année,

[18:39]

soit en 1995,

[18:41]

que le Unabomber tente

[18:42]

une première tentative de publication

[18:44]

de son Manifeste dans les médias.

[18:47]

Il l'avait envoyé à plusieurs journaux et magazines,

[18:50]

même le Penthouse Magazine,

[18:52]

ainsi que plusieurs chaînes de télévision

[18:54]

sous la forme de plusieurs lettres.

[18:57]

Dans sa requête, il propose

[18:59]

et jure d'arrêter ses attaques

[19:01]

s'il est publié,

[19:02]

dans son intégralité, dans un grand journal.

[19:05]

À ce moment, la plupart des médias visés

[19:08]

n'ont pas tenu compte de sa demande,

[19:10]

mais ont avisé les autorités

[19:11]

de la réception des différentes lettres

[19:13]

et des demandes faites par son auteur.

[19:16]

Évidemment parce que là,

[19:18]

tout le monde le sait,

[19:19]

c'est le criminel le plus connu sans doute

[19:22]

aux États-Unis. On est en 1995.

[19:24]

Les autorités étaient réticentes

[19:26]

au départ à cette idée,

[19:28]

car elles craignaient que cela puisse inciter

[19:30]

d'autres criminels à utiliser

[19:32]

des tactiques similaires pour faire passer

[19:34]

leur message.

[19:36]

Il s'en est suivi ensuite d'un débat public

[19:38]

sur la publication du manifeste,

[19:41]

certains soutenant qu'il était important

[19:42]

de le publier pour aider à identifier

[19:44]

Luna Bomber, espérant

[19:46]

que quelqu'un reconnaîtrait l'écriture

[19:48]

ou le style littéraire,

[19:50]

tandis que d'autres soutenaient

[19:52]

qu'il était inapproprié de donner

[19:53]

de l'attention à un criminel

[19:55]

qui utilise des moyens violents

[19:57]

pour faire passer son message.

[19:59]

Finalement, les autorités

[20:01]

ont décidé de publier une version

[20:03]

abrégée du manifeste

[20:04]

dans le New York Times et le Washington Post

[20:07]

le 19 septembre 95,

[20:10]

comme discuté en début d'épisode,

[20:11]

espérant que cela puisse aider

[20:13]

à identifier Luna Bomber

[20:14]

et que cela mettrait fin aux attaques

[20:17]

et protégerait la vie des citoyens.

[20:19]

Il faut savoir qu'avant

[20:21]

la publication du manifeste,

[20:23]

il y avait trois morts et 23 blessés

[20:26]

causés suite aux attaques

[20:28]

du Luna Bomber,

[20:29]

et que malgré une enquête

[20:31]

de longue haleine, il était toujours

[20:33]

introuvable, donc il devenait

[20:34]

vraiment un problème pour la société

[20:36]

et la sécurité civile.

[20:38]

Oui, ça générait énormément d'inquiétude.

[20:41]

Si tu travaillais dans cette industrie-là,

[20:42]

tu ne savais jamais à quel moment

[20:44]

tu pouvais recevoir un paquet piégé.

[20:45]

Évidemment, au fil du temps,

[20:46]

les gens devenaient plus méfiants,

[20:48]

mais ça a créé vraiment

[20:49]

un climat de terreur aux États-Unis.

[20:51]

Oui, puis le New York de ces années-là,

[20:54]

c'est le New York

[20:55]

qui se sort tranquillement

[20:57]

de la crise du crack et de la coque,

[21:01]

des problèmes

[21:03]

économiques

[21:03]

qui ont survenu aussi à cette époque-là.

[21:06]

C'est une

[21:08]

Amérique industrielle

[21:12]

assez décontenancée

[21:13]

qui tente de se rebâtir.

[21:15]

Donc, d'avoir en plus cette menace-là

[21:18]

qui plane sous les Américains

[21:19]

ne devait pas aider à l'ambiance

[21:20]

qui était déjà un peu difficile.

[21:23]

Oui, tu as raison.

[21:24]

Et même, excuse-moi,

[21:27]

cinq, six ans plus tard,

[21:30]

il y avait le 11 septembre.

[21:31]

On dirait que je ne l'avais jamais

[21:32]

que je viens d'y penser, Caroline.

[21:35]

Oui, il y a eu beaucoup de séries

[21:38]

d'attenteurs à la bombe

[21:39]

aussi dans ces époques-là.

[21:41]

Oui, dans les années 90.

[21:42]

Exactement. C'était pas le seul

[21:45]

qui était actif.

[21:47]

Après la publication du manifeste,

[21:50]

la ligne directe

[21:51]

téléphonique a reçu plus

[21:53]

d'un millier d'appels par jour.

[21:55]

Mais il y avait peu ou pas d'informations concluantes

[21:58]

qui permettraient d'identifier

[21:59]

le criminel en question,

[22:01]

ni même celui qui a écrit le manifeste.

[22:04]

Plusieurs médias

[22:05]

ont publié des extraits ou des versions

[22:07]

abrégées du manifeste de Luna Bomber

[22:09]

après sa publication par le New York Times

[22:11]

et le Washington Post.

[22:12]

Le fait que le FBI

[22:14]

a demandé la publication dans les journaux

[22:16]

pour que l'auteur de ces attentats

[22:18]

soit identifié a incité de nombreux

[22:20]

autres médias à publier des versions

[22:22]

complètes ou encore des extraits.

[22:24]

Donc c'est devenu un petit peu viral

[22:26]

dans l'ère de cette époque-là.

[22:28]

Les journaux locaux et nationaux,

[22:30]

les magazines et les stations de télévision

[22:32]

ont également largement diffusé

[22:34]

des articles et des émissions

[22:36]

sur Luna Bomber et sur son manifeste.

[22:39]

Mais comment tout ça a commencé ?

[22:41]

Nous sommes maintenant le 2 mai 1978.

[22:45]

On remonte dans le temps.

[22:47]

Un passant trouve un colis adressé

[22:49]

et tamponné par terre

[22:51]

dans un parking de l'Université de l'Illinois

[22:53]

à Chicago.

[22:55]

Croyant à une erreur,

[22:56]

le colis a été renvoyé à la personne indiquée

[22:59]

sur l'adresse de retour,

[23:00]

le professeur Buckley Chris Jr.

[23:03]

de l'Université Northwestern.

[23:06]

Le colis prend le chemin

[23:07]

de la poste. Donc c'était vraiment

[23:09]

un colis qui était abandonné dans un stationnement.

[23:11]

Vous savez, il faut toujours mettre l'adresse de retour.

[23:13]

Donc quelqu'un s'est dit, c'est une erreur,

[23:14]

on le retourne.

[23:16]

Ça reste comme ça. Quelques jours plus tard,

[23:18]

le 6 mai, la police découvre

[23:20]

une bombe artisanale dans une boîte

[23:22]

aux lettres de la bibliothèque de l'Université de Chicago.

[23:25]

Cette bombe n'explose pas

[23:27]

et elle est déclarée comme un colis suspect.

[23:30]

Le 25 mai,

[23:31]

toujours en 78,

[23:33]

le professeur Christ,

[23:34]

qu'on parlait tout à l'heure,

[23:35]

reçoit le colis qui a été renvoyé

[23:38]

à son adresse,

[23:39]

mais il n'a jamais envoyé ce colis-là,

[23:41]

donc il trouve ça un peu suspect.

[23:43]

Il contacte immédiatement la sécurité

[23:46]

du campus.

[23:47]

Lorsque l'agent de sécurité tente

[23:49]

de l'ouvrir, il est blessé

[23:51]

par l'explosion d'une bombe artisanale

[23:53]

qui se trouvait à l'intérieur du colis.

[23:56]

Il est intéressant

[23:57]

de noter que ce premier colis

[23:59]

n'était pas envoyé par la poste

[24:01]

au départ, mais déposé

[24:03]

directement sur le lieu visé.

[24:05]

Il a plutôt utilisé une astuce

[24:08]

du système postal pour brouiller

[24:09]

les pistes. C'est le premier

[24:11]

attentat d'une série de 16 qui s'étalera

[24:13]

sur une zurée totale de 18 ans.

[24:17]

Presque un an plus tard,

[24:18]

après le premier colis,

[24:20]

le 9 mai 1979,

[24:23]

un étudiant diplômé

[24:24]

de la Northwestern University

[24:26]

se blesse lui aussi

[24:27]

en ouvrant une boîte

[24:29]

qui ressemblait à un cadeau.

[24:31]

Le colis avait été laissé dans une pièce

[24:33]

utilisée par les étudiants à l'université.

[24:36]

Le 15 novembre 1979,

[24:39]

le vol 444 d'American Airlines

[24:41]

reliant Chicago

[24:43]

à Washington se remplit

[24:45]

de fumée après l'explosion d'une bombe

[24:46]

dans le compartiment à bagages.

[24:49]

L'avion a atterri en toute sécurité

[24:51]

car la bombe n'a pas fonctionné

[24:53]

comme prévu. Cependant,

[24:55]

il y a eu 12 passagers qui ont souffert

[24:56]

d'inhalation de fumée, il y a même

[24:58]

un employé d'American Airlines

[25:00]

qui a été blessé aussi en manipulant

[25:02]

la bombe.

[25:03]

Je me demande si ça a à voir avec

[25:06]

le numéro de vol

[25:08]

de ce vol-là,

[25:10]

444, je ne sais pas ce que ça peut dire,

[25:12]

mais sachant que c'est

[25:14]

American Airlines,

[25:16]

le code devait être

[25:18]

AA444.

[25:20]

Je ne sais pas pourquoi,

[25:21]

je ne sais pas s'il y a un lien à faire

[25:23]

ou si la personne

[25:25]

je ne sais pas croit en la numérologie

[25:27]

ou autre, mais je trouvais que c'était un numéro

[25:29]

de vol assez particulier.

[25:30]

Tu as raison là-dessus, André,

[25:32]

j'avais pas cliqué, mais connaissant le personnage

[25:34]

il devait avoir une logique,

[25:36]

on y reviendra, mais j'ai rien vu de spécifié

[25:39]

tel quel, mais c'est certain

[25:40]

qu'il y a eu une logique, quand ceux qui ne connaissent pas encore

[25:43]

c'est qui, vous allez peut-être comprendre

[25:45]

un peu même ton parallèle.

[25:48]

Finalement, les enquêteurs

[25:49]

du FBI ont lié les trois incidents

[25:51]

de part leur similitude et ont découvert

[25:53]

qu'ils étaient tous liés à un seul

[25:55]

et même individu.

[25:57]

C'est ainsi qu'est née la Unabomb

[26:00]

Task Force,

[26:01]

une unité spéciale du FBI

[26:03]

chargée de retrouver

[26:05]

et d'arrêter ce criminel.

