#33 - La boîte mystérieuse de Lori Erica Ruff

Épisode

#33 - La boîte mystérieuse de Lori Erica Ruff

Saison
3
Épisode
33
Durée
54 min
Format
Audio

Audio

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La veille de Noël 2010, Lori Erica Ruff, une mère de famille de 42 ans, se suicide dans la cours d’entrée de ses beaux-parents. Alors que la famille tente d’expliquer ce geste inattendu, ils se rendent chez elle pour fouiller sa maison. Dans le fond de sa garde-robe, on trouve une boîte mystérieuse verrouillée à clé. Dans cette boîte, son ex-mari va trouver des documents personnels troublants qui mettront en doute la réelle identité de sa femme. Le contenu de cette boîte sera mis à la disposition d’internautes qui mèneront l’enquête, et qui feront de très intéressantes découvertes. Mais qui donc était Lori Erica Ruff?

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:00]

Vous êtes sur le point d'écouter Distorsion, un podcast sur des histoires étranges de l'ère numérique.

[00:49]

En 2013 et au cours des années suivantes, des milliers d'éternotes ont tenté de percer le mystère de Laurie Erika Roth.

[00:57]

À 41 ans, cette mère de famille a commis un suicide la veille de Noël sans raison apparente.

[01:04]

Au fond de son placard, une boîte mystérieuse contenant d'étranges documents personnels est retrouvée.

[01:10]

Ce pourrait-il que Laurie ne soit pas cette mère de famille bien rangée, telle qu'on la connaît dans son petit village du Texas?

[01:17]

Restez avec nous alors que l'on se plonge dans une des plus fascinantes recherches d'identité que l'internet a connue.

[01:31]

Sébastien Évec, comment ça va ce soir?

[01:32]

Ça va bien Emile Gauthier et toi?

[01:34]

Ça va très bien parce qu'aujourd'hui on boit une blanche de style belge, la Turlutte ou encore la Blanche d'Oschlag.

[01:43]

C'est une bière, une blanche, on ne le dira jamais assez, à 4,2 % d'alcool.

[01:48]

Vraiment délicieuse, c'est brancé par Archibald, mais pour le biérologue, qui est sans doute une des plus belles boutiques de bière à Montréal.

[01:55]

Oui, vraiment, il y a du choix, il y a vraiment de tout.

[01:59]

Cette bière-là nous est offerte par Robert, merci à toi Robert qui nous a offert ça via la tournée de bière au distortionpodcast.com.

[02:07]

Donc si vous voulez faire comme lui puis encourager le show, rendez-vous sur notre site web, il y a l'onglet Tournée de bière et vous pouvez nous offrir une bière comme vous voulez

[02:16]

et même nous suggérer une bière dans votre région, ça va nous faire plaisir de la boire.

[02:21]

On a aussi un shout-out 5 étoiles sur Apple Podcasts qui nous vient de Zambeziar.

[02:26]

Elle nous dit vraiment génial comme podcast.

[02:28]

J'adore l'ambiance et le suspense, je vous écoute durant mes voyages en transport en commun et je ne peux plus m'en passer.

[02:35]

Encore quelqu'un qui est accro à distorsion, encore un junkie.

[02:39]

Oui, un distordu junkie.

[02:42]

Le cas de ce soir, Montseb, je suis très content qu'on se plonge là-dedans, une histoire, une confusion d'identité.

[02:48]

Cette femme mystérieuse du Texas qui s'est enlevé la vie à Noël 2010 et qui a laissé une boîte mystérieuse au fond de son placard

[02:58]

qui a vraiment fasciné les internautes pendant plusieurs années. Comment t'as trouvé ça te plonger dans ce mystère-là?

[03:05]

Assez fascinant comme mystère et en fait ce qui est intéressant c'est qu'il y a quand même eu des développements il y a à peine deux ans

[03:11]

qui ont vraiment amené à découvrir son identité, mais toute cette quête-là et surtout ce qui va être intéressant aussi de se questionner

[03:19]

c'est le pourquoi cette femme-là a caché son identité ou du moins vous allez voir durant l'épisode.

[03:26]

C'est un peu ça qui est quand même assez troublant parce qu'on n'a pas de réponse.

[03:29]

Comme on vous a dit dans l'introduction, elle s'est suicidée sans vraiment laisser de message par rapport à son geste

[03:37]

ce qui rend encore plus la chose mystérieuse.

[03:40]

De multiples rebondissements vous allez voir. Suivez-nous jusqu'à la toute fin, vous ne le regretterez pas.

[03:45]

On vous invite à rejoindre la conversation après sur notre groupe de discussion sur Facebook, vous savez où ça se trouve.

[03:52]

Je présume que vous êtes déshabitué et vous prenez part déjà à la discussion.

[03:56]

Donc si ça vous intéresse d'en discuter avec nous, le groupe de discussion sur Facebook c'est la bonne place.

[04:02]

Et sinon Seb, inscription à l'infolette je crois.

[04:05]

Oui l'infolette, on a maintenant une infolette. Vous pouvez aller vous inscrire sur notre site web.

[04:10]

Vous allez voir, elle est soit dans la colonne de droite ou sous chaque publication d'épisodes.

[04:17]

Et vous allez recevoir, si vous vous inscrivez à la newsletter, une infolette lorsque l'épisode est diffusé

[04:23]

ou lorsqu'il va y avoir des mini-distos, lorsqu'on va avoir de la marchandise ou tout autre chose qu'on va vouloir communiquer avec vous.

[04:30]

Des nouveaux stickers par exemple.

[04:32]

Oui, et même des rabais, des choses comme ça. Donc c'est vraiment pour nous un bon contact avec nos amis dit ordu.

[04:39]

Donc n'hésitez pas à aller vous inscrire sur le site, inquiétez-vous pas, on ne vend pas votre courriel.

[04:43]

On évite les scandales.

[04:45]

Oui c'est ça.

[04:45]

Seb, est-ce que t'es prêt à te plonger dans une des plus grandes quêtes d'identité qu'on a vu sur Reddit?

[04:51]

Oui monsieur.

[04:53]

C'est parti.

[04:56]

Laurie Erica Kennedy est une femme en fin trentaine récemment déménagée au Texas, au Texas de l'Est plus précisément.

[05:04]

Elle est déménagée au début des années 2000.

[05:07]

Laurie est une belle brunette, une femme de carrière très intelligente même.

[05:11]

Elle a gradué de l'Université du Texas en 1997 en administration des affaires.

[05:16]

Elle va rencontrer Blake Ruff en 2003 lors de classes bibliques qui sont organisées dans la région de Dallas au Texas.

[05:26]

Blake est un bon gars, un homme de famille, quelqu'un qui a des bonnes valeurs et qui ne recherche pas nécessairement une vie compliquée.

[05:34]

Il y a des gens comme ça.

[05:35]

Oui.

[05:36]

Il a lui aussi fait des hautes études à l'Université du Texas en économie et par la suite il s'est dirigé dans le domaine des télécommunications.

[05:43]

Il a travaillé pendant des années pour Verizon qui est un fournisseur de réseaux, câbles, etc.

[05:52]

Blake est aussitôt attirée par Erica qui est assez suffisante, qui est grande, mince, qui a un look quand même assez stylé.

[06:00]

Elle était aussi très brillante.

[06:02]

Elle avait aussi de très bonnes valeurs puis entre autres une qualité qu'il aimait bien c'est qu'elle adorait les animaux.

[06:07]

Blake et Laurie vont former un couple et tranquillement ça va se solidifier et le couple va s'implanter dans la région de Longview qui est située à l'est du Texas.

[06:17]

Ils sont plutôt bien lentiers, ont des bons emplois dans des bons domaines.

[06:21]

Ils vont fréquenter même les Country Club et ils seront bien connus dans la petite municipalité de Longview.

[06:26]

Les grands-parents de Blake d'ailleurs habitent dans cette région et puis eux, ils avaient fait fortune dans l'industrie pétrolière dans les années 30 aux États-Unis comme c'est le cas de plusieurs familles.

[06:37]

Oui, c'était les bonnes années du pétrole.

[06:40]

Laurie était plutôt discrète et peu locace sur son passé.

[06:44]

Elle n'a jamais donné beaucoup de détails à Blake sur son passé, sur sa vie familiale avant d'avoir déménagé au Texas.

[06:52]

Elle lui dit qu'elle venait de l'Arizona et que ses deux parents sont décédés et qu'elle n'a aucun frère ni sœur.

[06:59]

Selon ses dières, son père était un courtier à la bourse, un broker, qu'elle qualifiait de pas très doué en fait.

[07:05]

Un peu moins d'un an après leur rencontre, en 2004, ils vont décider de se marier.

[07:10]

Le couple s'est marié expressément dans une petite église en périphérie du Texas avec seul le prêtre comme invité.

[07:16]

Ça, c'est quand même assez particulier.

