Suite au vote de la communauté, nous vous proposons cet épisode spécial dédié à deux disparitions québécoises mystérieuses toujours irrésolues: Mélissa Blais et Marilyn Bergeron. Disparue en 2017, Mélissa Blais a été vue pour la dernière fois à la sortie d’un bar de Louiseville, au Québec. Complètement volatilisée, sa voiture n’a elle non plus jamais été retrouvée. En février 2008, Marilyn Bergeron quitte la demeure de ses parents à Québec pour une marche un dimanche après-midi. Elle ne reviendra jamais. Des images de caméras de surveillance et des témoignages de proches laissent croire que les choses ne se sont pas déroulées comme prévue pour Marilyn, et qu’elle cachait un terrible secret.

Épisode
#54 - Disparitions Québécoises: Mélissa Blais et Marilyn Bergeron
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On établit un poste de commandement sur l'avenue Saint-Laurent.
Il y a plusieurs enquêteurs qui sont présents, qui vont aller à la rencontre de personnes
pour obtenir des éléments supplémentaires par rapport à la dispersion de millisoblès.
Des histoires étranges de l'ère numérique.
Malgré l'omniprésence des technologies, des gens se volatilisent encore sans laisser de traces.
C'est le cas des deux histoires d'aujourd'hui, qui ont toutes deux secoué le Québec au cours de la dernière décennie.
Nous allons discuter de millisoblès, disparus à la sortie d'un bar en 2017,
et de Marilyn Bergeron, qui n'est jamais revenue chez ses parents un dimanche de 2008.
C'est-on jamais? Peut-être que notre communauté de Distorsion pourra contribuer à faire avancer ces deux enquêtes.
Bonsoir Emile Gauthier, comment vas-tu?
Ça va très bien Seb, déjà le dernier épisode de notre saison 4.
C'est incroyable comment ça s'est allé vite.
C'est tellement, c'est fou comment le temps passe vite.
Il me semble qu'il n'y a pas si longtemps qu'on a enregistré la famille Chaffier.
J'ai l'impression que c'était hier.
Exactement, et on salue aussi nos nouveaux auditeurs,
parce qu'il y a beaucoup de nouveaux auditeurs qui rejoignent notre communauté,
que ce soit sur YouTube ou ailleurs, sur Spotify, sur Apple Podcasts.
On sent qu'il y a toujours des nouveaux distordus qui se joignent à nous.
Je sais qu'on a eu le commentaire deux, trois fois de gens qui nous disaient,
votre saison est déjà finie, vous avez fait trois épisodes depuis janvier.
C'est qu'en fait, rapidement pour les nouveaux, Distorsion c'est des saisons de 12 épisodes.
Dans ce cas-ci, on a commencé en octobre.
Ça fait depuis octobre qu'on roule, c'est juste qu'on a débordé sur 2019.
Entre autres, étant donné qu'on sort un livre, on a dû travailler un petit peu là-dessus.
On a débordé un peu. C'est maintenant que ça s'achève,
mais ça fait déjà 12 épisodes qu'on a fait cette saison aussi.
Oui, on maintient la même cadence que d'habitude.
Et quelques bonus, évidemment.
On va revenir certainement à l'automne prochain.
En septembre, c'est sûr qu'on revient pour une vraie saison de Distorsion.
D'ici là, vous le savez, on sort un livre, on va travailler un peu là-dessus.
Et puis, on va aussi prendre du temps pour rejoindre nos familles et nos amis,
parce qu'une saison de Distorsion, c'est quand même intense.
Oui, c'est du sept jours sur sept de travail.
Donc, on a quand même besoin de prendre du recul aussi pour mieux faire avancer les choses.
Parce qu'évidemment, on a des emplois à moins, Seb.
Donc, on fait Distorsion sur le site, évidemment, dans nos temps libres.
Et parlant du livre, mon cher Seb, on a des nouvelles informations, entre autres.
Donc, le livre de Distorsion 13 histoires de l'ère numérique illustré par RUN
sera disponible 20 février au Québec et le 2 mai en Europe.
Donc, vraiment disponible partout.
Par contre, maintenant, au moment où vous nous écoutez,
il est possible de précommander le livre.
Et où est-ce que ça se fait? On le fait sur le site leslibraires.ca.
Donc, c'est vraiment un site web avec énormément de livres et tout ça.
Et puis, vous pouvez précommander dès maintenant le livre de Distorsion
pour l'avoir le plus près possible dans la sortie.
Et puis, pourquoi leslibraires.ca?
C'est parce que c'est une organisation indépendante de libraires, en fait.
On pourrait vous envoyer sur plein d'autres grands sites et tout ça.
Mais, vous savez, à Distorsion, on aime les micro brasseries.
On est une production indépendante.
Donc, pourquoi pas encourager les libraires indépendants?
Exact.
Et c'est avec eux qu'on peut précommander le livre.
Donc, c'est sûr qu'on va mettre un lien sur notre site web.
Sinon, c'est leslibraires.ca.
Oui, vous pouvez chercher le livre Distorsion.
Vous allez le trouver et vous pouvez le précommander assez facile.
Et vous allez l'avoir à la date de sortie, le 20 février.
Oui, exactement.
Le sujet de ce soir, Seb, en fait, c'est pas une surprise pour personne.
Parce qu'on avait demandé sur le groupe Facebook,
on avait fait un sondage et on vous avait fait décider
du sujet de notre épisode de ce soir.
Et vous avez été en grand nombre, vous avez voté pour Mélissa Blais.
Donc, vraiment, nous, c'est une histoire qu'on suit depuis longtemps,
qui est quand même une histoire de disparition récente.
Donc, on a pas non plus une tonne d'informations,
mais on va discuter de ce qu'on sait, de nos hypothèses,
de l'info qui est diffusée, puis aussi de savoir
comment on peut contribuer peut-être même à cette enquête-là.
Absolument.
Et puis aussi, on s'est dit, pourquoi pas joindre une autre histoire
de disparition qui est toujours irrésolue au Québec,
celle de Marilyn Bergeron, celle-là depuis 10 ans environ.
Donc, ça fait longtemps, on s'est dit que pourquoi pas un peu
apporter, nous, à distorsion, faisons-le, pour aider
des deux causes locales.
Ces deux causes qui ont des liens avec l'ère du numérique.
Absolument.
Ces deux causes qui sont extrêmement mystérieuses, vraiment.
C'est des histoires très, très bluffantes.
Moi, je suis confus à chaque fois.
C'est aussi mystérieux que des cas plus connus
comme Maura Murray ou Emma Philippoff.
Exactement.
Et puis, pour nous, c'est important de traiter
d'histoires locales aussi, étant donné qu'on sait pas
peut-être qu'il y a quelqu'un parmi nos auditeurs
qui peut aider à faire progresser l'enquête.
On sait jamais.
Bien oui, on sait pas. Vous allez voir.
On va tous vous donner les coordonnées, en fait,
même pour pouvoir faire avancer ces enquêtes-là au besoin.
Puis si même il y a des gens, des familles
ou des proches de Marilyn et de Melissa qui veulent
nous rejoindre éventuellement pour faire même
une interview ou un mini-dito, quelque chose,
bien, faites-le, ça va nous faire plaisir de vous parler.
Et puis, on peut faire du contenu supplémentaire
pour aider à faire avancer le dossier,
du moins si ça peut aider.
Absolument.
Et pour notre dernier épisode de la saison, mon cher Emile,
il nous faut toujours une bonne petite bière
pour accompagner le tout.
Qu'est-ce qu'on boit ce soir?
On boit la rousse.
On boit une rousse, en fait, une aile rousse
de la microbrancerie L'Hermite de Victoriaville.
Tu sais qu'ils clament qu'ils ont peut-être
même inventé la poutine en Victoriaville.
Ah oui, bien oui, absolument.
Tu vas partir le débat, là.
Oui, un grand débat au Québec à ce propos-là.
Donc, c'est une rousse à 5 % d'alcool.
Je dirais que c'est un goût quand même assez prononcé.
On sent et on goûte un peu le scotch,
ou du moins le caramel en bouche.
Donc, une bière quand même très, très, très goûteuse.
On a l'impression qu'elle fait plus que 5 % d'alcool,
mais non, donc quand même assez légère de ce côté-là.
Et de qui nous vient cette bière, Seb?
La bière de la semaine, elle nous vient de Nelly,
qui nous a offert une tournée de bière
via notre site distorsionpodcast.com.
Si vous voulez faire comme Nelly,
il nous offrit une bière,
on vous invite à aller sur distorsionpodcast.com.
L'onglet Tournée de bière,
il vous fait nous faire un don via PayPal.
Et après ça, on achète de la bonne bière
et on met ça dans le fridge.
Ça encourage le show.
Yes.
Faut pas oublier non plus que nos bières
nous proviennent du Biérologue,
qui est le meilleur boutique de bière au monde,
à Montréal.
Oui.
Dans Hochelac, bien sûr.
Tout près du marché Maisonneuve.
Sincèrement, vous n'allez pas être déçus
si vous n'êtes jamais allé.
Ils ont du vin québécois,
ils ont des sauces piquantes,
j'ai même vu,
ils ont des savons plus organiques et tout ça.
Il y a même du savon à la bière,
au bacon ou des choses comme ça.
Donc ils ont vraiment une gamme de produits locaux
qui sont vraiment intéressants généralement.
C'est tous des produits qui sont faits
souvent à Montréal et au Québec.
Tu pourrais passer une année entière
à ne vivre que des produits dans le Biérologue.
Oui, c'est vrai.
On a aussi un shout-out à donner à Esterel375
sur Apple Podcasts,
qui nous donne une review 5 étoiles.
Elle nous dit « Excellent plaisir coupable ! »
À chaque nouvel épisode, mon chum et moi
fermons les lumières dans notre salon
et nous l'écoutons avec plaisir et curiosité.
Merci pour cet excellent podcast.
Merci à toi, Esterel.
On ne sait pas, peut-être qu'un jour,
il y a un enfant qui va être conçu
en écoutant Distortion.
Sur nos belles voix.
On a tout dit, Seb,
est-ce qu'on est prêt à se lancer
dans ces deux histoires de disparition
qui ont secoué le Québec ?
Oui, monsieur.
C'est parti.
Yeah !
Mélie Sablay est disparue il y a un peu plus
d'un an au Québec
et depuis, aucune trace d'elle.
Nous sommes le 1er novembre 2017
en début de soirée à Yamachiche,
une petite municipalité d'environ 3000 résidents
qui est située en Mauricie, au Québec.
