En décembre 2016, la jeune Narumi Kurosaki, originaire du Japon, poursuit des études en langues sur le campus de l’Université de Franche-Comté, à Besançon, en France. Alors qu’elle sort d’un cours de danse, son ex-petit copain (Nicolas Zepeda-Contreras), rencontré au Japon, lui fait une visite surprise sur le campus. Le 4 décembre dans la nuit, un cri court se fait entendre dans une résidence étudiante, après quoi Narumi ne sera plus jamais revue. Lorsque les autorités s’en mêlent, l’ex-ami, le principal suspect, est déjà de retour dans sa famille au Chili, où il ne peut être questionné. Les preuve numériques offriront une vision d’un scénario rigoureusement planifié, et une troublante vidéo publiée maladroitement laisse entrevoir que le suspect était un manipulateur malicieux. malgré le fait que le corps de la victime demeure introuvable. Aura-t-on un jour justice pour Narumi? Seb et Emile reviennent sur les faits marquants.
![#55 - Narumi - Un cri court dans la nuit [Hors Saison]](/wp-content/uploads/2019/04/55-narumi-un-cri-court-dans-la-nuit-hors-saison.jpg)
Épisode
#55 - Narumi - Un cri court dans la nuit [Hors Saison]
Audio
Écouter l’épisode
Transcription de l’épisode
Lire la transcription
Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.
Vous êtes sur le point d'écouter DISTORTION, un podcast sur...
Des histoires étranges de l'ère numérique.
Plusieurs étudiants étrangers rejoignent à chaque année le campus de l'Université de Franche-Comté à Besançon pour y étudier les langues.
Ce fut le cas de la jeune Narumi Kurosaki, arrivée fraîchement du Japon afin d'apprendre le français et de découvrir l'Europe.
Hélas, après une rencontre inattendue avec son ex-petit ami, Narumi ne sera plus jamais revue.
Les traces numériques permettent aux enquêteurs de cibler un potentiel coupable.
Mais encore, est-il possible de prouver un meurtre sans cadavre?
Sébastien Lévesque, comment ça va ce soir?
Ça va bien et toi Emil Gauthier?
Ça va très bien parce qu'on fait un épisode hors saison.
En plus, c'est une suggestion d'une auditrice, il me semble.
J'ai pas réussi à retrouver le message exactement.
Donc si tu sais qui tu es, fais-nous signe auditrice mystère.
Mais en fait, c'est une histoire vraiment triste, l'histoire de la jeune Narumi Kurosaki,
une Japonaise qui est allée étudier à Besançon et qui n'a pas été revue.
Il y a un suspect qui est vraiment dans la mire des enquêteurs,
mais ils n'arrivent pas à le coincer pour plein de raisons géopolitiques et diplomatiques.
On va en reparler plus tard, vous allez voir, parce que le potentiel coupable est en fait un Chilien.
Il n'y a pas de traité d'extradition entre la France et le Chili.
Donc un dossier assez complexe à ce niveau-là.
Puis beaucoup de preuves numériques aussi, de vidéos qui ont été publiées,
plein de choses qui ont servi à établir un bon lot de preuves dans cette histoire-là.
Et aussi, ça soulève un débat qui est à savoir,
est-ce qu'on peut accuser quelqu'un d'un meurtre sans avoir le cadavre de la victime?
Oui, exact. C'est une question qui n'est pas si simple que ça à répondre.
Puis on va y revenir un peu plus tard.
Il y a eu quelques exemples de crimes de gens qui ont été condamnés pour ça,
mais ça reste un élément très… un élément clé, on s'entend,
dans le meurtre ou du moins la disparition slash meurtre de quelqu'un, pas de cadavre.
C'est vraiment dur d'inculper quelqu'un.
Puis vous allez le voir, dans le cas actuel,
ça a été vraiment malgré les problèmes géopolitiques comme Emile parlait,
mais un des enjeux était le fait qu'il n'y ait pas de cadavre.
Exactement.
Pour la justice chilienne, c'était difficile pour eux, on dirait,
de croire les enquêteurs français par rapport à ce cas-là.
On ne vous en dit pas plus.
Oui, et ça nous fait plaisir.
En fait, on sort cet épisode-là parce qu'en fait,
on part dans une mini-tournée, Seb et moi.
Vous allez voir, il se passe beaucoup de choses.
En fait, notre livre est disponible partout.
Vous allez voir, en Europe, ça sort le 11 avril en version papier.
C'est déjà disponible en version électronique en Europe chez Hachette,
donc le super éditeur Hachette qui s'occupe de distribuer
notre version électronique en France, en Europe.
Et puis, aux 100 premiers acheteurs de la version e-book
du livre de Distortion, 13 histoires étranges de l'ère numérique,
il y a une affiche collector qui est numérotée et signée
qui va être remise aux 100 premiers acheteurs
de la version e-book chez Hachette.
Donc, vous pouvez aller voir sur le site de Hachette et chercher Distortion.
C'est une belle promo. Sinon, au Québec, le livre est disponible vraiment partout.
Merci à ceux qui nous ont soutenus.
Merci à ceux qui sont venus au lancement.
Pour nous, ça a été fantastique de vous voir.
Et puis là, justement, la semaine prochaine, donc le 11 avril,
Seb et moi, on va être à Paris pour rencontrer les médias,
rencontrer des partenaires et vous rencontrer vous aussi les Distordus
parce que le 11 avril au soir, ça se passe à L'Assassin.
C'est un chouette bar où on est allé l'an dernier,
qui est super avec un bon choix de bière.
Et là, à L'Assassin, à compter de 19 heures,
Seb et moi, on va être là avec Ron aussi qui a illustré le livre.
Donc, on va pouvoir faire des dédicaces, prendre un verre ensemble, vous rencontrer.
C'est gratuit. On sait qu'il y a d'autres invités,
surprise que vous connaissez sans doute qui vont se joindre à nous.
Donc, ça risque d'être une soirée très intéressante à L'Assassin le 11 avril prochain.
Sinon, tout de suite après, on est à Québec pour le Salon du livre,
13 et 14 avril tout le week-end.
Vous allez voir, on va publier sur les réseaux sociaux
les heures de nos séances de dédicaces,
mais on est là presque toute la journée.
Oui, on a deux gros blocs chaque journée, le samedi et le dimanche.
Oui, exactement. Et le samedi soir, donc le 13 avril,
on fait un meet-up à Québec à la Corrigan à 21 heures.
Donc, venez nous rencontrer encore une fois.
Je pense qu'il y a plein de gens de Québec qui aimeraient nous voir.
Et nous, on a vécu longtemps là aussi.
Donc, on risque de revoir des vieux amis et ça risque d'être agréable.
Et on termine tout ça le 20 avril samedi soir dans le Vieux Hall,
donc tout près d'Ottawa et de Gatineau.
On donne une performance au festival TransHistory à 22 heures,
Comment disparaître à l'ère numérique.
Donc, la première performance live de Distortion qu'on va faire devant public.
On est bien excité aussi.
Oui, vraiment. On espère que vous y êtes.
Et c'est gratuit en transistor aussi, si vous voulez, vous pointez.
Donc, il n'y a pas d'entrée ou de billet ou quoi que ce soit.
Vous venez sur place et on vous accueillera.
Exactement. Et tous nos meet-ups sont gratuits aussi.
Oui, bien sûr.
Vous pouvez venir nous voir.
On va avoir des surprises sûrement aussi avec nous.
Donc, prenez en note toutes ces dates-là.
Ils sont déjà sur les réseaux sociaux, sur Instagram, Facebook, Twitter.
Vous pouvez trouver toutes ces dates importantes-là.
Bref, on se déplace énormément dans le prochain mois.
On a ben hâte. On a vraiment hâte de vous voir.
Et on a vraiment hâte de prendre un verre avec vous.
Parlant de verre, Seb, qu'est-ce qu'on boit aujourd'hui?
On a une bière spéciale.
Oui, absolument. On boit aujourd'hui la Dubel,
qui est une bière brune de tradition belge.
Et sa particularité, c'est qu'elle a été vieillie dans une barrique en fût de chêne
qui a servi à faire du rhum.
Et elle a été vieillie pendant 12 mois.
Ça lui donne...
Bonne goutte, hein?
Oui, puis elle a été mélangée avec une bière plus jeune.
Et c'est ce qui fait vraiment un mélange très, très bon.
Ça goûte bien le rhum.
C'est une bière extra-forte à 8,8 % d'alcool.
Oh yes!
Quand même, c'est une bière d'homme.
Et cette bière-là, elle nous a été offert par la jeune micro-brasserie,
en fait, la coopérative Pibrac, qui est située au Saguenay.
Oui!
Et cette bière a été offerte par Philippe,
qui nous a offert la bière par la tournée de bière, en fait.
Donc, si vous voulez faire comme Philippe et nous offrir de la bière,
comme à l'habitude, vous savez quoi faire.
Vous avez l'option Tournée de bière sur le site de DistorsionPodcast.com.
Exact.
Ou vous pouvez nous envoyer des suggestions de bière par les messages réguliers.
Ça nous fait toujours plaisir d'avoir des suggestions.
