👽 Mars, la planète mystérieuse | Complots distordus Ep. 1

Épisode

👽 Mars, la planète mystérieuse | Complots distordus Ep. 1

Saison
11
Épisode
154
Durée
1 h 23 min
Format
Audio

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Voici le premier épisode de notre mini-série sur les théories du complot! Pour cet épisode, on s’attaque aux mystères autour de la planète Mars! Au fil de l’exploration spatiale, les photos prises de la planète rouge alimentent plus de questions que de réponses! Y-a-t-il déjà eu de la vie sur Mars? Ou encore, y sommes-nous déjà allés? Les secrets bien gardés de la NASA contribuent à alimenter les théories les plus tordues.

Y aurait-il des bases extra-terrestres ou encore, des pyramides sur la planète rouge?

Suivez-nous dans ce voyage cosmique, alors que nous allons explorer et débunker les théories les plus fascinantes sur Mars!


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[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur...

[00:05]

Nous devons aller boldement où l'homme n'a jamais été.

[00:09]

Pour visiter le Moine de Mars.

[00:12]

Il y a un monolithe.

[00:14]

Ils sont une structure très incroyable.

[00:17]

Des complots complètement distordus.

[00:34]

Puis des milliers d'années, la planète Mars fascine les astronomes.

[00:39]

En même temps, elle est empreinte de mystères.

[00:42]

Les photos prises de la planète rouge alimentent plus de questions que de réponses.

[00:46]

Y a-t-il eu déjà de la vie sur Mars? Ou encore y sommes-nous déjà allés?

[00:51]

Les secrets bien gardés de la NASA contribuent à alimenter les théories les plus tordues.

[00:57]

Y aurait-il des bases extraterrestres ou encore des pyramides sur Mars?

[01:02]

Suivez-nous dans ce voyage cosmique, alors que nous allons explorer et débunker les théories les plus fascinantes sur Mars.

[01:10]

Sébastien Évac, comment ça va aujourd'hui?

[01:12]

Ça va bien, et toi, Emine Gauthier?

[01:13]

Ça va très bien. On est en 2026 et on enclenche notre nouvelle mini-série.

[01:19]

On vous l'avait dit, on vous l'avait teasé que ça allait être un petit peu spécial en 2026.

[01:24]

On avait envie de varier un peu. On arrive sur les 9 ans de distorsion.

[01:28]

Bientôt 10, l'an prochain. Ça va faire déjà 10 ans.

[01:31]

Ça va passer vite.

[01:33]

Et là, on avait envie de mettre un peu de variété, comme on dit.

[01:38]

L'épice de la vie.

[01:43]

J'allais dire un beau lapsus.

[01:45]

On voulait présenter quelque chose de différent.

[01:47]

Ça se peut qu'on fasse ça aussi à l'avenir, c'est-à-dire une mini-saison un petit peu plus traditionnelle,

[01:52]

où on est un peu dans les enquêtes irrésolues, les histoires obscures et tout ça,

[01:56]

mais qu'on se fasse un genre de mini-série, un peu un spinoff thématique pour la deuxième partie de la saison.

[02:02]

Bref, dites-nous ce que vous en pensez.

[02:04]

Nous, ça nous excite beaucoup.

[02:05]

Ça nous permet de sortir parfois un peu de notre ligne éditoriale

[02:09]

et d'explorer d'autres histoires qui nous passionnent en dehors de nos histoires d'enquête habituelles.

[02:16]

Mais on fait en même temps une autre sorte d'enquête en débunkant chacune des théories.

[02:21]

On met nos chapeaux d'aluminium, si je peux dire, d'enquêteurs avec la petite casquette mélangée avec une casquette d'enquêteur.

[02:29]

Ça donne un peu ce résultat-là.

[02:30]

J'aime ça qu'on applique un peu notre rigueur, mais à des complots qui sont amplifiés,

[02:38]

on va se le dire, à l'ère numérique plus que jamais.

[02:41]

Absolument. On va toucher énormément aux technologies, au monde de l'Internet, même au futurisme.

[02:50]

Toutes ces concepts-là qu'on a vus naître un peu à l'ère numérique,

[02:53]

on ne va pas parler de complots, on ne va pas parler du monstre, du Loch Ness.

[02:56]

On va s'attaquer à des théories du complot un petit peu plus perchées, un peu plus farfelues,

[03:02]

mais toujours en lien avec l'ère numérique, avec les technologies et tout ça.

[03:06]

Vous ne devrez pas vous ennuyer.

[03:07]

D'ailleurs, dites-nous s'il y a des théories que vous aimeriez qu'on couvre dans cette mini-série-là ou éventuellement dans d'autres épisodes.

[03:14]

Donc, on est très motivés, on a bien hâte et on commence aujourd'hui avec les mystères de la planète Mars.

[03:19]

Parce que vous allez voir, on en sait très peu sur Mars et de ce qu'on sait, ça laisse place à beaucoup d'interprétations.

[03:27]

Et puis, j'hallucinais en voyant tous nos documents de recherche, Seb, c'est fou comment il y a des théories du complot autour de Mars.

[03:34]

Même que j'ai l'impression qu'on va peut-être faire une partie d'eux.

[03:37]

On n'aura pas le choix, en fait, parce que sinon, je pense que l'épisode d'aujourd'hui aurait duré cinq heures.

[03:42]

Si on avait tout dit, ce qu'on a ramassé comme information,

[03:45]

c'est incroyable comment la planète Mars nourrit les mystères et les théories du complot.

[03:54]

Ah oui, c'est crazy. Vous allez voir, on va prendre une bonne puff et on va faire le tour de tout ça.

[03:59]

Ce qui est intéressant dans les théories du complot aussi, c'est se baser sur les faits réels.

[04:04]

Parce que souvent, ça part de ça. Ça part de faits réels, ça part d'un document de la NASA qui a été retrouvé,

[04:09]

ça part d'une photo, d'un commentaire, d'un astronome, de quelque chose comme ça.

[04:14]

Donc, sur quel fondement se basent ces théories-là?

[04:18]

Puis par la suite, c'est de voir justement distinguer le réel du faux,

[04:21]

à savoir justement comment ça s'est propagé, cette conspiration-là,

[04:28]

et de se rendre compte que finalement, il n'y a peut-être pas matière à autant de science-fiction autour du concept.

[04:35]

Vous allez voir, ça risque d'être très intéressant.

[04:37]

Dans les nouvelles du jour aussi, dans les nouvelles de 2026, notre tournée est en branle.

[04:42]

À peu près toutes nos dates sont annoncées, on va en avoir d'autres aussi.

[04:47]

C'est le cabaret des curiosités du web qu'on a revampé.

[04:50]

Chaque histoire est différente, chaque cabaret est différent.

[04:53]

Et là, on s'en va à la rencontre des gens du Québec, peut-être au-delà même.

[04:58]

Surveiller nos dates rapidement, j'en plug quelques-unes.

[05:01]

Le 26 mars à Montréal, au cabaret Lyon d'or.

[05:05]

Le 28 mars à Trois-Rivières, au Musée Pop dans la prison.

[05:08]

Donc, une super activité avec visite de la prison au Musée Pop.

[05:12]

Manquez pas ça.

[05:13]

Le 3 juin par la suite, on se retrouve à Québec.

[05:16]

Québec, on sait, la foule est crazy.

[05:19]

On est à la Chapelle spectacle.

[05:21]

Par la suite, cabaret BMO de Sainte-Thérèse.

[05:24]

C'est le 11 juin pour les gens de la Rive-Sud de Montréal et Laurentide.

[05:27]

Tout ça, rassemblez-vous, venez tous vous voir pour faire le party avec Distorsion.

[05:31]

Septembre maintenant, on est déjà rendu en septembre.

[05:34]

Pavillon des Arts de la Seine de Varennes.

[05:36]

Donc, manquez pas ça, c'est une salle de prestige.

[05:38]

Et aussi Saint-Jean-sur-Richelieu, toute la région du Richelieu.

[05:42]

On débarque le 16 octobre à la boîte Saint-Jean.

[05:45]

Donc, rassemblez-vous, parlez-en à vos amis et puis venez faire le party avec nous.

[05:49]

C'est toujours une bonne soirée festive.

[05:52]

On a de la merch, on aime ça vous rencontrer.

[05:55]

On n'est pas des snobs qui restent dans nos loges.

[05:58]

On va prendre un verre avec vous, on discute, on fait des autographes de livres.

[06:02]

Donc, manquez pas ça.

[06:03]

Ça va être super cool au courant de 2026-2027.

[06:06]

D'autres dates s'en viennent aussi.

[06:09]

Sinon, on a encore une bière de la semaine.

[06:11]

Seb, c'est quoi cette semaine?

[06:12]

Oui, on a la bière Kryo New England IPA de la micro brasserie Tamarack.

[06:19]

C'est de type easy, une IPA qui est surtout basée de deux ou blancs qui sont des Kryo.

[06:25]

Le Citra Kryo et le Idaho 7 Kryo avec un peu de chinook.

[06:29]

Donc, ça goûte l'ananas, la mangue, l'amertume légère, 16,5 % d'alcool.

[06:34]

Elle est délicieuse.

[06:35]

Et cette bière, mon cher Emile, nous a été offerte par Colin Pallet,

[06:40]

qui nous a fait un don sur notre site web pour la tournée de bière.

[06:43]

Donc, merci à toi, Colin.

[06:45]

Merci, Colin.

[06:46]

Aussi, on a un shout-out à donner à Work Eleven, Work Onze,

[06:51]

pour une review 5 étoiles sur Apple Podcasts,

[06:53]

qui nous dit directement comme ça, très bon, pas de flaflas, excellent sujet.

[06:58]

C'est à la hauteur de son commentaire.

[07:00]

Exactement, un commentaire, pas de flaflas.

[07:03]

Donc, shout-out à toi, Work Onze.

[07:05]

En after-show pour nos abonnés Patreon, vous avez été très nombreux

[07:08]

à vous inscrire au grand débrouillage qu'on a fait pendant le temps des fêtes.

[07:13]

Plein de nouveaux membres Patreon, des centaines de nouveaux membres Patreon.

[07:17]

Et là, si vous voulez avoir accès aux after-shows et à tout ça,

[07:19]

bien, vous n'avez pas le choix de prendre le forfait.

[07:21]

Oui, monsieur.

[07:22]

Donc, avec ce forfait-là, vous avez accès à tous les after-shows,

[07:25]

à tout le contenu bonus, épisodes secrets et tout ça.

[07:28]

On en sort un à chaque saison, un épisode secret en fin de saison.

[07:30]

Et là, l'after-show, on va parler du projet Solar Warden

[07:35]

et aussi du hacker qui a piraté la NASA.

[07:38]

Tout ça est un peu relié à la même histoire.

[07:40]

Vous allez voir, c'est assez fascinant.

[07:42]

On va parler aussi d'autres cas de piratage de la NASA

[07:45]

et d'autres fuites de données.

[07:46]

On reste dans la thématique cosmique ici et astronomique.

[07:51]

Donc, ça risque d'être très intéressant en after-show pour les abonnés Patreon.

[07:55]

Je pense qu'on a assez parlé, Seb.

[07:56]

C'est le début de la saison, on a toujours un petit peu de blabla à faire.

[07:59]

Mais est-ce qu'on est prêt à partir explorer la planète Mars?

[08:04]

Oui, monsieur.

[08:06]

Allons-y.

[08:07]

Maintenant.

[08:09]

Je commence tranquillement, Seb, et je vais revenir dans le temps.

[08:12]

On va parler de plusieurs histoires.

[08:14]

On va essayer de garder ça un peu en ordre chronologique.

[08:17]

On va parler tout d'abord des fondements de certaines théories du complot en lien avec Mars.

[08:23]

La plupart proviennent de photos.

[08:26]

On a envoyé des rover, on a envoyé des sondes sur Mars pour prendre des photos et tout ça.

[08:32]

Et on va revenir un petit peu dans le temps, là où les premières photos de Mars sont arrivées.

[08:38]

Et je me lance.

[08:40]

Une photo en noir et blanc apparaît sur un écran d'ordinateur quelque part dans un centre de contrôle de la NASA à la fin des années 70.

[08:48]

La pièce est plongée dans cette pénombre particulière des salles où on travaille 24 heures sur 24.

[08:55]

Ici, il n'y a plus vraiment de jour et de nuit, seulement des cas de travail qui s'enchaînent.

[09:00]

Les seuls points de lumière proviennent des rangées de moniteurs qui éclairent les visages fatigués des ingénieurs.

[09:07]

De ces hommes et femmes qui ont passé des années à préparer cette mission, vérifier chaque ligne de code, chaque composante électronique,

[09:16]

chaque trajectoire et chaque correction d'orbite de ce qu'on envoie dans l'espace.

[09:20]

Sur l'un de ces écrans, on distingue un carré de poussière grise, une plaine martienne balayée par des ombres figées dans le temps.

[09:30]

Les reliefs sont difficiles à distinguer. La résolution semble toujours un peu insuffisante, tournée dans les années 70.

[09:36]

Oui, exactement.

[09:37]

Les contrastes sont imparfaits, comme si la caméra hésitait à révéler ce qu'elle voit vraiment.

[09:43]

C'est une image typique de la surface de la planète Mars, telle qu'on la connaissait à l'époque,

[09:48]

c'est-à-dire granuleuse, mystérieuse et même un peu frustrante.

[09:54]

Ça a l'air un peu d'une planète complètement sèche, un peu volcanique et tout ça.

[09:59]

Il n'y a pas l'air d'avoir beaucoup de vie là-dessus, du moins en apparence.

[10:03]

Et au centre de cette image, pourtant, se trouve une forme distinctable.

[10:08]

Au premier regard, rien d'exceptionnel.

[10:10]

Juste une autre colline parmi les milliers que Viking 1, la première sonde à site placée en orbite autour de Mars,

[10:19]

a photographié depuis son arrivée.

[10:21]

Dans la routine des opérations, ce n'est qu'une image de plus,

[10:25]

un quadrillage de plus dans ce patient travail de cartographie.

[10:28]

Parce que depuis longtemps, on tente de cartographier Mars, de lui attribuer des régions, tout ça.

[10:34]

Vous allez voir, on va rentrer un petit peu plus en détails dans cette géographie de la planète.

[10:38]

Mais un technicien se penche un peu plus près de l'écran.

[10:43]

C'est quelqu'un dont le nom ne sera probablement jamais retenu par l'histoire de l'exploration spatiale,

[10:48]

mais dont le réflexe, lui, va déclencher une chaîne d'événements qui dure encore aujourd'hui.

