🏝️ L’apocalypse et les milliardaires | Complots distordus Ep. 8

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🏝️ L’apocalypse et les milliardaires | Complots distordus Ep. 8

Épisode
161
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1 h 21 min
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Quand on parle de la fin du monde, on imagine une catastrophe spectaculaire. Mais aujourd’hui, l’apocalypse prend aussi la forme de milliardaires qui achètent des terres isolées, font creuser des bunkers et construisent des refuges loin du reste du monde.

Pourquoi Peter Thiel, Mark Zuckerberg, Bill Gates et d’autres figures de l’élite techno-financière semblent-ils vouloir se mettre à l’abri? Est-ce qu’ils savent quelque chose… ou voient-ils simplement plus clairement les fragilités du système?

Des récits de fin du monde aux bunkers

Dans cet épisode, on remonte aux racines religieuses et complotistes de l’apocalypse, avant de plonger dans un monde très concret de silos reconvertis, de domaines fortifiés, de survivalisme d’élite et de peur de l’effondrement.

On explore Survival Condo, le domaine souterrain de Zuckerberg à Hawaï, les terres agricoles de Bill Gates, la Nouvelle-Zélande version Peter Thiel, puis des projets comme Vivos xPoint et Oppidum. En filigrane, une même question revient : pourquoi ceux qui ont aidé à construire le monde moderne semblent-ils si nombreux à vouloir s’en éloigner?

Dans l’aftershow : se préparer au pire

Dans l’after, on laisse les milliardaires dans leurs bunkers et on ramène tout ça au monde normal. On regarde à quoi ressemble concrètement la préparation d’urgence aujourd’hui, du simple 72 heures jusqu’au niveau TEOTWAWKI, avec des exemples réels, du matériel, des prix, et une question de fond : à partir de quand se préparer cesse d’avoir l’air exagéré?

Continuer Complots distordus

Pour explorer un autre versant de ces récits, retrouvez les théories du complot autour des grandes entreprises.

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sûr.

[00:22]

Des complots complètement distordus.

[00:44]

Pendant la fin du monde, on imagine un événement spectaculaire.

[00:48]

Maintenant, la fin du monde n'est plus seulement propagée par les films,

[00:51]

mais aussi par les richissimes de ce monde.

[00:54]

Peter Thiel achète des terres isolées,

[00:57]

Mark Zuckerberg construit un banqueur souterrain à Hawaii,

[01:01]

et Reid Hoffman parle ouvertement de plans d'évacuation.

[01:06]

Pourquoi ceux qui ont construit le système moderne commencent soudainement à s'en méfier?

[01:11]

Plongez avec nous au cœur d'une obsession bien réelle,

[01:15]

la préparation pour l'apocalypse.

[01:29]

Sébastien Évêque, comment ça va aujourd'hui?

[01:31]

Ça va bien, et toi Emile Gauthier?

[01:33]

Ça va très bien. Écoute, dernier épisode de notre mini-série sur les théories du complot.

[01:38]

Dites-nous ce que vous en avez pensé, les distordus, à savoir si vous aimez ça qu'on ponctue quelquefois dans l'année comme ça.

[01:45]

Une autre saison régulière avec des saisons plus thématiques.

[01:48]

J'ai l'impression que moi j'ai bien aimé, mais j'ai l'impression qu'on n'a pas encore fait le tour.

[01:51]

Il en reste tellement des théories du complot intéressantes, surtout à l'ère numérique,

[01:56]

que j'ai l'impression qu'on risque d'en faire d'autres, même si notre mini-série est terminée.

[02:00]

Ah oui, je suis convaincu que oui, mon cher Emile.

[02:02]

Juste pour les entreprises, on s'est déjà un peu dit qu'on voudrait déjà en faire un deuxième,

[02:08]

parce qu'il y en a tellement, mais t'as raison, parce que notre liste initiale, elle était quand même assez longue.

[02:14]

Et là, évidemment, on essaie de choisir les meilleurs ou les plus enlevés, mais il en reste encore.

[02:19]

Ben oui, il y en a plein qu'on n'a pas encore abordé, autant des théories au niveau de l'aérospatiale,

[02:26]

mais aussi le peuple reptilien, on n'en a pas parlé beaucoup.

[02:30]

Des fois ici et là, on en anglisse un petit mot, mais il y a plein de théories comme ça.

[02:34]

La zone 51, on n'en a pas parlé, on n'a pas parlé beaucoup des extraterrestres non plus.

[02:39]

Il y a sans doute certains thèmes qu'on pourrait aborder dans un futur quand même rapproché autour de ça.

[02:46]

Mais dites-nous ce que vous en avez pensé de cette mini-série-là.

[02:48]

On va mettre un petit sondage sur Spotify aussi, si vous écoutez l'épisode sur Spotify.

[02:53]

Allez prendre part au sondage pour nous dire si vous avez aimé cette mini-série-là.

[02:58]

Si vous êtes membre Patreon, n'oubliez pas que c'est pas la fin pour vous,

[03:02]

parce qu'il y a un épisode secret qui va être disponible très bientôt aussi.

[03:06]

Donc on sait qu'à chaque saison, les membres qui sont abonnés au forfait Oui Monsieur

[03:11]

ont droit à un épisode dont seuls eux ont accès.

[03:16]

Et qu'on ne va jamais dévoiler au grand public.

[03:20]

Donc si vous voulez être sûr de ne pas manquer ça, abonnez-vous sur Patreon.

[03:25]

De même que vous allez avoir accès à tous nos spectacles aussi.

[03:28]

Oui, c'est vrai.

[03:29]

En version audio, en version vidéo lorsqu'on filme.

[03:31]

Malheureusement, on ne filme pas tous nos spectacles, mais il y en a quelques-uns qui sont filmés.

[03:36]

Donc déjà au moment où on se parle, vous en avez plusieurs.

[03:39]

Le show à Québec qu'on a fait au festival de podcasts.

[03:42]

Le Lyon d'art est disponible aussi.

[03:44]

Le show qu'on a fait à Trois-Rivières au Musée Pop ayant pour thème prison et brancages

[03:49]

est disponible aussi sur Patreon.

[03:53]

En plus de tous nos after-shows.

[03:55]

D'ailleurs, on va en avoir un assez intéressant.

[03:56]

De quoi tu nous parles en after-show?

[03:58]

En after-show aujourd'hui, on va parler des preppers.

[04:02]

Les preppers, je vous spoil un peu, je vous divulgue un peu,

[04:05]

mais c'est les gens, on peut nommer, c'est le niveau de préparation

[04:11]

qu'on met pour s'il arrive un événement, pas nécessairement jusqu'à l'apocalypse.

[04:15]

Il y aurait trois niveaux de préparation.

[04:18]

Un peu pour les gens normaux, un peu comme vous et moi.

[04:22]

Et on va décrire par rapport à ces trois niveaux-là,

[04:25]

qu'est-ce qu'elles sont, les balises pour s'il manque jusqu'à trois jours,

[04:30]

s'il y a une semaine, puis qu'est-ce qu'on doit faire dans ces situations-là.

[04:35]

Et aussi avec des cas vécus qui est arrivé aussi de, pas des apocalypses évidemment,

[04:39]

mais des situations extrêmes.

[04:42]

Des catastrophes naturelles.

[04:43]

Exact, où les gens ont pu manquer de ressources pendant plusieurs jours, semaines et mois.

[04:49]

C'est un peu ça qu'on va faire un peu le tour de ça.

[04:51]

C'est un peu une capsule semi-éducative, distorsion,

[04:54]

puis on s'amuse un petit peu avec le niveau, vous allez voir,

[04:57]

le niveau 3 qui est assez extrême, quasiment au-delà des survivalistes,

[05:02]

ou à peu près à ce niveau-là.

[05:04]

Donc les trois niveaux des preppers.

[05:06]

Exact.

[05:06]

On va quand même englisser un mot aujourd'hui parce qu'on a un gros thème,

[05:10]

on voulait terminer la saison avec ça.

[05:12]

Ce qu'on se rend compte, c'est que même si, bon,

[05:15]

est-ce qu'on a des signes de fin du monde actuellement,

[05:18]

quand même un petit peu, il y a des guerres, il y a des changements climatiques,

[05:21]

il y a des perturbations économiques au niveau technologique aussi.

[05:25]

Et puis on se rend compte que les milliardaires de ce monde,

[05:27]

on a parlé de Zuckerberg en intro, de Peter Thiel, mais aussi Bill Gates,

[05:32]

s'il y en a plusieurs autres,

[05:34]

eux se préparent déjà à une certaine fin du monde,

[05:37]

comme s'ils savaient quelque chose qu'on ne sait pas, nous,

[05:40]

le simple quidam qui peuple la Terre.

[05:42]

Donc on va parler de tout ça, un peu du monde dans lequel on vit,

[05:46]

des perturbations qui nous entourent,

[05:49]

puis comment les richissimes, les milliardaires de ce monde

[05:51]

semblent avoir une longueur d'avance en se préparant pour l'apocalypse.

[05:56]

Même si ils disent que ce n'est pas le cas.

[05:57]

Non, exactement, il n'y a rien là, il n'y a rien là.

[06:00]

Sinon, qu'est-ce qu'on boit, Seb, pour passer au travers de tout ça?

[06:03]

On boit la délicieuse Delirium Tremens de la brasserie.

[06:08]

Delirium, en fait, qui est une brasserie belge

[06:11]

qu'on peut retrouver à la SAQ et partout au Québec.

[06:14]

Et la Delirium Tremens, c'est une icône belge à 8,5 % d'alcool, assez forte.

[06:20]

Et ce qui est intéressant, c'est qu'elle a récolté plusieurs distinctions,

[06:23]

dont le European Beer Challenge et la London Beer Competition.

[06:27]

Donc, c'est quand même très intéressant comme bière,

[06:30]

mais on doit remercier Alia et Max qui sont venus nous porter ça en main propre au Lyon d'or.

[06:37]

Merci pour ce généreux cadeau de votre part.

[06:40]

Et donc, c'est notre bière de la semaine.

[06:42]

Merci à vous. On a aussi un shout-out à donner à Je Alex,

[06:46]

qui nous a donné une review 5 étoiles sur rapport au podcast.

[06:50]

Il nous dit « Salut, Emile et Seb, je vous suis depuis plusieurs années.

[06:53]

Je dois vous avouer que je suis un peu addict à votre podcast.

[06:56]

Étant trockeur, votre voix m'accompagne pendant mes longues nuits sur les routes de France.

[07:02]

Au shout-out à tous les trockeurs de France.

[07:04]

Il se peut aussi que vous me renvoyez à une de mes meilleures périodes de ma vie,

[07:08]

mon expatriation au Québec et mes études à l'Université de Montréal.

[07:12]

Un grand merci et continuez comme ça. »

[07:15]

Merci à toi, Alex, pour ces bons mots.

[07:18]

On vous rappelle qu'on est en pleine tournée des cabarets des curiosités du web.

[07:22]

On risque d'aller près de chez vous, que vous soyez au Québec ou qui sait, peut-être même ailleurs.

[07:27]

Mais quelques dates comme ça, le 15 mai, on sera au Vieux Palais de l'Assomption.

[07:31]

Les billets sont en vente maintenant.

[07:33]

Le 3 juin 2026, la Chapelle Spectacle à Québec.

[07:36]

Il reste quelques billets, je pense.

[07:38]

Le 11 juin, au cabaret BMO à Sainte-Thérèse.

[07:41]

Rive-Nord de Montréal, venez nous faire un coucou.

[07:43]

Le 26 septembre, Pavillon des Arts de la Seine à Varennes.

[07:47]

16 octobre 2026, la boîte Saint-Jean à Saint-Jean-sur-Richelieu.

[07:50]

On a bien hâte d'aller là aussi.

[07:52]

Et en 2027, parce qu'on est déjà en train de bouquer notre tournée 2027,

[07:56]

la petite église de Saint-Eustache, Saint-Eux, est déjà en vente maintenant.

[08:01]

Il y a plusieurs autres dates qui s'en viennent,

[08:04]

dont un show un petit peu mystérieux en nous, quelque part, à Montréal.

[08:08]

Donc, ce sera à suivre.

[08:10]

Et je pense qu'on en a assez dit, Seb.

[08:12]

Est-ce qu'on est prêt à se plonger dans la préparation pour l'apocalypse?

[08:16]

Oui, monsieur!

[08:17]

C'est parti!

[08:21]

Aujourd'hui, on va parler des architectes du monde actuel, Emile.

[08:25]

Ceux qui ont bâti les réseaux sociaux, ceux qui contrôlent les flux financiers,

[08:28]

ceux qui comprennent les failles, peut-être mieux que n'importe qui.

[08:32]

Et pour une raison abstraite, ils sont les premiers à se préparer pour l'apocalypse.

[08:36]

En effet.

[08:37]

Le détail qui alimente les suppositions, c'est ça.

[08:40]

Ces gens-là ne sont pas des marginaux, ce ne sont pas des complotistes sur Internet.

[08:44]

Alors, quand ils commencent à se préparer, la question change complètement.

[08:49]

Est-ce qu'ils savent quelque chose que nous ne savons pas?

[08:52]

Ou est-ce qu'ils voient simplement ce que nous refusons de regarder?

[08:55]

Oui, parce que ça aussi, c'est possible.

[08:57]

Oui. Mais attention, ce phénomène ne reste pas limité aux élites.

[09:02]

Pendant que certains construisent des bunkers à plusieurs millions,

[09:05]

d'autres commencent aussi à se préparer, différemment, avec moins de moyens,

[09:09]

mais souvent avec plus de tension.

[09:10]

Aux États-Unis, il y a environ 20 millions de personnes qui se considèrent aujourd'hui

[09:15]

comme des « preppers », ce qu'on vous parlait en intro.

[09:18]

Des gens qui stockent de la nourriture, des armes, du matériel.

[09:22]

Tout ça parce qu'ils pensent que quelque chose de grave est sur le point d'arriver.

[09:25]

Un effondrement qui mènera à une rupture du système tel que nous le connaissons.

[09:30]

Et cette part n'est pas sortie nulle part.

[09:32]

Depuis l'an 2000, plus de 7300 catastrophes majeures ont été recensées dans le monde

[09:37]

contre environ 4200 sur les deux décennies précédentes.

[09:41]

C'est vrai que c'est beaucoup.

[09:42]

Ce genre de chiffre change la perception.

[09:44]

Le monde dans lequel nous vivons semble de plus en plus fragile.

[09:48]

Alors, chacun réagit.

[09:50]

Les riches, eux, construisent des bunkers.

[09:52]

Les autres, comme nous, simples peuples, remplissent leurs sous-sols.

[09:56]

Mais est-ce qu'ils se préparent à la même chose

[09:58]

ou est-ce qu'ils vivent déjà dans deux réalités différentes?

[10:01]

Oui, puis je ne veux pas trop mettre dans le même panier, Seb,

[10:04]

ce qui pratique le survivalisme comme hobby.

[10:09]

Parce que c'est une chose aussi, je pense,

[10:11]

de stocker des années de bouffe déshydratée dans son sous-sol.

