#129 - La vengeance des jumelles Conradis

Épisode

#129 - La vengeance des jumelles Conradis

Épisode
129
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1 h 15 min
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Une histoire de persévérance et de détermination! Imaginez un instant : vos photos, supposées être protégées, apparaissent sur des forums en ligne, déclenchant une série d’événements qui bouleverseront votre vie pendant plus de 10 ans. C’est exactement ce qu’a vécu Madison Conradis en 2010. Lors d’une séance photo en lingerie avec le photographe Gregory Coleman, Madison est persuadée que les images resteront confidentielles grâce à un contrat formel. Ce qu’elle ignore à ce moment-là, c’est que cette journée marquera le début d’un cauchemar qui s’étendra sur une décennie et qui impliquera également sa sœur jumelle, Christine. Ensemble, les deux sœurs entament alors une enquête complexe afin de découvrir l’identité de la personne responsable de la fuite des photos et ainsi obtenir vengeance…

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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...

[00:23]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:55]

Imaginez un instant, vos photos supposées à être protégées apparaissent sur des forums en ligne,

[01:02]

déclenchant une série d'événements qui bouleverseront votre vie pendant plus de 10 ans.

[01:08]

C'est exactement ce qu'a vécu Madison Conradis en 2010.

[01:12]

Lors d'une séance photo en lingerie avec le photographe Gregory Coleman,

[01:17]

Madison est persuadée que les images resteront confidentielles grâce à un contrat formel.

[01:22]

Ce qu'elle ignore à ce moment-là, c'est que cette journée marquera le début d'un cauchemar

[01:28]

qui s'étendra sur une décennie et qui impliquera également sa sœur jumelle, Christine.

[01:34]

Ensemble, les deux sœurs entament alors une enquête complexe afin de découvrir l'identité

[01:40]

de la personne responsable de la fuite des photos et ainsi obtenir vengeance.

[01:50]

Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui ?

[01:52]

Ça va bien, toi, Emile Gauthier.

[01:54]

Ça va super bien. On a une histoire quand même assez fascinante ce soir,

[01:59]

une histoire frustrante aussi. C'est toujours frustrant les histoires d'harcèlement,

[02:06]

de vols de données, de vols de photos.

[02:09]

Ça nous fait beaucoup se questionner sur les relations à distance qu'on a à l'ère du numérique,

[02:15]

à l'ère des applications de rencontre. C'est un combat, vous allez voir, c'est un épisode frustrant,

[02:21]

mais quand même qui donne beaucoup d'espoir parce qu'on voit que le travail des deux sœurs,

[02:27]

vous allez voir, je ne veux pas rien vous spoiler,

[02:30]

mais Madison Conradis qui a été harcelée par un utilisateur en ligne

[02:36]

sur à peu près toutes les plateformes, même au téléphone.

[02:40]

Incroyable.

[02:40]

C'est incroyable. Vous allez voir, ça va assez loin cette histoire-là.

[02:45]

C'est fascinant. Sauf que Madison et sa sœur Christine ont décidé de prendre les choses en main

[02:52]

puis de faire leur propre enquête. Vous allez voir qu'ils ont eu des très bons réflexes de distordu,

[02:58]

je dois le dire, les deux sœurs. Ils ont fait un travail même que les policiers n'ont pas pu faire.

[03:06]

Puis ils ont réussi à coincer et à obtenir d'une certaine façon vengeance contre leur harceleur.

[03:13]

Vous allez voir, c'est digne d'un film. Je suis surpris qu'il n'y ait pas eu encore de séries Netflix,

[03:18]

mais comme plusieurs épisodes de distorsion, j'imagine qu'il y en a.

[03:21]

Ça va venir.

[03:22]

Ça va venir.

[03:23]

C'est toujours après.

[03:24]

Une histoire vraiment troublante, vraiment frustrant contre ces harceleurs,

[03:31]

contre cette société, cette culture de prédateurs qui sévit un peu partout.

[03:37]

Mais en même temps, justement, on voit que c'est possible de s'en sortir.

[03:41]

Ça prend du temps parfois, mais il y a des outils qui permettent de les coincer même sans être un agent,

[03:48]

un agent de police ou un enquêteur.

[03:50]

Donc très intéressant. Et en after-show, on va parler, moi je vais vous parler,

[03:55]

d'une autre histoire canadienne qui a fait changer la loi au Canada en termes d'harcèlement.

[04:01]

L'histoire de Shana Nelson contre son stalker, un certain James Allen.

[04:07]

Et puis, on va parler justement des changements qu'il y a eu.

[04:11]

Et toi, Seb, tu vas nous parler aussi d'un changement dans la loi au Québec

[04:15]

qui a eu lieu, je crois, il y a environ une semaine au moment où on enregistre cet épisode.

[04:21]

Exactement, oui. Je trouve que le hasard est intéressant par rapport à ça,

[04:26]

parce qu'on voit qu'il y a une préoccupation des gens qui nous gouvernent aussi

[04:31]

pour améliorer les lois, pour recadrer ça parce que c'est un vrai enjeu.

[04:36]

Et puis, pas seulement pour les jeunes, mais pour les adultes aussi.

[04:39]

Il y a tellement d'histoires. Si vous faites le tour de votre entourage,

[04:42]

je suis convaincu que vous allez avoir des cas qui existent de revenge porn,

[04:48]

de sextortion et tout ça. C'est rendu extrêmement répandu.

[04:51]

Et donc, c'est encourageant de voir que les lois, au moins,

[04:55]

sont du côté des victimes de plus en plus.

[04:58]

Exactement. Puis qu'enfin, ces crimes-là sont pris au sérieux.

[05:02]

Mais là, vous allez me dire « about time », ça fait longtemps que ça existe,

[05:06]

le cyberencelement, depuis que les technologies existent.

[05:12]

Oui, exactement. Rappelons-nous juste à la même date,

[05:14]

qui n'est pas si loin que ça, dans la timeline 2010-2012 de mémoire.

[05:22]

Puis à ce moment-là, elle n'était même pas prise au sérieux.

[05:25]

Puis ça fait 10-15 ans. Donc, c'est une bonne chose que les choses changent.

[05:30]

Donc, restez avec nous, vous allez voir, c'est un épisode passionnant.

[05:34]

Vous allez voir, c'est fourré de cette histoire des sœurs qu'on radisse.

[05:40]

Au niveau de la bière, cette semaine, on ne l'a pas en main, Seb, malheureusement.

[05:46]

On doit la dénicher dans nos affaires de spectacles,

[05:49]

parce qu'on est un peu dans la saison des cabarets, des curiosités du web.

[05:54]

Et il y a une certaine Romane et son conjoint de Lyon

[05:57]

qui sont venus nous voir au Festipod, je crois, qui nous ont offert une bière.

[06:01]

Oui, qui était en vacances au Québec.

[06:03]

Ça a bien à donner qu'on offrait ce spectacle-là au même moment.

[06:07]

Donc, ils ont sauté sur l'occasion. Puis c'est un plaisir de vous rencontrer.

[06:10]

Merci encore pour la bière. Très apprécié.

[06:12]

Bien oui, ça fait chaud au cœur. C'est toujours cool de voir des auditeurs,

[06:17]

auditrices européens qui viennent nous voir en personne,

[06:19]

parce que ça fait longtemps qu'on n'est pas allé en Europe.

[06:23]

Donc, on est dû, on espère que ça va marcher.

[06:27]

On essaie d'organiser quelque chose, peut-être pour 2025,

[06:29]

d'aller faire quelques cabarets en Europe.

[06:33]

Et puis, bien, on aura peut-être la chance de trinquer ensemble

[06:36]

Romane et ton conjoint dont le nom nous échappe.

[06:40]

Mais shout-out à vous, ça nous a vraiment fait chaud au cœur de vous croiser.

[06:45]

On vous rappelle que pour les abonnés Patreon,

[06:48]

il y a un after-show qui vous attend après celui-ci.

[06:52]

Donc, on va parler justement du cas de Shannon Nelson

[06:55]

et de son harceleur James Allen, mais aussi de chiffres

[06:59]

en lien avec le cyber-harcèlement au Canada, au Québec,

[07:02]

des changements dans la législation.

[07:04]

Donc, restez à l'affût, chers membres Patreon.

[07:07]

Après le show, ça risque d'être disponible très bientôt.

[07:11]

Et sinon, Seb, je pense qu'on en a assez dit.

[07:13]

Est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'histoire passionnante de ce soir?

[07:18]

Oui, mais, Emile, est-ce que tu sais ce que c'est

[07:25]

Oh oui, parce que je me suis fait pirater tous mes comptes

[07:29]

et je sais ce que ça fait quand tes données peuvent être exposées en deux clics.

[07:33]

Eh bien, j'ai une solution pour toi.

[07:36]

Avec NordVPN, tu peux dire adieu à ces soucis.

[07:40]

NordVPN protège toutes tes données personnelles,

[07:42]

même quand tu es sur un réseau Wi-Fi public.

[07:45]

Oui, c'est vrai, et en changeant ta localisation virtuelle,

[07:48]

ça te permet en plus d'économiser sur les vols les hôtels

[07:52]

lorsque t'es en voyage et d'accéder aussi à tout le contenu que tu veux

[07:56]

sur les sites de streaming peu importe où tu es.

[08:00]

Tout ça pour le prix d'un café par mois.

[08:03]

Exactement, et si tu vas sur nordvpn.com slash distorsion,

[08:08]

tu obtiens une réduction incroyable et quatre mois gratuits.

[08:12]

En plus que NordVPN soutienne les créateurs numériques,

[08:16]

les podcasts, les Youtubers, donc on les aime,

[08:19]

ils vous permettent d'obtenir plus de contenu de notre part, finalement.

[08:23]

Oui, absolument. Donc, merci NordVPN.

[08:27]

Est-ce qu'on est prêt à se plonger dans l'histoire passionnante de ce soir?

[08:32]

Oui, Monsieur!

[08:34]

C'est parti!

[08:36]

Maintenant!

[08:38]

On revient au début des années 2010.

[08:42]

Seb, on a parlé tout à l'heure du cas de Amanda Todd brièvement en intro.

[08:47]

On est un peu dans les mêmes années, les années 2010.

[08:50]

Je pense que c'était une année charnière pour les cyber harceleurs.

[08:55]

On est dans les débuts des réseaux sociaux aussi.

[08:57]

À cette époque-là, on commence à mettre plus d'informations

[08:59]

sur nous-mêmes, sur les réseaux sociaux.

[09:01]

Parce qu'avant ça, avant les Facebook, Instagram et autres,

[09:06]

on mettait pas tant d'infos sur MySpace.

[09:09]

Certaines personnes en mettaient beaucoup sur Tumblr.

[09:11]

Oui, oui, oui.

[09:12]

Mais c'est vraiment, je trouve, autour de ces années-là

[09:15]

qu'on a commencé à montrer les images de notre famille

[09:18]

ou apprendre des selfies, des choses comme ça.

[09:20]

C'est l'anonymité.

[09:22]

L'anonymat.

[09:22]

L'anonymat, oui, l'anonymité, oui.

[09:25]

Qui a changé aussi parce que, je ne sais pas si tu te rappelles,

[09:28]

le web d'avant, les réseaux sociaux,

[09:29]

on utilisait beaucoup des surnoms, des usernames.

[09:33]

C'était rarement notre réelle identité.

[09:35]

Et avec les réseaux sociaux, ça l'a fait changer ce paradigme-là.

[09:39]

Surtout Facebook.

[09:40]

Oui, puis ils disaient, un, Facebook,

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en interdisant les comptes avec des faux noms,

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du moins en tentant d'interdire ça,

[09:48]

on dirait qu'ils ont ramené un peu ce paradigme-là,

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qu'on doit s'identifier sous notre vrai nom.

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Puis même qu'ils disaient que la vie privée n'existait plus

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avec les réseaux sociaux.

[10:00]

C'est sûr que ça l'arrangeait lui, mais lui et Facebook et tout ça.

[10:03]

Mais je trouve que c'est là qu'il y a eu une genre de coulure

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entre le vieil Internet ou ce qu'on fonctionnait

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sous toutes sortes de noms.

[10:09]

Et puis on n'avait pas de plateforme tant que ça

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pour s'exprimer, outre, comme tu dis,

[10:13]

les Tumblurs de ce monde,

[10:15]

ou d'autres plateformes de blogs.

[10:17]

Encore là, souvent, ça restait anonyme.

[10:20]

C'était pas pareil, c'était plus difficile après ça

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de pouvoir repérer quelqu'un, savoir qui c'est,

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puis d'enquêter, se monter un persona sur cette personne-là.

[10:30]

Oui, tout à fait.

[10:31]

Puis maintenant, on est en 2024,

[10:33]

on se voit moins partager des statuts trop personnels

[10:38]

sur Facebook, tu sais.

