#54 - Disparitions Québécoises: Mélissa Blais et Marilyn Bergeron

Épisode

#54 - Disparitions Québécoises: Mélissa Blais et Marilyn Bergeron

Saison
4
Épisode
54
Durée
1 h 16 min
Format
Audio

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Suite au vote de la communauté, nous vous proposons cet épisode spécial dédié à deux disparitions québécoises mystérieuses toujours irrésolues: Mélissa Blais et Marilyn Bergeron. Disparue en 2017, Mélissa Blais a été vue pour la dernière fois à la sortie d’un bar de Louiseville, au Québec. Complètement volatilisée, sa voiture n’a elle non plus jamais été retrouvée. En février 2008, Marilyn Bergeron quitte la demeure de ses parents à Québec pour une marche un dimanche après-midi. Elle ne reviendra jamais. Des images de caméras de surveillance et des témoignages de proches laissent croire que les choses ne se sont pas déroulées comme prévue pour Marilyn, et qu’elle cachait un terrible secret.

Transcription de l’épisode

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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur...

[00:06]

On établit un poste de commandement sur l'avenue Saint-Laurent.

[00:08]

Il y a plusieurs enquêteurs qui sont présents, qui vont aller à la rencontre de personnes

[00:12]

pour obtenir des éléments supplémentaires par rapport à la dispersion de millisoblès.

[00:18]

Des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:49]

Malgré l'omniprésence des technologies, des gens se volatilisent encore sans laisser de traces.

[00:54]

C'est le cas des deux histoires d'aujourd'hui, qui ont toutes deux secoué le Québec au cours de la dernière décennie.

[01:01]

Nous allons discuter de millisoblès, disparus à la sortie d'un bar en 2017,

[01:05]

et de Marilyn Bergeron, qui n'est jamais revenue chez ses parents un dimanche de 2008.

[01:11]

C'est-on jamais? Peut-être que notre communauté de Distorsion pourra contribuer à faire avancer ces deux enquêtes.

[01:24]

Bonsoir Emile Gauthier, comment vas-tu?

[01:25]

Ça va très bien Seb, déjà le dernier épisode de notre saison 4.

[01:30]

C'est incroyable comment ça s'est allé vite.

[01:32]

C'est tellement, c'est fou comment le temps passe vite.

[01:34]

Il me semble qu'il n'y a pas si longtemps qu'on a enregistré la famille Chaffier.

[01:38]

J'ai l'impression que c'était hier.

[01:39]

Exactement, et on salue aussi nos nouveaux auditeurs,

[01:42]

parce qu'il y a beaucoup de nouveaux auditeurs qui rejoignent notre communauté,

[01:46]

que ce soit sur YouTube ou ailleurs, sur Spotify, sur Apple Podcasts.

[01:51]

On sent qu'il y a toujours des nouveaux distordus qui se joignent à nous.

[01:55]

Je sais qu'on a eu le commentaire deux, trois fois de gens qui nous disaient,

[01:59]

votre saison est déjà finie, vous avez fait trois épisodes depuis janvier.

[02:04]

C'est qu'en fait, rapidement pour les nouveaux, Distorsion c'est des saisons de 12 épisodes.

[02:10]

Dans ce cas-ci, on a commencé en octobre.

[02:12]

Ça fait depuis octobre qu'on roule, c'est juste qu'on a débordé sur 2019.

[02:18]

Entre autres, étant donné qu'on sort un livre, on a dû travailler un petit peu là-dessus.

[02:23]

On a débordé un peu. C'est maintenant que ça s'achève,

[02:27]

mais ça fait déjà 12 épisodes qu'on a fait cette saison aussi.

[02:30]

Oui, on maintient la même cadence que d'habitude.

[02:33]

Et quelques bonus, évidemment.

[02:35]

On va revenir certainement à l'automne prochain.

[02:40]

En septembre, c'est sûr qu'on revient pour une vraie saison de Distorsion.

[02:45]

D'ici là, vous le savez, on sort un livre, on va travailler un peu là-dessus.

[02:51]

Et puis, on va aussi prendre du temps pour rejoindre nos familles et nos amis,

[02:55]

parce qu'une saison de Distorsion, c'est quand même intense.

[02:58]

Oui, c'est du sept jours sur sept de travail.

[03:01]

Donc, on a quand même besoin de prendre du recul aussi pour mieux faire avancer les choses.

[03:06]

Parce qu'évidemment, on a des emplois à moins, Seb.

[03:08]

Donc, on fait Distorsion sur le site, évidemment, dans nos temps libres.

[03:12]

Et parlant du livre, mon cher Seb, on a des nouvelles informations, entre autres.

[03:17]

Donc, le livre de Distorsion 13 histoires de l'ère numérique illustré par RUN

[03:21]

sera disponible 20 février au Québec et le 2 mai en Europe.

[03:26]

Donc, vraiment disponible partout.

[03:28]

Par contre, maintenant, au moment où vous nous écoutez,

[03:31]

il est possible de précommander le livre.

[03:34]

Et où est-ce que ça se fait? On le fait sur le site leslibraires.ca.

[03:38]

Donc, c'est vraiment un site web avec énormément de livres et tout ça.

[03:42]

Et puis, vous pouvez précommander dès maintenant le livre de Distorsion

[03:45]

pour l'avoir le plus près possible dans la sortie.

[03:48]

Et puis, pourquoi leslibraires.ca?

[03:50]

C'est parce que c'est une organisation indépendante de libraires, en fait.

[03:54]

On pourrait vous envoyer sur plein d'autres grands sites et tout ça.

[03:58]

Mais, vous savez, à Distorsion, on aime les micro brasseries.

[04:01]

On est une production indépendante.

[04:03]

Donc, pourquoi pas encourager les libraires indépendants?

[04:06]

Exact.

[04:07]

Et c'est avec eux qu'on peut précommander le livre.

[04:10]

Donc, c'est sûr qu'on va mettre un lien sur notre site web.

[04:11]

Sinon, c'est leslibraires.ca.

[04:14]

Oui, vous pouvez chercher le livre Distorsion.

[04:16]

Vous allez le trouver et vous pouvez le précommander assez facile.

[04:19]

Et vous allez l'avoir à la date de sortie, le 20 février.

[04:22]

Oui, exactement.

[04:24]

Le sujet de ce soir, Seb, en fait, c'est pas une surprise pour personne.

[04:27]

Parce qu'on avait demandé sur le groupe Facebook,

[04:29]

on avait fait un sondage et on vous avait fait décider

[04:32]

du sujet de notre épisode de ce soir.

[04:34]

Et vous avez été en grand nombre, vous avez voté pour Mélissa Blais.

[04:39]

Donc, vraiment, nous, c'est une histoire qu'on suit depuis longtemps,

[04:41]

qui est quand même une histoire de disparition récente.

[04:44]

Donc, on a pas non plus une tonne d'informations,

[04:47]

mais on va discuter de ce qu'on sait, de nos hypothèses,

[04:51]

de l'info qui est diffusée, puis aussi de savoir

[04:53]

comment on peut contribuer peut-être même à cette enquête-là.

[04:57]

Absolument.

[04:58]

Et puis aussi, on s'est dit, pourquoi pas joindre une autre histoire

[05:01]

de disparition qui est toujours irrésolue au Québec,

[05:03]

celle de Marilyn Bergeron, celle-là depuis 10 ans environ.

[05:07]

Donc, ça fait longtemps, on s'est dit que pourquoi pas un peu

[05:13]

apporter, nous, à distorsion, faisons-le, pour aider

[05:16]

des deux causes locales.

[05:18]

Ces deux causes qui ont des liens avec l'ère du numérique.

[05:21]

Absolument.

[05:21]

Ces deux causes qui sont extrêmement mystérieuses, vraiment.

[05:25]

C'est des histoires très, très bluffantes.

[05:28]

Moi, je suis confus à chaque fois.

[05:30]

C'est aussi mystérieux que des cas plus connus

[05:33]

comme Maura Murray ou Emma Philippoff.

[05:34]

Exactement.

[05:35]

Et puis, pour nous, c'est important de traiter

[05:36]

d'histoires locales aussi, étant donné qu'on sait pas

[05:40]

peut-être qu'il y a quelqu'un parmi nos auditeurs

[05:43]

qui peut aider à faire progresser l'enquête.

[05:45]

On sait jamais.

[05:46]

Bien oui, on sait pas. Vous allez voir.

[05:48]

On va tous vous donner les coordonnées, en fait,

[05:51]

même pour pouvoir faire avancer ces enquêtes-là au besoin.

[05:54]

Puis si même il y a des gens, des familles

[05:56]

ou des proches de Marilyn et de Melissa qui veulent

[05:59]

nous rejoindre éventuellement pour faire même

[06:02]

une interview ou un mini-dito, quelque chose,

[06:05]

bien, faites-le, ça va nous faire plaisir de vous parler.

[06:08]

Et puis, on peut faire du contenu supplémentaire

[06:10]

pour aider à faire avancer le dossier,

[06:13]

du moins si ça peut aider.

[06:15]

Absolument.

[06:16]

Et pour notre dernier épisode de la saison, mon cher Emile,

[06:19]

il nous faut toujours une bonne petite bière

[06:21]

pour accompagner le tout.

[06:23]

Qu'est-ce qu'on boit ce soir?

[06:24]

On boit la rousse.

[06:25]

On boit une rousse, en fait, une aile rousse

[06:27]

de la microbrancerie L'Hermite de Victoriaville.

[06:31]

Tu sais qu'ils clament qu'ils ont peut-être

[06:33]

même inventé la poutine en Victoriaville.

[06:34]

Ah oui, bien oui, absolument.

[06:36]

Tu vas partir le débat, là.

[06:37]

Oui, un grand débat au Québec à ce propos-là.

[06:40]

Donc, c'est une rousse à 5 % d'alcool.

[06:42]

Je dirais que c'est un goût quand même assez prononcé.

[06:45]

On sent et on goûte un peu le scotch,

[06:48]

ou du moins le caramel en bouche.

[06:50]

Donc, une bière quand même très, très, très goûteuse.

[06:54]

On a l'impression qu'elle fait plus que 5 % d'alcool,

[06:57]

mais non, donc quand même assez légère de ce côté-là.

[07:01]

Et de qui nous vient cette bière, Seb?

[07:04]

La bière de la semaine, elle nous vient de Nelly,

[07:06]

qui nous a offert une tournée de bière

[07:08]

via notre site distorsionpodcast.com.

[07:11]

Si vous voulez faire comme Nelly,

[07:12]

il nous offrit une bière,

[07:15]

on vous invite à aller sur distorsionpodcast.com.

[07:17]

L'onglet Tournée de bière,

[07:18]

il vous fait nous faire un don via PayPal.

[07:21]

Et après ça, on achète de la bonne bière

[07:23]

et on met ça dans le fridge.

[07:25]

Ça encourage le show.

[07:26]

Yes.

[07:27]

Faut pas oublier non plus que nos bières

[07:28]

nous proviennent du Biérologue,

[07:31]

qui est le meilleur boutique de bière au monde,

[07:33]

à Montréal.

[07:34]

Oui.

[07:34]

Dans Hochelac, bien sûr.

[07:36]

Tout près du marché Maisonneuve.

[07:38]

Sincèrement, vous n'allez pas être déçus

[07:39]

si vous n'êtes jamais allé.

[07:40]

Ils ont du vin québécois,

[07:42]

ils ont des sauces piquantes,

[07:44]

j'ai même vu,

[07:45]

ils ont des savons plus organiques et tout ça.

[07:48]

Il y a même du savon à la bière,

[07:49]

au bacon ou des choses comme ça.

[07:51]

Donc ils ont vraiment une gamme de produits locaux

[07:54]

qui sont vraiment intéressants généralement.

[07:55]

C'est tous des produits qui sont faits

[07:57]

souvent à Montréal et au Québec.

[07:59]

Tu pourrais passer une année entière

[08:00]

à ne vivre que des produits dans le Biérologue.

[08:03]

Oui, c'est vrai.

[08:04]

On a aussi un shout-out à donner à Esterel375

[08:08]

sur Apple Podcasts,

[08:10]

qui nous donne une review 5 étoiles.

[08:12]

Elle nous dit « Excellent plaisir coupable ! »

[08:14]

À chaque nouvel épisode, mon chum et moi

[08:17]

fermons les lumières dans notre salon

[08:19]

et nous l'écoutons avec plaisir et curiosité.

[08:22]

Merci pour cet excellent podcast.

[08:24]

Merci à toi, Esterel.

[08:26]

On ne sait pas, peut-être qu'un jour,

[08:27]

il y a un enfant qui va être conçu

[08:29]

en écoutant Distortion.

[08:30]

Sur nos belles voix.

[08:31]

On a tout dit, Seb,

[08:32]

est-ce qu'on est prêt à se lancer

[08:34]

dans ces deux histoires de disparition

[08:36]

qui ont secoué le Québec ?

[08:38]

Oui, monsieur.

[08:40]

C'est parti.

[08:41]

Yeah !

[08:43]

Mélie Sablay est disparue il y a un peu plus

[08:45]

d'un an au Québec

[08:46]

et depuis, aucune trace d'elle.

[08:48]

Nous sommes le 1er novembre 2017

[08:50]

en début de soirée à Yamachiche,

[08:52]

une petite municipalité d'environ 3000 résidents

[08:55]

qui est située en Mauricie, au Québec.

[08:58]

Mélie Sablay, qui est âgée de 34 ans,

[09:00]

vient d'emménager depuis cet été

[09:02]

avec ses deux enfants de 9 et 16 ans

[09:05]

dans la maison de son conjoint François Venne.

[09:08]

En couple depuis 4 ans,

[09:10]

ils ont décidé finalement d'habiter ensemble,

[09:13]

pour que tout le monde se sente chez soi

[09:14]

et planifie même plusieurs travaux de rénovation

[09:16]

pour accueillir tous les nouveaux membres de la famille.

[09:19]

Mélissa a donc quitté sa ville natale, Louisville,

[09:22]

qui est la ville voisine de Yamachiche.

[09:24]

Ce soir-là, Mélissa et François

[09:26]

se disputent assez sévèrement.

[09:28]

Pour éviter que ça escalade encore plus,

[09:30]

elle décide de se changer les idées

[09:32]

et d'aller rejoindre des amis au bar La Terrace à Louisville

[09:36]

pour aller jouer au poker avec eux.

[09:39]

Elle aimait bien jouer au poker.