Mélie Sablay, qui est âgée de 34 ans,
vient d'emménager depuis cet été
avec ses deux enfants de 9 et 16 ans
dans la maison de son conjoint François Venne.
En couple depuis 4 ans,
ils ont décidé finalement d'habiter ensemble,
pour que tout le monde se sente chez soi
et planifie même plusieurs travaux de rénovation
pour accueillir tous les nouveaux membres de la famille.
Mélissa a donc quitté sa ville natale, Louisville,
qui est la ville voisine de Yamachiche.
Ce soir-là, Mélissa et François
se disputent assez sévèrement.
Pour éviter que ça escalade encore plus,
elle décide de se changer les idées
et d'aller rejoindre des amis au bar La Terrace à Louisville
pour aller jouer au poker avec eux.
Elle aimait bien jouer au poker.
Elle quitte son domicile alors à 19h
et arrive au bar vers 19h30.
Elle joue plusieurs parties en buvant quelques bières.
Soir de chance pour Mélissa,
elle y remporte une centaine de dollars.
Vers 20h30, elle texte François, son conjoint,
en lui disant qu'elle regrette leur dispute.
La soirée avance et vers 22h30,
elle décide ensuite de se rendre au bar La Brassette Lamy,
qui, lui, est à deux minutes de voiture
du bar La Terrace où elle était,
soit environ 600 mètres.
Sur place, elle s'est commandée un verre et deux shooters
et a jasé un peu de ses déboires amoureux
avec quelques autres clients dans la place,
dont son ami, qui était là par hasard, Kevin Bélanger.
Louisville, en fait, c'est un petit village, Seb,
si je comprends bien.
C'est vraiment, à peu près,
tout est situé sur une même rue principale.
Oui, exactement. C'est la rue Saint-Laurent.
Exact. Et c'est environ 7000 habitants.
Donc c'est quand même assez petit.
Et on peut faire à peu près tous les commerces
et tous les petits bars de la même rue à pied.
Oui, oui, à peu près. C'est vraiment pas loin.
Ça se situe tout à quelques minutes, exactement.
Vers 23h45, elle envoie un autre texto à François,
lui disant qu'elle va aller se calmer avant de rentrer.
Ça, c'est un peu drôle, mais c'est vraiment
le mot qu'elle a utilisé, c'est se calmer
au lieu de dessouler ou quoi que ce soit.
Cinq minutes plus tard, elle se dirige avec son ami,
Kevin, celui qu'elle avait rencontré à l'autre bar,
à pied vers le bar Les Deux D,
qui lui est situé à moins de 100 m de où elle se trouve.
Un peu comme tu dis, là,
toutes les bars sont un à côté de l'autre.
Kevin, quant à lui, quitte le bar à peine 30 minutes après.
L'atmosphère étant à la fête, Mélissa décide de rester.
Il n'y a que trois personnes dans le bar
lors de son départ en plus de Mélissa.
La barmaid, le propriétaire et un client.
Et sauf la barmaid, les shooters se buvaient à un bon rythme.
À 1h05, Mélissa, qui est un peu éméchée,
poste un drôle de status Facebook un peu incohérent.
Tout le monde a des amis, elle a vie et guimauve.
Super ça. Je peux avoir la recette?
Avec plein de points d'interrogation.
Oui, c'est un peu une phrase qu'on va vouloir redire.
En fait, elle poste sur Facebook,
on voit carrément le screenshot à 1h05 du matin
à Louisville, bien précisément.
Le 2 novembre, c'est tout le monde a des amis,
bon ça on comprend bien ça,
est, la vie, guimauve.
Donc, je présume que c'était est, la vie,
c'est du guimauve, un peu dans ce sens-là.
Oui, oui, oui.
Et là, elle dit, sur une autre ligne, elle dit, super ça.
Et là, sur une autre ligne, elle dit, je peux avoir la recette?
Et là, on voit qu'il y a des réactions,
il y a des gens qui pleurent,
il y a des gens qui ont fait des pouces en l'air,
il y a des gens qui rient.
C'est bizarrement écrit.
J'imagine qu'elle a dû écrire ça sur son cellulaire
sans trop vérifier l'orthographe.
Mais moi, je perçois ça un peu comme, justement,
tout le monde a des amis et la vie, c'est du guimauve.
Super ça. Est-ce que je peux avoir la recette?
Donc, elle semblait peut-être un déprimé.
Ah, ben oui, c'est sûr.
Quand tu demandes la recette de quelque chose,
c'est que tu veux savoir comment faire quelque chose
pour l'avoir toi aussi.
Oui.
Donc, c'est certain qu'il y avait du mécontentement
dans son statut.
Mais j'ai de la misère à comprendre la vie guimauve.
C'est pas une expression que j'ai utilisé
ou que j'ai même entendu.
Ben, il faudrait voir.
Il y a peut-être des gens qui utilisent ça ailleurs,
dans d'autres régions.
La vie, c'est de la guimauve
ou un peu une façon de dire tout est rose.
Oui, ben oui, effectivement.
C'est un peu comme ça que j'interprète ça.
C'est moelleux, c'est soft.
Oui, exactement.
Oui, la vie est douce.
Non, c'est certain qu'il y avait quelque chose comme ça.
Fait que oui, effectivement, son statut,
pas mélancolique, mais il y a quelque chose qui va pas bien.
Vers 1h50 du matin, Daniel Dubot,
le propriétaire des 2D,
propose à Mélissa d'aller la reconduire,
car elle n'est pas en état de conduire sa voiture.
Elle décline son offre à deux reprises
en lui disant qu'elle était correcte pour conduire.
Oui, elle utilisait vraiment ce mot-là, en fait,
selon le témoignage.
C'était que je suis correct, je suis correct.
Elle lui disait toujours ça.
20 minutes plus tard, vers 2h10,
Mélissa quitte le bar, les 2D, à son tour.
Elle n'a jamais été revue depuis.
Une caméra de surveillance a capté en partie le départ de sa voiture,
mais il est impossible de savoir s'il était seul
ou même si c'était elle qui était au volant.
Et c'est vrai, pour avoir vu la caméra de surveillance,
la vidéo aussi, on voit le nez de la voiture,
mais on n'en voit pas plus.
Mais c'est normal en même temps,
parce que le bar voulait vraiment filmer la porte d'entrée,
donc c'est pas une caméra qui est à l'extérieur,
qui filme la rue.
Non, exactement.
Puis l'étendue, le wide, la largeur est pas fait pour ça.
Non, c'est ça, exactement.
Quelques minutes plus tard, le signal de son téléphone cellulaire
a cessé d'émettre précisément dans la région de Louisville.
C'est la coordonnée la plus précise qu'ils ont été en mesure d'avoir.
Donc vraiment, c'est particulier que le téléphone cesse d'émettre.
Oui, quelques minutes après sa sortie du bar, qu'on n'a pas de trace.
Pourquoi?
Puis justement, les autorités disaient que souvent,
on est capable quand même d'avoir des coordonnées quand même assez précises.
Généralement, mais c'est que dans ce cas-ci,
la coordonnée la plus proche, c'était seulement le secteur de Louisville,
ce qui complique un peu les choses.
Il y avait de la misère à repérer à quel moment.
Mais avec l'heure d'arrêt d'émission du signal,
c'est vraiment une ou deux minutes après son départ.
Oui, ce qui est quand même très étrange.
Il y a eu vraiment quelque chose qui s'est passé après ces deux minutes-là.
Donc, que s'est-il passé en fait?
Qui conduisait la voiture?
Est-elle accompagnée?
A-t-elle été piégée?
Ou a-t-elle voulu disparaître volontairement?
C'est tous des questions qu'on se pose après cette fameuse journée-là.
Mais sa voiture, une Toyota Corolla 2011 de couleur noire,
n'a jamais été retrouvée.
Et même chose pour ses effets personnels,
dont son téléphone intelligent.
Ça, c'est particulier parce que la voiture est disparue en plus.
Donc, c'est vraiment quelque chose qui était peut-être même organisé.
Oui, parce que ce n'est pas si simple que ça de faire disparaître une voiture.
Je sais que quand on vole des voitures, les réseaux organisés disent qu'en quelques heures,
ta voiture n'est même plus.
Par exemple, à Montréal ou des choses comme ça,
dans des contextes de vol de voiture,
mais dans des contextes d'enlèvement d'individus,
généralement, il me semble que la voiture,
on finit toujours par la retrouver à quelque part.
Et dans ce cas-ci, aucune trace.
Vers trois heures du matin,
François, son conjoint, constate qu'elle n'est toujours pas entrée.
Mais il se rend d'or sans inquiétude.
À son réveil vers 6 heures, Mélissa n'est toujours pas entrée.
Sur le coup, il croit qu'elle est allée dormir chez sa mère à Louisville.
C'est qui lui arrivait à l'occasion,
lors de soirées trop arrosées,
qu'elle n'avait pas l'habitude de conduire en état d'évriété.
C'est bon à savoir.
Oui, puis même tous les membres de sa famille,
dans des témoignages, disaient que jamais elle conduit chaude,
comme on dit.
Ce n'était pas en elle, ce n'était pas dans ses habitudes,
même quand elle était très, très avancée.
Je vous rappelle que nous sommes maintenant le 2 novembre.
Inquiète à avoir aucune nouvelle et que son téléphone soit fermé,
François contacte plusieurs proches de Mélissa,
et malheureusement, personne ne l'a vu ou n'a eu de ces nouvelles.
Vers 16 heures, il décide donc de contacter les autorités
pour signaler la disparition de Mélissa.
La Sûreté du Québec ouvre alors immédiatement une enquête.
Il commence par faire le tour des trois établissements
où Mélissa a passé sa dernière soirée
et interroger les membres du personnel, les propriétaires et les clients.
De plus, il distribue également des avis de recherche dans le coin,
mais personne n'a vu Mélissa après 2 heures 10 du matin.
Même si la rue où elle se trouvait était commerciale,
aucune caméra de surveillance n'a capté ses déplacements,
même dans les commerces voisins.
Ça aussi, ce n'est pas que c'est étrange, mais c'est dommage, en fait,
qu'avec ça, ils n'ont pas eu de traces.
Je me rappelle les images qu'on voyait au Téléjournal à l'époque,
mais ça ne va pas si longtemps, en 2017,
mais vraiment, les policiers se sont installés sur la rue principale
et ils passaient des affiches, des flyers à tout le monde.
Ils arrêtaient vraiment tout le monde.
Très rapidement, quand même, ils ont mis les choses en place
et ils ont fait passer le mot.
Oui, vraiment, la journée-même.
Dans ce cas-ci, on ne peut pas reprocher aux autorités
d'avoir fait du laxisme et tout ça.
