🧿Complots de grandes entreprises (Coke, McDonald’s, Starbucks, etc) | Complots distordus Ep. 7

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🧿Complots de grandes entreprises (Coke, McDonald’s, Starbucks, etc) | Complots distordus Ep. 7

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160
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1 h 24 min
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Des logos qu’on voit partout. Des marques banales. Des noms qu’on prononce chaque semaine sans même y penser.

Mais dès qu’on gratte un peu, quelque chose apparaît. Scandales bien réels, campagnes mal expliquées, rumeurs virales, paniques morales, symboles surinterprétés, boycotts amplifiés par les réseaux sociaux… et soudain, les grandes entreprises deviennent des personnages parfaits pour nourrir l’imaginaire complotiste.

Marques, rumeurs et méfiance

Dans cet épisode, on plonge dans un univers où Starbucks est accusée de financer des guerres, où KFC élèverait des poulets mutants, où Target deviendrait une menace pour l’enfance, où Bud Light se transforme en symbole politique, et où Big Pharma et Big Tech brouillent elles-mêmes la frontière entre méfiance légitime et paranoïa pure.

On revient aussi sur des cas beaucoup plus sérieux qui ont nourri cette culture du doute, comme Purdue Pharma, Martin Shkreli, Cambridge Analytica et les grandes plateformes qui monétisent notre attention, nos émotions et parfois même notre colère.

Dans l’aftershow : le commerce du complotisme

Dans l’aftershow, on quitte les marques comme simples cibles de rumeurs pour aller voir celles et ceux qui transforment activement la peur en modèle d’affaires. Alex Jones, The Epoch Times, Joe Rogan, Russell Brand, RFK Jr., Tucker Carlson… tout un écosystème où le complotisme ne circule pas seulement comme une croyance, mais comme un produit.

Poursuivez la série avec L’apocalypse et les milliardaires, sur les bunkers, le survivalisme et les récits d’effondrement.

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion. Un podcast sûr.

[00:23]

Des complots complètement distordus.

[00:46]

Lorsque l'on pense aux théories du complot, on pense au nouvel ordre mondial,

[00:51]

à cette élite qui nous contrôle, mais certaines théories sont beaucoup plus près de nous qu'on pense.

[00:58]

Certaines entreprises que l'on admire ou que l'on côtoie chaque jour n'y échappent pas.

[01:02]

Et notre confiance est ébranlée.

[01:04]

Est-ce que Coca-Cola nous espionne?

[01:06]

Est-ce que Starbucks veut saboter Noël?

[01:09]

Ou pire, est-ce que les entreprises pharmaceutiques souhaitent notre mort?

[01:14]

Suivez-nous dans cette aventure où nous faisons le tour des complots à propos des entreprises de notre quotidien.

[01:31]

Sébastien Nevec, comment vas-tu ce soir?

[01:33]

Ça va bien, et toi, Emile Gauthier?

[01:35]

Ça va très bien, parce qu'aujourd'hui, on s'est lancé dans un rabbit hole d'entreprises complotistes

[01:41]

ou en même temps de théories du complot autour d'entreprises.

[01:46]

Ça dépend de quel côté on prend le problème.

[01:48]

Oui, oui, exact. Oui, puis il y a un peu le mauvais côté citoyen-corporatif des entreprises, aussi, je trouvais.

[01:54]

Exact, puis en se lançant là-dedans, on s'est rendu compte qu'il y en a beaucoup.

[01:58]

Ça va des complots un peu loufoques dans le domaine de l'alimentaire.

[02:02]

Vous allez voir, on va parler de différentes chaînes de restaurants de fast-food, McDo, Taco Bell, Poulet Free Kentucky,

[02:09]

qui sont tous concernés par des théories loufoques.

[02:12]

Mais ça va jusqu'à des théories vraiment troublantes qui se sont avérées réelles,

[02:16]

c'est-à-dire que lorsqu'on tombe dans le monde des entreprises pharmaceutiques, des big pharma,

[02:21]

ou lorsqu'on tombe dans les entreprises de technologies,

[02:25]

on se rend compte que ça peut être beaucoup plus sombre, puis beaucoup plus troublant et inquiétant, même.

[02:31]

Il y a des théories littéralement fondées.

[02:33]

Oui, absolument. Oui, on va le voir par les poursuites.

[02:37]

Et on voit aussi que le profit reste toujours l'objectif premier des entreprises.

[02:42]

Puis c'est ce qui amène souvent à toutes sortes de comportements qu'on peut condamner.

[02:46]

Bien oui. Puis il y en a tellement que je pense qu'on n'aura pas le choix de faire une partie de deux, un de ces jours,

[02:51]

parce qu'on a dû en mettre de côté, en mettre de côté.

[02:55]

Et en after show, je vais vous parler d'un autre sujet qui est quand même connexe,

[02:59]

c'est-à-dire les entreprises et les influenceurs qui vendent le complot.

[03:04]

Parce que dans toutes les théories qu'on a abordées au cours de cette mini série-là,

[03:07]

puis même dans le passé à Distortion, ça fait vendre à quelque part.

[03:11]

Il y a des chaînes spécialisées dans la désinformation.

[03:14]

Il y a aussi les influenceurs. On va parler un peu de Joe Rogan,

[03:18]

on va parler de Alex Jones, de Candace Owens, tout ça en after show sur Patreon.

[03:24]

Donc ne manquez pas ça. Ça risque d'être très intéressant.

[03:27]

Et on risque de revenir vers ce sujet-là des entreprises et des complots qui concernent les entreprises.

[03:32]

Je pense qu'on ne terminera jamais parce qu'à chaque année, on découvre encore Anguille Zuroche.

[03:39]

Exact. Il va toujours en avoir qu'ils vont s'ajouter à la liste.

[03:42]

C'est clair. Puis qu'est-ce qu'on boit?

[03:48]

Grâce à des auditeurs et auditrices qui sont venus nous voir en show.

[03:52]

Oui. Ils sont venus nous voir au Lyon d'Or.

[03:54]

Oh oui. Quelle soirée.

[03:55]

Oui. Quelle soirée à Montréal qui a lancé notre tournée officiellement.

[03:59]

C'était vraiment une soirée de feu.

[04:01]

Et on remercie le couple Mathieu et Chloé qui sont venus nous porter de la bonne ovale.

[04:07]

Oh mon Dieu, oui.

[04:08]

C'est tellement bon. On aime tellement Pistoon Beer qu'il y a une certaine rareté.

[04:12]

Je suis allé sur leur site web aujourd'hui. Si on voulait démarrer un commerce et la vendre,

[04:18]

on ne pourrait même pas parce qu'ils disent qu'ils ne prennent plus de nouveaux clients

[04:22]

parce qu'ils ont de la difficulté à fournir les clients actuels.

[04:26]

C'est un beau problème pour une entreprise de bière.

[04:28]

Oui. C'est une bière qui est très artisanale. Leur saveur change à chaque saison.

[04:33]

Exact.

[04:34]

Quand tu en bois une, ce n'est pas sûr que tu vas pouvoir la reboire un jour ou peut-être même dans quelques années.

[04:39]

Donc, celle-là était carrément dans nos cordes en plus.

[04:43]

Oui, c'est la citra mosaïque qui est une New England IPA qu'on adore avec du citra et mosaïque.

[04:49]

Comme au blond, 7,2 % d'alcool. On le but et on la savoure encore.

[04:57]

Et elle était très délicieuse. Merci à vous Mathieu et Chloé.

[05:00]

Oh yes. D'ailleurs, si vous voulez revoir ou entendre du moins notre show du Lion d'art

[05:06]

ainsi que tous les autres spectacles que l'on fait dans le cadre de notre tournée des cabarets des curiosités du web 2026,

[05:12]

il faut être membre de Patreon.

[05:14]

Et jusqu'à date, on a fait trois spectacles en mars, Québec, Montréal et Trois-Rivières.

[05:19]

Ils sont tous disponibles, même que Québec, on a une version vidéo.

[05:23]

Donc, si vous vous abonnez sur Patreon, vous nous suivez en quelque sorte en tournée dans nos valises.

[05:27]

Oui.

[05:28]

On a un shout-out, une review 5 étoiles à donner à Julie Roy qui nous a fait une belle review.

[05:34]

Elle nous dit, j'écoute ce podcast une fois par jour et parfois plus.

[05:37]

Mais attention Julie, tu vas faire le tour.

[05:39]

Oui, dans une année, il y a plus de journée que d'épisodes de distorsion.

[05:43]

Et elle nous dit, depuis, je me demande si BTK ne se cache pas dans mes propres garde-robe,

[05:47]

si le plombier a installé des caméras cachées lors des dernières rénovations ou si je devrais voyager seul à l'avenir.

[05:54]

Étant une femme qui adore les films d'horreur, j'adore ces frissons qui ne relèvent pas toujours de la fiction.

[05:59]

Et bien, shout-out à toi, Julie.

[06:02]

Merci.

[06:02]

Et on espère aussi que BTK ne se cache pas dans ton garde-robe.

[06:07]

Ça ne devrait pas, il est derrière les barreaux.

[06:10]

Sinon, on vous rappelle nos prochaines dates de spectacle.

[06:12]

Pour avoir accès à tout ça, rendez-vous au distortionpodcast.com.

[06:16]

Le 15 mai, on se retrouve à l'Assomption au Vieux Palais.

[06:19]

Je ne sais même pas si cet épisode va être diffusé à ce moment-là.

[06:21]

Je pense que oui.

[06:22]

OK, bon, on ne fera pas trop d'erreurs.

[06:24]

Le 3 juin, on est à Québec et le 11 juin à Sainte-Thérèse, donc allez voir ça.

[06:28]

Il y a d'autres dates aussi en septembre, Saint-Jean-sur-le-Richelieu.

[06:33]

Varennes aussi qui s'en vient et même Saint-Eustache en 2027.

[06:37]

Donc ne manquez pas ça.

[06:38]

La tournée se poursuit, on n'arrêtera pas.

[06:40]

On va faire le tour du Québec au courant des prochains mois, prochaines années même.

[06:44]

On a déjà des demandes pour été 2027.

[06:47]

Ça risque d'être très intéressant.

[06:49]

Je pense qu'on en a assez dit, Seb, pour aujourd'hui.

[06:51]

Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans les complots autour des entreprises?

[06:56]

Oui, monsieur!

[06:58]

C'est parti!

[07:01]

Ah, le complotisme Emile!

[07:04]

On l'associe souvent à des forums obscurs, à des vidéos YouTube douteuses ou à des individus isolés.

[07:10]

Mais en réalité, il est aujourd'hui profondément lié au monde des affaires.

[07:14]

Et c'est là que ça devient intéressant.

[07:17]

Parce que cette relation fonctionne dans les deux sens.

[07:19]

D'un côté, certaines grandes entreprises sont accusées de manipulation secrète,

[07:23]

de dissimulation d'informations, voire même de conspirations à grande échelle.

[07:28]

Il y a des accusations qui parfois prennent racine dans des scandales, qui sont bien réelles.

[07:33]

Et de l'autre, une industrie entière s'est développée autour du complotisme lui-même.

[07:39]

Des entreprises, des médias et des influenceurs ont compris une chose assez simple.

[07:44]

La peur, eh bien, ça va.

[07:46]

Et mieux encore, la méfiance, ça fidélise.

[07:50]

Oui, c'est tout à fait vrai tout ça.

[07:52]

Puis on est à l'époque aussi du rage bait.

[07:54]

Oui, mon Dieu.

[07:55]

Donc, mon Dieu, ce qui cause la controverse, ce qui te rend en crise, ça génère des clics.

[08:00]

Exact.

[08:00]

Puis ça, on dirait que je commence à être tanné de ça.

[08:03]

Plus capable.

[08:03]

On dirait que depuis que Trump est au pouvoir, c'est à chaque jour, tu as une journée d'être en crise.

[08:08]

Puis des fois, j'avoue que c'est un peu distordu, ça aussi.

[08:12]

Des fois, tu dis, il faut que je prenne un peu de distance.

[08:14]

Parce qu'il y a toujours eu, dans l'histoire de l'humanité, même avec ou sans Trump,

[08:18]

que si tu fouilles, tu vas trouver des raisons d'être en crise.

[08:20]

Ah oui, oui, toujours.

[08:21]

Et c'est vraiment pas pour excuser Trump.

[08:24]

Non, non, non.

[08:25]

Mais tu sais, on dirait que ça fait du bien, des fois, de prendre une pause de tout ça.

[08:29]

Parce que c'est vrai qu'à force de consommer du contenu comme ça, tu restes en crise.

[08:34]

Puis ça te tombe, puis ça te craint.

[08:36]

On va avoir la chance d'en parler un petit peu plus au courant de l'épisode de ce que ça nous fait

[08:40]

d'être exposé constamment à des sujets comme ça.

[08:43]

Mais ça fait un peu la même chose avec les théories du complot.

[08:46]

Oui, peut-être même qu'à force de, je sais pas, d'écouter Distorsion,

[08:50]

vous avez envie d'écouter du Mugbang, des histoires bizarres,

[08:54]

et vous avez envie de suivre des histoires de tueurs en série.

[08:56]

Mais bon, on se dédouane de tout ça si vous devenez des psychopathes.

[08:59]

Oui, c'est pas de notre faute.

[09:01]

Ben tu sais, j'ajouterais même, tu sais, les gens qui se nourrissent au quotidien avec ce qu'on appelle,

[09:05]

j'aime pas tant le terme, mais les radios poubelles,

[09:07]

ça aussi, c'est une forme de rage bait.

[09:12]

Oui, oui, oui.

[09:12]

Ce sont des constats qui font, eux, ils attirent leur audience avec ça,

[09:16]

ils sont toujours ancrés si on est même sujet depuis 20 ans.

[09:18]

Ben oui, puis tu sais, on a vécu les deux longtemps à Québec.

[09:23]

Oui, exact.

[09:24]

On a toujours écouté quand même la radio de Québec quand on était à Québec,

[09:29]

mais avec un certain regard distant.

[09:31]

Oui, exact.

[09:32]

Mais j'avoue que même si tu dis, ben j'adhère pas à tout ce qu'ils disent,

[09:35]

j'en prends, j'en laisse, je trouve ça divertissant, j'écoute ça pour rire,

[09:38]

je me rendais compte que même moi, à force d'être exposé à ça,

[09:42]

parce qu'à Québec, à part Radio-Canada, toutes les postes vont dans la même direction.

[09:48]

Oui, oui, oui.

[09:48]

C'est de l'opinion, tu sais, même, je sais même plus qui est qui est en antenne en ce moment,

[09:52]

donc il y a quand même une généralisation d'opinion quand même controversée,

[09:58]

quittant vers le conservatisme et tout ça.

[10:00]

Puis au fil du temps, j'étais là, ben donc voyons, moi-même,

[10:03]

je commence à délirer un peu à force d'écouter ces radios-là,

[10:07]

puis bon, pas que ça m'a fait du bien une fois que j'ai déménagé à Montréal,

[10:11]

je trouve que la radio de Montréal a d'autres défauts.

[10:13]

Oui, oui, oui.

[10:14]

C'est pour ça que j'ai migré vers les podcasts, presque à 100% finalement.

[10:17]

Mais ça m'a fait du bien de prendre une pause de ce discours-là à quelque part.

[10:22]

J'me suis rendu compte que mon Dieu, ça n'en prenait pas grand-chose pour devenir deep,

[10:26]

mais maintenant, c'est qu'avec les réseaux sociaux,

[10:29]

que la radiopoubelle existe ou non, c'est plus eux le plus gros problème.

[10:32]

Non, non, t'as raison.

[10:33]

Parce qu'on est exposés, on scrolle toute la journée,

[10:36]

et là, il y en a du rage bait, là.

[10:38]

Ça vient plus juste des radiopoubelles.

[10:39]

Ah non, je suis tellement tanné de ce modèle d'affaires-là,

[10:41]

puis je le sais pas comment on pourrait légiférer pour ça.

[10:44]

C'est dur à légiférer, je trouve.