Et quand le moment viendra, eh bien, peut-être que ça sera la bière de la semaine.
Yes!
Toutes nos bières, en passant, transigent par Le Biérologre,
qui est notre boutique de bière préférée à Montréal, sur Ontario,
près du marché Maisonneuve, dans Hochelaga-Maisonneuve.
On a un shout-out aussi, 5 étoiles, qui nous vient de Fragola7388,
sur Apple Podcast, qui nous dit
« Un plaisir à écouter.
Rien de tel qu'un petit disto pour faire la cuisine ou profiter du soleil en terrasse. »
On a hâte, ça, ça s'en vient.
Oui. Merci à toi, Fragola.
Ça fait chaud au cœur.
Pour nous, ça nous aide toujours d'avoir des reviews à 5 étoiles.
Et puis, en passant, on est à quelques reviews,
d'avoir le mille-reviews total.
Et là, vraiment, on ne s'attendait pas à ça.
On a regardé ça ce matin, moi et Seb.
On a presque atteint le mille-reviews 5 étoiles.
Donc, merci vraiment à ceux qui nous donnent des reviews
sur toutes les plateformes, que ce soit Apple Podcasts ou Stitcher
ou Podcasts Addicts, tout ça.
Merci beaucoup.
Peut-être que cette semaine, on va atteindre le mille-reviews 5 étoiles.
Si vous ne l'avez pas fait, c'est le bon moment pour aller nous donner un review.
Exactement.
Et là, Seb, ça fait longtemps qu'on avait hâte de reprendre du micro
puis d'enregistrer ce hors saison.
Est-ce qu'on est prêt à se lancer dans l'histoire tragique de Narumi Kurosaki?
Oui, monsieur.
C'est parti.
Narumi Kurosaki, 21 ans, est une jeune étudiante japonaise
qui arrive tout droit de son université de Tsukuba,
dans la région de Tokyo, pour la rentrée de septembre.
Elle est inscrite au Centre de Linguistique Appliquée de Besançon,
en France, où elle doit étudier le français.
Son objectif est éventuellement de commencer à étudier le droit.
Narumi est une élève modèle,
elle a d'ailleurs reçu des bourses d'études de son université japonaise à Tsukuba.
D'origine modeste, la jeune femme était présentée comme joviale,
dynamique et enthousiaste à l'idée de découvrir la France et le reste de l'Europe.
Il s'agit d'une magnifique jeune fille souriante,
sportive, aux traits asiatiques magnifiques
et avec ses cheveux noirs qui tombent aux épaules.
Son semestre universitaire se déroule sur un an,
donc elle est bien partie pour vivre une année d'exploration de la France et de l'Europe,
étant donné que, on le sait, tous les pays sont assez près les uns des autres.
Dans un contexte de dépaysement total, bien loin de son Japon natal,
Narumi est de nature discrète, mais elle est très sociable et dynamique.
Elle ose aller vers les gens,
il ne prend pas trop de temps pour qu'elle se fasse des amis.
Entre autres, elle rencontre deux jeunes filles originaires de la même ville qu'elle au Japon,
avec qui elle entretient une amitié.
Et tiens, je pensais que ça pouvait être intéressant pour nous mettre en contexte
de parler un peu de la ville de Besançon et du fameux centre de linguistique appliqué.
Ce centre-là, le CLA de l'Université de Franche-Comté,
accueille à chaque année plus de 4000 étudiants arrivant de partout de par le monde.
Il est réputé pour ses hauts standards en matière d'études linguistiques
parce qu'on y enseigne plein de langues différentes,
dont le français, mais aussi l'allemand, l'espagnol.
Donc c'est vraiment un centre de linguistique reconnu.
Et aussi, entre autres, une des raisons pour laquelle ce centre-là est connu au Japon,
on va dire pourquoi une japonaise va à Besançon,
qui est une petite ville pour étudier ça.
En fait, la raison pour laquelle c'est connu au Japon,
c'est que la princesse Masako,
qui est la femme de l'héritier du trône japonais actuellement,
c'est là qu'elle y a fait ses études en langue elle aussi.
Donc ça entretient un genre d'aura autour de cette université-là pour les Japonais.
La ville de Besançon, elle, c'est une magnifique commune de l'Est de la France
qui est collée sur la Suisse et traversée par un fleuve, le Doubs.
On y compte environ 116 000 habitants.
Il s'agit d'une ville majoritairement universitaire où il fait bon vivre,
et plus de 40 000 étudiants y résident et y font leurs études.
Donc c'est quand même beaucoup, c'est presque la moitié de la population totale.
Très peu de crimes sont commis dans cette ville qui est en général très tranquille.
C'est magnifique, je ne suis jamais allé,
mais ce que j'ai vu pour la recherche, pour l'épisode,
ça semble être une très belle petite ville.
Bien d'accord.
Narumi est assez présente sur les réseaux sociaux.
Elle entretient un profil Facebook très actif,
où elle a eu 873 amis.
Le 16 septembre 2016, elle va publier une photo de profil avec une amie
sur le campus de l'Université de Franche-Comté.
Le 18 septembre 2016, elle change sa photo de couverture pour un jardin fleuri
avec la mention Besançon, France, dans la description.
Donc elle semble quand même bien aimer son séjour jusqu'à présent.
Le 4 novembre, elle publie une nouvelle photo de profil
avec la mention en français
Je suis simplement contente que j'ai la chance de découvrir
nouveaux endroits et de savoir ce qui se passe dans le monde.
Donc elle a écrit ça en japonais et en français.
Donc on voit qu'après quelques semaines,
bon c'est pas parfait comme français.
Elle a peut-être utilisé Google Translate aussi à ce point-là.
Mais bon, elle a quand même fait une petite description en français qui se tient.
Sur cette photo-là, en fait, elle est toute souriante.
Elle a une bière à la main, une Trappist West Malay,
une bière belge qui est pas trop loin de ce qu'on boit en ce moment.
Entre temps, elle s'inscrit à des cours de danse urbaine
comme elle fait dans toutes les villes où elle a étudié dans le passé.
Elle a d'ailleurs fait un autre stage en Australie plutôt au cours de ses études.
Elle rejoint donc le groupe de danse Naka Dance Crew
qui prennent part à toutes sortes d'activités
et qui organisent des performances dans la région de Besançon et un peu au-delà.
Pour elle, c'est l'endroit parfait pour se faire de nouveaux amis
et de pratiquer son français puis aussi de rester actif.
Au fil du temps, quelque part en septembre,
elle fait la rencontre d'un garçon français avec qui elle débute une relation amoureuse.
Toutefois, Narumi sort d'une relation tout de même assez longue
avec un autre étudiant qu'elle a rencontré au Japon,
un Chilien du nom de Nicolas Zepeda Contreras.
Ils se sont laissés durant l'été avant le départ de Narumi pour la France.
Puis Seb, est-ce que tu en sais un peu plus toi sur ce Nicolas Zepeda Contreras ?
Oui, bien sûr. En fait, Nicolas Zepeda Contreras est un étudiant chilien dans la mi-vingtaine
qui est auditeur libre à l'Université de Tsukuba au Japon.
Il est fils d'un riche PDG d'une compagnie de télécommunications chilienne.
Il n'a pas vraiment de programme d'études précis.
Il souhaite étudier comme auditeur libre et voyager.
D'ailleurs, il termine son semestre en 2015,
l'année où il a fait la rencontre de Narumi.
Les deux se rencontrent dans une activité qui était destinée aux nouveaux étudiants,
dont Narumi aussi faisait partie.
Il faut dire que l'Université de Tsukuba, qui est située à environ 80 km de Tokyo,
est reconnue pour ses programmes en technologie.
Elle accueille des étudiants d'un peu partout dans le monde.
C'est quand même deux personnes, Narumi et Nicolas, qui sont vraiment des étudiants…
Nicolas semble un peu plus auditeur libre, mais Narumi semble un peu plus sérieuse.
Les deux fréquentent des universités qui sont quand même assez prestigieuses dans leur domaine.
Oui, c'est deux personnes très intelligentes.
Nicolas et Narumi s'entendent plutôt bien.
Ils vont former un couple assez rapidement, un couple qui durera assez longtemps,
au point tel où ils vont même habiter ensemble pendant un an,
avant le départ de Narumi pour la France justement à l'été 2016.
Les parents de Narumi décrivent Nicolas à l'époque comme étant très intelligent,
avenant et très respectueux envers leur fille.
Il est même considéré comme un membre de la famille, bien sûr car il passe beaucoup de temps chez eux.
Le couple semble vivre heureusement.
Ils vont d'ailleurs partir en vacances et publier une vidéo sur YouTube qui documente leurs vacances,
un genre de vlog où on les voit tous les deux s'amuser au Japon,
visiter des marchés, faire du ski, s'embrasser, etc.
Toutefois, comme plusieurs relations, la leur s'essouffle un peu.
Ils décident de mettre fin à leur couple quelque part à l'été 2016.
Ils vont donc se séparer.
De toute façon, Narumi doit se concentrer sur ses études
et son gros voyage en France qui s'en vient rapidement.