Dès que François a appelé, ils ont tout de suite lancé l'enquête,
ce qui est quand même bien.
Les voies de circulation et les cours d'eau du secteur de Louisville,
Yamachish et de Masquinongé sont aussi passées au pain de faim,
autant au sol que par hélicoptère dans les jours et les semaines qui suivent.
Je vous rappelle qu'on est au début novembre, donc l'hiver approche.
Ils doivent se dépêcher avant la tombée des premières neiges en région.
Dès le début décembre, il y a déjà de la neige.
Comme vous vous en doutez, ça peut couvrir des traces ou des indices.
Des choses comme ça, ça complique la recherche.
Absolument.
La SQ, la Sûreté du Québec, a même vérifié les descentes
du bateau du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre,
car les proches de Mélissa craignent qu'il y aurait une personne
mal intentionnée qui aurait pu les utiliser pour envoyer
le véhicule au fond de l'eau.
Finalement, ils n'ont rien trouvé.
Cependant, malgré de nombreux efforts,
personne n'a rien trouvé, aucun indice, aucune trace, rien.
Elle est complètement disparue de la nature.
Les recherches font place à l'hiver qui s'installe,
donc tout a été arrêté.
J'ai écouté des témoignages, la famille était complètement épuisée
parce qu'eux, ils n'ont cherché pas 24 heures sur 24,
mais presque, son frère, sa soeur, son conjoint.
Tout le monde s'était mis de la partie pour ça.
Aucune trace.
Louisville-Yamachist-Maskinongé, c'est quand même un bon rayon
autour de l'endroit où elle aurait pu disparaître.
Rien, rien du tout.
C'est quand même une région où c'est sans doute possible
pour des gens qui connaissent bien les trails et les sentiers
dans des régions comme ça.
Quelqu'un qui connaît bien le bois et la forêt
peut quand même facilement dissimuler une voiture
ou un corps ou quelque chose comme ça.
Mais c'est clair qu'au niveau des routes puis des voies publiques
et tout ça, c'est quand même assez simple
de faire une recherche dans ces secteurs-là.
Oui, non, c'est clair.
Puis les autorités, justement, à ce moment-là,
ils demandaient aux chasseurs parce que c'était encore
le temps de la chasse ou à toute personne qui a des grands terrains
parce que c'est un endroit, on le sait,
les gens ont des très grands terrains,
de surveiller tous les racoins, les choses comme ça
pour être sûr qu'il n'y a pas une trace
ou justement quelqu'un n'aurait pas pu laisser la voiture-là.
Rien du tout.
Le mystère plane et bien sûr plusieurs hypothèses font surface.
Premièrement, son conjoint François Vannes
est un des premiers suspectés par les autorités.
Évidemment, souvent les conjoints,
c'est les premiers qui sont dans la ligne de mire.
Le propriétaire, Daniel Dubot, du bar Les 2D,
qui est une des dernières personnes à l'avoir vu,
est aussi une personne d'intérêt.
Cependant, les deux ont accepté de passer un polygraph
et tous les deux ont été blanchis par le polygraph.
Le dernier témoin lui avoir parlé,
c'est-à-dire le dernier client du bar,
a également été suspecté,
mais blanchi lui aussi car il avait un solide alibi
via un chauffeur de taxi et une vidéo de surveillance qu'il l'a capté.
Oui, c'est vraiment étrange.
En plus, il n'était pas très collaboratif,
même par rapport aux journalistes clients-là.
Il avait le visage brouillé.
Il mentionnait qu'il était tanné de se faire interroger et d'en parler.
Je pense que lui s'est peut-être juste retrouvé au mauvais endroit,
au mauvais moment en étant le dernier client du bar,
malheureusement, où une femme a disparu.
Un truc étrange cependant,
le système de caméra de surveillance du bar
a eu des ratés ce soir-là
et aucune image n'a été captée
ou du moins conservée dans le bar.
Oui, dans le bar.
Mais ça, je peux comprendre un peu,
parce qu'il y a beaucoup de systèmes de surveillance.
Bon, je ne suis pas allé au 2D,
malheureusement ni à l'autre bar,
mais il y a plusieurs endroits
qui ont des systèmes de surveillance depuis plusieurs années
qui ne font pas vraiment la maintenance.
Des situations où tu as vraiment envie
de regarder des heures de vidéos de surveillance,
il n'y en a pas tant que ça,
à moins que ton bar soit vraiment...
qu'il y ait des problèmes de vente de drogue à l'intérieur
ou qu'il y ait des choses louches qui se passent.
Souvent, les systèmes de vidéos de surveillance
on l'a vu dans des cas de...
même d'hôtels, de grands hôtels,
où vraiment même les vidéos ne fonctionnent pas.
Donc, j'ai l'impression qu'il y a une certaine lacune à ce moment-là
puis les propriétaires de bar
ne sont pas tout le temps outillés
pour réparer ces systèmes-là
ou aller fouiller dans les ordinateurs,
mettre les systèmes à jour.
Ça coûte cher aussi, ça ne sert de rien.
Ça coûte quand même cher ces systèmes-là.
C'est certain que si ça ne fonctionne pas parfaitement,
ça ne sera pas ta priorité.
Comme tu dis, généralement, ils n'ont pas de problème.
Ça sert surtout à se protéger en cas de problème.
Ben oui, exactement.
Oui, tu as tout à fait raison.
Puis dans ce cas-ci, on a tendance à croire
que c'est une coïncidence
la journée que Mélissa Blais disparait.
En fait, le système n'a pas fonctionné,
mais c'est curieux de savoir, une journée random,
on prend le mercredi à deux heures de l'après-midi,
peut-être que le système serait buggé aussi.
Ah non, c'est clair.
J'ai vu les caméras,
les caméras et l'ordinateur,
c'était très poussiéreux et très...
Tu vois, ça fait longtemps qu'ils étaient entassés là
et qu'ils n'avaient pas touché.
Ben oui.
Le 27 juin 2018, beaucoup plus tard,
de nouvelles fouilles sont entamées
pour retrouver Mélissa.
Donc là, on est l'été, la neige.
Théoriquement, le 27 juin, il n'y a plus de neige au Québec.
Les policiers sont aussi à la recherche
de son téléphone cellulaire.
Ils le décrivent comme étant de couleur foncée
et que son étui est aussi de couleur foncée.
Cependant, la sœur de Mélissa
précise qu'il est plutôt bleu pale
via la page Facebook.
Malgré les recherches supplémentaires,
ils sont toujours sans nouvelles plusieurs mois
après sa disparition.
Pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se produire
en fait, parce qu'il n'y a pas beaucoup
de traces ou de batailles
ou quoi que ce soit, on a tenté de reculer
un peu dans le passé.
Premièrement, son conjoint, François,
a mentionné que les semaines précédentes
à sa disparition, il y avait quand même
quelques tensions dans le couple,
mais rien de dramatique. Comme à peu près
tous les couples, il y a des hauts et des bas.
Cependant, lui, il explique un peu ses sauts
d'humeur par le fait qu'elle a arrêté
de fumer il y a quelques semaines
avant sa disparition.
Ça, c'est certain pour les gens
qui ont dû arrêter de fumer.
J'ai jamais arrêté de fumer, mais j'en connais.
C'est vrai que c'est très difficile.
Plus irritable. Oui, exactement.
Depuis, elle s'est cassé le bras.
Du moins, elle s'est blessé le bras
quelques semaines aussi avant.
Elle est en arrêt de travail.
Elle, c'était une femme énergique,
dynamique et tout ça. J'ai l'impression
que le mélange entre le fait
d'être resté à la maison en plus
de ne pas pouvoir fumer, c'est certain
que son humeur devait être assez
désagréable.
Cependant, est-ce que
ça pourrait être à cause de ça?
Est-ce qu'elle en avait assez
ou qu'elle aurait quitté le nid familial
pour les tensions
les dernières semaines?
Je ne pense pas.
Elle venait d'emménager avec ses enfants.
Elle avait besoin de stabilité et tout ça.
Cet élément-là,
du fait qu'il était
les semaines avant
en conflit, je ne crois pas
que ça explique vraiment sa disparition.
Autre chose assez étrange,
48 heures avant sa disparition,
elle publie un post
étrange aussi sur Facebook,
qui était le 31 octobre.
Alors qu'elle indique
qu'elle est en train de regarder l'émission
Saison meurtrière.
Elle écrit, il y en a qui peuvent aller voir
où? Trois petits points.
C'est mon tour bientôt.
Série meurtrière, c'est une série
qui est traduite au Québec, qui est de killing season
en fait. Cette série-là,
je ne la connaissais pas, honnêtement.
Ça suit des documentaristes
qui tentent d'enquêter sur
un vrai tueur en série qui s'appelle
le tueur de Long Island.
C'est une série documentaire
là-dessus. Mais je dois vous avouer
que le post, il me perturbe
un peu, comme si c'était une annonce
de suicide ou de disparition.
C'est lui, j'avoue,
qui me soulève
un certain doute.
Moi, j'ai de la misère à comprendre.
On va vous le relire.
En fait, il y en a
qui peuvent aller voir où?
Ou dans le sens un endroit
où avec un accent sur le U.
Il y en a
qui peuvent aller voir
où? Trois petits points.
Et là, elle dit c'est mon tour bientôt.
Mais je ne comprends pas trop.
Il y en a qui peuvent aller voir
où? Est-ce que c'est un peu comme dire
il y en a qui peuvent aller se faire foutre?
Ou voir où je me trouve?
Oui, exactement. Ils peuvent aller voir
où je suis. C'est une expression
un peu...
Pour envoyer perdre quelqu'un.
Oui, c'est ça, exactement.
C'est un peu comme ça que je l'interprète.
Ça semble vivre
peut-être une frustration.
Et c'est mon tour bientôt.
Ça, c'est clair que c'est un peu étrange.
Oui, ça annonce quelque chose, du moins.
Mais encore là, comme je dis,
elle était dans sa période un peu
creuse. Parce que même
pour vous expliquer,
avant
de se blesser aux bras, elle travaillait
dans un bar à Louisville.
Mais juste avant, un an avant,
elle avait pris son cours pour être
courtière immobilière en 2016
et elle avait commencé son examen.
Elle avait passé son examen et elle s'était mise
à travailler pour Royal Lepage.
Mais le secteur de l'immobilier,
comme vous le savez sûrement,
ça ne s'est pas fait pour tout le monde.
Ça prend du temps avant que l'argent rentre.
C'est très stressant, c'est difficile.
Surtout en région, le nombre de maisons à
vendre doit être beaucoup plus petit.
Toujours sur la route. Oui, c'est exigeant.