[09:41]

Elle quitte son domicile alors à 19h

[09:43]

et arrive au bar vers 19h30.

[09:46]

Elle joue plusieurs parties en buvant quelques bières.

[09:49]

Soir de chance pour Mélissa,

[09:50]

elle y remporte une centaine de dollars.

[09:53]

Vers 20h30, elle texte François, son conjoint,

[09:57]

en lui disant qu'elle regrette leur dispute.

[09:59]

La soirée avance et vers 22h30,

[10:02]

elle décide ensuite de se rendre au bar La Brassette Lamy,

[10:06]

qui, lui, est à deux minutes de voiture

[10:08]

du bar La Terrace où elle était,

[10:09]

soit environ 600 mètres.

[10:11]

Sur place, elle s'est commandée un verre et deux shooters

[10:15]

et a jasé un peu de ses déboires amoureux

[10:17]

avec quelques autres clients dans la place,

[10:20]

dont son ami, qui était là par hasard, Kevin Bélanger.

[10:23]

Louisville, en fait, c'est un petit village, Seb,

[10:26]

si je comprends bien.

[10:27]

C'est vraiment, à peu près,

[10:28]

tout est situé sur une même rue principale.

[10:30]

Oui, exactement. C'est la rue Saint-Laurent.

[10:33]

Exact. Et c'est environ 7000 habitants.

[10:36]

Donc c'est quand même assez petit.

[10:38]

Et on peut faire à peu près tous les commerces

[10:40]

et tous les petits bars de la même rue à pied.

[10:44]

Oui, oui, à peu près. C'est vraiment pas loin.

[10:46]

Ça se situe tout à quelques minutes, exactement.

[10:51]

Vers 23h45, elle envoie un autre texto à François,

[10:54]

lui disant qu'elle va aller se calmer avant de rentrer.

[10:58]

Ça, c'est un peu drôle, mais c'est vraiment

[11:00]

le mot qu'elle a utilisé, c'est se calmer

[11:02]

au lieu de dessouler ou quoi que ce soit.

[11:05]

Cinq minutes plus tard, elle se dirige avec son ami,

[11:07]

Kevin, celui qu'elle avait rencontré à l'autre bar,

[11:11]

à pied vers le bar Les Deux D,

[11:13]

qui lui est situé à moins de 100 m de où elle se trouve.

[11:16]

Un peu comme tu dis, là,

[11:17]

toutes les bars sont un à côté de l'autre.

[11:20]

Kevin, quant à lui, quitte le bar à peine 30 minutes après.

[11:22]

L'atmosphère étant à la fête, Mélissa décide de rester.

[11:26]

Il n'y a que trois personnes dans le bar

[11:28]

lors de son départ en plus de Mélissa.

[11:31]

La barmaid, le propriétaire et un client.

[11:34]

Et sauf la barmaid, les shooters se buvaient à un bon rythme.

[11:38]

À 1h05, Mélissa, qui est un peu éméchée,

[11:41]

poste un drôle de status Facebook un peu incohérent.

[11:44]

Tout le monde a des amis, elle a vie et guimauve.

[11:48]

Super ça. Je peux avoir la recette?

[11:50]

Avec plein de points d'interrogation.

[11:53]

Oui, c'est un peu une phrase qu'on va vouloir redire.

[11:56]

En fait, elle poste sur Facebook,

[11:58]

on voit carrément le screenshot à 1h05 du matin

[12:02]

à Louisville, bien précisément.

[12:05]

Le 2 novembre, c'est tout le monde a des amis,

[12:08]

bon ça on comprend bien ça,

[12:10]

est, la vie, guimauve.

[12:12]

Donc, je présume que c'était est, la vie,

[12:16]

c'est du guimauve, un peu dans ce sens-là.

[12:18]

Oui, oui, oui.

[12:18]

Et là, elle dit, sur une autre ligne, elle dit, super ça.

[12:22]

Et là, sur une autre ligne, elle dit, je peux avoir la recette?

[12:26]

Et là, on voit qu'il y a des réactions,

[12:28]

il y a des gens qui pleurent,

[12:29]

il y a des gens qui ont fait des pouces en l'air,

[12:31]

il y a des gens qui rient.

[12:32]

C'est bizarrement écrit.

[12:33]

J'imagine qu'elle a dû écrire ça sur son cellulaire

[12:36]

sans trop vérifier l'orthographe.

[12:38]

Mais moi, je perçois ça un peu comme, justement,

[12:40]

tout le monde a des amis et la vie, c'est du guimauve.

[12:44]

Super ça. Est-ce que je peux avoir la recette?

[12:46]

Donc, elle semblait peut-être un déprimé.

[12:49]

Ah, ben oui, c'est sûr.

[12:49]

Quand tu demandes la recette de quelque chose,

[12:51]

c'est que tu veux savoir comment faire quelque chose

[12:54]

pour l'avoir toi aussi.

[12:56]

Oui.

[12:56]

Donc, c'est certain qu'il y avait du mécontentement

[13:00]

dans son statut.

[13:02]

Mais j'ai de la misère à comprendre la vie guimauve.

[13:04]

C'est pas une expression que j'ai utilisé

[13:09]

ou que j'ai même entendu.

[13:11]

Ben, il faudrait voir.

[13:12]

Il y a peut-être des gens qui utilisent ça ailleurs,

[13:16]

dans d'autres régions.

[13:17]

La vie, c'est de la guimauve

[13:19]

ou un peu une façon de dire tout est rose.

[13:22]

Oui, ben oui, effectivement.

[13:22]

C'est un peu comme ça que j'interprète ça.

[13:24]

C'est moelleux, c'est soft.

[13:25]

Oui, exactement.

[13:26]

Oui, la vie est douce.

[13:27]

Non, c'est certain qu'il y avait quelque chose comme ça.

[13:29]

Fait que oui, effectivement, son statut,

[13:33]

pas mélancolique, mais il y a quelque chose qui va pas bien.

[13:36]

Vers 1h50 du matin, Daniel Dubot,

[13:39]

le propriétaire des 2D,

[13:42]

propose à Mélissa d'aller la reconduire,

[13:44]

car elle n'est pas en état de conduire sa voiture.

[13:47]

Elle décline son offre à deux reprises

[13:50]

en lui disant qu'elle était correcte pour conduire.

[13:53]

Oui, elle utilisait vraiment ce mot-là, en fait,

[13:55]

selon le témoignage.

[13:56]

C'était que je suis correct, je suis correct.

[13:58]

Elle lui disait toujours ça.

[14:00]

20 minutes plus tard, vers 2h10,

[14:03]

Mélissa quitte le bar, les 2D, à son tour.

[14:06]

Elle n'a jamais été revue depuis.

[14:08]

Une caméra de surveillance a capté en partie le départ de sa voiture,

[14:13]

mais il est impossible de savoir s'il était seul

[14:15]

ou même si c'était elle qui était au volant.

[14:17]

Et c'est vrai, pour avoir vu la caméra de surveillance,

[14:19]

la vidéo aussi, on voit le nez de la voiture,

[14:23]

mais on n'en voit pas plus.

[14:24]

Mais c'est normal en même temps,

[14:25]

parce que le bar voulait vraiment filmer la porte d'entrée,

[14:28]

donc c'est pas une caméra qui est à l'extérieur,

[14:30]

qui filme la rue.

[14:31]

Non, exactement.

[14:32]

Puis l'étendue, le wide, la largeur est pas fait pour ça.

[14:36]

Non, c'est ça, exactement.

[14:37]

Quelques minutes plus tard, le signal de son téléphone cellulaire

[14:41]

a cessé d'émettre précisément dans la région de Louisville.

[14:45]

C'est la coordonnée la plus précise qu'ils ont été en mesure d'avoir.

[14:49]

Donc vraiment, c'est particulier que le téléphone cesse d'émettre.

[14:53]

Oui, quelques minutes après sa sortie du bar, qu'on n'a pas de trace.

[14:57]

Pourquoi?

[14:59]

Puis justement, les autorités disaient que souvent,

[15:01]

on est capable quand même d'avoir des coordonnées quand même assez précises.

[15:05]

Généralement, mais c'est que dans ce cas-ci,

[15:08]

la coordonnée la plus proche, c'était seulement le secteur de Louisville,

[15:11]

ce qui complique un peu les choses.

[15:13]

Il y avait de la misère à repérer à quel moment.

[15:16]

Mais avec l'heure d'arrêt d'émission du signal,

[15:19]

c'est vraiment une ou deux minutes après son départ.

[15:21]

Oui, ce qui est quand même très étrange.

[15:22]

Il y a eu vraiment quelque chose qui s'est passé après ces deux minutes-là.

[15:26]

Donc, que s'est-il passé en fait?

[15:28]

Qui conduisait la voiture?

[15:29]

Est-elle accompagnée?

[15:31]

A-t-elle été piégée?

[15:32]

Ou a-t-elle voulu disparaître volontairement?

[15:35]

C'est tous des questions qu'on se pose après cette fameuse journée-là.

[15:38]

Mais sa voiture, une Toyota Corolla 2011 de couleur noire,

[15:42]

n'a jamais été retrouvée.

[15:44]

Et même chose pour ses effets personnels,

[15:47]

dont son téléphone intelligent.

[15:49]

Ça, c'est particulier parce que la voiture est disparue en plus.

[15:54]

Donc, c'est vraiment quelque chose qui était peut-être même organisé.

[15:58]

Oui, parce que ce n'est pas si simple que ça de faire disparaître une voiture.

[16:02]

Je sais que quand on vole des voitures, les réseaux organisés disent qu'en quelques heures,

[16:06]

ta voiture n'est même plus.

[16:07]

Par exemple, à Montréal ou des choses comme ça,

[16:09]

dans des contextes de vol de voiture,

[16:11]

mais dans des contextes d'enlèvement d'individus,

[16:14]

généralement, il me semble que la voiture,

[16:15]

on finit toujours par la retrouver à quelque part.

[16:18]

Et dans ce cas-ci, aucune trace.

[16:20]

Vers trois heures du matin,

[16:22]

François, son conjoint, constate qu'elle n'est toujours pas entrée.

[16:25]

Mais il se rend d'or sans inquiétude.

[16:27]

À son réveil vers 6 heures, Mélissa n'est toujours pas entrée.

[16:31]

Sur le coup, il croit qu'elle est allée dormir chez sa mère à Louisville.

[16:35]

C'est qui lui arrivait à l'occasion,

[16:37]

lors de soirées trop arrosées,

[16:38]

qu'elle n'avait pas l'habitude de conduire en état d'évriété.

[16:41]

C'est bon à savoir.

[16:42]

Oui, puis même tous les membres de sa famille,

[16:45]

dans des témoignages, disaient que jamais elle conduit chaude,

[16:49]

comme on dit.

[16:50]

Ce n'était pas en elle, ce n'était pas dans ses habitudes,

[16:52]

même quand elle était très, très avancée.

[16:55]

Je vous rappelle que nous sommes maintenant le 2 novembre.

[16:58]

Inquiète à avoir aucune nouvelle et que son téléphone soit fermé,

[17:02]

François contacte plusieurs proches de Mélissa,

[17:04]

et malheureusement, personne ne l'a vu ou n'a eu de ces nouvelles.

[17:08]

Vers 16 heures, il décide donc de contacter les autorités

[17:11]

pour signaler la disparition de Mélissa.

[17:14]

La Sûreté du Québec ouvre alors immédiatement une enquête.

[17:17]

Il commence par faire le tour des trois établissements

[17:19]

où Mélissa a passé sa dernière soirée

[17:22]

et interroger les membres du personnel, les propriétaires et les clients.

[17:26]

De plus, il distribue également des avis de recherche dans le coin,

[17:30]

mais personne n'a vu Mélissa après 2 heures 10 du matin.

[17:33]

Même si la rue où elle se trouvait était commerciale,

[17:36]

aucune caméra de surveillance n'a capté ses déplacements,

[17:38]

même dans les commerces voisins.

[17:40]

Ça aussi, ce n'est pas que c'est étrange, mais c'est dommage, en fait,

[17:45]

qu'avec ça, ils n'ont pas eu de traces.

[17:47]

Je me rappelle les images qu'on voyait au Téléjournal à l'époque,

[17:51]

mais ça ne va pas si longtemps, en 2017,

[17:53]

mais vraiment, les policiers se sont installés sur la rue principale

[17:56]

et ils passaient des affiches, des flyers à tout le monde.

[17:59]

Ils arrêtaient vraiment tout le monde.

[18:01]

Très rapidement, quand même, ils ont mis les choses en place

[18:04]

et ils ont fait passer le mot.

[18:06]

Oui, vraiment, la journée-même.

[18:08]

Dans ce cas-ci, on ne peut pas reprocher aux autorités

[18:10]

d'avoir fait du laxisme et tout ça.

[18:14]

Dès que François a appelé, ils ont tout de suite lancé l'enquête,

[18:17]

ce qui est quand même bien.

[18:18]

Les voies de circulation et les cours d'eau du secteur de Louisville,

[18:22]

Yamachish et de Masquinongé sont aussi passées au pain de faim,

[18:26]

autant au sol que par hélicoptère dans les jours et les semaines qui suivent.

[18:30]

Je vous rappelle qu'on est au début novembre, donc l'hiver approche.

[18:33]

Ils doivent se dépêcher avant la tombée des premières neiges en région.

[18:38]

Dès le début décembre, il y a déjà de la neige.

[18:40]

Comme vous vous en doutez, ça peut couvrir des traces ou des indices.

[18:43]

Des choses comme ça, ça complique la recherche.

[18:45]

Absolument.

[18:46]

La SQ, la Sûreté du Québec, a même vérifié les descentes

[18:49]

du bateau du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre,

[18:52]

car les proches de Mélissa craignent qu'il y aurait une personne

[18:55]

mal intentionnée qui aurait pu les utiliser pour envoyer

[18:59]

le véhicule au fond de l'eau.

[19:01]

Finalement, ils n'ont rien trouvé.

[19:04]

Cependant, malgré de nombreux efforts,

[19:07]

personne n'a rien trouvé, aucun indice, aucune trace, rien.

[19:11]

Elle est complètement disparue de la nature.

[19:13]

Les recherches font place à l'hiver qui s'installe,

[19:16]

donc tout a été arrêté.

[19:17]

J'ai écouté des témoignages, la famille était complètement épuisée

[19:20]

parce qu'eux, ils n'ont cherché pas 24 heures sur 24,

[19:23]

mais presque, son frère, sa soeur, son conjoint.

