En juillet 2018, Tiphaine Véron, une française passionnée du Japon, s’envole pour Tokyo où elle compte passer trois semaines à faire le tour du pays. Voyageant seule, elle a soigneusement planifié tous ses déplacements et ses hébergements. Fraîchement arrivée à Nikko, au Nord de Tokyo, Tiphaine se lève un dimanche matin, 48 heures après son arrivée en sol nippon, et part visiter la région à pieds, munie d’un sac léger. Nous sommes un lendemain de typhon, la région est très humide et la forêt est dense. Après avoir quitté son auberge ce matin-la, elle ne sera plus jamais revue… Dans ce dernier épisode de notre Saison 5, nous revenons sur tous les détails entourant la chronologie des évènements, et discutons avec Damien Véron, le frère de Tiphaine, pour tenter d’élucider certaines interrogations. Pourquoi les données cellulaires de Tiphaine n’ont jamais été investiguées? Pourquoi si peu de témoins l’ont aperçu dans cette ville visitée par 12 millions de touristes chaque année? Est-ce possible qu’un prédateur rôde dans la forêt de Nikko?

Épisode
#68 - Tiphaine Véron - Disparue au Japon
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Son idée, c'était de découvrir toutes les autres villes du Japon, parce que la dernière fois, elle n'avait plus seulement allé à Tokyo.
Et la ville de Nikko, où elle a disparu, était la première étape de son voyage.
Des histoires étranges de l'ère numérique.
Le 9 juillet 2018, Tifen Veyron, une Française âgée de 36 ans, disparaît subitement lors des premiers jours de son voyage au Japon.
Les détails disponibles très limités au niveau de l'enquête laissent place à tous les scénarios.
A-t-elle subi un accident ou est-elle tombée entre les mains de gens malveillants?
Au centre de cette enquête, un fossé culturel entre la France et le Japon est l'impossibilité d'obtenir les données cellulaires de Tifen.
Dans ce dernier épisode de notre saison 5, nous revenons sur les faits importants de l'histoire.
En plus de discuter avec Damien, le frère de Tifen, qui tente sans relâche de retrouver sa soeur.
Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?
Ça va bien et toi, Emile Gauthier?
Ça va très bien. On a une histoire assez passionnante ce soir, celle de Tifen Veyron.
Une histoire quand même assez récente, on parle de l'été 2018.
Cette jeune femme âgée de 36 ans de la région de Poitiers, qui s'est rendue dans la ville de Nikko au Japon pour un voyage de plusieurs semaines.
Mais hélas, elle a disparu dans les premières 48 heures de sa visite là-bas. Donc c'est très inquiétant.
Oui, puis ce qui est inquiétant aussi, vous allez voir, c'est que c'est une histoire toujours pas résolue.
Il y a énormément de mystères. En plus que la française est disparue au Japon,
et les autorités japonaises sont pas nécessairement très très collaboratifs, autant avec la famille que avec les autorités françaises.
Donc on nage un peu en plein mystère.
Et aujourd'hui, on va vous raconter un peu toute l'histoire qui s'est passée.
Et pour compléter un peu tous ces mystères-là, si on veut avoir un petit peu plus de détails,
on a eu une entrevue avec Damien, qui est le frère de Tifen,
que lui est allé cinq fois au Japon pour tenter de retrouver sa soeur.
Il va nous donner, du moins tenter de nous donner des réponses, mais il y a encore beaucoup de points d'interrogation dans toute cette histoire-là.
Oui, exactement. On se demande si c'est un accident parce que Tifen faisait de l'épilepsie.
Donc possiblement qu'elle serait peut-être tombée ou peut-être qu'il lui serait arrivé un accident.
Mais en même temps, il y a d'autres pistes. Il y a la piste criminelle, il y a la piste de la disparition.
Donc vraiment, c'est empreint de mystères. C'est une chronologie qui est très courte.
Vous allez voir, moi et Seb, on va vous faire la timeline de tout ça.
C'est pas si long. Il n'y a pas une tonne d'informations disponibles.
Et étant donné qu'on a énormément de questions avec cette affaire-là,
eh bien, on a posé les questions qui nous chicotaient à Damien pour voir si lui,
avec tous ses voyages et avec toutes les recherches qu'il a faites, il y a plus de réponses que nous.
Donc, restez jusqu'à la fin. Ça risque d'être très intéressant.
Oui, puis juste pour vous mentionner, c'est l'histoire qui a gagné par rapport à notre sondage qu'on a fait pour le dernier épisode de la saison.
Donc, cette histoire-là, grâce à vous, cher ditordu, merci d'avoir participé.
Et merci aussi des autres suggestions. Vous avez fait d'épisodes là-dedans sans vous divulgâcher tout ça.
Il y a déjà quelques épisodes que Emile et moi, on avait déjà sous le radar.
Donc, restez là pour la saison 6.
Absolument.
Pour accompagner notre histoire ce soir, qu'est-ce qu'on boit, mon cher Emile?
On boit la suricate framboise de la brasserie, le Noctem, à Québec.
C'est une berlinère Weiss, fruitée à 4,5 % d'alcool.
Visuellement, la bière est d'une couleur bien rouge à l'apparence opaque.
On croirait boire un jus de framboise.
Elle a un beau collet de mousse rose qui disparaît avec quelques secondes.
Au nez, la framboise est présente et d'une bonne intensité.
On peut aussi percevoir le côté citronné du blé surri.
Ça pourrait presque rappeler une forme de limonade à la framboise.
Exactement, c'est délicieux.
Et cette bière-là nous est offerte par Robert, qui nous l'a offert via la tournée de bière au distortionpodcast.com.
Donc, si vous voulez encourager le show et remplir notre frigo, vous vous rendez au distortionpodcast.com.
Il y a l'onglet Tournée de bière et vous pouvez faire un don et suggérer une bière de votre région.
On a aussi un review 5 étoiles.
On a un shout-out pour Gusta83 du Canada, qui nous dit « Merci pour votre podcast.
Il carbure ma disto mobile pour me rendre au travail chaque jour. »
Eh bien, si Gusta83 a une photo de ta disto mobile, on serait bien curieux de la voir.
Là-dessus, je pense qu'on a tout dit, Seb. Est-ce qu'on est prêt à se plonger pour le dernier épisode de notre saison 5?
Oui, monsieur!
C'est parti!
Nous sommes en juillet 2018.
Typhaine Veyron, une Française âgée de 36 ans, originaire de Poitiers, une ville de l'ouest de la France, prépare un voyage au Japon depuis six mois.
Typhaine occupe un emploi d'auxiliaire de vie scolaire et attend depuis longtemps cette opportunité pour visiter un des pays qui la passionne le plus.
Elle apprenait le japonais, d'ailleurs, et pouvait l'écrire et le parler un peu.
Elle a d'ailleurs déjà visité le Japon au cours d'un premier voyage par le passé.
Cette fois-ci, elle veut prendre le temps d'aller visiter des lieux différents.
Elle est très enthousiaste face à ce qui l'attend et elle exprime sa joie sur les réseaux sociaux.
En plus de ses connaissances dans le cadre de son métier d'auxiliaire de vie scolaire, elle est aussi diplômée en psychologie et en histoire de l'art.
Elle est apparemment une excellente pianiste.
Le 27 juillet 2018, Typhaine vient d'atterrir à l'aéroport international de Tokyo au Japon.
Pour ce second voyage, elle compte passer trois semaines là-bas pour aller continuer de découvrir cette culture et de visiter des régions où elle n'est jamais allée.
Typhaine est célibataire et a choisi de voyager seul, croyant que le Japon est une région très sécuritaire pour une voyageuse en solo.
Effectivement, je pense que le Japon est une région assez sécuritaire.
Dans les pays industrialisés, c'est le pays qui a le plus bas taux de criminalité dans le monde.
On va y revenir un petit peu plus tard pour vous expliquer certaines raisons par rapport à ça,
parce que même s'il y a un bon côté à ça, il y a un côté obscur par rapport à la justice japonaise.
Même si la saison de l'été est peu propice à la promenade,
car le climat varie entre des températures étouffantes et de fréquentes pluies ou encore des typhons,
l'été est le moment parfait pour voyager, car Typhaine est une auxiliaire de vie scolaire, elle suit donc l'horaire des élèves.
Et là, elle a congé tout l'été, ce qui est bien.
Elle travaille auprès des élèves handicapés à l'école Alphonse Daudet à Poitiers,
et elle prévoit être de retour un peu avant la rentrée scolaire pour le début de la session.
Après un long vol, Typhaine prend une chambre d'hôtel près de l'aéroport pour sa première nuit au Japon.
L'hôtel est un peu dans un raccoin mal identifié et pas du tout luxueux, c'est assez de base.
Le lendemain, le 28 juillet, la météo est très pluvieuse.
Elle prend le train à partir de la gare de Tokyo, où elle est aperçue via des caméras de surveillance
et se dirige au nord du pays, dans la ville de Nikko.
Avec ses sanctuaires et ses temples richement décorés,
Nikko est l'une des villes historiques et touristiques les plus importantes du Japon.
Elle abrite plusieurs merveilles architecturales qui attire les curieux.
En fait, l'ensemble du paysage de Nikko suffit pour raison de la visiter.
Il n'est pas étonnant que la ville ait été déclarée comme un site du patrimoine mondial par l'UNESCO.
Située à seulement deux heures de train de Tokyo, environ 150 km,
la ville est assez petite pour qu'il soit possible de voir tous les sites importants en un jour ou deux.
Elle est située au flanc du mont Nakimushi, une montagne atteignant les mille mètres très populaires pour ses randonnées.
On revient à notre histoire.
Tiffane débarque dans la ville de Nikko et fait quelques achats dans une épicerie,
telles que captées sur des caméras de surveillance.
Même sur les images des caméras, elle est souriante et semble très enthousiaste.
On la comprend, son voyage peut enfin commencer.
Elle se dirige vers son auberge, le Turtle Inn,
qu'elle a choisi car il est un peu en dehors de la zone touristique.
Il s'agit d'une petite auberge sur une petite route très près de la nature.
C'est un genre de petit bungalow sur deux, trois étages.
Ça n'a rien à voir d'un gros hôtel.
Elle se fait attribuer une chambre au rez-de-chaussée.
Le paysage brumeux d'après-tiffon rend l'atmosphère un peu féerique et glauque à la fois.
Une magnifique rivière qui donne tout près de son auberge parcourt la ville
ou un magnifique pont rouge très populaire auprès des touristes la surplombe.
Durant son parcours, elle envoie plusieurs photos et messages textes à sa famille
qui peuvent suivre son parcours un peu à distance.
Je trouve ça le fun aussi, c'est comme si on vivait toujours un peu le voyage par procuration,
comme si on était un peu avec le membre de notre famille.
Oui, puis dans son cas, elle, elle voyageait seule, donc c'était très important
pour ses proches d'être au courant de ses activités.
Elle écrit notamment à sa sœur cadette Cybille et ainsi qu'à son frère Damien.
Elle a aussi un autre frère, Stanislas, plus jeune qu'elle.
Il ne faut pas oublier que Typhaine faisait de l'épilepsie
et qu'elle pouvait être sujet à des crises.
C'est pourquoi un suivi très étroit avec ses proches est essentiel lorsqu'elle part en voyage.
Car même si elle est une voyageuse expérimentée qui connaît bien la région,
cette maladie peut définitivement lui jouer de mauvais tour.
Le lendemain, le 29 juillet, un dimanche, la météo s'améliore.
Typhaine décide donc de partir explorer Nikko.
Elle est aperçue tout d'abord en prenant le petit déjeuner
avec un couple de voyageurs allemands à son auberge, le Turtle Inn.
Par la suite, un touriste japonais va prendre une photo d'elle.
Par contre, cette photo-là, ce n'est pas une photo où, par exemple, elle tient la pose.
C'est une photo où elle ne semble pas savoir qu'elle est photographiée.
C'est un peu étrange.
Elle porte une genre de camisole blouse blanche et elle tient une tasse de thé ou de café.
J'ai l'impression qu'elle apparaît en fait à l'arrière d'une photo dont elle n'était pas le sujet principal.
Sinon, il s'agit vraiment d'un touriste qui a fait un portrait d'elle sans qu'elle le sache.
