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Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion. Un podcast sûr.
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Des complots complètement distordus.
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Lorsque l'on pense aux théories du complot, on pense au nouvel ordre mondial,
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à cette élite qui nous contrôle, mais certaines théories sont beaucoup plus près de nous qu'on pense.
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Certaines entreprises que l'on admire ou que l'on côtoie chaque jour n'y échappent pas.
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Et notre confiance est ébranlée.
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Est-ce que Coca-Cola nous espionne?
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Est-ce que Starbucks veut saboter Noël?
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Ou pire, est-ce que les entreprises pharmaceutiques souhaitent notre mort?
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Suivez-nous dans cette aventure où nous faisons le tour des complots à propos des entreprises de notre quotidien.
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Sébastien Nevec, comment vas-tu ce soir?
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Ça va bien, et toi, Emile Gauthier?
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Ça va très bien, parce qu'aujourd'hui, on s'est lancé dans un rabbit hole d'entreprises complotistes
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ou en même temps de théories du complot autour d'entreprises.
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Ça dépend de quel côté on prend le problème.
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Oui, oui, exact. Oui, puis il y a un peu le mauvais côté citoyen-corporatif des entreprises, aussi, je trouvais.
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Exact, puis en se lançant là-dedans, on s'est rendu compte qu'il y en a beaucoup.
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Ça va des complots un peu loufoques dans le domaine de l'alimentaire.
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Vous allez voir, on va parler de différentes chaînes de restaurants de fast-food, McDo, Taco Bell, Poulet Free Kentucky,
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qui sont tous concernés par des théories loufoques.
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Mais ça va jusqu'à des théories vraiment troublantes qui se sont avérées réelles,
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c'est-à-dire que lorsqu'on tombe dans le monde des entreprises pharmaceutiques, des big pharma,
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ou lorsqu'on tombe dans les entreprises de technologies,
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on se rend compte que ça peut être beaucoup plus sombre, puis beaucoup plus troublant et inquiétant, même.
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Il y a des théories littéralement fondées.
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Oui, absolument. Oui, on va le voir par les poursuites.
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Et on voit aussi que le profit reste toujours l'objectif premier des entreprises.
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Puis c'est ce qui amène souvent à toutes sortes de comportements qu'on peut condamner.
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Bien oui. Puis il y en a tellement que je pense qu'on n'aura pas le choix de faire une partie de deux, un de ces jours,
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parce qu'on a dû en mettre de côté, en mettre de côté.
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Et en after show, je vais vous parler d'un autre sujet qui est quand même connexe,
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c'est-à-dire les entreprises et les influenceurs qui vendent le complot.
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Parce que dans toutes les théories qu'on a abordées au cours de cette mini série-là,
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puis même dans le passé à Distortion, ça fait vendre à quelque part.
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Il y a des chaînes spécialisées dans la désinformation.
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Il y a aussi les influenceurs. On va parler un peu de Joe Rogan,
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on va parler de Alex Jones, de Candace Owens, tout ça en after show sur Patreon.
[03:24]
Donc ne manquez pas ça. Ça risque d'être très intéressant.
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Et on risque de revenir vers ce sujet-là des entreprises et des complots qui concernent les entreprises.
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Je pense qu'on ne terminera jamais parce qu'à chaque année, on découvre encore Anguille Zuroche.
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Exact. Il va toujours en avoir qu'ils vont s'ajouter à la liste.
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C'est clair. Puis qu'est-ce qu'on boit?
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Grâce à des auditeurs et auditrices qui sont venus nous voir en show.
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Oui. Ils sont venus nous voir au Lyon d'Or.
[03:54]
Oh oui. Quelle soirée.
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Oui. Quelle soirée à Montréal qui a lancé notre tournée officiellement.
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C'était vraiment une soirée de feu.
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Et on remercie le couple Mathieu et Chloé qui sont venus nous porter de la bonne ovale.
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Oh mon Dieu, oui.
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C'est tellement bon. On aime tellement Pistoon Beer qu'il y a une certaine rareté.
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Je suis allé sur leur site web aujourd'hui. Si on voulait démarrer un commerce et la vendre,
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on ne pourrait même pas parce qu'ils disent qu'ils ne prennent plus de nouveaux clients
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parce qu'ils ont de la difficulté à fournir les clients actuels.
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C'est un beau problème pour une entreprise de bière.
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Oui. C'est une bière qui est très artisanale. Leur saveur change à chaque saison.
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Exact.
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Quand tu en bois une, ce n'est pas sûr que tu vas pouvoir la reboire un jour ou peut-être même dans quelques années.
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Donc, celle-là était carrément dans nos cordes en plus.
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Oui, c'est la citra mosaïque qui est une New England IPA qu'on adore avec du citra et mosaïque.
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Comme au blond, 7,2 % d'alcool. On le but et on la savoure encore.
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Et elle était très délicieuse. Merci à vous Mathieu et Chloé.
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Oh yes. D'ailleurs, si vous voulez revoir ou entendre du moins notre show du Lion d'art
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ainsi que tous les autres spectacles que l'on fait dans le cadre de notre tournée des cabarets des curiosités du web 2026,
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il faut être membre de Patreon.
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Et jusqu'à date, on a fait trois spectacles en mars, Québec, Montréal et Trois-Rivières.
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Ils sont tous disponibles, même que Québec, on a une version vidéo.
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Donc, si vous vous abonnez sur Patreon, vous nous suivez en quelque sorte en tournée dans nos valises.
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Oui.
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On a un shout-out, une review 5 étoiles à donner à Julie Roy qui nous a fait une belle review.
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Elle nous dit, j'écoute ce podcast une fois par jour et parfois plus.
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Mais attention Julie, tu vas faire le tour.
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Oui, dans une année, il y a plus de journée que d'épisodes de distorsion.
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Et elle nous dit, depuis, je me demande si BTK ne se cache pas dans mes propres garde-robe,
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si le plombier a installé des caméras cachées lors des dernières rénovations ou si je devrais voyager seul à l'avenir.
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Étant une femme qui adore les films d'horreur, j'adore ces frissons qui ne relèvent pas toujours de la fiction.
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Et bien, shout-out à toi, Julie.
[06:02]
Merci.
[06:02]
Et on espère aussi que BTK ne se cache pas dans ton garde-robe.
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Ça ne devrait pas, il est derrière les barreaux.
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Sinon, on vous rappelle nos prochaines dates de spectacle.
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Pour avoir accès à tout ça, rendez-vous au distortionpodcast.com.
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Le 15 mai, on se retrouve à l'Assomption au Vieux Palais.
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Je ne sais même pas si cet épisode va être diffusé à ce moment-là.
[06:21]
Je pense que oui.
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OK, bon, on ne fera pas trop d'erreurs.
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Le 3 juin, on est à Québec et le 11 juin à Sainte-Thérèse, donc allez voir ça.
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Il y a d'autres dates aussi en septembre, Saint-Jean-sur-le-Richelieu.
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Varennes aussi qui s'en vient et même Saint-Eustache en 2027.
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Donc ne manquez pas ça.
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La tournée se poursuit, on n'arrêtera pas.
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On va faire le tour du Québec au courant des prochains mois, prochaines années même.
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On a déjà des demandes pour été 2027.
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Ça risque d'être très intéressant.
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Je pense qu'on en a assez dit, Seb, pour aujourd'hui.
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Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans les complots autour des entreprises?
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Oui, monsieur!
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C'est parti!
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Ah, le complotisme Emile!
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On l'associe souvent à des forums obscurs, à des vidéos YouTube douteuses ou à des individus isolés.
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Mais en réalité, il est aujourd'hui profondément lié au monde des affaires.
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Et c'est là que ça devient intéressant.
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Parce que cette relation fonctionne dans les deux sens.
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D'un côté, certaines grandes entreprises sont accusées de manipulation secrète,
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de dissimulation d'informations, voire même de conspirations à grande échelle.
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Il y a des accusations qui parfois prennent racine dans des scandales, qui sont bien réelles.
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Et de l'autre, une industrie entière s'est développée autour du complotisme lui-même.
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Des entreprises, des médias et des influenceurs ont compris une chose assez simple.
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La peur, eh bien, ça va.
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Et mieux encore, la méfiance, ça fidélise.
[07:50]
Oui, c'est tout à fait vrai tout ça.
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Puis on est à l'époque aussi du rage bait.
[07:54]
Oui, mon Dieu.
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Donc, mon Dieu, ce qui cause la controverse, ce qui te rend en crise, ça génère des clics.
[08:00]
Exact.
[08:00]
Puis ça, on dirait que je commence à être tanné de ça.
[08:03]
Plus capable.
[08:03]
On dirait que depuis que Trump est au pouvoir, c'est à chaque jour, tu as une journée d'être en crise.
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Puis des fois, j'avoue que c'est un peu distordu, ça aussi.
[08:12]
Des fois, tu dis, il faut que je prenne un peu de distance.
[08:14]
Parce qu'il y a toujours eu, dans l'histoire de l'humanité, même avec ou sans Trump,
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que si tu fouilles, tu vas trouver des raisons d'être en crise.
[08:20]
Ah oui, oui, toujours.
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Et c'est vraiment pas pour excuser Trump.
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Non, non, non.
[08:25]
Mais tu sais, on dirait que ça fait du bien, des fois, de prendre une pause de tout ça.
[08:29]
Parce que c'est vrai qu'à force de consommer du contenu comme ça, tu restes en crise.
[08:34]
Puis ça te tombe, puis ça te craint.
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On va avoir la chance d'en parler un petit peu plus au courant de l'épisode de ce que ça nous fait
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d'être exposé constamment à des sujets comme ça.
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Mais ça fait un peu la même chose avec les théories du complot.
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Oui, peut-être même qu'à force de, je sais pas, d'écouter Distorsion,
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vous avez envie d'écouter du Mugbang, des histoires bizarres,
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et vous avez envie de suivre des histoires de tueurs en série.
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Mais bon, on se dédouane de tout ça si vous devenez des psychopathes.
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Oui, c'est pas de notre faute.
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Ben tu sais, j'ajouterais même, tu sais, les gens qui se nourrissent au quotidien avec ce qu'on appelle,
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j'aime pas tant le terme, mais les radios poubelles,
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ça aussi, c'est une forme de rage bait.
[09:12]
Oui, oui, oui.
[09:12]
Ce sont des constats qui font, eux, ils attirent leur audience avec ça,
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ils sont toujours ancrés si on est même sujet depuis 20 ans.
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Ben oui, puis tu sais, on a vécu les deux longtemps à Québec.
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Oui, exact.
[09:24]
On a toujours écouté quand même la radio de Québec quand on était à Québec,
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mais avec un certain regard distant.
[09:31]
Oui, exact.
[09:32]
Mais j'avoue que même si tu dis, ben j'adhère pas à tout ce qu'ils disent,
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j'en prends, j'en laisse, je trouve ça divertissant, j'écoute ça pour rire,
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je me rendais compte que même moi, à force d'être exposé à ça,
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parce qu'à Québec, à part Radio-Canada, toutes les postes vont dans la même direction.
[09:48]
Oui, oui, oui.
[09:48]
C'est de l'opinion, tu sais, même, je sais même plus qui est qui est en antenne en ce moment,
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donc il y a quand même une généralisation d'opinion quand même controversée,
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quittant vers le conservatisme et tout ça.
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Puis au fil du temps, j'étais là, ben donc voyons, moi-même,
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je commence à délirer un peu à force d'écouter ces radios-là,
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puis bon, pas que ça m'a fait du bien une fois que j'ai déménagé à Montréal,
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je trouve que la radio de Montréal a d'autres défauts.
[10:13]
Oui, oui, oui.
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C'est pour ça que j'ai migré vers les podcasts, presque à 100% finalement.
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Mais ça m'a fait du bien de prendre une pause de ce discours-là à quelque part.
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J'me suis rendu compte que mon Dieu, ça n'en prenait pas grand-chose pour devenir deep,
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mais maintenant, c'est qu'avec les réseaux sociaux,
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que la radiopoubelle existe ou non, c'est plus eux le plus gros problème.
[10:32]
Non, non, t'as raison.
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Parce qu'on est exposés, on scrolle toute la journée,
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et là, il y en a du rage bait, là.
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Ça vient plus juste des radiopoubelles.
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Ah non, je suis tellement tanné de ce modèle d'affaires-là,
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puis je le sais pas comment on pourrait légiférer pour ça.
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C'est dur à légiférer, je trouve.
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Puis c'est vrai que ça attire plus de gens, plus de commentaires,
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plus d'engagement, donc plus de ventes de publicité.
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Bien sûr.
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Donc, des fois, je comprends si je mets un...
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Je suis un peu l'avocat du dire parce que je suis pas de tempo.
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Je comprends aussi que les entreprises, ils ont des actionnaires à satisfaire.
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Il faut qu'ils augmentent leurs revenus.
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Mais des fois, ils pourraient peut-être...
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Je sais pas, ça a tellement d'impact.
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Ah, c'est clair.
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Mais là, justement, on se dirige vers un sujet
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qui va pas nous amadouer.
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Non, non, exact. Là, on est crankés.
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Oui, oui, on va se cranker encore plus.
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Là, on est parti parce que tu vas nous parler des big pharma, Seb.
[11:22]
Oui, oui.
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Puis justement, quand on parle de complotisme,
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c'est ça, les big pharma, ça revient presque systématiquement.
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L'idée inconnue, Emile, les grandes entreprises pharmaceutiques
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cacheraient des remèdes, inventeraient des maladies
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ou maintiendraient volontairement les gens malades
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pour continuer à vendre des traitements.
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Un système entier conçu pour entretenir la maladie plus tôt que la guérir.
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À première vue, ça semble extrême.
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Mais cette méfiance ne sort pas de nulle part.
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Elle s'appuie sur des faits bien documentés
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ou sur des scandales qui ont laissé des traces profondes
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dans la mémoire collective.
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Purdue Pharma est un bon exemple.
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Puis ça, ce column est tellement obsédé.
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Ah oui.
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Si vous voulez voir deux bonnes bails au pic,
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il y a Dope Sick, qui a été à une certaine époque sur Disney Plus.
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Puis il y a Pain Killer aussi qui était sur Netflix.
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Je ne sais pas si ils sont encore là.
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Mais si vous voulez voir des bails au pic qui parlent de Purdue Pharma,
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n'hésitez pas, ils sont très, très bien faits.
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Et je vous résume un peu l'histoire pour ceux qui l'ignore.
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Dans les années 90 et 2000, l'entreprise commercialisée,
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un antidouleur puissant, l'oxycontin,
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c'est un médicament qui est présenté aux médecins
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comme moins susceptible de créer une dépendance
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et moins sujet à l'abus que d'autres opioïdes
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dans le cadre d'une campagne de promotion
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assez agressive sur la douleur chronique.
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Sauf que cette présentation a fini par se fracasser contre les faits.
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En 2007, il y a une filiale de Purdue
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et trois dirigeants qui ont plaidé coupable
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dans une affaire de misbranding liée à l'oxycontin.
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Et en 2020, Purdue a de nouveau plaidé coupable
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à des accusations criminelles au fédéral
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liées à son marketing des opioïdes,
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mais aussi à ses pratiques avec certains prescripteurs.