[19:26]

Tout le monde s'était mis de la partie pour ça.

[19:30]

Aucune trace.

[19:32]

Louisville-Yamachist-Maskinongé, c'est quand même un bon rayon

[19:37]

autour de l'endroit où elle aurait pu disparaître.

[19:39]

Rien, rien du tout.

[19:41]

C'est quand même une région où c'est sans doute possible

[19:43]

pour des gens qui connaissent bien les trails et les sentiers

[19:48]

dans des régions comme ça.

[19:50]

Quelqu'un qui connaît bien le bois et la forêt

[19:52]

peut quand même facilement dissimuler une voiture

[19:56]

ou un corps ou quelque chose comme ça.

[19:59]

Mais c'est clair qu'au niveau des routes puis des voies publiques

[20:03]

et tout ça, c'est quand même assez simple

[20:04]

de faire une recherche dans ces secteurs-là.

[20:06]

Oui, non, c'est clair.

[20:07]

Puis les autorités, justement, à ce moment-là,

[20:08]

ils demandaient aux chasseurs parce que c'était encore

[20:10]

le temps de la chasse ou à toute personne qui a des grands terrains

[20:13]

parce que c'est un endroit, on le sait,

[20:15]

les gens ont des très grands terrains,

[20:17]

de surveiller tous les racoins, les choses comme ça

[20:19]

pour être sûr qu'il n'y a pas une trace

[20:20]

ou justement quelqu'un n'aurait pas pu laisser la voiture-là.

[20:24]

Rien du tout.

[20:24]

Le mystère plane et bien sûr plusieurs hypothèses font surface.

[20:29]

Premièrement, son conjoint François Vannes

[20:31]

est un des premiers suspectés par les autorités.

[20:33]

Évidemment, souvent les conjoints,

[20:35]

c'est les premiers qui sont dans la ligne de mire.

[20:37]

Le propriétaire, Daniel Dubot, du bar Les 2D,

[20:41]

qui est une des dernières personnes à l'avoir vu,

[20:43]

est aussi une personne d'intérêt.

[20:45]

Cependant, les deux ont accepté de passer un polygraph

[20:48]

et tous les deux ont été blanchis par le polygraph.

[20:52]

Le dernier témoin lui avoir parlé,

[20:54]

c'est-à-dire le dernier client du bar,

[20:56]

a également été suspecté,

[20:58]

mais blanchi lui aussi car il avait un solide alibi

[21:01]

via un chauffeur de taxi et une vidéo de surveillance qu'il l'a capté.

[21:05]

Oui, c'est vraiment étrange.

[21:08]

En plus, il n'était pas très collaboratif,

[21:10]

même par rapport aux journalistes clients-là.

[21:12]

Il avait le visage brouillé.

[21:15]

Il mentionnait qu'il était tanné de se faire interroger et d'en parler.

[21:18]

Je pense que lui s'est peut-être juste retrouvé au mauvais endroit,

[21:22]

au mauvais moment en étant le dernier client du bar,

[21:24]

malheureusement, où une femme a disparu.

[21:27]

Un truc étrange cependant,

[21:30]

le système de caméra de surveillance du bar

[21:32]

a eu des ratés ce soir-là

[21:34]

et aucune image n'a été captée

[21:36]

ou du moins conservée dans le bar.

[21:38]

Oui, dans le bar.

[21:39]

Mais ça, je peux comprendre un peu,

[21:41]

parce qu'il y a beaucoup de systèmes de surveillance.

[21:43]

Bon, je ne suis pas allé au 2D,

[21:45]

malheureusement ni à l'autre bar,

[21:47]

mais il y a plusieurs endroits

[21:49]

qui ont des systèmes de surveillance depuis plusieurs années

[21:51]

qui ne font pas vraiment la maintenance.

[21:53]

Des situations où tu as vraiment envie

[21:56]

de regarder des heures de vidéos de surveillance,

[21:59]

il n'y en a pas tant que ça,

[22:00]

à moins que ton bar soit vraiment...

[22:02]

qu'il y ait des problèmes de vente de drogue à l'intérieur

[22:04]

ou qu'il y ait des choses louches qui se passent.

[22:08]

Souvent, les systèmes de vidéos de surveillance

[22:10]

on l'a vu dans des cas de...

[22:12]

même d'hôtels, de grands hôtels,

[22:15]

où vraiment même les vidéos ne fonctionnent pas.

[22:17]

Donc, j'ai l'impression qu'il y a une certaine lacune à ce moment-là

[22:20]

puis les propriétaires de bar

[22:22]

ne sont pas tout le temps outillés

[22:25]

pour réparer ces systèmes-là

[22:27]

ou aller fouiller dans les ordinateurs,

[22:29]

mettre les systèmes à jour.

[22:30]

Ça coûte cher aussi, ça ne sert de rien.

[22:32]

Ça coûte quand même cher ces systèmes-là.

[22:33]

C'est certain que si ça ne fonctionne pas parfaitement,

[22:37]

ça ne sera pas ta priorité.

[22:38]

Comme tu dis, généralement, ils n'ont pas de problème.

[22:40]

Ça sert surtout à se protéger en cas de problème.

[22:43]

Ben oui, exactement.

[22:45]

Oui, tu as tout à fait raison.

[22:46]

Puis dans ce cas-ci, on a tendance à croire

[22:49]

que c'est une coïncidence

[22:50]

la journée que Mélissa Blais disparait.

[22:52]

En fait, le système n'a pas fonctionné,

[22:54]

mais c'est curieux de savoir, une journée random,

[22:57]

on prend le mercredi à deux heures de l'après-midi,

[22:59]

peut-être que le système serait buggé aussi.

[23:02]

Ah non, c'est clair.

[23:03]

J'ai vu les caméras,

[23:04]

les caméras et l'ordinateur,

[23:06]

c'était très poussiéreux et très...

[23:08]

Tu vois, ça fait longtemps qu'ils étaient entassés là

[23:11]

et qu'ils n'avaient pas touché.

[23:12]

Ben oui.

[23:14]

Le 27 juin 2018, beaucoup plus tard,

[23:17]

de nouvelles fouilles sont entamées

[23:19]

pour retrouver Mélissa.

[23:20]

Donc là, on est l'été, la neige.

[23:22]

Théoriquement, le 27 juin, il n'y a plus de neige au Québec.

[23:24]

Les policiers sont aussi à la recherche

[23:26]

de son téléphone cellulaire.

[23:28]

Ils le décrivent comme étant de couleur foncée

[23:30]

et que son étui est aussi de couleur foncée.

[23:33]

Cependant, la sœur de Mélissa

[23:34]

précise qu'il est plutôt bleu pale

[23:36]

via la page Facebook.

[23:38]

Malgré les recherches supplémentaires,

[23:40]

ils sont toujours sans nouvelles plusieurs mois

[23:42]

après sa disparition.

[23:43]

Pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se produire

[23:46]

en fait, parce qu'il n'y a pas beaucoup

[23:48]

de traces ou de batailles

[23:50]

ou quoi que ce soit, on a tenté de reculer

[23:52]

un peu dans le passé.

[23:54]

Premièrement, son conjoint, François,

[23:56]

a mentionné que les semaines précédentes

[23:57]

à sa disparition, il y avait quand même

[23:59]

quelques tensions dans le couple,

[24:01]

mais rien de dramatique. Comme à peu près

[24:03]

tous les couples, il y a des hauts et des bas.

[24:05]

Cependant, lui, il explique un peu ses sauts

[24:07]

d'humeur par le fait qu'elle a arrêté

[24:09]

de fumer il y a quelques semaines

[24:11]

avant sa disparition.

[24:13]

Ça, c'est certain pour les gens

[24:14]

qui ont dû arrêter de fumer.

[24:16]

J'ai jamais arrêté de fumer, mais j'en connais.

[24:18]

C'est vrai que c'est très difficile.

[24:20]

Plus irritable. Oui, exactement.

[24:22]

Depuis, elle s'est cassé le bras.

[24:24]

Du moins, elle s'est blessé le bras

[24:26]

quelques semaines aussi avant.

[24:27]

Elle est en arrêt de travail.

[24:29]

Elle, c'était une femme énergique,

[24:31]

dynamique et tout ça. J'ai l'impression

[24:33]

que le mélange entre le fait

[24:36]

d'être resté à la maison en plus

[24:37]

de ne pas pouvoir fumer, c'est certain

[24:39]

que son humeur devait être assez

[24:42]

désagréable.

[24:44]

Cependant, est-ce que

[24:46]

ça pourrait être à cause de ça?

[24:49]

Est-ce qu'elle en avait assez

[24:50]

ou qu'elle aurait quitté le nid familial

[24:52]

pour les tensions

[24:54]

les dernières semaines?

[24:56]

Je ne pense pas.

[24:57]

Elle venait d'emménager avec ses enfants.

[24:59]

Elle avait besoin de stabilité et tout ça.

[25:02]

Cet élément-là,

[25:04]

du fait qu'il était

[25:06]

les semaines avant

[25:08]

en conflit, je ne crois pas

[25:10]

que ça explique vraiment sa disparition.

[25:13]

Autre chose assez étrange,

[25:14]

48 heures avant sa disparition,

[25:17]

elle publie un post

[25:18]

étrange aussi sur Facebook,

[25:20]

qui était le 31 octobre.

[25:23]

Alors qu'elle indique

[25:24]

qu'elle est en train de regarder l'émission

[25:25]

Saison meurtrière.

[25:28]

Elle écrit, il y en a qui peuvent aller voir

[25:30]

où? Trois petits points.

[25:32]

C'est mon tour bientôt.

[25:35]

Série meurtrière, c'est une série

[25:36]

qui est traduite au Québec, qui est de killing season

[25:38]

en fait. Cette série-là,

[25:40]

je ne la connaissais pas, honnêtement.

[25:42]

Ça suit des documentaristes

[25:43]

qui tentent d'enquêter sur

[25:45]

un vrai tueur en série qui s'appelle

[25:47]

le tueur de Long Island.

[25:49]

C'est une série documentaire

[25:51]

là-dessus. Mais je dois vous avouer

[25:53]

que le post, il me perturbe

[25:56]

un peu, comme si c'était une annonce

[25:57]

de suicide ou de disparition.

[26:00]

C'est lui, j'avoue,

[26:01]

qui me soulève

[26:03]

un certain doute.

[26:05]

Moi, j'ai de la misère à comprendre.

[26:07]

On va vous le relire.

[26:09]

En fait, il y en a

[26:10]

qui peuvent aller voir où?

[26:13]

Ou dans le sens un endroit

[26:14]

où avec un accent sur le U.

[26:17]

Il y en a

[26:18]

qui peuvent aller voir

[26:20]

où? Trois petits points.

[26:22]

Et là, elle dit c'est mon tour bientôt.

[26:25]

Mais je ne comprends pas trop.

[26:26]

Il y en a qui peuvent aller voir

[26:28]

où? Est-ce que c'est un peu comme dire

[26:30]

il y en a qui peuvent aller se faire foutre?

[26:32]

Ou voir où je me trouve?

[26:34]

Oui, exactement. Ils peuvent aller voir

[26:36]

où je suis. C'est une expression

[26:38]

un peu...

[26:39]

Pour envoyer perdre quelqu'un.

[26:41]

Oui, c'est ça, exactement.

[26:43]

C'est un peu comme ça que je l'interprète.

[26:45]

Ça semble vivre

[26:47]

peut-être une frustration.

[26:49]

Et c'est mon tour bientôt.

[26:51]

Ça, c'est clair que c'est un peu étrange.

[26:53]

Oui, ça annonce quelque chose, du moins.

[26:56]

Mais encore là, comme je dis,

[26:57]

elle était dans sa période un peu

[26:59]

creuse. Parce que même

[27:01]

pour vous expliquer,

[27:02]

avant

[27:04]

de se blesser aux bras, elle travaillait

[27:06]

dans un bar à Louisville.

[27:08]

Mais juste avant, un an avant,

[27:10]

elle avait pris son cours pour être

[27:12]

courtière immobilière en 2016

[27:14]

et elle avait commencé son examen.

[27:16]

Elle avait passé son examen et elle s'était mise

[27:18]

à travailler pour Royal Lepage.

[27:20]

Mais le secteur de l'immobilier,

[27:22]

comme vous le savez sûrement,

[27:24]

ça ne s'est pas fait pour tout le monde.

[27:25]

Ça prend du temps avant que l'argent rentre.

[27:28]

C'est très stressant, c'est difficile.

[27:30]

Surtout en région, le nombre de maisons à

[27:32]

vendre doit être beaucoup plus petit.

[27:34]

Toujours sur la route. Oui, c'est exigeant.

[27:36]

Elle a deux enfants à nourrir, donc tu ne peux

[27:38]

pas te permettre d'attendre.

[27:40]

C'est long, tu ne fais pas d'argent tant que tu ne vends

[27:42]

pas de maisons. Après un an,

[27:44]

elle a abandonné sa carrière

[27:46]

de courtier et elle a dû

[27:48]

retourner travailler dans les bars.

[27:50]

Pour elle, ça a dû être quand même

[27:51]

une certaine déception.

[27:53]

Sais-tu s'il y avait des commentaires

[27:55]

à cette publication-là sur Facebook?

[27:57]

Oui, il y a les commentaires

[28:00]

au moment où ça s'est produit,

[28:02]

puis même justement

[28:04]

remercier

[28:06]

son conjoint François

[28:08]

de l'avoir toujours épaulé là-dedans.

[28:11]

Sinon,

[28:12]

c'était quelques commentaires un peu banales

[28:14]

de ses amis qui posaient des questions,

[28:16]

des choses comme ça, où ils disaient qu'au moins

[28:17]

elle était fière, elle avait à être

[28:19]

fière de l'avoir essayé. Cependant,

[28:21]

il y a eu des nouveaux commentaires qui sont apparus

[28:23]

après sa disparition.

[28:25]

Mais là, c'était plus des

[28:27]

« oui dire » sur

[28:30]

peut-être un poste

[28:31]

sur quelqu'un qui se suspectait,

[28:33]

mais il n'y avait rien de vraiment concret

[28:35]

en tant que tel de concret.

[28:38]

Suite à nos recherches,

[28:39]

on a aussi appris que Mélissa

[28:41]

avait trouvé un peu de stabilité depuis qu'elle

[28:43]

était en couple avec François,

[28:45]

en plus d'être séparée des pairs

[28:47]

respectifs de ses deux enfants.