Donc il y a quand même un peu de mystère en trouvant cette photo-là.
Oui, c'est un peu bizarre.
Vers 10h30, elle sort de son auberge avec un sac léger en portant avec elle que certaines affaires,
comme son smartphone et ses médicaments, bien sûr, pour l'épilepsie.
Une crise majeure pouvait survenir environ une fois par année.
Donc, même si ça arrive tout de même rarement, mieux vaut prévenir que guérir.
Elle ne prenait jamais de chance.
Elle avait d'ailleurs inscrit des indications en japonais sur ses médicaments
pour qu'en cas d'urgence, un japonais puisse l'aider s'il arrive quelque chose.
Ce matin-là, elle porte un poncho.
Puisqu'on est dans une météo suivant le typhon de la veille,
c'est donc très humide et il y a des risques de pluie.
Le propriétaire de l'auberge voit Tiffane quitter l'établissement.
Toutefois, il ignore vers quelle direction elle est partie.
C'est ainsi la dernière fois qu'elle sera aperçue, le 29 juillet 2018.
Oui, c'est très rapide, son arrivée au Japon ainsi que sa disparition.
Donc là, il y a place à toutes sortes de scénarios
et on va essayer de voir justement où est-ce qu'elle l'aurait pu se diriger en sortant de l'auberge.
Lorsque le propriétaire de l'auberge, le Turtle Inn,
ne la revoit pas le lendemain pour régler sa chambre,
il s'inquiète et décide de déclarer sa disparition à la police.
Rapidement, la police japonaise s'active et organise des recherches.
Les autorités vont focaliser en priorité sur la piste accidentelle.
Selon leur hypothèse, Tiffane était sans doute partie en randonnée
et était tombée par accident, peut-être en raison d'une crise d'épilepsie.
Étant donné que les sentiers étaient plus boueux ou encore plus glissants
lors de cette période-là, tout porte à croire que peut-être qu'elle se serait blessée en chemin.
On confirme qu'elle a pu se connecter à Internet sur son téléphone à 11h34,
mais moi j'ai aussi vu 10h34, donc ça laisse place à confusion un petit peu,
mais on ne sait pas ce qu'elle a fait sur Internet à cette heure-là.
Donc très peu de temps après sa disparition.
Hélas, le fournisseur Internet refuse de donner les détails de géolocalisation,
ce qui est une info vraiment cruciale.
Oui, on le sait, dans toutes les enquêtes, c'est une des premières choses que les autorités font,
c'est d'aller vérifier la géolocalisation du téléphone
parce qu'on l'a sur nous le téléphone et ça donne quand même un périmètre tout de suite à aller vérifier.
Puis même généralement si les données cellulaires sont désactivées, les données GPS sont encore là eux.
Oui, exact, c'est la carte en face, c'est notre carte-sime dans notre téléphone que elle, elle pingue.
Donc même si vous ne faites aucune action, comme tu dis, les tours de cellulaire enregistrent l'information tout de même.
Les disparitions au Japon, ce n'est pas des motifs d'enquête sérieux,
donc on va vous en parler un peu plus tard, mais des centaines de milliers de gens disparaissent chaque année au Japon.
Il y a un phénomène particulier qui se passe.
C'est pourquoi les fournisseurs Internet ne sont pas tenus de divulguer ce genre d'infos,
ce qui est complètement différent des fournisseurs Internet français aux Canadiens par exemple.
Donc sans enquête criminelle, aucune façon d'obtenir ces données.
Donc imaginez la perte de temps que tout ça engrange.
Oui, c'est assez difficile, ce aussi on va revenir là-dessus sur la protection des données au Japon
qui est différente de l'Amérique du Nord et même de l'Europe
par rapport aux permissions que, disons, que les autorités peuvent faire avec ces données-là.
Après sa dernière connexion, il n'y a plus aucune trace numérique de Tiffane,
ce qui est anormal car elle envoyait constamment des vidéos et des photos à sa famille.
En ce premier jour de visite à Nico, tout porte à croire qu'elle aurait envoyé plusieurs messages.
On fouille sa chambre et on se rend compte qu'elle y a laissé son passeport ainsi que la plupart de ses bagages et documents,
ce qui laissait croire qu'elle voulait y revenir évidemment.
Apparemment qu'elle avait même un cahier avec une liste de ses destinations au Japon,
donc on pouvait même imaginer ce qu'elle aurait fait le lendemain et le surlendemain.
Oui, son parcours était toujours à l'hôtel.
Elle avait pris le minimum pour partir en visite ce jour-là.
Toutefois, le proprio de l'auberge ne va pas hésiter à louer la chambre de Tiffane aussitôt qu'elle fût partie,
ce qui détruit la plupart des indices qu'on aurait pu y retrouver.
Oui, ça c'est quand même spécial parce que c'est le propriétaire de l'hôtel qui l'a déclaré disparu aussi,
mais j'ai pas l'impression qu'elle a voulu mal faire, mais ça doit pas être des situations qui arrivent quand même souvent,
mais il n'y a aucunement pensé que ça devenait d'une certaine manière une scène de crime.
Non, exactement. Je comprends que c'est sûr que c'est une erreur parce qu'il y aurait peut-être eu des choses qu'on aurait pu trouver dans cette chambre-là,
mais effectivement, ça semble pas être tant que ça une scène de crime.
À quelque part, j'imagine qu'il a pesé le pour et le contre et il a reloué la chambre,
mais effectivement, je pense que c'était une erreur, même si c'était pas intentionnel.
Suite à cela, vers où peut-elle s'être dirigée?
Lorsqu'on sort de l'auberge, on tombe sur une espèce de petite route, c'est une petite route un peu campagnarde,
même si Nico est quand même une ville de moyenne taille, 85 000 habitants environ,
mais c'est une petite route qui est vraiment en dehors du circuit touristique.
Et là, on peut aller des deux côtés, on peut aller à gauche et à droite.
Donc si on emprunte la route en face de l'hôtel et que l'on se dirige vers la droite,
on y trouve les chemins vers les sanctuaires de Nico où plusieurs petits temples s'y trouvent.
C'est sans doute un lieu que Tiffane voulait visiter, mais pas forcément ce jour-là.
Les chemins sont très accessibles, ce n'est vraiment pas une randonnée difficile,
mais en saison estivale, en lendemain de Tiffon, il est possible que le terrain soit un peu plus ardu.
Il existe aussi une série de temples situés un peu plus loin dans la forêt apparemment
qui nécessitent de sortir un peu des sentiers battus.
On y trouve de merveilleuses petites statues et des petits temples d'une grande beauté.
C'est vraiment un endroit très cute.
On trouve aussi quelques petites routes isolées dans le secteur.
Et si on emprunte la route vers la gauche en sortant de l'auberge, le Turtle Inn,
à cinq minutes de marche, on retrouve un site près d'une rivière
où il y a une série de petites statues japonaises qui s'y trouvent.
Et encore là, c'est sans doute aussi un lieu que Tiffane aurait aimé visiter.
Donc, on est un peu confus vers où elle aurait pu se diriger.
Pour s'y rendre, on doit emprunter un sentier près de la rivière
où l'on retrouve plusieurs grosses pierres glissantes à ses abords.
Et c'est près de cette rivière-là que la police va centraliser ses recherches.
Mais je reviens sur l'aspect randonnée de la chose.
Ici, en Amérique du Nord et même, j'imagine, en France, en Europe, à certains endroits,
les pistes de randonnée, c'est souvent très sauvage.
Oui, oui, oui.
Ça fait partie du challenge de faire de la randonnée.
Oui.
Tandis que ce qu'on a vu selon les vidéos, parce qu'il y a des gens qui sont allés dans ces pistes-là,
il y a moyen d'aller voir des photos, même sur TripAdvisor,
de ces randonnées-là, de la région avec les temples.
C'est des pistes de randonnée qui sont très éclaircies.
C'est très dégagé, c'est très large.
On pourrait presque passer en voiture, j'exagère évidemment.
Mais il y a des rampes, le sol est tout nettoyé.
Donc, ce n'est pas un terrain très accidenté comme on peut retrouver en Amérique du Nord.
Donc, ce n'est pas des randonnées qui sont extrêmement difficiles.
Si elles tombent dans ce chemin-là, possiblement qu'elles seraient retrouvées.
Ce n'est pas comme si elles tombaient en bas d'une falaise, du moins selon moi.
Les autorités japonaises ont mobilisé plus de 80 agents,
en plus des volontaires, des résidents et des commerçants de la ville,
pour contribuer aux recherches de Tiffaine.
Toutefois, même si la vie de recherche a été publiée un peu partout dans la ville,
il prit quand même quelques jours aux policiers pour s'activer sérieusement.
Aucun élément n'a pas être découvert sur les lieux
pour orienter la police sur la piste accidentelle ou criminelle.
Tiffaine n'a été vue sur aucune caméra de sécurité.
Enfin, les recherches et les battus dans les lieux
où elle aurait pu tomber dans l'hypothèse d'une glissade
ou d'une crise invalidante d'épilepsie n'ont absolument rien donné.
L'enquête va retrouver un peu d'espoir
alors qu'un randonneur affirme avoir aperçu une jeune femme occidentale
marcher dans une piste de randonnée alors que la météo était difficile,
seule et vêtu d'une robe seulement.
Bien que cette info soit très pertinente,
elle a été malheureusement vite écartée puisque Tiffaine
n'était pas vêtu de la sorte lors de sa disparition.
Je ne sais pas si on a retrouvé cette femme-là, l'occidentale,
en robe qui se promenait toute seule dans une piste.
C'est une très bonne question.
Je n'ai rien revu à propos de ça, non, effectivement.
Je vous rappelle Tiffaine en fait portant un poncho bleu lorsqu'elle est partie.
Cinq jours après sa disparition,
soit le 3 août, Sibyl Veyron arrive à Nico pour chercher sa sœur Tiffaine.
Par la suite, ses deux frères se joindront aussi à elle
pour effectuer des recherches sur place.
Le 6 août, ils participent tous ensemble aux recherches avec les policiers nippons.
De son côté, Anne Désert, la mère, adresse un courrier au président de la République,
Emmanuel Macron, pour réclamer plus de moyens de recherche.
Parce que là, la famille se sent un peu…
Ils ne sont pas tant épaulés par les autorités japonaises.
Oui, tu te sens impuissant.
Culturalement, ils ne communiquent pas autant avec les familles
qu'en Amérique du Nord ou en Europe.
Ici, c'est quand même assez…
Ça fait partie du processus d'être constamment en contact
avec les familles et les informer le plus possible d'informations
qui ne peuvent pas nuire à une enquête.
Mais de ce qu'on comprend, au Japon, ils n'ont pas ce réflexe-là.
Donc, la famille de Tiffaine est un peu dans le néance d'une certaine façon.
Oui, sans oublier le fossé de la langue, la différence de la langue.
Il faut tout traduire, donc on ajoute des délais.
Puis eux, les Japonais, on croit encore que c'est une piste accidentelle.
Donc, ce n'est pas tant que ça prioritaire au niveau de l'enquête.
Puis justement, la piste criminelle est comme jamais évoquée,
donc ça ne leur permet pas de shifter en deuxième vitesse
puis de prendre des mesures plus drastiques pour faire avancer l'enquête.
Non, exact.
Avec une traductrice, les frères de Tiffaine font du porte-à-porte.
Le but est d'essayer de reconstituer de un les conditions météo le jour de la disparition
et d'avancer le plus d'indices possibles
avant qu'il y ait une autre battue qui est prévue le dimanche suivant.
L'ambassade de France au Japon a reçu la famille dans l'après-midi du 11 août
pour leur assurer que tous les moyens étaient mobilisés pour retrouver la trentenaire.
Donc, l'ambassade de la France s'en est mêlé quand même une dizaine de jours plus tard.
Autre piste, il y a un avertissement à l'entrée du sentier
sur un homme qui se fait passer pour un guide
et qui ferait des attouchements sexuels sur des femmes en randonnée.
Les panneaux sont placés un peu partout près des arbres
et sont bien sûr écrits en japonais.
La police dit que cet homme n'était pas à Nikko le jour de sa disparition malheureusement, mais…
Comment s'en assurer?
C'est ça, c'est particulier quand même.
