Épisode - Bonus - Sur les traces de Kris Kremers et Lisanne Froon avec Romain

Épisode

Épisode - Bonus - Sur les traces de Kris Kremers et Lisanne Froon avec Romain

Durée
1 h 26 min
Format
Audio
Type
Bonus

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Dans cet épisode bonus, nous revenons sur les événements entourant la mort mystérieuse des deux hollandaises Kris Kremers et Lisanne Froon, au Panama en 2014 dans la région de Boquete. Nous discutons avec Romain, un français qui a décidé de partir de son propre gré au Panama pour mener sa propre enquête sur le terrain, en refaisant la randonnée sur El Pianista, en obtenant accè au journaux intimes des deux filles et aux détails des autopsies. Nous vous conseillons d’écouter notre épisode sur Kris et Lisanne avant d’écouter celui-ci. Les articles de Romain sur le blog de Camille G: www.camilleg.fr

Transcription de l’épisode

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Transcription automatique. Certains mots ou noms propres peuvent être inexacts.

[00:04]

Sébastien Lévesque, comment ça va aujourd'hui?

[00:06]

Ça va bien et toi Emile Gauthier?

[00:08]

Ça va très bien parce qu'aujourd'hui on révisite une de nos histoires qu'on a couvert il y a quelques saisons.

[00:14]

Celle de Chris Crammers et Lisan Froon qui sont disparus dans la jungle au Panama

[00:19]

alors qu'ils allaient faire une randonnée dans le sentier El Pianista.

[00:24]

Et puis entre temps, il y a un membre de la communauté en fait qu'on a connu grâce à Camille Goix.

[00:31]

Camille, elle, elle a un blog qu'on vous conseille d'aller voir, c'est le camilleg.fr.

[00:37]

Camille, c'est une blogueuse qui fait un petit peu de tout, donc elle fait du lifestyle, des choses comme ça.

[00:41]

Mais elle fait aussi des reviews d'escape rooms, donc de salles où on peut aller s'échapper en équipe.

[00:49]

Puis aussi elle fait des enquêtes, donc elle a une section enquêtes sur son blog, ce qui est assez inusité.

[00:54]

Et puis depuis quelques semaines, quelques mois, elle a publié une série d'articles écrits par Romain Casalta-Pierreau

[01:01]

qui est un Français qui s'est dirigé lui vers le Panama de ses propres moyens

[01:06]

dans le but de refaire un peu un pèlerinage où Chris et Lisan sont allés.

[01:11]

Il a parlé à des gens dans le village de Boqueté, il a refait la randonnée sur El Pianista, donc quand même assez intéressant.

[01:18]

Romain, il a écrit une série d'articles très très détaillés, quand même très riches sur le blog de Camille.

[01:24]

On a pensé l'interviewer pour aller un peu plus loin au fond de cette histoire-là qu'il nous avait vraiment passionnés.

[01:29]

Oui, vraiment, parce que Romain, il est allé, il a eu accès à des documents qu'on n'a pas eu accès.

[01:36]

Justement, le fait qu'il a pu refaire les choses, il a peut-être testé des théories en parlant là-bas, il a eu du feedback des gens.

[01:43]

Donc ça va être intéressant d'avoir, d'un, son retour sur son expédition qu'il a fait et aussi d'avoir un retour sur ce qu'il a pu cueillir comme information par rapport au témoignage,

[01:54]

parce que ça l'a marqué le village et que même à cet endroit-là, maintenant, ils préviennent plus les touristes de faire attention pour éviter qu'un autre drame du genre arrive.

[02:07]

Absolument, donc on va lui poser toutes les questions qu'on a, on a lu ses articles, puis on a hâte de discuter avec lui,

[02:11]

d'aller au fond des choses, parler un petit peu plus de Feliciano, le guide, parler du sentier lui-même, de quelle est l'ambiance à boqueter aussi depuis la disparition des jeunes filles.

[02:21]

On va revenir sur certains détails, notamment autour des photos, les fameuses photos qui ont été prises, donc ça risque d'être assez intéressant.

[02:27]

Avant toute chose, on veut remercier nos premiers abonnés Patreon qui se sont joints à nous au cours des dernières semaines.

[02:34]

On a lancé notre Patreon, donc vraiment, on propose un abonnement par forfait pour avoir les épisodes en avance et aussi pour avoir certaines exclusivités.

[02:43]

Donc, il y a un forfait à deux dollars, le forfait Distordu, qui donne accès aux épisodes en avance, à un serveur Discord, à des rabais sur la boutique, des choses comme ça.

[02:51]

Mais on a aussi le forfait Oui Monsieur, qui lui, à sept dollars par mois, donne accès à des exclusivités.

[02:58]

Donc, moi et Seb, tranquillement, on va commencer à enregistrer des after shows, des réflexions entre nous, des interviews.

[03:04]

Donc, qui vont être exclusives aux abonnés du forfait Oui Monsieur, puis aussi un épisode secret par saison.

[03:11]

Donc, on remercie nos premiers abonnés. Si vous voulez faire comme eux et nous encourager, vous pouvez vous rendre au patreon.com slash distortion.

[03:19]

Ce contenu-là est en avance pour les abonnés Patreon.

[03:23]

Donc, si vous êtes parmi les premiers qui le découvrez, bien, merci à vous de nous aider, d'avoir rejoint notre abonnement.

[03:30]

Sinon, on a aussi un shout-out de 5 étoiles sur Apple Podcasts, Seb.

[03:33]

Oui, un shout-out de J0S du Canada. Merci pour ta review 5 étoiles.

[03:40]

Il nous dit « Vous savez ce feeling lorsqu'on commence une série et qu'on accroche carrément?

[03:45]

Réduisant nos heures de sommeil pour en écouter le plus possible, c'est un haï. »

[03:50]

Il vous donne un petit conseil aussi les distordus. Prenez votre temps, les nouveaux distordus, à écouter lentement et en appréciant chaque moment.

[03:59]

Merci. C'était un haï du tonnerre.

[04:01]

Yes, merci à toi J0S pour cette review.

[04:05]

Je fais un petit retour sur l'histoire avant qu'on saute sur Skype avec Romain.

[04:10]

Chris Cremers et Lisanne Froon, sont deux étudiantes hollandaises, disparues le 1er avril 2014 au Panama, alors qu'elles partaient en randonnée sur les sentiers de El Pianista près de Boqueté.

[04:20]

Quelques semaines plus tard, en juin 2014, des restes humains sont retrouvés dans la jungle et les tests d'ADN confirment qu'il s'agit bien des restes de Chris et Lisanne.

[04:29]

Un sac à dos appartenant aux deux filles est aussi retrouvé plusieurs semaines plus tard, contenant plusieurs effets personnels des deux filles, dont leur deux téléphones et un appareil photo.

[04:40]

Au centre de ce mystère, des photos mystérieuses prises pendant une nuit dans la jungle, un sac à dos en très bon état compte tenu des fortes pluies qui se sont abattues dans la région et des témoignages qui se contredisent dans les médias.

[04:53]

Alors que la thèse de l'accident est retenue par les enquêteurs, plusieurs internautes restent suspicieux de la cause véritable de leur mort.

[05:00]

Aurait-elle fait une mauvaise rencontre pendant leur randonnée? Qu'est-il donc arrivé à Chris et Lisanne? On espère en apprendre plus aujourd'hui avec Romain.

[05:09]

Seb, est-ce que t'es prêt à le rejoindre sur Skype?

[05:12]

Oui monsieur!

[05:14]

C'est parti!

[05:16]

Nous voilà donc sur Skype avec Romain. Tout d'abord, merci Romain de nous accorder du temps.

[05:22]

Merci de m'accepter, de m'interviewer, de reparler du cas en tout cas parce que c'est un sujet qui m'a vraiment touché.

[05:30]

En partant au Panama, ça m'a vraiment pris au cœur cette histoire et je suis très content de venir en parler sur plusieurs supports, dons, distortions que je connais maintenant depuis plus d'un an.

[05:43]

Ah oui, t'es un fan, c'est ça que tu me disais.

[05:45]

Oui, oui c'est ça.

[05:45]

On pourrait commencer Romain, parle-nous un peu de toi au préalable avant qu'on tombe dans les questions de Chris et Lisanne. Qu'est-ce que tu fais dans la vie et t'es passionné d'histoires étranges depuis quand?

[05:56]

Je m'appelle Romain et je suis étudiant en droit à la Féculté d'Aix-en-Provence. J'ai 22 ans et je suis passionné d'histoires depuis une dizaine d'années.

[06:09]

Je pense, je commençais à m'intéresser d'histoires étranges, je pense vers 2007, 2008, quand j'avais à peu près 10 ans et je me suis vraiment passionné sur les cas.

[06:23]

Par exemple, quand j'avais à peu près 11 ans, j'étais parti à Oloron-Sainte-Marie pour enquêter, enfin enquêter entre guillemets, pour aller dans les archives,

[06:35]

pour rechercher des informations sur de vieilles observations d'apnie. Parce qu'à cette époque, quand j'avais à peu près 10-11 ans, je m'intéressais vraiment aux phénomènes ufologiques, plus maintenant.

[06:49]

Mais voilà, j'ai toujours eu envie de partir vraiment sur le terrain, rechercher plus d'informations. Donc j'ai fait ça à Oloron-Sainte-Marie et j'ai fait pareil aussi au Col de Vence quand j'avais 12 ans à peu près.

[07:03]

Et le Panama justement, je trouve que c'est dans la même lignée. Je continue à faire ce qui m'intéresse vraiment, partir sur le terrain, aller plus loin dans les histoires étranges.

[07:16]

Qu'est-ce qui t'a mené à vouloir faire ta propre enquête sur le terrain pour Chris et Lisanne, au lieu de juste peut-être fouiller sur Internet?

[07:24]

Tu as vraiment décidé d'aller sur place et de refaire l'or itinéraire. Qu'est-ce qui t'a motivé à faire ça?

[07:31]

Au tout départ, je voyage beaucoup. Et à force de voyager uniquement pour le tourisme, simplement pour aller voir certains lieux, je voulais donner du sens à un voyage.

[07:48]

Et le cas de Chris Kramer et de Lisanne Fronde m'avaient marqué. Parce que dans leur cas, je m'y reconnaissais, ces deux jeunes filles.

[07:56]

Je voyais les gens que je croisais en voyage, des amis que je rencontrais sur place. Et j'avais vraiment l'impression d'être lié à cette histoire.

[08:07]

Et j'avais un besoin d'aller sur place. Et donc, j'ai commencé par mettre une annonce sur un forum de discussion. Au départ, l'ambition, c'était simplement d'aller sur le sentier, Alpinista et rien de plus.

[08:24]

Et puis, j'ai vu qu'il y avait un intérêt pour un certain nombre de personnes qui s'intéressaient. Une blogueuse que vous connaissez bien, Camille G, qui a voulu suivre mon projet.

[08:38]

Et à partir de là, tout s'est enchaîné et j'ai décidé d'aller encore plus loin.

[08:45]

Comment t'as organisé ton itinéraire? Est-ce que tu as suivi un peu le même processus que Chris et Lisanne? Est-ce que tu as vraiment suivi chronologiquement un peu ce qu'elles ont fait?

[08:57]

Presque. Au départ, j'avais une mauvaise information. Je croyais qu'elles avaient été dans l'école de langue à Blaya.

[09:05]

Ça, ce n'est pas le cas. Elles ont été dans l'école Spanish by the sea. C'est Spanish at location. C'est le nom de toutes les écoles d'Ingrid Lomers.

[09:21]

Et il y a les écoles locales qui sont Spanish by the sea pour Boquete del Toro et Spanish by the river pour Boquete.

[09:35]

Moi, je croyais que c'était à Blaya. Dans cette idée-là, j'ai voulu prendre des cours dans cette école à Blaya pour me mettre dans leur point de vue.

[09:49]

J'essayais vraiment d'aller auprès des gens, d'aller vraiment au plus près, faire du tourisme aussi.

[09:57]

Je n'ai pas suivi vraiment le même ordre puisque moi, je suis arrivé à Panama City. Je vais commencer là à peu près une semaine et demie avant d'arriver à Boquete.

[10:06]

Et à Boquete, je suis resté à peu près trois semaines. Et ensuite, je suis parti à Boquete del Toro pour une semaine.

[10:12]

Donc, ce n'est pas vraiment l'ordre de leur voyage puisqu'elles ont commencé. Elles sont arrivées à San José, au Costa Rica.

[10:23]

Ensuite, elles sont parties deux semaines à Boca del Toro pour ensuite aller à Boquete.

