🎄 #153 - Complots de NoĂ«l et l’attentat de Nashville en 2020

Épisode

🎄 #153 - Complots de NoĂ«l et l’attentat de Nashville en 2020

Épisode
153
Durée
55 min
Format
Audio

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Le matin de Noël 2020, à 6 h 30, au centre-ville de Nashville, un avertissement retentit dans la rue. Un compte à rebours. Une chanson inattendue. Puis une explosion qui déchire la 2e Avenue North et laisse la ville sous le choc.

TrĂšs vite, un nom apparaĂźt. Un homme isolĂ©. Un univers mental rempli de rĂ©cits parallĂšles. Et un choix de date qui n’a rien d’anodin. Parce que NoĂ«l, pour certains, n’est pas seulement une fĂȘte. C’est un dĂ©cor chargĂ©, un rĂ©cit collectif qu’on accepte sans trop poser de questions. Et quand on commence Ă  le dĂ©cortiquer, tout peut devenir suspect : les origines de la date, les symboles, les lumiĂšres, les films, et mĂȘme l’image du PĂšre NoĂ«l, qu’on associe parfois Ă  une version popularisĂ©e par la publicitĂ©.

Dans cet Ă©pisode, on suit le fil entre folklore, marketing et paranoĂŻa moderne. On explore comment certaines thĂ©ories transforment NoĂ«l en laboratoire d’illusions, comment le doute se propage, comment une “guerre contre NoĂ«l” devient un angle de lecture, et comment, dans de rares cas, ce mĂ©lange peut basculer dans le rĂ©el, de façon violente.

Bonne Ă©coute, et Joyeuses FĂȘtes. 🎄


Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent ĂȘtre inexacts.

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Le matin de Noël 2020, à 6h30, un véhicule récréatif explose au centre-ville de Nageville

[00:13]

aprÚs avoir diffusé un compte à rebours klaxant.

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Le bilan, huit blessés et un mort, l'auteur de l'attentat Anthony Quinn Warner, un

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homme isolé nourri de théories du complot sur les reptiliens qui a choisi Noël

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comme décor pour sa grande révélation.

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Pour certains, NoĂ«l n'est plus une fĂȘte innocente, mais un laboratoire d'illusions,

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des origines païennes recyclées, les PÚres Noël commercialisés, les lumiÚres et symboles

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perçues comme des indices d'une manipulation globale.

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Dans cet épisode, on explore comment les complotistes s'emparent de Noël, comment

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un individu peut transformer un symbole de joie en tragédie et comment nos récits

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de Noël façonnent notre vision du monde.

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Sébastien Lévesque, comment ça va ce soir?

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Ça va bien et toi, Emile Gauthier?

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Oh oui, c'est drÎle, je ne sais pas si c'est le début d'une tradition, mais on

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s'est dit pourquoi ne pas faire un petit spécial de Noël, un petit bonus comme

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ça, parce qu'on discutait, moi et Seb, de plein de sujets pour prévoir les prochains

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Ă©pisodes de distorsion, oĂč on discute de plusieurs idĂ©es comme ça, et on

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disait, c'est vrai qu'autour de Noël, il y a toujours des trucs weird qui arrivent.

[01:46]

Et ce soir, on va faire le tour de quelques trucs weird dont une histoire principale, celle

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de Anthony Quinn Warner, qui a carrément réalisé un attentat à Nageville en 2020,

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le jour de Noël.

[01:58]

On va parler un peu de ses motivations, on va discuter des théories du complot,

[02:04]

non seulement en lien avec Noël, mais en lien avec sa chambre à écho, qu'est-ce

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que lui consommait comme idée un petit peu distordue?

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Oui, puis ce qui est drÎle, c'est qu'il faut se rappeler, en 2020, on était encore

[02:18]

en pleine COVID, j'ai l'impression que ça a amplifié encore plus son discours

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complotiste, mais vous allez voir, c'est une chaßne d'événements aussi dans

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sa vie personnelle qui l'ont amené à s'isoler et à se construire une

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nouvelle réalité, si on peut dire.

[02:35]

Ah oui, tout Ă  fait, vous allez voir, c'est quand mĂȘme assez troublant, tout cela.

[02:39]

Et en After Show Seb, tu vas parler d'une histoire assez curieuse, celle du

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Roswell de Noël.

[02:47]

Oui, une histoire d'extraterrestre.

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Exact, qu'on peut aussi baptiser le Roswell britannique.

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C'est une histoire qui a eu lieu dans les années 80, une vraie histoire de

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supposer présence d'OVNI sur des bases militaires, je vous en dis pas plus,

[03:01]

mais c'est fascinant et c'est encore quarante ans plus tard, mĂȘme quarante-cinq

[03:07]

ans plus tard, ça fait encore partie des mythes et il y a des gens qui croient

[03:12]

toujours qu'il y aurait eu une vraie présence extraterrestre.

[03:15]

Et honnĂȘtement, quand on regarde les preuves, parce qu'il y a des preuves

[03:19]

mĂȘme numĂ©riques, quand un des commandants a captĂ© sur place, c'est

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dur de ne pas y croire.

[03:25]

Ah oui, c'est clair.

[03:27]

On va décortiquer tout ça pour vous.

[03:29]

C'est un after show.

[03:30]

On se rappelle, l'after show, c'est disponible pour nos abonnés.

[03:33]

Oui, monsieur, sur Patreon, oui, mais là, on est en grand débrouillage.

[03:37]

Oui, c'est vrai.

[03:38]

On a libéré une tonne de contenus qui généralement est réservé

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ou Ă  nos membres, Ă  nos membres payants.

[03:46]

Oui, mais lĂ , pour le temps des fĂȘtes, on le rend disponible

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Ă  nos membres gratuits.

[03:51]

Rendez-vous sur notre page Patreon, la page Patreon de Distorsion.

[03:54]

Et vous avez juste Ă  vous abonner de maniĂšre gratuite.

[03:57]

Et lĂ , vous avez une semaine, une semaine et demie pour profiter

[04:02]

de tout ce contenu-lĂ .

[04:03]

On a libéré des dizaines de contenus qui étaient autrement gardés

[04:06]

dans la voûte exclusive.

[04:08]

Mais il ne faut pas oublier qu'aprÚs ce grand débrouillage,

[04:11]

on referme les portes.

[04:12]

Donc, si vous voulez continuer Ă  avoir accĂšs Ă  tout ce contenu,

[04:15]

parce qu'il doit commencer Ă  avoir des centaines de contenus exclusifs

[04:18]

sur Patreon, c'est une belle, une belle librairie distordue.

[04:23]

Donc, si vous voulez par la suite, continuer Ă  soutenir votre podcast

[04:26]

préféré et avoir accÚs à tous ces épisodes bonus,

[04:29]

eh bien, vous savez, vous savez quoi faire de rejoindre la Légion.

[04:33]

Oui, c'est bien dit.

[04:35]

On a quand mĂȘme une biĂšre ce soir, Seb.

[04:37]

Oui, on ne pouvait pas se passer à cÎté de ça.

[04:40]

On boit la Wild Wild West.

[04:42]

Wild Wild West, ça me faisait penser à la chanson de Will Smith,

[04:46]

qui a Ă©tĂ© fait par À la dĂ©rive,

[04:48]

qui est une micro brasserie artisanale de Gatineau.

[04:51]

On a toujours dĂ» faire la Gatineau.

[04:52]

Oui, c'est une aille pillée West Coast, donc de la cÎte Ouest.

[04:55]

Et il y avait une petite description que je trouvais drĂŽle

[04:58]

qui était sur le descriptif sur la canette.

[05:00]

En fait, c'est buvez des biÚres oublonnés.

[05:02]

Ne faites pas la guerre, surtout pas Ă  Oublonville.

[05:06]

Et les canettes sont trĂšs ludiques.

[05:07]

Il y a des bonhommes et tout ça.

[05:09]

Donc, c'est une belle micro brasserie que je connais, c'est pas.

[05:12]

Et c'est un 7% d'alcool,

[05:14]

zeste d'agrumes, fruits tropicaux, etc.

[05:16]

Donc, ça va ĂȘtre excellent pour un Ă©pisode de NoĂ«l.

[05:19]

Et tout ça nous a été offert, mon cher Emile, par Nicolas Simard

[05:22]

Lavoie, qui a fait un don sur notre site.

[05:25]

Il nous a envoyé une tournée de biÚre.

[05:28]

Si vous voulez faire comme lui, on vous réexplique.

[05:30]

DistorsionPodcast.com, petit onglet en haut Ă  droite.

[05:33]

Et vous pouvez nous envoyer un don et nous envoyer une suggestion.

[05:36]

Donc, pour nous, ça nous permet de remplir le fridge.

[05:38]

Merci et merci.

[05:40]

Et juste avant d'enregistrer cet épisode,

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on a reçu une tournée de biÚre sur notre site Web.

[05:44]

Donc, future shout out à Éric Poirier de Val d'Or.

[05:48]

Ah oui, c'est vrai. Excellent.

[05:49]

Mais merci, Éric. TrĂšs apprĂ©ciĂ©.

[05:51]

Ce serait cool de les faire un tour Ă  Val d'Or un jour,

[05:54]

présenter notre cabaret des curiosités.

[05:56]

C'est vrai.

[05:57]

S'il y a des salles de spectacle,

[05:58]

s'il y a des auditeurs de Val d'Or, n'hésitez pas à nous en faire part.

[06:02]

Ben oui. Et pendant qu'on en parle,

[06:04]

sachez qu'un bon cadeau de NoĂ«l, ça peut ĂȘtre des billets

[06:07]

pour la tournée 2026 de Distorsion.

[06:10]

Donc, allez voir ça en mars.

[06:11]

On va ĂȘtre au Lyon d'Or Ă  MontrĂ©al.

[06:13]

Et par la suite, on va enchaßner Québec, Sainte-ThérÚse,

[06:16]

Varennes, Saint-Jean-sur-Richelieu et d'autres dates vont s'ajouter aussi.

[06:20]

Donc, surveillez ça.

[06:21]

C'est déjà en vente maintenant sur notre site Web.

[06:23]

On a tout rassemblé les dates au distorsionpodcast.com.

[06:26]

Vous pouvez les trouver un petit peu un petit peu partout

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sur nos réseaux sociaux et autres.

[06:33]

Et Seb, pour terminer, tiens, évidemment,

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un shout out 5 étoiles sur Apple Podcasts qui nous vient de Ren Ming 09.

[06:41]

On nous dit le podcast est super.