[10:16]

Mais aussi, je pense que c'est autre chose d'avoir le hobby de, par exemple,

[10:22]

aller dormir un week-end en forêt avec rien du tout.

[10:26]

D'apprendre des techniques de survie qui sont, je pense, très pertinentes

[10:31]

dans le monde dans lequel on vit.

[10:32]

Puis ça, je pense que c'est...

[10:34]

Il y a ces deux volets-là.

[10:36]

Je pense que de pratiquer le survivalisme par hobby,

[10:40]

c'est une chose versus tout investir dans ses économies,

[10:44]

dans construire un bunker souterrain.

[10:47]

Moi, j'avoue que le survivalisme, sans en avoir pratiqué personnellement,

[10:52]

je trouve ça quand même intéressant.

[10:53]

Oui, ah bien oui.

[10:54]

De savoir justement qu'est-ce que tu peux manger en forêt,

[10:57]

quels sont les meilleurs moyens de survivre si, par exemple,

[11:03]

une pénurie d'eau ou plus d'électricité ou des choses comme ça.

[11:07]

Je trouve ça vachement intéressant.

[11:09]

Même que peut-être tous les humains devraient avoir un mini cours de survivalisme.

[11:13]

Oui, tu as raison, quasiment comme le RCR.

[11:17]

Absolument, tu as raison.

[11:18]

En cas de survie, puis avec les catastrophes naturelles

[11:20]

qui sont de plus en plus fréquentes, effectivement,

[11:22]

ça serait bien pratique.

[11:23]

Je vous invite aussi, excuse-moi, je te coupe encore.

[11:26]

Je vous invite à l'écouter, puis même à regarder.

[11:29]

Pendant la pandémie, on avait fait une série vidéo

[11:33]

qui s'appelle Isolement, qui est disponible sur notre chaîne YouTube.

[11:37]

Sûrement en balado aussi, en audio sur les plateformes.

[11:40]

Et puis on avait fait une interview avec Nick, le survivaliste.

[11:43]

Donc, super intéressant pour ceux qui veulent en savoir plus

[11:46]

sur le hobby de survivalisme, alors qu'on était en pleine pandémie

[11:50]

puis qu'on y pensait presque sérieusement à être en mode survie.

[11:55]

Ah bien oui, c'était tellement un autre, même si ça fait cinq ans,

[11:58]

on dirait que c'était une autre époque.

[11:59]

Mais là, on ne parlera pas tant de hobby aujourd'hui, Emile,

[12:03]

parce que des bunkers souterrains avec piscine,

[12:05]

des milliardaires qui achètent des pays entiers,

[12:07]

des familles qui sont en train de survivre

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comme si tout allait s'effondrer demain.

[12:10]

C'est un peu plus ça.

[12:12]

Est-ce qu'on est en train d'imaginer la fin du monde

[12:14]

où elle est déjà commencé?

[12:16]

Bonne question.

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Et là, on va revenir un peu en arrière

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sur les fondations des histoires d'apocalypse.

[12:21]

Parce que bien avant les bunkers, les milliardaires

[12:24]

et les scénarios d'effondrement global,

[12:26]

la fin du monde occupait déjà une place centrale

[12:28]

dans l'imaginaire collectif.

[12:30]

Mais à l'époque, elle ne se préparait pas.

[12:32]

Elle s'annonçait et surtout, elle s'expliquait.

[12:36]

Dans les traditions religieuses,

[12:38]

l'apocalypse n'est pas simplement une catastrophe,

[12:40]

elle est une révélation.

[12:42]

Le terme provient du grec apocalypsis,

[12:44]

qui signifie dévoilement.

[12:46]

L'idée n'est pas seulement que le monde se termine,

[12:49]

mais que la vérité sur l'humanité, pardon,

[12:51]

soit enfin révélée.

[12:53]

L'exemple le plus marquant reste

[12:55]

l'apocalypse de Jean,

[12:57]

dans le dernier livre du Nouveau Testament,

[12:59]

rédigé au tour du premier siècle.

[13:01]

Ça fait quand même un bout.

[13:02]

On y retrouve une série de visions symboliques,

[13:05]

cavalier, annonciateur de guerre et de famine,

[13:07]

jugement divin, destruction puis renaissance du monde.

[13:11]

Ce récit a profondément influencé

[13:13]

la manière dont les sociétés occidentales

[13:15]

perçoivent la fin du monde.

[13:17]

Pendant des siècles,

[13:19]

ces représentations ont servi de cadres

[13:20]

d'interprétation aux crises.

[13:22]

Lors de la peste noire au XIVe siècle,

[13:25]

qui a tué entre 30 et 50 %

[13:27]

de la population européenne.

[13:29]

C'est fou, hein, ça, quand même!

[13:30]

Plusieurs y ont vu une punition divine.

[13:33]

De la même manière,

[13:34]

durant les guerres ou les famines,

[13:36]

certains groupes interprétaient les événements

[13:37]

comme des signes annonciateurs de la fin des temps.

[13:40]

Et l'apocalypse permettait ainsi

[13:42]

de donner du sens à des catastrophes

[13:44]

incompréhensibles.

[13:46]

Mais au-delà des croyances,

[13:47]

l'apocalypse a aussi été utilisé

[13:49]

comme un outil de contrôle.

[13:51]

Certains groupes ont compris que la peur,

[13:53]

eh bien, d'une fin imminente,

[13:55]

ça pouvait renforcer l'adhésion

[13:57]

et, surtout, l'obéissance.

[13:59]

Les mouvements sectaires

[14:00]

offrent des exemples particulièrement révélateurs.

[14:03]

Dans les années 70,

[14:05]

Jim Jones, leader du temple du peuple,

[14:08]

développe un discours apocalyptique

[14:10]

centré sur une destruction éminente

[14:12]

du monde extérieur.

[14:13]

Il se présente comme une figure protectrice

[14:15]

face à ce chaos annoncé.

[14:17]

En 1978, cette logique

[14:19]

conduit à un suicide collectif au Guyana,

[14:22]

faisant plus de 900 morts.

[14:24]

Le récit de la fin du monde

[14:25]

n'était pas seulement une croyance,

[14:26]

c'était carrément un mécanisme d'emprise.

[14:29]

Les sectes ont joué beaucoup

[14:32]

sur cet élément de fin du monde

[14:34]

comme quoi il fallait

[14:36]

partir tous en même temps

[14:38]

pour éviter la fin du monde

[14:39]

ou pour la vivre différemment.

[14:41]

Je me rappelle de l'ordre du temple solaire

[14:44]

dans les années 90,

[14:46]

où il y avait eu un genre de suicide collectif.

[14:48]

Il me semble que c'était au Québec, en Suisse.

[14:50]

Et peut-être ailleurs aussi,

[14:52]

corrigés nous, les Distordus.

[14:53]

Je n'ai pas la page Wikipédia devant moi.

[14:56]

Mais eux,

[14:57]

en se donnant la mort

[15:00]

tous à ce même moment,

[15:02]

ils allaient rejoindre

[15:03]

une comète,

[15:05]

un genre de vaisseau extraterrestre.

[15:07]

Je pensais au-dessus de la Terre.

[15:10]

Ils ont coordonné ça

[15:11]

avec un événement

[15:14]

astronomique, je crois.

[15:15]

Je ne sais pas si c'est réel et autre,

[15:17]

mais c'était pour eux la vision de l'Apocalypse.

[15:19]

C'était important de se donner la mort

[15:21]

entièrement pour partir

[15:23]

tous ensemble.

[15:24]

C'est au cœur de plusieurs sectes

[15:27]

cette vision de l'Apocalypse.

[15:29]

Des fois, je ne veux pas parler

[15:31]

à travers mon chapeau, mais même

[15:32]

les témoignes Jehovah me semblent

[15:33]

qu'ils parlent beaucoup de ça aussi,

[15:35]

qu'il va y avoir

[15:37]

un nombre restreint de gens

[15:39]

qui vont être escapés justement à la fin du monde,

[15:41]

quelque chose comme ça.

[15:43]

Tu as raison, ça va même au-delà des sectes,

[15:45]

même les religions

[15:47]

utilisent ce prétexte-là.

[15:49]

Et là, Seb, on va passer du divin

[15:51]

à la technologie.

[15:53]

Parce qu'aujourd'hui, l'Apocalypse

[15:54]

ne se raconte plus seulement avec des prophètes,

[15:57]

des cavaliers ou des signes

[15:59]

venus du ciel.

[16:00]

Dans les années 90,

[16:02]

cette transition prend une forme presque caricaturale

[16:05]

avec le projet

[16:06]

Blue Beam.

[16:07]

La théorie est popularisée par un auteur

[16:09]

d'origine québécoise, en fait,

[16:11]

Serge Monaste,

[16:13]

qui publie en 94 un livre

[16:15]

affirmant qu'un programme secret pourrait

[16:17]

simuler des apparitions religieuses,

[16:20]

manipuler les croyances

[16:21]

et à terme, pousser les populations

[16:23]

vers un nouvel ordre mondial.

[16:25]

Et dans ce scénario, la figure divine

[16:27]

ne disparaît pas, elle est remplacée

[16:29]

par une mise en scène technologique.

[16:32]

Le détail important,

[16:33]

c'est qu'aucune preuve crédible

[16:35]

n'est venue appuyer l'existence d'un tel projet.

[16:38]

Le récit existe, il a circulé,

[16:40]

mais il repose sur une logique

[16:42]

conspirationniste, mais pas sur

[16:43]

des faits démontrés.

[16:45]

Les théories liées aux extraterrestes

[16:47]

rejoutent souvent la même mécanique.

[16:49]

Elles parlent de contacts cachés,

[16:51]

de technologies dissimulées,

[16:53]

de l'état qui serait quelque chose

[16:54]

sans jamais vraiment le révéler.

[16:57]

Et pourtant, en 2024,

[16:58]

le département de la Défense des États-Unis

[17:01]

rappelait encore que son bureau d'enquête

[17:03]

sur les phénomènes anormaux,

[17:04]

l'AARO, n'avait trouvé

[17:06]

aucune preuve vérifiable

[17:08]

d'activité extraterrestre,

[17:10]

ni de technologie extraterrestre

[17:11]

dans les dossiers examinés depuis 1945.

[17:14]

Ce qui garde ces récits en vie,

[17:16]

c'est donc pas l'accumulation de preuves,

[17:18]

c'est leur force symbolique.

[17:20]

Ils offrent une explication totale

[17:22]

avec du secret, bien sûr,

[17:24]

une autorité cachée et une vérité

[17:26]

réservée à quelques initiés seulement,

[17:29]

ce qui n'aide pas à justement

[17:32]

contrôler

[17:32]

cette pensée comme quoi la fin du monde

[17:34]

s'en vient et que les gouvernements

[17:36]

savent quelque chose.

[17:38]

Dans le monde moderne, ce sont les guerres

[17:40]

technologiques qui créent essentiellement

[17:41]

la part d'une fin du monde, mais aussi

[17:43]

les changements environnementaux et climatiques

[17:45]

et les catastrophes naturelles.

[17:48]

Et certains sont prêts à tout pour s'en protéger.

[17:50]

Et là, on va parler d'un de mes

[17:53]

projets préférés, Seb,

[17:55]

le Survival Condo.

[17:56]

C'est fou, écoutez ça.

[17:57]

Ah oui, ça c'est vraiment tripant.

[18:01]

Vous irez voir des images,

[18:03]

moi j'en ai devant moi,

[18:05]

mais c'est difficile à décrire

[18:06]

en audio, mais bon.

[18:08]

Imaginez un ancien silo

[18:10]

Atlas F, c'est-à-dire

[18:12]

une installation militaire américaine

[18:14]

de la guerre froide conçue pour

[18:16]

stocker sous terre un missile

[18:18]

balistique intercontinental

[18:21]

de modèles

[18:22]

Atlas F, armé d'une

[18:24]

ogive nucléaire d'environ

[18:26]

4,5 mégatonnes.

[18:28]

Donc imaginez ce silo-là,

[18:30]

qui est immense.

[18:31]

L'hémissile restait enfoui

[18:34]

dans un silo blindé à l'époque,

[18:36]

puis devait être remonté à la surface

[18:38]

par un immense ascenseur

[18:39]

avant le lancement. Et à l'origine,

[18:42]

ce lieu n'a rien d'un refuge

[18:44]

civil. C'est une machine de

[18:46]

fusil poste nucléaire,

[18:47]

c'est une arme en soi.

[18:49]

Et c'est précisément ce squelette

[18:51]

militaire que Survival Condo

[18:53]

a ensuite transformé en

[18:55]

bunker privé de luxe.

[18:57]

Vous pouvez aller voir le site Web,

[18:59]

et c'est quand même mystérieux,

[19:00]

je vous avoue. Moi je suis allé le voir.

[19:03]

Tu ne peux pas faire, parce que

[19:05]

évidemment, dans

[19:07]

cet ancien silo-là,

[19:10]

le fondateur,

[19:11]

un certain Larry Hall,

[19:12]

lui, il est en train de bâtir

[19:14]

des condos là-dedans.

[19:16]

Mais c'est dur de voir à quel stade

[19:18]

ils sont rendus pour être francs avec toi.

[19:20]

À chaque fois que tu veux des détails,

[19:21]

il faut que tu les contactes. Les rendus 3D

[19:24]

font un peu début des années 2000

[19:26]

aussi, donc c'est pas

[19:28]

clair-clair à quelle étape ils sont rendus.

[19:30]

Puis vu que c'est un bunker de

[19:32]

survivaliste, tu peux pas dire

[19:33]

visite libre dimanche-après-midi,

[19:35]

parce que le secret fait partie

[19:38]

aussi de la protection

[19:40]

politique qu'il t'offre.

[19:42]

Donc c'est tout un petit peu mystérieux tout ça,

[19:44]

mais il y a eu des articles dans

[19:46]

pas mal toutes les grandes publications

[19:47]

à ce niveau-là. Je vous en parle un peu.

[19:50]

Donc derrière le projet,

[19:51]

il y a un certain Larry Hall.

[19:54]

Lui, c'est un ancien spécialiste des réseaux

[19:56]

et des centres de données pour des

[19:57]

contractants de la défense.

[19:59]

Et lui, il a acheté le silo en 2008

[20:01]

pour 300 000 $ US.

[20:05]

Les travaux

[20:06]

se terminent en décembre 2012

[20:08]

après un investissement de près de

[20:10]

20 millions de dollars.

[20:11]

Et au final, Hall transforme l'endroit

[20:14]

en complexe résidentiel souterrain

[20:16]

de 15 étages, Seb,

[20:18]

avec 12 appartements privés

[20:20]

et une capacité totale

[20:22]

d'environ 75 personnes.

[20:24]

Et là, ça s'enfonce dans le sol,

[20:26]

cette chose-là, avec plusieurs étages.

[20:29]

Il y a des penthouse,

[20:30]

il y a des salles communes.

[20:31]

Je vais vous en parler un petit peu.

[20:33]

Parce que ce que Survival Condo

[20:35]

fait, c'est pas juste de la protection,

[20:37]

c'est un lifestyle.