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Puis là, on ne rentre pas beaucoup dans les détails,
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mais c'était une grosse équipe de vente.
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Oh mon Dieu, c'est le marketing autour de l'oxycontin.
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C'était tentaculaire.
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Ah oui, puis c'est terrible quand on y pense.
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Pour vrai, si vous n'avez pas écouté,
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ces deux séries-là, elles sont très bien faites,
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puis ça nous met vraiment dedans,
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et ça nous met aussi en mausse.
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Autrement dit, on n'est pas dans le simple soupçon.
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On est dans un cas où la justice américaine
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a retenu que l'entreprise avait trompé
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sur certains aspects du produit et de sa mise en marché.
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Et Purdue a notamment été accusé d'avoir minimisé
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les risques d'addiction et de surdose
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dans sa promotion du produit,
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tout en continuant à le pousser fortement
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auprès du corps médical.
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Le résultat, c'est qu'oxycontin est devenu
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l'un des symboles d'une crise sanitaire
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majeure aux États-Unis.
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Il faut toutefois faire attention ici.
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Les plus de 500 000 morts qui ont eu lieu
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entre 99 et 2019 renvoient à l'ensemble
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de la crise des opioïdes,
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et ce n'est pas seulement à Purdue.
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Mais Purdue occupe une place centrale
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dans l'histoire de cette crise,
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au point justement d'avoir plaidé coupable
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deux fois devant la justice américaine.
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Mais ce n'est pas un cas isolé, Emile.
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En France aussi, on a le droit
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au médiator qui est un médicament
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censé traiter le diabète
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et prescrire massivement comme coupe-fein.
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Ça ressemble, on dirait, un peu à…
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voyons celui qu'on a…
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- Le Zampic. - Le Zampic, merci.
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Il a été maintenu sur le marché pendant des années,
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malgré des signaux d'alerte clairs.
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Il y a des cardiologues qui sonnaient l'alarme.
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Il y a eu des effets graves sur les valves
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cardiaques qui étaient documentés.
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Il a fallu attendre 2009
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pour que le médicament soit finalement
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retiré des tablettes.
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On estime qu'il aurait causé entre 500 et 2000 décès
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en France seulement.
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Ah oui, c'est fou.
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Et les oxycontin, t'en as parlé un petit peu,
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excuse-moi, je reviens, je fais un petit pas à l'arrière,
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mais c'est fou, justement,
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parce que dans le but de diminuer
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une addiction à un autre
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opioïde, on a créé une encore plus forte
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addiction. Donc les gens,
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je me rappelle que
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lorsqu'on faisait des recherches, tout ça, il y a des gens
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qui avaient pratiquement juste eu besoin
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d'adville un peu fort pour leurs mots d'eau
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ou pour certains mots qui étaient temporaires.
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Mais là, ils se retrouvent avec une addiction,
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avec un opioïde, et à partir de là,
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ils se retrouvent, à un moment donné, la prescription
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ne fonctionne plus, soit ils développent une tolérance,
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soit que le médecin lui estime
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qu'il ne peut plus en avoir, ou soit que ce n'est pas couvert
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par leurs assurances, mais que c'est trop cher.
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Et donc, qu'est-ce qu'ils font?
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Ils se retrouvent à aller chercher ce genre de...
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Ils se retrouvent à s'automédiquer
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avec ce qu'ils trouvent dans la rue.
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Et donc là, ils vont tomber
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dans le fontanile, ils vont tomber dans
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d'autres opioïdes coupés avec
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de la cochonnerie, et c'est là que l'addiction
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va prendre encore plus de...
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va faire plus de ravages, puis va
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consommer leur vie entière.
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Donc l'oxycontin a comme
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été un gateway drug vers
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la grosse drogue dure
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des opioïdes de rue.
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À quelque part,
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ce n'est pas les seuls responsables,
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mais sont responsables
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quand même d'avoir
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substitué
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d'une certaine façon, d'avoir amené
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des gens vers
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l'automédication de rue. Ils
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ont une grande part quand même de
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responsabilité dans la crise des opioïdes,
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parce que ce n'est pas vrai que tous les consommateurs
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d'héroïne, de piacés,
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de pédopioïdes
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ont commencé d'une manière récréative.
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Je pense qu'une grande
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majorité a commencé justement avec des
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prescriptions, avec des vrais douleurs
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qui les ont amenés vers un point 8 de moment.
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Ah non, puis même,
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justement, il y en avait
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tellement sur le marché que les jeunes,
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ça se vendait sur le marché noir,
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les jeunes prenaient ça pour
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de façon récréative.
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Puis c'est vrai ce que tu dis, comment
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ça peut briser des vies parce que tu deviens
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obsédé. Justement,
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tu n'as pas la dose
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que ton corps voudrait.
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Tu viens dans la rue, tu fais des crimes,
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tu fais toutes sortes de manoeuvres ou
[16:52]
arriver à tes fins. C'est vraiment
[16:54]
pas beau, cette histoire-là.
[16:55]
C'est clair. Mais là, on revient vers le médiateur.
[16:58]
Oui, bien oui. Au médiateur, on avait
[17:00]
terminé, mais là, on replonge,
[17:02]
on retourne aux États-Unis avec le
[17:04]
Vioxemil, qui est un anti-inflammatoire
[17:06]
commercialisé par Merck.
[17:07]
Merck, encore une compagnie qu'on aime.
[17:11]
Globalement, ils font tous des bonnes affaires,
[17:13]
mais c'est vrai qu'au travers,
[17:15]
il y a des petits échecs.
[17:17]
Merck, ils ont retiré du marché
[17:19]
le Viox en 2004,
[17:21]
après avoir été associé à des risques
[17:23]
cardiovasculaires sérieux. Il y a
[17:25]
des études internes qui suggèrent que l'entreprise
[17:27]
avait connaissance de ces risques
[17:29]
bien avant le retrait.
[17:31]
Un peu comme la cigarette, des choses comme ça.
[17:33]
Le médicament avait été prescrit
[17:35]
à plus de 80 millions de personnes
[17:37]
dans le monde imaginé.
[17:39]
Et ces affaires ont un point commun.
[17:41]
Elles montrent que des entreprises peuvent,
[17:43]
dans certains cas, privilégier
[17:45]
leurs intérêts économiques au détriment
[17:46]
de la santé publique, pas par hasard,
[17:49]
pas par négligence, mais par choix,
[17:51]
délibérément, en ayant
[17:52]
conscience des conséquences.
[17:54]
Et c'est précisément ce type de dérive
[17:56]
qui nourrit le terrain du complotisme.
[17:59]
Parce qu'à partir du moment
[18:00]
où la confiance est brisée,
[18:01]
où l'on réalise qu'on nous a menti,
[18:04]
que les instances qui sont censées
[18:06]
nous protéger n'ont pas joué leur rôle
[18:07]
de protecteur, ben il devient
[18:09]
difficile de savoir où s'arrête la réalité
[18:11]
et où commence la théorie
[18:13]
du complot.
[18:15]
Oui, et parlant de tout ça, je vais poursuivre
[18:17]
Seb avec un cas, encore une fois,
[18:19]
d'une big pharma, vraiment dégueulasse,
[18:22]
celle-là.
[18:23]
On va parler de notre petit préféré,
[18:25]
Martin Shkreli
[18:27]
et de Turing Pharmaceuticals.
[18:30]
Et c'est pas rose,
[18:32]
cette histoire-là.
[18:34]
C'est un autre
[18:35]
exemple marquant de comment les grandes
[18:37]
compagnies pharmaceutiques peuvent
[18:39]
s'attirer les foot des complotistes,
[18:41]
parce que les histoires dont on va vous parler
[18:43]
aujourd'hui sont bien réelles.
[18:46]
Et eux,
[18:47]
ce qu'ils ont fait, il y a une compagnie
[18:49]
qui s'appelle Retrofin, qui est fondée
[18:51]
en 2011 par Martin Shkreli,
[18:53]
lui qui est un peu
[18:55]
un jeune héritier
[18:56]
avec plein d'argent.
[18:59]
Et lui, il était aussi à la
[19:00]
tête de MSMB Capital,
[19:04]
qui est une
[19:04]
compagnie de biotech axée sur les
[19:06]
maladies très rares. Donc il s'est retrouvé
[19:08]
à acquérir ces compagnies-là.
[19:10]
Et là, en mai 2014,
[19:12]
Retrofin acquiert les droits
[19:14]
américains de Tiola, qui est un
[19:16]
médicament utilisé contre
[19:18]
la cystinurie, qui est une
[19:20]
maladie très rare. Et après
[19:22]
cette acquisition, Shkreli
[19:24]
annonce une hausse
[19:26]
spectaculaire du prix du traitement.
[19:27]
Check bien ça, Seb.
[19:29]
En disant vouloir le rapprocher
[19:31]
de celui d'un médicament concurrent
[19:33]
beaucoup plus cher. Et là,
[19:35]
il ne s'agit pas d'un nouveau médicament
[19:37]
développé par l'entreprise. C'est un produit
[19:39]
qui est déjà existant, dont Retrofin
[19:41]
vient d'acheter les droits de commercialisation.
[19:43]
Il y a déjà de la recherche et développement
[19:45]
fait. Et le 30 septembre 2014,
[19:48]
Shkreli était vincé
[19:50]
de Retrofin et Stephen
[19:51]
Asselage est nommé PDG par intérim.
[19:54]
Mais pendant son mandat
[19:56]
à Retrofin, Shkreli
[19:57]
est accusé par
[19:59]
une autre compagnie, Crew,
[20:01]
d'avoir tenté d'influencer le processus
[20:03]
réglementaire de la FDA
[20:05]
dans des dossiers où il avait un intérêt financier.
[20:08]
Et en août 2015,
[20:10]
Retrofin dépose contre lui
[20:11]
une plainte de 65 millions de dollars,
[20:14]
l'accusant d'avoir violé à
[20:15]
répétition son devoir de loyauté
[20:17]
envers l'entreprise.
[20:19]
Et là, c'est pas fini.
[20:21]
Déjà, lui, on dirait
[20:23]
que son dada, c'est de trouver
[20:25]
des gens qui ont des maladies
[20:26]
très rares, puis justement, de
[20:29]
jouer sur l'effet
[20:32]
de demande
[20:33]
et d'offre.
[20:34]
C'est-à-dire que là, t'as pas beaucoup
[20:37]
de demandes, vu qu'il y a juste quelques personnes qui l'ont.
[20:39]
Donc, on va mettre le médicament très
[20:41]
cher. Ces gens-là ont de la misère
[20:42]
à être assurés. Quand t'as une maladie très
[20:44]
rare, c'est plus
[20:46]
difficile à assurer que, par exemple, des gens
[20:48]
qui ont, je sais pas, le
[20:50]
diabète. Je dis pas que c'est simple quand t'as le diabète.
[20:53]
Au contraire, mais il y a plus
[20:54]
de recherche et développement de faire sur ces maladies-là.
[20:57]
Donc, les compagnies d'assurance vont être
[20:58]
plus propices à t'assurer, sachant
[21:00]
qu'il y a plusieurs médicaments disponibles,
[21:02]
qu'il y a une expertise. Mais quand t'as une maladie
[21:04]
très rare, c'est plus difficile
[21:06]
d'être assuré.
[21:09]
Et là, après son départ
[21:10]
de Retrofin, c'est là qu'il prend la tête de Turing
[21:13]
Pharmaceuticals. Et en
[21:14]
2015, l'entreprise rachète
[21:16]
Daraprim. Mais là, ça va faire scandale.
[21:19]
Ça, c'est un médicament
[21:20]
utilisé, Seb, contre la
[21:22]
toxoplasmose, qui est une infection
[21:24]
particulièrement dangereuse
[21:26]
pour les personnes qui sont
[21:28]
immunodéprimées, notamment
[21:30]
celles qui vivent avec le VIH.
[21:32]
Puis là, check bien ça, le prix bondit
[21:34]
jusqu'à 750 $
[21:36]
le comprimé.
[21:38]
Alors qu'avant, il était autour de
[21:40]
13,50.
[21:43]
Déjà, 13,50, le
[21:44]
comprimé, c'est cher
[21:46]
pour le commun des mortels.
[21:48]
Ça te prend des assurances. Je ne sais pas
[21:49]
combien de comprimés faut que tu prennes
[21:51]
dans le mois. Mais c'est quand même
[21:53]
cher.
[21:55]
Mais 750, imagine,
[21:57]
ça devient le prix d'un hypothèque
[22:01]
par année.
[22:02]
Il n'y a aucun assureur qui veut
[22:03]
assurer quelqu'un pour ça.
[22:05]
Imagine, un par jour,
[22:07]
ça fait 750 x 30 par mois,
[22:09]
c'est pas
[22:11]
réaliste.
[22:13]
Shkreli, il justifie cette hausse-là
[22:15]
en disant qu'il faut être rentable,
[22:17]
il faut faire de la recherche et tout ça,
[22:18]
mais ça fait longtemps que le daraprime est
[22:20]
disponible auprès de tout le monde.
[22:22]
Pour le public,
[22:24]
ça venait d'être transformé en machine à profit.
[22:27]
C'est con, mais tu ne peux
[22:28]
pas tant poursuivre pour ça.
[22:31]
Il n'y a pas de crime
[22:33]
qui a été prouvé dans cette
[22:34]
pratique-là qui est dégueulasse,
[22:36]
mais il ne semble pas y avoir de crime.
[22:38]
C'est comme un libre marché un peu.
[22:41]
Cette affaire-là est devenue
[22:42]
un symbole de la logique que
[22:44]
beaucoup associent à Big Pharma.
[22:46]
Quand un traitement existe déjà,
[22:48]
pourquoi son prix explose-t-il
[22:50]
aussitôt qu'il tombe entre les mains
[22:52]
d'une entreprise qui en contrôle l'accès?
[22:54]
Il y a des gens
[22:55]
qui ont besoin de ça pour
[22:58]
vivre carrément.
[23:00]
Vous allez voir, Martin Shkreli,
[23:02]
le karma va le rattraper.
[23:03]
Faites-vous en pas d'une autre façon.
[23:06]
Moi, j'étais fâché de voir
[23:07]
qu'il était accusé de rien
[23:09]
en lien avec le crime.
[23:11]
C'est rare que je dise ça,
[23:13]
mais il y a une face à claque.
[23:14]
Il est baveux. Tu te rappelles-tu
[23:16]
un peu des vidéos?
[23:18]
C'est rare que je juge,
[23:20]
mais il y a vraiment une face à claque.
[23:21]
Il trollait l'Internet constamment.
[23:24]
C'est du big trolling.
[23:27]
En 2015, il va encore
[23:28]
nous troller, les amateurs de l'Hip-Hop,
[23:31]
parce qu'il va acheter l'unique
[23:33]
exemplaire de l'album de Hu Tang,
[23:34]
le Once Upon a Time in Shaolin.
[23:37]
Hu Tang l'avait mis en vente
[23:39]
aux enchères à l'époque.
[23:41]
Une seule copie, c'est l'album
[23:43]
qui s'est vendu le plus cher de l'histoire,
[23:45]
c'est-à-dire 2 millions de dollars
[23:47]
que Martin Shkreli l'a acheté.