[10:40]

Bon, vous faites quoi à soir, par exemple?

[10:41]

Oui, c'est vrai.

[10:42]

Des espèces de posts comme ça.

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À l'époque, je pense que c'était ça le triple

[10:50]

dans les années 2010.

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Dans les débuts, c'était justement,

[10:53]

c'est comme si j'avais vraiment un espace privé,

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privé public à moi sur Internet avec mes photos.

[11:01]

Ça devenait un peu un album de photos en ligne.

[11:06]

Tout était chronologique.

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Donc, je pense que c'est vraiment Facebook

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qui a changé ça.

[11:11]

Puis les gens commençaient à beaucoup partager

[11:13]

même trop d'informations.

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Parce que là, tu pouvais mettre ta vraie adresse,

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là où tu travailles avec l'adresse,

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les membres de ta famille, lui, c'est mon cousin, tu sais.

[11:23]

Tu te rappelles-tu des check-in?

[11:24]

Ça, ça n'a pas duré longtemps.

[11:26]

Avec Foursquare, qui était linké,

[11:28]

mais maintenant, c'est tellement un problème de sécurité

[11:30]

parce que les gens se faisaient voler et tout ça.

[11:32]

Mais tu sais, dès que tu allais quelque part à la crémerie,

[11:33]

tu check-inais, tu allais au club vidéo.

[11:36]

Mon Dieu, ça trahit mon âge.

[11:37]

Il y en avait peut-être même plus dans ce temps-là,

[11:40]

mais t'allais dans un endroit

[11:42]

où tu check-inais, puis ça, ça n'a pas duré longtemps,

[11:45]

on dirait, parce qu'au début, on aimait ça le faire,

[11:47]

puis on dirait qu'après, on s'est rendu compte

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que ça jouait contre nous.

[11:49]

Ça pouvait jouer contre nous aussi.

[11:51]

Moi, j'adorais, à l'époque, Foursquare,

[11:53]

parce que je pense que Facebook,

[11:56]

peut-être les ont achetés ou quelque chose comme ça.

[11:57]

Oui, je ne sais plus où ils ont voulu les acheter

[11:58]

parce qu'au début, c'était bien intégré,

[12:00]

mais oui, je ne sais plus, mais ça ne semble même pas exister.

[12:02]

Puis Facebook, on l'a en équivalent maintenant,

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toutes les applications, tu peux un peu te check-iné

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sur Instagram aussi.

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Oui, tu peux mettre ta location.

[12:09]

Exact, mais oui, moi, j'adorais ça

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parce que tu avais un système un peu de gamification,

[12:14]

tu sais, si tu étais quelqu'un qui allait souvent

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dans les cafés, tu pouvais obtenir une badge.

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Il y en a qui te donnaient des rabais

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quand tu allais dans un commerce,

[12:23]

que tu faisais un check-in sur Foursquare,

[12:25]

tu avais un 15, un 20 % de rabais.

[12:27]

Donc, c'était trippant, mais à un moment donné,

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c'est ça, ça n'avait plus de sens.

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Il y a eu des cas d'harcèlement,

[12:33]

surtout avec les vedettes,

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puis les gens connus.

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Oui, c'est ça, c'est ça le problème.

[12:38]

Ça créait vraiment un enjeu de sécurité.

[12:39]

Oui, carrément.

[12:41]

Donc, on est dans ces années-là,

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on est en 2010, au moment de l'essor

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des technologies numériques, puis

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aux nouvelles formes de communication

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aux réseaux sociaux. Cependant,

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cet avancé-là a également permis

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l'émergence des cybercrimes

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affectant profondément

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la vie privée de nombreuses personnes.

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Puis parmi les victimes de ce phénomène,

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on retrouve Madison et Christine

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Conradis, deux jeunes

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sœurs jumelles,

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deux jeunes adultes dont la vie

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a été bouleversée par un cas

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prolongé de cyberharcèlement,

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même de Revenge Porn,

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on en a parlé souvent à Distorsion.

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Leur histoire, qui s'étend

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sur plus de 10 ans,

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elle a été marquée par la résilience,

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la persévérance, puis aussi une

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quête incessante de justice

[13:27]

et de vérité dans un monde numérique

[13:30]

qui est très permissif

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où les règles sont floues un petit peu.

[13:34]

Donc on est en 2010,

[13:36]

on va parler un petit peu plus précisément

[13:38]

de Madison Conradis, puis je tiens

[13:40]

à faire un petit disclaimer, dans notre studio

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aujourd'hui où on enregistre,

[13:44]

ils sont en train de changer les plaintes

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de chauffage, donc il y a

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des travaux, ça se peut que vous entendiez

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des drills ou des coups de marteau,

[13:51]

donc on s'excuse en avance, on s'est dit

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on va enregistrer quand même.

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Mais oui, c'est ça, il y a du mouvement

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autour de nous, puis il y a des

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billes qui pendouillent dans notre studio.

[14:03]

On devrait pas se faire électrocuter,

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ça devrait être correct.

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À l'époque, Madison, elle est âgée

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de 24 ans, puis c'est une étudiante

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en marketing et communication

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à l'Université de Floride, de

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West Florida. Madison est

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une belle blonde qui a tout l'avenir

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devant elle. Elle est la fille

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de Gil Conradis et de

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Catherine Bell. Et elle aussi,

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elle a

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une sœur jumelle aussi,

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Madison, Christine, comme on en a parlé.

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Les deux sœurs sont

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presque identiques, elles sont très

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intelligentes, elles ont le succès scolaire,

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ce sont des sportives, ce sont un peu

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des All-American Girls,

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si on veut, qu'on pourrait voir

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dans une série avec des joueurs de

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football et tout ça. Madison

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est aussi une grande sportive,

[14:48]

et selon le site de l'Université de West

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Florida, c'est une

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grande joueuse de Balmol, elle

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a contribué aussi à plusieurs reprises

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au succès de son équipe de basketball

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et joueuse de golf aussi,

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qui semble avoir accumulé plusieurs trophées.

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Puis, afin de

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financer ses études, elle travaille

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à temps partiel comme mannequin,

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fait des petits shooting photos, en plus de commencer

[15:11]

tranquillement à travailler en marketing

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dans son domaine. Toujours

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dans le but d'amasser de l'argent

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pour payer ses cours universitaires,

[15:19]

elle décide de participer à une séance

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photo professionnelle avec

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un photographe, un certain Gregory

[15:24]

Coleman. Il s'agit

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d'une séance photo de style

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boudoir, où Madison pose

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en lingerie. Mais les photos

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sont artistiques,

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ça reste dans les limites de ce que

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elle qualifie de sexy,

[15:38]

mais non pornographique,

[15:40]

et consciente de l'importance de protéger

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son image, elle fait même signer

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un contrat au photographe, stipulant

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que ses photos ne peuvent pas être

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publiées ou partagées sans son

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consentement. Donc elle prend les choses

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vraiment à cœur, puis

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elle se back un peu

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au niveau contractuel là-dessus,

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en amont. Madison

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sort de cette séance photo,

[16:04]

confiante que ses images resteront privées,

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stockées en toute sécurité

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sur une plateforme qui s'appelle

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Zenfolio, un site de partage

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de photos réputés pour sa sécurité

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et utilisé par de nombreux photographes

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professionnels. Mais en

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2011, il y a eu une faille

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de sécurité chez Zenfolio,

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qui a été vraiment

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dénoncée par les photographes

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à l'époque. J'ai même

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retracé un peu

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leurs posts. À l'époque,

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ils ont refait un genre

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de publication, ils se faisaient

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accuser un petit peu

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par tout le monde, puis là,

[16:40]

ils ont fait une publication sur

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Facebook à cette époque-là, en

[16:44]

disant que

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tu sais, c'est un peu drôle,

[16:47]

ils disent non, non, il n'y a pas eu

[16:50]

de fuite de sécurité,

[16:52]

rien de ça, et on vous rappelle

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que c'est important d'utiliser

[16:55]

un mot de passe complexe, puis de

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le changer fréquemment et tout ça,

[16:59]

mais les commentaires sont en feu, c'est genre

[17:01]

non, non, non, il y a vraiment des gens qui sont

[17:03]

rentrés dans ma galerie,

[17:05]

mon mot de passe, c'est pas un, deux, trois,

[17:08]

bisou, bisou, là, c'est

[17:09]

autre chose, puis là, ils se font vraiment

[17:12]

ramasser dans les commentaires.

[17:14]

Donc, on dirait que

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il y a eu véritablement une fuite

[17:17]

de données à cette époque-là, mais qui a

[17:19]

comme pas été vraiment,

[17:22]

qui a été un petit peu

[17:25]

mis sous le tapis

[17:26]

de la part de Zen Folio.

[17:29]

malheureusement, en 2011, à cause de cette

[17:31]

faille de sécurité-là, il y a un

[17:33]

individu qu'on va identifier

[17:35]

sous le pseudonyme de John Doade

[17:37]

pendant l'épisode, qui a réussi à s'introduire

[17:40]

dans des fichiers de Madison,

[17:41]

dans les fichiers du photographe en tête,

[17:43]

et de voler les photos.

[17:46]

Et à ce moment-là, bien, Madison,

[17:47]

elle se doute pas que cet incident

[17:49]

est sur le point de causer un véritable

[17:52]

cauchemar qui va durer

[17:53]

plusieurs années.

[17:55]

C'est seulement en 2014

[17:57]

que Madison commence à recevoir des

[17:59]

messages troublants sur son compte Facebook.

[18:02]

Des étrangers la contactent

[18:04]

pour lui parler de photos

[18:05]

explicites d'elle qu'elles ont vues en ligne.

[18:08]

Dans un premier temps, elle est assez

[18:09]

confuse, elle a jamais publié

[18:11]

de telles photos, elle a jamais

[18:13]

partagé ces images-là en dehors

[18:15]

de sa séance avec Gregory Coleman.

[18:18]

Elle est très inquiète,

[18:19]

elle fait des recherches et elle découvre

[18:21]

avec horreur que ces photos en lingerie

[18:24]

ont été publiées sur des forums

[18:25]

sans son consentement.

[18:27]

Parmi ceux, les forums

[18:29]

qu'on peut retrouver ces photos, il y avait

[18:31]

mo.moe.com

[18:33]

for-archive

[18:35]

qui est un site d'archives de

[18:37]

4chan. Oh, ça, ça veut dire que

[18:39]

ça s'est probablement retrouvé sur 4chan.

[18:41]

Ben oui, c'est fou.

[18:43]

Non seulement les photos volées sont exposées

[18:45]

publiquement, mais elles sont également

[18:47]

associées à son nom au complet

[18:49]

ainsi qu'à d'autres informations

[18:51]

personnelles, il y a comme du doxing un peu,

[18:54]

incluant son Facebook,

[18:55]

son numéro de téléphone.

[18:57]

Madison se rend rapidement en compte que

[18:59]

son intimité a été violée d'une manière

[19:01]

profonde et irréversible.

[19:03]

Elle ressent un mélange de honte,

[19:04]

de colère, de peur, on la comprend.

[19:06]

Le simple fait de savoir que des

[19:09]

inconnues regardent ces photos,

[19:11]

jugent son apparence et comment

[19:13]

de son corps est un choc qu'elle

[19:14]

n'était pas préparée à affronter.

[19:16]

De plus, elle ignore totalement

[19:19]

qui est derrière la fuite des photos.

[19:21]

À ses yeux, la partie

[19:22]

la plus effrayante, c'est que le responsable

[19:25]

pouvait ou non la connaître

[19:27]

et qu'il essayait de lui faire du mal

[19:29]

alors qu'elle n'avait aucune idée

[19:30]

de son identité.

[19:32]

Puis, ce qui commença comme une

[19:34]

simple violation de la vie privée se

[19:36]

transforme rapidement en une campagne de

[19:38]

harcèlement. Au départ,

[19:40]

le photographe Gregory Coleman est

[19:42]

bien sûr le premier qui est pointé du doigt

[19:44]

à passer ses photos et c'est juste lui

[19:45]

qui avait accès. Mais il maintient

[19:48]

le fait qu'il n'a jamais fuité des

[19:50]

photos de ses clients.

[19:51]

Ça ne serait pas à son avantage non plus.

[19:54]

Ça, j'en doute pas non plus.

[19:56]

Il a d'ailleurs signé un contrat, comme on vous disait,

[19:58]

qui l'engageait à ne pas distribuer

[20:00]

ses photos d'elle sans son consentement.

[20:01]

De plus, les infos qui circulent sur

[20:04]

elle vont bien au-delà

[20:06]

des photos partagées. On parle

[20:08]

d'infos privées sur sa vie

[20:09]

auxquelles le photographe n'a pas accès.

[20:12]

Donc, Gregory Coleman va

[20:13]

peu à peu être écarté des suspects.