Elle a deux enfants à nourrir, donc tu ne peux
pas te permettre d'attendre.
C'est long, tu ne fais pas d'argent tant que tu ne vends
pas de maisons. Après un an,
elle a abandonné sa carrière
de courtier et elle a dû
retourner travailler dans les bars.
Pour elle, ça a dû être quand même
une certaine déception.
Sais-tu s'il y avait des commentaires
à cette publication-là sur Facebook?
Oui, il y a les commentaires
au moment où ça s'est produit,
puis même justement
remercier
son conjoint François
de l'avoir toujours épaulé là-dedans.
Sinon,
c'était quelques commentaires un peu banales
de ses amis qui posaient des questions,
des choses comme ça, où ils disaient qu'au moins
elle était fière, elle avait à être
fière de l'avoir essayé. Cependant,
il y a eu des nouveaux commentaires qui sont apparus
après sa disparition.
Mais là, c'était plus des
« oui dire » sur
peut-être un poste
sur quelqu'un qui se suspectait,
mais il n'y avait rien de vraiment concret
en tant que tel de concret.
Suite à nos recherches,
on a aussi appris que Mélissa
avait trouvé un peu de stabilité depuis qu'elle
était en couple avec François,
en plus d'être séparée des pairs
respectifs de ses deux enfants.
Le père de son petit garçon n'a jamais été
très présent auprès de la famille
et peut même être plusieurs années
sans voir son fils.
On a une publication encore une fois qu'elle a publié
dans le groupe « Facebook parent-monoparentaux
au printemps 2016 »,
parce que c'est peut-être allé fouiller dans les groupes
où elle était membre. Est-ce que son ex
pourrait être
en lien avec sa disparition?
Bonne question.
Effectivement, parce que François,
son conjoint, lui, il s'en nommait non,
il se suspectait des gens.
Puis même, justement, dans cette discussion-là
du post Facebook,
elle donnait un long témoignage
et elle mentionnait aussi qu'à un certain moment,
il faisait des surprises.
En fait, il allait voir son fils
sans lui dire.
Ça, ça déstabilisait toujours son fils.
Elle voulait lui bloquer l'accès.
Je me demande si ce n'est pas une certaine
vengeance ou...
Je ne veux pas faire de corrélation vers son ex-conjoint,
mais je soulève quand même
quelque chose par rapport à ça.
Est-ce qu'il pourrait être en lien
avec ça? On ne le sait pas non plus.
Si on continue à fouiller un peu dans son passé,
en 2013,
le 22 février,
le jour de l'anniversaire de son garçon,
elle décide de se faire soigner et de guérir
sa dépendance au jeu de hasard.
Apparemment que ça devenu un problème.
Il y a quelques années de cela, elle a perdu
énormément d'argent dans les machines à sous.
Cependant, son conjoint
disait qu'elle n'avait plus
de dette de jeu, mais seulement encore
une dette envers Royal Lepage
en raison de la location
de son bureau de courtière
immobilière, un peu comme tu l'expliquais
tout à l'heure.
Elle n'avait plus d'autres dettes, parce que c'est vrai que
dans le passé, elle a eu énormément de dettes.
Elle avait un problème impulsif.
Elle jouait beaucoup.
Et même, il précisait que la soirée même,
où elle est allée jouer au poker,
elle aimait quand même jouer au poker.
Elle jouait environ une fois par deux semaines,
mais elle ne jouait plus du tout aux machines à sous.
Et même le soir même,
ça a été validé.
Elle n'a joué à aucune machine dans les bases
qu'elle est allée. Donc son problème semble vraiment
guéri malgré tout.
On a le droit de jouer de temps en temps, parer un peu de sous.
Ce n'est pas là qu'il y a un problème.
Donc là, on a fait le tour
de ce qu'on sait, Seb.
En fait, toujours pas de nouvelles,
mais encore une fois,
parfois, c'est encore court, deux ans.
Ça se peut qu'il y ait des développements plus tard.
Mais je suis curieux de voir
en fait, quelle est ton hypothèse là-dessus?
Qu'est-ce que tu en penses, toi?
Moi, je suis convaincu qu'elle est tombée
sur quelqu'un
de mal intentionné.
Mais je n'arrive pas à savoir à quel moment,
parce que, tu sais, moi, j'avais la théorie
où elle a peut-être été piégée dans sa voiture
parce qu'elle l'a laissée quand même stationner
à un certain temps, parce qu'elle a fait
les bars à pied et tout ça.
En tout, quand elle était dans les bars, elle est restée six heures.
Et donc, sa voiture, elle l'a pris seulement
qu'une fois pour se déplacer d'un bar
à l'autre. Et je me demande si il n'y avait pas quelqu'un,
quelqu'un qui lui aurait pu attendre dans la voiture,
elle l'a piégée. Sinon,
est-ce qu'elle a pris vraiment sa voiture réellement
en sortant du bar? Elle a fait un accident,
quelqu'un a voulu l'aider,
puis au contraire, elle a profité de ce moment-là
pour... Mais en même temps,
le fait que le téléphone cellulaire a été fermé
seulement après quelques minutes,
c'est pour ça que j'ai l'impression qu'il y avait quelqu'un dans la voiture
et que ce n'était pas un accident
qui est arrivé plus tard.
Mais si elle voulait vraiment
disparaître pour vrai, elle a fermé
son téléphone cellulaire, tout simplement,
puis elle est partie. Mais, je veux dire,
ils ont dû vérifier aux douanes.
Toutes ces vérifications-là sont toujours faites automatiquement.
Il n'y a rien eu.
Donc, c'est...
Même si je suis convaincu
qu'elle a été victime d'un acte criminel,
je n'arrive pas à vraiment avoir une théorie
ou une hypothèse vraiment de dire
« Ah oui, c'est sûr que c'est ça qui est arrivé ».
Je ne sais pas si toi, tu as un autre point de vue
par rapport à ça ou...
En fait, j'essaie d'y aller par élimination
au niveau des hypothèses.
Je n'ai pas l'impression que c'est une disparition volontaire.
Non.
Même ce qu'on peut voir sur Facebook,
en fait, les publications Facebook
qu'elle a faites, oui, elle a l'air un peu
déprimée par moment, peut-être quand
elle boit. J'imagine que ça doit ressortir
un peu plus. C'est sûr. On le voit dans le
style. Aussi, les phrases, des fois,
il y a des fautes dedans. Ce n'est pas tout le temps
bien écrit. Donc, c'est peut-être que
ça semble être des... Pourtant,
c'est quelqu'un qui sait écrire si elle était
une mortière immobilière, tout ça. C'est quelqu'un
intelligent. Donc, j'ai l'impression que parfois,
peut-être qu'elle avait tendance à faire
des statues, peut-être un peu
chaudail. Des drunk posts. Un peu,
oui, exactement. Donc, j'ai pas l'impression
que ce soir-là, elle était
équipée pour disparaître, en
de guillemets. Donc, on dirait que
je penche un peu vers
la même hypothèse que toi. C'est
clair qu'en sortant du bord, les 2D,
il s'est passé quelque chose. Puis,
si le téléphone a cessé
d'émettre dans la région de Louisville,
selon moi, c'est que
c'était prémédité. C'est-à-dire que la personne
qui l'a kidnappée
ou qui l'a enlevée,
savait déjà que la première
chose à faire, c'est de me débarrasser du
téléphone. Puis, probablement que c'est
ce qu'il a fait.
Parce que même, si c'est un
suicide, c'est pas évident de
se suicider dans ces régions-là
sans laisser de traces. Cacher la voiture
ou même si elle a voulu rouler dans une
rivière ou quelque chose comme ça,
ou marcher d'elle-même,
c'est sûr qu'il y a un chasseur à quelque part
ou il y a quelqu'un qui va tomber
sur du moins la voiture ou des traces
ou des choses comme ça. Se suicider
sans laisser de traces, c'est aussi difficile
que de tuer quelqu'un, en fait.
Oui, exactement.
Donc j'ai l'impression, on dirait que j'ai tendance
à pencher vers l'acte criminel
prémédité. Donc quelqu'un qui savait
peut-être même qu'elle était un peu
en état d'ébriété cette soirée-là,
qui était une proie facile, qui a agi
lorsqu'elle est sortie du bord, peut-être
justement qu'il l'attendait dans sa voiture,
mais encore peut-être qu'on l'aurait vu
sur les caméras de surveillance.
Ou qu'il l'attendait pas très loin,
qu'il l'a peut-être même arrêté alors
qu'elle roulait en voiture.
Mais c'est vraiment mystérieux.
J'ai de la difficulté à me faire
une raison sur cette histoire-là.
Moi aussi, surtout que pas de voiture,
rien, c'est rare. Et même il rappelait
qu'il y a eu un autre cas de disparition
dans la région qui est un peu étrange,
un peu de la même manière. Un certain
Yvon Guevin de Pierreville
en 2014, l'homme de 75 ans,
avait quitté son domicile à bord
de son Jeep Cherokee,
1989 de couleur rouge-vein,
et n'a jamais été revu lui non plus
depuis. Même chose non plus,
son véhicule n'a jamais été retrouvé.
C'est comme un peu la même
circonstance. Est-ce qu'il y aurait
quelqu'un dans le secteur
qui pourrait agir de la sorte
malgré que ça remonte un peu? Ben 2014,
c'est quand même deux, trois ans.
C'est pas si loin que ça.
Je reviens un peu à ce que tu disais.
Elle a quand même fait trois bars,
tous près l'un de l'autre.
À partir du premier bar, elle a commencé à boire.
Il n'y a rien qui empêche que quelqu'un
au premier bar, au deuxième bar,
les remarquer
et remarquer un peu son état d'hébriété.
Oui, exactement.
Et remarquer son état d'hébriété,
que ça pouvait être une victime potentielle.
Parce qu'elle était garée juste en face,
vraiment en face de la porte du bar,
les 2D. J'ai l'impression que même si les bars
étaient très proches, elle s'est quand même déplacée
en voiture de l'un à l'autre. Ah, elle disait que non.
Le dernier, vu que c'est à 100 m,
c'est même pas 100 m entre les deux,
entre le bar et la terrasse.
Non, pas la terrasse,
la brassette, l'ami.
Lui, ils l'ont vraiment fait à pied.
Son ami a témoigné, mais comme je te dis,
c'est quasiment deux portes
de large. Ça s'était
stationné devant,
c'est juste parce qu'il devait avoir une place libre
à cet endroit-là, selon moi.
Donc Seb, qu'est-ce qu'il faut faire
si on a de l'information au sujet de Mélissa Blain?