Nicolas, lui, repart donc au Chili, sa ville natale, son pays natal, pardon,
et il se trouvera un boulot d'assistant-professeur à l'Université de Santiago, qui se tuait au Chili.
Oui, une rencontre un peu improbable,
mais en même temps, ça arrive souvent sur les campus universitaires,
même à Montréal, sur les campus comme McGill,
qui accueillent vraiment des étudiants de partout dans le monde.
Ça permet de faire des rencontres avec des gens de différents pays, différentes origines.
Et puis là, en fait, ce qui arrive, c'est comment ces gens-là vont se retrouver en France.
C'est quand même une autre histoire.
On revient tranquillement à notre chronologie.
On est en 2016, à l'automne.
La session universitaire suit son cours.
Tout se déroule bien pour Narumi et avec son nouveau copain français, en fait.
Quelques semaines avant le congé des fêtes de Noël, le 4 décembre, les choses vont basculer.
En sortant de son cours de danse vers 16h30,
Narumi est surprise par l'arrivée de son ex-copain Nicolas,
qui la surprend sur le campus du centre de linguistique appliqué.
Apparemment qu'elle s'effondre en pleurs de surprise à la vue de Nicolas.
Donc apparemment qu'elle est tout de même heureuse de le voir.
Ils se sont laissés quand même en bon terme.
Nicolas a tout un programme pour elle.
Il a loué une voiture de marque Renault, une Scenic,
et il se dirige vers la ville d'Ornans, située à environ 25 km de Besançon.
Ornans est la ville du peintre Gustave Courbet.
Il y a donc plusieurs choses en son nom,
dont un musée qui porte son nom,
que le couple va d'ailleurs visiter en début de soirée.
Je dis le couple, mais c'est pas clair comment ils se comportent exactement.
Ils vont ensuite se diriger vers un restaurant,
la table de Gustave, encore une fois en l'honneur de Gustave Courbet,
pour y passer la soirée.
Il s'agit d'un beau restaurant, un peu chic,
où l'on sort de des spécialités de la région.
Il s'agit aussi d'une auberge où il est possible d'y passer la nuit,
mais l'histoire ne nous dit pas si Nicolas avait prévu d'y passer la nuit à cette auberge-là.
Dans tous les cas, ils reviennent à Besançon en soirée sur le campus universitaire,
et les deux vont se diriger vers la chambre de Narumi,
la chambre 106 du bâtiment Théodore Rousseau.
Nous ignorons à ce moment ce qui se trame entre les deux.
Apparemment qu'ils semblaient heureux ensemble et d'agir un peu comme un couple,
mais en même temps, ils pouvaient avoir l'air apparemment de se comporter comme de bons amis,
donc je n'ai pas lu de témoignages comme quoi il y avait eu des rapprochements,
mais, somme toute, il semblait avoir une bonne chimie entre les deux.
En 3 heures et 4 heures du matin,
des résidents du campus entendent un hurlement provenant d'une des chambres des résidences étudiantes.
Certains sont réveillés par ce cri court,
mais ignorent s'il s'agit d'un cri de peur ou d'une expression de plaisir sexuel.
Les choses restent ainsi pendant quelques jours.
Le 15 décembre, la nuit vient de tomber sur le campus,
une atmosphère de début de vacances règne sur les lieux,
quelques étudiants s'attardent encore dans les allées,
certains rient, insouciant, heureux d'avoir enfin du repos.
D'autres passent vite leur chemin et semblent observer toutes les ombres avec inquiétude,
parce que cette journée-là, les policiers s'affairent sur le campus,
puisque ça fait plusieurs jours que Narumi n'a pas été aperçue
et qu'elle est absente des cours d'université et de danse auxquels elle est habituée d'assister.
Des rubans de dessin de crime sont posés sur la porte de la chambre de Narumi,
avec une mention écrite à la main « enlèvement et séquestration ».
Ça n'augure pas très bien.
Toutefois, Narumi est introuvable,
et quatre jours plus tard, le 19 décembre,
un navi de recherche va être lancé en France, mais aussi au Japon,
où les proches de Narumi commencent à s'inquiéter sérieusement.
Mais Seb, pourquoi les policiers ont pris autant de temps
à constater la disparition de la jeune fille?
Parce que, en fait, ça faisait déjà cinq jours qu'elle était disparue
lorsque les policiers se sont rendus à sa chambre.
Oui, tu as raison. Ça a été vraiment un « lag », un « lapse » dans le temps,
qui était assez important.
En fait, au cours des derniers jours, après la rencontre entre Narumi et Nicolas,
des proches et amis de Narumi continuaient d'avoir des discussions
par message-texte avec elle.
Elle justifiait son absence à son entourage de Besançon
du fait qu'elle devait s'absenter pour régler des problèmes de visa.
Donc, au départ, personne n'était vraiment inquiet de son absence.
Mais malgré tout, les policiers avaient un seul et unique suspect dans la mire,
Nicolas Zepeda Contreras.
Les journalistes nippons ont commencé à le traquer à Serena au Chili,
où vit la mère de Nicolas, ou à Temuco, qui est sa ville natale, en fait.
Car n'oublions pas, Narumi était japonaise
et l'éloignement ne fait qu'accentuer les soucis de la famille
et les amis de celle-ci.
Hélas, la famille va passer de Noël sans leur fille.
Moi, c'est assez triste.
Ça doit être horrible, je pensais toujours à ça.
Ça doit être tellement long.
On dirait que le temps des fêtes, étant donné que t'es en congé,
t'es moins occupé par le quotidien du travail,
ça doit être encore plus envahissant comme douleur, comme pensée.
L'enquête commence, en fait.
Le lendemain de Noël, le 26 décembre,
il y a un mandat d'arrêt international via Interpol
qui est alors émis à l'encontre de son ex-petit ami chilien,
Nicolas Zepeda Contreras, qui a 26 ans au moment des fêtes.
Selon les caméras de surveillance et les témoignages,
il est le dernier à l'avoir vu vivant le 4 décembre.
Et là, on va le voir, on va en discuter un petit peu plus tôt,
mais vraiment, les policiers vont réussir à établir
une chronologie des événements en traquant ces moindres gestes,
en faisant des liens entre les caméras de surveillance
et aussi plusieurs textos et même un recherche Google qui ont été faits.
Mais avant d'en arriver là, il faut parler un peu de la scène de crime, en fait.
Oui, absolument.
Il y a un peu plus de détails qui ont été révélés justement
sur ce que tu parles, Emile, la scène de crime.
Les policiers se sont rendus sur le campus, bien sûr,
où est située la chambre de Narumi.
Ils y découvrent à peu près toutes ses affaires personnelles
étaient dans la chambre, les vêtements, l'ordinateur, etc.
Par contre, il manque son téléphone intelligent,
ainsi qu'une grosse valise orange et une couverture de lit.
Peu d'autres détails seront dévoilés par les policiers par la suite.
Il ne semble pas y avoir eu de traces de sang dans la chambre.
Par contre, lorsque questionnés sur la technique employée,
les policiers vont évoquer l'étranglement ou encore la suffocation.
Oui, en conférence de presse, en fait,
les policiers n'ont pas dit grand-chose sur la scène de crime
par rapport à ce qu'on vient de vous mentionner.
La chambre semblait être assez normale.
Justement, il manquait cette valise orange, la couverture aussi.
Mais lorsqu'on les questionne,
les policiers sont sûrs à 100 % qu'il y a vraiment eu un crime dans la chambre,
mais sans traces de sang.
Plusieurs journalistes ont tenté d'évoquer
est-ce qu'il l'aurait tué par étranglement, par exemple, des choses comme ça.
Et puis, ils semblent être assez d'accord.
Ils ont été un peu loquaces là-dessus.
Il y a comme quoi la suffocation, l'étranglement, pourrait être la cause de la mort.
J'ai de la misère à comprendre comment ils ont pu figurer ça en fait,
mais bon, on ne le saura pas plus.
Oui, eux prétendent avoir toutes les pièces en main pour ça.
C'est juste nous qui sommes un peu dans le noir.
Ils vont aussi ajouter qu'ils ont trouvé des traces de sang à l'extérieur de la résidence,
près de la sortie arrière, ainsi que des traces de pneus de sa voiture.
Il est plutôt rare, apparemment, que les gens se rendent à voiture près de cette sortie de secours-là.
Et tout porte à croire qu'il y a eu un départ hâtif, bien sûr, à cause des traces de pneus.
Les enquêteurs sont convaincus à 100% qu'il y a eu un assassinat dans la chambre 106
de la résidence Théodore Rousseau, même si le corps de Narumi est toujours manquant.
Oui, car apparemment que la chambre de Narumi, la chambre 106,
tout près de cette chambre-là, genre en face, il y avait une sortie de secours
et c'est à l'extérieur de cette sortie-là, non seulement les enquêteurs disent qu'ils auraient retrouvé du sang,
mais aussi une dame qui fait l'entretien des résidences aurait corroboré la même chose.
Mais c'est étrange qu'il y a eu du sang là, mais pas dans la chambre en même temps.
Puis justement, le départ hâtif de la voiture laisse croire que,
potentiellement, peut-être que quelqu'un aurait amené le corps ou la valise ou le corps dans la valise
près de cette sortie-là pour le mettre dans la voiture et de filer à tout à l'heure.