[10:46]

Puis c'est vrai que ça attire plus de gens, plus de commentaires,

[10:49]

plus d'engagement, donc plus de ventes de publicité.

[10:51]

Bien sûr.

[10:52]

Donc, des fois, je comprends si je mets un...

[10:54]

Je suis un peu l'avocat du dire parce que je suis pas de tempo.

[10:58]

Je comprends aussi que les entreprises, ils ont des actionnaires à satisfaire.

[11:01]

Il faut qu'ils augmentent leurs revenus.

[11:04]

Mais des fois, ils pourraient peut-être...

[11:06]

Je sais pas, ça a tellement d'impact.

[11:08]

Ah, c'est clair.

[11:10]

Mais là, justement, on se dirige vers un sujet

[11:12]

qui va pas nous amadouer.

[11:14]

Non, non, exact. Là, on est crankés.

[11:16]

Oui, oui, on va se cranker encore plus.

[11:17]

Là, on est parti parce que tu vas nous parler des big pharma, Seb.

[11:22]

Oui, oui.

[11:22]

Puis justement, quand on parle de complotisme,

[11:24]

c'est ça, les big pharma, ça revient presque systématiquement.

[11:28]

L'idée inconnue, Emile, les grandes entreprises pharmaceutiques

[11:31]

cacheraient des remèdes, inventeraient des maladies

[11:34]

ou maintiendraient volontairement les gens malades

[11:36]

pour continuer à vendre des traitements.

[11:39]

Un système entier conçu pour entretenir la maladie plus tôt que la guérir.

[11:44]

À première vue, ça semble extrême.

[11:46]

Mais cette méfiance ne sort pas de nulle part.

[11:48]

Elle s'appuie sur des faits bien documentés

[11:50]

ou sur des scandales qui ont laissé des traces profondes

[11:52]

dans la mémoire collective.

[11:54]

Purdue Pharma est un bon exemple.

[11:57]

Puis ça, ce column est tellement obsédé.

[12:00]

Ah oui.

[12:01]

Si vous voulez voir deux bonnes bails au pic,

[12:02]

il y a Dope Sick, qui a été à une certaine époque sur Disney Plus.

[12:06]

Puis il y a Pain Killer aussi qui était sur Netflix.

[12:09]

Je ne sais pas si ils sont encore là.

[12:10]

Mais si vous voulez voir des bails au pic qui parlent de Purdue Pharma,

[12:13]

n'hésitez pas, ils sont très, très bien faits.

[12:15]

Et je vous résume un peu l'histoire pour ceux qui l'ignore.

[12:18]

Dans les années 90 et 2000, l'entreprise commercialisée,

[12:21]

un antidouleur puissant, l'oxycontin,

[12:24]

c'est un médicament qui est présenté aux médecins

[12:26]

comme moins susceptible de créer une dépendance

[12:28]

et moins sujet à l'abus que d'autres opioïdes

[12:31]

dans le cadre d'une campagne de promotion

[12:32]

assez agressive sur la douleur chronique.

[12:35]

Sauf que cette présentation a fini par se fracasser contre les faits.

[12:39]

En 2007, il y a une filiale de Purdue

[12:41]

et trois dirigeants qui ont plaidé coupable

[12:43]

dans une affaire de misbranding liée à l'oxycontin.

[12:46]

Et en 2020, Purdue a de nouveau plaidé coupable

[12:50]

à des accusations criminelles au fédéral

[12:52]

liées à son marketing des opioïdes,

[12:54]

mais aussi à ses pratiques avec certains prescripteurs.

[12:57]

Puis là, on ne rentre pas beaucoup dans les détails,

[12:59]

mais c'était une grosse équipe de vente.

[13:02]

Oh mon Dieu, c'est le marketing autour de l'oxycontin.

[13:06]

C'était tentaculaire.

[13:08]

Ah oui, puis c'est terrible quand on y pense.

[13:11]

Pour vrai, si vous n'avez pas écouté,

[13:12]

ces deux séries-là, elles sont très bien faites,

[13:14]

puis ça nous met vraiment dedans,

[13:15]

et ça nous met aussi en mausse.

[13:18]

Autrement dit, on n'est pas dans le simple soupçon.

[13:20]

On est dans un cas où la justice américaine

[13:22]

a retenu que l'entreprise avait trompé

[13:25]

sur certains aspects du produit et de sa mise en marché.

[13:28]

Et Purdue a notamment été accusé d'avoir minimisé

[13:31]

les risques d'addiction et de surdose

[13:33]

dans sa promotion du produit,

[13:35]

tout en continuant à le pousser fortement

[13:37]

auprès du corps médical.

[13:39]

Le résultat, c'est qu'oxycontin est devenu

[13:42]

l'un des symboles d'une crise sanitaire

[13:44]

majeure aux États-Unis.

[13:45]

Il faut toutefois faire attention ici.

[13:47]

Les plus de 500 000 morts qui ont eu lieu

[13:49]

entre 99 et 2019 renvoient à l'ensemble

[13:53]

de la crise des opioïdes,

[13:54]

et ce n'est pas seulement à Purdue.

[13:55]

Mais Purdue occupe une place centrale

[13:58]

dans l'histoire de cette crise,

[13:59]

au point justement d'avoir plaidé coupable

[14:01]

deux fois devant la justice américaine.

[14:03]

Mais ce n'est pas un cas isolé, Emile.

[14:06]

En France aussi, on a le droit

[14:08]

au médiator qui est un médicament

[14:12]

censé traiter le diabète

[14:13]

et prescrire massivement comme coupe-fein.

[14:16]

Ça ressemble, on dirait, un peu à…

[14:18]

voyons celui qu'on a…

[14:19]

- Le Zampic. - Le Zampic, merci.

[14:21]

Il a été maintenu sur le marché pendant des années,

[14:23]

malgré des signaux d'alerte clairs.

[14:26]

Il y a des cardiologues qui sonnaient l'alarme.

[14:28]

Il y a eu des effets graves sur les valves

[14:29]

cardiaques qui étaient documentés.

[14:31]

Il a fallu attendre 2009

[14:33]

pour que le médicament soit finalement

[14:35]

retiré des tablettes.

[14:37]

On estime qu'il aurait causé entre 500 et 2000 décès

[14:40]

en France seulement.

[14:42]

Ah oui, c'est fou.

[14:43]

Et les oxycontin, t'en as parlé un petit peu,

[14:45]

excuse-moi, je reviens, je fais un petit pas à l'arrière,

[14:47]

mais c'est fou, justement,

[14:49]

parce que dans le but de diminuer

[14:51]

une addiction à un autre

[14:53]

opioïde, on a créé une encore plus forte

[14:55]

addiction. Donc les gens,

[14:57]

je me rappelle que

[14:59]

lorsqu'on faisait des recherches, tout ça, il y a des gens

[15:01]

qui avaient pratiquement juste eu besoin

[15:02]

d'adville un peu fort pour leurs mots d'eau

[15:05]

ou pour certains mots qui étaient temporaires.

[15:07]

Mais là, ils se retrouvent avec une addiction,

[15:08]

avec un opioïde, et à partir de là,

[15:10]

ils se retrouvent, à un moment donné, la prescription

[15:13]

ne fonctionne plus, soit ils développent une tolérance,

[15:15]

soit que le médecin lui estime

[15:17]

qu'il ne peut plus en avoir, ou soit que ce n'est pas couvert

[15:19]

par leurs assurances, mais que c'est trop cher.

[15:21]

Et donc, qu'est-ce qu'ils font?

[15:22]

Ils se retrouvent à aller chercher ce genre de...

[15:25]

Ils se retrouvent à s'automédiquer

[15:27]

avec ce qu'ils trouvent dans la rue.

[15:29]

Et donc là, ils vont tomber

[15:30]

dans le fontanile, ils vont tomber dans

[15:33]

d'autres opioïdes coupés avec

[15:35]

de la cochonnerie, et c'est là que l'addiction

[15:37]

va prendre encore plus de...

[15:39]

va faire plus de ravages, puis va

[15:41]

consommer leur vie entière.

[15:42]

Donc l'oxycontin a comme

[15:45]

été un gateway drug vers

[15:47]

la grosse drogue dure

[15:48]

des opioïdes de rue.

[15:51]

À quelque part,

[15:53]

ce n'est pas les seuls responsables,

[15:56]

mais sont responsables

[15:57]

quand même d'avoir

[16:01]

substitué

[16:01]

d'une certaine façon, d'avoir amené

[16:03]

des gens vers

[16:04]

l'automédication de rue. Ils

[16:06]

ont une grande part quand même de

[16:08]

responsabilité dans la crise des opioïdes,

[16:10]

parce que ce n'est pas vrai que tous les consommateurs

[16:12]

d'héroïne, de piacés,

[16:15]

de pédopioïdes

[16:16]

ont commencé d'une manière récréative.

[16:19]

Je pense qu'une grande

[16:20]

majorité a commencé justement avec des

[16:22]

prescriptions, avec des vrais douleurs

[16:24]

qui les ont amenés vers un point 8 de moment.

[16:26]

Ah non, puis même,

[16:28]

justement, il y en avait

[16:30]

tellement sur le marché que les jeunes,

[16:32]

ça se vendait sur le marché noir,

[16:34]

les jeunes prenaient ça pour

[16:36]

de façon récréative.

[16:38]

Puis c'est vrai ce que tu dis, comment

[16:40]

ça peut briser des vies parce que tu deviens

[16:43]

obsédé. Justement,

[16:44]

tu n'as pas la dose

[16:46]

que ton corps voudrait.

[16:48]

Tu viens dans la rue, tu fais des crimes,

[16:50]

tu fais toutes sortes de manoeuvres ou

[16:52]

arriver à tes fins. C'est vraiment

[16:54]

pas beau, cette histoire-là.

[16:55]

C'est clair. Mais là, on revient vers le médiateur.

[16:58]

Oui, bien oui. Au médiateur, on avait

[17:00]

terminé, mais là, on replonge,

[17:02]

on retourne aux États-Unis avec le

[17:04]

Vioxemil, qui est un anti-inflammatoire

[17:06]

commercialisé par Merck.

[17:07]

Merck, encore une compagnie qu'on aime.

[17:11]

Globalement, ils font tous des bonnes affaires,

[17:13]

mais c'est vrai qu'au travers,

[17:15]

il y a des petits échecs.

[17:17]

Merck, ils ont retiré du marché

[17:19]

le Viox en 2004,

[17:21]

après avoir été associé à des risques

[17:23]

cardiovasculaires sérieux. Il y a

[17:25]

des études internes qui suggèrent que l'entreprise

[17:27]

avait connaissance de ces risques

[17:29]

bien avant le retrait.

[17:31]

Un peu comme la cigarette, des choses comme ça.

[17:33]

Le médicament avait été prescrit

[17:35]

à plus de 80 millions de personnes

[17:37]

dans le monde imaginé.

[17:39]

Et ces affaires ont un point commun.

[17:41]

Elles montrent que des entreprises peuvent,

[17:43]

dans certains cas, privilégier

[17:45]

leurs intérêts économiques au détriment

[17:46]

de la santé publique, pas par hasard,

[17:49]

pas par négligence, mais par choix,

[17:51]

délibérément, en ayant

[17:52]

conscience des conséquences.

[17:54]

Et c'est précisément ce type de dérive

[17:56]

qui nourrit le terrain du complotisme.

[17:59]

Parce qu'à partir du moment

[18:00]

où la confiance est brisée,

[18:01]

où l'on réalise qu'on nous a menti,

[18:04]

que les instances qui sont censées

[18:06]

nous protéger n'ont pas joué leur rôle

[18:07]

de protecteur, ben il devient

[18:09]

difficile de savoir où s'arrête la réalité

[18:11]

et où commence la théorie

[18:13]

du complot.

[18:15]

Oui, et parlant de tout ça, je vais poursuivre

[18:17]

Seb avec un cas, encore une fois,

[18:19]

d'une big pharma, vraiment dégueulasse,

[18:22]

celle-là.

[18:23]

On va parler de notre petit préféré,

[18:25]

Martin Shkreli

[18:27]

et de Turing Pharmaceuticals.

[18:30]

Et c'est pas rose,

[18:32]

cette histoire-là.

[18:34]

C'est un autre

[18:35]

exemple marquant de comment les grandes

[18:37]

compagnies pharmaceutiques peuvent

[18:39]

s'attirer les foot des complotistes,

[18:41]

parce que les histoires dont on va vous parler

[18:43]

aujourd'hui sont bien réelles.

[18:46]

Et eux,

[18:47]

ce qu'ils ont fait, il y a une compagnie

[18:49]

qui s'appelle Retrofin, qui est fondée

[18:51]

en 2011 par Martin Shkreli,

[18:53]

lui qui est un peu

[18:55]

un jeune héritier

[18:56]

avec plein d'argent.

[18:59]

Et lui, il était aussi à la

[19:00]

tête de MSMB Capital,

[19:04]

qui est une

[19:04]

compagnie de biotech axée sur les

[19:06]

maladies très rares. Donc il s'est retrouvé

[19:08]

à acquérir ces compagnies-là.

[19:10]

Et là, en mai 2014,

[19:12]

Retrofin acquiert les droits

[19:14]

américains de Tiola, qui est un

[19:16]

médicament utilisé contre

[19:18]

la cystinurie, qui est une

[19:20]

maladie très rare. Et après

[19:22]

cette acquisition, Shkreli

[19:24]

annonce une hausse

[19:26]

spectaculaire du prix du traitement.

[19:27]

Check bien ça, Seb.

[19:29]

En disant vouloir le rapprocher

[19:31]

de celui d'un médicament concurrent

[19:33]

beaucoup plus cher. Et là,

[19:35]

il ne s'agit pas d'un nouveau médicament

[19:37]

développé par l'entreprise. C'est un produit

[19:39]

qui est déjà existant, dont Retrofin

[19:41]

vient d'acheter les droits de commercialisation.

[19:43]

Il y a déjà de la recherche et développement

[19:45]

fait. Et le 30 septembre 2014,

[19:48]

Shkreli était vincé

[19:50]

de Retrofin et Stephen

[19:51]

Asselage est nommé PDG par intérim.

[19:54]

Mais pendant son mandat

[19:56]

à Retrofin, Shkreli

[19:57]

est accusé par

[19:59]

une autre compagnie, Crew,

[20:01]

d'avoir tenté d'influencer le processus

[20:03]

réglementaire de la FDA

[20:05]

dans des dossiers où il avait un intérêt financier.

[20:08]

Et en août 2015,

[20:10]

Retrofin dépose contre lui

[20:11]

une plainte de 65 millions de dollars,

[20:14]

l'accusant d'avoir violé à

[20:15]

répétition son devoir de loyauté

[20:17]

envers l'entreprise.

[20:19]

Et là, c'est pas fini.

[20:21]

Déjà, lui, on dirait

[20:23]

que son dada, c'est de trouver

[20:25]

des gens qui ont des maladies

[20:26]

très rares, puis justement, de

[20:29]

jouer sur l'effet

[20:32]

de demande

[20:33]

et d'offre.

[20:34]

C'est-à-dire que là, t'as pas beaucoup

[20:37]

de demandes, vu qu'il y a juste quelques personnes qui l'ont.

[20:39]

Donc, on va mettre le médicament très

[20:41]

cher. Ces gens-là ont de la misère

[20:42]

à être assurés. Quand t'as une maladie très

[20:44]

rare, c'est plus

[20:46]

difficile à assurer que, par exemple, des gens

[20:48]

qui ont, je sais pas, le

[20:50]

diabète. Je dis pas que c'est simple quand t'as le diabète.

[20:53]

Au contraire, mais il y a plus

[20:54]

de recherche et développement de faire sur ces maladies-là.

[20:57]

Donc, les compagnies d'assurance vont être

[20:58]

plus propices à t'assurer, sachant

[21:00]

qu'il y a plusieurs médicaments disponibles,

[21:02]

qu'il y a une expertise. Mais quand t'as une maladie

[21:04]

très rare, c'est plus difficile

[21:06]

d'être assuré.