J'ai hâte de voir comment ils vont nous fournir cette information-là
parce qu'à part le dire, ils n'ont pas donné de preuves à la famille.
Et là, ces panneaux-là qui annoncent que justement il y a un prédateur dans la forêt,
ils sont situés justement près des sanctuaires, donc près des petits temples.
Et non du côté de la rivière, où apparemment la police croit que Tiffane serait allé.
Donc les policiers, eux, croient à un scénario d'accident survenu près de la rivière,
mais ils croient un peu moins à justement la piste criminelle survenue
s'il s'était dirigé de l'autre côté de la route.
Malheureusement, les recherches n'apportent rien de nouveau et Tiffane reste toujours introuvable.
Damien, son frère, y est resté plus de deux mois à parcourir Nikko à la recherche d'indices.
C'est fou, hein, toute la volonté, le courage que Damien a eu et sa sœur et toute la famille.
Moi, je trouve ça très admirable.
Oui, tout à fait. Ils se sont vraiment rendus disponibles. Ils ont pris la chose au sérieux.
Ils ont arrêté tout ce qu'ils faisaient pour se rendre au Japon et tenter de retrouver leur sœur.
Donc c'est un dévouement vraiment magistral.
Oui, vraiment.
De retour au pays, la famille ainsi que leur avocate se mettent à éplucher les réseaux sociaux en quête d'indices.
Ils scrutent Instagram, Facebook, Twitter pour trouver des photos où l'on aurait pu apercevoir Tiffane
ou un indice sur les photos le jour de sa disparition, le 29 juillet.
On le sait, avec les moteurs de recherche des réseaux sociaux, il est toujours possible de rechercher par géolocalisation,
par date et la date de mise en ligne de la photo est toujours disponible.
Donc ils ont réussi quand même à faire certains recroupements et de trouver des photos de la journée même.
Il n'y a pas eu tant de choses que ça, mais quand même j'ai trouvé ça intelligent de leur part de faire cet effort.
Oui, c'est vraiment un bon réflexe. C'est ce que je ferais aussi et c'est ce que les policiers japonais n'ont pas fait justement.
Mais c'est une des premières choses que je ferais.
Nico, il y a environ 12 millions de touristes par année qui visitent cette ville.
Donc ça en fait des photos sur Instagram, ça en fait des photos sur le petit pont rouge.
Donc c'est clair qu'il y a moyen de retrouver d'une manière assez précise différents événements qui se sont déroulés dans la ville ce jour-là.
Donc c'est vraiment une bonne idée qu'ils ont eu de regarder ça et c'est accessible aux communs des mortels.
Donc pas besoin d'être un enquêteur pour faire ce travail-là.
Non, exactement. Et justement, à un certain moment, ils croyaient avoir repéré Tiffen sur une photo Instagram qui a été prise le jour de sa disparition.
On y voit une tache bleue dans le fond, derrière un arbre qui ressemble à la couleur du poncho qu'elle portait ce jour-là.
Puis même, on peut y voir un ombrage ou ce qu'on peut voir un visage, une morphologie qui est similaire à Tiffen, malheureusement.
Et cette photo-là a donné beaucoup d'espoir à la famille.
Mais malheureusement, la tache bleue, c'était une voiture et non le poncho.
Ils l'ont fait analyser par des experts en photo, je ne sais pas comment dire ça.
Et malheureusement, ce n'était pas Tiffen.
Et même lors d'un second voyage, Damien était près de cet endroit-là.
Ils ont revu une voiture bleue au loin et ont tenté d'aller voir la personne.
Mais malheureusement, ils n'ont pas réussi parce qu'ils avaient l'impression que c'était peut-être la même voiture.
Donc peut-être que cette personne-là, étant donné qu'elle était là la journée de la disparition, elle aurait pu voir quelque chose.
Mais malheureusement, ils n'ont pas été en mesure de rattraper la personne.
Oui, puis moi je mets un peu un bémol.
On dit que c'était peut-être une voiture.
Mais pour voir une voiture sur cette photo-là, il faut avoir beaucoup d'imagination.
Parce que même, c'est une photo Instagram, donc elle a été hyper compressée une fois postée sur Instagram.
Et les experts des photos ne peuvent pas faire des miracles.
Ils vont zoomer, ils vont faire certains tests chromatiques.
Ils vont jouer avec les contrastes pour voir s'il n'y a pas une forme quelque part.
Mais quand je regarde cette photo-là, même si je zoome, je ne vois pas plus une voiture.
Je vois plus un genre de foulard bleu ou de drap bleu, quelque chose comme ça.
Mais pour moi, on dirait que même si des experts nous disent que c'est une voiture, ce n'est pas quelque chose que je vais croire à 100 % dès le départ.
Pour vrai, moi je voyais quand même la voiture.
Je voyais le dos, pas le dos, mais le derrière, je voyais quand même la forme.
Toujours sans avancement concret dans l'enquête, plusieurs actions de la famille sont effectuées pour tenter de faire bouger les choses.
Tout d'abord, le 9 septembre 2018, Cybille, sa sœur, lance un appel aux touristes à Nikko sur les réseaux sociaux pour savoir s'ils disposent de photos prises lors du séjour de Tiffane là-bas.
Le 17 octobre, donc un peu plus d'un mois plus tard, Cybille interpelle Emmanuel Macron dans la cour des Champs-Élysées à l'occasion de la visite du premier ministre japonais.
Et là on le voit, les images sont sorties et pris sur le vif, Macron déclare que le gouvernement français est bel et bien au courant.
Donc de ce côté, les efforts de la famille ont porté fruit, du moins d'attirer l'attention d'Emmanuel Macron.
Par la suite, je suis curieux de voir à quel point ça va se refléter en action concrète tout ça.
Le 29 octobre, une soixantaine de personnes ont ratissé un périmètre long d'approximativement 500 mètres à Nikko sans succès et sans aller au-delà malgré la déception de Damien Veyron qui a assisté aux opérations.
Et lui nous dit « Les gens sur le terrain sont concernés par notre affaire, mais ils refusent de chercher dans des lieux où ma sœur pourrait se trouver ».
Il y a par exemple une zone non loin de son hôtel et à deux pas du commissariat de Nikko où l'eau aurait pu la transporter si elle était tombée dans la rivière.
Elle n'a jamais été fouillée.
Les autorités nous expliquent que des drones survoleront les lieux quand les feuilles seront tombées à la fin de l'automne et la police locale refuse l'aide des autres préfectures.
Il fait mention de la période des feuilles.
C'est une période énormément touristique.
Apparemment, c'est une grande beauté quand les feuilles tombent, mais il y a énormément de gens qui viennent visiter ces sentiers et cette région-là dans la période des feuilles.
Ça élimine encore plus l'hypothèse du fait qu'elle serait tombée dans un sentier parce que les gens l'auraient retrouvée.
Les policiers vont centraliser leurs efforts au niveau de la piste accidentelle qu'elle soit tombée dans la rivière.
Mais la rivière, c'est une rivière qui est quand même assez visible de la part des gens à Nikko.
Quand on regarde un peu sur Google Maps ou qu'on regarde des vidéos, si un corps qui tombe là-dedans, évidemment, il serait retenu à certains endroits parce que dans la rivière, il y a des cascades, des pierres, des choses comme ça.
Il y a le fameux petit pont rouge et il y a d'autres ponts aussi où les gens prennent des photos constamment, les gens marchent là-dessus constamment.
Donc, ça ne serait pas passé inaperçu quelqu'un qui tombe, une adulte qui tombe dans une rivière.
J'imagine que même sur le coup, elle aurait crié ou elle se serait débattue, tout ça.
Donc, j'ai de la misère à comprendre pourquoi vraiment ils focalisent leurs efforts là-dessus.
Oui, parce que c'est arrivé en plein jour, pas en plein nuit.
Bien oui. Le 10 novembre 2018, près de 500 citoyens participent à une marche à Poitiers pour retrouver Tiffen.
Donc, c'est un grand rassemblement communautaire en l'honneur de Tiffen.
En décembre 2018, maintenant, cinq mois après la disparition de leur sœur,
Cybille et Damien repartent une semaine au Japon déterminés à mettre de la pression sur les autorités pour qu'ils déclenchent une nouvelle recherche.
Il y a un énorme fossé culturel.
Les autorités n'ont pas l'habitude de communiquer avec les familles lors de disparition, comme on vous a mentionné un peu plus tôt.
Puis ça, ça fait presque six mois en décembre qu'elle est disparue.
Bien oui. Le 20 février 2019, l'enquête est au point mort.
Une déclaration de présomption d'absence est déposée au tribunal d'instance de Poitiers.
Puis aussi, ils vont, avec un juge d'instruction, ils vont tenter de lancer une enquête pour enlèvement et séquestration.
Et comme ça, en lançant une enquête avec un juge d'instruction français, les Japonais risquent d'avoir un signal comme quoi OK, il y a une enquête criminelle et on va devoir collaborer plus étroitement.
Donc il y a peut-être un peu d'espoir de ce côté-là.
Du 7 au 17 mai 2019, une mission de recherche est organisée et financée par la famille au Japon avec l'aide de spécialistes du Secours en Montagne, mais en vain encore une fois.
En juin 2019, deux ou trois enquêteurs de la police judiciaire de Poitiers ont été au Japon selon une confidence de l'avocate de la famille, maître Emmanuel Bernard.
Donc il y aurait peut-être un petit début de collaboration en juin, mais là, ça fait presque un an à ce moment-là qu'elle est disparue.
Et le 28 juillet 2019, Anne Désert et Damien Veyron, la maman et le frère de Tiffane, organisent une marche à Nico encore une fois pour commémorer sa disparition.
Donc ils sont quand même allés au Japon très souvent, la famille, pour garder l'enquête en vie un peu puis garder la flamme allumée.
Oui, oui, Damien est allé cinq fois.
Puis justement, un petit peu plus tard dans le podcast, on va vous donner un lien pour leur donner des dons parce qu'ils continuent encore leur enquête.
Puis vous pouvez comprendre que ça coûte très très cher, pas seulement en voyage, mais les avocats, les spécialistes et tout ça.
Donc on va vous mettre toutes les informations pour aller leur donner un petit coup de main si ça vous intéresse.
Il y a eu quand même plusieurs trucs étranges qui se sont passés au Japon durant le moment, la période où Tiffane est disparu, écoutez ça.
Trois semaines après la disparition de Tiffane, une tête décomposée a été découverte le long d'une voie ferrée de Nico.
Oh, creepy.
Oui, c'est assez creepy. Un autre corps a été retrouvé dans une rivière du secteur aussi.
Il y a quand même, il se passe des choses.
Il y a une centaine de kilomètres de la ville, mais toujours dans la région de Tokyo, il y a un corps de femme démembrée, la tête tranchée qui a été retrouvée.
Donc on se questionne à savoir s'il y a un lien possible avec l'affaire de Tiffane.
Officiellement non, même il y a un suspect qui est le fils de la victime qui a été démembrée, a même été arrêté, mais il n'a pas été accusé ou quoi que ce soit.
Donc il n'y a pas de lien en tant que tel avec Tiffane, mais ce qu'on se rend compte c'est qu'il se passe quand même des… il y a des femmes qui subissent des meurtres, ou du moins des meurtres horribles pour démembrer quelqu'un ou même une femme qui a été retrouvée dans le secteur, dans la rivière près de là.
Ce n'est pas Tiffane évidemment, mais ça prouve qu'il se passe des choses.
Oui, même si le Japon a vraiment une réputation d'être un pays avec très peu de criminalité, on se rend compte qu'il y a quand même des crimes assez sordides.
Puis il y a aussi un phénomène de disparition massive qui existe.
Oui, ça s'appelle les jôatsu, qu'on appelle les évaporés, ça c'est les gens qui disparaissent volontairement.
Mais au Japon, chaque année, comme on vous a dit un peu plus tôt, il y a environ 100 000 personnes qui disparaissent dans la nature, 100 000, c'est beaucoup de monde.
Même si par rapport à la population japonaise, c'est un petit pourcentage, c'est quand même assez particulier.
Et ces gens-là, ils disparaissent sans laisser aucune trace derrière eux. Ils quittent tout, leur proche, leur famille, leur travail, même leur identité.