Oui, je me demande s'il y a pas tenté de la manipuler justement à ce moment-là,
puis peut-être arrivé quelque chose aussi, ce qui explique peut-être le sang.
Bref. Cependant, Nicolas est parvenu à regagner son pays bien avant que la justice ne s'intéresse à lui.
Et Nicolas a bien sûr continué de mener sa vie au Chili comme si de rien n'était.
Depuis, par contre, ce fils de bonne famille n'a plus été revu dans son appartement,
si tu es dans un quartier chic de la capitale.
Il est en fuite, bien sûr, suite à son mandat d'arrestation.
Mais tu sais que c'est produit 10-12 jours plus tard après la disparition.
Il a eu le temps de revenir et de faire sa petite vie.
Le 27 décembre, un peu d'espoir se pointe pour l'entourage de Narumi.
Un tenancier de bar de la ville de Verdun, qui est tout près de Besançon,
affirme dans les médias, avant lui avoir servi à boire,
et même qu'elle a payé avec sa carte bancaire le 19 décembre.
Cependant, finalement, après plusieurs interrogatoires et de témoins,
ce n'était pas Narumi, bien sûr.
Oui, apparemment que ce tenancier-là était tout de même de bonne foi.
Exact.
Qui l'a vu quelqu'un qui lui ressemblait, mais ce serait pas elle, malheureusement.
Non, c'était pas pour créer des fausses pistes.
Le 3 janvier 2017, lors d'une conférence de presse d'envergure,
la procureure de la République de Besançon évoque le profil inquiétant
et envahissant du suspect obsédé par son ex-compagne.
Oui, apparemment qui est parti justement d'un conjoint bienveillant,
intelligent et avenant, tout ça.
Mais là, apparemment que là, les parents auraient parlé à l'avocate comme quoi
il avait aussi un tempérament très possessif et envahissant.
Oui, bien, suite à la rupture, il a dû avoir une évolution à travers ça.
Et on va le découvrir très bientôt.
Le lendemain de la conférence de presse, le 4 janvier 2017,
les médias japonais exhument une vidéo troublante qui a été enregistrée
en septembre dernier, quatre mois auparavant, sur le site Dailymotion.
On y voit Nicolas, face caméra, dans une pièce qui semble être
une salle de cours ou un grand bureau.
Il n'est clairement pas chez lui, dans une chambre.
Il menace ouvertement Narumi et la somme de remplir de mystérieuses conditions.
Cette vidéo a été publiée également sur les médias sociaux Nicolas,
qui a ensuite tenté de supprimer, sans succès, le web étant ce qu'il est
une fois que quelque chose est déposé dessus,
il tombe dans le trou noir du web à jamais.
On en écoute un extrait. Vous allez voir, il parle en anglais, Nicolas,
mais on va vous traduire par la suite.
Nous devons vivre d'une autre façon.
Nous devons vivre sans ces conditions.
Mais nous nous tromper, être honnête et ne pas se cacher.
Je pense que c'est une façon plus saine de vivre.
Les conditions sont appliquées, certaines pour son état entier en France,
et d'autres, en fait, pour toujours.
Et le statement est le suivant.
Si Narumi peut suivre ces conditions pour deux semaines,
deux semaines de maintenant, c'est le 7 février,
je laisserai les conditions sans effet,
sans effet immédiatement à ce moment-là.
Donc ça va être le 21 septembre.
Donc si, jusqu'au 21 septembre, elle suit toutes les conditions,
je vais les laisser, parce que je ne veux pas la laisser comme ça,
et je ne veux pas qu'elle la laisse comme ça,
mais en même temps, elle doit construire de la confiance
et elle doit payer un petit coût de ce qu'elle a fait,
et s'assumer qu'elle ne peut pas faire ce genre de erreurs
avec une personne qui l'aime.
Donc c'est assez troublant, on en découvre un petit peu plus
sur la personnalité de Nicolas,
et puis cette relation-là n'avait pas l'air si saine.
Donc je vous traduis un peu les éléments importants de la vidéo.
Donc il nous dit, cette vidéo est un statement,
donc un statut, une affirmation.
En raison d'erreurs commises par Narumi,
elle doit respecter certaines conditions
pour pouvoir continuer notre relation.
Je préférerais que l'on puisse tous les deux vivre sans ces conditions,
mais nous n'avons pas le choix.
Certaines conditions concernent son séjour en France,
d'autres s'appliquent pour toujours.
Elle ne peut pas être en France
et agir avec n'importe qui comme ça.
En même temps, elle doit regagner la confiance
et payer un certain prix pour ce qu'elle a fait.
Il lui reste deux semaines pour respecter ces conditions,
donc il mentionne le 21 septembre comme date butoir,
elle ne peut pas continuer à faire ce type d'erreurs
avec quelqu'un qui l'aime.
Qu'est-ce que tu as pensé de cette vidéo-là, Seb?
Moi, la première chose qui m'est venue en tête, c'est
est-ce que depuis la rupture, Narumi entretient
une relation par texto avec lui?
Ou du moins, pas nécessairement une relation amoureuse,
mais est-ce qu'elle entretient quelque chose avec lui?
Parce que dans son sous-texte, on dirait du message,
c'est comme s'il invoquait un peu de jalousie
et que ce n'était pas leur entente initiale.
Mais par rapport à quoi ils se sont laissés,
puis ce n'est pas de sa faute à elle,
tout s'est peut-être passé dans la tête de Nicolas,
mais je me demande s'il n'y a pas eu un entretien
qui se faisait une amitié, qui a continué
à vivre entre les deux virtuellement,
parce qu'elle a fréquenté quelqu'un en France,
ou du moins, l'élément déclencheur est où
avec sa menace?
C'est cet élément-là qui m'intrigue,
mais je ne suis pas convaincu.
Je ne sais pas si toi, qu'est-ce que tu en penses?
Déjà, on est en septembre, à la mi-septembre.
En la mi-septembre, ça fait quand même
un petit bout de temps que Narumi est en France.
Elle a commencé son même ses études.
Ça fait quelques semaines, en fait.
Pas tant, la session commence finir.
C'est apparemment qu'ils se sont laissés
quand même pas mal avant ça.
Je ne pense pas qu'en septembre,
on soit à un stade où la relation soit ambiguë.
Selon les parents, c'est bel et bien fini.
Depuis un bon bout de temps,
ils ne habitent plus ensemble.
Et Narumi, pas qu'elle a refait sa vie,
elle se focus sur ses études.
Elle fait ses cours, c'est sa priorité.
Elle a même rencontré quelqu'un d'autre.
J'ai la misère à m'imaginer
quelle est cette relation perdue entre Nicolas et Narumi.
Est-ce que, comme tu dis,
ils ont peut-être maintenu une relation virtuelle
malgré la distance?
Est-ce que par exemple,
il y avait eu une entente financière entre les deux?
Est-ce que Nicolas lui avait prêté de l'argent?
Est-ce qu'il y avait quelque chose
qui les liait encore entre eux
malgré le fait que le couple était brisé?
C'est ce que je me questionne en raison des fameuses conditions.
C'est presque qu'il y avait un contrat entre les deux.
Oui, c'est vraiment étrange.
Mais ça sonne comme un contrat de couple
dans ce qui dit qu'il faut agir,
qu'il y a même un prix à payer
et que la confiance a été brisée.
Moi, je trouve que ça sonne gojalu.
Je ne suis pas sûr que Narumi
lui a promis fidélité ou quoi que ce soit.
C'est surtout qu'elle n'est pas en couple avec lui.
C'est cet élément-là qui est vraiment étrange.
D'après moi, il a dû se faire un build-up dans sa tête
pour en arriver là.
C'est sûr qu'on le saura peut-être jamais.
Parce que la vidéo a été publiée.
Il semble s'adresser aux gens en général
parce qu'il parle de Narumi à la troisième personne dans la vidéo.
Il a été quand même assez maladroit de poster ça
parce que les gens ont quand même réussi à le retrouver.
C'était quoi l'idée derrière ça?
On se rappelle qu'en septembre, Narumi est encore vivante.
Quel est l'objectif de poster une telle vidéo comme ça?
Est-ce que c'était de la menacer?
Est-ce qu'il s'est assuré qu'elle l'a vue?
En même temps, Narumi semblait
être heureuse de le revoir en décembre.
Du moins de se comporter normalement.
Il n'y a pas eu de témoins qui ont dit qu'il y a eu une crise
ou une engueulade dans la journée
où ils sont allés au musée et au restaurant.
Elle semblait...
Pourtant, si j'avais vu une vidéo comme ça
à propos de ma copine,
j'aurais été troublé.
Mais peut-être aussi que Narumi n'a pas eu le temps de la voir.
Je suis convaincu qu'elle l'a pas vue, la vidéo.
Ça se peut quasiment pas.
Elle a été quand même difficile à retracer.
C'est même les médias japonais en fouillant
qui l'ont retrouvée.
Avec ce que tu dis et justement son comportement de décembre
où j'ai vraiment le feeling qu'elle n'a pas vue la vidéo,
elle s'est pas rendue à destination.
Mais on le saura jamais.
