Depuis plusieurs années, de jeunes athlètes se font recruter par Jane O’Brien Media afin de réaliser des vidéos de compétitions de chatouillement, vidéos destinées à un public très niche. Malgré que cela puisse sembler étrange à première vue, il s’agit pour eux d’argent facile vite gagné et d’une bonne opportunité, jusqu’à ce que leurs vies tournent au cauchemar… Dans cet épisode, nous suivons l’odyssée du journaliste David Ferrier, qui s’est intéressé, à ses risques et périls, un peu trop au monde du “competitive tickling”.

Épisode
#08 - Jane O’Brien Media - La mafia du chatouillement
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Des histoires étranges de l'ère numérique.
Êtes-vous prêt à aller pour découvrir le fin mot d'une histoire ou nourrir vos obsessions?
Alors qu'il s'intéressait à de drôles de vidéos de chatouillement sur YouTube,
le journaliste David Farrer a découvert un monde tordu et malsain d'intimidation et de vol d'identité.
Pire encore, ce réseau de chatouillement compétitif est opéré par une riche millionnaire digne d'un personnage dans James Bond.
Après l'épisode d'aujourd'hui, on vous le garantit, vous ne voudrez plus jamais vous faire chatouiller.
Salut Emile, comment ça va aujourd'hui?
Ça va très bien parce qu'on a une histoire assez tordue à vous raconter aujourd'hui.
L'histoire entre autres de Terry Tickle ou de Jane O'Brien Media, on ne sait pas trop comment appeler ça ou la mafia du chatouillage.
On a vraiment une histoire assez passionnante, j'espère que vous allez nous suivre jusqu'à la fin parce qu'il y a des rebondissements jusqu'à même il y a deux semaines.
Donc il s'en passe des choses là-dedans.
Non seulement ça, mais on boit une excellente bière ce soir.
La co-op de travail de Saint-It à l'affût nous propose sa Session IPA numéro 11, qui est quand même une bière assez goûteuse, IBU de 50 et pas trop alcoolisée, 3.5%, donc parfait pour un petit après-midi au barbecue.
Je crois qu'on a une review 5 étoiles aujourd'hui, Seb.
Oui, shout-out, shout-out.
Donc shout-out à Jay Rivard qui nous dit « Excellent podcast, vous êtes excellent, on veut d'autres histoires très bien documentées. »
Mais merci, mon Jay, c'est vraiment gentil de ta part.
Un gros merci à toi. Seb, est-ce que tu es chatouilleux? Est-ce que tu te considères comme une personne chatouilleuse dans la vie?
Oui, quand même, oui, je suis vraiment quelqu'un de chatouilleux. J'aime ça aussi, chatouiller les autres, mais oui, je suis quelqu'un d'extrêmement chatouilleux.
Ce soir, l'histoire qu'on vous présente, ça touche les compétitions de chatouillement. Écoute, je ne savais pas que ça existait.
On se rend compte qu'il y a toute une communauté qui apprécie ce genre de fétichisme si on veut, parce que ça tombe un peu dans cette catégorie-là.
Il y en a qui diront que c'est un sport professionnel, mais j'ai l'impression que les fans de ça préfèrent peut-être regarder que de participer à ces tournois-là.
On va suivre l'histoire d'un journaliste néo-zélandais du nom de David Farrer, qui est un journaliste qui couvre la culture pop en Nouvelle-Zélande.
Il est tombé sur des vidéos de chatouillement un jour sur YouTube. Il a creusé un peu et il a découvert un truc complètement surréal.
Il a reçu des menaces et il en est venu à documenter son expérience, qui a donné le documentaire Take Hold, qui a été présenté au Festival de Sundance en 2016, qui a été certainement un des films les plus divertissants que j'ai vus dans la dernière année.
C'est vraiment cool. On va citer souvent ce soir David, puisque c'est lui qui a sorti cette histoire-là au grand jour.
Vous allez voir, il y a plusieurs tournants, il y a plusieurs changements de programme qu'on n'aurait pas espéré dans cette histoire-là.
C'est assez tordu et ça va bien au-delà du chatouillement.
On est prêt?
On est prêt, on se lance là-dedans.
Oui monsieur!
David Farrer est un journaliste de Nouvelle-Zélande. Il couvre surtout la pop culture. Il est sur des shows de télé, il fait de la radio, il maintient un blog aussi.
Il va couvrir plein de sujets comme des vidéos YouTube. Ça va être un peu un explorateur du web, mais il va faire aussi des interviews par exemple avec Justin Bieber ou avec différentes personnalités comme ça.
C'est vraiment un spécialiste des nouvelles Internet puis un peu des gossips hollywoodiens si on veut.
À un certain moment, il cherche sur le web, il est à la recherche de son prochain sujet.
Puis il tombe sur, en fouillant sur YouTube, il tombe sur des vidéos de compétition de chatouillement et sur un événement mensuel où des jeunes athlètes sont invités à Los Angeles pour quelques jours.
Donc sur cette offre-là, on propose aux jeunes athlètes, évidemment on recherche des malls seulement.
Et ces quatre jours dans un bel hôtel à Los Angeles, on propose un cachet de 1500$, toute dépense payée, pour un concours de competitive endurance tickling.
Donc du chatouillement d'endurance compétitif.
Le tout est posté sur un site web qui est le site web de Jane O'Brien Media qui a aussi une page Facebook qui a plus de 22 000 abonnés à ce moment-là.
C'est vrai, on n'a pas vraiment nommé de date, mais je crois qu'on est en 2014 lorsque David a commencé à travailler sur ce sujet-là.
David contacte Jane O'Brien Media par Facebook pour faire une demande d'entrevue.
Au lieu d'avoir une réponse oui, non ou aucune réponse, il reçoit une lettre d'insulte signée par une certaine débit qui lui dit qu'elle veut absolument pas s'associer à un journaliste homosexuel,
que son sport est noble et qu'il n'a rien à voir avec l'homosexualité. Au contraire, c'est un sport hétérosexuel, qu'elle n'aime pas son style de journalisme.
Donc c'est assez particulier, surtout qu'elle répète continuellement le mot homosexuel.
Lui, il n'a jamais rien dit.
Ben oui, il n'a jamais dit qu'il l'était ou pas.
Je veux dire, peut-être qu'il l'est, peut-être que Debbie a fait des recherches à le trouver, mais elle revient toujours là-dessus.
C'est intéressant de voir dans le documentaire, dans Take Hold, justement, David fait allusion à certaines vidéos qu'il a trouvées, produites par Jane O'Brien.
Et pour vous mettre en contexte, dans ce genre de vidéo-là, c'est tous des gars, c'est tous des jeunes sportifs.
Oui, ils sont tous musclés.
Ils sont un peu... Ils sont habillés un peu avec des jerseys de sport, des sweatpants ou des survettes de sport.
Oui, de vélo, de lutte.
C'est quand même des trucs bien filmés. Souvent, il y a un des gars qui est attaché sur un tapis de gymnase, par exemple.
Puis, il y a un autre athlète, comme assis sur lui, qui va lui chatouiller les aisselles ou je ne sais pas où, à différents endroits.