[23:52]
Selon le contrat,
[23:54]
ça ne lui interdisait pas
[23:55]
de faire une écoute publique.
[23:58]
Il avait une chaîne Twitch,
[23:59]
et il streamait justement
[24:01]
en écoutant l'album de Hu Tang en direct,
[24:04]
puis en commentant,
[24:05]
puis en disant des conneries.
[24:08]
À ce moment-là, le groupe
[24:09]
a été en furie quand ils ont su que c'était Martin Shkreli
[24:11]
qui avait hérité du disque.
[24:14]
Il y a eu carrément
[24:17]
un beef
[24:18]
avec Ghostface qui est là,
[24:19]
il y avait eu des menaces
[24:21]
de mort, il y avait eu vraiment
[24:23]
des vidéos de fêtes de part et d'autre
[24:26]
pour s'écœurir avec
[24:27]
cette histoire-là.
[24:29]
Mais justement, éventuellement,
[24:31]
vous allez voir, l'album de Hu Tang
[24:33]
va se retrouver en meilleure main aussi.
[24:35]
Le 17 décembre 2015,
[24:37]
Martin Shkreli est arrêté par le FBI
[24:39]
dans une autre affaire
[24:41]
qui porte pas sur Daraprim,
[24:43]
mais pour une fraude
[24:44]
dans justement les Edge Funds
[24:46]
qui gèrent avec MSMB Capital.
[24:50]
Selon le bureau du procureur,
[24:51]
il aurait utilisé des fonds
[24:53]
et des actions de rétrofine
[24:54]
pour rembourser des investisseurs floués
[24:57]
dans un montage décrit comme un système
[24:59]
de Ponzi, d'une certaine façon.
[25:01]
Et le procureur évoque
[25:02]
alors une toile de mensonge et de tromperie.
[25:05]
Shkreli est inculpé
[25:06]
dans un acte d'accusation à sept chefs,
[25:08]
puis quitte la direction de Turing Pharmaceuticals.
[25:11]
Puis en 2017,
[25:12]
il sera finalement reconnu coupable
[25:14]
de deux chefs de fraude sur valeur mobilière
[25:16]
et d'un chef de conspiration
[25:18]
avant d'être condamné
[25:20]
en 2018 à sept ans de prison
[25:21]
et à une confiscation
[25:23]
de 7,3 millions de dollars.
[25:26]
Et il se retrouve
[25:27]
dans le trou Martin Shkreli après cette histoire-là.
[25:30]
Et l'album de Hutang
[25:31]
va être saisi par la justice américaine,
[25:35]
va être pendant une courte période
[25:37]
propriété du département
[25:38]
de la justice,
[25:39]
et va être revendu en 2021,
[25:41]
je crois, pour autour de 5 millions.
[25:43]
Un truc comme ça à un autre
[25:47]
internaute
[25:47]
via un réseau de NFT,
[25:49]
en 2021.
[25:51]
Donc, ça s'est retrouvé
[25:53]
un peu comme ça. Mais bon,
[25:55]
c'est un utilisateur anonyme, on ne sait pas c'est qui.
[25:57]
Mais bref, il a fait de la
[25:59]
toll Martin Shkreli,
[26:00]
à quelque part dans sa vie, même si ce n'est pas lié
[26:04]
à ses hausses de prix
[26:05]
du dollar à la prime. Mais bon,
[26:07]
comment dire, sa crédibilité va aussi s'arrêter là.
[26:10]
C'est un peu un vilain
[26:11]
dans Batman.
[26:12]
Oui, tu as bien raison
[26:14]
de ça. C'est un drôle de personnage.
[26:18]
Exact.
[26:19]
Seb, toi, tu as plein de choses
[26:21]
à nous dire sur les Big Tech
[26:23]
aussi. Oui.
[26:25]
Eh bien, si le Big Pharma joue
[26:27]
avec la santé, Emile,
[26:29]
les Big Tech jouent avec quelque chose d'encore plus
[26:31]
intime. Oui. Notre attention,
[26:33]
nos émotions, nos croyances.
[26:35]
Notre image. Oui.
[26:37]
Et tout ça alimente bien des théories.
[26:39]
À la surface, tout semble gratuit.
[26:42]
Mais comme on dit, quand c'est gratuit,
[26:43]
c'est nous le produit. Et les
[26:45]
réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les
[26:47]
plateformes vidéo, mais ce gratuit
[26:49]
a un prix caché. Les géants
[26:51]
Google, Meta, Amazon, Apple,
[26:53]
Microsoft, etc. reposent
[26:55]
sur une logique bien simple.
[26:57]
Plus ils en savent sur vous,
[26:59]
plus ils gagnent d'argent.
[27:01]
Chaque trace numérique devient un fragment de votre
[27:03]
portrait psychologique.
[27:05]
L'heure à laquelle vous consultez votre téléphone,
[27:07]
les vidéos que vous arrêtez avant la fin,
[27:09]
les mots que vous effacez avant d'envoyer un
[27:11]
message, la vitesse à laquelle vous
[27:13]
contrôlez devant une image triste
[27:14]
ou joyeuse, tout est interprété.
[27:17]
Ces micro-données invisibles
[27:19]
individuellement deviennent puissantes une
[27:21]
fois qu'on les combine en le Big Data.
[27:23]
Ce pouvoir repose sur un outil central,
[27:25]
l'algorithme de recommandation.
[27:27]
Il ne se contente pas
[27:29]
d'observer vos habitudes,
[27:31]
en fait, il les façonne. En analysant
[27:33]
vos réactions, il apprend,
[27:35]
il teste, il ajuste. Son objectif
[27:37]
est simple, retenir votre attention
[27:39]
le plus longtemps possible.
[27:40]
Vous pensez choisir ce que vous regardez?
[27:43]
En réalité, le système
[27:45]
anticipe, oriente
[27:46]
et finit par influencer vos choix
[27:48]
sans que vous en ayez conscience.
[27:50]
C'est ce que la chercheuse
[27:52]
Shoshana Zuboff appelle
[27:54]
le capitalisme de surveillance,
[27:56]
une économie où les comportements humains deviennent
[27:58]
des ressources à extraire, à analyser
[28:00]
et à revendre.
[28:02]
Et ce n'est pas seulement une question de publicité,
[28:04]
c'est une forme de pouvoir,
[28:06]
une nouvelle forme de pouvoir,
[28:07]
un pouvoir comportemental.
[28:10]
Et c'est là que l'affaire Cambridge Analytica
[28:12]
devient un symbole.
[28:13]
Je ne sais pas si tu te rappelles de cette histoire-là.
[28:16]
Bien sûr.
[28:17]
C'est une firme de conseil politique
[28:18]
qui a mis la main sur des données issues de Facebook
[28:20]
obtenues à partir d'une application de test
[28:23]
psychologique qui a permis de récolter
[28:25]
non seulement les informations des participants,
[28:27]
mais aussi celles de leurs contacts.
[28:29]
Au total, jusqu'à 87 millions
[28:32]
d'utilisateurs auraient été touchés.
[28:34]
Ça n'a pas de bon sens.
[28:35]
Ah oui. Je m'en rappelle, dans ce temps-là,
[28:37]
les API pour faire des applications Facebook,
[28:39]
c'était assez lousse pour en avoir fait pas mal
[28:42]
et puis m'amuser avec ça.
[28:43]
On pouvait aller chercher beaucoup
[28:45]
d'informations sur les users.
[28:48]
Et en exploitant justement
[28:49]
les « Likely », « Clickly »,
[28:51]
les centres d'intérêt et les habitudes en ligne
[28:52]
de millions de gens, eh bien Cambridge Analytica
[28:55]
affirmait pouvoir bâtir des profils
[28:57]
psychographiques très poussés,
[28:59]
capables d'anticiper certains traits de personnalité,
[29:02]
certaines peurs
[29:03]
et certaines vulnérabilités.
[29:05]
Il ne s'agissait plus seulement
[29:07]
de savoir ce qu'un utilisateur aimait,
[29:09]
mais comment il pensait, ce qui pouvait
[29:11]
l'inquiéter et quel type de message
[29:13]
avait le plus de chance de le faire réagir.
[29:15]
L'idée n'était plus de diffuser une
[29:17]
même publicité à tout le monde, ça c'est du passé,
[29:19]
mais d'adapter le message
[29:21]
selon la psychologie supposée de chaque
[29:23]
segment d'électeurs.
[29:25]
C'est ce qui a rendu l'affaire si troublante.
[29:27]
On ne parlait plus seulement de marketing
[29:29]
ciblé, mais d'une tentative d'influence
[29:31]
politique fondée sur l'extraction massive
[29:33]
de données personnelles et sur
[29:35]
leur transformation en outils
[29:37]
de persuasion. Moi je me rappelle
[29:39]
dans le temps, parce que
[29:41]
la Russa avait été impliquée là-dedans,
[29:42]
puis pour avoir fait beaucoup de publicité sur Facebook,
[29:45]
une fois que ce scandale-là est passé,
[29:46]
quand tu faisais de la publicité pour
[29:48]
des partis politiques, tu devais envoyer ton
[29:50]
passeport notarié, vraiment
[29:52]
démontrer ton identité, que tu ne travaillais pas
[29:54]
pour un parti politique. C'est quand je faisais pour
[29:56]
des agences de pub, ils ont resserré
[29:58]
quand même les contrôles pour tenter
[30:01]
d'éviter un peu l'influence
[30:03]
politique via la publicité.
[30:05]
Oui, c'est devenu vraiment plus serré
[30:07]
après ce scandale-là.
[30:08]
Parce que ça a été d'une telle ampleur Emile
[30:10]
qui a contribué à une amende record, quand même
[30:12]
de 5 milliards de dollars qui a été
[30:14]
infligée à Facebook. C'est quand même une grosse
[30:16]
chute qui font beaucoup d'argent, mais quand même,
[30:19]
c'est la FTC
[30:20]
qui avait donné à Meta, et a accepté
[30:23]
Meta de verser 725 millions
[30:25]
de dollars pour régler un recours collectif
[30:26]
aussi relié à cette affaire. Donc, ça a été beaucoup
[30:28]
de sous. Mais à partir de là,
[30:31]
influencer une opinion ne repose plus sur
[30:32]
des slogans, mais sur une approche
[30:34]
beaucoup plus précise, la psychologie
[30:36]
de masse individualisée. Un
[30:38]
même message peut être décliné selon
[30:40]
la peur, la colère, l'espoir
[30:42]
ou la frustration d'un électeur.
[30:45]
Depuis les révélations se
[30:46]
multiplient. TikTok, Meta,
[30:48]
Google, il y a des amendes, des enquêtes,
[30:50]
des fuites internes. Chaque scandale
[30:52]
révèle un peu plus l'étendue du pouvoir que
[30:54]
ces plateformes d'Etienne sur nos comportements
[30:56]
et nos croyances. Et c'est que là,
[30:58]
la question devient vertigineuse.
[31:00]
Ces systèmes se contentent-ils de
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refléter le monde ou bien le fabrique-t-il?
[31:05]
Algorithme par algorithme,
[31:06]
clic par clic.
[31:08]
C'est exactement dans cette zone grise
[31:10]
une influence mesurable
[31:12]
et manipulations invisibles que naissent
[31:14]
ces théories du complot, là où les faits
[31:16]
vérifiables côtoient le paranoïa
[31:18]
et où l'on ne sait plus très bien
[31:20]
qui tient vraiment les ficelles, l'homme
[31:22]
ou bien la machine.
[31:23]
Ça me fait penser un peu à notre épisode sur
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l'IA et la mort de l'Internet, un peu
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directement. C'est vrai parce que c'est un peu
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lié, ces deux sujets qui sont quand même liés
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parce que les big tech, là
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justement on a parlé de l'IA dans notre autre
[31:36]
épisode, mais c'est fortement
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lié parce qu'en ce moment avec tout ce que
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les big tech construisent au niveau des
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data centers et tout ça, ça amène
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encore une fois un bon lot de théories
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du complot qu'on aura la chance de parler
[31:48]
éventuellement parce que je suis sûr que
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ça ne va pas aller en diminuant. Non, absolument pas.
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Et c'est exactement dans cette zone
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grise entre influences mesurables et
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manipulations invisibles que
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naissent les théories du complot, là où les
[31:59]
faits véritables côtoient la paranoïa
[32:02]
et où l'on ne sait plus très bien
[32:03]
qui tient vraiment les ficelles,
[32:05]
l'homme ou la machine. Et si
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le vrai pouvoir de la big tech n'était
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pas seulement de connaître nos habitudes
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mais de modeler en
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temps réel. En 2014,
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Facebook mène une expérience
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sur près de 700 000 utilisateurs
[32:20]
à leur insu. L'objectif est simple,
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mesurer si le fait de modifier
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le contenu émotionnel du fil d'actualité
[32:26]
peut influencer l'humeur des gens dans la
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vraie vie. Et le résultat a été
[32:30]
clair, oui.
[32:32]
Exposer les utilisateurs à
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davantage de contenus négatifs les amène à
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publier des messages plus négatifs.
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L'expérience est publiée dans une revue scientifique
[32:40]
et la réaction est immédiate.
[32:42]
Facebook s'excuse,
[32:44]
mais sans vraiment changer ses pratiques.
[32:47]
Du côté du YouTube,
[32:48]
il y a une étude qui a été menée par des chercheurs
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de l'Université de New York qui révèle
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un autre phénomène. L'algorithme
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de recommandation pousse progressivement
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des contenus de plus en plus extrêmes.
[32:58]
Un utilisateur qui regarde une vidéo
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sur un régime alimentaire peut
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en quelques clics se retrouver plongé
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dans un univers de
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théorie complotiste sur la santé.
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C'est pas un accident, c'est une conséquence
[33:10]
directe du système. Et parce que le
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contenu radical génère plus d'engagement
[33:14]
et que l'engagement est exactement
[33:16]
ce que l'algorithme cherche à maximiser.
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Cette révélation change complètement
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la perspective. Parce qu'à partir
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du moment où une plateforme peut influencer
[33:24]
vos émotions, elle peut influencer aussi
[33:26]
vos opinions. Et si elle peut
[33:28]
influencer vos opinions, elle peut influencer
[33:30]
vos décisions politiques, sociales,
[33:32]
économiques. Et c'est précisément
[33:34]
cette idée qui nourrit certaines théories
[33:36]
du complot. Pas parce qu'elle est
[33:38]
entièrement fausse, mais parce qu'elle est
[33:40]
difficile à mesurer. Où
[33:42]
s'arrête l'optimisation de l'attention?
[33:44]
Et où commence la manipulation?
[33:46]
C'est une question qui est quand même difficile
[33:48]
à répondre, je te dis. Oui, dans le monde actuel,
[33:50]
c'est dur de savoir où tracer la ligne.
[33:52]
Et pour continuer un peu dans ton
[33:54]
philosebre de compagnies
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technologiques, je voulais faire un petit point
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sur les objets connectés.
[34:00]
Parce qu'il y a eu quelques petits scandales.