[20:39]

C'est une continuité de la vie ordinaire.

[20:42]

Le site officiel parle de plus

[20:43]

de 54 000 pieds carrés

[20:45]

d'espace protégé,

[20:47]

d'une autonomie de plus de 5 ans

[20:49]

pour 75 personnes

[20:50]

en eau, en nourriture,

[20:53]

tout ça. Il y a un système de filtrations

[20:56]

aussi. Il y aurait de la culture

[20:58]

hydroponique qui serait pour des légumes.

[21:00]

On parle d'un magasin général,

[21:02]

il y a un théâtre,

[21:03]

un cinéma, un bar-salon,

[21:05]

une bibliothèque. Il y a un centre

[21:07]

médical de premiers soins,

[21:09]

et aussi un centre de commandement

[21:11]

de toute cette opération-là.

[21:13]

Et même sous terre, tout est organisé

[21:15]

pour donner l'impression que le quotidien

[21:18]

continue.

[21:19]

Ça me fait penser à la série Paradise

[21:21]

sur Dîner Plus.

[21:23]

Faut que tu regardes ça, Emile.

[21:25]

La deuxième saison vient de se terminer,

[21:27]

puis c'est foubraque.

[21:28]

Sans trop vous divulgâcher,

[21:30]

ça fait partie un peu de la prémisse.

[21:32]

C'est des ultra-riches

[21:34]

qui se préparent à l'arrivée d'un météorite,

[21:36]

si je ne me trompe pas. Ils se préparent à

[21:37]

construire un gros bunker dans une montagne

[21:40]

du Colorado en secret.

[21:42]

Ils choisissent un peu une forme

[21:44]

de future société, d'élite

[21:46]

et tout ça, qui vont avoir

[21:48]

la chance de pouvoir habiter

[21:50]

ce nouvel endroit, ce Paradise.

[21:52]

Je vous fais fi de tous les détails,

[21:54]

mais ça ressemble un peu à ça.

[21:55]

C'est une fiction, mais je vous le dis,

[21:57]

c'est super bon à voir.

[21:59]

Si vous aimez ce style-là

[22:01]

de ce qu'on vous parle aujourd'hui,

[22:02]

c'est une série à voir.

[22:03]

Oui, ça a l'air vraiment intéressant.

[22:05]

Les condos eux-mêmes suivent la même logique.

[22:08]

Sur le site actuel, le demi-étage

[22:10]

est toujours affiché à 1,5 million US

[22:13]

pour environ 900 pieds carrés.

[22:15]

L'étage complet est à 3 millions

[22:17]

pour 1820 pieds carrés

[22:20]

et le penthouse,

[22:21]

lui, est à partir de

[22:22]

4,5 millions pour

[22:24]

3600 pieds carrés

[22:26]

sur deux étages.

[22:27]

Mais les fiches d'inventaire publiées en 2025

[22:30]

montrent aussi que le marché bouge.

[22:32]

C'est-à-dire deux demi-étages

[22:34]

étaient alors affichés à 1,2 et 1,3 millions

[22:36]

et un étage complet

[22:38]

avait été réduit à 2,4 millions

[22:40]

avant d'être vendu.

[22:42]

Même l'apocalypse finit par avoir

[22:43]

des ajustements de prix.

[22:45]

Ça ressemble à peu près à les hauts prix de Montréal

[22:47]

aujourd'hui pour acheter un condo.

[22:48]

C'est quand même, les prix sont pas si gros que ça, je trouve,

[22:51]

pour ce qui offre versus le marché d'aujourd'hui.

[22:53]

Oui, mais là t'as pas de cours arrière,

[22:55]

t'as pas de petits marchés pis de boulangeries

[22:57]

à côté,

[22:59]

en beau milieu de nulle part,

[23:01]

enfoui sous terre.

[23:01]

Oui, oui, j'exagère un peu, mais c'est pas si cher,

[23:05]

je trouve, d'une certaine façon.

[23:06]

Ah oui, ben oui. Et le détail

[23:08]

le plus troublant, ben c'est pas le béton

[23:11]

qui est entièrement présent partout,

[23:13]

c'est l'effort déployé pour faire

[23:15]

oublier qu'on vit dans un cylindre

[23:17]

enterré. Donc les unités ont des

[23:19]

fenêtres simulées sur des écrans LED,

[23:21]

capables de recréer la lumière

[23:23]

du jour et des vues extérieures.

[23:25]

On raconte même qu'une cliente

[23:26]

New Yorkaise voulait un faux Central

[23:29]

Park avec le bruit des taxis

[23:30]

et des klaxons affichés dans son

[23:34]

appart comme si

[23:34]

elle donnait sur Central Park.

[23:37]

Hall explique qu'une

[23:39]

psychologue l'a poussé à rendre l'endroit

[23:41]

le plus normal possible pour limiter

[23:43]

la déprime, la claustrophobie

[23:45]

et les conflits. Ici, le luxe

[23:47]

n'est pas seulement décoratif, il sert

[23:49]

aussi d'outils de stabilisation mentale.

[23:52]

Et derrière ce confort,

[23:53]

il y a des règles. La vie en temps

[23:55]

de crise serait encadrée par

[23:57]

l'association de copropriétés.

[23:58]

Ben oui, comme un condo. Ben oui.

[24:00]

Et chaque adulte devrait travailler quatre

[24:02]

heures par jour, les sorties seraient

[24:05]

contrôlées et Hall disait

[24:07]

disposer de véhicules blindés

[24:09]

capables d'aller chercher les propriétaires

[24:10]

dans un rayon de 400 000 autour

[24:13]

du bunker. Ceux qui

[24:15]

ont un avion privé peuvent

[24:17]

apparemment atterrir à Salina

[24:19]

qui est une trentaine de mille

[24:20]

du site et se rendre en voiture

[24:23]

par la suite. Survival condo

[24:25]

ne vend donc pas seulement un abri, il

[24:27]

vend une micro-société déjà pensée

[24:29]

d'avance avec sa logistique,

[24:31]

sa hiérarchie et sa discipline

[24:33]

pour les gens relativement riches.

[24:35]

Vu de l'extérieur, tout

[24:37]

ça ressemble à une excentricité

[24:39]

de millionnaire. Mais vu de près,

[24:41]

c'est plus dérangeant parce qu'on

[24:45]

parle d'une piscine et un cinéma, on parle

[24:46]

d'un lieu où tout a été réfléchi

[24:48]

d'avance. La nourriture, l'eau, la

[24:50]

lumière, les loisirs, les tâches,

[24:52]

l'autorité, les accès. C'est comme un peu

[24:54]

une micro-société. Oui, exactement. Même

[24:56]

les espaces communs et des cris suivent

[24:57]

cette logique avec une piscine de 75

[25:00]

pieds, un mur d'escalade,

[25:02]

un parc à chien, une classe

[25:04]

d'école, un gym, une bibliothèque

[25:06]

puis une aile médicale.

[25:09]

Et Hall n'en est pas resté

[25:11]

seulement là.

[25:12]

En 2017, il montrait déjà

[25:14]

un deuxième silo,

[25:16]

annoncé comme trois fois plus vaste.

[25:18]

Et en 2024, il préparait

[25:20]

encore une autre installation

[25:21]

à Tescot, au Kansas.

[25:24]

Donc vraiment, le développement

[25:26]

immobilier autour de Survival

[25:28]

Condo est

[25:30]

assez gros. Ça n'a jamais été une cachette.

[25:32]

C'est vraiment un modèle.

[25:33]

Je ne serais pas surpris de le voir répliquer

[25:35]

dans plusieurs pays. Parce que je suis

[25:37]

convaincu que plusieurs

[25:40]

personnes ne seraient intéressées.

[25:42]

Moi, je retrouve un claustrophobe.

[25:45]

Mais c'est ça,

[25:47]

la lumière du jour me manquerait,

[25:48]

même si tu mets un LED avec Hawaii

[25:50]

dessus. Mais bon,

[25:52]

je pense que ce n'est pas pour moi, mais je suis sûr que

[25:54]

il y a plusieurs personnes qui seraient intéressées

[25:56]

à voir ça. Je suis convaincu.

[25:59]

Maintenant, on fait de l'agriculture

[26:00]

sous terre en silo, mais pourquoi

[26:02]

pas habiter. Exact.

[26:04]

Et là, Emile, on va parler

[26:06]

d'un de nos préférés,

[26:09]

Mark Zuckerberg,

[26:10]

à Hawaii. Quand on parle

[26:12]

d'un milliardaire qui se prépare au pire,

[26:13]

le cas de Mark Zuckerberg revient

[26:15]

presque toujours. Pas seulement

[26:17]

parce qu'il est riche, mais parce que

[26:19]

Hawaii, ou Kowaii en français,

[26:22]

à Hawaii,

[26:24]

il n'a pas acheté une simple maison

[26:25]

de vacances, notre cher Mark. Il a

[26:27]

assemblé, achat après achat,

[26:30]

un domaine gigantesque.

[26:32]

C'est pas mal un des

[26:33]

plus craqués parmi les milliardaires.

[26:35]

On ne sait pas où ça va s'arrêter, son truc.

[26:37]

Non, non.

[26:40]

Hawaii, tu es un peu

[26:43]

en Chris après lui

[26:44]

aussi, vous allez voir.

[26:45]

Et quand les plans ont été révélés en 2023,

[26:48]

le coeur du projet couvrait déjà

[26:50]

environ 1400 acres

[26:51]

et devait coûter plus de 270

[26:53]

millions de dollars US.

[26:55]

Et en 2025, on révélait

[26:57]

un achat discret supplémentaire

[26:59]

de 962 acres de plus

[27:02]

pour un petit 65 millions de plus.

[27:04]

Oui, un petit achat discret.

[27:05]

Oui, c'est ça, un pocket change.

[27:07]

Ce qui portait ces terres à plus de

[27:10]

2300 acres sur l'île,

[27:11]

à cette échelle-là, on ne parle plus

[27:13]

vraiment d'une résidence, on parle d'un territoire.

[27:16]

Et le domaine s'appelle

[27:18]

Ko'olo Ranch.

[27:19]

Et tout, dans la manière dont il a été conçu,

[27:23]

respire le contrôle.

[27:24]

On décrit un chantier entouré

[27:25]

d'un mur de six pieds, surveillé par des

[27:28]

gardes, au portail, par des

[27:29]

patrouilles, envététés sur les plages

[27:32]

de l'usine. Les travailleurs,

[27:34]

des charpentiers, aux agents de sécurité,

[27:36]

auraient été tenus de signer des accords

[27:38]

de confidentialité très strictes,

[27:40]

au point où certains disent avoir vu

[27:41]

des collègues retirés du projet

[27:43]

parce qu'ils ont fait des publications sur

[27:46]

les médias sociaux.

[27:47]

Sur les propres réseaux de marque.

[27:50]

Oui, l'ironie est très bonne.

[27:52]

Cette culture du secret frappe

[27:54]

d'autant plus qu'on ne parle pas ici d'une base

[27:56]

militaire, mais d'une résidence privée.

[27:58]

Et sous cet écran de confidentialité,

[28:00]

les plans obtenus montrent quelque chose

[28:02]

de beaucoup plus vaste qu'un simple

[28:04]

ranch. Le complexe déjà planifié

[28:06]

comptait plus d'une douzaine de

[28:08]

bâtiments, avec au moins 30 chambres,

[28:10]

rien de moins, 30 salles de bain,

[28:12]

rien de moins, organisés autour de

[28:14]

deux résidences principales dont la superficie

[28:16]

totale atteint 57 000 pieds carrés.

[28:18]

On a bien des visiteurs pour avoir

[28:20]

autant de salles de bain.

[28:22]

Soit l'équivalent d'un terrain de

[28:24]

football, 57 000 pieds carrés,

[28:26]

et à cela s'ajoutaient 11 maisons

[28:28]

dans les arbres, en forme de disques

[28:30]

reliés par des ponts suspendus,

[28:32]

on dirait une science-fiction,

[28:34]

ainsi qu'un bâtiment avec un gym

[28:36]

complet, piscine, sauna, spa

[28:38]

froid et terrain de tenis.

[28:40]

On est loin du chalet discret

[28:42]

dans les Laurentides sur le bord de l'eau.

[28:44]

Et puis, il y a ce qui se trouve

[28:46]

sous la surface. Selon les plans,

[28:49]

les deux maisons principales sont

[28:50]

reliées par un tunnel qui débouche

[28:52]

sur un abri souterrain d'environ

[28:53]

5 000 pieds carrés,

[28:55]

donc autour de

[28:57]

465 mètres carrés,

[28:59]

et l'espace comprend des zones de vie,

[29:01]

une salle mécanique et une trappe d'évacuation

[29:04]

accessibles par échelle.

[29:06]

Et la porte de cet abri est décrite

[29:07]

comme une porte métallique remplie

[29:09]

de béton, du type qu'on associe

[29:11]

aux bunkers et aux abris anti-explosions.

[29:14]

Plusieurs portes du complexe

[29:15]

doivent aussi être à clavier,

[29:17]

insonorisées ou carrément déguisées

[29:19]

en murs, ce que les plans appellent

[29:21]

des blind doors, donc des portes

[29:23]

visibles ou aveugles.

[29:25]

Le plus troublant, ce n'est pas juste

[29:27]

l'abri, c'est le fait qu'il s'insère

[29:29]

dans un domaine pensé pour continuer

[29:30]

à fonctionner même quand le reste

[29:32]

décroche. On parle d'un réservoir

[29:35]

d'eau de 55 pieds de diamètre

[29:37]

et de 18 pieds de haut,

[29:38]

accompagné d'un système de pompage,

[29:40]

tandis que la nourriture est déjà produite

[29:42]

sur place par l'agriculture et l'élevage.

[29:45]

Il y a d'autres sources qui disent

[29:46]

que le ranch compte déjà du bétail,

[29:49]

des chevaux, une pépinière,

[29:50]

ainsi que des cultures de gingembre

[29:52]

et de curcuma biologiques.

[29:54]

Je me demande bien quel est le lien

[29:55]

avec le gingembre et le curcuma.

[29:57]

C'est bon pour le microbiote.

[30:01]

Le microbiote c'est bon

[30:02]

pour notre deuxième cerveau,

[30:05]

l'intestin, donc j'imagine

[30:06]

qu'il veut préserver tout ça

[30:08]

en cas de fin du monde.

[30:09]

En 2025, on ajoutait encore trois

[30:11]

nouveaux grands bâtiments, dont deux

[30:13]

alignent à eux seuls 16 chambres,

[30:16]

16 salles de bain, avec assez d'espace

[30:18]

pour que le domaine, une fois fermé,

[30:19]

puisse loger plus de 100 personnes.

[30:21]

Oui, et puis là, si on est rendu à 46 salles de bain.

[30:23]

C'est ça. Tu imagines juste la tuyauterie.

[30:26]

Je pensais juste à la plomberie

[30:28]

de tout ça. C'est quasiment comme une tour

[30:29]

à condos. Oui, oui, oui.

[30:31]

La sécurité suit la même logique.