Ça n'a pas été dévoilé non plus dans l'enquête
ou du moins dans les éléments que nous, on connaît de l'enquête.
Ça me trotte dans la tête.
Est-ce que Narumi avait vu cette vidéo ou pas?
Parce que ça aurait pu l'alerter si elle l'avait vue
ou je ne sais pas, au contraire,
peut-être qu'étant prise dans une sorte de contrat
ou d'entente avec lui, elle a accepté de le voir à Besançon.
Elle a quand même amené à sa chambre.
Après, bien oui.
Si elle avait eu vraiment peur pour sa vie,
je suis vraiment convaincu qu'elle l'a pas vue la vidéo à cause de ça.
Parce qu'elle est claire, la menace.
Elle n'est pas tout le temps dans le sous-texte que ça.
Il y a vraiment de menaces.
Et l'ultimatum était dépassé.
Le 4 décembre, on était déjà dépassé de deux mois.
Son ultimatum.
Elle n'aurait pas accepté tout ça.
J'ai vraiment l'impression qu'elle l'a pas vue
parce qu'elle n'avait pas peur de lui à la base.
Du moins, tu ne l'amènes pas dans ta chambre.
Tu es quand même en zone neutre,
mais la chambre est tellement propice à toutes sortes de choses.
Ah oui, carrément.
On revient sur l'enquête rapidement.
Le lendemain, le 5 janvier,
on se rappelle que la vidéo a sorti le 4.
L'enquête progresse et les données GPS
extraites de la voiture louée par Nicolas à l'aéroport de Genève
ont conduit les enquêteurs à la forêt de Chao,
à la recherche du corps de Narumi.
Le trajet, il semblerait
que Nicolas soit arrivé à Besançon
via Madrid, où il aurait passé du temps,
et après à Genève, où il aurait loué une voiture
et là, il aurait conduit en France.
Parce que Genève, la Suisse, est très près
de l'Est de la France, donc près de Besançon,
près aussi de Dijon, où il aurait passé un certain temps.
Donc là, les enquêteurs essaient de refaire son parcours.
Ça fait combien de temps qu'il était sur le coup, en fait?
Est-ce que c'était prémédité, cet acte-là?
Donc, la forêt de Chao, qui est une grande forêt
qu'on retrouve dans cette région-là,
on se rend compte que Nicolas aurait fait plusieurs allers-retours
dans cet endroit, quelques jours avant sa rencontre
avec Narumi, au début décembre.
C'est peut-être le genre d'endroit
où on peut facilement dissimuler un corps.
Durant ces mêmes jours, selon aussi d'autres preuves
amassées, Nicolas s'est aussi rendu dans un magasin
à grande surface et il a fait des achats
un peu particuliers pour un gars en vacances.
On parle de cinq litres de liquide combustible,
d'une pioche et du matériel de bricolage,
du matériel un peu de construction.
Et ça, c'est des choses qu'on retrouve
grâce à ces relevés de carte de crédit.
Très étrange. Donc, est-ce que c'était justement
un acte prémédité?
On peut facilement croire que oui.
Aussi, son ordinateur a été complètement effacé,
wipeé, comme on peut dire, avec un logiciel
spécialisé. Et évidemment,
le téléphone cellulaire de Narumi est devenu inactif
après un certain temps, après avoir envoyé
les fameux textos. Des recherches à grande échelle
sont menées en forêt, la forêt de Chao,
pour tenter de retrouver le corps durant plusieurs
semaines, mais en vain. En fait, cette forêt-là,
c'est la deuxième plus vaste forêt feuillue
de la France. Si on cumule les nombreux lacs
et cours d'eau, ça fait environ 350 kilomètres
de terrain à parcourir. Lors de la fouille,
les autorités ont circonscrit leurs recherches
sur environ 2 à 3 kilomètres carrés.
Il n'est vraiment pas évident de faire des recherches
dans cette forêt, car le terrain est très escarpé
et très accidenté.
Il n'y a pas tant de population qui habite là,
de ce que j'ai lu. C'est énorme.
Les traces numériques nous apprennent aussi que Nicolas
aurait loué la voiture qu'il a utilisée avec Narumi,
la Renault Scenic, à partir de son ordinateur,
alors qu'il était à Dijon le 17 novembre.
On établit que le 17 novembre, il était bel et bien
en France, à Dijon, quelques semaines avant le crime.
Une témoin japonaise
va affirmer avec preuve, et écoutez bien ça,
que Zepeda lui a demandé
de lui traduire des phrases en japonais via texto
qui corresponde à ce qui a été envoyé
aux amis de Narumi par la suite,
par texto.
Ça, c'est assez fou.
Ces messages-là étaient envoyés directement par Zepeda
via le téléphone de Narumi qui l'a volé.
Lui, il avait une complice au Japon.
Complice, elle ne le savait pas, la pauvre.
Elle ne le savait pas, mais on se rappelle qu'il a étudié
longtemps au Japon, donc il y a des amis là-bas.
Il textait une amie au Japon,
et elle lui traduisait des phrases qu'il souhaitait
justement par rapport à ses problèmes de visa.
Lui, il envoyait ces textos-là en japonais
avec le téléphone de Narumi à ses amis
pour gagner du temps.
Ce qui explique entre autres
pourquoi ça a pris du temps
avant que l'alarme soit levée.
Suite au mandat d'arrestation émis contre Nicolas
de la part d'Interpol, la justice française
demande aux autorités chiliennes d'incarcerer
provisoirement le suspect pour un interrogatoire.
Cependant, le Chili refuse d'obtempérer
malgré qu'il soit soupçonné d'avoir planifié son crime
et d'avoir dissimulé le cadavre de Narumi.
Revirement situation un peu plus de dix jours plus tard,
les autorités chiliennes plient finalement
aux pressions diplomatiques de la France et du Japon,
et le jour de la Saint-Valentin, le 14 février,
c'est la tête haute et le visage impassible de Nicolas
qui apparaît publiquement à Santiago pour répondre
à une convocation de la Cour suprême de son pays.
S'il reconnaît sa présence à Besançon,
il nie toute responsabilité et, à fortiori,
toute préméditation que la justice française
considère comme un assassinat.
Le suspect a alors livré une version peu convaincante
de la chronologie des événements,
qui est non compatible avec certains faits
et objectifs relevés par l'enquête.
Quelles sont ces affirmations, Seb?
Les enquêteurs questionnent par rapport
à la raison qui a motivé son déplacement
à Besançon depuis Santiago.
C'est juste un pur hasard.
Son voyage en Europe où il débarque le 28 novembre,
le seul objectif, c'était pour aller en Suisse
pour y préparer un troisième cycle.
Et ensuite, son escale en Espagne,
ce n'était que pour y voir son cousin.
Le jour de son arrivée dans la péninsule
ibérique, il aurait reçu un e-mail
de Narumi. Dans ce fameux message,
la jeune Japonaise lui aurait reproché ouvertement
d'avoir mis fin à leur relation,
laquelle s'était pourtant terminée d'une manière consensuelle.
Nicolas s'étonne donc du ton adopté
et décide, en bon pacificateur,
de purger les tensions entre eux.
De plus, Narumi lui assurait qu'un séjour
en Franche-Comté valait le coup.
Si il est sceptique, Nicolas se dit
qu'il s'en assurera par une visite sur place.
Il dit avoir pris le train depuis Genève,
alors même que sa voiture de location
était déjà repérée en France,
et avoir retrouvé son ex le dimanche 4 décembre.
Déjà là, c'est plein de mensonges dans tout ce qu'il mentionne.
Philosophe, il dit qu'à la fin de sa réponse,
au courriel de Narumi, il lui a dit
que l'amour est plus fort que la haine.
Mais là, on n'a pas de preuve de ces affirmations-là.
Non, exactement. Ce n'est que son témoignage
au Chili. Et les autorités françaises
n'étaient pas sur place à ce moment-là.
C'était vraiment que le seul témoignage.
Il nous explique ensuite son arrivée en sol français.
Nous nous sommes retrouvés le dimanche 4 décembre
dans l'après-midi alors qu'elle était chez elle.
C'est aussi un mensonge.
Elle était surprise et en pleurs.
Nous nous sommes enlacés et je lui ai raconté
la raison de mon voyage en Europe.
Après leur retrouvaille, l'ancien couple est allé
dîner dans un restaurant de la ville de Ornant,
près de Besançon. Il dit avoir choisi ce restaurant-là
car le dimanche, selon lui,
les restaurants sont fermés à Besançon.
Ce qui est évidemment faux.
C'est une ville de 100 000 habitants.
Parmi tous les mensonges, je laisse vraiment croire
que Nicolas a menti aux autorités chiliennes.
Selon son récit, il serait ensuite revenu
dans la chambre de la jeune femme pour y avoir
des rapports intimes. Le cri de narumi qu'on a entendu
dans la nuit serait seulement du plaisir
après une relation sexuelle que finalement
elle aurait regretté.
Et que Nicolas a quitté en pleine nuit la chambre.
Les deux s'étaient supposément promis de se revoir
dès le lendemain. Par contre, il n'a jamais
cherché non plus à lui en donner.