[07:18]

La sœur de Blake explique que lorsqu'ils ont voulu faire annoncer le mariage du couple dans le journal local, comme c'est un peu la tradition, le couple s'est tout de suite opposé à cette pratique.

[07:28]

En même temps, faire annoncer un mariage dans le journal local, c'est quand même assez old school.

[07:34]

Oui, c'est peut-être traditionnel ça, j'avoue que…

[07:36]

J'avoue qu'au Texas, c'est quand même assez conservateur et religieux, donc je présume que c'est coutume là-bas.

[07:43]

Exactement, mais j'avoue que le comportement de ne pas vouloir l'annoncer…

[07:48]

En fait, je comprends, moi-même, je me suis marié seul dans le Sud, sans famille, et ça crée toujours une déception chez les parents.

[07:56]

Ça fait que je peux imaginer pour une annonce qu'on aussi peut créer un peu ce froid-là.

[08:01]

Ils ont ensuite acheté une belle maison à Leonard au Texas, une petite ville d'environ 2000 habitants.

[08:09]

Laurie était souvent seule et elle travaillait aussi à partir de la maison.

[08:12]

C'était une consultante marketing, en fait, et elle avait quand même de la facilité avec l'informatique.

[08:17]

Elle faisait beaucoup de manipulations de base de données, même du support technique à différentes entreprises, dont des cabinets de dentiste, des choses comme ça.

[08:24]

Elle allait dans les restaurants et les autres commerces où elle faisait des rapports aussi des services à la clientèle.

[08:28]

Vous savez, les clients mystères.

[08:32]

Ça, c'est un truc que j'ai jamais fait. J'aurais toujours voulu faire ça.

[08:34]

Ça doit être une belle job, ça.

[08:35]

Oui, quand même, ça doit être assez intéressant.

[08:38]

Le couple ne socialise pas tant que ça avec les habitants du village.

[08:41]

En fait, ils trouvent même le couple un peu mystérieux et distant, ce qui n'est pas nécessairement non plus dans les habitudes familières.

[08:48]

Une petite communauté.

[08:48]

Oui, exact.

[08:50]

Leur voisin Média affirme que même qu'en six ans, il a discuté avec le couple qu'une seule fois.

[08:54]

Ce qui est quand même assez étrange, même à Montréal, on parle plus que ça, nos voisins, en six ans.

[08:59]

Laurie prenait souvent de longues marches autour de leur maison en évitant même le regard des autres.

[09:04]

Par contre, personne ne faisait de cas avec son comportement, je veux dire des voisins.

[09:08]

Je veux dire, si on les trouve juste bêtes, s'ils ne nous parlent pas, on n'en fait pas de cas.

[09:11]

Les gens croient simplement que le couple vivait dans leur bulle, sans vouloir trop d'interaction extérieure.

[09:18]

Rendu à la fin trentaine, Laurie, un peu comme beaucoup de femmes, voulait avoir un enfant assez rapidement.

[09:23]

Parce qu'on s'entend, la fin trentaine de clock is ticking quand même pour les femmes.

[09:28]

Mais ça ne fonctionnait pas pour le couple. Elle a eu plusieurs fausses couches à répétition.

[09:32]

Elle a commencé à suivre même des traitements pour la fertilité et même à penser à d'autres méthodes alternatives

[09:37]

pour donner naissance ou du moins adopter ou des choses comme ça.

[09:41]

Heureusement, en 2008, elle a accouché d'une petite fille qui a été conçue par insémination in vitro.

[09:47]

Donc finalement, ils ont réussi le couple d'avoir une belle petite fille qui s'appelle Laurence.

[09:53]

Laurie passait tout son temps avec sa fille. C'était devenu vraiment le centre de sa vie.

[09:57]

Mais elle continuait quand même à fréquenter les salontés comme elle aimait toujours le faire malgré son côté un peu antisocial.

[10:03]

Elle avait toujours l'habitude de sortir de la maison et prendre l'air et aller prendre le thé, elle adorait ça.

[10:07]

Par contre, Laurie, c'était vraiment une mère qui était très très protectrice.

[10:10]

Elle refusait que les gens prennent la petite dans leurs bras ou même que quelqu'un la garde, en particulier même la belle famille.

[10:18]

Imaginez les conflits que ça peut créer si vous avez des jeunes enfants

[10:22]

et vous ne voulez pas que sa grand-mère ou son grand-père ou qui que ce soit la prennent,

[10:27]

ça peut quand même être assez insultant pour la famille.

[10:29]

Je peux comprendre que certaines mères veulent vraiment contrôler un peu ce que leurs enfants font

[10:35]

puis qu'ils ont une relation fusionnelle avec eux.

[10:39]

Mais par contre, personne ne peut refuser justement une petite soirée de couple

[10:43]

et puis faire garder l'enfant chez la tante ou chez les grands-parents.

[10:50]

Donc, elle même à ce niveau-là, elle refusait.

[10:53]

C'était vraiment, même quand c'était pour offrir un coup de main pour elle,

[10:57]

elle refusait totalement parce qu'elle voulait trop être constamment avec sa fille.

[11:02]

Vraiment, à la limite, c'est malsain pour l'enfant

[11:04]

parce que c'est important que l'enfant apprenne à socialiser

[11:07]

et qu'il fréquente d'autres personnes que ses propres parents.

[11:11]

La famille de Ruff, bien sûr, explique que la façon dont elle se comportait avec sa fille

[11:15]

démontrait qu'elle n'a pas été souvent en contact avec des enfants,

[11:18]

ce qui pouvait expliquer qu'elle nous le disait justement qu'elle n'avait pas de frères et soeurs.

[11:21]

Elle avait aussi plusieurs drôles de comportements sociaux.

[11:24]

En plein milieu de plusieurs rencontres amicales ou de voisinages,

[11:27]

elle pouvait s'en aller d'un coup et elle disait qu'elle allait faire une sieste.

[11:31]

C'est quand même assez particulier en plein milieu d'une fête en tant que tel.

[11:36]

Blake a commencé à trouver les comportements lui aussi difficiles à accepter,

[11:40]

surtout envers sa propre famille.

[11:42]

Il présume qu'elle n'était probablement pas à l'aise en famille

[11:44]

et qu'elle avait sûrement un problème d'estime de soi.

[11:48]

Ce n'est pas une hypothèse incorrecte.

[11:53]

Il commence aussi à soupçonner que le passé mystérieux de sa femme

[11:56]

est peut-être plus tragique qu'on le pense.

[11:59]

Je vous rappelle justement qu'elle ne s'est jamais vraiment beaucoup dévoilée sur son passé.

[12:06]

Contrairement à lui, elle posait énormément de questions à Blake

[12:09]

pour savoir toutes sortes d'informations, même les recettes familiales,

[12:13]

mais elle ne voulait jamais partager son passé avec lui.

[12:17]

Blake, pour dire quelques mots sur lui,

[12:20]

c'est un homme qui n'avait pas une forte opinion sur plein de choses dans la vie.

[12:26]

C'est quelqu'un qui était quand même assez distant,

[12:30]

qui n'avait pas tellement une personnalité extravagante.

[12:33]

Il avait un frère jumeau et il avait souvent tendance à suivre les mêmes comportements que son frère.

[12:39]

C'est quelqu'un qui a assez bien accepté le secret de Laurie.

[12:43]

Même si elle refusait d'en dévoiler beaucoup sur son passé et sa famille,

[12:47]

puis de ce qui s'est passé avant qu'elle déménage au Texas,

[12:50]

Blake ne questionnait pas vraiment ça.

[12:53]

Il faisait confiance à sa femme et acceptait ce jardin secret qu'elle avait depuis longtemps,

[12:59]

qu'elle gardait seulement pour elle.

[13:01]

Parce que c'est un trait de caractère quand même.

[13:03]

Ce n'est pas nécessairement tout le monde qui aurait accepté ça.

[13:06]

Moi, je me mets dans cette situation-là,

[13:08]

puis je ne suis pas sûr que ça me leverait des drapeaux rouges.

[13:12]

Il y a des couples qui sont beaucoup plus fusionnels,

[13:14]

puis qui refusent tout secret, qui veulent tout partager, les comptes en banque.

[13:19]

Pas de secret.

[13:20]

Là, c'est complètement l'opposé.

[13:22]

Cette situation-là a fait en sorte que leur couple battait de l'aile depuis quelque temps.

[13:26]

Ils ont décidé de faire une thérapie de couple, mais cela n'a pas fonctionné.

[13:30]

En 2010, Blake va déménager chez ses parents à Longview et demande le divorce officiellement.

[13:37]

À ce moment-là, Laurie va rester dans sa grande maison de Leonard au Texas.

[13:43]

C'est Laurie qui avait la garde à temps plein de leur petite fille,

[13:46]

mais quand même, il partageait une certaine garde partagée.

[13:50]

Mais c'était elle qui avait la garde principale.

[13:53]

À un certain moment, la vie de Laurie va basculer.

[13:56]

Elle s'est mise à perdre du poids.