[30:33]

On rapportait déjà que plus de 20

[30:35]

caméras figurent sur les plans d'un seul

[30:38]

petit bâtiment d'opération.

[30:39]

Et en 2025, les nouveaux bâtiments

[30:41]

montrés dans les documents comportent eux

[30:43]

aussi caméras, serrures à clavier,

[30:45]

et détecteurs de mouvement. Donc, même si

[30:47]

Zuki présente le site comme un wrench

[30:49]

familial et agricole, les

[30:51]

éléments visibles racontent aussi

[30:53]

autre chose. Un espace fermé,

[30:55]

compartimenté, surveillé avec sa

[30:57]

propre eau, sa propre production alimentaire

[30:59]

et un refuge souterrain

[31:01]

intégré au cœur du domaine.

[31:04]

Et Zuckerberg, lui, a tenté

[31:05]

de calmer le jeu-là. En décembre

[31:07]

2024, il a été interrogé à ce

[31:09]

sujet et il a décrit la structure

[31:11]

souterraine comme un « little shelter »,

[31:13]

« a basement ». Oui, une « man cave ».

[31:15]

Oui, exact, un petit endroit pour

[31:18]

lui, en disant que le tout avait été

[31:19]

gonflé hors de proportion et que

[31:22]

le wrench n'était pas un bunker de

[31:23]

fin du monde. Il a aussi parlé

[31:25]

d'un « hurricane shelter »,

[31:27]

dont une protection anti-tornable,

[31:30]

et insisté sur le fait que le

[31:31]

projet tournait autour de l'élevage et

[31:33]

de la vie familiale. Cette nuance

[31:35]

est importante parce qu'elle empêche d'affirmer

[31:37]

qu'il parle lui-même d'un bunker apocalyptique,

[31:40]

mais elle efface pas les plans,

[31:41]

les dimensions ni le niveau de

[31:44]

redondance du site.

[31:45]

Ici, on ajoute à ça une autre couche

[31:47]

de malaise. En 2025,

[31:49]

on révélait qu'une partie du domaine

[31:51]

se trouve sur un site funéraire

[31:53]

hawaïen connu, avec la possibilité

[31:55]

qu'il y ait d'autres sépultures

[31:57]

encore non identifiées selon un

[31:59]

document de l'État cité par différents

[32:01]

médias. À partir de là,

[32:03]

le Ko'olo Ranch cesse d'être

[32:05]

seulement un projet immobilier

[32:06]

extravagant. Ça devient un peu le symbole

[32:09]

de se contenter plus d'acheter du confort,

[32:11]

il s'achète de la distance du contrôle

[32:13]

et peut-être surtout la possibilité de

[32:15]

se retirer du monde quand celui-ci devient

[32:17]

trop instable. Oui, parce que

[32:19]

je comprends Zuckerberg de vouloir se protéger

[32:22]

lui-même. Il doit être

[32:23]

un des hommes les plus détestés sur la planète.

[32:26]

Les coûts de sécurité,

[32:27]

c'est débile. Pour lui,

[32:29]

au quotidien, dans les

[32:32]

états financiers de méta,

[32:34]

j'ai plus les chiffres en tête,

[32:35]

mais je te dis, c'est des millions par mois.

[32:38]

Il faut braquer.

[32:41]

Il est très détesté, comme tu dis.

[32:44]

Ça ne doit pas être une vie sérieuse.

[32:46]

Non, c'est clair. Sauf que

[32:49]

son domaine

[32:50]

va bien au-delà de la sécurité

[32:52]

personnelle.

[32:54]

Comme tu dis, c'est

[32:55]

comme s'il s'achetait une

[32:57]

tour à condo à lui seul,

[32:59]

mais avec des tunnels et tout ça.

[33:02]

Justement, sur un ancien site,

[33:04]

un ancien site un peu spirituel,

[33:07]

il va y avoir de la nature

[33:08]

détruite sans doute.

[33:10]

Tout ce projet-là.

[33:12]

Je peux bien comprendre

[33:14]

qu'il va peut-être recevoir

[33:15]

100 personnes à l'occasion pour des événements,

[33:18]

mais tout ça, c'est pour

[33:20]

lui, sa femme et sa petite famille.

[33:22]

C'est beaucoup

[33:25]

d'arcs de terrain consacrés

[33:28]

à un seul individu.

[33:29]

Beaucoup de ressources qui,

[33:31]

techniquement, ne serviront pas tant.

[33:33]

Je veux dire, d'une certaine façon,

[33:36]

ces 30 toilettes ne doivent pas être

[33:37]

utilisées en même temps.

[33:38]

Vu que c'est un bunker, combien de jours

[33:40]

il habite par année?

[33:42]

Il vient de s'acheter une autre place

[33:45]

à Miami, parce qu'il enlève

[33:47]

l'impôt, parce qu'il y a une menace

[33:48]

d'impôt supplémentaire des milliardaires en Californie.

[33:51]

Il commence tout à l'acheter

[33:53]

sur des propriétés

[33:54]

sur une île à Miami.

[33:56]

La Billionaire Island.

[33:59]

Il a acheté

[34:01]

173 millions il y a quelques semaines.

[34:03]

Une petite maison

[34:04]

comme ça, en plus de toutes les

[34:06]

maisons qu'il achète dans son quartier

[34:08]

à Palo Alto. Je ne sais plus si c'est directement à Palo Alto,

[34:11]

mais je ne sais pas si vous savez l'histoire,

[34:13]

mais au fil du temps, il a acheté

[34:14]

quasiment tout le quartier autour.

[34:16]

Il fait plein de travaux. Là, pour essayer d'acheter

[34:18]

le voisinage

[34:20]

du bruit, il aura offert des écouteurs

[34:22]

anti-bruits. Il est tombé tout à ton.

[34:24]

Il est tombé tout à ton.

[34:26]

Il a tellement... En tout cas,

[34:28]

autant que j'ai pu l'admirer

[34:30]

à une certaine époque, je dirais dans les

[34:31]

débuts, débuts, débuts de Facebook, autant que maintenant,

[34:35]

j'apprécie

[34:36]

pas ce qu'il fait avec toute son âge.

[34:37]

Et là, on a fini

[34:39]

de parler de Zouki et de se pomper.

[34:41]

On va parler de Bill Gates.

[34:44]

Bill Gates est un petit peu plus

[34:46]

soft, si je peux me permettre.

[34:48]

Il incarne une autre forme de préparation,

[34:50]

Emile. Tout en étant fortement

[34:52]

impliqué dans les Epstein Files.

[34:53]

Ah oui, mon Dieu, pauvre Bill. Ben, pas pauvre Bill.

[34:55]

Il mérite, oui.

[34:58]

Il a fait quelque chose de wrong.

[34:59]

Mais comme je pense que j'ai dit dans un autre épisode,

[35:02]

je suis un peu déçu.

[35:03]

Parce que Bill, je l'aimais quand même.

[35:05]

Il a quand même accompli beaucoup de choses.

[35:07]

Mais on dirait que là...

[35:09]

Oui, là, ça ternit son image.

[35:12]

Non, c'est pas beau

[35:13]

ce qui est autour de Bill Gates.

[35:14]

Les gars ont de la misère à gérer, là, entre gens.

[35:17]

Mais bon, là,

[35:19]

je ne parlerai pas de bunker spectaculaire

[35:21]

ni de refuge secret, mais lui,

[35:22]

il contrôle plus des actifs jugés stratégiques.

[35:25]

Et à travers son groupe d'investissement,

[35:27]

il est devenu le plus grand

[35:28]

propriétaire privé de terres agricoles

[35:30]

aux États-Unis, Emile. Ah oui, c'est hallucinant, ça.

[35:32]

C'est fou, là. C'est 242 000 acres.

[35:35]

C'est pas la majorité

[35:36]

des terres agricoles, évidemment, loin de là,

[35:38]

mais c'est assez pour nourrir les spéculations.

[35:41]

Lui, il affirme que ses achats

[35:42]

ne sont pas liés au climat. Pourtant,

[35:44]

dans ses prises de parole publiques,

[35:46]

Gates répète depuis des années

[35:47]

que le monde n'est pas prêt pour les crises systémiques

[35:51]

et dans sa conférence

[35:53]

tête de 2015,

[35:54]

il raconte même qu'enfant,

[35:56]

sa famille gardait chez elle un baril rempli

[35:58]

d'eau et de conserve en prévision

[36:00]

d'une guerre nucléaire. Et avant d'expliquer

[36:02]

que le plus grand risque mondial

[36:04]

n'est plus, selon lui, la guerre,

[36:06]

mais une pandémie, il résume cette idée

[36:08]

avec une formule devenue célèbre

[36:10]

Not missiles, but microbes.

[36:13]

Donc pas des missiles,

[36:14]

mais des microbes. Et chez lui,

[36:17]

l'appart ne prend pas la forme d'un bunker.

[36:18]

Elle prend plutôt la forme d'une obsession

[36:20]

pour la préparation, la résilience

[36:22]

et le contrôle d'infrastructures,

[36:24]

qu'on peut dire vitale.

[36:25]

Mais ça, c'est quand même assez inquiétant,

[36:27]

que la plupart des terres agricoles maintenant

[36:30]

aux États-Unis appartiennent à un multimilliardaire

[36:33]

comme ça. Oui, oui.

[36:34]

C'est pas la majorité, mais c'est quand même beaucoup,

[36:36]

242 000. Oui, oui, oui.

[36:38]

Je sais pas combien de monde ça peut nourrir, mais oui.

[36:40]

Il doit rivaliser avec Monsanto.

[36:42]

Oui, puis t'as raison,

[36:44]

il y a un enjeu là-dessus.

[36:45]

On devrait pas...

[36:46]

Je sais pas, on fera pas le monde aujourd'hui,

[36:48]

mais c'est vrai qu'il y a un danger.

[36:49]

Je trouve que des gens,

[36:54]

des individus,

[36:55]

achètent des terres.

[36:56]

Ça devrait, des fois, l'État, je trouve,

[36:58]

qu'il gère ça d'une certaine façon

[36:59]

pour assurer une autonomie et une continuité.

[37:02]

Oui, parce qu'à quelque part,

[37:03]

c'est plein de petits agriculteurs

[37:06]

qui non plus...

[37:08]

Ils se font acheter sûrement à bon prix,

[37:10]

mais quand même,

[37:11]

ça enlève la diversité,

[37:14]

ça enlève, comment dire,

[37:16]

justement, ça transforme le tout

[37:17]

un peu en monopole à quelque part,

[37:19]

ou en oligopole. Oui, oui, bien dit.

[37:22]

Un autre qu'on aime bien détester,

[37:24]

c'est Peter Thiel,

[37:26]

un autre richissime

[37:28]

de la Silicon Valley, puis lui,

[37:29]

il ressemble un peu à un vilain dans James Bond,

[37:32]

si tu veux, mon avis.

[37:34]

Pour ceux qui le connaissent pas,

[37:35]

c'est un entrepreneur puis un investisseur

[37:37]

de la Silicon Valley, cofondateur de Paypal,

[37:40]

et l'un des premiers grands investisseurs

[37:42]

dans Facebook. Lui,

[37:43]

il a pas attendu l'effondrement pour se donner

[37:45]

une option de sortie. Dans son cas,

[37:48]

cette option a pris la forme d'un pays

[37:50]

entier, c'est-à-dire la Nouvelle-Zéland.

[37:52]

Ben oui, fou, là. Ça, c'est comme

[37:53]

son lieu qui l'adore.

[37:56]

En juin 2011,

[37:58]

le ministre Nathan Guy

[37:59]

lui accorde la citoyenneté

[38:01]

en vertu de l'article 91C

[38:04]

de la Citizenship Act,

[38:06]

une clause spéciale fondée

[38:07]

sur l'intérêt public et les circonstances exceptionnelles.

[38:11]

Et par la voie normale,

[38:12]

un candidat devait pourtant

[38:14]

être présent en Nouvelle-Zélande

[38:15]

pendant au moins 1350 jours

[38:18]

sur cinq ans,

[38:19]

dont 240 jours par année

[38:21]

pour être éligible. Or,

[38:23]

les documents rendus publics ont ensuite montré

[38:25]

que Peter Thiel n'y avait passé

[38:27]

lui que 12 jours, répartis sur 4 voyages.

[38:30]

Donc,

[38:31]

c'est une exception

[38:32]

qui est parfaitement légale, mais

[38:35]

très discrétionnaire, si on

[38:37]

peut se permettre.

[38:39]

L'affaire éclate vraiment au grand jour

[38:40]

en 2017. La justification

[38:43]

avancée à l'époque repose sur

[38:45]

des investissements locaux, sa

[38:46]

philanthropie et l'idée qu'ils pourraient

[38:48]

servir d'ambassadeurs officieux

[38:50]

entre la Silicon Valley et la Nouvelle-Zélande.

[38:54]

La presse a aussi relevé

[38:55]

qu'il avait donné un million de dollars

[38:57]

néo-zélandais au fonds de secours

[38:59]

du séisme The Christ Church.

[39:02]

Et l'Office of the Auditor General

[39:04]

n'a pas ouvert d'enquête, mais il

[39:06]

a confirmé que le ministre avait utilisé

[39:07]

une disposition qui lui permettait

[39:09]

d'écarter les critères normaux de présence

[39:11]

et même l'intention habituelle de

[39:14]

résidence. La controverse

[39:15]

portait donc moins sur l'illégalité

[39:18]

que sur le principe, c'est-à-dire

[39:19]

pour certaines fortunes, il existe une

[39:22]

porte d'entrée que le citoyen ordinaire

[39:23]

ne verra jamais.

[39:25]

Quatre ans plus tard, en 2015,

[39:28]

Thiel achète le bloc de Damper Bay

[39:30]

sur les rives du lac Wanaka

[39:32]

en Nouvelle-Zélande. La presse locale

[39:34]

parle d'un terrain de 193 hectares

[39:37]

acquis pour environ

[39:38]

13,5 millions de dollars

[39:39]

néo-zélandais. Et ce détail est

[39:41]

important. Sa citoyenneté

[39:43]

lui évitait aussi de devoir passer

[39:45]

par un bureau, le

[39:47]

Overseas Investment Office

[39:49]

pour cette acquisition.

[39:51]

Puis en 2021, sa société

[39:53]

le Saguenstar Ltd

[39:55]

dépose un projet destiné par Kengo

[39:57]

Kuma & Associates, et les plans

[40:00]

publics décrivent un complexe paysager

[40:02]

d'environ 330

[40:03]

mètres de long, avec

[40:05]

10 unités d'hébergement pour

[40:07]

ses invités, une résidence privée

[40:09]

pour le propriétaire, un bâtiment

[40:11]

de service et un petit pavillon de

[40:13]

méditation. L'idée

[40:15]

architecturale est limpide,

[40:17]

se fondre dans le relief tout en

[40:19]

conservant une vue totale sur le lac

[40:21]

et les Alpes du Sud.

[40:24]

Sauf que le paysage, justement,

[40:25]

va freiner le projet.

[40:26]

En 2022, le panel indépendant

[40:29]

chargé d'évaluer la demande

[40:31]

juge

[40:33]

son domaine,

[40:35]

trop visible depuis un sentier

[40:36]

public et trop imposant dans

[40:38]

un paysage naturel protégé.