[06:43]

Les sujets sont intéressants

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et les deux animateurs nous informent de façon décontractée.

[06:48]

TrÚs recommandé pour les amateurs de True Crime. Merci.

[06:52]

Shout out Ă  toi, Ren Ming 09.

[06:55]

Je pense qu'on a tout dit, Seb.

[06:57]

Est-ce qu'on est prĂȘts Ă  se lancer dans cet Ă©pisode spĂ©cial complot de NoĂ«l?

[07:02]

Oui, nous sommes prĂȘts.

[07:04]

Allons-y maintenant.

[07:07]

Ah, NoĂ«l, ce moment oĂč la ville entiĂšre est en frĂ©nĂ©sie,

[07:12]

oĂč les familles emballent les cadeaux de derniĂšre minute.

[07:15]

Eh oui, moi.

[07:16]

Et oĂč les enfants comptent les heures avant l'arrivĂ©e

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d'un vieil homme en manteau rouge dont tout le monde sait au fond

[07:21]

qu'il n'existe pas.

[07:23]

Mais que personne n'a envie de remettre ça en question.

[07:26]

Bien non, on aime trop Noël.

[07:28]

Noël, c'est un mensonge bienveillant qu'on accepte tous

[07:31]

parce qu'il nous amuse, qu'il fait briller les yeux des enfants.

[07:35]

On décide d'habiter cette histoire-là ensemble le temps de nuit

[07:38]

pour oublier que dehors, le monde est plus froid, plus complexe,

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moins magique de ce qu'on raconte autour du sapin.

[07:46]

Mais pour certains conspirationnistes,

[07:48]

mĂȘme cette image d'innocence collective n'est qu'une façade.

[07:51]

Ils voient NoĂ«l comme un vernis chrĂ©tien posĂ© sur une fĂȘte paĂŻenne

[07:56]

beaucoup plus ancienne.

[07:58]

Une hypothÚse trÚs répandue chez les historiens

[08:00]

veut que l'Église ait fixĂ© NoĂ«l au 25 dĂ©cembre

[08:03]

pour coĂŻncider avec le Dyes Natalis Solis Invicti,

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qui est une fĂȘte romaine du soleil invaincu.

[08:11]

OK.

[08:12]

C'est oui, j'ignorais tout ça.

[08:13]

Et c'est ce Dieu solaire célébré quand la lumiÚre

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recommence Ă  gagner du terrain aprĂšs le solstice d'hiver.

[08:19]

Ce lien reste débattu.

[08:22]

Mais dans cette lecture, Noël aurait été superposé

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Ă  des rites paĂŻens pour garder des repĂšres familiers

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et faciliter la conversion des populations.

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Beaucoup de traditions de Noël seraient ainsi des rituels anciens recyclés.

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Mais ça, c'est vrai aussi, c'est pas faux.

[08:39]

À partir de là, tout devient suspect.

[08:42]

Les lumiÚres, les publicités de Coca-Cola, les téléfilms de Noël,

[08:47]

lĂ  oĂč toi, tu vois un compte rĂ©confortant,

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bien eux voient plutĂŽt un dispositif de conditionnement.

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La preuve pour eux qu'on peut faire croire n'importe quoi

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à n'importe qui, tant que c'est emballé dans du papier rouge et or.

[09:01]

LĂ  oĂč tu vois des cadeaux, eux, ils voient une expĂ©rience grandeur nature.

[09:05]

Apprendre trĂšs tĂŽt aux enfants que les adultes ont le droit de mentir

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pour ton bien, que l'école, la télé, les marques

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peuvent t'inventer une histoire et la coller partout

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jusqu'à ce qu'elle devienne ta réalité.

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Si on est capable de te mentir sur le PÚre Noël pendant des années,

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qu'est-ce qui garantit qu'on ne te ment pas sur le reste?

[09:26]

Oui, je comprends.

[09:27]

J'ai toujours été un peu dubitatif face aux mensonges du PÚre Noël.

[09:32]

Parce que j'ai une petite fille qui est dans l'Ăąge d'y croire.

[09:35]

Oui, bien sûr.

[09:36]

Et puis, moi, j'y contribue parce que je me dis,

[09:39]

bien, c'est bon pour l'imaginaire, ça crée un peu une tradition.

[09:43]

Parce que là, maintenant, il n'y a plus juste ça.

[09:45]

Il y a un lutin de Noël.

[09:46]

T'en as amené un en studio, un lutin de Noël.

[09:50]

Donc lui aussi, il faut faire croire

[09:51]

que bon, il fait des mauvais coups pendant la nuit, tout ça.

[09:54]

Donc, c'est vrai que c'est truffé de mensonges Noël,

[09:57]

tu sais, puis mĂȘme PĂąques aussi, tu sais, ce type de ce type de fĂȘte-lĂ .

[10:02]

Il, comment dire, c'est trĂšs, c'est plus mythologique qu'autre chose.

[10:06]

Mais je fais toujours un peu, j'essaie de faire la part des choses

[10:09]

en disant, c'est sûr qu'en créant un personnage aussi attachant que ça,

[10:14]

puis ça crĂ©e en mĂȘme temps un futur deuil Ă  venir.

[10:16]

Oui, c'est vrai.

[10:17]

Parce que quand tu apprends que le PÚre Noël existe pas,

[10:19]

moi, je me rappelle, j'étais un peu triste.

[10:21]

Oui, moi aussi, j'étais triste.

[10:22]

Je me rappelle quand c'est arrivé.

[10:24]

Une petite déception envers les parents, aussi la mise en scÚne.

[10:28]

Oui, tout ça, tu sais.

[10:29]

Ma fille fait toujours référence

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ou aprÚs ça, je ne vais pas m'éterniser sur mes histoires d'enfants,

[10:35]

mais ma fille fait toujours référence au moment

[10:38]

oĂč le PĂšre NoĂ«l est arrivĂ©, a cognĂ© Ă  la porte.

[10:41]

Ah oui, ah oui.

[10:42]

Il y a deux ans.

[10:43]

Et puis, Ă  quel point?

[10:44]

Ben, son grand-pĂšre est malchanceux.

[10:48]

Il était aux toilettes quand le PÚre Noël est arrivé.

[10:51]

Pauvre lui.

[10:52]

Donc, c'est ça.

[10:53]

Donc, elle fait toujours référence à ça, tu sais,

[10:55]

mais c'est évidemment, c'est le grand-pÚre qui faisait le PÚre Noël.

[10:58]

Mais elle revient toujours en disant, bien, grand-papa, tu te rappelles,

[11:02]

tu as manqué le PÚre Noël quand il est venu, tu sais.

[11:04]

Donc, elle est vraiment dans...

[11:05]

C'est fou.

[11:06]

Elle est dans le mensonge.

[11:07]

Oui, oui, puis c'est fou qu'ils reconnaissent pas

[11:09]

parce qu'elle connaĂźt bien, je veux dire.

[11:11]

C'est fou qu'ils reconnaissent pas malgré tout.

[11:13]

Ils croient à ça, à 100 %.

[11:15]

Ah non, exact.

[11:16]

Donc, tu sais, parfois, je me sens mal, mais bon, je sais que c'est temporaire.

[11:19]

Oui, oui, tu sais.

[11:20]

C'est mignon, lĂ , tu sais.

[11:22]

Comment dire?

[11:23]

Justement, c'est tellement des beaux souvenirs.

[11:24]

Puis, à un moment donné, ils finissent par s'en rendre compte

[11:26]

que c'est puvré non plus, là.

[11:28]

Oui, oui, oui.

[11:28]

Moi, ce que mon illusion, moi-mĂȘme, Ă©tait tombĂ©e,

[11:30]

c'est quand j'étais jeune, j'étais l'un des plus vieux dans ma famille

[11:33]

versus mes cousins-cousines.

[11:35]

Puis, il fallait que je garde le secret

[11:36]

parce que je m'étais rendu compte que c'était mon oncle

[11:38]

qui faisait le PÚre Noël.

[11:39]

Je ne devais pas le dire Ă  personne.

[11:42]

Mais sur ça, sur l'histoire officielle, Emile,

[11:45]

il y a les guerres, les attentats, les élections,

[11:48]

ce qui se passe dans le ciel ou dans les cĂąbles sous la ville.

[11:52]

Mais pour certains, le doute s'arrĂȘte lĂ .

[11:54]

On rit, on hausse les épaules, puis on passe à autre chose, là.

[11:57]

Tu sais, comme un peu comme tu dis, tu sais,

[11:59]

on se culpabilise pas tant que ça longtemps de ça

[12:01]

puis on n'en fait pas une histoire, tu sais.

[12:02]

Mais pour d'autres, ce doute devient un fil

[12:04]

qui tire sans arrĂȘt jusqu'Ă  tout dĂ©faire.

[12:07]

Oui, moi non plus, je ne sais pas oĂč me situer dans tout ça,

[12:11]

tu sais, dans le sens que je pense que la société de consommation,

[12:16]

tu sais, oui, il y a de la surconsommation à Noël,

[12:18]

mais tu n'es pas obligé d'embarquer là-dedans.

[12:21]

Non, non, exactement.

[12:22]

Tu peux exercer ton libre arbitre.

[12:24]

Parce que oui, c'est le temps des promotions.

[12:26]

Puis, juste avant, il y a le Black Friday, tout ça, le Cyber Monday.

[12:29]

Il y a comme une séquence de consommation

[12:31]

qui se déroule depuis l'Halloween,

[12:33]

en fait, jusqu'à Noël.

[12:36]

Mais c'est libre Ă  chacun.

[12:36]

Oui, je trouve que les marques poussent fort.

[12:39]

C'est les newsletters Ă  chaque jour.

[12:41]

C'est du réciblage qui n'a vraiment plus de bon sens.

[12:45]

Et moi, en tout cas, cette année,

[12:47]

j'ai fait aucune dépense en lien avec le Black Friday ou autre.

[12:51]

Je n'ai rien, rien à acheter de tout ça.

[12:54]

Noël, tu sais, c'est des petits cadeaux, des petites attentions,

[12:57]

surtout du bon temps, des choses comme ça.

[13:00]

Mais aprĂšs, libre Ă  chacun de tomber dans la surconsommation.

[13:04]

Je ne suis pas allé dans aucun centre d'achat.

[13:05]

Non, non, c'est ça, mon ami.

[13:08]

Je trouve que tout...

[13:09]

En fait, le coût de la vie a tellement augmenté aussi dans notre quotidien

[13:13]

que ça devient mĂȘme...