[28:49]

Le père de son petit garçon n'a jamais été

[28:51]

très présent auprès de la famille

[28:53]

et peut même être plusieurs années

[28:56]

sans voir son fils.

[28:57]

On a une publication encore une fois qu'elle a publié

[28:59]

dans le groupe « Facebook parent-monoparentaux

[29:02]

au printemps 2016 »,

[29:03]

parce que c'est peut-être allé fouiller dans les groupes

[29:05]

où elle était membre. Est-ce que son ex

[29:08]

pourrait être

[29:09]

en lien avec sa disparition?

[29:11]

Bonne question.

[29:13]

Effectivement, parce que François,

[29:15]

son conjoint, lui, il s'en nommait non,

[29:17]

il se suspectait des gens.

[29:19]

Puis même, justement, dans cette discussion-là

[29:21]

du post Facebook,

[29:22]

elle donnait un long témoignage

[29:24]

et elle mentionnait aussi qu'à un certain moment,

[29:28]

il faisait des surprises.

[29:29]

En fait, il allait voir son fils

[29:31]

sans lui dire.

[29:32]

Ça, ça déstabilisait toujours son fils.

[29:35]

Elle voulait lui bloquer l'accès.

[29:37]

Je me demande si ce n'est pas une certaine

[29:39]

vengeance ou...

[29:41]

Je ne veux pas faire de corrélation vers son ex-conjoint,

[29:43]

mais je soulève quand même

[29:45]

quelque chose par rapport à ça.

[29:47]

Est-ce qu'il pourrait être en lien

[29:48]

avec ça? On ne le sait pas non plus.

[29:51]

Si on continue à fouiller un peu dans son passé,

[29:53]

en 2013,

[29:54]

le 22 février,

[29:56]

le jour de l'anniversaire de son garçon,

[29:58]

elle décide de se faire soigner et de guérir

[30:00]

sa dépendance au jeu de hasard.

[30:02]

Apparemment que ça devenu un problème.

[30:04]

Il y a quelques années de cela, elle a perdu

[30:06]

énormément d'argent dans les machines à sous.

[30:09]

Cependant, son conjoint

[30:11]

disait qu'elle n'avait plus

[30:12]

de dette de jeu, mais seulement encore

[30:14]

une dette envers Royal Lepage

[30:16]

en raison de la location

[30:18]

de son bureau de courtière

[30:20]

immobilière, un peu comme tu l'expliquais

[30:22]

tout à l'heure.

[30:23]

Elle n'avait plus d'autres dettes, parce que c'est vrai que

[30:25]

dans le passé, elle a eu énormément de dettes.

[30:28]

Elle avait un problème impulsif.

[30:30]

Elle jouait beaucoup.

[30:31]

Et même, il précisait que la soirée même,

[30:33]

où elle est allée jouer au poker,

[30:35]

elle aimait quand même jouer au poker.

[30:36]

Elle jouait environ une fois par deux semaines,

[30:38]

mais elle ne jouait plus du tout aux machines à sous.

[30:40]

Et même le soir même,

[30:42]

ça a été validé.

[30:43]

Elle n'a joué à aucune machine dans les bases

[30:45]

qu'elle est allée. Donc son problème semble vraiment

[30:47]

guéri malgré tout.

[30:49]

On a le droit de jouer de temps en temps, parer un peu de sous.

[30:52]

Ce n'est pas là qu'il y a un problème.

[30:54]

Donc là, on a fait le tour

[30:56]

de ce qu'on sait, Seb.

[30:58]

En fait, toujours pas de nouvelles,

[31:00]

mais encore une fois,

[31:01]

parfois, c'est encore court, deux ans.

[31:04]

Ça se peut qu'il y ait des développements plus tard.

[31:06]

Mais je suis curieux de voir

[31:07]

en fait, quelle est ton hypothèse là-dessus?

[31:10]

Qu'est-ce que tu en penses, toi?

[31:12]

Moi, je suis convaincu qu'elle est tombée

[31:15]

sur quelqu'un

[31:16]

de mal intentionné.

[31:18]

Mais je n'arrive pas à savoir à quel moment,

[31:21]

parce que, tu sais, moi, j'avais la théorie

[31:22]

où elle a peut-être été piégée dans sa voiture

[31:24]

parce qu'elle l'a laissée quand même stationner

[31:26]

à un certain temps, parce qu'elle a fait

[31:28]

les bars à pied et tout ça.

[31:30]

En tout, quand elle était dans les bars, elle est restée six heures.

[31:32]

Et donc, sa voiture, elle l'a pris seulement

[31:34]

qu'une fois pour se déplacer d'un bar

[31:36]

à l'autre. Et je me demande si il n'y avait pas quelqu'un,

[31:38]

quelqu'un qui lui aurait pu attendre dans la voiture,

[31:40]

elle l'a piégée. Sinon,

[31:42]

est-ce qu'elle a pris vraiment sa voiture réellement

[31:44]

en sortant du bar? Elle a fait un accident,

[31:47]

quelqu'un a voulu l'aider,

[31:48]

puis au contraire, elle a profité de ce moment-là

[31:51]

pour... Mais en même temps,

[31:53]

le fait que le téléphone cellulaire a été fermé

[31:55]

seulement après quelques minutes,

[31:56]

c'est pour ça que j'ai l'impression qu'il y avait quelqu'un dans la voiture

[31:59]

et que ce n'était pas un accident

[32:00]

qui est arrivé plus tard.

[32:03]

Mais si elle voulait vraiment

[32:04]

disparaître pour vrai, elle a fermé

[32:07]

son téléphone cellulaire, tout simplement,

[32:08]

puis elle est partie. Mais, je veux dire,

[32:10]

ils ont dû vérifier aux douanes.

[32:12]

Toutes ces vérifications-là sont toujours faites automatiquement.

[32:15]

Il n'y a rien eu.

[32:17]

Donc, c'est...

[32:19]

Même si je suis convaincu

[32:20]

qu'elle a été victime d'un acte criminel,

[32:22]

je n'arrive pas à vraiment avoir une théorie

[32:24]

ou une hypothèse vraiment de dire

[32:26]

« Ah oui, c'est sûr que c'est ça qui est arrivé ».

[32:28]

Je ne sais pas si toi, tu as un autre point de vue

[32:31]

par rapport à ça ou...

[32:32]

En fait, j'essaie d'y aller par élimination

[32:34]

au niveau des hypothèses.

[32:36]

Je n'ai pas l'impression que c'est une disparition volontaire.

[32:40]

Non.

[32:40]

Même ce qu'on peut voir sur Facebook,

[32:42]

en fait, les publications Facebook

[32:44]

qu'elle a faites, oui, elle a l'air un peu

[32:46]

déprimée par moment, peut-être quand

[32:48]

elle boit. J'imagine que ça doit ressortir

[32:50]

un peu plus. C'est sûr. On le voit dans le

[32:52]

style. Aussi, les phrases, des fois,

[32:54]

il y a des fautes dedans. Ce n'est pas tout le temps

[32:56]

bien écrit. Donc, c'est peut-être que

[32:58]

ça semble être des... Pourtant,

[33:00]

c'est quelqu'un qui sait écrire si elle était

[33:02]

une mortière immobilière, tout ça. C'est quelqu'un

[33:04]

intelligent. Donc, j'ai l'impression que parfois,

[33:06]

peut-être qu'elle avait tendance à faire

[33:08]

des statues, peut-être un peu

[33:10]

chaudail. Des drunk posts. Un peu,

[33:12]

oui, exactement. Donc, j'ai pas l'impression

[33:14]

que ce soir-là, elle était

[33:16]

équipée pour disparaître, en

[33:18]

de guillemets. Donc, on dirait que

[33:20]

je penche un peu vers

[33:22]

la même hypothèse que toi. C'est

[33:24]

clair qu'en sortant du bord, les 2D,

[33:26]

il s'est passé quelque chose. Puis,

[33:28]

si le téléphone a cessé

[33:30]

d'émettre dans la région de Louisville,

[33:32]

selon moi, c'est que

[33:34]

c'était prémédité. C'est-à-dire que la personne

[33:36]

qui l'a kidnappée

[33:38]

ou qui l'a enlevée,

[33:40]

savait déjà que la première

[33:42]

chose à faire, c'est de me débarrasser du

[33:44]

téléphone. Puis, probablement que c'est

[33:46]

ce qu'il a fait.

[33:48]

Parce que même, si c'est un

[33:50]

suicide, c'est pas évident de

[33:52]

se suicider dans ces régions-là

[33:54]

sans laisser de traces. Cacher la voiture

[33:56]

ou même si elle a voulu rouler dans une

[33:58]

rivière ou quelque chose comme ça,

[34:00]

ou marcher d'elle-même,

[34:02]

c'est sûr qu'il y a un chasseur à quelque part

[34:04]

ou il y a quelqu'un qui va tomber

[34:06]

sur du moins la voiture ou des traces

[34:08]

ou des choses comme ça. Se suicider

[34:10]

sans laisser de traces, c'est aussi difficile

[34:12]

que de tuer quelqu'un, en fait.

[34:13]

Oui, exactement.

[34:15]

Donc j'ai l'impression, on dirait que j'ai tendance

[34:18]

à pencher vers l'acte criminel

[34:20]

prémédité. Donc quelqu'un qui savait

[34:22]

peut-être même qu'elle était un peu

[34:24]

en état d'ébriété cette soirée-là,

[34:26]

qui était une proie facile, qui a agi

[34:29]

lorsqu'elle est sortie du bord, peut-être

[34:30]

justement qu'il l'attendait dans sa voiture,

[34:33]

mais encore peut-être qu'on l'aurait vu

[34:34]

sur les caméras de surveillance.

[34:36]

Ou qu'il l'attendait pas très loin,

[34:38]

qu'il l'a peut-être même arrêté alors

[34:40]

qu'elle roulait en voiture.

[34:42]

Mais c'est vraiment mystérieux.

[34:44]

J'ai de la difficulté à me faire

[34:46]

une raison sur cette histoire-là.

[34:48]

Moi aussi, surtout que pas de voiture,

[34:50]

rien, c'est rare. Et même il rappelait

[34:52]

qu'il y a eu un autre cas de disparition

[34:54]

dans la région qui est un peu étrange,

[34:56]

un peu de la même manière. Un certain

[34:58]

Yvon Guevin de Pierreville

[35:00]

en 2014, l'homme de 75 ans,

[35:02]

avait quitté son domicile à bord

[35:04]

de son Jeep Cherokee,

[35:06]

1989 de couleur rouge-vein,

[35:08]

et n'a jamais été revu lui non plus

[35:10]

depuis. Même chose non plus,

[35:12]

son véhicule n'a jamais été retrouvé.

[35:13]

C'est comme un peu la même

[35:16]

circonstance. Est-ce qu'il y aurait

[35:17]

quelqu'un dans le secteur

[35:20]

qui pourrait agir de la sorte

[35:21]

malgré que ça remonte un peu? Ben 2014,

[35:24]

c'est quand même deux, trois ans.

[35:25]

C'est pas si loin que ça.

[35:27]

Je reviens un peu à ce que tu disais.

[35:28]

Elle a quand même fait trois bars,

[35:31]

tous près l'un de l'autre.

[35:32]

À partir du premier bar, elle a commencé à boire.

[35:35]

Il n'y a rien qui empêche que quelqu'un

[35:36]

au premier bar, au deuxième bar,

[35:40]

les remarquer

[35:41]

et remarquer un peu son état d'hébriété.

[35:43]

Oui, exactement.

[35:44]

Et remarquer son état d'hébriété,

[35:46]

que ça pouvait être une victime potentielle.

[35:48]

Parce qu'elle était garée juste en face,

[35:50]

vraiment en face de la porte du bar,

[35:52]

les 2D. J'ai l'impression que même si les bars

[35:54]

étaient très proches, elle s'est quand même déplacée

[35:56]

en voiture de l'un à l'autre. Ah, elle disait que non.

[35:58]

Le dernier, vu que c'est à 100 m,

[36:00]

c'est même pas 100 m entre les deux,

[36:02]

entre le bar et la terrasse.

[36:05]

Non, pas la terrasse,

[36:07]

la brassette, l'ami.

[36:08]

Lui, ils l'ont vraiment fait à pied.

[36:10]

Son ami a témoigné, mais comme je te dis,

[36:13]

c'est quasiment deux portes

[36:14]

de large. Ça s'était

[36:17]

stationné devant,

[36:18]

c'est juste parce qu'il devait avoir une place libre

[36:20]

à cet endroit-là, selon moi.

[36:22]

Donc Seb, qu'est-ce qu'il faut faire

[36:24]

si on a de l'information au sujet de Mélissa Blain?

[36:26]

Oui, je vous rappelle en fait qu'elle compte,

[36:28]

étant donné que sa voiture a jamais été retrouvée,

[36:30]

elle conduisait une Toyota Corolla

[36:33]

2011 Noir,

[36:34]

quatre portes. Elle était matriculée

[36:36]

au Y70FAD.

[36:39]

Et si vous avez des informations,

[36:41]

il faut contacter

[36:42]

la Sûreté du Québec

[36:43]

au 1-800-659-4264.

[36:48]

Et ils offrent une récompense

[36:49]

allant jusqu'à 5000 $

[36:51]

qui peut être offerte si vous amenez des éléments

[36:53]

de l'enquête qui peuvent résoudre le crime.

[36:55]

Et il y a aussi une page Facebook

[36:57]

qui est gérée par sa famille,

[36:58]

qui s'appelle Ensemble pour Mélissa Blain.

[37:01]

Donc eux, ils continuent quand même

[37:03]

de l'entretenir. Donc voilà,

[37:04]

si vous avez des informations supplémentaires

[37:06]

ou vous voulez avoir plus de détails,

[37:07]

ou même écrire à la famille vous-même,

[37:09]

si vous avez des éléments à leur partager

[37:11]

ou quoi que ce soit, n'hésitez pas

[37:12]

de passer par la page Facebook

[37:14]

Ensemble pour Mélissa Blain.

[37:16]

Et on va mettre les photos aussi parce que là

[37:18]

on fait un podcast, on n'est pas très visuel,

[37:20]

mais on va mettre les photos de Mélissa et de

[37:22]

Marilyn Bergeron aussi sur notre site web

[37:24]

sur la page de cet épisode.