[20:16]

Mais oui, les

[20:17]

photographes, pour revenir à ce que tu disais, Seb,

[20:19]

un photographe professionnel

[20:21]

n'a pas intérêt à causer du trouble

[20:24]

à ses modèles

[20:25]

parce qu'il va se faire barrer de l'industrie

[20:27]

assez rapidement. Donc,

[20:29]

moi non plus, je ne croyais pas tout à fait à la

[20:31]

thèse du photographe, à moins que le photographe soit

[20:33]

un douchebag, un amateur

[20:36]

qui n'a aucune

[20:38]

éthique. Non, exact.

[20:39]

Il y en a qui n'ont pas d'éthique. Oui, ça existe

[20:41]

aussi, mais en général, je pense que

[20:43]

pour leur bien-être professionnel,

[20:45]

ils ne font pas ça. Aussi,

[20:47]

une autre précision sur les dites photos,

[20:50]

Madison explique qu'elle n'a jamais

[20:51]

été entièrement nue lors de la séance

[20:53]

avec Coleman. Elle portait

[20:55]

toujours de la lingerie. C'est le photographe

[20:57]

qui utilisait des angles laissant croire

[21:00]

qu'elle était nue. Donc,

[21:01]

aux yeux des internautes, elle est

[21:03]

complètement nue lors de ces photos.

[21:06]

C'est donc plus facile de potentiellement

[21:07]

la faire chanter ou lui faire du tort.

[21:10]

Ben oui. En 2015,

[21:13]

l'individu derrière

[21:14]

la fuite connue sous le nom de John Doe

[21:16]

intensifie ses attaques

[21:18]

contre Madison.

[21:20]

Il commence à la harceler

[21:21]

directement, exigeant même

[21:24]

qu'elle lui envoie de nouvelles photos

[21:25]

encore plus explicites, sous peine

[21:27]

de diffuser les images existantes

[21:29]

à ses proches et à ses collègues.

[21:31]

Là, on tombe vraiment dans l'extorsion.

[21:33]

Il menace même Madison de contacter

[21:35]

son employeur si elle ne coopère pas.

[21:38]

Ces menaces de s'extorsion

[21:40]

la plongent dans un état de stress

[21:41]

constant. Rapidement,

[21:44]

elle a le réflexe de sauvegarder

[21:45]

tous les messages, les numéros de téléphone

[21:48]

ainsi que les noms d'utilisateurs

[21:50]

qui lui envoyaient des messages

[21:51]

au cas où tout ça aurait plus de

[21:53]

distance plus tard.

[21:55]

Oui, c'est très prévoyant de sa part.

[21:57]

Si jamais, je sais que vous avez

[21:59]

le réflexe, les distordu, mais si jamais

[22:01]

quelque chose du genre vous arrive,

[22:03]

ça prend des preuves, puis il faut les prendre

[22:05]

vite, parce qu'après ça, ils peuvent

[22:07]

toujours vous demander, oui, mais pourquoi t'as pas pris

[22:08]

le screenshot la journée même? Pourquoi t'as attendu

[22:11]

une semaine?

[22:14]

Encore une fois, on blâme les

[22:15]

victimes.

[22:17]

Mais on jase, Emile.

[22:19]

Est-ce que c'est encore tabou selon toi

[22:21]

pour un employeur qu'une employée

[22:23]

a déjà prise des photos sexies dans le passé?

[22:27]

Je pense que oui, c'est encore tabou,

[22:29]

mais c'est sûr que

[22:32]

moi,

[22:33]

personnellement, je trouve

[22:34]

qu'on s'en fout,

[22:37]

que quelqu'un ait pris

[22:39]

des photos chaudes de boudoir.

[22:42]

Ça arrive à tellement

[22:43]

de gens, dans le sens que

[22:46]

les femmes

[22:47]

peuvent faire ça pour le plaisir,

[22:49]

pour leur confiance,

[22:52]

pour l'aspect artistique

[22:53]

en soi. Je trouve ça triste

[22:55]

qu'il y en a qui se fassent

[22:57]

réprimandés pour ça au travail,

[22:59]

ou ostracisés, ou mis de

[23:01]

côté, ou même il y en a qui perdent leur emploi.

[23:05]

Pour moi, ça n'a pas de

[23:07]

sens d'avoir

[23:09]

encore ce tabou

[23:11]

à l'heure actuelle.

[23:12]

Que ce soit une honte, non, ça n'a pas rapport.

[23:15]

Souvent, peut-être même par des hommes

[23:17]

qui en regardent des photos comme ça,

[23:18]

donc on dirait que là-dessus, je suis comme…

[23:20]

Ah oui, bien là, c'est sûr.

[23:23]

Son harceleur ne se contente pas

[23:24]

de la menacée en privé.

[23:26]

Il partage ses informations personnelles,

[23:29]

y compris son numéro de téléphone,

[23:30]

sur des forums et incite d'autres

[23:32]

personnes à la contacter.

[23:35]

Madison commence alors à recevoir

[23:36]

des appels et des messages à tout

[23:38]

heure du jour et de la nuit. Ça devait être un calvaire.

[23:41]

Son téléphone vibre

[23:42]

sans cesse, perturbant son sommeil

[23:44]

et sa vie quotidienne.

[23:46]

Elle doit se réveiller au plein milieu de la nuit

[23:48]

afin d'éteindre son téléphone pour

[23:50]

espérer se réveiller à temps pour le travail.

[23:52]

Elle est constamment sur ses gardes,

[23:55]

craignant que chaque nouveau message

[23:56]

soit une autre menace ou une nouvelle

[23:58]

humiliation publique.

[24:00]

Pouvez-vous imaginer vous réveiller

[24:01]

avec une multitude, imagine, chaque matin,

[24:04]

tu te réveilles, tu as une multitude de publications

[24:06]

sur différents sites, avec tes photos

[24:08]

au nu de toi, puis des gens qui tentent

[24:10]

de t'appeler. Non, c'est

[24:12]

assez incroyable comment des gens peuvent

[24:15]

vouloir te faire du mal.

[24:16]

Oui, c'est comme s'ils avaient trouvé ça, puis

[24:18]

ils avaient foutu ça dans une tale de

[24:21]

justement d'incelle, puis de

[24:22]

misogène, puis là vont commencer à l'harceler

[24:25]

en groupe.

[24:25]

C'est tellement dégueulasse.

[24:28]

Je ne comprends pas ce mécanisme-là

[24:31]

des hommes principalement

[24:33]

de faire ça.

[24:35]

Il y a une frustration à quelque part

[24:37]

de vouloir ridiculiser

[24:39]

une femme comme ça.

[24:41]

Ah oui, puis

[24:42]

tu vois, on a même Seb

[24:44]

des screenshots là, traduit

[24:46]

on voit un peu le ton

[24:47]

de ces messages.

[24:50]

Je te suggère de me répondre

[24:52]

sinon ça s'éteint. Je te

[24:54]

donne 30 minutes, je suis sûr

[24:56]

que tu es occupé, puis là il lui envoie

[24:59]

des screenshots.

[25:01]

Il lui dit

[25:03]

je

[25:04]

voulais juste te dire merci

[25:06]

d'avoir partagé ce que tu as fait.

[25:07]

Tu es super sexy et belle

[25:09]

et je sais que j'ai semblé agressif

[25:12]

mais je suis juste un fan

[25:13]

et tu as fait ma journée en partageant ce que tu as fait.

[25:16]

J'aimerais pouvoir faire plus.

[25:18]

Donc tu sais, t'as des gens

[25:21]

qui lui écrit

[25:21]

plus tard et lui dit est-ce que ta sœur

[25:23]

sait que je l'ai aussi.

[25:25]

Donc là, le harceleur semble dire

[25:28]

qu'il y a des photos de sa sœur

[25:29]

Christine aussi, puis là il commence

[25:31]

à la menacer avec les photos de sa sœur.

[25:34]

Donc là,

[25:35]

c'est troublant. On sent que

[25:38]

la personne a beaucoup

[25:39]

de temps libre à consacrer

[25:41]

pour ce harcèlement.

[25:42]

Tu as raison, c'est vraiment ça.

[25:45]

Face à la situation, Madison

[25:47]

décide finalement de chercher

[25:49]

de l'aide. En 2016,

[25:51]

soit deux ans après les premiers messages,

[25:53]

elle entame une relation à

[25:55]

distance avec un homme

[25:57]

nommé Jeffrey Geiger.

[25:59]

Et puis, entre-temps,

[26:01]

elle n'ose pas trop en parler

[26:03]

à ses parents non plus, elle ne sait pas trop

[26:05]

si c'est sérieux, tout ça.

[26:07]

Donc elle garde ça quand même

[26:09]

à un certain niveau de secret avec sa sœur.

[26:12]

Mais avec son nouveau copain,

[26:13]

étant donné qu'elle

[26:15]

pense avoir trouvé du réconfort en lui,

[26:17]

elle lui confie ses difficultés

[26:19]

face au harcèlement, elle lui dit comment

[26:21]

elle se sent et tout ça.

[26:23]

Mais là, tu vas halluciner,

[26:25]

Sabre, vous allez halluciner à la maison aussi,

[26:27]

mais ce qui devait être

[26:29]

un effort de soutien

[26:31]

se transforme en trahison.

[26:34]

Geiger prend contact,

[26:36]

imagine-toi, avec John Doe,

[26:38]

avec le harceleur,

[26:40]

son chum, puis il commence

[26:41]

à se mêler au harcèlement,

[26:44]

pardon,

[26:46]

et là, il commence à compliquer

[26:47]

la situation pour Madison parce que lui,

[26:51]

il va

[26:51]

filer, il va aller chercher d'autres photos

[26:53]

de Madison parce que

[26:55]

les deux ont cultivé

[26:57]

une relation à distance. C'était essentiellement

[26:59]

une relation à longue distance entre

[27:01]

Jeffrey et Madison,

[27:03]

puis oui, ils se sont échangés des nudes,

[27:05]

oui, ils se sont échangés même

[27:07]

des vidéos

[27:09]

explicites, mais dans un cadre

[27:11]

de relations intimes à distance.

[27:13]

Et là, imagine-toi

[27:15]

donc que Jeffrey envoie

[27:17]

ces photos et ces vidéos-là

[27:19]

à John Doe, le harceleur.

[27:21]

Comment tu peux

[27:23]

te rendre là, comment tu peux traduire

[27:25]

ta blonde, ta conjointe,

[27:27]

traduire, qu'est-ce que j'ai dit,

[27:29]

j'en parle mes mots, trahir,

[27:31]

oui, c'est ça, ta

[27:33]

conjointe à ce point-là, c'est

[27:35]

quel douchebag!

[27:37]

Oh mon Dieu!

[27:39]

Et là, tu sais, ça pourrait être facile

[27:41]

de faire du victim shaming, évidemment,

[27:44]

mais qui

[27:45]

n'a jamais fait ça, tu sais, dans une relation

[27:47]

à distance, envoyer des nudes

[27:49]

ou, tu sais, comment, tu sais, on peut pas

[27:51]

commencer à faire du victim

[27:53]

shaming là-dessus, tu sais.

[27:56]

Oui, c'est sûr,

[27:57]

on va en parler dans l'after-show, peut-être,

[27:59]

en conclusion aussi un peu, c'est délicat

[28:01]

d'envoyer des nudes, tu sais, c'est toujours

[28:03]

délicat, mais tu sais, c'est pas

[28:05]

c'est jamais la victime qui partage tout le monde.

[28:07]

Fait confiance,

[28:09]

c'est dans le moment, c'est une façon

[28:11]

de vivre ça,

[28:13]

ça devrait pas.

[28:15]

Ah oui, c'est

[28:17]

dégueulasse, quand j'ai appris ça à propos de

[28:19]

cette histoire-là, je suis là, mon Dieu!

[28:21]

Tu sais, non seulement

[28:22]

il y a

[28:24]

un nasty stalker

[28:26]

qui la lâche pas, mais en plus,

[28:29]

son nouveau chum

[28:30]

en bac dans le jeu, mon Dieu!

[28:32]

Il devait l'aimer, ça devait être du grand amour.

[28:35]

Franchement, ça je te dis,

[28:36]

il faut être brisé en dedans.

[28:39]

Puis Madison, bien sûr,

[28:41]

elle le sait, que c'est

[28:42]

son conjoint qui fuite les photos, parce

[28:44]

que, bon, il y a juste lui qui accède

[28:46]

à ces photos-là. Donc,

[28:48]

les choses sont devenues tendues entre

[28:50]

eux et

[28:52]

c'est possible qu'il ait fait ça pour faire

[28:54]

du mal à Madison,

[28:56]

à quelque part. Et là, il y avait

[28:58]

aussi dans les photos, une photo

[29:00]

de Christine, sa sœur,

[29:02]

qui elle aussi, pardon, avait fait

[29:04]

une séance de boudoir implicite.