[10:30]

Je pense que l'ordre n'est pas tellement important puisque le plus important, c'est vraiment d'être, je veux dire, de prendre le point de vue d'un touriste

[10:40]

J'étais aussi d'un étudiant dans une école de langue parce que j'ai aussi été dans une famille d'accueil.

[10:48]

Avant ça, j'avais déjà été en famille d'accueil dans d'autres pays, par exemple en Allemagne.

[10:54]

Et quand je suis allé au Panama, je m'attendais à revivre cette même expérience.

[11:00]

En Allemagne, par exemple, je pouvais vraiment partir comme je voulais.

[11:04]

C'était le cas au Panama parce qu'en Allemagne, je n'avais pas vraiment à me soucier de certaines questions.

[11:10]

Et au Panama, ma famille d'accueil était vraiment marquée par le cas des Hollandaises.

[11:15]

Et surtout la mère de ma famille d'accueil faisait très attention où je partais, avec qui.

[11:22]

Et par exemple, quand je suis allé sur le sentier Pianistar, elle a bien insisté pour qu'on reste en contact pendant ma randonnée.

[11:31]

Donc vraiment, elle m'en racontait aussi comment ça s'était passé à l'époque, au moment de la disparition.

[11:39]

La mère de ma famille d'accueil vraiment déconseillait les étudiants qui venaient loger chez elle de sortir, d'aller n'importe où.

[11:49]

Donc c'est vraiment une histoire qui les a marqués.

[11:51]

Ils étaient vraiment attentionnés avec moi, ils faisaient vraiment attention à tout.

[12:00]

Donc franchement, c'est une grande expérience pour moi.

[12:03]

Est-ce que tu peux nous décrire un peu, Romain, ton arrivée à Boqueté?

[12:07]

Toi qui, justement, voulait un peu entreprendre un pèlerinage puis vivre un peu les mêmes choses que Chris et Lisanne.

[12:15]

Quelles ont été les premières émotions qui t'ont saisi une fois arrivée sur place?

[12:19]

Quand j'ai commencé à arriver à Boqueté, parce que quand on arrive à Boqueté en voiture depuis David, on est dans une montée.

[12:28]

Et à un moment, on arrive à une hauteur où on voit l'ensemble de Boqueté.

[12:33]

C'était assez impressionnant d'être vraiment sur le lieu de l'affaire.

[12:38]

C'est difficile à décrire ces émotions, mais quand je suis arrivé, c'était vraiment...

[12:43]

Je me suis dit là, ça commence vraiment.

[12:47]

Je vous dis honnêtement, j'ai du mal à décrire ces émotions, mais on peut dire que ça m'a pris au cœur.

[12:54]

J'étais aussi un peu stressé parce que j'arrivais dans une nouvelle famille d'accueil.

[12:58]

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, parce qu'il faut que je le précise.

[13:02]

Au départ, je ne parlais pas du tout espagnol.

[13:04]

Je n'avais jamais pris de cours d'espagnol avant.

[13:07]

J'étais LV2 allemand.

[13:09]

Et quand je suis arrivé dans ma famille d'accueil, les seuls mots que je savais dire, c'était holà, buenos dias, seulement ça.

[13:19]

Donc, j'étais quand même assez stressé au début.

[13:22]

Par contre, Boqueté, ce n'est pas vraiment un village, c'est plutôt une petite ville.

[13:26]

J'avais vu les chiffres qui remontent à 2008 et c'était à peu près 19 000 habitants.

[13:32]

Donc, depuis, ça a dû dépasser peut-être les 25 000.

[13:40]

Et oui, c'est une petite ville assez touristique.

[13:43]

Il y a beaucoup de bureaux pour les touristes.

[13:46]

Et là, dans ces lieux-là, les gens ont tendance à parler anglais.

[13:50]

Mais sinon, globalement, c'est assez compliqué.

[13:53]

C'est vraiment uniquement l'espagnol et c'est tout.

[13:58]

Donc vraiment, après, j'avais la chance de parler français, donc je comprenais un petit peu avec la langue.

[14:07]

Mais voilà, c'était très compliqué.

[14:10]

Je devais me faire comprendre par les gestes, parfois en utilisant un traducteur.

[14:16]

Mais voilà, ça a mis du temps avant que je m'adapte.

[14:20]

Et sur place, tu nous dis, Romain, que les gens avaient quand même une certaine forme d'empathie envers les deux Hollandaises.

[14:29]

C'est-à-dire que moi, je me demandais à la base, est-ce que c'est un sujet tabou à boqueter?

[14:34]

Est-ce que les gens ont peur d'en parler?

[14:36]

Est-ce qu'ils évitent le sujet?

[14:37]

Ou est-ce que, à l'inverse, en fait, les gens sont emprunts d'empathie puis ils compatisent avec les familles, quoi?

[14:46]

Alors, au départ, c'était plutôt moi.

[14:50]

C'était plutôt tabou pour moi parce que, comme je ne savais pas trop à quoi m'attendre,

[14:55]

je préférais garder, entre guillemets, secret mon projet, la raison de ma venue dans la ville.

[15:03]

Et après, petit à petit, j'ai quand même essayé de discuter.

[15:07]

Et les gens, franchement, n'étaient pas fermés sur le sujet.

[15:10]

C'était plutôt ouvert et j'étais vraiment attristé par ce cas-là qui était assez exceptionnel.

[15:17]

Je ne crois pas qu'il dentait ses dents dans la ville de cas similaires.

[15:22]

En tout cas, des touristes qui ont disparu de cette manière.

[15:26]

Parce qu'il faut savoir qu'autour de boqueter, dans les sentiers de randonnée,

[15:29]

il y a des disparitions qui arrivent de temps en temps.

[15:33]

Mais souvent, on finit par retrouver ces personnes.

[15:35]

C'est-à-dire au bout de trois à quatre jours, généralement, les personnes sont retrouvées.

[15:39]

Bon, pas forcément dans un très bon état, en très bonne santé, mais elles finissent par être retrouvées.

[15:46]

Et là, le cas des Hollandaises, ma famille d'Hakem me racontait comment ça s'était passé en ville à l'époque.

[15:54]

Et quand la disparition a été annoncée, les gens venaient chaque soir en ville pour allumer des cierges

[16:02]

et prier pour les filles, pour qu'elles reviennent vivantes.

[16:06]

Parce que moi, avant, j'avais une image de l'Amérique latine assez violente.

[16:12]

Et je ne m'attendais pas à ce que les habitants soient assez ouverts avec les touristes.

[16:17]

Parce qu'avant ça, j'avais eu d'autres expériences de voyage dans d'autres pays.

[16:22]

En dehors de l'Occident, j'avais été en Afrique.

[16:26]

Et en Afrique de l'Est, en Éthiopie et au Kenya, plus exactement.

[16:29]

Et là-bas, j'étais quotidiennement harcelé par les locaux.

[16:33]

Et donc, pour le Panama, je me demandais si ça allait être la même chose, si en tant qu'Européen,

[16:39]

j'allais être un peu ciblé.

[16:41]

Et en réalité, non. Ils ont été assez aidants.

[16:48]

Les habitants étaient très gentils.

[16:50]

Donc franchement, je n'ai rien à redire sur eux.

[16:53]

Je redire une très bonne expérience.

[16:56]

Comment s'est déroulé ton enquête sur le terrain?

[16:58]

À qui t'a parlé en premier pour débuter tout ça?

[17:01]

Sur le terrain, j'en ai vraiment parlé à ma prof d'espagnol.

[17:06]

Parce que je crois que je lui en avais parlé au bout de quelques jours.

[17:12]

Au départ, ma prof avait un formulaire à remplir sur pourquoi je venais au Panama,

[17:20]

pourquoi je voulais apprendre l'espagnol.

[17:22]

Et petit à petit, je me suis ouvert quand même à cette personne.

[17:27]

Parce qu'il fallait quand même que je crée un contact.

[17:29]

Parce que je ne pouvais pas rester silencieux, ne parler à personne.

[17:32]

Sinon, je n'allais pas avancer.

[17:34]

Parce qu'il faut quand même créer un tissu social, des liens.

[17:39]

J'ai essayé de rentrer en contact avec Feliciano,

[17:42]

mais il a ignoré tous mes messages.

[17:43]

Je l'avais contacté déjà quand j'étais en France, plusieurs mois à l'avance.

[17:47]

Et il avait ignoré mes messages.

[17:49]

Dans ce premier message, j'y avais été franchement.

[17:52]

J'avais dit pourquoi je voulais venir au Panama,

[17:55]

que je souhaitais faire un reportage sur les Hollandaises.

[17:59]

Mais il a ignoré mon message.

[18:01]

Du coup, j'ai attendu plusieurs mois avant de lui renvoyer un autre message.

[18:06]

Mais là, en me faisant cette fois passer pour un touriste,

[18:08]

il m'a quand même ignoré.

[18:11]

Donc au final, je n'ai pas réussi à voir cette personne.

[18:15]

J'avais aussi, en étant sur place à Boquete, grâce à mon professeur d'espagnol,

[18:21]

j'avais réussi à obtenir le numéro de téléphone d'un guide

[18:26]

qui avait participé aux recherches, Plinio Montenegro.

[18:31]

À cette époque-là, quand j'étais à Boquete,

[18:33]

je ne connaissais pas vraiment Plinio.

[18:35]

Je ne savais pas qu'il avait, par exemple, à l'époque,

[18:38]

sur Facebook dit qu'il avait vu les Hollandaises sur El Pianista.

[18:42]

Ça, je ne le savais pas.

[18:45]

Quand j'avais essayé de lui contacter, j'étais plutôt ouvert sur la question.

[18:49]

Je lui avais demandé s'il était intéressé pour réaliser une interview sur le sujet.

[18:57]

Mais il a tout de suite refusé.

[19:01]

Ça n'a pas été plus loin.

[19:03]

Je regrette un peu de ne pas avoir eu toutes ces informations-là à ce moment-là.

[19:12]

J'aurais réservé une sortie avec lui et là, je lui en aurais parlé franchement.

[19:16]

Est-ce que tu as l'impression que les gens, comme Feliciano ou même ce guide-là,

[19:23]

font attention à qui ils parlent ou ils veulent peut-être mettre ça derrière eux?

[19:28]

Il y a un genre d'omerta, on dirait, parmi eux. Qu'est-ce que tu en penses?

[19:31]

Je pense qu'ils en ont assez d'en parler.

[19:36]

Je sais que pour Feliciano, il a été harcelé à l'époque.

[19:39]

Et qu'apparemment, ça a généré beaucoup de stress chez sa femme qui est décédée il y a quelques années.

[19:51]

Et Pignot a dû être harcelé sur la question, je pense.

[19:54]

Parce que sur Internet, il y a aussi beaucoup de personnes qui s'y intéressent.

[19:58]

Et même sur place au Panama, à Poquété.

[20:02]

Et je pense qu'ils préfèrent éviter la question.

[20:05]

Surtout pour Pignot qui avait dit au départ qu'ils avaient vu le jour de la randonnée.

[20:14]

Je pense que c'est un peu embêtant pour lui parce que peut-être qu'il les a rencontrés par exemple au sommet.

[20:19]

Et peut-être qu'il leur a dit qu'il n'y avait aucun problème de partir au-delà du Mirador.

[20:24]

Ou soit il les a simplement croisés à rien de plus.

[20:29]

C'est difficile à dire mais c'est certain que c'est une question assez difficile pour eux.

[20:34]

Et qu'ils préfèrent certainement rester tranquille.

[20:38]

Parce que dans la version officielle, Feliciano qui est le guide, devait rencontrer les filles.

[20:44]

En fait, je crois qu'il les a vues une première fois en personne pour bouquer leur randonnée.

[20:50]

Mais au final, il ne les a jamais vues.

[20:53]

Mais par contre, les ossements des deux filles ont été retrouvés près de son ranch ou du moins de ses appartements.

[21:02]

Donc ça les lit à l'histoire, même si concrètement il ne les a pas vues la journée de leur disparition.

[21:10]

Je ne suis pas certain qu'il ne les ait pas vues.

[21:14]

Au départ, j'ai retrouvé des articles de journaux hollandais sur la question.

[21:20]

Et Feliciano avait bien écrit sa rencontre.

[21:23]

Il était venu à Spanish by the river et il les avait trouvés sur leur hamac.

[21:30]

Donc à l'époque, je me souviens, l'article, c'était simplement, je crois, deux mois après la disparition ou un mois.

[21:39]

Et voilà, il décrivait quand même sa rencontre avec les filles.

[21:44]

Et dans un article du Daily Beast, un journaliste a eu accès aux rapports de police.

[21:51]

Et il est dit dans les rapports de police que Feliciano a déclaré avoir rencontré les filles le 1er avril le matin.

[21:59]

Pour réserver une randonnée le lendemain, enfin une escursion le lendemain.