Exactement. Donc, c'est quand même dans un set-up, je dirais, sportif, en ce sens, qu'ils veulent qu'ils prétendent faire des compétitions.
Donc, il y a quand même un look visuel sportif.
C'est dur à dire, la première fois que j'ai vu cette vidéo-là, je m'attendais, au début, quand je faisais de la recherche, que ce soit un peu creepy, ou que ce soit un peu plus en mode sado-masochiste ou quelque chose comme ça.
Mais non, c'est un peu rigolo. C'est presque de la comédie, si on veut. Mais qu'est-ce qu'il y a derrière ça?
Qu'est-ce que les gens qui regardent ça vont chercher? Est-ce qu'il y a vraiment un monde d'athlètes sponsorisés dans le monde du chatouillement?
Bonne question, parce que la page Facebook de Jane O'Brien a quand même 22 000 fans.
C'est pas rien.
Ben oui, puis elle organise des compétitions partout dans le monde.
Depuis des années, là. Depuis vraiment plusieurs années. Il n'y a pas de problème à recruter des membres continuellement pour faire ça. C'est vraiment particulier.
Ben bref, David, il décide d'aller encore plus loin, parce que là, ça l'a un petit peu allumé, si on veut, ou plutôt.
Tu vois qu'il y a quelque chose d'étrange dans cette réponse-là de Debbie, qui s'est tout de suite attaquée.
Comme tu disais, elle a dû faire des recherches sur le journalisme, puis là, elle a dû sentir la soupe chaude, puis elle ne voulait pas que ce genre de trucs devienne un petit peu plus mainstream.
Oui, c'est peut-être ça aussi.
Donc, avec son ami David, il commence, avec son ami Dylan, il commence, qui est un peu geek, il commence à faire des recherches un peu sur Jane O'Brien Media.
Puis là, il se rend compte, il se rend compte premièrement que c'est une compagnie allemande qui détient le nom de domaine.
Puis en fouillant, tu peux, dans les répertoires de nom de domaine, tu peux quand même voir, si la personne n'a pas mis ses trucs privés, tu peux quand même voir qui est le propriétaire des noms de domaine.
Il se rend compte qu'il y a plus de 300 noms de domaine qui sont reliés au teckling, au chatouillement, diverses variantes, je vous les laisse figurer.
Donc là, ça met quand même la puce à l'oreille, parce qu'il faut quand même les payer, ces noms de domaine-là, il faut les acheter.
Donc, on voit vraiment que c'est une petite empire web, si on veut, puis il protège quand même bien, si on veut, le brand du teckling en ligne.
David et Dylan vont commencer à produire plusieurs différents contenus en lien avec ça.
Ça commence avec des articles de blog pour le site de média où David travaille.
Ils vont commencer à poster des vidéos en ligne aussi.
Ça va être repris sur Reddit, bien entendu.
Puis c'est au moment où il va donner une entrevue à un podcast américain très connu que la chose va s'ébruiter puis que l'histoire va commencer à devenir un peu virale puis à sortir de la Nouvelle-Zélande.
Et David et Dylan, étant donné qu'ils ont trouvé assez d'informations pour aller plus loin, décident de commencer un documentaire sans trop savoir où est-ce que ça va l'émener.
Très rapidement, le duo va recevoir des menaces de poursuites pour arrêter leur travail sur le documentaire.
Ils reçoivent des lettres d'avocats, eux, dites-vous, sont en Nouvelle-Zélande au bout du monde.
Ils reçoivent une lettre d'avocat d'un bureau de New York qui est le bureau de Romeo Salta, qui est un avocat très bien connu.
Ils font un peu de recherches puis se rendent compte que Romeo Salta est très lié à l'histoire de Luca Magnotta.
Pour vous rafraîchir la mémoire, c'est le Montréalais, prétendument acteur porno, qui a décapité quelqu'un, qui a filmé ça, qui a posté ça sur YouTube et qui a envoyé des parties du corps à différents endroits au Canada.
Une histoire assez atroce, assez creepy, mais en même temps intéressante pour des gens comme nous.
Peut-être qu'on y reviendra un peu plus tard sur cette histoire-là, parce que ça concerne vraiment le côté noir du web aussi en même temps.
Bref, Romeo Salta est bien connu. Justement, il avait fait le tour un peu de la presse dans l'histoire de Magnotta,
parce qu'apparemment que Magnotta serait souvent allé à son bureau à New York ou même à son appartement.
Donc, on ne laisse rien présumer ici, mais il y aurait un certain lien avec Magnotta.
Je pense qu'il y aurait des certains liens au niveau légaux aussi avec lui. Il aurait été appelé à témoigner dans le procès de Magnotta.
C'est ce qui met la puce à l'oreille à David.
À ce moment-là, non seulement il reçoit une lettre du bureau de Romeo Salta,
mais il y a trois membres de l'équipe de Jane O'Brien qui sont envoyés à Auckland, en Nouvelle-Zélande, pour rencontrer David.
À ce moment-là, David va les attendre à l'aéroport avec Dylan, une caméra et un genre de panneau de bienvenue écrit en lettres de couleur.
Bienvenue en Nouvelle-Zélande pour accueillir ces visiteurs de Jane O'Brien.
Là, c'est assez weird. On le voit bien dans le documentaire, les trois drôles de type.
En fait, on va être introduit à trois personnages. Je dirais, le principal, c'est Kevin qui semble être un peu le gars de business ou le gars légal.
On ne sait pas c'est quoi exactement son poste dans l'équipe.
C'est le gars qui a l'air orchestré quand même, un peu la tête dirigeante, en guillemets, de ces deux gens.
Exactement. Lui, c'est Kevin, Kevin Clark, plus précisément.
On rencontre aussi Marco, qui semble être un gars, je dirais, début quarantaine, avec une casquette de golf.
Il y a aussi Adam qui, lui, a l'air d'être un genre de jeune adulte, fin adolescent, un peu perturbé.
Un peu mélangé, oui.
On ne sait pas trop ce qu'il fait là au juste. Peut-être que c'est un athlète professionnel de rechatouillement.
Il ne répond pas aux critères, je dirais, à première vue.
Les trois sont envoyés à Auckland, Nouvelle-Zélande pour parler avec David, mais aussi pour lui faire comprendre certains messages.
Un peu lui indiquer qu'il faut qu'il arrête la production de son documentaire,
qu'il y avait énormément d'argent impliqué dans cette histoire-là, qu'il n'avait pas les moyens de se lancer dans une bataille comme ça.
Il se fait très menaçant, c'est surtout Kevin qui prend la parole, très menaçant envers David.
C'est même un peu malaisant.
Il lui dit que si David n'arrête pas son projet, we're all fucked.
Donc, non seulement toi, tu le dis, mais nous aussi.
Et que, justement, il y a tellement de moyens financiers derrière ça que tout...
Tout perdre.
Oui, exactement. Toute procédure judiciaire allait mener à sa ruine.
C'est à ce moment-là que David dit, voyons donc, qu'est-ce qui se passe là?
Et lui-même hésite un peu.