[29:07]

Et là,

[29:08]

c'est weird, parce que là, pour avoir

[29:10]

accès à ces photos-là,

[29:12]

il faut parcourir des photos qui sont

[29:14]

gravées sur un CD. Puis même

[29:16]

à cette époque-là, les gens avaient de moins en moins

[29:17]

de l'acteur CD.

[29:20]

Et là, elle,

[29:22]

Christine, ce qu'elle a fait,

[29:24]

c'est, dans les

[29:25]

plusieurs photos, les centaines de photos qu'elle a dû prendre,

[29:28]

il y en avait 1200,

[29:30]

en fait, c'est arrivé

[29:31]

à quelque part que, bon,

[29:33]

le photographe mitraille en

[29:35]

fonction rafale, prend plusieurs photos,

[29:37]

et puis qu'on voit un bout de

[29:39]

sein. C'est arrivé,

[29:41]

qu'on appelle un hip-slip dans le jargon.

[29:44]

Et ce serait arrivé deux fois

[29:45]

dans le shooting. Donc,

[29:48]

la personne était motivée de

[29:49]

parcourir 1200 photos,

[29:51]

et de trouver les deux seules photos

[29:53]

où il y a un hip-slip. On s'entend,

[29:56]

c'est un accident,

[29:57]

c'est pas une photo érotique,

[30:00]

qui a réussi à trouver ça.

[30:02]

Mais là, l'histoire du CD, on se dit, comment

[30:03]

il a fait pour avoir accès au CD?

[30:05]

Parce que ça, c'est dans une boîte, c'est loin,

[30:07]

tout ça. Eh bien, ce qu'on s'est

[30:09]

rendu compte, c'est qu'encore une fois,

[30:12]

c'est maintenant l'ex

[30:13]

conjoint de Madison, qui a fouillé

[30:16]

sur le compte Dropbox

[30:18]

de Madison,

[30:20]

parce que, à un certain moment donné,

[30:22]

les filles avaient fait des

[30:24]

copies, avaient numérisé des CD

[30:26]

de photos sur Dropbox.

[30:28]

Donc, Madison, elle

[30:29]

avait pris un tas de CD, elle avait fait

[30:31]

un après-midi de numérisation,

[30:33]

et là, l'ex petit ami de Madison

[30:35]

a réussi à accéder à Dropbox, avec

[30:37]

ses codes, et à fournir le

[30:40]

matériel au harceleur. Et là,

[30:42]

c'est ça,

[30:45]

j'en reviens, les mots me manquent

[30:46]

pour qualifier cette personne-là,

[30:49]

sachant que ta

[30:51]

copine se bat contre

[30:52]

un harceleur depuis des années.

[30:54]

Toi, tu contribues à son

[30:56]

travail, j'en reviens pas.

[30:57]

C'est un vrai salaud. Et là, Madison

[31:00]

se tourne vers les autorités.

[31:02]

Elle porte plainte à plusieurs reprises

[31:04]

auprès du shérif à Melbourne,

[31:07]

espérant que les forces de l'ordre

[31:08]

pourront mettre un terme à cette campagne de

[31:10]

harcèlement. Mais à chaque fois,

[31:12]

ses plaintes sont rejetées ou minimisées.

[31:14]

C'est Melbourne aux États-Unis,

[31:16]

en fait. À cette époque,

[31:18]

les cybercrimes, en particulier

[31:19]

ceux liés au Revenge Porn,

[31:22]

ne sont pas encore pleinement reconnus

[31:24]

ou même compris par la loi.

[31:26]

Les policiers lui disent souvent

[31:27]

qu'il n'y a rien à faire,

[31:29]

que c'est pas une priorité pour eux.

[31:31]

Et malgré une nouvelle loi

[31:33]

de la Floride sur la

[31:35]

pornographie non consensuelle,

[31:37]

les choses bougent pas plus.

[31:40]

Et là, c'était donc...

[31:43]

En fait, c'est une

[31:44]

pratique qui est condamnée

[31:45]

en Floride. C'est du harcèlement

[31:47]

criminel, le harcèlement pour eux.

[31:49]

Et même à ça, les choses bougent pas tellement.

[31:52]

On va même un peu

[31:53]

blâmer les victimes en disant que

[31:56]

c'est un peu de ta faute,

[31:58]

t'avais juste à pas envoyer

[32:00]

des nudes.

[32:01]

Mais bon, les choses étant ce qu'elles sont,

[32:03]

cette attitude de victime

[32:05]

va laisser Madison

[32:07]

dans une impasse.

[32:09]

Elle commence à se sentir isolée,

[32:11]

abandonnée par le système judiciaire,

[32:13]

qui prend même pas son nom

[32:15]

en attendant même aucune information

[32:17]

sur les crimes qu'elle signalait.

[32:19]

Elle a véritablement pas été prise

[32:21]

au sérieux lors de la dénonciation.

[32:24]

Mais les choses risquent

[32:25]

de changer, je crois.

[32:27]

Oui, mon cher Emile, nous sommes

[32:29]

maintenant cinq ans plus tard.

[32:31]

Madison est toujours victime

[32:33]

de John Doe et à bout de ressources.

[32:35]

Imaginez, autant d'années

[32:37]

à souffrir comme ça.

[32:39]

C'est en voyant sa sœur en détresse

[32:40]

que Christine, sa sœur jumelle,

[32:43]

en fait la sœur jumelle de Madison,

[32:45]

décide enfin d'intervenir.

[32:47]

Elle était récemment diplômée

[32:49]

en droit et comprend que les autorités

[32:51]

ne prendront pas le problème au sérieux

[32:53]

à moins d'avoir des preuves concrètes.

[32:56]

Les deux sœurs commencent

[32:57]

à mener leur propre enquête.

[32:59]

Elle plonge dans les bas fonds d'Internet,

[33:01]

essayant de comprendre comment

[33:03]

fonctionnent les forums où les photos

[33:05]

ont été publiées et comment elles peuvent

[33:07]

les faire retirer.

[33:09]

Cette enquête est épuisante,

[33:11]

tant sur le plan émotionnel que physique.

[33:14]

Les sœurs jumelles passent

[33:15]

des heures à parcourir les forums,

[33:17]

à collecter des preuves et à identifier

[33:19]

des pistes. Elles prennent

[33:21]

des captures d'écran, des messages,

[33:23]

des publications et des interactions

[33:25]

entre le harceleur

[33:26]

et d'autres utilisateurs du forum,

[33:28]

des forums en fait.

[33:30]

Christine utilise ses connaissances juridiques

[33:32]

pour rédiger des demandes de retrait des photos.

[33:35]

Elle explore également le système

[33:36]

de messagerie anonyme KIK,

[33:38]

K-I-K, que je connais un peu

[33:40]

mais je n'ai jamais tant utilisé personnellement.

[33:42]

Oui, je m'en rappelle

[33:44]

de KIK.

[33:46]

Mais c'est ça, je n'ai jamais tant utilisé.

[33:48]

C'est une application de chat, un peu comme

[33:49]

Discord que nos patreons

[33:52]

connaissent un peu pour discuter là-dessus

[33:54]

entre autres, mais sans modération

[33:56]

de contenu. Les salles de chat peuvent

[33:58]

contenir plusieurs activités illégales

[34:00]

ouvertes au public.

[34:02]

Lorsque des photos de Madison étaient publiées,

[34:05]

John Doe ajoutait son pseudo

[34:06]

KIK au cas où quelqu'un

[34:08]

voulait en ajouter.

[34:10]

Oui, c'est un peu, il y a une bonne

[34:12]

tale de prédateurs sur KIK.

[34:14]

Il n'y a pas beaucoup de modération,

[34:17]

il y a vraiment

[34:18]

du contenu explicite, des dealers

[34:20]

de drogues là-dessus, des

[34:22]

crypto bros.

[34:25]

Ça attire

[34:26]

une certaine crowd.

[34:27]

Oui, un peu comme Telegram et tout ça.

[34:29]

C'est un peu dans les mêmes

[34:30]

os, dans le sens que c'est utilisé aussi

[34:32]

pour toutes sortes de trucs illégal.

[34:36]

Puis un jour,

[34:37]

elle remarque que l'orthographe

[34:39]

et la ponctuation des messages

[34:41]

du harceleur sont très particulières,

[34:43]

avec des points de suspension

[34:44]

espacés de manière inhabituelle.

[34:47]

Car il ne faut pas oublier que notre style

[34:49]

d'écriture, même virtuel,

[34:50]

peut jouer un grand rôle dans l'identification

[34:53]

de l'auteur. On écrit, on a

[34:54]

nos propres mécaniques aussi.

[34:56]

Nos écrits virtuels contribuent à

[34:58]

façonner notre identité.

[35:00]

Puis là, il y a certains indicateurs qui sont révélateurs

[35:02]

dans le style numérique d'écriture

[35:04]

qu'on peut cibler.

[35:07]

Par exemple, la longueur des

[35:08]

phrases. Donc des phrases courtes peuvent

[35:10]

indiquer un esprit synthétique, tandis que

[35:12]

des longues phrases suggèrent

[35:14]

une pensée plus élaborée. Il y a le choix

[35:16]

du vocabulaire aussi, un vocabulaire

[35:18]

riche, varié, peut noter une grande

[35:20]

culture, versus un vocabulaire

[35:22]

qui est plus simple, soit

[35:24]

que ça reflète un souci de clarté ou un

[35:26]

manque de vocabulaire. Et l'utilisation

[35:28]

de la ponctuation qui

[35:30]

peut être abondante, ça révèle une personnalité

[35:32]

plus expressive, tandis que ceux qui sont plus

[35:34]

minimalistes, soit qui ont plus de

[35:36]

retenue. Et c'est un peu

[35:39]

ces critères-là sur lesquels

[35:40]

on peut se baser pour identifier,

[35:42]

comment dire, de

[35:44]

définir le style d'écriture de quelqu'un.

[35:46]

Les applications d'écriture qui sont

[35:48]

basées sur le IA peuvent aussi

[35:50]

analyser le style d'un auteur

[35:52]

et faire des suggestions pour

[35:54]

l'améliorer. Il y a des outils qui

[35:56]

aident à identifier nos types d'écriture

[35:58]

récurrents, les structures de phrases

[36:00]

préférées ou des domaines lexicaux

[36:02]

aussi qu'on privilégie.

[36:04]

Ben oui, parce que maintenant ça peut donner des super

[36:06]

outils à l'AI ou aux enquêteurs

[36:08]

pour analyser des styles

[36:10]

d'écriture virtuel. Oui, t'as 100%

[36:12]

raison. Et quand on analyse ces éléments-là,

[36:14]

on peut obtenir des indications sur les habitudes

[36:16]

de pensée et d'expression de l'auteur,

[36:19]

mais on peut aussi identifier des éléments

[36:21]

récurrents qui permettent d'établir une forme

[36:22]

de signature numérique de son auteur.

[36:25]

Dans notre cas,

[36:26]

le harceleur envoyait des messages

[36:28]

qui ressemblaient à ceux-ci.

[36:30]

Je pense, trois petits points,

[36:32]

que tu devrais, trois petits points,

[36:35]

arrêter de te battre, trois petits points,

[36:37]

personne ne peut t'aider,

[36:38]

trois petits points. Oui, il y avait beaucoup de

[36:40]

suspensions. Oui, c'est ça. Oui, exact,

[36:42]

c'est un peu théâtral, on dirait,

[36:45]

comme si c'était un vilain

[36:47]

dans un film qui parlait. Oui, oui, oui.

[36:49]

D'après cet exemple, on remarque

[36:50]

que les points de suspension espacés donnent

[36:52]

une sensation de menace

[36:54]

voilée, de pression psychologique.

[36:57]

Elles utilisent ces indices, les

[36:58]

sœurs, pour essayer de faire des liens

[37:00]

entre les différents comptes et les

[37:02]

activités en ligne. Oui, parce que c'est pas

[37:04]

les enquêteurs qui font ça, c'est les sœurs.

[37:06]

On est obligé de s'arranger par elles-mêmes.

[37:09]

Elle découvre également

[37:10]

que John Doe harcelait cinq autres femmes.

[37:14]

Il ne disposait que

[37:15]

d'une vaste collection de photos nues.

[37:17]

Mais il se concentrait

[37:18]

intensément sur cinq femmes,

[37:21]

les harcelants sans cesse.

[38:51]

Les jumelles apprennent donc

[38:52]

que ce certain John Doe

[38:55]

harcelle cinq femmes.