[21:09]

Et là, après son départ

[21:10]

de Retrofin, c'est là qu'il prend la tête de Turing

[21:13]

Pharmaceuticals. Et en

[21:14]

2015, l'entreprise rachète

[21:16]

Daraprim. Mais là, ça va faire scandale.

[21:19]

Ça, c'est un médicament

[21:20]

utilisé, Seb, contre la

[21:22]

toxoplasmose, qui est une infection

[21:24]

particulièrement dangereuse

[21:26]

pour les personnes qui sont

[21:28]

immunodéprimées, notamment

[21:30]

celles qui vivent avec le VIH.

[21:32]

Puis là, check bien ça, le prix bondit

[21:34]

jusqu'à 750 $

[21:36]

le comprimé.

[21:38]

Alors qu'avant, il était autour de

[21:40]

13,50.

[21:43]

Déjà, 13,50, le

[21:44]

comprimé, c'est cher

[21:46]

pour le commun des mortels.

[21:48]

Ça te prend des assurances. Je ne sais pas

[21:49]

combien de comprimés faut que tu prennes

[21:51]

dans le mois. Mais c'est quand même

[21:53]

cher.

[21:55]

Mais 750, imagine,

[21:57]

ça devient le prix d'un hypothèque

[22:01]

par année.

[22:02]

Il n'y a aucun assureur qui veut

[22:03]

assurer quelqu'un pour ça.

[22:05]

Imagine, un par jour,

[22:07]

ça fait 750 x 30 par mois,

[22:09]

c'est pas

[22:11]

réaliste.

[22:13]

Shkreli, il justifie cette hausse-là

[22:15]

en disant qu'il faut être rentable,

[22:17]

il faut faire de la recherche et tout ça,

[22:18]

mais ça fait longtemps que le daraprime est

[22:20]

disponible auprès de tout le monde.

[22:22]

Pour le public,

[22:24]

ça venait d'être transformé en machine à profit.

[22:27]

C'est con, mais tu ne peux

[22:28]

pas tant poursuivre pour ça.

[22:31]

Il n'y a pas de crime

[22:33]

qui a été prouvé dans cette

[22:34]

pratique-là qui est dégueulasse,

[22:36]

mais il ne semble pas y avoir de crime.

[22:38]

C'est comme un libre marché un peu.

[22:41]

Cette affaire-là est devenue

[22:42]

un symbole de la logique que

[22:44]

beaucoup associent à Big Pharma.

[22:46]

Quand un traitement existe déjà,

[22:48]

pourquoi son prix explose-t-il

[22:50]

aussitôt qu'il tombe entre les mains

[22:52]

d'une entreprise qui en contrôle l'accès?

[22:54]

Il y a des gens

[22:55]

qui ont besoin de ça pour

[22:58]

vivre carrément.

[23:00]

Vous allez voir, Martin Shkreli,

[23:02]

le karma va le rattraper.

[23:03]

Faites-vous en pas d'une autre façon.

[23:06]

Moi, j'étais fâché de voir

[23:07]

qu'il était accusé de rien

[23:09]

en lien avec le crime.

[23:11]

C'est rare que je dise ça,

[23:13]

mais il y a une face à claque.

[23:14]

Il est baveux. Tu te rappelles-tu

[23:16]

un peu des vidéos?

[23:18]

C'est rare que je juge,

[23:20]

mais il y a vraiment une face à claque.

[23:21]

Il trollait l'Internet constamment.

[23:24]

C'est du big trolling.

[23:27]

En 2015, il va encore

[23:28]

nous troller, les amateurs de l'Hip-Hop,

[23:31]

parce qu'il va acheter l'unique

[23:33]

exemplaire de l'album de Hu Tang,

[23:34]

le Once Upon a Time in Shaolin.

[23:37]

Hu Tang l'avait mis en vente

[23:39]

aux enchères à l'époque.

[23:41]

Une seule copie, c'est l'album

[23:43]

qui s'est vendu le plus cher de l'histoire,

[23:45]

c'est-à-dire 2 millions de dollars

[23:47]

que Martin Shkreli l'a acheté.

[23:52]

Selon le contrat,

[23:54]

ça ne lui interdisait pas

[23:55]

de faire une écoute publique.

[23:58]

Il avait une chaîne Twitch,

[23:59]

et il streamait justement

[24:01]

en écoutant l'album de Hu Tang en direct,

[24:04]

puis en commentant,

[24:05]

puis en disant des conneries.

[24:08]

À ce moment-là, le groupe

[24:09]

a été en furie quand ils ont su que c'était Martin Shkreli

[24:11]

qui avait hérité du disque.

[24:14]

Il y a eu carrément

[24:17]

un beef

[24:18]

avec Ghostface qui est là,

[24:19]

il y avait eu des menaces

[24:21]

de mort, il y avait eu vraiment

[24:23]

des vidéos de fêtes de part et d'autre

[24:26]

pour s'écœurir avec

[24:27]

cette histoire-là.

[24:29]

Mais justement, éventuellement,

[24:31]

vous allez voir, l'album de Hu Tang

[24:33]

va se retrouver en meilleure main aussi.

[24:35]

Le 17 décembre 2015,

[24:37]

Martin Shkreli est arrêté par le FBI

[24:39]

dans une autre affaire

[24:41]

qui porte pas sur Daraprim,

[24:43]

mais pour une fraude

[24:44]

dans justement les Edge Funds

[24:46]

qui gèrent avec MSMB Capital.

[24:50]

Selon le bureau du procureur,

[24:51]

il aurait utilisé des fonds

[24:53]

et des actions de rétrofine

[24:54]

pour rembourser des investisseurs floués

[24:57]

dans un montage décrit comme un système

[24:59]

de Ponzi, d'une certaine façon.

[25:01]

Et le procureur évoque

[25:02]

alors une toile de mensonge et de tromperie.

[25:05]

Shkreli est inculpé

[25:06]

dans un acte d'accusation à sept chefs,

[25:08]

puis quitte la direction de Turing Pharmaceuticals.

[25:11]

Puis en 2017,

[25:12]

il sera finalement reconnu coupable

[25:14]

de deux chefs de fraude sur valeur mobilière

[25:16]

et d'un chef de conspiration

[25:18]

avant d'être condamné

[25:20]

en 2018 à sept ans de prison

[25:21]

et à une confiscation

[25:23]

de 7,3 millions de dollars.

[25:26]

Et il se retrouve

[25:27]

dans le trou Martin Shkreli après cette histoire-là.

[25:30]

Et l'album de Hutang

[25:31]

va être saisi par la justice américaine,

[25:35]

va être pendant une courte période

[25:37]

propriété du département

[25:38]

de la justice,

[25:39]

et va être revendu en 2021,

[25:41]

je crois, pour autour de 5 millions.

[25:43]

Un truc comme ça à un autre

[25:47]

internaute

[25:47]

via un réseau de NFT,

[25:49]

en 2021.

[25:51]

Donc, ça s'est retrouvé

[25:53]

un peu comme ça. Mais bon,

[25:55]

c'est un utilisateur anonyme, on ne sait pas c'est qui.

[25:57]

Mais bref, il a fait de la

[25:59]

toll Martin Shkreli,

[26:00]

à quelque part dans sa vie, même si ce n'est pas lié

[26:04]

à ses hausses de prix

[26:05]

du dollar à la prime. Mais bon,

[26:07]

comment dire, sa crédibilité va aussi s'arrêter là.

[26:10]

C'est un peu un vilain

[26:11]

dans Batman.

[26:12]

Oui, tu as bien raison

[26:14]

de ça. C'est un drôle de personnage.

[26:18]

Exact.

[26:19]

Seb, toi, tu as plein de choses

[26:21]

à nous dire sur les Big Tech

[26:23]

aussi. Oui.

[26:25]

Eh bien, si le Big Pharma joue

[26:27]

avec la santé, Emile,

[26:29]

les Big Tech jouent avec quelque chose d'encore plus

[26:31]

intime. Oui. Notre attention,

[26:33]

nos émotions, nos croyances.

[26:35]

Notre image. Oui.

[26:37]

Et tout ça alimente bien des théories.

[26:39]

À la surface, tout semble gratuit.

[26:42]

Mais comme on dit, quand c'est gratuit,

[26:43]

c'est nous le produit. Et les

[26:45]

réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les

[26:47]

plateformes vidéo, mais ce gratuit

[26:49]

a un prix caché. Les géants

[26:51]

Google, Meta, Amazon, Apple,

[26:53]

Microsoft, etc. reposent

[26:55]

sur une logique bien simple.

[26:57]

Plus ils en savent sur vous,

[26:59]

plus ils gagnent d'argent.

[27:01]

Chaque trace numérique devient un fragment de votre

[27:03]

portrait psychologique.

[27:05]

L'heure à laquelle vous consultez votre téléphone,

[27:07]

les vidéos que vous arrêtez avant la fin,

[27:09]

les mots que vous effacez avant d'envoyer un

[27:11]

message, la vitesse à laquelle vous

[27:13]

contrôlez devant une image triste

[27:14]

ou joyeuse, tout est interprété.

[27:17]

Ces micro-données invisibles

[27:19]

individuellement deviennent puissantes une

[27:21]

fois qu'on les combine en le Big Data.

[27:23]

Ce pouvoir repose sur un outil central,

[27:25]

l'algorithme de recommandation.

[27:27]

Il ne se contente pas

[27:29]

d'observer vos habitudes,

[27:31]

en fait, il les façonne. En analysant

[27:33]

vos réactions, il apprend,

[27:35]

il teste, il ajuste. Son objectif

[27:37]

est simple, retenir votre attention

[27:39]

le plus longtemps possible.

[27:40]

Vous pensez choisir ce que vous regardez?

[27:43]

En réalité, le système

[27:45]

anticipe, oriente

[27:46]

et finit par influencer vos choix

[27:48]

sans que vous en ayez conscience.

[27:50]

C'est ce que la chercheuse

[27:52]

Shoshana Zuboff appelle

[27:54]

le capitalisme de surveillance,

[27:56]

une économie où les comportements humains deviennent

[27:58]

des ressources à extraire, à analyser

[28:00]

et à revendre.

[28:02]

Et ce n'est pas seulement une question de publicité,

[28:04]

c'est une forme de pouvoir,

[28:06]

une nouvelle forme de pouvoir,

[28:07]

un pouvoir comportemental.

[28:10]

Et c'est là que l'affaire Cambridge Analytica

[28:12]

devient un symbole.

[28:13]

Je ne sais pas si tu te rappelles de cette histoire-là.

[28:16]

Bien sûr.

[28:17]

C'est une firme de conseil politique

[28:18]

qui a mis la main sur des données issues de Facebook

[28:20]

obtenues à partir d'une application de test

[28:23]

psychologique qui a permis de récolter

[28:25]

non seulement les informations des participants,

[28:27]

mais aussi celles de leurs contacts.

[28:29]

Au total, jusqu'à 87 millions

[28:32]

d'utilisateurs auraient été touchés.

[28:34]

Ça n'a pas de bon sens.

[28:35]

Ah oui. Je m'en rappelle, dans ce temps-là,

[28:37]

les API pour faire des applications Facebook,

[28:39]

c'était assez lousse pour en avoir fait pas mal

[28:42]

et puis m'amuser avec ça.

[28:43]

On pouvait aller chercher beaucoup

[28:45]

d'informations sur les users.

[28:48]

Et en exploitant justement

[28:49]

les « Likely », « Clickly »,

[28:51]

les centres d'intérêt et les habitudes en ligne

[28:52]

de millions de gens, eh bien Cambridge Analytica

[28:55]

affirmait pouvoir bâtir des profils

[28:57]

psychographiques très poussés,

[28:59]

capables d'anticiper certains traits de personnalité,

[29:02]

certaines peurs

[29:03]

et certaines vulnérabilités.

[29:05]

Il ne s'agissait plus seulement

[29:07]

de savoir ce qu'un utilisateur aimait,

[29:09]

mais comment il pensait, ce qui pouvait

[29:11]

l'inquiéter et quel type de message

[29:13]

avait le plus de chance de le faire réagir.

[29:15]

L'idée n'était plus de diffuser une

[29:17]

même publicité à tout le monde, ça c'est du passé,

[29:19]

mais d'adapter le message

[29:21]

selon la psychologie supposée de chaque

[29:23]

segment d'électeurs.

[29:25]

C'est ce qui a rendu l'affaire si troublante.

[29:27]

On ne parlait plus seulement de marketing

[29:29]

ciblé, mais d'une tentative d'influence

[29:31]

politique fondée sur l'extraction massive

[29:33]

de données personnelles et sur

[29:35]

leur transformation en outils

[29:37]

de persuasion. Moi je me rappelle

[29:39]

dans le temps, parce que

[29:41]

la Russa avait été impliquée là-dedans,

[29:42]

puis pour avoir fait beaucoup de publicité sur Facebook,

[29:45]

une fois que ce scandale-là est passé,

[29:46]

quand tu faisais de la publicité pour

[29:48]

des partis politiques, tu devais envoyer ton

[29:50]

passeport notarié, vraiment

[29:52]

démontrer ton identité, que tu ne travaillais pas

[29:54]

pour un parti politique. C'est quand je faisais pour

[29:56]

des agences de pub, ils ont resserré

[29:58]

quand même les contrôles pour tenter

[30:01]

d'éviter un peu l'influence

[30:03]

politique via la publicité.

[30:05]

Oui, c'est devenu vraiment plus serré

[30:07]

après ce scandale-là.

[30:08]

Parce que ça a été d'une telle ampleur Emile

[30:10]

qui a contribué à une amende record, quand même

[30:12]

de 5 milliards de dollars qui a été

[30:14]

infligée à Facebook. C'est quand même une grosse

[30:16]

chute qui font beaucoup d'argent, mais quand même,

[30:19]

c'est la FTC

[30:20]

qui avait donné à Meta, et a accepté

[30:23]

Meta de verser 725 millions

[30:25]

de dollars pour régler un recours collectif

[30:26]

aussi relié à cette affaire. Donc, ça a été beaucoup

[30:28]

de sous. Mais à partir de là,

[30:31]

influencer une opinion ne repose plus sur

[30:32]

des slogans, mais sur une approche

[30:34]

beaucoup plus précise, la psychologie

[30:36]

de masse individualisée. Un

[30:38]

même message peut être décliné selon

[30:40]

la peur, la colère, l'espoir

[30:42]

ou la frustration d'un électeur.

[30:45]

Depuis les révélations se

[30:46]

multiplient. TikTok, Meta,

[30:48]

Google, il y a des amendes, des enquêtes,

[30:50]

des fuites internes. Chaque scandale

[30:52]

révèle un peu plus l'étendue du pouvoir que

[30:54]

ces plateformes d'Etienne sur nos comportements

[30:56]

et nos croyances. Et c'est que là,

[30:58]

la question devient vertigineuse.

[31:00]

Ces systèmes se contentent-ils de

[31:02]

refléter le monde ou bien le fabrique-t-il?

[31:05]

Algorithme par algorithme,

[31:06]

clic par clic.

[31:08]

C'est exactement dans cette zone grise

[31:10]

une influence mesurable

[31:12]

et manipulations invisibles que naissent

[31:14]

ces théories du complot, là où les faits

[31:16]

vérifiables côtoient le paranoïa

[31:18]

et où l'on ne sait plus très bien

[31:20]

qui tient vraiment les ficelles, l'homme

[31:22]

ou bien la machine.

[31:23]

Ça me fait penser un peu à notre épisode sur

[31:26]

l'IA et la mort de l'Internet, un peu

[31:28]

directement. C'est vrai parce que c'est un peu

[31:30]

lié, ces deux sujets qui sont quand même liés

[31:32]

parce que les big tech, là

[31:34]

justement on a parlé de l'IA dans notre autre

[31:36]

épisode, mais c'est fortement

[31:38]

lié parce qu'en ce moment avec tout ce que

[31:40]

les big tech construisent au niveau des

[31:42]

data centers et tout ça, ça amène

[31:44]

encore une fois un bon lot de théories

[31:46]

du complot qu'on aura la chance de parler

[31:48]

éventuellement parce que je suis sûr que

[31:49]

ça ne va pas aller en diminuant. Non, absolument pas.