[26:07]

Le groupe de travail appelé

[26:08]

la Unabomb Task Force, comme tu nous l'as

[26:11]

expliqué Seb, a été créé

[26:13]

immédiatement après l'attentat de

[26:15]

fin 1979 sur le vol

[26:17]

444. Il était

[26:19]

dirigé par le FBI et comprenait

[26:21]

également des membres de l'ATF,

[26:23]

qui est en fait le bureau de l'alcool,

[26:26]

du tabac et des armes à feu,

[26:27]

des explosifs aux États-Unis

[26:29]

et du service d'inspection postale

[26:31]

des États-Unis. Leur mission

[26:33]

était d'enquêter sur les cibles

[26:35]

impliqués dans ces attentats, qui étaient

[26:37]

en gros les universités et les

[26:39]

compagnies aériennes et c'est pour ce-là

[26:41]

que l'affaire a été surnommée

[26:43]

Unabomb. En fait, c'est une

[26:45]

abréviation de University

[26:47]

et Airline Bombing,

[26:49]

donc c'est pour ça Unabomb,

[26:51]

en fait.

[26:53]

Et c'est drôle de voir

[26:55]

que le service de la poste est impliqué là-dedans,

[26:57]

mais à quelque part c'est normal parce que vous le

[26:59]

savez, utiliser le service

[27:01]

postale, même au Canada, mais aux États-Unis,

[27:03]

ils prennent ça très au sérieux, à des fins

[27:05]

criminelles, c'est une très grave

[27:07]

offense. Tu peux faire vraiment

[27:09]

beaucoup de prison en utilisant

[27:11]

la poste américaine pour commettre des

[27:13]

crimes, que ce soit du trafic

[27:15]

de drogue, d'armes ou autre.

[27:18]

Le groupe de travail

[27:19]

passe à plus de 150 enquêteurs,

[27:22]

c'est beaucoup là.

[27:23]

Il y a des analystes et il y a d'autres

[27:25]

corps de métiers qui sont à plein temps

[27:26]

sur le sujet. À la recherche

[27:29]

d'indices, l'équipe procède

[27:31]

à tous les examens médico-légaux possibles

[27:33]

des composantes de bombes

[27:35]

récupérées et étudient la vie

[27:37]

des victimes dans les moindres détails.

[27:39]

Ces efforts se sont avérés peu

[27:41]

utiles pour l'identifier,

[27:43]

lui qui s'est efforcé de ne laisser aucune

[27:45]

preuve médico-légale justement,

[27:47]

construisant ces bombes essentiellement

[27:49]

à partir de matériaux de ferraille

[27:51]

disponibles presque partout.

[27:53]

Donc ce n'était pas des bombes très

[27:55]

fancées. Non, exact. Mais on va y

[27:57]

revenir un peu plus tard sur la conception

[27:59]

des bombes, mais

[28:01]

c'était justement

[28:03]

en utilisant des matériaux

[28:05]

communs. C'est beaucoup plus

[28:07]

difficile à identifier pour eux que quelqu'un

[28:09]

a acheté ça. Donc

[28:11]

c'était brillant aussi de sa part.

[28:12]

Ça créait des bombes de façon

[28:14]

anonyme. Les bombes ont évolué

[28:16]

aussi au fil du temps. Ils se sont sophistiquées

[28:18]

parce que même dans les trois premiers cas

[28:20]

qu'on vous parle, vous l'avez vu au début, il y a eu des erreurs,

[28:22]

des bombes qui n'explosent pas,

[28:24]

des choses comme ça. Après, il y a amélioré

[28:27]

- on ne pourra pas rentrer dans tous ces détails-là -

[28:28]

il y a amélioré ces mécanismes

[28:32]

de construction

[28:33]

de bombes. C'est vraiment devenu un expert

[28:34]

en vingt ans à faire ça.

[28:37]

Effectivement. C'est amélioré.

[28:38]

Au cours des années 1980,

[28:40]

plusieurs attentats aux colis piégés

[28:42]

ont eu lieu. Le président

[28:44]

de la United Airlines,

[28:46]

Percy Woods, a été blessé

[28:48]

lorsqu'il a ouvert un colis piégé

[28:50]

envoyé à son bureau. En 1981,

[28:53]

une bombe a été

[28:54]

découverte dans un immeuble de l'Université

[28:56]

du Utah, mais elle a explosé

[28:59]

en toute sécurité sans causer

[29:00]

de blessures. En 1982,

[29:03]

maintenant, une bombe

[29:04]

a blessé la secrétaire du chef

[29:06]

du département d'informatique de l'Université

[29:09]

Vanderbilt, et un professeur

[29:10]

d'ingénierie de l'Université

[29:12]

de Californie à Berkeley a été

[29:14]

blessé par un colis piégé

[29:16]

déposé dans la salle de repos.

[29:18]

Ça en fait beaucoup.

[29:20]

Tout le monde est naïf. Quand tu vois un colis,

[29:22]

un paquet, t'sais, t'sais, comme

[29:24]

l'étudiant, je parlais au début, qui est

[29:26]

enveloppé dans un cadeau, t'sais, tu vois,

[29:28]

aussi, il pensait comme pour attirer

[29:30]

les gens aussi vers le paquet.

[29:33]

Puis les colis sont tellement

[29:34]

envoyés partout que c'est dur de se dire

[29:36]

qu'il est seulement dans telle région,

[29:39]

en fait. Donc les gens

[29:41]

devaient pas savoir quand est-ce qu'il allait

[29:42]

ouvrir un colis piégé. Non, exactement,

[29:44]

mais on se rend compte quand même qu'il

[29:46]

cible, il y a certaines zones géographiques

[29:49]

qui ciblaient plus que d'autres,

[29:51]

puis ça a même aidé aussi à un peu

[29:53]

identifier sa

[29:55]

géolocalisation.

[29:56]

En 1985, des attaques à

[29:58]

la bombe ont eu lieu à nouveau à l'Université

[30:01]

de Californie à Berkeley,

[30:02]

à la division de fabrication de Boeing

[30:05]

à Washington et à l'Université

[30:07]

du Michigan, où un professeur

[30:09]

de psychologie et son assistant

[30:11]

ont été blessés.

[30:13]

Enfin, en décembre 1985,

[30:15]

une bombe remplie de fragment

[30:17]

de clous a tué le propriétaire

[30:19]

d'un magasin d'informatique à

[30:21]

Sacramento. Imagine la mort

[30:23]

violente. Ah, ça doit être l'enfer,

[30:25]

tu dois pas mourir sur le coup,

[30:27]

ça doit être horrible.

[30:29]

Le temps passe

[30:30]

et malgré de nouvelles preuves,

[30:33]

toujours rien de concluant.

[30:35]

Il est bien malin ce Yuna Bomber

[30:37]

et il réussit à tromper jusqu'à présent

[30:39]

tous les enquêteurs sur le dossier.

[30:41]

On se retrouve maintenant le

[30:43]

20 février 1987.

[30:45]

Une autre bombe laissée sur le

[30:47]

parking d'un magasin d'informatique

[30:48]

de Salt Lake City blesse

[30:50]

gravement le fils du propriétaire

[30:52]

du magasin. Cependant,

[30:55]

cette fois-ci, nous avons un

[30:57]

témoin. Un employé du

[30:58]

magasin voit l'homme quitter après

[31:00]

avoir déposé le colis.

[31:02]

Ce témoignage a aidé un dessinateur

[31:04]

à créer le croquis de son portrait

[31:06]

robot. Enfin, les enquêteurs

[31:09]

ont obtenu leur première description

[31:11]

par un témoin oculaire

[31:12]

après que quelqu'un a rapporté

[31:14]

avoir vu un homme portant des lunettes

[31:16]

de soleil d'aviateur et un

[31:18]

sweatshirt à capuchon sur

[31:20]

les lieux du crime.

[31:22]

Son portrait robot s'est alors mis

[31:24]

à circuler dans tous les médias

[31:26]

américains. Après des années

[33:04]

d'enquête et de recherche, la

[33:06]

police a finalement réussi à établir

[33:08]

un portrait robot de l'individu

[33:09]

soupçonné d'être à l'origine des

[33:11]

attentats Unabombe. Ce portrait

[33:13]

a été diffusé massivement dans les

[33:15]

médias américains dans l'espoir

[33:17]

que quelqu'un puisse reconnaître

[33:18]

l'individu et fournir des

[33:20]

informations qui pourraient mener

[33:21]

à son arrestation. Au fil des ans,

[33:24]

l'UTF, la task force,

[33:26]

a mené une enquête exhaustive

[33:29]

recueillant et analysant des

[33:32]

droits et établissant des profils

[33:34]

criminels et menant des recherches

[33:36]

sur les lieux de l'attentat.

[33:38]

Les enquêteurs ont aussi travaillé en

[33:39]

étroite collaboration avec les victimes

[33:41]

et les témoins pour recueillir des

[33:43]

informations sur les attaques.

[33:45]

La pression sur les forces de l'ordre

[33:46]

pour résoudre cette affaire était

[33:48]

élevée, car il y avait eu de nombreux

[33:50]

blessés et morts au fil des années.

[33:52]

Toujours en 1987, la task force

[33:55]

a commencé à recevoir des lettres

[33:57]

de revendication de la part de

[33:59]

Nob Humber. Le contenu de ces lettres

[34:01]

fournit des informations sur

[34:03]

ses motivations et ses cibles

[34:05]

potentielles aux enquêteurs.

[34:06]

Le FBI a également utilisé

[34:09]

des profils criminels pour

[34:11]

identifier les suspects potentiels.

[34:13]

Ils ont même effectué des enquêtes

[34:15]

sur des milliers de personnes.

[34:17]

Avec l'ensemble des éléments,

[34:19]

les enquêteurs du FBI ont développé

[34:20]

un profil détaillé qui, selon

[34:23]

eux, était un individu blanc,

[34:25]

probablement entre 35 et 40 ans,

[34:27]

ayant une formation scientifique

[34:29]

ou technique.

[34:31]

Pour tenter de l'attraper, ils ont

[34:32]

utilisé des méthodes d'investigation

[34:34]

avancées comme l'analyse de la scène

[34:35]

de crime, l'analyse linguistique

[34:37]

et l'analyse comportementale

[34:41]

pour établir des pistes.

[34:43]

Ils ont également utilisé des méthodes

[34:44]

de surveillance, comme la surveillance

[34:47]

de la poste et les écoutes

[34:49]

téléphoniques pour tenter de le

[34:51]

localiser. Nous sommes maintenant

[34:52]

en 1993, et cela fait maintenant

[34:55]

près de sept ans que Luna Bomber n'a

[34:57]

pas commis d'attaque à la bombe.