[13:58]

Elle va se confier même aux membres de l'église près de chez elle.

[14:01]

Elle consultait régulièrement le pasteur.

[14:04]

Elle se confiait à lui, puis elle lui parlait à répétition de ses problèmes de couple

[14:08]

et se questionnait sur ce qui n'allait pas avec elle et pourquoi leur mariage s'est détérioré.

[14:13]

Elle est tombée vraiment dans une déprime intense où elle remettait tout en question.

[14:20]

Ce changement de vie, la casseur avec son couple,

[14:23]

malgré le fait qu'elle avait toujours sa fille avec elle, ça ne suffisait plus.

[14:26]

Ça l'a complètement fait basculer sa vie.

[14:29]

Elle commença même à devenir incohérente dans sa façon de s'exprimer, dans ce qu'elle écrivait.

[14:36]

C'est là que la relation avec la famille Ruff s'est vraiment détériorée.

[14:41]

Elle a commencé à envoyer des courriels haineux envers la famille, chez ses parents par exemple.

[14:46]

C'est devenu inacceptable même pour Blake.

[14:50]

Ils ont soupçonné à un certain moment que Laurie avait volé les clés de la maison.

[14:54]

Ils ont donc demandé à un juge d'émettre une ordonnance pour qu'elle reste loin d'eux et de leur propriété.

[15:00]

C'est assez problématique quand tu es dans une situation de garde partagée et que ton ex habite chez ses parents.

[15:06]

Oui, il devait donner un point de rencontre ailleurs pour s'échanger l'enfant.

[15:13]

Je ne sais pas comment ils ont pu gérer ça même à cette époque-là.

[15:18]

La garde, on n'a pas vraiment de détails, mais ça a dû être assez ardu.

[15:21]

On ne peut pas se contrôler. C'est quelqu'un qui a dépassé un peu les bornes au-delà de penser au bien-être de sa fille.

[15:29]

Tout ça a créé une descente ténébreuse pour Laurie.

[15:33]

La veille de Noël, le 24 décembre 2010, le père de Blake fait des recherches dans ses documents dans le garage.

[15:41]

Il aperçoit la voiture de Blake, un Chevrolet Tao noir, donc un genre de pickup, de camionnette, dans l'entrée de la maison de la belle famille.

[15:49]

Et là, il va jeter un coup d'œil dans la voiture et il va faire une découverte à glacer le sang.

[15:56]

Laurie s'est enlevé la vie le jour même à l'aide d'un coup de feu en pleine tête.

[16:02]

Elle avait à ce moment-là 41 ans et elle s'est suicidée dans la cour de ses beaux-parents.

[16:08]

C'est assez incroyable. Je me demande, on parle souvent de sa fille et tout ça, elle était où au moment du suicide?

[16:16]

On n'a pas eu aucune information. C'est certain que c'était dans le temps des fêtes.

[16:21]

J'ose imaginer qu'elle n'était pas dans la voiture et qu'elle était chez un membre de la famille à Blake.

[16:28]

Mais espérant que cette petite fille-là n'a pas assisté à ce drame-là, mais selon moi, non.

[16:32]

Sinon, j'ai l'impression qu'on l'aurait su.

[16:34]

On présume peut-être, moi non plus, je ne l'ai pas vue dans le cadre de recherche.

[16:38]

Il faut dire que ce n'est pas non plus une histoire qui est extrêmement couverte par les médias, grand public.

[16:43]

Il y a quelques articles, énormément de pages Reddit.

[16:47]

C'est difficile. La famille n'a pas accordé d'entrevue.

[16:49]

Je pense que je n'ai jamais vu ou très peu rarement vu Blake s'exprimer par exemple.

[16:54]

Donc la famille a vraiment gardé cette histoire-là secrète.

[16:57]

Avec raison aussi.

[16:58]

À ce moment-là, oui. Mais comme tu dis, je présume que la petite fille Lauren,

[17:02]

c'était sans doute chez ses parents, chez ses grands-parents, dans la maison familiale.

[17:08]

Jamais je croirais que Laurie n'était pas spécifiée nulle part.

[17:12]

Donc elle devait passer Noël, j'ose croire avec sa famille.

[17:16]

J'imagine malgré l'ordonnance de ne pas approcher la famille.

[17:20]

On n'a pas non plus de détails sur l'arme qu'elle a utilisé pour s'enlever la vie.

[17:24]

J'ai cherché beaucoup à savoir où est-ce qu'elle a trouvé ça.

[17:27]

Est-ce que c'est une arme de poing?

[17:29]

On sait qu'on est au Texas, donc quand même les règles sont différentes là-bas.

[17:34]

Ou est-ce que c'est une arme de chasse?

[17:35]

Ou est-ce que c'est quelque chose d'une arme qu'ils avaient à la maison familiale?

[17:38]

J'ai aucun détail là-dessus. Je n'ai rien trouvé à ce propos-là.

[17:41]

Aucun détail.

[17:43]

Autre fait assez particulier.

[17:45]

Lorsque c'est suicidé, elle a laissé deux lettres de suicide en fait dans la voiture.

[17:51]

Dans les deux lettres, il y avait une lettre de 11 pages qui était adressée à son ex-mari Blake.

[17:56]

Elle commençait à mon fabuleux mari.

[17:59]

C'est quand même assez particulier.

[18:01]

Et l'autre, c'était une lettre qu'elle adresse à sa fille,

[18:04]

et qui était écrit dessus qu'elle ne voulait pas qu'elle l'ouvre avant ses 18 ans.

[18:09]

C'est assez particulier.

[18:12]

On va le savoir, mais au moment qu'elle a écrit ça,

[18:15]

je me demande si elle croyait vraiment que cette demande-là allait être respectée par la famille.

[18:20]

Qu'est-ce qu'elle voulait lui dire dans une lettre à sa majorité?

[18:24]

La famille bien sûr a tout de suite ouvert les lettres.

[18:27]

Ils n'ont pas attendu les 18 ans.

[18:29]

J'aurais fait la même chose.

[18:31]

Ils n'ont découvert aucune information sur les motifs du suicide.

[18:34]

Les lettres comprenaient apparemment que des phrases décousues.

[18:37]

Si vous voulez en voir sur Internet, il y a quand même quelques scans.

[18:40]

C'est vrai que c'est vraiment particulier.

[18:42]

Il y a des mots, des chiffres, il y a toutes sortes de trucs d'écrit

[18:46]

qui ne sont pas nécessairement cohérents en tant que tels.

[18:48]

Ils ne font pas toujours du sens.

[18:50]

Après les funérailles de Laurie,

[18:52]

ça a pris quand même un peu de temps avant que la famille

[18:55]

est voir dans sa maison qu'elle habitait à Leonard,

[18:57]

donc la petite petite municipalité du Texas.

[19:00]

Et puis, évidemment, ils sont allés faire un tour

[19:03]

pour voir s'ils ne pouvaient pas y trouver des informations supplémentaires

[19:07]

sur ce qui l'a amené à expliquer son suicide.

[19:10]

Comment elle s'est rendue là?

[19:12]

Peut-être qu'il y a plus d'indices là où elle habite.

[19:14]

Ils ont découvert la maison complètement en désordre,

[19:18]

avec des piles de linge sale et de vaisselle souillées.

[19:22]

Il y avait même des déchets accumulés tout le tour de la maison

[19:26]

et sur le plancher dans le salon.

[19:28]

Apparemment que ce n'était pas très beau à voir.

[19:31]

Le lit de sa petite fille était souillé.

[19:33]

Et là, il y avait des notes écrites à la main

[19:36]

retrouvées partout dans la maison, même sur les boîtes,

[19:39]

sur les murs, sur les meubles.

[19:41]

Donc partout où c'était possible d'écrire,

[19:44]

Laurie avait grébouillé des choses sur les murs.

[19:47]

Encore une fois, ce n'est pas des trucs qui sont très bien organisés,

[19:51]

un peu comme les lettres qu'elle a laissées lors de son suicide.

[19:55]

On sent qu'il y avait vraiment un problème mental,

[19:58]

qu'il y avait une psychose qui était en cours.

[20:00]

Il trouvèrent aussi plusieurs documents déchiquetés

[20:04]

et des feuilles avec des notes, comme je vous le dis,

[20:06]

qui ont été déchirées, qui ont été passées à la déchiqueteuse.

[20:09]

Et dans un des gares de robes,

[20:11]

ils vont trouver une petite boîte fermée à clé.

[20:15]

Et là, c'est là que le mystère s'amplifie, mon cher Seb.

[20:19]

Sur cette boîte est inscrite Craft,

[20:22]

un peu comme une boîte de bricolage ou d'artisanat.

[20:26]

Blake est bien au courant de cette boîte, il la connaît.

[20:28]

Mais comme il respecte la vie privée de Laurie,

[20:31]

on l'a dit tout à l'heure, il ne questionnait pas énormément

[20:33]

Laurie sur son passé, il n'a jamais osé l'ouvrir.