[22:05]

Et aujourd'hui, je crois que c'est très récent, je crois que ça date de 2019.

[22:11]

C'est depuis l'année dernière que Feliciano remet en question le fait qu'il ait véritablement rencontré les filles.

[22:20]

Et après, peut-être que c'est aussi une manière de dire aux gens de le laisser tranquille.

[22:24]

Au final, dans l'histoire, il n'a pas tellement d'importance.

[22:30]

Est-ce que tu as l'impression qu'il y aurait quelque chose à cacher, outre le fait qu'il ne veut plus se faire harceler?

[22:36]

Après, ça reste un guide, un guide qui est non certifié.

[22:40]

Il a quand même un commerce à protéger.

[22:43]

Parce que je repense au témoignage que j'avais recueilli à Boquete.

[22:48]

Pour vous dire, après, c'est une histoire modifiée parce que par sécurité,

[22:52]

je voulais quand même protéger les personnes qui m'avaient raconté cette histoire.

[22:56]

Et tout en gardant quand même l'idée même du témoignage.

[23:00]

Et donc Feliciano a quand même menacé ces personnes-là.

[23:04]

Que s'il continuait à parler des deux filles, des deux hollandaises,

[23:07]

je reprécise que c'était fin 2014, ce témoignage.

[23:11]

Aller finir mal, mal finir, très mal finir.

[23:13]

Après, ça veut tout et rien dire parce que soit il a vraiment une implication

[23:20]

et souhaite ne pas que les gens parlent,

[23:24]

soit il souhaite simplement protéger son commerce

[23:27]

et que ça lui donne une très mauvaise image

[23:30]

que de dire qu'il était lié à deux films disparus, deux touristes disparus.

[23:35]

Donc c'est difficile à dire.

[23:38]

Après, par intuition, je me dis quand même qu'il n'est pas coupable.

[23:45]

Il doit savoir des choses, mais je n'ai pas le sentiment qu'il est coupable.

[23:50]

Et vous aviez dit qu'il vivait pas très loin des ospans.

[23:56]

J'ai envie de dire que ce n'est pas le seul.

[23:58]

Parce que lors des recherches, quand ils ont retrouvé les os,

[24:02]

Feliciano n'était pas tout seul, il était accompagné d'autres personnes.

[24:05]

Par exemple, L'Oriano d'El Cid, qui a aussi une ferme dans la jungle,

[24:11]

qui est à peu près à la même distance avec la ferme de Feliciano.

[24:17]

Donc en soi, on peut dire que c'est suspect, mais en soi, c'est explicable.

[24:24]

C'est des gens qui vivent dans la zone et qui ont quand même fait des recherches.

[24:29]

Oui, tout à fait. C'est un aspect aussi qu'on peut comprendre en lisant ton article.

[24:36]

Moi-même ayant fait de la randonnée dans cette région-là,

[24:38]

il y a des gens qui vivent près des sentiers de randonnée.

[24:41]

Il y a des gens qui vivent dans des petites cabanes, dans des sheds, près des sentiers.

[24:47]

Donc on a tendance à dire que la maison de Feliciano sur Google Maps est tout près d'où on a retrouvé les ospans.

[24:53]

Mais c'est que pendant le périple sur El Pianista, et même toi, Romain, t'as pu le constater,

[24:58]

il y a plein d'autres gens qui peuvent voir passer des touristes sur les sentiers.

[25:02]

Oui, il y a des gens qui passent. D'ailleurs, ça, je ne l'avais pas écrit sur l'article.

[25:10]

Quand j'étais parti au-delà du sommet et que j'en étais revenu,

[25:20]

juste après que je suis refranché à nouveau le sommet, un indigène est apparu dans mon dos en train de courir.

[25:28]

Et je ne savais pas s'il venait d'au-delà du Mirador ou s'il venait d'un endroit caché dans la jungle.

[25:34]

Parce qu'après la jungle, il y a les sentiers, mais après, dans la jungle, on peut quand même se frayer un chemin.

[25:41]

Et je me demande s'il n'y a pas des cabanes cachées par hasard dans l'intérieur.

[25:46]

J'aimerais que tu nous parles un peu de ton ascension sur El Pianista, de comment tout ça a démarré.

[25:53]

Est-ce qu'il y a des choses qui t'ont sauté aux yeux?

[25:55]

Est-ce qu'il y a des détails qui vraiment sont venus à toi et puis, d'une certaine façon,

[26:02]

ont concrétisé des choses ou au contraire t'ont envoyé sur d'autres pistes?

[26:06]

J'aimerais que tu nous parles en gros de ta randonnée sur El Pianista.

[26:11]

Alors, je précise qu'au final, j'ai fait deux randonnées.

[26:14]

C'est que la première fois, je me suis trompé de chemin.

[26:18]

Donc, je vais vous raconter les deux.

[26:20]

Donc, le premier jour, je suis parti vers, je pense, à peu près 10h.

[26:25]

Je me souviens plus exactement.

[26:27]

Donc, je suis parti en fin de matinée sur El Pianista.

[26:32]

Et au départ, je n'étais pas sûre d'être au bon endroit

[26:35]

puisque je ne parlais pas trop espagnol et je n'avais pas tellement compris

[26:39]

ce que me disait le conducteur du bus.

[26:42]

Donc, quand je suis arrivé sur place, je n'étais pas certain.

[26:46]

Je suis passé devant le restaurant et devant la personne

[26:53]

qui, je pense, est le propriétaire du restaurant,

[26:56]

qui m'a dit que c'était bien El Pianista.

[26:59]

Donc, j'ai quand même poursuivi mon chemin.

[27:02]

Et au début, il y a quand même un certain nombre d'habitations.

[27:05]

Déjà, à l'entrée, il y a le restaurant.

[27:07]

Et en face, il y a plusieurs maisons en pierre rouge

[27:13]

avec des indigènes qui y vivent.

[27:15]

Ensuite, vous avancez, vous avez une petite rivière.

[27:18]

Et là, vous avez des indigènes encore.

[27:23]

Là, vous trouvez plutôt des maisons en bois, des petites cabanes.

[27:27]

Donc, ça reste assez pauvre à ce niveau-là.

[27:30]

Après ça, j'ai encore continué mon chemin.

[27:33]

Je suis rentré dans la jungle et c'était vraiment assez calme.

[27:39]

Après, vous avez été dans la jungle sûrement.

[27:43]

Vous comprenez que parfois, le ciel est un peu recouvert.

[27:47]

Donc, à l'intérieur, c'est quand même un petit peu sombre.

[27:51]

Donc, quand on est seul, ça reste un petit peu angoissant.

[27:55]

Une fois dans la jungle, j'ai continué mon chemin.

[27:58]

Et je me suis arrivé à un embranchement.

[28:02]

Il y avait un chemin qui descendait une rivière

[28:04]

et un autre qui montait vers une hauteur.

[28:09]

Et moi, au préalable, j'avoue que je ne m'étais pas

[28:11]

vraiment renseigné sur quel chemin prendre exactement.

[28:14]

Parce que sur Internet, je ne trouvais pas d'informations.

[28:17]

Et je pensais que le sentier Alpinista, c'était simplement

[28:20]

un sentier une ligne droite,

[28:23]

simplement un sentier unique qu'il fallait suivre

[28:25]

pour monter au sommet.

[28:27]

En vérité, ce n'est pas le cas.

[28:28]

En tout cas, pour monter entre le restaurant et le Mirador,

[28:33]

il y a quelques embranchements à éviter

[28:36]

pour atteindre le sommet.

[28:37]

Et donc, la première fois, j'ai pris un mauvais embranchement

[28:39]

et je me suis enfoncée pendant, je pense, plus d'une heure

[28:43]

dans la mauvaise direction.

[28:45]

Et là, je ne regrette pas d'y être allé.

[28:50]

J'imagine, on en parlera sûrement plus tard,

[28:53]

mais je pense que les filles ont décidé de revenir

[28:55]

sur leurs pas et que vers 16h50, 16h30, 16h40,

[29:02]

quelque chose est arrivé.

[29:03]

Et je me demande si elles n'avaient pas atteint cet endroit-là

[29:06]

au moment de l'incident.

[29:13]

Oui, il y a des choses que j'ai remarquées.

[29:19]

J'ai remarqué aussi que le sentier était assez fréquenté

[29:21]

parce que j'ai retrouvé des déchets, des bouts de papier,

[29:25]

des traces de pas et aussi des traces de pas d'animaux,

[29:29]

d'animaux de bétail.

[29:32]

Et voilà, c'est ce que j'avais remarqué en tout cas

[29:36]

pour cette première journée.

[29:38]

Et donc, ma seconde tentative, là, cette fois,

[29:42]

je me suis mieux renseigné.

[29:43]

Je me suis quand même téléchargé une application de randonnée

[29:46]

avec la carte, même si ce n'est pas vraiment très précis.

[29:52]

Donc, cette fois-là, j'ai pris le bon chemin.

[29:57]

Et il y a une chose quand même qu'il faut remarquer,

[29:59]

c'est que si on veut atteindre le sommet,

[30:01]

si on ne fait aucune erreur,

[30:03]

normalement, on atteint le sommet en deux heures.

[30:05]

Et ça, c'est vraiment possible que si on ne fait aucune erreur.

[30:10]

Et El Pienista, le problème, comme je vous l'ai dit plus tôt,

[30:13]

il y a beaucoup de...

[30:14]

Il y a quelques chemins, quelques emprenchements à agiter.

[30:18]

Et si on ne connaît pas le chemin, on risque vraiment de les prendre.

[30:23]

Donc, si on atteint le sommet en deux heures,

[30:26]

comme l'ont fait les deux hollandaises,

[30:27]

c'est qu'elles ont croisé des gens sur le chemin

[30:29]

qui leur ont indiqué le bon chemin.

[30:32]

Ce qui m'a permis d'atteindre le sommet,

[30:34]

c'est d'une part ma famille d'accueil qui m'a aidé à me corriger sur mon erreur,

[30:39]

à me faire remarquer mon erreur.

[30:41]

Une seconde fois, c'était l'indigène,

[30:42]

le premier indigène que j'avais croisé sur le chemin avec sa machette.

[30:46]

J'arrivais encore à un emprenchement.

[30:48]

J'avais le choix entre soit de traverser une rivière,

[30:51]

soit de prendre un escalier qui montait à une plantation.

[30:55]

Et donc là, à partir de là,

[30:57]

j'ai évité encore une fois de refaire une erreur.

[31:00]

Et en retournant du sentier,

[31:04]

j'ai croisé d'autres touristes,

[31:06]

un couple d'américains qui s'étaient trompés je crois trois fois.

[31:12]

Je crois qu'ils s'étaient trompés au tout début du sentier,

[31:17]

une première fois.

[31:18]

Ensuite, ils avaient pris un autre mauvais emprenchement

[31:23]

avant d'entrer dans la jungle.

[31:25]

Et une fois dans la jungle,

[31:27]

c'était arrêté ce qui semblait être un cul-de-sac.

[31:31]

Oui, parce qu'il faut préciser que la jungle,

[31:34]

la tendance a beaucoup changé avec le temps.

[31:37]

Par exemple, quand j'étais sur Alpinista,

[31:40]

il y avait un bout de chemin qui était bloqué par un arbre.

[31:45]

C'était vraiment...

[31:46]

Enfin, c'était sur une hauteur de trois mètres,

[31:50]

une largeur de quatre mètres à peu près.

[31:52]

C'était bloqué.

[31:53]

Et c'était difficile de voir un autre chemin à prendre.

[31:58]

C'était difficile de dire si c'était le bon chemin ou pas.

[32:01]

Et donc, ça fait quand même cinq ans

[32:05]

que le cas des Hollandaises, maintenant bientôt six,

[32:08]

que le cas des Hollandaises est arrivé.

[32:11]

Le sentier a dû beaucoup changer, à mon avis.

[32:14]

Quand tu dis que les gens se trompent de chemin,

[32:16]

est-ce que c'est parce qu'ils prennent des sentiers non balisés

[32:19]

ou c'est tout simplement des sentiers balisés

[32:21]

mais qui n'amènent pas exactement à la destination voulue?

[32:25]

Alors, en fait, plus simplement,

[32:26]

le sentier n'est pas balisé du tout.

[32:28]

Il y a quelques signes...

[32:30]

Enfin, j'ai remarqué quelques graffitis

[32:34]

sur deux ou trois rochers,

[32:36]

peut-être deux simplement,

[32:39]

après être entré dans la jungle

[32:40]

et après avoir traversé la rivière une première fois.

[32:43]

Mais sinon, il n'y a vraiment aucune indication.

[32:46]

Et c'est vraiment pas balisé.