[40:41]

Puis en mai 2024,

[40:43]

l'Environment Court

[40:44]

rejette à son tour l'appel de Peter Thiel.

[40:47]

Le tribunal reconnaît que l'architecture

[40:49]

est soignée et sensible à son environnement,

[40:51]

mais conclut quand même que

[40:52]

l'ensemble ne protège pas adéquatement

[40:54]

les valeurs paysagères du site.

[40:57]

À ce moment-là,

[40:58]

le projet essuie donc un deuxième refus.

[41:01]

La seule nuance, c'est qu'à la

[41:02]

fin de 2024, la Cour ordonne

[41:04]

aussi un conseil municipal

[41:06]

et à la société de Thiel

[41:08]

de verser chacun environ 44

[41:11]

199 Néo-Zélandais

[41:13]

en frais, ce qui n'est pas des

[41:14]

gros montants bruits. Non pas parce

[41:16]

que le projet avait gagné sur le fond,

[41:18]

mais parce que la conduite du conseil

[41:20]

pendant l'appel a été critiquée.

[41:22]

C'est comme un petit tapis et doigts.

[41:23]

Ben oui, exact. Le détail le plus révélateur

[41:26]

n'est peut-être pas le bâtiment lui-même,

[41:28]

c'est la logique qui l'entoure.

[41:30]

Depuis des années, la Nouvelle-Zélande

[41:32]

circule dans l'imaginaire survivaliste

[41:34]

des élites techno-financières

[41:36]

comme un refuge lointain,

[41:38]

politiquement stable, riche en eaux

[41:40]

et relativement isolé.

[41:42]

Thiel en est devenu le symbole

[41:44]

parfait, c'est-à-dire un passeport

[41:46]

obtenu par exception, une grande

[41:48]

propriété isolée, puis un projet

[41:50]

résidentiel presque enfoui dans le paysage.

[41:52]

Fascinant. Et le cas

[41:54]

de Sam Altman, qui est co-fondateur

[41:56]

de OpenAI, s'inscrit

[41:58]

dans la même logique. Dès 2016,

[42:00]

on rapportait que si une pandémie

[42:02]

frappait, son plan de secours

[42:04]

était de rejoindre Peter Thiel en Nouvelle-Zélande,

[42:07]

dans la propriété de ce

[42:08]

dernier. Rien de plus spectaculaire

[42:10]

n'est confirmé publiquement, mais l'idée

[42:12]

est déjà révélatrice en soi.

[42:15]

Au fond, ce que Thiel

[42:16]

a tenté d'acheter à Wanaka,

[42:17]

c'est pas seulement un domaine,

[42:19]

c'est une distance, à quelque part.

[42:21]

Une distance géographique, politique

[42:23]

et sociale. Parce que

[42:25]

n'oubliez pas qu'il est aussi co-fondateur de

[42:27]

Palantir, une société

[42:29]

un petit peu fantôme qui fait de

[42:31]

l'intelligence de guerre, qui est impliquée

[42:33]

dans peu près tous les conflits de la Terre.

[42:35]

On ne sait pas trop ce qu'ils font. Donc il est bien placé

[42:37]

Peter Thiel pour savoir ce qui se passe

[42:40]

dans le monde et comment

[42:41]

s'en cacher. Ah oui, il a totalement

[42:43]

raison, mais leur intelligence artificielle est utilisée

[42:45]

par le ICE entre autres aux États-Unis.

[42:49]

Ils connectent à peu près sur toute

[42:51]

leur intelligence, leur genre de gros

[42:53]

brain, ils connectent sur à peu près toute sorte

[42:55]

de données qui peut être traité

[42:58]

efficacement par

[42:59]

l'intelligence artificielle.

[43:02]

C'est impressionnant technologiquement,

[43:04]

mais au niveau de l'éthique, on repassera.

[43:06]

Oui, oui, tout à fait.

[43:08]

Donc, c'est pas un bunker

[43:09]

confirmé au sens classique,

[43:11]

mais une sorte de sortie de secours

[43:13]

élégante, légale, discrète

[43:15]

et suffisamment cher pour

[43:17]

rester hors de portée du commun.

[44:40]

Pendant que certains misent

[44:41]

sur un silo reconverti au Kansas

[44:43]

ou sur un domaine isolé à

[44:45]

l'autre bout du monde, Emile,

[44:47]

il y a le vivos X-Point

[44:49]

qui vend quelque chose d'encore plus ambitieux.

[44:52]

J'ai hâte de voir parce que là,

[44:53]

ça me donne envie de magasiner l'immobilier tout ça.

[44:56]

Oui. Non, c'est pas un

[44:57]

bunker unique, mais un vaste complexe

[44:59]

de survie. Il faut juste être précis.

[45:02]

C'est pas une ville souterraine, c'est un

[45:04]

immense ancien dépôt de munitions

[45:06]

connu comme le Black Hills

[45:08]

Ordnance dépôt,

[45:09]

aussi appelé le Fort Igloo,

[45:11]

dans le sud-ouest du Dakota du Sud,

[45:14]

qui a été transformé à partir de 2016

[45:16]

en communauté de bunkers

[45:18]

pour survivalistes. C'est fou, ça.

[45:20]

Et sur papier, l'échelle est réelle.

[45:23]

575 bunkers

[45:24]

de béton et d'acier

[45:26]

sur un site d'environ 18 000

[45:28]

carrés.

[45:29]

Donc près de 46

[45:31]

kilomètres carrés,

[45:33]

avec plus de 1000 milles de

[45:35]

routes internes. C'est quand même

[45:37]

du stock, là. Oui, oui, oui.

[45:39]

C'est tout qu'un domaine.

[45:40]

Chaque bunker est une coque massive recouverte

[45:42]

de terre héritée de l'infrastructure militaire

[45:45]

d'origine. Et selon la documentation

[45:47]

de Vivos, on parle d'unités

[45:49]

d'environ 26.5 pieds

[45:51]

de large par 60 à 80 pieds

[45:53]

de long, avec un plafond

[45:55]

arché d'environ

[45:56]

12.5 à 13 pieds

[45:58]

pour presque 2200 pieds carrés.

[46:01]

Donc un peu plus de 200 mètres carrés.

[46:03]

C'est quand même spacieux. Oui.

[46:05]

Le promoteur affirme aussi que les

[46:06]

bunkers sont séparés d'environ 400 pieds

[46:08]

pour limiter les réactions en chaîne

[46:10]

qu'il aurait été conçu pour

[46:12]

encaisser un reported

[46:14]

500 000 livres

[46:17]

d'une explosion

[46:18]

de 500 000 livres,

[46:20]

imagine. Et que le

[46:22]

tréil d'acier dans le béton pourrait agir

[46:24]

comme une sorte de cage de Faraday

[46:26]

contre une impulsion électromagnétique.

[46:28]

Donc c'est du solide, si je peux dire.

[46:31]

Oui, son prévoyant.

[46:32]

Oui, quand même. C'est ce qu'on achète ici.

[46:34]

Ce n'est pas un condo clé en main. C'est une coque

[46:36]

livrée telle qu'elle, balayée

[46:38]

avec la porte

[46:40]

qui protège un peu tout ça

[46:42]

et la structure brute. L'électricité n'est pas

[46:44]

fournie par le réseau. Vivos dit que

[46:46]

le site est hors réseau et que chaque

[46:48]

bunker doit ajouter sa propre

[46:50]

génératrice diesel.

[46:52]

C'est barri de carburant, son

[46:54]

cablage, sa plomberie, sa

[46:56]

connexion à l'eau, sa filtration

[46:58]

et sa ventilation.

[47:00]

La foi aux questions sur le site du projet

[47:02]

parle d'un aménagement intérieur qui peut commencer

[47:04]

autour de 15 000 $ US,

[47:06]

mais peut facilement dépasser les 100 000 $

[47:08]

selon le niveau de confort

[47:10]

qu'on veut. Elle évoque aussi un

[47:12]

puits aquifère

[47:13]

de 4 200 pieds, une

[47:16]

citerne souterraine d'environ

[47:18]

150 000 gallons et mille,

[47:20]

puis un branchement initial à l'eau

[47:22]

facturé à 3 600 $ US.

[47:25]

Et le modèle d'affaires est

[47:26]

presque aussi révélateur que l'infrastructure.

[47:29]

Selon Vivos, un bunker

[47:30]

peut être obtenu contre un paiement

[47:32]

initial de 55 000 $

[47:34]

américain. Et ensuite, les montants

[47:36]

varient selon les documents.

[47:38]

La page promotionnelle parle d'un loyer

[47:40]

foncier annuel de 1091

[47:43]

$.

[47:44]

La foi aux questions, elle,

[47:46]

parle plus de 1195 $,

[47:48]

avec des frais communs mensuels de

[47:49]

118 $, ce n'est pas si cher.

[47:53]

Il y a un médias de

[47:54]

son côté, lui, qui cite un mémo

[47:56]

interne qui est apparu en janvier 2024

[47:58]

qui parlait environ de

[48:00]

1124 $ pour un an.

[48:02]

Donc c'est à peu près 111 $

[48:04]

par mois, plus 3000 $

[48:06]

pour les services d'eau. Et Vivos

[48:08]

dit aussi offrir l'achat en pleine propriété

[48:10]

du bunker et de 20 000

[48:12]

pieds carrés de terrain pour

[48:14]

75 000 $. Même les chiffres

[48:16]

changent selon les documents qu'on

[48:17]

consulte et il y avait différentes sources.

[48:19]

Et puis tu n'avais jamais tout le temps les mêmes prix,

[48:21]

tout changeait un peu, j'essaie de faire le ménage un peu là-dedans.

[48:23]

Et puis il y a la promesse de communauté

[48:26]

restaurants réservés aux membres, bar,

[48:28]

magasin général, théâtre,

[48:30]

salle de réunion, classe, école de survie,

[48:32]

clinique, gym,

[48:34]

dessert, des ateliers,

[48:35]

des écuries, des chantiers,

[48:37]

même spa et piscine intérieure.

[48:39]

On voit que tous les projets se ressemblent un peu

[48:41]

aussi d'une certaine façon au niveau

[48:43]

de l'équipement. Et le plus intéressant

[48:46]

c'est que cette promesse est déjà

[48:48]

contredite à l'intérieur

[48:49]

même de la documentation de Vivos.

[48:52]

Dans les documents ça précise qu'il

[48:53]

n'y a aucune garantie quand au moment où ces

[48:55]

commodités seront mises en service et que personne

[48:57]

ne devrait louer ou acheter un bunker

[48:59]

en se basant sur leur réalisation.

[49:01]

Or, en 2024 et 2025,

[49:04]

on rapportait justement que plusieurs

[49:05]

de ces infrastructures n'avaient toujours

[49:07]

pas été construites plusieurs années

[49:09]

après le lancement du projet.

[49:11]

À partir de là, le rêve de survie

[49:13]

commence à ressembler à un conflit juridique.

[49:16]

En décembre 2024,

[49:18]

on parlait d'au moins

[49:19]

16 actions judiciaires ou démarches légales,

[49:22]

5 plaintes déposées auprès

[49:23]

du bureau du procureur général

[49:25]

du Tacota du Sud et des

[49:27]

entrevues menées par des agents du FBI

[49:29]

auprès d'au moins deux anciens

[49:31]

résidents. Mais ici, il faut être rigoureux.

[49:34]

Les médias rapportent des

[49:35]

entrevues du FBI et un porte-parole

[49:37]

a refusé de confirmer ou d'infirmer

[49:39]

qu'il y avait une enquête active.

[49:41]

Donc, on peut parler d'un intérêt du FBI

[49:43]

rapporté par la presse,

[49:45]

mais supposément pas d'une enquête fédérale

[49:47]

officiellement confirmée.

[49:49]

Mais, d'après moi, ils ont voulu peut-être

[49:51]

un peu de terre, ça.

[49:52]

C'est sûr que tu t'attires quand même

[49:54]

avec des projets comme ça, une certaine crowd.

[49:56]

Oui, bien oui.

[49:59]

Encore une fois, je ne vais pas mettre tout le monde

[50:00]

dans le même panier, mais tu te trouves

[50:02]

avec des gens qui ont toujours une crainte

[50:04]

envers le gouvernement pour habiter une communauté

[50:06]

de bunker comme ça, de gens

[50:08]

qui sont peut-être un peu parano, même,

[50:10]

qui ont des armes avec eux,

[50:12]

qui hésiteront peut-être des fois à employer la force.

[50:15]

Donc, c'est sûr que ça fait

[50:16]

une communauté particulière, je pense,

[50:18]

qui ne reflète pas la vraie société

[50:20]

dans laquelle on est. Non, non, tu as

[50:22]

absolument raison. Et en octobre 2025,

[50:25]

un recours collectif est

[50:26]

déposé au Fall River County Circuit Court

[50:29]

qui alléguait

[50:30]

que le bail de 99 ans,

[50:32]

qui a été utilisé par Vivos, est inapplicable

[50:35]

et que l'entreprise a fait des déclarations

[50:37]

trompeuses sur les commodités promises.

[50:39]

C'est sûr qu'un bail de 99

[50:41]

ans dans le monde dans lequel on vit,

[50:42]

on n'est pas sûr qu'on va se rendre là.

[50:45]

Les avocats parlaient d'un dossier

[50:46]

de plus de 17 millions de dollars et de plus

[50:48]

de 150 locataires potentiels.

[50:51]

En parallèle, la Cour suprême

[50:52]

du Dakota du Sud a entendu en mars

[50:54]

2026, c'est tout récent, l'appel

[50:57]

de Vivos dans un autre dossier

[50:59]

après qu'un juge

[51:00]

est conclu qu'en avril 2025,

[51:02]

le bail pouvait être modifié unilatéralement

[51:05]

au point d'en devenir

[51:06]

un illusoire, donc essentiellement

[51:08]

vide de garantie pour le locataire.

[51:10]

Au moment où on se parle,

[51:12]

il n'y a aucune Cour

[51:14]

qui avait encore rendu une décision finale

[51:16]

sur ce volet. Et puis, il y a la violence,

[51:18]

bien réelle. En août 2024,

[51:22]

David Streeter,

[51:23]

un résident du site, a tiré

[51:24]

une balle dans la poitrine de Kelly

[51:26]

Anderson lors d'une confrontation

[51:28]

à son bunker.

[51:30]

Anderson a survécu et

[51:32]

a ensuite poursuivi Streeter

[51:34]

au civil. Et en mars,

[51:35]

c'est drôle de se poursuivre au civil pour une balle.

[51:38]

En mars 2026,

[51:39]

la Cour suprême a confirmé

[51:41]

que Streeter bénéficiait de l'immunité

[51:43]

civile liée à la légitime

[51:45]

défense selon la loi du

[51:47]

Stand Your Ground de l'État

[51:49]

américain dans laquelle il se trouvait.

[51:51]

On ajoutait après examen par un grand

[51:53]

juré qu'aucune accusation criminelle

[51:55]

n'avait été retenue pour le tir lui-même.