Oui, je vous rappelle en fait qu'elle compte,
étant donné que sa voiture a jamais été retrouvée,
elle conduisait une Toyota Corolla
2011 Noir,
quatre portes. Elle était matriculée
au Y70FAD.
Et si vous avez des informations,
il faut contacter
la Sûreté du Québec
au 1-800-659-4264.
Et ils offrent une récompense
allant jusqu'à 5000 $
qui peut être offerte si vous amenez des éléments
de l'enquête qui peuvent résoudre le crime.
Et il y a aussi une page Facebook
qui est gérée par sa famille,
qui s'appelle Ensemble pour Mélissa Blain.
Donc eux, ils continuent quand même
de l'entretenir. Donc voilà,
si vous avez des informations supplémentaires
ou vous voulez avoir plus de détails,
ou même écrire à la famille vous-même,
si vous avez des éléments à leur partager
ou quoi que ce soit, n'hésitez pas
de passer par la page Facebook
Ensemble pour Mélissa Blain.
Et on va mettre les photos aussi parce que là
on fait un podcast, on n'est pas très visuel,
mais on va mettre les photos de Mélissa et de
Marilyn Bergeron aussi sur notre site web
sur la page de cet épisode.
Et puis Seb, est-ce qu'on est prêt
à entamer la disparition
de Marilyn Bergeron?
Oui monsieur!
Le cas de Marilyn Bergeron
est un des plus connus au Québec
et plus de dix ans plus tard,
il est toujours irrésolu.
Nous sommes le dimanche 17 février 2008
à Québec, plus précisément
dans les environs de Loretteville,
sur la rive nord de la ville.
Marilyn Bergeron, âgée de 24 ans,
habite depuis quelques jours
seulement chez ses parents,
son père Michel et sa mère Andrée,
où elle est venue se réinstaller temporairement.
Ce matin-là,
Marilyn est debout avant sa mère,
ce qui est plutôt rare.
Son père a déjà quitté pour la journée
tôt en matinée.
Sa mère se lève peu avant 10h,
et vers 10h55 environ,
elle voit sa fille monter du sous-sol
là où est située sa chambre.
Marilyn est maquillée,
elle est habillée et elle est
prête à partir, malgré le fait que
nous sommes en début de journée un dimanche
en plein hiver québécois.
Elle porte un manteau noir avec un collet
en fourrure gris, des bottes
en suède noires et des pantalons
en velours de couleur gris.
Elle s'adresse à sa mère en lui disant
qu'elle part marcher et qu'elle sera de retour
en après-midi.
Elle quitte alors la résidence familiale.
Laissez-moi vous en dire plus sur Marilyn Bergeron.
Marilyn est âgée
de 24 ans au moment des faits.
Elle est née en 1983
à Chicoutimi,
dans la région du Saguenay, au Québec.
Déjà à l'âge de 10 ans,
elle est intéressée par la musique
et commence à prendre des leçons.
En 98, la famille Bergeron
déménage dans la région de Québec,
dans le quartier Haut-de-Saint-Charles.
Alors qu'elle fréquente l'école secondaire,
ses parents se rappellent qu'elle était
toujours passionnée de musique et qu'elle désirait
former un groupe. On a vu, entre
autres, des photos d'elle jouant de la guitare.
Elle était aussi impliquée dans des activités
parascolaire, toujours en lien avec
sa grande passion, la musique.
Avec le temps, Marilyn développe
sa personnalité artistique. Elle est un peu
punk, pas tellement dans son style vestimentaire,
mais dans sa personnalité.
Elle aime l'art plus audacieux, va porter
des tatouages et ne se tiendra pas toujours
avec des bonnes fréquentations,
selon certains témoignages de ses amis.
Elle va aller étudier plus tard
au cégep de Jonquière en arts et technologies
des médias. Ce cégep est situé
dans la région du Saguenay
et ce programme d'études est recherché par ceux
qui souhaitent travailler dans le domaine des médias,
en animation télé, en journalisme,
en radio ou encore en montage.
Marilyn, elle, restera toujours
passionnée de musique et de son.
Éventuellement, elle va déménager
à Montréal dans le quartier Hochelaga-Maison-Neuve
et va effectuer
des contrats de caméraman, pigiste
et de montage pour différentes chaînes télé.
Oui, le programme
où elle est allée, Arts et technologies des médias,
pour ceux qui sont moins familiers,
c'est un programme quand même assez
recherché au Québec. Il y a plusieurs
vedettes de la télé qui sont passées
par là. Oui, tu as raison.
Donc c'est vers ce cégep-là
que convergent beaucoup de gens
qui ont des talents artistiques
et médiatiques.
Elle va décrocher un boulot chez
Steve's Music Store, la boutique
préférée des milles, qui est une
boutique réputée d'instruments de musique
afin d'arrondir ses fins de mois.
Marilyn avait aussi récemment décidé
de suivre une formation en finance auprès
de l'entreprise Industrielle Alliance.
C'est une entreprise au Québec
qui gère des assurances, des placements,
des choses comme ça. Elle entrevoit
aussi un jour à aller vivre dans l'Ouest
canadien. Malgré son petit côté
rebelle et marginale,
Marilyn est une fille très intelligente,
créative et qui convoite un bel avenir devant
elle. Oui, Marilyn, c'est quelqu'un
qui était décrite comme enjouée,
qui était généralement souriante,
heureuse. Comme tu l'as dit, elle était
un peu marginale dans son
look. Elle aimait se teindre
les cheveux de différentes couleurs,
elle avait un style un petit peu plus
rebelle, mais une très belle
fille, mince, grande,
et puis qui avait les cheveux
je crois aux épaules environ
à ce moment-là. Donc elle semblait être
très curieuse par les arts en général
et justement aimer un peu ce qui est
marginal. Ça aurait sûrement été
une distordu. Oui, c'est sûr.
Marilyn quitte donc
la maison familiale vers 10h55
ce matin-là. On revient
en 2008.
Elle est chez ses parents à Québec,
elle a quitté Montréal il y a
quelques jours. Et justement,
en quittant, elle dit à sa mère qu'elle part
prendre une marche. Bien que sa
mère lui offre de l'accompagner,
Marilyn insiste pour y aller seule.
Elle quitte donc la maison,
vêtue de son manteau, lunettes de soleil
sur la tête, et pour
un 17 février, il est à noter
qu'il fait plutôt chaud à Québec, apparemment,
de ce que j'ai lu.
C'était une température un peu plus
printanière, parce qu'il fait généralement
plus froid à Québec qu'à Montréal.
Généralement, dans ces dates-là,
autour de la Saint-Valentin, il fait très froid.
Ah oui, février, c'est horrible.
Elle dit au revoir à sa mère et lui
indique qu'elle sera de retour en après-midi.
Ce sera la dernière fois
que sa mère la verra.
Vers 11h09, quelques minutes plus
tard, Marilyn est aperçue
par une caméra de surveillance à un
guichet automatique de banque
sur le boulevard Lormier à Loretteville,
près de la maison de ses parents.
C'est une banque Desjardins.
On suppose donc qu'elle a marché
jusque-là, mais c'est pas très loin, en fait.
C'est 9 minutes plus tard, ou à peu près.
Étrangement, Marilyn
tente de retirer 60 dollars,
mais ce retrait lui sera refusé.
On ignore si c'est par manque
de fond ou parce qu'elle a oublié son mot de passe
qu'elle ne peut pas retirer ce montant.
Plusieurs heures
plus tard, vers 16h03,
Marilyn continue son
périple et elle est aperçue
une autre fois dans un café dépôt,
une chaîne de café qui est bien présente
au Québec, dans la ville de Saint-Romualde,
en banlieue de Québec,
sur la rive sud. Elle va acheter
un café à l'aide de sa carte de crédit
d'un montant de 3 dollars.
Une serveuse du restaurant confirme
l'avoir clairement identifié ce jour-là.
Après cette visite
au café dépôt, plus aucune
trace de Marilyn.
Et là, c'est là
que je pense que je veux apporter
peut-être mon regard de local,
parce que j'ai longtemps habité sur la rive sud
de Québec et je connais bien
ce café dépôt là,
ou du moins les environs à Saint-Romualde.
Ce qu'il faut comprendre, en fait,
c'est que ce café dépôt là,
il est tout près,
il est tout juste à la sortie
du pont de Québec. Donc, quand on...
Ici, par exemple, Loretteville, c'est sur la rive sud
et Saint-Romualde, non, pardonnez-moi,
Loretteville, c'est sur la rive nord, Saint-Romualde,
c'est sur la rive sud. Donc, elle a
manifestement fait un long trajet
jusqu'au café dépôt. Et lorsqu'on
prend, il y a deux ponts à Québec,
le pont Pierre-La-Porte qui est le pont principal
qui est un peu comme une autoroute,
il est loin un peu le café dépôt parce
qu'on a le choix de se diriger vers Montréal
ou se diriger plus vers l'est,
tandis que lorsqu'on prend le pont de Québec,
en fait, c'est le premier stop,
la première rue que tu croises
en sortant du pont de Québec où il y a un peu
de civilisation, c'est la rue de ce
café dépôt là. Donc,
c'était très près de l'autoroute 20,
qui est l'autoroute principale qui relie
en fait tout le Canada,
manifestement Québec-Montréal
et même l'Ontario.
Et c'est plus près même
de la bretelle autoroute qui t'amène en direction
ouest, en fait,
vers Montréal. C'est drôle,
c'est un drôle de lieu, en fait,
pour aller prendre un café, c'est ça
que je me dis parce que c'est un,
cet endroit-là, c'est pas une belle petite
rue touristique avec un café
en plein milieu, c'est un genre de power center
de banlieue, un genre un peu
de distrante ou de
truc qu'on retrouverait en banlieue
d'une ville américaine,
un Walmart, par exemple, et tout ça.
Et donc c'est très loin, c'est à
20 kilomètres, en fait, de la maison
de ses parents. Oui, puis il y a des cafés
où ça, le Redville, donc pourquoi avoir pris ce café-là?
C'est vraiment un endroit un peu
au milieu de nulle part.
Maintenant, en fait, c'est très
développé, mais par contre,
en 2008,
ça l'était quand même moins. Oui, beaucoup moins.
Tu sais, Seb, que c'est possible
de faire des retours dans le temps
dans Google Street View. Oui.
Donc ça, c'est fantastique. On peut, dans Google
Street View, aller mettre justement notre
petit bonhomme en face d'un commerce,
puis là, en fait, juste à gauche, en haut,
tu peux retourner dans le temps. Donc c'était
possible de retourner jusqu'en 2007
en face de ce café dépôt-là. Et puis,
on voit qu'il y a quand même de l'action,
mais il y en a beaucoup moins que maintenant.