[34:59]

Cette pause dans les attaques

[35:01]

a permis aux États-Unis de retrouver

[35:02]

un certain calme et de se sentir

[35:05]

plus en sécurité, car il n'y avait

[35:07]

plus de menace d'attentat à la bombe.

[35:09]

Imaginez le stress des gens qui

[35:10]

travaillaient dans les industries visées par lui.

[35:13]

Cependant, pendant cette période,

[35:15]

les autorités ont continué leurs enquêtes

[35:17]

pour trouver Luna Bomber, mais

[35:18]

malheureusement toujours sans succès.

[35:21]

Cette période de calme a toujours

[35:23]

et est toujours un mystère aujourd'hui.

[35:26]

Malgré cette pause dans les

[35:27]

attentats, la peur et l'attention

[35:29]

reste présente dans l'esprit des citoyens

[35:31]

malgré tout, car ils savaient

[35:33]

qu'il était toujours en liberté

[35:35]

et qu'il pourrait recommencer à attaquer

[35:37]

à tout moment.

[35:39]

La trêve a été brisée brutalement

[35:41]

le 22 juin 1993

[35:43]

lorsqu'un généticien de l'Université

[35:45]

de Californie a été blessé

[35:47]

après avoir ouvert un colis piégé

[35:49]

dans sa cuisine. Deux jours

[35:51]

plus tard, un éminent informaticien

[35:53]

de l'Université de Yale a été

[35:55]

gravement blessé après avoir ouvert

[35:57]

une bombe postale.

[35:59]

Les attaques se sont poursuivies

[36:01]

en décembre 1994,

[36:03]

avec la mort d'un publicitaire qui avait ouvert

[36:05]

un colis piégé envoyé

[36:07]

à son domicile du New Jersey.

[36:10]

La dernière attaque a eu lieu

[36:11]

le 24 avril 1995

[36:13]

lorsqu'une bombe postale

[36:15]

a tué le président de la California

[36:17]

Forestry Association

[36:19]

dans son bureau à Sacramento,

[36:21]

comme discuté au début de l'épisode.

[36:24]

Les nouveaux attentats

[36:25]

ont montré que Luna Bomber

[36:27]

était toujours actif et déterminée

[36:29]

à causer des dommages mortels.

[36:31]

Face à ces nouvelles attaques,

[36:33]

les autorités devaient redoubler d'efforts

[36:35]

pour capturer l'auteur de ces actes

[36:37]

criminels. Et là, on va revenir

[36:39]

un peu autour du manifeste

[36:41]

de Seb, parce qu'il y a des choses

[36:43]

à analyser pour faire des liens

[36:44]

entre le style d'écriture et un suspect

[36:47]

potentiel. Le manifeste

[36:49]

est maintenant publié dans plusieurs médias

[36:51]

américains. Avec la dernière

[36:53]

attaque meurtrière du mois d'avril,

[36:55]

beaucoup de pression est mise sur

[36:57]

les autorités.

[36:59]

Ils espèrent réellement que quelqu'un saura

[37:01]

identifier l'auteur par son écriture,

[37:04]

car de leur côté,

[37:05]

les enquêteurs du FBI ont utilisé

[37:07]

des méthodes linguistiques pour analyser

[37:09]

les écrits et les publications du

[37:11]

criminel. Ils ont travaillé avec

[37:13]

des experts en linguistique pour étudier

[37:15]

la grammaire, le vocabulaire

[37:17]

et le style de Luna Bomber dans

[37:19]

ses lettres et ses manifestes,

[37:21]

dans le but de découvrir des informations

[37:22]

sur son identité et sa géolocalisation.

[37:26]

Cependant,

[37:27]

il leur manquait toujours un réel

[37:28]

suspect avec qui faire une corrélation.

[37:31]

Après l'apparution du

[37:33]

manifeste, des milliers de personnes

[37:35]

ont suggéré des suspects possibles.

[37:37]

L'une d'elles s'est démarquée,

[37:39]

David Kaczynski,

[37:41]

un citoyen de Schenectady

[37:42]

dans l'état de New York.

[37:45]

La publication du manifeste

[37:46]

dans les journaux a été un tournant

[37:48]

décisif pour la famille Kaczynski.

[37:51]

Dès la lecture des premières phrases,

[37:53]

David reconnaît tout de suite

[37:54]

les propos et le ton de son frère,

[37:57]

Ted. Il s'est demandé si

[37:58]

son frère pouvait être le fameux

[38:00]

Luna Bomber. Il a immédiatement

[38:02]

contacté les FBI pour les

[38:04]

informer de ses soupçons et leur

[38:06]

a envoyé plusieurs correspondances

[38:08]

et différents écrits de son frère

[38:10]

pour faire des corrélations entre l'écriture

[38:12]

du manifeste et celle de Ted

[38:14]

pour voir s'il n'y aurait pas

[38:16]

quelque chose à fouiller.

[38:19]

David Kaczynski est un

[38:21]

travailleur social ayant quitté

[38:22]

récemment son poste pour s'occuper

[38:24]

de son frère, Theodore, qui était

[38:26]

devenu reclus dans les bois depuis

[38:28]

1971. Il était

[38:30]

préoccupé par ses propos radicaux

[38:32]

et ses idéologies extrêmes

[38:34]

envers la société et par l'aggravation

[38:37]

de son état de santé mentale.

[38:39]

Son frère Theodore, alias Ted,

[38:42]

est un brillant mathématicien

[38:43]

diplômé de l'Université du Michigan

[38:45]

et de Harvard qui avait également

[38:47]

enseigné à l'Université de

[38:49]

Berkeley. Lui, il a démissionné

[38:51]

de son poste de professeur et a

[38:53]

choisi de vivre de manière isolée et

[38:55]

autonome dans une petite cabane

[38:56]

primitive d'environ 10 par 14

[38:59]

construite par lui-même dans les

[39:01]

montagnes du Montana. Il

[39:03]

a acheté cette terre avec son frère,

[39:05]

cependant, il y habite seul

[39:06]

depuis de nombreuses années.

[39:09]

Avec cette piste plus qu'intéressante,

[39:12]

l'enquête se poursuit

[39:13]

et James Fitzgerald,

[39:14]

un agent du FBI et spécialiste

[39:16]

de l'analyse linguistique, est

[39:18]

chargé d'étudier les écrits de

[39:20]

Luna Bomber pour identifier des

[39:22]

similitudes dans le style d'écriture

[39:24]

et les expressions utilisées qui

[39:26]

pourraient aider à identifier l'auteur.

[39:28]

Il a été capable de faire des

[39:30]

corrélations, imaginez-vous donc,

[39:31]

entre l'écriture de ses lettres et

[39:33]

celle du manifeste. A titre

[39:36]

informatif, Fitzgerald est

[39:38]

également connu pour son travail

[39:39]

sur d'autres affaires célèbres,

[39:41]

comme l'affaire BTK, que l'on

[39:43]

a déjà couvert à Distorsion, et

[39:45]

aussi l'affaire de la tueuse en

[39:47]

série Eileen Warnows.

[39:49]

Je sais pas si tu te rappelles, c'est la tueuse en série

[39:51]

qui a tué, je pense, sept camionneurs

[39:53]

au fil du temps, pis il y a eu

[39:55]

un film avec Charlize Theron,

[39:58]

Monster sur cette histoire-là,

[40:00]

pis elle, c'est drôle, tout le long

[40:01]

de sa défense, elle a toujours dit

[40:04]

qu'elle agissait en

[40:05]

légitime défense, que c'est les

[40:07]

camionneurs qui l'attaquaient, mais

[40:09]

finalement, avec l'enquête, ils se sont rendu compte

[40:11]

que c'est plutôt elle qui

[40:14]

provoquait les meurs, pis

[40:15]

elle a été exécutée en 2002

[40:18]

par la peine de mort.

[40:19]

Ah oui, c'est rare, les tueuses en série, hein?

[40:21]

Très rare. Oui, c'est une des seules,

[40:23]

pis elle est assez, ben pas

[40:25]

mythique, mais oui, dans le rôle

[40:27]

dans le true crime, elle a un gros

[40:29]

espace, disons, au niveau film.

[40:32]

Les enquêteurs ont ensuite recueilli

[40:34]

d'autres preuves pour corroborer

[40:36]

cette correspondance, comme

[40:37]

des témoignages de personnes qui avaient reçu

[40:39]

des lettres ou des colis suspects de la part

[40:41]

de Luna Bomber, ainsi que

[40:43]

des analyses scientifiques, des éléments

[40:45]

retrouvés dans les bombes.

[40:47]

Une fois qu'ils ont eu suffisamment de preuves

[40:49]

pour prouver que Ted Kaczynski

[40:51]

était Luna Bomber, les agents

[40:53]

du FBI ont finalement obtenu

[40:55]

un mandat de perquisition auprès d'un

[40:57]

pluge et ont lancé une vaste opération

[41:00]

pour le mettre en état d'arrestation.

[41:02]

Avant d'aller plus loin, Seb,

[41:04]

est-ce que tu peux nous en dire plus

[41:05]

sur l'enfance et la vie de Ted

[41:07]

Kaczynski? Comment il a pu en arriver,

[41:10]

là, en fait? Oui, parce que c'est

[41:11]

intéressant de voir son parcours,

[41:13]

parce que c'est une personne

[41:15]

qui a eu un chemin assez

[41:18]

particulier et unique.

[41:20]

Théodore John Kaczynski

[41:22]

est né le 22 mai

[41:24]

1942 à Chicago, dans

[41:25]

une famille ouvrière de deuxième

[41:28]

génération d'Américains polonais.

[41:31]

Ses parents se nommaient Wanda

[41:32]

Tyriza, elle est née

[41:34]

d'Hombeck, elle est décédée

[41:36]

en 2011, pardon,

[41:38]

et son père Théodore Richard

[41:40]

Kaczynski, qui est décédé en

[41:42]

1990, lui était

[41:44]

un fabricant de saucisses.

[41:46]

Selon ses parents, Ted était

[41:48]

un bébé heureux jusqu'à ce qu'il soit

[41:50]

hospitalisé avec une urticaire

[41:52]

grave et placé en isolement

[41:54]

avec peu de contact avec les autres.

[41:57]

Selon sa mère,

[41:58]

Ted manifestait déjà un comportement

[42:00]

étrange dès son plus jeune âge.

[42:02]

Elle a rapporté que lorsqu'il

[42:04]

avait une photo de lui-même en tant que bébé,

[42:06]

maintenu par des médecins

[42:08]

qui examinaient ses plaies, il a

[42:09]

littéralement reculé.