[13:14]

Je trouve qu'à l'époque d'aujourd'hui,

[13:16]

ça devient encore plus difficile de faire des cadeaux,

[13:19]

des plus gros cadeaux.

[13:20]

MĂȘme dans ma famille, tout le monde a donnĂ© des avertissements,

[13:23]

par exemple, qu'on ne peut pas en donner Ă  tous les enfants.

[13:25]

Les cadeaux vont ĂȘtre plus petits cette annĂ©e.

[13:27]

À cause du coĂ»t de la vie, entre autres.

[13:29]

C'est que tout coûte tellement plus cher.

[13:31]

À un moment donnĂ©, ça devient difficile.

[13:34]

C'est malsain de s'endetter pour offrir des cadeaux,

[13:38]

parce qu'aprĂšs, c'est...

[13:39]

Oui, c'est plaisant d'offrir,

[13:40]

mais aprÚs ça, c'est toi qui se retrouve avec le poids de la dette.

[13:42]

Ah oui, c'est clair.

[13:44]

C'est moins agréable.

[13:44]

Mais vous allez voir, ici, on parle de quelqu'un.

[13:46]

Nous, on explique ça avec un peu de raisonnement

[13:50]

et de bon sens en contexte économique actuel,

[13:53]

qui évidemment n'est pas facile.

[13:55]

Mais vous allez voir que dans le code aujourd'hui de l'histoire

[13:58]

d'Anthony Warner, on est vraiment dans un complot autour de Noël.

[14:02]

C'est les marques qui nous poussent vers ça.

[14:04]

Il y a des entités gouvernementales, institutionnelles

[14:09]

qui nous drive vers tout ça.

[14:11]

Puis lĂ -dessus, je voulais un peu parler du fait que...

[14:15]

On revient toujours au fait que le PÚre Noël

[14:17]

est une marque de Coca-Cola.

[14:19]

Puis je voulais démystifier un peu la chose.

[14:21]

Le PÚre Noël, c'est pas une propriété de Coca-Cola

[14:25]

au sens juridique.

[14:26]

Mais la marque, elle possĂšde

[14:28]

Puis elle protÚge certaines versions précises de son image,

[14:33]

la leur, dans le fond.

[14:34]

Coca-Cola a surtout joué un rÎle énorme

[14:36]

dans la diffusion mondiale du PÚre Noël,

[14:39]

tel qu'on le connaĂźt aujourd'hui,

[14:40]

qui est le gros bonhomme jovial,

[14:43]

habillé en rouge et blanc avec des lunettes.

[14:46]

Donc, Coca-Cola ne détient pas le concept du PÚre Noël.

[14:49]

Ça, ça vient vraiment du folklore europĂ©en,

[14:52]

Saint-Nicolas et tout ça.

[14:55]

Mais Coca-Cola le reconnaßt, ça.

[14:56]

Elle a pas inventé le PÚre Noël.

[14:58]

Mais en revanche, l'entreprise détient des droits

[15:00]

sur ses propres illustrations.

[15:03]

À partir de 1931,

[15:06]

Coca-Cola commandait Ă  l'illustrateur

[15:08]

Adam Sundblom

[15:10]

une série d'images d'un PÚre Noël chaleureux,

[15:13]

rond, habillé en rouge et blanc.

[15:15]

Puis lui a été utilisé dans les pubs de 1931 à 1964.

[15:19]

Et ces visuels-là ont été tellement populaires,

[15:21]

ils ont tellement marqué la culture,

[15:24]

qui ont un peu fixé une image moderne du PÚre Noël.

[15:27]

Ils ont un peu revampé un peu son look, son image.

[15:31]

Donc, ce PÚre Noël-là,

[15:33]

qu'eux ont fait avec les illustrations de Sundblom,

[15:37]

ça, évidemment, c'est trademarké.

[15:38]

Ça, c'est protĂ©gĂ©.

[15:40]

Mais bon, c'est un peu la présence massive

[15:43]

qui fait croire Ă  certains que la marque

[15:48]

a créé le PÚre Noël.

[15:49]

Puis justement, des théories du complot

[15:53]

qui nous font croire encore plus

[15:55]

de contrĂŽle de la part des grandes corporations.

[15:58]

Oui, oui, exact.

[15:58]

Il y a un mime qui se promĂšne sur Internet,

[16:00]

c'est-en-ci, c'est que tu vois un vieux orignal

[16:06]

et puis il y a un homme dessus un peu défraßchi

[16:09]

en noir et blanc.

[16:10]

Puis tu vois que c'est comme...

[16:11]

Ça, c'Ă©tait le PĂšre NoĂ«l avant que Coca-Cola en prenne part.

[16:14]

Oui, c'est ça.

[16:15]

Qui signe un contrat d'influenceurs avec Coca-Cola.

[16:17]

J'avais trouvé ça trÚs, trÚs drÎle.

[16:19]

Oui, oui, non, c'est ça.

[16:21]

Ils ont, comment dire?

[16:23]

Ils ont changé vraiment son...

[16:24]

C'est pas qu'il y avait une apparence avant,

[16:26]

mais c'est que c'était tellement un objet,

[16:28]

voyons, un personnage mythologique.

[16:31]

Oui, exact, sans plus.

[16:33]

Que là, évidemment, ils l'ont rendu plus,

[16:36]

tu sais, pour qu'il soit sur une canette en aluminium

[16:40]

ou sur une bouteille en verre à l'époque.

[16:42]

Mais ça sortait bien.

[16:43]

C'est vrai, puis il faut pas...

[16:44]

Et le rouge est la couleur de Coke.

[16:47]

Donc, les astres se sont bien alignés aussi pour ça.

[16:51]

Donc, si Coke avait une...

[16:53]

Disons qu'il était comme Pepsi bleu,

[16:54]

peut-ĂȘtre qu'on aurait un PĂšre NoĂ«l bleu, qui sait.

[16:57]

Ah oui, ben tout Ă  fait,

[16:58]

parce que c'est un peu eux qui ont décidé de cette couleur-là.

[17:01]

Exact.

[17:02]

On va revenir Ă  notre histoire.

[17:04]

Tout ça s'ajoute dans ce que certains appellent

[17:07]

la guerre contre Noël.

[17:09]

Puis dans ce concept-lĂ ,

[17:12]

des forces plus libérales ou laïques

[17:14]

chercheraient Ă  effacer doucement

[17:16]

les références chrétiennes de l'espace public.

[17:20]

Le simple fait de remplacer un joyeux Noël

[17:22]

par une joyeuse fĂȘte, par exemple, devient suspect.

[17:25]

Parce que c'est un peu ça qui se passe maintenant.

[17:27]

L'exemple classique,

[17:29]

c'est l'affaire des tasse Starbucks en 2015.

[17:32]

Je sais pas si tu te rappelles, Seb.

[17:33]

Des gobelets rouges unis,

[17:35]

sans flocons ni reines du PÚre Noël,

[17:38]

suffisent Ă  dĂ©clencher une tempĂȘte mĂ©diatique

[17:41]

oĂč l'on accuse la chaĂźne

[17:42]

de détester Dieu, Jésus et toute la religion

[17:47]

et de participer Ă  un complot culturel

[17:49]

juste par leur changement de couleur, de couple.

[17:53]

D'autres pointent des écoles publiques

[17:54]

qui retirent les crĂšches

[17:56]

et modifient les spectacles de fin d'année

[17:58]

au nom de la neutralité vécue par certains

[18:01]

comme autant de petites preuves

[18:03]

qu'on essaie d'effacer Noël morceau par morceau.

[18:06]

C'est sûr que là-dessus,

[18:07]

tu as quand mĂȘme un certain,

[18:10]

au Québec on le voit beaucoup,

[18:14]

l'État intervient quand mĂȘme pas mal

[18:15]

dans le milieu de la religion.

[18:17]

C'est un sujet sensible.

[18:20]

Moi personnellement,

[18:21]

ça ne me dérangerait pas

[18:21]

quand il y a encore Jésus dans la crÚche.

[18:24]

Ça ne me dĂ©range pas si c'est Mohammed,

[18:26]

ça ne me dérange pas si c'est un peu importe qui.

[18:30]

Mais le gouvernement aime bien clarifier les choses,

[18:33]

aime bien un peu contrĂŽler cet aspect-lĂ .

[18:36]

Au Québec, tout ce que François Legault

[18:39]

traite au niveau de la religion fait scandale.

[18:42]

Moi, les priĂšres en public,

[18:45]

ça ne m'a jamais dérangé.

[18:46]

Je ne sais mĂȘme pas si j'en ai dĂ©jĂ  vu.

[18:47]

Non, surtout si c'est assez anecdotique.

[18:49]

Je ne sais pas que c'était un problÚme de société.

[18:52]

Mais bon, dans ce cas-ci,

[18:53]

on le voit aussi.

[18:54]

On va retirer les éléments religieux des écoles.

[18:57]

C'est peut-ĂȘtre une bonne chose au final.

[18:59]

Oui, c'est la laĂŻcitĂ© de l'État.

[19:02]

C'est assez commun un peu partout aussi.

[19:04]

Puis je le comprends, l'objectif de vouloir retirer

[19:07]

un peu ces référents-là.

[19:09]

Mais on dirait que pour Noël,

[19:10]

il y a quelque chose qui nous blesse un peu.

[19:13]

Oui, blessĂ© peut-ĂȘtre pas le bon terme,

[19:14]

mais ça nous heurte un petit peu.

[19:16]

Parce qu'on a grandi avec ça.

[19:18]

Ça fait partie de nos valeurs,

[19:20]

si je peux le dire, d'une certaine façon.

[19:21]

Bien oui.

[19:22]

Il y en a certains qui vont encore plus loin,

[19:24]

Seb, en fouillant dans l'histoire

[19:25]

puis en la réinterprétant un peu.

[19:27]

Ils rappellent qu'à l'époque des nazis,

[19:29]

le régime a tenté de rebaptiser Noël en Julefest,

[19:33]

une fĂȘte pseudo paĂŻenne centrĂ©e sur le solstice d'hiver,

[19:38]

les runes, ces anciens symboles nordiques

[19:41]

récupérés par la propagande et les mythes germaniques,

[19:44]

en remplaçant les crÚches, les chants religieux

[19:47]

par des emblĂšmes ariens, imagines-tu.

[19:49]

Bien oui, c'est fou.

[19:51]

En Union Soviétique, Noël a été banni

[19:53]

des calendriers officiels, imagines-toi,

[19:56]

puis remplacé par des arbres du Nouvel An

[19:58]

qui ont été laïcisés.