Puis une des raisons derrière ça, ça serait soit la fuite d'un quotidien monotone, beaucoup de stress, une situation familiale compliquée, la perte d'un emploi, l'adulteur, le divorce, l'endettement.
Même, il y en a selon certaines, parce qu'il y a des journalistes qui en ont interviewé, selon certaines personnes, il y en a qui ont un désir de revenir à l'état primitif et se retrouver seuls avec eux-mêmes.
Il y a autant de raisons que d'être humain disparaître.
Oui.
Par contre, on remarque un dénominateur commun à toutes ces fuites, c'est l'honneur, qui occupe une dimension centrale dans la culture japonaise, puis qui est assez à l'opposé des conceptions plutôt occidentales.
Nous, même si on a l'honneur, on a le droit de perdre la face, en fait.
En fait, la notion d'honneur et inversement du déshonneur est profondément inscrite dans les normes sociales et culturelles de la société japonaise.
L'obligation, comme je vous disais, de garder la face, de ne pas salir son nom, est un aspect majeur de la culture, qui implique que tous les moyens sont bons pour préserver cet honneur.
Oui, et c'est pour ça que je pense que c'est un sujet si tabou, les disparitions, puis qu'il fait en sorte que les autorités là-bas n'ont pas vraiment tendance à investiguer.
C'est comme un peu tabou, les gens disparaissent, et bien on s'en mêle pas, on laisse ça aller, puis…
C'est leurs affaires.
Exactement.
La disparition volontaire des Japonais est aussi une autre manière, qui est différente du suicide, de sauver son honneur.
Par contre, affirmer que cette évaporation serait une alternative au suicide serait quand même un non-sens, parce que sur les 100 000 évaporés chaque année, il y en a 30 000 qui se suicident.
C'est quand même 30 %.
Donc, on dirait que c'est comme un chemin vers la mort, d'une certaine manière.
C'est comme un exode.
Oui, exact, et même ils disaient souvent que les proches de ces évaporés croient d'ailleurs qu'ils sont allés mettre fin à leur jour dans la fameuse forêt, la suicide for rest.
Ce phénomène ayant pris une place primordiale dans la société japonaise reste pour autant un sujet tabou, en particulier pour les familles de ces évaporés.
Et comment font pour vivre ces individus? Ils subviennent à leurs besoins primaires en effectuant des petits boulots au noir, le plus souvent pour le compte de la mafia, avant de rentrer vivre et dormir dans des hôtels miteux où ils sont établis domiciles, entièrement coupés du monde.
Mais malgré ce phénomène-là, je ne crois pas que c'est le cas de Tiffen.
On va en discuter un peu avec Damien aussi, de voir ce que je pense de l'option disparition volontaire, mais ça cadre très peu avec ses objectifs de voyage.
Non, absolument. Toutes ces habitudes, vous allez voir le fait qu'elle avait un parcours établi, elle communiquait avec sa famille, même le matin même.
Donc, toutes ces éléments-là font en sorte justement, comme tu dis, qu'il y a peu de chance que Tiffen fasse une disparition volontaire, mais on voulait quand même vous parler du phénomène qui existe au Japon.
Un autre mystère qui nous dérange un peu, c'est celui de la protection des données cellulaires, parce qu'on ne peut pas obtenir, du moins les autorités ne peuvent pas obtenir la géolocalisation du téléphone cellulaire de Tiffen.
Mais toi, Sam, tu as fait quelques recherches au niveau de la protection des données.
Oui, puis c'est une loi qui date de 2003, puis en fait, rapidement, c'est que pour que les autorités puissent transmettre les données, ou du moins les entreprises, pardon, puissent transmettre les données aux autorités,
il faut que l'usager, donc la personne qui possède ces données-là, donc le propriétaire par exemple du téléphone, soit consentant à ça, donc accepte de partager ces données-là, ce qui arrive à peu près jamais.
Puis dites-vous qu'une personne disparue, elle ne peut pas accepter de donner ces données.
Bien non.
Donc ça crée un genre de mur, de béton, de porte barrée qui fait en sorte qu'avec la loi, il n'y a pas de possibilité d'avoir ces données-là.
C'est drôle parce qu'ils disent que depuis 2016, ils essaient d'être plus collaboratifs à l'international justement quand il y a des enquêtes, mais on le voit dans le cas ici, c'est 2018, pardon, et même encore 2019,
puis il n'y a pas tant de collaboration que ça, puis on dirait qu'ils ne sont pas capables d'aller au-delà de leur loi, parce que je ne sais pas si c'est une chance ou une malchance,
mais en Amérique du Nord, quand les autorités ont un mandat, généralement, il n'y a pas beaucoup de choses qui peuvent bloquer ça pour aller chercher de l'information, fouiller dans les téléphones, ce qu'on a fait sur Internet,
et tout notre bagage numérique peut être fouillé par les autorités seulement avec un mandat, puis nos lois nous protègent quand même, mais pas dans ce sens-là.
Donc ça explique la raison pour laquelle les autorités japonaises ne fournissent pas les données de localisation.
Les autorités ne peuvent pas les utiliser dans l'enquête eux-mêmes, parce que même les autorités n'ont pas accès à ces données-là.
Puis autre chose aussi, on a parlé du taux de criminalité au Japon, apparemment qui est très bas, mais il faut en prendre et en laisser de cette information-là, je pense.
Oui, c'est assez particulier, dites-vous qu'en 2011, par exemple, le taux domicile volontaire était de 0.3 sur 100 000 personnes, et aux États-Unis, c'était 4.7 sur 100 000 personnes.
Par contre, le système pénal au Japon est conçu pour recueillir le plus d'aveux possible.
Plusieurs personnes confesseraient des crimes qu'ils n'ont pas commis dans l'espoir d'obtenir une peine plus clémente ou d'arrêter les interrogatoires inhumains.
Écoutez ça, la police et les procureurs peuvent placer des personnes en garde à vue pendant 23 jours, au moins, sans pour autant qu'il n'y ait des charges contre elles.
Ici, c'est impossible, ils ne peuvent même pas te garder. C'est pas de charge contre toi.
En théorie, les suspects ont le droit de garder le silence, mais en pratique, les procureurs considèrent eux le silence comme une preuve de culpabilité.
Écoutez ça, 99,8 % des poursuites criminelles se terminent par un verdict de culpabilité.
Oh boy!
C'est drôle parce que là, tout ce que je vous dis, c'est qu'ils punissent les gens, mais en même temps, de l'autre côté, ils ont un faible taux de criminalité.
Mais c'est justement, c'est que les Japonais, ils ont tellement peur d'être confrontés au système de justice qu'ils se tiennent tranquille.
Mais ça fait un peu le tour de la chronologie des événements autour de la mystérieuse disparition de Tiffane Veyron.
Vous voyez aussi qu'on a plusieurs questions de notre côté, notamment à propos de la fameuse photo qui a été prise de Tiffane, le couple d'Allemands aussi.
Qu'est-ce qui est arrivé avec eux? C'est parmi les derniers qu'ils l'ont rencontré, la fameuse piste de randonnée, la rivière, les données cellulaires.
Donc il y a plein de choses qu'on a envie de discuter avec Damien.
Donc on vous laisse et on passe sur Skype pour vous présenter cette entrevue-là et on se reparle tout de suite après.
Bonjour Damien. Tout d'abord, un grand merci de nous accorder du temps pour discuter de Tiffane. C'est très apprécié.
Mais c'est moi qui vous remercie. Merci beaucoup d'aborder le cas de Tiffane.
Tout d'abord, Damien, est-ce que vous pouvez nous parler un peu de Tiffane, de ses intérêts pour les voyages par exemple?
Bien sûr. Alors Tiffane avant tout, c'était vraiment une artiste, elle était passionnée de langue et elle était passionnée du Japon.
Donc elle a appris à écrire et à parler japonais. Donc c'est vraiment une femme d'une grande culture générale qui aime l'art et donc qui est amoureuse du Japon.
Donc pour elle, c'était évident qu'il fallait qu'elle aille au Japon pour concrétiser justement cet amour envers le Japon.
Elle était déjà allée, je crois, par le passé. Elle avait fait un premier voyage.
Tout à fait. Mais alors seulement à Tokyo, mais c'est vrai qu'elle était restée longtemps. Elle était restée plus de deux semaines.
Puis est-ce que généralement Tiffane planifiait bien ses voyages ou est-ce qu'elle était plutôt du style à improviser sur place?
Elle est très très organisée. Elle a fait peu de grands voyages dans sa vie et celui-ci était le deuxième.
Donc le premier, comme vous l'avez dit, c'était au Japon déjà en 2013 à Tokyo.
Et là effectivement, c'était un voyage de 15 jours où elle avait organisé, déjà réservé tous ses hôtels, payé réservé tous ses hôtels.
Dans chaque ville, elle avait noté tous les lieux qu'elle avait envie de voir et de visiter.
Quel était l'objectif de ce voyage versus le précédent?
J'imagine qu'elle voulait visiter des lieux un peu différents de son premier voyage à Tokyo.
Tout à fait. Là, son idée, c'était de découvrir toutes les autres villes du Japon.
Parce que la dernière fois, elle avait pu seulement aller à Tokyo.
Et la ville de Nikko où elle a disparu était la première étape de son voyage.
Et quelle autre ville? Est-ce que vous savez, Damien, quelle autre ville elle avait prévu ou quel autre endroit au Japon de visiter après Nikko?
Alors les villes, je ne m'en rappelle plus exactement.
Elle avait prévu de faire un tour du Japon.
Alors Nikko seulement, elle arrivait le 28, que je ne vous dis pas de bêtises, et repartir le 30, donc à peine trois jours.
Elle restait deux nuits à Nikko.
Elle avait prévu d'aller à Kyoto.
Elle avait prévu d'aller ensuite dans la région de Sendai, c'est-à-dire de remonter,
en allant donc vers le nord du Japon, puis redescendre vers le sud.
En fait, c'est vraiment tout un parcours prévu, en fait, à faire un tour du Japon.
Justement, Nikko, on dit que ça prend simplement deux, trois jours pour la visiter au complet.
Donc, je comprends son intention justement d'avoir voulu rester là environ trois jours.
Ça lui aurait permis de faire le tour complètement?
Oui, surtout qu'on sait qu'elle arrivait samedi assez tard et qu'elle repartait lundi.
Donc, en fait, déjà, même si elle a resté deux nuits et qu'elle avait prévu de rester plus,
déjà son temps était déjà raccourci, puisqu'elle avait seulement le dimanche 29 en intégralité pour visiter.
Peux-vous nous décrire comment vous avez appris la disparition de votre sœur?
Alors nous, Tiffane, elle avait vraiment envie de partager son voyage avec nous.
Donc nous, on avait un groupe WhatsApp.
Donc, on savait exactement où elle allait et elle nous envoyait ses photos tout le temps.
Donc, on était vraiment en connexion.
Sauf que c'est vrai qu'à partir du 29, on n'ait plus de nouvelles.
Donc, on a commencé à s'inquiéter.
Et puis là, le 30 août, j'ai reçu un message de l'ambassade de France au Japon pour me dire,
écoutez, voilà, on n'a plus de nouvelles de votre sœur.
Elle a quitté son hôtel le matin et elle n'a plus donné de nouvelles.
Donc, c'est comme ça que je l'ai appris.
Elle n'arrivait pas à joindre mes parents.
Donc, dans le coup, c'est moi qui ai eu le premier message.
Qu'est-ce que ça vous a fait?
Sur le coup, comment vous avez réagi?
On commença à s'inquiéter.
Mais c'est vrai que d'abord, on a évidemment, on a tout de suite été très, très inquiet.
Après, on s'est dit peut-être qu'elle a eu un malaise et qu'elle est quelque part à l'hôpital où qu'elle a été recueillie.
Puis ensuite, quand on a vu que c'était pas ça, là,
on a tout de suite pris nos billets d'avion pour aller immédiatement,
pas aussi rapidement qu'on pouvait, pour aller à Nico.
Mais quand on a appris qu'elle était née à l'hôpital nulle part, là, on a vraiment paniqué.