[34:03]
Quand on parle d'objets
[34:04]
connectés de la maison, que ce soit maintenant
[34:06]
les thermostats intelligents,
[34:08]
les caméras de surveillance,
[34:09]
toute la domotique, exactement.
[34:12]
C'est une source inépuisable
[34:14]
de récits complotistes,
[34:16]
selon lesquels ils serviraient d'outils
[34:17]
de surveillance généralisés
[34:19]
au profit des entreprises qui les fabriquent.
[34:22]
Et en 2014, des chercheurs
[34:23]
en sécurité ont montré lors
[34:25]
de la conférence Black Hat,
[34:27]
une conférence sur la sécurité informatique
[34:30]
et le hacking,
[34:31]
qu'un thermostat Nest, la marque Nest,
[34:33]
pouvait être routé dans une
[34:35]
quinzaine de secondes via un accès
[34:37]
physique, leur permettant d'installer
[34:39]
un firmware modifié, donnant
[34:41]
un contrôle total de l'appareil
[34:43]
et la possibilité de l'utiliser comme point d'entrée
[34:45]
dans le réseau domestique.
[34:47]
Pour simplifier,
[34:49]
router un appareil, c'est qu'on peut rentrer
[34:51]
dans le root, donc la racine,
[34:53]
avec des droits d'admin. Après ça,
[34:54]
tu peux faire un peu ce que tu veux.
[34:56]
Après ça, ça te donne le contrôle
[34:58]
sur tout. C'est vrai que c'est problématique.
[35:00]
Oui, parce que si ça part d'un thermostat,
[35:02]
on pense que c'est inoffensif,
[35:03]
mais ça peut être la clé de voûte,
[35:05]
la faille qui va te permettre de rentrer
[35:08]
éventuellement dans les données
[35:09]
personnelles. Oui, oui, oui.
[35:10]
Si je peux dire, maintenant, souvent,
[35:13]
on a des cadrans, on a toutes sortes de trucs
[35:15]
qui sont intelligents,
[35:17]
souvent qui ont été fait en Chine.
[35:18]
Des smart plugs, c'est tout connecté.
[35:21]
Ça peut être des petits points d'entrée.
[35:24]
Dans mes cours de cyber-sécurité,
[35:25]
ils nous le disent, ça augmente
[35:27]
la surface d'attaque. Il faut vraiment
[35:29]
se méfier de ces produits-là.
[35:31]
Ce n'est pas qu'ils sont tous mauvais,
[35:32]
mais c'est que souvent, disons que
[35:34]
la sécurité n'est pas la feature
[35:36]
qui met le plus d'efforts dessus.
[35:39]
Ça coûte 11 $ pour 4
[35:41]
sur Alibaba.
[35:42]
C'est ça. Sans vouloir devenir
[35:44]
parano, c'est vrai que ça nous rend
[35:46]
un peu à risque de pouvoir que quelqu'un
[35:49]
pourrait rentrer sur notre réseau
[35:50]
et nos appareils. Oui, carrément.
[35:53]
Plus récemment, il y a un chercheur
[35:54]
qui a montré que d'anciens modèles
[35:56]
de thermostat NEST, pourtant déclaré
[35:58]
en fin de support, continuaient à envoyer
[36:00]
des flux de données environnementales
[36:02]
détaillés, comme la température,
[36:04]
l'humidité, la détection des présences
[36:06]
sans les lumières ambiantes,
[36:08]
vers les serveurs de Google,
[36:10]
alors même que les fonctions intelligentes
[36:12]
côté utilisateurs avaient été désactivées.
[36:14]
Encore une fois, ça nourrit
[36:16]
l'idée que les entreprises
[36:18]
se désengagent du service rendu tout
[36:20]
en maintenant la collecte de données,
[36:22]
ce que certains interprètent comme
[36:23]
une forme d'extraction unilatérale,
[36:25]
c'est-à-dire qu'on arrête de supporter le produit
[36:28]
techniquement, mais il continue
[36:29]
d'envoyer des données.
[36:32]
Donc ici, la part complotiste
[36:33]
ne tient pas à l'existence d'une collecte
[36:36]
documentée, mais un peu à l'interprétation
[36:38]
qu'on fait de la chose.
[36:39]
S'imaginer que chaque thermostat
[36:41]
est avant tout conçu comme une taupe
[36:44]
de masse, alors que les faits
[36:45]
attestent plutôt que c'est un modèle économique
[36:47]
centré sur la valorisation
[36:49]
massive de données agrégées
[36:51]
et d'un manque de transparence sur ce point-là.
[36:54]
C'est un manque de support à long terme.
[36:57]
Ah oui, même si je peux dire
[36:58]
au moment donné, même juste votre
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Windows 11,
[37:02]
il y a quelqu'un qui a analysé
[37:04]
tout le flux de données
[37:06]
qui sort par jour, qui n'a pas rapport
[37:08]
avec les activités que vous faites,
[37:09]
c'est des gigs de données,
[37:12]
d'informations qui se transmet,
[37:14]
ça fait peur un peu.
[37:16]
Je comprends que les entreprises
[37:17]
il faut qu'ils récollent un peu de données sur nous,
[37:19]
mais il y a un aspect qu'on ne sait pas du tout ce qu'ils font
[37:21]
avec ça, malgré les contrats
[37:24]
d'utilisation.
[37:25]
Ça nous est tellement tous déjà arrivés
[37:27]
de parler d'un sujet,
[37:29]
de voir une pub après.
[37:32]
C'est drôle,
[37:34]
parce qu'il y a deux écoles de pensée sur les téléphones,
[37:35]
écoute ou non, c'est une écoute passive,
[37:38]
il détecte beaucoup les textes,
[37:40]
des fois c'est anecdotique,
[37:41]
mais c'est vrai que parfois, je suis assez
[37:43]
paranoïaque, mais pour l'écriture,
[37:45]
peu importe l'application dans laquelle j'écris,
[37:47]
je me rends compte que, même si j'écris
[37:49]
pas dans Meta ou dans Messenger, dans une autre
[37:51]
app quelque chose, je vais avoir une
[37:53]
pub sur Instagram ou sur Facebook.
[37:55]
C'est systématique, je pense
[37:57]
qu'on lui donne des droits,
[37:59]
qu'il fait un genre de keylogger de notre
[38:01]
téléphone, comme si de façon passive,
[38:03]
il absorbait un peu tout ce qu'on écrivait
[38:05]
et il classait les mots clés.
[38:07]
Ça, c'est pas le fun.
[38:09]
Ça nous amène justement aux assistants
[38:11]
vocaux, seulement les Alexa, Google,
[38:13]
Siri et autres.
[38:14]
En 2019, Bloomberg a révélé qu'Amazon
[38:17]
emploie des milliers de personnes
[38:19]
pour écouter et annoter les enregistrements
[38:21]
d'Alexa afin d'améliorer
[38:23]
la reconnaissance vocale. C'est toujours ça
[38:25]
le prétexte, évidemment. Les employés
[38:27]
peuvent traiter jusqu'à environ 1000 extraits
[38:29]
audio par shift, par corps de travail,
[38:31]
dans le fond. Et Amazon a confirmé
[38:33]
qu'un échantillon extrêmement faible
[38:35]
de requêtes est écouté,
[38:37]
mais sans l'avoir clairement mis en avant
[38:39]
dans la communication au grand public au départ.
[38:41]
Je pense pas que ces employés-là
[38:43]
vraiment s'intéressent à
[38:45]
ton plan soirée.
[38:47]
Mais à quelque part, il y a quand même
[38:49]
un manque de transparence.
[38:51]
Plusieurs enquêtes ont montré que des enregistrements
[38:53]
Alexa incluent aussi des activations
[38:56]
involontaires.
[38:57]
Des fois, Alexa croit entendre un mot clé,
[38:59]
mais c'est pas un bon mot clé, mais il est activé quand même.
[39:02]
Ça nous est tous déjà arrivé que Siri
[39:03]
décode sans qu'on le veuille.
[39:05]
Il fait toujours ça.
[39:07]
Et que certains extraits contenaient des conversations
[39:09]
sensibles, ce qui a alimenté
[39:11]
l'idée d'une oreille indiscrète permanente
[39:13]
dans le salon. Parce qu'il y a des gens,
[39:15]
peut-être qu'il y a des gens qui ont intérêt à nous écouter
[39:17]
nous pour savoir sur quel sujet on travaille
[39:20]
pour nos épisodes.
[39:21]
Mais il y a des gens qui ont des discussions beaucoup plus
[39:23]
importantes et sensibles que nous.
[39:25]
Et des fois, si c'est juste de rentrer
[39:27]
via une Smart Plug ou un Google Nest,
[39:30]
ils vont le faire.
[39:32]
Google a reconnu la même année que
[39:33]
les employés et sous-traitant écoutait
[39:35]
les enregistrements Google Assistant
[39:37]
pour entraîner les modèles après
[39:39]
la fuite de plus de 1000 fichiers audio
[39:41]
en néerlandais via un contractant
[39:44]
dont certains n'auraient jamais dû être
[39:45]
captés. Il n'y avait pas d'OK Google
[39:47]
de prononcer, mais ça enregistrait pareil.
[39:50]
Donc dans les deux cas, les entreprises
[39:51]
parlent d'un petit échantillon pour améliorer
[39:53]
le service. Mais il est factuel que des
[39:55]
humains ont écouté des enregistrements issus
[39:57]
de maisons privées et que des conversations
[39:59]
ont été captées par erreur lors
[40:01]
de fausses activations.
[40:03]
Je me demande, tu le sais, j'aime ça,
[40:05]
malgré tout, j'en ai plein.
[40:07]
Je suis convaincu que j'ai été
[40:10]
bien écoute, peut-être que non, mais
[40:12]
j'ai souvent l'impression que
[40:14]
j'ai dû être dans ces batchs-là
[40:16]
à un moment donné de tests. En plus,
[40:18]
je suis dans les premiers utilisateurs
[40:20]
surtout des Google Home, donc je me demande
[40:22]
justement.
[40:24]
Je vous parle aussi d'un cas des
[40:26]
télé Samsung. Pourtant qu'on aime
[40:28]
bien Samsung, mais qu'ils ne sont pas
[40:30]
à l'abri des scandales. En 2015,
[40:32]
on découvre dans la politique de
[40:34]
confidentialité des Smart TV Samsung
[40:36]
une phrase avertissant que tout
[40:38]
ce que l'utilisateur dit devant la télé
[40:40]
lorsqu'il utilise la commande vocale
[40:42]
peut être transmis à Samsung
[40:44]
et à un prestataire tiers chargé
[40:46]
de la transcription. Et là,
[40:48]
le texte allait jusqu'à prévenir que des
[40:50]
informations sensibles prononcées à voix
[40:52]
haute pouvaient faire partie des données
[40:54]
captées et envoyées, donc que tu pouvais
[40:56]
triggerer des trucs.
[40:58]
C'est tendu, ça, quand même, en 2015.
[41:01]
C'est un prestataire
[41:02]
tiers, évidemment, qui est chargé
[41:04]
de tout ça. Et face
[41:06]
au backlash qu'ils ont eu,
[41:08]
il y avait des références directes au
[41:10]
roman de 1984 dans les médias,
[41:12]
Samsung a réécrit sa politique
[41:14]
pour préciser que le micro du téléviseur
[41:17]
ne traite que des
[41:18]
commandes limitées localement,
[41:20]
tandis que le micro de la télécommande
[41:22]
envoie la voix vers des serveurs
[41:24]
uniquement quand l'utilisateur appuie sur
[41:26]
le bouton de recherche vocale.
[41:27]
Mais le fait demeure, c'est-à-dire que ces TV
[41:30]
pourraient capter des fragments de conversation
[41:31]
et les transmettre à un tiers pour les
[41:33]
analyser, ce que la marque a dû détailler
[41:36]
à posteriori sous la pression.
[41:38]
Mais au moins, ils l'avaient mis dans leur
[41:39]
politique de confidentialité.
[41:42]
Une nuance importante,
[41:44]
c'est que ce n'est pas un mouchard
[41:46]
secret dans la télé, toutes
[41:47]
ces histoires-là ou dans les
[41:49]
assistants, mais la réalité
[41:51]
de l'écoute humaine des enregistrements
[41:53]
qui sont conservés et des activations
[41:55]
involontaires qui ont souvent été minimisées
[41:58]
ou très mal expliquées dans
[41:59]
les interfaces de ces compagnies-là
[42:02]
qui alimentent à juste titre la
[42:04]
parano collective autour
[42:05]
de savoir si ces entreprises-là nous écoutent.
[42:09]
Mais, bref,
[42:10]
c'est rien pour nous rassurer. Non, pas du tout.
[42:12]
Mais d'autres entreprises
[42:13]
qui semblent bien inoffensives
[42:15]
sont aussi dans la mire de plusieurs
[42:17]
théories. Là, Emile, on va
[43:50]
se déplacer un peu vers les
[43:52]
marques du quotidien.
[43:53]
Oui, ça risque d'être très divertissant cette
[43:55]
section. Oui, parce qu'on le sait,
[43:57]
le complotiste, ça vise pas seulement les gouvernements,
[43:59]
mais dans les laboratoires médicaux
[44:01]
ou les médias, ça finit aussi par s'attaquer
[44:03]
aux marques les plus banales.
[44:05]
Oh oui, puis on va parler de cas un peu plus.
[44:07]
On a commencé dans le sérieux, avec les
[44:09]
Big Pharma, puis tout ça. Oui, carrément.
[44:11]
On va se diriger vers, on va parler de théories
[44:13]
qui sont parfois un petit peu plus
[44:16]
farfelues. Farfelues.
[44:17]
Ça dépend lesquelles.
[44:19]
Oui, c'est ça, oui, c'est ça.
[44:21]
On va se diriger, on va élargir le spect
[44:23]
de théories. On va prendre une bonne puff
[44:25]
et on va se lancer là-dedans.
[44:27]
Oui, voilà. Ils finissent aussi
[44:29]
à s'attaquer aux marques les plus banales,
[44:31]
celles qu'on croise tous les jours,
[44:33]
Starbucks, Disney, Target, Bud Light.
[44:35]
Des noms du quotidien devenus
[44:37]
des symboles de guerre culturelle.
[44:39]
Mais ce qui change ici, c'est la logique.
[44:42]
Une simple décision marketing peut
[44:43]
être lue comme une preuve de corruption morale.
[44:46]
Un logo devient un symbole
[44:47]
satanique. Un produit devient
[44:49]
la preuve d'un agenda caché.
[44:51]
Une campagne inclusive
[44:53]
devient dans certains récits un complot contre les
[44:55]
enfants, ou même contre la famille
[44:58]
traditionnelle.
[44:59]
Et là, on va parler de Disney, qui est un bon
[45:01]
exemple, parce que la marque
[45:03]
touche à l'enfance, à la culture populaire
[45:05]
et à l'imaginaire collectif de beaucoup,
[45:07]
beaucoup de gens. Oui, et puis juste pour vous dire,
[45:08]
on va parler d'un petit fragment
[45:11]
de théorie autour de Disney, parce qu'on aurait pu faire
[45:13]
un épisode complet juste sur Disney.