[20:00]

Pour les complotistes, ces exemples-lĂ 

[20:03]

ont un peu un indice qu'une fĂȘte peut ĂȘtre

[20:06]

complÚtement reprogrammée par un pouvoir

[20:08]

qui veut recoder les symboles à sa façon.

[20:12]

Et dans la culture pop,

[20:13]

bien elle aussi, on retrouve,

[20:15]

il y en a qui vont scruter des détails.

[20:17]

Des films comme The Polar Express,

[20:19]

qui est un classique quand mĂȘme de NoĂ«l,

[20:22]

deviennent, dans certaines lectures délirantes,

[20:24]

des grimoires codées.

[20:26]

Le train devient un peu un voyage initiatique

[20:29]

réservé aux élus.

[20:30]

Le contrĂŽleur qui tient la liste des bons

[20:34]

et des mauvais enfants, tout ça comme prototype

[20:37]

devient un peu un prototype de crédit social.

[20:40]

Ou mĂȘme l'usine du PĂŽle Nord devient un peu

[20:42]

une mĂ©taphore d'une base secrĂšte oĂč l'on fabrique

[20:45]

des illusions en série pour endormir les masses.

[20:48]

C'est vrai qu'il y a plusieurs complots

[20:50]

autour de Polar Express.

[20:52]

C'est quand mĂȘme un film scrutĂ© Ă  la loupe

[20:53]

par les complotistes.

[20:55]

Pour la plupart, c'est juste un film

[20:56]

de Noël réconfortant, mais pour certains autres,

[20:59]

c'est un message crypté sur la manipulation

[21:03]

des populations.

[21:04]

Il faudrait que je le revoie.

[21:05]

Ça fait trùs longtemps que je ne l'ai pas vu.

[21:08]

Puis là, en sachant avec cet Ɠil-là de complotistes,

[21:10]

je serais curieux de le revoir.

[21:12]

Je vais le mettre sur ma liste.

[21:13]

Ah, tout Ă  fait.

[21:15]

Ce n'est pas limité à l'Occident.

[21:16]

Dans certains pays, Noël est perçu

[21:18]

comme un peu une importation suspecte,

[21:21]

une invasion Ă  quelque part,

[21:23]

une influence culturelle qui viendrait

[21:24]

miner les traditions locales aux religieuses.

[21:27]

Des groupes conservateurs en Turquie, par exemple,

[21:29]

s'en prennent à Noël Baba,

[21:32]

qui est un peu la version locale du PÚre Noël là-bas,

[21:34]

vu comme une infiltration occidentale mal intentionnée.

[21:38]

Oui, oui.

[21:39]

Ailleurs, en Chine, en Indonésie,

[21:41]

la fĂȘte est parfois accusĂ©e de vĂ©hiculer

[21:43]

un agenda culturel caché plutÎt qu'un simple moment

[21:46]

de réjouissance.

[21:47]

C'est sûr que le Noël est devenu vraiment

[21:52]

un symbole trĂšs occidental.

[21:54]

Oui, oui, oui.

[21:55]

Je peux comprendre que d'autres cultures,

[21:57]

justement avec la culture pop,

[21:59]

Coca-Cola, tout ça, ça n'aide pas à blanchiser

[22:04]

le Noël à quelque part.

[22:06]

Je peux comprendre qu'en Inde, par exemple,

[22:09]

on ne s'identifie pas Ă  ces personnages.

[22:11]

Bien sûr, effectivement.

[22:13]

Aujourd'hui, ces récits-là se propagent ultra vite,

[22:16]

viol numérique, quand ils sont remixés,

[22:18]

ils finissent par sonner plus vrai que la réalité.

[22:21]

Ils collent parce qu'ils répondent à un certain besoin,

[22:24]

croire qu'il y a plus que ce qu'on voit.

[22:26]

C'est souvent ça la base de bien des théories du complot.

[22:29]

Ils transforment les exclus en initiés,

[22:31]

mais à force de chercher les signes cachés,

[22:33]

on finit par ne plus voir la détresse bien réelle.

[22:37]

Et parfois, certains passent la théorie à l'action,

[22:40]

comme on va voir aujourd'hui, Seb.

[22:42]

Noël devient une scÚne, un décor parfait

[22:44]

pour frapper un symbole,

[22:47]

frapper des infrastructures critiques,

[22:49]

des réseaux de communication, des réseaux électriques,

[22:51]

des hÎpitaux, des centres de données.

[22:53]

Il y a souvent une panne,

[22:54]

il y a souvent quelque chose qui arrive dans le temps de Noël,

[22:57]

un désastre naturel.

[22:59]

Au Québec, on a eu le verglas.

[23:01]

Je ne pense pas que ça soit créé par des forces de reptiliens et autres,

[23:07]

mais quand mĂȘme, et on va en parler un peu tantĂŽt,

[23:10]

j'aimerais te parler des raëliens aussi.

[23:12]

Mais avant toute chose,

[23:14]

je te laisse revenir à notre histoire de Noël à Nageville en 2020, mon cher Seb.

[23:19]

Oui, nous sommes le matin du 25 décembre 2020.

[23:23]

Nageville est encore à moitié endormie

[23:26]

quand, sur la 2e Avenue North,

[23:28]

une voix retentit dans la rue.

[23:31]

Une voix féminine, informatisée,

[23:34]

prĂȘte Ă  enregistrer, qui tourne en boucle.

[23:37]

Elle annonce qu'une bombe se trouve sur place.

[23:40]

Elle ordonne aux gens d'évacuer,

[23:42]

puis elle lance un compte Ă  rebours d'environ 15 minutes,

[23:45]

répété encore et encore comme un métronome.

[23:48]

Imagine, tu te réveilles le matin et t'entends ça dans la rue.

[23:51]

C'est complĂštement fou.

[23:53]

Évidemment, les gens appellent les services d'urgence.

[23:56]

Les premiers policiers arrivent

[23:58]

aprĂšs des signalements de coups de feu dans le secteur.

[24:01]

Ils se retrouvent face Ă  un vĂ©hicule rĂ©crĂ©atif d'oĂč provient l'annonce,

[24:05]

diffusé par haut-parleur vers la rue.

[24:08]

Le secteur se remplit de sirĂšnes,

[24:10]

d'ordres criés, des portes qu'on cogne

[24:12]

pour dire aux gens de rester chez eux.

[24:14]

Et entre deux messages,

[24:16]

le systÚme fait jouer la chanson « Downtown » de Pitula Clark.

[24:20]

Un détail qui a l'air absurde,

[24:22]

presque irréel au milieu du calme de Noël.

[24:25]

Et donc « Downtown », le centre-ville, c'est assez particulier.

[24:28]

Et Ă  6h30...

[24:29]

Oui, puis c'est une chanson un peu joyeuse.

[24:35]

C'est une chanson qui sonne un petit peu des quarts de Noël.

[24:38]

Ça devait ĂȘtre trĂšs contrastant,

[24:40]

cette ambiance de panique et de terreur avec cette chanson-lĂ  qui joue.

[24:44]

C'est surréel. C'est comme dans un film.

[24:47]

Oui, c'est honnĂȘtement.

[24:48]

Tout ce qu'on vous dit lĂ , c'est vrai.

[24:52]

À 6h30, la vie se rĂ©veille brutalement.

[24:55]

Une boule de feu éventre la 2e Avenue North.

[24:59]

Et en quelques secondes,

[25:00]

ce quartier historique devient un couloir de débris.

[25:03]

Vitres soufflées, poussiÚre, façade béante et ce silence

[25:07]

qui retombe juste aprĂšs l'explosion.

[25:10]

Bilan, huit blessés, dont deux policiers et aucun autre mort.

[25:16]

Oui, c'est heavy quand mĂȘme comme catastrophe.

[25:19]

Ce qui est encore plus troublant, c'est l'origine du chaos.

[25:23]

Ce VR blanc, ce véhicule récréatif qui était stationné là depuis l'aube,

[25:28]

équipé de ce systÚme d'avertissement qui a forcé l'évacuation

[25:31]

et a permis de boucler le périmÚtre.

[25:34]

À l'intĂ©rieur, on retrouve le corps de l'auteur de l'attentat,

[25:38]

tué sur le cou.

[25:39]

Les enquĂȘteurs confirment rapidement qu'il a agi seul,

[25:42]

sans commanditaire ni réseau.

[25:45]

La bombe artisanale était assez puissante pour endommager

[25:47]

des dizaines de bĂątiments et perturber les communications

[25:51]

dans plusieurs états.

[25:52]

Et selon le FBI, tout indique que le geste a été planifié

[25:56]

pour frapper fort, tout en minimisant le risque

[25:59]

de blesser les gens autour.

[26:02]

Son nom, on va l'apprendre un peu plus tard,

[26:04]

Anthony Quinn Warner, 63 ans.

[26:07]

Il était consultant en informatique,

[26:09]

quelqu'un d'assez discret, sans un lourd casier judiciaire.

[26:13]

Des voisins diront que son VR, habituellement stationné

[26:17]

et inutilisé depuis longtemps,

[26:19]

avait été travaillé récemment,

[26:21]

puis avait disparu quelques jours avant l'attentat.

[26:24]

Et dans les heures qui ont précédé l'explosion,

[26:27]

Warner suit un plan méticuleux, presque ritualisé,

[26:31]

qui révÚle à la fois sa détermination

[26:33]

et la logique interne de son univers mental.

[26:36]

Le véhicule récréatif était positionné

[26:38]

à proximité immédiate d'une centrale de télécommunications

[26:42]

de AT&T, une grosse compagnie que tout le monde connaĂźt

[26:45]

de tĂ©lĂ©communications aux États-Unis,

[26:47]

qui Ă©tait le nƓud stratĂ©gique qui relie tĂ©lĂ©phonie,

[26:50]

Internet et aussi services d'urgence

[26:52]

pour une grande partie du Tennessee,

[26:54]

mais aussi des états voisins autour.

[26:57]

Ça a créé beaucoup de dommages.

[26:59]

Oui, c'était son objectif,

[27:00]

c'était de faire une atteinte au systÚme de communication.

[27:03]

Oui, on va vous en reparler un peu plus tard,

[27:05]

mais vous pouvez un peu figurer

[27:06]

ce que les complotistes voient par rapport aux télécommunications.

[27:10]

Et si la mécanique de l'attentat est vite comprise,

[27:13]

la vraie question arrive tout de suite aprĂšs.

[27:16]

Qu'est-ce qui a pu pousser cet homme

[27:17]

à transformer un matin de Noël

[27:19]

en un spectacle de terreur plutĂŽt qu'en fĂȘte familiale?