Dillan, de son côté, lui, on dirait que malgré le fait que Dillan ait une famille, des enfants, tout ça, c'est peut-être encore pour lui que c'est le plus risqué.
Plus à risque, oui, exactement.
Exactement. Mais Dillan, lui, veut vraiment... ne supporte pas l'intimidation puis décide d'aller plus loin, puis il veut pousser pour continuer à enquêter là-dessus.
Décidant, finalement, ils ont pris la décision de vouloir continuer puis de poursuivre.
Fait que David, il donne comme mission d'aller interroger, de trouver des participants à ces compétitions de tickling-là.
D'aller parler aux gens dans les vidéos finalement qu'il a trouvées.
Exact. Et essayer de comprendre le phénomène.
Il essaie de rejoindre, il y a en fait plus de 100 personnes.
Il y a personne qui retourne d'appel ou plutôt qui accepte de faire une entrevue avec lui.
Je pense qu'ils ont tous un peu honte.
Sauf une personne qui s'appelle T.J. Gretzner.
T.J. Gretzner, en fait, c'est un jeune garçon sportif qui joue au football au collégial.
Il avait quand même un bel avenir.
Il joue à un bon niveau, je pense.
Oui, exactement. Il a un bel avenir pour être même recruté au niveau professionnel.
Il a eu l'humain à nous expliquer son histoire qu'a rencontré le Kevin qu'on parlait tout à l'heure à Los Angeles pour faire justement des compétitions.
Il s'est fait offrir 2000 dollars justement pour se faire chatouiller.
Puis lui, il s'était fait expliquer le contexte de ça parce qu'il ne comprenait pas mais pourquoi vous filmez ça, à quoi ça sert.
Puis ils ont expliqué que c'était des techniques de torture militaire pour tester des techniques de torture militaire.
Ok.
Ça qu'il a quand même trouvé ça un peu weird mais comme il expliquait, il était quand même dans une période difficile de sa vie, sa famille.
Je pense que sa mère n'avait pas beaucoup de sous.
Il avait besoin d'argent.
Donc, pour un jeune de cet âge-là, tu ne vois pas vraiment.
Un petit 2000, ça passe bien.
Écoute, je connais des gens qui ont fait des tests médicaux à certains endroits au Québec pour des sommes similaires.
Je vais te dire que passer une journée, je ne sais pas combien de temps ça durait, le chatouillage.
Mais c'est un petit 2000 dollars vite fait.
Facile, oui.
Puis ça peut être dur de dire non parce que j'avoue que tu ne vois rien de mal à ça.
En surface, tout court, le chatouillement, il n'y a rien de mal à chatouiller.
C'est sûr.
Bref, il accepte même s'il trouve ça un peu étrange.
Là, comme toujours pour introduire, il fonctionne un peu toujours comme ça.
Ils font une capsule d'introduction.
C'est très similaire à la porn, je vous dirais.
Il introduit comme l'acteur en premier dans une capsule d'introduction qui explique si il a déjà été dans l'industrie du chatouillement
ou s'il aime en fait de se faire chatouiller et chatouiller.
À quel endroit est-il le plus chatouilleux?
Il a des questions comme ça.
Il n'est pas très à l'aise, on le voit quand même, puis je ne comprends pas pourquoi.
Là, il accepte.
Finalement, on nous diffuse une des premières scènes de chatouillement qu'il subit.
Il est attaché vraiment les mains, les pieds, quand même avec des bracelets cuires, attachés avec des chaînes.
Ça commence avec une première personne qui le chatouille.
Ensuite, il y a comme deux, trois autres gars qui se joignent aux autres et à le chatouiller un petit peu partout.
Voilà, c'est ça pendant plusieurs minutes.
C'est une drôle d'image.
Lui, il se disait aussi peut-être que je vais me faire chatouiller par des belles femmes ou quelque chose comme ça.
Oui, c'est ça.
Mais en fait, il n'a pas du tout.
Il s'est rendu compte qu'il était avec un boys club.
Oui, exact.
Ça reste comme ça.
Bon, il fait sa capsule puis il se retourne chez lui.
À un moment donné, il se google parce que comme on vous disait, c'est quand même une future star de football aux États-Unis.
Il vérifie un peu comment son nom sort et les nouvelles par rapport à ça.
Puis il tombe sur une vidéo sur YouTube de lui qui s'appelle TG Tickling.
Donc, il voit justement son interview puis il voit une des vidéos de lui qui est en train de se faire chatouiller.
Il s'inquiète un peu.
Exact.
Sa réputation.
Si lui, en se cherchant, en se googlant, facilement s'est trouvé, il se disait justement les recruteurs au football, l'université ou ce que je vais, le collège.
C'est pas bon pour lui.
Donc, il écrit à Jane tout bonnement.
Est-ce que tu peux retirer la vidéo de YouTube?
Elle ne répond pas.
Donc lui-même, il prend l'initiative de décrire à YouTube que c'est son identité.
Pour rapporter une vidéo avec son nom dedans.
Exact.
Et YouTube, très collaboratif, retire la vidéo.
Ça a pas eu l'air compliqué.
Donc, il retire la vidéo.
Et là, boum!
La vie de TG va complètement basculer.
Mais peut-être avant, Cliffhanger, on peut faire entendre la vidéo de TG qui donne son interview.
Puis peut-être aussi, je sais pas si dans cette vidéo-là, on le voit se faire chatouiller.
Non, il fait juste se présenter.
C'est juste l'interview, mais on va vous faire entendre ça.
Donc, c'est la fameuse vidéo sur laquelle TG est tombé puis qu'il a fait retirer sur YouTube.
À partir de ce moment-là, il se rend compte en googlant son nom encore une fois
qu'un site web qui a été mis en ligne avec ses infos personnelles,
puis plein de détails sur sa vie privée,
dont plein de faustés entre autres.
Sur le site web, on voit son adresse personnelle, son numéro de téléphone, son e-mail.
On stipule qu'il a déjà abusé d'enfants, puis que c'est aussi un drogué.
Là, le gars commence à comprendre que...
Il commence à se poser des questions, en fait, puis à comprendre que Jane O'Brien n'est pas si cool que ça.
Il reçoit un mail, encore une fois, on l'a nommé tout à l'heure, de Debbie, lui aussi.
Debbie lui répond, je ne crois pas que tu comprennes l'ampleur des dégâts que tu as causé.
Je suis très intéressé à voir comment tu vas gérer la catastrophe.
Et par la suite, il y a des e-mails, il y a des courriels qui sont envoyés à ses professeurs, à ses coachs,
qui expliquent qu'il est juste un...
Là, je traduis un peu là, un gay chatouilleux qui ne mérite pas d'être dans la ligue,
qui a une déviance sexuelle, que vous ne voudriez pas quelqu'un comme ça, qui aime faire des vidéos comme ça dans votre équipe,
ou des choses comme ça, et puis ça l'a même mené à être coupé de position importante,
entre autres la position de capitaine dans son équipe qu'il n'a pas eu,
à cause que le coach de l'équipe pensait qu'il allait avoir des e-mails avec les médias,
qu'il allait avoir justement une mauvaise attention médiatique.