[31:52]

Et c'est exactement dans cette zone

[31:54]

grise entre influences mesurables et

[31:55]

manipulations invisibles que

[31:57]

naissent les théories du complot, là où les

[31:59]

faits véritables côtoient la paranoïa

[32:02]

et où l'on ne sait plus très bien

[32:03]

qui tient vraiment les ficelles,

[32:05]

l'homme ou la machine. Et si

[32:08]

le vrai pouvoir de la big tech n'était

[32:09]

pas seulement de connaître nos habitudes

[32:12]

mais de modeler en

[32:13]

temps réel. En 2014,

[32:16]

Facebook mène une expérience

[32:18]

sur près de 700 000 utilisateurs

[32:20]

à leur insu. L'objectif est simple,

[32:22]

mesurer si le fait de modifier

[32:24]

le contenu émotionnel du fil d'actualité

[32:26]

peut influencer l'humeur des gens dans la

[32:28]

vraie vie. Et le résultat a été

[32:30]

clair, oui.

[32:32]

Exposer les utilisateurs à

[32:34]

davantage de contenus négatifs les amène à

[32:36]

publier des messages plus négatifs.

[32:38]

L'expérience est publiée dans une revue scientifique

[32:40]

et la réaction est immédiate.

[32:42]

Facebook s'excuse,

[32:44]

mais sans vraiment changer ses pratiques.

[32:47]

Du côté du YouTube,

[32:48]

il y a une étude qui a été menée par des chercheurs

[32:50]

de l'Université de New York qui révèle

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un autre phénomène. L'algorithme

[32:54]

de recommandation pousse progressivement

[32:56]

des contenus de plus en plus extrêmes.

[32:58]

Un utilisateur qui regarde une vidéo

[33:00]

sur un régime alimentaire peut

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en quelques clics se retrouver plongé

[33:04]

dans un univers de

[33:06]

théorie complotiste sur la santé.

[33:08]

C'est pas un accident, c'est une conséquence

[33:10]

directe du système. Et parce que le

[33:12]

contenu radical génère plus d'engagement

[33:14]

et que l'engagement est exactement

[33:16]

ce que l'algorithme cherche à maximiser.

[33:19]

Cette révélation change complètement

[33:20]

la perspective. Parce qu'à partir

[33:22]

du moment où une plateforme peut influencer

[33:24]

vos émotions, elle peut influencer aussi

[33:26]

vos opinions. Et si elle peut

[33:28]

influencer vos opinions, elle peut influencer

[33:30]

vos décisions politiques, sociales,

[33:32]

économiques. Et c'est précisément

[33:34]

cette idée qui nourrit certaines théories

[33:36]

du complot. Pas parce qu'elle est

[33:38]

entièrement fausse, mais parce qu'elle est

[33:40]

difficile à mesurer. Où

[33:42]

s'arrête l'optimisation de l'attention?

[33:44]

Et où commence la manipulation?

[33:46]

C'est une question qui est quand même difficile

[33:48]

à répondre, je te dis. Oui, dans le monde actuel,

[33:50]

c'est dur de savoir où tracer la ligne.

[33:52]

Et pour continuer un peu dans ton

[33:54]

philosebre de compagnies

[33:56]

technologiques, je voulais faire un petit point

[33:57]

sur les objets connectés.

[34:00]

Parce qu'il y a eu quelques petits scandales.

[34:03]

Quand on parle d'objets

[34:04]

connectés de la maison, que ce soit maintenant

[34:06]

les thermostats intelligents,

[34:08]

les caméras de surveillance,

[34:09]

toute la domotique, exactement.

[34:12]

C'est une source inépuisable

[34:14]

de récits complotistes,

[34:16]

selon lesquels ils serviraient d'outils

[34:17]

de surveillance généralisés

[34:19]

au profit des entreprises qui les fabriquent.

[34:22]

Et en 2014, des chercheurs

[34:23]

en sécurité ont montré lors

[34:25]

de la conférence Black Hat,

[34:27]

une conférence sur la sécurité informatique

[34:30]

et le hacking,

[34:31]

qu'un thermostat Nest, la marque Nest,

[34:33]

pouvait être routé dans une

[34:35]

quinzaine de secondes via un accès

[34:37]

physique, leur permettant d'installer

[34:39]

un firmware modifié, donnant

[34:41]

un contrôle total de l'appareil

[34:43]

et la possibilité de l'utiliser comme point d'entrée

[34:45]

dans le réseau domestique.

[34:47]

Pour simplifier,

[34:49]

router un appareil, c'est qu'on peut rentrer

[34:51]

dans le root, donc la racine,

[34:53]

avec des droits d'admin. Après ça,

[34:54]

tu peux faire un peu ce que tu veux.

[34:56]

Après ça, ça te donne le contrôle

[34:58]

sur tout. C'est vrai que c'est problématique.

[35:00]

Oui, parce que si ça part d'un thermostat,

[35:02]

on pense que c'est inoffensif,

[35:03]

mais ça peut être la clé de voûte,

[35:05]

la faille qui va te permettre de rentrer

[35:08]

éventuellement dans les données

[35:09]

personnelles. Oui, oui, oui.

[35:10]

Si je peux dire, maintenant, souvent,

[35:13]

on a des cadrans, on a toutes sortes de trucs

[35:15]

qui sont intelligents,

[35:17]

souvent qui ont été fait en Chine.

[35:18]

Des smart plugs, c'est tout connecté.

[35:21]

Ça peut être des petits points d'entrée.

[35:24]

Dans mes cours de cyber-sécurité,

[35:25]

ils nous le disent, ça augmente

[35:27]

la surface d'attaque. Il faut vraiment

[35:29]

se méfier de ces produits-là.

[35:31]

Ce n'est pas qu'ils sont tous mauvais,

[35:32]

mais c'est que souvent, disons que

[35:34]

la sécurité n'est pas la feature

[35:36]

qui met le plus d'efforts dessus.

[35:39]

Ça coûte 11 $ pour 4

[35:41]

sur Alibaba.

[35:42]

C'est ça. Sans vouloir devenir

[35:44]

parano, c'est vrai que ça nous rend

[35:46]

un peu à risque de pouvoir que quelqu'un

[35:49]

pourrait rentrer sur notre réseau

[35:50]

et nos appareils. Oui, carrément.

[35:53]

Plus récemment, il y a un chercheur

[35:54]

qui a montré que d'anciens modèles

[35:56]

de thermostat NEST, pourtant déclaré

[35:58]

en fin de support, continuaient à envoyer

[36:00]

des flux de données environnementales

[36:02]

détaillés, comme la température,

[36:04]

l'humidité, la détection des présences

[36:06]

sans les lumières ambiantes,

[36:08]

vers les serveurs de Google,

[36:10]

alors même que les fonctions intelligentes

[36:12]

côté utilisateurs avaient été désactivées.

[36:14]

Encore une fois, ça nourrit

[36:16]

l'idée que les entreprises

[36:18]

se désengagent du service rendu tout

[36:20]

en maintenant la collecte de données,

[36:22]

ce que certains interprètent comme

[36:23]

une forme d'extraction unilatérale,

[36:25]

c'est-à-dire qu'on arrête de supporter le produit

[36:28]

techniquement, mais il continue

[36:29]

d'envoyer des données.

[36:32]

Donc ici, la part complotiste

[36:33]

ne tient pas à l'existence d'une collecte

[36:36]

documentée, mais un peu à l'interprétation

[36:38]

qu'on fait de la chose.

[36:39]

S'imaginer que chaque thermostat

[36:41]

est avant tout conçu comme une taupe

[36:44]

de masse, alors que les faits

[36:45]

attestent plutôt que c'est un modèle économique

[36:47]

centré sur la valorisation

[36:49]

massive de données agrégées

[36:51]

et d'un manque de transparence sur ce point-là.

[36:54]

C'est un manque de support à long terme.

[36:57]

Ah oui, même si je peux dire

[36:58]

au moment donné, même juste votre

[37:00]

Windows 11,

[37:02]

il y a quelqu'un qui a analysé

[37:04]

tout le flux de données

[37:06]

qui sort par jour, qui n'a pas rapport

[37:08]

avec les activités que vous faites,

[37:09]

c'est des gigs de données,

[37:12]

d'informations qui se transmet,

[37:14]

ça fait peur un peu.

[37:16]

Je comprends que les entreprises

[37:17]

il faut qu'ils récollent un peu de données sur nous,

[37:19]

mais il y a un aspect qu'on ne sait pas du tout ce qu'ils font

[37:21]

avec ça, malgré les contrats

[37:24]

d'utilisation.

[37:25]

Ça nous est tellement tous déjà arrivés

[37:27]

de parler d'un sujet,

[37:29]

de voir une pub après.

[37:32]

C'est drôle,

[37:34]

parce qu'il y a deux écoles de pensée sur les téléphones,

[37:35]

écoute ou non, c'est une écoute passive,

[37:38]

il détecte beaucoup les textes,

[37:40]

des fois c'est anecdotique,

[37:41]

mais c'est vrai que parfois, je suis assez

[37:43]

paranoïaque, mais pour l'écriture,

[37:45]

peu importe l'application dans laquelle j'écris,

[37:47]

je me rends compte que, même si j'écris

[37:49]

pas dans Meta ou dans Messenger, dans une autre

[37:51]

app quelque chose, je vais avoir une

[37:53]

pub sur Instagram ou sur Facebook.

[37:55]

C'est systématique, je pense

[37:57]

qu'on lui donne des droits,

[37:59]

qu'il fait un genre de keylogger de notre

[38:01]

téléphone, comme si de façon passive,

[38:03]

il absorbait un peu tout ce qu'on écrivait

[38:05]

et il classait les mots clés.

[38:07]

Ça, c'est pas le fun.

[38:09]

Ça nous amène justement aux assistants

[38:11]

vocaux, seulement les Alexa, Google,

[38:13]

Siri et autres.

[38:14]

En 2019, Bloomberg a révélé qu'Amazon

[38:17]

emploie des milliers de personnes

[38:19]

pour écouter et annoter les enregistrements

[38:21]

d'Alexa afin d'améliorer

[38:23]

la reconnaissance vocale. C'est toujours ça

[38:25]

le prétexte, évidemment. Les employés

[38:27]

peuvent traiter jusqu'à environ 1000 extraits

[38:29]

audio par shift, par corps de travail,

[38:31]

dans le fond. Et Amazon a confirmé

[38:33]

qu'un échantillon extrêmement faible

[38:35]

de requêtes est écouté,

[38:37]

mais sans l'avoir clairement mis en avant

[38:39]

dans la communication au grand public au départ.

[38:41]

Je pense pas que ces employés-là

[38:43]

vraiment s'intéressent à

[38:45]

ton plan soirée.

[38:47]

Mais à quelque part, il y a quand même

[38:49]

un manque de transparence.

[38:51]

Plusieurs enquêtes ont montré que des enregistrements

[38:53]

Alexa incluent aussi des activations

[38:56]

involontaires.

[38:57]

Des fois, Alexa croit entendre un mot clé,

[38:59]

mais c'est pas un bon mot clé, mais il est activé quand même.

[39:02]

Ça nous est tous déjà arrivé que Siri

[39:03]

décode sans qu'on le veuille.

[39:05]

Il fait toujours ça.

[39:07]

Et que certains extraits contenaient des conversations

[39:09]

sensibles, ce qui a alimenté

[39:11]

l'idée d'une oreille indiscrète permanente

[39:13]

dans le salon. Parce qu'il y a des gens,

[39:15]

peut-être qu'il y a des gens qui ont intérêt à nous écouter

[39:17]

nous pour savoir sur quel sujet on travaille

[39:20]

pour nos épisodes.

[39:21]

Mais il y a des gens qui ont des discussions beaucoup plus

[39:23]

importantes et sensibles que nous.

[39:25]

Et des fois, si c'est juste de rentrer

[39:27]

via une Smart Plug ou un Google Nest,

[39:30]

ils vont le faire.

[39:32]

Google a reconnu la même année que

[39:33]

les employés et sous-traitant écoutait

[39:35]

les enregistrements Google Assistant

[39:37]

pour entraîner les modèles après

[39:39]

la fuite de plus de 1000 fichiers audio

[39:41]

en néerlandais via un contractant

[39:44]

dont certains n'auraient jamais dû être

[39:45]

captés. Il n'y avait pas d'OK Google

[39:47]

de prononcer, mais ça enregistrait pareil.

[39:50]

Donc dans les deux cas, les entreprises

[39:51]

parlent d'un petit échantillon pour améliorer

[39:53]

le service. Mais il est factuel que des

[39:55]

humains ont écouté des enregistrements issus

[39:57]

de maisons privées et que des conversations

[39:59]

ont été captées par erreur lors

[40:01]

de fausses activations.

[40:03]

Je me demande, tu le sais, j'aime ça,

[40:05]

malgré tout, j'en ai plein.

[40:07]

Je suis convaincu que j'ai été

[40:10]

bien écoute, peut-être que non, mais

[40:12]

j'ai souvent l'impression que

[40:14]

j'ai dû être dans ces batchs-là

[40:16]

à un moment donné de tests. En plus,

[40:18]

je suis dans les premiers utilisateurs

[40:20]

surtout des Google Home, donc je me demande

[40:22]

justement.

[40:24]

Je vous parle aussi d'un cas des

[40:26]

télé Samsung. Pourtant qu'on aime

[40:28]

bien Samsung, mais qu'ils ne sont pas

[40:30]

à l'abri des scandales. En 2015,

[40:32]

on découvre dans la politique de

[40:34]

confidentialité des Smart TV Samsung

[40:36]

une phrase avertissant que tout

[40:38]

ce que l'utilisateur dit devant la télé

[40:40]

lorsqu'il utilise la commande vocale

[40:42]

peut être transmis à Samsung

[40:44]

et à un prestataire tiers chargé

[40:46]

de la transcription. Et là,

[40:48]

le texte allait jusqu'à prévenir que des

[40:50]

informations sensibles prononcées à voix

[40:52]

haute pouvaient faire partie des données

[40:54]

captées et envoyées, donc que tu pouvais

[40:56]

triggerer des trucs.

[40:58]

C'est tendu, ça, quand même, en 2015.

[41:01]

C'est un prestataire

[41:02]

tiers, évidemment, qui est chargé

[41:04]

de tout ça. Et face

[41:06]

au backlash qu'ils ont eu,

[41:08]

il y avait des références directes au

[41:10]

roman de 1984 dans les médias,

[41:12]

Samsung a réécrit sa politique

[41:14]

pour préciser que le micro du téléviseur

[41:17]

ne traite que des

[41:18]

commandes limitées localement,

[41:20]

tandis que le micro de la télécommande

[41:22]

envoie la voix vers des serveurs

[41:24]

uniquement quand l'utilisateur appuie sur

[41:26]

le bouton de recherche vocale.

[41:27]

Mais le fait demeure, c'est-à-dire que ces TV

[41:30]

pourraient capter des fragments de conversation

[41:31]

et les transmettre à un tiers pour les

[41:33]

analyser, ce que la marque a dû détailler

[41:36]

à posteriori sous la pression.

[41:38]

Mais au moins, ils l'avaient mis dans leur

[41:39]

politique de confidentialité.

[41:42]

Une nuance importante,

[41:44]

c'est que ce n'est pas un mouchard

[41:46]

secret dans la télé, toutes

[41:47]

ces histoires-là ou dans les

[41:49]

assistants, mais la réalité

[41:51]

de l'écoute humaine des enregistrements

[41:53]

qui sont conservés et des activations

[41:55]

involontaires qui ont souvent été minimisées

[41:58]

ou très mal expliquées dans

[41:59]

les interfaces de ces compagnies-là

[42:02]

qui alimentent à juste titre la

[42:04]

parano collective autour

[42:05]

de savoir si ces entreprises-là nous écoutent.