[10:53]

Il fronce les sourcils, tente de percer le grain de l'image.

[10:57]

Il voit deux zones sombres, alignées presque symétriques.

[11:02]

Une arrête plus claire qui descend au milieu, un peu comme un nez,

[11:05]

et sous cette arrête, une ombre allongée qui évoque vaguement une bouche entre ouverte.

[11:11]

Il recule sa chaise, comme frappé par un mélange de surprise et d'incrédulité, puis appelle un collègue.

[11:17]

Il dit « regarde, on dirait un visage ».

[11:21]

En un instant, ce qui n'était qu'un assemblage de pixels,

[11:25]

une donnée froide transmise depuis des dizaines de millions de kilomètres,

[11:29]

se charge d'une autre dimension.

[11:31]

Ce n'est plus seulement de la géologie, c'est une présence,

[11:34]

une intention même.

[11:36]

Le cerveau humain, cet organe façonné par des millions d'années d'évolution

[11:40]

pour détecter des visages dans la pénombre, reconnaître des expressions.

[11:44]

En une fraction de seconde, par exemple, croît soudain reconnaître quelque chose de familier,

[11:49]

un visage humain.

[11:51]

Et ce simple réflexe de dire « on dirait un visage »

[11:54]

va suffire à faire basculer une colline martienne anonyme

[11:59]

dans la légende des théories du complot.

[12:02]

Et là, on avance un peu dans le temps,

[12:05]

on est le 25 juillet 1976.

[12:08]

Et là, Viking One vient d'envoyer son premier balayage systématique

[12:12]

de la région de Sidonia,

[12:14]

qui est peut-être la plus connue de Mars,

[12:18]

qui est une zone de Mars.

[12:19]

À l'origine, elle a été choisie pour une raison très simple,

[12:23]

c'est-à-dire qu'elle se trouve sur la trajectoire de la sonde

[12:26]

que la sonde doit emprunter dans son voyage.

[12:28]

Et Sidonia n'a pas été sélectionnée parce que la NASA

[12:32]

attendait quelque chose de particulier de cette région-là.

[12:34]

Au contraire, au départ, c'est un morceau de planète comme une autre

[12:38]

perdu sur une surface totale de 144 millions de kilomètres carrés.

[12:44]

Et là, on l'a baptisé Sidonia, cette espèce de région-là.

[12:48]

Et pourtant, cette modeste formation rocheuse d'environ 1,5 km de long

[12:53]

va devenir l'une des images les plus célèbres de Mars,

[12:56]

les plus débattues et les plus mal comprises de toute l'ère spatiale.

[13:01]

Dans les jours qui suivent, la NASA organise une conférence de presse

[13:05]

pour présenter les premières images de Viking 1.

[13:08]

On montre des paysages désertiques, des dunes, des cratères.

[13:12]

On explique les objectifs scientifiques de la mission,

[13:15]

les instruments qu'on utilise, les premières analyses atmosphériques.

[13:18]

Et parmi ces images, on glisse cette fameuse photo de Sidonia

[13:22]

avec sa colline qui ressemble un peu trop à un visage humain.

[13:28]

Les responsables scientifiques notent rapidement

[13:30]

que ce n'est qu'un jeu d'ombre et de lumière sous un éclairage rasant.

[13:34]

Ils affirment aussi qu'une seconde image prise quelques heures plus tard

[13:38]

dans un angle différent a déjà dissipé l'illusion du visage.

[13:43]

Pour détendre l'atmosphère, l'agence de la NASA publie même cette image

[13:47]

avec une légende un peu humoristique en disant le visage sur Mars.

[13:52]

Et ça sort dans les journaux et les magazines comme ça.

[13:55]

On est en 76, donc les théories du complot n'ont pas la même critique qu'aujourd'hui.

[14:02]

C'est un peu audacieux de sortir une nouvelle comme ça en 76 avec un visage sur Mars.

[14:08]

Oui, notre rapport en l'information était vraiment différent.

[14:11]

Il y avait peu de médias.

[14:12]

On croyait dur comme faire ce que les médias officiels nous disaient.

[14:16]

L'idée de partager la petite curiosité, de montrer que même dans les missions les plus sérieuses,

[14:21]

il peut y avoir de drôles de surprises.

[14:23]

Je comprends l'intention, tu sais, d'amener un peu de légèreté.

[14:27]

Pour eux, c'était un peu une soft news et c'était une petite nouvelle pour faire sourire.

[14:32]

Mais par contre, cette petite nouvelle, cette légèreté va leur revenir en pleine figure.

[14:37]

Parce que cette fameuse seconde photo qui est censée démontrer

[14:41]

que tout cela n'est qu'un effet d'optique n'est pas réellement mis en avant.

[14:45]

Elle existe bien dans les archives sous le nom technique de Viking Frame avec le numéro 70A13.

[14:53]

Mais elle est mal classée, peu diffusée et oubliée dans un océan donné.

[14:58]

Au lieu de désamorcer l'affaire, ce décalage va alimenter un soupçon tenace.

[15:03]

Si c'est vraiment un jeu d'ombre, pourquoi ne montre-t-on pas immédiatement l'image qu'il prouve ?

[15:10]

Dans les années 80 maintenant, un peu plus tard,

[15:12]

à une époque où récupérer les images de la NASA demande encore de la patience,

[15:17]

des formulaires, des rouleaux de microfilms à analyser, deux ingénieurs, deux personnes en fait,

[15:24]

Vince DiPietro et Greg Molinar décident de fouiller eux-mêmes les archives de la sonde Viking.

[15:31]

Ils finissent par remettre la main sur ce fameux cliché, le 70A13, qui a été longtemps mal indexé.

[15:39]

Ils retraitent l'image avec les moyens informatiques de l'époque,

[15:42]

qui ont en fait évolué depuis les années 70, on est dans les années 80 maintenant.

[15:47]

Ils améliorent le contraste, rehaussent certains détails et ce qu'ils voient les troubles.

[15:52]

Le visage est toujours là. La perspective change un peu, certaines ombres se déplacent,

[15:58]

mais la ressemblance demeure. Et pire, certains détails semblent encore plus marqués.

[16:03]

Des partisans enthousiastes se mettent à parler de la pupille dans un des yeux du visage de Mars

[16:09]

ou encore dedans dans la bouche qu'on voit sur le fameux cliché.

[16:14]

La thèse du simple hasard géologique prend dans ce milieu-là un sérieux coup dans l'aile.

[16:20]

Dans une Amérique, le poste Watergate, où la confiance envers les institutions est déjà très fragile,

[16:27]

l'idée que la NASA n'ait pas montré cette image tout de suite paraît immédiatement suspecte.

[16:32]

On commence à murmurer qu'on nous cache peut-être quelque chose, qu'il existe sur Mars une structure artificielle,

[16:39]

un monument, peut-être même construit par les humains,

[16:42]

et que l'Agence spatiale essaierait tant bien que mal de minimiser l'affaire.

[16:47]

Et pour comprendre pourquoi cette photo trouve un écho aussi disproportionné,

[16:52]

il faut remonter bien loin dans le temps.

[16:54]

Parce que Mars n'a jamais été une simple planète quelconque dans notre ciel le sable.

[16:59]

Depuis des millénaires, elle est chargée de symboles, de croyances, de peurs, même de fantasmes.

[17:05]

Et le visage de Sidonia n'apparaît pas dans un vide culturel.

[17:09]

Il surgit sur une toile de fond déjà saturée d'histoires avec des martiens.

[17:14]

Ça fait longtemps qu'on appelle des extraterrestres les martiens,

[17:18]

de canaux et de dieux de la guerre et d'invasions extraterrestres.

[17:22]

Et on doit quand même remonter, je dirais, des milliers d'années dans le temps

[17:26]

pour comprendre l'importance de cette planète-là dans la culture populaire.

[17:32]

Oui, exact, mais c'est là qu'on va se déplacer, Emile, chez les babylonniers.

[17:36]

Ça fait longtemps, ça.

[17:37]

Quand même, bien avant les sondes, bien avant les télescopes, bien même bien avant la NASA.

[17:43]

Mars, c'est d'abord une lumière rouge qui se promène dans le ciel.

[17:46]

Et contrairement à la plupart des étoiles qui gardent leur place relative d'une nuit à l'autre,

[17:51]

eh bien, Mars, elle, elle se déplace.

[17:54]

Elle avance, elle recule parfois, semble hésiter, fait des boucles.

[17:59]

Et c'est ça, les fameuses rétrogradations qu'on entend souvent,

[18:02]

quand quelque chose va mal, on accuse les planètes.

[18:05]

Oui, Mercure rétrograde et tout ça.

[18:07]

C'est un vrai phénomène astronomique avant d'amener des croyances plus spirituelles.

[18:11]

Exactement.

[18:12]

Chez les babylonniers, il y a plus de 2000 ans,

[18:15]

dans ces cités de Mésopotamie où naît l'astronomie,

[18:18]

on prend tout ça très au sérieux, Emile.

[18:20]

Des prêtres-astronomes montent en haut de grandes tours les zygourates

[18:25]

pour observer le ciel nuit après nuit.

[18:28]

Ils notent la position des planètes sur des tablettes d'argile,

[18:31]

inventent des systèmes de notation et créent les premières éphémérides.

[18:36]

Mars, pour eux, n'est pas une curiosité anodine.

[18:39]

Sa couleur rougeâtre, sa brillance parfois intense,

[18:42]

ses mouvements étranges, tout ça en fait un objet céleste inquiétant.

[18:47]

On l'associe rapidement aux événements violents.

[18:50]

Guerre, révolte, famine, catastrophe.

[18:53]

Une lumière rouge qui refuse d'obéir à l'ordre habituel du ciel

[18:57]

ne peut être qu'un signe de désordre sur Terre.

[19:01]

Et les babylonniers développent ainsi

[19:03]

tout un système divinatoire autour de Mars.

[19:06]

Sa position au moment d'une naissance,

[19:08]

d'un couronnement, d'une campagne militaire,

[19:11]

ça devient un indicateur de ce qui va se produire.

[19:14]

C'est comme un peu l'origine de l'horoscope, si je peux dire.

[19:16]

Si la planète rouge se trouve dans telle ou telle constellation,

[19:20]

au moment où un roi monte sur le trône,

[19:22]

ce sera un signe de prospérité par exemple,

[19:25]

ou au contraire, de chute rapide.

[19:27]

Cette symbolique va être reprise ensuite par les Assyriens,

[19:31]

puis par les Perses.

[19:32]

On va infuser dans tout le bassin méditerranéen.

[19:36]

Mars, très tôt, n'est donc plus seulement un objet physique.

[19:39]

C'est un symbole de violence, de bouleversement, de changement sanglant.

[19:44]

Une sorte de marqueur cosmique du chaos potentiel.

[19:48]

Et là, une mille on va basculer chez les Romains,

[19:51]

parce que eux aussi ont repris cet héritage

[19:54]

et vont le graver dans le marbre, littéralement.

[19:57]

Dans leur panthéon, la planète rouge devient un dieu.

[20:01]

Mars, le dieu de la guerre,

[20:03]

le dieu casqué, curassé,

[20:05]

qu'on invoque avant de lancer les légions à la conquête du monde.

[20:09]

Mars n'est pas un dieu secondaire.

[20:10]

Dans la mythologie romaine,

[20:13]

il est le père de Romulus et Remus,

[20:15]

les jumeaux allêtés par une louve qui fonderont la ville de Rome.

[20:20]

En faisant de Mars leurs ancêtres,

[20:22]

les Romains se placent sous la protection directe de la planète rouge.

[20:26]

Leur puissance militaire et leur destin impérial

[20:28]

sont symboliquement liés à ce point rouge dans le ciel nocturne.

[20:32]

On organise des fêtes.

[20:34]

En l'honneur de Mars, on lui dédide des temples.

[20:37]

On envoie des prêtres guerriers,

[20:38]

des saliens dansés en armure dans les rues

[20:41]

au début de la saison des campagnes militaires.

[20:44]

Mars représente à la fois le danger de la guerre

[20:46]

et la promesse de la victoire.

[20:48]

J'aurais été curieux de voir ça, ce genre de cérémonie-là,

[20:52]

où ce qu'il y avait des prêtres en guerriers.

[20:54]

On dirait que je trouve ça un peu drôle à visualiser.

[20:59]

En tout cas, bref, je trouve ça quand même particulier.

[21:01]

Ils devraient rétablir ça d'ailleurs.

[21:03]

Ça pourrait être divertissant à notre ère.

[21:04]

Oui, exactement. Le retour du pain et des joues.

[21:07]

Même après la crise de sénisation,

[21:09]

cette association de la planète rouge avec la violence,

[21:12]

avec le sang, avec le conflit,

[21:14]

va survivre dans l'astrologie médiévale.

[21:17]

Mars devient la planète qui gouverne les tempéraments colériques,

[21:21]

les soldats, les armes et les épidémies.

[21:24]

Elle est associée au fer, à la fièvre et à la colère.

[21:28]

Donc, ce n'est pas un hasard si lorsque la science moderne

[21:31]

commence à s'intéresser sérieusement à Mars,

[21:33]

elle le fait déjà avec un énorme bagage symbolique.

[21:37]

La planète, elle n'est pas neutre.

[21:39]

Dans notre imaginaire, elle ne l'a jamais été.

[21:43]

Non, c'est vrai. Mars, on dirait que c'est soit un ennemi ou soit un allié.

[21:48]

Ça a toujours été un peu, même dans les films de science-fiction,

[21:52]

dans les séries télé, ça a toujours été la planète un peu hostile.

[21:56]

On dit qu'elle est rouge.

[21:57]

Tout ça, finalement, elle n'est pas tant rouge,

[22:00]

même que certaines photos de la NASA ont été corrigées.

[22:04]

On les a colorées pour les rendre un petit peu plus rouges.

[22:09]

Mais bon, ce n'est pas comme si c'était une boule de feu rouge

[22:11]

qui se promenait dans le ciel.

[22:14]

C'est pour ça que même, je comprends qu'en Mésopotamie,

[22:18]

à l'époque des Babyloniens, on voyait la planète rouge dans le ciel,

[22:22]

mais il fallait sûrement se pincer les yeux.

[22:25]

Observer d'une manière vraiment ne devait pas être évident

[22:28]

pour le commun des mortels de voir ça.

[22:31]

Non, c'est clair.

[22:32]

C'est sûr qu'il y avait moins de pollution dans le temps.

[22:33]

Oui, pollution lumineuse aussi.

[22:36]

Au 19e siècle maintenant, l'astronomie fait un bon spectaculaire

[22:41]

grâce aux révolutions industrielles.