Il a perdu son emploi autour de ça, et il a énormément souffert de harcèlement et d'intimidation tout le long de sa période scolaire, si on veut, pendant qu'il était...
C'est certain. Mets-toi à la place, c'est sûr que des jeunes, on le sait, des jeunes qui tombent là-dessus, c'est tes partners, c'est certain qu'ils vont t'intimider avec ça.
David se rencontre en parlant à ce gars-là, puis en refaisant d'autres. Je reviens à David Farrer, notre journaliste néo-zélandais.
Il se rend compte aussi qu'en fouillant sur d'autres participants des fameuses vidéos de tickling, il se rend compte qu'il y a d'autres sites qui existent pour harceler d'autres victimes,
donc des sites dédiés aux informations personnelles et fausses de plein d'autres participants de ces vidéos-là.
C'est là qu'il décide de se lancer à fond avec son partner Dylan, donc les deux s'en vont aller pour investiguer sur l'histoire.
Il réussisse même à se rendre à une audition, parce qu'il se rend compte qu'il y a des auditions à chaque mois de ces compétitions-là.
Et puis il rencontre les mêmes... les mêmes messieurs, les trois drôles de personnages, Marco, Adam et bien sûr Kevin Clark, qui est un peu le gars de business dont on a parlé tout à l'heure.
Les deux gars, ils s'en vont justement dans un genre de quartier où il y a plein de studios, un peu à la Hollywood, quartier industriel.
Ils attendent dehors, puis ils entendent même les rires par les fenêtres du studio, donc c'est clair qu'ils se passent.
C'est là que ça se passe.
C'est là que ça se passe. Ils voient des jeunes hommes sortir, fumer des cigarettes, manger, sortir dehors. Ils voient beaucoup de va-et-vient.
Puis là, ils décident, les deux gars, Dylan et David, de partir avec la caméra, puis d'aller les voir dans le studio.
Ils se font claquer la porte carrément, et puis ils décident d'aller faire de la recherche un peu ailleurs, vers d'autres avenues.
Juste pour expliquer un petit peu le stratagème qu'ils utilisaient pour recruter un peu les chatouilleurs.
C'était un peu toujours la même chose. Dans les annonces, ils recrutaient des malls athlétiques et des modèles de fitness.
Ils étaient toujours âgés, entre 18 et 25 ans, qui étaient attractifs et qui aimaient se faire chatouiller.
En fait, une de ces techniques pour recruter, c'est qu'ils allaient annoncer ces annonces-là dans des quartiers beaucoup plus pauvres,
donc des gens un peu plus vulnérables, d'accepter. Surtout en 18-25 ans, en général, on n'a pas une cente, mais encore plus si c'était dans des quartiers un peu plus défavorisés.
Ils leur offraient 1500$ cash, mais ils allaient beaucoup plus loin avec d'autres personnes. Ils achetaient beaucoup de jouets électroniques, d'ordinateurs, ils payaient des voyages.
Donc, ils les gâtaient. C'est de cette manière-là qu'ils arrivaient à recruter, mais aussi à faire un peu de recurring avec les mêmes membres,
répétés, j'imagine, plusieurs vidéos avec eux, en continuant à les payer, les gâter.
Pour continuer sa recherche, David et se sont rendus en Floride en faisant quelques recherches sur le sujet.
Ils sont tombés sur un gars de la Floride qui faisait un peu le même genre, en fait, qui fait le même genre de vidéos que Jane ou Brian Media,
mais lui accepte d'en parler de sa compagnie de production vidéo sans problème. Il l'accepte même chez lui dans son genre de...
Il a un genre de chambre, de pièce assez simple avec un matelas et des outils pour attacher les gens.
Tu vois même, il y a un genre de coffre avec toutes sortes d'instruments, des brosses à dents électriques, des plumes.
Dans le fond, je vous laisse figurer tout item qui peut être utilisé pour chatouiller et torturer, si on veut, quelqu'un de chatouillement.
Donc ce gars-là, c'est Richard Ivy, puis lui, c'est un peu un vieux de la vieille du fétichisme, du tickling fétichism, du fétichisme de chatouillement.
C'est un précurseur dans ce domaine-là, et puis il arrive à en vivre, en fait, et il en vit très bien.
On le voit chez lui, il y a une belle grande maison avec une cour arrière, une piscine, tout ça. Donc c'est quand même bien son truc.
Lui, il a commencé dans les années 90. Son début, en fait, il explique, puis lui, il en parle sans complexe, puis il n'a rien à cacher, puis il en parle même avec un sourire en coin.
Il est très ouvert à l'idée de populariser son truc. Il n'est pas gêné de ça.
Non, non, il nous explique même que depuis qu'il est jeune, il s'est rendu compte assez jeune qu'il avait un plaisir à chatouiller et se faire chatouiller,
qu'il en sentait un plaisir quand même plus fort peut-être que la moyenne des gens, puis il a toujours un peu assumé ça.
Depuis l'âge de six ans qu'il aurait découvert cette passion. Lui, dans ses débuts, en fait, tout ça a commencé par un fétichisme de pied, de pied masculin.
Son premier site, c'était My Friend's Feet, pour ceux qui sont dans le milieu, peut-être que vous connaissez ça, qui a connu un gros succès justement.
Puis en fait, David, il a l'autorisation d'aller filmer chez lui, puis on voit même qu'il amène un acteur avec lui, qu'il l'installe sur une genre de chaise.
C'est un peu une chaise de torture, mais moins, comment dire, moins menaçante si on veut.
Puis il va le chatouiller avec des plumes en dessous des bras, tout ça, en le filmant, puis c'est bel fun.
Par contre, le gars a l'air d'être exténué après tout ça.
C'est genre 20 minutes, je me souviens quand on regardait le temps que ça a été tourné à la caméra, parce qu'on voyait comme la caméra qui filmait la caméra, c'était environ 20 minutes de chatouille intense.
Comme tu dis, le gars était comme crevé, comme s'il venait de courir un demi-marathon, puis il était épuisé, puis il se sent vraiment pas bien. C'était assez particulier.
On parlait de stratagème militaire un peu plus tard, mais c'est clairement, ça peut être de la torture à un certain niveau.
Dans le fond, pour un peu démystifier le phénomène du tickling, j'ai fait un peu de recherche sur le fétichisme qui entoure ce sujet-là.
Parce que je suis un peu comme toi, je ne pensais pas qu'il y avait un engouement ou quoi que ce soit, ou même comme David qui a fait le documentaire.
Tu as fait beaucoup de recherches étranges pour la distortion.
Oui, effectivement, c'est mon rôle. Mais non, puis c'était même, je vous dirais, j'ai eu du fun et en même temps beaucoup de malaise à faire la recherche sur le fétichisme du chatouille.
Je vous explique ça. En fait, le mot scientifique, si on veut, pour nommer ce comportement-là, ça s'appelle la knysmo-lani.
En fait, c'est une paraphilie qui est un dérivé. En fait, les paraphilies, c'est des comportements qui sont hors norme au niveau sexuel.
Et ça désigne le fait d'éprouver une forme de plaisir sexuel par le chatouillement ou se faire chatouiller.