C'est plus des boutiques
de vente d'entrepôt qui sont autour.
Il y a un Walmart, et c'est pas un endroit
qui est très agréable au marché.
Donc pour moi, c'est...
Mon hypothèse, on va
en discuter plus tard, mais j'ai l'impression
qu'elle allait probablement là pour
partir sur la route, prendre l'autoroute
par la suite. Ça ferait du sens.
Mais on va
y revenir. Mais selon moi,
c'est clair qu'elle a pris, en fait, le pont de Québec
pour se rendre jusque-là. Donc elle est
sans doute traversée soit à pied, soit
en voiture, par d'une quelconque façon, par le
pont de Québec. Sinon,
c'est pas un endroit où
on se rend facilement avec le pont-pierre-la-porte, selon moi.
Non, puis c'est environ 20 km
de la maison de c'étalant,
donc c'est quand même une bonne marche,
si elle l'a marché.
20 km, même.
Elle peut pas l'avoir marché. Oui, elle peut l'avoir marché.
On en discute trop,
mais c'est un peu excessif,
c'est un peu mégalomane. Mais oui, parce
qu'elle est partie vers 11 heures du matin,
elle a été vue à 16 heures. Ouais, non, mais j'avoue qu'en 4-5 heures...
Donc oui, quelqu'un qui veut prendre une grande
marche, ou même quelqu'un qui est dans un
état mental, peut-être
un peu plus... Perturbé.
Perturbé, qui peut
perdre la notion du temps ou quelque chose,
il peut le marcher. Mais bref. C'est pas si
forçant que ça non plus. Non, bref.
En fin de journée, la famille commence à s'inquiéter
puisque Marilyn n'est pas revenue en après-midi
comme prévu. En plus,
une marche d'hiver à l'heure de ville,
ça ne s'éternise pas tellement. Comme on vous disait,
il fait tellement froid en plus, puis l'heure
d'hiver, c'est pas si grand que ça non plus. Non.
Puisqu'il s'agit de la disparition d'une
adulte, le dossier n'est pas
prioritaire aux yeux des autorités.
Il n'en demeure pas moins que la police de Québec se voit
confier le dossier. Dès le début,
il semble que l'enquête piétine.
Le père de Marilyn, Michel,
va organiser lui-même une battue autour
du café dépôt de Saint-Romualde.
Malheureusement, rien de pertinent à
la recherche n'est trouvé ce jour-là.
En observant les transactions bancaires,
il est possible de voir le fameux
café acheté dans la journée sur
le relevé de sa carte de crédit. Par contre,
aucune activité n'est
observée après. Il ne semble
pas qu'elle ait eu d'activité cellulaire
par la suite, ni avoir communiqué avec
quiconque dans la famille, mais
les preuves numériques dans cette histoire ne sont
pas très claires. Non, ça c'est clair.
C'est clair qu'elles ne sont pas claires.
Les parents de Marilyn vont se transformer
en une petite équipe d'enquêteurs.
Michel, le père, est l'homme de terrain.
Andrée, la mère, elle, elle
s'occupe des communications et des relations
médias. Et sa sœur, Nathalie,
qui habite Los Angeles, se
charge des relations avec les policiers,
des recherches en ligne, mais aussi
des recherches aux États-Unis.
Ce qui n'est pas à négliger, bien sûr, on n'est pas très
loin de la frontière. Exactement.
Pendant un an,
aucune nouvelle. Une récompense
va être fixée à 30 000 $
pour qui peut apporter de l'information
au dossier. Soudainement,
la police de Québec décide de diffuser
la vidéo de surveillance de la banque
lorsqu'elle a tenté de retirer le 60 $
qu'on vous parlait tout à tout tout à l'heure.
Un an plus tard. Imaginez,
ils ont sorti la vidéo un an plus
tard. Enfin,
nous pouvons observer Marilyn en action
lors de cette journée fatidique.
Là, je vais vous donner
un peu de détails de la vidéo.
Elle est seule au guichet, ne semble
pas accompagnée par personne. Elle
regarde par contre souvent vers l'extérieur,
comme si elle surveillait
ce qui se passait. Oui, elle regarde comme
vers le stationnement. Oui, c'est
vrai que c'est bizarre. Elle ne semble
pas mal réagir lorsqu'elle se voit refuser
la transaction. Oui, ça, j'ai noté
ça parce que, tu sais, des fois,
tu peux être fâché
d'avoir des fonds insuffisants ou
bon, je ne dirais pas que ça m'est arrivé
souvent, mais tu peux
sacrer ou donner
une petite claque
au guichet. Mais même l'expression faciale
paraît. Oui, exactement, mais elle,
j'ai l'impression peut-être qu'elle s'en
doutait que ça allait être refusé. Je ne sais pas
c'est bizarre, mais elle ne semble pas
avoir de réaction, du moins non verbale,
envers ce
retrait qui ne fonctionne pas.
Un client aussi entre un
certain moment, qu'on peut apercevoir, et
s'installe au guichet à sa droite. Rien
ne semble louche. Elle a ses lunettes
soleil sur la tête. Elle porte un
sac à dos. Ce qu'elle avait,
soit caché à sa mère, soit acheté le jour
même, parce que quand elle est partie de la maison,
elle n'avait pas le sac à dos, ou du moins
sa mère ne l'a pas vue. Exactement, peut-être
qu'elle était dissimulée. Et puis,
en fait, moi, je ne comprends pas encore une fois
pourquoi on n'a pas diffusé
ça avant. Oui, un an. Parce que dites-vous que pendant
un an, les photos qui circulaient,
c'est des photos de
Marilyn,
que sa famille avait
vérifié. Donc,
sur les photos, elle était toute souriante,
parce que c'était en été, elle avait un T-shirt,
les cheveux d'une telle couleur. Mais lorsque
elle était vue sur la caméra de surveillance,
elle avait un regard plus troublé,
les cheveux plus foncés, un look différent.
Donc, ça aurait pu vraiment aider,
je pense, de diffuser cette vidéo-là.
On la voit en mouvement un peu, donc on
comprend un peu comment elle bouge, son nom verbal.
Un peu comme dans le cas
d'Elisa Lam, ça aide parfois
à comprendre
quoi que ce soit. Dans Elisa Lam, c'est un peu plus
troublant. Mais ici, je pense que ça aurait pu
véritablement aider aux gens à l'identifier
plus tôt. Ben oui, c'est clair. Je comprends
toujours pas
l'un an, 2008, c'est pas en 1980,
tu sais. Ben non.
Tantôt, je parlais
à Emil avant d'enregistrer.
Peut-être que j'essaie de justifier, on dirait,
le laxisme de la police, mais
ça peut pas être à cause que c'est 2008.
C'était trop récent. Les gens faisaient déjà ça.
On avait déjà l'habitude de voir des vidéos de surveillance,
donc à ce moment-là, ils n'ont pas dû
considérer ça comme quelque chose comme important.
Hélas, la transaction au Café des Pots
et ses images à la banque sont les seules
preuves numériques qui seront disponibles.
Oui, parce qu'on n'a pas entendu
parler de relevé de tour cellulaire.
Est-ce qu'elle avait un cellulaire
justement sur Facebook?
Est-ce qu'elle avait écrit des choses auparavant,
envoyé des courriels, fait des
recherches Google? Avant,
on a aucune idée de tout ça,
l'historique de recherche de son ordinateur.
C'est étrange. J'aurais aimé
avoir plus de preuves numériques dans ce
dossier-là. Non, c'est clair. Mais là, par exemple,
pour cette époque-là, 2008, c'est vrai
que Facebook, ça faisait
vraiment pas longtemps que c'était là.
C'est encore qu'on se sentait comme une bébelle
par une grande majorité de gens.
Je ne suis pas sûr qu'il y avait les
réflexes pour aller chercher l'historique
de Google ou aussi les autorités.
On se rappellera des cas comme Amandad
qui étaient dans les années un petit peu
plus tard, mais pas tant que ça, 2010,
2012. Il ne faisait même pas
ce travail-là. Au-dessus, il n'y avait pas
ce réflexe-là, les autorités.
Donc, j'ai l'impression que ça devait être
zéro à un réflexe d'aller voir
ça. Ça ne devait même pas dans la
liste de la to-do list d'un enquêteur.
Puisque très peu de traces
ont été laissées par Marilyn,
il est essentiel de revenir sur les
semaines qui ont précédé sa disparition
pour tenter de comprendre mieux le contexte.
Tout d'abord, sa mère
se rappelle que Marilyn a beaucoup pleuré
lors de Noël 2007,
cette année-là.
Donc, le Noël juste avant sa disparition.
Elle trouvait que Marilyn
n'était pas dans un très bon état
psychologique. Par la suite,
environ une semaine avant sa disparition,
Marilyn affirmait ne plus
se sentir en sécurité à Montréal.
Elle habitait alors un appartement
sur la rue Hochelaga, dans le quartier
Hochelaga-Maisonneuve. Le 10
février, elle quitte son appartement
abruptement avec son sac à dos
et débarque chez ses parents à Québec.
La même semaine,
elle va quitter son emploi et va
effectuer deux autres voyages à Montréal
afin de rassembler ses affaires
et de déménager pour de bon chez
ses parents. Elle a affirmé avoir
besoin d'au moins un mois de pause.
Est-ce qu'on sait
pourquoi?
Malheureusement, Seb,
c'est un des mystères de cette histoire-là.
Pourquoi elle se sentait
comme ça, c'est très
troublant. On ne sait pas pourquoi elle
voulait quitter son appartement.
Elle se sentait vraiment
en détresse psychologique
et puis elle s'est rendue chez ses
parents
d'une manière très soudaine
afin de déménager quelques jours.
Il y a sûrement une histoire d'amour. En tout cas,
souvent, de ces situations-là,
les situations
de détresse, souvent, l'amour peut être
relié à ça. C'est possible.
Lors de ses premiers jours à Québec,
Marilyn est très réservée
et refuse de s'ouvrir à sa famille.
Lorsque sa mère lui demande si elle a
des problèmes d'argent, de drogue
ou d'amour, elle répond que non.
Lorsqu'elle lui demande si elle
était agressée, Marilyn
ferme ses yeux, se mord les
lèvres et commence à pleurer
intensément.
Le jour de la Saint-Valentin, donc le 14
février cette année-là, elle parle
à sa sœur aînée qui habite à Los Angeles
et lui demande si un jour
elle va voir la lumière au bout du tunnel.
Donc, tout porte à
voir que Marilyn était manifestement
troublée, voire déprimée
dès son arrivée à Québec
ou même des semaines auparavant.