[22:43]

Les miroirs et les lentilles gagnent en qualité,

[22:46]

les montures des télescopes deviennent plus robustes,

[22:49]

les mécanismes d'entraînement plus précis,

[22:51]

on commence à pouvoir observer les planètes comme jamais auparavant.

[22:54]

C'est vraiment un peu un âge d'art de développement astronomique.

[23:00]

Mars, en particulier, attire l'attention.

[23:03]

À chaque opposition, tous les grands observatoires pointent vers la planète rouge.

[23:08]

On y distingue déjà à l'œil nu dans certains instruments des taches claires et sombres.

[23:13]

On remarque des calottes polaires blanches qui s'étendent et se rétractent avec les saisons martiennes.

[23:19]

Certains y voient des indices d'un climat, peut-être même d'une forme d'eau gelée.

[23:23]

En 1877, Mars passe exceptionnellement près de la Terre.

[23:28]

C'est une occasion en or.

[23:30]

L'astronome italien Giovanni Ciapparelli

[23:33]

décide de profiter de cette configuration pour cartographier méticuleusement la planète.

[23:39]

Avec son télescope de 22 cm,

[23:41]

il distingue des zones qu'il considère comme des continents

[23:45]

et d'autres comme des mers.

[23:47]

Mais surtout, il croit voir de longues lignes fines qui traversent la surface de part en part.

[23:52]

Il les appelle canali.

[23:55]

En italien, dans sa bouche,

[23:57]

ce mot peut désigner des chenots, des scions, des vallées allongées

[24:01]

ou aussi, peut-être, cette petite...

[24:04]

Ah non, ça c'est un canoli.

[24:06]

Oui, oui, la pâte.

[24:07]

Le dessert, oui, c'est ça, exactement.

[24:10]

Ciapparelli n'affirme pas qu'ils sont artificiels.

[24:12]

Il décrit simplement ce qu'il croit voir,

[24:14]

c'est-à-dire un réseau de traits sombres reliant différentes régions.

[24:18]

Mais lorsque ces travaux sont traduits en anglais,

[24:21]

canali devient canal.

[24:23]

Et en anglais, canal, ce ne sont plus seulement des vallées naturelles.

[24:27]

Ce sont des ouvrages d'ingénierie.

[24:30]

On pense immédiatement au canal de Suez, par exemple,

[24:33]

au canal du Panama,

[24:34]

aux canaux d'érigation.

[24:36]

Donc, c'est là qu'il va y avoir une interprédation un peu différente du terme.

[24:40]

Ce simple glissement sémantique va faire exploser l'imagination du public

[24:44]

et de certains scientifiques.

[24:46]

Si des canaux existent sur Mars,

[24:48]

quelqu'un les a creusés, manifestement.

[24:50]

Et s'ils sont vraiment répartis à l'échelle de la planète,

[24:54]

cela implique une civilisation capable de penser en termes planétaires

[24:58]

et d'organiser des travaux titanesques

[25:00]

pour accommoder des vaisseaux sur l'eau,

[25:05]

je ne sais pas trop, des redirections de l'eau et autres.

[25:09]

La presse de l'époque s'empare de l'histoire avec enthousiasme.

[25:12]

On voit, pareil, des articles illustrés

[25:14]

expliquant que Mars est une planète en voie de dessèchement

[25:17]

et que ces habitants, plus vieux et plus sages que nous,

[25:21]

ont construit des réseaux gigantesques

[25:23]

pour transporter l'eau des pôles vers l'équateur.

[25:26]

Dans les salons mondains, dans les clubs scientifiques,

[25:29]

on débat des martiens comme si leur existence était presque acquise.

[25:33]

C'est fou.

[25:34]

Donc, à partir de cette histoire-là, des lignes sur Mars

[25:37]

et d'une espèce de variation de langage

[25:40]

à partir de notre scientifique italien,

[25:43]

les gens ont commencé à croire tout de suite qu'il y avait des habitants sur Mars.

[25:45]

Donc, déjà, fin des années 1800, il y avait cette rumeur

[25:50]

que les martiens étaient peut-être en train de nous observer

[25:53]

et autres qu'il y avait potentiellement des gens qui habitent.

[25:56]

Donc, c'est un autre fondement un peu de toutes les théories autour de Mars.

[26:02]

Au centre de cette fièvre martienne se trouve un personnage, Percival Lowell.

[26:09]

Riche héritier de Boston, passionné d'astronomie,

[26:12]

il se met en tête de prouver que Mars est bel et bien habité.

[26:15]

En 1894, il fait construire son propre observatoire à Flagstaff, en Arizona,

[26:22]

loin des lumières des grandes villes, sous un ciel sec et dégagé.

[26:25]

Même à cette époque-là, en 1894, il s'éloignait de la pollution lumineuse.

[26:30]

C'est fou pour avoir des mauvaises, des meilleures observations.

[26:34]

C'est incroyable.

[26:35]

Ça veut dire que ça date quand même de longtemps que l'humain ne se subit,

[26:38]

parce qu'on a besoin d'être éclairé,

[26:40]

mais qu'on a le contre-ballant, je peux dire, d'éclairer nos villes.

[26:45]

Bien oui, puis déjà il allait en Arizona, tu sais, directement dans le désert.

[26:48]

Arizona qui est un haut-lieu d'Ovni.

[26:51]

Oui, oui, c'est vrai.

[26:52]

C'est faux.

[26:53]

Phoenix, Arizona, c'est là qu'il y a eu les Phoenix Lights,

[26:56]

un des événements d'Ovni les plus rapportés de l'histoire.

[27:00]

C'est vrai.

[27:00]

Donc, c'est vraiment un haut-lieu.

[27:02]

Déjà là, dans les années 1800, on observait les martiens à partir de l'Arizona.

[27:08]

Pendant des années, Lowell passe des nuits entières l'œil collé à l'oculaire

[27:13]

à tracer des cartes détaillées de la planète rouge.

[27:16]

Il ne se contente pas de reproduire les canaux de Chia Parelli.

[27:19]

Il en ajoute, il les affine, il les interprète.

[27:23]

Pour lui, les choses sont claires.

[27:25]

Il s'agit d'un immense réseau d'irrigations construit par une civilisation avancée

[27:29]

confrontée à la mort lente de son peuple.

[27:33]

Là, il va écrire des livres, entre autres Mars,

[27:35]

aussi un autre livre qui s'appelle Mars et ses canaux,

[27:39]

et un autre qui s'appelle Mars as the Abode of Life.

[27:43]

Et ces livres-là connaissent un énorme succès.

[27:46]

Ils y développent une vision presque poétique.

[27:48]

Mars serait une planète plus âgée que la Terre,

[27:51]

arrivée plutôt au stade de la désertification.

[27:55]

Ces habitants seraient des ingénieurs philosophiques,

[27:58]

des gens stoïques qui auraient construit des canaux

[28:00]

dans un dernier effort héroïque pour prolonger la vie de leur peuple.

[28:06]

Les Martiens de Lowell ne sont pas des envahisseurs, selon lui.

[28:10]

Ce sont des sages au bord du gouffre,

[28:12]

une civilisation réfléchie, même mélancolique, face à une fin inévitable.

[28:17]

Cette image trouve donc un écho très fort dans une société occidentale

[28:22]

qui commençait le même à douter de sa pérennité,

[28:25]

hantée par l'idée de décadence des empires.

[28:27]

Déjà là, on pensait presque à la fin du monde.

[28:30]

Mais dans le même temps, un autre auteur, H.G. Wells,

[28:33]

ce qu'on connaît bien, va prendre cette idée

[28:35]

et la retourner comme un gars à quelque part.

[28:38]

Oui, Emile, en 1898, Herbert George Wells publie La guerre des mondes.

[28:46]

Dans son roman, il part de la même prémisse.

[28:49]

Mars est une planète mourante.

[28:51]

Mais les Martiens, chez lui, ne sont pas des sages résignés,

[28:55]

ce sont des conquérants.

[28:57]

Wells renverse brutalement la dynamique coloniale de son époque.

[29:01]

Et si nous étions nous, les indigènes?

[29:04]

Et si une civilisation technologiquement supérieure

[29:07]

débarquait chez nous pour nous coloniser,

[29:09]

comme les Européens colonisent alors l'Afrique, l'Inde ou même la Chine?

[29:14]

Les Martiens de Wells ne cherchent pas à nous comprendre ni à négocier.

[29:18]

Ils veulent s'installer, point.

[29:20]

Ils arrivent dans d'énormes cylindres qui s'écrassent sur Terre.

[29:23]

Ils déploient des machines tripodes équipées de rayons brûlants, de gaz toxiques.

[29:28]

En quelques jours, les armées humaines sont balayées,

[29:31]

les grandes puissances sont impuissantes.

[29:33]

C'est une inversion totale de la hiérarchie habituelle.

[29:36]

Pour une fois, ce sont les Européens qui sont réduits au rang de proie.

[29:40]

Le roman est un choc culturel.

[29:42]

Il marque les esprits bien au-delà du cercle des lecteurs de science-fiction.

[29:46]

Il instille une nouvelle forme d'angoisse,

[29:49]

celle de l'invasion venue de l'espace et, en particulier, de la planète Mars.

[29:55]

40 ans plus tard, en 1938,

[29:57]

cette angoisse va se manifester de façon spectaculaire

[30:01]

lors de l'adaptation radiophonique du roman par Orson Welles,

[30:05]

qu'on a tous entendu parler.

[30:07]

Le jeune réalisateur a l'idée de présenter l'histoire

[30:10]

sous forme de bulletin d'information interrompant une émission de musique.

[30:15]

Quelle idée à l'époque!

[30:16]

Oui, mon Dieu! C'est comme à tromper les gens.

[30:19]

Si on en parle encore aujourd'hui, presque 100 ans plus tard,

[30:22]

c'est que ça aurait dû être toute une histoire.

[30:24]

Ah oui, mon Dieu, oui.

[30:26]

Les auditeurs qui prennent le programme en cours

[30:28]

en ratent l'avertissement initial

[30:31]

en attendant ce qui ressemble à des véritables flashs d'actualité.

[30:35]

Nous avons reçu des rapports.

[30:37]

Quelque chose s'est écrasé dans un champ du New Jersey.

[30:40]

Les militaires sont sur place.

[30:42]

Ça devait être l'enfant.

[30:43]

Oui, ça devait être incroyable.

[30:44]

La panique devait être vraiment intense.

[30:47]

Mon Dieu, oui, j'aimerais retourner dans le temps pour voir ça.

[30:51]

La légende raconte que des milliers de personnes paniquent,

[30:54]

fuit même leur maison, se rue dans les églises.

[30:57]

Ah oui, dans les églises.

[30:58]

Oui, c'était très religieux à l'époque.

[31:01]

Et Dieu te protégeait.

[31:04]

Les martiens n'entreront pas dans les églises.

[31:05]

Non, ils sont immunisés.

[31:08]

On sait aujourd'hui que l'ampleur de cette panique

[31:10]

a été largement exagérée par la presse écrite,

[31:13]

ravie de pouvoir égratigner la jeune concurrence de la radio.

[31:17]

Mais même en relativant,

[31:19]

l'épisode montre à quel point l'idée d'une menace martienne

[31:22]

est devenue crédible dans l'esprit du public.

[31:25]

Au milieu du 20e siècle,

[31:27]

Mars n'est plus seulement une question scientifique.

[31:29]

C'est un miroir de nos peurs,

[31:31]

la peur du colonialisme inversé,

[31:33]

peur de la technologie qui nous dépasse,

[31:35]

peur de l'anéantissement.

[31:37]

Et c'est sur ce fond-là

[31:39]

que va revenir se projeter un jour de 1976

[31:42]

l'image floue d'une colline qui ressemble à un visage.

[31:46]

Exactement. Donc, le terrain était déjà prêt,

[31:49]

avec l'incident de Orson Welles,

[31:52]

avec la guerre des Mondes de H.G. Wells.

[31:55]

Justement, quand les premières photos de Mars

[31:58]

sont arrivées via Viking One,

[32:01]

eh bien, ça a juste contribué à la littérature

[32:04]

qui était déjà en place autour des martiens.

[32:06]

Oui, à nourrir ça.

[32:08]

Puis justement, on y revient à Sidonia.

[32:10]

Sur la photo, comme tu dis, de Viking One,

[32:14]

on voit une mesa, une sorte de plateau rocheux

[32:16]

dressé au-dessus des plaines environnantes.

[32:18]

Le soleil est bas sur l'horizon martien

[32:21]

en fin d'après-midi,

[32:22]

et les ombres sont longues et marquées,

[32:25]

et dans cette lumière rasante,

[32:27]

de simples irrégularités de la surface

[32:29]

prennent des allures un peu dramatiques.

[32:31]

Les creux deviennent des orbites sombres,

[32:34]

il y a une arrête qui devient un nez,

[32:36]

une dépression forme une bouche,

[32:38]

ajouté à ça un grain d'image important,

[32:41]

des pixels qui lissent certains détails,

[32:43]

et le cerveau, eh bien, lui, fait le reste.

[32:46]

Oui, exact. Un peu comme quand tu vas

[32:48]

chez le psy, qu'on te montre une photo d'une tâche,

[32:50]

puis là, toi, tu dis, est-ce que tu vois un papillon

[32:53]

ou un visage ou autre?

[32:55]

C'est un peu ça, tu sais, on fait des liens,

[32:58]

notre cerveau fait des liens entre certains trucs,

[32:59]

puis il tente de trouver du concret.

[33:01]

Oui, oui, de faire sens un peu.

[33:03]

Puis pour certains, c'est un cas spectaculaire,

[33:06]

mais banal, de paréidolie.

[33:09]

Pour certains, surtout après les travaux

[33:11]

de D'Pietro, Mollénard et la mise en scène

[33:13]

de Richard C. Oglin

[33:15]

dans son livre The Monuments of Mars,

[33:18]

ce visage n'est qu'une partie la plus évidente

[33:20]

d'un ensemble beaucoup plus vaste.

[33:22]

Puis la paréidolie, généralement,

[33:24]

c'est de voir des visages humains

[33:27]

dans des choses, dans des objets.

[33:28]

Oui, oui, oui. Parce que, tu sais,

[33:30]

il faut se dire, est-ce que ce visage-là,

[33:33]

par exemple, les martiens l'auraient construit

[33:35]

pour nous, tu sais, pour que nous,

[33:38]

on le remarque, parce qu'eux,

[33:39]

ils n'ont peut-être pas un visage comme le nôtre,

[33:41]

ils n'ont peut-être pas fait un visage de martien.