[42:12]

Elle a également déclaré qu'il a montré

[42:14]

une grande empathie pour les animaux qui étaient enfermés

[42:16]

ou qui étaient dans une situation

[42:18]

d'impuissance, ce qui, selon

[42:20]

elle, était lié à son expérience

[42:22]

de personnel d'isolement à l'hôpital durant sa

[42:24]

première année de vie. Parce que cette maladie-là,

[42:26]

c'est vraiment important de le dire.

[42:28]

Rapidement, il a été isolé de sa famille pendant

[42:30]

plusieurs semaines et ça a créé

[42:32]

vraiment une grosse coupure

[42:34]

selon ses parents.

[42:35]

C'est fou, tout ce qui arrive au début de la vie,

[42:38]

comment ça peut avoir une

[42:40]

influence sur ton futur.

[42:41]

C'est incroyable.

[42:43]

Ces observations font penser que cela aurait pu

[42:46]

être un des signes précoces

[42:48]

d'une sensibilité accrue à la souffrance,

[42:50]

ce qui aurait pu jouer un rôle dans ses idéologies

[42:52]

et sa violence ultérieure.

[42:55]

De la première à la quatrième

[42:56]

année, Ted fréquente l'école

[42:58]

primaire Sherman à Chicago

[43:00]

où les gestionnaires de l'école l'ont

[43:02]

décrit comme étant sain et avec un

[43:04]

bon comportement. En 1952,

[43:06]

dix ans après sa naissance,

[43:09]

sa famille déménagea dans la banlieue

[43:10]

sud-ouest de Park Evergreen,

[43:12]

toujours dans l'Islande.

[43:14]

Après avoir eu

[43:16]

un QI, reçu, dans le fond, un résultat

[43:18]

de QI de 167,

[43:20]

lors d'un test, il saute

[43:22]

la sixième année et est transféré

[43:24]

à l'école secondaire Evergreen Park

[43:26]

Central Junior.

[43:27]

C'est quand même élevé, 167, je pense.

[43:31]

Après, on en prend

[43:32]

et on en laisse sur le QI.

[43:34]

Ça ne veut pas dire que tu as un bon jugement,

[43:36]

mais c'est quand même assez élevé.

[43:38]

Lui, c'est un génie des mathématiques.

[43:40]

Le QI, c'est beaucoup

[43:42]

dans la résolution de problèmes.

[43:45]

Mais oui, c'est incroyable.

[43:47]

Tout se déroule bien pour Ted.

[43:49]

Il excède académiquement.

[43:51]

Il joue du trombone à la fanfar.

[43:53]

Il est membre des clubs de mathématiques,

[43:55]

de biologie, de monnaie et d'allemand.

[43:57]

Mais étant considéré comme quelqu'un

[44:00]

un peu étranger,

[44:01]

en fait, c'était ça le terme.

[44:03]

Ce n'est pas quelqu'un qui s'impliquait beaucoup

[44:04]

par ses camarades de classe.

[44:06]

Malgré dans tous les clubs qu'il était,

[44:08]

il restait toujours un peu à l'écart.

[44:10]

Pendant cette période, Kaczynski était passionné

[44:12]

de mathématiques, pensait de nombreuses heures

[44:15]

à étudier et à résoudre des problèmes

[44:17]

mathématiques avancés.

[44:18]

Il s'est lié avec un groupe de garçons

[44:21]

qui partageaient les mêmes intérêts que lui

[44:22]

pour la science et les maths.

[44:25]

Et le groupe s'appelait soit les Maths with Kids

[44:27]

ou les Brainy Boys.

[44:29]

Ils se faisaient toujours appeler comme ça

[44:30]

en raison de leur penchant pour toujours

[44:33]

avoir des livres ou des documents

[44:35]

qui étaient soit sur les maths

[44:37]

ou sur les sciences avec eux.

[44:40]

Il y a un membre de ce groupe

[44:41]

qui a décrit Ted comme étant l'enfant

[44:42]

le plus intelligent de la classe.

[44:44]

Il était calme et timide,

[44:46]

jusqu'à ce que vous le connaissiez mieux

[44:48]

qu'il disait. Une fois que vous le connaissiez,

[44:50]

il pouvait vous parler et parler,

[44:52]

il n'y avait plus de gêne du tout avec vous.

[44:54]

Cette description en fait montre que Ted

[44:56]

était considéré comme un individu

[44:58]

intelligent et solitaire,

[45:00]

mais qu'il était en mesure quand même

[45:01]

de s'ouvrir à ses proches et de partager

[45:03]

sa passion pour les mathématiques et la science

[45:05]

une fois qu'il se sentait à l'aise avec eux.

[45:08]

Il a finalement obtenu son diplôme

[45:10]

à l'âge de 15 ans. Il faisait partie

[45:12]

des cinq élèves de son école qui ont été sélectionnés

[45:14]

pour le mérite national.

[45:16]

Il a été encouragé à postuler à Harvard.

[45:19]

Il obtient une bourse

[45:20]

pour rentrer à l'Université en 1958

[45:22]

à l'âge de 16 ans.

[45:24]

Mais à cette époque-là, je pense que

[45:26]

un peu tout était permis de ce côté-là.

[45:27]

Oui, exact. Mais c'est jeune à 16 ans

[45:30]

et tomber dans un monde d'adultes

[45:32]

et tout ça. Ça aussi, il y en a

[45:34]

qui disent que ça peut avoir

[45:36]

un impact

[45:36]

d'envoyer un enfant

[45:39]

aussi brillant soit-il.

[45:41]

Reste un enfant dans un monde

[45:42]

d'adultes où on a quand même des attentes

[45:45]

envers lui.

[45:46]

Il commence alors ses études universitaires à Harvard.

[45:49]

Il obtient son diplôme de premier cycle

[45:51]

en 1962.

[45:53]

Poursuit ses études de doctorat en mathématiques

[45:55]

à l'Université du Michigan.

[45:57]

Il obtient son doctorat en

[45:58]

67 à l'âge de 25 ans.

[46:01]

Pendant ses études, il a été considéré

[46:03]

comme un élève exceptionnellement brillant.

[46:05]

Il a publié des articles scientifiques importants

[46:07]

dans des revues scientifiques de Renault.

[46:09]

Il a ensuite commencé à enseigner à l'Université

[46:11]

de Berkeley en Californie

[46:12]

où il a été embauché comme assistant-professeur

[46:15]

en mathématiques, mais il a démissionné

[46:17]

après seulement deux ans

[46:18]

d'enseignement en 1969.

[46:23]

En 1971,

[46:25]

Kaczynski déménage à Great Fall

[46:27]

au Montana. C'est cet été-là

[46:29]

qu'il commence à construire sa cabane

[46:31]

près de la ville de Lincoln

[46:32]

à 80 000 au sud-ouest de Great

[46:35]

Fall, sur un terrain que lui

[46:37]

et son frère David ont acheté

[46:39]

comme on vous disait. Il a ensuite

[46:41]

vécu dans sa cabane isolée dans les montagnes

[46:43]

où il a vécu de manière autonome depuis

[46:46]

1971.

[46:48]

Mais pourquoi

[46:49]

il a décidé de faire ce choix de vie-là

[46:51]

ou il y reviendra ?

[46:53]

Et c'est là que le FBI va commencer

[46:55]

à surveiller cette fameuse cabane.

[46:57]

Oui. On revient à l'enquête

[46:59]

tranquillement. Le FBI

[47:01]

surveille justement le terrain

[47:03]

de tête dans le Montana,

[47:06]

et ils font ça

[47:07]

depuis plusieurs jours quand même.

[47:09]

Ils utilisent des techniques de surveillance discrètes

[47:11]

pour suivre ces allées-venues

[47:13]

et étudient ces habitudes et ces

[47:15]

routines pour s'assurer qu'ils peuvent l'arrêter

[47:17]

en toute sécurité.

[47:19]

Ils travaillent également en étroite collaboration

[47:21]

avec les forces de l'ordre local

[47:22]

et les services d'urgence pour s'assurer

[47:25]

qu'ils soient prêts à intervenir rapidement

[47:27]

en cas de besoin.

[47:29]

Les agents utilisent également des équipements

[47:31]

de surveillance high-tech comme des caméras

[47:33]

cachées et des microphones pour surveiller

[47:35]

ces activités à l'intérieur de sa cabane

[47:37]

avec l'objectif de recueillir

[47:39]

des preuves supplémentaires contre lui.

[47:42]

Après plusieurs jours de surveillance

[47:43]

et lorsque les agents ont jugé

[47:45]

qu'ils avaient suffisamment de preuves

[47:47]

et qu'ils avaient planifié la bonne stratégie

[47:49]

pour son arrestation en toute sécurité,

[47:52]

ils ont procédé finalement

[47:53]

à son arrestation, à tête,

[47:55]

le 3 avril 1996

[47:57]

sans incident.

[47:58]

C'est 198 jours

[48:01]

après la publication du manifeste.

[48:21]

Les agents du FBI

[48:22]

ont effectué une perquisition

[48:24]

dans la cabane de Ted Kaczynski

[48:26]

et ont découvert une quantité

[48:28]

impressionnante de preuves

[48:29]

qui ont confirmé son rôle dans les attaques à la bombe.

[48:32]

Ils ont trouvé des bombes

[48:34]

artisanales en cours de fabrication

[48:36]

ainsi qu'une bombe réelle

[48:37]

prête à être expédiée,

[48:39]

donc potentiellement qu'ils prévoyaient autre chose,

[48:42]

qu'ils prévoyaient d'autres coups, Ted Kaczynski.

[48:45]

Ils ont également découvert une grande

[48:47]

quantité de matériaux utilisés pour fabriquer

[48:50]

des bombes comme des tuyaux en acier,

[48:52]

des fils, des mèches,

[48:54]

des boulons, des résistances,

[48:56]

des interrupteurs, des piles,

[48:58]

des diodes, des aimants,

[49:00]

des tuyaux en PVC, des tubes

[49:02]

en cuivre, bref, il y avait des clous

[49:04]

aussi, ce qui confirme

[49:06]

un peu la fameuse bombe

[49:08]

à particules de clous qui avait été faite

[49:10]

dans le passé. Donc, les enquêteurs

[49:12]

ont également découvert des dessins

[49:14]

et des notes qui ont aidé à relier les

[49:16]

bombes à Ted Kaczynski.

[49:18]

Les journaux intimes étaient également

[49:20]

présents dans la cabane, ce qui permettait

[49:22]

de comprendre les motivations et les pensées

[49:24]

de celui-ci. Également,

[49:26]

les agents ont découvert un journal intime

[49:28]

de 22 000 pages

[49:30]

de notes. Donc, ils notaient

[49:32]

toutes ces choses, toutes ces pensées,

[49:35]

Ted Kaczynski. Oui, oui,

[49:36]

il en codait plusieurs.

[49:38]

On n'aurait pas le temps d'aller dans ce détail-là,

[49:40]

mais ça, c'est assez incroyable.