[37:27]

Et puis Seb, est-ce qu'on est prêt

[37:28]

à entamer la disparition

[37:30]

de Marilyn Bergeron?

[37:33]

Oui monsieur!

[38:20]

Le cas de Marilyn Bergeron

[38:22]

est un des plus connus au Québec

[38:24]

et plus de dix ans plus tard,

[38:26]

il est toujours irrésolu.

[38:27]

Nous sommes le dimanche 17 février 2008

[38:30]

à Québec, plus précisément

[38:32]

dans les environs de Loretteville,

[38:34]

sur la rive nord de la ville.

[38:36]

Marilyn Bergeron, âgée de 24 ans,

[38:39]

habite depuis quelques jours

[38:40]

seulement chez ses parents,

[38:41]

son père Michel et sa mère Andrée,

[38:44]

où elle est venue se réinstaller temporairement.

[38:47]

Ce matin-là,

[38:48]

Marilyn est debout avant sa mère,

[38:49]

ce qui est plutôt rare.

[38:51]

Son père a déjà quitté pour la journée

[38:53]

tôt en matinée.

[38:55]

Sa mère se lève peu avant 10h,

[38:57]

et vers 10h55 environ,

[39:00]

elle voit sa fille monter du sous-sol

[39:02]

là où est située sa chambre.

[39:05]

Marilyn est maquillée,

[39:06]

elle est habillée et elle est

[39:08]

prête à partir, malgré le fait que

[39:10]

nous sommes en début de journée un dimanche

[39:11]

en plein hiver québécois.

[39:13]

Elle porte un manteau noir avec un collet

[39:15]

en fourrure gris, des bottes

[39:17]

en suède noires et des pantalons

[39:20]

en velours de couleur gris.

[39:21]

Elle s'adresse à sa mère en lui disant

[39:23]

qu'elle part marcher et qu'elle sera de retour

[39:25]

en après-midi.

[39:27]

Elle quitte alors la résidence familiale.

[39:29]

Laissez-moi vous en dire plus sur Marilyn Bergeron.

[39:33]

Marilyn est âgée

[39:34]

de 24 ans au moment des faits.

[39:36]

Elle est née en 1983

[39:37]

à Chicoutimi,

[39:39]

dans la région du Saguenay, au Québec.

[39:41]

Déjà à l'âge de 10 ans,

[39:43]

elle est intéressée par la musique

[39:44]

et commence à prendre des leçons.

[39:46]

En 98, la famille Bergeron

[39:48]

déménage dans la région de Québec,

[39:50]

dans le quartier Haut-de-Saint-Charles.

[39:52]

Alors qu'elle fréquente l'école secondaire,

[39:54]

ses parents se rappellent qu'elle était

[39:56]

toujours passionnée de musique et qu'elle désirait

[39:58]

former un groupe. On a vu, entre

[40:00]

autres, des photos d'elle jouant de la guitare.

[40:03]

Elle était aussi impliquée dans des activités

[40:05]

parascolaire, toujours en lien avec

[40:06]

sa grande passion, la musique.

[40:08]

Avec le temps, Marilyn développe

[40:10]

sa personnalité artistique. Elle est un peu

[40:12]

punk, pas tellement dans son style vestimentaire,

[40:15]

mais dans sa personnalité.

[40:16]

Elle aime l'art plus audacieux, va porter

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des tatouages et ne se tiendra pas toujours

[40:20]

avec des bonnes fréquentations,

[40:22]

selon certains témoignages de ses amis.

[40:24]

Elle va aller étudier plus tard

[40:25]

au cégep de Jonquière en arts et technologies

[40:28]

des médias. Ce cégep est situé

[40:30]

dans la région du Saguenay

[40:32]

et ce programme d'études est recherché par ceux

[40:34]

qui souhaitent travailler dans le domaine des médias,

[40:36]

en animation télé, en journalisme,

[40:38]

en radio ou encore en montage.

[40:41]

Marilyn, elle, restera toujours

[40:43]

passionnée de musique et de son.

[40:45]

Éventuellement, elle va déménager

[40:47]

à Montréal dans le quartier Hochelaga-Maison-Neuve

[40:49]

et va effectuer

[40:50]

des contrats de caméraman, pigiste

[40:52]

et de montage pour différentes chaînes télé.

[40:55]

Oui, le programme

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où elle est allée, Arts et technologies des médias,

[40:59]

pour ceux qui sont moins familiers,

[41:00]

c'est un programme quand même assez

[41:02]

recherché au Québec. Il y a plusieurs

[41:05]

vedettes de la télé qui sont passées

[41:06]

par là. Oui, tu as raison.

[41:07]

Donc c'est vers ce cégep-là

[41:10]

que convergent beaucoup de gens

[41:12]

qui ont des talents artistiques

[41:14]

et médiatiques.

[41:16]

Elle va décrocher un boulot chez

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Steve's Music Store, la boutique

[41:20]

préférée des milles, qui est une

[41:22]

boutique réputée d'instruments de musique

[41:23]

afin d'arrondir ses fins de mois.

[41:26]

Marilyn avait aussi récemment décidé

[41:27]

de suivre une formation en finance auprès

[41:29]

de l'entreprise Industrielle Alliance.

[41:32]

C'est une entreprise au Québec

[41:33]

qui gère des assurances, des placements,

[41:36]

des choses comme ça. Elle entrevoit

[41:38]

aussi un jour à aller vivre dans l'Ouest

[41:40]

canadien. Malgré son petit côté

[41:42]

rebelle et marginale,

[41:44]

Marilyn est une fille très intelligente,

[41:45]

créative et qui convoite un bel avenir devant

[41:47]

elle. Oui, Marilyn, c'est quelqu'un

[41:49]

qui était décrite comme enjouée,

[41:51]

qui était généralement souriante,

[41:54]

heureuse. Comme tu l'as dit, elle était

[41:55]

un peu marginale dans son

[41:58]

look. Elle aimait se teindre

[41:59]

les cheveux de différentes couleurs,

[42:01]

elle avait un style un petit peu plus

[42:03]

rebelle, mais une très belle

[42:05]

fille, mince, grande,

[42:08]

et puis qui avait les cheveux

[42:09]

je crois aux épaules environ

[42:11]

à ce moment-là. Donc elle semblait être

[42:13]

très curieuse par les arts en général

[42:15]

et justement aimer un peu ce qui est

[42:17]

marginal. Ça aurait sûrement été

[42:19]

une distordu. Oui, c'est sûr.

[42:22]

Marilyn quitte donc

[42:23]

la maison familiale vers 10h55

[42:26]

ce matin-là. On revient

[42:27]

en 2008.

[42:29]

Elle est chez ses parents à Québec,

[42:31]

elle a quitté Montréal il y a

[42:33]

quelques jours. Et justement,

[42:35]

en quittant, elle dit à sa mère qu'elle part

[42:37]

prendre une marche. Bien que sa

[42:39]

mère lui offre de l'accompagner,

[42:41]

Marilyn insiste pour y aller seule.

[42:43]

Elle quitte donc la maison,

[42:45]

vêtue de son manteau, lunettes de soleil

[42:47]

sur la tête, et pour

[42:49]

un 17 février, il est à noter

[42:51]

qu'il fait plutôt chaud à Québec, apparemment,

[42:53]

de ce que j'ai lu.

[42:55]

C'était une température un peu plus

[42:57]

printanière, parce qu'il fait généralement

[42:59]

plus froid à Québec qu'à Montréal.

[43:01]

Généralement, dans ces dates-là,

[43:03]

autour de la Saint-Valentin, il fait très froid.

[43:04]

Ah oui, février, c'est horrible.

[43:06]

Elle dit au revoir à sa mère et lui

[43:08]

indique qu'elle sera de retour en après-midi.

[43:11]

Ce sera la dernière fois

[43:12]

que sa mère la verra.

[43:14]

Vers 11h09, quelques minutes plus

[43:17]

tard, Marilyn est aperçue

[43:18]

par une caméra de surveillance à un

[43:20]

guichet automatique de banque

[43:22]

sur le boulevard Lormier à Loretteville,

[43:25]

près de la maison de ses parents.

[43:26]

C'est une banque Desjardins.

[43:29]

On suppose donc qu'elle a marché

[43:30]

jusque-là, mais c'est pas très loin, en fait.

[43:33]

C'est 9 minutes plus tard, ou à peu près.

[43:35]

Étrangement, Marilyn

[43:36]

tente de retirer 60 dollars,

[43:38]

mais ce retrait lui sera refusé.

[43:41]

On ignore si c'est par manque

[43:42]

de fond ou parce qu'elle a oublié son mot de passe

[43:44]

qu'elle ne peut pas retirer ce montant.

[43:48]

Plusieurs heures

[43:48]

plus tard, vers 16h03,

[43:51]

Marilyn continue son

[43:52]

périple et elle est aperçue

[43:54]

une autre fois dans un café dépôt,

[43:56]

une chaîne de café qui est bien présente

[43:58]

au Québec, dans la ville de Saint-Romualde,

[44:01]

en banlieue de Québec,

[44:02]

sur la rive sud. Elle va acheter

[44:04]

un café à l'aide de sa carte de crédit

[44:06]

d'un montant de 3 dollars.

[44:08]

Une serveuse du restaurant confirme

[44:10]

l'avoir clairement identifié ce jour-là.

[44:13]

Après cette visite

[44:14]

au café dépôt, plus aucune

[44:16]

trace de Marilyn.

[44:19]

Et là, c'est là

[44:20]

que je pense que je veux apporter

[44:22]

peut-être mon regard de local,

[44:24]

parce que j'ai longtemps habité sur la rive sud

[44:26]

de Québec et je connais bien

[44:29]

ce café dépôt là,

[44:30]

ou du moins les environs à Saint-Romualde.

[44:32]

Ce qu'il faut comprendre, en fait,

[44:34]

c'est que ce café dépôt là,

[44:37]

il est tout près,

[44:38]

il est tout juste à la sortie

[44:40]

du pont de Québec. Donc, quand on...

[44:42]

Ici, par exemple, Loretteville, c'est sur la rive sud

[44:44]

et Saint-Romualde, non, pardonnez-moi,

[44:46]

Loretteville, c'est sur la rive nord, Saint-Romualde,

[44:48]

c'est sur la rive sud. Donc, elle a

[44:50]

manifestement fait un long trajet

[44:52]

jusqu'au café dépôt. Et lorsqu'on

[44:54]

prend, il y a deux ponts à Québec,

[44:55]

le pont Pierre-La-Porte qui est le pont principal

[44:57]

qui est un peu comme une autoroute,

[45:00]

il est loin un peu le café dépôt parce

[45:02]

qu'on a le choix de se diriger vers Montréal

[45:04]

ou se diriger plus vers l'est,

[45:06]

tandis que lorsqu'on prend le pont de Québec,

[45:08]

en fait, c'est le premier stop,

[45:09]

la première rue que tu croises

[45:12]

en sortant du pont de Québec où il y a un peu

[45:13]

de civilisation, c'est la rue de ce

[45:16]

café dépôt là. Donc,

[45:17]

c'était très près de l'autoroute 20,

[45:19]

qui est l'autoroute principale qui relie

[45:21]

en fait tout le Canada,

[45:24]

manifestement Québec-Montréal

[45:26]

et même l'Ontario.

[45:28]

Et c'est plus près même

[45:29]

de la bretelle autoroute qui t'amène en direction

[45:32]

ouest, en fait,

[45:34]

vers Montréal. C'est drôle,

[45:35]

c'est un drôle de lieu, en fait,

[45:37]

pour aller prendre un café, c'est ça

[45:39]

que je me dis parce que c'est un,

[45:41]

cet endroit-là, c'est pas une belle petite

[45:43]

rue touristique avec un café

[45:45]

en plein milieu, c'est un genre de power center

[45:47]

de banlieue, un genre un peu

[45:49]

de distrante ou de

[45:51]

truc qu'on retrouverait en banlieue

[45:53]

d'une ville américaine,

[45:55]

un Walmart, par exemple, et tout ça.

[45:58]

Et donc c'est très loin, c'est à

[45:59]

20 kilomètres, en fait, de la maison

[46:01]

de ses parents. Oui, puis il y a des cafés

[46:03]

où ça, le Redville, donc pourquoi avoir pris ce café-là?

[46:05]

C'est vraiment un endroit un peu

[46:08]

au milieu de nulle part.

[46:09]

Maintenant, en fait, c'est très

[46:11]

développé, mais par contre,

[46:14]

en 2008,

[46:15]

ça l'était quand même moins. Oui, beaucoup moins.

[46:18]

Tu sais, Seb, que c'est possible

[46:19]

de faire des retours dans le temps

[46:21]

dans Google Street View. Oui.

[46:23]

Donc ça, c'est fantastique. On peut, dans Google

[46:25]

Street View, aller mettre justement notre

[46:27]

petit bonhomme en face d'un commerce,

[46:29]

puis là, en fait, juste à gauche, en haut,

[46:31]

tu peux retourner dans le temps. Donc c'était

[46:33]

possible de retourner jusqu'en 2007

[46:34]

en face de ce café dépôt-là. Et puis,

[46:37]

on voit qu'il y a quand même de l'action,

[46:39]

mais il y en a beaucoup moins que maintenant.

[46:41]

C'est plus des boutiques

[46:42]

de vente d'entrepôt qui sont autour.

[46:45]

Il y a un Walmart, et c'est pas un endroit

[46:47]

qui est très agréable au marché.

[46:49]

Donc pour moi, c'est...

[46:50]

Mon hypothèse, on va

[46:53]

en discuter plus tard, mais j'ai l'impression

[46:55]

qu'elle allait probablement là pour

[46:57]

partir sur la route, prendre l'autoroute

[46:59]

par la suite. Ça ferait du sens.

[47:01]

Mais on va

[47:03]

y revenir. Mais selon moi,

[47:04]

c'est clair qu'elle a pris, en fait, le pont de Québec

[47:07]

pour se rendre jusque-là. Donc elle est

[47:08]

sans doute traversée soit à pied, soit

[47:11]

en voiture, par d'une quelconque façon, par le

[47:13]

pont de Québec. Sinon,

[47:14]

c'est pas un endroit où

[47:16]

on se rend facilement avec le pont-pierre-la-porte, selon moi.

[47:18]

Non, puis c'est environ 20 km

[47:20]

de la maison de c'étalant,

[47:22]

donc c'est quand même une bonne marche,

[47:24]

si elle l'a marché.

[47:26]

20 km, même.