[32:49]

Quand on entre dans la jungle,

[32:51]

quand on entre sur le sentier,

[32:53]

il faut vraiment connaître le chemin.

[32:56]

Sinon, il y a de fortes chances de se tromper.

[32:59]

Est-ce que tu as croisé beaucoup de touristes

[33:01]

pendant tes deux randonnées?

[33:03]

Il faut quand même remettre dans le contexte.

[33:06]

Moi, j'étais en bas saison.

[33:09]

J'étais en août sur le sentier.

[33:12]

Alors que les Hollandaises,

[33:13]

ils étaient plutôt en avril, le 1er avril.

[33:17]

Le 1er avril, c'est vraiment la haute saison.

[33:21]

Et moi, qui étais en bas saison,

[33:25]

sur la montée, j'ai vraiment croisé

[33:27]

très peu de personnes.

[33:28]

Déjà, le premier jour,

[33:31]

à l'entrée au restaurant,

[33:33]

j'ai simplement vu le propriétaire, je pense.

[33:37]

Dans la maison d'en face, il n'y avait vraiment personne.

[33:40]

Ensuite, quand je suis arrivé au cabane des indigènes,

[33:43]

il y avait juste deux ou trois indigènes.

[33:45]

Et après cela, dans les maisons,

[33:49]

j'ai dû croiser peut-être deux latino.

[33:53]

Enfin, pas tellement.

[33:55]

Et quand je suis rentré dans la jungle,

[33:59]

le jour où je me suis trompé de chemin,

[34:01]

je n'ai plus croisé personne.

[34:03]

Et le jour où je suis revenu,

[34:06]

à la maison, à l'entrée du sentier,

[34:08]

il y avait plus d'activité, il y avait des enfants.

[34:11]

Là où les cabanes des indigènes

[34:15]

au début du sentier, je parle,

[34:17]

se trouvait, il y avait plus de personnes.

[34:21]

Et pendant mon remontée,

[34:22]

j'ai donc juste croisé un indigène.

[34:25]

Et à mon retour, un indigène.

[34:27]

Et après être ressorti de la jungle,

[34:30]

j'ai croisé deux touristes américains.

[34:32]

Et c'était simplement ça.

[34:34]

Ah oui, j'oubliais aussi un autre indigène

[34:36]

qui m'expliquait qu'il vivait depuis cinq ans

[34:40]

dans la jungle, qu'il avait fait construire

[34:42]

une cabane blanche sur Alpinista, il y a cinq ans.

[34:47]

Et donc au final, il y a quand même de l'activité,

[34:51]

mais en basse saison,

[34:51]

on ne croise pas forcément des gens pendant la montée,

[34:55]

pas forcément des touristes, mais des locaux,

[34:58]

au moins un, je dirais.

[35:00]

Et donc en haute saison, j'imagine

[35:02]

qu'on croise forcément des personnes.

[35:06]

Donc au minimum, comme je l'ai dit, un local.

[35:10]

Et je pense peut-être même quelques touristes.

[35:14]

Donc ce n'est pas non plus un endroit

[35:15]

qui est extrêmement fréquenté.

[35:17]

C'est possible d'aller faire cette randonnée-là

[35:19]

sans croiser personne, presque?

[35:21]

Oui. Oui, surtout quand on monte sur ce sentier,

[35:25]

si on se limite uniquement au Mirador,

[35:28]

on est bloqué sur une période de quatre heures.

[35:31]

Il faut deux heures pour monter,

[35:33]

deux heures pour redescendre.

[35:36]

Après, ça dépend de la personne,

[35:38]

combien de temps elle passe au sommet.

[35:42]

Mais disons un quart d'heure.

[35:44]

En tout cas, à partir du moment où on entre

[35:47]

sur El Pinnista,

[35:49]

on sait que la personne va y passer à peu près quatre heures

[35:53]

sans forcément croiser quelqu'un.

[35:55]

Et en plus de ça, t'as tenté de retrouver les lieux

[35:57]

où les photos ont été prises,

[35:59]

ce qui est une très bonne idée en soi

[36:01]

pour tenter de refaire le trajet des deux filles.

[36:04]

Est-ce qu'il y a des choses que tu aimerais nous dire

[36:07]

à ce sujet?

[36:08]

Est-ce qu'il y a eu des surprises dans ta recherche?

[36:11]

Est-ce qu'il y a des trucs que t'as trouvé un peu inusité

[36:13]

ou même improbable?

[36:15]

Quelque chose que j'ai bien remarqué sur ce sentier-là,

[36:17]

déjà, il est beaucoup plus simple

[36:21]

que celui du côté de Boqueté.

[36:24]

Il y a vraiment 15 sentiers.

[36:26]

On ne peut pas se perdre.

[36:27]

C'est vraiment un chemin unique.

[36:30]

Et assez étroit, parce que c'est une faille terrestre.

[36:35]

Et il y a certaines auteurs,

[36:36]

si vous avez vu les photos, vous voyez que

[36:39]

certains tas de terres sont plus grands que moi.

[36:42]

Et donc, vous enfoncez à l'intérieur, vous descendez.

[36:46]

Et donc, en voyant ce terrain-là,

[36:47]

je me suis dit que si je me faisais attaquer,

[36:51]

j'aurais peu de chances de fuir.

[36:53]

Déjà, si par exemple, je suis attaqué du côté,

[36:59]

si quelqu'un me bloque le chemin

[37:02]

pour retourner sur Boqueté,

[37:04]

je suis obligé, par exemple, de fuir dans l'autre sens.

[37:08]

Et là, je suis obligé de m'enfoncer dans la jungle.

[37:10]

Et de ce côté-là, il n'y a aucun retour vers Boqueté.

[37:13]

Et il y a une chose à préciser,

[37:15]

parce que j'ai souvent entendu dire

[37:18]

que les filles auraient pu penser au sommet,

[37:21]

qu'elles pouvaient retourner à Boqueté de ce côté-là.

[37:24]

Sauf que quand on se trouve au sommet,

[37:27]

moi, quand j'y étais, j'avais pas la vue,

[37:28]

puisque c'était caché par le brouillard.

[37:31]

Mais quand on y est, on voit quand même les montagnes.

[37:33]

On voit quand même les deux côtés de la montagne.

[37:36]

Et c'est très clair qu'on ne peut pas retourner sur Boqueté

[37:40]

par le chemin qui se poursuit en face.

[37:43]

C'est vraiment impossible.

[37:46]

Ce serait improbable de le penser.

[37:48]

Et aussi, j'ai réalisé quelque chose en y allant.

[37:52]

C'est qu'il faut se remettre dans l'état d'esprit des filles.

[37:56]

Vous avez fait deux heures de randonnée.

[38:00]

Vous vous enfoncez encore plus loin dans le sentier.

[38:03]

Donc au moment où elles ont pris la photo 508,

[38:07]

le lieu où on voit la petite rivière,

[38:10]

ça fait déjà presque trois heures de randonnée.

[38:13]

Il faut se dire que sur le moment,

[38:17]

on réfléchit aussi au retour.

[38:19]

Parce que si on met trois heures à aller,

[38:22]

il faut trois heures encore pour revenir.

[38:24]

Et donc trois heures déjà de randonnée,

[38:26]

ça fait six heures de randonnée en tout, aller-retour.

[38:29]

Donc ça me paraît peu probable

[38:32]

qu'elles aient décidé de continuer pendant plusieurs heures

[38:35]

dans la même direction.

[38:37]

Parce que si elles avaient, par exemple,

[38:40]

continué encore une ou deux heures plus loin,

[38:42]

ça aurait rajouté, par exemple,

[38:45]

si elles avaient fait deux heures de plus,

[38:46]

ça leur aurait rajouté en tout,

[38:48]

quatre heures dans la journée.

[38:50]

Donc ça me paraît vraiment improbable.

[38:52]

Et surtout, je pense qu'à un moment,

[38:54]

si vraiment le sentier devenait assez étrange,

[38:59]

elles auraient quand même pris peur

[39:00]

et ont décidé de revenir sur leur temps.

[39:02]

Et toi, t'es quand même en bonne forme physique

[39:04]

et t'expliquais dans tes textes

[39:06]

que justement, t'étais quand même assez essoufflé

[39:09]

une fois rendu au Mirador.

[39:12]

Et si je me mets dans la peau de Lisanne,

[39:14]

je crois qu'elle avait quelques petits problèmes physiques.

[39:18]

À ce moment-là, elle souffrait d'asthme,

[39:19]

mais aussi elle semblait avoir un problème au pied.

[39:24]

Donc ça me semble aussi improbable qu'elles aient,

[39:27]

comment dire, étiré leur randonnée

[39:29]

pour aller plus loin que le Mirador.

[39:31]

Du moins, un peu dépourvu de logique.

[39:34]

Oui. Par rapport au problème du pied,

[39:36]

est-ce que vous faites référence

[39:37]

au pied qui gonfle, par exemple?

[39:39]

Oui.

[39:40]

Alors, ça, j'ai justement posé la question à un médecin.

[39:44]

Et apparemment, c'est normal.

[39:46]

C'est quand une fille est grande,

[39:49]

ça entraîne souvent ce genre de problème avec la chaleur,

[39:52]

un problème de rétention de dos.

[39:54]

Et donc, par moment,

[39:56]

sous certaines conditions, dont la chaleur,

[39:58]

la peau peut gonfler.

[40:00]

Donc ça, ça ne traduit pas à un problème de santé.

[40:03]

Juste pour remettre en contexte nos auditeurs,

[40:05]

cette information-là, elle avait été seulement disponible

[40:07]

dans le journal intime, hein?

[40:09]

Oui, c'est ça.

[40:10]

Je ne me trompe pas.

[40:11]

Justement, toi, tu as eu accès au journal intime des filles.

[40:14]

Comment tu fais pour avoir accès à ce journal-là

[40:17]

et justement avoir leur état d'âme,

[40:20]

dont justement ces problèmes de pied?

[40:23]

Alors, j'ai pas eu seulement accès aux journaux intimes.

[40:28]

J'ai eu accès aux autopsies,

[40:31]

à un rapport de police hollandais

[40:33]

pour aider la police panaméenne

[40:35]

et quelques autres documents.

[40:38]

Et donc, là, les journaux intimes,

[40:40]

enfin, tous les documents que j'ai obtenus,

[40:41]

je les ai obtenus grâce à Enrique Alotcha,

[40:45]

qui est l'avocat des familles.

[40:48]

Je l'avais contacté sur place.

[40:50]

J'avais eu un peu de mal à le retrouver

[40:51]

parce qu'il n'est plus avocat.

[40:54]

Il est agent immobilier.

[40:56]

Et donc, ça a mis du temps avec cette personne

[40:59]

parce que j'ai essayé de le rencontrer deux ou trois fois à David.

[41:04]

Donc, je suis descendu deux ou trois fois

[41:05]

sans réussir à le rencontrer.

[41:07]

Et je l'avais eu au téléphone

[41:09]

et il me disait qu'il avait des documents à me donner.

[41:12]

Et donc, une fois retourné en France,

[41:14]

j'étais quand même assez curieux de savoir

[41:15]

quels étaient ces documents.

[41:18]

Et il me les a envoyés.

[41:19]

C'était donc les journaux intimes,

[41:22]

les rapports d'autopsies,

[41:24]

enfin, quelques rapports d'autopsies,

[41:26]

un rapport destiné à la police panaméenne

[41:28]

fait par la police hollandaise,

[41:32]

qui consiste en quelques interviews

[41:35]

de personnes qui étaient liées à l'affaire en Europe.

[41:40]

Et les journaux intimes, test ADN

[41:43]

et un mail qu'avait eu Enrique Alotcha à l'époque

[41:47]

sur une personne, sur Plinio Montenegro.

[41:50]

Est-ce qu'il y a des éléments particuliers

[41:52]

qui pourraient être intéressants pour nos auditeurs,

[41:54]

que t'as relevés dans le journal intime de Chris et Lisanne?

[41:59]

Alors, dans le journal intime,

[42:02]

déjà, c'est l'état d'esprit de Lisanne.

[42:07]

Avant la randonnée du 1er avril,

[42:10]

c'est que Lisanne était très triste

[42:14]

sur son expérience dans sa famille d'accueil.

[42:21]

J'ai pas toutes les citations dans ma tête,

[42:27]

mais elle se disait qu'elle avait l'impression

[42:31]

d'échouer dans ses objectifs.

[42:35]

Parce qu'il faut rappeler que les deux filles

[42:36]

étaient parties au Panama

[42:38]

dans l'idée de donner un sens à leur voyage,

[42:41]

et donc d'aider les enfants dans une école,

[42:44]

et aussi de gagner une expérience.