Et il a regagné la Suisse le 7 décembre,
puis il retournait au Chili le 12 décembre.
Une semaine après son interrogatoire,
les autorités de Besançon ont diffusé
un communiqué de presse sur l'affaire.
Évidemment, mais le juge chilien regrette
l'absence du corps et la demande d'extradition
est toujours en cours d'élaboration.
Ce que l'on peut comprendre dans le sous-texte,
c'est que le juge a des doutes étant donné
que l'absence de cadavres, on dirait que
la justice chilienne n'a jamais voulu
collaborer à cause du manque de cadavres.
Comme si pour eux, ce n'était pas une preuve suffisante
tout ce que les enquêteurs pouvaient avoir trouvé.
Mais je ne sais pas jusqu'à quel point,
même au niveau policier légal,
au niveau de l'enquête, qu'est-ce qu'ils ont transféré
la police de Besançon aux autorités chiliennes?
Je ne sais pas si ils ont tout transféré le dossier,
toutes les preuves. J'ai un petit doute là-dessus
justement qu'ils ont dû garder tout de même
un pouvoir de réserve ou je ne sais pas,
mais il y a quelque chose qui me chicote
par rapport au transfert d'informations par rapport à ça.
Oui, je ne sais pas non plus. Tout ça,
c'est assez gardé secret. Je comprends aussi
parce que c'est quelque chose qui est encore en cours
et il ne faut pas trop en dévoiler. Mais au moins,
je veux dire, les autorités chiliennes doivent être
au courant de ce que nous, on est au courant.
On n'est pas juge, on n'est pas avocat,
mais selon moi, il y a matière à un interrogatoire
serré ici. Oui, absolument. Tout son voyage,
il ment, mais on dirait qu'il n'est pas conscient
que la police a déjà plein de réponses
aux questions qu'il lui pose.
Justement, le fait qu'il ment, c'est facile
de faire des corrélations et d'identifier les mensonges.
Oui, puis là, il gagne énormément de temps.
Pendant tout ce temps-là, on ne trouve pas
le quart de naromi. Pendant tout ce temps-là,
les preuves disparaissent. S'il l'a enterré,
s'il l'a brûlé, on sait qu'il a acheté
du liquide inflammable. Plus ça avance,
moins il y a de preuves. Je ne sais pas
si ça s'est terminé dans une forêt,
mais les animaux, tout ça, c'est très grave.
Cette perte de temps-là nuit énormément
la justice, selon moi. Oui, là-dessus,
il a bien joué son coup entre guillemets,
comprenez-moi bien, mais tout le temps
qu'il a fait perdre aux enquêteurs,
ça lui a énormément servi. Le temps
des compositions du corps aussi, il y a
tous ces délais-là qui aident.
La présence d'ADN disparaît. Oui, puis comme tu dis,
les animaux, c'est certain que s'il y a
des restes de chair après quelques jours,
ça ne restera pas là, je suis convaincu.
À l'arrivée du printemps, le 12 avril 2017,
une seconde large battue dans le bois
de parser à la recherche du cadavre de
Narumi est effectuée et 80 policiers y sont
mobilisés. Malheureusement, toujours sans
résultat. Près de cinq mois plus tard,
on ignore toujours sa localisation.
Les mois s'écoulent et l'enquête piétine
faute de cadavres et de suspects à
interroger, car le seul suspect, c'est
vraiment Nicolas, il n'y en a pas d'autre.
Près d'un an après sa disparition maintenant,
le 1er décembre 2017, la police diffuse
un nouvel appel à témoins à propos d'une
valise orange qui serait le seul objet,
ainsi qu'une couverture de lit, à avoir
disparu de la chambre de Narumi dans cette
fameuse nuit du 4 décembre. Cependant,
malgré tous les efforts déployés par
les autorités, toujours aucune trace
d'elle, ni de la valise, ni de la
couverture. Ce qui est étrange, c'est
que la valise, ils ont dû s'en rendre
compte assez rapidement. Pourquoi ça a
pris un an, encore là, avant qu'ils
fassent un appel à témoins, qu'ils
diffusent publiquement, qu'ils
recherchent cette valise-là? Je
comprends pas non plus pourquoi, est-ce
que c'est un inventaire de la chambre
à Narumi? Je pense que quelque part,
c'est le genre d'infos que peut-être
seul le tueur sait. Faut être vraiment
délicat quand on diffuse ce genre
d'infos-là. C'est pour ça qu'ils
diffusent rien d'autre à propos de la
chambre. Il y a peut-être des traces
de lutte dans la chambre, il y a
peut-être quelque chose du tueur qui
est dans la chambre, mais il n'en dit rien
parce que c'est de l'information que
seul le meurtrier connaît. Est-ce qu'il
l'a assassiné avec un oreiller? Ils
ne nous diront pas à nous. Est-ce qu'il
l'a assassiné avec ses mains, avec
un sac? On parle de suffocation,
d'étranglement, donc je pense que
c'est pour ça qu'ils sont un peu
hésitants là-dessus et qu'ils ont
peut-être attendu longtemps. On fait
un bond dans le temps et sept
mois plus tard, le 20 juin 2018,
les parents et la soeur de Narumi font
le voyage du Japon pour rencontrer les
policiers et magistrats bisontains,
les habitants de Besançon,
et pour se trouver un avocat pour
les aider. Pour eux, la mort de
Narumi reste inconcevable.
C'est sûr, je les comprends.
Pauvre eux, c'est un an et demi
plus tard, t'imagines.
Le 19 novembre 2018, le procureur
annonce l'abandon des recherches
du corps et annonce qu'une demande
pénale internationale, préalable
à la demande d'extradition, va être
émise à l'attention du Chili,
afin finalement de pouvoir procéder
sur place à l'interrogation
de Nicolas Zepeda-Contreras.
Pendant tout ce temps,
il est toujours au Chili
où il est à l'abri de la justice
française. Et le 26
mars 2019,
vraiment la semaine dernière,
un tournant important risque de faire
basculer l'enquête. Un juge
chilien accepte enfin
d'interroger rigoureusement le suspect,
qui est maintenant âgé de 28
ans. Le tout se déroulera
à la mi-avril de cette année,
donc on va vous tenir au courant.
L'objectif du procureur de Besançon
est que le Chili juge les charges
suffisantes pour mettre Nicolas
en examen, ce qui ouvrirait
la possibilité de l'extrader
en France. Donc on est vraiment ici
dans les stratégies diplomatiques.
Cependant, le camp
Zepeda-Contreras, qu'on se
appelle, est très influent. Son père est PDG
d'une grande compagnie là-bas. C'est normal
qu'il soit protégé comme il l'est actuellement.
Ce n'est pas n'importe qui.
Donc le camp de
Nicolas, qui a désormais accès au
dossier judiciaire, aura forcément
pour finir une stratégie de défense
et ses parents ont les moyens de payer
pour des bons avocats.
Il bénéficie d'un atout, l'absence
de corps, évidemment, on y revient toujours,
que les policiers s'échinent
toujours à retrouver, sondant à
l'intervalle régulier de cette fameuse forêt
de Chao, où il soupçonne Nicolas
de l'avoir dissimulé, étant donné
les nombreux allers-retours qu'il y a fait dans cette région-là
avant le crime.
Mais est-ce qu'il aurait fait ça pour
fausser les données? C'est possible aussi?
Parce qu'il a peut-être marché à pied aussi.
C'est rendu à un endroit.
C'est sûr qu'un corps, c'est quand même
pas évident, mais dans une valise, à la limite,
ça peut se rouler. Est-ce qu'il a décidé
de marcher, marcher, marcher encore plus loin
pour justement dire, comme tu dis,
fausser les pistes? On le sait pas.
Selon l'avocate de la famille Kurosaki,
le maître Sylvie Galet,
deux scénarios opposés
sont au final possibles.
Premièrement, le Chili accepte l'extradition.
Donc, selon ce scénario-là,
Nicolas est livré aux autorités
françaises. D'autres actes
d'instruction pourraient alors compléter le dossier
avant un procès aux assises à Besançon
pour rien d'autre que assassiner.
La deuxième option serait
que le Chili refuse l'extradition,
évidemment, et là, dans ce cas-ci,
c'est la douche froide. Dès lors,
la justice française peut se
défausser au profit de son
homologue chilien, libre de
stopper ou non les poursuites.
Autre option, plus probable,
le suspect sera jugé et peut-être
condamné à Besançon
en son absence.
Aucun traité d'extradition
n'existe entre les pays.
Mais lorsqu'il y a des cas majeurs
comme celui-ci, des crimes capitaux,
qui appellent, il est possible
d'en venir. Donc on pourrait le juger
en France même en son absence.
Mais à ce moment-là, est-ce qu'il
ne serait pas forcé de purger sa peine
en France, mais il pourrait être jugé d'avance.
Mais on aurait d'autres problèmes après.
Non, il serait condamné. Et même actuellement,
il ne peut pas sortir du Chili quand même.
À cause du mandat contre lui à l'international,
il est quand même toujours obligé
de rester au pays. Mais j'ignorais,
j'avoue, avant de fouiller ce dossier-là,
qu'on pouvait quand même
condamner quelqu'un qui n'est pas présent
dans le pays. Il ne fera pas de
prison, c'est juste qu'il...