[33:43]

Ce qu'on voit, c'est plus un visage humain

[33:45]

sur Sidonia.

[33:46]

Effectivement, effectivement. C'est une bonne question.

[33:49]

Oglin et d'autres vont, en effet,

[33:50]

étudier la région autour du visage

[33:52]

et prétendre y trouver d'autres anomalies,

[33:55]

des structures pyramidales,

[33:57]

comme la fameuse pyramide de nos experts,

[33:59]

qu'ils décrivent comme une forme

[34:00]

pentagonale régulière à cinq faces,

[34:03]

aussi des collines à la symétrie troublante,

[34:06]

des formations allongées

[34:07]

qu'ils qualifient de monolithes.

[34:09]

Et même sur certaines images,

[34:10]

de longs motifs sinueux qu'ils interprètent

[34:13]

comme des verres de verre,

[34:15]

de gigantesques tubes

[34:16]

translucides qui serpenteraient

[34:19]

à la surface ou sous

[34:20]

la surface. Un peu comme dans Dune,

[34:23]

quoi, des espèces d'immenses verres.

[34:26]

Et à partir de là,

[34:27]

une véritable architecture

[34:28]

imaginaire se met en place.

[34:30]

On trace des lignes entre les différentes

[34:32]

structures, on mesure des angles,

[34:35]

on calcule des rapports.

[34:37]

Oglin affirme retrouver des alignements

[34:38]

quasi parfaits, des symétries,

[34:40]

des rations mathématiques qui, selon lui,

[34:43]

ne peuvent pas être purement naturelles.

[34:45]

Ils parlent de géométrie sacrée,

[34:47]

de signature d'une intelligence

[34:49]

avancée. Dans cette

[34:51]

interprétation, Sidonia devient

[34:53]

une sorte de complexe monumental,

[34:55]

un guisé martien,

[34:57]

un site sacré,

[34:59]

laissé en héritage par une civilisation

[35:00]

disparue. Le visage en serait

[35:03]

la façade la plus évidente,

[35:05]

une sorte de panneau géant destiné

[35:06]

à attirer l'œil d'éventuels visiteurs

[35:08]

cosmiques. Tout au tour,

[35:11]

eh bien les pyramides et autres structures

[35:12]

formeraient un message codé,

[35:14]

une archive de pierres.

[35:16]

Et cette vision extrêmement séduisante

[35:18]

sur le plan narratif va influencer

[35:21]

tout un pan de lufologie

[35:22]

humile, même des théories

[35:24]

astro-archéologiques.

[35:26]

Mars n'est plus seulement un monde

[35:28]

potentiellement habitable dans le passé,

[35:30]

elle devient le théâtre d'une histoire

[35:32]

glorieuse, puis tragique,

[35:34]

où une civilisation aurait atteint des sommets

[35:37]

avant de disparaître brutalement.

[35:39]

Oui, parce qu'encore,

[35:40]

on fait des liens en tant qu'humains.

[35:43]

Tu parlais de Gizeh,

[35:46]

en Égypte, ici, sur Terre.

[35:48]

On a nos pyramides,

[35:50]

le sphinx, on a ce lieu

[35:51]

très mystérieux, très spirituel,

[35:54]

plus grand que nature. On se questionne

[35:56]

même si c'est les humains qui ont bâti ça.

[35:58]

Il y en a des théories comme quoi,

[35:59]

ce serait les martiens ou les extraterrestres

[36:01]

qui auraient bâti les pyramides.

[36:03]

On se rend compte que c'était bel et bien

[36:05]

possible à l'époque, même avec de l'ingénierie

[36:07]

de base,

[36:09]

monnaillant la mort de milliers de gens

[36:11]

potentiellement et du travail sur plusieurs

[36:13]

générations, c'était

[36:15]

potentiellement possible de construire des pyramides

[36:17]

avec un système de plateaux et tout ça

[36:20]

pour monter les pierres.

[36:22]

Mais, à quelque part, on a longtemps cru

[36:23]

qu'il y avait une forme d'intervention

[36:26]

surnaturelle

[36:27]

dans la construction des pyramides. Donc,

[36:29]

quand on revoit des choses sur Mars avec

[36:31]

des photos floues et pixelisées

[36:33]

qui nous font penser à ça, le visage humain,

[36:35]

c'est un peu comme le sphinx, on voit des

[36:37]

pyramides autour des trucs de même,

[36:38]

on fait des liens. Sur la Terre aussi, on a

[36:41]

un lieu comme ça, un petit peu surnaturel,

[36:43]

un petit peu spirituel.

[36:45]

Quand on voit des formes un peu similaires,

[36:46]

on se dit, les martiens sont

[36:49]

comme nous. Eux aussi se sont construits

[36:51]

à une genre de Mec

[36:52]

ou une genre de glissé

[36:55]

avec des constructions

[36:57]

impressionnantes comme ça.

[36:58]

Non, non, t'as raison. C'est drôle. On dirait qu'on a

[37:01]

horreur du vide.

[37:02]

Absolument.

[37:04]

Et là, on va basculer dans les théories nucléaires,

[37:07]

Emile. C'est dans ce décor que le

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physicien John Brandenburg

[37:11]

propose sa théorie.

[37:13]

En étudiant la composition de l'atmosphère

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martienne, il met en avant

[37:17]

un point. Le rapport

[37:19]

entre certains isotopes du xénon,

[37:21]

notamment le xénon 129,

[37:24]

serait, d'après lui,

[37:25]

difficile à expliquer sans faire intervenir

[37:27]

une source artificielle de radiation.

[37:30]

Et sur Terre,

[37:31]

ce type de signature isotopique

[37:33]

est associé aux essais nucléaires,

[37:36]

alors Brandenburg

[37:37]

extrapole, et si Mars

[37:39]

avait été le théâtre d'une

[37:41]

ou de plusieurs explosions

[37:43]

thermonucléaires géantes, suffisamment

[37:45]

puissantes pour dévaster toute

[37:47]

la planète.

[37:49]

Il imagine un scénario cataclysmique,

[37:51]

une guerre nucléaire planétaire menée

[37:53]

par une civilisation martienne avancée

[37:56]

ou même une attaque venue de l'extérieur

[37:58]

qui aurait vitrifié

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de larges portions de la

[38:01]

surface, détruit l'atmosphère,

[38:04]

vaporisé les océans

[38:05]

et laissé la planète exsangue.

[38:08]

Sidonia aurait

[38:09]

alors préservé quelques ruines érodées

[38:11]

de cette époque, comme des cicatrices

[38:13]

encore visibles des millions

[38:15]

ou même des milliards d'années plus tard,

[38:17]

selon lui. Dans cette version

[38:19]

d'histoire, Mars devient une

[38:21]

sorte de miroir apocalyptique

[38:23]

de nos propres peurs, une planète

[38:25]

qui aurait déjà connu le scénario

[38:27]

que nous redoutions pendant toute la guerre

[38:29]

froide, l'autodestruction par l'arme

[38:31]

atomique. Et c'est

[38:33]

une idée spectaculaire, terrifiante,

[38:36]

presque cinématographique.

[38:37]

Mais lorsque les planétologues

[38:39]

et les géochimistes s'y penchent,

[38:41]

ils trouvent des explications

[38:43]

beaucoup plus simples et beaucoup plus

[38:45]

compatibles avec ce qu'on sait des planètes

[38:47]

rochevelantes.

[39:32]

On va maintenant, Seb,

[39:33]

parler un peu de... Déjà, on va commencer

[39:35]

déjà à débunker tout ce qu'on...

[39:37]

quelques trucs dont on a parlé jusqu'à l'âge

[39:39]

en début d'émission. Après, vous allez voir, on va aborder

[39:41]

des théories qui... encore plus

[39:43]

perché, là. Vous allez voir,

[39:45]

ça va loin, les théories autour de Mars.

[39:47]

Mais d'abord, sur la question

[39:49]

du Xénon-129, Seb,

[39:51]

dont tu nous as parlé avec la théorie

[39:53]

de Brandenburg,

[39:55]

les spécialistes rappellent que des

[39:57]

isotopes radioactifs comme

[39:58]

l'Iode-129 se désintègrent

[40:01]

naturellement en Xénon

[40:03]

dans les premiers temps de l'histoire

[40:05]

d'une planète. Donc, il y aura un

[40:06]

changement, là, à ce niveau-là,

[40:09]

niveau du matériel, du matériau.

[40:11]

Si une partie de cette atmosphère

[40:13]

initiale s'échappe ensuite

[40:15]

dans l'espace, ce qui est le cas de Mars,

[40:17]

dépourvu de champs magnétiques,

[40:18]

protecteurs significatifs,

[40:20]

les différents isotopes de gaz nobles

[40:23]

ne s'échappent pas tous au même rythme.

[40:25]

Le résultat, après quelques milliards

[40:26]

d'années, peut très bien ressembler à

[40:28]

ce qu'on observe aujourd'hui sans

[40:30]

intervention d'aucune bombe.

[40:32]

Parce que c'était un peu son point dans le genre.

[40:34]

Si il y a eu présence de telle

[40:37]

matière, c'est signe

[40:39]

qu'il y a eu une explosion nucléaire

[40:40]

parce qu'on ne peut pas l'obtenir sans.

[40:42]

Mais bref, ça nous ramène à nos connaissances humaines.

[40:45]

On ne sait pas tout.

[40:47]

Ensuite, il y a la géologie

[40:48]

de Sidonia. Sur Terre,

[40:50]

l'érosion et les fracturations naturelles

[40:52]

produisent déjà des formes qui semblent

[40:54]

artificielles au premier regard.

[40:56]

Des sommets comme le Sirvin dans les Alpes,

[40:59]

le Servin, devrais-je dire,

[41:01]

ressemblent à des pyramides à quatre

[41:02]

faces quasiment parfaites.

[41:04]

Les mesas et les buttes du plateau

[41:06]

du Colorado, avec leurs parois

[41:08]

abrutes et leurs sommets plats,

[41:10]

peuvent facilement passer pour des constructions

[41:12]

humaines de loin. Je dirais même le Grand

[41:14]

Cagnan, vu de l'espace à haute,

[41:17]

ça doit ressembler à

[41:18]

des canaux géants.

[41:21]

Peut-être qu'il y a des vers

[41:22]

géants aussi comme Dandune qui se promènent.

[41:25]

Ces structures sont pourtant bien

[41:26]

comprises. Une alternance de couches

[41:28]

rocheuses, dures et tendres,

[41:30]

des fractures, de la gélifraction,

[41:33]

de l'écoulement de l'eau, du vent,

[41:35]

etc., de l'érosion, ça fait travailler

[41:36]

les matières. Sur Mars,

[41:38]

des processus comparables sont à l'oeuvre,

[41:41]

mais dans un contexte un peu différent.

[41:43]

Il n'y a pas d'eau liquide stable

[41:44]

en surface depuis très longtemps

[41:46]

de ce qu'on sait, de ce qu'on

[41:48]

suppose. Il n'y a pas de végétation,

[41:51]

pas de plaques tectoniques actives

[41:53]

non plus. En revanche,

[41:55]

des tempêtes de poussière colossales,

[41:57]

des vents changés de particules

[41:58]

abrasives, ça peut arriver,

[42:01]

ça peut agir pendant des durées qui

[42:02]

se comptent en centaines de millions

[42:04]

d'années ces phénomènes-là.

[42:06]

Ça peut produire un changement de matière

[42:08]

auprès de Mars. Ça peut provoquer

[42:11]

des perturbations géologiques.

[42:14]

Quand Mars Global Surveyor,

[42:17]

puis Mars Reconnaissance Orbiter

[42:19]

et d'autres missions reprennent

[42:20]

des images de Sidonia avec des résolutions

[42:23]

bien supérieures à celles de Viking

[42:25]

dans les années 70,

[42:27]

la magie du visage disparaît

[42:29]

un peu. Vu de presse

[42:31]

aux différents angles,

[42:32]

différents éclairages, le visage

[42:35]

se réduit un peu à ce qu'il est,

[42:37]

c'est-à-dire une mesole,

[42:38]

un genre de plateau,

[42:40]

très érodé, avec des creux et des

[42:43]

bosses parfaitement explicables

[42:44]

par la structure interne de la roche

[42:46]

et les circulations poussières.

[42:48]

Je t'avoue, pour avoir comparé

[42:50]

les images à l'époque de Viking,

[42:52]

on aurait vraiment dit un visage,

[42:55]

mais quand on voit la même région

[42:57]

prise dans d'autres

[42:58]

contextes avec des caméras avec

[43:00]

des meilleures résolutions, ça fait un peu

[43:02]

poit poit. Ça a moins l'air d'un visage

[43:04]

de nos jours. C'est dur d'y croire.

[43:07]

La célèbre

[43:08]

pyramide de Di Pietro et Molénor

[43:10]

perd elle aussi beaucoup de son mystère.

[43:13]

À autre résolution, ces arêtes

[43:14]

supposées à être parfaites et régulières

[43:17]

finalement sont

[43:18]

un petit peu plus émoussées, fracturées.

[43:21]

C'est moins des lignes

[43:22]

droites, c'est plus du tout

[43:24]

une pyramide. La structure

[43:26]

prend l'allure banale un peu d'une colline

[43:28]

ruinée par l'érosion.

[43:30]

Les prétendus monolithes

[43:32]

qu'on verrait sur Mars se réduisent

[43:34]

à de gros blocs rocheux

[43:36]

isolés. Les tubes

[43:38]

de verre qu'on pensait peut-être

[43:40]

que ce soit des vers géants, deviennent

[43:42]

des alignements de dunes ou de crêtes

[43:44]

rocheuses.

[43:46]

Ça prend une autre.

[43:48]

Plus on connaît

[43:50]

la surface de Mars, plus on l'explore avec

[43:52]

de l'équipement de qualité. Plus

[43:54]

on se rend compte que les images

[43:56]

de Vikings, finalement, ce n'était pas

[43:58]

forcément la réalité.

[44:00]

À ce jour, aucune structure sur

[44:02]

Mars n'a été formellement identifiée

[44:04]

par la communauté scientifique.

[44:07]

En fait, il y a des structures,

[44:08]

mais il n'y a rien qui soit artificiel

[44:10]

créé par une autre civilisation.

[44:12]

Ça semble être des structures

[44:14]

naturelles. Il y a des curiosités,

[44:16]

évidemment. Il y a des formes étranges comme

[44:18]

sur la Terre, mais il n'y a rien qui correspond

[44:20]

à une architecture telle qu'on le connaît

[44:22]

nous, être humain.