Quelques jours plus tard,
le 17 février, elle prendra
sa fameuse marche
dont elle ne reviendra jamais.
On se transporte deux ans plus tard,
en 2010. Le journaliste
Claude Poirier est contacté par
un homme de la région de Oxbury,
en Ontario, et qui prétend
avoir vu souvent Marilyn
dans la petite municipalité depuis
un an. Donc, pour une première fois,
on a un nouveau lead vers
des possibles
indices ici. Il
prétend que Marilyn se serait installée
là-bas avec un homme plus jeune.
Ils ont eu plusieurs
témoignages provenant de Oxbury,
provenant de commerce de la
région, de gens qui tiennent des restaurants
comme quoi Marilyn aurait été vue à
plusieurs reprises dans cette région-là.
Ce qui est quand même intéressant
quelques années plus tard.
J'ai fait quelques recherches sur Oxbury
justement pour expliquer un peu
à nos auditeurs de quoi ça a l'air. En fait,
c'est une petite ville d'environ 10 000
habitants qui est en non-Ontario,
mais qui est située environ une heure et vingt
de Montréal. Donc, c'est pas très
loin de Montréal. Donc, c'est très très proche.
Et puis, c'est la ville la plus
bilingue de l'Ontario. C'est très près
du Québec, et c'est vraiment très
près des lignes américaines
aussi. C'est très près de la
frontière américaine.
Et puis, je me suis renseigné un peu justement
au niveau de la
criminalité à Oxbury, et entre
autres au niveau du
trafic sexuel ou du trafic
d'humains. En fait, j'ai
trouvé quand même quelques articles
qui traitent de ça, parce qu'il faut
se dire,
souvent les petites villes
de région peuvent être des endroits
intéressants pour
transiger le même plus que
les grandes villes. Ils semblent
avoir eu des
arrestations faites en lien avec
du trafic sexuel
à Oxbury, possiblement
justement pour envoyer des gens
en Ontario
travailler ou peut-être même aux USA
d'une manière clandestine.
Ça semble pas être un endroit très
très criminel par contre,
mais il semble avoir eu
en fait, il semble avoir
une certaine situation dans l'Ontario
de l'Est en fait, qui est problématique
au niveau du trafic sexuel. J'ai vu plusieurs
conférences qui se donnaient,
des groupes de soutien, des
OSBL qui vont faire
un peu d'éducation là-dessus. Donc
ça semble être un problème,
parce que c'est vraiment entre le Québec et
l'Ontario. Mais bon, je veux pas
éveiller aucun soupçon, mais je m'étais
renseigné un petit peu, parce que je sais que
c'est une des hypothèses qui est souvent
évoquée dans le cas de Marilyn Bergeron.
Les policiers vont aller
investiguer à Oxbury,
et aussi les médias seront alertés,
mais les recherches sur place ne porteront
pas fruit. Et après ce témoignage,
silence radio.
Mais en même temps, je comprends un peu
parce que si, si elle est en fuite
ou que si, mettons, elle s'est faite
kidnappée, dans une petite ville comme
Oxbury, aussitôt que ça sort dans les
médias, t'es brûlé.
Donc t'sais, un gars comme Claude Poirier,
s'il en parle à son émission, tout ça,
c'est sûr que ça se sait à Oxbury,
puis qu'ils vont déguerpir
tout de suite. Selon moi,
une des meilleures techniques,
c'est d'alerter personne, puis d'aller faire
vraiment du repérage sur le
terrain, pour pas que ces gens-là aient eu
vent, qu'on les recherche.
Donc je sais pas si dans ce cas-là,
ça s'est passé ainsi, mais
en fait, je suis pas sûr de la stratégie
d'alerter les médias à ce niveau-là.
Excusez-moi, j'avais tellement
un chaud d'air. Un grand rebondissement
survient en 2017, près de
dix ans plus tard. Entre-temps,
la famille a engagé un avocat,
Marc Bellemare, qui est quand même assez
connu au Québec, pour faire transférer
le dossier auprès de la Sûreté du Québec.
Lors d'une conférence de presse, nous sommes
introduits à Jonathan Gauthier,
un ami de Marilyn, qui offre un témoignage
inquiétant sur les derniers temps de
Marilyn à Montréal. Il explique qu'il était
un ancien collègue de classe de Marilyn
à Jonquière et qu'il a
reconnecté avec elle à Montréal via Facebook.
Jonathan explique que le 10 décembre
2007, deux mois avant sa disparition,
il s'est rendu chez elle
où elle jouait de la musique dans le noir.
Elle semblait très triste.
Ils se sont rendus à une fête dans le
quartier Hochelaga Maisonneuve chez des amis
par la suite. À cette fête,
tout allait bien jusqu'à ce qu'elle discute avec un ami
et qu'elle tombe en sanglots,
comme si en discutant avec cet ami,
elle se serait remémoré d'anciens souvenirs.
Jonathan l'a trouvé en l'arme
dans le couloir de l'appartement.
Les deux auraient quitté la fête pour se rendre
chez Jonathan où celui-ci aurait tenté de discuter
avec Marilyn pour savoir
quel est son terrible secret.
Pendant quatre heures,
il lui a demandé si elle a été témoin
d'un meurtre ou encore victime
d'un viol. Elle répondait toujours
« Non, c'est pire ».
Elle a ajouté « Tu ne peux pas deviner
tout ce que j'ai vécu ».
Marilyn aurait passé la nuit à pleurer dans le salon
et à son réveil,
Jonathan ne l'aurait pas retrouvé.
Elle serait retournée chez elle.
Il a alerté des amis de Marilyn
pour qu'ils tentent eux aussi de savoir
ce qui cloche, mais tout comme ses parents,
toujours sans succès.
Quel était donc son terrible secret ?
Oui, ça revient un peu à ça,
Seb. En fait,
quel était le secret de Marilyn
comme ce qu'on discutait tout à l'heure
parce qu'elle n'a assez jamais ouvert
à sa famille ou à ses amis proches.
Justement, par la suite,
Jonathan disait qu'il a tenté même
de contacter des gens parce qu'elle est originaire
de Chicoutimi.
Marilyn avait contacté des gens
dans cette région-là
en lui disant « Si vous la voyez à Noël
ou si vous entendez parler d'elle,
contactez-la et essayez de lui parler
et tout ça ».
Sans succès, elle l'a emporté
avec elle dans sa disparition.
Son terrible secret.
On ne sait toujours pas c'est quoi.
Encore plusieurs années plus tard,
plus de dix ans plus tard,
on n'a aucune nouvelle de Marilyn Bergeron.
Et là, vraiment, toutes les hypothèses sont lancées.
Au niveau des développements,
ce qu'on sait,
c'est que justement, sa soeur, Natalie,
qui habite à Los Angeles,
qui est un peu en charge de tout ça,
de la recherche en ligne, du moins,
elle expliquait qu'elle aimerait travailler
sur une base de données
un peu comme le Namus,
cette banque de données
de personnes disparues aux États-Unis.
Elle aimerait beaucoup travailler
en guise de volontaire
pour en faire un au niveau du Québec.
Donc, étant donné qu'il y a beaucoup de disparitions,
comme ça, ça aiderait à rassembler l'information.
Parce que c'est vrai qu'en ce moment,
c'est difficile de trouver une base de données
avec tout le monde.
Il faut toujours aller sur des sites Facebook
différents, des pages web différentes,
et se renseigner.
Il n'y a pas de centralisation de l'information.
Non, c'est clair. Il y en a un pour les enfants.
La Fondation Enfants Retour,
c'est juste les disparitions d'enfants, par exemple.
C'est là que les adultes,
ils tombent dans un genre de trou
administratif.
C'est vrai qu'on a tendance à moins s'en occuper
des adultes disparus,
et ça serait une excellente idée.
Ce n'est pas un projet
qui coûte énormément cher à développer
et même à implanter.
Je veux dire, si tous les policiers
ont accès à cette base de données-là,
qui peuvent, à pression, eux, la mettre à jour
au Québec, ce n'est pas une énorme
complexité d'implanter ça.
J'espère que ces efforts
vont porter fruit, du moins son lobbyiste,
son lobbying qu'elle va faire
ou qu'elle veut faire.
Une autre initiative qu'elle a, en fait,
j'avais vu ça dans un reportage tout récemment,
justement,
Nathalie, sa soeur,
est en train de recueillir de l'ADN
de Marylin pour la faire entrer
dans des bases de données d'ADN.
Très bonne idée.
Parce qu'on sait qu'il y a des crimes,
de plus en plus, même des vieux crimes,
qui réussissent à se résoudre grâce
aux banques de données d'ADN.
Vraiment, c'est une très bonne initiative.
Moi, je salue vraiment
l'initiative de la famille
de Marylin Bergeron,
ses deux parents, sa soeur, à quel point
ils n'ont jamais lâché le morceau encore
maintenant, dix ans plus tard.
Vraiment, ils mènent ça
d'une main de maître, parce que ça ne doit pas
être facile à vivre. C'est des situations
extrêmement stressantes.
On est dans l'incertitude
constamment, dans l'inquiétude.
Oui, tu es toujours en zone grise.
Tu ne peux pas faire le deuil. C'est toujours la même chose.
En temps que tu n'as pas la preuve que quelqu'un est mort,
c'est difficile de faire le deuil.
Encore une fois, une disparition
d'adultes, ce n'est clairement pas en priorité
pour les services policiers
du Québec. C'est vraiment
très triste. Les parents de Marylin
se battent encore, je crois, pour que
le dossier passe du côté de la Sûreté
du Québec. En ce moment, c'est le service de police
de la ville de Québec.
Le fait que justement, ça passe
au niveau de la Sûreté peut-être que ça peut faciliter
la communication
entre les territoires, étant donné
que c'est aussi une histoire qui s'est passée
sur plusieurs territoires.
Selon moi, en fait, la réponse
est peut-être plus à Montréal qu'à Québec.
La réponse sur la disparition
de Marylin, parce que vraiment, c'est
clairement à Montréal que les choses
ont commencé à moins bien aller.
Non, c'est clair. Il s'est passé quelque chose là-bas.
Oui. Ça termine un peu
la chronologie des événements,
Seb, de cette histoire-là qui secoue
encore le Québec, qui est vraiment
hyper mystérieuse. Moi,
depuis que je me suis lancé là-dedans,
je ne fais qu'y penser. Je suis
déterminé à essayer
d'aider, du moins, à faire avancer
les choses, si c'est possible.
Maintenant, au niveau
des théories, toi, Seb, est-ce que
tu avais une hypothèse là-dessus?