[47:28]

Elle peut pas l'avoir marché. Oui, elle peut l'avoir marché.

[47:31]

On en discute trop,

[47:32]

mais c'est un peu excessif,

[47:34]

c'est un peu mégalomane. Mais oui, parce

[47:36]

qu'elle est partie vers 11 heures du matin,

[47:38]

elle a été vue à 16 heures. Ouais, non, mais j'avoue qu'en 4-5 heures...

[47:40]

Donc oui, quelqu'un qui veut prendre une grande

[47:42]

marche, ou même quelqu'un qui est dans un

[47:44]

état mental, peut-être

[47:47]

un peu plus... Perturbé.

[47:49]

Perturbé, qui peut

[47:50]

perdre la notion du temps ou quelque chose,

[47:52]

il peut le marcher. Mais bref. C'est pas si

[47:54]

forçant que ça non plus. Non, bref.

[47:56]

En fin de journée, la famille commence à s'inquiéter

[47:58]

puisque Marilyn n'est pas revenue en après-midi

[48:00]

comme prévu. En plus,

[48:02]

une marche d'hiver à l'heure de ville,

[48:04]

ça ne s'éternise pas tellement. Comme on vous disait,

[48:06]

il fait tellement froid en plus, puis l'heure

[48:08]

d'hiver, c'est pas si grand que ça non plus. Non.

[48:10]

Puisqu'il s'agit de la disparition d'une

[48:12]

adulte, le dossier n'est pas

[48:14]

prioritaire aux yeux des autorités.

[48:16]

Il n'en demeure pas moins que la police de Québec se voit

[48:18]

confier le dossier. Dès le début,

[48:20]

il semble que l'enquête piétine.

[48:22]

Le père de Marilyn, Michel,

[48:24]

va organiser lui-même une battue autour

[48:26]

du café dépôt de Saint-Romualde.

[48:28]

Malheureusement, rien de pertinent à

[48:30]

la recherche n'est trouvé ce jour-là.

[48:31]

En observant les transactions bancaires,

[48:34]

il est possible de voir le fameux

[48:36]

café acheté dans la journée sur

[48:37]

le relevé de sa carte de crédit. Par contre,

[48:41]

aucune activité n'est

[48:42]

observée après. Il ne semble

[48:44]

pas qu'elle ait eu d'activité cellulaire

[48:45]

par la suite, ni avoir communiqué avec

[48:48]

quiconque dans la famille, mais

[48:49]

les preuves numériques dans cette histoire ne sont

[48:51]

pas très claires. Non, ça c'est clair.

[48:54]

C'est clair qu'elles ne sont pas claires.

[48:56]

Les parents de Marilyn vont se transformer

[48:57]

en une petite équipe d'enquêteurs.

[48:59]

Michel, le père, est l'homme de terrain.

[49:02]

Andrée, la mère, elle, elle

[49:04]

s'occupe des communications et des relations

[49:05]

médias. Et sa sœur, Nathalie,

[49:08]

qui habite Los Angeles, se

[49:09]

charge des relations avec les policiers,

[49:12]

des recherches en ligne, mais aussi

[49:14]

des recherches aux États-Unis.

[49:15]

Ce qui n'est pas à négliger, bien sûr, on n'est pas très

[49:17]

loin de la frontière. Exactement.

[49:20]

Pendant un an,

[49:22]

aucune nouvelle. Une récompense

[49:24]

va être fixée à 30 000 $

[49:26]

pour qui peut apporter de l'information

[49:27]

au dossier. Soudainement,

[49:30]

la police de Québec décide de diffuser

[49:31]

la vidéo de surveillance de la banque

[49:33]

lorsqu'elle a tenté de retirer le 60 $

[49:35]

qu'on vous parlait tout à tout tout à l'heure.

[49:38]

Un an plus tard. Imaginez,

[49:40]

ils ont sorti la vidéo un an plus

[49:41]

tard. Enfin,

[49:43]

nous pouvons observer Marilyn en action

[49:46]

lors de cette journée fatidique.

[49:49]

Là, je vais vous donner

[49:49]

un peu de détails de la vidéo.

[49:52]

Elle est seule au guichet, ne semble

[49:53]

pas accompagnée par personne. Elle

[49:55]

regarde par contre souvent vers l'extérieur,

[49:58]

comme si elle surveillait

[49:59]

ce qui se passait. Oui, elle regarde comme

[50:01]

vers le stationnement. Oui, c'est

[50:03]

vrai que c'est bizarre. Elle ne semble

[50:05]

pas mal réagir lorsqu'elle se voit refuser

[50:07]

la transaction. Oui, ça, j'ai noté

[50:09]

ça parce que, tu sais, des fois,

[50:11]

tu peux être fâché

[50:13]

d'avoir des fonds insuffisants ou

[50:15]

bon, je ne dirais pas que ça m'est arrivé

[50:17]

souvent, mais tu peux

[50:20]

sacrer ou donner

[50:21]

une petite claque

[50:23]

au guichet. Mais même l'expression faciale

[50:26]

paraît. Oui, exactement, mais elle,

[50:27]

j'ai l'impression peut-être qu'elle s'en

[50:29]

doutait que ça allait être refusé. Je ne sais pas

[50:31]

c'est bizarre, mais elle ne semble pas

[50:33]

avoir de réaction, du moins non verbale,

[50:36]

envers ce

[50:37]

retrait qui ne fonctionne pas.

[50:39]

Un client aussi entre un

[50:41]

certain moment, qu'on peut apercevoir, et

[50:43]

s'installe au guichet à sa droite. Rien

[50:45]

ne semble louche. Elle a ses lunettes

[50:47]

soleil sur la tête. Elle porte un

[50:49]

sac à dos. Ce qu'elle avait,

[50:51]

soit caché à sa mère, soit acheté le jour

[50:53]

même, parce que quand elle est partie de la maison,

[50:55]

elle n'avait pas le sac à dos, ou du moins

[50:57]

sa mère ne l'a pas vue. Exactement, peut-être

[50:59]

qu'elle était dissimulée. Et puis,

[51:01]

en fait, moi, je ne comprends pas encore une fois

[51:03]

pourquoi on n'a pas diffusé

[51:05]

ça avant. Oui, un an. Parce que dites-vous que pendant

[51:07]

un an, les photos qui circulaient,

[51:09]

c'est des photos de

[51:11]

Marilyn,

[51:13]

que sa famille avait

[51:15]

vérifié. Donc,

[51:17]

sur les photos, elle était toute souriante,

[51:19]

parce que c'était en été, elle avait un T-shirt,

[51:21]

les cheveux d'une telle couleur. Mais lorsque

[51:23]

elle était vue sur la caméra de surveillance,

[51:25]

elle avait un regard plus troublé,

[51:26]

les cheveux plus foncés, un look différent.

[51:30]

Donc, ça aurait pu vraiment aider,

[51:31]

je pense, de diffuser cette vidéo-là.

[51:33]

On la voit en mouvement un peu, donc on

[51:35]

comprend un peu comment elle bouge, son nom verbal.

[51:38]

Un peu comme dans le cas

[51:39]

d'Elisa Lam, ça aide parfois

[51:42]

à comprendre

[51:43]

quoi que ce soit. Dans Elisa Lam, c'est un peu plus

[51:44]

troublant. Mais ici, je pense que ça aurait pu

[51:47]

véritablement aider aux gens à l'identifier

[51:49]

plus tôt. Ben oui, c'est clair. Je comprends

[51:51]

toujours pas

[51:53]

l'un an, 2008, c'est pas en 1980,

[51:55]

tu sais. Ben non.

[51:57]

Tantôt, je parlais

[51:59]

à Emil avant d'enregistrer.

[52:00]

Peut-être que j'essaie de justifier, on dirait,

[52:03]

le laxisme de la police, mais

[52:05]

ça peut pas être à cause que c'est 2008.

[52:07]

C'était trop récent. Les gens faisaient déjà ça.

[52:09]

On avait déjà l'habitude de voir des vidéos de surveillance,

[52:11]

donc à ce moment-là, ils n'ont pas dû

[52:13]

considérer ça comme quelque chose comme important.

[52:14]

Hélas, la transaction au Café des Pots

[52:17]

et ses images à la banque sont les seules

[52:19]

preuves numériques qui seront disponibles.

[52:21]

Oui, parce qu'on n'a pas entendu

[52:22]

parler de relevé de tour cellulaire.

[52:25]

Est-ce qu'elle avait un cellulaire

[52:27]

justement sur Facebook?

[52:29]

Est-ce qu'elle avait écrit des choses auparavant,

[52:31]

envoyé des courriels, fait des

[52:33]

recherches Google? Avant,

[52:35]

on a aucune idée de tout ça,

[52:36]

l'historique de recherche de son ordinateur.

[52:39]

C'est étrange. J'aurais aimé

[52:40]

avoir plus de preuves numériques dans ce

[52:43]

dossier-là. Non, c'est clair. Mais là, par exemple,

[52:45]

pour cette époque-là, 2008, c'est vrai

[52:48]

que Facebook, ça faisait

[52:49]

vraiment pas longtemps que c'était là.

[52:51]

C'est encore qu'on se sentait comme une bébelle

[52:53]

par une grande majorité de gens.

[52:56]

Je ne suis pas sûr qu'il y avait les

[52:57]

réflexes pour aller chercher l'historique

[52:59]

de Google ou aussi les autorités.

[53:01]

On se rappellera des cas comme Amandad

[53:03]

qui étaient dans les années un petit peu

[53:05]

plus tard, mais pas tant que ça, 2010,

[53:06]

2012. Il ne faisait même pas

[53:09]

ce travail-là. Au-dessus, il n'y avait pas

[53:10]

ce réflexe-là, les autorités.

[53:13]

Donc, j'ai l'impression que ça devait être

[53:14]

zéro à un réflexe d'aller voir

[53:17]

ça. Ça ne devait même pas dans la

[53:18]

liste de la to-do list d'un enquêteur.

[53:21]

Puisque très peu de traces

[53:23]

ont été laissées par Marilyn,

[53:24]

il est essentiel de revenir sur les

[53:26]

semaines qui ont précédé sa disparition

[53:28]

pour tenter de comprendre mieux le contexte.

[53:31]

Tout d'abord, sa mère

[53:32]

se rappelle que Marilyn a beaucoup pleuré

[53:35]

lors de Noël 2007,

[53:37]

cette année-là.

[53:38]

Donc, le Noël juste avant sa disparition.

[53:41]

Elle trouvait que Marilyn

[53:42]

n'était pas dans un très bon état

[53:44]

psychologique. Par la suite,

[53:47]

environ une semaine avant sa disparition,

[53:49]

Marilyn affirmait ne plus

[53:50]

se sentir en sécurité à Montréal.

[53:53]

Elle habitait alors un appartement

[53:54]

sur la rue Hochelaga, dans le quartier

[53:56]

Hochelaga-Maisonneuve. Le 10

[53:58]

février, elle quitte son appartement

[54:01]

abruptement avec son sac à dos

[54:02]

et débarque chez ses parents à Québec.

[54:05]

La même semaine,

[54:06]

elle va quitter son emploi et va

[54:08]

effectuer deux autres voyages à Montréal

[54:10]

afin de rassembler ses affaires

[54:12]

et de déménager pour de bon chez

[54:14]

ses parents. Elle a affirmé avoir

[54:16]

besoin d'au moins un mois de pause.

[54:19]

Est-ce qu'on sait

[54:20]

pourquoi?

[54:22]

Malheureusement, Seb,

[54:24]

c'est un des mystères de cette histoire-là.

[54:26]

Pourquoi elle se sentait

[54:28]

comme ça, c'est très

[54:30]

troublant. On ne sait pas pourquoi elle

[54:32]

voulait quitter son appartement.

[54:33]

Elle se sentait vraiment

[54:36]

en détresse psychologique

[54:38]

et puis elle s'est rendue chez ses

[54:40]

parents

[54:42]

d'une manière très soudaine

[54:44]

afin de déménager quelques jours.

[54:46]

Il y a sûrement une histoire d'amour. En tout cas,

[54:48]

souvent, de ces situations-là,

[54:51]

les situations

[54:51]

de détresse, souvent, l'amour peut être

[54:53]

relié à ça. C'est possible.

[54:56]

Lors de ses premiers jours à Québec,

[54:58]

Marilyn est très réservée

[55:00]

et refuse de s'ouvrir à sa famille.

[55:01]

Lorsque sa mère lui demande si elle a

[55:04]

des problèmes d'argent, de drogue

[55:05]

ou d'amour, elle répond que non.

[55:08]

Lorsqu'elle lui demande si elle

[55:09]

était agressée, Marilyn

[55:12]

ferme ses yeux, se mord les

[55:14]

lèvres et commence à pleurer

[55:15]

intensément.

[55:17]

Le jour de la Saint-Valentin, donc le 14

[55:19]

février cette année-là, elle parle

[55:21]

à sa sœur aînée qui habite à Los Angeles

[55:23]

et lui demande si un jour

[55:25]

elle va voir la lumière au bout du tunnel.

[55:28]

Donc, tout porte à

[55:29]

voir que Marilyn était manifestement

[55:32]

troublée, voire déprimée

[55:34]

dès son arrivée à Québec

[55:35]

ou même des semaines auparavant.

[55:38]

Quelques jours plus tard,

[55:39]

le 17 février, elle prendra

[55:41]

sa fameuse marche

[55:43]

dont elle ne reviendra jamais.

[55:45]

On se transporte deux ans plus tard,

[55:47]

en 2010. Le journaliste

[55:49]

Claude Poirier est contacté par

[55:51]

un homme de la région de Oxbury,

[55:53]

en Ontario, et qui prétend

[55:55]

avoir vu souvent Marilyn

[55:57]

dans la petite municipalité depuis

[55:59]

un an. Donc, pour une première fois,

[56:01]

on a un nouveau lead vers

[56:03]

des possibles

[56:05]

indices ici. Il

[56:07]

prétend que Marilyn se serait installée

[56:09]

là-bas avec un homme plus jeune.

[56:11]

Ils ont eu plusieurs

[56:13]

témoignages provenant de Oxbury,

[56:15]

provenant de commerce de la

[56:17]

région, de gens qui tiennent des restaurants

[56:19]

comme quoi Marilyn aurait été vue à

[56:21]

plusieurs reprises dans cette région-là.

[56:23]

Ce qui est quand même intéressant

[56:25]

quelques années plus tard.