[42:49]

Et Lisanne, quand elle est arrivée dans sa famille d'accueil,

[42:53]

elle écrit qu'elle se sentait comme une étrangeur.

[42:58]

Sa famille était très gentille,

[43:00]

mais elle vivait très mal.

[43:02]

Mais en même temps, je la comprends,

[43:03]

parce que j'ai eu des expériences du même type

[43:06]

quand j'étais un peu plus jeune en voyage.

[43:09]

Et souvent, c'est assez dur de s'adapter à un endroit

[43:12]

qu'on ne connaît pas du tout,

[43:14]

avec une culture totalement différente.

[43:16]

Et je ne pense pas que ça ait eu une influence

[43:21]

sur leur randonnée plus tard.

[43:25]

Même si elles étaient dans un état d'esprit un peu déçu.

[43:36]

Et en plus de cela, il y avait aussi Aura,

[43:40]

la gérante de l'école,

[43:41]

où étaient censées travailler les Hollandaises,

[43:45]

qui les a fait repartir en fait,

[43:49]

sans leur donner vraiment d'explications.

[43:52]

Aujourd'hui, on ne sait toujours pas

[43:54]

pourquoi elles les a refusées,

[43:56]

pourquoi elles n'ont pas pu faire du volontariat à l'école.

[44:00]

Et donc déjà, ça, c'était une grande déception pour les filles.

[44:05]

Oui, je comprends.

[44:06]

En plus, elles étaient extrêmement loin de chez elles,

[44:11]

avec des gens qui parlent une langue

[44:12]

que elles ne maîtrisent pas.

[44:14]

Donc, tous ces événements-là,

[44:17]

même s'ils ne sont pas insurmontables,

[44:19]

devaient quand même les stresser énormément.

[44:22]

Oui. Je pense qu'elles ont voulu un peu randonner

[44:27]

pour oublier ce qui s'était passé les jours d'avant

[44:31]

et repartir sur de bonnes bases.

[44:32]

C'était vraiment des filles qui étaient là pour prendre du bon temps

[44:36]

et donc pas pour s'aventurer dans la jungle et faire des folies.

[44:41]

Il ne faut pas s'imaginer que Chris et Lisa

[44:43]

n'étaient des filles qui étaient prêtes à prendre des risques inconsidérés.

[44:49]

Pour moi, c'est improbable que l'incident qui a eu lieu

[44:54]

soit lié au fait que ce soit perdu quelque part dans la jungle.

[44:59]

Ça me paraît hautement improbable.

[45:01]

Justement, parlons un peu des théories romains

[45:04]

après en avoir entendu un peu sur ton périple là-bas.

[45:09]

Évidemment, pour nos auditeurs qui sont un peu nouveaux sur le sujet,

[45:13]

on vous conseille d'aller écouter notre épisode dédié

[45:16]

parce que là, on va entrer tranquillement un peu plus dans les détails.

[45:20]

Mais quelque chose, il y a certains trucs qui nous ont sauté aux yeux

[45:24]

lorsqu'on a lu tes articles romains,

[45:27]

et puis on aimerait ça en discuter.

[45:28]

Tout d'abord, est-ce que tu peux nous expliquer la théorie

[45:31]

comme quoi elles auraient été en randonnée le 31 mars au lieu du 1er avril?

[45:35]

C'est quelque chose que tu soulèves dans ton deuxième article.

[45:39]

Je précise que ce n'est pas ma théorie.

[45:41]

C'est une théorie qui a été avancée par un proche de la famille des Kramer's.

[45:46]

Je connais son nom, mais je précise que c'est un proche des Kramer's.

[45:52]

Et donc, la théorie serait que, en vérité,

[45:54]

qu'elle soit partie sur Elpinista le 31 mars,

[45:58]

après avoir découvert qu'Aura ne les acceptait pas.

[46:02]

Donc, elle serait partie le 31 mars randonnée,

[46:05]

qu'elle serait revenue chez elle,

[46:06]

et que le 1er avril, elle serait partie autre part.

[46:10]

J'avais entendu parler de la…

[46:13]

Pardon.

[46:15]

C'est les mini-canyonnes.

[46:17]

C'est une rivière où beaucoup de touristes vont se baigner.

[46:20]

Et aussi aux sources chaudes de la Caldera.

[46:27]

Et donc, c'est là-bas qu'un incident serait passé.

[46:31]

Alors, pourquoi c'est lieu là?

[46:32]

Parce qu'il y a une photo qui a fuité.

[46:35]

C'est une photo assez mystérieuse que j'ai mise dans l'article.

[46:40]

On voit deux jeunes hommes, deux latinos,

[46:43]

avec deux femmes qui se baignent dans l'eau.

[46:48]

Et ces deux filles ressemblent énormément à Lysanne et à Chris.

[46:54]

Oui, on peut remarquer presque la chevelure rousse de Chris

[46:59]

et la différence de grandeur entre les deux jeunes femmes.

[47:04]

Donc, l'image demeure très floue.

[47:06]

Oui, c'est ça.

[47:07]

Mais on pourrait quand même avoir l'impression de voir les deux femmes.

[47:12]

Oui, c'est assez étrange,

[47:13]

parce que surtout le fait qu'il y ait une femme assez grande,

[47:18]

c'est très peu commun au Panama.

[47:22]

Une femme dépasse les 1m75, c'est très peu courant.

[47:29]

Et surtout la chevelure rousse aussi.

[47:34]

Pour la Caldera,

[47:35]

parce que la photo a été prise à la Caldera.

[47:38]

On reconnaît les lieux, c'est des sources chaudes

[47:41]

où les locaux et les touristes vont se baigner.

[47:44]

Donc, on n'a pas vraiment de date pour cette photo.

[47:47]

Et je crois qu'on a les noms des personnes qui sont présentes sur cette photo.

[47:52]

Je crois qu'un des deux s'appelle Henri

[47:54]

et que l'autre s'appelle Jose Manuel Marcos.

[48:00]

C'est des personnes qui sont liées à une personne qui s'appelle Osman Valenzuela.

[48:06]

Cette personne est morte le 5 avril 2014 à la Caldera.

[48:12]

C'est assez étrange parce que c'est vraiment en pleine période de disparition.

[48:17]

C'est une personne qui est morte donc le 5 avril.

[48:20]

Je n'ai pas pu retrouver les articles parce qu'ils ont été supprimés.

[48:24]

Mais dans certains journaux panaméens,

[48:26]

ça parlait du fait qu'officellement l'homme était mort noyé,

[48:33]

mais que dans les rapports apparemment,

[48:36]

ça montrait que l'homme n'avait pas d'oeufs dans ses poumons.

[48:41]

Ce qui ne correspond pas avec une noyade.

[48:44]

Et en plus de cela, il avait disparu la veille près du lieu,

[48:48]

alors qu'il était accompagné de sa famille.

[48:51]

Donc, ça reste assez troublant.

[48:53]

Je pense qu'il y a des choses à creuser de ce côté-là.

[48:56]

Parce que j'ai appris qu'il y avait des problèmes de gang.

[49:01]

A Beauxquai était.

[49:03]

Je n'étais pas au courant que j'étais parti là-bas.

[49:07]

Je n'en avais jamais entendu parler.

[49:09]

C'est en regardant des articles de l'époque

[49:12]

que j'ai appris qu'il y avait certaines histoires de gang

[49:14]

et en regardant des forums locaux qu'il y avait quelques problèmes.

[49:18]

J'ai vu qu'en 2015, il y avait à peu près une dizaine de meurtres

[49:24]

dues aux gangs dans la province de Tchéliki.

[49:27]

Et j'en ai remarqué qu'il y avait certains qui étaient à la caldera, justement.

[49:32]

Par exemple, toujours en 2015, un vieil homme de plus de 70 ans

[49:38]

qui a été assassiné par des membres d'un gang qui ont été arrêtés en 2017.

[49:45]

Donc, je pense qu'il y a des choses à creuser de ce côté-là.

[49:49]

Et aussi du côté de Elkenista.

[49:53]

J'avais mis dans mon article le témoignage de Juliette

[49:57]

qui avait été sur Elkenista un mois précisément avant la Hollandaise

[50:01]

et qui avait rencontré des touristes

[50:04]

qui avaient eu une petite altercation avec un local à l'entrée du sentier

[50:08]

qui les avait menacés avec une arme.

[50:13]

Après, avec une arme, ce n'est pas certain parce que

[50:16]

quand les touristes lui ont raconté leur témoignage,

[50:22]

ils faisaient le signe du pistolet avec leurs doigts.

[50:26]

C'était simplement pour dire que c'était une menace

[50:31]

ou qu'il avait vraiment une arme à feu avec lui.

[50:35]

Mais déjà, en sachant cela, je pense qu'il y a des choses à creuser de ce côté-là.

[50:39]

Comme je l'ai dit plus tôt, une fois qu'on entre sur le sentier,

[50:44]

on sait que la personne y est pour quatre heures minimum.

[50:49]

C'est tout de même étrange.

[50:50]

On dirait que je n'adhère pas à la théorie du 31 mars

[50:53]

parce que même si elles sont allées faire une randonnée cette journée-là,

[50:58]

elles sont quand même allées le 1er avril.

[51:00]

Il y a beaucoup de traces numériques, de témoins.

[51:04]

J'avais oublié de préciser certaines choses sur la théorie.

[51:07]

C'est vrai qu'il y a les données des appareils photos,

[51:10]

mais le problème, c'est que déjà on sait qu'il y a une photo

[51:13]

qui a disparu mystérieusement,

[51:15]

qui a été complètement effacée de l'appareil photo.

[51:19]

Une suppression qui ne peut être due qu'à une intervention humaine sur un ordinateur.

[51:27]

On peut raisonnablement se demander si les données n'ont pas été encore plus corrompues,

[51:34]

si les dates n'ont pas été interchangeées,

[51:39]

si l'incident a eu lieu le 1er avril à autre part,

[51:44]

peut-être que les criminels se sont rendu compte qu'il y avait des photos d'Alpienista

[51:48]

et se sont dit qu'on va interchanger les dates,

[51:52]

on va modifier tout ça pour que les gens,

[51:54]

pour que la police croit qu'elles ont disparu sur Alpienista.

[51:57]

Après moi, je n'adhère pas tellement à cette théorie pour le 31 mars

[52:01]

parce que ça m'étonnerait qu'elles aient décidé d'un coup d'aller sur Alpienista.

[52:06]

Surtout, il manque certaines informations.

[52:08]

J'aimerais savoir à quelle heure elles ont rencontré Aura.

[52:11]

Ça, on ne le sait pas encore.

[52:13]

J'ai trouvé le contact de la personne qui a organisé le voyage pour les filles,

[52:19]

mais ça fait presque un mois que la personne n'a même pas lu le message,

[52:23]

donc je pense que je vais essayer avec une autre personne,

[52:26]

avec Ingrid Lomers, je pense.

[52:28]

Il n'y a pas seulement la théorie du 31 mars,

[52:30]

il y a aussi la théorie que peut-être elles sont revenues le 1er avril,

[52:35]

elles sont revenues du sentier et qu'elles ont été autre part,

[52:38]

ou soit qu'elles ont été à Caldera,

[52:41]

donc que sur la photo, c'est vraiment Chris et Lisanne,

[52:45]

et qu'elles ont été un autre jour,

[52:47]

donc c'est assez compliqué.

[52:51]

Mais je pense personnellement,

[52:52]

je pense qu'elles ont été sur Alpienista le 1er avril

[52:56]

et qu'elles n'en sont pas revenues,

[52:58]

parce qu'on sait qu'elles sont arrivées sur Alpienista à peu près vers 11 heures

[53:05]

et qu'elles sont arrivées au sommet vers 14 heures

[53:09]

et que les premiers appels de secours ont eu lieu vers 16h30, 16h50.

[53:15]

Donc si à 14 heures elles étaient au lieu de la photo 508,

[53:19]

pour revenir, il leur fallait au moins 3 heures,

[53:22]

et donc quand elles ont passé leurs appels à 16h30, 16h50,

[53:27]

elles étaient encore forcément sur le sentier.

[53:31]

Donc pour moi, ça me paraît improbable que ça se soit passé autre part.

[53:37]

Puis d'ailleurs, une des hypothèses qu'on a vu souvent évoquées dans les articles,

[53:42]

c'est qu'elle se soit blessée en tombant d'un Monkey Bridge,

[53:47]

d'un pont qu'on doit traverser avec des cordes,

[53:51]

et un peu style, un peu comme un singe, comme le nom l'indique.

[53:57]

Est-ce que toi t'en as croisé des ponts comme ça pendant ta randonnée?

[54:02]

Ah non, pas du tout.

[54:03]

En fait, les ponts singes se situent très loin dans la jungle, vraiment très loin.