[51:57]

Et le refuge censé protéger

[51:59]

du chaos extérieur,

[52:01]

c'est un petit peu retrouvé miné par

[52:03]

ses propres conflits, ses propres recours

[52:05]

et sa propre violence.

[52:07]

Moi, je trouve ça fou,

[52:10]

cette loi-là.

[52:11]

Je comprends qu'on n'a pas le détail

[52:13]

de la confrontation,

[52:15]

du conflit qu'inventent les deux, mais

[52:17]

il me semble qu'utiliser une arme

[52:19]

pour un conflit de voisinage

[52:21]

est un peu excessif.

[52:22]

C'est clair, ça devient un peu Lord of the Flies,

[52:25]

le Fire Festival.

[52:28]

Toujours le Fire.

[52:30]

Il est toujours dans quelque part

[52:31]

dans nos épisodes.

[52:33]

Je vous parle d'un autre projet maintenant,

[52:35]

l'Opidum. J'avais jamais entendu

[52:37]

parler de ce projet-là,

[52:38]

qui est quand même assez curieux.

[52:41]

Ce projet-là, c'est pas juste un bunker,

[52:43]

c'est un projet qui s'est vendu

[52:44]

comme la rencontre entre un héritage

[52:46]

militaire et le luxe extrême,

[52:49]

parce qu'il y a place pour un mariage

[52:50]

des deux mondes. Bien sûr.

[52:51]

En 2015, on le décrivait

[52:54]

comme la reconversion d'une ancienne

[52:56]

installation de la guerre froide

[52:57]

en République Tchèque, construite

[52:59]

entre 1984 et 1994.

[53:03]

Le domaine

[53:04]

totaliserait environ 323 000

[53:06]

pieds carrés, donc un peu plus

[53:08]

de 30 000 mètres carrés,

[53:10]

dont 77 000 pieds

[53:13]

souterrains,

[53:15]

soit un peu plus de

[53:15]

7 000 mètres carrés.

[53:17]

Le plan présenté à l'époque parlait même

[53:19]

d'un grand appartement de 6 750

[53:22]

pieds carrés et de 600 autres

[53:24]

de 1720 pieds carrés

[53:26]

sous des plafonds de 13 pieds.

[53:28]

On précisait aussi que les niveaux

[53:30]

souterrains étaient encore dans un état

[53:32]

shell and core,

[53:34]

donc restructuré

[53:35]

et pas complètement aménagé,

[53:37]

juste la coquille était là.

[53:39]

La structure existait toutefois.

[53:41]

Une bonne partie du reste appartenait encore

[53:43]

au projet. À partir

[53:45]

de 2022, Opidum

[53:47]

se présente surtout comme une société

[53:49]

Suisse qui ne vend plus seulement

[53:50]

un site en République Tchèque,

[53:53]

mais des résidences fortifiées

[53:54]

construites directement sous les domaines

[53:56]

de ses clients.

[53:58]

On rapportait alors que l'entreprise visait

[54:00]

des fortunes de plus de 100 millions

[54:02]

de dollars US aux États-Unis, en Europe

[54:05]

et aux Émirats Arabes,

[54:07]

avec des projets à partir d'au moins

[54:08]

10 millions de dollars. Donc eux

[54:10]

te proposent carrément de construire

[54:12]

un bunker en dessous de ta maison.

[54:14]

Oui, Zuki aurait dû faire ça.

[54:17]

Le modèle Heritage

[54:18]

était présenté autour de 1000 m2

[54:21]

d'espace habitable,

[54:23]

presque invisible depuis la surface

[54:24]

et installé sous le jardin ou à côté

[54:27]

de la villa principale.

[54:28]

Il faut quand même creuser un bon trou.

[54:31]

Oui, il faut quand même que le sol

[54:32]

le permette et tout ça.

[54:34]

Dans sa communication, Opidum

[54:36]

mettait de l'avant des détails très précis,

[54:39]

par exemple deux génératrices diesel,

[54:41]

un système de batterie pour alimenter

[54:43]

tout le monde, trois sorties d'urgence,

[54:45]

des salles de décontamination,

[54:47]

des espaces d'air filtrés,

[54:49]

des salons sécurisés,

[54:51]

des suites, un spa, un jardin intérieur

[54:53]

et des patio éclairés

[54:55]

pour simuler un cycle naturel.

[54:57]

On ajoutait que les prix commencent

[54:59]

autour de 10 millions de dollars,

[55:01]

qu'un modèle futuriste tournerait

[55:03]

autour de 40 millions et que le

[55:05]

modèle Heritage pouvait approcher

[55:07]

des 100 millions. L'architecture

[55:09]

de l'Héritage était associée

[55:11]

au français Mark Prigent,

[55:13]

présenté comme ayant travaillé sur des

[55:15]

projets avec, entre autres, Ritz-Calton

[55:17]

et les hôtels Four Seasons.

[55:19]

L'idée n'a pas vraiment fonctionné

[55:21]

et l'entreprise suisse derrière

[55:23]

Opidum a aujourd'hui cessé

[55:25]

ses activités en mai 2025.

[55:27]

Oui, ils sont en liquidation, puis je

[55:29]

regardais, mais je n'ai pas trouvé de vente

[55:30]

aux enchères de vieux bunkers.

[55:32]

Non, c'est ça. Mais pourquoi eux,

[55:35]

derrière les bunkers, les terres

[55:37]

achetées loin du monde et les plans

[55:38]

de repli, il y a une question un peu plus

[55:40]

troublante que l'architecture elle-même,

[55:43]

c'est-à-dire pourquoi ce réflexe

[55:44]

apparaît-il chez les gens qui ont contribué

[55:46]

à bâtir les plateformes, les réseaux

[55:49]

et les outils qui structurent déjà notre

[55:50]

quotidien? Peut-être parce qu'une

[55:52]

partie d'entre eux pense d'abord

[55:54]

en termes de systèmes, de points de rupture

[55:56]

et de redondance, et lorsqu'ils perçoivent

[55:58]

une fragilité, leur réflexe n'est

[56:00]

pas de faire confiance au collectif,

[56:02]

c'est de financer une solution privée.

[56:04]

Donc c'est peut-être un peu pour ça qu'ils se préparent

[56:07]

tous à leur manière.

[56:10]

Douglas Rushkoff,

[56:11]

qui est un théoricien des médias

[56:13]

et auteur, fournit ici l'un des

[56:15]

récits les plus frappants. Dans son livre

[56:17]

Survival of the Richest,

[56:19]

il raconte avoir été invité

[56:21]

à rencontrer cinq hommes extrêmement

[56:23]

riches qui parlaient entre eux de ce qu'ils

[56:25]

appelaient l'événement.

[56:27]

Ce qui n'est pas une simple crise,

[56:29]

ni une récession. Un basculement

[56:31]

majeur capable d'être à la fois

[56:33]

environnemental, social et technologique.

[56:35]

Ce qu'il a marqué, c'est pas seulement

[56:37]

qu'il imaginait cette rupture-là,

[56:39]

mais qu'il s'interrogeait déjà

[56:41]

sur l'après, c'est-à-dire comment

[56:43]

garder le contrôle, comment s'assurer

[56:45]

que leurs équipes de sécurité resteraient

[56:47]

loyales une fois l'argent vidé

[56:49]

de sa valeur. C'est de cette rencontre

[56:51]

que Rushkoff tire l'idée

[56:53]

de mindset, c'est-à-dire

[56:55]

la conviction que l'argent et la

[56:57]

technologie permettront à certains de

[56:59]

s'extraire d'un monde qu'ils ont pourtant

[57:01]

contribué à rendre instable

[57:03]

d'une certaine façon. C'est tellement vrai.

[57:05]

C'est vraiment tordu tout ça.

[57:07]

Et ce récit n'arrive pas dans le vide.

[57:09]

Dès les années 2010, des

[57:11]

survivalistes fortunés échangèrent

[57:13]

déjà dans des groupes privés, des

[57:15]

conseils sur les bunkers, sur les masques

[57:17]

à gaz et sur les régions les moins

[57:19]

exposées aux dérèglements climatiques.

[57:22]

Le capital risqueur

[57:23]

Tim Chang parlait de souper

[57:25]

entre gens de la tech consacré

[57:27]

aux plans de secours, aux passeports

[57:29]

et de rechanges

[57:31]

et aussi de refuges à l'étranger.

[57:34]

Justin Kind

[57:35]

décrivait chez certains amis riches

[57:37]

la même logique, un mélange

[57:39]

d'argent, de ressources et de calcul

[57:41]

de risque, un peu comme une

[57:43]

formule d'assurance. Oui, oui, oui.

[57:45]

Reid Hoffman permet aussi

[57:47]

de mettre un mot sur cette mentalité.

[57:49]

Il raconte qu'en mentionnant un voyage

[57:50]

en Nouvelle-Zélande lui aussi, un ami lui

[57:52]

a demandé s'il allait chercher de l'apocalypse

[57:55]

insurance. Hoffman

[57:57]

explique ensuite qu'a possédé une maison

[57:59]

et que la maison là bas fonctionne presque

[58:00]

comme un clin d'œil entre initiés.

[58:02]

Une façon discrète de dire

[58:04]

moi aussi j'ai mon parachute.

[58:06]

Et selon lui, plus de la moitié

[58:08]

des milliardaires de la Silicon Valley

[58:10]

auraient acquis sous une forme ou une autre

[58:12]

un refuge ou un plan de repli.

[58:15]

C'est pas une statistique officielle

[58:16]

évidemment. C'est plutôt une estimation

[58:18]

venue de l'intérieur. Mais elle dit quelque chose

[58:20]

du climat qui règne dans le milieu

[58:22]

et ce qui inquiète Hoffman n'est pas

[58:24]

seulement une catastrophe naturelle,

[58:26]

il évoque aussi le risque qu'une destruction

[58:28]

massive d'emplois liés à

[58:30]

l'intelligence artificielle et à l'inégalité

[58:33]

finissent par provoquer

[58:34]

un retour de bâton contre la Silicon Valley.

[58:37]

Ce qui n'est pas impossible non plus.

[58:40]

Steve Hoffman,

[58:41]

le patron de Reddit,

[58:42]

donne à cette part une autre forme

[58:44]

encore plus concrète.

[58:46]

Il a subi lui une chirurgie laser

[58:48]

des yeux en 2015 pour ne plus

[58:50]

dépendre de lunettes ou de lentilles

[58:52]

en cas de crise. Il dit aussi

[58:54]

de posséder des armes, des munitions,

[58:56]

de la nourriture et deux motos

[58:58]

en partie à cause d'une image qui l'obsède

[59:00]

depuis Deep Impact.

[59:02]

Le film oui. Oui, tout le monde

[59:03]

tente de fuir en voiture, tout le monde

[59:06]

reste coincé. C'est vrai, tout le monde

[59:07]

prend la même route et ça avance pas.

[59:10]

Chez lui, la peur n'a rien de mystique.

[59:12]

Elle tient plutôt à un

[59:14]

effondrement temporaire des structures,

[59:16]

à un blocage de la circulation des biens

[59:18]

et à une fragilité croissante de l'ordre

[59:20]

social. Il ajoute que sur Reddit,

[59:22]

certains signes de malaise économique apparaissent

[59:24]

souvent avant de remonter dans les médias

[59:26]

traditionnels. Et c'est pas une boule

[59:28]

de cristal évidemment, mais c'est révélateur

[59:30]

d'un dirigeant qui en vient à lire

[59:32]

l'anxiété collective comme un signal

[59:34]

d'alerte. Pis en ce moment,

[59:36]

Reddit est particulièrement en feu.

[59:38]

Envers tout ce qui se passe dans le monde.

[59:41]

Mis ensemble,

[59:42]

Rochkov, Hoffman et

[59:43]

Hoffman avec un U ne prouve pas

[59:46]

qu'un petit groupe sait que l'effondrement est

[59:48]

imminent. Il montre plutôt autre chose,

[59:50]

une partie de l'élite techno-financière

[59:52]

agit comme si la continuité

[59:54]

n'allait plus de soi. Il y a donc

[59:56]

de quoi s'inquiéter quand on les regarde

[59:58]

aller quelque part.

[59:59]

Et je poursuis, le 4 octobre

[01:00:02]

2021, l'écosystème

[01:00:04]

de Facebook disparaît à Emile pendant

[01:00:06]

presque 6 heures. Peut-être que tu te rappelles,

[01:00:08]

c'était quand même assez

[01:00:10]

marquant d'une certaine façon, Instagram,

[01:00:12]

WhatsApp, Messenger,

[01:00:14]

tout tombe en panne en même temps.

[01:00:15]

Et la productivité a monté drastiquement

[01:00:18]

pendant ces 6 heures-là.

[01:00:19]

Etrangement. Et selon Meta,

[01:00:21]

en fait c'était une commande de maintenance

[01:00:23]

sur son réseau principal qui a provoqué

[01:00:25]

la rupture complète entre ces centres

[01:00:27]

de données et Internet. C'était pas

[01:00:29]

une cyber attaque, c'était même pas

[01:00:31]

un sabotage, c'était une erreur

[01:00:33]

interne, amplifiée par la complexité

[01:00:35]

du système lui-même. Et c'est justement

[01:00:37]

ça le vrai signal d'alarme.

[01:00:39]

Parce que le problème aujourd'hui,

[01:00:40]

c'est pas seulement qu'un système puisse tomber,

[01:00:43]

c'est que tout est branché sur tout,

[01:00:44]

tout est dans tout, comme on dit.

[01:00:46]

L'approvisionnement alimentaire moderne repose

[01:00:48]

sur une chaîne numérique, beaucoup plus

[01:00:50]

fragile qu'elle en a l'air. Les camions

[01:00:52]

utilisent les GPS pour se localiser,

[01:00:54]

ajuster leur trajet. Les centres de distribution

[01:00:56]

dépendent de réseaux cellulaires,

[01:00:58]

de logiciels, de logistiques,

[01:01:00]

de systèmes d'inventaire, de plateformes

[01:01:02]

de répartition et d'outils de paiement,

[01:01:04]

etc. Le GPS lui-même

[01:01:06]

ne sert pas seulement à savoir où l'on est.

[01:01:08]

Il fournit aussi un temps ultra

[01:01:10]

précis, utilisé par des réseaux

[01:01:12]

de télécommunication des réseaux électriques

[01:01:14]

et d'autres infrastructures critiques.

[01:01:16]

Autrement dit, le danger

[01:01:18]

ne vient pas nécessairement d'un geste

[01:01:20]

spectaculaire, il vient plutôt de l'effet

[01:01:22]

domino. Si le positionnement se dégrade,

[01:01:25]

si les télécommunications

[01:01:26]

ralentissent, si les logiciels

[01:01:28]

cessent de suivre, si les centres

[01:01:30]

de distribution décrochent, ou si

[01:01:32]

les paiements tombent, comme on a déjà vu

[01:01:34]

des panintéracts, et bien la chaîne

[01:01:36]

commence à se gripper un peu.

[01:01:38]

Et notre système alimentaire, qui est

[01:01:40]

déjà très concentré et très tendu,

[01:01:42]

encaisse mal ce genre de choc.