[45:15]
Oui, c'est fou, hein? Oui, non, t'as absolument
[45:17]
raison de le préciser.
[45:18]
En 2022, un conflit éclate
[45:21]
autour de la loi floridienne
[45:26]
sur l'orientation sexuelle
[45:33]
et l'identité de genre à l'école
[45:34]
primaire. Je savais pas
[45:36]
que ça n'avait pas de bon sens
[45:37]
qu'une loi là-dessus en Floride.
[45:40]
Il y a des films comme
[45:42]
Lightyear, ou
[45:43]
Strange World,
[45:44]
ont alors été attaqués, non pas seulement
[45:46]
pour leur contenu, mais pour ce qu'ils
[45:48]
représentaient symboliquement.
[45:50]
L'inclusivité devenait suspecte.
[45:52]
La diversité de l'orientation
[45:52]
et la diversité devenait une menace,
[45:54]
et l'écran de cinéma se transforme soudain
[45:56]
en champ de bataille idéologique.
[45:58]
Au départ, Disney ne prenait pas part à la saga,
[46:01]
puis, sous la pression de ses employés
[46:02]
et d'une partie du public LGBTQ+,
[46:05]
Disney finit par condamner
[46:06]
la loi, ce qui déclencha
[46:08]
la riposte politique de Ron
[46:10]
Decentisme, qui a retiré à l'entreprise
[46:13]
une partie de son autonomie administrative.
[46:15]
C'est sévère,
[46:16]
quand même. Et l'affaire
[46:18]
ensuite prit une dimension encore plus toxique
[46:20]
sur les réseaux sociaux. Disney est
[46:22]
devenu la cible d'accusation de grooming.
[46:25]
Ces attaques ont circulé dans
[46:26]
des cercles proches de QAnon,
[46:28]
mon Dieu, qui ont transformé les
[46:30]
efforts d'inclusivité de la marque en
[46:32]
menace morale, voire presque
[46:34]
satanique. Le disco ne visait
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plus seulement une entreprise,
[46:38]
mais un symbole de corruption supposée
[46:40]
de l'enfance.
[46:42]
Des films comme Light Years
[46:44]
ou Strange World ont alors été
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attaqués non seulement pour leur personnage
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LGBTQ+, mais comme preuve
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d'un supposé agenda
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idéologique.
[46:54]
Conservateurs ont utilisé des performances
[46:56]
décevantes de certains de ces films
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pour brandir le slogan
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Go woke, go broke.
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Même si plusieurs analystes ont aussi pointé
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des raisons plus classiques,
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comme le manque de promotion ou une réception
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critique moyenne. Moi aussi, je crois plus
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à ça que parce qu'il y avait
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des personnages LGBTQ+.
[47:14]
Oui, mais ça peut aller loin.
[47:15]
Moi, ça me fait penser au Gamergate,
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dans les jeux vidéo, où il y avait
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eu beaucoup d'harcèlement de
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non seulement autour de
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joueuses et de membres,
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des créatrices de
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jeux vidéo, de game designers.
[47:30]
Mais aussi, à un certain moment,
[47:31]
il y a eu tout
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justement le go woke ou go broke.
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Ça avait eu une grosse
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influence parce qu'à un certain moment
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donné, le jeu vidéo, c'était encore
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des personnages très masculins,
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des personnages féminins hyper
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sexualisés. On a vu un certain
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revirement à un moment donné, dans les années
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2010, on a commencé à voir des
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personnages non binaires,
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des héroïnes féminines.
[47:56]
Moi, j'étais bien heureux. J'étais dans l'industrie
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du jeu vidéo à ce moment-là.
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Je trouvais ça intéressant d'avoir
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des personnages qui reflètent plus
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le vrai monde.
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Ce fut le cas de jeux comme Watch Dogs,
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entre autres, qui ont
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commencé à mettre de l'avant des personnages
[48:11]
un petit peu différents, issus de la diversité.
[48:14]
Et puis, ça avait rué dans les
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brancards.
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Justement, les communautés de gamers
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accusaient les compagnies de jeux
[48:21]
vidéo d'être devenus woke, de vouloir
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contrôler les
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joueurs, d'avoir un agenda
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autour de ça.
[48:29]
On dirait que c'est auprès
[48:31]
des audiences mainstream, comme
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Disney et des compagnies de jeux
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vidéo. C'est encore
[48:37]
très conservateur de ce côté-là.
[48:39]
Ils doivent toujours marcher sur
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des oeufs à tout lancement
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de trucs. Ça va être tellement compliqué.
[48:45]
Je me rappelle juste
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de la polémique de la petite sirène
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qui était noire.
[48:51]
Ça aurait fait tout qu'une tollée.
[48:54]
À l'interne, Disney a
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aussi été critiqué pour ses contradictions.
[48:57]
Des employés de Pixar ont dénoncé
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des coupes répétées dans des scènes d'affection
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entre personnes de même sexe.
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Plus tard, à la suite de la polémique,
[49:05]
Disney a réintégré un baiser
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entre deux femmes qui avaient d'abord
[49:08]
été supprimées dans Lightyear,
[49:11]
ce qui a renforcé l'idée d'une entreprise
[49:13]
du moins tiraillée
[49:14]
entre l'image inclusive
[49:17]
et la prudence commerciale.
[49:19]
Le conflit a même produit des manoeuvres
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juridiques étonnantes. Pour
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résister à la reprise du contrôle du district
[49:24]
par l'administration de Sentis,
[49:27]
les avocats de Disney ont inséré
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une clause de survie liée
[49:30]
à l'animier du roi Charles III,
[49:33]
qui est une astuce destinée à
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contourner les règles contre les contrats
[49:37]
perpétuels. Et après
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deux ans de bataille, un accord de
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règlement a finalement été conclu en mars
[49:42]
2024, ce n'est pas longtemps, tandis que
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Disney annonçait aussi un plan d'investissement
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massif dans ses parcs et expériences
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pour rester compétitif.
[49:51]
Ça, c'est un peu notre petite parenthèse,
[49:53]
Disney, un peu comme tu disais,
[49:54]
Emile, on pourra en parler pendant
[49:56]
un autre épisode. Et là, je me dirige
[49:59]
vers Target,
[50:00]
qui ont une petite présence au Canada,
[50:02]
une courte vie au Canada,
[50:04]
ça n'a pas fonctionné.
[50:07]
Notre marché, je pense, n'est pas assez gros.
[50:08]
Mais bref, Target a subi un mécanisme
[50:10]
assez similaire. Pendant le mois de la
[50:12]
Fierté Gay en 2023,
[50:15]
il y a eu une rumeur virale
[50:16]
qui a affirmé à Target que l'enseigne
[50:18]
vendait des maillots de bain Tuck-friendly,
[50:21]
qui étaient destinés aux enfants.
[50:22]
Mais en réalité,
[50:25]
ces produits étaient vendus
[50:26]
en taille adulte seulement.
[50:28]
Mais la désinformation ensuite a été
[50:30]
amplifiée par des publications virales,
[50:32]
des commentateurs conservateurs,
[50:34]
et même des récits présentant la collection Pride
[50:36]
comme une menace pour l'enfance.
[50:39]
Ils ont vraiment détourné le sujet.
[50:41]
Et pour ce qui rend l'affaire particulièrement
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frappante, c'est que la panique
[50:44]
n'est pas restée virtuelle.
[50:46]
Target a déclaré avoir fait face
[50:48]
à des menaces visant à la sécurité et le bien-être
[50:50]
de ses employés, à une hausse
[50:52]
des confrontations entre clients
[50:54]
et personnel, ainsi qu'à des incidents
[50:56]
de marchandises Pride
[50:58]
jetées au sol.
[51:00]
Et en juin 2023, des magasins Target
[51:02]
ont aussi été évacués dans au moins
[51:04]
cinq états après des menaces
[51:06]
à la bombe liées à cette
[51:08]
controverse, même si aucun
[51:10]
explosif n'a été découvert.
[51:12]
Ces sous-vêtements-là, juste pour dire,
[51:14]
les Tuck-friendly,
[51:16]
c'est un petit peu plus adapté
[51:18]
par exemple pour les personnes trans
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qui veulent aplanir
[51:22]
leur silhouette à la fourche,
[51:24]
si on veut.
[51:25]
C'est quelque chose qui se
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vend maintenant
[51:29]
partout dans les grandes surfaces, sur Amazon
[51:31]
et autres. C'est quelque chose
[51:32]
qui se trouve. C'est de ça
[51:35]
qu'on parlait. C'est fou. Merci
[51:37]
de la précision. Pour protéger son personnel,
[51:40]
imagine
[51:41]
les attaques à la bombe, les appels à la bombe,
[51:43]
c'est fou. L'entreprise a retiré
[51:45]
certains articles et modifié ses plans
[51:47]
de mise en marché. Parfois,
[51:49]
les entreprises n'ont pas le choix de réagir.
[51:51]
On dirait qu'ils se retirent,
[51:52]
qu'ils reculent en fait par rapport à ça.
[51:55]
Et l'impact économique lui aussi
[51:57]
a été réel, mais il faut le formuler
[51:59]
avec prudence. Parce qu'au deuxième
[52:01]
trimestre de 2023, Target
[52:02]
a indiqué que ses ventes avaient reculé de 5%,
[52:05]
en disant que la réaction contre
[52:06]
la collection Pride avait contribué
[52:08]
à ce recul. Et en même temps,
[52:11]
l'entreprise a précisé qu'il était
[52:12]
impossible d'isoler exactement la part
[52:14]
attribuable évidemment à cette controverse
[52:17]
du reste des pressions économiques qui étaient
[52:18]
plus larges. Autrement dit,
[52:20]
la crise a bien pesé, mais elle ne résume
[52:23]
pas à elle seule toute la baisse.
[52:25]
Et Target s'est alors retrouvé
[52:26]
au centre du conflit. D'un côté,
[52:28]
la marque était attaquée par des responsables
[52:30]
politiques, des médias conservateurs
[52:32]
et des militants qui présentaient sa
[52:34]
collection comme une menace morale.
[52:36]
Et de l'autre, son recul a été perçu
[52:38]
par plusieurs comme un signe que l'intimidation
[52:41]
pouvait faire plier une grande entreprise.
[52:43]
C'est d'accord. Et cette
[52:44]
saga montre que la désinformation ne
[52:46]
se contente pas de polluer le débat public.
[52:48]
Elle peut complètement déstabiliser les
[52:50]
opérations en magasin,
[52:52]
créer des risques sécuritaires,
[52:54]
forcer des ajustements logistiques
[52:56]
et ébranler durablement la confiance
[52:58]
autour d'une marque.
[53:00]
C'est assez fou, ça.
[53:02]
Avant de faire la recherche,
[53:04]
j'ignorais cette
[53:06]
polémique de Target. Et là,
[53:08]
on va se diriger vers la bière,
[53:10]
la Bud Light. Oui, notre bière préférée,
[53:12]
Seb. Ben oui.
[53:14]
La Bud Light, elle illustre une autre
[53:16]
facette du phénomène. Ici, il ne s'agit pas
[53:18]
directement de complotisme,
[53:20]
mais d'un mécanisme très proche,
[53:22]
celui de la polarisation
[53:24]
amplifiée. Tout commence
[53:26]
au début d'avril 2023,
[53:28]
quand Dylan Mulvaney
[53:29]
publie sur Instagram une vidéo liée à
[53:31]
Bud Light et montre une canette
[53:33]
personnalisée à son image.
[53:35]
À la base, on parle d'une opération
[53:37]
promotionnelle limitée, pas d'une grande
[53:39]
campagne nationale. Mais très vite,
[53:42]
la perception change.
[53:45]
Une partie du public,
[53:47]
notamment dans les milieux conservateurs
[53:48]
américains, y voit autre chose
[53:50]
qu'un simple partenariat. Pas une publication
[53:52]
isolée, mais une prise de position
[53:54]
symbolique. Et à partir de là,
[53:56]
tout s'emballe. Les réseaux
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sociaux transforment un geste marketing
[54:00]
ponctuel en conflit culturel
[54:02]
national. Il y a des vidéos qui deviennent
[54:04]
virales, dont celle de Kid Rock,
[54:06]
c'est notre préférée de ma gueule.
[54:08]
Ce filmant en train de tirer sur
[54:10]
des caisses de Bud Light.
[54:11]
Juste pour vous dire, c'est que
[54:13]
Dylan Mulvaney, c'est une
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personnalité des médias
[54:17]
sociaux qui fait une transition
[54:19]
de genre. C'est ce qui
[54:22]
explique pourquoi Kid Rock
[54:23]
tirait sur des canettes de Bud Light.
[54:25]
Il n'y a pas digéré que Bud Light
[54:27]
fasse une canette à son image.
[54:29]
Ça avait fait une méga tollée.
[54:31]
Je me rappelle encore,
[54:33]
justement, le boycott devient alors
[54:35]
plus qu'une réaction. Il devient
[54:36]
un signal identitaire, une façon
[54:38]
d'afficher son appartenance culturelle.
[54:41]
Et très vite, les conséquences
[54:43]
deviennent concrètes.
[54:45]
Les médias rapportent qu'au début de juin
[54:46]
2023, les ventes de Bud Light avaient chuté
[54:48]
de 24,6%
[54:50]
sur quatre semaines. C'est énorme!
[54:52]
C'est tellement pas une bière difficile à remplacer.
[54:55]
Ben non.
[54:57]
Je veux dire, t'as pas besoin
[54:58]
d'avoir des goûts pointus. Quand il y a pas de Bud Light,
[55:01]
t'es pas dans le trouble à
[55:02]
dépanneur. Non, non.
[55:04]
Exact. Mais c'est fou, Brac.
[55:06]
Et un mois plus tard, la baisse
[55:08]
atteignait 28%,
[55:10]
pendant que, dans le fond,
[55:12]
la Modelo Especial,
[55:14]
c'est une autre sorte de bière. Je pense
[55:16]
c'est une sorte de Corona. Elle est pensée
[55:18]
devant la Bud Light comme bière la plus vendue
[55:20]
aux États-Unis. Et l'impact
[55:22]
se fait aussi sentir dans l'entreprise.
[55:24]
En juillet 2023,
[55:26]
les médias rapportent que A.B.
[55:28]
Inbev, qui est le méga
[55:30]
chapeau corporatif de cette entreprise-là,
[55:32]
a annoncé des centaines de
[55:34]
pressions de postes aux États-Unis,
[55:36]
soit moins de 2% de ses effectifs
[55:38]
total. C'est quand même beaucoup dans une grosse entreprise
[55:40]
comme ça, dans la foulée de la chute
[55:42]
des ventes. Mais au-delà des chiffres,
[55:44]
c'est surtout la réponse de l'entreprise
[55:45]
qui a été jugée assez maladroite.
[55:48]
Dès mai 2023,
[55:50]
le PDG, Michel Doucaris,
[55:52]
insistait sur le fait qu'il s'agissait
[55:54]
d'une One Can, One Influencer,
[55:57]
One Pose,
[55:58]
mais non d'une campagne complète,
[56:00]
une ligne défensive perçue par plusieurs
[56:02]
comme hésitante. Résultat,
[56:05]
Bud Light s'est retrouvé
[56:06]
coincé entre deux fronts.