Il y a même certains psychologues qui vont jusqu'à dire que se regarder, les gens justement qui regardent simplement, qui ont du plaisir sexuel à regarder, les gens se chatouiller font partie des catégories-là.
Mais il y a un débat. Mais il dit que pour être vraiment catégorisé comme un fétichisme, parce que même là, je lisais qu'il ne faut pas nécessairement associer ça comme un fétichisme parce qu'au niveau de la définition, ce n'est pas la même chose.
Mais bref, il faut vraiment être incapable d'obtenir l'orgasme sans ça. Donc si dans vos pratiques sexuelles, vous aimez quand même être chatouillé, mais que vous pouvez venir sans être chatouillé, vous n'êtes pas nécessairement catégorisé comme, je ne dirais pas, avoir ce comportement-là déviant.
Et c'est souvent lié en fait à d'autres fétichismes, comme un peu tu parlais tantôt l'apodophilie qui est le fétichisme du pied et l'axylisme qui est le fétichisme des aisselles en fait.
Oh ok, je ne le connaissais pas celui-là.
Non, moi non plus. L'axylisme, c'est assez particulier. Les gens qui souffrent de ça ont besoin en fait de se faire masturber, peu importe homme ou femme, en se frottant contre l'aisselle de la personne.
Donc, c'est des comportements assez particuliers, mais l'axylisme est une pratique sexuelle sûre, c'est ce qu'il mentionnait. Je trouvais ça assez rigolo.
Oui, c'est bien de le préciser.
Des fois que ça vous te rentrait d'essayer. Mais en gros, généralement aussi selon certaines sources, ça reste tout de même un comportement qui est assez sadique et maje... maje... mazochiste, pardon. Voilà.
Merci Seb, bravo.
Et même dans mes recherches, ça m'a amené à des sites pornos qui sont spécialisés en fétichisme et qui ont des catégories de tickling assez... disons fascinants.
Ils appellent ça des tickle fill, en fait des... on pourrait dire des chatouilles fill, des gens qui aiment beaucoup le chatouillement avec différentes catégories.
Il y a un site, il y a un site que je connaissais pas qui s'appelle Clip4Sale, en fait qui est comme je vous dis, qui est un genre de YouPorn, mais du fétichisme.
La catégorie de chatouillement a plus de 306 000 vidéos différentes imaginées, l'ampleur. Et eux, ils ont fait des... ils donnent des statistiques sur les recherches les plus utilisées, ou du moins les fétichismes les plus consommés.
Et dans le top 40, le chatouillement est le quatrième.
Non, quand même.
On voit qu'il y a quand même un engouement, mais historiquement, les traces les plus anciennes des plaisirs éprouvés, des plaisirs sexuels éprouvés par les châteaux,
ils remontent à une image d'une reine égyptienne qui s'appelait Hatshepsut qui se faisait chatouiller les pieds par des eunuques.
Et je disais ça, puis je savais pas c'était quoi des eunuques, donc j'ai recherché et c'est des hommes castrés, en fait la définition d'un eunuque.
Et je disais que particulièrement en Chine, entre autres, c'était assez courant de castrer les hommes à l'époque,
et surtout les hommes de haute fonction, sûrement pour éviter les distractions.
Si on revient à notre histoire, David et Dylan sont toujours aux États-Unis dans leur voyage à la recherche de Jane O'Brien.
Ils rencontrent David Starr qui lui, on se rappelle, ils sont allés rencontrer un pro du chatouillement, Richard,
qui leur a expliqué qu'il y avait une certaine Terry qui postait dans les années 90.
Là, ils rencontrent David Starr qui lui a été agent casting pour Terry Tickle, justement, de 1999 à 2006.
Lui, il a décrit comme étant une strange rich brat, donc un peu une genre de poupée riche et étrange en même temps.
Lui, il a aidé cette femme-là à pousser le concept à un niveau vraiment professionnel à la fin des années 90, début 2000.
Il a lancé des compétitions plus sérieuses, il a lancé les Tickle Wars, mon Dieu, je serais curieux de voir ça.
Et puis pendant cinq ans, lui, il a travaillé tant en plein pour cette femme-là.
Lorsque les acteurs refusaient de tourner, ce qu'il nous explique, c'est qu'elle utilisait le même stratagème qu'elle a utilisé plus tôt.
C'est-à-dire que lorsque, par exemple, même chose, on parle d'intimidation en ligne, de sortir des sites web avec…
D'informations personnelles.
Exactement, exactement.
Puis lorsque David Starr, lui, décide d'arrêter de faire des vidéos parce qu'il y en a marre, elle va vraiment le harceler à un point quand même extrême.
Elle va lancer des phone blasts, donc vraiment des messages pris enregistrés destinés à tous ses contacts.
C'est quand même assez violent. Vraiment des messages en disant qu'encore une fois, David est un homme, est un homosexuel adepte de chatouillage.
Tu ne veux pas travailler avec lui, c'est quelque chose de dangereux.
Exactement, on ne peut pas lui faire confiance.
Ils vont même écrire à sa mère, en fait, sa propre mère, pour lui envoyer des insultes puis lui indiquer à quel point son fils est une mauvaise personne et tout ça.
Donc encore énormément d'intimidation de la part de cette femme-là au début des années 2000.
À ce moment-là, David commence à faire des liens parce que lui, dans le présent, avec Jane O'Brien, il se fait quand même un peu harceler.
Puis là, on se rend compte qu'il y a quelqu'un qui faisait les choses similaires depuis les années 90, donc ça fait quand même assez longtemps.
En 98, on se fait expliquer encore une fois qu'il y a un article qui est publié dans le Philadelphia City Paper où un étudiant de l'Université Drexel voulait arrêter de faire des vidéos pour Terry.
L'étudiant reçoit des menaces de se faire envoyer ces vidéos qu'il a fait à ses parents, à sa famille, même au président de l'Université et même au-dessus de l'insulte ou des menaces.
Il se fait penser, il se fait menacer qu'elle piraterait le système informatique de l'école.
Il se ferait passer ça sur son dos à lui. C'est un peu quand même surréaliste, mais Crime, elle le fait.
Elle fait une attaque DDoS. Je ne sais pas si elle avait les compétences, elle a engagé un hacker pour faire ça, mais quand même, elle le fait.
Elle a quand même réussi à ce que ça se fasse passer sous l'identité du jeune étudiant qui a refusé.
Elle a même fait des attaques à la Maison Blanche.
Donc, les services secrets sont débarqués dans la chambre, dans le genre de chambre commune de l'étudiant, imaginez la frousse qu'il a eue pour l'arrêter.
Alors que David poursuit son investigation avec Dylan, il tombe sur un autre gars en fait qui est un autre participant au fameux concours de chatouillement
qui lui non plus ne voulait plus faire affaire avec Terry, puis il a demandé de l'aide sur le web pour s'en sortir.
Il a reçu beaucoup de messages et quelqu'un lui a envoyé un fichier zip, donc un fichier compressé contenant plusieurs, plusieurs, différents autres fichiers.
Là-dessus, il trouve plusieurs renseignements sur l'industrie du techling, si on veut, sur les compétitions, tout ça.