[56:27]

J'ai fait quelques recherches sur Oxbury

[56:29]

justement pour expliquer un peu

[56:30]

à nos auditeurs de quoi ça a l'air. En fait,

[56:32]

c'est une petite ville d'environ 10 000

[56:35]

habitants qui est en non-Ontario,

[56:37]

mais qui est située environ une heure et vingt

[56:39]

de Montréal. Donc, c'est pas très

[56:40]

loin de Montréal. Donc, c'est très très proche.

[56:43]

Et puis, c'est la ville la plus

[56:44]

bilingue de l'Ontario. C'est très près

[56:46]

du Québec, et c'est vraiment très

[56:49]

près des lignes américaines

[56:51]

aussi. C'est très près de la

[56:52]

frontière américaine.

[56:55]

Et puis, je me suis renseigné un peu justement

[56:57]

au niveau de la

[56:58]

criminalité à Oxbury, et entre

[57:00]

autres au niveau du

[57:02]

trafic sexuel ou du trafic

[57:04]

d'humains. En fait, j'ai

[57:06]

trouvé quand même quelques articles

[57:08]

qui traitent de ça, parce qu'il faut

[57:10]

se dire,

[57:13]

souvent les petites villes

[57:15]

de région peuvent être des endroits

[57:17]

intéressants pour

[57:18]

transiger le même plus que

[57:20]

les grandes villes. Ils semblent

[57:22]

avoir eu des

[57:24]

arrestations faites en lien avec

[57:27]

du trafic sexuel

[57:28]

à Oxbury, possiblement

[57:30]

justement pour envoyer des gens

[57:32]

en Ontario

[57:34]

travailler ou peut-être même aux USA

[57:36]

d'une manière clandestine.

[57:38]

Ça semble pas être un endroit très

[57:41]

très criminel par contre,

[57:42]

mais il semble avoir eu

[57:44]

en fait, il semble avoir

[57:46]

une certaine situation dans l'Ontario

[57:49]

de l'Est en fait, qui est problématique

[57:51]

au niveau du trafic sexuel. J'ai vu plusieurs

[57:53]

conférences qui se donnaient,

[57:55]

des groupes de soutien, des

[57:56]

OSBL qui vont faire

[57:59]

un peu d'éducation là-dessus. Donc

[58:01]

ça semble être un problème,

[58:02]

parce que c'est vraiment entre le Québec et

[58:04]

l'Ontario. Mais bon, je veux pas

[58:06]

éveiller aucun soupçon, mais je m'étais

[58:08]

renseigné un petit peu, parce que je sais que

[58:10]

c'est une des hypothèses qui est souvent

[58:12]

évoquée dans le cas de Marilyn Bergeron.

[58:15]

Les policiers vont aller

[58:17]

investiguer à Oxbury,

[58:19]

et aussi les médias seront alertés,

[58:21]

mais les recherches sur place ne porteront

[58:23]

pas fruit. Et après ce témoignage,

[58:26]

silence radio.

[58:27]

Mais en même temps, je comprends un peu

[58:28]

parce que si, si elle est en fuite

[58:31]

ou que si, mettons, elle s'est faite

[58:33]

kidnappée, dans une petite ville comme

[58:34]

Oxbury, aussitôt que ça sort dans les

[58:37]

médias, t'es brûlé.

[58:39]

Donc t'sais, un gars comme Claude Poirier,

[58:41]

s'il en parle à son émission, tout ça,

[58:42]

c'est sûr que ça se sait à Oxbury,

[58:45]

puis qu'ils vont déguerpir

[58:47]

tout de suite. Selon moi,

[58:49]

une des meilleures techniques,

[58:51]

c'est d'alerter personne, puis d'aller faire

[58:53]

vraiment du repérage sur le

[58:55]

terrain, pour pas que ces gens-là aient eu

[58:57]

vent, qu'on les recherche.

[58:58]

Donc je sais pas si dans ce cas-là,

[59:01]

ça s'est passé ainsi, mais

[59:03]

en fait, je suis pas sûr de la stratégie

[59:05]

d'alerter les médias à ce niveau-là.

[59:11]

Excusez-moi, j'avais tellement

[59:11]

un chaud d'air. Un grand rebondissement

[59:14]

survient en 2017, près de

[59:16]

dix ans plus tard. Entre-temps,

[59:18]

la famille a engagé un avocat,

[59:19]

Marc Bellemare, qui est quand même assez

[59:21]

connu au Québec, pour faire transférer

[59:23]

le dossier auprès de la Sûreté du Québec.

[59:26]

Lors d'une conférence de presse, nous sommes

[59:27]

introduits à Jonathan Gauthier,

[59:29]

un ami de Marilyn, qui offre un témoignage

[59:32]

inquiétant sur les derniers temps de

[59:33]

Marilyn à Montréal. Il explique qu'il était

[59:35]

un ancien collègue de classe de Marilyn

[59:37]

à Jonquière et qu'il a

[59:39]

reconnecté avec elle à Montréal via Facebook.

[59:42]

Jonathan explique que le 10 décembre

[59:44]

2007, deux mois avant sa disparition,

[59:47]

il s'est rendu chez elle

[59:48]

où elle jouait de la musique dans le noir.

[59:50]

Elle semblait très triste.

[59:52]

Ils se sont rendus à une fête dans le

[59:54]

quartier Hochelaga Maisonneuve chez des amis

[59:56]

par la suite. À cette fête,

[59:58]

tout allait bien jusqu'à ce qu'elle discute avec un ami

[01:00:00]

et qu'elle tombe en sanglots,

[01:00:02]

comme si en discutant avec cet ami,

[01:00:04]

elle se serait remémoré d'anciens souvenirs.

[01:00:07]

Jonathan l'a trouvé en l'arme

[01:00:08]

dans le couloir de l'appartement.

[01:00:10]

Les deux auraient quitté la fête pour se rendre

[01:00:12]

chez Jonathan où celui-ci aurait tenté de discuter

[01:00:14]

avec Marilyn pour savoir

[01:00:16]

quel est son terrible secret.

[01:00:19]

Pendant quatre heures,

[01:00:20]

il lui a demandé si elle a été témoin

[01:00:21]

d'un meurtre ou encore victime

[01:00:23]

d'un viol. Elle répondait toujours

[01:00:25]

« Non, c'est pire ».

[01:00:28]

Elle a ajouté « Tu ne peux pas deviner

[01:00:29]

tout ce que j'ai vécu ».

[01:00:31]

Marilyn aurait passé la nuit à pleurer dans le salon

[01:00:34]

et à son réveil,

[01:00:35]

Jonathan ne l'aurait pas retrouvé.

[01:00:37]

Elle serait retournée chez elle.

[01:00:39]

Il a alerté des amis de Marilyn

[01:00:41]

pour qu'ils tentent eux aussi de savoir

[01:00:43]

ce qui cloche, mais tout comme ses parents,

[01:00:45]

toujours sans succès.

[01:00:47]

Quel était donc son terrible secret ?

[01:00:50]

Oui, ça revient un peu à ça,

[01:00:52]

Seb. En fait,

[01:00:53]

quel était le secret de Marilyn

[01:00:55]

comme ce qu'on discutait tout à l'heure

[01:00:57]

parce qu'elle n'a assez jamais ouvert

[01:00:59]

à sa famille ou à ses amis proches.

[01:01:02]

Justement, par la suite,

[01:01:04]

Jonathan disait qu'il a tenté même

[01:01:05]

de contacter des gens parce qu'elle est originaire

[01:01:07]

de Chicoutimi.

[01:01:09]

Marilyn avait contacté des gens

[01:01:11]

dans cette région-là

[01:01:12]

en lui disant « Si vous la voyez à Noël

[01:01:15]

ou si vous entendez parler d'elle,

[01:01:17]

contactez-la et essayez de lui parler

[01:01:19]

et tout ça ».

[01:01:20]

Sans succès, elle l'a emporté

[01:01:23]

avec elle dans sa disparition.

[01:01:25]

Son terrible secret.

[01:01:27]

On ne sait toujours pas c'est quoi.

[01:01:30]

Encore plusieurs années plus tard,

[01:01:31]

plus de dix ans plus tard,

[01:01:32]

on n'a aucune nouvelle de Marilyn Bergeron.

[01:01:35]

Et là, vraiment, toutes les hypothèses sont lancées.

[01:01:39]

Au niveau des développements,

[01:01:41]

ce qu'on sait,

[01:01:41]

c'est que justement, sa soeur, Natalie,

[01:01:43]

qui habite à Los Angeles,

[01:01:44]

qui est un peu en charge de tout ça,

[01:01:47]

de la recherche en ligne, du moins,

[01:01:49]

elle expliquait qu'elle aimerait travailler

[01:01:51]

sur une base de données

[01:01:52]

un peu comme le Namus,

[01:01:57]

cette banque de données

[01:01:58]

de personnes disparues aux États-Unis.

[01:02:00]

Elle aimerait beaucoup travailler

[01:02:02]

en guise de volontaire

[01:02:03]

pour en faire un au niveau du Québec.

[01:02:06]

Donc, étant donné qu'il y a beaucoup de disparitions,

[01:02:08]

comme ça, ça aiderait à rassembler l'information.

[01:02:10]

Parce que c'est vrai qu'en ce moment,

[01:02:12]

c'est difficile de trouver une base de données

[01:02:14]

avec tout le monde.

[01:02:15]

Il faut toujours aller sur des sites Facebook

[01:02:18]

différents, des pages web différentes,

[01:02:20]

et se renseigner.

[01:02:22]

Il n'y a pas de centralisation de l'information.

[01:02:23]

Non, c'est clair. Il y en a un pour les enfants.

[01:02:25]

La Fondation Enfants Retour,

[01:02:27]

c'est juste les disparitions d'enfants, par exemple.

[01:02:30]

C'est là que les adultes,

[01:02:31]

ils tombent dans un genre de trou

[01:02:35]

administratif.

[01:02:36]

C'est vrai qu'on a tendance à moins s'en occuper

[01:02:38]

des adultes disparus,

[01:02:40]

et ça serait une excellente idée.

[01:02:42]

Ce n'est pas un projet

[01:02:44]

qui coûte énormément cher à développer

[01:02:47]

et même à implanter.

[01:02:48]

Je veux dire, si tous les policiers

[01:02:50]

ont accès à cette base de données-là,

[01:02:52]

qui peuvent, à pression, eux, la mettre à jour

[01:02:53]

au Québec, ce n'est pas une énorme

[01:02:55]

complexité d'implanter ça.

[01:02:57]

J'espère que ces efforts

[01:03:00]

vont porter fruit, du moins son lobbyiste,

[01:03:02]

son lobbying qu'elle va faire

[01:03:04]

ou qu'elle veut faire.

[01:03:05]

Une autre initiative qu'elle a, en fait,

[01:03:07]

j'avais vu ça dans un reportage tout récemment,

[01:03:11]

justement,

[01:03:12]

Nathalie, sa soeur,

[01:03:14]

est en train de recueillir de l'ADN

[01:03:16]

de Marylin pour la faire entrer

[01:03:17]

dans des bases de données d'ADN.

[01:03:19]

Très bonne idée.

[01:03:21]

Parce qu'on sait qu'il y a des crimes,

[01:03:23]

de plus en plus, même des vieux crimes,

[01:03:24]

qui réussissent à se résoudre grâce

[01:03:27]

aux banques de données d'ADN.

[01:03:29]

Vraiment, c'est une très bonne initiative.

[01:03:32]

Moi, je salue vraiment

[01:03:33]

l'initiative de la famille

[01:03:35]

de Marylin Bergeron,

[01:03:37]

ses deux parents, sa soeur, à quel point

[01:03:39]

ils n'ont jamais lâché le morceau encore

[01:03:41]

maintenant, dix ans plus tard.

[01:03:43]

Vraiment, ils mènent ça

[01:03:44]

d'une main de maître, parce que ça ne doit pas

[01:03:47]

être facile à vivre. C'est des situations

[01:03:49]

extrêmement stressantes.

[01:03:51]

On est dans l'incertitude

[01:03:53]

constamment, dans l'inquiétude.

[01:03:55]

Oui, tu es toujours en zone grise.

[01:03:56]

Tu ne peux pas faire le deuil. C'est toujours la même chose.

[01:03:59]

En temps que tu n'as pas la preuve que quelqu'un est mort,

[01:04:01]

c'est difficile de faire le deuil.

[01:04:03]

Encore une fois, une disparition

[01:04:05]

d'adultes, ce n'est clairement pas en priorité

[01:04:07]

pour les services policiers

[01:04:08]

du Québec. C'est vraiment

[01:04:11]

très triste. Les parents de Marylin

[01:04:13]

se battent encore, je crois, pour que

[01:04:15]

le dossier passe du côté de la Sûreté

[01:04:16]

du Québec. En ce moment, c'est le service de police

[01:04:19]

de la ville de Québec.

[01:04:21]

Le fait que justement, ça passe

[01:04:23]

au niveau de la Sûreté peut-être que ça peut faciliter

[01:04:26]

la communication

[01:04:27]

entre les territoires, étant donné

[01:04:28]

que c'est aussi une histoire qui s'est passée

[01:04:30]

sur plusieurs territoires.

[01:04:32]

Selon moi, en fait, la réponse

[01:04:34]

est peut-être plus à Montréal qu'à Québec.

[01:04:37]

La réponse sur la disparition

[01:04:39]

de Marylin, parce que vraiment, c'est

[01:04:40]

clairement à Montréal que les choses

[01:04:42]

ont commencé à moins bien aller.

[01:04:44]

Non, c'est clair. Il s'est passé quelque chose là-bas.

[01:04:46]

Oui. Ça termine un peu

[01:04:49]

la chronologie des événements,

[01:04:51]

Seb, de cette histoire-là qui secoue

[01:04:53]

encore le Québec, qui est vraiment

[01:04:55]

hyper mystérieuse. Moi,

[01:04:57]

depuis que je me suis lancé là-dedans,

[01:04:59]

je ne fais qu'y penser. Je suis

[01:05:01]

déterminé à essayer

[01:05:03]

d'aider, du moins, à faire avancer

[01:05:05]

les choses, si c'est possible.

[01:05:07]

Maintenant, au niveau

[01:05:08]

des théories, toi, Seb, est-ce que

[01:05:11]

tu avais une hypothèse là-dessus?

[01:05:13]

Quel est ton feeling intérieur sur cette

[01:05:15]

disparition-là?