[49:41]

Il s'était fait une propre encryption

[49:44]

qui était très facile à décrypter, honnêtement,

[49:46]

mais c'est quand même pour que quelqu'un

[49:48]

qui les voit comme ça ne puisse pas le détecter,

[49:50]

mais quelqu'un qui s'y prête un peu va

[49:52]

facilement faire découvrir

[49:54]

l'algorithme, mais lui-même, il codait

[49:56]

ces trucs pour cacher tout ça.

[49:58]

Les premières choses qu'il codait, en fait,

[50:00]

c'était vraiment particulier.

[50:02]

C'est un gars qui structurait l'information.

[50:04]

C'était des courtes phrases, mais qui expliquaient

[50:06]

le contexte, la victime

[50:08]

et le résultat.

[50:10]

C'était tout le temps

[50:11]

son petit condensé qui encriptait.

[50:14]

Bref, c'est

[50:16]

un être fascinant.

[50:18]

Merci, Emile,

[50:20]

pour ça.

[50:22]

Là, on va faire un petit

[50:23]

saut, en fait, pour essayer de comprendre

[50:26]

qu'est-ce qui a pu transformer

[50:28]

Ted, un être si brillant comme ça.

[50:30]

À l'époque

[50:31]

que Ted étudiait à Harvard,

[50:34]

il y avait aussi le projet

[50:35]

MQ Ultra,

[50:37]

qui était mis de l'avant

[50:39]

et que Harvard faisait un peu partie des piliers.

[50:41]

Je vous rappelle vite un peu

[50:43]

le projet MQ Ultra.

[50:45]

C'est un programme secret qui était mené par

[50:47]

le gouvernement américain pendant les années

[50:49]

50 et 60. L'objectif,

[50:51]

c'était vraiment d'étudier les techniques de

[50:53]

manipulation mentale et de contrôle de l'esprit.

[50:55]

On en a déjà parlé. C'est même à

[50:57]

la base un peu de Stranger Things.

[50:59]

Les recherches ont été menées principalement

[51:02]

par la CIA

[51:03]

et ont impliqué des expérimentations sur

[51:05]

des sujets humains, mais surtout sans leur

[51:07]

consentement. Ils ne savaient pas trop à quoi

[51:09]

s'y attendre. Il y a eu des sujets

[51:10]

qui ont été exposés à des drogues, des hypnoses

[51:12]

et d'autres formes de manipulation mentale

[51:15]

dans le but de découvrir des moyens pour

[51:17]

contrôler leur comportement.

[51:19]

Ça a été mis au grand jour en

[51:20]

75 ans. Il y a eu une enquête au Sénat

[51:22]

américain. Ça a été dénoncé par

[51:25]

la suite. C'était quelque chose de

[51:26]

non-éthique. Et même,

[51:28]

ça a beaucoup contribué à

[51:30]

réglementer la recherche.

[51:33]

Disons que j'ai l'impression que les pays

[51:34]

d'aujourd'hui, ce ne se risquerait

[51:37]

plus, je ne sais pas ce que tu en penses,

[51:38]

mais ne se risquerait plus à faire des expérimentations

[51:41]

comme ça sur les humains sans

[51:43]

des protocoles plus

[51:45]

éthiques.

[51:46]

J'ai l'impression que dans

[51:49]

certains pays,

[51:52]

j'ai l'impression que ça serait difficile à

[51:55]

reproduire au Canada et aux États-Unis

[51:57]

parce qu'on sait qu'il y a eu

[51:58]

des ramifications jusqu'à l'Université McGill

[52:01]

à Montréal. Moi, je connais personnellement

[52:03]

le père d'un

[52:05]

de mes amis d'enfance qui a été victime

[52:07]

là-dedans. On le

[52:09]

croyait pas pendant des années. Même moi,

[52:11]

je trouvais que son histoire était farfelue,

[52:13]

jusqu'à ce que j'entende parler des années plus tard

[52:15]

des dénonciations qu'il y a eu autour de ce

[52:17]

programme-là. Mais j'ai l'impression que d'autres

[52:19]

pays, je ne sais pas moi, la Corée du Nord,

[52:21]

la Russie, des endroits comme ça,

[52:23]

j'ai l'impression que ça doit se faire encore.

[52:25]

Je suis sûr que oui. Ça, tu as raison.

[52:27]

C'est des pays civilisés malgré

[52:29]

tout, mais oui.

[52:32]

On revient à tête,

[52:33]

je vais vous faire un petit intro

[52:35]

sur le MQ Ultra.

[52:36]

En 1959,

[52:39]

il y a une vieille maison confortable

[52:40]

qui s'élevait sur le site d'Université Harvard

[52:42]

qui était connu sous le nom de L'Anexe.

[52:44]

Elle servait de laboratoire pour

[52:46]

les recherches menées par les membres

[52:48]

du personnel du département des relations

[52:50]

sociales sur des sujets humains.

[52:53]

Pendant les années,

[52:54]

1959 à 1962,

[52:57]

des psychologues de Harvard

[52:58]

qui étaient dirigés par Henry

[53:00]

A. Murray, ont mené

[53:02]

une expérience controversée et

[53:04]

pratiquement discutable sur

[53:06]

22 étudiants du premier cycle.

[53:09]

Pour protéger l'anonymat de ces

[53:10]

étudiants cobayes, les chercheurs

[53:12]

se référaient uniquement à eux par leur

[53:14]

nom de code. L'un de ces étudiants

[53:16]

surnommé Lawful

[53:18]

était Theodore John

[53:20]

Kasinsky.

[53:22]

À travers des recherches menées

[53:24]

au centre de recherche Henry A. Murray

[53:26]

et dans les archives de l'Université

[53:28]

Harvard, il a été découvert que

[53:30]

l'expérience menée par

[53:32]

Henry A. Murray visait à évaluer la façon

[53:35]

dont les individus réagissent

[53:36]

au stress. Les étudiants

[53:38]

sélectionnés, dont Kasinsky,

[53:41]

ont été soumis à des interrogatoires

[53:43]

intenses et personnellement

[53:45]

offensants ciblant leur égo,

[53:47]

leur idéo les plus importants.

[53:49]

Ça, c'est les termes exacts

[53:50]

utilisés par Murray lui-même.

[53:53]

Il est difficile de dire

[53:54]

avec certitude si l'expérience menée

[53:56]

par Henry Murray à Harvard

[53:58]

a conduit directement à la création

[54:00]

de Luna Bumper. Cependant, il est clair

[54:02]

que cette expérience a eu un impact

[54:04]

profond sur Ted. Selon l'évaluation

[54:07]

de Sally Johnson,

[54:09]

qui est une psychiatre médico-légale

[54:11]

du Bureau américain des Prisons,

[54:12]

l'expérience a contribué à l'entrelacement

[54:15]

des croyances de Kasinsky

[54:16]

selon lesquelles la société

[54:18]

est mauvaise et qu'il devrait

[54:20]

se rebeller contre elle et

[54:22]

sa colère intense contre sa famille

[54:24]

pour les injustices perçues.

[54:27]

Il est également indiqué que c'est à

[54:28]

Harvard que ces deux systèmes de croyances

[54:31]

ont été mis en évidence et se sont

[54:32]

rencontrés pour la première fois.

[54:35]

Il y a très peu de détails,

[54:37]

mais je vous recommande vraiment

[54:38]

The Atlantic ont fait un super

[54:40]

article sur

[54:42]

comment Harvard a créé

[54:44]

le Luna Bumper. Je vous recommande

[54:47]

d'aller le lire. Il y a plein, plein, plein

[54:49]

de détails supplémentaires

[54:51]

là-dessus, mais globalement, c'est un peu

[54:52]

ça. Si vous voulez avoir une bonne

[54:54]

idée de genre de

[54:57]

qu'est-ce qu'ils ont fait dans la

[54:58]

Biopic, qui est une fiction,

[55:01]

mais basée sur une histoire de

[55:02]

Mein Hunter, il

[55:05]

représente ces moments-là

[55:07]

lorsqu'il est soumis

[55:08]

à tous ces tests-là,

[55:11]

et ça l'a complètement. Imaginez

[55:12]

vous êtes isolé dans une salle

[55:14]

et ça c'était un des tests,

[55:17]

mais on vous traite de tous les noms,

[55:19]

on vous ridiculez, on vous

[55:20]

rabaisse continuellement avec des images.

[55:22]

Il y avait un mélange de

[55:24]

stimulation, c'est vraiment malsain,

[55:26]

et je pense que ça l'a complètement

[55:28]

fait télété, même s'il y avait quand même

[55:30]

déjà d'autres frustrations,

[55:32]

mais ça on dirait que ça a été

[55:34]

la goutte de trous.

[55:36]

Mais est-ce qu'on sait comment il a été recruté

[55:38]

là-dedans, dans MK Ultra?

[55:42]

Je pense qu'il était...

[55:44]

Ah, c'est une bonne question.

[55:47]

Je ne sais plus comment. C'était-il

[55:50]

tous ces aimants en science? Je pense

[55:51]

qu'il y a un genre de lien avec ça aussi,

[55:54]

mais je ne sais plus comment,

[55:56]

comment ils ont recruté ces 22 étudiants-là,

[55:59]

puis je ne sais pas si

[56:00]

ils sont tous dans des départements différents aussi,

[56:01]

c'est une bonne question. Honnêtement,

[56:03]

je n'ai pas la réponse pour ça.

[56:06]

C'est une bonne question, il faudrait que je creuse là-dessus.

[56:08]

Mais bref,

[56:10]

c'est assez particulier,

[56:12]

assez que particulier tout ça

[56:13]

par rapport à...

[56:15]

C'est à se demander si ce programme-là

[56:17]

n'avait jamais existé, il n'aurait peut-être jamais eu

[56:19]

toutes ces attaques.

[56:21]

À quelque part, il a été un peu créé par...

[56:24]

Comme tu dis par...

[56:25]

C'est gros de dire, il a été créé par Harvard.

[56:28]

À quelque part,

[56:29]

c'est un produit de la CIA,

[56:31]

quelque part. Même si

[56:34]

le but n'était pas

[56:36]

de former des terroristes qui font des attaques

[56:37]

à la bombe, c'est quand même

[56:39]

des gens qui ont été brisés à l'intérieur

[56:41]

en raison de ça. Oui, c'est des chocs post-traumatiques.

[56:44]

Puis même, comme je te disais tout à l'heure,

[56:46]

il y a des étudiants

[56:47]

qui étudiaient avec lui à Harvard qui étaient plus vieux que lui.

[56:50]

Puis qu'il disait, il disait,

[56:51]

il y avait beau être intelligent, je pense,

[56:53]

il trouvait aussi que

[56:55]

ça l'a aussi cassé d'être dans un monde

[56:57]

d'être trop adulte avant son temps.