[44:24]

Et pour les scientifiques,

[44:26]

Sidonia est redevenue un cas fascinant

[44:28]

de géologie, en fait, puis un

[44:30]

cas fascinant de psychologie humaine

[44:32]

surtout.

[44:34]

Parce que

[44:34]

c'était la photo

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de l'époque, mais on dirait que pourquoi

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les gens ne veulent pas croire les nouvelles,

[44:42]

comme si là, ça aurait été trompé, mais à l'époque,

[44:44]

non. C'était les outils de l'époque

[44:46]

qui faisaient du mieux qu'on

[44:48]

peut, si je peux dire, qui pouvaient,

[44:50]

dans le sens avec la technologie de l'époque.

[44:53]

C'est encore ces images-là

[44:54]

qu'on voit le plus souvent. Si tu cherches

[44:56]

des images de Sidonia,

[44:58]

maintenant, peut-être que justement, les images

[45:00]

les plus récentes sont arrivées à un moment où l'information

[45:02]

est tellement omniprésente que peut-être

[45:04]

ça s'est noyé un peu dans tout ça.

[45:06]

De toute façon, la théorie du complot

[45:08]

du visage sur Mars était déjà lancée

[45:10]

depuis longtemps, donc une fois que c'est lancé,

[45:12]

il y a toujours des gens qui vont y croire

[45:14]

à quelque part.

[45:16]

Mais dans le monde des théoriciens

[45:18]

du complot, justement, les nouvelles images

[45:20]

n'y ont pas un effet apaisant

[45:22]

qu'on pourrait attendre. Au contraire,

[45:24]

elles sont immédiatement intégrées

[45:26]

dans le récit en tant que preuve de plus

[45:28]

qu'on nous bullshit. Oui, évidemment.

[45:30]

Si les images modernes

[45:31]

ne montent plus le visage, c'est qu'on les a

[45:34]

appliquées, donc. Si elles sont prises

[45:36]

avec un éclairage différent, c'est qu'on

[45:38]

cherche à faire disparaître les ombres

[45:40]

qui donnaient la forme humaine.

[45:41]

Et si la NASA a mis 20 ans à retourner

[45:44]

photographier Sidonia, c'est qu'elle

[45:46]

voulait gagner du temps pour nettoyer

[45:48]

la zone ou pour préparer une version

[45:49]

plus acceptable. Donc, il y a tout ça

[45:52]

qui s'intègre au récit.

[45:54]

On est face à un mécanisme

[45:55]

classique de ce type de théorie.

[45:58]

Elles sont construites de telle manière

[46:00]

que rien ne peut les réfuter.

[46:01]

Toutes données qui les contredisent

[46:03]

deviennent par définition suspectes.

[46:06]

L'absence de preuves devient

[46:07]

une preuve de plus de la conspiration

[46:10]

à quelque part. Oui, oui.

[46:12]

Parallèlement, les psychologues

[46:13]

pointent un autre phénomène

[46:15]

très bien documenté, celui dont on a parlé

[46:17]

tantôt, Seb, la paréidolie.

[46:20]

Notre cerveau, qui est une machine

[46:21]

à détecter les visages qui connaît

[46:23]

les motifs familiers,

[46:25]

cette capacité

[46:27]

qui est vitale à quelque part pour notre espèce

[46:30]

fait en sorte que justement

[46:31]

on associe très vite

[46:33]

des éléments d'un visage

[46:36]

humain là-dedans.

[46:37]

C'est pour ça qu'autant de gens,

[46:39]

même encore aujourd'hui, ils voient un visage.

[46:41]

Résultat, parfois on en voit là

[46:43]

où il n'y en a pas, dans les nuages,

[46:44]

dans les taches d'humidité, dans des toasts

[46:46]

au beurre de peanut, dans des motifs de bois

[46:49]

sur les troncs d'arbres, des choses comme ça.

[46:52]

Exact. Et en 1996,

[46:53]

en 1996, à Clearwater

[46:55]

en Floride, une simple

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tache sur la façade envers d'un immeuble

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est interprétée par des milliers

[47:01]

de personnes comme une apparition de la

[47:03]

Vierge-Marie, on s'en rappelle de ça.

[47:06]

Des pèlerins vont affluer,

[47:08]

on organise des veillées de prières,

[47:11]

mais en fait,

[47:12]

c'est juste une différence de condensation.

[47:14]

Donc, il n'y a pas

[47:15]

d'apparition spirituelle là.

[47:18]

Transposé sur Mars,

[47:19]

cette tendance donne exactement le visage

[47:21]

de Sidonia, une image floue compressée

[47:23]

pour économiser la bande passante,

[47:25]

prise avec une lumière dramatique,

[47:27]

interprétée par un cerveau humain qui cherche

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instinctivement des visages partout.

[47:31]

Mais plus on avance dans l'histoire des

[47:33]

mystères martiens, plus on s'éloigne

[47:35]

de ce simple phénomène,

[47:37]

la pariidolie, car Mars,

[47:39]

dans l'imaginaire complotiste, ne se

[47:41]

contente pas d'abriter des ruines anciennes.

[47:43]

Elle devient aussi le théâtre de programmes

[47:45]

secrets d'expériences occultes,

[47:47]

de missions humaines cachées,

[47:49]

parfois même de voyages psychiques.

[47:52]

Et là-dessus, Seb,

[47:52]

tu as quelques histoires à nous raconter.

[47:55]

Oui, exact.

[47:56]

On veut d'ailleurs

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donner crédit à la chaîne YouTube

[48:00]

de The Y-Files,

[48:02]

qui ont énormément documenté.

[48:05]

Il y a quelques exemples justement dont on va parler

[48:07]

aujourd'hui qui sont bien

[48:09]

documentés par The Y-Files.

[48:11]

Ils ont tellement creusé, eux,

[48:13]

les théories de Mars, les plus loufoques.

[48:14]

Je dirais qu'ils s'en vont même dans des directions

[48:16]

peut-être trop loufoques pour nous.

[48:18]

On en a gardé. On ne les a pas tous intégrés.

[48:21]

Mais il y en a plusieurs qui sont intéressantes.

[48:23]

Donc, shout-out aux gens de The Y-Files

[48:25]

qui nous ont bien alimenté

[48:27]

en complot sur Mars.

[48:29]

Je ne suis pas sûr que celui-là vient

[48:31]

des Y-Files, mais probablement

[48:33]

qu'ils l'ont couvert.

[48:35]

Mais je te laisse aller, Seb, avec entre autres

[48:37]

le projet Stargate.

[48:39]

Oui, exact. Mais nous, on a juste couvert les vrais,

[48:41]

des vrais complots.

[48:43]

Non, je rigole. Et pendant que la NASA

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photographie Mars, une autre agence

[48:47]

américaine, la CIA,

[48:48]

s'intéresse à la planète rouge pour une

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raison très différente et beaucoup plus

[48:52]

étrange. Dans le contexte de la

[48:54]

guerre froide, les États-Unis apprennent

[48:56]

que les Soviétiques mènent des recherches sur la

[48:58]

parapsychologie, la télépathie

[49:00]

et la psychinésie.

[49:02]

La peur de rater un éventuel avantage

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stratégique pousse certaines agences

[49:06]

à financer, elles aussi,

[49:09]

des expériences dans ces domaines.

[49:11]

C'est la naissance d'un ensemble de

[49:12]

programmes qui seront plus tard regroupés

[49:14]

sous le projet, sous le nom de projet

[49:16]

Stargate. Au cœur de ces

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programmes, la remote

[49:20]

viewing, ou une vision à

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distance, l'idée est la suivante.

[49:25]

Certaines personnes seraient capables

[49:27]

grâce à des capacités psychiques

[49:29]

de voir à distance sur des lieux,

[49:31]

des objets ou des événements

[49:33]

simplement en se concentrant

[49:35]

sur une cible donnée, comme des

[49:37]

coordonnées géographiques ou même une

[49:38]

photo cachée. C'est des programmes, je crois,

[49:41]

qui ont réellement eu lieu,

[49:43]

des programmes de recherche sur le

[49:44]

mode viewing. Je te laisse continuer

[49:47]

à savoir si celui-là est

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un complot ou pas, mais je sais

[49:50]

qu'il y a eu des vraies recherches là-dessus.

[49:52]

Oui, bien sûr.

[49:54]

On recrute même des volontaires

[49:56]

ou on les forme

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à différentes méthodes de relaxation

[50:00]

et de visualisation. On les

[50:03]

met dans des pièces calmes,

[50:04]

on leur demande de décrire ce qui leur vient

[50:06]

à l'esprit. Sur certaines sessions,

[50:09]

les résultats semblent troublants,

[50:11]

dans d'autres, c'est le

[50:13]

tout total. Parmi les

[50:15]

voyants de Stargate,

[50:17]

un nom va devenir central,

[50:19]

Joe McMoneyagle,

[50:21]

officier du renseignement.

[50:23]

Décoré, il est recruté comme

[50:25]

un téléspecteur, un remote

[50:27]

viewer principal.

[50:29]

On lui attribue des cibles soviétiques,

[50:31]

des sites sensibles

[50:32]

et des objectifs liés à la sécurité

[50:35]

nationale. On ne faut pas oublier

[50:36]

qu'on est en pleine guerre froide,

[50:38]

depuis les années 80, fin des années 70,

[50:40]

entre les États-Unis et l'Union

[50:42]

soviétique.

[50:44]

C'est intense. Il y a beaucoup de programmes

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d'espionnage et on tente

[50:48]

tout ce qu'on peut. MKUltra aussi

[50:50]

est arrivé dans ces années-là,

[50:52]

donc on tentait de créer des supers humains,

[50:53]

de voir si les drogues pourraient aussi

[50:56]

aider les militaires

[50:58]

dans leur travail. On dirait qu'il n'y avait plus

[51:00]

de règles, tout était possible

[51:02]

à tester.

[51:04]

Le 22 mai 1984,

[51:07]

McMoneyagle reçoit

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une enveloppe scellée et à l'intérieur

[51:10]

un simple papier plié,

[51:12]

il ne doit pas l'ouvrir.

[51:14]

On lui demande de se concentrer,

[51:16]

de décrire ce qu'il perçoit.

[51:17]

La cible, telle qu'elle est, est formulée

[51:20]

sur le papier. C'est la planète Mars,

[51:23]

environ un million d'années

[51:24]

avant le présent.

[51:26]

Donc il faut qu'il recule dans le passé.

[51:28]

C'est particulier.

[51:29]

Et sans connaître cette information,

[51:32]

McMoneyagle commence à décrire

[51:34]

ce qu'il voit. Il parle

[51:36]

de grandes structures pyramidales,

[51:38]

d'édifices très hauts,

[51:40]

utilisés comme des sortes d'abris.

[51:42]

Il décrit un paysage dévasté

[51:44]

battu par des tempêtes violentes.

[51:46]

Il dit percevoir la présence

[51:48]

d'êtres humanoïdes,

[51:50]

très grands, maigres,

[51:51]

en détresse, comme en hibernation,

[51:54]

attendant quelque chose

[51:55]

qui ne viendra peut-être jamais.

[51:59]

Cette transcription,

[52:00]

aujourd'hui disponible

[52:01]

dans les archives déclassifiées de la CIA,

[52:04]

devient vite un objet de fascination.

[52:07]

Pour les amateurs

[52:08]

de mystères martiens, c'est la

[52:10]

cerise sur le Sunday, un document

[52:12]

officiel de la CIA qui décrit noir

[52:14]

sur blanc une ancienne civilisation

[52:16]

martienne, ses pyramides

[52:18]

et même sa catastrophe planétaire.

[52:20]

Mais encore là, le contexte,

[52:23]

comme toujours, est essentiel.

[52:25]

Au fil des années,

[52:26]

des centaines de sessions de remote

[52:28]

viewing ont été organisées

[52:30]

sur des cibles variés.

[52:31]

Des bases militaires soviétiques,

[52:33]

des sous-marins, des otages,

[52:36]

des documents cachés.

[52:37]

Quand, au milieu des années 90,

[52:39]

la CIA commande une évaluation

[52:41]

indépendante du programme Stargate

[52:43]

à l'American Institute for Research,

[52:46]

les conclusions sont sévères.

[52:48]

En clair, la vision à distance

[52:50]

n'a jamais fourni de renseignements

[52:51]

suffisamment précis et fiables

[52:53]

pour être utilisés opérationnellement.

[52:55]

Le programme est arrêté

[52:57]

en 1995.

[52:58]

Ah, ben ça a duré longtemps quand même!

[53:00]

Mon Dieu, j'étais en secondaire 4!

[53:03]

Eh oui, c'est ça,

[53:04]

c'est pas si loin quand même!

[53:07]

McGonagall, de son côté,

[53:09]

reconnaîtra plus tard qu'il est

[53:10]

impossible de vérifier ce qu'il a vu sur Mars.

[53:12]

Et quand on lit sa description,

[53:14]

on ne peut pas s'empêcher de remarquer

[53:16]

à quel point elle ressemble à des idées

[53:17]

déjà présentes dans la culture populaire

[53:20]

de l'époque, des pyramides martiennes,

[53:22]

des civilisations en déclin

[53:23]

et des cataclysmes planétaires.

[53:25]

Il est tout à fait possible que,

[53:28]

consciemment ou non,

[53:30]

McGonagall est puisé dans

[53:31]

cet imaginaire collectif pour

[53:33]

nourrir sa propre vision.

[53:35]

Quoi qu'il en soit, cette séance est

[53:37]

devenue une brique de plu dans

[53:39]

le mur des mythes martiens.

[53:41]

Pour ceux qui veulent y croire,

[53:42]

c'est une confirmation qu'il y a eu quelque chose

[53:45]

sur Mars, même si la science,

[53:47]

elle, ne trouve rien de tel

[53:49]

dans les roches de la planète rouge.

[53:52]

Si Sidonia et Stargate

[53:54]

parlent surtout d'anciens martiens,

[53:56]

une autre théorie, elle, prétend

[53:58]

que ce sont des humains qui auraient déjà

[53:59]

fouler le sol de Mars et, depuis

[54:01]

longtemps et en secret même.

[54:04]

Et cette histoire, c'est connu sous le nom

[54:05]

de Project Red Sun.

[54:08]

Elle commence à circuler sur Internet

[54:09]

au début des années 2000. Et selon

[54:11]

ce récit, en pleine guerre froide,

[54:14]

les États-Unis et l'URSS

[54:15]

auraient mis de côté provisoirement

[54:17]

leur rivalité officielle pour

[54:19]

collaborer sur une mission spatiale

[54:22]

ultra secrète, envoyer un

[54:24]

équipage humain sur Mars.