[20:36]

Non, puis même que j'avais lu qu'elle lui avait empêché

[20:39]

de l'ouvrir, même qu'elle ne voulait pas qu'il l'ouvre,

[20:42]

puis lui, par respect, justement, il ne l'a jamais fait.

[20:44]

Mais je ferais pareil. Moi, on dirait que j'aurais tendance

[20:47]

à respecter cette partie-là.

[20:51]

Puis lui, il l'a fait pareil. Peut-être que c'est...

[20:54]

Mais c'est un bon comportement. Est-ce que tu irais lire

[20:56]

le journal intime? Si par exemple, tablon d'un journal intime,

[20:59]

je trouve que c'est un peu la même chose. Chacun a le droit à un petit jardin.

[21:02]

Tout à fait, bien sûr. Il indique que selon Laurie,

[21:06]

cette boîte devait contenir des effets personnels

[21:08]

qui proviennent d'avant son déménagement,

[21:11]

des trucs plus liés à son enfance, par exemple.

[21:14]

Et là, cette boîte-là, elle est barrée, mais assez facilement,

[21:17]

ils vont réussir à l'ouvrir avec un tournevis,

[21:19]

puis ils vont découvrir plusieurs documents,

[21:23]

donc plusieurs notes écrites à la main.

[21:25]

On va y trouver une longue série de numéros sur une page,

[21:28]

comme des numéros de compte ou encore des dates.

[21:31]

Mais c'est vraiment pas clair pour avoir vraiment analysé.

[21:34]

Il n'y a aucune cohérence.

[21:36]

J'ai l'impression, quand on regarde le document,

[21:39]

c'est comme une série de chiffres séparés avec des tirées.

[21:43]

Puis c'est souvent juste deux chiffres. Par exemple,

[21:45]

82 ou 44, ou des chiffres comme ça.

[21:49]

Moi, j'ai l'impression que c'est peut-être des dates.

[21:52]

Des dates, oui.

[21:53]

On va y revenir plus tard, mais j'ai peut-être une petite théorie sur cette feuille-là.

[21:57]

Excellent. On va y trouver aussi une autre page

[21:59]

qui est presque complètement couverte de notes.

[22:01]

On y trouve le nom d'un avocat, des numéros de téléphone,

[22:04]

beaucoup de dates et l'inscription, oui,

[22:06]

ça, c'est vraiment particulier, de 402 mois.

[22:09]

On se demande vraiment dans quel contexte...

[22:12]

C'est écrit textuellement comme ça sur la page, c'est très clair.

[22:14]

402 mois, qui c'est qui indique une durée de temps

[22:17]

sous ce format-là? C'est tout de même assez étrange.

[22:20]

Puis si je ne me trompe pas, c'est un rapport de...

[22:22]

Ça ne viendrait pas un rapport de police, mais il y avait de quoi avec le milieu carcéral?

[22:27]

Oui, peut-être qu'il y a certaines personnes

[22:29]

qui ont spéculé que peut-être que ce chiffre-là

[22:32]

était en lien avec une peine carcérale de 402 mois.

[22:36]

Oui, ou de travaux communautaires ou quoi que ce soit,

[22:39]

mais jamais on n'a vraiment eu la réponse de ça.

[22:42]

On voit aussi une inscription à un certain moment de Pacific Bell

[22:45]

qui est un fournisseur de téléphone.

[22:48]

Est-ce qu'il y a une note de compte de téléphone là-dessus en plus?

[22:51]

Les notes sont vraiment écrites dans tous les sens.

[22:54]

Ce n'est pas comme sur une feuille lignée de bas en haut,

[22:57]

de gauche à droite, c'est vraiment dans tous les sens.

[23:00]

On pourrait tourner la feuille de chaque sens, puis on trouverait des notes écrites.

[23:03]

On voit aussi trouver une lettre de recommandation d'un certain Roger Steinbeck

[23:07]

imprimé sur une lettre officielle de l'hôtel de Urenthal

[23:10]

à Bangkok en Thaïlande,

[23:12]

où il explique qu'il a engagé Laurie lorsqu'elle était au secondaire

[23:15]

pour faire des tâches en échange d'un loyer.

[23:18]

Il recommande fortement Laurie, indique qu'elle est très très bien éduquée et productive.

[23:23]

Oui, c'est une belle lettre écrite, signée.

[23:26]

Qu'est-ce que ça fait là-dedans?

[23:29]

Bonne question, par contre.

[23:30]

Peut-être qu'elle était fière.

[23:32]

C'était peut-être dans ses premières lettres de recommandation,

[23:36]

et pour elle, c'est un achievement.

[23:39]

J'avais un peu cette théorie-là.

[23:41]

On va aussi trouver une pièce qui est vraiment intrigante dans la boîte,

[23:43]

un certificat de naissance d'une certaine Becky Sue Turner,

[23:47]

une petite fille de deux ans, qui est morte tragiquement

[23:50]

avec deux membres de sa famille dans un incendie en 1971.

[23:56]

À ton affaire, un vol d'identité,

[23:58]

c'est là qu'on peut quand même se questionner

[24:00]

qu'est-ce qu'elle faisait avec ça dans une boîte secrète, barrée,

[24:04]

souclée dans son placard.

[24:05]

Mais c'est surtout que ce qu'on retrouve dans la boîte,

[24:09]

il n'y a pas grand-chose qui fait de sens.

[24:10]

Je comprends la lettre de recommandation.

[24:13]

C'est une lettre qui date de l'époque où elle était au secondaire.

[24:16]

Ça fait quand même assez longtemps.

[24:18]

Donc, est-ce que ça a vraiment une valeur maintenant

[24:20]

quand tu es diplômé de l'Université du Texas

[24:23]

en administration des affaires et que tu as un bon emploi?

[24:27]

C'est un bon CV rempli.

[24:28]

Pourquoi tu gardes cette lettre de recommandation?

[24:31]

Quelle est la valeur à garder l'espèce de drôle de feuille de note

[24:34]

avec plein de gribouillis décrits là-dessus?

[24:38]

Par contre, le certificat de naissance,

[24:40]

c'est un vrai indice et c'est ce qui va vraiment allumer l'enquête.

[24:45]

On revient donc en 2011,

[24:47]

un peu après le suicide de Laurie Erica Ruff.

[24:51]

Joe Villing, qui est un détective

[24:53]

de la Social Security Administration,

[24:55]

le bureau fédéral qui administre tout ce qui est

[24:59]

assurance sociale, les retraités,

[25:01]

les handicapés, les vétérans.

[25:05]

Lui, Joe, il travaille vraiment

[25:08]

au département du vol d'identité.

[25:10]

Il est habitué de retrouver des arnaqueurs, des voleurs,

[25:13]

des gens qui ont volé des numéros de carte de crédit

[25:16]

qui s'en ont servi, des gens de tentative

[25:19]

de faux passeport ou de choses comme ça,

[25:21]

des gens qui sont habitués à frauder l'aide sociale,

[25:26]

justement des gens qui vont

[25:28]

faussement se blesser, par exemple,

[25:30]

pour pouvoir recueillir une forme de salaire par rapport à ça.

[25:34]

Il est habitué de trouver des petits arnaqueurs

[25:37]

comme ça dans son travail quotidien.

[25:39]

Par contre, cette enquête-là,

[25:42]

à la recherche de Laurie Erica Ruff,

[25:44]

va se révéler être la plus difficile de sa carrière

[25:47]

et sans doute la plus marquante.

[26:21]

Il part donc de la boîte secrète.

[26:24]

Il a accès à tous les documents qui sont à l'intérieur

[26:26]

et va tenter de remettre les pièces du puzzle en place.

[26:29]

Il va tout étendre sur son bureau,

[26:31]

en plus des cartes officielles de Laurie Kennedy

[26:33]

qu'il a retrouvées dans sa maison.

[26:36]

Il va tenter de déchiffrer la chose

[26:38]

et de créer une chronologie des événements.

[26:42]

Il émet d'abord un avis de recherche

[26:44]

sur la réelle identité de Laurie Erica Ruff,

[26:47]

qui va à partir de ce moment-là même rebaptiser Jane Doe,

[26:50]

parce qu'il la considère officiellement

[26:52]

comme une voleuse d'identité,

[26:55]

vu qu'elle aurait peut-être volé l'identité

[26:58]

de cette Becky Sue Turner, âgée de deux ans.

[27:01]

Oui, en plus d'avoir volé l'identité,

[27:03]

elle n'a plus de réelle identité.

[27:06]

Pour ça, on l'a attribué ce nom-là.

[27:10]

Au départ, Joe, le détective,

[27:12]

est bluffé par la situation.

[27:14]

Tous les scénarios sont possibles pour lui.

[27:16]

Il ne sait pas dans quelle direction aller.

[27:19]

Selon lui, elle n'a sûrement pas fait ça pour l'argent.

[27:21]

Laurie étant très bien enti,

[27:23]

la famille de Blake aussi l'a fait ses études.