Mais il y a un nom qui ressort, qui est étrangement lié au nom de Terry De Sisto.
Ce nom-là, c'est un homme en fait dont le nom est David D'Amato, qui est un homme de Garden City dans l'État de New York.
Ça saute aux yeux, c'est un peu, un peu weird, c'est à ce moment-là que les gens vont commencer à vraiment se douter de l'identité de Terry,
de la fameuse femme qui poste sans cesse sur les forums et qui produit ces vidéos de techling-là.
On en apprend un peu plus sur David D'Amato. On se rend compte qu'il était un assistant directeur dans une école et il a travaillé dans 8 écoles en 10 ans.
Donc il s'est souvent soit fait renvoyer, soit il est parti de lui-même, mais ça n'a pas duré longtemps.
Le journaliste a même découvert qu'il utilisait l'identité de personnes décédées, en fait le numéro d'assurance sociale de différentes personnes décédées,
je présume pour accéder à d'autres informations ou pour contacter anonymement des gens pour les menacer, on ne sait pas.
Il a contacté le FBI et puis le FBI a arrêté David D'Amato.
Il n'a pourtant jamais été accusé ni pour l'abus de pouvoir ou ni pour le harcèlement qu'il a fait.
Il a seulement été accusé. Pourquoi donc, Seb, en fait pour...
Une fraude informatique et abus, d'après moi, c'est lié justement au piratage qui est effectué à l'université pour menacer le garçon.
Dans le fond, il est accusé en décembre 1997. Il a fait combien d'années de prison, je n'étais pas sûr. C'est comme pas clair le nombre de...
Non, mais sûrement pas beaucoup, je présume, une fraude informatique.
Non, pas fait grand-chose, mais il a quand même fait de la prison et il a été autorisé à continuer parce qu'on apprend aussi qu'il faisait son bac en droit.
Oui, parce qu'on remonte à l'origine, dans le fond, David D'Amato, son père était propriétaire, en fait fondateur d'une grosse, grosse firme d'avocats à Wall Street, donc il y avait quand même beaucoup de sous.
Oui, qui est D'Amato & Lynch, qui semble être encore une firme active malgré le décès de son père et tout ça.
Puis même en prison, alors qu'il était emprisonné pour cette fraude informatique-là, il continuait d'harceler les jeunes membres de ses vidéos de tickling, il continuait même à en produire.
David Stark, on sait qu'il y a beaucoup de David, il y a beaucoup de nom dans cette histoire, désolé, mais son ancien agent de casting lui expliquait que pendant un certain moment donné, Terry avait un peu disparu parce qu'elle était malade, elle était affectée d'une mononucléose.
Donc il y avait moins de contact avec elle, mais malgré tout, elle lui écrivait, elle lui envoyait des fonds pour produire des vidéos, et en fait on apprend que pendant ce temps-là, non seulement elle n'avait pas de mono, mais elle était en prison.
En prison.
Et que ce n'était pas elle, mais c'était il, David D'Amato, qui était en prison.
Il n'y avait pas d'interdiction, c'est ça qui est étrange aussi, il n'y avait aucune interdiction d'utiliser un ordinateur ou Internet.
Peut-être qu'à cette époque-là, le juge, on se ramène en 97, qui est quand même le tout début de l'Internet, si on veut, plus mainstream, n'avait peut-être pas conscience des actions qui ont été posées ou de même tout ça.
Puis même, on voyait les premières lettres qu'il écrivait à David Starr, le genre de coach, c'était écrit à la main, il écrivait à la main des lettres normales, si on veut papiers, il donnait une nouvelle adresse courriel pour le rejoindre.
D'après moi, il s'est créé comme un autre monde numérique à partir de la prison pour continuer à gérer ça.
Exactement.
De retour en 2015 maintenant, toujours avec David Farrier, notre journaliste néozélandais, lui commence à poster ses trouvailles en ligne, puis il commence à soulever l'hypothèse que Damato serait peut-être derrière Jane O'Brien Media, le site web qui lui a mis la puce à l'oreille la première fois.
Et puis, à ce moment-là, étrangement, de fil en aiguille, Damato engage des avocats pour poursuivre David. Il est donc poursuit conjointement, en fait pas conjointement, mais des deux angles différents par Jane O'Brien Media et par David Damato, mais les deux prétendent n'avoir aucun lien avec l'autre.
Étrange.
C'est quand même une drôle de coïncidence.
Coïncidence.
Il s'appelle Jordan Chilachi, qui est un recruteur pour Jane O'Brien, et lui, il est dans la région de Muskegon Shoreline, qui est un endroit, je crois que c'est dans le top 100 des villes les plus criminalisées des États-Unis, qui est un endroit très pauvre, très difficile, puis lui décrit un peu sa relation avec Jane O'Brien.
Il lui explique dans le fond qu'elle favorise les Asiatiques et les roues surtout, et puis qu'il a même acheté une voiture, en fait une voiture de 30 000 $ à son candidat favori.
Dans cette région-là, le MMA, dans les compétitions de combat extrême, sont très populaires, et en fait, elle veut un peu jouer avec cette corde-là, c'est-à-dire qu'elle va engager des combattants de MMA pour faire des vidéos.
Souvent, pour les engager, elle va utiliser encore l'angle de la torture militaire, si on veut.
Puis Jordan, il explique que lui, son modus operandi, c'est qu'il louait une chambre d'hôtel cheap, il commandait de la pizza avec un peu de bière, des cigarettes, puis il invitait cinq, six gars à venir pendant une journée se chatouiller, puis faire des combats sur le lit de la chambre d'hôtel.
Encore une fois, on a regardé des vidéos de ça, puis c'est quand même assez étrange. On n'est pas sûr de ce qui se passe.
On voit le quartier, c'est vraiment délabré, des édifices placardés, des maisons placardées, on veut vraiment qu'il choisisse des gens vulnérables, parce que de ce que je comprends, même ces gars-là, il n'a même pas l'air d'aller payer si cher que ça, il leur offre une soirée avec de la bière, de la pizza et des cigarettes pour ça faire filmer, imaginez.
Exactement. Jordan explique aussi qu'il y a tout un réseau de recruteurs pour Jen O'Brien partout au pays. Il y en a dans l'Ohio, au Michigan, en Floride, dans l'État de New York, il y en aurait même au Canada aussi.
Et c'est là que David réalise vraiment l'ampleur de l'entreprise. Il réalise qu'effectivement, il y a tout un réseau organisé et qu'il y a vraiment des moyens derrière ça.
Comment peux-tu entretenir un réseau comme ça, aussi grand, sans être Pablo Escobar?
Alors qu'une des recrutes se fait intimider par Jen O'Brien, Jordan est incapable de la trouver. Il se rend compte que c'est une véritable fantôme, même modus operandi qu'à l'époque avec Terry de Cisco, introuvable.
David et Dylan partent à New York pour retrouver Damato. Ils partent dans l'État de New York, en fait, puis leur stratagème, c'est aussi simple qu'on va se parquer en face de chez lui.
On va attendre qu'ils sortent.