[01:01:44]

Et le département américain de l'agriculture

[01:01:46]

souligne d'ailleurs que la chaîne agroalimentaire

[01:01:48]

actuelle est assez vulnérable aux perturbations,

[01:01:51]

notamment à cause de sa concentration,

[01:01:53]

sa complexité, mais

[01:01:54]

aussi de sa dépendance à différents

[01:01:56]

réseaux logistiques très très serrés.

[01:01:58]

Tout le just-in-time, maintenant,

[01:02:00]

ça ne fonctionne qu'avec l'informatique.

[01:02:02]

Oui, puis même tout ce qui est shipping,

[01:02:04]

tout ce qui est les méga-conteneurs,

[01:02:07]

les méga-pars

[01:02:08]

de services qui envoient la marchandise

[01:02:10]

à travers le monde, tout ça évidemment

[01:02:12]

est contrôlé par informatique, donc

[01:02:14]

l'apocalypse

[01:02:16]

technologique ou le Pearl

[01:02:17]

Arbor numérique dont tu parles est très réel.

[01:02:20]

Oui, absolument. Puis justement,

[01:02:22]

dans les milieux de la sécurité, ce type

[01:02:24]

de scénario est souvent résumé par

[01:02:26]

le cyber Pearl Arbor.

[01:02:28]

Le cyber Pearl Arbor.

[01:02:30]

Donc le terme est ancien, parfois flou,

[01:02:32]

mais il sert à décrire une idée simple.

[01:02:34]

Une panne ou une attaque numérique assez grave

[01:02:36]

pour désorganiser des fonctions

[01:02:38]

essentielles à grande échelle.

[01:02:40]

Et quand on regarde ce qui s'est déjà passé,

[01:02:42]

c'est plus juste de la science-fiction.

[01:02:44]

On peut parler de SolarWinds, de

[01:02:46]

Colonial Pipeline ou de Crowdstrike,

[01:02:48]

qui sont tous des événements

[01:02:50]

qui ont un peu sacré le système à terre

[01:02:52]

dans les dernières années,

[01:02:53]

ou encore la panne géante de méta

[01:02:55]

qui nous montre déjà comment une faille

[01:02:57]

localisée, ça peut suffire à faire

[01:02:59]

vaciller une chaîne entière.

[01:03:02]

Et là, on va vous parler un peu

[01:03:04]

du survivalisme pur et dur.

[01:03:06]

Parce qu'il faut se le dire,

[01:03:08]

les survivalistes

[01:03:10]

pur et dur, ça reste assez minoritaire.

[01:03:12]

C'est pas la majorité.

[01:03:14]

Mais la préparation d'urgence,

[01:03:16]

le sujet justement qu'on va vous parler

[01:03:17]

un peu plus dans l'after-show, ça sort

[01:03:19]

clairement du sous-sol. Par exemple,

[01:03:21]

aux États-Unis, des chercheurs estiment qu'il y

[01:03:23]

aura aujourd'hui environ 20 millions de

[01:03:25]

« preppers », comme on vous dit en intro,

[01:03:27]

définis ici comme des gens capables de tenir

[01:03:30]

environ un mois sans l'aide extérieure,

[01:03:32]

soit à peu près le double de 2017.

[01:03:34]

C'est ça aussi qui est intéressant, c'est qu'il y a eu

[01:03:36]

vraiment une grosse augmentation

[01:03:39]

depuis ces années-là, mais en fait

[01:03:40]

depuis l'année de création de distorsion.

[01:03:43]

Exactement, c'est nous

[01:03:44]

qui avons causé tout ça.

[01:03:46]

Et si on élargit le focus

[01:03:48]

un peu, le portrait devient encore plus

[01:03:50]

parlant. Selon la

[01:03:52]

FEMA, c'est l'Agence fédérale américaine

[01:03:55]

qui est chargée des urgences

[01:03:56]

et des catastrophes, eh bien il y aurait

[01:03:58]

57% des adultes américains qui avaient

[01:04:00]

proposé au moins trois gestes concrets

[01:04:02]

de préparation à un événement

[01:04:04]

en 2023. Et pourtant,

[01:04:06]

seulement 51% disaient

[01:04:08]

se sentir réellement prêts à affronter

[01:04:10]

un désastre. On est donc plus seulement

[01:04:12]

dans le cliché de survivaliste enfermé

[01:04:14]

dans son bunker, mais plutôt dans une

[01:04:16]

culture de préparation qui touche

[01:04:18]

des profils beaucoup plus variés qu'avant.

[01:04:21]

Et ce réflexe n'est d'ailleurs

[01:04:22]

pas porté seulement par les « preppers »,

[01:04:24]

il est aussi encouragé par les autorités

[01:04:26]

publiques. Au Canada, le gouvernement

[01:04:29]

recommande en fait d'être autonome

[01:04:30]

pendant au moins 72 heures.

[01:04:32]

OK, je ne savais pas.

[01:04:34]

Oui, quand on va sur le site du gouvernement,

[01:04:35]

aux États-Unis, ils disent à peu près

[01:04:38]

la même chose après une urgence,

[01:04:40]

il faut pouvoir survivre seul pendant plusieurs

[01:04:42]

jours avec sa propre eau, sa propre

[01:04:44]

nourriture et ses propres fournitures.

[01:04:46]

Et quand l'État lui-même vous dit de garder

[01:04:48]

des réserves à la maison, on n'est plus

[01:04:50]

vraiment dans une sous-culture, on est plus

[01:04:51]

dans une norme de précaution.

[01:04:53]

Et pourquoi maintenant? Parce que la

[01:04:56]

confiance s'effrite. Aux États-Unis,

[01:04:59]

22 % en fait seulement disent

[01:05:00]

faire confiance au gouvernement fédéral

[01:05:02]

la plupart du temps, ou presque toujours,

[01:05:04]

la majorité, 59 %,

[01:05:06]

disent lui faire confiance seulement parfois

[01:05:08]

et 17 % ne lui font jamais

[01:05:10]

confiance, donc quand même 20 % de la

[01:05:11]

population qui

[01:05:14]

ne fait pas confiance à l'État.

[01:05:16]

Oui. Quand ce réflexe

[01:05:18]

collectif s'affaiblit, la préparation

[01:05:19]

cesse d'être marginale, elle devient plutôt

[01:05:21]

une réponse personnelle à un système

[01:05:23]

qu'on juge de moins en moins fiable,

[01:05:25]

qu'on ne trosse pas, comme on dit.

[01:05:27]

Et pour une partie du public américain, mais cette

[01:05:29]

préparation passe aussi par les armes.

[01:05:31]

Une étude indique que 32 %

[01:05:33]

des adultes américains

[01:05:35]

disent posséder personnellement une arme à feu

[01:05:37]

et qu'environ 4 adultes sur 10

[01:05:39]

vivent dans un foyer où il y en a une.

[01:05:41]

C'est quasiment moins que je pensais.

[01:05:43]

Oui, c'est vrai. Mais malgré

[01:05:45]

que ce ne sont pas tous les Américains qui triplent sur

[01:05:47]

les armes, et chez les propriétaires,

[01:05:49]

72 % invoquent la protection

[01:05:51]

comme raison principale.

[01:05:53]

Et ce climat apparaît aussi dans les données

[01:05:54]

du FBI, leur système

[01:05:57]

NICS a enregistré

[01:05:59]

39 695

[01:06:02]

315 vérifications

[01:06:03]

en 2020.

[01:06:05]

Il y a un petit peu moins,

[01:06:06]

beaucoup moins en 2021, donc on voit vraiment

[01:06:09]

qu'il y a un petit peu plus, un petit peu

[01:06:11]

moins plutôt en 2020. C'est pas un

[01:06:12]

décompte direct de vente, mais c'est un bon

[01:06:14]

indicateur de la demande et de l'anxiété

[01:06:16]

qui alimente, donc les achats d'armes

[01:06:18]

ne diminuent pas. Et cette anxiété

[01:06:21]

ne sort pas de nulle part, parce que

[01:06:22]

entre 2000, plus tôt

[01:06:25]

et 2019, eh bien l'ONU

[01:06:26]

a recensé 7348

[01:06:29]

catastrophes majeures

[01:06:30]

contre seulement 4212

[01:06:32]

si on prend la même période

[01:06:34]

les 20 ans plus tôt, donc de

[01:06:36]

1990 à 99.

[01:06:38]

Oui, ça a presque doublé. Oui, c'est incroyable.

[01:06:41]

Le bilan, 1,23 million de morts,

[01:06:43]

4,2 milliards de personnes touchées,

[01:06:45]

environ 2,97

[01:06:47]

millions de dollars,

[01:06:49]

en dollars US en perte économique.

[01:06:52]

Et on souligne aussi la hausse

[01:06:53]

est largement portée par les événements liés

[01:06:55]

au climat, rien de surprenant, là même

[01:06:57]

ici, on a plein d'enjeux.

[01:06:59]

Et plus récemment, on rapporte que les catastrophes

[01:07:01]

ont provoqué 45,8 millions de

[01:07:03]

déplacements internes en 2024,

[01:07:06]

ce qui est bien au-dessus

[01:07:07]

de la moyenne annuelle des 15

[01:07:09]

dernières années, qui l'estimaient

[01:07:11]

à 24 millions. Encore une fois,

[01:07:13]

on double le nombre de déplacements

[01:07:16]

provoqués à cause d'une catastrophe.

[01:07:18]

Et à eux seuls, les États-Unis

[01:07:20]

ont compté environ 11 millions

[01:07:21]

de ces déplacements. Quand les

[01:07:23]

panelées, feux, les inondations et les

[01:07:25]

tempêtes deviennent récurrents, et bien

[01:07:27]

la préparation cesse de ressembler

[01:07:29]

à une lubie. Elle commence plutôt

[01:07:31]

à ressembler à une adaptation.

[01:07:33]

Et cette adaptation est aussi devenue un

[01:07:35]

marché de masse, mon cher Emile, chez

[01:07:37]

Costco. Tu peux t'acheter

[01:07:39]

un saut de nourriture d'urgence qui s'appelle

[01:07:40]

le ReadyWise, donc

[01:07:42]

tu es prêt intelligemment.

[01:07:44]

La grosse chaudière. Oui, exact.

[01:07:46]

150 portions, avec une durée

[01:07:48]

de conservation annoncée à l'âge

[01:07:50]

jusqu'à 25 ans. Qu'est-ce qu'ils mettent là-dedans?

[01:07:52]

Des vieux Big Mac desséchés.

[01:07:54]

Je sais bien pas, mais on sait qu'un Big Mac

[01:07:56]

peut durer longtemps selon notre dernier épisode.

[01:07:58]

Non, c'est ça. C'est pas un produit,

[01:08:01]

c'est pas un bunker, c'est même

[01:08:02]

pas un fantasme de fin du monde. C'est un produit

[01:08:04]

qui est vendu par un détaillant grand public

[01:08:06]

au milieu du quotidien. Il me semble

[01:08:08]

ils ont même sorti la palette

[01:08:10]

qui te permet de durer

[01:08:13]

je pense 5 ou 10 ans.

[01:08:14]

Oui, ça se peut.

[01:08:16]

Ça coûte cher, mais tu peux acheter

[01:08:18]

vraiment la palette entière

[01:08:20]

et lader ton camion de leur

[01:08:23]

stock de survivaliste.

[01:08:24]

Ah oui, quand même. Je dois t'avouer

[01:08:26]

que ça doit être à cause de mes recherches,

[01:08:28]

mais sur Facebook, depuis plusieurs semaines,

[01:08:31]

quasiment depuis qu'on parle des complots,

[01:08:32]

j'ai de la publicité

[01:08:34]

de toutes sortes de compagnies

[01:08:35]

qui vendent des chaudières de survivalistes,

[01:08:38]

des kits, des choses comme ça. Donc,

[01:08:40]

on voit que c'est un peu plus large quand même.

[01:08:42]

Je suis tellement pas le public ici, mais c'est peut-être avec mes recherches.

[01:08:45]

Ah, ça c'est sûr que les recherches

[01:08:46]

de distorsion aident pas. Non, non, exact.

[01:08:48]

Mais on voit quand même que c'est un marché.

[01:08:50]

Donc, le prepper, celui

[01:08:52]

qui est strict, reste donc

[01:08:54]

minoritaire, celui qui est vraiment

[01:08:56]

prêt à tout. Mais la préparation, elle,

[01:08:58]

se normalise. D'un côté, il y a une élite

[01:09:00]

qui achète des refuges, de l'espace,

[01:09:02]

des sorties de secours privés, si on peut

[01:09:04]

utiliser cette image-là. Et de l'autre,

[01:09:06]

il y a des ménages ordinaires qui stockent de l'eau,

[01:09:08]

un peu de nourriture, des lames, des génératrices,

[01:09:10]

des plans d'urgence, et parfois même

[01:09:12]

des armes. C'est pas à la même échelle.

[01:09:14]

Mais dans les deux cas, le réflexe

[01:09:16]

dit la même chose. De plus en plus de gens

[01:09:18]

pensent que le système peut tenir,

[01:09:20]

mais qu'il peut aussi lâcher.

[01:09:22]

Oui, parce que derrière les réserves,

[01:09:24]

les armes, puis tout ça,

[01:09:25]

les plans de contingence,

[01:09:28]

il y a, comment dire,

[01:09:30]

il y a pas toujours une obsession de la fin du monde,

[01:09:31]

mais il y a un problème de confiance fondamentale.

[01:09:34]

On ne parlait tantôt aux États-Unis,

[01:09:36]

c'est à peine 22 % des gens

[01:09:37]

qui disent faire confiance au gouvernement fédéral.

[01:09:40]

La plupart du temps, ou presque toujours,

[01:09:43]

59 % disent

[01:09:44]

lui faire confiance, parfois,

[01:09:46]

à l'occasion, et 17 %

[01:09:48]

jamais. Donc, dans le même portrait,

[01:09:50]

60 % disent surtout ressentir

[01:09:52]

de la frustration envers le

[01:09:54]

gouvernement. Et c'est pas une panique

[01:09:56]

générale, mais c'est un

[01:09:58]

climat de confiance qui s'effrite

[01:10:00]

avec le temps. Et c'est là que

[01:10:01]

le «prepping» devient plus compréhensible.

[01:10:05]

Un chercheur résume

[01:10:06]

ça, par exemple, par une question très simple

[01:10:08]

«Est-ce que je me sens en sécurité?»

[01:10:10]

Quand la réponse est non,

[01:10:11]

préparer de l'eau, de la bouffe, une trousse,

[01:10:14]

une génératrice ou un plan familial

[01:10:16]

devient une manière de transformer

[01:10:17]

l'anxiété en gestes concrets,

[01:10:20]

ça nous rassure. Et les données

[01:10:21]

de la FEMA vont dans le même sens.

[01:10:24]

Dans le portrait 2023

[01:10:25]

résumé par l'Agence, 77 %

[01:10:28]

des répondants disaient croire

[01:10:30]

qu'ils seraient probablement touchés par une catastrophe

[01:10:32]

dans la prochaine année. C'est beaucoup, hein?