[54:26]

On raconte qu'une fusée

[54:27]

de type Saturn V,

[54:29]

le même genre de fusée

[54:32]

utilisée pour Apollo,

[54:33]

aurait décollé depuis une base isolée

[54:35]

au Brésil, loin des regards,

[54:37]

pour échapper au radar habituel de surveillance.

[54:40]

À bord, un vaisseau

[54:42]

baptisé ISV Columbus,

[54:44]

avec un équipage américano-soviétique.

[54:47]

Et selon certaines

[54:48]

versions, rien de moins que

[54:50]

Buzz Aldrin lui-même,

[54:52]

le deuxième homme à avoir marché

[54:53]

sur la Lune, aurait participé

[54:55]

à ce projet-là.

[54:57]

D'autres variantes vont jusqu'à y inclure

[54:59]

Neil Armstrong, le premier homme

[55:01]

à avoir marché sur la Lune.

[55:03]

Et les preuves, entre guillemets,

[55:04]

mises en avant sont principalement visuelles.

[55:07]

On nous a montré des vidéos floues,

[55:09]

granuleuses, censées montrer

[55:11]

un module en orbite autour de Mars,

[55:13]

puis une tentative d'atterrissage

[55:15]

sur la surface rouge.

[55:16]

Et ces images sont présentées

[55:18]

comme des fuites d'archives officielles.

[55:21]

On y voit une planète orangée,

[55:23]

des textures qui ressemblent

[55:24]

vaguement à celles de Mars,

[55:26]

des compteurs et des bribes de dialogue,

[55:29]

on y voit des astronautes aussi,

[55:30]

on voit la Terre depuis le vaisseau spatial.

[55:33]

Et là, il y a des lanceurs

[55:34]

d'alerte autoproclamés,

[55:36]

comme l'italien Luca Scantaburlo

[55:38]

ou un mystérieux William

[55:40]

Routledge, sont cités

[55:42]

comme sources. Ils affirment

[55:44]

eux avoir eu accès à des archives secrètes

[55:47]

et avoir participé à d'autres

[55:49]

missions cachées comme celles-là,

[55:51]

comme Apollo 20 entre autres,

[55:53]

une opération tout aussi mythique

[55:55]

qu'il aurait découvert un vaisseau extraterrestre

[55:57]

sur la face cachée de la Lune.

[55:59]

On s'en rappelle, ça avait fait

[56:00]

un peu sensation aussi,

[56:02]

cette histoire-là. Mais lorsqu'on

[56:04]

analyse ces vidéos en détail,

[56:06]

la magie s'effondre.

[56:08]

On reconnaît des extraits lorsqu'on

[56:10]

commence à analyser ça vraiment en profondeur

[56:12]

et qu'on accède par exemple aux images

[56:15]

d'archives de la NASA, parce qu'il y en a

[56:17]

des centaines de milliers d'images d'archives de la NASA

[56:19]

qui sont disponibles au public.

[56:20]

Et quand on commence à faire ce travail-là

[56:22]

et à analyser

[56:25]

toutes ces photos-là et à faire des

[56:27]

comparaisons avec la vidéo qui est sortie,

[56:29]

la magie s'effondre un peu.

[56:31]

On reconnaît des missions

[56:33]

d'Apollo 8, Apollo 14,

[56:34]

Apollo 16 qui sont parfois recolorées

[56:40]

pour

[56:41]

suggérer

[56:41]

qu'on est devant la surface de Mars

[56:44]

au lieu de la surface de la Lune.

[56:45]

On l'a recolorée en rouge par exemple.

[56:48]

Certains plans proviennent,

[56:50]

entre autres,

[56:51]

d'un faux documentaire britannique

[56:53]

qui s'appelle Alternative 3,

[56:55]

qui a été diffusé en 1977,

[56:57]

un peu comme une sorte de canulaire télévisé.

[57:00]

Et là, on a utilisé

[57:01]

des images de ce faux documentaire-là

[57:04]

dans ce footage-là

[57:05]

d'exploration sur Mars.

[57:07]

Et même, un YouTuber spécialisé

[57:09]

en effet spéciaux,

[57:11]

connu sous le nom de TheFakingOakser,

[57:13]

un nom qui n'a rien de

[57:16]

rassurant,

[57:17]

a lui-même admis avoir créé

[57:19]

certaines de ses vidéos pour le plaisir

[57:22]

afin de voir

[57:23]

jusqu'où elle serait prise au sérieux.

[57:25]

Donc, d'un point de vue technique,

[57:27]

la mission Red Sun est tout simplement

[57:29]

impossible à cette époque.

[57:31]

Aussi, en 1973, la NASA vient

[57:33]

tout juste de terminer Apollo 17.

[57:35]

Donc, les dernières fusées

[57:37]

de Saturne 5 sont utilisées pour lancer

[57:39]

la station Skylab,

[57:41]

puis pour la mission de coopération

[57:43]

Apollo-Soyuz en 1975.

[57:46]

Ces lancements sont publics,

[57:47]

suivis par des milliers d'observateurs

[57:49]

visibles depuis de vastes régions

[57:51]

des États-Unis.

[57:53]

Donc, l'idée qu'on aurait pu lancer

[57:55]

un monstre comme Saturne 5

[57:57]

à 110 mètres de haut,

[57:59]

des tonnes de carburant,

[58:00]

un bruit assourdissant

[58:01]

en toute discrétion depuis le Brésil,

[58:04]

un pays qui ne possède, alors,

[58:06]

aucune infrastructure pour faire des missions

[58:08]

spatiales sans que personne

[58:10]

s'en rende compte, ni les astronomes,

[58:12]

ni les renseignements étrangers,

[58:13]

ni les journalistes. Ça relève un peu

[58:16]

plus du scénario de film que de la réalité.

[58:18]

Oui, oui.

[58:19]

Puis même en admettant

[58:21]

qu'on ait réussi à le faire,

[58:23]

il resterait encore à régler toute la question

[58:25]

de la survie de l'équipage.

[58:27]

Il y a des radiations cosmiques,

[58:29]

la durée du voyage est très longue,

[58:30]

c'est des années se rendre à Mars.

[58:33]

La logistique, capacité à freiner,

[58:35]

se poser sur Mars,

[58:37]

redécoller, revenir.

[58:38]

On se rappelle qu'à ce stade-ci,

[58:41]

aucun vaisseau,

[58:43]

aucune sonde n'est revenu

[58:44]

de la planète Mars. On est juste allé,

[58:46]

on a pris des photos,

[58:48]

on a recueilli des échantillons qu'on a analysés

[58:50]

sur place avec des petits rovers,

[58:52]

avec des mini-laboratoires,

[58:53]

mais on n'a encore jamais ramené une roche de Mars.

[58:57]

On n'a rien ramené.

[58:58]

Donc, jusqu'à date,

[59:00]

dans les années 70,

[59:02]

c'est un peu élaboré

[59:05]

de prétendre qu'on pourrait

[59:06]

réussir à faire tout ça

[59:08]

et à revenir de Mars surtout.

[59:09]

Il y a beaucoup de défis techniques

[59:11]

qui ne sont même pas encore résolus aujourd'hui

[59:13]

qu'on attribue au Project Red Sun

[59:15]

dans les années 70.

[59:16]

Donc, c'est un bel exemple

[59:18]

de construction mythologique moderne.

[59:21]

On parle de fragments d'images existantes

[59:23]

d'un nom célèbre comme Buzz Aldrin.

[59:25]

On y ajoute des témoignages

[59:26]

qui sont un peu invérifiables avec des sources

[59:28]

qu'on a la misère à retrouver.

[59:31]

On mélange le tout avec une bonne dose de méfiance

[59:33]

envers les agences gouvernementales,

[59:35]

puis on obtient un récit fascinant

[59:37]

mais sans aucune base solide.

[59:39]

Et le sacré Buzz Aldrin,

[59:41]

en fait, ce qui arrive, c'est qu'en entrevue,

[59:43]

lorsqu'on voyait la vidéo,

[59:45]

il disait clairement,

[59:47]

il laissait échapper des lapsus.

[59:48]

Au lieu de dire qu'il était sur la Lune à chaque fois,

[59:50]

il disait si on pouvait retourner à Mars

[59:52]

ou si on pouvait aller sur la Lune,

[59:56]

retourner sur la Lune de Mars.

[59:58]

Parce que Mars a deux Lunes.

[01:00:00]

Oui, oui.

[01:00:01]

Et là, ça laissait sous-entendre.

[01:00:02]

Bien voyons donc, Buzz Aldrin est en train de dire

[01:00:03]

qu'il est allé sur Mars, sur la Lune de Mars.

[01:00:06]

Mais on se rend compte que ces images-là

[01:00:08]

ont été falsifiées.

[01:00:10]

J'ai vu l'entrevue originale avec Buzz Aldrin,

[01:00:12]

puis il laisse quand même planer

[01:00:14]

des petits doutes.

[01:00:15]

Il ne dit jamais qu'il est allé sur Mars.

[01:00:17]

Il parle toujours de la Lune.

[01:00:18]

Donc, il n'y a pas de lapsus.

[01:00:19]

Mais il dit, au lieu d'aller sur Mars,

[01:00:21]

on devrait aller sur la Lune de Mars.

[01:00:24]

Parce que vous allez voir, il y a des monolithes.

[01:00:26]

Et là, il accentue tout ça.

[01:00:29]

J'imagine que ces monolithes-là

[01:00:30]

sont naturelles,

[01:00:32]

puis ont été observées avec des sondes

[01:00:33]

qu'on a envoyées là-bas.

[01:00:36]

Mais quand même, Buzz

[01:00:38]

nourrit quand même à quelque part

[01:00:40]

un peu les complotistes,

[01:00:41]

en faisant des affirmations comme ça.

[01:00:44]

Donc, il contribue

[01:00:46]

avec sa crédibilité,

[01:00:47]

avec le personnage qu'il est,

[01:00:49]

à faire spinner la nouvelle.

[01:00:51]

Mais Buzz Aldrin n'a jamais dit

[01:00:53]

qu'il n'était pas allé sur la Lune sur Mars,

[01:00:55]

ni sur la Lune de Mars.

[01:00:57]

C'est de la falsification.

[01:01:00]

Et là, Seb, tu as une théorie

[01:01:01]

assez intéressante.

[01:01:03]

Les nazis de la planète Mars,

[01:01:05]

parle-nous-en un peu.

[01:01:06]

On va parler des récits assez fascinants

[01:01:08]

qui ont pu se dérouler avec les nazis,

[01:01:10]

mais sans base solide.

[01:01:12]

Cette théorie part

[01:01:14]

des faits historiques bien réels,

[01:01:16]

le programme V2

[01:01:18]

de Werner von Braun,

[01:01:20]

qui a été développé pour l'Allemagne nazie.

[01:01:22]

C'était l'opération Paperclip,

[01:01:25]

qui, après la guerre,

[01:01:26]

a transféré des dizaines

[01:01:28]

de scientifiques allemands vers les États-Unis

[01:01:30]

pour travailler sur des programmes

[01:01:32]

de missiles et de fusées.

[01:01:34]

Et le rôle central

[01:01:35]

de ces ingénieurs dans la conquête

[01:01:38]

spatiale américaine.

[01:01:39]

À partir de là, certains récits

[01:01:41]

basculent dans la pure fantaisie.

[01:01:43]

On raconte que les nazis

[01:01:45]

auraient développé des technologies avancées

[01:01:46]

d'anti-gravité, des secoupes volantes

[01:01:49]

capables de quitter

[01:01:51]

l'atmosphère terrestre

[01:01:52]

dès les années 1940.

[01:01:54]

Puis il y a une partie de l'élite nazie

[01:01:56]

qui aurait échappé à la défaite

[01:01:58]

en se réfugiant dans les bases secrètes

[01:02:00]

en Antarctique, puis

[01:02:02]

sur la face cachée de la Lune,

[01:02:04]

et puis, pourquoi pas, sur Mars.

[01:02:06]

Bon, on dirait que partout

[01:02:08]

il y a des théories du complot, il y a des nazis.

[01:02:11]

On retrouve

[01:02:12]

des nazis reptiliens,

[01:02:15]

des nazis en Antarctique.

[01:02:16]

Maintenant, les nazis de l'espace.

[01:02:18]

Oui, exact. Maintenant, tu as des nazis à la plage,

[01:02:21]

des nazis à l'épicerie,

[01:02:22]

des nazis à l'école,

[01:02:24]

des nazis au travail.

[01:02:25]

Comme les livres de Martin, finalement.

[01:02:28]

Et dans ces histoires,

[01:02:30]

ces nazis de l'espace

[01:02:31]

auraient continué à développer leurs technologies

[01:02:34]

vivant en vase clos,

[01:02:36]

parfois en collaboration avec des civilisations

[01:02:38]

extraterrestres, mais parfois en guerre

[01:02:40]

contre elles.

[01:02:42]

Ils seraient devenus les maîtres de programmes

[01:02:43]

spatiaux occultes, tirant les ficelles

[01:02:46]

loin au-dessus des gouvernements

[01:02:48]

officiels. En réalité,

[01:02:50]

les criminels qu'on sait qui ont fui

[01:02:52]

comme Eggman,

[01:02:54]

Menzel ou Barbie,

[01:02:55]

eh bien, ils ont été retrouvés en Amérique du Sud,

[01:02:58]

et non sur la planète Mars.

[01:03:00]

On s'en doute bien. Oui.

[01:03:01]

Et l'expédition allemande

[01:03:03]

de 1938 en Antarctique,

[01:03:05]

souvent citée dans ses récits comme

[01:03:07]

le début de la théorie, n'était qu'une mission

[01:03:09]

de cartographie et de pêche.

[01:03:11]

Et l'opération américaine réelle,

[01:03:14]

I-Jump, en 1946

[01:03:16]

et 1947,

[01:03:17]

a aussi inspiré les théories,

[01:03:19]

mais elle n'était qu'un exercice naval

[01:03:21]

à grande échelle, en condition

[01:03:23]

polaire, pas une bataille secrète

[01:03:25]

contre des secoupes.

[01:03:27]

Il n'existe pas un seul document sérieux,

[01:03:29]

pas une seule preuve matérielle

[01:03:31]

crédible de l'expérience,

[01:03:33]

en fait plutôt de l'existence de bases

[01:03:35]

nazies extraterrestres.

[01:03:37]

On est ici dans un imaginaire

[01:03:38]

où le nazisme est transformé en mythes,

[01:03:41]

en super-vilains quasi-immortels

[01:03:44]

dotés de capacités quasi-magiques.