Et quand nous sommes arrivés, donc c'était le samedi suivant, peut-être le 2, si je ne dis pas de bêtises,
on a vu que toutes ses affaires étaient restées à l'hôtel
et qu'on a réalisé qu'elle était partie seulement avec un petit sac à main le dimanche matin,
en petite basket pour seulement faire des visites de musées ou de choses comme ça.
Donc là, une fois sur place, là, on a commencé à pleurer, à s'inquiéter parce qu'on disait là, c'est pas normal.
Puis quelle était la réaction des Japonais parce que vous êtes allés là-bas un peu mener l'enquête, du moins pour la première fois.
Vous avez discuté avec le propriétaire de l'auberge, le Turtle Inn.
Je présume que vous avez discuté avec plein d'autres gens, des gendarmes japonais, tout ça.
Quelle était la réaction des gens une fois là-bas? Est-ce que les gens étaient ouverts à votre collaboration?
Oui, alors c'est très particulier parce que, en fait, la manière dont ils traitent leur disparu au Japon,
malheureusement, ça n'a rien à voir qu'en Europe ou en France ou ailleurs,
puisque pour eux, c'est un phénomène, il y a beaucoup de disparus.
Donc, en fait, ils ne cherchent pas leur disparu.
Donc, il n'y a pas d'enquête, pas de recherche particulière.
Cependant, ils nous ont quand même bien accueillis, ils nous ont écoutés.
Et puis, les gens de Nikko, maintenant, on a des amis japonais qui nous aident énormément.
Donc, les gens de Nikko nous ont beaucoup aidés et ils nous ont tout de suite tendus les bras quand ils ont su pourquoi on était là.
En parlant d'amis, est-ce que Tiffane s'était fait des amis là-bas au Japon?
Non. Non, c'est la question qu'effectivement la police française, parce qu'il y a eu aussi une instruction en France,
enfin, une enquête en France, nous ont posé comme question.
Elle avait vraiment planifié son voyage toute seule.
Elle avait vraiment envie d'être seule pour être libre des endroits où elle voulait aller.
Comme elle avait très bien préparé son voyage, elle avait aussi préparé des lieux qui n'étaient pas forcément repris dans les guides touristiques.
Donc, non, elle était en discutant avec toutes les amies de Tiffane, en discutant avec toutes ses relations.
En tout cas, nous, on pense qu'elle connaît personne, oui.
Et à toute chance.
J'aimerais revenir sur votre premier voyage que vous avez fait avec votre sœur au Japon.
Pouvez-vous nous en parler un peu des endroits que vous avez visités, des gens avec qui vous avez discuté de Tiffane?
Alors nous, en fonction effectivement de nos objectifs, nous, on est resté pratiquement tout le mois d'août après.
Nous, dans un premier temps, ce qu'on voulait, c'est que nous, on avait très peur qu'elle soit tombée quelque part.
Même si elle n'était pas partie pour aller dans la montagne, on avait peur qu'elle ait eu un accident.
Donc, c'était un contre la montre au début.
Donc, on était très, très nerveux et on a demandé aux gens de nous aider.
Et on a rencontré des gens qui nous ont aidés, qui, comme ça a été médiatisé au Japon, les gens venaient spontanément chercher aussi.
Donc, on a eu de l'aide des Japonais et puis cette aide s'est accentuée au fur et à mesure de nos voyages.
À chaque fois qu'on revenait, on revoyait les mêmes personnes.
Nos cercles d'amis et d'aides s'agrandissaient.
Donc, oui, il y a un très bon contact.
Les Japonais sont vraiment formidables.
On s'entend très, très bien avec eux et il y a beaucoup d'aide de leur part.
Donc, l'hypothèse au départ, c'était vraiment l'hypothèse accidentelle.
Les gens croyaient que peut-être elle avait fait une crise d'épilepsie puis qu'elle était tombée sur un chemin.
La police a tout de suite, je ne sais pas pourquoi, parce que ce n'est pas forcément cohérent.
En plus, Syphène est très prudente.
Ils ont considéré que c'était la piste de la rivière.
On ne sait pas pourquoi ça a retenu.
C'est sûr que la piste de la rivière, c'est aussi une position de confort parce que vous ne vous retrouvez pas quand il y a quelqu'un qui tombe dans la rivière.
En plus, comme il y a des typhons là-bas, vous ne vous retrouvez pas de traces.
C'est bizarre.
La police a accentué sur ça au début.
Nous, comme il n'y a pas eu de recherche, on a recruté des experts et on a fait des recherches pour justement faire des recherches dans la rivière et éliminer cette piste.
Donc, en ayant cherché avec des experts, avec des chiens partout autour de l'hôtel, dans les sentiers, dans les rivières, on n'a retrouvé aucun indice.
Donc là, dorénavant, c'est sûr que la piste accidentelle paraît peu probable.
Parce qu'on regardait les vidéos entre autres, les vidéos que vous avez filmées lors de votre voyage.
Puis on a lu aussi énormément de commentaires sur Reddit parce qu'il y a des gens de la communauté sur Reddit, évidemment, qui s'intéressent à l'histoire de Typhane.
Puis il y a beaucoup de témoignages de gens qui sont allés faire de la randonnée dans la région de Nicot.
Et puis souvent, on a l'impression que les pistes de randonnée sont très bien entretenues, en fait, qu'elles sont même à la rigueur faciles.
C'est-à-dire qu'on retrouve des rampes, les chemins sont bien dégagés, tout ça.
Est-ce que c'est ce que vous avez constaté aussi lors de votre voyage?
Ça semble pas être des pistes de randonnée très difficiles, très accidentées, comme parfois on retrouve un peu en Amérique du Nord.
De ce côté-là, quel a été votre constat sur l'état des pistes, l'état et la difficulté des pistes de randonnée?
Vous avez tout à fait raison. Les pistes sont très bien dessinées.
En plus, eux, ce qu'ils appellent des montagnes ou des monts, en fait, pour nous, que ce soit eux-mêmes au Canada ou en France,
nos montagnes n'ont rien à voir. Elles sont effectivement beaucoup moins... Les chemins sont beaucoup moins clairs, moins banalisées, et puis beaucoup plus abruptes, finalement.
C'est des montagnes qui sont très faciles de... Des chemins qui sont très faciles d'emprunter.
Il y a peu d'accidents, donc... Et puis vous retrouvez, il n'y a pas de précipices ou...
La nature est très dense, ça c'est vrai. Mais oui, tout à fait, les pistes sont très bien balisées.
Il n'y a pas de... Pour nous, effectivement, ça ne paraît pas grand-feu.
La théorie de l'accident, elle aurait peut-être glissé ou quelque chose comme ça, est très peu probable, à moins qu'elle se soit vraiment aventurée dans une zone hors-piste, si on veut.
Parce que sinon, les gens l'auraient vu tout de suite, si elle était tombée, par exemple, ou quelque chose comme ça.
Parce qu'il semble avoir énormément de gens qui fréquentent ces pistes-là, puis comme vous dites, ils sont très dégagés.
Oui, tout à fait. Nous, ce qu'on a fait pendant pratiquement un an, c'est justement pour écarter aussi les pistes de la montagne ou des promenades à côté.
On les a tous faits. Avec des chiens aussi, des chiens qui sont capables de retrouver des corps humains ou des corps.
Et on a fait tous ces endroits-là et on n'a rien trouvé.
Et il n'y a pas de... Au bout d'un moment, Tiffany n'est pas une grande sportive, donc elle n'aurait pas marché quatre heures, ça aurait été impossible physiquement.
Même des gens bien entraînés, des Japonais alpinistes qui nous ont aidés, nous ont dit aussi oui, c'est une jeune femme comme ça, enfin, pas sportive, elle n'aurait pas été très loin non plus.
Donc oui, on l'écarte, la piste accidentale.
Les chiens pisteurs n'ont rien retrouvé, même à la sortie de l'auberge, par exemple, sur la route principale, par exemple.
Alors ça, c'est le problème. C'est que les chiens qui sont capables de... qui auraient pu renifler Tiffany, ça, c'est des chiens qu'il aurait fallu, et ça, c'était à la police de le faire,
genre fait que ça soit une intervention immédiate, tout de suite après, on va dire dans les jours à venir, la disparition de Tiffany.
Donc ça, ça arrive trop tard, surtout qu'il y a eu de la pluie, il y a eu quand même des typhons, même si ils n'ont pas été très violents.
Nous, ce qu'on a fait bien plus tard, c'est seulement des chiens qui sont capables de retrouver des corps humains dans la montagne ou sur les abords des rivières.
C'est pour cette raison, donc, qu'on n'est pas capable de savoir si elle est partie vers la droite ou vers la gauche en sortant de l'auberge, entre autres, j'imagine?
Tout à fait, effectivement. Si des chiens avaient été mis à la sortie de l'hôtel le lendemain ou les jours après, oui, vous avez raison, on aurait eu une indication, en tout cas.
Mais après combien de jours, justement, les autorités ont commencé à enquêter sérieusement sur le dossier?
En fait, ils ont été, comme vous l'aviez dit tout à l'heure, c'est vrai, Tiffany avait très bien organisé son voyage.
En fait, ils ont retrouvé dans sa valise rapidement la liste des endroits où elle voulait aller.
Donc eux, ils ont quand même tout de suite été voir les lieux où elle avait prévu de visiter.
Donc, en fait, c'est très particulier parce qu'on ne peut pas dire qu'ils n'ont pas été réactifs.
Comme ils n'ont pas l'habitude, je pense, de faire des recherches comme ils ont énormément disparu, ils n'ont pas mis des moyens, par exemple les chiens ou d'autres, pour enquêter tout de suite.
Donc, ils n'ont pas rien fait.
En même temps, ils n'ont pas fait ce qu'il fallait pour, comme vous le disiez, pour les chiens qui auraient donné une indication, par exemple.
Après, ce qui est bizarre, c'est qu'ils ont vu que son passeport et toutes ses affaires étaient à l'hôtel.
Donc, c'est vrai qu'ils auraient dû dire, mince, il y a quand même une urgence.
Et les chiens, comme vous le disiez, ça aurait permis au moins de donner un début d'indication.
Et puis on pourrait peut-être en parler, mais il y a aussi le téléphone.
On sait qu'elle avait son téléphone avec elle.
Et jusqu'à ce jour, il n'y a toujours pas eu de réquisition ou de demande auprès des opérateurs.
Donc ça, c'est quand même terrible aussi.
Oui, ça, on va en discuter tout à l'heure, Damien, du téléphone.
Évidemment, nous aussi, c'est quelque chose qui nous chicote beaucoup.
Est-ce que vous avez remarqué, au cadre de vos voyages ou même en lisant la presse ou en recevant des informations,
des choses qui ne faisaient pas sens dans cette histoire-là, des choses que vous trouviez louches ou qui étaient un peu contre la logique?
Après, nous, le décalage, c'est qu'on a vu que la manière d'enquêter ou de fonctionner était différente.
Parce qu'on en discutait avec une journaliste française qui travaillait au Japon, c'est qu'ils ont énormément disparu.
Donc déjà, il y a un autre mode, c'est-à-dire qu'ils les cherchent.
Donc déjà, c'est très troublant.
Donc disparition inquiétante, pour eux, c'est une notion abstraite.
Donc ce qui nous a choqué, c'est qu'effectivement, il y a eu une différence culturelle.
Voilà, différence culturelle, pas de collaboration avec la police française, alors qu'on aurait aimé.
Même jusqu'à maintenant, il n'y en a toujours pas.
Donc c'est ça, les gros problèmes qu'on rencontre, manque de collaboration entre les deux pays.
Est-ce que sur place, il y avait des témoins qui vous disaient des choses justement qui étaient un peu louches à vos oreilles
ou qui faisaient moins sens ou des gens que vous croyez qui mentaient, par exemple?
Les Japonais qui sont approchés de nous pour nous aider, il y a une vraie sincérité.
Après, est-ce qu'on a découvert, parce que moi, je ne connaissais pas du tout le Japon, Sibyl, ma soeur non plus,
qu'on a découvert donc au Japon qu'il y a aussi des problèmes d'agression.
On a découvert des panneaux près d'un lieu touristique, enfin pas loin de l'hôtel,
d'un homme qui se faisait passer pour un faux guide qui embêtait les touristes.