[42:09]

Mais, bref,

[42:10]

c'est rien pour nous rassurer. Non, pas du tout.

[42:12]

Mais d'autres entreprises

[42:13]

qui semblent bien inoffensives

[42:15]

sont aussi dans la mire de plusieurs

[42:17]

théories. Là, Emile, on va

[43:50]

se déplacer un peu vers les

[43:52]

marques du quotidien.

[43:53]

Oui, ça risque d'être très divertissant cette

[43:55]

section. Oui, parce qu'on le sait,

[43:57]

le complotiste, ça vise pas seulement les gouvernements,

[43:59]

mais dans les laboratoires médicaux

[44:01]

ou les médias, ça finit aussi par s'attaquer

[44:03]

aux marques les plus banales.

[44:05]

Oh oui, puis on va parler de cas un peu plus.

[44:07]

On a commencé dans le sérieux, avec les

[44:09]

Big Pharma, puis tout ça. Oui, carrément.

[44:11]

On va se diriger vers, on va parler de théories

[44:13]

qui sont parfois un petit peu plus

[44:16]

farfelues. Farfelues.

[44:17]

Ça dépend lesquelles.

[44:19]

Oui, c'est ça, oui, c'est ça.

[44:21]

On va se diriger, on va élargir le spect

[44:23]

de théories. On va prendre une bonne puff

[44:25]

et on va se lancer là-dedans.

[44:27]

Oui, voilà. Ils finissent aussi

[44:29]

à s'attaquer aux marques les plus banales,

[44:31]

celles qu'on croise tous les jours,

[44:33]

Starbucks, Disney, Target, Bud Light.

[44:35]

Des noms du quotidien devenus

[44:37]

des symboles de guerre culturelle.

[44:39]

Mais ce qui change ici, c'est la logique.

[44:42]

Une simple décision marketing peut

[44:43]

être lue comme une preuve de corruption morale.

[44:46]

Un logo devient un symbole

[44:47]

satanique. Un produit devient

[44:49]

la preuve d'un agenda caché.

[44:51]

Une campagne inclusive

[44:53]

devient dans certains récits un complot contre les

[44:55]

enfants, ou même contre la famille

[44:58]

traditionnelle.

[44:59]

Et là, on va parler de Disney, qui est un bon

[45:01]

exemple, parce que la marque

[45:03]

touche à l'enfance, à la culture populaire

[45:05]

et à l'imaginaire collectif de beaucoup,

[45:07]

beaucoup de gens. Oui, et puis juste pour vous dire,

[45:08]

on va parler d'un petit fragment

[45:11]

de théorie autour de Disney, parce qu'on aurait pu faire

[45:13]

un épisode complet juste sur Disney.

[45:15]

Oui, c'est fou, hein? Oui, non, t'as absolument

[45:17]

raison de le préciser.

[45:18]

En 2022, un conflit éclate

[45:21]

autour de la loi floridienne

[45:26]

sur l'orientation sexuelle

[45:33]

et l'identité de genre à l'école

[45:34]

primaire. Je savais pas

[45:36]

que ça n'avait pas de bon sens

[45:37]

qu'une loi là-dessus en Floride.

[45:40]

Il y a des films comme

[45:42]

Lightyear, ou

[45:43]

Strange World,

[45:44]

ont alors été attaqués, non pas seulement

[45:46]

pour leur contenu, mais pour ce qu'ils

[45:48]

représentaient symboliquement.

[45:50]

L'inclusivité devenait suspecte.

[45:52]

La diversité de l'orientation

[45:52]

et la diversité devenait une menace,

[45:54]

et l'écran de cinéma se transforme soudain

[45:56]

en champ de bataille idéologique.

[45:58]

Au départ, Disney ne prenait pas part à la saga,

[46:01]

puis, sous la pression de ses employés

[46:02]

et d'une partie du public LGBTQ+,

[46:05]

Disney finit par condamner

[46:06]

la loi, ce qui déclencha

[46:08]

la riposte politique de Ron

[46:10]

Decentisme, qui a retiré à l'entreprise

[46:13]

une partie de son autonomie administrative.

[46:15]

C'est sévère,

[46:16]

quand même. Et l'affaire

[46:18]

ensuite prit une dimension encore plus toxique

[46:20]

sur les réseaux sociaux. Disney est

[46:22]

devenu la cible d'accusation de grooming.

[46:25]

Ces attaques ont circulé dans

[46:26]

des cercles proches de QAnon,

[46:28]

mon Dieu, qui ont transformé les

[46:30]

efforts d'inclusivité de la marque en

[46:32]

menace morale, voire presque

[46:34]

satanique. Le disco ne visait

[46:36]

plus seulement une entreprise,

[46:38]

mais un symbole de corruption supposée

[46:40]

de l'enfance.

[46:42]

Des films comme Light Years

[46:44]

ou Strange World ont alors été

[46:46]

attaqués non seulement pour leur personnage

[46:48]

LGBTQ+, mais comme preuve

[46:50]

d'un supposé agenda

[46:52]

idéologique.

[46:54]

Conservateurs ont utilisé des performances

[46:56]

décevantes de certains de ces films

[46:58]

pour brandir le slogan

[46:59]

Go woke, go broke.

[47:02]

Même si plusieurs analystes ont aussi pointé

[47:04]

des raisons plus classiques,

[47:06]

comme le manque de promotion ou une réception

[47:07]

critique moyenne. Moi aussi, je crois plus

[47:10]

à ça que parce qu'il y avait

[47:11]

des personnages LGBTQ+.

[47:14]

Oui, mais ça peut aller loin.

[47:15]

Moi, ça me fait penser au Gamergate,

[47:18]

dans les jeux vidéo, où il y avait

[47:19]

eu beaucoup d'harcèlement de

[47:21]

non seulement autour de

[47:23]

joueuses et de membres,

[47:26]

des créatrices de

[47:28]

jeux vidéo, de game designers.

[47:30]

Mais aussi, à un certain moment,

[47:31]

il y a eu tout

[47:33]

justement le go woke ou go broke.

[47:36]

Ça avait eu une grosse

[47:37]

influence parce qu'à un certain moment

[47:39]

donné, le jeu vidéo, c'était encore

[47:42]

des personnages très masculins,

[47:44]

des personnages féminins hyper

[47:46]

sexualisés. On a vu un certain

[47:48]

revirement à un moment donné, dans les années

[47:50]

2010, on a commencé à voir des

[47:52]

personnages non binaires,

[47:55]

des héroïnes féminines.

[47:56]

Moi, j'étais bien heureux. J'étais dans l'industrie

[47:58]

du jeu vidéo à ce moment-là.

[47:59]

Je trouvais ça intéressant d'avoir

[48:02]

des personnages qui reflètent plus

[48:04]

le vrai monde.

[48:06]

Ce fut le cas de jeux comme Watch Dogs,

[48:08]

entre autres, qui ont

[48:10]

commencé à mettre de l'avant des personnages

[48:11]

un petit peu différents, issus de la diversité.

[48:14]

Et puis, ça avait rué dans les

[48:15]

brancards.

[48:17]

Justement, les communautés de gamers

[48:19]

accusaient les compagnies de jeux

[48:21]

vidéo d'être devenus woke, de vouloir

[48:24]

contrôler les

[48:25]

joueurs, d'avoir un agenda

[48:27]

autour de ça.

[48:29]

On dirait que c'est auprès

[48:31]

des audiences mainstream, comme

[48:33]

Disney et des compagnies de jeux

[48:35]

vidéo. C'est encore

[48:37]

très conservateur de ce côté-là.

[48:39]

Ils doivent toujours marcher sur

[48:41]

des oeufs à tout lancement

[48:43]

de trucs. Ça va être tellement compliqué.

[48:45]

Je me rappelle juste

[48:47]

de la polémique de la petite sirène

[48:49]

qui était noire.

[48:51]

Ça aurait fait tout qu'une tollée.

[48:54]

À l'interne, Disney a

[48:55]

aussi été critiqué pour ses contradictions.

[48:57]

Des employés de Pixar ont dénoncé

[48:59]

des coupes répétées dans des scènes d'affection

[49:01]

entre personnes de même sexe.

[49:03]

Plus tard, à la suite de la polémique,

[49:05]

Disney a réintégré un baiser

[49:06]

entre deux femmes qui avaient d'abord

[49:08]

été supprimées dans Lightyear,

[49:11]

ce qui a renforcé l'idée d'une entreprise

[49:13]

du moins tiraillée

[49:14]

entre l'image inclusive

[49:17]

et la prudence commerciale.

[49:19]

Le conflit a même produit des manoeuvres

[49:20]

juridiques étonnantes. Pour

[49:22]

résister à la reprise du contrôle du district

[49:24]

par l'administration de Sentis,

[49:27]

les avocats de Disney ont inséré

[49:28]

une clause de survie liée

[49:30]

à l'animier du roi Charles III,

[49:33]

qui est une astuce destinée à

[49:35]

contourner les règles contre les contrats

[49:37]

perpétuels. Et après

[49:38]

deux ans de bataille, un accord de

[49:40]

règlement a finalement été conclu en mars

[49:42]

2024, ce n'est pas longtemps, tandis que

[49:44]

Disney annonçait aussi un plan d'investissement

[49:46]

massif dans ses parcs et expériences

[49:49]

pour rester compétitif.

[49:51]

Ça, c'est un peu notre petite parenthèse,

[49:53]

Disney, un peu comme tu disais,

[49:54]

Emile, on pourra en parler pendant

[49:56]

un autre épisode. Et là, je me dirige

[49:59]

vers Target,

[50:00]

qui ont une petite présence au Canada,

[50:02]

une courte vie au Canada,

[50:04]

ça n'a pas fonctionné.

[50:07]

Notre marché, je pense, n'est pas assez gros.

[50:08]

Mais bref, Target a subi un mécanisme

[50:10]

assez similaire. Pendant le mois de la

[50:12]

Fierté Gay en 2023,

[50:15]

il y a eu une rumeur virale

[50:16]

qui a affirmé à Target que l'enseigne

[50:18]

vendait des maillots de bain Tuck-friendly,

[50:21]

qui étaient destinés aux enfants.

[50:22]

Mais en réalité,

[50:25]

ces produits étaient vendus

[50:26]

en taille adulte seulement.

[50:28]

Mais la désinformation ensuite a été

[50:30]

amplifiée par des publications virales,

[50:32]

des commentateurs conservateurs,

[50:34]

et même des récits présentant la collection Pride

[50:36]

comme une menace pour l'enfance.

[50:39]

Ils ont vraiment détourné le sujet.

[50:41]

Et pour ce qui rend l'affaire particulièrement

[50:42]

frappante, c'est que la panique

[50:44]

n'est pas restée virtuelle.

[50:46]

Target a déclaré avoir fait face

[50:48]

à des menaces visant à la sécurité et le bien-être

[50:50]

de ses employés, à une hausse

[50:52]

des confrontations entre clients

[50:54]

et personnel, ainsi qu'à des incidents

[50:56]

de marchandises Pride

[50:58]

jetées au sol.

[51:00]

Et en juin 2023, des magasins Target

[51:02]

ont aussi été évacués dans au moins

[51:04]

cinq états après des menaces

[51:06]

à la bombe liées à cette

[51:08]

controverse, même si aucun

[51:10]

explosif n'a été découvert.

[51:12]

Ces sous-vêtements-là, juste pour dire,

[51:14]

les Tuck-friendly,

[51:16]

c'est un petit peu plus adapté

[51:18]

par exemple pour les personnes trans

[51:19]

qui veulent aplanir

[51:22]

leur silhouette à la fourche,

[51:24]

si on veut.

[51:25]

C'est quelque chose qui se

[51:27]

vend maintenant

[51:29]

partout dans les grandes surfaces, sur Amazon

[51:31]

et autres. C'est quelque chose

[51:32]

qui se trouve. C'est de ça

[51:35]

qu'on parlait. C'est fou. Merci

[51:37]

de la précision. Pour protéger son personnel,

[51:40]

imagine

[51:41]

les attaques à la bombe, les appels à la bombe,

[51:43]

c'est fou. L'entreprise a retiré

[51:45]

certains articles et modifié ses plans

[51:47]

de mise en marché. Parfois,

[51:49]

les entreprises n'ont pas le choix de réagir.

[51:51]

On dirait qu'ils se retirent,

[51:52]

qu'ils reculent en fait par rapport à ça.

[51:55]

Et l'impact économique lui aussi

[51:57]

a été réel, mais il faut le formuler

[51:59]

avec prudence. Parce qu'au deuxième

[52:01]

trimestre de 2023, Target

[52:02]

a indiqué que ses ventes avaient reculé de 5%,

[52:05]

en disant que la réaction contre

[52:06]

la collection Pride avait contribué

[52:08]

à ce recul. Et en même temps,

[52:11]

l'entreprise a précisé qu'il était

[52:12]

impossible d'isoler exactement la part

[52:14]

attribuable évidemment à cette controverse

[52:17]

du reste des pressions économiques qui étaient

[52:18]

plus larges. Autrement dit,

[52:20]

la crise a bien pesé, mais elle ne résume

[52:23]

pas à elle seule toute la baisse.

[52:25]

Et Target s'est alors retrouvé

[52:26]

au centre du conflit. D'un côté,

[52:28]

la marque était attaquée par des responsables

[52:30]

politiques, des médias conservateurs

[52:32]

et des militants qui présentaient sa

[52:34]

collection comme une menace morale.

[52:36]

Et de l'autre, son recul a été perçu

[52:38]

par plusieurs comme un signe que l'intimidation

[52:41]

pouvait faire plier une grande entreprise.

[52:43]

C'est d'accord. Et cette

[52:44]

saga montre que la désinformation ne

[52:46]

se contente pas de polluer le débat public.

[52:48]

Elle peut complètement déstabiliser les

[52:50]

opérations en magasin,

[52:52]

créer des risques sécuritaires,

[52:54]

forcer des ajustements logistiques

[52:56]

et ébranler durablement la confiance

[52:58]

autour d'une marque.

[53:00]

C'est assez fou, ça.

[53:02]

Avant de faire la recherche,

[53:04]

j'ignorais cette

[53:06]

polémique de Target. Et là,

[53:08]

on va se diriger vers la bière,

[53:10]

la Bud Light. Oui, notre bière préférée,

[53:12]

Seb. Ben oui.

[53:14]

La Bud Light, elle illustre une autre

[53:16]

facette du phénomène. Ici, il ne s'agit pas

[53:18]

directement de complotisme,

[53:20]

mais d'un mécanisme très proche,

[53:22]

celui de la polarisation

[53:24]

amplifiée. Tout commence

[53:26]

au début d'avril 2023,

[53:28]

quand Dylan Mulvaney

[53:29]

publie sur Instagram une vidéo liée à

[53:31]

Bud Light et montre une canette

[53:33]

personnalisée à son image.

[53:35]

À la base, on parle d'une opération

[53:37]

promotionnelle limitée, pas d'une grande

[53:39]

campagne nationale. Mais très vite,

[53:42]

la perception change.

[53:45]

Une partie du public,

[53:47]

notamment dans les milieux conservateurs

[53:48]

américains, y voit autre chose

[53:50]

qu'un simple partenariat. Pas une publication

[53:52]

isolée, mais une prise de position

[53:54]

symbolique. Et à partir de là,

[53:56]

tout s'emballe. Les réseaux

[53:58]

sociaux transforment un geste marketing

[54:00]

ponctuel en conflit culturel

[54:02]

national. Il y a des vidéos qui deviennent

[54:04]

virales, dont celle de Kid Rock,

[54:06]

c'est notre préférée de ma gueule.

[54:08]

Ce filmant en train de tirer sur

[54:10]

des caisses de Bud Light.

[54:11]

Juste pour vous dire, c'est que

[54:13]

Dylan Mulvaney, c'est une

[54:16]

personnalité des médias

[54:17]

sociaux qui fait une transition

[54:19]

de genre. C'est ce qui

[54:22]

explique pourquoi Kid Rock

[54:23]

tirait sur des canettes de Bud Light.