[56:07]
Du côté conservateur, plusieurs ont jugé
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qu'il n'y avait ni excuses claires, ni recul à
[56:12]
soumets, et du côté des partisans de
[56:14]
l'inclusivité, il donne l'avoir qu'ils boivent
[56:15]
la Bud Light là-dedans, on a reproché
[56:18]
à la marque de ne pas avoir soutenu
[56:20]
Dylan Mulvaney plus fermement
[56:22]
face au harcèlement et à
[56:24]
la vague hostile qu'elle subissait.
[56:26]
C'est ordinaire un peu quand même.
[56:29]
Elle a
[56:30]
mangé vraiment la claque.
[56:33]
Ben oui, parce qu'en tant que marque,
[56:34]
il faut que tu connaisses un peu ta communauté.
[56:36]
Exact, exact. Si tu sais que c'est une gang
[56:38]
de redneck qui vont aller donner de la
[56:40]
marde à la personne avec qui tu fais une collabo,
[56:42]
essaie de pas l'entraîner dans
[56:44]
ton bordel. Oui, oui, exact. Je pense
[56:46]
que la personne aussi
[56:48]
qui a eu l'idée de la campagne marketing
[56:50]
avait été mise dehors aussi
[56:52]
dans toute cette foulée-là.
[56:55]
Pourtant, je trouvais,
[56:56]
mais t'as raison, au début, je trouvais
[56:58]
que l'idée était pas mauvaise, mais t'as raison,
[57:00]
faut que tu connaisses ton auditoire.
[57:02]
Sans vouloir faire de généralité,
[57:04]
j'ai l'impression justement que la Bud Light
[57:06]
a un public plus conservateur,
[57:08]
du moins aux États-Unis.
[57:10]
Et derrière tout ça,
[57:11]
il y a un phénomène plus large qui apparaît,
[57:13]
c'est celui des guerres culturelles qui est appliqué
[57:15]
aux marques. Et cette saga démontre une chose
[57:17]
essentielle, c'est que dans un environnement
[57:19]
amplifié par les médias sociaux,
[57:21]
une simple opération promotionnelle,
[57:22]
ça peut devenir un symbole. Et une fois
[57:25]
que le symbole est créé, il appartient plus
[57:27]
vraiment à l'entreprise qui l'a lancé.
[57:29]
Non, il appartient au public.
[57:31]
Exact. Et là, on va se diriger
[57:34]
vers les Marlboro
[57:36]
et les cigarettes.
[57:38]
Une bonne signe.
[57:40]
Oui, et vous allez voir, le mélange est assez particulier.
[57:43]
Et on n'a plus la chance, nous,
[57:45]
de voir ces beaux
[57:46]
emballages complotistes dont on va
[57:48]
parler aujourd'hui parce qu'au Québec,
[57:50]
toutes les cigarettes sont débrandées.
[57:52]
Je parle pour nos auditeurs
[57:54]
européens, par exemple, ou même d'ailleurs
[57:56]
dans le monde, toutes les
[57:58]
emballages de cigarettes ont la même
[58:00]
couverture, il n'y a aucune typographie propre,
[58:03]
signature visuelle propre à la marque.
[58:06]
Donc,
[58:07]
on ne les voit plus, les packs de Marlboro.
[58:09]
Non, on a des photos avec des bouches
[58:11]
cancéreuses dessus.
[58:13]
Et Marlboro est un autre
[58:15]
exemple justement de la manière dont
[58:16]
une marque peut devenir le support de projection
[58:19]
complotiste, même à partir
[58:20]
de simples éléments visuels. Depuis
[58:23]
des années, certaines rumeurs affirment
[58:24]
que le design du paquet cacherait des références
[58:26]
au coucloosclan. Les interprétations
[58:29]
commencent par le logo
[58:31]
rouge en forme de chevron,
[58:32]
qui, une fois incliné, serait perçu comme
[58:34]
format la lettre K.
[58:36]
Comme ce motif apparaît sur plusieurs phases du paquet,
[58:39]
eh bien, certains y voient la répétition
[58:41]
KKK. D'autres
[58:43]
vont plus loin. En retournant le paquet,
[58:45]
certaines lettres seraient lues
[58:46]
comme un anagram évoquant
[58:48]
Horrible Jew, donc les juifs
[58:50]
horribles, tandis que
[58:52]
la forme de certaines typographies donnerait
[58:54]
l'impression de jambes suspendues rappelant
[58:56]
des seignes de lynchage.
[58:59]
Ça, les gens vont loin.
[59:00]
Certains croient même distinguer des silhouettes
[59:02]
encagoulées dans les espaces blancs
[59:04]
du blason ou encore une tête de
[59:07]
Clansman,
[59:08]
cachée dans le design du paquet.
[59:10]
À ça s'ajoute l'interprétation des
[59:12]
couleurs utilisées, blanc, rouge et noir,
[59:14]
vues comme un symbole racial
[59:16]
ou encore la disposition
[59:18]
du nom en blanc en haut et en noir
[59:20]
en bas, interprété comme une hiérarchie
[59:23]
visuelle.
[59:24]
T'sais, un moment donné, tu peux faire parler de tout, là,
[59:26]
sans te croire. Pourtant, ces accusations
[59:28]
ne reposent sur aucune base réelle.
[59:31]
Le nom Malboro vient simplement
[59:32]
de la rue Malboro à Londres,
[59:35]
où Philip Morris
[59:36]
possédait une manufacture au 19e
[59:38]
siècle. Son fondateur,
[59:40]
un buraliste londonier des
[59:42]
années 1850, n'a évidemment
[59:44]
aucun lien avec le KKK
[59:46]
Clans, qui est une organisation américaine
[59:48]
fondée bien plus tard, en 1865,
[59:51]
donc 15 ans plus tard.
[59:52]
Quand à l'entreprise elle-même, il s'agit d'un géant
[59:54]
coté en bourse avec une structure publique,
[59:56]
des milliards de dollars en circulation,
[59:58]
ce qui rend l'idée d'un contrôle secret par un groupe
[01:00:01]
clandestin assez irréaliste.
[01:00:03]
Même la devise
[01:00:04]
Vinny Vidi Vici, visible sur le
[01:00:06]
paquet, renvoie simplement à
[01:00:08]
Jules César, sans aucune
[01:00:11]
connexion historique avec
[01:00:12]
ses théories.
[01:00:13]
Oui, vous nous direz, les fumeurs,
[01:00:15]
parmi vous, si vous pensez,
[01:00:17]
si vous retrouvez tous ces symboles-là,
[01:00:19]
j'avoue qu'on a l'image
[01:00:21]
dans le visage. C'est sûr qu'un pack
[01:00:23]
de Malboro, c'est très officiel, il y a un blaze
[01:00:25]
en quelque part. Il y a des
[01:00:26]
symboles qui peuvent nous ramener à des
[01:00:28]
symboles un peu d'élite mondiale,
[01:00:31]
c'est tellement officiel, mais moi
[01:00:33]
j'arrive pas, je serais curieux de voir
[01:00:35]
s'il y en a parmi vous qui voient
[01:00:37]
ces interprétations-là.
[01:00:39]
Des fois, c'est dans les espaces
[01:00:41]
négatifs, en inversant
[01:00:43]
les chevaux, regarde en plus
[01:00:45]
le blanc, moi j'essaie de voir,
[01:00:47]
c'est sûr que je vois ce que
[01:00:49]
sur un des chevaux, quand on regarde un peu
[01:00:50]
dans l'entrejambe des chevaux,
[01:00:53]
ça peut ressembler à un peu une tunique,
[01:00:55]
mais tu sais,
[01:00:57]
il faut vraiment chercher à le voir
[01:00:59]
dans l'espace négatif.
[01:01:01]
Non, c'est ça, exact, mais des fois,
[01:01:03]
ils cherchent trop de signes.
[01:01:06]
Oui, mais vous nous direz
[01:01:07]
ce que vous en pensez face au
[01:01:09]
paquet de Marlboro.
[01:01:09]
Peut-être qu'on se trompe.
[01:01:10]
D'ailleurs, il y a sans doute un épisode à faire
[01:01:12]
avec les paquets de cigarettes,
[01:01:14]
il y a plein de symboliques sur les canons.
[01:01:16]
Ça pourrait être intéressant.
[01:01:17]
En tout cas, dites-nous les fumeurs.
[01:01:21]
Moi, je vais faire un bon vers
[01:01:22]
d'autres entreprises qu'on affectionne
[01:01:24]
ou qu'on déteste, c'est selon,
[01:01:26]
mais des entreprises alimentaires
[01:01:28]
qui parfois nous semblent un peu inoffensives,
[01:01:30]
mais qui cachent peut-être un lourd secret.
[01:01:32]
Je vais vous parler de Coca-Cola,
[01:01:34]
et évidemment, il y a sans doute
[01:01:36]
plein de théories autour de Coca-Cola.
[01:01:38]
On avait débunké d'ailleurs le fait
[01:01:39]
que le Père Noël ne leur appartient pas.
[01:01:43]
C'est un peu une fausse nouvelle.
[01:01:45]
C'est leur design du Père Noël
[01:01:47]
évidemment qui leur appartient,
[01:01:48]
mais ce n'est pas la création
[01:01:49]
de Saint-Nicolas, heureusement.
[01:01:52]
Mais un autre truc dont je voulais vous parler,
[01:01:54]
c'était d'une distributrice
[01:01:56]
de Coca-Cola, Seb,
[01:01:58]
une distributrice qui a coûté
[01:01:59]
plus de 1 milliard de dollars
[01:02:01]
en recherche et développement.
[01:02:02]
C'est la machine Freestyle
[01:02:04]
qui est arrivée vers la fin des années 2010
[01:02:07]
et qu'on retrouve encore une fois
[01:02:08]
dans des Subway, par exemple.
[01:02:10]
C'est une fontaine, tu sais,
[01:02:12]
c'est une grosse machine qui incorpore
[01:02:14]
tous les produits de Coca-Cola.
[01:02:16]
Tu vas avoir du Mountain Dew là-dedans.
[01:02:17]
Oui, on a ça encore.
[01:02:20]
Ça permet de mélanger
[01:02:22]
quelque chose comme 130 saveurs.
[01:02:24]
Tu peux mettre du Mountain Dew avec du Fanta,
[01:02:27]
un et l'autre,
[01:02:29]
et faire vraiment plein de trucs
[01:02:30]
avec ta fontaine.
[01:02:32]
Cette machine-là, qui est une machine tactile
[01:02:34]
où on choisit son mélange,
[01:02:37]
elle serait équipée de caméras
[01:02:38]
qui photographient chaque consommateur
[01:02:41]
pour analyser son visage
[01:02:42]
et son comportement.
[01:02:44]
Il y a un cas très relayé
[01:02:46]
l'an 2026 qui s'appuie sur un genre
[01:02:48]
de case study d'une société
[01:02:50]
d'IA qui évoquait explicitement
[01:02:52]
pour une preuve de concept
[01:02:54]
la capture d'une image pour chaque client
[01:02:56]
qui interagissait avec la machine.
[01:02:58]
Ils disaient que la théorie
[01:03:01]
était que c'était dans un contexte
[01:03:02]
de reconnaissance faciale.
[01:03:04]
C'était assez crazy parce que
[01:03:07]
lorsque cette machine-là est arrivée,
[01:03:09]
c'était prêt IA.
[01:03:10]
Mais ça notait vraiment
[01:03:12]
toutes les données que les gens
[01:03:14]
faisaient, même les mélanges
[01:03:16]
qu'ils pouvaient faire.
[01:03:17]
Ils recueillaient ça et par la suite
[01:03:19]
pouvaient sortir une édition spéciale
[01:03:22]
de Cherry Coke avec du Sprite.
[01:03:24]
Ça fait un mélange intéressant.
[01:03:26]
En même temps, eux vont rebrander ça
[01:03:27]
pendant un temps limité.
[01:03:29]
En même temps, ils vont voir la réaction
[01:03:32]
de la personne qui reçoit son drink,
[01:03:33]
voir si elle est heureuse ou pas,
[01:03:36]
où est-ce qu'elle regarde et tout ça.
[01:03:38]
Il y a vraiment une cueillette de données
[01:03:39]
qui était faite avec cette machine-là.
[01:03:42]
Mais sous la pression médiatique,
[01:03:44]
Coca-Cola a confirmé que les prototypes
[01:03:46]
de la machine Freestyle
[01:03:48]
avaient bien intégré des capacités
[01:03:49]
de caméras, mais uniquement dans
[01:03:51]
des versions de laboratoire testées
[01:03:53]
selon eux, en affirmant ne pas avoir
[01:03:55]
déployé ces fonctions, ni prévoir
[01:03:57]
de les utiliser à l'avenir.
[01:03:59]
Mais il y a des clients qui disaient
[01:04:00]
s'être retrouvés devant une caméra,
[01:04:02]
devant ces machines-là.
[01:04:05]
Ces machines-là étaient connectées
[01:04:07]
à l'Internet et tout ça.
[01:04:08]
C'est sûr qu'il y avait
[01:04:11]
Internet dans les années 2010.
[01:04:13]
Étant donné que c'était premier,
[01:04:15]
c'était quand même assez révolutionnaire,
[01:04:17]
cette machine-là qui a coûté
[01:04:19]
un milliard de dollars.
[01:04:21]
Mais c'est pas une mauvaise idée.
[01:04:22]
Outre le fait de prendre les photos,
[01:04:24]
il faudrait qu'il anonymise tout,
[01:04:26]
mais c'est brillant en termes de marketing
[01:04:28]
de regarder les mélanges qui se font le plus
[01:04:30]
pour trouver des futurs saveurs.
[01:04:33]
Je trouve ça quand même
[01:04:34]
une idée brillante.
[01:04:36]
Oui, tout à fait d'un point de vue marketing.
[01:04:39]
C'est très Coca-Cola, justement.
[01:04:41]
La théorie du complot
[01:04:43]
n'extrapole à partir de ces
[01:04:45]
tests R&D qui ont été faits
[01:04:46]
dans certains commerces et autres
[01:04:48]
que justement, il y aura un scénario
[01:04:50]
de surveillance de masse avec chaque
[01:04:52]
machine alors que les éléments
[01:04:54]
publics pointent plutôt vers des expérimentations
[01:04:56]
limitées. Mais il y a
[01:04:58]
une opacité problématique aussi
[01:05:00]
autour des données potentielles.
[01:05:02]
Tu peux pas demander à tout le monde
[01:05:03]
qui se fait un coke de signer un disclaimer
[01:05:06]
comme quoi il va être filmé et autre.
[01:05:08]
Donc, il y a quand même une genre
[01:05:09]
d'opacité qui a été faite.
[01:05:12]
Mais c'est une machine
[01:05:14]
qui a causé quand même la controverse
[01:05:16]
et qui a été un pilier du développement
[01:05:18]
quand même de coke
[01:05:20]
en franchise. Ça leur a permis
[01:05:23]
d'améliorer vraiment
[01:05:25]
des, comment dire,
[01:05:26]
je sais pas si c'est leur service,
[01:05:28]
mais eux, ça leur a permis de vraiment
[01:05:30]
mieux connaître leur auditoire
[01:05:32]
et autres. Sauf que oui,
[01:05:34]
il y a eu de la collecte de données
[01:05:36]
de fait autour de ça.