[56:59]

On dirait qu'il y a quelque chose qui n'allait pas.

[57:01]

Puis plus sa maladie quand il était jeune,

[57:03]

sauf si sa mère disait que ça

[57:05]

en créait un autre.

[57:07]

Il disait que la science...

[57:10]

Il devenait un peu avec

[57:11]

le dégoût de la science à cause de ça aussi.

[57:13]

C'est vraiment particulier.

[57:16]

Justement, un peu en lien avec ça, Seb,

[57:18]

on va regarder un peu comment

[57:19]

Ted a procédé pour

[57:21]

choisir ses cibles.

[57:22]

Et aussi pour envoyer ses colis piégés

[57:25]

puis pour fabriquer des bombes.

[57:26]

Parce qu'il semblait vraiment cibler

[57:29]

des gens très précis dans des domaines

[57:31]

d'études très précis.

[57:33]

Toujours en lien avec la technologie encore une fois.

[57:35]

Il fabriquait

[57:37]

ces bombes,

[57:38]

juste pour commencer comme ça, à partir

[57:40]

de composantes simples qui l'achetaient

[57:43]

ou trouvaient dans la nature,

[57:44]

tels que des tubes à dentifrice,

[57:47]

des bouchons de liages, des résistances

[57:49]

et des fils. Donc, des choses qui se trouvent

[57:51]

dans du matériel électronique

[57:53]

aussi, quand même de base.

[57:54]

Il utilisait également des explosifs

[57:56]

qu'il fabriquait lui-même, tels que de la

[57:59]

nitroglycérine et de la dynamite.

[58:01]

Parce qu'effectivement, s'il prenait

[58:03]

sa carte de crédit pour aller acheter des choses

[58:04]

vraiment précises dans des quincairies

[58:07]

ou autres, c'est

[58:08]

des trucs qui peuvent se traquer.

[58:10]

Exact, et je ne suis même pas sûr qu'il y avait une carte

[58:12]

parce qu'étant réclue,

[58:15]

je ne sais même pas ses sources de revenus.

[58:17]

Il ne devait même pas de temps de l'avoir.

[58:19]

Il vivait vraiment...

[58:20]

Je sais qu'il aidait beaucoup ses voisins.

[58:22]

Il y avait beaucoup de, comment dire,

[58:24]

d'échanges de troc

[58:26]

pour se nourrir, mais

[58:28]

ce n'était pas le grand luxe.

[58:31]

Il choisissait soigneusement

[58:32]

ses cibles en fonction de

[58:34]

leur lien avec la technologie industrielle

[58:37]

et la société de consommation

[58:38]

qu'il considérait comme des forces nuisibles

[58:41]

pour l'humanité.

[58:42]

Ainsi qu'en fonction de leur proximité avec sa

[58:44]

cabine dans les montagnes du Montana

[58:46]

où il vivait reclue.

[58:48]

Il les sélectionnait en effectuant

[58:50]

des recherches ciblées à partir des bibliothèques

[58:53]

locales près de sa cabine.

[58:55]

Donc, c'était des gens qui se retrouvaient,

[58:56]

je présume, qui avaient signé

[58:58]

des articles scientifiques ou autres

[59:00]

dans des magazines où c'est comme ça qu'il les trouvait.

[59:02]

Surtout qu'on est avant l'ère d'Internet.

[59:04]

Ici, ce n'est pas évident de trouver

[59:06]

des cibles comme ça.

[59:08]

Il emballait ses bombes dans des colis

[59:10]

ou des enveloppes qu'il envoyait par la poste

[59:12]

ou qu'il déposait dans des endroits

[59:14]

publics tels que des universités,

[59:16]

des compagnies aériennes et des

[59:18]

centres de recherche.

[59:19]

Également, il utilisait des méthodes

[59:21]

pour tromper les enquêteurs et dissimuler

[59:24]

son identité, comme des enveloppes

[59:26]

et des emballages qui avaient l'apparence

[59:27]

d'être envoyés par des universités ou des entreprises,

[59:31]

des timbres et des cachets

[59:32]

de la poste datant de plusieurs

[59:34]

années pour tromper les enquêteurs

[59:36]

sur l'époque de l'envoi.

[59:38]

Il utilisait aussi des noms de

[59:40]

personnes fictives ou réelles

[59:42]

mais qui n'étaient pas liées à lui

[59:44]

pour signer les enveloppes et les étiquettes

[59:46]

d'expédition, et des mots et

[59:48]

des phrases codées dans ses lettres

[59:50]

et journaux intimes pour communiquer avec

[59:52]

les enquêteurs et semer la confusion.

[59:54]

Il y avait une certaine forme de

[59:56]

préparation derrière ça.

[59:58]

Il y a toujours beaucoup d'écarts

[01:00:00]

entre chaque bombing ou presque.

[01:00:01]

Il y a eu des périodes, des fois, c'est rapproché,

[01:00:03]

mais tu vois qu'ils ont été calculés pendant

[01:00:05]

plusieurs années, mais oui, tout était calculé.

[01:00:08]

Des fois, ils peuvent avoir un an, des quarts

[01:00:09]

entre les deux. Tu vois qu'ils prenaient

[01:00:11]

son temps. Exact.

[01:00:13]

Là, on va parler un peu de son procès

[01:00:15]

et de sa condamnation.

[01:00:17]

On vous rappelle les faits rapidement.

[01:00:19]

Ted Kaczynski est accusé de 16

[01:00:21]

attentats à la bombe qui ont fait 3 morts

[01:00:23]

et 23 blessés graves.

[01:00:25]

Il est également accusé de meurtre

[01:00:27]

et de possession illégale d'armes à feu.

[01:00:29]

Il a été inculpé

[01:00:31]

de 11 chefs d'accusation,

[01:00:33]

y compris de meurtre, de possession

[01:00:35]

illégale d'armes à feu et de

[01:00:37]

transport illégal d'armes à feu.

[01:00:39]

Il a également été accusé d'utiliser

[01:00:41]

le courrier postal pour commettre des

[01:00:43]

meurtres et de possession illégale

[01:00:45]

de matières explosives. Donc, on le sait,

[01:00:47]

utiliser la poste aux États-Unis pour

[01:00:49]

commettre des crimes, c'est grave.

[01:00:51]

Donc, le 22 janvier

[01:00:53]

98, il a plaidé

[01:00:54]

coupable à toutes les accusations,

[01:00:56]

évitant ainsi la peine de mort.

[01:00:59]

Donc, en fait, si ce serait

[01:01:00]

obstiné dans un procès,

[01:01:02]

c'est là qu'il aurait risqué la peine de mort.

[01:01:05]

Au cours de son procès,

[01:01:07]

des psychologues et des criminologues

[01:01:09]

ont décrit Kaczynski comme ayant

[01:01:10]

des traits de personnalité antisociale

[01:01:12]

et narcissique. Il a également

[01:01:14]

été diagnostiqué avec un trouble

[01:01:16]

de la personnalité limite.

[01:01:19]

Il était considéré comme un génie

[01:01:20]

intellectuel, mais avec des problèmes

[01:01:22]

émotionnels et psychologiques importants.

[01:01:25]

Certains experts ont également

[01:01:27]

évoqué la possibilité de schizophrénie

[01:01:29]

paranoïaque. Les avocats

[01:01:31]

de la défense ont plaidé que

[01:01:32]

Kaczynski était mentalement malade

[01:01:34]

et ne pouvait pas être tenu responsable

[01:01:36]

de ses actes, mais le jury a

[01:01:38]

rejeté cette argumentation et a

[01:01:40]

déclaré Kaczynski coupable de

[01:01:42]

tous les chefs d'accusation.

[01:01:44]

Il a donc été condamné à la réclusion

[01:01:47]

à perpétuité, sans possibilité

[01:01:49]

de libération conditionnelle pour

[01:01:50]

ses crimes. Il a été incarcéré

[01:01:52]

à la prison fédérale ADX Florence,

[01:01:56]

une prison de haute sécurité

[01:01:57]

située dans le Colorado.

[01:02:00]

Il n'a jamais exprimé de remords

[01:02:01]

pour ses actes et il n'a jamais

[01:02:03]

demandé pardon. Il a continué

[01:02:05]

à affirmer que ses actes étaient

[01:02:06]

justifiés par sa lutte contre la

[01:02:08]

technologie et l'industrialisation.

[01:02:11]

Il a maintenu que ses attentats

[01:02:12]

étaient une forme de protestation

[01:02:14]

contre une société qu'il considérait

[01:02:16]

comme oppressive et aliénante.

[01:02:19]

Donc, en fait,

[01:02:20]

ça a pris des années à se régler,

[01:02:23]

mais au final,

[01:02:25]

il va répondre de ses actes.

[01:02:26]

Oui, oui, oui, exact.

[01:02:29]

Au moins, heureusement.

[01:02:30]

On va vous faire un petit suivi en fin

[01:02:32]

d'épisode aussi.

[01:02:34]

Je voulais aussi vous parler de

[01:02:36]

David, son frère,

[01:02:39]

David Kaczynski, qui a eu un rôle,

[01:02:41]

d'où même un autre rôle

[01:02:43]

clé dans son arrestation

[01:02:44]

en fait, dans la capture de son frère.

[01:02:47]

Lui aussi, il a contacté les

[01:02:48]

avocats de Ted pour leur faire part

[01:02:50]

de ses soupçons. Je ne sais pas

[01:02:52]

comment, mais Ted avait déjà des avocats.

[01:02:55]

Il les a aidés

[01:02:57]

à convaincre Ted aussi

[01:02:58]

de se rendre, parce que ça a été long,

[01:03:00]

la surveillance quand même et tout ça.

[01:03:02]

Il a eu un processus. Il a également

[01:03:04]

écrit une lettre à Ted pour lui expliquer

[01:03:05]

pourquoi il a décidé de le dénoncer

[01:03:07]

au FBI, puis dans cette lettre-là,

[01:03:09]

il lui redemandait de se rendre

[01:03:11]

encore une fois aux autorités.

[01:03:14]

David aussi a travaillé en étroite

[01:03:16]

pour négocier un marché avec

[01:03:19]

les autorités fédérales qui a permis à Ted

[01:03:21]

de plaider coupable en échange d'une peine

[01:03:22]

de prison à perpétuité sans libération

[01:03:26]

conditionnelle, ainsi évitant

[01:03:27]

la peine de mort. Parce que même, je pense que,

[01:03:28]

même si tu peux être coupable, tu peux,

[01:03:31]

de ce que je comprends

[01:03:32]

de cette interprétation-là,

[01:03:36]

il y a quand même eu

[01:03:38]

une forme de négociation aussi pour

[01:03:40]

pas qu'il l'exécute, même s'il se déclarait

[01:03:43]

coupable.