[01:10:34]

Ben oui. Pourtant, seulement

[01:10:36]

environ la moitié croyaient que les gestes

[01:10:38]

de préparation les aideraient réellement

[01:10:39]

à passer au travers et se sentaient

[01:10:41]

confiants dans leur capacité à se préparer.

[01:10:44]

Et 14 % seulement

[01:10:45]

s'étaient impliqués dans des actions de préparation

[01:10:48]

au niveau communautaire.

[01:10:49]

Autrement dit, le sentiment du risque

[01:10:52]

monte plus vite que la confiance dans la

[01:10:53]

réponse collective. On se tourne donc

[01:10:56]

vers des solutions privées.

[01:10:57]

C'est exactement ce que montrent aussi

[01:10:59]

les recherches en sciences sociales.

[01:11:01]

Une étude qualitative, fondée sur

[01:11:03]

23 entrevues et de l'observation

[01:11:06]

de participants, décrit

[01:11:07]

les preppers et les adeptes de l'autosuffisance

[01:11:10]

qui cherchent à réduire leur

[01:11:11]

dépendance envers les institutions

[01:11:13]

auxquelles ils ne font plus confiance.

[01:11:16]

Une autre étude, basée sur 13

[01:11:17]

entrevues, montre que le prepping

[01:11:19]

sert aussi à construire une identité valorisant

[01:11:21]

l'autonomie, la responsabilité

[01:11:23]

personnelle, l'indépendance et

[01:11:25]

le sentiment d'être plus capable que les

[01:11:27]

autres à traverser une crise.

[01:11:30]

Pour résumer, le prepping

[01:11:31]

ne sert pas seulement à survivre,

[01:11:33]

il sert aussi à redevenir quelqu'un

[01:11:35]

qui se sent en contrôle.

[01:11:37]

À quelque part, je peux comprendre les gens.

[01:11:39]

Il y a tout un monde fascinant autour des gens

[01:11:41]

qui vivent off the grid,

[01:11:43]

c'est-à-dire qui ne sont pas branchés

[01:11:46]

sur l'hydro,

[01:11:47]

qui ne sont pas branchés avec les systèmes

[01:11:49]

gouvernementaux. Ils paient des taxes,

[01:11:51]

évidemment, mais il y a

[01:11:54]

cette volonté de vivre

[01:11:56]

en autonomie.

[01:11:58]

Je peux le comprendre à quelque part.

[01:11:59]

Ce ne sont pas forcément des gens qui pensent

[01:12:01]

que le monde va s'écrouler, mais c'est des gens

[01:12:03]

qui ont juste envie d'être

[01:12:05]

autonomes et de moins dépendre

[01:12:07]

des gouvernements.

[01:12:08]

Absolument.

[01:12:11]

On en a déjà parlé, mais il y a un film

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québécois sur Netflix qui est apparu

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il y a quelques années, Le déclin,

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qui démontre un peu ça.

[01:12:19]

Ça a été un gros succès quand même.

[01:12:20]

Oui, international.

[01:12:22]

Ça, on pouvait être fiers. C'est un très bon film.

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Il fait un film divers aussi.

[01:12:26]

J'aime ça, les films tournés dans le froid.

[01:12:28]

Mais justement, ça démontrait

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un peu, je l'appelle

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le chef survivaliste qui avait une chaîne YouTube

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avec des adeptes

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qui avaient du contenu

[01:12:38]

de survivaliste. Il fait un genre de

[01:12:40]

comment dire,

[01:12:42]

pas un bed & breakfast, mais un genre de

[01:12:44]

get-together de certaines

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personnes pour leur apprendre les rudiments

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du survivaliste.

[01:12:49]

Si vous ne l'avez jamais vu, écoutez le déclin

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sur Netflix.

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Au Canada, Statistique Canada

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rapportait qu'en 2023, 23%

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des ménages avaient été touchés par un

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événement météo extrême ou une catastrophe

[01:13:02]

naturelle. Au Québec, ce n'est pas rare.

[01:13:04]

Les panneaux électriques, l'hiver,

[01:13:05]

les verglas, ces choses-là.

[01:13:09]

La même année,

[01:13:09]

c'est 69% des ménages canadiens

[01:13:12]

qui avaient pris au moins une mesure

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pour se préparer à une urgence.

[01:13:15]

Donc, même ici, l'idée qu'un système

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peut lâcher, ne plus rien

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abstrait, elle entre tranquillement dans

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le quotidien.

[01:13:23]

C'est fascinant, tout ça,

[01:13:25]

la préparation pour

[01:13:27]

l'apocalypse.

[01:13:29]

Je suis curieux de voir,

[01:13:30]

on a fait le tour un peu des différents sujets.

[01:13:33]

On aurait pu en continuer encore

[01:13:37]

un bout,

[01:13:37]

je pense.

[01:13:40]

Moi, je suis curieux de savoir, Seb,

[01:13:41]

est-ce que tu crains pour la fin du monde?

[01:13:43]

Qu'est-ce que tu fais pour te préparer?

[01:13:46]

Ça, c'est une bonne question.

[01:13:47]

De un, en faisant toutes ces recherches-là,

[01:13:49]

je me suis rendu compte que je ne suis pas préparé.

[01:13:52]

Dans le sens que j'ai assez de bouffe

[01:13:53]

pour trois jours, mais si mon congélant

[01:13:55]

lâche, la bouffe va lâcher elle aussi.

[01:13:58]

Si on est en plein été,

[01:14:00]

si l'eau arrête...

[01:14:01]

En fait, je ne suis pas prêt.

[01:14:02]

C'est ça qu'on peut se dire.

[01:14:06]

Écoute, si ça arrive,

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je ne serai plus là pour en parler.

[01:14:10]

Mais je n'ai pas tant peur.

[01:14:11]

J'ai plus peur des guerres mondiales

[01:14:13]

ou qu'on reçoive un missile nucléaire

[01:14:16]

sur la tête au Canada par erreur

[01:14:17]

ou peu importe.

[01:14:19]

Ça, ça me fait peur.

[01:14:21]

Mais c'est sûr que les catastrophes naturelles

[01:14:22]

et tout ce qui s'en vient,

[01:14:24]

j'ai l'impression qu'au Québec, on a un genre de dome

[01:14:27]

protecteur, c'est peut-être dans ma tête.

[01:14:28]

C'est notre pensée magique.

[01:14:31]

Notre éternel optimisme.

[01:14:32]

Oui, peut-être aussi.

[01:14:33]

C'est vrai qu'on est moins...

[01:14:37]

Même géographiquement, on ne peut pas avoir

[01:14:38]

ce type d'événement-là.

[01:14:40]

Il y a plusieurs choses qu'on n'a pas.

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On a beaucoup d'inondations, de sécheresses,

[01:14:44]

comme beaucoup d'endroits.

[01:14:46]

J'ai l'impression qu'on a beaucoup d'eau aussi.

[01:14:49]

Oui, on a un système électrique

[01:14:50]

quand même bien installé.

[01:14:53]

Exact, qui est solide,

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qui peut avoir ses failles.

[01:14:57]

On s'entend dès qu'il y a du verglas.

[01:14:59]

Il y a certaines installations qui lâchent,

[01:15:01]

mais de plus en plus, il solidifie.

[01:15:03]

Mais non, je n'ai pas tant peur

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de la fin du monde tant que ça.

[01:15:07]

Toi, es-tu plus...

[01:15:09]

Es-tu une crainte que tu as, ou pas tant?

[01:15:12]

Je pense qu'on vit

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dans un climat d'incertitude,

[01:15:14]

surtout au niveau géopolitique.

[01:15:17]

On ne sait pas trop si les États-Unis

[01:15:18]

vont envahir le Groenland ou...

[01:15:21]

Ou même le Canada.

[01:15:22]

Exact, si on va devenir un 51e État.

[01:15:26]

Aussi, toute la pandémie,

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toutes ces choses-là,

[01:15:28]

je trouve que ça ne nous a pas rassuré

[01:15:30]

sur le plan mondial.

[01:15:31]

Toute la division que ça crée

[01:15:33]

au sein de la population.

[01:15:35]

On dirait qu'à quelque part, oui,

[01:15:36]

j'ai peut-être une crainte pour la fin du monde.

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Aussi au niveau écologique,

[01:15:40]

c'est pas évident.

[01:15:42]

On dirait que je ne pense pas

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que le Barry Costco va nous sauver.

[01:15:46]

Ni même le Ranch de Zuckerberg.

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C'est même que je trouve ça parfois absurde

[01:15:50]

de voir des constructions comme ça.

[01:15:52]

Est-ce que vraiment ils ont...

[01:15:55]

C'est peut-être que ça peut...

[01:15:57]

Les survival condos dont on a parlé,

[01:15:59]

peut-être que s'il y a une grenade

[01:16:01]

qui explose à côté, ça ne fera pas grand-chose.

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Aussi le feu pogne à l'extérieur.

[01:16:05]

Mais en même temps, est-ce que

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vraiment ça a été testé?

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Si tu balances une bombe nucléaire

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au Kansas, probablement que...

[01:16:13]

Tout va sauter.

[01:16:13]

Oui, ou tout va être infecté pendant des années,

[01:16:16]

des millénaires à suivre.

[01:16:18]

Donc, j'ai l'impression...

[01:16:20]

Et même le Ranch de Zuckerberg,

[01:16:22]

s'il reçoit un missile

[01:16:24]

sur une de ses 50 salles de bain,

[01:16:26]

il ne sera pas plus safe.

[01:16:28]

Et si c'est la fin du monde à l'extérieur,

[01:16:30]

qu'est-ce que tu fais quand tu sors de ton bunker?

[01:16:32]

Exact, exact.

[01:16:34]

Tu sais, ce n'est pas cool.

[01:16:37]

Tu as reconstruit le monde.

[01:16:38]

Oui, tu es tout seul pour reconstruire le monde.

[01:16:41]

Zuckerberg à Hawaii,

[01:16:43]

sans rien, sans électricité,

[01:16:44]

le monde est perturbé.

[01:16:45]

Sur sa petite île, comment il va faire

[01:16:48]

pour reconstruire le monde?

[01:16:49]

Il se trouve une autre baille d'oeil à une femme,

[01:16:51]

mais sans que sa femme meure une autre femelle milliardaire

[01:16:54]

pour recommencer.

[01:16:56]

Exactement.

[01:16:57]

C'est pour ça que je ne suis pas tant

[01:16:59]

convaincu de toutes ces options-là.

[01:17:01]

Qui se protègent, oui.

[01:17:02]

Même si j'aime bien le survivalisme comme hobby,

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ou du moins, ça pique ma curiosité.

[01:17:07]

Oui, oui. Mais on n'est pas à l'abri non plus.

[01:17:10]

Tu sais, le verglas au Québec,

[01:17:11]

il y a beaucoup de gens qui ont été touchés il y a plusieurs années,

[01:17:13]

une vingtaine d'années, je crois.

[01:17:14]

Il y a des gens qui ont eu trois semaines, je pense,

[01:17:16]

de perte de courant.

[01:17:18]

Ça, j'avoue que c'est assez intense.

[01:17:20]

Moi, je ne l'ai pas vécu, j'étais à Québec à l'époque,

[01:17:22]

puis on n'a pas eu la même force

[01:17:24]

du verglas.

[01:17:26]

Ça, ça doit marquer.

[01:17:27]

Les gens qui ont vécu ça, d'après moi,

[01:17:29]

ils sont plus préparés que toi et moi.

[01:17:32]

Ah oui, ça, c'est clair. Ça, j'en doute pas.

[01:17:34]

Et vous, les distordus, qu'est-ce que vous en pensez?

[01:17:36]

Est-ce que vous êtes prêts pour l'apocalypse?

[01:17:38]

Est-ce que vous avez déjà investi

[01:17:41]

dans des bunkers et autres?

[01:17:43]

Dites-nous là,

[01:17:44]

on veut tout savoir.

[01:17:45]

En After Show Seb, tu nous parles des trois niveaux

[01:17:48]

de préparation des Preppers,

[01:17:49]

donc ça risque d'être très intéressant

[01:17:51]

de voir jusqu'où tout ça peut aller.

[01:17:55]

Et puis,

[01:17:56]

eh bien, on se revoit sous peu

[01:17:58]

dans l'After Show

[01:17:59]

pour nos abonnés Patreon.

[01:18:01]

Et justement, afin de terminer

[01:18:03]

cette magnifique série,

[01:18:05]

je voulais remercier André Beaupré, notre monteur,

[01:18:07]

notre recherchiste, toujours anonyme

[01:18:09]

à l'heure où on se parle.

[01:18:11]

Et vous tous, les distordus qui nous suivent

[01:18:13]

sur toutes les plateformes,

[01:18:14]

on vous adore, merci d'être encore là.

[01:18:17]

Bientôt, ça va faire 10 ans Distorsion.

[01:18:19]

Prochaine saison, on va tenter de célébrer

[01:18:20]

le tout en grand. Venez nous voir

[01:18:23]

en show. On fait le tour du Québec.

[01:18:25]

On adore vous rencontrer.

[01:18:26]

Venez nous faire un coucou. Nos spectacles

[01:18:28]

sont quand même assez amusants, assez drôles.

[01:18:30]

Et donc, vous ne manquerez pas de fun.

[01:18:32]

Et puis, pour terminer cette mini-série

[01:18:35]

en beauté, on va remercier, comme à l'habitude,

[01:18:37]

nos actionnaires, nos chers membres Patreon.

[01:18:40]

Et je commence tout de suite

[01:18:41]

avec un gros câlin

[01:18:42]

à Audrey-Anne L,

[01:18:44]

Patricia B, Stéphilou23,

[01:18:48]

euh, drôle de nom,

[01:18:49]

Elsa Sassosua

[01:18:50]

et Anne-Marie A.

[01:18:53]

Je poursuis des remerciements à nos actionnaires

[01:18:55]

Clara P, Stabar11,

[01:18:57]

Bénélope, la mystérieuse

[01:18:58]

qui a roux avec un K, et Loïs V.

[01:19:01]

Un gros merci

[01:19:02]

à Rachel MD,

[01:19:04]

à Melody R,

[01:19:06]

à Milou, à Nicolas B

[01:19:08]

et à Mélanie L.

[01:19:10]

Et je poursuis l'amour à Ket Gat,

[01:19:13]

à Geneviève D,

[01:19:14]

Mathis SL,

[01:19:16]

mystérieuse Mélissa

[01:19:17]

et la mystérieuse Julie.

[01:19:20]

Un gros hi-five

[01:19:21]

à Audrey C, Laurence M,

[01:19:24]

Élisabeth F. B,

[01:19:26]

à Shelby et à Geneviève S.

[01:19:37]

Est-ce que tu aurais un mot de la fin pour nous, mon chère Emile?

[01:19:41]

Si vous allez habiter dans un banqueur,

[01:19:44]

vous risquez de trouver le temps long.

[01:19:45]

Assurez-vous de télécharger

[01:19:47]

tous les épisodes de distortion en avance

[01:19:50]

en plus des cabarets.

[01:19:52]

Oh oui!

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