Je comprends, c'est un peu...
On l'a vu dans le cas d'Amanda Todd.
Ah oui, t'as raison. Le Néerlandais
en fait, il a été condamné, mais
pas dans son pays. Ben non, t'as raison.
Et même au Canada, il est supposé de pouvoir...
Il a été extradé, entre guillemets,
au Canada pour son procès au Canada.
Et c'est vrai, il purge une peine
au Pays-Bas.
Donc effectivement, ça existe raison.
Donc c'est assez particulier.
Les proches de Narumi, eux,
restent dans une souffrance absolue,
dans l'ignorance à propos
de ce qui lui est réellement arrivé.
Et Nicolas Zepeda Contreras
va-t-il oui ou non un jour
révéler ce qui lui
est arrivé à Narumi? Entre-temps,
c'est une situation vraiment
tragique. Tout le monde est dans
le néant. La famille est en peine.
Évidemment, toutes ses
amis, aussi, japonais
et français, et même son petit ami,
il ne faut pas l'oublier, elle en avait un.
Tous ces gens-là, en ce moment, sont
en quête de réponse.
C'est très difficile pour eux.
On a contacté quelques
proches de Narumi, de notre côté,
à nous. On a échangé quelques mots,
rien pour évidemment
en faire un témoignage dans
le cadre du podcast. Mais
bon, les gens sont très attricités.
Ces professeurs nous disent que
eux, selon leurs droits de réserve,
ne peuvent pas vraiment s'exprimer
sur le sujet.
Des gens de son école de danse,
aussi. Elle était très appréciée
des membres
de son école de danse.
C'est très touchant.
Tous ces gens-là,
en fait, sont sans réponse.
Surtout la famille au Japon, qui est
en plus très loin physiquement
du Chili et de Besançon,
les lieux du crime. Ça doit être une situation
horrible à vivre.
Oui, exactement. Même je bonifierais
parce que l'avocate
qui est engagé par la famille
de Narumi est payé par l'université
de Besançon,
par le centre linguistique.
Mais par contre,
pour son interrogatoire
qui va avoir lieu dans deux semaines
au mois d'avril, l'université a
refusé de payer pour
envoyer l'avocate sur place
au Chili. C'est quand même une
triste nouvelle parce qu'elle aurait pu
en tant qu'avocate de la famille
amener un certain point de vue
ou du moins baliser
peut-être l'enquête.
Tout à fait.
C'était quand même une dure nouvelle malgré que
on ne peut pas en vouloir à l'université non plus.
Ils ont défrayé à ce qu'ils disent
plusieurs... Pendant quelques années.
Oui, c'est ça. L'avocate était toujours
sur le dossier.
C'est ça.
J'avoue que je trouve ça triste
que l'avocate puisse pas être là.
Au moins, les autorités, c'est eux qui ont le plus de pouvoir.
C'est les autorités françaises.
On se réconforte.
On a fait un peu le tour de la chronologie
des événements. Seb, on peut passer
aux théories
si on en a, évidemment.
Parce qu'il n'y a pas tellement place
au mystère là-dessus, si ce n'est que
de se questionner
sur le pourquoi de ce crime-là.
Je pense que c'est là que réside
le mystère.
Mais oui, c'est vraiment
une histoire qui crève le coeur
et qui doit être
énormément difficile à vivre
pour la famille. Oui, ça doit être horrible.
Et toi Seb,
qu'est-ce que tu penses de toute cette histoire-là
qu'on connaissait pas nous,
a priori, en fait? Non, pas du tout.
J'avais jamais entendu parler de ce cas-là.
Et ce qui me
chaville un peu, c'est
ce qui a pu l'amener à faire
ce geste-là. Tu sais,
pour faire le voyage
quand même du Chili.
La motivation, le mobile. Ben oui, exact.
Tout est parti de sa vidéo de menace
du mois de septembre, quelques jours avant
de l'enlèvement et l'assassinat
du moins présumé
de Narumi. Est-ce que c'est un genre de
gars vraiment jaloux, possessif,
qui n'est pas capable de se défaire de quelqu'un
parce que c'était vraiment...
Et est-ce qu'il était comme ça pendant qu'il était avec
elle? Parce que Narumi, c'est vraiment
une belle fille. Ça fait que selon moi,
elle devait quand même attirer le regard des gars.
Et si t'es pas capable de vivre avec
seulement ça, je parle pas d'infidélité,
mais juste de vivre avec ça, c'est vrai
que ça peut rendre... Il y a des gars qui
vivent fous avec ça. Si en plus
elle est à l'étranger, il peut pas la contrôler.
J'ai l'impression
qu'il a snappé dans sa tête.
Est-ce que ça se peut qu'il y ait une grande
part d'imagination là-dedans aussi?
Qu'il s'imaginait vraiment des
choses. Il y a sans doute
su par les branches que
Narumi s'était fait un nouveau petit-copain
en France. Est-ce que lui,
vraiment, ça l'a fait complètement
basculer mentalement à ce point-là?
Est-ce qu'il s'imaginait
qu'il avait été, je sais pas,
m'a trompé pendant
un certain temps sans qu'il sache?
J'ai l'impression que, comme tu dis, il a peut-être
snappé un moment donné, puis
il y a peut-être une certaine paranoïa
qui est sortie de tout ça. Je suis convaincu
que c'est ça. Sa vidéo semble vraiment aller vers
ça. Ça a l'air de dangereux.
Il est tellement... On va vous
la mettre sur le site, là, pas d'inquiétude,
mais vous irez la voir sincèrement. Son
attitude un peu détachée, puis même à la
fin comme relaxée.
Arrogante, même.
Oui, arrogante. Oui, puis ici, par exemple,
si tu n'écoutes pas ce qu'il dit, tu fais juste
regarder son nom verbal.
C'est comme chill, tu sais, à la
fin. Il fait quasiment un signe de peace.
C'est vraiment étrange,
son attitude.
Oui, c'est malaisant. Oui, vraiment.
Puis l'autre point, lui, est-ce qu'il y avait une copine?
Je me suis posé la question,
est-ce qu'au moment des faits, est-ce que lui,
il avait une blonde?
C'est pas que ça change tant que ça, les filles,
mais selon moi, il ne devait pas avoir
de blonde parce que tu te snaps moins pour une
autre fille, généralement, quand t'as quelqu'un d'autre dans ton
coeur. Mais, tu sais, même ça,
je me questionnais, tu sais, s'il y avait une blonde,
elle, comment tu réagis quand
on tchomme un mandat d'arrêt
contre toi, là?
Il y a cet aspect-là aussi
qui me troublait, puis même ses parents,
tu sais, même quand c'est ton
fils, tu sais, je comprends que tu veux le protéger
du mieux que tu peux, mais on parle très
peu du rôle des parents, là, tu sais, je comprends
qu'il est majeur, mais malgré tout,
il y a tout cet aspect-là qu'on
n'entend pas vraiment. Oui, les parents
de l'accusé semblent assez absents,
là. Oui, exact, parce que je sais que le
temps avant qu'il y ait son mandat d'arrêt international,
lui, il avait continué sa vie, c'était trouver
une job d'assistant-professeur,
mais dès qu'il a eu son mandat, là, il s'est mis à
se cacher un petit peu plus. Mais
il se cachait où, là, tu sais?
Puis, tu sais, le Chili, c'est pas si grand dans le sens
que, tu sais, il y a tous ces aspects-là
qui me
laissent un peu perplexe, là,
dans toute l'histoire. Et toi, Emile,
c'est quoi tes opinions par rapport
à tout ça? Ben, un peu comme toi, tu sais,
les fameuses conditions dont il parle dans la
vidéo, tu sais, quelles étaient ces conditions-là?
Est-ce que c'est juste dans sa tête à lui
où il y avait vraiment un accord
entre passé, là, entre lui
et Narumi? Est-ce que vraiment il y avait une relation
contractuelle? Est-ce qu'elle lui
avait de l'argent? On sait que son père est riche,
je sais pas s'il a aidé à financer
les études, mais je sais en même temps que Narumi
a eu plusieurs bourses d'études, donc
peut-être pas en même temps, mais
sur quoi c'est basé, là,
ces fameuses conditions-là? Moi,
ça me chicote vraiment.
Puis aussi, qu'est-ce qu'il a fait du corps,
en fait? Parce qu'on se rappelle, lui, il est parti
du Chili. Il est allé en Espagne
par la suite à Genève
et en France par la suite.
Donc, il est pas dans un lieu
qui fréquente énormément. C'est pas un gars
qui connaît la région, là, comme
je sais pas, moi, des chasseurs du coin,
en fait, qui connaissent les boisés
et les repères. Il y avait une voiture
louée. C'est super facile de
retrouver une voiture louée. Oui, bien oui.