[27:26]

Il ne la considère donc pas comme une voleuse potentielle

[27:29]

ou une non-nackeuse, mais quand même, il y a un mystère-là.

[27:33]

Oui, parce que elle a fait ses études

[27:34]

sous son dernier nom d'emprunt.

[27:37]

Est-ce qu'elle tentait de camoufler certains crimes

[27:40]

qu'elle aurait commis dans le passé?

[27:42]

Est-ce qu'elle-même a été victime d'un crime

[27:44]

ou même sous la protection des témoins?

[27:46]

Ça, je trouvais ça une théorie quand même assez intéressante.

[27:50]

Encore une idée qui a traversé l'esprit de Joe,

[27:52]

c'est qu'elle soit une espionne du KGB.

[27:55]

Ce qui pourrait être possible, c'était quand même

[27:57]

une hypothèse crédible à l'époque.

[27:59]

Joe est très embêté quand il ne peut rien trouver

[28:01]

au sujet de la femme avant 1988.

[28:04]

Il va tenter de créer une ligne du temps

[28:06]

entre les deux personnages,

[28:08]

Laurie Erika Ruff et Becky Turner,

[28:12]

la petite fille de deux ans

[28:14]

qui s'est fait voler son identité par Laurie.

[28:17]

On va remonter sur son parcours de changement d'identité.

[28:22]

On se rappelle que son nom c'était

[28:24]

Laurie Erika Kennedy lorsque elle a rencontré Blake.

[28:27]

En mai 1988, elle a fait une première demande

[28:30]

pour obtenir une copie du certificat de naissance

[28:33]

de Becky Turner.

[28:34]

Ça, c'est des informations que Joe est allé chercher,

[28:38]

entre autres, en parcourant des documents judiciaires

[28:41]

et notariés dans son enquête.

[28:45]

Elle va faire cette demande pour le certificat

[28:47]

de naissance de Becky Turner.

[28:49]

La demande s'est faite à partir de Bakersfield

[28:51]

en Californie, dans un autre État.

[28:54]

Elle a ensuite voyagé vers Lidao,

[28:56]

un autre État américain,

[28:58]

où elle a obtenu une carte d'identité de l'État de Lidao

[29:02]

le 16 juin cette année-là.

[29:04]

Très rapidement, elle a réussi à obtenir

[29:07]

le certificat de naissance et une carte d'identité

[29:11]

sous le nom de Becky Turner,

[29:14]

grâce au certificat de naissance, un mène à l'autre.

[29:18]

Je n'en reviens pas encore de la puissance

[29:20]

de ce document-là.

[29:21]

C'est incroyable. Je ne sais pas la bonne expression

[29:23]

au lieu de dire « fourrer le système ».

[29:25]

Ça reste un papier.

[29:26]

Oui, c'est juste un papier.

[29:28]

On n'est pas encore à l'époque des empreintes digitales

[29:32]

qui pourraient avoir une authentification un peu plus

[29:35]

cohérente et véridique d'un être humain.

[29:38]

J'ose croire qu'en 1988, c'était quand même un peu différent.

[29:41]

Oui, l'informatique n'était pas le même non plus.

[29:45]

On s'entend sur un fonctionnaire qui prend un papier.

[29:47]

La majorité des gens non plus ne volent pas d'identité.

[29:51]

Il y a cet aspect-là.

[29:52]

Une fois qu'elle a obtenu son permis de conduire,

[29:55]

elle se rend devant un juge à Dallas le 5 juillet 1988,

[29:59]

puis elle réussit à faire changer son nom

[30:01]

pour Laurie Erica Kennedy.

[30:03]

Grâce à son ancien certificat de naissance

[30:05]

et à son nouveau permis de conduire, elle a réussi à faire ça.

[30:11]

Généralement, quand on veut changer de nom,

[30:13]

il faut quand même avoir une bonne raison.

[30:15]

On n'a jamais eu la raison officielle,

[30:17]

ou du moins je ne l'ai jamais vu dans les documents,

[30:20]

trouver la raison officielle que le juge a autorisée

[30:24]

son changement de nom complet.

[30:28]

Je sais que si on a des problèmes familiaux,

[30:30]

peut-être qu'elle a dû inventer une histoire.

[30:33]

Je ne suis pas certain que, même encore à l'époque,

[30:35]

il y avait beaucoup de gens qui faisaient des méga enquêtes,

[30:37]

mais encore là, on voit une certaine faille

[30:39]

d'attribuer un autre nom à quelqu'un,

[30:41]

pas juste le nom de famille, le prénom et le nom de famille,

[30:45]

encore à partir de pièces d'identité.

[30:48]

C'est vraiment une faille encore une fois.

[30:50]

Il lui a donc fallu deux mois à Laurie Erica Kennedy

[30:53]

pour obtenir cette nouvelle identité, quand même assez fabuleux.

[30:58]

Tous ces documents-là,

[31:02]

elle a même reçu un permis de conduire officiel

[31:04]

du Texas en 1989.

[31:06]

On peut vous dire qu'à ce moment-là,

[31:08]

la transition vers l'identité de Laurie Erica Kennedy est complète.

[31:13]

Elle a ensuite complété son secondaire,

[31:15]

parce qu'imaginez-vous qu'elle était au secondaire à cette époque-là.

[31:17]

Elle était jeune quand même.

[31:19]

Elle a réussi à continuer ses études

[31:22]

au Dallas County Community College

[31:24]

et finalement, elle a obtenu son diplôme

[31:26]

en administration des affaires de l'Université du Texas

[31:29]

à Arlington en 1997.

[31:32]

Comme on voit, pendant toutes ces études,

[31:35]

elle a eu assez de pièces d'identité pour s'inscrire.

[31:38]

On dirait qu'il suffit que tu t'embarques dans le système

[31:41]

au secondaire, au lycée.

[31:46]

Il semblerait que ce soit plus facile

[31:48]

avec une fausse identité d'entrée là

[31:50]

à l'Université, mais une fois que t'es embarqué dans le système,

[31:54]

t'es bon pour avancer un bout.

[31:57]

C'est encore là. On fait confiance au papy.

[32:00]

Quand on s'inscrit à l'Université,

[32:01]

on a juste besoin du certificat de naissance

[32:03]

et du permis de conduire.

[32:06]

C'est encore le même processus d'authentification.

[32:10]

Laurie avait très bien planifié son geste.

[32:13]

C'est ce qu'on se rend compte en enquêtant là-dessus.

[32:14]

En choisissant une personne décédée qui est née dans un état

[32:18]

et décédée dans un autre, ce qui cause souvent

[32:21]

de la confusion auprès des administrations ou des états.

[32:23]

Il y a des documents qui se perdent là-dedans,

[32:25]

puis c'est plus facile de mettre la main sur certains dossiers.

[32:29]

Je suis même sûr qu'aujourd'hui, malgré que les banques de données

[32:32]

doivent être un petit peu plus centralisées,

[32:34]

je suis certain qu'entre les états,

[32:37]

il ne doit pas avoir nécessairement des ponts,

[32:39]

des validations comme ça qui doivent se faire.

[32:43]

Je lisais que dans le monde d'aujourd'hui,

[32:44]

parce que ça s'est passé quand même en 90,

[32:47]

avec Internet et tout ça, aujourd'hui, c'est beaucoup plus dur,

[32:50]

supposément, de faire ce genre de vol d'identité-là,

[32:53]

parce que même les organismes qui surveillent ça

[32:58]

font quand même beaucoup de recherches sur Internet.

[33:02]

Maintenant, on laisse beaucoup de traces numériques

[33:05]

qu'on ne laissait pas à l'époque parce qu'elles étaient inexistantes.

[33:06]

Oui, vraiment.

[33:08]

Joe va aller jusqu'à contacter des amis de Laurie Kennedy,

[33:12]

et un de ceux-là, c'est un homme

[33:14]

qui l'a côtoyé durant ses études,

[33:16]

et lui, il affirme qu'elle a travaillé

[33:19]

en tant que strip-teaser dans un club de danseurs

[33:23]

à cette époque-là, dans les années 90.

[33:26]

Apparemment qu'elle aurait aussi reçu une augmentation

[33:28]

ma mère à ce moment-là. Puis Joe, en fait,

[33:31]

c'est une information qu'il trouve assez intéressante

[33:33]

parce qu'il se trouve que, apparemment, je ne le savais pas,

[33:36]

mais apparemment que les implants de ma mère ont des numéros de série.

[33:39]

Mais pas de chance pour Joe.

[33:41]

Les implants proviennent de l'époque où elle avait déjà changé son nom,

[33:44]

donc il était bel et bien identifié à Laurie Erica Kennedy,

[33:48]

mais il a quand même checké ça.

[33:50]

Et là, je te laisse revenir à la voix de Seb.

[33:52]

L'allée de recommandation dont on vous parlait tout à l'heure

[33:54]

provenait de quelqu'un qui n'a jamais existé selon l'enquête de Joe.