[01:05:16]

Plus je réfléchis, plus j'ai l'impression

[01:05:18]

qu'elle est allée refaire sa vie ailleurs.

[01:05:21]

J'ai un peu ce feeling-là

[01:05:23]

à cause

[01:05:25]

de l'événement inconnu

[01:05:26]

qui s'est passé, qui a l'air extrêmement tragique,

[01:05:28]

et j'ai l'impression qu'elle a vraiment voulu

[01:05:31]

fuir, fuir son entourage,

[01:05:33]

fuir tout ça pour

[01:05:35]

refaire sa vie,

[01:05:36]

tout simplement. Souvent,

[01:05:38]

je sais que ça peut être une option pour certaines

[01:05:40]

personnes. Des fois, tu veux mettre tout ton passé

[01:05:43]

en arrière de toi, puis aller

[01:05:44]

refaire ta vie. C'est pas simple de refaire sa vie,

[01:05:46]

mais j'ai quand même ce feeling-là

[01:05:49]

que c'est peut-être

[01:05:50]

une option, justement,

[01:05:53]

l'endroit où elle est allée au

[01:05:54]

café dépôt, des choses comme ça,

[01:05:56]

en direction vers Montréal,

[01:05:58]

où est-ce qu'elle est retournée à Montréal, puis là,

[01:06:00]

elle est retombée sur la

[01:06:02]

mauvaise personne, la personne qui a fait subir

[01:06:04]

ça, puis qui l'aurait

[01:06:06]

tué. Ça aussi, j'avoue que

[01:06:08]

je balance entre les deux,

[01:06:10]

mais j'ai quand même peut-être l'impression

[01:06:12]

qu'elle est juste partie. C'est justement

[01:06:14]

peut-être pour ça qu'il y a autant de témoignages

[01:06:17]

à Upbury

[01:06:19]

de gens qui l'ont

[01:06:21]

vu, qui l'ont peut-être croisé.

[01:06:22]

C'est pour ça que là-dessus,

[01:06:25]

c'est une de mes

[01:06:26]

hypothèses les plus probables. Et toi,

[01:06:29]

Emile, qu'est-ce que t'en penses?

[01:06:30]

Bonne question. Moi, en fait, j'essaie

[01:06:32]

de décortiquer un peu

[01:06:35]

ces allées et venues, cette

[01:06:36]

journée-là. Puis moi, l'élément

[01:06:38]

pour moi qui est très, très important,

[01:06:40]

c'est le café dépôt. On en a parlé

[01:06:42]

un petit peu tout à l'heure. T'sais, c'est pas

[01:06:45]

un endroit où tu vas chiller

[01:06:46]

le café dépôt à Saint-Romual. Non, pas celui

[01:06:48]

de Saint-Romual. Non. En fait, même

[01:06:50]

si t'es à Saint-Romual, il y a des endroits plus

[01:06:52]

cools où aller prendre un café.

[01:06:54]

Donc c'est clair qu'elle n'allait pas là pour prendre un café.

[01:06:56]

Selon moi, elle allait là.

[01:06:59]

Qu'est-ce que tu vas faire au

[01:07:00]

café dépôt à Saint-Romual? Tu vas te chercher un

[01:07:02]

café pour emporter, pour faire de la route.

[01:07:04]

Oui, oui. Selon moi. Donc c'est

[01:07:06]

clair qu'elle allait, d'après

[01:07:08]

moi, rejoindre quelqu'un qui l'amenait

[01:07:10]

quelque part, peut-être du covoiturage,

[01:07:13]

quelque chose comme ça. Et tu sais

[01:07:14]

qu'on disait qu'elle était vue en

[01:07:16]

Ontario, eh bien moi, juste pour le fun,

[01:07:19]

je me disais, en 2008,

[01:07:21]

qu'est-ce qu'on faisait quand on n'avait

[01:07:22]

pas beaucoup d'argent et qu'on voulait

[01:07:25]

se transporter d'une ville à l'autre?

[01:07:27]

On utilisait des services comme Amigo Express,

[01:07:29]

par contre, qui existent encore, qui avaient un service

[01:07:30]

de covoiturage. Tu paies 20 piastres,

[01:07:33]

tu fais Québec-Montréal, tout ça. Et là,

[01:07:34]

j'ai essayé de me dire, OK, bien combien

[01:07:37]

ça peut lui coûter d'aller en Ontario?

[01:07:38]

Donc j'ai essayé Saint-Romual, Toronto,

[01:07:41]

sur Amigo Express, et là,

[01:07:43]

boum, 60 dollars.

[01:07:44]

Et qu'est-ce qu'elle allait retirer au guichet

[01:07:47]

qu'elle s'est fait refuser? 60 dollars.

[01:07:49]

Donc est-ce que c'est possible que

[01:07:50]

cette journée-là, en fait, elle voulait...

[01:07:53]

Tu sais, là,

[01:07:54]

j'extrapole, mais je me dis

[01:07:56]

qu'elle avait peut-être des choses à régler à Montréal

[01:07:58]

et que peut-être qu'elle a voulu y retourner

[01:08:00]

et que ses plans n'ont pas fonctionné,

[01:08:02]

étant donné qu'elle n'avait pas, là, 60 dollars,

[01:08:05]

peut-être pour aller à Montréal

[01:08:07]

ou en Ontario, ou plus loin,

[01:08:08]

ou prendre un service de covoiturage,

[01:08:10]

c'est peut-être là que le reste de sa journée,

[01:08:13]

elle a tenté

[01:08:15]

de se trouver un moyen de transport

[01:08:17]

ou quelque chose comme ça,

[01:08:19]

puis de quitter la ville.

[01:08:21]

Parce que le sac à dos, encore une fois,

[01:08:23]

j'ai l'impression que le fait

[01:08:24]

qu'elle le dissimule à sa mère,

[01:08:26]

ou peut-être qu'elle l'a acheté plus tard,

[01:08:28]

en fait, dans la journée, pour moi,

[01:08:30]

ça laisse croire qu'elle pensait peut-être quitter

[01:08:33]

pas nécessairement pour très longtemps,

[01:08:35]

mais pour peut-être un jour ou deux,

[01:08:37]

tu sais, dans un sac à dos.

[01:08:39]

Donc j'ai l'impression peut-être qu'elle allait régler

[01:08:41]

des choses et que c'est peut-être

[01:08:43]

là que ça s'est mal tourné.

[01:08:46]

On dirait que je ne crois pas tant que ça,

[01:08:47]

parce que la police, selon eux,

[01:08:49]

c'est un suicide.

[01:08:52]

Selon la police de Québec,

[01:08:54]

ils croient que

[01:08:55]

l'hypothèse va plus vers

[01:08:57]

le suicide. On dirait que moi,

[01:08:59]

je suis peut-être moins...

[01:09:01]

j'ai moins l'impression qu'elle voulait se suicider.

[01:09:03]

En fait, je trouve qu'elle était bien entourée,

[01:09:06]

mais en même temps, elle était très déprimée.

[01:09:08]

Ça reste une hypothèse

[01:09:09]

probable, mais j'ai plus l'impression

[01:09:11]

qu'elle avait peut-être

[01:09:13]

vraiment quelque chose en tête

[01:09:15]

en allant chercher son café. C'était de prendre

[01:09:17]

la route, peut-être retourner à Montréal,

[01:09:19]

peut-être d'aller ailleurs

[01:09:21]

où elle avait des choses à régler,

[01:09:23]

et puis que ça a sans doute mal tourné.

[01:09:26]

Je sais que les parents,

[01:09:27]

eux, mettent beaucoup de poids sur le trafic

[01:09:29]

sexuel. Moi, on dirait que

[01:09:32]

en fait, ce qui me fait pencher vers ça,

[01:09:34]

c'est vraiment l'événement

[01:09:35]

à Oxbury. Mais encore une fois,

[01:09:37]

il faut vraiment que ce soit un événement

[01:09:39]

réel. Parce qu'on dirait que j'ai pas l'impression

[01:09:41]

qu'elle avait le casting

[01:09:43]

pour le trafic sexuel,

[01:09:45]

dans le sens qu'elle avait 24 ans.

[01:09:48]

Généralement, les filles

[01:09:49]

qui se font embarquer là-dedans sont peut-être

[01:09:51]

plus jeunes un peu.

[01:09:54]

C'est une fille qui avait beaucoup

[01:09:55]

d'emplois du temps. Elle était caméraman

[01:09:57]

pigiste, monteur pigiste. Elle travaillait chez

[01:09:59]

Steve. Elle suivait des cours à l'université,

[01:10:01]

puis des cours avec l'Industrie à l'Alliance.

[01:10:04]

À moins qu'elle cachait

[01:10:05]

vraiment quelque chose du genre,

[01:10:07]

les cours, c'est un cover-up, elle va pas

[01:10:09]

vraiment. Je vois pas comment

[01:10:11]

elle pourrait être. En plus,

[01:10:15]

t'sais, parce que

[01:10:15]

le trafic sexuel, souvent,

[01:10:17]

ça commence. La porte d'entrée,

[01:10:20]

c'est souvent le striptease

[01:10:22]

ou des petits

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emplois dans l'industrie du sexe comme ça.

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Et tranquillement, on en vient à faire

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des contrats d'escorte.

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Je dis pas que c'est toujours comme ça,

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mais c'est un peu le modus operandi habituel.

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Et par manipulation

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émotive, on arrive à avoir le contrôle

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de la fille.

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Et éventuellement vient le temps où

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on est brûlé et il faut s'en débarrasser

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à quelque part.

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Donc, j'ai l'impression que

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Marilyn avait tellement d'emplois du temps

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que ça devait être dur pour elle

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d'être dans le milieu

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du sexe, on dirait. À moins qu'elle est

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mentie tout ce temps-là.

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Que le drame qu'elle parle, est-ce que ça pourrait être

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arrivé dans ce contexte-là?

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Peut-être aussi. Mais moi non plus,

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c'est pas une voix que je prends

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tant que ça dans les hypothèses de trafic sexuel.

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Mais je pensais à ça.

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Si elle n'avait pas l'argent pour prendre

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l'amiGo express, elle a peut-être fait du pousse.

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Puis elle est peut-être là aussi tombée

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sur une mauvaise personne entre-temps.

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Oui, ou elle a peut-être texté quelqu'un

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ou des gens

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des moins bonnes fréquentations.

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Ça se peut ça aussi.

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C'est plus vers ça que

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je crois que

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ça se dirige. Mais elle s'est peut-être

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rendue à Montréal.

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Parce que l'événement à Augsbury,

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ça ressemble, je trouve, à du trafic

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sexuel. Ça ressemble à quelqu'un,

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l'individu plus jeune, qui l'amène

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dans un petit village.

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Moi, j'ai même une certaine époque,

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je connais quelqu'un qui a été

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chauffeur pour des strip-teasers

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en région.

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Dans des petits bars.

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Les filles n'avaient pas tout le temps 18 ans.

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C'était très louche.

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C'était très limite

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comme emploi.

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C'est souvent ça.

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C'est souvent dans les petites municipalités

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que ça se passe. C'est les meilleurs endroits

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pour disparaître. C'est moins surveillé.

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Oui, c'est moins surveillé.

[01:12:09]

Il y a beaucoup moins d'éthique

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dans les petits clubs de strip-teas.

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Une plus grande présence du crime organisé.

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L'événement à Augsbury

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ressemble à ça.

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C'est ce qui me fait plus pencher

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en plus vers le trafic sexuel.

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J'ai l'impression que s'il n'y avait pas eu cet événement-là,

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je n'y croirais pas du tout au trafic sexuel.

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Donc si vous avez de l'information,

[01:12:31]

cher Distordu, au sujet de Marilyn Bergeron,

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quelque chose à partager,

[01:12:34]

vous pouvez rejoindre le service de police

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de la ville de Québec. Ou encore,

[01:12:38]

vous pouvez vous rendre au www.

[01:12:42]

Trouvezmarylin.com

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Marilyn, c'est M-A-R-I-L-Y-N.

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Donc pas de E à Marilyn.

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Il y a aussi un groupe Facebook

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qui est Avez-vous déjà vu Marilyn Bergeron?

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Que vous pouvez rejoindre

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où je suis allé aujourd'hui encore

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un peu d'activité.

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Il y a quelqu'un de la famille

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qui gère encore une fois cette page Facebook-là.

[01:13:02]

Donc si vous avez de l'information,

[01:13:03]

n'hésitez pas à contacter ces endroits-là.

[01:13:07]

Et c'est déjà tout

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pour notre dernier épisode de la saison, Seb?

[01:13:11]

Oui, déjà un peu

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avec pas une tristesse,

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mais une petite nostalgie déjà

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de pause d'enregistrement

[01:13:19]

pour quelques semaines.

[01:13:20]

Mais faites-vous-en pas, on a encore des choses

[01:13:22]

qui s'en viennent, il y a des bonus qui s'en viennent.

[01:13:25]

Et faites-vous en pas, vous allez entendre

[01:13:26]

parler de nous, c'est clair.

[01:13:28]

On veut vous remercier de votre support

[01:13:30]

pendant toute cette saison-là,

[01:13:32]

cher Distordu, de nous avoir écouté

[01:13:33]

sur toutes les plateformes, que ce soit

[01:13:35]

Apple Podcasts, Spotify,

[01:13:38]

Podcasts addicts ou encore YouTube.

[01:13:40]

Google Play. Oui, Google Play. Merci

[01:13:42]

de nous supporter sur toutes ces plateformes-là.

[01:13:45]

Merci de vos reviews,

[01:13:46]

5 étoiles. Vous savez

[01:13:48]

où nous trouver parce qu'on va être actifs

[01:13:50]

sur le réseau social, sur Instagram,

[01:13:52]

Distorsion Podcasts, Twitter,

[01:13:54]

Distorsion Pod, sur Facebook,

[01:13:56]

même chose, Distorsion Podcasts.

[01:13:58]

Vous pouvez rejoindre notre groupe de discussion privée

[01:14:00]

si vous n'avez pas l'air trop d'un tueur en série.

[01:14:02]

On risque de vous accepter.

[01:14:05]

Seb, est-ce que tu aurais

[01:14:06]

un mot de la fin pour ce dernier épisode?

[01:14:09]

Toutes nos pensées sont

[01:14:10]

avec les familles de Mélissa,

[01:14:12]

Marilyn et toutes les autres personnes

[01:14:14]

disparues au Québec et ailleurs.

[01:14:17]

On se revoit bientôt.

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