[27:24]

Oui, exact. C'est là qu'on s'en va avec tout ça.

[27:27]

On va essayer de comprendre

[27:28]

qu'est-ce qui l'a amené à vouloir élaborer ce plan-là,

[27:32]

qui a été carrément dévastateur

[27:34]

dans le centre-ville de Nashville.

[27:37]

Les enquĂȘtes du FBI et des autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales

[27:40]

dressent le portrait d'un individu repliĂ© sur lui-mĂȘme,

[27:44]

marqué par des relations personnelles dégradées,

[27:47]

des ancrages sociaux de plus en plus fragiles

[27:49]

et une paranoĂŻa grandissante.

[27:52]

Au fil des interviews des proches,

[27:54]

des analyses de documents et d'appareils électroniques,

[27:56]

il y a un motif qui se dessine derriĂšre Anthony Warner.

[28:00]

Il est immergé depuis des années

[28:02]

dans un univers de théorie du complot

[28:04]

qu'il ne consomme plus comme de simples récits alternatifs,

[28:08]

mais comme une grille d'interprétation totale du réel,

[28:11]

jusqu'Ă  y chercher le sens ultime

[28:14]

de sa propre existence et de sa mort.

[28:16]

Parce que pour en consommer beaucoup moi-mĂȘme

[28:19]

pour les biens du podcast,

[28:21]

je suis trÚs intéressé à savoir

[28:23]

quels sont les éléments réels

[28:24]

qui font en sorte que les gens élaborent ces théories-là.

[28:29]

Souvent, il y a des ancrages réels.

[28:31]

Quasiment toujours.

[28:33]

C'est vrai que plus t'en écoutes,

[28:35]

surtout dans les réseaux sociaux d'aujourd'hui,

[28:38]

des fois, ça me prendrait presque un compte YouTube

[28:41]

juste pour mes recherches de distorsion.

[28:42]

C'est trop une bonne idée!

[28:44]

Parce que sinon, t'écoutes des trucs,

[28:46]

tu te dis qu'il y a encore un sens critique,

[28:48]

tout ça, c'est intéressant,

[28:49]

il décortique le moon landing,

[28:54]

certaines théories de complot.

[28:56]

Et lĂ , tranquillement,

[28:57]

l'algorithme te propose d'autres affaires

[28:58]

par exemple, à un moment donné,

[28:59]

tu es lĂ , non, non, ici, il n'y a plus de raisonnement.

[29:03]

On tombe dans des gens vraiment qui y croient,

[29:05]

puis là, tu tombes rapidement dans une chambre à écho

[29:08]

qui peut venir troublante.

[29:11]

En général, quand je fais des recherches pour distorsion,

[29:14]

mon algorithme est assez troublant,

[29:16]

que ce soit YouTube ou autre,

[29:18]

mais non, c'est ça, rapidement,

[29:19]

on peut tomber dans une chambre à écho

[29:22]

mĂȘme en voulant avoir un sens critique

[29:24]

envers ces histoires-lĂ .

[29:26]

On dirait que les algorithmes te tirent vers...

[29:30]

Oui, vers ce que, supposément,

[29:32]

que t'aimes ou que t'es prĂȘt Ă  consommer.

[29:35]

C'est tellement problématique qu'en France,

[29:37]

on fait une étude et un enfant sur cinq

[29:40]

maintenant croit fermement

[29:41]

que les pyramides ont été construits

[29:43]

par les extraterrestres.

[29:44]

Un sur cinq, 20 %.

[29:46]

J'ai vu ça hier par une spécialiste

[29:48]

parce qu'ils ont des grandes préoccupations

[29:51]

par rapport à l'ùge et l'accÚs aux réseaux sociaux,

[29:53]

mais entre autres, c'est que ça crée

[29:55]

mĂȘme de la dĂ©sinformation chez les jeunes enfants.

[29:58]

Tu sais, quand tu grandis avec cet ancrage-lĂ 

[30:01]

ou cette cristallisation-lĂ ,

[30:03]

aprÚs ça, ça doit devenir plus difficile

[30:04]

de défaire ce que tu crois pour la réalité.

[30:08]

Donc, imagine le nombre de choses qui...

[30:12]

comment dire, que l'histoire est modifiée

[30:14]

dans la taille de 20 % des enfants.

[30:16]

Bien oui, puis si on parle des adultes maintenant,

[30:20]

il y a tellement de cochonneries A.I.

[30:23]

produites de fausses vidĂ©os, de trucs de mĂȘme.

[30:26]

Des fois, c'est des comptes A.I.

[30:27]

qui veulent amener un cÎté critique à ça,

[30:28]

mais quand mĂȘme, ils partagent quand mĂȘme

[30:30]

des trucs faits comme ça,

[30:32]

qu'il y a bien des adultes,

[30:34]

nos parents, personne plus ùgée

[30:37]

qui sont complÚtement désinformés par l'A.I.

[30:40]

Donc, je comprends aussi

[30:42]

qu'il y a un peu une perte d'objectivité

[30:43]

face à la réalité dans un contexte

[30:45]

comme le nĂŽtre actuellement.

[30:46]

J'espĂšre qu'un jour, on va sortir

[30:49]

de cette torreur d'algorithmes.

[30:50]

Chose croire, j'espĂšre.

[30:53]

Donc, je reviens Ă  notre histoire

[30:55]

sur Anthony Warner.

[30:57]

Lui, il est issu d'un quartier

[30:59]

modeste d'Antioche.

[31:01]

Il est aussi un fils d'un employé

[31:03]

de Bell South.

[31:05]

Une entreprise, Bell,

[31:06]

c'est une division de Bell

[31:08]

qu'on connaĂźt bien au Canada.

[31:10]

Une entreprise qui a fusionné avec AT&T.

[31:12]

Donc, c'est un peu lĂ  le lien

[31:13]

aussi avec ses intentions,

[31:16]

avec l'explosion.

[31:17]

Warner n'avait pas une carriĂšre informatique

[31:20]

particuliĂšrement remarquable,

[31:22]

mais il y a des conflits familiaux

[31:23]

liés à un héritage

[31:25]

qui l'avait progressivement isolé.

[31:27]

Donc, peu avant l'attentat,

[31:29]

il y avait mĂȘme cĂ©dĂ© gratuitement

[31:30]

certaines de ses propriétés

[31:32]

Ă  une femme vivant Ă  Californie.

[31:35]

Donc, c'est quelqu'un qui avait quand mĂȘme

[31:37]

un lourd passé d'isolement.

[31:40]

Parmi les croyances

[31:41]

qui structurent sa vision du monde,

[31:43]

l'idée des reptiliens,

[31:45]

c'est Lizard People,

[31:46]

des créatures extraterrestres capables de se camoufler.

[31:49]

Et selon la théorie,

[31:50]

il serait infiltré dans les élites

[31:52]

politiques et médiatiques.

[31:54]

Cette théorie-là occupe une place centrale

[31:56]

dans ses réflexions.

[31:58]

Warner est fasciné par ses récits

[32:01]

oĂč une race non humaine

[32:02]

manipule l'humanité en coulisses

[32:04]

et oĂč les dirigeants seraient

[32:05]

littéralement d'une autre espÚce,

[32:07]

l'Ă©lite mondiale, mĂȘme des artistes,

[32:10]

et oĂč chaque grand Ă©vĂ©nement

[32:11]

des guerres, des crises économiques,

[32:13]

des élections, serait orchestré

[32:15]

pour maintenir une illusion de liberté.

[32:18]

Dans la mĂȘme logique,

[32:19]

il adhĂšre aussi Ă  des mythes

[32:20]

ufologiques en lien avec les extraterrestres,

[32:23]

affirmant par exemple que la Terre

[32:24]

serait la cible d'attaques

[32:26]

extraterrestres depuis 2011.

[32:28]

Des attaques qui auraient été dissimulées

[32:30]

par les gouvernements, comme si une apocalypse

[32:32]

avait été étouffée sous une couche

[32:34]

de mensonges et de distractions.

[32:36]

Et dans ses récits, il parle d'une sorte

[32:38]

de fin du jeu qui serait

[32:40]

déclenché quelque part en septembre 2011.

[32:43]

Il parle d'assauts

[32:44]

qui auraient été couverts par les autorités.

[32:46]

Il va jusqu'Ă  affirmer que les reptiliens

[32:48]

auraient implanté un interrupteur

[32:51]

dans les cerveaux humains

[32:52]

pour se fondre parmi nous,

[32:54]

pour faire les rendre invisibles.

[32:57]

Oui, oui, oui, oh wow!

[32:58]

Donc, il y a des choses lĂ -dedans

[32:59]

dans ce qu'il croit qui ont quand mĂȘme

[33:01]

une fondation réelle. C'est-à-dire que,

[33:03]

oui, il y a des informations sur les extraterrestres

[33:05]

qui ont été cachées par le gouvernement.

[33:07]

On l'a vu, il y en a qui sont sorties.

[33:10]

Mais c'est de ça,

[33:12]

de cet événement,

[33:13]

de ces éléments-là qui sont vrais,

[33:15]

découle toute une batch de fantaisie.

[33:18]

Oui, oui, exact.

[33:19]

Puis oui, il y a eu des assauts couverts

[33:20]

par les autorités. Il y en a sans doute

[33:23]

beaucoup maintenant aussi.

[33:24]

Donc, il y a toujours cette bribe lĂ 

[33:27]

oĂč on a l'impression d'ĂȘtre trompĂ©

[33:28]

par les gouvernements, mais aprĂšs,

[33:30]

ça monte en épingle.

[33:31]

Exact. Bien, c'est jamais évident

[33:33]

pour les gouvernements d'avoir un devoir

[33:35]

de transparence Ă  100 % parce que

[33:37]

non, exact, tu ne veux pas faire paniquer

[33:39]

ta population non plus. Puis il y a

[33:42]

des choses, c'est ça, c'est qu'on dirait

[33:43]

que ça peut ĂȘtre tellement mythique

[33:45]

ou souvent, je pense que c'est beaucoup

[33:47]

pour ça, c'est pour pas faire paniquer les gens.

[33:49]

Au niveau des extraterrestres,

[33:51]

il y a d'autres dossiers, c'est plus complexe.

[33:53]

Mais on dirait que lĂ -dessus,

[33:53]

je le comprends un peu pourquoi à l'époque,

[33:56]

parce que maintenant, ils ont l'air

[33:57]

d'ĂȘtre un petit peu plus transparents,

[33:59]

j'ai l'impression, parce que les gens

[34:01]

sont plus éduqués, il y a plus

[34:03]

de canal de communication aussi.