[38:57]

Et la plupart des femmes harcelées

[38:58]

étaient jeunes, actives sur les

[39:00]

réseaux sociaux et avaient, d'une manière

[39:02]

ou d'une autre, croisé la route du

[39:04]

harceleur en ligne. Certaines

[39:06]

femmes étaient des amis ou des connaissances

[39:08]

virtuelles même de Madison et Catherine

[39:10]

et partageaient des intérêts similaires

[39:12]

comme la photographie par exemple

[39:14]

ou des groupes en ligne communs.

[39:17]

D'autres femmes étaient tombées

[39:18]

dans le piège du harceleur via des forums

[39:20]

ou des applications de messagerie comme Kick,

[39:23]

dont on a parlé plus tôt.

[39:25]

Et John ciblait, c'est pas son vrai nom,

[39:27]

John Doe ciblait des femmes vulnérables

[39:29]

et appliquait son talent

[39:30]

de social engineering d'une certaine façon

[39:33]

pour les trouver.

[39:34]

Grâce à des petits indices qu'ils trouvaient

[39:36]

sur Facebook.

[39:38]

Effectivement, dans des groupes,

[39:39]

les groupes auxquels tu appartiens souvent sont publics.

[39:42]

Donc si t'es dans un,

[39:44]

je sais pas moi, je dis n'importe quoi,

[39:45]

mais dans un groupe de soutien

[39:48]

aux ex-alcooliques par exemple,

[39:50]

tu vois déjà que la personne

[39:51]

a peut-être un talon d'achille à ce niveau-là

[39:54]

donc ça te permet

[39:57]

d'en savoir

[39:58]

un petit peu plus des fois et de

[39:59]

déceler des petits détails sur la personnalité

[40:01]

des victimes potentielles.

[40:03]

Il passait en revue chacune d'elles

[40:06]

les ciblant tour à tour

[40:07]

avant de revenir à la première,

[40:09]

transformant ainsi leur vie

[40:11]

en un véritable tourbillon d'enfer

[40:13]

comme avec Madison.

[40:14]

Il les manipulait psychologiquement

[40:16]

en alternant entre intimidation

[40:19]

et faux profil d'admirateur,

[40:21]

les faisant douter

[40:22]

de qui il était réellement

[40:25]

et de qui était derrière les messages surtout.

[40:28]

Chaque fois qu'une femme

[40:29]

pensait avoir réussi à le bloquer

[40:31]

ou à l'éviter, il réapparaissait

[40:33]

sous une nouvelle identité tout simplement.

[40:35]

Il semblait aussi avoir beaucoup

[40:37]

de temps libre, considérant

[40:39]

tout ce qu'il met en oeuvre pour leur faire du mal,

[40:41]

parce que ça prend du temps de faire des...

[40:43]

créer des comptes, créer des adresses courriels...

[40:45]

Oui, c'est du temps.

[40:46]

Oui, si tu ne veux pas trop faire d'erreurs, il faut être minutieux.

[40:50]

Certaines de ces femmes

[40:51]

avaient déjà tenté de signaler les abus,

[40:53]

mais tout comme Madison,

[40:54]

elles n'ont pas été prises au sérieux par les autorités.

[40:57]

Elles ne disposaient également pas

[40:59]

de preuves suffisantes ou n'avaient

[41:01]

pas les connaissances pour mener une enquête.

[41:04]

C'est ce qui a poussé Christine

[41:05]

et Madison à aller plus loin dans leur enquête

[41:07]

à elles, déterminées à relier

[41:09]

les points entre ces cinq

[41:11]

victimes et à prouver que John Doe

[41:13]

est le coupable, comme un.

[41:15]

De plus, il faut l'identifier, celui-là,

[41:17]

donc, tout un défi.

[41:19]

Mais quel pourrait être

[41:21]

le lien entre ces cinq femmes ?

[41:23]

Elles n'étaient pas simplement

[41:25]

des victimes aléatoires.

[41:26]

Le harceleur, dans certains cas, avait un lien

[41:29]

personnel, direct ou indirect,

[41:31]

avec chacune d'entre elles,

[41:32]

ce qui expliquait son obsession.

[41:34]

Il ne s'agissait pas seulement d'une quête

[41:36]

de photos ou de contenus privés,

[41:38]

mais plutôt d'un besoin de contrôle

[41:41]

sur ces femmes, qui, selon lui,

[41:43]

lui avaient fait du tort dans le passé

[41:45]

ou encore l'avaient rejeté,

[41:47]

que ce soit des avances ou autre.

[41:50]

Au début,

[41:51]

Madison et Christine ne connaissaient

[41:53]

aucune des autres victimes.

[41:55]

Cependant, la publication des numéros

[41:57]

de téléphone et des informations

[41:59]

personnelles par John Doe sur ces

[42:01]

victimes a donné aux sœurs un point

[42:03]

de départ pour une nouvelle enquête.

[42:05]

Parce qu'elles sont devenues un peu,

[42:07]

ils ont comme un peu intégré la communauté

[42:09]

de John Doe. Ils ont commencé à

[42:11]

regarder les autres trucs qu'ils publiaient,

[42:14]

puis à suivre un peu sa gang

[42:15]

de prédateurs en ligne,

[42:16]

et voir de qui ils parlaient. C'est là qu'ils ont commencé

[42:19]

à en savoir un petit peu plus sur ces victimes-là,

[42:21]

puis à faire des croisements parce que là,

[42:23]

il y a sans doute un lien entre tous ces gens-là.

[42:26]

Certaines des victimes se trouvaient

[42:27]

en Floride, non loin de Christine et Madison,

[42:30]

tandis que d'autres résidaient

[42:31]

à New York. Les sœurs

[42:33]

ont élaboré plusieurs hypothèses

[42:35]

sur l'identité de John Doe,

[42:37]

pensant qu'il devait être une personne

[42:39]

de leur entourage capable de connaître

[42:41]

toutes ces femmes. Cependant,

[42:44]

aucune des personnes qu'elles soupçonnaient

[42:45]

ne semblait correspondre

[42:47]

au profil du coupable. Les sœurs

[42:49]

qu'on redisse se retrouvent alors

[42:51]

plongées dans l'obscurité du Web.

[42:54]

Elles cherchent à comprendre

[42:56]

comment fonctionnent

[42:57]

des sites comme 4chan.

[42:59]

Leur immersion dans cet univers les expose

[43:01]

à des contenus horribles

[43:03]

qui mélangent gore et pornographie

[43:05]

qui les marquent profondément.

[43:08]

4chan, souvent décrit

[43:09]

comme le ventre mou

[43:11]

d'Internet, est un lieu

[43:13]

toxique où le chaos règne.

[43:15]

On en a tellement parlé souvent à Distorsion,

[43:17]

il y a souvent des cas dégueu.

[43:20]

Pourtant, Madison et

[43:21]

Christine n'ont d'autres choix

[43:23]

que de s'y aventurer pour tenter

[43:25]

de comprendre comment les publications

[43:26]

disparaissent ou persistent.

[43:29]

L'air de rien, les autres photos

[43:31]

et infos fuitées d'autres victimes

[43:33]

vont les aider dans leur enquête

[43:35]

et permettent de connecter certains points.

[43:38]

Connect the dots.

[43:40]

Elles commencent à

[43:41]

analyser le fonctionnement de ces forums.

[43:43]

Où vont les publications après

[43:45]

certains temps? Est-il possible d'envoyer

[43:47]

des messages privés aux utilisateurs?

[43:50]

Comment contacter les modérateurs

[43:51]

pour demander par exemple le retrait

[43:52]

de photos non consensuelles?

[43:54]

Elles s'interrogent également sur le langage

[43:56]

énigmatique utilisé par les

[43:59]

utilisateurs avec des termes

[44:00]

comme «sauce du vent»

[44:03]

ou encore «sage».

[44:05]

En parallèle, elles cherchent à

[44:07]

identifier quel autre site

[44:09]

d'archives, ben en fait, archives

[44:11]

ces publications-là. Ici, il existe des

[44:13]

photos légaux pour demander le retrait

[44:15]

des images volées.

[44:16]

Oui, puis selon le langage «sauce»,

[44:19]

ça voudrait dire justement

[44:20]

quand quelqu'un demande la source

[44:22]

d'une publication ou d'une photo,

[44:25]

«vent», je sais pas, je présume

[44:27]

que c'est «wind» en anglais,

[44:30]

c'est pour

[44:31]

demander un peu une preuve

[44:34]

pour

[44:35]

confirmer une affirmation.

[44:37]

Les gens vont

[44:38]

poster par exemple «wind» en dessous

[44:41]

de la poste, puis il y a aussi

[44:43]

«sage», le mot «sage» qui est utilisé

[44:44]

lorsqu'un utilisateur veut poster

[44:47]

dans un fil sans le faire remonter

[44:49]

ou sans le «bumper» en haut de la page.

[44:51]

Donc, c'est ajouté

[44:53]

aux commentaires, mais ça ne le fait pas «bumper».

[44:56]

C'est pour moins attirer

[44:57]

l'attention, par exemple.

[45:00]

Là, on va se plonger,

[45:01]

on va retourner dans le temps en 2018.

[45:04]

Lors d'un voyage

[45:05]

avec son petit ami de l'époque,

[45:07]

Jeff, Madison publie

[45:09]

une photo sur Snapchat d'un coucher

[45:11]

de soleil dans les Florida Keys,

[45:13]

lieu qui est reconnu pour

[45:14]

ces magnifiques couchers de soleil.

[45:16]

Il est tartalalime, les kilomètres.

[45:18]

Oui, c'est ça, effectivement.

[45:20]

Peu après, elle reçoit un message

[45:22]

d'un inconnu commentant.

[45:24]

Oh, c'est un beau coucher de soleil

[45:27]

que tu viens de voir.

[45:28]

J'espère que tu t'amuses dans les Keys

[45:30]

avec Jeff.

[45:33]

Cet incident

[45:34]

est un tournant dans l'enquête.

[45:36]

Madison comprend que son harceleur

[45:38]

fait partie de ses contacts

[45:40]

sur Snapchat, ce qui réduit

[45:42]

considérablement le cercle des suspects.

[45:44]

En même temps, ça doit être assez

[45:45]

effrayant de constater ça.

[45:47]

C'est-à-dire qu'il te suit depuis combien de temps?

[45:50]

Il a dû l'avoir assez vite,

[45:52]

même la photo.

[45:52]

Oui, effectivement, pour qu'il réponde du tac au tac.

[45:57]

Agissant rapidement,

[45:58]

elle fait une capture d'écran

[45:59]

de la liste des personnes ayant vu sa publication.

[46:02]

Elle a des bons réflexes.

[46:03]

Le harcèlement durait

[46:04]

depuis si longtemps qu'elle avait virouillé

[46:06]

ses réseaux sociaux pour les rendre privés.

[46:09]

Seules les personnes qu'elle connaissait

[46:11]

étaient autorisées à voir les photos

[46:13]

qu'elle publiait. Donc,

[46:15]

son harceleur était quelqu'un

[46:16]

qu'elle connaissait.

[46:17]

C'est clair.

[46:20]

L'étau commence à se resserrer tranquillement.

[46:22]

Même si ça prend plusieurs années,

[46:25]

on voit que

[46:27]

tranquillement,

[46:28]

elle va réussir à l'identifier,

[46:30]

comme le semble-t-il.

[46:32]

À ce moment-là,

[46:33]

35 personnes étaient des suspects,

[46:35]

parce qu'il y a 35 personnes

[46:37]

qui avaient vu sa fameuse photo

[46:38]

au moment où elle a pris la capture.

[46:41]

Donc, ça réduit quand même

[46:42]

le spectre un petit peu.

[46:45]

Madison a essayé d'ignorer

[46:46]

et de s'éloigner, tout en laissant

[46:48]

sa sœur pour suivre l'enquête.

[46:50]

Mais les publications de harcèlement

[46:52]

et les messages textes continuaient

[46:54]

en étant toujours de plus en plus nombreux.

[46:57]

Des clients de l'agence de marketing

[46:59]

où elle travaille lui ont même

[47:01]

parlé des images nues

[47:02]

qui lui sont parvenues.

[47:04]

Ils les ont reçues par courriel

[47:06]

les clients, les envoyés.

[47:09]

Madison était à la fête

[47:10]

d'une amie lorsqu'elle a reçu un appel

[47:12]

paniqué du directeur d'un restaurant

[47:14]

d'hôtel où elle avait travaillé.

[47:16]

Les photos s'étaient retrouvées dans

[47:18]

sa boîte de réception d'un employeur

[47:21]

du passé.

[47:22]

Comment gâcher la vie de quelqu'un?

[47:24]

Même l'employeur qui reçoit ça,

[47:28]

ça te met aussi

[47:29]

dans une position inconfortable.

[47:31]

Tu ne veux pas nécessairement voir ça.

[47:32]

Eux aussi sont une victime

[47:35]

collatérale.

[47:36]

Ils n'ont pas demandé

[47:38]

à recevoir ces photos-là non plus.