[54:08]

À partir du Mirador, le premier pont singe, j'ai essayé de me souvenir,

[54:14]

je pense qu'il a au moins 4 heures après le Mirador.

[54:17]

Donc il est assez loin, peut-être 4-5 heures.

[54:21]

Donc il est quand même assez loin,

[54:23]

et ça ne correspond pas du tout aux horaires d'appels de secours.

[54:28]

Quand les premiers appels de secours ont eu lieu,

[54:33]

c'est impossible qu'ils aient rencontré un pont singe.

[54:36]

Si ils avaient continué, ça aurait été bien avant une ou deux heures avant le premier pont singe.

[54:45]

Donc aucune chance, ça n'a aucun sens d'affirmer cette théorie.

[54:50]

Il aurait fallu que les filles avancent à une vitesse anormale pour atteindre ce pont singe.

[54:58]

Je reviendrai à Féliciano en fait.

[55:02]

Féliciano, lorsque les deux filles ont été déclarées disparues,

[55:07]

il est allé dans la chambre des filles deux fois.

[55:10]

J'aimerais que tu nous en parles un petit peu.

[55:12]

Oui. Alors, il n'y a pas tellement d'informations là-dessus.

[55:17]

Je ne sais pas vraiment comment ça s'est passé.

[55:19]

La première fois, il est parti avec une manager de l'école de langue de Spanish by the river

[55:27]

qui s'appelle Aileen, qui est une Allemande.

[55:31]

Le matin, quand les filles ne s'étaient pas présentées au rendez-vous à 8 heures à l'école,

[55:36]

ils sont partis ensemble peu de temps après à la maison de la famille d'accueil.

[55:42]

Et sur place, ils ont attendu que la mère de la famille d'accueil revienne pour leur ouvrir la chambre.

[55:49]

Et je crois qu'ils ont attendu à peu près une heure sur place pour avoir accès à la chambre.

[55:55]

Et qu'une fois rentré dans la chambre, ils y ont passé à peu près une heure.

[56:00]

Et que dans l'après-midi, Féliciano y est retourné encore pour y passer encore une heure.

[56:06]

Qu'est-ce qu'elle fait là-bas selon toi ?

[56:10]

Alors, soit on part du principe que Féliciano était vraiment là pour aider.

[56:14]

Donc s'il était là pour aider, il devait sûrement regarder s'il n'y avait pas des indices

[56:19]

sur le lieu où elles auraient pu partir.

[56:23]

Ou alors, s'il a une implication dans leur disparition, il aurait pu prendre des affaires,

[56:29]

par exemple leur passeport, enfin d'autres éléments, pour les mettre dans le sac à dos qu'on a retrouvé.

[56:36]

Et effacer certains éléments qui pourraient les relier à lui.

[56:42]

Mais dans les deux cas, déjà, c'est un peu louche parce qu'il n'y avait pas l'autorité

[56:48]

d'aller dans cette chambre-là, Féliciano.

[56:50]

Il n'était même pas impliqué dans cette randonnée-là.

[56:53]

Je ne comprends même pas comment on a pu lui donner accès à cette chambre.

[56:58]

Oui, c'est surtout que la première fois, il n'y est pas allé tout seul.

[57:02]

Il est allé quand même avec la manager de l'école de langue.

[57:09]

Oui, c'est quand même assez bizarre parce que la mère de la famille d'accueil

[57:14]

a peut-être été convaincue par le fait que la manager était là,

[57:18]

mais c'est vrai que c'est quand même assez bizarre parce que les filles,

[57:24]

soit, il dit la vérité, il ne les a jamais rencontrées,

[57:28]

soit il les a rencontrées qu'une fois pour prendre rendez-vous.

[57:32]

Et c'est quand même assez bizarre parce que s'ils ne sont pas venus à 8 heures,

[57:37]

il y a plein de raisons.

[57:40]

Ils auraient pu passer la nuit en ville, en boîte de nuit,

[57:44]

parce que Boqueté est quand même une ville assez active.

[57:48]

Il y a beaucoup de touristes, beaucoup de jeunes.

[57:50]

Il y a des boîtes de nuit, il y a des bars.

[57:54]

Donc, il n'y a pas vraiment de raison de s'inquiéter.

[57:57]

Oui, ça demeure quand même assez étrange ces deux visites-là de la part de Félix Siano.

[58:02]

Oui, moi je trouve que ça le... je le trouve trop impliqué, on dirait,

[58:07]

dans la recherche des jeunes femmes.

[58:12]

Il va toujours rester un mystère, on dirait, par rapport à lui.

[58:15]

Oui, surtout qu'il a aussi trouvé les eaux.

[58:20]

Oui, c'est vrai.

[58:21]

Il a trouvé, je crois, le Tchin aussi.

[58:23]

Donc, ça fait beaucoup à la suite.

[58:26]

De mon propre aveu, je n'ai pas l'impression qu'il est coupable nécessairement,

[58:31]

mais j'ai l'impression qu'il en sait peut-être un petit peu plus que ce qu'il prétend,

[58:35]

étant donné ces comportements-là un peu étranges au limite de la loi.

[58:40]

Oui, j'avais aussi oublié de préciser, c'est dans l'article.

[58:46]

C'est aussi une des premières personnes à avoir eu accès au sac à dos.

[58:50]

Donc, quand les indigènes ont retrouvé le sac à dos,

[58:53]

une des premières personnes à avoir été appelée,

[58:55]

c'est aussi Feliciano qui a donc vu le sac avant la police.

[59:00]

Lui, est-ce que c'est une espèce d'autorité locale en termes de guide et de randonnée?

[59:05]

Les gens l'appellent comme ça.

[59:07]

C'est quelqu'un de bien connu dans la région, ou quoi?

[59:11]

Alors, bien connu, je pense.

[59:14]

En fait, il a deux réputations.

[59:17]

Moi, d'abord, j'avais entendu la bonne réputation.

[59:20]

Les gens me disaient que c'était un gentil vieil homme.

[59:23]

Et ensuite, parce que j'avais essayé de le rencontrer d'une autre manière.

[59:27]

Je voulais l'appeler, sauf que je ne parlais pas espagnol.

[59:30]

Donc, je demandais à des gens de l'appeler pour moi.

[59:34]

Parce que sinon, si je l'avais appelé moi-même,

[59:35]

je n'aurais pas réussi à me faire comprendre à ce moment-là de mon voyage.

[59:39]

Et on m'a empêchée.

[59:41]

On a refusé de le faire parce qu'il avait une attitude avec les femmes seules,

[59:47]

un voyage assez inapproprié.

[59:51]

Les gens qui ne voulaient pas l'appeler, c'était parce qu'ils connaissaient des amis

[59:55]

qui avaient été en randonnée avec lui

[59:57]

et qui faisaient des commentaires assez inappropriés,

[01:00:00]

qui étaient assez tactiles avec les femmes seules.

[01:00:04]

Et pendant le voyage, après avoir entendu ces témoignages,

[01:00:07]

j'ai quand même revoi les avis sur Internet.

[01:00:10]

Parce que j'essayais de convaincre ces personnes de l'appeler pour moi.

[01:00:15]

Parce que je leur disais qu'il a quand même énormément d'avis positifs.

[01:00:18]

C'est le cas.

[01:00:19]

Si vous allez sur TripAdvisor, vous voyez qu'il a beaucoup d'avis avec cinq étoiles.

[01:00:26]

Mais quand j'y suis allé pendant mon voyage,

[01:00:29]

une semaine avant qu'on me donne toutes ces infos sur Feliciano,

[01:00:35]

quelqu'un, une touriste, a laissé un avis

[01:00:38]

pour déconseiller de partir avec Feliciano en voyage, en excursion.

[01:00:44]

C'était retrouvé avec lui seul dans la jungle.

[01:00:48]

Et Feliciano lui faisait des blagues inappropriées.

[01:00:51]

Par exemple, je te couperais bien la jambe avec ma machette.

[01:00:56]

Des trucs de ce genre.

[01:00:57]

C'était avec des allusions sexuelles.

[01:01:05]

Il avait une réputation, me semble,

[01:01:09]

de quelqu'un à passer beaucoup de commentaires.

[01:01:15]

Et tout ça, oui, même de choisir seulement des femmes,

[01:01:18]

si je ne me trompe pas, à qui il voulait guider.

[01:01:22]

Oui, c'est connu qu'il a un fantasme pour les femmes nord-européennes.

[01:01:28]

Ça, c'est connu de tous.

[01:01:31]

On sait qu'il a un intérêt pour ce genre de femmes.

[01:01:35]

Donc, le type de femmes que sont Chris et Lisanne.

[01:01:39]

Aussi, un autre aspect qui m'a frappé en lisant ton texte romain,

[01:01:45]

c'est lorsque tu fais état des multiples appels

[01:01:49]

qui ont été logés de la part des deux téléphones,

[01:01:54]

pendant un certain moment,

[01:01:55]

il y a environ 70 à 80 tentatives d'ouverture du téléphone de Chris

[01:02:02]

au moment où justement, elle serait disparue.

[01:02:05]

C'est assez étrange, ça.

[01:02:08]

Ça prouve presque justement, son téléphone a été longtemps

[01:02:11]

entre les mains d'une personne qui n'en était pas le propriétaire.

[01:02:15]

Qu'est-ce que tu en as pensé, toi, de ces relevés de téléphone-là?

[01:02:19]

Oui, alors plus précisément,

[01:02:21]

ces 70 tentatives sont arrivées entre le 7 et 11 avril.

[01:02:28]

Et pour moi, ça pourrait vouloir dire que,

[01:02:32]

imaginons si les filles ont été enlevées le 1er avril,

[01:02:37]

quand on enlève quelqu'un, on lui prend son téléphone.

[01:02:41]

Et si on lui prend son téléphone,

[01:02:43]

je pense qu'on lui force à modifier ses codes.

[01:02:47]

Et je me demande si autour du 6, elles n'auraient pas réussi à s'enfuir,

[01:02:53]

ou si elles n'auraient pas été relâchées,

[01:02:56]

et que donc, après le 6, elles auraient récupéré leur téléphone.

[01:03:01]

Mais n'ayant pas accès, enfin, le téléphone de Chris,

[01:03:06]

si je ne me trompe pas, je ne me souviens plus lequel a été éteint entre temps.

[01:03:11]

En tout cas, un des deux téléphones était encore allumé.

[01:03:14]

Et si elles avaient récupéré ce téléphone,

[01:03:17]

elles n'auraient pas récupéré le code PIN avec.

[01:03:21]

Et donc, on peut facilement l'imaginer

[01:03:23]

qu'elles essayaient d'ouvrir quand même

[01:03:26]

pour avoir accès à certaines choses sur ce téléphone.

[01:03:30]

Après, il faut dire que pour passer des appels de secours,

[01:03:35]

on n'a pas besoin de débloquer le téléphone.

[01:03:40]

Normalement, juste en allumant le téléphone,

[01:03:43]

on peut appeler les secours.

[01:03:45]

Donc, pourquoi elles auraient fait ça ?

[01:03:46]

Peut-être pour écrire un message,

[01:03:48]

peut-être pour revenir sur certaines photos, je ne sais pas.

[01:03:53]

Ou soit, si c'était quelqu'un d'autre qui avait ce téléphone à ce moment-là,

[01:04:00]

pourquoi insistait-elle tellement ?

[01:04:01]

Est-ce que c'était pour vérifier qu'il n'y avait pas des données compromettantes ?

[01:04:04]

Mais pourquoi alors, entre le 1 et le 6 avril,

[01:04:09]

le téléphone était correctement débloqué ?

[01:04:13]

C'est pour ça que je pense plutôt que c'était les filles

[01:04:16]

qui essayaient vraiment d'ouvrir leur téléphone.

[01:04:20]

Parce que même avec justement les effets personnels des deux filles

[01:04:25]

qui ont été soigneusement placées dans le sac à dos,

[01:04:28]

l'état aussi du sac à dos qui semblait être en très bon état

[01:04:31]

malgré tout son temps passé dans la jungle,

[01:04:34]

moi aussi, ça m'envoie comme signal que possiblement,

[01:04:39]

des gens, pas nécessairement mal intentionnés,

[01:04:41]

mais en fait, soit il y a les deux options possibles,

[01:04:45]

soit les gens qui les auraient kidnappés auraient récupéré ce matériel-là,

[01:04:50]

ou des gens auraient trouvé ce matériel-là dans la jungle,

[01:04:53]

mais les auraient conservé quand même un certain bout de temps

[01:04:55]

avant d'aller les reporter dans la jungle.

[01:04:58]

Ça me semble encore une fois très suspect.

[01:05:01]

Je ne sais pas toi, qu'est-ce que tu en as pensé ?