[34:05]

Mais c'est vrai encore une fois que ça nourrit

[34:07]

le doute, le fait qu'ils cachent des choses.

[34:09]

Exactement.

[34:11]

Et loin d'un simple intĂ©rĂȘt

[34:13]

ésotérique, un peu ce corpus

[34:15]

alimente chez lui

[34:17]

une conviction plus profonde.

[34:19]

Pour Anthony Warner, les institutions

[34:21]

ne sont pas seulement corrompues, elles sont

[34:23]

fondamentalement inhumaines.

[34:25]

Influencé par des figures comme

[34:26]

David Icke, dont on a parlé

[34:29]

plusieurs fois Ă  l'Anti-Stortion,

[34:31]

un ancien commentateur sportif britannique

[34:33]

devenu l'un des plus grands

[34:35]

popularisateurs modernes

[34:36]

du mythe des reptiliens, qui serait

[34:38]

infiltré dans les élites. Et aussi

[34:40]

Alex Jones, qu'on connaĂźt aussi, l'animateur

[34:43]

complotiste américain

[34:44]

qui lui est connu pour ses rĂ©cits extrĂȘmes,

[34:47]

mĂȘme des accusations de complots

[34:49]

gouvernementaux,

[34:51]

il réfutait le

[34:53]

massacre de Sandy Hooks,

[34:54]

des opinions trÚs controversées.

[34:56]

Je pense qu'il joue un peu un personnage pour se rendre

[34:58]

populaire. Oui, oui, exact.

[35:01]

Ah oui, il est perdu en cours pour ça,

[35:03]

justement. Oui, oui, exact. Et dans

[35:04]

cet univers-lĂ , les reptiliens

[35:06]

se mĂȘlent aussi de vieux rĂ©cits

[35:08]

antisémites recyclés

[35:11]

comme, ça je ne connaissais pas ça,

[35:12]

comme les protocoles des sages

[35:14]

de Scion, un faux

[35:16]

document longtemps utilisé

[35:18]

pour alimenter l'idée d'un complot

[35:20]

juif mondial. Oui.

[35:22]

Il y a toujours un peu d'extrĂȘme droite

[35:24]

qui se mélange à ça. Toujours.

[35:26]

En parallĂšle, Warner

[35:28]

puise dans un autre geste complotiste,

[35:31]

bien connu des chercheurs en culture numérique,

[35:33]

celui qui réécrit les grands

[35:34]

événements de l'histoire récente

[35:36]

pour y voir une mécanique invisible.

[35:38]

C'est un peu le début

[35:40]

d'un imaginaire

[35:42]

oĂč chaque drame collectif devient

[35:44]

la façade d'un scénario caché.

[35:47]

Et c'est lĂ  que les enquĂȘteurs

[35:48]

émils découvrent que

[35:50]

notre ami adhĂšre Ă  plusieurs

[35:52]

branches du mouvement des Trouters.

[35:55]

Donc, les gens

[35:56]

qui ont la vérité, je pourrais traduire,

[35:59]

apparu au début des années 2000

[36:00]

autour des attentats du 11 septembre

[36:03]

2001. Et dans

[36:04]

cette vision, les Tours jumelles n'auraient

[36:06]

pas été détruites par des terroristes,

[36:09]

mais par une démolition

[36:10]

contrÎlée mise en scÚne

[36:12]

pour justifier des guerres au Moyen-Orient

[36:14]

ou renforcer l'appareil

[36:16]

sĂ©curitaire aux États-Unis.

[36:18]

Certains récits pointent la CIA

[36:20]

ou le Mossad, d'autres

[36:22]

parlent d'une orchestration plus globale

[36:25]

impliquant médias, industries

[36:26]

pétroliÚres et complexes

[36:28]

militaro-industriels. Et c'est

[36:30]

justement ça qui rend le mythe si

[36:32]

résistant. Il existe en plusieurs

[36:34]

versions, ce qui lui permet de

[36:36]

survivre, peu importe la contradiction

[36:38]

qu'on lui oppose. C'est vrai.

[36:39]

Oui, oui, oui. À cela

[36:41]

s'ajoute un autre pilier de

[36:43]

conspirationnisme moderne, la

[36:45]

croyance au faux allumissage,

[36:47]

un de tes sujets préférés, Emile.

[36:50]

Popularisée dÚs les années 70,

[36:52]

elle prétend que l'émission

[36:53]

d'Apollo aurait été tournée sur terre

[36:55]

en studio, certains allant

[36:57]

jusqu'Ă  dire que Stanley Kubrick

[36:59]

aurait été derriÚre la caméra.

[37:02]

Oui, il y avait mĂȘme eu une fausse

[37:03]

vidéo de Stanley Kubrick

[37:05]

qui a fermé. Ah ben oui, c'est vrai.

[37:07]

Oui, oui, on en reparlera. Tu pourrais

[37:09]

me mettre Ă  une tout de suite, je pense

[37:11]

qu'on va se garder

[37:14]

du temps pour en parler,

[37:16]

de l'allumissage un petit peu

[37:17]

plus en détail éventuellement. Oui, oui,

[37:19]

absolument. Et dans ce récit, les images

[37:21]

de la Lune seraient surtout un outil

[37:23]

de propagande qui était destiné à prouver

[37:25]

la suprématie technologique américaine

[37:27]

pendant la guerre froide.

[37:29]

Et les partisans de cette thĂšse, eux, brandissent

[37:31]

toujours les mĂȘmes preuves, recyclĂ©es

[37:33]

en boucle en ligne. Des ombres

[37:35]

jugées incohérentes, un drapeau

[37:37]

qui semble flotter, ou l'absence

[37:40]

d'étoiles dans le ciel lunaire.

[37:42]

Mais pour Warner, ces récits

[37:43]

ne s'opposent pas. Ils s'emboident

[37:45]

plus tĂŽt. Ils forment un tout. Et dans

[37:47]

sa vision du monde, chaque événement

[37:49]

qui est censé unir l'humanité

[37:52]

comme un exploit spatial,

[37:54]

une tragédie nationale, une

[37:55]

percée scientifique, ben c'est jamais

[37:57]

ce qui semble ĂȘtre. Tout devient

[37:59]

une opération de contrÎle destinée

[38:01]

Ă  endormir la population.

[38:03]

Et plus ces théories s'additionnent,

[38:05]

plus elles créent une boucle fermée

[38:07]

oĂč tout confirme tout,

[38:09]

un monde sans hasard, oĂč l'illusion

[38:11]

serait la rĂšgle. Et son univers

[38:13]

est aussi nourri de références

[38:15]

cinématographiques qu'ils traitent comme des

[38:17]

clés de décryptage. Ils citent

[38:19]

notamment Day Live,

[38:21]

le titre du film, de

[38:23]

John Carpenter, oĂč l'humanitĂ© dĂ©couvre

[38:25]

qu'elle est asservie par des extraterrestres

[38:27]

grĂące Ă  des messages

[38:28]

invisibles. Je n'ai jamais vu ce film-lĂ ,

[38:32]

non ?

[38:32]

Moi non plus, mais j'adore en général

[38:35]

John Carpenter, s'il a fait tellement

[38:37]

de classique et de la bonne musique aussi.

[38:39]

C'est pas ça que je suis surpris de jamais

[38:41]

l'avoir vu, je vais le remettre lui aussi sur la liste.

[38:43]

On va l'Ă©couter pendant le temps des fĂȘtes.

[38:44]

Bonne idée. Et pour lui, c'est pas une

[38:47]

métaphore, c'est presque un aveu déguisé,

[38:49]

une vérité glissée dans la fiction

[38:51]

par ceux qui ne peuvent pas parler autrement.

[38:54]

Dans le mĂȘme esprit,

[38:55]

des films comme The Matrix,

[38:57]

qu'on connaĂźt bien, ou Dark City,

[38:59]

deviennent des révélations camouflées sur la

[39:01]

manipulation de la perception et l'idée

[39:03]

d'une réalité simulée.

[39:04]

Oui, on le voit avec le Red Pill et tout ça.

[39:07]

C'est carrément tiré de

[39:09]

la Matrice. On dirait que la Matrice

[39:11]

amĂšne un peu un

[39:14]

exemple concret

[39:15]

pour ceux qui croient Ă  ces

[39:17]

théories-là. Tu prends la

[39:19]

pénule pour connaßtre la vérité ou au contraire

[39:21]

pour t'endormir Ă  jamais.

[39:23]

On dirait que c'est comme un exemple

[39:24]

qui peut presque pointer comme documentaire.

[39:26]

Oui, c'est vrai. C'est fou,

[39:29]

quand tu y penses.

[39:30]

C'était juste une métaphore.

[39:32]

Oui, c'est ça.

[39:34]

Et comme beaucoup de conspirationnistes

[39:35]

radicalisés, Warner finit par relier

[39:38]

tout ça à une idée plus vaste.

[39:40]

Celle d'un complexe mondial,

[39:42]

un bloc flou oĂč se confondent

[39:44]

politiciens, financiers et

[39:46]

géants de la technologie. Dans cette

[39:48]

cosmologie, ce réseau hypothétique

[39:50]

serait responsable de tout. Crise

[39:52]

économique, pandémie, guerre,

[39:54]

Ă©volution des mƓurs, le monde

[39:56]

n'est plus incertain, il est

[39:58]

truqué et comprendre la

[40:00]

supercherie lui donne l'impression

[40:01]

de reprendre le contrĂŽle.

[40:04]

Oui, exact. C'est sûr que, à quelque part,

[40:06]

quand tu as l'impression de connaĂźtre

[40:08]

la vérité, il n'y a rien qui peut

[40:10]

t'arrĂȘter Ă  partir de ce moment-lĂ .

[40:12]

Une dimension particuliĂšrement

[40:13]

frappante de sa trajectoire,

[40:16]

c'est son obsession pour l'idée

[40:17]

de réalité simulée.

[40:19]

Des sources Ă©voquent des Ă©crits oĂč

[40:21]

il affirme que le monde n'est qu'un théùtre,

[40:23]

une illusion sophistiquée, et que

[40:25]

la mort n'est pas une fin, mais

[40:27]

une sorte de sortie de

[40:29]

la simulation. Ce genre de

[40:31]

croyance, qui est Ă  mi-chemin entre

[40:33]

spéculation philosophique, les

[40:35]

lectures New Age, mais aussi des lectures

[40:37]

complotistes, lui offre un cadre

[40:39]

oĂč son geste prend Ă  ses yeux

[40:41]

une portée presque métaphysique.