[47:40]

Ils sont pris avec ça aussi.

[47:42]

Je trouve que c'est malveillant.

[47:44]

C'est clair.

[47:45]

Je pense que quand t'es un ex-employeur

[47:48]

qui reçoit ça, si t'as une tête

[47:49]

à ses épaules, tu vas communiquer

[47:51]

avec les autorités.

[47:53]

Tu ne vas pas être offusqué.

[47:54]

J'ai reçu des photos offusquantes

[47:57]

d'une ex-employée.

[47:58]

C'est clair que la pauvre fille

[47:59]

se fait harceler.

[48:03]

D'après moi,

[48:05]

les gens doivent être au courant

[48:06]

de ça et doivent plutôt aider.

[48:09]

Tu as raison.

[48:10]

J'espère.

[48:12]

Je comprends ce que tu veux dire.

[48:16]

Eux aussi,

[48:17]

ce n'est pas un bonheur.

[48:17]

Non, non, non.

[48:20]

Exactement.

[48:21]

C'est vrai qu'eux aussi

[48:23]

peuvent être, comment dire,

[48:25]

font partie des victimes aussi.

[48:29]

Puis à un moment donné,

[48:31]

les choses se sont intensifiées

[48:32]

lorsque John Doe publie

[48:34]

l'adresse civique de Madison,

[48:37]

les comptes de médias sociaux

[48:38]

de ses parents, de sa sœur

[48:40]

et plusieurs autres informations

[48:41]

personnelles. Il a même fait

[48:43]

un collage avec des informations

[48:45]

et des photos nues de Madison,

[48:47]

des photos de sa famille ainsi

[48:49]

que des captures de son LinkedIn,

[48:51]

donc afin de vraiment tout mélanger.

[48:54]

Un message disait

[48:55]

« Je vais aller droit au but. À moins

[48:57]

que tu veuilles que ta famille soit au courant

[48:58]

des photos que tu as prises, tu vas m'envoyer

[49:01]

ce que je veux ». Sous ce message

[49:03]

se trouvait une image nue de Madison.

[49:06]

Plusieurs années après avoir commencé,

[49:08]

il était toujours déterminé

[49:09]

à ruiner sa vie.

[49:11]

Un autre message disait

[49:13]

« Je te suggère de me répondre

[49:14]

ou ça s'éteint. Je te donne 30 minutes,

[49:17]

il en reste 10 ».

[49:19]

John Doe a fini par envoyer

[49:21]

toutes les photos qu'il avait à la mère,

[49:23]

au père et aux autres membres

[49:25]

de la famille, ainsi qu'aux

[49:27]

associés commerciaux de Madison.

[49:29]

Mon Dieu, c'est complètement

[49:31]

tordu. À ce moment-là,

[49:33]

les jumelles avaient caché le cauchemar

[49:35]

à leurs parents, donc ils leur en avaient même

[49:37]

pas parlé. Mais là, ce secret-là

[49:39]

a pris fin brusquement

[49:41]

et c'est avec ce poids sur

[49:43]

les épaules qu'elles ont finalement raconté

[49:45]

l'ensemble de l'histoire à leurs

[49:47]

parents et imaginer leur réaction

[49:49]

alors qu'elles avaient gardé

[49:51]

toutes ces infos-là pendant plus

[49:53]

de dix ans entre sœurs, imagine

[49:54]

en tant que parent comment

[49:56]

tu as envie de

[50:01]

tout détruire.

[50:02]

Même face à cette

[50:04]

accumulation de preuves, les plaintes

[50:06]

des jumelles est une nouvelle fois refusée

[50:09]

par les autorités. Avec l'aide

[50:11]

d'un ami avocat, Christine écrit

[50:12]

un document de 59 pages

[50:14]

expliquant l'ensemble de l'affaire

[50:16]

et réunissant les preuves récoltées,

[50:19]

réussissant à contourner les

[50:21]

restrictions légales pour lesquelles

[50:22]

les services de police refusaient leurs

[50:25]

plaintes.

[50:28]

Finalement, en 2019,

[50:30]

après des années de souffrance,

[50:33]

Madison et Christine Conradis

[50:35]

sont enfin sur le point

[50:36]

de voir une lueur d'espoir dans leur

[50:38]

combat. Grâce à leur recherche

[50:41]

minutieuse et à la compilation des

[50:43]

preuves, leur dossier attire

[50:45]

finalement l'attention des autorités

[50:48]

fédérales.

[50:49]

Christine, qui avait passé des années

[50:51]

à perfectionner ses compétences juridiques

[50:52]

et à naviguer dans les bas fonds de la

[50:54]

cybercriminalité, a joué un rôle

[50:57]

crucial dans cette enquête.

[50:59]

Elle réussit d'ailleurs à faire

[51:00]

supprimer plusieurs photos

[51:02]

en utilisant le Copyright Office

[51:05]

des États-Unis, donc

[51:06]

une gestion du droit d'auteur,

[51:08]

qui gère au sens large, en fait,

[51:10]

le droit d'auteur. Comme si le

[51:12]

crime de violer le droit d'auteur d'un

[51:14]

photographe était pire que de faire

[51:16]

de la sextorsion à une femme.

[51:18]

C'est assez fascinant.

[51:19]

Oui, parce que c'est par ça qu'ils vont

[51:22]

réussir à obtenir

[51:24]

ces «trickies», parce que

[51:26]

ce que Madison va faire,

[51:28]

c'est qu'elle va

[51:30]

convaincre le photographe,

[51:32]

Gregory Coleman, de lui

[51:34]

posséder les droits d'auteur de ces photos.

[51:37]

Et là, comme ça,

[51:38]

elle a une porte d'entrée dans la loi,

[51:40]

parce qu'avec le Bureau des Copyrights,

[51:42]

le Bureau des droits d'auteur, elle peut dire

[51:44]

«Je suis, c'est moi qui possède les droits

[51:46]

de ces photos-là, ils sont

[51:48]

sur ces 80 sites-là».

[51:50]

Oui, oui, oui.

[51:51]

Donc là, avec

[51:54]

cette espèce de, ce qui appelle le

[51:55]

Copyright Office, ils ont une porte

[51:58]

accélérée, comme si ça

[52:00]

c'était un vrai crime.

[52:01]

Oui, oui, oui. Ah, c'est drôle pareil,

[52:03]

c'est obligé d'utiliser comme un vieux crime,

[52:05]

une vieille loi, ça fait longtemps

[52:07]

le droit d'auteur pour enfin

[52:08]

avoir de l'attention. Oui, c'est incroyable.

[52:12]

Puis, juste donner un autre

[52:13]

exemple, lorsque des photos osées de type

[52:15]

«selfie» sont prises,

[52:16]

vous avez automatiquement

[52:19]

des droits d'auteur, ça, je l'ignorais.

[52:21]

Donc, si quelqu'un utilise une photo

[52:23]

de vous que vous avez prise

[52:25]

sans votre autorisation,

[52:27]

c'est une violation du droit d'auteur.

[52:28]

En demandant également au photographe

[52:31]

de transférer, comme on vous disait, les

[52:32]

droits d'auteur de la science photo, elle s'assurait

[52:34]

de pouvoir faire supprimer le contenu.

[52:37]

En parallèle, les sœurs

[52:39]

continuent de mener leur enquête.

[52:41]

Elles traquent les activités en ligne

[52:42]

de notre fameux John Doe sur diverses

[52:44]

plateformes, en particulier

[52:46]

sur Snapchat. Leur persévérance

[52:49]

finit par porter ses fruits

[52:51]

lorsqu'elles identifient

[52:52]

Christopher Winnocore,

[52:55]

une ancienne connaissance

[52:56]

d'un université, comme le principal

[52:59]

suspect.

[53:00]

Bien que ce ne soit pas encore une preuve formelle,

[53:03]

cette découverte leur permet

[53:04]

d'orienter l'enquête dans une toute nouvelle direction.

[53:07]

C'est en triant les noms

[53:08]

d'utilisateurs Kik

[53:10]

et en croisant les données avec

[53:12]

la capture d'écran prise par Madison

[53:14]

lors du coucher de soleil au

[53:16]

Flory Ducky's que les sœurs ont pu

[53:18]

découvrir le coupable, qui était

[53:20]

d'ailleurs un ami proche de leur ami

[53:22]

Dana, qui, lui aussi,

[53:25]

avait aidé les jumelles pendant

[53:27]

la durée de l'enquête.

[53:29]

Oui, je pense que c'est quelqu'un qui était même à son mariage

[53:32]

ou quelque chose comme ça.

[53:33]

Mon Dieu que c'est

[53:36]

wrong.

[53:37]

Là, on va vous donner un extrait

[53:39]

d'une entrevue qui a eu lieu entre

[53:41]

Madison, Christine et

[53:43]

Dana. Et là, je vais jouer

[53:45]

le rôle de Dana.

[53:48]

Place au théâtre.

[53:51]

Tu sais,

[53:51]

c'était un ami proche. Il était

[53:53]

venu chez moi dans le Connecticut

[53:55]

où j'ai grandi et il avait rencontré

[53:57]

mes parents. Nous allions à des

[53:59]

concerts ensemble. Je connaissais

[54:01]

sa famille. J'ai passé la fête du

[54:03]

4 juillet à Long Island avec son père

[54:05]

et son frère. Il n'était pas mon meilleur

[54:07]

ami au monde, mais il était certainement

[54:09]

plus proche que la plupart des autres.

[54:12]

C'était un bon ami à moi

[54:13]

et je le connaissais depuis plus d'une

[54:15]

décennie, lorsque tout cela s'est

[54:17]

produit. Je me souviens

[54:19]

très bien de la nuit où nous avons découvert

[54:21]

que c'était lui. Cette nuit-là restera

[54:23]

gravée dans ma mémoire toute ma vie.

[54:26]

Je rentrais d'un voyage en tant que

[54:27]

pilote de ligne et j'ai reçu un

[54:29]

appel de Madison. Je ne reçois

[54:31]

jamais d'appels téléphoniques de Madison.

[54:34]

Nous n'appelons pas.

[54:35]

Nous envoyons des SMS. Donc,

[54:37]

si je reçois un appel, il y a un

[54:39]

problème. Je décroche le téléphone

[54:41]

et elle me dit

[54:43]

« Je pense que nous savons peut-être

[54:45]

qui c'est ». Et je lui réponds

[54:47]

« Vraiment ? ». Et elle dit « Oui, j'en suis

[54:49]

presque sûr ». Bon, je réponds.

[54:51]

Je crache le morceau. Ne me fais pas

[54:53]

attendre. » Et elle répond « Yankee !

[54:56]

Allez, c'est pas possible.

[54:59]

Tout d'abord,

[55:01]

c'est l'un de

[55:03]

mes amis proches.

[55:04]

Ensuite, je ne pensais

[55:06]

même pas qu'il est assez intelligent

[55:07]

ou doué en technologie pour comprendre

[55:09]

comment fonctionnait 4chan.

[55:12]

Si vous le connaissiez bien,

[55:14]

il a dû lui falloir

[55:15]

un certain temps pour le comprendre.

[55:17]

Je ne pouvais pas. Je lui ai dit,

[55:20]

je me suis dit, c'est pas possible.

[55:22]

Ça faisait des années

[55:23]

que n'importe qui dans la pièce

[55:25]

aurait pu être le coupable et des

[55:27]

accusations avaient été lancées contre à peu près

[55:29]

n'importe qui dans notre vie.

[55:31]

Tu vois ce que je veux dire ?

[55:33]

C'est ce type. C'est ce type. C'est ton meilleur ami.

[55:36]

C'est. Tu sais.

[55:37]

Tu imagines. Tu vois ce que je veux dire ?

[55:40]

Si ce sont tes photos sur Internet

[55:41]

et que chaque personne dans ta vie est un suspect,

[55:44]

ça doit être horrible, non ?

[55:45]

Je les avais entendu dire que ça pouvait être

[55:47]

l'un de mes amis plusieurs fois.

[55:49]

J'ai toujours dit non, non, non.

[55:52]

J'ai fait exactement ce que

[55:54]

j'ai fait ce soir-là. J'ai dit,

[55:55]

c'est impossible. Ce n'est pas lui.

[55:58]

On vit toujours un peu dans le déni,

[55:59]

justement, quand nos amis...

[56:02]

Et je continue dans le rôle de Dana.

[56:04]

Premièrement, je ne pense pas

[56:05]

qu'il en ait le cœur net. Il n'est pas

[56:07]

si méchant que ça. Deuxièmement,

[56:10]

je pense qu'il est trop bête pour comprendre

[56:11]

tout ça, tu sais. Mais ça a un peu

[56:13]

résonné dans ma tête et je n'ai pas pu dormir

[56:16]

cette nuit-là. Donc, je suis rentré

[56:18]

à la maison et j'ai commencé à chercher les

[56:19]

noms KIK. J'ai commencé

[56:21]

à relier les noms KIK et

[56:23]

c'est ce qu'on peut faire sur 4chan.