Exactement. Donc ils se dirigent à Garden City, qui est une banlieue conçue de Long Island. Lui habite au dernier étage d'un grand bloc de condos de luxe.
Et puis, en Nouvelle-Zélande, le producteur du documentaire, parce que là, David et Dylan, pendant toute cette année d'enquête et de recherche, ils ont quand même attiré l'attention du public.
Ils ont démarré un Kickstarter pour leur film qui ne s'appelait pas Tickled ou qui avait un autre nom. À l'époque, je crois que c'était de Tickle King.
Et puis, en fait, maintenant, on avance un peu dans l'histoire, mais HBO même les ont supportés pour relancer le documentaire.
Mais à l'époque, le producteur commence vraiment à être inquiet parce qu'il reçoit des poursuites de partout.
Il se rend compte que David Damato, même si ça a l'air d'être un homme un peu étrange qui a fait de la prison, il a quand même la firme d'avocat derrière lui de sa famille.
Puis il a quand même des gros moyens. Il commence vraiment à être inquiet.
Donc les gars, en fait, prennent une petite pause, puis ils vont décider d'aller l'attendre un peu plus tard en face du Starbucks, où David Damato va se chercher un café.
C'est à ce moment-là que David le confronte, puis Damato vient tout de suite aux menaces légales.
Farrier, il se rend compte que c'est bien lui, donc il se confesse, même pas qu'il se confesse, mais...
Il s'incrimine d'une certaine manière. On le sent, l'imputabilité, juste dans la manière qu'il réagit.
Mais juste pour bonifier, ils ont attendu plus de deux jours devant chez lui.
Il n'est jamais sorti pendant deux jours. Je pense que c'était au troisième jour.
Ils ont couché comme dans leur voiture. Ils attendaient tout le temps qu'il sorte.
Le gars, ça a l'air d'être un gars quand même assez réservé, qui ne sort pas beaucoup de chez lui non plus.
Ben oui. Puis la question demeure toujours, comment est-ce que tout ce réseau-là est financé?
Dites-vous qu'il envoie au moins à chaque mois 10 personnes à Los Angeles pour filmer des vidéos dans des studios.
Ces gens-là sont toujours dans des hôtels de luxe, sont toujours dans des studios loués.
Ils ont des bons cachets, ils se font payer plein de choses, ils se font payer la traite sur place.
Et puis, il opère des cellules de recrutement comme ça partout au pays.
Le gars dont on a parlé de Jordan plus tôt, il gangue sa vie en plein avec ça, lui.
C'est assez pour payer son loyer puis nourrir sa famille.
Puis surtout, il n'y a aucun revenu qui semble provenir de ces vidéos-là.
Il n'y a pas de pub. Ce n'est pas clair comment ces compétitions-là sont monétisées.
Non, non. Il n'y a pas un prix d'entrée ou quoi que ce soit.
Exactement. C'est vraiment luxe. Donc, qu'est-ce qu'il y a derrière ça?
Et puis, c'est là en fait que David va faire certaines découvertes.
Il trouve sa signature sur des contrats de Jane O'Brien, en fait, de David de Matos,
sur des réservations d'hôtel pour les avocats contre David qui ont voulu le poursuivre.
Il se rend compte qu'il y a plus de 6 millions de dollars dans son compte d'épargne,
dans le fond, dans son compte courant, en fait, du quotidien.
Et que tout ça est financé par de l'argent familial parce qu'il ne reçoit pas une risse-tourne quotidienne.
Mais il se fait payer toutes ses dépenses.
Par un trust.
Exactement.
Il se fait payer tout ça par son père et ça équivaut à un argent de 30 000 dollars par mois.
Donc, imaginez cet argent qui rentre là.
Donc, ils ont vraiment trouvé la source de financement qui vient de là.
D'après moi, David de Matos ne se souciait pas, lui, des revenus qu'il pouvait générer de ça.
Ça devait être carrément une perte.
Mais c'est de cette manière-là qu'il venait à financer un peu tout ce réseau-là de compétition, de chatouillement.
Parce qu'en arrivons-en au fait, David de Matos n'était pas intéressé par le sport de compétition de chatouillement.
C'est un fétichisme personnel, comme on en a parlé plus tôt, en fait.
Lui, il ne vit que pour ça.
Il pense sa vie à produire parce que c'est quand même beaucoup de logistique.
Il y a beaucoup d'employés à gérer autour de ça.
Mais c'est pour son usage personnel, ultimement.
Donc, toutes les compétitions qu'il organise, les événements qu'il organise, c'est pour son usage personnel
et aussi de certaines autres personnes qui ont le même fétichisme.
Mais c'est surtout pour lui-même.
Donc, il avait les moyens de satisfaire son fantasme, puis il l'a fait pendant des années de cette façon-là.
Oui, puis j'ai l'impression que ça allait au-delà du fétichisme.
Il y avait aussi beaucoup l'humiliation parce que ces gens-là,
les gens qui voulaient retirer leurs vidéos en ligne, s'il avait été fair, il aurait pu les retirer tout simplement.
Mais non, lui, il prenait ça hyper personnel, puis là, il contre-attaquait.
On voit qu'il avait quand même un problème au niveau de son équilibre aussi.
Il aimait ça humilier les gens parce que faire tout ce qu'il a fait aussi pour humilier les gens
qui voulaient juste plus faire affaire avec lui, c'est un psychopathe.
Je ne sais pas si on peut aller jusque-là, mais tout de même.
Puis David va, justement, en parlant de sa vie privée un peu, il va parler à sa belle-mère, la belle-mère de David D'Amato.
Puis elle lui indique justement qu'il a été énormément intimidé quand il était plus jeune à l'école,
que sa mère à elle, parce que c'est sa belle-mère, en fait.
Sa mère, à l'époque, était très, très, très protectrice de lui.
Elle lui empêchait de sortir, de voir d'autres gens.
Donc c'est quelqu'un qui a constamment été réduit, si on veut, dans sa vie,
autant par ses parents que par ses camarades de classe.
Exactement. Apparemment qu'il n'a jamais vraiment eu de femme ou de conjoint ou de conjointe.
Son orientation sexuelle n'est pas claire, mais son père, du moins, lui,
n'était pas un fervent amateur des libertés homosexuelles, si on veut.
Donc il a peut-être été opprimé un peu de ce côté-là par sa famille.
C'est un peu de là que ça semble venir, toute cette volonté d'avoir du contrôle,
un contrôle qu'il n'a pas eu dans le passé, un peu la volonté de...
C'est un peu cliché de dire qu'un abuseur a souvent été abusé avant,
mais en même temps, je pense que ce n'est pas faux de le dire.
C'est le cycle.
Dans son cas, ça semble être un peu une raison en dessous de ces comportements-là.
Sans les excuser, bien sûr.
Non, évidemment, ça n'excuse rien.
David va même rencontrer Romeo Salta, un fameux avocat qui était lié à Luca Magnotta.
Il va le rencontrer dans son bureau à New York,
puis il lui apprend que l'adresse de Jane O'Brien,
c'est-à-dire le siège social de Jane O'Brien Media,
c'est le bureau d'avocat de Romeo Salta.