Quel est ton feeling intérieur sur cette
disparition-là?
Plus je réfléchis, plus j'ai l'impression
qu'elle est allée refaire sa vie ailleurs.
J'ai un peu ce feeling-là
à cause
de l'événement inconnu
qui s'est passé, qui a l'air extrêmement tragique,
et j'ai l'impression qu'elle a vraiment voulu
fuir, fuir son entourage,
fuir tout ça pour
refaire sa vie,
tout simplement. Souvent,
je sais que ça peut être une option pour certaines
personnes. Des fois, tu veux mettre tout ton passé
en arrière de toi, puis aller
refaire ta vie. C'est pas simple de refaire sa vie,
mais j'ai quand même ce feeling-là
que c'est peut-être
une option, justement,
l'endroit où elle est allée au
café dépôt, des choses comme ça,
en direction vers Montréal,
où est-ce qu'elle est retournée à Montréal, puis là,
elle est retombée sur la
mauvaise personne, la personne qui a fait subir
ça, puis qui l'aurait
tué. Ça aussi, j'avoue que
je balance entre les deux,
mais j'ai quand même peut-être l'impression
qu'elle est juste partie. C'est justement
peut-être pour ça qu'il y a autant de témoignages
à Upbury
de gens qui l'ont
vu, qui l'ont peut-être croisé.
C'est pour ça que là-dessus,
c'est une de mes
hypothèses les plus probables. Et toi,
Emile, qu'est-ce que t'en penses?
Bonne question. Moi, en fait, j'essaie
de décortiquer un peu
ces allées et venues, cette
journée-là. Puis moi, l'élément
pour moi qui est très, très important,
c'est le café dépôt. On en a parlé
un petit peu tout à l'heure. T'sais, c'est pas
un endroit où tu vas chiller
le café dépôt à Saint-Romual. Non, pas celui
de Saint-Romual. Non. En fait, même
si t'es à Saint-Romual, il y a des endroits plus
cools où aller prendre un café.
Donc c'est clair qu'elle n'allait pas là pour prendre un café.
Selon moi, elle allait là.
Qu'est-ce que tu vas faire au
café dépôt à Saint-Romual? Tu vas te chercher un
café pour emporter, pour faire de la route.
Oui, oui. Selon moi. Donc c'est
clair qu'elle allait, d'après
moi, rejoindre quelqu'un qui l'amenait
quelque part, peut-être du covoiturage,
quelque chose comme ça. Et tu sais
qu'on disait qu'elle était vue en
Ontario, eh bien moi, juste pour le fun,
je me disais, en 2008,
qu'est-ce qu'on faisait quand on n'avait
pas beaucoup d'argent et qu'on voulait
se transporter d'une ville à l'autre?
On utilisait des services comme Amigo Express,
par contre, qui existent encore, qui avaient un service
de covoiturage. Tu paies 20 piastres,
tu fais Québec-Montréal, tout ça. Et là,
j'ai essayé de me dire, OK, bien combien
ça peut lui coûter d'aller en Ontario?
Donc j'ai essayé Saint-Romual, Toronto,
sur Amigo Express, et là,
boum, 60 dollars.
Et qu'est-ce qu'elle allait retirer au guichet
qu'elle s'est fait refuser? 60 dollars.
Donc est-ce que c'est possible que
cette journée-là, en fait, elle voulait...
Tu sais, là,
j'extrapole, mais je me dis
qu'elle avait peut-être des choses à régler à Montréal
et que peut-être qu'elle a voulu y retourner
et que ses plans n'ont pas fonctionné,
étant donné qu'elle n'avait pas, là, 60 dollars,
peut-être pour aller à Montréal
ou en Ontario, ou plus loin,
ou prendre un service de covoiturage,
c'est peut-être là que le reste de sa journée,
elle a tenté
de se trouver un moyen de transport
ou quelque chose comme ça,
puis de quitter la ville.
Parce que le sac à dos, encore une fois,
j'ai l'impression que le fait
qu'elle le dissimule à sa mère,
ou peut-être qu'elle l'a acheté plus tard,
en fait, dans la journée, pour moi,
ça laisse croire qu'elle pensait peut-être quitter
pas nécessairement pour très longtemps,
mais pour peut-être un jour ou deux,
tu sais, dans un sac à dos.
Donc j'ai l'impression peut-être qu'elle allait régler
des choses et que c'est peut-être
là que ça s'est mal tourné.
On dirait que je ne crois pas tant que ça,
parce que la police, selon eux,
c'est un suicide.
Selon la police de Québec,
ils croient que
l'hypothèse va plus vers
le suicide. On dirait que moi,
je suis peut-être moins...
j'ai moins l'impression qu'elle voulait se suicider.
En fait, je trouve qu'elle était bien entourée,
mais en même temps, elle était très déprimée.
Ça reste une hypothèse
probable, mais j'ai plus l'impression
qu'elle avait peut-être
vraiment quelque chose en tête
en allant chercher son café. C'était de prendre
la route, peut-être retourner à Montréal,
peut-être d'aller ailleurs
où elle avait des choses à régler,
et puis que ça a sans doute mal tourné.
Je sais que les parents,
eux, mettent beaucoup de poids sur le trafic
sexuel. Moi, on dirait que
en fait, ce qui me fait pencher vers ça,
c'est vraiment l'événement
à Oxbury. Mais encore une fois,
il faut vraiment que ce soit un événement
réel. Parce qu'on dirait que j'ai pas l'impression
qu'elle avait le casting
pour le trafic sexuel,
dans le sens qu'elle avait 24 ans.
Généralement, les filles
qui se font embarquer là-dedans sont peut-être
plus jeunes un peu.
C'est une fille qui avait beaucoup
d'emplois du temps. Elle était caméraman
pigiste, monteur pigiste. Elle travaillait chez
Steve. Elle suivait des cours à l'université,
puis des cours avec l'Industrie à l'Alliance.
À moins qu'elle cachait
vraiment quelque chose du genre,
les cours, c'est un cover-up, elle va pas
vraiment. Je vois pas comment
elle pourrait être. En plus,
t'sais, parce que
le trafic sexuel, souvent,
ça commence. La porte d'entrée,
c'est souvent le striptease
ou des petits
emplois dans l'industrie du sexe comme ça.
Et tranquillement, on en vient à faire
des contrats d'escorte.
Je dis pas que c'est toujours comme ça,
mais c'est un peu le modus operandi habituel.
Et par manipulation
émotive, on arrive à avoir le contrôle
de la fille.
Et éventuellement vient le temps où
on est brûlé et il faut s'en débarrasser
à quelque part.
Donc, j'ai l'impression que
Marilyn avait tellement d'emplois du temps
que ça devait être dur pour elle
d'être dans le milieu
du sexe, on dirait. À moins qu'elle est
mentie tout ce temps-là.
Que le drame qu'elle parle, est-ce que ça pourrait être
arrivé dans ce contexte-là?
Peut-être aussi. Mais moi non plus,
c'est pas une voix que je prends
tant que ça dans les hypothèses de trafic sexuel.
Mais je pensais à ça.
Si elle n'avait pas l'argent pour prendre
l'amiGo express, elle a peut-être fait du pousse.
Puis elle est peut-être là aussi tombée
sur une mauvaise personne entre-temps.
Oui, ou elle a peut-être texté quelqu'un
ou des gens
des moins bonnes fréquentations.
Ça se peut ça aussi.
C'est plus vers ça que
je crois que
ça se dirige. Mais elle s'est peut-être
rendue à Montréal.
Parce que l'événement à Augsbury,
ça ressemble, je trouve, à du trafic
sexuel. Ça ressemble à quelqu'un,
l'individu plus jeune, qui l'amène
dans un petit village.
Moi, j'ai même une certaine époque,
je connais quelqu'un qui a été
chauffeur pour des strip-teasers
en région.
Dans des petits bars.
Les filles n'avaient pas tout le temps 18 ans.
C'était très louche.
C'était très limite
comme emploi.
C'est souvent ça.
C'est souvent dans les petites municipalités
que ça se passe. C'est les meilleurs endroits
pour disparaître. C'est moins surveillé.
Oui, c'est moins surveillé.
Il y a beaucoup moins d'éthique
dans les petits clubs de strip-teas.
Une plus grande présence du crime organisé.
L'événement à Augsbury
ressemble à ça.
C'est ce qui me fait plus pencher
en plus vers le trafic sexuel.
J'ai l'impression que s'il n'y avait pas eu cet événement-là,
je n'y croirais pas du tout au trafic sexuel.
Donc si vous avez de l'information,
cher Distordu, au sujet de Marilyn Bergeron,
quelque chose à partager,
vous pouvez rejoindre le service de police
de la ville de Québec. Ou encore,
vous pouvez vous rendre au www.
Trouvezmarylin.com
Marilyn, c'est M-A-R-I-L-Y-N.
Donc pas de E à Marilyn.
Il y a aussi un groupe Facebook
qui est Avez-vous déjà vu Marilyn Bergeron?
Que vous pouvez rejoindre
où je suis allé aujourd'hui encore
un peu d'activité.
Il y a quelqu'un de la famille
qui gère encore une fois cette page Facebook-là.
Donc si vous avez de l'information,
n'hésitez pas à contacter ces endroits-là.
Et c'est déjà tout
pour notre dernier épisode de la saison, Seb?
Oui, déjà un peu
avec pas une tristesse,
mais une petite nostalgie déjà
de pause d'enregistrement
pour quelques semaines.
Mais faites-vous-en pas, on a encore des choses
qui s'en viennent, il y a des bonus qui s'en viennent.
Et faites-vous en pas, vous allez entendre
parler de nous, c'est clair.
On veut vous remercier de votre support
pendant toute cette saison-là,
cher Distordu, de nous avoir écouté
sur toutes les plateformes, que ce soit
Apple Podcasts, Spotify,
Podcasts addicts ou encore YouTube.
Google Play. Oui, Google Play. Merci
de nous supporter sur toutes ces plateformes-là.
Merci de vos reviews,
5 étoiles. Vous savez
où nous trouver parce qu'on va être actifs
sur le réseau social, sur Instagram,
Distorsion Podcasts, Twitter,
Distorsion Pod, sur Facebook,
même chose, Distorsion Podcasts.
Vous pouvez rejoindre notre groupe de discussion privée
si vous n'avez pas l'air trop d'un tueur en série.
On risque de vous accepter.
Seb, est-ce que tu aurais
un mot de la fin pour ce dernier épisode?
Toutes nos pensées sont
avec les familles de Mélissa,
Marilyn et toutes les autres personnes
disparues au Québec et ailleurs.
On se revoit bientôt.
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