[56:26]

On ne peut même pas utiliser...

[56:27]

On ne peut même pas le faire sur 4chan parce que

[56:29]

ça disparaît au bout de deux heures.

[56:32]

Mais les sites d'archives de 4chan,

[56:34]

on peut les rechercher

[56:35]

et c'est comme ça que, en quelque sorte,

[56:37]

que l'on a réussi à lier tous

[56:39]

ces posts ensemble. Il y avait environ

[56:42]

5 ou 6 noms KIK.

[56:44]

Et j'ai juste cherché les noms KIK.

[56:46]

Il y avait toutes ces femmes oiseurs

[56:48]

qui apparaissaient, y compris ma femme,

[56:50]

sa sœur. Pis il y avait,

[56:52]

il y en avait une qui est ressortie

[56:53]

ce soir-là et c'était une fille,

[56:56]

une jeune fille. Elle avait l'air d'avoir

[56:58]

13 ou 14 ans et portait une

[57:00]

tenue d'école catholique publiée

[57:02]

par le même utilisateur que ceux

[57:03]

qui harcelait ma femme et ma belle-sœur.

[57:06]

Oh, il y a peut-être quelque chose

[57:08]

qui m'aurait sorti de cette photo.

[57:10]

J'ai téléchargé la photo.

[57:12]

Ce n'était pas une photo nue.

[57:14]

C'était juste une fille.

[57:15]

C'était une fille et le texte

[57:17]

qui y était attaché était horrible.

[57:20]

Quelque chose comme « je veux des nues

[57:22]

de cette fille » ou « je veux la violer »

[57:24]

ou quelque chose comme ça.

[57:25]

Alors j'ai téléchargé cette photo

[57:27]

et il y a un écusson ou un logo

[57:29]

brodé sur son uniforme scolaire.

[57:31]

C'était un peu pixelisé, mais je l'ai

[57:33]

amélioré, je l'ai affiné et affiné

[57:35]

et j'ai finalement pu distinguer

[57:37]

les mots sur cette photo.

[57:39]

Et c'est avéré que c'était un collège

[57:41]

catholique pour filles, un collège

[57:43]

à Daytona. Alors j'ai dit

[57:45]

« Hum, d'accord.

[57:47]

Eh bien je sais qu'il y a de la famille

[57:50]

à Daytona. Peut-être

[57:51]

qu'il y a quelque chose ici.

[57:54]

Donc, tu es allé sur Facebook

[57:55]

et en dix minutes,

[57:57]

j'ai pu trouver le nom de la fille

[57:59]

et celui de sa mère et de son père

[58:01]

et ils étaient des amis communs

[58:03]

et des membres de la famille identifiés

[58:05]

sur sa page Facebook. C'était

[58:07]

sa petite cousine et c'est là

[58:09]

que tout a commencé.

[58:11]

Comme putain, c'est lui.

[58:13]

Ensuite, une fois que tu as eu cette

[58:15]

information clé, tu continues à revenir

[58:17]

sur les autres fans qu'il poste

[58:19]

sur le site de 4chan et tu les croises

[58:21]

sur Facebook.

[58:23]

Amis communs, bang, amis communs,

[58:25]

bang, amis communs, et c'était là.

[58:27]

Nous savions qui c'était ce soir-là

[58:29]

et je ne pouvais absolument

[58:31]

pas y croire.

[58:32]

Et l'autre jeune fille,

[58:34]

c'est sa cousine.

[58:36]

Ça n'a pas de bon sens.

[58:39]

C'est vraiment

[58:40]

un solide prédateur,

[58:41]

mais c'est sûr que ça fait un choc immense

[58:43]

quand c'est ton ami,

[58:45]

quelqu'un avec qui tu es allé à l'école,

[58:47]

quelqu'un qui t'as croisé dans des vrais événements

[58:49]

que tu ne penses même pas assez doué

[58:51]

pour utiliser 4chan.

[58:54]

Ça doit surprendre.

[58:56]

Comme on dit au Québec, ça déconcolisse.

[58:58]

Oh oui.

[58:59]

En 2020 maintenant, on est beaucoup plus tard,

[59:02]

les autorités parviennent à rassembler

[59:04]

suffisamment de preuves pour arrêter

[59:06]

et inculper ce fameux Christopher

[59:08]

Buenocore, j'imagine,

[59:10]

Buenocore, pour six chefs

[59:12]

d'accusation, principalement liés

[59:14]

au cyberharcèlement et à la sextorsion.

[59:17]

L'arrestation de

[59:18]

Buenocore marque un tournant

[59:20]

décisif dans l'affaire et les sœurs

[59:22]

qu'on radisse voient enfin une issue

[59:24]

possible à cette épreuve qui a duré

[59:26]

plus de 10 ans, je le rappelle encore.

[59:29]

En janvier 2021,

[59:31]

Christopher, plaide coupable,

[59:33]

est condamné à 15 ans de

[59:34]

prison fédérale pour ses crimes.

[59:36]

Bon, quand même, 15 ans pour

[59:38]

10 ans de misère.

[59:41]

Ça aurait dû doubler,

[59:42]

mais bon. La campagne de

[59:44]

harcèlement de Buenocore impliquait

[59:46]

la publication sur Internet de

[59:48]

milliers d'images sexuellement

[59:50]

explicites et dénudées des victimes,

[59:52]

ainsi que des informations d'identification

[59:54]

personnelle des victimes,

[59:56]

des numéros de téléphone, des adresses

[59:58]

postales, des identifiants de comptes

[01:00:00]

de réseaux sociaux. Il y en avait du stock.

[01:00:03]

Christopher a également

[01:00:04]

sollicité des individus sur Internet

[01:00:06]

pour contacter et harceler

[01:00:08]

les victimes, y compris parfois

[01:00:10]

en enrôlant ces individus pour

[01:00:12]

tenter d'extorquer

[01:00:14]

des images sexuellement

[01:00:16]

explicites supplémentaires aux victimes

[01:00:18]

et d'autres fois en encourageant

[01:00:20]

ces individus à violer des victimes.

[01:00:22]

Donc il n'y avait pas simplement lui

[01:00:24]

et encourager des gens comme ça,

[01:00:27]

c'est possible

[01:00:28]

de peine.

[01:00:30]

Selon les documents judiciaires,

[01:00:32]

Christopher a utilisé pendant 7 ans

[01:00:34]

des numéros de téléphone fictifs,

[01:00:36]

des SMS et des comptes de réseaux

[01:00:38]

sociaux pour harceler, intimider

[01:00:41]

et stocker

[01:00:42]

6 femmes,

[01:00:44]

dont une mineure.

[01:00:46]

Cette condamnation représente une victoire

[01:00:48]

majeure non seulement pour Madison

[01:00:50]

et Christine, mais aussi pour les victimes

[01:00:52]

de cyberharcèlement et de

[01:00:54]

sextorsion en général à travers

[01:00:56]

tout le pays. Et l'affaire

[01:00:58]

Coradis devient un cas emblématique

[01:01:00]

de la nécessité de renforcer

[01:01:02]

les lois contre la cybercriminalité

[01:01:04]

et le revenge porn.

[01:01:07]

Et ça a eu un effet sur la

[01:01:08]

législation, cette histoire-là, Seb.

[01:01:10]

L'histoire des jumelles Coradis n'est pas

[01:01:12]

seulement un cas isolé de cyberharcèlement

[01:01:14]

parce qu'il y en a énormément.

[01:01:16]

On va en parler un peu dans l'after

[01:01:18]

show des chiffres. Elle met également

[01:01:20]

en lumière un problème plus large

[01:01:22]

concernant la gestion juridique

[01:01:24]

du revenge porn et du cyberharcèlement.

[01:01:26]

À l'époque où Madison commence

[01:01:28]

à être harcelé, il y avait peu de

[01:01:30]

lois spécifiques pour protéger les victimes.

[01:01:32]

Les autorités, souvent mal formées

[01:01:34]

pour traiter ces cas, sont réticentes

[01:01:36]

à les considérer comme des crimes graves,

[01:01:38]

malheureusement. Malgré tout

[01:01:40]

le dommage que ça fait aux familles.

[01:01:42]

Grâce à des affaires comme

[01:01:43]

celle-ci, la prise de conscience

[01:01:45]

sur l'importance de légiférer contre

[01:01:48]

ces formes de criminalité a

[01:01:50]

considérablement augmenté.

[01:01:52]

Plusieurs États, dont la Floride

[01:01:53]

où réside Madison, ont adapté de

[01:01:56]

nouvelles lois plus strictes sur le revenge

[01:01:57]

porn et le harcèlement en ligne.

[01:01:59]

Ces lois permettent de mieux protéger

[01:02:01]

les victimes et d'incriminer plus sévèrement

[01:02:04]

les auteurs des crimes.

[01:02:05]

D'ailleurs, l'affaire a également

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sensibilisé les plateformes en ligne

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sur l'importance de renforcer la sécurité

[01:02:11]

de leurs utilisateurs, notamment

[01:02:13]

Zenfolio, la plateforme

[01:02:15]

de hosting de photos,

[01:02:17]

qui avait initialement échoué

[01:02:19]

quelque part de protéger les photos

[01:02:21]

de Madison. Ils ont été

[01:02:23]

contraints de réévaluer leurs protocoles

[01:02:24]

de sécurité et de s'améliorer grandement

[01:02:27]

pour ça.

[01:02:28]

Les réseaux sociaux aussi n'ont pas le choix

[01:02:30]

de s'adapter à tout ça.

[01:02:32]

C'est ce que cette affaire a mis

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en évidence leur rôle dans la

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diffusion des contenus illicites

[01:02:38]

et la propagation de ce type

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de crime numérique.

[01:02:42]

Des plateformes aussi comme Snapchat,

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Facebook, 4chan ont été utilisées

[01:02:46]

comme outils par les harceleurs pour cibler

[01:02:48]

Madison, divulguer les informations

[01:02:50]

personnelles et inciter les autres

[01:02:52]

personnes, d'autres personnes en fait,

[01:02:53]

à les harceler. Cette utilisation

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malsaine des réseaux sociaux montre à quel point

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les plateformes doivent être beaucoup plus vigilantes

[01:02:59]

quant à leur utilisation abusive.

[01:03:03]

Madison et Christine

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ont appris à maîtriser les outils

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en ligne pour traquer les activités

[01:03:07]

du harceleur et supprimer les photos

[01:03:09]

non consensuelles.

[01:03:11]

Dans un monde où le partage d'images

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personnelles est devenu assez courant,

[01:03:15]

la connaissance des mécanismes de sécurité

[01:03:17]

et de suppression est crucial.

[01:03:20]

Ensemble, les deux sœurs ont réussi

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à briser le silence autour du

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Revenge Porn et à apporter un

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changement tangible dans la manière dont ces crimes

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sont perçus et traités.

[01:03:29]

Elles ont utilisé leur expérience pour aider

[01:03:31]

d'autres victimes en montrant que même face

[01:03:33]

aux pires attaques numériques,

[01:03:34]

il est possible de se battre

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et de reprendre contrôle sur sa vie.

[01:03:38]

Parce que c'est tellement difficile,

[01:03:40]

malgré la condamnation de

[01:03:42]

Buenocor et de Buenocor,

[01:03:45]

soit un soulagement

[01:03:46]

pour Madison, mais les séquelles

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psychologiques

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de cette décennie d'harcèlement-là,

[01:03:52]

ça ne va pas disparaître du jour au lendemain.

[01:03:55]

C'est un choc post-traumatique.

[01:03:56]

C'est tout qu'un combat. Il faut être prêt

[01:03:58]

à livrer ce combat-là.

[01:04:00]

Il faut avoir justement une sœur avocate.

[01:04:03]

C'est pratique,

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parce que sinon, tu pars de loin,

[01:04:06]

un quidam qui n'est pas dans le monde

[01:04:09]

juridique du tout,

[01:04:10]

dans le monde de la loi,

[01:04:14]

quelconque soit-elle.

[01:04:16]

C'est des efforts,

[01:04:17]

tu ne sais pas par où commencer,

[01:04:19]

pour tenter d'avoir de l'aide sur un dossier

[01:04:20]

comme ça.

[01:04:21]

Quand on sait que les photos peuvent toujours

[01:04:24]

être en ligne, accessibles à tout moment,

[01:04:26]

ça reste une source qui est constante

[01:04:28]

dans la force. C'est vraiment difficile

[01:04:30]

de faire enlever des photos d'Internet.

[01:04:32]

Il y a un peu plus de mécanisme,

[01:04:33]

mais comme vous le savez déjà, c'est un combat

[01:04:35]

quasiment à vie.