On a découvert aussi qu'il y avait aussi des gens qui étaient dérangés, qui pouvaient être dans les environs,
que le Japon n'est pas forcément le pays où il y a le plus de criminalité au monde, ça c'est sûr,
mais qu'il y avait quand même des faits divers avec des corps retrouvés.
Nous, on a été très inquiets les premières semaines parce qu'une femme démembrée avait été retrouvée dans la rivière,
bien en aval de Nico, enfin voilà, on a découvert qu'il existait quand même des faits divers
et que ce n'était pas non plus le pays le plus sûr du monde.
Une piste que j'aimerais explorer aussi, c'est les fameux voyageurs allemands avec qui elle aurait pris le petit déjeuner au matin du dimanche.
Est-ce que ces gens-là ont été interrogés? Est-ce que vous, vous avez eu la chance de leur parler?
C'est un peu le problème qu'on a depuis le début, c'est que même s'il y a eu énormément de réunions avec la police et l'ambassadeur,
en termes d'enquête, on a toujours eu du mal à savoir ce qui avait vraiment été fait ou pas.
Cependant, mon frère, qui parle mieux anglais que moi, avait pu dialoguer avec ces allemands.
Et effectivement, je ne crois pas que la discussion l'avait mené à grand-chose,
mais voilà, il nous avait dit qu'ils avaient vu Tiffane effectivement au petit déjeuner,
ils avaient pu nous donner quelques indications sur ses habits,
et puis au petit déjeuner, elle avait aussi parlé avec un couple de Français avec qui on avait pu échanger.
Donc ça avait pu nous donner des idées un petit peu sur son planning du jour et la manière dont l'établir principalement.
Trouvez-vous ça un peu bizarre qu'il n'y a pas eu d'autres témoins qui l'ont remarqué après ces photos-là?
On a réalisé aussi qu'il y avait un autre problème au Japon.
Alors déjà, Nico, il y a énormément de touristes,
mais aussi que les Japonais avaient du mal à distinguer le visage des Européens les uns entre les autres.
Pour eux, je le vois, j'ai été parfois dix fois au même endroit,
au bout de dix fois, ils m'avaient toujours pas reconnu alors qu'ils étaient chaleureux et gentils.
Donc ils ont du mal à distinguer les faciès européens.
Pour eux, tous les Européens se ressemblent et on voit que c'est un problème.
C'est pour ça aussi qu'on avait demandé à la police de pouvoir visionner les caméras de surveillance,
parce qu'on sait que pour eux, c'est forcément plus difficile de distinguer les visages européens entre les uns et les autres.
J'aimerais ça revenir aussi sur...
Vous avez découvert sur Instagram à un certain moment une photo où il y avait une tache bleue,
du moins où on pouvait même peut-être douter que c'était le poncho de Tiffane
et qu'il y avait un genre d'ombrage qui semblait être sa physionomie, finalement.
C'est quoi la conclusion de cette photo-là ?
Alors cette photo nous a beaucoup troublé.
On a trouvé cette photo sur un compte Instagram, je crois, ou Twitter.
Je sais plus...
Qu'est-ce que vous aviez dit ?
C'est sur Instagram, je crois, de mémoire.
Ah voilà, c'est ça. Pardon, je confond les deux.
Instagram, effectivement, d'un Américain qui avait pris une photo où on avait l'impression de distinguer quelqu'un et ça ressemblait à Tiffane.
Alors ça nous a inquiété, parce que déjà cette photo a été prise à un endroit où il y avait justement des panneaux
indiquant qu'il y avait quelqu'un qui se faisait passer pour un faux guide, ce que j'évoquais avant.
Donc on a cherché dans cette zone.
Et finalement, on en a parlé à la police de Nico qui n'a pas fait de recherche.
Et c'est une télévision japonaise qui a décidé d'aller voir des experts pour voir, pour approfondir,
enfin pour faire des recherches sur la photo et voir ce que c'était concrètement.
Et en fait, les experts qui ont pu faire une analyse de la photo ont découvert qu'en fait c'était une voiture.
Mais c'est vrai que c'était troublant parce qu'on a l'impression que c'était Tiffane.
Oui, tout à fait. Mais c'est très malin de votre part, en fait, d'avoir regardé sur Instagram,
parce que c'est tellement un endroit, Nico, où il y a beaucoup de touristes.
On parle, je pense, de 12 millions de touristes par année.
C'est clair qu'il y a énormément de photos qui doivent se prendre.
On doit presque pouvoir voir des images de la ville en temps réel grâce à ces photos-là.
Est-ce que les policiers, japonais ou même français, ont fait ce travail-là aussi de regarder sur les réseaux sociaux pour trouver des pistes?
Japonais, non. Parce que déjà, regarder les vidéos de surveillance, c'était pour eux quelque chose de très lourd à faire.
Parce que c'est un tout petit commissariat.
En plus, au Japon, vous êtes vraiment dans un pays décentralisé.
Et la préfecture de Toshigi est une toute petite préfecture qui n'a pas forcément...
Il y a une disparité d'une préfecture à l'autre.
Et Toshigi n'a pas forcément les mêmes moyens que Tokyo, par exemple, qui a des moyens bien supérieurs.
Donc déjà, pour eux technologiquement...
D'ailleurs, je pense que l'interprète nous disait en rigolant qu'il ne savait même pas envoyer un e-mail.
Donc là, je pense que côté japonais, en tout cas à Nico, cette possibilité-là n'était pas possible.
Quant à la France, les policiers français, eux, n'ont pas développé cette piste.
Par contre, ils ont essayé et ont eu quelques informations rapidement par rapport au téléphone.
Mais concernant la géolocalisation, ils ne pouvaient pas aller plus loin, puisque on était sur le sol japonais.
Donc c'était un opérateur japonais.
Donc non, c'est surtout nos amis, nos familles qui ont utilisé des logiciels.
Et nous, nous permettons de faire le tri sur tous les réseaux sociaux pour essayer de voir si on pouvait l'avoir, si vous avez raison, comme vous le dites.
Nous, on s'est tout de suite dit, il y a énormément de touristes, donc peut-être qu'on peut retrouver une trace, oui, sur les réseaux sociaux.
Mais malgré notre travail, on n'a pas trouvé de photos autres que celles de l'Américain sur Instagram.
Puis il y a aussi cette fameuse photo de Tiffane qui a été prise au petit-déjeuner par un touriste.
De mon côté, j'ai de la difficulté à expliquer l'origine ou le contexte de cette photo-là.
Est-ce que c'est une photo où elle avait été prise à son insu ou est-ce qu'elle était de connivence?
En savez-vous plus sur le contexte de cette photo-là où on la voit boire un thé, je crois, à la table?
Mais vous avez raison, c'est très bizarre cette photo, parce qu'en fait, tout simplement, lorsque la police nous donne des photos,
parce que c'est une photo que la police a récupérée, en fait, elle a été agrandie et en fait, elle est issue d'un panorama, d'une photo en large.
Donc en fait, en réalité, elle a été agrandie, mais dans la photo d'origine, on la voit à peine.
Elle est juste un petit coin. C'est juste qu'elle a été agrandie et tout.
Donc cette photo n'était pas centrée sur Tiffane.
Elle est vraiment, elle faisait partie, malgré elle, d'un petit élément sur la photo.
On trouvait ça très louche qu'une personne la cible directement pour nous, si on n'avait pas eu l'élément que vous venez de nous donner.
On dirait que, d'une certaine manière, ça donnait une corrélation à un individu peut-être qui l'avait sous l'œil.
Vous avez tout à fait raison, oui. Mais on a manqué de précision, peut-être, sur cette photo.
Selon votre avocate, il y a plusieurs documents de la police japonaise qui étaient incomplets.
Qu'est-ce que vous voulez dire par là?
Ce qui s'est passé, en fait, c'est que nous, rapidement, la police a accepté de nous recevoir avec l'ambassadeur.
Donc on les remercie parce qu'on a toujours eu un lien.
Sauf qu'évidemment, pour connaître ce qui est fait en termes d'enquête, en plus au Japon, c'est particulier.
Parce que vous n'avez pas de partie civile.
C'est-à-dire que nos avocats au Japon n'ont pas la possibilité d'accéder au dossier.
Donc en France, il y a maintenant un an, il y a une instruction qui a été ouverte.
Avec un juge d'instruction qui peut mener des enquêtes.
Et elle, pour pouvoir travailler, elle a besoin de savoir ce qui a été fait au Japon.
Donc, elle a fait la procédure normale.
Elle a demandé à la police de Nico d'avoir des dossiers de l'enquête, d'avoir le dossier, tout simplement, pour savoir ce qui avait été fait.
Pour savoir, par exemple, je vous donne un exemple comme ça.
Mais si les Allemands ont été auditionnés, par exemple, ou si l'hôtelier, le planning de l'hôtelier ou des choses comme ça,
c'était juste pour pouvoir faire son enquête.
Et en fait, c'est compliqué, c'est un pays fermé.
Ils n'ont pas renvoyé les éléments suffisants pour que la juge puisse s'enquêter.
Donc, c'est ça, en fait, elle n'a jamais reçu et il n'y a jamais eu de collaboration.
Donc, elle n'a pas eu de documents concrets en termes d'enquête.
Donc, ça reste flou.
Et donc, les Français, autant le juge d'instruction que votre avocate ne peuvent pas faire leur travail, finalement?
Mais vous avez tout à fait raison.
Donc, c'est pour ça que depuis le début, on est vraiment, même si l'ambassadeur nous aide énormément,
mais on est un petit peu seul contre tous, c'est-à-dire que c'est nous qui sommes obligés de financer nos expéditions, nos recherches, nos enquêtes.
Voilà, parce que les Japonais, culturellement, ne cherchent pas.
Et il y a un refus de collaborer avec la France, parce que le Japon est formidable sur beaucoup d'aspects,
mais en termes de collaboration, ce n'est pas leur point fort.
Mais avez-vous l'impression que quelque chose pourrait faire en sorte que ça débloque,
ou ici, on va rester dans une impasse pour toujours?
Sibylle avait été courageuse, puisqu'elle avait interpellé Emmanuel Macron.
Oui, oui.
Donc, l'Élysée est personnellement investie, le président de la République s'est personnellement investi
en disant qu'il allait faire en sorte qu'il puisse y avoir une collaboration.
Il y a eu des discussions entre la diplomatie française et japonaise,
mais pour l'instant, malheureusement, il n'y a toujours pas de collaboration policière ou judiciaire.
C'est compliqué, ça se trouve, ça n'arrivera jamais, mais on espère que ça...
Voilà, parce que pour nous, c'est très important qu'ils puissent enquêter pour retrouver Tiffane.
Une autre info qui, de notre côté, nous sidère aussi,
c'est les données de son téléphone portable, en fait, de son smartphone,
et ça semble être vraiment un bloquant important dans cette enquête-là,
puis nous, on ne comprend pas le raisonnement derrière,
mais pour quelle raison est-ce que c'est impossible d'accéder à ces données cellulaires?
En France, ils ont tout de suite fait une réquisition.
La police a été formidable, ils ont été très réactifs.
15 jours après, ils avaient déjà toutes les données qu'ils pouvaient obtenir,
puisqu'on connaît la confidentialité des données pour les opérateurs téléphoniques,
ils ne les donnent pas, vous les obtenez que par réquisition.
Donc, la France a tout de suite obtenu le maximum d'infos qu'ils pouvaient.
Au Japon, pourquoi? C'est le mystère depuis un an.
Pourquoi ils n'ont pas fait de réquisition?
En plus, quand quelqu'un disparaît et qu'elle a son téléphone portable,
c'est vraiment presque du pain béni.
C'est une manière de trouver quelqu'un qui est quand même assez facile.
Avec l'ambassadeur, on a essayé à chaque réunion,
il nous a soutenu qu'ils essayent de faire une réquisition auprès des opérateurs,
ou au moins qu'ils fassent une demande de conservation des données.
Ça n'a jamais été fait.
Après, je pense que le cas de Tiffen, comme c'est un portable étranger,
ne facilite pas les choses.
Ça, c'est évident.
Mais bon, cependant, en faisant une réquisition,
en essayant d'obtenir ces données, ça ne paraît pas impossible.
Le problème, c'est qu'on a découvert que les données étaient conservées que 6 mois
par les opérateurs.
Maintenant, ça paraît foutu.