[01:03:46]

C'est une forme de fascination

[01:03:48]

malsaine plus qu'une hypothèse

[01:03:49]

historique. Mais ces récits

[01:03:51]

servent de tremplin à quelque chose

[01:03:53]

d'encore plus vaste. L'idée

[01:03:55]

de notre système solaire, et en particulier

[01:03:57]

en mars, ce serait le théâtre

[01:03:59]

de programmes spatiaux secrets,

[01:04:02]

parallèles et menés dans l'ombre

[01:04:04]

des institutions officielles.

[01:04:06]

Oui, puis il y en a des programmes

[01:04:07]

dits secrets. Je vais vous parler

[01:04:09]

d'un autre programme,

[01:04:11]

le 20 and Back, et aussi je vais vous

[01:04:13]

parler du Dark Fleet,

[01:04:15]

deux autres théories intéressantes.

[01:04:17]

Dans ce sous-genre très particulier

[01:04:19]

des théories du complot, on retrouve

[01:04:21]

des noms comme Dark Fleet,

[01:04:23]

Solar Warden, je vais vous en parler

[01:04:27]

de 20 and Back. Selon ces récits,

[01:04:30]

il existerait une ou plusieurs

[01:04:32]

flottes spatiales secrètes

[01:04:34]

opérant bien au-delà des capacités

[01:04:36]

officiellement reconnues des agences

[01:04:37]

spatiales. Ces flottes utiliseraient

[01:04:39]

des technologies anti-gravitationnelles,

[01:04:42]

des moteurs supraluminiques,

[01:04:44]

des systèmes de camouflage

[01:04:46]

et opéreraient depuis des bases

[01:04:47]

permanentes installées sur la Lune,

[01:04:50]

sur Mars, voire sur des astéroïdes

[01:04:52]

et des objets de la

[01:04:53]

ceinture de Kuiper.

[01:04:55]

Le programme 20 and Back

[01:04:57]

désignerait un protocole de recrutement

[01:04:59]

très particulier. Des enfants

[01:05:01]

ou de jeunes adolescents

[01:05:03]

seraient sélectionnés sur Terre,

[01:05:05]

entraînés en secret puis envoyés

[01:05:07]

servir 20 ans dans ces programmes

[01:05:09]

spatiaux. Comme soldats,

[01:05:11]

techniciens, espions,

[01:05:13]

avant d'être renvoyés à leur point

[01:05:15]

de départ dans le temps, rajeunis

[01:05:17]

avec leurs souvenirs effacés.

[01:05:19]

Ça semble un peu à la Matrice

[01:05:21]

tout ça ou à Men in Black.

[01:05:24]

Des décennies plus tard,

[01:05:26]

certains commenceraient à retrouver

[01:05:27]

des bribes de mémoire, souvent

[01:05:29]

sous hypnose régressive et

[01:05:30]

attémoignée. Dans ces témoignages,

[01:05:33]

Mars revient sans cesse.

[01:05:35]

On y décrit des bases souterraines

[01:05:36]

immenses, des guerres contre des

[01:05:38]

espèces non-humaines, des cohabitations

[01:05:41]

plus ou moins forcées avec des

[01:05:42]

civilisations extraterrestres. On raconte

[01:05:44]

des combats contre des créatures

[01:05:46]

reptiliennes, des insectoïdes

[01:05:48]

géants, des dracocarnivores,

[01:05:51]

on parle aussi de vaisseaux de la taille

[01:05:53]

de ville en orbite permanente

[01:05:55]

autour de la planète rouge.

[01:05:57]

Au cœur de ces récits, on trouve souvent

[01:05:59]

la figure de Corey Good,

[01:06:01]

qui se présente comme un ancien participant

[01:06:03]

au programme 20 and Back.

[01:06:05]

Dans ses interventions, il décrit

[01:06:07]

en détail des bases sur la face cachée

[01:06:09]

de la Lune, des voyages réguliers

[01:06:11]

vers Mars et au-delà, une alliance

[01:06:13]

de civilisations galactiques,

[01:06:15]

des programmes génétiques complexes

[01:06:16]

et une guerre secrète entre différentes

[01:06:19]

factions. Le problème,

[01:06:21]

c'est qu'il n'existe aucune preuve

[01:06:23]

indépendante de tout cela. Aucun

[01:06:25]

document, aucune fuite crédible,

[01:06:27]

aucune mesure astronomique,

[01:06:29]

aucune photographie non contestable.

[01:06:31]

Les témoignages eux-mêmes

[01:06:33]

se contredisent d'un témoin à l'autre

[01:06:35]

au niveau du nombre de bases,

[01:06:37]

des lieux, des technologies utilisées,

[01:06:39]

même des espèces impliquées.

[01:06:40]

Donc tout ça est crédible. Exactement.

[01:06:43]

En 2022, dans le cadre d'une

[01:06:45]

procédure légale portant sur ses droits

[01:06:47]

de propriété intellectuelle,

[01:06:48]

Corey Good va même déclarer sous serment

[01:06:50]

que certains éléments de ces histoires

[01:06:52]

relèvent du rêve lucide,

[01:06:54]

de voyages hétériques ou astraux

[01:06:56]

et qu'il considère désormais ces récits

[01:06:58]

comme une forme de fiction protégée

[01:07:00]

et non comme des rapports factuels,

[01:07:02]

finalement. Donc c'est carrément

[01:07:04]

de la fiction, tout ça.

[01:07:05]

Pour la communauté scientifique,

[01:07:07]

comme pour les spécialistes du renseignement,

[01:07:09]

tout cela relève plus de la mythologie

[01:07:11]

moderne que de la fuite d'un programme réel.

[01:07:13]

Mais pour un certain public,

[01:07:15]

ces histoires comblent un vide.

[01:07:17]

Elles proposent une grande narration épique

[01:07:19]

dans un monde où tout semble déjà

[01:07:21]

cartographié, expliqué et rationalisé.

[01:07:24]

Et Mars là-dedans

[01:07:25]

joue un rôle central.

[01:07:27]

C'est le front, la colonie,

[01:07:29]

le bastion avancé de cette guerre secrète.

[01:07:31]

Quel meilleur décor qu'un monde

[01:07:33]

encore inoccupé pour l'humain,

[01:07:35]

visible dans le ciel, mais suffisamment

[01:07:37]

lointain pour qu'on puisse tout lui prêter.

[01:07:40]

Effectivement, Mars est une

[01:07:42]

machine à justification complotiste.

[01:07:46]

S'il y a certaines des théories

[01:07:47]

comme on vient de parler, entre autres,

[01:07:48]

qui ressemblent à la science-fiction Emile,

[01:07:50]

d'autres plongent dans un registre

[01:07:52]

beaucoup plus sombre.

[01:07:54]

En 2017, lors d'une émission

[01:07:56]

d'Alex Jones sur Infowars,

[01:07:59]

il y a un invité, l'ancien

[01:08:00]

officier de la CIA, Robert

[01:08:02]

David Steele, qui affirme

[01:08:04]

en direct que la NASA gérerait

[01:08:06]

une colonie secrète sur Mars

[01:08:08]

où des enfants, enlevés sur Terre,

[01:08:10]

seraient envoyés comme des esclaves.

[01:08:14]

C'est comme pas une mauvaise idée en soi.

[01:08:17]

Ça prend plusieurs années d'aller

[01:08:18]

sur Mars, donc tu les envoies là.

[01:08:21]

Ils arrivent à l'adolescence,

[01:08:22]

ils travaillent, ils reviennent,

[01:08:24]

puis ils peuvent faire des travaux manuels sur Terre.

[01:08:26]

J'avoue. Je veux dire,

[01:08:28]

ça peut être pratique pour travailler chez Rhona.

[01:08:31]

Exactement. Pratique pour les parents aussi.

[01:08:33]

Tes envois là-bas, ils reviennent,

[01:08:34]

sont déjà bien élevés.

[01:08:36]

T'es passé au travers de la petite enfance,

[01:08:37]

le Terrible 2 et tout ça.

[01:08:39]

Oui, c'est comme adopter un animal

[01:08:42]

plus vieux. Exactement.

[01:08:44]

Et selon cette histoire,

[01:08:46]

il y a des milliers d'enfants

[01:08:48]

qui disparaîtraient chaque année,

[01:08:49]

kidnappés puis embarqués dans

[01:08:51]

des vaisseaux spatiaux pour un voyage

[01:08:53]

de plusieurs dizaines d'années afin

[01:08:55]

de les faire travailler dans des mines

[01:08:57]

ou des installations industrielles

[01:08:59]

martiennes. Et le caractère

[01:09:01]

quasi irréversible du voyage

[01:09:03]

rendrait leur retour impossible,

[01:09:06]

ce qui contribuerait à garder le secret.

[01:09:09]

Eh bien, cette déclaration

[01:09:10]

invraisemblable sur tous les plans

[01:09:12]

logistiques, physiques,

[01:09:14]

astronomiques et même humains va

[01:09:15]

pourtant suffisamment circuler pour

[01:09:18]

que la NASA, habituellement

[01:09:20]

qui est très réservée face au délire

[01:09:22]

conspirationniste, se sente

[01:09:23]

obligée de répondre officiellement.

[01:09:26]

C'est fou ça. Il y a

[01:09:27]

un porte-parole de l'Agence qui dément

[01:09:29]

publiquement que des enfants se voient réduits

[01:09:31]

en esclavage sur Mars,

[01:09:33]

rappelant au passage un petit détail.

[01:09:36]

Il n'y a actuellement aucun

[01:09:37]

humain sur la planète rouge,

[01:09:39]

seulement des robots. Effectivement.

[01:09:42]

Je ne reviens pas que la NASA

[01:09:43]

était obligée de faire ça.

[01:09:45]

Techniquement, Emile, l'idée même

[01:09:47]

d'envoyer un nombre significatif

[01:09:49]

d'êtres humains sur Mars aujourd'hui,

[01:09:51]

eh bien, ça représente un défi colossal.

[01:09:53]

Parler de milliers d'enfants en secret

[01:09:55]

relève du délire logistique.

[01:09:58]

Cela impliquerait des

[01:09:59]

centaines de lancements de fusées géantes,

[01:10:01]

des infrastructures monumentales,

[01:10:03]

une quantité d'énergie phénoménale,

[01:10:05]

tout cela sans laisser la moindre

[01:10:07]

trace observable, ni dans

[01:10:09]

le ciel, ni dans les données de trafic

[01:10:11]

spatial, ni dans les budgets,

[01:10:13]

parce que ça aussi, faut pas

[01:10:15]

se leurrer, ça coûte des sous.

[01:10:17]

Mais au-delà de l'absurdité technique,

[01:10:19]

cette théorie est particulièrement

[01:10:21]

toxique, car elle détourne les angoisses

[01:10:23]

qui sont bien réelles. La

[01:10:24]

disparition d'enfants, les réseaux de

[01:10:27]

traite, les abus, tout ça,

[01:10:29]

existe, mais malheureusement,

[01:10:31]

ça existe sur Terre,

[01:10:33]

et en projetant ses peurs sur Mars et sur

[01:10:35]

la NASA, on déplace le problème

[01:10:37]

dans un espace de pure fiction,

[01:10:39]

au lieu d'affronter les causes réelles

[01:10:41]

comme la pauvreté, la

[01:10:43]

criminalité, la violence familiale,

[01:10:45]

ou même la corruption. Eh bien,

[01:10:47]

Mars devient alors un exutoire,

[01:10:49]

un écran sur lequel on projette nos

[01:10:51]

cauchemars les plus intimes,

[01:10:52]

ceux qui touchent à la famille, aux enfants

[01:10:54]

et à la vulnérabilité.

[01:10:56]

Et le fait que la NASA, soit

[01:10:58]

l'institution accusée, n'est pas

[01:11:00]

neutre dans l'imaginaire complotiste,

[01:11:02]

mais grandes agences technocratiques

[01:11:04]

deviennent elles aussi des figures

[01:11:06]

de pouvoirs froids, inhumains

[01:11:08]

et indifférents. L'équation

[01:11:10]

est simple. Pouvoir plus

[01:11:12]

secret plus technologie est

[01:11:14]

égal à culpabilité potentielle.

[01:11:16]

Oui, exactement,

[01:11:18]

puis on va en parler un peu en after

[01:11:20]

show, le fait que, justement,

[01:11:21]

qu'il y ait quelqu'un qui a piraté

[01:11:24]

le site de la NASA,

[01:11:25]

puis qui a eu accédé à certaines

[01:11:27]

informations, ça laisse place à plein

[01:11:29]

plein plein de spéculations, mais tout ça

[01:11:31]

n'est pas toujours réel non plus

[01:11:32]

quand on fouille dans les documents.

[01:11:35]

Je vais vous parler peut-être d'une dernière

[01:11:36]

théorie. Il existe une catégorie

[01:11:39]

de théories qui cherche à tout expliquer

[01:11:41]

d'un seul coup, de tout regrouper

[01:11:43]

les théories ensemble,

[01:11:45]

pas seulement Mars,

[01:11:47]

mais l'ensemble de certaines

[01:11:48]

bizarreries du système solaire.

[01:11:50]

On se rappelle, on a parlé de la lune

[01:11:52]

creusant dans un autre épisode de saison

[01:11:54]

régulière. Je vous invite à aller

[01:11:56]

réécouter, très divertissant.

[01:11:58]

Et parmi elles, il y a l'hypothèse

[01:12:00]

de la planète explosée.

[01:12:02]

Et selon cette idée, il y aurait existé

[01:12:04]

autrefois entre Mars et Jupiter

[01:12:05]

une grande planète, parfois appelée

[01:12:08]

Maldèque, Phaeton ou Tiamat.

[01:12:11]

Cette planète aurait été détruite

[01:12:12]

par une catastrophe titanesque,

[01:12:14]

une explosion interne,

[01:12:16]

une guerre nucléaire interplanétaire,

[01:12:18]

une collision avec un autre corps géant,

[01:12:21]

bref, selon les versions.

[01:12:23]

Ces débris seraient devenus

[01:12:24]

la ceinture d'astéroïdes actuelle.

[01:12:27]

Mars, elle, n'aurait pas toujours été

[01:12:28]

une planète à part entière, mais

[01:12:30]

la lune de ce monde

[01:12:32]

disparue. Et lors de l'explosion,

[01:12:35]

Mars aurait été arrachée

[01:12:37]

de son orbite, projetée sur

[01:12:38]

une nouvelle trajectoire plus proche du soleil,

[01:12:41]

perdant au passage une grande

[01:12:42]

partie de son atmosphère,

[01:12:44]

de son eau et de sa stabilité.