[01:05:38]
Starbucks maintenant, qui n'est pas
[01:05:40]
sa première controverse non plus,
[01:05:41]
je vais en parler de quelques-unes ici.
[01:05:45]
Souvent, Starbucks est pris
[01:05:46]
dans des récits complotistes, ne serait-ce
[01:05:48]
qu'avec son logo, où la marque
[01:05:50]
a notamment été accusée à tard de financer
[01:05:52]
l'armée israélienne il y a pas si longtemps,
[01:05:55]
entre autres à partir d'une fausse
[01:05:56]
lettre attribuée à Howard
[01:05:58]
Schultz en 2006, qui circulait
[01:06:00]
comme un aveu de soutien à Israël
[01:06:02]
alors qu'il s'agissait d'un texte
[01:06:04]
satirique repris au premier degré.
[01:06:06]
Mais Starbucks affirme pour sa part
[01:06:08]
que ni l'entreprise, ni Schultz
[01:06:10]
ne finance le gouvernement israélien
[01:06:12]
ou son armée, et rappelle aussi qu'elle
[01:06:14]
a quitté Israël en 2003 pour des raisons
[01:06:17]
opérationnelles non politiques.
[01:06:19]
Au Moyen-Orient, ces cafés
[01:06:20]
sont exploités par un autre partenaire
[01:06:22]
qui est Al Shaya, semble-t-il.
[01:06:24]
Mais la rumeur continue à circuler
[01:06:26]
en 2023.
[01:06:28]
Il y a même des créateurs de contenu
[01:06:30]
qui ont été un peu écorchés au Québec,
[01:06:32]
qui avaient des collabos avec Starbucks à l'époque.
[01:06:34]
Cette année-là, Starbucks a poursuivi
[01:06:36]
son syndicat,
[01:06:38]
Workers United, à propos d'un message
[01:06:40]
publié après le 7 octobre,
[01:06:42]
et cette action a été interprétée par
[01:06:44]
plusieurs comme une prise de position politique
[01:06:46]
de l'entreprise. L'agence Reuter
[01:06:48]
a aussi rapporté que des protestes
[01:06:50]
à terre avaient été influencés par
[01:06:52]
des représentations trompeuses de la position
[01:06:54]
réelle de Starbucks sur le conflit
[01:06:56]
israélien. Et dans ce genre de cas,
[01:06:58]
le café ne sert plus seulement
[01:07:00]
de produit de consommation, il devient
[01:07:02]
un support de projection politique et
[01:07:04]
religieuse. Des gens avaient boycotté
[01:07:06]
Starbucks sur les réseaux sociaux,
[01:07:08]
harcelaient même les influenceurs
[01:07:09]
qui faisaient des collabos avec eux,
[01:07:11]
mais c'est sûr que ça fait partie des big
[01:07:13]
corpos en Starbucks.
[01:07:15]
Ça fait partie aussi des compagnies
[01:07:17]
qui font de l'en-shitification,
[01:07:20]
c'est-à-dire que plus le temps
[01:07:21]
avance, plus c'est cher, moins la qualité
[01:07:23]
est là, moins ils traitent bien
[01:07:25]
leurs employés. Je suis allé récemment,
[01:07:28]
je ne vais plus souvent dans des Starbucks.
[01:07:30]
Il y a tellement d'autres bons
[01:07:31]
cafés au même prix, meilleurs,
[01:07:34]
à Montréal, mais sur la route et
[01:07:35]
d'autres. Oui, c'est ça, j'allais dire, c'est parce qu'il est disponible.
[01:07:37]
C'est meilleur que Tim Hort. Oui, c'est ça.
[01:07:40]
Ou en voyage, mais je ne sais pas si vous êtes
[01:07:41]
allé récemment, mais tout est fait pour qu'il y ait
[01:07:43]
encore moins de personnalisation
[01:07:45]
et de temps mis au service.
[01:07:48]
Même les machines sont encore plus
[01:07:49]
automatiques qu'avant. On dirait presque
[01:07:51]
que c'est des fausses machines à espresso maintenant,
[01:07:53]
tellement il y a des gadgets là-dessus.
[01:07:56]
Je reviens au logo parce
[01:07:57]
que lui-même a alimenté l'imaginaire
[01:07:59]
complotiste pendant des années.
[01:08:01]
Starbucks explique que son emblème,
[01:08:03]
c'est une sorte de sirène
[01:08:05]
à deux queues, on dirait un peu une
[01:08:07]
médiuse et tout ça.
[01:08:08]
Starbucks est quand même une marque qui vient
[01:08:10]
de la côte ouest du coin Seattle.
[01:08:13]
Donc, ils sont près de l'eau et tout ça.
[01:08:15]
C'est inspiré de l'imaginaire
[01:08:17]
maritime enraciné dans l'histoire populaire
[01:08:19]
portuaire de Seattle
[01:08:21]
puis modernisé au fil des
[01:08:23]
refontes, notamment en 2011.
[01:08:25]
Mais sur Internet, cette figure
[01:08:26]
a parfois été relue comme un symbole
[01:08:28]
occulte, démoniaque, ou même en
[01:08:31]
usage subliminal. Ici, on est moins
[01:08:34]
dans le fait que dans
[01:08:34]
l'interprétation, mais
[01:08:37]
le symbole de la marque devient un peu
[01:08:39]
un écran de projection pour toutes sortes
[01:08:41]
d'angoisse culturelle.
[01:08:43]
C'est un logo un peu à la Versace
[01:08:45]
quand tu utilises des
[01:08:47]
créatures mythologiques.
[01:08:49]
Ça peut avoir des fois pour certains
[01:08:51]
une signification complotiste.
[01:08:53]
Puis il y a eu les fameux gobelets
[01:08:55]
de Noël en 2015.
[01:08:57]
Starbucks a lancé un genre de gobelets
[01:08:59]
rouge, très épuré, sans les motifs
[01:09:02]
hiverno-habituels.
[01:09:04]
Et il y a un activiste
[01:09:05]
évangélique, Joshua Feuerstein,
[01:09:08]
qui a accusé la marque
[01:09:09]
de vouloir effacer Noël.
[01:09:11]
Et même Donald Trump a joué un rôle là-dedans.
[01:09:14]
Il a repris l'idée en suggérant
[01:09:15]
un boycott de Starbucks à rien de
[01:09:17]
moins. Mais pourtant,
[01:09:19]
Starbucks expliquait simplement vouloir
[01:09:21]
proposer un design plus minimaliste,
[01:09:23]
une sorte de toile
[01:09:25]
vierge à quelque part que les clients
[01:09:27]
pourraient s'approprier. Bon, c'est un peu une réponse
[01:09:29]
merveilleuse, mais bon...
[01:09:31]
Peut-être qu'il voulait juste sauver des coups avec moins
[01:09:33]
d'impression sur le gobelet.
[01:09:34]
Ça se peut aussi, mais je sais qu'ils voulaient,
[01:09:36]
on le sait là, on veut un peu
[01:09:40]
laïciser le temps des
[01:09:41]
fêtes. C'est un peu ça l'objectif,
[01:09:43]
j'ai l'impression. Ah, mais d'après moi, c'était des flocons
[01:09:45]
des affaires de main, qu'ils devaient avoir dessus.
[01:09:47]
Je me rappelle pas particulièrement du gobelet.
[01:09:49]
Non, non plus. Mais c'est ça quand on dit
[01:09:51]
« Facer Noël », j'ai l'impression que c'est un peu ça. Parce qu'il y a des gens
[01:09:53]
qui charlent, parce qu'on dit plus
[01:09:55]
le temps des fêtes et tout ça pour
[01:09:57]
laïciser. Mais justement, les
[01:09:59]
Trump et autres trouvaient que c'était
[01:10:01]
une attaque contre l'héritage chrétien,
[01:10:03]
rien de moins. Puis le résultat,
[01:10:05]
c'est que ces récits-là ne restent
[01:10:07]
pas purement symboliques. Ils ont un effet réel
[01:10:09]
sur l'image de la marque.
[01:10:11]
En 2024,
[01:10:13]
Reuter rapporte que Starbucks a souffert
[01:10:15]
à la fois des répercussions du conflit
[01:10:17]
au Moyen-Orient, des boycotts
[01:10:18]
dans certains marchés et de la
[01:10:20]
controverse autour de Noël,
[01:10:22]
et aussi des demandes plus faibles.
[01:10:24]
Donc il y a eu une baisse en bourse carrément.
[01:10:26]
Autrement dit, les controverses
[01:10:28]
ont pesé, mais n'expliquent pas à
[01:10:30]
elles seules les reculs de vente, puis les
[01:10:32]
chutes boursières observées. Il y a plein d'autres
[01:10:34]
phénomènes dans le monde du café
[01:10:35]
qui font en sorte que, notamment
[01:10:38]
la grande montée des cafés de troisième
[01:10:40]
vague, ça se peut que ça rentre dedans
[01:10:42]
dans Starbucks.
[01:10:45]
Je pense que
[01:10:46]
ça ne sera pas terminé, il risque d'en avoir d'autres.
[01:10:49]
J'enchaîne avec un autre de
[01:10:50]
vos préférés, KFC, Seb,
[01:10:52]
poulet frit Kentucky.
[01:10:53]
Pendant longtemps, il n'y en avait plus à Montréal,
[01:10:55]
il en restait juste un, on dirait qu'il y en a plus.
[01:10:56]
Ah oui, il y a une recrue d'essence, même à Québec j'ai remarqué
[01:10:59]
qu'il y en avait plus.
[01:11:00]
Une recrue d'essence des KFC.
[01:11:03]
Je vous en parle parce que c'est assez intéressant
[01:11:06]
on va finir avec un petit peu plus
[01:11:07]
de léger, comme ça,
[01:11:09]
en fin d'épisode.
[01:11:11]
Du bon poulet frit. Oui, c'est ça, ça fait longtemps
[01:11:13]
que j'en ai mangé. Un bon bari.
[01:11:16]
Depuis les années 90,
[01:11:18]
il y a une rumeur persistante qui affirme
[01:11:20]
que KFC n'utiliserait pas
[01:11:22]
de vrais poulet, Seb,
[01:11:23]
mais des créatures génétiquement modifiées,
[01:11:26]
sans plumes,
[01:11:28]
parfois sans bec, avec plusieurs pattes,
[01:11:30]
plusieurs ailes, ce qui expliquerait
[01:11:32]
un peu le passage de
[01:11:33]
Kentucky Fried Chicken à KFC.
[01:11:36]
On va enlever le mot
[01:11:38]
Chicken en le remplaçant par le C.
[01:11:40]
Et les versions les plus extrêmes
[01:11:41]
parlent de poulet à 6 ailes
[01:11:43]
ou 8 pattes, élevées pour maximiser
[01:11:46]
les morceaux rentables.
[01:11:48]
Certaines variantes prétendent même que le gouvernement
[01:11:50]
aurait interdit à KFC
[01:11:52]
d'utiliser le mot
[01:11:54]
poulet, justement, parce que
[01:11:55]
ça répondrait pas aux critères pour être considéré
[01:11:58]
comme du poulet. Mais,
[01:12:00]
il semblerait que cette histoire est une légende urbaine,
[01:12:02]
Seb, et pas un fait documenté.
[01:12:04]
Il enquête sur l'origine du mythe,
[01:12:06]
montre qu'il a circulé massivement
[01:12:08]
à l'ère des chaînes de courriel,
[01:12:10]
des forums et plus tard des réseaux sociaux,
[01:12:12]
souvent accompagnés de photomontages
[01:12:14]
et de grotesques d'animaux déformés.
[01:12:16]
Je me rappelle, j'en avais vu pour d'autres chaînes
[01:12:18]
de restaurants. Et en 2015,
[01:12:20]
KFC chine et même allait
[01:12:22]
en justice contre les entreprises accusées
[01:12:24]
d'avoir relayé les fausses nouvelles,
[01:12:27]
notamment sur WeChat,
[01:12:28]
qui est comme le gros réseau social là-bas,
[01:12:30]
dont celle des poulet à 6 ailes et 8 pattes.
[01:12:33]
Et en 2016,
[01:12:34]
Reuter rapportait qu'un tribunal de Shanghai
[01:12:36]
avait condamné les entreprises
[01:12:38]
pour avoir contribué à ces
[01:12:40]
mauvaises nouvelles-là, ces fausses nouvelles.
[01:12:42]
Autrement dit, la rumeur n'était pas seulement
[01:12:44]
absurde, elle était suffisamment répandue
[01:12:46]
pour devenir un problème juridique
[01:12:48]
pour la marque.
[01:12:49]
Mais j'avoue que des fois, je regarde les morceaux de poulet
[01:12:52]
et je me dis que cet animal-là
[01:12:54]
est spécial un peu.
[01:12:56]
Et en réalité, le changement
[01:12:58]
de nom vers KFC, officialisé en 91,
[01:13:00]
serait lié à une logique
[01:13:02]
de rebranding.
[01:13:03]
Les sources les plus crédibles pointent
[01:13:05]
vers une volonté de diminuer.
[01:13:07]
En fait, ce serait pas le mot chicken
[01:13:09]
qui porterait problème,
[01:13:11]
ce serait fried, parce qu'on est moins
[01:13:13]
dans la friture, c'est moins cool.
[01:13:15]
Ça l'a été beaucoup
[01:13:17]
dans les années 60-70, mais là, depuis
[01:13:19]
qu'on essaie de manger un peu plus santé,
[01:13:21]
il y avait plus un problème avec le mot fried
[01:13:23]
qu'avec chicken.
[01:13:25]
Et donc ici, on est un peu dans le
[01:13:27]
fonctionnement classique du complotisme
[01:13:29]
alimentaire où une décision
[01:13:31]
de marketing peut être,
[01:13:33]
devient la preuve d'autres choses.
[01:13:35]
Je vous parle rapidement de Pepsi
[01:13:37]
aussi qui a leur logo occulte,
[01:13:39]
mais comme plusieurs grandes marques,
[01:13:41]
on a parlé de Coca-Cola, Pepsi n'y achète
[01:13:43]
pas non plus aux interprétations complotistes.
[01:13:45]
La rumeur s'est intensifiée
[01:13:47]
après le redesign de 2008.
[01:13:50]
Pepsi avait alors pris
[01:13:51]
un look un peu plus moderne,
[01:13:52]
moins vintage.
[01:13:55]
Et il y a un projet qui a coûté
[01:13:57]
plus de 1 million de dollars à Pepsi.
[01:13:59]
Mais ce qui a vraiment alimenté les spéculations,
[01:14:01]
c'est le mémo ARNEL,
[01:14:03]
qui est un document de 27 pages
[01:14:05]
où on retrouve là-dedans
[01:14:07]
le nombre d'or, le fameux chiffre
[01:14:09]
de Fibonacci, la joconde,
[01:14:11]
un champ magnétique terrestre,
[01:14:13]
même Pythagore et la relativité.