[33:57]

Donc le gars qui expliquait qu'il travaillait au Oriental,

[34:00]

au Thé la Bangkok.

[34:02]

Donc encore là, il y a un mensonge, mais elle a conservé ce mensonge-là.

[34:07]

L'avocat Ben Perkins aussi était mentionné sur une note

[34:11]

qui avait été laissée dans la boîte.

[34:13]

Jamais il n'a entendu parler d'elle. Joe est allé le rencontrer

[34:16]

et elle n'a jamais entendu parler d'elle.

[34:19]

Joe est toujours confus. Malgré le fait qu'il connaît la fin de l'histoire,

[34:22]

on le sait, elle s'est suicidée, il ignore tout de son commencement

[34:25]

et personne ne peut mettre la main sur la véritable identité

[34:28]

de Laurie Erica Ruff.

[34:30]

Oui, parce qu'il réussit à remonter jusqu'à Becky Sue Turner,

[34:34]

mais avant 1988, ça ne nous dit pas

[34:37]

qui est cette femme qu'on a retrouvée décédée?

[34:41]

D'où est-ce qu'elle vient?

[34:42]

Non, on ne connaît pas son nom d'origine, en fait.

[34:44]

Elle a volé l'identité, elle n'a pas fait un changement de nom

[34:46]

Elle s'appelait comment lors de son secondaire et avant?

[34:53]

C'est ce qu'on ignore.

[34:54]

Mais par contre, étant donné que Joe a lancé un avis de recherche

[34:58]

et que l'histoire commence à s'ébruiter,

[35:01]

quelque part sur Reddit et Facebook,

[35:03]

les internautes se déchaînent et participent à la recherche

[35:06]

de la vraie identité de Laurie.

[35:08]

Et durant l'enquête, il y a jusqu'à 8 personnes disparues

[35:10]

qui ont été exclues comme étant Laurie.

[35:12]

C'est assez fascinant parce que les internautes se sont dit

[35:15]

peut-être que Laurie, c'est une personne disparue

[35:19]

qui est disparue selon certaines années.

[35:21]

On connaissait son âge, donc on estimait

[35:25]

qu'elle était née dans certaines années.

[35:28]

Donc ils ont commencé à faire des corroborations

[35:30]

avec des disparitions versus les régions

[35:33]

d'où provenait Laurie et tout ça, puis ils ont réussi

[35:35]

à exclure 8 personnes.

[35:38]

Donc ils ont quand même fait un gros travail,

[35:41]

puis à ce moment-là, ils ont épluché vraiment

[35:44]

par exemple les chiffres, les adresses qu'on retrouve

[35:47]

sur les différents papiers de la boîte,

[35:49]

parce que ces documents-là ont été mis publics.

[35:52]

Et les gens sur Reddit ont commencé à analyser ça.

[35:54]

Une des spéculations sur Internet sur les chiffres

[35:58]

qu'on retrouve sur une des pages,

[36:01]

et c'est aussi ce que je crois, c'est qu'on a l'impression

[36:03]

que les premiers chiffres sont des dates de naissance

[36:05]

et que les deux derniers chiffres sont des dates de décès.

[36:09]

Donc souvent, on va voir des chiffres comme 42, 82,

[36:13]

mais on va rarement voir l'inverse,

[36:14]

on va rarement voir un chiffre plus élevé

[36:16]

puis un chiffre plus bas, un à la suite de l'autre.

[36:19]

Donc peut-être qu'à un certain moment,

[36:20]

elle recherchait des personnes disparues

[36:23]

qui étaient décédées à un très jeune âge.

[36:24]

Oui, dans certaines périodes.

[36:27]

Puis même dans les personnes disparues que tu parlais tout à l'heure,

[36:29]

il a quand même fallu, quand on les a identifiées,

[36:31]

qu'elles se ressemblent physiquement.

[36:35]

Quand on a étudié ce cas-là,

[36:38]

j'aurais jamais pensé qu'il y ait autant de personnes disparues aussi.

[36:40]

C'est assez incroyable comment il y en a partout.

[36:44]

Puis on le vit souvent à petite échelle,

[36:45]

il y a souvent des disparitions locales,

[36:47]

mais il y en a quand tu cumules toute l'Amérique du Nord

[36:51]

et même partout dans le monde.

[36:53]

C'est quand même fascinant que tout le monde

[36:56]

se rassemble face à cette enquête-là.

[37:00]

J'ai beaucoup lu de trucs relit.

[37:02]

Puis même ceux dans les débuts de l'enquête,

[37:05]

les gens étaient vraiment très actifs.

[37:07]

Ils publiaient des photos par-ci, par-là.

[37:10]

Le groupe Facebook était très actif.

[37:12]

Même des podcasts comme Thinking Sideways

[37:16]

ont couvert le dossier il y a plusieurs années.

[37:19]

À ce moment-là, il y avait encore moins de développement

[37:21]

qu'aujourd'hui parce qu'on vous l'a dit tout à l'heure,

[37:23]

il y a eu des développements quand même assez rapidement là-dessus.

[37:28]

Seb, tu as justement fait des recherches de ce côté-là

[37:32]

à propos d'une certaine Colleen Fitzpatrick

[37:34]

qui était parmi les internautes

[37:36]

qui participaient à la recherche sur Reddit.

[37:39]

Donc c'est assez fascinant tout ça.

[37:41]

Oui, en 2013, Colleen est tombée sur le cas

[37:44]

pour vous dire un peu c'est qui Colleen.

[37:47]

C'est une physicienne nucléaire,

[37:49]

mais c'est aussi et surtout une spécialiste

[37:51]

de la généalogie médico-légale.

[37:55]

En fait, c'est quelqu'un qui fait des arbres généalogiques,

[38:00]

mais à partir d'ADN.

[38:03]

Et cette femme-là, elle a été reconnue à l'époque.

[38:06]

Elle avait quand même déjà un background dans ce contexte-là.

[38:10]

Elle avait aidé à identifier les corps

[38:13]

de plusieurs personnes qui sont mortes

[38:16]

dans un crash d'avion en Alaska en 1948.

[38:19]

Et grâce à sa technique,

[38:22]

et à la technique que je vais vous parler en quelques secondes,

[38:23]

elle avait aussi réussi à remonter,

[38:26]

retrouver des membres de la famille des gens

[38:29]

qui étaient morts dans l'accident d'avion.

[38:31]

Pour commencer son travail,

[38:33]

elle avait besoin d'un échantillon d'ADN.

[38:35]

Heureusement, elle a pu prendre un échantillon

[38:37]

de la salive de la petite fille

[38:38]

parce que la famille Roth

[38:42]

a collaboré à cette enquête-là.

[38:45]

Ils veulent savoir la vérité pour pouvoir la comparer

[38:48]

à différentes banques de données d'ADN

[38:50]

telles qu'Incestry.com et 23andMe.

[38:53]

Ça, en fait, c'est des entreprises privées

[38:56]

que vous pouvez payer et vous envoyer un échantillon

[38:59]

de salive. Ils vont analyser ça

[39:03]

dans leur base de données. Au fil du temps,

[39:04]

ils ont tellement accumulé de data qu'ils peuvent faire

[39:07]

des corrélations avec tous les gens de partout dans le monde.

[39:10]

C'est des bases de données qui ont des millions

[39:12]

et des millions d'ADN collectés.

[39:16]

Tout le jumelage qu'ils peuvent faire au niveau de l'ADN,

[39:19]

ils peuvent quand même aider à reconstruire

[39:21]

un arbre généalogique, entre autres.

[39:24]

Parallèlement à la recherche d'ADN de Colleen,

[39:27]

Joe Velling, le détective avec le support

[39:29]

de la famille de Roth, rencontre le journaliste

[39:32]

de Seattle Times pour raconter l'histoire de Laurie

[39:35]

et profiter de la visibilité, la force

[39:39]

du web et des réseaux sociaux pour l'aider

[39:41]

à retrouver sa réelle identité.

[39:44]

Parallèlement, en 2013, ces deux étapes-là

[39:48]

d'enquête commencent parallèlement.

[39:51]

Si on revient à nos bases de données d'ADN,

[39:54]

ça a quand même pris du temps,

[39:56]

mais ça lui a permis de repérer plusieurs cousins

[39:58]

éloignés et un cousin de premier niveau du nom

[40:01]

de Michael Cassidy sur 23andMe,

[40:04]

mais celui-ci n'a jamais répondu à l'appel,

[40:06]

il n'a jamais retourné ses courriels ou ses appels.

[40:08]

Donc ça a fait un petit peu patate.

[40:11]

Plusieurs mois plus tard, parce que la base

[40:13]

de données, c'est des bases de données vivantes,

[40:15]

donc à chaque fois qu'il y a une nouvelle personne

[40:17]

qui paye et qui ajoute son ADN, la base de données

[40:20]

grossit, elle fait toujours des liens, c'est ça,

[40:22]

il y a toujours quelque chose qui se construit.