[01:12:46]

Et les partisans de cette hypothèse

[01:12:48]

citent plusieurs éléments à

[01:12:50]

l'appui. Entre autres, la différence

[01:12:52]

marquée entre l'hémisphère nord

[01:12:54]

de Mars, relativement lisse

[01:12:56]

et peu cratérisée,

[01:12:58]

et l'hémisphère sud, qui est beaucoup plus

[01:13:00]

ancien et qui a l'air d'avoir

[01:13:02]

été bombardé. Certaines

[01:13:04]

anomalies dans le champ de gravité

[01:13:05]

martien sont aussi citées, et encore une

[01:13:08]

fois, la fameuse composition isotopique

[01:13:10]

de l'atmosphère, interprétée

[01:13:12]

comme la signature d'explosion massive.

[01:13:14]

Et cette vision est évidemment très

[01:13:16]

séduisante parce qu'elle donne à Mars

[01:13:18]

une histoire encore plus dramatique,

[01:13:20]

non seulement une civilisation disparue,

[01:13:22]

mais un monde littéralement jeté

[01:13:24]

hors de son orbite, comme une victime

[01:13:26]

collatérale d'un drame cosmique.

[01:13:29]

Mais comme souvent les chiffres

[01:13:30]

finissent par parler, la masse

[01:13:32]

totale de la ceinture d'astéroïde représente

[01:13:34]

à peine 4 % de la masse de la

[01:13:36]

Lune, c'est extrêmement peu,

[01:13:38]

loin de ce qu'on s'attendrait le des restes

[01:13:40]

d'une planète de la taille de la Terre ou même

[01:13:42]

de Mars. Les modèles actuels de formation

[01:13:44]

du système solaire indiquent plutôt

[01:13:46]

que ces roches n'ont jamais réussi

[01:13:48]

à s'assembler en planète,

[01:13:50]

en raison de l'influence gravitationnelle

[01:13:52]

perturbatrice de Jupiter.

[01:13:55]

De plus, la composition de Mars

[01:13:57]

ressemble beaucoup plus à celle

[01:13:58]

de la Terre et de Vénus

[01:14:00]

qu'à celle des astéroïdes typiques

[01:14:02]

de la ceinture d'astéroïde.

[01:14:04]

Tout indique que Mars s'est formé comme

[01:14:06]

nous dans la zone interne du système

[01:14:08]

solaire en tant que planète indépendante

[01:14:10]

et non comme une Lune d'un corps plus gros.

[01:14:13]

Les différences entre les

[01:14:14]

hémisphères Nord et Sud s'expliquent mieux

[01:14:16]

par un immense impact ancien

[01:14:18]

qui aurait remodelé la croûte dans la

[01:14:20]

partie Nord ou par des processus

[01:14:22]

internes liés à la dynamique

[01:14:24]

un peu du manteau martien.

[01:14:26]

Et quand au Xénon 129 dont

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on a parlé tout à l'heure, on l'a vu,

[01:14:30]

la géochimie offre des scénarios parfaitement

[01:14:32]

naturels pour son enrichissement.

[01:14:35]

L'idée d'une planète explosée

[01:14:36]

reste donc pour l'instant

[01:14:38]

au rang de spéculation non étayée.

[01:14:41]

Elle montre surtout à quel point

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nous aimons les grands récits globaux

[01:14:44]

capables de relier en une seule histoire

[01:14:47]

Sidonia,

[01:14:48]

la ceinture d'astéroïde et la forme

[01:14:50]

de Mars à nos peurs nucléaires

[01:14:52]

quelque part.

[01:14:54]

Parce que ne pas oublier que aussi

[01:14:55]

les Lunes de Mars, apparemment

[01:14:58]

encore ce que Buzz Aldrin disait,

[01:15:00]

serait plus intéressante à explorer

[01:15:02]

même que Mars parce qu'elle date

[01:15:04]

d'une autre époque. C'est comme une époque

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réservée. Si la Lune a été formée

[01:15:08]

par un impact sur Mars,

[01:15:11]

bien, ce serait...

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Mars a continué à évoluer

[01:15:14]

d'une certaine façon en tant que planète,

[01:15:15]

tandis que la Lune est un petit peu plus figée

[01:15:17]

dans le temps. Donc apparemment qu'on pourrait

[01:15:19]

en apprendre plus sur l'origine de Mars

[01:15:21]

en étudiant Phobos, sa plus grande Lune,

[01:15:24]

qui demeure une petite Lune

[01:15:25]

qui est beaucoup plus petite que la nôtre

[01:15:27]

sur Terre. Bref, étant donné

[01:15:30]

que c'est comme un peu un vestige

[01:15:31]

de l'ancienne planète Mars qui a été formée

[01:15:34]

depuis des millions d'années.

[01:15:35]

Je dois avouer que je suis méconnaissant des Lunes

[01:15:37]

de Mars. Oui, on n'en a pas parlé aujourd'hui

[01:15:40]

beaucoup, mais il y a toute une théorie aussi

[01:15:42]

qu'il fallait choisir. Il y en avait beaucoup.

[01:15:44]

Il y a toute une théorie qui dit que Phobos,

[01:15:46]

la plus grande Lune de Mars,

[01:15:48]

pourrait être aussi artificielle,

[01:15:50]

pourrait être aussi creuse. Peut-être que c'est un

[01:15:52]

vaisseau d'observation. Donc on retrouve un peu

[01:15:54]

le même genre de théorie qu'avec celle

[01:15:55]

de la Lune vide.

[01:15:57]

On a fait un peu le tour, Seb,

[01:15:59]

des théories autour de Mars. On en a quand même

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bien débunké. Quand on prend un peu de recul

[01:16:04]

et qu'on regarde tout ça,

[01:16:06]

Mars apparaît comme bien plus

[01:16:08]

qu'une simple planète à explorer.

[01:16:10]

C'est devenu un peu un gigantesque

[01:16:12]

écran de projection, un peu un

[01:16:14]

miroir de notre humanité ici.

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On se sent seul dans l'univers. Donc quand on voit

[01:16:18]

une planète comme Mars qui

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ressemble un peu

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au type de planète qu'on a, tout de suite

[01:16:24]

on se projette. Est-ce qu'on a

[01:16:26]

des amis là-bas? Est-ce qu'il y a moyen d'aller

[01:16:28]

vivre? Donc

[01:16:29]

c'est pour ça qu'on est parti d'une

[01:16:32]

colline un peu étrange avec une drôle

[01:16:34]

de lumière qui est devenu un visage.

[01:16:36]

Une signature isotopique

[01:16:38]

discutable devient la trace d'une guerre nucléaire.

[01:16:40]

Une séance d'espionnage

[01:16:42]

psychique de remote viewing

[01:16:43]

devient le témoignage d'une ancienne civilisation.

[01:16:46]

Des images d'Apollo

[01:16:48]

qu'on a recolorées deviennent

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la preuve d'une mission secrète.

[01:16:52]

Un caillou sur une petite lune irrégulière

[01:16:54]

devient un monolithe.

[01:16:55]

Une sonde soviétique en panne

[01:16:58]

devient la victime d'un tir laser extraterrestre,

[01:17:00]

par exemple. Donc on va

[01:17:02]

comme ça. J'inclus

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là-dedans tes disparitions d'enfants.

[01:17:06]

Des disparitions réelles sur Terre

[01:17:08]

qui sont réécrites en esclavage

[01:17:10]

interplanétaire. Donc

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à chaque fois, la planète rouge

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joue le rôle de décor idéal

[01:17:16]

pour quelque part un film de

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science-fiction. Elle est assez éloignée

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pour rester mystérieuse, mais elle est assez

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chargée de symboles pour que la moindre

[01:17:24]

bizarrerie se transforme

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en signe. Donc

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il ne faut pas oublier que scientifiquement

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Mars, elle est très fascinante,

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même sans aller dans les théories du

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compas. C'est une planète qui a possédé

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dans son passé de l'eau liquide.

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On n'est pas mal sûr en abondance à sa

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surface. Elle garde encore aujourd'hui

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dans ses roches, dans ses sédiments

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les traces de potentiellement des

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rivières, des lacs qu'on retrouve

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grâce à l'observation

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qu'on fait de ces sédiments-là.

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Peut-être qu'un jour on va trouver

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des preuves de vie microbienne.

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C'est sans doute

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la première,

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prochaine destination pour une

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mission habitée.

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Donc il ne faut pas oublier tout ça.

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Mars est super intéressante comme

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planète.

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Je vous laisse savoir un peu justement

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où on en est avec

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à savoir qu'est-ce qu'on a détecté

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sur Mars, qu'est-ce qui est réel.

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Quelques trucs au niveau de la vie

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sur Mars. Vous savez qu'on a

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un rover qui est allé persévérant,

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ce qui est toujours, je crois.

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Il a détecté des molécules

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organiques dans plusieurs roches

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du cratère Jezero,

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qui sont des briques du vivant selon lui,

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selon le rover, selon nos analyses

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à distance du rover.

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Mais ce n'est pas une preuve de vie en soi,

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mais c'est toujours des potentiels.

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Il y a des structures minérales dans des

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petites taches, des bosses sur des pierres

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qui pourraient éventuellement être liées à une

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activité microbienne ancienne,

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mais qui peuvent aussi s'expliquer par de la

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chimie purement géologique.

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Donc on n'est pas sûr. La NASA

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parle aujourd'hui des signes les plus prometteurs

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à ce jour d'une vie potentielle,

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mais la communauté scientifique insiste

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que ce sont des indices et non pas une démonstration.

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Évidemment, il faudrait analyser

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tous ces échantillons-là en laboratoire

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sur Terre, mais il n'y a pas

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encore eu de mission ou un retour

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est prévu. Il y en a une

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qui est prévue par contre. Il y a une mission,

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Mars Sample Return,

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qui est prévue, mais qui n'a pas encore eu lieu

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malheureusement. Donc,

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c'est un grand potentiel.

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Mars, mais jusqu'à date,

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on n'a pas de preuves solides.

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On a des hypothèses comme quoi il y aurait peut-être

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eu de la vie sur Mars tant que ce serait

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possible d'y vivre.

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Mais jusqu'à date, ce ne sont que des hypothèses.

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Ça ne répond pas à toutes nos questions,

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hélas. Mais c'est à suivre.

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Oui, oui. Il y a beaucoup d'investissements

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qui sont faits pour aller

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sur Mars. Je pense que c'est pas le seul.

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Un peu comme tu dis,

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ça n'arrêtera pas notre développement

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pour la découvrir encore plus.

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J'ai l'impression

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qu'il reste encore

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du temps. Je veux dire,

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dans ce sens, ça va prendre encore beaucoup de temps

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avant d'avoir les réponses qu'on veut,

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j'ai l'impression, parce que juste l'aller-retour,

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ce n'est pas Québec-Tour-Rivière.

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C'est vraiment long.

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Juste le fait qu'ils n'ont pas encore

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d'échantillon,

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on dirait que ça,

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ça démontre

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la complexité de juste

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ramener quelque chose de là-bas.

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Imagine-tu à quel point c'est complexe

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d'envoyer un rover là-bas.

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Moi, ça dépasse mon entendement.

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Comment tu fais pour communiquer?

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Comment il fait pour t'envoyer des...

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La technologie est déjà rendue loin.

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Comment ils font pour nous envoyer des photos

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avec une aussi grande distance?

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Faire des analyses sur un petit laboratoire

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temporaire, tout ça,

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c'est fascinant.

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C'est un haut lieu d'innovation technologique,

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l'exploration spatiale,

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et c'est fou ce qu'on a dépensé jusqu'à date

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pour aller sur Mars.

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J'ai hâte de voir la première mission

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pour pouvoir ramener des souvenirs.

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Une boule de neige.

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Oui, c'est ça. Un monolithe.

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Un laboubou.

[01:21:03]

Oui, un laboubou sur Mars.

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Ça conclut notre premier épisode

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sur les théories du complot, les distordus.

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Dites-nous ce que vous pensez.

[01:21:11]

Est-ce que vous croyez qu'un jour on va aller sur Mars?

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Est-ce que vous croyez à ces histoires

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de complotistes comme quoi

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la NASA nous manipule et tout ça?

[01:21:19]

En After Show, on va encore parler de la NASA

[01:21:21]

avec le projet Solar Warden

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et l'homme

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qui a piraté les serveurs de la NASA

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et qui est allé chercher plein d'informations.

[01:21:29]

Ça risque d'être très divertissant.

[01:21:32]

Sinon, on vous dit à très bientôt

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et on termine avec,

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comme à l'habitude, des shout-outs

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à nos chers membres patriotes.

[01:21:40]

J'y vais avec un gros high-five

[01:21:42]

à Catherine B. Véro F.

[01:21:44]

à Mélie L. Guillaume L.

[01:21:46]

et la mystérieuse Judith.

[01:21:48]

Un gros merci à Jean-Samuel L.

[01:21:51]

à Andy T.

[01:21:52]

à Sandrine B.

[01:21:53]

à Marie C. et à Roxane.

[01:21:56]

Je poursuis l'amour à nos actionnaires.

[01:21:59]

Merci à Mélissa L.

[01:22:00]

Éric G.

[01:22:02]

Liz.

[01:22:02]

Et aussi le fabuleux

[01:22:05]

Méfemme-ta-gueule

[01:22:06]

et la Catherine.

[01:22:08]

Un gros câlin à Élise T.

[01:22:10]

Mélissa T.

[01:22:11]

Daphné D. H.

[01:22:13]

Pascal D. et à Devoti D. N.

[01:22:17]

Et je poursuis

[01:22:18]

merci à Yeda

[01:22:19]

Lapin Blanc

[01:22:21]

de DOOM 3005

[01:22:23]

Bobby F. et Cindy B. T.

[01:22:26]

Une bonne tape dans le dos

[01:22:27]

à Caro, à Émilie N.

[01:22:29]

à Mélie R.

[01:22:31]

à Catherine C. et à Kim R.

[01:22:34]

Je conclus les remerciements

[01:22:36]

avec un gros câlin à Maud R.

[01:22:38]

Mélanie A.

[01:22:40]

Claudie, Audrey S. G.

[01:22:42]

et Andréane.

[01:22:44]

Et pour terminer, Seb,

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aurais-tu un mot de la fin pour nous ce soir?

[01:22:48]

On n'a toujours pas de preuves

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de pyramides sur Mars,

[01:22:51]

mais on a une montagne de preuves

[01:22:53]

que notre imagination, elle,

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ne manque jamais d'oxygène.

[01:22:56]

Oh non!

[01:22:59]

Jamais!

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