[01:14:16]
Et pour certains,
[01:14:17]
ce langage pseudo-scientifique
[01:14:19]
donnait l'impression qu'il y avait un message
[01:14:21]
caché qui se dissimulait derrière
[01:14:23]
le logo parce qu'ils ont voulu expliquer
[01:14:25]
toute la refonte du logo
[01:14:27]
avec justement plein
[01:14:29]
d'éléments fondamentaux
[01:14:31]
de design, mais aussi qui tirent
[01:14:33]
vers l'occulte.
[01:14:34]
Et c'est à partir de là que les gens s'étaient dit
[01:14:36]
« Oh mon Dieu ! »
[01:14:39]
Et Pepsi, lorsqu'on
[01:14:41]
le met à l'envers,
[01:14:43]
on peut faire un anagramme un peu avec
[01:14:44]
« Is dead » si on le fait à 90 degrés.
[01:14:48]
Et l'espace blanc,
[01:14:49]
l'espace négatif est…
[01:14:51]
Désolé, j'ai échappé ma bière.
[01:14:53]
Ma canette était vide. C'est un bon signe.
[01:14:55]
Mais il y en a qui voient même
[01:14:57]
dans l'espace blanc une carte du Moyen-Orient.
[01:15:00]
Il y en a qui voient une
[01:15:01]
comparaison avec Pac-Man.
[01:15:03]
Donc il y a plein de symboliques qui sont
[01:15:05]
nés autour de la refonte
[01:15:06]
du rebranding de Pepsi
[01:15:09]
qui est vraiment troublant
[01:15:10]
à quelque part, comme quoi justement on tenterait
[01:15:12]
de contrôler et même de dévorer
[01:15:15]
le consommateur.
[01:15:17]
Et là, pour terminer
[01:15:19]
avec le clou du spectacle,
[01:15:23]
McDonald's,
[01:15:24]
où j'ai travaillé,
[01:15:25]
donc peut-être que je vais être en mesure de
[01:15:26]
démentir certaines rumeurs, mais McDonald's
[01:15:28]
est probablement l'une des marques les plus visées
[01:15:31]
par les théories complotistes alimentaires.
[01:15:33]
L'idée revient souvent,
[01:15:34]
ce que vous mangez ne serait pas vraiment
[01:15:36]
de la nourriture chez McDonald's.
[01:15:38]
On parle des burgers immortels,
[01:15:41]
des frites qui ne pourrissent pas,
[01:15:42]
une viande décrite comme artificielle,
[01:15:44]
voire complètement transformée.
[01:15:46]
L'exemple le plus célèbre remonte à la fin
[01:15:48]
des années 90. Un hamburger
[01:15:50]
acheté en 99,
[01:15:53]
conservé pendant 14 ans
[01:15:55]
sans changement visible.
[01:15:56]
Il était encore comme sur le poster.
[01:15:59]
Et pour beaucoup, c'est une preuve
[01:16:00]
que les produits ne sont pas naturels,
[01:16:03]
qu'ils sont saturés de produits chimiques
[01:16:04]
ou qu'ils sont peut-être même faits en plastique.
[01:16:07]
Mais la réalité est plus simple
[01:16:09]
et moins spectaculaire,
[01:16:10]
peut-être décevante.
[01:16:12]
C'est qu'un hamburger McDonald's
[01:16:13]
perd environ 93% de son humidité
[01:16:16]
en seulement trois jours.
[01:16:17]
Donc, il ne pourrit pas parce qu'il sèche,
[01:16:20]
mais sans humidité, les bactéries
[01:16:22]
et les moisissures ne peuvent pas se développer.
[01:16:25]
Ça se peut qu'il reste sec longtemps.
[01:16:28]
Après, je ne suis pas sûr
[01:16:28]
que je le mangerais après 14 ans.
[01:16:31]
Mais c'est le secret de sa durabilité.
[01:16:33]
Donc, il sèche rapidement.
[01:16:36]
Ça n'en fait pas un meilleur burger.
[01:16:39]
Mais évidemment que cette explication-là
[01:16:41]
disparaît facilement face à l'image
[01:16:42]
parce qu'elle est moins frappante,
[01:16:44]
moins virale et moins inquiétante.
[01:16:46]
Il y a d'autres théories
[01:16:47]
qui sont apparues.
[01:16:48]
La viande contiendrait des vers de terre, Seb,
[01:16:51]
ou même des yeux de vache,
[01:16:52]
des ingrédients cachés pour réduire les coûts.
[01:16:55]
Certaines rumeurs affirment même
[01:16:57]
que McDonald's s'approvisionne
[01:16:58]
auprès d'une entreprise
[01:16:59]
qui s'appelle 100% Beef Company,
[01:17:02]
ce qui lui permettrait d'étiqueter
[01:17:04]
ses produits 100% beef.
[01:17:07]
Tout en utilisant autre chose.
[01:17:09]
En réalité, ces scénarios
[01:17:10]
ne tiennent pas, rassurez-vous.
[01:17:12]
Il n'y aurait pas de vers de terre.
[01:17:14]
Apparemment que les vers de terre
[01:17:15]
coûtent plus cher que le boeuf.
[01:17:17]
C'est-à-dire que si on veut s'en approvisionner,
[01:17:19]
c'est plus compliqué.
[01:17:22]
Mais la logique économique
[01:17:23]
passe au second plan ici
[01:17:25]
parce que ce qui compte, encore une fois,
[01:17:26]
c'est les doutes et le dégoût.
[01:17:29]
Il y a certaines rumeurs
[01:17:30]
qui s'appuient sur un fonds réel,
[01:17:32]
un peu comme ce qu'on a appelé
[01:17:33]
le Pink Slime jusqu'en 2011.
[01:17:35]
McDo utilisait une forme de boeuf
[01:17:37]
transformé, traité à l'ammoniac,
[01:17:39]
appelé le Lean Finely Textured Beef,
[01:17:43]
qui est un produit légal
[01:17:44]
mais qui est troublant un peu visuellement.
[01:17:46]
Une pâte rose suffisante
[01:17:48]
pour alimenter le récit d'une viande artificielle
[01:17:51]
transformée, déconnectée de l'animal.
[01:17:53]
Face à la controverse,
[01:17:54]
la marque finit par abandonner cette pratique
[01:17:56]
et lance des campagnes de transparence
[01:17:58]
à ce moment-là.
[01:17:59]
Mais le doute lui reste.
[01:18:01]
Il y a des vidéos sur YouTube si vous voulez voir
[01:18:03]
cette belle pâte rose.
[01:18:05]
Parce que McDonald's, c'est pas juste
[01:18:07]
un restaurant, c'est un symbole.
[01:18:10]
C'est le symbole de l'industrie
[01:18:12]
alimentaire fast food.
[01:18:14]
Exactement.
[01:18:15]
La production de masse.
[01:18:16]
Je me rappelle qu'à un certain moment donné,
[01:18:18]
il y avait même les croquettes
[01:18:19]
qui avaient été accusées d'être...
[01:18:21]
Mais en même temps, c'est de la viande
[01:18:23]
séparée mécaniquement.
[01:18:25]
Ça se peut qu'il y ait des choses
[01:18:27]
qui ne doivent pas être dans vos croquettes.
[01:18:29]
Un peu comme la saucisse.
[01:18:31]
Exactement.
[01:18:32]
C'est pas séparé à la main
[01:18:34]
comme un chiffre boucher, tout ça.
[01:18:36]
À quelque part,
[01:18:38]
je peux croire que c'est peut-être
[01:18:40]
pas des verres de terre et tout ça,
[01:18:41]
mais c'est pas la viande de plus haute qualité.
[01:18:43]
Moi, pour avoir travaillé chez McDonald's,
[01:18:45]
Seb, j'ai quand même vu des produits
[01:18:48]
de qualité, je dois dire.
[01:18:49]
Par exemple, les laitues, les tomates,
[01:18:51]
c'est des produits cultivés au Québec.
[01:18:53]
C'était fort de ce côté-là.
[01:18:55]
La viande, il semblerait que
[01:18:56]
il y a quand même du pain,
[01:18:59]
des agents de confession, tout ça.
[01:19:01]
Mais c'est essentiellement du bœuf.
[01:19:02]
C'est du bœuf canadien aussi.
[01:19:04]
Oui, puis au-dessus de moi, dans le McDo,
[01:19:06]
où je travaillais, les règles
[01:19:08]
de salubrité étaient tellement
[01:19:10]
fortes et respectées
[01:19:11]
que j'aurais pu licher la table
[01:19:14]
du McDo tellement c'était propre.
[01:19:17]
Mais bon, à la base,
[01:19:18]
ça reste du fast-food.
[01:19:20]
Tu te rappelles-tu, à une époque,
[01:19:22]
quand j'étais plus jeune, on disait toujours
[01:19:23]
qu'il y avait de l'anti-vomi dans le McDo.
[01:19:25]
Oui, c'est comme un rumeur d'ado.
[01:19:28]
Oui, que dans le fond,
[01:19:29]
on vomi pas, que le McDo, s'il n'y avait pas ça,
[01:19:32]
ça nous ferait vomir, franchement.
[01:19:34]
Tu sais, quand j'y pense, c'est tellement niaiseux.
[01:19:36]
J'y ai cru un peu, d'une certaine façon,
[01:19:38]
quand j'étais plus jeune.
[01:19:39]
Il y a même eu des rumeurs
[01:19:42]
en lien avec Taco Bell
[01:19:44]
aussi pour un peu la même raison
[01:19:46]
qu'ils utilisent de la viande
[01:19:48]
du pire grade, de grade D.
[01:19:52]
Les compagnies,
[01:19:53]
ils échappent pas vraiment.
[01:19:56]
Ça termine, Seb,
[01:19:57]
mon petit bloc de compagnies
[01:20:00]
alimentaires, mais il y en a tellement.
[01:20:01]
J'aurais pu vous parler de Chuck E. Cheese,
[01:20:05]
Wendy's, évidemment.
[01:20:06]
Il y a des théories du complot autour
[01:20:07]
de toutes ces entreprises-là,
[01:20:09]
donc on risque de peut-être faire
[01:20:11]
une prise d'oeufs à un moment donné.
[01:20:13]
Si ça vous intéresse, les distordus,
[01:20:15]
dites-nous-le si vous aimez ce type de théories-là
[01:20:18]
qui, je trouve, cadrent bien dans notre mini-série.
[01:20:20]
Oui, absolument. Pour conclure, Emile,
[01:20:23]
je me demandais pourquoi tout ça
[01:20:24]
fonctionne, ce type
[01:20:26]
de campagne,
[01:20:27]
de désinformation que je peux dire.
[01:20:30]
C'est parce que ça appuie toujours
[01:20:31]
sur une mécanique assez simple.
[01:20:32]
Une marque connue devient un symbole,
[01:20:34]
un symbole devient un ennemi, puis un ennemi,
[01:20:37]
ça devient une cause de mobilisation.
[01:20:39]
Les réseaux sociaux accélèrent
[01:20:41]
tout ça et ça donne une visibilité
[01:20:43]
disproportionnée aux groupes les plus motivés.
[01:20:45]
Encore une fois,
[01:20:47]
les chambres à écho, les algorithmes
[01:20:49]
peuvent renforcer une idée
[01:20:51]
chez certaines personnes, puis c'est vrai
[01:20:52]
que ça fait un effet boule de neige.
[01:20:54]
Tu le vois partout sur tes médias sociaux,
[01:20:57]
comme on dit la chambre à écho,
[01:20:58]
tu vas finir par y croire.
[01:21:01]
Merci pour ça, Seb.
[01:21:02]
Dites-nous ce que vous en pensez, les Distordus.
[01:21:04]
S'il y a d'autres complots que vous aimeriez
[01:21:06]
nous partager autour d'entreprises,
[01:21:08]
parce qu'il y en a tellement.
[01:21:10]
On n'a pas eu le temps non plus de toucher
[01:21:12]
aux entreprises impliquées dans la guerre
[01:21:14]
entre les palantires de ce monde.
[01:21:15]
Il y en a beaucoup.
[01:21:17]
Il y en a beaucoup de complots autour
[01:21:20]
des entreprises et des corporations.
[01:21:22]
Dites-nous ce que vous en pensez, les Distordus.
[01:21:25]
Vous savez où nous trouver.
[01:21:25]
On est partout sur YouTube, sur TikTok,
[01:21:27]
sur Instagram, sur Facebook.
[01:21:29]
On a un groupe de discussion privée aussi
[01:21:30]
sur Facebook, si vous ne le saviez pas.
[01:21:32]
Rendez-vous. On est bien sûr sur Patreon.
[01:21:35]
Après cet épisode, on va parler
[01:21:37]
des entreprises et des influenceurs
[01:21:39]
qui vendent et qui bénéficient du complot.
[01:21:41]
Est-ce que nous, Seb,
[01:21:42]
on fait partie de ces entreprises-là,
[01:21:44]
vu qu'on fait une mini-série là-dessus?
[01:21:46]
Peut-être que quelque part, on contribue.
[01:21:47]
Oui, c'est vrai.
[01:21:48]
C'est un débat qui est très pertinent.
[01:21:51]
Et on se revoit sur Patreon pour ça.
[01:21:52]
N'oubliez pas qu'on est en tournée.
[01:21:53]
On a plein de dates de spectacle
[01:21:55]
qui s'en viennent. L'Assomption,
[01:21:57]
Québec, Sainte-Thérèse, Varennes,
[01:21:59]
Saint-Jean-sur-Le-Récheulieu, Saint-Eustache,
[01:22:01]
des dates qui s'en viennent.
[01:22:02]
Allez voir ça sur notre site web
[01:22:05]
au distortionpodcast.com.
[01:22:06]
Et pour terminer, shout-out à nos membres Patreon.
[01:22:10]
Je commence, Seb,
[01:22:12]
avec Véro DJ,
[01:22:13]
Marie In The Woods,
[01:22:16]
Lauren M et Jimmy V.
[01:22:19]
Je poursuis un gros hi-five
[01:22:20]
à Annie-Claude,
[01:22:21]
Maggie L. B.,
[01:22:24]
Sébastien M. V.,
[01:22:25]
Maxime J. et Charles B.
[01:22:28]
On ne pourrait pas faire
[01:22:29]
sur un podcast sans l'aide
[01:22:31]
de Jojo, de Elodie,
[01:22:33]
de Marie-Michelle G.,
[01:22:35]
de Catherine L. et de Stéphanie G.
[01:22:38]
Un gros câlin à Ariane,
[01:22:40]
Nelly P.,
[01:22:41]
la mystérieuse Amy,
[01:22:43]
Anne-Marie P. et Dominique L.
[01:22:45]
Pour terminer, merci à nos actionnaires
[01:22:48]
Marie-Lou S.,
[01:22:49]
Isabelle L.,
[01:22:51]
David M., Roxane P.,
[01:22:53]
et Dorian D. L.
[01:23:08]
Est-ce que tu aurais un mot
[01:23:09]
de la fin pour nous, Emile, ce soir?
[01:23:12]
Si vous croyez qu'une entreprise
[01:23:13]
complote contre vous
[01:23:15]
ou vous espionne,
[01:23:17]
vous avez probablement raison.