[40:43]

Il ne se voit pas comme un simple

[40:46]

suicidaire, mais comme quelqu'un

[40:47]

qui passe de l'autre cÎté du

[40:49]

décor, en laissant au passage

[40:51]

un signal au reste du monde.

[40:53]

Et dans ce contexte, le choix

[40:55]

de Noël, qui est la

[40:57]

fĂȘte ultime associĂ©e Ă  la

[40:59]

naissance, à la lumiÚre, à l'idée

[41:01]

de salut, devient un contraste

[41:03]

volontairement maximal avec

[41:05]

son propre récit de révélation et de

[41:07]

chaos. On a aussi vu circuler

[41:09]

en ligne l'idée que son

[41:10]

isolement numérique, parfois décrit

[41:12]

comme un genre de Twitter haven

[41:14]

ou des robots, des bots,

[41:16]

lui donner l'impression d'ĂȘtre validĂ©,

[41:18]

aurait pu amplifier sa dérive paranoïaque.

[41:21]

D'ailleurs, on ne va plus

[41:23]

tellement sur X, entre autres,

[41:24]

à cause de ça. Non, moi non plus.

[41:27]

J'évite. Dans les jours

[41:29]

qui suivent l'attentat, une autre

[41:30]

lecture s'impose rapidement dans l'écosystÚme

[41:33]

complotiste, celle de la

[41:34]

5G. Et lĂ , on va revenir un peu

[41:36]

sur le fait que la bombe explose

[41:39]

à proximité d'un site d'AT&T,

[41:41]

qui est un acteur majeur

[41:42]

dans les réseaux de télécommunications.

[41:44]

Et ça déclenche presque immédiatement

[41:46]

des spéculations. Warner

[41:48]

aurait voulu frapper une infrastructure

[41:50]

5G, perçue par certains comme

[41:52]

un outil de surveillance de masse,

[41:54]

ou une menace sanitaire mĂȘme.

[41:57]

Des proches rapports qui s'intéressaient

[41:58]

Ă  ces discours anti-5G, parfois

[42:00]

liés à des peurs de cancer,

[42:02]

ou encore Ă  la COVID, ce qui

[42:04]

alimente la piste et pousse les enquĂȘteurs

[42:06]

Ă  l'examiner. Parce que c'est vrai

[42:08]

qu'en pleine pandémie, cette histoire-là

[42:10]

de 5G devenait... Il y avait des

[42:12]

petits dans les rues de Montréal.

[42:14]

Les gens s'exprimaient publiquement.

[42:16]

C'est quand mĂȘme crazy lĂ -dessus.

[42:19]

Il y avait un gros soulĂšvement.

[42:21]

Mais aprĂšs plusieurs mois,

[42:22]

le rapport du FBI est clair.

[42:24]

MĂȘme s'il baignait dans ses cercles

[42:26]

d'idées, rien ne permet d'affirmer

[42:28]

que la 5G soit le moteur principal

[42:30]

de son passage Ă  l'acte.

[42:32]

Et aucune preuve ne relie directement

[42:34]

le choix de sa cible Ă  une campagne

[42:36]

structurée contre cette technologie.

[42:38]

Il semblait ĂȘtre un peu

[42:40]

John Wolfe. Oui, exact.

[42:42]

Et les conclusions officielles et mille

[42:44]

insistent sur un point fondamental.

[42:46]

L'attentat n'est pas classé comme un

[42:48]

acte de terrorisme au sens classique.

[42:51]

Autrement dit, il n'y a pas de

[42:52]

groupe derriĂšre, pas de revendications,

[42:54]

pas de manifestations politiques claires,

[42:56]

pas de cas structurés. Les autorités

[42:58]

décrivent plutÎt un homme pris dans un

[43:00]

mélange d'idées complotistes, de paranoïa,

[43:02]

mais aussi de problĂšmes personnels

[43:04]

et d'une volonté de mettre fin

[43:06]

à ses jours. Et par-dessus tout ça,

[43:08]

une obsession de laisser une trace,

[43:11]

de laisser sa trace, de faire

[43:12]

un geste dont on se souviendra.

[43:15]

Il y a mĂȘme un voisin qui rapporte

[43:17]

cette phrase qui est assez glaçante

[43:19]

« Nageville et le monde

[43:20]

ne l'oublieront jamais ».

[43:22]

Et c'est peut-ĂȘtre ça le noyau, en fait.

[43:25]

Warner ne cherche pas Ă  gagner

[43:27]

une guerre, ni Ă  convaincre une base

[43:28]

politique. Il cherche Ă  s'inscrire,

[43:31]

Ă  inscrire plutĂŽt son nom

[43:33]

dans l'histoire, mĂȘme s'implique

[43:34]

d'exploser un quartier, de traumatiser

[43:36]

une ville. Et le FBI souligne aussi

[43:39]

que ses motivations semblent surtout liées

[43:41]

Ă  des facteurs de stress,

[43:43]

une perte de repĂšres, des relations

[43:45]

qui se dégradaient et un isolement

[43:47]

qui s'épaissit. Rien n'indique

[43:49]

un lien avec un réseau terroriste nu,

[43:51]

une opération coordonnée. C'est souvent

[43:53]

ça, parce que quand tu t'isoles,

[43:55]

t'as personne pour te challenger.

[43:58]

C'est un peu ça

[43:59]

souvent l'enjeu qui disait

[44:01]

les gens qui tombent vraiment facilement

[44:02]

dans la théorie du complot, c'est que

[44:04]

si tu restes juste en ligne dans ta chambre à écho,

[44:07]

il n'y a personne qui te challenge

[44:08]

sur ça. Non, il y a juste des gens comme toi.

[44:10]

Exact, je comprends aprÚs ça

[44:12]

pourquoi on peut s'embourber.

[44:14]

Et Ă©videmment, ça n'empĂȘche pas les rĂ©cits

[44:16]

parallĂšles de se mettre en marche, parce que

[44:18]

dans l'univers complotiste, un événement

[44:20]

aussi spectaculaire ne peut pas ĂȘtre

[44:22]

juste un acte solitaire.

[44:24]

Et trĂšs vite, on voit apparaĂźtre des

[44:26]

variantes techno-paranoĂŻaques, un

[44:28]

super-ordinateur caché, des serveurs secrets,

[44:31]

un centre de données qui

[44:32]

manipulerait des résultats électoraux,

[44:34]

un sabotage destiné à effacer

[44:36]

des preuves de fraude. Et ce sont

[44:38]

des histoires qui sonnent techniques

[44:40]

avec des mots qui font sérieux,

[44:42]

réseau, refroidissement, serveur,

[44:44]

audit, mais ça donne l'impression d'un

[44:46]

monde qui est en coulisses. Sur les forums

[44:48]

et en particulier sur Telegram,

[44:50]

le vocabulaire devient quasi-militaire

[44:52]

pour ces gens-là. Opération,

[44:55]

contre-attaque, guerre de données,

[44:57]

on transforme un attentat

[44:58]

isolé en un épisode d'une guerre

[45:00]

invisible entre eux et l'État profond.

[45:03]

Et lĂ , un peuple que lui est...

[45:05]

Oui, le Deep State.

[45:06]

Oui, exact, et un peuple que lui est

[45:08]

réveillé, donc ces gens-là, ils savent,

[45:10]

ils ont fait leur recherche. Et plus

[45:12]

c'est gros, plus ça rassure ceux

[45:14]

qui y croient, parce que ça donne

[45:15]

un sens net Ă  quelque chose qui sinon

[45:17]

est terriblement chaotique.

[45:20]

Oui, oui, c'est pas évident

[45:22]

de trouver du sens dans tout ça,

[45:24]

mais quand on gratte, les

[45:25]

vérifications factuelles démontrent

[45:28]

ces scénarios. Les entreprises

[45:30]

citées n'ont pas de contrat de ce type

[45:32]

sur le site, par exemple. Il y avait

[45:34]

pas de 5G aux lieux

[45:36]

exactement oĂč il y avait mis le

[45:38]

VR. Les rumeurs mélangent

[45:40]

des lieux, confondent des installations,

[45:43]

recyclent des éléments

[45:44]

déjà démentis ailleurs, puis les

[45:46]

recollent sur l'attentat de Nageville,

[45:48]

un peu pour fabriquer une histoire cohérente.

[45:50]

Puis là, FBI répÚte

[45:52]

l'essentiel. Warner a agi

[45:54]

seul. Aucune preuve ne le relit

[45:56]

à l'attentat, à une fraude électorale,

[45:58]

et rien ne soutient l'idée d'un sabotage

[46:00]

organisé. Mais au-delà

[46:02]

de cette rumeur précise,

[46:04]

l'attentat devient un aimant Ă  complot,

[46:06]

qu'on parle de missiles, de QAnon

[46:08]

aussi, de MK Ultra,

[46:11]

un épisode réel

[46:12]

qui a eu lieu à Montréal.

[46:14]

Vous avez entendu parler, on

[46:16]

en a parlé souvent, mais qui ajoute

[46:18]

du réel, souvent en guise de fondation

[46:20]

à ces théories-là.

[46:22]

Le point commun, c'est le refus

[46:24]

d'admettre qu'un individu isolé

[46:26]

puisse provoquer un chaos pareil,

[46:28]

sans plan maßtre, sans réseau,

[46:29]

sans organisation. Ça fait peur,

[46:32]

on dirait. On aime ça

[46:34]

relier ça à un groupe plus grand,

[46:35]

mais de voir qu'une seule personne comme ça,

[46:38]

comme c'est le cas de

[46:39]

d'autres,

[46:41]

souvent des tueries de masse,

[46:43]

c'est souvent ce cas-lĂ .

[46:45]

MĂȘme la tentative d'assassinant envers

[46:47]

Donald Trump, parce que ça semble ĂȘtre

[46:49]

un seul individu.

[46:51]

Luigi Mangione,

[46:53]

est-ce que c'était plus

[46:55]

organisé?

[46:56]

Encore une fois, ça semble ĂȘtre des individus

[46:58]

qui agissent seuls, mais qui,

[47:00]

d'une certaine façon,

[47:02]

tristement, vont passer Ă  l'histoire.

[47:05]

À quelque part,

[47:07]

il a rempli

[47:09]

sa mission, d'une certaine façon,

[47:10]

j'imagine.

[47:12]

Pendant que les rumeurs tournent,

[47:14]

les conséquences sont bien réelles.