[01:05:03]

Oui, déjà, vu l'état du sac,

[01:05:07]

on voit très bien qu'il a été récupéré très rapidement.

[01:05:10]

Parce que moi, je prends l'exemple de mon sac.

[01:05:14]

Quand je suis allé sur Alpinista, il pleuvait.

[01:05:17]

Ce jour-là, il pleuvait.

[01:05:19]

Et ça a été suffisant pour que mon sac pourrisse un tout petit peu.

[01:05:26]

Donc si le sac avait passé deux mois dans la jungle,

[01:05:30]

les affaires à l'intérieur auraient pourri.

[01:05:32]

Les affaires électroniques, les téléphones n'auraient plus été utilisables.

[01:05:38]

Donc soit ça a été récupéré par le criminel,

[01:05:43]

soit ça a été récupéré entre temps par quelqu'un d'autre,

[01:05:45]

très tôt durant la disparition.

[01:05:50]

Et après, j'ai envisagé aussi la possibilité que les locaux,

[01:05:55]

les personnes qui ont retrouvé le sac, l'avaient depuis bien plus longtemps.

[01:05:59]

Il avait pas retrouvé le 13 juin, mais l'avait obtenu d'une certaine manière

[01:06:07]

et avait souhaité utiliser ce sac pour obtenir la récompense

[01:06:11]

que promettaient les familles des Hollandaises.

[01:06:15]

Parce que les familles des Hollandaises promettaient une récompense,

[01:06:19]

je crois, de 30 000 dollars pour toute personne qui permettait

[01:06:22]

de récupérer des éléments appartenant aux filles.

[01:06:25]

Et donc, on peut très bien imaginer que quand les os et les affaires

[01:06:31]

ont commencé à être retrouvés, on peut imaginer que ça a été fait par intérêt,

[01:06:36]

que peut-être les criminels ont essayé aussi de récupérer un peu d'argent derrière ça.

[01:06:43]

C'est fort probable. Moi aussi, c'est le message que ça m'envoie,

[01:06:46]

c'est que des gens ont récupéré le sac très rapidement

[01:06:50]

après leur mort ou après leur kidnapping.

[01:06:53]

Et puis, à un certain moment donné, j'ai l'impression qu'ils ont senti la soupe chaude,

[01:06:56]

peut-être qu'ils se sont rendu compte que ça discutait pas mal du sujet à boqueter ou même ailleurs

[01:07:02]

et puis ils se sont dit, oh, on doit se débarrasser de ce sac-là,

[01:07:06]

c'est un peu une soupe chaude, ou encore, comme tu l'as dit,

[01:07:10]

peut-être tenter d'obtenir la récompense grâce à ce sac-là.

[01:07:16]

Oui, c'est ça, exactement. C'est une possibilité,

[01:07:19]

Si c'était le cas, si c'est la réalité, c'est quand même assez horrible,

[01:07:24]

parce que si ces gens ont une implication dans la disparition des filles,

[01:07:28]

s'ils savent quelque chose, que derrière, ils essayent en plus d'avoir de l'argent,

[01:07:33]

ça reste assez odieux pour la famille, enfin les familles des Hollandaises

[01:07:37]

et les filles qui ont été sûrement assassinées violées, à mon avis.

[01:07:43]

Un autre détail, c'est en lien avec le short de Chris,

[01:07:47]

qui aurait été soigneusement retrouvé plié sur un rocher.

[01:07:53]

Mais toi, tu sembles émettre un doute là-dessus.

[01:07:55]

Est-ce que tu peux nous en parler un peu?

[01:07:57]

Oui, alors, le problème, c'est en fait l'information.

[01:08:02]

Ce qui est rapporté sur Internet, c'est d'abord ce qui a été rapporté dans les journaux,

[01:08:06]

c'est que ça avait été retrouvé soigneusement plié,

[01:08:08]

mais ensuite, ça a été rapporté que ça avait été retrouvé dans l'eau.

[01:08:13]

Donc, au final, on ne sait pas vraiment, parce que c'est la même chose pour les eaux.

[01:08:16]

On a très peu d'informations sur comment ont été retrouvées les eaux.

[01:08:22]

Donc, à ce niveau-là, on ne sait pas exactement à quelle distance de la rivière

[01:08:26]

les affaires ont été retrouvées, à quel endroit exactement.

[01:08:31]

Donc, c'est difficile de dire.

[01:08:32]

C'est pour ça que je mets un doute par rapport au short,

[01:08:36]

parce que si on le retrouve soigneusement plié sur un rocher

[01:08:41]

ou si on le retrouve dans de l'eau, ça veut dire deux choses différentes.

[01:08:45]

Donc, je préfère faire attention par rapport à ça.

[01:08:49]

Tu nous parlais aussi que tu avais remarqué une erreur flagrante

[01:08:51]

dans un des rapports d'autopsie des jeunes filles.

[01:08:55]

Est-ce que tu peux nous en parler?

[01:08:56]

Oui. Alors, c'est dans le rapport qui concerne spécifiquement la coude de Chris

[01:09:06]

et le crâne occipital d'une indigène

[01:09:11]

et le pérenné d'un enfant de 0,3 ans et les eaux de quelques animaux.

[01:09:19]

On voit dans le rapport qu'il parle d'un pérenné d'un enfant de 0,3 ans.

[01:09:25]

Et en regardant la photo, on voit que l'os a la forme d'un radius

[01:09:29]

et qu'il est complètement formé.

[01:09:33]

Donc, ça correspond à un radius, l'os que vous retrouvez dans l'avant-bras,

[01:09:39]

qui correspond donc au radius d'un adulte, mais d'un adulte de très petite taille.

[01:09:44]

Si on compare, parce que sur la photo, le radius est juste à côté de la coude de Chris

[01:09:49]

et il est plus petit que la côte.

[01:09:53]

Donc, si ça appartient à un humain, ça appartient à un nain, par exemple,

[01:09:59]

ou soit peut-être on peut imaginer un singe.

[01:10:01]

Donc, ça, c'est une erreur quand même assez grossière

[01:10:03]

parce que des professionnels qui confondent un pérenné avec un radius,

[01:10:10]

c'est quand même assez grave.

[01:10:12]

Et je pense que c'est important de le noter

[01:10:16]

pour quand même se représenter la qualité de leur travail.

[01:10:20]

Et après, ils ont quand même corrigé leur erreur dans le test ADN.

[01:10:23]

Parce que je vois que dans l'inventaire du test ADN,

[01:10:27]

ils parlent de radius et non de pérenné.

[01:10:30]

Donc, ils s'en sont rendus compte entre temps.

[01:10:33]

Et je pense que vous pouvez parler des rapports d'autopie aussi sur les eaux.

[01:10:39]

Donc, ce que je peux vous dire, c'est que la côte de Chris n'a aucune trace,

[01:10:46]

aucune trace de racines, aucune trace de dents, de traces microscopiques,

[01:10:50]

aucun signe d'intervention humaine ou animale dans la mort.

[01:10:56]

Pour le pelvis, en revanche, il y a des traces de racines, de carnivores et de rongeurs.

[01:11:06]

Alors, le problème par rapport à cette information,

[01:11:08]

c'est que je n'ai pas accès au détail.

[01:11:10]

Je ne fais pas le rapport détaillé sur le pelvis

[01:11:13]

parce que j'aimerais savoir si ces traces de dents sont le résultat de charognard

[01:11:19]

ou si c'est simplement dû au passage d'animaux.

[01:11:21]

Parce que les animaux, quand ils passent sur les eaux, sur les carcasses,

[01:11:26]

ils peuvent laisser des traces de griffes en marchant dessus.

[01:11:30]

Et ça, je n'ai pas l'information là-dessus.

[01:11:32]

Mais ce qui est certain, c'est qu'il y a déjà une intervention animale.

[01:11:37]

Et sur le pied, le tibia et le fémur de l'isam,

[01:11:41]

il y a seulement des traces de racines.

[01:11:44]

Et par rapport à cela, je me pose des questions.

[01:11:46]

J'ai pas encore été posé des questions au médecin qui a justement autopsié les eaux.

[01:11:53]

Je me demande si c'est normal de trouver des traces de racines

[01:11:58]

sur des eaux qui ont été vraisemblablement trouvées à l'air libre.

[01:12:03]

Parce que les racines, quand elles poussent dans le sol, elles produisent de l'acidité.

[01:12:09]

Et en produisant de l'acidité, elles laissent des traces bien distinctives sur les eaux.

[01:12:15]

Et je suppose que ça implique le fait que les eaux soient enterrées dans le sol.

[01:12:21]

Donc je peux demander si c'est aussi le cas quand les eaux sont à l'air libre.

[01:12:26]

Donc ça, c'est une question à soulever, je pense.

[01:12:30]

Oui, tout à fait, parce que ça donne l'impression que certains eaux,

[01:12:34]

ou peut-être Chris ou Lisanne, n'ont pas été disposées au même moment dans la jungle,

[01:12:41]

ou qu'encore certaines parties aient été conservées ailleurs,

[01:12:47]

ou ça complique les choses, quand même, ce puzzle-là?

[01:12:52]

Oui, et en plus de cela, il y a à l'époque eu des articles en octobre,

[01:12:59]

oui en octobre, si je ne me trompe pas, d'Adélita Coïta,

[01:13:05]

qui a eu justement des entretiens avec une source anonyme,

[01:13:12]

une source anonyme qui a eu accès aux eaux.

[01:13:14]

Je pense savoir qui c'est, donc je vais essayer de l'interviewer plus tard.

[01:13:19]

Et donc cette personne parle d'un bout de peau enroulé

[01:13:23]

qui a été retrouvé près du Tibia et du Fémur.

[01:13:26]

Moi dans mon rapport, je n'ai aucune mention de bout de peau roulé.

[01:13:31]

Donc je ne peux rien dire personnellement là-dessus.

[01:13:35]

Mais donc dans cet article-là, d'Adélita,

[01:13:40]

le médecin décrit que la source anonyme décrit que le morceau de peau

[01:13:47]

appartenait au Tibia, ou au Fémur, enfin en tout cas à la jambe,

[01:13:51]

et qu'il montrait des signes de décompositions très récentes.

[01:13:56]

Il y avait encore les signes de passage de larves,

[01:13:59]

ce qui est anormal pour un nombre, pour une partie du corps

[01:14:06]

qui est censé avoir passé trois mois dans la jungle

[01:14:11]

et supposait que le corps avait pu être conservé

[01:14:15]

dans un endroit sombre et froid.

[01:14:18]

Avec le sac à dos?

[01:14:19]

Des fois, André, je me pose la question tout bonnement comme ça.

[01:14:25]

C'est vrai que j'ignorais cette information-là.

[01:14:31]

Il y a aussi une information que je trouve assez étrange par rapport

[01:14:36]

aux autorités panamènes.

[01:14:38]

Il y a eu d'abord un premier test ADN,

[01:14:40]

un premier test de recherche de fluide, de traces ADN,

[01:14:44]

qui s'est révélé négatif.

[01:14:46]

Donc celui-là, j'ai accès.

[01:14:48]

Et donc tout dans ce rapport est négatif.

[01:14:52]

Donc, aucune présence de sang, de flux d'humains,

[01:14:57]

de cellules épithéliales.

[01:14:59]

Donc ça, je ne sais pas trop quoi en dire,

[01:15:01]

puisque en faisant des recherches,

[01:15:04]

j'ai vu que les cellules épithéliales sont les cellules

[01:15:06]

qui composent l'épidaire.

[01:15:08]

Donc je suppose que si on en fait une recherche,

[01:15:10]

c'est que potentiellement de la peau peut se détacher

[01:15:14]

quand on utilise par exemple un téléphone.

[01:15:16]

Mais rien du tout n'a été retrouvé.

[01:15:19]

Ce que je trouve assez étrange par rapport aux autorités,

[01:15:21]

c'est que plus tard, il y a eu d'autres tests,

[01:15:23]

et cette fois-là, les tests étaient positifs.

[01:15:26]

Donc il y avait la présence de plusieurs ADN,

[01:15:29]

je crois une dizaine,

[01:15:30]

et la présence d'empruntes aussi.

[01:15:34]

Et par rapport à ces résultats-là,

[01:15:36]

rien n'a été fait par les autorités

[01:15:38]

pour comparer avec, par exemple, les indigènes,

[01:15:43]

félicianos.

[01:15:44]

Donc aucun travail d'enquête n'a été fait véritablement.

[01:15:47]

Donc ça, c'est assez étrange de la part des autorités.

[01:15:52]

Oui, c'est clair.

[01:15:54]

Puis, pourquoi, Romain, suite à cette expérience-là,

[01:15:57]

tu crois que la thèse de l'accident est impossible

[01:16:00]

à ce stade-ci?