[01:03:44]

Ça se peut.

[01:03:46]

Autre point, c'est ça.

[01:03:48]

David a été vraiment quelqu'un

[01:03:51]

de très important.

[01:03:52]

Je vais vous faire un petit suivi aussi

[01:03:54]

sur lui dans le futur parce que ça a changé

[01:03:56]

le cours de sa vie évidemment.

[01:03:58]

Je vous rappelle qu'il avait lâché

[01:03:59]

son emploi quelques semaines avant

[01:04:01]

parce qu'il sentait que Ted n'allait vraiment pas bien.

[01:04:04]

Parce que parfois, il allait souper dans la famille.

[01:04:06]

Il n'était pas exclu de sa famille.

[01:04:10]

Même la femme à David,

[01:04:12]

elle l'aimait pas du tout parce que justement,

[01:04:14]

il y avait un discours tellement

[01:04:16]

négatif. Bref,

[01:04:17]

ça doit pas être évident de

[01:04:20]

dénoncer son frère.

[01:04:22]

Ça doit crever le cœur.

[01:04:24]

Oui, vraiment.

[01:04:25]

Petite parenthèse aussi, ça a été l'enquête

[01:04:27]

la plus coûteuse de toute l'histoire

[01:04:29]

du FBI évidemment étant donné que

[01:04:32]

50 millions selon les

[01:04:34]

chiffres. Mais quand même,

[01:04:36]

ça s'est tiré sur 18 ans.

[01:04:38]

De 78 à 96,

[01:04:39]

il y a eu des centaines d'agents,

[01:04:42]

d'experts du FBI, des enquêteurs locaux,

[01:04:44]

des enquêteurs en explosif

[01:04:45]

des différentes agences gouvernementales.

[01:04:48]

Les coûts de l'enquête ont été énormes.

[01:04:50]

Incluant les salaires des enquêteurs, les dépenses

[01:04:51]

de voyage, les coûts d'équipement,

[01:04:53]

les technologies utilisées pour l'enquête,

[01:04:55]

les coûts liés à la protection des cibles potentielles.

[01:04:58]

C'est ça, les coûts totaux ont été estimés

[01:04:59]

à plusieurs millions. Comme je t'ai dit, moi j'ai lu au-dessus

[01:05:01]

de 50 millions de dollars.

[01:05:03]

Elle est vraiment catégorisée comme

[01:05:05]

l'enquête la plus chère de tous les temps du FBI.

[01:05:08]

Donc voilà, on a fait le tour

[01:05:11]

de la chronologie.

[01:05:14]

Mais dernière petite chose

[01:05:15]

avant

[01:05:16]

de conclure aussi.

[01:05:18]

On vous a parlé

[01:05:20]

que le

[01:05:22]

Unabomber a un impact sur la sécurité

[01:05:24]

du système postal aux États-Unis.

[01:05:27]

Étant donné que

[01:05:28]

naïvement, jamais on aurait pensé

[01:05:30]

que quelqu'un

[01:05:32]

poserait des bombes.

[01:05:34]

Donc ça l'a fait en sorte qu'il y a eu

[01:05:36]

des changements importants qui ont été faits.

[01:05:38]

Premièrement, il y a eu une amélioration dans les centres

[01:05:39]

de tri. Maintenant, il y a des détecteurs

[01:05:41]

de métaux, il y a des caméras de surveillance

[01:05:43]

pour aider à identifier

[01:05:45]

ou à prévenir des colis suspects.

[01:05:48]

Maintenant, tous les employés apprennent

[01:05:49]

des techniques de désamorçage.

[01:05:51]

En fait, comment manipuler des colis

[01:05:53]

suspects de façon sécurisée.

[01:05:56]

Il y a des protocoles

[01:05:57]

qui ont été mis en place aussi

[01:05:59]

pour gérer des colis suspects,

[01:06:01]

etc. Et il y a un programme de sensibilisation

[01:06:04]

aussi pour comment détecter ce type

[01:06:06]

de colis-là. Je pense que ce n'est jamais

[01:06:09]

réarrivée.

[01:06:09]

Ce type de

[01:06:12]

de bombes par

[01:06:13]

la poste une fois que

[01:06:15]

le Unabomber a été, je ne sais pas, c'est parce

[01:06:18]

que les systèmes sont plus

[01:06:20]

sécuritaires ou parce qu'il n'y a personne d'assez

[01:06:21]

fou pour faire ça aussi.

[01:06:23]

On a vu d'autres types de bombes, avec du poisson,

[01:06:26]

avec de l'arsenic,

[01:06:28]

avec des choses comme ça.

[01:06:30]

Des bombes qui explosent, mais

[01:06:31]

il est possible que oui.

[01:06:34]

Mais sans doute des endroits

[01:06:35]

où la poste est moins

[01:06:37]

sécurisée dans certains

[01:06:39]

villages. Même au Canada,

[01:06:41]

je ne le sais pas. Malgré que

[01:06:43]

je ne sais pas si depuis l'histoire

[01:06:45]

de Luca Rocco-Magnotta,

[01:06:47]

ils ont pu améliorer parce qu'on a quand même

[01:06:49]

envoyé des morceaux d'humains par la

[01:06:51]

poste aussi. Bref.

[01:06:54]

Donc, c'est ça.

[01:06:55]

Une petite parenthèse aussi sur Ted.

[01:06:57]

Aujourd'hui, juste pour vous dire,

[01:06:59]

il est très malade. En 2021,

[01:07:01]

lorsqu'il avait 79 ans, il a été déplacé

[01:07:03]

de la prison pour

[01:07:05]

la Caroline du Nord dans une

[01:07:07]

prison, en fait, qui

[01:07:11]

comme un

[01:07:11]

hôpital d'intégrée, en fait, parce qu'il est

[01:07:13]

très malade, mais on n'a pas

[01:07:15]

de détails de plus

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sur son état de santé, mais disons qu'il

[01:07:19]

approche plus de la fin qu'autre chose.

[01:07:22]

Puis petite chose par rapport à David,

[01:07:23]

je voulais vous parler. Suite

[01:07:25]

à l'arrestation de son frère, il a travaillé pour

[01:07:27]

différentes organisations à but non lucratif

[01:07:29]

dans des programmes gouvernementaux pour aider

[01:07:31]

les personnes en situation de vulnérabilité,

[01:07:33]

les personnes âgées, puis justement

[01:07:35]

les personnes souffrant de troubles mentaux, comme

[01:07:37]

son frère. Il a même travaillé dans

[01:07:39]

des programmes de réinsertion pour les personnes

[01:07:41]

sortant de prison. Donc,

[01:07:42]

je l'admire beaucoup, son frère.

[01:07:44]

C'est vraiment une bonne personne.

[01:07:48]

Je voulais vous

[01:07:48]

aussi, si vous êtes vraiment intéressé par ce cas-là,

[01:07:51]

contenu sur le Yuna Bomber,

[01:07:53]

la série Men Hunt,

[01:07:54]

Yuna Bomber, qui a été sur

[01:07:57]

Netflix, je ne sais plus si elle est encore là, en

[01:07:58]

2017. Super intéressante.

[01:08:01]

Il y a un documentaire aussi

[01:08:02]

qui s'appelle de Yuna Bomber, 20 Years of

[01:08:04]

Terror, qui a été diffusé en 1996.

[01:08:07]

Très très bon.

[01:08:09]

Il y a des films aussi, Yuna Bomber,

[01:08:11]

True Story, puis Mindhunter,

[01:08:13]

qui existent aussi.

[01:08:16]

Mindhunter,

[01:08:17]

en fait, il reprenne, c'est quand même assez

[01:08:18]

brillant cette série-là, il reprenne des cas

[01:08:21]

bien connus, mais un peu

[01:08:22]

en bail au pic, donc avec les acteurs

[01:08:24]

et tout ça. Moi, je suis toujours un peu critique, mais c'est

[01:08:26]

de ces projets-là,

[01:08:28]

mais par contre, celui-là est quand même

[01:08:30]

très bien fait, puis

[01:08:32]

c'est cool. Des fois, tu ne les vois pas venir, puis là, ah oui,

[01:08:34]

t'en reconnais un, puis tu te rends compte que, ah oui, tu te lances

[01:08:36]

dans telle histoire.

[01:08:39]

Donc, c'est très intéressant.

[01:08:40]

Je n'ai pas regardé celui-là,

[01:08:43]

en fait, sur Yuna Bomber, mais

[01:08:44]

je vais le mettre sur la checklist.

[01:08:46]

Ah, pour vrai, quand tu connais, moi,

[01:08:48]

puis c'est... Ah, l'acteur qui joue le

[01:08:50]

film, c'est tellement bon, même l'acteur

[01:08:51]

qui joue James Fitzgerald, parce que James Fitzgerald

[01:08:53]

étant quand même un élément,

[01:08:55]

on n'a pas beaucoup parlé, mais c'est un élément

[01:08:57]

en clé, là, t'sais, c'est

[01:09:00]

au-delà d'un linguiste, c'est un profiler,

[01:09:02]

t'sais, c'est un gars hyper brillant,

[01:09:04]

c'est un agent du FBI, mais qui a

[01:09:06]

une coche de plus, c'est un

[01:09:07]

biais violeuriste, qui sont capables de détecter des comportements

[01:09:09]

et tout ça. C'est vraiment...

[01:09:12]

C'est une de mes meilleures.

[01:09:13]

Je suis en train de la réécouter justement, vu que je

[01:09:15]

retravaillais dessus, puis c'est super bon.

[01:09:17]

Dernière petite chose aussi, il y a des

[01:09:19]

livres qui ont été écrits sur le

[01:09:20]

Unabomber, donc

[01:09:23]

Unabomber Desire to Kill,

[01:09:25]

qui a été écrit par, justement,

[01:09:28]

un profiler

[01:09:29]

du FBI, puis

[01:09:31]

Unabomber The Secret Life of Ted

[01:09:33]

Kazinsky aussi, qui a été écrit par

[01:09:35]

un journaliste et son frère

[01:09:37]

aussi. Et le manifeste,

[01:09:39]

si vous voulez vous

[01:09:41]

taper les 35 000 mots,

[01:09:44]

ben, en fait,

[01:09:45]

il est disponible sur le Washington Post

[01:09:47]

en ligne. Mais pour

[01:09:49]

le New York Times, il y a un paywall

[01:09:50]

en arrière, puis vous pouvez même acheter le livre,

[01:09:52]

si vous voulez donner des sous à... je sais pas qui.

[01:09:55]

Ouais, c'est ça, on sait pas à

[01:09:57]

qui ils donnent des sous. Ouais, exact.