[47:16]

C'est des dizaines de bùtiments endommagés,

[47:18]

mais surtout des pannes majeures dans la ville,

[47:21]

des pannes de réseau, de communication,

[47:22]

d'Internet, de services d'urgence,

[47:24]

des hĂŽpitaux, des centres 911.

[47:27]

Tout ça peut perturber

[47:28]

vraiment la santé publique.

[47:30]

Sans oublier, évidemment,

[47:32]

les réels,

[47:34]

il y a eu un mort, il y a eu 18 blessés,

[47:36]

il y a eu des vrais humains

[47:37]

qui ont été perturbés. Plusieurs gens

[47:39]

ont sans doute été traumatisés aussi,

[47:41]

mĂȘme s'ils n'ont pas Ă©tĂ© blessĂ©s physiquement.

[47:44]

C'est toute une histoire Ă  vivre.

[47:46]

Le rapport vient recadrer l'histoire.

[47:49]

Un projet suicidaire

[47:50]

mûrit, un message d'évacuation

[47:52]

une heure choisie trĂšs tĂŽt.

[47:54]

Aucune motivation politique

[47:55]

structurée semble derriÚre ça.

[47:58]

Puis aussi, bien, la trajectoire

[48:00]

de Anthony Warner,

[48:01]

l'isolement, la fragilisation

[48:03]

psychologique, le pas d'aide

[48:05]

recherchée, puis tout ça

[48:07]

couplé avec une immersion prolongée

[48:09]

dans des univers complotistes

[48:11]

qui ont à amplifier sa méfiance

[48:13]

du monde. Puis Ă  quelque part,

[48:15]

Nagil devient un peu un case study

[48:18]

de récits complotistes

[48:20]

qui deviennent un peu,

[48:21]

qui se transforment en événements réels

[48:23]

dans le but de frapper un symbole,

[48:25]

puis de transformer une mort

[48:27]

en quelque part

[48:29]

en icĂŽne

[48:30]

d'un gros puscule,

[48:34]

un peu Ă  l'extrĂȘme quelque part.

[48:36]

Puis le choix de Noël

[48:37]

n'était pas anodin encore une fois

[48:39]

avec justement toute

[48:41]

la société de surconsommation,

[48:44]

toutes les marques qui se mettent lĂ -dedans.

[48:45]

Donc il y a vraiment atteint un symbole

[48:48]

en plus de réconfort,

[48:49]

d'amour, de partage.

[48:52]

À quelque part, c'Ă©tait

[48:53]

trÚs stratégique son truc.

[48:56]

Puis

[48:57]

je sais pas si vous,

[48:59]

les distordus, vous avez d'autres histoires

[49:01]

tragiques du genre en lien avec Noël

[49:03]

ou d'autres événements un peu

[49:06]

complotistes

[49:07]

ou un peu surnaturels survenus.

[49:09]

Moi justement, je me rappelais

[49:12]

des...

[49:12]

je me rappelais de l'histoire en 2020.

[49:16]

Voyons...

[49:17]

Est-ce que c'était...

[49:18]

C'était en quelle année que les...

[49:20]

Ah oui, je crois que c'était...

[49:21]

J'essaie de pluger les rails liés

[49:24]

dans cette histoire-lĂ .

[49:26]

J'essaie de retrouver rapidement

[49:28]

la date.

[49:30]

Ah oui, c'était le 27 décembre 2002,

[49:33]

Seb. Donc j'avais l'impression

[49:34]

que c'était à Noël. Bon, c'est deux jours plus tard,

[49:36]

tu me diras. Mais encore une fois,

[49:38]

ce Noël-là de 2002

[49:41]

était frappant,

[49:42]

tu sais, parce que tu as... Je me rappel,

[49:43]

on se levait le matin et il y avait

[49:46]

les rails liés, cette secte-là, tu sais,

[49:47]

qui ont vécu un bon bout de temps au Québec.

[49:49]

Je pense qu'ils sont encore en train de vendre

[49:52]

des vaisseaux spatiaux sur Marketplace

[49:54]

ou je pense qu'ils sont peut-ĂȘtre encore mĂȘme

[49:55]

au Québec, là. Ah, sûrement, oui, oui.

[49:57]

Mais oui, si mon prĂȘtre, je nous avais envoyĂ©,

[49:59]

il me semble, à une certaine époque,

[50:01]

des annonces oĂč ils vendaient des installations

[50:03]

de leur genre de...

[50:06]

de lot, lĂ , qui ils ont...

[50:08]

je ne sais plus trop oĂč. Mais on

[50:10]

se réveille un bon 27 décembre,

[50:12]

tout le monde est en famille, tout ça,

[50:13]

on ouvre les nouvelles et c'est

[50:16]

Raël et Brigitte Boisselier,

[50:18]

à l'époque, sa

[50:19]

bras droite, lĂ , qui

[50:21]

affirmaient avoir cloné un bébé.

[50:24]

À pas de sens. Et encore une fois,

[50:26]

t'es là, OK, on se réveille

[50:28]

avec ça et on choisit Noël,

[50:30]

justement, parce que, bon,

[50:31]

la naissance du Christ, la naissance

[50:33]

du premier bébé cloné Raëlien,

[50:36]

ils ont choisi le symbole,

[50:37]

encore une fois, pour propager

[50:40]

leur espĂšce de propagande.

[50:41]

Je suis sûr qu'ils ont gagné plein

[50:43]

d'abonnés. Il n'y avait pas d'abonnés

[50:45]

réseaux sociaux dans le temps, il y avait plein de vrais membres.

[50:47]

Oui, non, c'est clair. Et finalement, on l'a jamais vu,

[50:49]

ce bébé-là. Non, on l'a jamais vu.

[50:51]

Non, jamais de la vie.

[50:53]

C'est devenu un scandale. Je pense qu'il y a mĂȘme eu un documentaire

[50:55]

de fait lĂ -dessus. Exact, oui, sur Netflix.

[50:57]

Je ne l'ai jamais terminé, on va dire que je le trouvais long,

[50:59]

mais... Oui, oui, oui, oui.

[51:01]

Mais oui, toute une histoire, celle de

[51:03]

Anthony Warner et de l'attentat de Nageville, Seb.

[51:06]

C'est clair que Noël

[51:07]

est truffé de théories du complot

[51:09]

et d'autres.

[51:11]

Et j'espÚre que vous avez aimé, les distordus.

[51:13]

En l'After Show, tu nous

[51:15]

parles justement d'une histoire d'extraterrestres

[51:17]

de Noël, ou encore le

[51:18]

Roswell britannique. Oui,

[51:20]

que je vous rappelle justement, qu'il y aurait eu

[51:23]

en 1980, des présences

[51:25]

extraterrestres documentées

[51:27]

par l'armée américaine et britannique.

[51:29]

Oh yes, Ă  suivre sur Patreon.

[51:32]

Et avant de quitter, eh bien,

[51:33]

merci à tout le monde. J'espÚre que vous avez apprécié ce

[51:35]

petit épisode un petit peu hors saison,

[51:37]

un petit peu spécial qu'on vous

[51:40]

enregistre juste avant de partir

[51:41]

en vacances. On se voit évidemment pendant

[51:43]

le grand débrouillage Patreon.

[51:45]

Et on veut remercier pour cette saison-ci

[51:47]

l'aide de nos

[51:49]

fantastiques recherchistes

[51:51]

et de André Beaupré, notre

[51:53]

monteur. Et on se revoit

[51:55]

trĂšs bientĂŽt tous les Distordieux.

[51:57]

Et avant toute chose, eh bien, on a quelques shout-out

[51:59]

Patreon Ă  donner parce que

[52:01]

j'ai vu qu'au total, on avait eu

[52:03]

7000 membres, Sam. Ça veut dire qu'on a

[52:05]

7000 shout-out Ă  donner.

[52:07]

Oui, ben là, on les écoule au fur

[52:09]

à mesure. Ça s'en vient bien

[52:11]

quand mĂȘme. Bon, il va peut-ĂȘtre falloir

[52:13]

qu'on en rajoute quelques-uns.

[52:15]

Oui, oui, ben je le fais de temps en temps,

[52:16]

mais toujours de plus en plus. Mais si vous n'avez pas

[52:19]

encore entendu votre shout-out, ben il y a deux choses.

[52:21]

C'est sĂ»r que vous n'ĂȘtes pas repĂ©rĂ© lorsqu'on

[52:23]

le dit et oĂč ça s'en vient. Oui, exact.

[52:26]

Gardez espoir. Oui. Je commence,

[52:28]

mon cher Emile. Je remercie

[52:29]

Vivi Aire, une

[52:31]

tape dans le dos Ă  Anesso,

[52:33]

Cici A, Jay Aire

[52:35]

et Sabrina F.

[52:37]

Beaucoup d'amour pour le temps des FĂȘtes Ă 

[52:39]

Dark Shield X, Ă 

[52:41]

Jelly D, à Véronique L,

[52:43]

Ă  Laurely Aire et Ă 

[52:45]

Caroline. Je poursuis le

[52:47]

high-five à Amélie L, Rémi

[52:49]

P, Caroline P,

[52:51]

Alexandra O.T.

[52:53]

et Annabelle S.

[52:55]

Beaucoup d'amour Ă  Christelle,

[52:57]

Ă  Camille D.C., Ă  Audrey

[52:59]

H.T., Ă  Alexia H.

[53:02]

et à Cécile May.

[53:04]

Encore une fois,

[53:05]

je donne de l'amour Ă  Eli

[53:07]

J., Guianne

[53:09]

Simon, Marie-Édith B.

[53:11]

et Noémie K.

[53:13]

Et en terminant, un gros

[53:15]

cĂąlin Ă  Marie C.L.,

[53:17]

à André G., à Steph

[53:19]

Bonnie, Ă  Fred B.P.

[53:21]

et Ă  Jessica L.

[53:23]

On vous aime!

[53:25]

Et pour terminer Seb,

[53:31]

aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?

[53:34]

Entre le PÚre Noël,

[53:35]

les théories du complot et l'algorithme,

[53:37]

il y a une chose qui ne ment jamais,

[53:39]

votre digestion aprĂšs la

[53:41]

tourtiĂšre. Prenez soin de vous,

[53:43]

prenez soin des autres et

[53:45]

gardez un peu de place pour le doute,

[53:47]

mais pas trop, on a déjà assez de

[53:49]

stress. Joyeuse fĂȘte Ă  tous!

[53:51]

On se voit bientĂŽt!

[53:53]

Oui!

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