[01:04:37]

Comme pour de nombreuses victimes de Revenge Porn,

[01:04:39]

la nature permanente

[01:04:41]

de l'Internet signifie que même après

[01:04:43]

l'arrestation de son harceleur,

[01:04:45]

Madison doit continuer à vivre avec cette peur-là

[01:04:47]

que les photos réapparaissent un jour,

[01:04:49]

puis ça affecte sa vie professionnelle

[01:04:51]

et surtout personnelle.

[01:04:52]

Mais au lieu de se laisser abattre par tout ça,

[01:04:55]

Madison a choisi de transformer sa douleur

[01:04:57]

en action, très bonne résilience.

[01:04:59]

Elle a commencé à utiliser son expérience

[01:05:00]

pour sensibiliser le public aux dangers

[01:05:03]

du cyberharcèlement et de la sextorsion.

[01:05:05]

Elle participe à des conférences,

[01:05:07]

des podcasts, des ateliers sur la

[01:05:09]

protection de la vie privée en ligne

[01:05:10]

et même la prévention de la Revenge Porn.

[01:05:13]

Parce que malgré tout,

[01:05:15]

il faut éduquer

[01:05:17]

les gens et les victimes, un peu comme

[01:05:18]

tu disais. Madison est ainsi

[01:05:21]

devenue une voix pour elle, pour les

[01:05:23]

victimes, utilisant sa plateforme

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pour les éduquer et éduquer

[01:05:26]

tous les autres risques de partage

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d'images intimes et sur la manière

[01:05:30]

de se protéger contre ces menaces numériques.

[01:05:33]

Quelle histoire!

[01:05:35]

Ça nous brasse toujours en dedans,

[01:05:37]

comme papa de fille,

[01:05:39]

on dirait encore plus.

[01:05:42]

Il y a quelque chose

[01:05:43]

vraiment dérangeant

[01:05:44]

de ces gens-là.

[01:05:47]

Un peu comme tu disais,

[01:05:48]

tu me parlais hors micro,

[01:05:50]

il faut arrêter de...

[01:05:52]

On ne devrait pas s'empêcher

[01:05:55]

de vivre

[01:05:57]

pour ça,

[01:05:58]

pour se prévenir

[01:06:00]

de salauds.

[01:06:02]

Les gens devraient pouvoir être là,

[01:06:04]

être yolo sur leur envoi

[01:06:06]

de photos et tout ça, mais

[01:06:08]

malgré ça, on reste quand même pris

[01:06:10]

dans ce

[01:06:13]

canevas de société-là.

[01:06:14]

Il va toujours en avoir, en fait,

[01:06:16]

des harceleurs. Même si on durcit

[01:06:18]

les lois, j'ose croire que ça va

[01:06:19]

peut-être faire poser la question

[01:06:21]

aux gens qui espèrent le faire et se cacher

[01:06:23]

derrière l'anonymat.

[01:06:25]

Ça va peut-être les empêcher de le faire,

[01:06:28]

mais on dirait que là-dessus,

[01:06:29]

je suis content qu'il y ait des mécanismes législatifs,

[01:06:32]

mais je ne suis pas rassuré.

[01:06:34]

Non, ce n'est pas rassurant.

[01:06:35]

On dirait que ça fait juste exploser

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dans les dernières années,

[01:06:39]

puis que ça doit commencer même plus jeune

[01:06:41]

maintenant. On va en parler

[01:06:43]

un petit peu dans l'after show,

[01:06:45]

mais c'est une personne sur

[01:06:47]

cinq même qui s'est déjà dit

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victime de harcèlement en ligne.

[01:06:51]

C'est beaucoup, les chiffres sont énormes

[01:06:53]

aux États-Unis qu'au Canada.

[01:06:55]

C'est un vrai problème.

[01:06:57]

Exactement, j'ai de la misère à tomber dans le

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victime chez Ming, parce qu'il va toujours en avoir

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aussi des partages de photos intimes.

[01:07:04]

Mais comment est-ce possible

[01:07:05]

en 2024

[01:07:07]

de partager des photos intimes, même si

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je dirais bien comme conseil,

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on va revenir aux lettres d'amour

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traditionnelles qu'on va s'envoyer par la poste,

[01:07:16]

mais il y a encore des gens qui vont pouvoir prendre des

[01:07:17]

screenshots de ça.

[01:07:19]

Les publiés sur 4chan,

[01:07:22]

est-ce qu'il faut s'envoyer des messages codés?

[01:07:24]

Est-ce qu'on doit revenir

[01:07:25]

au poème? Je ne sais pas.

[01:07:28]

Mais il y a quelque chose

[01:07:30]

qui manque.

[01:07:32]

On est capable de faire des trucs

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technologiques tellement avancés, on a des voitures

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autonomes, des drones, on va dans l'espace,

[01:07:39]

même faire des sauvetages

[01:07:40]

en espace.

[01:07:42]

Mais on est incapable de s'envoyer des

[01:07:44]

photos en sécurité?

[01:07:45]

Oui, c'est parce que ça

[01:07:48]

se copie, ça devient

[01:07:50]

facilement multipliable,

[01:07:51]

ça peut sortir des plateformes, c'est la beauté

[01:07:54]

et le contrepoids

[01:07:56]

du numérique.

[01:07:57]

Tout se reproduit,

[01:07:59]

ça devient comme un virus.

[01:08:01]

C'est comme une COVID, ça ne disparaîtra jamais.

[01:08:03]

On dirait qu'on a ce problème-là.

[01:08:05]

Maintenant, il y a des moteurs de recherche aussi

[01:08:07]

pour aider à la Revenge Porn.

[01:08:09]

Si des fois vous êtes victime,

[01:08:11]

on peut...

[01:08:12]

Il y a des nouveaux outils quand même

[01:08:15]

pour ça.

[01:08:16]

Et même, tu parlais un peu de stats central et loin,

[01:08:18]

au Québec, je disais que 20%

[01:08:20]

des gens ont reçu, sans leur

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propre consentement, une photo

[01:08:26]

de...

[01:08:26]

Oui, de non-solicité.

[01:08:28]

C'est une personne sur cinq.

[01:08:30]

Je vois ça beaucoup quand même.

[01:08:33]

Oui, André,

[01:08:35]

je me serais entendu une stat

[01:08:36]

plus faible que ça.

[01:08:37]

C'est dans une salle.

[01:08:39]

Il y a vraiment beaucoup de monde qui en a reçu

[01:08:41]

sans le vouloir.

[01:08:42]

C'est problématique.

[01:08:44]

C'est crazy.

[01:08:46]

En fait, c'est décourageant

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de voir des histoires comme ça,

[01:08:50]

mais à quelque part,

[01:08:52]

c'est encourageant de voir

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qu'on peut les attraper.

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Mais on s'entend que c'est un long combat.

[01:08:59]

Vraiment, les dommages causés

[01:09:02]

sont pires

[01:09:03]

que la satisfaction, sans doute,

[01:09:05]

de l'avoir attrapé après 10 ans.

[01:09:08]

Parce que là,

[01:09:09]

ça demande de refaire ta réputation,

[01:09:12]

d'accepter

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qu'il y a ces photos-là de toi

[01:09:14]

qui ne vont probablement jamais disparaître.

[01:09:16]

C'est extrêmement frustrant.

[01:09:20]

Puis oui,

[01:09:21]

on sait que ça commence plus tôt.

[01:09:22]

Ça commence même au primaire, les tentatives

[01:09:24]

de sextorsion, les choses comme ça.

[01:09:26]

Je ne sais pas c'est quoi la solution.

[01:09:28]

Sans doute l'éducation

[01:09:30]

des petits garçons.

[01:09:31]

Tu sais, éduquer les kids

[01:09:33]

comme quoi

[01:09:35]

ça peut faire des dommages incroyables

[01:09:39]

de partager

[01:09:40]

des images comme ça.

[01:09:41]

Oui, c'est pas un jeu.

[01:09:43]

J'ai l'impression que ce n'est pas...

[01:09:46]

Justement,

[01:09:47]

vu qu'ils ont des cellulaires jeunes,

[01:09:49]

c'est ça qui a amené ça.

[01:09:51]

À 12-13 ans, j'ai l'impression

[01:09:52]

que tu n'as pas tant

[01:09:54]

la notion de l'impact que ça va créer.

[01:09:57]

Ils voient plus ça comme un jeu

[01:09:58]

et sans vouloir leur enlever une responsabilité.

[01:10:02]

Les plus jeunes,

[01:10:03]

j'ai l'impression qu'ils ne sont pas

[01:10:04]

conscients des impacts.

[01:10:05]

Tout simplement, il faut les éduquer.

[01:10:07]

Ça a ses limites, l'éducation.

[01:10:10]

Là, on est dans la coercion, mais malgré ça...

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En tout cas, j'ai hâte de voir avec les nouvelles lois.

[01:10:14]

Ça va vraiment aider.

[01:10:17]

Tout ça pour essayer

[01:10:18]

d'éduquer vos enfants

[01:10:20]

et de les prévenir, autant les hommes

[01:10:22]

et les femmes, pas dans le harcèlement,

[01:10:24]

mais aussi si ils sont victimes de ça.

[01:10:25]

J'ai hâte de peut-être

[01:10:27]

ouvrir une porte, de se confier à vous,

[01:10:29]

parce que ce que je trouve triste aussi,

[01:10:30]

et je ne les blâme pas, je les comprends,

[01:10:32]

c'est tellement gênant. Les jumelles,

[01:10:33]

ils n'ont jamais parlé de ça à leurs parents

[01:10:35]

pendant des années. C'était des adultes.

[01:10:38]

Imagine la honte qu'elles devaient avoir

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pour ne pas avoir ce sentiment,

[01:10:44]

ce lien de confiance-là

[01:10:45]

pour aller en parler à leurs parents.

[01:10:47]

Je suis sûr qu'elles regrettent

[01:10:48]

avec le recul,

[01:10:51]

mais c'est aussi essayer

[01:10:53]

d'avoir un dialogue d'ouverture

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avec vos enfants aussi, ou même

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à jeunes adultes, si c'est quelque chose

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qui arrive, qui vient nous en parler

[01:11:01]

rapidement, parce que plus vite

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on porte plainte,

[01:11:05]

plus vite ça peut arrêter

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et il va peut-être moins faire d'autres

[01:11:09]

victimes aussi, et ce jeu-là

[01:11:12]

va moins affecter

[01:11:13]

votre enfant dans tout ça.

[01:11:16]

Bonne chance

[01:11:17]

aux parents.

[01:11:18]

Oui, c'est un combat qui n'est pas tout de suite réglé,

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mais dites-nous les Distordieux ce que vous

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en pensez si vous avez des trucs

[01:11:25]

pour tenter de se défaire

[01:11:27]

d'un cyber-harceleur.

[01:11:29]

Si vous l'avez vécu, vous aimeriez nous parler

[01:11:31]

de votre expérience.

[01:11:33]

N'hésitez pas à commenter.

[01:11:35]

On est derrière vous, il y a des ressources

[01:11:36]

qui existent.

[01:11:39]

On vous remercie.

[01:11:40]

On remercie André Beaupré, notre monteur.

[01:11:43]

On remercie nos deux incroyables

[01:11:45]

recherchistes anonymes de nous donner

[01:11:47]

un coup de main à chaque épisode.

[01:11:48]

Et pour terminer, comme c'est la tradition,

[01:11:51]

on a des shout-out à donner

[01:11:52]

à nos merveilleux membres Patreon.

[01:11:54]

Je te laisse commencer Seb.

[01:11:56]

Oh oui, un gros hi-five à Lawish,

[01:11:59]

à Aar,

[01:12:01]

Cindy M,

[01:12:02]

Mary Peir et Alexandra L.

[01:12:06]

Beaucoup d'amour

[01:12:07]

à Samuel M,

[01:12:08]

à Florian P, à Hélène L,

[01:12:11]

à Erin

[01:12:12]

et à Sarah B.

[01:12:14]

Je donne beaucoup d'amour à Alexandra L,

[01:12:16]

Kevin S, Renaud V,

[01:12:19]

Ingetrude M

[01:12:20]

et Véronique B.

[01:12:22]

Un gros hi-five à Ag,

[01:12:25]

à David B,

[01:12:26]

à Cyn, à Julie C

[01:12:28]

et à Elvie.

[01:12:29]

Et je conclue l'amour à

[01:12:32]

Claudine L, Marie-Josée S,

[01:12:35]

Caroline Q,

[01:12:36]

Audrey et le mystérieux

[01:12:38]

la mystérieuse Slap.

[01:12:48]

Et pour terminer Seb,

[01:12:50]

aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?

[01:12:52]

Sera bien riche celui qui inventera

[01:12:54]

une application permettant de partager

[01:12:56]

des nudes en toute sécurité.

[01:12:59]

Oh!

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