[40:24]

Elle était chanceuse d'un cousin d'une troisième

[40:26]

génération qui est apparue dans la base de données

[40:28]

avec un match de l'ADN de Laurie.

[40:31]

Cependant, c'est un cousin qui était trop éloigné

[40:33]

pour vraiment qu'elle puisse faire des liens familiaux

[40:35]

en tant que tel, pouvoir dire ça c'est le père,

[40:37]

le grand-père, etc. Cependant étant un cousin

[40:40]

qui était trop éloigné de la famille pour en tirer

[40:41]

quoi que ce soit, elle a commencé à sembler

[40:43]

un arbre généalogique à partir du troisième cousin.

[40:46]

Elle a quand même pu construire, elle s'est dit

[40:48]

qu'il fallait quand même une base, elle est arrivée

[40:51]

à repérer un arrière-grand-père qui partageait

[40:55]

le même patrimoine génétique que Laurie,

[40:57]

que la fille de Laurie, donc que Laurie.

[41:00]

Ça m'époustouffe l'ADN et l'information

[41:05]

qui est contenue et tout le chainage entre nous

[41:07]

parce qu'on est...

[41:08]

Et surtout à l'ère du big data comme ça.

[41:10]

Oui, puis je veux dire, chaque ADN est différent,

[41:12]

chaque être humain est différent, mais il y a

[41:17]

des choses à faire en même temps, c'est-à-dire

[41:18]

que n'importe qui peut, par exemple, c'est sûr

[41:22]

que quand t'as rien à cacher, t'es pas supposé

[41:24]

avoir peur, mais n'importe qui peut saisir ton ADN

[41:28]

sur un mégot de cigarette ou sur un verre de café

[41:30]

puis savoir exactement, tu viens de quelle région,

[41:34]

qui sont tes parents, puis éventuellement savoir

[41:36]

où t'habites peut-être. Non, effectivement,

[41:38]

je sais pas si dans le processus ils font justement

[41:40]

une vérification de documents d'identité,

[41:43]

mais on s'en part, ça se magnifie, on peut bien le voir.

[41:47]

Mais ça a quand même bien fonctionné.

[41:49]

Donc en 2016, elle est en mesure de remonter

[41:52]

jusqu'à la vraie famille de Laurie.

[41:54]

Elle a identifié que c'étaient les Casseli,

[41:56]

dans le fond, le nom de famille. Elle en a informé

[41:59]

Joe Vellink, qu'elle savait qu'il était détective,

[42:02]

sur le dossier. Lui, entre-temps imaginé, il y a eu

[42:05]

trois ans d'écart entre le début de la recherche

[42:07]

de l'ADN, les internautes, l'enquête de Joe Vellink.

[42:10]

Et même que Joe Vellink, le détective avait pris sa retraite

[42:15]

de l'organiste sur lequel il travaillait.

[42:17]

Mais quand même, sans avertir le membre de la famille

[42:19]

qu'il allait rencontrer, il a pris un vol vers la Pennsylvania

[42:23]

tout de suite pour aller le rencontrer à son travail.

[42:25]

Parce que pour lui, c'était trop une bonne nouvelle.

[42:28]

C'était la première fois qu'il était si près du but.

[42:31]

Donc, il approche Tom...

[42:32]

Il devait quand même voir ça pas comme un échec,

[42:36]

mais terminer sa carrière en queue de poisson,

[42:41]

sans pouvoir closer un gros dossier.

[42:43]

Ça doit être frustrant. J'aurais fait pareil, je pense.

[42:45]

Ça devait le tourmenter. Je suis certain.

[42:47]

C'est tellement une histoire particulière.

[42:50]

Il approche Tom Casseli, qui est un oncle de Laurie,

[42:53]

qui a immédiatement identifié la défunte.

[42:55]

Dès qu'il a vu la photo, il lui a donné son vrai nom.

[42:59]

Donc, Laurie, elle s'appelle Kimberly McLean.

[43:03]

Son vrai de vrai nom, c'est Kimberly McLean.

[43:05]

Une personne qui était portée disparue justement

[43:09]

de Philadelphie depuis 30 ans.

[43:11]

De Philadelphie, en vrai. Incroyable.

[43:14]

Quand on disait tantôt, c'est sûrement une personne disparue.

[43:17]

Ça n'était une personne disparue

[43:19]

qui a utilisé une autre identité.

[43:21]

L'oncle a fourni de précieuses informations à Joe.

[43:25]

Les parents de Laurie avaient divorcé à l'époque

[43:27]

quand elle était adolescente.

[43:29]

Et après que sa mère se soit remarier,

[43:31]

elle était capable de s'adapter à la situation.

[43:34]

Elle n'aimait pas du tout son beau-père.

[43:36]

Donc, elle a décidé à l'âge de 18 ans,

[43:39]

ça dépend des versions.

[43:41]

Étant donné qu'on n'a jamais vraiment su,

[43:43]

elle était toujours 17 ou 18 ans,

[43:45]

l'âge à laquelle elle avait quitté la maison,

[43:47]

quitté la ville, quitté l'État,

[43:49]

et elle a dit à sa mère de ne jamais la rechercher.

[43:52]

Sa mère ne l'a jamais, jamais revue.

[43:55]

Justement, dans les deux ans qui couvent son départ

[43:57]

de la maison et son arrivée en Californie,

[44:00]

on n'a toujours pas de détails.

[44:01]

Malgré toutes ces découvertes-là,

[44:04]

on ne sait pas plus qu'est-ce qu'elle a fait

[44:07]

pendant deux ans.

[44:09]

Sa mère Dean, qui était vivante en 2016,

[44:11]

elle avait 80 ans quand elle a appris

[44:15]

que sa fille venait de se suicider il y a six ans

[44:17]

et sa fille qu'elle cherchait depuis 30 ans.

[44:21]

Ça doit être vraiment particulier parce qu'elle devait vivre

[44:23]

un certain soulagement, parce que tu as des réponses,

[44:26]

tu ne sais jamais.

[44:30]

En même temps, quand tu sais que ta fille,

[44:33]

elle s'est suicidée d'une balle dans la tête

[44:35]

et que tu apprends qu'elle a volé deux identités,

[44:38]

parce qu'elle a volé celle de Bekissou,

[44:40]

mais elle a aussi créé en fait une autre identité

[44:43]

en changement de nom, donc c'est deux changements

[44:45]

d'identité, ça doit donner un choc pour une femme

[44:50]

en plus de cet âge-là.

[44:52]

Ça va être vraiment dur pour elle physiquement.

[44:54]

C'est clair que c'est assez particulier, Seb,

[44:57]

parce qu'en éclaircissant le mystère de Laurie,

[45:01]

on éclaircit la mort, mais aussi une disparition

[45:04]

dans le passé. Donc on a réglé,

[45:06]

on a fait un peu une pierre deux coups,

[45:08]

mais en même temps, la pauvre mère

[45:10]

qui apprend que sa fille s'est sauvée,

[45:12]

donc qui n'était manifestement pas heureuse à la maison,

[45:15]

s'est suicidée plusieurs années plus tard,

[45:18]

c'est assez tragique. J'ai l'impression

[45:21]

que cette vie-là de secret de Laurie est sans doute

[45:24]

ce qui va l'avoir tué. Elle a voulu fuir

[45:27]

peut-être un environnement familial

[45:29]

qui n'était pas ce qu'elle aimait beaucoup,

[45:32]

mais en même temps, elle a vécu une vie de mensonge,

[45:36]

et je ne dis pas qu'elle était misérable,

[45:39]

parce qu'elle avait quand même réussi

[45:42]

à faire ses études, à rencontrer un mari,

[45:44]

à avoir un enfant, mais d'une certaine façon,

[45:47]

tu sentais qu'elle était troublée toute sa vie

[45:50]

pour changer d'identité comme ça et pour se cacher constamment.

[45:54]

Tu ne dois pas vivre dans le bonheur d'une certaine façon.

[45:57]

Non, je trouvais même qu'il fallait vouloir

[45:58]

avoir des couilles pour faire ça.

[46:02]

Ne pas être heureux dans une famille, c'est une chose.

[46:03]

Vouloir déménager de chez tes parents,

[46:05]

qui n'a pas voulu ça à l'adolescence,

[46:07]

même à la limite le faire,

[46:10]

c'est vraiment l'étape de vouloir se construire une nouvelle vie.

[46:14]

Pourquoi ses parents ne l'ont pas battu,

[46:17]

son beau-père non plus, ou du moins,

[46:19]

ça n'a pas été connu.

[46:22]

C'est vraiment étrange le changement de nom.

[46:25]

Pourquoi tout ça?

[46:27]

Je suis certain qu'à une certaine époque,

[46:29]

elle devait se sentir pas invincible, mais un peu à l'abri.

[46:34]

Elle a quand même réussi.