[54:25]

Il n'y a pas digéré que Bud Light

[54:27]

fasse une canette à son image.

[54:29]

Ça avait fait une méga tollée.

[54:31]

Je me rappelle encore,

[54:33]

justement, le boycott devient alors

[54:35]

plus qu'une réaction. Il devient

[54:36]

un signal identitaire, une façon

[54:38]

d'afficher son appartenance culturelle.

[54:41]

Et très vite, les conséquences

[54:43]

deviennent concrètes.

[54:45]

Les médias rapportent qu'au début de juin

[54:46]

2023, les ventes de Bud Light avaient chuté

[54:48]

de 24,6%

[54:50]

sur quatre semaines. C'est énorme!

[54:52]

C'est tellement pas une bière difficile à remplacer.

[54:55]

Ben non.

[54:57]

Je veux dire, t'as pas besoin

[54:58]

d'avoir des goûts pointus. Quand il y a pas de Bud Light,

[55:01]

t'es pas dans le trouble à

[55:02]

dépanneur. Non, non.

[55:04]

Exact. Mais c'est fou, Brac.

[55:06]

Et un mois plus tard, la baisse

[55:08]

atteignait 28%,

[55:10]

pendant que, dans le fond,

[55:12]

la Modelo Especial,

[55:14]

c'est une autre sorte de bière. Je pense

[55:16]

c'est une sorte de Corona. Elle est pensée

[55:18]

devant la Bud Light comme bière la plus vendue

[55:20]

aux États-Unis. Et l'impact

[55:22]

se fait aussi sentir dans l'entreprise.

[55:24]

En juillet 2023,

[55:26]

les médias rapportent que A.B.

[55:28]

Inbev, qui est le méga

[55:30]

chapeau corporatif de cette entreprise-là,

[55:32]

a annoncé des centaines de

[55:34]

pressions de postes aux États-Unis,

[55:36]

soit moins de 2% de ses effectifs

[55:38]

total. C'est quand même beaucoup dans une grosse entreprise

[55:40]

comme ça, dans la foulée de la chute

[55:42]

des ventes. Mais au-delà des chiffres,

[55:44]

c'est surtout la réponse de l'entreprise

[55:45]

qui a été jugée assez maladroite.

[55:48]

Dès mai 2023,

[55:50]

le PDG, Michel Doucaris,

[55:52]

insistait sur le fait qu'il s'agissait

[55:54]

d'une One Can, One Influencer,

[55:57]

One Pose,

[55:58]

mais non d'une campagne complète,

[56:00]

une ligne défensive perçue par plusieurs

[56:02]

comme hésitante. Résultat,

[56:05]

Bud Light s'est retrouvé

[56:06]

coincé entre deux fronts.

[56:07]

Du côté conservateur, plusieurs ont jugé

[56:09]

qu'il n'y avait ni excuses claires, ni recul à

[56:12]

soumets, et du côté des partisans de

[56:14]

l'inclusivité, il donne l'avoir qu'ils boivent

[56:15]

la Bud Light là-dedans, on a reproché

[56:18]

à la marque de ne pas avoir soutenu

[56:20]

Dylan Mulvaney plus fermement

[56:22]

face au harcèlement et à

[56:24]

la vague hostile qu'elle subissait.

[56:26]

C'est ordinaire un peu quand même.

[56:29]

Elle a

[56:30]

mangé vraiment la claque.

[56:33]

Ben oui, parce qu'en tant que marque,

[56:34]

il faut que tu connaisses un peu ta communauté.

[56:36]

Exact, exact. Si tu sais que c'est une gang

[56:38]

de redneck qui vont aller donner de la

[56:40]

marde à la personne avec qui tu fais une collabo,

[56:42]

essaie de pas l'entraîner dans

[56:44]

ton bordel. Oui, oui, exact. Je pense

[56:46]

que la personne aussi

[56:48]

qui a eu l'idée de la campagne marketing

[56:50]

avait été mise dehors aussi

[56:52]

dans toute cette foulée-là.

[56:55]

Pourtant, je trouvais,

[56:56]

mais t'as raison, au début, je trouvais

[56:58]

que l'idée était pas mauvaise, mais t'as raison,

[57:00]

faut que tu connaisses ton auditoire.

[57:02]

Sans vouloir faire de généralité,

[57:04]

j'ai l'impression justement que la Bud Light

[57:06]

a un public plus conservateur,

[57:08]

du moins aux États-Unis.

[57:10]

Et derrière tout ça,

[57:11]

il y a un phénomène plus large qui apparaît,

[57:13]

c'est celui des guerres culturelles qui est appliqué

[57:15]

aux marques. Et cette saga démontre une chose

[57:17]

essentielle, c'est que dans un environnement

[57:19]

amplifié par les médias sociaux,

[57:21]

une simple opération promotionnelle,

[57:22]

ça peut devenir un symbole. Et une fois

[57:25]

que le symbole est créé, il appartient plus

[57:27]

vraiment à l'entreprise qui l'a lancé.

[57:29]

Non, il appartient au public.

[57:31]

Exact. Et là, on va se diriger

[57:34]

vers les Marlboro

[57:36]

et les cigarettes.

[57:38]

Une bonne signe.

[57:40]

Oui, et vous allez voir, le mélange est assez particulier.

[57:43]

Et on n'a plus la chance, nous,

[57:45]

de voir ces beaux

[57:46]

emballages complotistes dont on va

[57:48]

parler aujourd'hui parce qu'au Québec,

[57:50]

toutes les cigarettes sont débrandées.

[57:52]

Je parle pour nos auditeurs

[57:54]

européens, par exemple, ou même d'ailleurs

[57:56]

dans le monde, toutes les

[57:58]

emballages de cigarettes ont la même

[58:00]

couverture, il n'y a aucune typographie propre,

[58:03]

signature visuelle propre à la marque.

[58:06]

Donc,

[58:07]

on ne les voit plus, les packs de Marlboro.

[58:09]

Non, on a des photos avec des bouches

[58:11]

cancéreuses dessus.

[58:13]

Et Marlboro est un autre

[58:15]

exemple justement de la manière dont

[58:16]

une marque peut devenir le support de projection

[58:19]

complotiste, même à partir

[58:20]

de simples éléments visuels. Depuis

[58:23]

des années, certaines rumeurs affirment

[58:24]

que le design du paquet cacherait des références

[58:26]

au coucloosclan. Les interprétations

[58:29]

commencent par le logo

[58:31]

rouge en forme de chevron,

[58:32]

qui, une fois incliné, serait perçu comme

[58:34]

format la lettre K.

[58:36]

Comme ce motif apparaît sur plusieurs phases du paquet,

[58:39]

eh bien, certains y voient la répétition

[58:41]

KKK. D'autres

[58:43]

vont plus loin. En retournant le paquet,

[58:45]

certaines lettres seraient lues

[58:46]

comme un anagram évoquant

[58:48]

Horrible Jew, donc les juifs

[58:50]

horribles, tandis que

[58:52]

la forme de certaines typographies donnerait

[58:54]

l'impression de jambes suspendues rappelant

[58:56]

des seignes de lynchage.

[58:59]

Ça, les gens vont loin.

[59:00]

Certains croient même distinguer des silhouettes

[59:02]

encagoulées dans les espaces blancs

[59:04]

du blason ou encore une tête de

[59:07]

Clansman,

[59:08]

cachée dans le design du paquet.

[59:10]

À ça s'ajoute l'interprétation des

[59:12]

couleurs utilisées, blanc, rouge et noir,

[59:14]

vues comme un symbole racial

[59:16]

ou encore la disposition

[59:18]

du nom en blanc en haut et en noir

[59:20]

en bas, interprété comme une hiérarchie

[59:23]

visuelle.

[59:24]

T'sais, un moment donné, tu peux faire parler de tout, là,

[59:26]

sans te croire. Pourtant, ces accusations

[59:28]

ne reposent sur aucune base réelle.

[59:31]

Le nom Malboro vient simplement

[59:32]

de la rue Malboro à Londres,

[59:35]

où Philip Morris

[59:36]

possédait une manufacture au 19e

[59:38]

siècle. Son fondateur,

[59:40]

un buraliste londonier des

[59:42]

années 1850, n'a évidemment

[59:44]

aucun lien avec le KKK

[59:46]

Clans, qui est une organisation américaine

[59:48]

fondée bien plus tard, en 1865,

[59:51]

donc 15 ans plus tard.

[59:52]

Quand à l'entreprise elle-même, il s'agit d'un géant

[59:54]

coté en bourse avec une structure publique,

[59:56]

des milliards de dollars en circulation,

[59:58]

ce qui rend l'idée d'un contrôle secret par un groupe

[01:00:01]

clandestin assez irréaliste.

[01:00:03]

Même la devise

[01:00:04]

Vinny Vidi Vici, visible sur le

[01:00:06]

paquet, renvoie simplement à

[01:00:08]

Jules César, sans aucune

[01:00:11]

connexion historique avec

[01:00:12]

ses théories.

[01:00:13]

Oui, vous nous direz, les fumeurs,

[01:00:15]

parmi vous, si vous pensez,

[01:00:17]

si vous retrouvez tous ces symboles-là,

[01:00:19]

j'avoue qu'on a l'image

[01:00:21]

dans le visage. C'est sûr qu'un pack

[01:00:23]

de Malboro, c'est très officiel, il y a un blaze

[01:00:25]

en quelque part. Il y a des

[01:00:26]

symboles qui peuvent nous ramener à des

[01:00:28]

symboles un peu d'élite mondiale,

[01:00:31]

c'est tellement officiel, mais moi

[01:00:33]

j'arrive pas, je serais curieux de voir

[01:00:35]

s'il y en a parmi vous qui voient

[01:00:37]

ces interprétations-là.

[01:00:39]

Des fois, c'est dans les espaces

[01:00:41]

négatifs, en inversant

[01:00:43]

les chevaux, regarde en plus

[01:00:45]

le blanc, moi j'essaie de voir,

[01:00:47]

c'est sûr que je vois ce que

[01:00:49]

sur un des chevaux, quand on regarde un peu

[01:00:50]

dans l'entrejambe des chevaux,

[01:00:53]

ça peut ressembler à un peu une tunique,

[01:00:55]

mais tu sais,

[01:00:57]

il faut vraiment chercher à le voir

[01:00:59]

dans l'espace négatif.

[01:01:01]

Non, c'est ça, exact, mais des fois,

[01:01:03]

ils cherchent trop de signes.

[01:01:06]

Oui, mais vous nous direz

[01:01:07]

ce que vous en pensez face au

[01:01:09]

paquet de Marlboro.

[01:01:09]

Peut-être qu'on se trompe.

[01:01:10]

D'ailleurs, il y a sans doute un épisode à faire

[01:01:12]

avec les paquets de cigarettes,

[01:01:14]

il y a plein de symboliques sur les canons.

[01:01:16]

Ça pourrait être intéressant.

[01:01:17]

En tout cas, dites-nous les fumeurs.

[01:01:21]

Moi, je vais faire un bon vers

[01:01:22]

d'autres entreprises qu'on affectionne

[01:01:24]

ou qu'on déteste, c'est selon,

[01:01:26]

mais des entreprises alimentaires

[01:01:28]

qui parfois nous semblent un peu inoffensives,

[01:01:30]

mais qui cachent peut-être un lourd secret.

[01:01:32]

Je vais vous parler de Coca-Cola,

[01:01:34]

et évidemment, il y a sans doute

[01:01:36]

plein de théories autour de Coca-Cola.

[01:01:38]

On avait débunké d'ailleurs le fait

[01:01:39]

que le Père Noël ne leur appartient pas.

[01:01:43]

C'est un peu une fausse nouvelle.

[01:01:45]

C'est leur design du Père Noël

[01:01:47]

évidemment qui leur appartient,

[01:01:48]

mais ce n'est pas la création

[01:01:49]

de Saint-Nicolas, heureusement.

[01:01:52]

Mais un autre truc dont je voulais vous parler,

[01:01:54]

c'était d'une distributrice

[01:01:56]

de Coca-Cola, Seb,

[01:01:58]

une distributrice qui a coûté

[01:01:59]

plus de 1 milliard de dollars

[01:02:01]

en recherche et développement.

[01:02:02]

C'est la machine Freestyle

[01:02:04]

qui est arrivée vers la fin des années 2010

[01:02:07]

et qu'on retrouve encore une fois

[01:02:08]

dans des Subway, par exemple.

[01:02:10]

C'est une fontaine, tu sais,

[01:02:12]

c'est une grosse machine qui incorpore

[01:02:14]

tous les produits de Coca-Cola.

[01:02:16]

Tu vas avoir du Mountain Dew là-dedans.

[01:02:17]

Oui, on a ça encore.

[01:02:20]

Ça permet de mélanger

[01:02:22]

quelque chose comme 130 saveurs.

[01:02:24]

Tu peux mettre du Mountain Dew avec du Fanta,

[01:02:27]

un et l'autre,

[01:02:29]

et faire vraiment plein de trucs

[01:02:30]

avec ta fontaine.

[01:02:32]

Cette machine-là, qui est une machine tactile

[01:02:34]

où on choisit son mélange,

[01:02:37]

elle serait équipée de caméras

[01:02:38]

qui photographient chaque consommateur

[01:02:41]

pour analyser son visage

[01:02:42]

et son comportement.

[01:02:44]

Il y a un cas très relayé

[01:02:46]

l'an 2026 qui s'appuie sur un genre

[01:02:48]

de case study d'une société

[01:02:50]

d'IA qui évoquait explicitement

[01:02:52]

pour une preuve de concept

[01:02:54]

la capture d'une image pour chaque client

[01:02:56]

qui interagissait avec la machine.

[01:02:58]

Ils disaient que la théorie

[01:03:01]

était que c'était dans un contexte

[01:03:02]

de reconnaissance faciale.

[01:03:04]

C'était assez crazy parce que

[01:03:07]

lorsque cette machine-là est arrivée,

[01:03:09]

c'était prêt IA.

[01:03:10]

Mais ça notait vraiment

[01:03:12]

toutes les données que les gens

[01:03:14]

faisaient, même les mélanges

[01:03:16]

qu'ils pouvaient faire.

[01:03:17]

Ils recueillaient ça et par la suite

[01:03:19]

pouvaient sortir une édition spéciale

[01:03:22]

de Cherry Coke avec du Sprite.

[01:03:24]

Ça fait un mélange intéressant.

[01:03:26]

En même temps, eux vont rebrander ça

[01:03:27]

pendant un temps limité.

[01:03:29]

En même temps, ils vont voir la réaction

[01:03:32]

de la personne qui reçoit son drink,

[01:03:33]

voir si elle est heureuse ou pas,

[01:03:36]

où est-ce qu'elle regarde et tout ça.

[01:03:38]

Il y a vraiment une cueillette de données

[01:03:39]

qui était faite avec cette machine-là.

[01:03:42]

Mais sous la pression médiatique,

[01:03:44]

Coca-Cola a confirmé que les prototypes

[01:03:46]

de la machine Freestyle

[01:03:48]

avaient bien intégré des capacités

[01:03:49]

de caméras, mais uniquement dans

[01:03:51]

des versions de laboratoire testées

[01:03:53]

selon eux, en affirmant ne pas avoir

[01:03:55]

déployé ces fonctions, ni prévoir

[01:03:57]

de les utiliser à l'avenir.

[01:03:59]

Mais il y a des clients qui disaient

[01:04:00]

s'être retrouvés devant une caméra,

[01:04:02]

devant ces machines-là.

[01:04:05]

Ces machines-là étaient connectées

[01:04:07]

à l'Internet et tout ça.

[01:04:08]

C'est sûr qu'il y avait

[01:04:11]

Internet dans les années 2010.

[01:04:13]

Étant donné que c'était premier,

[01:04:15]

c'était quand même assez révolutionnaire,

[01:04:17]

cette machine-là qui a coûté

[01:04:19]

un milliard de dollars.

[01:04:21]

Mais c'est pas une mauvaise idée.