Sauf si, comme ça a été médiatisé au Japon,
les opérateurs japonais ont pris l'initiative de conserver les données.
On l'espère. Sinon, on n'a plus aucune chance.
C'est vraiment choquant.
Moi, je n'en reviens pas parce qu'en plus,
en activant cette requête le plus rapidement possible,
peut-être même qu'on aurait pu détecter Tiffen
alors que son téléphone était encore chargé, par exemple.
Il y a un peu une course à la montre
qui se lance dans les premiers jours de la disparition.
Puis, selon moi, c'est une des premières choses qu'on aurait dû faire,
c'est de regarder tout de suite les données cellulaires
et peut-être même être en mesure de la retrouver
ou de retrouver le téléphone très rapidement.
Parce que là, plus le temps passe,
comme vous dites, les données vont être effacées
ou son téléphone est sans doute plus connecté depuis très longtemps.
Donc, il y a vraiment une opportunité manquée ici qui est très choquante.
Oui, tout à fait.
En plus, imaginons que la pauvre, même si on ne pense pas,
qu'elle soit tombée quelque part
et qu'il suffisait juste de la localiser pour la sauver
et que ça n'a jamais été fait.
C'est un scandale.
Après, les données, même si son téléphone est éteint,
comme vous avez des antennes relais,
il y a des possibilités, même maintenant,
sauf que les opérateurs n'ont pas éliminé les données,
je pense qu'elles sont encore exploitables.
Il faut prier pour que les opérateurs aient pris l'initiative
de garder ces données, sinon on ne saura jamais.
Enfin, les données seront pu exploiter.
C'est vrai que c'est triste.
Qu'est-ce que vous avez été en mesure d'obtenir
en termes de données de la part du fournisseur français?
Eux, ce qu'ils ont pu obtenir,
la géolocalisation, non, parce que c'est sur le territoire japonais.
Par contre, ils ont pu voir les appels ou les SMS
qu'elle avait pu recevoir.
Donc rien de particulier.
Elle a eu des appels, je crois, de notre père
ou peut-être d'amis.
Rien de suspect?
Non, rien de suspect.
Après, ce qu'il aurait fallu savoir,
c'est où le téléphone borné quand on l'avait reçu ces appels.
Mais ça, la France ne peut pas,
même s'ils ont tout tenté.
On sait aujourd'hui des internautes
jouent un rôle quand même primordial
lors de disparition.
Dans le cas-ci, quel a été le rôle
dans la disparition de Tiffany des internautes?
Est-ce qu'ils vous ont aidé, est-ce qu'ils vous ont nuit?
Comment vous évaluez ça?
On a eu beaucoup d'aide, effectivement, des aides spontanées,
des gens sur Facebook ou sur les réseaux sociaux
qui nous ont envoyé leur aide.
On a fait beaucoup d'annonces
grâce à notre cercle d'amis dans tous les pays.
On a diffusé la vie de recherche.
Tout ça, c'est nous qui avons ouvré.
Donc on a distribué partout.
Effectivement, il y a eu aussi des appels.
Lorsqu'on a diffusé des affiches,
on a aussi donné le numéro de la police de Nico.
Ils ont eu beaucoup d'appels.
Donc les internautes,
la communauté espagnole française,
les canadiens aussi.
Un canadien qui s'est marié à une règle japonaise
et qui a ouvert son restaurant à Nico
nous a aidé.
Donc on a vu que les gens...
De toute façon, la solution viendra peut-être d'eux aussi.
Il y en aura des touristes,
des gens qui utilisent les réseaux sociaux,
toute cette communauté internationale.
Ça peut être une réponse.
Effectivement, la page Facebook est encore très active,
de ce que je peux voir.
Du moins, elle est toujours en vie.
Est-ce qu'il y a beaucoup d'informations
qui passent par là aussi?
Oui, on essaie de la faire vivre.
Là dorénavant, on a créé une association,
on a un site internet.
Donc c'est bien, on va avoir des adhérents maintenant
avec notre association.
Et c'est vrai que de toute façon,
on sait que si on retrouve Tiffane,
ça sera grâce à l'aide de tout le monde.
Parce que là, malheureusement,
on n'aura pas l'aide des États.
Donc au moins, si on a l'aide et la solidarité
et l'aide des gens,
au moins nous on peut faire des choses.
Ça va être grâce à cet effort collectif
qu'on va la retrouver.
Tout à fait.
Quelles sont les prochaines étapes pour vous,
la famille Damien?
Quel est l'état actuel de l'enquête?
Est-ce que vous poursuivez vos démarches
auprès du Japon?
Est-ce que vous pensez
à engager des détectives privés?
Quelles sont les prochaines étapes pour vous?
Alors effectivement, les détectives privés,
ça peut être une possibilité.
Nous, on était pour l'instant, ce qu'on voulait,
c'est que les policiers enquêtent,
les policiers français puissent aller là-bas.
Malheureusement, ça peut peut-être pas être le cas.
Donc oui,
enquêteurs privés.
On va retourner au mois de janvier à Nico
et au Japon pour essayer d'aussi
de trouver un avocat japonais
qui puisse nous appuyer,
re-encontrer l'ambassadeur
à chaque fois qu'on y va,
qui nous soutient beaucoup, voir la police,
et puis continuer
nos recherches sur le terrain,
en continuant à élargir nos zones de recherche
pour être sûrs d'éliminer
toutes les pistes,
enfin, tous les sentiers et toutes les pistes
autour de Nico.
Et puis peut-être
l'enquêteur privé, oui,
à moyen terme, si on est sûr que les policiers français
puissent pas aller là-bas.
On espère qu'ils vont y aller quand même.
Donc vous prévoyez possiblement un autre voyage
au Japon dans l'année?
Tout à fait. Là, on va continuer à se battre
parce que là, comme vous l'avez vu,
si tout avait été mis en oeuvre pour retrouver Tiffane,
on aurait pas eu, enfin, au bout d'un moment,
on aurait dû se dire, bon, ben voilà,
tout a été mis en oeuvre, on n'a pas d'indice.
Mais là, c'est pas le cas. Donc en fait,
il reste plein de choses à faire.
Notre combat, il va continuer
puisqu'il y a des choses à obtenir,
rien, tout n'a pas été fait
pour, en tout cas,
pour retrouver Tiffane.
Donc voilà, on va continuer
à se battre grâce à l'aide de tous.
Oui, je vois que vous ramassez des dons
justement actuellement. On va
s'assurer aussi de diriger
nos fans,
nos auditeurs vers aussi
la manière de vous
donner un don pour vous aider à poursuivre l'enquête
parce qu'on comprend, de ce que je comprends,
de ce que vous me dites, c'est que tant qu'il va rester
des doutes, tant que vous n'aurez pas éliminé
toutes les pistes possibles,
vous allez continuer.
Tout à fait. On va continuer à se battre. Et puis surtout,
ce qui nous effraie, c'est que comme elle est assez
volatilisée et qu'il y a eu déjà des cas
au Japon, on a très peur
qu'elle soit séquestrée et qu'elle soit quelque part
et qu'elle puisse pas s'échapper. Parce que ça,
la séquestration, il y a déjà eu des cas.
En plus,
les Japonais ont des relations,
ont une relation particulière avec les
profils occidentaux où il y a déjà eu
ils aiment beaucoup les femmes
venant des pays occidentaux.
Donc peut-être qu'elle est séquestrée quelque part.
Donc il faut qu'on se batte pour savoir
la retrouver. Et puis voilà, comme je vous le disais,
si elle est quelque part, il faut aller la secourir.
Tout à fait. On salue
votre dévouement à vous,
Damien, Sybil, ainsi que
votre famille. Ça doit être très
difficile d'être loin, comme
ça, au niveau
géographique, en fait,
de votre soeur, puis être loin
de l'enquête et tout ça. Ça doit
être très difficile à vivre.
Donc on salue
votre courant. Je crois que vous avez raison.
C'est vraiment gentil. Mais vous avez raison,
je crois que la distance ne facilite pas les choses.
Non, effectivement,
vous nous avez donné une piste
d'hypothèse. Selon vous,
qu'est-ce qui lui est arrivé,
outre peut-être une séquestration?
Votre soeur, par exemple, elle est convaincue qu'elle
est encore vivante. Êtes-vous du même avis?
Avec Sybil, depuis le début,
on essaye de ne pas trop réfléchir pour ne pas
déprimer ou pour ne pas, voilà,
on reste dans l'action. Mais c'est vrai que
elle s'est volatilisée. Donc on
se dit quand même que la piste accidentelle
paraît peu
probable.
Moi, j'ai peur que tout soit fait agresser.
Le problème, c'est comme vous avez
des milliers d'hectares de forêt
qu'elle ait pu être déposée quelque part.
Mais voilà, moi, après,
comme Sybil, j'essaye de garder espoir et de me dire
qu'elle en vit quelque part. Oui, c'est possible parce qu'il y a déjà
eu des cas. Donc j'espère,
j'espère qu'on va la retrouver.
Écartez-vous la disparition
volontaire, parce qu'on, comme on en a un petit peu
parlé, le Japon, c'est quand même un endroit
où les gens disparaissent volontairement
quand même en grand nombre. Je sais que
il y a peu de chance que ça soit ça, mais
est-ce que ça vous est passé par la tête que Tiffane
a pu vouloir disparaître
et refaire sa vie?
On s'est posé toutes les questions,
mais déjà, d'ailleurs,
la police elle-même l'a tout de suite écarté
puisqu'en fait, ce voyage, elle voulait
avant tout le faire avec nous.
Elle voulait nous le partager, son voyage.
On avait un groupe WhatsApp
à nous envoyer des photos à chaque fois qu'elle arrivait
dans un nouvel endroit. Dès qu'elle arrivait à Nico,
elle nous a envoyé toutes les photos qu'elle avait prises déjà
dans le voyage, dans le train,
dans le bus,
du centre-ville de Nico.
Il n'y a aucune chance.
Et puis surtout,
quand les gens disparaissent,
volontairement, ils sont
rattrapés ou retrouvés au bout d'un moment
parce que vous ne pouvez pas rester comme ça
cachés.
Mais non, non, c'est pas du tout.
Et puis, elle adorait profondément son travail.
Elle était assistante de vie scolaire, c'est-à-dire
qu'elle aidait les enfants, les jeunes enfants
en difficulté ou handicapés.
C'est un détail,
mais elle avait quand même son chat qu'elle aime beaucoup.
Oui, bien oui, je comprends.
Sa famille, non, puis elle le voyait,
elle le vivait avec nous, son voyage. Donc non,
le suicide et la disparition volontaire, ça, on l'a écarté
tout de suite, comme la police française
et japonaise, d'ailleurs.
Effectivement, avec ce que vous me dites,
nous aussi, c'est pas une possibilité
qu'on croit tant que ça.
Non, exactement, parce qu'étant donné
que justement, elle était constamment en communication
avec vous, qu'elle semblait vous envoyer des
vidéos, des photos, des messages,
tout ça constamment, c'est ce qui me porte
à croire que l'incident,
quel qu'il soit, est sans doute
arrivé très tôt après son départ
de l'auberge. Il semblerait que justement
elle se soit connectée vers 10h34,
quelque chose comme ça. Moi,
de mon point de vue, j'ai l'impression vraiment
que c'est arrivé très tôt, dans les
minutes qui suivent, parce que j'ai l'impression
qu'aussitôt qu'elle aurait vu quelque chose
de bien, une statue,
un lieu,
un beau lieu
touristique, par exemple, elle vous aurait tout de suite envoyé
des photos ou un message.
Donc, ça me porte à croire
que l'incident a dû arriver
très tôt après avoir été
aperçu la dernière fois.
Alors, c'est une excellente question.
Vous avez raison, je comprends. Alors,
nous, on a des téléphones portables, forcément,
qui ne sont pas...
On lui avait expliqué que pour pas qu'elle ait
des factures faramineuses,
elle devait, c'est d'ailleurs
ce que ma soeur et moi, et mon frère,
faisons quand on va au Japon,
on se met en données coupées.
Donc, c'est logique que quand
elle quitte l'hôtel, elle n'a plus de connexion
d'Internet.
Donc, elle,
ce qu'elle fait simplement, c'est que le soir,
lorsqu'elle revient, elle se reconnecte
et elle envoie les photos de la journée.