Là-dessus, l'avocat est totalement confus,
et puis il se rend compte que les lettres qui ont été envoyées de la part du bureau de Salta
ont été falsifiées, donc c'était...
Des fausses menaces.
Oui, plusieurs d'entre elles étaient des fausses menaces qui avaient été envoyées.
Donc l'avocat, de son côté, n'en revient pas.
Et puis, évidemment, son nom émaillait à tout ça,
et pour lui, c'est de la mauvaise réputation
qui se soit trouvée liée à toute cette histoire-là.
Effectivement.
À la fin du documentaire, ce qu'on apprend lorsque l'on a fini de visionner Tickled,
c'est que, en fait, Damato travaille dans une firme d'avocat,
donc, comme tu disais, il a étudié pour avoir son bac.
Il travaille pour une firme maintenant de Long Island,
et il n'a jamais été jugé pour ces crimes commis à part la fraude informatique.
Et puis, apparemment, qu'après ce moment-là,
il a cessé d'harceler Dylan et David, les deux producteurs de vidéos.
Jane O'Brien Media continue toujours de diffuser des vidéos de Tickling
et puis d'organiser des compétitions partout dans le monde,
puis le même genre d'événements, donc ça n'a pas cessé.
Mais par contre, il y a eu des développements depuis le documentaire, Seb.
En fait, lors de la diffusion de la première à Los Angeles du documentaire,
David Damato et son équipe sont venus sur place menacer un peu
et disons interrompre, il y a toujours un Q&A,
une séance de questions-réponses après les diffusions de documentaire,
et ils se sont présentés sur place à Los Angeles pour, disons, intimider,
parce qu'ils avaient arrêté, comme tu disais, des intimidés ou du moins des poursuites,
mais ils se sont déplacés là.
Et pendant, il y a quelqu'un qui a filmé avec Facebook,
qui l'ont mis sur Facebook, toute la discussion et les confrontations,
ça allait beaucoup avec Marco, je crois, un des personnages,
un des trois qui travaillait pour lui qui est un peu particulier,
qui était très fâché sur l'utilisation des images,
et même durant le Q&A,
la seule remarque que Damato a fait à un des producteurs,
c'était de lui dire qu'il refaisait des menaces, en fait,
au niveau juridique, qu'il devait bien s'atteler au niveau juridique,
que ça n'allait pas en finir là,
et que même qu'il trouvait quand même un peu drôle,
il a dit après le documentaire qu'il trouvait Damato,
qu'il trouvait ça quand même certains moments du documentaire un peu farfelus.
Par contre, mauvaise nouvelle, il meurt soudainement le 13 mars 2017,
il n'y a pas d'explication sur sa mort,
sur sa fiche nécrologique, il n'y a pas d'autres explications que ça.
Et ça, ça coïncide deux semaines après la sortie de HBO,
parce que HBO a sorti à la fin février,
si on veut, une suite à Tickle avec des nouveaux extraits
qui s'appellent justement de Tickle King.
Et selon moi, je pense qu'il n'a pas dû passer au travers de ça,
ça n'avait pas l'air d'être quelqu'un en forme,
puis j'imagine que ça doit quand même générer beaucoup, beaucoup de stress.
Je suis quasiment convaincu qu'il ait mort d'une crise de cœur à 55 ans.
Donc il est décédé il y a à peine un mois.
Puis par la suite, David Ferrier a été contacté suite à la mort de D'Amato,
il s'est dit bien triste en fait,
on ne souhaite pas la mort de personne là-dedans,
mais on risque de vous faire un update parce qu'on ne connaît pas vraiment les causes,
les causes de sa mort, ça n'a pas été révélé,
puis c'est quand même un gros sujet.
C'est assez particulier.
Bon, je pense qu'on a fait le tour,
c'est difficile de tirer une leçon ou d'avoir une réflexion là-dessus
parce que c'est tellement, c'est tellement étrange.
Moi, je ne m'y attendais pas, lorsque on a creusé là-dessus,
je ne m'attendais pas que c'était que d'un,
le château humain soit une niche qui fonctionne à ce point-là,
mais de deux, de voir tout le réseau, toute la mise en place,
le stratagème qui a été mis en place par David D'Amato
sur des dizaines d'années en fait pour assouvir son obsession de fétichisme
jusqu'où on est prêt à aller pour assouvir nos obsessions,
parfois ça peut être…
Fatal.
Exactement, ça peut aller plutôt loin.
Toi, qu'est-ce que t'as pensé de tout ça, Sam?
J'avais beaucoup de malaise quand j'ai fait,
même la première fois que j'ai vu le documentaire,
c'est quand même assez particulier de voir des gens dans une situation comme ça
qui se font chatouiller, qui sont un peu sous l'emprise de quelqu'un,
et même plus loin, quand je faisais des recherches pour tout le fétichisme,
je vous dirais que je n'étais pas très à l'aise,
je ne m'attendais pas à ça, et même j'ai eu des surprises.
Quand tu tapes « Tickle Wrestling » dans Google Images,
on dirait qu'il y a seulement des femmes en maillot de bain
ou en sous-vêtement qui font de la lutte, de la lutte de chatouillement.
Si ça m'a un peu…
Il y a des sous-genres.
Oui, il y a vraiment des sous-genres, c'est quand même assez particulier.
Je suis un peu, un petit peu abasourdi de ce fétichisme-là,
malgré qu'il ne semble pas être malsain malgré tout.
C'est toujours fait entre adultes qu'on s'entend généralement,
donc de cet aspect-là, mais ça fait réfléchir tout de même.
Puis ce qui est particulier aussi, nous, on a assisté à la première à Montréalais
en fait de « Tickled » avec David Ferrier.
On l'a rencontré, on a parlé un petit peu avec lui.
Puis tout de suite, quand j'ai commencé à en parler sur les réseaux sociaux,
il y a des gens qui ont allumé, puis moi aussi j'ai allumé en fait,
parce que je suis allé à l'Université Laval à Québec,
je dirais que j'ai terminé là en 2006.
Puis à ce moment-là, j'ai des collègues de classe qui ont allumé maintenant.
Il y avait des annonces à l'Université Laval pour des concours de chatouillement,
pour rechercher des athlètes.
Puis lorsque j'ai dit ça à David Ferrier, il y avait d'autres gens autour
qui ont allumé aussi puis qui ont dit « Ah ben oui, mais moi je me rappelle,
il y en avait aussi à l'Université McGill, il y en avait aussi à l'Université de Montréal. »
Donc le Québec a eu une histoire, a pris part un peu à ce réseau-là,
mais on a joué un certain rôle d'une certaine façon là-dedans.
Il faisait de l'affichage sur les campus québécois, donc assez surprenant.
Ce qu'il pourrait peut-être expliquer quand je faisais des recherches sur David,
il disait que c'était un fan de hockey, en particulier des Rangers de New York,
qui venaient régulièrement à Montréal pour voir des Canadiens.
Donc il devait connaître du moins la ville, c'est peut-être une des raisons
qu'il a peut-être insisté à développer une cellule de chatouillement provinciale.
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Le mot de la fin, Emile.
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