[01:04:22]

Outre le fait de prendre les photos,

[01:04:24]

il faudrait qu'il anonymise tout,

[01:04:26]

mais c'est brillant en termes de marketing

[01:04:28]

de regarder les mélanges qui se font le plus

[01:04:30]

pour trouver des futurs saveurs.

[01:04:33]

Je trouve ça quand même

[01:04:34]

une idée brillante.

[01:04:36]

Oui, tout à fait d'un point de vue marketing.

[01:04:39]

C'est très Coca-Cola, justement.

[01:04:41]

La théorie du complot

[01:04:43]

n'extrapole à partir de ces

[01:04:45]

tests R&D qui ont été faits

[01:04:46]

dans certains commerces et autres

[01:04:48]

que justement, il y aura un scénario

[01:04:50]

de surveillance de masse avec chaque

[01:04:52]

machine alors que les éléments

[01:04:54]

publics pointent plutôt vers des expérimentations

[01:04:56]

limitées. Mais il y a

[01:04:58]

une opacité problématique aussi

[01:05:00]

autour des données potentielles.

[01:05:02]

Tu peux pas demander à tout le monde

[01:05:03]

qui se fait un coke de signer un disclaimer

[01:05:06]

comme quoi il va être filmé et autre.

[01:05:08]

Donc, il y a quand même une genre

[01:05:09]

d'opacité qui a été faite.

[01:05:12]

Mais c'est une machine

[01:05:14]

qui a causé quand même la controverse

[01:05:16]

et qui a été un pilier du développement

[01:05:18]

quand même de coke

[01:05:20]

en franchise. Ça leur a permis

[01:05:23]

d'améliorer vraiment

[01:05:25]

des, comment dire,

[01:05:26]

je sais pas si c'est leur service,

[01:05:28]

mais eux, ça leur a permis de vraiment

[01:05:30]

mieux connaître leur auditoire

[01:05:32]

et autres. Sauf que oui,

[01:05:34]

il y a eu de la collecte de données

[01:05:36]

de fait autour de ça.

[01:05:38]

Starbucks maintenant, qui n'est pas

[01:05:40]

sa première controverse non plus,

[01:05:41]

je vais en parler de quelques-unes ici.

[01:05:45]

Souvent, Starbucks est pris

[01:05:46]

dans des récits complotistes, ne serait-ce

[01:05:48]

qu'avec son logo, où la marque

[01:05:50]

a notamment été accusée à tard de financer

[01:05:52]

l'armée israélienne il y a pas si longtemps,

[01:05:55]

entre autres à partir d'une fausse

[01:05:56]

lettre attribuée à Howard

[01:05:58]

Schultz en 2006, qui circulait

[01:06:00]

comme un aveu de soutien à Israël

[01:06:02]

alors qu'il s'agissait d'un texte

[01:06:04]

satirique repris au premier degré.

[01:06:06]

Mais Starbucks affirme pour sa part

[01:06:08]

que ni l'entreprise, ni Schultz

[01:06:10]

ne finance le gouvernement israélien

[01:06:12]

ou son armée, et rappelle aussi qu'elle

[01:06:14]

a quitté Israël en 2003 pour des raisons

[01:06:17]

opérationnelles non politiques.

[01:06:19]

Au Moyen-Orient, ces cafés

[01:06:20]

sont exploités par un autre partenaire

[01:06:22]

qui est Al Shaya, semble-t-il.

[01:06:24]

Mais la rumeur continue à circuler

[01:06:26]

en 2023.

[01:06:28]

Il y a même des créateurs de contenu

[01:06:30]

qui ont été un peu écorchés au Québec,

[01:06:32]

qui avaient des collabos avec Starbucks à l'époque.

[01:06:34]

Cette année-là, Starbucks a poursuivi

[01:06:36]

son syndicat,

[01:06:38]

Workers United, à propos d'un message

[01:06:40]

publié après le 7 octobre,

[01:06:42]

et cette action a été interprétée par

[01:06:44]

plusieurs comme une prise de position politique

[01:06:46]

de l'entreprise. L'agence Reuter

[01:06:48]

a aussi rapporté que des protestes

[01:06:50]

à terre avaient été influencés par

[01:06:52]

des représentations trompeuses de la position

[01:06:54]

réelle de Starbucks sur le conflit

[01:06:56]

israélien. Et dans ce genre de cas,

[01:06:58]

le café ne sert plus seulement

[01:07:00]

de produit de consommation, il devient

[01:07:02]

un support de projection politique et

[01:07:04]

religieuse. Des gens avaient boycotté

[01:07:06]

Starbucks sur les réseaux sociaux,

[01:07:08]

harcelaient même les influenceurs

[01:07:09]

qui faisaient des collabos avec eux,

[01:07:11]

mais c'est sûr que ça fait partie des big

[01:07:13]

corpos en Starbucks.

[01:07:15]

Ça fait partie aussi des compagnies

[01:07:17]

qui font de l'en-shitification,

[01:07:20]

c'est-à-dire que plus le temps

[01:07:21]

avance, plus c'est cher, moins la qualité

[01:07:23]

est là, moins ils traitent bien

[01:07:25]

leurs employés. Je suis allé récemment,

[01:07:28]

je ne vais plus souvent dans des Starbucks.

[01:07:30]

Il y a tellement d'autres bons

[01:07:31]

cafés au même prix, meilleurs,

[01:07:34]

à Montréal, mais sur la route et

[01:07:35]

d'autres. Oui, c'est ça, j'allais dire, c'est parce qu'il est disponible.

[01:07:37]

C'est meilleur que Tim Hort. Oui, c'est ça.

[01:07:40]

Ou en voyage, mais je ne sais pas si vous êtes

[01:07:41]

allé récemment, mais tout est fait pour qu'il y ait

[01:07:43]

encore moins de personnalisation

[01:07:45]

et de temps mis au service.

[01:07:48]

Même les machines sont encore plus

[01:07:49]

automatiques qu'avant. On dirait presque

[01:07:51]

que c'est des fausses machines à espresso maintenant,

[01:07:53]

tellement il y a des gadgets là-dessus.

[01:07:56]

Je reviens au logo parce

[01:07:57]

que lui-même a alimenté l'imaginaire

[01:07:59]

complotiste pendant des années.

[01:08:01]

Starbucks explique que son emblème,

[01:08:03]

c'est une sorte de sirène

[01:08:05]

à deux queues, on dirait un peu une

[01:08:07]

médiuse et tout ça.

[01:08:08]

Starbucks est quand même une marque qui vient

[01:08:10]

de la côte ouest du coin Seattle.

[01:08:13]

Donc, ils sont près de l'eau et tout ça.

[01:08:15]

C'est inspiré de l'imaginaire

[01:08:17]

maritime enraciné dans l'histoire populaire

[01:08:19]

portuaire de Seattle

[01:08:21]

puis modernisé au fil des

[01:08:23]

refontes, notamment en 2011.

[01:08:25]

Mais sur Internet, cette figure

[01:08:26]

a parfois été relue comme un symbole

[01:08:28]

occulte, démoniaque, ou même en

[01:08:31]

usage subliminal. Ici, on est moins

[01:08:34]

dans le fait que dans

[01:08:34]

l'interprétation, mais

[01:08:37]

le symbole de la marque devient un peu

[01:08:39]

un écran de projection pour toutes sortes

[01:08:41]

d'angoisse culturelle.

[01:08:43]

C'est un logo un peu à la Versace

[01:08:45]

quand tu utilises des

[01:08:47]

créatures mythologiques.

[01:08:49]

Ça peut avoir des fois pour certains

[01:08:51]

une signification complotiste.

[01:08:53]

Puis il y a eu les fameux gobelets

[01:08:55]

de Noël en 2015.

[01:08:57]

Starbucks a lancé un genre de gobelets

[01:08:59]

rouge, très épuré, sans les motifs

[01:09:02]

hiverno-habituels.

[01:09:04]

Et il y a un activiste

[01:09:05]

évangélique, Joshua Feuerstein,

[01:09:08]

qui a accusé la marque

[01:09:09]

de vouloir effacer Noël.

[01:09:11]

Et même Donald Trump a joué un rôle là-dedans.

[01:09:14]

Il a repris l'idée en suggérant

[01:09:15]

un boycott de Starbucks à rien de

[01:09:17]

moins. Mais pourtant,

[01:09:19]

Starbucks expliquait simplement vouloir

[01:09:21]

proposer un design plus minimaliste,

[01:09:23]

une sorte de toile

[01:09:25]

vierge à quelque part que les clients

[01:09:27]

pourraient s'approprier. Bon, c'est un peu une réponse

[01:09:29]

merveilleuse, mais bon...

[01:09:31]

Peut-être qu'il voulait juste sauver des coups avec moins

[01:09:33]

d'impression sur le gobelet.

[01:09:34]

Ça se peut aussi, mais je sais qu'ils voulaient,

[01:09:36]

on le sait là, on veut un peu

[01:09:40]

laïciser le temps des

[01:09:41]

fêtes. C'est un peu ça l'objectif,

[01:09:43]

j'ai l'impression. Ah, mais d'après moi, c'était des flocons

[01:09:45]

des affaires de main, qu'ils devaient avoir dessus.

[01:09:47]

Je me rappelle pas particulièrement du gobelet.

[01:09:49]

Non, non plus. Mais c'est ça quand on dit

[01:09:51]

« Facer Noël », j'ai l'impression que c'est un peu ça. Parce qu'il y a des gens

[01:09:53]

qui charlent, parce qu'on dit plus

[01:09:55]

le temps des fêtes et tout ça pour

[01:09:57]

laïciser. Mais justement, les

[01:09:59]

Trump et autres trouvaient que c'était

[01:10:01]

une attaque contre l'héritage chrétien,

[01:10:03]

rien de moins. Puis le résultat,

[01:10:05]

c'est que ces récits-là ne restent

[01:10:07]

pas purement symboliques. Ils ont un effet réel

[01:10:09]

sur l'image de la marque.

[01:10:11]

En 2024,

[01:10:13]

Reuter rapporte que Starbucks a souffert

[01:10:15]

à la fois des répercussions du conflit

[01:10:17]

au Moyen-Orient, des boycotts

[01:10:18]

dans certains marchés et de la

[01:10:20]

controverse autour de Noël,

[01:10:22]

et aussi des demandes plus faibles.

[01:10:24]

Donc il y a eu une baisse en bourse carrément.

[01:10:26]

Autrement dit, les controverses

[01:10:28]

ont pesé, mais n'expliquent pas à

[01:10:30]

elles seules les reculs de vente, puis les

[01:10:32]

chutes boursières observées. Il y a plein d'autres

[01:10:34]

phénomènes dans le monde du café

[01:10:35]

qui font en sorte que, notamment

[01:10:38]

la grande montée des cafés de troisième

[01:10:40]

vague, ça se peut que ça rentre dedans

[01:10:42]

dans Starbucks.

[01:10:45]

Je pense que

[01:10:46]

ça ne sera pas terminé, il risque d'en avoir d'autres.

[01:10:49]

J'enchaîne avec un autre de

[01:10:50]

vos préférés, KFC, Seb,

[01:10:52]

poulet frit Kentucky.

[01:10:53]

Pendant longtemps, il n'y en avait plus à Montréal,

[01:10:55]

il en restait juste un, on dirait qu'il y en a plus.

[01:10:56]

Ah oui, il y a une recrue d'essence, même à Québec j'ai remarqué

[01:10:59]

qu'il y en avait plus.

[01:11:00]

Une recrue d'essence des KFC.

[01:11:03]

Je vous en parle parce que c'est assez intéressant

[01:11:06]

on va finir avec un petit peu plus

[01:11:07]

de léger, comme ça,

[01:11:09]

en fin d'épisode.

[01:11:11]

Du bon poulet frit. Oui, c'est ça, ça fait longtemps

[01:11:13]

que j'en ai mangé. Un bon bari.

[01:11:16]

Depuis les années 90,

[01:11:18]

il y a une rumeur persistante qui affirme

[01:11:20]

que KFC n'utiliserait pas

[01:11:22]

de vrais poulet, Seb,

[01:11:23]

mais des créatures génétiquement modifiées,

[01:11:26]

sans plumes,

[01:11:28]

parfois sans bec, avec plusieurs pattes,

[01:11:30]

plusieurs ailes, ce qui expliquerait

[01:11:32]

un peu le passage de

[01:11:33]

Kentucky Fried Chicken à KFC.

[01:11:36]

On va enlever le mot

[01:11:38]

Chicken en le remplaçant par le C.

[01:11:40]

Et les versions les plus extrêmes

[01:11:41]

parlent de poulet à 6 ailes

[01:11:43]

ou 8 pattes, élevées pour maximiser

[01:11:46]

les morceaux rentables.

[01:11:48]

Certaines variantes prétendent même que le gouvernement

[01:11:50]

aurait interdit à KFC

[01:11:52]

d'utiliser le mot

[01:11:54]

poulet, justement, parce que

[01:11:55]

ça répondrait pas aux critères pour être considéré

[01:11:58]

comme du poulet. Mais,

[01:12:00]

il semblerait que cette histoire est une légende urbaine,

[01:12:02]

Seb, et pas un fait documenté.

[01:12:04]

Il enquête sur l'origine du mythe,

[01:12:06]

montre qu'il a circulé massivement

[01:12:08]

à l'ère des chaînes de courriel,

[01:12:10]

des forums et plus tard des réseaux sociaux,

[01:12:12]

souvent accompagnés de photomontages

[01:12:14]

et de grotesques d'animaux déformés.

[01:12:16]

Je me rappelle, j'en avais vu pour d'autres chaînes

[01:12:18]

de restaurants. Et en 2015,

[01:12:20]

KFC chine et même allait

[01:12:22]

en justice contre les entreprises accusées

[01:12:24]

d'avoir relayé les fausses nouvelles,

[01:12:27]

notamment sur WeChat,

[01:12:28]

qui est comme le gros réseau social là-bas,

[01:12:30]

dont celle des poulet à 6 ailes et 8 pattes.

[01:12:33]

Et en 2016,

[01:12:34]

Reuter rapportait qu'un tribunal de Shanghai

[01:12:36]

avait condamné les entreprises

[01:12:38]

pour avoir contribué à ces

[01:12:40]

mauvaises nouvelles-là, ces fausses nouvelles.

[01:12:42]

Autrement dit, la rumeur n'était pas seulement

[01:12:44]

absurde, elle était suffisamment répandue

[01:12:46]

pour devenir un problème juridique

[01:12:48]

pour la marque.

[01:12:49]

Mais j'avoue que des fois, je regarde les morceaux de poulet

[01:12:52]

et je me dis que cet animal-là

[01:12:54]

est spécial un peu.

[01:12:56]

Et en réalité, le changement

[01:12:58]

de nom vers KFC, officialisé en 91,

[01:13:00]

serait lié à une logique

[01:13:02]

de rebranding.

[01:13:03]

Les sources les plus crédibles pointent

[01:13:05]

vers une volonté de diminuer.

[01:13:07]

En fait, ce serait pas le mot chicken

[01:13:09]

qui porterait problème,

[01:13:11]

ce serait fried, parce qu'on est moins

[01:13:13]

dans la friture, c'est moins cool.

[01:13:15]

Ça l'a été beaucoup

[01:13:17]

dans les années 60-70, mais là, depuis

[01:13:19]

qu'on essaie de manger un peu plus santé,

[01:13:21]

il y avait plus un problème avec le mot fried

[01:13:23]

qu'avec chicken.

[01:13:25]

Et donc ici, on est un peu dans le

[01:13:27]

fonctionnement classique du complotisme

[01:13:29]

alimentaire où une décision

[01:13:31]

de marketing peut être,

[01:13:33]

devient la preuve d'autres choses.

[01:13:35]

Je vous parle rapidement de Pepsi

[01:13:37]

aussi qui a leur logo occulte,

[01:13:39]

mais comme plusieurs grandes marques,

[01:13:41]

on a parlé de Coca-Cola, Pepsi n'y achète

[01:13:43]

pas non plus aux interprétations complotistes.