[46:35]

Une fois que tu as tes papiers d'identité,

[46:37]

si tu renouvelles tes trucs au bon temps,

[46:41]

ça se fait un peu toute seule, sans d'autres questionnements.

[46:44]

J'ai l'impression qu'elle a eu une période de sérénité

[46:48]

dans tout ça, mais c'est sûr

[46:50]

qu'à chaque fois qu'elle se lève le matin,

[46:53]

dans sa tête, ça ne devait pas être Laurie,

[46:55]

c'était plus Kimberly.

[46:57]

Ce qui est encore plus paradoxal,

[46:59]

c'est que personne ne la pourchassait.

[47:03]

Tu peux être parano et tu peux te cacher

[47:05]

quand tu sais que toute la Terre te recherche.

[47:08]

Je présume que si Maura Murray est encore en vie,

[47:11]

elle doit se cacher. Elle sait tellement

[47:13]

qu'il y a beaucoup de gens qui la recherchent.

[47:15]

Mais à cette époque-là, il n'y en avait pas de podcast

[47:17]

qui recherchait Laurie Erika Ruff ou Kimberly

[47:23]

dans les années 80.

[47:25]

Elle avait même dit à sa mère qu'elle ne voulait pas être

[47:27]

recherchée, puis sa mère ne l'avait pas cherchée.

[47:30]

Elle n'avait même pas besoin, si ça se trouve,

[47:32]

de changer de nom pour faire sa vie.

[47:35]

Je comprends que peut-être qu'elle voulait renier son passé.

[47:37]

Peut-être qu'à ce moment-là, elle aurait eu l'option

[47:40]

de changer de nom légalement sans avoir à voler

[47:42]

une identité.

[47:43]

Quand tu as une bonne raison, généralement, tu peux le faire.

[47:47]

Mais il ne faut pas oublier non plus que quand elle a fait

[47:49]

le premier geste, elle n'était pas une adulte.

[47:51]

Des fois, à adolescent, on ne réfléchit pas à l'ampleur

[47:54]

de nos gestes, on est beaucoup plus impulsif.

[47:56]

On ne pense pas vraiment qu'il y a de conséquences aux choses.

[47:59]

À un moment donné, une fois que tu l'as fait,

[48:02]

elle n'avait plus de vieilles cartes d'identité.

[48:04]

Tu ne peux plus revenir en arrière.

[48:06]

Elle ne devait plus avoir ces cartes d'identité de Kimberley.

[48:09]

Même ces cartes-là, on n'a jamais trouvé

[48:12]

de cartes d'identité de sa première vie

[48:16]

dans cette boîte-là.

[48:17]

Elle a dû complètement les éliminer, selon moi.

[48:21]

Elle a été pris dans cet étau-là.

[48:24]

Mais malgré ça, j'ai l'impression aussi

[48:26]

qu'il y a eu de la maladie mentale qui est embarquée.

[48:29]

Sûrement que tout le contexte n'a pas dû aider,

[48:32]

mais elle a dû amplifier ça.

[48:34]

Avec le divorce, ça a dû... Déjà qu'elle était particulière,

[48:37]

mais avec le divorce, il y a vraiment quelque chose de grave

[48:40]

qui s'est passé. Est-ce qu'elle s'est suicidée?

[48:42]

Parce que justement, c'était trop lourd pour elle

[48:44]

à supporter ce poids-là chaque jour.

[48:46]

Peut-être aussi, ça doit pas être évident non plus.

[48:49]

J'ai un peu l'impression que c'est peut-être ça,

[48:51]

mélangé à la maladie mentale, peut-être être tombé

[48:53]

en dépression aussi.

[48:55]

Généralement, c'est que t'es déprimé quand tu veux te suicider.

[48:58]

J'ai l'impression que c'est un peu un mélange de tout ça.

[49:01]

Je sais pas, toi, que tu veux dire.

[49:03]

On soupçonnait, je crois que c'était le pasteur à qui

[49:06]

elle s'est confié, qu'elle disait qu'elle prenait

[49:08]

des médicaments pour un TDAH, puis je crois

[49:11]

une dépression aussi. Mais j'ai pas plus de détails.

[49:15]

Mais par contre, même avec sa nouvelle identité,

[49:17]

elle aurait pu être traitée, elle aurait pu rentrer

[49:20]

dans le système médical. Oui, exactement.

[49:23]

Elle l'était peut-être, mais c'est clair que

[49:26]

sans doute ce traitement-là ou ce non-traitement-là

[49:29]

a dû jouer un rôle définitif dans ces derniers jours.

[49:33]

Puis en fait, elle a failli peut-être même

[49:35]

qu'elle aurait pu emporter sa fille avec elle

[49:37]

d'une certaine façon. Ça se rapprochait presque

[49:40]

d'une certaine forme de famille licite, cette situation-là.

[49:43]

Parce que les voisins le disaient, même sa fille

[49:45]

avait énormément perdu de poids. Apparemment que

[49:48]

Laurie avait, elle, de manière assez apparente,

[49:51]

avait perdu beaucoup de poids et que sa fille aussi.

[49:53]

Donc ça aurait pu être inquiétant. Peut-être que

[49:55]

la fille n'était pas non plus, je dis pas qu'elle

[49:58]

était mal traitée, mais peut-être qu'elle n'était pas

[49:59]

dans les meilleures conditions, sachant l'état

[50:03]

dans lequel on a trouvé la maison lorsqu'on l'a retrouvée,

[50:06]

puis sachant la condition mentale dans laquelle sa mère

[50:09]

se trouvait aussi. Oui, c'est vraiment triste.

[50:12]

Heureusement, je ne sais pas si on peut dire ça, mais heureusement,

[50:14]

la petite fille était très, très jeune, donc je ne crois pas.

[50:16]

Elle avait deux ans, donc je ne crois pas qu'elle ait du souvenir

[50:19]

de cette époque-là, heureusement pour elle, pour éviter

[50:22]

quand même des traumatismes, parce que si elle avait eu 5, 6, 7 ans,

[50:26]

un petit peu de souvenir dans l'environnement et les conditions

[50:28]

dans lesquelles tu as vécu. Par contre, au niveau

[50:32]

de l'enquête sur Internet, je trouve que c'est un

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bel accomplissement d'une certaine façon, parce que

[50:38]

vraiment, le pouvoir de la communauté a fait en sorte

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que ce mystère-là a été complètement

[50:45]

résolu, et c'est fantastique, ça n'aurait pas été

[50:48]

le cas à une certaine époque, puis on se rend compte

[50:50]

que même des vieux mystères, dans ce cas-ci, c'est une

[50:52]

disparition qui date des années 80, on peut toujours

[50:57]

retracer certaines choses grâce aux traces numériques,

[50:59]

et puis le cas de Laurie Ericoruff l'a bien démontré,

[51:03]

je trouve. Vraiment, en plus de l'ADN et le Big Data,

[51:06]

grâce à ça aussi, sans ces bases de données-là,

[51:09]

avec une certaine intelligence artificielle appliquée

[51:12]

dessus, qui a des algorithmes qui roulent et qui font

[51:14]

tous ces liens-là généalogiques, c'est quand même

[51:19]

impressionnant, puis comme tu dis, je veux dire,

[51:22]

20 ans avant, 10 ans avant même, sans, on n'aurait

[51:25]

jamais pu, Colleen n'aurait jamais pu faire

[51:28]

toutes ces étapes-là, je pense, ça doit faire au moins

[51:31]

20 ans, je pense que ces bases de données-là existent,

[51:33]

mais tout de même, son recul, ça aurait été impossible,

[51:37]

il y a une existence, ça aurait été un case close,

[51:40]

ça aurait été suicidé, ça aurait évolué une identité,

[51:42]

puis jamais on n'aurait pu, sauf si un membre de la famille

[51:45]

à un moment donné aurait pu tomber sur le médium,

[51:47]

ça aurait été beaucoup plus complexe, même si les articles

[51:50]

de journaux se promènent, on s'entend, c'était surtout

[51:54]

heureusement que Joe connaissait un journaliste à Seattle

[51:56]

qui a accepté de faire ce reportage-là,

[52:01]

puis après ça, les médias l'ont repris, mais quand même,

[52:04]

comme tu disais un peu tout à l'heure, c'est resté tout de même

[52:06]

une nouvelle locale, malgré que l'Internet l'a propulsé

[52:09]

un peu partout.

[52:11]

Exactement. Je crois qu'on a fait le tour, mon cher Seb,

[52:14]

si vous voulez prendre part à la discussion, vous pouvez nous

[52:16]

trouver sur Facebook assez facilement, vous pouvez rejoindre

[52:19]

un groupe de discussion, un groupe privé, mais jusqu'à là,

[52:23]

on accepte pas mal tout le monde.

[52:25]

Quel est le mot de la fin, mon cher Emil?

[52:27]

Si vous voulez éviter de disparaître à l'ère numérique,

[52:31]

assurez-vous d'envoyer votre ADN au distorsionpodcast.com

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