Donc, c'est super facile de retrouver cette voiture-là,
de faire des tests dans cette voiture-là,
des tests d'endéans et tout ça. On n'a
aucun détail là-dessus. Malheureusement,
je présume que les autorités ont tout ça
en main, mais nous, on le sait pas,
évidemment. Mais, donc,
comment il a fait pour se débarrasser
de ce corps-là? En fait, je trouve que c'est quand même
un grand exploit de faire ça
dans un pays qui est pas le tien
si loin de ce que
tu connais. Donc, il aurait acheté
5 litres de liquide inflammable, mais
5 litres de liquide inflammable,
c'est pas beaucoup pour se débarrasser d'un corps
qui est composé à 70 % d'eau.
On le sait, brûler un corps,
bon, certains diront
que ça prend un incinérateur,
qui est toujours à un degré très élevé,
mais ça a été un peu débunké,
notamment dans le procès de Stephen Avery.
C'est possible à la maison
de faire... à la maison!
C'est possible sans incinérateur
de faire brûler un corps,
mais ça prend des heures
d'entretien. Je crois que
les gens, dans le cas de Stephen Avery,
ont réussi à reproduire
dans un délai de 6, 7, 8 heures environ,
mais c'est un feu qui est constamment
alimenté. Donc, avec 5 litres
de combustible, je suis pas sûr
qu'on va loin. Donc, ça prend vraiment,
il faut alimenter ce feu-là à un degré
très, très élevé, et puis ça attire
l'attention à faire un gros feu.
Même si c'est dans la forêt de chaud
qui est très grande, ça peut attirer
l'attention. C'est un
gros feu. Donc, est-ce qu'il aurait acheté
ces
bouteilles de liquide
inflammable-là dans le but de forcer
les pistes? Est-ce qu'en fait,
il l'enterrait? Le mot aussi, ça fait
partie du mystère. C'est des choses
que je crois qu'on va savoir une fois qu'il va
avoir un vrai procès, puis qu'il va être
extradit. Non, effectivement.
Mais tu sais, la forêt, je me suis même demandé
est-ce que d'avant, s'il avait choisi cette forêt-là
parce qu'il y a du googler, là, tu sais,
ça peut se trouver quand même, la grosse forêt
France, tu sais.
J'ai l'impression quand même
que planifier ça, étant donné, c'est
différent à aller-retour. Oui, c'est sûr.
Il y a du repérer. Puis je repense, pendant que
tu parlais, tu sais, le combustible,
est-ce qu'au lieu de brûler le corps, il y a du
l'enterrer, étant donné qu'il a acheté une pioche,
mais est-ce que justement, le combustible ne servait
peut-être pas juste à éliminer la valise,
les draps et les vêtements?
D'autres preuves. Toutes d'autres preuves qui
peut être un peu plus facile à brûler rapidement
et que par la suite, il a enterré le corps
et justement, lorsqu'une décomposition, s'il y a pas
de vêtements, mais tu sais, c'est les vêtements
qui sont plus longs à décomposer, donc c'est
peut-être plus facile à dissimuler.
C'est vrai. Mais c'est tellement,
tu sais, je n'ai jamais vu cette
forêt-là, mais juste les photos que j'ai vues sur
Internet, et la taille, c'est vrai que c'est immense,
puis je me mets dans la peau des policiers,
tu sais,
tu sais, enterrer quelqu'un, tu peux, si tu fais
ça comme il faut, j'imagine que tu sais,
ça peut ne pas paraître non plus,
puis 10 jours,
30 jours, même les recherches
en forêt, ça a pris vraiment du temps,
autre que l'enquête débute, c'est
plus qu'un mois plus tard. Il a gagné
beaucoup de temps. On est
à deux ans après l'été, même un peu
plus. Le corps a le temps
de se décomposer, il a le temps de se faire
manger. Oui,
parler
par des animaux, donc c'est
vraiment fou, en fait. Mais la question
que moi je me suis posé par la suite, c'est
est-ce que c'est possible de faire condamner des gens
pour meurtre sans cadavres?
Oui. Puis en fait, oui,
c'est possible. Puis même dans certains cas,
ce qui est peut-être encourageant pour ce
cas-ci, c'est que lorsque
le meurtrier, en fait,
a fait tout
ce qui est possible pour
camoufler, pour cacher
l'information face à où est-ce qu'il a mis
le cadavre, ça compte comme facteur
aggravant. Donc, en fait,
ça peut nuire aux preuves,
mais en même temps, s'il réussit à prouver qu'il
a vraiment dissimulé l'information
volontairement par rapport au cadavre,
ça va jouer contre lui. Puis on l'a vu
dans certains cas, notamment en des cas de
tueurs en série, où ça s'est vraiment
produit. Dans le cas de Jeffrey Dahmer, par exemple,
qui est un des plus grands tueurs en série,
en fait, il y a
quatre personnes qui l'assassinaient,
James Dockstater,
Richard Guerrero,
Edward Smith et David Thomas.
Donc, dans ce cas-ci,
les corps auraient été démembrés et
jetés dans les poubelles, comme un peu
était le modus operandi de Jeffrey Dahmer.
Donc, on n'a pas retrouvé
ces corps-là, mais il a quand même été
condamné aux meurtres de
ces quatre personnes-là et d'autres,
évidemment, mais ça a joué dans la balance.
Aussi Albert Fish, qui est un des plus grands
tueurs en série, lui aussi,
au début du siècle,
dans les années 20. En fait, lui, il aurait
tué la jeune Grace Budd en
1928 et il aurait confaissé
dans une lettre à sa mère, imagines-tu,
de l'avoir mangée
sur une période de neuf jours.
Donc, c'est assez troublant,
mais Albert Fish, il y a un épisode de
Ars Moriendi sur lui, je vous conseille
d'aller l'écouter,
c'est tout une histoire.
Oui, c'est fou, ça fait sauver un peu d'épicerie.
Oui, oui, mais de toute façon, ce gars-là,
Albert Fish, a tellement fait de meurtre
que je veux dire, il n'y a pas assez d'années dans une vie
pour la peine qu'on l'a
condamnée, mais il a quand même été
condamné pour ce meurtre-là de
cette jeune Grace Budd qu'on n'a pas
retrouvé le cadavre. Et plus
près de nous, un autre histoire,
en fait, 1er novembre 2018,
quelqu'un que
moi, je connaissais personnellement,
que mon cercle d'entourage connaissait
personnellement, la jeune Josiane
Arguin, en fait, qui est disparue
plutôt
en novembre
2018. Une histoire
extrêmement triste, en fait, sa maison
a été fouillée entièrement
à la recherche d'indices par les enquêteurs
du service de police de la ville de Montréal
et aussi des unités
d'écris majeurs de la Sûreté du Québec.
Et puis, en fait,
son conjoint à Josiane,
Simon Brin d'Amour,
a été accusé de meurtre au second
degré de Josiane
et d'outrage à son cadavre,
dont il aurait disposé dans les poubelles
et le corps n'aurait toujours pas
été retrouvé. Triste histoire.
Oui, triste histoire. Le procès n'a pas encore eu lieu,
on veut tenir au courant, mais le fait qu'il y ait
pas de cadavre n'empêche pas le fait
qu'il est formellement accusé et
que ça va le suivre.
Donc, ça n'a pas nuit aux procédures,
ça va même jouer en tant que facteur
aggravant, puisqu'il l'a dissimulé
et puis qu'il a caché l'information
aux policiers. Donc, il y a
de l'espoir, même s'il n'y a pas de cadavre, il y a moyen
quand même de faire recondamner
des accusés. Il y a plein d'autres exemples
dans plein de pays de
gens qu'on a réussi à
le faire. Donc, de ce côté-là,
je pense que cet individu-là,
Nicolas Zepeda Contreras,
se joue en ce moment sur du temps
emprunté. Oui, vraiment. Et puis, tu sais, ça fait
du sens. C'est logique, en fait,
qu'on puisse condamner des gens, même s'il n'y a pas de
cadavres, quand tu as toutes les preuves
qui t'amènent vers ça.
Je veux dire, à un moment donné, on est des
êtres humains aussi, on comprend, on est capable
d'être logique, puis d'analyser
de l'information. Donc, ça fait vraiment du
sens, mais c'est super intéressant, les cas
que tu as amenés.
Ça conclut cet épisode hors saison,
cher Distordu. J'espère que vous avez apprécié.
Ça va nous faire plaisir de se revoir
dans la vraie vie, parce que vous le savez, on est
en petite tournée pendant le mois d'avril.
Donc, n'hésitez pas à venir
nous voir au Meetup sur Paris,
sur Québec, pendant le Salon du Livre.
Tous les détails sont sur
nos réseaux sociaux. Vous pouvez nous suivre,
évidemment, sur Instagram, sur
Facebook, sur Twitter, YouTube
aussi, on est là. Et on
regarde, on lit tous vos messages,
bien évidemment. Et puis, n'oubliez
pas sur notre site web DistorsionPodcast.com,
vous pouvez trouver tous nos épisodes et
trouver de la marchandise aussi. Si vous voulez
refaire votre garde-robe
estivale, eh bien, il y a tout ce qu'il faut
sur notre site DistorsionPodcast.com.
Seb, aurais-tu un mot
de la fin pour nous ce soir?
Suivez bien nos traces numériques
pendant notre périple des prochaines semaines.
Si nous disparaissons,
ce sera à vous de nous retrouver.
Écouter Distorsion
Écouter