[01:13:45]

La rumeur s'est intensifiée

[01:13:47]

après le redesign de 2008.

[01:13:50]

Pepsi avait alors pris

[01:13:51]

un look un peu plus moderne,

[01:13:52]

moins vintage.

[01:13:55]

Et il y a un projet qui a coûté

[01:13:57]

plus de 1 million de dollars à Pepsi.

[01:13:59]

Mais ce qui a vraiment alimenté les spéculations,

[01:14:01]

c'est le mémo ARNEL,

[01:14:03]

qui est un document de 27 pages

[01:14:05]

où on retrouve là-dedans

[01:14:07]

le nombre d'or, le fameux chiffre

[01:14:09]

de Fibonacci, la joconde,

[01:14:11]

un champ magnétique terrestre,

[01:14:13]

même Pythagore et la relativité.

[01:14:16]

Et pour certains,

[01:14:17]

ce langage pseudo-scientifique

[01:14:19]

donnait l'impression qu'il y avait un message

[01:14:21]

caché qui se dissimulait derrière

[01:14:23]

le logo parce qu'ils ont voulu expliquer

[01:14:25]

toute la refonte du logo

[01:14:27]

avec justement plein

[01:14:29]

d'éléments fondamentaux

[01:14:31]

de design, mais aussi qui tirent

[01:14:33]

vers l'occulte.

[01:14:34]

Et c'est à partir de là que les gens s'étaient dit

[01:14:36]

« Oh mon Dieu ! »

[01:14:39]

Et Pepsi, lorsqu'on

[01:14:41]

le met à l'envers,

[01:14:43]

on peut faire un anagramme un peu avec

[01:14:44]

« Is dead » si on le fait à 90 degrés.

[01:14:48]

Et l'espace blanc,

[01:14:49]

l'espace négatif est…

[01:14:51]

Désolé, j'ai échappé ma bière.

[01:14:53]

Ma canette était vide. C'est un bon signe.

[01:14:55]

Mais il y en a qui voient même

[01:14:57]

dans l'espace blanc une carte du Moyen-Orient.

[01:15:00]

Il y en a qui voient une

[01:15:01]

comparaison avec Pac-Man.

[01:15:03]

Donc il y a plein de symboliques qui sont

[01:15:05]

nés autour de la refonte

[01:15:06]

du rebranding de Pepsi

[01:15:09]

qui est vraiment troublant

[01:15:10]

à quelque part, comme quoi justement on tenterait

[01:15:12]

de contrôler et même de dévorer

[01:15:15]

le consommateur.

[01:15:17]

Et là, pour terminer

[01:15:19]

avec le clou du spectacle,

[01:15:23]

McDonald's,

[01:15:24]

où j'ai travaillé,

[01:15:25]

donc peut-être que je vais être en mesure de

[01:15:26]

démentir certaines rumeurs, mais McDonald's

[01:15:28]

est probablement l'une des marques les plus visées

[01:15:31]

par les théories complotistes alimentaires.

[01:15:33]

L'idée revient souvent,

[01:15:34]

ce que vous mangez ne serait pas vraiment

[01:15:36]

de la nourriture chez McDonald's.

[01:15:38]

On parle des burgers immortels,

[01:15:41]

des frites qui ne pourrissent pas,

[01:15:42]

une viande décrite comme artificielle,

[01:15:44]

voire complètement transformée.

[01:15:46]

L'exemple le plus célèbre remonte à la fin

[01:15:48]

des années 90. Un hamburger

[01:15:50]

acheté en 99,

[01:15:53]

conservé pendant 14 ans

[01:15:55]

sans changement visible.

[01:15:56]

Il était encore comme sur le poster.

[01:15:59]

Et pour beaucoup, c'est une preuve

[01:16:00]

que les produits ne sont pas naturels,

[01:16:03]

qu'ils sont saturés de produits chimiques

[01:16:04]

ou qu'ils sont peut-être même faits en plastique.

[01:16:07]

Mais la réalité est plus simple

[01:16:09]

et moins spectaculaire,

[01:16:10]

peut-être décevante.

[01:16:12]

C'est qu'un hamburger McDonald's

[01:16:13]

perd environ 93% de son humidité

[01:16:16]

en seulement trois jours.

[01:16:17]

Donc, il ne pourrit pas parce qu'il sèche,

[01:16:20]

mais sans humidité, les bactéries

[01:16:22]

et les moisissures ne peuvent pas se développer.

[01:16:25]

Ça se peut qu'il reste sec longtemps.

[01:16:28]

Après, je ne suis pas sûr

[01:16:28]

que je le mangerais après 14 ans.

[01:16:31]

Mais c'est le secret de sa durabilité.

[01:16:33]

Donc, il sèche rapidement.

[01:16:36]

Ça n'en fait pas un meilleur burger.

[01:16:39]

Mais évidemment que cette explication-là

[01:16:41]

disparaît facilement face à l'image

[01:16:42]

parce qu'elle est moins frappante,

[01:16:44]

moins virale et moins inquiétante.

[01:16:46]

Il y a d'autres théories

[01:16:47]

qui sont apparues.

[01:16:48]

La viande contiendrait des vers de terre, Seb,

[01:16:51]

ou même des yeux de vache,

[01:16:52]

des ingrédients cachés pour réduire les coûts.

[01:16:55]

Certaines rumeurs affirment même

[01:16:57]

que McDonald's s'approvisionne

[01:16:58]

auprès d'une entreprise

[01:16:59]

qui s'appelle 100% Beef Company,

[01:17:02]

ce qui lui permettrait d'étiqueter

[01:17:04]

ses produits 100% beef.

[01:17:07]

Tout en utilisant autre chose.

[01:17:09]

En réalité, ces scénarios

[01:17:10]

ne tiennent pas, rassurez-vous.

[01:17:12]

Il n'y aurait pas de vers de terre.

[01:17:14]

Apparemment que les vers de terre

[01:17:15]

coûtent plus cher que le boeuf.

[01:17:17]

C'est-à-dire que si on veut s'en approvisionner,

[01:17:19]

c'est plus compliqué.

[01:17:22]

Mais la logique économique

[01:17:23]

passe au second plan ici

[01:17:25]

parce que ce qui compte, encore une fois,

[01:17:26]

c'est les doutes et le dégoût.

[01:17:29]

Il y a certaines rumeurs

[01:17:30]

qui s'appuient sur un fonds réel,

[01:17:32]

un peu comme ce qu'on a appelé

[01:17:33]

le Pink Slime jusqu'en 2011.

[01:17:35]

McDo utilisait une forme de boeuf

[01:17:37]

transformé, traité à l'ammoniac,

[01:17:39]

appelé le Lean Finely Textured Beef,

[01:17:43]

qui est un produit légal

[01:17:44]

mais qui est troublant un peu visuellement.

[01:17:46]

Une pâte rose suffisante

[01:17:48]

pour alimenter le récit d'une viande artificielle

[01:17:51]

transformée, déconnectée de l'animal.

[01:17:53]

Face à la controverse,

[01:17:54]

la marque finit par abandonner cette pratique

[01:17:56]

et lance des campagnes de transparence

[01:17:58]

à ce moment-là.

[01:17:59]

Mais le doute lui reste.

[01:18:01]

Il y a des vidéos sur YouTube si vous voulez voir

[01:18:03]

cette belle pâte rose.

[01:18:05]

Parce que McDonald's, c'est pas juste

[01:18:07]

un restaurant, c'est un symbole.

[01:18:10]

C'est le symbole de l'industrie

[01:18:12]

alimentaire fast food.

[01:18:14]

Exactement.

[01:18:15]

La production de masse.

[01:18:16]

Je me rappelle qu'à un certain moment donné,

[01:18:18]

il y avait même les croquettes

[01:18:19]

qui avaient été accusées d'être...

[01:18:21]

Mais en même temps, c'est de la viande

[01:18:23]

séparée mécaniquement.

[01:18:25]

Ça se peut qu'il y ait des choses

[01:18:27]

qui ne doivent pas être dans vos croquettes.

[01:18:29]

Un peu comme la saucisse.

[01:18:31]

Exactement.

[01:18:32]

C'est pas séparé à la main

[01:18:34]

comme un chiffre boucher, tout ça.

[01:18:36]

À quelque part,

[01:18:38]

je peux croire que c'est peut-être

[01:18:40]

pas des verres de terre et tout ça,

[01:18:41]

mais c'est pas la viande de plus haute qualité.

[01:18:43]

Moi, pour avoir travaillé chez McDonald's,

[01:18:45]

Seb, j'ai quand même vu des produits

[01:18:48]

de qualité, je dois dire.

[01:18:49]

Par exemple, les laitues, les tomates,

[01:18:51]

c'est des produits cultivés au Québec.

[01:18:53]

C'était fort de ce côté-là.

[01:18:55]

La viande, il semblerait que

[01:18:56]

il y a quand même du pain,

[01:18:59]

des agents de confession, tout ça.

[01:19:01]

Mais c'est essentiellement du bœuf.

[01:19:02]

C'est du bœuf canadien aussi.

[01:19:04]

Oui, puis au-dessus de moi, dans le McDo,

[01:19:06]

où je travaillais, les règles

[01:19:08]

de salubrité étaient tellement

[01:19:10]

fortes et respectées

[01:19:11]

que j'aurais pu licher la table

[01:19:14]

du McDo tellement c'était propre.

[01:19:17]

Mais bon, à la base,

[01:19:18]

ça reste du fast-food.

[01:19:20]

Tu te rappelles-tu, à une époque,

[01:19:22]

quand j'étais plus jeune, on disait toujours

[01:19:23]

qu'il y avait de l'anti-vomi dans le McDo.

[01:19:25]

Oui, c'est comme un rumeur d'ado.

[01:19:28]

Oui, que dans le fond,

[01:19:29]

on vomi pas, que le McDo, s'il n'y avait pas ça,

[01:19:32]

ça nous ferait vomir, franchement.

[01:19:34]

Tu sais, quand j'y pense, c'est tellement niaiseux.

[01:19:36]

J'y ai cru un peu, d'une certaine façon,

[01:19:38]

quand j'étais plus jeune.

[01:19:39]

Il y a même eu des rumeurs

[01:19:42]

en lien avec Taco Bell

[01:19:44]

aussi pour un peu la même raison

[01:19:46]

qu'ils utilisent de la viande

[01:19:48]

du pire grade, de grade D.

[01:19:52]

Les compagnies,

[01:19:53]

ils échappent pas vraiment.

[01:19:56]

Ça termine, Seb,

[01:19:57]

mon petit bloc de compagnies

[01:20:00]

alimentaires, mais il y en a tellement.

[01:20:01]

J'aurais pu vous parler de Chuck E. Cheese,

[01:20:05]

Wendy's, évidemment.

[01:20:06]

Il y a des théories du complot autour

[01:20:07]

de toutes ces entreprises-là,

[01:20:09]

donc on risque de peut-être faire

[01:20:11]

une prise d'oeufs à un moment donné.

[01:20:13]

Si ça vous intéresse, les distordus,

[01:20:15]

dites-nous-le si vous aimez ce type de théories-là

[01:20:18]

qui, je trouve, cadrent bien dans notre mini-série.

[01:20:20]

Oui, absolument. Pour conclure, Emile,

[01:20:23]

je me demandais pourquoi tout ça

[01:20:24]

fonctionne, ce type

[01:20:26]

de campagne,

[01:20:27]

de désinformation que je peux dire.

[01:20:30]

C'est parce que ça appuie toujours

[01:20:31]

sur une mécanique assez simple.

[01:20:32]

Une marque connue devient un symbole,

[01:20:34]

un symbole devient un ennemi, puis un ennemi,

[01:20:37]

ça devient une cause de mobilisation.

[01:20:39]

Les réseaux sociaux accélèrent

[01:20:41]

tout ça et ça donne une visibilité

[01:20:43]

disproportionnée aux groupes les plus motivés.

[01:20:45]

Encore une fois,

[01:20:47]

les chambres à écho, les algorithmes

[01:20:49]

peuvent renforcer une idée

[01:20:51]

chez certaines personnes, puis c'est vrai

[01:20:52]

que ça fait un effet boule de neige.

[01:20:54]

Tu le vois partout sur tes médias sociaux,

[01:20:57]

comme on dit la chambre à écho,

[01:20:58]

tu vas finir par y croire.

[01:21:01]

Merci pour ça, Seb.

[01:21:02]

Dites-nous ce que vous en pensez, les Distordus.

[01:21:04]

S'il y a d'autres complots que vous aimeriez

[01:21:06]

nous partager autour d'entreprises,

[01:21:08]

parce qu'il y en a tellement.

[01:21:10]

On n'a pas eu le temps non plus de toucher

[01:21:12]

aux entreprises impliquées dans la guerre

[01:21:14]

entre les palantires de ce monde.

[01:21:15]

Il y en a beaucoup.

[01:21:17]

Il y en a beaucoup de complots autour

[01:21:20]

des entreprises et des corporations.

[01:21:22]

Dites-nous ce que vous en pensez, les Distordus.

[01:21:25]

Vous savez où nous trouver.

[01:21:25]

On est partout sur YouTube, sur TikTok,

[01:21:27]

sur Instagram, sur Facebook.

[01:21:29]

On a un groupe de discussion privée aussi

[01:21:30]

sur Facebook, si vous ne le saviez pas.

[01:21:32]

Rendez-vous. On est bien sûr sur Patreon.

[01:21:35]

Après cet épisode, on va parler

[01:21:37]

des entreprises et des influenceurs

[01:21:39]

qui vendent et qui bénéficient du complot.

[01:21:41]

Est-ce que nous, Seb,

[01:21:42]

on fait partie de ces entreprises-là,

[01:21:44]

vu qu'on fait une mini-série là-dessus?

[01:21:46]

Peut-être que quelque part, on contribue.

[01:21:47]

Oui, c'est vrai.

[01:21:48]

C'est un débat qui est très pertinent.

[01:21:51]

Et on se revoit sur Patreon pour ça.

[01:21:52]

N'oubliez pas qu'on est en tournée.

[01:21:53]

On a plein de dates de spectacle

[01:21:55]

qui s'en viennent. L'Assomption,

[01:21:57]

Québec, Sainte-Thérèse, Varennes,

[01:21:59]

Saint-Jean-sur-Le-Récheulieu, Saint-Eustache,

[01:22:01]

des dates qui s'en viennent.

[01:22:02]

Allez voir ça sur notre site web

[01:22:05]

au distortionpodcast.com.

[01:22:06]

Et pour terminer, shout-out à nos membres Patreon.

[01:22:10]

Je commence, Seb,

[01:22:12]

avec Véro DJ,

[01:22:13]

Marie In The Woods,

[01:22:16]

Lauren M et Jimmy V.

[01:22:19]

Je poursuis un gros hi-five

[01:22:20]

à Annie-Claude,

[01:22:21]

Maggie L. B.,

[01:22:24]

Sébastien M. V.,

[01:22:25]

Maxime J. et Charles B.

[01:22:28]

On ne pourrait pas faire

[01:22:29]

sur un podcast sans l'aide

[01:22:31]

de Jojo, de Elodie,

[01:22:33]

de Marie-Michelle G.,

[01:22:35]

de Catherine L. et de Stéphanie G.

[01:22:38]

Un gros câlin à Ariane,

[01:22:40]

Nelly P.,

[01:22:41]

la mystérieuse Amy,

[01:22:43]

Anne-Marie P. et Dominique L.

[01:22:45]

Pour terminer, merci à nos actionnaires

[01:22:48]

Marie-Lou S.,

[01:22:49]

Isabelle L.,

[01:22:51]

David M., Roxane P.,

[01:22:53]

et Dorian D. L.

[01:23:08]

Est-ce que tu aurais un mot

[01:23:09]

de la fin pour nous, Emile, ce soir?

[01:23:12]

Si vous croyez qu'une entreprise

[01:23:13]

complote contre vous

[01:23:15]

ou vous espionne,

[01:23:17]

vous avez probablement raison.

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