[01:09:59]

Ouais, je m'étais

[01:10:01]

questionné là-dessus, puis ça dépend des états.

[01:10:04]

Ils s'achètent aussi

[01:10:04]

en livres, mais sur le Washington Post,

[01:10:06]

vous pouvez le lire. C'est drôle parce que

[01:10:09]

à l'époque, quand ça a été publié,

[01:10:11]

tu vois la version du Washington Post, puis ils appellent

[01:10:13]

ça de la Cyber Ink, donc

[01:10:15]

de l'ancre virtuelle,

[01:10:17]

tu sais, mais dans le fond, c'est juste une page

[01:10:18]

à acheter avec l'article.

[01:10:21]

Ça me faisait rire à l'époque les termes qu'on

[01:10:22]

utilisait pour ça. Donc,

[01:10:25]

voilà, mon cher

[01:10:26]

Emile, toute qu'une histoire.

[01:10:28]

Ah oui, toute qu'une histoire.

[01:10:30]

Moi, je suis toujours triste un peu de voir

[01:10:33]

de l'intelligence mal utilisée

[01:10:35]

dans certains cas.

[01:10:36]

C'est le cas de plusieurs épisodes de distortion,

[01:10:39]

mais celui-là, encore une fois,

[01:10:40]

quelqu'un qui aurait pu avoir sans doute

[01:10:42]

un impact positif dans la société,

[01:10:46]

grâce à son

[01:10:46]

intelligence, à

[01:10:49]

comment dire, à sa vocation de professeur

[01:10:51]

et tout ça, mais qui, à quelque part,

[01:10:53]

a été brisé en cours de route.

[01:10:55]

Donc, moi, je trouve ça extrêmement

[01:10:56]

triste, puis c'est triste qu'il en soit

[01:10:59]

arrivé là, tu sais,

[01:11:00]

d'utiliser la violence pour faire

[01:11:03]

connaître ces idéologies,

[01:11:04]

puis c'était pas tout le temps clair non plus.

[01:11:07]

De la manière que c'était exprimé,

[01:11:08]

on ne savait pas, avant de lire le manifeste,

[01:11:11]

on ne savait pas c'était quoi, c'est vraiment

[01:11:13]

son intérêt, son mobile.

[01:11:14]

Non, exact.

[01:11:16]

C'est quand même assez triste,

[01:11:19]

mais on voit clairement qu'il était

[01:11:20]

prêt à recommencer, en fait.

[01:11:22]

C'est un potentiel récidiviste, sûrement

[01:11:24]

qu'il aurait continué comme ça jusqu'à

[01:11:26]

sa mort, jusqu'à ce que

[01:11:28]

sa cabine soit

[01:11:31]

un raid du FBI, justement.

[01:11:33]

Puis à quelque part, on dirait que je suis

[01:11:35]

surpris. C'est drôle à dire,

[01:11:36]

mais je suis surpris qu'il ait

[01:11:38]

pas fait exploser sa cabine avec lui dedans.

[01:11:42]

Tu sais, j'ai l'impression que

[01:11:43]

ça aurait été le statement ultime

[01:11:45]

de sa part, au lieu de finir

[01:11:47]

en prison. Peut-être que je suis un peu

[01:11:49]

fataliste ou dramatique,

[01:11:51]

mais c'est le genre d'histoire

[01:11:53]

que j'ai l'impression qu'on aurait pu se finir

[01:11:54]

comme ça, mais bon, je pense que

[01:11:57]

c'est mieux qu'il soit en prison puis qu'il

[01:11:58]

réponde de ses actes devant la justice.

[01:12:01]

Oui, puis il n'a pas respecté sa promesse,

[01:12:03]

il n'a pas fait d'autres bombes,

[01:12:04]

mais il en a préparé d'autres parce qu'il disait que si le

[01:12:06]

manifeste était publié dans les grands médias, il allait

[01:12:09]

arrêter. Donc,

[01:12:11]

mais bon, il n'a pas

[01:12:12]

refait d'autres. Moi, il y a un truc que je voulais vous

[01:12:14]

parler. J'avais lu dans les multiples

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entrevues qu'il y a eu avec lui. Il disait

[01:12:18]

qu'il y a un truc qu'il avait fait tilter sur la technologie.

[01:12:20]

Puis j'avoue que depuis que j'ai entendu ça,

[01:12:22]

ça me fait réfléchir. À un moment donné, il a entendu

[01:12:24]

un oiseau qui a répété

[01:12:26]

le bruit d'un système dans l'arbre de voiture.

[01:12:28]

Puis pour lui, c'était comme

[01:12:30]

c'était trop là, que un animal

[01:12:32]

répète une technologie. Puis j'avoue que

[01:12:35]

en même temps, les oiseaux

[01:12:37]

font juste répéter les bruits qu'ils

[01:12:38]

entendent. Je comprends que

[01:12:41]

c'est un humain

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qui a créé le système de l'arbre, mais

[01:12:44]

lui, il disait que ça a été un

[01:12:47]

élément déclencheur

[01:12:49]

dans un de ses bombings, en fait.

[01:12:51]

C'est pour ça qu'il m'a attaqué à des

[01:12:52]

magasins d'informatique. Il attaquait

[01:12:55]

ces fous pareils,

[01:12:57]

des magasins d'informatique, des genres

[01:12:58]

d'informatique.

[01:13:01]

Malgré tout,

[01:13:02]

c'était juste du hasard. Oui, c'était

[01:13:03]

dans des secteurs, mais il ne connaissait personne.

[01:13:05]

Dans le sens qu'il n'y avait aucun lien avec personne.

[01:13:09]

C'était

[01:13:09]

juste du hasard.

[01:13:11]

Juste pour vous dire aussi, James

[01:13:14]

Fitzgerald, il est à la

[01:13:15]

retraite, mais il est encore consultant.

[01:13:18]

Il est encore actif

[01:13:19]

aussi, autant avec le FBI.

[01:13:24]

Donc voilà. Dans la petite

[01:13:25]

chose, je voulais vous dire, j'avais pas une petite note.

[01:13:28]

La spécialiste

[01:13:29]

dans le procès, elle, elle disait

[01:13:30]

qu'il lui a même dit que même à partir

[01:13:33]

de l'université, il y avait encore

[01:13:34]

les fantasmes de vivre, il y avait

[01:13:36]

déjà de vivre une vie primitive.

[01:13:39]

Puis il voulait être un agitateur

[01:13:41]

de foule puis provoquer.

[01:13:43]

Fait que déjà jeune,

[01:13:44]

il disait qu'il y avait déjà eu ça en

[01:13:46]

tête, qu'il voulait rompre avec la

[01:13:48]

société. Ça, on dirait que ça

[01:13:51]

que voilà.

[01:13:53]

Maintenant, dites-nous

[01:13:54]

ce que vous en pensez, vous, les Distordus.

[01:13:57]

Merci pour ça, Seb.

[01:13:59]

Et vous savez où nous trouver, on est partout.

[01:14:00]

On est sur Instagram, sur

[01:14:02]

YouTube, sur TikTok même.

[01:14:05]

Abonnez-vous à nos Disto News.

[01:14:06]

On est sur Facebook, Twitter aussi.

[01:14:09]

Un peu partout. On vous

[01:14:10]

rappelle que Distorsion est un podcast

[01:14:12]

créé par nous deux, Seb et moi-même,

[01:14:14]

Emile. Le montage est effectué par

[01:14:16]

André Beaupré. Shout-out!

[01:14:19]

Salut! La musique de cet épisode

[01:14:20]

est signée par R.B.

[01:14:21]

Allez l'écouter sur Spotify.

[01:14:24]

R.B. est en feu.

[01:14:26]

C'est en ci.

[01:14:27]

Et pour l'after show, pour nos abonnés Patreon,

[01:14:30]

en fait, on va

[01:14:31]

parler un peu de comment la technologie a tué

[01:14:33]

l'ennui, en fait, pour le meilleur et pour

[01:14:36]

le pire, un peu en lien avec l'épisode

[01:14:38]

d'aujourd'hui, justement.

[01:14:39]

Exact. Yes. Et on ne peut

[01:14:41]

terminer sans remercier

[01:14:43]

tous nos chers abonnés Patreon.

[01:14:46]

Je te laisse commencer mon cher Seb.

[01:14:47]

Je donne beaucoup d'amour à

[01:14:49]

Jeanne-Laure R, à

[01:14:51]

Sybille D, Frédéric

[01:14:53]

D, Jérôme L.

[01:14:55]

B et Michael W.

[01:14:58]

Aussi beaucoup

[01:14:59]

d'amour à Jeanne R,

[01:15:01]

à Maude J, à

[01:15:03]

Valérie, à Stéphanie A

[01:15:05]

et à Alexandre P.

[01:15:07]

Un gros câlin à Gabrielle

[01:15:09]

G, Jean-Sébastien

[01:15:11]

B, Alexandre A,

[01:15:13]

Laurence L

[01:15:15]

et la mystérieuse Gabrielle.

[01:15:17]

Une bonne table dans le dos à

[01:15:19]

Julien L, à Arnaud L,

[01:15:22]

à Stéphanie G,

[01:15:23]

Julia M et Kim

[01:15:25]

G. Je poursuis l'amour

[01:15:27]

à Julie H,

[01:15:29]

à Medius Mobile

[01:15:31]

ou Alexandrine F,

[01:15:33]

Véronique P et

[01:15:35]

Moussaoui Z.

[01:15:37]

On ne pourrait faire ce show sans

[01:15:39]

l'apport précieux de Kevin H,

[01:15:41]

de Catherine L,

[01:15:43]

de Amélie P, de Alex

[01:15:45]

et de

[01:15:47]

Insaf G. Je poursuis

[01:15:49]

avec Laurent J,

[01:15:51]

Julien B, Anne-Sophie M,

[01:15:54]

High Five à Sandrine T

[01:15:55]

et à Rose-Marie C.

[01:15:58]

Beaucoup d'amour à José M,

[01:16:00]

Éric C,

[01:16:01]

Alexandra B, à Pablo

[01:16:03]

B et à Tristan C.

[01:16:05]

Je poursuis Marc-Antoine

[01:16:07]

D, Timothée S,

[01:16:09]

Kat Massacresse,

[01:16:11]

Maxime L et Coralie M.

[01:16:13]

Et pour terminer,

[01:16:16]

une bonne tape dans la main à Derek M,

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à Doula,

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à Noémie B, à Vicky B

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et à Gabrielle D.

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Mon cher Seb, aurais-tu un mot de la fin

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pour nous ce soir?

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Il est toujours plus sage de régler

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ses problèmes en discutant autour d'une

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bonne bière plutôt qu'à l'aide

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de bombe artisanale.

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Oui, c'est mieux de même.

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