Ah, ok, je comprends.
Donc, par contre, ça n'empêche pas la
localisation. Donc, ça n'empêche pas de donner
des indications. Mais,
cela n'indique plus, enfin, elle n'est plus
en mesure d'utiliser WhatsApp, par exemple.
Donc, c'est normal.
L'indice qu'on a simplement, c'est qu'on sait
qu'elle ne s'est jamais reconnectée
après,
à WhatsApp ou
au Wi-Fi ou
à son téléphone
portable qu'elle avait
mis en données coupées.
Ce qu'on fait, nous aussi. Mais après, vous avez raison,
peut-être que c'est arrivé tout près. Parce qu'en plus,
l'hôtel où elle était, c'était loin du centre-ville.
Et lorsque vous allez sur des petits
sentiers, à Nico, vous êtes très vite
isolé. Avec des routes,
je veux dire, c'est très facile de vous embêter sans que
personne s'en aperçoive. Il y a aussi
la théorie du prédateur qui rodait
autour de la forêt. Je sais que ça a été complètement
éliminé par les policiers, mais
vous, qu'est-ce que vous en pensez? Pensez-vous
que c'est une possibilité?
C'est très
comme je le disais, en fait,
tout ce qui est lié à l'enquête.
Comme il n'y a pas,
même si la police nous a reçus et nous a
dit des choses, ça reste verbal.
Et on n'est pas en mesure.
En fait, ce qu'il aurait fallu, c'est que
la juge d'introduction puisse avoir
vraiment les documents qui puissent,
qui a pu vraiment voir ce qui a été fait.
Parce que oui, effectivement, eux, ils ont dit
que le rôdeur ou le faux guide
n'était pas dans les environs.
Mais il y a eu tellement de quiproquos
et de problèmes depuis le début
sur ce qui a été dit ou fait,
que ça se trouve que c'est lui.
Enfin, je ne sais pas, dans le coup,
tant qu'on n'a pas d'élément probant ou clair,
c'est juste, peut-être il nous dit ça,
mais peut-être que finalement,
je ne sais pas, surtout qu'en plus,
une de nos amis avait travaillé sur les réseaux sociaux
et c'était quand même très bizarre, parce que cet
homme qui était accusé d'être le faux guide,
alors évidemment, je ne peux pas l'incriminer
parce que je n'ai pas les preuves, et puis ça serait horrique pour lui,
si il est innocent, mais on pouvait voir
qu'il publie des photos
sur les réseaux sociaux en montrant, par exemple,
qu'il était près de Nico,
alors que la police nous disait qu'il n'était pas venu à Nico
depuis deux ans. Donc déjà, voilà,
on en doute, parce qu'il publie des photos récentes.
Donc c'est que des choses comme ça,
c'est ça qui agaçonne. Donc en fait,
tout ce qui concerne l'enquête,
je ne sais pas, on ne sait pas.
Je serais atterri, je vous
comprends de continuer cette quête-là
parce qu'il y a tellement d'éléments,
c'est ça la problématique,
c'est qu'il y a tellement d'éléments,
qu'on n'a pas la réponse, et j'ai l'impression
qu'on ne pourra peut-être jamais
l'avoir non plus.
Je sais qu'on vous le dit, mais je re-salue
encore votre courage à vous
et à votre famille.
Je vous remercie. Et c'est vrai que ce qui est toujours
terrible dans la disparition, c'est de ne pas savoir.
Depuis un an, là, on se dit, mais Mance,
qu'est-ce qui se passe? Où est-elle?
Est-ce qu'elle souffre? C'est vrai qu'en fait,
le fait de ne pas savoir, je crois que c'est
une torture à long terme,
le fait de ne pas savoir, c'est vrai.
Merci beaucoup, Damien Véron, d'avoir accepté
de nous donner cette
entrevue. On apprécie beaucoup.
On vous souhaite la meilleure des chances au cours
de la prochaine année, et puis n'hésitez pas
à rentrer en contact avec nous
si on peut aider à propager de l'information.
Et on va aussi se tenir au courant
de vos voyages ici à des mises à jour
et tout ça, ça va nous faire plaisir
d'en parler. Donc salutations
à vous et à votre soeur Sibyl
et à votre famille aussi,
et on salue votre courage
et votre dévouement. Merci infiniment
pour votre aide. J'en profite aussi
pour remercier beaucoup de Canadiens qui nous
écrivent, des gens du Québec,
qui nous envoient des messages de soutien, ça fait vraiment chaud
au cœur. Donc c'était Damien Véron,
un frère de Tiffany Véron
qui est disparu au Japon en 2018.
Ça prend beaucoup de courage, on l'a dit plusieurs
fois, mais mener une enquête comme ça
avec des membres de sa famille,
ça prend beaucoup de dévouement, donc on salue
la famille Véron et on les remercie
aussi de vouloir parler aux médias et de vouloir
parler aux podcasters
comme nous. Ce n'est pas toutes les familles qui veulent le faire,
mais on voit que Damien
est sensible à cet effet-là
que donner de la visibilité
à l'histoire, ça peut faire avancer
les choses, même si on est un podcast
au Canada comme ça,
on ne sait jamais où ça peut se rendre.
Oui, ils ont même collaboré avec notre très
cher ami Victoria Charlton aussi.
Si ça vous intéresse, elle a fait
une vidéo sur le cas de Tiffany
et elle aussi a été en mesure de parler
avec la famille.
Et malgré tout ça, Seb, depuis qu'on a parlé à Damien,
est-ce que tu as des hypothèses ou des théories
entourant la disparition de Tiffany?
Au départ, j'avais beaucoup de
doutes sur la personne qui avait pris la photo
un peu à son insu.
Son visage a été plutôt extrait
d'une photo beaucoup plus large
parce que je trouvais ça un peu bizarre
que quelqu'un la prenne en photo comme ça,
mais là, avec ça, ça allait écarter complètement
la piste. Moi, je crois plus ou moins
à l'accident. La raison principale,
c'est que j'ai l'impression qu'on aurait retrouvé
son corps dans la rivière
ou à un endroit dans la rivière.
Donc moi, j'ai l'impression qu'il est mal tombé.
Il est tombé sur quelqu'un
qui l'a embarqué
et qui l'a amené à quelque part. Ils ont beau avoir
fouillé des boisers autour.
C'est énorme et
ça peut être facile, en guillemets,
de dissimuler un corps dans une immense
forêt ou même de la transporter en voiture,
changer de ville puis aller la
mettre ailleurs. Donc moi, j'ai malheureusement
l'impression qu'elle est mal tombée.
Elle est au mauvais endroit au mauvais moment.
J'ose croire que c'est pas quelqu'un qui la ciblait.
On dirait que ça rend la chose encore pire
dans ce temps-là. Mais toi,
quelles sont tes hypothèses?
Moi, j'étais curieux d'en savoir plus
sur le couple d'Allemands parce que
justement, c'était les derniers à l'avoir vu.
Parmi les derniers, il semblerait
que ces gens-là ont été interrogés
et qu'il n'y a rien qui en est sorti.
Donc c'était vraiment un peu des amis.
C'était bien entendu avec d'autres membres
aussi des gens qui étaient à l'auberge
de jeunesse. Moi,
j'ai l'impression vraiment qu'elle est disparue
dans un délai très court parce que
selon
justement le dernier message qu'elle a envoyé
ou la dernière connexion qu'elle a eu,
j'ai l'impression que justement, c'est arrivé
dans ces eaux-là parce que même
si elle désactivait ses données
à l'étranger, j'ai l'impression que s'il
lui était arrivé quelque chose comme
un accident par exemple, ou je sais pas,
elle tombe malade, elle se retrouve à l'hôpital ou quelque chose,
elle aurait activé ses données
à l'étranger pour
communiquer avec sa famille. Ou même
s'il arrivait à une situation un peu fâcheuse
puis elle se sentait en danger, je pense
qu'elle aurait essayé quand même de se connecter,
d'envoyer un message sur WhatsApp ou
quelque chose comme ça. Donc ça
me fait penser que j'ai l'impression
que très tôt ce matin-là quand elle est sortie,
un peu comme tu dis, elle est tombée
sur des gens mal intentionnés qui ont
sans doute détruit le téléphone tout de suite
ou lui ont enlevé le téléphone. Parce
qu'elle semblait, selon ce que Damien
nous disait, elle semblait vraiment
bien prévoir son voyage, puis
laisser peu de place à l'imprévu puis à l'improvisation.
Donc j'ai pas l'impression que c'est quelqu'un
qui se laisserait,
je sais pas moi,
influencé ou charmé par des gens
qui l'inviterait à faire une
activité imprévue comme ça.
J'ai pas l'impression qu'elle partait
sur une goutte ou tout est possible.
J'ai l'impression que son voyage était très réfléchi,
donc je pense que
cette rencontre-là était
inattendue puis imprévue, puis
malheureusement, je peux pas dire si
elle est décédée ou non, mais j'ai vraiment l'impression
qu'il y a quelque chose, qu'elle
s'est retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment, malheureusement.
Ça conclut pas mal nos
hypothèses par rapport au cas de Tiffaine.
Par contre,
si vous avez vu quelque chose
ou vous connaissez quelqu'un qui aurait pu
être en voyage à ce moment-là, en juillet,
l'an dernier, ou quoi que ce soit,
on va vous donner un courriel.
C'est missing.tiffenveron
tous ensemble, a-commerciale,
gmail.com, ou
encore plus facile, ils ont une page
Facebook qui est missing.tiffenveron.
Sur la page, vous allez voir,
toutes les informations sont là, il vous fait suivre
un peu en direct, en guillemets,
toute la progression qui se passe actuellement
dans l'enquête. La page se nomme
uni pour Tiffenveron. Oui,
exact, oui, je vous ai donné l'URL,
et ensuite, il y a même un compte
Instagram maintenant qui est
Tiffenveron.
Donc, la famille aussi publie certaines
choses via le compte Instagram.
Donc, si vous voyez quoi que ce
soit, n'hésitez pas. Et je vous
parlais un peu plus tôt des dons.
On va mettre aussi le lien
sur notre page. Par rapport à ça,
il y a un lien pour donner
des dons Paypal, comme je vous disais, pour
les aider à organiser
d'autres voyages, engager peut-être d'autres experts.
Bref, pour soutenir
la cause, pour retrouver Tiffen.
Donc, si vous en
avez envie, tous les dons sont
bons, il n'y a pas de bons montants
à donner. Donc, on vous remercie, cher Distordu,
de cette suggestion d'épisode.
Évidemment, on va vous tenir au courant si il y a des développements.
On veut remercier aussi Damien et
Cybille pour leur aide.
On leur souhaite bonne chance dans la continuité
de leur recherche. Merci à
toi, Seb, c'était une super saison 5.
Vraiment, ça a passé tellement
vite. On a la difficulté à croire qu'on
est en train de terminer l'enregistrement
de cet épisode-là. On se revoit en
2020, cher Distordu. On va faire une
saison d'hiver. On n'en avait pas fait
l'hiver dernier parce qu'on avait lancé un livre. C'était un peu
compliqué. Mais là, on se reprend.
On va en faire une. Donc, on vous revient possiblement
février-mars dans ce coin-là. On va vous
tenir au courant. Puis, on a d'autres surprises
sous le chapeau pour vous
entre-temps. Donc, on vous
remercie beaucoup encore une fois. Vous
savez où nous trouver entre-temps. On va toujours être actifs
sur le groupe de discussion privée de Distorsion
sur Facebook. Donc, rendez-vous là
si vous voulez discuter d'autres histoires
et discuter avec d'autres à Distordu.
Vous savez où nous trouver sur Instagram. On est
Distorsion Podcast sur YouTube aussi,
sur Facebook aussi, sur Twitter. On est
Distorsion Pod et sur Untapped,
le réseau social
de Bière. On est Distorsion
Podcast. Donc, n'hésitez pas à nous
rejoindre là-dessus. Et pour terminer
cette saison, Seb, aurais-tu un mot
de la fin pour nous? C'est sur cet
épisode que se conclut la saison 5.
On espère qu'aucun Distordu
ne disparaîtra avant la saison 6.
D'ici là, restez sales.
On vous aime bien.
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