[01:16:02]

Alors, moi vraiment, c'est par rapport à mon expérience du sentier.

[01:16:07]

En allant là-bas, comme je vous l'ai dit plus tôt,

[01:16:09]

c'est vraiment impossible de s'y perdre.

[01:16:12]

Ce serait absurde.

[01:16:14]

Pour que quelqu'un s'y perde,

[01:16:15]

il faudrait qu'elle le veule.

[01:16:18]

Il faudrait s'enfoncer pendant des heures dans la même direction.

[01:16:23]

Et c'est ça vraiment qui remet en cause

[01:16:27]

la thèse officielle pour moi.

[01:16:30]

Et ensuite, bien sûr, le sac,

[01:16:31]

l'état dans lequel le sac était retrouvé.

[01:16:35]

Comme vous l'avez dit,

[01:16:36]

ça témoigne que le sac a été récupéré très rapidement.

[01:16:39]

Et ensuite, la disposition des eaux aussi.

[01:16:42]

Parce que les eaux, on en a retrouvé très peu.

[01:16:44]

Dans le rapport, ils disent que le nombre d'os, pour Chris,

[01:16:52]

est de seulement 0,94% de la totalité de ces eaux.

[01:16:58]

Donc moins d'un pour cent des eaux de Chris ont été retrouvées.

[01:17:01]

Et pour Lisanne, seulement 13,4% de ces eaux ont été retrouvées.

[01:17:09]

Et ce que je trouve étrange aussi sur les eaux,

[01:17:11]

c'est que si elles étaient vraiment tombées dans la rivière,

[01:17:13]

pourquoi on ne retrouve aucune trace de rochers ?

[01:17:16]

Ce que j'ai vu au cours de mon voyage au Panama,

[01:17:21]

principalement dans la province de Chiliki,

[01:17:23]

c'est que les rivières sont assez rocheuses.

[01:17:26]

Donc imaginons qu'un corps,

[01:17:28]

qu'un cadavre se retrouve dans la rivière.

[01:17:31]

Au début, il se retrouverait au fond.

[01:17:34]

Mais une fois le corps décomposé,

[01:17:36]

les eaux partiront, se déplaceront avec le courant.

[01:17:41]

Et ces eaux-là auront forcément des chocs avec des rochers.

[01:17:45]

Il y aurait forcément, même si c'est microscopique,

[01:17:48]

il y aurait forcément des traces de chocs avec des rochers.

[01:17:51]

Et sur les eaux, il n'y a aucune de ces traces.

[01:17:54]

Donc pour moi, ça me correspond,

[01:17:56]

ça rend impossible le fait que les filles soient tombées dans la rivière.

[01:18:00]

Oui, c'est très très étrange encore une fois.

[01:18:03]

Puis même dans un cas d'enlèvement ou de kidnapping,

[01:18:05]

ça doit pas être évident de transporter un corps,

[01:18:09]

en fait, dans ces sentiers-là.

[01:18:11]

Oui, c'est sûr que, en plus, les ânes faisaient 1m84.

[01:18:16]

Chris, 1m68.

[01:18:18]

Bon, après, on va dire que ça reste quand même des femmes,

[01:18:22]

donc c'est plus fragile.

[01:18:24]

Mais ça reste quand même assez compliqué,

[01:18:26]

surtout si on est seul.

[01:18:28]

Ce qui me laisse penser que c'était probablement

[01:18:32]

le fait de plusieurs personnes.

[01:18:33]

Et sur El Pianista, il y a quand même des sentiers

[01:18:36]

où on pourrait les cacher.

[01:18:38]

Parce que je pensais, par exemple,

[01:18:41]

à un endroit où je m'étais trompé.

[01:18:42]

Imaginons qu'elles soient revenues du sommet,

[01:18:45]

qu'elles aient atteint cet endroit-là,

[01:18:47]

et qu'elles se soient fait agresser là-bas,

[01:18:49]

qu'elles aient décidé de fuir,

[01:18:50]

mais qu'elles soient parties dans la direction du mauvais sentier.

[01:18:53]

Là, il n'y a personne qui y passe.

[01:18:57]

J'y suis allé.

[01:19:00]

Après, je ne sais pas jusqu'à où ça continue,

[01:19:02]

mais il n'y avait aucune trace quand j'étais passé,

[01:19:06]

aucun détritus.

[01:19:08]

Donc, quelqu'un pourrait cacher...

[01:19:10]

Une personne là-bas, en tout cas,

[01:19:12]

le jour de l'incident.

[01:19:15]

Parce que après, si elles ont été cachées,

[01:19:18]

elles ont bien sûr été déplacées à un tout autre endroit.

[01:19:21]

Et pendant ma randonnée aussi,

[01:19:23]

j'avais remarqué qu'au-delà du Mirador,

[01:19:27]

il y a quand même des accès cachés

[01:19:30]

qui étaient sûrement cachés à l'époque,

[01:19:32]

parce que sur les photos,

[01:19:33]

j'ai l'impression qu'il y avait plus de végétation.

[01:19:36]

Par exemple, juste avant la rivière où je me suis arrêté,

[01:19:39]

il y a un passage qui est par autre part.

[01:19:44]

C'est un petit ruisseau qui passe,

[01:19:47]

sauf qu'on peut s'y aventurer.

[01:19:49]

On peut partir soi-même et s'y aventurer.

[01:19:51]

C'est évident que c'est hors du sentier.

[01:19:54]

Ça se remarque facilement.

[01:19:56]

Et pareil pour les autres rivières aussi.

[01:19:58]

Vous pouvez remonter par les rochers, grimper.

[01:20:00]

Il y a des petits passages comme ça

[01:20:02]

que vous pouvez prendre pour cacher quelqu'un

[01:20:05]

pendant une heure ou quelques heures

[01:20:08]

le temps de prendre contrôle de la situation.

[01:20:12]

Vous pouvez vous enfoncer aussi à certains endroits.

[01:20:15]

Je pense par exemple au sommet.

[01:20:17]

Vous vous enfoncez là carrément dans la jungle, dans les arbres,

[01:20:20]

et vous cachez à l'intérieur et personne n'ira.

[01:20:23]

Il y a plein de façons de cacher une personne pendant quelques heures,

[01:20:27]

le temps de mettre toutes les choses en ordre

[01:20:30]

et de déplacer les personnes vers un endroit plus discret.

[01:20:34]

Non, effectivement.

[01:20:35]

Et même avec ce que tu disais,

[01:20:37]

qu'il y a eu des traces de racines sur les eaux,

[01:20:40]

j'ai l'impression qu'elles ont été enterrées un certain moment.

[01:20:44]

Et peut-être avec les pluies et tout ça,

[01:20:47]

il y a des morceaux d'eau qui ont ressorti de la terre

[01:20:50]

et que par la force de la nature,

[01:20:53]

se sont retrouvées dans la rivière et tout ça.

[01:20:55]

On dirait que plus on en discute,

[01:20:57]

plus j'abonde vers cette théorie-là.

[01:20:59]

Ça n'explique pas comment tout ça est arrivé, mais quand même.

[01:21:03]

Après, je ne pense pas du tout

[01:21:04]

que les eaux aient été un moment ou un autre dans la rivière

[01:21:07]

parce qu'il y aurait forcément eu des traces de rochers,

[01:21:10]

des chocs de rochers.

[01:21:12]

Je pense que peut-être elles ont été enterrées pendant un moment,

[01:21:16]

elles ont été conservées dans un endroit pendant un certain temps

[01:21:19]

et qu'ensuite, avec le temps de la décomposition,

[01:21:23]

les auteurs du crime ont pu enlever certains membres

[01:21:27]

et les mettre dans la jungle

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pour consolider une thèse de l'accident.

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Parce que faire ça, ça donnait des réponses à la famille,

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aux autorités.

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Et vous pouvez partir avec la thèse de l'accident.

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Elles se sont perdues et voilà, fin de l'histoire.

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Est-ce qu'il y a autre chose, Romain, dans toute ton aventure

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qui te fait remettre en doute les hypothèses officielles?

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Pratiquement tout remet en cause de la thèse officielle.

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Rien ne colle avec un accident.

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C'est vraiment une absurdité.

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Je ne pense pas qu'il y ait plus de choses à dire.

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Le sentier, les os, le sac.

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C'est assez étrange.

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Il y a une chose que je trouvais assez étrange,

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c'est aussi la confusion des témoignages.

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Parce que dans les témoignages que j'avais mis dans l'article,

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j'avais fait des imprimés d'écran des statues Facebook

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d'Ingrid Lomers,

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donc la propriétaire des écoles de langue.

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Les gens disaient avoir vu les filles à 13 heures,

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à 17 heures, 15 heures, sur le pianista ou à d'autres endroits.

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Aussi le staff de l'école

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qui disait que les filles étaient à l'école à 13 heures le 1er avril.

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Ce qui est totalement impossible,

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puisqu'on sait qu'à 13 heures, elles étaient sur le Mirador.

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Parce que comment autant de personnes peuvent se tromper à ce point?

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Surtout en plus, le taxi qui avait déclaré à la police

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les avoir déposés à 13h40 devant le sentier

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pose la question si c'était vraiment lui le taxi.

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C'est assez compliqué tous ces témoignages contradictoires.

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Ça n'aide pas à essayer d'éclaircir le mystère.

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Est-ce que tu as eu l'impression d'avoir mis des réponses

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à certaines interrogations?

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Ou tu nages toujours un peu dans le même mystère actuellement?

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Avec toutes tes recherches?

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Au départ, j'envisageais toujours la possibilité de l'accident

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sans voir vraiment le terrain, comment il est réellement.

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La théorie d'un accident, d'une disparition, ça restait plausible.

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C'est des choses qui arrivent de partout.

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Et donc, je voulais voir de mes propres yeux le terrain.

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Et simplement le fait de voir le sentier,

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pour moi, ça m'a convaincu que c'était un crime.

[01:23:41]

Ah oui, Plinio Montenegro, je crois que j'en ai brièvement parlé.

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Il disait avoir vu les filles ce jour-là.

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Sur Facebook, il l'avait affirmé une première fois,

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mais depuis, il a quand même supprimé son commentaire.

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Et le 5 avril ou le 4, il avait posé une photo du Mirador

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sur son Facebook et en voyant la photo,

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certaines personnes pensent que peut-être

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cette photo a été prise le 1er avril.

[01:24:12]

Et en mettant en relation le fait qu'il disait avoir croisé les filles ce jour-là,

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qu'il disait simplement leur avoir dit bonjour,

[01:24:23]

ça reste assez intéressant.

[01:24:26]

Est-ce qu'il n'aurait pas eu une implication plus importante ?

[01:24:30]

Mais en même temps, est-ce qu'il aurait dit,

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s'il avait une implication dans l'histoire,

[01:24:33]

est-ce qu'il aurait dit avoir rencontré les filles dès le départ ?

[01:24:37]

Ça, j'en doute.

[01:24:39]

Donc Romain, on te remercie beaucoup de ton temps

[01:24:42]

et on te remercie beaucoup de ton initiative aussi.

[01:24:45]

Tu as quand même financé de ta poche un voyage au Panama

[01:24:49]

dans le but d'aller repartir sur les traces de Chris Cramer et Lisanne Froon.

[01:24:55]

Donc, on n'a pas le choix de saluer ton initiative.

[01:24:58]

Vraiment, en termes de boulot d'enquête internaute,

[01:25:02]

c'est vraiment un chapeau à toi pour ça.

[01:25:05]

Si on veut lire tes articles,

[01:25:07]

on peut les retrouver sur le site de CAMHIG, donc sur camhig.fr.

[01:25:12]

Vous allez voir, toutes les photos de Romain sont là.

[01:25:15]

Et puis, bien encore une fois, merci énormément de ton temps, Romain.

[01:25:18]

Si, entre-temps, tu as d'autres informations,

[01:25:20]

n'hésite pas à nous contacter.

[01:25:21]

Nous, c'est un dossier qu'on veut suivre

[01:25:24]

et qui nous a passionnés et qui nous passionne encore.

[01:25:27]

Et je suis sûr que nos distordus veulent en savoir plus aussi.

[01:25:32]

Donc, libre à toi de nous contacter quand tu veux, mon cher.

[01:25:34]

Oui, bien sûr.

[01:25:35]

Je vous en formerai.

[01:25:37]

Si j'ai de nouvelles informations,

[01:25:40]

je ferai des mises à jour sur Internet.

[01:25:43]

Forcément, vous en serez informés.

[01:25:45]

Et c'est un plaisir d'être invité sur votre chaîne de podcasts.

[01:25:49]

Merci à toi, Romain.

[01:25:50]

Très apprécié d'avoir pris de ton temps.

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